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Full text of "Archives ou correspondance inédite de la maison d'Orange-Nassau"

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CORRESPONDANCE INEDITE 



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D* ORANGE-NASSAU. 



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CORRESPONDANCE INÉDITE 



DB LA MAISON 



D'ORANGE-NASSAU. 



Vitentii 

PUBUÉ, AVEC AOTORISATION DE S. M. LE ROI, 

PAB 

M/ G. GROEN TAN PRINSTBRER , 



•BCmiTAZAB BO OABWBT BB êX UktMÊfti, 



^f^nwre t/eree. 



TOME n. 

1566. 



•Xoçec dcd ^iMdtMtUe». 



LEIDE , 

S. ET J. LUCHTMANS, 
1835. 



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L'SS'^^»'! 



m PRIMBRIS DE J. KIP8 9 J Hs. 

ft LA BATS. 



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Ce Tome ne contient les documents que d'une 
seule année. Toutefois ceux qui s'intéressent véri- 
tablement aux études historiques , ceux-mêmes pour 
qui notre Recueil est un objet moins d'instruction 
que de curiosité, ne nous en feront pas un repro- 
che. Ils se féliciteront au contraire que nous ayons 
pu leur offrir un aussi grand nombre de pièces 
importantes et relatives à une époque , courte sans 
doute, mais qui a profondément marqué dans les 
annales des Pays-Bas. 

X 

En effet dans cette année des circonstances im- 



Vî 



imprévues développèrent subitement ce que la 
marche des choses avoit déjà longtemps préparé. 
Depuis un demi-siècle le Protestantisme agitoit 
l'Europe. Il régnoit ^ après avoir usé les forces et 
trompé les calculs de Charles-Quint , dans une gran- 
de partie de TAUemagne. Les Royaumes du Nord , 
la Suède , le Danemarck , la Norvège , avoient em- 
brassé la Réforme. Elle triomphoit en Angleterre | 
après beaucoup de vicissitudes, et TEcosse aussi 
lui avoit énergiquement donné le droit de natio- 
nalité. La France étoit ébranlée par les dissensions 
et les luttes que l'opposition sanguinaire aux Eglises 
naissantes avoit suscitées. — Au milieu d'un mouve- 
ment si universel les Pays-Bas demeuroient tran- 
quilles en apparence. Pslv leurs relations nombrei^ 
ses avec les peuples circon voisins ils avoient, il est 
vrai I participé de bonne heure aux bienfaits de la 
régénération Evangélique. Le levain étoit entré , et 
même avoit pénétré bien avant dans la masse. Le 
nombre des confesseurs de la vérité augmentoit char 
que année. Mais on ne s'en appercevoit que par le 
renforcement des Placards et la multiplication des 
supplices. Dans les derniers temps, de i56i à 
1 565 , des plaintes s'étoient élevées ; mais qu'avoient- 
elies produit? Quelques assemblées des Cheva- 



VII 

lien de la ToiscMQ cTOr , qui n'avmcmt pas eu de sui- 
te; des délibérations orageuses dans le G>nseil d'Ë- 
taty et des représentations au Roi Philippe qui ame- 
nèrent un redoublement de sévérité. 

Ce fut en 1 566 que cet état de choses cessa. Tout 
ne se borna plus à de& louanges de Christ chantées 
par de pieux martyrs sur les bûchers. Déterminée par 
la crainte d'un pouvoir Inquisitorial, qui sous l'in- 
fiuence Espagnole pouvoit aisément devenir un in- 
strument terrible d'oppression , une partie considé* 
rable de la Noblesse se confédéré et se déclare 
ouvertement contre les mesures persécutrices du 
Roi. Cette démardie devient plus décisive que les 
Confédérés eux-mêmes n'avoient peut-être prévu. 
Les Protestants , déjà si nombreux , se montrent au 
lieu de se cadier. Le sol se couvre de prédicateurs, 
et la population se lève , on peut dire , en masse 
pour écouter la Parole de Dieu* Un meilleur avenir 
semble apparoitre; mais la même année qui faisoit 
concevoir de si belles espérances , ne devoit pas les 
réaliser. Les chances de succès se perdent par un 
wâe imprudent et par des actes inconsidérés. Beau* 
coup de Catholiques qui avoient horreur de la per- 
sécution, abhorrent encore plus des désordres, 
qui leur paroissent des impietés ; les liens de la 



VIII 

Confédération se relâchent; le Roi, d*abord incer- 
tain , s'émeut et s'irrite ; les Princes Allemands se 
défient d'une cause à laquelle viennent se mêler 
des excès. Un moment suspendue la persécutio 
recommence; beaucoup de Protestants^ se voyant 
abandonnés , ont recours à la ressource du déses- 
poir, aux armes; une punition terrible est tout ce 
que désormais ils peuvent attendre d'un Monar- 
que qui se croit appelé à exercer les vengeances 
de Dieu ; la prédication libre de l'Evangile cesse; 
un instant la vit paroitre , l'instant qui suit , la fait 
évanouir. 

Tels sont les évènemens qui se succèdent, qui se 
pressent les uns sur les autres , dans cet étroit ^ 
mais mémorable espace. On en trouve le récit pres- 
que non interrompu dans la correspondance com- 
muniquée ici au public. Le récit par des témoins 
oculaires , par ceux-mémes qui furent les princi- 
paux acteurs dans ce drame; préface, pour ainsi 
dire, de notre glorieuse et sainte révolution. Ils 
écrivent à la date même des évènemens ; des im- 
pressions récentes dirigent la plume. C'est de l'his- 
toire où il y a de la vie ; de l'histoire qui , bien plus 
qu'aucune autre , transporte au milieu du passé. 



Dans des circonstances difficiles ^ dans des mo- 
mens de crise , l'homme se montre tel qu'il est en 
effet: ses projets , ses craintes, ses espérances , ses 
arrière-pensées se dévoilent, le masque échappe, et 
. Tobservateur voit sans peine ce qui auparavant 
étoit soigneusement caché à ses r^[ards. On peut 
donc s'attendre, et cette attente ne sera pas déçue, 
à des lettres très caractéristiques. 

On apprendra à mieux connoitre plusieurs per- 
sonnages célèbres dans nos annales ; par exemple , 
ce brave et malheureux Comte d'Egmont , plutôt né 
pour les combats que pour les agitations civiles; 
grand par le courage des batailles , mais montrant 
peu de sagacité dans ses prévisions politiques ; hési- 
tant lorsqu'il falloit agir , et qui a nonobstant tout- 
9 tes les fascheries que l'on lui faict , ne se résou- 
> drat sinon au grand besoigne et à l'estrémité » 
(p. 4^4)- Puis le Comte de Bréderode, dont le style 
ne trahit que trop le manque de principes et de 
moeurs , et dans lequel ce qu'il y a de plus louable, 
tient à une ardeur irréfléchie et fougueuse , qui ne 
' ressemble en rien au courage calme , contre lequel 
les flots en courroux viennent inutilement se bri- 
ser. Le Seigneur Bernard de Mérode , prêt, comme 



4ant d*autres Belges alors^ atout faire , à tout sacrifier 
pour la religion, le droit, et les véritables libertés. 
Le Comte de Hoogstraten, très estimé par le Prince 
d'Orange , si juste appréciateur du mérite ; enfin , car 
nous nepouvons tous les nommer, le Baron de Mon* 
tigny, que sa fidélitéauRoy et son attachement à la 
religion Catholique (p. SSg — 366) ne sauvèrent 
pas d'une mort violente après une douloureuse cap^ 
tivité. — Parmi les Princes Allemands on distingue 
Auguste , Electeur de Saxe , dont la protection et 
le bon-vouloir eussent été et plus actifs et plus e& 
ficaces si , moins préoccupé contre Calvin , il n*a- 
voit pas considéré comme hérétique, quiconque 
n'embrassoit pas en tout point les doctrines présen- 
tées sous le nom de Luther. Puis Guillaume, Land- 
grave de Hesse; bien plus éclairé sous ce rapport ' 
(p. 390, sqq.); imitant la tolérance Chrétienne de 
«on père, le célèbre Landgrave Philippe, qui, 
après une vie consacrée à la propagation et à la ' 
défense de l'Evangile, foible, malade, et malgré 
les approches de la mort, aidoit encore le Prinée / 
d*Orange en lui donnant l'appui de ses sages con- : 
seils (p. 358). '. 



Le lecteur attentif pourra pénétrer dans l'intimi- 



.» 



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lé de plusieurs illustres membres de la Familje 
d'Orange-Nassau. Une des lettres les plus iut^res* 
stntespour ceux qui aiment à lire datis les coeurs^ 
est sans doute celle de la Comtesse de Nassau, mère 
de Guillaume Premier (Lettre I94). « O mon cher 
fils] » écrit-elle au Comte Louis « j'apprends avec 
anxiété les difficultés, les périk qui te pressent. 
Ne conseille rien , ne fais rien qui soit contre 
la Parole de Dieu, le salut de ton àme, le bien- 
être du pays et des faabitans. Prie le Père Céleste 
qull t' éclaire par Son Saint-Esprit ; qu'O t' ap- 
prenne à aimer avant tout les choses étemelles. 
Cela est impossible sans l'assistance de cet Esprit; 
donc il est absolument nécessaire de prier. O que 
je suis en peine pour toi , que de craintes me dé* 
chirent! Vis dans la crainte de Dieu; adresse toi 
à Lui : supplie Le qu'il te préserve de tout mal , 
qu'il te conduise dans le chemin qui Lui est 
agréable. Je prierai ardemment pour toi; prie 
toi-même aussi. » L'influence d'une mère dont les 
sentiments étoient si pieux et la pieté si pratique, 
doit avoir été grande et salutaire: les germes que sè^ 
me l'amour maternel sont rarement stériles.^— Pour 
s'en convaincre on n'a qu'à lire une lettre du Comte 
Jean de Nassau , adressée également au Comte Louis 



XII 



(Lettre iqG). Sollicite dé donner ses avis sur la po- 
sition critique des Pays-Bas, il rappelle qu'au milieu 
des tourmentes politiques c'est d'abord, c'est surtout 
à Dieu et à la prière qu'il faut avoir recours, a Vous 
saurez sans doute, » dit-il, « exhorte ceux qui 
» vous demandent conseil, à la repentance, à la 
» conversion, à adresser leurs supplications à l'Er 
» ternel , à mettre leur confiance en Lui et non dans 
» les hommes: ce sont des choses pour lesquelles 
» la prière fervente et assidue (emsiges gebetj 
» p. 269) et une prévoyance continuelle sont abso- 
» lument nécessaires. » La prévoyance; car, pour 
être profondément religieux, il n'en étoit pas moins 
actif et prudent : tous les moyens qui s'offroient à 
lui, il les mettoit infatigablement en usage: il ne 
s'épargnoit ni auprès des Princes Allemands pour 
obtenir leur intercession en faveur des Pays-Bas 
menacés de la colère terrible du Roi; ni auprès 
des capitaines, afin d'avoir des soldats pour les 
éventualités , où la résistance, au lieu d'être cri- 
minelle , pourroit devenir permise et même pren- 
dre le caractère sacré du devoir. — Quant à Louis 
de Nassau, si intéressant par ses qualités héroï- 
ques et chevaleresques, par sa vie si courte, mais 
si pleine d'activité et de dévouement, et qu'une 



XIII 

moit glorieuse devoit dignement terminer, il y 
a dans ce Tome beaucoup de particularités rela- 
tives à sa conduite et à son caractère. Ce ne fut pas 
lui qui le premier donna Fidée d'une alliance entre 
les Nobles (p. i3); il n'étoit pas Calviniste (p. ai 5, 
p. 307) ;ildësapprouvoit fortement les violences des 
iconoclastes (p. a 1 a). Mais ce fut lui qui composa 
la requête à la Gouvernante (p. 67) ; ses talens , son 
énergie infiniment supérieure à la fougue étourdie 
de Bréderode , le rendirent bientôt Tàme de la Con- 
fédération. Se montrant à la hauteur du maniement 
des affaires politiques il déploya une activité incon- 
cevable et on ne peut donc s'étonner, ni que le Roi 
et la Gouvernante s'efforçassent de lui faire quitter 
le pays (p. 3i5 — 3 18), ni que les principaux Con- 
fédérés missent tout en oeuvre pour le retenir. 
Deux lui promettent « d'employer corps et bien 
» pour ceste juste cause et toutes autres qu'il 
> plaira vous servir de nostre petite puissance , jus* 
»ques à mourir à vos pieds, comme pour le 
1 mérite d'un Seigneur de qui nous confessons te* 
» nir l'entière part de nostre salut » (p. 369). Bré-^ 
derode lui-même lui écrit : (c J'espère de mouryr ung 
»vostre povre soldat , vray geus, à vos pyes » 
(p. 4 16). Il étoit l'objet de la confiance illimitée des 



XIV 

Protestants* Utenhove, Gantois lui écrit : « Je vw» 
» prie, au nom de toute la communauté, de vouloir 
» apporter tel remède , que nous ayons occasion de 
» haut louer le Seigneur ; qui de sa grâce vous a si 
» richement eslargy ses dons qu'avec le bon vouloir 
» et singulière bonté que se lict sur vostre face^ 
» vous avez aussi la puissance de tirer les pouvres 
» affligés hors de la geule des loups rarissans. • • • 
» Les Gantois, à dire vérité y vous désirent mille fois 
» le jour pour leur tuteur et gouverneur » (p. 297). 
Le Comte Louis dirigeoit aussi tout ce qui étoit relatif 
aux levées de troupes; « et tout cecy , ferast mestie 
m au Roy un peu d'eau dans son vin » (p. 271). Son 
âme de feu ne reculoit pas devant la perspective 
d'une lutte: quelquefois peut-être, plein d'une ar« 
deur guerrière, brûlant d'envie de remporter dea 
victoires dans une juste cause, il la souhaitoit, sans 
se l'avouer à lui-même. « Ce n'est qu'en mars ou 
» avril », écrit*il, a que le Roi viendra avec de gran- 
» des forces ; c'est alors que le jeu (der beeremanz 
» p* 309) devra commencer. » S'il y a quelque 
l^èreté dans cette expression, elle est corrigée 
par ce qui suit: <c Donc recommandons la chose à 
» Dieu et ayons les yeux bien ouverts. » Certes il 
auroit cru , lui aussi , commettre un crime en pre» 



XV 



nant les ormes sans absolue nécessite. Et cette né-' 
oessité il ne l'admettoit pas aisément; car il a^oit 
des scrupules sur la légitimité d'une résistance ar* 
mée, même pour obtenir le libre exercice de la Re- 
ligion. Il consulte son frère, le Comte Jean, i cet 
égard (p. ai 4)* « Car », écrit*il,a tous les jours on 
j» m'objecte que l'on doit obéir à Dieu plus qu'aux 
» hommes; Dieu commande que Ton prêche sa pa^ 
» rôle; donc, disent-ils, il faut prêcher, même si le 
» Magistrat est entièrement opposé à la chose; oui , 
» même si Ton est forcé d'employer l'épée. o Quel- 
^s lignes plus bas il ajoute. « Enfin les choses 
n ne peuvent ni ne doivent s'arranger sans effusion 
s de sang, du moins à ce que tout semble présager. , 
» Dieu veuille regarder ce pays avec un oeil de mi- 
9 séricorde , et nous épargner les chàtimens si sou- 
> vent mérités: on doit ardemment Le prier, v 

n est surtout intéressant d'observer le Prince 
d'Orange à cette époque. On trouvera dans sa ma- 
mère d'agir des choses en apparence eontradictoi* 
tes. La Confédération lui déplaît (p. i58) ; il désap- 
prouve la publicité des prêches (p. 1 4^ f i ^8) ; il 
condamne les excès des iconoclastes, il en punit les 
anieurs ; il tâche de conserver ou de rétablir l'ordre » 



XVI 



et Tobéissance aux Magistrats ^ il veut soumission 
complète au Roi, Seigneur naturel et légitime. D'un 
autre côté il multiplie ses relations avec les Prin- 
ces d'Allemagne et prend une part secrète , mais ac- 
tive aux démarches qui ont pour but de pouvoir à 
toutmoment disposer d'un nombre considérable de 
soldats. — Comment concilier ces oppositions ? 

Facilement sans doute , si l'on admet que le 
Prince, astucieusement iiabile , avoit excité sons 
main les troubles qu'il condaumoit en public ; si 
Ton suppose qu'il vouloit , retenant ou lâchant la 
bride au peuple, jouer le rôle de médiateur, en at- 
tendant qu'il put s'opposer au Souverain à force ou- 
verte. Cest ainsi que dans un temps de philoso* 
phie incrédule , on a cru préconiser Guillaume de 
Nassau en lui assignant le caractère assez commun , 
assez ignoble , d'intrigant politique. Heureusement 
des suppositions pareilles, qui doivent leur ori- 
gine à des réminiscences appartenantes à un au- 
tre ordre et d'hommes et de révolutions , tom- 
bent devant une étude impartiale de Thistoire. 
Les documens publiés ici sufiiroient pour les 
réfuter. 

On n'a qu'à suivre avec soin et sans préoc- 
cupation ses démarches, en observant les deux 



XVÎI 



tendances qui , par une conséquence inévitable 
de la complication des événements , dévoient se 
oombattre dans son esprit. — Servant le Roi, 
comme l'avoient fait ses ancêtres , avec loyauté , il 
désiroit lui rester fidèle et vouloit éviter , comme 
un grand malheur , toute collision entre les sujets 
et le Souverain. Il n'y a pas lieu d'en douter; même 
poor ceux qui n'admettent dans ses déterminations 
que les calculs de l'égoisme ; car en ceci son in- 
térêt et son devoir étoient d'accord. Sans vouloir 
entreprendre de réfuter ici ce qu'on a débité sur 
les projets ambitieux et intéressés que le Prince 
pourroit avoir formés plus tard , nous devons re- 
marquer que y du moins en 1 566 , toute tentative 
d'arracher les Pays-Bas au Roi d'Espagne lui eut 
paru, et coupable, et de plus chimérique. Même en 
lui accordant la plus large mesure de divination 
politique que l'on peut raisonnablement suppo- 
ser à un homme, dont le génie, infiniment su- 
périeur à la médiocrité commune y avoit néanmoins 
des limites ; il ne pouvoit , à cette époque y pré- 
voir ni ses propres destinées y ni la grandeur future 
ou même l'existence de la République , ni la magni- 
fique histoire de la Maison de Nassau : il ne pou- 
voit se flatter de combattre avec succès, dans 



XVUI 



une lutte prolongée , le plus puissaul des Monar* 
ques. — Le Pcinee étoit Protestant : Sfeooode tenr 
dance, contraire à l'autre j aussitôt que le Roi tou- 
loit être servi au détriment du service de Dku. il 
étoit Protestant de coeur et par conviction: ce 
que nous avons dit, prouve que, du moins ak>r&) 
il ne pou voit l'être par calcul. Probablement^dans le 
principe , son opposition avoit été surtout motivée 
par la compassion envers des malheureux aiuD- 
quels on ne reprochoit que leur foi ; par la pensée 
que cette foi étoit au fond la même que celle de 
ses parens , de ses amis d'Allemagne ; par la crainte . 
que les Espagnols , abusant des préjugés du Roi , 
ne trouvassent dans le reproche d'hérésie un pré» 
texte pour soumettre les Pays-Bas à leur influence 
et à leur domination. 11 avoit longtemps été ab* 
sorbe par les affaires des camps , les délibérations 
exclusivement politiques, et les nombreux amu* 
sementsde la Cour. Mais, à mesure que les dissen- 
sions religieuses devenoient aussi dans les Pays- 
Bas le centre des idées , il ne manqua pas de s'in- 
former des points cardinaux de la dispute ; et il 
seroit absurde de s'imaginer qu'il ait ignoré en 
i566 les grandes questions qui occupoient tous les 
esprits , et par lesquelles la Chrétienté entière étoit 



XIX 

3^tée. Sa foi étoit tolérante sans doute. « Je ne suis 
a pas Calviniste y» ëcrit>>il au Landgrave Guillaume 
(plus tard il se joignit à ceux qui professoient les 
opinions de Calvin), «mais il ne me semble pi juste ni 
f digne d'un Chrétien de vouloir que, pour les di£- 
> férences entre la doctrine de Calvin et la Confes- 
a sien d'Augsbourg , ce pays soit couvert de trou* 
» pes et inondé de sang » (p. ^SS). Toutefois , 
tolérant, aussi envers les Catholiques^ , dont il 
s^Yoit reconnoitre les droits , il avoit d^ copvio- 
dons positives ,et ne se réfugioit pas dans une triste 
et coupable neutralité. U comprenoit l'importance 
de la justification par la foi; ilsavoit qu'unsalut ac- 
quit en Qvrist est le seul qui puisse être vraiment 
salutaire; ilvoyoit les différences entre le papisme, 
surchargé de traditions superstitieuses et de com- 
mandements dliomme , et la doctrine simple et di- 
^e du Livre Sacré. C'est pour cela que son oppo- 
sition devoit, en rapport avec les intentions de 
Philippe II , prendre de plus en plus un caractère 
religieux et par là même lui faire coiu-ir le risque 
d'échanger la s^uperbe position qu'il occiçoit, contre 
la perte de ses biens et contre les douleurs de l'exil. 
Quelle dut être par conséquent sa pensée, au 
conmiencemeAtde 1 566, après les injonctions sévè- 



XX 



res du Roi? Il prévoit la possibilité de graves tumul- 
tes; il cherche le moyen de les prévenir: mais il 
sait aussi que les droits du Souverain , quelque sa- 
crés qu'ils soient , ont des limites ; que , s'il peut 
interdire la publicité de tout culte qu'il désapprou- 
ve , personne ne doit vouloir s'arroger sur les con- 
sciences une domination exclusive et violente. Voici 
comment il expose lui-même les difficultés de sa 
position dans une lettre très confidentielle au Com- 
te Louis: <c Noz remonstrances, oires qu'i procé- 
» dent de bon ceur et pour éviter toutte ruine et 
» empescher que tant de sang des innocens ne soit 
» répandu ^ est interprété j tant de S. M. j comme 
» deceulx de son conseil^ tout au contraire, mesmes 
» à demi à rébellion et de inobéisance , desorte que 
» nous nous trouvons en gran paine, car d'ung costé 
» est la ruine tout évidente se taisant, de l'aultre 
» costé contre disant recepvons le mauves gré du 
» maistre et ester noté de contrevenir à nostre de- 
» bvoir » (p. a8). Prévenir les maux qu'il prévoyoit, 
tel étoit son unique dessein; et il écrit au même 
endroit à son frère envoyé par lui vers quel- 
ques Princes Allemands pour demander des con- 
seils ; « Rest seullement que les remonstrances 
» que leur ferés , soit tel, que le sassant et venant 



XXI 



n en luDimière , Ton ne porroit présumer aultre 
» chose que eu vérité la chose est en soy mesmes. » 
11 désire ramener le Roi par des réprésentations 
respectueuses, par des intercessions puissantes, 
dam -des voies modérées : sans se dissimuler que , 
d'après la position des choses , la fermentation 
toujours croissante des esprits , et l'inflexibilité de 
Philippe en matière de foi , il pourra survenir des 
événements qui permettront et commanderont 
même au Chrétien de résister par la force. 

Toujours il met en avant les moyens les plus 
doux et les plus légitimes. De là ses tentatives au- 
près des Chevaliers de la Toison d'Or (p. 4o); ses 
conseils pour la réunion des Etats-Généraux, 
(p. 3a 5); non qu'il fut apparemment très disposé à 
leur reconnoitre ou à leur accorder des pouvoirs 
politiques et cette pleine puissance que le fougueux 
N« de Hames (p. 35) désiroit pour eux ; mais parce- 
que depuis longtemps ces réunions de personnes 
influentes par leur richesse >t leur position socia- 
le, étoient l'organe naturel non pas uniquement 
d'une libéralité loyale, mais aussi des besoins , des 
vœux , et souvent des remontrances et des plain- 
tes du pays. De là encore ses démarches auprès 
des Etats-Provinciaux , et les efforts pour obtenir 



XXII 

la médiation de l'Electeur de Saxe et Burtoul de 
l'Empereur. Ce n'est qu'à défaut de ces moyens et 
quand le danger approche , qu'il paroit songer à 
des mesures d'un genre plus équivoque. Voici ce 
qu'au mois de septembre , apprenant « les gran- 
» des préparations de forces que S. M. faict &ire y » 
il mande au G>mte d'Egmont. a 11 semble que 
» pourroit grandement sei*vir l'adjoinction et dé^ 
» claration des Etats-Généraulx. Toutefois si la 
» [chose] devroit trainner longtemps, fiiukbroit 
» mieux résouldre avecques nos amis , que nous 
» laisser coupper l'erbe peu à peu desous les piedft 
j» et tant temporiser qu'il n'y auroit enfib plus nul 
» remède » (p. 3a 5). 

Pour beaucoup de personnes ^ emportées par une 
précipitation fatale , les conseils modérés du Prince 
n'étoient plus de saison. L'irréflexion des Nobles et 
la violence des emportements populaires déjouoient 
tous ses calculs. Convaincu que de grands mal* 
heurs étoient inévitables , tantôt il souhaitoit se 
retirer de la mêlée (p. 4^) ; tantôt , cédant aux priè- 
res de la Gouvernante j il consentoit à demeurer , 
à employer son influence pour le rétablissement 
de Tordre; tantôt, se sentant uni à ceux mêmes 
dont il déplomit les écarts et dont il punissoit les 



xxni 



d^lhs^il préparoil la résistance pour le cafs d'une 
persécution renouvelée contre les opinions Evailgé^ 
lîques. Sans doute il aiuroit pu donner de l'unité à 
sesdémarcbeSy soit en concourant^ pour se remettre 
dbns les bonnes grâces du Roi , à l'oppression des 
pauvres Chrétiens; soit en se joignait aux Protes- 
tants et se mettant (ranchisinent àleu^ tête : mais c'est 
précâsément à quoi il y avôit pour lui impossibilité 
morale : opprimer ses co-réligionnaires lui eût fait 
horreur; se révolter contre le Souverain lui eût pa- 
ru oriminel : il vouloit épuiser l'obéissance et la 
douceur, et pousser les ména(gements jusqu'aux der- 
nières limites du devoir. En promettant vers la fin 
de i566, au Roi obéissance en tout, pour autant 
que la conséience le permet (p. 49^) 9 il étoit sans 
doute sincère, aussi bien dans sa promesse que 
dans sa déclaration assez intelligible de sympa- 
thies et de convictions doût laveu ne pouvoit cer- 
tes lui profiter. 

Concluons donc que le Prince, mii par tant de 
considérations diverses, n'avoit pas et ne pouvoit 
encore avoir de plan arrêté , de déterminations po- 
sitives ; et que la marche rapide des événements , 
qui multiplioit chaque jour les chances de désor- 
dres et de guerre civile, devoit augmenter ses 



XXIV 



irrésolutions et ses perplexités. Peu de mois plus 
tard, après la venue du Ducd'Albe, on lui reprocha 
d'avoir perdu les Protestants par sa conduite vacil- 
lante et ses interminables hésitations. Mais il n'avoit 
jamais voulu arborer l'étendard de la révolte , et il 
n'en fut que plus digne de diriger la résistance con-^ 
tre le régime du glaive* ^ des bûchers. En quit- 
tant le pays y il étoit loin peut-être de prévoir un 
prompt retour. Les situations qui nous sem- 
blent désespérées ne changent rien aux décrets 
de l'Eternel : Sa main puissante alloit le saisir pour 
l'accomplissement de la grande tâche à laquelle il 
étoit destiné. Les hommes supérieurs que Dieu 
employé pour ses desseins sur les royaumes de la 
terre , non seulement reçoivent de Lui le génie et la 
force nécessaires pour triompher des obstacles , mais 
c'est encore Lui qui , et quelquefois presque visi- 
blement , ti*ace leur sentier. 

Nous avons cru devoirajouter à la Correspondan- 
ce quelques Discours ou Mémoires j qui d'ailleurs 
peuvent presque être censés en faire partie , et qui 
contiennent beaucoup de particularités intéressan- 
tes , par exemple , sur les entreprises des G>nfédé- 
rés (p. 57 — 64), les délibérations du Prince 



XXV 



d'Orange avec le Comte d'Ëgmont (n® a i5*) et avec 
les Princes d'Allemagne (n® ao6% 227') , la levée de 
troupes (n^ ^93*)^ l'état d'Anvers , métropole du 
commerce (n^ a 1 6*) , et la situation du pays en gé- 
néral (n« a36*). 

Le contenu déjà de ce Tome pourra montrer sous 
beaucoup de rapports, et le caractère de la lutte qui 
alloit bientôt s'établir, et la physionomie d'un 
siècle où bien plus qu'à aucune autre époque , la 
Religion étoit non pas l'instrument, mais le principe 
de la politique. M'en déplaise à ceux qui voudroient 
métamorphoser la révolution des Pay&-Bas , cette 
grandeconséquence du Protestantisme religieux, en 
une réaction des libertés communales , il est beau- 
coup question ici de Religion , et très peu de privilè- 
ges. Une époque, pour laquelle l'intérêt des formes 
de gouvernement est le plus haut placé des intérêts 
et de la terre et du Ciel , a voulu s'assujettir et s'assi- 
miler même le passé. Méconnoissant les riches varié- 
tés de l'histoire, elle a voulu ramener tous les temps 
à son propre niveau; au niveau d'une époque où l'in- 
différence pour la Religion et la soif des intérêts 
matériels prédominent. Ce sont là de tristes efforts. 
De nos jours on attache beaucoup de prix à l'exacti- 



UVI 



tude pittoresque niâmedes pinspetits détails ^elo'îeist 
aVec méon; carâ n'y à rieti d'insignffiàtit en histoire^ 
et l'otl ne sourôit étire trop el[att^ trop yéridique-Mus 
s'il est utileet curieux de conserver la réprésentatiop 
précise des localités et des costumes , il est impor* 
tant y il est nécessaire de ne pas altérer la vérité des 
opiniofis^ des nvoeurs, des croyances ^ des dogmes et 
des idéeë qui ont remué les peuples et changé k 
face des Etats. Entre les faussies unités mieux vaut 
celle des formes que celle du fond; et nulle 
monotonie n'est aussi désespérante que celle où ce 
qu'il y a de plus grand et de plus élevé ^ est mis for« 
cémenta l'unisson de ce qu'il y a de plus mesquin et 
de plus abject. Le seizième siècle , dominépar la Fbi^ 
se prête difficilement àces transformations violentes ^ 
motivées par le désir d'assigner à ses propres opi«* 
nions un caractère d'universalité , et surtout aussi 
par la répugnance à reconnoitre dans la vérité his* 
torique l'influence des principes Chrétiens. Toute- 
fois on ne sauroit disconvenir qu'il ne règne beau*- 
coup de préjugés à cet égard. 11 est, sous plus d'un 
rapport, désirable de les voir dissipés; et nous 
croyons que c'est surtout par des lettres écrites en 
grande partie à coeur ouvert , par la voix, pour 
ainsi dire, des morts sortant après trots siècles de 



XXVII 



leurs tombeaux , qu'on pourra réhabiliter cette belle 
époque et lui rendre sa véritable signification , sa 
couleur native, et la place qui lui appartient dans 
la succession des gprandes phases de l'humanité. 



Pour ce qui concerne les règles que nous nous 
sommes tracées relativement aux détails de la pu- 
blication , nous renvoyons à la Préface du Tome 
Premier. Il nous reste un devoir agréable à remplir. 
Cest de remercier publiquement notre ami M' Bodel 
Ntenhuis, correspondant de l'Institut Royal des 
Pays-Bas et associé de la Maison de Luchtraans à 
Leide, et pour son assistance dans le ti*avail péni- 
ble de la correction des épreuves, et pour les éclair^ 
cissements géographiques que ses coqnoissances 
étendues et sa précieuse collection de cartes l'ont 
souvent mis à même de nous donner. 



CONTENU. 



TOME n. 



1566. 



Page. 



cxziT. LePriooe d'Orange an Comte Louis de Nassau^ 

Sur un écrit attribué à ce dernier. g. 

GZZY. Le Prince d'Orange à la Duchesse de Panne. H 
développe son opinion relativement aux or- 
dres r^oureux du Roi, i6. 
Gxzn. Le Prince d'Orange au Comte Louis de Nassau. 
Sur le but des levées du Duc Eric de Bruns- 
wick, aa. 
cxxvii. J. Lorich au Comte Louis de Nassau. Sur le 

même sujet. a5. 

GxxTiiT. Le Prince d'Orange au Comte Louis de Nassau. 
Sur des démarches à faire auprès des Princes 
d'Allemagne relativement aux Pays-Bas. «7. 






XXX 

mTBB. Page, 

cxxiz. N. de Hames au Comte Louia de Nassau. Sar 
les résolutions des Confédérés et la nécessité 
de prendre des mesures vigoureuses. 34- 

cxxz. Le Comte d'Egmont au Comte Louis de Nassau. 4 3* 
cxxxi. Le Comte de Hoogstraten au Comte Louis de 

Nassau. 4^- 

czxxii. P. de Varich au Comte Louis de Nassau. Sur 

les affaires de la Principauté d'Orange. 47* 

czxuii. Le Comte de Hoogstraten au Comte Loub de 

Nassau. 5z. 

Gzzxiv. Le Comte de Hoogstraten au Comte Loub de 

Nassau. Sur une affaire particulière. 54* 

cxxtv. Le Prince d'Orange à . • • . Sur les prépara- 
tifs du Roi d'Espagne et la nécessité pour les 
Princes Protestans d'Allemagne de s'intéres- 
ser au sort des Pays-Bas. 65. 
GXxxYi. Le Comte H. de Bréderode au Comte Loub de 

Nassau. 67. 

cxxxvii. Le Landgrave Guillaume de Hesse au Prince 
d'Orange. Sur les préparatifs des Turcs et la 
nécessité de présenter à la diète' une suppli- 
que au nom des Pays-Bas. 69. 
Gxxxi9^iU Le^Pcince d'Orange au Cgmif Louî» de^Nam% 
Il l'exhçrtç à avoir soin, qu^ le% Confédérés 
oe. soient pas accompagnés d'étrangers et 
qu'ils yienueat sans armes. 74. 
czxxix. L. de Schwendi au Prince d'Orange. Ses prévi- 
^ona sur la guerre contre ks Turcs et sur. les. 
i:ésolntions de la, Piète. 76. 
cxL. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nftssan. Qillet» semé» parmi le peuple ; affai- 
res des Confédérés. g4. 
cxMi Charles, de Bievel 9 Sei|peur d'Audrjgnîes , au 
Cçmte Louia de l^assaur Sur. la, démission 
donçiée par. la, Gpuv^0A9il^ k trois de ses 



%%Xl 



URTEB. Pige. 

G«B«>blKMiiiiiw membres de k Confédécftr 96. 

tiOB. 

OUI. Le €omte Hr. de Bréàjetode «m Gomfte iMxvm de 
Nassau. Sur le même si^t efc sar Tobsenra- 
tioo d«t jeûne catholique. 98. 

cxun. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Smr ujue pounutte dirigée contre 
qudques GenUlskommesi (fe Ul Gneldre : élo- 
ge du Masquis de Bergep. xo6. 

CLUM, Le Coflste fi. de Brédeciode «n ConfA Louis de 

Nasaau. 109. 

ezLT. Le Comte Jean au Comte Louis do Nassau. Sur 
des levées pour le Eo» PàilîpfMi U en Alle- 
magne, iio. 

cnufi. Le Comte Jean au Comte Louis de Nassau. Sur 
le désir de TEvéque dA Liègs,, Gérard de 
Groisbeok y de voir leur frère UComte Heuri- x x i • 

CXLV11& • » • . • à N. d« BaiDM^S' Sur le«( p^nécutions 
contre les Protestans , ip^o^ofastaïKt Tapostille 
de k OouveroAotA. 1 15. 

czLvxxi. Le Comte H. ds Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. Loa aCiems marçtieut t^n. xao. 

czux. Le Comte G. de BeirgUçs an CowÂe Louis de 

Nassau* Sur les. affairea delà Queldnew m* 

CI» Le Comte H. de Bréderode an. Comte Louis de 
Nassau. Relative à la Comtesse. Polykène de 
Mansfekk. xa6. 

oiLX. George de Montîgny , Seigneus de Nayelles , au 
Comte Loub de NaMtU. Suit les prêches 
publics. iiB. 

cm. I^ Comle H» de Bréderode au Co^v^te Louis de 
Nassau. Les afiBsûro» dA k Coutédération sont 
en bon état. 139. 

Gun. Le Comte H* de Bréde^odei au Comte Louiede, 

Nassau. i3i. 



XXXIl 
LBTTRB. p^e. 

CLiv. Le Comte G. de Bergbes au G>iiile Louis de 

Nassau. Sur uoe eotrevue à Lierre. 1 33. 

CLV. Ch. de Revd , Seigueur d'Audrignies , au Com- 
te Louis de Nassau. Il se trouvera à St 
Troo, et s'est opposé aux prâches à Yaleo- 
cieones. i35. 

ctiT. lie Prince d*Orange au Comte Louis de Nassau. 

Sur la Tenue du Prince à AnTers. 1 36. 

CLTU. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. Sur la position critique d*Anf ers. 140. 
cLzvni. Le Comte H., de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Il lui envoyé une reifuète d'un pri- 
sonnier pour la Foi. 142* 
eux. Le Prince d'Orange au Marquis de Bergen. Sur 
la nécessité de mesures efficaces pour con- 
server le Pays. i44- 
GLz. Charles de Revely Seigneur d'Audrignies^ au 
Comte Louis de Nassau. Sur les prêches à 
Valenciennes. 147. 
CLXi, Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. Sur la situation d'Anvers. 148. 

CLxn. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. Sur le même sujet. 149. 

CLziii. Quelques Nobles Confédérés au Comte Louis 
de Nassau. Ils refusent de se rendre à St. 
Tron. i59. 

GLZiv. au Landgrave Philippe de Hesse. Sur 

les levées du Duc Eric de Brunswick et du 
Prince d'Orange. i54. 

GUCV. Le Comte d'Egmont au Comte Louis de Nassau. 
Relative à une conférence avec le Prince 
d'Orange et les députés des Nobles assemblés 
à St. Tron. i56. 

GUTu Le Prince d'Orange au Comte Louis de Nassau. 

Sur les démarches des Calrinistes. i57. 



XXXIII 

Page. 

CLvm, Le Comte Jean au Comte XjOUÎs de Nassau. Il 
se fait scrupule d'envoyer le Comte Henri 
dans les Pays-Bas. 171. 

CLXfin. Le Comte de Hoogstraten au Comte Louis de 

Nassau. Sur les mrsui^esdu Duc Eric Z7!i. 

cLziz, Le Comte Louis de Nassau au Prince d'Orange. 
Sur les mauvaises dispositions de la Gouver-» 
nante et la nécessité de se prémunir par des 
levées en Allemagne. 178» 

CLxx» Le Prince d'Orange à « • • • • àSur l'état dange- 
reux des Pays-Bas et particulièrement d'An- 
vers. 180. 
CLXXX. Le Comte de Hoogstraten au Comte Louis de 

Nassau. 184. 

CLTXU. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Sur les intelligences du Duc Eric 
de Brunswick avec les Comtes de Alegen et 
d'Aremberg. i85. 

CLXsan. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. Sur le même sujet. 187. 

GLZXiv, Le Roi d'Espagne à son Parlement de Bour- 
gogne. Il l'exhorte à se tenir en garde contre 
les menées des hérétiques.. i ^o. 

CI.XXY» Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Sur la défection du Comte Charles 
deMansfeldt. loa, 

tLxxvi. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Sur le Duc Eric de Brunswick et 
les Comtes de Megen et d'Arenberg. 104. 

CLxxvu. Le Prince d'Orange au Comte Louis de Nassau. 196. 
GLXXViu. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
liassau. Sur l'enrôlement de ti'oupes contre 
la Confédération. xq8. 

CLXXXX. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. H le prie de lui donner plus souvent 

c 



XXXIV 
LBTTEK.' PaS«. 

des nouvelles, et lui (ait part des menaces 
contre les Gueux. 20 1 . 

CLXxx. Le Prince d'Orange au Comte Louis de Nassau, tkoa. 

CLXxxi au Comte Charles de Mansfeldt. On 

Texhorte à ne pas se séparer de la Confédé- 
ration. ao3.- 
cLxxxii. Le Comte Loub au Comte Jean de Nassau. Re> 
lative à des levées en Â.llemagne au nom da 
Prince d*Orange et de la Noblesse des Pays- 
Bas : exposition de Tétat critique du Pays. ao5. 

CLXxxiiT. [De CoUoguren] à B. de Malberg. Sur le refroidis* 

sèment des Confédérés dans le Luxembourg. 209. 

cLxxxiv. Le Comte Louis au Comte Jean de Nassau, La 
crise devient de jour en jour plus menaçante. 
Affaire de la Comtesse de Mansfeldt. an. 

CLxxxv. Le Comte B. de Mérode au Comte Louis de 
Nassau. Sur les prêches aux environs de 
Malines. 2a i. 

CI.XXXV1. Le Comte H. de Bréderode à la Princesse d'O- 
range. Relative à la Comtesse Polyxène de 
Mansfeldt. a a 3» 

CLxxxviT. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. !ia4« 

cLxxxviii. B. de Malberg au Comte Louis de Nassau. Sur 
le refroidissement des Confédérés dans le 
Luxembourg , les préparatifs contre la Confé- 
dération et sa disposition à y résister. aa5« 
CLxxxix. Le Comte H. de Bréderode au Prince d'Orange. 
Sur la nécessité de porter remjède à l'état cri- 
tique de la ville d'Amsterdam. a 3 2. 
cxc. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Sur les mauvaises dbpositions des 
Présidens de Hollande et d'Utrecbt , sur tes 
excès des iconoclastes , et la nécessité de veil- 
ler aux intérêts de la Confédération. ^33. 



xxxv 

Paie 
cxci. Théodore de Bèze au ministre Taffin. Relative 

aux différens sur la St. Cène. a 4 2* 

.cxcn. Gaillaumey Landgrave de Hesse, au Comte 
Loais de Nassau. Sur le colloque d'Erfurt 
et raffaire de Grumbach. 249. 

cxciii. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Il désapprouve les désordres des ico-» 
noclastes en Hollande , et est disposé à répri- 
mer ces excès. Il insiste sur Tassurance de- 
mandée à la Gouvernante par les Confédérés. a5 1 , 

c%€sm\ Accord du Comte Louis de Nassau avec le capi- 
taine WesterboU touchant une levée de mille 
chevaux, 256. 

cxciv. La Comtesse Juliane à son fils le Comte Louis 
de Nassau. Elle lui témoigne ses vives inquié- 
tudes et lui recommande de se confier en 
Dieu. aSp. 

cxcv. Le Prince d'Orange à Henri Duc de Brunswick 
et mutatis muiandis à Philippe et Guillaume , 
Landgraves de Hesse , au Duc de Clèves et 
au Comte Gûnther de Schwartzbourg. Sur 
les excès commis dans les Pays-Bas , et par- 
ticulièrement à Anvers. a6 1 . 

cxxsTL. Le Comte Jean au Comte Louis de Nassau. Ré- 
ponse à la lettre 184. ^^^% 

cxGvu* Le Comte G. de Berghes au Comte Louis de 
Nassau. Recommandation d'un ministre pro- 
testant. 276. 

cxcmii. Le Comte Louis de Nassau au Prince d'Orange. 
Sur les préparatifs de résistance à des mesu- 
res violentes du Roî. 271 
csLcrx. Le Prince d'Orange au Comte Louis de Nassau. 

Sur les mesures à prendre à Breda. 273. 

ce. Le Comte H. de Bréderode tfu Comte Louis de 
Nassau. H se plaint des menaces contre les 



LmmB p^^ 

Confédérés I et demande des explicationa au 
sujet de laocord avec la Gouvernante. ^«5^ 

CCI. Les Seigneurs d'Audrignies et de Lumbres au 

Comte Louis de Nassau. 277. 

ccii. Le Comte d'Egmont au Prince d'Orange. Il part 

pour la Flandre ; se défie de la Duchesse. 278. 

cciiu B. de Mérode au Comte Louis de Nassau. Le 
peuple se défie des Confédérés à cause de l'ac- 
cord avec la Gouvernante. aSi. 
Gciv. B. de Mérode au Comte Louis de Nassau. Rela- 
tive à un emprisonnement pour le fait de la 
religion. a83. 
ccY. De Guaderebbe, Magistrat de Louvain, au 
Comte Louis de Nassau. Relative à un pri- 
sonnier dont on demandoit Télargissement. 284. 
ccvj. Guillaume y Landgrave de Hesse, au Prince 

d'Orange. Réponse à la lettre i^S, a85. 

Gcvi\ Mémoire (Gedenckzettel) du Prince d'Orange 

pour le C«omte Louis de Wîttgenstein. tSSS. 

GGVii. Auguste,, Electeur de Saxe , au Prince d'Oran- 
ge. Réponse à une lettre relative aux iconro- 
clastes. ag3, 

ccviii. Charles Utcnhove , le fils , au Comte Louis de 
Nassau. Il se plaint des persécutions contre 
les iconoclastes et contre les p/otestans eo 
général. agS. 

ccviiia. Instruction du Prince d'Orar/ge pour le Comte 
Louis de Wilgenstein relative à sa mission 
vers l'Electeur de Saxe^ a 00. 

ccix. Le Comte Louis au Comte Jean de Nassau. Il 
lui demande conseil sur plusieurs points , 
entr'autres suv la désunion entre les Calvi- 
nistes et les Luthériens. 3oG. 
ccx. Le Prince d'Orange à . . . . ReUtive à la levée 

«*e pié*^ns à Anvers. 3io. 



Page. 
€xxi. Le Comie houi» de Nassaa au Prince d'Orange* 

Relative aux préchea hors de Bruxelles. 3ix. 

ocjui. J. Bets au Comte Louis de Nassau^ Sur les af- 
faires de Malioes. 3 1 a. 
ciaiu. Le Comte Louis an Comte Jean de I^assau, 
Sur une lettre de TËvéque de Wurzbourg 
touchant des levées au nom du Prince d'O- 
range. 3i4. 

«icxxiT. La Duchesse de Parme au Prince d'Orange. 
£lle se plaint de la conduite du Comte Louis 
et désire qu'il quitte le pays. 3x5. 

ccxT. La Duchesse de Parme au Prince d'Orange. El- 
le lui donne avis de la venue prochaine de 
quelques troupes pour la garde de deux vil- 
les situées dans ses Gouvernemens. 3iz. 
ocxY, Luitruction pour Mons^ de Yarich se rendant de 
la part du Ptînce d'Orange vers le Comte 
d*£gmont. 3a3. 

CGXTi. Le Comte Louis de Nassau aux Seigneurs d'£s- 
querdes, de Villers, d'Audrignies ^ et de 
Lumbres. 3a7. 

Gcxvi'.Nole sur la situation d'Anvers. 3a8. 

ccxvi^. Consultation pour le Prince d'Orange sur la 
question s'il doit embrasser ouvertement la 
Confession d' Augsbourg. 33 8". 

ccxTii. Le Comte d'Ëgmont au Prince d'Orange.n pro- 
met de venir à Dendermonde. 343' 
Gcxviii. Le Comte Jean au Comte Louis de Nassau. Il 
conseille aux Confédérés de ne pas publier 
une justification relative au bris des images ; 
mais de se déclarer contre le Calvinbme et 
d'éviter une rupture avec le Roi. 345. 

Gcxix. Louis» Comte de Witlgenstein, au Comte Jeaii 
de Nassau. Sur les résultats de sa mission en 
Hesse. 356. 



XKILVIII 
UETTAB. I^e. 

Gczx. Le Baron de Moatigoy au Prioce d'Orange. Il 
déplore les désordres commis dans les Pays- 
Bas , et annonce la venue du Roi. 359. 
GGXXi. Le Landgrave Guillaume de Hesse an Prince 
d'Orange. »Sur les levées au nom du Roi 
d'Espagne. 366. 

Gcxxii. Les Seigneurs d'Audrignies et de Lumbres an 
Comte Louis de Nassau. Ses devoirs envers 
la Confédération ne lui permettent pas d'obéir 
à la Gouvernante en quittant les Pays-Bas. 368. 

4Bcxxiii« Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. 370. 

ccxxiv. Le Comte Louis de Nassau à Madame la Du- 
chesse de Parme. Justification de sa conduite. 370. 
ccxxv, La Duchesse de Parme au Duc Christophe de 
Wurtemberg. Après une exposition succincte 
de l'état critique des Pays-Bas , elle le prie 
de favoriser les levées du Roy et d'empêcher 
celles des Confédérés. 379. 

€GXxvi. Le, Comte Louis au Comte Jean de Nassau. Re- 
lative aux levées pour les Confédérés. ZS9^ 
ccxxvii. Le Landgrave Guillaume de Hesse au Comte 
Louis de Nassau. Les Calvinistes devroient 
embrasser la Confession d'Augsbourg. 390. 

ccxxvii*. Réponse d'Auguste, Electeur de Saxe, aux 
points sur lesquels le Prince d'Orange l'avoit 
consulté par Fenlremise du Comte Louis de 
Wittgenstein. 393. 

ccxxviii. Le Comte d'Egmont au Prince d'Orange. Il se 
plaint d'avoir perdu tout crédit auprès de la 
Gouvernante. 399. 

ccxxit. Le Comte Louis au Comte Jean de Nassau. Sur 
le Calvinisme , les levées au nom des Confé - 
dérés, les services rendus par le Comte Jean 
à la bonne cause , etc. ^021. 



KXXÏX 

Page. 

çcTXH. La Comte H. de Bréderod« au Comte Louis de 
Nassau. Sur les afTairet de la Frise et d'Am- 
sterdam y et It Tenue du RoL 4o6. 
ccxixi. Le Comte Louis de Witigenstein au Prince d'O- 
range. Communication du résultat de son 
entrevue avec le Landgrave Guillaume de 
Hesse. 4o^- 
Gcxxuj. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Kaasau. Sur la défense faite à ceux de Rot- 
terdam d'aller aux prêches* 4 1 1 • 
ficixxxii. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
TTassau. Sur les dispositions de ceux de Hol^ 
lande à obéir au Prince ^ et sur un avantage 
remporté en Hongrie par les Turcs. 4 1 ^, 
ocxxxiY. Le Comte Louis de "Wittgenstein au Prince d'O- 
range. Sur sa réception auprès de rElecteur 
de Saxe. 4x7* 
GCxxxT. Bernard y Seigneur de Mérode, au Comte de 
Hoogstraten. Sur les préparatifs contre le» 
Confédérés , et sur les dbpositions du Comte 
d*£gmont 4a i. 
cczzxvi. Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 

Nassau. 427. 

ccxxxvi\ Mémoire sur l'état critique des Pays-Bas et les 

moyens d'y porter Temède. /^%g, 

Gczxxni. Le Prince d'Omnge au Landgrave Guillaume de 
Hesse. Ses intentions relativement au Duc 
de Saxe-Weimar; motifs qui l'empêchent de 
se déclarer pour la Confession d'Augsbourg ; 
dangers des Pays-Bas. 45o. 

cczxxTiii. Le Landgrave Guillaume de Hesse au Prince 
d'Orange. Nécessité d'embrasser ouvertement 
la Confession d'Augsbourg , <j[émarches au- 
près de l'Ëlecteur de Saxe et du Duc de 
Wurtemberg , etc. 459, 



XL 
LBTTBS. piqje, 

Ccxxxi]^ Le Landgrave Guillaume de Hease au Comte 
Jean de Nassau. Il désapprouve certaine jus* 
tification des Confédérés comme trop peu ex- 
plicite et prématurée. 4^5. 

GCXXxix,* Mémoire relatif à la conduite que pourroient 
tenir le Prince d'Orange et les Comtes d*£g- 
mont et de Hornes. 468* 

cgxIh B. Yogeisanck au Comte Louis de Nassau. Sur 
les efforts pour opérer à Breda une réunion 
entre les Calvinistes et ceux de la Confession 
d'Angsbourg. 47 s« 

CGXU. Le Prince d'Orange au Landgrave Guillaume de 
Hesse. Il désire que les Ëtats du Cercle de 
Westphalie s'opposent au passage des troupes 
levées pour le Roi d'Espagne. 4? 8. 

cctLir. Le Comte de Bergheau Comte Louis de Nassau. 479- 
CGXUii. Le Landgrave Guillaume de Hesse au Comte 
Louis de Nassau. Il désire que les Réformé» 
des Pays-Bas embrassent la Confession d'Angs- 
l>ourg. 43q. 

ocxLiv. Le Prince d'Orange à Auguste Electeur de Saxe. 
Le peuple des Pays-Bas n'est nullement 
séditieux; nécesiité d'une intercession des 
Princes Allemands auprès du Roi. 48:1. 

€GXLV. Le Prince d'Orange au Landgrave Philippe de 
Hesse. Il le prie de persévérer dans ses boiH 
nés dispositions envers les Pays-Bas • 487. 

ccxLTi. Le Landgrave Guillaume de Hesse au Prince 
d'Orange. Sur la nécessité de se rallier' à la 
Confession d'Aogsbonrg pour obtenir l'inter- 
cession des Princes Allemands. Réponse à U 
lettre a37. 4S9. 

ccxLVli. Le Prince d'Oran^ au Landgrave Guillaume 
de Hesse , et muiatis muianilis , à Auguste , 
Electeur de Saxe. Evénemens de Valencien- 



XU 

LVTTBB. Page» 

Des et Harderwick ; projet de déclarer au Roi 
son assentiment k la fioitfeiaion d'Augsbourg. 49^« 
ocau.Txn« Le G>mte de Berghes au Comte Lonis de Nas- 
sau, n fait des- protestations de fidélité. 499- 
ecxLVni*. Requête à l'Empereur Maxiqii)iei| , tendant à 
ce qu'il Yeuiile intercéder auprè» 4ti Roi d'Ea- 
pagne en faYMr des Paya-Bas. 5oo. 
ccUiU. Schwartz au Prince d'Orange, S^r les disposi- 
tions de l'Empereur à intercéder auprès du 
Hoi 4'&P«gl>«. ' * 5o4. 
CCL. Auguste y Electeur de Sai^e-, au Prinee d'Oran-^ 
ge. n se réjouit que^ le Prince songe a em- 
brasser la Confession d'Augsbourg ; se montre 
bien disposé envers. 1^ Pays-Bas. $09. 
GCLi. Le Landgrave Philippe de Hesse a«à Prince d'O- 
range. Sur les dispositions des Ptinces Alle- 
mands. Réponse à la lettre 2i45. 5 1 1. 
ccLn. Bemart , Seigneur de Mérode , au Comte Louis 
de Nassau. Sur liiK entr^Mnse^. da. la Gouver- 
nante. , 5i4. 



ERRATA. 

TOMS I. . 

p. XXI %M 8. U— XIX. lises XI-XIX. 

» 7 » 3. jwjM» liwi/Miu» 

» II » 9. quP la9oâ haa ^'U avoU 

» i3 il 91. z555 lises z55a. 

» 34 » az. eonestaU lises conestaèle 

» 55 » ao. epidmtentemani lises evidô/Uement 

» 67 Lettre XXXVU doit être placée iTant k lettre XXXVI. Pvû e&oes 

U note a de le p. 66. 

w 68 ligne no. s/ ^ lises t/^ a 

M 69 I» 8. Dangùu ajootes ■ ^Enghiem (?). 

» 76 » ao. mir lisez fpïr 

* 99 * 9* » pn^et. lises prof'et, » 

" » 19. wolcsj», fia lieseï fPoAM sie 

» zoi » i5. jBv^r fontes ■ sogar. 

» i55 » zi. mcAmer ajoutes 9 nunmekr. 

• z59 » dem. ¥Firtinîgi lises frùrUngan 

• ao7 j» a3. wtfnff «joutes » fp^Aivi». 

» az9 » IT , geleitten mioaitt * leutte». 

» n4z » Z7. Riubergen lises RUOerg 

> a53 » 24. BmxeUis lises * BmxêOis 

» n68 » 37. £»rMni ajootes ' iuxem, 

* AQo » 3a. leur* lises i»imv 

» 33. «M^ lises 2oK< 

TOME II. 

19 (<) vojes p. ao. 

41 Ugne 33 «e lises m 

59 » zo Louvemal lises Lomi^erval 
z54 » 8 Ûirbf lises CAaWor 

» dem. geaektâten. lises geàckteiân. 
azi » 8 L'aigU ajootes ' jtafounFhui Igel. 
33a b » 6 Banelen brouekg ajoutes wm den Brouoke '?). 
33a » dem. Lufiad. lises LeefiUtels oui. 
368 » 3,4, 5e« — &i lises Leun — Umr 



1560. 






•mmÊm^Êmmmm^tm 



lies ordres sévères et intempestifs de Philippe II dévoient boule- lS66« 
verser les Pays-Bas. «C'est chose incroyable quelles flammes jecta le Janvier. 
» feu y d'auparavant caché soubz les cendres, s'espanchant une voix. 
» et opinion non seulement entre la commune y mais aussy entre la 

> Noblesse y et que plus est, entre beaucoup de grande autorité , et 
» ceulz des Consaulx mesmes de Sa M^, que son intention estoit 
» d'establir et planter par force en ces Estats et pays Tlnquisition 

> d'Espaigne^ et de procéder en toute rigueur des Placarts contre 

> les delinquans , quelques menus delicts ou contraventions que ce 
» fuasenL « Hopptry Mém, 62. La Confédération des Nobles fut le 
premier résultat de cette crainte universelle. 

L'histoire de la Confédération se divise en trois périodes très dis- 
tmctement marquées par les événemens. 

La première se termine à la présentation de la requête en avril* 
Protestans et catholiques s'unissent en faveur de la tolérance et des 
libertés du pays. On espère obtenir la surchéanoe de l'Inquisition et 
radoucissement des Placards. 

La seconde dure jlisqu'en août. La Confédération acquiert une 
très grande influence comme intermédiaire entre la Gouvernante 
et le peuple y de jour en jour plus difficile à contenir. Le Roi ratifie 
les concessions que la Duchesse a faites , et elle se montre asseas 
disposée à céder de nouveau. 



~ 2 — 

t566. Ia trobième jusqu'en man ou ami 1567. La dévastalioD dfi 
Janyier. temple et des monastères cause une réaction subite ; là commeoce 
un période d'afibiblissement, de déclin et de dissolution. A. la 
vue de tant d'excès la plupart des catholiques s'indignent , beau- 
coup de protestans eux-mêmes s'effrayent : la Gouvernante profite 
de ces dispositions; un accord avec les Confédérés prépare leur 
ruine; le découragement, l'intérêt, la trahison font le reste. On 
lève des troupes, on réduit les \illes, on oblige ceux qui résistent 
encore , à quitter le pays , et pour tout fruit d'une ligue si mena- 
çante, il ne reste que le choix entre l'exil et une soumission absolue 
aux volontés inflexibles du Roi. 

Il eU assez difficile de soulever entièrement le voile qui couvre 
les commencemens de la Confédération. Vraisemblablement ce fut 
dans la réunion d'une vingtaine de Nobles , qui se trouvoientà Bruxel- 
les pour les noces du Seigneur de Montigny , que Ton convînt de 
signer et de faire signer un acte par lequel on s'obligeoît à empé» 
cher de tous ses efforts que l'Inquisition fut en aucune manière 
introduite aux Pays-Bas. De cet acte , appelle le Compromis , il 7 a 
deux exemplaires aux Archives; l'un signé par les Comtes de 
Brederode et Louis de Nassau, l'autre portant aussi la signatu- 
re du Comte Charles de Mansfeldt : en outre une traduction en 
Allemand. Nous reproduisons ici le second de ces documens, 
avec les variantes qui se trouvent dans le premier. M, DumorU 
(Corps DipLV, i. i34.)a traduit une traduction donnée par Bor^ et 
l'exemplaire le plus approchant des nôtres est consigné dans un 
livre très recommandable , mais peu connu des étrangers ; savoîb 
la monographie du Professeur te fFater sur la Confédération. 
(Terbond derEdelen^ IV. 33i.) 

Sachent tous qui ces présentes verront ' y que nous 
icy soubszcriptz Avons esté deuement et suffisamment 
advertis et informés comment un tas de gens estran- 
giers et nullement affectionnés au salut et prospérité des 

' V. OQ oTeront. 



— 3 ~ 

pais de par deçà, nonobstant qu'ils n'eussent pas grand i566L 
soing de la gloire et honneur de Dieu , ne mesmement du JanTîer, 
bien publicq, Ains seullement d'assovirleur propre ambi- 
tion et avarioe, Yoire et fust ce aux despens du Roy et de 
tous ses subjets ; toutesfoispretexantsfaucement le grand 
zèle qu'ils ont à l'entretenement de la foj catholicque et 
de l'union du peuple^ ont tant gaigné envers Sa Ma^ au 
moien de leurs belles remonstrances et faulx enseigne* 
mens, qull s'est laissé persuader de voloir contre son ser*. 
ment et contre l'espérance en laquelle il nous a tou- 
siours entretenus, non seullement en riens adoulcir les 
placarts gia faicts pour le respect de la religion, mais aussj 
les renforcer dayantaige et mesmement nous introduire 
àtoutteforce l'inquisition, laquelle est non seullement 
inique et contraire à toutes loix divines et humaines, sur- 
passant la plus grande barbarie que oncques fiit practi- 
quée entre les ûrans, mais aussj telle qu'elle ne polroit 
sinon redonder au grand deshonneur du nom de Dieu et 
à la totalle ruine et désolation de tous ces Pays-bas , d'au** 
tant que soubs ombre de fausse ypocrisie de quelques 
uns, elle anéantiroit tout ordre et police, aboliroit tout- 
te droicture , affoibliroit du tout l'authorité et vertu des 
* anciennes loix, coustumes et ordonnances, gia de toutte 
ancienneté observées ' , osteroit toute liberté d'opiner 
aux estatsdu pays^ aboliroit tous anciens privilèges, fran- 
chises, inununités , rendant non seullement les bourgeois 
et habitans du dit pays perpétuels et misérables esclaves 
des inquisiteurs , gens de néant , mais assujettissant més- 
mes les magistrats , officiers et toutte la noblesse à la mi- 
séricM^e de leurs recerches et vbitations, et finalement 

■ practtqnées. 



— 4 — 

i566. exposeroit tous les bons et fidels sujets du Roi en évideitf 
Janyier. et continuels dangers de leurs corps et biens , Au moien de 
quoy non seullement l'honneur de Dieu et la sainte foy ca* 
tholique (laquelleeulx prétendent de maintenir) seroit gran- 
dement intéressée, mais aussi la Ma*^ du Roy nostre chef 
seroit amoindrie et iuy en grand hasard de perdre tout son 
Estast, à cause que les trafficques accoustumées cesseroient, 
les métiers seroient abandonnés , les garnisons des villes 
frontières peu asseurées, le peuple incité à continuelles 
séditions; bref il n en scauroit ensuivre sinon une horrible 
confusion et désordre de toutes choses. — Nous ayants tou- 
tes ces choses bien poisées et meurement considérées et 
prenant esgard à la vocation à laquelle nous sommes appel- 
iez et au devoir auquel tous fidels vassaulx de Sa Ma*^ et sin- 
gulièrement gentilzhommes sont tenus (lesquels à cest ef- 
fect sont assistans à Sa dite Ma^pour par leurs prompts et 
volontaires services maintenir son authorité et grandeur 
en pourvoyant au bien et salut du païs) , avons estimé et 
de faict nous estimons ne pouvoir satisfaire à nostre dit 
devoir, sinon en obviant aux dits inconvéïiiens et quant 
et quant taschants de pourveoir à la seurté de nos biens 
et personnes , afdn de n estre exposez en proye à ceulx 
qui, soubs ombre de religion, voudroient s'enrichir aux* 
despens de nostre sang et de nos biens. A raison -de quoy 
avons advisé de faire une saincte et légitime confédération 
et alliance, promectans et nous obligeans Tun à l'autre 
par serment solemnel d empescher de tout nostre effort 
que la dite inquisition ne soit receue, ny introduicte en 
aucune sorte, soit ouverte ou cachée, soubs quelque cou- 
leur ou couverture que se puisse estre , fust ce soubs 
nom et ombre d'inquisition , Visitation , placarts ou aul- 






tre quelconque > mais du tout la extirper et desraciner i^G6. 
comme mère et occasion de tout désordre et injustice. Janvier. 
Ayants mesmement Texemple de ceulx du royaume de Na- 
ples devant nos yeulx, lesquels Font bien rejettée au grand 
soulagement et repos de tout leur pays. Protestans toutes- 
fois en bonne conscience devant Dieu et tous hommes, 
qde n'entendons en sorte que se soit , d'atenter chose 
laquelle polroit tourner, ou au deshonneur de Dieu, ou 
à la diminution de la grandeur et majesté du Roy ou de ses 
Estats , Ains au contraire que notre intention n*est sinon 
de maintenir le dit Roy en son Estât et de conserver tout 
bon ordre et police, résistans, tant qu'en nous sera, à tou- 
tes séditions, tumultes populaires, monopoles, factions 
et partialités. Laquelle confédération et aliance nous avons 
promis et juré et dès maintenant promectons et jurons 
d'entretenir ' sainctement et inviolablement à tout jamais et 
en tout tamps continuellement et interruptement tant que 
la vie nous durera. Prenans le Souverain Dieu pour tes* 
moing sur nos conscienses que, ne de faict ne de paroUes , 
ne derectement ny indirectement de nostre sceu et volon<- 
té n'y contreviendrons en façon que ce soit. Et pour icelle 
dite alliance et confédération ratifier et rendre stable et 
ferme à jamais, nous avons promis et promectons l'un à 
l'autre toute assistance de corps et de biens comme frères 
et fidèles compaignons, tenant la main Tun à l'autre que 
nul d'entre nous ou nos confédérés ne soit recerché , vexé , 
tourmenté ou persécuté en manière quelconque , ny au 
corps ny aux biens, pour aucun respect ou procédant de la 
dite inquisition , ou fondé aucunement sur les placarts ten- 
dans à icelle ou bien àcause de ceste nostre dite confédéra- 

' <Pcnirelenir — promis et promectons. Ne se trmuMs pat dams P autre e:umflair<e^. 



_ 6 — 

i566« tien. Et en cas que aucune molestation ou persécution ^s- 
Janvier, cheut à aulcun de nos dits frères et a] liés de quiconque et en 
quelque manière que ce fust , nous ayons promis et juré , 
promectons et jurons de luy assister en tel cas, tant de 
nos corps que de nos biens, voire et de tout ce que sera en 
nostre puissance, sans rien espargneret sans exception ou 
subterfuge quelconque, tout ainsi comme si c*estoit pour 
nos personnes propres, Entendans et spécifians bien ex- 
pressément que ne servira de rien pour nous exempter ou 
absoudre de nostre dite confédération là où les dits mole^ 
tateurs ou persécuteurs vouldroient couvrir leurs dites 
persécutions de quelque autre couleur ou prétexte (com- 
me s*ils ne prétendoient sinon de punir la rébellion ou au- 
tre semblable couverture quelle qu elle fust), Moyennant 
quil nous conste vraysemblabiementque roccasionestpro- 
cédée des causes susdittes. D'autant que nous maintenons 
qu'en tels et semblables cas ne peut estre prétendu aucun 
crime de rébellion, veu que la source procède d'un 
sainct zèle et louable désir de maintenir la gloire de Dieu , 
la Majesté du Roy, le repos publicq et lasseurance de nos 
corps et biens. Entendans toutesfois et promectans l'un à 
l'autre qu'un chacun de nous en tous semblables exploicts 
se rapportera au commun advis de tous les frères et alliés, 
ou de quelques uns qui à ce seront députés, afiin que 
sainte union soit entre nous maintenue et que ce qui se- 
ra faict par commun accord soit tant plus ferme et stable. 
En tesmoignage et asseurance de laquelle confédération 
et alliance nous avons invoqué et invoquons le très sacré 
nom du Souverain Dieu, Créateur du ciel et de la terre, 
comme juge et scrutateur de nos consciences et pensées 
et comme celui qui oognoist que tel est nostre arrest et 



— 7 - 

, Le suppliant très humblement queparSayertu i566. 
d^enhault II naus maintienne en une ferme constance et Janvier. 
nous doue tellement de Tesprit de prudence et discrétion, 
que estans tousjours pourveus de bon et meur conseil , 
notre desseing soit acheminé à une bonne et heureuse 
issue y laquelle se rapporte à la gloire de Son nom, au 
seryice de la Ma^ du Roi et au bien et salut publicq. Amen. 

H. DB BlISDBEODB. GhARLES LoUlS DB TSaS&AXT^ 

Comte de Man sfeldt» 



n s'agissoît d^une allîaiiGedes Nobles. En oetta qualité ils disent 
aroir le droit et même l'obligation de s'opposer à oe qui poui^- 
loit causer la perte du pays. « Prenans esgard à la vocation à 
» laquelle nous sommes appelez et au devoir auquel tous fidèles 
» Vassaux de S. M* et singulièrement Gentilshommes sont tenus. » 

C'est à un tas de gens estrangers qu'on reproche d'avoir « tant 
» gaîgné envers S. M. qu'il s'est laissé persuader d'introduire à 
» tonte force l'Inquisition. » Il se peut qu'on entend ici en premier 
lieu le Cardinal.de Granvelle; mais, en général, il ne faut pas 
oublier que la jalousie de l'influence trop exclusive des Espagnols 
est une des causes secondaires qui ont le plus contribué aux trou* 
Ues des Pays-Bas. Les craintes pour l'indépendance du pays n'étoient 
nullement chimériques. « Rien ne touche le Roi que tEsptigne^ » 
écrivoit à GranveUe le Seigneur de Chantonay son frère, le 7 
nov. i564 {F.Raumeryhist. Br. 1. 165). Philippe II paroissoit vouloir 
tout soumettre à la suprématie des Espagnols et particulièrement 
des Castillans. Pour s'en convaincre il faut surtout observer la 
composition du Conseil où le Roi mettoit en délibération les affai- 
res de ses diCférens Etats. Jf. Ranke dit avec beaucoup de raison.: 



— 8 - 

x566. f Wk sdir muus es uns eretaaiieii , yrean wir when daas Phllipp 

laQTier. » fast durchaus aus Castîlianern eînen Staatsrath zusammenaetzt^ 

V der die gemeinschaftlichen Geschâfte der ganzen Monarchie zvl 

> leiteii beauftragt wird. Alba, Toledo, Ruy-Gomez, Feria sînd 
» sammtlich dariù. Zwey andere Spanier , Maurique de Lara und 
fe àet Henog von FrancaviUa werden ihnen zugeselU. Dagegen 
» sind weder die Siège Emanueb von Savoyen, noeh die Bande 
» des Blute, die den KÔnig mit Ottavio Farnese verknûpfeny we* 
1» der die alten Dienste Ferrante Gonzaga*s , noch die neuen und 
» auagezeichneten Egmonts stark genug ihnen darin einen Platz zu 
»VerschafTen... Setbst dem jûogeren Granvella... begnûgte man 
» sich eîne allerdings wichtige , doch mit sefnen frûhem Yerhiilt- 

• aissen nicht zu vergleichende Stellung in den Niederianden zu 
Ji geben. Die Uebrigen schien man nur darum zu achten , damit sie 
» sieh keinem fremden Fûrsten ûberlîefern mÔchten , damit aie 
» einigermaszen bei gutem Wiilen blieben. » F, und Folker , 
I. 1 53. Cette composition du Conseil royal (« dies Verschwinden 

• des algemeinen Regiernngsrathesy dies Umgestalten des Staats- 
» rathes in eine vôllig castUianische Form, vEanke, /. /• i54.) 
étoît peut-être ce qui aigrissoît le plus, quoiqu'il fallut que les 
<%oses en vinssent aux extrémités, avant qu'on osât se plaindre 
ouvertement de ce choix singulier , mais libre du Roi. Après la 
présentation de la requête les Seigneurs déclarèrent par le Marquis 
de Bergen et le Baron de Montigny « qu*ilz estoient résoluz de se 
» détenir chascun en sa maison , se voyans desestimez ou pour mieux 
» dire opprimez par les Seigneurs Ëspaignolz , qui chassants les 
» aultres hors du Conseil du Roy, participent seulz avecq iceluy^ 
» et présument décommander aux Seigneurs et Chevaliers des Pays 
»d*embas: ny plus ny moins. qu'ilz font à aultres de Milan, Na- 

> pies, et Sicille; ce que eulx ne veuillans souffrir en manière que 
» ce soit , a esté et est la vraye ou du moins la principale cause de 
1» ces maulx et altérations. » Hoppery Mémor, 79. 

Philippe étoit jaloux de son autorité. On pouvoit prévoir , on 
s'appercevoît déjà que les libertés et les droits de ses sujets , sur- 
tout lorsqu'il s'agissoit de la Foi , n'étoient pas une barrière invio- 
lable pour lui. Parmi les indices de ses projete par' rapport aux 
Pays-Bas il faut ranger en première ligne un Mémoire, dans lequel 



— 9 ~ 

on propoie d'Mger ctt prorinoeo en royaume, de faire nae loi tS6& 
pour la oonserration de la Foi en évitant le nom d'jbiqaisitiote > JanTÎer* 
d'an^enter le nombre des Evéqae», de changer les constitotioiiB 
mnnicipales, de bâtir des citadelles, etc. Ce Mémoire, communia 
qné parPoiifanitf, BisL Gelricàe^ XIV. p. 895, 896 et publié 
déjà en 16679 a été considéré par Languet comme apocryphe» 
« Circamfertur hic scriptnm de mntationequam decreTeruot facere 
» Hispam in Inferiore Germania, hoc est, de conjungendis pro- 
» TÎnciis qnae faenint domus fiargundicae et coostitaendo ex illis 
• regno. Scriptum mihi videtur satis ineptum. » £pist, secr, 1, J^u 
Sa pénétration ordinaire est ici en défaut; le même projet a été 
Crouré dans les papiers de Granvelle , parmi les Mémoires de l'an* 
née 1559. (^* Rimmer , BUt, Br. I. 159.) 



LETTRE CXXIV. 

Le Prince ïP Orange au Comte Louis de Nassau. 
Sur un écrit attribué à ce dernier. 



%* Le Comte Louis, revenu d'Allemagne (Voyez Tome L p. a84 
et 293) avoit fait dans les Pays-Bas un séjour de peu dedurée , mais il 
avoitmis le teinpsà profit. Quant à ses délibérations avec les Protes- 
tans à Anvers, le célèbre /i/mif^ dit. « Venerat subfinem annî i565 
» Lttdovicus Cornes Nassavius Antverpiam , et de oratione quadam 
» per me scripta ad Hispanîarum Regem pro libertate publica et abro- 
» gatione Inquisitorii £dicti nobiscum clanculum contulera^. » Fita 
JumiinScrinioJntiq, J. 1. a43. D'après l'expression Vescrit que a esté 
trouvé 'û paroit qu'il s'agit d'un écrit affiché à Anvers contre l'Inqui- 
sition y et dont on tàchoit de découvrir l'auteur. « Te Antwerpen is des 
» nachts tusschen a a en a 3 Dec. op drieof vier plaatsen een geschrift 
» geplackt geweest , inhoudende in substantie een klachtte op ten 
• naem van de borgeren aen de Wet tegen d'Inquiàitie*.. bege- 
> rende dat de Magistraet heu voorstaen soude , en volgeoâ dei 



— 10 — 

l566. • laadspriTnogîeodeDGonmckdienaeiigBiendeiBHCamergeri^ 
JaiiTier. * ^^ Roomschea Rijx oproepen ea tôt cassatie oontenderen : alle- 
» gerende dat Antwerpen Braband zijnde , was begrepen onder d«n 
» vijfsten Creytz des Rijx en mede in de lasten van dien contiibue- 
» rende en daerom de liberteiten desselfs behoorde te geni^en... 
» Protesterende, quamen door deselve introductie der Inqnisitîen 
» eenige onmsten , dat 't selve Toor geen rebeUie en soude konnen 
» geadit worden. » Bor, L 34'*. On répandoit des libelles , des diafr* 
sons, des requêtes par tout le pays. « Daer zijn oock boe lan- 
» gher boe meer in druck ende licbt gbeoomen niet alleen verscbeij- 
9 den scbîlderijen , contrefaitsekn , baladen , Uedekens en pat- 
a quillen: maer oock diverse boecxkens soo int Franoois als ôl^ 
» Duijts tegbens demisbandelinghen, Terrc^ginghen endelnqoi* 
• sitie. »/ van fFesembeeckj Beschnjvmghevan de voorigaMck der 
RsUgie {AI 565 en t566« bl« 54. 



Mon frère, je attens avecque gran d^otion de tos im>> 
Telles et youldrois pour mille escus que fussies issi, car 
il at ung affair issi qui vous touche dont Ton faict gran 
bruict , et est que l'on dict que vous aves faict Tescrit que 
Faultre fois a esté trouvé en Anvers avecque plusieurs aul- 
très choses que ne peut maintenant escrire pour n*avoir 
le loisir. Je suis, après pour scavoir le tout et vousasaeur 
que este obligé à une persone dont peult ester ne vous 
donnes gardes. Je pens partir d*issi en deux jours (i) ^ 
n'aiant eu moien pour tant des affaires de partir plus tost; 
quant seray venu à Breda , vous manderay le tout plus 
particulièrement; seulement vous prieray n en faire sem- 

(i) jours. « Allant les affaires en telz termes > le Prince d'Oreih* 
» ges et le Comte de Hornes , outre ce qu'ils se monstroient nud 
» Gontensi ae retiroient chascun en sa maison. » Hopper^ Mémor^ 
p. 67. 



— 11 — 

blant de rien de GeasL Je renies aussi tans aultres nour i566L 
Telles et afïaires à la première commodité , tous priant Janvier, 
me mander si ares traicté quelque chose sur VafFaire que 
scavés , ou si tous aves quelque espoir^ affin que selon cela 
je me puisse gouverner : vous me feres plaisir aussi me 
mander ce que vous entendes de la Tenue des Princes à la 
diette, et sur ce tous baise les mains, priant Dieu vous 
donner, mon frère, en santé bonne rie et longe. De 
Bmsselles ce i a de janvier i566. 

Votre bien bon firère à 

vous faàxfi service , 
Guillaume de Nassau. 
A Monsieur le Comte Louis 
de 2f aisau mon bon irère# 



On voit assez que le Prince ne croyoit pas être dans le secret 
de toutes les démarches de son frère Loub. — Ici se présentent 
deux questions dont la dernière surtout est d'un -iprand intérêt: 
1,^ Le Prince connoisspitril, a.^ approuvoit-^il la Confédération? 

I* Nous igontons foi à ce qu'il dît lui-même en 1567. « La Con- 
> fédération (a été) faitte sans nostre adveu et sans nostre scen« 
» De laquelle estant advertis quelques quinze jours après , devant 
» que les confédérés se trouvassent en court , nous déclarâmes ou- 
• vertement et rondement qu'elle ne nous plaisoit pas , et que ce ne 
9 nous sambloit estre le vray moyen pour maintenir le repos et 
» tranquillité publique. » Le Petite Chronique de Hollande, Zélan" 
de, eic,p. 184.* 

n est vrai que llibtorien Brandi f' (Hist der Reform, L Bifv, 
a 53 ^ fait mention de certain Journal deFr. /umus^ d'après lequel 
le Prince anroit eu connoissance en novembre d'un projet pour 



~ 12 -^ 

tSdS. ''«■PBMT à* Aavsn dès le mois tuivuit, firojec qa*â aoroit 
Janvier, ^ovitefois déooDseillé. Mais dans la vie de Junius il n'en est fiait 
aucune mention , et comme il affirme n'avoir jamais rien écrit 
sur les troubles des Pays-Bas, excepté ce récit (« Rogantî ec:— 
» quid horum haberet in scriptis , subnegabat : innuebat tamen 
» nonnîhil notatum in brevi quodam Commentariolo quod de sua 
9 vita scripserat. » Seriniwn AnUq, I. i. ao5), on a révoqué en 
doute Tautbenticité du Joomal susdit. Wagenaar, FaderL H^ 
VI, za7. Te fTaier, Ferè. d. £d.^ l, 60. D'ailleurs il n'est 
guères croyable que déjà en novembre les nobles confédérés , dont 
le nombre étoit encore extrêmement petit, aient songé à se saisir 
d'Anvers, et si on avoit confié an Prince des projets de ce genre ^ 
certes il ne se seroit pas montré en janvier si surpris de la participa- 
tion du Comte Louis a certain écrit un peu violent. On trouveroit 
aussi dans sa lettre et dans celles qui suivent au moins quelques allu- 
sions à la Confédération. Dans une lettre du Seigneur deHames du 27 
février (voyez ci-après p. 35, )il est bien faitmentîon d'un projet dont on 
avoit confié au Prince lagénérahtéy après le départ du Comte Louis, 
et qu'il n'avoit pas approuvé, mais soit que par t entreprise dont il 
est là question, il faille en effet entendre un coup de main sur Anvers, 
soit que, comme il est plus probable , cette expression se rapporte à 
la Confédération en général , cette lettre elle-même fait voir que le 
Prince ne savoit rien de bien positif, rien de fort précis. On n'a- 
voit pas en lui une confiance illimitée ; on se fut volontiers appuyé 
de son nom et de son autorité; mais on n'eut pas osé proposer soit 
à lui, soit aux Comtes d'Ëgmont, de Homes, ou de Hoogstraten, 
Gouverneurs , Chevaliers et membres du. Conseil d'Etat , de pren- 
dre une part active à une ligue, qui les eut placés tout d'abord 
dani une fausse position , et dont il ne leur étoit pas même permis 
de garder le secret. 

Mais, dit-on, presque tous les Chefs étoient intimement liés 
avec le Prince ; c'étoient son faère , son beau-frère, sesamb, son 
confident le plus dévoué Ph. de Marnix. Comment donc le Prince 
auroit-il longtemps pu ignorer leurs projets ? — Celte remarque 
repose, du moins en partie, sur de fausses suppositions. On con- 
sidère à tort le Comte Louis, et comme ne fabant qu'exécuter' les vo- 
lontés de son frère , et comme étant le premier auteur des réM>lu* 



— 13 — 

relâtivBiaaCDiiiproiiiia»SoiiTeDtiltrouvoitdaii8lafaoiidiiitedii l56& 
Prinoe trop de ieoteiir et de timidité; il faisoit souvent des démar- 
dies que celui-ci jugeoit imprudentes \ et quant au Compromis , il 
assure ravoir signé sans que son frère en eutconnoissance et seul»* 
ment après les instances réitérées de ses amis. Cet ayeu remarqua- 
ble se trouve dans une Apologie de sa conduite durant les troubles , 
qu'il composa lui*méme et dont Amoldi à fait usage (« £ine 
» von Ludvrig aufgestellte Apologie seines Yerfahrens in die Nie- 
» derlandischen Révolution. » Am. GescK der N. Or. X. III* i« 
&80. A notre grand regret nous n'avons pas encore découvert dans 
ks Archives ce document précieux). D'ailleurs le Comte étoit reparti 
ptomptement pour l'Allemagne , et aura cru pouvoir différer ses 
oonfidenoes jusqu'à son retour. — Les Comtes de Bergbes et de 
Brederode n'étoient pas des hommes entre qui et le Prince il pou- 
voit 7 avoir une grande intimité; et Brederode n'étoitpeut-4tre pas 
du nombre des premien Confédérés (Voyez, p. 35.) 

Quant à M. de Mamîx , on affirme peut-être trop positivement , 

que c'est lui qui a composé le Compromis. Pour son caractère ' 

grave et modéré le style est ifti peu violent H ne seroit pas 

impossible qu'on l'eut confondu avec son frère Jean de Mar- 

nix, Seigneur de Tholouse, accoutumé à prendi:e les devants 

(comme le prouve entr'autres son expédition contre Anvers en x567. 

Bor.h i56b); d'autant moins vu que plus tard» lorsqu'il eut 

acquis une grande célébrité , amis et ennemis dévoient être asseï 

endins a exagérer la part qu'il avoit prise aux premières résolutions 

delà Noblesse. Cette idée acquiert une certaine probabilité par 

on ICanuscrit dont nous devons l'inspection à la complaisance 

du possesseur actuel H. le professeur iT. XT. Tgdeman : c'est un 

Catalogue de pièces relatives aux aCTaires des Pays-Bas (i565 — 

1594) rassemblées par P,Menda, un des premiers Professeurs 

dlûstoire à l'Académie de Leide^ Sous la date du 2 nov. i565 

en y trouve mentionné. « Confédération des environ vingt Gentils- 

« hommes (entre lesquels le premier quasi fut Monsieur de Tho- 

» lonse) , contre le Concile de Trente , l'Inquisition el les rigoureux 

>£dicts du Roy, faite après l'invocation de Dieu, en la maison du 

> Seigneur Comte de Culembnrg à Bruxelles. » H est vrai que 

Sinda , p. 2o5 f affirme positivement que Ph. de Maraix dicta le 



— 14 — 

l56& Compromis daa» nno réunioD de neuf Gentilabomme» à Breds , 
lanTier» ^^î* ^ ^^^^ ^^ ^''^^ difficile à ooDcilier avec le témoigmife de 
Junms^ /. /. p. a 4^ 9 d'après lequel ce fat à Bruxelles qu'on jeta 
les fondemeos de la Confédération. « Haec conira Inquisitionem 
» primum fundamenta jacta. » Quoiqu'il en soit , on commet à 
regard de Philippede Mamix un anachronisme lorsqu' on le dépeint 
comme agissant alors de concert avec Guillaume Premier. Sans doute 
il devint son confident , mais il nel'étoit pas en 1 5 66. Au contraire 
•a conduite alors , soit en favorisant la Confédération , ce dont il se 
glorifia dqiuisy soit en excitant à prêcher publiquement (vojei 
Juniusj L A a45), n'étoit nullement conforme aux intentions 
du Prince. Au départ de celui-ci y en 1667 y Mamix paroit 
n'avoir pas même songé a l'accompagner, et si plus tard il se 
rendit vers lui , ce fut d'après les ordres exprès de l'Electeur Pala- 
tin, Tel est son propre récit « Depuis que les persécutions renou- 
» vellées par le Due d' Alve il n'y avoit plus de chef qui se mon- 
» strasty je me suis retiré et tenu quoy en exiUe... Finallement ne 
» voulant estre en charge à mes amb , je me suitf mis au service de 
» feu Monseigneur le Prince Electeur Palatin... Jusques à ce que 
» estant requis par Monseigneur le Prince d'Oranges de me vouloir 
» envoyer ches luy pour se servir de moy pour quelque temps... , 
» il m'y envoya, et le temps expiré , à la réquisition du dict Sd- 
» gneur Prince , me commanda de n'en bouger jusques à ce qu'il 
• me rappellasty et de serrir le dict Seigneur Prince fidellementy 
» comme sa personne propre. « Réponse à un libelle fameux par 
Pk* de Mamix dans l'ouvrage de M* te Water^ TV» s8a. 

Ainsi la nature des relations que le Prince avoit avec quelques uns 
des principaux Confédérés n'est pas un motif suffisant pour révo- 
quer en doute ce qu'il affirme , et bien au contraire tout semble 
indiquer qu'avant la mi-mars il n'a eu que des données extrêmement 
vagues et incertaines sur l'existence et le but de la Confédération. 

Toutefois l'auteur de la Vie de Guillaume I [Leven van Willem /, 
1. 4340i>® craint pas d'affirmer que le Prince à connu et approuvé 
le Compromis. « De Prins heeft niet alleen van het verbond kennis 
» gehad, en hetzelve goedgekeurd , maar hij is 00k, doch onder de 
» hand, het Hooft, de voortsetter en de voomaemste aanleidervan 
» h«t Vérbond der Edelen geweest » M. BikUrdgk » {Biiiorie dei 



— 15 — 

rmdaiamdi, TL 47) , â*exprliiie égalemeol d*an «on très positif» i56& 
aaqacl néamnoins les faits donnent un démenti. «Oranje werd, |«]ivier« 
» S^lijlL faij de ziel der partij was waar het Verbond uit voortsprooty 
» toen het eens tôt stand gebracht was, ooIl weldrade ziel van bet 
% Yeribond zelf , en dathet niet zonder zijn kennis tôt stand kwam » 
» of toi stand konen kon j is uit aile oastandighedenoatwijfelbaar.» 



a. D nous paroit indubitable que le Prince n'a pas eu immédiate" 
ment connoiasance de la Confédération , mais surtout qu'elle a été 
entièrement opposée à ses désirs et à ses desseins. 
Elle* en nngrsnd nombre de panégyristes , mais une grande partie 
des éloges qu'on lui prodigne sont peu mérités. Il est assez dif&die de 
concilier entièrement le Compromis sTec les devoirs enrers le Soifr- 
vcrain^ le Prince lui-même avoue qu'il n'a pas tenu l'entreprise des 
Gm f édéré» pour rébellion ou conspiration, (« neravons estimé pour 
«rébellion , conspiration ou conjuration. » Le Petit t /./.) parcequ'iia 
ne Touloient user d'aucune violence , mais faisoient seulement enten- 
dre des plaintes et des prières ; d'où il résulte que , s'ils avoient voulu 
employer la force , ce qui au commencement étoit leur intention 
(Toyez la lettre lag)*, le Prince se fut trouvé fort embarrassé pour 
les défendre contre l'accusation de lèse-majesté. Quoiqu'il en soit, 
leur marche étoit irrégulière , imprudente , propre à exciter des em- 
porlemeBS populaires , et en effet elle amena des conséquences ex- 
trêmement funestes. En 1567 Languet résume l'histoire de la 
Confédération en deux mots : « Belginm esse plane eversum Pro- 
« osnun stultitiâet ignaviâ non ignoras, » £pist. ad (kunerar^ P> ^^ 9 
et bien que cet écrivain politique fut beaucoup trop enclin aux 
mesures violentes , on est forcé de reconnoitre que cette sentence 
sévère est, sous plusieurs rapports, justifiée par les faits. Les évé- 
nemens de x 566 et 1567 avoient produit un découragement si 
complet et tellement fortifié le pouvoir du Roi, que, pour ren- 
dre de nouveau la résistance possible , il ne fallut rien moins que 
les cruautés inouies des Espagnob et leur conséquence , savoir le 
courage de l'indignation et du désespoir. Le Prince connoissoit la 
csradère d'une grande partie des Confédérés , il apprécioit des 
k>mmes comme les Comtes de Brederode, deBerghes, et tant d'au- 
tres, à leur juste valeur ; il savoit combien aisément les ctrconstan- 



- 16- 

^^ toat aussi bien que les Comtes d'Aremberg et de Megen , qu'une 
telle union seroit de courte durée. « Non, si paulum temporis 
» intercédât, duratnram subitariae societati constantîam : qaum 
a nihil diu consistât tumultuario opère compositum. » Strada^'L^x^* 
La tactique du Prince étoît infiniment plus saiwante. Il destroit 
la paix de religion y et pour atteindre ce but , il vouloit obtenir y 
par l'entremise du Conseil d*Etat et des Chevaliers de la Toiaon 
d*Or^ la convocation des Etats-Généraux ; mais en évitant soigneu- 
sement ce qui pouvoit ou remuer le peuple , ou exciter , sans 
nécessité, la colère du Roi. Même après les dernières résolutions 
de Philippe il n*avoit pas perdu tout espoir; mab par les démarches 
des Confédérés le gouvernail lui devoit échapper. Sa position der»* 
noit fausse sous tous les rapports , et il n'y a pas lieu de révoquer 
en doute la sincérité de ses tentatives réitérées pour être déchargé 
de ses Gouvernemens. 



LETTRE CXXV. 

Copie. 

Le Prince iT Orange à la Duchesse de Parme. Il déve^ 
tùppe son opinion relatiifement aux ordres rigoureux 
du Roi. 



\* Cette copie a été faite sur l'original autographe aux Archives 
du Conseil d'Etat à Bruxelles. Une traduction se trouve chez Sor, 
I. 3^; la lettre même chez Le Petit, LLp, Sx, mab , à ce qu*il 
paroit ,d*après une copie peu exacte. 



Madame ! 

J'ai receu les lettres de Votre Altesse, par lesquelles 
elle m'escrit ensemble à ceulx du Conseil de mon gou* 
▼ernement, l'intention de sa Ma*^ sur trois poins, me 
commandant bien expressément de faire exécuter chas- 



— 17 — 

cung d'iceafac par touttes les places démon dit gouverne- i566. 
ment. Et combien, Madame , que nay esté requis d'advis Janvier. 
en i^ose de si gran poix et conséquence ( i ), toutesfois com- 
me lo jal senriteur et vassal de Sa Ma^, esmeu d ung zèle 
désireux à satisfaire au deu de mon estât et serment, 
n'ay soea lesser en dire mon opinion librement et francbe- 
ment, aimant mieulx attendre le basart d'avoir pour le 
présent mavais gré pour mes advertîssemens et remon- 
strances, que par ma connivence et silence, après Tesdan- 
dre et désolation du Paîs, ester noté et blasmé de infidé- 
lité de négligent et nonchallant gouverneur. 

Premièrement quant àFezécution du concile, oires que 
au commencement il y avoit quelque mécontentement et 
murmuration , toutesfois veu qu'on y at despuis adjousté 
aulcugnes réservations, je crois que en cest endroict il 
y aurat peu de difficulté, et quant à la réformation des 
prêtres et aultres ordonnances ecclésiastiques , n'estant 
cbose de ma vocation , je le remets à ceulx qui en ont la 
diaige et où il sera de besoigne, satisferay au comman- 
dement de Sa Ma*^. 

Quant au second point , contenant que les gouverneurs , 
consaulx et aultres officiers, debvroient à tout leur pou- 
voir favoriser aux inquisiteurs et les maintenir en auto- 
rité, qui de droit divin et humain leur appertient et dont 
ilx auroientusé jusques à maintenant; 

Votre Atteste peult avoir souvenance de ce que les 
plaintes y oppositions et difficultés , esmeus par tout le 
pais de pardeça à l'endroict de l'establissement des Evês- 
ques , n'ont esté pour aultre regart , que de peur que soubs 



(i) Voycï Tom. I. p, agS. 



— 18 — 

i566. ce prétexte, l'on tftschat introduire quelque forme dln* 
Janyier. quisltion; tant est non seuUement l'exécution , mais aussi 
le nom odieus et désagréable. 

Oultre ce peult scavoir Votre Altesse , et est cler et; no- 
toire à la pluspart des subjects et gens de bien pardeca, 
que Sa Ma^ Impériale et ceUe de la Royne Marie ont 
par plusieurs fois asseuré les inhahitans , tant de bouche 
que par escrit, que la dite inquisition ne seintroduiroît 
en ce Pais-Bas , ains seroit le mésme Pais maintenu et ré^ 
glé comme de toute aocienneté auparavant , voires Sa Ma^ 
mésmes , pour oster cette impression aus dits inhahitans , 
a faict souventesfoift semblable asseurance (i). 

Les asseuranoes et promesses susdites, Madame, ont 
in&llU>lement gardés les subjects et aultres resseaus' de 
toumber en quelque altération , et de ce que beaucoup 
de gens de bien et de povoir n'ont aliéné leurs biens, 
chersant aultres plasses pour vivre sans crainte d'aulcune 
inquisition 9 dont consécutivement s'est retenu l'union , 
tranquillité, traffique de marchandise et fournissement 
de la pluspart des finances pour le soustient de la guer- 
re, là où aultrement le Pais desnué des inhahitans, vas* 
saulx et deniers , fust allé proie à ceulx qui y eussent volu 
mestre la main. 

(i) asseurance. Voyez cependant Tonu L p. 290. Le Prince 
lui-même avoue que l'Inquisition n'étoit pas entièrement inconnue 
dans les Pays-Bas. « Durant les dernières guerres Ton avoit aates 
• modéré et suspendu l'extrême rigueur de Tlnquisition et des plao- 
» carts« » Le Petite p- 179K Et d'ailleurs même dans oette lettre* 
ci, il se sert de l'expression « iviioirf«//!0r l'Inquisition. » Les pro- 
messes du Roi avoient rapport au mode d'Inquisition adc^té en 
Espagne. 



— 19 — 

Toachant le troisième point, par lesquel Sa Ma^ veuU i566. 
et ordone bien expressément, que les placcarts, faicta Janvier, 
tant par l'Empereur que par Sa Ma*^ , soient en tous poins 
et articles gardes , ensuivis et exécutés en toute rigeur 
et sans aulcune modération ou connivence; 

Madame, ce point me semble semblablement fort dur, 
d'aultant que les Placcars sont plusieurs et divers et par- 
sidevant quelquefois limités et non ensuivis à la rigeur, 
mâsme en temps que la misère universelle n estoit siaspre 
comme maintenant et notre peuple, par imitation et 
practiques de nos voisins, non tant enclin à novellité, et 
de voloir présentement user de plus d'extrémité et tout 
en ung coup avecque plus de véhémence, renouveller la 
dite inquisition et passer oultre aux exécutions en toute 
sévérité, je ne puis. Madame, comprendre que Sa Ma*' y 
puisse gaigner aultre chose , que de mester soy mesme en 
paine et le Pais en trouble de perder l'affection de ces 
bons subjects, donnant à ung chascung soubson , que Sa 
Ma*' veuille procéder d'aultre piet, quel a tousjours asseu- 
ré et demonstré, mestant le tout en hasart de venir es 
mains de nos voisins, tant pour les gens qui se despaiy- 
seront, comme pour le peu de fiance qu'on aurat de 
ceulxqui resteront, le tout sans nul proffitau redresse- 
ment de la religion. 

Tobmais issi pour éviter prolixité d'alléger plusieurs 
aoltres inconvéniens, scaschant que Sa Ma*' et Votre Al- 
tesse en ont souventesfois par cy devant esté tout au long 
advertis , oultre ce que , parlant à correction, le temps me 
sendile mal propre pour esmovoir les cerveaulx et hu- 
meurs du peuple, par trop altéré et troublé par la présente 
nécessité et chierté des blés (i), et vauldroit, à mon ad- 



— 20 — 

i566. vis, mieulx le tout différer et remester jusques à la vehue 
jAiiTitf. de Sa Ma'^, puisque Ton dict quel se prépare pour se 
trouver pardeça et vauldrois qu'elle fusse servi de se 
haster , afïin que en sa présence fust en tout donné tel 
order, qui trouveroit convenir pour le service de Dieu, 
de Sa Ma*^, repos et prospérité des Pais et subjects de par 
deçà , car en cas de trouble seroit le remède plus prompt 
en sa présence que aultrement. 

Si toutesfois Sa Ma*' et Votre Altesse persistent et veuil- 
lent dès maintenant, que Ton ensuive en tous les dit 
poins , voyant clerement et à l'oeil qui ne se peult présen- 
tement exécuter sans gran hasart de k totale ruine du 
Paîs, en quoypeultester' Sa Ma*' prendront regart si elle 
estoit issi , je aimerois mieulx, en cas que Sa Ma*' ne le 
veuille délayer jusques à là et dès à présent persister sur 
ceste inquisition et exécution , qu'dle commisse quelque 
aultre en ma place , mieulx entendant les humeurs du 
peuple et plus abile que moi à ies maintenir en paix et 
repos, plustostque d'encourir la note, dont moi et les 
miens porrions ester souillés, si quelque inconvénient 
advint aulx Pais de mon gouvernement et durant ma 
charge. . 

Et se peult bien asseurer Sa Ma*<et Votre Altesse que 
je ne dis cecy pour ne voloir ensuivre ses commandemens 
ou de vivre aultrement que bon Gréstien, comme de ce 



(i) blés. Plus tard il y eut, du moins en France , une extrême 
disette. « Nulla hominum memorla fuit hic tanta charitas vini et 
» frumenti quanta hic est Medimnus tritici , qui oommuniter hic 
» solet vendi duobus fiorenis^ vel duobus cum dimîdio, proxima 
m «eptimana venditos est quindecim...» Longuet , Ep. secr, I. 8. 

• peuMtre. 



.^ 21 — 

mes actions précédentes peuvent rendre bon temoi- i566. 
gnaige^ et que j'esper que Sa Ma** aura cogneu par expë- Jwa^î»'. 
tience, que je n*ay jamais espargné corps , ne biens , pour 
le service d'icelle^ comme je désire continuer, tant que la 
vie me durerat, oultre ce que si les afiBodres du Paîs al- 
lassent aultrement que bien à point, j'y mestrois (par 
dessus l'obligation que je dois à Sa Ma*' et la patrie) non 
seulement tout ce que j'ay au monde, mais aussi ma per- 
sonne, ma femme et mes enfans que pour le moings la 
nature me commande de préserver et garder, A quoy plai- 
nt i Votre Altesse prendre regard, selon sa très pourvue 
et coustumière discrétion , prendant ceste ma remonstran- 
cède bonne part, comme procédant de celui qui parle 
d'ardant désir et affection qu'il a au service de Sa Ma^ et 
d'obvier à toutes inconvéniens dont je prens Dieu en 
tesmoing, lesquel prie. Madame, après m'estre recom- 
mandé très humblement à la bonne grâce de Votre Altes- 
se, donner à icelle en santé, bonne vie et longue. De 
Broda ce ^4 de janvier A*^ i566* 

De Votre Altesse, très humble Serviteur, 

GuiLLA.UMB DE NaSSAU. 



Depuis loostemps le Prince étoit placé- entre^ses- oonvictioDS pro«- 
tartaotes et les devoirs que lui imposoit sa charge de Goaverneur au 
mm du Roi. C'est ainsi que « déjà eu 1 559 , » dit le P^ioce , « le Roy 
k quand il parlit de Zélande y me commanda de faire mourir plu- 
» lienrs gens de bien , suspects de la Religion , ce que je ne voulus 
> fiJre et les en advertis eux-mêmes, sçacbant bien que je ne le 



— 22 — 

1 566. » pouvoîs faire en aaiiM coascience, et qnli falloit plnlost obéir à 
JanTÎer. » Dieu qa*aux hommes. » Dumont, Corps DipU V. i, p. SgG**. Sa 
Commission comme GQUvemeor de Hollande , Zélande et Utrecht ^ 
étoit extrêmement sévère sur Tarticle de la religion. (« Daar de Room- 
» sche Godsdienst den Koning zeer ter faarte gaat, zal de Stadhooder 
» corg dragcn dat de Teroordeelde Gezindheden gestraft en uiCge*^ 
» roeid worden , volgens de Placaten. » Et dans une Instmotioa 
s^arée , il loi est enjoint d'exécnter les Placards en toute rignenr. 
Kluii, Historié der Holiandscke Staatsregtring , I. 6a , 65.) Ces 
ordres y il est vrai , n'avoient pas été suivis à la lettre; mais main- 
tenant le Roi vouloit , « tout en ung coup avecque plus de yébé- 
» mence renoùreller l'inquisition et passer oultre aux exécutions en 
» toute sévérité. » R falloit donc remettre en vigueur des I^acards, 
par lesquels déjà plus de 5o,ooo personnes avoientété mises à mort y 
ainsi que le Prince l'atteste dans sa Défense. Le Petit , i8oiu Com« 
ment désobéir sans abuser de la confiance du Roi ? Comment obéir 
sans se révolter contre Dieu? Il ne lui restoit aucune issue qu'en 
demandant sa démission. 



TJSTraB CXXYI. 

Le Prince ^Orange au Comte Louis de Nassau. Sur 
le but des levées du Duc Eric de Brunswick. 



** Le Prince , voyant que la résistance armée pourroit devenir 
nécessaire y vouloit, en évitant les démarches inconsidérées, 
se tenir prêt à tout événement. R desiroit donc pouvoir disposer, 
le cas échéant , d'un certain nombre de troupes , dont on pour- 
roit faire usage avec Tautorisation ou du moins au nom des Etats 
(Voyez Tom. I. 278, et le passage remarquable écrit par le Prince 
déjà en 1 564 ^^ Comte de Schwartzbourg , où il témoigne son 
vif désir que la paix se fasse entre le Danemarck et la Suède, « uff 
» das E. L., George von Holl und andere freunde desto 



— 23 — 

me liai khooMiieD md wir uns onder aiMUMler seben iS66. 
M and b«iprechen môgeii* » p, 180.) JanTier. 

IjOS levées du Duc Eric dévoient le fortifier dans ces résolutions» 
H est cependant très probable que le Duc n'avoit aucun ordre du 
&ok Au moins la Duchesse de Parme ^ dans une lettre du ^4 mars, 
écrit à Philippe II. « H semble que Y. M. doibt escrire au Duc 
»Erich, affin de se déporter de telles choses, pour le préjudice 
» ^'cD reoepvroit Y. U. » Le Roi répond. « Je faix aussi escri- 
» pre au Duc Erich qu'il se déporte de faire semblant de lever 
9 gens (selon que le bruict couroit) pour mon service : comme 
9 chose contronvée et dont il n'a aulcune charge , ni l'eust jamais. » 
Procès Crim, des Comt. étEgm. j p. 296 , 35i. 

La toorpée du Comte de Schwartzbourg et de George von H0II , 
les Paj»-Bas (voyes la lettre ia8) venoit donc très à propos. 
y kûêoria Belgica, p. 109^ est mal informé, quand il 
affirme que vers ce temps le Comte de Schvf artzbourg , G. v. Holl» 
et Weslerholt séjoumoient à Bruxelles. 



Mon frère , en c^st instant suis esté informé de deux ou 
trob constés comme le duc Erich faict faire quelques se- 
crètes levées tant de gens de cheval comme de piétons , 
mesmement que aulcungs de ceulx qui ont charge disent 
OQTertement que c'est pour mester les dits gens de guerre 
en ce pais et pour chastier aulcungs rebelles , et qui est da- 
vantaige, disent le nombre estre de cinq mil chevaulx et 
cinq régimens de piétons , et oires qui ne yault de tout 
croire, si esse qui 'je Fay degens de sorte qu'i me cause en 
•djouster quelque foy. Je le tous ay bien volu incontinent 
adyertir par ce porteur, aflin qu'il vous treuve ancores 
estant près du Conte de Schwartzenbourg et Georg yan 
Hol^ pour adviser, si cela advinse , ce qui leur sembleroit 
qu 1 seroi de faire , car sur ce mot général de rebelles il se- 
roit à craindre qu'il en auroit des aultres compris ' qui 

' est ce que ^ compromis (?) 



' 



— 24 — 

1 566. n*en porriont ffloings: le principal comme j'entens qui au* 
JanTier. ^Bt cberge et qui mieulz scait à parle de ses affaire, c'est 
leConte Jostde Schaumbourg (i^ qui doib ayoircbarge de 
mil cbevaulx et lo enseignes de piétons. Si la cbose se 
puisse descouYrir, à la yérité seroit une belle cbose et vien- 
droit bien à propos à plusieurs , parquoj vous prie le re- 
commander Taffair au Comte de Zwartzenboui^et Georg 
Tan Hol 9 car je suis seur quant ilx youldront faire um peu 
de diligence, quilxle scaurontbien le tout , dont vous prie 
qui j*en puisse ester adyerti; et puisque les cboses sont 
en tel terme, ne scay si me serat conseillé abandoner ce 
Pais et aller à la diette, dont vous prie aussi mander leur 
advis et me mander le tout avecque le vostre , car il se- 
rait à craindre que trouverois ung aultreau logis. Quant 
à nostre affaire dont esties en Anvers , a j parlé avecque 
ceulx à qui avies donné la cbarg'e, mais trouve les choses 
ancor mal prestes, oires qui me offrent i8 mille florins 
sans interest , moienant qui je prins pour lo mille aultre 
florins des traps ' et que je leur donne pour ce sà8 mil flo- 
rins autant de vassil, desorte que crains qu'il ne vien- 
driit gran chose de ce cousté; néamoings en cinq ou six 
jours ilx me doibvent apporter absolute responce. Je vous 
prie présenter mes recommendations et mon service au 
Comte de Schwartzenbourg et Georg van Hol, et boire 
ung bon coup à eulx de ma part , les asseurant qu'ilx n'ont 



(i) Jost de Schaumbourg, Le Comte Joost de Schoawenburg, 
Seigneur de Ghemen , époux de la soeur du Comte de Culenbourg; 
en X 57 a il devint Gouverneur de la Frise sous le Prince d'Onmge, 
mab s'enfuit en Allemagne peu de temps après. 

' tlrapt. 



— 25 -- 

indienr amy que moj, ny qui les désir plus fidr service; i566. 
le plus secrètement que pores fiiir tenir ces choses et • le 
meilleur , néanmoings ester tousjours en discours comme 
Ton le porrat remédier et advenant le cas se trouyer pr^t | 
nele &ult delesser pourtant; et sur ce me recommande i 
▼otrebonne grâce, priant Dieu Yousdonner, mon frère, et 
ànous tous ce qui nous [coûmple] pour nostre salut* De 
Breda ce aS de janiner An i566* 



Yostre bien bon frère i vous £ûr service , 
GuiujLUMB ns Nassau» 
A MoBsiciir le Gnite 
LodewidL de Nassau. 



LETTRi: GXXTII. 

y. Lorich au Comte Louis de Nassau^ Sur le 

même sujet 



\* Ces levées causèrent une grande alarme dans les Pays-Bas. 
« Acerrima seditionum materies fuit, quod Eryci us Bruns wioen- 

> sium Dux traderetnr composuisse legiones, et easdem à Rege 
» oonductaSy ezstruendarum arcium et Inquisitionisfirmandae eau- 

> aâ, rectâque iter in Belgium dirigere. » Burgundus, p. i34. 



Wolgebomer Graf , genediger Herr.... Ich hab doch 

mcht unterlaszen konnen, K G. undertheniglicfaen zu 

gemanen, das das geschreij Ton herzog Erichs bestallung 

gants heStig heran wacbst ; da dem nuhn also^ so hetten 

• «t. 



— 26^ 

i568» E» 0« dnnneD sa erkfindifen , wo die ding Uittii^ 
Féfricr. len und nidenunb ufiF kegesawege zo dencken , da aie 
ecwitt £. G. hcrn brudcr und S. F. G. fireundschafit od«r 
desselben bewandten zakegent lauffen wolten; und wen 
•dion das geschrey nit w^re, so lîsze sich dodi Herzog 
Eridi mit worten und wercken so tU vennercken, daa 
man spûret was die rûben gelten , dan solten es gehainbe 
practiken sein, so musten aie der kegentheill^ einen ge- 
schwindten und geistigen teu£Eell ins werck gesteit haben ; 
diszer ist iril zu [sdieinhôlich] imd vil zu Yill durcbsidi* 
tig. Was K G. ich derbalben Achreibett, bin iA der 
undertheniglichen zuTanicht , E. G. werden es Ton mir 
aïs einen woUmeinenden Westerwalder (i) in genedigen 
Terorauen ufinhemen und es darfïïr halten, womit K G. 
ich in kûnfftigen zufallenden gelegenbait undertheniglicb 
dhienen kan, das es ahn mir nit mangeln soIL K G. hier- 
mit dem Almechtigen in steter gesundheit zu berelhen. 
Datum Breda abm 8 February A^ 66. 



E. G. Undertbeniger ganta di 

LoAica. 



A Monseigneur , Monseigneur 
le G>nte Louys de Nassaw. 



(i) fFèsierwalder. Le Westerwald formoit une partie des po»* 
sessions de la Maison de Nassau en Allemagne. » Die Herrsdiaft 
» zu Westcrwald mit dem Gerichl Liebenscheid und der Calenber» 
» ger Zente werden in neueren Zeiten nnter den If amen der Hen^ 
9 seAaft âeilitmhe^iSfta. • JmoUi^ G.derOr. N^L^LS^. 



— 27 — 

uEBTnuB Gxxyni. 

f Prince d^Orwige au Comte Louis de Naesau. Aintee 
démarchée à faire auprit des Princes d Allemagne reloi» 
Hpemeni aux Paje^Boe^ 

V On tronre ici le témoignage d'one bonne conscience. Le i56& 
ne craint pas que, ses démarches Tenant en lumière, on Fénieiv 
nedéoomrre la vérité: mais au contraire qu*on ne présume aultre 
chose fue en vérité iaekose estensoy mesmes» 

Mon trèrej sumnt oeqnem^ariefteBcrit par TOftre lettre 
dttee de Dustfeldofff ^ que trouTeries le Gomtede Sohwarl» 
lenboarg et Geoig Tan Hol à Embecke pour le aS da 
paAsé, TOUS ay despesdië ung paîge mien en toatte dili» 
genoe, pour tous advertîr de quelque levée que Ton diaoit 
isii, que le Duc Erich debroit faîr. Je ne suis à monaiae 
qneledh page ne TOUS aura trourë^ àcauae que je entendu 
parTOStre lettre^ daté du SdupréaentàMailmig, que 
ânes ja parle au dit Conte de Sdiwartsenbourg et Geofg • 
nn HoL Je crains qu'il tous irat diercher par tout et 
qùll sera détroussé par le chemin , ouqu*ilperdelalettie# 
Je TOUS prie, si n*estencores arrivé y deTOusfiûreumpeu 
enquérir, si il auroit eu quelque désastre et en escrire 
aussi au ContedeZwartzenbourg, et pour tous respondre 
à Tostre dernière lettre , ne peus si non vous remercier bien 
aCEectueusementlapaine que prr ;. nés de pourchasser sItIt^ 
ment nostre bien , dont de ma part tous en demeure obligé^ 
et quanta ce que m'escriTés que le Conte de Zwartzenbourg 
etGeorg Tan Hol sérient d'opinion que tous amToiasse 
deux lettresde crédenoe pour le Duc deSaxe et le Duo de 
Wirtenbcrg, m'at samUé fort bon et les tous aniToie si 



— 28 — 

i56& joinct; test nullement q^e les remonstrances que leur 
Férrier. ferës, soit tel, que le sassant et venant enlummière, l'oa 
né porroit présumer aultre chose, que en mérite la chose 
est en soymesmes , et me sembleroit après que leur aures 
à part (sans beaucoup de leur oonseilliers) dict comme 
nous avons négocié depuis le partement du Roy et les 
remonstrances que avons faict à sa Ma*' , que non obstant 
tout cela ^ Sa dite MaL par mavës conseil et par pur em- 
vie que les Espaignols nous portent, c'est résolu que 
en toute rigeur les placcars soient exécutés et que les in- 
quisiteurs £Eissent et eieroent leur efifioe sans nulle dissi- 
mulation : ce que sans nulle £ftulte, afli^oie tellement les 
oeurs des subjects, qu'il est à craindre de qudque tumulte 
ou révolte, ce que de nostre oosté vouldrions bien empê- 
cher , sassant fort bien, que advenant uog tel changement, 
serons les premiers ruinés et gastés , mais noz remon- 
strances, oires qu'i procèdent de bon oeur et pour éviter 
toutte ruine et empescher que tant de sang des innocens 
• ne soit répandu, est interprété, tant de Sa Ma^, comme 
de oeulx de son conseil tout au contraire, mesmes à 
demi i rebdlion et de inobéisanoe, desorte que nous 
nous trouvons en gran paine , car d*ung costé est la ruine 
tout évidente se taisant, de Taultre costé contre disant 
reoepvons le mauves gré du maistre et ester noté de con- 
trevenir à nostre debvoir, et comme en chose de tel poix 
je bien volu avoir conseil et advis de mes Seigneurs , sas- 
sant que Princes de tel qualité, me cognoissant tant leur 
serviteur , qu*ilx ne prenderont de mauvese part que je 
me adresse à eulx, parquoy les supplierés bien humble- 
ment de ma part qu'ils veuillent le tout bien considérer 
et me mander en amys comme nous nous porrons r^Ier 



— 29 — 

cl ooiMhiiTe ea cest affaire , et si tous puissies a^oir leur iSd& 
adhris par escrit , nous TÎendroit bien à propos et leur Fémer. 
seroit une grande obligation de assister leur conseil, en 
cas de nécessité. Il ma semblé mieulx de parler ainsi gé- 
néralement , sans entrer en nulle particularité^ af&n que 
la chose demeur tant plus secrète et tout Tiendra en ung. 
Je ne tous escris rien du duc Ericb y sinon que le bruit 
estissi par tout le paîs de IcTée qu'il faiot et que se doit 
ester pour mester Finquisition ; si tous entendes quelque 
diose daTantaige, TOUS prie me le mander. Je suis mari 
que Hilmer Tan Guemen^ s'est mis en son senrice; si l'on 
le puisse retirer, seroit une belle chose ; d'aultre part, mon 
firfare, comme tous tous trouTerés maintenant tcts le 
DucdeSaxeetLaotgraTe et que scaTCS la nécessité d'argent 
que /ay , me semble ne seroit que bon, de assentir du 
Duc de Saxe, si ne nous fauldroit prester ung cinquante 
mille daller, prennant les trente mille, que le beau-père (i) 
de ma femme doibtpaier après sa mort pour hipotèque, des 
aultres ao mille luydonnerois bonne asseurance, aTcc- 
que cela nous nous porrions maister hors de tout charges, 
si le LantgraTC de son costé Tolusse prester quelque chose 
oultre cela pour quelques annés, nous Tiendroit bien à 
propos, pour empescher tant mieulx les desseigns qui se 
présentent maintenant. Enfin tous en userres, comme 
trouTcrés conTcnir. Je tous asseur que je suis bien aise 
de la Tenue du Conte de Schwartzenbourg et Georg Tan 
Hol etla Tostre, tous priant tenir la main , qu'i demeurent 
sur ceste bonne resolution, néanmoings si il y eusse qud- 

(i) heaw-père» Le Duc Jean Frédéric de Saxe^Gotba, à qui 
Agnès de Hesse, mère d'Anne de Saxe, avoit été remariée- 



— 10 — 

i56& quacbangOMiit, tous prie me advertir. le ettoii d'in- 
^^VMT* tention d'escrire la lettre si jointe aa Duc de Saxe , um* 
diant ma femme, et luy ay faict lire, mais elle m'at prié 
que non ; je le tous ay bien toIu amyoie, affin, que si il 
Tinse i propos que le Duo de Saxe tous en parlis, ou le 
liuatgraTe^ ou son fils, auquel ay entendu qu'el aurat 
esçrit, puissies scaToir comme la chose est passé , mais 
s'ils ne tous en parlent , n'en ferois semblant, si ne tous 
semble aultrement: despuis que ma femme at yeu eeste 
lettre, elle at promis faire rage' et tellement TÎTre y que 
tout le monde en aura contentement. Hier elle Tint mala- 
de et pense qu'el aiyra eu une &ulse porte. Je tous prie 
merauToier incontinent ceste lettre, que je pensois escrire 
au Duo de Saxe quant n'an aures plus afEûre et seuremeni: 
et sur ce , mon frère , tous baise les mains. De Brada le 
lo de fdnricr An i566. 

Yostre bien bon fràreà tous 

fiûresenrioe^ 

GoiLLÂUMB nx Nusâu. 

A. Mon»', la Conta Lcrays 
d^NaassA , oion boa IMre. 



* tout non possible. 



Noot aa cngroMpi» povrolp ^wm^Êjftmmiê trtMorilMkl iS66» 
fadqoes passages de la lettre doot le Prince foitmentioii» afin Février, 
de donner une idée de ce qu'il avoit journellement à souffrir. Cette 
oope est autographe; 



Dvdileuchticher bogbomer Fûm E. 6. wacden on 
Bireifel Ton deraelber marachalk (i) yemanden haben 
wie aich meiiie hauafiraw vor aeîn aakoim»en mit mir ge> 
Ubt faatt nndiiiit was achantliche warten meiii gesdJedit 
«nd herkcnnnen aoazgdmît hat, und das nit alleiii hin- 
ner midi, acHider mir's aelbat Toer'a angesigt gaaagt, daa 
ir laid was daa aie in ém aolcha.» hanaz konameD aeL.« 
Dwttl aie aich ab€r lias Temcmen bei Termelten mar- 
aduJck, daa aie tidi nuhn fortan beaaer und gehoraam- 
Ueh wolt halten, bab ich 's auch darbeigelaaaeii , in bof- 
fenong, dweil aie ao fircundlich ven £• 6. war erm»* 
net, aie aol daaaelbig haben nachgefolget, aberlaider daa 
gagenspil hat «di wol befunden, dan wieder marsdiai 
▼on Brûaadzog, ao zog meine hausz&aw auch von Braao 
sel nach dem finmneny genugsam gegen meine wiUe; 
dweil aie aber aagt daa man ire reia woUet Terhindern, 
umb aie umb den halaz brengen, ao bab ich aie in Gotiea 
namen laaaen ziehen, waa aie aber van mir in den brun- 
nen geaagt bat, wil ich's uf diamal deibei laaaen blâben, 
wil aber £. G. kortzlich anzaigen wie aie aich hilt, den 
eraten dag da ne van den Brunnen kaihi..... Ich kont 
nidita andera thun dan betrûbt undgedultzu haben, uff 
hoffenung daa mitt dem alter aich aol beaaem; aber nit 
lang demach uffenbar im aal, nadi dem abenteaaen^ bd 

(i) marsehalk. Voyes Tom. I. Lettre log. 



— 12 — 

iSâB. beiweMn des Gnifeii von Hom und andere rom add, hatt 
Fénûr. sie die forgange red uffenbar geret und ein solche weseir 
angericlit, das iderman sich verwunderty wie ich die 
schmeworte die sie mir sagt , kunte leide ; und werlich es 
war mir schwer genucb, das solche worte for jederman 
geret waren; dan was heimlidi noch geschicfati kan man 
wol gedult, wen es nit su (ec kom; dergleichen red sein 
nuch uffiraals nach gesbhehen, for imch, so wol als hîn- 
der niich..*^ Ich faab es ailes K G. nitt woUen mitt sol- 
cben sachen bekûminem, bisz das nàdi die nott dana 
gedningen hatt , und ist das sidi meine hauszfiraw mitt 
aolchen leimen umbgehet , da sie, noch ich, noch E. 6. 
und aile ire geschledit, kain Er ' noch Rumb^ darvon ûbei> 
konunen.,..« Dan mir nit roûglich ist lenger ein solche 
leben zu leben, und.bett ich*s nitt gelasen umb E. 6. 
und andere ursachen, ich het werlich uf das mal eine re- 
^solution genommen mein lebten nit mer bel ir zu kom* 
men und E* G* widerumb sie zu hausz geschickt. Welches 
ailes iétk E. G. in der leng hab woUe schreiben, uff das 
sie mach einmal wissen, wie die sachen stehen, dan len- 
ger zu hdden ist mir unnmûglig Dweii ich dan sehe 

das ailes nichts hil£ft , bin der mainung aile ire leut nach 
meinem gefoUen stellen, wan aber £• G. odder meineher 
der Lantgraye £Qr gutt ansehen ergets einen feinen »U- 
gea voin adel und desgleichen eine erbera ^ fraw bei ir zu 
stellen, bin es ser wol zufriden; dan mitt solcben lech- 
ferdigen leutten so umbzugehen , wie sie biszhero gethan, 
ist ni zu leitten, noch erlich ; zum anderU bin ich ent- 
sdilossen das man ire kaine brie£f mer sol brengen , e das 
ich sie sehe, es sei dan van E. G. odder andere von iren 

. Ehr. * Riihm. ' chrbare. 



— 33 — 

eliem und Terwanten un4 erlidie vom addeL Sie beclach 1 566. 
aich aacfa das' ich sie nit tractir nach irem stat , das beken Février. 
iàk aber nach meinem yermogen so wol als meuglich , 
dan nach denfogel musz man dai nest machcD. Ich hab - 
auch Tcrslanden das sieviel von ire klainodie, ketten und 
andre ding Terwechsselt hat, ich wil es ailes lassen besich- 
tigeu nach dem inyentar for meine unbelastinge ' • Ich bitt 
Euer Gnaden verzaien mir das ich sie bemûe mitt solchenn 
handeln. und wais Gott das mir*s hertzlich laid ist das 
die BOtt darzu dringt, das ich Euer Genaden damitt musz 
bemûhen* 

Copie d'unelettre au Duc de 
Saxe; mais pas amToié* 



Le a6 février le Landgrave Guillaume de Hesse écrivit au 
Prince , qu'il venoit de célébrer le i a de ce mois son mariage avec 
Sabine de Wurtemberg. Il lui fait part aussi des levées du Roi 
dnSspagne contre les Turcs. « Wir sind glaubhafftig berichtet das 
» der Kônig vier regement Teutsches Kriegsvolcks anzonebmen wil- 
9 lens ist y des Yorbabens sie gegenn den Tûrcken in Italien su ge- 
• praucfaen. » (IMLS.) Des nouvelles de ce genre augmentoient les 
craintes et les soupçons. La Gouvernante écrivoit le a4 mars au Roi : 
< Aussy se disoit que Y. Maj. venoit avecq aulcuns Régimens d'Aï- 
A lemagne et Espagnols , et feront icy ériger des Citadelles , avecq 
» choses semblables ; dont les subjects de Y. Maj. se trouvoient fort 
« csbafays et troublez, • Procès des ComL eTEgm^ IL 296. 



pour mt décfatrge- 



_ 34 ~ 
LETTRE CXXIX. 

« 

N. de Hanws au Comte Louis de Nassau. Sur les réso- 
lutions des confédérés et la nécessité de prendre des 
mesures vigoureuses. 



1 566 ** N. de Hames , étoit depais i56i roi d'armes de l'ordre de U 
Février. Toison d'Or. Protestant zélé et véhément, il n'aimoit pas les demi- 
mesures , et prit ane part très active aux démarches de la Noblesse, 
n périt dans la première expédition du Prince d'Orange contre le 
Duc d'Albe. Strada le cite parmi les premiers signataires. « Primi 
• omnium fuere Nicolaus Hames.., praecipuum conjurationis în- 
« strumentum; Baronnius, Ghibercius, Lefdalius aulicus Egmoo- 
» tii , Joannes Mamixius Tolosae dominus , Ghiselia ^ Meinserîos 
9 et Olhainius. » I. ao6. Ce fut lui qui en novembre i565 ne 
craignit pas de tourner en ridicule ce que Viglius Président de l'or- 
dre avoît dit , à l'occasion de rassemblée solennelle des Chevaliers^ 
sur les mérites de St André leur patron. « Homo sectis contamina- 
» tissimns Pnesidem ex legenda S. Andreae somnium aliqnod re- 
» citasse dicebat.» ViL Figluyp. 44* MS de Warou est apparemment 
Guillaume de Merode, Seigneur de Waroux. MJDolhain est Adrien 
deBergeUy qui en 1669 commanda les gueux de mer. M/ de Zouwre- 
val nous est inconnu : peut-être est ce M/ de Longueval^ qui servit 
plus tard sous Brederode. Mats il nous semble encore plus probable 
qu'il s'agit ici de Philippe de Mourbais , Seigneur de Louven*al, 
qui se trouva aussi en mars aux conférences de Breda ; F^ d, Haer^ 
de iniûis tumultuum , p. ao4> MS de Toulouse est Jean de Marnix , 
frère du célèbre Seigneur de S.' Aldegonde. M. de Leefdael est 
Christophe de Leefdael , dont on sait peu de chose avec certitude. 
Te Water , H. 492. 

Cette lettre est extrêmement curieuse et caractéristique. Par- 
tout perce un vif mécontentement des conseib modérés du 
Prince, à qui on reprocha aussi plus tard de n'avoir pas fait 
cause commune avec ceux qui vouloient procéder sans aucuns 
ménagemens. « Arausiensis sua canctatione et haesitatione passus 



— 36 — 

«st nostroruiD ^ircs attenuari. » Longuet ^ Episi, ail Camer, 64« l56<>. 
M. de Hames vouloit/cw^rle Roi à assembler les £tats-Géoéraux Février. 
t^ant plane puissance : mais c'étoit vouloir uoe révolution , un 
Gouvememeut républicain ; le Prince desiroît prévenir la révolu- 
tion. — On peut se faire une idée d'après le style de ce Seigneur, 
combien les discours^ les conseils et les exemples de ceux qui 
paitageoi«it ses opinions, dévoient augmenter l'effervescence po- 
pulaire. B y a sans doute beaucoup de vérité dans la remarque de 
SbtÊda, p. ao^ «Nobilium aliorumque qui se aggregaverant , non 
» eatdem mens ac finis , uti ferme accidit in coetu plurimorum. Nam~ 

■ que alii satis babebant , si Pontificii quaesitores arcerentur mi- 
> nuerenturque Edictorum poenae : alii super baec in libertatem 

• Religionis intendebant: multos nulla Religionis Edictorumve 

■ Gara, sed cupido agebat praedae ac rapinarum : denique nonnulli 
» majns intérim opus roovebant, ac per eas turbas excusso veteri 

• Domioo novum meditabantur. » Le Prince mettoit déjà le 
même système en avant y que lorsqu'il fut entièrement au fait de 
la nature et du but de la confédération. Voyez p. 4' > £^i* 



Monseigneinr , depuysyostre partement des pays de pai 
deçà TOUS n'avez eu , comme je pense , aucun a> ertissemeiit 
de pas un de nos alliés ^ touchant nostre affaire, combien 
que par plusieurs fois nous eussions bien desyré trouver 
moyen pour vous avertir des chozes qu'avons traictées en 
grand nombre et rien conclu. Si est ce qu'à la dernière as- 
semblée, là où estoient mons/ de Warou Lieutenant de 
mons/ l'amiral; mons/ Dolhain, mons/ de Louwre- 
val, mons.' de Toulouze, mons.' de Léefdael et moy, 
fut arresté une conclusion la plus proffitable au juge- 
ment de tous et la plus facile dé touttes celles qui au- 
paravant sont esté mises en avant; nous le feismes soi^s 1? 
correction et avis de mons''. de Brederode, auquel nou& 



~ 36 — 

i566. déclarâmes les particularitës de l'entreprise, et ftmonsei* 
Février, gneur le Prince la généralité; mons.' de Brederode la trouve 
excellemment utile y mons7 le Prince en a rejette la géné- 
ralité , se tenant pour asseuré de Fimpossible^ veu les 
grans proffitzet la grande facilité que nous attribuions à la 
dite entreprinse, joinoc qu'il n*est encore d*oppinioD d'u* 
ser d'armes , sans lesquelles il estoit impossible de mettre 
noistre pourject en exécution. Nous attendons tous tos- 
tre retour avec un incroiable desyr et expectadon , espé- 
rans que ayderés à faire luyre le feu es ceurs de ses Sei- 
gneurs icy par trop lent et sans yigeur. Ils veullent que i 
l'obstination et endurcissement de ces 4oups affamez 
nous opposions remonstrances^ requestes et en fin parol- 
les, là où de leur costé ils ne cessent de brusler, coupper 
lestes , bannir et exercer leur rage en toutes façons. Nous 
ayons le moyen de les refréner sans trouble, sansdi£Scul- 
té, sans effusion de sang, sans guerre, et on ne le yeult* 
Soit donques, prenons la plume et eux l'espée , nous les pa- 
roUes y eux le faict; nous pleurerons, eus riront, le Seig- 
neur soit loué de tout , mais je ne tous puys escrire oecj 
sans larmes: tous les povfes fidèles sont esperdus yoyans 
le remède si tardif; nous les avons consolés un temps, leur 
promettans bref secours , mais je le voy ti^p esloigné par 
la tièdeté ' de ceulx quy y debvroient estre les plus animés* 
Les quatre villes de Brabant (i) ont présenté un escrit 

(i) Brabami, Bruielles, Anvers , LouTaio et Bois le Duc, qui 
prétendoîent devoir être libres de rinquisition. Après un long exa- 
men de leur requête il fut rapporté à la Gouvernante, « que depuis 
» i55o aucun exercice de llnquisition n^avoit été au pays de Bra- 
9 bant y el qu*à tant les suppliants ne doibvent estre chargés d*i- 

■ tiMcnr. 



~ 37 — 

au chancelier et conseillers de Brabant , touchant ce der. i566. 
nier commandement ; mais il. semble queilz avouent les Février. 
edictz passés ) rejettans seuUement Tinquisition , s'amu* 
aans au nom y laissans les cbozes ; l'on dict que Flandres 
prépare un escrit semblable; aussi fisdct Hollande; mais 
je ne voy point qu'il puisse sortir aucun fruict de toutz 
leur escritz, car ce sera touijous' à recommencer; la ma- 
ladie et corruption de notre corps public est plus grande 
qae Ton la puisse guérir ayèc ces dousbuuTages' et sy- 
rops y il y fault adhiber une plus forte purgation ou cau- 
tère. Les estatzrgénéraulx ayans pleine puissance , est le 
seul remède à noz maulx; nous avons le moyen en nostre 
poToir sans aucune doubte de les faire assembler , mais on 
ne vealt estre guéri ; la grosse verolle , tant plus on la 
flatte, tant plus elle s'aigrit et augmente touijous jusques 
à mettre son homme au luzeau. Notre verolle est la cor- 
ruption de lafoy, de la justice, de la monnoye, debtes 
infinies, abbaissement, voire presque une extermination 
de la noblesse, offices^et bénéfices es mains de toutes per- 
sonnes indignes: allés guérir cela avec parolles ! 

L'inquisition est publiée par tout Henault , aux pays de 
Flandres, Ârtoys, Lisle, Douay, Orchies; on traveille de 
le mettre par tout aultre part et le fera t'on si Ton n'y op- 
pose que parolles. Je vous supplie, monseigneur, vous 
haster pour nous assister de vostre conseil et nous appor- 
tes certain traicté que vous nous aves promis, touchant les 
causes pour lesquelles l'inférieur Magistrat peult prendre 
les armes quant le supérieur dort ou tyranize et tout ce 

iKxlle.» Procès (TEgm* If, 292. Auquel avis elle se conforma. En Flan- 
dre on demandoit réloignement de certain Inquisiteur Ttttelmans, 

' tonjoon. ' breuvages. 



1 



— 38 — 

1 566. quy y peult servir: nions/ de Toulouste , son frère , et mcyy 

Février, nous recommandons bien humblement à TOtrebonne giâce, 

priant le Créateur tous donner, monseigneur, Sa saincte 

grâce avec augmentation des dons de Son Esprit. De Breda 

ce ^7 de£ebvrier i566. 

Vostre plus humble et plus affectionné serviteur, 

Nicolas n£ Rames. 

MoDseipieury Monse^n/ le 
Conte Lodwich de Nassou. 



Peu de temps après eurent lieu les oonférenœs de Breda et de 
Hoogstraten. « Bredae apud Orangîum frater LudovtcuSy Cornes 
» Zwarzenburgîi, Geor^us Hollios, et WeaterhoUios , Germani, 
» evocatus e Yiana Brederodius , privato item of&cio qnod ferdia- 
w tur Hornanua, Megemus,.... Hoochstratanus , atque una foederati 
» nobiles , Dandelotius, Yilerius, Hames, Boxtelius, Tfaolbasii, 
» Dolhaignius^ Léuverrallius, Warousius, numéro ad duodecîm: 
» multa ibi consilia. Aberant ab tsto conventu Egmondanus et 
» Marcbio Bergensis : in diem itaque insequentem Hoochstratano 
» ooenam Hoocbstrati Orangius caeterique indicnnt, Egmondanum 
» Bruxella y Marchionem Bergis ad ooenam lîteris invitant , quibus 
9 nisi iis salutatîs discedere in Germaniam Zwarzenburgium noUe 
vaffirmarent. Hoocbstrati itaque novis consiliis de re tota delibera- 
» tur. » V, </• Eajery p. ao4. 

Ce fut là que les signataires du Compromis firent part de leurs 
projets ; mais cette nouveRe produisit un résultat très fâcheux , eo 
effarouchant plusieurs personnages influons qui desiroient , nais 
en s'abstenant de toute ombre de révolte , prévenir l'exécution des 
ordres sévères du Roi. 

En effet ces ordres étoient généralement désapprouvés. Viglius , 
le Duc d*Aerschot et le Comte de Berlaymont n'eussent certaine- 
ment pas repoussé par principe Tlnqubition : dès qu'il s'agiasoit 
d'extirper l'hérésie , il pouvoit y avoir chez eux des doutes sur 



j* 



— ao — 

l'c»pportujiitéy mm hod paa sur la légitimité des moyens les plus i566» 
▼Mens, .£t oependant Yiglius lui-même donuoit des conseîb (ort Mara. 
modérés. Un peu plus tard il insista même sur Tabolition du pouvoir 
Inqiiisitorial et sur l'adoucissement des Placards. « Ego ne religio- 
Hem omnem cum Repub. amittamus , non potui dissnadere quo 
Aex liaec concédera t...., inductus cum rei necessitate , tum 
paUosanctoritate Egmondani eiquorumdam aliorumy quibus 
ezimi potest scrupulus me videlicet contraria moliri^ Tu au- 
tem teslis ipse esse potes me immerito hac suspicione iaborare. • 
f^igUus ad Bopperum^ in JnaL Belg, I. p. a. p. 36a. Mais 1& 
plnparl des Gouverneurs, des Chevaliers, des membres du Con- 
seil d'£tat, avoient horreur de Tlnquisition par elle-méipe et non 
ptts nniquement à cause des exigences du moment. Les Comtes de 
Homes et de Hoogstraten , le Marquis de Bergen et le Baron de 
Monligny marchoient d'un pas décidé dans la voie que le Prince 
«▼oit tracée, et en outre les Comtes d'Egmont, de Mansfeldt, et 
de Megen, peut-être aussi celui d'Arembeig, balan^ient entre leur 
penchant vers la tolérance et la crainte de manquer aux devoirs en- 
vers le Souverain. C'est probablement d'eux aussi qu'a voulu par- 
ler Hopper^ Menu p. 6a. (voyez p* i.), et un autre passage , 
p. 63 , où les Comtes de Mansfeldt et de Megen sont nommés « 
prouve que presque tous les Gouverneurs a voient fait les ob- 
serrations mentionnées par Strada^ v. Nonnulli provînciarum 
» Praefecti questi àpud Gubernatricem professique contineodis îlla 
9 edicti severitate populis impares sese esse. Quin addiderc aliqui 
» Dolleseinid operam conferre utquinquagintaaot sexaginta homi- 
» num millia^se Provincias administrantibus , igni concrementur. » 
p. aoo. £t Yiglins dit expressément. « Ut dicam semel , Sanctus 
» Paulos nequiret persuadere hb homioibus ^ imo ne viris piis^ 
» Catbolicis , ex Inquisitione amplius religion! uUum aocessurum 
» fimctnm, sed omnes contra eam conspirasse videntur, idemque 
» clamant quod coram ab Comité Egmondano et Megcuio audivis- 
» ti. » FigUus ad Hopp. dSg. Ce fut entr'autres par l'influence 
du Comte de Megen que la Gouvernante résolut de se conformer 
à l'avis du Conseil de Braband tendant à libérer provisoirement 
cette province de l'Inquisition. Hopper , Mém. 65. Ce fut encore 



) 



~ 40 — 

t568« lui qui plus lard oonséîlU à la DucheMe « d^adviser un moyen pour 
Mars. » donner oonlentement sur rinquisition et les Placarts avcoq paos 
9 et pardon; » /. /. 70. » Qnippe Megemus, » dit Rurgtmdiu , 
p. lai. « caetera egregius et in paucis Gubernalrici poatea 
» chania, rigorem legum atqne Inquisitionem jnxta odemt. » 
Quant au Comte de Mansfeldt^ par aes relations de famille a^ec Bre- 
derode et comme ennemi de l'Inquisition , il étoit admis aux dâw 
bérations les plus secrètes du Prince d'Qtange et des siens; ai du 
moins on peut ajouter foi au récit de Strada relatiTement à ce qui 
auroit eu lieu après l'arrivée des confédérés à Bruxelles. « £a 
» nocte, remotis omnibus ^roe/lpr MoAsfeléUum^ multis Homanoa 
» egit cum Orangio de remHtendo in Hispaniam aurai Velieris tor- 
» que. . .«sed intercedente Mansfeldio nihil decretnm est« » p. ai8L 
Pendant les premiers mois de i566 il 7 avoit chez la plupart des 
GouTcmeurset CheYaliers de la Toison d'Or beaucoup de disposition 
à se réunir , afin de prévenir par leur influence tant auprès du Roi 
que dans les Pays-Bas , les troubles dont on étoit Visiblement me- 
nacé. « Se commença alors à disputer que la venue de S. BL n*estoit 
9 nécessaire y mais qu'estant le Conseil d'Estat un peu plus autho- 
» rizéy et la religion un peu plus libre, que les Seigneurs et Go»» 
» yemeurs estans YassauU tant fidela et tant affectionnez an ser- 
» vice de S. M. et de son Ailèze , étoient suffisans pour maintenir 
• les Estatz du Pays-Bas en bonne tranquillité et repos, aveoq 
» beaucoup d'aultres propos semblables. > Sans doute leur médliH 
lion eut été très puissante, et ils avoient la conscience de leur for- 
ce, puisque plus tard, quand la Confédération pouvoit compter sur 
un bien grand nombre d'adhérens, ik proposèrent au Roi une rto- 
nion semblable pour son service, en cas que les Confédérés se mon- 
trassent trop difficiles à contenter. Hopper^ Menu 79. MèmOi 
lors des délibérations sur la venue de ceux-ci, « aulcuns du 
» Conseil disoient que se monstrans les Gouverneurs et Chevaliers 
» de la Thoison d'Or uniz avecq un courage valeureux et efforcé de 
» ne vouloir souffrir aulcun changement ou nouvelleté en la Rdi- 
» gion , qu'il ne seroit nécessaire d'octroyer aux mauvais leur re- 
u queste, ni aussy d'entrer avecq iceux en aulcun party. » /• /• 71. 
Le but du Pnnce en invitant les Seigneurs à Bréda étoit, 
comme déjà en t563 contre le Cardinal de Granvelle (Bopper^ 



— 41 — 

■ 

{»• !i5) de délibérer par leGouvernemenl-Génénli eftde i56dr 
preodre oonjointemcnt des mesoreB pour tenverleiMys. Cest ce Février, 
qu'il écrit lui-même dans son Apologie. 

« Ayant bieo seoti le mal estre tellement accren qu'il n'estoit 
» plos question de bndler seulement des pauvres gens qui se le»- 
» soient jetler dedans un feu / mais que plusieurs de la meilleure 

> IVoUesse et des principaux d'entre le peuple en muhnnroient , 
» oraignant qndque dangereuse issue , comme je Toyois devant mu 
9 jeux la France ayoir enduré un dangereux aooès de Guerre eivile 

> pour semblable occasion pour Tobligation que j'avois à 

» raison de mon serment et pour mon devoir envers le Pays ; je 
» priay Messieurs mes Frères et Compalgnons Chevaliers et prima- 
» imnlx Conseillers d'Estat de s'assembler à Hooclistratf;ny en inten- 
9 tion de leur remonstrèr le danger apparent auquel estoit le P^ys , 

> à scavoir de tomber en Guenre civile et que le vray et unique 

> moyen pour l'empescber estoit que nous qui pour raison de nos 
» Grades et Offises avions autorité au Pays, prinsions le (ait en 
^ main , pour apporter le remède que nous trouverions convenable 
• an bien du Pays. . . ; . Et combien que je leur remonstrasse beau- 
» oonp de raisons pour les faire condescendre' à mon advis.,...^ 
» toutefois il ne fust'en ma puissance de rien impétrer, et ne mepro- 
» fita cette entrevue d'autre chose sinon d'un témoignage à tout le 
» monde y que prévoient de loiog le mal que nous voyons k présent , 
» j'svoîs diercbé tous bons moyens pour le prévenir et divertir. 

m Mais ceulx. •• .. qui trouvoient ces persécutions dures et qui 
» ne voyoient, icelles durantes , aucun repos asseoré en œ Pais. , • 
» se mirent à proposer nouvelles entreprises , lesquelles pour raison 
9 de mes Cberges je trouvay moyen de descouvrir; tant y a que 
» craignant qu'il n'en suivit une très dangereuse issue et estimant 
» que cette voye estoit U plus douce et vrayment juridique , je 
» confesse n'avoir trouvé mauvais que la Requeste fut présentée* • 
Hvmon/y T , I. p. Bpa.* 

Donc le projet du Prince échoua. Il ce peut que sa proposition 
avoit déjà été repoussée « avant qu'on eut appris l'existence de la cou-* 
fédération ; d'après le récit de v. d» ffaer, p. ao5 » on supposeroit le 
contraire; mais en tout cas la découverte de ce secret lui 6ta toute 
possibilité de succès. L'idée qu'on vouloit imposer la toi au Souverain 



— 42 — 

1 566. pv une lif;oe entre les sajets eC même par les armes , avoit causé ummc 
Mars, impression trop funeste. Le G>mte de Megen manifesta son indigo— 
nation. « Itane uti pauci n^ulones rem tantam aadeant? Deona 
» testor, si duoenta mihi florenorum millia Rez anonmeraty nae 
» hisoe onmibns capnt comminao. » F, d, Haer, L L ao5. Cette 
impression se montra peu de jours plus tard au Conseil d*£tat. 
« Mansfeldiusy etsi Pontificios in Bel^o Quaesitores haud proba* 
» bat, negavit tamen recte fieri ab iîs qui per hiyusmodi ooigura- 
» ftiones ac tnrbas contumacius a(|;erent qnam ut rogare videren- 

» tnr Neqne aliter eas conspiratîones ae foedera interprat^ 

» bantnr Arembergins et Meganus. » Strada ,L an. On ne son- 
gea plus qu'à avertir au plus tôt la Gouvernante (Procès d^Sg- 
moniy /. 1 54 J y ^t c'est ainsi que la première conséquence des mesu- 
res précipitées de la Noblesse fut de rallier an parti coninûee 
des auxiliaires puissans, et de neutraliser presqu'entièrement 
une influence qui eut pu devenir très efficace. G. Sobets , Sei- 
gneur de Grobbendonck, qui avoit pris une part très active à la 
cbûte du Cardinal de Granvelle, écrivit, plusieurs années plus 
tard que la requête, (c'est-Ànlîre la Confédération dont la re- 
quête fut le premier résulut) avoit ;été la boite de Pandore 
CPtmdomepyxù; yciyet Burmaimi Anakcta , L laS^, et les Confé- 
dérés eux-mêmes décrivent an mois de juillet le changement de 
dispositions dont nous venons de parler, de la manim suivante. 
« Soudain après nostre requeste présentée, nous nous sommes ap- 
» perceuz assez derement que plusieurs Seigneurs , mesme des 
» Chevaliers de l'Ordre, se sont distraicts et séparés de nous, 
« fuyans nostre compagnie, comme si nous eussions commis crime 
» de lèse-Mtgesté et cas de rébellion , traictans plusieurs affaires 
» entr'eux à part et en secret, ce qu'ils n'avoyent accoutumé de 
» faire auparavant » Le Petit , p. 1 1 4** 

On peut conclure aussi de là que c'étoit bien sincèrement que 
le Prince se plaignit d'être rangé parmi les confédérés. « Le Prince 
V d'Oranges et le Comte de Homes disoyent en plain conseil qu'ils 
» estoyent d'intention de se vouUoîr retirer en leurs maisons, . • • • 
» se deuillans mesmes le dit Prince que l'on le tenoit pour suspect 
» et pourchief de ceste Confédération. » Procès dEgmoni , //• 343. 



— 43 — 



LETTRE GXXX, 



Le Comte JCEgmont au Comte Louis de Nassau, 



*^^ Le Comte d'Ëgmont y qui dans les dernières années avoit or- j ggg^ 

dinairement été de la même opinion que le Prince, commen^it iif«^ 

plus on moins à hésiter y à mesure que les affaires prenoient un 

«spect plus sérieux et plus menait Le Prince avoit , comme 

aaari le Comte de HomeSy relusé, après la publication des ordres 

àm Boi, de venir au ConseiL Lui, « parlant plusieurs fois à BCa- 

» dame , et commonicani semblablement avecq aultres bons minis- 

• très de S. M. ses amis et familiers, se montra fortdubieux s'il 

» debroit continuer au Conseil , ou non, et estant quelques fob 

9 admonesté .•••...• respondit que c*estoit bien dict, mais que 

» ceolx qui le disoient, n'entendoient les points d'honneur^ ny 

» acavoit les reproches et objections qu'il soolfioit journellement 

> de ses amis. » Hopper^ Mém, 68. H étoit grand ennemi de l'In- 

qaisilion. « Interrogatùs Egmontius negaverat se adversus aliquem 

» mortalium pro Inquisitione edictisve pugnaturum. » Straday /• 

31 8. Mais par contre il étoit très zélé catholique et serviteur dévoué 

da Roi. Dans sa défense, faisant mention du serment que la 

Gouvernante imposa en 1 5 67, il dit . « Je n'ay jamais refusé de 

% prester nouveau serment; ains se trouveroit que plus d'un an 

» auparavant, j'ay proposé au Conseil entre antres choses que tous 

» eeidx qui avoient Gouvernement , ou charge de gens de guerre et 

» des places fortes, tous Officiers de S. M. et Magistraux des vil- 

» les y deussent faire nouveau serment; mesmes entre autres poincts 

» d'observer nostre saincte Foy Catholique: dont aulcuns de mes 

» Amis me sceurent bien mauvais gré , disants que par là je voul- 

» lois faire quitter leurs charges. » Procès dEgmont, L 71. H se 

rendit à Hoogstraten pour satisfaire aux lettres itératives du Comte 

de Schwartzbourg ^ 9 avecq sceu de Madame laquelle j'avois préad- 

» vertie de mon allée. » LL 79, Cependant on voit que ce fut 

pour rempUr aux commandemens de M. le Prince;^ et bien 

que celui-ci n'aura pas confié tous ses secrets à l'auteur de la sus-* 



— 44 — 

l56& dîte pn^Kwition, b Comte eo diMOl» «Mak n'y fui faici que 
llm,^ » boone chiere. » 4 /. 78 , a dit la Térité sans doute (son billet ea 
contient un indice) , mats paa toute la vérité. 



Monsieur lesecrétere, pour remplir aux commande- 
mens de Monsieur le prinse , je me trouyeray demain au 
soir à Haugstrate , parquoy ne feray longue lettre, estant 
fort ayse d'y yeoir demain la bonne compaignie et pour 
sy ou pour [moy ' ] 9 je tous prie de porter demy dousaine 
de flacons du roelieur vin de Breda , pour en poToir be- 
ser les mains à Mons/ le Comte de Swarsenbourgh et 
^u seigneur Jorge van HoU De Bruxelles ce 1 1"^* mars , 
à 10 heures du soir. 

Je vous prie beser les mains de Mons/ le Prince de ma 
part. 

Vostre bien bon amy et bien prêt à tous obéir , 

LàHOAAI. n'EGMOHT. 

A Monsieur , Monsieur le Conte 
Ludwigh de Nassau. 



Le Prince donna avis de la Confédération à la Duchesse de Par- 
me. « Ad Gubernatricem Lugduno Batavorum scripsit Orsnglus. » 
Sirada^ I. aox Cet historien ajoute que ce fut le 39 mars, peu 
après que la Gonvernanteen avott reçu la première nouvelle. Appa- 
remment il faut lire /« 19: car , d'après Strada lui-même , p. a 10, 
le Prince se trouvoit déjà le ao à Bruxelles au Conseil d'Etat Et 
qui plus e«t , la Gouvernante mande au Roi qu'il assistoit déjà le 
aSauz dâibérations; et dans une lettre du a4# que le Prince 

» non (?). 



— 45 — 

4H)raiic;e loi avoit eacrit h ligue ôm Gcntilsliaiiiiiiet aedaire»» Pro- i566. 
car <2ef CbMle^ d^Bgmoni ^TL 3o&y ^gi^. Mars. 

La Gonremante se troavoit dans une grande peqilexité. Lee 
aTÎs, les bruits faux ou exagérés se succédoîeot. Le Pensionaire 
Wèsembeek décrit avec beaucoup de vivacité cette variété de nouvel- 
les et de conjectures. « D*een seyde dat *t gebeele lant was ghe- 
rriidleert , d'ander dat aile den Adel tegben den Coninck op- 
stont , andere datter eene vergaderin^e was van ved duysenden 
die gbewapender bant nae 't Hof toequamen: andere dalse 
Grycbsv(4ck van bnyten *8 lants soo te Yoet als te peerde by baer 
badden : andere datse beymdyck Terstant mosten bebben met 
eenigbe Steden, die se Toor d'eerste innemen souden , ende on^ 
dat niemant baer Toomemen wiste, so wert daer seer Yreemt van 
gfaesproken : d'een seyde dalse ganscbdyck gberebelleert waren 
ende 'tganscbeLant innemen wilden; andere datse begeerden de 
ganscbe regeringe te veranderen naer baere fantasie: dederde dat- 
se d'onde Religie souden Yerdryven ende de nieuwe met geweld 
inyoeren: de vierde datse dootslaen ende veijaegben souden aile 
de Gbeestelycke : de vyfde datsb met gbewelt souden aenbouden 
dat de nieuwe Religie toegbelaten soude worden: de seste datM 
de Haocaten ende dinquisitie te oiet gedaen wilden bebben. » 
L Lf p. 67. 



LETTRE CXXXI. 

Le Comte de Hoogstraten au Comte Louis de Nmsatu 



\*M/ de Càlenbourgh est Florent de PaUandt Comte de Cuilem- 
bourg , né en i537 , d*abord catbolique intolérant, puis protes- 
tant zélé. Le Comte de Berghes est le beau-frère du Prince (voyes 
ToouL p. 29a). Ces deux personnages, le Comte Louis et le Comte de 
Bréderode , étoient les prindpaux cbefs des confédérés. D'après 
Strudoy c Omnespari propemodumet juventaeet animi vigore magna 
> molitnri : praesertim Brederodius, cui primae in ea oonjnratione 



46 — 



l566. * P^t€8 delaUe sont, «ive ezoelleatiâ Bcigicae Nobilitatîs e prîscis 
m^^ » Batavomm Gomîtibns deductae , aive ob juvenis in^enium peni- 
«cre, atque licentins advenus dominaiiteB , eoque mokitiidiiii 
» gratiim ac tnmukitantibus «^poitiuam. » L ao8. 

Le Comte de Hoogstraleo , étoit rereiHi depub pea d*Alleiiiii- 
goe; «Reoeos a nuptiis Dncis Holsatiae Regius lef^atua redieraU » 
V> d. Bàer, ao4.' 

La requête des Nobles à la GouTeroante fut modifiée plus d'une 
fois; surtout adoucie d'après les conseils du Prince. « In dictando 
» libeUo non unus aliquis consensus : salins in aliam atque riiun 
» ^erterunt formam. » Rurgttmbts , p. 1 18« « Libellns ab Orangio 
» caeterisque in lenius yerborom genus commutatus. » f^ dL Haer^ 
307. Bfais la dénomination de hiXL&t ne convient pas trop à la re- 
quête , et d'ailleurs le Comte de Hoogstraten ne savoit apparent 
ment pas encore qu'on avcnt résolu de la présenter (voyez la let- 
tre i33.)« 



Monsieur , ayant reoeu lettre une de Monsieur de Gu- 
ienbourgh par laquelle me feict part du diangement qu'il 
at faict ayecque le Conte de Berghs en quelque certain 
billet, n'ay youlu laisser tous en adyertyr en samble de 
ma [vape] tous pryant qui vous plaisse me mander ce 
quy vous samble du tout. Atant, Monsieur, voua bay- 
seray les mains 1 00,000,000 fob , et à toute la compaignie 
de Bréda, à laquelle suis et demeureray toute ma vie der- 
viteur. De Hoochstraten ce i5™® de mars i566. 

Vostre plus que affectioné amy et serviteur à jamès, 

Anthoihb de Lauulng. 

A Monseur , Mons''. le Conte 
Lodwic de Nassaw à Bréda. 



47 



liETTRE GXXXII. 



P. de Varkh au Comte Louis de Nassau. Sur les 
affaires de la Principauté d^Oran^. 



^* An MmmencemeDt de i566 la France sembloit respirer un i566. 
insUnt ; une espèce de réconciliation yenoit de s'opérer entre les jj^fg^g 
Maisons de Cbâtillon et de Guise (^. Raumer, Gesch. Eur. II. 
^38 ,) f et bien que la tension entre les réformés et les catholiques 
continuoit , surtout dans les Provinces , cet état de choses compa- 
ratiTement tranquille devoit avoir sur la situation de la Princi- 
pauté une influence salutaire. 

Le Papen'étoit pas aussi satisfait que M. de Yarich: il écrivit 
au Prince pour se plaindre encore de la tolérance envers les héréti- 
ques : « Gubematrix, cujus sequi consilium jussus erat a Pontifioe 
» r^uncius de litteris (Pontificis) Comitl Culenburgio et Orangio 
9 Principi tradendis , haud probavit Culemburgio litteras Aposto- 
9 toticas Gommitti , ne forte eas îndecore susciperet baberetque ; 
9 mîocnre periculo agi posse cum Orangio ^ praesertim quod eâ sn- 
9 per re a Pio Quarto admonitns olim fuerat , non sine metu amit- 
9 tendl Principatus; se nihilominus occupaturam ejus animum 

» ne împaratum Nuncius ofTenderet Congressum Orangii 

» prodiviorem (nempe ex Gubematricis anticipatione) Nuncius 
B comperit» Strada , L a35. Le Prince reçut (ce qu'il eut appa- 
remment fait même sans l'entremise de la Duchesse) fort poli- 
ment et la lettre et la visite \ mais ni cet entretien , ni cet écrit 
n'aura changé ses dispositions. 



Monseigneur^ Despuîs ma dernière escript à Vostre Seig- 
neurie, les affaires de la principaulté sont tousjours de- 
meuré en bon estât , comme sont encoires de présent. 

La Ck>urt de parlement a esté assemblée le a5 janvier 
et ont demeuré jusques au ao*" de febvrier, jugeant beau- 



— 48 — 

i566, coup de procès. TaYoU £ùct un^ dutnge' avecq les ma- 
Uan. gistrats du Pape Jung malfiiiteur que j'avois , estant leur 
subject , en me rendant ung aultre qui estoit subject de son 
Excellence, lequel fut par le juge ordinaire condempnë es- 
tre pendus, mis en quatre quartiers et mis au quatre 
grands chemins de la yiUe, pour avoir faict rapte et aus- 
si plusieurs Toileries, lequel, comme enfiGBintdela ville ^ 
appdloit à Grenoble, chose que n*estoit encoires advenue 
despuis la réintëgrande, dont plusieurs mal affectionnés 
à son Excellence estoientbien aise, spérant par ce moien 
le recours leur estre ouvert. Et comme la Court s'assem- 
bloit, reoeut 1 appel à soy sans avoir esgard à Tappellation 
interjecté au dit parlement de Grenoble, le recepvant com- 
me à icelle et, Causant droict sur le dit appel ,dict qu*il a es* 
te bien jugé et mal appelle , renvoyé Tappellant au dit juge 
ordinaire pour mettre sa sentence en exécution. Le S.' 
président en plaine audience , où il y avoit plus de deux 
mille personnes, estant le delincquant présent, fit unere- 
monstrance concernant la Souveraineté au peuple, qu'il 
ne se fadloit pas arrester à leur prétendue recours, et du- 
rcit près d'une heure, de sorte que toute la ville en alloit 
honteux et confus. Et ne reste aujourdhuj à son Excellen- 
ce, pour estre paisiblement Prince Souverain , que de fai- 
re ses loix et ordonnances et forger monnoye, pour exer- 
cer telle Souveraineté que le Roy faict en son Royaulme. 
La Court m'a prié de rechief escripre que son Excellence 
ne doibt plus différer à establir les loix et ordonnances 
queportay dernièrement en Flandres , ayant courrigé et 
rayé celle, que concemoit les personnes et choses ecclési- 
astiques , à ce que pleut à sa dite Excellence siluy plait les 
faire publier pour tant mieulx asseurer la dite souverai- 

' vo échange. 



— 49 — 

Mlé,par ainsi, Monseigneur y il vous plaira tant iaire i566. 
qu dles soi^it passées. M^n, 

Le S/ président et moy ayons esté en Avignon vers 
Mons.' le Cardinal d'Armaignac (i) , et luy faire entendre 
la bonne envie que nous avions de voisinir et vivre en tou- 
te paix et amitié avecq les subjects de sa Saincteté et au- 
tres nos voisins, et pour ce de confirmer l'accord que je 
passay en la présence du Roy avecq les officiers de notre 
S} Père le pape, et par mesme moien passer et accorder 
certain articles , pour raison desquelles tant eulx que 
nous pourrions entrer en différement , et les quelles luy 
baillâmes par roUe, avecq la forme du contract que con- 
venoit passer; et de tout j'envoye double à son Excellen- 
ce, ce que lé dit Cardinal a différé faire , jusques à ce qu'il 
aye eu responce du S/ légat. 

Le Sieur Conseiller Hovelmans lors que je fus en Flan- 
dres^ me tient propos de certain accord qu'il avoit advise 
que son Excellencedebvoit faire avecq le Prince de Navar- 
re, toucbant la principauté et conté d'Enguien (a), pour 
n'estre empécbé désormais par quelcque ouverture de 
guerre, qid puisse advenir entre les deux Majestés (que 
Dieu ne veuille) en la joyssance du dit prindpaulté et con- 
té, de quoyje n'ay ' communicqué et tenus propos avecq 
le Sieur président, lequel treuve fort bien que Sa dite 

(i) dArmcàgnac^ En i567 « de Yarick envoya des députés au 
> Cardinal , afin quMl confirmât le traicté de paix. » De la Pise y p. 
35 1. Mais il s'a^issoit donc de nouvelles instances^ et pas , comme 
cet écrivain suppose, d'une première demande au Cardinal nouvel- 
knunt arrivé. 

(a) dEnghien, Voyez Tome I. p. ^67, a8i. 

« j»ea ai (?). 



— 50 — 

i566. Excellence passe accord avecq le dit Sieur Prince de Na- 
Man. varre, entretenantlesdroicts Souverains et estât delà jus- 
tice y establie et les subjects du dit principaulté; tout 
ainsi que son Excellence faict etacoustume faire, conune 
aussi le semble feroit Sa dite Excellence de par delà da 
conté d'Enguien. 

U y a au terroir de Gourlheson ung [debuez et guerignes] 
de deux cens soixante huict sommées terre, lesquelles 
je fais rompre et sera une belle meterie , que , quand elle 
sera mis en culture, yauldra annuellement cent sommées 
bled...» et par ainsi il y auroit moien d augmenter la do- 
maine de trois ou quatre mille francs annuellement, la 
moicté plus que ne vault aujpurdhuy. 

J ay aussi faict accord par délibération de la court sur 
le bon plaisir de son Excellence, avecq le S/ Darbies , qui 
prend sur les revenues de la principaulté trois cens livres 
de pension , que luy furent vendues par feu Bf ons/ Johan 
de Ghalon , pour le pris et somme de six mille livres, ..••• 
ceque jen ay faict, ce a esté pour autant que ce sont deux 
mille cincq cens livres gaignées au profBct de mon dit 
Seigneur» 

Je vouldrois bien supplier Votre S.*** vouloir remon- 
strer à Sa ditte Excellence , que luy pleut pourveoir pour 
le mois d'aougst ou septembre quelcung icy en mon 
lieu, af&n que je puisse retirer; si ainsi estoit que fut le 
bon plaiûr de Sa ditte Excellence vouloir faire le dit ac- 
cord avecq le Prince de Navarre et nous en donner la 
charge ainsi que luy ay adverti , soubdain que l'aurions 
obtenu de Sa Majesté , seroit requis que le S/ président 
etmoy nous acheminerions vers Son Excellence, pour le 
tont aggréer et confirmer , et lors celluy qui seroit ordon- 



— 51 — 

né y retoumeroit avec le dit S/ président. Au aui|diis n*y i566. 
a chose par deçà que mérite 1 escripre; dont prieray le 16/Lus» 
Créateur, après avoir baisé humblement les mains de yo* 
tre Seigneurie, Monseigneur, tous donner en bonne 
santé, accroissement de toute prospérité, thi Chasteau 
d'Oranges, ce quinadesme mars i566. 

De Yostre S*** très humble et obéissant Serviteur, 

PlBEBB DE VaRIGH. 

A llionseigneur , Monseigneur le Conte 
hoàawicq de Nassau , etc. 



LETTRE CXXXIII. 

Le Comte de Hoogstraten au Comte Lotus de Nassau* 



* * 



jf. La résolution qu'avés prins par Vadx>ise de Messieurs le 
Prùicke et Conte de Bornes est sans doute celle de présenter la 
requête. Cette résolution fut donc prise quand le Prince fut re*- 
▼enn à Bréda. Le Comte de Homes dans sa Défense (Trocès d'E^ 
mont, /. i54-^ écrit au sujet des conférences de Bréda et de Hoog- 
straten. « Et n*oyt lors le dit Défendeur parler de nulle Requeste^ 
s mab bien d'une confédération ou ligue, et n'y fut lors présent 
« Monseigneur de Bréderode. » Le Comte ne se sera peut-être pas 
cru obligé de tout révéler, mais en outre ceci peut se concilier avec 
œ que nous lisons ici , puisqu'en effet ce ne fut qu'après le retour 
de Hoogstraten que la chose fut décidée. Il est bon de remarquer 
le mot deux fois répété de lors^ et ce qui suit immédiatement dans 
la défense. « Et depuis le Défendeur pariist versBreda pour se re- 
» tirer à Weert. » Le Comte de Homes aura donc aussi appris la 
cbose à Breda, 



— 52 — 

i566. I^ Prince n'avoit pas trouré mauTaît que la reqnéte fat pré- 
H^ seDtée (Voyez p. 4x)« C'est à tort qu'on a cra trooTer sona «e 
rapport une différence entre ses aveux en i568 et z58i , car dans 
la Défense il désapprouve la confédération ^ et dans TApologie c*est 
de la requête qu'il s'agit. Il est bien vrai qu'au sujet de la confé- 
rence de Hoogstraten il s'expliquoit en i58i plus ouvertement et 
qu'il ne disoit pas alors, comme dans sa première défense: « Noos 
> nous en raportons aux Seigneurs qui ont esté à Hoocbstralen 
» quand y estions, s'il y eut autre question que de faire bonne 
» chère, et nous entrevoir, et festoyer quelque Seigneurs estran- 
» gerSy comme amis et alliés par ensemble. » Le Petit, p. i86.^ 

Il paroit que malgré les avis du Prince, on se disposoit à venir 
bien accompagné. Selon les Comtes de Meghen et d'Egmont on 
avoit résolu d'envoyer vers son Alteze environ mil et cinq cents 
hommes d'armes. Hopper^ Mém. 70. On tâchoit de s'assurer des 
Compagnies d'ordonnance • composées en grande partie par la No- 
blesse. « Centuriones et signiferi obstricti sunt .... Scio quoque 
» HenricumBrederodium in Ordinariae turmaesigniferumstrinxisse 
» ferrum, quod sacramentum accipere detrectaret. » Burgundus^ 
1 17. Il se peut que cette particularité soit fausse, mais le fond de la 
chose est réel; et c'est sans doute de ces cofnpagnies qu'il s'agit ici. 
n existe une lettre du Duc d'Alve où il désire avoir « par escript 
» tous les noms de ceux de la bende de Mons.' d'Egmont, qui ont 
a» esté du compromis ou assisté à la présentation de la requête. » Te 
fFater^lVy 3oa. Et dans l'ajournement du Comte Louis de Nassau 
on lit : « Le Comte seroit venu présenter la Requeste à nostre 

» très aimée soeur la Duchesse de Parme tumultuairement 

» et incivilement; ayant ledict Conte auparavant mandé de son 
V authorité privée quelques bandes d'ordonnance pour Intimider 
» nostre dicte soeur. » /. /. a 4 3» 



Monsieur, je ne TOUS scauroy assez remerchier de la 
prime adyertanche que estez senry de me faire sy particu- 
lièrement de la résolution qu'ayés prins par l'advis de 



~ 53 — 

messeurs le Prinche et Conte de Bornes, les quels mW i566« 
seure n'eut reins plus devant les yeux, que le service du Mars. 
Roy et le maintoinement de ses pays, et [ainsir] certes 
eroyeroybien q'une belle remonstrance serviroit de beau- 
coup d'estre £Edcte, et quandt serat preste, etmyseau 
net, seray bein ayse que m*en faissiez part comme sluy ' 
quy vouldroit tousiour tenir la main que entreprendissies 
diosesy boin fondée, quy ny tumbisse dessus juste reprin- 
se;* y mest aussy d'advy que allant à Bruxelles ne scauries 
au monde mieulx faire que devons bein acoompaigner, 
ce que ne poyes estre , moings ayant à vostre dévotion 
les quatre Gompaignies dont me faictes mention en vostre 
lettre, oultre les subsignés. Quant aux principauix de 
ma compaignie, suis content leur faissies la meisme ad- 
vertance que aves faict aux aultres , et sy desyrés les 
mande vers moy, (comme [leurs] ne feront riens sans mon 
adveu) je feray voluntiers , m'asseurant m'obéiront, et ne 
feront difficulté à cbose si bein faicte, mais vous prye ne 
Eure saihblant au S*^* de Lalleyeuloye mon Lieutenant, 
non pas que je ne le tienne pour homme de bein et de 
service ^ mais qu'yl est maistre dliostel de Madame, et 
qa'en Tun des[fliehes]at tousjours porté des lunettes, les- 
qaelle ne scay sy signifient ung [advyse loy]. Sy commandez 
que sur ce faict ou quelque aultreme retrouve auprès de 
TOUS, serez obéy, ou bein s y vous plaist venir ycy le tien- 
diay en mercede. En cas que vous ne vous voulés servir 
de la lettre de monsieur de Gulenbourgh y de la [réponce] 
queluy ay fayct, vous prye mêla renvoyer. Je vous bayse 
les mains de ce que m'advertisses de ce que Madame at 

' celui. ' reproche (?). 



— 54 — 

i5fi6. escript i monnear le Prince (i) et de sa [réponsse] à Imt 
Mars, quelle trouverat asses à morder ' , sy elle at des bons deos; 
quant à moy je n en ay pas eu , mais sy il se résouk 
d y aller y luy présente mon service à Faccompaigner, aTOC- 
que mes plus que humbles recommendations en sa bonne 
grâce. A tant, monsieur, vous bayseray les mains de bon 
ceur, pryant à Dieu tous donner ce que desyres. De 
Hoochstraten, ce 17 de Mars i566« 

* Vostre affectyoné et amy frère à vous faire service f 

Anthoinb db Lalaivg, 

A Monsieur Mous/ le 
Conte Louys de Nassaw. 



LETTRE CXXXIY. 

Le Comte de Hoogitraten au Comte Louis de Nasscui, 

Sur une affaire particulière. 

%* Ce billet est curieux relativement aux moeurs du temps. 
La dette dont il s'agit , aura probablement été contractée eu 
Allemagne y d'où le Comte Louis et le Comte de Hoogstratea 
étoient tous deux récemment de retour : aussi trouvons nous sur 



(i) « Pour contenter le Prince d'Orenge et le Comte de Hor- 
« nés leur furent escriptes trois ou quattre lettres di verses , à ce 
» qu'ilz voulussent retourner au Conseil, et estre présens à l'as- 
n semblée de tousles Seigneurs et Gouverneurs.» Happer y Mém, 71, 

' mordre. 



— 56 ~ 

la note le Duc de deux Ponts , WoUgang Comte Palatin. Il parait que 1 566. 

les Princes Allemands commençoientà jouer gros jeu (voyez Tom. I. ])f an. 

P* 49)* Quelques uns cependant s'en faisoient scrupule ; comme 

par exemple Christophe Duc de Wurtemberg. «Von Spielen war er 

» kein Frennd , weil man die Zeit , wie er sagte , besser anwenden 

» konnte. » Pfister^ Serzog Christophe II, 11. Et cependant le 

Dac «Toit séjourné long-temps à la Cour de France: mais il aw^a 

été de Taris de Coligny, « qui ne scayoit ce que c*étoit que de jouer 

» anx jeux de hazard , dbaot que , si Ton faisoit bien, ces sortes de 

> jeux seroient défendus par tout le Royaume. » Fie de Coligny , 

^ 70. 



Monsieur, pour me trouver estre redevable une petite 
somme au porteur de œste, sellier de monsieur le Prinche 
et quy réside à Brëda , où ne me double aures bon moyen 
Tassigner de payement en ma décharge , me suys adyysé 
▼ous prier qui vous plaise accepter le payer entantmoings 
de ce que me debvés suyvant ung total recueil de ce qu'avons 
joués ensamble, quy vat ycy joinct, dont remets le résida 
àvostre discrétion et commodité, oires quy meveindroit 
bon à propos dès astheur , sy en f ussies ainsi servy , ne 
m'en souciant au demeurant guerres, comme n*ayant 
chose que ne suis prest d exposer pour vostre service, ce 
que cognoist le Créateur auquel supplye vous donner Sa 
saincte grâce, me recommandant affectueusement à la 
vostre. De Hochstraten , ce ly^^ de mars i566. 

L'entièrement vostre affectionné frère 
à vous faire service , 

Antboiitb ns LàLAiiio» 

A, Monsieur , Monsieur le 
CoQte Louis de Nassaw. 



— 56 — 

i566» Le Conte Lodewich de Nassau doibct à Monfleigneiir, 
Mare, de jouer à la premies ' avecq le duc de Deux-Pont , la 
somme de 734 &« * 

Item plus soixant escu de joer à la 
palme, que au table porte lao fl. * 

Surquoi il fault rabact 6799 demis 
réalles d'argent , que le dit Conte Lo- 
dewich a gaignë à jouer au picquet, 
qui porte la somme de . . • bg4 A : 18 sous. 

Item plus a gaignë Monseigneur à 
joue à la palme à gand et au table, 
cincquant quatre escu, porte 108 fl. » 

Item plus m'at le Sieur de Haraes 
assigné sur le dit Conte Lodewich , 
sexze escue , quy porte 3a fi. » 

Vient bon à Monseigneur , 
399 fl: 2 sous. — 



Après la signature en Compromis , on avoit envoyé par toutes 
les Provinces pour recruter des alliés. Un très grand nombre de 
Nobles avoit signé. N. de Hames se vantoit d'en avoir une 
liste, sur laquelle se trouvoîent jusqu'à deux mille noms. 
« Inde missi per singulas Provincias qui soUicitarent animos popu- 
» larium : haud irrito oonatu , quippe aggregatîs quam plurimis , 
» tantâ aliquorum confidentiâ ut auditâ Hispanicà censura, igaari 

' priiue (?) 



— 57 — 

Maintmaol il s'agissoit de réunir un gcand nombre de Coafédéréi ]m^. 
à Broxelles, et c'est à quoi Técrit suiYant est r^tif» On envoyé 
de nouyeau des députés par tons Us pays {per singulas provincias.) . 



Mbmoieb. 

lyenToyor en extrême diligence par tous les pays aver- 
tir nos alliés^ pour se trouver le 3"^ du mois d'Ayril pro^ 
chain à Brusselles, ayec aultant de cheraulx et armes et 
en aossy bon éipipage <{ue faire se pourra , toutesfois en 
leur équipage ordinaire, sans hamois, pour le 4"** p^^ 
senter à Madame la remonstrance eonôeue, qui 'contient 
Tabolition de l'inquisition et des édicts et placarts concer- 
oans ioelle. 

Le 4"* du dit mois nous nous trouyerons au logis de 
Monsieur de Mansfelt , au matin à sept heures aujHràs de 
Monsieur de Bréderode. 

A Monsieur le Conte Lodwick d'escrire aux officiers de 
la oompaignie (i) de Monsieur le Prince , d'amener au dit 
jour autant de gentilhommes et hommes d'armes que 
fiiire se pourra. Le mesme Seigneur Conte escrira à Mon- 
Mur de Hocfastrate pour le mesme effect. 

A Monsieur de Rumen (a) faire le mesme en la com- 
paignie de Monsieur TAmiraL 



(i) {kmqMMgnie. Yoyes ci-dessus, p» Sa. 

(a) Btuneru Bernard de Mérode, Seigneur de Rumen. 



— 58 — 

iSB6^ A Monsieur le Conte Ghulei (i)ftm le mesmeen 
Mm. celle de Monsieur son père* 

A Monsieur de Bisver le mesme en la compaignie de 
Monsieur d*Egmont. 

A Monsieur de Bréderode le mesme en la sienne. 
Lettres de crëdence à tous oeulx qui seront députés 
pour fiEÛre les exploicts signées de nous [trestons-l 

Avertir pour Artoisi St. Qmer , TâJ Dolhain et M.' de 

JLongatie. (a) 

Averdr et traicter pour Hainault 
et VallencieniieSi M.' de Villars. (3) 



Avertir et traicter pour Glieldres 
et Overissel, M.' de Thodome et 

M/ de Welle. (4) 

Avertir et traicter pour Faulipie- 

mont , Maestricht et liège, M.' de Rumen» 



(i) €k4irks. Le Comte Charles de JUtasfeldt. 
(a) Longatre. C. de Hoacbin , Seigneur de LoDgutre. Jf« te 
Water a deviné joste, quoique sur sa liste il lisoit LonpoUê. 

(3) Fiilars. Jean de Montigny y Seigneur de Titters. 

(4) dis Firflie. Mentionné par 2k iraSen IIL 374« S«r sa liste ce 
nom est changé en dbjfettl 



— 59 -- 

ATeràr A tndcMr pour Lmern^ iSM. 

bourg, M/ Dandelot, AL' Del- »h?s* 

bau(i)etM.'de6hifl- 
tell^ (a) 

Pour HoUaude Monsieur le Conte Lodwick escrira à 
Mons/ de Bréderode, qu'il y députe quelques gentilhom- 
mes à cest effect ayec ses lettres de crédence* t^ 

Pour Zélande Mons/ le Conte Lodwick s'en est chargé. 

Pour Frise Mobs.' le Conte Lodwick s'en e^t chargé» 

Pour Namur, M/ de LouYen)al>: 9L' de Backer« 

selle (3)et M.' de Brandebourg. (4) 

Pour Lisle, M/ d'Escaubeke. (S) 

Pour Tooraay, M.' Dolhain en pariem à Mons'. de 

Chyn et à M/ de Bailleul. 

Pour Armentiéares et là autour, AL' de Nosthote. 

Pour Oudenarde et Alost , M.' de Bosch et M/ de 

Montoye. (6) 

(i) DMau. Chez te fFater on lit Delvau. 
(a) de GÂùtelies. GoraeiUe de GhiiteUes, ma d'une famille 
très considérable de la Flandre. Tt Waier, II. 41 3. 

(3) De BaekerseUe* Jean Gaseafaroot , Seigneur de Baokttneel , 
Secrétaire du Comte d'Egmont. 

(4) De Bnmdenbourg,V. de Brandenboiirg. Te fTater, U, 278. 

(5) tfJSseaubeàe. Jean de Sauvage, Seignenr d'Eicanbeek. 

(6) MfofUoye. AjdrieD de Mentoy^ Te fFaêer^ ilL itfi. 



— 60 — 

iSiSé. Pour Flandres avertir et trakter, M/ de Vendwitle et 
Màn. Hames. 

A Bruxelles pour arertir et traîc- 
ter, M«' de van der Mee- 

Te(i)etlL'deMoL(a) 

A Louvaib^ IL' de Boisot. (3) 

Pour Bolduc pour traicter, M.' de BoecxteL (4) 

En Anvers pour avenir, M.' de Berchem (5) 

et IL' de Brecht, (ff) 

Pour traicteravecla ville y Le Conte Lodewiclu 

La chargé de semmer les billets (7) par tout se don* 

(1) Fan der Meere. Philippe v. d» Meere, Seigoeur de SaTen- 
them et Scerrebeeke, Gentilhomme du Prince dTOnmfe; 

(a) De Mok Anthoine de Mol, btn d'nne famille noble du 
Braband, Gentilhomme du Prince d'Orange. 

(3) De Boisot. Louia ou Charles de Boisot Te Water, L a6x. 

n. 248. 

(4) De BoecxteL Jdian de Horaes , Baron de Boztel et de 
Baucignies. 

(5) De Berchem. D appartenoH donc aux confédérés, comme 
supposoît déjà M. Te Water^ L a5o. 

(6) De Brecht. D'une famille noUe du BraEmad. 7Sr Water, m. 

(7) BfZfelir. Le 3*» avril la Gouvernante écrivit au Bot qu'à 
AuTers « aulcnns malings esprits scmoyent des billets que ce que 
» l'on avoil répondu sur la requête des quatre villes estoit pour les 



— €1 — 

aux ministres d'Anyers, lesquels Mous/ de S^ An- xSM. 
d^[onde ayertira de la résolution. JCius. 

De repartir le roUe des alliés selon [les romarkes] , 
a£Bn qu'un chacun des députëcT sache quels il doibt 
arertir. 



Nous ijoatons à ce document ane autre liste de députés de la 
Koblease» qui pourra senrir a fixer avec plus de certitude Tortho- 
fraphe de quelques noms douteux. Cest la même, à ce qu'il paroit, 
qu'a communiquée M. Te Water /. U IV. a4, mais d'après une 
copie ou très fautive ou très difficile à déchiffrer. ProkMiblement 
cette dernière liste est du mois d'avril et contient les noms des 
doutés qui dévoient veiller à l'exécution des promesses faites à la 
Gonvemanle relativement au maintien du repos public Pour la 
plupart des Provinces on trouve le nombre de quatre , conformé- 
ment au récit du*Pensionnaire Wesenbeeck. « Sy bebben uyt bare 
■ vergaderinghe gbeqoemt ende ghecosen vier van elcke ProTincie, 

> die In elck quartier gaede slaen ende besorghen souden dat 
» aldaer niet en souden gheattenteert worden teghen de voorscbre- 

> ven gdoften. » Et Bar ^ qui du reste suit ici , comme souvent , 
pnsque mot à mot le récit de Wesembeeek p écrit drie rf vier^ 
I6i. 



> tromper Les malveillans ne cessent de faire tout extrême 

> pour faire eslever le peuple ; ayant eu advis que aulcuns avoyent 
» apprettez environ cincq mille nouveaux Billets et escripts, aul- 

> tant ou plus séditieux que tous les aultres. » Procès (t£gmont. 
Il 3o7. 



— 62 — 
i666. 



Mars. 



BRABANT. 

Mons/ de Rumen. 

— - Bouxtel. 

— - Risoix. (i) 

— - Mellyn. (a) 

— - Tan der Meeren. 

— - Carlos. (3) 

— - Mont. St, Aldegonde. 

HAIVACT. 

Mons/ de Audrigny. (4) 

— - Noyelles» (5) 

— - ViUers. 

— - Groysille. 

— - Thouloaze. 

A&TOiS. 

Mons/ de Goubeoque. {6) 

— - Doulhain. 
*— - Longastre* 



(i) De Risoix. Charles van der Noot, Seigneur de Rysoir. 
(a) De Mellyn. R. de Melun, à ce que croit M. Te JFaUr^ 
ir. a5. 

(3) De Carlos. Gaspard van der Noot, Seigneur de Carlo. Te 
Water, m. 169. 

(4) Judrigny. Chez M. Te ÏTater on lit De Brouckerygny. D 
s'agit ici de Charles de Revel, Seigneur d'Audrignies, 

(5) NojelUs. G. de Montigny, Seigneur de Noyeiles. 

(6) De Coubecque. Chea M. Te Wateron lit deeccobecque;hàt 
Sauvage, Seigneur d'Ëscaubeek. 



— «3 — 

lloiuk' de Eiquerdesi. (i) iS6âl 

Mm. 

HOLLAVDB. 

Mons.' d* Aflsendelft, 
•— de Wulpe. (a) 

— - Langeraic. (3) 

HAIIUR» 

Mons.' de Brandenborg, (4) 

— - Loubervaulx. (5) 

— - TyllL (6) 

— - Bacquerzeele. 

LVXBHBOVRe. (7) 

M0D8/ de Gistell. 

— - la Graioge. (8) 

— - Delyau. 

(i) I>e Esquerdes, Eostacbe de Fiennes, Seigneur d' Esqnerdcs. 

(a) De Wulpe, Chez Te Water il y a & Ifispe. Probablement 
fl s'agit de Jean de Renesse , Seigaenr de Wylp on Wulp, Te Water ^ 
m. 385. 

(S) Die Langenuc, F. de Boetzelaery Seigneur deLangerak. 

(4) De Brandenàorg, Chez Te Water ii y ti de Lucembourck* 
Notre leçon paroit la véritable : voyez la liste précédente. 

(5) De Loubervaulx. Apparemment, d'après M, Te Water ,1» 
Seigneur de Louverval. 

(6) De Tylli. M. Serdaes, Seigneur de Tilly. Te Water^ III. agi. 

(7) Luxembourg, En tête des noms pour cette Province chez Te 

(8) Delà Grainge. Sur une autre liste, d'après M. Te Water, 
N. S/ de Grange. 



— 66 — 

i566. femdtbeschehengedencken; ahodas villguter Leuthe be* 
Mars, sorgen y dieweill ire Mau. des gedachten Kriegsvolcks wî- 
dem Tûrckhen dero orten nitvon nothen haben werden, 
das sie daszelbig ettwan in andere wege gebrauchen 
mcchten nnd tmdenn schein des Tûrckhen zughs, durch 
rath unruîger leuthe, die Inquisidom und andere neu- 
rungenin diesze lande einfiiren und diesze lange gesuchte 
gelegenheit nit versaùmen wurden , damit sie ir yorhaben 
destobesz ins werdc riehten konnen. Danu dan nit wenig 
naèhdenkens vérursacht das die Kbj* Matt. y wie wir ver* 
nhemen-, in sadien der Relligion , noch zur zeitt nicbts 
zn handlen bedacht -sein soU , daœitt vermutlirh di^zd 
geferliehe anschlage und practiken zuyom ins werck ge- 
richtec und desto richtiger zugehn niogen. Wir hoffen 
abor der Aimechtig irerde a«ch die seine erwecken und 
inen ^sogeben das aie dieszen gefiilichen dingen nit sni- 
sehen, sôndernsiohdevo bedrangten und dieszer laaden 
im liBill der ncth nit i^rnibemen , darin dan E. L. und 
andere Gristli^^e Chmvund Fûrsten auf diesiem izigen 
Reiohstag vil giitts und heils ausridicen konnen, damit 
di^te lande und mennigHchen in wolbergebraditer alten 
freiliriten, auch Ghriatlicher Rhue, Friede und Einigluak 
plieben mogen und erhalten irerdcn, demnach Eurliebe 
gantz freundlichs vleys bittent, die wollen auch vor sich 
dieszer sachen wichtigkeit erwagen und nebent uns 
ufFmittel und wege niittdencken helffen, wie dieszen 
dingen im fali der noth zu begegnen were... Datum Breda^ 
ahm 191M1 Martij Anno 66. 

WiiiHELM Printz zueUranieniGraff 
zu Nassauw CSatzenelnpogen* 



— «7 



LETTRE CXXXVI. 



Le Comte H. de Brederode au Comte Louis de Naspau. 



\* Oa attribue cômiBuoémeDt la requâtedes Nobles à. Baldui- l566. 
nus. Ce fut le Comte Louis lui-même qui la oomposa, Jrnotdi^ Mars. 

« 

G, d, N, Oran, L. IIL i. a8i. — Les Comtes de Cuilenbourg et de 
Berghes n'arrivèrent pas à Bruxelles au jour convenu. « Non nisi 
» tertio post die snpervenerunt. » Strada^ /. ai 8. 



Moneur mon frère ^ je tous prye m'auToyer ungne 
copye de U requeste laquelle je yoldroye youUuntyer 
montrer à de mea amys, afFyn que il pevent Toyre nostre 
intentyon. Je vous asseure que n*ey faylly à donner ordre 
à tout le cas , et de byen bonne sorte, comme je tous prye 
de Yostre part ne ryen oablyer; de ce que ne feys aulcune 
doubte, et reprenés souvant yostre byllet an meyn ,yoyre 
sy personne ne s'oublye: touchant à moy de tout ce quy 
est par icy tout est depeché;|an ryen, ny personne n*y man- 
querai Mons^ deCullenbourch estoyt party pourGemme- 
recepvantma lettre an chemynet ' retourné etm*esi yenu; 
trouver et trouve la conclusyon fort bonne et resonable; 
et fort youlluntayre dy cy ' trouver, comme il n'y manquerai 
tulcunementfseullementilest^mary que la journée est sy 
courte ,aultrement il eu espoyi d'estre myeus acompangpé, 
toutefoys il ferat tout devoyr à son possyble et le trouve 

» est. * de s'y. ' 



— 68 ~ 

i566. fort résoUu et délyberé depuys luy avoyr déclaré byen au 
Mars. Ion ' le tout: ne faylles pour sy ou pour non de donner aultre 
rancherge à mons' le Conte yan de Berge , car tous saves 
queilast [gouyemeur,] pareyllementau Conte de Ovrende* 
et fayotes que mons/d'Ostrate luy rancherge d'ungne let- 
tre, affyn que au jour il n*y aye faulte, et vous prye me 
mander ce que ores antandu depuys de mon partement 
de tout le ménage, et sy je puysicy quelque chose davan- 
tage des vylles, lesses fayreàmoy; seullementque le tamps 
est trop court, mays il pourrontsuyyre,etyousdemeuray 
esclaye et après m'estre recommandé à vostre bonne grâce 
prie le Créateur yous donner, mons/ mon frère, an santé 
bonne yye et longue. De Yyanne ce xxii™* jour de mars 
i566. 

Vostre frère et yrey amys à tous 
fayre seryyce à james, 

H. DE Brbdbrodb. 

À. Moni/ mon frère ^ mons/ le 
Conte Lodwyck de Nassau. 



Le a8 mars et les jours suivans le Conseil d'Eut détibéra sur la 
suTchéaoce de lloqoisition et la modératioo des Placards , «t il fut 
résolu qu'on admeltroit les Confédérés , pourvu qu'ils ▼lussent sans 
armes et en bon ordre. « Decretum est foederati admitterentnr om- 
» nés ; modo inermescompositique ad modestiam. » Sirada, I, ai5. 
Le Prince d'Orange se plaignit amèrement de la défiance du Roi. 
/. L ai a. Ses relations et ses actes, l'opinion de beauoonp de 
Protestans qui le considéroient comme un iltffitsgr que Dieu al^ 

' long. • Ovtrcndc. 



— 69 - 

loit leur 8asclt«r, le rmdoient suspect à Philippe; qui cependant i566. 
•voit besoin de lui pour réprimer les tentatives de la Noblesse et du Mari, 
peuple. Telle éloit sa position que chacun avoit recours à lui et 
que, néanmoins, demeurant fidèle à sa manière de voir, il devoit 
s'attirer le mécontentement et les reproches de tous. Il n*est donc 
pas étonnant que, voyant la confusion des affaires, sans y voir de 
remède, il desiroit ne plus s'en mêler. 

Quant au beau discours que Burgundus, p. x 3i , lui attribue et 
dont l'historien Hoofk nous a donné aussi une très belle traduction, 
on peut hardiment affirmer qu'il n'a jamais été prononcé. Cest un 
morceau de rhétorique composé par Burgundus lui-même, qui se 
sera auparavant bien pénétré delà lecture d'une lettre delà Duches- 
se au Roi, du 3 avril :- Procès cCEgmont^ IL 3o4. Ce ton de 
dédamateur ne ressemble pas au style mâle et simple du Prince. 
De même les discours de Viglîus et du Comte de Bor- 
nes chez cet auteur, p. i53 , sont, à ce qu*il paroit, le fruit 
d'une méditation attentive du Mémorial de Happer ji^, 79, sq. 
Cest ainsi que beaucoup d'historiens du 16.^ et 17/ siècle, par une 
imitation maladroite des anciens, întroduisoient le mensonge là où 
il ne doit y avoir de place que pour la vérité. 



* LETTRE CXXXVII. 

Le Landgrave Guillaume de Hesse au Prince d* Orange. 
Sur les préparatifs des Turcs et la nécessité de présent 
ter à la diète une supplique au nom des Pays-Bas. 



%* Le Landgrave fait déjà mention de la requête que les Confé- 
dérés dévoient présenter à la Gouvernante: on voit donc avec quel- 
le promptitude le Prince Tavoit informé de ce qui se passoit. 

L'attitudI menaçante des Turcs fut cause qu'à la diète on décida 
peii de chose quant aux affaires de la religion. Ce que le Land* 



— 70 ~ 

l566. gnve conseille veDOÎt déjà d'être faiL « Nobileied 

]|fii0. » Imperetorem euppltoem Hbellum misera,. noviioe eomm qui 

» lietoLRomaoareligtone ad rcformatum Ëvangeliam ae tranttule- 
» rant . . . 4 . In eo suppliciter Caesareac Majestatio PriDcipumque 
» aaxilium expetebaot , ut constlio auctoriuiteque sua Philippe 
» Re^ persuadèrent, ut ne sanguinem fideliuni ac thaentium Deum 
» effundere pergeret, atque ita in se famUiamque snam iram Dei 
»• vîndiotamque accerseret. » Origo Belg, tumuk, £nmttétdi, p. 
So. Cet auteur ajoute que la supplique fut présentée le i avril : 
le LandgcaTe^ se troufant à Marbourg, pouvoit n'en être pas encore 
informé* 



' ITunserm gûnstigen gniszfzuvor , wolgebomer , lîeber 
Neve nnd besonder. Wir haben eur schreiben , de dâto 
den aa*** Martij, zu uiisern handen entpfangehy gelesen; 
thun uns der Vertreulichen antzeige gilnstigUchen bédane- 
ken, was aber die sachender Spanischen Inquisition bal- 
ben und dasz man dieselbe den Niederlanden gem 
ufiftringen wolte, betrift, tragen ^ir in warheit mit den 
guten leutendero orterein trewesz, billichesz mitleiden: 
wasz wir auch zu milterung iresz leidensz immer rathlich 
befurdern konten, dasz inen zu gutem gereichen , dasz 
seint wir vor unser person gantz willig und bereit. Wie 
esz unsz aber ansiehet, so achten wir nit dasz diesz jabrsz 
die Nidderlande sich einicher gefahr ùberzugsz halben 
zu besorgen , dann ob wol ein zaitlang auszgeschrieben, 
aïs solte sich der Tûrck diesz jabrsz nit sonders Malta 
oder deroselben greintz halben annemen wollen , sondem 
sich allein uff Hungern russten , So geben doch jetzo die 
zeitungeii widder , dasz der Tûrck gewaltiger alsz vorhin 
jemals umb Malta und Sicilia sich antzunehmeoi^gedencke 
luid bisz in aoo galeen mit aller notturfl zu solcbem be- 



— 71 — 

hueff auaaBgmÎMt hab, desz fïijrhabens gar balda darioît i556. 
antxugreiifen. So eilen auch die Spanische Obristea gar Man. 
sehr dieknechte furderlicb in Italiam zu schicken, 2udem 
ist auch hertzog Eiîchs gewerbe gar in brunnen gefallen 
und man hort sonst Yon gar keinem gewerbe, Welchsz 
ein zeichen ist dasz man diszmalsz nichts gegen die Ni- 
deriande Yomemen , sondem mit dem Tûrcken soviel zu 
schaffen bekommen mrdet, dasz man diesser alhie verges- 
aen muessen. HofiFen derhalben , es werde der Almechtîge 
des Impii Amman rath zerstoeren und ûber seinen eige- 
nen halsz lassen auszg^en , und den frommen Martho- 
eheum^ sambt seinem Tolck, genediglich scbùtzen und 
erfaalten. — Soviel zeitliche hilff und Rath antrifft, ïslfide 
et taeitumîtate in diesser sach gar hoch Tonnoten, 
darumb uns sehr bedencklich bey YÎelen Ghur-und fïir^ 
sten, Eurm begem nach , derhalben zu sollioitiren. Dann 
ob Yvir woi aller ,wansz unsz nutz ist y gute Christen und 
Lutterischer Confession seint, so wisst Ir doch , dasz irer 
ettUche mit freundschafit, ettlich« mit diensi, wo nit 
selbst, doch irer Rethe, dermassen Spamën zugethanund 
vervrant seint^ dasz zu besorgen esz mochtenich alleinin 
kemer geheim pleiben , sondem sich auch eher schiùnp- 
fierung, ' alsz befûrderung bey soldien zu getrosten^ 
dann euch nicht unbewuszt wie mann aile dinge jetzig^ 
zeîttzumûbelstenkannauszlegen undy^drehen. — Wie 
aber deme, woUen mir nicht underlassen unserm Schwdier 
Hertzog Chrîstoffern (als den wir wissen dasz er die Reli- 
gions sac^en mit allen trewen meynet), hiervon vertreu- 
lidizu admoniren, mit bittS. L. wollenmit andern Chur- 
midFarsl?en9dieS.L« nit suspect helt^darvon rathschlegen* 

^ scbimpf. 



— 72 — 

t566. So zweivele tinsz nicht S. L werden die sadien ir mil 
Mars, trewen angelegen lassen und was sie hirin den armen , 
Terdruckten Ghristen dero orter zum bessten thun konnen, 
ireusserstyennûgen nicht sparen, dann S. L. schondahin 
bedacht , auch andern Fûrsten zugeschrieben ^ dasz maan 
uffjetzigem Reichstag anbalten solte damit die Nieder- 
lande mit in den^Aeligion-frieden genomen und dessen 
zu geniessenhetten. Damit nun S. L. und andere guther- 
zige Fûrsten und Stende ursach gewunnen sokhsz mit 
desto mehrerm ansehen zu treiben und zu regiren , und 
dieweill one dasz , wovern die bewusste supplication der 
Regentin ûberlieffert, die Katze hdrt gnugsam in das auge 
troffen und geschlagen sein wirdt , So konten wir nicht 
widderrahten dasz von wegen der Niderlande stattliche 
gesandten , mit gnugsamen schein und GredentzbricTen 
(damit man derhalben nit wie etwa zuvor andern natio- 
nen auch beschehen, zu cavilliren bette) jetzo uff dem 
TorstehendenReichstaghwurden abgefertigt, welcheda- 
selbst die Key. Ma. und allen Stenden desz Reichs eine 
supplication , darin ire beschwerungen nottûrftiglich 
deducirt, ûbergeben ,unddameben underthenigst gesiicht 
und gebeten hetten iren herm die Khû. M. zu Hispanién 
dahin zu vermûgen^damit sie, wie andere stende des Reichs, 
bey der erkanten wahrheitund Augspûrgischen Confession 
gelassen und von der Key. M. und Stenden desz Reichs 
bey demReligionfrieden mochten geschùtzt und gehandt- 
habt werden. Wann solchs geschiht, zweivelt unsz nicht, 
esz werden leuthe gnugsam funden werden, diesich dasz 
bestebeyinen zu thun werden befleissigen: dann one 
dasz kont Ir selbst dencken dasz esz wirdt bedencklicb 
fallen sich der Niderlendischen Stende unersucht ant- 



r 



- 73 — 

zunehmen oder irenthalben ettwas in den Reichsinith zu i566« 
geben oder zu proponiren. Esz were auch nit unrathsam Har». 
dasz neben den abgesandten ettwa Ir selbst oder sonst 
ein heglaubte uhd den Chur-und Fûrsten bekante person 
gein Augspurg wurde abgefertigt, die adpartem allerhandt 
guten bericht den Ghurfûrsten diesser sachen halben 
geben und diesz negocium mit yleisz solUcitiren thete. 

Nachdem auch der y on Hohenstratt' bey der Key. M» 
gewesen und sonder zweivell dieaer sachen halben etwas 
erwehnung wirdt gethan haben , so were gleichfals gar 
gut dasz die Ghurfûrsten mochten wissen wasz vertros- 
tung er bey der Key. M', erlangt und wie.er Irer M^. ge- 
muet gespuert hette. Die Proposition ist unsz noch nit 
zukomen ; wiewol sy den yergangen 23**" Martij bat ge- 
schdien soUen: darausz wirtt man balt yemehnien wasx 
der Rey. M.^ gemuet seye in religionssachen yortzuneh- 
men y welchswir euch alszyor unser einfeltigesbedencken 
guter, vertrauter meynung, nicht wolten verhalten, und 
seint euch allen gûnstigen guten willen zu erzeigen ge* 
neigt. Datum Marpurgk am 31*" Martij A^ 66. 

WiLHBLM L, Z. HfiSSBir. 



* Le Comle éi H4N>diiiraten. 



74 — 



UETTRE CXXXVm. 



Le Prince tT Orange au Comte Louis de Nassau. Il Tex^ 
horte à aifoirsoin que les Confédérés ne soient pas ac^ 
compagnes d'étrangers et quils viennent sans armes. 



l566. *^ ^° répandoit faussement que le Duc de Clèves étoit de U 
Avril. ^^P^^* Procès d'Egm. IL 3 1 5. « De Cliviae duce brevi rainor 
» evanuit » Strada^ L 2107 • Pluaieim circonstances domè» 
reni lieu à cette auppoaitÎQnt les relations da Duc avec les Seî-. 
gneurs des Pays-Bas, sa vie passée , ses précautions contre les armé- 
niens du Duc Eric; enfin l'accueil bienveillant qu'il avoit coutume 
de faire aux réfugiés Protestans. Deux ans plus tard la crainte du 
Duc d*Albe le fit changer de conduite à leur égard, hor , /. 1^5. 
D'après Strada un bon nombre des Confédérés , entrant à' Bm- 
leilct, étoit armé. « Erant Uli in equis omnino ducenti^ forenai 
» veste omati, gestabantque singuti bina anie ephîppium sdopela. » 
I. a 18. Ce seroit une nouvelle preuve que l'influence du Prince sur 
les résolutions des Nobles étoit beaucoup moins grande qu'on ne le 
croit communément. Mais dans l'apologie que les protestans firent 
imprimer en 1667 > ''^ disent hardiment. « Et quand à la procé- 
» dure en la présentation de la requeste, un chacun scait qu*ik 
» n'ont eu nulles armes du monde , fors celles que gentilsbommea 
» sont tenus porter ordinairement : mesmement aux champs n'ont 
)» en nulles armes que de coustume. 9 Le Petite p. i4i>* Et ils 
ajoutent, « Là ou toute fois leurs calomniateurs avoyent raporté 
» paravant leur arrivée, pour chose veue et asseurée, qu'ils venoyent 
» tous en équippage de guerre. Si avant que la Duchesse fut 
» contrainte par leurs faux rapports d'envoyer au devant d'eux, 
» pour les prier de poser les armes , lesquelles ib n'avoyent onc 
» pensé de prendre. » /. /. En tout cas cet one est de trop ; car 
les Confédérés avoient eu dessein de venir en aimes (voyez le Mé- 
moire, p. 57.) 

Le Comte Louis vint le ag mars àîVianen, et partît le 3i avec 
le Comte de Brederode pour Bruxelles. Te fTater^ IF. 334* 



— 75 — 

Mon frèrei jay vous amToie ce porteur exprès pour tous 
adyertir comme Ton parle issi estrangement de la venue ^Jf^ 
de la compaignie et principalement en ce que l'on ast ad- 
Terti Madame qu'il y vient beaucoup des estrangiers , com- 
me Clevois et du pais de Julliers , et oires que j ay dict à 
Madame en estre asseuré à contraire , pour n'avoir les es- 
tnngiersafiairdedire ou remonstrer quelque chose qui 
coDoeme ce pais , si esse que lebruict continue , parquoy 
ferés bien de tenir la main que si il y at quelques estran- 
giers qui nevienent point; je dis en quantité , mais pour 
ung cinquant ou soisante seroit peu de chose , car pour 
moy ne lepeus penser. L'aultre point est que Ton dict 
que viendrea en arme et oire que le scay bien que non^ 
nëanmomgs si il eusse quelques ungs quîl se avanceriont 
de en porter , feres bien les fer oster , car le plus paisi- 
blement que porres venir et point de tout avecque si 
grande trouppe ensamble, serat le melieur et feres vos- 
tre affaire beaucoup mieulx; d'aultre part aussi ne ferois 
£Edre nulle salve, ny dehors la ville, ny dedans , en quoy il 
vous fault que tenés la main. Je donne charge à ce por- 
teur vous dire le tout plus amjdement, vous priant m0 
mander par luy enquel ëquippage que viendrés, et sur 
ce vous baise les mains et à mons.' de Brederode aussi) 
priant Dieu vous donner accomplissement de vos désirs. 
DeBrusselles ce i de apvril A"" i566. 

Yostre bien bon frère à vous 
fair service, 

GuiLLAUMS DB NaSSAU. 

à. Monsieur le Conte Louys de 
NaisaOy mon bon frère. 



— 76 — 
j^^ LETTRE CXXXIX. 

L, de Schwendiau Prince dC Orange, Ses précisions sur là 
guerre contre les Turcs et sur les résolutions de la Diète^ 



\* D n'est pas étoimant qu'après cette lettre le Priooe ne reçut 
de longtemps des nouvelles par Schwendi lui-même : car œ que 
oeluî-ci prévoyoit^ arriva. « Der Sultan verlangte dasx ailes abge- 
» nommenean Siebenbûrgen zurûckgegeben werdensoUte. DaBIa* 
» ximîlian und die Ungern sich nicht dazu verstanden , brach der 
9 alte Suleiman an der Spitze eines groszen Heeres in Ungem eîn. 
» Maximîlian beschlosz ebenfalls selbst zu Feldezu zieben, und 
» sammelte aus den Erblanden und aua dem Relche ein Heer von 

» 80000 Streitem Nachdem Suleiman gestorben war, zeigle 

» dessen Sobn Selim wenig Emst zur Fortsetzung des Kriegs. Die 
» Streifzûge der Tûrken vnitden von Schwendi mil Nachdruck 
» zurûckgewiesen. > Pfister^ Gesch. d, 71 IP^, 32 1* 



Monseigneur ! 

Il y a desjà longtemps que n'ay eu noyeHes de vostre 
Seig^ mais cela me seroit grand contentement, quant tous 
Tos affaires allassent selon yostre désir. Je suis icy en un 
labourinthe et quand je pense et espère de y sortir par le 
moyen d'une paix avec les Turcs et le TransiWain pour 
laquelle l'Empereur a desjà longement trayaillé, nous re- 
tombons en une plus griefve guerre. Maintenant l'on tient 
pour certain que le Turc , si vient, qu'il y viendrat luy mes- 
me avec toute sa puissance. Âins il est bien debesoingque 
l'Empereur aye bone assistance d'Empire et des aultres 
princes chrestiens. Aultrement tout le pais d'Autriche et 
d'Ungarie demeureroit en extrême hazard. Je ne veus 






— 77 — 

bire à roatre Seig^ long discours par oestes, alns me re- i566» 
mets à ce que j'ay escrit tout au longàmons/ d'Egemont , Avril, 
pour le TOUS communiquer. 

Je tiens queTontraicterat bien peu sur ceste diète quant 
à la religion, mais que l'on laisserat le tout en suspens et 
au mesme cours comme par ayant, puisque l'Empereur 
sera contraint de tant haster son retour (i). Il sera bien 
le moys de juUet avant que le Turc pourra arriver avec 
sa puissance. Mais les plus prochains Basses' antecéderont 
et commenceront la guerre plus tempre*, de sorte qu'il 
est bien nécessaire de haster les provisions. Car conmie 
l'on pense peu à la guerre au temps de paix, ainsy se trou- 
ve l'on maintenant bien despourveu de ce qui est de be- 
soing. Je ne scay comme l'on me laissera et pourvoiera 
en ce quartier , l'apparence est encore . maulvais asse. ^ En 
fin il fault faire extrême debvoir avec ce que l'on peult 

avoir des forces, et bien espérer de l'aide de Dieu A 

Unguar ^ le 4 d'april lann 66. 

De vostre Seig^ très affectioné serviteur , 

Lazârus db Swbndi. 

Le Seig.' Conte Ludvic se debvoit^ cest 
année laisser veoir en Ungarie et accom* 
paigner l'Empereur^ puisqu'il veult faire 
la journée contre le Turc en persone. Je 
vous prie luy faire mes affectueuses re- 
commandations. 

A MonamfDeur Monsieur 
le Prince d'Orange. 

(i) ÂeUHtr. Le» choses se passèrent ainsi et Tespéranoe trompée 
■ PMbM. * I6t. 3 auei. 4 Ungfawar. ^ denoit 



— 78 -- 

l566. he S d'Avril la requête fat présentée. Nous croyons devoir la 
AvrH«' coHunaniquefer , aîiisî que les pièces qui $*y rapportent , yi/l Vim^ 
portance de cesdocumens, et parceque nosMfunuscritSy appartenant 
aux papiers du Comte Louis ont un caractère remarquable d'au- 
thenlicité. D'ailleuis il y a quelques variantes, et les ouvrages où 
ces actes ont déjà été imprimés , sont en grande partie peu connus 
hors de notre pays. 



Voici d*abord le discours prononcé ou plutôt lu («c pauca ex 
» scripto praefatus:» Figlius ad Hopp. 358) par Bréderode en pré* 
sentant la requête : « Erat ea Brederodio a foederatis delata pro- 
» vincia , . . . sive quod summa gentis Brederodiae nobilitas exis- 
» teret, sive quod iis esset moribos ut ingenti verboram factorunv- 
Il que audacîa omnem observantiae atque metHS cogitation<im quovîs 
» negocio facillime deponeret. » F, d. Baer^ 207. 



Madame. Les gentilzhomines assemblez en ceste ville et 
autres de semblables qualité en nombre compétent, les- 
quels pourcertams respect ne se sont icy trouvé , ont ar- 
resté pour le service du Roy et le bien publicque de ses 
Pays-Bas , présenter à Votre Alteze en toute humilité ceste 
remonstrance , sur laquelle il plairat à vostre Alteze 
donner tel ordre quelle trouvera convenir^ suppliante 
votre Alteze la vouloir prendre de bonne part. 



augmenta reffervescence dans les Pays-Bas. « Sperabant Belgae 
» Imperatorem Maximilianum in proximb comitiis remedium 
» aliquod ipsonim malis adhibiturum ; ubi videruot se sua spe 
» falsos, tentârunt extrême, n Longuet y Ep. teer.L 6. 



~ 19 -^ 

En oultre, Madame ^ nous sommes adTeitys d'avoir iSâiS. 
esté chargés devant vostre Alteze et les S." du conseil et A"vriL 
aultres , que ceste notre délibération a esté principale- 
ment mis en avant pour exciter tumultes , révolte et sédi- 
tions , et, qui est le plus abominable , nous ont chargés de 
vouloir changer de Prince j ayant praticqué ligues et con- 
spirations avecqs Princes et capitaines estrangiers, tant 
François, Alemans que aultres, ce que jamais n'est tum- 
bé en nostre pensée (i).et est entièrement contraire ft à 
nostre léaulté et à ce que vostre Alteze trouvera par ceste 
remonstranœ. Supplians néanmoings à vostre Alteze i^^us 
vouUoir nommer et découvrir ceulx qui tant injustement 
ont bUbmé ungne tant noble et honnorable compaignye. 

Davaotaige^ Madame, les S/' icy. présents ont enteifdu 
qu'il y a des aulcuns entre eulx, qui en particulier sont 
aocMsés et chargés d'avoir tenu la main et tasché pour ef^ 
lectUer la susdite malheureuse entreprinse, tant avec 
François que aultres estrangiers, dqnt nous nous resen- 
Ions de ce grandement; parquoy supplionaà vostre Alteze 
BOUS vouloir faire tant de bien et faveur de nommer les 
Mousateurs et accusés^ af&n qu« le grand tort et méchan- 
ceté estant découvert, vostre , Alteze en face , briefve ,et 
«lemplaîre jui^tice, et ce pour obvier. aui^ maul:i( etscan« 
deles.q.ui en pqurroient advenir, estant bien asseurés.que 
vostre Alteae ne permettra jamais qu'une telle et tant 
honnorable compaignie demeura' chargée de tant infâmes 
et malheureuses actes. 



(i) Pensée, Voilà une afBnnation lui peu forte, et qui ne don* 
ne pas une très haute idée de la franchise et de la bonne foi des 
ttnivédérés* 



^ 80 - 
i568. . 

Avril. 

La reqfnéte se trouve aux Archives , ayant en marge rapostille 
de la Gouvernante ; en outre il y a une copie. 



Madame ! 

L'on scait assez que par toute la Christienetë a tous* 
jours esté , comme est encores pour le présent , fort re^ 
nomé la grande fidélité des peuples de ces Pays-Bas en-, 
▼ers leurs Seigneurs et Princes naturels , à laquelle tous- 
jours la noblesse a tenu le premier rancq y comme celle 
qui jamais n'ast espargné ny corps, ny biens , pour la 
conservation et accroissement de la grandeur d'iceulx; 
Enquoy nous, très bumblesTassaulx de Sa Ma/^, voulons 
tousjours continuer de bien en mieulx , se que de jour 
et nuict nous nous tenons prestz pour de nous corps et 
biens luy faire très humble service ; et Toyans en quel 
terme sont les affaires de maintenant , avons plustost ay- 
mé de charger quelque peu de mavaîs gréz sur nous, que 
de celer à vostre Alteze chose qui cy après pourroit 
tourner au desservice de Sa Ma.^ et quant et quant trou- 
bler le repos et tranquillité de ses pays : espérans que 
Feffect monstrerat avecq le tamps qu'entre tous services 
que jamais poumons avoir faicts , ou faire à Fadvenir à 
Sa Ma*'., cesluy-cy doibt estre réputé entre les plus nota- 
bles et mieulx à propos , dont asseurément nous nous 
persuadons que vostre Alteze ne le scaura prendre que 
de. très bonne part. Combien doncques , Madame , que 
nous nous ne doubtons poincts que tout ce que Sa 



— 81 — 

Uàpi* a par çt-devant et mriamement ast heure de nou- i566. 
veau ordonné , touchant l'inquisition et Festroicte obser- ^'^'^ 
▼ation des plaocars sur le faict de la religion, n'ait eu 
quelque fondement et juste tiltre , et ce pour continuer 
tout ce que feu l'Empereur Charles de très haulte mé- 
moire y avoit à bonne intention arresté, -Toutesfois voyans 
que la différence de Ynng tamps à l'aultre ameyne 
quant et soy diversités des remèdes et quedésjàdepuis quel- 
ques années enchà les dit placcars (nonobstant qu^ils 
n ayent esté exécutés en toute rigeur) ont toutesfois don- 
né occasion à plusieurs griefs et inconvéniens ; certes la 
dernière résolution de Sa Ma*^. , par laquelle non seulle- 
ment elle déffend de ne modérer aulcunement les dit 
placcars, ains commande expressément, que l'inquisition 
soit obserrée et les placcars exécutés en toute rigeur , 
nous donne assez juste occasion de craindre, que par là 
non seuUement les dit inconvéniens viendront à s'aug- 
menter , mais aussi qu'il s'en pourroit finalement ensuy- 
vre une esmeute et sédition généralle , tendante à la mi- 
sérable ruyne de tous les pajs, selon que les indices ma- 
nifestes de l'altération' du peuple, qui desjà s'apparchoit ' 
de tous costés , nous monstre à veue d'oeil. Parquoy , 
cognaissans l'évidence et grandeur du dangier qui nous 
menasse, avons jusques à maintenant espéré que, ou 
par les Seigneurs , ou par les estats des pays, seroit faict 
remonstrance à temps et heure à vostre Alteze, affin d'y 
remédier, en ostant la cause et l'origine du mal; mais 
après avoir veu queeulx ne se sont poinct advanchés, 
pour quelques occasions à nous incogneus, et que cepen- 
dant le mal s'augmente de jour en jour , si que le dangier 

' s'tpperçoit. 



n 



— 82 — 

i566. de ftëdhion et révolte gënéralle est à U porte ^ Avons es- 
Ayril. itmë estre nostre debvoir , suyvant le serment de fidé- 
lité et d^hommaige ensamble et le bon zèle qu'avons à 
Sa Ma*', et à la patrie, de ne plus attendre , ains plustost 
nous advancher des premiers à fiiire le debvoir requis , 
et ce d'aultant plus franchement , que nous avons plus 
d'occasion d'espérer que Sa Ma*' prendra nostre adver- 
tissement de très bonne part , voyant que l'affaire nous 
touche de plus près qu'à nuls aultres , pour estre plus ex* 
posés aux inconvéniens et calamités , qui coustumière* 
ment proviengnent de semblables aoddens , ajans pour la 
plus grande part nos maisons et biens situés aux champs , 
exposés à la proye de tout le monde ; considéré aussi que 
générallement, en ensuivant les rigeurs des dit placcan , 
ainsi que Sa Ma'', comande expressément estre procédé , 
il n'y aurat homme d'entre nous^ voire et non pas en tout 
le pays de pardecha , de quelque estât ou condition qu'il 
soit y lequel ne sera trouvé coulpable de confiscation de 
corps et biens, et assufajecti à la calomnie du premier 
en^eulx qui, pour avcMr part à la confiscation , vouldra 
l'accuser soubz couverture des plaocars , ne luy estant 
laissé pour refiige aultre chose que la seulle dissimula* 
tion de l'officier , à la merchy duquel sa vie et ses Inens 
seraict totalement remis. En considération de quoj 
avons tant plus d'occasion de supplier très humblement 
vostre Alteze , comme de fiiict nous la supplions par la 
présente requeste , d'y vouloir donner bon ordre , et 
pour l'importance de l'affaire , de vouloir le plustost que 
possible sera, dépécher vers Sa Ma*', homme exprès et 
propre pour l'en advertir , et la supplier très humblement 
de nostre part , qu'il luy plaise y pourveoir, tant pour le 



— 83 — 

présent qu'à Fadrenlr; et d'aûltant que cela ne se pourra i566. 
jamais faire, en laissant les dit placcars en leur vigeur , Avril, 
▼eu que de là dépend la source et l'origine de tous in- 
couTéniens , qu'il luy plaise de vouloir entendre à l'abbo- 
lition d'iceulx, laquelle se trouverat estrenon seullement 
du tout nécessaire pour destoumer la totale ruyne et per- 
te de tous ses pays de pardeca , mais aussi bien conforme 
à raison et justice; et af&n qu'elle n'ait occasion de pen- 
ser que nous, qui ne prétendons sinon de luy rendre très 
humble obéissance , vouldrions entreprendre de ia brider, 
ou luy imposer loy à nostre plaisir (ainsi que nous ne 
doubtons poinct que nos adversaires le vouldront inter- 
préter pour nostre désadvantage). Supplions bien humble-^ 
ment à Sa Ma.*' qu'il luy plaise de faire aultres ordon- 
nances par l'advis et consentement de tous les estats- 
généraulx assemblés , afEn de pourveoir i ce que dessus, 
par aultres moiens plus propres et convenables, sans 
dangiers si très évidens. Supplions aussi très humble- 
ment à son Âlteze, que tandis que Sa Ma.*' entendra à 
nostre juste requeste et en ordonnera selon son bon et 
juste plaisir, elle pourvoye cependant au dit dangier , par 
une surcéance généralle, tant de Tinquisition , que de tou- 
tes exécutions des dit placcars, jusques à tant que Sa 
Ma'', en ait aultrement ordoné, avecq protestation bien 
expresse que, en tant qu'il nous peult compéter, nous 
nous sommes acquictés de nostre debvpir par ce présent 
advertissement , si que dès maintenant nous nous en dé* 
chergeons devant Dieu et les hommes , déclarans qu'en 
cas que aulcun inconvénient , désordre , sédition , révolte 
ou effusion de sang par cy après en advient, par faulte 
d'y avoir mis remède à tamps, nous ne pourrons estre 



— 84 — 

i566. tachés d avoir celé ung mal si apparant; en quoy nouA 
Avril, prenons Dieu, le Roy, votre Alteze et messieurs de son 
Conseil ensamble et nostre conscience en tesmoignage y 
que nous avons procédé , comme à bons et loyaulx ser- 
viteurs et fîdeles vassaulx du Roy appartient, sans en 
rien excéder les limites de nostre debvoir , dont aussi de 
tant plus justamment nous supplions , que votre Altesse 
y veuUe entendre , avant que aultre mal en adviengne. 
Et feres bien. 



Le 6* avril la Duchesse rendit la requête apostillée. « Postridîe 
» reversis numéro adhuc majore Foederatis Gubernatrix libellum 
9 reddidit , adjecta ad margînem responsione, quâ intermittendae 
» Inquisitionis, edictorumve moderaodonim spem, sed Rege ante 

I 

u 4;onsu1to, faciebat. » Sirada^ I. aa2. 



Son Alteze ayant entendu , ce que ce requiert et de- 
mande par le contenu en ceste requeste, est bien déli- 
béré d'envoyer devers Sa Ma*', pour le luy réprésenter et 
faire devers icelle tous bons offices , que son Alteze ad« 
visera povoir servir à disposer et incliner Sa dite Ma*^. à 
condescendre à la réquisition des remonstrans , lesquels 
ne doibvent espérer, sinon toute chose digne et confoi^ 
me à Sa bénignité naifve ' et accoustumée , ayant desjà Sa 
dite Alteze auparavant la venue des dits remonstrans ^ 
par assistence et advis des Gouverneurs des provinces , 
Chevaliers de rOrdre etceuIxdesConsaulx d*estat et privé 
estans chez elle , besoigné à concevoir et dresser une mo- 
dération fies plaocartz sur le faict de la religion, pour la 

■* Qfftire (àangehorenj. 



— 85 — 

représenter à Sa dite Ma*"^. laquelle modération Son Al- i566. 
teze espère debvoir estre trouvé telle que pour debvoir Avril, 
donner à chascun raisonnable contentement; et puis que 
lautorité de Son Alteze (comme les remonstrans peuvent 
bien considérer et comprendre) ne s estend si avant , que 
de poToir surseoir Imquisition et les plaocairtz , comm*ils 
le demandent et qu'il ne convient de laisser le pays en- 
droict la religion sans loy , icelle Son Alteze se confie 
que les remonstrans se contenteront de ce quelle envoyé 
à la fin susdit devers Sa Ma*^. , et que pendant que s at-- 
tend sa responce , Son Alteze donnera ordre , que tant 
par les inquisiteurs, où il y en a eu jusques ores, que 
parles officiers respectivement, soit procédé discrètement 
et modestement endroict leurs charges, desorte que Ton- 
n*aura cause de s*en plaindre, s'attendant Son Alteze 
que aussy les remonstrans de leur costé se conduyront 
de façon que ne sera besoipg d'en user aultrement , et se 
peult bien espérer , que par les bons offices que Son Al- 
teze fera devers Sa Ma.*^ icelle se contentera descharger 
les aultres pays de Imquisition où elle est, selon 4|ue 
s'est peu entendre que desjà s'est déclairé sur la requeste 
des chef villes de Brabant, qu'elles n'en seront chargées, 
et se mectra Son Alteze tant plus librement à faire tous 
bons offices devers Sa dite Ma^. à la fin et à Feffect sus- 
dit, qu'elle tient asseurément que les remonstrans ont 
propos et intention déterminée de rien innover endroict 
la religion ancienne observée es pays de pardeçà, ains 
la maintenir et conserver de tout leur povoir. Faict par 
Son Alteze à Bruxelles, le 6"** jour d'apvril i565, 
avant pasques. 

MARGARrrA. 



— 86 — 

i566* ^ 8 aYiil les Goofédérét remirent à k Dncfaesie une relique à 
Avril, l'apostille y connue dans les termes saîvans* 



Bladame» Ayant Teu J'apostille qu'il a pieu à vostre 
Alteze nous donner, nous n'avons volu laisser en pre- 
mier lieu de remercyer très humblement yostre Alteze de 
la briefVe expédition d'icelle , mesmement de la satis&o- 
tion que vostre Alteze at eu de ceste nostre assemblée , la- 
quelle n at esté faicte à aultre intention que pour le ser- 
vice de Sa Ma^^ , bien et tranquillité du pays; et pour plus 
grand contentement et repos d'icelluy pays eussions 
fort désiré que la ditte appostille de vostre Alteze eust 
esté plus ample et plus esclercye, néantmoins voyans 
que vostre Alteze n'a le pouvoir tel que nous désirerions 
bien y comme nous entendons, de quoy nous sommes 
bien marys, Nous nous confions selon l'espoir et asseu- 
rance que vostre Alteze nous a donné que icelle y mectra 
tel ordre qu'il convient tant envers les magistrats que 
inquisiteurs, les enjoindant de se contenir de toutes 
poursuytes procédantes d'inquisition, édicts etplacarsy 
tant vieulx que nouveaulx, sur le faict de la religion , 
attendant que Sa Ma^» en ayt aultrement ordonné. De 
nostre part. Madame, puisque ne desirons .sinon d'en- 
suyvre tout ce que par Sa Ma*', avecq l'advis et consen- 
tement des estats-généraulx assamblés serat ordonné 
pour le maintenement de lanchienne religion , espérons 
de nous gouverner de telle sorte que vostre Alteze n'au- 
rat aucune occasion de se mescontenter , et s'il y eust 
-quelcung qui fisse aucun acte énorme et séditieulx, qu'i 
soit par vostre Altesse et ceulx du Conseil d'estat ordonné 



T- 87 — 

toi cdiaêtoy que le mérile du fidct le requérera, protes- i56& 
tant de rechief que si quelque inconvénient en advient Avril, 
par faulte de n*y avoir donné bon ordre , que avons sa- 
tisfaict à nostre devoir. Supplians bien bumblement à 
vostre Alteze d*avoir cestuy nostre devoir pour agréable 
et recomniandé, le recevant pour service de Sa Ma'^.ynous 
ofirans de demeurer très bumbles et obéisseoa servâteurs 
à Tostre Alteze et de mourir à ses pieds pour son servioBi 
toutes les fois qu'il plairat à vostre Alteze nous le com- 
mander. 

En oultre, Madame, pour aultant qu'il court un bruyci 
duquel nous commes advertis, que aucuns de nos ç^ 
lumniateurs ont desjà faict imprimer des copies de notre 
requeste où ils ont altéré ou changé aucuns points par 
lesquels ils Touldroient donner à entendre nostre assam- 
blée avoir esté séditieuse et par là nous rendre odieulx 
à tout le monde, chose du tout contraire à notre juste 
intention , comme il est suffisamment notoire à vostre 
Alteze, la supplions très humblement permectre à Fim- 
primeur de Sa Ma^., imprimer la ditte requeste en la 
mesme substance et teneur de mot à autre , qu'elle at esté 
présentée par nous à vostre Alteze (i). Ce que nous don- 
nera. Madame, ung très grand contentement et plus 
grande occasion de continuer le service par nous offert 
et promis en général et particulier à vostre Alteze. 



(i) Meze. La Gouvernante le permiti 



— 88 — 

1 566. La DttdieMe, aprè» aToir délibéré avec le CoDseil d'Etal , répoo* 
Avril, dii. 



Tay veu et visité avec ces Seigneurs ce que m'aves^ap- 
porte et pour responce j'espère donner tel ordre tant vers 
les inquisiteurs que les magistrats , que aucun désordre , 
ny scandale n'en adviendrat, et s'il y en a, il viendra 
plustost de vostre costel , parquoy advisés selon vos pro- 
messes icy contenues, qu'aucun scandale ny désordre 
n'en advienne , tant entre vous que la commune , vous 
prîans de ne passer plus avant par petites practicques 
secrètes et de n'attirer plus personne. 



A, c^uoi Eustache de Fîeooes, Seigneur d'Ësquerdes^répliqua, ain- 
si que Stradale rapporte. « Ad Margaritam redeunt ; atque omnium 
» nomine Eustachius Fiennius, EsquerdaeDominus(nam Bredero- 
» dîus in publico verba facere, nisi meditatus aut ex scripto, non au- 
» débat) officioseactiaprorespoosiooe gratiis , orat ne gravetur tes- 
» tatum facere quidquid ab eo Nobiiîum oonventu faetum easet , pro 
» Régis obsequio utilitateque fuisse, » p. 223. Mais cet auteur 
confond les deux réponses de la Duchesse et les deux répliques des 
Nobles, et, pourvu qu^on n'imite pas cet exemple , on peut aisé- 
ment concilier les historiens qui font mention de Bréderode et 
ceux qui donnent la parole au Seigneur d'Esquerdes (nommé det 
Cordes par Hopper ^ Mém, p. 75). Bréderode récita la première ré- 
plique qui étoit couchée par écrit ; mais il se retira^ contre ses habi- 
tudes^ modestement, dès qu'il 8*agit de parler ex tempore, La cou- 
duiledes Nobles à Bruxelles, tant prônée auparavant, a été jugée 
d'une manière extrêmement défavorable par BHderdijk , 1. 1. p. 5a , 
sqq. Et en effet on y remarque une hardiesse qui , à mesure qu'elle 
éprouve de la résistance , dégénère en timidité. Mais apparemmtent 



~ 89 — 

bMUMoup d'eDtra «uz atironl M médioaremenl eentens éê cette i566l 
fiiçoa d'agir; et il ne faut pas oublier que les GoQTerBeurs etCbe- Avril, 
mliera auront exercé ces jours là une influence conciliatrice sur lea 
Ghcfr de la Confédération. 



Re|rfioque faide par le S^. des Kerdes. 

Madaina U a pieu à ces Seigneurs et à toute ceste 
noble compaignie me commander de remercyer de leur 
part y. A. très humblement de la bonne responce 
qu'il a pieu à V. A, nous donner ce jourdTiuy, et furent 
esté beaucoup plus contens et satîsfaicts, s'il eust pieu à 
y. A. leur déclairer en la présence de tous ces S^'. que 
y. A. a prins de bonne part et pour le service du Roy 
ceste nostre assemblée, asseurant y. A. qu'aulcung de 
ceste compaignie ne donnerat occasion à y. A. de se 
mescontenter de Tordre quils tiendront doresnavant. 

(Et comme ma dite dame respondit qu'elle le croyt ain^ 
sjy n'affermant nullement en quelle part elle receroit nos- 
tre assemblée, luy fut replicqué parle dit S^ de Kerdes : 
Madame, il plairast à y. A. en dire ce qu elle en sent , 
à quoy die respondit qu'elle n'en pouvoit juger.) 



Aux deux remontrances qui suivent , est relatif ce passage de 
Bor, 4 D*£dele hen vastelyk yertrouwende opte groote beloften hen 
» gedaan, hebben . . . geresolveert tescheiden en elk na huis te 
» trecken : maar hebben eerst in handen van haer vier hoofden ge- 
9 looft en toegeseit by seker geschrifte onder heo daer af gemaekt 
» dat sy derReligîen noch andersins niet nieuwsen souden invoeren 
» noch attenteren .... en dat sy in ailes sonden bereet en onder- 
» danig wesen tôt 't gène deselve hen vier Hoofden hen ordonneren 
» en bevelen souden , hebheode ook tôt assistentie en correspon- 



— w — 

i566l 1» denti» yi» doo8elv«ii ait luireo geB^ichappe geluMP^o drie of vmt 
AwîL * ^^"^ ^^ ProYÎncie, die in dfioselvcn aouden gadeslaen dat aidaur 
» Diet eo werde geatAenteert tegen de voonz. brieven en ge&ofteii. » 
I. 6i«. — Apparemment ces deux remontraDces ne sont pas de la 
même date. La première paroit avoir été faîte le lendemain de la 
présentation de la requête; à moins que par requête on ne YeniUe 
entendre ici la réplique des .Nobles , et par ^potHUe la r^Kmse ver- 
bale de Marguerite. La seconde ressemble plus à un avertissement 
de Bréderode fait au moment où l'on était près de se séparer. 



Remonstrance aux gentilshommes pour 
savoir si se contentoient de ce que seroit 
traicté et faict par les députes. 

Messieurs. Vous aves hier ouy Tappostille que Son 
Alt. nous a donné sur nostre requeste, de laquelle n'avons 
receu telle satisfaction comme eussions bien désiré , et 
ayans trouvé quelques bons moyens pour recevoir tout 
contentement, tous avons bien voulu advertir , affin que 
de tant mieulx soyez à yotre repos , et pour ce mieulx 
effectuer, nous vous avons bien voulu de rechief deman- 
der, si vous avouerez et contenterez de tout ce que sera 
traicté par tous vos dit députés, selon Tauthorité que 
auparavant leur avez donné, vous asseurant que à ce 
nous nous emploierons selon la confiance que vous avez 
de nous. 

Autre remonstrance pour respondre à 
ceulx qui vouldroient interroguer la cause 
de l'assemblée. 

Messieurs, nous avons esté hier matin assemblés pour 



— 91 - 

remédier à toutes ^înidtres interpretatUms de nostre as* xS6& 
samblée, par lesquelles polrions venir à quelque diTi- AvriU 
âoD , et affin que nous puissions pertinement respondre 
à tous ceulx qui se polroient ou vouldroient enquester 
ou interroguer la cause de nostre ditte assemblée^ attendu 
qu'il y a des aucuns qui font oourrir le bruit que, soubs 
prétexte de nostre requeste , nous prétendions secrète- 
ment aultre effect, et en cas que Madame ou les Seigneurs 
Youldroyent demander à moy, comme à celluy qui a 
porté la parole de la part de vous autres messieurs, quelle 
asseurance je leur poiroye donner. A correction est que 
ncms ne prétendons autre chose , sinon d observer ce qui 
est contenu en nostre requeste présentée. Avons avisé 
par ensemble de leur respondre unanimement ce que 
s*ensuyt: que nostre intention n'est autre que supplier 
bien humblement Sa Ma^., qu'il luy plaise, pour obvier 
aux troubles et émotions présentes, d'abolir eniièrement 
tous édicts, inquisitions et placars, vieux et nouveaux, 
sur le faictde la religion, et que tous sommes résolus d'en- 
tretenir tout ce que par le Roy , advis et consentement (i) 
de ses estats-généraulx assemblés , sera ordonné et ar 
resté pour maintenir la religion anchienne, nous soub- 
mectans à tel chastoy que par Sa Ma^. et ses estats contre 
les transgresseurs sera commandé et publié. 

(Ce que tous ont accordé unanimement.) 



(i) Consentement. Ce mol mérite d*êlrc remarqué. Voyez aussi 
p. 86. 



— 92 ~ 

l566. JKf* Té ff^ater, chei qui ces deux remontrances ne se trouvent 
Avril. po^D^y communique (p«i3) encore une autrepièce,80usle titre de 
Copte de lapromesse faite des Che%*aUersde F Ordre , aux Gentilshom- 
mes assemblez avec BrederodeetCulenborchy etc. Elle manque dana 
notre collection , et c^est un nouvel indice que cet acte est con- 
trouvé. On craignoit le mécontentement des T^obles; etilparoit 
que, pour satisfaire aux instances de plusieurs personnes, entr^au- 
très du Conseiller d'Assonville, la Gouvernante ordonna ou permît 
que quelques Seigneurs leur donnassent une assurance plus posi* 
tive que, jusqu'à la réponse du Roi, il ne seroit rien innové en 
matière de religion: mais il y a loin de là à une promesse aussi 
solennelle, sur leur foi y serment et ordre ^ faite par écrit, et pas 
au nom de la Gouvernante^ mais des Seigneurs. Apparemment des 
paroles rassurantes furent prononcées; le bruit public, peut-être 
aussi la tactique de quelques uns d'entre les Nobles , fit le reste. 
C'est ainsi qu'on peut très bien concilier Strada^ p. siBo (qui ap* 
pelle cette promesse écrite impudens conjuraiorum commentumj 
avec le témoignage de la plupart des historiens par rapport à des 
assurances verbales de la part de la Gouvernante. Les raisonnemens 
de M, Te WaMer^ I. 336 — 3a 9. pour révoquer en doute le récit de 
Strada nous.paroissent peu coocluans. F* d, Fynckt, dans son His^ 
toire des Troubles des Pays-Bas , dit positivement que cette garantie 
par un engagement formel étoit un faux bruit, 1. 145 ; cependant ce 
n'est par sur son témoignage que nous voudrions nous fonder; puis- 
qu'à notre avis, ilf. Tarte , en donnant en 1811 une nouvelle édi> 
tion de cet ouvrage , lui a 6té son seul mérite , celui de la rareté. 



Les Comtes de Hornes et deMansfeldt (/'rocèj dEgm. L 161J , 
les Comtes Louis de Nassau et H. de Bréderode ("Strada ^ /. a 18^ 
logèrent chez le Prince d'Orange , qui du reste ne paroit pas avoir 
donné aux Confédérés des marques de son approbation. S'il se 
trouva quelques momens à un de leurs festins , /• /• aaS , ce 
fut par hazard; et c'est ce que Strada n'a pas su ou n'a pas voulu 
ajouter* Le récit du Comte de Homes' sur ce point porte le cachet 
de la vérité. « Le défendeur aiant disné avec le Prince d'Orainges , 



— 98 — 

1» oà il estoit logé 9 allèrent visiter le Comte de Manftfelt, lequel i566. 

• estoit retiré à soa logis à eanse d'un mauvais oeil , et y vint ans- Avril. 

• si Mons/ d'Egmont, et eomme ib furent mandez au Conseil 
» s*adonna qu'ik passèrent par devant le logis de Culenborch. Et 
» demanda le Prince d'Orainges oe que Ton y faisoit^ et luy fut res- 

• pondu que Ton estoit à table. Sor quoy il dit que ce seroit 

» bîenfaict rompre cette assemblée, afin qu'ils ne s'enivrassent; car 
» si l'on avoit à traicteraveoqeux , l'on n'y treuveroit nulle raison •••• 
« Et ne furent en la salle que un Miserere ou deux debout , et lors 
9 la compagnie beut un petit voire' àeulz. Crians vive le Roy et les 
» Ceux. » Procès é^Egm. /. i6i e/ 69. Les Confédérés venoient 
d*acoepter ee nom, et'de prendre la devise ^ Fidèle au Roy jusqu'à 
la besace. Le Prince desiroil se retirer en Allemagne [Hopper^ 
Mém. 76) ; le ao* avril il écrivit à ce sujet au Roi : ^r h 6a. Le 
même jour VigUus écrivoit à Hopper, « In omnibus exacerbati ani- 

> roi non levia indicîa significant'Orangîus et Hornensis, et Regem 

V a se alienatum queruntur. » Epist. FigL ad H, 36o. Toutefois , 
on ne sauroit supposer que le Prince ait voulu, en quittant ses 
Gouvememens, abandonner la cause des Pays-Bas : nous avons vu 
qu'il se préparoit à résister, dans des cas extrêmes, les armes à la 
main. Hais il desiroit probablement de recouvrir une indépendance 
que son office de Stadhouder lui ôtoit. 

Une infinité de maux menaçoît le pays. Les délibérations au 
Conseil d'Etat étoient bien souvent entremêlées de plaintes et de 
récriminations. Il fut « proposé par le Comte d'Egmont et aulcuns 

> aultres Seigneurs s'il ne seroit bon de publier incontinent la nK>- 
. » dération conçue par ceulx du Conseil Privé, pour donner oonlen- 

• tement aux Seigneurs Confédérez et à leurs alliez ; mais comme 
» il sembloit de non debvoir çntrer en acte de si grand préjudice 

> sans le mandement de S. M. , fust dit que faisant cela seulement 
» de la part du Roy sans Tadvis des Etatz-généraulx, qu'il ne se- 
» roit d'aulcun goust aux Confédérez et aultres , et que pourtant à 

• tout le moins seroit bien que l'envoyant à S. M. fust aussy en» 
» voyé aux Consaulx provinciaulx pour en ce donner leur advis; 

• enchargeant oultre ce aux Gouverneurs de faire part de ceste 

I verre. 



— 94 — 

i566L » modération aux piindpaolx des Etats et Villes de leurs Gouver- 
Avril. * nemensy pour les informer et entendre leur inclination et Tolunté, 
» ce qui fost aussy conclu*» Hopp. Mém* 76. Il n'est pas dît quel 
fut Tavis du Prince : la Modiâration [Moorderaiie) n'ëtoit pas de na- 
ture à lui plaire; il ne pou voit donc se joindre au Comte d'Eg- 
mont : puis ce n'étoient pas les Etats provinciaux , mais les Etats- 
Généraux qu'il vouloit. F. fTesemheeck ^ loa. Les avis des Etats 
de NàmuTy Àriois et Flandres ht trouvent aux Archives. 



LETTRE GXL. 

Le Comte H. de Brederode au Comte Louis de Nassau. 
Billets semés parmi le peuple ; affaires des Confédérés. 



**Jje 10 avril les Comtes de Brederode, de Culembourg , et de 
Berges quittèrent Bruxelles; le premier se rendit d'abord à Anvers, 
où il harangua la multitude assemblée sous ses fenêtres. Strada , 
aag. Le x3 avril il étoit de retour à Yianen. 71? Waier^ IV. 5^4. 



Monsieur mon frère, mon amys: ceste senrjraAt seul- 
lement pour me ramenteToir à yostre bonne grâce, vous 
avertyssant que je ne dore ouj*ay le moyen Sayncte 

Aldegonde et à ceste heure îcy arivé (1), auquell je n'ey 
ancor pus comme parlle. Je ne fauldrey Tyncontynant dé- 
pécher: on nous ast desjà senry de bourdes par quelques 
byllés , que Fo nas t donné à Madame , luy donnant à an- 
tandre, que sommes estes nous aultres, quy les devons 



(1) Anivé. Donc un jour avant la date indiquée dans le journal 
communiqué par Te Water^ L L 



— 95 — 

avojr semë ou Csyct semer; ce que bnjs asfteuré que iS^. 
trouvères ung faict quy ne méryte estre escusë, car c'est Avril 
ung fayct tropé notojre à ung chasqun. Je sey certeyne- 
ment qu'il n y ast amme ' cle nous aultres , quy y panssasse , 
onques mons'. d'Egmont ast esté celluy quy me l'ast es- 
cript et me prye par ses lettres luy vouUoyr mander ce 
quy en est. Je vous prye feyctes tant qu'il vous montre la 
responsse que je luy escryrs, ancor que j'en ey retenu 
oopye et verés la responsse ou mesme, ancor que je 
suys ny bachellyer ny chanssellyer. Le porteur de ceste 
s'en vat vers monsieur le Prynce, lequell je vous prye exami- * 
ner etvous dyrast mervdiedesamys que avons de par dechi^ 
et certes il fault pourvoyrpour beaucoup d'yncovenyens, 
ancor sur mon honneur que il ne m'an aye parllé, qu'il puis* 
se revenir à l'escoutelerye, car il nous y duyct antyrement 
et cluy quy l'est à présente est ung byen méchant et malle* 
reus* homme. Les denyers du rachapt sont tous près. Sy 
mons', le Prince y veult tenir la meyn, il y [prouverat ' ] byen 
devostrepart.Je vousan supplyeetpour toutes ocasions , 
que vous savez myeus que ne vous soroys esciypre^ 
aveoq ce que il y ast mylle occasions par où mons**. le 
Prynce an pourat lybrement respondrc. Je croy que orés 
antendu que [Mangny]ajoué de son perssonagebyen déli- 
catement et malleureusement, sellon que j'antanps;vous 
saves combyen sella vaulL Je vous prie de vostre part an 
user comme l'antenderes, ce quene fauldray delà myegne 
et espérant vous mander demeyn plus amplement de mes 
nouvelles d'aulcres choses,, que je ne double vous con- 
tanteronty prye le Créateur vous donner, monsr. mon 
frère ^ an santé bonne vye et longue, après m'estre recom- 

■ une. * BHinworevx. ' ponrrolrât (?). 



~ »6 — 

%566. mandé ^ing myllion de foys àvostre bonne grâce. De tos - 
ÀTril. tre (i) meson de Yjane, ce dysneusTjesme jour d'apvryll 
i566. 

Vostre frère et antyèrement vrey amys à vous 
servyr jusque au dernyer souspyr de la vye, 

H« DE Bebderode. 

A Monsieur mon frère , M ons'. le Conte 
Henchryck (s) Lodewyck de Nassauw. 



LETTRE CXLI. 

Charles de Reuelj Seigneur d Avdrigiues y au Comte Louis 
de Nassau. Sur la démission donnée par la Gouver- 
nante à trois de ses Gentilshommes membres de la Con- 
fédération. 

*^ Le Seigneur d*À.udrignîe8 étoitun des principaux Confédérés. 

lia Gouvernante avoit donné un éclatant témoignage de son im- 
probation en cassant trois Gentib|ioinmes de sa Maison , comme 
ayant signé le Compromis. Cette marque de défaveur fit une gran- 
de impression parmi les Confédérés , et les porta , comme on va le 
voir , à une démarche qui ne leur servit de rien. 



Mons'. Je suis fort mariz entendre par la lettre qu'il 
TOUS a pleut m'escrire , du cassement comandé par Ma- 
dame la Gouvernante estre faict du service de sa Maison 
à noz trois confrères, dénommés en vostre lettre, pour 

(i) Fostre, Yoyez Tome I. p. a5a. 

(a) Hendryck, Entrelacement de noms ; en signe d'une amitié 
étroite y d'une indissoluble confraternité. C'est ainsi que la lettre 
i4a est signée Lomrs Henry de Bréderode. 



— 97 — 

si maigre occasion , dénotant assez amplement le peu de i566. 
désir qu elle at les affaires de si grande importance par Avril. 
nous remonstrés pregnent bon succès. Je treuve vostre 
adTis pour remédier à ceste malveuillance tel et si bon , 
que nen scauroy trouver aultre plus duisable , m'estant 
adyis (soubz correction) si nos dits confrères poYointtant 
ùire par quelque moien d'avoir accès vers Madame, affin 
d*étre ouis en leurs raisons et excuses plus que légitimes, 
ne seroit que bon pour de tant plus fortifier et donner à 
oognotstre à [chascun] noz justifications et au contraire à 
nos adversaires leurs obstinées passions , procédant de 
toute malice et ambition de ravissement , me doubtant 
asses ne vouldrat accorder la demande, par s*estre dé- 
montrée trop aigre vers les bons geulx. Patience de Lom- 
bard Le bruict court icy que les estaz provinciaulx de 
pardechà commencbent se déclarer et conformer i nos- 
Ire intention , choze fort propre et convenable pour le 
bien publicq, si ainsi est. 

Mons' , je vous supplie adviser en quoy je vous puisse 
fiiir^ service agréable ; l'opportunité s'offrant, je vous as- 
seure y emploier toute ma puissance et ce d*aussi bon 
coeur que me recommande plus que bumblei^ent à vos- 
tre bonne grâce. De voslre maison du [Parl^ce aa ap- 
vrilA^I566. 

L'entièrement prest à vous faire bumble service, 

Gharlbs lb' Rbvbl. 

A Monsieur, Monsieur le 
Conte Ludovic de Nassaa, 
à Bmxelles. 

■ Cette tigmmture, mu lieu éUCk. nm Rerel , est très disimeU, 



n 



~ 98 — 



LETTRE CXLII« 

Le Comte H.deBréderodeau Comte Louis de N€tssau.Sur 
le même sujet et sur Fobserwition du jeûne catholique. 



1 566. * Monsieur mon frère, j ey repceu vostre lettre ce jourduy 
Avril, et antanps par icelle que Madame de Parme doyct aToyr 
donné congé à ses gentyllomes quy sont de nos geus : il 
me samble àcotrectyon que elle ast tort et pouvoyct byen 
atandre aultre comodycté que d'y procéder de cette ry^ 
geur ; c'est pour nous donner à pansser , que de ce que 
nous an avons fayct, que il n'ast esté équystable , <x>inme 
sy par là elle youllusse dyre que ce fust esté contre le 
servyce du Roy: car sy elle confTesse que ce que nous 
ayons fayct est pour le servyce du. Roy , comme elle, ny 
aultre yyyant soroyct dyre aultre chose , il fauk que die 
confesse que il ont byen fayct, car elle et tous les syens 
sont icy pour le servyce d'ycelluy;^an(Iyn c'est ungne 
famme. Je luy escryps la lettre que me mandés et 
vous l'anvoye anssamble la copye et ung blanque synet' 
avecque, affyn que sy elle ne vous plest , an puyssyes 
dresser ungne aultre sellon vostre bon plesyr. Touchante 
ce jantyllomme [vaudra] je suys byen de cest avys que 
nous luy fesyons tout le byen de quoy nous nous pou* 
rons avyser; la reson le veult affyn de donner courage à 
tous les aultres ; de raoy , avecque luy et tous aultres an 
ferey de ma part , comme vous an ores ' avysé. Touchant 
à ce que l'on ast raportéà Madame que estant an Anven 
nous nous avons fayct servy de chayre 3, il «n ont man- 



~ 99 — 

ty méchamment et malheureusement vynt quatre pyes au i S66. 
travers de leur gorge: il est bjen vrey que le aoyrtpur AiTtiU- 
fiismes là arivé, mon nepveu Charlles (i) fyst ao<yu5tr6' 
ung chapon et quelque aultre chossey lequell quant je le 
seu je ne toussu* poynt que l'on le servyce^ à table et ne 
fust oaques servy; ce que Ton an fyst après je nan sey 
ryen , mes d'an aToyr mangé à la compagnye il n*an est 
rien. Uonm'ast byendyct que mon nepveu le matyn rotyt 
uagne saussysse an sa chambre et la mangeast: .je croys 
que îl pamssoyt estre an Espagne, là où Ton mange des 
morssylles. Voyllà tout ce que il ce passât et n'^ là fisyot 
chose ny à aultre place^ que je n'an veulle byen respondre 
et mesme la fayre publyer au* son du tambouryn , et sy 
Madame yeult que je luy mande par escrypt toute ma 
yye de jour an aultre, je le ferey,mes je ne sey sy elles'an 
contanterast. Je peur que non, anflyn , . • • . pour elle 
luy seroyct byaucoup plus duyssant que de prandre la 
payne de prester Foreylle à ung tat^ de petys ooseryes^. 
Touchans de ses byllés quy sèment parla je n'an pouvons, 
mes je ne sey quy ce fust quy an pryst la copye , c'est 
ungne chose mal antandu, je sey byen que il n'y.ast amme 
des nostres quy ne l'antande aultrement : y faultreguar- 
der à le redresser par là; je l'ey desjà redressé par icy par 



(i) Charles. Il avoit assisté à la présentation de la requête, af- 
frontant le courroux de son père, a Mansfeldius addidit increpitum 

> ase peracriter Carolum filium , quem conjuratis inmistum audis- 

> set •••••• Sed monita minaeque adolescentem natura ferociorem.» 

> non statim a conjuratis abstraxerunt. » Sirada^h an. Son 
z^ fut de courte durée : plus tard il rendit par ses talens mili** 
taires de très grands services au Roi d'Espagne. 

' a cuua tT CT (pripmrer.) > vovliM. 3 uer^'iu ^ Uii. ^ eaoMriei. 



— 100 — 

iS66. TaToyr tout foyct inprymei- anFlamman, aultrement je n y 
AvriL TOjës aultre ordre. Je sujs fort ayse qae aves randu 
MoDé.' de Warlusell(i), certes je ne eu onques pansé que 
il nous enst manqué, cellon ce que je luy an eyaultrefoys 
ouy dyre. Il est byen venu , ancor que il autant lareson, il 
anferacondessandre' d'aultres, spaudant' de mon costé 
ne fauldrèy tousjour à randre mon extrême deroir de 
fayre toute bon ofiyce an depyt de toute la rasse' de la 
rouge truye desquels n*an yyentjames [neus] de^carongne 
i byen. Et sur ce, Mons/ mon frère, je tedemeure esclave 
frère à james , me recommandant myllyon de foys à voMre 
bonne grâce. De Yyanne ce xziiij jour d'apvryll i56& 

Yostre frère et esclave bumble et 
obeyssant vous servyr à james, 

LOUTS (a) HbNRT DB BaBDBaODB. 

A Monsieur non frère , Monsieur le 
Conte Lodewyck de Nassau. 



Voici la copie dont le Comte fait mention ; elle est entièrement 
de sa main. 



Madame , je suis mary que il fault que je importunne 
vostre Alt^ par ceste sachant que icelle a d*aultres oc- 
cupatyons de grandes importances: sy esse comme il est 



(i) Voyez. Tom. I. p. ai 3. 

(a) Loujrs> Voyez la remarque p. 96. 

' coBd wc cndr» Csmivrt, venirmv^c UêLJ • cepeodnt. 1 net. 



— 101 — 

• 

venu en cognessance que il ast pieu à Yostre All^ de i566« 
fSûre casser de son senryce trois de ses jantylsommes' de AmL 
la Meson de yostre Alt.* pour avoyr esté de la honorable 
compagnyedemyèrement assamblés à Bruccelles pour pré- 
senter ungne requeste à YOStre Alt.* tandant au bjen et 
serryce de Sa Majesté et mayntyennement de ses estas et 
à la tranquyllyté du pays an général et repos de vostre 
Alt*.; toute fois que, sellon que puys entendre , on 
leur interpreste tout aultrement , dysant que il doyyent 
avoyr contrevenu par là au servyce de vostre Alt*, et au 
serment que il devryont avoyr fayot à icelle. Je suis esté 
requys de tous cens an générall de la dicte assemblée 
de vouloyr de leur part escrypre ce petit mot de lettre i 
vostre Alt*, la supplyant byen humblement, comme je la 
feys pareyllement de ma part, que vostre Alt*, ne veuylle 
prandre à mail part que , encores que les dys troys jan- 
tylsommes ny uns de nous aultres n*estyons d yntentyon 
d anifayre * aulcun samblant à vostre Alt*, pour ne nous 
poynt estre imputé que tandyons d*empècber vostre Alt.* 
de commander et ordonner sa Meson sellon ses bons et 
vertueus plesyrs; si esse toutesfois, Madame, que voyant 
oecy nos adversayres prandont matyère et fondement à 
nous callomnyer par les propos quy doyvent avoyr esté 
tenus à ces dys troys jantylsommes par le mestre d'ostell 
de vostre Alt.* , allégant par là que vostre Alt.* ast as- 
ses démonstré le desplesyr et roescontentement que 
icelle doyct avoyr repceu de la dycte assamblé ansamble 
Testyme que vostre Alt*, tyent de ceulx quy s*an sont 
meslé. 



I ' peatîlshoniDcs. ' en faire. 

I 



— «02 ~ 

iS66. Ap|Mremment cette lettre déplut au Comte Louis , et ju^ee t'il 
AmL ^^ ^'^^ devoit fonnellement présenter une requête à ee sujet y to 
oompafinée de quelques lignes à la Duchesse. Voici un brouillon 
de la lettre et de la requête trouvé parmi ses papiers. 



Madame, comme j'ay trouvé les gentishommes derniè- 
rement assemblés à Brusselles fort troublés pour certain 
propos que le maistre d*hostel de vostre Alteze peult 
avoir tenu à trois gentishommes licentiés par vostre Al- 
teze y se sont résolus pour la conservation de leur hon- 
neur, estant par ledit propos tous [infamevrivoles], de pré- 
senter requeste à vostre Alteze, laquelle supplient à 
vostre Alteze de vouloir faire venir et examiner par le 
Conseil de sa Ma*^ afin d*impetrer apostille par laquelle , 
jusques à ce que leur faict soit entendu de sa Ma*' , se puis- 
se mettre à repos et non estre calumniés, pour éviter tout 
scandales etinconvéniens, bien entendant, Madame, que 
ne voulions donner loy à ceulx que vostre Alteze peult 
tenir en son service , mais bien respondre pour ceulx 
qui font profession du mentendement ' d'ungne cause à 
nous tous touchante équalement et commune. 



Requeste touchant les trois gentils* 
hommes de Madame. 

Madame, les S^* et gentishommes qui depuis naguè- 
res , pour le service de Sa Mat^ et repos publique ont es- 
tey assamblés en la ville de Brusselles pour présenter 
requeste que vostre Alteze a receu , ont entendu depuis 

, maiotieli. 



— 103 — 

Iffor paitement qu'il a pieu à Tostre Ahexe otter' de son t566. 
senrîce trois gentishommes, pour ce qu'il sont de la com- Avril* 
paignie et trouvés en la dite assemblée et que pourtant 
auroit faultez' le serment faict à vostre Âlteze et attenté 
choses contraires au service de Sa dite Ma*^. Madame , 
comme il a pieu à vostre Alteze présentant la dite re- 
queste user d'ungne singulière bénévoienee en nostre 
endroict et asses déclairer nostre intention estre bonne 
et loyable, toute la eompaignie a esté fort troublée et 
trouve estrange, Madame, ayant vostre Alteze donné i 
cognoistre qu elle n'estoit d'intention de juger de nostre 
fiôct, que ceste déclaration en est ensuyvie, parquoy sup- 
plions très humblement à vostre Alteze, pour le repos des* 
dits S" et gentishommes assemblés, de vouloir donner à 
cognoistre, si ce procède du commendement de vostre 
Altezeou deFignorence du maistred'ostel de vostre Alteze, 
lequel pour non estre imbeu des affaires de pardeçà peult 
avoir sinistrement interprété la dite assemblée. Attendu 
aussj, Madame, que tous les S" assemblés en général 
et particuUer sont prestz par droics et vive» raisons, 
asseurer leur faict et prendre la justification de leur 
cause, laquelle non estant entendue encorre de Sa» 
Ma^. , supplions à vostre Alteze, pour la considération de / 
l'honneur dungne tant honorable eompaignie, l'avoir 
pour recommendée et imposer silence à tous, ceulx qui 
témérairement la vouldroient calumnier. 



n y a aussi la minute suivante, écrite, à ce qu'il paroit ,. par tr 
Comte Louis. 

T èler. ^ faussé. 



— 104 — 

i566. Madame, j'avoU proposé de ne point donner auL- 
Àvril. cune fâcherie à V. Ait. pour le faict sur lequel est fondé 
la présente requeste cj joinct , cognoissant qu'icelle est 
assez ooeupée en aultres affaires de plus grande impor- 
tance. Mais ayant esté instamment requis y Tcûre pressé de 
toute la compaignie de vouloir présenter ceste nostre re- 
queste, ne lé' sceu* aulcunement excuser, suppliant bien 
humblement Y. A. la prendre de bonne part. Et qu yl 
luy plaise y respondre par apostille, comme nous espé« 
rons et attendons de la prudence et naifre bonté de V. 
A. laquelle le Seig^ Dieu yeuilleprospérer en tout accrois- 
sement d'estat et grandeur de ses estats. Me recomman* 
dant et nostre cause très humblement à la bonne grâce de 
Tostre Altesse. 



Enfin voici la requête comme elle fut présentée. Le brouillon, dr 
la main du Comte, se trouve également aux Archives, 



Madame! 
Nous, les très humbles et obéissans serviteurs de Vos* 
tre Alt. , ne povons délaisser d'advertir à icel le, comme 
qu'ayons entendu qu'il a pieu à Y. A. faire casser trois 
gentilshommes de sa maison , lesquels ont esté de nostre 
compaignie, quand nous fusmes dernièrement à Bruxel- 
les pour présenter nostre très humble requeste à Yostre 
Alt. , leur faisant dire par vostre maistre d'hostel qu'ils 
avoient contrevenu au service de Sa Ma'^ et au serment 
qu ilsc?ebvoyent à Y. A. — Madame|, nostre intention n'est 
point de nous entremesler des affaires de vostre Maison y 
pourtant venons tant seuUement aux parolles que le 

• Tti. > M. 



— 106 — 

maistre dliostel de Y. A. doibt avoir tenu au dit cassement^ x 568« 
lesquelles sont conjoinctes avecq la reproche et notable AmL 
deshonneur de nous touts, et avons eu ungfort grand 
resenûment, Toyans mebmes que nos adversaires pren- 
nent matière de nous calomnier, disaos que Vostre Alt. 
donne assez ouvertement à cognoistre par ce propos que 
le maiatre d'hostel de Y. A. leur a assez déclairés en quelle 
estime icelle tient toute nostre compaignie, et comme 
nous ne sommes poinct asseurés si le commandement de 
Yoatre A. a esté tel, de peur, ou de mancquer à nostre 
honneur, ou d'offencer Yostre Alt. , vous supjdions très 
humblement nous vouloir déclairer par appostiUe sur la 
présente , quelle a esté Imtention de Y. A. , pour suyvant 
icelle donner quelque contentement et satisfaction à la 
compaignie et serrer la bouche à nos calomniateurs. Et 
si ferez bien. 

En marge on lit une apostille de la teneur suiTante: 

Par ordonnance de son Al**. Il n*a esté icy question du 
service de Sa Ma*^, ainsde celuy de son Alteze, à laquelle 
estloysible, comme à chacun de moindre qualité, de li- 
cencier ses serviteurs, selon que bon luy semble, comme 
aussi les suppliants confessent assez de ne se debvoir 
mesler des affaires de la maison de Sa dite Alteze. 

Parle Greffier du bureau de son Al."* 

Imbrbchs. 



Ainsi finit cette affaire, dans laquelle la Duchesse sut défendre 
Mi droits et montrer de la fermeté. Peut-être eut il mieux valu 8*ab* 
«tenir d'une tentative qui no pouvoit guères «voir d'autre résultat* 



Il 
Mai. 



— 106 — 



Lettre cxuii. 



Le Comte H. de Bréderode au Comte Loutê de Haeeaxu 
Sur une poursuite dirigée contre quelques GentiUhoin' 
mes de la Gueldre : éloge du Marquis de Bergen* 



Mous'' mon frère, j*ey repcéu Tosire lestre datée du 
synquyesinejour de mey , et toachant de ses iaotylsom* 
mes du pays de Gueldre qui devyont oomparoyr' an )«is* 
tyoe , après l'avoir fayct remontrer deumant à l'offioyer et 
ce quy luy an pouroyt ayenyr par tyeree meyn, j'entanpa 
que il les ast lessë et quistè ; si atkltrement , j'an userey 
eellon* TOStreaYys, car cest icy à deuslieus de moy ^ j*es- 
pèr que il n'an serast de besoyn d'avoyr usé actes scandai- 
leuse ou innormes ^ [nulles,] synon que Toffyeyer c'est an- 
tremys parsoubsson pour nonpoynt les voyreaus églises 
fayre les cérémonyes comme aultres (x) , quy est la totalle 
ocasyon. Touchant aus Compromys^ fej tousjour esté 
de ceste avys que Ton le peult librement donner à Bla- 
dame et mesmes Tey communiqué aus députées kj à 
l'antour de nous , lesquels le trouvent pareyllementbon, 
desorte que en poures user lybrement comme vous l'en- 
tanderes; mes, soubs corectyon,'jene leur vauldroye^ 

(i) JuUres, On étoit accoutumé à une inspection assez sévère 
quant à robserraoce exacte des cérémonies religieuses. Ce fut 
même en Espagne un grief contre le projet de modéra tion, que par 
là « il ne se mect aulcun chastoy contre ceulx là qui peschent par 
» obmission, et n'allant à l'Eglise , ne jeusnant, ne communiant, 
9 ne suyvant les mandemens de la saincte E^ise , ny aussy contre 
» ceulx qui ne font ce qu'ilz doibvent faire en leurs maisons parti- 
» culières. » Hopper^ Mémor, 86. 

* comparoitrc. ' selon. ^ «normes. 4 Toti<(roiR. 



— 107 — 

Htcmtrer le vovtare quy est tant soubsigné, car je pansse* t^SÔ. 
t€je que il le feryont tout pour avoyr la copye d jcealft Tff^\^ 
canune le pryncîpaU , toute fojs que je tous véus bien 
asseiu^r que le myeti n an ast tantost moyus et espère le 
ramplyr devant huyt jours. Je suys mary de la blessure 
de mons^ le marqnys de Berge (i) horyblement à Toca- 
syon que il est plus que soufTyssant pour cest effect et 
n'an omignoys aultre^ de motis^ d*Ëgmont il est bon syng- 
neur, mes oestuy dict hiarquys est aultre homme pour 
anfifonoer jùsques aus abymes les afiEsiyres; puysque 
il ast antrepryas, j'espèr an Dieu que la bonne dellybéra* 
tion , anssamble la bonne affection que il a de remédier à 
ce faîct tant juste, luy dornierastbryefiVe querison, ayecque 
ee.que il nous oblygerast tous antyèrement hiy demeurer 
esdiaTe à james, anssamble toute la patrye. Je Toldray 
que il ouysse aulcune foys ce que j'oye journellement du 
oommun peuple de la louange qu'y luy donnent d'avoyr 
antreprys ung sy louable faict et magnany^me, ancor 
que aultrement an avyns' que byen. Je vous prye, sy le 
voyés, luy fayre mes très humbles recommendations à sa 
bonne grâce et que luy demeure esclave à james , et que 
ne luy ay promys chose avant mon partement de Bruc- 
celles que je ne ratyffyerey' avecque la demyère gouste 
de mon sang. Touchant du jour que vouldres que vous 
vaye trouver, mandes moy le lyeu et le jour, je ne fauL 
dreyà m y trouver anssamble quelques députés d'ycy, an 
cas que le trouvyes bon, et voldreye que ce fust byen tost , 

(i) Berge. «Il survint au Marquis uue fortune de blessure en la . 
1» jambe qui le détint quelques jours. » Hopper^ Mém. p. 78. Bor^ 

< advint. ^ ratifierai. 



— 108 — 

iS66« car je tous ey à commanyqutr choses qny ne se pennes- 
tent aynssy escrypre: le lyeu qay tous serast le nûens 
commode me le serast à moy, car il ne duyt nullement 
que TOUS tous esloignës. Je suys fort ayse que aTCS ré« 
duyct mons' de Warllusell an bon chemyn (i) oellon que 
j*ay Teu par ses lettres: certes il est ung gentylhomme 
[complyde'] et perfFeyct, et nédoubty onques quant il 
oreyct antandu le comble de uostre feyct, qu'y ne fj^M 
du mesme,que il démonstre pareffect, et Toldroye aToyr 
quelque moyen luy fayre serryce , je ne fauldreye à m'y 
amployerà monpouToyr* Au reste, mons/mon frère, 
TOUS saTes que ne suys icy et n'aspyre après aultre chose 
synon scaToyr ce que il tous plerast me commander: 
spandant je fey tousjour ce quy est à mon pouToyr et ne 
doubtes* que je dorme. J'esper an bryeffTOUsanrandre 
du tout compte. Me recommandant byen affectueuse* 
ment à Tostre bonne grâce, prye le Créateur tous don* 
ner, mons' mon frère, an santé bonne Tye et longue. 
De Vyanne, ce huyctyesme jour de mey i366* 

Vostre obéyssant frère à tous fayre 
serryce à james , fyn' àla messe! 

H. DE Bebdbeodb. 

Mes très humbles recommandations à la bonne 
grâce de mon syngneur et mestre^ mons.' le Prynoe 
et que luy demeure esclave à james. 

A Moosieur Monsieur le G>iite Lodvyck 
de NasMu , mon bon frère. 

(i) Chemin^ Voyez p. loo. 

' ftcconpli. * craignci (redoutez.) 3 fin. 4 maître. 



— im — 



LETTRE CXLIY. 



Le Comte H. de Brêderode au Comte Louis de Noiêou^ 



*^* Polyxène, fille du Comte de Mansfeldt, nièce de Bréderode , i566. 
éUint logée chez lui à Y iaoen , avoit secrètement contracté une pro* ^^^ 
nesse de mariage avec Palamède de Chalon , bâtard de Reoé Pria- 
ee d'Orange, et quelques semaines plus tard s*étoit éloignée avec lui. 
Cet événement jettoit Bréderode dans la consternation. D'après le 
caractère de Charles de Mansfaldt il n'est pas impossible que la 
dioae ait contribué à le détacher do Bréderode et des autres Confé- 
dérés. On trouvera des détails sur celte affaire dans une lettre du 
Comte Louis de Nassau à son frère Jean , du 16 août. Le mariage 
eut lieu. 



Monsieur mon frère , je n^j toussu dellesser tous en- 
Toyer le Syngneur de Brect , mon lieutenant , pour vous 
déclerer choses quy ne se lessent rescrypre, laquelle je 
ressens atiltant comme la mort, et comme je sey le byen 
que me Toulles et au myens , |e tous suplye d*an user an 
toute dyscrëtyon » comme je ne doubte que n'an sores fort 
byen fiiyre. Personne n est ancor [adyerti] de oecy et n'y 
ast amme que ungne seulle quy pense que je le sache : 
de ce CDsté j'an userey fort byen, je tous prye du Tostre 
byctes an un Trey fr^re, comme sy le mesme tous fîist 
aTenu^ dont DyeuTOus an guarde, Toldryes que j*an fysse 
comme j'an ey byen la coniyancean tous, et aussy pour 
CTyter grandes troubles et fSàcheryes quy an pourryont 
esouldre'. Du surplus le dyct Brect tous le dyrast, tous 

' réscodre (HmUerJ. 



— 110 — 

iS66. pryant luy ajouster foy comme à ma propre personne» 

^■* A tant, mons^ mon frère, prye le Grétteur tous donner 

an sancté bonne yye et longe , après m estre recommandé 

très affectueusement à vostre bonne grâce. DeVjanne^ 

ce X™* jour de mey i566. 

J'ey peur , sy n avysons de mestre remède an cecy , que 
cella ne soyct cause d'ungne terryble révolte à nostre 
tacycX, je vous jureDyeu que ne suys peu an payne. 

Vostre très affectyonné frère 
et aervyteur à james, 

H. DB BaBnBBODB. 

A MoDsiear mon frère Monsieur 
le Conte Lodvyck de Nassaw. 



Le Comte Jean au Comte Louis de Nassau. Sur des 
levées pour le Roi Philippe lien Allemagne. 



Wolgepomer, freundlidier, lieberBruder. E. L. solt 
ich nit yerhalten das kurtzverrûcktertag^eCaspar Rump^ 
so bey unserm H» Yetter selig ein jung' gewesen, iHir 
TertreuUeh abngezeigt wie das ettUche gntte leutt Ton 
idél und andere in Westphalen rsein solten , welehen be* 
stallung Torstûnde; dwetl aber der ortt nnd sonsten die 
sage undgeschrey gienge-, als das Kon. Ma^ i^qsa His« 
panièti gegen die NiederlSnd und under andern sottdeiv 
lich gegea don herren Printzen, der religion balben, be» 

' P«fe. 



- 111 — 

vegt imd diesdhe vieleieht ahxnnigrei£Feq TorliilMnff mu iS6& 
âolteoi hcfcten 3i6. sieh àannu und sondérlich gegen den fi» 
Piintien gebrauchoi zulassen, bedenokens. BQ([em(C»i 
derhalben Ton mir dessea also unidemcfat zu weard^li ^ 
dan do deinselben also tein soit, wolten sie tàch: lûeaidt 
iien Gn», furandem herren zu dliienen, ahligdi>ottdB 
haben. Nadidem ich daii nidit gewust wes ich mieh 
hîrin zuhalten , habe ich ime die anttwdrtt geben dâ» iok 
hir^on weitters nicht, ala was ao bien und wîder flugme- 
ng' g«Mgt wirdl,wiasen8«imft halte; ich were aber K L 
allen tag sonsten sdureibens wactten, do. dan E. .L. mir 
hienron etwasz sohreiben nturden, soheer dessen wisr^ 

tcealich i^on mir Teratendigt wcrden Datum fieil* 

ftein den i3^ May Anno 66. 

E. L. 
Alzdt getreùwer dienstwilbger Bnider, 
JoHAH GaAjnr zu Nassjluw. 



LETTRE CXLYL 

Le Comte Jean au Comte Louis de Nassau. Sur le désir 
de tEi^êque de Liège y Gérard de Groisbeck^de voir leur 
frire le Comte Henri. 



Wolgepomer freundlichar lieber Brader ••••.. A!s 
S* Jk anch in deren letsten schreiben meldung gelban 
daader. Bisaclu^ Ton Luttich upieni bnidern G. Hctnt^ 

' flagnlbrif . 



— 112 — 

iS66L un zu sehen begereiii und demMlben das erschinen gélt, 
Mai* ehe und zuyor solcbes geschehen werde, nicht gerolgt 
werden solte, und derwegen unserer frauw mutter und 
Diir zu bedencken heîmstellen , ob's nit rathsam sein solte 
das man ihnen als bah binaben' gescbickt bette, dweil 
aonderlicb der Ton Brederode sicb so TÎel erbotten , das 
er ihme dabin seibst furen , und darfiir sein wolte das er 
au nicbts unbillicbs gezwungen werden soUte; 

DarauflF will K L. idi nicbt verbalten, das meine 
fieauw mutter und icb solcbs nicbt zu widderatten wissen , 
wofem das gemelter unser hruder nicbt zu kbeinen un- 
diristlicben dingen, die wider Gott weren, als das er in 
die mesz geben, oder dergleîcben tbun solte das wider 
sein gewissen were, solte abngebalten werden, und tra- 
gen dieyorsorg es werde der Bisscboffseiner nicbt allein 
zu seben, sondem vieleicbten mebr inenzu tentiren und 
zu erlemen begeren ; welcbes da es gescbeben solte und , 
E. L. zu eracbten, wenig firucbt bricgen wûrde, dan un- 
serm bruder nicbt zu ratben das er etwas wider sein ge- 
wissen tbun und simuliren solte , derw^en er micb alsz- 
dan wenig erlangen , yieleicbt mein b' Printzen allerlej 
Terdacbt und nacbrede erregen wûrde; und bedeucbt 
micb demnacb, wie solcbes unsere frauw mutter ibr 
àucb so gar. nicbt miszfallen lest , damit unserer brùder 
desto fôglicber und unvermerckter binaben zu dem Bi5- 
scboffen komen , aucb so viel do weniger mit der mesz 
und anderm tentirt werden mogte, dasz man dièse gele- 
genbeit fuzgenomen bette , als das er von unserer frauw 
Mutter binaben gescbickt worden were, unsers Scbwes* 
tem erlaid>nûs bey dem berren Printzen naber tinser 



— 113 — 

frauw mutter zu zieh^i, zu bietten ; auch seinen aUen j566. 
heiren , den heiren Ton Bùren , dieweil er rieleicht in Mai. 
luirtzen naher Franckreich, Italien oder sonsten ver* 
schickt werden sol te und sonderlich zii Loven do er 
selbst ein zeitlan^ studirt hette, zu besuchen. Wo dan 
der herr Printz und £. L. ihnen solchen yorschlagh ge- 
fallen liessen , kontten unsere Schwestern ihren weg uff 
Yianen, welches wie ich hore nicbt weit von Lûttieh lie- 
gen solie (i), zu nemen, do dan unser bruder Heintz, 
durch den Ton Brederode oder sunsten, fiîgUcfa gehn 
Luttich zum Bisschoff bien kommen kontte, mit dem 
schein als das er dabin die statt zu besucben , oder aber 
dem BisschofI, ausz bevelhdes berren Printzen , die bend 
2U kûssen y und beso los manos im nacbgezogen were. 

Und kontte gemelter unser bruder seine gelegenbeit 
dabin ricbten ^ das er ufT ein solcbe zeit dabin komen 
mogte 9 da er der mesz balben desto weniger ahngefocb- 
ten werden môcbte; kontte auch darbeneben ursacb bal- 
ben sicb zu entscbuldigen , das er ùber ein tag, zwea 
oder drei nicbt bleiben kontte, dieweil er mit unsern 
Scbwestern fortzieben mûste. Wen auch seine erckle- 
rung der geistUchkeit balben oder sonsten etwas be^ 
schwerlîcbs von ime begertt veerden sollte, bette er sidi 
damit zu ent^tcbuldigen^ das er seiner nicbt mechtig 
were und obne vorwissen seiner frauw mutter , brûdem 
und freunde , nicbts thun kontte. 

Wo es dan auch zur sache dienlich sein solte, also 
das er mit so viel do weniger verdacht danieden sein ^ 

(x j Liegen solie. Cette supposition semble montrer que les con- 
ooîasances géographiques n'étoient pas très étendues dans cet 
temps là. 

a 8. 



— 114 — 

i566. auch desto mehr Unweg eilen kontte, wolteieh dodi uff 
Mai*, meins hern Printzen und £. L. guttachten , meine junge 
vettem , den von Hanauw ( i ) welcher sonsten die zeitt ûber 
allein 3cin mûste, mit ime hinaben ziehen lassen, wie 
dan solches seine frauw mutter und berelhaber in Hanaw 
gehm sehen und woU leiden mochten;' dan icb ihnen 
unTermerckt ahnzeigen lassen, was Ir guttbedûncken 
were, wan unser bruder G. Heintz nach unsern schwes- 
tem hinab gescbickt wûrde, ob er alszdan mitzîeben 
oder alhie bleiben soUte. 

Und bedûnckt mich , wan der yon Hanaw mitt zoge, 
80 kontten sie beide alsdan iren praeceptoren, demen 
sie sebr lieb haben und von ine vieissig und gehm sicb 
undemcbten lassen ^ mitnemen , und zwischen w^e ire 
étudia ettlicher massen continuiren, und bett den na» 
men aïs wan er des von Hanaws praeceptor were. 

Was nu)in mein her der Printz und E. L. bierin fur 
gutt ahnsiehty wohin das man sie schicken und wen 
man ihnen von iren praeceptoren von adel und sonsten 
lu geben, und wie mans mit allem balten solle, bitt ich 
mich zum fûrderlichsten zu verstendigen , dan ich der- 
halben Hilarium, so naber hausz zu ziehen begertt, bisz 

daher uffgehalten Datum Beilstein den i3*°> May 

Anno 66. 

£. Ik treuer , dienstwilliger bruder, 
JoHAH Grafp zu Nassau. 
Dem Wolgebomen LudwîgeDy Grafen su 
Nusao , CaUanelobogen, Viandeo und Diets, 
meinem freundlicheo lîeben Brader. 

(z) Hantum. Apparemment le Comte Philippe^Loais de Hamn, 
né en i553. 



115 — 



LETTRE CXLYII. 

à Ni de Haines. Sur les persécutions contre les 

Protestans , nonobstant V apostille de la Gouvernante. 

* * Malgré les promesses faites, au nom delà Gouvernante, i566. 
on continuoit dans quelques Provinces à persécuter pour le fait yi^^î, 
de la religion. En avril et mai, plusieurs religionnaires furent 
jetés en prison; quelques uns brûlés vifs. Toutefois il convient 
d'observer que la Gouvernante n'avoit pas donné des promes- 
ses aussi positives et aussi étendues qu'on vouloit bien le • 
faire supposer. Les faux bruits à ce sujet (voyez p. 9a ,) avoient 
beaucoup contribué à augmenter la hardiesse des protestans. <c Re- 
t> versissuasin Provincias conjuratis , evulgatâque famà impunita- 
» tis ac fidei publicae ab Equitibus aureî Velleris propositae, redire 
» passim e finitimis locis, qui haeresis causa ejecti fuerant : quique 
9 clam in Belgîo delitescebant, apparere: excipere laudibus Gheu- 
» sium nomen , illos appellare vindices libertatis. » Strada^ I. a36. 
Plusieurs exécutions eurent encore lieu en ce temps là. « Den 
» ii<ie" van Lentemaendt i566 virert AYillem Hose met Dontissent 
» gedoodt , omdat hy syn kindt by geen Priester ten dpop had ge- 
» bragty den lO***" van Louwmaendt gevangen... Nocb schryflt men 
» van 3a diekorts te voren ter sake van de Religie gevangen waren, 
» van welke 12 werden verbrandt, en 20 hun geloove versaekten^ 
» doch soo baest ab sy los waren , weêr beleden. » G. Brantft^ ffist, 
d, Ref, I. a8a. Les Nobles se plaignirent amèrement qu'après la 
présentation de la requête beaucoup d'emprisonnemens avoient eu 
lîea en vertu des Placarts. « Tôt Doornik , Ryssel , Berghen in 
» Henegouviren , Arien, Ath, Brussel, Gent en op meerandere 
» plaetsen. » F. Wesembeeck^ p. 166. 



Monsr de Hames , j'ay receu vostre lettre et ayant bien 
entendu tout le contenu d*icelle , il m'est advis que vous 
trouvé de mauvaise grâce que nous nous sommes adres- 



—. 116 -^ 

tZ66. ses aux députés de la Noblesse pour nostre quartier, 
Mai. lesquels nous ont esté dénommés à ces fins pour estre 
de par eux aidés et conseillés, quand le besoin le requer- 
ra. Ce que aussi nous avons fait , nous adressans et re- 
courans à eux , comme à nos deflfenseurs et conseillers , 
ab cas advenant qu'on procéda envers nous durant la 
surséance , autrement que la relation nous en a esté faicte; 
car si on ne nous eut promis , et pour chose toute cer* 
taine et asseurée, que les Magistrats n'avoyent aucune 
puissance de nous rechercher, en façon qui soit, pourveu 
que nous nous tinssions coy et couvert comme aupara- 
vant, ce que aussi nous avons fait, nous n'eussions 
point eu d'occasion de nous plaindre , parceque ceux qui 
maintenant sont emprisonnés , ne le seroyent pas. Mais 
quant nous voyons que contre l'asseurance qu'on nous 
a donné, on procède à toute rigueur, autant que jamais, 
contre nous, c'est tout le moins ce me semble que nous 
pouvons faire , que de nous plaindre , puisque mieux 
nous ne pouvons avoir. Que pleut à Dieu que la relation 
que j'ay fait au peuple de la part de la Noblesse, ayant 
charge d'icelle, fut encores en m'a' car je ne seroyt 

point taxé comme je suis d'avoir abreuvé et repeu le peu- 
ple.de mensonges , et que ceux qui sont prisonniers ne le 
seroyent pas. Car de fait estant délibéré de partir, craig- 
nans de tomber entre les mains de leurs ennemis comme 
ils sont, on leur fit savoir qu'ils ne bougeassent, ains 
qu'ils se tinssent couvertement clies eux, et qu'on ne 
pouvoit autrement procéder contre eux, jusqu'à ce qu'au- 
trement en fust ordonné. Lequel conseil a esté cause, 
hors mis la providence de Dieu, de leur emprisonnement 

' L'apoftrophe de m'ê. ejtt tr^ dUtinele, 



— 117 — 

et de tout ce qu'ils souffrent et endurent, qui nous de- i566i. 
vroît autant ou plus toucher qu a eux. Car veu que MaL 
nostre cause et la leure est commune, et que pour la 
foy laquelle nous voulons maintenir, ib sont prison- 
niers, à fin de rendre tesmoignage à icelle, nous nous 
devons aussi employer de tout nostre pouvoir pour eux , 
eomme nous voudrions qu'on fist pour nous , si nous es- 
tions en leur place. Et pour tant, Monsieur, je vous supplie 
autant que vous aimez le Seigneur et par la charité de 
nostre Seigneur Jésus , laquelle nous devons exercer les 
uns envers les autres, que si vous pouvez quelque chose 
en cest endroit et avecq vous tous vos amis et associez , 
que le faciès maintenant, en quoy faisant, nous prierons 
le Seigneur de vous maintenir en sa garde et protection , 
par laquelle vous soyés préservés de tous dangers. 
Au reste touchant de lapostille à laquelle vous me 
renvoyés , pour entendre le contenu dlcelle. Que pleut à 
Dieu que les officiers de Madame ne passassent point tout 
outre d'icelle comme ils font , ains se contentassent de gar- 
der et observer ce qui y est contenu sans transgresser et 
cracher si' 'ceste apostille et contre ceux qui 

osent parler de ce qu'ils font , car si ceci n'est cracher 
tant contre ce que Madame promets en l'apostille et con- 
trevenir directement à ce qui y est contenu , je ne scay 
que c'est. Assavoir que le jour de Pasques dernier, en un 
sermon qui fut fait en la grande Eglise de nostre dame , 
fut tenu tels et semblables propos par celuy qui preschoit, 
qu'en despit du Roy et de la Noblesse il n'y auroit autre 
Evangile presché que celuy qu'il adnonçoit, et qu'il 
faudroitbien que le Roy cria mercy au Pape, s il aidoit ou 

» aiodi (?) ' contre (?) 



— 118 — 

iS66. favorisoità la Noblesse. Après, le 'f de ce mois de May, 
Mai. fut joué un jeu aux Jésuites de ceste ville , lequel conte- 
nait en somme que ce pauvre homme qui est prisonnier 
ici y estoit damné , ensamble avec iuy tous ceux qui ont 
présenté la suplication de la part de la Noblesse et prin* 
cipalement M^ de Bréderode, comme chef et capitaine 
d*iceux. Outre plus les Officiers de TEvesque ont demandé 
ceste sepmaine assistance à Messieurs de la ville , pour 
avoir prinse de corps sur un homme, pour ce qu'il ne 
veut nullement confesser ni croire que son fils, lequel on 
a exécuté et bruslé en ceste ville pour la parole de Dieu, 
soit damné. Tellement que le pauvre homme en est venu 
jusiques à là , ou qu il faut nécessairement qu'il s'absente 
d'ici, ou bien qu'il confesse une chose tant estrange et 
monstrueuse, ou qu'il soit griefvement puni. Etencores 
n'est ce pas tout, car lundi dernier il y eut une pauvre 
jeune fille constituée prisonnière, laquelle nous avons 
retirés des bourdeaux et lieux infâmes , seulement pour 
n'avoir point voulu aller à confesse et apporter lettre du 
Curé de la paroisse en laquelle elle faisoit sa résidence. 
Or je vous laisse penser maintenant, quand le peuple oit 
et voit toutes ces choses , s'il n'a point bien juste ma- 
tière de se plaindre et par conséquent de se fâcher, car 
on dit en commun proverbe, que tant on vient à mou- 
cher le nez , qu'il seigne. Qui me fait craindre qu'en la 
fin, synon qu'on tasche d'y pourveoir, que la patience 
d'icelluy , de laquelle on abuse tant vilainement, se pour- 
ra bien tourner en fureur et rage. Car est ce là , Mon- 
sieur, la promesse contenu en l'apostille, par laquelle on 
nous promet qu'elle mettra si bon ordre entre les offi- 
ciers , qu'aucun n'aura occasion de se plaindre? Brief si je 



^ llî) ~ 

TOUS vouloii duGourir tout ce qui se fait contre la pro- i566. 
messe de Madame, mentionnée en 1 apostille y je n*auroye Mai. 
jamais fait. Qui sera Fendroit où après m'avoir recom- 
mandé à vostre bonne grâce, je prieray le Seigneur de 
combler yos saints et vertueux désirs. De Toumay ce 
lÔ"^» de May 1566. 

Vostre serviteur et amy , (il 

Monsieur, MoDsieor de Hames 
du Toison d'Or en mains , seurement , 
à Bruxelles. 



Le projet de modération, bien qu'il apportât un adoucissement 
réel aux Placarts, n'étoit pas en harmonie avec lei espérances qu'on 
•voit oonrues y ni avec les principes de tolérance Evangélique dont 
beaucoup de protestans croyoient pouvoir exiger Tapplication. On 
desiroil la liberté du culte public, et bientôt , afin de l'obtenir , on 
commença par s'en emparer. Il y eut des endroita où ce fut une es- 
pèce de tactique et de calcul* C'est ce que Fr. Junîus fait connoU 
tre par rapport à Anvers, r Cum novae leges cuderentUr, spccioso 
» Moderatioiiis nomine exornandae, quae tamen nihii de atrocitate 
■ plane nisi in speciem remittebant, tu m gravîssîmo piorum adeo-t 
k que Ecclesiarum universe periculo cognito, et conventibus ali- 
» qoot exspenso (quibus eliam bis per illud tempus Antverpiae 

* Pbilîppus Marnixius S. Aldegondius inCerfuit) vi&um est neoes- 
» sarium ad praevertenda graviora Ecclesiarum incommoda, ut, 

* qoemadmodum Flandri jam diu fecerant, ita nos publiée Ecd^ 

* siam colligeremus concionesque in propalulo baberemus, cum 

(x) On s'est donné beaucoup de peine pour rendre la signature 
illisible. Toutefois en tenant la lettre contre le jour, nous croyons 
distinguer à travers les ratures le nom de Ryhùve, Noas laissons à 
d'autres la soin de rechercher si c'est le même qui en 1677 fit pri-< 
sonnier le Duc d'Aerschot, 



— 120 — 

lS66. ^ AnCverpiae, tum ubicunque futun essetcoltigeodamm Ecclesi»- 
Mai. " '"°^ P^^ £vangelium Christi oommoditas. » f^ita^ p. a45. « L*od 
ù crut artificieusemeot , '> dit le Cardinal BendvogUo^ p. io6 [ed.de 
Paris y 1669,) « que par ce moyen la nécessité devoit d'autant 
D plus induire le Roi à consentir aux demandes que Ton avolt 
3D faites. » 

£n généra] cependant l'impulsion qui amena la publicité des prê- 
ches fut plus spontanée et pour ainsi dire électrique. Lepeuple avoit 
soif de la vérité, et il n'y avoit plus moyen de satisfaire à ses be- 
soins par quelques réunions clandestines dans des maisons particu- 
lièrei. Déjà depuis plusieura années les religionnaires avoient 
essayé de temps à autre de se rassembler dans les champs et dans les 
bois (voyez, par exemple, Procès d*Egm, II. 268.); maison avoitpu 
réprimer ce qui n'étoit pas encore général. Maintenant les Flandres 
donnèrent l'exemple, et quelques semaines plus tard presque toutes 
les Provinces Tavoient suivi. D'abord on se réunit dans des lieux 
écartés; bientôt on se rapprocha des villes, et l'on se mit en mesure, 
en y venant bien armé , de résister à ceux qui voudroient trou- 
bler les réunions. L'exemple de la France , où une certaine liberté 
de religion avoit été accordée, excitoit et enbardissoit à conquérir 
les mêmes faveurs. Bor L JutA, Si, 7^, 



LETTRE CXLYIII. 

Le Comte H. fie Bréderode au Comte Louis de Nassau, 

Les affaires marchent bien. 



Mon s.' mon frère , je n'ey voussu deliesser vous dépê- 
cher le porteur de ceste an toute dylygence, pour vous 
déclerer ce que il ce passe de par dessà , vous pryant le 
cToyre de ce que il vous dyrast, ansamble ce ne pour- 
ryes resouldre sans moy; car vous saves , ce que feres je 



~ 121 ~ 

le tyent pour fiiyct , et refiTecturey aTeoque la dernyère 1 566. 
gouste de mon sanque, mes il me samble soubs corec- Mai. 
tyon que puysque les afFayres sont sy byen anchemyné 
par ycy , que Ton les doyct pousser oultre. Toutefoys je 
ferey ce que vouldrés; sy trouvés que je demeure icy, 
TOUS poures prandre avecque tous ce dyct porteur, afifyn 
quem*aTertissyes de toute Tostre résolutyon. Me recom- 
mandant humblement à Tostre bonne grâce , prye le Cré- 
ateur tous donner, mons/ mon frère, an santé bon- 
ne Tye et longue. De ClefTe, ce XTii)"*^ jour de mey 
i566. 

Vostre frère et Trey amys à tous servyr à 
James jusq à la mort, 

H. DB BaSOBRODE. 

A Monsieur mon frère. Monsieur 
le Conte Lodwyck de Nassaw. 



liETTRE GXLIX. 

Le Comte G. de Berghes au Comte Louis de JNassan. 
Sur les affaires de la Gueldre. 



%* Les députés sont probablement ceux qui en Gueldre dé- 
voient veiller aux aflaires de la Confédération. Dans cette Province 
rinquisition Papale n'avoit pas été introduite. Procès éCEgm. II. 
3ia. La Gouvernante ne demanda point l'avis des Etats sur la 
modération des Ëdits. 



Monsieur mon frère , je tous remercie qu'avez etf une 



— 122 — 

i566. vj bonne souvenance de moy, et de vous noTellesdonI 
Mai. m avez hît part. Quant à cartier de pardechà , nous avons 
tenu dernièrement une journée à Zutphen, asscavoir 
tous les députés du pays ensemble, le 17 de may, où 
avons conclud présenter aussy ung requeste au Roy ,et eo 
tiendrons encores uhg aultre lundy prochain a6 du may, 
en laquelle espère m*y trouver encoure aussy en persone, 
pour tant myeulx faire mon devoir, et espère que le tout 
aura bonne fin. A la reste tout est icy paisible, niatmoins 
s'il advenoit aultre chose que raisonable, ilz ne sont 
nullement délibérés endures telles choce, comuie savés. 
Ains plustost jusques au dirnir homme la perte ! Atant , 
Mons.'mon frère, après m'estre recommandé bien àvos- 
tre bonne grâce, prie le Créateur vous avoir en la sienne. 
Escript le a3 de niay i566. 

Le tout vostre bon frère à vous faire service, 

Guillaume de Berghe* 

Monsieur mon frère, je vous prie de faire mes 
très humbles recommandations à Monsieur le 
Prînce, comme serviteur sien. 

A Monsieur, Monsieur le Conle 
de Nassau y mon bien bon frère. 



Dans une lettre du Capitaine George v. Uoll au Comte Jean 
de Nassau, datée de Hemelreich, le 24 mai, on trouve le passage 
suivant, a Alsz ich vor langst gUubwûrdiger antzeig hab dasz euer 
«» G. Herr Brudcr Graff* AdoUT su Naasaw nieiii womàwxx Her 



— 1-23 - 

» nnd spieszgesell (i) uiT diessen îtzif^m gehaltenem Retchtlagh tn 1 566. 
« Auubur([h geweseo, mucht Ich demDach von herzen gern wîssen jfij^ 
t wie es S. G. daselbst ergangen uundob dieselben, weill man sacht 
» das die Rumische Kay. Mat. unser aller gnedigster ber in eygener 
I person gegen den Erbfeindt dem Tùrcken ziehenn werden , sich 
kaucbgebiauchen lassen wollen i>(M.S.)Apparemmeiilcettepropo8i* 
UoD aora été acceptée , et ce sera en 1 566 que le Comte Adolphe a 
pris part à une campagne contre les Turcs y et non en i565 , com- 
me le suppose M. ^rnoMi, Gesch. d, N, Or. X. III. i. aga. On 
rengage à venir, pareeque l'Empereur y seroit en personne; 
ce qai n*a pas eu lieu en 1 565 ; Schwendi ne fait aucune 
mentioD du Comte comme ayant participé à ses exploits , et les let- 
tres io6 et 107 montrent qu'en juin Adolphe se trouvoit dans les 
hiys-fias. — La lettre de G. t. HoII fait voir que y malgré les oon- 
férences de Hoogstraten , il ne croyoit pas que les Seigneurs eussent 
sous peu besoin d'avoir recours aux armes : car sans doute iléloit 
fort disposé à prendre en ce cas service pour eux. Ceci paroit 
aussi par sa réponse évasive au Comte d'Egmont qui « cvoit parlé 
B à G. v. Hol , afin qu'il voulut accepter d'estre pensionnaire de 
» S. M., et ce par charge de madame de Parme, à quoy le dit v. 
» Hol respondit qu'il y penseroit, dont le dit Comte se corrouche à 
* luy, disant qu'il se debvoit respondre de l'un ou de l'autre. » 
Procès (TEgm. I. i53. Le Comte, à ce qu'il paroit, n'éloit pas 
toujours maître de soi (voyez Tom. L 1 12.). 



M. Te f^aterti communiqué, IV. 83 — i33, en Hollandois 
QD écrit au Roi, du a8 mai i566, intitulé Remonstrance au Roi 
mr la requête naguères présentée par la Noblesse . . . La mésme Re- 
moastrance sert aussi pour confiiter certahis points de la modération 
aïknée sur les Placarts et proposée aux Etats de Flandre assem- 
Mex à Gand le 11 Jour de mai i566. L'introduction de ce docu- 
ment, qui a été imprimé en i566 à Anvers ( Te Water , I. 35 ij, se 
troate en manuscrit aux Archives et dans la langue de l'original. 

Voici la résolution des Etats. 

(1) Hpieszgesell. Voyez Tom* L p. 10 3. 



— 124 — 



Résolution des quatres membres 
d*£stat de Flandres sur la modéra- 
tion des plaocards. 

i566. En premier lieu les quatre membres ont déclairé la 
Mai. bonne volonté de dévotion qu'ils ont tousjours eu et ont 
encores à présent, de persévérer et continuer en l'obser- 
vation de la sainte foy Catholique, en telle forme et ma- 
nière quelle a esté entretenue et observée, et que leur 
semble que Sa Ma/^ pourroyt effectuer l'ordonnance du 
dit placcart, soubs les considérations que s'ensuyvent. 

Ascavoir que l'inquisition, laquelle on prétend avoir 
esté ou estre en Flandres, sera abolye et abroguée, et 
aussy que cy en après aultre ne seroit remise, ny practi- 
quée. 

Secondement que par la disposition ou publication du 
ditplaocard, ne seroit préjudicié aux privilèges ou pré- 
rogatives, que à ung chascun des villes, cbastellainies ou 
aultres, respectivement peuvent compéter, tant au re- 
gard des biens et personnes et signamment quant au faict 
des articles , là où se faict mention de la confiscation , pre- 
nant aussi regard aux mulctes pécunairres en commis. 

D'aultre part que seroyt expédient que déclaration se 
feisse, quant bien avant en ceste matière les évesques et 
gens spirituels exerceront leurs juridictions. 

Qu'on ne pourroyt procéder à la charge de quelqu'ung 
par appréhension de sa personne , sans préallable deue 
information de sa charge , et ce par le Magistrat ordinaire 
du lieu. 

Et qu'on ne feroyt Visitation aulcunedes maisons, si- 



— 125 — 

non par lesoflQciers et juges du lieu et préallable aban- i566. 
donnement et où on eat accoustumé d*user d'icelluy. Mai. 

Et qu'estant quelqu'un^ puny une fois parle magis- 
trat y les éyesques et gens spirituels ne pourront itérati* 
vement procéder à leurs charges, soyt par citations, cen- 
sures ou aultrement. 

Et qu'on entendreroyt que par ceste modération l'ef- 
fect et l'observation des touts les aultres placcards cesse- 
royt. 

Et que l'observance du placcard sera général par tou- 
tes provinces et pays de pardeçà , et que ceulx de Flan- 
dres ne seront en aulcune chose , regardant la Religion, 
plus estroictement obligées qu'aultres subjects de Sa 
HU^ des pays de ^)ardeçà. 

En espérant aussi, si la raison se représentasse cy 
après, par le changement de temps ou aultre raisonnable 
occasion , que Sa Ma'' n'entenderoy t si précisément obliger 
ses subjects, qu'ils ne pourroyent estre ouys vers Sa 
Ma*^ en leurs remonstrances et doléances* 



Le deraier de mai B, de Merode écrivoit au Comte Louis de Nas- 
sau: « Je auis fort mari que n'a sceu obéir à vostre commandemeDt 

> pour me trouver à Engieu : Ton m'at dit que aucuns Seingneurs 

> eossiont volunte ' diverti ' rassemblée. » (M. S.) 



' Tolontien. * détourné. 



— 12f) — 



LETTRE CL. 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de Nassau. 
Relative à la Comtesse Polyxène de Mansjeldt. 



1 566« ** L« Comte de MansfeMt , qui seroit désespéré^ se trouToit en 

Juin. AUemagoe , où il avoit assisté à la Diète. Il retourna peu après» 

« Cobelius cum Mansveldio a Comitiis loip. reversus est, ac prae- 

» clare omoia gesta refert.... 27 Judîî. > VigU ad Hopper. 368, 

Praeclare: c'est à dire qu'on s'étoit fort peu soucié des Pays-Bas. 



MoDsieur mon frère. J'ey yeu la lettre que Brect m'ast 
aporté, quem'avesrescrypt deparluy, aussy antendu par 
luy de bouche, ce que luy pouves avoyr dyscouru de 
la faire ' que saves (i), laquelle m'est tant à la teste , que je 
ne sey à demy sy je suys vyfF ou mort , pour la doubte que 
j*eyque ce fayct ne soyt ocasyon de quelque garbouylle. Je 
suys à ungne extrême payne. Vous me mandés d'en res- 
crypre à monsieur d*Egmont et à monsieur Tamyrall ; je 
ne le soroye fayre, le ceur me cryeye trop. Je tous prye 
en faire aveq monsieur le Prince le myeus que pourés; tou- 
chant îcy, amme vyvante n*a parllé. Je la fays byen guar- 
der, elle ne me guarde d*eschapper. Je vous prye d'avyser 
le plus dyscrètement et quoyment * que faire ce pourat, 
comment on pourat prevenyr aveq le père , car il me semble 



(i) Saves^ Voyez p. 109. 

* TaRaire. * cecrètement (coi). 



— 127 — 

que je le Toys désespère jusqu'à la mort et le pouvre Carie. 1 566. 
Je TOUS prye me mander ee q'an ores fâict , et ce que mon- Juîo« 
sieur le Princeorast trouyéconvenyràcefaict. Au restetout 
est icj geus et doubles geus. Mon Lyeutenant Brect (i) , 
porteur de ceste, tous dyrast le tout plus amplement^ à 
cause que le papyer est chatouylleus. Il n y est que de pous- 
ser oultre, puisque nous y somes jusque aus oreylles. Me 
remectant tousjour à ce que me voldrés comander, tant 
que la demyer gouste de sang me serast au corps, me 
recomanderey affectueusement à vostre bonne grâce , 
pryant le Créateur tous donner, monsieur mon firère y 
an santé, bonne vie et longue» DeQeffce ^^ jour de 
Juny iS66. 

Vostre frère et perCfect amys à tous 
fayre servyce jusque à la mort, et vyve 
les geus par mer et par terre ! 



H. DB Brbdbbodb. 



A Monsieur mon frère, Monsieur 
le Conte Loys de Nassau. 



(i) BftcU Deux Seigneurs de Brecht se trouvoient parmi les 
Confédérés. Te Water, II. 2179. 



128 — 



LETTRE GLL 

George de Montigny j Seigneur de Noyé f les j au Comte 
Louis de Nassau, Sur les prêches publics. 



1 566. *** ^ Seigneur de Noyelles étoit ud des principaux signataires 

Juin ^^ Compromis. 

La liberté des prêches étoit contraire aux engagemens pris en- 
vers la Gouvernante , et devoit beaucoup aigrir le Roi : elle devoit 
également déplaire aux Seigneurs et même à une grande partie des 
Confédérés. Biais , comme toujours en pareil cas , il y avoit une 
grande diversité de vues, et sans doute plusieurs n'éloient pas 
contraires aux movens violens. 



Monseigneur. A^ant entendu depuis huyst à dix jours 
enchà, que plusieures asamblées et presches se font en 
ses quartiers (avecq grand scandale)^ ay trouvé pour mon 
office et debvoyr que ne seroy mal d'en advertir vostre 
S'^* , à raison que crain fort que les dictes asamblées ne 
se font tant pour l'amour et grand zèle qu*yl ont à la pa- 
roUe de Dieu, que pour aultres effect, tendant à quel- 
que sédition ou révolte. Ce qu yl ne fault permettre aul- 
cunement, d'aultant que vostre S''' peult cognoistre que 
par la requeste présentée à Son Alteze, protestons n'en- 
durer aulcuns scandales, tendant à perturber le repose 
tranquillité de la Républicque, ains l'empêcher par tous 
moyens convenables. Par tant je supplie qu'il plaise à 
vostre S'** me mander comme en ce cas auray à me régler 
et conduire advant que plus grand désordre en advienne. 
A cause que j'oy de jour à aultre qu'yl se voldriont por- 



~ 120 — 

ter de vos aultres mes seignieurs et de lasamblée des gen- 1 566. 
tilshosines faicte à Bruxelles, comme fauteurs et suppoz Juin, 
de leur presches, ce quyl contrevient directement à nos- 
tre juste entreprinse et à la promesse que fismes à tos 
S^**. Doncqs je supplie de rechief m'escrire vostre inten- 
tion , aux fins qu'ensuyvant icelle m'emploie à ce qu yl 
plaira ordonner sur ceste affaire , et ne manqueray d'effec- 
tuer vostre comandement corne cestuy quyl ne désyre q'à 
faire tous bons offices de humble vasal à sa Mat^ et ser- 
viteur envers vostre S^. Ce cognoict TOmnipotent , au- 
quel je prie vous donner , Monseigneur , bonne et longue 
vye , me recommandant très humblement à vostre bonne 
grâce. De Primecqs ce 7^ juin i566. 

De vostre S'** 

très humble et très obéissant 
serviteur pour jamays, 

George de Montegnt. 

MoDseigoeur Monsiew* le 
Comte de Nassaa. 



LETTRE CLII. 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de Nassau^ 
Les affaires de la Confédération sont en hon état. 



Monsieur mon frère. Je suys fort estonné n'avoyr rep- 
ceu de lontanps de vos nouvelles. Je ne sey sy vous vous 

» 9 



— 130 — 

.(566. portes maH, ce queDyeu ne Teuylle, auasy je pansse que 
Jjaiii. quelques deô nos am js m'an usyont averty. Je m'estonnf ort 
que Elpendam (i) ne revyent^ ou s yl ast eu fortune ou que» 
niant ' ycar j'antanps que de lontanps estes de retour à Bruc- 
<^elles. Je suys icy à mon dyquage fesant du ménage pour 
trois jours. Je m*aperçoys bien que ce bon Dieu et geu du 
tout * . Il m'ast anToyé la yalleur de trois cent mylle floryns , 
quy ceront, monsieur mon frère , pour vous fayre servyce , 
quant et quant la demyer gouste de mon sang et à tous 
les geus an despexte^ de toute la rouge rasse [mail quey* 
noyé]. Jensmtanps synon que dyable tous yoldres [tretous] 
dyre. Les geus sont par icy semé comme le sable dullon ^ de 
la mère* (a). Gejantylhomme, porteur de ceste, quy ast esté 
de la conpangnye de feu mon père , m'ast esté anvoyé de la 
part de tout pleyns de bon geus, pourvoyr syl ne pou- 
royt recouvryr leur vyeus deu et m*on rescrypt ungne 
lestre, laqudle je vous anvoye là , où il m'on escrypt com- 
me vous voyres ; ce que je leur ey fayct fayre , affin que 
ellepuysseestre montré à Madame et que de toute manyère 
que Ton la puysse tourmanter , que Ion le fiice. Ces soubs- 
cryps à la lettre, sont tous geus et jantylhommes, quy ont 
fort byen le moyen de fayre ung reutredeynst^ , comme 

(i) Elpendam, Secrétaire de Brederode: Torthographe de son 
nom varie ; Helpendnm , Hpendam , Hilpendam, 

(i) Mère, En effet un très grand nombre des Nobles de la Hol- 
lande prirent part à la Confédération. On peut consulter entr'au- 
très, à cet égard la liste de ceux qui , en i567 , fmrent «cités devant 
la cour de Hollande pour faire serment de fidélité au Roi , commu- 
niquée par M. le Baron d*Yvoy de Mydrechty et publiée de nou- 
veau par M, Beeldsnyder, 

> comment. ^ est entièremeiit gaeux. 3 dépit. ^ du long. ' mer. 
« Berterdienst (ap/vi«»«rA«»a/). 



— 131 — 

il ce me sont oblygé. Je tous supplye Tasyster à ce que i56d. 
pourés et fayre coucher uugne requeste à Madame de ma J"^°* 
part et de la leure , joyncte la lettre par laquelle je me 
deuylle ' me yoyr à tells termes , pour aToyr fayct servyce 
à Sa Majesté , et aussy affin que ses bons jantylhommes 
▼oyent que l'on désyre leur asyster et qu'il syont tant plus 
▼oulluntayres, quant les occasyons se donneront; de quoy 
il ne fault doubter;et m'an allant boyre à la sancté de mon 
bon Syngneur Joncre Wyllem"* (i),que tous cognesses, et 
à lavostre ce dysner ^ ne vous feres cesteplus longue , que 
après m'estre recomandé ung myllion deffoys à Tostre 
bonne grâce , prye le Créateur tous donner , monsr. mon 
frère y an sancté , bonne Tye et longue. De Berges an Hol- 
lande, ce neufFvyesme jour de juny i566. 

Vostre frère , "vrey amys à vous servyer 
jusque à la mort etvyve les geus par mère 
et par terre ! 

H. DB Brbdbrodb* 

A Monsieur mon frère. Monsieur 
le Conte Louys de Nassau w. 



(l) WyUem» Apparemment il désigne ici le Prince d'Orange, 

' pbint {doUo, deuil), > Jonkheer WiHen. 



— 132 — 



LETTRE GLIII 



Le Comte H, de Bréderode au Comte Louis de Nassau. 



i566. ** Prob*l^l^i>^®nt il s'agit de]a disparition subite de la Comtes- 
Juin ^ ^ Itfansfeldt. Voyez, p. 109. 



Monsieur mon frère. Le porteur de ceste, que vouscog- 
nesses , vous dyrast le reste de mon malleur quyl m'est ad- 
venu , sj avant que suys esté icy à mon d jquage. Je ne suys 
guère royeus que hors du sang; du reste le porteur de ceste 
vous dyrast le tout , quy ne me haste le ceur vous escry- 
pre. J*ey escrypt ungne lettre à Monsr. d*Egmont et à 
Monsr. TAmyrall et à Monsr. d*Ostrate , leur pryant vous 
ajouster foy à ce que leurs dyrey de ma part, ancor que 
vostre personne ni sufïysoyt de son dyre , mes seullement 
afiyn q'ils voyent que vous an ey requys et pour les qon- 
séquence que saves. Vous supplyant byen fort, mon frè- 
re , mon amys , an cecy m*asyster , que je vous jure mon ho- 
neur, que syje devoys sortyr an campe aveq deus lyons 
pour me deschyrer au dans ' avecq eus , ne seroye sy trou- 
blé que je suys, vous supplyant de fayre an cecy, comme sy 
c'estoyt pour vous propre à quy ce fayct touchasse , aus- 
syledyable Ta conduyct. Je vous anvoye la copyedela 
lettre que j'escryps à ses Syngneurs , me recomandant à 
vostre bonne grâce, prye le Créateur vous donner , moifsr. , 

■ aux denti (?). 



— 133 — 

au sanclé, bonne yye et; longue. De Berges ce i3 de juny i566. 
i566L Juin. 

Vostre frère et vrey amys à vous servyr à jamais , 

H. DS BaBDBRODS. 

Je escryps le sanblable à monsr. le Prynce. Je vous 
supplye luy dire que il me fasse tant de bien et d*onneur 
d^avyser an ce fayct. 

A Mons.' mon frère , Mons/ 
le Conte Louys de Nassaw. 



LETTRE CLIV. 

Le Comte G, de Berghes au Comte Louis de Nassau, 

Sur une entrevue à Lierre, 



* <* 



^ Les circonstances devenant de plus en plus critiques , 
par refCervescence du peuple et les délais de la Cour > les chefs 
et députés des Confédérés se réunirent le 4 juillet à Lierre. Ce fut 
probablement là que fut résolu le départ de M. de Bréderode 
pour Anvers et la tenue d'une assemblée générale le 1 4 juillet à St. 
Tron. Il est à présumer que l'on inclinoit de nouveau à des me- 
sures violentes. Longuet qui, par les relations des Calvinbtes 
François avec les Pays-Bas, étoit d'ordinaire bien informé, écri- 
voit le 12 juillet de Paris. «( Omnia in rébus Belgicis videntur 
* spectare ad tumultus : nam rex Hispaniaé non feret eam imita- 

& tionem quae ibi tentatur Yalde vereor ne Belgium in eadem 

» mala incidat ^ in quae incidit hoc Regnum proximo bello civili. 
» Si ad arma deveniatur, innnmerlex his regionibus eo confluent. » 
Epist. secr, I. 6. 



— 134 — 

i566. Mons/ mon frère. Ces jours passez Mons/ de Brede- 
Juin, rode m'envoya Helpendam vers moy, pour me faire sca- 
Yoir qu avies touts vos bons S'^' et députés par ensamble 
résolu tenir une journée à Lyere , me disant aussy de 
bouche et à Mons^ de Culembourg estant lors à Ber- 
giie,se debvoit tenir icelle journée le a* de juillet; suyvant 
quoy me suis trouvé cette part pour montrer ma bon- 
ne affection , auquel lieu arrivé n ay trouvé personne. Ce 
que j*ay trouvé bien estrange, au moyen de quoy ay 
prins aultre chemin , et pour en scavoir le tout et com- 
ment le tout va, vous ay envoyé incontenent le porteur 
de ceste , vous priant aussy , s*il y a quelques novelles , 
m en vouloir faire part. A tant , Monsieur mon frère, 
après m'ettre bien recomandé à vostre bonne grâce, prie 
le Créateur vous et à nous donner ce que nostre ceur 
désire. Escripte à Lyere ce a* de juillet i566. 

Le tout vostre bon frère, san fin à 
TOUS faire service, 

Guillaume de Bbrghe. 

Monsr. mon frère, je vous prie de faire mes très 
humbles recommandations à Monsieur le Prince , 
comme le tout serviteur sien. 

A Monsieur le Conte de 
Nassau , mon bien bon frère. 



r 



— 13i 



LETTRE CLV. 

€h. de Revel , Seigneur ttAudrigrues , au Comte Louis de 
Nasa€ui. Il se trouvera à St. Tron , et s'est opposé aux 
prêches à ratenciennee. 






A ValeDcienDes^l étoit extrémemeiit difficile de réprimer Tar- 1 566. 
denrdes prolestans , vu la proximité de la France et le grand nom- Juin, 
bre de prédicateurs Calvinistes que les huguenots envoyoient dans 
les Pays-Bas. Déjà depuis plusieurs années cette ville étoit une de 
celles où la religion Evangélique avoit fait le plus de progrès , et il 
paroit que maintenant, principalement par l'entremise des minis- 
tres François , les religîonnaires y awoient une correspondance sui- 
vie avec ceux, de Tournai et d'Anvers. « Mittuot Valencenenses ad 
» Antverpienses et Tornacenses qui communicarent consilia :.quip<i- 
» pe très hae civilates communi fere consensu regebantur. v Bur^ 
gwuiiis y p. 162. Il n'est dont guères étonnant que, peu de temps 
après, la prédication publique y eut son cours. « Valencenenses, » 
ditlemémeécrivam dans son style ampoulé , « vêtus malum stupore 
» morientium legum licentius alueranL Primores civitatis eiternus 
» limor maxime inteutos babebat. Caeterum concionandi libidini 
» pares esse non poterant. Yiam licentiae Conjurati aperuerant. 
i» Accedebat et metus ne , si interopestivis quaestionibus asperare- 
» tur populus , desperatione aciactus ad Gallos respiceret. Hinc 
u sectarii ad insanîora progressa sunt . . . Tornacenaibus et Valen- 
» cenensibus dictus est dics VIII Id. Jul. ; in suburbiis suae quis- 
» que civitatis solenniorum auspicia incipere statuit . . . Circitec 
» quinquemiilia Valencenb numerata sunt. » /. /. p. x6i , 164. 



Monsieur. Je ne fauldi^ay me trouver au jour que man- 



— 136 — 

i566. dés au lieu désigné d*assambiée , et ce ayecquela melleuP' 
Juin, compagnie que me sera possible , espérant vous déclarer 
plusieurs propos touchant nostrefaictquej'ay traicté avec- 
que Monsieur le Marquis de Bergues^ i ), espéraut les recep* 
Terés de bonne part. J'ay diverty la presche de Yallen. ' 
que se debvoit faire mardy dernier hors la Tille,à lareques- 
te de plusieurs bon bourgeois d'icelle ville, nous bien 
vieuUans. J'espère ne le trouverez maulvais pour les rai- 
sons que vous diray. Ne s offrant chose pour le présent 
méritant advertissement^ présanteray mes humbles recom* 
mandations à votre bonne grâce, priant le Créateur vous 
maintenir en la sienne saincte. De Yallen. ce S^ juillet 
Tan i566. 

\ ostre humble serviteur , 
Charles Lb Revel. 

A Monsieur , Monsieur le 
Conte Ludvic de Nassau , 
à Bruxelles. 



LETTRE CLVI. 

Le Prince d Orange au Comte Louis de Nassau. 
Sur la venue du Prince à Ani^ers, 






Anvera, cette ville si importante par une population de cent 
mille âmes, les richesses de ses négocians et l'étendue de son corn- 
ai) Bergues, Il éloit parti de Bruxelles le x juillet. Figlius ad 
Hopp, 366. 

' ^ «Uui'ieunr*. 



— 137 ~ 

\, étoit en proie à la plus grande imitation. Depuis plusieurs iS66. 
semaines on précboit publiquement dans les environs en François Juin. 
et en Flamand; le ^4 juin il y avoit eu près de Berchem une as- 
semblée de quatre à cinq mille personnes : la Régence s*y opposoit 
en vain. La Gouvernante , à laquelle on envoyoit députés sur dé- 
putés, ordonnoit de disperser ces réunions par la force; mais on 
se croyoit trop foible pour pouvoir tenter ce parti. Le a juillet 
fut publié un Placard contre les étrangers et une' défense d'assister 
aux prêches ; le même jour les magistrats reçurent une requê- 
te de ceux de la Religion Evangélique pour en demander le libre 
exercice. Pour subvenir à tant de difficultés, on supplioitla Gou- 
vernante de se rendre à Anvers , mais elle craignoit de s'enga- 
ger dans une ville pleine d'étrangers et de soldats et dont la position 
étoit si critique. 

Au refus conditionnel du Prince est relatif un passage dans le 
Mémorial de Hopper, « Son Alteze advertit S. M. que ne luy e»- 
» tant possible de s'absenter de Bruxelles auroit requis le Prince 
» d'Oranges de faire cest office de sa part, avecq le Comte d'Eg- 
b mont; le dictPiince ne l'auroit voulu faire. » p. 8i. Stratia, !• 
3421, est encore plus inexact , puisque selon lui le départ du Prince 
pour Anvers auroit été le résultat non pas des démarches de la 
Gouvernante , mais uniquement de ses propres instances à ce sujet. 

Le Prince étoit Vicomte (^urggrae/J d'Anvers. C'étoit une ac- 
quisition d'Engelbert II, mais très peu lucrative. Jrnoidi, Gesch. 
d. Or. y. L. II. an. 



Mon frère. Madame c'est résolu sur le mis en ayant de 
ceulx d'Anvers de se treuver là en peu de jours et avoit 
commandé à monsr. d'Egmont et à moy de volbir aller 
devant ung , deux ou trois* jours , pour déclairer à ceulx 
d'Anvers que Madame et nous tous trouvions mauves ces 
presches. L'aultre point estoit de scavoir de messieurs de 
la ville que ' seurté qullx y veuillent donner à Madame tant 
pour son corps, comme que nulx presches se fassent; il 

( quelle. 



— 138 — 

i566. me sambloit que il ne me convenoit nullement aller pour 
Juin. cela,ny aussi en compaignie de quelque aultre Seigneur^ 
car tout le mal qui porroit advenir Je en seroîs seul coul- 
pe et si il y advinse quelque bien , mon oompaignon re- 
cepyroit seul le bon gré , et pour plusieurs aultres raisons 
trop longes à escrire^ desorte que, après plusieurs dispu- 
tes, Madame at enchargé au députés d'Anvers, que eulx 
mesmes doibvent mester en avant à la commune les deux 
articles si desus mentioné, en oultre, comme monsr. 
d'Axrenberghe passerat demain ou après demain par An- 
vers , qu'il en parlerat ung mot à ceulx de la ville. Je dis à 
Madame que , oires que je faisois difficulté de aller pour 
ces te fois et pour ceste charge, que néaiimoings, que 
quant Son Alt. me y vauldrat anvoier seul et avecque tel 
authorité comme il appertient , que ferois voluntiers mon 
debvoir de tenir la main , autant que en moy seroit, que 
nulle tumulte ou désordre advinse à la ville, mais non pas 
pour deux ou trois jours. Je pense qu'il feront demain 
assembler le braide rat' ; si il vous samble que l'on porrat 
faire quelque office qu'il désirassent que je vins là comme 
leur bourgrave , pour veoir le succès que les afïaires pren- 
driont , affin que Madame puisse après tant plus facilleJ 
ment et en plus gran seurté venir là, le reines à vous, 
moienant qu'il se fasse secrètement et dextrement , car 
ii me sambleroit que cela feroit plus mon honeur , que 
non pas aller comme ung fourir" , pour aprester les logis, 
de Madame. De monsr. de Brederode, ni me samble 
convenir qui il allie ^ pour ce coup, pour plusieurs raisons, 
\ous priant luy baiser les mains de ma part: d'aultre part 
vous prie n'en faire mention de cessi et bruller la lettre: 

• Brrde Rapil. •' fourrier. ' qu'il y aillf . 



— 139 — 

et venir le. plus tost que faire porres. A mon frère mis iS66. 
besa manos ' et sur ce nostre Seigneur vous aye en sa Juin, 
sainte garde. De Bruxelles ce 5 de juillet à 8 du soir. 

Vostre bien bon frère à vous faire service, 

GuiLLAUMB DE NaSSAU. 

A Monsieur , le Coote Louis 
de Nassau , mon bon frère. 



Le Comte de Bréderode vint le 5 juillet à Anvers, bien accom- 
pagné. (« De H.' van Br. ende eenighe andere van 't verbondt met 
» grooten sleep. » F"» Wëesembeeck y p. 12 1.) Il y demeura plu- 
sieurs jours : ce qui semble de nouveau prouver que l'influence du 
Prince n'étoit pas toute puissante auprès des Confédérés. « Brede- 
» rodii interventu accensa improbitas roodiim excessit. Nihilque 
» jam dissimulata audacîa VIII Cal« Julias in concionem proru- 
« pit : quam Burgerhauti haut procul moenibus Ministri indixe- 
• rant. Eandem diem Tomacenses Yalencenensesque pari insania 
> feralem fecerant : prorsus ne quis dubitaret ex composito egisse. 
» (voyez p. i35. Il faut donc lire ici Id. JuL) Permixtae viris foe- 
» minae ad sexdecim fere millia excessere portis. » Burgundus , p. 

Les députés d'Anvers avoient déjà prévenu les désirs du Prince, 
a De Gbedeputeerdebadendaarinne op 't spoedigste te willen voor- 

» sien sonder eenich persoon te noemen , maar daemae 

» met deen ende d'ander van de saecke sprekende , hebben ver- 
» claert . . . dat de berten ende affectien van de Ghemeynte seer 
» gbeslagben waren op den Prince van Oraignien, aan de yrelcken 
V sy oock ende hy aen baer met eede verbonden waeren, als synde 
» Borch-graef van de Stadt Sy badden 00k sulcx voor baer ver» 
» treck vrel duydelyck van de Magistraet ende Ghemeynte ver- 
s staen. » /^. îfeesembeeck , 118, Peut-être cependant ce fut une 

' mes haîsentnîos l'vojrz />. ii3J. 



— 140 — 

s 566. oonvcnation avec le Prince ou avec un de ses amis qui les déter 
Juillet. niÎQ& À particulariser leur demande. 



LETTRE CLVII. 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de Nassau. 
Sur la position critique d Anvers. 



\* La Gouvernante se défioît des Confédérés et les Confédérés 
se défioient de la Gouvernante. Il paroit bien que c'étoit surtout 
la crainte de voir la Duchesse envoyer garnison dans Anvers qui 
avoit déterminé Bréderode à s*y rendre, a £r is eene groote mur- 
» muratie en alteratie ooder *t volk opgestaen , uit dien dat so de 
n Heere van Bréderode en eenige der geconfedereerden Ëdelen in 
» der stad was en yele aenhangs en naloops des voix hadden : dat 
» ter anderen sijde de Grave van Megen nu sekere dagen binnen 
rt der stad was blîjven stil leggen, sonder door te reisen, en dat 
« aldaer ook vverde verwacht de Grave van Arenberge, hebbende 
» terstont daerdoor de Gercformeerde vermoeden en achterden- 
• ken gekregen dat de selve twe Graven mogten last hebben om by 
» assistentie van de Magistraet eenig volk van ooriog heimelyk van 
o builen in te brengen. » Bor , I. 73**. 



Monsr. mon frère. Je ne veuls délesser vous avertyr 
que sommes icy à la geuUe des lous' an dangier que l'on 
nous coupe à toute heure la gorge, desorte que dormons 
toute les nuys à lonsquenect' , avecq le mot du guet et les 
escoutes et corps , desorte que atandons demeyn estre la 
proye de nos mallveuUans comme le bruyct court par icy : 
mais il y ast un g byen ; quy nos aborderat , doyct pans- 

' \f*n\>s. " lanuquenct. 



— 141 — 

ser déjouer quycte ou double. Monsr. de Megen ast trec- i566. 
té icy des estranges [factyons] et an eust désjà effectué ung- Juillet, 
ne partye sans nostre venue et la yylle perdue pour nous 
aultres antyèrement, comme le porteur de ceste tous dy- 
rast le tout plus amplement , tous Toullant au reste byen 
asseure , qu espérons le fayre [car jy servelle]. Pour le ' 
moyns , il an aurast à parller. Âtant feray fyn de ceste, 
aitandant deTos nouTelles^anssamble vostre bon aTys. Prye 
le Créateur tous donner, monsr. mon frère, an sancté 
bonne Tye et longue. De Anvers ce sysyème de juillet 1 566» 

Yostre frère , vrey amys à tous serTyr à la mort , 

H. Ds Brbderodb. 

A Monsieur mon frère. 
Le Conte Loduwyck de Nassauw. 



Le 6 juittetle Prince d'Orange écrivit de Bruxelles an Landgrave 
Philippe de Hesse. « Hun ab gebornem Teutschen , der eine Gema- 

» lin Augsburgischer Confession habe , lege man die Ursache der 
» Relîgions-Unruhen zu. Auf sein vor drey Monate bey Philipp 
» n. eingereichtes Entlassungs-Gesuch sey nôch keine Antwort 
B erfoigt ; daher er in Gefahr seines Lebens iind seiner Gûter 8t««- 
-» hé ;fMir Wenn er den Papîsten znfalle «nd diearane Gemeine ver^ 
» lasse , werde er Dank verdienen. L« Pbilipp mdge ibn indiesen 
» Nôtfaen nicht verlassen , thm treuen vâterlichen Kath und Zur 
» flucbt ertheilen. Denn man fange mit den Niederlànden an , um 
» mit Teutschland zu endigen. Hessen mûsze den Bedr'àngten freye 
» Rûstuoggewâhren , und dièse hochwichtige Sache bey allen Evan- 
» gelischen Reichsfûrsten fordern. » F, Rommely II. 58^. 



~ 142 — 



LETTRE CLYIII. 



Le Comte H, de Bréderode au Comte Louis de Nassaw 
Il lui enuoye une requête d'un prisonnier pour la Foi. 



i566. Monsieur mon frëre j'avoje donné la lettre démons.'^ 
Juillet le Conte de Mansfelt à mons/ de Louyenrall , lecpiell pas- 
sant par Mallynnes , antandant que le dyct Conte deBIans- 
felt estoit party, la randat à mons/ deRuoune , lequel le 
m'astranduau [prunsme] ce matyn. Jeyoussupplye la luy 
TouUoyr donner aveque toutes les serymonyes que 
trouvères apartenantes , comme je sey que sayes byen 
fayre. Je luy escryps et donne toute les satysfaction que 
amme vyvante ce soroyct ayyser, ancor que il n an fustaul- 
cun de besoyng pour ma part, car certes et Dyeu le scayt 
oe que j'ey fayct tourjour pour ses anffans; sy ce fussent 
esté les myens propres n an eu seu plus fayre. Je vous 
prye m'escrypre sy mons/ le Prynce cest ' à parller de 
troys lettres que cens de la vylle, je pensse le magystrat, 
ont escrypt à Madamme , supplyant à son Alteze le fayre 
Tenyr icy , car je yoy que il y ast de la méchansté, ansam- 
ble m'escrypre quant il yous samblerat que je parte; mes 
sy je m'anyoys"" deyant layenue de mons/ le Prynce, tout 
donnerat icy à la trayersse et yront toute chose an con- 
fussyon. Yoyllà pour ce que yous prye m'an mand^ yos- 
tre ayys. Je yous anyoye aussy ung^é requeste de quel- 
que prjsonnyer pour la foy là à Bruccelles, je yous prye 
â*an fayre yostre myeulx et comme le trouvères la conve- 
nyr. Me recommandant à yostre bonne grâce, prye le 

' sait. ' m'en vai». 



— 143 — 

Créateur vous donner, mons/ mon frère, an saneté bon* i566« 
ne vye et longue. D' Anvers ce 9™* jour de jullet i566. Juillet. 

Vostre obéyssant frère, vrey amysàvous 
servyr jusque à la mort , 

H. DB Bredskode. 
A Monsieur mon frère , le 
Conte Louys de Nassaw. 

Aen eedelen hoochgeboren heer Henrick Tan 
Breederoode heer tôt Vyanen enz. ende 
den adel Tan desen Nederlande met hem 
^esaempt ende geconfedereert tôt conser- 
Tatie deserNederlanden.priTilegien. 

Verthoonen in aider oytmoet Pieter Tan Vyck, Jasper 
Sterens ende Sander Tan Cuelen, ingeseten Tan Bruesele, 
hoe dat sy nu onlanx geleden in compaignie tôt Tyffthien 
of sesthien toe ten hoochsten zyn gaen wandelen buyten 
Bruesele ende hebben aldaer malcanderen (in stede Tan 
droncken drincken) Termaent Tuyt het Goddelyck woort 
tôt eerlycke couTersatie ende deuchtelyck leTen sonder 
dat nochtans eenige predicatie by predicant onder heur 
geschiet is , of dat sy oock eenighen predicant by heur 
gehadt hebben , ende hoe wel zy in dese saecke egeensintts 
des C. Ma^ ordonnantien oft statuyten gecontraTcnieert 
oft i^eTioleert en hebben, soo is nochtans geschiet dat de 
Amptman Tan Toors. Stadt van Bruesele onder andere 
Terspîet hebbende ons voors. drye supplicanten geap- 
prehendeert, tegens aile recht ende privilegien , ende in 
stricter gCTanckenisse geworpen heeft ende oock daer- 
enboven Tan alsoo Teel |[eks aïs wy dagelycx met onsen 



— 144 — 

i56& svereu aerbeyt winnende gerecouureert hadden , geweklich- 
Juillet, lycken gespolieert ende ontnomen heeft. Aile het welcke 
meer een specie van tirannye ende oppressie is dan van 
exercitie der justicien, aengesien dat wy oytmoedige sup- 
plicanten egeensints in desen des G. Ma^ statuyten , noch 
oock de ordonuantie der surcheantie ofte suspensie by 
zyn Ma' nu onlanx yerleent , gecontravenieert en hebben, 
soo wy in geender manieren eenige cause ofte middele 
van oproer ofte schandael gegeren en hebben , dan alleen 
in aider stilte ende manierlyckheit onse wegen gegaen 
hebben. Soo versucken wy in aider oytmoet datugelieve, 
Edel Heeren , hierinne te yersien , op dat wy mogen uuyt 
deser stricter ende onrechtverdelycke gevanckenisse ver • 
lost worden ende die preyilegie der Toors. surcheantie 
by uwer Eedelheijt ernstelick tôt weWaerde van desen 
Nederlanden nu onlanx vercregen , mogeu genieten ende 
{"ebruyckeni hetwelcke wy uwer E' in aider oytmoet zyn 
biddende. Uuyt onser stricter geranckenisse tôt Bruessd. 



«» 



LETTRE eux. 



Le Prince d* Orange au Marquis de Bergen. Sur la né- 
cessité de mesures efficaces pour conserver le Pays. 



* 



* Le Harquit de Bergen étoit parti au oommeDoement de 
Juillet « Marcbio a Berghen jam proficiscilur in Hispaniam et ho- 
» die (la Julii) discessît ex hac urbe (Lutetia). Multi putant eum 
» non satis caute facere , quod se boc statu rerum Hispanorum fi- 
» dei credat. » Languet , Ep, secr, I. 6. 

La publicité des prêches en contradiction manifeste avec les lois 
âa pays et oes réunions nombreuses de sectaires armés déplaisoîent 



— 145 — 

sans cloute au Priuce, qui desiroit parvenir par de» moyeni ploâ lé- i566. 
gitimes et plus réguliers au même but, savoir à la toléi-ance envers Juillet, 
les Protestans , comme elle étoit introduite en Allemagne par la paix 
de religion. On peut juger combien peu les catholiques zélés étoient 
disposés à accorder chose pareille, par le passage suivant d*unc 
lettre écrite le i août par liopper à Viglius. « Quod de Religion^ 
nyrâ/isticnuncdisputari scribit Amplitudo Vestra, baud scîo an 
» inter peroiciosissima merito debeat haberi. Quippe quod populo 
» concitato quasi suggeri videatur quo pacto , gpecie quadam juris, 
» tametsi falsi , scelestissimi voti sui queat fieri compos. Quemad- 
» modum Amplitudini Yestrae, ita et mihi , semper visi sunl hu- 
» jusmodisermones, (quorum tamen ille plenus est) plane pestiferi 
» in Republica;et maxime quidem his temporibus tam exulcera- 
» lis. » Epist^ Hopperi ad Figlàim, p. qB. Il n'est pas malaisé de 
deviner quel personnage le mot illt désigne, surtout quand on 
compare d'autres passages , par exemple le suivant. « Pour remédier 
» aux Sectes fust proposé par le Prince cTOrengex qu*il n'y a voit 
» aultre remède que d'iuer de bénignité et de doulceur, ne permec- 
» tant le temps présent aulcune rigueur , avecq aultres choses ser- 
» vantes à ce propos. » Mémor, p. 93. — « Quid ad rem, v dit 
également Hopper plus tard , après avoir exposé le rétablissement 
partiel des affaires , t si domestica libertas maneat.» Ep, ad T'i- 
gtium f p. 1 14* « Visa mihi est semper haec fabula eo tendere inter ■ 
» caetera ut domestica libertas Religionis saltem Augustanae con- 
» stituatnr. »/. /. p. lai. Ainsi tolérer la liberté domestique même 
de la Confession d'Augsbourg, qu'on avoit beaucoup moins en hor- 
reur que le Calvinisme, sembloitunc chose détestable. Comment donc 
le Prince eût-il jamais, sans renier sa foi , pu satisfaire à ce qu'on 
exigeoit pour le service de la religion Catholique et du Souverain ! 
Jusqu'à présent les Seigneurs avoient insisté auprès du Roi 
sur trois points ; abolition de l'Inquisition , modération des Pla- 
carts, pardon général. Hopper^ Mém. 7^, sqq. Maintenant le 
Prince donne à entendre, « et se disoit publicquemcnt en ce temps 
> là, selon qu'aussy escriva Son Altcze à S. M., qu'il n'estoit plus 

» question de consulter et traicter sur ces trois points , comme 

» ne servant plus au propos, et vivant un chascun à son bon plai- 

% xo 



— 146 — 

i566. u &ir..., mais que seulement on avott à délibérer sur rassemblée 
Juillet. ^ générale desEtatz. » /. /. p. 9^. 



Monsieur. Il me desplait qui vault que vous escris que 
les afïaires d'issi s'enpirent plus tost que se amendent , 
car les presches continuent de plus en plus et puisqu*ilx 
entendent que Ton at donné quelque ordre pour les em- 
pescher, s*en vont à lapresche avecques armes, de maniè- 
re que jay ' voy peu de moien de remède, si Dieu ne mest 
la main et que Ton lesse toumber touttes particularités 
et ambitions et que l'on prende seullement regart à ce qui 
convient pour conserver le pais, car estant le pais perdu 
se perde quant et quant le service du Prince et la reli- 
gion; se conservant, avecque le temps et la grâce de 
Dieu il y at espoir povoir le toutt redresser, veant 
mesmement que combattons avecque la raison. Mons/ 
deNorcarmes (i) ni'ast monstre hierung certain escrit, 
lequel y* vous amvoie; il ne serat que bon que y prendes 
quelque regart pour éviter touttes parleries ; et ne servant 
ceste pour aultre chose sinon pour me ramentevoir à vos- 
tre bonne grâce et vous présenter mon service, feray fin, 
vous baisant, Monsieur, les mains, priant le Créateur vous 
donner ung bon voage et brief retour. De Brusselles , 
ce 9 de juillet an i566. 

Vostre bien bon amy à vous faire service , 

GniLLAUMB DB NaSSAU. 

A Monsieur Monsieur 
ie Marquis de Berghes. 



(i) Noircarmes. Philippe de St. Aldegonde, S^ de Noircarmes; 
bailli et capitaine de St. Orner, et chargé de remplacer provisoire- 
ment le Marquis de Bergen dans le Gouvernement du Hainaut. 

' j'y (?)■ ' '1 



- 147 ~ 
LETTRE CLX. '*^^- 

Juillet, 
Charles de Rcvel ^ Seigneur d^AudrigmeSj au Comte Louis 

de Nassau. Sur les prêches à Falenûiertnes. 



Monsieur. Je vous envoyé icy joincte la copie d'une let- 
tre que j envoyé au sieur de Noirkeitnes , laquelle je 
vous prie bien peser pour les raisons y contenues, e| 
craindant que le dit sieur deNoirliermes nediUigent' si à 
la haste que seroit bien requis , je vous prie y tenir la 
main et tellement besongnier en cest affaire, que l'incon* 
vénient déclerë en la ditte lettre, ne sort son effect; vous 
voéillant bienadviser , que si aucune rescousse' s en faict, 
que je crains fort ne sera sans effusion de sang. Dieu par 
sa grâce y admette le remède convenable, le priant, 
Mons.', vous maintenir en la sienne saincte , me recom-* 
mandant bien humblement à la vostre. De Yallen, en haste 
le 9*» juillet 1 566. 

La presche se faict pour le présent hors de la 
jurisdiction de la ville de Yallen. , y estans assam- 
blé grant peuple, tant de dedans la ville que de- 
hors, selon quondist (i). 

L*entièrement prèst à vous faire service^ 

Charuss %j^ Rbvbl. 

AMoDsieur, Monsieur le 
Conte de Nassau , 
à Bruxelles. 

(i) dist. Voyez p. i35. 

• diligente ^ rccofistc (reprise rVune chose eniewe par force.) 



— 148 — 



LETTRE C!LXI. 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Loius de Nassau. 

Sur la situation d^Ani^ers. 



1 566. Monsr. mon frère. Je m ebays comme ne pouves ' la 
Juillet, pajne me rescripre ung seuil mot de lettre voyant aus 
termes où je suis« Je vous anvoye aryere le porteur de 
ceste y Helpendam , qui vous dyrast ce quyl ce passe ^ 
vous jurant mon honneur que suys ranvyelly de dys ans 
despuys que suis icy , mays d'ungne chose me resyouys 
et remercyece bon Dyeu, que jusque à ceste heure avons 
esté ocasyon d'évyter ung extrême inconvényent^ lequell 
eust redondé à ung teryble mail. Les choses sont icy pour 
leur ^ à telles termes , qu*avons quarante synq et la chose 
au mur. Labourgoysye c'est desconffyë^ du tout du magy- 
strat et defFect^ les Wyckmesters , assambleles bourgoys, 
leurs ont ostë les clés des portes et lesguardenteux mesme 
et antreeus ont donné ungne telle ordreauguet^quecertes 
on ne les surpranderat de la sorte et le fayct leur , voyre 
le surplus quy ne ce lesse escrîpre, vous dyrast ce mes* 
me porteur. Je vous prye de m*escrypre ung mot de ce 
que monsr. le Conte de Mansfelt orast dyct sur la lettre 
que luy ey escrypte (i) ^ et vous pryant me redépécher le 
porteur de ceste , sans le me retenyr , me recommanderey 
myllyondefoysàvostre bonne grâce, pryant le Créateur 

(i) Voyez p. 1 4a, 

I ApporemmmU U mot prendro a été omis par fe Comi». 
> rbcare. ' a perdo coii6aiioe« * de fait. 



— 149 — 

vous donner, monsr. mon frère, an sancté, bone vye et iS66. 
longue. De Anvers , ce g^^ jour de juUet i566. Juillet 

Vostre frère et vrey aniys à vousservyr 
jusque à la mort , 

H^ DB BREDBaODE. 

A Monsieur mon frère, 
monsieur le Coate Louys de Naasaw. 



liETTRE GLXII. 

Le CimiteH.deBréderodeaa Comte Louis dé Nassau, 

Sur le même sujet 



Monsieur mon frère. Tey repceu vostre dernyère ce 
matyn^ est' antans que pour plusyeurs occasions, com- 
me me mandes par icelles , nest nullement convenable 
nous rassambler an eeste vylle : il nous samble toutesfoys à 
correction à tous nous aultres quy sommes icy , que il 
seroyct fort nécessayre , mesmes du tout , et le peuples, 
assamble les bourgoys , le dësyreryont fort , lesquels an 
manyère du monde ne me leront' partyr avant la venue 
de monsieur le Prynce et m*on dyct rondement ,. que je 
leur marcherey plustost à tous sur le vautre, que de me 
lesser allen Vous me rescrypves ungne çho^ quy passe 
mon antandement ^ que je ne sey ahtandre , c'est que me 
mandes que monsieur le Prynce vyent icy et de Faultre 
costé qu'y vyent à Saync-Tron ; cepandant je ne sey quy 

' et. ^ laiueront. 



— 150 — 

l566é demetti*erat icy. Il n'est aulcunement loysyble, ny pan« 
Jniltet sable, que ceste vylle demeure sans quelque teste agréa* 
ble au peuple , veu que monsieur de Megen et Arenberge 
sontancor anssamble, lesquels ont esté ceste nuyct àBreda 
et on panssé antrer sur la meson , ce que Ton leur ast 
refFusé, et oecy certeyn , car deus de nos gens nous an ont 
fayct le raport ce matyn , quy les ont veu. Il fault pans^ 
ser et mesmes ne doubter que il s'y ont assamblé ,qu yl ne 
tnacbynent et broue quelque brouet. Je dépêche à Vyane 
pour fayre guarder ma meson. Escrypves moy an toute 
dyllygence et byen clerement , ou dyctes les à monsieur 
de Hammes, les resons pour lesquelles vous ne trouves 
{)as convenyr que Tassamblée ce fasse an ceste vylle et 
paiissés à ce que dessus. Ne vous fesant ceste plus Ion* 
gue y me remectant au reste à ce que monsr. de Hammes 
vous dyra, me recommanderey à vostre bonne grâce, 
pryant le Créateur vous donner, monsr. mon frère, an 
sancté,bonnevye et longue. D'Anvers, ce la"^ jour de 
juillet i566. 

Vostre frère et servyteur à James , 

H. DB BaEDfcaODB* 

A Monsr. mon frère. Monsieur 
tiC Conte Louys de Nassauw. 



Le i3 juillet le Prince d'Orange « ores que du commencement 
9 il l'east refusé et que non obstant une lettre gratieuse de S. M. il 
» continuait en son mescontentement, désirant se retirer en sa mai- 
» son (si comme faisoit aassy le Comte d'EgmoDt}, toute fois estant 
» aultre fois requis par Son Alteze^fust content d*allerà Anvers. » 



— 151 — 

Uopper^ JHém, p. 91 « Toutefois il déclara à la Gouvernante i566. 

f|u*il u'étoit pas en son pouvoir d'y faire cesser les prêches. « Vient Juillet. 

» à considérer que auparavant accepter la charge , avons ouverte- 

n ment déclaré en plain Conseil d'Estat , qu^il n'estoit en nous et 

» ne voulions entreprendre d'y faire cesser les presches, dès lors 

n accompagnées de l'exercice de la Religion , comme d'appendence 

>» nécessaire d'icelle. » Le Petà , p. iS^". 

» Le Prince arrivant à demie lieue près Anvers, luy vint au de- 
» vaut le Seigneur de Bréderode aveoq quelques gens de cheval , 
» armez de pistoletz , suy vaut à pied une grande multitude de peu- 
• pie, lesquetz tous . . . criarent à haulte voix, vîpe les Gueux, 
i> Lequel cry se continua jusques à l'entrée de la ville , où que es 
» portes et sur les murailles y avoit une infinité de gens , crian» 
» le mesme, et aultres choses à la louange du Prince, l'appellans 
» leur Viscomte , vray libérateur, et celuy quimectroit un tel ordre 
» aux affaires par son autorité , qu'il ne seroit plus besoin courir 
» à Bruxelles à la Duchesse, avecq beaucoup d'aultres choses sem- 
« blables , desquelles le Prince se motitroitfortfackê et mal content. 
» Et estant quant et luy entré le Seigneur de Bréderode demeura 
» là celle nuict, mais parta le lendemain. Hopper^ Menu, p. 91. 

A envers les Magistrats se défioieot des citoyens: les cito- 
yens , de la Cour et des Magistrats ; les pi*otestans , de la Cour , 
des Magistrats et des autres citoyens: enfin les protestans étoient 
eux mêmes divisés; d'un coté les Calvinistes , de Tautre les Lu- 
thériens, y. Wesemheecky p. 129. Il y avott aussi des Anabap- 
tistes. « Regionem omnem très distraxerant seclae. In Flan- 
» dria proximisque Galliae Calvinistae praecellebant : vicina Gcr- 
B manis invaserant Lutherani , Uoliandiam et Zeelandiam Ana- 
B baptistae. Univcrsae faeces Antverpiam insederant. t» Burg, i5o. 
n Cahiniani majore quidem quam caeteri concursu plausuque , sed 
» quam Lutherani minore asseitlarum potentià frequentabantur; 
» Anabaptistae Lutherianis numéro superiores a Calvinianis vin- 
» cebantur: utrosque vero sectatorum nobilitate Lutherani supera- 
u bant. w Strada^%^'j, Au milieu de ta^t d'élémens de discorde, 
certes la tâche du Prince n'étoit pas de nature à lui promettre 
beaucoup de satisfaction. 



~ 152 — 

1 566. Bien des oégocians songeoient déjà sérieusement à se retirer dans 

Juillet, cl'autres pays. « Mei*ca tores soliti liactenus negotiari ïn Belgîo |)e- 

» tuDt a Rege (Franciae) eas immunitates in urbibus Gallîae mari- 

n timis qaas habuerunt Antverpiae, et promittunt se eraporium 

» qaod ibi fuit, io GalHam translaturos. » Languet, Ep^secr, L 6. 



♦ LETTRE CLXIII. 

Quelques Nobles Confédérés au Comte Louis de Nas- 
sau, Ils refusent de se rendre à St. Tron, 



%* Les causes qui amenèrent les délibérations de St. Tron, 
étoient le retardement de la réponse du Roi , Tagitation générale 
que les prêches occasionnoienl , et les plaintes élevées à ce sujet 
contre les Confédérés. La réunion avoit pour but d^aviser aux 
moyens de se disculper ,de tranquilliser le pays et surtout aussi de 
se défendre, en cas que le Roi voulut user de violence contre eux. 
L'attitude de cette réunion , où beaucoup de Nobles comparurent, 
étoit extrêmement menaçante et prouvoit que les principaux mem- 
bres de la Confédération , soutenus ou plufol poussés en avant par 
une grande partie du peuple, avoicnt le sentiment de leur force 
vis-à-vis du Souverain. Elle causa beaucoup de frayeur. «Non 
u modo Celsitudini suae, sed toti pêne Curiae metum injeclt : 
» praesertim cum populus per sectarios incitatus, sub eorum 
» praesidio quotidie fiât insolentior. « ^îgL ad Hopp, 365. 

Ou se trompe fort en supposant , comme fait M, BUderdyk 
( Hist, des Vad* YI, 6o^, que les Nobles étoieot découragés , que 
la Confédération en étoit à son déclin , et que le Prince d'Orange 
desiroit lui donner un peu de reliefrXe Petit ^ p. ii5, fait des 
réflexions pareilles. « Voyez » s'écrie t~il , « en quels termes estojeot 
» lors réduistes les affaires des Cx>nfédérés par la pusillanimité 
» d'aulcuns et desbandage des aultrcs . . . Par la longueur des nie- 



— 153 — 

» nées de la GonTemante ils sont contraincts de pourrolr à leur iS66* 
» senreté , comme s'ils se fussent sentis ooulpables d'avoir mal Juillet» 
» Tersé. » Mais les remarques de cet écrivain ont à nos yeux très 
peu de valeur. Ce que nous venons de citer , est applicable à la 
situation des Pays*Bas trois mois plus tard. Maintenant les Con- 
fédérés , repoussant d'ailleurs toute idée àe pardon, exigeoient une 
assurance qu'on ne leur vouloit aucun mal; et étoient assez dispo- 
sés et assez bien préparés à se donner eux-mêmes des garanties ^ si 
on refusoit de leur en donner. 

D'après cela il n'est pas surprenant que plusieurs Confédérés se 
fissent scrupule de venir à St. Tron. 



Mons.' Gomme avons eacript parComille de Ghistelles 
sur celle que nous ayies escript pour nous treuver à S^ 
Thron, ne le pouvoir faire , d*aultant que trouvons 
(soubz correction) ne convenir par l'acquit denostre deb- 
voir , aussy pour celle que sommes obligez au compro- 
mis , pouvoir comparoir aux assemblées , hors de celles 
qui sont ordonnées et licites comme du passé, ne schai* 
chans que par le dît compromis soyons aulcunement 
obligez, saulf que ayderions y assisterions de tout nos- 
tre pouvoir à Fabolition de l'Inquisition et placcartz, et 
nous semble parainsy que du susdit soions suffisam- 
ment excusez , veu aussi que nostre requeste nous a esté 
accordée, à l'occasion de quoy estoit fait le dit compromis. 
Nous vous supplions ne treuver maulvais qu'entendons 
n'avoir en sorte que ce soit obligation quelconque^ et où 
l'on excédera aulcun poinct du contenu de la Requeste 
présentée à Bruxelles du cincquiesme d'apvril, nous pro- 
testons parcested'estre exempts de toutte obligation, vous 
désirans néantmoîngs secourir de tout nostre pouvoir , en 
ce qu'auparavant nous sommes obligés. Et sur ce nous 



— 154 — 

tS66. recommandans à vostre bonne grâce 9prieit>ns le TottU 
Jaillet. puissant vous donner , Monsieur j en santé , très bonne 
vie et longue. De Luxembourg ce la"^ de juillet i566. 

Jo« nE Bejlhdbnbourg (i). 

J. G. DB LilliAZGBLLB. 

Maximiixui DB Faolqubz. 
Bbbh. Waldbgkbr. 
Carlbs DB Faulcobz. 

A Monsieur ie Conte 
Lodovîck de Nassau en Anvers. 



t LETTRE CLXIV. 



... au Landgrave Philippe de Hesse. Sur les let^éé^ 
du Duc Eric de Brunswick et du Prince d'Orange, 



** CeUe copie fut envoyée an Prince d'Orange par le Land- 
grave Guillaume de Hesse , dans une lettre datée de Marboorg le 
1 3 juillet^ qui contient le passage suivant. « Viel meinen auchob 
« schonn Herzog Erich auszgebe als geldt seine vorhabende Bewer- 
» bung jegen die Niederlànde , so sey es doch rêvera ein practica mit 
n Grumbachy und don andernn Ëchtcrn' , diewelll ibm Heraog 
» Erich die Acht aach nicht weith ist. » (M.S.) 



Durchleuchtiger, hochgeborner Fùrst und her, mit 

(i) fo, de Brandenùourg, Chez 7e fFater,n. 271, on trouve 
un iY de Brandenbourg parmi les Confédérés. 

' gOilChlClCQ. 



— 155 — 

m 

«rpMtuDg meiner undeithenich und stels bereithwiUigen tS66» 
dieiisten , muesz E. F. 6. undeithettig niohi verhalten wie JwUtM* 
àas ich in glanbwûrdige er£ahrung kohnnne, bin aueh 
desselbigen mehr dan gewisz, das herzog Erichs zu 
Braunachweig bestalte hauptleuth inn Tertrottung yider 
knechte und gueter leuth sich eingdaMen, auoh lum 
theil geldt gegeben 9 und ist ferner ire zusag, inwendig 
acht tage nach dato dièses brieves, entlich geldt und 
bestallung vorzupringen , das Rriegsvolck irem hemn ins 
feldt zuzufuhrenn* 

Und damit nun E. F. 6. der sachen gelegenhaith fern- 
ner und soyiel ich grûndtlieh habe erfahren konnen, 
gnedige wissenschaft baben muegen,alsz soll es dièse 
gestaldt und meinung haben, das ehr, Herzog Erîch, 
sich von der Kon. Wûr. zu Hispanien sol haben bestellen 
laszen, der meinung die Niederlanden , des gottlichen 
worts halben und sonsten habender emporung, zu ûber- 
ziehen, zu strafïenund wiederumb Ton wahrer Religion 
abzupringen. 

Hiergegen aber y gnediger Fûrst und Her , ist dies auch 
und entlich wahr, das der Printz zu Uranien^ sampt der- 
selben hem freunden und anhengereUi sampt der gant- 
zen Niederlandischen landtschafFt undstetten, den obris* 
ten George yonn Holle^ sampt derselbigen hauptleuth, 
auch besteldt undangenohmmen (i), welcher dandiesser 
zeit gleîchergestaldt seine hauptleuth vertrostet, und mang- 
let Buemehrnichts, dan das Hertzogh Erich vortziehet, 
aïs wirdet sich dbgemelter George von Holl auch nicht 
seumen ; was aber noch aus diesen handel werden kan , 



(i) Jngenohmmen. Voyez p« ia3. 



— 156 — 

i5tf6« mag der hdt>e Gott wisaen; aber diessea , gnediger Fûm 
JuîUeL und herr, ist wahr , das dièse dinge^ wie erzelt , Terhanden , 
und ioh auch darauff, doch nicht von Herzogen Eridu, 
aondern von demjegeDthetle mich xu ehrlichem besche- 
lichen geprauchen zu laszen, bin selbst^angesprocbeD 
und veitrofttet worden» 

RF.G. 
Un\ gantewilliger^ 

N.N. 

Ad Hem Philïpsen den 
£Uern , Luadgjnî za Hessen. 



I4ETTRE GLXV. 

Le Comte d^Egmont au Comte Louis de Nassau. Relative 
à une conférence açec le P rince dH Orange et les députés 
des Nobles assemblés à St Tron. 



*^ Cette entrevue, au nom de la Gouvemanle, eut lieu peu de 
jours après ; non pas à Aerschot , le Prince ne pouvant s'éloigner 
d'Anvers , mais à DnfTeL 



Monsieur. Tay receu vostre lettre du jour d*hier, mais 
je ne vous responds riens quant au jour que nous nous 
pourrions trouver à Arschot, tant quej*aye la responce de 
monsieur le Prince, auquel j*ay escript comme entendrez 
plus à plain de S/ de Bacqueroelle. Et sur ce je me re- 
commande bien affectueusement à vostre bonne grâce. 



— 157 — 

priaùt le Créateur quil vous ait , Monaieur, en sa garde. i566« 
Bnitelled le xnif jour de juillet i566. JuHlet.. 

Vostre* bien bon amy prêt à vous obéir , 



A Mous'. Moiis'. le 
Conte Lud?ic de Nanaw. 



LETTRE GLXYI. 

Le Prince d'Orange au Comte Louis de Nassau. 
Sur les démarches des Cahinistes^ 



» • 



^«* Le Prince fayorisoit les Luthériens. Ceux qui , lors de son 
entrée à Anvers, crioient , Yoilà celui qui nous apporte la Confes- 
sion d'Augsbourg 9 (ASrA/a , L a 4 3) t a voient assez bien deviné ses 
înlentjons ou du moins son désir. Il partageoit encore les préju- 
gés contre les Calvinistes , ou bien ne jugeoit pas les différences 
entre les Confessions assez grandes pour compromettre par 
trop de ténadté la cause commune. — Quant aux Anabaptistes^ 
le Prince avoit été dispt>sé à publier contre eux un £dit, mab la 
Duchesse montra assez d'indifférence à cet égard. « La Gouver- 
» nante déclaroit asses qu'elle tenoit tonte religion n'accordant à la 
» Roumaine (mesmes les Anabaptistes , contre lesquels desirions 
» faire defencepublicque, si Madame Teust trouvé bon) en pareille 
» estime. » Le Petit, xBg.** 

Cette lettre montre de nouveau qu'il n'aimoit pas cespresckes 
désordonnés. Les Confédérés ne suivirent pas ses conseib : car 
les Calvinistes ayant présenté leur requête, lef} juillet ou environ, 
on leur donna une réponse très satisfaisante. Les conséquences 
firent voir que le Prince avoit eu rabon : car cette protection de la 
part des Nobles enhardit extrêmement le peuple et exposa les Con- 
' voftre-obéir. Autographe, ^ La signatiuv ett etUm^ée, 



— 158 — 

i566. fédérés à d'injwtetwapcoiit. En iSSgleaElatsdIJCreGfatdisQHntà 
Juâlet. ^ sujet. « De oproeri{se Gemeente ei^ ReMlen hadden de wapeneo 
» in handen genomeii* nîet alleen tôt resistentie, maar ook tôt ia- 
» vasie .van de Overfaeid en Catholyke, al op 't betrouweo Tan de 
» Edelen Geconfereerden die hen-luideo te St. Truyen Tryheid 
» van de Religie beloofde j en genoeg in protectie genomen had- 

• den Yermits de vergadering die in Julio te St. Tmyeii 

» geweest was , en konste men niet anders welen , of de predfica- 
» tie en beeldstormerye geschîede bij kennisse en ooglnikinge vai| 

• de Geconfedereerden. » BoTy L 3o5^« 



Mon frère. Tay entendu qu'il y at aulcungs de oeulx 
qui tienent la loy de GaWin , qui se trouveront en ceste 
assamblé , et comme sont gens qui de peu de bonn sam* 
blant que Ton leur faict, prendent ung gran piet et au- 
dace , et que je scay qu'il y at beaucoup d'entre youa de 
la mesme loy; pour éviter tous inconvéniens qui por- 
riont succéder par eulx, si y pensent avoir quelque sola- 
gementet assistence de vos aultres, dont facillement re- 
dunderoit la totale ruine du pais, comme je me comment 
ce apercevoir en ceste ville qu'i marchent jusques à 
maintenant de bien grande audace et peu de respect du 
bien publicque; vous prie de tenir la main que Ton leur 
donne si peu 'd'espoir que faire ce porrat de les assister en 
ces presches désordonés ( i ) 9 et vous diray plusieurs choses 
qui sont passé issi y bien au contraire de ce que me dittes 
à Brusselles , retournant de Lire ' ; parquoy il est plus que 

nécessaire les rebastre la confidence quilx ont; ilx vie* 

■ 

(i) <t Quant aux presches publicques , je n*avoi3 pas lors tant de 

» crédit qu'on m'en demandât advis, et ne leoonseillay jamais. » 

Apologie y chez Dumonty V. I. 393^ 

• Lierre. 



— 169 — 

nent Inen si avani de dire que, oires que Ton leurpeimes i566. 
teroit la confession Âugustane y qu'ils ne se contente- ^^^^^' 
raient. Je vous lesse penser à quoy ilx preiandent. Je 
n*ay le loisir de faire ceste plus longue , sinon que vous 
recommande la sagesse et le bien du pais et prie Dieu 
TOUS donner la grâce le povoir faire. D'Anvers , ce i6 
de juillet A. i566. 

Vostre bien bon irère à tous faire service , 

GUILLAUMS DB NaSSAU. 



Voîcî la requête présentée à ta Noblesse à St. Tnm par les mar- 
chands et peuple de par deçà d'après une copie qui se trouve 
aux Archives ; ceUe pièce a été communiquée par Te Water^ IV. 
3o5« 



Aux Sengneurs et noblesse assemblée à 
S*. Tron. 

Les marchands et le commun ne scauroyent asses 
remenâer vos Seigneuries de ce que depuis quelque 
moys en çà, considérant TintoUéitiblejoug de l'Inquisition 
et placcarts, ils se sont délibérés décharger plustost tous 
les mauvais grés sur leur espaules , que d'endurer l'op- 
pression du, peuple par trop assubjetty aux inquisiteurs 
et leurs commis. Toutesfois les dit remonstrans consi- 
dérons que l'ouverture leur estoyt jà fucte^ ils n'ont trou- 
vé par conseils de s'arrester à la porte', ains de passer* 
plus avant ^ si que dequis ung moys ou environ ils se sont 
assemblés publicquement pour satisfaire à leur conscience 
et à l'ardeur et zèle du peuple, lequel il estoyt impossible 



— 160 — 

• 

i56& de le plus contenir. Or daultantqulUappercoyy^it aases 
J^QîUet- que par divers moyens on tâche de dbsiper et rompre 
l'adyancenKnt de la prédication de l'Erangile y désjà fort 
engravée au coeur du peuple et que les magistrats sont 
totallement contraires , ils ont despuis considéré où ils 
pourroyent avoir refuge après la confiance quils ont eu 
en Dieu touchant Tequité de leur cause, sy que jettans 
loeil dung costé et de Faultre^ils ne voyent de toutes 
parts que menaces et menées secrètes pour dissiper le 
troupeau du Seigneur. Vous aultres doncques, Mes- 
sieurs , estes ceulx sur lesquels ils ont loeil fiché' et des- 
quels ils implorent non seulement la faveur, mais aussi 
Vassistence au besoing,teIlemen qu*ils ont conceus ceste 
bonne et sainte espérance de vos Seigneuries, qu'elles 
n endureront en façon que ce soyt , que tort ou violence leur 
soyt faicte pour lexercice de la religion Evangélique. Ils 
supplient doncques très humblement au nom de Dieu, qu'il 
plaise à vos Seigneuries les prendre soubs vostre protec- 
tion , les défendans contre tous leurs ennemys à ce qu'aul- 
cungs empêchement ne leur soyeni donnés pour l'exer- 
cice de la dite religion , et pour leur donner plus grande 
asseurance de vostre bonne volonté envers le pais , à la 
conservation de la paiz et repos publicq, que certains 
nobles soyent députés pour chascun quartier , affin de 
pourvoir aux troubles apparentes, jusques à ce que il y 
soyt aultrement pourveu par les estats-généraulx, légi- 
timement assemblés. Que faisant, les dits remonstrans 
seront obligés déplus en plus prier Dieu pour votre pros- 
périté, ensamble employer corps et biens pour conserver 
le pais en repos , et ferez bien. 

> fixé. 



— 161 — 

La réponse y communiquée aussi par Te fFattry /. /. est publiée i566. 
ici d'après TorigiDal et avec les signatures. Juillet, 

Il est résolu parles Seigneurs députez (i), quon asseure- 
ra le peuple que Ton neluy fera aulcung tort ou violence- 
pour le fait de la religion , jusques à ce que par les es- 
tatz-généraux rassamblez «en soit aultrement ordonné : à 
condition que le dit peuple se conduise modestement 
se submectant entièrement à la résolution des ditzestatz- 
généraux comme la noblesse ichy assamblée. 

Charles de Levin (2). H. de Brederode. 

GniLiiAME DE Berghe. Louis de Nassau. 

6. DE MoifTEGlVT. 



? 


Jan d*Estour[mel.' 


Florent de Pallant. 


1 




J. DE MONTEGNT. 


3 

H 




Jean de Marnix. 


< 


Charles le Revel. 


Francots de Haeften (3). 


ai 


Philippe de Marrats , 


Florent deBoetzbler et d*Aspren. 


H 


S. DE LOTERVAL. 




? 




Bernart de Mbrodb. 


H 

M 


Bbrnart de Malbergh. 


Martin de Tserclabs. 


91 

• 




De Houchin. 



(i) On trouve ici les noms de tous ceux qui , avec le Comte Louis , 
furent députés vers Madame : Eustache de Fiennes^ Ch, le Revel ^ 
B, de Mérode , Ch, de van der Noot, G, de Montegnyy M, TserclaeSy 
Ph, V. r/. Meeren, Ph, de Marbays, /. de Montegny^ CK deLevin, Fr, 
de Haeften et/, le Sauvaige, Peut-être les Seigneur3 députez de cette 
liste sont les nobles députez pour chascun quartier. Voyez p. 160. 

(a) De Levin, «Seigneur de Famars, qui , par ses talens militai* 
res et politiques , rendit des services fort importans aux Provin- 
ces-Unies. Te fFater^ IL 495. 

(3) Fr. de Haeften, l /. IL /»^6. 
9 II 



-. I(>:2 — 

i:\66. Jan i.E Sauvaigf. 

lililM. A. DR BEllGVEd (l). HenÉ DE ReNESSE (2). 

Bouton (3). 
j. d. van «en bourch. (^h. de van der (4) noot 

[P. MA.RMBR.] 
CORNILLE DE GhISTELLE. 

Albrecht van HticnTENBRoui:(r>). J. D. Rbnesse (6). 

[J.] Snoet (7) 
Jehan de Casembrot, 
• S. DE Bacqufrzet.e. Eustachb de Fïennes. 



Celte réponse ne paroît pas &voîr entièrement rassuré et satis- 
fait les pétitionnaires. A la suite de délibérations ultérieures , ils 
proposèrent quelques points sur lesquels ils desiroient avoir une 
réponse précise. Voilà ce qui résulte du document suivant, Mémoi- 
re très curieux , qui semble être écrit de la main du Comte Louis 
de Nassau. La requête de ceux de la religion est probablement la 
même que celle des marchons et du commun. « Ecne Requeste in 
V den naeme van de Cooplieden, Borghers ende Inwoonders van 
» don Lande die van de Religie waeren» » V» ffesembeeck^ p. i'i3. 

(i) ^. de Berlues, .Seigneur de Dolhain. Te WaHer^ IL ao5. 
{%) A. c. HuckUnbrùuc, Gentilhomme d*Utrecbt. /. /. IL 3 19. 

(3) Bouton, Apparemment fils de Claude Bouton , Seigneur de 
Corbaron. /. /. IL 3a 4. 

(4) De van der N, Chez Hopper^ Mém, p« loa , il y a Ch. van 
der N, , mais dans le Manuscrit de cet ouvrage à la Bibliothèque 
Royale Ck, de van </. N. 

(5) /?. de Ren, Fils de Jean de Renease et d'Elisabeth de Nassau , 
fille légitimée du Comte Henri de Nassau. /. /. III. a58. 

(6) /. />. B. Fils de Gérard de Renessc. /. /. III. aSÔ. 

. (7) /. Snoey. Apparemment J. Sonoy; /. /. III. 3i3. —Sur plu- 
sieurs autres signataires voyez ci -dessus , p. 57-64. 



~ 163 — 

Mbmoirb de ce qu'il semble qu'on pourroît i56& 
respondre à ceulx de la religion , mes- JuUl«|* 
mement des points qu'on aurast à huider ' 
à l'assamblée. 

Ceulx de la religion désirent scayoir, voire estre asseu- 
rés des gentishomes confédérés: 

I. En premier lieu s'ils les veulent maintenir en la 
liberté delà religion qu'ils appellent reformée, oojne 
ils sontapprins par la paroUede Dieu et selon qu'elle 
ast esté exhibée par les Eglises de par deçà à Sa 
Ma»^., l'an 6a (i). 

a. Qu'ils entendent que les singneurs et gentishomes 
confédérés entretiendront et feront entretenir tant 
qu'en eulx serast, touts et chascungdes privilèges et 
immunités du païs , tant à l'endroit de la dite relir 
gion qu'en touts aultres points. 

3. Que les dits confédérés voulussiont soubsingner la 
requeste (a) par eulx présentée aulx magistrats , k 



(i) L^an 6a. «c Omtreot desen tydt (i56ti) heeft Guido de Bre« 
y met hulpe van Saravia^ Modet, Wingen, en Doch een of hiree 
» aDdre Leeraeren eeq boeksken îd 't Wabch of Fransch ingestelt , 
» dat daernae in 't Nederlandsch gebraight wierdt, onder desen 
» titely Bekentenùse qf befydenisse des Gehofst*» Brandt, Hist^ d, 
H^. I. a53, 

(a) BequesU. « Eo ceste même saisop (le a juillet) fut^ par ceoi^ 
» de la Religion réformée à Anvers y des deux langues Françoise et 
• Tudesque , adressée une requeste aux MaisU*es des quartiers , 
» pour la présenter de leur part , comme il fut fait , au Ma^istmt e^ 
» superinleodenfl de la ville* » Le Petit ^ p. m,'* 

» yi4er (?). 



— 1«4 - 

1 566. condition toutesfois là où qu ils trouvassent aulcune 

Jaillct chose que ne estimassent estre convenable, ny per- 

tinent, que cela se pourroit changer, supplians ceulx 
(le la religion de vouloir laisser la soubstance en 
leur entier aultant que possible serast. 

4. Qu'il leur plaise de donner asseurancepar serement' 
aulx Députés du peuple, de n'attenter jamais riens 
que ce qui pourrast servir pour la conservation 
de Testât publique des subjects de Sa M*^ au Païs- 
bas et pour la liberté de lexercice publique de la 
religion, sans prendre resguard à leur particaiier 
en quelque façon que ce soit , et qu'en cas qu'entre 
eulx quelqu'ung voulsist soubs ce prétext pourvoire 
en son particulier, que les députés et tout le peuple 
seront libres de leur cousté, sans aulcuns obligation 
aultre qui pourroit estre fondée sur ce faict présent 
ou alliance, comme aussi réciproquement le peuple 
ou leur députés pour eulx s'obligeront par serrement ' 
ou par escript , de n'attenter riens de leur cousté 
qui pourroit troubler le repos publique , ains qu'ils 
se submesteront en tout ce qui concerne la défence 
de leur religion, corps et biens, à ce que les dit 
gentishommes par l'advis de leur conseil adviseront 
estre expédient et nécessaire. 

5. Que se dénommeront six gentishomes par Mous' 
de Bréderode et le Conte Louys de Nassau pour 
leur conseil, ausquels seront adjoints six de la part 
du peuple , soint marchnns ou aultres , selon qu'ils 
seront ordonné par ceulx de l'église réformée, de 
ladvis commun desquels les deulx singneurs susdit 

' serment. 



— 165 — 

s^aideront entouttes affiiires de conséquence, sans i566. 
riens attenter de ce qui concerne touts en général Juilleu 
sans leur adyeu et consentement. 

Quaibt au premier point semble que nous les debvrions 
promestre suivant ce que les avons par cj devant (i) 
asseurés, assçavoir que nous emplierons touts les moiens 
que Dieu nous donneras^ corps et biens pour tout le 
peuple de pardecà maintenir en liberté de l'exercice des 
deulx religions, come delà confession d'Augspourg et delà ' 
religion réformée, tant et si longuement que Sa Ma*' en 
aurast aultrement ordonnée par Fadvis et consentement 
des estats-pénéraulx de ces Païs-bas, ausquelles ordon- 
nances ceulx des deulx religions susdictes se submetteront, 
comme nous avons faicts et faisons par cestes. 

Que n'entendons contrevenir, diminuer ou violer aul- 
cungs privilèges des provinces de ces Païs-Bas , ains les en- 
tretiendrons et ferons entretenir, aultant que nous serast 
possible, en touts et quels points qu'il pourrast concerner. 

Que sommes contants de singner la requeste par 
oeulx de la religion présentée, moienant que nous la 
porons changer ainsi que serast trouvé convenable par 
oonunun advis des députés des gentishomes confédérés , 
bien entendu qu'on laisserast la substance en leur ^itier 
aultant que faire se pourrast. 

Que promesterônt par serrement ou leur signature 
manuel de ne riens attenter de ce qui pourroit tendre 
au déservice de Sa Ma^ , perturbation du repos et bien 
publique des pais et subjects de Sa dite iii* de par deçà 

(i) Çy devant. Ceci se rapporte à la réponse ci-dessus. 

' 1. r. r. Ici ilja une raian. li j- at'oU auparavant loi de CaWin. 



i566 et pour empêcher Texercice des deulx religions susdits^ 
lalUet si par Sa Ma*' ne fust aultrement ordonné avecques com' 
niun advis et consentement des estats genéraulx, sans 
prendre aulcung esguard à nostre particulier ; et qu en 
cas que pourroit conster que aulcung de nous vouldroil 
pourvoire à son particulier sur ce prétext , que le peuple 
sérast alors déchargé de toutes ses obligations qui pour- 
riont estre fondées sur ce faict présent ou auicungne al-* 
liance* 

Que sommes contents qu'on y ifteste tel conseil et ordre 
comme on trouverast par commung -advis estre le plus 
expédient pour l'adTancement des affaires publiques, 
sans l'advis duquel conseil ne ferons aulcune chose d^im-* 
portancCi 

Réciproquement trouions nous estre asseurés du com^* 
mung peuple et leur députés, que eidx ne prétenderont 
soubs ombre de la liberté de Texercice de religion , de 
vouloir estre désobéissans à leur Roy et Prince naturel , 
moins traicter ou practiquer aulcune chose qui pourroit 
tendre à son déservice et diminution de son auctorité, 
semblablement qu*ils n'attenteront aulcune chose par 
où que la tranquillité , repos et paix publique pourroit 
estre perturbée, et le respect qu'ils doivent à leur magis^ 
trat esire diminué , ains qu'ils se submetteront aulx conN> 
mandements et ordonnances tant de Sa Ma*^ que aukres 
magistrats par ioelle leur ordonnés, moiennant que ce 
ne soit chose par où leur conscience pourroit estre 
intéressée et se régleront en tout ce qui conoemeraat la 
défence de la libellé de leur religion, selon Tadvis et conk 
mandement de nous et de leurs députés nous adjoincts 
pour conseil y tant et si longuement que par Sa Ma'* soit 



~ 167 — 

hur icelie libeiiê aultrement ordoQiiec pur advis etc. 1 566. 
nelon lesquels ung chascuDg se réglerast. Juillet. 



Quel que puisse avoir été le résultat de ce Mémoire, il est cei-lairi 
i|ue les Confédérés prirent le peuple , les Luthériens et les Cal- 
vinistes, sous leur protection j ils donnèrent rassorance qu'il ne 
seroU fait aucune violence pour le fait de la rdigion ; démarche 
bien hardie et très inconsidérée. £n outre on prit des mesures pour 
opposer , le cas échéant , la force à la force. Il y a donc lieu 
de a'étonner que Jf. BUderdyk ait écrit. « Waartoe hier btôloten en 
» of er îets besloten 2ij geworden , is onzeker. De Spaanscheu 

• wiUeo dat faet besluit was volk te werven om zich tegen des 

• Konings krachtige maatregelen , zoo hij ze doorzelten mocht , 

• met geweld te kanten, en dat zy den Onroomschen die hunne 
» bescherming verzochten, die beloofden. Het laatste is weJ 
» waarschijnlijk, maar het cerste ongeloofbaar, naar de twij* 
» félmoadigheid , waarin zij verzonken waren » schoon er zeker- 

• Hjk in die bijeenkoroat wel quaestie van geweest zal zijn.» YI. 
6o. Et Mn de Beau/brt (Lei»en van Willem /,) va encore plus loin. 
« Yiglius verhaelt dat sy voorstelden de nootzaekelykheit om geld 
» op te brengen om den oorlog daarmede te kunnen voeren.., doch 
» van die voorstellingen b niet gebleken , en uyt de onderhandeling 
« van de Edele met den Prins van Oranje en den Graef van Eg.- 
» mont blykt het tegendeel. » I. 47B. Malgré ces assertions si po- 
sîtiveSi la protection promise est un fait constaté, et la résolu- 
tion d« lefer des troupes est également avérée II est vrai que 
Strada écrit : « Nunciatur Gheusios circiter duo millia conven> 
» taros Trudonopolim . . . deliberaturos an arma suscepturi sint , 
» animato ubique populo. De cunnisfaUo nunciatum est. » I. ^44* 
Mais ceci se rapporte à une prise d*armes immédiate. Les Con- 
fédérés ne firent pas mystère de leur résolution» disant ouvertement 
à la Gouvernante. « Nous avons été contraints chercbei les moyens 

• de faire amis en certain Paya pour nous en servir et aydei en cas 

• qu'on voulut procéder allencontre de nous et les subjects et vas- 



— 168 — 

l566. * MuiL du Roy plus avant par voye de fait, et noo à autre fin. » 
Juillet. Le Petit y Chronique de Hollande^ p. loga. £t invités par la Du^ 
chesse à s'expliquer encore plus clairement , ils ajodtèrenL « Ce 
» n'est sinon en ce Pays ici et en Allemagne. » /. /. p. 1 1 4b- 



La pièce suivante adressée, à ce qu'il paroit, par le Prince d'O- 
range au Comte de Bréderode, contient quelques avis et exhorta- 
tions tendant à prévenir les inconvéniens qui pourroieot résulter 
de l'assemblée. Il est difficile d'en fixer précisément la date. Elle 
est postérieure aux promesses des Cx>nfédérés à ceux de la reli- 
gion. Peut-être ce Mémoire a t'il été remis au Comte soit à la 
conférence de DufTel , qui eut lieu le 18 juillet, soit du moins 
peu après. La réponse qu* on fera à Madame est la réponse à ce 
qu'elle leur avott fait notifier par le Prince et par le Comte d'£g- 
mont [Te Waterl. Sgi,) et l'envoi de députés à Madame eut aussi 
lieu quelques jours plus tard. — Le Prince prévoyoit le cas où 
il ne pourroit de nouveau quitter Anvers et en effet le Comte d'Eg- 
mont revint à DufTel sans lui. 



Mémoire. 

Que Monseig' le Comte tienne la main que ceulx de 
rassemblée ne facent nul désordre dont leur réputation 
pourroyt estre diminuée, et qu'en traictant les afiaires on 
use de bon ordre et gravité. 

Qu'en cas que Monseigneur le Prince ne pourroyt par- 
tir d'Anvers , il donne ordre que les dits gentilzhommes 
puissent traicter avec Monsr. d'Egmont ou aultre Sei- 
gneurs et que sur tout ce fusse Monsr. le duc d'Arscot , 
sans venir en la ville d'Anvers , pour le bruict qu'il pour- 
ra faire et mettre les choses eu désordre. 



— 169 — 

Qu on regarde que les députez qullz envoûteront à Ma- i566. 
dame, puissiont avoir telle charge, qu'ils n'eussiont pic* Juillet 
ques ou menaces, ains telle modestie et eourtoysie que ne 
puissent^enaigrir le faict. Et que le semblable ils iacent 
sur Tinsrrurtion que Mons^ d'Egmont pourra proposer. 

Que les ungs désirent merveilleusement que Mons' de 
Bréderode puisse retourner en ceste ville en l'absence 
de Monseign' , mais les aultres ne le désirent nullement , 
donnant à entendre qu'en cas qu'il vienne , ils se retire- 
ront trestouts ' • Et semble à Monseig*^ que ne conviendra 
aulcunement qu'il revienne, cependant que Son Ex- 
cell** sera là. Parquoy ayant achevé icy, trouve bon que 
Monsr. le Comte destourne sen eux , affin qu'il ne re- 
vienne. Mais bien que luy mesrae viene seul avec la 
moindre compaignie, pour avertir* désordre, comme sera 
adverty plus particulièrement. 

Que mons' le Comte envoyé copie de la responce 
qu'on faira à Madame comme de soy mesme , et si mande* 
ra Monseig^ le Prince son advis , comme son Exe. a des- 
à declairé à Monsr. de firéderode et quelques ungs de 
ses gentilzhommes. 

Que Monseign*^ a entendu des estranges propos d'aul- 
cungs des gentilzhommes et bien contraire de leur reques* 
te , à cause de quoy sera nécessaire , que Mons. le Comte 
prenne garde qu'il ne sorte hors de la dite Requeste, car 
tout le malfaict d'eulx tombera sur luy et leur Timpote- 
rast-on à grande legiereté. 

Que Monseign*^ trouve les Calvinistes bien eschaufïes 
et voyt encores bien peu de remède pour les induire à 

* Uni5 stiiitf cX4H:ption {ad uiutm onvhes). '' ôvilcr, détourner favetifre)» 



-- 170 — 

t566. quelque bon moyen , que Son Excell''* craint que sera à 
Juillet la fin la destruction, non seulement de oeste ville, mais 
de tout ce pais en général , et ce que les faict estre ainsi 
présumptieux ne procède sinon soubs l'ayde et assistence 
de ces gentilshommes, lesquels, comme Son Excell^ a 
entendu, ont donné grand espoir et promesses de ne les 
jamais abandonner, que semble toutesfois estre entière- 
ment contraire à leur Requeste , et trouve Son Ëxcell^, en- 
cores que le Roy voulsusse parmettre Texercice de la Re- 
ligion, selon la Confession Augustane, que les aultres 
n'en seroyent contents de cela , mais vouldront avoir égli- 
ses à leur opinion. 

Que Son Excell"^ trouve ceulx de la confession Augus- 
tane fort gens de bien et paisibles et nullement enclins à 
sédition ou désobéissance et fort contraires à ceste façon 
des Calvinistes. 

Considérés toutes ces choses que Monsr. le Comte 
prenne peine de négotier tellement avec les gentilshom- 
mes , qu* au lieu de penser faire le service du pais , ne 
soyent cause de là perdition dlceluy , ce que luy revien- 
droyt à perpétuel deshonneur et chaîne. 



Il paroitbien que le Prioce n'avoit pas une haute opinion de Tu- 
semblée. Ce qu*à Duffel il dit au nom de U Duchesse, savoir qu'il 
n'y avoitpas de raisons valables pour se réunir de nouveau et que la 
Gouvernante avoit beaucoup fait pour leur donner satisfaction , 
étoit probablement assez en accord avec sa propre n^anière de voir. 
C'est dont une remarque très peu fondée de M. de Bettufort fLe^^n 
«*. WiUem /, L Và\.J a Die redenen waren buyten twyfel seer bc- 



— 171 — 

^ drleglyk, àt PriAs en de Graef van EcpBoot sprMkeii «lleen uyt i566. 
k iMem en uyt last van bel Uof , en bet i» bier wel te vermoedeo Juillet 
» dat de Prins een dubbele roi speelde. • D'abord , puisque le 
PrÎDce agissoit par ordre et même d'après une Instructiou écrite 
(Te JFateTy I. Sgi)^ il n'est pas nécessaire de supposer de la du- 
plicité; en outre il y avoit, d'après les convictions du Prince , 
beaucoap de vrai daoa la réprimande que la Ducbesse faisoit 
donner aux Confédérés» 



LETTRE GLXTII. 

Le Comte Jean au Comté Louù de Nassau. Il se Jait scru- 
pule denifoyer le Comte Henri dans les Pays-Bas. 



Wolgeporner freundtlicher lieber Bruder ..«••• Un-^ 
sem bnider Graff Heinrich hab ich biszdahin wie auck 
tioch nicht konnen hinaben scbicken , ausz ursacb das ich 
tiach itziger gelegenhailt unserer saebetl , niemandts zu 
bekommeti weisz den man ihnen beiden y dem von Hanau 
tind unserm bruder , zuordnen kontte (i) und , dweil un- 
sere scbwestern, wie ich ausz E. L. schreiben Terstanden , 
uuhmehr ufF der weg nach hier zu sein > kan ich nit woU 
bey mir finden , wie man unserm bruder fuglich ohne 
groase geschrey , konne hinab brengen. Ist derwege mein 
fireandtliche bitt , EL L. wollen meiner frauw mutt«r und 
mir gerathen sein , wes man sich mit unserm bruder hal- 
ten solle. Es haben meine frauw mutter und ich grosse 
vorsorg das man unsers bruders zu sehen begere > gesche- 
he etwan mehr , das mao inen der mesz und sonsten an- 

*- ■* i 11 -1 ■ ■■ ■ 11. ■■■■■ — j- 

fi) Ko/ute' Voyez p. 114* 



— 172 — 

i566. derer abgotterey mehr halben versucheu woile , aU das 
Jnittet. man ime ge]^ zu geben oder sonsten bejfurderung zu thmi 
geneigt seie, und do nnser hruder ufF ein ungewisses hin- 
ab ziehen solte, were meines erachtens besser, das man 
ihiien hiraben gelassen , den unkosten gespartt und ihnen 
seine studia , dar innen er Gott lob ein zdttlatig zimlich 
und woU forttgefaren batt, continuiren lassen batte, als 
das er etwan hinab ziehen und allerley gescbrej und 
^iM/7icibnej^verursachen und erregen mocht • . . • • Datum 
Dillenburg in eill den iS*'" Julij Ânno 66. 

E. L. 

Dienstwillig treuwer bruder, 

JoBAN Graff zu Nassau w. 

Dem wolgebornoeou Ludwigeo, Grafen 
zu INassauw Catzcnellenbogen , ,etc. 



LETTRE GLXYIII. 

Le Comte de Hoogstraten au Comte Louis de Nassau^ 
Sur les mesures du Duc Eric. 



%* Le Comte de Hoogstraten étoit fort zélé contre rioqaisif ion. 
D'après p. d. Haer il étoit personnellement attaché au Prince, et 
durant les demiei's mois cet attachement 8*étoit encore accru. 
« Hoochstratanus Orangio perquam familiariter utebatur : in ejas 
» itaque gratiam multa Hoochstratanus in Senatu liberius dicere , 
)» quam ferre Parmensis facile posset; laudare eam hominis fortitu- 
» dinem Orangius , caeterique multis eum offidis sermonibusque 
» tantum non in coelum extollere, cresccre indeHoochstratano pro 
» patria , pro amicis decerlandi cupiditas, Parmensi saepe refraga* 



— 173 — 

» ri , simalutcs nuUo in se metu UbcDter siiscipere : quod cerle eo i566. 

» trîstîiu virîs bonis accidebaty qaod Religîonis Catholicae per- Juillet. 

» quam studiosus , Orangii consilia non tam judicio quam amicitia 

» sequi diceretun » De imt, tum, p. a a a. Mais le G)nite lui'méroe 

dans sa Défense dit : « Combien qu'aions tousjours porté au Prince 

» singnlicre affection , comme aussi ont fait la plus part des Seig- 

« neurs des Pays-Bas, toutesfois il n'estoit en lui^ ni autre qui 

» vive, nous faire oublier les devoirs et obligation que devons au 

» Roy . . . pour seconder y favoriser ou promouvoir quelque rebel- 

» lion. » Bor^ I. Auth, St. 27.*^ 



Moùsieur. Ghejourdhuy avons oiiyseures nouyelles 
que le duc Erich , Monsieur d'Arenberghe et le S' de 
Megfae avoyont demandé passaigeà Deventer^ Swolet 
Gampen et au Swarten-Sluis pour enbarquer quelques 
gens Ters Amsterdam, et que le dit de Megheauroit depei- 
sché Anderlec en poste vers Madame pour luy advertir 
de tout; qui le poldroit déyaliser en chemin pourdécou* 
Yiir ce qu'i porte, nous y reviendroit fort à notre advan- 
taige , et qui vouldroit donner une bastonnade à son mai- 
tre, y aueroit à mon advis, bon moyen, par advertir 
Monseigneur le Duc de Jueliers, qui doibt avoir dict aul- 
tre fois à table à Bruxelles que sy son Ezc^ ne luy faisoit 
raison , qu'i se le feroit bien , en luy mestant un [chapion ' ] 
en gage lorsqu'il seroit àla chasse mal accompaigné« J'eus- 
se escript tout ce que dessus à Monsieur le Prinche, 
mais scaychant lesenpechements quil at, n'ay ausé* , par 
quoy vous plaisiast luy communicquer avecg mes très 
humbles recommandations en sa bonne grâce , et l'oufifire 
de mon perpétuel service. De Yiane , ce ao de juillet 
i566. 

' dMmpioD (?). « OM (?). 



— 174 — 

\S66, Le dit Anderlec doibt aussy avoir tenu propos à Âm- 
Juillet hem que , sy luj avoit quelchun quy voulusse estre bien 
traicté , que luy avoit bon moyen desous le dit duc Erich , 
tellement quil est par tout faisant des bons offices. Ceulx 
d'Utrechl ont eus les meismes nouvelles touchant les pas- 
saiges et ont dépeischez vers Deventer, comme ay faict 
pareillement. Ce que poldray descouvrir, ne fiiuldrey 
vous fin faire part. Datum ut supra. De par 

Vostre meilleur frère et serviteur à james , 

AWTHOINB DB LaLàING, 

A Monsieur , Monsieur 
le Conte T^uis de ï^assaw. 



Le Mémoire qui sait, écrit extrêmement à U hâte, piobahie» 
ment par un homme en qui le Prince mettoit beaucoup de confîan* 
ce et qu'il envoyoit au Comte Louis, montre , comme aussi la lettre 
169, que le Prince, bien que désapprouvant plusieurs mesures 
des Confédérés, ajçissoit cependant, quant à la levée de troupes, 
aiseï de concert avec les principaux d*entre eux. Leur coopération 
étoit nécessaire, afin de se procurer les* sommes considérables 
dont on avoit besoin. II est très remarquable et presque certain 
(voyez p. 169) que le Prince a revu et adouci la réponse à la 
Gouvernante , et peut-être que cette réponse ainsi modifiée (comme 
auparavant la requête, voyez p. 4^) est V écrit dicté par Son Ex" 
éêtience. 

Dans cette réponse te trouve aossi le passef^e suivant « Pour ce 
» que ces Seigneurs, assavoir M. le Prince d*Oran|se, M. le Conte 
» d*£gmoot et M. TAdmiral , ont le plus entendu de noz affaires, 
» depuis nostre requeste présentée , avec lesquels il nous faudra 
» traitter encore de plusieurs choses qui nous pourroyent servir, 
» supplions y, A. leur commander qu'ils nous veuillent doresnavaot 



— 175 — 

» assister de leur conseil et nous prendre en protection. Et que le i566« 

M commandement que Y. A. leur fera soit teletsi souffisamment au- Juillet. 

*> torizé qu'ils puissent absolutement pourvoir et donner ordre à 

» tout ce qui touche la garde et conservation du Pays, tant dedans 

» que dehors . • . £t sachans que Y. A. ne le peut faire que par 

» proyîsion, supplions qu'au même instant , il plaise à icelledespe- 

» cher Courier exprès vers le Roy : afin qu'il plaise à S. M. faire le 

» mesme commandement... en attendant que par le consentement 

)» et résolution des Etats-Généraux S. IW. en ait autrement ordon- 

» né. » Le Petit, 109.** Ce triumvirat ne pouvoit guères convenir 

su Roi. » Censuit triumvlratum nuUo modo concedendum ob cau- 

• sas plurimas ac evîdentissimas , et quas Amplitudinem vestram 

» non dubito perse satts perspicere. » Happer ad VigL 99. 



Mbmoyris de ce qpej'ay à dire de la part de 
Monseig.' le Prince à Monseign/ le Comte. 

Comme Monseigr. a veu par les lettres du Landgraye , 
la levée que faict le Duc Erich, ce que luj semble chose 
la où il fauldra prendre bon regard , car ne faict doubte 
quesiyiendratpar deçà, ce sera pour luy et la compangnie 
detouts gentilshommes, et qui a esté cause sonExcell*^ a 
enroyé le Secrétaire alemand à Monsr. de Egmont , que 
si ainsi fiist , ce serait une grande defidence du Roy et 
Madame de nous aultres. Et que le secrétaire debvoyt 
dire à Monsr. d'Egmont bien ouvertement , que pour 
que la chose alloyt ainsi , que de la part de son Excell"* a 
desjà adverty les amys d'icelle, af&n que si le duc Erich 
se voulsusse encheminer de se faire [art eux] pour faire 
ce que trouveroyent convenir pour la seurté de son Ex- 
cell*" et ses amys, comme ne faict doubte qu'ils le feront, 



— 176 - 

i566. et que son Excell"* fait tout cecy à propos, pour auttaut 
' Juillet, qu'en la dite lettre du Landgraye' de Jorge vanHolle (i), 
et venant cela à cognoissance de Madame que elle ne pense 
pour qu*on la je voulu faire en cachet , si non de le luy 
dire ouvertement. Néantmoins semble à S. Exc*^ que 
quant à eulx(2), qu'ils doibvent mettre ordre en leur affai- 
res j mais point de refuser d'accepter ce que monsr. d'Eg- 
mont at faict avec eulx , [soubs] l'escript que mons.' de 
Bréderode luy aura monstre estant dicté de son Excell"*, 
lequel ores qu'il estoyt ung petit hors de ce qu'il savoient 
résolu, néantmoins que ce estoyt la mesme substan- 
ce, mais plus courtoise et point si aigre'. Et désirent 
mêmement que ces presches puissiont rester pour quelque 
jours icy , et disent ouvertement n'avoyr la Confession de 
Auguste, parquoy sera bon de tenir la main pour oster la 
confiance qu'ils ont des nobles, comme Son Excell** a dict 
à ces nobles. 



Touchant le troussement de cesluy la qui scayt , sem- 
ble que n'en pourroyt venir' nul mal , moyennant que 
fusse faict secrètement-^ car aultrementTEmpire pourroyt 
estre offensé et sur ce prétexte l'Empereur nous pourra 
faire beaucoup d'empêchement et acquérerions tousjours 
des ennemys plus en plus, ce que luy semble qu'on doib- 
ve éviter. 



(i) Fon Holle. Ceci se rapporte apparemment à la lettre 164. 
(a) Eulx, Apparemment les Confédérés. 

' On aura ouhUi ici quelques mots , U est fait mention At , ou quelque chosa 

de semblable. 
* Apparemment il jr a ici uns lacune , peut^tre assez conâdérahle. Les 
mots suivans se trouvent sur une autre page. 



— 177 — 

Or que son ExceK se doubte encoures que la d^ levée i566. 
ne nous touchera, si non le Duc de Saxe Electeur. Mais JuiRet. 
ayant failly l'entreprinse pourrion bien , comme gens 
ehassës et bannis de rEmpire:(i), se présenter au service 
du Roy , nostre maistre, quand sa M^ sera résolu de vetiir 
pardeçà. Quant à l'argent trouve bon de escrire en toute 
diligence à Jotge van HoUe par paîge exprès et de ceste 
mons.' envoyera expressément deux ou troys pour enten- 
dre le tout , affin que ne soyons surprins. 

Qu'on puisse envoyer quelq'ung pour scavoir la copie 
de la capitulation. 

Quant aux affaires de ceste ville, son Exe"* a faict 
assembler toute la commune , laquelle le trouve fort bien, 
affectionnée au bien d'icelle et on trouve fort bon mon (2) 
mis en avant, asscavoir les estats-généraulx , remettant 
au surplus quanta la seurté d'icelle à moy, m'offrant 
corps et bien. Sur quoy suis empêché à cest heure de le 
fiiire et l'envoyeray par le premier et l'espère que se sera 
à contentement de trestous^ 



(i) V Empire, Ceci à sans doute rapport aux adhérens de 
Grambach : voyez Tom. I. p. 175. Le Prince quelque temps plus 
tard desiroit beaucoup les prendre à son service. 

(2) Mon, Qui est ce moy ? Peut-être l'écrivain a>t-il jette en hâte 
les paroles que le Prince lui avoit dites , sur le papier. 

a '13 



178 — 



LETTRE CLXIX. 



Le Comte Louis de Ncissau au Prince W Orange, Sur les 
mauvaises dispositions de la Gouvernante et ta néceS' 
site de se prémunir par des levées en Allemagne. 



1 5 66. *j^ La date de cette lettre montre que les députés f nreat admis mm 
Juillet. P^lc 29 juillet {Te fTaierh 898) , mais le 26, couformément au 
témoignage de Sirada , I. 245. 

Burgundus racontp aussi que la Gouvernante répugnoît à les 
recevoir. « Praesentiam eorum aversata: quare, inquit, Auria- 
i» cum et Egmondanum non conveniunt? . . Hi se ad Guber- 
9 Qtirioem missos dicebant . . . oonciliiim rursus evocandum fore , 
» si persereraret ipsos excludere. His relatis ad memoriam ooncîUi 
» exhomiit. » p. 178. Mais il est mal informé quand il lyoute: 
n Gubematrix ad simulationem comparaverat vultum , contuma- 
ces irritare verita duriorî supercilio. d p. 182. 

L'assemblée de St. Tron se sépara : à la fin de juillet M. de 
Bréderode étoitde retour à Vianen (Voyei la lettre X73)« Un'j 
a donc pas lieu de soupçonner les députés de mauvaise £ûS, paro^ 
qu'ils déclarèrent à la Gouvernante que la réunion étoit dissoute. 
Te iTater , L 898. D'ailleurs S. A« étoit trop bien informée pour 
qu*on eut tâché de lui en imposer de la sorte. 



Monsr. Son Alt. après avoir faicte grande difficulté de 
nous ouir, en ast esté enfin contente ^ que fissions nos- 
tre rapport au Conseil d*estat, mais bien à son grand re- 
gret, et de faict s'est mise en une telle colère contre nous, 
qu'elle a pensé crever; tout ainsi, quant elle nous fict 
la responce sur nostre réplique (i) de l'apostille qu'elle 
nous avoit donnée sur nostre requeste , par où qu'elle 

démonstre asses quelle bone affection qu* elle nous porte, 

- 

(i) n, réplique. Voyez p. 88. 



— 179 — 

▼oire tout au contraire de ce que moDsr. d'Ëgmont a vou- 1 566. 
lu persuader à nous aultres (l'j. Je me doubte que la re- JaîHeu 
sponce serast du mesme, après laquelle ne tarderai pas 
umg heures en ceste Tille. Car il fault certainement re- 
guarder à nous affaires, puisque la bone dame prendt 
ceste pressante , je vous asseure que le dedans ne vault 
riens. Nous avons arestés icy entre nous , à yostre cor- 
rection toutesfois, de tenir quatre mille chevaulx noir 
hamois et quarante enseingnes des piétons enwartgeli et 
si longuement que nous avons résolution de Sa M^. , et 
come il est question de donner quelque bon ordre , ay 
bien voulu envoier le présent porteur , officier nostre en 
la ville de Siegen , pour vous communiquer tout ce que 
mon frère trouve estre nécessaire en ce faict icy, et aussi 
affin qu'on ne dépende trop pour ces mille chevaulx, puis- 
que mon frère le Conte Jehann les lève, desquoy la 
compaignie se pouroit resentir quant on viendroit aulx 
contes ; de Taultre cousté fault il reguarder que nous 
aîons des gens de bien et dé sorte, affin que par le moien 
de ceulx cy vous vous en pourries servir en particulier. 
Mons/ Tadniiral (a)est delà mesme opinion, qykon s*asseu- 
red un bon nombre des gens de cheval en ce quartier là. Il 
ne reste sinon de scavoir au nom de qui on les pourroit 
lever toutz ces gens , et me semble qu on pourroit tenir le 

(i) Jultres. Le Comte avoit peut-être cru lui-même que laGou- 
Temante étoit dans de bonnes dispositions ; \\ se fioit quelquefois 
im peu trop à de belles paroles. 

(a) tAdmiraL Le Comte de Homes s'étoit retiré à Weert; 
d'ailleurs le Prince ne paroit pas avoir eu coutume de s'informer 
particulièrement de son opinion. Il s'a|;it probablement ici de 
l'Amiral de Coligny : le Comte Louis avoit , surtout maintenant , 
beaucoup d'intelligences avec les François. Voyez, la lettre 176. 



— 180 — 

i566. niesme pied, corne il est escrit en la lettre que le Lant- 
Juillet, grav vous ast dernièrement escript , et scay bien qu'ils 
se contenteront et de moins, puisque ce sont gens de nos- 
tre cognoissance. Quanta IWgent me semble qu'on pour- 
roit faire ung change jusques à dix ou douze mille florins 
à Goulonie*. Au surplus nous nous remettons à ce qu'il 
TOUS plairast ordonner pour cestui-cy , aflEin qu il retourne 
incontinent vers mon frère. Sur ce vous baise les mains. 
De Bruxelles ce mardy [26 juillet] Anno 66. 

Vostre très obéissant frère prest à vous faire service , 

Loifis DE Nassau. 

A Monseigneur Monseigneur le 
Prince d'Orange , Comte de Nassau. 



* LETTRE CLXX. 

Le Prince cT Orange à . (i). Sur V état dcui' 

gereux des Pays-Bas et particulièrement d^ Anvers, 



%^ Les prêches furent inUroduits dans les Pays-Bas par des pré- 
dicateurs François , à l'exemple de ce qui avoit lieu depuis quel- 
ques années dans leur patrie. En 1 56 1 Zan^ue^ décrit ainsi le 
commencement de ces assemblées. « Calendis hujus mensis uostri 
i> primum prodierunt in publicum, et sunt concionati ac Sacra- 

» menta administràrunt Erat ex aula signifîcatum , si conve- 

» nirent non plures quam ducenti , Regem hoc toleraturum. Con- 
» venimus igitur non ducenti aut trecenti , «ed duo, tria, et inter- 
» dum novem aut decem millia : hodie vero existimo non paucîores 
» quindecim mîllibus interfui^se concionî . . . . Hi publici conven- 

(x) À . . . . Apparemment au Comte de Schwartzbourg, 

' Cologne. 



— 181 — 

M tus fiufit exU*a urbem et diebns profeslts laotum , ad vitandas i566« 

» sttlitîones , quod si dîebus festis fièrent , concnrret infinîta mul- Juillet. 

» titudo opificum et aliorum tenuionini homioum. Cum cooveni- 

» mus , recipiuotur mulîeres in médium* Ipsas mulieres undique 

» cingunt viri pedites, qui et ipsi cinguntur ab equitibus. Interea 

» Yero dum habetur concio, équités et pedites praefecti^ urbb ar- 

» mati occupant vicina loca, et si quem videant insultantem, aut 

k se petulanter gerentem eum coercent , et diligentissime 

m cavent ne quis tumultus exoriatur. Sub finem concionis coUigun- 
» tur eleemosinae, quae statim distribuuntur in pauperes, qui 
» magno numéro occurruot. Hi vero conveotus plerumque fiunt 
■ sub dio; nam , cum templis careamus , non facile possumus inve- 
V nire aedificium capax tantae multitudinis, Sed fiunt alii clandes- 
• tÎDÎ in variis locis urbis, ad quos confluunt , qui adhuc noiunt 
« publiée înnotescere. » EpisL seor^ II, i55. 



Unser freundtlîch dienst und wasz wir niehr liebs 
und gutts yermùgen allzeit ziivor^ wollgeborner freundt- 
licher lieber Schwager undt Bruder, Es wundertuns 
gantz sehr und groszlich dasz wir nuhn in zwéien monat- 
ten yon E. L, khaîn schreiben entpfangen haben , so 
habenwir auch sunstetvon Euer Liebenichts eigentliches 
Temhommen das wir hetten abnhemen konnen wie es 
umb K L. und Iren zustandt gelegen were ; bitten der- 
wegent gantz freundlich E. L. woilen unser nit so 
gahryergeszen, sondern uns bissweilen mit Iren schreiben 
haimbsuchen und uns verstendigen laszen wie es dersel- 
ben ahn leibs gesundtheit und sunstet allenthalben erge- 
het. Dan da es E. L. nacb allem Iren willen zustunde , 
das gonten wir derselben getreulichen gerne utid thaten 
uns deszen von herzen erfreuen. 



~ 182 — 

i566. Wir und unsere freuRdtliche liebe Gemahl , sampi 
Jaillet. unserm Bruder Ludwigen und Schwestem , auch andem 
unsern guten herren undt freunden diszer orts, seindt 
nochGott lob bey zimblicber leidlicher gesundheit. Sunst 
seint die hendell und leuffde in diszen landen noch zur 
zeitt so seltsamb und gefehrlich das wir nit ersehen kôn* 
nen was sie vor einen ausgang gewinnen werden; dan es 
stehen allenthalben diesze lande durch und durch Predi- 
canten uff und gewînnen einen groszen zulaufTyon volck. 
Alhier zu AntorfF haben sie drey predicanten, zwen 
Niederlander und einen Welscben , die predigen etwan 
ein vierthaill meill wegs auszerhalb der Sudt u£f einem 
sehr schonen und [grûhnen] wasenn ' , undkommenwoU 
£u gemeinen tagen mehr als zwantzig oder dreissig thau- 
sent per&onen in die predigt^darunderauchyillgerûster 
man seint , mit langen und kurtzen rohren und knebell- 
spieszen. Wie das nuhn der Kon. Matt. zue Hispaniên 
gefallen wirdet , das geben wir E. L. zu bedencken. 

Unser gnedige frauw die Hertzogin zue Parma Regen- 
'tin bat uns anhero ghen Antorff abgefertigt dasz wir 
dieszen neurungen und andern weitterungen , so villeicht 
darauszendtstehen môchten^ mit gutemrath und beschai* 
denheit vorkhommen solten, Nuhn hatten wir s albereîtz 
so weit befûrdert das mehr als die helft zu hausz soit 
pleiben und nicht in die predigt kommen sein, und were 
also zu hoffen geweszen das sich die yersamblung mit der 
zeitt gar zertrennet und verloren bette. In deme so 
kompt ein geschrey ausz, das der droszart in Brabandt 
etliche Knecht abnnehme und wolte sie also unyersehens 



— 183 — 

und unbewert Ton irem platz abtreiben lassen ( i ) » claraura 1 56d. 
dan dasz yolck sovil desto mehr zusamen gelauffen und Juillet 
sîch vil mehr mit rustungen ergroszert und beszer verse- 
henhatt. Und ob schon derdrossart sichentschuldîgt und 
antzaigt das er etliche angenhommen hab diejenigen 
zu strafFen so yergangener zeit misbruchen , und mit den 
predigten nit zu tbun haben , so wiil im doch das gemein 
volck nit trawen noch glauben , und lauffen je lengder je 
mehr und gerûster zusamen y das wir , wie yorbemelt , 
nicht woll wiszen konnen was noch zu letzen darausz 
werden wûrdet. 

£s ist auch sunstet alhier ein bestendiges gemein ge- 
schrey gewesen, das Hertzog Erichzu Braunschweigh et- 
liche reutter und knechte ahnnhemen lasz und sie wieder 
diesze lande gebrauchen wolle , und wiewoU das ge- 
mein Tolck vieil darvon sagt.und es auch vor glaubwûr- 
dig hait, so konnen wir s doch nit glauben , hoffen auch 
es werde nichts daran sein und mûszen s also der zeitt 
beuelhen. 

Sonst wiszen ¥rir E. L. dismals besonders nichts zu 
schreiben ; was sich aber weitters zutragen und wir her- 

(i) Las%en. CeUe terreur panique eut lieu le 19 juillet ifor.L 
80/ A la Cour on donnoit au- Prince des éloges dont, sous quel- 
ques rapports , on peut admettre la sincérité. Le a 4 et le 29 juillet 
d'Assonville écrivoit fProcès dEgnu II. 364.) au Comte de Hor- 
nes. « M. le Prince travaille beaucoup à pacifier les affaires à An- 
» vers. Et Ton voit les bons offices qu'il y a faicts .... S'il y peult 
B réprimer les presches et tumultes , en quoi il s'emploie de tout 
«» son pouvoir, ... il fait ung fort grand et notable service au 
9 Roy et à la Patrie. Le dict Seigneur est fort dextre à manier 
B grands affaires. » En effet \ 



^ 184 — 

l566. nachmals Ternheinen werden , das wollen wir £. L. je^ 
Juîlkt. derzeitt freundlichen geme ipitthailen und bicten E^ L. 
diewoUe sich kegent uns auch aiso yerhalten; hiermit 
wollen yrir E. L. Gott dem Almechtigen in gesund^ 
beît lange zeit zu erhaUen bevelhen, Datum AntorfiT ahm 
*7^- Julij A^, 66, 

E.L. 

Dienstwilliger Brader y 

WlLUlBJM PrINTZ zu IJAAIfléN^ 



LETTRE CXiXXI. 



Le Comte de Hoogstraten au Comte Louis de Nassau^ 



Monsieur. Soaychez que suis esté ces jours plus mort 
que vif, me trouvant avecq ung tas des bourreaux , enne- 
mis de Dieu et des Geux , quy at esté cause que me suis 
hier transporté icy, où le grant geu (i) at faict ce mira- 
cle de me faire resusciter, ayant parnostre communicqua- 
tion descouvert la vérité des bruicts qui courent du Duc 
Erich. . . {pi) Sur ce, Monsieur , vous baise les mains cent 



(i) ^ grant Geu» Apparennnent Bréderode^ 

(a) Erich» ... Le Comte ne s'explique pas davantage ; aeule^ 
ment il lyoute quelques menaces contre le Duc La lettre suivaatif 
woqtre quelle étoit cette découverte, 



^ 185 — 

mille fois, vous offrant mon senriœ et ung ntiterdeinst 1S66L 
De Viene ce 2g® de juillet i566. Juillet. 

Votre meilleur frère et vray amy Geu 
à vous faire tout service , 

Ah THOXNE PB Lalaxng^ 

A Monsieur Monsieur 
le Comte Lowis de Nassaw, 



LETTRE CLXXII. 

l^ Cotnie H^ de Bréderode au Comte Louis de Nassau^ 
Sur les intelligences du Duc Eric de Brunswick avec 
les Comtes de Megen et dJremberg, 



Monsieur mon frère. Je n'ey voussu délesser tous aTer-« 
tyr commant le bon Mons,' d'Arenberge et Megen sont 
esté jusque à cest heure à Deventere, afflatant' tous les 
pryncypauls de la yylle par leurs fayre bonne cherre et 
dons de chevauls , avecque mylle caresses, desquelles on 
ne les ast veu onques acooustumé, et de nos bons amys 
estyment que tout at esté , affyn que il ne trouvassent 
estrange que sy Ion passoyt quelque jans par le pont du 
dyct lieu , que ce nestoyt pour les of&indre, ayns que 
cestoyt pour conserver le pays du Roy contre les Frans* 
sois , lesquels avyont quelque antreprynse secrète sur le» 
pays de par dessa. Scachant iceuls que telles et sambla,* 
blés paroUes ce sont passée , n'on voussu délesser devra]» 

■ eu flAUani. 



— 186 — 

1 566. m*an ayertyr , estyman t entre eus que c estoyt méchanseté , 
Juillet et ayant antandu du [hoilt] ou assamblë de Hertych Eryck^ 
estyment que c*est pour icelluy de quy il désyrent le pa- 
sage. Je vous an lesse à pansser ce quy an est. Le dyct 
Mons/ de Megen revynt de Deventer lundy passé et par- 
ty le landemeyn y quy fîist le mardy , fesant samblant d'al- 
ler à la chasse, s*an allyct à ungne meson, nommé Optlo ' 
auprès d'Apledoren ', où le Ducque EryckTest venu trou- 
ver et sont ancor pour ce jourduy par anssamble. Tej 
jecté ung synquante chevauls bons hommes pour des- 
couyryr ce quyl ce pourrat. Des premyères avertances 
que j'orey , an seres de jour an aultre averty , ce que 
vous prye pareyllement ne fayllyr de vostre costé. Les 
bateauls que il ast fayct fayre , j*an suys averty certeyne- 
ment, et les ast fayct fayre en manyère de scau% que Ton 
apelle icy an Hollande, large au deus bous, vrey bateauls 
pour passer jandarmerye, connue feu l'Empereur les avoyot 
touryoor d'amonytyon pour passer jandarmeryes oa feyre 
pontons, Jevous supplye que avysyons tanpre et deure^ 
à nostre fayct : car de vouUoyr tout ce submectre au dys- 
cours de reson et ne poyntcomprandre que seus ^ que vous 
saves sont conduyct d ung désespoyr démesuré, Ton nous 
pouroyct tacher de néglygence ou byen de grande ing* 
Dorante présumtyon de n'avoyr fayct conte de nostre 
anemys, ayant eu le tamps d'y rémédyer et de nous an 
avoyr sy très peu soucyé. Touchant à moy je me rapor-^ 
terey toute ma vye atout ce que vous, mons/ mon frère, 
et tous vous aultres mes syngneurs et confrère me vol- 
dres commander; la demyère gouste de mon sanque an 
rendrat le témonnage tant que Tamme me basterast au 

» (iphet too. * Ap«ldoorii. * «cfcouw. ■* tendre ft dur (?) ^ ceux. 



— 187 — 

corps. Me recommandant homblement à yostre bonne i566. 
grâce, prye le Créateur tous donner, mons' mon frère InîUet. 

an sancté bonne vye et longue. De Vyanne ce de 

juillet i566. 

Vostrededyé frère et vrye amys, senryteur 
jusque à la mort, 

H. DB BaBnsBonB. 

Tescryps à mons/ d'Egmont que luy feres part 
de ceste, je tous prye le fayre , anssamble à nos 
confrères ,afiyn que Toyent que je rent tout devoyr, 
comme je randerye tant que je vyre , aTecque mes 
humbles recommandations à leur bonne grâce, et 
Tyre le geus au depyt des anvyeus! 

A Mons.' mon frère, Monsienr 
le Conte Loays de Nassaw. 



I4ETTRE cLXxni. 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de 
Nassau. Sur le même sujet. 



Mons/ mon frère. J*ey ce jourduy repceu certaynes 
nourelles qu^ le Duc Eryck, Mons/ de Megen, Arem- 
berge ont demandé au bourgemestres de Deventer, 
Campe , StoU et à chesqun d'eus an particulyer , voyr sy 



— 188 — 

i566. Ton estoyt délyberë àe fayre passer quelques pyétons et 
Jaillec. jandarmeryepar là, sy leur bourgoys et la commune ce 
deffyryont ' de quelque chose, leur asseurant que ce ne 
seroyctan manyèr du monde pour les fouller' , ny fayre 
tort d*ung seuil lyart , et que il peryont ' de byen bonne 
monoye et à denyers contaiipt par tout là où il passeryont; 
mes des bourgemestres n'ont esté d'avys que leur bour- 
goysye et commune ce contanteryont , vue que le Roy 
n'a ny guère contre Françoy , ny Angles, et ne pouront 
pansser que ce soyt pour aultre efïiect que pour leur 
donner ungne [baste], comme il an sont desgàasses abreu- 
Té| mes que toutefois il antandryont au myeus quy pou*- 
ryon de la comnmne , ce que il an vouldryont dyre, de ce 
que les dys Syngneurs leurs an ont fort requys , leur 
promectant mont et merveylle , et cecy je le tyens de Ben- 
ne, bourgemeslre de Nymmege, lequell Tastdung syen 
beau-frère, bourgemestre de Derenter , duquell Benne il 
desyryoDt avoyr son avys. Le dyct Benne me l'ast mandé 
dyre par ung bon soldat capytayne, nomme Geert yan 
Gleve. Le dyct Geert van Cleve estant an aryère du Duq 
Eryck d'ungne bone somme de son voyage de Munstre, 
on luy ast fayot ofïre de luy donner bon trectement de 
la part du Duque Eryck , et que le tout luy seroyct contante 
pour ce servyr de luy de consseyll de guerre. Le dyct 
Geert ast respondu , que il ne le tronpryont ^ plus. Mons.' 
mon frère , mons."* d'Ostrate vous escrypt le surplus de 
mes advertyssemens. Je ne fauldrey vous avertyr d'eur an 
aultre tout ce que pourey descouvryr, vous asseurant 
que ne repose nuyct ny jour , pour' mestre jans an camr 

' déficroient. ** Fouler {opprimer) ou fouiller {piller). ^ pajrroiept 

^ trompcitMent 



— 189 — 

pagne dung costé etdaultre. Le Ducq Eryck partat de- i566. 
vaut hyer de Optlo et s'en allast vers son pays, Monsr. de Joillet. 
Megen revynt hyeràErnem et monsr. d'Arenberge à Vol- 
lenoven. Voyllà la séparatyon , le gran dyable après se- 
royct ungne belle chasse; cest aultre chose toutesfols que 
la séparatyon des apostres , car il tandyont ' i byen et ce 
messyeurs à toute méchancesté. Je suis fort estoné n*avoyr 
ancor repceu aulqunes de vos nouvelles. Je vous prye me 
fayre part de ce que il ce passe et ce que vous antandes 
que je doyve fayre. Devant ma venu losyo' estoyt eschapé) 
sy aultrement, il m*eust cousté la.vyeou je le vous eu ren- 
du .... et sur ce me recommande humblement à vostre 
bone grâce, pryant le Créateur vous donner, monsr. 
mon frère, an sancté , bone vye et longue. De Vyanen ce 
3o"* jour de juillet i566. 

Mon frère, haston nous, ou Ton nous hasterat. . 

Vostre dedyé frère et vrey amys à vous servyi" 

jusque à la mort, 



H. DE Brbdbrods. 



A MoDS.' mon frère , Mous.' 
le G>nte Louis de Nassauw , 
Le geux. 



* tendoicat. « Toiseau (?). 



— 190 



LETTRE €LXXIY. 

•J* Le Roi cC Espagne à son Parlement de Bourgogne. Il 
Vexhx>rte a se tenir en garde contre les menées des hé- 
rétiques. 



i566. 



*y* Il est assez curieux que déjà dans cet acte il est fait meution 
de la Duchesse de Parme et du Seigneur de Vergy (« Provinciae 
Juillet. , Yicegubemator » : Burgundus , p. ^79), mais nullement du Prince 
d'Orange, à qui le Gourernement de la Bourgogne étoit depuis long- 
temps confié (Voyez Vol. I. p. 54). Le Roi , sous prétexte que le 
Prince étoit absent, desiroit Técarler entièrement. Il s'exprime d'une 
manière plus positive dans une lettre à la Gouvernante écrite d'Espa- 
gne le a6 mars i567 , donc avant le départ du Prince pour l'Ai- 
lemagne. « Je tiens que le S.*" de Vergy , à qui j'ay commis le Gou- 
» vemement de Bourgogne en absence du Prince d'Oranges , ne 
k correspond à personne en absence dudici Prince, sinon qn*aTee 
» vous... Que le dict S/ de Vergy ne se laisse i^iuer de personne... 
» de qui que ce soit. » Procès tTEgm, II. $48. — Cette lettre est 
jsans doute une traduction. 



lieben getrewen. Wiewohl wir wissen dasz es nicht 
Tonnoten euch deren dinge so euch bevolhen seindt , 
noch vieil weniger an unsere alte religion die wir (wie 
euch bewust) so tief im hertzen haben , zu erinnem , je- 
doch weill unsere GrafFschafft Burgundt mitt einer gantz 
gefâhrlichen nacbbarschafft umbringet ist, zudem esz 
sich auch vor weniger zeitt angefangen , dasz die sachen 
in unsem Nidderlânden durchausz nicht so woldl alsz 
wir gem woltten , Ton stadt gehenn , welchesz bey unsz 
einén argwann machett, das ohne zweifTel diejehnigen 
so sichzur falschen religion biikennen, underm schein 



— 191 — 

derseUbigen^ allenthalben wo sie konneni irem yerkerten i566* 

bosen sinne nach ufruhr zu erwecken , «ich understehen Juillet. 

werden ; so haben wir nicht underlassen konnen euch 

diesser dinge , dasz die aUo in warheit sein » zu berichten, 

imd derhalben berelch zu thun^ uff dasz ir ewer sacben 

achttung und. darauff ein auge bapt^ das ir allen Tor- 

stehenden prackticken , so zuw grossem nachtbeill Gotts 

und unserer dienstè , zu schaden unserer Lehnmanne und 

underthanen , yerfûhrung desz armen einfeltigen volcks , 

verlierung irer sehien und zu endtlicben irem yerderben 

und undergang sicb durcb versamblung einesz yolcks zu- 

tragenmochten y begegoet, und dié undertrucket, und inn 

allemmitt unserer Scbwester, der Herzogin yon Parma , 

Regentin undGuyernantin in unsern Nidderlanden^desz- 

gleicben aucb mitt dem Hem yon Vergy , Guyemantom , 

gedaditter unserer Graffscbafit, correspondenteii balttet ; 

welcbem Guyemantori wir auch scbreibeui das er sicb 

j^n eucb gleicber gestaldt baltten soUe, uff das also 

durcb die gemeioe bandt desto bessere ordnung gemachft 

werden muege, woUen wir mittler zeitt^dieweill wir in 

unsern Nidderianden solcben dingen ob sein werden, 

welcbes in kurtzen (wie wir boflPen) gesobeben wirdet, 

nehr bey die bandt konunen y und alszdan in allem mass 

und ordnung geben. Unserer Herr Gott wolie ewik, lieben 

getreuwen , in seinem scbûtz balten. Zu Bois de Sagoyia 

den letzten julij i566u 



— 192 -^ 



LETTRE CLXXY. 

Le Comte de Bréderode au Comte Louis de Nassau. Siu^ 
la défection du Comte Charles de Mansfeldt^ 



l566. V ^ Comte Charles céda probablement à l'influence de son 
Août, V^^> peut-être aussi au désir de conserver les bonnes grâces du 
Roi. L'assemblée de St. Tron fut pour plusieurs une raison ou on 
prétexte pour se détacher du Compromis. Le a juin Bréderode , 
qui ne paroit pas avoir été doué d'une perspicacité fort extraordi- 
naire, nommoit encore le Comte le powre Code (voyez p» 127) « 
d'une manière tout autrement affectueuse que maintenant le hom 
Charles, 



MoDftr. mon frère. Je tous anvoy deus lettres de mon 
nepveu de Mansfelt, que j'ey repceu à ungne mesme 
heure, anoor que elles soyent de dyrersses dates et an 
dyrersselyeu. Jeles ey repceu aussy nouvelles' escryptes 
et de mesme ancre* , d*ungne mesme plumme et séché du 
mesme sablon et d*ung mesme papyer , desorte que je ne 
doubte que elle ce reprocheront l'ung à Faultre ryens de 
▼yellesse. Il fayct mail clocher devant ung boyteus. Je luy 
eu byen randu la responce que il méryte, mes comme 
ce n'est mon fayct partycuUyer, n*ey vouslu dellesser 
vous anvoyer ses lettres , par où verres ce que il ce passe 
et poures conyecturer la grande anvye que ont quelquns 
dejecter leurs venyn et doù est procédé ce que Ton 

' nonveUement. * encre. 



— 193 — 

avoyct dyct de nous aultres, que beaucoup des nostres i566. 
estyont d'yntenty on s'en retyrer auprisme ' * Toyé d'où oecy Août 
procède. Je tous prye me ranvoyer lesdyctes lettres, ^ns- 
sambleyostre avys et de nos amys , que à cecy y soyt pro- 
cédé de bonne façon. Vous saves cornant le bon Cbarlles 
à Breda m'estoyt pressant , lorsque nous nous deryons 
trouver à Bruxelles. Et sur ce tous bese les meyns , pryant 
le Gréateurvous donner, monsr. mon frère, an sancté, 
bonne ^vye et longue. De Vyanen , ce premyer jour de 
aoust i566. 

Tey ary ère certaynes nouvelles que le Duq Eryck 
a fayct recognestre , par auprès de Svartsleus et 
Harderwyck , pour voyre où il pouro^ myeus an- 
barquer jans. Montres ung peu toute mes aver- • 

tance à nos confrères. 

Yostre du tout dedyé firère à vous servyr à james , 

H. BB Brbdbrode. 

A Monsienr mon frère^ monsieur 
le Conte Louys de Nassau. 



' an premier jonr. 

i3 



— 194 



LETTRE CliXXVI. 

Le Comte H. de BréJerode au Comte Louis de Nassau, Sur 
le Duc Eric de Bnmswick et les Comtes de Megen et 
ftj^renberg. 



i566. Monsr. mon frère. J'ey de recheff à la mesme heure 
Août, repceu certaynes nouvelles d*ung myen jantyllomme , que 
j'ey anvoyé vers Lyngue et les pays là allantour cyrcon- 
voysyns , et m'escrypt comme le Ducq Eryck est aryvé là 
au dyct Lyngue, accopangné du Conte Joste de Chaun- 
bourck" et de Hylmar de Munyckhuysen : ont dyct là que 
ilatant' lesSyngneurs de Mechelenbourch etLunebourch, 
Hylmar de Queren , Frysberger , Aynslach et aultres quy 
s'y doyvent trouver. Les Syngneurs de Megen et Aren- 
berge , après avoyr tenu consseyll avecque le dyct Ducq 
Eryck deus jours d'ung tenant^ ,ce sont retyré, fesant de 
la chatemycte^ , panssant Tavoyr fayct fort dyscrètement 
et secrettement. Le dyct Arenberge est à Lewerde et 
Megen c'est retyré à Ernen , là où il fayct du bon corn- 
pangnon à son acoustumée. J'ey certaynes nouvelles que 
Arenberge a donné cherge à ung capaytayne, nommé 
Splynter , demeurant auprès de Deventer , du nombre 
des ansengnes. Je n'an sey ancor la veryté ; je pansse le 
savoyr ce jourduy , de quoy vous avertyrey incontynant. 
J'antanps que l'on faict dys anssengnes de jans de pyet 
à Herpen. J'ey dépêché an toute dyllygence pour savoyr 

I Joo8t Tan Srlinnwenborg. > attend. 3 de suite. ^ affectant un faux air de 

doiieeur {ctttut mitis). 



. — 195 — 

ce quy an est. Il n y ast jour que monsr. de Megen ne i566. 
dépêche forsse' messagers à chevall vers Lyngue et toutes Aoûr. 
ses lettres adressante au drossart du dyct lieu ; pareylle- 
ment monsr. d'Arenberge et le dyct Duq de l'aultre costé 
ung certayn ofiycié par là^ à quy il dépêche ses lettres. 
Yoyllà conmie il ce chatouylle. Lon ne trouve aultre 
chose par les champs par là, que messagyers. J'espère de 
descouvryr quelque chyffre. Il est aussy certeyn , car je 
les tyens pour certeyns du lyeu où il me vyengnent, que 
le Ducq Eryck ast soUycyté à la vylle de Campe et Swoll, 
de voulloyr prendre son argent , que il avoyct là comp- 
tant y à guarde , et la somme estoyt de quatre cent mylle 
daldres et oultre ce désyroyct que il pouroyct demeurer 
auprès d'eus secrètement , ce que il jonV refiusé tout pla- 
tement. Ung nommé Lynde , quy fust à Saync-Tron nous 
présenter son servyce , duquell je vous parlley deus ou 
trois foys , le dyct Dug l'avoyct là anvoyé , et est de retour 
à Lyngue auprès de luy , lequell vous ast suyyy yous aul- 
très députés jusques an Anvers et ce vast vantant le bon 
Ducq an pleyne table de savoyr tout ce que avons là 
aresté et que tous nous estyons an quell nombre , tant 
de chevauls que cheryos^ et aynssy ce gaudyct*. Il n'est à 
espérer de ses bonnes jans là nuls byen et ey gran peur 
que nous ne nous lessyons mestre des brylles^ sur le né ; 
et sur ce vous besse les meyns, pryant le Créateur vous 
donner, monsr. mon frère, an sancté, bone vye et lon- 
gue. De Vyane , ce premyer jour de aoust i566. 

Je ne sey pansser aussy quelles fassons de fayre non 
acoustumée de fayre fayre ungne monstre généralle par 
tout les pays d'Utrect. Sy vous an savyes quelque chose , 

• force. » lui ont (?). ' chariots. ^ réjouit ^«««/«re;. ^ loncltes (brilUn). 



— 196 — 

t 

i566. m an pouvies byen ayertyr, car ces nouyeaultës me sam- 
Août, blent estrange. Il panssent ce jourdhuy la montre et plu* 
sieurs ont anpresté les armes et [armas] de mes subges' , 
dont j an suys esté fort mary et ne les eussent pas eu , sy 
j'an fusse esté premyèrementaverty. Je tous prie de m an 
mander ce que tous an saves , mes cecy est yrey. 

Vostre dedyé frère à vous servyr à james, 

H. BB Baederodb. 

Monsr. d'Ostrate vous dyrat mervelle du cousin 
de monsr. de Megen Hyll , comant nous sommes 
asseuré de tell gallant ; tout ceus de Fâge de seys* 
ans peuvent passer. 

A Mons/ mon frère, Monsr. 
)e Conte Lots de Nassauw. 



LETTRE CLXXVII. 

Le Prince éC Orange au Comte Louis de Nassau, 

%* Le Comte Louis de Nassau avoit sans doute des intelligences 
avec les principaux Calvinisties François ; voyez Tome L p. 237. On 
crut que des François avoient assisté aux conférences de mars. « Fu- 
» rent présens aulcuns Comtes et Capitaines d'Allemaigne, et (com- 
» me il se disoit) secrètement aussy aulcuns de France. » Hopper^ 
Mém, 68. Ceci cependant est très invraisemblable; car ces confé- 
rences avoient surtout pour but de réunir plus étroitement les 
Seigneurs (voyez p. 41 >) chez qui le souvenir des guerres contre 
la France étoit trop vif pour qu'ib voulussent admettre ces anciens 
ennemis à leurs délibérations. Un passage de la vie de Jurdus fait 
voir la force de ces préventions dans le Comte d'Egmont. « Proba- 
» bant omnes summopere , et afficiebantur boc scriptorum génère : 
» et ipse Comes Egmondanus laudabat , donec me, id est Gallunij 

' sujets. ' seûe. 



— 197 — 

» auclorem esse oo§;Dovi88et. » p. a4a. — Mais à St Tron le Prince i566. 
de Coodé et l'Amiral de Coligny firent déconseiller aux Coofédérés Août, 
tout arrangement avec la Gouvernante , leur promettant de venir 
à leur secours avec quatre mille chevaux. Il est très probable que 
le billet du Prince est relatif à cette offre. Il est à remarquer que 
ce n'est que dans la seconde déclaration des députés , après avoir 
conféré avec le Comte d*£gmoot et les Conseillers de Bruxelles et 
d*Assonville, qu'ils affirment ne pas avoir eu recours aux François. 

Chez les classes inférieures , où le zèle religieux avoit en général 
plus de ferveur et de simplicité^ les antipathies nationales tom- 
bolcnt plus facilement devant Tunité de la Foi. Junius écrit. « Uae- 
» rebat plerisque in animo bellorum adversus Gallos jam olim 
» gestorum recordatio... Quapropter saepe , omissa quavis defen- 
» sione gentis... coactus sum in haec verba erumpere... Rem pro- 
» fecto miraodam... ! non posse tantum apud nos illum sanguinem 
i> Christi, qui mundat nos ab omni peccato , ut ista odia eximat, 
I» et nos compingat in sauclaro Spiritus unitatem! Ita acquiescebant 
» omnes sermonî meo , efficiebatque Dorainus , ut illud malum... 
» patientia et fide superarem. » /. /. a4o. La France eut ainsi, par 
suite du mouvement Chrétien, chose rare ! une heureuse influence 
anr les Pays-Bas. 



Mon frère, Tay songe toutteceste nuît comme vous estîes 
tous des François et n ay sceu sortir de ceste songe jus- 
ques que me suis levé. J'espèr que se serat quelques bons 
novelles qui nous viendront: néanmoings feres bien d'es- 
trc sur vostre garde ; il me samble que toutte la résolution 
dépent delà responce (i) de Madame , parquoy remestray 
le tout pour allors. D'Anvers ce premier d'aoust. 

Guillaume db Nassau. 



(i) Responce. Donc, si Madame n*avoit pas voulu entrer en dé- 
libération ultérieure avec les Députés, on eut peut-être prêté 
l'oreille aux conseik et aux offres du Prince de Condé. 



— 198 — 



LETTRE GLXXYIII. 

Le Comte //. de Bréderode au Comte Louis de Nassau» 
Sur Venrôlement de troupes contre la Confédération, 



1 566. Monsieur mon frère. Je vous ranvoye de recheïF ceste 
Août. 4^6 À la mesme heur Monsieur d*Ostrate et moy sommes 
averty pour tout certeyn par ces perssonnes, et mesm«s 
ne l'ey toussu croyre sans y anvoyer expressément , que 
le tanbouryn sonnyt devant hyer à Ernem^ et sonne jour- 
nellement par le pays de Gueldre, mes seullement corn- 
manssatdevant byer à Ernem où le Duq Eryck vynt trouver 
Monsieur de Megen et incontynant retournât vers Lynge^ et 
ce que le tanbouryn ast publyé est , que perssonne sur pay- 
ne delà vye et de conflyscatyons de ses byen n'eust à servyr 
à perssonne vyvan te que au Duq Eryck , lequel estoyt de la 
part du Roy et voyllà les paroUes an sonunes ' , hyer à Nym- 
mege pareyllement. Il n'est impossible que Ion ne nous 
trayssen* , sellonque je voys vos menées de pardellà. fey 
certayne nouvelles que Monsieur le Duq Eryck et Megen 
estant à table, ce pouvoit parller du Ducq de Clèves^ 
sur quy nous nous apuyons ungne partye, ce dyct Tung 
àlautre. « Il sevent^ byen peu des afifayres; le Duq ne les- 
» serat eschapercest bonne ocasyon que l'on luy ast promys, 
i> de confTyscatyon. » Ungquy estoyt auprès de Monsieur de 
Megen , luy demandât , « Quesse^ à dyre cella que dyct le 

» «Il somme. " trahisse. ' sarent. < Qu'est-ce. 



— 199 — 

» Duq? » — C'est» ce dyct il, « que Ion ast donné la conffjrsca- 1 566. 
« tyoadeterreàMonsieurleDuqdeClèvesetBatenbourch, Août. 
« [tant] à cause de la monoye , comme aussy le Syngneur 
» de Batenbourch c'est oublyé plus que lourdement an 
» beaucoup de chose, comme Ton an cognestrat devant 
» lontanps aultres plusyeurs quy ne se donnent de guarde 
» et panssent estre byen iyn , mes les plus fyn seront pryns 
» à ce jeu icy , pour fyn que il panssent estre et mesmes que 
» il an font proffectyon ' . » — Voicy ungne estrange chose 
quevoyonsdevantnosyeuscequel'on nous prépare et san- 
ble que sommes anchantés' et aveuglés. Sy aultre chose ne 
s'an.veult fayre, je vous supplye et resupplie le me man- 
der affyn que j'avyse à mon partycullyer ce que j'orey de 
fayre, que je cherche quelque but surquoymarester. Tel- 
les et sanblables choses , je vous prye an tayre part à mes 
confrères , affyn que il antandent ce que il ce passe. Je 
suis esté pour vou^ aller trouver an perssonne ; je voy de 
la grande trahyson ou je ne soys homme. A tous ceux 
quy ont passé icy aus pays d'Utrect la montre généralle , 
Ton leur à fayct assavoyr de meyn à meyn le mesme quy 
c est publyé an Gueldre. Je vous anvoye aussy ung byllet 
que Monsieur d'Ostrate m anvoyt à la mesme heure. Je le 
savoye desgà. Je m an suis anquesté et est vrey, je ne 
vous an eusse ryens rescryps , nefust que le byllet et^ venu 
escripvant ceste, car il me sanble que an fayctes toutes 
fryvoUes. Touchant à moy je me passeroys byen de telle 
deduyct, mes puisque an aves plus certaynes nouvelles, 
ce n'est que graster papyer et fayre dépens inutyll , ce que 
me puys asses aperssevoyr sellon les escryps que j'ey rep- 
ceu de vous depuys vostre partemant. Vous besant les 

' profetsion. * enchantés. ^ est. 



— 200 — 

i566. meyns, prye le Créateur vous donner, Monsieur moo 
Août, frère, an sauclé, bonne vye et longue. De Yjane, ce 
deusyemme jour daoust i566. 

Vbfttre du tout dedyé frère à tous serryr à james, 

H. DB Brbdeaode. 

La montre généralle je leur et ' fayot demander à quelle 
ocasyon ; il m*ont donné pour responce , que c'est par le 
commandement de Madame. 

Madame ast mandé lettres jusques au prestes et aus 
chanoynnes, an somme toute jans d'église , de s aseurer 
de gens chesqun sellon leurs puyssance an leurs logys , 
avecque longue et courte armes. Je vous anvoyrey la 
copie de la lettre sy tous TOuUes« Je Fey autantyque. 
Monsieur d'Ostrate à Teu la pryncypalle'. 



Voici le billet autofnipbe du Comte de Hoogstraten dont le 
Comte de Bréderode fait mentioo. 



Monsieur, depuis cestes escripte l'on m'at asseuré [Ga- 
ton] aToir escript à ceulx de Culenbourgh quy fuissiont 
bien sur leur guarde, scaychantà la Térité que le Duq 
Erich et le Conte de Schauenbourghmarchyont et estiont 
forts ensamble. 



' ai. ^ rorigiotl. 



— 201 — 



LETTRE CLXXIX. 



Le Comte //• de Bréderode au Comte Louis de Nassau, tl 
le prie de lui donner plus souvent des nouvelles , et lui 
fait part des menaces contre les Gueux. 



Monsr. mon frère. Je vous anvoye ce myen jantyllom- i566. 
me, porteur de ceste, nomme Lymynge, pour tous dé- Août 
clerer choses quy ne ce lessent escrypre , vous supplyant 
le croyre et aussy y donner tell ordre que trouvères pour 
lefayct convenable, afiyn que l'effect ce puysse effectuer, 
car il nous couple' antyèrement pour beaucoup de resons 
quy ne ce lessent aynsy escrypre , pour estre le chemyn 
et papyer chatouylleus. Vous cognestres à peu près par 
ung b^Uet que vous donnerat ce dyct porteur, là où je 
veuls aller. J'esper que ne vous playndres du devoyr que 
je rens à vous fayre part de toute les avertances que je 
puys, et tenes vous tout asseuré que je ne dormyrey poynt, 
mes je vous prye d'user de la ressyproque. Jeney eu que 
ungne seuUe lettre de vous depuys mon partement de 
Saynt-Tron , desorte que je ne sey le plus souvent que 
dyre à tous nos amys de pardessà; dequoy il ce contan- 
tent byen peu , synon quelques bourdes que je leur in- 
vente que m'aves escrypt pour les contanter , et de cella 
par vostre seuUe paresse an estes occasyon. Et sur ce me 
recomande ung myllion de foys an vostre bonne grâce, 
pryant le Créateur vous donner , monsr. mon frère , an 
sanctë , bonne vye et longue. De Yyanne , ce deusyeme 
jour d'aoust i566. 

' coDTient. 



— 202 — 

i566. Monsr. de Langerak fust hyer icy auprès de moy et 
Août, me dyct avoyr antandu de quelques homme de byen^ le- 
quell avoyct ouy dyre àByllant, que tous cognesses, au 
pleynne table, que il ne quytoyt sa part des conflyca- 
tyons des geus pour dys mille esqus par an , et que son 
mestre, que aussy vous cognesses, avoyct le régystre de 
tous eus avecque leurs adehérens , que l'on avoyct anyoyé 
. au Roy par son comandement , lesquels montyont à la 
somme de sys à sept cent mylle esqus par an. Yoylà leurs 
bonnes devyses de table an commun et du mestre pareyl- 
lement. 

Yostre dedyë frère à james vous fayre servyce y 

H. DB Beboeeodb. 

Fayctes tousyours paît à quelque de nos confrè- 
res de mes besongnes et avertyssemens. 

A Monsieur mon frère , Mons/ 
le Conte Loys de Nassaw. 



LETTRE CLXXX. 

Le Prince fV Orange au Comte Louis de Nassau, 



Mon frère. Je vousamvoie issi plusieurs lettres de 
monsr. de Bréderode (i) qu ay reçu cejourdhuy qui sont 
de grande conséquence, principalement celles de Char- 

(i) Bréderode. Apparemment les lettres 174 , 1^5, 177 , 178. 



— 203 — 

les Mans. ' Les autres faisant mention du Duc Erich sont i566. 
iMen chaudes , toutesfois oelluy qui est venu de Greoi^ Août, 
van Hol dict n'avoir ancores nulle novelles de assamblé. 
Je vous prie me mander ce qu'i veult dire par le billet que 
ce gentilhomme vous doibt monstre ( I ) et me mander com- 
me vostre négociation se port j et sur ce me recommande 
à vostre bonne grâce. d'Anvers ce 3 d'aoust A**. x566. 

Vostre bien bon frère à vous faire service , 

Guillaume de Nassau. 



LETTRE CLXXXI. 

.,^.au Comte Charles de Mansfeldt On V exhorte à ne pas 

se séparer de la Confédération. 



*^ Cette lettre a été écrite, à ce qu'il paroit, au nom des 
Confédérés , pour écarter les prétextes assez insignifianSy sur les- 
quels le Comte vouloit se fonder pour abandonner le Compromis. 
Toutefois cette réponse, quelque victorieuse qu'elle fut, ne chan- 
gea pas une résolution sans doute basée sur de tout autres motifs. 
Voyez p. 19a. 



Mons.' le Conte Charles , mons.' de Bréderode vostre 
oncle nous a envoyez deux de vos lettres j par lesquelles 



(i) Monstre, Voyez p. aoi. 

> MaïufeMt. 



— 204 — 

i566« vous insistez du tout de tous oster de nostre Compromiz, 
Août, pour trois raisons , que nous semble y estre contenues 
et alléguée!. Et pour ce que mons.' de Bréderode n'es- 
time cecy estre de son fiiict particulier, il n*a voulu lais- 
ser nous envoyer voz dites lettrez, affin que puissions sur 
iceUes respondre par commun et meilleur advis. 

Quant au premier poinct que tous amenez^ que aul- 
cuns de nostre Compromis commettent nouveaultez , il 
semble à la compagnie que cela mérite grande et Traye 
probation, pourveu' que nous aultres à qui touche de 
beaucoup , n'avons nulle cognoissance , ayantz rendu 
toute peine de le scaToir et offenser , et n'aTons sceu 
trouTer aulcune adparance sur ce faict, de quoy il sem- 
ble Touldriez charger quelques ungs de la compagnie; 
parquoy tous requérons tous nous en Touloir dénom- 
mer aulcungs si en cognoissez, affin de les faire purger , 
euTers Madame^ comme nous aTOiispromiz présentement 
à son Alteze , tant en général comme en particulier. En se- 
cond lieu, que tous dictes que le Compromiz pour quoy 
il a esté faict et Toccasion en est ostée ; nous ne scaTons 
nulle occasion , pour quoy le Compromiz se doibTC oster, 
pounreu que nous sommez encoires aux mesmes termes 
que nous estions par aTant, et que icelluy Compromiz 
tendant à plusieurs fins n'est limité à nul temps. Quant 
à la difficulté que trouvez de ne pouvoir satisfaire à deux 
obligations, nous semble que le voyage de Hongerie 
que délibérez de faire et le serment que voulez donner 
à l'Empereur , ne sera empescher nullement par le faict 
de nostre Compromiz , mais au contraire le trouvons 

• 

très bon et l'approuvons tous, pour estre ung voyage si 

' fil. 



— 205 — 

louable et de si très bonne entreprisse, et nous assu- i5fi6* 
rons que la distance et longeur du chemin n'empeschera Aa^i. 
que demeurez nostre fidèl confrère et vray amys , comme 
nous tous demeurerons aussy. Âultrement certes , mons.' 
le Conte , la compagnie ne peult comprendre ung tel 
changement , tous prians tous de relire enooires un aiil- 
tre fois nostre Compromis et le visiter de prez , pour 
Toir s'il TOUS est loysibie de en pouToir retirer, et à nous 
de TOUS en absouldre noiis vous declairons firanchement 
ce qu'il nous a semblez. 



LETTRE CLXXXIf. 

Le Comte Louis au Comte Jean de Nassau. RelaWi^e à des 
levées en Allemagne au noYn du Prince d^ Orange et delà 
Noblesse des PayS'Ba^: exposition de tétat critique 
du Pays. 



Mein freundlich dienst und was ich sonst liebs und 
guts vermag jederzeit zuvor , Wolgebomer freundtlicher 
Ueber Bruder. Dem abschied nach wie icb's mit unserm 
Rentmr. Hedericben verlassen , hab ich das gelt nach gele- 
genheit der sachen wie es inder eil aufbrachtworden, 
nach CoUen und daselbst in unsem hoff verordnet, 
werden E. L> dasselb aida zu entpfangen wissen, als nem* 
lich in der summa yon sechs dansent daler, wurdeauff 
eîn pferd sex daler wartgelt kommen und wiewol ich 



-- 206 — 

i566« Yon Hedeiichen gnugsam verstanden wie ciie leatt , so 
Aott ettwan E. L. in bestallung bekomen mocfate, damût 
schwerlich zufrieden sein wurden, so hat michdoch 
bedûncken wollen es seye ehrlichund gnugsam, dan nach 
der handt Georg von Holl audi sein wartgelt anfif seine 
pferdt begert , und fordert'nicht mehr als sex daler au£F 
ein pferdt fiinif wochen lang , und hatt sich sonst ein 
statlicher Westerholdt angd)otten zwey dausent pferd 
auff drey Monat im wartgelt uihb zehen tausent talerza 
halten , wird derhalben E. L. mit den sextausent talern 
so weit reichen als auff diszmal mûglich und die propor- 
tion in der auszteilung halten damach die personen sein 
und ettwan heut morgen môchten zustatten kommen, und 
mit denselben ^handlen auf so lang !Beit als mùchlicli ist, 
mittler zeit mich auch mit erstem wider yerstendigen wie 
aile sachen geschaffen sein. Ich hab mit der Muirz also in 
der eil keinen Wechsel tretfen kônnen, werdenE. L. 
dieselbig annemen wie sie diszmal vorhanden gewesen 
und damit sich behelffen so weit als mûglich, hoffob 
Gott will die sachen soUen hinfurter besser gerichtet 
sein und Ton stat gehen : es ist aber mein rath noch disz- 
mal nit das E. L. yon dem Irem zusetzen, dieweiilsich 
ettwan die leut tewer machen, dann ich yerhoff es solle 
uns an guten leuten nicht fehlen. (E. L. môgen yor gewisz 
halten das derselben aile unkosten so sie in diss^ 
sachen angewent haben odçr anwenden wûrden , gnug- 
sam und alsz baldt ersttatet werden sollen , mogen der- 
halben Heiderichen bevelhen die rechnung darob zu 
halten.)' So diejenigen mit denen E. L. schon in bewer- 
bung stehet , wolten ja wissen wer der feldherr sein 

> La parenthèse est écrite en marge. 



— 207 — 



soHe und wemsie diâien aolten, mogen £. L. den furne- i566. 
mesten anzeigen , es seje mein gn. h. der Printz y eulich. Aoùu 
Stendt und die Ritterschaft dieflzer landen. 

Die ui^ch seye das Kôn. Wûrden auaz Hispamèn, 
dorck erglistigen rath ettlieker geistUchen) disz land hait 
aller seiner freyheiten und loblichen langherbraditeii pri-* 
vilegîen berauben , und sie under dem sebein der Spani- 
schen Inquisition und der Religion in eine unleidlicbe und 
unmenschlicbe dienstbarkeit iresgewissens, irer leib, ehr 
und guter zwingen wolle, danror der Adel erstlich gebe* 
ten und mit sampt ettlicben Stenden angezeigt was 
heraus folgen wirdl, weil aber biszber sie noch kein 
andtwortt haben konnen , hattsich das gemein volck her* 
nach mit gewalt dargegen gesetzt und die ûbung der 
recbten Gottesdiensts eingebracbt, darbej sie steben 
bleiben und sterben woUen , und wo nit Termittelst ett» 
licber Stenden, sonderlicb aber meines gn. bn. Printzen, 
das toIcIl noch biszbieher zurûck gebalten worden , wer 
disz land lang der underst boden zu obrist gangen. So 
hatt aber das volck solch vertrauwen zu hocbgedachtem 
mânem gn. h. Prinzen und der Ritterschalïtt, das sie es 
inen ailes heim gestelt baben^ doch diepredig Gottes 
Worts und der recbten Gottesdienst unverbindert. Also 
dievreil yrir allerley beimlicbe practicken spuren, dar- 
durdi nit allein das volck, sonder auqh insonderheit 
mein gn. herr Printz und die RitterschafTt gemeint wûr- 
den sein, und aber wir keine versicherung von der Herzo* 
gin haben mogen, so haben mein gr. hr. Printz^ die 
Ritterschaift , ettlicbe Stendt und stett, fur gut angesehen 
sich in der zeit zu verseben das sie nicht unversehens 
ûberfallen und unbillicher wisz umb leib, leben^ und gut 



— 206 — 

i566. komen, Solchs mogen E. L. den fornànsten , wo aie es je 
Août, begeren , also entdecken. Wa« witer bey E. L. daroben 
yerleuft, wollet mich jedeneit, glâchwie idi's gegèader- 
selben halten will , yerstendigen. Es woUe auch E. L. ord- 
nung geben das in nehestkomender franckfoiter berbst- 
mesz dem Rentmeister Ton Wittgenstein, HermanPintzem, 
aufF herauszgebuDg meiner handschrifft so er von mir 
hatt, erlegtwerden sexbundert und ettUcb daler, naéh 
kut seiner yerscbreibung welche er mir albie in der eil zu 
underthenigen gefallen gelieben bisz anff gedacbter herbst- 
mesz. Dieweil aber der termin nocb nit verlauffen und er 
seine sacben gericbtet das er dessen gelts zu Franckfort zu 
seinem bebuff wird baben , bab ich im das albie itzund nit 
woIlenauffdringen....Es battun8zHessen(i)dissen beis- 
sen lermenmit HerzogErichen gemacht, welcber nicb gar 
obn isty dan wir gémisse zeitung baben das er mit Spa- 
niêninn beimlicben practiquen stecket , welcbes dan zue 
unserem frommen keiniges wegs gerâcben mag. Es 
virdt nocb eiue barte nusz zue beissen sein, dan der Konig 
will die predigen keiniges wegs gestatten, das Tolck will 
binwidderum darvon nicbt absteben und solte es inen 
den balsz kosten , und zieben aucb an etlicben orten mit 
zwei, drei, aucb yier dansent gerûster man zue predig ; wo 
da nicbt einguet mittel getsoffen wirdt, so wirdt dieszlandt 
einen bartenn unndt scbweren pouff austeben muessen. 

Gott der scbicke ailes. nach seinem ewigen allmecbti- 
gen willen. Es bat mein berr der Printz M. Georgen bisz 
daber ufFgehalten, dweil er inné willensdissergescbwin- 
den leufften balber das scbloss Bueren mit zweien newen 
bolwerck zu beyestigen , versebe micb aber er werde in 

(i) Hessen. Voyez la lettre i64. 



— 209 — 

kûitzen tagen bei £• L. sein, Hiermit thue ich mich der« i ^à6* 
aelbea ganu dienstiichen bevelben. Datum Autorff den ^^^^ 
lo AuguAtAnno i566. 

E. L. 

gehorsamer uûd ganu dieqstwilligesr bruder j 

hmftiQ 6RAV zus Nabsaw. 

E. L. wollen mein grosz bott sein undt dersel- 
ben gemahel meinen dienst vermelden, 

A Mobs/ Mou/ le Conte 
Jeaode Nasaau, à DilleoLoorg. 



LETTBE GI4XXXIII. 

[De Colloguren] à B, de Malberg, Sur le refroidisse* 
ment des Confédérés dans le Luxembourg. 



» * 



De Colloguren nous est inconnu. — L'influence du Comte 
de Mansfeldt , Gouverneur du Luxembourg , avoit fait beaucoup 
de tort à la Confédération dans ces quartiers. Voyez la lettre i63. 



Monseigneur, j*ay receu vos lettres et suis esté fort 
joyeulx des bonnes nouvelles et de FadTancement du 
Règne de Dieu et de son sainct Eyangille , et aussy fort 
maris de ce que n ay peu aller auprès de vostre S^^* Pouir 
nouvelle je vous advertis que pendent nostre voyage de 
S.^ Tron nostre Pharaon ou nostre Pillate dlvoix at estez 
vers la personne <le monseigneur de Mansfeldt et a &ict 
des certaine acusations contre moy, lesquelles je n'ay 
peu encor toutes découvrir 9 toustesfois le dit S/scait bien 
que je suis estez au dit lieu avec vostre S^^ et vous doit 
1 M 



— 210 — 

'i566« ayoir apellé le grand capitaine; il scaît bien aussy que 
Août. f^Qix^ y ayons porté des armes deffencive. Je n ay point en- 
corparlë à luy,niais j'espère y parleravant que partir. Le 
Conte Charle avec tout les aultres d'alantour de Luxem- 
bourg sont fort reffroidy et font courir le bruit que 
l'inquisition et les plaeart nous sont ostë , ce qui est con- 
tre yérité. D'ayantage ils osent bien dire que nions/ de 
Bréderode donne fort le lieu et la yogue aux anabaptistes, 
et osent aussy bien dire qu'il l'est luy mesme ayec le bon 
Conte Loudyic; chose certe qui me desplaict tant, que je 
meurerois bien tost sy il me failloit longuement souffrir 
telles injures. J ay entendu que mons/ de Mansfeldt ne 
yeult plus soufhîr que j'aille en nulle assemblé, craignant 
qu'il n'ait affaire de moy pendant le temps que je poul* 
drois aller ou estre aux assemblé et me le fit hier dire par 
son filz: il m'at faictdire aùssy par son dit filz, qu'il n'ayoit 
donné point de charge au préyost d'Iyoix de faire aulcune 
enqueste contre moy , mais je ne me yeulx tenir en cela , 
car je yeulx parler à luy et luy dire ce que je porte en 
mon coeur* Le dit Pbarao at envoyé quérir nostre curez 
pour scayoir quelque chose de moy et encor de quelque 
de mes bourgoisj mais je scaurais' la yérité ou je ferey 
du mal au dit prestre incontinent mon retour. Il m'at 
dit, quand je luy ay demandé pourquoy il fasoit enques- 
te contre moy, que c'estoyt par ordonnance de mon dit S.' 
deMansfeldt , et pour tant me fault scayoir sy le dit S.' luy 
a donnez ceste charge. Je ne fauldray incontinent mon re- 
tour yous aller trouyer. Jeyous asseure sur mon honeur 
ne fîit estez que ledit Pharao ayec ses satellites, mesadyer- 
saires , eussent peu dire que c'est par leur moyen , j'eusse 



saurai. 



— an - 

ptinê con^de là cottipdgkiie^ (i)mais jattetidray encor i566. 
de le demander; tousjours sy on at affaire de moy, je Août 
m'en yray bien sans congé, et je jure en présence de 
Dieu que je ne feray jamais faulx bond tant que je me 
pouldrays soustenir. Qui sera la fin , où après vous avoir 
présenté mes plus que cordialle et affectionné rescomman- 
dation, je prie le souverain SJ Dieu , Créateur de toutes 
choses y qu'i vous donne ce que plus désiré. De Laigle 
près de Trêves ce xiii.^ d*aoust i566. 

Par vostre très humble et obéissant serviteur y 

[Db GoLLOGURBlf.] 

A Monseigneur Monsieur le Baron de 
Malbergb mon bon S/ et amys où il soitj 



LETTRE GLXXXiy. 

i> Comte Louis au Comte Jean de Nasiau. La crise 
devient de jour en jour plus menaçante. Affaire de 
la Comtesse de Mansfeldt^ 



*/ La Gouvernante a voit promis aux Confédérés de faire venir 
les Chevaliers et Gouverneurs à Bruxelles afin de délibérer sur 
Tétat du pays et en particulier sur Fasscurance demandée par les 
gentiithommes co;{/%i^x (comme écrit la Gouvernante elle-même; 
Gachardy AtuiL B, 4^9)9 ^t on devoit y communiquer aussi la let* 
tre du Roi qu'elle venoit (le 1% août) de recevoir. « Estant Texer- 
» cice de la juridiction épiscopale établie comme de droict appar-» 



(1) Compagnie. Apparemment il faut entendre la compagnie 
d'ordonnance du Comte de Mansfeldt. 



— 212 — 

i566. • lieoty S. M, estoit ooutente que l'autre luquisitioa cesacrolc 
AoAt. » Itco^ qu'ftultre forme de modération des placarts fust oooceue 
» par delà » • . • authorisant en oultre la Duchesse de donner grâce 
» et pardon .... tout cela à condition que Son Alteze soit préalla- 
i> blement asieurée par les Seigneurs que moyennant Vacoord des 
» dicts trois poincts, iceux seront contens .... Et quant au surpins 
«que soient ostées toutes lignes, confédérations, assemblées , 
» presches, scandales. » Hopper, Menu p. 89. Ces concessions 
éloient fort grandes , mais venoient trop tard. Quand on gouverne 
à distance un pays en fermentation, presque toutes les mesures 
deviennent des anachronismes politiques. 

Plusieurs écrivains catholiques ont donné à entendre que peut- 
être le Prince d*Orange et que très probablement le Comte Louis 
de Nassau avoiei»t favorisé l'entreprise des iconoclastes : Pontut 
Heuterus cité par Te Water^ I. 38 1'; Strada^ L a6i ; Hopper^ 
Mém, 95 , 98 , 99. Quelques historiens protestans , en repoussant 
l'accusation contre le Prince , ont exprimé des doutes quant à la 
participation du Comte: Wagenaar^Vf. 181; Te JTater, I. 38o; 
Bilderdyky L L VI. 63. Mais aussi à son égard c'étoient là d'injus- 
tes soupçons: de nombreux indices le feront voir. Ainsi, par exem- 
ple, dans cette lettre on remarque combien ilcraignoit que le peuple 
ne se portât à quelques excès. On voit aussi qu'il n'étoit pas calvinis- 
te, comme on a ordinairement supposé, et on oe sauroît mécoo- 
noitre l'influence du Calvinisme sur les iconoclastes. Voyez p. 219. 



Mein gantz willigen dienst zuvor , wolgepomer , 
freunJtlicher, lieber brueder. Ich versehe mich E. L. 
werden nwnmehr die sex tausent thaler entpfangen ha- 
ben, damit sie denn Rittmeistern undtanderen, so sie 
ettwan besprochen haben mo^en , glauben halten kon- 
nen. Stelle keinen zweivel sie werden mit den sex dalem 
uff das pferd vor ffmfF oder sex wochen gar wol zufrie*- 
den sein , undt konnen £. L. , wo mann die leuth noch 
langer inn bestallung halten wûrde , iren schaden y mô- 



— 213 — 

fies erachtens , leichtlich undt mit gaeten fuegen heraiu- i566. 
ser reissen , auch unsere diener und undersassen hierin- Août, 
nen yor anderen befurderen , dann es moines bedûnckens 
zum ufiziehen yor dem anderen Jar nicht kommen wirt. 
E. L. woUen mich doch allen bescheidt wissen lassen , 
damit ich denn handell hier damach zue richten wrsse, 
dann es ailes durch meinehendemuesz ; kann alsoe E. L. 
undt unserergeselschafft dienen undt gnug thuen. Damit 
auch K L. allerlei zeitungen , was yon Hertzog Ehriehen 
undt anderen mag auszgekundtschafft werden , so yiel 
do besser erfahren mogen , wil ich sie gant^ ireundtlich 
gepeten haben, sie wolle aile die schreiben so Ir an 
mich haltendt zue kommen, erbrechen, undtnach yer- 
lesung^sie mir yertrewiichen ûbersenden. So mogen sie 
auch sehen ob die sachen , danron etwann meldung ge- 
scheên mag, wichtig undt eilendt sein. Es ziehen'nehest 
kommen den montag die Herren aile nach Briissetl eine 
résolution zue nemen , wasz die Hertzoginne unnsz ande- 
ren uff unser yor wenig tagen ùberlieberte supplication 
yor ein antwort geben soUe , ahn welcher antwort , nehist 
Gott, die gantze wolfart aller diesser Niederlande gele- 
gen ist (i). Der Almechtig wolle seinen gottlichen segen 
dartzue yerleien ^ das sie dermassen falle das sie frucht 
schaffen moge, dann uf der einen seiten trachten die 
papisten nach unserem leib und guet, uff der andem 
so ist zue hesorgen dasz der gemein mann under dem 
schein der religion undt des predigens, dermassen den 
zaum nemen wirt, das es entlich zue einer uf&uer gera- 
thenmuesz,dann sie kurtzumb ires kopfe hinausz wol 



(i} Ist, Voyez p. 197, 



~ 214 — 

|566. len, wie dann des gemeinen bùffels geprauch ist und al* 
Août wegen gewesen iat, und dweil ich es taglich mit inen zue 
thuen haben muesz y so ist ahn E. L. meine gantz freundt- 
liche bitt, sie woUen mir doch ein klein und kurtz con- 
siUum von unsern gelerten stellen lassen , ob die under- 
thanen mit guetem gewissen inn einer stadt ode r dorfF 
gegen yerwilligung der hoben undt undem oberkeit 
predigen lassen; nemlicb da mann inen im feldt zue 
predigen keinigen intrag , noch Terhinderung thuet ; item 
da Yon dem gemeinen stenden gescblossen wurde, das 
mann hier zue lande kein exercitium einer andem reli* 
gion dann der papisten, zudassen solte; ob die undeiv 
thanen alsdann mit der predig gleichwql fortfahren mo- 
gen , undt was dergleichen sachen meher sein , dann sie 
mir teglicbs fuerwerffen dasGott meher zue gehorchen 
dann dem menschen; Gott befilet das man Sein Wort 
predigen undt verkûndigen soUe, ergo das man soUe 
uundt musse predigen, auch ob es der obrigkeit gantz 
undt gar zuewidder sey , ja ob man es schon mit dem 
schwert infueren solle. — Was meine schwestern anlanget, 
weiden «e in kurtzen bey meiner schwester von Newenarr 
sein , Terselie mich sie werden es daselbst nicht sonders 
ianck machen. Mit meinem brueder Heintzen weis ich 
warlich nicht wie mann es etwan machen mochte, damit 
er in seinen jungen tagen nicht yerseumet wurde. Ich 
hab mit meinem herren dem Printzen daryon geredet, 
was î. 6. am be&ten dûncket, und seint i. G. der mei- 
nung , das mann noch eine geringe zeit mit im gewartet 
hette, dann so baldt er ufF einedeutsche universitet ge- 
schicktwirdt, wurde er seine geistliche gueter, welche 
in die i5oo fl. jarlichen tragen , gantz uundt zuemal ver* 



— 215 — 

lieren ; demselben aber zuvorkonunen , haben wir e$ dahia iS66. 
gehandlet, das gemelte geistlichegueterGraT Wilhelmen ÂiAu 
Ton Scbauenberg ' ( i ) zuegesteliet werden, so langdas mein 
bruder sie selber bedienen uodt geprauchen wûrde, doch 
solle im Grav Wilbelm den jarlicfaen nutzen darron lib» 
beren' , alszdann mogte niein bruder zîeben wo das er 
wolle. — Es stehet diesser (H*tinrunderbarlich , deim Calri- 
nismiis reisset an allen orten mit gewalt ein, weisz in 
der warheit nicht wie mann inen webren mag ; wo œann 
den gewalt fuer die handt nimpt, so wirt dn grauaam& 
bluelstuertzung darauss ervolgeii undt die ware religion 
wenig gefordertt; soll man sie dann audi also fortfabren 
lassen, so werden sie nicht allein ire religion, sonder» 
auch einen grossen ungehorsam unnder dem gemeinen 
mann einfueren , wie nian teglichs ahn inen spueret. /#» 
summa^ es kann oder mag ohne bluetstuêrtzung nioht 
abgeben, dann sich aliesachen darnach anlassen* Gott 
wolledann disz landt mit seinen gnedigen augen anse^ 
ben und die vielfâltige wol verdiente strafFen hinweg- 
nemen , darumb er -vleissig zue bitten (2). E. L. woJlen 
mir doch mit nehister bothschaft Grav Ludwigen tob 
Witgenstein und Ir bedenckens schrifftlichen zueschicken» 
Mit des Yon Mansfeldts dochter undt Ghalon ist es 
leider war sie haben einanderdie ehe zuegesagt inn des> 
von Brederodes bausz, unndtist sie etliche wochendarnach 
(wiewol sie uff einer kammer verwaret) bey der nacht 
hinweg undt dem Ghalon nachgefolgett , das man nichtt 

(i) Schauenberg, Guillaume de Schauenbour|; , prévôt de Hilr- 
desheim. Voyez Tom. L p. 266. 
(a) Z« bitten^ Voyez I. p 96. 

* Schaiienbiin;. ' liefcrrn. 



— 2t6 — 

i566; weisz wo das s\e seindt. Es ist warlich ein unredUcher 
Aéùu handell , zue besorgen das riel unglûcks darausz entstehen 
mag: das aber das geschrei gehet das es in meinesherren 
faof oder aber durch meine fraw Princessin soUe getriebeD 
worden sein , ist inn der warheit nichts ; sie zwei habea 
es under sich ohne forwiasen einiges oienschen zue Via- 
nen getrieben undt geacblossen , undt mogen E. L. mir 
solcfaesirey nachsagen, dann es nicht anders ist. Sie zwei 
haben erstlichen des yon Brederodes grossen zorn zue 
Yermeiden , utidt sonderlich sie yorgeben das die zuesa- 
guiig zue Brussell in meines herren des Printzen beban- 
sung gescheën sey^ es bat sicb aber docb am letzten 
befunden das es ailes erdieht werck gewessen ist, undt 
solcbs ausz ursacben yrie oben gemeldet; war istesdas 
sie es meiner firawen Printzessin acbt oder zeben tag 
eher undt zuyor es der yon Brederode gewust, zuyerste- 
ben geben batte: icb batte es eine guete zeit zuvom 
gewust durch ettliche briey die Polexina irem gesellen 
geschrieben batte , bette es gern gebindert y so ware es 
zu spaet, undt konteauch nicbt wissen wo Ghalon seinen 
underbalt bâtie. EsistGray Peter Emst wol zu bedawreD, 
undtallengraylichen heusern ein grosser spiegell. Hiermh 
will E. L. ich dem Almechtigen beyelhen. Datutn An- 
torff den i6 Augusti Anno i566. 

E. L. 

Gehorsamer und gantz dienstwilliger brueder, 

LUDWIG GRAy ZUE NaSSAW. 

Dem Wolgebornen Johan, Graven zu 
Nassau Catzenelnbogeo, Vianden und 
Dietz, Hern zu Bcilstein , meinen freund- 
lirheii lieben Brudern;Dîllenburgk. 



— 217 — 

Ce fat ^Fers la mi^aoùt que Ton commeDça à briser les croix , à .tSfiS» 
abattre les images , d*abord sur les chemins , puis dans les Egalises j^ùt 
et dans les Monastères. « Estant ce malheur encommencé en Flan- 

" dre y en Tespaoe de trois on quatre jours furent destruictet 

' plus de quatre cens Eglises. » Hopper^ Mém, p. 97. On brisa 

> et fracassa toutes les statues, images, cnicifixs, autels, tableaux.^. 

> Ce qui s*exéeuta si soudamement en tous lieux, tant de Brabant, 
» de Flandre, de Hollande, de 2^elande, et d'autres Provinces , com- 
s me si ce fut esté un tonerre, un esclair, ou le foudre qui eut passé 
» en un mesme instant par tout. » Le Petit, p. 1 18*. La consterna- 
tion étoit si grande que presque nulle part on n'opposa de résistan- 
ce, souvent à une poignée de gens sans aveu. « Révérend père en 
» Dieu^ » écrivit la Gouvernante à TEvéqué de Toumay , « vous 
• pouvez estre asseuré que lemarrissement de coeur qu'avons d'en- 
» tendre les advertences qui nous viennent de tous constelz des 
» violences exécrables, scandales, et abominations que commectent 
tf les sectaires , est si très grand qu'il ne le pourroit estre plus , et si 
» l'augmente encoires le regret de n'avoir promptement à la main 
a» le moyen d'y remédier, y accédant aussy de ne veoir une ame 
» seule se mouvoir à y résister: chose certes déplorable oultre me- 
» sure.» Gâchant, l, /. p. 489. En octobre le Comte de Homes écrivit 
àce sujet au Roi. « Je suis seurque serons tant vers Y. M., qu'envers 
9 tous autres Princes de la Chrestienté grandement blasmez de ce 
» que n'y avons obvié, et samble à ceux qui ne s'y sont trouvez 
» que bien aisément l'on y eust peu remédier. Mais de ma part 
» me trouvis si estonné que ne scavoie quel conseil donner, veu un 
» désordre si grand et si inopiné, joi net que n'avoie personne pour 
» y résister, et que tous les Seigneurs estiont aux mesmes termes 
» qu'estoye .... Car ne scavions à qui nous fier. » Procès éTEgnu 
n. 474* Ceci n'est pas étonnant, vu le grand nombre de ceux 
qu'on savoit être secrètement des adhérens de la Réforme. « T. M. 
« se peut asseurer que de six pars du peuple (à Tonrnay) les cincq 

» sont de la nouvelle Religion, il /. 47a* 

L'îconoclasie fut commise par la populace. Les Nobles la 
désapprouvèrent; les prédicateurs calvinistes également. C'est 
ce qu'atteste entr'antres Fr, /unitts: « Nunquarh mîhi profec* 



— 218 - 

i566. * ^ violenta ejutmodi et àvan^ta consiltâ placuerunC : née polo 
j^0^ • unquam apud me fuisse quemquam , oui istiasmodî actiones Tel 
» miDÎma si^ificatiene plaoere mihi osteoderîm. Hoc lestimoiiio 
» et meam ipsius et piorum collegarum meorum (nam dTaurov^roç 
» m^%9»^vo^açiï\bi\ moror) fidem pablice testatam vole. Dt Fita^ 
p* a47. « Car d'en vouloir charger le» ministres , ancieaa , ou Gw» 
j» siatoires des Eglises ou assemblées de ceux de la religidn , œ 
w sera fait par trop impudemment, attendu que Ion n*a jamais 
» seu tirer ceste confession ... : aios au contraire on acait que 
» ceux de la dicte religion ont tousjours esté d'opinion que ce 
» n'cstoit à gens particuliers d'abattre les images dressées par l'au* 
• torité publicque. » Le Petit , 1 55^. 

n n'étoit pas question chez les iconoclastes de se réyolter con- 
tre le Roi. « Il y a certes grande différence entre se rebeller contre 
« son Prince et par un zèle trop eschauffé passer les bornes de sa 
t» vocation en une chose qui autrement seroit sainte et louable. Aussy 
i> y a il différence entre se retirer de l'obéissance de son Roy, et 
» monstrer par le brisement d'un tronc de bois , qu'on se repent 
» d'avoir esté adonné à Idolâtrie , et rendu obé^sance au diable et 
» faux dieux. « Le Petit ^ p. i6i*. 

Il paroi t qu'on se borna à briser tout ce qui sembloit deshono» 
rer le temple de Dieu^ sans se rendre coupable d'autres excès. 
Strada lui-même avoue que cette multitude sans frein respecta les 
religieuses; la manière dont il explique ce fait, n'est pas exempte 
de partialité. « Una salus plerisque earum virginum fuit^ sacri* 
» legu ira oocupatis aut in rapinam intentis, clam fugam arriper» 
» atque evolare ad parentum domos. » I. a58. Fort remarquable 
est sous ce rapport le témoignage de l'ecclésiastique Monllon 
relativement à ce qui se passa à Anvers. « Merkwûrdig bleibt es 
» jedoch dasz die Bilderstûrmer nichts stahlen , sondem Ailes den 
» Kircfaenvorstehem und obrigkeitlichen Personen unter der eid- 
» lichen verpflichtung ûbergaben , es fur Unterstûtzung der Armen 
» in Geld umxnsetxen. » F. Raumery hist, Br, I. p. 169. LePro- 
fessur Wamkonigj a mal saisi le caractère de ces événemens lors- 
qu'il dit. « Freilich batte die vordringende Reformation, bei dem 
» so leicht in Bewegung zu setzenden Volke, zunâchst sehr herbe 



— 219 — 

» Frfickte gelrage». Bnnd, Mord und Zentdrung wareo îhre Be- lS66. 
» gleiter. » Fiandriscke Staats-und Rechtsgtsc/iichte y h i. Aoàt 

Il en fut du bri» des images comme des prêches (Voyez p. lao). 
Pent--étre en quelques endroits on excita le peuple; mais en général ce 
fat un mouvement spontané et une conséquence nécessaire de la si- 
taation des esprits. Dans de pareils momens une étincelle suffif. En 
£ooa8e, peu d'années auparavant, Jinox prêche à Perth contre la 
messe et le culte des images ; un prêtre lit néanmoins la messe , on 
toi jcftte des pierres; une d'elles brise un tableau; eh bien, « Auf 
» dièse Weise enistand eine furchtbare Bilderstûrmerei , die sich 
» binnen kûrzer Frist ûber einen groszen Theil des Reichs aus- 
» breitete. UnzahligeKunstwerkeundAllare wurdenzerschlagen, 
» Bûcherversammlungeu verderbt , die schônsten Kircben geplAn- 
» dert und 170 oder, wie andere woUen , allmiàlig 260 Rloster 
» serstôrt. » f^. Raumer^ Oesch. Europas, II. 4^3. De même 
dans les Pays-Bas on préchoit depuis longtemps contre un culte 
idolâtre. Calvin s'étoit prononcé à ce sujet avec cette énergie qui 
distingue partout ses écrits: par exemple, dans son Commentaire sur 
ia i*,EpitredeSt. Jean,cAu Y. v. ai. Non idololatriam modo dam- 

• nat apostolus , sed praecipit ut a simulacris ipsis caveant. Quo 
» aignificat non poase integrum ac sincerum Dei cultum retineri , 
» simulacsimulacra-appetere homines incipiunt. Sic enim nobis 
» ingenita est superstitio , ut minima quaeque occasio nos contagio- 
» ne sua inficiat. Non tam facile ardebit lignum aridum carbone 
9 subjecto , quam cito idololatria bominum mentes corripit et 00- 
» cupat, du m illis materia objicitur. Quis autem simulacra non 
» videt scintillas esse ? Quid scintillas dico? Imo potius faces, quae 

* ad totius mundi incendium sufûciant, quamquam Apostolus 
» non de staluis modo loquitur; sed aras etiam et quaevis su- 
it perttittonum instrumenta comprehendit ... Pietatis est cor- 
» ruptela , nbi corporea Deo figura afBngitur vel ubi eriguntur ad 
» cultum statuae et picturae. Meminerimus ergo in spirituatt 
» Dei cultu ita sollicite manendum esse, ut, quidquid nos 
9 ad crasses et carnales superstitiones flectere potest , procul 
» a nobis arceamus. » Il n'est donc pas surprenant que partout 
où l'influence de Calvin a été prépondérante , le culte des images 



— 220 — 

.l566. ait éeé en horreiuv II en fut ainsi en Eooise ; il en fut ainsi 
Ajoùt. les Huguenots. « Wo die Hugnenotten obsiegten , zerstôrten sie 
j» Kirchen, Orgeln, Bilder, AJtare^ und BùGhersamnilungen^ 
• plûnderten die Geistlichen und schlugen' Geld ans den Kircben- 
» gerâthen. » F, Raumer^ IL 229. En avril i566 Hopper, après 
avoir traversé TOrléanois y écrivit à Viglius. « Uti caeli et ierrae 
» laetissima hic , in Gallia , est fades \ ita templorum , monas- 
» teriorum j et aliorum religiosorum locorum plane miseranda: 
» adeo ut vel bosti misericordiam movere debeat. Non cmnme- 

» nioro singulatim ; sed hoc tantum exclamo : DU iakm 

» nobis avertiie pestem, » Ep^ ad. FigL p. 85« » 

Ce souhait, de ne pas subir le même malheur y ne pouvoit gnères 
s'accomplir. Oepuis plusieurs années les Calvinistes François 
préchoient TEvangile dans les Pays-Bas : la paix de Cateau-Cam- 
bresis avoit rétabli les communications ; car ce traité , conclu sur- 
tout afin de pouvoir travailler à la destruction du Protestantisme, 
contribua y dans les voies admirables de la Providence , à faciliter 
la propagation de la vérité. Le peuple savoit donc dès longtemps 
que le culte des images étoit odieux à TEternel : il étoit aisé de 
prévoir qu'a la première occasion on éprouveroit les «effets d'un 
jcèle iiTéfléchi. — La remarque suivante de Sirada est asses 
conforme à la vérité; pourvu qu'on ne croie pas, comme lui, 
à une provocation immédiate. « Ego ex multorum litterts pro- 
» pius vero credisderim id malum ab Calvinianis Genevatibus il- 
»latum esse e propinquà Gallià digressu, an ultro immissîs? 
» Sic enim Petrus Efnestus Mansfeldius Gubematrioem docuit* » 
l. a48. 

lia destruction de tant d'objets consacrés, les tumultes et les 
désordres qui eurent lieu dans une infinité d'endroits , causèrent 
d'abord une grande frayeur à la Gouvernante, mais peu après 
ébranlèrent, on peut jouter, renversèrent la Confédération. 

Le Roi ne songea désormais plus à des concessions. 

Beaucoup de personnes qui , même parmi les Confédérés , te- 
noient encore à la foi catholique, craignirent d'avoir indirecte- 
ment , par leurs actes ou par leur connivence , amené ces excès. 



— 221 — 

« 

IVaaU» qui déjà auparavant se faisoient scrupule de leur oppoei^ xS66L 
tion au Souverain, se disposèrent à rentier dans Tobéissance. y^^At^ 
Xa plupart peut-être furent déterminés par ce double motif. 
Ces évènemens contribuèrent en outre à augmenter la division 
entre les Calvinistes et les Luthériens. Ceux-ci saisirent Toccasion 
de se distinguer avantageusement. Il parut dans le cours de iSdô 
m Breda un écrit , dont Tauteur se nomme , « lemandt van de Coih 
• feaeie yan Augsborcb », intitulé : « Sterke bewysinge datmen virel 
» mach gedenck- ende getuychenisse beelden , maar egeen omme 
» die aen te bidden , bebben, » Ph. de Mamix y répondit; il excuse 
le peuple en disant qu'il n'a pas été poussé par le mépris de Tau- 
torité» mais par le désir ardent et indomptable fbnhedtvongetî 
ijverj de montrer à tous combien il étoît affligé d'avoir si 
longtemps exercé une pareille idolâtrie et blasphémé le noni 
de Dieu. Te Waier^ I. 383. Réponse digne de son auteur; puis- 
qn*en faisant l'éloge du principe qui aninioit la plupart des icono- 
clastes 9 il ne justifie en aucune manière leurs excès. 



LETTRE CLXXXV. 

Le Comte B> de Mérode au Comte Louis de Nassau. 
Sur les prêches aux environs de Malines. 



Monsieur, Dimanche dernir le 1 1^ de ce mois ont com- 
paru pour le comenscement environ iSoo persomies à 
ung villaige entre Malins et Yillefort', nomé Simpse, 
pour entendre la paroUe de Dieu, et cornent ce Ministre, 
après avoir faict , pensoit retourner vers Bruselles , il at 
esté retenu audit Yillefort dédains unne hostelme, sains 

' VilTOfde. 



— 222 — 

i56& lui fiiire quelque tort ou violenoe , et hyer le i5* Ton ut 
A^ût encor faict aux mesme lieu unne autre presche par ung au- 
tre Ministre devant disner, où qu'il y at eu environ 3ooo 
personnes à ce que Ton présume, entre lesquelles at 
este descouvert que le premier Ministre estoit détenu co* 
ment ci-desus, desort que la ou i5 bon coropaingions 
sont allé au dit lieu avecques armes et Font menez hora 
jusquessur la plasce delà presche, où qu'il at l'après-dis* 
ner faict son ofHce asistant de plu'sieurs auditeurs. L'on 
m at dict aussy que dimanche prochain Ton doit faire 
quelque autre assemblée près d'unne maison de l'escout* 
tet de Malins , qui est unne heure de chemin de la ville 
susdit, et que plusieurs d'Anvers s'i doibvent trouver 
pour mètre en train et asseurer ceux de Malins , voiant 
qu il sort encor avecques craint et ne sont encor faict au 
chapuron ' . Les dit escoutet de Malins avecques aucuns du 
Magistras ont esté à Brusselles pour donner à -entendre 
à son Allteze ces assamblée, mais ne scay quelle reponsce 
il ont eu: toutfois il a faict serer' les portes hyer pour 
tenir les borgois hors : je ne scay à quelle intention , ni 
à quelle fin ceci poldrat venir , car les borgois ce mes- 
content fort. Qui ferat fin, priant le Créateur avoir vos* 
tre singnorie en sa sainte grâce. De Raemsdonck^ le 1 6 de 
ce mois d'aoust Tan i566. 

Entièrement prest à faire services^ 
Bbenart de Msrode. 

. A Monsieur Monsieur le Conte de 
Nassau , Catzenellenboech, Vianden etc, 

Anvers. 

' chaperon. * terrer ( fermer). 



— 223 — . 



LETTRE CLXXXYI. 

Le Comte H. de Bréderode à la Princesse ^Orange, 
Relatîife à la Comtesse Polyxene de Mansfeldt 



Madame, je ne puys délesser yous supplyer bjen i56& 
humblement me fayre tant de faveur et d onneur ne Août 
prandre à malle ' part que ma famme et moy avons retenu 
sy longtamps mademoyselle [dous] , laquelle il vous ast 
pieu prandre à vostre servyce, vous asseurant mon hon- 
neur que il n*ast pas tenu à elle que elle ne ce soyt allé 
aquycter de son service , et ce que l'avons sy lontamps 
retenu ast esté à son grant regret ; mes comme luy avons 
assetirë, ma femme et moy, que ne le prandryes de mo* 
vese part , veu l'urgente ocasyon pour laquelle la rete- 
nyons l'at seuil icy arestë , et ast esté pour plus grande 
justyfycatyon nostre du méchant et mallereus tour que 
ce syngneur Challon et ceste demoyselle m*on joué, 
afiyn que sy le perre eust voullu s*anquester commant 
les choses ce sont passées , elle eu poeu et peust cestyf- 
fyer^ , que sy ce fusse esté ma propre fylle unyque , je 
n'eusse seu randre plus de devoyr que j'ey fayct vers sa 
fylle, et aynssy Dyeu me fasse comme j*ey fayct toute ma 
vye avecque tous les syens , ancor que Ton y pensse pour 
le présent byen peu , ce que il fault que je prayngne an 
pacyence. Au sur plus. Madame, je vous supplyrey 
me tenyr au nombre de vos obéyssans servyteurs , me 
recommandant byen humblement à vostre bonne grâce, 

» 

* mauTaise. * certifier. 



— 224 — 

i566 pryant le Créateur vous donner, Sladame, an sancté 
Août, bonne vye et longue, ansamble le comble de vos ver- 
tueus desyrs. De ClefF (i), ce xvi"** jour daoust i566. 

Vostre humble servjteur ^ 
H. DE Brbderode. 

A Madame, Madame la 
Plryuçeue d'OraDges. 



LETTRE CLXXXYir 

he Comte H* de Bréderode au Comte Louis de Nassau. 



Monsieur mon frère, roons/de Wlpe' s an retourne 
par devers vous, auquell jey communiqué mon advys 
conrespondant sur ce que il m ast allégé de vostre part et 
le tout sur vostre correctjon , mes comme il m*ast sam- 
blé estre le plus court chemyn cesluy quy vous déclére- 
rat de ma part et le plus asseuré , ne m ast samblé de 
passer oultre devant d antandre ung aultre foys vostre 
avys et résoUutyon : ce que puys après j*effecturey de tout 
mon pouvoyr, comme je ferey an tout androyct an tout 
ce quy concernerat vostre servyce ; spandant je ne faul- 
drey à mon extrême d avyser au fayct des denyers , et au 
surplus me remecterey à ce que vous dyrast le dyct 
syngneur de Wlpe^ me recommandant humblement à 
vostre bonne grâce, prye le Créateur vous donner, mons' 

(i) Cleff. Apparemment du Huis te CUef; maison du Comte de 
Bréderode près de Haarlem. 

« Wulp. 



— 225 — 

mon frère, an sancté bonne vye et longue. De Clelï oe i5titi. 
XVI™* jour d'aoûst i566. Aoûi. 

Vostre du tout dedyé frère à vous servyr à jamés, 

H. DB B&EDERODB. 

A Mons/ mon frère Mons/ le 
Conte Louys de Nassaw. 



USTTRE CLXXXYIU* 

B, de Malberg au Comte Louis de Nassau, Sur le refroi- 
dissement des Confédérés dans le Luxembourg^ les 
préparatifs contre la Confédération et sa disposition à 
y résister. 






* Bernard de Malberg paroit avoir été courageux et enlrepre- 
nant. Il servit plus tard sous Bréderode et sons le Pnuce d'Orange. 

La cause principale des troubles à Trêves étoit la religion. En 
i559 la prédication évangélique de Gaspar Olévian , qui fut plus 
tard un des auteurs du Catéchisme de Heidelberg , avoit presque 
soustrait la ville à la domination du prélat, Jean yoq der Leyen y et 
les bourgeois renouvellèrent leurs eiTorts en 1 566. 

La lettre du bon etfidelgeux est sans doute la lettre i83. C'étoit 
donc un gentilhomme peu connu. 

^ . Monsigneur, estans de retour en se cartier de Luxam- 
bourgh , le S.*^ de Guistel et moy avons faict toutte di- 
ligense pour incontinent asambler nos confrères pour 
leur faire antandre nostre besongner à nostre dernière 
assamblée, ce que n avons peus faire à raison qu'ilz sont 
tous, exseptez ung ou deux, à la suit de mons.^ de Mans- 
felt et du Conte Charle son fils en la ville de Trêves , 
au moiens de quelques troubles esmeu entre Farsevêque 
et les bourgeois de la dit ville, et se à raison de quelque 

9 i5 



iS66. previlège<{ue ledit arserecque leurs veult otter, pour à 
Août, quoy obvier is bourgeois ont requis le dit Conte de Mans- 
felt comme gouverneur du dit Luxambourgh pour protec- 
teur , à raison qu'is sont sous la protexsion d'ung Duc 
du dit pais : la porte de la dit ville de Trêves at estez refusée 
et fermée au dit arsevecque et les siens. Voilà Focasion 
de Tapsanse de nos dis confrères , desquieux pour le faict 
que dit est , ne pouvons escrîpre à vostre signeurie leur 
advis et oppinions sur se quy s*est passez à la dict assam- 
blée* Je Tay fait entandre à Tung des nostre quy le trou- 
ve fort bien dresez , d autant qu'il n'est du nombre des re- 
crus en leurs signature : à ce que je puis entandre quant 
la plus part de seux de pardesà quy se soliont * dire des nos - 
tre, iseux ont sans son de tromppet faict la retraicte y sui- 
vant le dit Conte Charle, dont par se est à extimer* que 
encore qu*is fusiont pardesà tous ensemble, la plus part 
d'entre eux n'eusiont trouvez de bonne digestion se que 
avons faict; se que me semble ne leur devoir estre com- 
muniquez, puis qu'il sont sy pusillanime que de se vouloir 
séparer de nostre Compromis. Pay aquis partout sestuy 
pais ung grant honneur par le moien de mon dit S' de 
Mansfelt , lequel ses jours pasez en plaine compaignie de 
seux de sa suit , dit par manière de reproche et moquerie à 
ung gentilhomme des nostre bon geux, que il avoit esté 
avecque moy en nostre dit dernière assemblée à Sainc- 
Tron , et que j'estois Tung des prinsipalle geus , sur quoy 
le nostre luy répondit qu'il y avoit estez , et que par la 
say bien ^ , encore iroit il sitôt que Tocasion se présanteroit, 
et que de moy j'estois homme de bien et le maintenoit à 
quiconque en vousit parler. Voilà comme je suis en la 

' aroient coutume de (toléré), * estimer. 3 malgré toutes belles paroles 

{parla si bien) ? 



— 227 — 

bonne grâce du dit Conte, si est que poursela je n espère i566. 
point en amaigrir, tant que j'ores à manger. Mons/, je Août. 
meure àdemy des despit que je vois que Ton faict par tous 
se pais , et mésme en la compaignie ouïes sudis sont, cou- 
rir ung bruit faux , méchant et malheureux ; c'est que les 
misérable menteur disent que le bon Signeur de Bréde- 
rode at toutallement retracté et révoqués sa singnature, 
8*estant du tout mis hors nostre Compromis , d'avantage 
disent qu'il tient le nez fort hault aux anabaptist, voire il 
sont bien sy effronté de dire plainement que le dit S/ de 
Bréderode est de sest maleureuze sext ' et le S/ Conte 
Lodevic , comme vostre signerie pourat veoir par une let- 
tre syjoingt que ung bon etfidelgeux m'escript:vous eu* 
serez' de la ditlettre suivant que trouverez convenir, vous 
asseurantque seluy qui melescript, est homme de bien et 
véritable. L'on ne s'at ancore adresé à moy pour me dire 
[iceux] faux proupos, et quant Ton me les dirat, je direz et 
maintiendrez à tout homme qu'il at faussement menty , 
car se ne sont choses à soufrir. Suivant le départ que 
Madame nous donnât en la présence de mons/ d'Aigue- 
mont , j'estimois pour le seur que toute chosez deusiont 
demeuré en surséanse jusque à se que eusions l'aseurance 
par nous demandée de son Alteze et de tous les cheval- 
liers de Tordre , et que nulle levée se deut faire, sinon 
par les trois signeur par nous desnommez , et qu*iseux 
sous l'autorité de son Alteze ordonneriont les cappi tains 
pour lever souldat , si besoing estoit (i) , et toutefois je suis 
adverty par ung gentilhomme dez nostre, comme ung 

(i) Estait. B. de Malberg auroit il pris les demandes des Confé- 
dérés pour des promesses de la Duchesse ? 

» iecte. ' usern. 



— 228 — 

i566. sertainMondrgon' Chrestien de la nouvelle inpression en 
Août. Espagne, ensamble le S/ de Malandry, gouverneur de 
Moinmaidis% tous deux grans cardinalist,lievent' et font 
gens partout y peuvent, comme vostre signeurie connoi- 
terat par ladvertissement que Ton m'an at falot, lequel 
est sy joint. Voiant que l'on euse en sest fason , il m est 
advis que son Alteze nous traicte à son acoutumé^ et que 
ses gens que Ton faict, son pour nous servire d'ung arière- 
banquest en lieux de fruit, sitôt que le Duc de Savoie (i) 
serat arivez. Il est, sauf vostre corection , nécesaire que 
convenions à tellez deserttes. Deux chevaliers de Tordre 
de France , toutefois cardinalist, m'ont dit pour le seur 
que six mil soldat Espaignol , et huit mil soldat Itallien 
sont desendus à Gênes et s'achemine par le Piémont, la 
Franche-Contté et Loraine, puis en sestuy pais, et de là 
en Brabant; le dit S.' Duc marche quant et eux comme 
lieutenant genéralle de sa M^. Le Duc de Loraine est de- 
puis six jour en sa allé au devant de la dit armée et se 
par la post ; les mesme nouvelle nous sont donné en se 
Cartier par marclians , tant de Lorraine que de la Bour- 
goinne: pouroit il bien estre que sela auroit quelque 
peur^ estonnez noz refroidis, ors qu'ainsy fut pour sela 
pas maille , il me samble à correction de vostre signeurie 
et de tous les bon geux , que debvons donner tel et sy 
bonne ordre à nostre fait, que ne serons surpris en nozmai- 

(i) Saiwe. LcB Députés avoient dît aussi à la Gouvernante. 
« Nous sommes advertis que le Duc de Savoie a promis assisteoœ 
» à S. M. pour venir par deçà avec forces, et que pour cela il s*est 
M trouvé à la journée Impériale vers TEmpereur, pour luy déclaî- 
« rer les démenées et desseins qu'il avoit sur ce Pays-Bas, » Le 
Petite II 4*». 



— 229 — 

son comme en ung chaponnie; sela ne seroit propre à i566. 
seux qui i seriont ratain ' , pour à quoy obvier suis bien Août. 
d'avis que nous mettions de bonne heur en campaigne et 
les allions trouver pour les combatre de galant homme 
avant qu'ilz entre dedan sestuy pais, auquelle réitérative- 
ment le dit Conte de Mansfelt m*at intitulez le grant cap- 
pitaine, chose quy ne m'est de petitte faveur pour m'a- 
vanser vers sa Mt^. et son Akeze. Mon advis est de les 
conbatre , comme dit est ; tous les firans geux de pardesà 
sont de mesme opinions, toutefois nous remetons le tout 
à la bonne discrétion de vostre signeurie et à selle de 
tous les bons signeurs de vostre compaignie, vous su- 
pliant humblement et à eux en pareille, sy pour cest foys 
le dit de Guistel et moy n asistons à sest présentte jour^ 
née , comme il vous at plut nous commander et enchair- 
ger de se faire ; et se quoy se nous en garde, c'est que le dit 
Gistel m'at dit n'avoir moiens plus avant fraier pour les 
seux de pardesà, comme il at fait jusque à présent, sy donc 
en se il ne l'asistent en renbourse , joingt aussy qu'il est 
contrain donner ordre à ses négosses pour à l'avenir estre 
prêt à monter à cheval quant et les bon geux^ Et quant 
et de moy je puis asseureren vray vérité, que m'e&t pour 
ce coup inpossible de conparoitre au jour dernier assig- 
né , d autant que je trouve mes négosses sy pressés que 
suis contrain sans plus long dilay y donner provision et 
remède, principallementsur le fait de lûmes % duquel j'es- 
père quelque bonne fin , et puisque Focasion se présente 
il me semble ne lafailloir laisser perdre, à se que àl'adve- 
nir elle ne me puisse en rien enpêcher à randre service 
à sa M*^., à vostre signeurie et à toutte la noble et ver- 

' reteoiu '?). * Luroey (?). De Malberff se sert farement de majuscules^ 



_ 230 — 

i566. tueuxe compaignie de fidelles et yaillans geux et non aux 
Août, àultres. Si esse mons/ que sy vostre dit signeurie, en- 

s 

samble la noble compaignie sy dessus dit, séjournât pour 
nostre fait quelque jour ensamble à Bruxselles ou aultre 
lieux y et que par ensemble trouvassies estre de besoing 
que je me trouve yerz la dit nostre compaignie et qu*en la 
congrégation ma présensei puisse servir, le m*escripvanty 
je ne faudrez a posposer toutes autres negossez et affaires, 
pour de mon pouvoir optempérer et obéir à ce qu*il vous 
plairat me commander, et sependant j'aprouve et advoue 
tout se que par vostre signeurie et les signeurs mes con. 
frères serat faict , traité , et acordez sur nostre faict , tout 
ainsy que sy j eslois présen ; le dit de Guistel m*a dit en 
faire de mesme. Mons/, il i at ung Berlemonnist,prévost 
dlvois, quy se jacte et menase de emprisonner et perse* 
cuter pour la relijyon des pauvre gens de son office et 
mesme satac' à ung gentishome de noz confrère (i) , di- 
sant avoire chairge dudit de Mansfelt de ce faire ; il ont 
envoie vers moy scavoir s*yl sacageront le dit prévost en 
quas* qu'il proséd contre eux , comme dit est : je vous sup- 
plye de me mander comme en se ils auront à se conduire. 
Plusieur bon souldat me font jour sus^ aultre demander 
sy l'on a besoing d eux , car par les levées sy devant dit 
Ton les presse fort prandre partie, et par tel moiens est 
à craindre que quant en panserons trouver, tous les mil- 
leurs seront envoie ^ je ne leur sez que respondre pour les 
arester sans euxniestre sansseux quy les chairchent. Les- 
quieux font coure le bruit que s*est pour renforser les 
garnison , ce que ne se debveroit faire sinon par ordon- 

(i) Cot\frèrt, Voyez p. 209. 

' «'allaiitu'. ' cas, ' sur. 



— 231 — 

nanse denoz dit troy signeurs ^et aussj n'est besoîng d'enr i565. 
leyer en telle nombre pour le dit renforsement , veux ce Août., 
quy se passe. Il est bien nésessaire que soions bien sur 
nostre garde , car Ion ne tâche qu a nous jouer à la fause 
compai^ie , et est à craindre qu'il n j en aurat beaucoup 
qny se disent des nostre, [venant lefext']j et quil faille 
porter le fardeau, ils feront faux bon; se que je ne ferex 
jamais, Dieu aidant, tant que la vie me durerai, et sî 
tant est que Ton traicte les geux de sortes que vostre 
seigneurie et la compaignie d*iselle trouve estre néses* 
saire pour nostre seuretez de prandre les armes , ey je 
supplié vostre signeurie avoire mémoire du dit Gistel et 
de moy ; et s'il vous semble qu'en se je puise faire service 
pour sest effert et autres, je mourez au pietz des trois 
signeurs et à seux de vostre signeurie, fesant le debvoire 
dliorame de bien jusque au dernier soupir , et de se se 
peult asseurer vostre susdite singneurie, à laquelle je pré* 
sentemes très humble recommendation et servise, prians 
àtousmessigneures mes confrères me tenir en leurz bonne 
grasce et souvenansce. Monsigneur, je suppUe le Créateur 
vous donner en parfaict sancté longue et eureuze vie 
avecque sa sainct grasce et bénédiction. De vostre mai- 
son d'Andeux ce 19 jour d*aoust i566. 

Vostre bien humble et obéisan à vous faire service, 

A Monsigneur, Mons/ le 
Conte Louis de Nassau etc. 
A Broxselle ou la part 011 il serat« 

• II" fait I}. 



— 232 — 



LETTRE CfiXXXIX. 

Le Comte H. de Bréderode au Prince d^ Orange, Sur la 
nécessité de porter remède à V état critique de la ifille 
(t Amsterdam. 



i566. Monsieur, comme jantamps que la bourgoysye de 
A.oût. y^jnsterdam ont dresse ungne requeste laquelle il desy- 
rent vous présenter, pour vous supplyer, byen humble- 
ment vouUoyr fayre ung tour jusque à leurs vylle pour 
mestre ordre à ungne inOynyté d*affaires quy vont byen 
malle, ce sachant je n'ey voussu délesser, mons.', vous 
avertyr par ceste que , sellon que me suys apperceu tant 
passant par là que de ce que j an antamps tous les jours , 
que sy vous n'y mestes ordre , an peus de jours Tordre s* y 
mestrat et avequé ungne telle émotyon et désordre que 
la vylle est an danger se perdre et ruyner à james. Les 
gouverneurs dycelle ne cessent d'anchemyner leurs am- 
bytyons et synystres desseyns, de Taultre costé le peuples 
voyct à Feur' d*auyourduy ung aultre monde, quy est 
ocasyon qu yl haussent la teste et ne ce veuyllent lesser 
forcer et trecter conune du passé, de l'aultre costé leur 
magystrat nast poyn de dyscrétyon aultre que d*assouvyr 
leur ambytyon d avaryce , de sorte que je leurs voys cou- 
per la gorge les ungs aus aultre, quy ny mestrat remède; 
et certes, mons/, vostre venue serast le seuil remède, 
je n'an voys neus aultres, et à Tocasyon que il y ast làde- 

' heure. 



— 233 — 

dans ungne infynytée de jans de byens, nos byensbons i566. 
amys et antyèrement ànostre dévotyon, je vous yoldreye AoAt. 
byen suppiyer humblement à la contamplatyon d yceuls , 
sy au monde vous est possyble, tous y vouUoyr trouver 
ung tour pour obvyerau dys inconvényens , desquels il 
an est plus que tamps; et me recommandant humble- 
ment à Yostre bonne grâce pryrey le Créateur tous don- 
ner, mons.', an sancté bonne Tye et longue , anssamble 
le comble de yos desyrs. De Gleff an Hollande, ce xxii' 
jour d^aoust i566. 



,me 



LETTRE CXC. 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de Nassau. 
Sur les mauvaises dispositions des Présidens de Hol- 
lande et d'Vtrechty sur les excès des iconoclastes^ et la 
nécessité de veiller aux intérêts de la Confédération. 



Monsieur moii frère , j'ey parllé à nosamys de Amster- 
dam y lesquels je trouve fort voluntayres de nous ayder 
de leur pouvoyr. Il vous plerat m'anvoyer la procuratyon 
syngnée comme mons.' de Wlpe vous orast dyct lors. Je 
ne fays doubte au recouvrement des denyers et suys as- 
seuré que an ung besoyn, il ne nous fauldryont de quel- 
que bonne somme , et certes nous leurs sommes à tous 
oblygées, car il n'y a celluy d'eus, je pansse de nos amys, 
quy ne s'y veuylle amplyer à son pouvoyr , et davantage 
syle moyen ce trouve; voyllà anffyn ce qu'y m'ont mandé 
dyre. Le Duque Erych est à Lysfelt (i) : quy oroyct anvye 

(i) Lysfelt, Château situé dans TAIblasserwaard , près du Lek, 
VIS à vis de Schoonhoven. 



^ 234 — 

1^66. luy fayre ungne trouoe , il esta beau jeu ; mandes moy ce 

Août, quyl vous an samble, et lesses fayre à moy 

Je croys que estes averty que le président d'Utrect a 
fayct pétytyon d'un prest pour contre ses nouveaux 
sectayres et contre les geus, ce que Ton m ast asseuré cer- 
tainement ; jusque à troys et à quatre quy luy ont ouy 
nommer de sa propre bouche ce mot de geus et jans 
daporen , ce que j ay an témonage de non et sumon. Geus 
d'Amsterdam m'ont mandé pareyllement an avoyr eer- 
tayne nouvelles. Le présydent de Hollande et' sur les 
mesmes termes, comme je suys certaynement averty, 
pour ce trouver aus pryncypalles vylles de ce pais de 
Hollande, pourfayre le mesme. Ce quy lan' orast fayct 
ne fauldrey vous an avertyr pour le meyns. Il n*y ast 
homme d'eus quy n ast sa responce preste sur tout ce 
qu'y leur soroyct proposer ; je vous lesse à pansser ce que 
tout cella veult dyre, sy Ton veult les choses plus ouverte. 
J'ey aussy donné ordre par synq ou sys costé pour recou- 
vrement dedenyers; j'espère d'effectuer quelque bonne 
fayct sellon que me puysapercevoyr: de toute mabesong* 
ne an seres averty; de vostre costé je vousprye ne dorme 
pour cella, car c'est l'extrême onctyon et toute la guéry* 
son du malade. Je vous prye demander à Messieurs les 
Contes van den Berghe et Cullenboufch fayre le mesme, 
affyn que chesqun effectue son pouvoyr en cas de néces* 
styé, comme aussy il ont byen le moyen le fayre ^u lyeu 
où il sont. Tout vast icy extrêmement byen, mes an Am- 
sterdam mons^ le Prynce y doyt mcstre quelque remède, 
ou je les voys antretailler les ungs aus aultres, Vung de 
vses jours , comme je luy an ey rescrypt. L'on dyct icy que 

' eut J nu'il rn. 



^ 235 — 

il ont fayct an Anyerfl le djable tou creu, je vous prye i566« 
me mander ce que c est, et par Flandres ; je n'an puys croy-* Ao&i. 
re la moytyé de ce que Ton m'asseure. Anfltyn quant sella 
seroyt, personne n'an est cause que Madame de Parme | 
car le peuple s'oflVoyt à nous randre toute obéyssance et 
poser les armes antre nos meyns , ce soubmectant a tout 
chastoy que Ton an voldroyt ordonner, an cas que ame 
de eus fysse quelque cas scandalleus ou sédytyeus, moye* 
nant que leur eussyons voussu promectre de ne souffryr 
que il ceryont recherché pour le fayct de la rellygyon et 
que il poTeussent avoyr la prêche lybre hors des villes , 
jusque à ce que les estas-gënérauls rassamblés an eussyont 
aultrement ordonné; le mesme avons nous decleré à 
Madame yl y ast tantôt troys sepmaynes: le peuple a veu 
que l'on ne ce hastoyt guère nous randre responce et 
panssant que Ton les nochaylloyt' , il se sont d'eus mes 
mes [ramantu] , et j'ey peur puy sque il vyengnent sy avant, 
que l'on orast de la fayre' leur mcstre tell mor an bouche 
que l'on les peuyllent^ tenyr , et vous souvyengne de ce 
que vous ey dyct aultre foys. Je prye à Dyeu que Icelluy 
le meste an mylleur chemyn et réduyse les atfayres de 
mylleur sorte que je n'an voy les aparance; je scay byen 
ce que j'oye et voys de tout costé ; anfFjrn je doubte que 
à la fyn , an lyeu que nous leur pansseront commander , 
que il ne nous commande absollutement. Je vous prye, 
mons' mon frère, de m'anvoyer mons' de Hammes ung 
tour jusque icy pour avyser à plusieurs afFayres d'ympor- 
tances , tant pour denyers que pour aultre mylles afFayres . 
quyce présente icy journellement ^ desquelles vous an 
dyrast ungne partye le porteur de ceste , ausquelles ne 

' négli|(oit, mcprisoit (?). ' l'affaire. ^ puisse (?^. 



— 236 — 

i566. puys seuil raquer, je tous avyse de mon honneur que je 
Août ne dors poynt , auss j il n*est pas le tamps. Je vous prye 
- révellés' ses aultres syngneurs, Berge, CuUenbourch, de 
quelque lettres pour leur rafraychyrla mémoyre,aultre- 
ment ils panssent que ce soyt jeu d'anfFan. Toute les vyl- 
les prêchent icy au plus fort , de sorte que yl y ast dans 
Hollande quy yont journellement au prêches plus de syn- 
quante mylle personnes. Le porteur de ceste vous dyrast 
tout ce quy ce passe ; me recommandant ung myllyon de 
foys à vostre bonne grâce ^ prye le Créateur vous donner, 
mons*^ mon frère , an sanctë bonne vye et longue, et le 
comble de vos desyrs. De Gleff , ce xxij"* jour d'aoust 
i566. 

Vostre du tout dédyé frère à mouryr à vos pieds, 

H. DE Brederode. 

A Monsieur mon frère , 
Monsieur le Conte Louys de Nassaw. 



Le a3 août un accord fut conclu entre la Gouvernante et les 
Confédérés. Les nouvelles aUrmantes se succédoient d'in»tant en 
instant. Le 19 on avoit ravagé les Ëglises et les Monastères à An- 
vers. Peu d'heures auparavant le Prince étoit parti pour Bruxelles, 
afin d'assister à TAssemblée des Seigneurs et Chevaliers. N'ayant 
réussi qu'avec des peines infinies , à empêcher les réformés d'éU- 
blir leurs prêches au dedans de la ville (Bor^ L 81 , sq.) , témoin 
de la fermentation violente des esprits , il croyoit sa présence néces- 
saire ; son départ fut presque forcé. La Duchesse ou n'ajoutoit 
pas foi à ses avertissemens , ou bien croyoit avoir absolument besoin 
de ses conseils. « De Prins is om notelyke affairen des Lands , en 
» besonder de swaricheit metten verplichten Edelen voerhanden 
>' /ynde , ontboden geweest om te komen, aile onschuld achterls- 

' réveillez. 



— 237 — 

» lende tôt Bruasel, waer af, hoewel hy hem lange excuseerde, i566. 

» nochtans teo lesteo is sulx gedrongen geweesly dat hy syn Août. 

» vertrek niet langer en heeft kunnen uitatellen , heeft nocb- 

» tans tôt grooter bede van der Wet en Ingesetenen noch den 

» i8 Aug., mits de sorgelyckheid van den dag en de open- 

» bare Cereoionien die men ten selven dage gebmikle, in de 

» atadgebleven .... Aleer syn Ezcellentie heeft willen vertrekken, 

» so heeft hy te meer stonden aen de Régente aile de sfraricheden 

» geschreven, en ook haer exprès gewaerschouwt , by syn brieven 

9 van den 12, 149 i5 en 16 Augusti, dat hy in syn absent ievrees- 

» de voor eenich inconvénient , ten ware sy eerst^ Yolgende der 

» Gemeente versoek , hen versage van een ander Hoofi of ten min- 

« sten van eenen Lieutenant , maar sy heeft selve altyd vertrocken 

» en hem geschreven by haer brieven van den i3 en 16 Augusti dat 

» genoech ivas dat de Officiers en Wethouderen voor so luttel 

s dagen de toesicht souden nemen en sorge dragen. » Bor^ I. 83.* 

Ces lettres du Prince à la Duchesse se trouvent probablement 

encore aux Archives à Bruxelles. 

On étoit dans la consternation. Six semaines plus tard le Comte 
de Hornes , dans une lettre très intéressante à son frère , lui écrit: 
« L'on a en un tel estonnement que estant à Bruxelles nous ne 
9 scavions que faire ni en qui nous fier. Et afin que povez scavoir 
> aux termes où nous estions , fusmes mandez par Son Alteze le aa 
» août, le matin entre trois et quatre heures, et la trouvasmes 
» preste à partir , ayant désjà ses hacquenées toutes prestes au 
» Parcq . • . Son Alteze nous déclaîra qu'elle avoit résolu se retirer 
» à Mons. » Procès d^Egm, IL 477. Ce fut avec beaucoup de peine 
que les Seigneurs la firent revenir de ce dessein. « Elle fut oontrainc- 
» te de demeurer, non pas tant de sa propre volunté quepar/iier^ 
» ffl , à cause de la guarde mise à toutes ces portes ... et ainsi 
» demeurant comme prisonnière, selon qu'elle escripvoit par ses 
» lettres à S. M. » Hopper^ Mém. 99! — Burgundus, dont les ac- 
cusations contre le Prince d'Orange rendent assez souvent la bonne 
foi douteuse , ne craint pas de donner à entendre que celui-ci 
excita la Gouvernante à prendre la fuite. « Vicerat pudor con- 
V templationem periculi. Jamque prorsus damna verat abenndi 



— 238 — 

l566» • oonsilia, cum Auriacus deannciat ei loonomachos admovisse 

Août. * propiiis agmen ... Sea vera haec eraot , seu ad coDcitaDdum tei>- 

» rorem efficla , non dubitavit Gubematriz pro compertts accipe- 

» re » p. 2^3. Il suffira d'opposer à ce témoîfpiage les paroles da 

Prince dans sa Défense en 1 568. « Madame de Parme voulant se retî- 

• rer à Mons et par là donner occasion à ceux qui eussent peuavoir 
» envie d'empiéter sur son authorité , Tavons avec les autres par 
» grande instance et impori unité requise et suppliée ne vouloir 
» faire ce tort à soyméme, ny telle disputation' ny desservice à S. 
» BI. qui monstre bien que noz actions et pensées ont esté du tout 
» contraires à Fambition y dont pour le présent à tort on noua 
» accuse. » Le Petit ,179.* 

Le Roi avoit aboli Tlnquisition Papale: la Duchesse résolut 
d'accorder en outre pardon général , « non par forme de grâce , 
» pour ce qu'on ne la vouloit, disans estre plus dignes de rpcom- 
» pense . • . , mab par forme d*asseurance, » 1. 1. p. 10 1. Quant 
à la modération des Placards , le Roi , ainsi que la Duchesse l'ex- 
prime prudemment , « n'est encore résolu si ce sera par la voye 
» des £tals.Généraux ou autrement. » En Espagne on craignoit ex- 
trêmement les conséquences d'une convocation des Etats - Généraux; 
les lettres de Hopper à Viglins contiennent plusieurs passages re- 
marquables à ce sujet. Dans les Pays-Bas au contraire tons con- 
seilloient au Roi avec instances de les réunir. « Est à noter qu'en 
» cette saison , et quasi par tout l'esté ; d'un costé (je dy du peu- 
» pie) la persuasion estoit sy grande , que non seulement la Corn- 
> mune, ains aussy les plus sages , doctes et Catbolicques, et ri- 
» chesy Gouverneurs des villes et Gonseilliers de S. M. avoient 

• opinion que le vray et unicq remesde estoit d'oster Tlnquisition 
» et les placarts , assembler les Eslatz-Généraux , et illecq forger 

V nouvelles ordonnances sur le faict de la religion : et de l'autre 
» costé (je dy ceulx du Conseil d'Etat de S. M. et de ses ministrea 
» très prudens , fidelz et Catholicqz extrêmement) les menaces es- 

V toient sy véhémentes , qu'encores qu'ilz entendoient fort bien 
» qu'il ne convenoit, toutes fois furent constraincts d'estre de mes- 
» me avis y et que plus est, de l'escrire et conseiller au Roy par 

I disrépntation (?) 



— 239 -^ 

» leurs lettres propres. » Hopper^ Mém, p. gS. Il auroit pu ajouter, i566. 
ce qu'il atteste un peu plus tard , que la Gouvernante elle-même Août, 
pressa le Roi d'y conseoter. Parmi les ministres fidelz et Catko- 
iicq% extrêmement il aToit sans doute particulièrement en voe Fig- 
Utts y qui lui écrivit le a6 août. « Statuum Gcneralium convocatio- 
mnemsi Rex dene^re perget, video ipsosmetconventuros, cum 
in tantis*malis remedium difîerri vident. Quamobrem convenit 
•lîquando aliqua vel ooactum concedere quam cum neglectu au- 
tfaoritatis populum per se usurpare. Ep. adffopp,^. 874. Et le 
septembre. « Res eo rediit ut sine Statuum Generalium convo- 
calioney absente Sua Majestate, amplius Respublica sustineri 
nequeat, eaque una cum Religione pessom eat. « /. /. 376. Mais déjà 
la fin d'octobre il avoit repris courage et changé de sentiment. 
Non sine magna causa Rex ab Statuum Generalium convoca- 
tione abfaorrere videtur, ne per eos aliquod fiât praejudicium , 
quod postes reparare difficile fuerit. » /. /. p. 3S3. 
La Gouvernante écrivit donc au Roi « que c'esloit force et né- 
cessité inévitable de venir à la dicte assemblée , comme moindre 
mal que de tout perdre. » Hopper , Mém. p. loi. 
« Quant au poinct de donner ordre aux scandales et émotions 
da peuple , se firent deux cboses. L'une estoit , qu'achevée l'as- 
seoablée des Seigneurs convocquée par S. A. plusieurs se retira- 
rent à leurs gouvernemens et aultres lieux ou il estoit besoing. . . 
L'autre , que comme les Princes d'Oranges et des Gavres, Comte 
d'Egmont , et les Comtes de Hornes et d'Hoochstrate . . • disoient 
expressément , qu'il n'y avoit aultre moyen ny remesde d'oster 
les armes au peuple (estant ja levez jusques à deux cent mille 
hommes) et de pacifier les Confédérés .... sinon en asseurant 
le peuple qu'il ne se fera d'eulx aulcun chastoy , au cas qu'ils 
estent les armes , et se gardent de désordres et scandales , oyant 
seulement les presches es lieux où de faict se faisoient présente- 
ment , S. A. après longs discours et disputes, et aussy après 
beaucoup de dilations, larmes et protestations qu'elle ne faisoit 
ce de sa Tolunté, mais comme prisonnière et forcée , enfin fust 
constraincte d'estre contente que quictant le peuple les armes es 
lieux où de fait les presches se faisoient , et se gardant des scan- 



— 240 — 

l566. » àtà» et désordres y ne s'iueroit de forces nj de voie de Ukx 

Août ^ contr'eulx es dicU lieux allant et Tenant, josqnes afiltrement par 

j» S. M. et Tadvis des Etatz-Generaulx en sera ordonné, et aveoq 

» telle condition qu'iiz n*eaipescheront ou troubleront comme qoe 

» ce soit, la religion Catbolicque. » Happer y Mém» io3. 

L'original des lettres de Slarguerite est aux Archives. Ob la 
trouve ainsi que la promesse des Nobles Confédérés diei le Petil^ 
p. 1 19, sqq. Il suffira de transcrire ici le passage relatif aux obli- 
gations de la Noblesse , comme étant nécessaire pour l'inteUigcDce 
des événemens subséquens. « Son Alteze entend que les Geotili- 
M hommes luy donnent la foi , en premier lieu qu'ils ne feront oy 
» pourchasseront directement ny indirectement chose contre S. M.) 
» ses Estais ny sujects , mais s'emploieront entièrement à faire ton* 
» tes et chacunes les choses que bons et loyaux vassaux et sujecti 
» doivent allendroit leur Seigneur souverain et Prince naturel. Eb 
» ce faisant ayderont de tout leur pouvoir et de bonne foy à empes- 
» cher ces troubles y esmotions et tumultes présens , de refréner oe 
» populaire eslevé et que ces saccagemens, pilleries, myneide 
» temples , Eglises , cloistres et monastères cessent : mesme astiite* 
9 ront à faire chastier ceux qui ont fait les sacrilèges , outrages et 
» abominations. Que nul tort ne soit fait à aucunes personnes Ec- 
9 clésiastiqueSy ministres de justice , gentilshommes , ni autres snb- 
» jects et vassaux de S. M. Qu'ils feront tout leur efforts à bon 
9 escient, que les armes prinses en main par le populaire, dont 
» tant de maux ont esté commis • et peuvent estre encore plm , 
» soyeot posées et mises bas incontinent. Us feront leur mieux et 
9 tous bons offices pour empescber que les presches ne se faoeut ei 
9 lieux où elles n'ont esté faites , et es lieux on de fait elles se foot, 
» empescheront qu'on n'y use d'armes , de scandale , ny de désor- 
<> dre public. Au demeurant ils s'employeront et ayderont , seloo 
9 l'obligation de serment et fidélité qu'ils ont à S. M. , au repoos- 
9 sèment de tous estraogers, ennemis et rebelles d'icelle et de la 
» Patrie. Finalement feront devoir que le crédit qu'ils peuvent 
» avoir hors du Pays , de l'employer à tousjours pour le service de 
9 S. M. et au bien du Pays, toutes les fois que leur ser»comman- 
» dé y eux rennettans en tout et par tout à ce qu'il plaira à S. M. 



— 241 — 

leur oonmaiider par Tadvis et oonsentemeot de» £tats-*6éDé- i566. 
faux» » De soo coté la Gouvemaote promettoit « en sayvaot Août, 
le eonseolenielkt et volonté de S. lil , que pour la cause de la re- 
queste et compromis y et ce qui s en est ensuyvi jusqu'à présent 
ne sera imputé aux Gentilshommes par S. M* ni par £Ue aucune 
chose. » Les Députés, tant pour eux que pour les autres Confé- 
dérés, acceptèrent les artides proposés. « Nous nous faisons forts 
pour tous les autres, et les ferons observer, entretenir et accom- 
plir par iceox nés Confédérés. Et à cest effect tenons nostre 
dit compromis nul , cassé el aboli , tant et si longuement que ta 
dicte seureté promise par Son Alteie an nom de S. M« tiendra. « 
Cet accord étoitun airangement provisoire que des circonstances 
impérieuses rédamoient. « Je ne fais doubte, » écrivit la Gouvei^ 
nante à l'Evéque de Liège, «que ne trouves estrange que j'aye 
9 m'eshurgie si avant; mais je puis bien vous dire que y suis esté 
» forcée^ par ce que Ton m'a réprésenté les choses estre venues icy 
9 si avant que sans cela aussy bien irait t'on aux presches et avec 
» armes et désordre. . Gachard^ AnàL Belg. p. 179. D'ailleurs 
cet accord ne- se fusoit que sous le bon plaisir du Roi. « Entre 
» tant de maulx il y à une chose bonne , que S. M. n'y a consenty ; 
» ny par conséquent n'est obligée à chose qui soit. ■» Bopper^ Mém, 
io6. Puis on pouvoit espérer que , par le moyen des Confédérés 
on feroit poser les armes au peuple, et qu'en même temps on 
pourroit se préparer à des mesures plus énergiques. Madame agis- 
soitpar nécessité; et, comme on le lui reprocha depuis, « pour 
9 endormir les Confédérés et s'en servir contre ceux qui s'estoyent 
» desbordés au brisement des images, y* Le Petite i85.^ Les évé- 
nemens prouvèrent que ce n'étoit pas un mauvais calcul. -— Quant 
aux Confédérés ils n'avoient certainement pas une confiance illimi- 
tée dans les promesses de la Gouvernante : mais le Roi avoit fait de 
grandes concessions ; la Duchesse déplus grandes encore; eux aussi 
craignoient les excès des iconoclastes ; ils sentoient qu'en présence 
de pareils désordres le danger devenoit commun, et ils n'avoient 
aucun prétexte pour refuser les bons services qu'ils avoicnt plus 
d'une fois offerts. 

Sans partager l'extase de quelques écrivains au sujet de cet 

9 16 



— 242 ~ 

i566« acoord (Te fTater^ L ^Bô), nous ne pomtons taxer , oomm» fait JK 
Août. BUdenfyA-^ YL 63, la Gouveroante et , oe qui nt aMes curievzy en 
mdma temps les Nobles d'imprévoyance et d'inhabileté. Car écrivain 
a raisonné ici sur des données pen exactes; et suppose eotr'antres 
que les G>nfédérés n'avoient ni puissance profMrey ni sdliéa hors 
du pays. 

Quelquefois on a voulu justifier la révolution parla non-exéc»- 
tion de cet accord. Mais d'abord on y a donné de part et d'antre 
des interprétations trop étendues. Il y avoit sans doute sons pin- 
sieurs rapports, de la sincérité dans les récriminations de la Dn* 
chesse , lorsque dans une réponse du i6 février i567 à Bréderode 
elle s'écrie, a Certes ceulx qui ont veu et sçavent avec quel orève- 
» coeur je suis esté oonduicte à condescendre, tant seniemant q«t 
• en mectant jus les armes par le peuple • . . , on n'useroit do Cor» 
» ce. • • contre cnlx » • . , ne ignorent aussy qu^ n'y avoit rien pins 
» esloingné de ma pensée et intention que de consentir qu'il fnst 
» loisible de créer nouveaux consistoires et magistrats , de faire 
» ooUectes cueîller aydes sur le peuple de S. M. • • • , usurper eo- 
» tièrement radministration des sacrements, entrodnire une eon* 
» fusion de toute la doctrine et police ecclésiastique , voires «nssy 
» séculière y etc. » Te Waier, IV. ^69. D'ailleurs, en cae da viola* 
tion, on pouvoit accuser la Duchesse^ mais non pas sa plain- 
dre du Aoi. 



LETTRE GXCI. 

TAeodoTâ de Bèze au ministre Tnffin. BelaUpe ams 

diffirens sur la St Cène. 



*^* Théodore de Bèze étott né en x 5 19 en Bourgogne. « Er 
» studirte die Rechte in Orléans, hegte indesz weit groszere Yor- 
» liebe fur alte Literatur und Dichtkunst, einer der eifrigsten, 
» grûndiichsten, und vûrdigsten Schûler Cal vins- » F*. RoitmeTf 
n. ai5. « Za Genf i547 Protestant, hierauf Prof . der Griech.Spra- 
» che zu Lausanne, seit i558 Prediger und Prof, der Théologie zn 



— 243 — 

« 'Genf, gesL am 1 3 oot i6o5, » GuericAe , Handbuch dt^aUg. Ktr^ i S66« 
chemgesck. p. 91 a, — « Jf. Tqffin y ministre de TEglise deMetz, étoit Aib6u 
vn des nombreux prédicateurs calvinistes que la France enyoyoit 
alors dans les Pays-Bas. H préchoit TËTangile sans crainte à Anvers, 
mais respectoit soigneusement les ordres des Magistrats : Boty 85.b 
Plus tard il suivit le Prince, et fut employé dans beaucoup d'affaires 
diiliciles et délicates. — Il paroit que les Calvinbtes des Pays-Bas 
desiroient se réunir aux Luthériens , en prenant pour base le /TtU 
iemberger Concordie , accord que SIelanchthon et Bucer avoient 
composé (Tom. I. p, ai 6). On avoit consulté de Bèze^ et sa réponse 
montre que les informations de Strada à ce sujet n'étoient pas 
exactes. «Quamvis Calviniani ab Augustanâ confessione abhorreant, 
» tameD exjklorato Theodori Bezae ab usque Geneva oonsilio, pn>- 
» batisque ab eo hisce religionis induciis , novae professionis foiv 
> molam ad Augustanae similitudinem conoepere. » /• L i83. On 
Ut sur le dos de la lettre, Petitio Ecctesiaruminf. Germamae adEo^ 
clesias confessioms, et judicium Th. Bezae de eapetitione. Le 
Seigneur qui /?ro;ne/ et qniprésenteroit la confession (voyez p. a45y) 
est apparemment le Comte Louis de Nassau; du moins le Prince 
d'Orange ne s'engageoit pas encore si avant 



Monsieur et frère. Je respondray tout ensemble à plu* 
sieurs de toz lettres. Quand au principal point qui est, 
si les frères du Pays-Bas peuvent présenter pour confes* 
sien raccord que m'ares envoyé, je vous en dyray ce que 
le Seigneur nous a donné d*en penser par deçà, après que 
le tout a este veu et examiné en nostre compagnie. Quand 
feu M. Bucer fit cest accord, il est certain qu'il tendoit 
à bonne fin et ny a rien à nostre advis en son exposition 
de l'article de la Gène qui ne soit bien dict, estant bien 
entendu. Mais le temps nous aprent beaucoup de cautel- 
les de nostre ennemy , corne jadis il advint contre Ârius 
et Pélagius entre aultres. Or ce qui est ensuivy à mon- 
stre et monstre plus clair que jamays , que ceulx avec le- 



— 244 — 

i566. quelz on cuidoit' s'accorder , ont tousjours tendu à ce 
Août poinct d'establir le corps de Jesu-Christ essentiel îcy bas, 
tellement que pour saulver leur présence corporelle illo- 
calement , vous voyez qu*il a falu venir à l'ubiquité , sans 
laquelle aussy il est impossible de maintenir leur opinion, 
et fault confesser que Brence (i) a mieulx jugé en cela, 
que tous ceulx qui pensent accorder leur présence cor- 
porelle avec la vraye opinion des deux natures de Jésus- 
Christ. De cela dépent la vuidange de Taultre question , 
que c'est que les indignes recevent. Car quoy qu'il en 
soit , ces gens n'ont esgard qu'a leur consubstantiation , 
€onie il se voyct meyntenant plus clairement que lors. 
Or vous scavez combien qu'il est requis qu'on use de sim- 
plicité et clayrté toute évidente à matière de Confession. 
Maintenant donques vous voyes comme telles gens en- 
tendent cest accord , come ' seroyt-il possible de le recevoir 
en bonne conscience? Jedys d'avantage^ que Dieu a mon- 
stre par expérience que tout cela luy déplaysoit telle- 
ment, que cest accord n'a esté advoué d'une seule ecclyse 
par deçà , ny de celles qui depuis ont estes engendrées ku 
Seigneur, et vous voyes les piteux estats d'icelles qui s'y 
«ont rengées , au lieu de persévérer en la symple et vraye 
«entenze que le ^ suyvoit, ety'osedyre que Satan s'est plus 
servy de cest accord à empescber la vraye concorde et 
l'avancement de la vérité , que de tout ce qui a esté faict 

(i) Brence. ThéologieD Wurtembergeois. « Weniger gelehrt als 

» MelanchthoD y war er weniger stûrmisch als Luther , uod ent- 

» schloszeDer als jener. » P/ister ^ H. Christophe p. a88» « Nach 

» seiner redlicher Ueberzeugun^, \»ar und muszte ibm der zwin- 

» glische und caWinische Lehrbegrifî ein gi-oszer Anstosz bleiben. » 

/. /. 294. 

' pencoit. ^ commeot. ' davanUge. ^ qu'elle (7). 



— 245 — 

de nostre temps en ceste matyere, combien que scadie i566« 
que M. Bucer avoyt une intention toute contraire* D'à-. Août, 
vantage quand vous auryes passés ces poincts aynsi^ 
nous ne dubtons poinct que le poinct (Au. baptesme et 
de labsolution, corne vous laves couchez à la vérité, ne 
rompit tout , et toutesfois d'accepter ces articles , corne ils 
sont couchés en ce que m'aves envoyé , yl n'y auroit 
ordre ^ corne vous Taves bien jugé. Oultre tout cela vous 
ne deves doubter, quoyque vous promette le Seigneur^ 
qui présententeroyt' ceste confession, que pour la fin yi 
ne fallut au lieu de l'Evangile , advouer simplement la 
Confession d'Augspurg et lors se seroyt à rycomancer, et 
peat-estre seroyt on bien estonné de voyer la plus part^ 
affriendé de la paix, se révolter plainement de la vérité,, 
car voylà come Dieu a accoustumé punir ceulx qui cer- 
chent les destours. Je scay bien que vostre intention est 
toute contrayre, mais nous vous dyzons aussy nostre ad^ 
vis. L'espérance qu'on donne à noz frères est belle et 
grande, mays oultre ce qu'elle nous semble sans appa- 
ranze, nous n'en scaurions. attendre que très mauvayse 
yssue, et pensons au contrayre qu'en attendent.en con- 
stanae la volunté du Seigneur et mayntenent sa pure vé^ 
rite, il envoyerale sulagement plus tost et plu&certayn. 
Vou& adviseres si quelque confession novellement dres- 
sée y pourra. servir. Quant à moy je n'y ay poinct voulu 
mettre la mayn , pour ce que la multitude de tant de Con- 
fessions me déplayt. S'on en veult choysir entre les an- 
zienes et celle dez églises Françoisesest suspecte au tiltre, 
je n'en sçache poinct de plus nette, que celle qui fust 
présentée à l'Empereur durant des dernières troubles,^ 

*■ pcésenteroit. 



— 246 — 

|S66. dont foui {Kiurres faire un extraict et [sèment] sans qu'os 
Aoàt» rappaiçoiye. Et n'ayons pour le présent aultre conseil 
suroe point* 

Quant à nos frères de Badonvillez' , nostre frère 
BL Figon a esté arresté prisonnier à Vienne à son 
retour, oomme nous l'ayons eschpt à nostre frère, M» 
Polyandre; mais nous espérons que Uentost il sem dé» 
liyré et soubdain estant de retour partira , que si l'affidre 
traîne tant soit peu, nous en enyoyerons ung aultre en 
saplaoe,Dieaajdant. Quant à Monsr. le Duc de Buil* 
Jon (i) nous en ayons ung tout prest, grâces à Dieu, 
comme je luj mande, et yous prie luy faire tenir mes Iet> 
très, y adjoustant les yostres , a£Bn qu'on ne soyt aussi 
long à enyoyer quérir ceslui cy que l'aultre , en quoy il y 
aura moins de frais, pour ce qu'il n'a femme, ny enfiuu. 
Quant à nostre frire, M. des Masures , je luy escrips suy- 
yant ce que m'ayes mandé, et sur sa responce je pren- 
dray occasion défaire selon que m'ayes adyerty,affin d'évi- 
ter toute la souspeçon que cela yienne d'ailleurs. Au 
siurplus les bruicts esmeus par delà au mesme temps y que 
plusieurs ont tressé* les cornes allieurs^ confirment bien 
les conjectures que tout est faict à là main. Mais en som* 
me il n'y a point de conseil contre le Souyerain, etyoiant 
Satan s'enaigrir en oeste sorte, il nous fruit espérer qu'il 
est sur le point de sortir , sinon que nos péchés le retîe- 
nent, qui est ce que je crains le plus. De nostra part, 
grftces k Dieu, nous sommes en santé et en paix, mais il 

(i) BuiUon. Déjà eo i56a le Duc de Bouillon « étoit sospecl 
» de Hugaenotisme. 9 Mexerayy Y. ^. Plus tard il devint un des 
principaux chefii des Huguenots. /• l 290. 



— 247 — 

j a «(carence de grande cbené, quy «eva à oa que j'^o- i566« 
tends ung fléau universel. On se meurt de peste en Suyoe Aeùt. 
et eo Yallej' et aux enyîjroiis. Mais la grand peste que 
riffit par tout, est oelle à laquelle on pense le mcûns* 
Nos frères dePietmonl sont rudement traictés^ estant 
les uns forcés i vuider le pais par édiot^ les aultres ru- 
dement menaces. Nostre bon Dieu y vueille bien pour-» 
▼<Mr. En Languedoc ^ à ce que pouvons entendre » on est 
en grand danger de venir aux cousteaux y ne pouvant es^ 
tie plus supportée la maniée de laquelle ce povre peu* 
pie est gouverné. A Lyon Vest une chose presque in- 
croyable aussi du pouvre gouvernement qu'y est. Nous 
avons ce me semble à prier sur tout^ qu'il donne paden- 
oe aux siens, par laquelle seule ^'espère que nous vein- 
erons. Les dernières nouvelles que j ay eu de nostre père, 
noie Guilaume Farel (i), estoyent, qu'il y avoyt fort 

(i) FareL Né ea 14B9 enDauphîné» « £r hatte schoa an irie- 
» kor Orteo der Schweiz • . . ^ aach ia Stra8:ri>iirg , xmâ Mum- 
» pelgard, and anderwarts das £vaD(|;eliQm Yerkûndigt, als er aach 
» aach G«Df sich wandte, um seineni iha verehrenden Frennda 
* Calvin das Feltau bereiteiik » Guerieke, L L 8o5. Il eut beaucoup 
d'influence sur la marche de la Réforme^ tant par ses propres travaux, 
qu'en fixant à Genève ke célèbre CaWin. « Genevaenon tamconsilio 
» Yelhortatu , quam formîdabili Farellîi obtestatione retentus sum 
» acsi Deus yiolentam mîbi e ooelo mannm injiceret, » CaMnus, in 
PntefoL 4id Psaimos, Persécutés dans leur patrie les ProCestans 
fVançois évangélisèrent la SiuBse , non sans y «voir rencontré d'a- 
bord de nouveOkes persécutions. A la troisième Assemblée de la 
Société Evangéliquede Genève, société qui marche sur les traces de 
Calvin, pefldantqne ses détracteurs élèvent une statue à J. J. Rous- 
aean, M. le Professeur Gausten a dignement rappelé leurs bienfaits. 
« Au anHen desabominations les âmes mouraient en foule faute de 

•• Vtltk 



— 248 — 

i566. peu d'espeninoe dévie (i). Le bon hommea tôusjour9;lan- 
Aoât. guy depuis son retour , el de fayct plusieurs se sont es- 
bahys , comme on luy avoyt donné ceste peine. Nostré 
bon Dieu et père vueille recevoir en son repos son fidèle 
serviteiur et faire la grâce à oeulx qui demeurent der- 
rière , de bien eourrir en la lice ^ jusques au bout. Tous 
les frères tous saluent. N'oublies, si vous plait, mes 
recommandations à Monsieur Gamier et à tous les frè- 
res y sans oublier Mademoyselle de la Groyx (a), tant de 
ma part que de celle de ma femme et nièpce , qui se re- 
commandent humblement à sa bonne grâce. Nostre bon 
Dieu et père vous multipliant ses grâces, vous conserve 
tous en sa saincte garde. De Genève ce a4 d*aoust. 

Vostre entier confrère et serviteur , 

Th. de Bbszb. 

A Monsieur Taffin , 
mlDlslre de TËglise àa Mets. 

» nouiritore; aveugles conduits par des aveugles , elles tombaient 
» toutes dans une même perdition* Telle étoit notre misère, lorsque 
» des Evangélistes français nous arrivèrent, lorsque Dieu nous envoya 
» Farely Saunier, Dumoulin, Laurent delà Croix, Antoine Froment, 
i> Jean Calvin» Théodore de Bèze , ces hommes auxquels , après 
^ Dieu , nous devons tout. » Rapport^ p. 45. 

(z) Fie, Communément on croit que Fard est m<Mrt en i565. 
C'est une erreur» ou bien la lettre de Th. de Bèze sereit antérieuie 
à i566 , ce qui nous paroit peu probable. 

(a) de la Croix, Peut^tre fille du martyr françois , Laurent 
de la Croix , qui en i53o , « comme il annonçait TEvangile à MA- 
» con, fut saisi, jeté dans les prisons, conduit à Paris, mis à la 
» torture jusqu'à ce qu'une de ses jambes y eut été brisée, et enfin 
» brûlé vif sur la place Maubert , pendant qu'il ne cessait de con- 
u fesser Jésus-Christ avec une inexprimable onction.» L /. » p. 47* 



~ 249 — 



LEITRE GXGII. 

Gmltaume^ Landgraue de Hesse^ au ComULouù nlê Nas^ 
MU. Sur le colloque dErfurt et V affaire de Grumhaeh. 



** n devoit y avoir un colloque à Erfurt, afin de concilier les l566* 
opinions de l'Electeur Palatin , Calviniste , avec celles des confes- Août, 
sionaires d'Au(;sbourg. Le dernier juillet le Landgrave Philippe 
écrivit aux dirétiens Evan^âliciiies de Zurich. « Wasdasgesprechzn 
i> Erfurdt angehet^ ist es darmit noch weitlaufftig und lassen uns 
» bedûncken der Churfûrst zu Sachsen sei dartzu nicht geneigt , 
V und tragédie sorge, v^an es zu solchem Gesprech khommen soltCi 
» das man mebr uneinigk aïs einig veerde. » y. Bommel, III. SBg. 
Cependant la réunion préparatoire de i566 fut suivie en 1667 par 
le colloque même , mais il n*eut pas de grands résultats : « So blieb 
» die sache endlich auf sich beruhen. » Pfister^ /. /. 4S0. 

Qaunt au Duc de Saxe Jean-Fréderic» sa position devenoit de 
jour en jour plus critique. 



Unserm gûnstîgen gnis zuvom, Wolgeborner lieber 
Yetter und besonder. Wir haben Ewer schreiben de dato 
Antborff den io*~ Augusû entphangen gelesen, auch 
darausz wie es itzo inn den Niederlanden der religions 
und anderer sachen halben ein gelegenheitt hatt, yer- 
standen ; mochten Tonn Gott wûnschen es stûnde bess- 
zer, boffen auch sein Almecbtigkeidt, als des die sacben 
^en sein, werdl gnedige mittell verliehenn damit es 
allerseits zue guettem ende geratben moge* 

Was das angestelte eolloquium zue Erffurdt betrifft, 
da wollen wir euch gunstiger meinung nit yerbalten, das 
die Evangelische Schweitzer, auch die Galli bey ùnserm 



— 260 — 

i566« heren Vatter, auch unsz, gesucht habeoo dabin zue be- 
Août furdern , darmitt ihrer veMohonet und ihre kirchen imd 
lehrer ihn demselbigenn colloquio nicht ezcludirt noch 
coodemniert werdan, ilin betradituiig des grossaeii 
Schismaiis und anders unbeils ^ 80 ob «olcber treniuiog 
erfolgen mocbte. 

Es stebett aber nocb mitt solchem colloquio ibn weît- 
^a blettem; dan diesszer convenius zue ErfTurdt ût 
kainfsr anderen meiiwiig angestek, dan dasz die poliû- 
sdie Retbe xusammen konumn und sich berathscblagen 
SoUen , utrum et quomodo^ quo loco et qvibus eondiUoni' 
hu ein colloqmum anzustellen und zu balten sey; wie 
wir unsz aber lassen bedûnckenn , so baben wenig der 
grossen berren luesten darzu, solchs colloqmum Yort- 
gangiek sein zu lasszen , ibnn' betracbuing das darûber 
die sacb TÎell dispudrlicher aïs zuTorn werden modit| 
acbten derohalben es werde solcbs colloquium £szmabls 
ihn brunnen fallen, unddassoll auchwoll nach itziger 
gelegenheit Vor gemeine Ghristenheit so unguett nit sein. 

Der Cburferst und Heraog Joban Friedericb zue Sachr 
senn, wacbsenn des leidigen Grumbachs halben je lon- 
ger je hertter mitt sdiriefftenzu einander. Es batt Herzog 
Johan Friedericb dem abgesandten des reicbs ein antb<^ 
wordt geben, darin der Cburfïirst zue Sachsen hartt 
wirdt angezog^i ; solch antbwordt soll gedachter Herzog 
Johan Frederich ihnn willens sein trûcken undauszgehen 
zu lasszen, wiewoU unser herr Vatter noch gestem sein 
Hertzog Johans Friederichs liebten gantz yetlerlichen (i) 

(i) FeUerlickem. Voyez la ramâniiie à k p. zçb 



* ; 



m. 



— 251 — 

verwamec undt gebetteo solchs einzustdlen , dan wo es r566« 
5olte gesehehen , ist sich hocblich zu besorgen , es werde Aoàt. 
die sach a verbis ad iferbera gerathen , wilchs itziger zeîtt , 
dieweil der Tûrck so gewaltig herrein her tringt, je gar 
besckwerlicher wehr. 

Wolten wir euch in guelten Tortrauwen diszmaUs 
nitTerhalten , und seindt euch gunstigen willen zuerzei- 
gen gantz gneigt. Datum Rothenberg , am ^4^ Augusti 
Anoo Domini i566. 

WiLHsua lu 7^ Hbsssii* 

Dem wùlgebomeii luuerm Uebea 
Teitem und besondem, Ludtwlj;^^ 
Graven zu I^assau , etc. 



UETTRB CXCin. 

Le Comte H, de Bréderode au Comte Louis de NassatL 
Il désapprouve les désordres des iconoclastes en 
Hollande j et est disposé à réprimer ces excès. Il 
insiste sur V assurance demandée a la GowernanAe par 
les Confédérés, 

%* Cette lettre confidentielle de Bréderode montre de nonveau 
combien sont injustes les soupçons contre les principaux Confédé- 
rés , comme s'ils eussent excité les iconoclastes ; et qu'on ne dise pas 
que leur sèle commen^ après que, par raccord avec la Govnref^ 
Hante, ib eurent atteint leur but; car ceci est écrit avant qua 
le Comte eut appris que Vasseurance (voyez p. aSS,) étoit donnée. 

Bréderode étoit en TCord-Hollande avec son épouse , deux soeurs 
du Prince d*Orange et plusieurs nobles , d*après Wagenaar ^yi^ 
189 ; mus cet bistorien se trompe y quand il ajoute i « Van 't beefd- 
» stormen werdt, 00k tMrwijl Bredaroda ricb hieromtrenC ont- 
« hiddt î niets vemomen. • Quant à Burgunius ^ il calomnie Bré- 



— 262 — 

lS66b derode oi disant : « Bndcrodiiis Uiri»ttlentiâ iDgenii apnd plebem 
AoAt ** ▼alidus, Anuterdamenaes et YianneDMs facile ooncitavit. » p. 
aa5. Bien au oontraire » ainsi qu'on lit dans un Journal (Dagregis- 
ter loopende van 5 Jug, i564 tôt 27 Febr. 1567 uit een oud MSJ 
tenu à Yianen et communiqué par Te Water , IV. 3^2 — 3a8 : 
« Den 29 Aug. deede mynbeer van Brederode , wesende in Hol- 
» lanty te Ytanen Terbyeden dat nyemant bem an soude onder- 
» staen alda«r enige nieuwicheden te gebruykeD. > H est vrai que 
dans le même journal on lit à la date du a5 septembre, « Te Yia- 
» nen worden de beelden afgenoemen. » Mais là il s'agit d'un enlè- 
vement des images par ordre du Magistrat: plusieurs régences, 
même celle d'Amsterdam, le 26 août {Bor y L loi) , y avoient eu 
recours. Brederode étoit Seigneur de Yianen , et donner cet ordre 
étoit , pour un Seigneur protestant , non seulement un droit 9 mais 
un devoir, c Nous confessons , » disent les Calvinistes dans leur 
apologie , « que c'est proprement l'office et devoir du Magistrat 
» d'abattre tous instrumens d'idolâtrie, qui ont été dressez par l'au- 
» tborité publique, par lesquels l'ire de Dieu s'embrase sur tout le 
» peuple. >» Le Petit ^ Chron^ i58.* 



Monsr. mon frère. Je repceu hyer vostre lettre, qu'es- 
toyt le aô*^' jour de ce présent moys, datée du aa"*, 
par lesquelles j*ey antandu les troubles et insoUances 
quy ce font de par dellà, et pareyllement me mandés, de 
Yostre part et de la part de toute la compagnye, de mes- 
tre ordre an ce quartyer le plus que je pourey, que le 
mesme n'avyengne. Je tous avyse que byen syncq ou 
sys jours avant la receptyon de vostre lettre, il avyont 
fayct le mesmes à Amsterdam là , où il y ast ung extrem- 
me désordre, à Delft , la Haye; mesmes an partant de ma 
meson de Clèves , pour m*an yenyr icy secouryr ce doytre . 
d'Egm6nt,'ungne heure après mon partement ruyn^nt 



— 253 — 

letout àuDgoloytre de [R^l]7e8 * ](i),toutdevaiit ma meson, t S66w 
et ce me dyct on ce matyn, que le mesme fust hyer fayct Ao&c 
dans la vylle de Herllem, desorte que je voys ce peuple 
sy déftordonné et inssanssé, que. an gran payne yoye 
commant que l'on y meaterat ordre. Je suis icy ayeq ung 
quarante jan^lsomes , anyyron cent cheyauls de ce quar- 
tyer icy. Je voyeray ce que je pourey dresser et fayie 
avecq toute doulceur et pryères; je ne fauldrey leurs re- 
montrer à la mylleur fourme que je me pourey avyser, 
sy cella y peult ayder. Ce cloytre estoyt désyà Tollé sans 
ma Tenue. J'an départyrey des jantylsommes de sa et dél- 
ia, Toyre ce qu'y pouront fayre, toutesfoys leurs ancher* 
gans byen expressément de ne s'avancer que an tout 
doulceur et aveq toute la modestye du monde; car il ne 
duyct nullement les user d'aulcùne menace, ou aultre- 
ment on les incytroyt à plus grandes sedytyons, quy 
occasyoneroyt la perte et ruyne totalle de ses pays de 
par dessà; et certes, quant tout est dyct, nous sommes 
trop bon , de s'avoyr sy peu fyë de nous et de nous ayoyr 
detrecté an yrey chyens, comme sy jamés ne fust esté né 
de mère jans plus méchans , ny plus malleureus , et que 
sur ung seulle mot de doulceur que Ton nous donne, on 
nous anplye' à ce que l'on veult, après que il on fayct les 
ors poys, il TCuUent que nous les asseyons^ de les man- 
ger. Je proteste devant Dyeu et le monde que , sy je 
n'avoys peur que le peuples s'avanssyssent à aultre effect, 
quy ocasyoneroyt la totalle ruyne du pais, je ne m'y an* 

(x) [Begfyes]. H y avoit trois minutes à l'est du BSus te Cleef 
an couvent de RéguHers. 

■ Rigulien. (7). * enploye. i «MiTiona. 



^ 254 — 

i56& pécherons jamés, et deussyont il tout ronifire, piûsqm 
Aoâft. sommes este trectës , mesmes an leurs poblyqoes ser* 
mons, de la soHe comme il nous ont trectë; jusque au 
gallant Morryllon , q^j me donnât l'ung de ses jours à la 
table de Yyglyus le nom d*antecryst. Je les ey souhedés 
tous deus aveq leurs infectées satallystes et compagnons ^ 
dans la meson de Gonterau» Mon Dieu le beau feu que 
ce fiist esté ! Je n*eusse eu peure d*au1tre chose, que la 
fumée de ce feu ne f ust esté sy infectée de la destylaiyon 
que eu feyct ce frit de tant de méchantes carongnes 
d'ommes , que cens quy fussyont esté espryns de la fis* 
mée, n*eussyont tous eu la peste; car ung tdl renyn 
eust perpénétré byen long. Touchant des denyers que 
m'escrypvés, il ne nous manquerons, et sy n'eussyes des- 
yà anvoyé la procuration, conune il fust dyci à Lyre et 
depuis à Sayno-Tron, je vous les eusse desyà fiiyct tenyr, 
et ne manquerat à moy toutte la dylligence pour cela et 
tout ce quy concerne nostre fiaiyct: me recomandant ung 
mylUon de foys an Tostre bonne grâce , prye le Créateur 
TOUS donner, monsr. mon fr^re, an sancté, bonne vye 
et longue. De Egmont Tabaye , ce n^ jour d aoust 
t566. 

Vostre du tout dedyé frère à tous 
wtarrjT jusqu'à la mort , 

H. DB BaSDBEODS* 

Mes byen affectueuses recommandatyons à la 
bonne grâce de tous nos conffrères et que leur de- 
meure esclave à jamés , et Tyve les nobles gueus 
par mer et par terre ! 

A Monsieur, Monsieur le Ginte 
Louys de lïassaw , mon bon firèrcu 



~ 265 ~ 

Avssy y aioM. num firère, sj tous troutyes bon pour i5<S6. 
iMMtre plus grande jn sl yffyoaiy o u que Madame de Parme ^^^ 
in*an requérasse par ces lettres de m'efifectuer an ce quar- 
tyer d'obvyer^ tant que il serat à mon pounryor , aus ins* 
aokmces quj ce font d'euhre' an aultre de pardessà^ mé 
aanUe que il ne seroyt que bon j car aultrement l'on me 
pourrojctTung de ses jours demander quy m'an a hj€t 
mesler , sy c'estoyt la bonne opynyon que l'on avoyet de 
moy, ou de tous quy m'an ares escrypt^ ou de tous nos 
conffirères de la part de quy m'an rescryprés. Je ne wej 
aussy , le tout à correctyon , s y c'est sagement fayct et sy 
à cella nous sommes byen avysé de nous lesser dëparCyr 
ou de nous dëportyrde nostre voullunté ou par pryères ou 
remontranœs , que l'on nous ast seu fryre d'ungne part 
et d'aultre, sans avoyr premjèrement et devant toute 
choses, et posposant* tousincouTényens, nostre prétandue 
asseurance' , assavoyr telle que TaTons demandée de ses 
troys Syngneurs. La néoessytë fisiyct la truye (i) troter et 
sy elle, je papsse Madame de Parme, mise à ce coup de 
pleyne autorytë à nostre androyct, sellon nostre remon- 
trance , Teu que die doyct ou à cesteur ^ ou jamés user de 
nécessyté vertu et s'arester nous donner la dycte asseu- 
ranoe ; asseures tous que elle nous brasse le cbaudyau sans 
aucre. Je vous prie, mous, mon frère, d'y pansser meure- 
ment , que nous ne nous coupyons la gorge de nostre 
OMsme couteau et creyns que pour nous montrer sy voul- 
luntayre d'anpécber ses ynsoUances , nos callomnyateurs 
ne jugent par sy après avoir esté nostre fayct, comme je 

(i) Tmye. M/ de Bréderodeaimoit beanooap cette comparair 
son tToyecp. loe^ 

*]beare.*laiManlde eôlé(fNUt^oMf»(. ^raMonncc que noMaTOUoigéc^oiCte heure. 



— 256 — 

t566. yens que il n'an ont eu onques aùltre cfpfajinL Je seroîs 
Août d'avys sy l'on ' fayct la soupe aus or» poys , que Ton la leur 
lessasse manger. Sy à Textrëmyté on nous youlusse com- 
mander chose quy concernasse les pays du Roy, ses estas, 
la tranquyllytë d'ycelluy, de nous y anployer, je seray 
d'ayys jusque à la demyère gouste de nostre sang > com- 
me sommes oblygës à jamés , mes ayecque telle protesta* 
tyon que âme Tyrante ne nous eust demeyn ou après à 
nous reprandre du moyndre poyn de ce monde et tousjours 
avecque lasseurance de ses troys Syngneurs, sans nous 
remectre à quelque aultre heure seullement, ou de dyre 
rondement que nous ne nous an mesleron poyn , et yaye 
comme yl Taye*; et seroy d'ayys que nous demandyssyons 
bonne acte , de tout ce que Ton nous commande pour 
le seryyce du Roy et repos et byen du pays* 



f No CXCIIP. 

Accord du Comte Louis de Nassau auec le capitaine 
fFesterholt touchant une lofée de mille cheçaux. 



*^ Le capitaine Westerholt avoit offert deux mille chevaux! 
voyez p. ao6. 

La Gouvernante n*ignoroit pas que les Confédérés traitoient 
avec des capitaines Allemands» Eux-mêmes Tavoient donné à enten^ 
dre fort clairement , et ce fut même pour cette raison qu'elle différa 
Texécution des ordres du Roi , « sur la levée des gens de guerre 
V tant Allemans qu*aultres • • . . , pour ne mettre les Confédérés de 
» recbef en mesfiance avecq S* M. par où pourroient arriver qoes- 
» tions ; iceux plus prestz que Son Alteze , léreroîent incontinent. 

■ s*!!* ont (?). * que la dioie aiOe towme elle peot. 



— 257 — 

» leun gens, qU^ili tenoietit (long tenps y ayoU) eo apparence et i566. 
« retenue en woerdigeit , dont procéderoit une guerre civile. » ^«At 
HopperjMém. io3. 

Cependant il paroit qu'elle n*avoit qu'une connoissance générale 
de la chose , et que le secret des détails étoit fort bien ga^é. Au 
moins la levée de cbevanx par Westerholt ne lui fut connue que 
danx on trois nsois plus tard* Sirada , L a83» A cette pièce , dont 
Toriginal slj^é) aura été remis au capitaine , est jointe une pro- 
messe avec la signature de Herman van WesterhoU tzu Wesleràoii; 
oit les principales clauses sont reproduites : entr'autres : « Im 
» fall. . . . auch mein gnediger Fûrst und herr der Herzog zu Gû~ 
> licb ander wartgelt ak in Reichssachen anszgdbe , soll ich's je^ 
^ derzeit . « . Graven Ludwîg. . . verstendîgen. » 



«l**M>^Ba* 



Wir Ludwig Graye zu Nasaaw GaC^nellnbogan , 
Vianden und Dietz, Herr zu Beylsteyn , Thun kundt und 
bekennen hiemitt offentlich) das wir von wegen der ver- 
bûndnûsz der Ritterachafft und ettlîchen Stenden dieser 
Niderburgundischen landen zum besten, angenommen 
undt bestelt haben , und nemen an und bestellen inkrafiBt 
dièses > den edlen ehmyesten Herman von Westerboldt 
zu einem Obriaten ûber. dausent guter gerûster pferden j 
welche er yon wegen gedachter ritterschafift und stenden 
soll in wartgelt feitig balten so wie im verordnet , inen 
und uns im fall der nott , wenn er darzu erfordert wûrdt 
Ton uns , trewlich und ebrlich, wie einem ehrlichen von 
Adel undt andern zustebt^ zu dienen. Wie wir im desszen 
nacb gelegenheit der zeit weitem bescheid und bestal- 
lung geben werden. Mittler zeit soll es also gebalten wer- 
den, das er aufF zwen monat, als nemblich September 

und October, die gemelten dausent pferd, wie obenge- 
a 17 



— 268 - 

i56âL sagt, hin wartgelt ferdg halten soli , und hatt auff das 
▲oét pferd entpfangen den monat zwen daler und ein halben ; 
dessen soUen sich dieReutter Terpfliehten gegen im, kei- 
nem apdern herm dienst zuzusagen oder zu leisten, bisz 
auff kûnfitigen Januarium des folgenden siebeu und sedbt* 
zigsten jars, on unseï^ Torwisaen und bewilligung; Im 
fall aber andere herren , vorbehalten den Hereog Ton 
Gulich weiter wartgelt geben, soll uns gemelter Wester- 
hold dasselbig fûrderlichst zu wissen thun ; woUen wir in ' 
femer berichten wes er sicb hierin gebalten soll, auch 
wo innerhalb zweyen monaten S^embris und Octobiis 
die Reutter auffibuziehen und m volte bestallung zu tret- 
ten, aufgefordert wurden , soll inen das wartgelt an iren 
besoldung nicht abgezogen werden. Wo fem es dan audi 
daizu keme das gemelter von Westerbold Ton uns in 
Tolle bestallung erfordert wurde, soll er gleich und nicht 
anders gebalten werden, als die die Deutsdien Reutter 
Ton Kon. Mat. ausz Hispaniên im letzten krieg, so er 
gegen den Ronig ausz Franckreicb gefurt, gebalten und 
bezalet worden sein. Solcbs baben wir zu urkundt und 
groszerer Tersicherung aiso zu balten, mit underschrei- 
bung imsers namens und andrûckung unnsert secrets 
wollen befestigen und bestetigen« Gescbeben zu Breda 
den 3o*" Augusti im jar i566« 



UUD. 



259 



LETTRE CXCIV. 



a CcmiêSie Juliane à êonfiUle ComieLouis dà KaséoiL 
Elle hu témoigne ses ¥wes inquiétudes et bdreeomnua^ 
dede se confier en Dieiu 



%* On Délira pti cea ligneB sans attendriBsenent^ etl^ODpeut iS66* 
juger par elles de Tesprit dans lequel une mère , aussi pénëtréede j^o&L 
l'efficace de la prière Chrétienne , a du élever ses enfans, 

Was ich aus meutterllcher treuw allezeit liebs und 
guet3 yermagh zuvor , wolgeborner freundlicher herlz- 
lieber son ; mit beschwertten gemeut hab ich geheort mit 
was grossen gefar und schweren hendeln Ir jtz bei euch 
behaft seindt. Die heilige Dreifâlttigkeit weol euch be- 
schûtzen undbeschermen^das Ir nix rot' oderdutdas wie* 
der Gottes wort underen ewer sellen seligkeit sei | 

auch das landt und Leuden gereîchen mag y und 

das Ir euch menschlich weiszheyt und gutte meinung nit 
last verfeuren , sunder das Ir mit allen fleisz euwren him* 
lischen Fatter umb seinen Heiligen Geyst bittet , das Er 
euch euwere hertzen erleut*, dasir sein Geotlichwort, so 
TÎl an euch,feordert und nitdor wieder handelt^ und aile* 
ffe^ das ewig mer liebet dan das zeitlich ; dan disse ding 
kennen^ an^ den Heiligen Geist nit volbracht werden, 
darumb dut beden hoch vonneotten ^ dan der beose geist 
Wert nit feiem; darumb bitten ich dich, mein hertzUeber 
Bon, du weollest in der forcht Gottes leben, damit dich 
der Teindt in den geschwiendea nit erscMeyg. Ach ! wie 
beschwert is mir mein gemeut, was grosser sorg drag 
ich vor dich ! was ich mit betten aus kan richten , sal bei 

' rtthet. * erlendite. S konnen. 4 obne. 



^ 



— 260 - 

i566« mir meoglicher fleLi nit gespart weiden. Der barmheit- 
Août zig 6ot weol es ailes zu einem selîgen gutten end achic- 
ken y und diejenigen die es crisdich und wol meynen, nit 
▼eriasseo , und euch aile yor allem ûbel beheutten. So 
vil dasjenig belanckt das du yon meines sons Heynrigs 
gewessen schulmeyster bdiummen hast , welges wie du 
schreibst mir zuschickst ^ is mir noch nix zukummen ; 
ich bin aber bericht worden , meine dochter Juliane und 
Madelena seoUen's bei sich haben, welge noch nicht 
kommen seindt , welgs mich yorwundert wie sie so lang 
bleiben , dan seider sie ausgezogen seindt , hab ich keine 
botschaft yon inen bekummen , hoffe aber allen tag das sie 
kommen. Got geb inen glûck. Hertzlieber son, ich schicke 
dir hie eyn kortz gebet y bitten dich du weoliest es allen tag 
beden und den barmhertzigen Got in allen deinen sachen 
anrufFen , und bitten das Er dich yor allen beossen be- 
heutten weol, und dich leyden den week der Ime gefellig 
ist yon hertzen, so yorlest er dich 

eyn glûokselige gesun* 
de zeit und ailes das neutz und gut ist 

bescheren und dich in seine Gottliche bewahrung aile 
zeit erhalten; ich wil auch fleissig yor dich bitten, las 
du auch mit deinem gebet nit nadi. Datum DiUenbei^ 
den letzten Augst Ànno i566. 

Deine getreuwe Mutter allezeit , 

JULIANB GrBFVIN zu NiSSAW WxVWB. 

Dem Wolgebomen Ludwîgen, 
GrafTen za NassawCatcenellenbo- 
gen etcmeinfireandlidicrherU- 
lieber sohn , 

!bu h'ânden. 



— 261 — 

% 

t LETTRE CXCY. 

Le Prince tT Orange à Henri Duc de Brunswick et muta- 
tis mutandis à Philippe et Guillaume , Landgraves de 
Hesse, au Duc de Clèves et au Comte Gunther de 
Schf^artzbourg. Sur les excès commis dans les Pays- 
Bas ^ et particulièrement à Anvers. 



%*" Le Prince étoit revenu le a6 août à Anvers. On lui donna i566» 
une garde de 60 hellebardien. Le a8 il fit exécuter trois icono^ Août, 
dastes. Après de longues délibérations il permit aux Calvinistes, peu 
de temps après également aux Luthériens , les prêches et Texercice 
de knr religion dans la ville. Cet accord fut publié le a septem- 
bre; cependant déjà dans cette lettre le Prince écrit qu'on a donné 
la permission. 

U eut soin de faire restituer promptement les Eglises au culte 
catholique. Dans une lettre de la Gouvernante au Comte de Hor- 
nes, du 4 septembre, on lit : « Touchant la restitution du service 
» Divin en Tournay , ce me sera plaisir d'entendre qu'il y soit 
ai taictinoontineot, et les Eglises restaurées, comme à oommenehé^ 
» U Prince d'Oranges en la ville d'Anvers» » Procès éCEgm. II. 38 1^ 
Quant à la permission « des cérémonies héréticques et de prescher 
» dans la ville , de ces deux poincts se monstra son Alteze fort 
» mal contente. » Hoppêty Mem, p. io3. 



Unser freundlich dienst und wasz wir mehr Ilebs und 
gutts vermûgen allzeit zuvorn , hochgeborner Fûrst , 
freundtlicher^ lieber herr ohm und Ordensbruder (i). 

(i) Ordenshnfder, Henri, Duc de Brunswick- Wolfenbûttel , 
né en 1489» mort en 1&68; longtemps ennemi. fougueux des; 



~ 262 ~ 

i566. Demnach wir Eur liebe hiebevhor geschriebeD , dasz die 
Âo&t. sachen in dieszen landen so seltzamb und gefâhrlich stun- 
den , da die Kon. Matt. , unser genedigster herr , nit bey 
zeytten zusehen und in hetrachtung der itzigen zeiten 
und diszer landen gelegenheiten , der relligion halben, 
ettwaa zulaszen und ûbersehen wurde , dasz sich woll 
eben ein solichs spiell albier erheben mochte als vor 
wenig jaren bey unsern nachbarren in Franckreidi ge< 
weszen , Demselbigen nach y woUen wir Eur Liebe zue 
underhaltung unser yertrauten correspondentz , gleich* 
wol mit gantz beschwertem gemuete , freundlichen nit 
Yerhalten, dasz ahm Montag den negst vergangeneu 
19**" monatztag Augusti, in Flandern etiiche kircheD 
ahn heUem, klarenn tag beraubt wordeo seint, und alas 
wir deszelbigen tags^ uff erfôrderung der Hertzogin xu 
Parma Regentin , nahe Brûssel von hinden gezogen und 
solclie zeittung unsers abweszens in disze stad gelangen , 
so haben sich ahm yolgenden dhienstag kegent abent 
umb sechsschlageungefahrlich) ein hau£fen leichtfertiges 
geûndlins auch alhie zu Antorffin die hôchste kircb ▼er-' 
fïiget, die darin aile altar , grosz und klein , mit allenstei* 
^ neren, meszenen und holzerenJaeiiigen tafFeIn und bildern, 
sampt allen anderen kirchenornamenten , nichts ausge- 
nommen , miszbûcher, briffe und gewandten , gantz und 
gar in stûcken zerschlagen , zerriszen und yerwûstet ha- 
ben ^ und als solichs des orts also verrichtet geweszen, 
seint sie da dannen yon kirchen zu kirchen gelauffen , 
und in allen kirchen , klostern und cappellen , die gantze 

Luthériens. £n x543 la ligue de Smalcalde l'expulsa de ses Etats: 
plus tard il demeura quelques années en oaptivité. U paroit que 
personnellenient il alfectiounoit (e Prince : voyez la lettre 198, 



— 263 ~ 

tmcht ûber , dermaszen hausz gehalten y da« ahm volgen** i566. 
den mitwoch kheine kircb noch cappell in der gantze Août 
stadt yerplibeû y darin man biaz ufF heutigen tag der alten 
religion naoh eine eintzige mesz oder gottesdhienst bette 
halten oder celebriren mogen. Was sie aber ahn gulde- 
nenitnd silbem omamenten, als: kilcbén, monstranoen, 
patemoster und dei^leicben andem Uynodien bekbom- 
men, deàelben haben etiicbe einem erbaren rath difta^ 
atadt, kegent ein erkendtnû3 solcbs entpfangs, gelieCEert 
und zugestelt, und konnen woU dencken daa danit ' allent* 
balben recht zugangen sein wirdt. Es ist aber solicbea 
nit allain in diszer stadt bescbeben, sondem fieist zu ei- 
oer zeit aha andem mebr orten ^ als; Toumay , fillecbell , 
Breda, Amstârdbamb , Mittelburg etc. aueh ergangen nnd 
ako bejnabent die gantze weithe ûber , durch aile disze 
lande geflogen gedhann/Der Almecbtig, Ewige, gûtiger 
Gott woUe seine genade verlebenen das aile sachen 
wiederumb zu voriger rube und recbter rûstlicber liebe 
und einigkeit kommen môgen* 

Wir konnen auch woll eracbten dasz dièse bandlung 
unserm genedigsten Hem, den Ko. Mat. zu Hispanién 
bocbUcben misfollen und sie betrûben werde , wie diè 
den auch uns selbst nit weniger bewogen und uns Ton 
bertzen leidt seint ; und konnen es gleicbwoll nit gebes- 
zern, dan das volck ist dermaszen wieder die Hispaniscbe 
Inquisition und ait relligion erbitzet und erbittert gewes- 
zen , das bierin kliein mittel zu finden , und bette ire Mat. 
die Inquisition in diszen landen vorlengst abgescbafitt, 
wie wir und etiicbe andere unser ordensbrûder ausz un- 
dertbanigster treuen ire Mat. geratben , so zweiffelten 

* da nicht. 



~ 264 — 

1&66 wir niti es soit unser herr Gott die alte Gatholische ret- 
\oùu ligion yil beszer underhaken und soliches stûrmen und 
zerrurten noch lange zeitt yerhûtet haben (i). 

So hatt man nuhn ûber den entpfangenen spott und 
schaden, nitallein die in^piisition abschaffen, sondent 
auch der neuen relligioa einen fireien , offaen plate allent* 
halben , wie auch innerhalb dieszer stadt , eingeraufamet 
und yergonnety da sie nach irer ordnung sicherlîch bej* 
samen koinnien und hinfurter predigen lasven moge», 
hat man anders groszer gefieihr und unrath verhûten wol* 
len ; gleiofawoU anders nit , dan bisz das die gememe sten- 
de dieszer landen zusamen kommen , und hieiin solche 
wege und niittell bedencken und yerordnen, dadurdi 
solche innerliche iirungen und zerrûltungen uffgehoben 
und ein endlicher bestendiger relligions-und Landfiriede 
iifl^richt und gehalten werde,darzu [muge] die Kon. 
Mat. und auch die firauw Regentin iren will albereits 
' gcgeben. 

Und yerhoffen also das unser gn. herr die Rôn. Blatt. 
dieszer ursachen wegent, und dan auch derhalben das 
derselben gemahel erst kûrtziich von einer jungen doch- 
ter Mutter worden (a), baldt herauszer kommen und aile 

(i) Haben, Les expressions ici et dans l'alinéa suivant sont choi- 
sies de manière à ce qu'elles ne puissent ni choquer un zAé Catho- 
lique , ni déplaire aux Princes Luthériens. 

(a) Mutter worden, « Au mois de septembre, écrit ffopperiMé- 
mor, p. xo7.)« le jour daSt. Claire, la Royne se delibvra de aa Fille 
» première-née, appellée IsabellaXlaija Euf^ia. > C'est une erreur 
de date : le jour de St. Claire est le la août, et Hopper lui même 
communique ce jour là cette heureuse npuvelleà VigUus, « Regîna 
» hac nocte, inter duodecimam et primam, filiam peperît. v £piit, 
Hopp, ad yigL p. 96. 



— 265 — 

sachen selbst versehen und in on gute rusame orde* T566k 
nung wiedenimb brengen belfFen werde, darzu danGott Aoàt^ 
der Herr sein gnad und glûck yerlhenen wolle. 

Sunst stebet es in dieszen landen nocb idmblicb woll 
iind begeren anders nicht als (ride und einigkeit, und 
bat sicb das gescbrej von Hert^og Erichs werbungen al- 
bierauch etwas Terloren* So horen wir von Franckreich 
besonders nicbt, alkin das man sagt der Printz von 
Gondé soH etlicb tbausent zu rosz und fusz beysamen 
baben, und uff den frontieren von einem ortt zumandern 
ziehen, und uff diesze bendell und lande gut acbtung ge- 
ben ; wurden wir aber etwaa gewis^ oder weitters bierin 
▼embemen, so môgen uns E. L. zutrauen das wirs der- 
selben nit verbahen , sondem sj es ufFs furderlidist wis- 
zen laszen wollen , wie wir uns den zu E. L. , die wir 
biemit dem Hem in gesundheit zu erhalten bevelben , in 
gleicbem irertrauen aucb verseben. Datum AntorfF abm 
letasien Augusti A^ 66. 

Wjlrslm Paiim zub Uraiiibk. 

Ahn herm Heiarichen Henog zu 
Braunschweigh. Et mutatis mutandis, 
Ahn herm Philipsen Landgraf zu Heszen^ 

— . — Wilhelmen — — — 
^-^ -^ Wilhelmen Herzo(; zu Gûlich. 

— — Gûnthera Graf za Schwarzbiu*g. 



— 266 — 

LETTRE CXCVI. 

/^ Comte Jean au Comte Louis de Nassau. 
Béponse à la lettre i84« 



lS66* %* Cette lettre est très remarquable par le ton naturel de foi et 
Septembre. ^® P^®^ ^^ 7 règne. £n général il y avoît sous œ rapport beau- 
coup de différenoe entre les Princes Protestans d'Allemagne , et te 
' Plrîoces et Nobles reformés de la France et des Pays-Bas. Cbes eeoL^ 
ci on ne trouve pas souvent la même pureté de motiiai et il parott que 
les Cours de Paris et de Bruxelles n'avoîent guères une - influence 
beureuse sur leur caractère et leurs moeurs. L'Allemagne , an con- 
traire, produisit au i6 siècle un nombre considérable de Princes « 
dont la vie, malgré leurs imperfections , malgré leurs yices^ servit 
de témoignage à la sincérité et à l'eflicace de leur foi : nous met- 
trons en première ligne Frédéric le Sage, Jean le Constant , Phi- 
lippe de Hesse , Christophe de Wurtemberg. « Es waren krafU^ , 
• biedere, meistens geradsinnige , uneigennùuige , immer zu gan- 
» zen Maaszregein aiif Leben und Tod entsch1o:»eDe Mânner. » 
F, Rommely I. 9. Nous regrettons de lire dans l'histoire de M. Bil- 
derdyk : a Het Protestantismus der Duitsche Yorsten bestond uit 
f zucht tôt onafhanklijkheid van den Keizer , volkomener opper* 
» macht, bevr^'ding van een uitheemscb geestelijk gezag , vrijheid 
» Tan meer naar willekeur te trouwen^ te onttrouwen en te her- 
» trouv^en, het aan zich trekken van kerk-en kloostergoederen, enz. 
» enz. » VI. aa8. Des motifs peu loubles auront sans doute influé 
quelquefois chez eux sur de grandes résolutions , mais pour porter 
un jugement tel que celui qu'on vient de lire , il faut ignorer pres- 
que entièrement l'histoire de ces illustres héros de la foi. 

Wolgepomer, freupdlicher, lieber bruder. Nachdem 
E. L. in deren letzten schreiben ahn mich begertt das 
ich derselben ein kurtz consiUum wolte stellen lassen, 
dar beneben auch GrafF Ludwigs von Witgensteîn (x) 

(i) Lttdwig V, fFitgemstein. Louis Comte de Sayn et Witgen- 



-- 267 — 

• 

und mein bedendien und guttachten mitthèSen, was dem x566. 
g^ndn man und armen leutten daenieden zu rathen setn Scptambfe, 
mocht , das sie sich in der jtzigen leufften , sonderlich mit 
ahnrichtung der predig GottUohes wortts und rechten 
Gotlesdienst, yerhalten sollen, wie man aie uff dem 
rechten weg bey billichem géhorsam, Ton krieg, au£F- 
rhuer , einnemung und zerstôrung der Idrchen und an« 
dem ungepûriidien fûmemen gegen ire hohe^ und 
niedereobrigkeit undsonsten^underweisen und abhalten 
moge : 

Als thue derselben ich hiemit vierkurtzer Consilia 
fiberachicken, yersehe mich es werden die unserezu Siegen 
aodt eines gestelt haben , und brieffazaigem euch zuekom- 
men lassen ; und Wiewoll die drey mit dem gedrûckten 
etwas ungleidi, wieichden derselben bedencken so in 
den nechsten jahren auszgangen , in kûrtzem noch ettlich 
mehrbekommenund E. L. zuschafFen werde, so werden 
E. L. in denselben doch die ungleichait der zeit , leuff 
und sachen zu bedencken und zu underscheiden , auch 
darausz yras zur sachen dienstlich ist , zu nemen wissen. 
Was den unser beiden bedencken ahnlanget , will ich 
euch nicbt verhalten das 6. Ludwig Ton Wittgenstein 
Tom reichstag zu Augspurgh in Italien , sampt seinem 
famder , Tcrzogen ^ und noch nit widder ahnkomen ist. 

Wiewoll nuhnin diesen hohen und wichtigen sachen, 
welchs nit aUein das zeittlich leib, gutt und ehr, zerrût- 
tung aller régiment , pollicey und Terderbung land und 
leutty sonder auch dasewig, die seligkeit ahnlangen, gut- 



stelny doDt en i586 , le Comte Jean de Nassau épousa «n troisiè- 
mes noces la fille aioée Jdiaooette. 



— 268 — 

i566* tes raths hoch Tonnotten , ich auch fiiir mein persohn das- 
Septembre, idb za thun nicht allain ynï&g bin, aoodeni als eîn Cbris* 
ten mich schuldig ercken , sb befiiui ich aber dieselbe 
leider ûber meineii Terstand und mâne einfelt zu boch 
sein, will alao was ich mit meinen rath nicht befiurdem 
mag, Yon Gott , welcher der beat und {umemst rattgeber 
in diesen sachen ist j sorieli do mehr erbietten' hel£Eeiu 

Und diewdl aber disz sachen sind , daran, wie E. L. 
als der yerstendigbesser dan ich wissen , hoch , mercklich 
und vieil gelegen , und solche sachen sind welche màxh 
Grottes wort und willen^ und mit mchten nach der men- 
sehen guttbedûncken, fantasey undwolgefallengericht 
und verhandlet sein mûssen , er auch allôn Der ist der 
dieselbe r^itt, furet, durchtreiben und widder ^er 
menschen willen erhalten und haittthaben kann und ^rill, 

So werden £. L. diejenig so bej euch rath suchen 
und bitten, zweiffels ohn, zur busz, becLerung*, und 
ahnruflung zu Gk>tt, dassie demselben die sachheim* 
stellen, yertrawen, auf Ihnen allein und kheine men^ 
schen sich yerlassen, woll wissen zu vermanen und yon 
andern fîirgenommeni unbillichen Qiuteln abweisen^ 

Und werden K L. auch meins yerhoffens sich in diesen- 
sachen selbst aller gepûr zu halten und woll yorzusdien 
wissen ; dan es warlich sachen sind , darzu emsiges gebetts^ 
und yleisiges yorsehens hoch yonnotten thut, damit 
man weder in einen noch den andern theil zuviel oder 
zu wenigthue, sondem uff dem rediten stracken weg 
bleiben und yerharren moge. 

Und weisz ichsonsten in warheit nit wie den leuttenda- 
nieden zu rathen sein raocht; dan das. sie eigenesgewalts 

' erbitten. ^ Jtekelinm^. 



— 269 — 

den Gottesdienstahnzttrichten sicbunderstehen andahn- i566. 
massen wollen, will, menschlich darron za reden , nîcht Septembre 
woU mûglich sein ; hielte aber darfur dastnan ihnen nicht 
besser dbienen konte, dan das man mit allem Tieisz lind 
forallen dingen, reine, recbtscbaffene^ christlicbe und eif- 
fiîge lebrer und predicantten baben moge, die nicbt ire 
èbr oder nùtz suchen , zu krieg und uffirubr rathen, son- 
dem vielmebr Gottes ebr und des volcks selîgkeit und 
wolfaid mit einen rechten ôfFer und emst sudien und 
meuien. 

Dweil es aber scbwerlicb fallen will nacb nottur£ft 
recbtscbaffene lebrer gnug zubeckomen, so konttman 
doch yiell gutts mit dem au8zricbten,dasnianallerley 
bûcher der unsem , so Ton den Calçinùmo und anderen 
irrige opùuonîbus unbefleckt, bette vertiren, im druck 
auszgeben und under dem gemeinen man kommen lassen^ 
damit derselb so^iel do basz in Gottes wort erbawet 
und underwiesen werden moge. 

K L. kan icb sonsten, dweil idi itzo in eill yerreitten 
nuttsz, weitter nicht scbreiben , will sich auch nicbt woU 
aile ding sidier ûber feldt scbreiben lassen. 

EL L; zu dbienen baben sie mich altzéit mit treuwen 
vleisz bereit und willig, thue dieselbe dem Almechtigen 
hiemit bevelben« Datum Dillenburg den i*** september 
Anno 6& 

E. L. 
Getreuwer , dienstwilliger bruder , 

JovAir. 

Dem Wolgcbonien Ludwîgen^ 
GraTennsu Nassau^etc 
mS»l4*ai{en 



.^ 270 — 



* LETTRE CXCVIt. 



Lb Comte G« de Berghes au Comte Louis de Nà$$iaU 

d^un mùustre protestant 



1 566. Mein firûntlich dienst und wasz ich zu jeder zeit liebs und 
Septembre, gnfft vennach zuTor, Wolgebomer, (rantlicher, lieber 
6chwager. Zeiger dieszes , unserhoffprediger^hatt sich in 
meiiiemhob ein zeitlanck mitlerungh undpredîgen und an- 
ders nach Gottes wordt auffrechtigh und wol gehalten. 
Dweill dan nun Tonn tagh zu tagh, und jhe lenger jhe mbery 
dem Almtchtigen lob/ ebr unnd danck , dasz EuangeUum 
Chrtsti bin und widder o£fentlîcb und leuther am tagb 
Terkbûndigt unnd gepredigt , ist er yorbabens umb sich 
destobasz und freier zu ûben und zu gepraucben , sicb 
in eine gemeindt, und daselbst allen mûglichen fleisz, 
mûbe und arbeidt, umb dasz nocbduncker, grob und 
aimpell folck, nacb seinem besten yermâgen mît Christi 
Iber zu erleucbten , und dennen dieselbige einzubilden , 
zu ergeben; bat er derhalb um micb underthenigh und 
demûtiglicbgelangenlaszen^icbime jegenwûrtigen vor- 
•cbrifft anE. L. mittbeilen woll, dasz ich ime dan seiner 
pitb balben nit bab abscblagen kbonnen; derhalb an 
£• L. mein freuntlich gesinnen dieselb obbemelten zei- 
gem, als fem mûglich, umb ein gutte condition und 
gelegenbeitt da er sich gepraucben und ûben mûcht, 
zu ûberkhommen und zu erlangen , befurderlich sein woU- 
ten; daszelbigh hinn widder nach allon meinem vennû- 
gen in sollichen oder dergleichen jegen K L. zu yerschul- 
den, byn icb geneigt, dieselbige ich hiemit dem Al- 



— 271 — 

mcditigen in seînein 'Gotdichen ichûtz iind achûrm i566* 
erapfelhen thun. Datum Bergh , am sontagh deti ersten Septemlire. 
Septembris Anno 66. 

E.' L. goutwiUiger broder , 

WlLLBM GrATB Za DBM Baa6iJ& 
Dem Wolgebornen Lodwicheo , GraTen 
sn Nassau, CatzeneUenbogen , Vianden nnd 
Dîetz, mainem frûntlichen, lieben Broder 
nnd Schwagern. 



«W1V 



cxcvin. 

Le Comte Louie de Naseau au Prince tTOrange. Sur les 
priparaUfe de résistance à des mesures violentes du 
Moi. 



Monar. Ce matin est retourné Tostre escoutte d'Etten 
du Goronel 6eoi|^ yan HoUe, lequel m'ast rendu conte 
de sa commission en [brien] , par où treuye les affaires de 
ce quartier là en asses bon estât et à nostre adyantage, 
comme entenderes du dit escoutette. Il me semble qu*il 
serast bien nécessaire que tous eussies incontinent escript 
au duc Henri (i) , luy advertissent Testât de ce Pais-Bas, 
tant pour prévenir aulx f aulx bruicts qui peulvent coup- 
rir de nous touts^ que pour entretenir la correspondence 
et bone affection qu'il vous porte. Quant à l'enterveue 
du couronel et demoy, latreuvebien fort nécessaire» 
mais je craings que le temps à présent ne le permettera 

(i) Ee/ui. Le Duc Henri de Bmnswicky auquel le Prince aToil 
déjà écrit ; voyes la lettre igS. 



^ 272 ^ 

iS66, point ; toutesfois me rapporte à ce que ^tne vouldreft 
Septembre, commander. Touchant du mis en ayant du dit Georgp 
van HoUe pour Fasseurance des trois mille chevaulx et 
certain nombre des piétons , le treuve fort raisonable et 
bien nécessaire , oires que ce ne fust sinon pour gaingner 
leur obligation d'amitié 5 pourtant nie poures niandef 
yostre bon plabir. Et tout cecy ferast roestre au Roy ung 
peu d'eau en son yin. Jevouldrois que je puisse estre une 
peux des heures auprès de vous, pour prendre résolution 
sur tous les points les plus nécessaires. J'espère que les 
affaires d'icy parmetteront que je pourres faire pour de- 
main au soir ou après demain devant disner ung tour 
vers vous^ et de là poUrrois revenir icy pour achever le 
toi]^. Toutesfois j'atendrai vostre responce. Je ne fais 
aulcune doubte que vous bourgois obéiront à ce que 
les vouldres commander. Ainsi aiant receu vostre résolu- 
tion ne fauldrai de la fiiire exécuter. 

Je vous a y envoie un boucq lequel trouvoitt hier au 
bois de cerf (où je vis beaucoup des bestes, tant cerfs que 
aultres) si bien à propos ^ que ne luy povois refuser ung 
coup de harquebouze et de bien venir ay adressé à ung qui 
est en si bone venèson , come n'ay guerres veu. Je vous 
asseure que vous bois sont bien repeuplés , car vous aures 
l'année qui vient plus de vint cerffs chassables , sans les 

fens de l'autre année et ceste présente De Bréda 

ce a de septembre Anno i566.' 

Vostre très obéissant frère à vous 
faire bien humble service, 
Louis db Nassau. 
A Monsieur le 
Prince d'Oranges. 



— 273 



LETTRE CXCIX. 



Le Prince d^ Orange au Comte Louis de Nassau, 
Sur les mesures à prendre à Breda, 



« * 
• 



Celte lettre et la précédente se croisent, ainsi qu*il paroit par la 1 566» 
date: d'ailleora la lettre igSn'est pas relative aux qffairesde Brtda» Septembre. 
Dans cette vilie les iconoclastes avoient fait beaucoup de dégâts. 



Mon frère. Jay suis esté très aise avoir entendu par 
Tostre lettre que les affaires de Breda sont en melieures 
termes que avions pensé, néanmoing pour autant que 
lebruict est par tout si gran du gran désordre et pillerie 
là advenue; et que plusieurs villes de mes gouvernemens 
prenderont regart comme Ton se conduirai là, seroit 
bien nécessaire y faire quelque démonstration et point 
seulement en la ville de Breda, mes aussi aulx vilages où 
tebL désordres sont advenues, et peult estre que cela serat 
cause que demeureront plus paisibles pour Tadvenir. Et 
quant à les accorder les presches deans la ville, suivant 
leur requeste, vous scaves que j'ay la loy par escript par 
mon supérieur, ce que ne peus altéré' ,ny le vauldrois 
mesmement pour point donner piet à mes gouverne- 
mens, qui porriont dire: puisque le permec en ma ville 
où que je suis vassal , que tant plus librement le porrois 
concéder aulx villes de mes gouvernemens; ce que 
toutesfois Madame me défende expressément , parquoy 
leur porres assigner quelque [propice ''J plasse bors de la 
ville et sur tels conditions mentionés en vostre contracta 
attendant ce que Dieu en vauldrat ordoner. Quant aulx 

' «kéror. ' Ou propre. Peut'^être anssi un mot signifiarU voisine fpropè). 
t l8 



— 274 — 

ij66. piétons ) treuve fort bon qui soient licenciés , mais je 
Septembre, j'- «'ii -.• ^♦i 

' désire qu il en demeur toujours cent a la maison , assavoir, 

cinquante harquebusiers et cinquante picquenirs , et si 
TOUS puissies tant faire, que ceulx de la ville les voulus- 
sent tous paier ou pour le moings la plus gran part, en 
. recepverois plaisir , sinon regarderay les entretenir moj 
mesmes, car de ma bendenese vault fier, car elle ne 
porra demerer longement là, ains aller au frontières ou 
aultre part (i) où il y aura de besoigne; sur tout vous 
prie que regardes que soient gens de bien et souldas, et ne 
porra ester le paiement plus que six florins, dont vous 
prie me mander vostre advis; quant aulx Valons, les por- 
res licencier, les donnant quelque chose dont qu'il aient 
satisfaction ; si esse qu*i seroit bon qui demeurassent tant 
et si longuement | que les aultres soient prêts et en or- 
dre. Monsr. de Toullouse (a) ma dictque les milles escus 
sont prest , dont luy avies parlé , rest à sçavoir à qui il les 
déliverat , ce que me porres mander; et sur ce , mon frè- 
re^ me recommande à vostre Ixmne grâce, priant Dieu 
qu'il vous donne Sa grâce. D'AnvcTiS ce % de septembre 
Anno i566. 

Vostre bien bon frère à vous faire service , 

GuiixAuiiB D8 Nassau. 

Les affaires d'issi se portent raisonablement, mais 
nous craindons le plat pais , qui me cause tant plus 
voloir entretenir les cent testes. 

A Monsieur le Conte Louys 
de Nassau, mon bon frère. 



• (i) Part, En octobre le Prince, partant pour la Hollande, se fit 
accompagner par sa compagnie d'Ordonnance forte de a6o chevaux. 
i'k) Toullouse» Jean de Marnix. 



— 275 



UBTTafi ce. 

Le Confie H. d^ Bréderode au Comte Louis de Nassau. 
Il se plaint des menaces contre les Confédérés , et de* 
mande des expUcaU'ons au sujet 4$ l'accord av^ la 
Gouvernante. 



Monsr. motifrère, corne tous ces gantylhommes sont i566. 
an gran perplexytë de voyr les affayres aller de la ê(Mrte ^ieptembra. 
qu'y n'espéryont , et ne sachant que ce veult dyTe, m'ont 
requys tous vous renToyer le porteur deceste, Helpen« 
dam, lequell vous dyrast ce que il ce passe. Les pk^ 
qnas que Ton publye icy tous les jours , les menasses que 
l'on nous feyct à tous , nous menassani; d'eiyre à heure de 
k oorde, jusque à dyre ung moynne an puMypque : « Yoyes 
* TOUS ot beau Syngneur de Bredero«ie, devant qu'yl 
» aoyct vuyt jours ^ il sepat pendu par son cqU et estraur 
w gellet' ) « et ung monde d'aultres méchancetés que ses 
gent]dshommes sou^Trent tout heure. Le présyden de la 
Haye ast fayct éryger ung gybet à la Haye, ou que il 
dyct avoyr cherge exprès de les là fayre tous pendre, e( 
oonunandant que Ton le fysse grant asses, que il seroyct 
orné d'uyne belle grande compagnye, desor|e que Ton 
l'a fayct troys foys plus gran que Ton ast de coustume. 
Je ne doubte, sy ce veult joi|er à ce jeu là et d'estre sy 
lygyere que d'user de telles et samblables termes , que ung 
paatyn on ne le trouve au dyct gybet des premyers pendu^ 
et an vyengne après quy an vouldvat. Je ne sey que 
panssep de nostre fayct. Tey veu ce que Helpendaim Tfî'ast 



— 276 — 

i566. aportë, ce que je ne puys aulcunement antandre, nycom- 
Septembre, prendre, mesme de nostre Gompromys, quy est anychyllë 
antyèrement (i). Tey tousyours panssé que la seuil mort 
nous pouToyct séparer du Compromis, sans aultres mil- 
les petytes ny grandes ocasyons, et sy d'aventure je l'eusse 
seu ou panssé oitrement, certes je ne m'y fusse onques 
mys. Je lesse doncq ung cent et synquante pour le moyns 
que j*ey syngné. Ces jantylshommes tous ne lessent d'e*- 
tre fort troublé de yoyr les a£fayres ce porter de la sor 
te, qui est l'ocasyon que yous supplyons nous tous de 
reche£F nous mander ce qui est de ce fayct icy, et que 
quelq'un des députés veuylle prendre la payne Tenyr ung 
tour jusque icy , pour nous fayre antandre byen au long 
ce demyer trecté; car sur mon honneur perssonne de 
nous aultres ne le peult comprendre, et Toy que sy les af- 
fayres demeurent an tels termes , sans leurs donner aultre 
satysfaction, il an pouroyct esouldre ung gran malheur , 
car chesqun avyserat de ce mectre hors du danger de la 
corde et vontr désgà, dysant clerement que Ton les mes^ 
ne et se voyent mené tous les jours à la boucherye, ce 
que il ne pansseht an manyèr du monde ayoyr meryctë ^ 
pour ce estre allyé areque nous deus, ausquels il ont 
désyr de serryr jusque à la mort. Au reste le dyct Het 
pendam tous dyrat ce que il ce passe par icy , et nefeys 
doubte que l'on ne vous farcyrat de myllion de bourdes 
que l'on vous dyrat de moy, qui mast occasyonné pa- 

(x) Jntyenment, Parle traité du a5 ao&^ car c'est sans doute là ce 
quellpeodam avoit apporté. — Bréderode a'eutdonc pas écrit oom- 
me M. Te WaUr\ «Dit Yerdrag looet, zooder twijfelygehoudeo wor- 
» den Toor deD gelukkîgsten uitslag van 't verbond en de ameek- 
I» schriftender Edelen. > I. 425. Voyes aassi ci-desaus p. a4i< 



— 277 — 

reyllemeitt TOUS anvoyer le dyct Helpendam, lequellne i566. 
m*ast abandonné d*ang seul pas^auquell ey anébetgé tous Septmnbre.' 
dyre le tout, et pour tous rendre certeyn de toutes nos 
afTapes de par dessà. Atant, Monsr. mon frère, pryerey 
le Créateur tous donner an sancté , bonne Tje et longue , 
me recommandant byen humblement à Tostre bonne grâ- 
ce. De Egmont, ce 3"^^ jour de septembre i566. 

Vostre du tout dedyé frère à tous fayre 
serTÎceàjamés, 

H, DB Bhedbrodb. 

A. Monsieur mon frère y Monsieur 
le Conte Louys de Nassaw 



'LETTRE CCI. 

Les Seigneurs cTAudrignies et de Lumbres au Comte 

Louis de Nassau. 






Ces deux Seigneurs avoient été envoyés à Valenciennes afin 
d'user de leur influence pour calmer le peuple: Procès d'Egm. H. 
465. Maïs ik ne purent guères s'entendre avec M. de Noîrcarmes. 
« Consnltus a Magistratu Noircarmius mandatam foederatis juris- 
» dictionem negat : multa nihilominus uterque proponit. » F. d, 
BoeTf p. a8d. 

Us desiroient savoir la marche tenue par le Prince à Anvers. £n 
effet, sur son exemple tous ceux qui ne s'étoient pas entièrement 
ralliés à la Gouvernante , croyoient devoir se régler: les Accords 
avec les protestans , à Tournai par le Comte de Bornes , à Malines 
par le Comte de Hoogstraten furent conformes à Farrangement que 
le Prince avoit conclu. 

' Ecrite par U Seignmr ds Lumhres, 



— 278 — 

iS6& ^ Monsieur 9 oiaiit donné particulière adv^rtenoB à iiicmft' 
'^eptoabrà. le Prince de no9tre besoigne en ce lien , nous ne poursuis 
▼rpnaplus oultre ces arres' pour ne tomber en redite ^ 
asseurés que monditSigneurvos' en fera part: sans plus 
nous vos supplîrons avoir pour agréable de tenir la mein 
qu'il lui plaise nous doner particulière advertenoe de h 
forme qu'il a tenu en la procédure de ses dessin pour la 
conformité de lentreprise d*AnTers, aTccque Tostre advis 
sur le mesme faict, affin que par l'exemple du dit besong- 
ne ou quelque auUre conseil salutere, nous puissions me- 
ner le tout à fin aussi heureuse que les commencemens 
hous semblent promettre. Si cependant il se présente 
quelque aultre chose, nous ne fauldrons tous en faire 
pSLVU A tant nous prirotls Dieu, après nous estre humble- 
ment recommandés en vostre bonne grâce, qu'en vos 
Monsieur, il contittuela sienne saînete. De Vallendennes^ 
t)B tf de septembre i566. 

Les entièrement prêts à vos faire service 

en tous endroict , 
Ghahles lb Revel. Gcislain de Ftenitbsj 
A Monsieur , Monsieur le 
Conte Ludvick de Nassau. 



LETTRE CCII. 

Le Comté eCÈgmont au Prince (TOtangeÂl part pour 
la Flandre; se défie de la Duchesse. 



à -à 



« Le Comte étoit plein de zèle contre les iconoclastes ; mais il 

erres (wprbn'Ire lc« dcrnîèrt» erres , recommencer a travailler sur une tf/jTaire.) 



vous. 



— 279 — 

fttoit difiCéré son départ « à l*iii8tante prière de Son Altezc , pour aa- 1 566. 
» aister à la résolution de la responce aux lettres du Comte de Hornes* Septembi^. 
sur la situation de Tournai. Procès d'Egm, IL Bga. 

La manière dont il s'exprime sur les levées en Saxe et en Uesse 
fait voir que le Prince et les Confédérés ne lui confioient pas leurs 
secrets. 



Monsieur. Y me désplet grandement que n aueray se 
bien de tous veoir devant mon partement pour Flandres, 
mais ne puis plus tarder de aller pour veoir sy je pouray 
fere ensuivre ce que fut decrettë le a5" du mois passé , 
ce que ne serat sans paine^ comme j'entens, car les cho- 
vont fort mal en ce [abbest] quartier de Flandres, mes- 
le nombre des antbatistes et fort augmenté (i) depuis 
quelques tans [en est] : certes y seroict plus que temps 
de assambler les estas-génëraulX| mes y ne me peult 
seinbler que Madame , ny ceulx que sont issy auprès 
d'elle , le désirent' (2). Je prie à Dieu que ses intensions 
soient bonnes. Siesse' qu'y me semble quelle est fort ani- 
mée, et à mon adviselie ne se fie en personne que en Ber- 
lemont et Viglius (3) , Dassomville et telles gens , et at 

(i) ^tf^/7i^ji/i^. « Qui versus Gailiam vergunt, Calvini sectam 
» mordions dcfendunt , Anabaptistis inter hos quoque tuto sua dog- 
» mata profitentibns. » F'igi. ad Hopp, SBo. 

(a) DesiremL Le Comte se trompe ; voyea p. a3d. 

(S) Figlius. n paroit cependant qu'il n'étoit pas trop dans 
les bonnes grâces de la Duchesse , et qu'elle le consnitoit surtout 
pour complaire et pour obéir au Roi. « Mirflae oecasîones , dum 
» rectum tueri conor 9 Ducissam ac plerosque alios minus crga me 
• bencf olos reddideront .... Quod scribis regto mandaio fie ri ut 
M Ducissa mea opéra plus solito utatur, ego eo favore carere mal- 

> 81 e»! rc. 



— 280 — 

x566. tenu tous les matins conseil de trois heures. Je vous 
Septembre, lesse penser ce que cela veult dire; elle dit oussy d'estre 
bien avertie de ses levées quy se font en Saxe et Hessen, 
mesmes par ceulx de pardessà. Quant à moy ne le puis 
croire , car se seroict contre se que sette noblesse nous 
ut asseuré. Depuis deux jours et venu courier d'Ëspaigne, 
mes n*ay veu nulles lettres de particuliers. Madame nous 
at montré deulx lettres du Roy de bien petite sustance' , 
quy me fet penser qu elle en at d'autres qu elle ne veult 
montrer (i). Le prinsipal point estoiet une lettre de 
change de deulx cent milles escus/de quoy ses demies 
res lettres^ devant selle ichy, en fesoient mensiout Le 
dy courier et despeché [jense] et [veniente] , par quoj 
et bien à croire que se n*et pour cela ; en fin puisque 
n'avons James fet que nottre devoir ^ il fault espérer que 
Dieu serat nottre deffenseur. Monsieur le Conte Loud- 
wigm'at ses jours passé envoie ung escript pour feresig* 
ner à tous chevaliers de l'ordre, lequel vay montré au 
Conseil , où paressent monsieur de Berlemont et monsieur 
de Hachicourt. Il semble à Madame que ne le devons 
fere , puisque le Roy le fet , et que par l'asseurance du 
Roy nous et commandé de Topstruer. Quant à moy soiet 
que je lé signe ou non , je l'opstrueray conmie sy je l'euse 

» lem f cum non soium invîdiae, sed periculi plurimum miJii adfe- 
• rat. • Figé^ ad Hopp. 376 , iq. 

(1) Montrer» Cette double correspondance n'eut pat été con- 
traire à la coutume du Roi Philippe. Par exemple « au commence- 
» ment d'octobre le Roy commanda d'escrire deux lettres à S. A., 
» l'une pnblioque pour monstrer à tous, etl'anltre secrète pour elle 
M seule. » Hopper^ Mém, 107. 

* subsUnoc. 



. • 



~ 281 — 

ngnë cent fois (i). La première fois que nous serons en- iS66. 
semble nous en parlerons plus à plain. Sy tous voies Septembre, 
monsieur le Conte rostre frère, tous luy poTes dire ce 
que dessus de ma parte, et sur ce, Monsr., tous tcus beser 
les mains, priant le Créateur tous donner. Monsieur, ce 
que plus désires. De Dottenghiem , ce 7* de septembre. 

Vostre serviteur et Tra j amy , 
Lamoral d'Egmort. 



LETTRE CCIII. 

B. de Mérode au Comte Louis de Nassau* Le peuple se 
défie des Confédérés à cause de t accord aueo la Gou* 
cernante. - 



Monsieur. J*ay atendu tous ces jours passé pour aToir ré- 
solution sur la somme des deniers pour Monsieur FAdmi- 
rai , laquelle tous sçaTes(a); et cornent le singeur de Tou- 



(i) Fois. Peat-être no écrit par où les CheTsliers se fussent en- 
gagés à repousser (opstnter) l'Inquisition. Du moins Bladame pou- 
▼oit dire à cet égard que le Roi Tavoit déjà 6tée; que par suite de 
cette promesse (asseuranee) on étoitteuQ de s'y opposer, et le Com- 
te d'EgmoDt pouToit affirmer en toute sincérité qu'A l'obstmeroii f 
comme s'il eai signé pareil écrit cetU fois. 

(7) Sçaves. Voyez p. 274. 



^ 282 — 

tS6& loufiM ni*al oe jourdhui escript , qu ates comatidé les £ûr€ 
Septemlure. tenir au dit aingeur Admiraell à Toumay (i), ne me aemt 
besoinge de plus loingtaimps atendre après oe que de- 
sus , desorte que n a yolu fallir vous escrir que je part 
vers Tillemont et delà outre aux pays de Julîers» S*il 
TOUS plaict me oomander queloque chooe ^ me trouyeres 
prest i obëyr. Tay reoeu novelles de queloque gentilho- 
mes, nous oonfidërés, lesquelles trouvent fort estrainge 
nostre résolution faict à Bruselles ; le peuple se deffient 
entièrement des geux pour la cassation de nostre Com- 
promis et leur semble que sommes entièrement desjoinct 
d'eux. Le bruict est aussi que aucuns confidérés font 
grand persécutions et exécutions principalement en ce 
pays de Flandres et Haynault. L'on faict aussi gens à 
tous costé , et ceux qui en ont la charge nous sont entiè- 
rement contrair, et Ton craint que quant son Al. arat 
assemblez queloque gensdarmerie, qu'elle procéderat eu 
tout rigeur : par quoi me semble, Monsieur , pour donner 
quelque contentement aux nobles et aux peuples , que 
l'on debvroit leur communicquer et faire entendre Tas- 
surance des singeurs de l'ordre, avecques les lettres es- 
cript par son Al. aux gouverneurs des provinces et Ma- 
gîstras; lors je penseroit qu'il auriont plus de raison de 
ce contenter. L'on m'a dit que à Brusselles l'on at défen- 
du expressément aux borgois de point sortir de la ville 
pour assister aux presches, qui poldroit bien causer 
queloque mutation soudain ; qui fera fin , priant leGréa- 



(i) Toumay. Le Comte de Homes 8*y étoît rendu pour rétablir 

Tordre, 



— i83 — 

teura^r Toiti«SiiigiiarieenSas«nctegtAe0»D»IIUliiiâ| iS6& 
la a^ de 7>- Tan i566. Septemlmii 

Entièrement prest à faire services, 

BbEN AAT DB MBRODft* 

Tay mandé à Monsieur l'AdmiraelI qu'il trouve- 
rat les denirs à Toumay , suivant la lettre du Seig-' 
tieur de 1!ouIoosse. 

Monsieur, MonsiMur le Conte de 
Hassoo Catzenellenbogen , Y ianden , etc. 

AoTers. 



LETTRE GGIV. 

B. de Mérodé au Comte Louis de Nassau» Belatufô à un 
emprisonnement pour le fait de la religion. 



Monsieur , estant arivë à Louvain , sont venu certains 
personaige ce plaindre coment le Magistraet c'est présu- 
mé de faire prendre prisonir pour la religion, disant qu'il 
estoit Ministre, ung nomé Laurins Tomas, lequelle et 
natiff de Bosleduc, et coment ces amis ont procuré vers 
le dit Magistraes pour le rélargir suivant l'accord faict par 
S* Alt. et la noblesse , leur ont certifié qu'il est relaxé , 
mais ne le peuvent nullement trouver, desort qu'il pré* 
sumeat qu'il doit estre secrètement déspéché, comment 
il oDt bien de coiMtiime; parquoy il m'ont requis de 
voloîr escrire ce mot vers vosire skignorie pour voloûr 
escrir en leur faveur aux Magistras qu'il aient à le faire 



— 284 — 

i566îi sortir ou leur dire oe qu'il en ont fiûct, et oe «i tenu de 
Septembre. Taocort faict à Brusselles avecques son Alt. i car si l'on 
comenooit à trousser Tung devant et l'autre après pour 
les faire secrètement dépécher, ce seroit chose bien dan- 
gereusse et de fort mayais conséquense; qui fera fin y pri* 
ant le Créateur vous avoiç, Mons*^, en Sa sainte grice* 
DeLouvain le' de -septembre Tan i566. 

De Tostre S*** 
entièrement prest à faire services j 

BEaiTART DB MeRODB* 

A Monsieur Monsieur le Conte 
de NtSBoa , Catzenellenboech , Yianden. 
Anvers, 



LETTRE GCY. 

De Quaderebbey Magistrat de Loupetin^ au Comte Louis 
de Nassau* Relative à un prisonnier dont on demoMr 
doit V élargissement 



* 
« 



* « Quarebbius, Praetor Lovaniensis, » F» d. Haer^ a^* « Een 
» Edelman^ Quareb, de Meyer van Loven. » Bor^ i47^- 1^ s*agifir- 
floît sans doute du prisonnier au sujet duquel B. de Mérode avoit 
écrit au Comte Louis. Voyez la lettre précédente. 



Monseigneur! 

Ayant fait le debvoir à ce que tous m'^Kxipt [es] , ay 
mandé Mess'* de la Tille prèsde moy à cause queme porta 
ung peumal, et suys assez informé de la personne laqudle 

* Lt ek^jfre est ùieerttUm. 



— 285 — 

(ocMM y a grief) at este mené sur la maiMm de la TÎlie^ et i56& 
Teu en quelle fonne et àquoy ilvenoit, ce est trouTë beau- Sepiinbra. 
coup des choses scandaleuses , dont en eult peu venier cé- 
dition ou désordre en la ditte ville, que ast esté occasion 
que Mess" Ton fait détenir secrètement, le faisant bien traie- 
ter^ceque Y. S. entenderast plus* amplement par leurs e»* 
dipts Et demoy, Y. S. me congnoitque ne youldroye nulle- 
ment contravenier aux appoinctemens , ny accors absoluts, 
carcertesay entendue que Y. S. y at fait grand debyoir, 
et serast mémoire immémoriale pour sa maison, et espère 
que le tout se appaiserat par bon moyen. Je ay mon ser- 
ment et Y. S* et' sy discret, qu'il fault que j'en responde^ 
suppliant d'entendre bien l'afEure, car sertes requière 
en cecy advys et conseille de Y* S. , comme mon bon 
seigneur, et pour vraiz ne venois pour nul bien icy, veu 
le dégbement. Atant, monseigneur, priaray le Créateur 
makitenir à Y. S. en santé, me recoorniandunt bien 
humblement à la très noble grâce de Y. S. Escript à Lou- 
▼ain 9 ce 9 jour de septembre i566. 

De Y« & bien humble senriteur, 

Db QuABSaBBBS. 

Monstîgneor ^ Monseigneor te 
Gmile Lodowycht de NasMU. 



" USJTKE CCYL 

Guillaume , Landgrave de Hesse , au Prince d* Orange. 

Réponse à la lettre igS» 



Unser fireundtlich dienst unnd was wir mehr liebs und 

> ctl. 



— 286 — 

t566. guets vermuegen aUezât znycMri hodigebomer FiMt, 
BtfUmàfrt» fireundtlicher, lieber Yetter, Schwager und Bruder. 
Ewer libten, schreiben des datum weiset AntborfF demi 
leiztenn Augustî, haben wirverlesenn, freunddidi yer^ 
standen; bedancken uns soloher mitgetheilten zeitungen 
tum bocbsten, und ob es wol an dem dasz wirwftnsdien, 
es wehr bessere bescbeîdenbait in binw^huung der 
bylder , sonderlicb zu Antorff und vieleicbt ander mebr 
oitten derselbigen landes arth gehalten worden , so mue^ 
sen wir doeb bekennen^ das die bilder ein groszer gren* 
wel und abgotterey gewesen und nocb sein , me aie audi , 
der ursachen halber, in vielen kiichen dtr Augsaputgii- 
acben Confession , dader Calpùusmu» gabr nicbtgednl* 
^let wirdt, rot dieser zeit abgescbafft sein (i). Darumb 
hierin dem gemeinen pobel desto eber ignosciren und 
naflhinsdien, dann, damitder Spaniscbenn Inquisition lei« 
ser und gemadier gefarenn webre , so mochttenn Ttel- 
leicbt dieszer ding gabr viel underpliebenn sein. Die- 
weil es aber bescbebenn unnd nunmebr nicbt zu wieder- 
pringen ist, wir aucb acbtenn es werdt sicb der gemeine 
man gabr scbwerlicb von der einmall erkentbenn gottli- 
cben warbeit tringen laszen, so werden ofan zwmffel 
die Kon. Wûr. zu Hispaniën , aucb £. L. und andere die 

(i) 5fm. Peut-être une des causes pourquoi les Luthériens ne 
s'opposèrent pas toujours avec autant de force que les Calvinbtes 
an culte des images ^ se. trouve dans des excès commis dès le oom- 
meocementdeia Réforme et contre lesquels Luther s'étoitprononoé 
fortement. « Andréas Bodenstein genannt Karlstadt, ging in guter 
» Meinung aber mit thôrichter Heftigkeit weiter , entband Ton 
9 allen aeitherigen Formen und Ordnungen f und Yeranlasate eine 
•» wildcy Terwerfliche Bilderstûnnereî. » K Raumer, I. 344* 



— 287 — 

es mit irer Bfatt. trewUoh mmea, dahin zu deneken iSM. 
and ^^urathenn wisseoi damitt der boege nicht ûberspaii«- Septembrai 
net , Doch under diesen sorglichen, des Tûrckenn und an- 
ders halbenn beschwerlichen leufftenn, ûbel erger ge- 
macht werde; dann wir hoorenn gleichwoll soyiel , dasz 
sollichTolck irem Hemn Ronig sonst in allenn zeitlichenn 
dingenn trewund gehorsam zu sein sich erpiete, nnd 
allein sucbet und begehret das woitt Gott^s lautber und 
rein zu habenn nach propbetbchen, Ghristlicher und apos« 
tolischer lehr und einsagung. 

Soldt nun bierûber dièses Toick mit ûberzug wollen 
bescbwerdt werdenn , so ist die defension natûrlich und 
mocbtenn warlich etwas thun das Iren Konig zu scblech<^ 
ten Yoitbeil gelangen konte: bevorab*, wo dem also sein 
•oldt wie man unsz saget, dasTiel irer Kon, Wir* under> 
thanen in Hispaniên und sonderlicbenn im konnigreich 
Arragoniën eben derogleicben wie dièse in Religion-sa-' 
cben begebren und sucben (i). 

Das aber die GalTinische lehr sich so weith einreissen 
sqU, tragenn wir , wieE. L.| sorge dasz soldis die Kon* 
Wûr« zu Hispaniên nit wenig offeadiren und dasz 
darauff allerley grosse gepfitf ' stehen mocht, darumb 
▼on denen die das gehor habenn und zu Ghristlicher , 
firidtHdber ainigkaith geneigtt j gahr woU gehandiet und 
gelhan wûrde wann sie kontenn den Predioanten pexviua- 
mit solchenn disputationen und sonderunghen in- 



(i) Suchen, L'influence de la Réforme se manifestoit encore en 
Espagne malgré les persécutions. «Das Jahr 1870 kann man aïs den 
» Zeitpunkt ansehen , wo die evangelische Religion vollstindig in 
» Spanien imterdrficktward. »f i^on^^.i:. ^ef/iii^, i834yp. 38g. 

I Gcfalir. 



— 288 — 

i566L su halteno, bis Gott die wege einer mehrer Ghristlidieim 
Sqptambce ^ergleichuDg ùi re êacramentaria gebe und gnediglichenn 

Terldbe Datum Gasseli am i6*** Sepiembris Ad- 

iioD3^i566. 

WiLHXLM L. Z. HbSSIB. 

E. ' L. dienstwilliger brader alzaÎL 

Dem liOGhgebonien Fûnteo Herni 
Wilhehneoy Printzen zu Urtniên y cte. 



t W^ CCVLt 

Hémoàv (6edenckzettel)<£tt Prince d'Orange 
pour le Comte Louis de JFitgemtein. 

*/ L« GcMDte LoaiB de WitgMttteiD^ de retour d'Italie (voya 
p. 968), t'étoit mootré dbposé à rendre service au Prince* Cdoi- 
ci le fit prier de se rendre vers le Landgrave de Hesse et l'Electeur 
de Saxe. Le Mémoire expose les principaux objets de sa mtBsion. 

Fûts erst lauen wir's bey unserm genohmenen ab- 
jchiedt und fireundtlichen erpietten beruben , und tbim 
uns kegent seine Liebe gantz freundtlicben bedancken, 
das sie , uns und diesen landen m freundtlicben ^willea 
und guetten , dièse mise und werbungen bey den bewus- 
ten Gbur-und-Fûrsten tu Terrichten , uf sicb genobmen 
baben; wûnschen demnacb S. L. zu solchen Christ- 
lichen werck und Tomehmen yon Gott dem Heiren 
Tid glûcks und bails und aile wollfiarige und selige au»- 
richtung. Zum andem ist unser gantz freundtlich yleis- 
sig bitt, das S. L. dièse yorgenohmene raise in Gottes 
nahmen ehster gelegenheit vortsetzen , und sich erstlich 

' E. — allait. AtU^gmfke, 



— 289 — 

;ui . • . . Herrn Landgraf Wilhelmen zu Hessen , verfû- i56& 
fcn , und S. L* • . • dea gefartichen und hochbetrangten Septembi^é» 
zustande und unruhenach aller lengdeausfuhren und er- 
zelen woile, darin dièse Niederlande, der wahren und 
rechten relligion halben» nuhnmehr kommen und gerathen 
wehren, wie wolermeltcrunser yetter dieselben ainsthails 
selbs gesehen und erfahren (i) , und Tor sich nach aller 
notturft und wichtigheit wol wirdet auszufùhren und zu 
erzelen wissen. 

Darumb wir aucb S. L. zu mehrdem und Tolkomlichen 
bericht , ailes dessen so sich bis anhero derlialben zuge* 
tragen und aucherst ahm letzem mahl zu Brûssel endt" 
lich gehandlet und verabschied worden ist^ glaubhafte 
abschrieftenûbersenden ; und nachdem dan wir und dièse 
lande in solche gefahr und nock sonder unser schuldt 
und verdiehuen , gefallen , so wehre an seine Landtgraf 
Wilbelms Liebe unser freundtliche, bochvleiszige und 
^ntz diehnstliche bit, das uns S. L. in unsem hochsten 
notten und anliegen irem gutten und getreuen rath 
mitthailen, sich auch aus Ghristlicher liebe und treu der 
armen Christen in diesen landen soviel annehmen und 
uns zu verstendigen unbeschweret sein wolle, wesseu 
wir unsdoch inn diesen geschwinden leuften und gefarli* 
chen practiken und zeitten verhalten sollen , damit wir 
doch nit gentzlich verlassen und verderbet, sondem 



(i) Erfahren. Il paroit que Tannée précédente le Comte avoit 
fait un voyage dans les Pays-Bas» « Den 8*^*" Sept, waren te Via- 
» nen ... de Prinche van Orangien ... en twee GraVen van Wit- 
» gensteyn. « Te Water^ IV. 3a3. Mais en outre le Comte étoît 
peut-être venu prendre les ordres du Prince, 

3 19 



— 290 — 

i566. durofa guetter friedtliebender herren undt freuudt gut* 

Sq)iembre. ten rath und unlerhandelung, auch trostliche hûlf und 

beystandt , errettet, oder ja bis zu einer gemeînen diiist- 

lichen reformation und yergleidiung bey landen und 

leuthen, weibem und kindem , bleiben xnogen« 

Dan dieweil in diesen landen Tielerley religion aufste- 
hen ; nemblich , die Babstische, der Augspnrgische Con- 
fession-yerwanten, die Galvinische und wiedertaufferi- 
sche , so ist hochlich zu besorgen das der Babst mitsei- 
nen adbaerenten bey der Kon. Ma* und irer reUigionyer- 
wanten zuro vleissigsten anhalten werde (i), bissolang 
ire Ma' dièse lande mit aller gewalt undmacht angreififen 
und dieselbigen irer relligion wiederumb unterwer£Fen 
werde, wie dan solches aus vide anzeigungen^ so albereît 
'ins werck gestelt seindt und bien und yrieder getrieben 
tind practicirt werden, genugsamb und schainbarlich 
zu yermutten ist. 

Da es dahin gerathen solte das solche gefarliche anschle- 
geirefortganggewinnenund dièse lande erzeltennassenan- 
grieffen werden solten, so geben wir S. L, freundtliehen 
zu bedencken, ob sie nidit zu yerhûttung solcber prao- 
ticken und yieler christlichen und unschuldigen bludy^r- 
giessensy Tor radtsarob und guet ansehen das sich aile 
der wahren Religionyerwante^ Deutsche Ghur«und-Fûr- 

(i) anh. werde. Le 17 janvier i567 le Pape écrit à Philip- 
pe : « Cogit nos et commissum nobis a Deo offidum y et pateraus 
M erga te amor eâ de re cum Majestate tuâ agere, da qnà saepios 
» jain egimus ; et quo pejore in dies looo res Flandriae essç audi- 
» mas 9 eo împeDsias hortari, monere et instare, ut sinelongiore 
» cunctatione ad eos sedandos fumnltus sese conférât. » Proch 
fTEffm. Il, 5^5i, 



— 291 — 

aten , dieser armen lande und Christen so viel annehinen , i566. 

das sie sich einer gemeineo Ghristlichen Torbith und an- Septembre. 

sehentlichen vorscbrieft mit einander verglichen , die 

aie ûrer Ma* gesambter handt zuscbrieben , darin allers 

bandt statlicbe motieven und umbatende nacb 'aller leng- 

de und nottûrft ansgefurt und anzaiget wurden was 

îrer Ma* selbst und dtesen derselben landen vor gefahr 

und schadenendtstehen, auch wasTOV>€in grosse weitte* 

rang in der gantzen Chrlstenbeit solches gebahren moch- 

te. Wir "verboften gentzlicb es soUe solche stadtlicbe 

yorsdurieft nicht ein geringes anseben bej irer Ma* ge* 

winnen, und hit allein ir Ma* zu TÎel einer bessem mey* 

nung bewegen , sondera auch yieler andern unrnbigen 

leutbe gebaimbte stiftung und prackticen brechenund 

hindern. 

Da aber solcbes wieder unser bofnung ensteben und 
nicbts frucbtbarlicbs ausricbten wûrde, sondera soit 

m 

je mit der gewalt fortgefabren und dièse lande ûberzogen 
werden, so webre abermabls unser gantz freundiicb yleis- 
aig bit! , das uns seine Landgraf Wilbelms liebe iren ge- 
trewen ratb und guttdûncken freundiicb mittbailen wol- 
ten , welcber gestalt, was massen und wie weit sicb dièse 
lande, der reinen religion balben, mit der kegenwehr 
wieder solcben gefahrlicben ûberzu^ einzulassen und 
sicb demselbigen obn verletzung irer privilegien und frei* 
heiten, aucb ayden und pflicbten , wiederlegen kontben. 

Und im ù31 bocbermelter Landgraf Wilhelm vor guet 
anseben wûrde das dièse sacben zuTorderst oder bernach 
«n S. Ik Hern Yatter aucb gelangen solte, welcbs dan un* 
aer Yetter Graf Ludwig an S. L. leicbtlicb vornebmen 
kan y ao seindt yrii unser tbeils aucb wol zufîieden , un^ 



— 292 — 

i566. woUen lûemit unserm Yettem gebetten haben nch un 
Septembre, selben auch gutwilliglich zu erzaigen , und semer j des al- 
ten Hern Lantgrafens liebden , rath und guttdûaken uf 
jeden punckten auch zu begehren und anzumercken. 
Nach solchem ist unser weitter fireundlîch bith das unser 
Yetter Graf Ludwig hochermelten Herm Landtgraff 
Wilhelm , auch mite S. L. rath und gutdûncken der- 
selben herren yatfeer , in unserm nahmen • • . bitten wol- 
le: naohdem • • • Gràf Ludwig , fûiters nach dem Hern 
Churf. und Herzogen zu Sachsen-Weimar, der bewusten 
handiungen halben, Terreissen werden, das wir • • . 
zum yleissigsten darumb gebeten haben , das L L. unserm 
Vettern ein ansehenliche und vertraute person 1res Hofs, 
die wehre eines adelichen oder anderen herkommens, 
an die berûrten orter zum Hern Ghurfursten und Herzo- 
gen zu Sachsen-Weymar bey verordenen , damit die sar 
chen allenthalben desto mehr ansehens haben und stat- 
licher verrichtet werden konthen y • • • wurden aber 
herr Laiidgraf Wilhelm oder S. L. Her Yatter dieser 
schîckung ein bedencken tragen und sich darin besdiwe- 
ren , so wirdt doch unser Yetter , seine reise zuvorderst 
zum Herrn Ghurfursten woU zu nehmen und ahm selbi- 
gen orth seine werbunge erstlich ohn unser erinnern 
wol zu vorrichten wissen. 

Da nuhn hoch^rmelter Herr Ghuriurst • • . Tor guet 
ansehen wûrde das solches unser yorhaben furters ahn 
den Herm Hertzogen zu Sachsen-Weimar gelangen 
mochte , darumb dan S. L* yor allen dingen des Hem 
Ghurf. rath und gutdûncken ûnderthenichlich begeren 
und volgen soU , so mag sich dan S. L. aufs forderlichste 
dadannen nach hochermelten Hem Hertzogen yerfugeii, 



— 293 — 

und auch det ortes aile saeheii nach inhalt der instrudion 1 566. 
nod semem besten verstandt, yernëbmen und verrich* Septembre, 
ten Antorff ahm i6^ Septembrid A^ 66. 



* LETTRE CCVII. 

jiugustè^ Electeur de Saxe, au Prince iP Orange* Réponse 
à une lettre relative xmx iconoclastes. 



• • • . Wir haben E. L. schreiben , dem ersten Septem- 
bris zue Ântoiffdatirt , zn unseren hendenn empfangen , 
und darausz K L. sampt derselben freundlichenn , lie* 
bennGemahl, unser freundllichen^lieben Muhraenn und 
Tochter, auch jungen Herschafït glûcLUchen zustandt , 
gantz geme Ternommen* Soviel dann denn mitge» 
theillenn berichtt wie es zu AntorfF und an andem 
ortenn inn Flandem der Torenderten Religion hal- 
benn, zngangenn, und wasz sich am vorschienne- 
nen neunzehenden tage Augusti darunter zugetragen, 
betriCEt , thun wir uns kegenn £. L. dasz sie unsz solchs 
zu erkennen gegeben , freundtlich bedancken. Wiewol 
nun der anfangh, so durch den gemeinen popel der ortte 
gemacht, seltsam ansiehett, so konnen wir doch woll 
erachtenn das es durch die angestellte tyrannische In- 
quisition Terursachtt worden y wir wollen aber hbffenn , 
Gott werde gnadeyerleibenn, das es zu keinen weitteren 
auffstandt oder thetlichenn handlung gerathe , sonder- 
lich weill es mitt bewilligung der Ron. Wûrde und der 
GuTernantin dahin gerichtet sein soll, das die Augsbiu-g- 
sche Confession mit fernerm rath un zuthun der Land- 



— 294 — 

iD66. $tende^ fireigelassenn (i)iiiidgtttte pobceyHinlnuiig atige* 
Septembre, richtet werdenn solle. Welcher ordentlicfaer yfeg^ au€b 
wohl der sicherste undliesteist^ und wann des Augsbur* 
gische Confession aiso angenommen wiirdet, sokannalsz* 
dann der nebenn einreisendenn Sectenn halbenti vonn der 
Christlichen Obrigkeitt inn einer jeden stadt und gebitte 
auch gebûrlich einsehen geschehen; dann das beiderreinen 
lehre desz EuangélîiMemàbl und baldt nacb ChrisUnaA 
der Apostelen zeitt allerlei irthumb und unkrautt mit ein- 
geschlichenn, dasselb soll und musz billich nichudem 
wortt Gottes , sondernn yielœehr desz Sathans und sei- 
tier werckzeuge bosheitt und wuttenn wieder den Sohn 
Gottes zugemessenn werdenn. 

Was wir nebenn . . . dem Landgraffen und anderen so 
sioh zu der Augsburgischenn Confession inn irem recht-» 
tenu und wahren yerstande bekennen , mitt Yorschriften 
an die Kon. Wûrde, zu auszbreittung deSz EuangelU uud 
verhûttung der persécution unndt Blutvergissens , thun 
und befurdern konnen , darzu seindt wir freundiich ge- 
neigt , und wiU, unsers erachtens^ E. L. und andem Qr- 
densherm sonderltch dabin zu sehenn sein , das es weit- 
ter zuekeinem auffstandt der undertbanen wieder die ob- 
rigkeitt gerathe. Wann solcbs geschiehett und die under- 
tbanen die Augsbûrgische Confession annehmen und sich 
derselben durchausz gemeszhalten ^ so balttenn wir daifiîr 
die Kôn. W. sollte es aucb bei dem Religionfnedenber^- 



(i) Freigelassenn. On répandoit des bruits de ce geni*e pour 
tranquilliser et endormir les Princes Protestans. C'étoit déjà une 
vieille tactique, 6t qui n*auroit plus dû trouver crédit. 



— 295 — 

Uen lassen. Z>a^jci» S6iifift^iburg(i) dem 19^ Septembriit i566. 

Anno 66* Septembre. 

AvGVSTva Ghuavûrst. 
Dem bocbgeborDen herren Wil- 
belmen , PrinUen zu Uraniên. 
zu S' L. eignen hânden. 



^•^i 



LETTRE CGYIII. 

Charles Vtenhoçe^ le fils <^ au Comte Louis de Nassau. Il 
se plaint des persécutions contre les iconoclastes et con- 
tre les protestons en général. 



*/ La famille des Utenhove paroit avoir de bonne heure embras- 
sé les opinions Evangéliques et souffert pour la cause de Christ. 
Dans le Scrinium Antiquarium de Gerdes (Tom* IV, Part* i. p. 
429, sqq,) on trouve plusieurs lettres du célèbre BnUinger, écri- 
tes, i549 — i^^99 ^ J^^ d'Utflohove Gantois; inJngUade- 
gemtem , 1649 , Ecclesiae peregrinorum apud Empdam setUo- 
rem^ 1554, in Poionia agentem, i^S?» Francofurdy liSg. — Ap- 
paremment Charles, son père, et son frère, protestans zélés, 
avoient signé le Compromis. Tous trois furent bannis par le Duc 
d*AIbe, mais retournèrent à Gand en 1576 et firent partie de k 
régence municipale. Té Water^ L 277. 



Monseigneur. Suivant les commandemens que je re- 
ceus de Y. 111. Seig"* avant mon partement d'Anvers^ je 
n ay osé faillir de tous mander des nouvelles de par-deçà. 
La où je suis arrivé oe x8™^ du mois à présent, après avoir 
esté à Bruxelles et conféré sur les diifférens de la religion 
avecq Mess. Viglius et d'Âssonevill^, dontl'un me donna 

(i) Senfftenburg, Château dans la Lusace , appartenant à l'Elec- 
teur de Saxe. 



y^ 



y 



— 296 — 

1 566. firoide, maigre et peu plausible consolation, lautre ouTerte- 
Septinbre. ment envahissoit les sectaires, ainsi qu'ilez les nommoit , 
desorte qu'il me semble que le Roy des Roys n y trouve 
aucun lieu où passer son chef. Quant à ceulx de la ville 
de Gand ils gémissent encore dessous le joug de servitu- 
de, non obstant que la moisson du Seig*" soit tout par 
tout asses abondante et copieuse , et le peuple fréquent 
qui y accourt, affamé d'avoir Sa divine parole. Mais d'au- 
tant que le peuple de Dieu s'augmente et prend accrois- 
sement d'heure en heure , d'autant et plus le Magistrat se 
déclarrede tout contraire (x) mortel et juré ennemy du 
petit tropeau, et qui est le plus grand malheur pour enx, 
ilz ont tellement endurci les coeurs , qu'ils ne veuUent en 
façon du monde entendre ou faire place à la voix du 
Seig'' et à son Sainct Evangile. Voire toutes leurs entre- 
prises , practiques et desseings ne tendent à autre fin , 
qu'à supporter les supposts de l'Antichrist et à redressa 
sonCiège ' • Quant à ceulx qui ont brisé les images aux tem- 
ples consacrez au seul service d'un seul Dieu, on continue 
à les persécuter plus que jamais, sans qu'un seul puisse es- 
çhapper l'ongle meurtrière de ce milans. Ceulx qui s'en sont 
enfuiz, pour estre soupçonnés d'avoir aydéà briser les dicts 
images , sont en nombre de plus de mille, bien comptés , 
sans les femmes et enfans, de qui les pitpiables cris et 
misérables complaintes , s'oient à toute heure si piteuse- 
ment tout par tout où on se tourne , qu'il est à craindre 
grandement que , si Dieu n'y remédie par vostre interoes- 



(i) Contraire. Bans la plupart des Villes les Magistrats étoient 
rentrai res à la RéformatioD. 

" Sicgc. 



— 297 — 

sion (i) et moien, qui ne s'esleve un grand nombre des i56& 
fugitiiFsq[ui8*anias8entetfounnenenteneertainslieux,dont Septaobn; 
le trouble soit plus dangereux sans comparaison que le 
passé. Oultre ce qu'il y a plusieurs pouvres prisonnier» j 
qui sont à la miséricorde et mercy d'un magistrat sans 
pieté et mercy. Et qui pis est > il y a plusieurs qui marchent 
icy et principalement à Bruges la teste haut levée, qui 
ne se soucient de contrayenir à la permission accordée à 
ceulx de l'Eglise refourmée, s'estant enhardis d'empes- 
scher et rompre les prédications par plusieurs fois et sans 
le consentement du magistrat , mesme jusques aux capi- 
taines qui sont ordonnés à conserver le peuple en paix 
et union. Or pour autant que ce ne seroit que redite de 
TOUS particulariser le tout par le menu , et pour ne vous 
donner plus d'ennuy^ je feray fin, après vous avoir 
prié , au nom de toute la comunauté , d'y vouloir apporter 
tel remède, que nous ayons occasion de haut louer le 
Seigneur, qui de Sa grâce vous a si richement eslargy ses 
dons, quavecq le bon vouloir et singulière bonté que se 
lict sur vostre face, vous avez aussi la puissance de tirer 
les pouvres afiQigés hors de la geule des loups ravissans^ 
en quoy faisant, ne ferez pas tant seulement service très 
agréable à Dieu, ains quant et quant obligerez la plus 
part des Gantois (lesquelz , à dire vérité , vous désirent 

f 1) Vostre intercession. Il n'est pas invraisemblable que le Com- 
te Louis aura intercédé pour ces malheureux , particulièremenl 
auprès du Comte d*£gmonl, qui déployoit une grande sévérité. 
Burgundus raconte la chose à sa manière, «t Ludovicus misit ad £g- 
o mondanumsub Conjuratorum nomine, qui absterreret eum ab 
» ejusmodi coeptis, ctsi perseveraret Iconomachis injurius e8se> 
y» Conjuratos nltionem expetituros. » p. a^s* 



— 298 — 

i566. mille fois le jour pour leur tuteur et gouverneur) à prier 
Saptflnbre. Dieu pour Yostre prospérité, eu tous promettant de ma 
part que je rendray à Y. HL Seig*** telle dévotion que 
sçaveK attendre de un de vos plus humbles et plus obli- 
gez serviteurs, y apportant tousjours plus d*affection et 
désir que je n*auray jamais de moien ou pouvoir, espé- 
rant toutefois tant de la grftee de Dieu, qu'il me sera of* 
fert quelque occasion pour ne vous estre de tout inutile, 
emploiant toutes mes estudes et forces à vous fidre tels 
oS&ces en quelque lieu que je sois , qui vous donneront 
peult-estre non moins de plaisir que de contentement. 
Qui sera Tendroict ou je prieray le Créateur , Monseigneur, 
de donner à vostre 111. Seig.*** Taccomplissement de vos 
saincts désirs et la maintenir avecq vie longuement heu- 
reuse en sa divine garde. De Denierghem près de Gand 
ce 19™' de septemb. i566< 

DeV.Ill.Seig* 
Le très humble et très obéissant serviteur, 

Chjlhles Utekhovb lb filz. 

Monseigneur, s'il plaist à V. QI. Seig^ nous 
faire un mot de responoe (dont très humblement 
vous en supplions), le présent porteur, Monsr. de 
Markeghem, mon frère aisné, viendra prendre 
à quelque heure qu'il vous plaira le luy commander. 

Dem Edelen WolgeborneD Hera, 
Uern Lodwicbeo, GraefleD zu Nas- 
sau , meinem ([oedigen Hei*n. 



-- 299 — 



TX^ GGVIIK 

instruttion du Pn'nee tP Orange pour le Comiê Louis de 
Witgenatein relative a sa mission vers fElecieur de 
Saspe. 



* » 



Cette pièce développe ce qui estîiMyqaé p* aga. SinuÊm i566é 
M trompe en attribuant la mission en Saxe à Louis de Nassau» Septembreé 
» Cum Augusto Saionum Duce agendi munus suscepit Lu* 
a» dovicus I?assavîus. Quamqoam eoim Saxonia implicita tum erat ar- 
» mis inter Joannem Fridericum Joannis Friderici olim SeptemYÎri 
» filium et Augustum patmelem; id tamen opportunnm rebatnr 
» LudovicuSy quod speraret Principum Gèrmanorum qui îd 
» agebant, authoritate^ rebns brevi composîtis, seinde milites 
» armatos aoimatosque in Belgium traducturum. » h ^gu A, 
moins que Strada n'ait en vue un voyage que le Comte de Nassau 
fit plus tard. 



Ërstlich sollen S* L ... « iren Churf. 6. sampt dersdben 
geUebten Gemahl und irer jungen herschafift in unaerm 
nahmen allen glûcklichen zustand und wolfart undeithe* 
niglichen wûnschen. 

Fûrs andere sollen L L. seine Churf. G. die-gefahrlicbe 
und hochbetrangte gelegenheit und grosze unruhe, dar* 
in diesze Niederlande durch yerenderung der relligion 
gerathen seint , nach aller lengde und ausfiïrlich erzelen... 

Dieweill wir dan woll wûsten und uns auck keins an- 
ders versehen dorfFten, dan das uns die vomembste 
schuldt dieszes unruhigen zustandts wirdet zugemeszen 
werden , wîe wirdan deszelbigen albereits ausz Hispanién 
warnung bekhominen, daran unsz und unsem Erben 



— 300 — 

iS66. hoch und yieU gd^en, onangesehen das wir deszen 
Sq»tembre. kheine schuldt hetteii, êo were ahn S. Cf. 6. unser 
gantz dhienstliche vlâszige beth, das uns I. Cf. G. in sol- 
€hen unsem sondem nothen und aniiegen iren guten und 
getreuen rath mitthailen, sich auch ausz christlicber 
liebe und bewandlung unser und dieszer lande soyiell 
ahnnehmen und uns durch EL L. yerstendigen laszen woUe, 
weszen wir unsz doch in dieszen geschwinden leuffden 

und gefahrlichen zeitten yerhalten soUen 

Dan diçweill in dieszen landen so mancherley relligio- 
nen zugleich endtstanden weren , nemblich die Augspûr» 
gische Gonfeszion , CalçMlehry und aucb zu besorgen 
stûnde der wiedeithauif wûrde audi mit der zeitt mit un- 
terlau£Fen , so wehre abm meisten zu befbrchten das die 
Ron. Ma^ and anderlrer relligion-yerwandte Fùrstenund 
Herren, underm scbein der mancherley secten, dieszen 
landen mit gewalt zu setzen und darin groszen ûbermuet 
treiben wurden. Es wirt I. M^ nit unterlaszen die Ront. 
Kaj, Ma^ ^ aucb anderé der Augspûrgiscben Gonfeszion- 
verwandte, Cbur*und-Fûrsten under scbein der allerbandt 
secten und Rébellion umb hûlff und bebtandt zu ersu- 
cben , oder uffs wenigest gesynnen laszen , dasz aie die 
Cbur«und-Fûrsten aolcben sectariscben, soaicbwieder 
Ire Ma.^ uffgewerffen, auchder mebrtheill der Augspûr- 
giscben Confeszion zuwieder weren ^ kb^nen beyfall 
tbun , nocb ainig mitleiden mit inen baben wolten i damit 
Ire Ma.', diesze lande destobes uberwaltigen und bei- 
zwungen mocbten. i Dan wir betten albereits ausz Hispar 
nién Zeittung bekhommen, das aolch und dergleicb^i 
practiken scbon im werck sein soUen j das auch die Kon. 
Ma.*, der Rom. Kay, Ma.' derbalben geschrieben haben 



-- 301 — 

8oll > dad Ire Kay. Ma.* seine Glrarf. G. de$ Hungaradien t566. 
kri^fschaflt so vil moglich uffertigen und sie darzu ge» ^«piaAhre. 
braiichen wolten , damit fleine Ghurf. 6. sich in der per- 
aon dahien begeben nnd zam wenigsten sunste damit dei> 
maszen bemûhet sein mocbte, das sie sich dieszer iitndeoi 
nnd jelligions-Terwandten weniger afannhemen konthen; 
ob nun dem also oder nit^ mogen I. Cf. G. bes^r wia>- 
ïens baben. 

SoU es nuhn dahien gerathen das solche gefahrliche 
anschlage iren yortgang gewinnen nnd dasz dieaze lande 
erzelter maszen angriffen werden solten, so geben mt 
S. Cf. 6* dhienstlichen zu bedencken ^ ob sie nit Yor gtit 
ansehen das sich aile der Augspûrgischen Gonfession» 
bewandte Chur« und- Fûrsten zu yerhûtung solcher 
practiken, auch zu versd&onung yieles christlichen und 
nnschuldigen blutvergieszens , dieszer armen Gristen und 
glaubensgenoszen soviell ahnnehmen und sich einer 
algemeinen vorbith und ansehenliches verschrifift mit 
eynander verglichen , die sie Irer Ma**^ gesampter handt , 

zuschickten under ander das Ire Ron, Matt. die ai^ 

men Gristen in dieszen landen , so Gottes wort anhengig 
weren und anders nichts dan desselbigen offentliche zn 
bekhennen, nach des hailigen Rom. Reichs constitu- 
tion und abschieden suchten und begerten und sunstet 
Irer Mat.* aile underthenige dhienst , wie getreuen und 
géhorsamen underthanen zu thun gebûrt , zu erzaigen , 
begerig und willig weren, unverfolget laszen wol- 
ten 

y^r seyn in erfarung kommen das etliche poten- 
taten und groszen Hem hochermelten Hem Herzogen zu 
Sachsen-Weunar gem ahn sich bringen undhangen wolten 



— 302 — 

|56S. (i), dftrauM dan lùt allein seioer Ghurf. G, y sondern auoh 
unsz unddieszenlaaden înitKtger geShrlichar gelegenhek 
und relligioQszeitteni eîn mercklicher nachtheill zu besor- 
gen stunde. — ^Weredemnach unser etnfeltiges bedencken, 
«oyem es sunstet S. ŒG. nit zuwîeder, das wir mithocb- 
«nnelteB Hem Herzogea zu Saclisen handlen , und S* L. 
▼orschiagen hnen wolten, da S. L. mit irem anhang ein 
dhienstoder jargelt ahnnehmen wolte, so wolten wir der- 
aelbesL darzu yerholffen aeîn , doch dergestalc und mit 
dem auszdrûcklichen Torbehalt, das S. L. weder mit 
S. Cf. G., noch aintzigeu andem reichsstande in ungutem 
etwas an&ngen solte; Vnd soyiell wir weitleuffig hetten 
Termercken konnen, so Yemhemen wir,dasoliclis S. L. 
Torgeschlagen wûrde , das sieetwan darzu versehen, sich 
anch weniger beschweren wûrde, da S. L. ^ddmies- 
zigeTersdionungbeschdien kônthe, und da sichhoch er^ 
melterHerzogetwanbestellenlaszenwûrde, wiewirsdar- 
forhilten das S. L« nit absdilagen werden, so hetten sich 
S. Cf. G. Tor S. L. weniger zu be&hren , als wan sie etwan 
einen anderen Potentaten zugethan weren. 

Damit nuhn solichs ahn S. L. mit gutem fûghen ge* 
sueht werden moge , so geben wir S. Cf. G. dhienstlichen 
zu bedencken und wollen derselben rath hierin gebetten 

(x) Wolten. Selon Sirada le Comte de Mansfeldt avoit offert de 
susciter |Mir ce moyeu des affaires à l'Electeur, afin de l'empêcher 
de aoDger trop anx Pay^-Bas. « Pollicîtus remotunun se SazoDÎae 
» Ducem a facultate nocendi » nempe operâ filionim Joannis Frî- 
» dericiy qui jam pridem Augusko infensî ob Septemyiratum patrî 
• ademptum , si ad bellum spe aliquâ soUicitarentur , haud diibie 
» illoa in arma tracturos Saxoniam universam , Augustumque fac- 
» tnnim satis , si cîrca se faces extingueret. » I. 388. 



— 303 — 

haben , ob vrir mil hoch^meken Hem Heraogen dedial- i56& 
ben allans* handlen , und diejenigen so I. L. bey sich* ha- 
ben und ufF jûngst gehaltenen reichstag zu Augspûrgh 
in der Kay. Ma/ acht und ungnade gefallen , nit mit 
begreifien, oder aber mit dem Hem Herzogen und inen 
zugleich handlen 4 und inen solche mittel yoiachbigen 
laszen woUen wie sie wieder auszgesonet und zu der Ray. 
Ma.*, gnade gelangen und kommen mochten. Welchs 
wir allain darumb yermelden, dieweill sich dieselben 
ehre zu S. , des Hem Herzogen zu Weimars , L. hiel- 
len, und anders nichts yorahemen dan das aie S. L. 
in allen géhaimbten practiken und anschlagen mogliohe 
hfdff, rath und beistandt erzaigen, darauszdan gpôsze 
gefisdir, sorge und weitterung zu beforchten stûnde, die 
nit allein den loblichenChur-und-Fûrstlichen Hauszemzu 
Sachssen, sondern auch gantzer Deutscher Nation und 
sonderlich dieszen Niederlanden in dieszen itzigen ge- 
(ahrlichen leuffden und zeitten, zu mercklichen nach- 
thaill geraichten , und das hergegent durch aolche begna* 
digung und auaaonung, da sie erhalten werden mochte,, 
nit allain solcher unruhe yorkhommen , sondern auch 
yieller andem Potentaten und unruhigen Hem géhaimbten 
practiciren, damit sie wieder Deutschkndt und das hailig 
Rdch umbgfaen, begegnet und gesteurt werden konthe»..., 
Antorff ahm zwantzigsten septembris Ânno sechzig und 
secfas. 



' AltUni. 



— 304 — 

ifi66, n y a aux Arcbives encore an exemplaire de eeUe lattroccîoa , 
mais daté do i6 sept, le même jour où le Mémoire pour le Comte fut 
signé (yoyez p. agS). Cet exemplaire dilTère du premier en ce qui est 
relatif à l'affaire extrêmement délicate du Duc de Saxe Weimar 
et de G.' de Grumbach. Nous croyons qu'il sera intéressant de com- 
parer ces passages. — Les menées de Grumbach étoient de grande 
ixMHiéquenoe pour l'AUemagne et se rattaohoient à un projet ooo- 
Ire la Souveraineté qndquefois oppressive des Princes; on dest- 
roit les soumettre à l'autorité monarchique de l'Empereur. M, Pfister 
remarque avec raison: « Dièse Auftrittebewiesen dasz der alte Fehde- 
» geist noch nicht vôllig erlôschen seye , und dasz die Ritterschaft 
» auch ihre Beschwerden gegen die Fûrsten hatte. • Herz, Chris^ 
tophy 4^^* ^ trouve à ce sujet un passage fort remarquable 
dans les lettres de Longuet. U écrit en mars 1670 à l'Ëlecteur de 
Saxe. « Sdo renovari conspiratîonem quae ante obsidionem Gotta* 
» nam instituta erat a quibusdam ex nobiiitate adversus Principes, 
w Conspirantium institutum est (ut ipsi dicunt) redigere Imperium 
» Germanicum ad formam regni Galiici : hoc est, ut Principes in 
» nobilitatem nihil habeant imperii, sed solus Imperator utrisque 
» aequaliter imperet. » Epist. seer. I. i43> 



Erstlich stellen wir in kheinen zweifFd Ire Churf. 

Gû. wurden aich noch frischlich %u erinnem wiszen 
was wir derselben hiebefrhor in schrifften und son- 
derlich uff letz gehaltenen Reichstag zuw Augspnrgk , 
dtirch unsem SecretarienLorichen, des mîsztrauen, ver* 
dachts und argwohns halben damit wir bey der Kon. Ma^ 
zuw Hispaniën und derselben yomhemen Rethen durch 
unser miszgûnstig, im ungrunde und wieder unser schul- 
denund yerdhienen , angeben seint^ haben dhienstlich 
und underthenigst zu erkbennen geben. Dieweil dan 
solcher unpillicher verdacht noch nit abnhemen will , 
sondem je lengder je hefftiger einreiszet, sich auch die 



— 305 — 

religionssachen in dieszen Niederlanden seidhero etwas iS66. 
weitter ausgebreittet und seltzamer veranlast haben^ uni Septembre, 
auch glaubwûrdig anlanget das im faailigen Reich Deut- 
SfAker Nation vileriey gehaimbten werbungen und practî. 
ken getrieben werden, die etwan dieszen Niederlanden 
und mis furnemblich zuwieder lanifen mochten j so bette 
unser nottnrft erfordert nns d^rselben etwas gewiszer zù 
erkundigen , und nacb alderbandt eingenhommenen gu» 
ten antzaignungen , so betten wir befîinden das der Elter 
Herzog, Hans Friederich zuw Sachsen, sampt seinen an- 
hang, fast in die sieben thauszent pferde und darnebent 
eine gute antzall lansknecbt, in seinen handeri haben^ 
darunder vill stadiicher vom adell und versucbter kriegs- 
leuthe sein soUen ; damit wir nubn darnebent erfabren 
kontben ob sie etwan einon Potentaten mit bestallun- 
gen bewandt geweszen weren oder sicb sunstet uff ir 
selbst hamb und wagung zusamen geschiâgen betten 
und etwas anzufangen willens weren , so betten wir Ton 
weittem und unserm unyermeldet umbhoren und ahn 
inen gesynnen laszen, da sie sich in einige bestallung 
einlaszen wolten , so konthe man inen zu einem guten 
Herren verbelfFen: darauff uns alderbandt umbstende 
und bericbt zurûck einkbommen , ausz welchen wir so- 
vil vermercket betten , das sie nocb zur zeitt keinem Po- 
tentaten verbunden weren, sondem weren also uff irem 
aignen rappen und unkosten zusammen gerathen und 
theten also eins neuen gescbreys erwarten. 

Wir baben von... HernLandtgraff Wilhelmen zuwHess- 
zen, aucbandem, verstanden das zwischen S. Chf. G. und 
bocbermeltem Herrn Herzogen zuw Sachsen und etlichen 
S. L. anbangigen und genoszen ein groszer niiszYerstandt 

s 30 



— 306 — 

t566. ia kurtzem endtstanden sey^ welcher je lengder je heffd^ 
S^p^^ai^an. ger eînreiszen uod zu nichts anders aïs einem gefiihrli* 

chen auszgang lencken soll 

Wir trugen die Torsorgesie wiirden solcbe unrube uod 
piactiken je lengder je mebr fûrtreiben) und àch endlicboi 
alsdie $chwachisten etwan ahn dnengroszeD Poteiitaten(i) 
hangen und letzlieh ireusserstemacht und yermûgen ver- 
suchen , dahero dan nit allain S. Chf. 6. , sondem audi 
dem ganizen Reich und sonderlich dieszea Niederlanden 
in dieszen gefahrlichen ftchwd>enden zeitteoi ein merck- 
lidier nachtheil ahnerwaohsea konthe» Und her wieder- 
umb eine bestendige ruhei fried und ainigkeit, nicht al- 
lain S. Chf. 6. und dieszen landen hiedurch gestifiEket, 
sondern auch dem Tùrckhen und allen andem Potenta- 
ten so kegent das reich und diesze landen practidren^ ein 
mercklicher abbruch und Terbinderung in allan anacblii- 
gen und yorhaben gebabren mocbte. Geben ixlw Ântorf 
abm i6^ Septembria A^ 66. 



LETTRE CCIX. 

Le Comte Louis au Comte Jean de Naseau. Il lui demanr 
de conseil sur plusieurs points , entr* autres sur la desU" 
nion entre les Calinhistes et les Luthériens. 



. . . • E. L. schreiben bab icb entpfangen und dar- 
neben Germers mûndtlicbe werbung nacb der leng 

(i) Potentaten. Grumbach et les siens entamèrent aussi des né- 
gociations STec le Roi de France. 



— 307 — 

btigeboret tindt vemommen; thue mich der gehapteti t566. 

miihe undt grossen fleissés^ so E. L. inn disser sachen Septembre. 

angefwendet haben , von wegen der gantzen geselschaft 

imdt Imndtsverwanten (^i) gants fVeundt]k;h«ti nndt 

dienstlidien bedancken, mit fleissiger bitte E. L. wol- 

leB inn dissem gueten vorhaben also beharren undt 

deraelben disser landt arme bedrangten Cristen las- 

sen bevolhen sein, welcbe Yor das erst, dureh schiekung 

undt scheinbarlichen beystandt des Allmecbtigen , soviell 

cilanget haben, das inen die predig Grottliches worts 

«indtware anazteilong der Sacramenten vergûndt und, 

bisz zum beschlusz undt endtlicben abscheidt der gemti* 

nen Stende disser Nidderland , zuegelassen wordeti ; dock 

das soAehes inn keinen kirehen, geweiten plats oder be^ 

tûrgk einiger stadt geschee; daroit der gemein mann , wie 

wol mit grosser mue und nach vie] gepflagter underband-^ 

Inng, entlicb zuefirieden gewesen. Es sollen £. L. num« 

mer glauben konnen , mit was eiffer menniglicheni auch 

Ton dea f&membsten , zue dem worttGottes geben% nnd 

stehet unsz anders nichts inn dem wege, dann das der 

CaUfinismuSjaiusz mangell gueter lehrer, an so vielen 

orten einreisset, welches unserm gantzen bandell nieht 

allein Terhindert und bey vielen l^uten Terdechtig, auch 

wol gar zuewidder machet , sondern unsz , wie leider zue 

besorgen , eine grosse uneinigkeit im lande geberen wirt, 

dardurch der dritte hauffe, unsere widdersacher,zue irem 

Torteilleichtlichkommen mogen ; wie danE. L. von Grav 

Ludwigen von Wittgenstein femers aller sachen bericht 

entpfangen werden« Stehet derhalben nuer uiTdem, das wir 

(i) Bundtsvetwanten, Voyez la remarque p. 174. 

' PeMê^tre le Comté a 4mil» éerin gehen 0» ttch gebcn. 



— 308 — 

1 566. durch rath guetheitziger, gelerter, yerstendiger leuth, ànen 
Septembre, gewissen weg, wie mann sichindiessen gefaerlichenleuff*- 
ten miteinanderyertnigeny bey einanderwonen undsampt- 
lichen unseren feiad wîdderstehen môge, fur die handt ne- 
menydamitwir durch unseredissentionendie schwachege- 
wiâsen nichtabscheuig machen , viele argeren undt unnse- 
ren feindt stercken; das wir auch hinwidderunb unnder 
dem schein der Conoordien nicht etwan gegen unser gewift- 
sen und etwas ao GottUchen wort undt beyelch zuewid- 
der^ eingehen und schliessen; dartzueuns EL L. mit ausi&- 
breûgUDg gueter ratschlege undt sonsten behûlfflich und 
fûrderlich sein mag. Ist also nieine gantz freundtUche 
hitt, E. L. woUen mit wolgemelten Grayen von Wittgen- 
«tein hierauff discourrieren undt einen gueten Toarschlag 
ftuechen helffen. Nach demunsz auch die bildeistûrme- 
rey bey vielen ein grosz geschrey unndt bossen namen 
machet, 50 bitte ich K L. die woUen unnsz andem 
bundtsverwantenin dissem bey menniglichen entschuldi- 
gen helffen, dann es inn der warheitt durch ein gemein, 
nichdg, gering undt blosz Tolck, sondem unserer ande- 
rer vorwissen , noch yerwilligung , gescheen ist (i) ; wie 
E. L. besser von Grave Ludwigen , dann ich es schreiben 
înag, veratehen werden« Will mich alsoe hiermitt inn 
den anderen sachen uff S» L. getzogen haben. 

Was die durch E. L. geworbene reuther belangen 
thuet , hab ich mich mit den herren undt insonderheit 
meinem herm dem Printzen underredet , undt endtlich 
durch ihren rath undt guttdûncken dahin geschlossen 
das man mit den dreien rittmeistem , als nemlich Adam 

(1) Ist, Voyez p. aig. 



— 309 — 

Weisen, Rosenbach und Meysenbuck uff ein jar geit, i566. 
-wiemann mitdenandern obersten undt rittmeistern ge- Septembre^ 
than , abhandien soUen .... BerniLausen mogen E. L. 
4oo Gronen dienstgelts vorschlagen , so fern er sich uff 
vierbundert pferdt bestallen lassen wolte; da es zum 
handeln kommen solte , wolte ich inen zum obersten 
unterampt machen ; denn icb micb bey niemandt lieber 
als den vieren gescbwaddern werde finden lassen. 

Icb boffe der Allmechtige werde aile sacben 

ziun besten schicken, wiewol unsere widdersaeber it- 
zundt den kopf hocb uffheben , der gentzlicben boffhung 
der Ronig werde gegen den zuekûnfftigen Mertz oder 
April mit einem grossen gewalt berausser kommen , wie 
mann ausz Spaniën vor gewisse zeitung schreibt ; dann 
wirt der beerendantzerst angeben muessen : derbalben die 
aAcbenGottbevolhenund dieaugenweit aufltbuen. Hier^ 
mit tbue K L. ich dem Almecbtigen bevelhen, derselben 
zuedienen erkenne ich micb scbuldig. E. L. wollen unser 
freundtlicben ^ lieben frawen Muttermeinen scbuldigen 
geborsam, willigen. dienst vermelden , undt L L. vor der- 
selbe mûtterlicbe, trewhertzige eimanung undt das zue- 
geschickte gebett (i) freundlicben danck sagen; E. L^ 
Gemabel meinen dienst. Datum AntorfTden 21 Septem* 
bris Anno i566. 

£. L. , 
Gehorsamer und gantz dienstwilliger Brueder y 

LuDWiG Gray zce Nassaw.. 

Dem Wolgebornen Johao, Gra- 
^exk zu Nassaw etc. 

zu eignen b'ânden. 

(i) Cebetu Voyez p. a6o. 



— 310 



• LETTRE CCX. 

Le Prince d^Orange à . . . Relatiife à la 
levée de piétons à Anvers. 

l566. ^* ^ Prince fit lever 1600 hommes pour awurer le ben onlr» 
SéDtcmbre ^^"^^ ^^ ^^^ ' ^^ ^^ ajant excité la défiance des réformés 9 il leur 
répondit que la chose ne se faisoil pas pour empêcher à quiqne oefât 
l'exercice de sa religion , mais pour maintenir la tranquillité en fa- 
veur de tous , et que ces troupes seroient composées exclusivenoat 
de bourgeois. « Datse allen souden wesen Poorters, die so«deB 
» moeten avreren niet te doen tegen de prlvilegien van de atadt. • 
Bor^ I. 99> On voit qu'il tenoit sa promesse scrupuleusemcot. ▲ 
Anvers il j avoit toujours beaucoup d'eilfervesoence parmi le pea«< 
pie. Deux jours auparavant , à l'occasion d'un tumulte près da 
Cloître des Cordeliers, le Prince avoit du payer de sa personne. 
« De Prince heeft het rappalie bevolen datse soude vertrecken, 
» maer sy dit niet achtende , heeft deo Prinse geDomen eenen 
t» spriet van de bellebardiers , slaende in den hoop heeft smnmiy 
u seer gequest. » Jnttvtrpsch Chronyhje^ p. 9& 



Monsieur. Tay receu vostre lettre et comme recom-* 
mandez le présent porteur pour luy accorder quelque 
place entre les piétons ycy levés, Teusse faict très vo* 
lontiers, si n eust esté que les compagnies sefaisoient des 
bourgeois et natifs de ceste ville; pour ce tous renvoyé le 
mesme , vous asseurant où par oultre voye vous pourray 
complaire et fayre quelque amyable service , que le feray 
(Vaussy bon coeur, comme me recommande à vostre bon^ 
ne grâce, priant le Tout-Puissant pour la prospérité et bon* 
ne vie d'icelle. D'Anvers ce ixj jour de septembre ranLxvj, 

Vostre bien bon amy et confrère 
à vous faire service , 

GuiLLÀUKB DM NaSSAU, 



~ 311 



LETTBE GCXI. 

JLe Comte Louis de Nasscai au Prince (V Orange. 
Relatii^e aux prêches hors de Bruxelles. 



* * 



, n s'agit de Bruxelles i car, lors des troubles du mois i566. 
d*aoùt , la Gouveroaote avolt requis le Comte de Mansfeldt « pren- Septembre» 

• dre cherge de la ville et en estre Capitaine. » Procès d'E^nu IL 
478. Les protestations de ces bons bourgeois étoient conformes aux 
promesses déjà faites. « Monseigneur le Prince y Mons. d'Hooch- 
» strate et moy (Comte de Bornes) nous allâmes accompagner M. 
o le Comte de Mansfelt ; • . . . qui fut occasion que fismes assem- 

» bler tout le peuple et les membres de la ville ; sur quoy 

» nous respondirent unanimement qu'ils estiont délibérez vivre et 

• nonrir avecq nous , promectans toute obéissance nu dict Com* 
» te y et ne souffrir nulles presches dans la ville , ni aulcun sacca» 
» gement d'Eglises et Images. » /. /. 



Monsr. Ils sont venus asteure chez moy certains bon 
bourgois de ceste ville , aiants crédict entre ceulx qui se 
disent de la religion , lesquels m'ont dict et asseurés qu'il 
ne se ferast aulcune presche en ceste ville, desquoy ils en 
responderont y moienant qu'ils peuvent avoir asseurance 
de quelqu ung de vous aultres Singneurs de point estre 
recerchés , ni fexés' quant ils iront ouir la prêche aultre 
part y pour le moins une lieu d'icy. Quant à prévoir à la 
canaille y lesquels tâchent de abbattre les immages, piller 
les églises et fefares semblables insolences, ils promettent 



— 312 — 

z 566*. de emploier corps et biens pour 1 empêcher en touts lieux 
Septembre, où que les serast ordonnés par son Alt. et leur Capitaine, 
Monsr. le Conte de Mansfeldt. De oecy pourres asseurer 
son Alteze. 

Vostre très humble frère, 
Louis DB Nassau. 



LETTRE GGXII. 

/. Betsau Comte Louis de Nassau. 
Sur les affaires de Matines, 



V Ce J. Bets étoit un homme de ooofianoe du Prinee d'Qrui- 
ge. Dans une lettre du 21 mars au Comte Louis il écrit. Trouvant 
en « Anvers ung mien fidel et secret amy , luy ay demandé qud 
» moyen y auroit de recouvrer argent pour Son Excellence , lequd 

• m'a dict • . • . qu*il espéroit bien que l'on porroit lever es villes 
> à l'entour la summe de douze milles 9 à raison dn denior xii.... 
» Saluant à Anvers aulcuns de mes amis riches borgeois me semble 
» avoir trouvé en eulx fort bonne affection de faire service à Son 

• Excellence. » (M.S.) 



Monsigneur, par la lettre de monsigneur de Hocch. 
strate entenderes l'iptention de Mons' le président sur la 
remonstranoe que par commandement de Madame il doit 
avoir faict , et comme je tiens le dit S' président pour 
homme francq et qui ne vouldroit dire aultrement qu'il 
penase, j*espère que demeurerons icye entièrement satis- 
faicts , car mes confrères usants de plus grande constance 



— 313 — 

que je ne présumois , se sont trouyés aux prêches , desquel- 1 566. 
les rassemblé d'hier a este plus grande que onquesaupara- Septembre, 
vant. Mon dit S' de Hoechstraten ne peult avoir responce 
touchant les prisoniers qui ont brisé les images (i), et est 
constrainct les détenir en prison contre la publication 
ichi faicte, qui cause aulx ignorants quelque sinistre pré- 
sumption , mais j'espère que Dieu conduira le tout à sa 
gloire , sanctification de Son Nom et repos de ceste ville , 
pourveu que Von absteinge' de tout ultérieur attenptaet , 
et que Dieu donne aux dites prisonniers la force et pa- 
tience d'endurer le tort qui semble que l'on leur faictj les 
détenant contre la publication, pardon et rémission^ soubs 
considération desquels ils se sont trouvés en ceste ville. 
Sur ce, Monsigneur, vous remerciant des lettres et adres- 
che, ensamble des biens et honeurs que j*ay de vous re- 
ceu f prieray le Créateur vous maintenir en sa très saincte 
grâce. De Malines ce xxiij* de septembre l'an i566« 

De vostre S*^ très humble et très obéissant serviteur, 

Jbhâh Bbts. 

A Monseigneur , Mons.' le Conte 
Louis de Nassaw, mon redoublé S.' 
En An? ers. 



(i) Images. Le a octobre on en étoit encore au même point Le 
Conseiller d'Asson ville écrivoit au Comte de Hornea. « J*espère que 
» M. le Comte de Hoochstrate aura ce qu'il désire touchant ses 
9 prisonniers. » Procès dBgm» II. 4^i. 

■ 8*al»aUenne. 



— 314 — 



LETTBE CiCXIU. 

Le Comte Lom$ au Comte Jean de Nassau. Sur une let-- 
tre de FEçeque de Wurxbourg touchant des leî^ au 
nom du Prince d^ Orange. 



. i566. . . , £. Lu kann ich freundlicher meynung nicht ber- 
^ gen wie aïs gestem, den zwe j und zwaptzigsten Septemb., 

ein schreiben Ton dem BisschofiF von Wirtzbùrgk albie 
ankommen^ darin eryermeldet wieer in erfahrung kom- 
men das in namen der Herzoginnen und meins gn. Hem 
des Printzen) diesen Niderlanden zum besten, ettlich 
wartgelt droben im Deutscbland auszgeben werde, und 
solle under andern auch Adam Weyse und Rosenbach (i) 
bestallungbaben. Dieweil dan dieselben von wegen der 
ùberfallung und einnemuhg der stat Wûrtzbûrg, da sie 
mit und bey gewesen sein , als ecbter und proscriptî ge- 
halten werden soUen, ipso facto ^ so neme in wunder 
das man sich mit inen dergestalt einlasse. Wamet sie 
derbalben das sie iren mûssig gehen und keînswegs in 
die bestallung annemen. Dieweil ich aber wol weis das 
sîe in der acht nicht sein , beddnkt mich E. L. konne 
nichts desto minder mit inen halidlen , doch wo dieselb 
befunde das ettwas gefahr sein mocfate , kann sie allwege 
hierin , irem guttdùncken nach , sich richten und mich 
verstendigen. 
Weitter zweifflet mir nicht £. L. werden von Grave 

(i) Rosenbach^ Voyez, p. ^^09. 



— 315 — 

lAidmfien von Wittgenstein ein scbreiben von mir enf iS66« 
phangen , und aller sachen weittem mûndlichen bericht S^fmthte. 

gehort haben Geben zu Antorff den 24 Septemb. 

Anno ]566. 

É. L. 

Géhorsamer und gantz dîenstwilliger Brueder^ 

LuowxG Gaavb zub Nassaw. 

Dem Wolgeboroeo Johao, Gra- 
y^a zn Naasaw etc. zu eignen ban- 
dcn. DilknlMi^ 



* LETTRE CCXIV. 

La Duchesse de Parme au Prince étOrange. Elle se 
plaint de la çondmte du Comte Louis et désire quUt 
quitte le pays. 



\* Le ton de cette lettre relatÎTement an Comte Louk est a»* 
•es conforme à oeluî de ffopper. « Les Confédérés presoient telle 

> hardiesse 9 que le Comte Louys osa et présuma envover un gen* 
9 tilhomme du Comte d'Ëgmont surnommé CoHz aux Couver- 
» neurs de Bruxelles et Comte de Mansfelt avecq certains messa- 

> ges et mandemens rigoureux de sa part » Jf^m. m. Ifous 
verrons plus tard la justification du Comte lui-même. D s'agtoolt 
de constater un point de fait} savoir s'il y avoit eu des p r é ch ee 
à Bruxelles avant l'accord avec les Confédérés, 

Le Gentilhomme envoyé par le Comte étoit Maximilien de Blois 
dit Cock de Neeiynen , chevalier de Malte, un des premiers sigmi- 
taires du Compromis : Te Watery IL si 6. 

Dans une lettre du t août , le Roi , après avoir loué la conduite 
du Prince , lui écrivit. « Et afin que voyes comme je braite libre* 



— 316 — 

xS66. » uient avec vous , je ne laiaseray de vous dire que l'oo a par deçà 
Septembre. * beaucoup parlé sur ce que vostre frère s'est trouvé eu ces choses 
» qui se passent par delà , et pour ce que je ne puis délaisser de 
» m*en ressentir , je vous encbarge que vous regardiez comment on 
9 y pourra remédier qu'il ne passe plus avant , et l'effectuez : el 
» s*il vous semble bon que Tesloigniez quelque temps de vous y que 
» le faciez. » Le Petit y ia6.* Ce désir n'a rien de fort étonnant ; 
les lettres que nous avons déjà communiquées font assez voir que 
le Comte Louis étoit extrêmement actif et jouissoit d'un très 
grand crédit parmi les Confédérés. 

Mon bon cousin. L'extrémité des fîLcheries en quoj je 
me retreuve journellement de plus en plus pour veoirque 
ce mal d*hérésie croist de toutes pars , mesmes la déso- 
béyssance aU'endroict de sa Ma*^ avec les esmotions popu- 
laires , non obstant Tappointement que j avois falot avec 
ces gentilshommes Confédérés^ par où j'espérois veoir 
quelque amendement aux affaires , me constrainct vous 
escripre ce mot, pour vous requérir d'une chose pour le 
seivice du Roy, Monseigneur. C'est en effect que com- 
me vous scavez que par le dit accord les dits gentilshom- 
mes, et entre eulx le Conte Loys vostre frère, m'ont pro- 
mis que es lieux où il n'y avoit de faict eu presches, ils 
feroient leur mieulx et tous bons offices que n'en fussent 
faictes aulcunes et où il y en avoit , que les armes fus- 
sent mis bas, par où nul n'estoit tenu de souffrir quel- 
ques nouvelles presches. Qui a donné occasion que le 
magistrat de ceste ville , mesmes les trois membres d'ioel- 
le, après estre deuement certiorés que Ton n'a souffert les 
presches en ceste ville, ny all'environ, ny le peuple d'icy 
y aller auparavant le dit accord , ont résolu et conclu 
unanimement de n'en point souffrir, pour les raisons 
qu'ils ont mis par escript et faict imprimer , que ne doub- 



— 317 — 

te vous aurez veu , et suyrant ce lé magistrat d'icy ont x&66. 
plussieurs fois refîisë à aulcuns sectaires de les laisser $ept«iii|^re. 
aortir aus dit presches. Et combien que iceulx sectai- 
res se debvoient à tant contenter, sans troubler ul* 
térieurement Testât publicq , ou aller demeurer bors la dite 
▼ille, toutefois, au lieu de ce faire, se sont venus plaindre 
au dit Conte Louys vostre frère, lequel en leur faveur a 
envoyé ung nomé Gock, gentilhomme, au Comte d'Eg- 
mont vers ceulx de ceste ville icy , avec lettres decréden* 
ce , pour expostuler avec eulz de ce qu'ils ne soufifroient 
les dit sectaires aller à la prescfae , disant estre contre l'ac- 
cord et ce quils luy avoient consenty déclairer au peuple 
de ceste ville. A quoy il requiert que fut pourveu, aul* 
trement qn il luy fauldroit pourveoir, comme le tout, en* 
semble de la responce à luy donnée , est plus amplement 
contenu en ung escript cy joinct (i). Que sont en vérité 
choses asses à mon jugement mal séantes et par oà le 
rq)os de ceste ville , q^i veult demourer en son ancienne 
religion et à la dévotion de sa Mat , pourroit estre gran* 
dément troublée et non seullement ceste ville, mais aûl- 
très villes qui sont du mesme sentiment. Si seroit aussi 
puis naguères advenu à Jumont ' , pays de Haynauct , que 
aulcunz paysans seroient allé à plaincte à luy d'une 
chose appertenent à la cognoissance du S' de Noircar- 
mes, Grand-bailly du dit pays, dont le dit Conte auroit 
aussi escript au dit Grand-bailly et pour ce que je scay 
bien que toutes ces choses ne se font de vostre adveu et 
possible qu'il ne considère la conséquence, je vous prie, 
mon Cousin , de fort bonne oifection , puisque l'appoin- 

(i) Joinct Voyez p. 3i8. 

' Jiiinet(?). 



— 318 — 

ijSéS. tcnit!nttveeoe»gentilsho]iinMBrcftM«t, «pievoiifr reul- 
S$fmmim^ kx vous «oureiiir de oe ^pe sa Maïf voiis ha pois naguè- 
raa escript si a£fectiieasenieiit touchant Fallée de -voatre 
dit firàre pour quelque teoqps, jusques à ce que les afiiai- 
res de ce paya sojoait (siDieu plaist) plus quiètes et puî* 
sSdes, et luyen paier de ma pwt et de la Tostvo de œ 
faire* Non pas que je TeuUe mal juger de luj, mais puia» 
que ces sectaires ont telle persuasion qu^ils prennent lenr 
secours à Iny contre les gouTcmeurs et magistrats, boy 
m a'enidoiht entremesler , mais les reoFoycr à Sa Ma^ ou 
4 mojt ausquds appartient d'oyr les plainctes des sub^ 
jeets de par deçà et ienr faire droict et jusiioe , et en ce 
fiâsant je aoay que Tonsferea chose aggréable à Sa lfa«^et 
mesmes.que ceejr ne liendra sinon que à la réputation et 
npoa de fosm dit frèva, comme par «rostre pmdenoe et 
bon jugement fiacillement le pores oognoistre. Vous pii- 
anftainsj lefaireet sur ce avoir de vos nouvelles. Atant, 
noii:bon Cousin, nosere S' tous dointSa S^grftoe. Da 
BffuieUes, le a6 dei septembre t566. 

Tostre bonne Cousine, 
Margaeita. 

Vas dkr Aa. 
▲ naa bon eomia le Prinos 

d'QrangM, Conte da NaiMUi, Cher» 

de l'Ordre « ConMÎUier d'Estut et 

Gomnemeurda Conté de Boor^ et 

payz de Hollande ^ Zelande et 

Utrecht. 



Le a5 de septembre i566 devant disutt, s*est trouvé 
sur la maison de la ville de Bruxelles, devant la chambre 



— 319 ~ 

du magistrat, ung gentilhoaune nommé Coeq^ désirant i5^ 
parler au Bourgmestre et Magistrat, et luy estant fiôct Sepmritoe; 
ouTerture et donne entrée et y trocurant Monsr. le Gonie 
de Mansfeldt , Iny présenta unes lettres miswe du Ciomte 
Louys de Nassau et aultres au Magistrat , contenant ^e 
le dit gentilhomme portoit de luy quelque charge de 
bouche, que le dit Gocq dict estre en effect que le dit 
Conte trouYoit estrange qu'on empesduit au peuple de 
Bruxelles les presches et pour ce il se trouroit intéressé 
en. son honneur , à cause le a5 d'aougst il avoit dict au dit 
peuple, par charge du dit S' Conte de Bfansfeldt et aussi 
du fliagistrat , qu*on les laisscroit aller au dit presdies ^ 
sans empeschement, et que aussi la compaignie des gen^ 
tilzhommes en général estoient intéresses, pour ce que le 
dit ^npeschement se faisoit contre le contenu de laoeord 
&ict a?ec Son Alteze, disant, quil entendoit que les dits 
de Bruxelles par avant avoient eu les presches, et que le 
S' de Hacheoourt (i) les auroit trouTé, et mesmes que 
passé dix ans on avoit preschéen-lairille, et quîil «aten» 
doit aussi que ce que par les trois membres estoit résolu , 
9eroîl: faict sans que les nations auroient eu leur arrier 
conseil^ et pour ce auroient esté précipités contre la mar 
nière acooustumée , et en fin que le dit Conte desivoit 
qu*on laiasisseaudit poeuple' aToîr les dits preschesetjoyr 
de ce qu'il leur auroit dict et promis, ou que aultrement 
il luy fauldroit pourreoir. Surquoy après disner ayant le 
Magistrat parlé a Son Alteze, firent au dit gentilhomme, 
comparant par devant eulx au lieu que dessus , dire par 



(i) Hackecovn. Plu de Montmorsncy , Seiisnanr de 

' pflopl*. 



— 320 — 

i568« le pensionnaire en substance) que le d* Sieur Conte de 
Stfiumbte. Mansfddt et Magistrat aToient dict au dit Conte Louys , 
seuUement à Toccasion qu'il disoit que suyvant le dit 
accort ils pouToient aller au dit presches, que , en cas que 
au dit peuple de Bruxelles fust permis par le dit accord 
d'aller à ces presches, qu'ils y pouToient aller et que les 
portes leur seroient ouvertes et non autrement , surquoy 
le dit Conte Louys demanda s'il le pouyoit dire au dit 
poeuple et respondit le S' Conte de Mansfeldt qu ouy , 
comme aussi firent aucuns du Magistrat y estans , [pus] 
sur les restrictions susdits, et que ce que depuis en estoit 
advenu , le dit Conte le trouveroit par certaine déclaration 
imprimée, dont luy fut donné ung exemplaire, luy veul- 
lant en outre bien advertir que grandement il estoit 
abusé du faict des trois membres , d'aultant que les na- 
tions avoient eu leur arrière conseil, d'ung jour à Taul- 
tre et plus solempnellement qu'il n'est de coustume^ 
d'aultant que les Jur^ des mestiers avoient esté chargés 
de oonvocquer à leur arrière conseil tous ceulx, qui y 
debvoient venir, sans délaisser personne soubs quelque 
prétext que ce fut de la religion ou aultre , et sur paine 
d'ung Garolus dor pour chacune teste, qu'ils délaisse- 
roient (i) ; le requérant, pour ce que le dit Conte Louys 
ne voulsisse prester oreille aux complainctes du dit peup- 
le, ny s'en mesler, considéré qu'ils aient icy le Magis- 

(i) DélaisseroienL L'organisation municipale devenoit déplus 
en plus aristocratique \ cependant dans des affaires d'une très hau« 
te importance , on avoit encore coutume de prendre l'avis d'une 
grande partie des bourgeois. Burgundus écrit : « Fidaciam Gufoei^ 
» natrici adjecit Bruxellenaium civiam pro religione votum et 
» animus. Qui non satis habebant pomoeriis suis concîones exdu^ 



— 321 — 

«rat, ordonné de par S. M. pour à toul pourreoir et tS^. 
adminifltrer justice y et siillecq ils trouvassent faulte, que Sqj^unbre. 
semblablement la personne de Son Alteze estoit icy, à 
laquelle ils se pourroient addresser comme tenant le lieu 
de Sa Mat' et non ailleurs. Et comme le dit gentilhom'- 
me fit semblant de point sçavoir le contenu du dit papier 
imprimé, dict assez bellement au dit pensionnaire, que 
le dit Conte louys demanda sçavoir s'lIz ne pouyoient 
avoir les précbes, et luj respondit le pensionnaire que 
non f et ainsi se départist. 



* LETTRE CCXV. 

La Duchesse de Parme au Prince d'Orange. Elle ku 
domie aîfis de la venue prochaine de quelques troupes 
pour la garde de deux villes situées dans ses Gouifer^ 
nemens. 



» • 



« Te Woerden , daar vêle Lutberschèn woûnden , hadt de 

» Wethouderschap de beelden uit de kerkeo doen haaien ; 

» Hertog Erik , Pandheer der stede , schoon zetf Luthersch , be- 
» diende zig sedeH van de geringe beweging, die hier geweest was, 
» om krî jgsbehoeften en soldaaten op 't slot te brengen, » fFage^ 

» dere : sed contrarioram stadiorum cives , YilvordiaiB ad divina 
» ooaoedere solitos, tune quoque praepediebant. Eam rem Ludo- 
« Ticus graviter accepît. » p. 24 5. Le mot solitos paroit indiquer 
que le Comte , d'après Taveu peut-éu« involontaire de cet histo- 
rien f avoit raison. Du reste son récit en cet endroit semble un 
peu confus ; et , comme il sacrifie assez souvent le fond à la for- 
me 9 il n'a pas craint de transformer la correspondance sur cette 
affaire en une conversation entre la Duchesse et le Comte , dans 
laquelle celui-ci joue le rôle d'un homme excessiTement emporté. 



— 322 — 

l566. n€UWf yi , 187. Il paroit toatefeîs qne le Duc Eric étoît rdounié 
Septembre, au CatholiofaiDe. 

Mon bon cousin. Le Duc Erich de Brunschwig, com- 
me Seigneur de Woerden , ma faict entendre le grand 
désordre auquel se sont mis le magistrat , peuple et curé 
illecq au faict de la religion , et craignant quelque tu- 
multe et inconvénient , m*a faict requérir de pouvoir 
lever en Overyssel et Gueldres trois cens piétons pour 
la garde des villes et chasteau du dit Worden ; lesquels 
m'ayant semblé convenir que soyent bien gardées , sig- 
namment le chasteau pour rinconvénient qui en pourroyt 
sourdre^ et que deiix cens piétons basteront' bien pour 
cest effect, je suis esté contente qu'i les feit lever, et vous 
en ay bien voulu advertir par ceste , comme de chose es- 
tant en vostre gouvernement , et affin aussi que sçeustes 
ce que passe à la vérité en cest endroict , si en entendisses 
aultre bruict. 

D*avantaige ay je à la réquisition de ceulx de la viHe 
de Goude et considéré que partie des Chartres du Roy , 
Monseigneur, se y gardent en la tour illecque (i), leur ac- 
cordé de prendre à leur soulde 3oo hommes pour la 
garde et seureté de la dite ville; ce que pareillenem 
vous ay bien voulu faire entendre. A tant, mon bon cou- 
sin , je prie le Créateur vous avoir en sa très sainte gar- 
de. De Bruxelles le aô"*^ jour de septembre i566. 

Vostre bonne cousine, 

M^llGABITiu 

Bbxbtt* 

(x) lilecque. oc De Chartres van Holland waren benuttende op 
» *t slot ter Goude. » Bor , 368b. 

snffiront. 



— 323 — 

S MToit aues curieux que précitémeut le inéine jour la Gouver- 1 566* 
Dante eût décliné itératÎYemeot la demaude des Etats de HoIUode , Septembre, 
qui la coDJuroîeot par leurs Députés d'envoyer le Prince d'Orange 
▼ers eux : i^or , I. io4-^Il paroi t toutefois que l'exactitude ordinaire 
de cet historien est ici en défaut, et que la Gouvernante avoit laissé 
le Prince maître de ses actions. « De Président (Viglius) en de 
» Raeds-Heer Bruxelles verklaerde den a 3 sept, aan de Gedepn- 
» teerden dat Hare Hoogheyt hadde iteratiyelyck geschreven aen 
» den Prince . . . ende de saecke en reyse van Hollandt aen hem 
» gerefereert. >• Le a4 la Gouvernante^ le 27 le Prince lui-même 
leur parla dans le même sens : Resolutien der Staten v, Hollant, 
x566. p. 4^ 9 ^^* ^A proposition du Prince à S. A. de t oom> 
m mectre en son lieu pour quelque temps en Hollande le Seigneur 
» de Bréderode^ ce que S. A. ne voulut en aucune manière » 
[HoppeTy Mém, i x i.), aura sans doute été antérieure à cette lettre, 
n s'en sera abstenu après un tel indice que lui*méme aussi devenoit 
de jour en jour plus suspect. 



N.» CCXV. 

frutruciîon pour Monf de Varich se rendant de la part 
du Prince d'Orange vers le Comte d^Eginont» 



\*Le Prince considéroit les résolutions relatives à son Gouverne» 
ment (voyez la lettre précédente) comme une insulte très grave , 
ainsi qu'on voit par l'écrit suivant, que nous croyons devoir rappor- 
ter à oetle date. Il aura immédiatemoit chargé le Comte Louis 
d'envoyer M* de FàricHess le Comte d'Egmont , pour lui exposer 
l'état des affaires et la nécessité d'une entrevue. 

Ce M' de Varich étoit apparemment un frère du Gouverneur 
d'Orange. L'Instruction paroit écrite de la main du Comte Louis. Le 
Prince savoit comment il falloit s'adresser au Comte d'Egmont ; car il 
insiste sur les dangers aussi des catholiques^ sur les prétentions de 
ceulx du Conseil y sur la servitnde de nos enfans ;n'thorde qu'avec 



— 324 — 



l566. une extrême réserve la question d'une résistance armée, et fait en- 
Septembre, trevoir la possibilité d'un prompt départ qui rendroit la position dn 
Comte encore plus critique. Nous avons laissé les mots en mnrge 
précisément à la place où ils se trouvent sur l'original. Ce sont pro- 
bablement des notes que le Comte Louis avoit prises après une con- 
férence avec le Prince, et dont l'Instruction est le développement. 



I. Nécessité de 
prehilre prompt ad- 
vif. 



haison , forces. 



EspaingDc. 



Serritude. 



prétexte. 



1. Il luy baiserast les mains Je ma part. 

a. Que Monsr. pense que luy aura receu ses dernières, 
par laquelle il pourrast avoir entendu ce que me 
semble qu*on pourroit faire pour éviter les inconvé- 
nients tant apparens, et que j'eusse bien désiré 
avoir quant et quant son advis là dessus ; et considè- 
rent que la nécessite s'augmente de plus en plus , par 
où la prompte résolution est fort requise^ ay bien 
voulu envoier le présent, Monsr. de Varick, pour 
luy déclairer le grand bruict qui courre des grandes 
préparations des forces que Sa Ma** faict faire , tant 
en Alemaingne que dedans pais , dont pas seulement 
ceuU de la religion ont soupson de estre contre euls, 
mais aussi les Catoliques, craindants que Sa Ma*^ les 
vouldroit mestre en la servitude de longtanps préten- 
due ; par où est à craindre que facilement il pour- 
, roit sourdre ' ung tel désordre , que à très grande diffi- 
culte on pourroit assouppir. Et pour luy parler ouver- 
tement, que Monsr. pense que Sa Ma^ et ceulx du 
Conseil seront bien aise que sur le prétext de la reli 
gion ils pourront parvenir à leur prétendu, de mes- 
tre le pais; nous aultres, et nous enfans en la plus 
misérable servitude qu'on n'auroit jamais veu , et 
corne on ast tousjours craint cela plus que chose 

* jaillir, sortir. 



— 325 — 

que soit, et Monaieur ne Youldroit aulcutiement de- i566. 
meurer au pais, pour estre subject à une telle seryi- Septembi-e. 
tude, ni estre présent quant telle chose se devroit faire, r^,o1iiUod d« 
seroit résolu se retirer du tout et en temps, néan- m ons' m retirer. 
moins si Monsr. d*£fi:mont et m^ F Amiral ne trouvent 

^ Rien sâot leur 

pas bon , corne Monsr. ne faict aulcune doubte , qu on ^\^ 
soit mis en telle subjection , se offre Monsr. de s*am- 

I . I I . , Lequel t'ilesl tel 

ploier, luY et les siens, en tout ce que serast par leur , 

• ' •' ' *■ * cmployera son poii- 

adyis résolu pour 1 éviter. A quoy il semble pour- ^oirctdes tienf. 
roit grandement servir Tadjoinction et déclaration des 
estats-généraulx , sur le mesrae point. Toutesfois si ^^^ ^^en/scrvir 
la' devroit trainner long temps, fauldroit mieulx ré-fs^ii est impossible 
souldre nous trois avecques nous amis , que nous^i*!"'*"** *"*y*- 
laisser coupper Verbe peu à peu desous les pieds et 
tant temporiser qu il ny auroit enfin plus nul remède 
et que eulx feriont venir , ou par force , ou par mena- 
ces, les estats qui sont mis de leur main, à telle ré- 
solution come ils désirent. Que Monsr. prie que Lil»re sdTis là 
Monsr. d*Egmont luy voulusse mander là dessus son «'«"« «» *»»• 
advis librement et en amis. L'assenbicoicut 

des SeDJeurs. 

Que Monsr. luy envoyé aussi une lettre que son Alt. 
luy ast envoie ce matin , par où il pourrast voire le bel 
[echaque] que Monsr. ast de se retirer de son gouverne- 
ment, puis que Madame , pour donner ordre en Hollande , 
donne la charge au Duc Erich et aultres, combien qu'il 
soit toutesfois raisonable , puisque Monsr. est Capitaine- 
général , que les gens se debvriont faire de par luy , corne 
on faict aulx aultres gouvernemens, affin que avecques 
iceulx il pourroit donner tel ordre en tout ce quartier en 

' Peut'ftre le mot chose ou quelqu*aiUre a été omit. 



— 326 — 

X 566. vers iœulx , qui ne se Touidriont ranger à la raison corne il 
Septembre, seroit trouvé convenable , et seroit non plus ne moins 
corne si j*eusse la ville de Dunkercke par engagière de 
monsr. de Vendôme et que Madame me commandast de 
mestre gens estrangiers dedans, sans l'auctorité et chaire 
du Gouverneur. Que Monsr. d*Egraont pourrast voire aussi 
par là comme on tâche de fortifier Hollande peu à peu 
pour la diffidence qu'on ast de moy , et que, sus ombre des 
cinq cens, facilement enpourriont venir mille , lesquels 
luy laisse penser s'ils ne feront en [juer] tout ce que bon 
leur semble, et que moy, comme gouverneur, me deusse 
aller aveques ma maison en la miséricorde de ces gens 
là; pour quelle occasion Monsr. estoit résolu de remet- 
tre le gouvernement entre les mains de son Alt. et s'en 
descharger du tout , toutesfois qu'il nen ast riens voulu 
faire , sans avoir premièrement l'advis et conseil de Monsr. 
d'Egmont et Monsr. l'Admirai. 

Défaire les excuses que Monsr. ne vient pas en persone. 

De s'accorder avecques Monsr. d'Egmont d'un lieu où 
qu'ils se pourriont entrevoire , s'il le treuve bon. 

Sur le revers du papier il y a : 

Lis lettres de Madame à Mous** k Prince touchant M' le Coiute BoUacfawngCtt 
et «es lettres. 
Siget uod Jola. 
Malbergen Newzeituog. 
Geschwind adyia daraufsn neuien. 

Ces moto se rapportent probablement encore à des nouvelles 
que M. de Varlch devoit communiquer au Comte. — Ziget, (Siget) ^ 
forteresse importante en Hongrie , avoit été emportée par les Turcs 
le 7 septembre. Giula (fula) est une forteresse entre Zatmar et Te- 
rnes war. Peut-être le Prince d'Orange venoit-il de recevoir une 
letti'tf de L. de Schwendi. 



327 - 



LETTaE GGXVI. 

Le Comte Louis de Nassau aux Seigneurs dEsquerdes , 
de FillerSj d^AudrignieSj et de Lumbres. 



** Les deux premiers Seigneurs avoient entrepris à Tournai , ' ^w, 
oomme les deux autres à Yalenciennes « de faire désarmer le peu- Septembre. 
• pie et le réduire à l'obéissance du mandement dernier du Roi. » 
Procès étEgm, II. 37 a. Apparemment le Comte envoyoit son 
secrétaire pour avoû* leur avis relativement à son départ exigé par 
la Gouvernante, (voyez p. 3 1 5). 



Messieurs. J ay despécbé le présent porteur , secrétaire 
mien, vers vous, pour vousadviser d'aulcunes novelles et 
occourrences d'icy, ensemble d'aulcungs points qui nous 
touchent de près. Vous priant de luy vouloir adjouster 
foy corne à moy mesmes , et me mander vostre bon advis: 
en quoy m^obligeres d'aultant plus vous demourer bien 
afifectioné amis et serviteur selon l'envie quej'ay tous- 
jours eu. Remettant donques le tout au dit porteur , fe- 
rai fin , et me recommandant à vostre bonne grâce, prie- 
rai te Créateur vous donner , Messieurs, en santé, bone 
vie et longue. D'Anvers ce 27 de septembre Anno i566. 

Vostre bien bon amy prest à mourrir 
pour vostre service, 

Louis Ds Nassav. 

A Messieurs nous confrères , tes S*^* 

d'Ëkardes^ Villers, Odringni et Lurabre^ 

à Tournay et Valencienes. 



— 328 — 
N.o CCXVI. 

Note sur la situation d* Anvers. 



1 566. ** Cette pièce se rapporte évidemment aux derniers mois de 
hrei i566, bien qu'il ne soit guères possible d'en indiquer précisément la 
date. Elle est d'un grand intérêt pour faire connottre la situation 
d'Anvers à cette époque. 



Les Moyens de remédier à Anvers. 

Premièrement, Requestes soit présentée au Roy de la 
part des Ecclésiastiques et Catholiques d^Anvers , d*ayoir 
en leur soulde , pour leur assistence et sauvegarde , 8oo 
hommes arquebusiers. 

La responce [darege'] (i). 

Les aultres demandront aussy le mesmes nombre pour 
leur asseurance. 

RépUcque. 

Il n est pas de besoing par ce que on n a rien attenté 
contre eux , mais bien eux contre lesGatholieques en sig- 
ne de quoy les Cloistres et Eglises se tienent serrez et ne 
peuvent maintenir lexercice de leur Religion que en 
craincte, mesmes les empeschent de sonner cloches en 
sorte quelconque. 

Secondement, on pourra mestre gens en Anvers en la 
manière du Cheval de Troye par les navires et basteaulx, 

(i) Idarege."] Philippe- II recevoit beaucoup de listes pareilles à 
celle qui est jointe à cette Note. « Es erregt in der That Bewunde- 
ii rung , wie genau er bei dem Âusbruch der flandriscben Unru- 
» ben ûber aile die unterricbtet war, welche den neuen Meinun- 

' da Roi (?). 



— 329 — ' 

desguissez en diverses sortes par chai^ots , par les Nyen- i566. 
nartz, et aussy les loger par les maison» de Catholiques S«pt«B]»re. 
petit à petit, aussydes armes auxbasteaulx , pourquoy fai- 
re seroit bon avoir inteligence aveeq les deux Bourgmes- 
tres. 

Responce. 
Sy cela estoit décelé, ce seroit pour tout saccager. 

Tiercement , fauldroit tenir saisie la porte de S^ Geor- 
ge , ou s*il est possible toutes , pour faire passer les gens. 

Quartement , vittement que les nations Catholiques 
aillent au Magistrat , disant que ils ont jusques à présent 
expérimenté comment tous leurs moyens , desquels il 
ont usé pour la tranquillité de la républicque , n*ont de 
rien servy, par quoy demandent pour leur asseurance que 
le Magistrat face requeste à Son Al" que elle y envoyé 
quelque trouppe de gens d armes, ou que elle y viene avecq 
sa garde, ou aultrement que ilz protesteront devant le 
Magistrat que ilz demanderont à Son Al** ung aultre lieu 
ou ils se puissent retirer pour servir à Dieu en paix et as* 
seurance de leurs vye et biens , et se retireront tous de- 
dens huict jours (i). 

» gea îrgeDd geneigt fteyn mochten , wie er DÎcbt allein ihre Zu- 
» sammeokâiifte , sondern das Altcr, die Gestalt, die-Natnr, die 
» Ucngebang der Ëinzeloen geoau kaonte, wie er hierûber, slatl 
» von Margaretha unterricbtet zu werden , aie vielmebr zu aoter» 
» ricbten waszte. » Ranke , F&rst, v. ^. I. p. lao. 

(i) Jours, Le grand nombre des Protestans rendoit la position 
des Catboliqnea assez difficile, et dana quelques villes on comment 
çoît à gêner l'exercice de leur culte. Viglias^ bien qu'il s'exprime 
trop amèrement , a voit donc quelque raison de se plaimlrr. « Ne- 



— 330 — 

i566. *^^ ^^ P^^^ remédier aux troubles d'Anvers avoir 
Sept— ibrt. les rolles de chacunne oonsistoires, tant de Galvinifl- 
tes que de Martinîstes, dedens lequds sont escr^M 
les articles et capitulations et conventions avecque le 
Prince d'Orange, desoubs lesquels articles ils ont tous 
• signés de leur propre main et signent journellement en 

une petite chambrettre à Tentrée de leurs Temple. 

Les Anébaptistes preschent en la Camerstrate près du 
Schutters put , près la maison d*ung brasseur. 



LES cATHOLicQUBs D* ANVERS, ^hem (i) et M' Jacob van 

Premièrement le Magistrat. der Heyden. 

Les gens Ecclésiastiques. Le Marggrave Jan d*Immer- 

Mons' de Hochstraten , sa selle. 

femme, et sa soeur. Laman Govaert StercL 

Les deulx Burgumestres , Monsr. Schoohove et son 

assavoir : Mons*^ de Ber- beau-fils. 

» cessarium est ut Rex adTentum suum maturet , cum boni dintiu» 
» GODsistere nequeant, et CalviDiaDoram hoc proprium sit studiam, 
» ut libertatem , quam ipsi principio tantum praedicaTonint , om- 
» nino toUaot , nec Catbolicos alteriusque dogmatis sectatores 8e- 
9 cum habitare patiantur , imo exilium caedemque quotîdie eis 
* commioantur. » f^içl. ad ffopper, p. 383. Sans justifier les excès 
de personne , il est lion de remarquer que Tintoléranoe de la part 
des protestans fut aouTent une défense nécessaire et légitime con- 
tre une Eglise qui leur érigeoit des bûchers : bien qu'ils n'aient pas 
toujours en cette excuse et que leur conduite sous ce rapport, oppo-* 
sée aux sages avis du Prince d'Orange » ait élé très nuisible aux 
progrès de la vérité. Mais il est souverainement injuste de mettre ai 
paffiUèie, comme a Ciit Al. Meytr^ iHsUiuiioms Judiciaires , L i3oy 
la condkioB légale des Catholiques dans les Provincas-Unies avec 
la persécution envers les Protestans par le fer et par le feu. 
. (t) de Berehem. Henri deBerchem. 



— 331 — 



Lancelot ran Usselle et sou 
fils dubiu ' . 

Schuerman. 

Tan der Merre. 

Getthen. 

Le frère du Bourgme Ber- 
chem. 

Jan de Pape. 

Les Greffiers sont doubteux. 

Les Secrétaires sont tous 
bons j excepté ung qui 
est fils de Granpheus ' ( i ) , 
nommé Alexandor. 

Asselier. 

Moje. 

M. Jan van Halle. 

LB8 CmiUFZ DBS CONSISTOIEBS. 

Marcus Pères (2) 



Cornelis van Bombergues. 

Henderick yan der Mère. 

Charles van Bombergues. 

Betz, (3)ad-vocatzdeMaline8 
est pensionaire des geul« 
et a faîct de mal beaucop. 

LB8 PRBDICANTBS CALYUflSTBS. 

Mr, Taphin ^ de Tournay, au 

temple rond. 
M. Charles au Rond. 
M. Isenbrandten flaman | in 

de Moiteur pau. 
M. Piere y envoy par le Pala • 

tin (4). 
M. George en la nouvelle 

ville au Marché de blé et 

fuent^ en ce lieu la Cène. 



:56& 



(i) Granpheus, Corn. Graphaeas, auteur de plusieurs écrite. 
Son fils Alexandre est connu comme savant et comme secrétaire 
d'Anvers. 

(a) JU. Pères. Riche négociant , Espagnol. Te WaUr , IL 4^.-^ 
Lors du retour du Prince à Anvers , l'Eglise réformée Flamande 
avoit choisi pour entrer en conférence avec lui « Marcus Ferez, 
» Carel van Bombergen , Herman van der Meera en Cornelis van 
» Bombergen. » hor ^ 98." 

(3) Betz, Voyez p. 3 12. 

(4) Palatin. Le Conseiller Boonen écrit le 9 sept, de filaes* 
trieht à la Gouvernante: « Je suis adverti que hier au soir est 
o arrivé en ceste ville ung prescheur venu du pays du Palsgrave , 
» lequel se dîct estre mandé pour aller prescher en Anvers. • Ga- 
ckardj ÀnaL Belg, p. 191. 

' dnbiciiT (?). * Graphaeus. 3 Taffin. • font. 



— 332 — 



i566. Petrus fiogainus Apostat 
Sepumbre. Carmëlite. 

LBS GVEVB QVt PATORUSUT 
AVX 8BGTAIRES DE LA YILLB 
D'AlfTSaS. 

Le Prince d'Orange. 

Lodowick son frère. 

firéderode. 

Culemburg. 

Le Conte van dem Bergh. 

Le Conte Palatin. 

Les Enfans de Wimbres. 

L'AmiralL 

Toison dor, Hammes. 

Le Seig* de Toulouze. 

Les Cardos , \ 

De Lammol , > frères. 

Burguens , / 

Les deux barons de Flessy , 

Bourguignons. 
De Viliers. 
D'Andelot. 
De Bonneyal. 
Longastre. 
Cite. 
Backerselle. 



Coqz , gentilzhomme d*Eg- 
mont, quesliefdal' sont 
gaigné à Thérésie. 

BT ERTBB LB8 HABTUfUTmB 
DU GONSISTOIRB. 

Hendrick Banelen broucke. 

Thomas yan Gbiert. 

Geret Cocq. 

Gilis van der Bannere , Ten- 
deur de [raisuis]*, près la 
prison. 

FBBDICAlia MABTnflSTBS. (l) 

Hermannus Hamelmannus 
licentiatus , ist gelogirt in 
den Triser in die Gorte 
Nyaestrate'. 

Joachimme ist gelogiert tôt 

Jan de Mère, in 't bus yann 

S. Bemhart. 
niyricus in die Yengstrate^ 

tôt Gerart Cocq. 

Cyriacus Spangenbergh tôt 
Hieronimus Guems. 

Ulspaigre' docteur sur Hen- 
ry yan Broucke. 



(i) Martinistes, n Onder de Luthenche Predikers te Antwer- 
*> pen waren Matthias Fiacius Illyricus, Johan Spangenberg, Jo- 
» han Félix of Saliger , en Herman Hamelman deiroork>aerîgste. » 
» G. Broitdt, HisL d. Réf. I. 43o. 

» CCS I^rdad: n>ojpezp. 34 (?) » raisiiw. 3 NTcnslrate. (?) * Vckenslratc. « IJUperg«r. 



333 — 



UU NOMS DBS CALVINISTES. 

lan Ambroise de Sardes , le 

premier et gaige. 
Marcus Ferez, Spaignol, 

juif de race. 
Fernando de Benoy, Spaig- 

nol, Juif de race* 
Comeliis van Bomberge^ filz 

DanieL 
Jan Gaulier de Gambray j 

[herto] des deux Seig' de 

Thoulouze, 
Denis le M* à Lange sur le 

Marche. 
Adam et Jacquesle Maiatre, 

frères, tous deuxde Tour- 

najy marcbans de lanir ' • 
Gilles Hofman et Henry Hof- 

man , frères , et les ser- 

^teurs de leur boutiques. 
Piere Perdins compaignon 

et Gilis Hofman, et les 

senrit" Guillaune Luse et 

l'autre Joannes. 
Henrick van dcr Mère , fils 

de celluy qui a donné 

aoo lu de grozpour faire 

la maison des Orphelins 

du Gonsistorie. 



Guillaume Rubic de Arman- i566. 
tiere. SeptmliM» 

Guillaume et Jan van Sant- 
fort y qui se tiennent tous- 
jours du' Gonsistorie. 

Jan yan Hoch. 

Jan de beaux lieu ' yespieciers 
sur le marché près de la 
Chandelle. 

Sébastian van Utrecht. 

Van der Not, quy préten>- 
doit de estre Marggraye* 

■Il UL mxm BB TouaHiLTi 

Amolt Pels, marchant de 

rubans, avecq tous ses 

enfans qui sont x5 ou i6, 

desquels enfans unne fille 

at espousé Anthoine Lem- 

pereur, demourant alors 

chef de la sédition de Ly- 
re, queavoyt entreprins 

mestre aoo cheraulx de 

guerre en Lyre de la part 

des commissaires Galyi- 

nistes comme on dict. 
Somma toute la rue de 

Toumay est infectée, ex- 

ceptéseuUementFrançois 

yan Brusingen, le beau- 



334 — 



i566. filx de Pierre Fraack et 
Saptaail»M deux ou trois aultres. 

Jan de Campe et s^ enfant 
et son beau-fils. - 

Hans Smits belontiers et 
Sattuver, mauvab garcoOi 
frère de M* Piere van Ihe- 
le, lequel at etpousé une 
femmede Tovniayi mar- 
chant de canelot. 

Paaquier Fleurquin, chan- 
geur d'argent. 

Charle de l'Escluse et son 
frère et tous ses gens. 

Faotear delan deHas à liUe. 

HenridL vanOnce, beaupère, 

JitolordeLhoTe , beau*fils, 
et tous ses crnfms. 

Hector le Moine. 

Luoaaefc Jan Halic^ touadeux 
frJres, des Tournay, fu- 
rent prinotpaulx sacca- 
geurs des Eglises et vin- 
drentjusques à llalines 

Jaoques GiUon d' Armantîer , 
quy à esté prisonnier à 
Bruxelle. 



Jacques Hofnagle. 

Becanus Medicin (i% cousin 
des Bombergs , et est da 
consistoire et prie' de 
tous, ayant espousé la fille 
de Jacques des Ck>rdeS} le- 
quel à demouré à Ter- 
monde où il ibict beau- 
coup de mal, comme a 
faict AnthoineLempereur 
à Lyre. 

Ghristofle Palatin'' , impri- 
meur. 

Ondoiibteaussy de Sylvius, 
imprimeur du Boy. 

J«cq«es Pelu sur le Mardié 
des cheraulx etson beau- 
père , je pense qne il sont 
Mardnistes. 

•BcHumier de Bruxellck 

La Maison deHubertdeliot. 

Partie delà Maison de Fov- 
nentrauK les Gastellans. 

Les GouTers. 

Les Dupont. 

Les DelTOS. 

Les du Boguel. 

I<es Desburquois. 



(i) Médicin^ Né i5i8 à HiWsrenbeek, mort i57Aà Maestricht; 
très versé dans Tétude des langues. 



335 



Les enfansdeFranooisFasse. 

Les de Lobles. 

Les Malapas de Valanciene. 

Nicolas Guilliers Ketele, An. 
thoine frère, Jan Lersian, 
son comp*, totis de«x de 
Bruges. 

Arian Taques be&tt-£ls de JaB 
Lemont' de Bruges. 

Hubert if an Asten* 

Piere Amout , son beau- 
filx, riches. 

Jan Damman» 

Pieie Moscheron enterré à 
la Huguefiotte. Taffin fit 
le sermon, tous les enfans 
sont CidviBistes. 

Jan du Bois , TÎel honme , et 
son beau-filx , nomé Gile, 
qui fut clercq du mestxe 
des postes. 

Thomas Lermite, eschevin 
de Hucksy , ayant office 
en la maison de la yiUe , 
se maria à la Calvinis- 
te publicquement depuis 
ung mois. 



M. Jan Rubens escherin de i566. 

leur tamps. Septembre. 

Les enfans de Pruns, fort 

riches( I ) sur la Lombarde 

Veste, mais on ne soait 

desquelzil'z sont, de Cal- 
. yin ou Martin. 
La plupart des François. 
La plupart des Anglois. 
Loys de Bois. 

La pUigrande partie èes ci- 
toyens des mestiers, qui 

ont esté cause que de la 

première fois Madame ne 

peult* mestre des Gens 

dedans la ville. 
GilHs Snnssart , JuiUier. 
Jan Sellas en la Suriestrate ' • 
Jan van Becke, près de la 

Goperstrate. 
Adrîan de la Barre,oorapaig- 

non de Jean de beau lieu , 

près les frères nnneurs. 
Jan Pelicoume. 
Adrian^ Jan, et François Ma- 

rot ^ trois frères, l'ung est 

monnoyeur. 



(x) riches. C'est une qualité iptéressante sur une liste de pro- 
scription. Il en aura été maintes fois comme au temps de Tacite; 

opes pro erimine* 

(?). » pàt. » 



( 



33C ^ 



i566. Le cousin de Jan Tan der 
S«|»tMiibre. Heyden , près la oudson 

deJaspar Doux. 

Gérart Bol , cousin de Frats. 

Piere van der Gunst ^ hom- 
me fort riche et misé- 
rable • sa richesse de So"' 
ducats. 

Augustin deMoYelle, 6éne^ 
▼ois, 

Homberbiey marchant dé 
drap de soye en la Male- 
r^strate. 

Piere de Pnôlles et sa Gomp* 
in die, Gammerstrate , ri- 
che. 

Le cousin de Pauls van Duf- 

. tAt I près du M* des pos- 
tes. 

Egidio et Justo Piscatori et 
ses frères de Andenarde ' . 

Jan Daniel Gaste * par le cou- 
sin de Jan du Fours. 

Jan dos Cordes opdenUfer. 

Jan Bacquetier. Idem. 

Jan de Got , Alezander de 
Grot. 

Piere Hausman. 

Jan Cachopen et Jacques 



Brandel , près de la bour^ 

chedes Anglois'. 
Jacques Fasse. 
Jan Buret. 
François Bîsschop. 
Daniel van Gelle. 
Anthoine de Inprun. 
CSiarles de la Rue. 
Quintin de Boire. 
Jan Montroy. 
Thomas van Ninoug. 
Piere Dabelan. 
Quintin Courier. 
Bastian -van Duffelt. 
Anthoine et Jan Mourmans. 
Jan le Gran. 

LBS MAaTDRSnS. 

Le Prince , sa femme et Lo^ 
dowick son frère. 

Mons' de Stralle^. 

Mons' de Rouconcx^. 

Plusieurs de la loy. 

Toute les Greffiers gaster' 
quand aux clercqs, des- 
quels les prindpaulx sont 
Lambertus et Piere Barc- 
kere'. 

Le pensionnaire Weselbeo 

ke*. 



■ Andenarde. * gâté fecrrompu, infecta et hàritiej. ^ hoam CEngelskaiisJ. 
4 van Stralen. ^ Rocock (?). • gâtés. 7 BaekMrv (?). g Wesenbeeck. 



— 337 



L'autre est doubteulz. 
Les secrétaires ârapheus. 
Hîpolite 6re£Ber. 

LBS GOmiSTOniBS hWÊ 
ICARTINI8TS8. 

Henrick van deQ Broucke. 

Thomas yan Ghiert. 

Gheret Gocq , Colonnois , 
vendeur de roisin, près 
la prison. 

Gharle Cocquel et son beau- 
filz^et nommés Matemus 
Schoof , et tous ses beaulz- 
fils et enfans. 

Hans Ort. 

Jacob Welfart et ses enfans, 
sont grandement suspect. 

De Bes sur le cuinentière*. 

Jacques Peltz , son beau-fils. 

Jan de la Faille et ses enfans. 

Tous les Allemans en grand 
nombre. 

Tous les Oesterlincx' , des- 
quels plusieurs sont Cal- 
vinistes. 

La tierce partie de la ville 
son^ et Martinistes et 
Gonfessionistes. 

Bonaventure Bodeguer*. 

Les deulx Stullincx. 



Jan van Acbelen. i56& 

Sebalt van Bondelier et son Septembre. 

beau filz^ frère du pen- 
sionnaire , susnommés' 

Gilles. 
Martin van BruUe. 
Âdrian Tacq. 
Niclas van der Hbn et son 

beau-fils. 
Jan Tacq. 
Jan van Bree. 
Le marchant de drap de 

soye, sur le coing de la 

rue des Cordeliers en bas 

de la vielle bourse. 
Jan de Braine , sucrier. 
Ung sucrier près la Maison 

delà Ville, portant longue 

barbe est du consistorie 

et quasi tous les sucriers. 
François van'AIst, près du 

marché au laict. 
Jacques de Cavecante. 
Jaspar cropassayeur^ des 
, monnoyes. . 
M. Seger médecin et son 

beau-filz. 
Ghristoffel Prun, receveur 

de la fortification de la 

ville d'Anvers. 



I cimetière (?). * Oosterlingen (^ceux ^i appartenoient a la Hanse) 3 «ont. 
4 Bodecher. ^ «nroomnié. '• Crop, cwaTeur (?). 



39 



— 338 — 

i566. GÎDertBelar* Jan van den Hoog», au- 

Septembre. De Belar , maître d*escol- mer* 

le, quy futdocle en hé- Daniel de Lomel et aon &è> 

iHrîeu'. re , espeder. 

rr.o ccxvi> 

ConsultaUon pour le Prince tT Orange sur la question s il 
doit embrasser ouvertement la Confession- tFJlugS' 
bourg. 

%* Beaucoup de protestans, tant eu Allemagne que dans les Pays- 
Bas, trouvotent depuis longtemps que le Prince , dont les opimcms 
n'étoient guères douteuses, devoit confesser franchement la vérité 
£vangélique. Il ne pouvoit encore se décider à un acte aussi 
important. Cette consultation . avoit probablement été demandée 
par lui y ou bien par son frère le Comte Louis : elle étoit compo- 
sée ou du moins envoyée par le Landgrave Guillaume de Heise: 
voyez ci-après la réponse du Prince, à la date du 5 nov. 

Soyil des Printzen vonn Uranien Person belangt, ob 
dem zu rathen das er sich zur Augspûrgischen Gonfes* 
aion , die ehr tof recht und der Gotlichen schrifft gemess 
erkenth, erclere oder nicht, solchs lest sich -wollpro et 
contra disputiren. 

Erclert er sich dartzu^ so wirt er nicht allein vor sein 
Person von seinera Hern dem Konige pro haeretico und 
also vor einen sollichen gehalten, der dardurch seine dig^ 
nitet, auch leib und gut verwirckt hab, sondern man wirt 
ihnje auch zumessen, das ehr ein anstiffter und venir- 
sacher sey des gantzen tumults, uffstandts und Rébellion 
(wie sîe es nennen) in den Nidderlanden ; also wirt er 

Hébirra. 



— 339 — 

tnch selbst durch die erclening der Augspûrgischen Gon- i566. 
fession, Termutlich umb sein ampt und gubemament, Septembre. 
das er Tom Konige hatt, pringen, dartzu sein leibund 
lében in hochste gefahr stellen^ auch das zeitliche guth 
was ehr dessen undenn Rônige hatt, ihme selbst und sei^ 
nen kindem zu nachteil und sdbaden uf f die wage legen. 

Es mochte auch soldie eiclerung zur Augspûrgischen 
Confession Tor ein absonderung von den Calyinisten 
gedeutet und ufifgenommen , und dardurch die Calyinisten 
in sovil grossere gefahr und verfolgung gesteckt werden. • 

Item y wan er dissimulirte und also bey sdnem standt , 
«mpt'und GuTemament wie biszher plid)e, kont er nicht 
allein denen die in sein Gubemament gehorten, sondem 
auch den EvangeUschenins Gemein, allerhandt vorschub 
heimlichen thun , ihre sachen underbauwen undt zum bes- 
ten wenden, und yilleicht dardurch den lauff des Euan- 
gelît mehr fordem , als durch das offentliche bekantnûsz. 

Herjegen aber ist zu bedencken das in Gottes Wort , 
allenthalben das eusserliche bekantnûsz mit dem mundt 
erfSrdertt und herwidder das dissimuliren und hincken 
zu beiden seidten , auch das wedder kalt noch warm 
sein, so emsthafftig bedrawet wirt. Es sagt der Her 
Chnstus : wer mich bekenth Tor den menschen , den wil 
ich widder bekennen. Wer mich verleugnet, den wil 
ich widder yerleugnen. Item , wer sich mein und meines 
Worts schemet,des wirt sich des Menschen Sohn widder 
schemen. Item , wer seine Eltem und Kinder iieber hatt 
als mich , der ist meiner nichtt werth. Item , wer nicht 
mit mir ist , der ist widder mich. Item , der Knecht der 
seines Herren willen weisz, undt thut ihn nicht ^ wirt 
hart geschiagen werden. Item^ ore fit confessio ad 



— 340 — 

i566. salutem. Item^ weîl du law, weder kalt noch "Wdtm 
Septembre, bist , wil ich diçh auszpeien. Item , in Gottlichen sachen 
lest sichs nichtt zweîen Herren dienen. Es wiU entweder 
Gott dem Hern oder dem Baal gevolgt sein. Wie dan 
dergleichen sprùch und exempel ausz dar Schrifift tiel 
angezogen werden konten. 

Dieweil nun der Her Printz die Gottliche warheit em- 
mall in seinem hertzen durch Gottes gnaden erkenth 
haâtj unnd dan Gott mehr als dem menschen zu gehor- 
samen , auch einem jeden menschen an seîner seelea heii 
mehr und hoher aïs an der gantzen welt schâtz geiegen 
ist , so wissen wir dem Printzen zu einicher weithern dis- 
simulation nichtt zu rathen ; dan obwoU ufF dem offent- 
lîchen bekanthnûsz nicht geringe eusserliche gefafar leibs 
und guts sein mochtt , so stehet docfa ufF dem dissimuli- 
ren und hincken zu beiden seidten viel ein andere und 
grossere gefahr , nemlich , Terlust der seelen , so mit 
verlust ailes zeitlichen gar nicht zu vergleichen ist 

Und darumb achten wir , es konne der Printz mit gut- 
tem , unbeschwertem gewissen, keinen umbgangk haben 
sich hinfiiro gentzlichen der papistischen Mesz und der- 
gleichen abgôttischen grewei vor sein person zu eussem 
und sich herjegen zur reinen predige Gottlichs Worts und 
dem rechten prauch der Sacramenten zu halten. 

Das er aber ehir und zuror sich jegen seinen Hem , dem 
Konigh zu Hispaniën , zur Âugspùrgischen Confession 
in schrifiten erclere und umb verstattung derselben btt- 
ten solten , solchs achten wir noch zur zeit nicht notigh 
sein j dan ohne das der Printz vor sich selbst und uner- 
fordert seinen glauben gerath ' seinem hern dem Ronige 



— 341 — 

su offenbaren nichtschuldigh, sondera das mit guttem i56& 
Igewissen woU underlassen kan, bissolang er darumb gefragt Septembrei 
'wird; aiso auch, da er schon die erclerung und das ansu- 
cfaen beim Konige thette und der Konigh ihme die Augs- 
pùrgische Confession nicht gestatten wurde, so webre er 
dhocb(dessenuneracbtet)gl^ch seliTJure divino schuldigh 
sicb der papistischen Abgotterey zu eussern und zur er- 
kanten warbeit zu balten ; dan was den glauben und ge- 
wissen jegen Gottbelangt, ist er Gott raebr als seinem 
aeitlichen Hern zu geborsâmen scbuldîgb. 

Darneben aber battderPrintz seinerperson in achtzu 
nebmen und so wol nicbt zu yertrawen , kan aucb mitler 
zeit siçb mit einem feinen, ausfûbrlicbenbericbt, den 
€hr ufl; den fall er Ton seinem Hern dem Konige, der Reli'^ 
gion balben, zur rede gesetzt wurde, oder sonsten da es 
Ton notbenzu geprauchen batt, mit rath seiner Hern und 
Freunde, gefast macben , und darinnen antzeigen wie und 
wasseriey gestalt er zu erkantnûsz der abgotterey und 
misproucb in der papistiscben Religion kommen , das er 
aucb daber nicbt ausz mutwillen , sondem ausz dem be- 
Telcb Gottes quodDeomagisquam hominibus obedireopor^ 
teaty durcb seingewissengemussigt wordenwebr sicb der 
papistiscben religion zu.entschlagen , mit bitb sicb darbey 
zu lassen und erpieten zu allem scbuldigem geborsambw 

Dem àllem nacfa schliessen wir entlicben dahin da&, 
gleicb vrie ' eîn jeder Gbrist , also aucb der Printz , scbul- 
digb sey sicb aller abgotterey widder das gewissen zu 
eussern und also re ipsa mit dem werck und. der tbadt 
zur warbeit zu ercleren ; und ob woU darufFdes zeitlicbea 
halber allerbandt gefabr stebet , so will es docb dem lie- 
ben Gott zu bcTelben , seiner Gotlicben Almecbtigkei- 



~ 342 — 

iS66. heûnaustdleD unddahin zu dencken sein, das einuff* 
Septembre, richtig gewissen jegen Gott^ aller zeidichen wol&ith 
TorUusetzen ist, das audi ein jeder der sein hausZ| hoff, 
eltem , weib und kinder umbs Reîchs Gottes willen yer- 
lest , ein yiel mehrers darjegen auch in dîesser welt ent- 
p£angen werde und in der zukùnfïtigen das ewige Leben. 

Es wiit auch sonder zweifFei dem Printzen , nicht aL 
lein Ton den Stenden der Augspûrgischen Confession, 
sondem Ton seinem Hem dem Ronige selbst und dem 
papistischen hauffen tôt rûmblicher nachgesagt und 
zugemessen werden, das er sichin Religionssachen bej, 
uffnchtig und also mit dem eusserlichen werck und der 
thadt beweisse wie sein innerlich hertz ist, als da$ er dis- 
slmulir, uff beiden achsseln trage und weder fisdi nodi 
fleisch sei, und sonderlich weil ehrs selbst daryor helt, er 
steck der Religion halber beim Konige eben so tiefF in yer- 
dacht , als ^an er sich erclert bette ; den daher wirt ehr in 
einen wegh wie in den anderen^ ehrdissimulir odererdere 
sich, schlechter gnadt von seinem*Hem zu gewarten habcn. 

Ronte auch kommen das ehr mit seinen u£Erichtigen 
ercleren, andern procerîbus und Stenden derselbigen Land^ 
arth ein exempel und ursach geb dergleichen zu thun^ 
T?an ehr aber dissimuliren und heuchlen wolt und ihnen 
daruber hir zeitlichen was unglûcks betreffen soit, so 
wûrden beide diesser und jhener Religionsverwandlea 
sagen : es gescheeihme eben recht, warumb er mit offeD^ 
licher betzeugung sich nicht gehalten , so ehr in seinem 
hertzen fur recht geglaubt und geachtet , dan in dem das 
ehr mit solchem dissimuliren und heuchlen der zeitlichen 
gefahr zu entfliehenunderstehen wollen , hette er den 6o^ 
lichen zorn iiber sich geheuffet und wehre dar durch in 



— 343 — 

■ 

rilesaehfidbunglùckumbso^meliruiidpillîchergefaU^ir. i€66. 

Welchsalles E.F. 6«(i) wir vor unser einfeltigbedeno St^iuàkre. 
ken y wie wir's bey unsz verstehen , in dieser wichtigen 
sacben nicbtverhalten sollen, stellen*s gleicbwol zu E. F. 
G., aïs des hocb und mebr verstendigemund in diesser sa- 
chen geûbten und er&men Fûrsten , weittberm ermessen. 



LETTRE CCXVIL 

Le Comte cCEgmont an Prince cT Orange. Il 
promet de Tenir à Dendermonde. 



* * 



V Le Comte d*£ginont oe t'étoit pas preasé de satisfaire au désir dir 
Prinee (royez p. 3a6). « Il est ti'ài, » dit-il , n que me trouais à Teiire- 
» monde à Tinstance du Prince d'Orainges et du Comte de Homes: 
» auxquels , s*ii me soutient bien , la première fois qu'ils m'en re^ 
» quierent , m*en excusit disant valoir mieux dd remettre jusques à 
» ce qu'ils vinssent en Court.. Toutefois, comme lors le Prince pour 
% quelque donbte ^u'il avoit , ne voulust venir au dit Bruxelles, les- 
9 allay trouver au dîct Tenremonde, et avec le sceu de Son AUe« 
» ze. » Procès d'Egm, I. 73. Il paroit cependant que le Conseiller 
d*Â5sonville n'étoît pas instruit delà chose; puisque le 3 octobre 
il croyoit devoir écrire au Comte de Homes : « Monseigneur d'Eg- 
9 mont n'a esté à la résolution prinse ce jourd'hui , parce qu'il s'en 
» estoit parti pour retourner en Flandres. » /. /. lfi\^ 

« L'occasion principale de nostre entrevue estoit pour adviser 
» sur une lettre que M. de Montigny avoit escrite au Comte de 
» Hornes son frère. » ^ /• 73. Voyez cependant p. 3a3y sqq. a Le Prin- 
» ce venant d'Anvers avoit emmené avecq luy son frère le Comte* 
» Lodowic et M. de Hoogstraten, sans toutefois mon sceu qu'il 
» les deusse emmener; que n'y fusse venu, pour le dire des gens, 
» et le peu d'envie que j'avois de ne venir en grandes compagnies...^ 
» Ftlst leu la copie d'une lettre qui se disoit estre de nostre Am- 
» bassadeur en France , Don Francisco de Alava , à S» M. ... ; sur 

(x) E.F. G. Ceci s'adresse apparemment au Landgrave» 



— 344 — 

l566« » laquelle se fit beaucoup de discours .... U me seoible que Ion 
Octobre. * (niaîs je ne yeux l'assurer) le G>mte Lodowick deust dire que si 
» les EspaigDols foulasseot ainsi tyrannizer et maltraicter ceux de 
9 ce Pays, qu'il y auroit bien moyen d'y obvier et les empescber d*y 
» venir. Mais cela fut rejecté .... Sur quoy se rompît le dit pro- 
< pos et alliâmes disner. » /. /. 74- 

Le récit du Comte paroit entièrement conforme à la vérité. Le 
Prince aura voulu savoir au juste quelles étoient ses dispositions , 
et si y en réveillant sa jalousie contre les Espagnols, on pouvoît 
compter sur sa coopération à une résistance les armes à la main ; 
il en fit donc insinuer la possibilité par son frère Louis y mais cette 
idée n'ayant trouvé nul accès auprès du Comte , bien plus disposé 
à faire un mouvement rétrograde qu'à marcher en avant y le Prince 
aura paru se ranger à son avis. 

BurgunduSy p. a85 , se trompe en disant qu'outre le Prince et 
les Comtes d'Ëgmont, de Bornes et de Hoogstraten , les principaui 
Confédérés assistèrent à cette réunion. Du reste on croiroit qu'il y 
a assisté lui-même ; tellement il est instruit des particularités de la 
conversation, l^is nous nous permettrons de révoquer en doute 
les beaux discours que surtout lui et Bentwoglio ont mis à cette 
occasion dans la bouche d'Egmont. Le Prince se sera gardé de 
manifester son mécontentement^ et la lettre que le Comte lui écri- 
vit le 1 5 octobre (voyez ci-après) montre assez que l'entrevnedeDen- 
dermonde ne causa pas de rupture entre eux« Donc le Prince pou- 
voit dire dans sa Défense. « Aussi ne se trouvera qu'ayons à Den- 
» remonde ou allieurs traité d'empêcher la venue de S. M. avec 
» forces ou autrement. » Le Petit, p. i86.^ 



Monsieur. Suivant yostre lettre que m'a fet donner 
monsieur de Villers , je me trouveray jeudy à Teremonde 
vers les dix heures du matin , et seray fort aise de 
vous veoir, car sertes le tans le requiert bien. Au reste 
j'ay veu Madame se matin , laquelle mat dit qu'elle ne 
doute point que sa Majesté n'acorderat rassemblement 
des estas-généraulx et qu'elle en pourat avoir responce 



— 345 ~ 

pour sette senudne, mes sy elle le pense ou Bon n'en i566« 
scais riens (i). Je luj feray se soir raport de ce que j*ay Octobre, 
besoingné en Flandres , comme tous poures entendre 
quant je tous Terray. Je suis fort mary de ce que mon- 
sieur de Bréderodes et de Culenbourgh ont fait ce que 
l'on dit (a) : Dieu Teuile pourreoir à tout comme il con- 
Tient à son serrice, et sur ce tcus tous beser les mains. 
De Bruxelles , ce premier d'octobre. 

Vostre serviteur et bon amy , 

Labioral n'EcMONT. 

Je TOUS prie aToir demain de tos nouTelles. 

Monsieur de Mansfeldt tous bese les mains. 

A Monsieur Monsieur le 
Prince d'Oranges. 

» LETTRE CCXVin, 

Le Comte Jean au Comte Louis de Nassau. Il conseille 
aux Confédérés de ne pas publier une justification rela- 
tive au bris des images ; mais de se déclarer contre le 
Calvinisme et d^ éviter une rupture avec le Roi, 



Mein freundtlich dienst sambt allem gutem zuTor. 
Tf olgeporner , freundtlicher^ lieber bruder. Nachdeme 



(i) riens, La GouYemante avoît dès longtemps insisté auprès 
du Roi sur cette convocation* £Ue pouvoit la désirer sous plusieurs 
rapports. « A metu (CalTinianorum) quidam per Statuum conventum 
» liberari (^tbolicos posse credunt. » f^igl, ad Hopper, p. 383. 

(a) dii. Les Comtes de Bréderode et de Culembourg avoient 
fait enlever les images dans leurs villes. A Yianen ceci avoir eu 
lieu le aS sept, et le même jour Bréderode avoit commencé a lever 
des soldato. Te Wattr^ IV. 3a5. 



— 346 — 

i566. &L.mirTei»dii«iMrtâgeemooiiceptederMn)itoiiizae^ 
Odobre, sehenn undt volgenU intruckhauflzgdienn undpuUka»' 
ren xu laseen j zugeschidLt , als hab ich solches , nebenn 
edichen UBsera dienem) mit ailem vieys dorchsehiBi) 
berathscUagt und erwo^ea. Wiewol wir nhun dasseibigc 
nach gelegenhait der sachen dennassen gestak b^ndeii, 
dai wir wenig darinn lu anderen gewust , so hielten -m 
es doch ausz allerhanndc yorgefmllenenn bedencken , son- 
derlich aber der uhr^achen halben , das meniglich wol 
bewust das der tumult und ufirhur , so sich in stùr- 
mung der Bilder und spolirung der Kirchen zu Antoiff 
und anderstwohe zugetragen, nicht ausz bevelh oder 
mit Yorwissen und genemebaltung der Bundtsgenossen ,. 
sondem allein durch etiiche muthwillige und aufirûri» 
sche leuth sich zugetragenn , Tor das best und rbat- 
sambst das solch scnptum eingesteltt und zu trucken 
gentzlich underlassen wûrde ; dann wir bey uns nit we- 
nig besorgen , wann man sich in diessem fall , da doch 
E. L. und die anderen Bundtsgenossen Torhin gnugsamb 
enthschuldigt y deszhalbenn auch (sonderlich in diessen 
Kreysz) kein clage yemals vorgefallen y zue entschuldi- 
genn understehenn solte y das vieieicht solches mher zn 
allerhandt newen yerdacht und argwohn y dann zu ge- 
suchtem glimp£f und der sachen zum bestengeraichenn, 
auoh dasjenige so bis anhero undisputirlich gewesen, 
in disputation, zweyvel und nachdenckhenn moehte 
getzogen werdenn. 

Dergegenn aber wolttenn wir in £. L. und der andemn 
Bundtsgenossenn rhatsamb bedenckhenn gestalt ha- 
benn : dieweil nicht ohne das das gemein gescfarey faienn 
und wider dermassenn auszgeschoUen , als ob der mhe 



— 347 — 

rerihejly nidit nUaiii desk gediainefi voldu, soildcm i6d& 
audàder Bundtagenossen Belbst^ der ZwinglUchenn und Octobtct 
Galviiiischen lahr anhengig, diaselbige offentlich za 
lîihren , zu predigen undzu yeithaklingeii understehenny 
audi sonst under dem namen undt bundtnûs der (ïeuseo 
yuà falsdier und dem religionsfiiedea widerwertîge sec- 
ten und lahren eingefhûrt , gestattet und gepflanzet wer» 
den solten ; ob nicht su ableynung solchefl gememen 
geschreys und yaat beschwerlicber ufHage, auch mha» 
rers glimpffs halbenn, sonderlich aber grossemn be» 
aorgten unrath so faieraus enthfitehenn mocbte, zufûr- 
kimimen , dienlich und irhalsamb sein soke das £• lu 
und andere , eo der AugspûrgUchen ConfeMion zugelhan 
und an denn obgedachtenn und andernn yerfuriBchen 
seden kein gefallens tragen , ire Confessionem und be*> 
kantnûs mit angehengter réfutation und protestation 
desz bien und wider auazgebreyten gescbreys , durcb ein 
publicum scripUun o£Fentlich ann tag gegeben hetten^ 
welchs wir bey uns soyiel esto' mber voir rhatsamb.und 
hochnotig eracbtenn , dieweil wir in glaubwûrdige erfha- 
rung kommen , das die Geusen (wie sie genantt werden) 
ins gemain bien und wider bej yielem hobenn potenta- 
ten und stenden des Reicbs , sonderliçb aber bey diessem 
Niderlendischenn und WestphaliscbenKreys^des Zwmg' 
Uanîsmi und anderer yeii>ottener secten balbenn , so aie 
under sich habenn und treibenn soUenn, dermassenn 
angegeben und verhast, das zu besorgenn, ja gewiszlich 
am tage , ob sie wol mit Tiel tausent pferden so mann 
bien und wider in wartt-und dienstgelt ufigenommea 
oder nocb ufifoemen mocht, gefieist zesein* vennainen 

' dcflto. * ta sein. 



— 348 ^ 

t566. WHrden , dasz âe doch im fall der noth und ufiEmanuiig 
Octobre, kaum denn geringstentheyl-wûrdenbekommeanmogen; 
dan ich E. L. Tertreuwlich nicht wil Terhaken das idi 
▼onn unsenn diener D. Meysznern , so vor wenig tagenn 
Yon eînem gebaltenen kreystag widerkommen , soviel ver- 
standen habe, das mann dem Geusen inn diessem Kreyss 
(denen sie doch meines erachtens nothwendig antrefien 
mueszen) denn ahn^ und durehcug mit irem beworbenen 
kriegsYolck , yen deszwegen das sie dem Ronîg Yerbot- 
tene nnd den religionsfrieden wiederwartige lahren in 
aeinen landen eintzefuhren understehenn soUenn , nicht 
wûrde gestattenn; derhalben dann unsers erachtens 
(jedôch ailes ufiF E. L. und der andemn hernn verbesse^ 
rung) iu' allerwege guth sein soit die obgedachte be« 
kantHiûs und protestation , grossere ungelegenhait dar- 
dureh zu vorkommen, unyerzûglich auszgehenn zu lassen. 

Es lest sich diesse gantze handlung, als in sichselbst 
faochwichtig und schwer , bey yielenn gutthertzigenn , 
verstendigen, bohes-, mittelnn- undt nidem stanndt»- 
personen, so K L. und uns allem guts gonnen , dermas- 
sen ansehen , das sie der aacben zum bestenn yiel lieber 
rhaten und seben woltenn das diesse gebrechenn in der 
gute durch teg^icbe lâidlicbe mittel , vergliechenn und 
bingelegt mochtenn werdenn , dann das mann sie mit 
gewaltt und gewherter bandt understehenn soit zu ▼»• 
fechtenn undt auszufbûren; ausz nacbrolgende uhrsadien: 

Dann erstlicb wirdt bey ibnenn nicht untzeitlicb erwo« 
genn das yast schwer , ja menschUch dayon zu reden , 
scfaier unmûglich &llen will sich einem so gewalûgen 
Potentaten in die lengde zu widersetzen und die sach mit 
der scher£F zu begertem frucbtbarlichen ende zu brin- 



r^j. 



— 349 — 

gen , inn betrachtuDg das baider theyï «TeTinogeii und 1566» 
stercke da sie gegen einander gehaltenn , vast ungleichi Octobre. 
ufF jhener seytten mechtig , diesseits aber gantzs schwach 
und crafïtlosz befunden werdenn. 

Zum andem , das zu besorgen man weide es mit dem 
Kônig nîcht alleyn , sondem mit yielenn hobenn Potea- 
taten , bey welohen der Zwinglianismus sehr verhast, ja 
mit der kayserlichenn Matt. selbst zu tbun baben. Wie 
icbdanmglaubwûrdigeerfharuDgkommen das ire Matt. 
sicb gegenii dem Konig ausztrûcklichsoU baben yeme- 
men lassenn, obmroU irelLay. Mat. mit Tielenn hocb* 
wichtigenn geschefften wider dem Erbfeindt , dennTûrck* 
benn y yetziger zeitt beladen , 80 soUt doeh irer Mat. 
solcfaes ailes so boch nit angel^en sein , im fall diesse ufif- 
rhur undeinreyssende Terbottene secten in denn Nieder- 
landen nicht abgestelt soltén werden^ das ire Matt. das 
landt zu Ungam aigener person nicht yerlassenn , und 
dem Kônig ausz Hiapaniën, solche gewalttsame und uff- 
ruerîscbe newerungen in seinem landennablzeschaffen, 
znaiehenn und zu bûlff kommen woltten (i). 

(i) woltten. Les intentions de l'Empereur envers les Pays-Bas 
étoient meilleures que le Comte Jean ne supposoit « Le Roy 8*ad- 
» visa d'escrire une lettpe à l'Empereur touchant les affaires des 
» Pays d'embas , et aussy de son intention : à laquelle S. M. Im-> 
» périale , non obstant les grandes occupations qu'iceUe avoit à 
» cause de la forte guerre que le Turcq luy faisoit en Hongrie, 
» respondit au mois de septembre fort particulièrement, offrant 
» toute amitié et assistence , et telle qu'à un bon frère apparte- 
» noit , disant toutesfois , avecq beaucoup de difficultez , estant 
» spécialement t:hose de la religion Catfaolicque tant odieuse à 
» beaucoup de Princes AUemans , alliez et parens d'aulcuns vas- 
» saulx du Roy ... et pourtant s'il fust possible de traicter la dict 



— 360 — 

i56& Zum drittenn , feilt nicht wenig bedendUcb Tor , das 
Otubf» mann uflF diesser Mttenn (wie man bericbtet wirdt) in 
vor&llenden tractatioiieii,rhatschlegenii, Terordoungeii, 
anstellungen und andem handlangen, eben so wenigals 
andh in Heligions^sachen, under sich selbst nit ainig, 
aondem in TÎekrley wege zweppaldg nnd zertrennet ist, 
wie mann dann gemeinficfa erfhertt das, wo Tiele heup- 
tar seindt, auch fiel underschiedliche opimones und 
mainungen plegen vomfidlenn. Was guts und bestenn- 
digs aber hieraus moge eirolgen, werden EL L. , als der 
^«ntendige, bey sich ielbst TemûnStigUcb ermeasen 
kundenn. 

Zum yierten , wirdt nicht voir das geringste, sonderan 
scbier Tor das beschwerlichste eracbtet , das mann uff 
dKesaer satenn mit nottturfftigen Torrath abm gelde , irie 
solcbes in diessen und dergleîchen bochwicbtigen sa- 
chenn sonderlich Tonnothen were , nicht gefasset , auch 
wo und von weme mann es yederasekt in vorfidlenden 
noten haben undentphangensolK gantz ungewisz^der* 
gestalt das man, aucheiner geringen summen geltshal- 
.benn, vast viel schreiben und deliberieren musz ehe und 
zuYor man wissenn mag , vonn weme , wo , und wie mann 



» affaire par yoye gracieuse et non de rigueur , qu'il \nj sembloît 
» le plus eooYenable et moins périlleux , et que pour mieux l'en- 
» cheminer et mectre en oeuvre y S. M. L seroit contente d'estre 
» médiatrice d'entre S. M. R. et ses yassaulx. » Bopper, Mém. 109. 
L'Empereur écrivit aussi à la Duchesse de Parme, et lui envoya 
des lettres pour le Prince d'Orange et les Comtes d'Egroont , de 
Hornes et de Mansfeldt , « se référant toutesfoîs à la dîscrétioil de 
» Son Alteie de les delibvrer ou non. » /. /. Elles ne furent point 
délivrées. 



— 361 — 

^a bèkamnMKi mage; du maxi hergegoi in gewÎBser er* i566. 
fbarung hat^dasbe^r ddm gegentheyl ein ûberflus an geltt Octobre» 
Torhanden tind dissfala niohta yesparet wirdt , àerowegen. 
aie aiich die bette und auaserleseneste kriegsleutb alberejFt 
VI grasfler antsaal beworbemi und ohae tweySel nodi ttg- 
lich mher beUiomnien werdenn. 

Zum fânfiken, wirdt erwogenn: demnach die Teutsche 
Fûrster vam mehrertkejl deme Calpinismo sonderlich 
i!ûndt nnd zuwider, auck derohalben diesser ganizen 
«achen geheasig seindt , man werde sich ufif iren beystandt 
oder bûlff im fall der noth wenig m yerlassen haben, 
-wie manu dann disKfals aucb von denen, zu welcben man 
ttch ftOQderlicher gnaden yedeneit versehen gehabt , gnug- 
«ane exempel ^ daea Tonnothen were, antzuzieben wuste. 

Zum secbsten, das man^iel geubbter, erfhamer und 
auMerloaener kriegsleutb , so man in warttgeldt gebabt, 
nbunmebr ausz der bandt gelaaaen , wdcbe man ber- 
nacbmaU, wann es ans treffenn gebenn soke, nicbt wie- 
der bekommen» sonder ander unerfbarn und ungeûbt 
biegszvolckb und budellmanns gesinde ann die statt 
must annebmen , dessen sich meniglicb, nebenn deme 
da es der sacbenn nicbt wenig zu unstatten gereicben tbut, 
soviel desto mber Terwundert , dieweyll mann uff diesser 
seyten das warttgeltt auszgegeben , und sie nbunmebr, 
aacbdeme sie durch die unsern gerûst, dem gegenthey], 
der sie aucbalbereytingrosserantzaal in warttgelt uff- 
genommen, lest zuLomm^i. 

Zum siebenden, ist sonderlicb aucb wol zu bedenckenn, 
wirdt aucb bey uns nicbt yor die geringste motiven 
erachtet, das mann in gewisse erfbarung kommen, ob 
wol dye Bundtsgenossenn mit eyner stattlicbenn antzaal 



— 352 — 

tB66. kriegsYokk versehenn , das mann ihneii doch den ah&' 
Octobre, und durchzug in diessen Niderlendischen Westphili- 
schen Kreys (ausz uhrsachen so hieobeon Termeldet) 
keins wegs wirdt gestatten, wie sich dann auch nit 
wenig zu besorgen, dieweil die vomembste Stende, 
90 wol Yon Weltlichen, als auch von Geistlichen, 
dem Calimismoj und also derhalbenn diesser gant- 
zenn sachen gehessig und feindt, das solches in an- 
deren angrentzendenn Kreyscen auch geschehen wer- 
de y da hergehen Hertzog Erîchen und anderen des Ge- 
genthails besteluenn Rittmeistem , neben der Kay. Matt. 
schrifftlicher bewilligung und oflener patenten^ der 
ahnn^und durchzug in diessen Kreys albereyth zuge- 
lassen und gestattet, auch nicht zu zweyfïeln stefact, 
dieweil der mehrertheyl der reiehsstende , sonderlich 
Yonn Gaistlichen^ dem Kônig in diesser sachen gants 
gûnstig und gewogenn (wie man dann dessen gewisse 
erfharung hat) , es selle irer Sfat. oberstenn und Rit* 
meistem der ahn- und durchzugh in andemn Kreys- 
zen^ gleicher gestalt auch zugelassenn, gewilligt und 
gestattet werdenn. 

Nebenn deme und zum achten, wirdt auch hiebey er- 
wogen 9 das gleichwol im religionsfrieden , Anno 55 zu 
Augspùrg ufFgericht, nicht alleyn die Zwinglischen ^ Cal- 
Yinische und dergleiche lahren auszdrùcklich Yerbotten 
und Yon Religionsfrieden auszgeschlossenn , sondenm 
das auch Ycrmoge desselbigen kein standt des Raichs , so 
der altenn Papistischen Religion Yonn alters zugethann 
gewesen , schuldig ist seinen underthanen , so der Augs- 
pûrgischen Confession anhengîg^ under sich zu wohnen, 
Yiel weniger ôffentlich zu lahren und zu predigen , zuge* 



— 363 — 

* 

«tatten (i); mît diessem ankaiig, wo ainîges Papisuachen i566. 
€hurlvrstenn , Fûratenn oder Standts underthanen , der Octolire. 
Aiigapûrgisolien G>Dfe8zion anhenf^^ das aïs dann dan- 
aelbenn mit iren weyb und kindemn abn andere oitb m 
aiehen, audi ire haab und gueter zu verkaufEen) ohne 
menigiîdbs Terhinderung, zugelaasen und gestattet sein 
soll. Wann nhun dieszes under denenn Stenden , so im 
reicb.gesessen ^ atatuirt und geordnetund.keiner scbuldig 
îat die AttgspiUgiscbe Gonfeaaîon, tiel wenîger offentlîche 
predîgtenin seinen FûntenthiiinbeB^ Gravesdxafften und 
Gebietben zu gestatten, wirdtBÎcbl; onzettlicb inibedem^*- 
hen und zweyfleU gezogeo !ob dann der Kônigf so un- 
der dem reîdi nit gesessep, scbuldig sey offentUcbe pce^ 
digten in seinen liinden zu gedulden, uikI sonderlichin 
fall <fe nicfat yerneynt kann werdcinii » das gleichwol. djo^ 
mekrertheylder undertbai^ai dem Cûl^wismo y Zmngiùt' 
iiifi9iO)Und andern verbaltenen und demB^eligionsfrieden 
widerwertig^n sectenund labres %ttgelhann Und.«iihengig; 
Auaz welcben oberzeltenn und andét^enn mh^r: eriiebr 

(i) zugestaiten. «r la Imperio Gennaaico , ubi pleaUsHna li*- 
» bertas ooDceditury nullis subditis permittitur contra Dominorum 
» PriDcipnmque suorum volunlatem , Religionem amplecti, sed 
» aut 86 eorum ordîoationîbus submittere , aut Provincîâ excédera 
» coguntur. » Viglius ad Oopper. p. 383. La paix de religîoo , 
oomme elle étoit introdaite en Allemagne , eut laissé les Pays-Bas 
sennûs au boo plaUir de Philippe. La Duchesse de Parme écrivoit 
le lo noT. à TËvéque de Liège: « Vous avez ce point dadvantaige 
» de vostre costé que de vous povoir ayder de la religion-frid que 
» ne debvez négliger. » Gachard y Jnal. Beig, p. ao2. En effet , 
TEvéqne avoit le droit d'expulser les protestans. Les Princes pou- 
voient choisir entre le Catholicîsm^e et la Réforme, les snjets 
entre la soumission ou l'exil. 

1 a3 



— 354 — 

:i566. lichen bedendken und uhrsadien man leisdicb dahin 
Octobre; schlieflsenn wolle^ da maûn die vorstehende gebredienn 
•aff laidliche | tregliche wege handlen , und die 5ach daUn 
bxingen kundte das die Spanische laquisition und Ty- 
rannische^ unchristliche Terfolgung gentzlich und xu 
ewîgen zeitten ahgeschaffk , auch sonsten meniglich Evan- 
gelisehe Buecher zulesen und ohne gefhaar Ton Cfaristfi- 
cher Religion und Gottes wortt zu red^an gestattet und 
frey gelassen wuide, das man Tor ein erst mit demaelben 
aufrieden, Gott dem Almedbtigen darfhar dancken und 
dièse saeh (ob mann schon noch sur zeitt die ofiEfentlic^e 
predigten Gottes wortts mcht erhalten kundte) harter 
nicht spannen y noch treiben 6oltte, der trostlicber hoff- 
aung und zuversicbt, der Almeehtige Gott ^ûrdesein 
gottliche' gnade mit der «eitt, zu erweyterang seines 
namens und worts , femer yerieyhen und mittheylenn. — 
Es woltte aber meinies eiachtens in aliewege vonno* 
then sein , da E. L. Ir diesses bedenckenn oberzeltter 
massen g^llen liessen , das wir beyde uffs aller baldest 
so immer moglich (cum pericuhun sii in moraj an gde- 
gêner mhalstatt zusamen kommen , und von diesser sa- 
chen^ Vfie dieselbige durch gedachte wege durch getreu- 
we und vleyszige underhandiung ettlicher fumemer 
Fùrsten ins werck gericUtet und zu fruchtbarlicher endt- 
schaflt gebracht , auch mitlerwejl fernere beschwerliche 
kriegszhandlung eingesteit mi>cht werdenn , uns notûiff- 
tiglich underredet, berathschlagt , und furters zum Hert- 
zogen vonn Gûlich, welcher meynes verhoffens hierin 
viel guts wirdt auszrichten mogen ^ i) j begebenn hettenn. 

(i) mogen. Le Duc de Cièves desiroît le progrès delà cause 
protestante : voyez p. 74. 



— 355 — 

Da nhun E. L» gelegenhait uff obgesatztenn £sl11 sein i566. 
kondte^ gegeûn den^ tag des schirstkûnfftigen monats Octobre. 
KoYembris , enthweder zu Bueren y Santen , oder Grave 
eÎDZukominen y wolte ich meiner sachen gelegenhait auch 
dahin richten , das ich (geliebt's Gott) uff erstermeltte 
zeitt gewiszlich by E. L. erscheinen und mich mit dersel* 
ben allentbalbenn nottûrfTtiglich underreden mochte. 

Wolcbes ailes £» L. ich vartreuwelicber, bruderlicher 
meinung in eyl nicht habe soUen verhahenn , freundiich 
filtendeE. L* woUen inidiires gemutsund sonderlich 
waa J&e angeregte zeîtt und mhalstadt ùnserer ^usamen- 
kuiiffi; bdangen thut, unverzûglich , so tag , to nacfat , 
^earstendigemi und bierin keinen mtmgell erscheinen las- 
senn ;und thue, hirmittB. L, deren ich zn brûderlichen 
angenemen diensten yedenuôt genaigt^ dem^ Almechti- 
genn beyelhena. Datûm Dîttenberg am ' Occobris Anno 

f566. 

Bedenck und Concept 
D. Meixiwra (i). 

« 

L'entrevue des frères eut Lieu à Yianen, à la mi-novembre. 
Dans le Journal déjà plusieurs fobcité, nous lisons. « Den i4"^ 
» November was GraefT Loedewyck te Vianen met ettelyke £del- 
» luyden. Den i5'" quam te Vianen Graef Jan van Nassouwen , 
» mynheere den Princhen broeder roetten Grave van Solms. Den 
% x6*" quam myn lieer den Princbe te Vianen met veel Edelluy* 
» éau Den 17*^ reisden myn heere de Prinche , Graef Jan en 
» don Grave van Solms nae Utrecbt. » Te Water^ IV. 3a6. 



(i) Meixners, Le Docteur Meixner fut employé par le Comte 
et plus tard aussi par le Prince dans beaucoup d'aiTaires difficiles 
et délicates. 

Le eUffhâ n'mt fos ^outé. 



-^ 366 



LETTRE CCXIX. 



loiuSy Comte de Wittgetistein^ au Comte Jean de Nassau. 
Sur Us résultais de sa mission en Hesse. 



x566. \* ^ réponse du Landgrave Philippe prouve que, malgré son 
Octobre. ^fi>® ^' '^ infirmités , il étoit encore parfaitement en état d'apprécier 
la position des affaires et de donner de sages avis. 



Wolgeborner F., lieber h. gevatter. E. I* sol idx nicht 
Terhalten, nachdem ich den ^9^ spadt alhie ankominen 
und durch SimonBingen beyLondg. Wilhelm mîch ange> 
ben lassen y haben mich ire gn« volganden inoi|^ zu 
•icb erfôrdert und mijoe werbung allein angehoret. Nadi- 
mals die Instructiones zu sdbcn begerett, wîe gescheën, 
doch als bald nach ^erlesung mir widder. zugesteltt , dar* 
neben sicb Yemehinen lassen dasz ire gn. dem b« Prin- 
oen mitt sonderer begirde geme in dieser sachen wolten 
beyrehtig und bebûlfflich sein. Es sehenaber ire g. die- 
sen bandel vor hochwichtig und bescbwerlich dermaasen 
an j dasz sie vor sicb selbs nicbt wol darin zu rathen wist, 
wehren auch mitt wenig dero sach erfanen und yerstendig 
reht itzo gefast « habens gleicbwol in bedencken gezo- 
gen, auch vor rahtsam angesehen.ire g. h. Vatter gleicb- 
fals dièse handlung anzuzeigen und dersélbe bedencLens 
zu vernehmen ; dieweil aber dîeselbig itzo mitt schwa* 
cheitt dermassenn behafFt , dasz sie ungem personlich 
audientz geben , bab ich ufF guttdûncken Landg. Wilh. 
meine werbung schriftlich gesteltt , dieselbig durch den 
Cantzeler Scheffern und Simon Bingen , welche von dem 
alten h. sonderlich darzu verordnet, irer G. zugesteltt; 



— 367 — 

dîeselbig haben nûr Tolgents auch irer g. resolution ge- i566. 
bon 9 lautt beygelegte zettels , darausz £. JL selbs des» Ociobvei. 
Landgn meytiung seben werden , welobe meins bedûnc- 
Lens dahin stehtt y das£ ire g. uff den Churf. zu Saxen 
und andere hern seben wolten; was sie dazu thuen ge- 
ineint , haben sicb demnacb aiso yemehmen lassen , als 
diesich diesen handel lassen angelegen sein. 

Bin derwegen in willens , mitt GoUes bûlff^mich for-^ 
ter zum Churf. Saxen zu begeben y wiewol Landgr. Wil- 
belm besorgett der Churf. werde sich die handlung mitt 
Weimmahr nicht gefeiUen lassen , sieht aucb selbs nicht 
vor rahtsam an eyn solchen Fûrsten mitt so viel leute 
zu bestellen , den man sonst wol gutte leutt und eyntzele 
rittineister l^komen moge, dero man besser mechtig, 
dazù sich ire gn. selbs in bewerbung brauchen- zu las- 
sen erbotten (i). 

Ire 6n. haben mich ernstlieh gefragt ob Adam Weise 
s^ne Yorgeben nach dem Prince werbe oder nicht y den 
so es damît eyn andere gestalt batte , mûsten Ire 6. an- 
ders dazu thuen ; bab ich gesagt , dasz ich's gentzlich da- 
▼or haltt es gesohee dem Princen zu gutten (a), da- 
mitt ire G. zufrieden gewesen. 

Nachdem der durchleuchtig hochgeborner Fitrst und 
berr , herr Philips der Elter^ Landgrave zu Hessen , G. zu- 
Gatzeneinbogen , die schriftlich werbung selbs durchausi^ 
gelesen , haben ire f. g. dièse mûndiiche anttwortt durch 
den Cantzler Scheffem und Simon Bingen geben lassen. 



(i) Erbotten, Ceci est fort curieux , surtout comparé aux oon- 
setk un peu timides que le Landgrave Guillaume donna plus tank 
(a) Gutten^ Voyez p. 3o8. 



— 358 — 

i566. S. F. Gr hab das anbriageu gelesen» nun befinde 
Octobre. S. F. G. das der handel so gros, wichtig und schwer sej, 
daa S. F. 6. nicht wûz was sie thuen oder rathen sol , 
zudem das S. F. G. nicht wisK was der Printz zu dot 
Staten und bundgenossen Yor eyn Tertrauwen hab ; ob 
sie halten werden oder nicht , und sonderlich wen's in der 
noht und ûber zwerch geht y da man gemeînlich andere 
sin zu krigen plegt. 

Den Printz sey ohne zweivel wol uffiuisehn , und dasai 
er ^nicht zu wol vertrauw , dan zu besorgen der Koni^p 
mocht geschwind jegen ime handeln, weil er Tors heubt 
anzusehen. 

Das S. F, G. sold rathen wie er sich in die sadien 
sol schicken , wis S. F. G. nicht , den sich ir F. G. bis^ 
her gehabter schwachheit halb , und weil S. F. G. ohn 
das die gelegenheit der land nicht weisz, darin nidit 
resolviren konne; aber die noth werde ine selbst leme 
was er thun soL 

Da auch Saxen Chu. und Wirtenberg wolt etwas bey 
ime thun, es sey mit schreyben oder sonst, so woldS. 
F. 6. sich auch unverweislich erzeigen* 

So yiel H. Johans Friederich zu Saxen bdangt , hab S. 
F. G. sorg es mochte den Ghurf. harlt offendiren (i), 
aber doch die noht pringe vil zu weg dasz sonst under* 
lassen pliebe. 

Dasz die universitet Wittenbei^Termocht werde des 
Cahinisnù und desselbe streits halber , an etzliche Theo^ 



(i) offendiren. Peut-être le but priacipal du Duc étoit de re- 
couvrer rElectorat, dont son père avoit été dépouillé par Maurice , 
frère de TËlecteur Auguste. 



— 369 -- 



ipgos m (kn Niederlandaii zusditeibeii und dieoif Coi^ iS66. 
^Cftdiam zu rermafanen, Xàset S. F. 6. wol gefallen ; darne* Odobic. 
ben wehre vonnote dasz die hem selbst autoritatem in- 
terponirten und die Theologos zur eynigkeitt vermochten. 

Aïs auch G. L. ' begertt ime eyne yertraute person zu 
Ghurf. zu Saxen mitzugebeii , habs seine F. G* jtzo nichl; 
•n leule , zndem es anch S. 6. Tor unnotig acht. 

Signât Cassel , a Octob. Anno 66. 

E. L. Dienstwilliger , 

LuDWIG Ga. zu WlTGBirSTBIIf. 

A. Monsieur Momr. le Conte Jan 
«le Naasaw , mon boD ooiuin et eompère, 
ad méums propnas., 



LETTRE CCXX. 

Le Baron de Montigny au Prince d^ Orange. Il déplore 
les desordres commis dans les Pays-Bas ^ et annonce 
la 7>enue du Rot. 



** Celle lettre , bien que les expressions soient très respect 
tueuses , est du reste asset semblable à celle que Mi de Montigny 
avoît écrite peu auparavant au Comte de Bornes ; laquelle , selon 
le Comte d*£gmont , « contenoit le grand malcontentement que Sa 
» Maj. avoit de tant de malheureux et exécrables actes que s'estoicnt 
» faicts par deçà : comme aussy les presches tant pernicieuses qu y 
» s'y faisoient , nous requérant et persuadant fort de nous employer 
» et nos amys à faire cesser toutes prescbes et redresser touttes 
» choses en son premier état ; avecq un nombre d'autres persuasions 
» à ces fins. » Procès d^Egm. I. 73. La position de M. M. de ^ILaa- 
tîgny et de Bergen étoit extrêmement pénible. Tts étoient venus. 

Grftf Ludwig. 



— 360 — 

1 566. pour défendre les inlëréli des Pays-Bis, et jooraeUement od reoevoit 
Octobre. ^^ Douveiles qui en irritant le Roi randoieot leur tâche en- 
core plus difficile TTajant pu suivre la marche des événemens, 
iUne s'expliquoient pas cette iofinité d'excès et de désordres, que les 
Seigneurs auroient abément, croyoîent-ik, pu prévenir ou tout au 
moins réprimer. Ils en étoient d'autant plus doulonreusement affec- 
tés que , délibérant toujours en Espagne sur les trois points qn*en 
avril on avoît mis en avant (pas. d'Inquisition , modération des Pla~ 
cards, pardon général;, il 8*étoient flatté d'atteindre bientèt le but de 
leur mission. «Bergensis et Monteniacus (dicebant), si Comitia Ge- 
» neralia non placeant , aliam rationem posse iniri . . . . Addentes 
» porro , re bene agitata , invenire se super articulo Inquisitionis 
» plene per Regem esse satisfactum : nec aliud restare quominns 
» Domini officium faciant, quam ut moderatio PlacâlcNrnm aooeie- 
M retur. » £p. ffopperi ad FigL loo* Cependant le Comte de Bor- 
nes répondoit à son frère : a Pour fasché que estes là , estes plus à 
» Tostre aise que ici, veu Testât des affaiies et ie peu de remède que 
» l'on y donne : car tout s'en va ruinant. » Procès tTEgm, II. 496. 



Monsr. Pour avoir le Roy tardé aucuns jours à des- 
pècfaer Courier par^elà , l'ayant remis de jour à aultre 
passé 1 5 jours, je ne vous ay peu respondre plus tost au 
deux lettres qu'il tous a pieu m'escripre du ao et aS 
d'aoust f lesquelles j ay receues en ce lieu le 8 7^^* passé , 
TOUS baisant bien humblement d'icelles les mains et de la 
bone souTenance que tous avez de tos servit". A ce qui 
me sanible par vostre d^^ lettre , vous avez receu quel- 
que satisfaction et contentement par la lettre que Sa 
Ma*^ vous ast rescript , de quoy certes , Mons' , seroye 
fort ayse et tiendroye la payne de mon voyage pour fort 
bien enplyée , sy en quelque endroict par icelluy puis- 
siez demeurer plus content^ signament à Tendroict de Sa 
]||a*tf , auquel j ay dict ce que par celle du dit ao me co- 
mandiez , de la bonne volunté que avez de vous enplo- 



— 361 - 

yer en tout ce qui despendra son serrioe ; Sa Ma** me diei i566. 
qu'il ayoiet ceste mesme opinion de tous , oussy elle Octolirt, 
estoit conforme à lamour et volunté qu*i vous ast tous- 
jours porté f et me commanda de tous respondre ce que 
dessus de sa part, oussjtous faire entendre le service ag;ré> 
able que luy feres de tous enpioyer en tout ce que trou* 
Tereis convenir pour son service en ses affaires qui pas» 
sent présentement par-delà. Vous asseurant , Mons' | à 
mon jugement ne luy en scauriez faire pour Theure qui 
luy contenu plus , que tenir la main et d'empècber ses 
pilleries et sacagemens d*esglises et doistres et les pre- 
sches oussy, [avant'] que £Eiire ce peult, car certes les cho- 
ses , que par-delà se sont passées en cest endroict , sont 
esté inupportables ' , ne faisant doubte que vous aultres S** 
nayez [sentu^] extrêmement de souffrir tels actes, presque 
en voz présences. Je vous puis asseurer. Monsieur, que 
Sa Mat. Fast fort resentu les susd* sacagemens d'esglises 
et cloistres , mesme la peu de résistence ou contradiction 
qui s'en est faict par tout , veu le peu de gens , et que ce 
n*estîont que ung tas de blistres qui comettiont ses in- 
solences et malheurtés^ (i). Le samblable ast oussy resen- 

(i) Malheurtés, Ce manque de résistance avoît surtont causé 
de la surprise et de l'indignation. « En tous ces maulx ^ troubles « 
» feux et pilleries du Pays^ n'y eust quasi un seul , qui meit la main 
> aux armes pour faire résistance. » Hopper^ Mém, io5. H y a des 
momens de crise où un tas de befytres cause une crainte panique, 
il est vrai, mais générale et qui produit les plus tristes résultats. 
Nous n'aimons pas les rapprochemens historiques , vu que bien 
souvent ik faussent l'histoire : toutefois il nous semble que les évé- 
nemens révolutionnaires de nos jours , présentant le même phéno- 
mène , en facilitent l'explication. « Ceux qui sont absens en par- 
, uUot (?). * insupporUbles. ' resMOti (7). < flulheun. 



— 382 — 

i666. tu Sa ittf* 4e» pveiches, et le peu de démonstration que 
OetobM. Ton ast faict de s y oppoaer , ce que Sa Ma*^ youldroit 
ancoire que l'on fisse aut moins à ses grassateurs et pil- 
leurs d*esglise , et par force, puis qu'i semble que [ravezj 
bien pardelà, et samble à mons^ le Marquis et mo j qu il a 
caison et que tant de S^ et personages principaux que 
estes pazKielà y ne debvez soufifrir semblables actes, mes» 
mes voyant astheure q'y atez argent et des gens , et cer* 
tes, Mous., n'eussions jamais espéré que semblables 
dboses f uisiont advenues et moins nous estant icy enyo* 
jés par vous aultres , que poyes considérer combien par* 
œ f on nous voire occasion de nous trouver bien empê- 
chés et avecq [très] grande raison. 

Sa Ma^ respond k Madame par ce courrier sur 
ses dernières, du x3 du passé, oussy luy mande son 
intention sur l'assamblée des estatz-généraux et comme 
verreis' le tout , me remettray [aust*] despéche san» en 
fiûre [redite]^ seuUement vous dires^ ce mot que tenons 

le trouvereis asses maigre et avecq raison (i), mais 

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^_^^^^^^^,^,_,^^^,^^^_^,^^ 

» lent fort à leur abe; mais il y a bien à dire se trouvant sur ce 
> lieu. » Procès étEgm. L L "^^ Les excès dans les Pays-Bas sem- 
bloient à Montigny d'autant plus insupportables qu'il étoit zélé 
Catholique. Quelques mois plus tard il écrit à son frère le Corn-* 
te de Homes. « J'ai reçu un grand contentement de Fasseurance que 
» me donnez que nuls ne basteront devons faire cbanger d'opinion, 
« en chose qui touche le fait de la Religion ancienne , qui est oei^ 
» tes conforme à ce que j'en ay tousjours fermement pensé et cru ^ 
» ors que le diable est subtil et ses ministres. » ÎFUlems, Mengelitt- 
gui van vaderlandschen inhaud, n.^ 5. p. 333» 

(x) Baison. D s'agit de la lettre pubUcque de S. M. à la Gou- 
vernante, du 3 octobre. « Sur ce que vous me représentes derechieC 

' verra. * à oelte (?). 3 dirti. 



— 363 — 

pnr là pojw juger ks pasaions «l affeolioBS des.mÛHêr iS66é 
très. Sy etae que pour cela tous prkms ne vous y Ootoliiei 
arrester beaucoup car n'en donnons la coulpe à Sa iSa!* , 
et TOUS supplions de rechtef tous enployer de toutes 
TOK forces à donner contentement en ce que dessus à Sa 
Ma** et le serrir en tout ce qui se offirira plus que jftr 
mais ; car sommes traictans certains moyens, le S' Alarquis 
et moy, au desaeu d'aultres, dont dens i5 ou 20 jours 
TOUS adTiserons , que espérons tous donneront quel* 
que cx>ntentemens , sy pouTons [acceter] et sortir aTCcq 
nostre dessein ; mais penses, Mons% que ne poTons négo- 
der du tout comme désirerions pour les bones nouTelles 
que nous mandes journellement de ddà» Sa Ma^ ast eu 
quelques accès de fièbTre tierce (i) dont n'est ancoera 
dtt toutquîcte; sy esse qui se porte assesbien, Dieu 



» sur le faict de l'assemblée des Estats^ . • le tout considéré , non 
» troayé qu'il y ait cause pourquoi jedeusBe changer ma précéded* 
9 te résolution • . • • estant comme érident le hasard de tomber 
» par là en liberté de Religion et confusion de la R^ubliqne • . . • 
». Mais je tiens que le seul et vray remède . . • eust été et seroit 
» d'obvier et résister à telles et semblables voyes de fait : comme 
9 je me confie que ce sera; mesmes estans là tant de Personnages 
» principaux et aultres tant affectionnes au service de Dieu et mien , 
» et de la République. » Procès dEgm* II. 4^7* ' 

(i) Tkeree, « Environ ce temps tomba le Roi malade d'une fiebvre 
» que diminua aTeoq ces nouTelles que Wndrent quasi ^en la mesme 
» ooDJunctnre et luy desplurent fort » Bopper^ Mém. )p. loS. Il faut 
sans doute lire « que ne diminua. » D'après Hoppems lui-même 
« Rexy leriter prins aegrotans , accepto priore nondo;, in lertîar* 
» nam febrem mox inddit : eâ liberatus , allato secundo aa n e io y 
» recidivam passus est. Ep, ad Vigl^ io3. 



^ 364 — 

i56& DMrcy « et te pane demaiii du beiqae de S^om vers 
Otiobre. Madrit, où estant arrivé, je croy, dëdairora de brief 
aon partement pour Italye et delà en Flandres. U a deqà 
despeché courrier vers Italie pour fiedre venir toutes ses 
galères de Naples et Gecille' incontinent à Rosas et en la 
ooste de Barsdonne , et qui roenessiont tpute Tinfanterie 
Espagnolle[dast] susdit Naples etCedlleaveoq eux et qui 
les laissent en chemin à Gènes pour attendre Sa Ifa'^ en 
Lombardie pardesà. Sa Ma*' ast fiiict faire en diligence 
3o enseigne dTspagnols de aSo hommes pour* enseigney 
affin de les passer aveoque eux , et se servir des vieux 
souMars qu'i trouvera là: Tarmëeque Sa M* apprestepour 
nous visiter aveeq, Ton tient pour certain [ceinde] dix 
mille Espagnols, huict mille vieux souldars dltalie, et deux 
mille des bèsoignes qu'i majne' avecq eucx, six mille lu- 
liens et a4ooo AUemansi et deux mille chevaulx légers, 
mille hommes d'armes et cinq mille noirs hamois Al- 
mans; et, quant aux escus, vous puis asseurer que de 
long temps Prince Gresûen ne s'en est trouvé mieux pour- 
veu , ors que se fust pour ungne plus grande entreprise (i). 
Vous poyes considérer par vos prudences , sy ceste troup- 
pe vient ungne fois à nostre pays, ce qui se passera et ce 
qui en despend , qui nous gardera en dire davantage \ 
seulement nous samble s'il y eust moyen pardelà entre 

{i)BmirepT%se^ « PhUlppas Guberoatrioeai admonuît de adveotu 
» loo • • • . la v«ro Duncius , qaU occultis etiam litteris Bergensis 
» Moatiniîque legatorum •cribebatur ab Hispania y credi ooeptiu 
» cal, » StrmUif I. 275. Le Marquis de Bergen n^écrivit pas alon , 
et le aol occuiiU est superflu: M. de MontigDy n'anroit pas craint 
de moQlrer cette lettre au Roi. 

' Sidlt. > par. ^ néaait. 



^ 365 — 

TOUS aultresy de remédier ies affidres et' oat^leB pjresfîbes tSfiS» 
ayant la venue de Sa Ma'' , seroit chose fort.[acert6e] et Oddbrè; 
éviter beaucoup d'inconvéniens. Je croy , Monsr. , que 
avez reccu ungne lettre que avons eacripl'. a M** ^Eg- 
mont et à vous et à Monsr. Fadmiial du bosque* > da.ag 
d'aust passée et veues aulcunes aultres ; depu» n'av<^s 
eu de vos nouvelles* Monsr.le Marquis^ ast esté sy malade 
dungne fiebvre continae , Taureis entendu par leCtrei 
miennes du ao du passé , que ay escript à Monsr. d*E^- 
mont , et certes tant que les médeems aviont p^rdu, l'es^ 
poir et ne luy doniont a jours de vye (x), mais Dieu 
mercy , ce porte à présent asses bien et le tenons hors de 
dangier entièrement , dont j'ay le contentement que 
poyes considérer , et quem'asseure que tous vous aultres 
ses amys auront oussy , car croy certaynement que son 
mal ne procédoiet que de passion et regret des affaires 
de nostre pays. Je luy ay tousjours tenu compagnye en 
ce lieu et voyant qu'il est hors de dangier et pour ne faire 
fiiulte aux aflTaires de nostre pays , nous avons advisé par 
ensemble , que je iray demain avecq Sa Ma*' vers Madrit 
où j'espère queMonsr. le Marquis pourra suivre dans cinq 
ou six jours. — Monsr. je feray la fin de ceste.prolixe let- 
tre en vous priant me commander s'il se offire en quoy 
vous faire service et croire que m'y enploray oussy volun- 
taii*ement que servit' nul que ayes. En cest endroict 
vous baiseray humblement les mains y priant au Créateur 

(i) Vie, «t Marchio Bergensis graviasime aegrotavit; adeo ut 
9 Medid omnes, quoa habet doctiaaimos R^os , desperareot » 
Hopp. ad FigL 104. 

' et— prMdiM. AddUiênhueHméMre. * Boit dsSégOTle. 



— 366 — 

b56& S0U8 donner l<mgue et bonne^ye. De SegOYta oe 4 o^ 
tobre i566. 

' Monrieur le Marquis ni'acher^^rous boiier iet 
fluiott de sa port «t "taui^ svpplje tenir oeste pour 
slene, que pcmr soniadîsposition ne tous aat peu 
escripre, oussy Touâremercyeetà mons' le Gonte 
Lodewieh du bon conseil que xftm doimë à Mada- 
me sa femme pour sa ville de Berf^ws j se offrant 
Yous servir en aultre endroiot que luy oonnn- 
dereis. 

Yostre phis que bien bnunUe serviteur , 

p. HB MoKTICQBtEVCT* 

p ■ 

Monsieur Monsieur le Prince 
d'Oranges, Gonte de Nassan. 



* LETTRE CGXXI. 

Le Landgrai^e Guillaume de Hesse au Prince df Orange. 
Sur les lei^ées au nom du Roi d* Espagne. 



** Il se peut que les nouvelles db landgrave etoient , sons 
quelques rapports , un peu préinaturées ; da moins la Goavemante 
à¥oit latdé à exécuter les oodres du Boi. Maïs qnoiqa'U en soit, 
peu de jours après elle écrivit aux Princes d'Allemagne à ce sujet 
(voyez la lettre aa5). Le Duc Philippe étoit frère du Duc Eric. « Rez 
» sorori praecipit tria mîllia equitum, peditum vero deoem miUia 
» scribenda curet in Germania : eosque duorum mensium stipen- 
» dits soiutis, paratos habeat, si aocersendi sint in Belgium. Ex 
his equitibut nilfe Erico Doei Bnwsvîoenri legendos regendos- 



— 367 — 

« que tradaty qaiii|;ent06 Philippo tjas fratri, duoentof qainqaa^la i566. 

• Joànni Bumisoy relSqnos Joadni Valhartî. Pedites in Texîlla Octobnu 
» tria atqne triginta distribuât , quorum deoem Comiti Joanm 

» Nassavio Orangii PrlncipU fratri , totidem G>miti Othoni Eber- 
9 stenioy octô Tribuno Grembembergeiisr: qoae supttrsiuit qoin- 

• que CeamicMi Yêààenùo^ ocMunittat. » Sitada, L %f%. 



Wasz unsz itsBO vor gewisze kuntschafften 

«inUioaimen , die newe bswerbungen» ao nidbt allem 
Honzogii Eiich zu Bvaunsekwieigli', sondera avcb Hert- 
aogh Emst \mà Henzogh Philips zu BnuDMdiwcigiir, 
audi andere ataddiche Obersteo in naaien und tmh 
^wegen des Konigs vonn Hispanien TorbalMn , darrtfn 
iibersdiioken mr K L. hierneben gianlmirdîge «opejr-, 
mit frennddicher Utt, was E. L. ratm dém aHen be* 
ymÉi und ob sie vermemen das die sachm au frteik 
ûder kmegh. àA anlegen werden, auch ob der Ko- 
nigh noch diesaer wintter eigener persûn.nrerde h«)(- 
auszar oiehen mmsa fipenndtUch und vertreidich lààt: 
irider zn beridiienn, und wûnsehenn vomi beitzen 
das dcr Abieehtige Gott sein beiligs seUgmacbendes 
Wortt obne blutvergieszenn gnediglicben woUe ausz- 
pieitteii und etbalten, und seint E. L. fireundtKchen au 
dieDen gmeigt. Datum Casietl am 4^ Octobris Annb 
domtni i6â6» 

WOLHBLM L. Z. HB8SBR« 

Dcm • . . • Priatzen 
su 



— ^Oo •— ' 



LETTRE GCXXIL 



Les Seigneurs JtAudrignies et de Lumbres au Comte 
Louis de Nassau* Ses dei^oirs envers la ConfédéraUon 
ne lui permettent pas dobéùrà ia Gouvermanie en quU- 
tant les Pays^Biu. 



i566. Monâiêur. Encorre que aous n'ayons pas reoeu la \Hr 
Octobre, très qu'il tous a pieu nous eicripre , si ne letsserons 
nous pourtant de respondre au contenu d'iodle (1 ayant 
entendu à nostre très grand regret de monsr. l'admirai) , 
conformément à loUigation quavons , non seuUemem 
en j^ëral , mais ènoonre en nostre particulier debyoîr 
Jtx suyrant l'affection . que désirons les choses prendeat 
Autre fin que les comenchemens ne samblent prétendre ; 
4it premièrement, quant à ce «fui touche Tintérest de h 
^énéraUt^. pour, le respect de la sommation à tous faicte 
4^.yostiis partement*» de par s<m Alfecae au nom de Sa 
Bla*' 9 de ces pays 9 nous ne le poTons aucunement per- 
niettrC) en vertu du compromis , par lequel nous pro* 
mettons nous entretenir tous la main , jusques à faire 
nostre cause particulière commune, toutes les fois que 
besoing en sera , comme estant eaoorre en vigueur et de 
pareille authorité qu'il estoit à son commenchement, 
n estans les pointz y contenuz , effectuez selon les [pares*] 
de l'apoinctement , rendu le a 5^ du mois d aoust dernier, 
corne en [voions] présentement , tant icy qu'ailleurs Texpé- 
rience. Parquoy il nous samble que oeste semonce' re- 
donde et est préjudiciable à la généralité de nous tous et 
ne doutans point que chacun ne resentira ceste agrave, 

' Ecfiu par U Seigneur «tAndngmês, « |Mirokt (?). 3 MMUtÎM. 



— 369 — 

comme Texigence du cas le mérite, nous enremetrons i566. 
TefFect du surplus aux premières occasions. Toutesfois Octobre, 
en nostre particulier, Monsieur, nous tous donnons la 
foy de gentilzhommes et d'affectionnés serviteurs que 
nous vous sommes , que quant chacun négligeroit son 
debToir en œste endroict, que nous emploirons corps 
et biens pour ceste juste cause et toutes autres qu'il 
plaira vous servir de nostre petitte puissance , jusques à 
raorir à vos pieds , comme pour le mérite d'un Seigneur 
de qui nous confessons tenir l'entière part de nostre salut. 
Sans plus, dirons , Monsieur , soubs correction , que n'es- 
tant vous (comme dit est) personne privée en ceste déli- 
bération , ains commune et dépendante du consentement 
de la généralité , ne vous devez résouldre à aucune déli- 
bération du département des pays de decbà , obstant le 
commandement contraire pour les raisons que dessus, sans 
Tadveu et consentement de nos confédérés pour n'avoir 
faict chose préjudiciable au service de Sa Ma'^ et tranqui- 
lité de ces pays et par tant l'ordonnance faicte telle 
qu'elle non recevable. Finant ceste, suplions. Monsieur, 
recevoir ceste nostre advertence et offres d'aussi bonne 
part conmie nous recommandons de bon coeur et hum- 
blement à vostre bonne grâce , prians le Créateur vous 
maintenir en la sienne saincte. De Yallencienes , ce 5* 
jour d'octobre 1 566. 

L'entièrement vos affectionnés serviteurs , 
Charles le Rbvbl. Guislàin db Ftbnnbs. 

Monsieur , Monsieor le 
Conte de Nassau. Pour Anvers. 

> a4 



— 370 — 

LETTRE CCXXni. 

Le Comie H* de Bréderode au Comie Louûde Nossomu 



i566. Monsr. mon frère. Tey preyé Monsr. de[Sneu']et 
Octobre. Monsr. deHovege* vous aller trouver de la part de toute 
la noblesse du costé de deslà et pareyllenient de la myen* 
ne, pour vous déclerer de ce que leur avons pryé fayrede 
nostre part , vous pryant byen fort leur ayder en telle 
foy come il mërytent , estant jantylhommes aveque les- 
quels je desyre vyvreet mourir, vous pryant les dépécher 
au plus tost que il vous serat possyble , pour leur avoyr 
promys que il ne la feryont là pas longue pour leurs af- 
faires partycuUyres où il ont de besoyn d aotandre. Me 
remectant de recheff à ce que il vous dyront , ne vous 

feroy ceste plus longue De Vyane,ce 5"* jour 

d*octobre i566. 

Vostre frère à vous fayre servyce , 

H. DB Brbdbrodb. 
A Mons' Monsieur le Conte 
• Lonys' de H astaw , mon bon frère. 



t LETTRE GCXXIV. 

Le Comte Louis de Nassau a Madame la Duchesse 
de Parme. Justification de sa conduite. 



*J^ Ceci est une minute avec des corrections aalogimpbes. 

Madame ! 
Tai veu la lettre qu'il a pieu à vostre Alteze escripre, 

' S01107 a), * lIofwq^eD (?). 



- 371 — 

.datée da a6joiirde septembre, à Monsieur le Prince (i)..** t566. 
Affin doncques que Vostre Altesse puisse estre informé Octobre, 
de la vérité comme tout est passé , je I117 ay bien touIu 
envoyer ung petit récite, qui va icy joinct , par où Vos- 
tre Al"* pourra veoir que n ay riens faict, ny traicté avec- 
ques ceulx de la ville de Bruxelles , que ce ne soit esté par 
exprès commandement des Seigneurs et réquisition du 
Magistrat de la dite ville, car serois bien mary et' ne me 
doibt Vostre Alt. estimer si outrccoidé , d'avoir entr^ 
prins le moindre point ou le vouloii* faire cy-*après sur 
les vassaulx de sa Ma*"^ de mon authorité, espérant que 
Vostre Alt. en recevera telle satisfiioticoD, quelle laissera 
tomber Timpression , qu*elle peult avoir eanceue par les 
hxà% rapports d aucuns esprits malings, mes mcJveuUanS) 
et ne trouvera estrange que moy , estant gentilbomme, 
pr^as regard à ce que touche mon bontieur. 

Quand à ceulx de Jumont , desquels Vostre Alt. fatet 
mention en sa dite lettre, me semble à' correction très 
humble, ne pouvoir avoir commis aucune faulte , leur 
ayant déclairé laccord faict à Bruxelles , puisqu'ils s es* 
toient ad dressé envers moy, et qu'estois enchargé par les 
Seigneurs , aussi bien que les aultres gentilshomes confé- 
dérés , de faire tout bon ofBce par toute provinces gêné* 
ralement , sans excepter nulle , af&n que les armes soyent 
mis bas et le dit accord entretenu; les ayant renvoyé 
vers leur Gouverneur , comme il appert par la lettre que 
j'ay escript à Monsr. de Noîrcarmes, et me semble qu on 
me faict grand tort de me vouloir incoulper avoir sur- 



(1) Ici suit le contenu de la lettre 214. 

> €t •— outrecaidé. Ceâ est ajouta de la main du ÇoifUg, 



— 372 — 

1 566. prins sur rauthorité du dit GouTernement , n*ayaiit bict 
Octobre, sinon effectuer la charge susdit en tous endroits, comme 
fais encores journellement tant que m'est possible, selon 
le serment de fidélité que j*ay faict entre les mains des dits 
S" et confirmé par ma signature. Toutesfois si Yostre 
Alteze ne se' treuye pas servie* que je m'en mesle plus , 
me pourra faire décharger par les dit Seigneurs (auquel 
icelle avoit commander de traicter avecque nous aultres) 
de mon serment , par où seraj délivré d un grand fardeau 
que' j'avois entreprins sur mon honneur pour le seul 
service de sa Ma*', comme le temps le démontrerat; 
come aussi à rendre obéissance à ce qu'il a pieu à Y. A. 
me faire commander de me retirer hors du pais , pour 
à quoy satisfaire , suis, quant à ma personne , plus que 
prest , come en tout aultre chose que par Vostre Alt. 
me serast ordonnée , suppliant très humblement que le 
bon plaisir dlcelle soit de me faire escrire ce que Vostre 
Alt. veulx et commande que soit faict. Mais n'estant pas 
à raoy mesmes, ains obligé par serment à la noblesse 
confédérée^ ne puis riens faire sans leur advis etcomman* 
dément , auxquels Vostre AU. en pourra faire escripre et 
leur commander ce qu'elle désire estre faict. Ce que j'ay 
bien voulu donner pour responce à Vostre Alt., tant 
pour ma décharge, que pour asseurer icelle que ne désire 
chose au monde plus que de faire très humble service à 
Sa Ma'* et à Vostre Ah., pour satisfaction duquel j'ay 
tâché toute ma vie avec toutes mes actions , dont les 

* Ajouté. * A» lieu dêhfm, 
3 que — coDinaode que mU faict. Ajouté. — R jr uvoU aupurtummi: Et wmm^ 
tant neUlmir nwjen d*«ntMMire à met affaim particnlièfct. TouduBt imm aBée 
liort de oe paja » soit de nta peraonne » Madaow , plus qaa prcat à obAr à ce qw 
pUira & 5ta Mat4 f t à Tottr« Allen me comoMnder . 



— 373 — 

Seigneurs en pourront rendre tesmoignage^ et suis bien 1 566; 
mary qu en faisant mon mieulx , selon mon petit pouvoir , Octobre> 
que cela dotbt estre encoires sinistrement interprété, ce 
que ne m*empeschera toutesfois de continuer au bon 
Touloir que j ay , comme ne fais doubte que avec le temps, 
la vérité en sera cognue, et prie Dieu , lequel je prens 
pour tesmoing de ma sincérité, qu il n'y aye homme 
de par-deçà, qui désire moins le repos de ce pais, que 
moy. Que sera Fendroict de ceste, par où je baise très 
humblement les mains de Vostre Alt., priant le Créa- 
teur donner à Icelle très heureuse et longue vie. D'Anvers^ 
le' jour d'octobre i566. 



Voici maintenant le récit envoyé par le Comte, et écrit de sa main. 

Pendant que tes députés de la Noblesse attendoyent 
dernièrement à Bruxelles l'Apostille, qu'il plairoità V. 
A. donner sur la requeste présentée par les gentilshom- 
mes confédérés , fust dict par les Seigneurs , lesquels 
avoyent charge de traicter avec nous , à aulcuns de nou» 
aultres , que Y. A. avoyt receu certains advertissemen& 
qu'on vouloit venir prescher dedans la ville, mesmement 
aussi sur les [haUles'jet incontinent après abattre les ima- 
ges aux temples , comme on avoit faict en plusieurs aul- 
tres lieux, voire toucher à la personne de V. A. et d'aul- 
runs Seigneurs et gens du conseil de sa Mat^, estant pour 
alors les^ elles, de quoy nous estants bien estonnés,res- 
pondisraes aux Seigneurs, que ne pourrions jamais croire 
que telles malheureuses machinations fussent entrés aux 
ceurs des habitans de la ville de Bruxelles ou aultres, 
singulièrement veu que V. A. tenant le lieu de Sa Ma*^^ 

* U €hiffre est omit. > ballet. ^ B paroU qug tU^x o» trou moU sont omi*^ 



— 374 — 

] 566» afttoit empâcbée ayeoq cevlx de aon conseil , pour donner 
Octobre, ordre et mettre remède aux affaires du pais, offrant d'em* 
ploier nos propres yies pour obvier et empêcher telles mé- 
chancetés et insolences, et que ne restait, sinon que les dita 
Seig'* nous déclarassent par quelle voje nous pourrions 
faire quelque bon service, que de nostre part nous estions 
plus que prests à Fexécuter. Sur quoy nous fust proposé 
entre aultres moyens q«'il seroit bonde sonder de ceulx 
qu'on tenoit affectionnés à la religion (qu'on dict) nou- 
velle, s*ily auroit quelque apparence de ce que dessus, et 
leur remonstrer le tort qu ils auroyent de faire telles en- 
treprinses , et principalement en ce temps là , où qu'on 
tâchoit à remédiera touts troubles et mettre tout à repos, 
et qu on ne les souflriroit aulcunement, mesmes que nous 
aultres employerions corps et biens contre eulx« Laquel- 
le remonstrance leur ayant esté faicte le mieulxque nous 
fust possible , ils déclarèrent que jamais leur intention ne 
fust telle et qu ils ne cognoissoient entre eulx gens si 
méchans et malheureux , et nous firent promesse de sur- 
plus de ne point faire prescher en la dite ville et de se 
contenir en toute obéissance et modestie, et là où il y au- 
roit quelqu'ung ou plusieurs lesquels se voulussent avan- 
cer de prescher ou abbattre les immages dedans la dite 
ville, qu'ils s'employeroient touts et ayderoient à Fempé- 
cher, par telle voye comme leur seroit ordonné par V. A. 
ou leur magistrat , à telle condition qu'ils puissent avoir 
quelque exerdce de leur religion hors de la ville pour sa- 
tisfaire à leur conscience, n'ayans jamais tàchéàaultre 
chose qu'à cette fin. Ce que fust par nous aultres rapporté 
aux dits Seigneurs (i), lesquels nousrespondirent que nous 

(ï) Seigneurs. Voyez la lettre an. 



— 375 — 

leur pourrions promettre et aeseurer 8«r leur parole d'aU 1^566. 
1er lilircnwiit aox lieux là ou qu'on auroh presché par Oetobre. 
cf devant , suyvant Taccord qui depuis a esté donné y 
moyennant certaines conditions et remonstrancestoudiant 
le Ueu, de point approcher une (Bfrande lieue près de la dite 
viUe, pour certains bons respects , ores qu'ils le puis- 
siont asiFoir faiot plus près : ce que fnst faiot conforme au 
dict des Seign". Sor quoy ils nous respondirent qu'ils 
flEvoycnt esté aultre fois dedans une prairie près de Villevor- 
de, qui leur seroyt trop loing, mais qu'as a^oyent des 
aultres^places tout près où on ayoit presché par cy-devant , 
mesmes passé quelques années. Toutesfois après longues 
remonstrances et prières ils nous promirent de demeurer, 
pour respect de Vostre Alt. , devers le quartier de Ville- 
Torde, si avant qu'il pleustau Magistrat leur désigner ung 
lieu près du premier sas' de la nouvelle rivière, affin 
qu'ils se puissent servir de barcques couvertes quand il 
feroit mauvais temps : et ainsi leur fust dict par nous qu'ils 
pourroyent hardiment aller à la place où ils s'avoient par 
avant assemblés, comme il nous avoyent donné à cognois- 
tare, et qu on ne leur feroit aulcung empêchement , ny ob* 
stade, bien entendant qu'eulx se conduisassent modeste^ 
ment, sans aulcun acte scandaleux ou séditieux et selon 
qu'il appartient. 

Et ainsi que de là à deux jours ils pensoient aller onir 
la presché au lieu cy-dessus mentionné ,ils trouvèrent les 
portes serrées, et là leur fnst dict par les Seigneurs, le Com«* 
tedeMansfeldt et le Comte de Homes , qu'ils eussioat pa» 
dence pour ce jour là pour certains respects , et qu'on 
donneroit otdre qu'ik pourroient aller les aultres jours 

■ échue fsknt). 



— 376 ~ 

i566. franchement y selon ce qu'on avoyt accordé aux aultres 
Octobre, habitans du pais. Ce jour là mesme je fus mandé par 
Monsr. le Ck>mte de Mansfeldt sur la maison de la ville, 
où me fust proposé, comme ung bruit courroit que je 
debvois avoir donné à entendre au peuple qu*ilz pour- 
roient prescher dedans la ville ou pour le moins tout con- 
tre les murailles de la dite ville, et que pour cela ils abat- 
toient desjà les arbres pour préparer une place; mesme- 
ment que je leur avoit donné une lettre de ce, signée de 
ma main et qu'ils fussiont bien esté content de demeurer 
encores sans presche, si quelques ungs ne les eussiont 
instigué. Sur quoy je respondis à Monsr. le Comte de 
Mansfeldt, en présence de Messieurs de la loy,que quicon- 
que semoit tel bruit de moy, il me faisoit grand tort, di- 
sant que touts ceulx qui le vouldroyent dire ou mainte- 
nir , auroyent faulsement menty, priant qu'on me voulus- 
se confronter le personnaige , et que je n'avois rien dict , 
ny traicté avec ceulxqui prétendoient ouir la presche, 
que ce n'eust esté par charge et commandement d'aul- 
cungs Seign*^' Chevaliers de l'ordre. Et ainsi se passèrent 
plusieurs aultres propos que V. A. peut avoir entendu du 
dit Seigneur Comtede Mansfeldt et deceulx de ladite loy. 
Enfin on fist entrer quelques ungs des bourgeois, entre 
lesquels il y avoit de ceulx avecques qui j'avoie traicté et 
parlé par le commandement des dits Seigneurs, qui tes- 
moignèrent, comme ils pourront faire encores présente- 
ment, que je ne leur avoie tenu aultre propos que ce que 
dessus lors fust déclaré ans bourgeois par Monsr. le 
Comte de Mansfeldt et ceulx de la dite loy , tant par le 
pensionnaire ; que par aulcungs en particulier, qu'on 
n avoit pas serré la porte ce jour là pour les empêcher 



— 377 — 

d'aller aux presches, ains pour h multitude des estran** ^566. 
giers qui estoient devant la dite porte > lesquels eu ou* Octobre, 
vrant la porte aus bourgeois, se fussent aisément fourrez 
dedans, et qu'on donneroit doresnayant tel ordre que ne 
leur seroit faict aulcun empêchement , désirant qu'ils vou- 
lussent avoir pacience jusques à lendemain à six heures , 
où qu'on feroit une publication de ce que leur avoit esté 
dict là de bouche de la part des Seigneurs de la ville, en- 
suyvantce que moy aussi leur avois promis et asseuré; et 
furent requis les dits bourgeois de vouloir faire tout bon 
office envers la commune , qui estoit assemblée au mar- 
ché en grand nombre, affin qu'ils se voulussent retirer 
ung chascun en son quartier. Lors me fust proposé de 
vouloir aussi aller avecq les présents bourgeois sur le 
marché , et dire à ceste comune ce que dessus. A quoy je 
fis difficulté, leur alléguant que je ne désirois nullement 
me mesler de leurs affaires , voyant que desjà on inter- 
prétoit si faulsement ce qu'avois traité avec aulcungs par- 
ticuliers, ce que me pourroit seulement advenir en mon 
absence, ayant à partir ce soir là. Toutesfois n'estimant 
estre convenable de refuser résoluement ce dont ils me re- 
quéroyent si instamment , m'en allay vers les dits bourgeois 
au marché pour les renvoyer contents ; comme fis en pré- 
sence de quinze ou vingt gentilshommes, de la meilleure 
forme que m'estoit possible , selon qu'ilz en pourront 
rendre bon tesmoignage. 

Qr estant depuis changé ce que leur fust accordé , se 
sont trouves aulcungs des susdits bourgeois envers moy , 
se complaignans qu'on ne les vouloit laisser jouir du bé- 
néfice accordé aux aultres viUes de ce Pais-Bas, et par moy 
a eux promis, tant par charge des Seigneurs, Chevaliers 



— 378 — 

i566. àe Tordre) que de ceax de k loy 4e 'Bruxelles et ce p«r 
Oewbre. comnum accord des trois membres de la dite ville , et que 
pour cela ils s'adressment à moy , comme à celny qui leur 
avoyt tant des fois confirmé les dites promesaes et asseu- 
rances , espérans que je ne les auroye pas voulu «Jbuser 
des parolles, et que je Toulusae avoir regard à ma promet 
se. Sur quoy leur refirediis te propos et promesse que je 
leur avoie tousjours tenu, disant que je ne pensoieque 
ceulx de la dite ville de Bruxelles, ny personne des aul- 
très, vouluasent contrevenir à leur accord: et affln que je 
puisse scavoir les occasions qui avoientmeu ceulx de la 
ville à changer V^ocon faict par Son Alt etpareulx 
desjà publié , que je dépécheroie ung gentilhomme vers 
Monsr. le €omte de Mansfeld et oeulx de la ville , pour 
entendre les raisons, affin que tantmieulx je puisse satis- 
faire à mon honeur (ce que aussi jay faict, envoyant le 
S^ Gocq le so® .de septembre, lequel n*avoit aultre 
char|^) , les disant en oultre que j*avois entendu que 
ceuix de la ville prennent leur fondement sur la place, 
allëguansquils avoient trouvé par information qu'on ny 
avoît jamais presché, au contraire de ce qu'ils m'avoient 
donné à entendre. A quoy ne scaurois querespondre, 
m'ayant jamais meslé, ny veu leurpresches, et que, ai 
ainsi estoit, il leur fauldroit fEÛre preuve suffisante, 
remettant au reste la dispute du lieu àeulx; mais quant à 
ce que de sortir hors de la ville pour ouir les presdb«a 
aux lieus où de faict elles ont este &ictes et se font, 
que ny les trois membres de la ville , ny aultres les pour- 
ront empêcher, ny défendre d*y aller, sans contrevenir 
directement à Taocord. Nous ayant esté dedaré «a sur- 
plus a Bruxelles des dits Seigneurs que ceulx là qui de- 



— 379 — 

Dieurions aux villes etlieux, là où queles preêchesn'a- i566« 
Toient pas esté faîctes arant la publication du dit acooit, Oetobre. 
se debrriont contenter d aller aux lieus où qu'il estoit per- 
mis, sans en faire faire de nouvelles, et qu'en cela on ne 
leur feroit aulcune recherche, molestation ou empè* 
chement; ce que nous aoltres députés avons donné à en* 
tendre et asseuré aulx aultres lieux où les mesraes diffi- 
cultés et disputes se sont présentées. 



t LETTRE CCXXV. 

La Duchesse de Panne au Duc Christophe de fVurtem^ 
berg. Après une eaposition succincte de Vètat craque 
des Pays-Bas , elle le prie défavoriser les lesfées du Moi 
et d^ empêcher celles des Confédérés. 



*^^ Le Roi avoit envoyé à la Duchesse des lettres pour les Priu- 
ces Allemands. « ^fe quis Germanorum Principum eum oopiarum 
y apparatum secus interpretaretur , ad illos quoque consilii sui ra- 
» tionem scrîbit, uissis Gubernatrici litteris. » Sirada I. a^a. Iles 
instances pacifiques de TËmpereor Maximilien ayoient pivlé la 
Duchesse à ne pas les expédier y avant d'avoir consulté le RoL Ce- 
lui-ci lui écrivit le 27 nov. « pour vous advertir de la réception de 
» vos lettres du 16 octobre , touchant les lettres que TËmpereur 

» vous avoit rescript' Quant à ce que vous dictes n*avoir 

» envoie celles quej'avob escriptes aux Princes de l'Empire,... 
» puisque vous avez tant attendu, vous les pourrez encore détenir 
» tant que je vous en envoie d'aultres. » Procès ttEgm, IL 5i8. 
Apparemment y en écrivant elle-même, la Gouvernante vouloit 
laisser au Roi la faculté de la désavouer. 



Hocbgeborner Fùrst, freundlicher lieber Oheim, £. L. 
kondten wir nusz besondern vertrewen freundtlich nitt 



— 380 — 

iS66. Terkallten (me wir dan nit zweiffeln, diesdbeE. L« 
Octobre, werde solches vor diesser zeitt aelbst auch yemohmmen 
haben) welch massen yerweilter zeitt in diesen, der 
Kôn. M. zu Hispanien etc. , unsers gnedigenlieben hemn, 
Nidererblanden unserer yerwaltung durch boser , ver- 
fûrischen, unrubiftchen und friedhessigen, mistrewischen 
leuthen, heimlich und verfûrisch einbilden, ein erdicht 
geschrey und auszgeben under dem gemainen, unwis- 
senden mann , irer Ma^ zu hochsten nachteyl und yer- 
cleinerung derselbenn koniglicher réputation und nicht 
ohne hochste bescbwerung unsers gemûts , erschoUen 
und auszgebreytet worden , als ob hôchAtermelte Kûn. 
M* zu Hispanien sich understanden und dahin enth- 
scfalossen weren , ein vermainte Inquisition in diessen 
irer Bfa' Erblanden einzudringen , also das durch sol- 
chen unbillichen verdacht, auch ungeachtet das irer M^ 
will und meinung nie gewest in diessem fall einige be- 
schwerliche newerung, sonder allein eben gleichmessige 
ordnung , wie dieselbig ettwo bey weilandt Keiser Carln , 
hochseliger gedechtnûs , zeitten , alhie in diessen landen 
angerichtt und in ûbung geweest, auch ires theils bey 
ytztregierendenn yerfurischensecten, zu werckzu ziehen , 
und neben deme ausz angeborner senfFtmiitigkeitt ire 
getrewe undersaszen inn Christlichen friedlichen gehor- 
samb gnediglich zu erjialten; wie dan Ire Ma^, umb dersel- 
ben gemeinen wolfarth willenn , noch heutigs tags ailes 
so leidentlich und Irer Kon. Ma^ réputation unyerletzUch 
nachzusetzen , nit ungeneigt, sich nicht desto weniger aller- 
handtunruheund muthwillen under dem gemeinen mann 
erregt, und darzu auch das enrolgt das sich etzliche zusa- 
men yersprochene adelspersonen diesser besorgten newe- 



— 381 — 

rang der Inquisition veimeintlich angetragen, yedodi nach i S6f>. 
irem derwegen ahn uns gethanes suplicieren und gepflegten Octobre, 
underhandlungen , faaben wir mit vorgehendem der hem 
Tom Orden des guIdeoTellies ' und andere uns zugeordne- 
ten hoffirhaten rhatt und gutt bedûncken , durch unsere 
gethane gnedige und trewehertzige befùrderung bey irer 
Kon. M^ y selbsl soyiel erhalten , das dieselbe ire M^ als 
ein miher, friedt- und- ehriiebhabender Ronig, zu mhe* 
rerm ir, der confoederirten , bemuehen und auszleschung 
deszfals gefesten misztrawens , der ho£Enung auch darmit 
dem gemeinen mann die eingebildete , jedoch unnoth- 
wendige forcht der Inquisition und scherffe dermandaten 
abzunehmen , die angezogene Inquisition gantz gnedigist 
abzustellen y mit dem femeren erbiethen das ire M* Ton- 
wegen der mandatten , so etwan hiebevor diesser sachen 
halbenauszgangen,zu ehister irergelegenheit allegebuer 
und billigkeit fumemen und handlen laszen wolten, der- 
gestalt das ermelte confoederirte, in erwegung aller 
umbstende , mit solcher irer Ma^ gnedigen erclerung, yne 
billich , nicht allein gentzlich zufrieden , sondem haben 
auch nachYolgents mit uns sondere vergleichung getrof* 
fen, Termoge derselben sie sich uns, ahnstatt irer Kon. 
M* 9 beypflichtet habenn den ungehorsamen hochmuth 
und Yorgenommene unrechtmessige yergewaltigung eus- 
serst ires yermogens mit istraffen , und das ungewonlich 
zusamen lauffen und predigen, vorkommen zu helffen; 
also das wir uns , nach solcher mit den Confoederirten 
gemachten verainigung, bei den underthanen femers 
ungehorsambs und ergerlicher ufiwiglung und emporung , 
nitt versehenn habenn. 

• Vli«M. 



— 382 — 

kS66» Da8K ailes aber unangesdien , hatt sich ûber unser 

(ktobvê* sttTersîcht und yocgewendte getrewe soi^eltigkeit und 

inelfâlage, ao ematlkbeaU gutliche, erinnerungenund 

Termanuiig , leidcr begeben y das sich ein gute antzaal 

ders^lben ungehorsamen underthanen , ohne aile bUliche, 

reditmessige uhrsachen , rok yergessung irere ehr und 

pflicht , auch ungeachtet irer Ala^ gethanen erderung, 

wie oben gemeltt , nit allein under dem scbein desz ge£Bi6- 

teu nisztrawens besorgter Inquisition , sonder auch sonst 

anderer eitzeigungen und yermutungen nach , umb ires 

aîgen^i gesuchs und Torteyls willen , mit sanbt andem 

ires gleichen friedhessigen , bosen leuthen, so sievon 

allerhandt auszlendischen nationen su diessen irer erger- 

lichen straafiaessigenn wesen ahn sich geh^igl, frev^Qt- 

lich understanden aigenes gewalts und frerels ungewon- 

lichenewelehreni so meistetheils nfF beidcverfurischeund 

Torlengst durch gemeine Reichstende yerworffene und 

hodi yerbottene calyinisehe und widertanffarische seo- 

ten(i)y die under andem audi die vonGott vorgesetste 

<^entlidie ohrigkeit nîcht dulden kùnden , gegrupdrres- 

tet y eintzefliûren, ôffentlich zu predigen, und also under 

solchen gesuchten deckmanttel , ihnoa selbst va hochsier 

vercleinerung ires natûrlichen Landsfursten und Obrig- 

keit, bey welchem ne doch bisa anhero anderst nicht 

weder aile gnedige und kônigliche sanfiftniutigkeît 

befunden, ires gevallens undivillena, newe ordnungen 

und satzungen, die mit iren ergerlichen lebenn und 

gesuchten libertet mher weder mit guter polioej und 

schuldigen gehorsamb ûbereynstimmen , anzustellen* 

(i) Secten. Elle évite de bleMer les Luthériens. Les Princes 
Catholiques auront reçu des lettres bien différentes. 



383 ^ 



Zudeoie so seindt dieMe widenv^rti^e, iniflQMrawige r56& 
leutby an solchen ixe» vorgenooMBeneii: beacbww l ichea Ostofara 
«mporuBçen ufid bîsahtro geâbteB, nodunabnitÉ aUeia 
lût eraeltigt gewesen, sondfim hahen awdi zu mberer 
erlzeigung ires le3terIîoheii, huchstrafiQkheD ^nrât», 
die KircheB, Closter und Gottcsfaenser^ gewaltiglioh 
aogneffen^ die fiildcr und aodêre kirchengetzîer ze»- 
fcUagen, zemssea, gepltodest und entlich alleding 
dermafiften verwûsiet, das unsers wisa^ns an andern çrt- 
ten, da sidb schon etthwann tôt jaren auch Yerenderung 
ia der religion zugetragen, dergkîcl&ra frerel und mutb- 
willen nie gehort, nock gebraucht ist wotden , and nAr 
ten noch beuttigs taga abnnir bonbafitigthiui und biSBOt 
dabin, wie aie sidi selbsten in diessen îren eigenwilbgca 
furnebmen, standtbalïikiglicb erbaltens ^ Ton adnldîgcr 
geborsamb absondem und gemzlidi nach irem injea 
willen leben niocbten , ailes zu bocbsier irer Ma^ gepû* 
renden autbcmtet , bocbeit und réputation niid derselben 
Niderlanden und anderer getrewer undcrtbanen daselbst 
unwiderbringlicben y Yerderblicben nacbteyl und scfaaden, 

Welcbe Torertzelte ergerlidie und unbefiigte sacben 
desgemeiaen mans y K L. ausz angebomem rechtfer t igen 
gemûtb und sonst ein jede Obrigkeit, sondernn auebumb 
des bosen exempels und nacbteylicben eingangs intlen , 
so bey andem genachbarten Stenden und Obrigkeiten 
undertbanen (da es anderst nngestrafit faingehen soll) bey 
jtztregirender gesdtwinder weltt leichtlicb enthstehen , 
und gleicbfalls allerbandt gefbaar und unratb , nicht we* 
niger als ytzundt in diessen landen, erweckhen mochte, 
unsers Terbofiens, billich zum bocbsten miszfallen las- 
sen werden. 



— 384 — 

i566. Dieweil nhan dîesser laidiger handel also besdiaffen, 
Oetobre. und wir dann auszTÎelen glaubwûrdigen antzeig^ungen, 
ja auck ausz deme das sich die widerwertigen , firembder 
ausalendischer hûlff rhûmen und getroaten, noch zcir 
zeitt anderat nicht abnehmen noch rennerdun konnen 
weder das diease unniwige leuth, in angefangenem irem 
halszatanigen bosen furaaU, ofiEentlichem ungehonamb 
yrider ire natûiiîche Oberkheit , m zerstoning allgemeiner 
rhne und woUarth zu veiiiarren bedacht , da doch (wie 
E* L. uns enddicken danunben glauben und Tertrawen 
mogen) irer Ma^ gedaacken , ivîll und meinung nicht ist, 
diesser antthroender gefhar, auszerhalbhôchst getrunge- 
ner nothy mit gewalt zu begegnen; so ist damioch zu 
faandthabung irer Ma' authoritet und nothwendigen ver- 
siehemngderaelbigen gebortamen underthanen , mit Tor- 
gehender Rom. Kay. Ma', unaers aliergnedigster herren, 
erlaubniis, enthachlossen und haben uns ausztrûcklich 
be?eich gdiendas^r, abn statt und in namen irer Ron. 
Ma' und xu derselben behu£F, ein statdîche antzaal 
Teutsch kriegSTolcks,beide zu rosz und fuesz, durch irer 
Ma' bestellte dienstTerwandten, Teutsche obristen uml 
pensionarien^aufT ein zeit langin dn bestimbt warthgekt 
pringen und besprechen lassen solten, wie wir dan zu 
schuldigen Yolnziehung solches bevelchs albereyts im 
werck stehen uns einer antzaal kriegsvolcks zu rosz bien 
und wider, durch mittel des warttgelu, und dan des fosz- 
▼olcks in andere gebûrliche wege, zu Tarsichem , damit 
ire Ma' sich desselben KriegsTolcks kûnfftiglich uff d«in 
fall da bey den friedbessigen leuthen , schuldigen gehor- 
samb entstehen , und das sie, wie zu besorgen, mit irem 
strafHichen fiirnehmen, wie gedacht, mutbwilliglichfort- 



— 385 — 

ten woUen , zu gebûriicher abweadung und auszleschung i566. 
diesses sorglichen feuers , nothwendigUch b^heiffen und Octobre, 
geprauchen noogen, 

Wiewoll wir nhun in keinen zweiffel stellen mher 
hikhstermelte Kon. Ma* zu Hispanien die werden deme 
soadem freundUchen yertrawen nach, so sie zu £. L» 
toagen, zu eister irer gelegenheit nicht underlassen, 
aucfa fur sich selbst derselben. E. L. gestakt und gelegen- 
bôtt dièses beschwerlichen handels, und wes ire Ma' 
derwegen , wie obgedacht , nothwendigUch entschlossen , 
Tertrewiich zuzmschreiben; sohabenwir dochin betrach- 
tung irer Ma* femen abwesens und das mitlerweyl und 
ehr irer Ma* beiicht yieleicht ervolgt, unruwige leuth^ 
die ohne das zerrûttung und unordnung lieben, nicht 
mangeln werden diesse sach nach irer gewonlichen fal- 
sch«i arthy zum ergstenausz zu legen, obliegenden ampts 
und guTernaments wie biUi<^h , nicht underlassen soUen 
£• L. auch fur uns selbst deren ding freundclich zu yer- 
stendigen« 

Und ist dem allem nach an statt und von wegen woler- 
melter Kon, Ma*, unserfreundlichgesinnenundbegeren 
an E. L.^ die wollen zu handthabung ordentlicher 
obrigkeit und stillung diesser gefharlicher emporung, 
Ton guter freuntschafft und nachbarschafft, deszgleichen 
auch Yon deszwegen , das dannoch ire Ma*, sambt dersel- 
ben Niderburgundischen Erblanden , yernioge uffgerich* 
1er Erbvertregemit dem hailigen Reich, allgemeinen des- 
selbigen landtfrieden mit einerleibt, und ohne rhum 
mu melden nitt das geringste mittgliedt des hailigen Reichs, 
und in erkantnûs desselbigen nil alleyn diesse landt ir 
gebûrnûs , lauth gemelter v^rtrege , sondern auch ire Ma^ 

9 l5 



— 386 — 



i566. VOQ îrem HispaniAcheii einkcmmen an» aigenem willeft 
Octoiyre. ein stattliche summa geitts , zii ytzwéhrender ezpeditioii 
wider gemeiner Chiistenheit erbfeindt, denTûrcàhen^ 
cantribuiit haben, ofTtgedachtan diesser landen aigen- 
«riliîgen , ungehorsamen und gemdlnes friedlichen weaeDS 
widerwertigen underthanen und allen tren anbang, bej* 
fttandt ond heUfemn, tôt sich selbst, noch dordi ire 
amptsleathe , diener und Terwandten , weder offînitlkli , 
noch keimlich, in ainigerlcy wege, rfaat, fârschab, noefa 
befurdemng ertuigen , sondem so yid mûgUcb an irem 
vorbaben yerhindem und ab'wenden , da entgegen aber 
su gebûilichcr 8tni£f diessea hoch nacbteyligen ûbela, 
irer M^ beatdttea obristen, rittmeislem, haupt-und be* 
▼dcbsleutben ûber reatter und knecht ire ytuge werbung 
in das warttgeit, und Tolgento, uff ire Ma^ oder unaff 
femer erfordem , ifanen auck friedlichen und unyeiliin* 
dertten uffhalt, paaz und durcbzag in undaussEi L» 
fïirstenthumben, landen und g^iethen, gegen funeigung 
irer Ma* selbst verfertigten reutter-bestallungen und der 
Kay. Ma^ patenten, unweigerlich gestatten, und dan 
solchen irer Ma* kriegSTolck mit proyiandt gegen gebâr- 
licher bezalung, und aonst in andem nottûifften^ aile 
mogliche hûlff, forderung und Torsdiub erzeigen, und 
solohes bey den irigen zu geschefaen emaUidi Ter- 
schaffen. Da entgegen und uff dassolches kriegSTolckS) ao 
zu rosz und zu fiiesx, soviel mûglich ohne E. L. und der 
andem reichAstendeund dérselben underthanen bescfawer- 
den, gefhar und schaden fuglich zusammen gebracbt, 
und Yolgents zu erheischender notturfift in diesze lande 
gefhûrt werden moge , so haben wir bey ermelten irer 
Mayestatt obersten und beyelhabern «u rosz uud fuaz. 



— 387 — 

mit ernat yendiafft und diesse Tersehung geikan, das i566. 
sie sichin irenlunegswerbungen, deszgleichen mit den Octobre* 
nnmsterpletzen, zu*und abzûgen, in aile wege des heili* 
gen romiflchen Reichs uffgeiichten landtfrieden und des- 
selben executions-ordnungen und sauungen, gemeesz 
verhalten soUen, wie sich dann solches ohne das va 
underhaltung guter bestendiger nachbarscha£Ft, aigenet 
und gepûrt. 

Und dieweil an baszha£ftiger leuth erdichtem auszge- 
ben sonder zweiTell biszanhero nit gemangeltj noch 
aocb itzundt gebrocben , die yoreraelu ir. Ma^ wolbefiiig- 
tes fârbaben, mit unwarheitt, derselben zu hocbsten 
nnglimpff bedeutten und auslegen werden , so ist gleich- 
fals unser freundlich bitten an EL Li die wolten derwar* 
hmtt zu steuer und auszieschung yergiffter zungen un- 
tûcbtigauszgeben, irRonMa^indiessem fall nichtallein 
bejE. L. selbst, sonder auch bey Churiursten, Fûrsten 
und Stenden des keyligen Adcbs ^ da es die nottûrft erfôr- 
dert und E. L. fur rattsam ansehen wûrdett^freundllich 
fur enttschuldigtt halten, und sich in dem aller freundtli- 
chen guttwilligkeitt dermassen erzeigen woUen, als ihr 
Ha*, auch wir, dessen und sunst ailes gutter freundtschafit 
ein anzweiffenlich vertrauwen zu E. L. tragen: dan 
E. 1m soUen und mogen uns endtlich glauben und hie- 
mitt yersichert sein , das ihr Ma* durch solch ir gezwun- 
gen fiirhabende kriegswerbung, einichen des heyligen 
Reichs standt mit dem wenigsten zu beleidigen oder zu 
beschweren , noch einiche rachsall und unschuldig blutt 
yergissen (wie dan ir Ma* friedtliebende gemûtt und 
sanfftmûttigkeitty deren sie sich gegen irem underthanen 
niid mennigUch biszanhero die zeitt irer regierung, 



— 388 ^ 

iS66. loblich geprauchty sondor zweWeU bey meniglich gnu^ 
Octobre, samb erkentt), sonder fumemlich dassuchen undbegem, 
damitt die Ehr des Almechtigen , neben wiederbringung 
der undeithanen gebûrlichen erkenntnûsz, und volge 
schuldigen gehorsambs, gute poUicej und einigleitt, 
gefurdert und erhalten werde; in solchen fall dan ôner 
jeden ordentlichen Obrigkeitt, alsE. L. selbst irem hohen 
▼erstandtt nach zuermesseui die gepûrliche stra£f des 
ungehorsams Ton rechtswegen zugelassen und erlaubt 
ist I wofem anderst gute polioey , inmassen dan bey jeta- 
ger boszhafftigen weltt mebrden groszIichTonnotleny 

standhafftiglichen underhalten werden soltt. 

Geben zu Brûssel in Brabandt am zehenden tag des 

■ 

monats Octobris Anno 66* 



D y a aux ArdiiTet la copie d*iine lettre entièrement pareiHe et 
de la même date, adressée au Landgrave Philippe* La réponse de 
ces deux Princes fat peu favorable. « Hassiae Regulus et Duz Wtr- 
» tembergeosis excusatâ Religione , quâ Belgis eamdem profitenti- 
» bus nocere impediebantur, Gubernatrîcem hortati sont ut« de» 
-» positis armis, ab AugustanA Gonfessione, atque a oonsdentiae 
• libertate remedîum uni ce quaereret » Strada , L a75. 



LETTRE CCXXYI. 

Le Comte Louis au Comte Jean de Nassau^ Bela-^ 
Uim aux levées pour les Confédérés* 

. I . • . E. L. schreiben hab ich entpfangen und dar- 



_ 38» — 

un die beschwerungen, so K L. inn dem vorgeschia- i5561 
genen jargeit undt newer bestallung befinden, et- Ootoivt» 
Hcher massen yemommen: und were mir hertzlichen 
leidt das wir die guete leuth so £• L an der handt ha- 
ben, ausz der handt lassen solten, dann ich nûch bej 
kamem hau£fen lieber aïs eben bej inen , wie £• L. ich 
am mhermal zue entbotten , wolte finden lassen. Nachdem 
aber disz jargeit meher irer persohn gewisz zue sein, dan 
anders etwas angehet , so yersehe ich mich E. L, werden 
die sachen dahin zue richten wissen, damit sie es nicht 
auszschlagen , sondem disses , gleich andere unnsere be- 
stalte obersten undt rittmeister , annemen ; dann sie ire 
leuth, sonderlich inn winterszeiten, ohnesonderen kosten 
ahn der handt zue halten wissen ; undt obschon Hertzog 
Ehrich itzundt u£f ein dansent oder zwolffhundert pferdt 
gelt spielet , so mûssen wir unsz das alsbaldt also nicht 
lassen angehen, dann es merertheiis geschicht unsz an. 
dern inn die sprunge zu bringen und unsz unser gelt zu 
Terspielen machen, damit wir , wan es ahn den bindtrie- 
men gehen solte, so viel da blosser stunden. Sie, die 
rittmeister , mogen sich aber daraufF woU yerlassen das 
wir bey gueten zeiten inn der webr sein werden ^und sie 
allzeitt Tor anderen , im fallmann gelt auszgeben mueste,^ 
Tersehen; dann zwischen E. L. undt mir gesagt, so wis- 
sen wir. wol undt vor gewisz das weder Herzog Erîch 
noch andere nicht auff den beinen sein , noch jeraandc 
ftuffmanen werden bisz das der Konig bey disser lande 
frontier , als in Lottringen oder Burgund, komme , darzu 
wir noch einen monat oder fûnfTzeit haben. Mit Jan von 
Bernikause wollen E. L. doch das beste thuen damit wir 
îoen inn unser bestallung haben mochten, dann er recht* 



— 390 — 

iS66. Achaffen ist ; wirdt etwan die W6ge wol xuefinden 
Octobre, wie er gleichwol in des Reisers dienst pleiben mochte. So 
Tiel die burgschaflft anlanget gegen dem Kreisz-obersten 
mogen E. L. nur frey die yeraicherung thuen undt uim 
andem eine fonn einer gegenyerschreiuDg zuesenden, 
soli ftolche derselben gefallen nach alsbaldt yenicfatet 
werden. Hiermit dem Almechtigen bevolhen. Doiam An- 
torff den i3*~ Octobm Anno i566. 

E. L. gehorsamer dienstwilliger bruder, 
LuDWiG Grav zcb Nassaw. 

Den Wolgeboraen Jobann, Gra- 
▼en ztt NasMO etc., meiiiem fireund- 
licben licben Broder. Id bânden. 
Dillenbergb. 



* LETTRE CCXXVII. 

Le Landgrave Guillaume de Hesse au Comte Louis de 
Nassau, Les Calvinistes devraient embrasser la Confes- 
sion d*Augsbourgn 



%* lie Landgrave et son illustre père estimoient les différences 
entre les GaWinistes et les Luthériens à leur juste valein; cependant 
k cause des préjugés de plusieurs Princes Allemands , ils croyoient 
utile et même absolument nécessaire que les réformés des Pays- 
Bas acceptassent la Confession d'Augsbourg : mais la plupart de 
ceux-<;i jugeoient cette acceptation contraire à leur devoir envers 
Dieu (voyez la lettre 191), et , dans un siècle de foi et de renonce* 
menty on ne capitule point avec ce qu'on croit être la vérité. Déplo* 



— 391 — 

jponaees diMldeftoe^ mais T«Bp«otoQ8 en UiiotX. Le Prince d'Orao- i566. 
^e et le Comte Loub de Nassau se doDoèrent des peines infinies pour Octobre< 
opérer un rapprochement. Unécrit fut publié à Vîanen dans le- 
quel on tâchoît de montrer la concordance de la Confession d'Augs- 
bourg aTeccelledes réformés. «Ne vero sectarum varietate distrahe- 
» TCMlttr faaeretid , egit per literas cum Antrerpianis LudoTÎcus, eos 
» mâàtoitUan ut depomt» paramper, dum reafirmarastur) priinatîsde 
• relîf^ione senteotiis, in Augostanam Gonfessiooem concédèrent 
» omnes : sic eni» et Imperii Septemviros qui eam profileantur ^ îp- 
» sorum causam impense acturos apud Caesarem, et Germanos milites 
w non facile in Belgas ejusdem reCgionis socios arma sumpturos. » 
Strada, I. iB3. La proposition de se réunir à ceux de la Confes- 
sien d'Augsbourg fut faite , au nom des principaux Confédérés , 
«Dtr^avtres par leConote Louis, aux réfomés d* Angers , Amste^> 
dam y Valenciennes , et Tournai ; maîa Sirada se trompe lorsqu'il 
igoute que le but fut atteint : a Idque effectum est, » Il se peut 
que Ton ait joint y comme il le raconte , une confession rédigée en 
conformité de celle d'Augsbourg, à une requête à TEmpereùr 
mais en général les tentatiyes de conciliation édiouèrent. Bot*, 
L xa4« 



. « . . Wolgiebomer^ lieber Vetter undt besonder. Uns 
xwôffelt nichtt Ir werdistt die copey dea sdureibens^, so 
Herlzog Emst an unsx gethaim undt der antwortl so wir 
& L. darauff, gebenn , bey unserm freundtlichen liebenn 
Vetter und Schwager dem Printzenn, deszenni/irir aie i»- 
fjeadùckUy gelesenn habenik Nun hatt uns darauff Hert- 
sog J&nslitzo widder geschriebenn, vrir habenn auch S. 
L* 'wiederomb geantwordt , wie Ir aus inliegender copey 
su sehenn und daraus zu vembemenn , das die ad^ersatu 
den Terfluchtten sandi, so und^ unfternn Théologie de 
modùproBsentiaewiàXAVkikàenxi^ inenn gar nûtz machenn, • 
und's daUn brachtt habenn das die eînfahigen ûberredt 



— 392 — 

i566. wordenn, als ob die Lotterischenn undt GalTinischenii 
Octobre, ^eitter von eînander werenn ah Himmel undt Erâen ^ 
undt alsz ob die GaWinischenn aller derenn scbwerme- 
reien , so Widderteuffer und andere verflucbue secten 
auszpeienn , mit theilhafftig wherenn. Dem nun zuyor- 
kommenn, undt damitt das zartte itztt nevr uffWacbsende 
EuangeHum inn den landenn nicbt so leicbttlicheDn mocfat 
gedempfft werdenn, were sebr guett das die praedicanten 
dero ortter ermhanett wurdennvonndensid)ti1en disputa- 
tionibus abzustehen undt dupch solch gezenck die Christli- 
che Kirche nîtt zu trennen; das sie aucb sambtdîch sich zue 
der Augspûrgiscbenn Confeszion erclertt undt derselben 
gemesz, beid inn Lher undt Geremonien, sicb Terbielttenn; 
deszenn auch ein offentliche Confeszion lieszen ausgehen^ 
so trugenn wir keinen zweiffell es wurde der vorsteben- 
denn verfolgung, durch die Gnade Gottes des Almechti- 
genn, vieil nachbleibenn, sich aucb die Ron. Wùr. zue 
Hispanien desto ebir bewegen laszen die religionn der ort- 
ter zu tollerieren ; zu dem wurdenn auch die Gburfursten 
der Augspûrgischenn Gonf eszionn sich derselben Kircbenn 
undt Gemeinden beidt mitt Torschrifit^ Torfaittundanderm 
guettenbefùrderungenn , als ires Glaubensgenossen , desto 
williger annhemenn; es wuxden auch viel ehriichen leutt 
der Teutschenn Nation, so sich sonst jegen die Landt 
werdçn bestellen laszen, ursachnemendaheim zu bleibeim 
und irer mitt oberzugk zu verschonen , und zweiffelt unaz 
nichtt, -wo solche undt dergleicben motiven denn Pre- 
dicantten der ortter werdennottûrfftiglichTorgebalttenn, 
wofernn inenn anderst die Ehere Gottesz undt nicbt ir 
eigene Eher, desgleichenn Friedtt undt Einigkeitt der 
Christlichenn Kircbenn zu befôrdemn , gemeindt undt 



— 393 — 

ernst ist, sie werdén nch wilUg danu in betnchtung i566L 
▼ontehender gefharr fueren undi bewegenn lasienn. • . . Oetobi«« 
Datum Gassel am i3^ Octobiîs Anno i566. 

WlLHELlC L. Z. HxMBIf» 

Dem Wolgebomen unserm lieben 
Vettern uod besondem Ludwigen , 
Graveo zu Nassauw etc. 



N* ccxxvir. 

Réponse ut Auguste , Electeur de Saxe^ aux pointe sur 
lesquels le Prince et Orange Vaifoit consulté par t entre» 
mise du Comte Louis de fF'ittgenstein (Desz Churiurs- 
ten zu Sachszen und fiurgraffen zuw Magdenburgh 
antwortt auff die werbung so, Tonn iregenn des 
herren Printzen zu Uranien, GnS Ludewig Tonn 
WitticbeDStain ^ an seine Ghurfurstliche Gnade ge- 
brachtt). 



%" Cette pièee n'est pas écrite en forme de lettre. Apparcn» 
ment c'est un Mémoire remis au Comte de Wittgoutein. 



.... Soviell dann die bauptwerbung und erzeblung der 
geferlichenn gelegenheitt und unruhe, darinn dieNidder- 
lande durch yeranderung der religion gerathen seindt , 
babenn seine Chur£ G. dasselbe unnd sonderlich das 
dem faeitenn Prinœnn die Tomembste ursache soldbs 



— 394 ~ 

tS66. unriohligeDn zuatandts uigeuMsseD w«rdeii woUe (i) , 
Ootobro. gants un^^enme Temoiiiiiiea, und wolttenaeine Ghurf* G» 
nicht liebers Tonn Gott wânschean oder sdienn y daan 
das die reine unyerfelschte lehre desheiligenn Euangeliij 
ohne solche weittening und auffstandt detz g^neinen 
manns, Ghristlicher und ordentlicher weise durch die 
Obrigkeitgefiirdertt, gepflanzt und Tortgesetzt, und aile 



(i) woîle. « Se diaoit en substance (dans une lettre écrite an 
» Prince d*Oranges par un du Conseil du Roi) que la oommune 
» opinion estoit qu'ayans le Prince et le Comte d'Egmont , ou l'on 
» d*eulx y monstre visage , les choses ne fussent jamais venaez à 
9 telz termes. « Hopper^ Mém. xio. — Depuis les désordres 
d'aoàt on disoit en £spif;pe « qu'il ae Toyoît dairemeat qa*tl y 
» avoit quatre sortes de gens dépendans ea forme de chaîne les uns 
» des aubres-y desqueU les moindres estoient la canaille et aultres 
» gens viles , qui ont bruslé les Eglises y rompu les Images ; les 
» aultres par dessus loeulx sont les Hérétiques et Sectaires , qui se 
% trouant atoir loué les dicta gens ; les troisziemes plus grands 
M sont les Confédérés qui (selon qu'il est notoir) ont prins en leur 
» protectîoa les Héréticqaes et anssy donné la diarge aaadicte à U 
s dicte canaille; et les qnattriesmes et les plus principanlx sur 
» tous y sontcenlx de première ligne et alliance , desqueU il est 
s tout dair que les Confédérés sont alliez , parens , serviteurs et 
» conformes en opinion et voix. » /. /• io5. Cette classification , 
d'après laquelle le Prince et les autres Seigaeors éloient censés les 
plus criminels de tous , devoit avoir pour beaucoup de Catholiques 
one apparence de vérité : et certes nous serons les premiers à r»» 
connoltre que, par exemple, dans la révolution Françoise les pré- 
dicateurs de principes dont le jacobinisme fut le résultat néces- 
saire et le simple développement , ont été aussi coupables et même 
plus coupables que les jacobins. Mais tout dépend de la nature 
des doctrines, et certes la Térlté EvangéUqaey ne contient pas les 
germes de la rébellion. Au oontraire, sans iat«rdire la défase 



— 396 — 

besdiwerliche oad tbachlidie handhmgtti gentdich Ter«> i566L 
mkfjgn nnd abgewenclet wûrdoBn ; wie dann anch sein» Ociobrt» 
Cburf. G. sonderlich geme ' veistaxiden dasz der herr 
Printo ebenn der memung sej , und derselbenn mitt 
bestandte nîcht zugemesseçti werdenn kpnne das aie 
denn imderthaneiin inn Niederlandt zu unnihe oder vn^ 
gehorsam wieder die Kon. Wûrde zae Hiapanien die 
wenigste ursache gegebenxi* 

Das sich aber seine F. G» be&hrenn^ weill ndiieim der 
lehre des Euangelu îind angefiEUdgenem ahGdl Tom Pabst* 
thumb, allerlei andere sectenn mitt einreissen , es mochte 
die Kon. Wûrde Tonn den feindeim Gotlichs worts y un- 
ter dem schein die secten aaszzurottenii und die ungefaoTi» 
saœenn zu strafien ,dahin bewogen werden das ire Kiûk 
Wûrde die Niederlande nùtt gewaldt ûberzûgenn und die 
wahre Ghristliche Rdigion und dero anhengere zum ees* 
sersten verfolgttenn , und seine F. G. derwegenn Tor gutt 
ansiehett^auch freundtlichbittenn und erinnern thutt| 
dasz der Ghurfursten zue Sachssenn sich nebenn anderen 
Chur^md Fûntenn, so der Augspûrgischen Confession 
▼erwandt , der armen bedrangten Ghristen und glaubens- 
genossenn so weit annehmen wolten, dasz sie eine alge» 
meine ansefaenliche vorschnfTtoder schickung an die Kon» 



d'un droit légîtime, elle commande dbéiasanea et respect enven 
le Souverain , confiance en Dieu, et le recours non pas à des tîo- 
lenceSy mais à Tefficace de Sa Parole et de Son Esprit. Le Prince 
d'Orange étoit tout aussi peu responsable des mouvemens irré- 
fléchis et déréglés du peuple ou des Confédérés , que Luther 
ne rétoit des excès des fanatiques (SehwârmgeisierJ ^ contre les-* 
queb il fit en iSaa ses 



— 396 — 

i56& Wûrde zu Hispsniea thon und die armen leutte bei irer 
Octobre. Kon. Wûzde Yorbitten, and dieselbe Ghiistlich erinneniii 
woUtten dasz sie sidi zu yei^ssuiig irer eigenenn unr 
derthanenn bluts und yerderbung lande iind leatte, 
idcht reitzea noch Terleittenn lassenn woltte. Feldt 
wclbl fleÎQer Ghur£ G. nicht wenig bedencklich fur , 
sich frembdenn unnd solcheun sacheun^dero eigentli- 
cher grundt y wie es allenthalbenn daramb geschaflEenn 
«nd was darunter geaucht , seine Churf » 6. nicht wis- 
senn , anhengigh zu madienn , bevorab yréll die yoiv 
enderung der religion den wenigem theilL auff die 
Augspurgische Confession gerichttet und allerlei erger- 
und veidamliche sectenn mitt eingefurett werdénn. 
aber seine Ghurf . 6. dameben yennerckenn das 
es dem mehrem tbeil der Stende und underthanenii 
îm Nidderlandt darumb zu thun ist, das aie nach dcv 
reinen lehr des Euangelu trachtenn und sich sonst zu al* 
lem underthennigsten gehorsam kegen der Kon Wur. zu 
Hispanien erbitenn, auch begiiigh seiui mitt rath und' 
hûlffe àct Âugspûigischen Confession verwanthenn Ghur- 
und Fârstenn , dieselbe Confession anzunehmen ; Als 
seindt seine Ghurf. G. desz freundtliohen erbittenS) wofer- 
nne der Landgrafif zue Hessenn , Hertzog Christo£f zue 
Wûrttenbergund andereChur*und Fûrstenn yor guttan- 
sehenn und schliessenn wurdenndas die Kon. Wûrde mitt 
mer ausfiirlichenn schrift oder schickung zu ersudienn 
sein solte , so wollenn es seine Ghurf. G. ires theils dar- 
ann nichtt mangeln lassenn , sondem was zubefûrderung 
Gottes ehre und auszbreittung seins aliein seligmachen- 
den wortts dienstlich , germe yortsetzenn helECen , der 
hofihung 9 solchs soll bei der Kon. Wûrde nidbt ohne 



— 397 — 

Iruchtt ahgehenn. Seine Ghuif. G. seindt auch unbeflclme* 1 566. 
rett die Kay. May. hirantter zu erauchenn und ylàsz an- Octobre, 
zuwendenn das ire Kay. May. zu nihe undtfriedenn 
rathenn und solche vorstehende gefhar allergnedBgst 
abwenden heiffen; den Stenden und underihanen aber 
der Nidderlande ist anders nicht zu rathenn, dann dasz aie 
die Kon. Wûrde mitt underthenigstenn flehenn und 
bittenn, ohne aufiruhr und andere ungebûrliche mittel , 
umbnachlassung der reinen lehr des EuangeliienndïeDn^ 
und ire Ron. Wûrde sonsten schuldigenn gehorsam leia- 
ten, sick aueh erderen dasz sie sich aller sectenn eussemn 
und entschlagen und die Augspûrgische Confession an- 
néhmen und sich derselben aller dinge gemesz Terhaltten 
woUenn. 

Was aber dem herren Printzen zu rathenn , da die 
Kon. Wûrde solcher der Chur-und Fûrsten Torbitt kein 
sudt gebenn , sondemn stracks mitt der gewaldt unnd 
ûberzuge rortfahrenn woUte^ und wie weit sich die Nie- 
derlandt, der religion halben, mitt der kegenwehrein- 
lassenn imd ohne verletzung irer prerilegiên und frei- 
heittenn, auchaiden und pflichttenn, solchen ûberzugh 
begegenn mochttenn, dessen wûrdtt sich seine F. O, 
ausz Gottes wortt zu berichttenn und zu erinnem haben. 
Der Ghurfurst zue Sachssenn stellet aber inn keinen 
zweififel, da die Konn. Wûrde, sich ûber zuvorsichtt 
unterstehenn soltte, dieldire des Euangelu nàtt gewaltt 
auszzurottenn und das Pabstumb widerumb einzuset- 
zenn , Gott der Almechtige werde die armenn bedrangtten 
Ghristenn alsdann nichtt yerlassenn y wie man vortschin- 
ner zeitt an Franekreich erfarenn, und etwan dem her- 
ren Printzen und anderen mittel und wege weissen und 



— 398 — 

i56& scfaaffeim dan sie trost und sdiûts erkngen , daruinU 
Oo te h f e, dflnn der emg Gott Tcnm Iiertzen va bitten und ihme die 
«ache m berehlenii ist. 

Darnebenn aber will die notturfffc erfôrderenn das 
gleichwol der herr Prmtz nebenn den anderen Onlena- 
herrenn und seiner F. 6. glaubensYorwanthenn , der 
aadienn GhrisUkh und vonichtiglich wahmdimemi; 
was dann der Ghurf. zu Sachaenn » samptt andem Ghur- 
und Fûrsten der Augabûrgiscben Confession, zneab* 
wendung seiner F. 6. gefahr, femner rathen und hdf- 
fenn konnen, wollenn sich seine Ghur£ G. ixes theîls 
darmitt so hoch und wetth, als sein Ghurf. G. sich hin- 
wieder inn £bi11 der noth zn seiner F. G. unddennbe- 
schwerttenn landenn zu Torsehenn, freundtiick und 
guttwillig findenn lassenn. 

Beschliszlich Hertzog Johann Friderichs und seiner 
Oberstenn und Ritmeister bestallung belangende, Tor- 
merckenn seine Ghur£ G. inn dem des herm Printaen 
' fireunddich gemûth; es tragen aber seine Ghurf. G. die 
▼orsorge , weill sich Hertzog Johann Friederich kegenn 
der Kaj« May. biszero dennassenn ungehorsamblidi 
erzeigtt und seine F. G« bestaltte vomehmbsten Ober- 
sienn und Rittmeister inn der Ray. May. und desz 
heiligen Reichs achtt sein , es wûrde dem herrenn Piint- 
zen und den Nidderlandenn bei der Kay. May. und 
denn Stendenn des Reichs nichtt geringenn unglimpfF 
gebehrenn, da sie dieselbenn an sichziehen unnd dero 
hûlff gebrauchenn solttenn ; hierumb solchs seiner F. G. 
wohl zu bedenckenn : dann soTiel seine Ghurf. G. belangtt , 
furchttenn sich seine Ghurf. G. weder Tor Hertzog Johann 
Friederich 9 noch denn echtternn. Woltte aber der herr 



— 399 — 

Pinntz mitt Hartxog lobann Wilhelmen (i) saSttehâen iS6iBL 
derwegenn handlung^ pflegenn lassenn , weill seine F. 6. OaolM» 
auch Tiel gutter leut an sich habenn und den echttem 
nicht -verwandt, sondemn zum hochstenn zuwieder sein, 
oder aber durch furderung desx Landgraffen S' L. Kxig^ 
kutta und Rittmeiflter bestellenn , aolchs atehett seiner 
F. 6. unnd den Stenden inn Nidderlandt auch zu bedeno- 
ken. DaL Stolpen, denn vierzebendenn tag des Monats 
Oclobris [der wenigem zabl] , im sechs und sechtzigsten 
Jhare. 



LETTRE CGXXTm. 

Le Comte d^Egmont au Prince (T Orange. Il seplaùu Hor 
iMHT perdu tout crédit auprèsde la Gouvernante. 



\* Le Prince avoit quitté Anven le la octobre pour se rendre 
en Hollande. « Nous espérons , » écrÎToit déjà le 3 octobre le 
Conseiller d'Assonville au Comte de Homes , « que une journée 
» du Prince en Hollande donnera ordre à beaucoup de maulx ap- 
» paransy signamment à Utrecbt et Amsterdam. » Procès tTEgm. 
n. J^Bu Le Gouyemement d'Anvers durant son absence fut confié 
an Comte de Hoocfastraten. 

La lettre que vous scavez est celle de Francisco d*AlaTa| Am* 
bassadeur du Roy en France , à Is Ducbesse. Il lui écrivoit que le 
Prince et les Comtes d'Egmont et de Homes seroient en temps et 

(i) Johann WUhetmeru Frère de Jean-Fréderic , mais qui 
n'approuToit nullement sa manière d'sgir et , peu de mois après^ se 
réunit à l'Electeur contre leDuc, Gmmbacb, et leurs adhérens. F. 
Raumer^ Gesck. Sur, JXL 3a4* 



— 400 ~ 

tS^ Ueu diasUeB, jtuquei auquel tsai» od Imir éevoit tour boaut 
Odokre, mine. A DeDdermonde M* d'Egmont s*étoit flopgé « à oonimi^ 
» oicquer ces lettres à Son Aiteze et luy demander rondement et 
» qui en estoit » Le Petit, iS6\ 

De part et d'antre on montroit de la défianoe et Ton se faisoit 
des reproches. « Qnod tm remedinm interea nos petere jnbeck 
» ab hîs ad qnos ea res pertinet et in qnibns maxime fidea esse 
» deberet , id exigunm nobb praebet solatium , cum , si quîd ab . 
» illis sperandum faisset, in bas an^ostias res addnctae non fais» 
» sent, » FigUus ad Bopp. 383. 



Monaiettr. Tay Teu par yostre lettre du i3^ i{ue tous 
aTes resceu celles que tous aTois euToié^ désirant bien 
de sçaToir quelles sont les pratiques nouTelles d'Âlayai 
car sy tous ne m'en nuindes , je tous asseure que n en 
sçauray guerres d'ichy; car Madame trette aTCcq moy 
coBune aTec homme de quy elle at mauyaise opinion , 
et n*ay ttiïtj de luy monstrer Textret de la translation de 
la lettre que tous sçaTCs ; de quoy certes elle s*et trouTe 
empêchée: stesse qu'elle jure que s'et la plus grande tî* 
lagnerie du mondci et que, pour plus montrer que s'et une 
bourde, elle dit quelle le ferat ariere coucher en Espain- 
gnol par le frère d'Axmenteros, afEn que l'on yoie plus 
à plain le tort que l'on luy fet et que s'et ung Tray pasquil 
fameulz et qui doit ettre forgé pardechà, et beaucoup de 
chozes semblables. Je neluyay respondu aultre, sinon 
que le dy escript ne m'en fesoit tant croire comme d'aul- 
tres chozes , mes que de chela il failloit aToir pasience 
et que nos services he méritoient telle récompense; et tout 
sesy s'et passé en plain conseil , car je ne parle point 
à part, car il semble que je suis tout nouveau venu en ce 
monde, et je fiise desgà party d*ichy, ne fdt que j'atens 



— 401 — 

Monsieur r Amiral , quydoiet ettre ichy demain (i) et i566. 
oussy les dëpntës de Flandres , quy yienent remontrer Octobre, 
bien yiyement le piteulx estât en quoy le pais se treuve, et 
yienent sergés' de tretté* avec les aultres estas, en cas ilz 
en trerent ichy; mes, à ce que je Tois, ils n'y at ichy encores 
nulzdespntës , quy et^ une grande faulte. Madame parle 
d*enToier ung gentilhomme par la poste yers le Roy, pour 
le fere résoudre sur les Estats-Généraulx. Ne sçay encoi- 
res quy se serat , en fin s'et une femme nourie en Rome , 
il n'y at que ajouter foy. Le Conte de Mansfeldt la gou- 
▼erne (a). Dieu yeule que tout voie* bien , mes les appa- 
renses en sont petites; mesfesant comme nous avons tou- 
jours fet, il fault espérer que Dieu nous aiderat contre 
toutes mauvaises intensions que l'on at pour nous nuire. 
Je suis mervileusement mary d'avoir entendu que Mon- 
sieur le Duc de Clèves soiet sy malade comme Ton m'at 
dit 9 quy sont bien mauvaises nouvelles. Je prie' luy ettre 
en aide et sur ce m'en vais vous beser les mains , priant le 
Créateur vous donner ce que plus desires. De Bruxelles , 
ce i5 d'octobre. 

Yostre serviteur et bon amy , 
LiMOBAL d'Egmout. 

Je nefaudray vous avertir ce que se passerat avec 
ses députés de Flandres. 

A M onsievr Monsieur 
le Prince d'Orenge. 



(i) demain* En effet le Comte de Homes arri?a le i6 octobre 
à Bruxelles. Procès iTEgm.!!. iS'j. 

(a) gouverne. « Petnis £mestiiB Mansfeldenais omnium pri- 

' chargés. * traiter. ' est. ^ aille. ' Apparemment le mot de Dien eetomù, 
a 26 



— 402 — 



LETTRE CCXXIX. 



Le Comte Laùit au Comte Jean deNoMou. Sur le Câlin- 
même, les levées au nom des Confédérés ^ les services 
rendus par le Comte Jean à la bonne cause ^ etc. 



i566. 5* (i) Da E. L. emigen geschickten mann vom adell, 
Octobre. 80 unsz in dissen kriegshendien und rathschlegen 
dienlich sein mocht , vorschlagen konten, wurde mann 
mitt im zue handlennicht ungewogen sein; ich weisz 
keinen der mich dienlicher zue allen hendeln dûnc*' 
ken konnte dan Grav Ludwig Yon Wittgensteîn, 
wann er dartzue zuebewegen were. 
6. Desgleichen were uns ein Teologus, sodermassen 
geschaffen wie E* L. einen entwerffen, hoch not- 
wendig und nûtzlich, konte mann einen finden, doch 
das er dessen inn der erst hier zue land nicht bekant 
were, sohdern fuer eine weltliche person gehalten 
wurde , damit mann inen mit den herren zue conver* 
sieren vors erst brengen mochte. 
7* Die bûcher, lauth des zettels, lasz ich mir aile aïs 
notig undt guet gefallen, es ist aber mitt den translata 
toribus so geferlich, das ich nicht wol weisz wie [wir] 
damit handlen mochte, dann wir nicht viel geschikter 
leuthunnder den Gonfessionisten haben, undt lau£Fen 

» mus în Belgio defecit a aociis, et religiooem solemiiter aboega- 
> tU y et s^'tuucù EgmontUuuim ah Orangio» » Longuet , Ep, seer, 
L 97* £n tout cas oed doit avoir eu lieu postérieurement à cette 
lettre. 

(z) 5. Les quatre premiers articles ont maintenant fort peu 
d'intérêt. 



— 403 — 

umz die Galvinisten mit der viele irer bûcher und i566|. 
geschicklichkdt der leutb gantz uad zuemal das vor- Octobre, 
teil ab (i); Gott mucisz helffen. Die von Kollen haben 
ettUcbe oremp/ariainniederlendiscber sprachyonder 
Augspûrgiâcben Confession und hauspostill Lutheri 
arrestiert , konnen sie nicbt ausz der wolff hende bren- 
gen, Konten E. L. einigen rath finden dieselbe zu 
kauffen oder zu bekommen , wurde derselben wol ein 
drinckpfennig verehret werden« . . • 
9^ Die -werbungen seindt ^ wie mir E. L. schreiben ; wir 
sein aber dessen wol versichert das kein meittgelt' 
auszgeben^ noch imandts auffgefordertt wirdt, bisz 
so lang das. der Konig herausser kompt; welches 
nicbt heimlich, noch ufFeinen stutzgescheenmag; 
das aber der Konig so heStig geit auszgibt, geschicht 
aliein darumb, das er gem wolte das yiir dissen 
irin ter unnser geIt verspielten , wie K L. ich am letzten 
geschrieben (a) , darinnen wier unsz wol fuerseben 
muessen;willderhalben mitt denRittmeistem dabinn 
gehandlet sein, das sie so yiel gueter leudt aïs inen 
immer mûglich, mit gueten worten an der handt 
halten ^ mogen dessen gewis sein das sie mitt wart-und 
ahnrittgelt im fall der nott, bey zeiten undt gnugsam 
soUen yersehen werden ; darumb muesz mann sich 
nicbt allzeit ufif der Rittmeister klagen undt schrei- 
ben y on allerley werbung undtanderen bescbwerùn- 

(i) ab. Lei CaWinistes étoient e&trémemeDt nombreux ^ les 
communications avec la France très faciles , et les qualités natio- 
nales des François, sanctifiées par la foi, contribuoient , comme on 
peut le remarquer ici ^ puissamment au succès de leur prédication. 

(a) geschrieben. Voyez p. 389. 

' MietbgeM. 



— 404 — 

iS66. gen richten; donnes mdirerteilAumbdas wtrtgelt. 
Octobre. darbey rie grossen gewinn und forteUbaben^zae 
thuen ist. Wir haben auch von allen orten dennassen 
so gewisse und guette kundtachafft, das unsergegen- 
theil unnsz, wil's Gott, nicht ûbereilen soll, doch 
mûssen unsere Rittmeister alzeit guecen muet haben 
und bien und widder von Tielem gelt so vorhanden 
undt anderen streicben grosz geschrei machen, doch 
dennassen das es inen und unsz nicht zue Terkleî- 
nerung gerathe. 
lo. Es dûncket mich das E. L. aller irer handlungen, 
so sie disser sachen halber eingangen, gnûgsame 
entschuldigung haben; auch das sie keine gefhar uff 
disser seiten zue besorgen , nach dem rie nichts yer^ 
richtet dan was derselben auszdrûcklichen zuge- 
schrieben und an sie begert worden. Sie werden vaàk 
niemandt einig gelt geben dorfifen, nachdem derhal- 
ben gnûgsame versebung gescheen wirt, und draussen 
sich nichts geferlichs oder unversehens erheben wiit. 
E. L. werden des gewissen vondissemort jederzeit 
yerstendiget werden, wasz aber E. L. mitdenRit- 
meistern und andern Rriegsleuthen abhandlen und 
berelhen , wirt und soll vor krefftig gelialten wer- 
den, dessen E. L. inn kûrtzen gueten schein haben 
soUen. Ich weisz nicht wie die gantze bûndtnûsz dis- 
ser Nidderlande es die zeit ires lebens umbE. L. 
verdienen mogen, das rie rich so gantz guetwillig 
und flrissig, auch zue hochster irer ungelegenhât in 
disser sachen erzeîgen; yersehe mich es werde gegen 
E. L., beneben dem das sie ein Cristlich, Gottlich 
guet werck thuen , mit aller danckbarkeit erkennet 



— 405 — 

I 

werden; bitt derhalben EL L. wollen also, wie ich i566. 
dann gar keinen zweivell stelle, fortfaren. Ich Octobre, 
schreib Molsberg E. L. wollen es im weiters zue ver- 
warten handen zueschicken lassen. Es ist eîn recht- 
scha£fener, uffrichûger gesell , bey dem drunck lesset 
er aber den gaul underweilen zue weit laufen , muesz 
mann sich derhalben mit geheimbten sachen wol fuer- 
sehen, aber doch sonsten guete correspondentz mit 
im halten. 

Wo das mit Weimar nicht yor slch gehen solte, so 
weiâz ich nicht ob unratsam were das mann mit 
Lantgraye Wilhelmen ufFeine antzal gueter leut undt 
yor seiner F. 6. persohn zue handlen unnderstandenn 
hette. K L. wollen im nacb dencken unndt es mit 
gray Ludwig zne seiner ankunflt discouerieren , dan 
der Lantgray warlich rechtschaffen ist (i) Es beut 
sich ein anderer Fûrst mit yier dausent pferden 
unnd yiertzig fendlein knechten ahn, den K L. wol 
kennen , darff inen aber nicht nennen (a). ... Das 
Georg yon Holle yon unnsert wegen handlet^ begert 
er so yiel muglich heimlich gehalten zu werden • • • 
Datum Gorckum, den i6 Octobris 66. 

E. L. gehorsamer , dienstwilliger Brader , 
Ludwig GaAy zub Nassaw. 

A MoDsr. MoDsr. le 
G)nte Jehan de Nassau. 

. (i) Ml. Voyez, p. 357. 

(a) nennem, Soiyent quelques indices , auxquels réponse du 
Gunte Jean pourroitreconnoltreKe personnage: entr'autres que son 
frère et l'épouse de celui-ci aToient été à Dillenbourg. 



— 406 — 
LETTRE GCXXX. 

Le Comte //• de Bréderode au Comte Louis de Nassau. 
Sur les affaires de la Frise et d^Amsterdam^ et la venue 
du Roi. 



1 566. */ Le 1 8 octobre le Comte Louis avoit été à Vianen avec lePrin» 
Octobre. <^ d'Orange , tous deux se rendant à Utrecht Te Water^ Vf, 3a5- 

En Frise il y aToit beaucoup de désordre. « Leorardiae imagines 
» ejecerunl y altariaque eyerterunt in tribus parochialibus eodesiîs , 
» et noYosadmisereconcîonatoresy tresque earum Pastores . • • . 
> ad sectas palam desciverunt . • ., idque factum Magîstratus 
9 pertinaciler défendit , ut reprebensione Arembergensis Praefecti 
» contempta, rem ad arma renturam verear • . • . Ult. Oct » 
FigU ad Hopp. S84* 

Le Prince avoit de nouyeau à lutter contre beaucoup de difficul- 
tés, A Utrecht il permit aux réformés d'aller aux prècbes bon de 
la ville; mais ce ne fut pas sans éprouver une vive contradiction de 
la part des Etats et de la régence municipale. Bor^ Û94.* 9 Soi , 
3o5.^ « Trajectenses fortiter Brederodio Principique Orangiae 
V restiterunt » FigL ad Hopp, p. 5o8. 



Monsr. mon frère. J^antanps par rostre lettre que ne 
Tjendres ancor sy tost icy, jusque à avoyr aultres nou- 
velles de monsr. d'Ostrate , pour lors dépêcher le jantyl- 
homme fryson , ce que je luy ey redyct , lequell atanderat 
icy Yostre venue , mais il vous supplie d'estre dépêche le 
plus tost que il vous serat possyble , pour évyter aus 
inconvényens quy pouryont survenyr là an FrysCi à cause 
de sa longue demeure, car il ne sevent sur quoy s'ares- 
ter. Je suys byen ayse que aves mandé cens d^Amsteidam 
auprès de vous pour gangner tamps y avant que Monsr. 
le Prynce ce trouve là. Je ne doubte que il ne ce lesse- 
ront réduyre à toute reson; touchant à moy, sy quelque 



^me 



— 407 ~ 

TjUe ce trouve icy auprès de moy , je ne f auldrey à randre 1 566. 
tous devoyr de fayre le mesme, meys je pansse que non , Octobre. 
pour ce que j'antanps que il ont desjà dépéché tous 
leurs .députés vers monsr . le Prynce an dellybératyon 
Taborder tous par anssamble , sans que je sache leurs 
intentyons, mes je la pansse byen à peu près, comme 
pouves pareyllement byen pansser. Je ne double que n*an 
feresbyen, car ce sontjans de byen. Il ne recherchent 
les choses sy profondes comme aultres. Je suys fort ayse 
de la Tenue du Roy , puis que il fault que il soyt. J*es- 
père que ce bon Dyeu ordonnerat des affayres , comme 
il trouverat convenable pour la gloyre de Son nom et de 
ce n an fault doubter. Espérant vous revoyr byen tost , 

ne ferey ceste plus longue De Vyanen, ce aa' 

jour d'octobre i566. 

Ung mestre Vallantyn ast esté ce matyn vers 
moy et m*a dyct que Ton le veult banyr d'Utrecht 
et fayre mons etmeryeylle pour avoyr cryé : Vyve 
les Geus ! Je vous prye redressé sella , ou il an 
pouroyt résouldre aultres inconyényens. Il s'an 
fusse byen pansse le fayre de la sorte, mes puis 
que il n'est fayct^ il le hvît passer. Les bylles je 
les fèrey atacher. 

Vostre dedyé frère à vous faire seryice , 

H. DB BaBDEaODS. 

A Monsieur mon frère ^ M onsîear 
le Gonle Louys de NaAsaw. 



— 408 — 
LETTRE CCXXXI. 

Le Comte Louis de fVittgenstein au Prince JC Orange. 
Communication du résultat de son enireime avec le 
Landgrave Guillaume de Hesse. (Landgrave Wilhelms 
zu Hessen rahtsame bedenck, so ire F. 6. mir befolen 
mynem gnedig H. Printzen zu Uranien anzubringeim.) 



1 566. V Le Comte de WittgeDsteiD étoit éminemment digne de la 
Q^^l^^^^ confiance du Prince; d'après le .témoignage d'un fort bon juge , 
de Longuet. — « Vir eximina. » Ep. ad PL Sydnaeum , pu 171. 
« Vir praeetantiaaimna. nLL^ 176* 



Nachdem ire 6. beide, des Churf. zu Saxen und auch 
ires h. Yatters Landgraven etc. gegebene antwortt nicht 
anders aïs freuntlich und wolmeinende gegen K G. ver- 
mercken , achten ire G. zu mehrem gelimpfF nich undien- 
lich dasz sich E. G. vors erst gegen beide Gbur-und 
Fûrsten mit ejnem sondem potten freundtlich bedanckt^ 
mitt angehengter pitt dasz insonderheitt Saxen (i) dièse 
sachenbey der Key. Ma., desgleichen Hessenn bey andeni 
Ghur-und Fûrsten zum treuwlichste woltte befardern. 
Und sein ire G. gutter hoffiiung, die Key. Ma. werden 
sich Tonwegen itz vorstebender gefahr in Ungern, desz- 

(i) Saxen. L'Empereur étoil bien dîapoaé par luî-aiéBM; 
en outre r£lecteur de Saxe laiaoit yaloir son influence en faveur 
des Pays-Bas. « S'allégua par aulcuns que les raisons contenuaa 
» es lettres de l'Empereur , estoient fort conformes à celles 
*> des Seigneurs , ce que par adyenture estoit chose practicquée 
i> par eulx par le moyen du Ducq de Saxe , Onde de la Femme 
» du Prince d'Oranges 5 et très familier de S. M. Imp. » Happer ^ 
Métn^ 11 3. 



— 409 — 

do williger und emAÎger dessen undernehnien , daniilt ne i56& 
gegen den Tûrck auch sovil mehr bebtandt erlangen Ociolwo* 
niogeo. 

Zum andem hielten ire 6. zu befordenuig der sachen 
dienlich , dasz E. G. selbst eyne ausfubrliche schrifftliche 
form begreiffen lassen , was gestaltt die intercession bej 
der KoD. Ma. zu thnen , auch was massen nnd wie weiti 
E. 6. und dero mittyerwandten leiden mogen dieselbig 
etwa oïl weitem verdacht hierin zu meldenn und anzu* 
zeigen. Item obs rahtsamer cfiese intercession scfariftlich 
oder dui^h schickung) oder u£f beide wege zu thuen^ 
und im fahl der schickung, ob auch die gesandten ohne 
gefahrinn Hispanien kommen und yersichertt sein moch- 
ten. 

Solchs hetten £• 6. Landg. Wilhelm TertrauwKch zu- 
zuschicken, dan ire G. erpietig dasselbige alszdan an 
andere Chur-und F. (doch alsz ausz sich selbs) zu gelan- 
gen , auch um schleunige yerfertigung yleissige anregung 
zu thuen. Dan dieweil der Ko. albereidt in werbung , die 
Regentin in ausgangenen schriften an die Fûrsten (wie 
E. G.ohn zweiTelbericht) soIchesgewahsamenTorfaabens 
sich gnûgsam erklerett (i) , so achten's ire G. und andere 
mehr Tor notig dièse intercession ufs baltest gehn zu las- 
sen ; dan zu besorgen, da sich die sachen zu weitt Tcrlauf- 
fen und der Ron. schon gefast , dasz alsdan die under- 
handelung wenig nûtz schafFen wûrde. 

Zum dritten , hielten ire G. auch vor rahtsam das von 
wegen E. G. und anderer , so dieser sachen mitt yer- 
wandtt und zugethan , etwa eyn ansehnlicher Herr oder 



(i) érkleFÊtt^ Voyez la lettrsaaS. 



— 410 — 

i56<?. jesonst eyn viartrawle beqneme peri<m,«i aller fônler^ 
Oetobre; liohsien abgefenîgett, und dieûbrigen Chttr-undFûmen 
gleichfals um rahd und beistand ersucht, aU nemlichi 
P£du Ghiurf., ao diesem werck inaonderheitt wol ge> 
BÔgtt (i). Item Zweibruck j im fabl er widder anheimach 
aein wûrde, wie man aich in kûrtzen Teraielit; desgïei- 
dieu Wurtemberg und den Alaickgraye Garl von Ba- 
den (a), weloher aicb mitt Frandoreicb gleichfds eyn- 
gelaaaen* 

Leblicb adten ire 6. dias dem gantzen bandell zum 
hodiaten Tortregliob und Tor allen ding bocbnotig aein, 
die Gbur-und F. um bûlff und beiatand ersucbt 



(i) geneigt L'EKecteor Palatin avoit répondu avec beauooap 
de foroe aux iasiouatîoDS de la Duohesae de Parme. « 
« oonfidendssimé longiasimec}ae MariiMit Palatmos Cornes , 
» eus Tcrtinf , qui se novi tntorem Eyangelii pcr Germaniam vea- 
» ditabat. Non enim solum Belgarum cansam apud GuberDatrioem 
> egity atqne eorandem innocentiam oommendaTit; sed execratua 
» Rooiannni Fontifieem, eultnm Saoranim Imaginom, Inqniaito- 
9 run tjnrannîdeai» ad eztrenuim oonfecit obligari se religione 

• ifQoainns fratribos suis Guifeisiooem Angostanam pnramqœ 
» Deî verbnm pare sectantibus adyenaretar. > Strada , I. 275. Q 
est possible qu'en écrivant à la GouTemaote , il ait spécialemeot 
fait meution de la Confession d'Augsbourg ; mab son zèle pour 
les Chrétieiis des Pays-Bas reoevoit nn nouveau degré d'énergie 
par son attacbemeut à la doctrine de Calvin, 

(a) Baden. Le Maigrave Charles de Badsi protestint aél^ 
« Pfalzgraf Wolfgaug und Marggraf Cari von Baden waren andi 
» in der Religionssache so gaoz einigmit Christophe dasz sie in 

• den Fàllen, wo die andem gleicbgûltig oder gar abgeneigt 
» vraren , gleichsam als engerer Ausschusz des protestantischen 
» Fûrstenrathes betrachtet vrerden konntenn , da ohndiin die Reli- 
» gionsbOndnisse erlageu. » PJuier^ Henog Christophe II. ^. 



~ 411 ~ 

und sich der Niàdeatlinde propter communem causam relt- iS66. 
gtonis anzunehmen gepetten, dasz anch die Stende, so Octobn. 
irer hûlff begirig , sich in religions ausdrûcklich und 
dermassen erkleiten, damitt die Ghur-und F. wissen 
mogen, wesz sie sich diszfials endlich zu inen zu verse- 
hen y den es ire F. G. nicht wenig bedencklîch uff ej& 
ungewisz sich frembder, bevorab solcher schweren 
weittleufitigenhendel, mittanhengig zuinachen,undwur- 
de auch alsdan ohne zweivel die gemeine hûlfif deszdo 
ansehnlicher und williger ervolgen. Wie den gleichfals 
mein g. Herr Landg. Wilhelm aich gegen EL 6. und den 
Nidderlandenn (berorab da ire G. yersichertt dasz alleinn 
die Ehre Gottes, und nicht ander zeittlicher vorthein da- 
mitt gesucht) gantz guttwillig und hoch erpotten haben , 
welches aufz derselben befehi E* G. ich nicht yerhaltten 
soUen. Signât. Gassd ,den a4*~ Octob. Anno Q&. 

E. F. G., allezeitt dienstwiUiger , 

LUDWIG TÛir SbIH 6&AW zu WlTGBRSTBIH. 



LETTRE GGXXXIL 

Le Comte H. de Bréderode au Comté Lom$ de Nassau. 
Sur la défense faite à ceux de BoUerdam d^ aller 
aux prêches* 



%* A mesure que la Gouvernante reprenoit courage , die tâchoit 
de revenir sur des concessions faites au moment du danger: on 
commençoit donc à opposer des difficultés aux préchesy le plus sou- 



~ 412 — 

i566. ^f^*^ '^^^i' pvécnte que dam teloa t«l cadrait ils ii*avDicnt pM en 
Q^lgj^gg^ lieu avantracoonJL Les protestans adressoient des plaintes au Con- 
fédérés ; mais déjà leur intercession devenoit assez inutile. Cest 
ainsi que ffopper se plaint que « les Seigneurs de Bréderodeet Cuy- 
» lenburg escripvirent diverses lettres rigoureuses et plaines de me- 
» naces à la ville de Nymegen et Gueldre. » Mémor, p. 1 1 1. Ce re- 
proclie n'est toutefois pas exempt d'injustice et d'exagération. On 
avoit eu recours aux Confédérés , comme à des intermédiaires entre 
le Gouvernement et les réformés; ils avoient donc une double tâdie 
à remplir, et dévoient aussi bien défendre les droits de ceux-ci, que 
leur rappeler les devoirs d'obéissance et de sujétion. Et tout semble 
indiquer que les principaux Confédérés s'efTorooient de bonne foi de 
conserver on derétablir la tranquillité. "Du reste, se sentant suspecta 
«t menaoés, ils se préparoient à tout événement : le Comte de Bré- 
derode surtout, qui d^uis la mi-septembre avoit commencé à for- 
tifier Yianen et à lever des éoldats. Te Water , lY, 3a5« 



Monsr. mon frère, ceus de Rotterdam ce sont icy trou* 
▼es devers moy etm'ont donné à congnestre que Ton leur 
&yct fors f&cheryes et troubles à leurs preisches, les 
menassant ung baylly du lieu las allantour les [suhuyes], 
et comme il me dysent^ le pyet et Fooasyon que il 
prent , est pour ce que il ny ont prescbë avant Facort 
fiiyct ; eus respondent là dessus que de tous tanps il ont 
prescbë dans leurs yylles asses ouvertement , mesmes que 
dès du commassement il ont [atantus ' ] cent foys prescher 
bors de la dycte vylle, aultanps des aultres , mes que 
leur ast este requys du Magistrat de ne le voulloyr fayre , 
leurs otroyant* les prescbes à l'acoustumée et leur pro- 
mectant que s'yl y avoyct prescbes an lyeu de Hollande 
otroyés , que eus serycmt des premyers. Sur quoy il ce 
sont aresté et puis avoyr antandu l'aoort, qui il n'estojt 

• estmdn (?). * oefrayaat. 



— 413 — 

lycyte ^ ny parmys à aulqun prescher dans les rfiles , ce x566. 
sont retyré dehors là où à l'eure on les veult anpècher ; Octobre, 
œ que il trouvent estrange y pour estre estes obéyssans , 
que icelle redonderoyt à leur extrême préjudycei me 
pryant tous fayre oeste et mesmes tous auToyer ce jan- 
tylhomme Monsr. de Sneu , pour tous porter la paroUe 
de leur part : ce que ne leur ey peu refiuser , tous asseu- 
rant que les aultres ce conduyront à la reson et Toys 
tout acheré , hors que Amsterdam , desquels je ne puis 
fayre aulqunne doubte. Je Touldroye les pouToyr abor- 
der an partycuUyer , je n an doubteroys ryens^ et le plus 
tost seroyt le mylleur pour beaucoup d'ocasyons que 
il n'an mutynent d aultres. • • • • De Yyanen , ce aS™* 
jour d'octobre i566. 

Vostre dedyë frère à jamës tous £eiyre servyce , 

H. nB BaSDBRODB. 

An oultre le dyct Syngneur de Sneu tous dy* 
rast les pleyntes que nous aTons de la Haye , tous 
pryant y donner ordre afiyn que chesqun aye à 
ce contanter et que Ton ne donne à perssonne oc- 
casyon d'estre rhétyff à ungne telle oportunyté , 
puisque tout est an bon terme. 

A Monsienr mon frère, le 
Conte Louys de Nassaw. 



414 - 



LETTRE CCXXXIIL 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Louis de Nassau, 
Sur les dispositions de ceux de Hollande à obéir au 
Prince y et sur un avantage remporté en Hongrie piw 
les Turcs. 



l566. *^* Bt de Bréderode avoit beanooap d'inflnenoe en Hollaode; 
Octobre, les réformée , qui n'oeoieot entièrement se confier au Prince d'O- 
nmge^ conaidéroientle G)mtecomme leur protecteur. Plusieurs ▼iii« 
envoyèrent à Vianen des députés pour lui offrir de contribuer aux for- 
tifications. Te JFater^ TV 3a5. Le a6 octobre on avoit commencé 
à élerer le rempart du sud-ouest. /. /. 

Le Turc causoit de grandes alarmes. « ffic (Lutetiae) audimns 
esse ingentem apparatum Turcarum in Hnngaria. Utinamsupsr^ 
bus iUe Tyrannus suts Tires in Orientem potins oonTerteret. Quao- 
do ejus potentiam considère, et cum nostrorum Principum poteo- 
tia etm oonfero , ego pêne de rébus nostris despero • . • oct Gai. 
S^t. ^Longuet, Ep. secr. L 1 5. Au sujet de ces craintes M, Eanke 
fait de très justes remarques. « Betracbtete man .... wie sich we- 
der im Osten von dem allerdings scbwachem Reiche der Penor, 
noch aucb im Westen Ton der Cbristenheit , die um die Wahrbeit 
ibres daubens lerfoUen war» ein danenider Widerstandcmarteo 
Hesz; so konnten selbst verstandige Manner fûrchleny der Liof 
dieser Siège werde die Tûrken zu einer universalen Monarchie 
fûbren. — Indem man so dacbte, . . . , so ereigneten sich bei 
den Tûrken selbst Veranderungen die den Zustand ibres Staates 
wesentlich umwandelten. Das Reich bedûrfte kriegerischer 
Olierbâupter ; sie fingen aii ibm au fehlen ; es bedûrfte der on- 
geirrten Disciplin seincr militairischen Einrichtungen , seiner 
Skiavenerziehung ; dièse verfiel : es bedûrfte fortgebender Erobe- 
rungen; sie begonnen zu mangeln. » F&rsten und Folker ^IM> 
A quoi il faut ajouter que les dissensions religieuses n'etoient pas 
destinées à affoiblir la Chrétienté, parcequ'elles aycient leur source 
dans un renouTdlement de la foi. 



— 415 — 

Monar. moxk frère. Je ne Teus lesser vous avertyr que iS66. 
j'ejtantfaycty qaejé[reyeu']icycettsd*Âin8ierdain,les- Octobre, 
quels jej contantes et feront tout ce <iue il plerat à 
M onsr. le Prynoe et s*o£Ereront d'eus mesmes , comme 
il m'ont promys , moyenant l'asseurance de Monsr. le 
Prynce , de laquelle je leurs ey asseure; cens de Delffe 
pojireyllement, cens de la Brylle aussy ^ quy avyont pa- 
reyUement églyse. Je n'ey anoor parllë à $euB deLeyden, 
mays je respons pour eus que il feront le mesmes des aul- 
très. Aus aultres vylles , quy ont eu les presches hors des 
▼ylles , ce oontantent pareyllement tous , moyenant l'as- 
seurance sanblablement de mon dyct Syngneur Prynoe , 
aTCcq ce que je les trouye tous fort youUuntayre à mes- 
tre corps et byen an ce que l'on les vouldrat amployer , 
et certes je n'an fys onques doubte d'aultant que il sont, 
car je les ey tousyour trouvés fort affectyonnés et résol- 
lus , desorte que jevoys, aveque l'aydede Dyeu, tout ce 
porter byen. Peyrepceu certeynne nouvelle de CouUong- 
ne, mesmes ung de mes jans venant de la Court de 
Monsr, le Duq de Glèves , lequell Syngneur Duq ne ce 
portoy t ancor guères byen , mays il avoyct repceu cer- 
taynes nouveUes d'ungne rancontre que des nostres 
avyont eu an Hongrye contre le Turcq , où que les nos- 
tres avyont repceu ungne extremme domage, mes il 
avyont tenu le campe ^ mes plus mors des nostres que 
des leurs, et beaucoup d'aparence an aultre mon frèrey est 
demeuré (i) avecq toute sa compagnie , hors ung seuil 

(i) demeuré» « Haturiooourtius Brederodii frater apud Viennam 
» Anstriae exatmctaseat, qui magnum aui dcsidoriiim creditoribos 
» raliqnit. « ^igi* ad Hopp, p. S^i. 



— 416 — 



tS66. quy an e<t esdiapé d*yodl« , IcaqQcU estoyt d'auprès de 
Octobre. GouUongne et est de retour , lesquell Yà pareyllement 
oertyfyë et est ung jantylloitime. Sy aynsy est , Djeu 
Teuylle ayoyr son âme , puisque il est mort au lyst d*oii- 
neur. Le premyer est mort povre soldat an Ittallye* 
Taultre à la bauylle de SayncuQuintyn , et cesluy sy con- 
tre le Turq , et moy j'espère de mouryr ung rostre pone 
soldat^ rray geus, à yos pyes, nedoubtant nullement 
que derant Tenyr an ceste eztrémytë , je n'an fusse pas- 
ser la peur à quelque ungs ou voyre le pas 

De Yyanen , ce 37™* jour d'octobre i566. 

Vostre du tout dedyë frère à tous faire^ 

senryce à james , 
H. DB Brbdeeodb. 

Mes humbles reoommandatyon à la bonne grâ- 
ce de M' le Prynce et que luy demeure esclave. 

A Monsr. mon frère , Mouir. 
le Conte Louys de Nassaw. 



Le 27 octobre on remît an Comte de Hoogstraten à Annn 
une requête que les réformés adreasoîent au Roi, et dans laquelle ib 
offroient nne somme de trois millions de florins , pourvu qn'oa 
leor accordât le libre exercice de U religion. « Creditnm est artifi* 
» cinm fuisse DonnuUomm , nt minore snspicione bue alque 31ac 
é oorrogandae pecuniae causa commearent, fidlerentque înterei 
• simnl Hispanum eâ summa facile alliciendum, simnl coiyurato- 
m nun multoa libentius pro libertate rdigionis impetrauda qnaai 
» pro bdlo gerendo aéra solnturos : nisi forte ingens illa pecnnit 
» pUne in spedem ad ostentandas partium vires offmbaliir. * 
Strada^ L a86. On ne sauroit disconvenir que cette offre, cette 



— 417 ~ 

tentative, pour ainsi dire, d'acheter la conscience du Roi, n*eût quel- 1 566. 
que chose de très singulier; le ton de l'Adresse iBst quelquefois assez Octobre, 
inconvenant; et iln*est pas impossible qu'en effet il y ait eu une ar- 
rière-pensée dans cette démarche. Sans doute plusieurs signataires le 
, supposoiént , le desiroient. « Si S. M. ne voulloit consentir à liberté 
» de conscience , ils employeroyent Targent pour en lever gens de 
» guerre contre icelle. » Sententien v. Alva , p. 89, 94. Quelques 
uns des principaux Confédérés avoient signé pour des sommes coih 
sidérables; le Comte de Bréderode pour loooo écus; le Comte Louis 
de Nassau pour loooo florins de Braband. Te Water^lM. i34. 
La Gouvernante envoya la requête au Roi, qui n'y fit aucune 
réponse ; et elle se plaignit amèrement qu'on avoit osé « faire col- 
» lecles , cueiller aydes sur le peuple de S. M. jusques aux aucu- 
» nés millions, comme l'on se vante. » LL 270. 



LETTRE CCXXXIY. 

Le Comte Louis de ff^ittgenstein au Prince d'Orange, Sur 
sa réception auprès de t Electeur de Saxe. 



Hochgeborner genediger Fûrst undHer ....Als ich ausz 
E. G. bef elch mich zum Churf. v. Saxen verfugett , hab ich 
ireChurf. Gn. erstlicb den lo*»" dièses in eynem Wendisçh 
stedlin , soan der Schlesing' gelegen, Senifteberg gênant, 
antroffen, und mich alsbald durch Hans Jenitz , Sécréta- 
rium^ bej ire Churf. Gn. angeben lassen. Dieweil aber 
i. G. albereitt im werck Yolgenden tags zu yerrûcken , 
hab ich derselbigen bisz zum Stolpen ^ so nacht dem Land 
zu Behem* gelegen, volgen mûssen. 

Daselbst habe ire Churf. Gn. meine werbùng in bey- 

' ohDweit SdifetitQ. " BobnwD. 
1 37 



— 418 — 

1 566. aein allein D. Graco (i) angehorett , aber alsbald, sîch fer^ 
Octobre, ner daniff zu bedencken , dieselbig in scbrifften begerett 
Wiewol ich nuhe L Churf. 6n. angezeigt , wasz gestalt 
mir von E. G. ufFerlegt dièse sacben in gebeim zu halten 
und bevorab yor abschrifitenn zu bûten , so seind docfa 
i. G. uff dem beharreti miterpieten solcbsbey aîdial* 
lein im yeitrawen zu bebalten. 

Nacbdem aber der zweite Artikel in der Instrucdon 
Hertzog Hans Friderich zu Saxen belangen , duroh Land- 
graf Wilhelm geëndertt (wie E. G. ausz beygelegtem 
zettel zu sehenn), und sich gefallen laasen dem Ghui£ in 
gleicher gestalt aucb vorzutragen , als hab icb die instiuo- 
tion binderhalten und eynen auszugk (docb derselben fast 
gemesz bisz uff den zweiten artickell) gemacbt und dem 
Cburf. also zugesteltt. Hieruff baben i. Cburf. G. midi 
Yolgenden tags, nemlicb den 14**" dièses, widderum zu 
sicb erfordem und durcb gedachten D. Graco mûndlidi 
beantworten y gleicbwol ^uffmyn begeren, dasselbigaudi 
alsbald scbriftlicb zukommen lassen , welcbs an E. G. fo^ 
ters zu bringen ich also mitt dancksagung angenohmen. 
Dieweili den K G. aus dem des Churf. geneigte wol- 
meiniing gnuegsam yemehmen roogen , und ichitzo mei- 
ner hôchsten nottûrft wegen auch ejnmal nach haasz 
reiten mûssen , hab ich zu mehrer beforderung dieselbige 
scbriftliche antwortt^ so hie neben yerwartt, E. G. hie» 
mitt zuschicken woUen, gantz dienstlich bittend E. & 
wollen solchs nicht in unguttem yermercken. 

Als ich nuhe oberzeltter massen yom Churf. abgeferci* 

(i) Ctaco, Conseiller de FËlecteur de Saxe, qui jouissoit de 
beaucoup de crédit , mais qui plus tard tomba en disgrâce pour 
avoir favorisé l'introduction des croyances calvinistes. 



— 419 — 

geit, hab ieh mich gagea D. Graco adpartem vernehmec i566. 
lassen , das E. 6. myns verhoffeiis des Churf . antwortt zu Octobre, 
sonderm danck und wolgefallen, Tomemlich den ersten 
punct belanget , Yernehmen werden. So viel aber Hertzog 
BL Friderich betreffen^habichineQ vor mich erinnent^ob 
nîcht in dem etwas femcrzu bandeln und zu erbalten sein 
mochte; den so tîI ieh Tennercken konnen, E. G. etwa 
mehr damm zu thuen innerfidienunfrieddezQ vorkommen, 
nnd dem kegentheil seine practiken damit abzuschneîden , 
«U vonwegen derselbigen leutte , deren sie villeiclit bey 
. andem , TornemKch duich i. Ghtuf. 6* selbst beforde- 
rang , gleich so wol und etwa l^esser bekommen mochten. 
Daruff vidgedachter D. Graco geantwoitt dasz glàch- 
wol hid^evor Franckreich oder andere in gleichen fâDen 
niehemals so Til erhalten als sicb ire Churf. G. diszmal ge- 
g;en E. G. erbotten , aber die handlung mit H. Hans Frie- 
drich belangend , hab i, Qinrf, G« aile umstende selbs 
gnuegsam bewogen. Dieweil aber der H. Yon Saxen^samtt 
seinem anhang , den echtern, sich vielfeltig nicht allein 
kegen i. Churf. G. gantz beschwerUcher weise eyngelas- 
sen, sondem auch der Key; Ma^ und gantzem Reich un- 
gehorsamlich widdersetzt, wie er den solchs weitter aus- 
geiuhrett, so trage er die vorsorge dasz uif diszmal mehr 
nicht zu erhalten ; den es konten auch i. Churf. G. darzu 
nicht rahten dasz derselbigen feinde soltén gesterckt wer- 
den ; jedoch hatt gedaehter doctor letzlich dahin Temehen ' 
lassen , im fahl der Landgrave neben E. G. derwegf n fer- 
ner beym Ghurfûrsten anhaltten wûrden, dasz yerhof- 
fentlich i. Churf. G. sich etwas nahcr zur Tcrgleichung 
wnrden bewegen lassen , darzu er den selbs moglichos 

■ vernehnien (?^ 



— 420 — 

i566. vleis gem helffen und rahten wolte, wiewol ich audi 
Octobre, yon Land^. Wilhelm im yertrawen Temobmeii dasz der 
Ghur-und Fûrsten-Rethe, Pfaitz, Gûlick und Hessen, m 
kurtzem 5ollen zusammen kommen , von mktel und 
nvege handeln me die vergleichung zwischen Saxeon 
zu treffen, darzu der Almechtîge sein segen gebe, 
den es nach itziger yielfeltiger beschwerUcher gelegen» 
heit des Turcken und sonsten , gantz hochlick zu wân- 
schen. 

Nachdem ich den uff diszmahl femer nichtkonnoi 
erhalten, auch Landgr. Wilhelms meynung dahin ge- 
richt dasz man sich mitt Saxen-Weinuur nicht zu weitt 
soltt ejnlassen, damitt hiedurch der Churf. (an dem 
mehr gelegen) nicht von E. G. alieniret, als hab ich 
die handelung mitt H. Hans Friderich, lautt habender 
Instruction, uff diszmal beruhen lassen, mynen w^ 
in der widderkehr uff Gassel genohmen, und Landgr. 
W. aller verlauffener handelungen beym Churf. nach 
der lengde bericht; doran L G. eyn gutt gefallens und 
gnuegen gebabtt, dameben etzliche i. G. gutte bedenkeo 
femer angezdgt, mitt bevelch dieselbig, neben gantz 
freund-und guttwilligen erpieten, £. G. zue Termelden^ 
wie ich den E. G. dieselbig schrif tlich verzeichnett hie- 
bey ùberschick, und auch im gantzen handel nicht anders 
spûren kan, als das sie £• G. et coMuam religioms mitt 
allentrewen meynen und gantz wol geneigt sein. 

Ich bin wol in vorhabens gewesen mitt Christoff von 
der Molsperg nachmals dahin zu handelen, dasz er die 
sachen bey Weimar uffhalten wolte bisz zu E. G. femer 
erklerung; dieweil aber Landgr. Wilhelm die person 
(wie ich Gr. Ludwigen jûngst ursachen geschrieben) 



— 421 — 

sonderlich in verdacht und derwegen solchs widderra- i566). 

then, hab ichs gleich also bleiben lassen. Octobre. 

Ist nuhemehrandem daszE. G. aus beider Ghur-und- 

Fûrsten, Saxen und Hessen, gegebener andwortt^ in 

Landgn Wilhelmen rahtsamsbedencken(i), sich selbsnach 

gelegenheitt resolviren wasz sie weitter biezu thuen und 

yernehmen wollen, und dieweil disz werck scHon so 

weitt im schwange , wirdt von verstendigen vor rahtsam 

angesehen dasz mitt allem ernst gedriben, dieweil es 

wami ist, darzu der Almechtige gûtige Gott E. G. Seine 

gnade verleiben woltte. .... Datum Witgenstein den 

a8** October. 

E. F. G. dienstwilliger , 

LUDWIG TON SeTH GrAFF Zn WlTGBNSTBIN. 

AMoiiMÛgneur, 
Mons le Prince d'Orange. 
ttd mamts proprias. 



^ • ^ 



LETTRE GCXXXY. 

Bernard ^ Seigneur de Mérode^ au Comte de Hoogstraten. 
Sur les préparatifs contre les Confédérés , et sur les 
dispositions du Comte d^EgmonU 



\* Le Roi faisoit de très grands préparatifs, aussi en Allema- 
gne, où tous ceux à qui il avoit donné charge de lever des troupes , 
s'y montrèrent bien disposés , excepté le Comte Jean de Nassau , 
auquel le Roi , assez artificieusement peut-être, avoit fait proposer 
de lui amener 3ooo piétons. Strada > 272 , ^75. 

Les Princes Catholiques répondirent aux lettres de la Gouver- 
nante , comme on pouvoit s*y attendre. « A Trevirensi et Mogun- 

(i) r. bedencken. Voyez la lettre 23 1. 



— 422 — 

|S66. ^ ^î*o Septaniviris responsom est iiia(;iiop«re sibiprobari coosî- 
NoTembre. » ''*""* ^^8*^ adversns rebelles et ReligiooU Catholicae pertiufaft- 
» tores . . . • Permissuros se sua per oppida jurisdictlonesque libe- 
1) rum îter ils militîbus y qui ob eam causam , assenticate Caesare , 
» contraherentur. Similia bis reliqui per GermaDiam Catbolîci 
» Antîstites respondere. Addiditqpe Bavariae Dux bujusmodi tur- 
» bis , ceu pesti civitates exedenti , oocurrendam esse omnîam 
» armis. » /. /• 274. 

Le Seigneur de Mérode a¥oît parfaitement jugé le Comte d'Ef^ 
mont. Bien qu'on lui fit beaucoup de/dcheriesy bien qu'il en fat 
fort piqué y bien qu'il s'en plaignit au Comte de Mansfeldt («Sens- 
day p. 278) y au Prince d'Orange (voyez la lettre ia8) , au Rot 
(Procès d'Egm, II. ligt,) y il deyoit persister dans sa dangereuBC 
irrésolution. 



Monsieur , venant à Toumay , Monsieur rAdmiraeU 
estoit parti vers Bruselles où le suis venu trouver , et 
comment luy fis part' de ce billet que vostre S^* sdiayt , 
il trouvât plusieurs articles fort bon et honest, cornent de 
la request (i) qu on devoit présenter au Roy avecques le 
continue d'icelle , combien qu'il pensoit asseurément que sa 
Majesté ne laccepteroit. Touchant les levées que plu- 
sieurs Singeurs' font de la part du Roy, il en estoit fort 
bien averti et assure que Sa Majesté viendrat avecques 
main fort si lui est aucunement possible. Tay veu let^ 
très que le Duc Ernst (2) de Brunswyck faict zooo che- 
vaus et son frère 5oo ; vostre S^* cognoit plusieurs Sin- 

(1) request. Voyez p. 4i6. 
(a) Ernst. Voyez p. 367. 

' part — tTieelle. Dans une lettre au Comte Louù de Naseau (Toyes p. 435} le 
Seigneur de Mérode écrit: le rapport de ce qoe V. S. m'aTott coaunandé loi dire : 
il trouTat pour le premier la request que ceulz de la reUgion Tolient présenter , 
fort bonne. ' Seigneurs. 



— 423 — 

gmm et Rittmeister qui ont charge se tenir prest i566. 
ayecques certain nombre de gens à pied et à chevall. rioveml)re. 
Madame at escript à Monsieur l'archevesque de Go- 
loinge pour avoir ouverture par son pays et assistance 
de vivres, aussi quil veult acorder aux pensionaîres di» 
Roy faire gens en son pays: je pense bien qu elle enferat 
autant aux aultres Evesques , cornent Maiance, Trives, 
liège etc..' Elleat aussi faict venir quatre enseingede sol- 
daes du pays de Lutzenburch à Yillevort. Aucuns Sin* 
geurs' ont tâché à faire quelque ligues avecques certaines 
villes en Artois^ Flandres, Heinau , cornent Aras , Betun* 
ne, Aeer^ , Bruges , Lisle ; mais il ne l'ont volu accorder 
aaiûs avoir avis de Monsieur d*Egmont» Monsieur le Duc 
d'Arschot c'est* vanté devant Madame qu'il a 5oo gentil* 
hommes à son commendement , lesquelles portent quel** 
que ordre^ avecques unne effigie de nostre damme de 
Haux^ (i). Nous somes aussi averti que le bon Ambassa- 
deur de l'Empereur ne cesse de faire touttes bonnes of- 
fices pour nous rendre bien odieux vers sa Ma,^ , et lui 
entendre beaucoup des mensoinge et calumnies des 



(i) Batuc. L« Dac d'Aencbot avoit créé une espèce d'ordre en 
opposition à la médaille des Gueux. « Hallis iodytum est Caelituin 
9 Keginae simulacrum • . • Arescboti Dux ejus Divae imaginem 
» filium Jesum complexu foyentis exprimendam argenteis aliquot 
9 numismatis curavit : atque illa , ut se recenti Gbeusiorum fac- 
9 tioni opponeret , ipse quique cum eo erant Nobiles oomplures , 
9 in galeri spiram eleganter inseruere , cea symbolum • • • Catho- 
9 licae nobiiitatis. » Strada, L 227. 

' Au Comte L. il ajoute : Des mill autres traverses qne Madame et les siens nous 
machinent tons ks jours, sont sains nombre. ^ A, ^. — Au C X» il. ^ Aire. 
4 c'est —Mad. — Au C. £. at dit au plain conseill. * o.— Au C. L, unne ordre, 
d'argent. « Bal. 



— 424 - 

i566. gentilhommes confédérés ; plusieurs autres traverses et 
Novembre, démêlées ce font contre la noblesse , qui est directement 
contre Faccord faict , parquoy , Monsieur y Toyant cela , 
fors serat que chascung renart garde sa queueet [provoie ' ] 
en taimps et heure pour la bien garder. L'on at bien 
maell sceu communicquer avecques Monsieur d'Egmont 
pour ceste fois, pour ce qu'il at esté fort enpesché par la 
fortune de son fis aisné , lequelle penseavoir perdu l'oeill , 
en se jouant ayecques ung arc contre son paige , et 
le mesme jour unne partie de son château à Gaesbeeck 
bruslé par fortunne y mais il est asses fort piqué de tou» 
tes ces traverses et entreprinse que l'on faict sains cesse 
par son Alt. et les siens contre vous Singeurs fidèles 
et les gentilhommes Confédérés, combien que je croi fer- 
mement (non obstant touttes les fascheries que l'on lui 
faict) qu'il ne se résoudrat sinon au grand besoigne* et 
à l'estrémité. Madame at envoie ung secrétair(i) à Tourna y 
pour là gouverner durant l'absence de Monsieur de Mon- 
tingi , par où Pou voit la confidensce qu'elle at de Mon- 
sieur l'AdmiraelP. Monsieur le Conte deNassou m'at 
commandé d'envoyer les lettres que lui escript à vostre 
S''* pour lui faire tenir. • • . De Raemsdonck , le premier 
jour de novembre l'an i566. 

Entièrement prest à obéyr et faire services, 

Bbakjuit db Mbhodb. 

A Monsieur, Monsieur le Conte 
de Hoechstraten , Chevallyr de l'ordre. Anvers. 

■ 

(i) Secrètairt, M. de la Torre. Procès dCEgm, II. 489. 

' poaiToie o» préroye. * besoin. ^ Au C. L. fX à» gcndUiaiBcs qui raccom- 

pagniont an ditTournay et Valenâen. 



— 425 — 

^ ^ En effet à eette lettre étoit jointe une autre écrite le 39 oct» de i566. 
09 Malinet , pour le Comte Louis en ces mains propre , contenant à Kovembre. 
Q^ peu |urès les mêmes nouvelles , mais en outre les passa^^es suivans. 



' . . . . Touschant la request aux Singeur^ de la part de 
ceux des villes , il ne trouve nulle moien d*induir les ma* 
gistraes à ce faire, mais il at practicqué par tierce mains 
avecques les doyens et of&cirs du comun , que ceux là 
traicteront et procureront de la part des borgois envers 
les magistrat pour les induyr et contraint à ce faire. Tous- 
chant la request que les estas devriont doner au Roy, 
pour luy pryer de non point venir avecques forces parde* 
çà (i),il trouvât cela assé difficile voiant que plusieurs 
villes et tous magistraes sont contre nostre opinion et fort 
corrumpu , toutfois il feroit son debvoir et en communic- 
queriont par ensemble avecques SF d'Egmont . • . L'on 
m'at dit que le Duc de Glèves at accordé passàige (a) par 
son pays, ce que n'eusse point pensé. L'on présume que 
Mr. le Comte de Mansfelt doit aussi avoir charge de 1000 
chevaus. Vous sçaves des plusieurs autres Singeurs qui 
font gens • . • Nous sommes aussi averti que l'Ambassa- 
deiur de l'Empereur ne cesse de faire touttes bonnes offi- 
ces pour nous rendre fort odieux vers S. M » 

qui causserat que perderons possible beaucoup de crédit 
en AUemainge, parquoi (à cofrection) si Y. S. le trouvoit 
bon que l'on envoiat quelque gentilhonune ou deux au 
despens d'ung chascun , pour donner à entendre à S. 
M. de bouche le tout comment nostre affaire c'est passé 
par ici, avecques l'intention qu'avons à lui obéyr et faire 

(1) defà. Voyez p. 4^9* 

(a) passàige. Aux soldats levés pour le Eol d'Espagne. 



— 426 — 

xS66. services et nous oonduyr selon son bon ayis et oonunan- 
Nofembre. dément , il me semble que cest Ambasade de bouche 
nous dereroit profiter beaucoup et justifiroit nostre be- 
soinger. — Le Singeur de Rasingien ou quelcqung de sa 
nârt ont ravis aucuns en&ns à Lisle hors des mains de leur 
père et mère, lesques en&ns estiont baptisé à Téglise ré- 
formée et les ont fait rebatizé à VégUse papaelle , qui at 
presque causse ung tintamaer à la dit ville. Le Singeur 
de Backersel at tellement besoingé à Gand ayecques ceux 
de la religion , qu'il yat environ looo ou i5oo personnes 
quil ont signé et promis obéissances et fidélité, moienant 
la presche libre hors la ville. Il at aussi troussé ung mi- 
nistre, avecques certains boigois de Alois en Flandres, 
pour ce qu'il ont fiûct la presche aux lieu non aocoustu* 
mé, et plusieurs sont d'opinion le fair pendre pour oe 
quil sont contrevenu à l'accord fisûct, ne considérant que 
Son Alt, Fat premièrement rompu • • « • Mr. de Berley- 
mont at ces jours passé requis à son porteur d'enseigne 
de ce retirer de sa compaingie d'ordonanse , pour ce qu*il 
estoit du Compromis et qu'il avoit persuadé à aucuns ho- 
mes d'armes de c'y joincdre , mais quant il at volu avoir 
par esoript les raisons pourquoi il ce retireroit , afin de 
ce consellier à ces amis et autres gens de guerre , pour en- 
tendre si les raisons estiont suffisantes et que telle retraict 
touschoît grandement à son honneur et aux gentilhom- 
mes confédérés, lors Mr. de Barlaymont lui dit qu'il 
n'entendoit nullement le casser, mais lui faire plaisir do- 
resnayant coment il ayoit comenscé, et plusieurs autres 
courtoisies, moienant qu'il vossit persévérer au service 
du Roy. Madame a faict présenté à Boisott de le conti- 
nuer en son services , s'il voloit quitter le serement qu'il 



~ 427 — 

at aul conf édërés , ce* qu'il n'at encc»* accepte, mais de- i566. 
mande à ung chascun avis. Je crains que ce soit chose pro- Novemhrci 
curée d'aucuns des siens. M' le Conte de Mansfelt pensse 
fermement q*ung chasçung ce peult retirer du Compro- 
mis, Yoiant que le Roi nous décharge de l'Inquisition et 
placars , mais je pensse qu'il le dit pour ceux qui ont es- 
cript ceste lettre tant courtoise du pays de Lutzenburch 
à y. S. (i) Le bon gentilhome, l'escouttet de Malins , aveo- 
ques autres vilains^ ont aussi comencé une ligue, ce cog* 
noissant l'ung l'autre par unne [patentre] rouge, laquelle 
ils portent au coell , . • • De Malins , le 29 d'octobre l'an 
x566 . • • 

Le tout prest à obéyr et vous £sdre services , 

BEaiiABT ns Mbrcdb, 



Le LandfpraTe GuiDanme de Hesse éerit le a Nor. an Comte Jean 
de Nassau. « Soviel dan Herzog Erichen ond die andere he&UAU 
9 Fûrsten von BnraaacbweigbelaDgendty îaiiichtoluida» dîeselbesich 
» hefitig bewerbeooy aber doch haben wir das wiasens das Herzog 
» Ernst au Braonschweig bis noch vom Kônnig za Hispaniën kein 
9 warthgeldt empfangen , dan wasz er dessenn auszgebcD, von dem 

» seinenerlegt haU TVir baben gebôrt es sollen sich 

» die Hem im regemelit wiedemmb zur GuTemantîn' und dersel- 

» ben venprocben baben die predigteD binfuK» abnuduifen 

» Wasz eucb darvoa bewust begebren wir vaux za venteadigen» » 



liETTRE GCXXXYI. 

Le Comte H. de Bréderode au Comte Lovis de Nasscoju 



%* Le I Nov. le Prince d*Orange et le Comte Louis étoient 
venus à Yianen ^ d'où ils s'étoient rendus le lendemain avec M. de 
Bréderode à Scboonhoven , où les Etats de Hollande étoient as- 

(i) V. S. Voyez U lettre i63. 

■ Appanmmmu v« mot a été omis. 



— 428 — 

iS66« semblés. Le 3 nov, ils retournèrent à Vianen, d*oa le Prînoe et 
Novembre, «oa frère r^Mortireot, à ce qu'il paroit, pour Utrecht» Te Wàter^ 
IV. 3a6. 



MoDsr. mon frère , j'ey ce devant le dysner repceu let- 
tres de sens de la rellygyon à la Haye , me pryant eus 
tous d'aroyr ung de leurs bourgoys de la dycte Haye 
pour recomandé^ lesquell est destenus prysonyer, il y 
ast desgà quelque tanps ayant la venu d)e Mosr. le 
Prynce à Utrecht , et dysent que l'ocasyon de sa pryson 
est seullement pour avoyr yandu quelque lyyres defFen- 
dus par le plaquas. Je yous prye yous an youlloyr an- 
quére' et sy aulqunement le pouyes asyster , le youlloyr 
fayre, pour leur donner tant plus grandes occasyons de se 
submectre an ce que Ton leur youldrat comander, comme 
jenedoubtequeilne feront tous générallement, comme 
j'en ey desgà antandu nouvelles après yostre départe* 
ment. Je yous prye randre à ce porteur la lettre que je 
yous donney hyer, venant de Hongrye ^ car il la doyct re^ 
porter à celluy quy me Fast anvoyé. Vous pardonnera 
à mon moves escrypt; j*ey sy froyt au meyns que à peyne 
puye* tenyr la plume, estant au retour de l'ouvrage au- 
quell on ast donné ce matyn ungne brave meyn (i) , corne 
j'espère que ferons cest après le dysner avecq l'eyde de 
Dieu .... DeVyane, ce 4"^ jour de novembre i566. 
Yostre à jamès frère antyèrement à vous fiiyre servyce,. 

H. DB Bebdbrodb. 
A Monsieur mon frère , 

Monsieur le Comte Louys 

de Nassaw. 

(i) Meyn^ % Den 4*^*Not. werd begoasthet bolwerckaan bet 

» Noord-oest eynt van Vianen. » Te Waier^ L L 

■ enqoérir. > |NÛf«je. 



— 429 — 



No CGXXXYI*. 



Mémoire sur VéUU cntiqMfi des Pays-Bas et les moyens 

iy porter remède. 



\* Cestici l'écrit dont parle Hoppen « Le Prince feit un grand x566. 
» discours snr tout Testât du Pays^ monstrant en quelz périlz les I^ovembre. 
» cheses alloient an regard des Princes voisins , ou du moins des 
» feux et pilleries et apparente destruction de tout, encor que 
» S. M. après trsTaulx, périk et coustz prévienne' à son intention , 
» et que partant seroit le meilleur conseil d'éviter tout cela par le 
» moyen de la liberté de la religion , ou de permission de la Cou- 
» fession Augustane , ou du moins laissant chascun vivre librement 
» en sa maison , à condition qu*il ne se face aulcun scandai pu- 
» blicq: disant d'avantage , qu'estans parce moyen les choses ap- 
» paisées et tranquilles , sa M. pourra procurer qu'aveoq le temps 
» icelies soient réformées et mises en son ordre et estât ancien. » 
Mémor, m. 

n y a quatre exemplaires de ce Discours aux Archives. Deux 
ne diUfèrent presque pas ; c'est d'après eux que nous donnons le 
texte. Les deux autres, que nous désignerons par les lettres Cet D, 
sont des brouilloos; sur l'un est écrit: ^^w de Monseigneur le 
Prince envoyé aux Estais quand S. J, estait à Utrecht. Cette in- 
scription , de la même main que la minute elle-même y ne laisse 
aucun doute sur la destination de cet écrit. Le Prince désiroit ex- 
citer les Etats à faire des instances auprès du Roi afin d'obtenir une 
tolérance réclamée impérieusement par la position du pays. Bor^ 
qui en donne une traduction à peu près conforme au M.$. C, aura 
trouvé ce document dans les Archives des Etats d'Utrecht , où il 
avoit un libre accès. Reste à savoir si le même écrit a été envoyé 
par le Prince aux autres Etats ; peut-être exclusivement à ceux de 
son Gouvernement : en tout cas son intention paroit avoir été de 
provoquer une démarche générale (voyez p. 4a5 ). Il se pour- 
roit bien que ce document remarquable eut été rédigé par le Com- 



— 430 — 

l566« te Lonk de Nassau; même il semble que les minâtes sont écrites 

Novembre, P'^ ^^^* Toutefois, d'après llnstructiaii susdite, confirmée par le 

témoignage de Hopper et de Bor^ le Mémoire fut envoyé comnne 

jipis dm Prince, — Nom avons ajouté les variantes, qui ne sont 

pas sans intérêt. 



Ayant par plusieurs fois considéré de par moy Testât 
de ce pays, ne puis délaisser à le déplorer pour les* gran- 
des et éndentes apparences qui se monstrent* , tendana 
tous à la ruine perpétuelle d'iœlluy , et tout œcy à cause 
de la grande diversité des opinions , qu*il y a tant au 
hkt de la religion, que au' politicque, et de l'autre 
oousté pour le peu de gens quil* y a qui font démon- 
stration de prendre les afiGûres généralles à coeur pour 
y trouTer quelque bon remède , et tel comme il oonrient 
pour le temps présent, le délaissant les ungs pour ne se 
guères' soucier des affaires, les autres à cause qulls 
dierchent plus leur particulier que le bien commun de 
la patrie, et les derniers* pour estre trop timides, n'o- 
sans^ dire ouyertement leur opinion pour la creinte qulla 
ont de perdre la bonne grâce du maistre. Et oires que 
j*ay différé' jusques à maintenant de mectre mon advis 
en avant, pour n'estre point tenu trop présumptueulx , 
que en ung affaire de telle importance je vouldrois estre 
plus saige et prétendre* plus avant que mon aage et 
expérience (i) ne comporte; néantmoings, votant les afihi- 

(i) expérience. Le Prince d'Orange, qui avoit alors 33 ans^ 
qui avoit été Général en chef à 22 , depuis bien des années un 

* j». t «^ C. à came des. ' G. démoiutreiit. ^ C ao gouTemement. * qu'il — 
pr, — C. de quelqQC condition qu'ils soyent^ qui prennent. ^ C. point. 6 G. antres. 
7 ii'o#. — méttétrt, — G. et craignans de perdre la bonne grâce dn maislre» en di- 
^ntlean opinions franchement. < j'm d, — C. jsn'ay osé. » G. présuner. 



— 431 — 

tes aux extrêmes perplezitës , ayme miealx estre tenu i566. 
pour tel, que non pas d'acqaérir la tache de ces trois Notemiire. 
points susdit; ne mectant ces nx>yens que à correction 
de ceulz ipii en auront meilleur jugement* , ausquels 
{daira les amender. Considérant principalement estre le 
debToir d'ung chacun , soit ^ieux ou jeusne , d'ayder et 
assbter en une nécessité si grande , la patrie de tout son 
pouvoir, n'ay youlu* ny pour bon, ny pour mauvais 
gré passer par silence, chose que me- semble convenir 
en saine consdence pour le service et réputation du 
maître et le bien du pays; puis aussi que l'obligation 
d'ung vray serviteur le comande en tout temps^ , oires 
que pour le commencement ne soit prins de bonne part. 
Ainsi ^, pour commencer, me semble qu'il fauh premiè* 
reraent avoir ung certain but, à quoy l'on veulle ten- 
dre , affin que ayant fiché ce but (lequel doibt estre 
juste et équitable) on semecte^ hors du dangier de pou- 
voir errer, n'estant chose^ plus juste au monde et équi* 
table que de procurer^ l'honneur de Dieu , le bien et 
prospérité de la patrie, le service et obéyssance du maî- 
tre et le respect du peuple, à l'endroict de la justice et 
du magistmt* Pourtant ay bien voulu mectre ce^ petit 
discours en avant , priant ung chacun se vouloir assen- 
rer que ne le dis pour aultre chose que pour les rai- 

des principaux personnages du Conseil d'Ëtat y et Gouyerneur de 
plusieurs Provinces y le Prince d*Orange craint de prétendre plus 
avant que son âge et expérience ne comporte. Quel exemple , 
quelle leçon ! 

' C. j. qae moj. * n'ay v. — C Et que par là Pod cognoistroit aussi que je 
vouUrois. ^ ent,t. — G dt dire oTotemeDt en tout temps , sans dissimiilatioii 
qnelooiiqae, aa maistre , ee que troaTons estre à son aerrice. ^ C. El. ^ #. m. C. 
aoît. ^ C «m mendf. ' C. chercher. 



— 432 — 

iS66« sons susdit et pour la grande affection que je porte à ce 
Norembre. pays , méritant plus que nul autre toute louange pour 
les fidèles , longues et lojaulx services par luy falotes a 
ses Princes et Seigneurs naturels. 

Et ne fault doncques trouyer estrange, ny pour «sela 
prendre les armes , que plusieurs infaabitans du pays de 
par-deçà sont venus à' tomber à autre opinion et se dé- 
dairer ouvertement , Toire contre la volonté de tous ma- 
gistrats » puisque ce n*est chose nouvelle, ains que les 
histoires nous monstrent que depuis le commencement 
du monde telles et semblables diversités ont regaé des- 
soubs plusieurs* roonarches et principal soubs lesPrin- 
ces qui possèdent tant des royaulmes et divers pays et 
estats comme faict Sa Ma*' , conune aussi nous rendent 
les exemples modernes' bon tesmoignaige , et aultant 
moins ^ en ce pays icy, lequel est tellement enclavé aux 
aultres qui ont désjà changé de religion j que , oires que 
tous inhabitans ne eussiont cognaissance d'autre pour 
l'heure de maintenant, que de lanchienne catholioque , 
il ne pourroit guerre durer sans aucun changement , 
puisqu'on peult nullement défendre la hantise et firé- 
quentation des estrangiers , laquelle est tant nécessaire, 
si on yeult que le pays soit florissant et maintenu en son 
entier; mesmement aussy^ qu'on a souffert tout le temps 
des guerres dernières , tant au camp , que aux garnisons, 
les prédications en publicque , dont l'on peult facilement 
penser quel pied qu'il a donné aux subjects de par-deçà , 
et d'avoir' veu qu'on les a autrefois permis au respect 
de la nécessité, considérant quant et quant le peu de 

* k-^ op, — C à chADi^ de rdifioD. * C. tovti. 3 C. de notre tenpe. 4 C. 
plut, s m* a, — C etde Uni plus. * iT»».-- ç«'o«.—- C. ditoonrritts qu'on ne doibc 
pefl prendre tî haolt choie qu'on. 



— 433 — 

jlevoir que les gens d'église et autres ayans charge des i566. 
âmes, ont- faict jusques à maintenant et font encore» Noveinbr«< 
journellement, y aocëdans plusieurs autres occasions , 
trop longues à réciter icy. 

Mais debyons plustost penser , que avons fort bieù 
mérités le chastoi' présent, et rendre grâces à Dieu qu'il 
nous a admonesté jusques â maintenant avecques telle 
doulceur , nous menaçant ung plus grand coup cy-après 
si* ne rendons paine, puisqu'il nous donne le temps et 
les moiens de secourir ce povre pays , avecques telles re^ 
mèdes qu'on pourroit trouver estre tant pour la conscient 
ce, que pour le débvoir et mainlienement delà polide exécu« ^ 
tables, sans le traîner plus longuement ; regardans en arriè^ 
re de nous et nous mirant aux calamités des voisins et 
tous aultres' qui ont eu changement de religion, comme ^ 
qu'ils ont souffert la plus grande désolation^ au commen* 
oement et qu'ils ont tousjours remédié aux misères par 
contraincle et sur la fin , quand les choses estoient à l'ex- 
trémité et à l'abandon , après que la grande plage* estoit 
desjà passée, et penser qu'il nous fauldroit nécessairement 
venir en ces mesmes termes, en cas que n'y pourvoions 
de bon heure, et serons alors peult estre forcés pour' les 
grandes misères et calamités , et contraincts permestre 
chose avecq très grand intérest et préjudice des pays et 
diminution de l'authorité et réputation du maître. 

Puis doncques qu il est plus que notoire et que ung 
chacun auquel Dieu a donné l'entendement, cognoit que 
trop qu'il fault accourrir au remède* , que nous et les 

* l e.C. Ift crois. * si — jmîjm. — C. là où que toaH dm royina Ten loat le 

fMijw de la Chreslientê , qui oot en c]ungea»eiit de rdtgion , ont tonajonrt eu la plu 

grande finrie et plage a« ooonenoeiDeDt, et pxeedre coaraige. 3 D. a. paît. ^ D. 

oomneot. > D. d. et d^eoidre. 6 pla*e (pUig^J. ' D. par. 8 r. — D. r. Moble. 

1 a8 



— 434 — 

i56& Estata* ddbiTfoiait ivait panipiUèreiiie^t c{U0 en géoé^ 
NoTanbre. commencer mectre main à Fowvre et tâcher en iH*en»er 
\ifiu de suplier sa Ma^ vouloir par* provision continuer 
ce que son Al" a permise , voyant qu'il a tant proiifSté 
à^ poser les âmes au cammuii peuple et finre cesser au- 
cunement les troubles , lesquelles fussiont d^jà du tout 
aflsopies.y s'il ne fiist par la dofabteqiû est que sa BKa^^vcwl* 
dra rëvocquer le tout, et que Ton est après de. le point 
plus longuement souffiîr » et^ cela pour les grandesaf^* 
rences des levées de gens de guerre, tant à cheval que i 
pied, quon£ûcticy et ailleurs; car de vouloir maintenaM 
mectre quelque aukre moyen en avant là où que les af- 
fections sont enoores tellement eschauflEéa et alftërés et 
qu'il fauldroit exécuter avecques force, oe que pouiroia 
causer une' nouvelle et plus grande altënition, ne tremp^ 
que^ pourrions tirer aucun prouffit, aina que ddmiona 
plustost trouver moyen de maintenir le pays en repoa et 
tranquillité , tant et si longuement que le bon plaLûr de 
sa Ma*' fust de se trouver en oe pays et donner ordre au 
principal, afEn que n'estant troublé , ny empescfaé d'aneur 
nés émotions , ny aussy de la doubte' d'ioelles, on purne 
tant plus librement vacquer de traictermatièBea si haultea 
et de telle importance de la manière qu'il appaitienL 
Et pour éviter le dangîer , pensant donner ordre ea rer 

' Ici il y a dan* le manmseril D la note tnarginale suivante. Pour les Sio- 
Ifnears, dcbnions instiger les Kstats et les déclarer oavertemtnt estre oestre opi* 
nUm qae eal« eommeoçiMCOt à neHre bmw à Toeafre, tavt e» g^Mml q«*fa |miv 
ficiilicr, et que d*ang conuauD accord tâdiasmes toats par ensemble da sapplier 8« 
Mat^. ' par — trouver mcyren de. C. accorder quelque diose, fust ce PeatreCen'e- 
meotou bien img auUre mojrenunt qu'il ne oausafttoovelk alténtiom et qu'il puisse 
sanrir en preaier lien pour. 3 D. à birt p.^et — eeek, et ab. «fc. •— D. oir de vosbir 
nestre quelques antres ssoiens en ivant. ^ une — gr, D. qatlqui. * D. q«Vft. ' C, 
crainte. 



— 435 — 

medier d*uQg ooustely perdrions plus de Taultre et ainsy i566. 
nous consumerions de peu à peu qu'il n'y auroit après Novembre. 
i|ul moyen de secours , ny de remède ; car il fauldroit à 
mon adm plus que an et jour devant qu'on aura dé- 
cidée la cause principale et prins une resolution arrestée, 
si l'on ne yeult négotier arecq le soing requis. 

Pour venir doncques au principal, ne trouve la situa- 
tion de ce pays estre telle , ny le temps présent le vouloir 
permectre, que nous puissions faire ung monde à part, 
aina qu'il nous fauldra vivre avecq les rivans , et ce 
pays plus que^ nul aultre en toute laChrestienté, nous 
accommodant' nos voisins aultant que faire se pourra. 

Et comme il nous est plus duisable d'estre joincts 
avecques l'Empire, que non paâ avecques aucun aultre 
pays,mesmemement estant le Roy comprins aux sessions 
et comributions du dit Empire , me semble que nous 
nous debvrions tenir conformes aux institutions d'icelluy^ 
aultant que faire se pourroit avecq saine conscience et 
réputation de sa Ma*' (oires qae sa Jlh^ n'a que faire 
d'user de loy ou advis d'aultruy, sinon de faire des or^ 
donnances en son pays telles comme bon luy semblera) , 
ce"* que ne seroit aucunement diminué l'authorité du 
maitre, ains^ servirait grandement à l'augmentation d'icel- 
le et bien de notre pays, si sa Ma^ Impériale fut^ servy 
de y intercéder et que par son intercession on pourroit 
venir à ung perdon général de toutes choses passées, 
oultre ce^ que sa Ma*' Impi* , comme celluy qui a bonne 
cognoissance des humeurs de tous les Princes et estats de 
TEmpire, pourroit mectre tels moyens en avant, qui 

D. «. avec. >«»<--> ains. -^ C. si semble il tontestois qne. ^ D. a. qu'il 
^/ut — interc. — C. et D. se voaisust cntVcposcr. * C, et D. rocsmcinent. 



— 436 — 

i566. pour ladvenir pourrcHent servir à une entière padSca- 
Novembre. tion , point seullement de ce pays , ains de tout TEmpi- 
re ; de quoy pourrions recevoir ung prouffit inestimable; 
car , si les^ moyens peuvent aucunement estre dressées 
avecq leur advis , ne fais double qu'on pourroit aysément 
entrer avecque toute l'Empire en une confédération el li- 
gue perpétuelle contre tous ceulx qui vouldriont enva* 
bir ce pays , et cela à cause qu'il les importe pour les 
grands proufSts qu'ils tirent de la fréquentation et han- 
tise de ce pays, estant en' repos', et pour estre hors de 
la double et dif&dence des practiques de ces grandes le- 
vées. 

""De l'autre coustel semble qu'il y a aucuns moyens par 
lesquels on pourrast remectre les affiiires au repos et pa- 
cification générale, desquels en mectray quelques ungs en 
avant, et pourrast on choisir le plus propre et celluy 
qu'on estimera pouvoir servir de remède. 
I. Et avons en premier lieu le moyen des forces pour 

empescb^ les presches et TeKerdce de la religion, 
a. De bannier tous ceulx qui sentent mal de nostre rdi» 

gion en confisquant leurs biens. 
3. De permectre liberté de conscience, et que œax qui 

se vouldriont contenter de cela, se pourriont retirer 

en dedans certaines termes , leur laissant suyvre l'usu- 

fruict de leurs biens. 
4* De permectre aucun exercice de religion , et ordonner 

en chacune province certains lieux pour cela. 
5. De laisser au chois de chacune ville , Seigneur ou gen- 

' D à ^ jéu liea de cet alinéa , D. pour metLre doDoqaet les ebotei MlicrrenicBt 
aalz termes qa'ilcoDTient, faoldrt oberdier qoelquesaoyeuS) cooMiie il sflnMeqa'îl ja 
plDsieurs, dcsqoe!s il fnaldra choisir le plos propie et eànj qui sevUeni ectre 
eiécatabic. 



— 437 — 

tilhommei ayant haulte justice d'avoir, exercice de reli- t566. 
gion ou point. Novembre. 

6. De permectre seuUement la Confession d*Augspurg , 
défendant toutes aultres religions ^ sinon laissant la 
Catholicque en son entier y sans troubler ceulx qui 
▼ouldroient estre dloelle. 

7. De permectre, oultre l'anchtenne et Catholicque, les 
deux , c'est à dire, la Confession et celle de Calvin, 
comme on a faict jusques à maintenant , tant et si lon- 
guement que le différent soit vuydé entre eulx* 

Et quand au premier point, touchant les forces, ne 
trouve qu on en puisse tirer aucun proufBt , tant pour le 
peu de durée que tel gouvernement a , que pour les grands 
dangiers et inconvéniens qui en peuvent soudre, car on 
ne peult user de la voye de forces , qu'on ne se serve des 
soldats et gens estrangiers, lesquels ne portent aucune 
affection au pays, ains viennent tant seullement pour les 
grandes soldées et prouffits particuliers, et tireront 
grandes sommes des deniers hors, foulderont lepouvre 
homme, molesteront aussi tost les bons et innocens que 
les coulpables , sans respect quelconque ; seront cause 
que les marchans , tant estrangier que oeulx du pays , se 
retireront quand et leur richesses, comme on a bien veu 
qu ils ont aultrefois voulu faire pour moindres occasions, 
comme pour Terection de l'inquisition , des nouveaux é^è- 
chées' et semblables nouvellités; empêcheront qu on ne 
pourra s^ bien résister au Turcq qui* a desjà prins ung si 
grand piet sur les frontières , pour, la grande , défidence 
que les voisins , Princes et estais de l'Empire, pourroient 
concevoir , et ne gaignerast on aultre chose que de faire 

' D. ETcsqaes. ^ 7M1 — p. concevoir. — D. et mooTeront grindcs dcIBdonces des voisins. 



— 4^8 — 

1 566. cesser quelque temps ces prescfaes pubUcques , mais quand 
Nov«nlH%. aux conventicules^ ne pourra guère servir, puisqu'on a 
veu le peu qu on a proufiSté pardeçà' par Textréme force 
et rigoureuse exécution; enfin ne serviront d'aultre cho- 
se 9 que* dappaiser et contenter l'ire du Roy et pour sa> 
tisfaire aux appétits et envies d'aucuns particuliers , les- 
quels, estant mari du bien et prospérité du pays , ne tâ- 
chent que de se venger et d'avoir charge pour flaire leur 
main aux despens d'aultruy , ne se soucyans que le pays 
soyt ruyné à jamais , et qu'ils seront cause de la crierie et 
lamentation de tant de mille de violement des £nnmes et 
des filles et de la pouvreté de ceulx qui resteront , les- 
quels sans faulte demanderont vengeance à Dieu* 

Quand au deuxiesme, oires qu'il semble raisonable, 
pour estre le subject obligé de porter padement toutes 
les ordonnances et commandemens du maître , si est ce 
toutefois que l'on peult facilement considérer qu'il âche^ 
roit merveilleusement plusieurs de abandonner tout leur 
bien , et aymeront mieulx de souf&ir la mort que de 
laisser^ leur religion et patrie , descMte que retomberions 
au mesme inconvénient que dessus , qu'il fauldra prendre 
les armes. Oultre ce que serons par là quicte d'une granr 
de multitude des inhabitans et voire des principaulx, des- 
quels dépend la manifacture , sans laquelle le pays vien^^ 
droit à néant, pour estre le marché de toute la Chrestienté^ 
lequel ne se pouroit maintenir , si ce n'est par la multitu* 
de du peuple, aultrement la place du marché demeure- 
rast bien , mais personne n'y viendra , de façon que le 

' p. — par C, — D. beaucoup des années en ça avecqnés ceste. * que — roi. — 
C. dan dcn Kônig scinen malt zae(appaiser) kaelen. Le motap^ûaerêst éeriiaa du' 
sus de kaden. ' d, l. C. d'nbandanner. 



— 439 — 

peuple qui i^estera ne se pourra maintenir ^ n'estant au i506. 
pays tel croissant pour le nourrir. Novembre. 

Le troisième seroit encores plus raisonable ; mais se* 
sera le vray moyen , voyant que les choses sont venus 
desjà si avant (t) entre les inliabitans du pays de toute* 
HK^te de gens, de nourrir pardeçà toutes les sectes et hé- 
résies du monde y meotre la reste en ung athéisme y qui ne 
peult oaus^ que désobéissance sans aucun respect, puis- 
t{u on ' scait qye ceull qui sentent mal de la religion ca- 
tholioque ne Vouldriont jamais avoir affaire en nos ëgK- 
^f% et mourefont tous ces gens comme bestes brutes ; ainsi 
tbttibèrotas^ au lieu d'atoir mis le remède, an plus grand 
tnal (a). 

Quand à pennectre quelque exercice de la religion, 
Bcsit fort l»en que Sa Ma*^ n'y viendra jamais volontiers , 
et qu'elle aymera mieuk perdre une grande partie de 
0Ba pays , que de faire diose que pourroit tendre au 
préjudice de la religion anchienne , mesmement que au- 



(i) si avant. £n effet les choses «voient marché; car en mai 
c'étoit là tout ce qu'on osoit demander: « Dat een iegelyc sal 
» moegen leven , naer 't getuîgen van synder conscientie , bînnen 

* synen huyse. » Te Water^ IV. t38. 

(a) maL C'est ainsi qu'en Fraiicef en i36à-y. on répondoil, 
d'après les avis du Chancelier de l'Hôpital ^ aux fougueux Catho- 
liques : c Die Aufgabe sey gewesen aus mehren Uebeln das klein- 
» ste zu wâhlen ; und weil nun die Ausrottung der Buguenotten 
» ungerechty ja unmÔglich erscheine , und eine vôllîge verweige- 
» rung ailes Gottesdienstes zum Àtheismus fûhre, so musse nian > 
» bis zu voltiger Aussohnung, zwey Kirchen nebeneinander dul- 

* den. » V, iiatanery Gâseh, Biir^ II. ftao. 

' puisque on — gr.mal, C. car repousserons le venin et le chancre dedans le corpst. 



— 440 — 

1-S66. CUB9 grands potentats seront de la nesme opinion , et 
Novembre, tout son Conseil, tant d'Espaigne, que de pardeçà, ne 
seront jamais de cest advis^ les ungs pour leur particu- 
lier, les aultres pour point cognoistre les humeurs des 
inhabitans de pardeçà, ny la situation du pays: mais 
voyant le pouvre pays tant malade et prest pour se per- 
dre , me semble qu il fault regarder en arrière de soy et 
veoir de quelle recepte que nos voisins , estant attaincts 
du mesme mal, en ont usé; car encores qu*il ont essayé 
tous les moyens du monde pour éviter quelque esLerdoe 
d'aultre religion, ont esté contraints à la fin avecque$ 
force , puisqu'il n y avoit remède de chasser ces opinions 
hors des entendemens de ces gens , de permectre quel- 
que chose , et le tout pour éviter plus grand mal , voire 
rentière ruine de tous les gouverneurs et policies, et con- 
sidérer principalement quels voisins que nous avons, et 
que Sa Ma*^, estant Prince tant puissant, ne peult jamais 
estreasseurée d'une paix certaine aveoques eulx, et' que 
advenant une guerre, nos ennemis se pourriont servir 
des bannis , lesquels ayans cognoissance des secrets du 
pays , les pourront rendre grand service et cela avecques 
tant plus grande affection , pour l'espoir qu'ils auriont 
de retourner à leur bien; d'aultre part, que serions bien 
mal asseurés de ceulx qui demeureront dans le pays 
avecques contrainte, sachans la grande peste que c'est 
quand il y a un traistre dans une ville ou camp et les 
dangiers qu'on passe pour le mal qu'il peult faire. Je 
laisse doncques penser en quel hazard qu'on seroit, ve- 
nant une guerre , de plusieurs inconvéniens , car aurions 
i'enneniys devant, derrière, voire parmy nous , et ast on 

I C. e. à cr«indr«. 



— 441 - 

de tous temps expérimenté, qiie diose contndnte cer- i566« 
che toosjours tempa et lieu pour s'en desvelopper et NoTemlnrs. 
pxindipalenient au faict de conscience. 

A raison de quoy et pour éviter tous ces maulx et in* 
coiivéniens^ ne scaurois estre d'aultre opinion, sinon 
de mectre en ayant à Sa Ma^ dès maintenant, de vou- 
loir adviser sur le 4* ^ S®' article et prendre ung de 
oeulx là, ayecque telle limitation que"* Sa Ma*' pourroyt 
faire adjoindre; car y ayant pensé, discourru au long le 
tout et pesé Tung et Faultre, ne scaurois en vérité trou- 
yet aultre moyen que ung des dit^ poincts pour faire 
une fois fin de tous ces misères et remectre les choses à 
qudque repos, s'approcbant le plus près que^ faire se 
pourroit, à l'Empire, bien entendu qu'on ne toucheroit 
nullement aux biens , personnes ou églises Catholicques , 
sinon les laisser en leur entier , sans y faire aucun chan- 
gement, et semble qu'on gaignera beaucoup plus par ces 
moyens^ que non pas par les forces ou rigeur, oires^ 
qu'on pourroit alléguer, que personne* ne scauroit 
mectre à Sa Ma^ tels moyens en avant sans blesser 
sa' conscience, ny Sa Ma*< moings les souffirir* sans 
&ire directement contre la siene; si ùlvIi il toutesfois 
penser qu'il ne comple* aucunement de laisser perdre 
etruyner ung tel pays, et que ce seroit la plus gran- 
de charge de conscience du monde (i) , tant pour Sa 
Ma^, dessoubs l'obéissance de qui Dieu l'a constitué, que 

(i) Ici le MS. C commence à beaucoup différer: voyes 
cUaprès» 

■ C 4. 5. 6. 7. , pÊ&'^amir^^'-C, qa'oiitroiiteroit requise; car pour faire une 
diOM fiable et de durée. 3 dii — repcs, — Ci quatre deraiers points. ^ qme — à.— 
qu'on poarroît anli façons de ritré de V. ' C II est vray. ^ C. les estais. 7 C. 
leur. ^ C. accorder. ^ oonvient. 



— 442 -^ 

tSôS. potit «^euli qui Mmt oblige de remdndtrar à Sa Hi^ e& 
N«yviHiilMii. i|ué convient pour k oouservattoii d*icellny pays^ d'eir 
avoir aultre soing et le laisser au perU de se perdre; xmt 
c*est chose asseurëe ^iie^ si le pays est une fi^s perdu, que 
la religion anchienne sera en grand hazard , sans espoir 
aussi de la recouvrir si tost ,et sera' ^ à mon jugement, 
moindre charge de conscience d'accorder quelque exsiS 
dce de religion limité , comme dict est ^ que non pas de 
venir à ces extrémités et remèdes mal asseutées et par là 
éàtre cause d*une si grande effusion de sang , tant d'ung 
cousté que de l'autre^ et de plusieurs aultres maulx imm- 
mérables* 

El ne debvToit on &irè grande difficulté, à mon advis, 
en ce temps tourbulent , de soufiHr aucunement quelque 
eterdse d'aultre religion que la nostre , moyennant quil 
peult servir de remède, puisqu'il est certain que taulle» 
secte, ny opinion sinistre peult estre de durée, ayftttt 
mesmement Fevemple de la secte d'Arius et aultres er> 
reurs devant les yeulx: lesquelles, oires qu'dles edtiont 
condamnés et rejectées pous méchantes, si ne furent el- 
les pas toutes fois contraintes par force , pour éviter plus 
grand inconvénient; ains pour h 'estre de Dieu, après 
avoir bien durées , ont esté supprimées i la fin et aboliea 
par la diligence, soing", debvoii^ et bonne doctrine des 
gens scavans et experts aut escriptures sainctes, sans 
' aultre force et avecques très grande corrobération de la 
yraye religion chrestienne. 

Voyant doncques que une grande partie de nostre 
peuple si est adonné à autres opinions^ que sa Ma*^ n'en* 
tend vouloir endurer pardeçà , et qu'ils les prennent telle- 

' D. teroit. 



— 443 — 

mont au omxc^ qu'ils iront pluMOM au bout da tnondd, t56& 
Toire bazarderont leur propre Tie> que de se làkaér Noircmbre. 
contraindre à faire cbose qu'ils estimeront estre contrai- 
re à leur dit opinions, fSauldroit mieulz d'user pluitost 
des mesmes remèdes, comme on a faiot en ce temps là, 
et mectre tel ordre, afiin qu'on puisse remectre les des- 
Toyës avec le temps en ' droict chemin , comme ne fiûot 
doubte que ajsément se pourra faire, moyennant que 
oeulx qui en ont la charge, veullent rendre tel debTOÎr 
oomme ils sont obligés , et acquerra Sa Ma^ par là une 
louange et réputation non pareille et accroistra la bonne 
renommée qu'elle a eu toute sa yied'estre Prince béning , 
gaigneralé ceur de ses subjects, mectra ses estats à repos , 
et sera sans faulte plus respectée et obéye qu'elle tie fbst 
oncques, et là où Sa Bla*^ en vouldroit user aultrement , 
serons nous aultres (pour l'avoir ouvertement remonstré, 
tout ainsi que le trouvons en saine conscience , et faiet 
nostre debvoir) déchargés devant Dieu et devant le 
monde*. 



Ce qui suit est ladouble eontinuation (voyez la remarque p^ 44 ^O 
du Manuscrit C. — La première se trouve en margeu 



Car, estant le pays perdu, la religion seroit bien perdue 
et sans espoir de le jamais recouvrir, et que Seroit moin- 
dre charge de conscience d'accorder quelque exercice 
de la religion limité, et que Sa Ma^ serast cause de plus 
grands perdition des âmes^ tant d'ung cousté que d'aul- 
tre, en usant des forces, que non pas en permettant quel- 
que chose, comme dict est, et ne peult faillir que les 
sectes et sinistres opinions se perderont d'eulx mesmes, com- 

* D. au ^D. m. le remettant à Lay d'en ordonner selon si Toloiinté diTÎne. 



— 444 — 

* 

i66Ç« me on aveudutamp^des Arius, quia duré et anireB plu- 
Novenbr». ûeurs, lequelles eslaiit par la diligence et debrw 
et bone doctrine des gens d'église et scayans desooo- 
▼ertes et congnues et par ces moiens remis au droit 
chemin. Parquoyfauldia plustost user des mesmes voies, 
et gaignerast Sa Ma^ une réputation perpétuelle derant 
touts autres Potentats , d'ayoyr remédié touu ces maulx 
par douceur et avoir par là effectué plus que les autres 
n'ont sceu fidre avecques leurs forces, qui servirast pour 
augmenter la bonne renommée que Sa Ma# ast e» de 
longtemps d'estre Prince béning. 



Mais puisque nostre religion est tant ancienne et de si 
longtemps approuvée et obserrée, ne fruit estre mari 
d*estre assalli daultres opinions, ains estre bien aise de 
avoir acquis lopportunité de pouvoir monstrer devant 
tout le monde la nostre estre la mieulz fondée, et que 
pourrions confondre les adversaires avecques toute doul- 
ceur, sans vouloir défendre notre querele à coups de 
points ' et avecques armes , comme font les Turcqs Ethni- 
ques* et touts ceulx qui se sentent en leur cause mal fon- 
dée. De admirer aussi l'exemple de l'Empereur Constantin, 
appelle le Grand, desoubs lequel se leva la secte Ariane, 
laquelle s'advenca de telle façon qu'il y eust des Honar- 
ches , Princes, Eve&ques et aultres gens prindpaulx, et du- 
ra trois cens ans ; toutesfob, pour n'estre de Dieu , cessa 
d'elle mesme sans aulcunes forces. Ainsi voiant que nos- 
tre peuple ast conceu des divers opinions en la teste, les- 
quels ne se peuvent arracher, sinon par milieures et à 
longuesse de temps, pourrions user des mesmes remè- 



~ 445 -^ 

des, et aiant remis nostre peuple à repos et après i|$tre iS66.' 
asseuré d'une obéissenoe quant au £dct poUiûque , les NoTembre. 
laissants ayecques leurs opinions et aulcung exercice 
limité , on les pourroit rammener au droit chemin avec- 
ques le debroir, soing et diligance que ceulx qui ont 
diarge des âmes et qui ont la doctrine et exemples des 
escritures sainctes: car, si (i) leur opinions sont mauTaises 
et fiiulses, se fonderont comme la naige au soleil, avecques 
leur très grande honte et ingnominie et contre Thonneur 
et corroboration delà nostre. 

Voici encore quelques pages écrites par le G>iiite Louis ; sans date 
et sous le titre suivant : « Mémoire d'aulcufigs articles qui semblent 
» avoir esté occasion de la diffideoce et soupson que Son Alt. penlt 
» avoir conçue de ses subjectsde pardecà.Et les subjectsà rencontre 
» dé sa Bla*^. — Item\eè raisons da désordre de ce temps à présent en 
9 ses pais. — ^Ttercement et pour le dernier le remède pour redresser 
» les deux' poincts icy devant. » C'est le commencement d'nn 
Discours du méme^enre que celui que noua venons de donner» 



Premièrement il est notoire quelle grande afiPectioii et 
amour les princes naturels de ces pays ont tousjours por- 
tes à leurs subjects et vassaulx, et ayecques quels beaulx 
et grands privilèges et honneste liberté ils ont doué les 
dicts pais, qui n*ast pas seulement esté occasion de aug- 
menter les pais en toute grandeur et opulence , mais ren- 
dre les subjects esclp.yes d*une affection , amour et fidé- 
lité vers leur Princes , dont est procédé, oires que lesdits 
Princes n*estiont de tout à équaler aulx forces de leurs 
Toîsins et grans ennemis quils ont eu, quils ont toutes- 
fois maintenus contre touts et défendus leurs subjects de 

(i) sL Conjonction conditùmellej employée aussi par le sage 
Gamaliel : Actes d, Ap, eb. 6. v. 38^ 



-- 446 ^ 

iS66« toi|i|is iavamns , 9««ia que leur» emifiniit ont fumi» aoeu 
Ifayeiiriv^ iivoir grand avantage aur eulsi «I le tout pcmr W muI 
axaour et fidélité de leura stibjecta, 

E( pour qa faire longue lecîte du passé, Fou peult hà* 
lemeDt voire qi«el devoir qu'ik ont faiots à l'Empeieur 
Charles de tjrès haulte mémoire aulx dernières guerres de 
piffdi^à y Umt que par le mesme jugement de sa ditte Ma^ 
ift la Bjeui0 (i) fust estîmé une chose mal possible que 
ses estati d*icy se pqurriont plus maintenir contre les 
forces d*ung Roy de FrancQ, tant pour la grande perte 
qu'ils firent au commeneement des navires surprinses^ 
que de la grande inondation de Féaux', aussi pour les 
grandes domages soufferts d'ung' coustétant des enemis 
corne pour le passage , foules et mangeries de nous genz 
de guerre , . mesmes et aussi pour la perte de tant de 
pîoniers et cfaevaulx de l 'artillerie et munition. 

fin oultre pour les grandes et esEcessives aides lesqudz 
ils aviont librement accordés à sa dite Ma*', semblable- 
ment tant des prêts et obligations particulières. 

Que fust cause que jugent sa ditte Afa^ n estre possi* 
Ue de se pouvoyr plus longement maintenir y et qu'ih 
aviont plus faict que ne poioint' porter, se délibéra de 
Ven aller en Espaigne et laisser icy le Roy son filz , leur 
recommendant son filz et les requirent de vouloir ensuiirre 
la mesme affection à Tandroit de 1 uy , et les remerciant aveo- 
ques larmes de tant de devoirs qu ilz aviont usé env^s luj. 
Enchergant réciproquement à son fils de les ain^r et en- 
tièrement se confier en eulx , les gouvernant en toute doul* 
ceur. Ainsi que tels bons et loiaulx vassaulx méritoiut* 

(i) Kwie. Marie y Reine de Hongrie. 

■ da (7), * pWToieat. 



— 447 — 

I 

Ce que Sa Ma^^ pramîet et ne 9iimj»t eeiikmeiB^ le |566, 
oommaBdement ei admonîtioii de «on père , aina dEfe^^ lYovçmbr^ 
QQiiime Prince douloe el de^ aon naturel béning (i), de lea 
(çouveroer el maintenir aTecquea une confidence taai; 
amiable, de Borte qu'il fiât ineoAtinent ung Conaeil d'ea»* 
tat deaouba Tobéiasanoe de Mena' le Duc de Savoj^ là 
qù il ordonna la plus grande part des Gouveraeurt et 
chevalliers de son ordre, ce qui amma teUement touta 
ifa aubjects de pardeçà , que proposant Sa Ma^ la néees- 
ailé en laqudJe il te trouYoit y les requirant de luy toiv« 
loir assister de mesme affection comme ils aviont &iQia 
aux prédécesseurs , et Toianta aveques quel amours et 
sellicitude que Sa Ma^, sensespargner sa propre persone^ 
•mbrassoit les affaires pour défendre les pais des iuT^** 
amos des ennemis , et la fiance qu'il avoit auU sing^ieura 
et estata, remettant entre leurs mains d'aviser }ea 
Bioi«Ds tels comme ils trouveroint estre requist ; l^i^ 
donna uiig tel courage, qu'ils s'efifordont de faire une 
diiose tant dififidUe et quasi impossible legiere et bien 
possible, et par edmmung assamblëe des estais accorda- 
pent telle somme dont Sa Ma^ eust tant de victoires et 
une réputation à jamais. En quoy les singeurs et gentisn 
komes firent tel devoir tant de leur bien que de leur 
eorpa , oome il est notoire» 

Et ne monstra pas seulement sa ditte Ma*^ teste [con* 
(i) béuiag. Le chapitre de la Toison d'or (et d^ns d^ rémnîqiiA 
pareilles oiei avoit coutuyie de dire très libreipent aux Princes leurs 
véprit^J « ^ouva que Philippe II réunissait plusieurs bonnes quali- 
» tés y et nommément qu'il était clément, affable , magnanime, hum- 
» ble , libéral, et grand justicier, yt* Histoire de V ordre de la Toison 
d'Or peur M.de Beiffenberg ÇJwun^ d. Savons f i834,p> 5^.) Voyez 
aussi ci-dessus , p. 443, 1. la. p« 444» 1* xx» ^P* 448> !• 10, i3. 






— 448 — 

i566* sdniiigté']bënévolenoe à ses subjeots , mais aussi à toats 
Nofembre, estnngiers dont il poioit biai vanter que c'estoit le 
Àrinoe le plus voulu , craingt et redoubtë. Que fîist aussi 
cause que Sa Ma*' parvient tant plus Ceicilenient à ane 
pais tant favorable, scadiants les ennemis que se condui- 
sant Sa Bla*' en ceste confidence envers ses subjects et ai 
la grande douloeur et familiarité aveoques les estrangiers, 
ils le teniont pour invincible. 

Hais si on Toseroit dire que Dieu , envieulx de tant de 
bien que ces pais aviont d*avoir recouvert ung tel Prince, 
ou pour nous chastier de nous grands péchés, resusci- 
ta quelques envieulx de nostre félicité et de Tamour et 
affection que Sa Ma^ nous portoit, mesmes par le dd>- 
voir de ses subjects de pardeçà il avoit recouvert une re* 
nommée immortelle, non seulement en ces pais, mais 
par tout le monde ; lesquels commençarent luy impiûner 
que le bon ordre qu'il avoit donné au gouvernemoit des 
aCEfliires de pardeçà, estbit entièrement contre son aucto- 
rité. En oultre luy metantz plusieurs inventions en avant 
pour recouvrir deniers , jamais veu ne usité pardeçà» 

Itemy voiants que le pais estant si dénué et dépourveu, tant 
de l'argent que des moiens, luy persuadoint qu'il les pom> 
roit mettre en tel règle comme il luy plairoiL Et qu'il falloit 
mieulx n'avoir aulcung pais que d'en posséder aveques si 
grandes libertés, à cause qu'il se fiiUoit rapporter tousjours 
k la discrétion de se^ estats , en temps de nécessité. 

Item y de mettre estrangiers aulx fortresses et cela 
pour tant mieulx tenir en subjection ceulx qui vouldriont 
contredire à l'ordre de leurs envieulx. 

t oootionislé (?) pow cootiniiité, comma maaraittSé pmr ndcfiaiioeté fS. JE, 
m, p, ê, durant tout cet espace de tempe). 



— 449 — 

Aussi qu'il n*estoit pas séant à ung tel Prince d*avoir i566. 
ung tel Conseil de tant de Gouvemeurs et chevalliers de Novembre. 
Tordre , ains qu'il luy appartenoit de commender absolute- 
ment sans avoir Conseil [famie] en ne prenant advis sinon 
de ceulx qui lui plairoint. 

De là luy firent entièrement desgouster l'assemblée des es- 
tatS'^énéraulx , allégants que c estoit de le mettre en tutelle 
et luy oster touts moiens de pouvoir commander pardeçà. 

Semblablementde mestre discorde et envie entre les Sin- 
geurs y en faisant bone chière à aulcungs , pour , intromes- 
tre ceste envie et par cela oster toute unanimité et accord ; 
et en cas que Sa Ma^ ne fisse cela, qu elle poioit bien faire 
son conte qu'elle ne jouiroit pas longuement de ses pais. 

Ce que venant en congnoissance des subjects , par 
ce que plusieurs ministres teniont ouvertement tels 
et semblables propos y pensants desjà avoir mis toutes les 
choses en ces termes ci-dessus , pour avoir faict venir une 
Princesse parente de Sa Ma^, qu'ils scaviont qu'elle seroit 
respectée , comme la raison le veult , et que sur son auc- 
torité les envieulx estants unis, ceulx qui estiont mis au 
principal gouvernement , eussiont peu introduire les cho- 
ses selon le desseing qu'ils aviont imprimés à Sa Ma''. Et 
sur ceste vaine espérance firent partir le Roy sens don- 
ner nul ordre que ce fust , qui eusse toutesfois esté fort 
nécessaire et bien requis , scachant que par longues guer- 
res il ne amènent quant et eulx sinon grand dessordre en 
toutes républicques , soint sie bien ordonnés qu'ils pour- 
riont. Mesmement demeurants les gens de guerre sens 
estre paies , les villes mal basties et munies , nul argent 
et moins de crédict, touts estats et villes chargez et du 
tout en arrière , et beaucop des gens mal contentz de 



— 450 — 

1 566. leur bien gasté , perdu , et entièrement ruine tant des amis 
Novembre, quedesenemis; avecque le temps promettants de bien faire 
exécuter leurs mis en avant. Ainsi pour le premier firent 
tant que Sa Ma*^ se resolvast de laisser icy les Espangnols 
sur prétextde soulager le pais de Tentretenement des guar- 
nisons ordinaires , ce qui causa incontinent une grande 
soupson au pais , comme si Sa Ma*' n'avoit aulcune fiance 
à ses subjects, daultre part quils craindiont qu'ils pour- 
roint estre traictés en la subjection d'Italie , ou tomber 
en aultre servitude , comme eulx mesmes le disiont bien 
ouvertement, par où les estats, craindantz ces incon- 
véniens , furent esmeus de faire requeste à Sa Ma*^ pour 
en estre quiets, ce que les envieulx prindront inconti- 
nent à leur avantage, mettant en la teste deSaMa*^ 
qu icelle s'apperçoit asteure par - expérience ce que 
eulx aviont préveus et discourru à icelle piir ci devant, 
que les estats contrediriont à tout propos au désir et vo- 
lunté de Sa Ma*^ £t que pourtant il fauldroit chercher 
tous moiens pour les brider sens leur laisser tant de li- 
berté, et sur toutes choses rompre ceste généralité. 

Et come ilz veioint que cela ne se poioit practiquer 
avecques le consentement des estats , donnirent. . ' 



t LETTRE CCXXXVIL 

Lé Prince d'Orange au Landgrave Guillaume de Hesse. 
Ses intentions relatiifement au Duc de Saxe- fF'eimar; 
motifs qui l empêchent de se déclarer pour la Confes* 
sion djiugsbourg; dangers des Pays-Bas. 

.... Erstlich sovil unsern vorschlag mit den Herzogen 

■ l'écrit (OU, peut'être la copie atUographe) en est resté Ih. On Ut rncore en 
marge: aveugler les Singneurfl, les mettre mal aveques le penplc. 



— 451 — 

xu Sachscn-Weîmar belangt, so versehen wir uns e? i566. 
werde Graff Ludwîg zuw Wittgenstain E, lu andersnit be- Novembre, 
riclit haben dan das solichs toi allen dingen mit rath und 
Torwiszen des hernn Churfûrsten beschehen und zn sei^ 
ner 6n. gefallen und guttdûncken stehen solte, ob 
solicbs furters bei dem Herzogen zuw Weimar gesucht 
werden oder binderpleiben solte. Dan dieweill wir in er-> 
fahrung kommen weren , wie uns dan auch E. L. zuge- 
scbriben, das die misverstande zwûschent' baiden Gbur- 
und fûrstliche heuszem zu Sachssen je lengder je un-* 
freundlicber wurden , so haben wir die vorsorg getra^ 
gen es mochten etwan frembde Potentaten die Herzogen 
zuw Weimar und iren anbang in dieszer unruhiger zeitt 
ahn sich ziehen und sië also in solcher unfreundschafFt 
und wiederwillen lengder erhalten und stercken. Damit 
nuhn solchem vorkbomroen , auch die irrungen wieder 
in einen guten verstandt und betrawen gebracht wûrden, 
so haben wir baiden Heuszern zuw eherenund gutem ausz 
friediiebenden getrewen gemuet, ufF solche wege und 
mittel gedachtund dieselbigen vorgeschiagen , wie sie, 
unsers einfalten , nach gelegenheit dieszer zeitt etiicher 
maszen verglichen und kûn£Ptig wiederumb beszer be- 
freundet und verainigett werden mochten. Doch ist unser 
gemuet und maynung nicht geweszen das solichs , son- 
der E. L. und Ires herm Yattern und fûrnemblich des 
herm Churfûrsten rath und Torwiszen , gewerben werden 
oder beschehen solte. So hatt uns auch under andern 
hierzue bewegt , das , durch solche reconciliation und 
versonung , ander (rembden Potentaten und unruhiger 
leuthe gehaimbe practiken und anschlage, die sie dem 

' zwiscbea. 



— 452 — 

1 566. hailigen Reich, auch diszen landen , der gemeinen Chri&t. 
Novembre, lichen Relligion halben , zuwieder treiben j gehindert und 
denselben gewehret werden niochte. Das also ufF allewe- 
ge Yon uns nichts anders als b<^stendige freundschafft und ai- 
lenthalben ruhe und frieden bedacht und gesuchtist wor- 
den. Da nuhn £. L. diesze sachen anders hetten ein- 
genhommen und vermeinten der herr Churfurst wurde 
sie etwan auch also ver^tanden haben , nemblichen das 
wir, hinder seiner Gn. Torwiszen, mit derselben wie- 
derthail etwas hetten handlen laszen wollen , so bitten 
wir freundlichy da E. L. solichs yorkhommen wùrde ^ 
das £• L. der sachen zu gutem ire Gn. dahien be- 
richten helfFen wollen, wie wir £. L. itzo vermeldet 
haben, dan wir wolten uns ungem mit seiner Gn. 
wiederthaill , ohn derselben rath und bewilligung, in 
einige handlung einlaszen , nachdemmahl wir uns schul- 
dig erkhennen und anders nichts begeren, dan seiner 
Gn. aile dhienst und wolgefâlUgen willen zu erzaigen , 
auch seine Gn. ungern ursach geben wolten, das sie 
solche yermutungen von uns gewinnen solten* . . . 

Was uns dan E. L. der Predikanten halben vorge- 
schlagen , das befinden wir woU und treulich gerathen , 
und wolten das wir s dahien befïirdem'und brengen 
konthen. Es beruffen sich aber die Predicanten uff die 
erste Augspûrgische Confeszîon, die weilendt Kaiser Karo- 
lus dem fûnfiften von den Ghur-und Fûrsten zuw Augs- 
pûrgh in originali ist ûberandwortt werden , und berûh- 
men sich das sie dieselbig lauter und rein dociren und 
bekhennen (i) jand wollen dabey und denn Propheti- 

(i) bekhennen. C'est ainsi que l'Electeur Palatin approuvoit 



— 453 — 

schen und Apostolischen schrifïten , auch dem Symbolo i56*6. 
Atfianasu und was ferner inn denn ersten vieren Conctliis Novembre-, 
nach eynander bestettigt werden ist, stehen und pl^iben 
und mit Lheiner weittern Apologien oder erkierungen 
zuthun haben. Sie wollen auch keine Cerenionien , nocli 
dennahmen der Augspûrgischen Gonfeszlon gebrauchen ^ 
auch die Apologiam so der Augspûrgischen Confeszion 
angehefftet, nit ahnemen, noch sich nach derselben 
richten. Das wir besorgen , dieweill wir uns hiebevhor 
hiemit mehrmals bemûhet haben und nichts erhalten 
konnen^ sie werden nachmals von solicher opinion 
schwerlich zu bringen sein. Und ist laider zu erbarmen 
dasz diesze hehrliche und schone landen umb solicher 
ursachen willent so jammerlich ûberzogen und verderbet 
werden sollen , da sie doch sunst der Kon. Mat. , aïs 
irem angebomen herm, aile gehorsame treuw, volge, und 
dhienst zu erzaigen geneigt seint. Und solten diésze lan- 
den, solcher ursachen willent so erbarmlîchen verhehe- 
ret^ auch in schwerer dhienstbarkeit gestecket, und dem 
Babstumb uffs new underwùrffîg gemacht werden, so 
haben £. L. vernûnflPtig abzunehmen zuw was abbruch 
solichsdemgantzenheiligen Reich Teutscher Nation und 
allen umliegenden Reichen und landen gereichen , auch 
was der Augspûrgischen Confeszion verwanten Chur-, 
Fûrsten und Stenden vor ein nachtheil und verkleinerung 
hiedurch cndstehen wurde. Derwegen deucht uns, uflf E. L, 
verbeszerung, hoch vonnothen und gerathen sein dasz sich 
£. L. und ander Ghur-und fûrsten diszer sachen und 
landen bei zeitten undemhemmen und solchen hoch be- 

aussi la Confession d*Augsbourg , en désapprouvant les modifica- 
tions et les interprétations subséquentes. 



— 454 — 

i566. schwerlichenkriegundbluettbatt, endtweder durch eine 
Novembre, gemeine vergleichuag solcher opinionen oder in ander 
wegen und mittellen , Torkhommen und solichs jamer- 
lichs verheheren und bluettrergieszen yerhûten nnd ab- 
wenden hûl£fen. Daran wurden £. L. vors erst ein Crût- 
lichs seliges werck Terrichten^ damach auch der gant- 
zen Cristenheit und sonderlich uns und dieszen landen 
eine solche gnade und freundschafft erzaigen y die wir die 
tag unsers lebens umb £• L. nit wiederumb yerdhienen 
Lonthen. — Darumbbittenwir Ireundtlich E. L. wolien ir 
diesze hochwichtige sache mit hochstem yleysz angelegen 
sein laszen, und derselben also nachdencken wie E. L. ahm 
besten befinden , das die Ehr Gottes und gemeine rhue , 
friede und ainigkeit gestifftet und erhalten werden 
môge. 

Wir bedancken uns auch kegent E« L. ires getrewen 
raths gantz freundlich , das sie vor guet angesehen und 
uns geschrieben haben das wir uns der religion halben 
erkleren und uns zur Augspiirgischen Gonfeszion of- 
fentlich bekhennen solten ; Und weren solichs zu thun 
und £• L. in dem zu yolgen woUgeneigtt , dan wir des- 
zelbig bey unsohnedasverlengst' bedacht : so liegt uns 
aber itziger zeitt im wege das wir ioi hailigen Reich und 
sunstet allenthalben ausgetragen und beschuidigt wer- 
den , das wir der Galrinischen lehrverwand seien, und 
haben zuw dieszer mutation und Kirchen- stûrmerey 
haimlichen rath und that gelanget. 

Ob wir uns nuhn gleich zur Augspûrgischen Gonfes- 
zion erkiarten y so wûrde uns doch nit glaubt werden , 
sondern mûsten gleichwoU den Galvinischen nahmen 

' Toriàngst. 



— 455 — 

behalten , und wûrde uns sovil desto steiffer zugelegt i566. 
werden das wir aller diszes handela ein ursacher und NoTcobre. 
8ti£Etergeweszen weren,und stûnde also zubeaorgendas 
uns und diszen lànden durch solche unser erklerung, 
yil mehr unraths und gefhar, als hails und gutu endaie- 
hen mochle. 

Und mogen uns E. L. woll vertrawen, daswirder 
Galvinischen lehre nit zngethan, nochanhengig seint; 
das wir aber auch des underschiedts halben , der zwischent 
der Augspùrgischen Confession und Cali^imïehr ist , gem 
sehen solten das sie und diesze landen derhalben ûber- 
zogen und in ein solichs gefârlichs bluetbad gefûret wer- 
den solten, das bedùnckt uns auch weder recht, noch 
CrisUich sein(i). Derwegent wolten wir gem das dieszem 
underschiedt durcb guter berm und fridsamer leuthe 
underhandiung geholffen und aile krig und bluetvergies- 
zen verhûtet werden mocbten. 

Fûrs ander, so hetten wir auchzu besorgen das sich 
khein herr mehr in diszen landen , der religion halben , 
erkleren, sondern hinderm strauch mochten pleiben hal- 
ten ; soit nuhn das beschehen , so wurden wir allain ste- 
hen und uff baiden , der Romischen und Galvinischen 
seiten , in misztrauen gerathen* Und ob uns gleich solichs 
woll zu bedencken stehet, so soit uns doch disze yermu- 
tungen Ton unser erklerung nit abhaUen , wann wir nit 



(i) solten. Le Prince expose sans doute ici ses véritables sentimens. 
Il étoit attaché aux principes Chrétiens , à la Foi Ëv&ngélique, et ne 
croyoit pas que les divergences d'opinion relativement à la St^ 
Cène (voyez Tome I. p. m 6.) fassent un motif valable pour 
oublier la charité qu'on doit aux frères en Christ. 



— 456 — 



iS66. Tiil mehr besorgten das, nachunser beschehener erkle* 
Novembre, rimg, die Galvinisten ander auszlendischer herm hûHF 
und beistandt suchen und dieselbigen ahn sich hencken ' , 
auch Yor sich selbst u£f ungebûrliche mîttell gedencken 
wurden , wie sie ire relligion mit gewaldt erhalten oder 
ftunst ein ander lermen anricbteo mocbten , dardurch der 
Kon. May. piUiche ursache gegeben wurde diesae landen 
und also die gemeine relligion mit gewalt zu ûbernehen 
und zu dempfen , dabey dan wir, aU der alzeit bey der 
Âugspnrgischen Confeszion gehalten , weniger nit als die 
anderen,doch unschuldiger weisze^ zu leiden haben wur- 
den. Sunsty wann es hierumb nit also, wie obbemelt , gelé- 
gen were, so woiten wir nichtsliebersbegeren aïs E. L. 
gutemund treuwen rath zu volgen, unangesehen was uns 
wieder die wahrheit nacbgesagt werden mocht. 
' Ferner kônnen wir E. L. auch freundtlicben nit ver- 
halten das uns unsers gubernements yerwandten und 
underthan mît hochem vleysz ersucht und gebetten ha- 
ben das wir uns zu inen begeben und inen zu itzigen 
zeitten und nothen unsem rath und hûlEf mitthailen woi- 
ten ; welchs wir inen also uff ir Tilfaltiges ansuchen und 
bitten gewilligt haben. Seintalso anhero gerucket, und 
befinden anders nit dan das aile yerordenung ausz der 
spaltigen relligion , so zwùschent den Romischen und 
Galvinischen schwebt, endstanden ist; doch erkhennen 
sie sich schuldig und seint gantz willig der Kon. Mat. 
aile gehorsambe, volge, und dhienst, wie das getreuwen 
vasallen imd underthanen zu thun gebûrt , gehorsambli- 
chen zu leisten , ausgenhommen das inen allein die Rel- 
ligion und predigten frey und sicher zugelaszen werden; 

' hângcn (?). 



— 457 — 

das uns treulich laidt were das den guten und gehorsa- i566\ 
men leuthen, wieder ir Terdliienen, einig gewalt wîeder- Novembre 
fahren solte. 

Dieweill wir dan in unsern gubernementen solchen 
gehorsamb b^nden , wie sich dan derselb auch durch 
aile disze landen erzaigt, und wir ûber das vembemen 
das sich ediche Deutsche Fiirsten mit der Ron. Mat. ein- 
gelaszen haben und , underm schein einer rébellion und 
mancherley secten , sich wieder disze landen gebranchen 
laszen wollen , so bedûnckt uns das yor uns das best und 
ratsatnbste sein solte wan wir die sachen in unsern gu- 
bemementen verrichtet und allen frieden und ruhe ge- 
stelt haben, das wir uns dieszer hendell allerdings end- 
schlagen und uns derselben mehr nit ahnnehmen , son- 
dern uns von hoif in unser hausz begebeu und unsern 
privât sachen obwarten und disze dinge vor segell und 
windt lauffiren und treiben laszen wo sie der Âlmech- 
tig bien [fugell*] wirdet. Dan wir ungemsehen , noch da- 
bey sein wolten , dasz disze gehorsame und herliche lan- 
den , wieder ire schuldt und verdhienst j ûberzogen und 
so jammerlichen verderbet werden solten (i). 

(i) solten. En général il est à remarquer que le Prinee met très 
rarement la nécessité de mesures \iQlentes en avant : apparemment il 
préféroit recevoir des avis de ce genre. Toutefois il est probable 
qu'il songeoit de nouveau sérieusement à quitter le pays ; car la 
tournure des affaires et la manière d'agir de plusieurs grands per- 
sonnages étoient^ aussi bien que les nouvelles d'Espagne, assez pro- 
pres à lui donner la conviction que pour le moment il y avoit beau- 
coup à craindre y et presque rien à espérer. — Les levées de boucliers 
qui bientôt après eurent lieu dans plusieurs Provinces , ne lui 
plurent nullement. Le Petit y i86». 

» fiigcn. (?) 



— 458 — 

1 566, Dçrhalben bitten wirE. L. ganU freundlichB vljsz sj woli 
Novembre, uns hierin iren getreuen rath mitzutheilen j auch ireft> 
freundlichen geliebten hermVatters und andererirer herm 
und guter freunde rath und guudûncken hierûber zu 
yernhemen'und uns deszen furters zu yerstendigen unbe» 
schwert sein : ob wir uns also verhalten und uns in un- 
ser piÎTat hoffhakung begeben und diesze ding fahren 
iaszen sollen oder nit. Das woUen wir umb £> L. , zu 
denen wir in dieszen zeitten und unsern nothen uiiseve 
fûmembste zuflucht nehmen, die tag unsers lebens hin- 
wieder zu yerdhienen uns beyleiszigen. Datum Utrecht 
ahm 5*** Novembris A"^ 66. 

WlLHBLM PRIIfTZ ZIT UrANIEH. 

Wir bitten auch freundiich E. L. woUe uns bey irem 
Hern Vatter freundlichen entschuldigen das wir S. L. 
dismals nit insonderhelt geschriben, dan dieweill es 
itzundt so gantz gefehrlich ist briefle hinausz zu bren- 
gen, so haben wirs gleich bey E. L. brieff bleibenlaszen. 
Es woUen auch E. L. ire brieff mit guten und gewiszen 
leuthen uns hienwieder zukhommen laszen , damit die 
nit zwischen wegen pleiben. 

Es soll auch der Bisschoffzu Gammerich (i), wie wir 

bericht seint, neuHcher tage eine lobUche thatbegangen 

• haben : ein bûrger zu Gammerich , der Âugspûrgischen 

Confeszion verwandt , ist zu ime kommen und umb er- 

laubnis , damit er sich anders wohin, seiner gelegenheit 

nach , mit seinen mobilibus begeben mochte, angesucht 

(i) Cammerich, L*arcfaevéque de Cambrai n'étoit guères encliD à 
la douceur. Tom, I. p. 1 18. Le 27 dot. le Roi d'Espagne lai écri- 
vît: «c Je vous recommande la continuation du bondebvoir que vous 
» avez tousjours fait jusqu'à cette heure. » Procès (tEgm, II. 5i i. 



— 469 — 

haben; undals diesze ansuchung vor nùttag bescheheni x56& 
so soU inen der BÎASchofF uff den nachmittag seine andt- Novembre, 
wortt zu empfangen wiederumb beschaiden haben. Âls 
nuhn dergute bûrger zu angesetzter zeit wiederkommen^ 
sohatt im derBisschoff durch einen hencker , so er, der 
Bisschoff , minier zeitt zu sich beruffen , endthauben 
laszen. Datum ut in Ittteris* 

Ahn herrn WîlhelmeD , 
Landtgrafeo zuw Hessen. 

• f LETTRE CCXXXVIII. 

Le Lcmdgraife Guillaume de Hesse au Prince (TOrange* 
Nécessité (Vembrajfser ouvertement la Confession cCAugS' 
bourg; démarches auprès de V Electeur de Sojce et du 
Duc de Wurtemberg j etc. 

Gott geb glûckundhaill alltzeit, hochgebomer Fûrst, 
freundlich , lieber Yetter , Schwager und Bruder. Es ist 
der Ton Wittichstein alhie bey uns geweszen und sein 
anbringen by uns gethan ; nuhn weis Gott das "wir nichts 
liebers wolten als das wir E. L. in den hoch beschwerli- 
chen sacben einen guten nûtzlichen rath geben konthen y 
dardurcb E. L. gebolfFen , auch die Ebr Gottes und die 
erweitterung des hailigen Euangelli vornemblicben 
mochte gefûrdert werden. Es ist aber bey uns disz auch 
so schwer und so gros , auch so -weittleuffig anzusehen , 
das wir E. L. hiemitt gewiszes nichts rathen konnen an- 
ders, als unser herr Yatter E. L. gerathen (i) ,neniblich : 

dienoth werdeden weg weiszen,unddas E.L. in allewe- 

--i ^ ■ 

(i) gerathen. Voyez p. 358. 

I Cette lettre étoit en eliiffrei. 



— 460 — 

i566. ge ire person wol vorftehe und nicht zu weitt vertrauw* 
Novembre. Far das ander , das R L. und Ire miUverwandten der 
lehr ChrisUy des hocfasten Herren, volgen, so Termuteo 
und besorgen wir bei uns das R L.* bei dem Khonig xu 
Hispanien nuhnmher eben weitt angetragen und in ver- 
dacht bracht seien; darumb sdiier so gutt sein solte E. 
L. und die andem Ire mitrerwandle herm hetCen lengder 
nit diszimulirt; sondem sich ofFentlicb zudem hailigen 
Euangelio und Augspûrgischen Confession erUert : al- 
so werde ohngezweiffelt Gott der Herr, der offentlich 
bekbandt will sein und der aile disze dinge regiert und 
schafFt nach Seinen gottlichen willen , zu allem ûbrigen 
desto mehr glûcks und seghen verleihen. 

Es werden auch yil schwachglaubigen , so itzo ûber 
dem Nicodemiren nicht wenig geergert, desto ge- 
hertzter werden und mit desto groszern eifFer die reli- 
gion ahnnhemen und handthaben. Item , es wûrden die 
Chur-und Fursten der Augspûrgischen Confeszion desto 
williger und bereitter sein aile begerte gute befurde- 
rung, es sy mit yorschrifften oder sonstzuerzaigen. Vors 
andem were hoch vonnothen das die Leherer und predi- 
ger y so itzo des Ca/^//t/>mi halben so hart wieder eynan- 
der lauffen, reconcilijrt oder zum wenigsten dahien 
benihrt wurden, das man in betrachtung der itzigen 
sorglichen gelegenheitt und zeitten , sich des sehelten 
underhielte , damit di zarten Cristen dero orter nit zer» 
ruttet , sondem vil mehr drau£f verdacht weren , wie 
durch einigkeit die fûrnembste hauptpfïinten des Crist- 
lichen glaubes von tag zu tag erbauet werden mochten; 
wie E. L. solchs weitter vemûufftiglichen zu erachten , 
welchs villeicht diszer zeitt fùglicher nicht beschehen 



— 461 — 

konthe, dan das inen, durch K L. und andere Irer mit*- i566. 
Terwandten herreu undStende^die sichzu dem hailigen Novembre. 
Euangelio ôfFentlich bekhennen wûrden , authoritet, j/- 
lentium de modo praesentiaein Coena Christi gtbielten lies- 
zen ( I ) und dahien geweist wurden das sie Ton solche hoch- 
wichtigen articullen nicht redden oderleheren auch khei- 
nen der phrasen ad modos alleguiren , dan die in der 
Hailigen SchrifFt Terieibtund gebraucht werden, welchs 
der hochste [veidt] ist des Cristlichen glaubens zu er- 
forschen , so wollen wir nit zweiffeln das woll modi zu 
treffen weren , das man Ton den unzeittigen und sub- 
tillen disputiren ablaszen und zum concordiam dencken 
mochte. 

Was dan zeittlichen ratb betrifft, da konnen wir noch 
zur zeitt und bisz das wir aile umbstende und gelegen* 
heit beszer berioht , wenig in rathen. Es ist je wahr das 
sich die undertbanen nitt soUen ufflehenen y sondem in 
allen dingen , docb die nit jegent Gott seint , wie sollichs 
PauZ/uj selbst leheret, gehorsamb leisten. Welcherge- 
stalt und maszen aber die lande privilegirt, auch îren 
heiren yerbunden seien, und wie weitt sich ir gehorsamb, 
yermuge gedachter privilegien, erstrecken , zu dem ob sie 
schuldig sein sich und die îren umb der erkhanten gottlir 
chen warheit willen yon frembden Nationen so jammerlich 
brennen und brathen zu laszen, das werden EL L. und 
Ire mityerwandten ahm besten wiszen, desgleichen wer 
und welcher maszen und mit was vermûgen Ir einander 

(i) Iteszen. Le Landgrave en revient à son moyen favori ; voyez 
Tom, I. 222. Malhearensement c'est an remède .qui n'attaque pas 
la source du mal. D'ailleurs on ne sauroit en faire usage au fort de 
la dispute ; c'est-4i-dire y lorsqu'il viendroit le plus à propos. 



— 462 — 

tS66L zugethanund gewiltunpillichergewalt wpropulsîren(i)* 
Novembre. Was der Ton Wîttgenstein beim Churf. , der gesuch- 
tenTorbithhalben, erlangen wîrdt, gibtt diezeitt. Wir 
haben nit uoderlaszen , dieweill unser ber Yatter sich , 
neben Sachsen, aucb uf Wirtenberg referirt^ welcbs wir 
vertrauUch gemeltet baben woUen, an unsem Schweher 
den Herzogh zu Wirtenbergb, K L. b^ren nach, gelan- 
gen zu laszen ^ yerseben uns aucb S. L. werden sicb , 
daiin aile gebûbr laszen yembemen und abn gute befîlr- 
derung seins theils nicbts laszen mangellen, 

Was der Torscblag betriflît , wie der Cburf. und der ' 
Herzog Hans Friedericb zu Sacbsen môcbten in eins bes- 
zem verstand bracbt werden , tragen wir warlicb die 
Torsorg es sej die yerbitterung so grosz, das scbwerlich 
werde ein mittel getrofFen und sie grundlicb werden 
Terglicben werden , dan der Cburfurst bezûcbtigt den 
Grumbacb und seine adherenten eînes thails bartt , das 
sie ine mit allerley boszen tucken nacb leib und leben 
getracbt baben und tracbten. 

Was nubn solcbs bey dem Gburfursten vor gnten wil- 
len kegent sie und aile diejenigen so mit inen bandlen , 
gebebren kan , baben K L. woll zu eracbten und sicb 
znbedencken obs E. L. und Iren mityerwandten nûtzlicb 
oder gutt sy den Cburf. zu erzûmen und wider S. L. wil- 
len sicb mit inen einzulaszen , dan welcber raaszen audi 
dieselbigen leutbe bey vielen andem yornbemen Stenden 
des Reicbs verbast , tragen E. L. gleicbfals gutt wiizens* 



(i) propuisiren. En effet rEvaogUe non seulement ordonne 
d^obéir pli|s à Dieu qu'aux hommes ; mais aussi , en prescrivant 
l'obéissance au Souverain , il ne défend pas d'examiner de qn^e 
espèce de Souveraineté il s'agit. 



~ 463 — 

NecesMiUu tamen nonpaUtur legem^ darumb hatt ftuch iS6d. 
UDser herr Yatter yor gut angesehen E. L. yorschlag Novemiire. 
dem GhurfuTsten zum wenîgsten anzuzeigen , damit man 
mocht Yemhemen wo i« L. solchs wid[errathen] , was ' 
«hr dan yor trost geben wiirde. 

Wen's zu jengenwehr' gerathen soit, halten wir yor ge- 
Ynsi es solten noch woll leuthe zu bekommen sein die 
den Niderlendisch'en herm und stetten , sonderlich de* 
nen yon Antorff, dhienten: dan es haben albereitetliche, 
als Johan yon Ratzenbergk (i) by uns gesucht, inen der or* 
tern zu dhienst zu promoviren, welcher dan warlicb 
sehr ein ansenUcber und yersuchter man ist, und der 
wo]l ein thausent pferde oder zwey, wo er zu zeitten avi- 
sirt, konth auffbringen. Es mocbt sich auch seiner Uiein 
Kheiser niebt schemen inen yor einen feldtmarschalck 
zu gebrauchen* 

Wasda belangtdeningelegtenzettel(2i),seint wirbedacht 
K L. gutacbten ahn unsem freundtlicben lieben Schwer 
and Yettem, denHerzogen zuWirtembergh, als ahn ei- 
nen der es in glaubens sachen treulich und wollmeinet , 
auch ahn Pfaltz zugelangen laszen ; ungezweifeit was die 

(i) /. V, Ratzenbergk. Un de ceux qui accompagnèrent le Land- 
grave Philippe durant sa captivité; et quand celui-ci forma le pro- 
jet de s'évader, ce fut aussi à v. Ratzenberg qu'on en confia l'exécu- 
tion. F. Rommely PhUip d. Grosnu H. p. $44 > 54& Pins tard il fut 
chargé de levor des troupes pour le Prince de Condé. /. /• 588. 
a Pfalzgraf Wolfgàng begebrte vom Landgrafen • • . den Rittmel»* 
» ter J. V. Ratzenberg um den Hugonotten zuzuziehn. » /, /. Sgo. 

(a) ZetteL Ce billet étoit apparemment relatif aux différences en- 
tre les Luthériens et les Calvinistes. 

' Gcgcnwehr. 



— 464 — 

i566. guUesbefurdern konnen, das werden sie nit unterlaszen. 
Novembre. So wolten wir auch geme alsbaldt mit iinsem gnedîgen 
freundtlichen gelibten herrn Vatter hievon reden und 
handlen. Es ist aber s. Gn. diçszer zeitt nit woll auff, 
sonder leibs halben unyermoglich , das wir s. G. we- 
der mit diszer, noch andem sachen itzo gem bemû- 
hen , aber zu ehister gelegenheitt wollen uns gleidiwoH 
bej s. G. gedencken , und was wir dameben gutes thun 
und befurdem konnen^ das soll ahn uns nit erwinden; 
imd dieweill disz ein sacb und werck Gottes ist , so woU 
len wir ho£Fen seine gôtlîcbe Âlmechtigkeit werde die 
mittel schicken die zu allen friedlichen weszen gemeiner 
erbarkheit undzucht, und sonderlich zu erbreitterung 
seines gottlichen worts dhienen und gereichen werden. 

Wir haben £• JL hiebevhor zugescbrieben das nit allain 
in dieszen landen, sondem auch ahn andern nachgelegenen 
ortem yon E. L. und andem Niederlandischenherren und 
stetten , so der reformierten kirchen zugethan , Wartgett^ 
aemblich uff iedes pferdt funff gulden, ausgeben werde. 
Ob nuhn solichs mitt E. L. yorwiszen geschehe, das 
mochten wir gerne wissen ; dan da solche werbungen E. 
L. oder auch den andern armen Gristen der Niederlanden 
konthen zu gutem kommen y wolten wir nit allain durc^ 
die finger sehen, sondern auch zimbiiche befurderung 
darzu thun. Wo aber E. L. dieszer ding khein wiszen- 
schafït hetten, oder yermeinten das solche bewerbungen 
den reformirten kirchen-yerwandten zuwieder geraichen 
solten , were hoch yonnothen das man gute achtung 
daraufF bette , damit nicht etwas anders under solchem 
practicirt und man in gutem glauben betrogen wurde, 
yne etwan dergleichen mehr beschehen. 



— 465 — 



LETTRE GCXXXIX. 

Le Landgrave Guillaume de Hesse au Comte Jean de 
Nassau. Il désapprouve certaine justification des Con- 
fédérés comme trop peu eaplicite et prématurée. 



Uttsem gûnstigen grusz zui^or, wolgeborner, lieber i566. 
Vetter und besonder. Wir habenn euer schreiben, de Novembre. 
dato Dillenbergh den 4^ hujus , beneben dem Scripto 
der Nidderburgûndischen Bundtsyerwanten Bitterschaft, 
entpfangen und inhaldts yerlesen. Nachdem Ir nun sol- 
ches ScriptihsSikex ob dasselbig inn offenenn triick zu ge- 
ben, unserer rathlicb bedencken bittet^ daraufF mogen 
wir euch gûnstiger gueter wolmeinung nicht perghen 
das wir solchs noch zur zeith unnd nach itziger gelegen- 
bait Tor gueU und nûtzlicb nicbt erachten ; dann, obne 
dass der stilus desselbigenn Scripti nicbt so gahr guet und 
yersV^ndtlich , so ist es aucb ann ime selbst , nach grosse 
undwicbtigkaitdes handels, etzwvLSZ Jéjunum y und wer- 
den die ding aller , so die Gubemantin von ermeltenn 
Bundsverwantenn in ireni schreibenn an die yornembsten 
Chur-und Fûrsten teutscher nation fast uff einerlei form 
auszzubrcâten understehett (yonnwelcbem schreibenn wir 
euch beyyerwarte abschrifin: zufertigen) , dermasszen hir- 
durch nicht abgelehnet , wie esz wol die nottiirflt m 
eventum da dieser handell zu weitterungen (als wir doch 
nicht hofFen) gelangen solte , erfordemn wûrde. 

Zudem das auch in demselben Scripto y der Religion 
halben , yon inenn y den Bundtsyerwanten , keine richtige 

a 3o 



— 466 — 

1 566. erclenmg gescliicht , die denjenigenn , so der Augspùr^ 
Novembre, gischen Confession sein y gnûg thun mochte. 

Weil ihr dan darbeneben sonder zweifFell vonn GraTe 
Ludwigenn zu Witgensteinn^des Churfurstenn zu Sachss- 
zen und unsers hem Vatters erpieten in dieser sacbenn Ter- 
standen habenn werdet, auch nochfernner unsers freundt* 
lichen lieben vettern und schwehern , des Herzogen zu 
Wûrtembergh , gemueth , dartzû wasz der Churfûrst ann 
die Kay. Mat. der Niederlendischenn bewerbung balber 
geschriebenn, ausz der copien hierneben und dan der Co* 
pien die wir euch gestern , doch ailes Tertreuwlichen, 
zugesendet , vermercken, und ausz dem allen soYiell spue- 
ren und abnhemen konnet , dasz es mit dem kriegswe- 
senn, der Guvernantin und ires anhangsmeinungnach, 
vieleicbt so leichtlich nicht môcht nabergehen , so hieU 
ten wir es daerfuer y es solde noch zur zeit mit publid- 
rung enneltes Scripti inzubaltenn sein , dan es mocht yiel 
verbitterung erregen, auch andem bieaussen materiam 
cavillandi geben. 

Wan man aber sebe das mit dem kriegswesen je yort- 
gefahren werdenn und die sachen beiderseits zum emst 
gerathenn wolten (welcbs doch Gott der Almecbtig gne* 
diglich abwende) y alsdann und uff solcbenn fahl , lies- 
senn wir uns nicht misfallen, sondem achtten solchs 
eine hobe nottùrfft y das die Bundsyerwantenn ein fein 
ausfuerlich Scriptum zu ofFendtlicher darthuung irer 
unscbuldt , in trûck verfertigen , auch sich darinnen zur 
Augspûrgischen Confession ruendtercleren, mit angehef- 
ter yerwarnung und bith , dieweil sie keiner rébellion 
noch anderer unthadt schuldig, sondemn allein bey der 
reinen lehr gothliches worts zu pleiben und in glaubeiis 



— 467 — 

sachen ein gueth gewissen zu haben begertenn , dasz sich i566. 
derwegen ein jeder Christ wieder sie zu dienenn oder ge* Novembre, 
prauchenn zu lasszenn wol bedencken und sich zu yer- 
giessung ires, alsz der mitglieder Cnsti, unschuldigen 
bluets nicht yergreiffen wolte, wie solchs die feder 
weidileufftiger geben kan .... Datum Cassell , am 9*** 
Novembris. 

WiLHBLM L. Z. HSSSBN. 

Dem Wolgebôrnen unserm lieben 
Vettern und besonderon Jobaoo , 
Graveon zu Nassau Catzenelnpo* 
geo 9 Vianden und Diète. 



Le Comte de Berghes écrivit le 9 dot. en bâte de Bergue au 
Comte Louis de Nassau. « J'ay receu vostre lettre et le tout entendu, 
» sur quoy il me semble qu'il seroict bon que Mous' de Bréderode 
» et Mons' de Culembour s*i trouvassent aussy etqu'ilzn'y Taillassent 
» point pour résoudre le tout, » Peut-être ce billet étoit-il relatif à 
une assemblée de quelques principaux Confédérés qu'on croit avoir 
été tenue vers ce temps à Amsterdam. « De voomaemsten onder 
» de yerbonden Edelen , en zoo veelen met baest konden yerzameld 
» worden, zyn samengekomen te Amsterdam, in Wyn- of Slacht- 
w maand , buiten weten van Oranje , gelyk by aan de Landvoog- 
» desse schreef, of met ooçluikinge van denzélven, als die zich 
» toen omstreeka Amsterdam ophield. » Te fTatery II. ^9. 



— 468 — 



t N- CCXXXIX*. 

Mémoire relatif k la conduite que pourroient tenir le Ptùi'- 
ce d'Orange et les Comtes d^Egmont et de Homes. (Ce 
qui a esté cause que ces Seigneurs n'ont plus yolu 
obéyr à Son Alt^ pour povoir par là conserver le 
pays. (Yeu le temps présent Ton at envoyé cest es- 
crlpt à Messieurs le Prince d*Oranges , les Contes d'Eg- 
mont et de Horn , pour y avoir le regard que bon leur 
semblera.)) 



l566. V Le Comte de Homes étoit retourné à Weerl. H écrivit le 
Novembre, ^o novembre à son frère M. de Montigny. « Ayant rendu raiaon 
» de tout mon besoigné de Toumay , j*ay requis en estre des- 
» chergé et avoir congé de me retirer en ma maison , où suis re- 
» tourné le 4 de ce mois , espérant ne en partir si tost, » Procès 
ttEgm, U. 49^* Il n'ttt guères probable que dans cette disposi- 
tion d'esprit il ait approuvé le projet de dédaratîon suivanC Sur 
le dos on Ut: Envoyé p€w Mons. de Horn, 



Estans dernièrement en ces troubles à Bruxelles, voysmt 
toutes choses en confusion et en cas l'on ne y remédiat 
promptement , estiont apparens de tumber toutes les af- 
faires en une totale désolation , pour la désob^ssance 
grande du peu{de, laquelle estoit sortie hors de toutes 
limites de raison , ayans saccagé tous les temples, soubs 
umbrequ'ilz estoient (comme ilz disiont) avouez de la no- 
blesse et d'aulcuns Seigneurs, combien qu'il fut assez cog- 
nu le contraire, furent d advis les dit S'* appoincter ceste 
noblesse , leur donnant les lettres d*asseurance, espérant, 
avecque leur ayde et permectant au peuple Texenâoe des 



— 469 — 

presches , povoir le umt réduire à obéyssance y jusques à i56i& 
ce que les estats-générauk fussent assemblez; Novembre^ 

Et partirent incontinent le Piince d'Oreuges vers An- 
Tess y le Conte d'Egmontvers Flandres , le Conte de Horn 
vers Toumay, où ils firent si bondebvoir, que accor- 
dant l'exercice des presches avecque quelques capitulations 
pour les catholicques, remirent le tout en bon train, et 
sembloitpar là povoir éviter tous inconvéniens, lesquels 
aviont esté si apparens et trop plus grands que ceulx de 
France, moyennant que l'ordre par eulx mis eust esté 
entretenu , ce qui advint tout au contraire. 

Car estans ces S^ sd>sens de Son Ait** et empêchés 
è remédier à ces troubles^ aulcuns de leur malvueillans . 
estans près sa dite Alt"*, commencharent à blasmer 
leurs actions, du commenchement à part et secrètement, 
et après en publicq et par lettres; ce quik firent aussi 
faire à Son Alt**, comme Ton peult veoir par ce qui 
est passé à Bruxelles touchant les presches , et ce qu elle 
a escript à ceulx de Haynauk et Arthois , blasmant par- 
tout ce que ces S" fûsiont pour la pacification ; aussi les 
gens qu elle a £aict lever en Haynault et pour sa garde k 
Bruxelles y lesquels publioient que de brief ils chastie- 
roient ceulx de la nouvelle religion , par où nous estions 
apparens tumberen une totale rujne. Car ayans sur notre 
asseiirance réduict le peuple à obéyssance , Son Alt^ se 
armant, estoit délibéré, ayant ses forces , contrevenir à 
tout ce qu'avions traicté, par où venions en mespris du 
peuple , comme l'ayant trompé et abusé par faulses per- 
suasions , joinct que estions tant descriez vers Sa Ma*^, 
comme estans autheurs de tous ces troubles , à cause d'a- 
voir par tant de diverses fois représenté Testât des affai- 



— 470 — 

i566. res, mesmes j avoir esté en peraotme Monsieur d*Eg- 
Novembre, mont en Espaigne, lequd aroittant bienet prudentement 
négocié, que l'on espéroit img redressement à tous les 
affaires (i) , à quoy Son Alt"* démonstroit estre fort en- 
clin , mais 1 on a cognu que ce estiont toutes dissimula- 
tions et quelle a tousjours adjousté foy à ceulx qui dési- 
riont plus leur profict particulier et la bonne grâce du 
maître que la conserration du pays , comme Ton peult 
assez appercevoir par leur actions. 

Et considérans , si passissions cecy | le dgngier où meo 
trions nos personnes /biens et conséquamment notre 
honeur et réputation , ayant clairement cognu que som- 
mes réputés pour personnes séditieuses et perturbateurs 
du repos publicq , Teu ce que son Alt" a faict tant en 
Hollande , Arthois et Tournay , dont estant de besoing 
Ton pourra faire apparoir; 

Avons nous trois S" délibéré à nous déclairér serviteur 
très humbles à Sa Ma*' et protecteurs de la Noblesse et de 
la Patrie, ensamblede tout le peuple, vueillans maintenir 
ce que a esté accordé à Bruxelles et depuis capitulé avecqz 
les villes où avons traictié , affin de le faire entretenir, 
sans souffrir y estre contrevenu par voye directe ou 
^ indirecte, estant cecy le seul moyen de povoir maintenir 

le pays à repos. 

Déclairans en oultre tous ceulx qui nous y voul- 
dront donner empêchement, ennemys du Roy, ensamble 

{i) affaires. L'écrivain désiroit plaire au Comte d'Egmont; 
de là ce passage un peu inexact. L*espoîr général avoit reposé 
plulôt sur les espérances et assurances du Comte que sur ses pru- 
dentes négociations. 



— 471 ~ 

perturbateurs et séditieux, yueillans la ruyne, désolation, i566. 
et perte du pays, et ne povons d*icy en avant avoir nulle Novembre, 
confiance en Son Alt'', veu qu'avons assez descouvert et 
cognu par expérience qu'elle ne porte aulcun zèle , ny 
affection à ces pays , ains tend seuUement à ce qui comple 
pour ses affaires et la grandeur de sa maison ; car l'on at 
assez cognu par expérience ce qui s'est passé en Parme^ 
et scait on bien qu'elle n'aspire que de ravoir le cfaasteau 
de Plaisance, lequel Sa Ma*^ ne luy a oncques volu ren- 
dre, ores qu'il aye marié son fils. Par où l'on cognoit assez la 
peu de confiance qu'il a d'elle , ny de sa Maison , et l'on 
nous peult bien estimer malheureulx, que ne luy vueil- 
lant confier une seulle place , luy a mis entre mains tous 
les estats de par^leçà , lesquels elle seroit contente ruyner , 
pour, parvenir à ravoir ce seul chasteau. 

En oultre l'on sçait par trop l'ennemitié que le Pape et 
Cardinaulx porteront à ces pays voyant le désordre ad* 
venu, joinct qu'il est assez apparent qu'ilz ne vouldront 
doresnavant recognoistre le Pape, ny Cardinaulx pour 
leurs chiefz, et ne pourront tirer les deniers qu'ils souloient ' 
et crainderont que le mesme leur adviegne en Espaigne , 
par où ils auriont entièrement perdu toute leur authorité, 
scassant* comme ils sont peu respectés en Âllemaigne, 
France et Angleterre; qui les causerat de irriter Sa 
Ma*^ par tous moyens contre ces pays , luy offrans toute 
ayde , tant d'argent que des gens , et useront de tous 
moyens , quelz qu'ilz soient , pour parvenir à chastier ces 
pays, comme ung affaire dont dependt toute leur grandeur , 
car ne faisans ce que dessus et estans à ce aydés de son 
Alt*«,du Cardinal de Granvelle, lequel a si bonne cor- 

■ aToieat coutume (soleoK * sachant. 



— 472 — 

i566. respondance, estant au reste personnaige tant ezpén- 
Novembre, mente aux affaires d'estat, pensent, perdant ceftte occasi- 
on, ne la povoir jamais recouTrer. 

Parquoy nous fault mettre notre fiance en Dieu , lequel 
est scrutateur des coeurs^ et protestons que neempren- 
drons' ceste protection par nulle ambition ou affection 
particulière , ains tant seullement pour le service de Dieu, 
la conservation de nostre pays , et désirons à jamais de- 
meurer très humbles serviteurs de Sa Ma*' et de ses 
successeurs , et mectre corps et biens tousjours pour son 
service ; moyennant qu'il nous veuUe réputer pour ses 
. naturelz vassaulx , se confiant de nous , et ne permectant 
que soyons tyrannisez, ny reduictzen servitude; car ay- 
mons trop mieulx mourir pour la deffence et liberté de 
nostre patrie , que de vivre avecqs toutes les richesses et 
mercedes que Ton nous pourroit fieiire soubs une telle 
tyrannie, que sont aulcuns aultres royaulmes et pays de 
Sa Ma'^ ; nous contentans d'une vye médiocre et tranquille, 
sans nous soucyer des honneurs mondains, espérans 
avecq le temps que tout le monde cognoistrat nos actions 
n' avoir oncques tendus à nulle ambition , combien que 
nos malvueillans nous en accusent, procurans par là 
nous rendre odieux à tous Princes et Potentats de la 
Ghrestienneté. 

LETTRE CCXL. 

B, Fogelsanck au Comte Louis de Nassau. Sur ses efforts 
pour opérer à Breda une réunion entre les Cahinistes 
et ceux de la Confession d^Augsbourg. 

*J^ Le 1 4 novembre le Comte éloit à Yianen , où arrivèrent 

• entreprendrons. 



— 473 — 

le jour stÛTaiit le Comte Jean de Naasaa avec le Comte de Solms , i566« 
et le surlendemain le Prince d'Orange, 7> Water^ IV. 3a6, Novembre. 

Dans la collection des sentences dn Duc d*Albe y il est fait men- 
tion de Jehan Yogelsanck « ung des prindpaulx faulteurs des 
» Sectaires et Prédicans , » et de Dierick Yogelsanck « nng des 
i» Chiefz de ceulx de la nouvelle Religion. » Sent, v^ jélwi , 
p. 93. En 157a certain Voghelsangh s'empara de Buren au nom 
du Prince. Fan Meterenj p. 66 , 7)erso, 

On envoyoit d'Allemagne des prédicans Luthériens , afin de 
convaincre les Calvinistes d'erreur; ce qui, au milieu d'une 
crise , où un examen à tête reposée n'étoit guères possible y deyoit 
échauffer les disputes y bien loin de calmer les esprits. « Nobilis- 
« simi quîque novarum Religionum Antistites magno atque ingenti 
» cum fastu rem agere : accersiti e Germania Confessionb Augus- 
» tanae Apostoli, Mattheus Flaccus' Dliricos, Spangebergius , alii- 
V que nonnuUiy novam et ipsi Ecdesiam ordiri, plena omnia 
» novis novae Religionis sermonibus atque libris , Religionis suae 
« formulam -singuli describere, gravissimis sese odib Lutherani 
» et Calvinistae Antverpiae proscindere. » F, d, Haer, de init 
tumulL p. a 5 7. Certes il y avoit pour les Catholiques de quoi se 
réjouir; mais il n'est pas nécessaire d'attribuer la chose » comme 
quelques uns le firent , aux sourdes menées de Yiglius. 



Monseigneur ! Depuis mon arrivement en ceste ville 
me suys employé à rendre mon extrême debvoir , pour 
trouver moyen par lequel il m'eust esté possible con- 
joindre en devises* et communications amiables ceulx de 
la religion et doctrine dernièrement par provision per- 
mise ^ et de la Confession Augustane. Ayant premièrement 
appeliez devers moy celluy des prescheurs sustenant la 
dite religion^ affin d'avoir meil Heure entrée et voye pour 
parvenir à vostre intention; auquel après Tavoir exposé 
et la trouvant bonne, jay, avecque son advis, convoc- 
qué au logis de Mons^ d*Allgonda^ les plus notables de 

' Matthias Flacius. > propos familiers {colloquium). 3 d^Aldc^ondc. 



— 474 -- 

i566. I«utfcoii6^ne,quilx appeU«ntoiM&/!c>i^ii' yOÙmayanseii* 
NoTcvibre. tendu et après avoir sur ce délibérez , ilz s'y sont oonsen- 
tiz tant qu en eulx estoit , recognoissans le grant bénéfice 
et grâce par son Excell* et vostre S'** à eulx octroyez ; 
néantmoins , combien que la plus saine partie y estoit pré- 
sente , prioient le vouloir différer et dilayer ung Jour ou 
deux, pour entretemps pouvoir parler à lors' absens et 
d'ung commun accord résouldre. Ce pendant j*ay aussy 
appelle l'autre partieetremonstréàicellema charge, L^^^ 
dissoit] que vostre S*^ eulx a voit dict qu'ilz se dresse- 
roient^ à moy sur le faict de la requeste, et le remec- 
toient pareillement jusques qu*ilz auroient par enssam- 
ble communîcqué , mouvans difficultés toutesfois pour la 
diversité de leur doctrine , contens du lieu où ilz avoient 
commenchié à prescher , parquoy leur sembloit que mal 
se pourroit faire , considéré meismes que les dits de la 
religion permise les avoient (comme ilz disoient) injuriez 
en leurs presches , dont m*ayant informé n'ay trouvé de 
vray qu'ainsy soit^ ains qu'il a esté semé par gensquerel* 
leux sans bon et naturel sens, plus à leur affections donnez 
qu à raison. Je laisse que eulx meismes seroient plus 
répréhensibles calumpnians et mordans les aultres , non 
sy occultement qu'il n'est fort bien à noter. Dimenche 
dernier vindrent devers moy le prescheur de la dite reli- 
gion avecque maître Gornille Ept et quelcuns aultres , 
m'exposans de la part de leurs confrères estre bien con- 
tens d'accorder aux aultres jour à la sepmaîne, pour pou- 
voir venir prescher et exercer leur religion en la grange 
au Santberch érigée y moyenant qu'ilz ne soient par ceulx 
de la Confession empêché en l'exercice de leur religion 

' ouderlingen. "* ceui qai étoi«nt alora. ^ adreuvroient. 



— 475 — 

atnty qu'elle est à présent en train, se^offraas en oulu« i566. 
tousjours conformer et régler selon que par son Ëxcell^ Novembre, 
et Tostre S^' pour la tranquillité , bonne paix et concor- 
de des bourgois cy-après sera ordonné' et trouvé conve* 
nir. — Mais layant ainsy d*ung costé mis sur bonpied, et 
espérant qu'il auroit eu bon progrès , ung mal y est 
entrerenu , asscavoir , que devant-hier xin"* en la près- 
che des confessaires , où s'exposoit la première épistre de 
St Pôle' ad Galatas , s'est trouvé ung de la dite religion 
permise, nommé Jehan Gillain, natif de Middelbourg, 
[jentisjhomme fort doct et seavant en Grecq , Lattin et 
Hébreu , de bonne famé et renommée envers tous , lequel 
la presche finie , ayant ouy (comme il dict'^prescher , con- 
tre la vérité, que tous prescheurs estoient faulx docteurs, 
[seavant] que oultre la vocation du commun, ilz n'estoient 
envoyez par le magistrat ou supériorité , et que pour ce 
ilz ne sont point instiguez par l'esprit de Dieu comme ilz 
se vantent , mais par l'esprit du dyable , ainsy que l'on 
peult veoir par tous lieux , villes et pays à ces nouveaulx 
prescheurs , qui ne font qu'émouvoir commotions et tu- 
multes entre le peuple, est venu saluer le prescheur, nom- 
mé Borckmy, dissant : « Mons' , j'ay ouy qu'avez presché 
» que ce sont tous faulx docteurs quy preschent devant es- 
» tre appeliez par le magistrat ; je vous requières et prie le 
» me vouloir enseigner par la parolle de Dieu. » Surquoy 
il respondit : « II fault obéir son supérieur. » — « Sela scay-je 
» bien , ^ dict l'autre, « mais démonstrez moy par la saincte 
» escripture que ce sont faulx docteurs quy ne sont en- 
» voyez par le Magistrat ou supériorité. «Respondit le pres- 
cheur: «Il est escript: Obedîteprepositi'svestris.T» Etayan» 

• Paul. 



478 — 



+ LETTRE CCXLI. 



Le Prince (T Orange an Landgraife Guillaume de Hesse. 
Il désire que les Etais du Cercle de fVestphalie s'oppo- 
sent au passage des troupes logées pour le Roi cTEs- 
pagne. 



l566« ^^* Le 17 norembre le Prince étoit parti de Vîanen pour 
NoTembrei Utreoht avec le Comte Jeao de Nasaan et le Comte de Solms. 



••••..•Wir konnenELL. freundtlidiennityerhalten welcher 
maszendesNiderlendischen Westphalischen kreisz Stende 
undglidw, uff dem vier und zwantzigsten tag dieszes Mo- 
natsNoTembers, zoe Collen beynander kommen und un- 
der andem sachen auoh beradtschlagen werden ob siedes 
Kon. Mat. zue Hispanien KriegsTolck in iren krajsz 
freien pasz und musterplatz nach dieszen landen zu 
ziehen , gestatten und vergonnen wollen. Weill nuhn 
uns und dieszen landen ahn solcher bewilligung treff- 
lich boch und vwll gelegen ist, dieweill des oits der 
fumembste reiszîge zeugb in diesze landen gefurt werden 
konthe y so bezorgen wir pillicb 9 da irer Kon. Mat. der 
gedachte pasz also leichtlich eingeraumet und zugeschii- 
ben wurde y das sie sich sovil desto eher zu irem vorha- 
benden kriegszweszen bewegen laszen und disze lande 
ûberziehen solte. Damit nuhn solicbs bey zeitten ver- 
khommen und begegnet werden mochte^ so ist ahn E. 
L. unser gants dienstliche bith, die wollen uns und diszen 
landen zu eheren und gutem sich sovil bemùhen und 
bey gedachten Kraisz Stenden zu obberùrter zeitt und 
malstadt mit guten mittel befoirdem helffen ydas sie , die 



— 479T— 

Kraisz Stende, die obberiirte bewilligung des pasz und i56& 
musterns , in ansehung aller gefâhrlichen weittening Novembre, 
die nit ailain dieszen, sondern auch andem und irem 
selbst landen und Leuthen darausz endstehen mochten , 
in bedencken ziehen und dieselbige nit so leichtlich 
einwilligen, sondern vil niehr die Kon. Mat. inn dem 
zu versehen denn bitten wolten. Drauf den wol ervolgen 
mochte, das die Kon. Mat. ir gemuede und gedancken 
von dem kriegszweszen desto mehr abwendén und sich 
zum frieden begeben wûrde... Daium Utrecht, ahm i8^ 
NoTembris A° 66. 

WiLHSi^M Prihtz zirw Ubanien. 

Ahn hern Wilhelmen , 
Landtgraf zue Hessen. 



LETTRE CCXLII. 

Le Comte de Berghe au Comte Louis de Nassau. 

Mons. mon frère. Comme dernièrement je tous avoy 
escript de me trouvera Culembour [ainsy], au moyen delà 
venue de Monsr. le Conte de Nuenar icy , lequelle pensoit 
trouver Monsr. le Conte Jan de Nassau et le Conte de 
Witkestent (i) icy , m'est aussy survenues plussieures af- 
faires: pour ces occasions et autres ,n*ay sceu m*acquitter 
de m'en vqnir vers vous suivant ma lettre, vous prie 
pourtant me tenir pour escusé pour ceste fois et au sur- 

(i) Witkestent. Le Comte de Wittgeostem viot le a3 nov. à Via- 
nen avec le Comte Loais. Te Water^ Vf. 3ft6. 



— 480 — 

iS66. plus me voulloir escripre de vous niiuveUes. . . . . 
Notemfare. Escript de Berghe , le ai noTembre x566. 

L*entièrenient^Tostre bon frère à vous faire service y 

GuiLLÂUKB DB BbRGHB. 

A MoDsr. MoDsr. le Conte de 
Nassau , mon bien bon frère. 

Le a 4 nov. le Landgrave Guillaume écrit au Prince d'Orange: 
« Wir ûberscbicken euch Zeitungen den toitlicben abgang des 
» Tûrckiflcben Reisers betreflende . . . , seindt auch der hoCTnang 
» es sollesolcber abgang za troatderCbristenbeit gereicben. » (*MS.) 
Cette espérance ne fut pas vaine. Soliman II, le Magniflque^ 
mort le 4 sept , avoit été l'effroi de la Chrétienté durant 46 années; 
ce fut lui qui prit Rhodes sur les Chevaliers de St. Jean , qui ga- 
gna f en iSaG , la fameuse bataille de Mohacz , et ne quitta Vienne 
qu'après lui avoir donné vingt assauts. Son fib au contraire, qui ré- 
gna jusqu'en i574y fut un personnage peu redouté. « Selim, der 
» das Serai dem Lager vorzog, der seine Tage în sinnlichcn Genns- 
» len , in Trunkenheit und Tragfaeit dahinlebte, . . . ist es, voo 
» dem die Reihe jener unthatigen Sultane angeht , in deren mis^ 
» licher Natur ein Hauptgrund des Verfalls osmanîscher Dinge 
» isL « Ranke^ F. und r. I, 38. 



"" LETTRE GCXIJIL 

Lb Landgraife Guillaume de Hesse au Comte Louis de 
Nassau. Il désire que les Réformés des Pays^Ba^ emr 
brassent la Confession d^Augsbourg. 

. Unsem gunstigen gruesz zuvor. Wolgebomer , lieber 
Vetter und besonder. Wirhaben Sur schreyben , underm 
dato Utrecht denletzten Octobris, zii sambtder ûber- 



— 481 ~ 

aohickten Gop^ einer supplication (i) so die Niederrânde i566. 
îhrem Khunig vorbiacht y empfangen yerleseu ; und befin- NoTcmbre. 
deii durausz das wahrlichdieselbausfuerlichi wol, und 
dermassen gestelt ist dasz nichts daran zu verbessern ; lia- 
beaauchdie, Eweren begeren nach^ transferiert uodan ort- 
te. und ende geschickt , daselbst sie verhoffentlich frucht 
wireken soU. 

Waaz aber Eweren vorschlag betrifft y wasz au Pfaltz- 
grave Churfûrsten und den Admirai (2), vergleichung hal- 
ber der Religion vom Nachtmahl , zugelangen sein soit , 
dûnckt unsz solohs werde der Augspùrgischen Gonfes* 
sion zugethanen Chur-und Fûrsten schwerlicheingehen ; 
sondern yiell wléhr den Nidderlanden , als die dasz feur 
am herttisten brendt , gebûren wollen sich nach derer 
opinion, uff die sie sich berueffen und von denen sy 
trosst und vorbitt suchen , zurichten;dann wir wahriich 
sorge haben , wo es zum kriege solte gerathen y so wur- 
den sich die Niederlande , der CaWinischen opinion zu - 
gethanen ^ hilff oder auch authoritetbey irem herrn , dem 
Khûnige zu Hispanien, etzwasz zu erlangen, wenig zuge- 
triiszten haben. Welchsz \7ir euch jetzmals hinwieder 
nicht haben: yerhalten wollen , mitt gûnstigem begeren 
wasz sich jederzeit in den Niderlanden wirdt zutragen y 
uns deszen theilhafftig zu machen, und seint euch gnnsti- 
gen guten willen zu beweysen geneicht. Datuni Cassell , 
am 25** Novemb. 

WxLHELM L. Z. HbSSSM. 

(i) supplication. Peut-être s'agit-il de la requête arec l'offre de 
trois millions: voyez p. l^iG, 

(a) admirai L'Amiral de Coligoy. 

9 3i 



_^ 482 ~ 

I ^66, Wir schreiben auch hiemeben ann Eum herm Brader, 
NoTerobre. den Printzen , diesser sa<^ben halben wekdeofftiger (i) , 
zweiffein nicht S. L, werden euch dasselbig auch Teric»- 
zen lassen. 

Wir seindi; auch nicht ungeneigt dièse sachen , wie Ir 
begert, in Tertrauwen ann den Churfursteo PfaltegraTen 
gelangenn zu lasszen und seine L. hirzu zum trewlichstenn 
zu ermahnen , in ansehung Yorstebender gefâhr deren 
den und sonderlichen da es ad arma gerathen solte. 

W1LHB1.M L. z. Hbmbiv. 

. • . . Unserm Heben Vettern und 
bMondcm Ladwigeon , Graven m 
Nassau .... t ' 

zu aetnen heoden. 



*^^m 



t LEITRE GCXLIT. 

Lp Prince fP Orange à Auguste Electeur de Saxe. Le 
peuple des Pays-Bas ri est nullement séditieux; nécessité 
dune intercession des Princes Allemands auprès du Roi, 

. • • . Gnediger Herr. . . • Demnach wir dan in solcheii 
unsem dicnstlichen vorbringen und bitten , ohne rumb 
zu melden, anders ni<^ts aïs erweitterung Gottliches 
worts y auch verhuettung aller gefaher und unschuldiges 
bluedtvergiessen , zu erhaltung gemeines bestendigen 
friedens, ruhe und ainigheit, gesucht, wieE. G. ohne 
zweifell ausz Grafenn Ludwigs zu Wittigenstains rela- 
tion genediglichen werden verstanden haben, so seindt 
wir auch der trôstlichen hbfnung der Afanechtige, 
giittige Gott werde Sein werck und sachenn mit under- 

(i) weiuUufftiger. Voyez la lettre 346. 



— 483 — 

bauen und E. 6. und andere finedtUebende Chur-OMl i566. 
Fiirstenn erweckenn das sie sich dieser algemeinen be- Jiwembre. 
iranien geleg«nheît mittabnnhemen unddieselbigen bey 
dero Rom . Kay. und Ronig. Matt. zu Hispanien, unsem aller 
genedigster herren, uff die^ege und mittell genediglicbenn 
befiirdern helffen , das die er Gottes erbreittert und die 
geborsariie undertbane dieser landen , der.relligionhal* 
ben, unverfolget pleiben und ailes bluedtvergiessen und 
innerlichs kriegswesen moge vorkommen und yermieden 
werdenn. Wie wir uns dann zu E. 6. , aïs zu deren wir 
nacb Gott unser vornembst zuflucht nebmen, sonder- 
lich getrosten und gar nit zweifelnn y wan E. G. unnd 
ander Ghur- und Fûrstenn sich dieser sachen solcber nias» 
sen underfangen , der Almechtig werde Seinen segen auch 
darzu verlehnen das E. G. bey beyden dero Rom» Kay. 
unnd Konig. Matt. yiell guettes ausricbten , und nitt al- 
lain Terursachen das im hailigen Keich Deutscher Nation , 
son'dem aUch ion dîesen Landen , aile guette polilMche 
ordnung y Rube und Frieden erhaltenn und einen ewigen , 
loblicbenn nabmen und ruhm erlangen wurden. 

Dan ob woU etzlicher underthan inn diesen landtD ge^ 
wesen seindt, die sich an den Kirchen und Clostem mitt hai- 
ligen* und bilderstûrmen groblich versehen und im selben 
zu vieil gethan haben y so seindt es doch nuhr gering- 
schetzige und schlechte leuthe gewesen y die solches ausz 
aîgner bewegung(i)und ungedult der langen zeitt geûb- 

(i) bewegung. Souveot od a prétendu que les excès des ic(>- 
ooclastes dévoient être attribués aux iostigatiotis astucieuses 
des catholiques , sûrs de pouvoir réagir d'autant plus sevèrament 
contre la réforme. Cette accusation n'a pas le moindre fondement. 
Sans doute, si la chose avoit eu lieu , le Prince n'eût pas manqué 
d'en tirer parti. 



— 484 — 

i566. ten unmenschUchen verfolgung , begangen haben , daian 
Novembre. gleichwoU die gantzcn landt durcbaus einen sondem 
unwillen geschopft und ùbell damitt zufrieden gewesen , 
das auch derselben theter ùber zweihundert [L] bien und 
wieder albereits erschiagen und gericbtet seindt wor- 
denn. Dan was dièse lande anlangt, so befinden wir deiv 
selben underthanen aiienihalben also bescbaffen , das sie 
tnders nichts als der Kon. Mat., irer angebomen O- 
brigkeit, aile scbuldige und moglicbe dienst gem leisten 
wollen undgehorsamb sein und pleiben, wan inen.allain die 
Relligion freygelassen und mit der koniglichen resolution 
nitt zulang yerzogen wûide; sonst wehrzu besorgen das, 
des lengdern Torzugs halbenn, ein neuer unwill enstehen 
Gôocbte; inn gleichen wer zu befahren, da die Kon* 
Mat. nicht baldt bier zu tbuen und durcb leidliche und 
guette mittell und wege, der relligion balben^ guette 
ordnung anstellen wûrde, das allerbandt weitterung und 
unruhe underm gemeinen mahn leicbtlich gebehren kon- 
te, und das umb soviell desto mebr, dieweill itzundt durcb 
aile disse landt ein gescbrey erscboUen ist, das die Kon. 
Mat. mit aller gewald herausser kommen und aile Relli- 
gionen die mit der Rômiscben nit ùbereinkonmien , aus- 
potten und vordilgen ' woUe. Darausz dan die Iiantierung 
und gewerb , in welcber dieser lande wolfsirt gelegen ist 
und der gemeine mabn davon mebrteils seine nabrung 
batt, dermassen stili stebett und ersessen ist, das, audi 
gemeiner nottûrft und bungers balben , nicbts guetts zu 
▼erhofFenist(i):darumbbitten wirdienstlîcbE. G. wol- 

(i) if A Le passage suivant d'une lettre de Lamguet écrite en No- 
vembre peut donner une idée de Télat déplorable où les Paya*Bas 

* yertilgen. 



— 485 — 

len Ir dieser landen gelegenhait soviet desto mehr angele- i ^^^ 
gen sein lassen , und sie in vorstehenden iren hochsten Novembre 
nothen um etlichen der slechten leuth ungepûrlicher 
handelung, nitt entgelten lassen ,. sonder sie in genedi- 
genn bevehl hâben und hiember unserm und keinem an- 
demn anbringen glaubengeben. An solchenn erzaigen B. 
6. uns und diesen landen ein sonder gnad und gunst , 
und werden uns und dièse lande Ir dermassen verbin» 
den , das wir unns scbuldig und pflichtig erkennen mus- 
sen solcher erzaigte gnadt und woUthatt immer und 
alweg zu yerdienen. 

Soyiell dan unsren yorscblag mitt den Hertzogen zu Sach* 
sen-Wâmar belangett, somogen E. 6. uns in genedigenver- 
trauen glauben, das wir damit anders nicht gesuchtnoch 
gemeinet haben ,dan was nacb gelegenhait dieser zrit , un* 



setroQvoîent déjà réduits, a Ipsae solae belli suspicioues Liferjo* 
» rem Germaniam eyertunt , eo quod commercia impediant. Pul- 
» cherrimae enim îllae arbes et populosissiknae constant ex merca* 
9 toribus et opifictbus , et plerîqae mercatorea negotiaotur pe« 
» cunia foenori accepta , quod solet ibi esse gravissimum. Jam 
» vero, cum ibi cessent commercia et mercatores non utan- 
» tur operâ opificum ^ qui fere omnes in diem vivunt, miseri 
• homines non habent unde se et suam famîliam sustentent, 
» mercatores autem foenore exbauriuntor. Itaque infinita illorum 
» hominum multitudo coacta egestate jam patriam relînquit , et 
» fere plures quam Gallos bic (Lutetiae) per plateas discursantes 
» videmus : quamvis audiam adhuc plures conspici Rothomagi et 
» in reliquis urbibus maritimis Normanniae, ac etiam Londini in 
V Anglia. Quid autem fiet si ad arma deveniatur , et Hispani pro 
» arbîtrio îcges praesrribant ? Ego doleo vicem illius caltîssimae 
» gentis, et ({uae relîquas omnes nobis notas industria superare 
« videlur. » Epp. ad Cawerarium , p. 58, sq. 



— 486 ~ 

i566* sren einfiJtigen bedencken nach, zu mehrderm TertnAien 
Novembre, und bestendigem frieden in Deutzschen und diesen landen 
hette gereicf^en mogen, und souderlich damit etzlicher un- 
ruhigerleuthegefârlichprackticiren, welchs sie dem haili- 
genReicb und diesen landen, auch gemeiner Relligion zu- 
wiedertreiben^dardurch mochte gehindert und verhuettet 
werden. Dan uns ist glaubhaftig angelanget , das man mît 
bochermelten Hertzogen hatthandeln wollen seine liebe 
ineineryornehmenPotentatenbestallung zubringen; der- 
halben, da esE.G.etwanandersingenohmen hetten(wel- 
ches wir doch nîchtt yerhoffenn), so bitten wir dienstlich K 
G. die woUe es anders nicbt dan obberurter massen und in 
allen gnaden und guette vermerckenn , dan sonder E. G. 
rath und vorwissenn wir ungem etwas tbuen oder vor- 
nehmen wolten. Darumb haben ,wir s aucbgantz dienst» 
licher wollmaynung ahn E. G. , als derselben getreuer 
dhiener^ zuvorderst gebingen lassen und derselben be- 
Tebll und guttdûncken dienstlicb daruf erwarten wol- 
len Datum Utrecbt , ahm 26*'"' Novembris Â^ 66. 

WiLHELMt PrINTZ ZU UrANIEN. 

An bern Cburf&nt zu 
Sacbsen ^ Henog August. 

(Abgangen mît einem fas^beoden der sCàd Utreditf^eM^wonMD 
S^lber bodeciy Johan Willemse von Luick fenant, ahm 27** No- 
vembrîs Anno %Q,) 



Le Prince ne se promeCtoit rien de bon de la venue du Roî : 
tout aunonçoit un redoublement de sévérité. « Faxit Deus ut Régis 
» adventus sît faustuset salutaris , non solum ipsius ditionibus, sed 



— 487 — 

» ^aÎD (otâ orbi CbristÎMio; «ed oam ait addicUBÛnaa l^qukitioiii 1 566. 
» Hispanicae» Pootifici Romano, et Cardioali GranTellanOy vix I^ovembre. 
» aliquid moderati ab eo sperare audeo , quamvis alias oaturâ pla- 
» cidissimus esse videatur. » Langueiy Epp. ad CaHierar, p. Sg, 
Remarquons cette appréciation du caractère de Philippe par un 
homme bien informé, et nullement disposé à exagérer ses vertus. 
Longtemps après le célèbre de la Ntme dans un de ses Discours po- 
UHques ^ qu'il n'avoit pas écrits pour être publiés , fait aussi men- 
tion de « S. M. Catholique, qui est douée (ce dit-on) de grande 
» débonnaireté et en fait journellement des preuves en plusieurs. » 
p. 566. edit a* 1596 in la^. Voyez ci-dessus p. 44? et 7b//i« I. 
p. «9»- 

t liETTRE CCXLV, 

léS Prince eP Orange au Landgraçe Philippe de Hesse. Il 
le prie de peréépérer dans ses bonnes dispositions envers 
les Pays-Bas, 

• . • • Das aich E. L. nf imaers besonder lieben YeU 
tem und freundts^ GrafiF Ludwigs zu Wittigenstain , 
nechu beschehen dienstlichs ersuchen und angeheme ^ 
80 gûnstig und freundtlich Terhalten und erzaiget haben , 
dessen tbuen wir uns kegent E. L. zum aller dhienst- 
liohsten und yleissigten bedancken , und da wir*8 umb 
dieaelbig E. L. mit unserm guet und bluet verdbienen 
kônnen , so sollen aie uns die tage unsers lebens alzeit 
hienwieder willig finden. Und demnach wir anders nichts 
ala erweittemng Gottlichs worts und gemeine ruhe und 
frieden suchen , vrie K L. ohne zweifell von wollermel- 
ten 6ra£f Ludwigen werden verstanden haben , so bitten 
wir gantz freundtlichs vleysz E. L. woUen dieser sachen 
zum besten eingedencken und sie zum ehisten bey der 



— 488 — 

1 566. Kay . M^, auch andern Chur- und Fûnten, und sonst uf aUe 
Novembre, gute mittel und wege erfûrdem helffen , wie wir dan nit 
zweifeln E.. L. das geme tbun werden und wir uns zu 
derselben sonderlich getrosten; damit dan E. L. nit al- 
lain einen ewigen nahmcto erlangen , sondem auch dieae 
lande dermassen an sich Terbinden werden , das aie sich 
werden schuldig und pflichtig erkennen solcbe gnade 
und gunst umb E. L. aizeit bienwieder zu Terdbienen. 
Dan obwoll etzliche undertban in diesen landen gewesen 
seindt die sich an den Kircben und Qostem vergessen 
und in dem ûber die gebûhr geschritten haben , so srâidt 
es doch nuhr geringe und schlecbte leuth gewesen y die 
es darumb Tomemblich gethan , das sie yermeinet , die- 
weil die Inquisition abgeschaft, das sie nuhn femer der 
altenn und scharpfen verfolgung auch befreiet wehm. 
Welchs dan die yomembsten gutten leuthe dieser lande 
gantz ungem gesehen , und sich darumb hochlich be- 
kûmmert haben ; dan soTÎel wir befinden , so sehen wir 
das dièse lande irer angebornen Obrigkdt , der Kon« M^ 
zu Hispanien, aile schuldige und mûgliche dienst m er- 
zeigen willig seindt, allein wan inen die Eelligion frey 
gelassen werden mochte. Danunb bîtten wir freundtlich 
E. L. die woUen uns hierûber glauben und keinem an* 
dem kegenbericht beyfoU geben, auch diesse lande sol* 
cher geringer und schlechter leuthe handiung wiUen , 
nit verlassen, sondem sie^ in diesen iren hodisten iiothen 
und anligen^ in gnedigen undgûnstigen angedechtoùs 
halten Utrecht , ahm a6** Novcmbris A® 66. 

WiLHBLM PaiNTZ ZU UrANIBN. 

Ahn hem Phîlipzen den Elterti , 



— 489 



tUBTTRE GCXLTI» 



B Landgra^fe Guillaume de Hesse au Prince d^ Orange. 
Sur la nécessité de se rallier à la Confession dAugs- 
bourg pour obtenir Vintercession des Princes Allemands^ 
Réponse à la lettre aSj. 



** n paroi t que le PriDce d*Orao^ crut devoir donner de la x566. 
publicité à la plus grande partie de cette lettre. On en trouve une xfoyembre. 
traduction chez Bor^ I. 119, où cet historien écrit: « Also eenige 
» à«c vooroaemste hoofden van die yan de Ce r e fatmeerde Religie 
» seer emstig aen sommige Ryx-Yorsten aênhielden datay so^deo 
X» wiilen by den Coningh van Spanien voor faen-luyden bidden en 
• intercederen , so heeft eenen Heer}yken en Vorstelyken pertoon 
■ op ben-luyden versoek aen hem gedaen daerop geantwoort in 
w nayolgende manieren. » 



. . . » E. L. schreiben , underm data Utreoht denn 
5*** Noyémbris nechstverschienen , habenn wir wolyeiv 
warth entphangen , verlesen und seines iohaldts not* 
tùrfFtiglichen verstanden. 

Wiewoll wir nun die darinn verleibte pûocteui EL L. 
b^ehren nach , an etzliche unnsere Tertrauwte hem' 
und fireunde gelangenzulassze&und darauff derselbigenn 
bedeneken zu vemehmen, wol geneigt gewesen^ so ha- 
ben wir doch bey unsz Tor*& beste erachtet darmit so 
lang inzuhaltenn y bisz wir vonn den Ghurfurstenn zu 
Sachsszenn gleichfals erclerung erlangten wasz seine 
L. entlichenn , und nebenn unnsern schwehemn , dem 
Herzogen zu Wûrtembergh , unserm hemn Vatter und 
andern der Augspûrgischen Confession verwanten Chur- 
und Fûrsten , der gesuechtenn vorbith halber , bey dem 



— 490 — 

1 566. KÔnig zu Hispanien zu thunn bedacht wehr , damadi wir 
NoTembre. unsz femner » âlêêen wiohtigen aacbenn zu richten ; 
dann wir inn der vorsorge gestandenn , wann der Chur- 
fûrst Temehmen wurde dasz nicht allain die Niederlan- 
der sich zur Augspûrgischenn Confession zuercleren ver- 
widdertenn , sondem auch E. L. sich vom GuTemament 
und hoff abzuthun und Iren priratsacken obzuwartenn 
nicht unbedacht , dasz S. L, der Churfûrst und andere , 
daher so vil mehr ursach schopfFenn mochtenn das werck 
dâr Torbith uff sich selbst erkuelenn und ersitzen zu laaszen, 

Nachdem unntz nun itzo , alaz wir in soldien gedane- 
kenn gestandenn sein , des Ghurfursten anthwortt und 
erclerung, der Torbith halber , zukommen , darronn wir 
E. L. beiliegende abschrifit Tertreuwlich zufertigen , so 
werdenn ebenn darmit dieselbigenn unsere gedandtenn 
und gehapte Torsorge soviel desto mehr gestercku 

Dann ob wol der Churfûrst die yorbith durch sdiîo- 
kung oder schrifftenn mit und neben andem zu thuon 
sich erbeuth, so restringirett doch s. L. solchs dennas» 
sen, dasz solche Torbith alleinn uff die Augspûrgisdie 
Confession und deroselbenn wahren yerstande gerichtet 
seinn und damit der CalvùUsmui gahr nicht approbirt wer* 
denn solte. (i) Daher wir nun sovielmehrbesoqienni wo 
femne die Chur- und Fûrstenn der Augapûrgischenn Con* 
f ession dessen berichtet , dasz die predicanten inn dea 
Niederlandenn den uahmen der Augspûrgischai Confes- 
sion (wie £. L, schreiben) nicht gebraucben woltenn, 
dasz sie sich entwedder der Torbith nicht baldt Terani- 
gen oder doch dieselbige mit solchenn emst , wie esx der 
sachen nottùrfft erfordert • nicht thun wurdenii. 

(i) Ici U traduction de Bor 



^ 491 — 

Alëo steheo wir bey unosz selhst in zweiffeU , uiid wis- i566, 
senn nicbt -wie dieser beschwerlichen widderwertigkait NoYembre. 
mit fuegen zu helfFen unnd die vorbith mit nutz und 
frucht ins ^erck zu ricbten ^ aucb das vorstebende un- 
glûck abzQwendenn sein mocht , andersz alsz dasz die 
leutbe flich zum wenigsten zur Augspikrgiscben Confies* 
aion bmeffenn; dann dardurch wurdenn die Cbur- und 
Fûrsten derselbenn Confession yerursacbt sicb solcber 
leutfa, alsz irer glaubens genossenn, mitt soviel mebrem 
emst , durcb intercession und vorbitb bey irem bemn , 
dem Kônig zu Hispanien , aucb underbawung bey der 
&ôm* Kay. Mat. und sonst , anzunehmenn ; es wurde 
aucb die yorUtb nicbt allein ansebenlicber und yer- 
tr^licber sein , sondernn aucb der kriegsleutb desto 
weniger undemn Teutscbenn sicb j«>genn die guete leutb 
gebraucbenn kszenn ; also kontb dardurcb das Torsta- 
bendeunbttl und bluetbatb^ menscblicber acbtung nacb| 
mit Gk>ttes hilff yerbuetet, dasz Reicb Chrîsti immerttu 
erweitert und die zabl der gleubigenn gemebret werden. 
Da aber berg^enn und obne dies mittell die sacben 
mebr gefabr ufT sicb babenn môcbten ; dan K L. wi»- 
senn wie verba^t der CaldnUmus bey der Kay* Mal^ 
selbst , aucb gemeinlicb bey den Cburfîirstenn , Fûrsten 
und Stendenn der Augspûrgiscben Confession sey ; dasz 
aucb ausz demselbigen einicben artikul die wiedersacber 
ursacb nebmenn die reine lebr des Gotblicbenn worti 
dermassen zu vervolgen » dasz nun umb desselbigenn 
ônicben artickulen wiilenn, die Niederlande nicbt al- 
leinn inn solcbe merglicbe gefabr gesetzt^ sondem aucb 
das ganze werck der wabren Cbristlicbenn religion dar- 
durcb zerruttet , der laufFdes beiligenn EuangelU gesper^ 



— 492 — 

iS66. ret und soviel unzelbare sehlen zum theil durch vervol- 
Noveinbre. gung Yonn der warheit abgescbreckt , zum thâl gants 
and gahr an gehor des Gothlichenn worts rerhindert 
werdenn solten. Solchs achtenn wir denjenigen die esL 
▼erursachen , mehr yor einn unbedachtsame halstarrig- 
kait, dan vor einn christlichenn eiffer. Es haben sich 
under denn Aposteln selbst im anfang de observtUione 
legis disputationes zugetragen , und wiewoU Pauluê al- 
lenthalben gelehret dasz observatid legis zur seligkaît 
aicht notig wehr, so hat ehr sich doch uff erinnerung 
Jacohi und anderer Aposteln , zu denenn ehr gein Jéru- 
salem kommen, im tempell doselbst anderst gebahret , al- 
leinn dardurch ergemûsz und Terwiming under denn 
glaubigenn Jueden des orts zu yerhueten; also auch hat 
derselhig Sanct Paulus , widder seine selbst lehr, denn 
Timotheum beschnrîdenn lasszen , iiem zu seiner selbst 
errettung, alsz ehr zu Jérusalem gefangenn wahr , sich 
offentlich vor einenn Pharisaeer bekanth , Ton deszwe^ 
genndas er, gleich denn Phariseenii dieufferstehung der 
thotenn glaubte , vriewol ehr sonstet nit den Phariseem 
durchausz nicht einigh wahr. 

WeiU nun dem also^ und die Ghristliehe liebe eifordert 
das die lehrer allesz ad aedificaJUonem und zu erweit^ 
rung der kirchenn CAm/<richtenn, und dan diesen werck, 
menschlicher achtung nach und wie wir'sz bey nnsz.er- 
messenn, nicht -wolbequemlidierzu lielffenn sein wil, 
alsz das man sich uif die Augspûrgische Confession be- 
ruefFe, so lieszenn wir unszbedûnckenndasz soldis nicht 
altain mit guetem gewissenii vonn den predigem in den 
Niederlaudenn wol beschehenn konte, sondernn das sie 
auch solchs Tonn Christlicher lieb wegenn , in betrach- 



— 493 — 

tuDg der vorstehenden go&hrund g^legenheit, zu thun i566. 
schuldig wehrenn. - Novembi^*, 

Unnd bielten's denmoch clarfu^r e$ soldt (\eax werck 
sehr nûtzlich und vertreglich geinn, wan iujiahinenf) 
der Niederlandiacheim Kirohen ein gescbiçkte sugplicff^ 
tion an die Ghurfûrsteoi , Fûrstenn und Stepde d^r Augsr 
pûrgischen Confession gesteldt wurde , dat^ne» sie de^ 
atandt der Religion in irien Kirchen kûjrtzUcb ai^zeigtenn.^ 
auch copien der Supplication sa sie leUtlicb^çuDi }te^ 
hemn dem Konnig zugeschickt , ùbergebenn und darai^ 
umb intercession und Torbitb bey irem bern , d^n KoUr 
nige betbenn y dasz inenn der praucb der Religion naob 
inhaldt der Augspûrgisch^a Confession , gestattet werden 
mocht, und im fall es niobt zu erbaltenn, das siejsicb 
simpliciter und ins genieina uff die AugSpûrgiscbe CoQ<- 
fession berueffen, sondernn sie je des streitigenh artic^ 
kulsz Tom bailigen Nacbtmall gedencken woUen; so 
môcbte solobs mit einem sdchen tempérament^ wie wir's 
bey unsz bedenckenn, gescheenn, dasz sie anzeig/en, ob 
sie etwo yonn ire miszgunstigen beschreîet webren dasz 
sie einer uncristlichen meinung im artikul des Nacht- 
malsz seinn solten , so geschebe inenn doch darmit un- 
recht , dan sie ebenn der unnd keiner andern meinung 
wehren , wie die Chur-und Fûrsten der Augspûrgiscben 
Confession sicb selbst inn der zu Naumburg inn Jrmo 
6i gestelter praefation disfals erclert hettenn. Von wel- 
cbem Artickuil wir £• L. ingelegtenn extract zufertigen, 
und dieweîl der Churfurst Ffaitzgrave selbst diesenn Ar- 
tikul derselbigen praefation mit bewilligt und sicb nacb- 
mals darauff beruefft, sobieltenn wiresz[dennest] darvor, 



— 494 — 

i566. es solten sich die mederlandische Kirchenn dessenn so^ 
Novembre, viel wenig^er zu yerweigernn habenn, 

Da niin E. L. oder Ir Bruder , Graff Ludwig, der vor- 
nembstenii predicanten etzlicfae (i) so dasz ansehenn, 
dasz gehor und die Tolge beim Tokk habenn, dièse ding 
m. gemueth und beitzenn fuerenn und ein seiches bej 
inenB , in betrachtung der itzigenn gelegenh^t und der 
sachennttmbstende, erhaltenn kontenn, und dasz die un- 
zeitige und beschwerliche questio quo modo disznudsz 
beiseits gesetzt wûrde, dardurch liessenn wir unnsz be- 
,dûncken solte densachenmitGouesgnedigeryerleihung 
nmbUdi ztt hel£feu, der lauff des faeiligenn^uan^i^/û' der 
Srtter inn gueten wesenn zu behallen und die vorstehende 
gefihrbdieiten abzuwendenn , auch die gesuchie stad- 
licbe Torbith der Gburfursten zu erhalten unnd insz 
urerckzu setzen sein. Welchs wir E. L. auszchristlichenn 
guetenn hertzen, alsz yor unsem disours und zu weitterm 
uàdidenckeni freondtlidier , gueter wolmeinung nicbt 
yerhalten wollen , und seindt E. L. fineundilichen zu die> 
neib willig. Dakun Gassel, am 97^ Noyemb. A^ 1S66. 

E.' L. gtttwittiger Yetler und Bruder , 
Wiunui L. z. Hbssbu. 



. . Dem PrÎDtzen 2U Uranîen , 
ta S. L. idbtt hânden. 



(i) etzliche. Dans la traduction il n'est fait mention ni du Prince 
et de son frère, ni des ministres; on se sert du pronom indéfini. » In 
» gevalle men diegene die *t gehoor hebben. » 

' "R. — Broder. Auiogrmphe, 



— 495 — 



fLBTTBE CCXLYII. 

Le Prince d Orange au Landgrave Guillaume de Hesse ^ 
et nuUatis mutandie^ à Auguste Electeur de $axe» 
Epénemens de F'aienciennes et Harderwick; projet 
de déelarer au Moi son assentiment à la Confession 
dAugsbourg^ 



FreundtKcher lieber herr Vetter, i566. 

Schwager iiiid Bruder. Wollea wir E. L. freundtli- Novembre. 
chen nitt verhaltten , das un» « . * zemnng ankonuneii 
MÎndty demimck der stadt Yalentien uDgdBbrlîch einen 
monatt belagert gevresen nnd den armen leothen, no 
umbdie stadt heramb gesessen seindt, in dk raclismaU 
hundeit thausent khronen schaden geschehen iot, dat 
aâch in Flandcm ein man od«r zwôlf thausent vèrsam- 
Uei haben und die stadt entsecxen wollen. 

&o hatt auch der 6raf zu Meghen ein tcedileîn in 
Hertzogthumb Geldern, Harderwiok gênant , eînnelimen 
woHn , und die Expédition sein^[i Drosten, Palinck Ton 
Scherpensellf berehlen : demna^h hatt beniel ter Drost sa- 
▼iel praeticirt, dasz er dorch sein hausz, so er in berûr-' 
ter stadt ahn der maueren liegen, ein loch gebrochen 
nnd ahm t8 Decembris des morgens umb sechs schlSg^ 
in die achtzig schûtzen hienein gebraoht hatt. Aïs nuhn 
die knecht inn der stadt gewesen , seindt sie gleich naôh 
dem marckt gelauffen , denselben eingenohmen und den 
Bûi^em ir geschûtz, so uf dem marckt gestanden, yer- 
nagelt und etzliche stûck mit gewak ufs hausz fiihren 
woUen. Wienuhn desaen die Burger innen worden, ha* 



«- 496 — 

i566. ben aie stuitn geleuttet, sicb auch aisbaldt versamblet 
Novembre, und mit den kBechlten uf dem marckt zd schermûtzeln 
angefangen; inn dem habendie knet^ht das geschûtz yer- 
lassen und diie flocht nach des Konings hausz, so ahm 
stddtlein liegi^ gedohmeii; die Bûrger abei* haben inen 
dea wegh reriaufEeii und dapfer isasamen gescblagen und 
ge8icli08sea,ako4asderk}i^htneuha ufm platz tothblie- 
ben , vieil verwundet, und zwolf , sonrier den Drost und 
seinem sohn, gefaogen setnét. Uf der Bûrger seitten 
aber aeindt drej tbbt blidben und etzliche verwundet, 
doch baben . sie das hausB akbaldt eingen^hmen und be- 
balten. Der Drost ist dunii dk Bongenieisfeer eodsetzt 
worden , wefar sonsten olme ftweifisil thott gasdilagen uod 
in lanf bUeben; und geben E. I* faiemittm bedencken 
was bier aiiisz noob yor weiftenmg endtsehpringen 
werdân* 

£. L. baben aucb ausft dîesem biebeîgafiSgten d«r 
stadt Yalentien ]i;«genbenohl(i) tminddicben zuerseben, 
das TÎel aaders^ daramb gdegen als die Hertaogin inn 
iren Mandaten voigiebi;. 

. WiewoU uns auch sehr bescbwarlîdi fak uns der reUi* 
gîon balben ofifentlidi zu «Ueren , wie £• L. desfola 
ediche unser bedencken in unserm Yorigen ficbr^3en, 
underm funfftèn àujus^ gesehen , niohts dastowcniger 
dieweiU wir yor unser person , auch unser geliebte g»- 
mahl wegent , eben so tieff bey der Kon. Mat. im ver- 
dacht stecken , als wan wir uns erkleret hetten , so 
weren wir woU bedacht uns kegent der Kon. Mat. 



(i) kegtnôenche. Cette défense de ceux de Valenciennes contre 
les accusations de la Gouvernante, se trowe chet Bory I. 1 36, sqq. 



— 497 — 

in einen gehaimbten schreibeii zuerkleren uhd ireMatt. tS6d. 
undertheniglich zu bitten, wîe wir das mit allerhandt Novembre» 
bewegniszen und umbstenden ahm bësteii fùgen konnen^ 
nachdemmahl wir in der Âugspùrgischen Gonfeszion ge- 
bomn und ufFerzogen , auch dieselbig in unserm hertzen 
je und allwege getragen undt bekendt baben, das ire 
Mat. uns und unsern undertbanen dieselbig Confession 
frey und sicher zulaszen wollen. 

Hergegent wollen wir uns verpflichten das wîr nie- 
mandt mit gewalt zu unser relligion dringen, auch weder 
den geistlichen personen^ noch iren giitern , einigen intrag 
thun oder etwas abziehen laszen^ sondem sie in iren 
standt und weszen geruhlich pleiben laszen wollen. 

Weill nuhn disz ein hochwichtig sach ist, daran uns 
undern andern unser yomembsjte zeitliche wolfarth gele- 
gen ist, 90 haben wir sonder E. L. rath und vorwiszen 
nichts thun , noch furtsetzen wollen , gantz dhiénstlich 
bittent E. L. wolle diesz unser gemuede und meynung ^ 
nach seiner wichtigkeît, bei ir erweghen und bedencken , 
und uns nocbmals derselben getreuwen rath , uns dar- 
nach zu richten , freundtlichen zukhommen laszen. Das 
wollen wir umb E. L., nebent andern vill erzaigten gut-» 
thaten und freundtschafften , allzeit gem hienwieder ver» 
dhienen. Datum ut in litteris. 

Abn hem Wilhelmen Landgraf za Hesszen. 
mutatis mutandis 
»— — Augost Churfûrst zu Saiibsen. 



Saos se déclarer ouyertement, le Prince, quelques mois plus 
tard ^ donna à entendre au Roi que des scrupules de religion Tem- 



— 498 — 

1 566. péchoîeDt de lui obéir en toutes choses. « Vidimus hic lileras Prîn- 

Novembre. ^ ci pis Auraici adRegem, ubi omneobsequiuni offert ^quatenuft 

» salvâ conscientiâ licet. Id sua Majestas subductâ vir^ulâ notarat 

» et in margioe ^ posuerat penult Maji i567. » Epist. 

Hopp. i3o. 

Le Prince , se conformant à l'avis du Landgrave Guillaume de 
Hesse (voyez p. 409 ) résolut d'eoToyer quelques Seigneurs en 
ambassade vers TËlecteur Palatin, le Duc de Wurtemberg, le 
Margrave de Bade et le Duc de Deux-Ponts. Les lettres de créan- 
ce et rinstruction signée par le Prince portent la date du i 
décembre , et furent remises au Comte Jean de Nassau; les 
autres députés dévoient être Louis G>mte de Kônigstein , oncle 
maternel du Prince, né en i5o5; Philippe Comte de Hanau- 
Lichtenberg, (apparemment Philippe lY, né en i5t4)9 ^lo&a Louis 
Comte de Wittgenstein. — Dans, cette LusUruction le Prince dé- 
plore les excès des iconoclastes , et surtout aussi ce qui y avoit 
donné lieu , savoir la sévérité de Philippe EL H atteste la disposi- 
tion des réformés à respecter les droit du Souverain. « Wan al- 
» lein die Kôn. M. inen die relligion frey laszen und sie mit khei> 
» nen Religions mandaten oder andem neurungen iren fretheîteii 
» und privilegien zuwîeder bcschweren wolte. » Le Roi, ajoute 
t*il, malgré ses lettres , a tout aussi peu intention de tolérer la Con- 
fession d'Augsbourg que celle des Calvinistes, et s'apprête à en- 
voyer une armée formidable dans les Pay»-Bas. L'intercession des 
Princes Allemands sera une oeuvre agréable à Dieu. La chose con- 
cerne aussi spécialement le Prince d'Orange : «c dieweil uns die 
• vornembste schuldt diszer verenderungab einem in der Augipûr- 
» gischen Confession gebomen und uflerzogenen Dentschen will 
V zugemeszen werden. » Il demande aussi particulièrement leur 
avis sur ce qu'il aura à faire , si le Roi persévère en ses projets: « 
» iiff den fall des ùberzugks. i»(*MS.) 



— 499 



LETTRE CCXLVIII. 

f^ Comte de Berghes au Comte Louis de JSassau, 
Il fait des protestations de fidélité. 



*^ Les protestations ne coûtent rien au traître pusillanime. i566. 
Quelques semaines plus tard la défection du Comte , ou plutôt sa Décemlire. 
tentative de rentrer à tout prix dans les bonnes grâces du Roi , 
devint manifeste. « De Geconfedereerden yerstonden dat den Gra- 
» ve van den Berge aan Yiglius geschreven hadde y hem seer flatte- 
» rende , en syn selven excuserende» dat hy niet, nieus en hadde 
» aengerecht, noch van de Religie te ' veranderen , noch ook de 
I» Beelden af te -we^pen , begerende aen hem dat hy 't selve den 
» Konig wilde adverteren en hem verschonen; hy soude een getrou 
» dienaer van Syne Maj. blyven. » Bor^ i5i*. Ces démarches ne 
lui furent d'aucune utilité. 

Peut-être le Comte avoît«il promis d'assister à une réunion des 
principaux confédérés à Amsterdam : voyez p. 4^7- <* Creditum est 
» in eo conventu statutum omni ope conniti ne Rex milite instruc- 
» tus adveniret^ idque aut precibus Maximiliani Caesaris apud 
» Regem, aut exuta palam obedientia armis impetrandum. » Stra- 
da ^ 2181. 



Monsr. mon frère. Pay receu vostre lettre par laquelle 
j'ay entendu que trouvés mes excuses bien èstranges , 
voyant que deiniement ' vous auroye promis en présence 
de Monsr. le Prince de m'y trouver et aussy confermé 
par mes dienires ^ lettres et que ne saves comment enten- 
dre, vous asseurant, Monsr. mon frère^ en avoir esté to- 
talement résolu selon le contenu de ma lettre ; la raison 
pourquoy nay l'ay seu mectre en effect , en auroit esté 
premirement occasion mes bourgeois , lesquels mont 

' (larnièremait. 9 dernières. 



— 5(K) — 

i566. présenté ungne suplication, affin de pouvoir avoir la 
Décembre, presse ' en la ville , comme en autres lieux, en quoy je suis 
esté bien empêché , quar, sj je me fusse absenté, il y aus- 
sent' fait quelque désordre et abbatu les jmages et autels, 
estants encoire en [ce me ^ ] termes , surquoy vous vouldroie 
bien prier d'en avoir sur ce lavis de Monsr. le Prince et 
de vous, affîn de me pouvoir selon icelluy reigler en 
ceste affaire. Quant à la reste^ vous prie de ne point avoir 
mavesse opinions de moy; au surplus ay donné charge 
à mon drossart, Tellis, pourteur de ceste , vous comuniquer 
de tout. A tant, Monsr. mon frère , après m'ettre bien re- 
comandé à vostre bonne grâce , prie le Créateur vous 
donner ce que vostre ceur désire. De Bergue , le premier 
désembre i566. 

{i entièrement atfectioné frère à vous faire service, 

GuiLLAUMS DE BsRGHB* 

A Moos' , Monsieur 
le Conte de Nassau. 

Quant à la somme je vous Fenvoye présentement, 
vous remerchiant de me la avoir preste si longe- 
ment, vous remersiant pour le tout. 



N.o CCXLVIII.' 

Requête à F Empereur Maxîmilien , tendant à ce qu'oïl 
i^euille intercéder auprès du Roi d! Espagne en faveur 
des Pays-Bas* 



' * Cette pièce semble écrite de la main du Comte Louis de 

' prêche. ' eusMOt. 3 ces mêmes (?). 



— 501 — 

Nassau. — Malheureusement TËmpereur devoit se borner à une 1 566. 

intercession amicale. Les liens qui unissoient les Pays-Bas à rEm- Décembre. 

pire, aToient été extrêmement relâchés en i548, parle traité 

d'AugSDourg , Charles-Quint ayant réussi alors à faire exempter ces 

Etats héréditaires de toute juridiction supérieure. Le célèbre Xluii 

s'exprime ainsi à ce sujet « Zie hier de looze streek des Yorsten die. 

» zijne voorouderlijke Erflanden voor eene geringe jaarlijksche bêlas- 

» tinge, geheel en al der magt , gezag en rechtspleging van 't Duit- 

» sche Rijk onttrokken heeft, en van 't Rijk vrijgemaakt, dat is aan 

» hem alleen onderdanig gemaakt heeft. » Over V recht om Philips 

afte tfveren, p. ao. 

Sire! 
Nous ne faisons double que Vostre M'^ soit esté de 
tout advertie de ce que passé quelques mois en çà c'est passé 
au Pays-bas , parquoy n'y ferons redicte pour point impor- 
tuner Vostre M*^. Et combien, Sire, qu'avons estes quelque 
temps en grande paine pour ne scavoir à quoy le subit 
cbangement tandoit, mesmement aians la plus part de nous 
aultres estes adyertis par la Gouvernante des Pais-bas , 
de plusieurs désordres , séditions et tumultes commises 
par aulcungs désobéissents et commun peuple, le tout 
soubs prétext d'une religion dissimulée ^ dont avons es- 
tés certes bien maris , que en ung temps où que sommes 
tellement affligés de l'enemy de toute la Cristienté , de 
l'autre cousté aussi pour le mauvais exemple que auL 
très subjects en pourriont prendre, pour nous estre si 
voisins et membre du S. Empire , qui ast esté cause que 
non seulement avons laissés passer par silence toutes les 
levées et préparations que le Roy d'Espaigne a faict des- 
puis quelque temps en çà , ains avons estimé estre juste 
et raisonnable que touts Princes aiment tout bien , tran- 
quillité et repos , deussent avecques tout leur pouvoir 



— 502 — 

i566. assister Fungà Taultxe^ pour empêcher la rébellion et 
Décembre, désobéissance des subjects , de tant plus au Roy d*Espain- 
gnCy qui est fis d'ung Empereur nostre et si proche 
parrent de Vostre M^, et dont les dits pays sont une partie 
membres. Et comme, Syre , aiants tant pour recommandé 
le service et prospérité de nostre patrie^ et nomément ice« 
luy de Vostre M^ , avons bien pour la proximité et.voisi- 
nance du dit Pais-bas, volu informer particulièrement 
come toutes choses sont passés , la cause pour quoy et à 
quelle fin elles tendent, pour en advertir Vostre M^, 
afin qu'icelle par son assistence, tant de force que aultre 
voie, eusse en temps secoumi Monsr. son firère, pour 
éviter touts inconvénients ultérieurs. A quoy Vostre M*' 
nous eusse trouvés et nous trouverast tousjours bien 
prests à ensuivre ses commendements* Ainsi, Sire , avons 
véritablement trouvés que il en ast eu quelques désor- 
dres en abastant les images , ruinant les autels et occu- 
pant les temples , ce que nullement scaurions trouver 
bon , ny donner tort au Roy d*Espaingne de s'en resen- 
tir , comme nous entendons aussi que en partie il s*est 
desji faict la démonstration requise : mais d*aultre part. 
Sire, les exécrables justices et persécutions de tant des 
milles et milles qui ont estes mis à mort, despuis que 
Dieu par sa saincte grâce ast mis en lumière la pure doc- 
trine au S. Empire et que les principaulx placcarts et dé- 
fenses ont esté dressés contre ceulx de nostre religion , 
combien qu'elle ast esté accordée et permise , nous don- 
nent cause les tenir aulcunement excusés et avoir pitié 
et compassion avecques eulx , et que tout oecy est adve- 
nu avant les avoir permis aulcune prêche on exercice de 
région , et qu'on voit tousjours que chose maintenue 



— 503 — 

areques rigueur et yëhémenoe, se yient à rompre ayec- i566. 
ques grand dangier et désordre, et principalement en ung ^®<*'""'*®' 
faict de conscience , qui ne peult estre domptée par for- 
ces d'homme, et de tant plus n aiant esté cecy commencé 
aTecques aulcung ordre, sans aulcung chief ou Magis- 
trat qui s*eust voulu au commencement déclarer pour 
eulx , de peur de tomber en la mauvaise grâce du Roy , 
qui ast esté cause de tant plus grand désordre ; mais si 
tost que la Régente ast entreposé quelque petite permis- 
sion de pouvoir prêcher , toutes ses tumultes se sont as- 
sonppies et cessées incontinent ; par où on peult aisé- 
ment comprendre que leur faict ne tend nullement à ré- 
bellion ou désobéissance , ains tout seulement de pouvoir 
jouir de rezerdce de la religion et donner satisfaction à 
leurs consciences. Il est vraj aussy que somes bien infor- 
més que , soubs prétext de ceste permission , aulcunes 
sectes et prédications mauvaises s'entremeslent , ce que 
nous desplaict grandement, et serast de besoing et fort 
bon qu'il y fust mis remède en temps et heure. 

Yoiant asteure^ Sire, et que sommes avertis certaine- 
ment que le Roy d'Espaingne^ par instigation du Pape 
et aultres, est résolu de nullement vouloir souffrir aul- 
tre religion que la Romaine , quelle que soit , et que 
soubs prétext de chastier la désobéissance et chasseï les 
mauvaises secles , qui ne sont permises en TEmpire , il 
se prépare, et non seulement en Espaingne et Italie, 
mais aussi en Allemaingne, come il est notoir à ung 
chascung : seroit à craindre , que oultre tant des incon- 
vénients , qui nécessairement advieodront par toute la 
Grestienneté et mesme en ce temps icy où que le Turcq 
ast acquis tel advantaige sur nous aultres , qu'il ne voul- 

\ 



— 504 — 

i566. droit quant et gualit extirper nostre religion , à laquelle 
décembre, sommes bien^asseurés que une grande partie et les |dua 
principaulx scfnt affeçtionés. 

Et corne il semble estrei office de Vostre M*^ de préve- 
nir touts dangierSy principalement aulx provinces qui 
despendent de TEmpire et pour point lesser perdre et 
ruiner ung pais, dont Vostre Ma'' peult avoir la succession, 
par guerres intestines ^ n*a vous peu délaisser de la supplier 
très humblement qu'icelle voulusse prendre ces affairea 
à ceur et envoier ung ambassade au Roy d'Espaingne ^ 
pour le détourner de ses desaeings et le mestre sur tel 
chemin , corne en tels et semblables cas de religion on 
est accoustumé de faire, et somes bien d'intention de en- 
voier aussi ung ambassade pour le enquérir de nostre 
part de vouloir condescendre aulx moiens ^icites et rai- 
sonables, aveques la remonstrance, suivant la copie cy 
joincte, dont supplions très humblement Vostre M*' se 
vouloir conformer et cela au plus tost , espérant que le 
Roi se laisserast induire et ne vouldroit pas estre cause 
de tant de calamités , tant en TEmpire que en ses pais 
propres, et Vostre Ma'' recevrast une réputation inunor- 
telle et ferast ung très grand service à Dieu et toute la 
Crestienté, 



LETTRE CCXLIX. 



Schwartz au Prince tT Orange. Sur les dispositions de 
r Empereur bNntercêiler auprès du Roi ^Espagne. 



* * 



/ Ceteç lettre,^ où il f^'açit uniquement de supplicaltons au 



— 505 — 

Boiy peut servir de réponse à une accusation de StradardMtÀYe a la i566» 

conférence de Dendermonde. « Yarîantibus sententiis in eo conve- Décembre» 

» niebant , arcere Principem ab ingressu Provinfliarura oertae id 

» esse contumaciae , incertae victoriae : admittere , periculo propîus 

» videri . . . Aut vertendum igitur solum , . . • aut novum in eam 

» Dominum . . . inducendum. Hoc postremiim vero optimum yi- 

» deri : occasionemque in promptu esse, si, quoniam Maximilianos 

» Imperator operam suam obtulit oomponendis hisce discordiis ^ 

» per speciem ejus arbitrii deposcendi clam intérim agatur ut in 

» Caesaris manus hae demum Provinciae devolvantur. » 27 7« 

L'Empereur désiroit que le Roi d*£spagne se rendit sans armée 
dans les Pays-Bas , afin de pacifier le pays par douceur et non par 
violence. « F", Raumer^ Bist, Br, I. 173. 

Le docteur Schwartz avoit été à Orange comme Commissaire du 
Prince, Celui-ci paroi t lui avoir conservé sa confiance , malgré la 
rapport très défavorable de P. de Yarich dans son Verbal. « Il a 
» ordinairement. . fi*eqnenté les plus grandz séditieux et ad versai- 
» res de S. Exe. et Souveraineté , leur donnant à entendre qu'il 
» n'estoit besoin entretenir aucungs soldatz et que Tintention de 
» S. Exe. n'estoit telle, et que les falloit tous casser ; ce que les dits 
» subjectz demandoient y afin que la justice ne fut forte et eulx 
V chastiex • • . , par raison de ce les dits subjects ont refusé à con- 
» tribuer pour l'entretenement des dits soldatz. Aussi disoit-il pu- 
» bliquement que S. Exe. ne pouvoit permettre à ses subjectz vivre 
» en liberté de conscience avecq exercice de leur relligîon à la 
» conformité de ceulx du Roy , ains qu'il convenoit qu'ilz vécus- 
» sent et se réglassent comme les subjectz du Pape. » 



Durchleuchttiger hochgeborner Fûrst, gnediger Herr... 
Sunst was dièse jetzige tumulten und leuffit betrifft , weis 
E. F. 6. ich yhen ' hochsten vertrawen und gehaim nichtt 
zu yerhaltten , dan est mir bey der Kay. Mat. ongnaden 
auffgdegt ût solches gehaim zu haltten, wie das ich, 
sontag yergangen iunf wochen, ahn einen der Ro. Kay. 



' u. 



_ 506 — 

i566. Mat. gdiaimbftten Tomembsten Raith mit welchen ich 
Déeembre. altte yertrauwliche correspondents und kunttschafftt , 
aucli ziffem hab , wie und wen die sachen alhie yhn die- 
sen landen geschafifen ^ auch was derpfaffeD , weyber ^ und 
Hispanier vorhaben sey, und was endtlicb derKay. Mat. y 
auch dem Kûnig selbst, darausz enrolgen mochtt yor 
unrath und gefharliche witterung , so sîch eraigett zu ge- 
mainem yerderben der gemainen Ghristenhaitt , dardurch 
die .Kay. Mat. ahn yhrem yetzigen hochnottigen und ge- 
fharlichen zugh und notthwehr , mercklich wurden yer- 
hindert werden so solches yhn das werck gerichtt und 
einem yorgang gewinnen soltt^ dardurch yielleichtt dièse 
lande yhn grundt yerdorben und dem hausz Oesterreich 
yhn allem durch frembde Potentaten abgewendt mogtteA 

werden. Demnach so were mein treuwes und hertzlichs 

* 

bedenckenSy das zuallen seitten dieser misyerstandt durch 
leidtliche mittel und guttliche underhandlung aufigehc 
ben und sôlche onordnung und enttporung abgeholffen 
mogtt werden ; so wist ich aber keinen besseren noch 
sîcheren wegh , dan , als dièse lande dem Reich und dan 
auch dem hausz Oesterreich ails yhre patrimonium ange- 
horig , das yhre Kay. Mat., ausz jetzo bemeltten ursach , 
von den Stenden dieser lande wurd ersuchtt und under- 
thenigst erbotten, sich bey dem Rûnig yhrer durch 
guittliche handlung und mittel anzunemen und durch 
dieselbige die Ko. Mat. zu contentiren und zuersetûgen. 
Nachdnm ich aber nichtt wissen kuntt , ob yhre Kay. 
Mat. wird woUen darzu yersehen, so hab ich obbemeiten 
herm zum hochsten und dienstlichsten gebetten, solches 
der Kay. Mat. yorzuhakten und zum furderlichsten mîr 
dessen durch zififer einen grûntUchen berichtt zu thuen. 



— 507 — 

Darauff weis K F. W. ich nichtt zu verhaltten das bei i566. 

jûngsler post mir von obbemelten herm ein ghar grosz Déoeminre. 

pacquett, wol Ton 5 a bogen, ist zukoimnen, und neben 

viellerley [occurrentien] , soderKay. Mat. seint zukommen 

und er mir deren copiam zugescbicktt , aucb ein missive 

mit semer aignen bandt yerferttiget, zwey bletter lautter 

ziffereu, und gibtt mir soviel zu erkennen und versichertt 

mich zum bochsten das, sover die Kay. Mat. von diesen 

landen werden ersucbtt werden , das sje mit allem ernst 

und treuwen sichbey den Kon. Mat. werden annemen, und 

die sacben dabin beUTen ricbtten ^ damit weitterung und 

onnottiges bluettstùrtzen verbleiben moge, aucb sunst 

gutte frûndt dazu zu bûlff nemen; sunst soviel desselbi- 

gen obberùrtten berren person belangt, soll abn ybm 

aucb kein vleisz , muebe, nocb arbeitt erwinden; und so* 

viel die ReUgion belangtt, sover man den Califinismum 

mogtt dabinden lassen und allein auff die Augszbûrgi- 

scbe Confession wurd bandien , werd ybre Mat. gleicber- 

gestalt aucb lassen gebraucben , aber es must solcbs zum 

fûrderlicbsten und schleunigsten jbn das werck gericbtt 

werden, obne ainigen wittern verzugb, ebe und zu- 

ver ybre Mat. sicb weitters rûst und gefast macb und 

ybre sacben wûrcklicb angreiffen und dirigiere; und 

weitters scbreibtt er mir das , wie wol er der Kay. Mat. 

patentum verferttigett und dieselbige, mit dem berûrtten 

seinem scbreiben, der Guvemantin zugescbicktt , so ûber 

3ooo pferd und lo™ knecbtt vermeldett, so sey erye- 

docb gântzlicb meiner meinung , das es zu allen seitten 

weitt nutzer, sicberer und besser were, durcb guetlicbe 

beylegung diesen gebrecben abzubelffen , welcbes E. F. 

G. icb biemit undertbenigst , treuwbertziger mainung 



^ 508 — 

i566. nichtt hab woUen verhaltten , demselbigen weitter nacb- 
Décembre, zudencken und zu berattschlagen , dan aye mogen sich 
darauff yerlassen das dem yhn grundt abo ist^ wie obbe* 
meltt , und will E. F. G. ettwan das original schicken 
oder selbst bringen, welches handt und namen sye wer- 
den wol kennen, und weisz au£f dièse stundt keinen der 
solches besser bey der Kay. MLat. thuen kann , als der- 
selbig so mir geschrieben. Ich darff nicbt ailes noch 
weitter vermelden , dan er es mir zum hochsten bey Kay. 
Blat. ongnad yerbotten. Nun ist, mein einfeltiges bedeno- 
ken , das ratbsam das mhan zum schleunigsten gesandten 
zu der Kay. Mat. geschicktt het , und sunst aucb bey deii 
Teutschen Churfûrsten und anderen angehalten , das sye 
gleicher gestaltt an beide, Kay. und Ko. Mat», geschrie- 
ben und begerett ; und sover ich weitters ettwas guettes 
hierin mogtt thuen , als ein armer und geringer , yedoch 
getreuwer diener , will ich nichtts was yhn meinem ver- 
mogen stehett , ahn mir erwinden lassen .... Datum 
Brussell, den i4 December, ihn eyll. 

E. F. G. 

undertheniger und gehorsamer 

diener und underthan , 

SCHWARTZ. 

Monseigneur , Monseigneur ie Prince 
d'Oranges , Conte de Nassaw Catzenelenbogen. 



— 509 — 

' LETTRE CCL. 

Auguste^ Electeur de Saxe y au Prince d Orange. Il se ré' 
jouit que le Prince songe à embrasser la Confession 
cTAugsbourg; se montre bien disposé envers les Pays-Bas. 

. . . Wirhaben E. L. schreiben unddancksagung, unserer i566. 
E.L.gesandteiijûngstgegebenenantwortt halbenn^zuun- Décembre, 
sern henden entpfangen , dero E. L. kegen uns nicht be- 
dor£ft bette, sintemahl wirE. L. mit aller freundschafit zu- 
gethann und zufôrderst Gottes ehre zu befiirdem, begie- 
righ und ^Ilig sein'. Das sich dan E. L. in jetzigen irem 
scbreiben ihres entlichen gemûts, der religion halben, 
kegen uns dermassen Christlich und freuntlich ercleren 
und ir herze dahien erofFenen , das Sie bedacht sich zu 
der Augspûrgiscben Confession oGTentlich zu bekennen , 
thun wir uns kegen E. L. fireundtlich bedancken, und 
wûntscfaen von 6ot dem Âlmechtigen das ehr £ L. in 
solchen Christlichen vorhaben , durch seinen Heiligen 
Geist stercke^ leithe und fhûre, wie dan das wahreer- 
kentnûs des Hem Christi und seines allein seligmachen- 
den worts , von Got alleine zu erbitten und zu erlangen, 
und gar nicht menschenwerck ist. 

Und wiewoU leichtlich zù ermessen die Kon. W. zu 
Hispanien werde ob solcher E. L. erclerunge, nicht allei- 
ne grosse befrembdunge , sondem auch ein ungnedigs 
misfallen tragen, und also nicht ohne beschwerunge und 
gefahr zugehen , so beruhet es doch ailes auf dem , das 
man Got mehr dan den menschen in solchenn whall ' 
gehorchen und die erkante warheit, umbyerfolgunge und 

' Wfihl. 



— 510 — 

i566. creutzes willen , nicht verleugnen musz ; dieweil sich aber 
I>éceinbrtf. auch andere mehr Stende und StetteinNidderlanden albe- 
reit dahien ercleret und zumtheill mit der that erweiset ha- 
ben das sie des Babsthuaibs grewel und die Hispanische In- 
quisition lenger nicht zu gedulden , sondem der religion 
und glaubens halbenn femner unbedranget sein woUen , so 
soke solchsunsers erachtens s. K. W. andere gedanckenn 
verursachen, das sieyonu irem Torhaben die underthanen 
mit dem schwerdt zu ûberziehen , abstunde und auf andere 
bequeme, lindere mittel gedachte , dadurch gehorsam , 
friede und ruhe erhalten wurde. Was dan wir , auch ne- 
benn anderenChur- und Fûrsten , so der Aug^bûi^scben 
Confession verwandt, durch schickunge oder schrifften 
an ir. Kon. W. , den armen bedrangten landen zu gut- 
tem thun y Yerwenden und befurdern sollen oderkonnen, 
in deme woUen wir uns , hieforigem unserm freundtlichen 
erpietenn nach , aller Christlichen gebùre erzeigen und 
seindt dekren Chur^und Fûrsten entlichen zuschreibens 
und Tergleichunge, was sie deszhalben zu thun bedacht, 
gewertig. 

Wann aber in allew^ die nottûrft érfôrderenn will 
das E. La in anrichtunge der wahren Christlichen Reli- 
gion ,eine gewisse form haben , so wollen wir £• L. un* 
serer lande Ghriatliche Rirchen-Ordnung znachidien, 
audi auf eine person, darumb uns £. L. bitten, bedadit 
sein^ mit der EL L. Yon dehnen sachen vertreulich re- 
den und sie zu E. L. besten eine zeitlang gebrauchen 
mùgen « • . Datum aufm Stolpen, den 19^ Decembris 66. 

AuGusTUs Crcrfurst. 

Demhochgebornen hern Wilbel- 
men , Printzen su Uranien 



— 511 — 

Le >o décembre le Prince se rendit à Amsterdam, où il resta i566. 
près de six semaines. Il fit restituer TEglise des Cordeliers , que Décemiyre. 
les Réformés avoient envahie pour y prêcher; mais il leur accorda 
des places pour bâtir des temples. Il avoit beaucoup de crédit au- 
près de ceux de la religion; mais la répugnance des Magistrats 
à faire des concessions quelconques lui suscitoit souvent beau- 
coup d'obstacles et de difficultés. Dans plusieurs provinces le parti 
Catholique reprenoit de la force dans les assemblées des Etats : 
à Utrecht le Prince avoit pu s'en appercevoir. Les Etats de Bra- 
bant présentèrent le 21 décembre une adresse à la Duchesse de 
Parme pour la cessation des prêches. Bor, I. ia6. Les autorités, 
connoissant la position assez équivoque du Prince , ne dévoient 
pas être toujours très empressées à seconder ses vues ^ et la Gou- 
vernante, d'après les intentions du Roi, faisoit surveiller de près 
ses démarches. Le Roi écrit le 27 nov. à sa soeur que, des quinxe 
enseignes Allemandes levées pour la Gueldre , la Frise et la Hollan- 
de, il conviendra d'en donner « charge à quelque personnage con- 
» fident , que si bien il eut charge d'obéir au Prince , comme Gou- 
• yemeur Provincial , toutefois qu'il se conduit selon ce que luy 
s seroit commandé de par M07 ou de par Vous , advenant que luy 
» demandit aultre chose le Prince. » Procès dEgmant, II. 5 16. 



\ 



* LETTRE CCLI. 



Le Landgrave Philippe de Hesse au Prince d Orange, 
Sur les dispositions des Princes Allemands. Réponse à 
la lettre a45. 



. . . Hochgepomer Fûrst, freundtlicher , lieber Vet- 
ter und SohQ, wir haben £• L. schreiben des datum , stet 
Utrecht den 26**" Novembris , entpfangen gelesen. 



— 512 — 

i566. So yiel nun die vorpit und intercession^ welchedie 
Décembre. Stende der Augspûrgischen Confession fur die Nidderlen* 
der thun solten , betrifft , wollen wir E. L. freuntlichen 
nicht pergen das es darmit noch gar witleufTtig stet 

Dan erstlich so erpeut sich der Hertzogh zue Wûrt- 
tenbergh , sein L. wolle woU nût vorpit thun, aber neben 
dem Pfaltzgraven Ghurfursten wollt es s. L. nicht thun. 

Zum andem so erpeut sich der Churfurst zueSachsen, 
das s. L. auch die vorpit wolle thun helffen , aber nicht 
weiier dan fur die, so da seindt der Augspûrgischen 
Confession. 

Nun wissen wir nit ob darmit den Herm , Stenden und 
Stetten im Nidderlandt gehoUFen seie, wirt derhalben noth 
thun uns dessen zuberichten^ 

Dergleichen, achten wir, werden die andem mehrer- 
theil auchgesinnet seit, alsznemblich: Herzog Wol£fgang 
Pfaltzgraff, Baden, Brandenburgzue Anspach (i) , Marg- 
grafF Joachim Churfurst (a) , die Herzogen zu Pomme- 
ren (3) und Meckelnburg (4). 

Darumb mûssen £. L. uns zu erkennen geben ob die 
Herm , Stende, und Stette im Nidderlandt darmit zuefrid- 
den seien , und wirt auch gar langsamzuegehen die Stende 
zue hauf zu fordern, solche dinge zue berathschlagen und 
zu vergleichen. Wir haben aber dem Churfûrsten zue 
Sachsen geschrieben , das S. L. etziicher Fùrsten Gesan- 

(i) Brandenburg, Jean-George, né en i5a5. 
(a) Churfurst. Joachim II , né en i5o5 , Electeur depuis x535 ; 
en 15^9 il se déclara pour la religion Evangélique. 

(3) Pommeren. Apparemment Philippe I, né en i5i5. 

(4) Meekienburg, Jean-Albert I, né en i5a5y régnant depuis 
i547. 



— 513 — 

ten an ein gelegenen piaf z zuesammen erfordert und die i566. 
ein meinung , wie dièse so ^wichtige sache fûrzunehmen , DiM^mlire. 
stellen lassen. Was Dun daruf yolgen wirdet, sollen K L. 
woU berichtet werden , doch ist sich nicht daruf zu ver- 
lasseity dan es ungewisz ist. 

Dasz wir E. L. uf ir schreiben anzeigen woUen , und 
setndt K L. freumlich zu dienen willig. Datwn Cassel, 
am aa**" Decembris jinno Domini iS66. 

Philips L. z. Hbssbn. 

Dem hochgepomeo Ffirsten... Wilhelmen , 
Prîotzen zu Uraoîen , . . . zu S, L. selbst 
bandeB, sonstet niemaadt zu erbrechen. 



Les- lignessuivaiiUSy égalenwnt signées par le Landgrave » se raji- 
portenl appareanneiU au biUat meDtioooé p. 463. 

Auch freumUcbar^ liaber Yetler, haben wir Et. L. inge- 
legtenzettel gelesen , und wêil es ein hochwichtige sache » 
haben wir etzliche guthhertzige leuthe ûbersitzen und 
berathschiagen lassen was darin guth gethan , die uns nun 
ir bedengken angezeigt y wie wir E. L. dasselbig hirmit 
zuyaschicken , welches wie uns auch also gefallen lassen 
und mil ihnen ejnig seixL. Das wir £. L. als«» uf den iu<- 
gelegten zettel auch vermeldden wollen. Datum ut in 

Philips L. z. Hessbh. 



3i 



— 514 — 



LETTRE CCLII. 



Bemartj Seigneur de Mérode , au Comte Louis de 
Nassau, Sur les entreprises de la Gouvernante. 



1 566. ** Ventreprinse que scav^s est peut-4tre un proj A pour s'assa- 
Décembre, rer de Maestricht. Du moins la Gouvernante étoit en correspon- 
dance à ce sujet avec l'Ëvéque de Liège. Le i3 novembre celui-ci 
érrivit : « Madame^ j'ay receu celle de V. Alt, du lo" de ce mois, 
» touchant les moyens que V. Alt. advise de povoir asseurer la vil- 
» le de Maestricht et la purger des prescheurs sectaires. Et, quant 
» au premier moyen de gaigner quelque intelligence deans la ville, 
» • ..la disposition dMcelle ... ne nous monstre bonnement, à mon 
» advis, aulcun moyen de pouvoir encoir présentement gaigoer oc 
» poinct : parquoy .... je me rengerois plustost au second moyen 
> d'y envoyer personnaiges de deulx coustelz pour s'employer et 
» par tous bons moyens essayer de réduire la ville en asseurance. » 
Gachardf AnaL Belg. ao3. Les protestans y étoient extrêmement 
nombreux. « Les bons catholiques ne scaueroient bonnement dire 
» si en ceste ville il y a plus de catholicques ou plus d'infectes. » 

/. /. 19* 

Son Altesse vouloit se saisir de Zeelant , c'est-à'-dire mettre 
garnison dans les villes, ce qui, à cause des privilèges , causoit 
toujours beaucoup de mécontentement , et donnoit souvent lieu à 
de la résistance , comme on venoit encore de l'éprouver à Valen- 
ciennes. — On craignoit beaucoup que les Réformés ne s'emparas- 
sent de la Zélande, afin d'exclure le Roi du odté de la mer. 



Monsieur! combien que n*ay jusques astheureu grand in- 
telligence pour ce faict à Liège et Maestrecht ni Huy , ne 
fauldrapour ce faire mon extrême debvoir pour empêcher 
Tentreprinse que scaves, et coment le lieu nous est de fort 
grand importance, tant pour le pasaige que pour certain 
Toisinaige , j'empliray touttes mes forces avecques aide 



— 515 — 

fies bons amis à leur faire fault. Je voaldroi bien que Vos* iS66. 
tre S*^* volist escrir ou par autre moien faire tenir quelc* Décembre, 
que lettre au consistoirdu lieu, pour me tant plus donner 
de crédit vers eux , car sains les bons et fidèles Ton sça- 
rat* peu effectuer , pour ce qu'avons beaucoup d'adversai- 
res en ce quartir. Au rest , Monsieur , je suis averti co* 
ment son Alt. trafioque fort par le DucErich, Monsieur 
d'Aremberch^ Monsieur de Megen pour se saisyr de Zee- 
lant, par où vostre S^"* schayt les grans inconvéniens quil 
nous poldroit avenir; elle besoinge aussi fort pour ceste vil- 
le de Malins. Dieu donne que tout soit en vain, car la ville 
d'Anvers seroit bien assiégé , ajant perdu ces lieux sus- 
dit, qui seroit unne grande perte. D'aultre cbose quil se 
passe par ici , vous dirat le Singeur de Van der Aa , por- 
teur de cest , qui ferat fin , priant le Souverain Dieu avoir 
vostre Singnorie en sa sainte grâce. De Malins , le a3 de 
io»»^ran i566. 

Entièrement prest à obéyr et faire très 

humbles services, 

Bernart ob Mbrodb. 

Monsieur, Monsieur le Conte 
de Nassau , Catzenellenbogen , Yianden etc. 

Le Comte Louis proposa à Amsterdam aux Réformés trois 
points : obéissance au Roi , contribution à la somme dé trois mil- 
lions, acceptation de la Confession d*Augsbourg: Bor^l, ia4- Cette 
proposition se trouTe aux Archives : Propositie op ten a 4 dec. by 
mynheere Grave Lodewyck van Nassauwen binnen Amsterdam 
der gedeputeerden van de gereformeerde Gemeenien derSteden en 
ptaeUen in Hollant gedaen. Elle fut également faite à ceux d'An^ 
vers , Tournai et Valenciennes : Bor^ L /. Mais , quant au troisième 

I faora. 



— 516 — 

l566. pwBt on as fltgHft q«a doirépoosc» ènavrtê H dUaloire». LwiheokK 
I^^embN; 9^^o* eavoyé8 d'Allenuigne (p. 473) n'étoient guère propres à 
concilier les esprit» ; du moins si l'on peut en juger par le choix 
de M. Flacius : « Ein Mann yon Gebt und grûndlicher Gelehrsam- 
u keit und um die biblische und kirchenhistorische Literatur aus- 
9 gezeîchnet rerdient , dessen Wirkaamkeit aber durch seine allzu- 
» groflBe poleniisdie KM^fuit getrûbt wurde. » Ouerike , L U 
p. i3i. — La poeition des proteslans rede?enoit critique ; ils se 
' livraient au décourafement ou méditoient des entreprbes témérai- 
res. En attendant la Gouvernante se préparoit à écraser quiconque, 
à Tezemple de ceux de Talenciennes , oseroit prendre les armes ; 
et le Roi faisoit rassembler la puissante armée qui quelques mois 
pIlM tard devoît , avec le Duc d'Aibe pour dief , venir fondre sur 
letrPajfs-fiaa. 



EXPLICAHOBT DES PLANCHES. 



Planche L i. Fragment d'une lettre de JalianeyG>mtet8e de Nas- 
sau, mère du Prince d'Orange, (p. a6o.) 
a. » d'une lettre de Louis de Nassau (Son «- 

eriture a beaucoup changé), (p. vj^-) 
3. Facsimilé de la Duchesse de Parme, précédé de 
l'écriture du secrétaire Imibrechts. 

(p. 85.) 

— II. » des membres de la Noblesse rassemblés 

en juillet à St. Tron. (p. z6r, sniv.) 

— I!L I* Pragmentd'uAc lettre de Nicolas de Hames. (p. 37.) 

a« Facsimilé de Pierre de Varich. (p. S i.) 

3. > de George von HoU. (v.p. laa.) 

4. Fragment (f une lettre d^Antoine de Lahung, Com- 

te de Hoogstraten. (p* 4^) 

5. » d'une lettre de F. de MontmoreD<n^ , 

Baron de Montîgny» (p< 366.) 

— IV. I. IRMsstmîlés de quelques Nobles Confédérés, qui 

refusent de se rendre 4 St. Tron. (p« 1 54*) 

a. Fragment d'une lettre de Ciiarles Utenhove le fils , 

Noble Gantois. (p* 396-) 



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