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Full text of "Bulletin de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze"

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BULLETIN 

soom soEimmiuB, historique 

LA CORRBZE 



& Il 

-e- 



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BULLETIN 
SOCItTt SCIEITiriQDE, eiSTORlSDE 

ARCHÉOLOGIQUE 

LA CORRÈZE 

SIÈGE A BRIVE 

TOME SEPTIÈME 



BRIVE 

MARCEL ROCHE, IMPRIMEUR DR LA SOCIÉTÉ 



1885 



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LISTE 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ 



BUREAU 

Président d'honneur : 

M. le comte Robbrt dk LA8TEYRIE, * I P |», ;i Paris. 

Président : 

M. Ernest RUPIN, à Brive. 

Vice- Présidents : 

M. l'abbé LOUBIGNAC. à Brive. 

M. Gaston de LÉPINAY, à Moriolle, près Brive. . 

Secrétaire-Général : 

M. Philibert LALANDE, A O, à Brive. 

Trésorier : 

M. Emile GUIMBBLLOT, à Brive. 

Bibliothécaire : 
M. Alfred MAS, à Brive. 

Membres du liureau : 

M. Élie MASSÉNAT, a %|, à Maloraoï-t. pi-ès Brive. 

M. LOÏI3 BONNAY, à Brive. 

M. Paul BRUKL, à Brive. 

M. EuoiNE BORIE, «, ii Biive. 



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MEMBRES FONDATEURS ET TITULAIRES 

MM. 

I . AiiTKNSEc (d') Verneuil (de| (Paul), receveur de l'eii- 

n'gislronieiit, à Brive. 
'2 . AssELiNiiiLu (Charles), notaire, à Brive. 
3. AiiiEHT (Louis), A %f, ancien professeur, à Sainle- 

Foréole iCorri-ze). 
i. AivARi) (Julesi, propriétaire, à Puy-la-Vaysse, can- 
ton d Ayen. 
'>. Baiibès (Raymond), négociant, Grand'Place, à Brive. 
IL liAKiiiEii de MoNTACLT iMgr), prélat de la maison de 

Sa ^ainitité, J7, me Saint-Denis, à Poitiers. 
". ItAiinoN ^HeIlril, architecte, à Tulle, 
H. Haiidon iTélèpheV avocat, au Saillant, par AUassac. 
9. Baiithélemv (Anatole de), ift, secrétaire de l'ancien 
Gomilé des travaux historiques et scientifiques 
isectioii d'histoire, (l'archéolo,,'ie et de philologie), 
9, rue d'Anjou -Saint- Honoré, à Paria. 
H). Baudot (de), #, architecte, 153, rue de Hennés, à 

Paria. 
1 1 . Bealdet (Frauçjisi, avenue des Casernes, à Brive. 
|-2. Bel (['abhéj, professeur au Collège d'IIasel (Corrèze). 
13. Bicos Ile comte de), 16, avenue Kléber, à Paris, 
l 'i. BÉitoME, juge de paix, à Brive. 
IT). Beutuanu (Kugéue), maison Ciknteloubc, à Roanne 

(Loire) . 
iO. Bessou (l'abbé), cliauoiiie honoraire, supérieur du 
Collège d'Ussel [Corrèzel. 

17. Beïmé (Jean-Baptiste), photographe, à Brive. 

18. BiixoT (le général), GO*, sénateur de la Corrèie, 

28, avenue du Trocadéro, à Paris. 
lî). Blanc (Antoine), juge de paix, à Ayen. 
20. Blanc-Chah BON, négociant, à Brive, place Latreille. 
51. Blanc (Jean), juge de paix, à Mansac, canton de 

Larche. 
-*î. BussoN, A Ui maire de Larche. 



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23. BL0SSON (Feraaad), docteur en droit, procureur de 

la République, à Ghambou (Greuae). 

24. BoiiBAL (Eusèbe), A tf , à ArgenUt (Gon-èze). 

25. BoNNAr (Louis), arcbitecte, à Brive. 

26. BONNBFOM [Frédéric], chef de section du chciiiiu de 

fer, à Treignac (Gorrèze). 
27; BoNMEVAL, maire, à Bilhac, par Beaulieu (Corràze). 

28. BoRiB (Eugène), #, commandant au 92"* réyiment 

de l'armée territoriale, à Brive. 

29. Boris (Léopold), ^, procureur de la République, à 

Orléans. 

30. BosRBDON (Alexandi-e de), if, sénateur de la Dor- 

dogne, au château de la Fauconnie, par Terraason. 

31. BoBRBDON (Jean-Baptiste), rue de l'Hôlel-de-Ville, à 

Brive. 

32. BosBBDON (Philippe de), C^, ancien conseiller d'Étit, 

4, me du Général-Foy, à Paris. 

33. BosRBDON (René), négociant, rue des Échevins, à 

Brive. 

34. BosHBDON (Zacharie), pharmacien, à Brive. 

35. BouRNBix {l'abbé), curé de Nonards, par Beaulieu. 

36. Bouygues (Georges), #, à Bétaille, canton de Vayrac 

(Lot). 

37. Breton (l'abbé), chanoine bononiire, supériour du 

Petit-Séminaire, à Brive. 

38. Bubgil (Élie), vétérinaire, à Brive. 

39. Brbuil (Victor), liquoriste, à Brive. 

40. Bhoquin (l'abbé), archipvéli-e, curé de Brive. 

41. Brouilhet (Louis), receveur des finances, à Céret 

(Pyrénées-Orientales). 

42. Bruel (Paul), directeur de la Société Générale, bou- 

levard du Salan, à Brive. 

43. BauoEiLLBS (Louis), couseitler général, noiaire, à 

Tulle. 

44. BRuaÈRB (Ernest), ancien notaire, entrepreneur de la 

Manufacture d'armes, à Tulle. 



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43. Brlnkt (Joseph), O #, I P M, sénateur de la Gor- 
i-èze, 41, rue de Vaugirard, à Paris. 

46. Cabanis (Paul), banquier, à Objat. 

47. C*RS (le duc des), 95, rue de l'Université, à Paris. 

48. Cartailuac (Ûmile), I P O, directeur des Matériaux 

povr l'Histoire de l'Homme, 5, rue de la Chaîne, à 
Toulouse. 

49. Cehclb de ri/nion, à Brive. 

50. Chabrerie (Louis), A Q, Principal du Collège de 

Treignac (Gorrèie). 

51 . CiiAiiAiLLARD (Auguste de), propriétaire, à Brive. 

53. Cmambourdox, I P O, Principal du Collège de Brive. 
ri:(. Chaup (Arthur du), ancien magistrat, au château du 

Verdier, par Sle-Fortunade (Corrèie). et à Moissac 

(Tarn-ct-Garonne) . 
.'li. Champeval (Jean-Baptiste), avocat, à Figeac. 
55. Ciiantalat-Delavrier (Théodore), k la Bouvie, près 

de Brive. 
5ti. Chairsat, docteur-médecin, à Lavaveix-les-Mines 

(Creuse). 

57. Chai vKHON [Audoin de), juge au Tribunal de I" ins- 

tance, à NeufchAtel (Seine-Inférieure). 

58. CuArviMAT, #, A y, avocat, k Brive. 

.59. Ckbynier, contrôleur des Télégraphes, à Tulle. 

60, GHiRotx, vérificateur des poids et mesures, à Ussel 

(Corrèze), 
til. Chouneils de Saint-Oerhain (Louis), directeur des 

Domaines, à La Rochelle. 
C3. CiiOL'MEiLs de Saint-Gbrmain (Paul), greflîer du Tri- 

liun;il de 1" instance, à Brive. 
6;t. Clédat {G.i8lon de), avenue Charles-Rivet, à Brive. 
64. Clochard, ébéniste, à Brive. 
1)5. CoRBiER (Luc de), sous-inspecteur des Domaines, à 

Saînt'Amand (Cher). 
66. CosN-Ac (le comte Jules de), ^, membre du conseil 

(le l'Hisloii-e de France, au ch4(«au du Pin, par 

8 ilon-la-Tour (Corrèze). «137, me Vaneau, à Paris. 



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— 9 — 

67. Cornac (l'abbé Médéric de), vicaire à Saint-Loui»- 

de»-PraDçaia, chauoine honoi-aire de Mohilcw, k 
Moscou (Russie). 

68. Ck>SNAC (le baron Paul de), au château de Fryac, imr 

Meyssac. 

69. Costa (le baroD Gaston de), à Beauliou. 

70. CouDBRT, propriétaire, à Objat. 

71. CouLiÉ, notaire et maire, au Soulier-de-Chasteaus. 

par Larcbe. 

72. Crodchbt (l'abbé), curé de Malemort, près Brive. 

73. David, pliarmacieD, à Objat. 

74. Datoust (Emile), attaché à la Direction du Mueée 

historique, à Saint- Vincent-Orléans. 

75. Dbcoux-Lagoutte (Edouard), ancien magistrat, 10, 

rue d'Angoulôme, à Périgueui. 

76. Delierre (Auguste), artiste peintre, 204, boulevard 

Saint-Germain, à Paris. 

77. Delisle, ^, directeur de la Bibliothèqtie natio- 

nale, rue Richelieu, à Paris. 

78. Deloche (Maximin), C !){!, I P t(|, membre de l'Ins- 

titut, 60, avenue de Gravelie, à St-Maurice (Seine). 

79. Dblpbuch (l'abbé), aumônier au Collège de Brive. 

80. Delpt (Pierre), négociant, à Brive. 

81. Dbltbrme fils, étudiant, à Brive. 

82. Denoix (iilie), menuisier, à Brive. 

83. Denoix (Paul), propriétaire, à Larche. 

34. Deschamps (Philippe), propriétaire, avenue Cbarlfs- 

Rivet, il Brive. 
8."}. Dësnoybrs (l'abbé), viciire-général à Orléans, pi-éai- 

dent de la Société archéologique et historique de 

l'Orléanais. 

86. Dbvillbgourbix, propriétaire à Pomiers, près de Lar- 

che (Corrèze). 

87. DoussAUD (Alfred), avocat, membre du Conseil géné- 

ral de la Corrèze, 54, rue Richer, à Paris. 

88. DocssAUD (Emile), notaire, à Lubersac. 



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— 10 — 

89. Dubousquet-Labordesib , docteur-médecia , 39, rue 

de Paris, à Saint-Ouen {Seioe). 

90. DucouRTiEDZ, libraire-éditeur, rue des Arènes, à 

Limoges. 

91. DujARDiN (Léon), à Juillac (Corrëze). 

92. Dumas (André), avocat, à Brive. 

93. Dkmas (Edouard), architecte, à Brive. 

94. DuNAiGRB (Louis), notaire, à Objat. 

95. Ddnaigrb (Yves), A iS|, Préfet d'Orau (Algérie). 

96. DupDY (Joseph), négociant, boulevard des Sœurs, à 

Brive. 

97. Durand, ingénieur, à Larre, par la Bachellerie (Dor- 

dogne). 

98. DussOL (Félix), avocat, à Brive. 

99. DuTHBiLLET de Lahothb, à Caramija, par Lubersac. 

100. Evssahtibr, pharmacien, à Uzerche. 

101. Faoe (René), avocat, 25, boulevard Gambetta, à 

Limoges. 

102. Faucher de Corn (Eugèue), propriétaire, à Lalé, 

commune de Tudeils (Gorrèze). 

103. Fauqueux (Charles), #, ancien sous-préfet, à la Côte, 

par Vigeois, ou à Saint-Germain-en-Laye (Seine- 
et-Oise). 

104. Ferhièrb (Gilbert), à Chamboulive (Corrèze). 

105. Fontenilles (Paul de), A U. inspecteur général de 

la Société française d'archéologie, 16, boulevard 
Nord, à Cahors. 

106. Fraysse (Antoine), avoué, à Brive. 

107. Froidefond (de), if, trésorier-payeur générai, à Li- 

moges. 

108. Gaston (Frédéric), ingénieur, directeur de la Com- 

pagnie des Ardoisières, à Brive. 

109. Gay (Hippolyte), professeur au Collège de Btidah 

(Algérie) . 

110. Gay (Victor). 17, quai Voltaire, à Paris. 

111. GÉNis (HenrideBEAUPUYde), à Brive. 



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— 11 — 

112. GiLBBHT (Anloine), expert-géomètre, à Auliac. par 

Saignes (Gaolal). 

113. Girard (Aimé), directeur des usines de la Cascade, 

prés Bort. 

114. GiRODOLLB, docteur-médecin, à Objat (Gorrèze). 

115. GoNDiNET (François), I P y. Principal honoraire du 

Collège de Brive. 

116. GoBSSE, avocat, à Tulle. 

117. GouYON (Jean), à Brive, 

118. GouTON (Marcel), membre du Conseil général, à 

Juillac. 

119. Grandjacquot (Paul), lieutenant détaché au recrute- 

ment, au Havre (Seine-Inférieure). 

120. Greil (Louis), boulevard Sud, à Cahors (Lot). 

121 . Gritty (Charles), 8, boulevard Saint-Marcel, à Paris. 

122. Ghossouvbe (de), ingénieur, à Bourges. 

123. GuiLHAUME (Charles), commis principal des Contri- 

butions indirectes, à Bort (Corrèze). 

124. GuiLLOT, entrepreneur, à Brive. 

125. GuiLLOT (Jean-Baptistej , propriétaire, à La Genesle, 

commune de Naves, par Tulle. 

126. GuiMBBLLOT (Emile), ancien receveur des Domaines, 

à Brive, 

127. Gyoux, docteur en médecine et en chirurgie, 143, 

rue Fondaudège, à Bordeaux. 

128. HERurrE (Louis de 1'). à Lampre, par Champaguac- 

les-Mines (Gintal). 

129. HuMi&BES (le comte d'), au château de la Majorie, 

pur Beaulieu, 

130. Imbbault (Jules), à Brive. 

131 . JouLOT (Alfred), à Brive, rue Mialet, et à Crabanac, 

canton de Féniers (Creuse). 

132. JouvENEL (le baron Raoul de}, #, ancien préfet, 

au château de Castel-Novel, par Varetz (Corrèîc), 
ou 17, rue de Berri, à Paris. 

133. JmLLARD, banquier, à Brive. 

134. JuoB (Abel), notaire, à Donzenac. 



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— 12 — 

135. Jdin-Deuonteil [Gaston), noiaire. à Dampniat, par 

Obasiue (Corrèze). 

136. Julien, professeur à la Faculté des sciences de 

Clei-mont. 

137. Labessb (comte de), à Chabrigaac, par JuîUac. 

138. Labrot, voyageur de commerce, à Brive. 

139. Labroussb (Michel), jX!< ^ O, docteur-médecin, dé- 

puté de la Corrèze, membre du Conseil général, 
à Brive. 

140. Labbunie-Lapradb (André), à Souillac (Lot). 

141. LACARRitnB (Henri), 13, place du Havre, à Paris. 

142. Lacuapblle ^de), propriétaire, au Mazeau, par 

Meyssac. 

143. Ijachaud (Edouard), docteur-médecin, à Brive. 

144. Lacoube (Oscar), A O. ancien archiviste de la Pré- 

fecture, à Tulle. 

145. Lacoste (Emile), avocat, conseiller municipal, à 

Brive. 

146. Lacroix, notaire, à Meyssac. 

147. Lacroix (Léon), receveur des Domaines, à Agen 

(Lot-et-Garonne) . 

148. Lafargb (Aimé), notaire, & Lagrauliére, par Seilhac 

(Corrèze). 

149. Laffargue (Philippe), docteur-médecin, à Brive. 

150. Laffont (Georges), docteur-médecin, à la Varenne- 

Saint-Hilaire (Seine). 

151 . Laffont (Marc), docteur-médecin, préparateur à la 

Sorbonne, lauréat de la Faculté de médecine de 
Paris, 245, me Saint-Honoré, k Paris. 

152. Lafond de Saint-Mub (le baron), #, I P (|, séna- 

teur de la Corrèze. 69, rue Sainle-Aniie, à Paris. 

153. Lafond de Saint-Mur (Léon). #, consen-nleur des 

hypothèques, 114, rue NoUel, à Paris. 

154. Lagank flis, pharmacien, à Brive. 

155. IjAGane (l'abbé), curé de Bort (Con-èie). 

1.56. Lajoinie, I P O, Principal du Collège do Chfilillon- 
sur-Seine (Gôle-d'Or). 



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— 13 — 

157. Lalande [ François -LéOD), ie<"^veur municipal, à 

Brive. 
iM. LiUANDE (Norbert) aîné, négociaiiï, à Brive. 

159. Lalandb (Philibert), A ||, receveur des Hospices, 

à Brive. 

160. Lalauze (Adol{ihe], aqua-fortjsie, 29, quai Boui-boU; 

à Paris. 

161. Lahbbrtbrie (Albéric de), directeur du Dépôt de 

mendicité, 95, rue Terre-Nègre, à Bordeaux. 

162. Lahorellb (Alexis-Philippe), ift, colonel du 14™ de 

ligne, à Brive. 

163. Laht de Lachapbllb (Edouard), botaniste, rue du 

Saint-Esprit, à Limoges. 

164. Langladk lEugène', négociant, 9, rue Berlin- Poirée, 

à Paris. 

165. Lapbtitie ;Marcet), pharmacien, à Meyssac. 

166. Laroche (Hippolyte), sous-préfet de l'arrondissemeni 

de Brive. 

167. Laroche (Paul), imprimeur, 43, me d'Amiens, à 

Arras. 

168. Laportb (Antoine), agent-voyer, chef de compla- 

bililé, à Tulle. 

169. Lastbtrie (comte Robert de), #, I P (1, professeur 

d'archéologie à l'École des Charles, membre du 
Conseil général de la Corrèze, 13, rue des Saints- 
P^res, à Paris, 

170. Lasteyrie (dei. 13, lue des Saints-Pères, à Paris. 

171. Latrade {de), percepteur, à Pantin (Seine). 

172. Lal'rens (le Puylagardk (del, inspecteur des PosIl-s 

en retraite, à Saint-Ghamans, près Ai^ntat. 

173. Lavbix (Alfred), ronservalenr des hypothèque», à 

Murât fCantal). 
17i. Lavkix (Gaslon^ à Meyniac. 
175. Lebos, iiéfjocianl, rue de Corrêze, à Bi-ive. 
I7tj. LBcHKRBONMEn (Augusli' . (iqmié de la tjorn^ze, 14, 

ruij de Bithylone. à Paris. 
177. Le Clere (.loseph'. îi Biiu'. 



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— u — 

178. Lefèvrk (Joseph), coDseiller à la Cour d'Angers. 

179. Leuas (Élie), I P O, iiispecleur d'Académie, à Toui-s. 

180. Lépinav (Adolphe de), ^, ingéuieur, 6, passage Sao- 

drié, à Paris. 
18t. Lepinav (Gaston del, au château de Moriolle, par 

Larche. 
I8'2, Lbspinas (Edmond), avocat, ancien magistrat, rue 

Saint-Pierre-ès-Liens, à Périgueux, 
163. Lbtgonie, ingénieur, ancien conseiller municipal, à 

Limoges. 

184. Lbymarie, pharmacien, à Tulle. 

185. Lhomond (Jacques), docteur-médecin, à Saint-Lô 

(Manche). 

186. Limoges (Bibliothèque de la ville de], (Haute- Vienne). 

187. LiNAB (Charles de), #, I P ||, 3, rue Saint-Étienne, 

à Arras. 

188. LouBiGNAC (l'abbé), ancien supérieiu* du Petit-Sémi- 

naire, à Brive. 

189. LouRADOUR, propriétaire, à Villière, .près Obasine 

(Corrèze}. 

190. Mahusier, percepteur, b. Larche (Corrèze). 

191. Maignb de Sarazac (Jacques de), à Villeneuve-sur- 

Yonne. 

192. Malliard (Fernand de), docteur eu droit, lauréat de 

l'Institut, 1, rue Gudiu, à Paris-Auteuil. 

193. Marbeau, g #, trésorier-général honoraire des inva- 

lides de la Marine, 8, rue Montalivet, à Paris. 

194. Marbeau (Eugène), #, ancien conseiller d'État, 

27, rue de Londres, à Paris. 
19.5. Marche (l'abbé Adolphe), curé d'Ussac, près Brive. 

196. Marhier (Gaston), conseiller général de la Dor- 

dogne, 15, rue Paul-Louis Coumer, à Paris.. 

197. Marqubssac (comte Raoul de), C ^, contre^amiral, 

commandant en chef de la division navale du 
Levant. 

198. Martignac (Louis), 43, rue Saiut-Augustiu, à Paris. 



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— 15 — 

199. Martine (François), #, ancîeD maire, Président du 

Tribunal de commerce de Brive, 

200. Mas (Alfred), boulevard des Sœurs, à Brive. 

201. Massénat-Débochb (Octave), avocat à la Ck)ur de cas- 

sation, 132, boulevard Saint-Germain, à Paris. 
iOi. Mabsénat (Elle). A Q, manufacturier, maire de 

Malemort (Corrèze). 
'203. Massénat (Paul), notaire, à Brive. 

204. Mathis, régisseur du Domaine national, à Pompa- 

dour (Corrère). 

205. Hatjdrou de Lagobssb (Eugène), maire de Tureane, 

avocat, à Brive. 

206. Matnard (barauMarcdeliàCopeyre, par Martel (Lot). 
Maza (Henri), ^. avoué de 1" instance, 220, rue de 

Rivoli, à Paris. 
108. Mazelier (Georges), libraire, à Brive, 
209. Mazbyrac, membre du Conseil général, à Beaulieu 
(Corrèze). 

10. Mblom de Pkadou, A Q, président de la Société des 

lettres, sciences et arts de la Corrèze, à Tulle. 

11. Méric de Bellefon (de), ancien magistrat, 110, rue 

Lacapelle, à Montauban. 

12. MiGNOT, industriel, à Annonay (Ardèche). 

13. MiLLKvovË (Lucien), ancien substitut du procureur- 

général, à Saint-Pardoux, p^r Donzenac. 

1 4 . MoLiMBH (Emile) , attaché au Musée du Louvre, palais 

du Louvre, et 21, quai Saint-Michel, à Paris. 
|i>. MoNjAUZE, ancien notaire, faubourg Le Clere, à Brive. 

216. MON-TAioNAC (marquis Raymond de), G >ït, contre- 

amiral, sénateur, ancien ministre de la marine, 
52, rue de Grenelle, à Paris. 

217. MoBEAii (Fi-édéric) pèi-e, à La Fère-en-Tardenois 

(Aisne). 

218. MoitELLY, docteur-médecin, à Argentat (Corrèze). 

219. MoBTiLLET (Gabriel de), *, professeur à l'École d'an- 

thropologie, attaché au Musée des antiquités natio- 



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— 16 — 

nales et maire de Saint-tiermain-CQ-Laye (Seine- 

et-Oise). 
'2'20. MouRET (Georges), ingénieur des ponte et chaussées, 

à Périgueux. 
"Hi. Nauche (Auguste), avoué, 24, rue UoBt-Thabor, à 

Paris. 
2-22. Naiiche de Leymahib (Alfred), propriétaire, à Brive. 

223. NiNAUD (Victor), négociant, à Saint-Quentin (Aisne). 

224. NoAiLLEs (le comle de), au château de Biuet, par 

Buzet (Lot-et-Garonne). 

225. NouviON (Baptiste), 'ff, ancien préfet, rue de 

l'Hôtel-de- Ville, à Brive. 
'226. Paillbh (l'abhé), chanoine honoraire, curé de Beau- 
lieu (Corrèze). 

227. Parjadis de Larivièrb, attaché au ministère des Fi- 

nances, 21, rue de Bréa, à Paria, 

228. Pau {l'abbé Jules), aumônier des Fabriques de la 

Cascade, à Bort (Corrèze). 

229. Pauzat (Henri), naturaliste, 180, rue de Rome, à 

Marseille. 

230. P^rigobd-Chauhondé, bijoutier, place de l'Hôtel-de- 

Ville, à Biive. 
231 ■ PfiRONNB (Pi-osper), avocat à la Cour d'appel, 32, rue 
des Matburins, à Paris. 

232. Pbrbeau, conducteur des ponts et chaussées, 64, rue 

Ghaudrier, à La Rochelle. 

233. Perhieb (Edmond), ^, professeur-administrateur au 

Muséum, 19, iiic des Saints-Pères, à l'aris. 

234. PiNAUD (François), négociant, à Brive. 

23.5. pLAYOULT, pharmacien, rue des Sœurs, à Brive. 

236. PoNAREL (Léon), docteur-médecin, à Brive. 

237. PoNCHET, docteur-médecin, conseiller d'arrondisse- 

ment et maire, à CoUonges, par Meyssae, 

238. PouLBniÈBK (rabbé), inspecteur de la Société fran- 

(■ai.se d'arehéologie, directeur du Petit-Séminaire 
de Sei">'iéres (Corrèïe). 



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— 17 — 

"239, Pbiolkau (Léoiice), étudiant en médecine, à Objat 
(Corrèze) . 

240. RBBiàBE-LABOBDE (Alfred), chef de sectiuu, avenue 

de la Gare, à Brive. 

241. RiBiER (René de), membre du Conseil général du 

Cantal, maire de Ghampagnac-les-Mines. 

242. RicHAHD, propriétiiire, à Saint-Robert, canton d'Aveu 

(Corrèze) . 

243. Rivet (M™ El vire), née de Jugeals, jï Brive. 

244. Rivet (Marcy), receveur des Piuances, à Castel- 

Sarrazin (Tarn-et-Garonne). 

245. RiviÂBE des Bobdebies (Gustave), uégociaut, à Brive. 

246. RoBEBT (Charles), C *, membre de riuslilut, 25, 

boulevard de La Tour-Maubourg, ;i Paris. 

247. Roche (Emile), docteur en droit, avoué, 6, boulevard 

Beaumarchais, à Paria. 

248. Roche (Marcelin), négociant, maire de Brive. 

249. Roche (Marcel), imprimeur, conseiller municipal, à 

Brive. 

250. Roffignac (le comte Octave de\ au château de Sou- 

rie, par Objat (Corrèze). 

251 . RoGBuOND, architecte, à Brive. 

252. Roque (Gustave), banquier, à Brive. 

253. Roque, docteur-médecin, à Juillac. 

254. Rouchaud-Nbmokbs, percepteur, à Brive, 

255. RouDAUD (René), avoué, à Saint-Yrieix (Htc- Vienne). 

256. Roujou (Anatole}, profeaseur de sciences, à Chania- 

lières, près Glermont-Ferrand, 

257. RouasABiE (Paul), à Tulle. 

258. Rupin (Ernest), à Biive. 

259. Saint-Bonket, avocat, à Sexcles (Corrèze). 

260. Sal (de), avocat, membre du Conseil général de la 

Corrèze, 147, boulevard Saint-Germain, à Paris, 

261. Salvandt (le comte Paul de), A if. ancien député, 

18, iTie Cassette, à Paris. 

262. Seguin (Ferdinand), propriétaire, au château d'Aven 

(Corrèze). 



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_ 18 — 

263. Seingeot (Eugène), capitaine adjudant-major au 14" 
de ligne, à Brive. 

364. Selve de Sahran (de), #, ancien receveur des Fi- 
nances, à La Gaone, près Ussel (Corrèze). 

265. Simon (Clément), #, ancien procureur-général, avo- ' 

cat, 7, rue Rouget-de-l'lBle, à Paris. 

266. Siou (Charles), manufacturier, à Laumeuil, par Lar- 

clie (Gorrèîe). 

267. 81RET (Jean), à Arcachon (Gironde). 

268. Sol-Lalande (Ernest), notaire, au Pescher, par 

Beynat. 

269. SouLEiNQBAS [Joseph), sergent d'infanterie de marine, 

à Nouméa (Nouvelle-Calédonie). 

270. SouLiÉ, conducteur des ponts et chaussées, à Ar- 

gentat (Gorrère). 

271. SouLLiBR {l'abbé Martial), secrétaire-général de l'évê- 

ché et chanoine de la cathédrale, à Tulle. 

272. Talauon, 64, rue Richelieu, à Paris. 

-273. Tandbau de Marsac (l'ahbé), chanoine honoraire, rue 
Porte-Tourny, à Limoges. 

274 . Tandbau de Marsac, notaire, 2o, place Dauphine, à 

Paris. 

275. Thalamv, maître d'hôtel, conseiller municipal, à 

Brive. 

276. Tbyssieh, notaire, à Pérols, par Bugeat (Corrèie). 

277. Tkyssiku (Léopold de), notaire, à Beaulieu. 

278. Theuil, ancien notaire, à Ussel (Corrèze). 

279. TunEN.NE d'AYNAC (le marquis de), #, 26, rue de 

Bevri, à Paris. 

280. Vachal (Joseph), député de la Corrère, à Argental, 

et 13, rue Michelet, à Paris. 

281 . Valat (Julien), à Souillac (I.K)t). 

282. Valéry, libraire, rue Toulzac, à Brive. 

283. Valette, ex-notaire, à Chamboulive (Corrèze). 
28i . Valon (Ludovic de), sous-chef de section, à Brive. 
285. Vayssièrb, ai'chiviete de la Con-èze, à Tulle. 



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— 19 — 

286. Vendryâs (Albert), attaché au miDistère de l'Instruc- 

tion publique et des Beaux-Arts, à Paris. 

287. Vbrlhac (Pierre), imprimeur, à Brive. 

288. Verlhac, docteur-médecin, à Brive. 

289. Vkrninac (Ghariefl de), sénateur du Lot, au château 

de Croze, par les Quatre-Routes (Lot). 

290. ViCANT (Ernest), propriétaire, à Enval, près Brive. 

291. VicNBS, chef de section du chemin de fer de l'État, 

à Brive. 

MEMBRES CORRESPONDANTS 
Instituteurs. 

292. BuGE (Léon), horticulteur et professeur à l'École 

normale, à Tulle. 

293. Chahhard, instituteur, â Mansac, par Larclie (Cor- 

rèze). 

294. Ghauluev, aucien instituteur, à Saiut-Hilaire-le- 

Peyroux (Con-èze). 

295. Colas (l'ahbé Joseph), professeur au Petit-Séminaire, 

à Sarlat. 

296. Dblmond, instituteur, à Beauiieu. 

297. DupuY (Pierre), instituteur, à Juillac. 

298. FsHBiBR, A O, instituteur, à Brive. 

299. PouRMAL, instituteur, à Chamberet. 

300. Gabriel (le Frère), directeur de l'École chrétienne, à 

Brive. 

301 . Georges (le Frère), directeur de l'École chrétienne, à 

Ussel. 

302. Hblvbrt (le Fi-ère), sous-directeur de l'École chré- 

tienne, à Limoges. 

303. Uospicius [le Frère), directeur de l'École chrétienne, 

à Tulle. 

304. Laganb, instituteur, à Saint-Solve, par Vif^nols. 

305. Laviaixe (Ernest), iustituleur, à Monzanes, par Trci- 

gnac (Corrëie). 



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306. NoBL [le Frère), dii-ecleur du pensionaat St-Josepb, 

à Meyssac. 

307. PociLLANGE, iustituteur, à Pompadour. 

308. SouLiÉ, professeur à l'École communale de dessiQ, 

à Tulle. 

309. TouRNADOun, instituteur, à Malemort (Corrèze). 



SOCIETES CORRESPONDANTES 

Échange de Bulletins. 

1 . Société nationale des Antiquaires de France, à Paris. 

i. Société française d'archéologie [BuUelin Monumental), 
directeur : M. Ijéon Palustre, 61, rampe de la Tran- 
chée, à Tours. 

3. Société nationale d'agriculture de France, 18, rue de 

lîellechasse, à Paris. 

4. Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres, à 

Toulouse. 

5. Société d'histoire naturelle, 28, rue Saint-Rome, à 

Toulouse. 

6. Société des Antiquiiires de l'Ouest, à Poitiers. 

7. Société archéologique et historique du Limousin, à 

Limoges. 

8. Société des lettres, sciences et arts de la Gorrèze, à 

Tulle. 

9. Société historique et archéologique du Périgoi'd, à 

Périgueux. 

10. Société des sciences naturelles et archéologiques de 

la Creuse, à Guéi-et. 

11. Société de Borda, à Da.\ |Landes}. 

13, Société archéologique du Tam-et-Garonne , à Mou- 
tauban. 

13. Société archéologique d'Eure-et-Loir, à Chartres. 

14. Société dunoise, à Cliiiteaudun. 

15. Société archéologique de Bordeaux, 67. rue de la 

Rousselle. 



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— 21 — 

16. Académie d'Hippône. à Bone (Algérie). 

17. Société archéologique du Kef (Tunisie). 

18. Société botanique et horticole de Pi-ovencc, place 

Saint-Michel, 12, à Marseille. 

19. Société des lettres, sciences et arts, à Nice. 

20. Société des études Uttéraires, scientifiques et artis- 

tiques du département du Lot, à Cahofs. 

21 . Société d'agriculture, sciences et arts de Vcsoul (Ute- 

SaÔne). 

22. Société des Antiquaires de Picardie, k Amiens. 

23. Société florimontane d'Annecy. 

24. Société archéologique et historique de l'Orléanais, à 

Orléans. 

25. Société archéologigue de Nantes et de la Loii-c-Infé- 

rieure, à Nantes. 

26. Société archéologique du Maine, au Mans. 

27. Société archéologique et historique de la Charente, à 

Angoulême. 

28. Société d'agriculture, sciences, arts et hellcs-Ieltrcs 

de l'Eure, à Évreux. 

29. Commission des Antiquités de la Gôte-d'Or, à Dijon. 

30. Société des Antiquaires du Centi-c, à Bourges. 

31. Académie des sciences, bclles-letti-es et arts de Cler- 

mont. 

32. Académie des scieuces, lettres et arts d'Arras. 

33. Commission des Antii(uités départementales du Pas- 

de-Calais, à Arras. 

34. Société ai-chcologique d'AIaïs (Gard). 

35. Société des sciences naturelles de la Charente-Infé- 

rieure, à La Rochelle. 

36. Société de géographie de l'Kst, 1 {bis), rue de la 

Prairie, à Nancy. 

37. Société littéraire, historique et archéologique de Lyon 

(M. Vachez, bibliothécaire, 24, rue de la Charité, à 
Lyon). 



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REVUES (échanges). 

38. Bulletin d'Histoire eeelésiasliqw et d'Archéologie religieuse 

[M. l'abbé Ulysse Chevalier, directeur, à Romans} 
(Drôme). 

39. Bevve de Géographie [M. Delagrave, 15, rue Soufflot, 

à Paris). 

40. Matériaux pour l'Histoire de l'Homme (M. Cartailhac, 

dii-ecteur, 5, rue de la Chaîne, à Toulouse). 

41. Feuille des jeunes Naturalistes, par M. A. Dollfus, 55, 

rue de Morny, à Paris. 

42. Le Feu-Follet, à Tulle. 

43. Annales du Musée Guimet (direcUon : boulevard du 

Nord, à Lyon). 

44. Journal d'Histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, 

15, cours de riutendaDce, à Bordeaux. 



lyGoogle 



„Googlc 



Plat DÉcoRt de si'jets tihés de la Genèse 
peints en grisaille sur fond noir, par Picrrt Rcymond, de Limoges. 



lyGoogle 



PIERRE REYMOND 

ÉMAILLEUR A LIMOGES 



lERRE Reymond est, sans con- 
tredit, un des émailleurs qui a 
produit le plus grand nombre 
d'œuvres, et dont la fécondité 
n'a été égalée que par les Cour- 
ar les Laudin. 

Reymond est d'origine limousine : 
irouve, ses peintures comme ses 
bien que l'Allemagne veuille re- 
r cet émailleur par le motif qu'il 
uelquefois son nom de Reymond 
60U8 la forme de Rexmon, dont on pourrait faire 
Rexmann et même Reichsmann(i)? A ce compte, 



(I) Fr. Kugler, Kunstgeschichte, p. 793 : ■ Pierre Rexmon, un 
Allemand dont te nom doit s'écrire Rexmann. ■ — Cité par H. de 
Laborde, Notice det Èmaitx dv Louvre, p. 102. 



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nous dit justement M. de Laborde, l'Italie, l'An- 
gleterre ou toute autre nation pourraient nous 
enlever nos enfants les plus légitimes, car ce qu'ils 
savaient le moins, c'était d'écrire régulièrement 
leurs noms ; ce qu'ils semblent avoir pris à tâche, 
c'est de les défigurer. Pierre Reymond se contente 
le plus souvent de signer ses émaux avec ses ini- 
tiales P R-, tracées en noir, quelquefois en or et 
accompagnées d'une date ; mais quand il veut 
mettre son nom en toutes lettres, il écrit indif- 
féremment Pierre Remmo , Rexmon , Rexmond , 
Raymo, Remon et Remond. Nous le voyons, le 
peu de soin qu'il apportait à bien orthographier 
sa signature doit nous donner la mesure de l'im- 
portance que nous devons y attacher. 

Pierre Reymond, fils de Jacques, naquit proba- 
blement à Limoges dans les premières années du 
xvi' siècle; il se maria, en 1530, avec Jeanne Mar- 
tel, et occupait alors une maison dans la rue Basse- 
Manigne, dont une façade donnait sur la rue des 
Étables ; elle était attenante à celle de Jehan Court, 
son concurrent(l). La date la plus ancienne qu'on 
ait relevée sur ses émaux est 1534, la dernière 
celle de 1584. En 1550 il perdit son père, aug- 
menta sa fortune patrimoniale par son industrie 
et reçut les honneurs consulaires en 1560 et en 
1567. Il dut mourir en 1584 ou peu d'années 
après. 

Tels sont les seuls renseignements que l'on 



(I) Uaubjcb Akdant. Émailleura et émaillerie de Limoge; 
1855, p. t3î. 



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possède sur cet émaiUeur, renseignements qu'on 
trouve, en partie, dans le Livre des comptes de 
la confrérie du saint sacrement, manuscrit 
grand in-4° conservé à la Bibliothèque publique 
de Limoges. Ce document nous fait encore con- 
naître que Pierre Reymond était chargé d'enlu- 
miner les livres de la confrérie et d'y peindre le 
pourtraict des joyaux dont elle augmentait tous 
Ira ans son trésor : on y voit, en effet, sur plu- 
sieurs pages, de précieuses miniatures, véritables 
petits chefs-d'œuvre qui, par des glacis brillants 
et des rehauts d'or et d'argent, rappellent le ti-a- 
vail de l'émailleur. 

Pierre Reymond ^t le plus ancien comme le plus 
habile représentant d'une famille qui a fourni plu- 
sieurs émailleurs. Nous donnons, d'après M. Emile 
MoUaier(l), le tableau généalogique de ces artistes : 



JACQUE9 
REYMOND. 

I 

PIERRE I-. 

énuùll«nr, 

t en 1S&4. 

maria à 

Jeanne Ifartet. 



JEAN, 
ém aille ur, 
t avant 1603; 

Françoise 
Houret. 



MARTIAL II, 
âm^lleur, 
t en 1630; 

Houlinart. 
i_ 



I 

MARTIAL I- 

émailteur, 

i en tSSe. 

I 



I 



I 



JOSEPH 

FRANÇOIS, 

émailleur, 

marié à 

Catherine 

Mouret. 

I 

GABRIEL, 



JEAN, FRANÇOISE, JEANNE, 
née en 1606. nëe en 1608. 



orfëvre, 
i en 1631. 



(1) Dictionnaire de« Émûilleurt 
l«ur, 1S8S. 



- Paria, Rouam, 4di- 



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— 28 — 

La peinture de Pierre Raymond doit être classée 
dans la catégorie des émaux peinte, désignés sous 
le nom de grisaille. On sait que ce genre de 
peinture consiste à recouvrir une plaque de cuivre 
d'une couche épaisse d'émail noir ou de teinte 
foncée, de la faire sécher et d'exécuter son dessin 
sur ce fond avec une couche mince d'émail blanc 
opaque, de façon à produire une grisaille dont on 
obtenait les ombres soit en ménageant plus ou 
moins l'émail noir, soit en le faisant reparaître 
par le grattage avant la cuisson. On pouvait encore 
i-evenir sur la grisaille avec des émaux colorés 
translucides qui permettaient d'obtenir une grande 
richesse d'effet, -comme aussi réveiller le tout par 
quelques rehauts d'or appliqués sur les accessoires 
ou sur les bordures des vêtements. 

Nous avons fait connaître qu'aucun émailleur 
n'avait produit autant d'œuvres que Pierre Rey- 
mond; pour être plus exact, nous aurions peut- 
être dû dire qu'aucun peintre n'avait signé une 
quantité aussi considérable d'objets émailîés. En 
effet, presque toutes les œuvres qui sortaient de 
son atelier, bonnes ou mauvaises, étaient signées; 
celles qu'il produisait lui-même, comme celles que 
ses élèves copiaient, alors même que les originaux 
étaient rendus d'une façon maladroite et grotesque, 
presque toutes portaient également son nom. Aussi 
comprendra-t-on facilement que les émaux signés 
par ce peintre sont loin d'offrir tous le môme 
intérêt et d'avoir la même valeur. 

Les premiers émaux de Pierre Reymond pré- 
sentent, dans le dessin et dans l'exécution, une 



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dureté, une sécheresse peu agréables, et indi- 
quent une prédilection pour les compositions alle- 
mandes dans le goût des gravures d'Albert ûûrer. 
On peut leur reprocher un abus de ces hachures 
obtenues par l'enlevage qui leur donnent, comme 
le remarque fort à propos M. de Laborde, un 
air insipide de gravures sur bois transportées sur 
l'émail; le ton général est froid. 

Quelques années après, vers 1544, l'aspect de 
ses émaux se colore; le dessin se perfectionne, il 
est précis et accentué ; la composition devient plus 
savante, elle s'inspire d'abord des œuvres de Luca 
de Leyde, puis de celles des maîtres italiens; vers 
1550 les émaux de Pierre Reymond ont atteint 
toute leur perfection. 

Après cette période de tâtonnements couronnée 
par le succès, arrive les défaillances que l'âge 
amène avec lui. La main est moins sûre, la tou- 
che n'est pas aussi délicate; les figures s'allongent, 
deviennent maniérées, moins gracieuses; l'ombre 
des carnations se recouvre d'une couleur bistre 
rosée qui donne au tableau une dureté et un 
aspect désagréables. Pierre Reymond ne songe plus 
aux grands maîtres allemands, hollandais et ita- 
liens de la bonne époque; il étudie des maîtres 
secondaires du xvi* siècle et se borne à reproduire 
les compositions de Virgilius Solis, d'Androuet du 
Cerceau, d'Etienne de Laulne et de Théodore 
de Bry. 

Pierre Reymond est un artiste de talent auquel 
sa prodigieuse fécondité a seule fait du tort. Le 
mérite de ses œuvres se trouve dans le dessin et 



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dans l'ensemble de la composition plutôt que dans 
le coloris; ses peintures laissent dominer un ton 
gris qui n'offre aucun charme. Ses plaques sont 
préparées en noir ou en bleu foncé qu'il fait appa- 
raître par enlevage, suivant le procédé que nous 
avons fait connaître; les costumes et les acces- 
soires sont indiqués avec du bistre brun, et le 
tout est quelquefois glacé d'émaui colorés translu- 
cides que réveillent quelques rehauts d'or dans les 
lumières. Le contre-émail est uni ou semé de fleu- 
rettes d'or et présente indifféremment des couleurs 
noires, brunes, rouges, d'un violet noir ou d'un 
violet rougeâtre translucide, quelquefois même in- 
colores. Pierre Reymond n'a peint que fort peu 
d'émaux polychromes, et quand, au début de sa 
carrière, il a essayé ce procédé, il n'est parvenu 
qu'à faire des grisailles coloriées, des peintures 
manquant d'harmonie dans lesquelles le paillon 
et les rehauts d'or jouaient un rôle beaucoup trop 
important. Son talent ne se bornait pas unique- 
ment à la confection des plaques et des tableaux 
peints représentant des sujets religieux, il décorait 
des objets de table et de toilette aussi bien que des 
objets de piété ; des chandeliers, des salières, des 
coupes, des assiettes et ces mille objets qui s'éta- 
laient sur les dressoirs des grands seigneurs. 

La pièce dont nous donnons le dessin est une 
des plus importantes œuvres de cet émailleur, 
une de celles qui est le plus propre à caractériser 
le talent de l'auteur et la puissance grave et tran- 
quille des procédés de la grisaille. Elle se trouve 
dans la précieuse collection de M. le baron Gus- 



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tare de Rothschild et a déjà été reproduite dans 
les journaux L'Art et L'Art or7iementat{i). 



C'est une aiguière avec plateau rond déirorés de 
sujets ijeints en grisaille sur fond noir. 

L'aiguière se compose d'une panse ovoïde por- 
tée sur un pied aplati par l'intennédiaire d'une 
tige courte, et surmontée d'un col étroit qui s'évase 



(I) Les dessins accompagnant cette notice sont la réduction des 
gravures qui ont été insérées dans les numéros des 14 et 21 juin 
1884 do VArl ornemental, publication qui se fait remarquer par la 
modicité de son prix, la beauté de ses nombreuses gravures et la 
rédaction du texte qui les accompagne. Elle parait toutes les 
semaines, forme à la fia de l'année un volume d'enviroa 200 pages 



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- 32 — 

pour former deux lèvres d'inégalea longueurs. 
L'anse qui s'implante sur l'épaulement de la panse 
monte et s'arrondit au-dessus de l'orifice, où elle 
s'insère. 

La panse est divisée en deux zones par un 
filet saillant. Un combat est représenté dans la 
zone inférieure, un sujet mythologique dans la 
zone supérieure. 

Sur le pied, des amours ailés s'enroulent dans 
les volutes de gracieuses arabesques, et sur le col 
se dressent de grandes feuilles que surmontent 
d'élégants rinceaux. 

Le dessin du plateau rappelle l'école italienne; 
il est largement modelé; ce sont des sujets tirés 
de la Bible : la Création d'Eve, la Tentation 
d'Adam, la Fuite après le péché, nos premiers 
Parents chassés du Paradis, la Mort d'Abel; le 
dessin a quelque chose de magistral ; certaines 
figures et certains groupes sont très-réussis et 
nous font songer aux compositions de Raphaël ; 
l'effet général est soutenu, plein de charmes et 
fort habilement ménagé. 

La bordure est fort riche, exécutée avec beau- 
coup de soin et de précision dans le goût le 
plus pur de la. Renaissance italienne. Elle se com- 
pose d'ornements d'une délicatesse extrême ré- 



iR-4*, accompagné de plus de 400 gravures; son prix est de 5 francs 
par &n. Nous sommes heureux de recommander cette publication 
aux archéologues et aux amateurs de beaux livres, en échange de 
la gracieuseté qu'a eue l'éditeur, H. Rouam, 33, aveuue de l'Opéra, 
à Paris, en nous donnant l'autorisation de reproduire les deux 
objets qui intéressent notre art limousin. 



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pétés cinq fois et formés de volutes feuiUagées, 
terminées par des cornes d'abondance, au milieu 
desquelles se jouent de petits amours. 

Nous croyons volontiers que l'aiguière et le pla- 
teau n'ont pas été faits l'un pour l'autre et qu'ils 
appartiennent à deux œuvres différentes. Nous 
voyons des sujets mythologiques sur l'aiguière et 
des sujets religieux sur le plateau, défaut d'har- 
monie qui n'aurait point sa raison d'être. Ces 
deux pièces n'en sont pas moins deux pièces 
capitales; elles appartiennent à la plus belle épo- 
que de Pierre Reymond; aussi n'hésiteions-nous 
pas à croire qu'elles ont été confectionnées vers 
l'année 1550. 

Ernest Rupin. 




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„Googlc 



LES MALHEURS 



ABBÉ DE VALETTE 



LAUDE de Doyae fut, d'a- 
près les auteurs du Gallia 
christiana, le successeur 
immédiat de Louis Val- 
raier comme abbé de Va- 
lette, en 1481 (1). C'était 
un abbé commendataire et 
sans doute le premier de ce 
posé à l'abbaye limousine, 
semblent avoir joui jusque- 
:e leur supérieur. Ce droit, 
dû se le laisser enlever 
, et il y a lieu de croire 
t aussi important ne s'était 
résistance de leur part. Le 
sur ce point, mais le docu- 
ment que je publie va nous fournir de curieux 
détails sur la façon dont les choses se sont passées. 
Après la mort de Louis Valmier, les religieux 
de Valette avaient procédé dans les formes régu- 
lières à son remplacement, et, d'un commun accord, 

(l) T. U, col, 683. 



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s'étaient donné pour abbé Jean de Marsan, leur 
prieur. Celui-ci remplissait toutes les conditions 
requises pour être élevé à cette charge; il en 
prit possession régulièrement et l'exert^a pendant 
un certain temps. 

C'est lui qui rapporte ainsi les faits. Qu'il faille 
en rabattre, c'est possible. Il exagérait probable- 
ment, mais au fond devait dire vrai. 

Il gouvernait donc paisiblement Valette lors- 
qu'un beau jour arriva sous les murs du monas- 
tère une troupe d'hommes d'armes commandée par 
Claude de Doyac, frère de Jean de Doyac, gou- 
verneur du pays pour le roi. Cette troupe trouva 
portes closes; mais devant la menace d'être jeté 
en prison pour le reste de ses jours s'il ne rési- 
gnait pas ses fonctions d'abbé, Jean de Marsan, 
qui se sentait peu de goût pour la paille humide 
des cachots, s'esquiva prestement et s'en alla de- 
mander asile à un seigneur d'Auvergne. 

Claude de Doyac était natif de Cusset(l); il 
était prévùt du chapitre de Glermont et prétendait 
avoir été pourvu par le pape de l'abbaye dont il 
venait prendre possession à main armée. 1! se 
compoi-ta d'ailleurs, si l'on en croit le malheu- 
reux Jean de Marsan, en véritable soudard. 11 
s'était installé dans la place avec ses nombreux 
complices, qui étaient tous gens à mener joyeuse 
vie, et les désordres les plus graves avaient été 
commis sous les yeux des moines. Non contents 
de troubliH- l'imagination de ces pauvres cister- 

(1) /(tic/., col. 429. 



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ciens en leur donnant le spectacle de leurs dé- 
bauches avec des femmes sans mœurs, ces joyeux 
compagnons les brutalisaient pour leur arracher 
de l'argent. Ils mirent enfm la maison au pillage, 
et, en particulier, emportèrent la crosse abbatiale, 
qui était en argent, et vingt-trois volumes de la 
bibliothèque. 

Jean de Marsan, remis de sa frayeur, avait 
voulu négocier : le pauvre homme ne connaissait 
guère son adversaire. Il lui avait donné rendez- 
vous dans un château d'Auvergne appelé Granges. 
Claude de Doyac se rendit à son invitation, mais 
sans avoir la moindre envie de transiger ou de 
discuter, car il le mit en demeure, dès le début, 
de choisir entre Valette ou une prison perpétuelle. 
Jean de Marsan se prit de nouveau à trembler 
pour sa liberté et même pour sa vie; et afin 
d'éviter la potence ou du moins le noir cachot 
dont on le menaçait, il consentit à renoncer à 
tous ses droits. 

Il est certain qu'une renonciation obtenue dans 
ces conditions pouvait être considérée comme nulle. 
Tel était tout naturellement l'avis de Jean de Mar- 
san, qui en appela au Pape, juge suprême en 
cette matière. Sixte IV voulut se renseigner sur 
l'exactitude des faits, et commit pour cet objet 
les abbés de Vézelay et de Meymac et l'officiai de 
Tulle pour faire une enquête. Maintenant, quels 
furent les résultats de cette enquête? je l'ignore. 

On peut croire, toutefois, que Claude de Doyac 
conserva l'abbaye de Valette jusqu'en 1493, époque 
où Pierre Pignot, abbé régulier, en prit le gouver- 



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nement. Il avait été élu évêque de Saint-Flour 
en 1483, dans le temps même où Jean de Marsan 
le poursuivait de ses revendications, et il trouva, 
dans la personne de Claude de Joyeuse, un com- 
pétiteur qui, à son tour, le troubla longtemps dans 
la possession de cet évôché. 

A. Vatssièhe. 



BULLE DU PAPE SIXTE IV POUB JEAN DE MAB5AN, 
ABBÉ ÉLU DE VALETTE 

22 juin ik83. 

Sixtus episcopus servus servorum Dei, dilectia filiis 
Virziliacensis et de Meymaco, Ëduensis et Lemovicensis 
diocesis, monaaterioram abbalibus, ac ofliciali Tutellensi 
salutem et apostolicam benedictionem. Justa petentibus 
nobis libenter annuimus eosque favoribus proaequimur 
opportunis. Exhibita siquidem nobis Duper pro parte dilecti 
filii Johannis Marsan, abbalis monasterii de Valleta, cis- 
terciensis ordinis, Tutellensis diocesis, petitio continebat 
quod alias prefato monasterio, cui quondam Ludovicus, 
ipsius monasterii abbas dum viveret presidebal, qui extra 
romanam curiam diem cUusit exlremum, abbatis regimine 

destituto, dilecti fllii conveiitus ejusdem monasterii 

abbatis electione, vocatis omnibus qui voluerunt, potue- 
runt et debuerunt élection! hujusmodi commode intéresse, 
die ad eligendum préfixa, ut moris est, convenientes in 
unum, prefatum tune dicli monsterii priorem ordinem 
ipsum expresse professum, in sacerdotio et etate légitima 
constitulum, in eonim dicll mouasteiii abbatem concor- 
diler elegerunt, ipse que Johannes, electioni hujua modî, 
illius aibi presentato décrète consenciens, illam, juxta 
ipsiu» ordinis privilégia et régule statuta, per duos tune 



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-39 - 

expressos abbates dicti orâinis confinoari obtinuit, io 
hiis omnibus estatutis (sic) a jure temporibuB observatis. 
Et deinde poslquam idem Johanues, electioais et coofir- 
mationls hujusmodi vigore, eidem monasterio aliquandiu 
prefuerat paciflce et qiiiete, dilectus fllius Claudius Doyat, 
qui se gerit pro clerico, preteodeos dictum monaslerium 
ut premittitur vacans, quaravis post electionem et cooSr- 
niatiouem hujusmodi, apostolica auctoritale sibi fuisse 
commeodatum, ad îpsum mouasterium uua die cum ar- 
matorum copia accedeos, et tam régis cpiam dilecti ÛUi 
Johannis Doyat, layci, ipsius Claudii fratrîs, qui tune 
illorum partium pro carissimo io Ghrîsto fiiio nostro 
Ludovico Fraucorum rege guberuator erat, dum ip- 
sius monasterîi portas clausas inveoisset, facto tumultu 
emissisgue borrîdis clamoribus et precedentibus miois 
quod niai dictus Johannes Marsaû omni juri sibi in 
regimiue et admluistratione dicti monasterii, vel ad ilia 
quomodolibet competenti, cederet, ipse Ciaudius illum in- 
carcerari faceret. Quibus clamoribus et minis ipse Johau- 
oes Marsan perterritus, dictum monasterium clam exivit 
et ad domum cujusdam nobilis se contulit, ubi aliquandiu, 
metu et minis dicti Claudii, permansit. Et inibi ezistens, 
ad certum alium uobilem scripsit ut Tellet procurare cum 
dicte Claudio quod ipsum Johannem Marsan non moles- 
taret, sed eum in possessionem dicti monasterii pacîfficam 
dimicteret. Postmodum vero, cum prefàtus alius nobilis 
eidem Claudio scripsisset ut ad castriun suum de Granges, 
Claromonleosis diocesis, venire diguaretur sub espc {sic) 
concordie super premissis faciende, idem Claudius quadam 
die ad dictum castnim, veluti leo rapax et furibundus, 
accessit, et prefato Johanni Marsan ibidem reperto, nullo 
alio tractatu et verbis precedentibus, dixit quod nisi re- 
nunciaret juri predicto, ipsum statim carceribus detrudi 
faceret a quibus nunquam cvaderet, nisi prius faceret 
quicijuid ipse Claudius volebat. Ipse vero Johannes Mai*- 
san, minis hujusmodi territue ac metu carceris et potencie 
dicti Claudii, omni juri sibi in dicte monasterio vel iid 



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— 40 — 

ipsum quomodolibet compectenti, renanciavit. Et per ali- 
quod lempus posl hujustnodi renonciationem, dictus Glau- 
dius cum multis complicibus ad dictum monasterîum 
accessit, et ibidem aliquaudiu permanens, multas inibi 
mulieres iuhonestas introduxit, cum quibus adultcrium, 
fornicationem etiara stuprum commisit, ac monachis ejus- 
dem monasterii quam plurimas injurias et violencias in- 
tulit, etiam pecunias ab ipsis indebite extorquendo; et 
landem haculum pastoralem argenleum, crossam nuncu- 
patum, et viginti tria volumina libronim, pluraque alia 
bona ipsius mouasterii iiide extraxit et alibi pro suo nutu 
asporlavii et discipavit in anime sue periculum dictîque 
monasterii dampnum non modicum cum pariter et jac- 
tuvam ac perniciosura exemplum et scandalum pluri- 
moi-um. Quare, pro parte dicti Johannis Marsan, nobis 
fuit humiliter supplicatum ut sibi in pi-emissis de jus- 
ticie ministerio providere de benignitate apostolica digna- 
remur. Nos itaque de premissis certam noticiam non 
habentes, ipsumque Johannem Marsan a quibuscumque 
excommunicationis , suspencionis et interdicti, et aliis 
ecclesiasticis sentenciis, censcris et pénis a jure vel ab 
homijie quavis occasione vel causa latis, si quibus quo- 
modolibet innodatus existit, ad afTeclum piesentium dum- 
taxat consequendum harum série absolventes et absolutum 
foi'e censentes, hujusmodi aupplicationibus inclinati, dis- 
cretioni vestre, per apostolica acripta mandamus qua- 
thinus vos, vel duo aul [unus] vestmm, si, et postquam 
vocatis dicto Claudio et aliis qui fuerint evocandi, de 
premissis assertis vobis légitime constiteat, cessionem 
per Johannem Marsan factam hujusmodi nuUam et inva- 
lidnm, nulliusque roboris vel moment! fuisse et esse, 
auctoritate nostra deceniatis et declaretis, et de juramento 
per eumdeni Johannem Marsan de observando premissa 
forsan pi-esitito, sibi per nos relaxato, ipsum Johannem 
de Marsan adversus cessionem predictam ad jus suum 
pristinum necnon regimen et adniinistrationem dicti mo- 
nasterii in pristinum et cum statu în quo ante cessionem 



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— 41 — 

hujusmodi guomodolibet erat, eadem auctoritate resti- 
tuatis et reponatis, non obstante juramento et aliis pre- 
missis, ac constitutionibus et ordinationibus apoatolicis, 
necDOQ statutis et consuetudiiiibus monasterii et ordiiiis 
predictonim juramento conûrmatione apoatolica vel qua- 
via firmitate alia i-oboretis, ceterisque contrariis quibus- 
cumque. Datum Rome apud Sanctum-Petrum, anno 
Incarnationis dominîce millesimo quadringentesimo oc- 
tuagesimo tercio, decimo kalendas julii, pontiâcatus nostri 
anDo duo decimo. 

(Original, parchemin. — Arch. nationales, K. 1179.} 



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NOTE 

8DB on 

TIERS DE SOL D'OR 

THOTi Bun u MUDin ni cuiniH-miiiu (CHiiu| 



j^ E docteur Lombard, de Terrasson, a eu la 
^i bonté, d'autant plus louable qu'elle est trop 
rare, de me confier, pour me permettre de l'étu- 
dier en nature, une monnaie mérovingienne trou- 
vée au Cimetière, commune de Chartrier, canton 
de Larche (Corrèze). En voici la description ; 



Buste à droite, vêtu du paludamenVum; la 
tète est ceinte d'un diadème de perles. Il ne 
reste de la légende que le mot FITVR. 

Revers. — Personnage de face, debout sur une 
base horizontale, la tète couronnée ou diadémée, 
regardant à droite; il tient une baste de la main 
gauche et lève la main droite à hauteur de sa 
tète. Sous le bras droit, le vêtement parait orné 
d'un rang de franges qui se prolonge jusqu'au 
bord de la pièce; un ornement parallèle et tout 
semblable part de la ceinture. 

En légende BR; suit le pied d'un caractère 



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qui ressemble à un S couché, mais ii n'y a là 
peut-être qu'un accident de frappe au-dessous de 
l'extrémité d'une lettre impossible à déterminer 
(un 1 ?}. 

Les caractères sont bouletés. . 

Tiers de sol d'or pur. Poids : 1 gr. 229. 

Par suite des rognures qu'a subies cette pièce, 
le nom du lieu où elle fut faite {fitur) est tombé 
de l'avers, en même temps que le revers a perdu 
la plupart des lettres qui nous auraient donné le 
nom du monétaire. Dès lors on ne saurait dire 
en quel endroit précis elle a été frappée. Cher- 
chons, du moins, dans le style et les types du 
triens, un indice de la civitas, à laquelle il peut 
le mieux convenir. 

Le style paraît arverne. 

La proéminence frontale, fortement aci'usée, de 
la tête du droit, rattacherait la médaille au dio- 
cèse de Limoges, dont ce détail est un trait carac- 
téristique (1), si la même proéminence ne se mon- 
trait sur quelques triens de Clermont (Conbrouse, 
Monétaires des rois mérovingiens, pi. VI, 1,2; 
VIT, 5). 

Le guerrier du revers est plus exclusivement 
propre aux Arverni. On le retrouve, à peu prés 
identique, dans un groupe de pièces classées avec 
certitude à cette province et figurées sous les n" 4, 
5, 6, pi. VI, des Monétaires de Conbrouse, dont 



(1) Haximin Deloche. Descriplion des monnaies mérovingiennes 
du Limousin et Bullelin de la Sociélé archéologique de la Cor- 
rèze. 1883, p. 383. 



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_ 45 — 

l'une offre la légende ARVERNV{1) et une autre 
ARV. Ces deux dernières, et particulièrement le 
BEREGISELVS M— ARV (2), peuvent être consi- 
dérées comme les prototypes de notre revers : tes 
frangea mêmes s'y remarquent, sous une forme 
moins exagérée. 

Dans le fragment de légende BRI on ne serait 
pas autorisé à voir le commencement de BRIVATE 
(Brioude). C'est le débris du nom du monétaire : 
le nom de lieu précédait FITVR. Les types de 
Brioude sont bien connus et n'ont rien de com- 
mun avec ceux que j'étudie; à l'avers, buste dont 
la main droite s'élève jusqu'au front; au revers, 
BRIVATE ou BRIVAT inscrit, en deux lignes, dans 
le grènetis intérieur (parfois BRI sur une seule 
ligne). 

Le triens de M. Lombard est donc le produit 
d'un atelier de l'Auvergne que nous ne connais- 
sons pas, mais que la découverte d'exemplaires 
plus complets peut nous révéler quelque jour. 

Quoique l'or de cette monnaie soit très pur, 
la fabrique dénote une barbarie assez avancée pour 
qu'on doive fixer à la seconde moitié du vn' siècle 
l'époque probable de son émission. 

LÉON Lacroix. 
Agen, 5 février 1885. 



(1) Voilà poiit-âlro In ini>t qui m<iiir[iic 3.1 droit de notre tiers de 
sol; il en est qui portent ABVUHiN'tl FIT. 

(2) Sur In BEREGISELVS M— ARV, les franges pendent de 
la hampe d'un étendard ou sceptre, surmonté d'une croix, que le 
priiicR ou guerrier tient de la matu gauuhc. 



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ŒUVRES DE LIMOGES 

CONSERVÉES A L'ÉTRANGER 

DOCniEITS REUTIFS A LtUHLEfilE LiODSIllE 



A Monsieur Ernest RUPIN 
Frindtnl dt la Soàitf HiiUn}» il Aichéologiiai di Brin 



Mon cher confrère et ami, 

ES lambeaux tant soit peu dé- 
cousus que je vous communi- 
quais en 1883, sous prétexte 
de notre belle châsse de Gimel, 
ont reçu un assez favorable 
accueil à Brlve, à Limoges et 
ailleurs. La critique vétilleuse 
gné , du moins officiellement ; 
plumes trop bienveillantes se 
le donné la peine de faire res- 
n Catalogue ébauché des émaux 
liiiiuusui» recueillis à l'étranger, et aussi 
ma brève excursion sur le vaste domaine des 
pèlerinages. Ces encouragements me déterminent 
à continuer, et je vous adresse encore, sous forme 
de lettre, la récolte que j'ai amassée en l'année 



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— 48 - 

1884. Pas plus qu'auparavant je n'ai la préten- 
tion d'être complet ; à d'autres la science absolue, 
bulle de savon qui crève au moindre souffle ; venir 
en aide aux futurs historiens de l'émaillerie limou- 
sine, en leur épargnant de longues recherches, 
mon ambition ne va pas au-delà. 

Bien peu, cher confrère et ami, m'appartient en 
propre dans le faible contingent soumis à votre 
affectueuse indulgence; MM. Emile Molinier, Char- 
les Descemet, L. de Farcy, L. Cloquet, L. de Vey- 
rières. Barbier de Montault doivent en revendiquer 
la meilleure part. Tel m'a généreusement prêté 
ses notes de voyage; tel a couru les musées pour 
éclaircii' des points obscurs; tel m'a renseigné. 
Comme il répugne à mes habitudes de démarquer 
le Unge d'autrui, les sources où jai puisé sont 
minutieusement signalées. Dans cet assemblage 
d'articles indépendants, j'ai suivi autant que pos- 
sible un ordre méthodique, et vous excuserez cer- 
tains préambules imposés par la nécessité. 

D'abord le supplément au Catalogue. 

SUÈDE 

Musée royal des Antiquités, à Stockholm. Croix station- 
NALE, Pièce mutilée, ajustée sur une douille à nœud. 
Christ en relief, coiffé d'une haute couronne ; perisonium 
émaillë; quatre clous; titulus avec l'inscription IHS XPS. 
Croix potencée, à renflements arrondis au centre et aux 
extrémités; champ gravé, semé d'étoiles, de rosettes, et 
rehaussé de cabochons. Aux étranglements des hras, deux 
figurines à mi-corps, relief émaillô ; à droite, saint Jean, 
à gauche, la Vierge. L'attitude de ces personnages accuse 
une transposition. Au sommet, la silhouette d'une figurine 



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— 49 — 

tombée ; au bas, la tige a été rasée au niveau du siippe~ 
' danermt. De chaque côté, une pendeloque circulaire accro- 
chée par une chaînette à maillons de style très ancien. 
Provenance, l'église de Berffendal (Hohuslan). Haut, tota'e, 
0-326»-; larg., 0"i96"». un' siècle. — Croix. Elle est ana- 
logue à la précédente, et elle provient de l'église d'CEgges- 
lorp(SniaIand!, — Choix. Môme genre; église d'Hammarby 
(Sodenuiinlaûd). — Cnucinx, Fragments divers, \m* siècle. 
— CiBOins. Forme élégante; le couvercle a disparu. Église 
de Gerum (Golland); sni' siècle. — Chasse. Je la rappelle 
ici pour mémoire. N'ayant pas vu l'objet et n'en possé- 
dant pas un dessin d'ensemble, il m'est difHcitc de lui 
assigner une nitionalilé certaine; mais sa date incontes- 
table, ses détails caractéristiques, m'engagent à le signaler 
à l'attention des archéologues suédois et des spécialistes 
en émaillerie. Je traduis d'abord l'arliclc du Catalogue : 
Reliquaire en forme d'église; bois et cuivre émailli. Église de 
Spanga en Uppland. Fonne d'église est bien vague ; s'agit-il 
du type rhénan ou du type limousin? La question me 
semble grosse d'intérêt. Passons au détail gravé. Chevalier 
debout (haut, totale, ©■'US'"*), vêtu d'une courte chemise 
de mailles serrée par une ceinture; jambières et pédiaux 
de mailles. La tête, cerclée d'un nimbe, est coiffée du 
casiiue conifiue porté par Geoffroy Plantagenet sur l'émail 
du Mans. La main droite du personnage tient une lance 
à pennon Iriflde ; la gauche saisit un grand bouclier 
triangulaire à coins arrondis, chargé de burèlea inégales : 
les plus larges offrent une arcature polychrome; les 
moindres, des compartimenis pointillés. Les pieds repo- 
sent sur un nuage à quatre zones, que déterminent des 
eloisons métalliques; les trois zones supérieui'es sont des 
moitiés d'ellipses ; la dernière est un quatrefeuilles nais- 
sant. Le nimbe et le nuage accusent un bienheureux, ' 
probablement saint Georges ; le costume et le bouclier 
appartiennent au xu" siècle; le déeor de l'écu n'a aucun 
sens héraldique. Quant aux émaux. Je les décliiffrerai 
ainsi jusqu'à preuve contraire. Figure eu réserve sur 

T. TU, 1-* 



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— 50 — 

champ bleu-foucé ; nimbe bleu-clair ; bouclier rouge , 
bleu-foncé, blanc (?) ; nuage rouge, bleu- foncé, rechampi 
de bleu-clair et de blanc, à moins qu'il n'y ait du vert 
et du jaune. L'analogie de notre saint guerrier, avec les 
géants sculplés à la façade de diverses églises, est frap- 
pante; des rapports de dessin et de technique existent 
également eotre lui et le Goliath émaîllé de la crosse 
de Ch irtres (Collection Garrand) exécutée par l'orfèvre 
Willclmus, (0, Montelius, Fùhrer dureh dos Muséum Vater-. 
landUcher Allerthilmer in Stockholm. A. Essenwein, Kultw- 
historischer Bilderatlas, t. II,) 

NORVÈGE 

Église de Urnes. Chandelier. Fût imbriqué; bobèche et 
ureud ornes d'enroulements métalliques à fleurons poly- 
chromes sur champ bleu. La base triangulaire, supportée 
par trois griffes, offre un décor analogue, mais plus riche; 
eu outre, un dragon en relief couvre chaque rampant. l*s 
queues de ces animaux, élégamment recourbées, viennent 
s'appuyer' contre le fût; leurs létes aboutissent à la nais- 
sance des griffes. Spécimen d'une remarquable beauté. 
xiii° siècle. {Foreningen til norske Fortids-Mindesmxrkers Be- 
varing, pi. L Mittkeil. der K. K. Central-Commission, t. V, 
p. 314, flg. 5, Vienne, 1860.) 

ALLEMAGNE 

Musée d'art industriel (Kunstgewerbc Muséum) à Berlin. 
Plaque de uELiunB. Petit in-folio. Tableau central : le 
Crucifiement. Personnages réservés et gravés sur champ 
bleu-tapis semé de fleurons polychromes. Les tôtes de la 
Sainte Vierge et de saint Jean sont en relief; le Christ 
est entièrement rapporté. Bordure ornée d'enroulements 
interrompus au milieu des bandeaux par quatre anges 
réservés sur fond lapis, xni' siècle. — Gnoix stationnale. 
Face : le Christ eu relief, perisonium émaillê; à droite, 
la Sainte Vierge, à gauche, saint Jean. Revers : au centre, 



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— 51 — 

la Majestas Domini; aux extrémités les quatre synibulcs 
évangélistiques. Figures réservées et gravées sur chamii 
bleu à rinceaux épargnés; têtes en relief, xin' siècle. — 
Chossb. Le Couronnement de la Sainte- Vierge. Volulc 
émaillée de bleu. Nœud rehaussé des quatre Évanyélistcs 
en buste, réservés et gravés. Des dragons en relief ram- 
pent le long de la douille, xni' siècle. — Pyxide. Cylindre ■ 
à couvercle conique; rinceaux; disques insci'iv.int des 
anges à mi-corps. Fin du xiii' siècle. — Plaque circulaire. 
Personnage combattant un félin (Sanison ou Davidl . Champ 
bleu rehaussé de fleurs polychromes; lunique de Tliommc, 
bleu -turquoise rechampi de blanc ; animal réserve et gravé ; 
têtes en relief. Débi-is probable d'un cofTret. Commence- 
ment du xni' siècle. — Penturks de coffret. Elles sont 
au nombre de six, toutes semblables, en forme de basilic 
terminé par une queue plate, découpée en fleuron percé 
de deux trous à l'extrémité supérieure. Les ailes dos rep- 
tiles sont émaiilées de rouge, bleu-lapis, hteu-clair et 
blanc; ces animaux rappellent les moraillons des cassettes 
du trésor d'Aix-la-Chapelle et de saint Louis, au Ijouvrc. 
xni' siècle. — Chasse. Type ordinaire. Face : sut- le toil, 
les Mages à cheval; sur l'auge, l'Epiphanie. Flancs : deux 
saints debout. Revers : tapis de rosHces. Personnages 
épargnés et gravés, têles en relief; champ bleu-lapis semé 
de fleurs et coupé horizontalement par un bandeau bleu- 
turquoise. Excellente pièce de la première moitié du xni" 
siècle. — Chasse. Même type, même technique et mùme 
revers que la précédente. Auge : le Christ en croix; à 
droite, la Vierge, à gauche, saint Jean, chacun d'eux 
suivi d'un Apôtre. Toit : quatre Apôtres ou Évangélisles. 
Flancs : des saints debout. Bonne pièce, xm' siècle, pre- 
mière moitié. — Chasse. Type ordinaire. Sur chacun des 
longs côtés, trois médaillons inscrivant des anges à mi- 
corps; le toit répète ce décor; aux flancs, un médaillon 
semblable. Champ bleu-lapis, semé de rinceaux épargnés; 
les figures sont également en réserve, xin' siècle. — Chasse. 
Auge : martyre de saint Thomas Becket. Toit : iuhuma- 



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— 52 — 

tion ou dépofiitioD du corps de l'archevêque. Même forme, 
même champ, même technique que les moaumects ana- 
logues conservés en France et à l'étranger, xin' siècle. 
J'ai vu récemment à l'Exposition de Rouen une autre 
châsse de saint Thomas de Cantorbéry ; elle appartient à 
un amateur d'Ëvreux, M. Doire, et elle se distingue, tant 
' par la beauté du travail que par un remarquable état de 
conservation. L'auge montre le saint debout près d'un 
autel; en haut, la main divine; derrière le prélat, deux 
meurtriers brandissent leurs glaives. Sur le toit figure la 
mise au tombeau du défunt; un évéq^e, assisté d'un aco- 
lyte tenant le rituel, procède à la cérémonie. A chaque 
flanc, un saint en pied. Tapis fleuronnés au revers. Per- 
sonnages réservés dans un champ bleu-lapis. La gamme 
ornementale est fort douce : blanc, bleu, bleu-gris et verl. 
h'areula de M, Doire date également du xm* siècle. — 
Chasse, Typé ordinaire; dimensions exiguës; ligurines eii 
i-elief, émaillées et rapportées. Travail médiocre, iiu" siè- 
cle. — Gémellion. Champ bleu; armoiries de France et 
de Gastille. xiii" siècle. — Gémellion. Six groupes de mu- 
siciens encadrés p:ir les lobes d'une rosace, dont le cœur 
oiTre le combat d'un cavalier et d'un lion. Le cavalier, 
armé de pied en cap, lient un ccu triangulaire gironné 
de huit pièces. Des rinceaux serpentent autour des per- 
sonnages; des touffes végétales garnissent les écoinçons 
du marli. Champ bleu; ÛRures et ornements réservés. 
XIII* siècle. — Cman'Delier, Longue broche surmontant un 
pied très bas. Ce pied est chargé d'écussons : 1° aux léo- 
pai-ds d'Angleterre; 2' aux armes de Gastille écartelées 
de Léon (?). Les intervalles sont émaillés en vert et blanc. 
M. Molinier émet des doutes sur la provenance du meuble 
qu'un simple croquis me permet d'apprécier; forme et 
décor me semblent essentiellement limousins, xiv' siècle. 
— Flacon, Genre alabaslrum; mince goulot amortissant 
une panse allongée, tronconique, arrondie par le haut. 
Décor : un fretté qu'esquissent des bandeaux creusés en 
gorge, avec rosaces aux poiuts d'iutersection. Les niaiUes 



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eacadrent des lions, des oiseaux, des monstres, épargnés 
et gravés sur fond bleu-lapis. Le morceau est d'espèce 



MacoD du Musée de BerliD. 
très rare; peut-èliv l'écliantillou de Berlin serail-il unique 



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— 54 - 

au monde. Une photographie rapportée par M. MoUnier 
.1 été soumise à M. Victor Gay; l'éminent archéologue 
penche pour une attribution germanique : il m'est diffi- 
cile, du moins jusqu'à plus ample informé, d'admettre 
cette attribution. Le ciboire d'Alpais, au Louvre, montre 
un fretté concave sur champ métallique ; le même fretté, 
Ruv fond d'émail bleu, caractérise une coupe de ciboire 
de la Collection Basilewsky (voy. Darcel et Basilewsky, 
Catalogue, pi. XXI). Le vase du Louvre est assurément 
limousin; personne ne conteste à Limoges la coupe de 
M. Basilewsky; pourquoi le Oacon de Berlin aurait-il 
une provenance différente? Du reste, ce dernier accuse 
une époque bien postérieure aux deux autres monu- 
ments; il date de l'estréme fin du xin" siècle, sinon 
tout-à-fait du xiV. (Molinier,} 

Église de Ifeuenbeken, près Paderbom {Westphalie). Navbttb 
A ENCENS. Forme ordinaire; des serpents se recourbent 
aux extrémités en manière d'anses. Coupe gravée; cou- 
vercle et pied émaillés. Le fond des opercules est bleu- 
lapis; chacun d'eux comporte uo médaillon circulaire 
accompagné de trois rosettes. Les médaillons, champ bleu- 
sombre, inscrivent un ange à mi-corps, tenant un livre et 
iasani d'un nuage. Figures épargnées, ainsi que les en- 
roulements qui les accostent; nimbes : rouge, gris, blanc 
et rouge, bleu-foncé, blanc. La gamme des rosettes est 
rouge, bleu-sombre, vert, jaune. L'émail du pied a dis- 
paru; il ne reste que les alvéoles déterminés par un 
fltel onde compris entre deux cloisons parallèles, xin' siè- 
cle. [Mitlheil. der K. K. Central-Commission, t. XII, p. XLIX, 
fig.. Vienne, 1867.) 

Les notes et les croquis de M. Molinier, les gravures 
que M. Essejiwein m'a récemment communiquées, néces- 
sitent un remaniement presque général du travail publié 
en 1883 sur la Bavière. 

BAVIÈRE 

Musée Germanique de Nuremberg. Chasse. Type ordinaire. 



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Crète ajourée d'entria de serrure et termiaée par de longs 
appendices obliqucB. Face : auge et toit chargés dn mé- 
daillons inscrivant des anges à mi-corps. Figures et rin- 
ceaux épargnés sur champs bleu-lapis et bleu-turquoise ; 
un Irait blanc cercle les médaillons i-eliés entre eux par 
un bandeau rouge. Flancs : anges réservés et graves. Le 
revers comportait autrefois des disques, des écussons, des 
figurines en relief; le tout a disparu, xiii* siècle. — PiasON 
DB CHASSE. Saint dans une vesica piscis. Il est debout; sa 
main gauche tient un livre, la droite est relevée. Le per- 
sonnage, réservé sur champ lapis, a un nimbe bleu cl 
blanc; deux bandeaux turquoise coupent transversalement 
la vesica piscii, qui comporte en outre des rosaces poly- 
chromes. Au bas du tableau et h la naissance du faîlage, 
un arc moitié bleu et moitié vert, couleuin opposées. 
Bordure bleue chargée de flanchis métalliques, xiii* siècle. 
— PiGNON DE CHASSE. Saint debout, épargné sur champ 
lapiâ interrompu par deux larges bandeaux turquoise. Ces 
bandeaux alternent avec des rosaces : rouge, bleu-lapis, 
bleu-clair; blanc, vert et jaune. Le nimbe du personnage 
ofTre les quatre premières nuances. La bordure est striée 
de métal, de bleu et de rouge sombre; cinq cabochons 
rehaussent cette bordure et les pieds, xni' siècle. — Ghan- 
DBUBns. Pied triangulaire à fleurons, rouge, vert el jaune, 
issantde rinceaux épargnés sur fond lapis. Nieud émaillé 
de bleu-turquoise; ornements en rései've. xiir siècle. — 
Chandelier. Haute broche; pied bas en forme de pyra- 
mide hexagone tronquée. Champ bleu-lapis; cartouches à 
écussons armoriés : 1° semé de France ; 2° écartclé 1 et 4 
d'or au lion rampant d'azur, 2 et 3 fiucé d'or et de pncules 
de cinq pièces. Au bas, entre les cartouches, des disques 
inscrivant un griffon épargné sur champ vouge. Commen- 
cement du XIV' siècle. — Chandeliers. Type du précédent; 
broche annelée de trois gorges; pans de la base ornés de 
quatrefeuiltes à griffons réservés sur champs bleu-lapis, 
bleu-clair ou rouge-vif. xiv* siècle. — Encensoth. Pièce 
hors ligne : sphéroïde coiffé d'une calotte, monté sur un 



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— 56 — 

pied circulaire très bas, et entièrement émaillé, porte- 
chalnettes, couvercle, i-échaud. Le couvercle, rehaussé de 
boutons métalliques à dragons estampés, offre des enrou- 
lements à fleurons rougea, bleus et blancs sur fond lapU; 
le réchaud comporte un décor semblable, jaune, vert, 
rouge, sur lapis et turquoise. Haut. Clî'; diam. 0"il5"". 
XIII* siècle. — Navbtte a bncbns. Forme ordinaire. Sur le 
couvercle bleu -lapis, un bouton de cuivre estampé, accom- 
pagné de trois rosaces 2 et i, pétales blancs, champ tur- 
quoise. XIV* siècle. — Pyxides. Disques et feuillages. 
Émaux lapis, turquoise, blanc, rouge, xiii* et ziv* siècles. 
— Ciboire pédicule. Il est sphérique; champ de métal; 
un appendice, sommé d'une croix, amortit son' couvercle 
à médaillons circulaires, encadrant des anges réservés sur 
fonds alternativement turquoise ou rouge. Même décor à 
la coupe et au pied; un nœud en forme de globe inter- 
rompt la tige élancée, xiv* siècle. — Goffrbt. Paralléli- 
pipède en cuivre guilloché; serrure de fer. Le couvercle 
el la caisse sont ornés de quinze grossières figurines en 
relief, émaillées lapis, turquoise et rouge; garniture de 
verres cabochons. (Long. 0"26'; larg. O-IT'; haut. 0"f4'.) 
xm* siècle. — Gémbllions appariés. Champ bleu-lapis, 
pei-sonii;iges réservés. Ombilic : cavalier tourné à gauche: 
il joue du rebec; des rinceaux l'enviromient. Marli : six 
disques à pampres, inscrivant des écus armoriés; six 
femmes debout apparaissent dans les vides ménagés entre 
les disques. Les écus se blasonnent ainsi qu'il suit : 
1" d'aïur à 3 croissants d'or posés 2 et 1; 2* paie d'or el 
de gueules de 8 pièces; 3* vairé d'or et d'azur de 2 traits, 
abitissé sous un chef d'or vivre de gueules; 4' d'or à 3 
ailes de gueules, 2 el I ; 5° Imrelé d'or et d'azur de 10 
pièces, en chef une sorte de grand lambel de gueules à 
trois pendants elliptiques; 6° coticé d'or et de gueules, 
qui est Turenne. Diam, o"23'. xm' siècle. — Gâhellion. 
Champ lapis, personnages réservés. Ombilic : roi à che- 
val. A l'enlour, quatre lobes circulaires où reposent deux 
figures assises, l'une tenant un sceptre, l'autre armée d'un 



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Encengoir du Uusée Oermanlque. 



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Ciboire da Mtuée Oermatii<|ue. 



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— 63 — 

glaive. Entre les lobes, quatre écussons d'armoiries, même 
blason deux fois répété : 1° d'or à 3 faaces d'azur, au lam- 
bel à 7 pendants de gueules ; 2° burelé d'or et d'azur de 
8 pièces, chargé en pal d'une tour d'or ajourée de gueules. 
XIII' siècle. — Plaque. Cette pièce cintrée, qui doit pro- 
venir d'une châsse, est aujourd'hui fixée à une reliure 
d'argent doré et étampé. Vierge debout tenant l'Enfanta 
Jésus, groupe en relief émergeant d'un fond lapis coupé 
de deux larges bandes horizontales bleu-turquoise : des 
disques et des losanges polychromes apparaissent dans les 
vides. Fin du xiii* siècle. Aux angles de la reliure, on a 
rapporté quatre médaillons quadrilobés inscrivant les sym- 
boles évangélistiques ; champ bleu, métal réservé, traits 
incrustés de rouge, inscriptions françaises en gothique du 
XIV* siècle : 

$. Ptten, JJ. âchait, JJ. Part, jï. ïw. 

Ces médaillons ont semblé douteux à M. Molinier; il me 
semble avoir vu, dans la collection de M. Gay, un travail 
analogue attribué à Paris. — Citoix stationnalb. Centre 
elliptique, extrémités fleuronnées. Face : Christ en relief 
sous la main divine ; plaques en cuivre gravé, rehaussé de 
cabochons; ange tenant une croix et un livre, la Vierge, 
saint Jean, tous trois à mi-corps; le Christ ressuscité, 
debout, croix et livre en mains ; rosaces. Revers : Majestas 
Domini dans une vesica piscis ; quatrefeullles inscrivant des 
anges en buste; symboles évangélistiques. En haut l'aigle, 
au bas l'homme ailé, à droite le lion, à gauche le bœuf. 
Sauf le Christ, les personnages et les symboles sont épar- 
gnés sur champ bleu. La gamme des rosaces polychromes 
est blanc, bleu, jaune, vert, rouge, xin* siècle. — Croix 
STATiON.NALE. Même fonuB que la précédente. Face : Christ 
fondu, couronné, perixoniiim lapis; main divine. Extré- 
mités des branches : en haut, figurine émaillée sur relief 
remplaçant l'homme ailé de saint Matthieu; à droite le 
lion, à gauche l'aigle, l'un et l'autre réservés dans un 



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_ 64 — 

champ bleu; au bas, seconde figurine en .relief, la 
Vierge (?) i-evôtue d'un manteau incruslé de lapis. Revers : 
lames d'argent blanc étampé d'un semis de fleurs de lis ; 
on y a rapporté un Dieu le Père ou une Majestas Domini 
et les quatre symboles évangélistiques, le tout en cuivre 
doré et repoussé. Le monument, qui oflVe des traces évi- 
denles de trucage, date à peine de la Un du xin* siècle; 
le XIV* lui conviendrait encore mieux. — Crucifix. Lame 
de métal complètement émaillée : carnations rosées; che- 
veu.\, barbe, perizonium bleus; nimbe à croix rouge; 
champ de l'instrument du salut, vert sombre à rinceaux 
en réserve; lUulus, suppedaneum, bordure, bleus. Commen- 
cement du XIII* siècle. J'ai récemment examiné chez 
M, Spitzer, à Paris, deux crucifix de la même technique, 
mais le champ des croix est doré. — Crucifix. Cuivre 
étampé; grandes dimensions. Face : un Christ, dont le 
perizonium est blanc et bleu, reposant sur une croix plus 
petite, émaillée des mêmes couleurs, xiii' siècle. — Christ. 
Robe incnistée de bleu-lapis moucheté de blanc; cette 
figure, de taille exigûc, revient au xiii» siècle. — Crosse. 
La volute inscrit un Couronnement de la Sainte Vierge; 
au nœud, six vesica piscis offrant des anges épargnés sur 
champ lapis; des dragons rampent autour de la douille. 
xiii*-xiv" siècle. {Molinier, Essenwein, Anzeiger fur Kunde 
der deuUchen Yorzeit; Mittheilungen aus dem germaniseheii 
Nalionalmuseiim.) 

La châsse, reprise sous le n° I dans mou premier article, 
a été publiée, (ace et revers, p:ir M. Essenwein, KuUurkis- 
torUcher Bilderatlas, II, pi. XXXVII, 4, 5. 

BELGiyUE 

Église de NotTc-Dame^ à Tongres. Coffret. Bois de chêne 
recouvert eu cuir. Écussons éinaillés, parti, semé de France 
à dextre, et de chdteatix de Castille à sénestre, armoiries d'Al- 
fonse, comte de Poitiers, frère de saint Louis. Un disque 
représentant un personnage tenant un sceptre fleurdelisé 



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— 65 — 

'se voit au flanc du meuble. Haut. 0»19', long. 0"09'. xiii* 
siècle. Aux dimensions près, le petit écrin de Tongies 
offre une remarquable analogie décorative avec les gi-aiids 
coffres repris plus ita^ à l'article ITALIE. 

Trésor de la calhidrale de Tournai. Pyxide euchaiiistiqoe. 
Forme ordinaire; cylindre à couvercle conique. Champ 
bleu, enroulements fleuronnés. La croix d'amortissemeut 
est perdue. Haut, actuelle, O^OTS"""; diam. 0"07', xiii' 
siècle. 

Musée des antiquités, à Anvers. Crucifix. Cuivre émaillé. 
xui" siècle. 

Musée arehèotogique de Gand. Pyxidk. Forme ronde, cou- 
vercle conique, xiii* siècle. 

CoUection de M. G. Vermeerseh, 4 Bmxelles. Cnotx sta- 
TioNNALE. Bois plaqué de cuivre doré, rehaussé d'émaux 
champlevés et de cabochons. La couronne du Christ est 
crénelée; son perizonium est émaillé. xiii' siècle. — Na- 
vette A ENCENS, Chaque opercule comporte un monstre 
enroulé, ciselé en relief, xm* siècle. — Cbossb. Tige et 
volute bleu-pile frettées d'or. La volute embrasse le cou- 
ronnement de la Sainte Vierge en métal ciselé, xiii' siècle. 
— Chasse. Forme ordinaire. La face antérieure offre quatre 
statuettes sur champ doré et gravé. Auk pignons, deux 
figures de saints réservés dans un fond bleu maillé d'or, 
xui* siècle. — Chasse. Forme ordinaire. Crête ajourée, 
rehaussée de rosaces en émail. Face antérieure, auge : 
les Saintes femmes au Sépulcre. Toit : Majestas Domini 
accostée de deux apôtres. Têtes en relief; corps réservés 
sur champ bleu-lapis, semé de rosaces bleues, jaunes et 
rouges. Un bandeau bleu-turquoise coupe horizontalement 
le fond. Revers bleu à rosettes polychromes. Dans chaque 
pignon, un saint réservé sous une arcade en plein-cintre. 
XIII' siècle. — Chasse. Forme ordinaire. Face antérieure, 
auge : Majestas Domini coiffée d'une mitre cornue; deux 
saints l'accostent. Champ bleu semé de rinceaux à fleu- 
rons polychromes. Toit : trois anges portant chacun tin 
livre. Figures rései-vées, têtes eu relief. Revers : tapis 

T. VIL 1-6 



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_ 66 — 

• losange. Flaacs : deux saints. La crête est moderne, xiif 
siècle. — Chasse. Type ordinaire. Champ bleu-lapis à en- 
roulements terminés par des fleurons polychromes. Face, 
auge : l'Epiphanie. Toit : le Divin Crucifié entre la 
Sainte Vierge et saint Jean. Figures en relief et rappor- 
tées. Revers, auge : les Rois* Mages devant Hérode que le 
démon semble inspirer. Toit : le Massacre des Innocents ; 
les Mages, centristes, assistent à cette scène de meurtre. 
Figures réservées; le diable est émaillé en noir. Aui 
ilancs, deux anges dans un encadrement bleu, blanc et 
vert, Crète ajourée sommée d'une croix, xni* siècle. — 
Pyxides eucharistiques. La collection en possède deux, 
xiir siècle. — Vierge. Elle est en cuivre doré et ciselé. 
Assise sur un trône, la Mère de Dieu tient l'Enfant-Jésus. 
Les deux côtés du siège représentent l'Annonciation; au 
dos s'ouvre une porte cintrée, ornée d'un saint Pierre ; 
ces parties sont émaillées. Champ bleu-p&Ie; figures en 
réserve; rinceaux fleuronnés. xiii» siècle. 

Collection de M. A. Mertens. Choix stationnalb. Le suppe- 
daneum, qui porlait les pieds du Christ, a disparu. A 
l'extrémité des branches, les symboles évangélistîques 
émaillés. Trois lions soutiennent le pied où les quatre 
Évangélistes figurent dans leur forme humaine, xin' siècle. 
— pYxiDE. Couvercle conique sommé d'une croix, xiu* 
siècle. 

Collection de M. Arthur Slaes. Reliquaire. Deux anges, 
posés sur une terrasse ém:iiHée, soutiennent un cylindre 
horizontal en cristal de roche. Travail limousin (?) xiii* 
siècle. 

Collection de-M. Marynen. Chasse. Haut. O-ISS""", long. 
0"15'. Émaux restaurés, pierreries modernes, xiii* siècle. 
Collection de M. Hoityel. Chasse. Forme d'èdicule à double 
pignon. Les faces sont couvertes de plaques en émail 
chimplevé à sujets religieux. Le fond est garni d'une 
lame de cuivre gravé, ornée d'un rtnge inscrit dans un 
cercle, et do siiints abrités sous une arcatui-e en plein- 
cintre, xni* siècle. — Je mentionne cette pièce sous béoé- 



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— 67 — 

ftce d'inventaire. Mes souvenirs à son égard sont très 
confus, et le document auquel j'ai recoure ne me ren- 
seigne ni" sur la date, ni sur les dimensions de l'objet. 
Le fond des châsses limousines est ordinairement nu, 
sans revêtement métallique; le trésor de la cathédrale de 
Tournai possède un petit coITret-reliquaire en os sculpté, 
dont le fond présente une lame de cuivre à dessins gravés, 
or sur vernis brun, certificat d'origine allemande. La 
chiase de la collection Houyet est-elle de fabricttion 
rhénane? Est-elle limousine et victime d'un trucage? Aux 
intéressés à répondre. 

Collection de M. Armand Van Zuylen. Crosse épi?copalb 
en cuivre doré, rehaussé d'émaux champlevés. Le centre 
de la volute comporte une plaque ovale, fondue et ciselée, 
offrant sur les deux faces l'image en haut-relief de la 
Sainte Vierge et de l'Enf int-Jésus, xiii' siècle. — Pyxidbs ; 
il y en a deux, xiii" siècle. 

Collection de M. Isidore Leseart. Chasse. Elle «st ornée 
de six médaillons à champ bleu encadrant des figures 
de saints épargnées. Long, (fii', haut. 0"18'. xni' siècle. 
— Cha&sb. Émail champlevé ; crête ajourée. Sur la face, 
des catiochons en cristal de roche, plus une ouverture 
circulaire ménagée pour laisser voir les reliques. Long, et 
haut, 0"i5*. xiii" siècle, — PvxmB kuchahistiqub, C(Tu- 
vercle conique. Bustes d'aOges réservés sur fond bleu, 
xin* siècle. 

Collection de M"" la baronne de Wolf. Crucifix. Le Christ 
repose sur un champ bleu-lapis semé de rosettes, xrii" siè- 
cle. — Ptxidbs. Elles sont au nombre de trois, xiir siècle. 

Collection de M. le comte G. de Nédonehel. Fiaurines, Le 
Christ en croix, la Sainte Vierge et saint Jean. Haut. 
0"20', XII" siècle. Nous avons ici au complet le sujet dont 
l'église de Montlevon et M, f. Frésart possèdent des per- 
sonnages isolés. 

[Catalogue officiel de l'Exposition rétrospective de Brtixellet 
en i880. Noies personnelles de l'auteur.] 



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SSUISE 

Bibliothèque de Saint-Gall. Plaqub de reliubA. Formai 
iii-folîo. Au centre, encadré d'une gloire elliptique, le 
Christ debout, couronné, un livre fermé dana la main 
gauche, bénissant de la droite à la manière latine. Le 
Sauveur est en relief; sa robe, verte et jaune, a des 
galons blanc et bleu moucheté- de rouge. La gloire est 
de couleur bleue, s",méc de croisettes d'or en réserve. 
Aux angles, les altriliuls des quatre Évangélistes, émaillés 
sur champ maté; l'aigle symbolique de saint Jean est 
rose. Bordure à biseau, comportant des feuilles d'eau, 
bleu-lapis, bleu-clair et blanc ; huit médaillons circulaires 
à quatre feuilles sur fond hleu-Iapis; animaux vert ou bleu 
moucheté de rouge. Môme tonalité que les panneaux du 
Musée de Gluny attribués à Grandmont. Les éléments 
polychromes émergent d'un excipient de cuivre étampé, 
rehaussé de cabochons. Fin du xii* siècle ou commence- 
ment du xiii'. — Relichk. Format in-folio. Plat supérieur : 
la Crucifixion. Christ en relief; sommet de la croix accosté 
de deux anges à mi-corps tenant un livre fermé; la Sainte 
Vierge et saint Jean occupent leurs places ordinaires. 
Figures épargnées sur champ bleu; télés saillantes. Plat 
inférieur : MajeHas Domini. Le Christ assis, ceint du 
nimbe, bénit à la manière grecque; il est en relief; les 
attributs des quati-e Évangélistes cantonnent la gloire. 
Bordure semée de rosaces émaillées; aux angles, des mé- 
daillons inscrivant un ange à mi-coi'ps, porteur d'un dis- 
que cmcifère. Pièce fabriquée pour le courant de vente. 
xiir siècle. (Molinier.) 

ITALIE 

Èijtise de Sfiinl-SéOastienf à Bietla (Piémont). Disques 
ÉMAiLLiiS, Débris d'un coffret, aujourd'hui encastrés dans 
les dossicra dos stalles du chœur, xiii* siècle. 

Cathédrale de Yerceil ^Piémont). Disques émaillés. Ils 
proviennent d'une cassette où, antérieurement à 1670. 



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étaient conservés les restes mortels du bienheureux Amé- 
dée IX, duc de Savoie (^ 1472). Go meuble, qui reposait 
dans la chapelle dédiée au saint personnage, fut reiiiplacé 
par une urne d'argent; ou le mit alors au rebut, et les 
disques, devenus la proie d'un chaudronnier, subirent les 
outrages du feu et du marteau. Plusieurs, tant armoriés 
que figurés, ont néanmoins échappé à la destruction, mais 
en fort mauvais étatr Les premiers offrent le blason, très 
reconnaissable malgré une disposition fantaisiste, d'Al- 
foDse de Poitiers, frère de saint Louis [^ 1371 dans l'Italie 
septentrionale] : parti au i semé de France, au 2 de gueules 
à 4 châteaux de CastUle l'un iw l'autre L'écu est ceint de 
trois dragons en jarretière, genre de support héraldique 
que la cassette d'Aix-la-Chapelle et un gémellion du tré- 
sor de Conques offrent également, xtii" siècle. 

Église de Saint-'Andri, à Vereeil. Cassbttk, Lors des tra- 
vaux entrepris en 1823 pour rendre au culte l'ancienne 
collégiale de Saint-André, on découvrit, scellée à l'inté- 
rieur d'un mur, une cassette renfermant les os du célèbre 
cardinal Guala Bicheri, ué à Vereeil, mort dans cette 
ville en mal 1227. Le meuble, outre les os. contenait un 
authentique sur parchemin, spécifiant que l'emmurement 
avait eu lieu au xv* siècle, par les soins de l'abbé Malleto, 
supérieur deg chanoines réguliers de Latran qui occu- 
paient le monastère. Ce meuble, en bois de peuplier, 
coloré en rouge grenat foncé, mesure : long. 0''82', larg. 
0''40*, haut. O^SSS". Il est orné de disques métalliques, 
les uns ciselés et ajourés, les autres émaîllés d'armoiries 
ou de figures réservées sur champ bleu ; une jarretière de 
clous dorés à lôte ronde cercle chaque disque. Des équerres 
et des pentures, élégamment découpées et burinées, com- 
plètent un décor qui offre la plus étroite ressemblance 
avec celui de la cassette d'Aix-la-Chapelle. Au moment de 
la découveite, notre objet avait beaucoup souffert; le dos • 
était entièrement nu; les disques du couvercle man- 
quaient, sans être -toutefois perdus, car on les a retrouvés 
ailleurs, et il serait facile de les replacer dans leur ancien 



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-70- 

cadre de clous. L'entrée de serrure, circulaire et saillante, 
comporte deux moraillons fixés au couvercle par trois lan- 
guettes de métal doré et lisse; à la languette médiane 
est allacliée une plaque rectangulaire (O^SQ"" sur 0"033) 
chargée d'un écusson d'asur au lion d'or. La forme de ce 
lion à queue renflée accusant peut-être le xiV siècle, je 
soupçonne qu'un remaniement général aurait été opéré 
vers la susdite époque : la vieille caisse revêtue de peau, 
remplacée par une nouvelle en bois tendre; les écussons 
du dos supprimés; les languettes lisses et le petit lion 
substitués aux attaches primitives des moraillons ; de gros- 
sières poignées en fer annexées aux flancs. On connaît 
quatre coffrets limousins intacts : à Conques, au Louvre, 
à Longpont, à Aix-la-Chapelle; tous ont leurs cinq faces 
ornées de disques; pourquoi une exception à Verceil? Je 
ne me charge pas de spécifier le blason rajouté; est-il 
italien ou français? Rappelons seulement que l'azur au 
lion d'or appartint aux vicomtes de Limoges jusqu'en 
1275. Parmi les émaux consei-vês, on doit mentionner les 
armoiries d'Alfonse de Poitiers (diam. O'"09S'""'); une scène 
erotique {0'°085'™) ; une reine assise sur un trône et tenant 
un sceptre fleurdelysé ; un personnage couronné, debout, 
un chien (?) sous les pieds, une lance à pennon Iriûde 
dans la main droite, dans la gauche un bouclier, pennon 
et bouclier chargés d'une croix (diam. des deux, O'-OS'). 
XIII* siècle. 

Beaucoup des disques émaillés provenant des cassettes 
d'Amédée IX et de Guala Bicheri sont passés en diverses 
mains : un au Museo civico de Turin; un chez le chevalier 
G. Bertini, à Milan; trente-trois chez M. Kd. Mella, à 
Vêrceil. On remarquera encore que l'église de Saint- 
Sébastien, à Biella, était jadis, comme Saint-Andié de 
Verceil, la propriété des chanoines de Latran ; cette re- 
marque, jointe aux rapports ornementaux, à l'identité de 
symboles héraldiques, constants entre nos cassettes pié- 
montaises, autoriserait à penser que lès trois meubles ont 
appartenu au même personnage, et qu'ils furent intro- 



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^ioogle 



— 73 — 

duits dans le nord de l'Italie, simultanément, à la suite 
des mêmes circonstances. La découverte de l'inventaire, 
dresse sans doute après le décès d'Alfonse de Poitiers, 
éclaircirait peut-être la question ; malheureusement, les 
historiens ne s'accordent pas sur le lieu où le frère de 
saint Louis termina sa carrière. Les uns le font mourir 
à Savone, près Gênes; les autres, au ch&teau de Corneto, 
non loin de Sienne. (Ëdoardo Mella, La cassa gïà di depo- 
ailo délie o$m del cardinale Gtiala Bicheri, ap. Alti delta 
Soeieta d'archeologia e belle arti per la prooineia di Torino, 
t. IV, 1883. L. Guibert, Notes héraldiques ms.) 

Muiie ehrélien du Vatican, à Rome. — Chasse. Type ordi- 
naire. Face : auge, les Saintes femmes au Sépulcre ; toit, 
la Fuite en Egypte. Flancs, deux saints. Revers, un tapis 
de quatrefeuilles. Figures sur champ bleu semé de rosaces ; 
polychromie; têtes en relieL Haut, et long. O'iSB"'"; larg, 
0"08*. XIII* siècle. L'épisode de la Fuite en Egypte est 
ainsi représenté. En avant, saint Joseph nimbé, imberbe : 
d'une main, il tient son bagage roulé autour d'une longue 
perche; de l'autie, la bride de l'âne. Suit la Sainte Vierge 
portant le Divin Enfant, et assise sur son coursier à 
longues oreilles. Derrière, un palmier; puis un person- 
nage nimbé et imberbe, qui se retourne vers les émi- 
grants et semble, par signes, leur souhaiter bon voyage 
ou leur indiquer la route. Une châsse limousine du xiii' 
siècle, au Musée de Gluny, représente le même sujet d'une 
façon très différente. Saint Joseph, barbu et nimbé, foHe 
la canne des Compagnons du Devoir; grosse pomme sphé- 
roïdale, touffe de rubans vers la pointe. L'Enfant- Jésus 
est monté à califourchon sur les épaules d'un homme de 
haute taille, lance en main et l'épée au côté. La Vierge, 
à pied, ferme la marche. La scène est épargnée sur champ 
bleu, rehauBsê de disques polychromes et coupé transver- 
salement par un large bandeau turquoise. Je laisse à d'autres 
le soin d'établir la personnalité du géant; est-ce le futur 
bon larron? Mais l'insigne des Compagnons charpentiers 
donné, au xiii* siècle, pour attribut à saint Joseph, me 



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— 74- 
semble digne de remarque ; cette circonstance prouve l'an- 




Hhï-lhiHH; +\4-i^: HKT 



Panneau de châsse; Gluny. 
(Extrait du Manuel de l'art chrétien. ) 

tiquité d'une association qui resta toujours mystérieuse. 
Une miDiature anglo-normande du xu' siècle représente 
aussi la Fuite en Egypte; le Père nourricier du Sauveur 
est chargé d'une espèce de doloire fort curieuse (Thomas 
Wright, The homes of other days. p. 129, fig. 4, 1871). Les 
très anciens spécimens en bronze et en fer d'un pareil 
outil ont été publiés récemment dans les Bulletins de la 
Société des Antiquaires de France. — Chasse. Type ordi- 
naire. Face : saint Etienne conduit hors de la ville; lapi- 
dation du protomartyr. Revers : tapis de quatrefeuilles. 
Flancs, saint Pierre et saint Jean. Haut, et long. O^HS"""; 
larg. 0"K)87""'. xiii' siècle. — Chasse. — Forme ordinaire. 
Toit : le Christ juge, assis sur l'arc-en-ciel dans une 
vesica piscis cantonnée des quatre symboles évangélis- 
tiques; Apôtres. Auge : le Divin Crucifié entre la Sainte- 
Vierge et saint Jean. Flancs : deux bienheureux. Revers : 
Quatrefeuilles inscrits dans des cercles. Figures épar- 



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— 75 — 

gnées; champ bleu. Haut. O'-IS'; loDg.0"21'; larg. O^OSS"". 
sni* siècle. — Chassb. Type consacré. Toit : trois mé- 
daiUons avec des bustes d'anges tenant des livres. Auge : 
Christ assis entre deux membres de la cour céleste. 
Flancs : saints debout. Rései-ve; têtes en relief; crête 
ajourée de trèfles; pieds carrés. Haut. 0"10'; long. 0"I2"; 
larg. 0"05». xiii* siècle. — Panneau. Résurrection de La- 
zare. Polychromie sur fond d'or à rinceaux gravés, xiii* 
siècle. — Pannead. La Gnicî&xion. Au sommet de la 
croix, deux anges; au pied, la Vierge et le Disciple bien- 
aimé. Main divine; titulus épigraphe, IHS XPS; tâtes en 
relief. XIII* siècle. — Panneau. Majeslas Domini cantonnée 
des quatre symboles évangélistiques dans l'ordre suivant : 
homme ailé, aigle, lion, bœuf, xiii* siècle. Panneau. 
Même sujet que le précédent. Têtes en relief, xni* siècle. 

— Panneaux. 1" Les Rois Mages, guidés par l'étoile, 
s'acheminent vers Bethléem. 2" Entrevue des Mages et 
d'Hérode assis sur son trône. 3" Hérode ordonne le mas- 
sacre des Innocents. 4° Un ange avertit saint Joseph de 
fuir en Egypte, Champ semé de rinceaux, xni" siècle. 

— Panneau. Forme barlongue. Sept figures et blasons 
ainsi disposés en prenant par la droite : léopards d'An- 
gleterre; saint Pierre; la Sainte- Vierge ; Crucifix entre 
deux arbres tordus de même hauteur que la croix ; 
saint Jean; saint Paul; semé de France. Épargne; émaux 
dégradés en majeure partie. Haut. O'"055'"" et COSl""; 
long. 0'"177"'°. xiT» siècle. — Figure de Saint. Métal fondu 
et ciselé; relief polychrome; champ bleu semé de disques 
émaillés blanc et bleu, xiii* siècle. — Figurines. Relief 
polychrome ; débris de châsses, im* siècle. — Majestas 
DouiNi. Relief fixé sur une plaque moderne en cuivre. 
Cette figure est assise de face; tête couronnée, légère- 
ment tournée adroite. Manteau émaillé de bleu-clair; des 
cabochons ornent le pectoral et l'orfroi du col de la robe. 
Haut. 0"'40«. XIII* siècle. — Figures. Elles sont appliquées 
sur des fonds modernes; debout; relief émaillé : 1" saint 
Pierre, haut. 0-2I5-"; 2° saint Paul, haut. O'-n-, 3* Apô- 



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— 76 — 

tre, haut. O^SS"; 4° saint revêtu d'une chasuble, haut. 
0"'23v xiii' siècle. Ces quatre personnages et le Christ 
ont vraisemblablement appartenu à une même châsse de 
grandes dimensions. — Plaques. J'en ajoute cinq nou- 
velles aux deux qui ont été signalées dans mes premières 
lettres. Ces pièces offrent toutes la Majestas Domini avec 
quelques variantes : polychromie, iiii' siècle. — Plaque. 
Décor de rinceaux, un* siècle, — Plaque. Ange tenant un 
livre. XIII' siècle. — Médaillon. Il est circulaire ; champ 
émaillé à rinceaux. Sujet : un homme, le fouet en main, 
dresse un singe coiffé d'un capuchon, un' siècle; débris 
probable d'un coffret. — Plaque. Métal repoussé, émaillé, 
découpé en quatrefeuilles. Christ sur la croix, accosté de 
là Sainte Vierge et de saint Jean, xiv' siècle. — Plaque. 
Même forme que la précédente. Résurrection de N.-S. 
XIV* siècle. Plaque. Quatrefeuilles inscrit dans une losange. 
Agneau de Dieu tenant une bannière. Émail bleu, xiv* 
siècle. — Crosse. Volute frettée garnie de crochets; elle 
embrasse une Annonciation. Sur le nœud, quatre saints; 
trois dragons en relief prolongent la douille. Émail bleu, 
xiii* siècle. — Crosse. La volute, imbriquée et rehaussée 
de crochets, figure un serpent dont l'archange saint Michel 
transperce la tête de son épée. Émail bleu, xiii" siècle. — 
Chandeliers. Haut. 0'"(65"'", Ils sont appariés; sur leur 
pied triangulaire on voit l'image en buste du Sauveur 
bénissant et tenant un livre. Restes d'émail bleu, xiii' 
siècle. — PïiiDES. Boites rondes à couvercle conique; 
genre d'ustensiles ainsi désignés dans un ancien inven- 
taire : Dux pixides de opère lemavkino in quo koslùe eon- 
tervantur (Du Gange, Gloss., Linogia). Le musée en pos- 
sède deux : l'une au monogramme I H S, l'autre décorée 
de rinceaux, xiii' siècle. — Géuellion. Ce vase, assuré» 
ment liturgique, est orné d'anges dans un champ bleu 
égayé de rinceaux. Diamètre 0"225""'; profondeur 0°^25'°". 
xiii* siècle. — Crucifix. Christ en ronde-bosse. Couronne 
fleuronnée; yeux d'émail; penzonium incrusté de bleu. 
La croix, dont le champ est également bleu, offre une 



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— T7 — 

branche supérieure prolongôe outre mesure. Au sommet, 
la Main divine et le tUulus IHS XPS eu deux lignes. 
A la croisée, un léger renfiement circulaire. Semis de 
disques et de losanges polychromes. Au pied, Adam sort 
de terre, les bras levés pour rendre grâces au Rédemp- 
teur; cette figure, épargnée, surmonte un fleuron poly- 
chrome. Bordure métallique perlée, ini* siècle. [Annotes 
archéologiques, t. XXVII, pi. II, p. 12.) — Choix. Plaque 
de revers d'un Crucifix. Extrémités potencées; décor ré- 
servé sur champ bleu-lapis. Au centre, le Christ imberbe, 
à mi-corps, issant d'un nuage : les deux mains sont levées 
en l'air; la droite bénil, la gauche tient un livre. Aux 
extrémités, les quatre symboles évangélistiques ainsi dis- 
posés : haut, l'aigle; bras, le lion et le bœuf; pied, 
l'homme ailé. Des enroulements fleuronnés de la plus 
remarquable élégance s'échappent du centre pour aller 
mourir contre les symboles, xiv* siècle. — Christ. Ces 
figures veuves de leurs croix sont nombreuses au Vatican ; 
j'en relève cinq dont le perisonium offre un émail bleu 
ou blanc. XIII* siècle. 

Je donne, sous bénéfice d'inventaire, les deux 
articles suivants, auxquels j'aurais pu adjoindre 
plusieurs autres pièces, dont l'origine m'a néan- 
moins semblé trop douteuse pour les mentionner 
ici. M. le Commandeur Descemet, qui a examiné 
ces articles, incline vers une provenance française 
(limousine); leur travail, m'écrit-il, est passable- 
ment grossier. 

Croix stationnalb. Cuivre doré, repoussé et émaillé. 
Face : Crucifix dont les pieds superposés sont cloués dans 
leur largeur, et non, comme de coutume, dans leur épais- 
seur; les quatre Évangélistes ; la Sainte Vierge et saint 
Jean; Adam. Revers : Majeslas Domini au centre; aux 
extrémités, l'Aigle, le Bœuf, le Lion, l'Homme ailé, xiv' 
siècle. — Croix stationnalb. Face : Crucifix abaissé sous 



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- 78- 

UD ange tenant dans chaque main une lampe allumée, 
image symbolique du soleil et de la lune; la Vierge 
et le Disciple bien-aimé; Adam. Revers : le Sauveur 
assis bénissant et tenant un livre posé sur son genou; 
au sommet, l'Aigle; au croisillon droit, le Bœuf et un 
saint; au croisillon gauche, le Lion et un saint; au bas, 
l'Homme ailé et un évoque. Les figures emblématiques 
sont nimbées; elles ont pour attribut un codex ou un 
votumen. Cuivre repoussé et émaillé. xiV siècle avancé. 
(Descemet. Barbier de Montault, La Bibliothiqtie Vaticatie, 
p. 78 à 83, 92 à 95; Rome, 1867. .Comte Grimouard de 
Saint-Laurent, Manuel et Guide de l'Art chrétien.) 

La part qui revient ici à M. Descemet sera faci- 
lement déterminée. 

Musée de Naples. Crosse. Saint Michel terrassant le dra- 
gon, xin' siècle. Pyjeidb. Cylindre à couvercle conique; 
disques et rinceaux; modèle ordinaire, xui' siècle. (Mo- 

linier.) 

LA TOMBE ÉHAILLÉB DE l'ÉVÊQUE EULGER, DANS 

LA CATHÉDRALE d'aNGERS, ET LA PLAQUE 

DE GEOFFROY PLANTAGENET, 

AU MANS 

J'avais écrit précédemment : a L'influence des 
artistes lotharingiens, appelés par Suger pour exé- 
cuter le pied de croix dont il fit présent à l'abbaye 
de Saint-Denys, ne se manifesterait- elle pas sur la 
bordure de la plaque d'Eulger? » Une découverte, 
publiée en 1877, mais qui ne m'a été révélée qu'en 
novembre 1883, prouve que si cette influence n'est 
pas entièrement nulle, elle fut du moins très se- 
condaire. 

J'ai vu de mes propres yeux et j'ai tenu en 



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mains les monuments dont il va être parlé; les 
décrire me serait donc facile : je préfère néan- 
moins reproduire ce qu'en a dit .M. Louis de Farcy 
dans son bel ouvrage, malheureusement trop peu 
répandu, Recueil d'objets d'art religieux, 3"" 
année, 2"' livraison. Orfèvrerie, trois planches. 
On me saura gré de la substitution ; M. de Farcy 
est un érudit sérieux; il n'avance rien qu'à coup 
sûr : dés qu'il ignore, il se tait. Vous me remer- 
cierez, mon cher ami, de vous avoir mis en rap- 
ports intellectuels avec un homme d'aussi haute 
valeur scientifique. 

a Ëulger, élu en 1125. mort en 1149, fut le premier 
évêque d'Angers inhumé dans la cathédrale. Ses dé- 
pouilles morlelles furent enfermées dans un cercueil de 
pierre, posé sous une arcade ouverte dans le mur de 



tlTITl 


r*^ 


IfïlîTTl 


rrrrrri 


rrrriT! 



Cénotapbe d'Eulger, face. 
(D'après M. L. de Farcy.) 

l'église, de telle sorte qu'une paroi se voyait du côté de 
la nef et l'autre du côté du cloître. Devant ce cercueil, 



ibyGoeigle 



— 80 — 

un soubassement de maçonnerie, de trois à quatre pieds 
de hauteur, portait un mausolée en bois, figurant une 
châsse à un seul veraant, revêtue entièrement de cuivres 
étampés et dorés, enrichie de personnages, de rinceaux 
et d'inscriptions, or sur vernis brun, genre décoratif 
observé à Maestricht, Visé, Ais-la-Chapelle, Cologne, 
Troyes, [La châsse de Nesle-Ia-Reposte, au trésor de la 
cathédrale de Troyes, est aussi allemande que possible. 
Gausseu, Portefeuille Archéologique de la Champagne, Orfè- 
vRERtE, pi. VIII. J'en dirai autant de la châsse de saint 
Firmin, au trésor de la cathédrale d'Amiens, monument 
dont un habile praticien d'Arras, M. Fr. Normand, vient 
de m'adresser les photographies in-folio. Celle châsse, 
ornée d'inscriptions et d'enroulements vernissés, accuse 
une fabrication rhénane ou mosane, tant par sa forme 
que par ses émaux champlevés. G. L.) Lea descriptions 
du monument d'Eulger et les fragments, peu nombreux 
malheureusement, retrouvés en 1871, pourront donner 
une juste idée de sa magnificence. 



s 






- 




\ 



CénoUpbe d'Eulger, profil. 
(D'Après H. L, de Farcy.) 



« Le mausolée d'Eulger fut-il, comme celui de ceilaina 
évoques, exécuté de sou vivant ou seulement après sa 



ibyGoo^le 



- 8i — 

mort? Je ne saurais résoudre cette question. Toujours 
est-il que le style de l'ornementation accuse parfaitement 
le milieu du xii' siècle. 

■ Chaque année, en reconnaissance des bienfaits dont 
Eulger les avait comblés, les chanoines chantaient, pour 
son anniversaire, les vigiles et un obit solennel près de 
son tombeau. En 1487, le chapitre décida de faire ouvrir 
le cercueil pour voir s'il ne contenait pas d'écrits impor- 
tants; j'ignore si cette délibération fut exécutée. Dès le 
commencement du zvn* siècle, le monument d'Eulger 
était fort endommagé; les Huguenots, en 1563, et des 
curieux avaient peu à peu enlevé les cuivres. Un dessin 
de 1633 environ (Bibl. d'Angers, ms. 871, p. 4) nous le 
montre presque entièrement dépouillé des statuettes des 
arcatures. Quelques années avant la Révolution, le tom- 
beau fut ouvert; voici le récit authentique de ce fait 
intéressant. » 

» Le 20 septembre 1757, un chanoine ayant fait ôter 
» ce cercueil de bois revêtu de cuivre doré, on découvrit 
B une tombe placée dans le mur à la hauteur d'environ 
1 quatre pieds. II y fit faire une ouverture, à la faveur 

> de laquelle on put voir en dedans le corps de ce grand 
» évoque. On le trouva couvert de ses ornements ponti- 
» âcaux. Ses souliers étaient carrés par les extrémités, et 
n sans talons; le dessus était découpé à la façon des 
B anciens {calcei fenestrati). Son suaire s'était conservé 
s encore entier et presque dans sa première blancheur. 
- Comme je n'ai vu aucun des restes de sa soutane, 
1 j'ignore s'il en avait une. Son rochet était d'une toile 

• assez âne; sa chasuble, d'une étoffe de soie à fleurs 

> rouges sur fond violet. Sa crosse de bois était dans 

> toute sa longueur. La populace, informée de cette dé- 

> couverte et poussée par une curiosité funeste, accourut 

• en foule à ce tombeau. On l'ouvrit par l'endroit qu'on 
» avait inutilement refermé dès le matin (une cassure à 
» l'extrémité du couvercle, côté des pieds). Chacun s'em- 
pressa d'enlever quelques parties des vêtements qui 

X. vu. i-tf 



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_ 82 — 

n couvraient les restes de ce grand évêque. Rien n'eut 
» échappé à ce pillage si on ne se fût empressé de cacher 
u ce précieux dépôt à ses regards. On y réussit en cou- 
B vrant cette pierre du cercueil ou petit mausolée de bois 
» qui y est aujourd'hui. On lit sur ce mausolée, orné 
n autrefois des figures des Apôtres en bronze doré, celte 
» épitaphe, différente de celle qui est autour de sa figure. 

ijf Hic iacbt Evlgbbits qvi prbsvl nouine qtidqtid 

DtBA POTBST sors DABE SVSTINVIT. 

GaTDU NVLLA DIBS DEDIT ILLt, NEC LOCA PACBU, 

SOLAUBNQTB TVLIT NVLLTS AUICT8 El, 

POBT RES ABLATAS, PROPRIA DE SEDB FTGrATTB, 

HOSPES BRAT MVNDI, CERTA STATIONE CARBBAT. 

(Bibl. d'Angers, ms. 628, p. 142). » 

1 Le même chanoine s'appropria sans doute la repré- 
sentation émaillée d'Eulger, qui occupait le centre du 
monument et qui en était la pièce capitale; elle dis- 
parut en 1757. 

B Le chapitre ayant, en 1783, confié à l'italea Borani 
le soin de badigeonner la calhcdrale, fit murer l'arcade 
qui abritait le cénotaphe d'Eulger, pour rendre les murs 
unis et propres à recevoir l'enduit. La partie saillante de 
la base" de la châsse fut brisée à coups de hache; on 
éleva contre elle un mur très mince qui, la dérobant à 
la vue, la sauva d'une ruine complète pendant la Révo- 
lution. 

« En 1871, l'architecte diocésain fll démolir ce mur; 
on i-etrouva la châsse souillée de chau.x, gravement mu- 
tilée, mais n'ayant pas encore perdu toutes ses décora- 
tions de cuivre cloué sur le bois. Voilà les restes pré- 
cieux que j'ai fidèlement calqués sur le monument 
lui-même, aujourd'hui déposé au musée épiscopal. 

I) Ce monument consisie en planches de chêne de 
O^OS* d'épaisseur, assemblées avec dos chevilles et dans 
lesquelles on a élégi lus chanfreins et lus areatui-es; 
seuls, les pilastres ont élê rapportés. Long. l'°98°, épais- 



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que. Ries n'est 
tressé de cacher 
■cussi'i es coa- 
lusoJée de bois 
■ausoiee, oraé 
-.( duré, celte 
desafiguK- 



ir. 

repré- 
're du 
; dis- 

■ade 




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Motifs du cénotaphe d'Eulger. 
(D'après M. L. de Parcy.) 



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„Googlc 



— 87 — 

seur 0"39'; haut, du coffre 0"77", compris un soubasse- 
ment de 0"iO*; la pente du toit mesure O^ôô». 

» La base comprend un large chanfrein de O^OÔ', et 
un boudin sur lequel restent encore quelques débris 
étampés, rinceaux courants dont l'éclat métallique alterne 
avec des bandeaux bruns. 

■ Le parement du coffre est encadré par une baguette 
unie, large de 0"08«, jadis couverte de lames étampées et 
dorées, sur lesquelles était tracée, au moyen d'un &n 
perlé en relief, une série de quatrefeuilles, dont l'inté- 
rieur était sans doute égayé d'enroulements végétaux ; il 
n'en reste presque plus rien. Un étroit chanfrein, fond 
brun, rehaussé d'étoiles d'or à six rais, sert de transition 
entre l'encadrement et vingt-quatre arcades, dont les ar- 
chivoltes portent chacune, en lettres d'or sur vernis brun, 
le nom d'un dignitaire ou d'un chanoine, contemporains 
d'Eulger. Ces arcades, en double rangée de six, douze de 
chaque côté, flanquent la place où trônait jadis l'efBgie 
émaillée du prélat, place qui mesure, en hauteur 0"'48', 
en largeur 0"30". Plusieurs archivoltes ont conservé leurs 
inscriptions; & savoir : Paoanvs : Enoeia; GAVFnm' Bbivl' 
^ Valet' iiagibt. scol'; iî< Noruand' ARCHmo'; Rvahv....; 
Gavtriov' Pota; Radvlp' archido'; Hvgo de Sablencia'; 
if* Gvillel' Pota; ^ Gtido de Prescenia. 

B Les tympans ménagés entre les arcs sont garnis de 
plaques étampées dont le motif est toujours le niême 
(une petite rose abaissée sous un élégant bouquet de 
feuUlea). Il en est ainsi des bases et des chapiteaux des 
pilastres de séparation : une bande étampée, repliée à 
angles droits garnis de .'., en fait tous les frais. Au 
contraire, une assez grande variété distingue les pilas- 
tres; on y volt des enroulements, des pahnettes et des 
fusées. 

n Les figures des chanoines, en cuivre repoussé dans la 
plaque même, qui occupaient l'iutériour de éhaque arcade, 
ont disparu jusqu'à la dernière; c'est une perte irrépa- 
rable. Au-dessus des rangs d'arcatures, courait en grandes 



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lettres d'or sur fond brun, l'épitaphe métrique repioduite 
plus haut; il n'en reste qu'un éeul fragment. Douze 
pierres en losange, d'assez faibles dimenaions, étaient 
grossiërement serties et axées par des clous dont la 
trace persiste sur l'encadrenient de l'émail central. 

> Un dessin de Gaignières, reproduit dans mes Notices 
tur ta tombeaux des ivtques d'Angers, pi. II, et dans le 
DûAionnaire du mobilier français de Viollet-le-Duc, t. II, 
pi. XLVI, donne une idée à peu près exacte de ce ma- 
gnifique émail, qui pouvait rivaliser avec celui de Geof- 
froy Plantagenet, au musée du Mans. 




Tète d'Euiger- 
(Interprétation du Deaain de Gaignières.) 

n Le versant du toit, disposé absolument comme la face 
du coffre, montrait au centre la Majestas Domini inscrite 
dans une vetica piseis, ayant douze losanges sur le cadre 
et cantonnée des quatre symboles évangélistiquea ; à droite 
et à gauche, les douze Apôtres, et probablement aussi 
douze Prophètes, remplissaient les arcatures. L'artiste 
avait sans doute voulu établir un parallèle entre le Christ 
au milieu de la cour céleste et i'évèque entouré de son 
clergé. 



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> Chaque face latérale se compose d'une partie trian- 
gulaire et de deux panneaux cintrés, séparés par un ban- 
deau étampé ayant pour motif une série de nœuds h cro- 
chets. D'autree bandeaux, or et brun, sur lesquels on 
remarque des dessine analc^es à certaines bordures de 
vitraux ou de carrelages émaiUés, prolongent les côtés. 
Des plaques repoussées, dont il ne reste absolument rien, 
devaient remplir les baies cintrées et les triangles. 

» Enfin, à l'arête du toit, se trouvent encore les ves- 
tiges d'un boudin d'amortissement. Était-il sommé d'une 
crête ajourée et de pommes d'orfèvrerie? J'en doute fort, 
car on n'aperçoit aucune trace de clous ni de ferrures 
propres à maintenir ce genre de décorations. ■ 

Un précédent mémoire de M. de Farcy, Notices 
archéologiques sur les tombeatuc des évêques 
d'Angers, p. 15, me fournit d'autres documents. 

Bnineau de Tartifume, en 1623, décrit ainsi le 
cénotaphe d'Eulger : 

« En ceste deuxième arcade est la tombe de Eulgerius, 
» jointe à la muraille du costé dextre en entrant en l'église 
» de S.-Maurice d'Angers, près de la porte du cloistre, 
B en laquelle tombe se voient 48 places, sans deux prin- 
» cipales qui tiennent le milieu, es quelles places il y a 

> eu autant de médailles de cuyvre doré et esmaillé 
a comme il se peut reconnaître en ce qui est de reste... <• 

(Bibliothèque d'Angers, ms. 871, p. 4.) 

On lit dans le ms. 627, fol. 19 V du même 
dépôt : 
« Sa figure est émaiUée sur du cuivre avec une mitre 

> eu forme de bonnet carré. > [Cfa-onologie des iviques 
d'Angers.) 

Lebrun-Desmarettes se montre beaucoup plus 
explicite : 
« Vis-Jt-vis, au côté droit, il y a un cercueil de bois 



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— 90 — 

» avec des ornements et des plaques dessus, enchâssé en 
a partie dans la muraille, élevé au-dessug de terre eu- 
» viron de trois pieds, dans lequel fut mis l'évêque Kulger 

■ représenté dessus en mignature, avec une mitre tournée 
» de côté et toute cornue, ce gui est particulier à lui 

■ seul. « {Voyages liturgiques par le sieur de Moléon, p. 82, 
Paris, 1718.) 

Voici d'autres témoignages dans le même sens. 

« Épitaphe d'Eulger autour de sa figure d'émail ptau 
> qui parait sur un tombeau de bois couvert de feuilles 

■ de cuivre doré... » [Cérémonial de Le Horeau, t. II, 
p. 148; 1692 à 1717, Bibl. de l'Évèché d'Angers.) 

■ Copie de l'épitapbe d'Eulger, autour de sa figure 

■ A'imail pkUe qui parait sur un tombeau... s (Chapelles 
d'Angers, ms. du xvii* siècle, p. 167, Musée diocésain 
d'Angers.) 

« La représentation d'Eulger était en émail et plate 
peinture... » (Barthélémy Roger, Histoire d'Anjou, ap. Revue 
d'Anjou, 1852, p. 144.) 

Une lettre que M. de Farcy m'adressait à la 
date du 7 novembre 1883, peu de jours après 
mon départ d'Angers, renferme ces détails supplé- 
mentaires : 

1 Un ancien texte de 1630 environ dit aussi que les 
niches abritaient des statuettes ou médailles représentant 
les Apôtres, etc. Ceci semblerait indiquer des pièces 
rapportées sur champs; et pourtant, nulle trace de clous. 
Les statuettes devaient être repoussées dans une feuille 
de cuivre très-mince, occupant la baie entière de l'ar- 
cade; toutes furent malheureusement arrachées. Pour 
moi, je suis persuadé que la plaque de l'évêque était 
seule émaillée; les autres reliefs, simplement métalliques, 
• pouvaient avoir leurs creux remplis de mastic ou de con- 
solidateurs analogues. > 



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Je vous ai communiqué, mon cher ami, les 
divers renseignements empruntés, soit aux livres, 
soit à la correspondance de M. de Farcy. Si j'en 
ai, çà et là, modifié légèrement les termes, le fond 
demeure absolument intact. J'espère que notre ai- 
mable confrère acceptera mes écMts de plume avec 
son indulgence accoutumée, et que les observa- 
tions, à moi toutes personnelles, qui vont suivre, 
seront prises par lui du bon côté. 

On n'oubliera pas que je me livre ici à une 
sorte de plaidoirie en Cour d'assises, gerbe d'ar- 
guments sérieux, discutables, ou même faux à 
l'occasion ; le Ministère public — M. de Farcy 
— avait préalablement fulminé son réquisitoire. 
Conformément à une législation morte d'hier, un 
Président quelconque devra résumer impartiale- 
ment les débats, puis laisser au Jury, c'est-à-dire 
à la science désintéressée, le soin de prononcer 
son verdict. 

L'exécution du cénotaphe d'Eulger doit être pos- 
térieure à l'année 1153. Les motifs qui détermi- 
nèrent ce sentiment m'avaient d'abord paru si 
clairs, que les développer me semblait complète- 
ment inutile; un érudit de l'École des Chartes, 
à qui j'ai soumis le cas, trouve qu'affirmer et 
prouver sont deux : ses justes observations m'obli- 
gent à augmenter d'un paragraphe une notice 
déjà fort longue. 

On a remarqué que des noms conservés, quatre 
sont précédés d'une croix : l'écolâtre ValettLs 
(Valoy?), l'archidiacre Normand, Guillaume Pota, 
Guy de Précigné ou Preasigny; cette caractèris- 



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tique manque aux six autres. Le signe * est fré- 
quemment usité au Moyen âge; il y précède, ou 
il y remplace au besoin, les signatures au bas 
des chartes; on le trace en tète des inscriptions 
votives, des légendes de cloches, des épitaphes, etc., 
mais il peut marquer aussi les décès sur les dip- 
tyques et les nécrologes : In fine canonis missse, 
hsec episcoporum Àrelatenaium nomina legun- 

tv/r quitus crucicula prasmittitur, sancii 

designantur. (Grori, Tkes. vet. diptych., t. H, 
p. 198-199. Mabillon, Vet. analecta.) Les * n'ont 
pas été distribuées ici d'une façon banale ou arbi- 
traire; le champ des archivoltes laissait assez de 
place pour en donner à tous si on l'avait jugé 
convenable. Nos th n'indiquent certes pas des 
saints; distingueraient-elles les dignitaires ou les 
simples chanoines élevés au sacerdoce? Gela est 
inadmissible : Ruamu{nâus) en manque, et il sera 
démontré bientôt que Ruamundus {pour Raumun- 
dv^, genre de faute épigraphique commun au 
Moyen âge), Romond, Raymond, remplissait de 
hautes fonctions qui exigeaient certainement la 
prêtrise chez le membre du clergé appelé à les 
occuper. La * , telle que nos inscriptions la mon- 
trent, ne me semble donc devoir être prise que 
dans l'acception de signe obituaire servant à carac- 
tériser les défunts ; conséquence : les personnages 
dépourvus de ^ existaient encore à l'époque où 
le monument fut parachevé, tandis que ceux qui 
en sont munis avaient alors cessé de vivre. Or 
une iî< accompagne le nom de l'archidiacre Nor- 
mand, très vraisemblablement Normand de Doué, 



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successeur immédiat d'Ëulger au siège épiscopal 
d'Angers, lequel Normand décéda le 27 avril 1153 
{Gallia christiana, t. XIV, col. 569). 

Le premier terme extrême de 1153 étant ainsi 
déterminé, on pourra trouver le second par la 
même méthode. En supposant que le cénotaphe 
ait été érigé aux frais d'un évoque, auquel l'attri- 
buer maintenant après avoir écarté Normand de 
Doué? Est-ce à Matthieu de Loudun, auparavant 
abbé de Saint-Florent de Saumur, 1156-1162; à 
Geoffroy Moschet ou la Mousche, ex-doyen du 
chapitre cathédral de Saint-Maurice, 1163-1177; à 
Raoul de Beaumont, 1177-1197; à l'angevin Guil- 
laume de Chemillé, un instant évoque d'Avran- 
ches, 1197-1202 {Gallia christiana, t. cité, col. 
570' à 572)? J'avais d'abord penché pour Moschet 
qui, plus que tout autre, devait être enclin à 
rendre d'éclatants hommages à la mémoire d'un 
illustre prédécesseur, mais une date que je pro- 
duirai bientôt m'oblige à reporter sur Matthieu de 
Loudun, entre 1156 et 1160, l'honneur d'avoir 
inauguré notre monument. 

Un vandahsme, moins pardonnable assm-ément 
que les excès révolutionnaires, n'a épargné que 
dix noms : Payen Engelé, Geoffroy Béjule, l'éco- 
làtre Valoy (?). l'archidiacre Normand, Romond,..., 
Geoffroy Pota, l'archidiacre Raoul, Hugues de Sem- 
blancay, Guillaume Pota, Guy de Précigné. La 
série des doyens de Saint-Maurice (Gallia chris- 
tiana, t. cité, col. 59'2) fournirait un petit sup- 
plément à la liste des chanoines contemporaius 
d'Eulger : Enjubauld; Hugues; Geoffroy dit Mbe/ut 



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— 94 — 

solem (Boitsoleil), à identifier avec Moachet — les 
mouches bourdonnent au soleil ; — Matthieu, 1 162 ; 
Etienne de Ternac, 1177. Dix et cinq font quinze; 
avec de nouvelles et patientes recherches, M. de 
Farcy finira quelque jour par combler les neuf 
lacunes; il me semble être déjà sur la piste. 

Je pense, comme mon érudit confrère d'Angers, 
que la face du coffre représentait Eulger environné 
de ses dignitaires et de ses chanoines rangés sui- 
vant l'ordre de préséance qui leur était assigné 
dans les stalles du chœur au moment de la mort 
du prélat; que les dignitaires sont désignés par 
le nom de baptême suivi du titre; les simples 
chanoines, par leurs prénoms et surnoms. Toute- 
fois, je persiste à maintenir l'assertion émise plus 
haut : la croix obituaire ne signale pas les mem- 
bres du chapitre défunts en 1149, mais ceuî qui 
avaient cessé de vivre au moment où l'on érigea 
le cénotaphe. L'exactitude du fait sera bientôt dé- 
montrée; une récente communication de M. de 
Farcy {Lettre du 20 août 1884), dont je repro- 
duis les passages saillants, va me donner gain de 
cause. 

« D'après la position des légendes, voici, en 
supposant la tombe intacte, l'ordre qu'occupaient 
les figures dans la rangée des arcades supé- 
rieures. 

» Eulger devait avoir à sa droite : 

» 1° Le doyen, dont le nom n'existe plus {Geof- 
froy Moschet?). 

» 2" Le grand archidia re, Ruamundus (ou Bua- 
mond?) 1145-1160. 



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— 95 — 

» 3' L'archidiacre d'Outre-Maine, Normandus. 

» 4' L'écolâtre Valetus. 

» 5' et 6' Deux chanoines : Gaufridus Bejuiua 
et Paganus Engela. 

» A gauche de l'évéque : 

» r Le trésorier (Gaufridus Pota?). 

-B 2' Le chantre; nom perdu. 

» 3° L'archidiacre d'Outre-Loire, Radulphus 
(Raoul de Beaumont?). 

» 4" 5" et 6' Trois chanoines : Hugo de Sa- 
blenciaeo, Guillelmus Pota, Guido de Prescenia. 

» Le chapitre comprenait huit dignités : Doyen, 
Trésorier, Grand-Archidiacre, Chantre, Archidia- 
cres d'Outre-Maine et d'Outre-Loire, Écolâtre, 
Pénitencier ou Chapelain de l'évoque. Je ne sais 
à quelle date remonte cette dernière dignité; exis- 
tait-elle du temps d'Eulger? Je ne le crois pas, 
attendu que, d'après l'ordre suivi, le Pénitencier 
devrait être Hugues de Semblancay; auquel cas on 
aurait mis Hugo peniten' ou capellan' au lieu 
d'inscrire un nom, soit de famille, soit de pays 
natal. Hugues de Semhlancay survécut longtemps 
à Eulger. On le voit, en 1170, faire exécuter les 
verrières du chœur. 

» J'ai orthographié Btiamond à côté de Rxia- 
TOM(ndus). Il y a en effet un Buamond signalé 
comme grand -archidiacre, de 1145 à 1160, époque 
où ce dignitaire fut remplacé par Geroni(m)us; 
mais on lit cela dans un manuscrit du xvni* siè- 
cle, au musée diocésain, et je doute fort que le 
nom ait été copié exactement. » 

Ainsi donc, nous avons les noms des trois archi- 



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— 96 — 

diacres en fonctions à la date de 1149 : Romond — 
la leçon Buamond est incontestablement fautive, 
— Normand, Raoul. Le second est à coup sûr 
Normand de Doué, qui ex archiacono post Eul- 
gej^i decessum foetus est episcopus {Gallia 
chriatiana, loc. cit.); Normand mourut en 1153, 
et la croix obituaire viendrait affirmer qu'il n'exis- 
tait plus lors de l'érection du cénotaphe. Au con- 
traire, Varchidiaconus major, Romond, reçoit de 
l'inscription un certificat de vie à l'époque susdite, 
et il ne disparait de la scène qu'en 1160. La ques- 
tion me semble maintenant résolue d'une manière 
complète; la date du monument se trouve cir- 
conscrite dans le court laps des quatre années 
écoulées entre 1156, où Matthieu de Loudun prit 
possession du siège épiscopal d'Angers, resté vacant 
de 1153 à 1156 pour des motifs que nous ignorons, 
et 1160 qui marqua, selon une probabilité équi- 
valente à la certitude, le décès de l'archidiacre 
Romond. Néanmoins le terme 1156 pourrait être 
légèrement modifié; nous avons déjà vu qu'en 
reconnaissance des bienfaits dont Eulger les avait 
comblés, les chanoines chantaient, à chaque anni- 
versaire de la mort du prélat, les vigiles et un 
obit solennel auprès de son tombeau. Ce témoi- 
gnage de perpétuelle gratitude porterait à croire 
qu'au chapitre, et non à un évéque, reviendrait 
l'honneur du monument; alors la première limite 
1156 pouvant reculer jusqu'à 1153 ou 1154, nous 
étendrions notre période élastique à six ou sept 
ans au lieu de quatre; la différence est bien 
minime. 



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Ce point déterminé, je partage l'avis de M. de 
Farcy relativement à la technique des plaques en- 
castrées dans les baies des arcatures; comme lui 
j'admets des figures repoussées sur une feuille mé- 
tallique de peu d'épaisseur; pareil travail carac- 
térise la châsse mosane de saint Hadelin, à Visé, 
ouvrage également du xu' siècle, et aussi d'an- 
ciens reliquaires à Moissat-Bas, Conques, etc. 

Le procédé qui consiste à réservei' des dessins 
métalliques sur une lame de cuivre vernie en brun, 
ou réciproquement, est spécial ans écoles de la 
Meuse et du Rhin. Le moine Théophile l'indique 
{Diversarum artiwn schedula, I. III, c. 70); 
mais, sans m'écarter du lu' siècle, je ne trouve 
rien de notablement similaire au système déco- 
ratif du cénotaphe d'Eulger, ni sur la couronne 
de lumière de Frédéric Barberousse, à Aix-la- 
Chapelle (1152-1190), ni même sur la châsse de 
Visé. L'ornementation gravée de la première est 
généralement lourde ; les enroulements or et brun 
manquent un peu d'air (Bock, Der Kronleuckter 
Kaisers Friedrich Barbaros&a; estampages : Mé- 
langes d'archéologie, t. I et III, gravures et 
chromos). Les bandeaux vernis de la seconde — 
j'en possède les photographies — offrent bien un 
entrelacs continu ayant quelques rapports avec les 
palmettes des flancs de la châsse angevine; néan- 
moins il est plus rempli, plus cherché au point 
de vue du style. Maintenant,, si j'aborde les ver- 
nissages du xui* siècle germanique, à Maestricht, 
Cologne, Aix-la-Chapelle, le détail se complique 
encore davantage et contraste avec la sobriété de 



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— 98 — 

notre objectif {Mél. d'archéol., t. I, pi. XXXIII à 
XXXVII). En définitive, les bandeaux vernissés du 
monument d'EuIger — quelques-uns semblent ins- 
pirés par des motifs peints sur les anciens vases 
helléniques — sont de véritables patrons de bro- 
derie, dus probablement au crayon d'un artiste 
français; le même procédé, en Allemagne, ne vise, 
et il est rationnel, qu'aux effets de la ciselure. 
Les effigies canoniales — vingt-quatre, on ignore ce 
qu'il y avait sur les flancs — étaient, on n'en sau- 
rait guère douter, non des images fantaisistes, mais 
des portraits, soit ad vivum, soit d'après des sou- 
venirs exacts. Cette circonstance et leur technique 
permettent de croire qu'elles avaient été fabriquées 
à Angers où habitaient d'habiles orfèvres; natu- 
rellement aussi les vingt-cinq figures du toit, les 
motifs étampès et, pour demeurer logique, les 
vernissages, inscriptions, bordures ou pilastres. 

Les eara-tères alphabétiques peuvent être invo- 
qués en faveur d'un travail angevin; ils sont de 
deux espèces. D'abord le magnifique type carré de 
l'èpitaphe, dont nous n'avons que les mots DARE : 
SVSTINVIT, fin de la seconde ligne; il tient à ia 
fois de l'augustal et du damasîen ; la couronne 
d'Aix-la-Chapelle et la châsse de saint Hadelin 
n'offrent absolument rien d'analogue. L'alphabet 
des archivoltes est un mélange d'oncial et de carré; 
les légendes au vernis des bandeaux de Visé sont 
du même gf^nre, mais avec de notables différences 
dans les D, les G, les H et les M. 

Le style des èpitapbes, bien qu'il ait la couleur 



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— 99 — 

des borda de la Loire, n'entre pas en compte; 
l'écriture s'expédie au loin. 

La forme et l'ordonnance de notre cénotaphe me 
paraissent essentiellement limousines. A ma con- 
naissance, aucune châsse du Rhin ou de la Meuse 
ne présente la Majestas Domini encadrée d'une 
vesica piscis; non pas que Belges et Allemands 
n'aient traité aussi ce thème, mais ils l'ont toujours 
appliqué d'une manière différente. En revanche, 
le décor des feretra ou arculm e écutés à Li- 
moges montre fréquemment le Christ dans une 
auréole elliptique, accompagnée d'arcatures en 
plein-cintre abritant des personnages; telles sont 
les châsses de Saint-Viance, de KIosterneuhourg, 
de Gerresheim, de Siegbourg, etc., etc. Quant à 
la forme, le modèle allemand a un coffre plus 
bas, un angle de toit moins aigu que le type 
limousin; or, un parement surélevé, un rampant 
U"és raide, caractérisent la tombe d'Eulger. 

No'.:9 avons analysé tout ce qui reste de la car- 
casse originale; passons maintenant à l'émail, 
connu par le seul dessin de Gaignières, dessin 
empreint de l'inintelligence du xvni' siècle à 
l'égard "des œuvres médiévales, mais dont on me 
semble avoir trop exagéré la médiocrité. 

Autant qu'on peut en juger, la gamme des 
émaux était très douce. La figure se détachait 
en blanc sur champ bleu ; absence totale de rouge 
parfondu. Une gamme aussi tranquille distinguo 
la plaque de Geoffroy Plantagenet, an Mans, où 
le rouge anime à. peine un motff d'architecture, 
et les médaillons du coffre de sainte Foy, à 



lyGoeigk 



_ 100 - 

Conques, où cette couleur ne se montre pas. La 
tonalité allemande au xu' siècle est bien plus 
énergique. 

La bordure, lacis de triangles aux contours mé- 
talliques largement épargnés, me parait sui ge- 
neris. Néanmoins ces imbrications effilées, les 
unes vert- pâle, les autres nuées de bleu, vert- 
pâle et turquoise, ne sont pas de style germanique; 
le goût français y perce. 

Des six documents écrits reproduits plus haut, 
les deux premiers mentionnent simplement un 
émail quelconque; les derniers spécifient un émail 
plat ou en plate peinture; au troisième, le terme 
mignature^ employé par Lebrun -Desmarettes, est 
surtout caractéristique. Ce savant liturgiste, très 
judicieux observateur mais peu versé dans le voca- 
bulaire technologique, n'a pas trouvé de meilleur 
moyen pom^ exprimer sa pensée que de recourir 
à une comparaison avec les tableaux enluminés 
des anciens manuscrits. Quatre témoignages affir- 
ment donc la présence d'une plaque en émail 
champlevé; qu'a-t-on à leur opposer? Le vague 
des autres — ils ne sont ni pour ni contre — et 
une invention de VioUet-le-Duc. 

En effet, le dessin de Gaignières accuse une 
légère saillie du côté des ombres, mais diverses 
causes peuvent avoir motivé cette façon d'agir. 
Un même ton, parfondu dans un grand alvéole, 
n'est jamais uniforme; il se jaspe de noircissures, 
suivant le degi-é de pureté des matières vitreuses 
ou l'inégalité dtf température qui atteint chaque 
place à la fusion. Les surfaces polies, exposées à 



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— 101 — 

la lumière, miroitent toujours plus ou moins de 
manière à produire un semblant d'ombre. Le mo- 
dèle n'aurait-il pas réellement offert des nues 
qu'une copie hâtive a sommairement rendus? La- 
quelle de ces raisons guida l'artiste? Je ne saurais 
choisir entre les trois; mais à coup sûr il n'eut 
jamais l'idée que lui prête VioUet-le-Duc. Dessi- 
nateur hors ligne, plein de confiance dans un émi- 
nent savoir, l'auteur du Dictionnaire du mobilier 
français s'est donné. le tort grave de perfectionner 
l'œuvre trop indécise de Gaignières sans prendre la 
peine de recourir aux textes qui auraient pu éclai- 
rer la situation. Il vit un relief là où n'existait 
absolument qu'une ficelle de peintre; alors il en- 
fanta la superbe aquarelle qui m'induisit en erreur, 
et qui doit tromper encore bien du monde jus- 
qu'au jour oiî un nouveau lexicographe lancera ma 
rectification dans le domaine public. 

L'alphabet de l'épitaphe marginale offre un mé- 
lange de carré et d'oncial assez différent des lettres 
tracées sur les archivoltes. D'abord la boucle infé- 
rieure du G se recourbe en volute très prononcée; 
ensuite, détail dont VioUet-le-Duc n'a guère tenu 
compte, les jambages de tous les A et de la moitié 
des M serpentent plus ou moins. Viollet-le-Duc a 
mis des Q, queue extérieure et tournée à droite, 
là oiï Gaignières figure une queue à gauche et 
pénétrant l'ovale; en outre le seul exemple de 
lettres conjointes est interverti : ME dans le livre, 
AR chez Gaignières. Quoiqu'il en soit, l'épigra- 
phie de l'émaii accuse évidemment un tout antre 



DigmzcdbyGoOgle 



— 102 — 

style que les types employés sur le reste du mo- 
nument. 

La tête du prélat, telle que Gaignières l'a re- 
produite, n'est aucunement fantaisiste — laissons 
Viollet-le-Duc à l'écart. — On y voit le portrait 
d'un homme entre deux âges, œil azuré, barbe 
et chevelure blond-ardent, presque roux. La face 
est large; le regard, {)lus bienveillant que sévère, 
témoigne d'une grande fermeté jointe à la man- 
suétude, qualités dominantes d'Eulger et inscrites 
sur le cadre même de l'émail ; 

Ffentem solari, nudum vestire, stiperhum 
Frangere. 

Assurément notre portrait n'est pas une étude 
d'après nature, mais on y constate la vigoureuse 
interprétation d'une excellente maquette inspirée 
par quelque image authentique, contemporaine de 
l'original et prise ad vivum. 

L'épluchage est clos, mon cher ami; il faut bien 
aborder le ten-ible chapitre des conclusions. J'en 
frissonne, et pourtant je n'ai sur le terrain de 
rématUerie que des adversaires singulièrement 
courtois; ne vont-ils pas néanmoins me taxer de 
trop de hardiesse? Essayons toujours! 

î° Le projet du monunaent incombe à un artiste 
de l'Ouest; la carcasse et tous les cuivres repoussés 
ou vernissés sont de travail angevin ; le montage 
de l'ensemble a été fait à Angers. 

2° 11 n'est guère probable que les orfèvres ange- 
vins aient appris des èmailleurs lotharingiens, em- 
ployés à Saint-Denys, le procédé allemand de la 



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réserve métallique sur champ brun. Les Lotliarin- 
giens, arrivés à l'abbaye en 1144, n'y travaillèrent 
que deux ans pour le compte de Suger ; ils devaient 
avoir regagné leur patrie avant la mort d'Eulger, 
et à plus forte raison vers 1160. Il ne serait tou- 
tefois pas impossible qu'un industriel de l'Anjou 
fût allé à Saint-Denys de 1144 à 1147, et que les 
émailleurs étrangers lui eussent alors révélé le 
secret du vernis brun — les brevets d'invention 
étaient inconnus au xn" siècle; — mais ce secret 
avait d'autres moyens d'expansion. A supposer que 
la Sehedula de Théophile n'eût pas été rédigée 
au temps de notre monument, ou que les copies 
du livre n'eussent pas alors encore gagné la France, 
le fait d'Angevins ayant parcouru les provinces 
mosano-rhénanes, comme de touristes allemands 
venus sur les bords de la Loire, n'aurait assuré- 
ment rien que de très naturel. Soit isolément, 
soit à la suite d'une caravane de pèlerins, les 
artistes et les gens de métier circulaient beaucoup 
au Moyen âge; or Angers est trop voisin de la 
Sainte-Larme de Vendôme et de Saint-Martin de 
Tours pour n'avoir pas reçu la visite de quelque 
praticien liégeois qui, en retour d'un aciueil cor- 
dial, aurait enseigné à son hôte la méthode du . 
vernis brun. 

3' La plaque représentant Eulger fut exécutée à 
Limoges, d'après une maquette angevine; on en 
confia l'épigraphie à un habile scribe limousin, 
qui se servit d'un gracieux caractère approprié aux 
exigences^ du cadre. Cette plaque, ensuite expédiée 
à Angers, était en émail champlevé dans une 



DigmzcdbyGoOgle 



— 104 — " 

surface plane. Le procédé du relief, dont la 
tombe de Philippe de Dreux, évêqiie de Beauvais 
(1?17), montrait un des plus anciens spécimens, 
ne semble pas antérieur au xin* siècle. Brillants 
au début, les industriels qui exploitaient ce genre 
passèrent rapidement du chef-d'œuvre à la médio- 
crité; de la médiocrité, à la pacotille. Ils inon- 
dèrent la France et l'Europe d'informes poupées 
sans jambes, à la robe grossièrement incrustée de 
couleurs parfondues, poupées que d'honorables ar- 
chéologues qualifient, tantôt de divinités gallo- 
romaines, tantôt, proh pudor! de statuettes by- 
zantines; comme si l'art byzantin s'était jamais 
ravalé jusqu'au pétrissage des marmousets de pain 
d'épices I 

4° La technique des émaux nues, dont on aper- 
çoit l'usage sur la bordure et que les vêtemenfa 
du personnage offraient peut-être aussi, dut s'in- 
troduire en Limousin par les voies qui amenèreùt 
épisodiquement le verftis brun en Anjou. Je ne 
crois pas que les Lotharingiens de Suger aient & 
exercer sur ce point aucune revendication spéciale. 
L'antériorité de l'Allemagne dans le procédé du nué 
me parait incontestable; on appliqua évidemment 
• le nné au pied de croix de Saint- Dënys; mais nous 
savons aussi maintenant combien les pérégrina- 
tions rhénanes et mosanes à travers la France cen- 
trale étaient fréquentes au Moyen âge. 

Les conclusions ci-dessus peuvent fournir ma- 
tière à controverse, et je ne serais guère surpris 
qu'on les discutât; elles m'engagent néanmoins à 
revenir sur la plaque de Geoffroy Plantagenet, au 



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- 105 — 

Mans, question que je n'ai pas traitée en 1883 
avec tous les égards mérités. 

Les plus antiques échantillons d'émaillerie que ■ • 
l'on puisse attribuer sans incertitude, sinon à 
Limoges même, du moins à un atelier limitrophe, 
sont les disques ornementaux du coÊfre de sainte 
Foy, à Conques, lis furent commandés par l'abbé 
Boniface {1100-1137), dont le nom est inscrit en 
jarretière à l'entour d'un des éléments. Ces pièces 
consistent en lames de cuivre doré, dans lesquelles 
on a champlevé des silhouettes d'oiseaux, de mons- 
tres et de plantes; l'esquisse ainsi obtenue offre 
un petit nombre de cuves, séparées les unes des 
autres par des réserves métalliques plus ou moins 
largement espacées. Chaque alvéole n'a reçu qu'un 
ton monochrome; à peine voit-on çà et là des 
traces de juxtaposition; elles n'existent qu'aux 
étranglements où l'opération devenait facile. 

La plaque du Mans, de dimensions supérieures 
(haut. 0"63', larg. 0°34') à celle d'Angers, est 
une œuvre incontestablement limousine; je vais, 
mon cher ami, avec votre permission, la pré- 
senter en détail. 

Labarte, qui lut beaucoup, vit trop pour exa- 
miner à loisir, et se laissa fréquemment entraîner 
par l'esprit de système, marche à rencontre des 
traditions, à coup su,- très respectables, de VEccle- 
sia Cenomaneîisis. D'après le célèbre archéologue, 
l'émail du Mans ne figurerait pas Geoffroy Planta- 
genet, comte d'Anjou, inhumé dans la cathédrale 
de Saint-Julien, mais le fils du même Geoffroy, 
Henri IT, roi d'Angleterre, dont le corps vint repo- 



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- 106 — 

ser à Fontevrault. Cet émail, que Montfaucon nous 
montre, en 1730, fixé au deuxième pilier de 
l'église, à gauche, pi-oche le jubé, n'aurait jamais 
fait partie d'un tombeau ; il formerait un tout 
complet, un ex-voto. (Recherches sur la peiip- 
ture en émail, p. 199 et sq.; Histoire des arts 
indtbstriels, t. III, p. 662 et sq., 1" édit.). 

M. Hucher {Bulletin Monumental, t. XXVI, 
p. 669 et sq.) soutient l'opinion contraire et, à 
l'appui de sa thèse, il cite des faits importants. 
Jean de Marmoutiers, moine chroniqueur du xii' 
siècle, qui dédia son livre à Guillaume de Passa- 
vant, évêque du Mans (1142-1187), s'exprime ainsi 
au sujet de Geoffroy : « Humatus est autem in 
sancti&sima B. Juliani Cenomanensis ecclesia, 
in nobilissim^ mausoleo que ei nobilitati épis- 
copus pise recordationis Guillelmus nobiliter 
extruxerat. Ibi siquidem effigiati comitis rêve- 
renda imago ex auro et lapidibits deeenter im- 
pressa, superbis ruiTiam. humilibus gratiam 
distribuere videtur. » (Johannes Monachus, His- 
toria Gauffredi ducis Normannorum, ap. D. 
Bouquet, t. XII, p. 530.) 

« Guillaume de Passavant célébra, dans l'année 
1151, les obsèques de Geoffroy, qui avait rendu 
le dwnier soupir en arrivant à Château-du-Loir. 
Ensuite le corps du défunt fut transféré dans 
l'église cathédrale et enseveli avec une grande 
pompe. » (Gallia christ., t. XIV, col. 229.) 

Un procès-verbal, existant aux archives du cha- 
pitre catbédral du Mans, constate que le tombeau 
de Geoffroy fut détruit en 1562 par les Calvi- 



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— 107 — 

nistes. « Entre les dicts deux autelz derniers, 
contre un pillier, vers ladite nef, y avoit un mo- 
nument et sépulture de pierre de taille d'un sei- 
gneur anglois fort anticque et magnificque ; amorty 
en franc d'espic, sur lequel il y avoit trois testes 
fort anticques dont l'une estoit de marbre vallant 
huit cens livres tournois. » 

Trouillard {Histoire des comtes du Maine, 1643) 
dit que « le portrait de Geoffroy e-st gravé dans une 
table de cuivre émaillé, et affiché à une des colonnes 
de la nef de l'église du Mans. » Le P. Anselme et 
ses continuateurs (Histoire généalogique de la 
Maison de France, t. VI, p. 19) reproduisent 
l'assertion de Trouillard. Enfin, la plaque est per- 
cée de cinquante petits trous ronds. 

Résumons. Guillaume de Passavant érigea, sur 
la sépulture de Geoffroy, un magnifique mausolée, 
où brillait une image plate {impressa) àa défunt, 
image fabriquée en cuivre et en émail : les écri- 
vains du Moyen âge n'y regardaient pas de si prés; 
sous leur plume, le cuivre doré devenait de l'or, 
et ils nommaient indifféremment lapis toute sub- 
stance minérale non métallique, façonnée en tables 
polies. Le cénotaphe, adossé contre un pilier de 
la nef, fut brisé, en 1562, par les Cdvinistes, 
impitoyables destructeurs qu'il ne faut pas con- 
fondre avec les Luthériens, auxquels l'Allemagne 
doit la conservation de tant de précieuses épaves 
liturgiques. Le gros œuvre était en pierres de 
taille où l'on avait introduit des fragments anti- 
ques. L'effigie, amortie en franc d'espic — ces 
termes s'appliquent- ils au travail de la plaque ou 



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— 108 — 

à l'accoutrement du personnage? Personne n'a su 
me le dire, — est alors attribuée à un seigneur 
anglais, preuve d'ignorance ou de négligence 
dans un moment de troubles. Le chapitre man- 
ceau se montra plus tard mieux renseigné, il 
restitua au défunt son véritable nom, et il fît 
clouer le portrait à un pilier de la nef, en sou- 
venir de la place qu'occupait jadis le mausolée. 

Les gens les plus difficiles se contenteraient de 
ce qui précède; on peut y ajouter encore quelque 
chose. 

Nous voyons sur l'émail un homme à la fleur 
de l'âge; physionomie pleine, dont une certaine 
vivacité de regard anime la douceur quelque peu 
moutonne ; barbe courte et bouclée ; chevelure lon- 
gue et flottante. (Le Moyen âge et la Renaissance, 
Émaux. Viollet-le-Duc, Dictionnaire du mobilier 
français, t. II, pi. XLI. Hucher, L'Émail de Geof- 
froy Plantagenet, in-folio, photochromie). Do pa- 
reils traits ne sauraient convenir à Henri II, mort 
à cinquante-sept ans, usé de cliagrins et bourrelé 
de remords; d'ailleurs Henri, décédé en 1189, sur- 
vécut à Guillaume de Passavant qui ne put ainsi 
rien consacrer à la mémoire de son prince. Au 
rebours, ce faciès juvénile caractérise parfaite- 
ment Geoffroy, souverain giierroyeur, mais a com- 
patissant, généreux, aimé du populaire pour sa 
mine ouverte et avenante. » (Célestin Port, JVom- 
velle Biographie générale, t. XX, col. 10.) Geof- 
froy termina sa cariiére en 1151, à la suite d'une 
imprudence; il avait à peine trente-huit ans. 
Comme pièce à l'appui, je signalerai encore un 



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véritable sosie de l'émail, illustrant un manuscrit 
du xu' siècle de la collection de Kerrick, en An- 
gleterre. Alexandre Lenoir, qui l'a publié {Musée 
des monuments français, t. Vil, p. 83) y soup- 
çonne la pensée originale de notre plaque, et il 
y reconnaît Geoffroy; le baron de Roujoux et Alfred 
Miingaet (Histoire d'Angleter?'e, t. I, p. 185, fig., 
1844) partagent l'avis de Lenoir quant à la dési- 
gnation du personnage. 

En concordance remarquable avec le texte de 
Jean de Marmoutiers, superbis ruinam, humi- 
libus gratiam distribuera videtur, l'inscription 
métrique surmontant l'image, 

EnSE TUO, PRINCEPS, PREDONUM TUEBA FUGATUB, 
ECCLESIISQUE OUIES PAGE VIGENTE DATUR, 

me parait être, non une formule ù^ex-voto, mais 
une apostrophe adressée à un mort inhumé juste 
en dessous, et dont le nom était rappelé dans une 
épitaphe indépendante, gravée sur le massif du 
sarcophage. Cette épitaphe n'existait plus au xvi' 
siècle, et nul écrit n'en a conservé la teneur. Quoi- 
qu'il en soit, on n'en saurait aujourd'hui douter, 
notre émail est une épave du tombeau érigé par 
Guillaume de Passavant à la mémoire de son 
maître bien-aimé, épave qu'une main courageuse 
et intelligente put soustraire au sac de 1562. 

Un coup d'œil jeté sur la- carcasse du cénotaphe 
d'Eilger suffît pour faire comprendre l'ordonnance 
du mausolée de Geoffroy. Le premier était en bois 
revêtu de cuivre; le seconil, en pierre agrémentée 
de, débris antiques; mais tous deu'i furent conçus 
et exécutés par des artistes indigènes; une effigie 



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— 110 — 

émaillée, fabriquée à Limoges sur mesure, les dé- 
corait l'un et l'autre. Au Mans, cinquante rivets 
fixaient l'émail, vraisemblablement à une planche 
encastrée dans la maçonnerie — le pilier de la nef 
porte encore les traces visibles des six ou sept 
crampons de fer qui y attachèrent la pièce; — à 
Angers, ou il n'y avait que de la menuiserie, 
l'annexe pénétrait sans doute à frottement, ce qui 
peut expliquer la grande facilité qu'on eût de 
l'extraire en 1757. 

Accusant une complète identité de technique, 
sorties peut-être du même atelier, les plaques 
d'Eulger et de Geoffroy sont évidemment contem- 
poraines. L'évêque Guillaume dut se hâter, et, 
quand même il aurait été entravé dans son des- 
sein, un retard de dix ans serait déjà foi-t long, 
aussi je me refuse à dépasser la limite de 1160. 
Le champ et la bordure intérieure de l'émail du 
Mans offrent, semblablement aux médaillons de 
Conques, de larges cuves, où des rinceaux, un 
papelonné, des mouchetures d'hermines (fleurettes) 
monochromes, se détachent vigoureusement sur 
un fond métallique; aux angles rentrants des vo- 
lutes bleu-foncé, surgit une languette blanche jux- 
taposée; Limoges accentuait davantage les sépara- 
tions à la fln du xn' siècle. Le personnage est 
magistralement campé; les broderies et les sym- 
boles hèraldiijues témoignent d'une remarquable 
entente de l'épargne gravée; les minces filets d'or 
qui esquissent les plis des vêtements sont sobre- 
ment l'épartis. Le ton de ces vêtements est à peu 
près uniforme : cotte d'armes verte, manteau et 



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robe bleu<-lair; néanmoins, un limbe nué de trois 
couleurs arrête le bas de la cotte d'armes; le 
bleu-clair de la robe, des chapiteaux et des pal- 
mettes du cadre est légèrement rechampi de blanc. 

Les lettres de l'inscription sont carrées, hormis 
deux Ë lunaires contre huit latins. 

J'avançais en 1883, mon cher ami, que la Vision 
de saint Etienne de Muret et V Adoration des 
Mages, au musée de Cluny, étaient contempo- 
raines de la plaque du Mans, avec une simple dif- 
férence d'ateliers. Les panneaux de Cluny — je ne 
puis me résoudre à les séparer malgré des objec- 
tions spécieuses — proviennent tous deux de la 
châsse majeure de Grandmont fabriquée vers 1 189. 
Certaines affinités techniques avec l'émail de Geof- 
froy y sont constantes; même emploi de la ré- 
serve, même système de rubans, mêmes juxta- 
posés, mêmes rechampis. Des analogies passons à 
l'énumération des écarts. Au Mans, ampleur de 
style, gamme sévère et harmonieuse; à Grand- 
mont, dessin moins correct, recherche quelque [«u 
maniérée, entassement de détails, massifs de rouge 
attirant l'œil. Aujourd'hui la contemporanéité, que 
je croyais absolue, devient pour moi relative; si 
j'attribue à l'émail de Geoffroy une priorité mini- 
mum de trente ans sur les panneaux de Cluny, 
c'est qu'un tel laps de temps permet au bien de 
se changer en mieux, et le mieux est trop sou- 
vent l'ennemi du bien. 

L'inflaeni-e allemande se manifeste-t-elle sur la 
plaque du Mans? 11 me paraît très vraisemblable 
que les tons nues et l'association des réserves au.\ 



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milieux colorés sont d'importation germanique; 
hors de là, l'émail de Geoffroy est, comme celui 
d'Eulger, une œuvre parfaitement originale. En 
serait-il autrement, que le mérite d'avoir fabriqué 
les plus grands champlevés connus resterait tou- ' 
jours à Limoges; le pied de croix de Saint-Denys 
comportait soixante-huit sujets, dont aucun ne 
pouvait atteindre les hauteurs de 0"'48' et de 0"63'. 
La hardiesse des Limousins en fait de dimensions 
éclate encore dans leurs ouvrages de peinture vi- 
trifiée ; témoins : . les Apôtres de Saint-Père, à 
Chartres, le Crucifix de M. de Montégut, à Paris, 
et par dessus tout les énormes plaques de Pierre 
Courteys, au musée de Cluny. La taille de ces der- 
nières, qui mesurent 1"65' sur i"00, n'a été égalée 
que par les céramistes italiens, dont l'excipient 
d'argile et la gamme restreinte ne présentaient 
pas les difEicultés du métal et de la riche palette 
des Limousins. 

UNE NOUVELLE FORME DU NOM ALPAIS 

M. Louis de Veyrières a bien voulu m'adresser 
la lettre suivante, écrite de Beaidieu (Corrèze) le 
il décembre 1883 : 

« Permettez-moi, Monsieur, de vous envoyer une autre 
forme du nom A'Alpais, que vous pensez itevoir êli-e pro- 
noncé Alpé. Je l'ai trouvé inscrit différemment sur un acte 
de 1461, où il est porté par un notaire de Meymac Ci- 
jointe 1 1 copie exacte du signiim flcïii"onné de notre tribel- 
lion et dc^ lignes qui accompagnent re seing : 

El me Antonio Atpaijs, villx de Meymaco, Lemoviceiists dû)- 
eesis. 



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- It3 — 

L'orthographe Alpays, avec un y, induit à penser que 
l'on devait appuyer sur la dernière voyelle et l'articuler ï. 
Dans tous les cas, il s'agit d'un nom patronymique assez 
commun en Limousin, nom qui, en Langue d'Oc, pourrait 
bien signifier au pays ou te pays. » 

Je pense que M. Dai'cel, après avoir lu la note 
ci-dessus, renoncera comme moi à la prononciation 
normande Alpé, pour adopter le sentiment très 
rationnel de M. de Veyrières. 

PÈLERINAGES 

Vous le savez de reste, mon cher ami, il me 
serait difficile de parcourir l'hospitalière Belgique 
sans y glaner quelques documents de haut intérêt 
pour votre terre natale. Ce que Liège m'avait fourni 
en 1883, je viens de le rencontrer aussi h Namur, 
en Flandre, en Hainaut, mais dans des proportions 
beaucoup plus vastes. 11 ne s'agit pas seulement 
ici de délits ou de crimes isolés, punis par un 
pèlerinage exotique ; les conséquences d'une guerre, 
un traité de paix, l'admission dans une confrérie 
charitable, envoyent aux pays lointains toutes les 
classes sans exception, depuis le souverain lui- 
même jusqu'à l'humhle artisan. Chacun pouvait, 
il est vrai, s'exempter du voyage moyennant une 
compensation pécuniaire, ou bien en se substituait 
un procureur; néanmoins la somme à payer étant 
généralement très élevée, les remplaçants coûtant 
assez cher, les riches seuls avaient la possibilité 
de se soustraire à des obligations assurément fort 
pénibles. Les vieux parchemins n'accordent que de 
rares articles aux pèlerinages de simple dévotion ; 



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volontaires, personnels, n'offrant rien qui méritât 
un souvenir, ces pèlerinages ont laissé peu de 
traces écrites, mais leur fréquence se devine aisé- 
ment à côté des voyages imposés. Je reproduis les 
documents relatifs à Saint-Jacques de Galice et à 
certains usages tournaisiens en rapports Indirects 
ave' la question principale; j'ai cru que l'on ne 
serait pas fàclié de les connaître en Limousin. 

Guère plus que ma récolte de l'an dernier, le 
butin de 1884 n'a de prétentions à l'inédit; quatre 
articles au juste sont entièrement nouveaux. Le 
seul mérite qui m'incombe est d'avoir groupé des 
matériaux disséminés à droite et à gauche. La 
longueur de quelques citations étonnera peut-être; 
elles n'ont pas été condensées, attendu que plu- 
sieurs de leurs formes orthographiques me parais- 
sent devoir intéresser la philologie aquitaine, et 
que les héraWistes sont toujours friands de noms 
propres. 
Les pièces ci-dessous ne tombèrent pas préci- 
. sèment du ciel dans mon portefeuille. Aux amis, 
aux confrères qui me les ont généreusement p;o- 
curées ou indiquées, j'adresse le meilleur témoi- 
gnage d'une cordiale gratitude; on trouvera, dési- 
gnée au bas de chaque article, la source où je 
l'ai obtenu. 

NAMUR 

« Vers la fin du xiv' siècle, à la suite d'un 
abandon donné à la ville de Huy par Lukin de 
Chastelnuev (Casteh)uovo), le Lombard, sur Ru- 
phin, pelletier lombard, (les dissensions éclatèrent 



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— 115 — 

entre les Hutois d'une part, le comte de Namur, 
ses officiers et ses sujets d'autre part. Elles ame- 
nèrent, comme toujours, des meurtres, des incen- 
dies et des ravages de toute nature. La rencontre 
la plus sanglante eut lieu entre Meelîe et Was- 
seige; cette fois, la victoire resta aux Namnrois 
qni tuèrent quatorze de leurs adversaires et ne 
perdirent que deux combattants. Néanmoins cet 
avantage fut assez durement acheté. En effet, les 
parties ne tardèrent pas à se soumettre à l'arbi- 
trage d'Arnoul do Homes, évèque de Liège, du 
Chapitre de Saint-Lambert, ainsi que des maîtres, 
jurés, gouverneurs et conseils des villes de Liège, 
Dinant, Tongreset Saint- Trond. Les arbitres s'étant 
réunis à Meeffe, y procédèrent à une enquête et 
rendirent leur sentence le 29 juillet 1384. Par 
cet acte, ils déclarent que bonne paix sera jurée 
entre les deux parties, pour tous les faits per- 
pétrés jusqu'à ce jour. A cet effet, les prisonniers 
seront remis de paît et d'autre, sans rani;on, et 
la restitution réciproque sera faite des biens enlevés 
pendant la guerre. Le comte de Namur et ses sujets 
sont déchargés de toute obligation résultant de 
Vabandon fait par le Lombard Lukin; toutefois 
les Hutois pourront traduire personnellement ce 
dernier en justice, devant Guillaume 1'"' ou ses 
tribunaux. Pour la réparation de la mort des 
quatorze Hutois, cinquante-six personnes notables 
du comté de Namur seront tenues à des pèleri- 
nages dans les pays d'Outre-Mer (Chypre et Jéru- 
salem), à Saint-Jacques en Galice, à Notre-Dame 
de Rocamadoui-, ou à la Sainte-Larme de Ven- 



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— 116 — 

dôme. Ces personnages s'engagèrent sur l'honneur, 
devant l'échevinage de Liège, à accomplir leurs 
pèlerinages dans le mois de mars suivant. Quant 
aux Hutois, ils sont déclarés absous du chef du 
meurtre des deux Namurois et de tous autres cas 
de violence. 

B Le jour suivant, 30 juillet, les mêmes arbi- 
t;es désignèrent les cinquante-si.t personnes qui 
devaient s'astreindre aux pèlerinages mentionnés 
dans la sentence de la veille. Pour chaque mort, 
quatre d'entre elles devaient chacune un voyage : 
la première, dans les pays d'Outre-Mer; la seconde, 
à Saint-Jacques en Galice; la troisième, à Notre- 
Dame de Rocamadour; la quatrième, enfin, à la 
Sainte-Larme de Vendôme. Chacune de ces voies 
étant respectivement taxée à 40, à 90, à 10, à 5 
francs d'or de France, il fut déclaré que les pro- 
ches des Hutois occis auraient le droit, avant la 
Noël, d'exiger l'accomplissement des voyages ou la 
taxe fixée, soit 75 francs pour chaque mort. Mais, 
du moment où l'un des intéressés aurait opté pour 
l'indemnité pécuniaire, les autres aussi devraient 
se contenter de recevoir l'argent. 

» Les Hutois préférèrent l'argent. Cela résulte 
du document par lequel les échevins de Liège 
attestent, sous la date du 25 décembre 1385, que 
les amendes en question, à savoir 75 francs pour 
chacun des quatorae Hutois tués, ont été payées 
par Godefroid de Ville, 'chevalier, Henri des Co- 
mognes et Michar de Warisoulx, agissant au nom 
des cinquante-six personnes obligées, et que, par- 
tant, ces dernières sont entièrement dégagées. » 



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— Ii7 — 

Nos Arnoul, par la grasce de Dieu, cvesque de Liège et 
contes de Los, li doyen, capitle et 11 maistrez, jurelz, 
gouverneurs et consel de la cytet de Liège et dez bonncz 
viUez de Dynant, de Tongrez, de SaiDlron, nommez et 
esleus juges, arbitres, arbltratours et amlablez composi- 
tours sur lez debas esmeus entre noble et puissant prinche 
le conte de Namur, ses justichez, oâlcîei-s et subges dune 
part, et les maistrez, consel et université de la bonne ville 
de Huy d'autre, à la cause d'un abandon que Lukin le 
Lombart avait donné à la ville de Huy sur Ruphin le 
Lombart, de quel débat pluseurs mort dbommes, arsina et 
autrez inconveniens sont perpétrez et suscitez de lune par- 
tie et de lautre, dezquelz lesdictea partiez ont eu convent 
promis et scelle par certain plackart de tenir et accomplir 

ce que nous en dirons et sentenceront de bonne foy 

Pourquoy nous, veu et diligemment examine tout ce que 
li une partie et li autre nos a volu dire et demoslrer, eu 
aussi sur ce délibération, consel et avis auz banerez, che- 
valiers, autrez bonnez viUez et le remanant de nostte pays, 
disons et pronunchons tous dun accord nostre senteuche 

arbitrale en la manière que chi après sensieut Item 

tant que a quatorse personnez qui sont mors de la partie 
de ceulz de Huy, diaoos que lez quatorse mors de la partie 
de ceulz de Huy seront amendez en le manière chi desoubz 
escripte par chinquante silex personnez souffissantez, tant 
officiers comme autrez de la conte de Namur qui furent 
sur le fait, et lezqueilez personnez qui dolent faire les 
amendez chi desouLz declareez seront denommeez dedens 
demain du jour. Et est assavoir que cascun dez mors 
dessus dis aura quatre voyagez fais par quatre dez per- 
sonnez qui seront denommeez, assavoir une voie doultre- 
mer, une voie de Saint Jaqueme en Galisse, une voie de 
Rochemadou et une voie de Vendôme ; lez queillez chln- 
q\iante siiex personez soy obligeront sur leur honneur 
dedens le jour de lassumpcion prochain venant, devant les 
maieur et eschevins de Liège, de faire bien et loyalment 
lesdis voyagez et de movoir dedens le mois de march 



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- 118 — 

tantoust ensuivant la daute de nostre présente pronun- 

tiation Fait, ordonne, publiiet et pronunchiet ou 

palais a Liège lan de grâce mil trois cens quatrevins 
et quatre le vint nuevesrae jour du mois de jullet. 

(Archives du Royaume : Chartrier de ffamur; Yidimus 
sur parchemin.) 

Nous Arnoul etc faisons savoir a tous que ci après 

sensiet la déclaration de Ivj personnes souffisautez de la 
conte de Namur, qui point ne sont ara ne silliez, qui 
doient faire les amendez et voyagez des xiiij personnez qui 
furent mors au fait entre Meffe et Wasege, ensi que la 
senlenche et oi-denanche que nous pronunchamez sur ce 
aujourdhiier, contient que faire se devoit. Assavoir pre- 
mier, pour le mort Wautekinet de la porte Fretinez fera 
Baroteal de Haineche une voie doultremeir; Michart de 
Warizoul, maieur de Namur, une voie de Saint Jaque 
en Galisse; Andrier ûl Massait Lambotiu, une voie de 
Rochemadou ; Wautier fll del seieur messire Waultier de 
HymmelineZ; une voie de la Larme a Vendôme. Item 
pour la mort Colart d'Aven, fera Jehan fllz A....raut 
d'Acoche une voie doultremeir; Jehan fil damoiselle Mar- 
gritte d'Outreppe, de Saint Jaque en Galisse; Gilkin de 
Vodechial, de Rochemadou; Williaume de Vodechial, de 
la Larme. Pour la mort Lambot le Moulnier, arbalestrier, 
fera Henrart fll Johan d'Otreppe une voie doutremer; 
Henri de Longchampial , de Saint Jaque; Jamolon fll 
Ghyselin Bertrand, de Rochemadou; et Wautier Boulhet, 
de la Larme. Item pour la mort Phillippe Durosin de 
Lanois, ferat Henrart fll Jehan Douchet une voie dou- 
tremer; Gerart fil messire Gile de Hymmetinez, de Saint 
Jaque; Jehan del Nouvecour de Hymetinez, de Roche- 
madou; Kiijorant del Cour de Henreche, de la Larme. 
Item pour la mort Jamouton fll Jaquemin d'Aile maingiie 
fera Jehan Hanbremal une voie doutremer; Jehan dou 
Cellier, de Saint Jaque ; Boudars de Poulhe, de Roche- 
madou; Phillippart de Soie, de la Lai-me. Item pour la 



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■- 119 — 

mort Jehaa Herloiez de Vilers fera Piron le Roy une 
voie doutremer; Jehan Homioiez, de Saint Jaque; Jehan 
de Bealraina, de Rochemadou; Hellîno de Tilliroulez, de 
la Larme. Item pour la mort Lambot Hubarl fera Robert 
de Nivocourt une voie doulremere ; Colars des Monchaulz, 
de Saint Jaque; Godefrols de Hambrennez, de Roche- 
madou; Jehau Hodial de Namur, de la Larme. Item pour 
la mort Colin de Liiez fera Girardin de Hingion, fil le 
monneresae, une voie doutremere; Jehan Hosdaing, de 
Saint Jaque; Jehans fil Lambert de Brancbon, de Roche- 
madou; Golart de Raisart, de la Larme. Item pour la 
mort Jehan Goffet fera Hanclet d'Ambressenea une voie 
doutremere; Jehap de Lile de Hymetinez, de Saint Jaque; 
Haokin de Bolinez, de Rochemadou; Godefrois fil Jamart 
Jolit, de la Larme. Item pour la mort Machier le plakeur 
fera Frankart fil le boleugier une voie doutremere; Wille- 
met fil Waultier le poskin, de Saint-Jaque; Balduwin fil 
Gilkart de Hanreche, de Rochemadou; Wautier de Weez 
escuier, de la Larme. Item pour la mort Reanechon le 
banstier fera George fil Henemant de Hymetinnez une 
voie doutremere ; Pirat Dierpens, de Saint Jaque ; Henri 
fil Godefroit Palhet, de Rochemadou; Jores fil Enjoran de 
Wartaîng, de la Larme. Item pour la mort Ywena le 
vigneron fera Gérard fll Phillippart del Cour une voie 
doutremere; Pirechon li Begbe de Namur, de Saint Jaque; 
Francbolez Paque, de Rochemadou ; maistre Jehan de Flo- 
reffe, de la Larme. Item pour la mort Biertholeit Galoie 
fera Jehan de Hymetinez demourans en Charliers de 
Namur une voie doutremer; Renechon le machon, de 
Saint Jaque; Colin Bochart, de Rochemadou; Jehan Pla- 
car, de la Larme. Et pour le mort Kiney de Halley fera 
maistre Gile de Gembloux parmenteura une voie doutre- 
mer; Coliu Brohon li fevre, de Saint Jaque; Pirechon 
"Ëorart, de Rochemadou; Henri de Houit, de la Laime. 
Par ensi que cascune dez voiez doutremer dessus dites 
est taiée a xl frans de Franche dor, le voie de Saint 
Jaque a xx frans, le voie de Rocltemadou a x frans, le 



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— 120 — 

voie de la Larme a v francs; par condition teile que li 
plus proismez des xiiij personnez dez mora de Huy dessus 
nommez pourront et devront eslire, dedens le jour de Noël 
prochain venant, lea voyagez ou largent, ensi que tazet 
est, en lieu des voiagez, li queii que miech leur plairat. 
Ce adjouste se aucuns dez proismez dez mors de Huy 
dessus dis prendoit ou voulsist avoir argent daucun ou de 
pluseurs dez volage dessus déclarez, dont devront tous 11 
autrez prendre pour leur amende argent semblable, selon 
la taxation dessus dicte, et nient voiage. Et sil avenoît 
que aucun ou pluseurs des Ivj personnez dessus dictes 
fuist ou fuissent ou volsist ou volsissent estre rebellez et 
nient faire ne entreprendre lez voyagez a 11 ou a yaux 
injoins, Il conte de Namur y poroit et devroit, en lieu de 
cheli ou de chiaux qui ensi seroit ou seroieat rebellez, 
comme dit est, mètre, constUuer et estaublir autrez per- 
sonne ou personnez aussi souiQssant de chiaux qui furent 
de la conte de Namur sur le fait y naguiere perpetreit 
entre Meffe et Waselge, au décret et ordlnanche de nous 

lez arbitrez dessus nommez lan de grâce mil trois cens 

quatrevins et quatre, le pénultième jour dou mois de 
juUet. 

(Archives du Royaume : Chartrier de Namur; Vidimus 
sur parchemin.) 

Quittanches et ensengnemens fais lan mil trois cens 
wltante et chinques, le jour du Noeil, maires Frans Hons 
de Hollengnoulez, esquevins Hacourt, Rosseaz, Warouz, 
Jehans del Colr, Gerars, Jehans et Wilhames de Berses 
et Jobans de Frens. Sachent tuit que par le vigeur dune 
pais faite entre noble prinche monsaingneur le conte de 
Namur dune part, et cheauz de Huy dautre part, chln- 
quante siiez personnes délie conîeit de Namur soy obli- 
garent singulièrement pardevant nous envers quatorse 
hommes de Huy de certaines voiez doutremeir de Saint 
Jakeme, de Rochemadut et de Vendôme, assavoir sont li 
xiiij hommes envers lesqueils les oblîganches furent fai- 



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— 121 — 

tes : Lambot li falconiers, Johan délie Porte, Johans 
Marnaule de Versey, Hankines de Roseur, PhiUppot de 
Lanois, Gilchons de ViUeir, Jakemiens d'AUemangne, Ha- 
nekare de Liiez, Wateles li banscellers d'Avennez, Johans 
■ Malhe tout ens, Wateles d'Avennez, Lambere Cowe, Ber- 
thole Galoie et Godiscal de Tniwegniez. Et laditte pais 
contenist que li xiiij hommes devant dis avoyent leur 
élection, dedens le jour duy, de prendre les voies ou lar- 
gent, assavoir cascung deaux sissante et quinze fraas de 
Fraace dor; et furent si conselhiez li xiiij hommes de 
Huy devant escripts, ou cheaus az quels donations avoit 
esteit faite par les alcoos deauz, enSi quil appert en che 
registre, quil choisirent largent; et laditte élection par 
eauz faite, ilh furent bien paiiez par Mous. Godefroid de 
Ville, chevalier, Henry des Comongnez et Mîchal de Wa- 
risoul, chu paians de part les lyj obligiez a caacon des 
xiiij devant dit Ixxv frans, teilement quil furent contens 
et soy tinrent pour soûls et pour bien paiiez, et quittont et 
quittent clamont les Ivj obligiez escripts en che registre 

et cascuns deauz par ly singulièrement — Donneit par 

copie desoz les seaz monsaingnour Basson de Hacourt, 
chevalier, et Gérard délie Hamaide, nous maistres et 
comesquevins de Liège, desquels nous usons en semblant 
cas, sour lan de grasce mil ccc Ixxxv le jour des saints 
Innocens. 

(Archives du Royaume : Cbartrier de Namur; copie au- 
thentique sur parchemin.) 

Jules Borgnet, Documents inédits sur les guerres entre 
Namur et Liège, ap. Annales de la Soeiilé arehéologûjue de 
Namur, t, VI, p. 432 à 441. 

BOUVIGNES 

Le zvij jour du mois de mars (1467 ou 1468) pardevant 
Piere de Rommignot a la première fois quil estoit maieur 
et eschevîn de Bovingnes, presens Pierart Chesneau, 
Jacquemen Bachart, Jehan de Glymes dit de Jodoingne 



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— t22 — 

et Jehan le Chiane eschevins, sobliga Mathieu Sacreit dua 
Toyaige de Rochemadoul envers Massart de Jamaigne, si 
hault que loy et usaige du pays de la conte de Namur 
porte a paîer aus us et constituez dudit pays en nom et 
pour réparation et amendiese faisant audit Massart pour 
aucun delictz et ofFence par lui delinquie alencontre dice- 
lui Massart. 

Le xxj jour dapvril (xiv) IxviiJ pardevant Lienart Po- 
cache lieutenant maieur de par Piere de Rommignot 
maieur de Bouvignes, presens Pierart Ghesneau et Jac- 
quemin Bachart eschevins, sobliga Henrart Darras si 
hault que loy et usaiges du pays porte envers Gilechon 
de Faing pour certain débat et différent quil avoient eust 
hin a lautre de paier ung en nom damendiese faisant 
audit Gilechon ung voyaige de Notre Damme de Roche- 
madoul et le paier aus usaiges et coustumes du pays et 
coDte de Namur. 

Le ix" jour de febvrier lan (xiv) Ixix pardevant Jehan 
le Chisne lieutenant maieur de mess* Ënglebert Doblet, 
chevalier, souverain mayeur de Bouvigne, presens Pierart 
Ghesneau, Jacquemen Bachart, Jehan de Glymes dit de 
Jodoingne, Jehan de Villefaingne et Lienart Pocache 
eschevins sobliga Lambert de Verbois, fil de Paulus de 
Verbois, souffissamment si hault que loy et usaige du 
pays porte, de paier ung voyaige a Nostre Dame de Ro- 
chemadoul a pour mon très redoubte S' Mons' le duc de 
Bourgogne conte de Namur pour certain delict et offence 
par lui commis delinquîe a lencontre de la haulteur et 
seigneurie dicelui S' a la personne de Jehan le Queulletie 
tout en lui bûchant de nuict hors de sa maison comme 
contre lui monescheant. Icelui voyaige a paier a la se- 
monce du maieur de Bouvigne en nom de mondit S'. 

(Archives de l'État, à Namur; Anciens greffes scabi- 
naux. Bouvignes, Registre aux voyages obligés, 1458 à 
1538; n" 1345. Communication de M. D. Van de Gaateele, 
Conservateur des archives de l'État, à Namur.) 



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- 123 — 

ROBERT DE BÉTHUNE, COMTE DE FLANDRE 

1" septembre 13i6. Traité de paix conclu entre 
Philippe, comte de Poitiers, régent du royaume 
de France, et Robert de Béthune, comte de 
Flandre. On y trouve, parmi les conditions, un 
article ainsi formulé : 

Et lidiz mesire de Poitiers raportera et dira que lidiz 
cueus Robert de Flandres ira outre mer avec lui ou avec 
celui qui sera roys de France quaot generauls passaige 
sera, se il est en estât que il K puisse aler; et messire 
Robert, ses fuilz, ira dedans un an en pèlerinage a saint 
Jaques en Galice, a Nostre Dame de Roichemadoi-, a 
Noatre Dame de Vauvert, a saint GiUe en Provance et a 
Nostre Dame de Puy.... (Original aux archives du Dépar- 
tement du Nord; copie coUationnée et authentiquée aux 
archives de la ville de Courtrai. Communication de 
M. Jean van Ruymbeke.) 

BRUGES ET COURTRAI 

19 avril 1326. Lettres patentes du roi de France, 
Charles te Bel, ratifiant la paix d'Arqués. Il agrée 
les offres que les Flamands révoltés ont faites à 
ses commissaires pour rétablir la paix entre le 
comte de Flandre et ses sujets de Bruges, d'Ypres, 
de Courtrai et du Franc. Au nombre des points 
stipulés : « En expiation de l'attentat dirigé contre 
leur comte, ceux de Bruges et de Courtrai enver- 
ront cent pèlerins à Saint-Jacques en Galice, cent 
à Saint-Gilles et à Notre-Dame de Vauvert, et cent 
à Notre-Dame de Rochemadour. Les dits pèleri- 
nages rachetables moyennant dix mille livres tour- 
nois. » {Archives de la ville de Bruges, GroeneJi- 



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bouc C, fol. 52; Inventaire des archives de 
Bruges par L. Gilliodts-van Severen, t. I, p. 356. 
Communication de M. Jean van Ruymbeke.) 

TOURNAI 

« En 1431, un ménestrel du bas-jeu, nommé 
Denis de la Rivière, fut condamné à faire le pèle- 
rinage de Saint-Gilles, en Provence, pour avoir 
battu et navré à sang Roger Bernard, ménestrel 
du haut-vent. Le même Denis se retrouve de 
nouveau, en 1434, emwyé en pèlerinage à Saint- 
Hubert pour quelque blessure dans une rixe. 

» Pierre Tuscap, tailleur ou graveur de lames 
(sépulcrales) se voit, en 1430, infliger un pèleri- 
nage à Notre-Dame de Boulogne-sur-mer, pour 
avoir battu une femme. En 1433, on le condamne 
de nouveau à un pèlerinage aux Trois Rois de 
Cologne pour s'être arrogé la qualité de bourgeois 
de Tournai, à laquelle il n'avait aucun droit, et 
s'être permis de ce chef de faire une arrestation 
illégale. 

» En 1432, Jean Thomas, tailleur d'images^ 
est condamné à un pèlerinage de Saint-Gilles, en 
Provence, pour avoir navré en péril d'affolurc 
Tassart du Tielt sans cause raisonnable, puis 
à Cologne, pour avoir blessé d'un pot de pierre 
3acqv.e-mart de Thumedes et lui avoir fait une 
plaie sur le chef. 

j> En 1433, un autre tailleur d'images, Gilles 
Brunel, est envoyé à Saint-Jacques en Galice pour 
avoir navré en péril de mort Jean Génois, 
tailleur de pierres. » 



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— 125 — 

Nous relevons, en 1428, une condamnation au 
pèlerinage de Hocamadour. 

Henri le Klen, peintre, a lousjours, pour ce que par 
înformacion et autrement est apparu, ledit Lekien estre 
coustumier de médire et mesparler sur autruy et meieme- 
ment de dire et proférer parolles sêdicieuses et maison- 
naiis, contendans a faire tourble et division, et entre 
aultres choses davoir, contre vente et sans cause, uotte 
et chargie messeigneurs les commis esleus ou nom de la 
commuuite, davoir este cause des pugnicions a exécutions 
qui se sont fàictes puis nagueres de pluiseurs pour leurs 
démérites, en demandant se on vouloit encore i-avoir des 
autres commis pour faire copper testes comme on avoit 
lait, et les mettre en liodignacion du peuple de la ville, 
et autres parolles sentant division, en perturbant et em- 
peschant le bien de paix et de justice. Et ne pourra 
ravoir la ville que ce ne soit pas le gre, assens et accord 
de tout le peuple et communite de la ville pour ce assemble 
par collèges et bannières, et fait fine dun ban de deux fois 
X livi'es et fait un voyage a Nosire Dame de Rochemadour. 
Fait le lundi xxj jour de mars lan mil quatre cens vingt 
et huit. 

La famille Lekien ne jouissait pas d'une excel- 
lente réputation à Tournai, a Jean le Kien, peintre, 
dut payer une amende de 10 livres, par sentence 
du 5 octobre 1440, pour avoir vendu des marchan- 
dises frauduleuses, consistant en feuilles d'étain 
imitant l'or et l'argent, lesquelles /ueilles estans 
en main de justice furent coTidempnees a ar- 
doir devant le belfroy ; et avec ce luy fut in- 
terdit et a tous aultres pointres de plus user 
de semblables, sur en estre griefvement pugny 
a le discrecion de messeigneurs prévôts etjui'ez. 

« Il est à noter que l'on n'accomplissait les 



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pèlerinages infligés que pour autant' que l'on ne 
fut pas en état de les racheter à beaux deniers 
comptants, an taux fixé. » 

(Archives de Tournai, Registres de la loi. Alex. 
Pinchart, Quelques artistes et artisans de Tour- 
nai, ap. Bulletin de l'Académie royale de Bel- 
gique, t. IV, n° 12, 1882.) 

Un établissement charitable, destiné à héberger 
les pèlerins de passage, existait à Tournai; il était 
desservi par une confrérie qui, non-seulement, 
accueillait les pieux voyageurs, mais encore ten- 
dait à propager- la dévotion des pèlerinages en 
donnant elle-même l'exemple. Comme une fonda- 
tion semblable que posséda la ville d'Arras, l'hô- 
pital tournaisien avait saint Jacques pour patron, 
et la Galice était son objectif spécial. Néanmoins, 
ainsi que je l'ai démontré dans ma lettre précé- 
dente, les pèlerins belges à destination d'Espagne 
ayant dû, soit à l'aller, soit au retour, traverser 
forcément Limoges," toute pièce exclusivement re- 
lative aux voyages de Compostelle peut, à juste 
titre, réclamer sa place dans une publication 
limousine. 

Donnons la parole à un historien local. 

« Les archives de la paroisse (Saint-Jacques) font 
mention, au xv* et au xvi' siècles, de la Con- 
frérie de Saint-Jacques. Cette confrérie n'avait 
pas son siège en l'église de ce nom, mais à l'hô- 
pital érigé sous le patronage du même saint, à 
l'emplacement de la citadelle, dans l'ancienne pa- 
roisse de Sainte-Catherine. 

» Il existe encore aux archives de la Commis- 



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sion des Hospices un manuscrit très remarquable, 
dont la première page est ornée de douze minia- 
tures d'un assez beau travail, retraçant les prin- 
cipaux épisodes de ia légende de. saint Jacques. 
C'est le cartulaire de l'Hôpital Saint-Jacques, écrit 
de la main d'un clerc nommé Gossel Maret en 
1489. MM. Vandenbroek et Voisin ont fait con- 
naître ce document dans les Bulletins de la 
Société historique et littéraire de Tournai, 
t. IX, p. 297 ; nous y puisons quelques rensei- 
gnements. 

» L'hôpital, fondé' en 1319 par Jean Wettins 
qui y consacra son bien, avait à sa tète une con- 
frérie d'hommes et de femmes, dotée de nom- 
breuses faveurs spirituelles par les papes Eugène IV 
et Sixte IV. » Des anciennes Ordonnances de la 
Confrérie^ nous extrayons le curieux passage qui 
suit : 

Ilem tu accorde en lan mil ccc Ixviij, le jour Baint 
Jacques et saint Christofle au malin, quant li confrères 
furent venus pour porter le caudielle en le paroice de 
Saint Jacques, par toutes les paroices et de commun 
assens, que jumes nuls ne peuist eslre des lij qui sont 
pris le jour S. Chrislofle pour entendre as besODgnes de 
le maison toutes les fois quils en sont requis, se ils noot 
fait le voyage au baron de Galisse, dou leur, a piet ou a 
cheval. Et chius assens et accors fu demonstre as xij per- 
sonnes qui estoient pour le temps, a la requeatre de tous 
les confrères, parle bouche syre Pieron le Muysit. » 

Ainsi don.: les douze mayeurs, administrateurs 
de la Confrérie, ne pouvaient être élus s'ils n'a- 
vaient pas fait à leurs détiens, à pied ou à cheval, 



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le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. Per- 
sonnellement obligatoire en 1368, le voyage d'Es- 
pagnii semblerait, un siècle plus tard, être devenu 
une simple formalité à remplir par procureur ; tel 
est du moins le sens que j'attribue à cette phrase 
de l'auteur : a. Les douze maîtres ne pouvaient re- 
cevoir hommes ni femmes en la dite Confrérie, 
s'ils n'avaient fait faire le voyage de Saint- 
Jacques en Galice à le%ii's propres dépens et 
de leur pure dévotion, selon le contenu de la 
bulle de Sixte IV. » 

A la même époque, le pèlerinage de Galice était 
fréquent; on l'ordonnait aussi en punition d'un 
■ crime ou d'un délit. 

» tl mai 1380. — Jacquemout Doudin, pour 
avoir blessé Alart Cresle, fut condamné à 60 livres 
tournois et à faire un pèlerinage en Galice. (F. Hen- 
nebert, Bull, de la Soc. etc. de Tournai, t. 1, 
p. 157.) 

» Le dit pèlerinage est imposé comme amende 
à ceux qui enfreignent le règlement concernant le 
Joyaxi de Saint-Brice. s 

il juin i408. — Comme li parochien de H paroche Saint 
Brisce en Tounray eussent nagueres ordonne a donner 
certains joyaux a cbeulz des aultres paroches de ladite 
ville qui, par isloires, Qgures, imaginations ou expé- 
riences par personnages, le jour du Sacrement prochain 
venant devent disner, en jeu de parures, au dit lieu de 
Saint Brisce, remonstrer et approprier le mistere du Saint 
Sacrement de lautel, avoecq plusieurs aultres choses con- 
tenues en leur cry, savoir faisons, que uous prevost et 
juret, considerans telz grans et souverains materes tou- 
chans nostre foy non devoir estre traistees, démenées, 



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— 129 — 

appropriee&.Qe pourparlees par gens non lettres, ne devant 
gens layB non clercs ne expers, ne estrea jeuees par per- 
sonnages en jeux de parure ou lieux publiques, par grani 
et meure delilieralion que nous en avons eu a pluiaieurs 
graos et notables docteurs, maistres et gradues en théo- 
logie, en lois et en décret, avons delFeadu et deffendons a 
tous nos subges et autres quil ne soll aucun et aucune 
qui, le dit jour ne dores en avant, sentremette en ledite 
ville de faire ne jeuer les dis jeux, par contenance ne 
par jeux de parures, ne autres en quoy soit aucunement 
tralctie du dit mlstere du Saint Sacrement ne dautres 
choses touchant nostre foy et qui appartiennent a estre 
presches, enseingnes, traities et démenées par théologiens 
et aultres en ce expers, sur encourre es paines adce intro- 
duites de droit et a estre mis un mois a pain et a liauwe 
en prison, et après banis de Ix'l. et envoyés a Saint Jacques 
en Galice, et les joyaux ordonnes a donner par ceulx de 
ladite paroche avecq toutes les parures estre conQsqueed 
au droit de ladite ville : mais se aucuns vuellent par 
contenances, tant seulement ledit jour a ledite poilrces- 
sion, remonstrer aucunes figures de lanchien testament 
ou autres approuvées par leglise, pour louneur de ledite 
pourchessioQ et dudit Sacrement que on y portera, selon 
le teuxte et le lettre de le bîbele et de Ihistoire, sans 
autrement les approprier ne appliquier par contenances, 
par signes, par figures, par dictiers, par lettres, par pa- 
rolles ou autrement, au mistere dudit Sacrement, et sans 
sentremettre de rien remonslrcr dicelui saint mistere ni 
dautres materes touchant nostre foy, ou aultrement pai- 
bonne manière loer et reverender par belles, humbles et 
dévotes manières et contenances ledit Saint Sacrement et 
la benoite vierge Marie aussi, et les dis de Saint Brisce 
leur v6ellent a ceste ocasion donner aucuns joyaux, faire 
le porront sans excéder en aucune 4naniere ce que dit est 
sur paines bans et voyages. Rt aussi a l:ipres disner pour 
chascuQ jeuer jeux de parures, desbatemeiis et dexemples 
et histoires, et appliquier la moralité sans touchier les 
1'. VIL 1-e 



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ailes materes par lordonnance des dis de Saint Bi-isce, 
dedcDs le cloque du vespre, et non plus avant, sur la paine 
devant dite. [Bulletins cités, t. VII, p. 68.) « 

(L. Cloquet, Monographie de l'église parois- 
siale de Saint-Jacques, à Tournai, p. 170 à 172 
et 199 à 200.) 

De nouveaux documenta, cher confrère, me 
tomberont-ils encore sous la main? Dans ce cas, 
le temps de les grouper et de vous les transmettre. 
ne mo manquerait -il pas? Je m'en "rapporte à la 
Divine Providence. A sa volonté souveraine de per- 
mettre ou d'interdire la continuation d'un travail 
qui, malgré ses défauts de classement et de mé- 
thode, pourra toutefois offrir quelques secours aux 
archéologues de l'avenir. Au demeurant, si je 
réussis à ajouter le moindre fleuron à la couronne 
artistique du Limousin; à laisser un témoignage 
indélébile d'affectueux souvenir aux amis de la 
onzième heure, dont le cordial accueil sut décu- 
pler pour moi les agréments scientifiques et pitto- 
resques du merveilleux pays que je ne reverrai 
plus, hélas! je croirai avoir rempli une tâche suf- 
flsante.^et d'ailleurs proportionnée aux forces d'un 
vieillard en train de s'acheminer vers la tombe. 

Ch.\rles de Lin'as, 

As«oci« de l'Ai-addmic rovalc de ]iihgiquc. 



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L'EFFROYABLE DELUGE 

ET INNONDATION 

ARRIUÉ EN LA VILLE DE BRIUE-LA-GAILLARDE 
EN LYMOUSIN 

I^ DERNIER DH MAI 1634 



A Paris, chez Ican Martin, sur le ponl Sainct-JUichel 
à l'Anchre double, MDCCXXXIV 



Avec permission (i) 



C'est une chose étrange el prodigieuse de ce qu'encore 
que nous voyons tous les iours nos vies menacées tantôt 
du foudre du Ciel, ores de !a gresle et l'inondation des 
eaux, nous ne nous efforçons point d'appaiser l'ire de Dieu 
, iustement courroucé en nos péchez. Nos crimes sont venus 
à un tel excez qu'il n'est rien de raeschant ni d'abominable 
que les hommes n'inuentent pour contenter leurs voluplcz, 
et armer le Ciel contr'eux. S'estonuera-t-on si ce puissant 
Autheur de la Nature, se voyant si indignement ofTeircé 
par des créatures qu'il a rachetées au prix de son propre 



(I) Iii-12 de 10 pages, conservé à la Bibliothèque nationale, Mss 
Fonds français, t. 25420. 

Bien que cet opuscule soit pliitùt un sermon à propos de l'évë- 
neraent qu'un récit de l'événement, M. Philippe de Bosredon, qui a 
bien voulu nous en envoyer une Oppic, a pensé avec juste raison 
qjf'on devait le reproduire dans notre Bulletin, ne tût-ce qu'à titre 
de curiosité bibliographique. 

Le Comilé de publicalion. 



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— l'32 — 

Bang, les veille puDir de leur iog^fititude. Sodome et 
Gomorre out péry par le feu à cause de l'éDonue vice 
de ses Citoyens, et d'autres villes encore depuis ont été 
submergées par vu contraire Elément, dont il n'est que 
Dieu seul qui puisse retenir la fureur. Sans aller chercher 
des exemples dans l'Antiquité, n'auons-nous pas veu Paris 
menacé d'vn embrasement uniuersel, et son Palais déuoré 
de ses fiâmes? L'eau dont l'on se sert pour estaindre le 
feu n'a pu empescher que sa violence n'ait bruslé iusques 
aux fondemens des deux plus beaux et plus riches ponts, 
qui seruoient d'ornemet à Paris et à la Seine. Ce superbe 
édifice de la Saincte Chappelle où se void du boys de la 
vraye Croix, qu'on adore auecque tant d'humilité, et où 
un si grand nombre d'ouuriers ont esté employez pour le 
reBdre admirable sur tous les autres ouurages de la France, 
a perdu son lustre el sa beauté en vne seule ioumée, par 
vne incendie qui eust sans doute ruyné tout à fait l'enclos 
du Palais, si l'on n'eust prudemment et promptement pour- 
veu aux moyens de le conseruer. La Riuière des Gobelios 
deabordée à elle pas autrefois pensé faire noyer par son 
déluge l'ancienne ville et fauxbourg de sainct Marcel. Qui 
voudroit s'en rapporter tous les exemples des estranges 
accidens qui sont arriuez de la cognoissance de nos pères, 
et de nostre temps, il faudroit en faire vn gros volume. 

A quoy deuons nous imputer tous ces tristes euènemens, 
sinon à des marques de la colère de Dieu offencé contre 
ses créatures à cause de leur desobeyssance. Il est vray 
qfie ceux dont il prend soin tombent fort peu souuent en 
des infortunes irréparables, sans qu'vne puissance secrète 
les en aye aduertiz par quelque signe visible. La nature 
et la nécessité permettent bien à lous les hommes de 
defTendre leur vie, et de repousser la force par la mesme 
foice, quand il ne leur reste plus, pour éuiter le mal, 
sinon de recourir aux remèdes, qui sont iustes puisqu'ils 
sont nécessaires. Mais louchant les maux dont Dieu nous 
menace, et qu'il nous euuoye, le moyen de nous ffa 
deffcijdre, s'il nous en veut affliger, puisque la force 



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- 133 - 

humaine n'agist point contre sa volonté et que tout ce 
que nous pouuons faire pour destourner son ire, c'est de 
se letter à ses pieds et de luy demander pardon de nos 
faut«8 auec autant de larmes que de contrition. 

Aux affaires d'importance, il ne faut point du tout 
perdre le temps; tcu qu'il ne faut qu'vn moment pour 
les ruyner et que bien souuent vn siècle ne suffît pas 
pour réparer les fautes qui ont été faites en vn quart 
d'heure. Y a-t-it rien au monde qui nous soit plus im- 
portant que la conseruation de nostre vie et de nostre 
ame; l'vne et l'autre sont menacées tous les iours de 
ruyne à cause de nos péchez, nous endonnirons nous 
dans les délices, et nous laiesans charmer par Toisineté, 
n'employerons nous point le temps à songer à nostre 
salut, tandis que le diable veille pour nous le faire perdre? 
Voicy de nouueaux exemples que Dieu nous donne 
pour nous faire amander, et ne le point contraindre à 
la rigueur de ses chastimeos pour punir notre obstination. 
Craignons les veines qu'il porte en la main pour nous 
chastier, si opiniastres à nostre dommage nous ne pro- 
âtons de ses débonnaires menaces. 

'Le dernier iour de May de la présente année mil six 
cens trente quatre, sur les cinq heures du soir, dans la 
ville de Briue la Gaillarde en Lymousin' au plus beau 
iour qu'on eust pu souhaiter, il suruint en vn moment 
tant de feux et d'esclairs, et vne si effroyable tempeste, 
qui faisoit trembler les baatimens du fondement jusques 
au feste, que tous les habitans eurent suiet de croire 
qu'ils estoient à la fin de leurs iours. Après qu'ils furent 
To peu deliurez de l'appréhension qu'ils auoient iustement 
eue de périr par le feu et au moment qu'ils se reaiouys- 
Boient dantf leurs âmes de cette déliurance, ,en vn instant 
l'air vn peu rasséréné se trouble derechef d'vne si es- 
trange sorte qu'on eust dit que ce iour esloit une nuit 
des plus obscures. Les vents commencent à siffler de tous 
costez, et la pluye tombe d'en, haut si abondamment sur 
la terre qu'en moins d'vne demi-heure cette ville se vid 



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— 134 — 

sur le point d'estrc abysmée pat vn déluge, qui se rendit 
si fougueux à sa naissance, qu'il iry eust aucune maison 
où l'eau ne montast iusques au premier estage. Les cris 
et les pleurs de ce pauure peuple affligé sont extrêmes, si 
les uns sont plus asseurez que les autres pensent se sauuer 
ils se noyent, c'est une chose espouuan table de voir la 
mère ne pouuoir secourir son enfant que ce déluge en- 
gloulist inhumainement et qui en accroist l'horreur par 
les larmes. Le mari hazarde sa vie pour secourir celle de 
sa chère moitié, et tous deux la perdent en mesme temps, 
esteignant leurs chastes feux et leurs sacrez amours dans 
la froide rigueur de ce traiatre Elément. Le récit de ce 
spectacle fait hérisser les cheueux et geler le sang aux 
veines, comme il fait esuanouyr ceux qui s'estoient relirez 
aux lieux plus esleués pour les esuiler le hazard et affoi- 
blit si fort ceux qui se trouuent surpris qu'ils n'ont aucun 
moment pour rechercher le salut. Tligoureux événement 
et toutesfois iuste chastiment d'un Dieu irrité qui veut 
que sa miséricorde cède à sa iustice, afin de. nous retirer 
du vice et nous faire abandonner les obiets de iiostre 
perte; Bon père, mais qui nous chastie doucement afin 
que l'habitude du vice ne- nous rende indigne du bien 
de sa grice et de nostre bon-heur parmy ces. troubles, 
et cet horrible 'accident : Lie meilleur en leur malheur 
est de n'espérer rien de bon pour eux que du Ciel, Tout 
secours humain leur manquant, ils furent contraints de 
s'adresser à celuy qui fait des montagnes d'eaux quand 
bon luy semble et qui les resserrent promplemeot dans 
leurs profonds abysmes lorsqu'il luy plaist. 



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.LIVRES DE RAISON 

REGISTRES DE FillLU ET JOnRIlO! DDIflDIIELS 

LIMOUSINS ET MARCHOIS 

Recneillis et publiés par H. Louis GDIBEBT 

Avec le Concours de M. Alfbhd LBHOUX, Archiviste 

de !a fite- Vienne, et de M. l'Abbé LËGLER, 

Curé de Gompreignac 




'histoire s'est longtemps contentée 
d'une moisson bien incomplète, en 
proposant à ses études, pour objet 
presque exclusif, les grands événe- 
ments de la vie des nations. L'ori- 
gine des peuples, l'organisation politique de ce* 
vastes sociétés, leurs luttes, les conquêtes, les 
traités, les effondrements des empires, la succes- 
sion régulière ou tourmentée des souverains, les 
incidents dramatiques de Igir existence, tels sont 
à peu près les seuls faits auxquels on croyait 
devoir accorder de l'attention et qui fournissaient 
le thème ordinaire de l'enseignement. On était 
amené, par la force des choses, à s'occuper de 
temps en temps des provinces, des vicissitudes 
de leur passé et de la condition, à un point de 



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_ 136 — 

vue général, des diverses classes de la population; 
mais on n'allait pas, dans cette voie, au-delà de 
données fort sommaires. Quant aux groupes 30- 
ciauK i-cels, vivaces, persistants, sur lesquels repo- 
sait l'édifice politique artificiel et sans cesse rema- 
nié : la famille, la corporation, la commmie, ils 
paraissaient placés en dehora du cadre de l'his- 
toire. On ne pouvait pas les ignorer absolument 
et on en savait, on en enseigaait même quelque 
chose; mais on les regardait d'un œil distrait et 
on suivait de loin, de très loin, sans y attacher 
beaucoup d'importance, le mouvement confus de 
cette masse sombre sur laquelle se détachaient en 
traits lumineux, en couleurs éclatantes, les événe- 
ments dont l'historien s'efforçait de saisir la suite 
et enregistrait avec soin les moindres détails. Par 
une bizarre inconséquence, l'enseignement le plus 
élémentaire comprenait, sur les institutions et les 
mœurs des Égyptiens, des Grecs et des Romains, 
des notions qu'on ne songeait même pas à donner 
aux jeunes gens quand on en venait à leur parler 
êe leurs prédécesseurs immédiats, de leurs pères : 
les Français du Moyen âge. 

Le mouvement des idées nous a peu à peu 
amenés à une autre façon d'envisager l'histoire, 
et nous restituons aujourd'hui, auprès des faits de 
l'ordre politique proprement dits, leur légitime et 
grande place aux faits sociaux. Depuis un demi- 
siè le, l'organisation municipale (1) de nos an- 



(I) Il faut considérer le groupement communal comme un fi 
d'ordre social bien plus que comme un fait d'ordre politique. 



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ciennes cités a été l'objet des études les plus 
attentives, et nous pouvons déjà nous rendre un 
compte plus juste du groupement et du fonction- 
nement de toutes les activités que la commune 
reliait en un puissant faisceau. Il n'existe pas, à 
l'heure qu'il est, dans toute l'Europe, un esprit 
curieux qui ne s'évertue à démêler la vérité sur 
les principes essentiels du régime corporatif, sur 
les phases successives qu'a traversées la corpora- 
tion de métier et sur l'influence exacte qu'elle a 
exercée au point de vue des rapports entre les 
diverses catégories de travailleurs. Quant à la 
famille, partout, autour de nous, on étudie avec 
zélé, avec patience, avec amour, tout ce qui a 
trait à sa constitution, à l'action réciproque de ses 
membres, à ses mœurs et à son régime intérieur ; 
on refait, d'après des documents authentiques, 
précis,, émouvants parfois dans leur brièveté et 
leur naïveté, l'histoire du foyer de nos ancêtres. 
On cherche, dans les exemples que nous a légués 
le passé, des leçons pour le présent et pour 
l'avenir. Les études monographiques, recomman- 
dées avec raison par le maître de la scieoce 
sociale à notre époque, Frédéric Le Play, pour 
servir de base aux grandes constatations écono- 
miques et de contrôle à des théories U-op légè- 
rement acceptées, mettent en lumière jusqu'aux 
moindres détails de ces tableaux intimes, dont il 
faut aller chercher chaque trait aux sources les 
plus variées : minutes de notaires, rartulaires 
d'églises et de couvents, terriers, lièves, registres 



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des paroisses et des municipalités, journaux indi- 
viduels, papiers de famille et livres de raison. 

C'est à cette dernière catégorie de documents 
que nous devons les notions les plus exactes et 
les plus intéressantes qu'on possède sur la famille 
d'autrefois. Ces livres domestiques sont les dépo- 
sitaires des pensées et des sentiments de leurs au- 
teurs, les confidents des joies, des tristesses, des 
espérances, des projets du père; ils conservent à 
la fois et les annales du foyer et des Indications 
sur l'état de la fortune du groupe qui constitue 
la souche de la famille. La voix des anc-ètres 
semble s'en élever quand on les ouvre, et un 
étranger même ne peut feuilleter leurs pages jau- 
nies, sans éprouver un sentiment de respect mêlé 
d'une certaine émotion. 

Un livre de raison n'est, en principe, qu'un 
livre 3e compte {liber rationis). C'est le registre 
des comptes du foyer, le journal de la gestion 
du chef de famille. Aux notes relatives à la for- 
tune du groupe, à l'accroissement successif du pa- 
trimoine, aux pertes, aux achats, aux ventes, aux 
prêts, aux emprunts, aux procès, aux rentes à 
payer et aux redevances à percevoir, se mêle le 
plus souvent la mention des changements sur- 
venus dans le personnel même de la maison : 
naissances, mariages, décès. Le livre de raison 
n'a sa propre et complète physionomie que lors- 
qu'il renferme des passages correspondant à ces 
deux ordres d'idées. Alors seulement, il nous donne 
au vrai l'histoire de la famille. — Parfois le rédac- 
teur ajoute à la constatation des faits quelques 



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commentaires, des réflexions personnelles, des con- 
seils pour l'avenir, des prières; il consigne dans 
son livre, comme Gérald et Jean Massiot, mar- 
chands de Saint-Léonard, les leçons qu'il doit à 
l'expérience, afin qu'elles puissent profiter à ses 
fils; il y insère, comme Etienne Benoist, bour- 
geois de Limoges, des vers populaires qui portent 
l'âme à de sérieuses pensées ; il indique, comme le 
notaire Psauinet Péconnet, certaines particularités 
qui nous initient à de curieux usages. U n'est pas 
rare, enfin, que son regard franchisse le cercle de 
la famille, et çà et là on rencontre avec sur- 
prise, dans ces cahiers intimes, un écho des pas- 
sions politiques de l'époque ou ia mention d'évé- 
nements contemporains, dont le théâtre est par- 
fois bien éloigné du foyer paisible où le père 
écrit ces pages naïves, destinées à être lues de 
ses seuls enfants. C'est ainsi que nous avoils 
relevé, dans un de nos registres limousins, un 
passage ayant trait à la mort de Charles- le-Témé- 
raire sous les murs de Nancy. Ailleurs, ce sont 
des détails sur les épidémies, les famines, les 
guerres locales, l'apparition de certains phéno- 
mènes de l'ordre physique, de certains météore^, 
le retour de crises climatériques ou de conjonc- 
tions sidérales. Auprès des témoignages répétés de 
la foi solide de nos pères, on trouve l'aveu de 
leurs naïves superstitions. Leurs comptes nous ré- 
vèlent mille traits de mœurs cnjieux, mille inté- 
ressantes particularités sur les rapports entre les 
maîtres et les domestiques ou les colons des do- 
maines ruraux, les habitudes de la vie, l'instruc- 



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— 140 — 

tion et l'éducation des enfants, l'état de l'indus- 
trie, le3 relations commerciales, le prix des denrées, 
la valeur de l'argent, etc., etc. 

Il s'en faut, assurément, que tous les livres 
de raison nous offrent un tableau aussi varié et 
se présentent à nous avec une physiononrie aussi 
bien caractérisée. Beaucoup ne renferment que des 
notes sommaires, des mentions sèches et suc- 
cinctes; mais si incomplètes et si incolores que 
celles-ci paraissent au premier abord, elles n'en 
sont pas moins intéressantes, et, en les rappro- 
chant entre elles, en les comparant avec les pas- 
sages analogues d'autres documents du même 
genre, on en tire plus d'une pré-ieuse infor- 
mation. 

a Est-il besoin, écrivait il y a quelques mois 
notre confrère et ami Alfred Leroux, archiviste du 
département de la Haute-Vienne, dans l'Almanac/i 
limousin de la Corrèze{i), de faire ressortir le 
prix de tels documenta pour la connaissance des 
mœurs du passé? n'est-il point évident que, non 
destinés à la publicité, ils ont une ^veor de 
franchise et de vérité d'autant plus précieuse que 
l'homme intérieur est de plus près en jeu? Avec 
ces registres de famille, nous nous asseyons véri-" 
tablement au foyer de nos ancêtres; nous assis- 
tons à leurs joies, à leurs douleurs aussi; nous 
connaissons leurs idées, leurs sentiments, leurs 
préjugés même; nous mesurons plus exactement 
l'horizon de leurs pensées, et il est telle réflexion, 

(t) Année 1SS5. Yenve Ducourtieux, éditeur, à Limogei. 



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échappée à leui" plume inconsciente, qui nous fait 
souvent mieux juger de la différence des temps 
que le plus savant traité de psychologie historique. » 
Mais quels que soient le cadre du livre de 
raison, et la manière dont ce cadre a été rempli, 
il reste avant tout et par-dessus tout un compte 
matériel et moral; toujours on le trouve ins- 
piré par le souci de rendre raison, aux conti- 
nuateurs de la famille, de la gestion du chef 
actuellement chargé de sa direction et de ses 
intérêts. Ajoutons qu'on démêle toujours, chez ce 
chef, le sentiment profond de' la solidarité des 
générations successives de sa race, et la conscience 
énergique d'une haute responsabilité vis-à-vis non- 
seulement de ses descendants, mais aussi des an- 
cêtres qui, avant lui, ont présidé au foyer. Cette 
responsabilité était. le lontre-poids efficace de l'au- 
torité presque sans bornes que les mœurs et les 
lois -avaient remise aux mains du père. 

Nous avions toujoui's pensé que les livres de 
raison ne devaient pas être rares dans notre Li- 
mousin, dont on citait la famille en exemple pour 
sa forte discipline, Tunion de ses membres et la 
simplicité de leur vie; on n'avait pas néanmoins, 
jusqu'à ces derniers temps, signalé l'existence de 
plus de deux ou trois registres de ce genre dans 
le pays, et le public n'avait été mis à même d'en 
connaître aucun. M. Fernand de Malliavd, le pre- 
mier, se fit l'éditeur d'un livre domestique des 
plus intéressants, tenu dans sa propre famille du- 
rant plusieurs générations successives et embfas- 



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sant une période de plus de cent cinquante ans 
(1507-1662). Ce précieux registre a été publié dans 
le Bulletin de la Société scientifique, historique 
et archéologique de Brive, années 1880 et 1881. 
Nous donnâmes à notre tour, à la fin de 1881, 
le cahier d'Etienne et de Guillaume Benoist, bour- 
geois de Limoges (1426-1454). Nous trouvions dans 
ce document la mention précise de l'existence, au 
foyer qui se révélait ainsi à nous, d'autres a pa- 
piers de famille » à une époque antérieure au 
XV" siècle, en particulier d'un livre de raison bien 
caractérisé, tenu par Jean Benoist vers 1330(1); 
de plus une note reproduite dans ce registre, se 
rapportant à un partage effectué en 1308, écrite 
par Pierre, un des copartageants, et visiblement 
extraite d'un recueil de notes personnelles, d'un 
mémorial de famille de la même nature que le 
précédent (9), nous autorisait à affirmer que les 
livres de raison, dans notre province, ont existé 
dès le xni* siè 'le. 

Plusieurs de nos excellents confrères de la So- 
ciété archéologique et historique du Limousin — et 
parmi eux il faut nommer en première ligne 
M. Leroux et M. l'abbé Lecler, curé de Com- 
preignac — ont, depuis lors, prêté à nos recher- 



(I) Hun grant papier, cubert de cubertura negra, iiont eys escrich 
et sont contengut las chouzas et los fach que nous avem agut a 
Tar am plurors et am divcrssas pcrsonas de divers et de plurors 
fach que nostreys ancestreys,.. avient agut a far. Et cra csorich 
de la madeu senheir Johan Beyneyc, loqual fo payr de mon senlier 
Outlio Beyneyc. Et fo fach en viro de Tan miel IlI.XJtX. 

(3) El nom de Dieu et de la soa beneyta mayre... Yen, Peyr 
Beyneyc et Johan, mos frayres, paitim... nostre heretatge, etc. 



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- 143 - 

ches sur la famille limousine d'autrefois un con- 
cours qui a amené les plus heureux résultats. 
H y a trois mois à peine, VAlmanach que nous 
citions tout à l'heure constatait qulen' peu de 
temps, nos efforts réunis avaient rendu à la lu- 
mière une vingtaine de livres de raison, oubliés, 
pour la plupart, dans la poussière des greniers 
ou enfouis dans les archives particulières. Ce 
chiffre de vingt, que nous n'atteignions pas en- 
core à ce moment, est aujourd'hui dépassé. Le 
registre des Benoist demeure (après les notes de 
famille du notaire Gérald Tarneau, de Pierre- 
buffière, recueillies et publiées par M. Leroux) 
le plus ancien des livres domestiques qui nous 
aient été conservés ; mais il ne doit plus être co'n- 
sidéi^, dans notre province, comme un monu- 
ment isolé, comme un document d'une espèce 
rare. Ce que nous donnions il* y a quatre ans 
comme une probabilité, est bien et dûment établi 
à présent : les livres de famille furent jadis d'un 
usage commun en Limousin. 

Voici la liste complète, par ordre chronolo- 
gique, des livres de raison, journaux individuels 
et registres de famille dont l'existence nous a été 
révélée jusqu'à ce jour dans toute l'étendue de 
l'ancien diocèse de Limoges (1) : 

1° Papier domestique de Pierre Benoist, bour- 
geois de Limoges (1308). Perdu. 



(I) Noua nous sommes aidé, pour dresser ce relevé, de U liste 
que contient l'ouvrage, eu cours do publication, de M. AITred 
Leroux : Charles et Chroniques couceruaut l'histoire du Lin 



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2° Registre de famille : « Grand papier à cou- 
verture noire, » de Jean Benoist, bourgeois de- 
Limoges (vers 1330). Perdu. 

3° Registre de famille et chronique de Gérald 
Tarneau, noUire à Pierrebufiiére (1423 à U38). A 
la Bibliothèque communale de Limoges. 

4° Livre de raison d'Etienne Benoist, bourgeois 
de Limoges, et de Guillaume son fils (6 sep- 
tembre 1426 au 26 mai 1454). Cabinet de M. As- 
taix, à Limoges. 

5° Registre des comptes ruraux, contrats et notes 
diverses de Gérald Massiot, bourgeois et mai-chand 
de Saint- Léonard , continué par Jean son fils et 
par ses petits-fils : Jean, Louis et Antoine (17 
février 1431 au 17 novembre 1490, avec deux 
notes rapportant des faits de 1494 et 1496). En la 
possession de M. le chanoine Arbellot, à Limoges. 

6" Gahier-memento de Psaumet Péconnet, no- 
taire à Limoges (du 10 avril 1487 au mois d'oc- 
tobre 1502). Archives de famille de M. Adolphe 
Péconnet du Châtenet, à Limoges. 

7" Livre de raison de la famille de Malliard 
de Brive (1507-1662). En la possession de M. Fer- 
nand de Malliard, à Paria. 

8° Registre de famille des Maurat, du Dorât (18 
novembre 1556 au 24 juillet 1798). Archives de 
famille de M. Maurat- Ballange, ancien conseiller 
à la Cour de Limoges. 

9* Livre de famille des Lemaistre- Bastide, de 
Limoges (22 septembre 1558 au 13 février 1748). 
Archives de famille de M. G. La Bastide, au châ- 
teau du Lude (Loiret). 



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10" Livre de famille des Barbou, de Limoges, 
commencé en 1567, continué an xvu' et peut- 
être au xvni' siècle : a véritable registre de l'état 
civil tenu par les représentants successifs de la 
maison Barbou, à Limoges » (Poyet)(l). 

11' Livre de famille des Lamy — Lamy de Luret 
et Lamy de La Chapelle, — de Limoges (du 2 no- 
vembre 1571 à nos jours), avec une note de 1568 
écrite par Jean, frère de Franrois Lamy, son pre- 
mier rédacteur. Auk mains de M. Théophile Lamy 
de La Chapelle, de Limoges. 

12° Registre de famille de Jeanne Boyol, dame 
de Villelump (1587 à 1594). Archives de famille 
de M. le comte àe Villelarae, à L'Aumônerie, 
près Aixe (Haute-Vienne). 

13' Registre de famille ou jounial, individuel de 
Junien de La lirunye, bourgeois de Rochechouart 
{lin du XVI* siècle et commencement du xvu'). 
Perdu. 

14" Registre de famille des de La Brunye, de 
Rochechouart (5 février 1599 à 1799). Propriété 
de M. Émilien de La Brunye, à Rochechouart. 

15° Livre de raison des Lachau, d'Argentat 
(première moitié du xvu' siècle). A été signalé 
comme existant dans les archives de famille de 
M'" de Négraval, à Argentat; serait perdu au- 
jourd'hui. 

16' Livre de famille de Jean Plaze, d'Argentat 



(t) Nous recherchons en ce moment co précieux document, qu'a 
signalé feu M. Poyel dans sa Notice sur les origines de l'Im- 
prlmerie à Limoges. 



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tl9 février 1605 au i4 septembre 1634), et d'un 
sieQi" Deyma, du même lieu ("21 octobre 1644 au 
17 avril 1661), avec notes de 1712 à 1729. En 
la possession de M. Eusèbe Bombai, d'Argentat. 

17" Grand « papier de raisons » de... Jarrige, 
de Saint-Yrieix (1609). Perdu. 

18" Livre de raison d'Antoine d'Areilh, bour- 
geois et juge de Beaulieu (18 novembre 1611 à 
1637), avec notes du xvin' siècle. Cabinet de 
M. Louis de Veyrières, à Beaulieu. 

19" Journal d'un sieur Gondinet, de Saint-Yrieix 
(du 25 mars 1613 au 20 octobre 1630). Propriété 
de M. Boavieux, inspecteir des Domaines^ à Auch. 

20" Livre de raison d'un sieiïr Jarrige, de Saint- 
Yrieix (1617 à 1626). En la possession de M. Boi- 
leau, à Saint-Yrieix. 

2r Notes personnelles inscrites, de 1627 à 1632, 
par L. Pauthut, curé de Saint-Maurice de Limoges, 
sur les registres paroissiaux de cette église. Ar- 
chives de l'hôtel de ville de Limoges (1). 

22' Livre de raison de Jean et Jérôme Texendier, 
frères, (9 novembre 1636 à 1662). Archives de 
famille de M. le comte de Villelume. 

23° Livre de raison de Jean Péconnet, bour- 
geois de Limoges (1644 au 23 octobre 1678). Pro- 
priété de M. Adolphe Péconnet du Ghâtenet, à 



[I] Voir les plus curieuses de ces notes dans notre notice sur 
les ItngMrv» deê Paroisxen de Limoges, Bulletin de la Société 
archéologique et historique du Limousin, t. XXIX, p. 33, et Aima- 
tiacA iimomiii. de 1869 



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— U7 — 

24' Livre de famille du même. Perdu. 

25' Journal de Jean Lafosse, bourgeois de Li- 
moges, pendant l'année de soa consulat (1" jan- 
vier 1649(1) au 7 décembre 1649}. Copie de Legros 
au séminaire de Limoges. Original perdu. 

26' Livre de raison de Jean Texandier, de sa 
bru, Valérie Du Boys, et de son petit-fils, Jean- 
Baptiste (24 septembre 1662 au 18 janvier 1703). 
Archives de famille de M. le comte de Villelume, 
déjà mentionnées. 

27* Journal personnel d'un sieur Avril, de Li- 
moges (milieu du svn* siècle). E.^traits reproduits 
dans les manuscrits des abbés Nadaud et Legros, 
au séminaire de Limoges. Perdu(i). 

28° Journal personnel de Jean Moreau, notaire 
au Dorât (1666 à 1741). Signalé par M. l'abbé 
Lecler(3). 

29' Livre de raison du président Chorllon, de 
Guéret. Signalé par M. Jean de Cessac, de Guéret 
{deuxième moitié du xvii' siècle). 

30° Livre de raison de Joseph Péconnet, avocat 
à Limoges (30 août 1679 à 1700) (?), avec notes 
relatives aux domaines ruraux jusqu'en 1716. Pro- 



(0 Ls commencement, du 7 décembre t64S su 1" janvier 1649, 
miuique. 

(2) Cet Avril ne serait-il pas le médecin Pierre Avril, mort le 
13 juin I6T5, à aoiiante.douze ans, et que le curé de Saint-Maurice 
de la Cité, en enregistrant sa sépulture, qualifie d'homme o très 
acavant et très expérimenté. » 

(3) Quelques passages de ce document ont été publiés par H. A. 
Leroux {Documenls Itisloriquea relatifs à la ville du Dorât), 
Bulletin de la Société archéologique et historique du Lin 
l. XXIX. p. 172. 



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— 148 — 

priété de M. Ad. Péconnet du Châtenet, de Li- 
moges. 

31° Registre de famille des Romanet du Caillaud 
(xvn* et xvin' siècles). Archives de la famille Ro- 
manet du Caillaud, château du Caillaud, près Isle 
(Haute-Vienne). 

3?" Registre de famille d'un sieur du Mas-Genest? 
(xvni* siècle). Archives d'une famille de Cieux (Hte- 
Vienne). 

33'' Registre de famille des Leynia de Chassagne, 
près Uzerche (1713-1830). Archives départementales 
de la Haute-Vienne, série E. 

34° Registre de famille d'Etienne Retouret, de 
Limogos (1746 à 1703). Extraits en la possession 
de M. l'ahhé Lecler. 

35° Livre de raison de N. Laniy de Luret, curé 
de La Roche-L'Abeille (1779-1788). Archives dépar- 
tementales de la Haute-Vienne, série G. 
36° Etat des redevances dues au chanoine J.-B. 
Marchandon du Puy-Mirat, à Limoges (1789-1791). 
Cabinet de M. R. Chapoulaud, à Limoges. 

Cette sorte de documents est aujourd'hui si peu 
familière au public, et, dans notre pays en parti- 
culier, elle semble si inconnue, ou pour, mieux 
dire, si complètement oubliée, que nous avons 
cru faire une œuvre utile en copiant, dans les 
registres de famille dont qirelques personnes ont 
bien voulu nous donner communication, un cer- 
tain nombre de passages choisis et eu publiant ces 
extraits, accompagnés des nott^s indis|iensables : 
ainsi groupés, ils prennent une physionomie mieux 



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— U9 — 

caractérisée, et acquièrent une signification plus 
précise et un plus vif intérêt. On en jugera en 
parcourant ces pages, dont quelques-unes ont été 
écrites il y a quatre siècles et demi, et on se 
rendra aisément compte de tout le fruit qu'un 
lecteur attentif peut retirer de l'étude de nos an- 
ciens papiers domestiques. 

Les registres conservés dans nos vieilles familles 
limousines ne diffèrent en rien de ceux dont l'exis- 
tence a été signalée dans d'autres contrées. Ce sont, 
dans ceux-là comme dans ceux-ti, les mêmes 
traits principaux : la même simplicité, le même 
ton grave, la môme sollicitude toujours en éveil, 
la même robuste piété. Il faut toutefois convenir 
que nous n'avons rencontré dans aucun de ces 
documents, l'élévation de pensée et la force de 
langage dont M. de Ribbe a pu relever de nom- 
breux exemples dans les livres de raison des pro- 
vinces du sud-est de la France, et qu'il a si jus- 
tement proposées à l'admiration de ses lecteurs. 
Le manuscrit des La Brunye, de Rochechouart, est 
peut-être, de tous nos papiers de famille de la 
région, celui dont quelques passages rappelleraient 
le mieux le ton et l'allure des registres dont nous 
venons de parler; mais l'originalité fait ici presque 
absolument défaut, et la sollicitude du père de 
famille ne trouve jamais, pour s'exprimer, cette 
forme' noble, cette émotion pénétrante, cet accent 
d'autorité qui donnent une si haute portée morale 
aux enseignements consignés sur certains papiers 
domestiques. On peut dire que nos registres de 
famille et nos livres de raison donnent assez ftdè- 



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lement la note du caractère de nos compatriotes 
limousins. On y reconnaît l'empreinte de leurs 
qualités, de la simplicité de leurs mœurs, de 
leur piété, de leur résignation, de leur courage 
au travail. Mais on y retrouve aussi à un haut 
degré leur souci excessif des intérêts matériels et 
le défaut trop ordinaire d'élévation de leurs pen- 
sées, résultat forcé de la prédominance des préoc- 
cupations les plus vulgaires de la vie et d'une 
indifférence profonde de la culture intellectuelle. 
Les extraits qu'on trouvera à la suite de ces 
remarques préliminaires sont empruntés à vingt 
manuscrits inédits figurant au relevé que noua 
avons donné plus haut. Il nous a paru nécessaire 
de consacrer à chacun de ces documents une courte 
notice, destinée à signaler au lecteur les particu- 
larités qui peuvent être de nature à appeler son 
attention. 

I. — A-près le livre de raison d'Etienne Benoist 
et les notes de famille mêlées à la chronique du 
notaire Tarneau, il n'existe pas en Limousin, à 
notre connaissance, de document de cet ordre plus 
ancien que le Registre des comptes ruraux, 
contrats et notes diverses des Massiot, actuelle- 
ment en la possession de M. le chanoine Arbellot, 
président de la Société archéologique et historique 
de Limoges. La première mention datée qu'on y 
trouve remonte au 17 février 1431; la plus ré- 
cente est du 17 novembre 1490. Ajoutons qu'un 
petit carré de papier, d'une écriture très posté- 
rieure, attaché par une épingle au verso d'un 



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feuillet, conserve le souvenir de deux dâcès, sur- 
venus l'un le 26 janvier 1494 (nouveau style : 
1495), l'autre, le 18 juin 1496. 

Malgré le peu de soin qu'ont dû en prendre 
pendant de longues années ses détenteurs succes- 
sifs, le registre des Massiot n'est point en trop 
mauvais état. Quelques feuillets sont rongés sur 
les bords; l'encre de quelques pages a pâli; mais 
on lirait son contenu sans trop de peine, n'étaient 
les abréviations singulières qui arrêtent le curieux 
à chaque ligne et le détestable patois dans lequel 
s'expriment ses rédacteurs. Quelques actes en fran- 
çais, seuls, sont d'une langue remarquablement 
correcte; tout le reste du volume est en mauvais 
latin ou en roman tout à fait corrompu. Énorme 
livre de plus de 800 pages, formé de dix gros 
cahiers (1) de papier de chiffon in-4'' (301 milli- 
mètres sur 218 à 224) recouverts chacun d'une 
feuille de parchemin et reliés ensemble, il offre 
des spécimens d'une vingtaine d'écritures, dont 
deux surtout méritent d'être signalées pour leur 
netteté. Le papier qui le compose est marqué, 
dans la pâte, d'un filigrane représentant tantôt 
une main bénissant aux doigts allongés et dont 
l'avant-bras est terminé par une sorte de man- 
chette, tantôt une licorne d'aspect passablement 
lourd; le plus souvent une tête d'animal sur- 
montée de deux longues cornes — une tête de 
chèvre, semble-t-il — ailleurs une vache assez bien 



(t) C'est au cinquiëma et au neuvième cahiers qu'on trouve les 
articles les plus anciens. 



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figurée. On ne trouve, pour ainsi dire, aucune 
différence entre l'aspect des feuilles qui portent 
ces divers signes, et leur fabrication paraît re- 
monter uniformément à la première moitié du 
sv' siècle. Nous savons que cent cinquante ans 
plus tard, il y avait sur la Vienne, en amont de 
Saint- Léonard, des moulins à papier; mais il se- 
rait peut-être téméraire d'avancer qu'il en existât 
à cette époque. Vers 1360, plusieurs villes de 
France, Angoulème et Troyes entre autres, en 
possédaient. On peut toutefois supposer, d'après 
un passage du registre même, relatif à des mar- 
chandises reçues de Genève en 1437, que du papier 
de fabrication italienne, expédié par cette voie, a 
fourni les cahiers dont se compose le livre en 
question. Les marques que nous avons indiquées 
plus haut semblent confirmer cette hypothèse. 

Singulier recueil en vérité : amas confus d'actes 
de tout genre et de renseignements hétérogènes. 
On trouve d'ordinaire un peu de tout dans ces 
vieux registres de famille; mais celui-ci, dans la 
modestie apparente de son cadre, nous ofk-e une 
variété de notes faite pour surprendre, même le? 
personnes que leurs études ont familiarisées avec 
ces sortes de manuscrits. Et tout cela, dans un 
pèle-méle de dates et d'objets qui, au premier 
abord, est fait pour rebuter le bon vouloir et 
décourager la curiosité du lecteur. Voici, par 
exemple, entre un contrat de reconnaissance de 
cheptel de 1487 et une note de 1477 (par laquelle 
Jean Massiot recommande à ses héritiers, si leur 



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fortune augmente, d'acheter une vigne du côté de 
Champmain ou du Treuil de l'Hôpital, où la gelée 
cause moins de dégâts), le passage dont nous 
avens déjà parlé, mentionnant la mort du duc de 
Bourgogne, le redoutable adversaire de Louis XI. 
Dix ou quinze pages plus haut, quelques lignes 
confuses, relatives au prix de vente de divers ani- 
maux, au milieu desquelles on rencontre des re- 
connaissances de 1434 et de 1459, sont suivies 
d'une liquidation de société commerciale-, de 1439; 
vient ensuite un curieux compte de marchandises 
reçues de Genève en 1437, dans lequel se trouvent 
intercalées des notes de 1446 relatives à des ventes 
de bestiaux ; à la page suivante on lit l'analyse, 
fort intéressante, d'un sermon prêché par un bon 
religieux dans l'église de Saint-Léonard, le 3 dé- 
cembre 1437, et résumé par Gérald, le chef de fa- 
mille qui a conunencé le recueil : la main pieuse 
des fils a noté, au bas de la page, que celle-ci 
est de l'écriture même de leur père. Plus loin ce 
sont des recettes de potions, d'emplâtres, une autre 
« pour fere borax de roche, » un cantique à la 
Sainte Vierge, des remarques sur le retour pério- 
dique des calamités publiques : famines, guerres, 
épidémies, le souvenir un peu confus des grandes 
luttes des xiv" et iv' siècles entre l'Angleterre et 
la France : la mention, entre autres, de la descente 
sur la côte du sud-ouest, en 1388, des Anglais 
commandés par le comte d'Arundel : tout cela 
semé sans ordre au milieu d'une multitude d'actes 
et de notes de styles très divers, d'objets très 
variés. Les contrats sont inscrits de la main même 



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— 154 — 

du notaire sur le livre de famille. Une douzaine 
de tabellions ont pris part à la rédaction du 
recueil, et on peut, au bas de chaque acte, 
admirer leur signature et leur paraphe. Ce sont : 
J. Beaure, Gailliaud, Léonard et Nicolas Ravaud, 
Martial Basset, N. de La Vigne, N. de ViroUe, 
Giraud de Saint- Yrieix, Etienne Tillourier, Jean 
de Convalètes ou de Gombalètes, N. Bordas, N. 
Valière, Pierre de Meyrenges, Nicolas Hugonaud, 
Antoine Hugonaud. Le coût de chaque acte est 
fixé d'avance et on trouve sur un feuillet spécial, 
à la date de 1483, les soumissions par lesquelles 
plusieurs de ces honorables praticiens prennent, 
. vis-à-vis des Massiot, l'engagement de passer pour 
leur compte tout contrat d'obligation ou de bail 
de cheptel au prix de cinq sols, et tout autre 
acte au prix de sept sols six deniers. 

Ces Massiot (1) sont de riches bourgeois de Saint- 
Léonard de Noblat, petite ville à 21 kilomètres 
Est de Limoges. Le premier dont nous rencon- 
trions le nom dans notre recueil est Gérald, 
marié à Jeanne Clautre, et qui meurt vers 1442 
ou 1443. Son fils Jean, marié à Marguerite Faure, 
de Saint-Paul, lui succède dans la tenue de son 
registre comme dans l'administration de la for- 
tune de la famille. Celui-ci a plusieurs enfants : 
Antoine, né vers 1442, qui fait accompagner en 
1457 sa signature de la qualification de clerc, et 
qu'on retrouve en 1478 prieur de Bieulidout, près 
Oradour-sur-Glane (Hte- Vienne) ; Jean, qui meurt 

(1) Cetta famille eat âteinte depuis longtemps. 



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le 18 juin 1496 à l'âge de trente-cinq ans, s'il 
faut en croire une note qui nous parait le rajeu- 
nir de sept à huit années au moins (t); Louis, 
mort le 26 janvier 1494 <r à trente ans » et qui 
pourrait bien être le même que Louis, né le 
3 janvier 1457; Biaise, né le jour de la Saint- 
Biaise de l'an 1463. Les deux premiers ont pris 
une part importante à la rédaction du registre; 
il semble môme que beaucoup des notes se rap- 
portant à la gestion de Jean Massiot, fils de 
Gérald, soient écrites de la main d'Antoine. 

Les Massiot sont marchands; ils vendent un peu 
de tout : des co?iche8 et des poêles; du drap et 
des étoffes de toute nature et de toutes prove- 
nances : tissus divers, futaines, blanchet, gris, 
tanné, mouriquet de Saint-Lô; du grain, du 
sel, du cuir, du papier; des épices : poivre, 
girofle, et du sucre qu'ils reçoivent, on l'a vu 
plus haut, directement de Genève. Ils prêtent 
aussi à leurs clients, et, au très intéressant 
mémoire des sommes dues par le seigneur 
de Royères, pour fournitures faites pendant les 
années- 1480, 1481 et 1482, figurent, auprès 
d'achats d'étoffes et de marchandises d'épicerie, 
plusieurs emprunts d'argent. 

La petite ville de Saint-Léonard, avec un chiffre 
de population assurément inférieur au nombre ac- 
tuel de ses habitants, était peut-être, aux xiv' et 
XV' siècles, aussi florissante et aussi riche qu'au- 
jourd'hui. Elle n'avait pas encore ses porcelaines 

(1) A moioB toutefois qu'il n'ait eu un frère du in£me nom que lui. 



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et ses papiers ; mais son commerce de cuirs était 
considérable et ses poêliers et bassiniers jouissaient 
d'une très grande réputation. Elle possédait, dès 
le temps de saint Louis, des foires et des marchés 
oiî l'on se rendait de très loin ; à cette époque, 
nous trouvons, en relations d'affaires avec les ha- 
bitants de Saint-Léonard, des négociants de Mon- 
tauban, du Quercy et de la Bourgogne; au xv" 
siècle, le manuscrit dont nous publions des extraits 
nous montre Gérald Massiot recevant directement 
de Genève des marchandises tirées de l'Italie et 
de l'Orient, et ses enfants traitant avec un maître 
poêlier originaire de Villedieu, en Normandie, 
Gislet Oubelin, qui s'oblige à travailler exclusi- 
vement pour eus durant trois années. L'acte, qui 
est daté du 14 octobre 1480, nous révèle le nom 
d'un autre Normand, établi également à Saint- 
Léonard, Lambert de Canville. Le frère de Gislet, 
aussi maître poêlier, paraît fixé dans cette ville; 
tout au moins y est-il présent en 1490. 

Gérald a eu longtemps un associé, Jean de la 
Ribière. La société est dissoute le 18 février 1439. 
L'acte qui constate cette dissolution et liquide les 
droits respectifs des deux associés nous apprend 
que Gérald avait versé comme apport 64 royaux 
d'or, équivalant à un marc, et que Jean s'était con- 
tenté de promettre pareille somme. Aussi ce der- 
nier, tous gains et pertes compensés et tous comptes 
apurés, reste-t-il débiteur vis-à-vis de Massiot d'une 
assez grosse somme : 188 royaux (environ 2,050 
francs, 12,300 francs d'aujourd'hui). 



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Une note des plus singulières de notre livre, 
celle relative à l'éelipse dn 16 mars 1485, sur 
laquelle nous reviendrons plus loin, nous apprend 
qu'à cette date, Jean Massiot était un des huit 
consuls de Saint-Léonard. La commune de cette 
ville avait une illustre origine; elle devait son 
institution à Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angle- 
terre (1); au siècle suivant on voit les magistrats 
populaires jouir des prérogatives les plus éten- 
dues, administrer les intérêts de leurs comitoyens 
sans entrave et sans contrôle, réparer les mu- 
railles, lever les deniers communs, recevoir le 
serment de fidélité des habitants (2), se réunir deux 
fois la semaine à la maison de ville, avec leur 
conseil, pour juger les causes civiles (3), et pro- 
noncer sur les affaires criminelles en plein air, 
devant la commune assemblée, sous l'ormeau 
planté en face de la porte de l'église Notre- 
Dame (4). Toutefois l'évèque, qui était seigneur 



(!) Petrus Vclade... audivit dici a pâtre suo quod erat presens 
cura reï Ricbardus Anglio dedcrat cis consulalum et communi- 
fatem, etc. Potriia do Arfolio... dicit quod liahent consotatuin et 
comtnunitatem ex doiio Régis Richardi (Enqufite de 12tJS, carton 
n* 2410 du Tonds de l'iîvêchtf, aux arcliives de la Haute-Vienne). 

(!) In dicto festo (de la chaire de saint Pierre) oreantur consulcs 
in dicta villa, et, ipsis creatis, ipsi aocipiuut sacramentum a corn- 
munitatï, etc. (ifjid.), 

(3) Leonardus Goudellî dicit quod in civilibus causis, que trac- 
tantur in dûmo communi.... Le Tourneur... vidit plures litigare bis 
ifl scptimaua in domo commuui, coram coiisulibus (ibid.). 

(4) Petrus Tutonia... audivit trompari quod omnis venissct ad 
platcnm que est aille eccK'siaiii Heale Marie, sublus quamdam 
arborem... et consuleis.\. Jictuin judiduin feucrutit subtus dictain 
arbore m, etc. (ibid.). 



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de Saint-Léonard, ayant acquis des trois ou quatre 
familles de chevaliers qui habitaient le château de 
Noblat, tous les droits dont celles-ci étaient en pos- 
session depuis un temps immémorial, entreprit 
d'enlever aux bourgeois les plus précieuses de 
leurs libertés; une longue lutte s'engagea entre 
le prélat et les consuls : l'issue en était douteuse 
et les officiers royaux montraient des dispositions 
assez favorables aux habitants, lorsqu'une sorte 
de coup de théâtre mit fin aux incertitudes du 
procès et ruina pour toujours les libertés de la 
commune. L'évèque consentit à partager avec le 
roi la juridiction que les deu*L parties se dis- 
putaient et qu'il prétendait exclusivement pos- 
séder. A la suite d'un traité conclu en 1307, un 
pariage fut établi à Saint -Léonard et les bour- 
geois se ti-ouvèrent privés de la justice et de 
la police. L'organisation municipale subsista néan- 
moins, et les magistrats continuèrent à pourvoir 
à l'entretien des murailles et à quelques objets 
d'administration. 

Au nombre des prérogatives des consuls figu- 
rait le droit d'avoir une caisse de charité, le 
« coffre des pauvre8(l), » qu'alimentaient soit des 
dons volontaires et des legs, soit une taille levée 
sur les citoyens. Nous voyons, par deux passages 
de notre registre, qu'au xv' siècle les magistrats 
de Saint-Léonard avaient gardé ce privilège; il y 
est en effet question de legs faits aux a aumônes 



(1) Dicti consules babent... sigîllum comimine, arcliam pauperum 
el arnuturas commuaes {ibid.). 



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— 159 — 

du consulat » par Gérald et sa femme, Jeanne 
Clautre. Ces distributions officielles étaient en 
usage dès une date fort reculée (1), et peut-être 
la porte Aumônière, une des principales de la 
ville, leur devait-elle son nom. A Limoges, les 
distributions étaient faites à Noél en nature, et, 
le jour de l'Invention de la Sainte-Croii, en ar- 
gent; elles avaient lieu à l'hôtel-de- ville. 

Dans la même ville, les registre? de certaines 
confréries de charité montrent les consuls inter- 
venant dans l'administration des deniers de l'asso- 
ciation. Il devait en être ainsi à Saint- Léonard ; 
il se pourrait même que la confrérie des Trépassés, 
à laquelle Antoine Massiot se fait agréger en 1484 
et qui parait avoù? été une « cbarité » analogue 
à celle des Suaires de Limoges, eût le caractère 
d'une institution municipale; le prieur de Dieu- 
lidout lui donne en effet la dénomination assez 
remarquable de « confrérie des Trépassés du Con- 
.sulat. » 

Une autre association pieuse mentionnée au 
livre des Massiot, pourrait se rattacber aussi par 
un lien étroit à l'bôtel -de- ville : nous voulons 
parler de la confrérie de Noire-Dame de sous tes 
arbres. N'y aurait-il pas là un souvenir de ces 
assemblées de citoyens qui se tenaient devant la 



(1) L'usage en remonterait, d'après le chroniqueur Geoffroi de 
Vigeois, à la période qui suivit immédiatement la Croisade. Nous 
avons traité sommairement cette question des aumônes munici- 
pales dans une notice sur les Confréries de dévotion et de chu- 
rite en Limouein antérieurement au xv siècle. (Cabinet histo- 
rique, année 18B2.} 



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— 160 — 

vieille église et que mentionnent tant de fois les 
documents du xm' siècle; ou bien cette associa- 
tion avait-elle été, à St-Léonai-d, ce que fut peut- 
être, dans le Château de Limoges, celle de saint 
Martial : l'embryon de la commune et le cadre 
de sa primitive organisation. 

Nous parlions plus haut d'un passage curieux 
relatif à l'éclipsé de soleil du 16 mars 1485. 
S'il faut en croire Massiot, le roi avait fait crier 
par les villes qu'à l'heure où elle devait se pro- 
duire, tout le monde se tint renfermé dans les 
maisons et demandât miséricorde à Dieu; car tout 
ce qui serait par les champs ou par les chemins 
à ce moment, hommes et bêtes, devait périr. 
L'auteur du livre de raison ajoute que la teneur 
de l'ordonnance royale lui fut communiquée, le 
matin même du 16 mars, par le prieur de Saint- 
Léonard, qui le chargea d'en faire part aux autres 
magistrats municipaux. On annonçait également 
qu'avant que Pâques fût passé, le peuple aurait 
beaucoup à souffrir. Massiot constate avec satis- 
faction que l'éclipsé ne dura qu'un quart-d'heure, 
et il n'enregistre aucun événement de nature à 
nous donner à penser que les terribles prédictions 
du matin se soient réalisées. 11 est permis, du 
reste, de douter de l'authenticité de l'ordonnance 
de Charles VIIl, bien qu'en ces matières tout pa- 
raisse possible à qui a lu l'histoire et connaît 
tant soit peu notre crédule humanité. 

Les Massiot ont un petit mémorial assez ch- 
rieux à leur usage. On y apprend que, toutes les 
années « cinquante, » il y a famine au royaume 



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de France. S'il faut en croire l'expérience du 
temps, les grands événements, et spécialement les 
calamités publiques, se reproduisent toujours dans 
le même ordre. C'est d'abord la guerre, que sui- 
vent d'babitude des années de jubilé et d'indul- 
gences extraordinaires, puis la famine, et après 
la famine, la peste. Nous soupçonnons Antoine 
Massiot, le prieur, d'être le rédacteur de ce pas- 
sage où nous croyons reconnaître sa belle et ferme 
écriture, et où il cite comme autorité un vieillard 
de DieuUdout. Ce dernier lui a raconté que l'année 
1331 avait, au rapport de son père, été signalée 
par une famine, et que la guerre et des divisions 
profondes avaient ensuite désolé la contrée ; famine 
encore en 1381,- troubles aussi et descente d'un 
prince d'Angleterre en Gascogne (il s'agit probar 
blement de l'expédition du comte d'Arundel, à 
laquelle nos routiers de Chàlucet prêtèrent un si 
efficace concours en opérant une diversion en 
Berry; cette campagne est toutefois de sept ans 
postérieure); troubles et mortalité en 1382; 1463 
est appelé l'année des grandes neiges; de 1465 
à 1479, terribles guerres; depuis 1472, il y a eu 
tant de « pardons » qu'on ne saurait se souvenir 
de tous. En 1431, dix setiers de blé coûtent un 
écu, ce qui fait ressortir à 1 franc : 6 francs d'au- 
jourd'hui, le prix d'un setier. Le setier de Saint- 
Léonard équivalait à 6 décalitres 12 et était plus 
fort d'un sixième environ que celui de Limogés. 
En 1432, pénurie; le setier se vend cinq fois plus 
cher; on n'en a que deux pour un écu; il vaut 
donc 5 francs, 30 francs d'aujourd'hui ; il faut re- 



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marquer toutefois que les forléaux de Limoges(l) 
portent cette année-là le setier de seigle à 24 sous 
et celui de froment à 30, soit 9 fr. 32 et 11 fr. 65 
(56 et 70 francs d'aujourd'hui), et que l'année 
d'avant ils les font ressortir l'un et l'autre à la 
somme vraiment fabuleuse de neuf royaux {92 fr. 
33 : 554 francs!!) 11 y a là quelque erreur énorme' 
que nous ne pouvons exactement redresser, mais 
contre laquelle nous devons mettre en garde nos 
lecteurs. En 1433 le setier se vend, à St-Léonard, 
un royal (13 fr. 17 : 79 francs). En 1434, le prix 
du setier descend; on le donne à 4 sous (1 fr. 64 : 
9 fr. 85) a sans battre ni moudre, » c'est-à-dire 
vendu dans la paille. A Limoges il vaut 6 sous, 
c'est-à-dire 2 fr. 46 : 14 fr. 75). Ajoutons qu'en 
1482, un setier de froment de rente s'acquiert 
moyennant cent sous, ce qui — le taux d'acquisition 
des redevances perpétuelles se rapprochant en gé- 
néral de cinq pour cent — fait ressortir à cinq sous 
(1 fr. 50, soit 9 francs) le pri.t du setier. Vers 
la même époque, une rente perpétuelle de trois 
muids de vin s'achète au prix de trente-trois 
livres : ce qui fixerait à 10 sols (15 à 16 francs 
d'aujourd hui) le muid, dont nous ne connaissons 
pas exactement la contenance (â). 

Les nombreux contrats de bail à cheptel que 
renferme le registre dont nous poursuivons l'exa- 



(1) Voir les Forléaux publies dans le Limousin higtorique, par 
MM. A. Leymarie ot H. Arnoul. 

(2) Dans quelques contrées il valait 30 ou !1 cartes, fùlleurs 
13 seulement. 



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— 163 — 

men sommaire, ne contiennent malheureusement 
que des énonciations très courtes, et toujours à 
peu près identiques. Les conditions du métayage 
au XV* siècle ne pai-aissent pas, ne peuvent pas 
avoir été absolument ce qu'elles sont de nos jours. 
En ce qui concerne l'état de la terre, des récoltes, 
leur nature, leur affectation, leur partage, notre 
manuscrit ne nous apprend rien de précis. Il y 
avait une part du maître et une part du métayer; 
mais étaient-elles égales? Les fonds étaient alors 
grevés de redevances diverses, qui se payaient les 
unes en nature : grains, vin, poules, porcs, châ- 
taignes, charrois; les autres en argent. Les objets 
destinés à acquitter les premières et ceux représen- 
tant la valeur des secondes étaient-ils prélevés sur 
les produits communs, ou bien le propriétaire, ou, 
si l'on veut, le possesseur, les gardait-il à sa charge? 
La dîme se payait par moitié. Mais une fois ce pré- 
lèvement et celui du grain nécessaire à l'ense- 
mencement effectués, les récoltes qui ne se con- 
sommaient pas sur le domaine se partageaient- 
elles par égale portion entre le maître et le 
métayer ? Nous le croyons ; mais il est impossible 
de l'affirmer, pour le xv' siècle tout au moins. 
Quant aux cheptels vifs, c'est autre chose. Nous 
voyons très bien que le produit des ventes du croit 
revient pour moitié au propriétaire et pour moitié 
au colon. Mais une différence doit être notée 
entre cette époque et la nôtre dans la façon de 
comprendre la gestion du cheptel; une fois le 
cheptel remis au métayer pour le prix de l'esti- 
mation, on ne s'occupe plus à présent de savoir si 



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les ventes opérées au cours du bail diminuent cette 
souche, ou tout au moins la valeur du groupe de 
bestiaux qui la représente; le pris de tous les ani- 
maux vendus est également partagé entre les deux 
associés, sauf au métayer à tenir compte au maître, 
à sa sortie, de la diminution que pourra avoir subie 
la souche qui lui a été livrée à son entrée. Dans 
le registre des Massiot, nous constatons que tes 
comptes de ventes d'animaux établissent une dis- 
tinction constante entre les animaux de cheptel, 
dont le prix parait appartenir en totalité au maître, 
et ceux a faits de croit » — fach de creys — ou 
« bons de croit » — boè de creys — dont le prix 
est partagé par égale portion entre les deux associés. 
En dehors des domaines dont le fonds ou la 
jouissance leur appartiennent, et qu'ils font cul- 
tiver par des métayers dans les conditions nor- 
males, c'est-à-dire en mettant à la disposition de 
ces derniers le cheptel nécessaire à l'exploitation, 
les Massiot fournissent des animaux à de petits 
tenanciers cultivant des terres sur lesquelles les 
bailleurs du cheptel n'ont aucun droit. Le fait ré- 
sulte, avec la dernière évidence, du grand nombre 
de métairies dans lesquelles ceux-ci tiennent des 
bestiaux. Toutes assurément ne leur appartiennent 
pas, ou ne leur sont pas affermées ou engagées 
par leurs débiteurs. Souvent, au reste, on les voit 
acheter le bétail d'un cultivateur, puis, ce bétail 
payé, le lui laisser à titre de cheptel dont ils se 
réservent la propriété et partageront le croît. Ce 
contrat équivaut, en somme, à un prêt hypothé- 
caire dont le bétail est la garantie, et dont les 



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intérêts sont représentés par la part du créancier 
dans le produit des ventes. Rien, dans les actes 
passés à ce sujet, ne nous autorise à penser que 
les bailleurs participassent en quoi que ce soit aux 
frais de nourriture des animaux; le débiteur, 
comme le colon ordinaire, est tenu de « tenir, 
garder et nourrir sur son exploitation » — ienere 
incurie sua,... custodire et nutrire — le chep- 
tel qui lui est laissé. Par contre, il en conserve 
la disposition, l'utilise pour sa culture, profite 
non-seulement de son travail, mais de ses pro- 
duits accessoires. Si une des bétes du cheptel vient 
à mourir par la faute ou la négligence du déten- 
teur, celui-ci est l'esponsable de sa valeur, et plu- 
sieurs reconnaissances de notre registre sont mo- 
tivées par la perte d'un animal livré à cheptel, 
causa deperdimenti unius jumenti, etc. Une 
partie des vente? de bestiaux dits de cheptel 
que nous avons signalées plus haut, et qui se 
font au profit du propriétaire seul, se rapportent 
sans doute à des animaux ainsi vendus ou plutôt 
engagés. Les cultivateurs cèdent dans les mêmes 
conditions, à des créanciers, des ruches et même 
de simples rayons. 

La composition du cheptel d'une exploitation 
rurale est naturellement très variable, comme l'im- 
portance de la métairie elle-même. Il est malheu- 
reusement impossible, faute d'indii-ations précises, 
d'établir un rapport entre l'étendue du domaine, 
ou du moins des terres, champs et herbages, et le 
nombre des animaux. A la date du 31 mai 143:2, 
le cheptel du domaine de Chauvour, paroisse de 



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— 166 — 

Saint-Denis des Murs, lequel est évalué à six royaux 
d'or {79 fi-ancs environ : 474 francs d'aujourd'hui), 
comprend seulement quatre vaches avec leurs 
veaux; celui de ViUemonteys, près Bujaleuf, se 
compose, à la date du 4 mai 1448, de deux 
paires de bœufs de labour — boves arantes, — 
deux vaches avec leur suite, deux veaux, une autre 
vache et deux, génisses; il est évalué à trente-deux 
livres, c'est-à-dire 229 fr. 88 : 1,380 francs d'au- 
jourd'hui. Le cheptel de Surzol, estimé dix-huit 
livres, comprend, le 27 mai 1457, une paire de 
hœufs de labour, trois jeunes taureaux et une 
vache avec sa velle ; celui du Chàtenet, près 
Ghampnétery, estimé à 27 livres 5 s. 7 d., quatre 
bœufs, deux vaches avec leur suite, une génisse 
de trois ans, un taureau d'un an, une jument 
avec sa pouliche, vingt tètes de brebis et deux 
ruches à miel (30 juin 1465); cdui d'un domaine 
de la paroisse de Moissannes, évalué à sept royaux, 
(92 fr. 20 : 555 francs d'aujourd'hui), quatre hœufs, 
une vache et son veau, une génisse de trois ans, 
un taureau de deux ans, quatre moutons ou brebis 
et quatre agneaux (1472); «elui de Beauvais com- 
porte, en 1484, une paire de bœufs, une vache et 
deux veaux, l'un d'un an, l'autre de deux, et une 
autre vache près de mettre bas : le tout d'une va- 
leur de six écus d'or, 2 s. 11 deniers d'une part, 
et sif livrer 5 sous de l'autre, — soit en tout 105 
francs 95 ; 635 francs d'aujourd'hui. 

11 faut se tenir en garde contre les évaluations 
ci-dessus; car il arrive parfois que le débiteur, 
détenteur du cheptel, a remboursé une partie du 



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prétendu prix de vente à l'emprunteur, et dans ce 
cas l'estimation du cheptel a dû être diminuée 
d'autant. Les prix indiqués ne représentent donc 
pas toujours la valeur réelle des cheptels; mais 
on peut relever, au registre des Massiot, un très 
grand nombre de notes relatives à des achats et 
à des ventes de bestiaux, qui fournissent à cet 
égard des données plus précises. Voici quelques 
prix dont nous avons gardé note : 

Un bœuf se vend, en 1448, 3 ^cus (51 fr. 35 : 
308 francs d'aujourd'hui) et 4 royaux 45 sous {58 
francs 06 : 348 francs); peu après 1448, 3 royaux 
10 s. (43 fr. 10 : 258 fr.); entre 1454 et 1460 : 3 
royaux 12 s. (43 fr. 82 : 263 fr.), quatre royaux sept 
sous (55 fr. 20 : 331 fr.) quatre livres 10 sous (31 
francs 54 : 190 fr.); — en 1457 : 3 royaux 5 sols 
(41 fr. 30 : 248 francs); en 1459 ou 60 ; 2 royaux 
et demi (32 fr. 93 : 198 fr.) et 3 royaux 3 s. 9 d. 
(40 fr. 81 : 245 francs); en 1473 : 2 écus (22 fr. 56 : 
135 francs); en 1474, 3 Hvres (18 fr. 93 : 114 francs), 
et cinquante-deux sous (15 fr. 41 : 92 francs); et 
65 sous (20 fr. 51 : 128 francs); en 1477, soixante- 
dix-sept sous 6 deniers (23 francs 35 : 140 francs); 
en 1478, 6 livres (36 fr. 15 : soit 917 fr. 90 d'au- 
jourd'hui). 

On paie une vache, en 1448, deux royaux (26 fr. 
34 : 131 fr. 70 d'aujourd'hui), deux écus (23 fr. 40 : 
140 francs); en 1473, un écu trois quarts (20 fr. 47 : 
123 fr.); en 1474, 2 écus (22 fr. 56; 135 fiancs), 
cinquante sous (15 fr. 59 : 77 fr. 95); en 1475, 40 
sous (12 fr. 47 : 74 fr. 82); en 1484, 4 livres (24 fr. 
09 : 145 fr.). 



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Une vache avec son veau est payée, en 1456, 
soixante sous (21 fr. 04 : 126 francs); en 1472, 3 
écus a du c<3in du roi Charles » (35 fr. 12 : 210 fr.); 
en 1483, 4 livres 10 sous (27 fr. 10 : 162 francs). 

Un taureau se vend, en 1462 et 1475, 1 royal 
et demi (19 fr. 76 : 120 francs d'aujourd'hui); en 
1478, 50 sous (15 fr. 05 : 90 francs); en 1481, trois 
livres (18 fr. 06 : 108 francs); une génisse, en 
1461 et 1462, trente, trente-trois et trente-quatre 
sous (de 10 fr. 52 à 11 fr. 92 : 63 à 71 francs); en 
1473, vingt sous (6 fr. 80 : 41 francs); en 1474, 
trente-cinq sous (11 fr. 04 ; 66 francs); en 1475, 
trente sous (9 fr. 46 : 57 francs); une jument, en 
1452, quatre livres (28 fr. 46 : 171 d'aujourd'hui); 
en 1480, six livres (36 fr. 15 : 217 francs); une 
pouliche, en 1476, quarante sous (12 fr. 05 : 72 
francs); un poulain, entre 1474 et 1480, cinq livres 
(30 fr. 12 : 180 francs); deux hrebis, en 1473, cinq 
sous, soit deux sous 6 deniers l'une (0,85 c. : 5 fr. 
10); en 1484, douze brebis avec leurs agneaux, cin- 
quante sous, soit quatre sous 2 deniers (1 fr. 37 : 
8 fr. 20). 

Pour en finir avec le livre des Massiot, disons 
qu'en tête du recueil se trouve une table générale 
très soigneusement dressée en 1473 par Jean : 
Jhesus Marie filius. — S'ensec la table per tro- 
var las notas, contes et originattlx de lectras 
en agueys papier escrichas, tant de bestiau 
que de rendas et autras acguisicions fâchas 
per Giraud Massioth, acqui Dieu pardon/ et 
per me, Johan Massioth, sont filh... Cette table 
générale est accompagnée d'un relevé spécial des 



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cheptels et redevances par paroisses : S'ensec xcne 
table per para fias 

II. — Il ne nous reste malheureusement que 
six feuillets du cahier-memento de maître Psau- 
met Péconnet, notaire royal à Limoges, et ce que 
nous y trouvons est bien fait pour augmenter 
le regret qu'on doit éprouver de la perte de la 
dernière partie de cette curieuse pièce ; il est aisé 
de constater que six autres feuillets au moins ont 
été déchirés. Il y en avait sans doute un plus 
grand nombre. Ce registre est un petit carnet de 
papier de format in-8° court (212 millimètres sur 
150), d'une écriture assez lisible. Il commence au 
mardi de la semaine sainte de l'année 1487 (10 
avril) et s'arrête au mois d'octobre 1502. Plusieurs 
personnes paraissent avoir concouru à l'inscription 
des articles qu'il renferme. Tout au moins peut-on 
remarquer une différence sensible entre l'écriture 
des notes antérieures au 10 mars 1493 (nouveau 
style : 1494) et celle des mentions suivantes. 

La langue de Psaumet Péconnet est un roman 
fort corrompu et très francisé ; à l'exception de 
quelques mots, dont nous avons indiqué en note 
le sens, le document est aisément intelligible et 
peut se passer de commentaires. Nous nous bor- 
nerons donc à donner ici un aperçu sommaire de 
son contenu et une très rapide esquisse de sa 
physionomie. 

C'est à une période importante de la vie de 
Psaumet Péconnet que se rapportent les notes 
inscrites sur son petit cahier. Celui-ci ne débute 



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— 170 — 

point par les prières et les pieuses invocations 
d'usage; il entre tout de suite en matière : « S'en- 
suit le mémento touchant mes noces. » Et voici 
l'homme rangé notant avec méthode, avec soin, 
tout le détail de ses petites affaires. Il appartient 
à une bonne famille de la bourgeoisie limousine, 
mais qui, à cette époque, est loin de briller au 
premier rang. Les Disnematin, les Benoist, les 
Bayard, les Bouillon, les Boyol, les Ruaud, les 
Meyze, les Verthamon, les Lamy, les Saleys, les 
Rogier, les Du Boys tiennent alors le haut du 
pavé. Néanmoins les Péconnet sont déjà alliés à plu- 
sieurs de ces vieilles et riches races bourgeoises, 
et c'est la fille d'un notable, Mathive Benoist, 
qu'épouse le jeune homme. Psaumet, visiblement, 
n'est point l'aîné de sa famille. Ce n'est pas lui 
qui aura la garde du foyer. 11 a touché, à la mort 
de son père, sa pegulhieyra, sa légitime, et se 
trouve déjà, à ce qu'il semble, au moment de 
son mariage, en possession de son petit avoir, sur 
l'importance et la composition duquel il ne nous . 
fournit du reste aucune indication. Mathive Benoist 
reçoit une dot modeste, 130 livres — quelque qua- 
tre mille francs d'aujourd'hui. — De plus la famille 
de l'épousée fournit un logement au jeune ménage 
et un atelier — obradoi' — (on dirait aujourd'hui 
un bureau ou un cabinet) à maître Psaumet. 

Nous faisions remarquer, dans J'étude qui accom- 
pagne le livre des Benoist (1), qu'il n'y était parlé 

(1) Le Livre de raison d'Elienne Benoisl. — Limoges, veuvo 



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que de deux bijoux. Le cahier de notre notaire en 
mentionne un plus grand nombre; ce luxe relatif 
pourrait s'expliquer par la profession des Péconnet, 
qui comptent aux xvi' et xvii* siècles parmi les plus 
connus de nos orfèvres et qui, dès le siècle pré- 
cédent, exercent sans doute l'art si cher à nos 
aïeux. Quoi qu'il en soit, Psaumet note avec soin 
tous les cadeaux qu'il fait à Mathive, et il ne 
manque pas d'en inscrire le prix en regard. C'est 
d'abord un signet ou anneau ordinaire, de 32 sols 
6 deniers (9 fr. 27, soit 46 francs d'aujourd'hui), 
qu'il lui donne loi-s des accords, le mardi avant 
Pâques; puis, la veille de la Saint-Jean, une bague 
en torsade, de quatre livres (22 fr. 84 : 114 fr. d'au- 
jourd'hui), puis l'anneau des flançailles, a ferma- 
ditz, » orné de quatre perles (6 liv., 34 fr. 26 : 171 
francs), la. ceinture garnie d'argent tout du long 
(6 livres aussi), enfin l'anneau de mariée — aneu 
esposadiiz — (4 liv. 10 s., 25 fr. 70 : environ 129 
francs de nos jours). 

Psaumet n'inscrit pas avec moins de ponctualité 
les présents reçus que les présents donnés. 11 
parait qu'au xv' siècle, un jeune homme, lors de 
son mariage, recevait de tous ses parents de petite 
cadeaux en argent; l'offrande de chacun était mo- . 
deste, et bien des enfants riches reçoivent aujour- 
d'hui, le matin d'une première communion ou le 
soir d'une distribution de prix, une somme plus 
ronde que celle recueillie par le futur notaire au 
cours de sa petite tournée de famille, 'à la veille 
de la cérémonie du 4 novembre 1487. Peut-être 
faut-il voir, dans cette coutume, une façon dé- 



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— 172 — 

tournée, pour chaque convive, de payer son écot : 
la chose serait tout à fait conforme à l'esprit 
pratique et économe de nos pères. Quoi qu'il 
en soit, les deux florins « au chat » et les trois 
livres onze sous quatre deniers qu'avait ramassés 
le futur dans ses visites, furent-ils loin de couvrir 
les frais des noces, qui s'élevèrent à neuf livres 
5 deniers ('290 francs). Psaumet fit bien les choses : 
il y eut festin et bal. On mentionne jusqu'aux mé- 
nétriers. Il eût été intéressant de savoir au son 
de quel instrument se trémoussèrent les invités; 
mais le précieux cahier garde le silence sur ce 
point. 

Les mentions les plus curieuses du livre de 
maître Psaumet sont celles qui se rapportent à 
une singulière coutume, à laquelle plusieurs pas- 
sages de nos vieux registres de l'hôtel -de- ville font 
allusion. Quand une femme était accouchée, elle 
recevait pendant un certain nombre de jours les 
visites de ses parentes et de ses amies. Les « com- 
mères » ne se bornaient pas à causer; elles s'atta- 
blaient et banquetaient dans la maison ; toutes les 
provisions du pauvre ménage y auraient passé si 
l'usage ne s'était établi que chacune apportât son 
plat. Point de mets friands, de mièvreries, de frian- 
dises : des plats copieux, solides, et qui eussent 
tous mérité l'estime de l'Harpagon de Molière. 
Notons que les bourgeoises n'arrivaient pas tou- 
jours seules; les « compères » donnaient souvent 
le bras aux « commères, » et la gaieté n'y per- 
dait rien : on mangeait, on buvait, on causait, et 



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Dieu sait de quels propos et de quelles histoires 
on régalait les oreilles de la pauvre malade. 

A plusieurs reprises, l'autorité consulaire avait 
cherché à abolir ce vieil usage, à réprimer tout 
au moins les abus et les désordres auxquels il 
ne pouvait manquer de donner naissance. C'est 
ainsi qu'au mois de mai 1253, une ordonnance 
avait interdit toute visite chez l'accouchée jus- * 
qu'à son rétablissement : les grand'mères des deux 
lignes, la mère, la belle-mère, les sœurs, les filles, 
les belles-sœurs étaient seules exceptées; on éten- 
dit par la suite ce privilège aux tantes, aus marâtres 
et aux nièces. Défense était faite d'envoyer, à l'oc- 
casion des couches, des gâteaux, des oublies ou 
autres friandises, de faire des repas, de boire et 
de manger et de donner aucun cadeau (1). L'accou- 
chée pouvait toutefois, lors du baptême, offrir au 
parrain et à la marraine le pain et le vin, rien 
de plLis(3). En 1436 ces dispositions furent rappe- 
lées (3); mais les efforts des magistrats n'eurent 



(!) ...E deguna dompna no la deu anar veer tant qant ella jaira, 
ei mima, o mair, o sor, o filla [o nepaa], o aerorga, de part li o de 
part lo marit non era, [o anda, o marastrc] ; et no deu fogassar ni 
fogassas ni obladas, ni aires trametre per ochaizo de jazillas, ni 
après far marendus per ochaizo de jazitlas, ni autras dompnas no 
la deven anar veer.,. ni adoiic no lai devcn heure ni mengar, ni 
trametre degun do. (Ancien registre du Consulat, fol. 13, verso, 
i l'Hôtel-de-villc de Limoges.) 

('}) La dompna jaira posl aus compars donar et a las comars pan 
e vin per aissi cura sol, sez plus [ibïd.). 

(S) Que negun home, de quelque coiidicieu que se sia, no ane 
comeyrar t>y visitar jazent por hi heure ny mengar, fors de son 
hosial; et de las dompnas, que no siaii si ardidas de hy far dea- 
extreordenaris. {Ibiii., fol. 149, recto.) 



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— 174 — 

aucun succès; s'il se produisit quelque améliora- 
tion, celle-ci fut de courte durée. Le manuscrit de 
maître Psaumet suffirait à le démontrer. 

Les « commérages » étaient donc, à la fin du 
XV' siècle, aussi en faveur que deux cent cin- 
quante ans auparavant. Grâce au cahier du soi- 
gneux Péconnet, vous assistez, au lendemain de 
la naissance de son premier enfant, Marie, au dé- 
filé des commères — des compères aussi. Et de 
fait, le premier dont la visite soit notée est le mé- 
decin lui-même. Monsieur Maître Martin Bales- 
tier, licencié, ami de la famille, lequel arrive, 
portant — sous sa robe sans ddute, pour ne pas 
déroger aux traditions de la gravité médicale — 
un pâté de poulets, une oie, un poulet rôti et 
une tercière de vin : la robe devait avoir une cer- 
taine ampleur. La marraine de l'enfant vient en- 
suite : c'est la femme du notaire chez lequel a 
travaillé et travaille vraisemblablement encore à 
cette époque le jeune pèi-e. Elle s'enquiert, en 
entrant, des nouvelles de l'accouchée, et dépose 
sur la table un second pâté de poulets; on la 
verra revenir peu après, apportant cette fois un 
repas complet et éminemment substantiel : deux 
autres pâtés, un de poulets, le se ond de lièvre, . 
une oie, un cochon de lait, quatre poulets rôtis 
et deux tercières de vin. Son mari n'a pas cru 
devoir l'accompagner, et Péconnet note avec soin 
cette abstention — où il semble voir un acte d'im- 
politesse, — peut-être pour rendre, à l'occasion, 
la pareille à maître Etienne Parrot. 

Les commères se succèdent, suivies parfois d'un 



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— 175 — 

compère : c'est Simonne du Peyrat, femme de 
Martial Disnematin; c'est Galiane Benoist, veuve 
de Mathieu Doury ; c'est Anne Saleys avec sa sœur 
Mathive; c'est Mathive Benoist. Puis voici Pierre 
Feydit et sa femme, Jeanne Pradilhon, Nanette 
Saleys, etc. Toutes arrivent, l'inévitable pâté de pou- 
lets à la main; quelques-unes en offrent deux ou 
y joignent un supplément sérieux : oie ou (ochon 
de lait. Une commère se distingue par un menu 
plus champêtre : deux miches, un fromage blanc 
et diverses friandises. 

Évidemment, les commères et la famille de 
l'accouchée ne consommaient pas sur-le-champ 
ces amas de victuailles, et le garde-manger de la 
maison restait garni pour longtemps. 

Au mois d'octobre 1490, à la naissance du petit 
Pierre, la même procession recommence. Cette 
fois les pâtés de poulets sont lenforcés de pièces 
de bœuf et de queues de mouton. 

11 convient de relever, dans le livre de Péconnet, 
l'indication de quelques prix de journées ou de 
denrées. La journée du maçon est payée, entre 
1492 et 1493, vingt-deux deniers (0 fr. 59 c: 
2 fr. 95 d'aujourd'hui), sans compter la nourriture, 
pain, vin et pitance, ce qui représente un supplé- 
ment d'environ sept deniers (0 fr. 18 c. 8 : fr. 
94 c): trois deniers pour une livre de pain, un 
pour la pitance et trois pour deux pintes de vin. 
Il faut noter ce prix : la livre de pain à fr. 0858, 
c'est-à-dire à fr. 4"^5; la pinte, qui équivalait à 
Limoges à I litre 071, à la moitié, c'est-à-dire à 



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un peu plue de fr. 042, soit à 91 centimes d'à 
présent. 

D'autres maçons reçoivent deux deniers de moins, 
mais leur nourriture' est un peu plus forte, et Pé- 
connet note qu'il leur a donné « goûter, dîner et 
marendet{l). L'aide qui sert les maçons n'a que 
18 deniers (0 fr. 4835 : 2 fr. 42 c. d'aujourd'hui); 
il est nourri comme eux. De deux vachers qui 
conduisent des pierres, l'un reçoit quinze deniers 
(0 fr. 4Û29 ; 2 fr. 15 c), l'autre treize seulement 
(0 fr. 3492 ; I fr. 75). Même salaire au.ï deux ma- 
nœuvres employés à faire des fouilles pour établir 
les fondations d'un mur. Notons qu'à ces derniers, 
il n'est dû qu'un pain et deux pintes de vin. 
L'article « pitance n a disparu du compte en ce 
qui les concerne. 

A la même époque, la charge de pierre ne vaut 
pas plus de 5 deniers (0 fr. 13 c. 43 : fr. 67 c); 
celle de terre (2) en coûte 4 seulement (0 fr. 10 c. 
74 : fr. 55 c); la charge de chaux, 7 sous 3 
deniers (2 fr. 3368 ; Il fr. 70 c). On paie 5 de- 
niers une pelle a pour faire le mortier. » 

Les autres livres de raison dont on trouvera 
plus loin des extraits, réclament moins d'é-lair- 
cissements que les deux premiers. L'ancienneté 
relative et l'idiome passablement corrompu de ces 
documents en rendent l'abord moins attrayant et 



(1) On appelle encore de ca nom, aux environs de Limoges, le 
repas de midi, qui est le principal de la journée. 

(2) Il râsullc du texte qu'il s'agit, pour la terre t<)ut au moins, 
de la charge d'un âne. 



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— 177 — 

l'étude plus difficile; nous avons tenu à montrer 
que le peu de peine qu'on se donnerait pour les 
lire ne serait pas sans compensation. 

m. — Le registre de famille des Maurat, du 
Dorât, n'était pas absolument inconnu. Plusieurs 
foison l'avait signalé; mais il n'avait pas été l'objet 
d'une étude attentive. Petit cahier de vingt-quatre 
feuillets de papier assez fin, marqué d'une fleur 
de lis et à ce qu'il semble d'une grappe de raisin 
encadrée dans un carré, il n'a pas plus de 193 
millimétrés de hauteur, sur 135 de largeur. Les 
onze dernières pages sont restées en blanc; -elles 
ne sont pas destinées à demeurer dans cet état, 
puisque quelques notes contemporaines ont été 
ajoutées par les représentants actuels de l'hono- 
rable famille à laquelle il appartient. 

On a utilisé pour la couverture un parchemin 
portant un mandat d'amener délivré, le 94 oc- 
tobre 1630 ou 1637, contre un nommé Grosgenye. 
Au dos on déchiffre à grand peine ce titre : Nais- 
aance véritable des enffans de la maison de 
céans. 

Ce registre n'est pas autre chose, en effet, qu'un 
papier de famille, et spécialement un relevé de 
naissances, car il ne renferme qu'un petit nombre 
de mentions relatives à des décès, et aucune de 
ces mentions n'est accompagnée de ces courtes 
oraisons funèbres qu'on trouve ordinairement à la 
suite des notes de cette nature, dans les livres 
dont nous nous occupons ici. En regard de cha- 
cun des articles relatifs aux naissances, à partir de 



lyGotigIc 



1609, on a ajouté la mention de l'époque de la 
mort de la personne désignée, du lieu de sa sépul- 
ture, et parfois l'indication de sa qualité ou deux 
, lignes de biographie sommaire. 

Le cahier a été commencé, le 18 novembre 
1556, par Simon Maurat et continué par son fils 
Pierre *(2 juillet 1588 au 20 octobre 1609), son 
arrière petit-fils Jean (7 septembre 1655 au 7 mai 
I67I), puis successivement par Pierre (3 décembre 
1687 au. 4 avril 1692), autre Pierre, frère du pré- 
cédent (10 novembre 1694 au 22 septembre 1709), 
Jean (7 mai 1730 au 7 mai 1763), Antoine (1796- 
1798), Indépendamment des lacunes qu'offre ce 
livre au xvni' siècle, on remarque qu'au xvii* une 
génération entière manque : Pierre, fils d'autre 
Pierre et petit-lils de Simon, a omis d'enregistrer 
la naissance de ses enfants. 

Notre manuscrit renferme quelques passages in- 
téressants : entre autres, à l'article relatif au bap- 
tême de Berthe Maurat, cinq ou six lignes concer- 
nant la prise et le sac du Dorât par les Huguenots, 
le 31 octobre 1567, jour même de la naissance de 
Berthe; un peu plus loin, au 2 juillet 1588, la 
mention des a grands troubles et guerre » qui dé- 
solaient alors le pays, puis à l'année 1593 (octobre) 
celle des ravages faits par la petite véi-ole, surtout 
parmi les enfants; enfin, en mai 1742, celle du 
passage de Mgr du Coëtlosquet au Dorât. On peut 
également relever, en feuilletant ces pages, les 
noms de Glande Leband, curé de l'église parois- 
siale du Dorât (20 novembre 1566); Louis des 
Afïis, chanoine (1599-1605), dit curé du Dorât le 



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20 octobre 1609; Jean Jevardat, curé du Dorât 
(2 août 1666 et 8 mai 1671); Théobald de Ney- 
mond, curé du Dorât {5 décembre 1687, 6 février 
1689); Amable Gommetton, cbanoine (26 octobre 
1690); Joseph Aubugeois, curé et chanoine du 
Dorât (11 mars 1692 et 27 mars 1711); Joseph 
Maurat, curé de Dompierre (10 février 1733, décédé 
Iç 14 août 1758); François-Xavier Pertat, curé de 
Jouac (19 décembre 1736); — de Léonard Vacherie, 
chirurgien (5 mai 1591); Simon Faulconnier, mé- 
decin au Dota.i (3 avril 1593); Vincent Pertat, chi- 
rurgien à Magnac (2 février 1733), etc. 

IV. — Le registre des Lemaistre- Bastide, de Li- 
moges, est le type le plus parfait et le plus inté- 
ressant à la fois, dans l'extrême étroitesse de son 
cadre, du simple « papier de famille, n Ce n'est 
point, en effet, un livre de raison proprement dit; 
on n'y trouve ni comptes, ni détails sur le patri- 
moine ou indications quelconques ayant trait aux 
affaires d'intérêt. Ses pages sont exclusivement 
consacrées à des notes sur les personnes. 

Joli in-4'' de 27 centimètres sur 19, ce livre a 
été autrefois couvert d'une riche reliure dont il 
ne reste que les cartons, portant l'empreinte d'un 
losange inscrit dans un cadre de la grandeur du 
volume; il est doré sur tranches et en bon état 
de consei-vation. On lit, sur une des feuilles de * 
garde, les mots : Ew libris Joaephy Bastide. Ce 
manuscrit appartient à M. G. La Bastide, proprié- 
taire au château du Lude, par -La Ferté Saint- 
Aubin (Loiret). Notre excellent confrère, M. l'abbé 



Digilizcdby Google 



— 180 — 

Leclei", à qui il avait été communiqué, a bien 
voulu prendre la peine d'en copier tous les pas- 
sages qu'il a jugé pouvoir offrir quelque intérêt. 

Il faut distinguer deux parties dans ce registre. 
Les premières pages ne sont que la reproduction 
d'un « papier » écrit par Robert Lemaistre, et 
copié par son petit-fils, François Bastide, en tête 
de son propre livre de famille. Le reste est le 
livre original de Jean Lemaistre, de son gendre 
François Bastide et de leurs descendants. 

Robert Lemaistre était fils de Pierre, qui, en 
1506, avait épousé, à Lyon, Denise Garnier, fille 
d'un marchand de cette ville. Pierre avait-il pré- 
cédemment habité le Limousin? Y avait-il voyagé 
pour ses affaires? Vint-il, après son mariage, se 
fixer à Limoges? Il nous est impossible de le 
dire. Nous constatons seulement que, vers le mi- 
lieu du xvi' siècle, son fils, Robert, habite la capi- 
tale du Limousin et appartient au monde du palais. 
Il épouse, vers 1557, Françoise Veyrier, fille d'un 
orfèvre, Jean H, celui-là même qui fut exproprié 
en vertu de lettres royales obtenues par les consuls 
en 1555 et dont les terrains fournirent une partie 
de l'emplacement sur lequel devait s'élever le 
collège. Robert Lemaistre semble être seul de son 
nom à Limoges; car de tous les parrains et mar- 
raines de ses enfants, pas un seul ne porte ce 
'nom. Ce détail suffirait à établir que la famille 
Lemaistre n'était pas originaire de notre province. 
Il Y a quelque raison de penser qu'elle appartenait 
au Maine. 

Robert mourut à Limoges le il mars f584, et 



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fut enterré à Saint-Michel des Lions. 11 était alore 
investi des fonctions de conseiller au Présidial. Des 
huit enfants issus de son mariage avec Françoise 
Veyrier, l'alné, Jean, avocat, qui pourrait bien être 
l'e même que o Jean Le M", Manceau, » pourvu en 
1595 de l'ofiBce de contrôleur des deniers com- 
muns, et nommé par nos registres consulaires (1), 
épousa une demoiselle appartenant à uçe des plus 
riches familles bourgeoises de Limoges, Marguerite 
Bouillon. Il en eut quatre fils et cinq filles; deux 
de ces enfants naquirent et furent baptisés à Saint- 
Léonard (février 1592, septembre 1593). Peut-être 
faut-il en "conclure que Jean remplissait alors 
quelque emploi public ou quelque mission dans 
cette ville? Ou bien, comme la date et le lieu 
nous porteraient à le croire, était-il du nombre 
des ligueurs expulsés de Limoges et réfugiés à 
Saint-Léonard? Quoi qu'il en soit, il semble être 
allé, sur la lin de sa vie, s'établir à Paris, oii une 
note de son gendre nous fait connaître qu'il mou- 
rut, le 14 février 1621. La même note nous 
apprend que Jean s'occupait alors des affaires du 
« duc de Bourbon (2), b frère du duc de Lorraine. 
Son frère Martial Lemaistre, docteur en théologie 
et savant distingué à ce qu'il semble, avait été 
attaché à la' maison d'un membre de la famille 



(I) Registres consulaires de la ville de Limoges, publié: 
tes auspices de la Société archéologique et historique du Li 
par M. E. Ruben, et continués par M. L. Guibert, tome If, 3' 
p. 26 et 37. 

(!) II s'agit peu^6t^e de François, comte de Vaudemont. u 
deux [rères de Henri II le Bon, alors duc de Lorraine. 



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de Rohan, alors abbé de Saint-Victor, et qui fut 
plus lard promu à l'épiscopat; il était mort dans 
la même ville en 1610. 

Le papier domestique que nous possédons a été 
commencé par Jean, qui y a inscrit la mention 
de la naissance de ses neuf enfants. Après lui, 
c'est le mari de sa fille Antoinette, François Bas- 
tide {cette famille occupait un rang honorable dans 
la bourgeoisie, et un de ses membres avait fondé 
une vicairie à Saint-Martial), qui se charge de la 
tenue du registre, et qui y ajoute les notes du 
grand-père de sa femme, Robert Lemaistre. Lui- 
même y mentionne la naissance, à la date du 
9 juillet 1645, de son fils unique Joseph. Celui-ci 
continue le papier de famille de 1668 à 1681. 
Interrompues durant trente-sept ans, les mentions 
sont reprises le 18 mars 1718 par Guillaume, fils 
de Joseph, qui tient le registre jusqu'en 1733. Le 
3 octobre 1745, Jean Bastide y inscrit à son tour 
la naissance de son premier enfant. La dernière 
mention, de la main du même, est datée du 13 
février 1748. 

Pendant cette durée réelle de plus de deux siè- 
cles, le livre de famille des Lemaistre- Bastide ne 
fournit que des mentions de naissances et des notes 
relatives à quelques décès; mais la forme en est 
intéressante : beaucoup de ces articles sont accom- 
pagnés d'une prière ou d'une invocation. Enfin on 
y trouve nommés un très grand nombre de magis- 
trats, de fonctionnaires et d'hommes considérables 
de la province. Ce texte offre donc, à ce point de 
vue, un certain intérêt. 



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Un tableau généalogique, dressé 'par François 
Bastide, accompagne les pages écrites par son 
beau-père. On y trouve quelques indications qui 
méritent d'être notées; ce document nous apprend, 
par exemple, qu'un des fils de Jean Lemaistre se 
fixa à Solignac, où il exerça les fonctions de 
notaire et de procureur; plusieurs autres habi- 
tèrent Paris : parmi eux Joseph, qualifié d'avocat 
au Parlement. Peut-être existait-il quelque lien de ■ 
parenté entre nos Lemaistre et la famille du grand 
orateur du xvn* siècle. 

Tout à la fin de ce livre, on relève une note 
de dépenses de 1661, qui nous fournit le prix de 
quelques objets : sis. chaises de tapisserie ont été 
payées 15 1., un tapis 9 1., une table ronde 13 1., 
une armoire 13 1. et un bois de lit en noyer 10 1. " 
Nous apprenons également qu'à cette époque, la 
maison Jayat est affermée 40 1. par an, et d'une 
autre mention sans grand intérêt, en date du 27_ 
juillet 1681, il résulte qu'un sieur Carquarei'c paie 
à Joseph Lemaistre 41 1. 6 s. pour la location 
annuelle d'un jardin dans un des faubourgs de 
Limoges. Ajoutons que, de trois nourrices prises 
de 1676 à 1682 par Joseph Bastide pour ses en- 
fants, il doiyie à la première, qu'il garde dans 
sa maison, 24 1. par an; à la seconde, qui est la 
femme de son fermier de Saint-Martin et chez 
laquelle il place l'enfant, 24 1. et une aune de 
toile; à la troisième, métayère à Trentalaud, pa- 
roisse de Saint-Paul d'Eyjeaux, 25 1. 10 s. Nous 
verrons au livre-journal de Jean Péconnet qu'en 



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1672, celui-ci paie la nourrice d'un de ses enfanta 
30 1., plus une aune de toile. 

V. — Seul, de tous les livres de raison que nous 
avons eus jusqu'ici entre les maina, le r^istre de 
famille des Lamy est encore continué de nos jours, 
et le représentant actuel de la branche aînée de 
cette vieille et honorable souche limousine y note 
les événements importants de l'histoire familiale, 
avec le même soin et la même piété qu'ont mis à 
les relater ses ancêtres depuis trois siècles, -r- Com- 
mencé le 2 novembre 1571 par François Lamy de 
L iret, avocat du Roi au siège sénéchal de Limoges, 
ce manuscrit renferme quelques articles antérieurs 
à, cette date : une page notamment, écrite par 
Jean, frère de François, mort en 1569, et que 
nous devons peut-être considérer comme le point 
de départ de la tenue du registre. Les pre- 
miers articles de ce livre, dont les feuilles de 
.garde offrent quelques notes assez obscures por- 
tant la date de 1530 et 1531, sont de la main 
de François. Le magistrat parle un latin facile et 
élégant, et c'est d'un style non sans recherche 
qu'il mentionne les incidents relatife à la venue 
au monde de chacun de ses enfants, donne des 
détails sur les personnes désignées , au cours de 
son manuscrit, trace le portrait des fils que la 
mort lui enlève avant l'âge, et exprime les sen- 
timents de joie ou de tristesse qu'excitent tour à 
tour dans son cœur les naissances et les décès 
survenus autour du foyer. 
La dernière mention écrite par lui est du 18 



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janvier 1578. Il y a une interruption d'un quart 
de siècle dans les annales de la famille. Le 4 mars 
1604 seulement, l'avocat Joseph Lamy prend la 
plume tombée des mains de son père et la tient 
jusqu'à l'année 1626. Les pages qu'il a écrites ne 
présentent pas un moindre intérêt que le début 
du volume; on y trouve toutefois moins de dé- 
tails et moins d'agrément dans le style. 

Nouvelle lacune de 1626 à 1643. Au mois de 
septembre de cette dernière année, Jacques Lamy 
inscrit la naissance de son premier enfant. Du 
8 octobre 1683 au 19 septembre 1704, notre re- 
gistre n'offre aucune mention : c'est la dernièi'e 
lacujie un peu Importante du petit manuscrit. 
Trois générations le conduisent jusqu'à la Un du 
siècle, et Pierre I^amy de La Chapelle, qui le rédige 
depuis le 12 mars 1767, ne cesse de tenir la plume 
qu'à sa mort, arrivée en 1807. Jean-Baptiste lui 
succède de 1807 à 1842. Depuis cette époque, c'est 
à M. Théophile Lamy de La Chapelle qu'est confié 
ce précieux dépôt, et c'est à son obligeance que 
nous en avons dû la communication. 

Très amples au début, les mentions des évène- 
flttents qui se produisent dans la famille devien- 
nent singulièrement brèves, sèches et décolorées 
au xvin* siècle. Les rédacteurs contemporains de 
l'intéressant registre qui nous occupe sont reve- 
nus, avec raison, à la tradition de leurs ancêtres 
et ajoutent à renonciation des faits, soit quelques 
détails, une particularité notable, un trait de ca- 
ractère, soit un court éloge, un mot d'affectimi, 
un souvenir du cœur. 



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Le registre dont nous venons de parler est en 
papier, de petit format presque carré, couvert 
d'une reliure du xvi* siècle en basane rouge. Il 
est écrit en latin jusqu'à 1733; à partir de l'année 
suivante, les auteurs l'ont constamment rédigé en 
français. L'écriture du premier de ses rédacteurs, 
François Lamy, est fort nette et fort soignée. On 
ne peut en dire autant de plusieurs de celles qui 
suivent. 

VI. — Nous devons à l'obligeance de M. le comte 
de Villelume, communication du trop court registre 
de famille de Jeanne Boyol, dame du Bâtiment, 
mariée, le 2 avril 1588, à un des ancêtres du pos- 
sesseur actuel de ce curieux manuscrit. Celui-ci 
n'embrasse que sept années, de 1587 à 1594; mais 
de combien d'événements intéressants, survenus 
dans cette courte période, la main qui a tracé ces 
pages n'aurait-elle pas pu consigner le souvenir? 
Les faits se pressent, durant ces années si agitées 
et si pleines. Aucune époque de l'histoire provin- 
ciale n'est plus mouvementée, plus troublée, plus 
dramatique. Les discordes religieuses ont excité 
les passions et déchaîné des haines dont la vio- 
lence noua étonne et dont les sauvages explosions 
nous terrifient. Jeanne Boyol appartient à une fa- 
mille dont plusieurs membres figurent au nombre 
des défenseurs les plus déterminés du catholicisme; 
un de ses proches parents compte parmi les chefs 
du parti de la Ligue à Limoges, et joue un rôle 
actif dans les graves événements dont nous avons 
essayé d'écrire ailleurs le récit, malheureusement 



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bien incomplet (1). La dame de Villelume, elle, 
appartient au contraire à la Réforme, et son ma- 
nuscrit est le premier en date des quatre ou cinq 
de nos registres limousins qui sont l'œuvre de 
personnes professant la religion protestante. Sauf 
le nom du ministre Joseph Joubert, qui y est 
prononcé trois fois, nous n'y rencontrons du reste 
aucune note relative à l'histoire des églises réfor- 
mées de la région. 

Le mari de Jeanne, qui parait avoir été catho- 
lique, meurt victime des guerres civiles. Les 
ligueurs se présentent, au mois d'avril 1591, sous 
"les murs de la ville du Dorât, en Basse-Marche. 
Ordre est envoyé à tous les fidèles serviteurs du 
Roi de marcher au secours de cette place. Jean 
de Villelume de Barmontet, sieur du Bâtiment, 
s'empresse d'obéir; mais comme il approche du 
lieu de réunion assigné aux royalistes par le gou- 
verneur de la province, il tombe, le 5 mai 1591, 
dans une embuscade et y périt. U laisse sa veuve 
grosse de son troisième enfant, et Jeanne enre- 
gistre la naissance, au 20 novembre suivant, d'une 
fille qui est baptisée seulement trois ans plus tard. 

Le cahier de la .dame du Bâtiment renferme 
quelques anagrammes dans le goût du temps; 
nous les avons reproduites. 

VII. — Nous l'avons dit, le ton de tous nos 
papiers domestiques : registres de famille et livres 
de raison, est grave; mais, à l'impression sévère 

(t) La Ligue â Limoge*. Limoges, veuve Ducourtieux, t8S4. 



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que laisse leur lecture dans notre esprit, ne se 
mêle aucun gentiment pénible : seul des manus- 
crits de ce genre qui nous ont passé sous les 
yeux, le livre des La Brunye de Rochechouart 
donne une note où domine la tristesse. Écrit pres- 
que tout entier par des protestants, au cours d'une 
période de troubles et de persécutions, ce confi- 
dent intime du foyer, ce muet témoin de tant 
d'angoisses, devait porter la trace des préoccupa- 
tions, des inquiétudes, des souffrances du petit 
groupe dont le chef l'a rédigé. Ces sentiments et 
ces épreuves ont en effet un écbo dans notre 
manuscrit et communiquent à ses pages quelque 
chose de douloureux et de plaintif. Toutes ces 
tristesses ont étendu sur ce papier domestique un 
voile de mélancolie, comme un ciel orageux assom- 
brit de seâ teintes livides les eaux qui le réflé- 
chissent. Mais on ne trouve pas, dans le livre 
des victimes, une seule impréL'ation contre les 
persécuteurs, un seul mot violent à leur adresse. 
Peut-être la prudence n'est-elle pas étrangère à 
cette réserve; nous aimons mieux croire que les 
réformés de Rochechouart pratiquaient le pardon 
des injures, et laissaient à la propre conscience 
de leurs ennemis le soin de juger lexu's actes et 
de les punir. 

Grand in-8°, cartonné, d'une cinquantaine de 
feuillets, le registre des La Brunye, commencé 
vers 1644 par Jean, renferme des notes emprun- 
tées à d'autres documents du môme ordre et dont 
la première en date se rapporte à la mort du 
grand-père du rédacteur, décédé le 5 février 1599. 



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Api-èa la mort de Jean, survenue en 1684, son 
petit-fils, David, lui succède dans la tenue du pa- 
pier de famille; Raymond dé La Brunye tient la 
plume à son tour, de i747 à 1788. Enfin quelques 
notes insignifiantes sont «joutées par Pierre-Paul, 
de 1788 à 1792. Cette dernière date est la plus 
récente qu'on relève dans le registre, lequel ne 
renferme ni compte ni inventaire, ni mention 
quelconque relative à la gestion du patrimoine. 
Nous n'insisterons pas sur l'intérêt tout parti- 
culier qui s'attache au manuscrit des La Brunye. 
M. Alfred Lerouï, archiviste de la Haute- Vienne, 
qui prépare en ce moment une histoire de la 
Réforme en Limousin, et qui, par conséquent, 
se trouve être l'homme du monde le plus capable 
d'apprécier la portée de ce document et de la 
faire ressortir, a pris la peine de copier lui-même 
les eUraits que nous publions et de les annoter 
avec un soin, une abondance, une précision qui 
en augmentent singulièrement la valeur. Disons 
seulement que le livre des Labrunye renferme 
toute l'histoire de l'église protestante de Roche- 
chouaii pendant un siècle; on y trouve, sur la 
situation faite aux réformés, sur les mauvais 
traitements "dont ils étaient l'objet, sur. l'attitude 
du clergé et de la population à leur égard, sur 
leurs rapports avec les intendants et les auto- 
rités provinciales, des renseignements précieux et 
que vainement on chercherait pilleurs. 11 y est 
fait mention de plusieurs des communautés pro- 
testantes qui existaient alors dans la région et 
d'un assez grand nombre de ministres, dont 



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quelques-uns sont nommés à nos Annales ou 
dans la grande Histoire de Saint-Martial du 
P. Bonaventure de Saint-Amable. Trois ou quatre 
de ces notes, celle notamment ayant trait à la 
mort, à la date du 26 awil 1653, du célèbre pas- 
teur Daniel de Barthe et à son inhumation dans 
le temple de Limoges, ne sont pas sans intérêt 
pour l'histoire générale de la religion réformée. 
Un détail remarquable nous est fourni par ce 
document. A la suite d'une émotion populaire cau- 
sée à Rochechouart, en 1674, par un nouvel impôt 
mis cette aimée-Ià sur les boissons, deux notables 
de la communauté protestante sont envoyés à Poi- 
tiers, auprès de l'Intendant de la Généralité, M. de 
Maiiilac, « pour la estre retenus en forme d'otages » 
et « subir les ordres de M. l'Intendant, o A. cette 
occasion une garantie, un garde-dommage comme 
on disait alors, leur est donnée par un acte pu- 
blic signé des consuls et des habitants de la ville. 
Cet acte rappelle ces assurances jurées au xin' 
siècle par les communes à leurs procureurs ou à 
leurs magistrats, et dont le plus ancien registre 
de l'Hôtel-de-ville de Limoges nous a conservé 
plusieurs curieux spécimens. 

VIII. — Pour la troisième fois, c'est le papieD 
domestique d'une famille protestante que nous 
allons feuilleter, et c'est encore au'c recherches 
de M. Leroux que nous sommes redevables de la 
connaissance de ce manuscrit. Cahier in-12 de 
56 feuillets, recouvert d'une feuille de parchemin 
déchirée, le registre de Jean Plaze, d'Ai-gentat, 



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est aujourd'hui la propriété de M. Eusèbe Bombai. 
Comme la plupart des documents de cette nature, 
11 débute par des prières. Ici, le Benedidte et les 
Grâces servent d'introduction à une série de men- 
tions où l'on peut noter quelques passages ins- 
tructifs. 

L'auteur de ce livre domestique est membre 
de la communauté protestante d'Argentat; les ré- 
formés sont nombreux dails la ville, puisque la 
maison commune leur sert de lieu d'assemblée. 
C'est là qu'en 1609, le ministre François Claude 
administre le baptême à Jeanne Plaze. 

Ce ne sont pas seulement les naissances des 
membres de sa lignée qu'inscrit Jean dans son 
registre; il y marque celles des enfants de ses 
frères Jacques et François. A la suite de ces notes 
de famille se trouvent quelques statuts synodaui 
concernant la discipline ecclésiastique et divers 
sujets de liturgie. La première mention de la 
main de Jean Plaze est du 19 février 1605; la 
dernière porte la date du 14 septembre 1634. 

Gaspard Deyma, de qui paraissent émaner les 
notes de famille comprises entre les dates ex- 
trêmes du 21 mars 1644 et du 17 avril 1661, 
est le mari d'Antoinette, fille de François Plaze : 
il appartient, lui aussi, à la religion réformée. 
Son papier domestique n'offre au surplus, fomme 
celui de l'oncle de sa femme, qu'un fort médiocre 
intérêt. 

Aux dernières pages de ce cahier, on trouve 
diverses notes relatives à des prêts d'argent et 



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dont les i^tes s'échelonnent de 1712 à 1729- Nous 
n'avons pas jugé utile de les reproduire. 

IX. — C'est encore du Bas-Limousin que nous 
vient le neuvième des manuscrits compris dans 
notre petite collection. M. Louis de Veyrières nous 
a obligeamment communiqué ce livre, beaucoup 
plus intéressant à tous égards que celui de Jean 
Plaze. Antoine d'Areilh, à qui on doit les pages 
dont il s'agit, est un notable bourgeois de Beau- 
lieu. 11 y exerce les fonctions de juge seigneurial 
pour l'abbaye et on le voit, en 1619, figurer au 
nombre des consuls chargés de l'administration 
et de la garde de la petite ville. En 1621, il 
afferme de la duchesse de Bouillon le produit des 
droits dont sont en possession les vicomtes de 
Turenne. Beaulîeu compte, à cette époque, une 
population calviniste assez nombreuse. D'Areilh 
appartient toutefois au groupe catholique, et il 
proteste contre l'introduction en majorité, dans le 
corps municipal, de bourgeois professant la reli- 
gion réformée. 

Le livre d'Antoine d'Ai-eilh se compose d'une 
centaine de feuillets in-4', protégés à peine au- 
jourd'hui par des lambeaux de couverture et sur 
lesquels des notes, se rapportant aux objets les 
plus variés, ont été inscrites sans aucun ordre. 
La première eii date des mentions qu'on y relève 
est du 18 novembre 1611 et a trait à une garantie 
donnée au juge seigneurial, pour une somme de 
15 livres due à raison d'une vente de châtaignes. 
Quelques passages signalent des sinistres : le 24 



Diçu-izcdbyGoOgle 



- 193 — 

juin 1619, une violente tempête et de grandes 
pluies. amenèrent un débordement de la Dordogne 
et causèrent aux récoltes d'importants dégâts; en 
1623, un autre orage mêlé de grêle fut suivi d'une 
nouvelle inondation ; les eaux emportèrent le pont 
de Badiol, que les consuls firent sur-le-champ 
rétablir. 

Outre ces notes, on relève dans le manuscrit de 
d'Areilh la mention de l'abjuration publique de 
Jean Chaumeii, bourgeois de Beaulieu, dans l'église 
de Notre-Dame de cette ville, le 12 mars 1619; 
celle de la réception solennelle, le 16 septembre 
1617, du fils aîné du vicomte de Turenne, alors 
âgé de douze ans, et l'indication sommaire des 
fêtes qui signalèrent son entrée : e représentations 
tant par Neptune, cheval-marin, sur la rivière, feu 
artificiel à l'entrée de la Grane; » — enfin deux 
curieux passages, nous faisant connaître les con- 
ditions du louage des domestiques à Beaulieu au 
commencement du ivn' siècle. En 1621 d'Areilh 
donne à son valet 19 livras, deux paires de sabots 
et une «remue» de chapeau; l'année d'après, sa 
mère prend un nouveau serviteur, et lui promet, 
pour une année, 18 livres de gages, deux chemises, 
un vieux chapeau et le bois de ses sabots; « et 
» s'il treuve pendant ledit an quelqu'un qui dom- 
» maige le bien, s'en ressentira jusques a une 
» paire de souliers. » 

Les dernières lignes écrites de la main de Fran- 
çois d'Areilh se réfèrent à une vente de bestiaux 
amenés k la foire de Mauriac, le 6 juin 1637. 
Le manuscrit renferme quelques notes d'une autre 



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— 194 — 

écriture; cellea-ci s'arrêtent à l'année 1642. La 
seconde moitié du registre, pris au rebours, ren- 
ferme divers comptes se rapportant particulière- 
ment aux années 1748 à 1752 : ces notes, abso- 
liunent sans intérêt, couvrent une portion des 
marges de la première partie. 

X. — Un sieur Gondinet, de Saint-Yrîeix, con- 
temporain du chanoine Antoine de Jarrige (dont 
M. A. Leroux vient de publier le curieux journal 
historique, copié par Auguste Bosvieux sur l'ori- 
ginal, alors en la possession de M. Morange), nous 
a laissé quelques pages assez intéressantes où se 
trouvent racontés les événements survenus au- 
tour de lui du 25 mars 1613 au 20 octobre 1630. 
On ne trouve mention, dans ce manuscrit, d'aucun 
fait intéressant l'histoire générale; mais quelques 
passages permettent de constater à quel point les 
rivalités locales étaient excitées, les haines vio- 
lentes, et combien peu paraissent alors efficaces la 
crainte de la répression et la protection des tri- 
bunaux. Les Grands Jours tenus k Poitiers, du mois 
de septembre 1634 au mois de janvier 1635, pour 
les provinces du Poitou, de la Saintonge, du Li- 
mousin, de la Marche et provinces circonvoisines, 
nous fournissent du reste à cet égard d'assez tristes 
révélations. 

Le document dont il s'agit et dont nous devons 
la communication à M. Alb. Bosvieux, inspecteur 
des Domaines à Anch, n'est ni un registre de 
famille, ni un livre de raison. C'est un de ces 
fragments de journaux, de ces mémoriaux d'his- 



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toire locale si communs au svii' siècle, et dont le 
plus grand nombre a été malheureusement perdu. 

XI. — Avec le livre de raison d'un sieur Jarrige, 
nous rentrons dans le cadre de notre étude sans 
quitter la ville de Saint- Yrieii. C'est encore à Au- 
guste Bosvieui, ancien archiviste de la Creuse, 
puis du Lot-et-Garonne, plus tard juge aux Tri- 
bunaux de Schelestadt et de Wissembourg, que 
nous devons la conservation de ce document, jadis 
propriété de M. Boileau; Il est fâcheux que notre 
regretté confrère n'en ait pris que des extraits 
aussi courts. On y trouve mentionnée, à la date 
du 12 septembre 1621, une aurore boréale; aux 
12 mai 1609 et 12 mai 1620, des orages qui cau- 
sèrent de grands dégâts. L'auteur note cinq mau- 
vaises années, de 1617 à 1691. Il raconte, comme 
Gondinet, la scène dont l'église collégiale fut le 
théâtre le 31 mars 1624 : plusieurs coups de feu 
furent tirés et un homme tué dans le sanctuaire. 
Les deux registres notent également, au 20 avril 
1630, l'arrivée des religieuses de Sainte-Claire à 
Saint- Yrieix. 

Il est impossible de ne pas relever, dans le livre 
de Jarrige, ce vœu énergique, formulé à la suite 
de la mention du baptême d'une de ses filleules : 
— « Dieu, par sa sainte grâce, la fasse femme de 
bien, ou l'oste de ce monde ! » — Voilà une phrase 
qui vaut bien, à notre avis, la fameuse parole de 
Blanche de Castille. 

Nous venons de dire que le manuscrit de Jar- 
rige pouvait être classé parmi les livres de raison. 



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Son rédacteur ne le considérait pourtant pas comme 
tel, ou peut-être le cahier communiqué à Auguste 
Bosvieux n'était-il que le complément d'un re- 
gistre du même genre, mais d'une bien autre im- 
portance; car, en parlant de l'orage du 12 mai 
1620, l'auteur renvoie à la page .144 de son « g.(l) 
papier de raisons, » où il est parlé d'un autre orage 
survenu onze ans plus tôt. Ce « papier de raison » 
ne nous a pas été conservé. 

XII. — M. le comte de Villelume a bien voulu 
nous permettre de prendre copie du livre de raison 
de Jean et de Jérôme Texandier, conservé dans ses 
archives de famille. Nous avons déjà dit que nous 
devions à M. et à M"" de Villelume la connais- 
sance de l'intéressant, mais trop bref journal de 
Jeanne Boyol; on verra plus loin que leur gra- 
cieuse obligeance ne s'est pas bornée à ces deux 
communications, et que c'est d'eux encore que 
nous tenons le registre de Jean Texandier, de sa 
bru et de son petit-fils. 

Il est d'aspect élégant et soigné, ce petit volume 
in-12 (142 millimètres sur 99) qui nous conserve 
les annales de la famille Texandier durant un 
quart de siècle; il a gardé sa jolie reliure en 
basane dont les fers sont d'un goût exquis. Beau- 
coup de ces graves registres de nos pères étaient 
ainsi vêtus avec une certaine recherche, parfois 
avec une véritable coquetterie. Un livre de raisbn 
n'était-il pas un bijou de famille? Et de quel prix! 

(1) Grand* 



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Il fallait que son apparence extérieure elle-môme 
le recommandât à l'attention et aux soins de la 
postérité. Le livre a actuellement 25 feuillets; il 
en manque un ou deux au moins, se référant aux 
années 1637-1642, et qui ont été arrachés entre 
le folio 3 et le folio 4. Le manuscrit est, au sur- 
plus, dans un état parfait de conservation. 

Jean Texandier, riche bourgeois et commerçant 
notable de Limoges, commence son registre par 
la mention de la mort de son père, Jacques, arri- 
vée le 9 novembre 1636. Il indique les clauses dn 
testament avec une netteté parfaite et nous met 
ainsi tout d'emblée au courant de ses affaires de 
famille. Comme c'est la coutume à cette époque, 
la mère et le fils aine ont été désignés comme 
héritiers universels. Les autres enfants racevront 
chacun un legs à l'époque de leur étabU^ement 
ou de leur majorité. 

Nous avons dit que l'auteur de notre manuscrit 
était 'au nombre des principaux négociants de la 
ville : on'le voit, en 1653, élu juge au tribunal de 
la Bourse. Il ne tenait pas un moindre rang 
parmi les paroissiens de Saint-Michel que parmi 
les membres du corps du commerce; il nous ap- 
prend, en effet, qu'il fut nommé, en 1640, baile 
de la confrérie de Saint-Loup; en 1656, baile du 
Saint-Sacrement; en 1659, baile des âmes du Pur- 
gatoire. En 1654, les consuls le désignèrent pour 
remplir les fonctions de baile de l'hôpital; il fut 
donc membre de l 'avant-dernière administration 
du vieil établissement de St-Gérald ; à leur sortie 
de charge, en 1658, Jean et ses collègues furent 



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remplacés par une administration dont Martial 
Maledent de Savignac fut l'âme, et qai décida et 
prépara la réorganisation des services hospitaliers 
de la ville. 

Relevons, dans les pages qui se rapportent aux 
affaires de l'hôpital, une curieuse indication tou- 
chant la façon dont les administrateurs d'alors 
conservaient et géraient le patrimoine des pauvres. 
Il n'y avait pas de receveur spécial, de comptable 
à gages : les quatre bailes sortants remettaient à 
leurs successeurs tout le capital en argent : ceux-ci 
se le partageaient par égale portion et le faisaient 
valoir comme ils l'entendaient; mais Us devaient 
chaque année en payer à l'hôpital l'intérêt à cinq 
pour cent, et rembourser intégralement à l'expi- 
ration de leur mandat la somme qu'ils avaient 
reçue.. 

Une des filles de Jean Teiandier épouse en 1652 
Joseph Limosin, îils de l'émailleur Léonard 111, et 
Jean associe son gendre à son commerce. L'apport 
du beau-père est de 36,000 livres; celui du jeune 
homme de 18,000, et il est convenu que les béné- 
fices et les pertes se partageront proportionnelle- 
ment aux capitaux versés. De plus, Jean fournit à 
la société une valeur de 30,000 livres en mar- 
chandises ou en créances,. pour lesquelles il pré- 
lèvera chaque année un modeste intérêt de 500 
livres. Telles sont les conditions d'une association 
qui doit subsister au-delà du terme de l'existence 
'du beau-père, et dont un autre livre domestique, 
reproduit plus loin, mentionnwa la dissolution 



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— 199 — 

SOUS la date du 22 juillet 1689. Le passage le 
plus récent de notre livre est du 9 avril 1662. 

On trouve, au manuscrit dont nous venons d'es- 
quisser à grands traits le contenu, un certain nom- 
bre de passages écrits par le frère de Jean, Jérôme 
Texandier, et .relatifs à la naissance des enfants de 
ce dernier : Marie, Peyronne, Anne, Marie, Fran- 
çois, — 28 mai 1646 au 14 juin 1652. Jérôme est, 
comme son frère, un notable commerçant et on le 
trouve aux Registres consulaires, sur la liste des 
Juges de la Bourse élus en 1654. 

Le livre de raison de Jean et Jérôme Texandier 
nous tient également au courant et des événements 
survenus au foyer et des affaires de la famille; il 
note même quelques faits locaux. Noua recomman- 
dons spécialement ce registre à nos lecteurs ; il 
est, parmi ceux compris à notre recueU, un de 
ceux qui peuvent donner l'idée la plus simple et 
la plus exacte à la fois du « papier domestique » 
de nos pères. 

XIII. — Le cahier-memento du notaire Psaumet 
Péconnet n'est pas le seul « papier de raison » que 
nous devions à cette famille. Deux autres journaux 
du XTu' siècle, offrant assurément un plus réel et 
plus vif intérêt pour nous, sont en la possession 
de M. Adolphe Péconnet du Chàtenet, qui a bien 
voulu nous les communiquer avec une obligeance 
dont nous ne saurions trop lui témoigner notre 
gratitude. Le livre de raison de Jean Péconnet 
et celui de Joseph, son fils, qui fait suite au 
premier, embrassent une période de cinquante ans 



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— too — 

environ et nous fournissent les renseignements lea 
plus variés, les plus curieux, sur la vie et les 
habitudes de nos pères. 

Maître Jean Péconnet, l'auteur du premier de 
ces registres, nous apprend qu'après avoir fait ses 
études au collège des Jésuites de Ijmoges, il fut 
placé comme clerc, chez un- notaire d'abord, de 
1644 à 1646, puis chez un procureur de «a ville 
natale, enfin à Bordeaux, dans l'étude d'un pro- 
cureur au Parlement. Rentré dans sa familîfe vers 
la fin de l'année 1648, il épousa, trois ans plus 
tard, Narde Michel. La future reçut 3,000 livres 
pour sa dot et sa part dans la succession de sa 
mère, plus 1,100 livres d'un sien oncle, le juge 
royal Petiot. La mère de Péconnet, Jeanne de 
Verthamond, donna à cette occasion à son fils la 
métairie du Châtenet, plus une vigne à Balezis, 
mais en se réservant, sa vie durant, l'usufruit de 
cette dernière. 

Le rédacteur de notre livre est donc un homme 
de plume et un homme de loi : ses confrères de 
la grande confrérie de Saint-Martial en rendent 
témoignage en le choisissant pour secrétaire en 
1664. Il ne paraît du reste avoir été ni avocat, 
ni notaire, ni procureur : c'est un homme d'af- 
faires au sens tout moderne du mot. On le voit 
entreprendre d'assez nombreux voyages pour le 
compte de tiers qui l'ont chargé du soin de leurs 
intérêts, entre autres des Vidaud, seigneurs du Car- 
reau et du Carrier, ses principaux clients ; accepter 
des procurations, se charger de recouvrements ou 
de liquidations contentieuses, suivre des procès. 11 



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touche des frères Yidaud, dont l'un est conseiller 
au Présidial, l'autre élu, 300 livres d'honoraires 
par an. A ses moments perdus, il s'occupe de sa 
vigne de Balezis et de sa métairie du Châtenet. 
Au cours d'un des voyages dont nous venons de 
parler, Jean Péconnet est arrêté à Poitiers* par la 
maladie; il y meurt le 30 août 1679, et son fils 
aîné, accouru pour recevoir son dernier soupir, le 
fait enterrer à Saint-Porchaire « au grand portail, 
trois pas au dedans de l'église. » 

Les revenus ne rentraient pas autrefois avec la 
même régularité qu'aujourd'hui ; la plupart se trou- 
vaient constitués par des redevances foncières, et il 
est dans la nature des choses que les cultivateurs, 
exposés à tous les accidents, à tous les retards et 
à tous les mécomptes, soient les moins exacts des 
payeurs. Aussi les bourgeois d'une condition mé- 
diocre, auxquels aucun commerce n'assurait de re- 
venus supplémentaires, étaient-ils souvent gênés. 
De là de fréquents emprunts. Les personnes qui 
avaient hesoin d'argent en trouvaient sans peine 
dans le cercle de la famille : le prêt était souvent 
gratuit; souvent aussi le créancier réclamait des 
intérêts, déguisés sous le nom de change. Tous 
ces emprunts, même ceux entre frères et sœurs, 
étaient gagés : l'usage le voulait ainsi, et ce qui 
froisse aujourd'hui notre délicatesse semblait tout 
naturel à nos ancêtres. La vérité nous oblige à 
" confesser que, grâce à cette habitude éminemment 
prudente, et pratique, les mauvaises créances, en 
dehors des transactions commerciales, paraissent 



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avoir été assez rares dans l'actif de nos ancêtres; 
du moins n'en est-il presque jamais parlé. Et puis 
ce système mettait tout le monde à l'aise, tout en 
n'encourageant point les emprunts sans nécessité. 
Avait-on besoin d'une petite somme? on prenait 
quelques bijous et on les portait chez un parent, 
qui, sur leur dépôt, comptait l'argent sans se faire 
prier. La gône passée, on remboursait le préteur 
et on reprenait ses gages. — Le Journal de Jean 
Péconnet offre un grand nombre d'exemples de 
prêts de ce genre. Nous avons crti devoir repro- 
duire plusieurs articles relatifs à ces emprunts, 
à cause des indications qu'on y trouve sur la 
nature et l'importance des objets de prix : vais- 
selle d'argent, pierreries, chaînes, colliers de per- 
les, demi-ceints, croix, reliquaires émaillés, — con- 
servés, vers le milieu du xvii* siècle, dans nos 
vieilles familles bourgeoises. 

Ce qui nous parait le plus digne d'intérêt dans 
le livre de Jean Péconnet, ce sont les renseigne- 
ments que nous donne son auteur sur l'éducation 
et l'instruction de ses enfants. Il en a huit, peut- 
être neuf : cinq fils et trois ou quatre filles. Nous 
n'avons d'indication que relativement à l'aînée de 
celles-ci. Yers sept ou huit ans, on l'envoie chez 
les religieuses Bénédictines de l'abbaye de la Règle, 
dans la Cité. Le prix de la pension, en 1664, est 
fixé à 100 livres par an. Il existe aussi à cette 
époque, à Limoges, une pension laïque de demoi- 
selles où Jean Péconnet place sa fiUe après qu'elle 
a passé quatre ans à la Règle. Cet établissement, 



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snr lequel noua n'avons du reste aucun rensei- 
gnement précis, est tenu par des « filles dévotes » 
et parait dirigé par une demoiselle Second. Les 
élèves paient 80 livres. 

Nos ancêtres avaient un moyen commode et peu 
coûteux de se procurer un précepteur pour leurs 
enfants. Ils recevaient chez eux quelque étudiant 
pauvre, qui, moyennant la table et le logiement» 
parfois même une simple réduction sur le prix de 
. sa nourriture, enseignait aux garçons la lecture, 
l'écriture, les rudiments du latin, leur donnait des 
répétitions, quand, pins grands, ils allaient au 
collège, et était surtout chargé de leur inculquer 
de bons sentiments et de bons principes. C'est 
ainsi que nous voyons, en 1663, M. de la Piou- 
larie entrer comme précepteur dans la maison de 
Jean Péconnet, qui se contentera de 35 écus pour 
toute pension par an. Au bout d'un an et demi, 
nouvelle figure : M. Jean Delaget, de Bénevent- 
l'Abbaye, étudiant en philosophie, succède à M. de 
la Pioularie. Il s'acquitte sans doute de ses déli- 
cates fonctions avec plus de succès que son pré- 
décesseur, puisque six mois après, on convient 
qu'il demeurera « à condition franche, » c'est-à- 
dire- sans payer de pension, — : au pair, comme 
disent nos commis de nouveautés aujourd'hui. En 
1670, M. Proust le remplace, également à condi- 
tion franche. C'est le R. P. Laval, Jésuite du 
collège de Limoges, qui l'a désigné au choix du 
père de famille, son ancien élève peut-être, ou 
simplement son pénitent. 
Mais les enfonts du bourgeois grandissent. On 



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— 204 — 

les envoie à l'école. Noua sommes frappés du peu 
de temps qu'ils passent chez chacun des maîtres 
que nous présente successivement le rédacteur de 
notre joxu-nal : évidemment on ne brille pas, dans 
cette maison, par une très grande fiiité d'idées. 
Est-ce la faute du père? est-ce la faute des enfants? 
Nous n'osons trop émettre un avis à cet égard; 
mais il faut constater que l'éducation de tous les 
fils de Jean Péconnet, sans exception, semble avoir 
été assez décousue. Suivons par exemple un des . 
plus jeunes, Antoine, dans ses pérégrinations suc- 
cessives : nous le trouvons d'abord, le 15 septembre 
1670, fréquentant la petite école de M. Cibot, vi- 
caire de Saint-Pierre; un an plus tard, on l'envoie 
chez un Rochelais, M. de Lavie, vraisemblablement 
un laïque. C'est sur le conseil du P. Debaye, un 
Jésuite sans doute, que le père de famille choisit 
cette école; on a vu plus haut le P. Laval désigner 
un précepteur qu'on a accepté de sa main : Jean 
Péconnet, tout le prouve, avait gardé une très haute 
déférence pour ses anciens maîtres. On sait du reste 
de quel crédit jouissaient à cette époque les Pères 
de la Compagnie de Jésus au sein d'un grand nom- 
bre de familles de Limoges. Au mois d'août 1673, 
Antoine est placé sous la férule d'un autre prêtre 
de Saint-Pierre, M. Dutrueil, qui tient également 
école. L'enfant semble suivre déjà -les cours du 
collège, et fait sa cinquième. Nouveau changement 
le 12 décembre 1675. Le jeune étudiant, qui doit 
avoir alors une quinzaine d'années, est envoyé en 
pension chez M. Brun, curé de Saint-Martinet, et 
y reste jusqu'au 22 février 1677. Il entre alors à 



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l'école de M. Maillot, que nous ne connaissons pas 
autrement. — Son frère le plus jeune, Martial, est 
placé successivement dans une petite école, puis 
en pension chez M. Chazaud, prêtre qui habite 
au Pont Saint- Martial ; en 1683, on l'envoie chez 
M. La Jousselinière fils — un étudiant peut-être — 
pour « reppetter des leçons et corriger des thèmes 
'deux fois le jour. » En 1687, un a maistre et pré- 
cepteur » dont le journal de Joseph Péconnet ne 
noua fait pas connaître le nom, vient « corriger » 
le jeune homme dans la maison de sa mère et de 
son frère aine, où il habite. En 1688, Martial suit 
la classe de troisième au collège des Jésuites- A* 
cette époque, il cesse ses études et est successive- 
ment placé chez un procureur, puis chez le sieur 
Mortemard, maître écrivain, a pour apprendre » a 
« écrire et à chiffi'er : o exercices qu'il avait sans 
doute insuffisamment cultivés jusqu'ici. Mais l'an- 
née d'après, la fantaisie lui prend de retourner au 
collège; son frère aine y, consent, et, après deux 
mois d'étude chez M. Nivet pour le remettre au 
latin, l'expédie au petit-séminaire de Magnac-Laval ; 
Martial y reste un an et demi, puis revient chez 
M. Nivet, et finalement entre chez un marchand 
en qualité de commis. 

Petit-Jean, la mauvaise tète de la famille, a été 
d'abord mis en pension chez le curé de Gorre; il 
va, en 1670, à l'école de M. Gibot, avec Antoine, 
et, en 1671, à celle de M. de Lavie. Un an n'est 
pas écoulé qu'on l'en retire pour le placer à Soli- 
gnac, chez M. Martialot, prêtre; il n'y reste pas 
longtemps : on le trouve, en 1673, à l'école de 



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M. Dutrueil, puia chez M. Bayle, où son père l'a 
mis pour apprendre à lire et k chiffrer, minimum 
d'instructioa commerciale auquel il faut se ré- 
duire, étant donnés ses bonnes dispositions et son 
amour du travail. On le met en apprentissage 
en 1677; au bout de quelques mois il quitte son 
patron; le malheureux mène dès lors une exis- 
tence de paresse et de désordres qui fait le déses- 
poir de aa famiUe et à laquelle se rapportent 
quelques-uns des passages les plus intéressants du 
journal de son frère Joseph. On réussit, après plu- 
sieurs tentatives infructueuses, à le faire embar- 
quer sur un navire à destination de la Guyane. 
Nous le perdons de vue à ce moment. 

Le futur chef de la famille, Joseph, né en 1656, 
le plus raisonnable et le plus laborieux des enfanta 
de Jean PéL'onnet, a eu, semble-t-il, une éduca- 
tion un peu plus suivie que ses frères : en sortant 
des mains de ses précepteurs, on l'envoie à l'école 
de M. de Lavie, puis, sous la direction et sans 
doute avec les répétitions de son père, il a Huivi 
le cours complet des études au collège des Jésuites; 
il y fait sa philosophie en 1674, sous le P. Roger, 
et comme une maladie lui fait perdre une partie 
de l'année 1675, il va pendant six mois, l'année 
suivante, chez le vicaire Cibot pour répéter ce 
cours, auquel on attache alors, avec raison, une 
si grande importance. 

En Ï677, ses études classiques terminées, Joseph, 
qui a vingt ans, est mis chez un avocat de Limoges, 
M. Croizier, pour y apprendre son droit romain. 
Quinze mois plus tard, il part pour Poitiers, où 



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il est placé dans une femille honorable, moyennant 
240 livres de pension, par les soins d'un religieux, 
le P. Jacques de Saint-Pierre, à qui ses maîtres de 
Limogea l'ont sans doute recommandé. Après six 
mois de répétitions, le jeune homme en sait assez 
pour prendre ses licences : il revient à Limoges à 
la fin do mois de juin 1678 et se fait recevoir 
avocat au Présidial; il a alors vingt-deux ans. 

Arrêtons-nous un moment pour noter quelques 
chiffres instructifs et curieux sur le livre de dé- 
penses du père de famille. 

Le prix de l'écolage, de 1670 à 1690, est à peu 
près le même dans toutes les petites écoles de 
Limoges : chez le vicaire Cibot comme chez le 
Rochelais de Lavie, chez M. Dutrueil comme chez 
M. Maillot, les élèves paient trente sols par mois. 
A trente sols aussi est fixé le salaire du a fils du 
sieur Lajousselinière » pour un mois de répétitions. 
Le « maistre escrivain, » Jean Bayle, dont le mi- 
nistère est évidemment moins relevé que celui des 
précédents, ne prend que vingt sols. Par contre, 
les répétitions de philosophie du vicaire Cibot se 
paient 5 livres par mois; les leçons de droit de 
l'avocat Croisier, de 5 à 6 livres, et les répétitions 
à Poitiers ne reviennent pas à moins de 1 1 livres, 
soit 66 livres pour un semestre. 

Le prix de la pension pour les jeunes gens ne 
diffère pas de celui qu'on paie pour les Jeunes 
filles; nous avons vu plus haut qu'il était fixé à 
100 livres à l'abbaye de la Règle, et à 80 dans 
l'établissement dirigé par M'" Second et autres 



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a filles dévotes. » Jean Péconnet paie, en 1671, 
100 livres de pension pour Petit-Jean à M. Mar* 
tialot, de Solignac; en 1675-76, 80 livres pour An- 
toine au curé de Saint-Martinet; Joseph paie 100 
livres pour son frère Martial au prêtre Chazaud, 
en 1683. Au petit-séminaire de Magnac-Laval, qui 
jouit dès lors d'une réputation qu'il a conservée 
jusqu'à nos jours, la pension est d'un prix plus 
élevé : 36 livres par quartier, soit 144 livres par 
an : 120, déduction faite de deux mois de vacances. 
Parmi les notes nombreuses qu'on peut signaler 
dans le journal de Jean Péconnet, mentionnons le 
relevé des visites faites par le médecin Ferrand à 
un des enfants, Jean l'alné, au cours d'une ma- 
ladie à laquelle le jeune homme ne parait pas 
avoir survécu. Le prudent chef de famille se pré- 
pare de longue main à contrôler l'exactitude du 
mémoire dont la perspective l'inquiète déjà. Tou- 

■ tefois une cinquantaine de visites ne sont payées 
que 22 livres, plus 30 sols pour une première con- 

'eultation. Les visites du chirurgien Vidaud i-evien- 
nent à un prix plus élevé : 4 livres lô sofs pour 
cinq; elles sont donc comptées 18 sols : celles du 
médecin moitié seulement. 

Mentionnons encore les achats faits à Paris par 
Jean Péconnet, pour son ameublement et son mé- 
nage, au cours de deux voyages d'affaires, en 1660 
et 1665; c'est d'abord un coffre-bahut du prix de 
1 1 livfes ; ensuite un lot d'ustensiles et vaisselle en 
étain fin : plat-bassin, salières, grands et petits 
flacons, aiguière, vinaigrier, sucrier, moutardier, 
ècuelle couverte, trois chandeliers, six tasses, douze 



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cuillers, douze fourchettes, une cuiller couveite, 
deux égouttoirs, un chauffe-lit, le tout aux armes 
des Péconnet, marqué des initiales 1 P et coûtant 
70 livres; enfin cinq pièces de tapisserie de Ber- 
game achetées 81 livres 10 sols, et revenant, port 
compris, à 91 livres 10 sols : Dans trois de ces 
pièces, le bourgeois trouve la garniture complète 
de trois lits et de dix-huit chaises ou fauteuils, 
plus deux tapis. Les deux pièces intactes sont 
mises en réserve, et l'une d'elles sert de tenture, 
aat jours de procession. Ajoutons, pour les curieux, 
que le bois de douze des sièges a coûté seulement 
12 livres, et que 23 autres livres ont suffi à solder 
la note du tapissier. 

Le journal de Jean Péconnet, bien qu'il débute 
par quelques paragraphes se rapportant aux années 
1644 et suivantes, ne parait avoir été écrit que 
beaucoup plus tard; peut-être même est-il un 
relevé, fait en 1657 ou 1658, des notes contenues 
dans un autre registre. 11 s'arrête au 23 octobre 
1678 et au recto du folio 62. Le manuscrit, qui 
est en papier assez lin, marqué dans la pâte d'une 
épée à large lame, à poignée étroite et à garde 
sommairement indiquée, d'un format petit in-folio 
— 284 millimétrés sur 190 — avec couverture en 
parchemin, renferme 65 feuillets de plus, dont la 
plupart sont restés en blanc. On trouve néanmoins, 
aux folios 91 et suivants, un relevé des « pièces 
justificatives » ayant trait aux affaires des frères 
Vidaud, relevé allant du 10 juin 1654 au 5 juillet 
1678; aux folios 105 et suivants, des documents 



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relatifs à la succeasion de M. de Verthamond, curé 
de La Geneytouse, oncle de Jean Péconnet; aux 
folios 110 et suivants, le compte de ce dernier 
avec Barthélémy, maître boulanger de la Cité, du 
12 janvier 1655 a^ 13 décembre 1662; enfin, aux 
dernières pages, une table alphabétique très com- 
plète des articles du manuscrit. Parmi les pièces 
relatives à la succession du curé de la Geneytouse, 
on remarque un inventaire assez intéressant du 
mobilier qu'on a trouvé chez lui : un calice d'ar- 
gent doré, cassé, avec sa patène, estimé 48 1. 15 s.; 
six cuillers d'argent a meslé et commung, » esti- 
mées 12 1.; deux garnitures de lit « de sarge blefve, 
avec passements effranges a demy usées » : 18 1.; 
« deux couettes et deux cuissins, garnys de plume, 
ung matelatz, deux couvertes, l'une vieille, couleur 
blefve, et l'autre petite, couleur blanche, usage de 
village : 30 1.; huit « linceulx, quatre chemises 
usées, trois neuves, deux nappes usées, vingt-quatre 
serviettes usées, deux paires de caleçons, trois paires 
de bas de chausses en toile » : 32 1.; deuK « paires 
d'hahitz noir, » une soutane, un manteau long, un 
manteau court et une robe de iham'bre : 40 1.; deux 
bassins d'airain pesant dix-huit livres : 7 1. 6 s.; un 
mousqueton ; 10 1.; « ung payre d'armoires » : 81.; 
un coffre : 15 1.; une paire de landiers de laiton : 
12 1.; une aiguière a rompue, » un vinaigrier 
« rompu, B une tarsière, le tout d'étain; enftn une 
vieille chasuble de velours rouge, avec un rang de 
dentelle d'or et d'argent, et un missel. 

Au compte du boulanger, nous apprenons que 
maître Barthélémy devait livrer vingt « pains 



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— 21i — 

d'hôtel » ou huit tourtes au setier, mesure de 
Limoges. Il convient d'ajouter qu'il semble n'èti-e 
ici question que de seigle. 

XIV. — C'est improprement que nous avons, au 
relevé placé en tête de ces courtes notit-es, donné 
le titre de « Livre de raison du Président Chorllon » 
au registre dont nous allons nous occuper. Ce 
manuscrit contient en réalité les annales de la 
famille pendant près d'un siècle, et trois généra- 
tions y ont successivement tracé leur histoire par 
la main du chef qui présidait au foyer. Toutefois 
le registre original du premier rédacteur, Isaac 
Chorllon, sieur des Rioux, greffier en l'Élection de 
Guéret, manque à notre recueil, et celui-ci n'en 
possède que la copie, faite en 1650 par le fils 
d'Isaac, Jean-Baptiste-Alexis, devenu, quatre ans 
plus tard. Président au siège Présidial établi dans 
sa ville natale. Les notes dues au premier vont du 
3 septembre 1628 au 5 août 1642. Jean-Baptiste 
Alexis ajoute au mémorial de son père la mention 
de la mort de son frère Jean, décédé le 21 o. tobre 
1654, et le dernier événement qu'il enregistre est 
la naissance de son fils Isaac, à la date du 21 jan- 
vier 1673. Les articles écrits par le troisième des 
rédacteurs de notre manuscrit, Alexis, qui suc- 
céda à son père dans la charge de Président, sont 
compris entre les dates extrêmes du 8 novembre 
1700 et du 20 juin 1709. 

Cette partie du livre des Chorllon ne se com- 
pose que d'une série de notes relatives à des nais- 
sances, des mariages et des morts. C'est le a papier 



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— 212 — 

de famille n dans sa conception la plus simple et 
la plus étroite. Quelques-uns des passages qu'il 
renferme sont cependant relevés par de courts 
éloge.î dont le rédacteur fait suivre la mention des 
décès, et par l'indication de cei-tains curieux, dé- 
tails de mœurs. On remarquera, à la date du 
25 Octobre 1664, une note relative à la venue au 
monde d'un enfant né « coiffé. » Le grave Prési- 
dent donne des renseignements circonstanciés sur 
l'aspect et la nature de la membrane qui enve- 
loppait la tète de l'enfant, et déclare qu'il l'a 
soigneusement recueillie pour « la garder autant 
» qu'elle pourra se conserver. » 11 ajoute même 
qu'il la_ place entre deux feuillets de son registre : 
inutile de dire que nous ne l'y avons pas retrouvée. 
Parmi les noms des parrains et des marraines, 
nous en relevons deux auxquels la province de la 
Marche doit un long et reconnaissant souvenir : 
François Le Boyteux, originaire de Paiis, et com- 
mis à la recette des Tailles dans l'Élection de 
Guéret, qui tient sur les fonts Jeanne Chorllon, en 
1642, assura, par ses libéitLlitôs, les soins de 
quelques a filles dévotes » aux pauvl-es reçus à 
l'hôpital de Guéret; Antonio Laboreys, marraine, 
en 1628, d'Antoine Cliorllon, appartenait à une 
famille dont un membre, Pierre-Augustin Labo- 
reys de Cbàteaufavier, ancien député aux États 
générau';, est, ave.- sa femme, le principal fon- 
dateur dos Écoles chrétiennes d'Aubusson. 

Mais ces notes de famille ne sont que la pre- 
mière et la moins intéressante partie de notre 



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— 213 — 

manuscrit. La seconde, qui offre le double carac- 
tère d'un journal personnel et d'un livre de rai- 
son, est de beaucoup la plus digne d'intérêt. Son 
rédacteur, J.-B. Alexis Chorllon, sieur de Cher- 
demont, o le président Chorllon » comme nous 
l'appelons encore après deux siècles, a été un des 
magistrats les plus distingués que la province ait 
vu siéger sous l'ancien régime. Il a laissé des 
Mémoires d'un certain intérêt qu'on a souvent 
consultés avec fruit, et où l'on trouve de précieux 
détails sur les mœurs de la magistrature d'autre- 
fois et sur les événements survenus dans la Marche 
au cours des cinquante années qui se"5ont écoulées 
entre 1635 et 1685, dates extrêmes de l'ouvrage. 
Nous avons l'espoir que ces Mémoires seront pro- 
chainement donnés au public : on nous assure 
que M. Autorde, archiviste du département de la 
Creuse, en prépare la publication. 

Cette seconde partie du livre domestique des 
Chorllon, qui débute par l'éloge du P. Sylvestre 
Mage, religieux récollel du couvent de Guéret, 
mort le 98 novembre 1662, renferme une notice 
assez complète sur les vicissitudes du Présidial de 
cette ville; on y peut relever quelques indications 
sur les sièges royaux et juridictions secondaires 
compris dans son ressort. Bien qu'elle se trouvât 
dans les conditions requises, aux termes de fédit 
du mois de janvier 1551, pour posséder un siège 
présidial, la Marche n'en eut un que quatre-vingt- 
quatre ans plus tard. Les appels du sénéchal de 
Guéret ressortissaient au Présidial de Moulins; 
ceux des sénéchaux de Bellac et du Dorât au 



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-214- 

Présidial de Poitiers; ceux de Bourganeuf à la 
même cour, et peut-être, à un moment donné, 
au siège de Limoges; enfin ceux de Bellegarde et 
du Franc-Alleu à Riom. Grâce au crédit de M"" de 
Combalet, depuis duchesse d'Aiguillon et nièce du 
cardinal de Richelieu, la ville de Guéret obtint 
le premier janvier 1635, avec l'adhésion des villes 
où siégeaient les tribunaux qui devaient relever 
de la nouvelle juridiction, l'établissement d'un 
siège présidial où vinrent aboutir les appels de 
toute la province de la Marche. L'office de Pré- 
sident de cette cour fut acquis en i664, par 
Chorlion, des héritiers de M. Laboreys de Mas- 
tribut, au prix de 12,000 livres. 

L'auteur de notre manuscrit fournit sur son 
propre compte des renseignements biographiques 
dont on peut tirer quelque parti; mais c'est sur- 
tout à ses Mémoires qu'il convient de recourir si 
on désire connaître les détails de sa vie. Les pages 
de soii livre de raison que nous reproduisons se 
rapportent surtout à son père, dont il trace minu- 
tieusement un très vivant et très honorable por- 
trait. Il nous le montre zélé pour le bien' public, 
ne marchandant à ses concitoyens ni son temps ni 
sa peine, estimé et aimé de tous, cœur dévoué, 
seui droit, âme bien trempée et tempérament vi- 
goureux : mens sana in corpore sano. — A chaque 
page de nos registres de famille, nous passons 
auprès de quelqu'une de ces sereines et robustes 
figures, réalisant à merveille cet idéal pratique, 
nullement inaccessible, mais bien rare aujourd'hui, 



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qu'en cinq mots l'antiquité avait su ai nettement 
indiquer. 

Si Isaac Chorllon s'est acquis la reconnaissance 
des habitants de Guéret en s'occupant de leurs 
intérêts et en pourvoyant à leur défense au cours 
des années troublées de la Fronde, il n'en a pas 
moins rempli sa mission de père de famille de 
façon à mériter la gratitude de ses descendants. 
Le détail très circonstancié des achats faits par lui 
à Cherdemont (où il possédait une petite exploi- 
tation dont les étables ne renfermaient que deus 
bœufs, et où il crée trois métairies au labourage 
de quatre bœufs chacune), de l'arrangement de la 
propriété, du soin apporté aux cultures, de la 
plantation et de l'aménagement des bois, des nom- 
breuses constructions élevées par le père de famille, 
fournit assurément les pages les plus caractéris- 
tiques et les plus attachantes du manuscrit des 
Chorllon. La complaisance que met le Président à 
parler des travaux exé -utés à Cherdemont par son 
père, atteste l'amour de nos ancêtres pour la vie 
des champs et la propriété rurale. Ce goût était 
du reste de tradition dans les familles de robe, 
et les Mémoires des xvi* et xvn' siècles en four- 
nissent des preuves assez nombreuses et assez ca- 
ractéristiques, pour que nous n'ayons pas à insister 
ici sur ce côté des mœurs de nos pères. 

Il est une particularité sur laquelle nous devons 
appeler l'attention de nos lecteurs. Isaac Chorllon 
ne meurt qu'en 1690. Dès 1654 cependant, il a 
laissé à son fils le soin de rédiger le registre do- 
mestique. Dans les papiers de famille que nous 



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avons examinés, nous avons eu l'occasion de cons- 
tater que les enfants tiennent souvent la plume 
pour le père; mais c'est toujours ce dernier qui 
parle. Ici il n'en est pas de même : Isaac semble 
avoir abdiqué cette fonction spéciale de sa charge 
de chef de famille entre les mains de son fils. 
Une telle anomalie doit s'expliquer sans doute par 
les fréquentes absences du père, les longs séjours 
qu'il était obligé de faire à Cherdemont pour sur- 
veiller ses constructions, diriger ses cultures, et 
par la vie plus sédentaire de J.-B. Alexis. 

Notons encore qu'lsaac, qui a été avocat avant 
de devenir greffier de l'Élection de Guéret, a fait 
ses études et pris ses licences à Bourges. J.-B. 
Alexis est conduit à douze ans par sa mère au 
collège des Jésuites de Moulins; deux ans plus 
tard, il va continuer ses humanités à Bourges, où 
il commence ses études de droit; il les termine à 
Paris, où il se fait recevoir avocat au Parlement 
au mois d'avril 1652. Le frère du Président meurt 
adolescent, l'année même où il fait sa philosophie 
chez les Récollets de Guéret. 

Le manuscrit dont nous venons de donner un 
court aperçu, est un registre en papier de 245 
millimètres sur 185, comprenant soixante-douze 
feuillets, et dont la reliure n'a pas été conservée. 
Il est aujourd'hui la propriété de M"' Adam, de 
Guéret, dont la mère appartenait à la famille 
Chorllon et a été, croyons-nous, la dernière du 
nom. Nous devons la communication de ce re- 
gistre à l'extrême obligeance de M. Pierre de 
Gessac, Pi-ésident de la Société des sciences natu- 



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— 2t7 — 

relies et archéologiques de la Creuse, qui a bien 
voulu en copier lui-même une grande partie pour 
notre recueil. 

XV. — Le second des registres domestiques de 
la famille TeKandier(I) nous a été, comme le pre- 
mier, communiqué par M. le comte et M"* la 
comtesse de Villelume. Nous y retrouvons, au 
début, une figure de connaissance : C'est en effet 
Jean Texandier, l'auteur du manuscrit dont nous 
avons parlé quelques pages plus baut, qui com- 
mence aussi ce nouveau livre à la date du 24 
septembre 1B62. Moins de six mois se sont donc 
écoulés entre la note la plus récente du premier 
registre et le préambule du second. L'en-téte de 
ce dernier ne fait aucune mention du précédent, 
et Jean y annonce l'intention de tenir son papier 
domestique a ensuitte de celuy de feu son père » : 
ce qui nous avait fait croire, en premier lieu, que 
les denx manuscrits n'étaient pas du même auteur; 
mais un examen attentif de l'un et de l'autre nous 
a convaincu qu'ils émanaient bien d'une seule per- 
sonne. Les indications qu'ils fournissent le prou- 
vent d'ailleurs d'u^ façon surabondante. Quant an 
livre de raison de Jacques Texandier, père de Jean, 
c'est sans doute un numéro de plus à ajouter à la 
liste des manuscrits de cette catégorie qui ont 
disparu. Combien de centaines d'autres doivent 



(1] Nous écrivons ici ToiaDdier parce que celte orthographe s 
■prévalu. Il convient de remarquer toutefois qu'au leite du premier 
registre, ce nom est constamment éci'ît p«r un e. 



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avoir eu te même sort, dont il ne nous reste au- 
cune trace et dont nous ne connaissons pas même 
l'existence ! 

Nous avons déjà dit que Jean Texandier comp- 
tait parmi les principaux négociants de Limoges : 
on l'a vu juge au Tribunal de la Bourse en 1653; 
on le retrouve dix ans plus tard exerçant les 
mêmes fonctions. L'importance des acquisitions 
effectuées par son petit-fils et le chiffre élevé des 
légitimes payées par ce dernier à ses frères et 
sœurs, sont de nature à donner une idée très avan- 
tageuse de la prospérité de ses affaires. Le Ciel 
l'avait béni dans sa lignée comme il l'avait béni 
dans son travail. En 1670, un banquet intime 
réunit autour de la table du patriarche quatorze 
parents ou amis et a seize petits enfants de la 
famille, n Ce jour-là, Jean a offert le pain bénit à 
l'église de sa paroisse, Saint-Michel des Lions, et 
envoyé quatre cent cinquante petits pains, suivant 
l'usage, à « parents, amis et voisins. » 

Jean Texandier meurt en 1684 à l'âge de quatre- 
vingt-un ans. Sa bru, Valérie Du Boys, nous ap- 
prend qu'il avait « travaillé beaucoup pour élever 
sa famille » et qu'il était a homme de bien -et 
d'honneur. » Dieu nous garde de ne pas souscrire 
à ce jugement! 

Jérôme, fils du premier rédacteur de notre re- 
gistre, ne lui survit pas longtemps; et Valérie J)u 
Boys reprend la plume pour consigner, au livre 
domestique, un pieux hommage à la mémoire de 
son mari ; « G'étoit, écrit-elle, un homme de bien 



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— 219 — 

» et de paix, n'ayant jamais rendu de déplaisir à 
» personne du monde. » 

Par son testament, Jérôme a institué, comme 
c'est alors l'usage à Limoges — nous signalons 
plus loin un autre exemple de la même dispo- 
sition, et nous en avons relevé un grand nombre 
dans les testaments de la seconde moitié du xvii* 
siècle, — sa femme et son fils atné, Jean-Baptiste, 
ses héritiers universels. Les deux chefs de famille 
administrent conjointement pendant treize ans la 
fortune laissée par Jean et Jérôme. En 1688, ils 
achètent ensemble au prix de 75,000 livres la terre 
seigneuriale de L'Aumônerie, dont Jean-Baptiste 
et ses enfants porteront le nom; un peu plus tard, 
le môme Jean-Baptiste, de moitié avec son cousin 
Léonard Limousin {1}, et moyennant 46,238 livres, 
se rend acquéreur des ofl&ces de greffier ancien et 
de greffier alternatif et triennal au bureau des 
Finances, et de divers offices secondaires qui s'y 
trouvent unis; en 1692 il fait l'acquisition d'une 
maison à -Limoges, auprès des Étangs d'Àigon- 
lène, et la paie 10,000 livres. Peu après il cède 
à ses frères sa part du fonds de commerce, et 
ceux-ci ne l'achètent pas moins de 39,000 livres. 
On le voit : ce que nous avons dit de l'état flo- 
rissant des affaires des Texandier se trouve large- 
ment justifié. Il faut se rappeler, au surplus, qu'ils 
n'étaient pas seuls à recueillir les bénéfices de ce 
commerce. Limousin, que nous avons vu associé, 



[I] C'est lunsi que notre m&nuacrit orthographie ce Dom, cons- 
tamment écrit Limotin au zvi* siècle et au commencement du xvii*. 



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— 220 — 

en 1653, par son beau-père Jean Texandier à son 
négoce, avait continué les affaires avec Jérôme et 
ses enfants. En 1689 seulement, cette société se 
dissout après une durée de plus de trente-sept 
années. 

Il n'est peut-être pas sans intérôt d'indiquer 
ici ce que deviennent les enfants de Jérôme Texan- 
dier, et ce que chacun d'eux reçoit tant pour sa 
légitime qu'en supplément, à divers titres. Notre 
registre nous donne à cet égard des renseignements 
qu'on ne rencontre pas aussi clairs et aussi précis 
dans tous nos papiers de famille. — Jérôme a laissé 
cinq fils et cinq filles. Nous avons dit que l'alné 
des premiers, Jean- Baptiste, a été institué héritier 
universel avec sa mère, « par moitié, » à la charge 
de payer aussi par moitié a les légats et autres 
charges d'hérédité. » Il résulte de ses propres in- 
dications qu'il a dû se trouver à la tête d'une 
maison de commerce florissante et d'une belle for- 
tune; outre la moitié des biens patrimoniaux» 
l'héritier a reçu par préciput la maison paternelle, 
située rue Ferrerie, a avec tous les meubles, gar- 
» nitures et vaisselle d'argent et autre. » Valérie 
Du Boys, qui meurt en 1697, institue à son tour 
Jean-Baptiste pour héritier universel; plusieurs des 
frères et des sœurs de ce derniei' font de même. 

En 1689, après la dissolution de la société qui 
a existé entre les Texandier et Joseph Limousin, 
Jean-Baptiste s'associe un de ses frères, Pierre 
l'ainé, et, en 1692, les deux héritiers comptent 
à ce dernier 10,000' livres, montant du legs fait 
en sa faveur par Jérôme dans son testament; lors 



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du mariage de Pierre avec Françoise Martin, en 
1695, la mère fait en outre don d'une maison à 
aon fils. — Pierre Texandier cadet reçoit à sa ma- 
jorité, «n 1696, 8,000 livres, dont 6,000 pour son 
« légat, » et 2,000 qu'y ajoute sa mère; un an 
plus tard, celle-ci, en mourant, lui laisse une 
autre somme de 2,000 livres. — Jérôme touche aussi 
10,000 livres en 1697 : 6,000, montant du legs de 
son père, 2,000 de celui de sa ùière, et 2,000 que 
son frère aîné lui donne « gratuitement, par dessus 
les susdits légats, » égalisant ainsi sa part avec celle 
de ses autres frères. — Antoine prend l'habit reli- 
gieux et entre en 1696 à Grandmont, après avoir 
fait, la veille, un testament par lequel il dispose de 
sa fortune en faveur de son frère aine; il semble 
n'avoir été compté à Antoine que 1,300 livres. 

Des cinq filles de Jérôme Texandier et de Valérie 
Du Boys, deux se marient : Peyronne, qui épouse 
en 1687 François Martialot, de Solignan, touche à 
ce moment sa légitime : 6,000 1., et reçoit de plus 
de sa mère, avec le trousseau d'usage, 1,000 1. en 
argent et une maison près de Saint-Martial; à 
Barbe, qui se marie en 1692 avec Pierre Vaissière, 
on compte 4,000 1. pour ce qui lui revient dans la 
fortune de son père, et 2,400 1. données par Valérie 
Du Boys. — Les trois autres entrent au couvent 
avec des dots variant entre 3 et 4,000 livres : Ca- 
therine et Claire prennent l'habit, la première en 
1691, la seconde en 1698, aux Filles de Notre- 
Dame; Thérèse, en 1694, aux Ursulines. 

On voit, par ce qui précède, que l'héritier avait 
souvent à supporter des charges considérables. 



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Quand la situation laissée par le père de famille 
était un peu embarrassée, le fardeau devenait sin- 
gulièrement lourd. On trouve d'ailleurs de bien cu- 
rieux témoignages et des preuves bien frappantes 
de la longue gêne imposée à l'héritier par le paie- 
ment des légitimes de ses frères et sœurs, l'ac- 
quit des dettes, des charges de la succession, la 
liquidation des tutelles, le remboursement des 
dots, et plusieurs ■ générations supportent parfois 
le poids de ces liquidations laborieuses. Mais ce 
n'est pas ici le cas d'insister sur ce point; car 
Jean-Baptiste Texandier ne parait pas avoir été le 
moins du monde embarrassé pour faire face aux 
nécessités de la situation. Du moins son registre 
ne le donne-t-il nullement à entendre. 

XVI. — Le journal de l'avocat Joseph Péconnet, 
commencé peu après le 30 août 1679, date de la 
mort de son père, est d'un format peu différent, 
mais un peu plus allongé que le manuscrit de 
Jean — 290 millimètres sur 188. Le papier a le 
même aspect ; mais il porte pour marque une sorte 
d'écusson ou de chiffre peu distinct. Le registi-e n'a 
que quatre-vingt-trois feuillets, cotés par pages, au 
recto et au verso. Le « Journal » proprement dit 
s'arrête au 22 novembre 1695; on y trouve tou- 
tefois, en marge du dernier article, une note du 
29 janvier 1696. A la page suivante, 51, commence 
un relevé intitulé ; « l'Etat des depences faittes au 
Chastenet et des revenus que j'en ay tirés, puis 
le 1" octobre 1679. » Cette partie du manuscrit est 
incomplète, les pages 65 et suivantes, jusqu'à 110 



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inclusivement, ayant été arrachées. A. la page 111 
on trouve les comptes relatifs à l'année 1683 et à 
la vigne de Balezis. A la page 136 et après un ar- 
ticle du 31 mai 1699, s'arrête l'écriture de Joseph : 
une ligne de l'année 1700 semble pourtant avoir 
été tracée par sa main ; mais les pages suivantes, 
à partir d'une mention du 7 février de cette même 
année 1700 sont d'une écriture fort lisible assuré- 
ment, mais moins courante et d'une orthographe 
des plus incertaines. A la page 140 et à la date du 
26 février 1704, s'arrêtent ces comptes. — a L'Etat 
» des prises et mises en la vigne du Puy du Pin 
dez le 1" octobre 1679 » commence à la page 141. 
Ici la dernière note de la main de Joseph porte la 
date du 10 novembre 1695. Bien qu'à cet endroit il 
ne manque pas un feuillet, le livre saute de 1695 au 
12 mai 1704, et offre, jusqu'au 7 mars 1710 {p. 163), 
l'écriture plus laborieuse dont nous avons parlé 
plus haut. Quelques notes de 1716, écrites d'une 
autre main, celle de Barthélémy Péconnet, figurent 
aux pages 164 et 165. Le registre renfermait pro- 
bablement un plus grand nombre de feuillets; mais 
le reste a été arraché, sans doute par la main plus 
économe que pieuse de quelque descendant. 

Nous avons emprunté au Journal de Joseph Pé- 
oonnet un certain nombre d'indications pour com- 
pléter l'aperçu que nous donnons plus haut, de la 
carrière scolaire de l'avocat et des autres enfants 
de Jean Péconnet. Ce registre débute par une auto- 
biographie fort intéressante de son rédacteur, qui 
nous conduit jusqu'au moment où celui-ci se 



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trouve, par la mort de son père, investi du rôle 
et de l'autorité de chef de famille. Comme peu 
après Jérôme Texandier, Jean a, par son testa- 
ment écrit un an environ avant sa mort, institué 
pour ses héritiers universels sa femme et son fils 
aîné. Notons la date récente de ce testament fait 
à la veille d'un départ pour Paris, et qui n'était 
certainement pas le premier qu'eût rédigé le pru- 
dent homme d'affaires; on se souvient du conseil 
donné par Jean Benoist à ses neveux, au xiv' siè- 
cle ; « Tenez toujours votre testament prêt et re- 
faites-le chaque année. » 

Relevons encore, au testament de Jean, un legs 
en faveur de la grande confrérie de Saint-Martial, 
où son fils le remplace aussitôt : nous avons dit 
ailleurs (1) combien ces sortes de libéralités étaient 
conformes aux anciennes traditions de notre hour- 
geoisie. Nous ven'ons aussi Antoine laisser vingt 
livres à la compagnie des Pénitents noirs. 

Les difficultés commencent sur-le-champ pour 
Joseph. Il a sur les bras son frère Petit-Jean, 
rentré à la maison paternelle après plusieurs aven- 
tures, et qu'on ne peut décider ni à se bien con- 
duire et à travailler, n\ à s'en aller. Un conseil de 
famille se tient à ce sujet, et on arrête que 
Jean ira à La Rochelle et s'embarquera sur a un 
vaisseau de M. de Tourville, » où il sera recom* 
mandé à un compatriote, M. de Châteaumorand, 
enseigne. Le mauvais garnement part en effet, le 



(1) La Famille limousine d'autrefois, d'après les toatamenti et 
la Coutume. Limogea, 1883. Ducourtieux et LebUnc. 



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10 avril 1680, escorté de deux hommes à cheval. 
Arrivé à La Rochelle, il ne peut trouver place sur 
le vaisseau, et ses conducteurs le laissent à l'au- 
berge des Trois Rois : il est convenu que sa pen- 
sion y sei-a payée à raison de 12 scia par jour, jus- 
qu'à ce qu'il prenne passage sur un autre navire; 
mais Jean s'ennuie au bout de quelque temps à La 
Rochelle, revient à Limoges, y commet de nou- 
veaui méfaits, obtient des avances de son frère, 
puis on le perd de vue pendant quelque temps. Il 
reparaît en 1683 ou 1684, racontant qu'il est allé 
« aux isles de Cayenne » et s'y est établi et marié. 

11 n'en recommence pas moins ses désordres, s'en- 
rôle dans le régiment de Normandie, déserte, et 
finalement obtient de son frère qu'il lui achètera 
une pacotille et paiera son passage pour retourner 
à Gayenne; mais, parti pour La Ro.'heile, nippé à 
neuf et la poche bien garnie, Jean ne va pas plus 
loin qu'Aixe, petite ville à deux lieues de Limoges, 
et demeure dans les environs, dépensant tout ce 
qu'il possède en débauches. Quelques semaines 
après on le retrouve à Bordeaux; puis il se rend 
à La Rochelle, revient bientôt à Limoges, repart 
ensuite pour La Rochelle. Enfin la famille se dé- 
termine à envoyer dans cette ville un fondé de pou- 
voirs chargé de traiter avec J'enfant prodigue, de 
lui acheter des marchandises et de le décider k 
s'embarquer. Ce mandataire reste absent près de 
trois mois ; mais il réussit à faire partir le triste 
personnage, ddnt on n'entendra plus parler. 

Les autres frères de Joseph, s'ils ne lui donnent 
pas de- soucis aussi graves, ne semblent pas lui 

T. VII. t-$ 



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procurer beaucoup de consolations t Martial sur- 
tout est une assez mauvaise -tète; il abandonne 
ses études, puis les reprend et part pour le collège 
de Magnac-Laval. Au bout d'un an et demi, on le 
voit revenir; mais à la suite de violentes querelles 
avec son frère aîné, qui, dans la crainte qu'il ne 
suive l'exemple de Jean, ne lui ménage pas les 
réprimandes, il quitte la maison, se place chez 
un marchand et intente un procès à Joseph. Des 
parents interviennent et une transaction met fin 
au différend. 

Joseph, de son côté, ayant peu auparavant trouvé 
mention, sur un bordereau écrit de la main de son 
père, d'une somme assez considérable en espèces 
dont sa mère était détentrice et qu'elle n'avait pas 
déclaré à l'inventaire, s'était vu obligé de recourir 
aux tribunaux pour obtenir la restitution de cette 
somme à l'hérédité. La -famille avait encore réussi 
à étouffer l'affaire. 

Le récit de ces divers incidents remplit une par- 
tie du Journal de Joseph Péconnet. Il nous a paru 
intéressant de relever les faits dont il s'agit à titre 
d'exception ; on trouve bien peu de traces de dis- 
cordes semblables au sein de la famille d'autrefois : 
tout, au contraire, atteste que, dans nos contrées 
surtout, l'union était des plus étroites au foyer. 
On peut, sans trop s'exposer à commettre un 
jugement téméraire, imaginer que le caractère de 
Joseph n'était pas absolument étranger à ces que- 
relles : nous le voyons en effet avoir maille à 
partir avec diverses personnes, entre autres avec 



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ses locataires, l'horloger Georges et k femme de 
celui-ci, dame Elisabeth Bonneval. . 

Il faut relever, au sujet du prix des appar- 
tements au XVII' siècle à Limoges, quelques chif- 
fres intéressants. En 1681, la location d'une bou- 
tique, rue de la Porte-Poulaillère, coûte 24 livres 
pour un an; cette même boutique, avec deux 
chambres, l'une au second, l'autre au troisième 
étages, bûcher et cave, est affermée, dix ans plus 
tard, 42 livres; unfe parente de Joseph Péconnet 
lui donne, en 1685, vingt livres pour les deux 
chambres qu'elle occupe au troisième de la même 
maison et pour divers locaux accessoires. 

Les comptes des recettes et dépenses du Châ- 
tenet et des deux vignes de Balezis et du Puy 
du Pin, fournissent un grand nombre d'indications 
instructives. Ils permettent de constater que les 
rapports entre les propriétaires et les métayers 
sont déjà, il y a deux cents ans, fixés par les 
usages qui les règlent encore aujourd'hui. Le 
maître du sol fournit un cheptel en animaux et 
en matériel. Le colon demeure responsable de ce 
cheptel et en doit compte au propriétaire à l'expira- 
tion de sa baillette; il cultive la terre, soigne les 
bestiaux, fournit en un mot toute la main-d'œuvre, 
et reçoit pour salaire la moitié des récoltes et la 
moitié du prix de la vente des animaux qui cons- 
tituent le croît. Si l'un des coeiploitants, le maître 
ou le colon, a besoin, au cours du contrat, d'un 
animal pour sa consommation, il le prend, après 
qu'on l'a fait estimer par experts, et tient compte 



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à son associé de la moitié du montant de l'éva- 
luation. Quand les fourrages da domaine ne suffi- 
sent pas à nourrir le cheptel et que le proprié- 
taire est obligé d'en fournir un supplément sur sa 
réservç ou d'en acheter, le métayer en paie la 
moitié. Les dépenses que fait celui-ci pour aller 
aux foires demeurent à sa charge; il est vrai qu'il 
a, pour l'indemniser de ces frais, une petite gi-a- 
tification de l'acheteur, le « vin » de la vente. 
Par contre il doit tenir compte au propriétaire 
des quelques sous que, quand il achète, il re- 
çoit du vendeur à titre d'étrenne. Le paiement 
de l'étrenne est encore aujourd'hui de tradition 
sur nos champs de foire : son importance est 
réglée par l'usage, suivant l'espèce de l'animal 
vendu; mais le maître la laisse maintenant au 
colon. 

Les haillettes étaient faites autrefois pour une 
durée ordinaire de cinq ans; le contrat se passait 
devant un notaire : les frais excessifs dont le fisc 
a surchargé ' tous les contrats, ont fait renoncer 
depuis longtemps à cette habitude, et les conven- 
tions, de nos jours, sont verbales, à peu d'excep- 
tions près. — A leur sortie, les métayers devaient 
laisser -les champs ensemencés d'une quantité de 
grain égale à celle des ensemencements faits 
l'année de leur entrée, et dont ils avaient perçu 
la récolte. 

En 1653, le cheptel du domaine du Châtenet 
se compose de bestiaut évalués 355 livres, plus 
cinquante têtes de brebis et moutons; de 1658 à 
1674, l'estimation ne s'élève qu'à 237 livres; en 



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1683 elle remonte à 617 livres, plus 47 brebis ou 
moutons. Noua trouvons ici l'usage déjà signalé, 
au XV* siècle, de compter les brebis et moutons 
par tète, en dehors du cheptel évalué; cette der- 
nière estimation est faite, naturellement, à l'entrée 
des nouveaux métayers. 

Pour se rendre compte de ce que représentait 
un cheptel de cette valeur dans la seconde moitié 
du ivn* siècle, il faut savoir que, d'après les jour- 
naux mêmes qui font l'objet de cette étude, une 
paire de bœufs gras se vendait, en 1680 : 203 I.; — 
une paire de bœufs ordinaires, en 1660 : 160 et 
170 1.; en 1661 : 165 1.; en 1665 : 159 1.; en 1668 : 
167 1.; en 1674 : 162 1.; en 1681 : 150 et 178 1.; — 
deux jeunes bœufs, en 1660 et en 1668 : 120 1. — 
un taureau, en 1664 : 42 1.; en 1666 : 43 et 44 1. 
en 1680 : 28 1. 15 s.; — un veau, en 1662 : 29 1. 
en 1663 : 25 1.; en 1667 : 15 1. 17 s.; en 1668 
24 1.; en 1670 : 24 1. 5 s.; — une vache, en 1661 
65 1.(1); en 1666 : 20 et 21 1.; en 166? : 24 1.; en 
1670, 1671 et 1676 : 22 à 29 1.; —une vache et sa 
suite, en 1661 : 36 1.; en 1667 ; 44 1.; en 1668 : 
45 1.; en 1674 : 28 1. 15 s. et 32 1.; — une velle, en 
1664 : 16 1.; en 1€66 : 16 1. et 20 1.; en 1674 : 8 1. 
et 22 I. A la même époque, les brebis et les mou- 
tons ordinaires coûtent 2 1. la pièce; un porc gras, 
18 à 20 livres; une porche ordinaire, 20 livres; 
im cochon de lait, de 12 à 25 sous. 



(t) Gs prix, tout exceptionnel, est donné pour une vacba acquise 
' en vue de remonter Tétable, et doit s'appliquer i an animal do 
chois. — Au XVII' siècle, l'argent représente le double de sa valeur 
actuelle. 



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— 230 — 

Il n'est pas sans intérêt de rapprocher ces prix 
de ceux que nous trouvons, au cours du iv* siècle, 
indiqués dans le registfe des Ma^iot. Noua ren- 
voyons le lecteur aui pages que nous avons con- 
sacrées plus haut à ce document. 

Si on désirait avoir le mouvement du cheptel 
au ivu* siècle, sur un domaine moyen à ce qu'il 
semble, pendant dix ans, durée ordinaire de deux 
baiUettes consécutives, on en trouverait un aperçu 
au relevé suivant : 

Le 6 janvier 1658, le métayer Lemas reconnaît 
avoir reçu de Jean Péconnet et tenir à cheptel une 
paire de bœufs, poil pie et fauve, une vache pleine 
et un veau, pour la somme de 190 livres. Peu 
après la vache a un veau : le maître y joint, le 
21 septembre 1658, une vache pleine, poil rouge, 
achetée 47 livres, soit en tout, sans tenir compte 
du veau né après l'entrée en possession des mé- 
tayers, une valeur de cheptel de 237 livres (en- 
viron 500 francs). 

ACHATS FAITS A MOITIÉ 

Le 10 juillet 1660, une paire de jeunes bœufs 120 livres. 

Le 11 juillet 1661, une vache 65 — 

Le 1" juillet 1665, un taureau 43 — 

Le 6'juillet 1665, un taureau 44 — 

La 1" juillet 1667, une vache avec son veau 41 — 

Le 1" juin 1663, deux jeunes bœufs 120 — 

Le 15 juillet 1668, une vache et un l'eau 45 — 

Total 478 livres. 



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— 231 — 

VENTES A MOITIÉ 

l'&oQt 16S8, nn taureau 40 I. 

23 mai 1659, un veau » 1. 

23 avril lEGO, une paire de boeufa 160 I. 

23 mai 1661, une vacbâ et sa suite 36 L 

17 juin 1661, une paire de bœufo 165 1. 

16 juiliet 166!, un veau 29 1. 

30 mai 1G63, un veau 35 L 

ae juin 1661, une veile 16 1. 

4 septembre 1664, un taureau 42 1. 

26 juin 1665, une paire de bœufs 159 1. 

... juillet 1665, une velle 16 1. 10 s. 

22 mai 1666, un taureau 36 1. 

— une velle 10 I. 15 s. 

25 dâcembre 1666, deux vaches 41 t. 

23 mai 166T, un veau 16 1. 17 s. 8 d. 

15 avril 1668, une paire de bœufs 167 t. 

22 mai 1668, un veau 24 1. 

22 mai 1669, une Tacbe(l) 24 1- 

Total 1.0271. 2 s. 6 d. 

Ainsi la valeur totale des achats, pendant dix 
ans, représente environ deux fois celle de la 
souche de cheptel donnée par le propriétaire au 
métayer : celle des ventes, durant la même pé- 
riode, quatre fois et demi environ cette môme 
valeur. 

Pour supputer le revenu d'un métayer du Châ- 
tenet à cette époque, il faudrait avoir, pour les 
ventes de grains, des comptes analogues à ceux 
que nous possédons pour les ventes de hétail; 
mais le grain se partageant en nature et le pro- 
priétaire n'en vendant qu'une partie, puisqu'il 
payait en grain son houlanger, et de plus atten- 



(1) On voit, par la date, que la plupart de ces bestiaux sont 
vendus 4 la foire, de la Saint-Loup, j> Limoges. 



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dant parfois plusieurs années pour réaliser sa ré- 
colte, noua ne saurions tenter d'évaluer cette caté- 
gorie de produits sans donner une trop grande part 
k l'hypothèse, et il nous semble préférable de nous 
abstenir. 

Nous nous bornerons à noter les prix suivants, 
fournis par les mômes registres : 

La charge de vin, mesure de Limoges, en 1661 
et 1664 : cinq livres 10 sols; en 1668 : 6 1. 10 s.; 
en 1670 : 5 1.; en 1674 : 4 1. 10 s.; en 1677 : 6 1. 
10 s.; en 1679 (année de grande abondance) : 16 
deniers la pinte — et au-dessous; en 1690 : 4 1. 
2 s. 6 d.; en 1691 : 20 deniers la pinte. 

Le setler de seigle, mesure de Limoges (1), en 
1685 : 48 s.; en 1688 : 36 s.; en 1702 : 45 s.; en 
1705 : 56 s.; en 1708 : 32 s.; en 1716 : 46 s. 

Le setier de sarrasin, mesura de Limoges, en 
1685 : 23 et 24 s.; en 1687 : 25 s.; en 1688 : 22 3.;' 
en 1702 ; 28 et 30 s.; en 1705 : 40 a.; en 1708 
16 s.; en 1716 : 22 a. — Le setier de châtaignes, 
en 1680 : 16 s. (vertes) et 14 s. (sèches); en 1685 
20 s.; en 1692 : 30 s. (sèches); en 1694 : 24 a. 

L'avoine vaut, en 1680, 28. s. le setier; l'orge 
40 s. (mesure de Nieul)(2); les pois 3 1. (mesiure de 
Nieul). Le quintal de foin se paie 20 aols en 1685. 

Le Journal de Joseph Péconnet fait mention de 
quelques-unes des grandes gelées qui amenèrent 
la disparition -de la vigne, partout cultivée autour 



(1) Le setier, mesure de Limoges, représentait 51 litres 20 cen- 
tilitres. La pinte équivalait à 1 litre 07 centilitres. 
(3) Le setier de.Nieut vklait 91 litr« 60 oentilitrM. 



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de Limoges du vi* au zvin' siècles, entre autres 
des gelées des premiers jours de juin 1685 et de 
celles de 1693, qui Ai-ent périr une partie des pieds : 
aussi ia récolte de 1694, comme celle de 1693, fut- 
elle à peu près nulle. Noua avions espéré trouver 
dans ce manuscrit quelques notes sur le < grand 
hiver > de 1709, et sur la famine qui désola à 
cette époque notre province; mais pas une ligne 
n'y fait allusion, et on ne trouve même pas à 
relever à cette date de prix de denrées offrant 
quelque intérêt. 

Il convient d'ajouter une remarque, avant de 
quitter les manuscrits de Jean et de Joseph Pé- 
conoet : leur journal est surtout un livre de 
comptes. C'est le « papier de raisons » propre- 
ment dit; mais ce n'est pas le c papier de 
Camille. > Celui-ci a existé, nous ne saurions en 
douter, auprès de celui-là, et nous en trouvons la 
preuve à la première page du manuscrit de l'avo- 
cat : — « Premièrement, écrit-il, ainsin est mon 
octraict baptistaire dans le livre journal de feu 
mon père. » Or, au manuscrit de Jean, nous ne 
relevons ni Ia mention de la naissance et du bap- 
tême de Joseph, ni aucune mention du même 
genre concernant ses frères et sœurs. 11 faut en 
conclure que ces notes se trouvaient sur un autre 
cahier, qui ne nous a pas été conservé. 

XVII. — Nous n'avons qu'une page du livre de 
famille d'ÉUenne Retouret, bourgeois de Limoges. 
H. l'abbé Lecler a copié quelque part ce frag- 
ment, qu'il a bien voulu noua communiquer, et 



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— 234 — 

dont les deux dates extrêmes sont 1746 et 1763. 
Il n'y a aucune remarque particulière à faire à 
propos de ce document. 

XVlll. — Il n'y a pas à insister davantage sur 
le contenu du registre de famille des Leynia. C'est 
un simple relevé de mentions relatives aux nais- 
sances survenues dans cette famille de 1724 à 
1804, et le plus sec des livres domestiques de 
notre recueil. Les Leynia sont des bourgeois aisés 
de Treignac qui résident presque toute l'année 
sur leurs propriétés : on voit en effet, par leur 
cahier même, qu'ils font baptiser leurs enfants 
tantôt à Chamberet ou à Treignac, tantôt à Sou- 
danne ou à la Yinadière. La page la plus intéres- 
sante de ce manuscrit, qui ne renferme ni une 
indication curieuse ou pittoresque, ni une réflexion 
propre à ses auteurs, se rapporte à un testament, 
en date du 9 août 1792, par lequel N... Leynia, 
mari d'Hélène- Gabrielle-Sophie Reynaud, dont il a 
eu quatre filles, lègue à sa mère et à sa femme 
l'usufruit de tous ses biens, en leur donnant « tout 
pouvoir de désigner pour héritière » celle de ses 
propres filles « qui bon leup semblera. » Singu- 
lière disposition et que nous n'avons relevée sur 
aucun autre testament. 

Il convient de faire remarquer que le papier 
domestique d^ Leynia se poucrsuit durant la pé- 
riode révolutionnaire. 

Quelques notes* d'un très médiocre intérêt se 
rencontrent dans ces pages maussades. On y trouve 
plusieurs mentions relatives à la location de do- 



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— 235 — 

mestiques au commencement de ce siècle, moyen- 
nant 110 francs de gages, 6 francs pour acheter 
une paire de souliers, plus quatre aunes de grosse 
toile. Les notes les plus récentes consignées dans 
ce manuscrit sont du mois de juillet 1832. Le re- 
gistre présente, d'un côté, des mentions de recettes 
et de dépenses qui remontent jusqu'à l'année 1668. 
Ce registre appartient aux Archives départemen- 
tales de la Haute- Vienne ; il est entré à ce dépôt 
par une acquisition récente. — C'est im in-4' de 
223 feuillets, couvert en parchemin. 

XIX. — Le Journal de N... Lamy de Luret, 
curé de La Roche-L'Âbeille, n'est pas un docu- 
ment d'une . bien haute valeur. Nous ne l'avons 
compris dans notre petite collection que parce 
que nous avons tenu à donner des échantillons 
de nos anciens livres de raison de toute espèce, 
et à montrer qu'on en ti-ouvait non-seulement dans 
presque toutes les familles, mais dans presque 
toutes les maisons, même chez les ecclésiastiques. 

Le manuscrit en question est, comme le précé- 
dent, conservé aux Archives départementales de 
Limoges. Le curé de La Roche-L'Abeille y a con- 
signé ses conventions et ses difficultés avec ses 
vicaires, et les faits pouvant l'intéresser ou inté- 
resser soit ses successeurs, soit son église, qui se 
sont produits autour de lui. Nous' n'avons aucune 
particularité instructive à relever dans ces pages, 
sinon de nouveaux témoignages, bien superflus, 
de la condition précaire de beaucoup de membres 
du clOTgé inférieur à la veille de la Révolution. 



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Les ressources que l'état ecclésiastique leur four- 
nissait étaient absolument dérisoires, et un grand 
nombre de vicaires vivaient littéralement de cha- 
rités. 

Le journal du cnré Lamy est {Hrécédé par des 
comptes dont les premiers articles sont de 1768. 
Il est souvent question, dans ce manuscrit, du loyer 
des servantes : il varie de 36 à 45 livres, et le 
maître doit de plus fournir annuellement une ou 
plusieurs livres de laine dont la servante tricotera 
ses bas. Les domestiques mâles ne coûtent pas 
cher : 48 à 72 livres; ils reçoivent de plus une 
paire de souliers et un chapeau. — On rencontre 
aussi des notes comme celle-ci : a Je suis convenu 
avec ma blanchisseuse que je lui donnerois dix 
ecus par an, que je lui fournirois le savon, l'in- 
digo, les cendres qui se feront dans la maison; 
et elle s'est obligée à blanchir tout le linge de la 
. maison toutes les fois qu'il sera nécessaire. — I<e 
f octobre 1768. » 

Notre manuscrit contient quelques notes de 
1791, sans intérêt. C'est un cahier de 66 feuillets, 
petit in-4°. 

XX. — Le livre, de comptes, ou plutôt le relevé 
des rentes diverses du chanoine Marchandon de 
Puymirat, offre une particularité curieuse ; il a été 
imprimé lettre à lettre à l'aide de cuivres décou- 
pés, par le procédé tout rudimentaire dont on use 
encore pour fabriquer les cartes à jouer et pour 
marquer les caisses à l'expédition. Propre, d'une 
orthographe irréprochable, ponctué avec le {^us 



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— 237 -^ 

grand soin, il offre à chaque page un encadre- 
•ment fort net; les titres sont ornés de vignettes 
où dominent les têtes de mort et les os en croiï, 
soit que l'auteur du registre ait voulu se remettre 
sans cesse devant les yeux des emblèmes le rame* 
nant à la salutaire pensée de la mort, soit qu'il 
n'eût pas d'autres matrices d'enjolivements à sa 
disposition. Le registre, petit in-i" carré, d'une 
trentaine de feuillets, est solidement relié et porte 
ce titre assez original : l'Intéressant, en lettres 
d'or dans un cartel. 

Pas n'est besoin de donner d'explications sur le 
contenu de ce cahier, où l'on voit les saulnes des- 
tinées aux pauvres se mêler aux pralines que le 
bon. chanoine distribuait à ses neveux, et les 
mottes à brûler et les chandelles alterner avec 
les cochons de lait et les hévres qui faisaient 
sans doute, à certaines époques, la principale 
ressource de sa cuisine. Il est vraisemblable que 
la plupart de ces redevances n'étaient autre chose 
que des intérêts déguisés. Les rigoureuses lois de 
l'Église défendaient le prêt à intérêt; aussi la re- 
devance en nature remplaçait-elle parfois la rente 
en argent, quand le capital n'était pas aliéné : 
façon assez naïve de tourner la difficulté. — Notons 
qu'on retrouve, dans le registre du chanoine de 
Puymirat, cette sollicitude de l'avenir et ce désir 
de a rendre compte » à ses héritiers, que nous 
avons signalés comme le trait dominant, carac- 
téristique des livres de raison. C'est surtout à ce 
titre que nous faisons lîgurer des extraits de Vin- 
tereêsant dans notre recueil. 



DigmzcdbyGoOgle 



Nous n'avons rien à ajouter aux remarques et 
auï notices qui précèdent. Il ne nous reste qu'à- 
DQettre sous les yeux de nos lecteurs le texte 
môme des registres dont nous venons de les en- 
tretenir. Il est à peine besoin de faire remarquer 
que le numéro placé en tête de chaque livre de 
raison correspond à celui que porte, dans notre 
introduction, la notice consacrée à ce manuscrit. 



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LIVRES DE RAISON 

LIMOUSINS ET MARCHOIS 
TTrTTTBS 



EOTRAIT DU REQISTaB DES COMPTES DE CHEPTELS, CONTRATS 
ET NOTES DIVERSES DES UASSIOT , DE Si-LÉONARD (') 

(17 février 1431-17 novembre 1790.— Notea relatives 
à des décès de U94 à 1496) 

I. — Achat (1) par Gérald Massiot, d'un demî-setier de fro- 
ment de rente annuelle et perpétuelle au prix de trois royaux 
d'or. — 17 février ik30 (nouveau style ik3i) (2). 

i{i Jhus M' 

Die décima septima meneis febroarii, anoo DonÛDi 

taiilesirao CCCC"' txicesimo, presentibus Leonardo Jun- 



(*) Registre papier petit in-4* d'environ 800 pages, propriété de 
M. le chanoine Arbellot, i Limoges. Pour tout ce qui a trait Jt 
l'état actuel de ce manuscrit, le lecteur est prié de se reporter à la 
notice spéciale (n* 1) que nous lui consacrons dans l'introduction 
placée en tête de ce recueil. — Les Massiot étaient une fort an- 
cienne et honorable famille de Saint-Léonard, qui donna plusieurs 
dignitaires aux monastËres des environs, entre autres deui prieurs 
k L'Artige, petit chef d'ordre situé à peu do distance de Saint- 
Léonard : Etienne (1380-1401) et autre Etienne (UG8). — Auï xvi* et 
xvif siècles, les Uassiot ont été officiers des finances et ont occupé 
d'asseï hauts emplois. Ils ont longtemps possédé le pittoresque 
manoir du Murand, en ftica de L'Artige. D. Léonard Massiot, de la 
congrégation de Saint-Maur, a laissé quelques ouvrages. Un Mas- 
siot, conseiller au Parlement de Bordeaux, installa en 1553 le siège 
préaidial do Limoges, créé en 1551. Cette famille est éteinte au- 
jourd'hui. — h. G. 

1 acte ou mention daté que ren- 

(!) 1431 nouveau style. Depuis 1301, l'année commençait au 25 
mars dans toute l'étendue du diocèse de Limoges. 



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— 240 — 

cho et Petro Peyraudi, testibiis ad hoc Tocatie, specialiter 
rogatis, personaliter constitutus Clemenz Ghampo, textor 
ville Sancti Leonardi de Nobiliaco (I), non cohactus etc. (2) 
omûibufl que vi (sic) etc. sed gratis etc. pro se et suis here- 
dibus et successoribua, reodidit perpétue, peûitus et quic- 
tavit etc. prudenti viro Geraldo Massiot, mercatori de 
Nobiliaco, ejusdem ville, ibidem presenti, ementi et pro 
se et suis heredibua sollempniter stipulanti, ad fociendum, 
etc. unam eminam (3) frumenti rendualem, anno quolibet 
perpetuo, ad mensuram de Nobiliaco vendentem (4), sol- 
vendam per ipsutn Clementem Ghampo et suos, in quali- 
bet festo AssumpcioniB Béate Marie Virginis (5) si qui- 
dem (?) et pro summa trium regalium boni auri, cugni 
domini nostri Francie Régis (6), quolibet regale existente 
ponderis trium denariorum : que ibidem Geraldus Massiot 
realiter et de facto eidem Clementi tradidit et solvit etc. et 
quidquid in actionibus etc. et devestivit se dictus Cle- 
meos, pro se et suis, de dicta emina frumenti renduali etc. 
per tradicionem uolule litterarum investivit et es se 



(1) Nobldt est l'ancien nom de la ville do Saint- Léonard, dont le 
principal faubourg est encore appelé ■ le Pont de Noblat. ■ 

(2) Ces etc. sont daos le texte, lia se rapportent k des formules 
d'usage, dont le notaire ne donne que le commencement. 

(3) L'bémine équivalait à deux coupes et à la moitié du setîer. 
Le setter de Saint-Léonard représentait 61 litres 44 centilitres; 
celui de Limoges-Chitcau bl litres 20 centilitres. 

(4) Uesure de Noblat vendant ; c'est-à-dire à la mesure adoptée 
à Noblat pour les ventes. 

(5) L'Assomption est un des termes d'échéances les plus fré' 
quemment indiqués dans les anciens contrats. Toutefois, en Li- 
mousin, les dates habituelles de paiement des redevances et des 
rentes sont, dès le xir siècle, et probablement à une époque bien 
antérieure, la Noël et la Saint-Jean. 

(6) Le royal représente à cette époque 13.17, soit 79 francs d'au- 
jourd'hui. Il convient de noter l'usage exclusif, dans la contrée, 
des monnaies françaises k un moment où Charles VII est encore 
si loin d'avoir reconquis Bon royaume. On peut dire, néanmoins, 
qu'à dater de la fin du règne de Charles V, le Lin 
plëtemeat et pour toujours regagné & la France, 



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— 241 — 

constituit etc. Et promisit dictus démens, pro se et suis, 
eidem Geraido Massiot predictam eminam frumeiiti sol- 
vere et reddere, habendiim, levandamct percipieDd;iQi auuo 
quolibet, perpétue, pro se et suis heredibus et siicceaso- 
ribus assignavit et assedit dicto Geraido et suis, de et 
super omnibus et singulis boais suis mobilibus et immo- 
bilibus quibuscumque, et super quolibet eorumdem in 
solidum, singulariler in singulis et universalité!- in uni- 
versis. Et promisit etc. emeudare elc, omnia dampna. 
Renunciavit etc. Obligavit etc. Juravit etc. Et concessit 
litteias Pariatgii condominorum de Nobiliaco(I) in me- 
liori forma, — Soluta et collata fuit. — Leonardls R\- 
vELLi (2), clericus, retulit. 



(t) La juridiction du paj-iage royal avait été installée à Noblat 
Saint- Léonard, en 1307, on vertu d'une convention conclue à Pon- 
totse entre le roi Philippe IV et Raynaud de La Porte, i^vâque de 
Limoges. Ce dentier, depuis longtemps en lutte avec li>s bour- 
geois de Noblal, qui lui disputaient la justice de la ville, conseutit 
à reconnaître le roi comme coscigneur de la ville et à accepter, 
potir raffermir son autorité battue en brèche par les chefs do la 
commune, l'établissement du condoininium que rappelle la men- 
tion ci-dessus. Le même état de choses existait dans la Cité de 
Limoges. Le chapitre de Saint-Yrieix partageait également ses 
droits de Justice avec leroi de France en vertu d'un traité remen- 
tant, comme les précédejils,.au règne de Philippe IV. Outre ces 
partages royaux, il existait en Limousin plusieurs petits partages 
ecclésiastiques, que nous trouvons mentionnés dès le xvi- siècle; 
nous pouvons citer celui de Saint-Jean Ligouie, dont la juridiction 
s'exerçait au num du seigneur local el de l'abbé de Solignac. 

Les officiers du Pariage de Saint-Léonard, outre le sceau judi- 
ciaire — ad causas, — tenaient aussi le sceau civil — nd conlrectus 
— destiné à authentiquer les contrats passés soit par les particu- 
liers (testaments, conventions privées, etc.), soit par les notaires et 
les clercs commissaires du siège dans l'étendue de la juridiction. 

(î) Nous avons dit que chacun des contrats insérés au registre 
des Hassiot porte la signature du notaire qui l'a rédigé. 

T. VIL t-8 



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— 2« — 

2. — Reeontiaissanee d'une somme de tix royaux d'or reçue 
par Jean de Chauvour[l) de Gérald Massiot, pour prix de 
vente à ce dernier d'un cheptel dont Jean de Chauvour 
restera dépositaire [31 mai 1432) (2). 

Die ultima mensis maii aoQO Domiol millesimo CCCG"* 
tricesimo secundo, Johannes de Chouvors, parrocbie Saacti 
Dionisii, gratis et sponte recognovit se vendidisse Geraldo 
Massiot, mercatore de Nobiliaco, ibidem présent!, etc. io 
curte sua [3], quatuor vaccas cum suis ritulis, quarum una 
est pili rubei et aJia pili bru (sic] et alia pili pic et alia 
pili faulvi, precio et pro summa sex regalium boni auri [4}, 
et quolibet regali esistenti ponderis trium deuariorum et 
cugni domini oostri Francie régis; que dictus JobaiiBes 
de Chouvors recognovit habuisse et récépissé a predicto 
Geraldo Massiot, de quibus dictum G«ralduni quictavit; 
necnon et triginta et duas oves , videlicet ad capitale [5) 
guÎDque regalium, dictus Johannes recognovit habuisse 
et récépissé a predicto Geraldo Massiot, de quibus ipsum 
Geraldum quictavit, etc. cum pacto etc. et predicta aoi- 
malia promisit dictus Johannes outrire et custodire bene 
et Ûdeliter et ad ambarum parcium comodum et utilitatem 
etc., de eis eommque ezcrescencia veoire ad booum et 



(I) Chauvour, commuae de Saint-Denis les Murs, canton de 
Saint-Léonard (Haute-Vienne). 

{1) Nous avons parlé, dans l'introduction, de cette opération, 
assez commune autrefois semble-t-il. 

(3) Le mot curtia na signifie pas seulement cour d'une métairie. 
Il doit s'entendre des b&timents, des airages et dépendances, même 
des cbamps du domaine. La traduction la meilleure d£S mots in 
ctirle sua serait peut-être • sur sou exploitation. ■ 

(4) Le royal vaut, en mai 1432, 13.17, soit environ 79 francs d'au- 
jourd'hui. 

(5) A cheptel. Le cheptel est le capital-matériel de l'exploitation 
rurale que le propriétaire fournit à la société. Ce mot répond exac- 
tement au mot cabal, qui a la même racine, et qu'on trouve sou- 
vent craftloyé au Moyen ftge et aui trois derniers siècles pour 
signifier mise commune des associés, fonds de commerce. 



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— 243 — 

légale computum sive eycet(l) cmn predicto Geraldo, et 
hoc in villa Sancti Leonardi de Nobiliaco, tociens quociens 
per dictum Geraldum seu suos fuerit requisitus, et emen- 
daredampna etc. Renunciavitetc. Obligavitetc. Juravitetc. 
CoQcessit lilteraa Pariatgîi condominomm de Nobiliaco in 
meliori forma, et preseotibus fratri Stephano de Saocto 
Ilarito, alias de.... (2), caoonico Sancti Leonardi, et Jo- 
hanne deu Molat, testibus ad hec vocatis specialiterque 
rogatis, die et anno predictis. Leonardus Ravelli, cleri- 
cus, retuUt. 



3. — Compte de tnarcluindiset : gingembre, poivre, papier, 
futaine, reçues de Genève (1437), 

it Jhs Ma. L'an mil CCCCXXXVII ay reseubut de la 
marchandia que veoc de 6eDeba(3) : 
Premieyrament, xiii 1. de zz (4) blanc. 



(1) Le mot eycel est évidemment le même qa'escaeta, escheta, 
eacheut&i eicheyula, qui correspondent à des sens assez divers, 
mus qui a'appliquent en général à tous droits constatés et échus, 
À toute part légitime d'hérédité. — Scepe tumuntur hœ voces pro 
legitimi» hereditalibu», quœ quibusvia oboeniunl. [Ducange, Glos- 
saire, verb. Ebcaeta.) 

{2) Un mot illisible. Au lieu de Harilo, qui peut être une forme 
dégénérée d'Aredio — Yrieii, — on pourrait lire Ilarito ou llarico, 
peut-être Havito (Saint- Avit). 

(3) Il nous semble difficile d'admettre qu'il s'agisse ici de Oénes, 
comme l'ont pensé plusieurs des personnes que nous avons con- 
sultées. Le mot est écrit plusieurs fois : Geneua ou Geneba, et 
Genève. Nous devons ajouter que nous ne connaissons pas d'autre 
document faisant mention, antérieurement à l'introduction du pro- 
testantisme en Limousin, de relations commerciales directes entre 
Genève et nos contrées. 

(4) Nous nous sommes demandé si cette abréviation désignait 
du sucre ou du gingembre. Comme nous trouvons plus loin la 
même marchandise ainsi indiquée : lei, nous pensons, avec la plu- 
part des personnes compétentes consultées par nOus à ce sujet, 
qu'il s'agit de gingembre, dont on faisait autrefois un plus grand 
usage qu'aujourd'hui, et dont nos voisins d'Angleterre se servent 



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-2J4- 

Item may zxt de zz columbi. 

It«m may xxxvi 1. de pebre(l] eyei ou pey desusdit. 

Item may ay reseubut viiti reumas {2) de papier, que 
Costa la reuma, an lo port, xxvi sols d'aquesta monede. 
Monte las ix reumas : vu r[eaus] et xxiiti s. [3). 

Item II" pessas fustonis (4) a xliii s. un d. la pessa, iiii 1. 
VI 8. VI d. (5). 

Item resta de la marchandla : 

Cl. îzblant nz{61. 

Ilem resta zxxii 1. t. de zz columbi, nz. 

Item resta ii" balas de fuslony, que son xIyi pessas. 

encore pour la cuisine. Le zz colombin serait le gingembre gris, 
qui tire sur le brun. — M. Blancart, archiviste du département des 
Bouches-dU'Rhâne et un des hommes de France les plus compé- 
tents en ces matières, nous assure qu'il a trouvé assez Fréquem- 
ment mention de gingembre colombin, et que jamais ce dernier 
mot n'a servi, à sa coimaissance, & désigner une espèce ou une 
qualité de sucre. 

(1) Ainsi, à cette époque, les épices, qui nous étaient longtemps 
arrivées par Montpellier, entraient en France par l'Italie, dont 
Genève était un des entrepôts. La roule des Alpes était jflus 
pénible et plus coûteuse, mais plus sûre que la traversée de la 
Méditerranée. On sait que dès le xiv* siècle, Montpellier avait 
beaucoup perdu de son importance commerciale. 

{i) Ces rames de papier viennent aussi de Genève : la disposi- 
tion du texte l'indique clairement, la première ligne se rapportant 
da toute évidence à t.iut ce qui suit. Il y avait cependant, dès le 
siècle prc'cédent, des manufactures de papier en France; nous igno- 
rons si le Limousin en possédait dès cette époque r on n'y coustato 
leur existence qu'au ïvi* siècle. 

(3j Si neuf fois vingt-six sous valent sept royaux 24 sous, il faut 
en conclure que lo royal correspond exactement à trente sous. 

(I) Les futailles sont des étoffes croisées fit et coton qu'on fabri- 
qua d'abord en Egypte. * 

(5) H y a ici nue erreur r les deux pièces devaie:il coûter 4 livres 
6 s. S d. 

(C) Il s'agit du poids nei. Plus bas la lettre c semble se rap- 
pijrler k renonciation du poids brut. On remarquera, en effet, que 
tous les article^ accompagnés de cette abréviation sont encore en 
ballots. 



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— 245 — 

Item resta l'bala pebrc senhade a; pesa i quintal z [1) 
XXVI liv. c(2). 

Item resta j' bala pebre senhade 0, pesa i quintal z. 
XÏV 1. c. 

Item resta j* bala pebre senbade ^, pesa i quintal z. 
XI 1. z. c. 

Item resta j* pebre senhade ni, pesa i quintal z. xiti 1. z, c. 

Item de pebre camarat(3) m quintal lui 1. ta[i-e?] xi 1. 
resta net : m quintal xlii livres, ey r* charga de Genève, 
c[omptat?] III 1., valen ii 1. n s., que valen a vi g" [4) a un 
dfeniers] mealha, monta clk fl. ix g" z. 

Item zez(5) blanc, p. iiii" et vu 1,, ou pey de Geneva, 
monten xxix fl. — zëz columbin xxii 1. ou pey de Geneva, 
aij g« V VI fl. z. go. 

Summa tôt ix"" et iv fl. x g*, [mar] d'aur a cxix H., valem 
cv reaus (6) c[onipte?] t. f7). 



(t) Nous ne savons quel seiia attribuer à l'espèce de z placé ici 
après le mot quinfai, comme dans les lignes qui précëdeot et qui 
suivent, après le mot (iure. Peut être ce signe est-il destina à dis- 
tinguer le quintal et ta livre de Genève du quintal et de ta livre de 
Saint-Léonard. 

(2) Le signe c paraît, comme nous l'avons dit plus haut, se rap- 
porter à l'indication du fbids brut. 

(3) Nous n'avons trouvé ce mot dans aucun vocabulaire : s'agit-il 
de poivre mêlé ou de poîvro Rn? nous ne saurions le dire. Peut- 
être camaral signiRe-t-il : amballé en caisse, et correspond-il à 
l'abréviation c signalée plus haut. 

(4) Cette abréviation g*, qu'on pourrait également lire g', désignc- 
t-elle des gros ou des sous genevois? Le passage est fort obscur. 
Il semblerait pointant en résulter que 6 g* équivalaient à 4 de- 
niers t/2 tournois. Toutefois le gros avait valu 3 deniers, et à un 
certain moment 10 deniers. 

(5) On ne peut voir dans ces trois lettres autre chose qu'une 
abréviation de zinziber ou zenziber. 

(6) Tout compté ? 

(7) Cent cinq royaux équivalent Jk 1,383 francs : environ S,?98 
francs d'aujourd'hui. — 11 résulte bien clairement de ce passage 
que le marc d'or, qui donnait 64 royaux de trois deniers, corres- 
pondit exactement à IIQ florins : d'où la valeur du florin ressor- 



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— 246 — 

Item zLiiii pessas fustons atizebortf?), monten Lixr eaus 
xxiiii s. Ti' d.: — a lzv r. quelaa xLviti pessas de fustony. 

Summa clxv reaus nu sols ti deniers, valen a x per c 
égal valen zvi reaus. Summa tôt tx" et i reaus xix sous 
VI deniers. 

Item per lo pourl de vri quintal, monte ix r. et x s. 

Item per las doas serpelieyras (1) el per ii corde deu 
pebre et pesar et pourtar (?) et tes mecieix (2) xii r[eaus)? 

Summa tôt (3) ix" et xi r[eausH4). 



lirait k environ 7,083 francs, au pouvoir actuel de 43 fr. 50. .Nous 
négligeons, dans ce calcul trËs approximatif, la fraction de florin 
qui forme la différence de 195 fl. 10 • g* » à 196, ne sachant pas 
ce que représente le « g*, » et nous prenons le chiffre rond de 196 
pour poiht de départ de notre calcul. 

(i) On appelle encore serpillièree de grossiers tissus de chanvre 
servant à envelopper des ballots de marchandises. 

{2) Mises, frais. 

(3) Il est difficile d'expliquer quelques-unes des indications dou- 
nées en abrégé par Gérald Massiot dans ce curieux inventaire; 
il est heureusement beaucoup plus aise de reconstituer son corapte 
à l'aide de ses éléments principaux. Le marchand constata qu'il 
lui reste : 

3 quintaux 42 I. de poivre 160 fl. 9 g. 

87 livres de gingembre blanc Î9 f]. * g. 

39 livres de gingembre colombin. 6 11. 1 g. 

Ensemble 195 fl- 10 g. ^ «Broyaux. 

À ajouter 48 pièces de futaine 60 r. 4 s. 6 d.(T) 

Ï65r. 4a.6d. 
10 p. 0/0 pour intérôU ou frws généraux. 16 r. 15(t) 

Coût. 181r. 19 s. 6d. 

Transport 9 r. 10 s. 

Prix de revient total . 191 r. n*» rond. 

La dépense du transport est à noter. Il en a coûté à Massiot 
9 royaux 10 sols., soit environ 120 fr. 35 d'alors, pour le transport 
de Genève à Saint-Léonard (480 & 500 kilomètres à vol d'oiseau) de 
sept quintaux de marchandises. Le transport du quintal ressort 
donc à n fr. 30, équivalant k 103 francs d'aujourd'hui. On ferait à 
présent venir de Genève à Saint-Léonard, on grande vitesse, 100 
kilogrammes de marchandises d'épicerie, c'est-à-dire un poids à 
peu près double de l'ancien quintal, pour 34 fr. 60. 

(4) La première partie de cet iuventwre est de la main de 
Gérald Massiot. 



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4. — Atuilyse d'un sermon prêché à Sainl-Lionard 
le 3 décembre i437. 

Sia memoria quar i bon frayre prediquet lo m* jorn de 
desembre, l'an de grassia mil cccçxzzvii, et dis en son 
senno quar lot home et tota femna se podian solbar (1) 
et anar en paradis, mas que feseys (2) las cbausas que se 



Premieyrament, di que l'ome et la femna, quant leba- 
ran de liech, que se senhen, en après que avan tota hobra 
se aganolbe [sic] dis la chambra, et que devotamen diga lo 
Poiter noster et la Ave Maria et lo Credo et poy... (3). Et di 
que l'om avia sa meaa (4) devotamen, lo comensamen 
et la Q, et que om ne se probche pas deu pestre que di 
la messa; et -que a la eyglieya defen que hom no parle 
an degu ni de negunaa besonhas, sino de pregar Dieu. 

Item di que, lo sanc dieumenc, no fasas deguna hobra 
sino pregar Dieu, et que deves ourir la messa de vostre 
chapela et los coomiaiidemeDa et vespras et compléta et 
tôt lo sanc dieumenc far bona hobra et pregar Dieu. 

Item, di que j vet (5) lo meys vos cofesey vostreya 
pechat. 

Item, di que lo jom de Pasqueya vos, lo plus santamen 
que vos poyrey, vos cofeaeys et metes vos en bona orde- 
nansa a resebre nostre aenbor Dieu Jhesu Christ, nostre 
solvador, que preys mort et passion por nos et la ^ (6). 
Et fasen aquestas cbausas desus dichas et fasam olmona 
a paubra gen et fesam pregar Dieu por los mors et menar 
honesta vida en heure, en mingar, et vieure{7] deu sos 



{!] Skuver, de saloare. 

(!) A la condition qu'ils fassent. 

(3) Ud mot illisible. 

(4) Pour ouoia ou aucia «a meaaa .* entende sa messe. 

(5) Une fois le mois. 

(6) Et la croix. L'écrivain a figura ici le signe de la rédemption, 
an lieu d'écrire le mot. 

(7) Vivre. Il faudrait : cio&nl, pour la suite régulière de la 
phrase. 



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— 248 — 

prope et no toire re (I) a degu, et setifar si as re de l'ou- 
trus 12), en fasen lotas aqueslas chausas et si desus eycri- 
chas, di lo frayre desus que entraras en la gloria de 
paradis. Kysi sia. — Amen, 

Pater noster Geraldut Massiolh scripsil hec sua propria 
manu (3). 

5..— Bail à cheptel, 7 février ik3S [nouveau style 1439). 

Item Die septima raensis febroarii, anno Domini mille- 
giiiio CGCC'"' tricesimo octave, presentibus Ademaro Bayle 
et Reymoneto Hugo, testibus ad hec vocatïs, persoualîter 
consiitutus Peyrau de Savenas{4), faber, habitator de 
Nobiliaco, pro se et suis, non cohactus etc. omnibus que vi 
etc. ymo gratis, recognovit in veritate, publjce confessus 
fuit se bene et légitime teucre et haberc in curte sua duas 
vaccas cura uno vilulo femello, unius anni..., videlicetad 
capitale sex regalium boni auri, cugni domini noatri 
Francio Régis , quoliljet pondère trium deuariorum (51 , 
videlicet ab honesLo viro Geraldo Massiot, mercatore de 
Nobiliaco, ibidem presenti; que quidam animalia promisîP 
dictus Peyrau nutrire et cuslodire, ad ambanim parcium 
comodum et utilitatem, et de eis eorumque excressen- 
ciis (6) fenire ad bonum computum siue eycet tociens 



(I; Ne rien prondrp. Tolre reproduit le lalin lollere. 
(3) Et restituer (getifar, forme vicieuse : satisraire, aalisfact^re), 
si vous avez quelque cliose i autrui. 

(3) Celte note est de la main de Jean Massiot, ou peut-être d'un 
do ses tits. 

(4) Savennes, aujourd'hui commune du canton de Guëret (Creuse). 
Bernard de Savennes fut évêque de Limoges de 1219 à 1226. Tou- 
tefois il s'agit peut-être ici de Savnnas, qui appartient actuellement 
il la commune de Saint-Martin Sainte-Catherine, canton de fiour- 
ganeuf (Creuse), 

(5) Six royaux d'or de 3 deniers chacun représenteraient aujour- 
d'hui 47* francs. 

(6) Ainsi ie bail à cheptel était dès lors ce qu'il est aujourd'hui; 
le propriétaire remettait le capital -bestiaux an métayer : celui-ci 
élevai), gardait, soignait les animaux qui lui étaient confiés, et les 
deux parties partageaient lo croit, [e métayer restant responsable 
de la valeur de la souche. 



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— 249 — 

quociens per dictum Qeraldum seu buos fuerit requisitus, 
et emendatis dampnis etc. Renunciavit etc. Juravit etc. 
Obligavit etc. Et concessit litteraa Pariatgii condomiao- 
rum de NobUiaco in meliori forma. Lbonahdus Ratslli, 
clericus, retuUt. 

6. — Dissolvtion et liquidation de la société de commerce exis- 
tant entre Gérald Massiol et Jean de la Ribière, i8 février 
tli38 {nouveau style ik39). 

Die XVIII' mensis febroarii, anno Domiiii M" CCCG"* 
XXXVIII", presentibus boneslo viro Leonardo Doyneys, 
mercatore, et Michaele Boudrit, eciam mercatore, et Jo- 
hanne Picapansa, testibug, personaliter constîtutis honesto 
viro Geraldo Massioth, mercatore de Nobiliaco, pro se et 
suis, ex una parle, et Johanne de Ripperia ()], mercatore 
ejusdem ville, eciam pro se et suis, ex altéra, cum prout 
ecdem partes diserunt et recognoverunt diu est ipse inter 
se contraxissent certam socielatem, quam inhiendo ipse 
Geraldua tradidisset novem viginti et duodecim regalia 
auri ponderis pro quolibet trium denarionim, seu sexa- 
ginta quatuor regalia auri marcam auri facientia (2), 
eidem Jobanne de Ripperia, qui eciam in eadem societate 
ponere et tradere promisisset sexaginta quatuor regalia 
auri ponderis predicti, ut bec constare dixerunt per litteraa 
anpev eadem societate passatas per magistnim Leonardum 
Tillourier; eademque societas ex post durasset et liiter se 
de lucro et dampno convenisaent ad bonum computum, 



(1) Il y a dans la Haute-Vienne et la Crenae un asaez grand 
nombre de localités qui portent le nom de La Ribière ou La 
lîittiére. Plusieurs se trouvent dans les environs de St-Léonard ; 
notamment dans les communes de Bujaleuf, Champnetery, La 
Geneytouse, Hoissannea et Saint.Prlest Taurion. (Voir le Diclion- 
nsire géographique de (a Havle-Vienne d'Emile Grignard, ma- 
nuscrit conservé aui Archives de la Haute- Vienne.) 

(!) Les 192 royaux représentent environ 2,iii francs et équivau- 
draient à 1S,168 Trancs d'à présent. 



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etc. hinc est quod boddie ipse partes, non cohacte, etc. 
ymo gratis etc. omnibus etc. recognovenint se inter se 
computasse bene et légitime et pro âne ejusdem computi 
idem Jobannes debuit et se debere recognovit eidem Ge- 
raldo présent! et reqniîreati, omnibus îllis in quibus unu8 
alteri teneri poterat, quoquo modo, quacunque de causa 
seu racione, computatis ac eciam lucro et dampno, pre- 
cium Tidelicet sive summam novem viginti et octo rega- 
lium auri(l|, boni auri ponderis predicti; guam summam 
idem Johannes solvere promiait eldem Geraido piesenti 
etc. videlicet infra nativitatem Beati Jobannis Babtiste 
proxime venturam (2), nec non emendare dampna, etc. Ce- 
terum eedem partes remanserunt quicte hinc et inde de 
omnibus mutuis, crediLia, obligacionibus, societatibus et 
litteris quibuscunque, quas annulaverunt et irritaverunt 
perpétue etc. présente in aui efflcacia permanente, etc. 
Et super bis renunciaverunt predicte partes hinc inde etc. 
Juraverunt, etc. Obligaverunt elc, et conceaserunt litteras 
Régis, Pariatgii et domini offlcialis Lemovioensis (3) in 
meliori forma. — Bordils r*. 



7. — Achat de cent quartes de sel par Jean Massiot (30 juin 1440). 

Die ultima junii, anno Domini millesimo GCCC' xlti", 
presentibus Joanae de la Gossadieyra (4), mercatore, et 



(1) 2,476 francs, soit l*,e*6 francs d'aujourd'hui. 

(2) Avant le 24 juin 1439. 

(3) On voit que l'intervention de rofflctal était encore considérée, 
au milieu du xv* siËcle, comme communiquant k un acte purement 
civil, une authenticité et une autorité égales à celles que pouvaient 
donner les officiers des sièges royaux. En cas de non-exécution des 
engagements, la partie lésée s'adressait souvent à l'ofScial, la pro- 
cédure du tribunal ecclésiastique étant probablement moins coû- 
teuse que celle des juridictions laïques. 

(4) Peut-être les Coiissiëres , hameau de la commune de Mois- 
sannea, csjiton de Saint-Léonard. 



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— 25Ï — 

Petro Berge, testibus, etc. personaliter constitutus Jo- 
hannes de Villagolet (1] alias 1o Rodier, de Bello De- 
ducto(2}, DOQ coactus etc. ymo gratis etc. omnibus etc. 
vendidit Johanoi Massioth, mercatori, presenti etc. cen- 
tum quarterias (3) salis ad mensuram de Nobiliaco, ven- 
dentem et ementem, precio i^Dquaginta scutorum auri 
novonim nunc pro Domino Qostro Rege Francie curren- 
tium (4), quod precium dictua Johannes de Villagolet 
habuit realiter a dicte Johanne Massioth présente etc. in 
bonis Bcutie auri, et non immerito ipsum Massioth et suos 
et ejuB bona quittavit perpétue cum pacto etc. Et oicbi- 
lominus easdem ceutum carterias salis, ad dictam men- 
suram, meusuratas correteriis (5) dicte ville, ipse Johan- 
nes, et tam ipse quam Leouardus Danielis, qui ad preces 

ejusdem , se constituit âdejussorem et principalem de- 

bitorem, et quemlibet ipsorum in solidum, et conducere 
ad domum dictl Massioth promiserunt infra majus festum 
Beati Leonardi proxime venturum (6) ; necnon emendare 
dampna, etc. RenunciaveruQt, juravertint, obligaverunt, 
etc. Et concesseruDt litteras Régis, Pariagii et domini offi- 
cialis. — BoRD&s r'. 



(0 Probablement Villegouleix, commune de Saint- U&rtin-Cba* 
teau, canton et arrondissement de Bourganeuf (Creuse). 
(3) Boiadéduit ou Beaudéduit, près 8»nt-LéoDard. 

(3) La quarte valait le quart du setier, soit, à Saint-Léonard, 
tS litres 36 centilitres. Le setier de set se vend ici deux dcus, 
c'est-à-dire 23 fr. 66 : 143 francs d'aujourd'hui : es qui fait ressortir 
le litre de sel à 3 fr. 35 environ. 

(4) Ces écus neufs valaient 11 fr. 83, soit environ 6S francs d'au- 
jourd'hui. 

(5) Peut-être carleriis, dans le sens de mesure d'une carte ou 
ayant pour point de départ ta carte. Corretertia peut aussi dési- 
gner dea intermédiaires officiels, des ■ conrtiers-juréa. • 

(6) 6 novembre. 



DigmzcdbyGoOgle 



8. — IVaissance el bapUme de Louis Massîot, jils de Jean, 
3 janvier ik56 [nouveau style i457). 

Anno Domini miUesimo CCCC" L" sexto, die tercia meas- 
sis jenuarii quod mater mea Margarita Fabra, de Saacto 
Paulo (I), uxorata cum Johanne Massiot, habuit unum 
puerum; et fuit patruus dominus Ludovicus Fabri, capel- 
lanus de Vico (2) et canonicus Entimoûesterii (3); et 
puer habuit nomen patrui; et dictus patruus erat frater 
dicte matris mee, et ut sciremus meliori modo quot habe- 
bit annos iu tempore Tenieoti, ego Aathoaius Massioti, 
posui iu scriptum illo die met. Sigoatum de manu mea. — 
Antmonius Massîot, clericus. 



9. — Naissance et baptême de Biaise MassUil, fils de Jean, 
3 février lk63 {-nouveau style i464). 

Nota que Van mil CCCC LXIII, lo jour Saint Blaisy (4), 
que naquet mon frair Biaise, et fut parein Jehan Alesme, 
et marine la Katerine, fllle de mon oncle, maistre Jehan 
Faure; et fut l'anuee des grans neges (5). 



(1) Sana doute Saint-Paul d'Eyjeaui , chef-lieu de commune du 
canton de Pierrebuffière, arrondissement de Limogea. 

(2) Vicq, chef-lieu de commune, canton de Saînt-Germain-les- 
Belles, arrondissement de Saint- Yrieix (Haute -Vienne). 

(3) Eymoutiers , chef-lifiu de canton de l'arrondissement de Li- 
moges. Il est parlé, dans nos chroniques, de l'ancien monastère 
qui existait dans cette ville au xi* siècle. Un chapitre y fut établi 
à une époque assez ancienne. L'église collégiale d'Eymoutters pos- 
sËde des vitraux du xv* siècle qui comptent parmi les plus beaux 
que nous ayons en Limousin. L'ancien nom de cette ville est Ahen- 
limonaaterium, qu'on trouve à peu près exactement conservé ici. 

(4) 3 février HM. 

[5] Nos .Annales manuscrites ne signalent pas ces > grandes 
neiges. • 



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10. — Convention mire J. Meaâol et Pierre Chabret, son vov- 
iin, au sujet d'un toit ou auvent ét(ûiU par ce dernier au- 
devant de sa maison [5 août 1^66). 

Memoriale est quod die hodierna infrascripta, perso- 
naliter constituli honesli viri Johannes Massiot, burgensis 
et mercator ville Sancli Leonardi de Nobiliaco, pro se et 
suis, ex una parte, et Petro {sk] Ctubret, fabro, eciam pro 
se et suis heredibus et successoribus ex parte altéra : cum 
dictus Petrus Chabret edifficari faceret quoddam um- 
brailh [\) ante domum suam, et pariete [sic] ejusdem ex parte 
aate et deversua domum dicti Johannis Massiot, dictua 
Pelms Ghabret proniisit, et convenit eidem Johanni Mas- 
siot, retrahere diclum umbrailh ad ordinacioûem exper- 
torum, tociens quocieus per dictum Johannem et suos 
fuerit requisitus, et eclam tociens quociens ipse JohanDes 
aut Buos [sic] volueiit [sic) in pariete suo edifflcari facere 
UQum umbrailh. De quibus premissis, predictus Johannes 
Massiot peciit hoc presens memoriale sibi daii, Datum et 
actum coi-am me, Petro de Meyrengas, licenciato, commis- 
sario etjurato, pi-esentibus honesto viroAudoynoLobloys, 
Leonardo Gostanti, carpentario, et Leobone Rebers, tes- 
tibuR ad hec vocatis et rogatis, die quinta mensis au- 
gusti, anno Domini millesimo CGCC" LXVI. — P. de Mey- 
HINGIS r*. 



II. — Reconnaissance souscrite par Charles de Cresancy, prieur 
euré de Bujaleuf, pour un prêt de deux écus d'or, et pro- 
messe de payer en blé (3 décem^ire....). 

Yeu, Charle de Ct'esensy, prieur de Bugaleou (2) c[oii]oys8e 
et confesse a deveyr a Johan Massiot, marchean de Saint 



(!) Umbrnilh — iiijiftracu/uni — a le sens do couverture, abri, 
tonto. 11 s"agit d'un toit Uger, d'un auvent. 

(3) Bujaleuf, commune du canton d'Eymouticrs, arrondissement 
de liimoges. 



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— 254 — 

LîeDnard, la soma de dos escus d'aur, losquals dos escus 
m'a prestat ben e lealment, contas et velhant (1) per lo preys 
que lo blat voudra a la Nostra Dama prochaine venent, que 
yeu l'en setifaray sos dos escus en blat (?) per lo preys que 

voura. Fach lo m' jour de desembre, l'an fach senheit 

de son sencf?) manual sy desoB. — Charles db Crbssanci. 



13. — Venu de bétaU {{3 septen^e tkôSl. 

Yeu, Ësteve Tillourier, clerc et notari de la ville de 
Saint Lieunard, conoisse et confessa aveyr vendut ou 
senheirJohan Massioth, boui^eyede lad. ville, ungparel... 
beoux et una vache en son vedeu mascle, le quai bestiau 
luy ay delieurat et beylhat sur lous teuanciers deu leuc 
de Reynarie (3), p' de Saint Estere de Noalhac (3) et ce por 
le près et soma de sieys escuts d'aur (4), la qualle somme 
be et leaubnent me a beylhat contant, et de la qualle 
somme led. Massioth en quite per aqueste présent sedula 
signada de mon sign manuel si dessoubz meys en la pré- 
sence de sage hom Michel Beudier et Legier de Bru- 
gieyra8(5), le xiu* de septembre, l'an mil IIII* LXVIIJ. 

— £. TiLLOBRIBR. 

13. — Jean Massiot reçoit de l'Éviqiie l'invettUure de plusieurt 
fieft, 3 février iklO [nouveau style ik71). 

NotLi quod die tercia menssis febroarii anno Domini 



(1) Comptés et valant pour, etc. — La stipulation est aases au- 

[2] Nous n'avons pu trouver la localité que désigne ce mot. Aucun 
nom de lieu dans les environs, sauf Arrènes, chef-lieu d'une com- 
mune du canton de BourganeuE (Creuse), ne s'en rapproche. 

(3) Une des anciennes paroisses de Noblat-Sunt-Léonard. 

(4) Six écus d'or, en 1468, équivalent à 68- fr. M : environ 412 
francs aujourd'hui. 

(5) Peut-être Brugeraa, hameau de la commune de Moissonnes, 
canton de Saint- Léonard. 



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— 255 — 

millesimo quadringentesimo septuagessimo, preseotatus 
fuit pater meus Johan Massiot coram domino Ëpiscopo 
Lemoviceusi [1] ex [sic] hommagia faciendo; et primo fuit 
investitua de magoo BiUaco(2) et de Rejoaria; et fecit 
homagium de Manso Papoulo (3) cum guis perlineusis, et 

sollempniter... de Virolo (4) Datum die ipsa io villa 

Sancti Léonard!, anao supradictis. — Johamnes Masscoth, 
clericu3(5). — Et sapches que ledit lieu de YiroUe estoit 
réservât du S'; mas y a veadîciOD. 



14. — Délivrance au prieur de l'hôpital des pauvret de Saint- 
Léonard, d'un legs de 30 sols fait à l'hôpital par Jeanne 
Ctaatre, veuve de Girald Massiot (16 octobre Ikli). 

Gum domina Johanna Claustra, relicta'guondam Ge- 
raldi [6] Massioth, burgensis ville Sancti Léonard! de 
Nobiliaco, in suo ultimo testameoto dederit et donaverît 
et legaverît hospitali pauperum (7) dicte ville, xzx* soli- 
dos (8), ego, Petrus de Alvernia (9), presbiter et prior dicti 



[t] L'évâque de Limogea âtait alors Jean I fiarthon de MontbEis, 
qui occupa le siège âpiscopal de 1457 b, I4B6. 
{%) Le Grand fiillat, commune de Saint-Lâonard. 

(3) Noua n'avona pu identifier cette localité. Il y avait, aux ziii* 
et XIV* siècles, un ilfas Papalou dans la banlieue de Limoges; 
mais ce ne peut être le Heu dit dont il est ici question. 

(4) Probablement Virolle do Champnétery, canton de St-Lâonard : 
peut-être Virolle d'Aureil, canton sud de Limoges. 

(5) Il semble résulter de là que Jean Uassiot, époux de Margue- 
rite Faure, avait deux fils du nom de Jean : l'un marchand et 
l'autre clerc. 

(6) On avait d'abord écrit Johannit; mais on a corrigé ensuite. 

(7) L'hApital de Saint-Léonard fut, dit-on, fondé vera 1191. L'abbé 
Legros a constaté son existence en 1263. 

(8) Environ fr. 03 : un peu plus de 54 francs d'aujourd'hui. 

(9) Les d'Auvergne, une famille de bonne bourgeoisie de Limoges, 
ont, du iiv* au ivii* aifecl'-, fourni un grand nombre de dignitaires 
ecclésiastiques d'ordre secondaire, de jurisconsultes, de jugea, de 
notaires' et de (;refflera. 



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prioratus hospîtalis, confateor et recognosco me récépissé 
et habuisse a honesto viro Johanni Massioth, burgensi 
dicte TÎlle, ut hères (sic) dicte Johanne, matiia sue, ut 
pleoius omnia continentur in testaraento dicte Johanne, 
dictos Iriginta solidos, et in testimonium veritatis sigoum 
jneum manuale apposai presenti quictancie. Factum per 
me, dictum de Alrernia, die xvi* mensis octobris, anso 
Domiiii millesimo CCCC"" LXXJ". — P. de Alvernu. 



15. ;— Prière et cantique à ta Yierge (s. d.) 

Saluto te, bealissinia vii-go, Dei genitrix, Maria, auge- 
lorum regina et domina, ea salutacione qua te salutavit 
angélus Gabriel, dicens : Ave, Maria, gracia plena. Do- 
minus tecum. Ipsius sanctuB supeiTeniet in te et rirtus 
Altissimi obumbrabil te, etc. (1). 

De toy nous vient toute bonté 
Ti-es doulce virge précieuse, 
, [Qu*]aucun pechie n'a surmonte. 
Vueille moy estre gracieuse. 
La mort, qui est sy très hideuse^ 
Me vient aper (2), je ne say l'eure. 
Mon ame eu est sy angoîsseusse 
Que de peur chascun jour [je] plure, 

Plurer me faut mes grans mcffais; 
Car je ay vescu toute ma vie 
En pechie, par diz et par faiz. 
Helas ! Dame, je te suplie 
Prie a ton filz, le fruyz de vie. 
Que tu alaytas doulcement. 



(1) Cette iuvocallou se poursuit pendant dix lignes encore; comme 
elle n'a rien d'origioal, il nous a paru inutile de la reproduire. 

(2) Happer. 



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Que luy pleist par courteBîe (1) 
A moy pardoiier kumblement. 

Humblement je te fais prîei-e, 

Mère de notre Redemptor, 

Que ta beuigue grâce acquière 

Bq persévérant en ce jor (?). 

Tu es le chastel et la tour 

Out les pechour se vienent rendre. 

Sy te aupli, oy ma amour 

Et en mon fait vuelhes entendre (2). 



16. — JVoK relative à des travatix de curatje d^aquedua et à 
la eonstruelion d'une nouvelle cave (i*' septembre i'i72}. 

Die prima mensis septembris, anno Dominj millesimo 
CCGG°" LXXTJ», que mon pair [Johan Massiot, flih de 
Ger. Massiot] (3) feys curar lo doat (4) de la fon de nostra 
laberno, et trebar (5) a doas claux, de que la premieyro 
se troubet a l'endrech vix at vix deux premier urceaux de 
la pourta de la meyso que fust de Beylenieis, maintenen 
estant de Mansaud et Liennard, Ôlhs de Marcialy Doyneys, 
cuy Dieu pardon ! — et l'aultre clautx en la pillo d'entre 



(1) P&r gr&ce, par condescoodanoe pour toi. 

(2) Il faut noter le tour heureux et facile de ce morceau, sa 
naïveté et l'en Ire lace ment régulier (sauf & la &a de la première 
strophe) dea .rimes masculines et féminines. 

(3) Les mots entre croclieta ont été ajoutés d'une écriture très 

(4) Le conduit, dactus. On voit que nos ancêtres ont souvent 
réalisé, d'une façon très imparfaite il est vrai, et fort incorrecte le 
plue souvent, ce grand progrès qui s'est généralisé à notre époque : 
l'eau à domicile... A Limoges, il y avait dans un certain nombre de 
caves particulières, des pêcheries, des réservoirs dont l'existence 
est mentionnée dans des annonces et contrats de vente des deux 
derniers siècles. 

(5) Nous nous croyons sttrs de notre lecture. Néanmoins trebar 
ne donne pas de sens, à moins qu'il ne soit un composé de barrai', 
fermer, et que Irebar ne soit mis pour (rebarrar. 

T. TH. t-4 



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— 258 — 

la mevgo de Picapaoso, mainctenen estam de Marsaud 
Banhar, aliter Guogaud, et egtre acquello de Claustro 
fazen queyrio (1) ; lasqiiaux claux son senhadsis [2] en ser- 
tanas grandas peyraa ou peyTat(3). Fach lodîch jour et 
an; et l'am r[elatuinî] anno Domiiii 1472. — J. Massiot. 

Item, ladite annado luren curatz acquilx de L'Oumo- 
Dieyro (4), comenssam a ma meygo et fenizen a la meygo 
de Liennard Raveu, tiran a la dicha porta. 

Item, en aquello annado fey curar los doatz deypeust 
la taverne (5) de chas Clautro jucques avant Partutz (6) ; et 
furent fach neufs que jamais (?) nevia vie agUt. 

Itéra, eodem anno, fey far la taverno neufve d'à maigo (7) 
soubz l'oubradour (8) et ladicha taverno velho enplit d'aiguë 
per la font; et fay mon payr curar lo doat tout au long, 
jucques a la maijo de Gogau, et trobarent doas claux, l'une 
davant la maijo de Marsaud et Lienard Doyneys, et l'autre 
davant la maigo dudich Gogaud et de Laclautre. 



17, — Bâti à cheptel, iO janvier Vtl'à {nouveau style i475). 
Die X* meusis januarii, anno Domini mlllesimo CGCC" 



(1) Coin, encoignure. 

(2) Marquées. 

(3) Pavé. S'applique plus particulièrement aux petites cours et 
passages ou corridors pavés qui dépendaient des habitations. 11 
signifie aussi amas de pierres, et perron. 

(1) La rue AuraOIiière eiisle encore à Saint -Léonard. A l'extré- 
mité se trouvait alors une des principales portes de la ville. Cette 
porte est souvent mentionnée au xui* siècle. On y exécutait les 
malfaiteurs condamnés à la mutilation : amputation des oreilles ou 
perte d'un membre. 

(5) Taberna se prend en général dans le sens de cave. Les lignes 
suivantes prouvent bien que c'est ce que Massiot entend par là. 

(G) Est-ce un nom d'homme, ou s'agit-il du lieu dit Mslpartuz — 

(7] D'à maigo, d'ici, de chez nous, 
lie Malo l'ertusio, — où était la prison du la ville ï 

(B) Atelier, do operalorium. 



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— 259 — 

LXXIIII", presentibua Anthoûio Rabith, alias Trabau, et 

Anthonio Peyraudit, lestibua, etc. Petrus de Podio Fo- 
cherii (1),., alias Coaleiia non coactus etc. (cum omnibus) 
vi etc. sed gi-atia etc. pro se et suis recognovit se beue 
et légitime tenere in çurte sua, a prudente vire Johanne 
Massiot, burgensi ac mercatore viUe Sancti Leonardi, ibi- 
dem presenti etc. unum bovem pili rubei, unam vaccam 
pili rubei piga pregnantem (?) et duas tauras quarum una 
est pili rubei et alia piga, et unum jumenctum pili 
bayai-di et hoc precio et summa septem scutorum auri 
et duodecim deDariorum; que animalia promisit dictus 
Petrus servare et nutrire ad ambarum partium comodum 
et utilitatem et venire de (?) eisdem ad bonum et légale 
compùtum sive eysset io villa Sancti Leonardi tociens etc. 
et promisit emendare dampua etc. et renunciavit etc. obli- 
gavit etc. concessit litteras Régis et Pariagii in meliori 
forma. — Tillourier r. 



18. — Reeette d^un préservatif contre le poison et ta peste [s. d.]. 

Recepte d'une poudre que le medicin a Moss' de Guiene 
a ordonne contra pestem : que ou doist prandre toz les 
matios une petite routie de pain et la tranper en du vin 
viron {sic] une draxme (3), et mecti-e sur la routie de ladite 
poudre, et manger ladite routie et boire ledit vin ; et est 
bonne contre toute poison et vérin (3). — Pulvis ista im- 
perialis dicitur. 

Recipe scabioBe (4), radicis tunice (5), ana (6) i (7) I, 



(1) Un mot illisibl'?. 

(2) Drachme. Ce mot est encore eti usage daiis la langue phar- 
maceutique. La drachme équivaut au gros et représente environ 
4 grammes. 

(3) Venin. Cette forme, vérin, était autrefois très usitée. Une 
des sept « Merveilles du Dauphinë » est encore désignée par le 
peuple sous le nom de « Tour sans vérin. • 

(4) Nom de plante encore usité. 

(5) Un des vieux noms de l'/sillet. 

(6) Signifie : de chacun; peut-être abréviation pour ambarum. 

(7) Une BOrt« de i grec : signe de l'once. 



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Radicis dlptamy (I) , radicis tormentîlle (2) aoa t eem. (3). 

BoIi*< (4) i i, aeminum (5) actetose [6), semioum citry , 
aiia. 3 (7) ij. 

Rasure eleboris (8), margaritarum (pour margaritarum 
se prcn la semence des perles) (9), j; cinamomy (10) çlecti 
3 sem.; Garioff. (11) 3 sem.;Zucci;hari?] albi [12)quod suffl- 
ciat." Fiat pulvia. Massioth, 

Oporlet cavere a feniiQa(ï)(i3), a frigore, a fervore, a 
fructu, a fetore, a sumo (?1 malo. 



(1) Pour dictami. 

(2) Nom de plante encore usité, 

(3) Demi-once. 

(t) Douteux. Les personnes que nous avons consultées sur la 
sens de ce mot, notamment M. Astaix, ancien directeur de l'École 
de médecine de Limoges, pensent qu'il ne faut lire ici ni Bolici ni 
BoUli. Toutefois le Bol d'Armante entrait dans la composition de 
plusieurs recettes contre la peste. 

(5) Graine. 

(6) Pour acetote, oseille. 

(7) Sorte de 3, signe du gros ou de la drachme. 

(8) Eboria probablement. U. Astaii nous a montré dans d'anciens 
livres de médecine plusieurs formules de préservatifs contre la 
peste et le venin, où figurent des râclurea d'ivoire. 

(n) Les mots entre parenthèses sont en note. On donnait le nom 
de Mtnence de perle» i. des perles très petites. 

(10) Ciuinetle de CeylEui. 

(11) Gariophylli, clous de girofle. 

(U) Zucckari ou sacc/iari (ail. Zûckcr), sucre. Le sucre nous 
venait d'Orient et des iles de l'Archipel grec. Au temps des Croi- 
sades, la France et l'Italie le tiraient surtout de l'ijgypte et da 
Tripoli. 

(13) Notre lecture peut ne pas être bonne. Toutefois on rencontre 
souvent, dans nos vieux livres de médecine, des recommandations 
dans le mâme sens. On sait quelles bizarres propriétés de vieilles 
superstitions avaient attachées à.certwns éMe de^la femaie. 



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19. — NaUi diverses relatlvet attx ivènemenU malheureux : 
guerres, famines, épidémies, à leur retour et à leur tueeet- 
tion (la dernière partie du pauage au moins est postérieure 
àiklS). 

Sia memoria pro successoribus Dostris guod, pûst mag- 
nas guerras, Teaiunt inâulgeDtie ; post indulgentias renit 
famés; post famés venit quandam [tic) generalem pesti- 
lentem (?) contagîonem, que quasi impidimie {sic) calide 
Tocatur febre pestilencia (?). 

Item, BOtetur quod in aonuatis quinquagesimîs com- 
muniter est famina in isto regno. 

Ay ouvit disre a Johan de Lan, demoran a Dieuluy- 
don(1), en l'aage de IIII" et v ans, que son payr dizia, 
que era de roesma aige, que l'an mil treys cens XXXI, fu 
una grant famina et una grant guerra ampres, et devizon 
entre louB senhors; car ne y avîe point de cliap, causa (?) 
mortis (2). 

Item l'an mil CGC' IIII" et dous, ou enviro, fu grant 
mortalitat, et se sauTeren loua senhora en se remudan de 
chastel en chastel et de plasse en plasse, et l'an avant fu 
grant famina et deysaendit (3), et dizen Ions, ansBias|4) 
que deysSendet ung prince d'Anglaterra ^] en Gaaconhe 



(1) C'est par erreur qae nous avons dh plus haut qu'il s'agissait 
de DieDlidoat d'Oradoar-sur-GlBiie, canton de Saint-Junlen, arron- 
dissemeot de Bochechouart (Hle-Vieane). Dieulidont était u:) prieuré 
de l'oidre de L'Artige, aituâ dans la paroisse de Benon, en llle 
deRA. 

(3) Cette famine n'est pas signalée ailleurs. S'agit-il ici des troa» 
blea qui désolèrent le paya un peu plus lard, dans les premibrea 
années de U g«erre arec l'Angleterre? 

(3) G« root est rdftété plus loin et mis ici par inadvertance. 

(4) Les anciens, les vieillards. 

\S) S'agit-il ici de la descente Faite par le duc de Lancastre sur 
les cAtes de GttyMne en 1388, et que les garnisons de routiers à 
la BoMe de l'Angleterre appuyèrent en opérjnt une diversion en 
Barri î 



dbyGoeigle 



et lousdita senhors furen maDdat a y anar, et y furen 
tuatz(i). 

It. l'aa mil IIII* XXXI ont avia x sestiera (?) de blal 
per ung escu[2). 

L'an mil IIII" XXXIJ par ung escu n'avian setiera que 
II setiers. 

L'an XXXIIJ lo seatiers valia l'de rey (3); l'anXXXIIIJ, 
de zzx s. renguet a quatre (4), sens medre et sens batre (5). 

Despuys l'an LXV, en acquest reaulme ou circumvicinU 
agut grant guerras jusques au LXXVUI a XIX. 

Despuey l'an LXXII, en acquest reaulme, agul grans 
pardons et perpétuons et îndulgencias de tant d'eyglieyzas 
que ne ceys memorious (6). 

Item ung (7). 

20. — Relevé des rentes de Jean Massiot à ta date 

du 15 février iklk {nouveau style ikl5). 

Eysso eys l'estapt de las rendas que yeu, Johan Mas- 
sioth, ay acquisas, en acquey papier escripchas le xV de 
feurier l'an mil CCCC LX et XIIII. 

Et primo le leuc de Chouvour (8) d'ostro en la terre de 
Chastelneuf (9) et justice, loqual fu de Pranseis et de Peir 



(1) Nous n'avons pu trouver de détails sur ce f&it. 

(2) Soit ua peu plus d'un frane (six francs d'aujourd'hui) le setier. 

(3) 13 fr. 17, soit 79 francs d'aujourd'hui, 
(1) Un fr. M (9 fr. 85 d'aujourd'hui). 

(5) < Sims battre et sans moudre, s c'est-à-dire le ^rain vendu en 

(6) ^ue je n'en ai pas garda mémoire. 

(7) Le rédacteur de ces notes s'est arrêté là. Une partie au moins 
de ce passage est de la main d'Antoine Massiot, prieurdeDieulidont. 

(H) Ghauvour, commune de Smnt-Denis des Murs, canton de 
Saint-Ijéonard, 

(9) Cliftteau neuf- la-Forêt, chef-lieu de canton de l'arrondissement 
de Limoges. Le banvi de GhAteauneuf étut un des seigneurs les 
plus puissants du pays. 



DigmzcdbyGoOgle 



— 263 — 

deu Molis, sur loquau yeu ay vi sestiers segle, ij scatiers 
froment, ii sestiers aveno et doas galinas, Tj sols de pré- 
sent et au quatre cas (1) x s (60 R.) 

Item sur toz loz beys maistre Anlhoni Faure, Jehan 
Faure, Loys Faure : m sestiers segle et m sestiers froment, 
perli doaire de leur 80ur [-2)... _....- (30 R.) 

Item, sur la vinhe de Johauet Belarbre, io quai fa de 
Forestier, assiaa ou bari de Fonpino (3) : m eminns fromen, 
en la seigooria. 

Item, sobre Io maigo au faure de Chastendeu (4), assiso 
eu la ruo de Malpartut (5], et super omuia bona sua : 
I sestier froment rendent. 

Item, sobre la maigo Legier Teysier, pousada a Bao- 
chereu (6), et sobre toz sos beys : n sestiers fromen rcndeus. 

Item, sur la meygo au faure de L'Artîge (7), pousado 



(1) On sait que la taille aux quatre cas était due au seigneur 
dans quatre éventualités déterminées : le mariage de sa lllle, la 
chevalerie de son fila, le paiement de sa rançon et son départ pour 
la Croisade. 

(2) Il s'agit ici du douaire constitué & Uarguerite Faure, femme 
de Jean Hassiot, qui écrit ces lignes. 

(3) Faubourg de Font Pinou. La rua de Fontpino est nommée 
dans des pièces de 1387 et 1288. 

(4) Chatandeau, ou chez Tandeau, commune f^e Saint-Denia les 
Mura, canton de Saint- Léonard. Il y a aussi Chatandeau, com- 
mune de Boisaeuil, canton de Pierrebuffière (Haute- Vienne). 

(5) Cette rue n'existe plus à Saint-Léonard, et on n'en conserve 
aucun souveoir. C'est là que se trouvait autrefois la prison de la 
commune « in prisione de Mato pertuaio que est consulum. ■ 

(G) Bancheraud. Un faubourg de Saint-Léonard porte encore ce 
nom. On trouve, au xiii* siècle, Boucherieu : m uico vocalo au 
Boucheriau. 

(7) L'Â.rtige, localité sise dans la commune de Sai ut-Léonard, et 
où, vers l'année 1106, deux pieux solitaires, Marc et Sébastien, 
originaires de Veniao, fondèrent un prieuré qui devint le chef d'un 
petit ordre. Le monastère, d'abord établi à L'Artige- Vieille, fut en- 
suite transféré A L'Artige- Grande, au confluent de la Mande avec 
la Vienne. Les Protestants le pillèrent en 1587. Il en reste encore 
des bfttiments d'une certaine importance, qu'on aperçoit du chemin 



DigmzcdbyGoOgle 



— 2M — 

en la rue de Champiiiainht(l}, que fay qaeyrio, et super 
pmaia bona sua : 1 aestier froment rendeuB. 

Item, sur la meygo Esteve de la Vinhe, per l'obsent (?) 
maistre Peyr Vinhe, son filh, situado en la rue de 
Bouzo (2) : ] cmlua de fromen, 

Item, sur la meygo au faure de Savenas (3), situado ou 
Marchât ou porcs (4), que lut de Savy : 1 sestier froment 
rendeut. 

Item, sur la meygo Seinpourso Fornler, situado eu 
Merchat a las vachas (5), et sobie toz sos beys : i sestier 
fromeo leadeut. 

Ilem sur la meygo Peir deu Pis, pousado en la rue deu 
Pis (6), et sobce toz sos tbeys : i sestier frameu rendeut. 

Item, sobre las Rongieras (7) autas et baesas, que le 
Çeraud de la Rongieras : vi sestiers segle 8e3ierB(6J. 

Ilem, lo loue deu Cheiro (9), que te Johan de laGardo (10), 
situât en 4a pai^e de Saint Dennips de Mur (II] : mises- 
tiers segle, xz sols et ii galinas. 



de Ter, en allant de Saint-Léonard à Symoutiers. Etienne Massiot 
etMt prieur de L'Avtige en 1380 et 140t ; autre Etienne en 1468. 

(t) Un faubourg de Saint -Lécmard porte ce nom, ainsi que le 
cimetière actuel. lies anciens titres mentionnait aourent la porte 
de Champmalnh — de campo magno. 

(9) I^ rue do Bouzou existe toujours : elle est cojume en 1288 : in 
ftco de Bouzo. (archives départementales de la Haute-Vienne, 
Ëvfiché, 1. Î440.) 

(3) Savenas, commune de S aint'Martin- Château, canton de Bour- 
ganeuf (Creuse). 

(4) Le Marché aux porcs,' aujourd'hui place du Marché. 

(5) Le Marché aux vaches : place Noblat. 

(6] Rue du Pis : aujourd'hui rue de la Poste. 

(7) Les Hongières, commune et canton de Saint-Léonard. 

(S) Censiers, de cens. Los autres redevances sont des rentes, non 
des eensives. 

{Vj Le Cheiroux de Seiignac, conunune de Sainte-Anne Sûnt- 
Priestî 

(10) La Garde, de Saint-Denis des Hurs, ou la Basse-Garde, d'Ey- 
bouleul. 

(11) Saint-Denis des Hurs, commune du canton de Saint-LAtmard. 
Il jf existe un tott beao > c&mp de César. > 



DigmzcdbyGoOgle 



— ,2«5 — 

lum loloucde Ma«leu(l], que le U> coslurier, loçoal fu 
deu prodome : irt sestiers fromeD reodeut, y sols, doas 
galiDas, II chapons. 

Item sur lo leuc Liennard deu Masbarelh(2), situât en 
la parofle d'fyboleu (3) : iiii sestiers segle, t seetier froraea. 

Item sur toz loz beys Giraud Valiero : iiit sestiers emiiia 
fromen, et xxviij sols i denier. 

Item, lo leuc deu grant Vilhat[4), asituat en la parofle 
de ceste ville : xx sestiers de tout blat, un 1. eo argent, 
THJ galinas, affar et ve9lir[5), et vi poletr ou u d. (fi) 
eux iiii*" jornaux habras {?) et m habra (?|. 

Item, lo leuc de Reynario [7) : ztii sestiers de blat et 
Ix sols en argent, situât a Las Bongieyras — t gelinas, 
II de présent. 

Item, lo leuc de Vaux (S), paroSe de Saint Dennips de 
Uur : XII sestiers de tout blat, v soU, 'Viji galinas. 

Item, sobre lo vergiei- Liennaud Pauli, situât au bari de 
FoD ;Pino et sobre tôt sos beys .: 1 eminiL fromen rendent. 

Item, sobre la vioha de Coly Hatheuet, situado a Laffon- 
taneto : xii deniers en la aeignoria. 

Item, sobre lo prat Peir Jornet, situât oupies deux pratz 
de la Baya (9) : m eminas fromen rendent. 

Item, sc^Ee la meygo de Jt^an Peytier «t âe sa mair, 
situado en ruo de Bouzo : xx sols. 

Item, sobre la meîgo Johan Molar,. situado (10): 1 ses- 
tier fromen rendeut. 



(t) Nous ignorons de quel Heu il s'agit : ce ne peut être du bourg 
de Masiéon, anciene battide ou a ville franche ■ créée par Phi- 
lippe IV. 

(2) Le Masbaret : un lieu dit de la commune de Saint-Léonard, 
et un hameau d'Bjbouleuf. portmit ca nom. 

(3) Ëybouleuf, coiamuQe du caoto* de ^awt-Lécnard. 

(4) Le Graud-Billac, près Saint- Léonard. 

(5) C'eat-ï-diro la propriété foncière et le droit d'investiture. 
(G) Douzaines. 

(7) Nous avons dit que nous ne pouvions identifier ce nom.' 
(^ Vaux, eomnaoe de Bujaleuf, canton d'Eymontiers. 
(EQ ReutcUre de l'Abbaj/a t de l'^bbaire. 
(10) Un biaoc. 



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Item, sobre tos los beya Peir de Noiirat(l), gendre de 
Mori : 1 emina fromeo rendeut. 

Item, sur lo leuc de Columbeys, près Vostazac (2) : ung 
meut de vy. 

Item, sur la plancte Pacquet de Valy, situado ou peuc 
la Saue (3) : 1 quarte fromen rendeut. 

Item, sur la meygo deudit Paquet de Valy : 1 emina 
fromen. 

Item, lo I)oytOB(4) Marsat et Micho, por causo de lour 
escuras et Tergiers darey lasd. escuras : 1 sestîer fromen. 

Item, Guilhem Broau : 1 quarte fromen. 

Item, sur lo loue Johan Deu Masbarelh : vu sestîers 
segle TU sols ti deniers, — plus ti sestiers segle. 

Item sur lo leuc Andrieu deu Masbarelh : lu sestîers 
fromen, un sestiers segle, et xx sols eu argent. 

Item sur la gareno Peir Jomet, que te lo home deu 
Temple (5) : 1 sestier fromen rendeut. 

Item sur Andrieu Margolb : iiii 1. ix s. en argent et ii ses- 
tiers fromen, plus xxvi s. iz d. 

Jehan Veyrier : ixxu s. et m sestiers fromen. 

Item, sur toz loz beys Peir Jalin ; 1 emina fromen 
rendeut. 

Item, sur lo Gontau et super omnia bona : 1 sestier 
fromen. 

Item, sur Paquet d'Andalay [6) : ii sestiers fromen 
rendeu. 

Item, sur Dimasiardier (7) : u sestiers fromen. 



(1) Noua ne connaissons de localité de ce nom que dans la com- 
mune de Saint-Su Ipice-le-Dunois (Creuse). 

(3) Voutezac, canton de Juillac, arrondissement de Brive (Corrèze)t 
(3} Le Puy-Lassant, hameau de la commune de Saint-Lâonard. 

(4) Le bolteuiî 

li) Hameau de la commune de Saint-Léonard. 

(6) Dandalaia, commune de Saint-Léonard. 

(7] DimatUrdier, mot qui dérive de l'ancien nom du mardi gras 
^ LardArium, — se trouve quelquefois employé dans un sens inju- 
rieux aux XTi* et ZTii* siècles. 



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— 267 — 

Item, sur la vinhe Micheu Paasareu : i emina fromen 
rendeut. 

Item, sur la vinhe Jehaone Larmurier : 1 emina fromen. 

Item, sur lo leuc Guilhem de Las Saignas (1] : m ses- 
tiers segle. 

Item, sur lo prat G. Valieiro deu Lavadour (2) : xxviii s. 
et I d. en la sennoria; m sestiers emina fromen. 

Item, sur lo leuc Colho de Masleu [3) : n sestiers fromen. 

Item, sur lo.prat L. Doyneys de la Costa [4) : zzt sols. 

Item, ay achaptat de G. Valieyro 1 quarto fromen ren- 
deut sur une terre situado au terretorî de la Croix au 
compte, que tenet acquilh de la Pailissa{5}. 

Item, sobre Theveni de las Montanieyras (6) : m eminas 
fromen. 

Item, plus sur ledit Thereni : ii sestieis segle. 

Item, ay achaptat lo leuc de Praceuz (7), en que ha de 
reilSo XII sestiers de tout blat et ls sols, vi galinas. 

Item, ay achaptat lo repaire deu Mas (8), en que ha 
X sestiers de blat, lx sols, et lo prat, t galinas, et ay 
achaptat lo leuc deu Rouveir (9) en que ha iiit sestiers 
de blat et xzz sols, m galinas. 



(1) Les Ssgnes, village de la commune de Saint- Denis des Murs, 
canton de Saint-Lâooard. Ce nom de Sagne, qui indique ud terrain 
msrâcdgeux, une joncière, est commun dans nos pays. 

(2) Nous n'avons pu identifier ce nom de lien. 

(3) Nous ne connaissons d'autre lieu de ce nom que Hssiéon, 
commune du canton de Gh&teauneuf, arrondissement de Limoges, 
ancienne bastide ou ville franche, érigée en tîS7 par le roi de 

(4} Il existe un hameau de La CAte dans la commune mâmc de 
Saint-Léonard. 

(5) La Palisse, lieu dit de la commune de Saint-Léonard. 

(6) Montagnières, près Saint-Léonard. 

(T) Prasaeau, commune de Saint'Denis des Murs, canton de Saint- 
Léonard. 

(S) S'il ne s'agit pas ici du Haa Rouveii, la mention peut se rap- 
porter au Mas de Saint-Denis des Hura ou au Haa de Bujaleuf. 

(9) Il n'est pas question ici du Rouveii, village de la commune de 
Saint-Just, entre Limoges et Saint-Léonard, mais du Has Rouveiz, 
commune de Champnétery, dont il est souvent parlé dans le ma- 
nuscrit des Hasaiot. 



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Item, ay achaplat La Garde de St Dennix (1), en que ha 
XXX sols, IX sestiers de blat, ii galinas, vinade (2). 

Item, lo leuc de VeyvialJe (3), que deu c sols, un ses- 
tiers emina de tout blat, et vinade. 

Item, sur uno terre que tenet aguïlh de la Palisse : 
1 quarto segle. 

Item, lo leuc de las Bordas (4}, que deu xiii sestiers 
emina de blat, xxt sols, m galinas, m pousis (5). 

Item, ay achaptat lo repaire de Toubregas (6), que deu 
XXXII sestiers de blat et cxn sols, et nu gatiaas. 

Item sobre Jobaii de Saint- Yrieys (7) : xxvii sols vi d. 
de renda. 

21. — Règles à suivre pow la rédaction des contrats 
d'obl^ation. 

S'en sec la ordonence de passar lettras et notulas tans 
de bestial (8) que de debte ; et primo de debte : 

Premieyrament lous (9) far obUguar que, si sons soubi 
potestaz de payr, que y renuncient; ampres que promec- 
tent a pagar dins terme ordenat; ampres que se obliguant 



(1) Peut-être la Haute ou la Basse Garde d'E^bouleuf, canton de 
Saint- Léonard. 

(2) La vinade : redevance payée d'ordinaire «n nature et due au 
seigneur «ur le vin réooHé dans ea terre et sur celui qui la 
traverse. 

(3) Veyviaï*«. commune d'Erbonlenf, canton de Saint- Léonard. 

(4) II existe plusieurs localités de ce nom dans les communes de 
Saint-Léonard et de Saint-Uartin Terressus. 

(5) Poulets. 

(6) Taubregeas, commune de La GeneyttRiM, canton de Baint- 
Lëonard. 

(7] Il y a un assez grand nombre de, localités de ce nom dans les 
départements de la Creuse et de la Haute-Vienne ; tnaîs nous n'en 
connaissons aucune à proûmité de Saint -Léonard. 

(8) On Mnarquera que le rédacteur de la note ci-aprâs ne s'est 
pas do tout oecnpé àm contrats de ahept«l. 

(9) Les débiteurs. 



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— ?69 — 

en la melhor lonna; ampres que renuncient l'excepcion 
de dréch que dit que aegun no deu estre jutge ea sa 
cause et lours far reiiunciar a tout fraut [1), tout barat (1), 
lettras dictas quiuquanellas, respiz, aplegamentis, auapen- 
cions de meys et dispensacioûs de segrament ; car par la 
renumpciacion l'on loue fara anullar quinquanellas, et 
respit, et mercy, et segrameut; item ordenar jor et tenue 
de payar; item lous far compellir per la Guarde deux ceaux 
et de Monssenhor l'ofQcial et per delempcioQS de corps et 
retempciona de lors personnas; et ausi per lous previlegis 
de petit ceaux de MoQt[pellier?} et per lous previlegis de 
las feyrag de Champaiuha (2), quar par Lo seaux de Mont- 
[pellierT] seu pot far unas clamors; item si sont mays que 
d'ung, lours far renunciar a la plstolla (3} deu dyvydio que 
dit que quant sons obliguatz dos ou treys, que cbaascun 
n'eys tengut que de payar sa part et pourcion ; et si vous 
TOlIes, y far mètre condempuetur (?) infra diem juramento 
mediante, et de se lous y far condempnar 



(1) DdI, tromperie. Ce vieux mot s'est conservé dans celui de 
baraterie, eneore en usage dans la langue du commerce et du droit 
maritime. 

' (2) Noua avons trouvé la preuve qu'au iiii* siècle, les marchands 
de S ai ut- Léonard fréquentent les foires de Champagne, où, dès le 
zii*, ceux de Limoges ont leur • maison > spéciale ou entrepât. On 
voit, vers 1260, des poursuites exercées contre un marchand de 
Noblat pour une dette contractée aux foires de Champagne : — 
Audierua fJormanni, armiger, arrealacil Guiflermum Afaument 
de dicta villa, ob defectum eolulionis denuriorum guos de6ebaf in 
ntindinia Campanie, etc. — Les relations dn Limousin avec Mont- 
pellier sont fort anciennes; nos AnnaUg font remonter au x* siècle 
l'établissement fondé dans la capitale de la province par les Véni- 
^ena du grand comptoir de Montpellier. 

(3) Pour eptsfofa. Il s'agit vraisemblablement de la lettre de 
l'empereur Adrien sur la non -solidarité des codébiteurs — epistola 
dioi Iladriani, — qu'on trouve souvent mentionnée au xv* siècle 
dans les contrats d'obligation. 



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— 270 — 

22. — Rieeption d'Antoine Ruben dans la Conft-irie de tfolre- 
Dame-de-sous-les-Àrbres, et don par le nouveau confrère à 
fassoeiation d'un setier de p-oment de renu perpétuelle 

(Juin...). 

Item die veneris ante festum nativitatis Beati Johannis 
Babtîste, personaliter constituti Domini Johaunes de Fe- 
niers, Marciàlis Chabret, Petrus Genelli, Leonardus Cous- 
tet, Leonardus Florandi, Johannes Flori, Leonardus Far- 
gaudi, Leonardus Bordas, Leonardus Bordas, Leonardus 
Valieyra, Leonardus Mathenet, Guillermus de la Cham- 
bra, Stephanus Pont, Petrus lo Veyrier, Guillermus Her- 
vet, confratresconfratrie béate Marie d£ sublus Arbores (I), 
recepenint in fratrem et corifratrem dominum Anthonium 
Rubeptis, presentem, ad pacis osculum, ut est boni moris; 
et dictus dominus Anthonius assituavit super omnibus 
bonis suis unum sextarium frumenti perpetuo reddendum 
ad mensuram de Nobiliaco, vendentem et ementem, et 
cavlt per Gatherinam, ejus matrem, et Johannem Mas- 
siotb, ibidem présentes, et ad hec se et bona sua in 
forma juris obligaverunt, quos ipse dominus Anthonius 
promisit servare indempnes. Kt potest assituare in bono 
et competenti loco, aut solvere -decem' regalia auri (2) pro 
dicto seztario frumenti. Et concessit litteras, presentibns 
Leonardo Hervet et Andoyno Lo Bloy, testibus ad bec 



(1) Une enquête du ziii* siècle, fuie au cours du procès entré 
l'âvôque de Limoges et les habitants de Saint-Léonard, contient 
des indications eitrSraement curieuses et précieuses sur les insti- 
tutions municipales de cette ville. Plusieurs témoins montrent les 
consuls de Noblat rendant la justice criminelle sous un ormeau, 
devant le portail de l'église de Notre-Dame. La Confrérie do Notre- 
Dame- de -sous -les -Arbres, dont il est parlé ici, n'aurait-elle pas eu, 
tout au moins à l'origine, quelque lien avec la commune elle- 
même, de mSme qu'à Limoges, dans la ville du Château, la Con- 
frérie de Saint-Martial semble avoir été, dans le principe, l'expres- 
sion religieuse de la commune et peut-être sa forme ru dim entai re ? 

(2) Dix royaui d'or valaient, vers 1475, 112 fr. 80, soit 6TI francs 
d'aujourd'hui. 



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Tocatis. Sic sîgDatum îd margîne : Hu^onacdi r. — Extrac- 
tum a regestris qaondani magistrî Nicholay Hugonaudi. 
— Anthonivs Hugonaudi. 



23. — Louis Massiot place chez Jean Audier, marchand 
de Limoges (4 a»ril J475). 

Item le iiii* de abrîeu mil cccc lx et xv, avio moD pair 
l(%el(l} Loys chas Jehan Audier, marchan de Limoges, 
en la forme et manieire que s'ensec : que lod. Loy deu 
servir lod. Jehan Audier eu toutas chaussas licitas et ho- 
uestas, lo terme de treys ans ou d'ung ou de dous, tout 
eneysi quant pleira a mon pair, et deu premier an deu 
bailhur xW et de draps xxv (2) ; et si ley demore treys 
ans, deu bailhar mon pair xx' et lo deu teneîr ahilhat et 
chausat. Fait l'an et jour que dessus. J. Massioth. 



24. — Comptes de cheptel avec Martial de Chauvour 
(J475 o 1480). 

Lo jour de S' Jehan et de Sent PaH3), l'an mil CCCC 
LXXV, feiit compte en Uarsal de Chouvour(4), faure, 
deu gros bestial, tout comptât et rebatut, jucques au 
jour duoys : que en demorat que lo bestial gnw eys en 
X3CVIII reaulx de lxiiii per marc (5), que sont 28 reauU de 
chaptal. Item ley ay ostra lo dessus las hovelhas et tous 



(1) Loué, mis en apprentissage. 

(2) 11 est probable que les 25 sols en drap représentaient Vétrenne 
que nous voyons un peu plus tard stipulée, dans les contrats d'ap- 
prentissage, au profit de la femme du patron. 

(3) Le !G juin. 

(i) Chauvour, (Mmmune de Saint-Denis les Murs. 
(5) U'est-à-dire de trois deniers l'un. Ces royaux valaient environ 
U fr. 28, soit 67 francs d'aujourd'hui : en tout 1876 francs. 



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— 272 — 

bomate (1) que sont les hoveilles teste per leste, que sont 
XXXVI chap, a m' de départ per chascuo a lor part. 

L'an LXXVI, an vendut a. Chouvour quatre mostous deu 
chaptau xxx', fach de creys : chascun agul sa part (2). 

Item an plus vendut, lodit an, quatre mostos deux 
meus, ixx*. — Sohit a me. 

It. lodit an, dous mostous, l'ung deux meux et l'austre 
deu chaptau, fach de creys : chascun agut sa part. 

It. ladite acnade ays receubut xxn' m' per deus mos- 
tos que aviem vendut, fach de creys; chascun agut sa 
part. 

It. l'an LXXVII, an vendut ung beou a Peyraud que 
s'oy vendut nii' x', dont yeu ay agut loua un'' (3) [sic) et 
X' en deducion de chaptau (4). 

It. lodit an, an vendut treys mostous xxv», fach de 
creys; chascun agut sa part. 

It. a vendut lo Faure une vache lodit an a Vignhe et 
Joysso, iLvn' i*, et yen ays preys tout l'argent, en deduc- 
cion de chaptau. 

It. l'an Lixviii a vendut Chouvour m mostos xxvi' vi', 
fach de creys : chascun agut sa part. 

It. l'an Lxxix, an vendut un mostos xxxvi* dont iU an 
preys l'argent. 

It. lodit an, an vendut ung beou anolier(5), fach de 
creys, dont m'a leysaat xx* n' por so que deu de sa part, 
et XX' que a plus leyssat a Jehan por los pourceaulx de 
so que deven. 

(1) Les brebis el les ruches. Nous avons fait remarquer, dans 
notre introduction, que ni les unes ni les autres n'entraient dans 
l'évaluation du cheptel, bien qu'elles en fissent partie. Les brebis 
étaient comptées par tête. 

(2) On voit que, souvent, le partage du prix de l'animal vendu 
pour le compte commun se faisait sur-le-champ. 

(3) Ce n'est pas le seul passage du muiuscrit où nous ayons 
trouva le franc donné pour équivalent de la livre. 

(4) 11 résulte de là que peu & peu le métayer acquérait la pro- 
priété de sa part de la souche de cheptel. 

(5) Agé d'un an. 



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— 273 — 

It, a vendut ung mosto, l'an lxxik, tim'. SolvU a me. 

II. a vendut ung beou xlvi* lodit an^ dont loim ay» 
receubut xx* contan, et xx' que bailhet a Johaii per ioa 
pors (■/) et VI' que deuren (?) baillar. 

Lo xvii* de may, l'an IIII", fezis conte en Vissent de 
Chouvour, que lo bestiau que est;iy en la somme de xxu 
reaux d'aur de lxiiii per marc et xxvii" vi*, cum îiperl per 
las letras, et las hovelhas estant en lesle per teslc xxxvi 
chap, a m* de depert per chascun allours part rebatut, 
tout lo bestiau que aven preys jucques au jour duoy, 
reserval que lodit Vissent nos deu sx" que a may preys 
deudit bestiau que nos a nostre pari; que los dcu franc 
que lo premier bestiau que se Tace de creya de sa pari, 
se deven pagar. 

Item, los bornatz que an compte 1' de cbaptau. 

Final et comptai. 

35. — Acquit de legs faits aux Aumônes du Consulat par 
Gératd Massiot et Jeanne Clautre, sa veuoe [t'ilô). 

Memorie sero quod y U, argent une veys paiade que 
mon senhuer Giraud Massioth, acqui Dieu pardon, aVio 
donat a las Oumosnas de Consolât (1) en sont teslamcnt, 
que yeu, Johan Massioth, las ay paiadas en ung sestier 
de fromen que lour -balheys achaptat sur tous Ions bcys 
de Micheu Passareu, et sero memorie de en aveir quix- 
tance de Consulat; et coustet vni reaulx (2). 



{I] Nous avons dit, dans la notice qui précède ces extraits, qu'on 
constate à Saint- Léonard l'existence de ces aumdues municipales 
dès le xin' siècle. On voit, par ce passage, que les consuls de 
Saint-Léonard ne s'étaient pas dëchai'gés de l'administration do 
l'avoir de ces auni6nes sur des bayles ou des commis. 

(î) Huit royaulx représenloiit, en 1175, '.Kl fr. 2i, soil ôtl franes, 
Lo blé était cher à cette époqup, commo on le constate par Ic's * 
forléaux du temps et comme ce passage seul suffirait à l'indiquer; 
car le prix d'acquisition des rentes perpétuelles représente en 
général, du xui> au xv* siècles, le capital à 5 0/0 ou 5 1/2 de la 

T. vu. S_e 



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— 274 — 

Item la dompna maman Jehane Clautre (I) donnet a 
las Ousmonas en Cosulat v lieuras une veys paiadas et 
leur ay balhat garent pop l sestier segle de rente et a 
passet lectras maistre Audoin Uugonaud, qui me deu 
balher quixtance. Fait l'an mil cccc lx et it. 



26. — Mention de la mort du duc de Bourgogne, Ckarles-le' 

Téméraire, sotis tes murs de Kaney. 

Le dimanche, vigile de l'Epiphanie mil cccc lx et xti [2], 
que. le duc de Bourgonhne fut tue et desconfi devant 
Nansi, ou ilh tenoit le siège en Lauroyne, par le duc de 
Louroyne et les Alamans et autres avecque ledit duch de 
Louroyne. J. Massioth. * 

27. — Jean Massiol recommande à ses descendants cf acquérir 
une vigne à Champmain auprès du Treuil de i'Bépitai, de 
l'Arbuseau ou des Bongiires [i2 mai 1477). 

Memorie sero suecesoribus nostris, si ad ptnguiorem for^ 
luitam pervenerini, de aveir une vinhe ou be ou fect de 
Champmanht (3} ou deu truelh de l'Opictal ou de l'Àr- 
buseu (4) ou de las Rongieyras, cumhe que en lasdichas 
Rongieras a paubi-e terre, per so que nostre vinhne eys 
ti-op l)asse et de la première galado (5) eys pardudo, et 



redevance annuelle. Le prii du setier de froment aurait donc été 
de 27 francs environ d'aujourd'hui : c'est-à-dire le double de la 
moyenne du prix actuel. 

(I) On a vu plus haut que Jeanne Clautre ôtait femme de Gérald 
Massiot. 

(î) 5 janvier U77 nouveau style. La date est exactement indi- 
quée ici. 
* (.1] Nous avons déjà parlé de es territoire, ou le cimetière se 
trouve placé aujourd'hui,' 

(I) Ce nom est encore donné à un territoire de la banlieue. 

(5) Gelée. 



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— 275 — 

heux autres leuc d'eyta villa galado hy fait mal, excput 
aquilhs : vidi per experienciatn, que est rerum maghtra, 
pluribus annis. Anao Domini millesimo CCGC" LXXVII', 
die xit' mensis maii. — J. Massioth. 



28. — Prêt à Jacques du Muraud, qui déclare céder et oendre 
au prêteur Jean Massiot, en cas de noti'paiement au ternie 
fui, le lieu de la Garde et le lieu de Veyoialle avec têtus 
dépendances (12 septembre ikll). 

Lo XII' jour de septembre, l'an mil IIII' LXXVII, que 
prestet mon payr a Jacques deu Muraud (I) vu" escus 
d'aur, losquaulx dcu pagar dins la Paiitecoste prochain 
venant, et sy dins lod. terme non pagare losd. vu" escus 
d'aur de Rey, deysa luy vendet lo luec de la Guardo, 
parroffle de S. Denis deu Murs, et lo luec de Veyviallo, 

paroffie d'Eyboleu, que te Poullet en loui-s aperte- 

neneas et n'a passât las lettias maistre Johan Bonlas, pre- 
sens Pauly Beyllot et lo Liennard lo besson (2) Foriiier. 

29. — Contrai portant reconnaissaïKe et obligation d'une 
somme de i' 5' à titre d'indemnité, pour la perte d'un 
cluval et d'un poulain donnés à cheptel {25 mai tk78]. 

Die xx\* mensis maii, anno Domini millesimo CCCG"* 
LXXVriI", presentibus Mareiale Doyneys, mercatorc de 
Nobiliaco et Leonardo de Manso ou Rouveyr (3) parrofie 
de Campominsterii, testilius, etc. Leonardus Chouvau, 
commorans in loco de Peloneys (4) dicte parroQo de Cam- 



(1) Le Maraud ou le Hureau, commune de Saint-Denis des Hurs, 
cantOD de Saint-Léonard. Les Massiot étuent, au xvii* siËote, sei- 
gneurs du Muraud. 

(3) Le frère jumeau. 

(3) Le Mas Rouveix, commune de Ghampnéterr, canton de Saint- 
Léonard. 

(4] Peloneix, même commune de Cbampnétery. 



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— s;76 — 

pomin^terîi, non coactus, etc., omnibus, etc., vi, etc. sed 
gialis, etc., pro se et suis, recognovit se bene et légitime 
debere et teoeri solvere prudenti viro Johanni Massîoth, 
bui^ensi et mei-catori de Nobiliaco, ibidem presenti, etc. 
sumniiim quatuor librarum et quinque solidorum (1), mo- 
nete régie nunc currentls, causa depperdementi certi capï- 
talis(3) : unius jumenti cum une polino; quam summam 
promisit dictus Leonardus solvere et reddere eidem credi- , 
tori ad ipsiue voluiitatem, etc. et emendare dampna, etc. 
Renunciavît, juravit, obligavit,' et concessit lilteras regias 
et Pariagii in meliori forma. Tillouribu. 



3U. — Notes rclalives à un compte de cheptel avec un 
cultivateur du Mas-Rouveix (i476, i477 et 1478). 

En may, an LXXVII, li (3) balhiey xx s. sobre ix chap 
de berbialhie, que ereii prezaa pei" la talha de Denis deux 
Chansfi). 

lleiii le ay en guardo ung toureu que fu d'Eypauha (5), 
aiino 76 (tt), que n'eys point au chaptal. 



(1) i livres 5 sois représentent environ 26 fr. 50 et équivaudraient 
aujourd'hui à 159 francs. 

(2) Il serait intéressant de savoir s'il s'agit ici d'un cheptel donné 
k un métayer, ou d'un de ces clieptels dont nous avons parlé dans 
l'introduction, et qui étaient le gage d'un prêt; le créancier les 
laissait entre les mains du propriétaire, qui était devenu son débi- 
teur; mais il partageait avec celui-ci les bénéfices du croît. 

(3) Li, à lui. Il s'^it du métayer. 

(i) Il est fait probablement allusion ici à une saisie pour non- 
paiement de la taille. 

(-i) 8'agit-il vraiment d'un taureau espaf^noi. ou lo mot à'Eypanhn 
désigiie-t-i! Epaigne. village de la commune de Sauviat, canton de 
S.iint- Léonard, où l'ordre do Grandmont eut jadis une celle T 

(C) Nous avons pu constater, dans notre manuscrit, l'emploi des 
chiffres arabes bien antérieurement & la date à laquelle nous 
sommes arrivés. 



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— 277 — 

Per aquellas deu Teyeîer de Queznt ay codui x s., et 
son XXX s. que Lasdichas hovelhas an de chaptal. ostra 
lo chaptal de sus. 

Fach conte am lod. deu Mas au Roveyr(l), lo xxvu* 
jour de gevier an LXXVII, contât de tout lo Ireslial 
que avian fach de creys, et deu creys deu mostos, et de 
tout quant que me dévia que en vengiit en compte que 
m'a degut lod, Liennard la somma de xvii s. mi d. et 
lo8 chaptal eytay en son antier, cum apar per las notas (2), 
e los sxs 88. per la berbialha. 

31. — Arrêté de compte entre deux particuliers, noté 
par Jean Massiot (13 août 1479). 

Lo xiu' jour d'aoust l'an mil IIII* LXXIX. que Jacme 
Darpeys, demorant en BassoUeys (3) et Mossicur Aiithoine 
.de Malibast (4), p'" de St Pau, vengueren en final conte 
de sertaine somme d'argent que Johan Bancaud de Mari- 
bal dévie a Girault de Lestrado (5), p*" de S' Jenlo (G), que 
. sont vengut en final conte; que lodit Malibas a l'cstat a 
deveyr aud. Jacme Darpey anno? et causa deud. Girault 
de Lastrado, en la somma de huech lieuras et diech 
soubz(7), et en pagant lad. somme de vni 1. x s., lod. 
Jacme sera tengut de luy cansellar ung obligal de xx' (?). 
Presens Esteve Furigaud et (81... . — Johan Massioth. ■ 



0) Noua avons déjà dit que le Uss Rouvcix était aituâ commune 
de Cbampnâtery. 

(2) Probablement un acte de recollement. 

(3) Baa-Soteil, près Saint- Léonard. 

(4) Matibaa, paroisse de Saint-Paul d'Ëyjeaux, canton de Picrrc- 
bufflëro (Haute-Vienne). 

(5) L'Estrade, commune de Sairit-Junieu La UrcKërc, c-inton de 
RoyÈre, arrondiBsemeiit de Bourganeuf (Creuse). 

(0) La forme populaire Jenio, pour Junio, est encori; lr<''3 usitée 

(7) Huit livres dix sous représentent 53 francs ; 313 francs d'au- 
jourd'hui. 

(8) Deux mots illisibles. 



ibyGoeigle 



— 378 — 

32. — Plainte fitrmie par Jeanne Lavandier, veuve de Léonard 
Coussedière, et Mariette Bonenfant, veuve de Louis Coutse' 
diere, au sujet de l'obstruction d'un aqueduc; vérification de 
l'état des lieux en présence du procureur du Consulat, et 
réparations exécutées par detix ouvriers commis par la 
ville [iii80}. 

Sia perpetuallemen memoria que Van mil IIII cens 
quatrevingls , Johane Lavandieyra, reley3ado(l) de feu 
Lîennard Gousedieyro, et Mariota Bonenfante, releysado 
de feu L., Tilh deudich Liennard, defuns, feyren al la 
cour (2) UQO requeste, dizen que aulcuns deu costal devers 
las meygoux de meistre Estiene Tillourier et meistre Colau 
Raveu, que (?) comeusa volos doatz [3), lousquaulx anliside 
et salide deves la porta de Challepa (4) et que avie pas- 
saige part dedint une meygo lours ou deux mynors, que 
fu de feu maîstre Johan Fort, asslsa au Merchat au 
Pors{5), eutre la meygo deux Boyers, d'une part, et - 
lo four de Messenhers du Murault d'aultre, et que iceulx 
aulcuns avien gictatz cei'tans retrachs hou eysamens [6) 
âint lodichs doatz, per que cerem olhatz (7) et n'avieu plus 
de cors (8), et falie que s'arestes dins ladicha taverna (9), et 
que plagues a y remédier. Lours fu douât congiet de los 
ubrîrs, apellat lo procurer de la ville (10) : ont se trobet 



(1) C'est l'équivalent du latin relicla. 

(!) Probablement auprës du siège du Pariago. 

(3) Doal!, de duclua. Les Registres consulaires de Limoges 
emploient souvent ce mot. 

(4) La porte Ctiamplepot. Une rue porte encore ce nom à Saint- 
Lâonard. 

(-S) Place actuelle du Marché. 

(G) Matières provenant de latrines, de lieux d'aisances — eysamens. 

(1) Remplis, bouchés. 

(5) Cours, curaug. 

(9) La cavoMe la maison des mineurs Coussedière, dont on vient 
de parler. 

(10) Il serait intéressant de savoir si, au xv> siècle, un des consuls 
ou un ofHcier municipal quelconque portait cette qualification offl- 



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— 279 — 

que veneo de ladicha meygo sayque en drech de aqucllas 
doas de Pecou hou sos heretiers, avie ung doat moyeiiant, 
et en drech las dichaa meygos. avie et a une grande arche 
ont touta materia que avie couduch per acqui, e'arrestavo, 
et au milieu de ladite arche, tirant al la porta, avie ung 
austre lai^e ung dour (?) en queyrat, ont la clare aygue 
de aquella arche avie cours; loquau doat passa davant 
nostre meygo en estressan, et passa soulz la pille deu 
pourtau devers oostre meygo, et s'en entre dins lo fossat; 
ftiren curatz et retournatz en lors esseirs per dos homes 
comeys al la TUhe(i). 

33, — L'expirienee démontre que les marchands doivent voya- 
ger pendant la jeunesse et faire en sorte de pouvoir se reposer 
quand ils arrivent à l'âge mur [s. d.). 

Nota que selon que (?) dicunt sapientes et divites Aiy'ws 
patrie [2], que loz marchans jeunes de ce pais, deven anai- 
gainhaar en lour jounesse, et quan venc en la meytat de 
lour aige, debent a regardar quanque moyen a ganihar 
lour vite et ne plus viadar; car Ion ne fay que perdre et 
se deytruîre, et yeu ne ay veheut la esperianse, et ouvit 
dire auz riches. Et tuch ou an fach aquilh que sont 
riches en Limosin, tant en eyte ville que a Bourga- 
neuf (3), que ousi Kymostiei8(4), et jamais n'en fu que 

cieile de • procureur de U ville, « ou si celle-ci eat seulement em- 
ployée ici d'une manière générale et s'applique à un représentant 
quelconque de la ville, k l'officier ou au bourgeois délégué par les 
consuls pour présider à cette opération spéciale. 

(1) Noua saisissons ici une indication, bien vague malheureu- 
Bemeat, de l'existence d'un servie» municipal de voirie. 

(2) De celte contrée. Longtemps Palna u'a pas eu d'autre sens 
que celui de pays, de province. 

(3) Bourganeuf, chef-lieu d'arrondi dément de la Creuse, distant 
de 30 kilomètres seulement de Saint- Léonard. Des relations très 
actives ont toujours existé entre ces deux villes. Bourganeuf étail 
le chef-lieu d'une ancienne commanderie de St-Jean de Jérusalem. 

(4) Eymoutiers, chef-lieu de canton Se l'arrondissement de Li- 
moges. Saint-Léonard est placé entre Limoges et Eymouliers. 



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ne venguensan en grandie paubretat qui fasiant ou con- 
trarie. Massioth. 



34. — Traité entre Jean'Masml fils, agissant pour le compte 
de son père, et Gillet Obelin, potlier, originaire de Nor- 
mandie, par lequel celui-ci s'oblige à travailler exclusi- 
vertient, pendant trois ans, pour Massîot, qui lui fournira 
le métal à un prix fixé d'avance : conventions diverses 
[i'i octobre 1480}. 

L'appoinctement ou traicte el accord que a esté fait et 
parle enti-e honesle homme el saige Jehan Massioth, mar- 
chant de la ville de S' Léonard, el flh de saige homme 
Jehan Mnssiolh, bourgeois de lad. ville, auquel sondit père 
a ledit Jehan filz jure et promys a faire ratifRer les choses, 
pactes et convenances ci après ensuyvans, d'une partie; 
cl honesle homme Gîslet Obelin, poeslier, natif de Ville- 
dieu (I) en Normandie, a présent demourant en ladite ville 
de Sainct Léonard, d'autre partie, s'ensuit cy ampres : 
assavoir est que ledit Oislet si promet et sera tenu a' 
fornir et bailler audit Massioth tout Tobraige des poyles 
ou conches (2) qu'il fera durant le temps de troys ans, 
'commençant a la fesle de la Pumficacicn Nostre Damme 
en février prouchain venant, et Tmissant de ladite feste 
a troys ans, les années révolues; lequel ouvraige ledit 
Gislet doit faire bon et marchant, et du poys qu'il doit 
estre, et bailler audit Jehan Massiot pour le pris et 



(1) Probablement Villedieu-les-PoSleB, chef-lieu <Ie canton de 
r&rronilisseinent d'Avranchea (Manche), dont la chaudronnerie &, 
depuis plusieurs sîÈcIes, une très grande réputation. 

(ï) Le travail des métaux, du cuivre surtout, a été de tout temps 
une des principales industries de Saint-Léonard. Beaucoup de nos 
anciennes familles possèdent encore des chenets, des plateaux, des 
^sins, des ustensiles de ménage sortis des ateliers de cette ville, 
et parmi ces objets, il y en a de fort curieux. Les dinandiera de 
S^nt-Léonard fabriquaient* même des chSsses pour renfermer les 
reliques des saints. 



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— 281 — 

somme, cliacun cent poys de forge, comme dit est, de 
dix neuf livres tournois, parmy (?) ce que ledit Mas- 
sioth sera tenu de fornîr ledit Gislet de tous cuyvres, 
mytrailles, chalamine (1) et estaing, durant lesdltg troys 
ans, jusques a la fasson de deux trous ordinairement; 
et si ledit Jehan Massioth veult ou entend a ^re en 
temps advenir que ledit Oislet besoigne a troys, quatre 
ou cinq Irous ou plus, que toutesfoia et quantes que ledit 
G-îslet sera requis par ledit Jehan Massioth ou les siens, 
sera ledit Qislet tenu de le servir ausdits troys, quatre 
et cinq trous, ou plus. Sera aussi tenu ledit Jehan a 
bailher audit Oislet les cuyvres d'icelles (f) pour dix 
livres dix sols tournois quintal, poys de ladite ville de 
St Léonard, et aussi francs cuyvres batuz pour dix livres 
X sois quintal, poys deladite ville, et les mytrailles pour 
huit livres dis solz quintal, poys de ladite ville, et les 
chaiamines pour cinquante solz quintal aussi poys de 
ladite ville (3) ; et Testaing, quintal poys de ceste dite 
ville, pour le pris et somme qu'il se vaudra a Limoges 
ou en ceste ville. Sera aussi tenu ledit Massioth audit 
Gislet luy fornir argent pour le charbon et pour payer 
les vasietz (3] que ledit Gislet aura par la forme et ma- 
nière qu'il est acoustumé a ce faire aux autres forges 
qui sont en ladite ville. Item ne sera tenu ledit Gislet 
ne pourra ni devra vendre poésies a autres marchans ne 
a autres qu'audit Massioth, pourveu que ledit Massioth 
le fomira ainsi que dit est. Item aussi sera tenu ledit 



(1) On donDait autrefoia le nom de calamine k l'oxyde de zinc 
natif; on trouve souvent mention de cette substance au Moyen 
&ge dans nos documents limousins. 

(!) Ce qui fait ressortir le prix du quinlaJ de cuivre à G3 fr. M 
[379 francs d'aujourd'hui), celui du quintal de calamine à I& fr. 05 
(90 francs), et celui du quintal de mitraille k 51 fr. 20 (307 francs). 

(3) Nous trouvons ici, comme dans la plupart des règlements des 
métiers et des documents relatifs à l'industrie su Moyen &ge, le 
mot de valet [servient, roman : sirven) employé dans le aeas 
d'ouvrier. 



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Gislet et promet et jure de fornir tous obtils, contoirs, 
habillemens (t), de gondit mestiei-. Et sera aussi tenu 
ledit Obelin faire toutes repparacions neccessaires pour 
logier et mectre lesdits obtils, comme foroeau et autres 
habillemens neccessaires pour mectre et tenir les dits 
obtils; et sera aussi tenu ledit Obelin a payer pour 
chacun an, pour le loaige de la maisou ou il besoi- 
gnera, laquelle ledit Massioth luy baillera, oudit Mas- 
sioth, selon le dit et ordonnance que ledit Jehan Has- 
sioth, bourgeois, père dudit Jean Massioth et mestre 
Marsault [2] Peytiers, prebgtre, ordonneront. Item aussi 
a plus este dit et accorde entre lesdites parties que, pour 
ce que ledit Gislet a aucune promesse et pacte a Lam- 
bert de Ganville (3), aussi poeslier, avecques lequel il 
demoure, de le servir jusques a ung certain temps, que 
ou cas que ledit Gislet par droict et justice seroit con- 
trainct a tenir ledit pacte, en icelluy cas, ledit Massioth 
ne pourra ne sera tenu contraindre ledit Gislet a tenir 
et acomplir les choses dessus dites jusques a la fin du 
terme de la promesse que ledit Gislet a audit Lambert 
de CanTîUe. Mais si autrement ledit Gislet, pour cuyder 



(1) Hatériel. Ainsi les conventions principales du marché se 
résument k ceci ; Uassiot fournira le matériel, le charbon, les 
ouvriers néceassires, et livrera au prix convenu à Gillet Obelia 
les matières premières; de son cdté, Obelin paiera le loyer de son 
atelier ï Massiot, et fournira son industrie et son temps, moyen- 
nant 19 1.: 114 fr. 40 (686 francs) par quintal de cuivre ouvré. Il faut 
remarquer ici la différence notée entre le poids employé pour les 
matières premières — poids de Saint-Léonard — et celui servant 
pour les marchandises fabriquées ; poids de forge. Nous ne sau- 
rions préciser la valeur de chacuii. 

(2) Peut-être Méricault (pour Mérîgot, diminutif d'Aymerio). 

(3) Il existe en Normandie deux localités de ce nom : l'une est 
sise canton de La Bave du Puits, arrondissement de Coutances 
(Hanche]; l'autre canton de Doudeville, arrondissement d'Yvetot 
{Seine -Inférieure). — Lambert de Canville était-il aussi établi à 
Saint- Léonard, ou bien Gillet Obelin avut-il travaillé dans son 
pays chez Lambert, et était-il nouvellement arrivé de Normandie? 



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— 283 — 

trouver plus grant prix d'un autre qu'il n'a dudit Mas- 
siolh, ou autrement par son dol et sa coulpe, ne vouloit 
tenir ne acomplir les choses susdites, sera loysible et 
permis audit Massîoth le contraindre a tenir et observer 
les choses dessus dites, et ledit Gislet de le servir ainsi 
que dit est. Et tout ainsi et par la forme et manière que 
dit est, l'ont icellea dites parties loue, ratifBe et approuve 
et voulu garder, tenir et observer de poinct en poinct, 
sans enfreindre l'une desdites pai-ties envers l'autre. Et 
neantmoings en observant et gardant lesdites parties des- 
sus mentionnes et déclarez, ont icelles dites parties, l'une 
envers l'autre, promys a amender tous damps, dommaiges 
et interestz etc. Renuncier etc. par especial les dites par- 
ties aui coustumes du susdit mestier etc. jure etc. obligie 
etc. et ont octroyé lettres soubz les seelz royal estably aux 
contractz a Limoges et du Pariaige de ladite ville de Sainct 
Léonard, en la meilleure forme. Presens a ce messire 
Martial Peytiers, prebstre(l], et Bernard Daignoles (3) , 
bergier, tesmoings a ce appeliez et priez, le xiiii" jour 
d'octobre, l'an mil CCCC* octanle. N. Hugonaud r". 



35. — Contrat relatif à la remise et reeonnaissanee d'un 
cheptel, et comptes entre Jean Matsiot et Jean de Vaux et 
consorts (14 Tiwit f4Si, 3i mars i4â2). 

Die XIIII* mensis maii, anno Domini millesimo qua- 
dringentesimo octuagesimo primo, Johannes de Vaux et 
Marciale, ejus uxor, et Johannes dit Jacque, ejus fllius, 
gui -cum licencia ejusdem Johannis, gratis et sponte, non 
cohacti, etc. recognoverunt in veritate, publiée [?) con- 



(1) Cet ecclésiastique est-il le méine que le Harsault Peytiers 
nomma plus haut dans l'acte, et à qui est remis le soin de fixer, 
avec Jean Massiot père, le prii du loyer à payer par Gilletï 

(!) Ce nom rappelle celui d'Aignelet, le- ïierger madré de la 
fameuse farce de Pathelin. 



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— 284 — 

fessi fueniDt, et quilibet eorum in solidum, tenere et 
habere in curte sua, a prudenti viro Johaoae Massiot, 
burgeDsi et mercatori ville Sancti Leooardi de Nobiliaco, 
ibidem preseoti et stipulanti, animalia que sequuntur : et 
primo, très bores arantes, duas vaccas, duas jungias(l), 
UDum tourellum aonolium (2) mascuUum, et unam vac- 
cam vielhe, et unum jumentum baye pi-ecio et a capi- 
tale sexdecim scutonim auri novorura, cugni domiDi nos- 
tri Francie régis, et sex solidorum duorum denariorum (3) 
monete currentis, et quod animalia superius declarata 
promisserunt ipsi pater, uzor et filius nutrire et custo- 
dire ad comodum et utîlitatem ambaram parcium, et de 
eisdem venire una cum eorum excrecsensis (4) in ville 
(lie) hujusmodi ad bonum et légale compulum, tociens 
quociens per dictum burgensem aui suos fuerint requisiti. 
Necnon recognoveruat debere, ultra premissa superius de- 
clarata, summam septem librarum et novem solidorum et 
21 denariorum bone monete et quatuor sexteriorum fru- 
menti et duorum sexteriorum et emine siliginis et unum 
sexterium avene ad mensuram ville predicle (5) vendentem 
et ementem, causa arreyragiorum eorum loci predicti de 
Vaulx (6), parrochie Sancti Dionissis (tic) de Mûris, etc. 
J. DE Sancto Aredio. 

Ay comptât (?) en les* heretiers (?), réservât de les ou- 
velhes, que receu (?} Jacques. 

Ilem me deven, per ii st. seigle, xviu s. iiii d., que agio 

(1) Génisses : c'est le mot jungé (du latin juvenca), oncore en 
usage dans nos campagnes. 

(2) Nous avons déjà rencontré ce mot sous sa forme française ou 
romane : anolier ou annolier. 

(3) S'agic-il des écus de la valeur de II fr. 23 ou de ceui de 
Il fr. M? Dans ce cas, cette somme représenterait de ISI fr. 30 
k ISB francs (1,088 A. I,l!8 francs). 

(4) Pour excresiencii» — crestenceya — leur croit. 

(Ei) Nous avons déjà dit que le seticr de Saint-Léonard repré- 
sentait 61 litres 44 centilitres. 

(6) Veaux, hameau ds la commune do Saint-Denis des Murs, can- 
ton de Saint-Léonard. 



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Tan 81, que los balhieys deu granier et tola l'annada de 
l'ao 81, blat et sigle. 

Lo darier de mars mil IIII* IlII" et dous eysseguen, 
lo bestiau que avian bailhat a Jacque, que avie de chap- 
tau XIII 1. XVIII s, un d. (1), dont el n'avie preys 1 taure 
que avie tudat, loqual bestlau ay preys per xi', et nous 
a restât degut lod; Jacque x' ix a,, per acquel depert 
et per la taura et t hoveitlas eu loure agnieux, et deu 
perdra cum apert au papier. 

Item, contât an lous enffans Jacques Theveiiot et l'auBtre 
que demora a Nouvic(2), contât lo debte desus et lo fro- 
men meys a crins d'argent, et contât ir que me degiem 
far per lo depen, quant lour partis [3] lo bestiau : an degut 
xtx I. V s. X d., contât Jacques, au jor duoy. 



36. — Remise et reconnaissance de ckeptel {2t mai i481). 

Die XXI' mensis maii, anno Domini millésime qua- 
drjngentesimo ocluagesimo primo, presentibus Johaniie 
Gori (4) d'Byboleou (5) et Pasqueto, fllio Anthonii de Mar- 
8aco(6), parrochie S" Stephani de Nobiliaco, testibus ad 
bec vocatis et rogatis, personaliter fuenint constituti Jo- 
hannes de Lussaco, commorans in Belle de Duco (7) et 



(1) Nous ne rappellerons pas ici ce que nous avona dit plus 
haut, touchant l'amortissement graduel de la valeur du cheptel 
donne au métayer à son eiitriie, amortissement opéré par l'abandon 
fût au maitro de la part du colon dans certaines ventes de croit. 

(2) Neuvic, aujourd'hui chef-lieu de commune du canton de Châ- 
teau neuf-la- Forêt, arrondissement de Limoges (H au te -Vienne). 

(3) Quand je fis avec euï la division, le partage du bétail, 
(l) Diminutif de Gregori, Grégoire. 

(.ï) Eyboulcuf, aujourd'hui chef-lieu de commune du canton de 
Saint-Lâonard. 

(6) Marsac, village de la cummunc de Saint-Léonard, 

(7) Besudéduit ou Boisdédult, commune de SaiDt-Léonard. 



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Agnets de VilIegolet(l|, ejus mater, et eorum quîUbet in 
solidum, etc. gratis et sponte recognoverunt tenere et 
habere in curte sua a prudente viro Johaaae Massîot, 
burgensi et mercatore ville Sancti Leonardi de Nobiliaco, 
ibidem présent! et stipulanti a capitale et capitalis no- 
mine, videlicet uaam vaccam pili faulveta [sic], cum suo 
vilullo femello, precio et Domine precii summe (?) quatuor 
librarum très {sic} solidos et quatuor denarios monete 
régie nunc currentis; quam summam dicti mater et Qlius 
tenebuntur, ultra alias summas débitas per dictes de Vil- 
lagolet et de Lussaco inter ceteras dicto Massiot causa de- 
narïtarum suarum; quam [sic] summam recognovenint etc. 
de qua summa remansenint quicti etc. que animalia dicti 
mater et filius, nomine quo supra, promiserunt nutrire et 
custodire ad ambanim parcium commodum et utilitatem, 
et de eisdem cum eonmi excresseociis venire ad bouum, 
leguale compotum, sine excet, tocieos quociens per die- 
tum Massiot ault [sic] suos fuerint requisiti. Et hoc in villa 
Sancti Leonardi etc. Et emendarunl dampna, etc. jura- 
verunt, etc. obUgaverunt, etc. renunciavei'uut, etc. cou- 
cesseiTiut litteras regii Pariagli, et demmn Officialis 
Lemovicensis in meliorî fonna. M. Basseti. 

Et advenen lod. jour, leys avian treys oelhas, et u cha- 
bras I chabrît, que an plus (?) a chaptau, présent los de 
sus signais. M, Bassbti. 

It. ay agut lod. chaptau. 

37. — Mémoire des fournitures et prêts faiU par Jean Massiot 
à Alain de Royères; arrêté' de comptes {20 mars i'i80 à 
1" mai ili82). 

JkU3 

Lo compte de Mossenhor de Royeyra (2) : 

(1) Villegouleix, commune de Saint-Martin-Chate&u, canton de 
Bourganeuf (Creuse). 

(2) 11 s'agit ici d'Alain de Boyëres, seigneur de Brignac, Beau* 
déduit et loutres H^ux voisins <te Saint-Monard, aJors marié en 



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— 287 — 

Item deu Mobs' de Royeyra per ii alaaa rouge (1) de 
Na[r]maiid[ie] que empourtet Lansso au nom de mond. S', 
lo xxis* de mars an IIII", a xxx s. l'une [2). . . . m'. 

It. deu Moss'' per u alnas mouriquet de S' Lo [3) por 
Madame, per far una cothe, lo tiu* de may ampres, a xl s* 
ralna(4), montes iiu'. 

It. deu MosB' per ii alnas et ung cart an mouriquet per 
una rauba a Madame, a lxt ss [5) l'aine, montent vu' vi* 
lu' que agien lodit jour. 

It. deu Moss'', per 3* (6) coubde mouriquet que em- 
pourtet Johannes per unas chaussas a Madame, lo iiu* de 
may, vni s' ix'. 

It. deu Moss^ per une aine (7) 1 cart mouriquet que 
empourtet Lansso lo xii' jour d'ouat, an nu" — xxu' ti*. 

It. deu Moss' per ung cobde mouriquet que empourtet 
Limosi per une aoulssa a Madame (6), per anar au cepte [?} 
de Raze3(9), xx". 

It, deu Moss' per 3 cobdes blanchet ()0) que empourtet 



secondes noces à Catherine de Pompadour. Sa principale résidence 
était le chAtean de firignac, aujourd'hui commune de Royères. Cette 
famille comptait parmi las plus anciennes du pays. 

(l) Le rouge de Normandie est souvent mentionné au xv siËcle : 
le ëanguin et Vesearlatte étaient fournis par les fabriques fla- 
mandes. La Normandie est, au iiv* siècle et peut-être déjà au lit*, 
en possession de la clientèle d'une partie des provinces de la langue 
d'oïl, et même de quelques provinces du Centre, pour la fourniture 
des draps. 

(!) Environ 9 francs, au pouvoir de 54 d'aujourd'hui. 

(3) Le mouriquet de Saint-Lé devait probablement ce nom à sa 
couleur sombre. 

(4) 12 fr. 04 : 72 fr. 2S d'aujourd'hui. 

(5) 19 fr. 56 ; 1 18 d'à présent. 

(6) Un tiers. 

0) Il est probable qu'il faut lire ici cobde au lieu de aine. 
(8) Une housse. On appelait lùnsi les capotes, surtouts et man- 
teaux de femmes ; on donnait aussi ce nom i certaines robes 

('J) Razès, canton de Beasioes (Haute- Vienne). 

(10) Ëtoffe blanche commune, qui ne parait pas être du drap pro- 



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Brousse, per doublar unas boctinas (I) a Moss', ii' vi d, 
It. deu Mos9' per v alnas 1 cart blanchet que at Limossi 

per lo commendameu {?) de Moss' Lienuet, per mectre (2) 

la filhe Mouga : lv S8. 
It. deu Moaa' per vu aines 1 cart gris (3) per lous enffaas, 

que agien per nopsses, a xtii s' vi' l'alue (4) : vi' vu' vi*. 
It. deu Moss' per une raubo que delieuret a Peyr Bar- 

nard de l'Eschalle (5), cum aperl per une lectre missoire, 

LX 9*. 

It. deu Moss' per ii aines estrange (6) per une raubo a 
Mosfi' Liennel, a xxx v s* l'aine (7), m' x s*. 

It. deu Moas' per un cobde tauet (8) que delieuret a 
ung de l'Ëmbartaria [9] lo jour de S' Liennard, an IIII" : 
iz s. Il d. 

Iteo deu Moss' per tu alnas estrange que at a zxvni s. 
VI d. l'alna [10) ; monteut iiii 1. ii s. vi d. 



prement dit. On remarquera quq le blanchet n'est pas cher. On en 
faisMt des vêtements de travail. Peut-être a'sgit-il ici de draps de 
Montauban, ou même d'étoffes fabrtquéps dans le pays : on sait 
que, dès lo temps da saint Louis, il y a des tondeurs de draps à 
Limoges. 

(1) On doublait autrefois avec de l'étoffe les bottines, bottas et 
hou seaux, 

(2) Aujourd'hui encore, dans le langage courant, on donne au 
mot mellre le sens d'habiller; on dit souvent par exemple : ■ il se 
met bien, » « une dame bien mise, o 

(3) Le drap gris de laine de Rouen était fort renommé, 
(i) 5 fr. 27 : 31 fr. 62 de notre monnaie. 

(5) Nous ignorons de quelle tocallité il s'agit ici. 
(G) Ce nom a été donné à plusieurs espèces d'étoffes. Bttranh 
peut venir d'extraneu», étranger, ou de ëtracia, chiffon. 

(7) 10 fr, Ei3, un peu plus de G3 francs d'aujourd'hui. 

(8) Il s'agit ici probablement du i drap tanné de Courtral, > dont 
les Flamands vendaient des quantités considérables dans tout le 
midi de la France dès la fin du xiv* siècle. 

(9) L'Emberterie, hameau de la commune de Royëres, canton de 
Saint-Léonard, 

(tO] 3 fr. 57 : 5t fr. 42 d'à présent. On remarquera que le résultat 
de la multiplication n'est paa exact. 



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It, deu Moss' per i alua et cart mouriquet que at Moss' 
Guischarl lo premier jour de dezeiibre, sxxv s. vi d.; il. 
III s. Il d. per la doubladura d'unas chausas que agucs 
Guisçbart. 

II. deu Moss' per Lansso, xv s. i d. per lavet et fus- 
teny (1): xv s. x d, 

It. deu Môss' per las pouldrasi2), 8a3tra(3^, girofile, 
sucre et austres menus espessis, que at per las iiopsas de 
Moss' Liennet, conte fach an mondit s' : vii 1, xv s. ix d. 

It, lo II' jour de dezembrc, l'an mil IIII* IIII", fczis 
compte an Moss' de Royeira a cause deux draps et poul- 
dras, et a preys jucquea aujoui'duoy, que nous a degut la 
somme de xlvii 1. xv s. [4). 

II. deu Moss' per ii 1. i cart sucre que at Lansso ampres : 
XI s, m d. (5), 

It. deu Moss' per mouriquet que at Moss' Fraiiceys en 
dezenbre : xxxii s. vi d. 

It. deu Moss' per ung cobde estrange que at Limosi per 
lo comraandament de Moss' Guischard : ix' ii*. 

It. deu Moss' per ung cobde et cart rouge (6), que fe 
balhat a Genier et per la doblura ; xr s. x d. 

It. per lo meistre de l'eacoUe (7), per drap luy delieui-at. 



(1) Nous avons vu des futaines figurer au nombre des marchan- 
dises reçues do Genève par Gérald Massiot, en 1137. 

{1} Beaucoup de documenls de l'ëpoque désignent sous ce nom 
de poudres, les épiccs qui sa vendaient moulues. 

(3) Le safran est moins employé qu'autrefois pour la cuisine; on 
en fait néanmoins un grand usage dans certains pays du Midi, en 
Espagne notamment. 

(1) Î87 fr. 15 : 1,725 francs environ. 

(5> 3 fr. 38, ce qui fait ressortir le prix de la livre de suirro à i>u- 
viron 1 fr. 5(1, équivalant à francs d'anjourd'liui, 

(G) Nous avons déjà vu plus haut mentionné le rouge de Nor- 
mandie. 

(7) 8'agit-il ici du maître d'école de Saint-Léonard, dont nous 



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— 290 — 

It. per VI aln. 1/2 (?) esti-ange per mas domicellas (1), 
a SL 8.: xiii 1. 

It. I s. que ays balhat a Hoss'' Anthooi per aveyr deu vy 
aux eiiirans(2). 

It. por 1/2 1. podi-e et por sasfran, vu s. vi d., que at 
Lanso, per la veiigude de Mobs' de Perrigueurs (3). 

It. deu Moss' per uq cobde tauet que deslieure Moss' 
Lieanet a Brosse, lo xxv' de julhet : x s. 

It. deu moss. viii s. un d. que deslieuret [5) Moss' Liea- 
net a Nycoy. 

It. per XI cobdea et ung cart mouriquet de S' Lo, que 
at Moss' Franceys, a l sois l'aine (6) : xiiii I. vii s. vi d. 

lien deu Moss' que ay bailhat comptant a Cboussade (7), 
ont eu era obligat et luy ay faeh Irenchar (8), xx'. 

It. deu Moss' treys ducatz que luy ays redut une cen- 
tura large, valen v liv. v s. 

It. deu Moss' XX ]. que luy ays prestat comptant per 
Resnier Trombregas (9) de Lésine (10). 



voyons dès le iiu' siècle les consuls revendiquer la désignation, 
ou du maître d'écolo de Boy^rea ? S'agit-il (Tun cadeau ou d'un 
paiement? La brièveté de cette mention lui ûte tout l'intérêt qu'elle 
pourrait offrir. 

(1) Le marchand avait d'abord écrit per tas fîlhas; puis il a biffé 
ces mots pour leur substituer une formule plus respectueuse. 

(2) Probablement lors d'un voyage à Saint-Léonard. 

(3) 11 s'agit ici de l'évëque de Périgueux, qui était alors Geoffroi 
de Pompadour, frère, ou du moins parent rapproché de la dame de 
Royères. 

{5) Somme avancée par Massiot. 

(6) 20 francs : 120 francs d'aujourd'hui. 

{7) Choussade ou Chaussade est vraiseniblablement lo nom du 
créancier dont Massiot a acquitté la dette pour lo compte de 
M, de Royère. 

(8) Couper, déohirer. On déchirait l'obligation quand le montant 
eu avait élé payé par le débiteur, et on rayait la minute sur le 
rcgislre du notaire. Le mot cancetlar s'appliquait spi^cialement à 
cotte dernière opération. 

(!)) 136' 12' l<i correspondent à 8!! fr, 35 : aujourd'hui 4,934 francs. 

(ID) Nous n'avons pu découvrir dans quelle commune se trouve 



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— 291 — 

It. deu MosB' per x 1. que luy ays trameis comptant per 
lo clert deu Pon (I) per envoyar a Peytiers. 

Moote VI" xTi' XII s, I d, 

Lo xV jour de dezembre, l'an mil IIIl* IHI" et ung, 
fezen compte an Moossenhor de Royeira, a cause deux 
draps que a preys de nous, et aussi de l'argent que 
luy aven prestat jucques au jouduoy, que nous a degut 
la somme de siex vingts seyze lieuras t. et xii s. i d. (2) 
que sont vi" ivi 1. xii s. i d. 



lien deu Moss' per Nardo Pomier, lxv s. que luy ays 
pagat. It. deu Mosa' per i cart pebre molut m s. (3) que at 
Lansso lo ix* de jevier an. 81. 

It. deu Moss', per i cobde et 3 cart blanchet que at 
Lansso por lo comendamen de Moss' : ix s. u d. 

It. deu lui s. nu d. que ay balhet a Lansso per aveyr 
de la cbar{4}. 

It. deu Moss' per i cart pebre g[ranat?l et i cart menus 
espessis (5) que at Lansso lo xvii" de Jevier an 82, vu s. vi d, 

It. deu per 1 cart pebre granat (?) que at Laosso dissabde 
darrier,... 



'le lieu qui porte ce nom. Peut-ôtre s'agit-il de Lesme, près d'Au- 
riat (Creuse), 
(t) Du Pont de Noblat, faubourg de Saint- Léonard. 

(2) On voit qu'à la fin de chaque année, le marchand arrête le 
compte de son client, d'accord avec lui. Il se garde ainsi contre 
des défaillaucea de mémoire, qu'il redoute malgré les indications 
très précises notées à propos de chaque achat ou emprunt. 

(3) La livre do poivre moulu se vendait donc à Saint- Léonard, en 
1481, douze sous ou 3 fr, 60, : 31 fr. 60 d'à présent. 

(4) De la viande. Quand les domestiques du seigneur de Royères 
n'avaient pas assez d'argent pour acheter les provisions qu'ils ve- 
naient sans doute chaque jour chercher à Saint-Léonard, ils en 
demandaient k Uassiot. 

(5) Menues épices. On appelait ainsi un petit assortiment d'épicr's 
pour la table. On donnait également le nom da petite épice au 
gingembre en poudre. 



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— 292 — 

It. deu Moss' per ii I. sucre que at lo premier jour 
de abrial an IIII" et II, a v sols L: s s. 

It. deu Moss'' per ex sestiere emini de seigle que luy 
ay balhal deu grenier et xi sestiers d'avena, que sont vi" j 
sestiers emina de tout blat cx'(l), que monten tout ii* li' 
xui s. VII d. 

Lo premier jour de abrial mil IIII* IIII" et dous, fezis 
compte an Moss' de Royeyre de so que avie preys de 
eein (3), que nous a degut por las chaussas prezas cum 
apert en acquest présent compte, la somme de douze 
vingtz unze lîeuras xiii s. vi d. Iten me resta a comptar 
de la abcense (3) que aven entre nous dous, cum apert 
per lettras passadas per Ravelh, que resten a fornir et ase- 
tiar et signar une partide. Albn de Rovbre (4). 

Iten, lo IX' jour de abrial mil IIII* IIII" et dous, 
balheys a Moss'' de Royeira, per pagar Marti de la 
VcruhoIIa (5} la somme de quarante et quatre lieuras 
tourneys, que eys xliiii 1. que luy balhe. Alen de 

ROYEHE. 

L'an et jour susdit a signât moudit s' de Royere ledit 
compte et me présente Marsau Basset. M. Basset. 

Et II* frans comptât per Reyniei-s Laa Agez a Ghoussada 
lo jour dessus escript. 

Monte tout ini' iiii" xv 1. xiii s. vi d. 

Iten nous resta de la sigiiacion [sic] de la abcenssa, comp- 
tât lus doas aunadas, xlv lieurus (6), car en la assignacion 

(1) Ce comp p t I ta tS 5 f 42 3 f 
5Î d'aiijourd'h p f él é 

(2) De céans 

t3) Do l'acte d 1 r m 

(i) La. sigaa 1 l d 1 m d ^ d H ë 

Tout le reste d compt é t p J M 

(ô) La Vcrg II mm d S hé d i t II y 

plusieurs local é d m d I dép t m t d 1 H t 
Vienne. 

(fi) Soil 5i0 livres i3 a. 6 d. {3,254 fr. 85 : 19,5-20 fr, d'aujourd'hui) 



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— 293 — 

de las II anoadas passadas, ne monte que per una annade, 
comptât lo terme de Nadau passât, et xxx sestiers de blat; 
per enssi lasdichas annadas ne vorren (I) que una et ne 
seraD contade que per uua, et de tara (2) per lasdichas doas 
annadas, ladicha somme de xlt 1. et xxx sestiers de blat 
que lodich s' promet affar bona a la fin de la abcenssa : 
per enssi resta afTar sept annadas et la tara de sus. 

V XL 1. xiti s. VI d. et lo blat que aven quistance, compres 
los xLv 1. desus, — fâcha lo jour S' Jacme et Phelip (3) an mil 
IIII* 1111° et dous. N. Ratelli. 



38. — ConsHlution d'une rente perpétuelle de trois muids de 
vin, moyennant trente-trois livres {29 mai 1482). 

Lo XXIX* jour de may. l'an mil IIII' IIII" et dous, Jehan 
Faure alias Gavdea (?) et Peyr SoHer, alias Chadot, vende- 
rent treys menths(4) de vy de rende chascuD an, lo près 
et some de xxxm 1-, que agien contant, lettra Ravelh. 

39. — Achat par Louis Massiot, pour le compte de Jean, 

son père, d'un setter de froment de rente perpétuelle 

{t5 jifin 11,82). 

Die décima quinta mensis junii, aono Domini mille- 
simo CCGC'°'' octuagesimo secundo, presentibus Anlhonio 



On verra plus loin ce total de 540 1. mcntioaoé à l'acte du 10 juillet 
1482, que nous donnons sous le n> 40 de nos extraits. 

(1) Ne vaudront. 

(2) De complément ou plutât de supplément. 

(3) 1- mai. 

(4) Muids. Le muids de vin de Paris équivalait de 280 à 300 
pintes, mais la pinte de Paris ne correspondait pas à celle de 
Saint-Léonard : celle-ci représentait, i, l'époque de la Révolution, 
I litre 22 centilitres. Nous ignorons combien, dans notre pays, le 
muids contenut de pintes. 



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- 294 — 

de Las Bordas (1), pariochie Sancti Stephaai de Nobi- 
liaco, el Marciale de Brugieyras (2), parrochie de Moys- 
sanis (3), testibus ad hec vocatis, persocaliter constitutus 
providuB vir Ludovicus Massiot, burgensis, pro se et 
nomÎDe et vice providi viri Johaonis Massiot, eciam 
burgensis, ejus patris, pro ipso burgense, pâtre suo, 
absente, stipulanti et suis herediLus et successoribus 
universis, ex una parte, et Guillebno (sic) Durandi, cos- 
turario dicte ville, et Anna de Noiirato (?) (4), ejus uxore, 
videlicet dicta uxor de coussensu, lissencia, jussu et auc- 
toritate dicti Guillelmî, mariti aui, quaa {sic) preatitit et 
coacessit, et eorum quilibet in solidum, eciam pro se et 
suis heredibus et successoribus quibuacumque, ex parte 
altéra; dicti vero conjuges, non cohacti, etc. sed gratis 
etc. vendiderunt, concesserunt, promiserunt solvere per- 
petuo, penitus et quictavenint et se vendidisse recogno- 
verunt et juramento prestito (?) confessi fuemnt dicto 
Ludovico Massiot, ibidem presenti, pro se el suis et no- 
mine quo supra sollempoiter stipulanti, ad ipsorum fa- 
ciendam omnimodam voluntatem, in vita pariter et in 
morte, videlicet unum seitarium frumenti, ad mensuram 
de Nobiliaco, vendentem el ementem, anno quolibet et 
perpetuo rendualem, precio sive summa centum soli- 
dorum(5) monete régie nunc currentis; quam summam 
dicti conjuges venditores habuerunt realiter et de facto, 



(1) Les Bordes, hamegiu de la commuas de Saint- Léonard. 

(2) Peut-être a'agit-il de Bregeras, commune de Saint- Léonard. 

(3) Moissannes, commune du canton de Saint-Léonard. 

(4) Les localités du nom de Nouzirat, Noïirat et Nouiières sont 
assez communes dans )a Creu^; mais nous n'en connaissons pas 
& proiimité de Saint -Léonard, et le Dictionnaire géographique de 
ce département dressé par M. Boavjeux, et que nos arcliives de la 
Haute-Vienne possèdent en manuscrit, n'en indique aucune. 

(5) Cent sous, en 1482, équivalent à 180 francs d'aujourd'hui. En 
appliquant à cetto somme le taux ordinaire des placements en 
rente perpétuelle à cette époque, 5 4 5 1/2 p. 100, la valeur du 
setier de froment (61 1. Ai] ressortirait donc à 9 francs d'à présent. 
Nous voilà loin du chiffre donaé plus haut. 



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— 295 — 

ic commissarii et jurati ac testium infrascriptorum pre- 
sencia, in tribus peciis auri advaluatis ad dictam aum- 
mam, et de qua quidem summa dicli conjuges vendilores 
dictiun emptorem pro ae et nomine quo supra aollemp- 
oiter stipulantem, et suos, et boDa sua quacumque solve- 
ruat et perpetuo quictaverunt cum pacto Talido. Quod 
quidem sexterium framenli ad dictam mensuram reudua- 
lera, dicti conjuges venditores assederunt et asaignaverunt 
habendum, levandum et percipiendum per ipsum empto- 
rem, Domiae quo supra, in et super quamdam vioeam 
ipsorum conjugum, sitam in territorio de Bello Forti inter 

vineam (1) et super omnibus aliis bonis, mobilibus 

et immobilibus, presentibus et fuluris, etc 



40. — Conventions diverses entre Léonnet de Royères et Jean 
Massiat, fermier de redevances s'élevant à ÎOÛ livres argent, 
et cinq cents setiers blé de rente annuelle {iO juillet iW2). 

Die décima julhii anno Domini millesimo GCCG"" octua- 
gesîmo secundo, presentibus Guillermo Fornier, fabro, et 

Leonardo Hervetî, ectiam fabro, testibus, persoualiter 
constitutis nobili viro Leoneto[2) de Roheria, doniicello, 
filio [3) uobilis domini Alani de Roheria, milite, pro se 
et suis, ex una parte, et provido viro Jobanni Massiot, 
burgensi et mercatori de Nobiliaco ex altéra, cum, prout 
dicte partes ibidem dixerunt, dictus miles vendidisset seu 
assensasset dicto burgensi ad terminum octo aonorum 
tune proxime venturorum, videlicet centum libras in de- 
nariis et quinque centum sextâriorum bladi (4) precio et 



(1) Un blanc au manuscrit. 

[3] Jomcl biffé. Léonet de RoyËres étail fila d'Alain et de aa 
seconde femme, Cstherine de Pompadour. 

(3) Quondam hiffâ. Nous avons vu plus haut {extrait n- 37) Alain 
de Royëre régler Bon compte avec Jean Hassiot le 1" mai USÎ. 

(4) Cinq cents setiers de blé, au prix énoncé un peu plus haut 
pour le froment (cinq sous}, ne représentent pas moins de 125 livres. 



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summa undecïm centum librarum monete régie nuoc 
currentis et atiis modis et forma contentis in literis 
super dicta assensa passatis per juratum infraacriptum, 
ipse miles in deductionem dicte assensse habuisse et ré- 
cépissé beae et légitime summam quinque centum qua- 
draginla librarum (1), ut cosle (sic) per litteras super dic- 
tam quictanciam pasatas, et residuum solvi debebat in 
fine dicte assense : hlnc est quod dictus nobilis Leonetus, 
dicens habere in premissis assensaiis ypotecam pro se et 
suis, non cohactus et cum omnibus etc. sed gratis etc. 
cercioratus de dicta assensa et de quictancia predicta et 
pactis in premissis contentis, ut disit, ipsas litteras et 
quictanciam laudavit, approbavit, ratifflcavit et conflr- 
mavlt, et promisil ipsas tenere et habere perpetuam robo- 
ris firmitalem, de puncto in punctum, ut in ipsis conti- 

nelup et cum boc dictus burgensis promissit eidem 

Leonelo rehemere, recuperare vilagia de Las Bordas (2) » 
parrochie de Nobiliaco, et vilagia de Vaulx (3), parrocbie 
Sancti Dionisîi, ingatgiata dicto Massiot pro (4) et yillagia 
de Castro (5) et de la Masieyro (6), ingatgiata heredibus 
quondam Michalîs Boudrit, pro surama (7) et ponere in ma- 
nibus dicti Leoneli dicta villagia(8), et hoc infra très 

ce qui, ajouté aui redevances en déniera, 100 livres, porte à 225 
livres (8,100 fr. d'aujourd'hui) le total des revenus affermés à Massiot 
pour huit ans, moyennant la somme de 1,100 livres (6,600 d'aujour- 
d'hui). On pense bien qu'une partie de ces redevances ne ren- 
traient pas. Au surplus, Massiot contracte via-à-vis du bailleur 
des obligations dont nous ne pouvons guère évaluer les charges. 

(1) C'est le total du mémoire reproduit un peu plus baut. 

(2) Les Bordes, commune de Saint-Léonard. 

(3) Veaux, commune de Saint-Denis des Murs, canton de S^nt- 
Léonard. 

(4) Un blanc. 

(5) 11 y a deuK lieui dits de ce nom dans la commune de Saint- 
Léonard : le Gh&tcau-Haut et le Ghftteau-Bas. 

(6) La HaziÈre, commune de Satnt.Léoi^d. Il y a d'autres loca- 
lités de ce nom dans les communes de Royërcs et de Sauviat. 

(7) Un blanc. 

(S) Ij est f&cheux que l'acte n'indique pas pour quelle somme 



DigmzcdtyGoOgle 



annos proiime venturos, in deductionem precii restantis' 
et dicte assense, de hoc quod dicta villagia sunl ingat- 
giata; et si forte recursaus (?) dictorum locorum (1} de 
Castro et de la Masieyro non tantum duret, ipse Massiot 
teoebitur îpsas recaptare aut facere eslonguare recurssus, 
taliter quod dicta loca recuperentur inira dictes très annos 
et quod recurssuB non (3), et cum hoc tamen quod dictus 
Leonetus aportabit eisdem Massiot quictaDcia[in] (3) 



41. — Yente d'ito/fe et de couches, 18 janvier 1^82 
(nouveau style 1^83). 

Nota quod die décima octava menais januarii, aono Do- 
mini millesimo quadringentesimo octuagesimo secundo.... 
Ilelias deua Rieux (4), parrochie Sancti Justî,... recognovit 
et ia veritate confessus fuit se bene debere.... provido 
Viro JohauDÏ Uaasiot.... summam quatuor librarum de- 
cem et octo soUdorum.... causa vendicionis et realis tra- 
dicionis pauni plurlbus coloribus et duarum conchiarum 
aenis (?).... 

42, — Note relative à un procès entre Jean Katttot et les 
frères ratière (24 avril ii83). 

Lo xxnij» jour deu meys d'abriau mil CCCC ini*" et 
treys, en la présence Harsau Delaige, paroâe de Moysanas 
et Johanet deu Peufouchier (5) paroffle de la Geneytosse, 



chacun de ces villages, ou, pour parler plus exactement, les rede- 
vances de chacun de ces villag-ea se trouvaient engagées, 
(t) Le délai pour le rachat ou le dégagemeat des dits lieux. 

(2) Un bloQO. 

(3) Les blancs et les surcharges rendent incompréhensible la fin 
de cet acte et nous obligent & nous arrêter là. 

(4) Les Bieux, hameauHle la commune de Saint-Jnst, canton de 
LimogeS'Bud- 

(ô) Le Puyf&ucher, hameau de la commune de la Geneytouse, 
canton de Baint- Léonard. 



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maiatre Jehan Valieyro et Peir Valieyro, frairs, de Saint 
Lienard, et heretiers de Giraud Valieyro, lour pair, come 
fussant condempnat per maisLre P. Disnamatin et maistre 
Jehan Lapino senior, a payar tous interests et despens 
fait et a far d'ung certain procès pendant en la court deu 
seau de Limoges (1), fait par Jehan Massioth, condempnat 
per lad. garde de' ce que avio fait saisir certaine terre que 
tenio d'eujL de la Monthanieyra (2) per doux sestiers de 
seigle de cens que avien [?] vendut aud. Massioth..., a laqmu 
saisiao lod. deux se era (?) oppousat et avio lourat en garî- 
doiir(3).... don avio eytat tant procedit que lod. Massioth 
ero detorbet.... et ero condempnat in expensis et taxacione 
et aliis [rejbus loco et tempore declarandis, lod. Massiot 
avio appeltat, et requis et sommât los dit Valieyro que 
heu ero contens de lour... et que aguessan a segre l'appel : 
don losd. Vaheyro an preys (?) lo ma deud. Massioth et an 
promeys et obUgat toz et chascun de lour beys, a gardar 
lod. Massioth de reymende et deu despens fait e a far 
per lod. Massioth por cause de l'appel interjectat, et en 
passar lettras sub gillo {sic) regio, presens los tesmohnst 
et lettras paasadas per Maistre Marsau Basset in metiori 
forma et ad dictamen procuratorum. — Constat de obmis- 
sis : et condempaat losdit Valieyra per la garde deu seau a 
teueir lad. sentence et apoinctamen donnât per losd. Dis- 
namati et Lapino; quilihet in solidum obligaverunt se et 
bona sua. Basseti r. 



43. — Note relative à la ferme de Boisverd et à l'usage 
des bois en dipmdani {s. d.). 

Memorie sero que de avoir aferme deux serviteurs de 



(t) La cour du sceau de Limoges ne peut être que la cour du 
Bénâchsl, le siège royal, mais exerçant une juridiction spéciale. 
(2) Hoatagnières, banlieue de Saint-Léonard. 
(3J Garidor, garants. 



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Mossieur Delyon lo bénéfice de Bost Vert(l) et l'usaige 
ou bost a treyB ou quatre ans veuaD la Saiot Jehaa (2). 



44. — Mention d'une condamnation obtenue contre Jacques dit 
Bedon, de la Masière, pour k paiement du prix d'étoffes 
achetées {29 avHl ilé83). 

Nota quod die xxrx mensîs aprilis, auQO Domini mille- 
aimo CCCC"" LXXXIIJ" fuit presens condempnatus Jo- 
haunea dit Redon, de la Masieyra(3], chadenarius (4) de 
Auriaco (5) et de Salviaco (6), ad solvendum et reddendum 
honesto viro Jobanni Massiot, burgensi ville Sancti Leo- 
nardi de Nobiliaco, ibidem présent! et stipulantl, quadra- 
giota unum solidos (7] monete régie uuqc currentis, causa 
vendicionis et tradiciouis panni, uua cum expensîs hujus- 
modi acti. Valibtra r. 



45. — Reconnaissance de cheptel (1" mai 1^83). 

Lou premier jour de may, l'an mil IIII' quatre vingt 
et treya, preaeua Anthoni de Laa Bordas (8), paroffie de 
5' Ëstienne, et Janot, filh a feu Baloumier deu Monte- 



Ci) Celle de l'ordre de Grandmont, située dans la commune de 
Bujaleuf, canton d'Eymouliera. Au xvir siècle et dès 1» fin du xvi*, 
dépendaient de ce petit prieuré, où la conventualilé s'était éteinte 
de bonne heure et qui avait été uni à l'abbaye chet-d'otdre en 
1317, des moulins à papier établis sur la Vienne. 

(!) H juin. La Noèl et la Saint-Jean étaient autrefois les deux 
dates d'échéances les plus ordinaires. 

(3) Hameau de la commune de Saint-Léonard. On voit que notre 
livre écrit tantôt Mazieyro et tantôt Ma^ieyra. 

(4) Probablement un forgeron qui fabriquait des chaînes d'attache 
pour les bestiaux. 

(5) Aurist, commune et canton de Bourganeuf (Creuse). 

(S] Sauviat, chef-lieu de commune du canton de Saint-Léonard. 
(7) *1 s.: 12 fr, 34, équivalant i 74 francs d'aujourd'hui. 
(S) Commune de Saint-Léonard. 



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— 300 — 

Bault (1), pair, de Cha[ni]p[neter]î, lesmoings etc. LieDnard 
deu Mas au Roveyr (2), demorant a VillemoDteis (3), parr* 
- de Champneteri, qui gratis etc. recognoys a teneyr en sa 
court, de saige honte Jehan Massiot, presenti, doas vacchas 
deu pel....(4) en dous vedeux anDoUiers, et vingt et dous 
chapd(5) de berbialhe en louxs agnieux, per lou prins et 
somme de douze escua et demy d'aur (6) de chaptau, 
rebatut et comptât un beou que lod. Nardo avie vendut 
darierameut, et auxi sa part de sept lieuras de certain 
bestiau que lod. Nardo avia vendut a ung bochier de 
Limoges, et austres preys et vendus jusques aujorduoy; 
loqual bestiau promet a nusrir et gardar a commun creyt 
et de venir a bon et leal compte et eycept en lad. ville, 
lantas quantas vetz que per lod. Johan Massiot ou ios 
ceux sera requerit. Neangmeins recognoys et confesse 
deveyr aud. Massiot la aomme de cinquante cinq souli (7) 
momie régie nunc currentis et so acquauso deud. bestiau 
vendut per lod. Nardo, oultra austres debtes, lacqualle 
somme de lv s. luy promet a pagar a sa voluntat etc. 
Juravit, etc. ObligavU, etc. Renunctavit, etc., et concessit lil- 
terat Régis et Pariagii et dominî offtcialis LemovieensU in 
meliori forma. J, de Convalbtis (8). 



(1) Mantazeau, commune de Champnétery, canton de St-Lëonard. 
(3) Le Mas Rouveii, même commune. 

(3) Villemonteiz appartient aujourd'hui & la commune de Buja- 
leuf, canton d'Eymoutiera. 

(4) Un blanc au manuscrit, 

(5) Vingt-deui têtes de brebis. 

(6) 140 fr. 2a : 841 fr. 50 d'à présent. 

(7) 16 !t. 55 : 99 francs environ d'aujourd'hui. 

(8) Il faut noter que le maître des écoles de la ville de Limoges, 
désigné dix ans plus tard par les consuls du Château, porte le 
même nom que ce notaire. 



DigmzcdbyGoOgle 



46. — Sownistion de Giravd de Saint-Yrieix, notaire, paf 
ta^uetle il s'oblige à passer tous actes pour le compte de 
Jean Massioi et ses fils à des prias déterminés (7 juin ik83}, 

Lo vu' jour de juin, an mil IIII" IIII" III, yeu, Girault 
de Saint Yrieys, notari de la ville de Saint Liennard, 
cogQOisae et confeBse aveyr fach merchat an Jolian Mas- 
siot, Johan et Loys, sous fllz, de toutas letras qualconques 
gue lour passarîe, soy assabeyr letra de debte et chaptau 
en 7 s* et toute autre en vu s* vi d. et per mais fermetat, 
lour ay signât aqueste présent scedule, en ce c[ue uo seray 
tengut de las grou8Bar{I), ny may loua meux, si no que 
m'en requeran. Fait le jor et an que dessus. G. de Sbint 
Yribys. 

47. — Vente à Jean Massiot du village du Mas te Seuve, 
par le seigneur du Pallant {12 août 1483). 

Le XTi~" jour d'oust. Tan mil quatre cens IIII" el treys, 
noble homme Monssieur Anthony de MoQceux, chiva- 
lier, sieur deu Pallent(2), vendet a saige home Johan 
Massiot, merchant de St Liennard, lo village deu Mas la 
Sceauve(3), parroâe de La Genestouie, en sas aparta- 
nensas, lo fons et absar et vietir(4), en quinze sestiers 
de touz blatz mesura de St Liennard, vendent et com- 
prant, soy asabeir (5) et quarante et sincq soulz renduaux 
chascun an de renda et (6) gelinas, et sur lou village deu 
Verduryer (7), asis en la parofRe d'Eyboleou, cinq sesliers 

(1) Le notaire no sera tenu que de rédiger l'acte en minute et 
non de l'étendre dans son entier, avec toutes les formules. 

(1) Le Palland ou le Paland, commune de Moissanoes, canton de 
Saint-Léonard. 

(.1) Le Mas le Seuve, commune de la fleneytouse, canton de 
Saint-Léonard. 

(4) Le fonds, le cens et l'investiture. 

(5) Un blanc. 
(6j Un blanc. 

(7) Le Verdurier, commune d'Eybotileuf, canton de St-Léonard. 



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-302- 

de [I), mesura vendeût, per lou preys et somme de cent 
lieuras (2) que agut comptan en aur; et promûil guarenlire, 
etc. El coneaHt lUteras Régis et Pariagii, domini offidalis, etc. 
PivsentUtus domino Johanne Arleroi (?) et Mareiale Banchaudi, 
teslibus. 

48. — Vente de quatorze cuirs de bœuf [10 septembre ik83). 

Nota quod die décima mensis aeptembrîs, anno Domini 
millesimo quadringentesimo octuagesimo tercio, presen- 
tibus Anthonio Rebenes (3), Ugnifabro et Johanne Seaulaa, 
âlio Johanni Brossas, dit lou Redon, sartore, testibus, 
pereonaliter coostitutus Petrus Lacroux, tanarius (4) ville 
Saacti Léonard! de Nobîliaco, pro se et suis, etc. reco- 
gDOvit et in veritate publiée confesaua fuit se debere bene 
et légitime tenerique solvere provido viro Johanni Mas- 
siot, mercatori ville Sancti Leonardi de Nobiliaco, licet 
absenti, set Ludovico ejus âlio, pro se et suis stipulanti, 
videlicet summam undecim librarum quatuor solidorum (5) 
monete régie nunc currentis, et hoc causa vendicionis et 
realis tradictionis qualuordecim peciarum corii bovum ; 
quam summam idem Petrus promissit solvere inffra car- 
Qiprannlum (6) proxime venturum. etc. et emendare 
dampna, etc. Renunciavit, etc. Obligavit, etc. Ypothe- 
cavit, etc. Juravit, etc. Et concessit litteras Regii {sic) 
et Pariagii in meliori forma. M. Basbbti retulit: 



(1) Ud blanc. 

(!) 602 francs, équivalant à 3,612 d'aujourd'hui. 

(3) Ce nom signifie roitelet en patois limousin. 

{i) La tannerie et la corrolerle sont, après l'orfâvrerle, les indus- 
tries limousines dont on trouve le plus ancienuement mention. Les 
cuirs de Limoges et de Saint-Lëonard étaient débités dès le m* 
siècle en grandes quantités aux foires de Champagne. 

(5) 67 fr. 42 : 405 francs d'aujourd'hui. Le prii do chaque cuir 
correspondrait à. 98 fr. 95. 

(6) Voir l'article de Du Gange sur CAmiprioium et Camt- 
prenium. • 



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49. — Engagement et prise en cheptel de seize ruches 
d'abeilles (29 septembre 1483). 

Die penultima meDsis septembris, anoo predicto(l).... 

Matheus de la Roche (3|, parrochie de Campo Mnesteri 

gratis et scienler ingatgiavit iu aprario (3j suo sive ru- 
chieri?), in dicto loco de La Roche, provido viro Johanoi 
Massioti, burgensi et mercatori ville de Nobiliaco... sexde- 
cim alvearia sive bomaix (4) bona et mercabilia precio et pro 
Bumma septem librarum et decem soUdoruin{5) monete ré- 
gie Dunc cun-entis ; quam summara dictus Matheus ibidem a. 
dicto burgense recepit... que alvearia dictua Matheus pro- 
misil custodire et nutrire et ad flores fabarum proxlmi ve- 
ris (?) reddere ad comodum et utilitatem dicti burgensis et de 
eiadem cum eonim excressenciis venire ad boaum eysset (6) 
cum dicto burgensi, tociens quociens fuerit requîsitus, et 
boQum compotuiu de eisdem excresseuciis reddere 

J. DE VlLLAFSAMCHIA, retulit. 



50. — Éclipse du 16 mars i484 [nouveau style i485). 

Lo xvr"' jour de mars, l'an de grâce mil IIII* IIII" et 
IIIP", a houra de un boras ampres myjour, la lune estant 
Qovelle et au poing iiii°" de auri nombre (7), lo soulleilh 
eslan en lo signe [8).,., se aparguet ung eclipsse moult 



(1) Un mot en blanc. 

(2) La Roche, hameau de la commune de Champnétery, ciuiton 
de Sainl-Léonard. 

(3) Dans son rucher. 

()} C'est le nom de la ruche à miel dans l'idiOme roman de nos 
contrées. 

(5) 45 fr. 15 : 371 francs d'aujourd'hui. 

(6) On voit que la formule de l'acte est exactement celle em- 
ployée pour les autres baux à cheptel dont nous avons reproduit 
plus haut le texte. 

(T; La lune étant au chiffre 4 du nombre d'or. On sait que le 
cycle lunaire dit du nombre d'or était composé de dix-neuf ans. 
(S) Uq blanc. 



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— 304 — 

fort espoTentaible et moult terrible; et may que paravant 
avie estât preschat par aulcunas boiias villas deu royaulme 
de France et Monsaeigneur lo prieur de Seinct Llen- 
nard(i}, frair Esteve Texier, lo mati avant prima, me 
bailhet lo coutengut que avie estât prêchât de part lo 
Reys (2) et que bon agueys a moustrar a mous austres 
compaignons les coosiilz (3) de ta ville, que ereo coma 
me; et mandaven que a houra que dévia venir, que l'en 
se tengueys en sas meygoux be fermadas, que non y 
entres [?j de ayre (?) negun et que l'en fus disnat et que ont 
preges nostre senhor Jhesus Christ que nous presserves, 
et pareilhamen deu bestiau anxi; car tout quan (4) séria 
sur les champs morria en breu, et que avant que pas- 
sessan Pasques, que ben auria prou a souffrir. Dieu 
Tueilhe, par -sa saincte passion et misericordie, nous pres- 
servar de se que eys at venir et estenda son bras de 
missericordia sur nos, paubres pechadours ! Kscrich am- 
pres lodich eclipsse passât, l'an et jour que desus, et ne 
duret qiie ung cart de houra ou environ. Johan Massioth. 



(1) 8t-Léonard possédait un prieuré de l'ordre de St-Auguslin, 
qui avait des dépendances assez considérables. 

(2) Nous avona déjà dit que nous n'avions pu trouver trace de 
cette ordonnance de Charles VIIl; nos Annales manuscrites, non 
plus que la grande Histoire d9 saint Marital, du P. Bonaventure 
de Saint-Amable, ne mentionnent ni l'écIipse du 16 mars M8â, ni 
les recommandations dont parle ici Massiot. Cette éclipse est tou- 
tefois mentionnée à la liste des éclipses de soleil donaée par les 
auteurs de l'Arj de vériflor les dales. 

(3) L'autorité municipale était exercée à Saint-Léonard par huit 
magistrats qui portaient le nom de consuls et qui, au ïiii' siècle, 
étaient élus chaque année le jour de la Chaire do la Saint-Pierre 
(î! février). Il résulte de ce passage que Jean Massiot remplit les 
fonctions de consul de février 1485 à février 1486. 

(4) Tout ce qui serait. 



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5i. — Antoine Matsiol, prieur de Dieulidonl, donne deux écus 
d'or aux aumônes du Consulat de Saint~Lionard (jeudi-saint 
i'iSS) et entre dans la Confrérie des Trépassés du dit ConsulM. 

Item yeu, Anthoni Massioth, prieur de Dieulyilon (1), 
ay donnât le jour deu digeux-la-Cene (2) mil CCGG IIII" 
et V, deux escus d'aur (3) a las Houmosiius de Coaolut (4) 
de Saint Lienard, por mectre en rendie. Faich led. jour 
et an que desua. — A. Massioth. 

Et me mezia de la confreyrie do» Traspassat deudit 
Consolât (5); lour ay donnât treys escus (6), et sont 
T escus que lour ay donnât. 



5?. — Achat d'tin missel de Fr. Jean Journet, prieur 
du Chdtenet [18 novembre i'i8S). 

Nota quod die XVIII" mensis novembris, anno Do- 
mini millesimo CCCC"" octuagesimo quinto, presenlibus 
Domino Jobanne Servienlis, presbitero, et Geraldo deu 



(1) Dieu-li-dout ou Dieu-le-don, était un prieuré de l'ordre de 
L'Artige, aitué dans l'ile de Ré, p*" de UeDon, diocÈsc de Saintes. 
(3) Le jeudi -sain t. 

(3) 22 fr. 50 environ : 135 francs d'aujourd'hui. 

(4) Nous constatons l'existence dès une épo<iue fort a^iciennc, 
dans nos villes limousines, à Limoges et à Satiit-Léunard notam- 
ment, de distributions en nature et en argent faites par l'admi- 
nistration municipale aux religieun mendiants et aui pauvres de 
la ville. L'usage était établi, dès lu xin* siècle, que tous les dons 
de quelque importance faits à cc;s aumônes fussent mis eu rentes. 

(5) La Confrérie des Trêpastéi du Consulat. Il y avait sans 
doute à Saint-Léonard, comme dans le Château de Limoges et 
dans beaucoup d'autres villes de France, une association chari- 
table ^ui s'était donné la mission d'assurer aux pauvres une sé- 
pulture décente et en faisait les frais. La qualiBcation ajoutée à 
cette association mérite d'être remarquée; il faut certainement en 

■conclure qu'elle avait son siège k l'hôtel de ville et qu'elle (*lait 
dirigée et ses ressources administrées par les ms^^istrats rouni- 

(6) 33 fr. 70 : 20! francs environ. 

T. VU, E-7 



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_ 3oe — 

Noau (1), carpenlario, parrochie Sancti Stephani de Nobi- 
liaco, testibus ad premissa vocalis etc. personaliter cons- 
titutus frater Johannes Jorneli, priorde Gastaneto, or- 
dinis Sancti Auguslini (2), gratis et scienter vendidit et 
se veudidisse recognovit honesto viro Johanni Massiot, 
mercatori predicte ville de Nobiliaco, ibidem présent! et 
hujusmodi vendicionem acceptant!, videlicet queindam 
librum suum ad opus ecclesie, nuncupatum Messau[Z), 
pro precio et summa sexdecim librarum (4) «nonete régie 
nunc currentis; quam quidem summam habuit realiter et 
deffecto {sic) in presencia jurati et testium înfrascriptonim, 
in bono auro, nunc pro domino nostro Francie cursum 
habente, et voluit quod dictus Massiot faciat ad volun- 
tatem suam de dicto libro, et promisit dictus prier garrire 
et garrentire predictum librum ab omnibus et contra 
omnes ; et juf avit, etc. pactum que fecit, etc. et concessit 
lilteras in meliori forma, etc. Valieyha. 



53. — Reconnaissance et obligation de 620 livres tournois par 
les frères Oubeiin, pour prix de vente de cuivre et mitrailles 
(17 novembre tkdO). 

Lou xvii" jour de novembre mil IIII' IIII" et dix, pre- 

sens Guillaume Fornier, faure. et Estienne Ghouppin, 
Gonchier, tesmoings ad ce appellatz, personnallement 
conslituytz Guillaume et Gislet Oubelins(5), frairs, con- 



(1) Le Nouhaud, hameau de la commune de Saint- Léonard. 

(2) Le Chfttenet en Dognoti (aujourd'hui chef-lieu de c 
du canton do Saint-Léonard) était un prieuré-cure à la nomination 
du prieur de Saint-Léonard (ordre de Saint-Auguatinj. 

(3} MÎBsel. 

(4) 06 fr. 32 : 5TS francs, l'rii élevé pour un missel, qui, semble- . 
t-il, ne devait pas avoir une valeur extraordinaire. 

(y) L'un de ces maîtres poôliers, Gillet, figure di^jà à l'acte que 
nous avons donné plus haut sous le n° 31 (14 octobre 11811). 



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— 307 — 

joiDg9 ad ce, demorans en la ville de Sainct Liennai-d, 
maîstres poelliers, et l'ung poi" l'aultre, l'aultre por sou (?) 
tout, an recognoogut et confess'it, recognoissen et coii- 
feaseii a deveyr a Jehan et Loy8 Massiot, frairs, presens, 
la somme de sieys cens vingt lieuras tourn*, de conte fach 
entr'eulï, a cause de vende de coyres et niitralhiis(l); 
lacqualle somme deven lesdichs Oubelins fraii-s, presens, 
pagar ausdichs Massioth en marchandie contengude au 
marchât (2) fach entre eulx et a la voluntat deusdichs 
Massioth. 



54. — Note relative au décès de Jean et Louis Massiot, frères, 
fils de Jean Massiot (Z). 

Anno Domini millesimo IIII« IIII" XVI, die décima 
octava mensis junii, obiit Johanoes Massiot, burgensis ; 
eral eiate triginta quînque annorum (4). 

Anno Domini rail' IIII" IIII" XIIIJ (5j, die xïvj* men- 



(I) GîO livres tournois (?2,320 francs d'aujourd'hui) représentent, 
au prix indiqua dans le traité du U octobre 1480 entre les Massiot 
et Gillet Oubelin, 59 quintaux environ de cuivre, ou 73 de mitraille, 
et devront être paydes par la livraison de 3! quintaux l/'2 de métal 
ouvragé; mais on ne doit pas oublier que ce dernier est compté au 
poids de forge, et le mêlai brut évalué au poids de Saint- Léonard. 

(?) C'eat-À-dire en marchandises de son industrie, notamment en 
poêles à nn ou deux trous, et k un plus grand nombre si Massiot 
le requiert. 

(3) Ces deux notes se lisent sur une feuille volante attacbdc par 
une épingle au verso d'un feuillet, vers le milieu du volume. 

(i) Ce Jean Massiot, mort le 18 juin 1496, doit être le Ris aîné 
d'autre Jean et de Marguerite Faure, que nous avons vu stipuler 
en plusieurs circonstances pour son përe. Cotte note, selon toute 
probabilité, le rajeunit de sept ou huit ans. 

(5) 1495 nouveau style. 



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gis jauuarii, obîit Ludovicua Massiot, etate triginta an- 
norum{i). 



(1) On n vu plus haut*(cxCrait n* 8) la mcntio:) de la n^ssance 
de Luiiis Massiol, né le 3 ja^ivier H57. S'il s'agit ici, ce qui est à 
pîu près certain, de la même personne, cVst h trente huit, et non 
à Ironie ans, que serait nui't le Bis de Jean Massiot et do Har- 
guerite Faure. 



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DOCUMENTS 

HlUtlIS A LIISWIHI 

MAISON DE TURENNE 



i 



URENNE, Comborn, Ventadour : 
l'histoire du Bas-Limousin pen- 
I dant le moyen âge est tout en- 
tière, ou à peu prés, derrière 
ces noms, et, par conséquent, 
ce n'est pas faire œuvre étroite 
È de généalogiste que de travailler 
à mettre en lumière le passé de 
ces illustres maisons. On en jugera par les docu- 
ments que je réunis ici. Recueillis à droite et à 
gauche, en particulier aux Archives nationales, où 
sont aujourd'hui conservés les débris de l'ancien 
trésor des chartes de la vicomte (1), ces documents 



(1) Les archives de U vicomte de Turenne sont classées aux 
Archives nationales avec celles de la maison de Bouillon. Elles 
forment un fonds considérable qui, raalbeureusement, a éié divisé 
et râpArti'dana plusieurs séries. 



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parlent tous des Txirenne, et c'est par là seule- 
ment qu'ils peuvent se relier entre eux ; quelques- 
uns offrent de l'intérêt pour l'histoire générale du 
pays, d'autres apportent des faits pour les annales 
des localités et pour l'étude des institutions féo- 
dales, et comme le bagage des sources publiées de 
l'histoire du Limousin est encore peu considérable, 
je puis espérer qu'ils seront bien accueillis. Je vais 
les passer successivement en revue. 

1. — Ce premier acte, qui est une confirmation, 
par Raymond III, en 1214, des donations faites à 
l'abbaye laïque de Beaulieu par Raymond II, son 
père, et par Bernard de Castelnau, son aïeul, a été 
publié avec quelques retranchements par Justel(i), 
et a été signalée par M. Deloche comme fournissant 
une preuve des droits conservés par les héritiers 
de Hugues de Castelnau sur ce qu'on appelait 
l'abbaye laïque (2), Le Cartulaire de Beaulieu 
renferme un accord de 1190, entre Raymond II, 
qui était sur le point de partir pour la croisade 
avec Philippe Auguste, et Humbert, abbé de Beau- 
lieu. Le vicomte reconnut qu'il tenait de l'abbé, 
avec obligation d'hommage, tout ce qu'il possé- 
dait dans la ville de Beaulieu et in honore gui 
vocatur abbatia, le château de Bétut, etc., etc. Il 
déclara aussi que, dans le cas où il battrait mon- 
naie, son atelier devrait être établi à Beaulieu (3). 



(1} Histoire généalogique de ta maison ds Turenne, Paris, 
1645, in-fol., preuves, p. 38. 
(2) Cart. de Beaulieu, introd. p. xxs. 
13) Ibid., charte cxciv, p, 272.; Bib. nat., t. laUn, 9217 (orig.). 



Digilizcdby Google 



— 311 — 

II. — Cette seconde pièce a été également im- 
primée parmi les preuves de l'Histoire généalo- 
gique de la maison de Turenne (p. 39), mais 
avec des erreura et des suppressions qui m'auto- 
risent à en donner de nouveau le texte. J'ajou- 
terai que Matfre, ou Mainfroid de Castelnau s'en- 
gagea, par acte passé dans l'église de Martel le 
24 mars 12'2â (n. s.), à rendre au vicomte le 
château de Castelnau, cum foris facto et sine 
foHs faeto, ad omnem epis sitbmonitionem vel 
certi nuntii{\). 

III et ÏY. — Sous ces numéros se placent deux 
titres fort curieux pour l'histoire du bourg de 
Curemonte et de ses châteaux, qui relevaient alors 
de l'abbaye de Solignac. Les Turenne, qui renon- 
çaient, en 1236, à toutes leurs prétentions sur ce 
lieu, ne tardèrent pas, d'ailleurs, à se glisser entre 
les abbés et les seigneurs de Curemonte. Je vois, 
en effet, que, dans le même temps où ceux-ci 
reconnaissaient les droits de l'abbé Pierre eu pré- 
sence du lieutenant du sénéchal du roi de France 
en Limousin, le vicomte prêtait hommage pour 
le château et la châtellenie entre les mains de 
Gérard de Montibus, prieur conventuel délégué 
par le même abbé, et que, le 22 juin 1280, cet 
hommage fut renouvelé avec engagement par le 
vicomte d'obliger les seigneurs de Curemonte à 
respecter les droits de l'abbé (2). 



(1) Jdstbl, Preuves, p. il. Baluzius, Hisl. Tut., p. 160, 

(2) Arch. nat. Rt 4S6. 



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V. — Baluze cite cet hommage prêté par Rai- 
mond IV entre les mains de Raymond VII, comte 
de Toulouse, comme une preuve de l'inconsistance 
des vicomtes de Turenne(i). Des lettres de saint 
Louis, du mois de septembre 1229, les avaient en 
effet rendu vassaux immédiats de la couronne (2), et 
ils avaient d'ailleurs profité de la guerre contre les 
Albigeois pour faire passer, dès 1217, leurs posses- 
sions du Quercy dans la mouvance du Roi(3); ils 
pouvaient donc se dispenser de reconnaître le comte 
de Toulouse comme suzerain, et si Raymond IV 
lui rendit des devoirs de vassal, ce fut assurément 
parce qu'il y trouvait de sérieux avantages. Ray- 
mond VII, comme l'a fait remarquer M. Boutaric, 
à la suite du traité du 12 avril 1229, qui attribua à 
la royauté une partie du Languedoc, travailla avec 
ardeur à étendre son autorité dans les provinces 
qui lui avaient été laissées, en particulier dans le 
Quercy. II acheta sans doute l'hommage du vicomte 
de Turenne. On remarquera le soin avec lequel il 
est spécifié que celui-ci et ses prédécesseurs ont 
toujours tenu les fiefs mentionnés dans cet acte 
du 12 août 1236, des comtes de Toulouse, et sur- 
tout qu'ils ne les ont pas reçus de Philippe Auguste 
ou d'autres rois de France, ni des comtes de 
Montfort. 

VI. — Les débuts du vicomte Raymond VI pa- 
raissent avoir été fort difficiles. Il discuta d'abord 



(1) Hist Tutel., p 

(2) JusTEL, Preuves, p. 43. 

(3) BoLTTARiu, Saint Louis el Alfonae de Poiliers, p. ( 



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-313 — 

avec les habitants de Martel au sujet du consulat 
et de la baillie ou prévôté de la ville, et finit 
par leur accorder, à la demande de saint Louis et 
de sa mère, au mois d'avril 1247, le droit d'établir 
librement les consuls qui les gouverneront (libère 
constitîtendi consules. . . per quos gubementur)^ 
à charge, pour les consuls entrant en fonctions, 
de prêter serment entre les mains de son bayle(l). 
Quelques mois plus tard, il empruntait d'eux dix 
mille sous raymondins de Turenne, et pour ga- 
rantir le remboursement de cette somme, leur 
donnait en gage la baillie de la ville, ses revenus 
et produits et une série de droits seigneuriaux 
dont rénumération est intéressante. 

L'original de ce document est encore muni du 
sceau pendant de Raymond VI ; c'est un fort beau 
type de charte de cette époque. M- le contre-amiral 
comte de Marquessac, à qui il appartient, a bien 
voulu permettre à la Société scientifique, histo- 
rique et archéologique de Brive de le faire re- 
produire par la photogravure. Le sceau a été des- 
siné par M. Hupin. 

VII, VIII et IX. — L'emprunt fait à la ville de 
Martel, au mois de juillet 1247, par Raymond VI, 
avait peut-être pour objet l'équipement et l'entre- 
tien des « trente hommes d'armes à cheval » qu'il 
fournit à saint Louis pour la croisade. En 1251, 
le vicomte se disposait à partir lui-même pour 
les pays d'outre-mer; mais il avait sur les bras 

(t) JuflTEi., Preuves, p. 53. 



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— 314 - 

plusieurs affaires délicates qu'il voulut régler avant 
de s'éloigner. Aimeric de Malemort, évêque de Li- 
moges, qui avait prononcé contre lui, au profit 
de l'abbé de Tulle, de Bertrande de Malemort et 
d'autres personnages, diverses sentences par dé- 
faut, chargea Guillaume, chanoine et chapelain de 
Saint-Junien, de l'absoudre de ces sentences après 
avoir entendu les intéressés. 

C'étaient là toutefois des questions secondaires 
auprès des difficultés soulevées par Hélis de Tu- 
renne, ftUe unique de Raymond IV et femme 
d'Élie Rudel, qui disputait à notre vicomte la pos- 
session, même de la vicomte. L'affaire avait été 
portée devant la Cour du Roi, c'est-à-dire devant 
le Parlement, alors placé sous la direction de la 
reine Blanche, régente en l'absence de son fils; 
mais comme elle traînait sans doute en longueur, 
les parties, qui étaient pressées d'en finir, eiu'ent 
recours à des arbitres. Justel a imprimé (1) le 
texte du règlement arrêté par ceux-ci et certifié 
par la régente avec des réserves au sujet des 
droits du Roi; je donne une pièce, rédigée le 
même jour, et où Élie Rudel et Hélis de Tu- 
renne, traitant directement avec leur cousin, énu- 
mèrent les possessions qu'ils lui abandonnent. 

Il semble que l'amour- propre de Raymond VI 
n'avait pas été complètement ménagé dans le 
cours de ce procès. Le détail des faits nous 
échappe, et nous en sommes réduits à nous de- 



(1) Preuves, p. 52, 



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mander quelles pouvaient être les raisons qui 
avaient motivé, vers cette époque, la saisie du 
château de Turenne par les gens du Roi. Cette 
saisie nous est révélée par une charte du mois de 
novembre 1251, publiée sous le n° IX, où le vi- 
comte s'engage à faire jurer par ses hommes fidé- 
lité au roi de France avant qu'on lui rende le 
château de Turenne; elle durait encore deux ans 
plus tard, puisque Raymond, par un acte daté 
de juillet 1253, du camp devant Sidon, renouvela 
cet engagement absolument dans les mêmes ter- 
mes (1). Il est à remarquer que Matfre de Cas- 
telnau avait dû faire une promesse du même 
genre, au mois de décembre 1251, relativement 
à son château de Gastelnau (2). 

X. — Encouragées par l'exemple d'Hélis de Tu- 
renne, qui était parvenue à se faire tailler un 
riche héritage dans la vicomte, les deux filles 
de Boson III, frère de Raymond IV, réclamèrent 
aussi leur part des biens qu'avait possédés leur 
père. Elles se nommaient Marguerite et Dauphine 
et avaient épousé, la première, Bernard, vicomte 
de Gomborn, et la seconde, d'après Justel, Ray- 
mond de Roquefeuil. Leurs prétentions pouvaient 
paraître mieux fondées que celles d'Hélis si, 
comme on l'a prétendu, Boson III était bien le 
fils aine de Raymond III. En 1256, époque où 
il fut statué sur leur demande, la part d'Hélis 



(I) Arch. nat., J. 622, n* 26. Jubtbl, preuves, p. 55. 
(!) Ibid., J. 400, n* 46. 



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était passée à Marguerite de Bergerac, sa fille, 
mariée à Reynaud de Pons, et il semble qu'elles 
la réclamaient en entier (quam partent dicte 
Margareta et Dalfina dicebant ad se, jure 
hereditario, pertiriere). 

Comme dans le premier cas, il y eut interven- 
tion du pouvoir royal. Justel a publié des lettres 
de saint Louis, du mois d'août 1256, réglant la 
question ; je donne le texte d'un accord passé 
directement entre les parties, à la même date, 
accord renfermant plusieurs clauses qui ne ae re- 
trouvent pas dans les lettres du Roi. 

XI. — 11 s'agit, dans le document publié sous 
ce numéro, d'un simple acensement. Dotval, ou 
d'Otval, devait être situé dans le voisinage de 
Mascheix. Il m'a été impossible de l'identifier avec 
un nom de lieu moderne. On remarquera que 
Humbert de Dotval avait perdu, en prenant l'habit 
monacai, les droits qu'il possédait sur ce manse 
lorsqu'il n'était que prêtre. 

XII. — Cette promesse du cellérier et du cham- 
brier du monastère de Tulle de travailler, dans 
la mesure de leurs forces, au bien et profit du 
vicomte de Turenne et spécialement de faire en 
sorte qu'il n'éprouve aucun dommage au sujet du 
château de Gimel, se rattache probablement à 
l'expédition dirigée, à cette époque, contre ce 
château, par le sénéchal du roi d'Angleterre en 
Limousin. J'ai signalé ces faits dans mon étude 



DiqmzcdbyGoOgle . 



sur Gimel et Sédièresii); il n'y a pas lieu d'in- 
sister. 

XIII. — Il s'agit encore ici d'un acensement. 
Les biens acensés se composent des deux manses 
de Narsa, ou de Narsau, et de celui de la Rogerie ; 
ils sont situés dans la paroisse de Végennes, sur 
le chemin qui conduit de Puy-d'Arnac à Queyssac, 
et sont donnés moyennant une redevance annuelle 
de six livres moins cinq sols, un droit d'acapte 
de cinq sols, dû à chaque changement de sei- 
gneur et de tenancier, et un droit d'entrage ou 
de prim-acapte de trois cent cinquante sols. Cet 
acensement est fait en faveur de deux damoiseaux 
se nommant Bernard Beaudoin et Bernard de Saint* 
Hilaire. 

XIV. — Ces lettres du sénéchal de Périgord et 
Quercy au Bayle de Brive se rattachent aux privi- 
lèges de ta vicomte de Turenne. Elles avaient été 
motivées par d'autres lettres de Philippe le Bel, 
du mois de mars 1293, qui ont été publiées par 
Justel (2). 

XV. — Autier de Jo laissa ses biens, lorsqu'il 
mourut, à Béatrix, sa femme, et à Géraud, son 
fils. Celui-d se fit moine et, d'accord avec sa 
mère lorsqu'elle était aussi sur le point de mou- 
rir, il donna à l'abbaye de Saint-Gèraud d'Aurillac 



(I) Bull, de la Sociilé scient., hi»l. el arch. de lu Corréze. t. V, 
p. 33 et suiv. 
(3) Preuves, p. 65. 



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— 318 — 

et au prieuré d'Auriac, dont il était prieur, tout 
son héritage, c'est-à-dire le repaire de Jo et les 
domaines et droits en dépendant. Il avait malheu- 
reusement oublié de faire hommage au vicomte 
de Turenne, et s'était exposé par là aux inconvé- 
nients d'une saisie féodale qui entraîna la perte, 
pour l'abbaye de Saint-Géraud d'Aurillac, de la 
meilleure part des biens donnés. On transigea, et 
c'est le texte de cette transaction que j'imprime 
sous le n° XIV. Les nombreux témoins figurant 
dans ce document contribuent à le rendre très 
intéressant pour l'histoire locale. 

Jo, aujourd'hui Job, est un village important de 
la commune d'Auriac. ■ 

XVI et XVII. — Les testaments de Raymond 
Roger, comte de Beaufort et vicomte de Turenne, 
et d'Antoinette, sa fille, femme du maréchal de 
■ Boucicaut, sont inédits, car on ne doit pas tenir 
compte des très courts extraits que Justel en a 
donnés (1). Je les imprime d'après une copie due 
à l'obligeance de M, le marquis de Turenne- 
d'Aynac et prise sur une expédition faite, au siè- 
cle dernier, sur un registre de la Chambre des 
comptes. Les originaux; sont perdus depuis long- 
temps et le registre lui-même, qui devrait se 
trouver aux Archives nationales, a été vainement 
recherché par M. de Lasteyrie. Il existe, il est 
vrai, dans le fond principal de la vicomte de 
Turenne, une copie du xv' siècle du testament 

(1) Preuves, p. 134 et 139. 



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— 319 — 

d'Antoinette; mais, quant au testament de Ray- 
mond, on n'en connaît aucune copie autre que 
celle de M. le marquis de Turenne. 

Ce dernier document est écrit en langue d'oc; 
il semble avoir passé deus ou trois fois sous la 
plume de copistes ne comprenant pas un mot de 
ce qu'ils transcrivaient, aussi a-t-il été défiguré 
à un tel point que certains passages sont devenus 
absolument inintelligibles. 

Je ne pouvais pas, dans les conditions où je 
me trouve pla.é et en étant réduit à la seule 
copie moderne qui nous reste et aus fragments 
imprimés sans beaucoup de soin par Justel, son- 
ger à rétablir scrupuleusement le texte primitif. 
Il était évident que les copistes avaient modifié 
l'orthographe et francisé la forme des mots dont 
le sens était facile à saisir. Convenait-il de cher- 
cher à rendre au document sa physionomie pre- 
mière? je ne l'ai pas cru. Il importait surtout, à 
mon avis, de donner un texte à peu près clair, et 
c'est là ce que je me suis efforcé de faire, sans 
m'inquiéter des altérations grammaticales qui se 
rencontraient à chaque ligne. J'ai travaillé pour 
l'historien et non pour le pfiilologue. On pouvait 
faire beaucoup mieux, je le reconnais volontiers, 
car je suis loin d'être satisfait. 

Raymond de Beaufort, après les donations et 
fondations pieuses qui se rencontrent à cette 
époque dans tout testament de grand seigneur, 
et parmi lesquelles il suffît de relever l'établis- 
sement d'une rommunauti; de prêtres attachés h 
la chapelle de l'église Nojre-Dame de Paris où 



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devait reposer le corps du défunt à côté de celui 
de Guillaume Roger, son père, après le règle- 
ment détaillé de la pompe de ses funérailles et 
après quelques legs de min e importance faits en 
faveur de ses familiera, se hâte d'aborder la grosse 
question du transfert sur d'autres têtes de ses 
immenses possessions. 

Le véritable caractère de son testament apparaît 
alors clairement. On se trouve en face d'un acte 
de haine violente, implacable, dirigé par un père 
contre sa fille unique, Antoinette de Turenne, et 
contre son gendre, le maréchal de Boucicaut. Quels 
motifs pouvait avoir Raymond de Beaufort pour en 
vouloir si vivement aux deux époux? 11 leur re- 
proche de l'avoir dépouillé du comté de Beaufort 
à l'aide de fausses lettres scellées du sceau de 
Guillaume Roger, et les accuse d'avoir fait mou- 
rir celui-ci de chagrin et même d'avoir hâté sa 
mort par le poison. Il prétend, pour ce qui le 
concerne personnellement, que Boucicaut avait 
tenté de le faire prendre et assassiner par des 
hommes d'armes, au mépris des sauf-conduite du 
Roi, lorsqu'il allait prendre possession du comté 
de Beaufort. 11 ajoute que son gendre essaya à 
plusieurs reprises de le faire empoisonner par les 
nommés Petit-Jean de Lissa", Jean de Lonhal et 
autres, et après avoir énoncé tous ces griefs, plus 
que suffisants, dit-il, pour justifier une e-;héré- 
dation, il enjoint à ses héritiers de poursuivre 
devant toutes les juridictions du royaume la pu- 
nition de ces tentatives criminelles. 

Toutes ces accusations étaient-elles justifiées? 



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— 3îl - 

j'ai peine à le croire. Je préfère supposer que 
Raymond avait d'autres raisons qu'il n'avoue pas 
pour renier celle qui « se disait » sa fille, et pour 
lui refuser toute part dans sa succession. On sait 
qu'il s'était fait un peu tirer l'oreille lorsqu'il fut 
question de la marier avej Boucicaut, et que le 
Roi, qui s'intéressait à ce mariage, avait dû lui 
promettre, en retour de son consentement, cer- 
tains avantages dans la baronnie de Baux (1). 
L'auteur de la chronique de Charles Vl, connue 
sous le- nom de Chronique du religieux de 
Saint-Denis (2)^ dit que Raymond de Turenne 
encouriit, à cette occasion, la disgrâce de la reine 
de Naples, duchesse d'Anjou, et telle de Clé- 
ment VII, pour avoir disposé, contre leur vœu, 
de la main de sa fille, qu'ils lui avaient de- 
mandée pour Charles de Tarente, fils de cette 
princesse. Boucicaut avait épousé Antoinette pen- 
dant les négociations. 

Quels que soient d'ailleurs les motifs qui fai- 
saient agir ce père irrité, il faut reconnaître qu'il 
ne néglige rien pour assurer la satisfaction de ses 
rancunes. Il commence par créer à son gendre et 
à sa fille un puissant ennemi, en léguant au duc 
d'Orléans le comté de Beaufort-en- Vallée, tous ses 
biens situés dans les comtés de Provence et de 
Forcalquier, et en imposant à celui-ci l'obligation 
de soutenir, avec peine de déchéance en cas de 



(1) JusTEL, preuves. 

(2) Publ. par Bellaguet dans la coll. des Doc, inédits, i 



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transaction, toutes les dispositions contenues dans 
son testament. Le duc devra faire en sorte que 
Bbucicaut et sa femme ne retirent de l'héritage de 
leur père ni un denier, ni un seul pied de terre. 

Raymond n'oublie pas de rappeler qu'Antoinette 
et Boucicaud, lors de leur mariage, ont renoncé à 
tous les biens paternels et maternels moyennant 
l'abandon qui leur fut fait du comté d'Âlais, des 
baronnies d'Ânduze,. de Portes et d'autres sei- 
gneuries situées dans la sénéchaussée de Beau- 
caire. C'était là, dit-il, le plus beau partage que 
jamais femme du royaume de France ait eu en 
se mariant, donné que le mari n'était pas de bien 
haut lignage et qu'il ne possédait pas deux cents 
livres de rente. 

Tout ceci est délayé et répété sous plusieurs 
formes; mais autant Raymond est dur pour sa 
fille légitime, autant il se montre large à l'égard 
de ses enfants naturels. Il énumère, dans cet acte 
de dernières volontés, quatre fils et deux filles nés 
hors de mariage, et il assigne à chacun d'eux une 
part plus qu'honnête sur ses biens. Il nomme 
aussi une certaine Âliotte Solerande, qui lui tient 
par des liens qu'il n'indique pas, et à qui il 
accorde la jouissance de deux châteaux, à condi- 
tion de vivre chastement sans se marier. Il dé- 
signe enfin pour son héritière sa très chère sœur, 
Éléonore de Beaufort, et lui substitue ses fils na- 
turels en cas de décès. 

Je n'essayerai pas, manquant des instruments 
de travail les plus indispensables, de résoudre les 
questions historiques que soulève ce testament, et 



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de rechercher la suite que reçurent les dispo- 
sitions qu'il contient. Il est d'ailleurs certain, 
contrairement k ce qu'ont dit les auteurs de VArt 
de vérifier les dates, que Raymond ne se noya 
pas près de Tarascon, en 1400, mais que l'époque 
de sa mort doit être, au contraire, retardée de 
plusieurs années. 11 survécut même au duc d'Or- 
léans, assassiné en 1407. 

Le testament d'Antoinette de Turenne, si celui 
de son père est un acte de haine, est, par un 
contraste curieux, un acte tout rempli de tendres 
sentiments. La fille de Raymond de Beaufort n'a- 
vait eu, de son mariage avec Boucicaut, qu'un fils 
nommé Jean, comme son père, et qui mourut 
avant 1413 et fut enterré dans l'église Saint- 
Nicolas de Pertuis. Privée de descendance, elle 
donne la jouissance de tous ses biens à son mari. 

Il est vrai qu'on a prétendu que cette donation 
n'était pas complètement volontaire. On est même 
allé jusqu'à dire que Boucicaut, qui était d'un 
caractère violent (1), dominait complètement sa 
femme et ne se gênait pas pour la maltraiter. Il 
est, dit-on, des femmes qui aiment à être battues; 
Antoinette était peut-être de celles-là. Elle avait 
d'ailleurs épousé le maréchal par amour. Ajoutons 
que les dispositions prises en faveur de celui-ci 
dans ce testament avaient été fixées d'avance par 
une donation entre-vifs. 



(1) Boucicaut, d'après le religieux de Saint-Dctiia, était un homme 
do petite taille, mais fort et robuste; il était réaulu, mais emporté; 
actif, maia impétueux, et ne savait garder aucune me^urg daus sa 
colère. (Ouv. cité, t. 11, p. 549.) 



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La série des legs pieux est intéressante. Antoi- 
nette fait élection de sépulture à Saint-Martin de 
Tours, dans une chapelle où Boucicaut avait de- 
mandé à être lui-même enterré. On sait que le 
célèbre homme de guerre, fait prisonnier à la ha- 
taille d'Azincourt, mourut en Angleterre en 1421. 

XVI. — Antoinette de Turenne, d'après Justel, 
ne mourut qu'en 1416. A la fin du mois de 
février de l'année précédente, elle était à Brive, 
avec son mari, et y recevait l'hommage de Rey- 
naud de Lissac, coseigneur dudît Lissac, pour tous 
les biens que celui-ci possédait dans les paroisses 
de Lissac et de Jugeais, dans la châtellenie de 
Coiisage et dans d'autres lieux de la vicomte. Les 
formes de cet hommage, longuement rapportées, 
sont assez curieuses; mais c'çst surtout dans le 
dénombrement, ou nommée, qui fut fourni deux 
mois plus tard par le vassal, qu'on recueillera des 
renseignements utiles pour l'histoire de plusieurs 
localités du voisinage de Brive. 

XVII. — On ne sait pas grand'chose, pour ne pas 
dire rien, des états de la vicomte de Turenne; sous 
ce numéro se place une pièce importante pour leur 
histoire. Les députés de ces états s'engagent, au 
nom des manants et habitants de ladite vimmté, 
au cas où ils seraient déclarés eempts des tailles 
et subsides royaux, à payer au vicomte de Turenne 
une somme fixe de dix mille écus sol et une con- 
tribution annuelle de mille écus. 

XVIII. — Je termine par des extraits de la Ga- 



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zelte de France se rapportant aux troubles sqscités 
par la Fronde dans ce pays. Ces faits étaient peut- 
être suffisamment connus; mais ils se présentent 
ici sous une forme montrant que l'antagonisme 
entre Tulle et Brive remonte bien haut et qu'il a 
toujours été profond. Les habitants de Tulle, en 
effet, dans des circonstances où les consciences 
pouvaient être troublées et hésitantes, ne se con- 
tentent pas de protester de leur fidélité envers le 
Roi; ils dénoncent la conduite de leurs voisins 
de Brive, qui n'avaient pas su fermer leurs portes 
au duc de Bouillon. 



CONFIRMATION, PAR RAYMOND, VICOMTE DE TURENNE, 
DE DONATIONS FAITES A l' ABBAYE LAÏQUE DE BEAU- 
LIEU PAR SON PÈRE ET PAR BERNARD DE CA5TELNAU, 
SON AÏEUL, ET CONCESSION d'uNE REDEVANCE POUR 
LE CAS OU IL SERAIT BATTU MONNAIE A BEAULIEU, OU 
AILLEURS. 

Noverint présentes el futuri quod dominus R., vice- 
cornes Turenne, ad recognitioDem et voluntatem domine 
Heliz, vice-comitisse de Turenna, matris sue, in quam 
ipse et eccleaia Belliloci super hoc facto se compromi- 
serant, voluit et precepit servientibus suis ut annuatim 
X (ce chiffre a été surchargé) solidos quos dominus R., 
pater suus, in abbatia laicali ecclesie Belliloci legaverat, 
pacîflce et sine omni contradictione persolvant, et unum 
modiumvini quem avus suus, B. de C^stro-Novo, in eadem 



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— 326 — 

abbatia dicte ecclesie legavit. Preterea voluit et posteris 
Buia reddi constiluit, ut ubicumque moneta fleret, in festo 
sancti Andrée annuatim xz solidos dominus abbas dicte 
domus de jure vicecomitia haberet. Si vero apud Bellum- 
locum fleret, decimam juris vicecomitalis possideret. Et 
hoc idem pater suus apud Figiacum, Jherosoliiuam profec- 
tuniB, Humberto abbati recognovit. El ut flrmius hoc 
pactum sive transactio teneatur, banc cartam suo sigillo 
fecit premuniri. Testes sunt R., decanus Soliacenaiall); 
B. Folcoalz, monacho; W. de Chastraarz, monacbo; W. 
Desparro, mouacho; Gui., de Pestel, monacho; V. de Pia- 
ula (2), monacho; P. de Besaa; A. de Be83a{3); G, de 
Rluhac; G. de Cornill; W. Garia; B. Maeatre; P. Dallac, 
monacho; S. Mag..., et plures alii, anno Domini M" CC* 
XIIII". Actum hoc in capitule Belliloci. 

(Orig. sur parchemin, autrefoia scellé sur double queue. 
— Arch. nal. K. 1180.) 

II 

SENTENCE ARBITRALE RENDUE PAR BERNARD DE VEN- 
TADOUR, ABBÉ DE TULLE, ENTRE RAYMOND, VICOMTE 
DE TUBENNE, ET MATFRE DE CASTELNAU, AU SUJET 
DU CHATEAU DE CASTELNAU. 

12 juin 1219. 

B. Del gratia, Tulellenais abbas et miniater ecclesie 
béate Marie de Rocamador, omnibus ad quoa présentes 
littere pei-venerint salutem in vero salutari. Scire volumua 



(I) Souillac. 

(ï) De Plas. 

(3j Raymond, dit le père B. de Saint-Amable, donna à Raoul de 
Boase et aux enfanta d'Aimard, son frère, l'honneur et le privilège 
de chevalerie, et affranchit leurs terres de toutes tailles et autres 
charges [Annales, p. MO). Juste! a imprime le tente de cette con- 
cession (Preuves, p. 39X 



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— 327 — 

UDiversos tjaoA pro guerelis quas babebat nobilis vir 
R., Turenne vicecomes, super jure et homagio Castri 
Novi adversus Matfredum de Castro Novo, et super redda 
^uadem castri, et aliis rébus, de conseasu et voluotate 
utriusque partis, controversia in hune modmn per nos 
determinata est : videlicet qiiod Matfredus faceret homa- 
gium et fidelitatem predicto vicecomiti, ut domiQO, super 
illis rébus et eodem modo quo B. de Castro Novo, pater 
predictl Matfredi, domino R. booe memorie, pater pre- 
dicli vicecomilia, dinoscitur fecisse; quod statim, sub pre- 
sentia nostra et multorum aliorum viroruni, factum fuit. 
Super redda vero Castri Novi, quam vicecomes asserebat 
ad se pertinere (Matfredus vero negabat), dictimi fuit a 
nobis quod causa ista in manu nostra et Auslorgii de 
Aureliaco (!) remaneret, et vicecomit* redeunte per Dei 
gratiam de partibus uUramarinis, per nos vel per alios a 
nobis constitutos si aliquid nobis humanitus contingeret, 
sine uUo subterfugio determinaretur. Se autem ita prose- 
cuturum in manu nostra Matfredus, data ûde, juravit et 
decem alios milites iu manu nostra Ûrmatos et ostagia 
vicecomitis observaturos, si contra premissa venirel, do- 
navit. Nomina eorum sunt bec : P. de Bosco; Guibertus 
de Bosco; G. de Cabra; B. de Durban; Hugo de Faia; 
Bertrans Garners; B. la Vaicha; n Amels; P. de la 
Folbola. Hanc vero pacem et compositionem sicut pre- 
dictum est fecimus si domino Ludovico, domini régis 
Francorum primogenito, in cujus manu, de mandato 
patris sui, causa presens vertebatur, placuerit et volun- 
tatem suam prebuerit et [con]seosum. Hoc autem factum 
fuit crastina die post festum beati Barnabei, sub pre- 
sentia et t«sti&catione R., decaai Soliacensis; P. de Bessa: 
P. [Chati]er; B. de Cornilh; GauEfredi Morcel; R. Aimar 
W. Amio; Hebl de Curamonta; R. de Curamonta: 



(1) Cet AuBlorge d'Aurillac At hommage à Raymond VII, comte 
de Toulouse, en 12J6, en même temps que le vicomte Baymond IV 
(Voir Doc. n- V). 



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Ar. de Gors; Ar. de Bou[villa] Gaus. de Ventedorn; 

H. Faidit; Gui. Folcoal; W. Robert Rai. de Doma; 

NaiU de Clarens; B. del Castainh; P. Pel [et m]ul- 

torum aliorum, anno incarnati Verbi M° CC" XYIIII". [Ad. 
majorem] vero supradictorum firmilatem sigillo nostro et 
dilectj D03tri R. [Turenne] presentem pagînam fecimus 
premuniri, 

(Orig., parch,, autrefois scellé de deux sceaux. Uh coin 
de la pièce a été enlevé avec l'un des sceaux. — Arch. 
nat., K. 1179.) 

III et W 

RESTITUTION, PAR RAYMOND, VICOMTE DE TURENNE, A 
l'abbé de SOLIGNAC ET AUX SEIGNEURS DE CURE- 
MONTE, DE LA SEIGNEURIE DU CHATEAU DE CURE- 
MONTE ET DE DROITS SUR LEDIT CHATEAU DONT IL 
LES AVAIT INJUSTEMENT DÉPOUILLÉS. — DECLARA- 
TION DE PIERRE, ABBÉ DE SOLIGNAC, ET DES SEI- 
GNEURS DE CUREMONTE, REÇUE PAR LE LIEUTENANT 
DU SÉNÉCHAL DU BOl DE FRANCE EN LIMOUSIN, PÉRI- 
GORD ET QUERCY, PORTANT QUE LES CHATEAUX DE 
CUREMONTE SONT SITUÉS DANS LA TERRE DE l' AB- 
BAYE DE SOLIGNAC ET QU'lLS RELEVENT DE LADITE 
ABBAYE. 

1236 et ik septembre 1258. 

Raymundus, vicecomes Turenne. omnibus [Ghristi] âde- 
libus présentes litteras inspecturis salutem in Domino. 
Cum nos et predecessores nostrl maie et injuste spolia- 
veramus abbatem de Soulounhac et predecessores suos, el 
, dominos de Curamonto de dominio et jure quod dtcli 
abbas et domini de Curamonto habebant vel habere debent 
in Castro de Curamonto, honore et districtu, et adhuc 
detineamus spoliatos injuste, nos anime nostre saluti 
providere voleiit«s, de coDsilio fralrum Predicatorum et 



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— 329 — 

Hinorum, et jurisperitonim, dîcto abbati et domino de 
Guramonto dictum castrum de Curamonto plene resti- 
tuimus cum onini jure et dominio, honore et districtu 
dicli castri, nihil juris vel dominii nobis vel heredibus 
nostris in dîcto caalro relinentes, bonore vel diatrictu 
castri supradicti, devestientes nos de predicto Castro et 
investientes cum presentibus litteris dictos abbatem et 
dominoa de Castro memorato, cum bonore et districtu 
castri memorati, ita quod dicti domini de Curamonto 
semper tenebunt castrum de Curamonto ab abbate de 
Soulounhac cum nos invenïremus et nobis consisteret 
dictum castrum esse de fundo abbatis memorati. In 
cujus rei testîmonium présentes litteras sigillo nostro 
sîgillatas memorato abbati et succes&oribus suis duximus 
concedendas. Datum et actum anno Domini millesimo 
ducentesimo tricesimo sexto. 

Universis présentes litteras inspecturis, Martinus Senho- 
ria, Ticegerens domini Aymerici de Danes, ex parte régis 
Francie in Lemoviceosi, Caturcensi et Petragorîcensi dio- 
cesibus senescalli, salutem in Domino. Noveritis quod cum 
P., pro tempore venerabilis abbas Solomniacensis, impe- 
teret Lemovicum coram uobis, a voluntate dicti senes- 
calli, [contra] Raymundum, Astorgium et Eustorgium de 
Curamonto, milites, et Eleliam de Vayrac, archipresbiterum 
de Ginhac, et Johannem de Curamonto, domicellum, do- 
minos castrorum de Curamonto, super hoc quod petebat 
idem abbas ab ipsis dominis coram nobis sibi âeri hom- 
magium eo quod dicta castra erant et movebant de feudo 
et dominio ipsius abbatis et monasterii Solonhacensis, lite 
super hoc contestata et juramento de calomnia hiuc inde 
prestito, posuit scindicus dicti domini abbatis juramentum 
suum quod dicta castra erant et movebant de feudo et 
dominio ipsius abbatis et monasterii Solonhiacensis, et 
quod quidquid ipsi domini habebant et tenebant in cas- 
tellania dictorum castrorum, quod non habebant de alio 
domino, sed debebant habere et tenere ipsi domini in 
feudum ab ipsis monasterio et abbate, et facere ei abbati 



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— 330 — 

hommagium pro premlssis. Dicti vero domini, per jura- 
meotum suum singulatim, recogooveruDt coram nobis quod 
dicta castra erant sita in terra ipsorum mouasterii et 
abbatis et quod beoe credebaot qiiod dicta castra sunt et 
movent de feudo et dominio ipaorum monasterii et abba- 
tis, et dicta castra et quidquid ipgi domiai habent in 
dicta castellania, quod non tenent nec habent ab alio 
domino, debent tenere et habere ab ipsis monasterio et 
abbate; sed dîxenint quod ipsi nunquam fecerunt -néo 
viderunt Seri homagimn dicto abbati, seu suis prcdeces- 
soribus, pro premisis, sed bene credunt qiiod ipsi debebant 
facere homagium eisdem abbati et predecessoribus pro 
premissis et reddere dicta castra. In cujus rei teslimonium 
sigillum nostrum presentibus duximus apponendum. Ac- 
tiuu octavo decimo kalendas octobris, anno Domini mille- 
simo ducentesimo quinquagesimo octavo. 
(Copie du xvni' siècle. — Arch. nat. R', 466.) 



HOMMAGE DE RAYMOND, VICOMTE DE TURENNE, 
A RAIMOND, COMTE DE T0UL0U8E. 

12 août 1236. 

Noverint univerei, présentes pariler et futuri, quod 
ego R., vicecomes Turene, con&teor et in veritate cum 
hac scriptura public» recognosco vobis domino R., Dei 
gratia comiti Tolosano, marchioni Provencie, quod ante- 
cesaores mei tenuerunt in feudum ab antecessoribus ves- 
tris, et egomet tenui a pâtre vestro et a vobia in feudum, 
castrum quod dicitur Matfredi (1), situm prope Humen 
Dordonhe, cum pertinenciis suis, et vicecomitatum de 
Brassaco cum pertinentiis suis, et castrum de Salinhaco 



(I) Il s'agit là sans doute àa chftteau de Gastelnau, possédé alors 
par Matfre de Gastelnau. 



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— 331 — 

cum pertinentiis suis. Et conflteor la veritate quod pre- 
dicta feuda, vel aliquem [sic] de predictiB feudis, non 
recepi a rege Phylippo, vel aUia regihus Francie, vel a 
comitibus Hontiafortia, nec alb alîquo alio homine; nec 
antecesBores mei a rege vel regibus, comité vel comi- 
tibus, predicta feuda vel aliqua de predictis in feudum 
receperunt, niai ab antecessoribus vestris taotum, aicut 
superiuB est notatum. Pro predictis omuibus feudis et pro 
aliia de quibus aliquo tempore probare poteritîs, vos vel 
successores vestri, vel ego vel successores mei poterimus 
reperire, per instrumenta vel per dicta bonorum virorum, 
aatecessoi'es meos vel me ipsum in feudum tenuisse a 
Tobis vel antecessoribus vestris, facio vobis domino comiti 
homagium ligium, et promitto Tobis onmem fldelitatem 
quam fldelis vassallus débet suo domino prestare, et gene- 
raliter omnia que vassallus suo tenetur domino exhibere; 
et juramentum Ûdelitatis et homagii vobis facio per Deum 
et per sancta Euvangelia que manibus meie tango, et ad 
idem faciendum omnes successores meos vobis et succes- 
soribus vestris obligo in eternum. 

Et nos Ralmundus, Dei gratia cornes Tolose, marchio 
proviucie, recipientes homagium, et Qdelitatem et jura- 
mentum a vobis R., vicecomite Turene, sicut superius 
est expressum, promittimus vobis, per nos et successores 
nostros, quod erimus vobis et successoribue vestris boni 
domini et Qdeles, et de hoc in bona Qde nostra vos 
recipimus, dato super hoc osculo et a vobis recepto, 
super predictis omnibus observandis. Et ut hec universa 
et singula perpetuam obtineant ârmitatem, nos R., Dei 
gratia comes Tolose, marchio Provincie, et R., vicecomes 
Turene, antedicti, présentera cartam sigillomm nostrorum 
munimine fecimus roborari, Actum est hoc Tolose, in 
condamina comitali, in tentorio domini comiUs predicti, 
ir idus augusti, anno Dominice incamationis M' CG* 
XXX' sexto, in preseotia nobilîum virorum Rogeril Ber- 
nardi, comitis Fuxi, et Bemardi, comitis Gonvenarum, 
et Rogerii ConveuanuD, comitis de Palhars, et Bemardi 



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— 332 — 

Otonis, domini Lauriaci, et Rogerii de Fuxo, et Ber- 
trandi, fratris dicti comilis, et Sicardi de Mootealto, et 
Poncii de Villanava, seoeschalli Tolosaoi, et Arnaldi Ba- 
rasc, et Pétri Martini de Castronovo, et Guillemi de 
Barreria, et Poncii Grimoardî, et Bernardi Aimerici, 
piibUci Tolose notarii, qui, mandato domini comitis et 
vicecomitis, cartam istam scripait et sigillavit. 

(Orig., parch., scellé de deux sceaux en cire blanche. 
— Arch. nat., J. 316; Layettes du Trésor des chartes, t. II, 
p. 323.) 

VI 

EMPRUNT, PAR RAYMOND VI, VICOMTE DE TURENNE, 
DES CONSULS ET DE LA COMMUNAUTÉ DE LA VILLE 
DE MABTELj DE DIX MILLE SOUS RAYMONDINS DE 
TURENNE, AVEC HYPOTHÈQUE SUR LES DROITS SEI- 
GNEURIAUX DUS A MARTEL. 

17 juuut im. 

Anoo Verbi incarnat! milleaimo ducentesimo quadra- 
. gesimo septimo, sexto decimo kalendas augusti. Noverint 
univergi présentera paginam inspecturi, quod nos Rai- 
muDdus, vicecomea Turenne, non errantes in aliquo, nec 
inducti dolo, nec coacti aliqua vi, nec decepti ulla fraude, 
set certi de facto, et de jure instructi, scimus veriasime 
et soUempniler confltemur nos debere, de bono débite et 
legali, conaulibus et universitati seu comunitati ville Mar- 
telli decem milia solidorum bonorum marchionuin, seu 
raimundensium de Turenna, quam omnem prenominatam 
pecuniam ipsi nobis in necessitate nostra amore maximo 
mutuo tradiderunt, et nos quîdem habuimus et recepimus' 
ab eisdem, nomine mutui ad omnem voluntatem et utill- 
tatem nostram maximam, omnem eamdem prenominatam 
pecuniam intègre in pecûnia numerata. Qua de causa, ex 
noslra certa scientia, renunciamus in hoc facto exceptioiii 



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pc^fu^ fie te&a£ »af .r «flâaae «clltt Dcmtw ïïi&UD tU.j> ^ .rf» mi»ihmï tâ^ 
açeaic-EeupigiuBf(«nci&n^>d)«bià-.nJ,«paa^ tcbmaipbâ..noi;a()niimt^n>catllu»qcqb 

pjv*^ tmn R^ iBcjUit. «fit %fenA wi!poft»j»fmaw« l'nrt idly mol» We^ 
Tjot&cunrfudfcBjrtâhfli qwb«Jttat*lfe-|»«<ferîli»fcaT.,hMr i» i a ■ f - nr . «tftq^Cujrat&JwiucnintCii 

ii»a«cwi nifiIano% ^ndabJui oKtawn^ cr [«MM-. «TtMra nS unwvl^ urm CMÙ f noC ut*» 
«ha fCjmï tiofc nA i.t'n%< o^ litre- iiTdi^TWwt. fie 6euC «rf fl>M»-c. tr ^ D*^^ 

(mreuji*«acABm.ïru.w»T6j«n<Sa)tceuiA.t«pw.w>^ûmpw«eî»w^B^ 

«ct{«nrl^mi.cc-aiuiDU«cHiMctC(a»iiia*§%^^<nir/»ant^aât lnf«tt«ttt«uc1p«cnM.tr(rlTi«iuilQio 
«eajinaiiCcanCbav^c>«.«(7âltttn«f &âc ^poakcobicta3tmtflvini«&â.«vw!hol«|ci;Bo«pciâ nsitucl 
^di m td^jfonc /ïpttràk mur fif/apcnctC quo «t^^j jmm p»A utaUift ^«âai ucnm. foOtxr ahnVncufe 

FAC-SIMILE DE LA CHARTE DE RAYMOND VI 
Du 17 juillet IÎ47. 



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— 335 — 

non numérale et non recepte pecunie, et actioni et excep- 
tioni conditionia indebite, sine causa et ob causam, de 
dolo et in factum. Pro quibus supradictis decem milibus 
solidorum nos obligamus et ipotecamus, seu impiguo- 
ramus jure pignoris, pro nobis et pro nostris omnibus, 
Dostra mera et spontanea voluntate, eisdem predictis coD- 
eulibus et universitati seu comunitati dicte ville Martelli, 
et omnibus eorum, voluntariis, omnes secutiones guas 
debebant nobis, et etiam bailiam ejusdem predicte ville, 
et omnes redditus, et proventus, et exitus, et clamos seu 
clamores, et obventiones, et justicias, et quist^s, et tallias, 
et omnes petitiones, rationes et acciones reaies et perso- 
nales, et investitiones, et acaptamenta, et feodos et do- 
minia, consilia, laudunia, et omnia servitia ordinaria et 
extraordinaria, et leidas et omnia alia jura quecumque 
sint, quos et quas et que habebamus, et poteramus vel 
debebamus aut intelligebamus habere per nos vel per 
alium, jure, voce, inlelleclu, consuetudine, vel usagio aut 
dominio, vel qualibet alia ratiooe in eosdem, seu contra 
eosdem predictoa consoles, et burgenses et habitatores uni- 
versos aut singulos dicte ville Martelli, et in eadem pre- 
dicta villa cum suis pertinenciis, ab hoc scilicet instant! 
proximo festo saucti Andrée apostoli in antea, excepta 
tantummodo strata, et etiam ipsam stratam cum suis 
pertinenciis, a tempore illo in antea quo Geraldo Cassa- 
fort et Willelmo Tondut fuerit satisfactum in debilo illo 
pro quo eisdem tradidimus dictam stratam, nisi forte 
intérim satisfecerimus dictis consulibus et universitati 
seu comlinitati dicte ville Martelli in bac omni pecunia 
supradicta. Sicque volumus et concedimus, pro nobis et 
pro nostris omnibus, eisdem predictis consulibus et uni- 
versitati seu comunitati dicte ville Martelli, et omnibus 
eorum voluntariis, quod babeant, teneant, possideaot et 
explectent ad omnem volunlatem suam hec universa et 
singiila supradicta a nobis sibi obligata et ipotecata, ut 
diclum est superius, pro dicta pecunia, ab hoc scilicet 
predicto proximo instanti festo sancti Andrée in antea, 



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— 336 — 

daates et concedentes pro nobis et pro nostris omnibus 
eisdem predictis consulibug et universitati seu comunitati 
dicte ville Martelli, et cui vel quibus voluerint, plenariam 
potestatem et ticentiam percipiendi seu percipere faciendi 
per quamcumque seu per quascumque personas voluerint 
et mandaverint auclorilate sua propria, nobis et nostris 
irrequisitis et non vocatis, a dicto proximo feslo sancti 
Andrée instanti in antea, omnes et singulos redditus, et 
obveûtiones, et exitus, et prosentus et jura quicumque et 
quecumque fUeiint qui et que de hiis supradictis uni- 
versis et singulis a nobis sibi obligatis et ipotecatis a 
dicto proximo instanti festo sancti Andrée in antea esie- 
rint et provenerint, qui et que ad noa deberent spectare, 
et pertinere et provenii-e aliqua ratione vel aliquo jure, 
ad omnes suas suorumque voluutates plenarie faciendura 
quousque sibi reddiderimus intègre omnem banc pecu- 
niam supradictam, aut quousque servatis eisdem ab omni 
dampno de premissis, secum, ad voluntatem suara, compo- 
suerimus in pecunia aupradicta. De predicta vero strala 
nichil debenl percipere quousque ait satisfactum dictis 
G. Cassafort et WiUelmo Tondut in debito illo pro que 
eisdem tradidimus dictam stratam, et illud quod de Mis 
supradictis a nobis sibi obligatis et ipotecatis babuerînt, 
seu perciperint aut retinuerint, dum eadem ratione vel 
nomine dicte ipolece sue seu pignoris tenebunt et habe- 
buut, non coniputabitur eisdem in solutione debiti supra- 
dictj. Noa enim donamus totum illud quicquid sit. pro 
nqbis et pro nostris omnibus, bono animo et libenti doua- 
tione inter vivos ticta eiadem predictis consoUbus et 
universitati seu communitati dicte ville Martelli, in remu- 
nerationem multorum servitiorum que erga nos et boue 
memorie dominum Raimundum de Turenna, quondara 
patrem nostnim, aiquidem contulerunt, eisdem stipula- 
tione interposita promiltentes nos usque modo nichil 
fecisse ve) dixisae, nec deinceps nos facturas vel diciuros 
aliquod quod eisdem obesse posset in hoc facto. Hec 
autem universa et aiugula aupradicta promiltimus, pro 



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Fig, 1 =1 2. , 

SCEAU DE RAYMOND VI 



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— 339 — 

Dobis et pro uostiis omnibus, iterata stipulationc, eisdem 
prediclis consulibus, uomîne suo el nomine dicte uuivei'- 
sitalis seu comunitatis dicte ville Martelli stipulantibus. 
iii viola bililer observare et tenei'e, et contra non venire in 
parte vel in totum, per nos vel per alium, aut aliquim 
aliam personam Domine nostri vel nosti-orum, aliquo jure 
vel aliqua ratioiie, sic Deus nos adjuvet; et hec saci-o- 
saiicta Dei Ëvangelia a nobis corporaliter tacta, scienter 
et consulte, generaliter et specia-iter renunciautes sub 
eodein sacrameiito, ex nosli-a certa scieiitia hiis omnibus 
supradictis omni juri seu juribus canonico et civili, 
scripto et non scripto, et in integrum restitutiooi, et 
compeusalioni, omni ignorantie juris et facti, et omoi 
privilegio generali et speciali, et omni foro et con3ue- 
tudini et terre usui, litteris comissionis summi pontificis, 
et ipsius legali, el cujusiibet judicis oi'dinani super hiis 
aut contra predicta inpetratis aut impetrandis, et omni 
privilegio et minoris etatis benelicio, et omni juri el facto 
quod posset ohici contra instrumentum, et actioni et 
exccptioui juris vel facti, rei vel pereone, competentibus 
aut unquam competiluris, quo vel quibus contra predlcta, 
vel aliquod predictorum, venin posset aliqua ratione ; et 
ad majorem reruni predictanim fîi-mitatem habendam, 
eoncedimus eisdein prediclis consulibus, et universitati 
seu coniunitati dicte ville Martelli, prcsentem paginam 
sigilli nostri munimine roboratara. Aclum apud Mar- 
tellum, anuo el die quo supra dictum est. 

(Orig., parch-, scellé sur tresses de chanvre jaune, 
blanc et bleu, d'uD sceau â type équestre en cire blanche 
(voir figures 1 et 21. — Appartient à M. le contre-amiral 
de Marquessac.) 



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vir 

LETTRES d'aIMERIC DE MALEMORT, ÉVÉOUE DE Ll- 
MOftES, CHARGEANT LE CHAPELAIN DE SAINT-JUNIEN 
d'absoudre RAYMOND DE TURENNE, QUI ÉTAIT SUR 
LE POINT DE PARTIR POUR LA CROISADE, DE PLU- 
SIEURS SENTENCES PRONONCÉES CONTRE LUI, ET 
ORDRE, PAR LEDIT CHAPELAIN, DE CONVOQUER 
CEUX AU PROFIT DE QUI CES SENTENCES AVAIENT 
ÉTÉ PRONONCÉES. 

27 mars i25i. 

Magister Guillelmus, canonicus et capellanus Sancti- 
Juniaiii, dilectis in Chrïsto capellanis de Tuela, de Mala- 
mortc, d'Albussac, de Noalhas, de Caichac, saltitcm in 
Domino. Noveritis nos taies litleras récépissé : Ayme- 
ricus, pei-missione divina LemoviceDcis episcopus, dilecto 
guo magistro Guillemo, capellano Sancti-Juniani, salu- 
tem. Dilectus noster nobilis vir R., vicecomes de Tu- 
reuna, nobis huiniliter supplicavit ut cum sit in punctum 
itineris transmarini et propter hoc multipliciter occu- 
patus, ad nos et officialem nostnim venire non possit 
absolutionis beneflcium petiturus, eidem super hoc pro- 
videre misericorditer dignaiemur. Nos ijitur ejus suppli- 
calionibus incliuati, diacretioiii vesti-e comittimus et man- 
damuB ijuatinus dictum vicecomitem, vocatis partlbus 
adversis et refusis expensis que de jure fuerînt per- 
solvenda, juxla formam Ëcclesie absolvalis ^ senten- 
cils a Dobis, vel oSiciali nostro, pio contumacia latis in 
ipsum, assignantes parlibus diem coram offîciali nostro 
Lemovicensi, quam videritis expedira, ad procedendum 
hinc indc quantum de jure fuerit procedendum. Datum 
VI kalendas aprilis, anno Domiui M' GC° L~° primo (I). 
Hujus ijitur auctoritate mandati vobis mandamus cilare 

(I) 27 mars 12S1. 



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— 341 — 

apud Nazare coram nobis, ad diem lune post Quasimodo 
ante terciam, venerabilcm dominmn abbatem Tutellensem 
et nobilem dominara Bertrandam de Malamorte, rcUctam 
ut dicitui- domini Gauberti de Malamorte. dominum Ber- 
trandum de Sancto-Amancio, templarium, dominam Lu- 
ciam, relictam Hugonis de Noalhas, Guillelmum Eapero, 
capellanum, ut veniant visuri (?) absolutionem dicti vice- 
comitîs quantum ad sententias in eundem latas pro 
eisdem, jnxla formam mandati nobis traditi ut supra 
dictum est et recepti, alioquin absolvemus euadem. Datum 
die Parasceves, anno Domini M* CC* L"° primo. 

(Orig., parch., dans l'un des coins duquel ont été 
découpées six petites bandes. — Arch. nat., K. 1183.) 

VIII 

LETTRES d'ÉLIE RUDEL ET d'hÉLIS DE TURENNB BNU- 
MÉRANT LES POSSESSIONS QU'iLS ABANDONNENT A 
RAYMOND VI, VICOMTE DE TURENNE, ET A SES 
HÉRITIERS. 

25 juin 125i. 

Univerais présentes litteras inspecturis, Helias Rudelli 
et Aelyz, ejus ujtor, salutem in Domino. Noverint uni- 
vers! quod nos, bono anime et spontanea voluntate nostra, 
pro nobis et nostris presentibus et futuris, solvinius in 
perpetuum et quitamus nobili viro R,, Turenne yice- 
comiti, et omnibus suis heredibus et successorlbus pre- 
sentibus et fuluris : ^ 

Castrum Turenne cum omnibus pertinenciis suis, et 
bailiviis et juribus universis ad castellaniam dicli caslri 
pertinentibus. 

Item, quitamus in perpetuum eidem vicecomiti el suc- 
cessoribus et heredibus suis monetam vicecomitaLus Tu- 
renne, el jus faciendi et operandi et cudendi eandem. 

Item, quitamus eidem et successorïbus suis medietatem 
ville Martelll et pertinenciarum ejusdem ville. 



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— 342 ■^ 

Item, quitamus eîâem et successoribus suis et here- 
dibus castrum de Montevalenti cum pertinenciis suis et 
juribus universis. 

Item, quitamus eidem et succesoribus et heredibus 
suis porlum de Traetutz, sive de Montcvalenti, cum perti- 
Deuciis suis et juribus universis. 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 
suis castrum de Merindol cum pertinenciis suis et juribus 
universis. 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 
suis castrum Sancti-Sereni cum omni honore, et domi- 
nio et districtu, et pertinenciis suis et juribus universis. 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 
suis caslrum de Garnhac(l) cum pertinentiis suis et ju- 
ribus universis. 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 
suis villam Belli-Loci cum pertinentiis ^uis et juribus 
universis. 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 
suis castrum de Betut cum pertineuciis suis et juribus 
universis. 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 
suis castrum de Belalha cum pertinenciis suis et juri- 
bus universis. 

Item, quitamus eidem et? guccesBOribus et heredibus 
suis totam terram et dominium, et feuda, et homagia 
de Brivezio, quam et que habebat et haberc deliebat 
ibidem R., quondam Turenne vicecomes(2). 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 

(I) Gagnac (Loi). 

(!) Il semble acquis que les droits des Turenne sur le paya de 
Drive [Brioesium) leur furent apportés par le mariage de Ray- 
mond V avec Allemande Malemort, mère lie Raymond VI. Il n'y 
avait donc pas lieu de parler de ces droits dans cette transaction; 
mais si l'on se reporte au titre putiié par Justel, on verra qu'il 
s'agit de biens provenant de Raymond IV, père d'Hélis de Turenne 
et oncle de Raymond VI, 



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-343 — 

sois hoDugia, feuda, et dominîa ac esplegia ad dicta 
castra et villas pertinencia. * 

Item, quitamus eidem et successoribus et heredibus 
suis homagia, feuda et dominia a villa Martelli uaque 
ad civitatem Caturcensein, et usque ad civitatem Lemo- 
vicensem, et usque ad villani de Gloto8(l). 

Item, obligamus nos et uostra ad solvendam et exse- 
quendam medletatem teslamenti eive ordlnacionis R., 
quondam Tureoue vicecomilis, ad arbitrîum et volun- 
tatem venerabilium patrum, abbatis Obazine, et Helie, 
electi monasterii Sar[lateQaia]. 

Et hec omnia universa et singula aupradicta promi- 
timus aos, pro uobis et uostris, eldem vicecomitî et suo 
ceasoribus el heredibus suis, perpetuo et inviolabiliter 
servaturos, prestito super sancta Dei Euvangelia corpo- 
raliter jurameuto. In cujus rei testimoDium sigilla nostra 
presentibus dnximus apponeada. Et nos B., Dei gratia 
Fraacorum regina, ad precea et instancias nobilis viri 
Helie Rudelli et Aeliz, uxoria sue, hec predicta laudamus 
et etlam approbamua, et sigilli nostri munimine robora- 
mus. Actum apud Melodunum, anno Domiai milleaimo 
CC° L"° primo, in craatino beati Johannls-Baptiste. 

(Orig., parch., autrefoia scellé de trois sceaux. — Arch. 
nat., K. 1180.) 

IX 

ENGAGEMENT PRIS PAR RAIMOND, VICOMTE DE TU- 
RBNNE, DE FAIRE JURER PAR SES HOMMES FIDÉ- 
UTÉ AU ROI DE FRANCE AVANT Qu'ON LUI RENDE 
LE CHATEAU DE TURENNE. 

Novembre 1251. 
Ego Raimundus, vicecomes Turenne, notum facio uni- 

(1) Ëgletons (Gorrèze). L'acte publié par Juste! (preuves, p. 5Î) 
eolre dans plus de détails au sujet des chAteaux compris dajis ces 
limites. 



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-344 — 

vereis presentibus et futuris quod ego promitto quod, 
quandocumque excellenlissimus dominus meus rex, vel 
domina regina. voluerint michi redilere castrum Tu- 
renne, antequam i-eddatur michi castrum, omnes homines 
meos vicecODiitatus Turenne, mililes, burgenses et alios, 
vigiles eciam et custodes castrorum jurare faciam domino 
régi fidelitatera, talem videlicet quod nunquam ei-unl con- 
tra ipsunri, vel heredes seu successores suos; et si ego, vel 
heredes seu successores moi, per nos, vel per alios face- 
remus guerram sibi, vel heredibus seu successoribus suis, 
quod ipsi essent contra me, et heredes et successores 
meos, cum domino rege, et heredibus et successoribus 
suis. Ego eciam, et heredes et successores mei tenebimur 
jurare quod, ad magnam vim el parvam, quandocumque 
dominus rex, seu heredes vel successores sui mandave- 
rint, sibi vel alterius ipsorum mandalo certo, reddemus 
castrum Turenne, et castrum Sancti Sereni, el omnes 
alias fortericias meas, quas teueo de ipso domino rege. 
Voie eciam et coocedo quod hujusmodi juramenlum in 
posterum semper flat et renovetur aiinujilim, vel quociens 
dominus rex, seu heredes vel successores sui voluerint, 
et ad hoc obligo me, heredes et successores meos, ac 
totam terram meam vicecomitalua Turenne. Hec autem 
omnia facio libéra et spontanea voluntale. In cujus rei 
testimonium, sigillum meum duxi presentibus apponen- 
' dum. Actum apud Pontisaram, anno Dominl M" CC" quin- 
quagesimo primo, mense novembri. 

(Orig., parch., scellé en cire brune, sur double queue, 
du sceau de Raymond de Turenne (voir figures 3 et 4.) — 
Arch. nat.. J. 400, n" 47; Layettes du Trésor des chartes, 
l. III, p. 147.) 



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SCEAU DE RAIMOND VI 

VICOMTE &E T 



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— 347 — 

X 

ACCORD ENTRE RAYMOND VI, VICOMTE DE TURENNE, 
d'une PART, ET BERNARD, VICOMTE DE GOMBORN, 
MARGUERITE, SA FEMME, ET DAUPHINE DE ROQUE- 
FEUIL, d'autre, au SUJET DES DROITS REVENANT 
A CES DEUX DERNIÈRES SUR LA VICOMTE DE 
TURENNE EN LEUR QUALITÉ DE FILLES DU VI- 
COMTE BOSON m. 

Août 1256. 

Universis présentes litleras inspecturis, Raymundus, 
vicecomes Turenne, Bernardus, vicecomes de Combornio, 
Margareta, ejus uxor, et Daitlna de Rugefolio, salutem in 
Domino. Notum facimus universis quod cum conteiitio 
esset inter nos, Raymundum, vicecomitem Turenne, ex 
uiia parte, Bemardum, vicecomitem de Combornio, Mar- 
garetam, ejus uxorera, et Dalfinam de Rupefolio, fllïas 
quondaiii Boasonis, vicecomitis Turenne, ex altéra, super 
parte vicecomitatus Turenne, dominiis, feodis et juri- 
hua que dictus Raymondus habet et posaidet ratione 
dicti vicecomitatus, excepta portione quam Reginaldus de 
Ponte, domicellus, et Margareta, ejus uxor, teneot et 
possident, quam partem dicte Margareta et Dalflna dice- 
bant ad se, jure hereditario, pertinere, ex successione 
dicti Bossonig, patris sui, tandem inter nos amicabiliter, 
de consensu nostro, fuit compositum in hune modum. 
Videlicet quod nos Raymundus, vicecomes Turenne, 
damus predicto vicecomiti, uxori ejus et Dalfine centum 
quinquaginta libras annui redditus malchionum [sic] vete- 
rum currentium nunc in vicecomitatu Turenne, ita lamen 
quod vicecomes, uxor ejus el Dalfina predicti, et suc- 
cessores eomm debent tenere in feodum dictum redditum 
a nobis Raymundo, vicecomite Turenne, et heredibus nos- 
tris; non tamen debent propter hoc nobis facere homa- 
gium. Ceterum damus predictis vicecomîti, uxoii ejus et 



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— 348 — 

Dalâne mille libras ejusdem moDel«, Bolvendas unicuique 
pro rata sua in hune modum : scilicet, in festo Purifica- 
tionia béate Marie virginis proximo instanti, trecentas 
libras; et in eodem festo proximo subséquent!, alias tre- 
centas libras; et in eodem festo proximo subséquent!, alio 
anno revoluto, quadringintas libras. Nos vero vicecomes 
de Combornio, Margareta, uxor nostra, Dalflna de Ruper- 
folio, âde prestita, quitavimus, pro nobis et omnibus 
heredibus et successoribus nostris, dictum Raymundum, 
vicecomitem Turenne, et omnes heredea et successores 
ejus, ab omni aclione et petitione quam vel quaa habe- 
bamus, vel habere poteramus quoquomodo contra dictum 
Raymundum, vicecomitem Turenne, ratione partis quam 
habet et possidet vicecomitatus predicti, dominiorum, feu- 
dOFum et jurium. Sciendum lamen est quod nos, vice- 
comes Turenne, debemus assignare in terra plana, sina 
fortalicia, dictis vicecomiti de Combornio, M., uiori ejus, 
et Dalfine, dictum redditum in terra quam tenemus de 
vicecomitatu Turenne, ad arbitrium religiosorum viro- 
nim, abbatis Auretiacensis et celerarii ejusdem monas- 
terii, ordinis sancti Benedicti, ita quod si ipai duo in 
dicta assignatione convenire non possent, abbas Obazine, 
Ordinis cislerciensis, débet esse superior, et quidquid 
ipse abbas Obazine, de dicta assignatione, cum duobus 
predictis, vel altero, faciet, débet habere roboris firmi- 
tatem. Sciendum etiam est quod dicli abbates et cele- 
rarius debent assignare, prout dictum est superius, dictis 
vicecomiti de Combornio, M., uxori ejus, et Dalfine, in 
terra ubi erunt redditus assignat!, unum manerium, sive 
fortaliciam, jure hereditario perpetuo possidendum, ubi pos- 
sint, quando eis placuerit, venire et morari. Item, scien- 
dum est quod nos Raymundus, vicecomes Turenne, de 
quingentis libris monete p redicte solvendis terminis su- 
pradictis, debemus dare fidejussores predicto vicecomiti 
de Combornio et M., uxori ejus, ad arbitrium dicti abbatis 
Obazine et fratris Guidonis de Gimello, ordinis Fratrum 
minorum. Item, debemus dare predicte Dalfine de Rupe- 



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— 349 — 

folio ûdejussores de quingentiB libris monete predicte 
solvendig terminis predictis, ad arbitrium magistri Guil- 
lelmi Chaulet et celerarii supradicti. In cujus rei testi- 
monium, nos Raymundus, vicecomes Turenne, Bernai-- 
dus, vicecomes de Gombornio, Margareta, uxor QOBlra, 
Dalfina de Rupefolio, sigilta nostra presentibus litteris 
duxiinus apponeuda. Actum Parisius, anno DomiQÎ mille- 
simo duceotesimo guiuquagesîmo sexto, meose Augusli. 
(Orig., parch,, autrefois scellé de quatre sceaux pon- 
dant sur doubles queues. — Arch. nat. K. 1180.) 

XI 

ACENSEMENT, PAR RAYMOND VI, VICOMTE DE TU- 
RENNE, EN FAVEUR DE BERNARD DE DOTVAL, 
d'une partie du MANSE de DOTVAL. 

Février i?63. 

Universis présentes lilteras inspecturis, Raymundus, 
vicecomes Turenne, salutem et pacem. Notum facimus 
universis quod nos acensavimus et ad certum censum 
dedimus et concessimus, pro nobis^t nostris, Bernardo 
de Dotval, heredibusque suis, pirtem mansi de Dotval 
quam Hunibertus de Dotzval, presbiter, tenuerat et pos- 
sidcrat, et ad se pertinere dicebat antequam andueret [sic) 
habilum monachalem, cum omnibus juribus et pertinenciis 
ail nos spectantibus, aut etiam pertinenlibus; ita tameu 
([uod diclus Bernardiis dédit nobis pro intra,yrio quatuor 
libras monele currenlis, quas ab eodem habuimus et 
recepimus in pecuuia numerata. Item, débet nobis dare 
singulis annis duodecim sextarios avene ad mensuram 
Maschalli (1), et quatuor sextarios fromenti ad mensuram 
cum qua levai G. de RolBuhac nostrum fromentum, red- 



dc Chenullers- 



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— 350 — 

dendos apud Tureimam io festo iiaDcti Michaells. Item, 
débet nobis dare quinque solidos pro acaptameQto, moncte 
curreatis, dura locus se obtulerit oportunum. Et dictum B. 
de predicla parte mansi investivimus et in posscssionem 
induci fecimus corporalem, promitlentes [contra] aceiisa- 
tionem hujus aliquo tempore in parte vel in tolo non 
venturos. In cujus rei testimonium sigillum nostrutn pre- 
sentibuB duxlmus apponendum, salvo lamen jure nostro. 
prout saperius est ejtpressum, similiter et jure alieno. 
Datum et actum apud Turennam, mense febmarii, aiino 
Domini M" CC LX' secundo. 

(Orig., parch., autrefois scellé sur double queue. — 
Arch. nat., Q- 137.) 

XII 

promesse du celléluer et du chambrieb de tulle 
de travailler, dans la mesure de leurs forces, 
au bien et profit de raymond, vicomte de tu- 
renne, et spécialement de faire en sorte qu'll 
n'Éprouve aucun dommage au sujet du château 

DE OIMEL. 

7 juillet i261. 

Nos B. de Sanclo Aslerio, cellerarius. et G. de Oistro- 
Novo, cameranua Tutellensis, notum facimus univereia 
cL singulis présentes litteras inspecturia, quod nos pro- 
mittimus, prestitis ad sancta Dei Evangelia jurameutis, 
iiobili viro domino Raymundo, vicecomiti Turenne, iu 
omnibus honorem et utilitalem suam bona ûde pro viri- 
bus in perpeluum procurare, et specialiler quod caslruni 

de Gimello non sedeat ad dampnum vel ipslus vice- 

comitis, vel suorum, immo ad ulititatem el honorem 
ipeius. In cujus rei testimonium presentibus litieris sigilla 
uostra duximus apponenda. Datum die jovis in crastina 
oclabarum apostolorum Pétri et Pauli, anno Domini 
M° CC' LX" seplimo. 

(Orig., parch., scellé aur simple queue de deux sceaux 



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— 351 — 

en cire blanche, dont l'un est complètement détruit, et 
dont l'autre est réduit à l'état de fragment. Sur ce frag- 
ment se Toit une tour crénelée percée de deux fenêtres. 
— Arch. nat.,K. 1180.] 

XIII 

ACEN9EMENT, PAR RAYMOND, VICOMTE DE TURENNE, 
EN FAVEUR DE BERNARD BEAUDOIN ET DE BER- 
NARD DE SAINT-HILAIRE, DES DEUX MANSES DE 
NARSAU ET DE CELUI DE LA ROGEWE. 

18 septembre i2Ti. 

Univereis présentes litteras inspecturis, Raymundus, 
Turenne vicecomes, salutem et pacem. Tenore presentium 
notum facimus universis présentes litteras inspecturis, 
quod nos certi de jure et facto nostro, non choacti, non 
decepti, non machiuatione aliqua circumventi, dedimus 
ad censum, pro nobis et succesaoribus nostris, dileclis 
QOtris Bernardo Baudoyni et Bernardo de Sancto Hylario, 
domicellis, suisque heredibus et voluntariis, duos mansos 
nostros dictos et appellatos de Narsa, et alium tertium 
mansum nostrum dictum et appellatum de la Rotgairia, 
cum omnibus întroitibus et exitibus, pascuis, nemoribus, 
terris cultis et incultis, rippariis, aquis et omnibus aliis 
juribus et deveriis predictorum mansorum, — et isti 
très mansi, seu faziones, ad invicem sunt conjuncli seu 
coQtigui; et isti très mansi predicti ad invicem conjuncti, 
seu faïiones predicte, confrontant se cum via publica per 
quam itur de Cayssac apud Arnac(l}, ex parte una, et 
cum manso de Leunac, et cum manso de Romeyoza, et 



(!) Le chemin public de Queysaac à Puy-d'Ârnac Les manaes 
dont il est question daus cette ctiane étaient situés dans la com- 
mune de Végennes, oii l'on rencontre encore les villages de Nar* 
sau, du Breuil, de la Tronche, etc. 



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— 352 — 

cum mansis de Brolio et LatroBCha, et cum bordaria de 
Cbargolas, ex alia, — pro sex libria minus quinque aoli- 
dis monete currentis in vicecomitatu nostro Turenne ren- 
dualibus, solvendîs nobis et successoribus nostris annua- 
tim, videlicel medietatem in festo beati Andrée, apostoli, 
et aliam medietatem in festo Rogatioiium , et pro quin- 
que aolidis ejusdem monete de acaptamento in mutatione 
utriusque domini, et pro trecentis et quinquagenta solidia 
ejusdem monete de inlragio; quos trecentos et quinqua- 
genta solidos nos r,onfltemui' et recognoscimus noa ha- 
buisse et récépissé ab ipsis domicellis in pecunia nume- 
rala, renunciantes exceptioni non numérale pecunie, non 
habite, non recepte et apei numerationis future; renun- 
êiantes etiam, quantum ad dictam acensacionem, exceptioni 
doli, fori, loci, et actioni in factum, usui et terre consue- 
tudini, et omni exceptioni juris canonici et civilia, et 
omnibus aliis exceptionibus, deffensionibus, allegationibus 
per quas hujusmodi acensatio posset in posterum anullari 
seu etiam retractari. Et promittimus, pro nobis et suc- 
cessoribus nostris, quod contra hujus modi acensationem 
factam pro nobis et successoribus nostris dictis domicellis 
de predictis mansis non veniemus in futurum, licite vel 
expresse, in toto vel in parte, aliquo jure seu alîqua 
ratione. Hec autem univei-sa et singula, proul superius 
sunt expressa, promittimus lenere, et observarc et contra 
non venire, prestito ad sancta Dei Evangelia corporaliter 
juramento. In cujus rei testimonium et memoriam om- 
nium premissoiTim, nos, vicecomes predictus, sigillum nos- 
Irum apponi fecinms per manum dilccli c;ipcllani nostri 
Ademari Barba; et noa Boïo de Turenna. frater dicti 
vicecomitis, premissa confirmantes ac etiam approbantes, 
sigillum nostrum duximus presenlibus apponendum in 
testimonium et munimen omnium premissorum. Datum 
die martis ante festum beati Mathei apostoli, anuo Domini 
millesimo CC' LXX' quarto. 

(Orig., parch., autrefois scellé de deux sceaux. — Arch. 
nat., Q' 136.) 



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— 353 — 
XIV 

OBDRE DU SÉNÉCHAL DE PÉRIOORD ET QUERCY AU 
BAYLE DE BRIVE, DE s'aBSTENIB A l'aVENIR d'eN- 
TRER DANS LA VICOMTE DE TURBNNE POUR Y 
FAIRE DES SAISIES ET DES CITATIONS, SI CE n'eST 
DAKS CERTAINS CAS DÉTERMINÉS. 

29 mai 1293. 

Johaiines de Mabl...., miles illustrissimi principis do- 
mini régis Prancie, ejusdemque senescallus Pretragori- 
ceosis et Gaturceasis, bajulo nostro de BFiva(l), vel ejus 



(1} Lm baylies dfl Brive et d'Userche furent unies à la séné- 
chaussée de Limousin par lettres du roi Charles V, du 1 juin 
1373; elles avaient été comprises jusqu'à cette date dans la séné- 
chaussée de Périgord. Il semble que les dlFBcultés du montent 
retardèrent pendant quelque temps les effets de cette mesure. On 
lisait en effet ceci dans le compte, pour t3T7-137B, de Pierre Hont- 
rivaud, receveur de la sénéchaussée de Limoges sous l'adminis- 
tration de Gaucher de Plasssc, sénéchal ; « Receptes. — Des rentes, 
droits et revenus du hailliage de Brive et Uzerche néant cette 
année, pour ce que les Angles et ennemis du Boyaulme occupent 
tout le pays dudît bailliage, et n'y peuvent avoir les officiers du 
Roy, nostre sire, aucune obéissance ne n'y osent aller, pour ce 
néant; et fut baillée en garde par le seneschal à Pierre de Tuile 
(ou Tuelle), de Brive, qui encore n'eo a compté. > 

Au bas du feuillet dudit compte était écrit : NotAndum qviod 
Rex, per tuu Ullerag d&ta» geplim& junii MCCCLXXIII; ad- 
junxil huic genegehallie Lemomcensi baiUivai de Briva et de 
Uterchiii, que aolebant esse de aeneschalliis Petragoricensi et 
CatuTcenai, proul patet per diclaa litteraa quarum copia acri- 
bitur in fine hujus aompoti; et traditum fuit dicto receptoH 
tranicriptum dielarum titteraTum collationatum et expeditum 
per litteraa dominorum, d&lttm xv sept. MCCCLX XVIII. Ca- 
veatvr quod de celero reapondeat de emolumenlii dictorum 
baillivarum.. Cette dernière phrase est probablement de la main 
des gens de la Chambre des comptes, qui Jugeaient bon de sti- 
muler le sèle du receveur. 

Ces renseignements sont tirés des archives municipales de Brive, 
où se trouve une série d'extraits des comptes de la baylie de Brive, 
que l'incendie des archives de la Chambre des comptes, en 1T3T, a 
rendus fort précieux. 

T. VIL %~io 



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— 354 — 

locum tenenti, salutem et dîlectioQem. Gum robia alias 
dederimus in mandatum quod io terra nobilis viri vice- 
comitis Turenoe non gatgiaretia, nec adjornarctis, nec 
explectaretis aliquid, niai propter defectum geDcium dicti 
nobilis, seu propter ressortum pertinentem ad domiauDi 
Regem, seu aliam justam causam ad nos pertinentem, 
videlicet pro judicatura curie noslre, el vos, ut intel- 
leximus, contrarium facitis incessanter, dictam terram 
intrando et ibidem explectando, de que, si verum sit, 
quamplurimum admiramur, vobis Ûrmiter etdistricte 
precipiendo inandamus quatinus dictam terram dicti 
nobilis, niai in defectu gencium ejusdem, non intretia, 
eamdem explectando, seu dictam terram usurpando, nisi 
in casibus supradictis, seu aliis ad juriadictionem dicti 
domini nostri Régis pertinentibus et spectantibus, seu 
alio expresse mandate per nos vobia faciendo super pre- 
miasis. Datum apud Montem Dôme, die veueris post oc- 
tabas Penihecostes, anno Domini M" CG° nonagesimo ter- 
cio. — Redd. 'lit. 

(Orig., parch. — Arch. nat., K 1180.) 

XV 

TRANSACTION ENTBE l'aBBÉ DE SAINT-GÉEUUD D'aU- 
RILLAG ET FBÈHE GÉRAUD DE JO, PRIEUR d'aU- 
RIAC, d'une part, et RAYMOND, VICOMTE DE 
.TURENNE, d'autre PART, AU SUJET J>U REPAIRE 
ET DU DOMAINE DE JO. 

27 octobre 1299. 

In nomine Domini amen. Noverint universi et singuli 
hoc presens publicum instrumentum inspecturi quod cum 
controversia verterelur, seu verli speraretur, inler reveren- 
dum patrem dominum Pelrum (1), Dei gratia abbatem mo- 
nasterii Aureliacenais, et fratrem Guillelmum de Claviers, 

(t) Pierre Malafaide, d'une illustre famille limousine. 



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— 355 — 

priorem de Burgno ac sclndicum conventus moDasteriî 
predicti, Domine abbatis, et conventus et monasterii, et 
fratrem Geraldum de Jo, priorem de Auriaco, ex parte 
una, et nobilem virum Ramundum, vicecomilem Turenne, 
domlnum de Cerveria et de Santria, ex alia, super alber- 
gamenlo seu repario de Jo, prout ipsum tenebat et possi- 
debat quondam Beatrix, relicl.1 quondam Aîterii de Jo, 
domini defuncti, et idem Geraldus, ejus filins, et etiam 
idem Eoarilus suua tempore quo iidem coujuges vivebant; 
et super mansis, capmansis, bordariis, terris, aliis reddi- 
tibus juribus-et deveriis, et aliis bonis que dicti cou- 
juges coDJuuctim vcl divisim tenebant et possidebaut dum 
viverent, vel dicta Beatrix et idem Geraldus, ejus fllius, 
tenebant et possidebant tempore mortis dicte Beatricis; 
que predicta omuia boua idem abbas dicebat ad se et 
dictum mouasterium pertinere ex quadani donatione facta 
ipsi abbaii, et conventui, et monasterio et prioraïui de 
Auriaco per Beatricem et fratrem Geraldum predictos, 
dicto vicecomiti in contrarium asserente et dicenle ipsum, 
vel ejus maudatum, predicta cepisse et saizivisse propter 
defectum hominii et ut de feudo et dominio suo, et ut 
incursa et comissa eidem, et quod predicti abbas et con- 
ventus et prior eadem extra manum suam non posuerant 
ut debebant; tandem, post multas altercationes et lites 
super predictis et predicta tangentibus, inter ipsas partes 
amicabilis compositio intervenit talis. Videlicet quod dic- 
tum albergamentum seu reparium et homines, et pagesii, 
et villa, et orti, et boria de Jo, prout ad predictos Bea- 
tricem et ejus Ûlium spectabant et pertinebant, spectaut 
in perpeluum ad dictum vicecomitem et ejus heredes et 
successotes. Item, quod omnes mansi et capmansi, bor- 
darie, appendarie, terre, prata, redditus, census, jura, 
servitutes et alia boua immobilia et actiones que spectant 
ad predictos matrem et âlitim, iuter dictum abbatem et 
ipsum vicecomitem pro equis portionibus communiter 
dividantur, solutis tameu prius de predictis bonis com- 
munibus, per dictos abbatem et vicecomitem, leguatis et 



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— 356 — 

âdeicommissis ad pias causas relictis per ipsos matrem 
t et fllium, contenus in litterîs confectis super donatione 
predicla et teetamento, ut dicitur, confecto per ipsam 
Beatricem jam defunctam, ad esgardum et cognitionem 
magistrorum Pétri Bniui et Geraldi Majoris, jurisperi- 
torum, si vaccare poBSunt; et si vaccare non possuut, ad 
esguardum et cognitionem domini Hugoois de Gamburac, 
legum professoris, et magistri Stephani Laguardela, juris- 
prerili; et si dominus Hugo de Gamburac et magister 
Stephanus Laguardela vaccare non possunt, ad esguardum 
et cognitionem magistrorum Stephani Bec et Bertrandi 
Vitalis, jurisperitorum. Et fuit actum quod omnia bona 
que tradita fuerunt pro relictis ad pias causas, leguatorii 
seu fideicommissarii ponere debeant eitra manum suam, 
prout est de consuetudine, ita quod predicta non rema- 
neant amortita, nec dictus vicecomes intendit amortizare; 
ita tamen quod si dictus abbas solvere voluerit dicto 
vicecomiti infra duos annos ab instanti festo Nativitatis 
Bomini computandas, ducentas libras turonnensium par- 
vorum tantum, vel viginti denarios turonenses pro quo- 
libet deuario renduali pro parte contingente ipsum vice- 
comitem de dictis bonis, escepto albergamento predicto, 
et hominibus, et pagesiis, domibus et ortis eorum qui in 
omni suençu predicto vicecomiti et ejus heredibus debent 
remanere; et census et deveria que dicti homines debe- 
bant ratione predictorum, quod idem vicecomes omnia alla 
bona immobilia que ad ipsum de predictis bonis obve- 
uerint, et etiam boriam predictam, exceplo alberguamento 
predicto hominibus, pagesiis, domibus et hortis dicto 
abbati amortita quantum ad se reddere et dimittere in 
perpetuum teneatur, et etiam quod statim amortizet quan- 
tum ad se partem quam ad ipsum abbalem proveniet, 
oonventum, priorem et monasterium de bonis predictis, 
salvo semper et retento dicto vicecomiti et eJus heredibus 
auccessoribusque suis in omnibus predictis bonis perti- 
nentibus ad dictum abbatem, omnîmoda Jurisdictione, 
mero et mixto itnperio; et qUod predicla diclentur per 



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-357- 

prenominatos magistros ad esgardium predictorum ma- 
gistrorum, videlicet si primi duo vaccare poBsunt; et si 
vacare non posBUDt, guod dominus Hugo de Gomburac, 
legum professor, et magîster Stephanus Laguardela, juris- 
peritus dictare possint; et si omnes isti deflcerent et non 
poasent vacare nec intéresse, ad esguarâium et cogni- 
tionem magistrorum Stephani Bec et Bertrandi Vitalis, 
jurisperitonim, possiot dictari et ordinari; et sigillentur 
omnia prout ipsi dictaverint sigillis ipsonim abbatis et 
coQventus et vicecomitis infra instans featum Nativitatis 
Domiai prositne Teaturum. Que predicta omnia idem 
sciadicQS, nomine ipsorum abbatis, prions de Auriaco et 
conveotus, et idem vicecomes, pro se, juraverunt ad 
sancta Dei Evaogelia corporaliter tacta attendere perpetuo 
et complere sub pena mille librarum turonnensium a 
parte non hobediende parti obedienti conferenda. Kt fuit 
actum int«r partes predictas guod predicta sigillentur 
infra festum Nativitatis Domiai prozime ventunim, et 
illa pars per quam steterit quominus predicta infra dictum 
tempus sigillentur sigillo dictarum partium, jus quod 
hal>et io dicto affario de Jo et in bonis predictis, ex 
compositione predicta, amittat et alteri parti accrescat, 
quod absit, et quod intérim dominus Guitbertus Alboy, 
miles, dominus de Vergi (?], predicta omnia teneat nomine 
et ad opus illius oui accresset, quod absit; et nichilo- 
minus quod pena predicta committatur; pro qua pena 
solvenda convenerunt et se obligavenint pro utraque parte 
domiai Bernardus d'Alboy et Fulco de Merle, milites, 
et Ademarus Faydit, domicellus, et eorum quilibet pro 
utraque parte. Et pro premissis universis et singulis a 
predictis partibus et a qualibet ipsanim tenendia, flrmiter 
attendendis, perpetuo complendis et inviolabiliter obser- 
vandis, suppoauerunt et submiserunt, videlicet dictus vice- 
comes partem suam et omnia bona sua mobilia et 
immobilia presentia et futura, et prefati abbas, scindicus • 
et prior de Auriaco bona mobilia et Immobilia dicli mo- 
nasterii ubicumgue sint et existant, jurisdtctioQi, fora, 



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— 358 — 

cohertioni, districtui, compulsiosi, cognitionî et ordina- 
tioni senescalli domini régis iii Monte Dôme positi et sta- 
tuti ; el predicti Ôdejussores, pro predictis partibus, 3ub- 
miBerurit, videlicet dominus Fulco de Merle et Ademams 
Faydit, domicelli, seîpsos et onmia bona sua, et dominus 
Bernardua d'AIboy, miles predictus, tanlum bona sua, ju- 
risdictioni, foro, cohertioni et ordinationi sigilli predicti, 
volentes omnes predicii et petentes hoc presens publicum 
instnimentum eodem sigilto sigiJlari. Acta fuerunt bec 
apud Cerverviam, in platea communi contîgua ecclesie 
seu capelle de Cerveria, in gi-adibus dicte eccle'Sie coram 
ulmis et quadam leonissa de petra, die marlis ante festum 
omnium sanctorum, anno Domini millesimo ducenlesimo 
nonagesimo nono, régnante serenissimo principe domino 
Philippo Dei gratia rege francorum iUiistrissimo, testibus 
presentibus ad hec vocatis et rogatis religiosis viris do- 
minis Guillelmo Guitartz, priore de Calus, Geraldo de 
Salanhac, priore de Glenico, Geraldo de Mauriac, came- 
rario ejusdem loci, Guilhelmo de Veyrac, priore de Podio- 
Gelso et Geraldo de Marguarida, monachis; el presentibus 
dominis Guilhelmo, priore Sancli-Santini et canonico 
Brive, Guilhelmo de Guaratz, rectore ecclesie de Orihaco, 
Geraldo Vegier, capellano de Glenico; et presentibus ma- 
gistris Hugone de Vemolio, Petro Bruni, Guillermo 
Moyseti, jurisperiti, Addemaro de Merle, Ramundo de 
Piiciis, Petro de Pliciis, Durand de Marc, Johanne Plan- 
chier, Petro Verdier, Johanne Labrossa, Stephano Pelhi- 
cier, Petro de Manhac et Guilhelmo de Malessec, clericis; 
et presentibus dominis Guitberto Alboyni, Savarico Moy- 
seti, Aymerico do Peslel, Geraldo de Cabra et Petro de 
Murât, militibus; et presentibus Ber. de Pena d'Albiges, 
Pontio de Fumel d'Agenes, Geraldo de Claviers, Petro de 
Vernolio, Guidone Malafayda, Ber. del Luc, Petro de 
Sancto Martino, Stephano de Sancto Baudilo, Hugone 
Chartz, Guillelmo Celarier, Geraldo et Ademaro de P., 
Geraldo et Ramundo Guitartz, Guillelm de Valeta, Guit- 
berto Delbos et Guidone de Mauriac, domicellis; ac etiam 



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preaeDtibus Ber. de Gannac, burgensis Aureliacensis, Ge- 
raldo de Verroilh, Giiilhermo de Peset, Ber. de Potz, Ger. 
Dajohan, Guilhelmo de Saacto Martino, Matheo Malla- 
facha, Petro de Tolosa, Stephano de Bordis, dicto Perrier; 
Petro de Gurriaras (?], dicto Ponhat; Greraldo Folchier et 
Simone Coutier; et me Petro Popcha, auctoritate dicti 
domini nostri régis fraDCorum iii tota seoeschalla Petra- 
goricensi et Caturcensi et ejus ressorte publico notarié, 
qui reguisituB, vocatus et rogatus hec omnia vidi et 
audivi, scripsi et recepi et in fonnam publicam redegi, 
signoque meo soUto signavi. Noa vero Hugo de Graodis- 
seno, cust09 sigilli predicti regii MoqUs Domme, ipsum, 
ad relationem dicti notarii, huic preaenti inetrumento, la 
omnibus salvo jure regio, apposuimus. • 

(Orig., parch,, autrefois scellé. — Arch. nat., Q' 136.) 

XVI 

TESTAMENT DE RAYMOND ROGER, COMTE DE BEAUFORT 

ET VICOMTE DE TURENNE 

5 juillet i399. 

In Domine Domini, amen. Notum sit cunclis tam pre- 
senttbuB quam fuluris hoc presens publicum instrumen- 
lum inspecturis et etiam audituris, quod anno domini[ce] 
Incaraatienis milleaimo trecentesimo nonagesimo nono, 
et die quinta mensis julii, serenissimo principe domino 
Garolo, Déi gratia Franconim rege, régnante, in nostram 
notarii et testium infraecriptorum presentiam personaliter 
constîtutus magniûcus et potens vir Dominus Raymundus 
comes Bellifortia et vicecomes Turenne, sanue mente et 
corpore per Dei gratiam, et in sua faona et valida memoria 
permanens, attendens et congiderans quod nihil est certius 
morte et nihil iacertius liora mortis, et ut extrema nécessitas 
que nonnuUos in (1) eum migrare contingerit ab 

(t) Cette lacune et les Buivantes existent dans la copie. 



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— 360 — 

hoc aeculo; ideogue hac coodilioDe motus de se et per- 
sonis, ac omnibus et siogulis bonis lam mobilibua quant 

immobilibus et se nominibus et debiiis juribus et 

actionibus sibi a quibuscumque peraonis competentibus 
et competituris, quoquomodo et ex causa quacumgue, ordi- 
navit et testamentum suum ultimum nuocupativum, et 
ultimam voluntatem suam nuncupativam, licet et inscrip- 
tum seu redactum seu redactam fecit, condidit, ordinavit 
et dispoBuit uno conteztu et noo divertendo ad alios actus, 
signando se penitus Tene[rabili] signo sancle cnicis sic 
dîcendo : ^ In nomine patris et Qlii et spiritus sancti, 
amen, in modo, et sic prout et quemadmodum continetur 
in quadam paperi cedula verbis romands scripta, cujus 
quidem paperii cedule ténor talis est : 

A tots aqueuz que aquesta présent cedula veyran et 
ausiran sia manifest que lo noble et puissant seignor 
moss. Raymond, conte de Belfort et vesconte de Torrena, 
San de pansa et de son corps per la gracia de Diu, et 
considerana que home en concevant que el es nat a 
morir, ço comme per pagar son deute a natura et rendre 
son corps a la t«rre dont es ital fonnet, quant a son 
Creator a playre, volem ordenar et dispeusar de sos bens, 
terra et heretalges deraentre que vieu, affin que entre 
sos beretiers et successors non puescha après sa mort 
alcuna materia de questione naisser, per ço lo dit moss, 

le conte fa, ordena, dispansa et son damer testament 

et Toluntat per la maneyra que s'en set : 

1° Commenda son corps et sa arma a Dieu lo payre, 
al ftlly, et al saint Sprat, et a la gloriosa virgis Maria, 
mayre de Jesus-Christ nostre Salvador, et a tots los saints 
et las sanctas, et a tota la cort celestiel subeyrans di 
paradis. 

Item, vol, et ordina, et dispausa lodît moss. lo conte 
que cant son arma trespassara d'aquest mondi, que son 
corps sia sepellit, et translate et portât dedins ung an 
après son decee k Nostra-Domna de Paris, en la chapella 



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— 381 — 

de moss. son payre, gue Diou absolva, jiuta sa tomba 
oat Tol et elegît sepultura a son dit corps (1). 

Item, vol, manda et ordena lodit moBs. le conte que eo 
la detta cliapella se fassen doaa bêlas et honorables tom- 
bas, la una lay ont et sepeli moss. son payre, et l'autre 
la ont moss. lo comte sera sepellit près de lo corps de 
moss. son payra, anaisse comme s'aparten a conte et a 
grands seigneur. 

Item, Tol, manda et ordena moss. le conte que S08 here- 
ters universalz dessus écrits, lo jorn de son obit, pagent 
totas las funeriaa, tota la novena, et vestit tots sos serri- 

doFS de , et lo fassent sebellir honorablement en la 

plus solempna gleysa que sera en la villa en que moiTa, 
car en aqueyla gleysa moss. lo conte se laisse; et com- 
menda et vol que tous los capellains et religious de la 
detta villa et de viron sien appelais a sa sepultura et a 
chacun chapella donat lo jorn de sa sepultura. 

Item, vol et ordena lo dit moss. lo conte que sia Ëaita, 
lo joni de son obit, sur sa sepultura, una chabana bene 
allumada de dobles de sera, come es accoustumat de far 
à l'obit de ung grand seigneur, le long de la novena, et 

sien offert très chaval cobert de neyi^, am las 

moss. lo comte, et sian factas almaynas a tota maneyra 
des pauvres, come es acostumat, per amor de Dieu. 

Item, laissa per una vetz, tan soliamente, al chappitre 
de Nostia-Bona de Paris, per Ëar ardre et tener alumandas 
perpetuallamente nuyt et jorn, davant l'autar de Nostra- 
Dama de Paris, quatre lampesas, et autre quatre lam- 
pesas davant l'autel de la deyta chapella; et per far 
chacun an dos aniversaris et remenbransas, perpetuella- 
mente, los joms de moss. le conte et de moss, son payre. 



(I) Guillauin£.Roger demanda k être enterré • eo l'âglise Nostre- 
Dtune de Paris, en la chapelle fondée en icelle > par le pape Clé- 
ment VI, son oncle. On verra, par le testament d'Antoinette de 
Turcnno, que le corps de Raymond fut probablement déposé dans 
une autre église. 



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— 362 — 

en la delta chapella, so es assaver la soma de dos melîa 
franc! per comprar dos cens lievras de renda, que per- 

petuallamente aperliDgaat al chapitre, per lo dépens 

et services de las ditte lampesas et per los dos anaiver- 
saris chacun au dessus dict. 

Item, Tol, manda et dispausa lo dit moss. le conte que 
la exequtîoQ de son payre et de totas las causas que il 
a en son testament et darrîera volontat mandat et ordonat 
de far, sioo compUdag de point en point dedans le terme 
de dos ans après la mort del dit moss. lo conte, et d'aisso 
en sie descharga, et en charge sos hereters du contât de 
Belfort et sous exequtourg. 

Item, laisse, vol, et ordena, et manda moss. lo conte 
que sian baillatz à sous exequtours, dedins dos ans, vint 
. melia francs per destribuir et donar. per amor de Dieu, 
a paubras fllhas mandas, et affar dire messas per las 
armas d'aguele alias quales moss. lo conte, lasquales el 
non sap honnament qui son, et autrament per los dis- 
tribuer per l'onnor de Dieu, per los torts que moss. lo 
conte fest a las gleysas, jouxta la voluntat de sous 
exequtours dessoubs nommatz; -ei expressamente vol et 
manda lodit moss. lo conte que de la deyta soma sia 
baillât per réparation de la gleysa de Chastelnau de 
Maseus très cent francs, la quai el fes fondre per def- 
fendre lo chatel. 

Item, vol, manda et ordena irioss. lo conte que moss. 
lo duc d'Orlhianx pague lad. soma et la exeqution de 
moss. son payre et totas las autras causas que moss. lo 
conte dessus dit a lalssadas et ordonnadas de far dedins 

lo terme de un an après sa mort dettes et héritages 

que moss. lo conte le laissa et lou fait heretier en aquest 
présent testament, et la sepullura, tombas, et obits de 
moss. son payre et de luy. 

Item, vol, manda, el ordena et dispausa moes. lo comte 
que en la gleysa de Nostra-Dama de Paris sia fait, per 
son exécuteur dessoubs scripts, une coUegi de douze cha- 
pellas et d'un archidiaque et prevoust. qui los 



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— 363 — 

que chanta perpetuellameate en la deyta gleysa de Nostra- 
Dama de Paris, et eo la chapella ont Moss. lo conte sera 
et moss. son peyre en seppelliti, chacun jour sex missas 
bassas et una granda en nota en rémission del peccata 
de moss. lo conte et de sous prédécesseurs, et de tots 
aqueU a qui il ten tort; que les dits chapellans sian 
tengutz de dire chacun jom, en la deta chapella, totas 
las autras horas et servis Dieu, et far las autres causas 
que unt lai collège deu far; et que los dits exequtours 
ordonnan et que tôt los lue del monde elz canton et 
totas las messas autas et bassas de Requiem, et los de- 
sap de Nostra-Dama, et los demandies de la Passion. 

Item, laissa lodit testador al collegi desdits douze cha- 
pellas perpetuellamente, sobre las revenuas et rendas del 
comptate de Belfort, a chacun per chacun an, cinquante 
lierras, et al prevoust ou commander desdits chapellans, 
cent lievras, que montara tota la soma sept cent lievras 
de toroes, laquai soma son heretier del ditto comtat de 
Belfort payera chacun an en la ottava de la Toussaints 
aïs dits collegi, a tant que ledit héritier ajha comprat 
et aasetiat en autra part al dito collegi sept vint [sic] lievras 
de renda dessus dits; affln que lo dits heretier sîa plus 
delievrat de far la compra et la assieta de la soma deita 
sept vînt livras et la pagar al dito collegi dedins lo terme 
dessus ditto, vol et ordena moss. lo conte que si lo dit 
hereter de comptât de Belfort non pagara o non fasia 
pagar dedins la cieutat de Paris, al ditto collegi ou a lo 
procurador, la deita soma integramente el terme dessus 
ditto, ou al meins per tôt lo mes de novembre, que la 
deita some de sept vint lievras sia pagada dobla per 
los hereters al ditio coUegi encontinente que lo dit mes 
de novembre sera passât sans avoir pagat la deta soma 
en lodit terme et loc dessus dits. 

Item, vol et ordena moss. lo conte dessus ditto que lo 
dreyt de patronat et de présentation de los ditos cha- 
pellas et de los prevoust sian et appartenan ad aquel que 
moss. lo conte en aquest présent testament fara son here- 



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— 36* — 

tier en bod rescontat de Turenna, et see heretiere et suc- 
cessours quales que sioat. 

Item, laissa lo dit moss. lo conte al deito collegi, per 
comprar uog hostel dedins lo claustra de Noatra-Dama de 
Paris, ont tous les dits chapellas et lo dit prevoust de- 
morent tous ensems, la soma de mille lievras per una 
vêts tan Bolamente, la quel soma paiara son heretier del 
ditto comptât de Belfort dedins ung an après la mort del 
ditto moss. lo conte. 

Item, lega moss. lo dit testador et par droit de lega 
a moss. Aymar Robert, chevalier, seigneur de saint Gal- 
des, cent lievras de renda perpetuellameote por se et por 
loB seus, las qualas monss. lo duc d'Orlheans compte et 
las le assia et fassa assire dedens dos ans après la mort 
.de mon dit seigneur lo conte, per los agredables services 
que lo dit moss. Aymar Robert a fait a moss. lo conte 
et fara a moss. d'Orlhiens, car el ensegurant (7) dolz dreitz 
que moss. lo conte a sur lo contât et terras a mosa. lo 
duc laissadas en aquest présent testament. 

Item, lega et par droit de légat laissa moss. lo conte 
a moss. Gallard Guis, chanony del Puez, per los bons 
et agradables services que a fait a moss. lo testador, cent 
lievras de renda de tomes, por se et por los sieus here- 
tiere et perpetuellamente, et vol moss. lo conte que mosa 
d'Oriians, heretier del contât de Belfort, assise et compte 
al dito moss Gallard et al seus heretiers dedins dos ans 
aprea la mort del dito moss lo coote. 

Item, sembl^lemente lega et par titre de droit et de 
légat laissa moss. lo comte a Jombert de Corvilly, per 
los bons et agradables services faits per lodit Corvilly, 
cent lievras de renda de tornes perpetuahuente, per se 
et per los sieus heretiers et successeurs , los quais vol 
moss. lo comte que moss. d'Orlheans compte et assisa 
al deito Corvilly dedins dos ans après la mort del deito 
moss. lo comte. 

Item, lega en droit de ligat moss. lo comte testador 
deasusdit, al très noble et puissant aeignor, moss. lo duc 



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— 365 — 

d'Orliens, frayre du roy de Fransa nostre seignor, et a 
sous heretiera et successours, les comptatz de Belfort et 
de Cluse, de Chaetilbou [Clusiu], et de la Ploit et te lac 
de due (1), âQ tous lours droicts, appartenants et arrai- 
giaiges de las revenuas des dits comptaz de Cluse, que 
se montent una très grant soma, et las successions que 
al deto moss. lo comte apparteno et a sus los conlats de 
Veli, de Tousa et de Lens, de Valentura et de Lisia, 
et de touts los debtes, droits et raisons et actions que 
aussy lo dit moss. lo comte a contre moss. lo duc de 
Berry et sur l'hôtel de Boullonhe et en la terre de Saint 
Just en Champanhe, et sur la terra de Douzeuat, coma 
apar par bons instruments, et integraments et autres do- 
cuments, los quales moss. a reqieae et entrepris et en 
loe a moss. d'Orlians de quant estre baillais [2]. 

Item légat et per droit de titre et de légat laissa lo 
dit testador à moss. lo duc d'Orlians et a ses heretiers 
et successours todas las terras que lo dit moss. lo comte 
a en las comtas de Prohensa et de Fiiuqualquier, so es 
assaber : Partia, Viala, Laura, San-Remi, Aglator et le 
Mas-Blanc, Meybeyquas, Sadaron, las Peynas, aussy 
peatge, et am lo peatge de Bet Pelissan et Harambois, 
Serras et sa terra de Gaudissart et la meytat del ves- 
contat de Valerna ont apr Chatelliz (?) am los droiti et 
appartenances, meri et mixt jousti et alla juridiction et 
lours reguliari et privilégia appelletous et las mial lievras 
et tots los autres debtes en que madama la Reyna [de 
Cecilia (3)] es obligada a moss. lo comte et tots los droits, 
raisons et actions quel a sur lo dit luoc des Vaux, en 
las quai tras comptais et héritages, debtes, droits, moss. 
lo comte por han dam caucela fuy et justemps moss. le 
duc d'Orlians son heretier an tots los chartes et légats 



(1) Et de la Plou de Clua (Justel). 

(2) Je me contente de reproduire exactement la copie pour c 
paragraphe et pour le auivuit. 

(3) JusTBL. C'est de la ducbeaae d'Anjou qu'il est question. 



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— 386 — 

dessus et dessos faiU et laisses en las condiciones des- 
soiibs scrithas et aon autrement. 

Premieyrament, que moss. lo duc d'Orléans sie tengut 
et sera protector et deffeosor, deffendra et soustendra, 
coma ses propres heretalges, tots les autres hereteys et 
legateriis del dit moss. lo comte que en aguest testa- 
ment seron nommalz, et los gardara et los deffendra contra 
AnthoDyeta, que se ditz âlba del deito moss. lo comte, 
et contra moss. Jehan Le Mengre, dit Bouciqiiaut, son 
marito, si en negun cas elz volian aner contra aquest 

testament ni doonar molestia, empachament en court, 

et defora court, alz dits heretiers et leurs substituts et 
autres legatariis del dito moss. lo comte per occasion de 
los biens et héritages a lor laissats, en los quais la 
deyta Anthoneta non a point de droit, car ella et con- 
-tenta de la dot a ella constituda per. moss. lo comte eu 
lo contrat del mariatge fait entre ela et lo dit moss. 
Bouciquaut, et a renunciat, et promes, et jurât lodit Bou- 
ciquaut et plusors autres que ela reounciava a tots autres 
biens et successions payternals et mayternals, corne apar 
per lo contrat del deito mariatge, loqual es sans et sagellat 
de son sagelle. D'autre part, los dits conjux, et par espe- 
cial la deyta Anthoneta, non pod ni deu aveir droit en 
las successions et heretaiges del deito moss. lo comte, 
quar la deyta Anthoueyta et son marito an perchass^t de 
far aussire et murtrire moss. lo comte et machinât sa 
mort et la deseretation de son corps, et perchassat de ço 
far; et la delta Anthoneta en sa propria personna, a près 
la possession del contât de Belfort, en despulbant moss. 
lo comte, et fait faire falssas lettras et sigillas d'un fais 
sagel el nom de moss. lo comte, que Dieu absolva (Ij, per 



(1) Ces lettre» de Guillaume de Beaufort, que Raymond déclare 
fausses, ont été imprimées en partie par Juatel (preuves, p. 133). 
Elles sont du 28 septembre 1394, et comme Justel a placé la mort 
de Guillaume au 28 mars 139i, on se trouve obligé de la reporter 



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_ 367 — 

aver lo dit contât des que séria morti, par p[ri]sons et 
despaot de lo payre de moss. lo comte, et veis corne els 
on testimonié en ea mort, per que moss. lo comte la de- 
seretara per las trayeions de malvestala que ly on fachat, 
et la met foro de lot sos bons coma non digne de venir 
a la succession de luy ni de ses heritaig^s, corne plus 
ampla poyra apparer en aquest testament de las integra- 
titutz que losdits conjunx on comis conjonctament et divi- 
giment estra las personas deU dits moss. lo comte, et moss. 
son payre et de lors heretaiges. 

Item, que mosa. lo duc d'Orléans, per nenguns cas que 
puescha avenir, non fara, ni dega ni puescha, per se ni 
par autre, en neguna maneyra, composition, testament, 
accord, ni transaction an lad. AnthoDeta, ni am Bouci- 
quaut, son marit, ni an autres, conjunctament ni divi- 
siment, de las teras, droits, hérilages et actions que ald. 
moss. lo duc en aquest testament per lo dit testador [son] 
laissatz et légats, s lor defTendra en maneyrâ que aïs dits 
conjunx non en laissatz ni saufFre que de las ditas teras, 
heretatges et actions lor en venha ung denier valhent ny 
ung plein pe de tera. Et si per aventura moss. Jehan Le 
Mengre, dict Bouciquaut, davant, o al temps de la mort, 
après, del dito moss. lo comte, et la deita Anthoneta 
avian a lor mas las deltas teras et beriladges dessus dits 
a moss. lo duc per moss. lo comte laissais, que moss. lo 
duc totas aquelas terras que per los dits conjunx, ou per 
ung de lor, seran de fait et vioalment las racobie de lor 
main coma d'aquels que am traysion et per malvastat 
et sans litre las tenon, et on presas fraudulemen, et sans 
causa, et sans raison sus moss. lo comte. Et avant que 
moss. d'Orléans accepte aquest herilatges ni prenda la 
possession de las causas dessus deitas, et jurara sus les 
sains Evangiles de Dieu et permetra sur la fe et sagra- 
ment de son corps de tenir observar et compter totas las 
conditions dessus et dessoubs scrithas, et en baillara ins- 
tnunent en letra seuhada aegellada de son segelle als 
heretiers dessoubs scripts del dit moss. lo comte. 



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— 368 — 

Item, vol au387 moss. lo comte que moss d'Orléans aia 
tengut de persegre moss. Jehan Le Mengre, dict Bouci- 
quaut, en totas las courts de la reaime de Fransa, et autra 
part, en via et maneyra gue sla facta justicia de son corps 
de las traycloD, murtres, et deseritatons, et injurias, et 
dapaatges qu'il a faict et tractât que fossen faictz a moss. 
lo comte, tau a Borboa par plusore vetz, quai en fazent 
et TOlen lo £ar penre et murtrir en mey del realme de 
Fransa, pourtant salcoudutz del Rey. caut moss. lo comte 
anava penre la possession de son contât de Belfort, et en 
diversas autres partidas del Reaime de Fransa, et aquestas 
teras, prega et suplica moss. lo comte a moss. d'Orlaans 
gue tes-vuelha far, car els son causa de la mort del peyre 
de moss. lo comte et lo feiro morir am grant langor, et 
segoQ qu'il manda a moss. lo comte, son fils, Bouciquaut 
lo feit espoyeonar; de las quais tralssions, murtres et 
autres injurias, rompement del deto salconduts del Rey, 
a Paris (I), a moss. lo duc per vener et sequar memorias 
iuslructioDS que seraa bailladaa à mon dicl seigneur lo 
duc eu luoc et en temps, car en aquestas condicions moss. 
comte laissia las deltas terras et heretaytges dessus ex- 
pressats a moss. lo duc et l'en fay son hereteys, aytant 
que las obserre et les fassa et complissa de point en point, 
et non autrament; et en cas que per moss. lo duc las detas 
condicions et chacune de lor non serian compUdas et 

observandas, et per lo contract, raoss. lo comte revoca 

e annula totz losditz légats et heretatges del deito moss. 
lo duc, et vol que sian per non scritz ;' et layssa moss. 
lo comte dessus dits tots los comptais, teras et here- 
tatges, debtes et actions dessus deitas, per la forma que 
a moss. d'Orléans eran gestadaa, legadas et laissadas per 
luy, en las deitas condicions, al chapitre de Nostra Dama 
de Paris et a ses heretiers universels par dessoubs scribs, 
et per égals pourtions en tant que le chapitre et los 



(1) Il semble qu'il existe ici une I&cuue. 



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aultres seu heretiers universals accomplissan el fasseii de 
point en point totas las coodicions dessus scriptas, et que 
lodit chapitre, protector et deffensor, susteuha et deffenda 
los bereters del deito moss. lo comte et tots ses legatarls 
contra la delta Aotboneta et son marit Bouciquaut per 
la forma dessus expressada, ni non faissetit am l<»i, sus 
los deitos beos et heretatges alcune compositioa ny accoi-d, 
et recoubient des dits coajunx tolas las teras que per els 
ou per l'uD de lor seran estadas occupadas, et persegren 
lodit messire Le Meiogre en totas courts per lo far puair 
de las traysioQS, murtres et deseretations, poisons et autres 
malvaistatz et eujurias peel fâchas à moss. lo comte, et 
autrement observant et compUssant totas las condicions 
dessus detas, car am las detas condicions moss. lo comte 
lor laissa las deltas contatz et heretatges, et non altrament. 

Item Tol et manda moss. lo comte que lodit chapitre, 
avant qu'el achapte ny prenda la possessions des ditz 
biens por la portion que en appartendra. jura et prometta 
et se obliga par bon instrument que lodit chapitre obser- 
var fara et guardara de point en point todas las condicions 
dessus deltas que moss. lo duc d'Orléans era enchargato 
de las observar. 

Et car la deita Anthoneta, fille que se dit de moss. lo 
comte, veut messire Guillaume, de bona memoria, comte 
de Beaufort, payre de moss. lo comte testador dessus dit, 
per vigor d'alcunas letres falsas, sagelledas d'un sagel 
fauk deldit moss. Guillaume, que ung faulx traidor, quels 
appellava Carrieyra, avia sagellat, que conteniant com 
le dit moss. comte de Belfort avia donat a la deita Antho- 
neta el a son marit le contât de Belfort, las quais letras 
lo dit moss. Guillaume en son vivant avia impugnat 
davant lo Rey coma falsas, a Paris, 80 non obtant, après 
la mort deldit moss. Guillaume, comte de Belford, la deita 
Anthoneta saben moss. Raymon, son payre, estre tant droit 
coma la costuma del parte, heretier de moss. son payre, 
et le tal contât de Belfort vaut de fait par la possession 
daldit contât, usurpant a se lo tili'e de comtesse et lodit 



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— 370 — 

comtat, en se parforsant de desheretar, despolîa de fait 
lodit moss. lo comte, testador dessus dit, son payre, de'la 

contât dessus dita et moss. Lo Mengre, dit Bouciquaut, 

son maril, et la sabem ledit moss. lo comte anant à Beau- 
fort, am lo salcondutz del Rey, per penre la possession de 
son contât, lo fay feyre en gendarmas per lo pendre et 
far ausire et muerlrir, en rompent lo salcondutz del Rey. 

Item, moy estant moss. lo comte a Borbon, a sos cols 
en despens las gens de mos. Bouciquaut arregrent sus a 
moss lo comte, loquel volgrent ausire et lots aquels de sa 
compania et autres se ledit Bouciquaut donel et promet 
de donar del argen a ung que appellavan petit Jehan de 
Lissât, per tal aussis et muertris moss. lo comte ; et aussy 
ledit Jehan, tant sera a la mort par justiase, o confesset 
sus sa mort que justemenient morit. 

Item, feit bailliar ou baitlet moss. Jehan Mengre, dict 
Bouciquaut, a ung que hom appella Jehan de Lonhal, 
que demourava ans vous am moss. lo comte, una quan- 
titat de poisons per lo far espoisonar et autre, afin que 
[a] la deta Anthonela et al dit Bouciquaut touts loa here- 
tatges deldit moss. lo comte poguesson venir; et fu dichz 
et révélât a moss. lo comte, per que le fetz penre et 
meclrc en la preyson de Borbon, et foron trebados los 
poissons; et Rolierl Guy, que per lo temps era capitaine 
de Borbon, promes a moss. lo comte que el en faria jus- 
ticia, lolas vetz, quant ledit moss. Jehan Le Mengre aunit 
que lo dit Johan de Mongal era près per losdits poisson, 
el mandet far relasar et non vole que s'en fesses justicia 
ni informacion neguna. El tolas aquesliis Iraycions et 
deseretations, injurias et vjolcnsias, faladats, ingratîtuls, 
et autras causas enormas losdits conjuiix contra la per- 
sona et es bens deldit moss. lo comte an fait et comes, 
coma es iiolori et public, et n'estant mcmorias ol instruc- 
tions, lasquels ses hercliera universals Irobaran el auran 
en temps et eu loc. El per aquestas causas dessus delas, 
el in.ui-ittiluds per Icd. Anthonela conimisas conira moss. 
sou peyre, moss. lo comte, en aquest présent testament, 



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— 371 — 

la priva de touts sos biens et heretaiges et la metat dé- 
feras de touts SOS bens et héritages, et la met defora 
de lot en tôt, mandant et commandant a tots sos heretiers 
dessus et dessoubs scripts, que a la deita Anthoneta et 
a Bouciquaut, son marit, defFendaiit touts les bens et 
heritatges de! dit mosa. lo comte, si aucun droit demm- 
davaut, et aquels per las causas dessus deitas, las quais 
s'espremavant claramûni. Vol. et manda moss. lo comte 
que 303 heretiers perseguant lo dit Bouciquaut per lotas 
las courts del realrae de Fransa, per far lo punir corpo- 

ralment traycions, murtres, injurias dessusd., per la 

forma que dessus es déclarât. 

Item que, en cas que las iogratituts et las autres 
causas dessus deitas et escrithas non seran sufSciens de 
desheretar la deita Anthoneta, el la mètre fora de touts 
SCS bens et heretatges de moss. lo comte, enaisi coma 

es dessus dich que moss. lo comte, en lo contract de 

mariatge fait entre la deita Anthoneta et lodit Bouciquaut, 
moss. lo comte avia donat et constitut a la deyta Antho- 
neta et al dit Bouciquaut, moss. lo conite agha donnât 
et constitut ald. Anthoneta, en dot, lo comtat de Alest, 
la barania de Portus, la haronia de Andussa, Saint- 
Bstéve de Val-Francesia, et plusoi-s autras terras pau- 
sadas eu la: senescalcia de Belcayre, et agha promes et 
jurât lodit moss. Bouciquaut, et plusors autres chaval- 
liers, que la deita Anthoneta renunciava et renunciat a 
touts autres bens payrenals et mayrenals, content de la 
ditte dot, laquai son le plus bel partaige que jamais feraa 
del realrae de Fransa agues en son mariage, considrrant 
que Bouciquaut non era de grand lignage, quel non avia 
dos cent livras de renda. 

Item, la comtessa de Valentines (1), la dama de La Rocha 
et de La Tornorie, la dama de La Torn, la dama de 
Donsena, amidas de moss. lo comte, que es huy la dama 



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— 372 — 

de Chauviguy, que bod dama de Avelin et comtessa de 
Baux[l), ni la dama de Beljuoc, ne la dama de Valen- 
tines, que es huy, ne la Margaud:!, que fo molhie del ve^ 
comte de Paumar(2}. sors de moudit seigneur lo comte, 
non agi-on tant pei- lor doe et partaiges, comme se monte 
solameut la terre que moss. le comte a douât à la deila 
Antlioneta; par ce, moss., en lodit cas, la deita Antho- 
QCta en lodit comtat et en las autras terras d'Alest en lo 
contract de mariage expressadas, et en cent francs los 
quais li légua et par droit de institutions sus sa héri- 
tage enaysi que plus non puescha rien demandar en touts 
los bens et heretatges del deito moss. lo comte. Et en cas 
que la deita Anthoneta mourus sans heretier de son corps 
legitiement natz, moss. lo comte se constituts a la deita 
Anthoneta el contât et terras dessus deltas son hereteyr 
universal première et segune dessots scripts et lors here- 
liers sans que la deyla Anthoneta mourera sens heretiers 
de son corps procreatz puesche retenir dels deits contatz 
et terras carta deguda a celle par droit de nature ni Ira- 
bellian ou aultrement, et prohibis, et deveda moss. lo 
comte à la deila Anthoneta (juc ela non detraha las 
qunrlas dessus deltas del deito contât et terras desus ex- 
pressadas, mais lod. cas trameta al dit substitut ente- 
grament sans de traction de nrguna carta. 

Item, lega moss. lo comte, et par droit et tilol de insli- 
tulioiis laissa a Galeas de Belfort et de Turenna, son fils 
ualural, per amor de Dieu, las chaslellanies et chastelz 
de l'ontgibault, de Neyrac, de Nabossa, de Chanona, et 
de Mon-Redon, am lots los homalges nobles et non nobles, 
niolins, olangs, bosx, juridiction alla el hassa, et am toli 
los autres devers, droits, émoluments, appendances et ap- 



(I) C'est probabloment de Jeanne, autre sœur du vicomte, qu'il 
est question ici. Elle avait épousé en premières noces Raymond 
dp Bouy, comte d'Avelin, et s'était remariée k Guy de Chauvigny. 
Les noms de lieux ont été complètement défigurés par les copistes. 

(î) Marguerite, qui avait épousé Armand, vicomte de Polignac. 



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— 373 - 

partenanceg de las deitas chaetellaniae, mandant et com^ 
mandant lo dit moss. lo comte aïs captitains que incon- 
tinent metant en possession To deit Galeas des dits chastelz 
et chastelleniea dessus dits, et de todas sas appendaiices 
et appartenances dessus deites. 

Item, légua et par droit de institution laissa a Bron 
de Belforl et de Torenna, soq flls natural, per amor de 
Dieu, les chastels et chastellenies de Ghaylulz, de Granges 
et de Caramant, ams touts homatges nobles et non nobles, 
molins, étangs, et jurisdictioo alla et bassa, et ams tots 
los autres devers, droits, émoluments, appendances et par- 
tenances de las deltas chastellanias, mandant et commen- 
dant a Gouget de Sartiges, capllain desditz chastelz de 
Chayluts, que incontinent mette en possession lodit Bron 
delz chastels dessus dits. 

Item, légua et par droit de institution laissa, per amor 
de Dieu, lodit moss. lo comte a Hector de Belfoit et de 
Torena, son fliz natural, les chastelz et chastellenies de 
Sant-Alari, de Ussac, et de Vage, ams tots homatges 
nobles et non nobles, molins, estangs, jurisdiction alta 
et bassa, et am touls autres droits et émoluments, et am 
totas autras appendances et appartenances desdits chastelz 
et chastellenies. 

Item, légua et par titel de institutions moss. lo comte a 
Cludogi (1) de Belfort et de Torena, son tLls natural, et 

per amor de Diou, los chatels et chastellanies de de 

la Bastida et de Sorsac, ams tots homatges nobles et non 
nobles, molins, stemp, jurisdiction altu et bassa, et ams 
tots autres apartenances et dépendances d'aquelas. 

Item, légua lo dit moss. lo comte, et par droict de insti- 
tution laissa a Mariii de Belfort et de Torena, Sii Qlia 
naturale, per amor de Dieu, per la maridar, six mille 
francs, desquels six mille francs se pagaran a la ditia 
Maria quant sera maridada, so es a saber trois mille 
francs a l'anel, por mos heretiers universalz desos scripts, 

(1) Claude. 



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— 374 — 

et les autres trois mille francs restant se pagaran par 
losdiis hereiiei-s, trois cent francs par an, tu a tant que 
la delta soma de six mille fi'âncs sia integrameat pagada 
a la delta Maria. 

Item, Icga et par droit de institution laissa lo dit moss. 
lo comte à Serena de BelforL et do Torena, sa Alla n;itu- 
raie, per amor de Dieu, per son maridadge, très milia 
francz, dcsquelz Irea milia francz se pagaran quante la 
deita Serena sera maridada, so es assaber a l'anel mil et 
cinq cent francs, par mes heretiers universals dessus 
scripts, et les autres mil et cinq cent francs restants 
se pagaran per los dits heretiers deux cent francs par 
an, tu a tant que la ditta soma de très milia francs sia 
integrament pa.^ada a la deita Serena, 

Item, légua et par droict de titre de légat laissa lodil 
moss. lo comte a Aliota Soleranda, tant com ela reslara 
honestament et castament sans se maridar, a sa vita 
tant solamente, los chastels et chaslellenies de Fleyrac 
et de Aguda, et tota l'autra terra que Aliot de l'Ëstrada 
et son payre tenan cl avan en Limosin, et enquessy que 
appartenan a mo^. lo comte, avec tots homatges nobles 
et non nobles, et avec jurisdiction alla et bassa, molins, 
boscs, paslurages, et avec lots autres devers, appendances 
et appartenances. Et ordena lo dit moss. lo comte tes- 
tator que tola la deila terra, après la mort de la delà 
Aliota, vengubc integramenl parmi et amont als dictz 
Gualeas, et deffendant (descendant) de luy, vengeka fiiz de 
la deita Aliota ei de mnss. lo comte dessus dit? Parce que 
la deila terra de Floyrac et d'Aguda sia conlenciosa en 
lo court de Parlement, moss. lo comte vol et ordena que 
ela prenda desus lo port de Monvalen chacun an trois 
mille francs jusqu'à tant" que la causa sia declarada es 
cas dessusdit, et degré prendre l'orgen des lo vendres- 

sans jusques a de Pasces, chacun an; et vol et 

ordona lo dit moss. lo conte que la deita Aliota Sole- 
randa aya en sas mas io chaslel de Mo-Valen per sa 
demoransa, et prenda las rendas et revenuas deldit luoc 



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— 375 — 

outre los trois mille francs que deu prendre sur lodit 
port jusqu'à tant que mon heretier desoubscript aya fait 
declarar et mettre a fin la causa coiiteiisiosa deldit luoc 
de Floyrac et de Aguda, elz qualz luocz moss. de Belfort 
afferma que a bon droit. 

Item, et per ço que institution de heretier es cap et 
fundamenl de touts testaments, moss. lo comte dessus 
dit en tots los autres heretatges, terras, bens meubles 
et non meubles, actions, droits et raisons, devers et tots 
autres beus quel que sian, fa, coustitutz et instituts soz 
heretiers universals, so es.assaber, sa très chara sor arra 
dama Heliona de Belfort (1), dama de Vengue, asa vita tant 
solament, el substitut à la deita madame Heliona, ûaleas 
el Biort, sos fils dessus nommatz, so es assaver aquel que 
a alla sera ams que plus ablle et a droict en lesdils 
heritatges, a laquel vol et manda et pregia ledit moss. 
lo comte que la deta madame Ueliones après sa mort 
baille, trameta et reslilutha touts sos bens. terras et he- 
ritatges dessusdits, sans retenir negun quarta, trabelliona 
ni autre quelque sian, lesquelz moss. lo COTile, de sa 
propria boucha, so es assaber madama Heliones, Gualeas 
et Brorts, nomats sos liereliers per la forma dessus dcila. 

Item vol et manda moss. lo comte que la deita madama 
Heliones aguessa garde et fassa de bonas maneyras et 
costumas dessus deilas Gualeas, et Brorlz, Hector (2) et 
Claude et les fassa legitimar et far re[n]drc abiles por 
successedir al deilo moss. lo comte en touts sos bens 
et heretatges dessus dits; et en cas.... Gueleas cum plus 
abile en droit, quai que sia de lor dos cum plus habile, 
sera heretier de moss. lo comte après madama Heliones, 
et moris en pupiilar état en autrement, sen heretiers de 
son corps légitimement procreatz, moss. lo comte substitut 
de l'un a l'autre el de l'autre a l'autre, et lors fils de 
lors corps; et en cas que lesd, Galeas et Brosz non fossen 

(1) Ëléonorc. femme d'Edouard de Beaujeu. 

(!) Le mot Hector est cii surcharge sur ta copie. 



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— 378 — 

heretier de moss. lo comte en fassen héritiers et morissan 
sans efTans mascles de leurs corps procreatz, substituts 
al daris morant de touts des sous heretiere comme ea 
dessus dict. 

Premeyrament a Hector, et si Hector moria sens here- 
tiers malles de sons corp procreatz, substitut a luy ledit 
Claude son frère, fils del deito moss. lo comte, en touts 
sous bena et heretages dessusdits. 

Item, fay, ordena et créa lodlt moss. lo comte ses 
executoura de son présent testament et per compUr et 
fir totas las causas pias per moss. lo comte en aquest 
présent test iment ordonadas et leti-assadas de far, so es 
assaver, très veneralz payre en Dieu mosa. le cardinale 
de Peresthia, Maraal et de Aygrafuilha(l), et lo chapitre 
de Nostra Dama de Paris, et chacun de lor, aus quais 
moss lo comte ballia et donna poissance, pover de vendre 
et exécuter de ses bens, tro a la quantitat que ae mon- 
taran les causas que per el dessus son estadas ordenadas 
de far, que losdits exequutours metan una ordenassa de 
far statuts per lo collège que moss. lo comte a laissât de far 
en la gleyaa de Nostra-Dama de Paris [per que] se pueschan 
degudament governar, de laquel causa moss, en chargea 
losdits sieus executours et chacun de lor, et lor dona 
plainera poissansa; el vol lo dit moss. lo comte que aqueat 
présent testament sia son dtirris testament et sa darrieyra 
votontat et ordenansa-, et si lodit testament non val ou 
non valia per lo temps ancaur per lo droit de testament, 
vol moss. lo comte qu'il valhie per droit de codecilles 
ou de donacion per causa de morte, et agha forse et 
vlgor de tota autra manieyra, cassant el annulant touts 
autres testaments et donacions per lodil mosa. lo comte 

(1) Raymond nomme ses exécuteurs testamentaires le cardinail 
Guillaume d'Aigre feiiille et un ou deux autres membres du sacré 
collège, dont il est assez difficile de déterminer les noms. En par- 
courant 1% liste des cardinaux limousins vivant à cette date, je 
trouve Hugues de Malcsec, éVêqne do Palestine, et Hugues do 
Baint-Hartial ; on peut croire que ce sont eux qui sont désignés ici. 



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— 377 — 

per Lo temps passai faits, aquest présent testament en sa 
fopsa et vigop solamen demorant. 

Quaqaidem papiri cedula per nos infra notatos ibidem 
in presentia dicti domini comitis et testium infrascrlp- 
torum prelecta, idem dominas cornes dictum testamentum 
suum fecit, condidit, et ordinavit et disposait ut supra- 
dixit, sic prout et quemadmodmn continetur in dicta 
papiri cedula superius iuscripta; et etiam voluit et man- 
davit, per nos nottarioa iafrascriptos in formam publicam 
redigi, et nichilominus rogavit testes inferius nominatos, 
quos ad bec omnia et siogula supradicta et in dicta 
papiri cedula contenta audienda vocavit et coram quibus 
omnia et singula dizit, fecit et disposuit, ac dicit et facit 
uno contextu ut de predictis sic per ipsum ordinalis 
dictisque et foctis et in dicta papiri cedula contentis 
sint testes et prohibeant legitimum veritatis testimonium 
loco et tempore opportunis, ac guando super hoc fuerinl 
requisiti ; rogavitque etiam nos notarios infrascriptos 
coram quibus omnia et singula supradicta dixit et fecit, 
disposuit, ac dicit et fiicit uno contextu, quod pro meritis 
ut de prediclis sic per ipsum ordinatis, sibi et om- 
nibus quorum interrexerit aut loterresse poterit in futu- 
rum, conQciamur unum et plura publicum seu publica 
instrumentum seu instrumenta et clausula seu clausulis 
quibus pertinuerit, subslancia facti non mutata. Acta 
fuerunt bec in Castro de Bonsolii, etc., etc. 

Cette copie est suivie des certificats de légalisation 
suivants : 

Je consens le présent extrait être signé et délivré. 
Fait au parquet, ce quinze may mil sept cent soixante- 
treize. 

J. DE MONTHOLON. 

Collation du présent, contenant quarante roUes et demi 
paraphés, a été faite aux originaux étant au dépôt des 
terriers et délivré conformément à l'arrêt de la Chambre 
étant au haut d'icetui, par nous conseiller du Roy auditeur 



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ordinaire en la dite Chambre soussigné, ce dix-sept mai 
mil sept cent soiiante-treize. 

Le Bai lu F. 

Copie du xviti* siècle appartenant à M. le marquis de 
Turenne. 



TESTAMENT D ANTOINETTE DE TURENNE 

Extrait fait en la Chambre des comptes du Roy notre 
sire, au dépôt des terriers étant .en la Chambre des 
comptes. Des titres de Turenne étans au dépôt des ter- 
riers a été extrait la pièce suivante mentionnée au fol. 
30 du premier volume de l'inventaire des titres. 

In nomine Domini, amen. Anno ab Incarnatione Do- 
mini millésime quadringentesimo tertio decimo, et die 
décima mensis aprilis, illustrissimo principe et domino 
Garolo, Dei gratia rege Francorum régnante. Quia pre- 
sentis vite mlserabilis conditio statum habet iûstabilem, 
et ei que visibilem et palpabilem habent essentiam teo- 
dunt visibiliter ad non esse; sapientium igitur est consilii 
ut, quamdiu ratio régit mentem, conditionis humane ine- 
vitabile debilum, videlicet mortem, quantum a Deo per- 
mittitur prevenire, morsque certisaima ait, ejua tamen 
hora penitua ignoretur juxta verbum prophète dicentis : 
de mane usque ad vesperam finies me (Isaïe, 38, 12); hinc 
est guod anno et die predictis, in mei notarii publici et 
testium infrascriptorum, ad hoc personaliter vocatorum et 
rogatorum, preaentia personaliter constitula egregia et po- 
tens domina, domina Anthooetta de Turenna,comitegBaBel- 
lifortis, Alesti et vicecomilessa Turenne, uxorque egregii 
et potentis vin domini Johannis Le Meygre, dicti Boucei- 
quaut, marescalli Francie, sana menle et corpore per Dei 
gratiam, et in sua bona memoria et dispositioue persis- 
tens, Qupiens, ut dixit, diem sue poregrinatJODis extrême 
ordinatione testamentaria prevenire et saluti anime sue 



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— 379 - 

in quantnm desuper sibi concessum fuerit providere, el 
de corpore et de bonis suis disponere et ordinare, ul 
extrema necessitate cum placuerit Altîssimo ipsam de hoc 
seculo vocare, paralam inveniat eamdem; quapropter ipsa 
domina Anthonelta suum ultimum teslamentum uuiicu- 
pativum et suam ultimam voluntatem ac disposiiionem 
testameotariain fecit, condidit et ordinavit prout conti- 
netur in quodam papiri quaterno michi diclo nottario 
tradito et io romaacia scripto, cujus teuor talis est. 

Au nom du Père, et du Fils, et du Sainct-Esprit, la 
beDOiste Trinité, la beiioiste vierge Marie, et toute la 
benoiste compagnie de Paradis. 

Moy Anthonettb de Tuhbnne, femme de très noble et 
puissant seigneur messire Jean Le Mengre de Boucic- 
quaut, mareschal de France, du consentement et volonté 
de mon dit seigneur et espoux, qui m'a sur ce autorisé, 
comme il appert par letlres signées de sa main et scellées 
de son sceau, desquelles la teneur est insérée en la fia 
de ce présent instrument, laquelle auctorisation j'ay prins 
agréablement en moy, de ma bonne volonté, estant en 
ma bonne santé et vie, fait et ordonne mon testament et 
dernière volonté, touchant le fait de mou ame et aussy 
des biens que Dieu m'a prestes, en la manière qui s'ensuit. 

Et premièrement je recommande mon àme à Dieu, à 
la benoiste vierge Marie, à tous les benoists saints et 
saintes de Paradis et à toute la benoiste compaignie ce- 
lestial, leur supliant qu'il leur plaise la prendre en leur 
bcuoiste garde et commende, aussy leur plaise de moy 
empêtrer grâce envers Nostre-Seigneur quand viendra au 
pas de ta fin et au devant. 

Item, je veux et ordonne toutes les dettes avoir appar- 
tenues, si aucune en a à qui appert bonnement et juste- 
ment, estre dues, et lesquelles auront esté fais par moy- 
mesme et autres de quoy je serois tenue, comme héritière 
ou autrement, estre payées, et aussy mes tors fais, si 
aucuns en y a. 

Item, je veux et ordonne que quand sera le plaisir de 



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— 380 — 

Nostre-Seigneur de moy prendre de ce siècle pour mettre 
en l'autre, que mon corps soit mis et enterré en l'egtise 
de monsieur saint Martin de Tours, eu la chapelle là 
où mon dit seigneur mou espoux a esleu sa sépulture, 
en la dite maaiere et où lieu qu'il vouldra ordonner, 
et à mon dit enterrement qu'il y ait treize pauvres vestus 
tous de neuf pour porter mon corps à l'église, et treize 
torches à mon enterrement. 

Et encore que je trespasserois en lieu que je ne pusse 
pas estre prestement portée et enterrée en l'église de mon- 
sieur saint Martin, je veus et ordonne que, en la egflise 
où mon corps sera mis jusques à ce qu'il sera translaté 
en la ditte église de monsieur saint Martin, soit donné 
chascun au la somme de trente livres tournois, et autre 
trente livres à ung chapelain, tel comme je vouldray 
eslire, qu'il soit tenu de chanter messes et prier Dieu 
pour moy jusquee à tems que mon corps sera translaté 
en laditte église, comme dessus est dit. 

Item, je veux et ordonne que une messe soit fondée 
de Toussains perpétuellement, à dire trois fois la semaine 
en laditte chapelle où mon dit seigneur et moy seront 
enterrés, de quoy je veux que la fondation soit faite 
et ordonnée par celuy advis de mon dit seigneur et de 
mes autres exécuteurs, et soit laditte messe le mardy, 
le jeudy et vendredy. 

Item, je veux et ordonne que une messe de Noslre-Dame, 
à dire trois fois la semaine en laditte chapelle où mon 
dit seigneur et moy serons enterrés, soit fondée à Nostre- 
Bame des Carmes, à Paris, le lundy, le mercredy et le 
samedy; et ordonne qu'il soit satisfait au dit couvent de 
la messe dessus ditte et de la sépulture, tout ainsy que 
si mon corps y estoit enterré, ainsy que par mou dit 
seigneur sera regardé et par mes autres exécuteurs, et y 
soit donné la garnison qui appartient pour l'autel à dire 
la messe, d'une chapelle- 
Item, je veux [et ordonne] que dessus ma tombe, à 
Tours, soient mises mes armes, et aussy que mes dites 



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armes soient en la chapelle gui sera fondée au dit conveut 
des Carmes, à Paris, laquelle chapelle sera fondée à l'hon- 
neur de Noslre-Dame de la Croix. 

Item plus, je ordonne et veux avoir dix mille messes 
une fois payées du prix de mille francs, de quoy les 
trois mille soient dittes en l'église de monsieur saint 
Martin de Tours, deux mille en l'église de Nostre-Dame 
des Carmes, à Paris, seront de Nostre-Dame, c'est à en- 
tendre cent francs pour mille messes. 

Item, aux quatre» églises des pauvres mendians de 
Tours, pour mille des messes dessus dittes soit baillé 
cent francs, c'est à sçavoir à chascun convent vingt et 
cinq francs, et soient les dites messes de Saint-Esprit et 
des Anges. 

Item, je veux et oi-donne que cinq cens des ditt«s 
messes soient dictes au convent de Nostre-Dame des 
Carmes d'Avignon, du pris dessus dit, desquelles les 
trois cens soient de la Croix, et les deux cens soient 
de Nostre-Dame et de la Passion. 

Item, aux Cordeliers de la ville d'Aix, là où madame 
ma grand' mère, que Dieu absoille, est enterrée, soient 
dictes cinq cens messes du pris dessus dict, c'est à 
si^voir trois cens de requiem et deux cens de la Trinité, 
et à iceux soit payé et délivré pour les dittes messes 
cinquante francs. 

Item, aux quatre églises de Alest, c'est à sçavoir à la 
grant église de Sainl-Jeau, aux Prédicateurs, aux Frères- 
Mineurs, et aux dames menoretes de Saincte-Claire, soient 
dittes mille des dittes messes, et à chascune église soient 
donnés et payés vingt et cinq francs, c'est à sçavoir à 
la ditte église de Saiiit-Jehan deux cent cinquante de 
Tonssains, aux Prédicateurs deux cent cinquante des Mar- 
tyrs, aux Gordeliei-s, deux cent cinquante des Confesseurs, 
et aux Menorettes, deux cent cinquante des Vierges. 

Item, je veulx et oidonne cinq cens messes cstre dictes 
là où madame ma mère, que Dieu absoille, est enterrée, 



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desquelles les trois cens soient de requiem et les deux cens 
de Nostre-Dame. 

Item, je veux et ordonne que cinq cens messes de 
requiem seront dittes là où eat enterrée ma sœur Cons- 
tance de Saluées, que Dieu absoille, jadis femme de ines- 
sire Boucciquault, frère de mon dit seigneur et espous. 

Item, je veux et ordonne que trois cens messes soient 
dictes là où feue ma sœur de Barres fut enterrée, c'est 
assavoir, deux cens de requiem et cent de Nostre-Dame. 

Item, je veux et ordonne que mille messes soient dictes 
à plusieurs sainls et saintes et en plusieurs lieux que 
j'ay volonté de faire dire briefvement, à l'aide de Nostre- 
Seigneur, 

Item, je veux et ordonne que les dittes dix milles 
messes soient dictes comme dist est dessus et en la ma- 
nière dessus devisée, sans rien enfraindre par mes exé- 
cuteurs en cas que en ma vie ne aurois fait dire ne 
accomplir. 

Item, je laisse et veus estre payé et délivré à l'église 
Saint-Jehan de Jérusalem d'AIesl, en réparation de la 
dilte église, vingt livres. 

Item, semblablemenl je laisse i Teglise de Saint-Au- 
thoine d'AIesl, pour réparation d'icelle, vingt francs. 

Item, je laisse, pour la reparation de l'hospital des pau- 
vres d'Alest, dix francs. 

Item, je laisse à l'église de monsieur saint Vincent 
d'AIesl, en réparation d'icelle, dix francs; et que les cha- 
pelains «et frères des églises dessus dites soient tenus 
de prier Dieu pour moy et mes prédécesseurs, et avoir 
pour recommandée en leurs prières et croisons. 

Item, je veux et ordonne que cent francs soient donnés 
pour Dieu en la manière qui s'ensuit, pour les vœux et 
promesses que j'ay fais plusieurs [fois] et en plusieurs 
guises, de quoy notre seigneur père m'a donné licence 
je les puisse convertir en aumosne et en autres choses 
charitables. 

Et premièrement, d'iceux cent fraucs je ordonne et 



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— 383 — 

veux vingt-cinq francs estre donnés pour Dieu à pouvres 
filles à marier. 

Item, vingt-cinq francs pour aider à faire l'egUse des 
Carmes d'Àix (1^ 

Item, les autres cinquante francs soient employés, c'est 
à sçavoir douze et demy pour aider à délivrer les pri- 
sonniers d'outre-mer. 

Item, pour les pouvres orphelins et pouvres honteux, 
seiie fraucs et demy. 

Item, pour aider un povre escoUier, ainsy copnme sera 
regardé par mes exécuteurs, douze francs et demy. 

Item, neuf francs pour chanter messe de requiem pour 
les âmes du purgatoire qui l'audiance de Nostre-Seigneur 
attendent. Et ainsi est Un de l'ordonnance des cent francs 
dessus dits. 

Item, je ordonne et est ma volonté que au Saint- 
Sepulche soient donné et envoyé la somme de vingt- 
cinq francs. 

Item, je veulx et ordonne que à l'église de Noslre- 
Dame du Puy soient envoyées et payées quarante fraucs, 
des(]uels les vingt-cinq soient mis et convertis eu ung 
calice au service de la ditte église. 

It-cm, semblablement je veux et ordonne estre envoyé 
et délivré à monsieur Sainl-Anloine-de-Vieuuois, poiir 
faire un calice au service de la ditte église, vingt-cinq 
fjancs. 

Item, je veux et ordonne estre baillé pour envoyer un 
I>elerin à Saint-Jacques en Galice, et pour les offrandes 
qui seront faites en la dilte église, vingt-cinq francs, et 
pour la peine et dépense dudil pelleriu, vingt francs. 

Item, je veux, ordonne et laisse la somme de quatorze 
cent francs pour reg[u]erdonner mes hauteurs [l] mors et 
vifs, et ne les divise pas eiico e pour ce que u'ay encore pas' 
avis où el comment je les dislribueray, combien que c'est 

(1) Il y a probablement ici uiic erreur de transcription. C'est 
de SCS seroiteurs que ta testatrice a voulu parler. 



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— 384 — 

mon intention de y aviser et montrer l'ordonnance à mon 
dit seigneur et à mes autres exécuteurs, pour estre dis- 
tribués et payés ainsy que à faire fauldra. 

Item, je laisse à Marie de Turenne, ma sœuir bastarde, 
et à ses hoirs nés et procréés de son corps en loyal 
mariage, mille francs à estre payés pour une fois, et 
ou cas que la ditte Marie iroit de vie à trespassement 
sans hoirs procréés de son corps en loyal mariage, que 
de sept cent francs la ditte Marie puisse faire et ordonner 
à sa volonté pour le salut de son &me, ou aultrement; 
les trois cens francs retourneront le. où son frère Qaleas 
et le mien est enterré, en fondacion de messes, c'est à 
sçaroir à l'église des Ckirdeliers des Loges en Touraine {!), 

Item, plus outre les messes déclarées, je veux et or- 
donne dix mille messes de requiem, de Nostre-Dame, du 
Saint-Esprit et de la Trinité estre dittes au pris dessus 
dict, c'est à sçavoir mille francs pour lesditles dix mille 
messes, en la manière que s'ensuit. C'est à sçavoir : en 
l'église où monsieur mon père, que Dieu absoille, est 
enterré (2), trois mille messes. 

Item, à l'église où madame ma mère, que Dieu par- 
doint, est enterrée, deux mille messes. 

Item à l'église de Nostre-Dame à Paris, là où monsieur 
mon grand père, à qui Dieu pardoint, est enterré, mille 



Item, aux églises de Tours, dont il sera regardé par 
mon dit seigneur et par mes autres exécuteurs, deux 
milles messes. 

Ilem, je veux et oivlonne que mille des messes dessus 
dittes soient aux quatre ordres mandiants d'Avignon, 
desquelles les cinq cens soient dictes en l'église des 
Carmes, et les autres cinq cent par les autres trois ordres 
dessus dits. 



{]) L'e»traU dit Turenne. 
(3) Il semble résulter de ceci que Raymond n 
dams l'église Notre-Dame de Paris. 



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Item, aux Celestins d'Avignon et aux Chartreux de 
Villeneuve, à chaacune esglise des dits ordres, cinq cens 
des messes dessus dittes de Nostre-Dame et de requiem. 

Item, plus je veux et ordonne deux cens francs estre 
baillés et délivrés pour dire et célébrer deux mille messes, 
desquelles je veux que les cinq cens soient dittes aux 
morgues de Saint-Mai-sal d'Avignon, et de requiem. 

Item, en l'église de Notre-Dame d'Avignon, c'est à 
sçavoir de Domps, soient dittes deux cent cinquante des 
messes de Nostre-Dame. 

It«m, en l'église des Gelestins du Pont-de-Sorgues , 
deux cent cinquante messes de la Croix, de NostreDame 
et de requiem. 

Item, cinq cens messes en l'église des Carmes d'Aix, 
de Nostre-Dame, de requiem et des Anges. 

Item, aux églises des Jacobins et Augustins d'Aiz, à 
chascun deux cens cinquante messes de Toussaint. 

Item, je veux et ordonne la somme de quatre cent 
livres estre donnés pour Dieu, ainsy comme je voudray 
en ordonner et deviser. 

Item, je veux et ordonne que, outre les choses dessus 
dittes, je puisse avoir treize cens francs pour une fois, 
et avec deux cens livres tournois de rente sur laquelle 
qu'il me plaira de mes terres, pour le sauvement de mon 
tme k ma dernière iin, et d'iceux ordonner ainsy que 
bon me semblera; et au cas que Iceux treize cens francs, 
d'une part, et deux cens livres tournois de rente, d'auti-e 
part, ne seroient distribués moy vivant, que après ma 
fin mes exécuteurs les puissent distribuer ainsy comme 
je vouldroy ordonner. 

Item, je veux et ordonne une messe perpétuelle estre 
dicte une fois la semaine, c'est à sçavoir le samedy, 
de Nosti-e-Dame, et mémoire des morts estre fondé en 
l'église de monsieur Saint-Nicolas, à Pertuis, là où Jehan, 
mon flls, à qui Dieu pardoint, est enterré, pour l'àme 
dudit Jehan, de moy et de nos amés et bienfaiteurs {?), 
et y estre faite la sépulture du dit Jehan par l'ordon- 



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— 386 — 

nance, bon advîs et délibération de mon dit seigneur, 
et de ce fais chargé mon dît seigneur. 

Item, je veui et ordonne de bon cueur et sans nulle 
contrainte, de ma plaine volonté et sans nulle fraude, 
que tous mes biens, meubles et immeubles et héritages 
presens et avenir, mon testament accompli si comme 
dessus est dict et déclaré, pour lequel accomplir je oblige 
la comté d'Alest avec ses appartenances à prendre chacun 
an la revenue d'icelle entièrement, sans estre convertie en 
autres usages quelconques ou cas que ma vie durant ne 
seroient accomplis, et à ce faire et entheriner je oblige 
la ditte comté à la cour du Châtelet de Paris, du petit 
sefel, de Montpellier et à toutes auti-es cours ecclésias- 
tiques et temporelles. 

Et veut et ordonne, après ledit accomplissement, 'mon 
héritier seul et pour le tout de la dite comté, et géné- 
ralement de tous mes autres biens meubles et immeubles 
quelconques, présents et avenir et à moy pouvants ap- 
partenir, mon dit seigneur et espoux, maistre Jehan Le 
Meigre, dit Bourciquaut, mareschal de France, pour en 
jouir sa vie durant tant seulement, tout ainsy et par la 
manière que je ferois si j'estois en vie ainsy et par luy 
mesme et en bonne santé en sa compagnie. 

Lequel messire Jehan Le Mengre, mon espoux, je fais 
et institue mon héritier universel de tous mes biens et 
droits dessus dits et de ma propre bouche le nomme, 
sa vie durant tant seulement, comme dessus est, non 
dérogeant, ne prejudiciani pour ce en aucune manière 
à la donnacion entre vifs par moy fail« ce jour d'huy 
devant ce présent testament à mon dit seigneur, laquelle 
a esté recitée et en notte reçue par M' Jehan Alexandre, 
notlaire royal dessous escrit, mais icelle donnation et 
louies les choses en icelle contenues par la teneur de 
mon présent lestament, je confirme, ratilie, loue et ap- 
prouve, tant comme je puis et veux, que la ditte dona- 
■ tion ait value et reste en son efficace fermeté et vertu, 
et mande et prie à tous mes sujets qui sont ou pour- 



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ront estre pour le temg à venir, comme dist est, qu'ils 
luy obeïBsent en toutes choges comme ils feraient et de- 
vroyent faire à moy mesme, si je estois en ma vie propre 
et sanlé. 

Item, je veux et ordonne que au cas que nous auriops 
enfans de nous deux, que de tous iceux bien meubles 
et immeubles mon dit seigneur en fust seigneur et maistre 
sans que iceui enfants y puissent contredire sa vie durant, 
comme dessus est dit. 

Item, je veui et ordonne que au cas que mon dit sei- 
gneur et espoux auroit très grand besoin et nécessité, 
pour sa personne tant seulement, qu'il pût engager mon 

dit héritage sa vie durant, ou à terme convenable 

recours après son décès. 

Item, je veux que après le deceds de mon dit seigneur 
et de moy, tous mes biens et héritages viennent à mes 
héritiers prochains, ainsy que raison le veut, lesquels 
je substitue mes héritiers après le deceds de mon dit 
seigneur mon espoux et héritier dessus dict. 

Item, je veux, laisse et ordonne mon exécuteur prin- 
cipal, seul et pour le tout, mon dit très redouté sei- 
gneur et espoux, auquel je auplie très humblement qu'il 
luy plaise d'en vouloir prendre la charge, et avec luy et 
en sa compagnie monsieur Jehan de Linieres, à présent 
evesque de Viviers; M' Simon de Nanlerre, conseiller 
du Roy nostre sire ; maistre NicoUe de Gonesse, maistre 
en théologie; Merigo Brenaut, escuyer; maistre Pierre Le 
Pingre, prevost de Teglise d'Arras, et mon beau père, 
frère Jehan Mobret, lecteur en théologie de l'oi-dre de 
Nostre-Dame des Cannes, auxquels je prie et requiers 
qu'il leur plaise d'en vouloir prendre la charge de ce 
faire et accomplif- api-ès mon trespas, ou cas que en mon 
vivant ne seroit accomplie; et ou cas que mou dit sei- 
gneur [ne puisse accomplir] les choses dessus dites, je 
veux et oi-donne que mes dits exécuteurs ou trois d'iceux, 
si les autres ne vouloient vacquer ou pouvoient estre et 



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vacquer, puissent donner accomplÎBsement par la ma- 
nière que dessua est dicte. 

Item, je veux et ordonne que, après mon décès, mon 
dit seigneur puisse ordonner en sa &n, pour le salut 
et remède de nos âmes, sur la baronnie d'Amduze, de 
cent et cinquante livres tournois de rente à sa pleine 
volonté, ou cas que nous n'aurions d'enfants de nous 
deux, et de tout en la forme et manière qu'il lui plaira 
en ordonner. 

Item, je veux et ordonne que mon présent testament 
soit fait et accomply tout en la meilleure forme et ma- 
nière que faire se pourra, et ait value; et suplie très 
humblement mon dit très redouté seigneur et espoux, 
comme à celuy en qui est toute ma fience, que quand 
il plaira à Dieu que le cas adviengne, il luy plaise de 
y voulloir mettre bonne paine et diligence de l'accom- 
plir, toutes fois que mon dit héritier [ne] puisse eslre 
contraint ne compellé à payer et faire les choses dessus 
dittes jusqu'à ce que sera passé le terme de cinq ans 
après mon décès. 

Item, je veux que en tous les biens qui seront faits 
pour mon âme, ma vie durant et après ma fin, mon dit 
seigneur espoux y ait la moitié, et aussy je veux que 
monsieur mon père, madame ma mère, que Dieu absoille, 
monsieur le père de mon dit seigneur et espoux et madame 
sa mère y soient acco:ii pagnes, et aussi les âmes de 
mes dittes deux sœurs, ma sœur Constance de Saluces 
et ma sœur de Barres, et tous mes bons amis à qui je 
puis estre tenue. 

liera, je suplie très humblement mon dît seigneur et 
espoux qu'il luy plaise les âmes de mon dit sieur mon 
père, madame ma mère, la mienne et toutes celles de 
nos amis et bienfaiteui-s, et de qui nous avons et tenons 
les biens, avoir pour recommandées, et (Je ce j'en charge 
la consiance de mon dit seigneur. 

Item, je veux et ordonne que ou cas que les enfants 
baslards et hastardes de mon dit sieur mou père, à qui 



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Dieu pardoint, c'est à sçavoir les filles, ne seroient ma- 
riées, et les fils que mon dit seigneur et héritier des- 
sus dict soit tenu de les marier, et chascune bien el con- 
Teuablement, selon le bon avis et délibération de mon dit 
seigneur, auquel je supUe très humblement de le voloir 
faire, et où cas que de son vivant ne seroient mariées, 
pe veux) que mes héritiers soient tenus de le faii-e. 

Item, je suplie à mou dit seigneur si très humblement 
comme je puis que ou cas que madame ma tante de 
Beaujeu vivroil après mou trespassemenl, qu'il luy plaise 
l'avoir pour recommandée et luy faire comme si elle 
esloit sa propre mère ou la mienne. 

Hoc totum voluit, jussit, et ordiuavit, et demandavit 
dicta domina Anthoueta, testatrix, e^e suum ultimum tes- 
tamentum nuncupativum et suam ultimam voluntatem seu 
ordiuationem testamentariam, quod et quam voluit et or- 
dinavit perpétue valere; et si forte jure testamenti non 
valeret, voluit et ordinavit quod valeat jure codicilli seu 
codicillorum ; et si jure codicilli vel codicillorum non 
valeret, voluit et ordinavit quod valeat jure donationis 
inter vivos seu causa mortis, ac jure cujuslibet alterius 
ultime voluntatis, et omni eo meliori modo jure et forma 
guibus melius valere potest et pol«rit in futurum ; et si 
unquam dicta domina lestatrix ordiuaverit seu fecerit 
aliud testamentum seu testamenta, codicillum seu codi- 
ciUos, donaciones causa mortis aut alias quascumque, 
illos, illas et illa revocavit et annulavit ipso presenti tes- 
tamento, seu ultima voluntate in sua facultate valitura 
et duratura, aalva semper et reservata aupradicta dona- 
cione hac die presenti dicto domino marescallo per ipsam 
facta, de qua supra sit memoria per ipsam facta contenta 
in hoc presenti testamento seu aliis aliquibus derogare 
non intendit, ymo eamdem donacionem et omnia in 
eadem contenta laudavit, approbavit, ratificavit et cou- 
firmavit. 

Ténor vero littere, et licentie, et auctorïtatis per dictum 



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dominum marescallmn date et atlribute dicte domine tes- 
tatrici de faciendo et ordinando : 

A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jehan 
Le Mengre, dit Boucicquaut, raareschal de France, comte 
de Beaufort, d'Alest, vicomte de Turenne, salut, Nostre 
très chère et très amée compaigne, Anthoinette de Tu- 
renne, mareachalle de France, nous a exposé qu'elle a 
grand desir, volenté et atfection de faire et ordonner 
. son testament et disposer de ses biens que Dieu luy a 
prestes, pour le salut de son ame et aultrement, laquelle 
chose elle ue voudroit faire sans notre bonne volenté, 
licence et consentement, nous humblement supliant que 
iceux licence et consentement luy voulaissions donner et 
ottroyer, sçavoir faisons que nous à la nostre très chère 
et très amée compaigne avons donné et octroyé, donnons 
et octroyons par ces présentes, si et en tant que besoin 
sera, licence et auctorité, consentement, congié, plein pou- 
voir et mandement spécial de faire et passer son dit tes- 
tament et ordonner de ses biens pour le salut de son âme 
et autrement, tout alnsy et dans la forme et manière 
qu'elle en vouldra faire et ordonner, et que besoing luy 
semblera. En tesmoing de ce, nous avons signé ces pré- 
sentes de notre main et à icelles fait mettre nostre scel. 
Donné à Montpellier, le deuxiesme jour d'avril l'an mil 
quatre cent treize. BotJCicQTjA.uT, mareschal de France. 

De quibuB omnibus et singulis supradictis dicta domina 
testatrix voluit, pecitt et requisivit sibi et quibus perti- 
nebit fieri unum et plura instrumenta per me notarium 
publicum infrascriptum, volons et expresse consensciens 
quod dictum instrumentum, seu instrumenta, possint et 
valeant dictari, reflci, corrigi et emendari semel et plu- 
ries. producti in judicio, vel non producti, ad consilium et 
intellectum unius vel plurium in jure perilorum, et 
fiicti tamen substancia in aliquo non mutata, rogans 
dicta testatrix testes infra scriptos, omnes sibl notos, et 
de premissis omnibus et singulis, sicut prefertur, per 



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— 391 — 

eam ordinatis memores esse voluît loco et tempore, si et 
guaDdo requisili fuerint testimonium veritalis pertulere. 
Acta fueruQt hec in loco de Bupermaura, in domo nobilis 
Johannis Varreris, alias de Ramquis, io quadam caméra 
prope aulam, presentibus nobilibus viris Johanne de Per- 
tuisio, Johanne de Sorberiis, Johaoïie de Luce Petra de 
ThoUgny, domino Amico de Mostoziis, legum doctore, fra- 
tre Johanne Malerii, oi-diais béate Marie de Monle- 
Carmelli, lectore in sacra pagina, Rolando de Ghiny, 
familiaribus dicti domini marescalli et dicte testatricis, 
dominis Petro de Monte Accto et Johanne de Terra 
Rubea, in legibus liceociatis, testibua ad premissa vocatis 
et rogatis, et magistro Johanne Alexandro Reneau, clerico 

Nemausenais diocesis, nunc habitalore Alesti diocesis, 

dicti domini noatri Francorum régis notarié, qui de pre- 
missîB omnibus et singulis, dmn, sic ut supra descri- 
buntur, agerent et âerent anno et die predictis una cum 
supra nominatis testibus presens fuit, eaque sic retinuit, 
et publicavit et de ipsis notam reperit rogatus et re- 
quisitus. 

xvnr 

HOMMAGE, SUIVI d'uN DÉNOMBREMENT, PRÊTÉ AU 
MARÉCHAL DE BOUCICAUT ET A ANTOINETTE DE 
TURENNE PAR RENAUD DE LISSAC, POUR TOUT CE 
qu'il POSSÈDE DANS LES PAROISSES DE LISSAC ET 
DE JUGEALS, DANS LA CHATELLENIE DE GOUSAGES 
ET DANS LA VICOMTE DE TURENNE. 

25 février 14i5. 

In nomine Domini, amen. Noverint universi hoc pre- 
sens publicum iûstrumentum visuri, lecturi et etiam 
audituri, quod anno Incarnationis Domini millesimo qua- 
dringentesimo quarto decimo, die vero ultima mensis 
februarii, régnante excellentissimo principe et domino 
nostro, domino Karolo Dei gratia Francorum rege illus- 



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trissimo. in preseotia mei notarii publici et nobilium 
et potenlum virorum dotninorum lestium Infra scrip- 
torum personaliler constitulis magDiflco et potente do- 
mino, domino Johanne le Mangre, dicto Bouciquaut, 
comité Bellifortis et Alesti, vicecomiteque Turenne ac 
marescallo Francie, pro se et suis et pro egregia et 
polenti domina, domina Anthonia de Turenna, comitissa 
el vicecoruitissa dictorum comitatuum et vicecomitatus, 
ejus consorte, ex una parte, et nobile Regînaldo de 
Lissac, domino ejusdem loci, pro se et suis heredibus 
et Buccessoribus universis, ex parte altéra, prelibatus 
nobilis Reginaldus, non inductus, non seductus nec co- 
hactus vi, dolo, metu, fraude, nec machinalione aliqua 
ab alîquo circumventus, sed bene instructus et consultus 
de facto el de jure auo, prout disit et assemit, recognovit 
palam el publiée^ ac pure et aimpliciter in verilate con- 
fessus fuit se tenere; velleque tenere, et tenere debere a 
dictis dominis conjugibus, licet dicta comitissa et vice- 
comitissa absenti, sed dicto domino comité et vicecomite, 
pro se et suis et dicta domina comitissa et vicecomitissa 
una mecum notario publico tanquam publica et autentica 
persona ratione mei publici officii pro îpsa domina sti- 
pulantibus et recipientibus solempniter, et predecessores 
prelibati nobilis ab ;intiquo tenuisse a dictis dominis con- 
jugibus et a predecessoribus prelibate comitiase el vice- 
comitisse, a quibus causam babet, cum bomatgio, âdeque 
et fldelîlatis juramento, videlicet omoia, universa et sln- 
gula que ipse nobilis Reginaldus, condominus de Lissaco, 
habet, tenet et possidel, et alii lenent ab ipso in loco et 
parrochia de Lissaco et in castro et castellania de Go- 
satgio, et in parrochia de Jugeais, et alibi in toto vice- 
comitatu Turanne et pertiuenciis ejusdem, de quibua 
devenil hominem et vassallum dictonim dominorum con- 
jugum. Qua recoguitione, sicut premittitur, per dictum 
nobilem Reginaldum facta coram dicto comité et vice- 
comite, pi-esente ut supra, stipulante et recipiente, preli- 
batus dominufi Reginaldus de Lissaco, condominus dictî 



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— 393 — 

locî de Lissaco et de Cosatgio, flexis geoibus, caputio 
retnoto manibusgue complosis, promisit et juravit auper 
sancta Dei quatuor Evangelia, libro aperto ubi dicitur 
Te ijitur ctementisiime paler, et per Ipsum ambabus maai- 
bus corporaliter tacla, esse bonus, et legititnus, ac Ûâelis 
vassallus diclis dominig conjugibus et suorum heredum 
et successorum vicecomitum Turenne, necnon peraonas, 
res et membra, statum dictonim dominorum conjugum et 
cujuslibet ipsonim, et honorem et tota jura ac deveria 
ipsorum, ut melius bona fide poterit, illesa obaerrare. et 
sécréta sua tenere et nulli cui non debeat revelare, bonum 
consilium et juvamen contra omnes personas, si requisitus 
fuerit, eis dare, m:ila dampna ac pericula ipsorum domi- 
norum conjugum, et suorum heredum et successomm et 
subditorum suorum, bona flde observata, pro posse suo 
eyitare, et si evitare non poterit, eisdem notiflcare et. 
mandare cicius poterit, et omnia alia universa et singula 
farere, dicere, tenere, et servare ac custodire que in 

quolibet capitule homatgii et fldelituis juramenti, et 

eorumdem pertinent sive spectant, oris osculo inter\'e- 
niente inter dictum dominum comitem et vicecomitem 
et prelibatum nobilem Reginaldum, suum vassallum, 
more consueto, et hoc cum re.nunciatione et juramento 
ad hec neccssariis, parîter et cauthelis quibuscumque, 
volens et concedens dictus nobilis quod hec generalis 
renuociatio tantum valeat et possit ad opus dictorum 
dominorum conjugum et suorum heredum et successomm 
quantum lacèrent si omnea casus legum, decretorum et 
decretalium ad hec facienda ibi et in loco debito essent 
positi, speciflcati et declarati, non obatante jure dicente 
gênerai em renunciationem non valere ni si quathenus 
expi-essa fuerit in contractu cum gpeciali; et ^presse (sk) . 
renunciavit idem nobilis et omnibus aliis juria et facti 
auxiliis , cavillationibus , dilationibus , subtilitatibus et 
cauthelis per que contra premissa vel aliquod de pre- 
missis in presentibus lilteris con(«ntis, venire poaset ullo 
modo in futurum. Et pro premissia omnibus et singuUs 



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— 394 — 

et aliis in presentibus litteris contentis tenendis, atten- 
dendis, complendis et perpetuo ioviolabilitet' observandis, 
dictus nobilis Reginaldus, pro se et suis heredibus et 
successoribus universis, supposuit et submisit se et omnia 
boDa sua, mobilia et imint^ilia, presencia et futura, foro, 
juridiction!, cohercitioni, compulsioni et distficLui om- 
Ditim curiaruin tam domini noatri Régis, quam ipsorum 
dominoruin conjugum, et cujuslibet ipsorum....; voluit et 
peciit, ad premissa tenenda, compleoda et perpetuo ob- 
servanda, cogi, compelli et distriiigi per quoscumque offl- 

ciarios diclarum curiarum et cujuslibet ipsarum Et 

ibidem venerabilis et discretus vir Guillermus Boterii, 
baccalarius in decretis, procurator et nomine procuralorio 
dicti domini comitis el vicecomitls, protestatus fuit de jure 
dictorum dominoram conjugum cui renunciare non inten- 
debat pro premissis, nec recedere ab ipso, ymo voluit 
quod pocius ipsum possit prosequere (sic) et totaliter in 
eodem persistere, prout ante. Et nichilominus precepit et 
iujunxit, ex parte dicti domiol eidem nobïli, sub pena 
juris in talibus consueta, quod declararet ad plénum et 
traderet in forma publica ea que tenet a dictis dominis 
conjugibus iafra quadraginta dies proxime venluros. Et 
dictus Dobîlis dixit et protestatus fuit de facieudo ea que 
de jure tenebitur facîendus; de quibua petienint instru- 
mentum. Acta enim fuerunt hec apud Brivam, Lemo- 
vicensis diocesis , in aula mooasterii Sancti Martini 
Brive, anno, die, mense et régnante quibus supra, pre- 
sentibus nobilibus et potententibus dominis, dominis 
Guilhehnode Meulhone (?), domino de Ponieto; Edduardo 

de Thelis, domino de Barie; A de Agrifolia, domino 

de Gramato; Durando de Salguia, domino de Lascura; 
Jacobo de Vilamur; Johaiine, domino de Marcîlhaco, mi- 
litibus; Edduardo de Thelis; Raymundo, domino de Cos- 
naco; Petro Focherii, domino Sancte Fortunate, acutiferis, 
et pluribus aliis... ad premissa vocatis et rogatis, et me, 
Ademaro de Nagela, notario auctoritate ragia pubUco, qui 
premissa recepi, notari et grossari. 



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Poslque, apud TurenDam, dicte Lemoviceosis dioceais, 
iQ presenlia testiuni infra scriptorum, prelibatus nobilis 
Reginaldus, dominus de Lissaco, gratis et ejus certa 
" scientia et bono atiimo, et libenter recognovit se tenere 
a dietia dominis conjugibus, me not irio publîco tanquani 
publica et autentica persona pro dictis dominis conjugibus 
abBentibus, ratione mei publici officii stipulanti sollemp- 
niler et recipienti, videlicet ea que aequuntur. Et primo 
locum et fortalicium de Lissaco et de Mauriolis, cum 
omolbus juribus et pertinenciis suis unîversis, sive sint 
hospicia, domus, turres, menia, paludia, vinee, terre, orti, 
nemora, gareae, columbaria, piscaria, pascua, mansi absi 
et vesliti, borie et bordarie ad dictum nobilem pertinencia 
et espectantia in dicto loco et parrochia dicti loci de 
Lissaco; et premissa disit et asseruit idem nobilis Regi- 
naldus se tenere et tenere debere a dictis dominis conju- 
gibus cum homatgio et fidelitatis juramento. Item, reco- 
gnovit et confessus fuit idem nobilis se tenere et tenere 
debere a dictis dominis, cum homatgio et fidelitatis jura- 
mento, partem suam tocius jurisdictionis alte, medie et 
basse in loco et castellania de Cosatgio, et in dicto loco 
et parrochia de Lissaco, nec non in iocis et parrochiis de 
Sanclo Saturnino, de Castro et de Chartresiis. Item, le- 
cognovit amplius idem nobilis se tenere et tenere debere 
a dictis dominis conjugibus, cum dicto homatgio et fide- 
litatis juramento, omnes mansos, capmansos, borias, bor- 
darias, vineas, hortos, terras, prata, nemora, molendina 
tam absa quam vestita, et tam vestita quam absa, nec non 
nemora et pascua cum omnibus reddJtibus, juribus et 
deveriis ac pertinenciis suis universis ad 'dictum nobilem 
pertinentibus et espectantibus in dictis Iocis, castellaniis 
et parrochiis. Item, recognovit amplius idem nobilis se 
tenere et tenere debere a dictis dominio conjugibus, cum 
homatgio et fidelitatis juramento, medietalem loci et 
fortalicii disrupti de Jutgeals, cum introytibus et esitibus 
suis, et cum omnibus mansis, capmansis, boriis, borda- 
riis, tenis, vineis, garenis, ortis, pratis, moiieriis, cens- 



DigmzcdbyGoOglc 



^ 396 — 

sibus, redditibus, cunctisque deverîis et pertineDtiis uni- 
versis ad dictum nobilem pertinentibus ralione et es 
causa dicti loci de Jutgeals. Item nmplius, idem nobilis 
recognovit se tenere et tenere debere a dictis dominis 
conjugibuB, prout 3upra, hospicium et fortalicium suum 
disruptum de Rinhaco (I) cum omnibus ediffîciîs, maasis, 
capmansis, boriis, bordariîs, terris, ortis, vineis, pratis, 
nemoribus. pascuis, gareDis, censeibus, redditibus, jurî- 
buB et pertinenciis unirersis ad dictum uobitem pertl- 
neotibus ratîone dicti hospicii et fortalicii de Riahaco. 
Et nichilominus geaeraliter prelibatus nobilis Reginaldus 
recognovit se tenere et tenere debere a dictis dominis 
conjugibus omnes et siogulos maosos, capmansos, boriae, 
terras, hospicia, domos, vineas, nemora, prata, pascua, 
reddilus, census, jura, deveria quecumque et quocumgue 
noniine dici, nuncupari seu appellari possint et debeant, 
ad dictum nobilem pertineocia in parrochiis et locis Tu- 
renne, de Balayraco (2), de Ginhaco [3], de Nespol (4), 
de Briva, de Cusancia(5), de Boresia (6), de Ferreriis{7) 
et de Reyrevinha8(8), et alibi in toto vlcecomitatu Turenne 
et ejus ressorto, excepta décima, seu sua parte décime de 
Valayraco, que teaet, ut asseruit a domino episcopo Catur- 
seosi, et excepto manso de Poli de Tras, scitum in paro- 
chia de Jutgeals, quod tenet, ut Ipse asseruit, de Sancto 
Uartino Brire. Item, dixit et asseruit idem nobilis quod 
proprietas, directum domioium, jusque investiendi et de- 
vestiendi. et capisolidum recipiendi, percipiendi et levandi 



(1) Rigoac. Il existe dans la Corrèie et dans le Lot plusieurs 
villages de ce nom. Je pense qu'il est ici question de Rignac, vil- 
lage important de la commune de Cuiance (Lot). 

(2) Valeyrac, village de la commune de Sarraiac (Lot). 

(3) Gignac, arrondissement de Gourdon (Lot). 

(4) Nespouls, arrondissement de Brive (Corrfeze). 

(5) Cuzance, arrondissement de Gourdon (Lot). 
{6) Borrèze, arrondissement de Sarlat (Dordogne). 

(T) Perrières, commune de Char triers- Perrière (Corrèie). 
(B) Beyrevignes, commune de La Chapelle-Auiac (Lot). 



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— 397 — 

casibus occurentibus et emergentibua, et aliud quodcum- 
gue jus ad directum et pbeudale dominium perlioens et 
spectaas rerum et pheudonim predictorum, ad Ipsum no- 
bilem pertinent et spectant; que preœissa dictus nobilis 
Reginaldus, dominus de Lissaco, declaravit se tenere a 
dictis dominîs conjugibus, et ista tradidit mihi notario 
publico infrascriplo, ratione mei publie! ofHcii stipulanti 
recipienti. pro dictis dominis conjugibus, scilicet pro dicta 
Qominata sua, et protestatus fuit idem Qobilis de plus 
tradendo, vel de premissis detrahendo casu quo appareret 
et ad DOticiam ipgius domicelli perveniret plura vel mi- 
nora bona tenere a prefatis dominis conjugibus quam 
superius sunt expressala. De quibus omnibus universis 
et singulis peciit idem nobilis, pro se et suis heredibus 
et successoribus universis, unum, vel plura, publicum et 
publica înstrumentum et instrumenta, ad opus dictoiiim 
domÎQOrum consortum et ipsius domicelli, âeri per me 
notarium publicum infrascriptum. Acta fuenint hec apud- 
Turennam, ante porlam vocatam de la Trancbada, die 
décima mensis maii, anuo Domloi millésime quadriogen- 
tesimo quinto decimo, presentibus riobilibus Johanne Mas- 
calhi, Johanne Talhaferri, burgense Martelli, nunc habi- 
tatore Turenne, et Hugone Lacosta, alffis Maneschala, 
oriundo ville Turenne, testibus ad premissa vocatis et 
rogatis, et me Aderaaro de Nagela, oriundo ville Turenne, 
Lemovicensis diocesis, publico auctoritate regia notarjo, 
qui premissa recepi, notavi et publicavi, et hoc presens 
publicum instrumentum in hanc fonnam publicam redi- 
gendo grossavi, manuque mea propria scripsi, signoque 
meo solito signavi in Qde et testimonio premissorum. 
tOrig. parch.. non scellé. — Arch. nat-, Q' 141.) 



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XVIIII 

ENGAGEMENT PRIS PAR LES COMMIS DES ÉTATS DB 
LA VICOMTE DE TURENNE, POUR LE CAS OU LA- 
DITE VICOMTE SERAIT EXEMPTE DE LA TAILLE 
ROYALE, DE PAYER AU VICOMTE UNE SOMME DE 
DIX MILLE ECUS ET UNE RENTE ANNUELLE DE 
MILLE ECUS. 

3 avril 1550. 

Comme par privilèges octroyés par les roys de France 
eC ducz de Guyenne soil entre aultres choses dict que 
les seigneurs vicontes de Turenne et ses subgectz inanans 
et habitans de ladite vicooté sont exemptz et immunes de 
la conlribution des (ailles et aultres subsides, et par arrest 
donné en la court des généraux des aydes à Paris soit 
ordonné que lesdictz manans et habitans de ladite vicoiité 
jouyront par provision de leurs privilèges, et soyent les- 
dictz subjelï en voulante de poursuyvre ladite exemption 
et en avoir déclaration du Roy, se sont aujouM'huy, 
troisiesme jour du moys d'avril mil cinq cens cinquante, 
comparus au chasteau de Jouze (?), sçavoir est maislre 
Pierre Jouffre, sieur de Chabrignac, prothonotaire du 
sainct siège appostolique, archiprebtre de Sarlat, scindic 
gênerai de ladite viconté; Anthoine de Cosnac, escuyer, 
sieur de Boi-de; Piene Savoye, consul de la ville de 
Beaulieu en Limosin, et M' Pierre Jurbert, notaire de 
Servieres_en ladite viconté, soy-disans commis et dep- 
putés par messieurs des estatz de ladite viconté, comme 
de ce ont fait apparoir; lesquels, pour et au nom des 
manans et habitans d'icelle viconté...., promectans faire 
ratiffler, ont promis et se sont obligés à messire François 
de la Tour, chevallier, viconté de Turenne, que là et 
quant ledit sieur viconté fera jouyr paisiblement sesdiciz 
aubgeclz de l'effect desdictz privilèges, et en ce faisant, 
les fera déclarer exemps et immunes de la contribution 



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— 399 — 

des tailles et subsides, en ce cas, et non aultremeat, les 
manans et habitans de ladite Ticonté donneront, comme 
donnent dès à présent audict cas audict seigneur viconte 
la somme de dix mil esciu sols payable dans deux ans 
et à deux termes, commenceant au jour que ledict sieur 
aura déclaration de ladicte exemption et qu'ilz jouyront 
de Teffect d'icelle, et l'aultre terme dans l'an prochain 
ensuyvant, Et oultre ce luy donneront, comme donnent 
dès à présent, audict cas, la somme de mil escuz sol de 
rente ou revenu par chascun an, commenceant le pre- 
mier payement desdictz mil escuz l'année ensuyvant le 
dernier payement desdictz dix mil escuz, l'ung terme 
n'empeschant l'exécution de l'aultre. Et le cas advenant 
que lesdictz manans cL habiians de ladite viconté se- 
rolent ci-après conlraincU de contribuer aux dictes tailles 
et subsides, ne seront tenus lesdictz manans et habitans 
de payer ny continuer le payement desdictz mil escuz de 
revenu annuel. 

A. de CosNAc; de Ghabrignac; de Savoye, consul de 
Beaulieu; P. Jurbert, notaire. 

(Arch. nat., KK 1213.) 

XX 

NOTES POUR L'HISTOIRE DE LA FRONDE 
EN BAS-LIMOUSIN 

LA CAPITULATION DES GENS d'aKMES 
DE M. LE PBINCE THOMAS 

Madame la princesse et M. le duc d'Anguyen ayant 
appiis que ces gens d'armes suivoyent celte princesse 
et le prince d'Anguyen, ont commandé à M. de Bouillon 
de nionlcr à cheval, d'aller suivre ladite compagnie et se 
vangcr de lu témérité qu'elle a eue de suivre une prin- 
cesse et un prince du sang, et de la traiter suivant le 
chastinieat qu'elle mérite. Après avoir sceu qu'ils s'es- 



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— 400 — 

toieiit réfugiés à Brive, ayant sommé messieurs de Brive 
de leur vouloir mettre cette compagnie entre les mains, 
après quelques heures qu'ils ont demandées pour parler 
à eux, ils ont envoyé des députés de leur ville pour prier 
monsieur le duc de Bouillon de sauver la vie auxdits 
cavaliers en tout cas, voyant des forces auxquelles ils ne 
pouvoient résister. 

La bonté de monsieur de Bouillon a esté de laisser 
sortir le seigneur comte de Lens avec son meilleur cheval 
et son valet aussi à cheval, un mulet avec ses hardes. 
Tous les autres chevaux ont esté retenus, et a esté pro- 
mis de conduire par un des gens de ladite dame prin- 
cesse jusques à Limoges tous ceux qui voudront prendre 
parti pour le service du Roy dans l'armée de mons. le duc 
d'Anguyen commandée par M. le duc de Bouillon, et de 
plus pour quatre officiers et un cavalier à cheval, 

à Brive, le 17* jour du mois de may 1650. 

Signé : De La Tour d'Auvergne. 

LE PASSE-PORT DONNÉ PAR CE DUC POUR LE COMTE 
DE LENS, COMMANDANT LESD. GENS d'aBMES 

Le duc de Bouillon, prince souverain de Sedan et Rau- 
court, vicomte de Turenne et commandant de l'armée du 
Roy sous monsieur le duc d'Anguyen, Nous ordonnons à 
tous ceux sur qui noslre pouvoir s'estend de laisser libre- 
ment passer le comte de Lens avec ses domestiques et 
autres officiers de la compagnie de gens d'armes du prince 
Thomas, et prions tous autres de luy donner toute sorte 
d'assistance, si besoin il en a, offrant en cas pareil faire 
réciproque. Fait à Brive, le 17 may 1650. 

Signe : Le duc db la Tour d'Auverqne, et plus bas : 

Par Monseîgueur, Àndrius. 



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- 401 - 

LE PROCÈS-VERBAL ET LETrRE DES MAIRE ET COX- 
8ULS DE LA VILLE DE TULLES, AVEC CRÉANCE 
DE CELUY QUI EN ESTOIT PORTEUR. 

Nous avODS d'eu estre obligez de vous informer par 
ce courrier exprès des avis qui nous ont esté donnez ce 
malin et de la résolulion que nous avons prise en mesme 
temps à l'hostel de ville par concert avec les officiei-s du 
régiment de Cugnae. Vous jugei-ez mieux que nous com- 
bien cette affaire est importante au service drf" Roy ; nous 
attendrons avec impatience l'honneur de vous [sic) rom- 
mandemens et demeurerons tousjours, Monseigneur, vos 
très humbles et obûissans serviteurs. Les maire et con- 
suls de Tulle. Signé : Jasse de la Poueiiie, maii-e. Tes- 
siKH, consul. A Tulles, ce 18 may 1650, 

Au-dessus est escrit : A monseigneur Foulé, conseiller 
du Roy en ses conseils, M* des requestes ordinaires de 
son hostel et intendant de ses finances. Et au devrièi-e 
de ladite lettre est contenue la créance du porteur de 
ladite lettre en ces mots : 

Ma créance est' qu'hier, 18 may 1650, je fus député des 
habitans de Tulles pour me rendre devers M' Foulé sur 
l'avis qu'ils ont eu que monsieur de Bouillon partit de 
Turenne, le 17 dudit mois de may, avec un grand nombre 
de ses amis à cheval, et assisté de quelques compagnies 
d'infanterie, pour se rendre aux portes de Brive, afin 
d'enlever deux compagnies d'ordonnance du prince Tho- 
mas, qui y estoient eu garnison, ce qu'il fit à la faveur 
des habilans de ladite ville de Brive, qui luy ouvrirent 
une porte lors que lesdîles compagnies sorioyent par 
l'autre pour donner sur les troupes de monsieur de 
Bouillon; au moyen de quoy les ayant en son pouvoir, 
il les démonta, les désarma et prit le re.ste de leur équi- 
page, fors de ceux qui se jettèrenl dans son parti. Après 
quoy, il envoya dire aux habitans de la ville de Tulles 
de chasser le régiment de Gugnac de leur ville, ou 
T. va. t^is 



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— 402 — 

qu'aulremeDl il les vîeadroit chasser avec ses amis, et 
qu'il ferait périr avec ledit régiment les habitans. Sur 
quoy, les maire et codsoIs de ladite yille ayans assemblé 
les bourgeois avec les officiers dudit régiment de Cugnac, 
il fut fait un délibératoire signé d'un grand nombre de' 
citoyens et desdits officiers de périr plustost que de faire 
une action si contraire au service du Roy, et que pour 
empescher le dessein que monsieur de Bouillon pourroit 
avoir sur leur ville, il seroit tenu conseil de guerre avec 
lesdits officiers et qu'il seroit travaillé incessamment aux 
réparations nécessaires. 

Pail à Dorât, le 19 dudit mois de may 1650, à quatre 
heures après midy. Signé : De Matnard, president des 
esleus de Tulles, députe. 

■fiastUe de Frame.) 



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BIBLIOGRAPHIE 



Les Pensées de l'Abbé Joseph ROUX. — Intro- 
duction par Paul Mariéton. — (Lemerre^ 
éditeur, — Prix : 4 fr.J. 

L'illustre pape lïmousio, Glémeot VI, qui portait six 
roses dans ses armes, dit en arrivant au pontificat, ' en 
parlant du Limousin et des ecclésiastiques qu'il voulait 
appeler aui dignités : i J'y planteray un tel rosier des 

■ gens de notre nation, ou pais de Limoân, qu'il ne sera 
» de ehi à ehent am qu'il n'en y ait des raehines et des 

■ bouton*. ■ Et l'ancien garde des sceaux de Philippe VI 
tint parole : partout où il y eut des honneurs à re- 
cueillir, des bénéfices à administrer, on rit des gens du 
Limousin. Les roses ne poussent plus au pays de Li- 
mosin, ou si quelque bouton menace de s'ouvrir, on le 
prive d'air, on le met à l'ombre, bien loin du soleil, et 
le pauvre bouton s'étiole et meurt. 

Au zvi* et au zvii* siècles, le clergé français recher- 
chait l'éclat des réputations littéraires; aujourd'hui cer- 
tains princes de l'Ilglise ne semblent approuver que la 
vie obscure et, pour ainsi parler, végétative; autrefois on 
allait chercher au fond de sa cure le pi-étre qui par son 
intelligence honorait le clergé, aujourd'hui on Texile au 
fond d'un misérable village. Cette manière d'agir a donné 
naissance à des suppositions évidemment injustes qu'ont 
semblé autoriser certains cas particuliers : ii appartien- 
drait à qui de droit de faire taire les mauvaises langues; 
ce serait s'honorer soi-même que de savoir honorer ceux 
qui le méritent. Je ne suppose pas qu'on ait eu l'intentioD 
d'aider à l'éclosion et au développement d'un esprit émi- 
nent en le reléguant au fond d'un hameau, sans ami, 
sans conseil, loin de toute vie intellectuelle; aut:int vau- 



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— 404 — 

dr;iit soutenir que le prisonnier doit s'eslimer heureux .lu 
fond de sa geôle parce qu'on lui donne le lemps de penser. 
Enfin voici que cet exilé de cinquante-deux ans com- 
mence à respirer le doux parfum de la célébrité. Mais 
quelle lutte acharnée, désespérée, il a fallu soutenir au 
milieu des obstacles el des ténèhres! — Un peu de gloire 
a pénétré dans sa cure, l'obscurité où il étouffait a été 
traversée par un rayon de lumière. <• Épreuve pour 
épieuve, mieux vaut soufTrir- à la lumière que dans 
l'ombre, car je souffre ici. Et je ne trouve pas vrai 
que l'isolement soit du bonheur. » Ce prêtre modèle, 
comme le proclamait récemment la Semaine religiejtse, 
, aime ses ouailles; il aime son église, sa paroisse, mais 
l'isolemejii pèse à son ànie, le froid du tombeau l'effraie. 
De la lumière! de la lumière! C'est de ces retours sur 
lui-même, sur la douloureuse carrière que des destins 
peu propices lui ont faite; c'est de ces réflexions nées 
au milieu de cette sombre solitude que sont sorties les 
Pensées, livre magistral, d'une saveur singulière et forte, 
digne de figurer, a dit Sarcey, sur le rayon réservé 
dans notre littérature aux moralistes, à côté des plus 
belles œuvres des mnîtres : les Maximes de La Roche- 
foucauld, les Caractères de La Bruyère, les Pensées de 
Vauvenargues et de Joubert, Je ne crains pas de forcer 
la note, ajoute le même aristarque, en affirmant que ce 
volume de Pensées décèle un penseur original et un écri- 
vain curieux. Les plus illustres critiques ont été d'accord 
pour louer dans l'abbé Roux et le penseur et l'écrivain; 
l'Académie française sanctionnera bientôt le jugement de 
l'opinion publique en couronnant l'œuvre de notre célèbre 
compatriote. M. Caro.a dit : a II a bien de l'originalité, 
ce curé de campagne, et bien de la saveur dans ses im- 
pressions à la fois très littéraires et très morales. Assu- 
rément c'est un écrivain, mais c'est un penseur, c'est un 
rêveur, c'est un moraliste, c'est un poète. » Et Puvis de 
Chavannes : " Je reste stupéfait devant cette prodigieuse 
abondance de pensées, de vérités originales J'ai foi en 



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— 405 — 

soD génie. » M. Renun appelle les Pensées uq livre unique. 
M. l'abbé Paul Lallemand, directeur de l'École Missillon, 
en a fait un compte-rendu des plus élogieux dans le 
journal Le Français du 25 juillet 1885, et le Père D...., 
dominicain, dont personne n'ignore la haute compétence, 
disait dernièrement en parlant de l'auteur de l'ouvrage 
que « depuis longtemps il ne s'était pas produit un génie 
pareil, n La presse tout entière a salué d'un cri d'étonue- 
ment et d'admiration l'œuvre du prêtre limousin ; le public 
a enlevé deux éditions en un mois. Tel est l'accueil fait au 
premier ouvrage d'un écrivain hier encore inconnu chez 
nous, mois déjà apprécié, pour quelques morceaux déta- 
chés, par les délicats de» lettres et par les savants d'oulre- 
BMn. C'est l'étranger, c'est la grande voix de la presse 
parisienne qui nous a fait connaître ce grand penseur, ce 
grand poêle. Qui aurait cru, qui aurait admis qu'un 
homme supérieur put naître dans le Limousin, là, à côté 
de nous ? Nous l'aurions sacré roi de la poésie provençale, 
si le hasard l'avait fait naître à Avignon ou à Toulouse. 
Nul n'est prophète en sou pays. 

C'est au milieu des paysans, dans un isolement mortel, 
qu'il a écrit son œuvre, où l'on trouve tant de pages hu- 
mides de mélancolie, tant de pensées qui semblent porter 
le deuil d'une douleur inguérissable; et celte tristesse 
morbide aggrave une s;iiité précaire, ébranlée par des mé- 
comptes sans fin et des illusions tour à tour envolées. Il ■ 
écrivait naguère à un ami, à propos de son Dictionnaire 
Limousin : « Le Dictionnaire ne restera donc pas enterré, 
comme moi ! Heureux Dictionnaire! » Aussi a-t-on pu dire 
qu'il avait écrit dans un style durable le poème chrétien 
des angoisses d'un abandonné. El pourtant ce grand esprit 
n'était las né pour chauler les amertumes de la vie. La 
grandeur, les sommets semblent particulièrement l'attirer. 
La première fois cjuc je le vis, écrit M. Mariéton, il m'ap- 
parut semblable au géant limousin de la geste de Char- 
lemagne. Mais le malheur a fait sentir sa lourde main, 
la victime a lutté héroïquement; elle a succombé el elle a 



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— 406 — 

exhalé ses plaintes. Le livre des Pensées en est le fidèle 
écho, « N'en pouvant plus d'angoisse, il se levail à toute 
heure, et il errait dans la maison, faisant crier les vieilles 
solives sous son pas fiévreux, buvant les lannes qui rou- 
laient le long de ses joues. Parfois, ayant besoin d'air, 
il ouvrait une fenêtre et, accoudé sur le rebord, il regai-- 
dail le ciel, le ciel tout fleuri d'étoiles, o Cet extrait d'un 
frais et charmant tableau champêtre ne nous moiitre-l-il 
pas la mélancolique silhouette du curé de Saint-Hilaire? 

Les Pensées sont « un tableau qui manquait au Musée 
des Lettres françaises. " Aprelé des observations, élans 
mélancoliques sortis du cœur, angoisses poignantes, déses- 
pérance de l'avenir, variété merveilleuse, pittoresque, ta- 
bleaux campagnards d'une saveur toute personnelle, ex- 
pressions trouvées, mots superbes, images bibliques, ironie 
pleine de verve, antithèses puissantes, style vigoureux, 
poétique, large, concis, tout se trouve dans cette galerie 
des hommes et des choses. J. Roux est plus profond, 
moins étudié, plus spontané, plus poète que Joubert; il 
est plus près de nous, il nous intéresse plus intimement 
que La Bruyère. Le chapitre des paysans est médaillé de 
génie. « Je ne crois pas, dit Sarcey, que jamais on ait 
peint le paysan de traits plus profonds, plus énergiques 
et plus sobres, n II a vu et bien vu, c'est peint d'après 
nature. Le style matériel en quelque sorte, pittoresque, 
violent, cru, se moule sur des réalités. Le bon sens y 
est souvent enveloppé sous des tours fins, de sorte qu'une 
seconde lecture en fait mieux sentir toute la délicatesse 
ou toute la force. Ses remarques justes, relevées d'im- 
prévu, nous frappent, nous surprennent et restent gravées 
dans la mémoire. 

L'abbé Roux voit enfin la gloire lui sourire, après tant 
d'années de souffrances et d'abandon. Les esprits supé- 
rieurs, a-t-on dit, sont comme ces étoiles qui peuvent 
disparaître de notre horizon avant qu'un rayon de leur 
lumière n'en soit parvenue jusqu'à nous. Ainsi a failli 
disparaître inconnu un grand écrivain, un grand pen- 



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— 407 — 

seur, un grand poète, qui sera une des gloires de notre 
Limousin, jadis si glorieux. Grâce h vous, Mécène lyon- 
nais, atavis édite regibus, l'étoile est découverte, elle brille, 
et sa douce lumière nous réjouira longtemps. De tous les 
côtés les amis sont accourus : Mistral, Aubanel, Rouma- 
nille, Arsène Houssaye, Henri de Bornier, J. Claretie, 
Puvis de Chavannes, J.-P. Laurens, Cheoavard, José- 
phin Soulary, Renan, Caro, Sarcey, Stéphen Liègeard, 
Maxime Gaucher, Massenet el le plus cher de tous, 
Paul Marîéton ; j'en passe et des meilleurs. 

Les beaux jours sont venus, le soleil luit, et l'œuvre 
de J. Roux « s'illumine des premières clartés de la re- 
nommée comme de ces lueui-s roses qu'apporte le soleil 
levant aux Irises de marbre des palais, n 

Joseph Roux a composé sur le modèle des anciennes 
chansons de geste un certain nombre de pièces en cou- 
plets monorimea, racontant les grands événements de 
l'histoire de sa province, une sorte de Légende des siècles 
limousine. La plupart sont inédites. Ce qui a paru a 
fait comparer le chantre limousin à ses illustres compa- 
triotes, les troubadours Bertrand de Bom et Bernard de 
Ventadour. La Cansou timousina sera une merveille d'art, 
car elle sera illustrée par l'artiste inimitable Puvis de 
Chavannes et par le peintre du Panthéon, Chenavard. 
Un troisième volume doit _ comprendre des Éludes sur la 
campagne et la littérature; le quatrième formera un re- 
cueil de poésies franco-limousines. Ensuite paraîtra un 
Dictionnaire bas-limousin qui sera un monument de pa- 
tience, d'érudition et de curiosité. L'ouvrage est terminé. 



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Dictionnaire des Émailteurs depuis le moyen 
âge jusqu'à ta fin du xviii* siècle, ouvrage 
accompagné de 67 marques et monogrammes, 
par Emile Mounier. Paris, Rouam, 1885, petit 
Jn-S' de 113 pages. 

Les notices de MM. de Laborde et Dai-cel, écrites à 
propos des émaux conservés au I^ouvre, sont classiques 
en la matière. M. Molînier, attaché au même musée, y 
ajoute un Dictionnaire qui, dans sa forme sommaire, les 
complète et, au besoin, les remplace. Ce charmant petit 
volume, imprimé avec goùl, entre de droit désormais dans 
ia bibliothèque de tout archéologue, amateur et collec- 
tionoeur. Il évite de longues recherches, et grâce à son 
format commode et éminemment pratique, est apte à ren- 
dre un véritable service à la science. 

Les quatre parties dont il se compose sont : une întro- 
duclion, consacrée à l'histoire de l'émaillerie et à ses 
transformations diverses ; une nomenclattire des émailteurs, 
par ordre alphabétique, avec leurs signatures et des fac- 
sîmile de leurs marques; une bibliographie des ouvrages 
écrits sur l'émaillerie et une tiile det prineipala collections 
et musées où l'on trouve des émaux. J'aurais voulu une 
cinquième partie, qui n'eut pas fait plus d'une page, à 
savoir la table alphabétique de tous les objets émaillés 
dont il est question dans le Dictionnaire, comme croix, paix, 
autels, calices, etc. 

Dans l'introduction, je signalerai une lacune, à l'occa- 
sion des champlevés : les musées Kircher, à Rome, et 
Polili, à Milan, ont des émaux d'une forme particulière, 
que je qualifierai vénitiens jusqu'à plus ample informé; 
cette pratique persévérait encore en Italie au siècle der- 
nier, comme on peut le voir par les trésors de Bénévent 
et de Saint-Celse de Milan; enfin, l'émail de Saint-Nicolas 
de Barî permet de supposer que les princes angevins 



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- 4ÎQ- 

avaient amené avec eux dans les Deuz-Siciles des émailleurs 
limousiiiB qui y avaient fait école. 

Les citations sont fréquentes : il les aurait fallu plus 
complètes ou n'en pas faire du tout. On aimerait savoir 
qui a donné la meilleure et plus récente lecture de l'ins- 
cription apposée au paliotto de Monia. Si le nom de Davil- 
lier revient sans cesse pour l'orfèvrerie espagnole, pour- 
quoi ne pas aussi mentionner ceux qui ont exploré l'Italie 
et déjà fait part au public de leurs découvertes? 

L'autel de Saint-Ambroise, à Milan, n'a pas été étudié 
seulement par Ferrario; de Rossi et Bohault de Fleury 
l'ont aussi reproduit et commenté. Pour la bibliographie, 
il y a en outre une curieuse brochure allemande du doc- 
teur Scheins sur Veteeirum : la question est déSnitivemeut 
tranchée, et close la discussion par cette œuvre d'une 
■ remarquable érudition. La nomenclature des émailleurs, 
donnée dans Patria, n'est pas à dédaigner non plus. 

Cuique suum. J'avoue que j'ai été surpris de ne pas voir 
une seule de mes publications citées. L'omission est-elle 
involontaire ou systématique? En tout cas, elle est répa- 
rable, et je me permets de la signaler à l'éditeur. Certes, 
j'ai abordé bien des fois l'émaillene d'une manière non- 
seulement générale, mais encore spéciale. Qu'on consulte 
mes trésors d'Aix-la-Chapelle, de Moutiers, de Bah, d'A- 
nagni, de Rome, de Béuévent, et l'on verra que la part 
y est large. Dans VÈpigraphie de Maine-et-Loire, j'ai relevé 
toutes les signatures que j'ai pu constater dans ce dépar- 
tement : dans la Revue Poitevine, j'ai fait les mêmes obser- 
vations pour celui de la Vienne. Mes Guides de Rome sont 
entre les mains de tous les étrangers : c'est la première 
fois qu'on y parle émail. Mieux que cela, je ne me suis 
pas contenté de décrire les émaux du Vatican, y compris 
ceux d'origine étrusque; aidé de M. Simelli, j'ai publié, 
en superbes photographies in-folio, les champlevés du 
Musée chrétien et d'Anagni, au nombre de dix, sans 
oublier les plaques byzantines. Les émaux de la Renais- 
sance m'ont occupé dans le compte-rendu de l'exposition 



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_ 411 _ 

religieuse de Rome, en 1870; maïs surtout, dans le Sut- 
lelin Monumental et la Bévue du Musée eucharistique, décri- 
vaut le paliotto de Monza et le reliquaire d'Orrieto, j'ai fait 
la classlûcation des émaux translucides actuellemeut con- 
nus. Cette revendication de droits acquis et incontestables 
m'a paru nécessaire. 

Il eut été bon aussi de citer l'émail du xui* siècle de 
la collection Yves Fesneau, à la Souterraine (Creuse), 
dont personne encore n'a parlé et qui me semble porter 
une signature. M. Rupin éclaircira ce point. 

Page 66, la signature de Baptiste Nouailber est donoée 
sans la marque aux initiales. Je la restitue, d'après un 
émail qui appartient au chanoine de t'Écochère, à Nantes. 
Le médaillon, de forme ovale, représente saint Louis, 
costumé eu chevalier et en roi, agenouillé devant la sainte 
couroûûe d'épines. La signature du revers est ainsi cou- 
çue, moitié en cursive et moitié en majuscules : 

Bap" nouailher 
a Limoge. 
.B.N. 

Je ne trouve pas, dans la Uste dressée pat M. Molinier, 
cette signature d'un émail représentant une Pieià, que j'ai 
signalée dès 1865 dans la Revue de l'Art chrétien, p. 491 : 



F . F . PETI.. 



ni celle d'un cruciSx mentionné par la Revue Poitevine, 
1884, p. 108 : .F ., que M. de Lasteyrie lit Pénicaud[i). 
Une nouvelle édition améliorera tout cela, j'en suis 
pei-auadé. 

X. Babbier de Montault. 



(1) Bullet. du Com. des Irao. hist., secl. d'arch., 1884, p. 78. 



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NOTICE 

SUR LA VIE DE 

DANIEL DE COSNAC 



ÉVËQUE ET COIITE DE VALENCE E 
ARCHEVÊQUE D'ATX, COMHANDEUS DE l'oRD) 



Le Comte db COSNAC (Gabriel- Jclbs) 

RELATION INÉDITE DES OMËQUES DE Cfi PRÉLAT 




ANiEL de Gosnac, successivement évêque 
et comte de Valence et de Die et arche- 
vêque d'Aix, premier gentilhomme de 
la cliambre du prince de Conti, frère 
du grand Gondé, premier aumônier du 
duc d'Oi-Iéans, frère de Louis XIV, com- 
mandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, a 
fixé sur lui l'attention par les qualités exception- 
nelles de son esprit et par les événements impor- 
tants auxquels il fut mêlé dans le cours de sa 
longue vie. Sa vivacité était surprenante, ses ré- 
parties n'étaient jamais en défaut; on aimait ses 
saillies, on craignait ses boutades; la marquise de 
Sévigné, parlant de lui, écrivait à la marquise de 
Grignan, sa fille : « L'archevêque d'Aix a de gran- 
des pensées, mais plus il est vif, plus il faut appro- 
cher de lui comme des chevaux qui ruent, et sur- 
tout ne rien ga'i"der sur votre cœ.ir (1). » « Personne, 

(0 Lettre datée de Paris, le 19 janvier 1689. 



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— 414 — 

dit le duc de Saint-Simon dans ses Mémoires, 
n'avait plus d'esprit, ni plus présent, ni plus 
d'activité, d'expédients et de ressources, et siu'-le- 
champ; avec cela très sensé, très plaisant en tout 
ce qu'il disait, sans penser à l'être, et d'excellente 
compagnie, d L'abbé de Ghoisy, dans sa Vie de 
Daniel de Cosnac{l), insérée dans ses Mémoires, 
donne quelques-unes de ses vives réparties, mais 
exprime le regret que Montreuil, qui vivait auprès 
de lui, n'en ait pas recueilli un plus grand nom- 
bre. Bien qu'il ait passé une partie de son exis- 
tence dans ce milieu de la cour où l'élégance et 
la légèreté s'unissent trop souvent à la souplesse 
et à la fausseté, le goût des aiïaires sérieuses, la 
fermeté et la franchise furent toujours les côtés 
saillants de son caractère. Citons de nouveau les 
témoignages de deux contemporains, dont le se- 
cond n'est pas suspect de flatter ses portraits. 
L'abbé de Ghoisy a dit de lui : « II se jeta tout- 
à-fait du côté des affaires, et dans un âge où la 
conduite des négociations importantes est, pour 
l'ordinaire, incompatible avec la grande jeunesse, 
il se rendit si nécessaire que ce fut lui qui fit, 
à vingt -deux ans, la paix de Bordeaux. 11 en dressa 
les articles dont j'ai vu la minute signée de sa 
main, et signée des princes et du duc de Candale 
qui signa .pour le roi. » De son coté, dans ses 
célèbres Mémoires, le duc de Saint-Simon s'ex- 
prime en ces ternies : « Il était haut, hardi et 



(0 Cette Vie Je Daniel rfe Cosnat a été a 
réduit de Téssé. 



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— 415 — 

libre et qui se faisait craindre et compter parmi 
les ministres; cet ancien commerce intime avec 
Madame (1) dans beaucoup de choses dans les- 
quelles le roi était entré avec lui, lui avaient 
acquis une liberté et une familiarité avec lui 
qu'il sut conserver et s'en avantager toute sa vie. » 
Pour Daniel de Cosnac, à une affaire traitée suc- 
cédait une auti'e ave;; une telle rapidité qu'à une 
époque où les épitaplies malignes étaient fort en 
vogue, lorsqu'il mourut, on lui fit celle-ci : Re- 
quiscat ut requievit. 

Sa physionomie répondait à son esprit et à son 
caractère; elle se retrouve dans ses portraits dont 
il reste plusieurs; nous reproduisons l'un d'eux en 
tète de cette Notice d'après une gravure de 1666, 
par Boulanger, graveur célèbre, sur une peinture 
de Lefebvre, artiste également célèbre {5). 

Nous venons de citer les appréciations de deux 
des contemporains de Daniel de Cosnac; mais nous 
pouvons citer encore les Mémoires de Gourville, 
du marquis de Chouppes, du marquis de la Fare, 
de M'" de Montpensier; les Mémoires politiques 



(1) Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orlfians, appelée Madame. 

(2) Nou8 possédons le portrait original peint par Lefebvre et la. 
gravure par Boulanger qui est fort rare; il en existe deux exem- 
plaires k la Bibliotitè([ue iiMionalc, l'une au dépôt des estampes; 
l'autre au dépût des manuscrits, dans celle des boite» dites du 
Saint-Esprit, coiisaorde au dossioc de Daniel de Cosnac. Ce por- 
trait et ectte gravure le représentent alors qu'il était évéque de 
Valence et do Die; une autre gravure du dépôt des estampes le 
représente avec l'Ordre du Saint-Esprit, alors qu'il était arche- 
vêque d'Aix ; l'autour est un graveur nommé S. Cundier; son œuvre 
est médiocre. Un très beau portrait de l'archevêque, par Rigaud, 
est conservé à l'archevêché d'Aix. 



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et militaires composés par l'abbé Millot sur les 
notes et papiers du maréchal de Noailles; l'His- 
toire des grands officiers de la Couronne, par 
le P. Anselme; le Nobiliaire de Morèri; et parmi 
les ouvrages modernes les œuvres de Sainte-Beuve 
et de M. Cuvill'ier-Fleury, les BiographieSj entre 
autres celle de Michaud et la Biographie géné- 
rale. Lui-même enfin a écrit ses Mémoires; il 
les écrivit même deux fois dans son âge mûr et 
dans sa vieillesse. Dans la seconde version , il 
passe sur bien des faits développés dans la pre- 
mière, ceux surtout relatifs à la Fronde qu'il fal- 
lait paraître" avoir oubliés lorsque Louis XIV eut 
follement constitué son pouvoir absolu (1). 

Bien que nous ayons livré pour la première 
fois en 1852 les Mémoires de Daniel de Cosnac 
à la publicité, leur existence était connue du pu- 
blic érudit. Le P. Lelong les avait classés dans 
sa Bibliothèque de France au nombre des docu- 
ments inédits de notre histoire; Voltaire, en 1756, 
en parle dans sa correspondance; le président Hé- 
nault leur a emprunté, pour son Abrégé chrono- 
logique de l'Histoire de France, le charmant 
portrait d'Henriette d'Angleterre ("2). En 1852 seu- 
lement, ces Mémoires ont vu le jour, nous les 



(1) Nous aïO:is donné un historique des divers manuscrits sur 
lesquels nous avons publie si?s Mémoires dans In Sotico dont nous 
les avons fait prâci^der. 

(2) Cette citation est suivie de cette mention : M. S. de Cosn. 
(iiiajtuscrifs de Cosiiai;), qui, pour la plupart des lecteurs, était 
demeurée un problème avant la publication que nous avons faite 
de ces Mémoires. 



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avons publiés en deux volumes dans la Collection 
de la Société de l'Histoire de France, et leur 
prompt épuisement a témoigné leur succès. De- 
puis, la découverte que nous avons faite de nom- 
breux documents inédits concernant leur auteur 
nous a permis de donner deux suppléments qui 
ont paru dans le Bulletin de la Société de l'His- 
toire de France des années 1858 et 1876; d'autres 
documents, également inédits, nous serviront à 
faire paraître une nouvelle édition des Mémoires 
que nous préparons de longue main. 

Daniel de Cosnac naquit en l'année 1630 au châ- 
teau de Cosnac, en Limousin ; il était fils de Fran- 
çois, seigneur de Cosnac, et d'Éléonore de Talley- 
rand, fîlle de Daniel de Talleyrand, prince de 
Chalais, seigneur de Grignols, en Périgord, et de 
Françoise de Montluc, marquise d'Excideuil, fille 
du célèbre maréchal de. France. Éléonore de Tal- 
leyrand, restée veuve à vingt ans de Henri de Beau- 
poil, seigneur de St-Aulaire et de la Grénevie (1), 
avait épousé en secondes noces François, seigneiur 
de Cosnac. Daniel de Cosnac fut le troisième fils qui 
naquit de cette union ; sa complexion était délicate, 
et, dans un temps où un gentilhomme devait porter 
les armes ou se consacrer à Dieu, sa carrière était 
tracée, à moins de vocation complètement con- 
traire; ses parents dirigèrent en conséquence son 
éducation vers l'état ecclésiastique; ses deux frères 
aînés furent destinés à la carrière des armes. Ar- 



{1} 11 périt étranglé par une arâtc de poisson à a 
Gréaerie. 



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— 418 — 

mand, marquis de Cosnac, fut mestre-de-camp du 
régiment de Cosnac qu'il commandait au siège de 
Valence, en Italie, en 1657(1); Clément fut en- 
seigne des gens d'armes du prince de Conti et 
mourut des suites d'une blessure reçue au combat 
de Solsonne, en Catalogne; la Gazette du 15 sep- 
tembre lui consacra ces lignes : « Le marquis de 
Cosnac> entre les gens d'armes du prince de Conti, 
fut dangereusement blessé d'un coup de pistolet 
dans le col. » Dans son numéro du 30 sep- 
tembre, revenant sur ce combat, elle cite comme 
s'étant particulièrement distingué : « le marquis 
de Cosnac, enseigne des gens d'armes du prince 
de Conti, qui eut aussi un cheval tué sous lui. » 
Le choiï de la carrière religieuse pour l'un des 
enfants de chaque génération, s'était perpétué 
comme une pieuse tradition dans la maison de 
Cosnac; parmi les femmes, elle avait compté des 
religieuses et des abbesses; parmi les hommes, 
outre des ecclésiastiques éminents, tels que Ray- 
mond de Cosnac, archidiacre d'Aure, dont Baluze 
nous a conservé le discours prononcé au Concile 
tenu à Paris en 1392, pour la déposition de l'anti- 
pape Benoît Xlll (2), nous trouvons le cardinal 
Bertrand de Cosnac, évêque de Comminges en 
1354, qui accomplit comme légat des missions 



(1) Les Archives du Ministère de la guerre renferment plu- 
sieurs documents concernant ce rég-iment, Mestre-de-camp et co' 
lonel étaient des grades équivalents. Dans les corps qui avaient 
un colonel -gêné rai, les chefs des régiments portaient la dénomi< 
nation de mes très -de- camp. 

(2) Voy. Vllialoire des Papes d'Avignon, par Baluze. 



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— 419 — 

importantes en Espagne, et ses deux' neveux, 
Bertrand de Cosnac, évêque de Tulle, de 1371 à 
1376, et Pierre de Gosnac, qui occupa le même 
siège de 1376 à 1402. Après Daniel de Cosnac, 
qui devint évèque de Valence et archevêque d'Aix, 
on compte encore dans Tépiscopat Gabriel de Cos- 
nac, évêque de Die, de 1702 à 1734; Gabriel- 
Joseph de Cosnac, qui lui succéda de 1734 à 1741; 
Jean -Joseph-Marie- Victoire de Gosnac, évêque de 
Meaux de 1819 au 19 avril 1830, archevêque de 
Sens du 19 avril 1830 au 24 octobre 1843. La 
maison de Cosnac avait aussi affirmé sa foi par 
l'épèe et par la plume : Élie de Cosnac, chevalier 
croisé, était au siège de St- Jean -d'Acre en 1191(1); 
Guillaume, seigneur de Cosnac, chevalier, accom- 
pagna le roi Louis VIII dans la croisade contre 
les Albigeois {2) ; François, seigneur de Cosnac, le 
père même de Daniel de Cosnac, écrivit un livre 
pour réfuter les doctrines du pasteur protestant de 
Turenne, dans lequel il débute dans sa préface en 
ces termes : « .Mon cher lecteur, vous trouverez 
estrange qu'une personne de ma condition, qui 
doit avoir plus de commerce avec les armes 
qu'avec les livres, et à qui la plume est mieux 
séante au chapeau qu'à la main, oze néantmoins 
entreprendre d'escrire des controverses sur le plus 
haut et le plus auguste de nos sacrements (3). » 



(1) Son nom et aea armes sont placés dans les salles des Croi- 
sades, au château de Versailles. 

(2) Titres manuscrits sur la maison de Gosnac conservés 4 la 
Bibliothèque nationale. 

(3) Défense du livre des Vérilée eucharistiques enseignées par 



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Après les premières années passées dans le châ- 
teau paternel, l'éducation de Daniel de Cosnac fui 
commencée à Brive et continuée au collège de 
Périgueux, jusqu'à la classe de philosophie. En 
1644, ses parents l'envoyèrent à Paris au collège 
de Navarre; il avait alors quatorze ans. Ce collège, 
qui, de même que tous les collèges de l'époque, 
n'avait que des pensionnaires, suivait les cours de 
la célèbre Université de Paris. Daniel de Cosnac 
parvint successivement aux degrés de maître ès- 
arts, c'est-à-dire maître dans les sept arts libéraux, 
de bachelier en 1648, de licencié en 1650; il prit 
aussi le diplôme de bachelier en Sorbonne. Il 
avait obtenu ces divers diplômes avant l'âge ordi- 
naire et bien avant de pouvoir entrer dans les 
ordres sacrés auxquels il se destinait. Pour l'em- 
ploi de ce temps, deux alternatives se présen- 
tèrent ; s'attacher à la cour de Rome ou à la 
cour de France; dédaignant du reste la perspec- 
tive certaine de succéder, s'il l'eût voulu, aux 
bénéfices de cinq ou six mille livres de rente de 
l'un de ses oncles (1). La cour de Rome paraissait 
lui offrir l'avenir le plus conforme à la profession 
qu'il avait embrassée, car dès lors il portait le 
petit collet et était considéré comme ecclésiastique, 
et Langlade (2), son ami, le confirma dans ce sen- 



Nolre-Seigneur Jésue-Christ, contre la lettre du sieur Boulin, 
ministre de Turenne, par le seigneur de Cosnac, — Imprimé à 
Brive, chez A. Alvitre, en tG5tî, avec approbation. 

(I) C)ém6nt <ie Cosnac, bachelier en Sorbonne, prieur de Croue, 
prévût de Gumont et archîprfitre de Brîve. 

(3) Langlade, baron d'Ausmiërcs, né au château de Limcuil, en 



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timent. Le duc de Bouillon (1), son parent, lui 
parut le meilleur introducteur qu'il put avoir 
auprès de cette cour où il avait acquis un grand 
crédit, alors qu'il avait été nommé général des 
armées du pape Urbain VIII, et il lui en parla. 
Contre son attente, le duc de Bouillon le dissuada 
de ce projet, l'assurant qu'à Rome la plupart des 
cardinaux eux-mêmes cherchent au dehors des 
protecteurs, et il opina pour qu'il s'attachât à la 
cour de France. Ici une difficulté se présentait; 
son père avait été obligé de renoncer à tous 
les avantages que la cour aurait pu lui offrir à 
cause de la funeste catastrophe du comte de Cha- 
lais (2), son beau-frère, décapité pour avoir tâché 
de renverser la toute- puissance d'un premier mi- 
nistre, le cardinal de Richelieu; le cardinal Ma- 



Përigord, secrétaire du duc de Bouillon e^ plus tard du cabiaet du 
cardinal Manarin. Voy. sur lui les Mémoireê de Gourville. 

(1) Frère aine du maréchal de Turenne. Il appartenait au parti 
des princes et avait reçu en I6â0, dans son château de Turenne, 
la princesse de Condé allant rejoindre l'insurrection de la Fronde à 
Bordeaux. Daniel de Cosnac était son parent du cdté maternel et 
du cdté paternel. Hélie, seigneur de Cosnac, et Pierre de Beaufort, 
vicomte de Turenne, avaient épousé au iv* siËcle les deux sœurs, 
Louise et Blanche de Gimel; et Anne, fille do Pierre de Beaufort 
et de Blanche de Gimel, par son mariage avec Agne de la Tour, 
seigneur d'Ollergues, lui avait apporté la vicomte de Turenne; 
Âgne de la Tour (cotte maison ne s'intitulait pas alors la Tour 
d'Auvergne) était l'ancëtrc direct du duc de Bouillon. 

(3) Henri de Talleyrand, comte do Chalais, favori de Louis XIII, 
s'était distingué aux sièges de Montpellier et de Montauban; mais 
ayant trempé avec le duc d'Orléans et la duchesse de Chevreuse 
dans une conspiration contre Richelieu, le ministre l'accusa d'avoir 
conspiré contre le roi lui-rnSme. Livré à une commission tirée du 
parlement de Bretagne, le comte de Chalais eut la tête tranchée à 
Nantes la 19 aoQt 1626, & l'Age de vingt-six ans. 



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zarin, qui avait succédé à la même toute- puissance, 
ne pouvait pas manquer de trouver dans cette 
parenté un souvenir importun et d'envelopper Da- 
niel de Cosnac dans cette môme disgrâce. Le duc 
de Bouillon trouva un joint qui fut d'attacher 
Daniel de Cosnac à Ja personne du prince de 
Ck)nti, et par conséquent à cette partie de la cour 
qui était en opposition avec le premier ministre. 
Daniel de Cosnac y consentit et se trouva incon- 
sciemment, pour ainsi dire, entrer de plain-pied 
dans la Fronde. On était dans les premiers mois 
de l'année 1651 ; après une accalmie la Fronde se 
réveillait; ses chefs : le duc d'Orléans, le prince 
de Coudé, le prince de Conti, son frère, avaient 
décidé une nouvelle prise d'armes; telles furent 
les circonstances au milieu desquelles le duc de 
Bouillon présenta son jeune parent au prince de 
Conti et le fit admettre dans sa maison. Daniel de 
Cosnac portait le titre d'ahbé et le petit collet, 
comme nous l'avons dit ; le prince de Conti, qui 
n'était pas plus engagé que lui dans les ordres, 
portait le titre de prince ecclésiastique; il était 
titulaire de l'abbaye de Cluny et des plus riches 
abbayes de France; le chapeau de cardinal était 
pour lui une perspective certaine, il y avait denc 
de réciproques convenances de situation. 

Au jour convenu, le prince de Condé et le 
prince de Conti partent du château de Saint- 
Maur, près de Paris, pour aller recommencer la 
guerre civile; la duchesse de Longueville, la prin- 
cesse de Condé et son jeune fils sont du voyage; 
l'on devait se rendre d'abord au château de Mont- 



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rond, en Berry. Toutes les personnes attachées 
à la maison du prince de Conti avaient reçu des 
ordres pour accompagner ou pour suivre; Daniel 
de Cosnac n'en reçut aucun. Sans doute il était 
devenu suspect, par ce fait que le duc de Bouillon 
et le maréchal de Turenne, par un revirement 
subit, avaient quitté le parti de la Fronde pour 
se rallier au cardinal Mazarin. Aussitôt Daniel de 
Cosnac accourut auprès du duc de Bouillon pour 
lui manifester son intention d'abandonner le prince 
de Conti; mais le duc de Bouillon le désapprouva 
en lui observant que l'on pouvait douter encore de 
quel côté pencheraient les affaires, qu'il n'était 
pas si fort assuré lui-même des bonnes inten- 
tions de la reine pour ne pas se réengager peut- 
être dans les intérêts des princes ; que dans ce cas 
il serait bien aise de l'y retrouver; mais que si 
son accommodement avec la cour était définitif, 
il lui donnait sa parole de l'y appeler aussitôt que 
sa fortune l'aurait mis en état de contribuer à 
la sienne. D'après ce conseil, Daniel de Cosnac 
partit pour aller rejoindre à Montrond le prince 
de Conti; mais il en reçut un si froid accueil 
qu'il lui demanda son congé, qui fut accepté. 
M"" de Longueville, prévenue, le fit appeler; cette 
princesse craignait le mécontentement du duc de 
Bouillon et considérait que la guerre civile allait 
s'engager dans une province où Daniel de Cosnac 
pouvait rendre des services parce qu'il y avait des 
parents considérables. Elle lui remit donc une 
lettre pour le prince de Conti qui venait de se 
rendre à Bourges, et exigea qu'il la lui portât 



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sur-le-champ. La princesse exerçait sur son frère 
une irrésistible influence; il était plus de minuit 
lorsque le prince reçut la lettre; mais, aussitôt 
après l'avoir lue, il fit retirer tout le monde, 
excepté Daniel de Cosnac, auquel il fit des ins- 
tances si affectueuses et si empressées pour qu'il 
ne quittât point son service que celui-ci charmé, 
sentit se changer en dévouement pour le prince la 
répulsion qu'il avait éprouvée jusque-là. 

. Deux jours après, Daniel de Cosnac reçut une 
importante mission qui consistait à aller trouver 
en Guyenne le prince de Condé, pour lui rendre 
compte de l'état de la province de Berry, et lui 
apporter des messages qui venaient d'arriver de 
Provence ; il devait, au retour, rapporter des nou- 
velles de la Guyenne. 11 n'eut pas le temps d'effec- 
tuer ce retour, car les événements se précipitèrent; 
le prince de Conti et la duchesse de Longueville 
fm-ent chassés du Berry par les troupes royales, et 
durent se rendre eux-mêmes en Guyenne, où Da- 
niel de Cosnac les rejoignit à Coutras. Sur ces en- 
trefaites, la mort inopinée du duc de Bouillon 
vint enlever à Daniel de Cosnac tout espoir du 
côté de la cour, et il se trouva définitivement 
engagé dans le parti des princes. 

La guerre civile avait en Guyenne de sérieux 
éléments d'organisation : le prince de Condé était 
gouverneur de la province, il entraînait avec lui 
la noblesse et les troupes; le parlement de Bor- 
deaux, frondeur à l'exemple du parlement de Paris, 
entraînait avec lui la bourgeoisie ; une factiop ré- 



Diçu-izcdbyGoOgle 



— 425 — 

volutionnaire, VOrmée(i), entraînait avec elle les 
classes infimes et remuantes. Une armée, composée 
de troupes jeunes et peu solides, il est vrai, avait 
pour chefs le prince de Coudé, le prince de Gonti, 
le comte de Marsin, lieutenant-général, qui avait 
déserté son poste de vice-roi de Catalogne pour la 
France, afin de se joindre au prince de Condé; 
une flotte espagnole, sous tes ordres du baron de 
Watteville, donnait son concours en interceptant 
l'embouchure de la Gironde; une garnison espa- 
gnole occupait la ville de Bourg. La ducliesse de 
Longueville et la princesse de Condé adoptèrent 
Bordeaux pour lieu de leur séjour; la première 
surtout y fomentait sans relâche l'ardeur fron- 
deuse. Une armée royale, sous les ordres du comte 
d'Harcourt, opérait pour tâcher de réduire l'insur- 
rection. Nous ne pouvons pas nous étendre ici sur 
les diverses opérations de la guerre, sur les émeutes 
qui ensanglantèrent la ville de Bordeaux sous la 
direction sinistre d'un avocat nommé Vilars et d'un 
boucher nommé Dure teste (2). 

Dans la petite cour du prince de Conti, comme 
dans toutes les cours, régnaient des jalousies d'in- 
fluence. Daniel de Cosnac s'y trouva en présence de 
deux rivaux : le comte de Barbézières-Chémeraut et 



(1) Cette faction tirait soii nom d'un lieu planté d'ormes procho 
l'églisn de Sainto-Eulalie, qu'cllo avilit assigné à ses réunions. 

{Xl <!ràcc aux nombreux documents inédits auxiiucls nous avons 
eu recours, nous avons pu consignrr dans noire ouvrage : Souve- 
nirs ilit. rùijite de. Loiii^ .\IV, uiic foule de Jaits oubliés ou igno- 
rés qui font de notre récit de la Fronde dans la Guyenne, une Uîs- 
toire en grande partie nouvelle. 



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SaiTasin(l); ils étaient les compagnons des plaisirs 
dn prince. Une circonstance fortuite permit à Da- 
niel de Cosnac de prendre le pas sur eux : Le prince 
de Conti étant tombé gravement malade, Daniel 
de Cosnac, par ses exhortations, le ramena à des 
sentiments de piété, et l'abbé de Sillei^, premier 
gentilhomme de la chambre du prince, ayant pris 
l'amnistie afin de sortir de sa captivité dans le 
château de Pierre-Ancise, près de Lyon, Daniel de 
Cosnac, désigné pour lui succéder, occupa désor- 
mais la première place. La manière dont il l'obtint 
fut un témoignage flatteur des préférences que le 
prince avait conçues pour lui. Il avait un concur- 
rent, l'abbé de la Hiiliére, de la maison de Po- 
lastron, plus ancien que lui dans la maison; le 
prince craignait de se prononcer trop ouvertement, 
il fît tirer au sort; mais il avait à l'avance indiqué 
à Daniel de Cosnac le moyen de l'emporter infailli- 
blement. 

La conversion du prince de Conti ne se pro- 
longea pas au-delà du terme de sa convalescence; 
la santé le ramena à ses plaisirs; cette mobilité 
fit place dans l'âge mur à une dévotion outrée, 
marquée par les pratiques du jansénisme le plus 
rigoureux. 

Daniel de Cosnac eut bientôt l'occasion de don- 
ner à ce prince, à son insu, une preuve de sa 
reconnaissance et de sa fidélité. Par sentiment de 
jalousie, le prince de Conti s'était brouillé avec sa 



(1) Secrétaire des commandements du prince de Conti et spirituel 
auteur de plusieurs ouvrages. 



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sœur, pour laquelle il éprouvait un penchant plus 
que fraternel; cette princesse, suivant l'expression 
de Daniel de Cosnac dans ses Mémoires, « aimant 
beaucoup mieux s'exposer aux effets de la haine 
de son frère qu'à ceux de son amitié, o Quelques 
intrigues, dans le détail desquelles il serait trop 
long d'entrer (1), avaient envenimé les choses au 
point que le frère et la sœur avaient cessé de se 
voir. Une rupture aussi complète dépassait le but 
que M"' de Longueville s'était proposé; connais- 
sant la mobilité de son frère, elle jugeait qu'il 
était nécessaire, pour qu'il n'échappât au parti de 
la Fronde, de connaître à chaque instant, pour 
ainsi dire, ses impressions, ses sentiments et ses 
projets. Dans ce but, elle crut qu'il lui serait 
utile de gagner Daniel de Cosnac à ses intérêts, 
et que la chose lui serait d'autant plus facile 
qu'il lui devait les premiers fondements de sa 
faveur. Elle lui dit un jour qu'il pouvait facile- 
ment s'apercevoir à quel point l'amitié de son 
frère était peu sûre; mais que s'il l'avertissait de 
toutes les choses que ce prince lui confierait, elle 
pourrait plus facilement le maintenir auprès de 
lui par son appui. L'insistance de la princesse, 
ac.'ompagnée des paroles les plus insinuantes, 
obligea Daniel de Cosnac à lui répondre qu'il la 
suppliait de ne pas trouver mauvais qu'il con- 
servât son estime, ce qu'il ne pouvait sans doute 
faire s'il ne restait fidèle au prince. Alors M°' de 



{1} Voy. les Mémoirea de Daniel do Cosnac. 



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Longueville lui répondit sèchement : a Non, Mon- 
sieur, je ne trouve pas cela mauvais; mais ne 
trouvez pas, mauvais aussi que, dans les occasions, 
j'appuie d'autres intérêts que les vôtres, et que 
je cherche des amis moins scrupuleux et plus 
solides. » 

Tandis que la duchesse de Longueville, frondeuse 
déterminée et brouillée avec son mari, attisait le 
feu de la guerre civile, recrutant des partisans à 
son frère aîné, le grand Condé, sans regarder de 
trop près à l'honneur conjugal, le conseiller fidèle 
du prince de Conti nourrissait en secret le projet de 
ramener ce prince dans le giron de l'autorité royale. 
Ce projet, pour aboutir, demandait une adresse ex- 
trême, car il ne prétendait pas détacher le prince 
de Conti tout seul du parti de la Fronde, ce prince , 
n'eût reçu dans ce cas qu'un médiocre accueil de 
la part de la cour qui l'eût laissé languir à l'écart; 
il fallait, pour que ce prince conservât tout son 
prestige, qu'il apportât avec lui les clefs de la 
ville de Bordeaux et la pacification de la Guyenne. 
Par conséquent il était nécessaire que le prince de 
Conti ne devint pas suspect à son propre parti, 
et qu'il y conservât jusqu'au moment décisif l'au- 
torité dont il était investi depuis le départ de son 
frère. Le grand Condé, en effet, avait quitté la 
Guyenne pour livrer sur un autre terrain, avec 
une armée composée de ses vieilles troupes, les 
combats de Bléneau et du faubourg Saint-Antoine. 
Le prince de Conti était donc demeuré le chef 
suprême dans la Guyenne; mais son frère, qui 
n'avait en lui qu'une médiocre confiance, avait 



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institué sous lui une sorte de triumvirat auquel 
était dévolue la direction effective, triumvii-at com- 
posé du comte de Marsin, de Lenet, conseiller au 
parlement de Bourgogne, et de la duchesse de 
Longueville. Pour mieux parvenir à dégoûter le 
prince de Conti d'un parti dans lequel son rôle 
était ainsi effacé, Daniel de Gosnac ne man- 
quait jamais auprès du prince l'occasion de faire 
ressortir l'injure de cet amoindrissement. 11 ne 
manquait jamais non plus l'occasion de mainte- 
nir en ses mains l'autorité qu'on voulait lui dé- 
rober. C'est ainsi qu'une révolte des troupes ayant 
eu lieu à Périgueux parce que Marsin, d'un ca- 
ractère violent, avait frappé un officier, il obli- 
gea le prince de Conti à partir avec lui pour 
cette ville, où sa présence rétablit l'ordre parmi 
les troupes. La partie saine de ta population 
de Bordeaux désirait la fin de la guerre civile 
et fomentait dans ce but des conspirations con- 
tre le parti des princes. Daniel de Cosnac avait 
à se prémunir contre les unes, qui eussent livré 
le prince de Conti à la merci des vengeances de 
la cour, et à favoriser celles qui agissaient secrè- 
tement de concert avec lui; mais toutes ces cons- 
pirations étaient régulièrement découvertes, et il 
eut beaucoup de peine à ne pas être compromis 
dans celle du P. Berthod, gardien des cordeliers 
de Brioude{l), et du P. Hier, gardien des corde- 
liers de Bordeaux. Ce dernier fut arrêté, et sa con- 



ti} Le P. Berlhod a laiaaé des Mémoire» qui contiennent la rela- 
tion de cette conspiration. 

T. vu. 6-S 



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damnation à mort commuée en celle de la prison 
au pain et à l'eau pendant le reste de ses jours (1). 

Le triumvirat avait résolu d'envoyer quelqu'un 
à Madrid pour presser l'envoi de nouveaux secours 
en hommes et en argent; Daniel de Cosnac fit 
adroitement tomber le choix de l'envoyé sur le 
marquis de Chouppes (2), son ami, et le prince 
de Conti fut exactement informé par lui à son 
retour qu'il n'y avait aucun fond à faire sur toutes 
les belles promesses qu'il était chargé de rapporter. 

Cependant la ville de Bordeaux était de plus en 
plus resserrée par deux armées royales, l'une opé- 
rant au Nord, sous les ordres du duc de Vendôme, 
qui avait succédé au comte d'Harcourt(3), l'autre 
opérant au Sud, sous les ordres du duc de Cau- 
dale (4). En même temps la flotte royale, dont le 
duc de Vendôme avait le commandement supérieur, 
remontait la Gironde abandonnée par la flotte es- 
pagnole, afln d'éviter le combat. Daniel de Cosnac 
obtint alors du prince de Conti l'autorisation d'en- 
tamer secrètement des négociations avec le duc de 
Caudale; en même temps, il encourageait dans la 
ville les manifestations royalistes auxquelles la jeu- 
nesse se prêtait avec ardeur. De nombreuses alter- 
natives de crainte et d'espérance, des entraves de 
diverses sortes signalèrent cette période de trans- 



(t) Lapais amena sa délivrance; il fut nommé évêque 

(2) Voy. les Mémoires du marquis de Chouppes. 

(:t) Le comte d'Harcourt avait inopinément quitté s 
auite d'un mécontentemi'nt contre la cour, qui lui a 
charge de marée liai -général. 

(4) Fils du duc d'Épernoii. 



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formation de l'état politique et social de la ville 
de Bordeaux (1); enfin le traité de paix fut dressé 
et conclu d'après une minute écrite de la main 
de Daniel de Cosnac, à la suite d'une entrevue 
qu'il eut à Lormont, près' de Bordeaux, avec les 
ducs de Vendôme et de Caudale. Ce traité de paix 
termina la Fronde et ouvrit l'ère de grandeur du 
règne de Louis XIV. 

Pendant que la princesse de Condé prenait la 
voie de mer pour aller avec son jeune fils, le duc 
d'Enghien, rejoindre en Flandre le prince de Condè 
et que la duchesse de Longueville gagnait son châ- 
teau de Montreuil-Beltay assigné d'abord pour lieu 
de son exil, le prince de Conti se rendait à son 
château de la Grange, près de Pézenas, en Lan- 
guedo-, où il devait attendre que soij sort fût fixé 
avec les avantages mérités par l'immense service 
qu'il venait de rendre. Pour se distraire pendant 
ce séjour, il désira faire jouer la comédie, et deux 
troupes se présentèrent, l'une dirigée par Cormier, 
et l'autre par Molière. Subissant une influence que 
nous ne rapporterons pas, le prince se prononça 
pour Cormier et voulut congédier Molière; Daniel 
de Cosnac protesta au nom du bon goût et de 
l'engagement qu'il avait pris de la part du prince, 
lui disant que s'il le renvoyait, il indemniserait 
Molière de ses propres deniers. Enfin le premier 
gentilhomme de la chambre du prince l'emporta, 
et ce fut Cormier qui reçut son congé. Molière était 



{I) Voy. les Mémoires de Daniel de Cosnac et nos Souvenirs 
du règne de Louia XIV- 



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alors à ses débuts, et l'on ne saurait douter que 
cette protection n'ait exercé une influence consi- 
dérable sur son avenir(l). Le prince de Conti alla 
aussi, sur l'iovitation du gouverneur, se livrer à 
Montpellier à des divertissements qui furent le 
singulier prélude du grand événement qui se pré- 
parait pour lui, car il ne s'agissait de rien moins 
que de son mariage. 

Sarrasin venait de mettre dans la tête de ce 
prince qu'un coup de fortune serait pour lui 
d'épouser une des nièces du cardinal Mazarin, 
qu'un tel mariage le < onduirait à tout ce que 
son - ambition pourrait souhaiter. Le prince de 
Conti envoya donc à Paris Sarrasin pour négocier 
celte affaire, disant liautement que peu lui impor- 
tait quelle serait la nièce, parce que c'était le 
cardinal qu'il voulait épouser. La réussite de la 
négociation auprès du cardinal fut d'autant moins 
difficile que l'alliance d'un prince du sang était 
l'objet de ses désirs ambitieux, et la nièce qu'il 
offrit fut Anne-Marie Martinozzi, déjà promise, il 
est vrai, au duc do Candale; mais celui-ci, en 
bon courtisan, s'empressa de se désister. Par de 
secrètes et habiles entremises, le cardinal Mazarin 
avait amené le prince de Conti à souhaiter ce que 
lui-même souhaitait ardemment, et Sarrasin était 
gagné à ses projets. Un des plus vaillants lieute- 
nants-généraux de l'armée royale, tout dévoué au 



(1) Lg répertoire des pièocs jouées par Molière au châlcau de la 
Grange se composait do VÈIourdi, du Dépil amoureux sC des 
Précieuses ridicules. 



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- 433 — 

cardinal, lui ayait écrit en parlant du prince de 
Conti : « Je ne doute point qu'on ne le portasse 
à tel mariage que Ton voudroit, voire même que 
l'abbé de Cosnac et Sai-rasin, qui sont les deux 
qui ont le plus de crédit auprès de lui, feroient 
à mon avis une bonne partie de ce que l'on vou- 
droit. Le dernier est un de mes amis et je con- 
nois un peu rautre(l). » M. de Bougy ne se trom- 
. pait pas au sujet du crédit de Daniel de Gosnac 
sur le prince de Conti, mais il se faisait illusion 
en croyant pouvoir compter sur son concours. Les 
historiens de Daniel de Cosnac ont cependant tou3 
prétendu qu'il avait donné les mains avec empres- 
sement à ce projet; bien loin de là, il déclare dans 
ses Mémoires qu'il fit, sans pouvoir réussir, les 
plus énergiques efforts auprès du prince de Conti 
pour le détourner de ce mariage, lui faisant con- 
sidérer à quel point il était au-dessous de sa nais- 
sance d'épouser une fille inconnue, et combien il 
était peu digne de s'allier au cardinal, persécuteur 
acharné de sa maison. Le prince se mit dans une 
si violente colère qu'une complète brouillerie fut 
imminente; mais, de part et d'autre, on se calma 
et le mariage fut définitivement résolu. 

Les conditions du mariage étaient négociées à 
Paris par Sarrasin et par Langlade. Gomme com- 
pensation au sacrifice que faisait le prince de 
Conti, son premier gentilhomme de la chambre 
voulait faire mettre la condition que ce prince 



(1) Lettre inédite datée du camp devant Bordeaux, le 1* août 
1653. Archive» naftonaJes, Registre coté K K 1319. 



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recevrait l'épée de connétable et le gouvernement 
de Brouage(l); mais les deux négociateurs, à son 
insu, écartèrent ces deux articles comme pouvant 
faire échouer le succès auquel ils tenaient essen- 
tiellement. Pendant ce temps, le prince de Conti 
avait quitté le Languedoc pour se rapprocher de 
Paris, et comme Daniel de Cosnac, voulant persé- 
vérer dans la carrière ecclésiastique, ne pouvait 
plus conserver ses fonctions auprès de lui dès 
qu'il serait marié, le prince écrivit au cardinal 
Mazarin pour demander en sa faveur le premier 
évèché vacant. En passant à Valence, le prince 
de Conti fit la rencontre du marquis de Villars (2), 
qui s'était fait une réputation dans le funeste com- 
bat entre les ducs de Nemours et de Beaufort. 11 
i-ésolut de lui donner celte charge de premier gen- 
tilhomme de sa chambre, désirant d'autant plus 
l'attacher à sa personne qu'il nourrissait la fan- 
tasque idée de se signaler par quelque rencontre, 
particulièrement en appelant sur le terrain le duc 
d'Yorck (3). 

A. Auxerre, Langlade et Sarrasin arrivèrent de 
Paris au-devant du prince, lui apportant les arti- 
cles du contrat; le prince se retira au bout de la 
grande salle de son abbaye de St-Germain d'Auxerre 
pour en entendre la lecture; et, comme ils ne 
consistaient guère qu'en un don de deux cent 



(1) Plikce de guerre maritime de première importance à cette 
époque. 

(2) Pbre du mardchal de Villars. 

(3) Frâre de Charles H. Pendant le protectorat de Cromwell, il 
avait paasd en Frauce presque tout le temps de son exil, servant 
dans les armées du roi. 



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mille écus que le cardinal faisait à sa nièce, 
Daniel de Cosnac demanda quels étaient les ar- 
ticle secrets; comme il n'y en avait pas, il jeta 
le contrat à terre en s'écriant : « Monsieur (1), 
vous êtes trahi ! on vous marie au denier deux(2). » 
Â. ces mots, le prince sauta à la gorge de Daniel 
de Gosnac et le poussa dans sa chambre. Après de 
vifs reproches le prince s'apaisa, dans la pensée 
qu'en raison de la longueur de la salle, personne 
n'avait vu, ni entendu; mais il ne lui parla plus 
de le charger de rapporter les articles à Paris, 
mialgré la promesse qu'il lui en avait faite anté- 
rieurement. Le moment de rapporter ces articles 
étant venu, Daniel de Gosnac dit au prince : a Mon- 
sieur, vous ne me parlez plus du voyage? » Gelui- 
ci lui répondit : « De quoi vous souvenez-vous, 
n'êtes- vous pas assuré de mon amitié? » Daniel 
de Gosnac répartit : «. Quel cas puis-je faire de 
votee amitié si vous me manquez de parole? » 
Alors le prince s'écria : a C'est trop souvent des 
emportements, ce sera ici le dernier. » Gette fois, 
la rupture paraissait complète, lorsque quelques 
moments après, le prince le ût appeler et vint à 
lui à bras ouverts en lui disant : « Vous êtes un 
fou, mais vos folies mêmes me persuadent que 



(t) Cette BppelUlion de Monsieur, doaoée & un prince du sang, 
surprendrait aujourd'hui; mais les appellations de Monsieur et de 
Madame n'étaient pas tombées au niveau actuel. Jadis on n'abusait 
pas du titre de Monseigneur, qui ne commença à se vulgariser 
que vers le milieu du règne de Louis XIV; les ministres, pour 
relever leur origine, furent les plus empressés à le prendre. 

{!] Voulant dire que pour deux cent mille écus une fois payés, il 
quittait cent mille écus de rente en bénéfices. 



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vous m'aimez, il me suffit; mais avez-vous pris 
garde à ce coquin de Sarrasin? comme il voulait 
profiter de ma colère, lui qui vous a tant d'obli- 
gations ! Il n'en aura pas le plaisir, et dès ce soir 
je prétends en sa présence vous traiter mieux que 
jamais. » En effet, le "soir Sarrasin étant entré 
après le souper, le prince dit devant tout le 
monde : « L'abbé et moi sommes racconunodés 
sans maréchal de France; quiconque ferait fond 
sur notre rupture se tromperait; nous sommes 
inséparables à la vie et à la mort. » 

Peu de jours après le prince de Gonti partit 
pour Paris; le cardinal Mazarin vint au-devant 
de lui jusqu'à Villejuif; et, après mille démons- 
trations d'amitié, l'ayant fait monter dans son car- 
rosse, le conduisit au Louvre pour le présenter au 
i-oi et à la reine-mère, ainsi qu'à M"* de Mar- 
tinozzi. Le prince de Gonti, en présentant Daniel 
de Cosnac au roi, lui dit : « Sire, voilà l'abbé 
de Cosnac; c'est une personne de qualité, attachée 
à moi, pour qui j'ai beaucoup d'amitié, et on ne 
le trouvera pas mauvais quand on saura que, si 
j'ai l'honneur d'être dans les bonnes grâces de 
Votre Majesté, c'est à lui seul à qui j'en ai l'obli- 
gation. » M"* de Martinozzi accueillit froidement 
Daniel de Cosnac, elle avait sans doute été chari- 
tablement informée de l'opposition qu'il avait faite 
à son mariage. Le cardinal voulut môme pendant 
quelque temps se servir de sa nièce pour détruire 
l'influence de Daniel de Cosnac sur le prince de 
Gonti, mais il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il 
avait intérêt à revenir à d'autres sentiments. 



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— 437 — 

Aussitôt après la célébration du mariage, Daniel 
de Gosnac remit sa charge au marquis de Yillars. 
11 avait refusfi avec désintéressement une des riches 
abbayes que le prince de Gonti voulait résigner 
en sa faveur, en lui observant que puisqu'il aban- 
donnait ses bénéfices au cardinal, il fallait lui 
faire le présent tout entier. Le prince de Conti 
obtint pour lui le renouvellement de la promesse 
du premier évêché vacant et partit pour aller 
prendre le commandement de l'armée de Cata- 
logne, laissant à Paris la princesse, sa femme. 
Deux évôcbés vinrent bientôt à vaquer : Valence 
d'abord et Saint-Fiour ensuite, par la raison d'un 
changement de résidence demandé par l'évêque ti- 
tulaire. Le cardinal dit à l'abbé de Cosnac : « Vous 
n'avez qu'à remercier le roi, il vous a donné 
l'évêché de Saint-Flour. » L'abbé répartit qu'il 
n'acceptait pas, parce que Valence était le pre- 
mier évêché vacant. Le cardinal, surpris, lui fit re- 
marquer éombien ce refus pouvait nuire à sa for- 
tune; mais Daniel de Cosnac mettait son point 
d'honneur à ce qu'une promesse qui lui avait été 
faite fût tenue. Le lendemain, le cardinal lui 
annonça que l'évêché de Valence lui était donné. 
Il l'engagea, à cette occasion, à prêcher devant la 
cour, ce qu'il fit avec succès dans l'église des Mi- 
nimes, à Retbel, où. la cour s'était rendue. À sa 
descente de chaire, le cardinal lui remit le bre- 
vet (1) de son évêché en lui disant : « Le roi 
vous fait maréchal de France sur la brèche. » 

(t) Brevet date de Retfael, le 24 juin 1654. 



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Du reste le nouveau prélat, fort instruit sur les 
matières ecclésiastiques, avait l'éloquence facile. 
Un de ses meilleurs sermons fut celui qu'il 
prêcha, le premier jour de l'année 1656, dans 
la maison professe des Jésuites, à Paris, en pré- 
sence du roi, de la reine-mère, de trois car- 
dinaux et de plus de cinquante évoques réunis 
pour l'assemblée générale du clergé de France. 
Comme il n'avait que les ordres minem^ lorsqu'il 
fut nommé évêque, il reçut la prêtrise en même 
temps que la consécration épiscopale (1). Moins 
d'un mois après sa nomination à l'épiscopat, il 
reçut une nouvelle récompense de ses services 
pour la paix de Bordeaux : il fut nommé con- 
seiller d'État (2). Il n'était encore que dans sa 
vingt-quatrième année. Il faisait ^ors agréable- 
ment sa cour, étant admis au jeu de la reine, 
faveur qu'il conserva jusqu'à la mort de cette 
princesse. Il en profita pour mettre fin à certains 
petits déplaisirs que la reine donnait à la comtesse 
de Noailles, cette princesse étant mécontente de 
ce que, par le crédit du cardinal, M™ de Noailles 
eût obtenu la charge de dame d'atours auprès 
d'elle, au lieu de la marquise de Richelieu, qu'elle 
eût préférée. 

Bien que le nouvel évoque de Valence n'eût 
plus de fonctions dans la maison du prince de 
Gonti, une réciproque habitude qui les attachait 



(1) L'abbé de Ghoisy, êi propos de bb conadcratioa épiacopale par 
l'archevêque de Paris, fait un râcit qui n'est qu'une fable amusante. 

(2) Brevet daté de Sedan, le 22 juUlet 16H. 



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— 439 — 

l'un à l'autre fit que pendant près de deux années 
encore, le jeune prélat fut le conseiller et le di- 
recteur de toutes les affaires du» prince à la cour 
pendant ses absences nécessitées soit pour com- 
mander l'armée de Catalogne, soit pour présider 
les états de Languedoc, province dont il était gou- 
verneur. Dans un bal, le roi ayant montré des 
attentions compromettantes pour la princœse de 
Conti, le prince, qui en fut informé, manda 
aussitôt à l'évêque de Valence de lui conduire 
la princesse en Languedoc {!);" ce qu'il fit. A son 
retour à Paris, il reçut la mission d'apporlei au 
roi une délibération contre les duels de tous les 
gentilshommes faisant partie de l'assemblée des 
états de Languedoc, délibération qui fut très 
agréable au roi, qui écrivit au prince de Gonti 
pour l'en féliciter (2). 

L'année suivante, l'évêque de Valence alla re- 
joindre en Catalogne le prince de Conti, qui 
assiégeait la ville de Palamos par terre, pendant 
que le duc de Vendôme l'assiégeait par mer. Le 



(1) Nous avona trouvé au Ministère dei affaire» élrangèreB, et 
publié dans notre deuxième supplâmeot des Mémoirei de Daniel 
de Coinae, les correspondances échangées entre le prince de Conti, 
le cardinal Mazarin et l'évêque de Valence, tant sur ce fait que sur 
les affaires du prince de Conti pendant son séjour en Languedoc et 
en Catalogne. 

(2) Nous avons tiré ce fait intéressant de la Gazelle du 6 février 
1655. 11 est d'autant plus surprenant que Daniel de Cosnac ait omis 
de le consigner dans ses Mémoireë, qu'un de ses grands oncles. 
Clément de Cosnac, lieutenant du roi au gouvernement de Sois- 
sons, avait péri victime, sous Henri III, de cette funeste coutume. 
Il avait été tué par Montrevel, sur la place Royale, à Paris. Voy. 
Tallbhakt dxb Beaux, Duels célèbres. 



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duc de Vendôme ayant "désiré entretenir le pré- 
lat sur des difficultés qu'il avait avec le prince 
de Conti, Daniel de Cosnac s'embarqua pour aller 
joindre sa flotte sur une frégate qui faillit être 
coulée au retour par l'artillerie de la place. Entre 
autres services, l'évéque de Valence rendit encore 
au prince de Conti les suivants ; il lui fit obtenir 
le gouvernement de Guyenne à la place de celui 
de Languedoc, et la charge de grand-maître de la 
maison du roi, en outre cinquante mille écus 
de pension comme premier prince du sang de- 
puis que le prince de Condé avait passé aux 
Espagnols (1). 

Sa faveur et ses services excitèrent des envieux; 
les ducs de Gandale et de la Rochefoucauld, l'ar- 
chevêque de Sens firent si bien qu'ils le brouil- 
lèrent avec le prince de Conti. Dans cette rupture, 
il eut la consolation d'entendre de la bouche de 
la reine, qui se trouvait avec le roi, le cardinal 
et la duchesse de Mercosur, le propos suivant : 
tt Nous voici quatre de vos amis et qui sommes 
pour vous; vraiment M. le prince de Conti se 
fait tort d'en user avec vous comme il fait. Nous 
sommes témoins que vous l'avez bien servi. » 

Le prélat se retira dans son diocèse, où il fut 
élu député à l'assemblée du clergé de 1655. Cette 
députation le rappela à Paris. Il y fit casser, par 
son crédit auprès du conseil du roi, des arrêts qui 



(1) Lob Archives du Ministère des affaires étrangères possè- 
dent des miDutes des lettres adressées par le cardinal Hazarln à 
Daniel de Cosnac, sur les affaires du prince de Conti. 



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confirmaient les usurpations commencées sous son 
prédécesseur, par lesquelles le présidial de Valence 
réduisait à néant la juridiction épiscopale. Il eut 
la satisfaction d'être l'instigateur heureux de la 
réconciliation du cardinal Mazarin avec M. de 
Bellièvre, premier président du parlement. Il apla- 
nit aussi auprès du premier ministre les difQ- 
cultés que s'était suscité l'intendant Pellot avec 
le parlement et la province de Dauphiné. Enfin 
le prince de Conti, craignant de ne pas obtenir 
le commandement de l'armée d'Italie, qu'il am- 
bitionnait, s'adressa h lui en ces termes : a Vous 
n'avez plus besoin de moi, mais j'ai besoin de 
vous. » Il obtint du cardinal l'emploi désiré. Le 
cardinal étant accablé de solliciteurs, lui de- 
manda la résignation de deux bénéfices pour leur 
être attribués, lui faisant la promesse, qu'il ou- 
blia, de les lui rendre avec usure. 

La perspective de l'éloignement de Daniel de 
Cosnac de la cour n'y faisait l'afTaire de personne; 
on y goûtait son agréable société, on y appréciait 
son aptitude pour les affaires; la reine l'aimait à 
son jeu, et le cardinal avait pris avec lui des 
habitudes qu'il désirait ne pas rompre. Le car- 
dinal lui persuada d'acheter la charge de pre- 
mier aumônier de Monsieur {!), qui lui procure- 



(t) Philippe de France, secoiid (ils de Louis XIII; il porta le 
titre de duc d'Anjou jusqu'à la mort, en 16G0, de son oncle Gaston, 
auquel il succéda dans le titre de duc d'Orléans, Suivant l'usage 
observé pour le frëre du roi, on l'appelait Montieur depuis l'avè- 
nement de Louis XIV à la c< 



DigmzcdbyGoOgle 



rait de nombreux avantages et des raisons cano- 
niques de non-résidence dans son diocèse. 

L'assemblée du clergé s'étant terminée au mois 
de novembre 1657, le prélat retourna dans son dio- 
cèse, en attendant que la princesse de Chalais, sa 
tante, voisine de M. de Bassompierre, évêque de 
Saintes, eût traité avec ce prélat des conditions de 
la cession de cette charge dont.il était titulaire. 
L'arrangement fut conclu ; mais comme Monsieur, 
fort jeune encore, n'avait point de maison à part, 
l'évêque de Valence n'en demeura pas moins dans 
son diocfee jusqu'à la fin du mois de novembre 
1658, où il alla à Lyon retrouver la cour qui 
s'était rendue dans cette ville pour le mariage 
projeté en apparence, du roi avec la princesse de 
Savoie. La cour de Savoie s'était aussi rendue 
dans cette ville, où des fêtes brillantes furent 
données, mais où l'évêque de Valence s'aperçut 
des premiers que cette éclatante démonstration 
n'était qu'une feinte pour presser l'Espagne d'ac- 
corder au roi la main de l'infante. En effet, 
l'Espagne envoya immédiatement Pimentel pour 
faire des ouvertures; le mariage de Savoie Eut 
rompu, et le mariage avec l'infante entra dans 
la voie des négociations. 

L'évêque de Valence ne suivit pas la cour à 
Paris, mais il retourna dans son diocèse fwur en 
achever la visite; il ne le quitta qu'en 1660, 
appelé auprès de Monsieur, à l'occasion du ma- 
riage du roi avec l'infante lors de la conclusion 
de la paix des Pyrénées. 11 rejoignit à Aix la cour 
qui avait passé l'hiver en Provence, et la suivit 



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— 443 — 

à Saint -Jean -de- Luz. Il fut présent à la première 
entrevue du roi avec l'infante dans l'Ue de la 
Bidassoa, et assista à la célébration du mariage 
par i'évèque de Bayonne dans l'église de Saint- 
Jean-de-Luz. Suivant l'usage, des sièges avaient 
été préparés du côté de l'évangile pour les am- 
ba^adeurs, et du côté de l'épitre pour les évo- 
ques ; comme on avait oublié de réserver un banc 
pour les maréchaux de France, ceux-ci réclamèrent 
auprès du cardinal, qui leur accorda d'occuper le 
banc des évèques qu'on fit lever de leurs places 
avec quelque scandale. Le soir, le cardinal dit aux 
personnes qui étaient chez lui qu'un maréchal 
s'était vanté que s'il eût trouvé un évoque assis 
et qu'il se fût trouvé debout, il l'aurait pris par 
la main et se serait mis à sa place. L'èvèque de 
Valence était personnellement désintéressé dans la 
question parce que, en raison de sa charge, il avait 
assisté à la cérémonie auprès de Monsieur; mais 
il répliqua brusquement : « A tel évêque ce ma- 
réchal se serait adressé, qu'on peut dire que de 
sa vie il n'eût vu une occasion si chaude. » Comme 
on savait que le propos était du maréchal de Vil- 
ieroy, qui ne passait pas pour un foudre de guerre, 
cette répartie divertit fort. 

En 1661, Monsieur épousa la princesse Henriette 
d'Angleterre, fille de . Charles 1" et de Henriette de 
France. Une contestation s'éleva entre l'abbé de 
Montaigu, premier aumônier de la reine d'Angle- 
terre, et l'évêque de Valence, pour savoir lequel 
des deux célébrerait le mariage. La question fut 



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portée devant le roi qui se prononça en faveur de 
l'évêque de Valence (1). 

Bien qu'à partir de son mariage, Monsieur ait 
eu une maison séparée de œlle du roi, habitant 
le Palais-Royal ou le château de St-Cloud, l'évêque 
de Valence ne s'en rendait pas moins fréquemment 
dans son diocèse. Il y éprouva des difficultés pour 
le maintien de la justice épiscopale, qui avait été 
usurpée dans la ville de Die par le gouverneur 
de la ville, M. de Saint-Fériol, appuyé par le duc 
de Lesdiguières, gouverneur de la province, et par 
le premier président du parlement de Grenoble. 
Le prélat fît évoquer l'affaire à Paris; il obtint 
un arrêt du conseil qui lui donna gain de cause. 
Au même moment, il remt l'ordre de recevoir à 
son passage à Valence le cardinal Chigi, légat, 
qui se rendait à Paris pour faire réparation au 
roi à l'occasion de l'insulte faite à Rome par la 
gai"de corse au duc de Créqui, ambassadeur de 
France. Le légat passa plusieurs jours chez l'évê- 
que de Valence, attendant l'arrivée du duc de Les- 
diguières, envoyé au-devant de lui par le roi. Le 
duc de Lesdiguières étant arrivé, l'évêque de Va- 
lence, autant par le mécontentement qu'il avait 
éprouvé à l'occasion de l'affaire de M. de Saint- 
Fériol, que parce qu'il croyait en avoir le droit, 
prit le pas sur lui; le duc de Lesdiguières fut 
si furieux qu'il fil partir incontinent un couiTier 



(1) La Gazette du 30 mars I6£l donne les détails de la cérémonie 
qui fut célébrée à Paris, dans la chapelle do l'appartement de la 
reine d'Angleterre. 



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pour se plaindre au roi. Le prélat, ayant eu à se 
rendre à Paria pour les couches de Madame, fut 
vivement interpellé par Le Tellier, qui lui dit que 
le roi était fort mécontent : « Monsieur, répondit 
l'évèque, j'ai vu le roi et il ne m'en a rien té- 
moigné. — Il vous le témoignera sans doute, répli- 
qua le ministre ; vous savez que le roi veut que les 
gouverneurs précèdent tout le monde dans leurs 
provinces. — Cela m'est nouveau, repartit l'évèque. 
— Je ne m'étonne pas, Monsieur (1), s'écria Le 
Tellier, que cela soit nouveau pour vous, ce n'est 
pas un point de théologie. — Monsieur, repartit 
l'évèque, je crois être de qualité à savoir, non- 
seulement la théologie, mais de quelle manière 
l'on vit dans le plus grand monde, et j'espère 
que Sa Majesté sera satisfaite lorsqu'elle saura 
que je n'ai rien fait qui ne soit conforme à ses 
déclarations, à. ses règlements et à ses arrêts; 
mais comme ce sont des arrêts et des règlements 
faits dans un temps où vous n'aviez pas encore 
les emplois que vou? avez aujourd'hui, je ne 
m'étonne pas si vous me blâmez.- » L'affaire se 
termina devant le roi; l'évèque exposa Ses droits 
fondés sur de nombreux arrêts; Le Tellier soutint 
que M. de Lesdiguières représentait la personne 
-du roi. a Monsieur, s'écria l'évèque, on est fort 
e.tcusable de s'y méprendre, car jamais copie n'a 



(1) On ne donout pas alors aux évéques le titre de Monseigneur; 
ce De fut que vers le milieu du règne de Louis XIV que l'usage 
commença de le leur donner. (Voy. les Mémoires du duc de Saint- 



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moins ressemblé à son original. » Le Tellier fut 
déconcerté, le roi se mit à rire et l'affaire finit là. 
■ Le cardinal Chigi, en témoignage de bon sou- 
venii' de l'accueil de l'évêque de Valence, envoya, 
quelques années après, au monastère des reli- 
gieuses de la Visitation, les reliques du corps de 
Saint-Romain; l'évêque en fît la translation avec 
de solennelles cérémonies, et l'abbé de Brissac pro- 
nonça le sermon (1). 

Le cardinal Mazarin était mort au mois de mars 
de l'année 1661, sans avoir rendu à l'évêque de 
Valence ses deux bénéfices; sa mort faisait un 
grand vide à la cour pour le prélat; il lui restait 
toujoure les bontés de la reine-mére; mais cette 
princesse mourut à son tour en 1666, et le prince 
de Conti la suivit de près. Ces disparitions firent 
que l'évêque de Valence se rapprocha davantage 
de Monsieur et de Madame; et, à l'un et à l'autre, 
il rendit d'éminents services. A.u prince, il traça 
par écrit un plan de conduite pour qu'il ne se 
laissât pas décboir dans une complète nullité ; il 
conçut le projet de placer sur la tête de ce prince 
la couronne de Naples; dans la campagne de 1667, 
au siège de Toiu-nai, il l'engagea à aller dans la 
tranchée et l'y accompagna lui-même. Le roi qui 
n'aimait pas, par politique, que son frère se mit 
en avant, le railla au retour en lui demandant s'il 
avait envie de se faire sac à terre. Un libelle 
offensant avait paru sous ce titre : les Amours de 

(1) Voy. la GazuUc; arlide sous I» rubrùnie : Valence, 15 ou- 



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Madame, faisant allusion à ces rapports innocents 
au fond avec le comte de Guiche, mais compro- 
mettants néanmoins, que M"" de La Fayette a ra- 
contés dans ses Mémoires; Madame en exprima 
son chagi'in à son premier aumônier; celui-ci 
s'éloigna sans lui répondre. Quelques jouis après, 
la princesse le vit reparaître lui apportant l'édition 
toute entière qu'il était allé acheter en Hollande, 
où elle avait été imprimée. Cependant Monsieur 
donnait à la princesse de bien autres chagrins par 
sa fâcheuse liaison avec le chevalier de Lorraine, 
fait comme on peint les anges; de plus, le che- 
valier avait noué une intrigue avec une fille 
d'honneur de la princesse. L'union entre les deux 
époux en fut profondément altérée. L'évèque de 
Valence s'étant rangé du pani de Madame, Mon- 
sieur connut aussitôt contre lui l'animosité la plus 
vive, et lui envoya l'ordre de se défaire de sa 
charge et de se retirer dans son diocèse. Ce der- 
nier ordre était un e.il; malgré les supplica- 
tions de la reine d'Angleterre et de Madame, le 
roi le confirma en disant qu'il ne serait pas con- 
venahle de sa part de refuser eette satisfaction à 
son frère. En réalité, le monarque n'était pas 
fâché de saisir cette occasion d'éloigner du duc 
, d'Orléans un homme qui lui donnait des conseils 
qui n'étaient pas à son gré. 

Cet exil de l'évèque de Valence coïncidait avec 
des circonstances politiques d'une haute impor- 
tance : le roi méditait une alliance avec Charles 11, 
roi d'Angletene, pour entreprendre la guerre con- 
tre la Hollande; et, pour mieux réussir, il s'adres- 



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sait à l'influence de Madame sur son royal frère; 
cette princesse devenait ainsi le pivot des négo- 
ciations engagées. Dans une semblable conjoncture, 
elle eût été bien aise de s'aider des conseils de 
l'évoque de Valence, en qui elle avait placé la 
plus grande confiance; d'autant plus que l'une des 
clauses du traité à intervenir était que Charles II 
se déclarerait catholique, déclaration bien délicate 
au point de vue poKtique, en raison du protes- 
tantisme qui dominait dans ses états. Madame mé- 
nageait même à cette occasion qu'un chapeau de 
cardinal, à la nomination du roi d'Angleterre, 
serait donné à l'évèque de Valence. Elle écrivit 
elle-même au prélat et lui fit écrire par la mar- 
quise de Saint-Chaumont, sœur du maréchal de 
Gramont, gouvernante de ses enfants, lettres sur 
lettres pour qu'il vint secrètement la trouver. 
L'évèque, après avoir résisté en raison de son 
eïil, finit par céder et partit de son dioièse sous 
prétexte d'aller en Limousin en passant par une 
dé ses abbayes; en réalité il prit la route de 
Paris; le rendez-vous convenu avec la prin- 
cesse était à Saint-Denis. A Milly, il fut attaqué 
d'un mal si subit que son neveu qui l'accompa- 
gnait, Claude de Cosnac de la Marque, tué depuis 
à la journée de Saverne étant aide de camp du 
maréchal de Turenne, le conduisit en toute hâte 
dans Paris pour qu'il fût à la portée des méde- 
cins; il le ht descendre, sous un nom supposé, 
rue aux Ours, chez un maître tireur d'or. Le mé- 
decin appelé trahit son incognito en révélant sa 
présence à Louvois, qui partageait conti-e l'évèque 



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les rancunes de Le Tellier, son père, et qui se 
méfiait qu'il ne se mêlât des négociations avec 
l'Angleterre. Comme il y aurait eu scandale à ar- 
rêter un évéque, il feignit de le prendre pour un 
faux-monnayeur et envoya des archers pour l'ar- 
rêter. Le prélat eut beau protester de sa qua- 
lité d'évêque, on lui répondit qu'on n'y croyait 
pas et on le conduisit au Fort-l'Évêque. Avant, 
de quitter son lit, sous prétexte d'un remède, il 
avait adroitement fait disparaître les papiers dont 
il était porteur (1). Ces papiers concernaient le 
chevalier de Lorraine, dont Madame méditait la 
disgrâce, et l'affaire d'Angleterre. Il eût été aussi 
dangereux pour Madame que pour le prélat que 
ses papiers eussent été saisis; en dehors du roi, 
de ses ministres el de Madame, en France, de 
Charles II, de milord Arlington et du duc de 
Buckingbam, en Angleterre, tout le monde igno- 
rait la négociation entamée avec l'Angleterre, ex- 
cepté pourtant le maréchal de Turenne, qui eut 
la faiblesse de confier ce secret à M""* de Coet- 
quen. Monsieur était tenu soigneusement à l'écart. 
L'évêque de Valence avait été à la mort; la joie 
d'avoir fait disparaître ses papiers le rendit à la 
vie. Il écrivit pour faire reconnaître sa qualité, 
et comme on ne pouvait prolonger une erreur 
volontaire, on le remit en liberté, mais avec 
ordre de se rendre à l'Isle-Jourdain, en Lan- 



(1) Le duc de Saint-Simoa et TabbÔ de Clioiay bo eont plu à 
donner plaisamment dans leurs Mémoires les détails les plus cir- 
constaociés sur le mode de suppression de ces papiers compro- 
mettants. 



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guedoc, changeant ainsi en un exil plus sévère 
son précédent exil dans son diocèse. 

Madame fut désespérée; elle fit vainement in- 
tervenir Charles II en faveur de l'évéque de Va- 
lence. Enfin elle dut partir pour Douvres, lieu 
choisi pour son entrevue avec son royal frère; elle 
en revint, rapportant le traité signé entre les deux 
couronnes. Peu de jours après une mort suhite 
l'enlevait à Saint-Cloud, et il ne restait plus à 
Bossuet qu'à proférer ce cri dans son éloquente 
oraison funèbre : Madame se meurt ! Madame est 
morte! 

Après environ deux années d'exil (1), l'évéque 
de Valence reçut l'autorisation de retourner dans 
son double diocèse où il s'appliqua, avec le zélé 
infatigable qui était dans son caractère, aus nom- 
breuses affaires ecclésiastiques et à la reconstnic- 
tion de la cathédrale de Die. Ses diocèses, celui 
de Die surtout, avaient été depuis longtemps envahis 
par la religion protestante; des temples y avaient 
été élevés de toutes parts, en dépassant de beau- 
coup les tolérances de l'édit de Nantes. Le prélat 
s'adonna tout entier et avec succès aux conver- 
sions et à la destruction des temples (2), en sorte 



(1} L'ttbbé de Choisy dit que son exil dura quatorze ans; nous 
rectifions celte erreur au moyen d'une lettre de M"* de Sévigné, 
datée de Valence le 6 octobre 1673, dans laquelle elle écrit A sa 
fille : J'ai âtâ droit chez le prélat, il a bien de l'esprit; nuus avons 
causé une heure; ses malheurs et votre mérite ont fait les deux 
principaux points de la conversation. « 

(2) Il obtenait leur dostruclion par dos arrêts rendus par le con- 
seil du roi ; nous possédons la copie d'un grand nombre de ces 



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que lorsque l'Mit de Nantes fut révoqué plus tard^, 
il ne restait presque plus rien à faire dans les 
diocèses de Valence et de Die; sur quatre-vingts 
temples il n'en restait plus que dix ou douze, 
que la révocation de l'édit de Nantes fit dispa- 
raître à leur tour; et les dragonnades, cet affreux 
moyen de conversion imaginé par Louvois, furent 
presque entièrement évitées. Le diocèse de Valence 
comprenait une partie du Vivarais, sur la rive 
droite du Rhône; l'évèqûe convertit et sauva la 
vie à l'un des principaux ministres de la contrée, 
Pineton de Chambrun. Ce ministre, délivré de la 
prison où il était renfermé, s'enfuit à Genève, 
revint ati protestantisme, et, pour se réhabiliter 
parmi ses coreligionnaires, publia un livre dans 
lequel il attribue sa conversion aux obsessions du 
prélat (1). 

Depuis le retour de son exil à l'Isle- Jourdain, 
l'évêque de Valence n'avait pas quitté son dio- 
cèse, lorsqu'il fut obligé d'accepter la députation 
à l'assemblée du clergé de 1682. En se rendant à 
Paris, il s'arrêta à Fontainebleau où était le roi, 
qui lui dit dans une audience particulière dans 
son cabinet : « Monsieur, je vous ai fait savoir 
que je n'avais eu aucune part à toutee qui vous 
est arrivé de désagréable que de l'avoir souffert, 
je vous le dis encore et en suis très fâché. » 
Quelque temps après, le roi parlant de lui à l'ar- 



(I) Livre intitnié : Les Larmes de Jacquet Pineton de Cham- 
brun, paileur de la maison du prince d'Orange, Téédilé on tS54 
par M. Schœffer, sur l'édition originale de 1688. 



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chevêque de Paris, s'exprima en ces termes : « Il 
faut le garder pour un grand poste. » L'évêque 
revit Monsieur, qui parut fort embarrassé et qui 
le présenta à Charlotte-Elisabeth de Bavière, sa 
seconde femme. L'entrevue fut courte; elle ne 
pouvait plaire ni à l'un ni aux deux autres. 

Daniel de Cosnac, étant évoque de Valence, 
avait fait partie comme député de quatre assem- 
blées du clergé de France; les procès-verbaux 
imprimés de ces assemblées gardent les nom- 
breuses preuves de la part active qu'il prit à 
leurs travaux; il était toujours nommé membre 
des (omûiissions les plus importantes. Il prononça 
dans l'assemblée de 1666, un remarquable dis- 
cours sur les limites du pouvoir des papes en 
matière temporelle, question tout à fait indépen- 
dante du dogme de l'infaillibilité en matière spi- 
rituelle qui n'a été proclamé que de nos jours; 
ce dogme lui-même restait donc, à cette époque, 
dans le domaine des discussions permises. On ne 
saurait par conséquent, sans commettre une injus- 
tice et un anachronisme, infliger aujourd'hui un 
blâme rétrospectif à l'épiscopat, au clergé et aux 
catholiques de France, qui, dans leur immense 
majorité, étaient imbus de la croyance de la supé- 
riorité des conciles sur les papes et de l'indé- 
pendance des rois en matière temporelle. Il y a 
quelque probabilité que ce dernier principe, qui 
n'est pas touché du reste par la déclaration d'in- 
faillibilité , sauva la France , déchirée par les 
guerres de religion, de la victoire du protestan- 
tisme, contrairement à ce qui s'est passé en An- 



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gleterre et dans une partie de l'Allemagne, qui 
n'avaient pas eu pour lui résister la force locale 
d'une église nationale respectueuse de la supré- 
matie spirituelle du saint-siége, mais faisant corps 
avec le souverain dans les questions d'indépen- 
dance temporelle. Ces dissentiments étaient loin 
d'avoir l'aigreur qu'on a voulu y apporter de nos 
jours; de part et d'autre on respectait la sincé- 
rité des convictions opposées, et les relations n'en 
étaient pas foncièrement altérées. Au plus fort de 
ses difficultés avec la cour de Rome, Louis XIV 
n'avait jamais cessé d'avoir un jésuite pour con- 
fesseur; de même les jésuites, bien que n'igno- 
rant pas les opinions gallicanes de ï'évêque de 
Valence, plus tard de l'archevêque d'Aix, ne ces- 
sèrent jamais de lui témoigner la plus grande 
déférence; il prêchait dans leurs églises; le P. Im- 
bert, jésuite, lui dédia un poème en neuf cents 
vers latins intitulé : Sectœ calvinianœ in Gallia 
tota catholica tumulus. (Valent. 1689, in-4°.) Si- 
gnalons encore parmi ses apologistes l'auteur d'un 
livre qui porte ce titi-e : La Vérité découverte par 
le Mercure d'Aix malgré les ténèbres obscures 
des médisants sacnléges (1). Notons que toutes 
ces apologies sont postérieures à l'assemblée du 
clergé de 1682. 
Dans cette assemblée de 1682, ï'évêque de Va- 



(1) Ce livre, signalé dans U Bibliothèque de France du P. Le- 
long, se trouve & Aix, k la Bibliothèque Méjanea; il ne porte- 
d'autre nom d'auteur que les initiales suivantes ; Le S. D. S. O. 
C. ch. th. D., doat voici la traduction : Le sieur de Sériianis, doc- 
teur canonique, chanoine théol<^al d'Aix. 



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lence ne prit du reste aucune initiative; elle fut 
prise tout entière par Bossuet, qui dressa dans les 
célèbres quatre articles une sorte de formulaire des 
croyances de l'Église gallicane. Ces articles furent 
désavoués, et néanmoins, au su de la cour de 
Rome, ils n'ont cessé»d'étre enseignés dans les 
séminaires qu'après la Révolution de 1830. 

L'assemblée de 1685 eut une célébrité d'un 
autre genre par la révocation de l'édit de Nantes; 
l'évoque de Valence en fit également partie ; nous 
avons vu que son zèle n'avait pas eu besoin de 
mesures violentes pour rétablir la foi dans son 
double diocèse. 

Outre sa mission spirituelle, Daniel de Cosnac 
avait encore à exercer certains droits temporels 
d'administration seigneuriale et à régir, en qua- 
lité de chancelier, l'Université de Valence. Les 
diplômes étaient délivrés en son nom (1). Tous 
ces soins l'avaient attaché par des liens étroits ji 
ses deux diocèses, lorsqu'il fut obligé par le roi 
d'accepter, en 1687, sa nomination à l'archevêché 
d'Aix. Les diocèses de Valence et de Die, autrefois 
distincts, furent de nouveau séparés. 

L'arehevê -hé d'Aix, malgré la supériorité de son 



(I) Noua possédons trois de ces diplômes. Le plus ancien est 
écrit en lettres de couleur sur parchemin; les deux autres sont 
imprimés sur parchemin; ils portent un sceau en cira rouge ren- 
fermé dans une boite de fer-blanc; l'empreinte représente une 
Vierge tenant l'Enfant-Jésus, avec cet exergue : Sigillum almx 
Unioeraitatia Valenlinx; au bas, les armoiries du prélat. Ce 
sceau, que nous avons communiqué à M. do Bosrcdon, a été re- 
produit dans lo Bulletin de la Société scientifique, hiatorique et 
archéologique de la Corréze. 



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titre, était bien moins important que les évêchés 
réunis de Valence et de Die; il avait, il est vrai, 
des attributions considérables d'un ordre politique, 
mais elles avaient été usui'pées; ses revenus eussent 
été insuffisants si Daniel de Cosnac n'eût été titu- 
laire de plusieurs abbayes, entre autres de celle 
de Saint-Taurin d'Évreax, que le roi lui échangea 
plus lard contre l'abbaye, plus importante, de 
Saint-Riquier. Il y avait à considérer encore qu'en 
raison des difficultés pendantes, la cour de Borne 
ajournait l'obtention des bulles, et que tous les 
évêques nouvellement promus ne pouvaient admi- 
nistrer leurs diocèses qu'au titre d'évêques nom- 
més. Il y avait encore à faire entrer en ligne de 
compte le caractère des provençaux. Il fallut toute 
l'obéissance que l'on avait à cette époque aux 
volontés du roi, pour que l'évêque de Valence se 
résignât à accepter. 

En effet, dès le début, des difficultés de toutes 
sortes surgirent sous les pas du nouvel arche- ■ 
vêque d'Ai-i ; mais il n'était pas d'une nature à 
faiblir dans les luttes, et il justifia le mot de 
Louis XIV lorsqu'il le mit en présence des pro- 
vençaux : « Vous êtes bien homme pour eux. » 
Du reste, il sut habilement vaincre tous les 
obstacles, faire apprécier par ses diocésains sa 
haute valeur, et, au bout de peu d'années, la 
paix régnait dans un diocèse qu'il avait trouvé 
profondément troublé. Il reçut ses bulles en 1693 
et le pallium en 1694. 

La première difficulté qu'il eut à surmonter fut 
relative à la présidence des états de Provence, 



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qui ne s'appelaient plus que l'Assemblée des com- 
munautés (1), depuis que Richelieu, pour punir 
Ira Provençaux de leur caractère ombrageux, avait 
restreint, en 1639, les attributions de ces assem- 
blées; cependant ii leur restait encore celle de voter 
l'impôt. La présidence appartenait à l'archevêque 
d'Ail ; mais, grâce au comte de Grignan, son frère, 
lieutenant-général de la province, l'archevêque 
d'Arles l'avait usurpée. Le différend fut porté de- 
vant le roi, qui donna raison à l'archevêque d'Aix. 
M"' de Sévigné, furieuse de l'échec du beau-frère 
de sa lille, changea alors singulièrement de lan- 
gage sur le compte de l'archevêque d'Aix dans sa 
correspondance. Chaque année l'archevêque appor- 
tait au roi le cahier des délibérations. 

Notons encore des difficultés avec l'Université 
d'Aix, dont l'archevêque mit à néant certaines 
usurpations par des arrêts obtenus du conseil du 
roi; des difficultés peu graves avec le parlement, 
qui se plaignit que les gens de la maison de 
l'archevêque prissent le pas sur lui, parce qu'il 
s'en faisait suivre dans les processions; des diffi- 
cultés avec le chapitre, qui se disait l'arbitre sou- 
verain du cérémonial, qui voulait s'immiscer, en 
dehors des règles admises, dans l'administration 
du diocèse, et qui prétendait en référer au vice- 
légat d'Avignon; prétentions destructives de l'au- 
torité épiscopale qui sut se faire respecter; dif- 
ficultés enfin avec quelques couvents, qui se 
retranchaient derrière certaines immunités pour 

(1) C'est-Mire des communes. 



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se croire fondés à refuser de recevoir la visite 
de l'archevêque. 

Pendant l'un de ses voyages à Paris, l'arche- 
vêque d'Aix conclut le mariage de sa petite-nièce 
Angélique de Cosnac, fille de son neveu François, 
marquis de Cosnac, et de Louise d'Esparbez de 
Lussan d'Aubeterre, petite-fille du maréchal de 
France de ce nom, avec le comte d'Egmont, duc 
de Gueldres, prince du Saint-Empire, grand d'Es- 
pagne, de l'une des plus puissantes maisons des 
Pays-Bas (1). Angélique avait été élevée par la cé- 
lèbre princesse des Ursins, sa tante à la mode de 
Bretagne, à laquelle Daniel de Gosnac avait rendu 
d'importants services, notamment en lui obtenant 
du roi une indemnité considérable pour les dé- 
penses qu'elle avait faites dans l'intérêt de la 
France, alors qu'elle habitait à Rome {2). Après son 
mariage, la comtesse d'Egmont reçut dans son hôtel 
de la rue Taranne, à Paris, la princesse des Ursins 
revenant de Madrid; l'archevêque d'Aix y logeait 
également, et ils avaient ensemble des conférences 
sur les affaires d'Espagne, auxquelles le duc de 
Saint-Simon attribue une sérieuse importance dans 



(1) Voy. sur ce mariage les Mémoires du duc de Saint-Simon; il 
signale te tabouret chez la reine qui fut donné à la nouvelle com- 
tesse d'Egmont. La Gmelte du 30 mars, et le Mercure galant du 
mois de mai ltj97, donnent d'intéressants détails sur ce mariage, 
qui fut célébré par l'archevêque d'Aix dans l'église de St-Sulpice, 
à Pans. Le comte d'Egmont n'eut jioint d'enfants de son mariage, 
et te grand nom d'Egmont passa aux enfants de sa sœur, qui avait 
épousé un Pignatelh, duc de fiisaccia. 

[3) Voy. la Notice dont noua avons fait précéder les Mémoires 
de Daniel de Cosnac, p. 107. 



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ses Mémoires. 11 est certain que l'archevêque 
d'Aix contribua puissamment à la rentrée en fa- 
veur de la princesse, un moment disgraciée par 
Louis XIV, et par suite contribua à son retour 
à Madrid. 

En 1701, Daniel de Coanac reçut du roi la 
faveur la plus haute et la plus enviée de la cour, 
il fut nommé commandeur de l'Ordre du Saint- 
Esprit; il fut re™, le 15 mai, dans la chapelle 
de Versailles avec le maréchal de Tallard et Henri- 
Charles de Gambout, duc de Coislin, évèque de 
Metz, premier aumônier du roi (I). La même 
année Gabriel de Cosnar*, son neveu, prévôt de 
l'église métropolitaine d'Aix, agent général du 
clergé de France à l'assemblée de 1701 , fut nommé 
évèque et comte de Die. Cette même année encore 
fut marquée par la mort de Monsieur, diic d'Or- 
léans, l'auteur de la disgràcej en 1G69, de Daniel 
de Gosnac. Par un rapprochement et un contraste 
singuliers, l'assemblée du clergé de France char- 
gea l'archevêque d'Aix d'adresser au roi, en son 
nom, un discours de condoléance sur la perte 
qu'il venait de faire (2). 

Comme archevêque d'Aix, Daniel de Cosnac fut 



(I) Voy. les Mémoires du duc de Saint-Simon et Vfliitaire des 
grands ofpcierê de ta Couronne, du P. Anselme; les preuves de 
noblesse de Daniel de Cosnac pour l'Ordre du Saint-Esprit, t. II 
de ses Mémoire». La Gazette du 20 mai 1700 doutie le récit de 
celta cérâmonie, 

(î) Ce discours, prononcé à Versailles le 19 juin 1701, est inséré 
dans les procès -ver baux imprimés des assemblées du clergé do 
Frwice; nous l'avons reproduit à l'appendice du t. II des Mé- 
moires de Daniel de Gosnac. 



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député à quatre assemblées du clergé de France, 
celles de 1690, de 1695, de 1701 et de 1707; il y 
fut, comme précédemment, membre des commis- 
sions les plus importantes. Depuis que la guerre 
de la succession d'Espagne avait jeté la France 
dans une phase difficile, des subsides considéra- 
bles étaient demandés au clergé, et le patriotisme 
de l'archevêque d'Aix, président de la commission 
des contrats et moyens, c'est-à-dire des finances, 
ne marchanda jamais les sacrifices. 

A son retour à Aix, après la clôture de l'assem- 
blée de 1707, une grande tristesse lui était ré- 
servée; il trouvait la Provence en partie envahie 
par le duc de Savoie à la tète d'une armée; le 
maréchal de Tessé avait établi à Aix son quartier- 
général pour repousser cette invasion. 

La dernière heure de la longue vie de Daniel 
de Cosnac allait sonner; il termina à Aix, le 21 
janvier 1708, une existence laborieusement rem- 
plie; il comptait cinquante-trois années d'épis- 
copat, qui faisaient de lui le doyen des évèques 
de France (1). Il laissa par son testament des legs 
au séminaire et aux deux hôpitaux de la ville 
d'Aix. Dans le cours de son épiscopat, il s'était 
occupé de la solution d'une grave question que 
notre époque n'a pas résolue encore, mais à la- 
quelle il avait fait faire un grand pas dans son 
diocèse; nous voulons parler de l'extinction de la 
mendicité et des vagalionds, en réunissant dans 



(1) Voy. sur sa mort les articles de février 1708 de la Gazette et 
du Nouveau Mercure. 



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— 460 — 

des maisons créées à cet effet les mendiants inca- 
pables de travail, et en obligeant les vagabonds 
valides à rentrer dans leurs paroisses (1). 

Il avait arrêté la rédaction de ses Mémoires à 
l'année 1701, et publié en 1687, comme évèque 
de Valence et de Die, des Ordonnances sy- 
nodales (2). 

Les obsèques de l'archevêque d'Aix fiu'ent célé- 
brées avec une grande pompe. Un curieux docu- 
ment inédit que nous reproduisons, donne le récit 
de sa dernière maladie et des cérémonies de ses 
funérailles. Cette relation fait partie de la biblio- 
thèque MéjaneSj réunie aujourd'hui à la biblio- 
thèque de la ville d'Ais; elîe est insérée dans un 
volume coté lïxxhi, portant au dos : Règlement 
de Saint-Sauveur, église métropolitaine de la ville 
d'Aix. Son auteur est d'autant mieux informé qu'il 
remplissait les fonctions de maître de chœur et 
qu'il régla lui-même en cette qualité tout le céré- 
monial. Il est à regretter qu'il se soit presque 
exclusivement renfermé dans une froide consta- 
tation des faits, sans faire participer le lecteur aux 
impressions qu'ils ont pu produire, pas même à 
celle de l'oraison funèbre qui fut prononcée par 
le R. P. Saint-Just, ne s'émouvant que pour lui- 



(1) Voy. sa lettre datée d'Aiï, le 29 septembre 1708, au marquis 
de Crotssy, ministre -secrétaire d'Ëtat, que nous avons acquise dans 
une vente d'autographes et publiée dans notre premier Supplément 
à ses Mémoires, Bulletin de la Société de l'Histoire de France, 
année 1853. 

(2) Nous possédons un exemplaire de la quatrième édition de ces 
Ordonnances. 



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même, faisant ressortir toute la peine qu'il s'est 
donnée et paraissant trouver un peu maigres les 
honoraires qui lui furent alloués. Toutefois, les 
faits que renferment sa relation sont préférables 
au récit de ses impressions; parmi les faits nous 
trouvons des détails sur la maladie et sur la 
mort édifiante de l'archevêque, le cérémonial 
observé après la mort dans le palais de l'arche- 
vêché, l'ordonnance du cortège des obsèques qui 
parcourut toute la ville d'Aix, les places assignées 
à la maison de l'archevêque défunt, aux évêques, 
aux paroisses, aux corporations religieuses, au corps 
de ville, au parlement qui s'était rendu aux ob- 
sèques tandis qu'il s'était abstenu à celles du car- 
dinal de Grimaldi(l). L'archevêché d'Aix comptait 
cinq évèques sutTragants dont deux assistaient aux 
funérailles, l'évêque d'Apt, prélat officiant, et 
l'évêque de Riez (2). Un troisième évêque était 
présent, Gabriel de Cosnac, évêque de Die, neveu 
de l'archevêque défunt. 

Parmi les faits que contient cette Helation, 
il en est un particulièrement à noter, celui de la 
date de la mort de l'archevêque d'Aix, ses divers 
biographes et les auteurs de généalogie ayant varié 
sur le jour. La nomenclature des archevêques et 



(1) Jérânie de Grimaldi, archevêque d'Aix du 30 septembre 1648 
au 4 novembre t6Sâ. 

(2) Voici les noms des cinq évâques sufFragants vivants à cette 
époque : Joseph- Ignace do Foreata, évôquo d'Apt; Jacques Desma- 
rets, évêque do Riez; André-Hercule de Fleury, évêque de Fréjus; 
François-fierger de Halissol, évêque de Gap; Louis Thomassin, 
évêque de Sisteron, 

T. Vil. B-* 



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évêques de France, insérée dans l'Annuaire de la 
Société de l'Histoire de France, d'après le Gal- 
tia christiana, donne la date du 8 janvier; le 
Nobiliaire de Saint-Alais et la Nouvelle Bio- 
graphie générale, donnent la date du 18 janvier 
que nous avions également adoptée dans notre 
Introduction à ses Mémoires; désormais, sur un 
témoignage irrécusable, cette date reste fixée au 
21 janvier 1708. 



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CÉRÉMONIE DES OBSÈQUES 

MONSEIGNEUR DANIEL DE COSNAC 

ARCHEVÊQUE DAIX 0) 

MALADIE DE HONSBISNECR l'aUCHEVÊQUB 
1707. 

Mgr l'archevêque Daniel de Cosnac estant tombé malade 
au commencement du mois de décembre de l'année 1707, 
quelques jours après son mal empirant nous lui poi'tâme.8 
le Saint- Viatique ; tout le clergé y assista parce que c'es- 
toit au temps de la grande messe. Chacun avoit un flam- 
bleau allumé, nous en prîmes plusieurs à la sacristie; 
après, avant que de partir, on en apporta de chez Mgr 
l'archevêque. Le dais estoit porté par quatre prastrea, et 
M. l'abbé de Quillac, prévost et grand-vicaire, le luy 
porta, et le resceut avec grande édification ; les flambeaux 
fournis par le Sgr archevêque resteront la moitié à la 
confrérie de Corpus Domini; l'autre moitié 

Quelques jours ensuile, nous exposâmes le très Saint- 
Sacrement pour demander au Seigneur le recouvrement 
de sa santé, et cela pendant trois jours; on l'exposoit après 
quatre heures, ayant dit vespres, à l'ordinaire; et on don- 
noit la bénédiction un grand quart d'heure après, y chan- 
tant le tantum ergo. Le X et celuy des infirmes Satvum 



(I) Nous reproduisons littéralemont ce document avec son ortho- 
graphe du temps et son style médiocre et confus; son mérite con- 
siste daiis l'exposé des (aits dont son auteur se trouve avoir con- 
servé la mémoire. 



DigmzcdbyGoOgle 



— 464 — 

servum luum Danielem infirmum. R/ Deus meus sperantem 
in u, et les deux oraisons, et ces mêmes prières suÎToienl 
dans toutes les églises de trois en trois. 

Comme la maladie a duré presque deux mois, lorsqu'on 
avoit fini, nous recommeDcioas, et nous l'avons fait trois 
fois, et à la dernière qui fiit après la feste des Rois de 
l'année 1708. Comme il y avoit plus de dix jours qu'il 
pleuvoit continuellement et que le peuple ii'alloit pas à 
la campagne, nous l'exposâmes après le benedicamus Dewn, 
que nous disions à l'heure ordinaire, 

(Prières pour demander la sérénité 1708.) 

HORT DE UONSBIGNEUR L* ARCHEVÊQUE DANIEL DE COSNAC 

Monseigneur Daniel de Cosnac est mort le 21 dernier 
à dix heures et demy du soir de l'année 1708. Le di- 
manche 22 on a commencé de sonner toutes les cloches 
à volées, sur les six heures du matin, pendant uoe heure, 
faisant un intervalle entre deux d'un quart d'heure, au- 
quel temps on sonne même seul. On a fait la même chose 
à midy, à quatre heures, et le soir à huit. Ou a gardé 
cette règle tous les jours jusques au vendredy 27 du mois, 
auquel jour oo l'a ensevely; c'est-à-dire qu'on sonna qua- 
tre fois par jour, comme je viens de le marquer. D'alwrd 
qu'il fut jour le dimanche, on me fit appeler de la part 
de Mgr révéque{I), qui avoit été auparavant prévost de 
nostre église; lequel estoit venu avec Mgr l'archevêque, 
depuis son dernier voyage de Paris, pour me demander 
de quelle manière on devoit se comporter en de sem- 
blables occasions, et ce qu'on avoit fait à feu Mgr le 
cardinal de Crimaldi, auparavant nostre archevêque. Je 
répondis ce qui est marqué dans la suite, et ce que je 
fis faire d'aboi-d. 

Ou embauma en premier lieu le corps de feu Mgr l'ar- 



(I) Gabriel de Cosnac, ôvÉque de Die, neveu de l'archevêque 
dâlunt. 



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— 465 — 

chevesque Daniel de Cosnac. Dans ce temps-là je fis 
dresser dans la grande salle un théâtre et par dessus 
un lit de parade; à l'enlour, des bancs couverts de napes 
et des chandeliers pur dessus au nombre de 16 à 18 des 
plus gros de nostre église, des ciergee d'une livre qu'on 
changeoit tous les matins; ensuite on dressa deux aulels 
fort propres avec leurs gradins, croix, tableaux, quatre 
chandeliers à chacun avec leurs cierges d'une livre qu'on 
changeoit avec les autres, et bruloient tous les jours; les 
autels avoient des ornements noirs. Toute cette grande 
décoration esloit entourée de gros bancs de ceux qu'on 
est assis aux prédications, qu'on porte dans nostre église 
et qu'on couvrit de grands tapis de couleur. 

Tout cela estant ainsi disposé, le dimanche au soir 
on mît sur le lit de parade le corps de feu Mgr l'arche- 
vesque, habillé en soutane et camail violet, le rabat et 
le bonnet avec l'Ordre du Roy(l). On y mit le bénitier 
d'argent sur un banc et deux ecclésiastiques demeurèrent 
toujours, un diacre et sous-diacre, se relevant les uns après 
les autres deux à deux, tous les cierges qu'on changeoit 
ont esté à eux. Le lundy après la grande messe, le cha- 
pitre y fut en -corps faire l'absoute; ayant auparavant 
député quatre chanoines pour visiter le corps, et, à leur 
retour, procédé à l'élection des grands vicaires. On y 
chanta le De profundis en musique et acheva l'ybsoute à 
l'accoutumée; je ils ensuite avertir les six paroisses après 
murs du séminaire; lequel séminaire y fut d'abord; après 
le chapitre. Le môme jour, la paroisse Sainte-Magdeleine ; 
le mardy, celle du Saint-Esprit, autrement Saint- Jérôme ; 
celle du Faubourg. Ensuite je fis avertir tous les religieux 
dedans et dehors la ville, auxquels je marquai le jour et 
l'heure pour faire leur absoute. Les cinq compagnies des 
pénitents, la charité et le grand hôpital, auxquels je mar- 
quai aussi le jour et l'heure, afin d'éviter confusion; de 
manière que de celte- façon presque toutes les heures du 

(t) C'est-à-dire l'Ordre du Saint-Esprit. 



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— 466 — 

lundy, mardy, mercredy et jeudy il y eut toujours quelque 
communauté auprès du corps du Sgr archevêque, outre 
les deux ecclésiastiques qui y estoient jour et nuit. Pen- 
dant ces quatre jours, et quelques heures du vendredy, il 
y eut toujours des messes aux deux autels; beaucoup des 
R. R. P. P. Religieux y furent, mais je ne les avertis pas, 
pour y dire la Sainte-Messe. 

Le corps ayant demeuré le lundy et mardy exposé en 
camail, le mercredy, grand matin, je ûs habiller pontifl- 
c-ilement avec des ornements violets qu'on fit faire exprès; 
on y mit encore l'Ordre du Roy et le paltium; avec tous 
lesquels ornements on l'enterra, — Nota. Tout ce que j'ay 
fait jusques à cette heure, ou fait faire, ce n'est pas de ' 
l'employ du maître du choeur, mais je l'ay fait parce que 
Mgr de Die et M. le prévost de Quillac m'en ont prié; 
mais pour faire avertir toutes les paroisses, communautés, 
compagnies des pénitents et hôpitaux pour l'absoute, c'est 
de mon devoir et par conséquent de celuy qui sera maître 
du chœur après moy. 

DÉCORATION DE L'ÉGLISE POUR LES OBSÈQUES 

Depuis le lundy matin on commença à orner le chœur 
de tapis noirs, et par dessus les armoiries du Sgr arche- 
vesque, aux tribunes des orgues aussi, tout le presbitaîre 
jusques au bas avec rangs d'armoiries, au plus haut rang 
il y avoit un trelis noir tout autour. On dressa au milan 
du chœur une chapelle ardente à laquelle on montoit 
par le devant, et il y avoit une balustrade tout à l'entour 
de laditle ch;ipelle; il y avoit quantité de cierges par 
. dessus et au dcd;ins. Elle étoit ornée d'une pente de 
velours tout autour et une auli-e au grand dais du maître 
autel sur un trélis. Il y avoit aussi un Uipis noir au 
dessous de la grande porte de l'église et de celle du chœur 
avec trois armoiries à chacun. 

On couvrit tout le maître autel de noir avec les armoi- 
ries ou écusson du Sgr archevêque, et on y mit vingt- 
quatre chandeliers d'argent avec de grauds cierges et une 



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— 467 — 

armoirie à chacun. On dressa un thrône pour Mgr de 
Foresta, évâijue d'Api; on le couvrit d'un lapis noir, et 
le marchepied du maître-autel aussi; on mit le drap iioir 
au devant du tombeau du roi Charles; mais point de 
dais; on dressa pour la musique un autre théâtre, au 
devant de la porte de Notre-Dame d'Espérance, joignant 
celuy de Mgr l'évèque d'Api, mais de beaucoup plus bas. 
On mit sur le thrône du Sgr évesque un fauteuil et trois 
pliants pour l'assistant, le diacre et le sous diacre. 

Mgr l'évesque de Riez voulut assister à la cérémonie; 
on mit du costé de la crédence un prie-Dieu couvert 
d'un tapis violet avec deux carreaus et an fauteuil. 

ILUtCHB DE LA PROCESSION LUGUBRE 

La croix de Saint-Sauveur, avec la bannière noire, 
portée par un sous-diacre, habillé en aube et dalmatique 
noire; deux enfants habillés de même portant leurs chan- 
deliers et cierges allumés avec deux armoiries. On Ht le 
tour des processions, mais au rebours. On commença du ' 
costé de M, le Président de la Bastide, et on revint par 
la grande horloge. Ensuite suivirent M" les recteurs, les 
licenciés, avec leurs flambeaux à écussons fournis tous 
par Mgr l'évesque de Die. 
Messieurs 
Les recteurs du Refuge. 

du Bon Pasteur, 
des Prisonniers, 
de la Pureté, 
de la Propagande. 
La compagnie pour l'accord des procès. 
Nota. — Mais parmi eux il 7 eut des contentions, ce 
qui me donna bien de l'exercice et beaucoup de fatigue, 
et je m'en sentirai longtemps; joint à la peine que me 
donna toute la cérémonie à laquelle je fus pourtant aidé 
par M. Blanc, bénéficier, mon confrère et bon amy. 
Vint ensuite la compagnie des Pénitents gris avec cha- 



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— 468 — 

cun leurs ciei^es; celle des bleus, de même avec leurs 
cierges. 

Les trois autres compagnies : celles des Garnies, des 
Qoirs, et de l'Observance, auxquels on donna à chacun 
huit flambeaux de quatre livres pièce. 

Toutes les communautés des religieux, selon l'ordre des 
processions, auxquels on donna de grosses chandelles. 

Aux funérailles de feu Mgr le cardinal Grimaldy, à 
cette place marcha le collège et ses flambeaux, ainsi 
qu'il est marqué dans un rôlle que j'ay trouvé escrit 
par feu M. Broquier, maître du chœur alors; mais dans 
cette cérémonie n'y ont pas esté. 

Api-ès les flambeaux de Pierricard, ceux du Puy, ceux 
de Jonques. C'est ainsi que je l'ay trouvé marqué dans 
le même rolle, et M" de Jonques m'éstant venus voir pour 
me demander leur rang, je leur lis ledit rolle, mais 
M" du Puy m'ayant dit ensuite -qu'aux funérailles de 
feu Mgr le ciirdinal Grimaldy, la chose avoit esté décidée 
en leur faveur, et qu'ils estoienl les plus anciens, je leur 
répondis que M" dir Parlement qui dévoient assister à la 
cérémonie, le règleroîent. En effet, il fut 

(Ici un« lacune dans le manuscrit.) 

Ensuite les vingt-quatre pauvres de feu Mgr l'arche- 
vesque avec leurs flambeaux et armoiries; 

Les flambeaux de la ville et écussons; 

Ceux du pays, de mesme; 

Les trente-six du chapitre et armoiries; 

Les flambeaux du diocèse et écussons ; 

Ceux de la généralité de Provence, de même avec leurs 
écussons. 

Jusques icy j'ay suivy l'ordre qu'on garda aux funé- 
railles de feu Mgr le cardinal; mais comme M" du 
Parlement n'y assistèrent pas, et ont assisté à celles de 
feu Mgr de Gosnac, M. de Michaelis commissaire de la 
cour pour cette cérémonie, me dit très expressément, et 
M' l'abbé de Quillac me l'avoit dit aussi le soir aupa- 



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ravant, que la cour vouloit que ses flambeaux marchas- 
sent les derniers, et qu'au lieu que la famille de feu 
Mgr le cardinal au nombre de treate quatre, march&t, 
avec leurs flambeaux à écussou, après le chapitre immé- 
diatement, et avant ceux de la Miséricoi-de, au contraire 
il falloit faire mareher celle de Mgr de Cosnac (qui n'estoit 
pas si nombreuse de beaucoup) avant les flambeaux du ■ 
parlement, ce que je fis exécuter. 

Après marcha la nouvelle paroisse du Faubourg servie 
par les R. R. P. P. de la doctrine chrétienne avec leur 
croix ; 

Celle du Saint-Esprit ou Saînt-Jérôme ; 

Celle de Sainte-Magdeleine, toutes aussi avec leur croix, 
et MM. les vicaires avec l'étole; 

On donna à tous un cierge; 

Ensuite la niasse du chapitre ; 

La communauté du Séminaire qui estoit fort nombreuse; 

On donna un cierge à chacun ; 

Les enfants du chœur; MM. les prestres de chapelle, 
bénéficiers et chanoines; 

Les seize flambeaux de la Miséricorde portés par MM. les 
recteurs ; 

La croix de feu Mgr l'archevesque; 

Ses deux aumdniers en surplis; 

Son valet de chambre en manteau long portoit le cha- 
peau veit de feu Mgr l'archevesque. 

Il falloit encore un autre domestique en mesme ha- 
billage portant un carreau de velours, et par dessus 
l'Ordre du Roy. On y manqua, et on a regretté de ne 
l'avoir fait. 

Suivoit le corps (porté par huit prestres habillés en 
aubes et étoles noires se soulageant par intervalle). Dans 
la bière, fournie par les pénitents de l'Observance, et cela 
par délibération du chapitre faite à l'occasion des funé- 
railles de feu Mgr le cardinal Grimaldy, ornée ladite 
bière d'un ornement violet fourni par les héritiers de 



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— 470 — 

feu Mgr de GosDac. Il y avoit tout au devant quatre péni- 
tents de la même compagnie de TObserrance pour sou- 
lager les huit prestreB, en cas de besoin; il y avoil 
guatre commissaires du parlement, deux en devant et 
deux par derrière de ladite bière. 

Devoit suivre les deux aumôniers de Mgr l'évesque 
d'Apt, car c'est là leur place, ainsi qu'ils estoient placés 
aux funérailles de feu Mgr de Grimaldi; mais MM. les 
commissaires du Parlement ne les voulurent pas à cette 
place. Je les fis mettre au devant de la c-roix de Mgr l'ar- 
chevesque défunt; suivit ensuite le diacre et sous-diacre, 
l'assistant et Mgr l'évesque d'Apt, sans sandales, gants et 
bàtoQ pastoral, ayant une mitre de toile d'argent, et son 
valet de chambre luy relevant la chape. 

Suivent ensuite MM. du Parlement et MM. les procu- 
reurs du .pays à leur guise. Je fis partir la procession 
lugubre longtemps avant que MM. du parlement fussent 
venus à l'archevêché, afin de faire diligence, et je n'avertis 
MM. du chapitre pour venir faire la levée du corps que 
lorsque tous les religieux eurent passé. Devant que le 
clergé fut arrivé on fit l'absoute à l'accoutumée; étant 
achevée, les choristes en chapes et bourdon entonnèrent 
le psaume Miserere, lequel on continua tout le long de la 
marche, la musique répétant toujours le V/ Miserere; j'avois 
donné ordre de faire l'absoute devant le palais et à l'hôtel- 
de-ville, mais on ne la fit qu'au dernier, MM. les com- 
missaires m'ayant dit que le parlement depuis longtemps 
avoit réglé qu'on ne faisoit l'absoute devant le palais 
que pour MM. les présidents et pour le doyen. J'ay pour- 
tant trouvé qu'on la fit pour feu Mgr de Grimaldy et 
qu'on chanta le De profundU en musique, et à l'hôtel-de- 
ville; mais MM. du parlement n'y assistëreût pas comme 
j'ay déjà marqué; je me suis informé de la raison pour- 
quoy, on m'a dit que c'estoit parce qu'il n'avoit pas esté 
receu conseiller. 

Quand on fut arrivé dans l'église, non sans peine, à 
cause de la grande foule, on entra dans la cour avec 



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— 471 — 

encore plus de peine, quoyqu'il y eût depuis le matin 
des archers aux portes; on posa le corps dans la chapelle 
ardente, et on fit l'absoute à l'accoutumée. 

Estant finie, Mgr d'Apt et tous les officiers qui dévoient 
l'assister à la grande messe, allèrent sur le thrône, où, 
ayant quitté la chape noire, on luy donna à laver les 
mains, prit les tunicelles blanches, le manipule; le diacre 
et sous diacre les leurs, et nous descendîmes au dernier 
■degré de l'autel pour commencer la messe à l'ordinaire. 

Quand il monta à l'autel il le baisa et son livre, et 
sans faire aucun encensement, l'assistant luy mit la mitre 
et monta sur le thrône, où l'assistant luy osta la mttre, 
et dit Vlntrolt, estant debout, assisté de ses aumôniers; 
lorsqu'il dit l'oraison tous sont à genoux, excepté le 
diacre, sous-diacre et l'assistant; quand il est à la an, 
le sous-diacre quitte sa place, fait l'inclination à l'êvê- 
que, passant du milieu du maître-autel, fait génuflexion 
au Saint-Sacrement et va. commencer l'épitre; l'oraison 
finie, l'évêque s'assit, l'assistant luy donne la mitre et 
Ut tout bas l'épitre, le graduel, la prose et l'évangile; 
quand le sous-diacre a achevé l'épitre, monte sur le 
thrône, et sans aller baiser la main de l'évêque, il donne 
le livre au diacre, en faisant une inclination mutuelle, 
le diacre va le mettre sur l'autel, et se mettant à genoux, 
dit : Munda cor meun, etc., et lorsque le chœur a achevé 
la prose, il commence l'évangile à l'ordinaire ; on ne doit 
pas porter de lumière, ny d'encensoir, alors l'évêque se 
lève, et on luy oste la mître. L'évangile estant achevé, 
on ne porta pas le livre pour le faire baiser à l'évesque, 
mais il' dit Dominvs vobiscum, et lit l'offertoire. Il s'assit, 
on luy donna la mitre, lave ses mains et tous vout à 
l'autel où estant arrivés au bas du second degré, l'assis- 
tant luy oste la mître, et continue la messe; après qu'il 
a encensé l'autel, l'assistant luy met la mître et est 
encensé luy-mesme de trois coups par le diacre (on a 
coutume dans Saint-Sauveur d'en donner cinq à Mgr 
l'archevesque). L'assistant luy rate la mitre, et l'arche- 



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— 472 — 

vesque découvert va faire l'offrande que le sous-diacre 
resçoit dans un petit bassin; il remonte à l'autel, on luy 
donne la mître et d'abord à laver les mains; on la luy 
OBte, et continue la messe; il faut donner de TeneenB à 
l'élévation du Très-Saint-Sacrement; il n'y a. point de 
paix à donner. La messe achevée, tous vont au throne, où 
l'évesque quitte la chapelle, la dalmatique et la tunicelle, 
le manipule; le diacre et sous-diacre aussi quittent seu- 
lement leur manipule et on donne à Mgr l'évesque le 
pluvial. 

Le R. P. Saint-Just de suite, qui St l'oraison funèbre, 
passa du costé de la sacristie n'ayant pu aborder les 
portes du chœur; estant arrivé à l'autel, il fit génuflexion 
au Saint-Sacrement, et sans demander la bénédiction, car 
il n'en faut point donner, il monta par une échelle du 
costé du chœur, dans la grande chaire. Mgr l'évesque 
d'Apt, MM. l'archidiacre assistant, Lauthier, diacre, et 
Castellane, sous-diacre, se placèrent au mitaii du chœur, 
et s'assirent sur le^ mesmes chaises qui estoient sur le 
throne, et que je fis apporter. 

Pour faire en sorte que la cérémonie fut plus tôt ache- 
vée, sur la fin de la messe, laquelle fut achevée après 
uue heure, je priai MM. les quatre chanoines destinés de 
la part du chapitre pour faire les absoutes, de venir 
prendre leurs étoles et chape que j'eus soin de faire ap- 
porter, et tous ensemble, descendirent au chœur, ceux-ci 
ae placèrent sur le théâtre de la chapelle ardente, chacun 
à leur place Junior sedet ad sedam dextrum ad humerum 
sinistrum ad pedem sinistrum gui erit senior ad humxrum 
dextrum (pont. Rom.); scavoir : le plus jeune au coin de 
M. le capiscol, le second à celuy de M, l'archidiacre, le 
troisième à celuy de M, le prévost, le quatrième qui est 
le plus anscien à celuy de M, le sacristain, tous assis sur 
un [escabau. 

L'oraison funèbre estant achevée. Mgr l'évesque de Riez 
{lequel après la messe estoit descendu au chœur, et s'esloit 



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— 473 - 

placé derrière la chapelle ardente pour entendre l'oraison 
assis sur le mesme fauteuil qu'il avoit durant la raesae), 
se relira; et on commença la première absoute, ainsi qu'il 
est marqué dans le pontifical ; mais auparavant Mgr l'é- 
vesque d'Apt dit l'oraison : ffon intres in judicium etc., et 
après les choristes entonnèrent la première ahsoute, Sub- 
venite Sancti Dei^ etc., en même temps, celuy qui portoit 
le bénitier avec l'eau bénite, et le thuriféraire ayant 
l'encensoir, s'approchèrent vers le plus ancien chanoine 
qui estoit du costê de M. le sacristain, lequel estant debout 
mil de l'encens dans l'encensoir, rccevoit des mains du 
diacre la navette. Il faut remarquer que le diacre qui 
estoit placé au costé droit de l'évesque sur le devant de 
la chapelle ardente à la teste de l'évesque, est avec l'assis- 
tant et le sous-diacre; qu'il quitte sa place pour se joindre 
au plus ancien chanoine qui estoit placé au coin qui re- 
gardoit la place de M, le sacristain, pour le servir à 
l'accoutumée durant qu'il faisoit son absoute, luy ayant 
présenté la navette pour mettre de l'encens dans l'en- 
censoir, luy relevant la chape dans le temps qu'il asperge 
le corps du défunt, et faisant génuflexion à la crois quand 
il y passe, et l'officiant inclination, et tous deux faisant 
inclination en passant devant l'évesque officiant et ceux 
qui sont aux trois coins destinés pour faire les absoutes; 
la luy refait aussi quand il encense. La première absoute 
étant Unie, tous s'assient et se couvrent; et le diacre prend 
la première place à la droite de l'évêque officiant, le sous- 
diacre ne quitte pas sa place; on commence la deuxième 
absoute. 

Deuxième absoute. — Qui Lazarum, etc. Alors les aco- 
lyles s'approchent du chanoine qui estoit du costé de 
M. le prévost qui est le second ancien chanoine; le diacre 
l'assista comme à la première absoute. 

TnoisiÈuE ABSOUTE. — Domine quando vénères, etc. C'est 
le troisième ancien chanoine qui fait cette absoute et qui 



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est placé au coia du costé de M. l'archidiacre; il est assisté 
des mesmes oMciers, comme aux précédentes, etc. 

QuATitiÈUE ABSOUTB. — Ne rscortiaris, etc. C'est le plus 
jeune chauoine qui doit faire cette absoute, qui est placé 
au coin du costé de M, le capiscol, et il est assisté tout 
de même qu'aux autres. 

Cinquième absoctb. — C'est l'évesque qui fait la cin- 
quième et dernière absoute, qui est le grand Libéra me 
Domine, etc., et on garde les mesmes cérémonies qu'aux 
précédentes. 

Quand elle est achevée, les choristes entonnent le R/ In 
Paradinim, etc.; le cantique Benedictus; l'oraison; les cho- 
ristes le V/ Bequiescal in paee, Amen, et on repose le corps 
du défunt archevesque dans la chapelle de Saint-Jean, ou 
de Sainte-Mitre qu'on ferme à clef, et on l'ensevelit le soir 
pour éviter la foule. 

On donna (l)pour l'absoute uonante livres pour la mu- 
sique, soixante pour les sonneurs des cloches; la sacristie 
prenant sa portion deux cent cinquante livres. Ou a em- 
ployé les sonneurs des grandes fêtes, qu'on nomme cam- 
paniers de ville, lesquels ont sonné quatre fois par jour 
depuis le matin du dimanche jusques au vendredy, le 
matin, jusqu'après la cérémonie; on sonna encore le soir, 
et le matin du samedy pour le service auquel Mgr l'évesque 
de Die assista accompagné de MM. le prévost de Quillac, 
et l'abbé de Fargues, chanoine, ses cousins, avec les ofQ- 



(1) Ce compte est exposé d'une manière aingutiËremenl confuse; 
maîa on le comprend en y rëdéchisasint et en calculcuit la valeur du 
louis à 13 livres 5 sols, d'après l'auteur. Celui-ci, en aa qualité do 
maître do chœur de l'église métropolitaine de Saint- Sauveur, reçut 
pour ses honoraires ; 1' 20 livres; 2* I louis 1/2, c'est-à-dire 19 livres 
et IS sols; 2 louis de l'offrande, c'est-à-dire 26 livres 10 sols. En 
totalité il reçut 66 livres S sols. La même somme d'argent valant 
environ cinq fois plus aujourd'hui, ses honoraires montent approxi- 
mativement à la somme de 332 francs. 



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^ 475 — 

ciers de feu Mgr l'archevesque et tous ses domestiques. 
Ou donna demi louis à chacuu des deux diacres, et deus 
sous-diacres qui avoîeat veillé le corps de Mgr l'arche- 
vesque, outre les restes de cierges qu'on ostoit tous les 
jours, ainsi que j'ay dit. Quant à moy, on me donna vingt 
livres pour mes peines, outre un louis et demy, Caisant 
en tout vingt livres moins deux sols et demy; que deui de 
l'oO^ande. On donna enfin à l'enterre-mort deui louis et 
demy, valant chacun treize livres cinq sola. 



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DE LA CLASSIFICATION 



MONNAIES GAULOISES 



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DE LA CLASSIFICATION 



MONNAIES GAULOISES 



(LECTURE FAITE k U SORBOHNE LE 8 AVRIL 1885) 



mALGRÉ les progrès récents qu'elle doit à quel- 
qaes savants, l'étude des monnaies gauloises 
est assurément celle qui présente encore le plus 
de problèmes à résoudi'e; certaines classifications 
proposées par les maîtres les plus autorisés ne 
sont point admises par tous, et dans nombre de 
cas les provenances, qui sont le point capital dans 
toute attribution, ne paraissent point avoir été 
établies avec toutes les garanties désirables. Tou- 
tefois les grandes lignes ont été largement tracées; 
quantité de dépôts monétaires, étudiés avec mé- 
thode, ont procuré d'utiles renseignements, tandis 
qu'une critique éclairée faisait justice d'hypothèses 
trop légèrement mises en avant. 

Cependant en présence de la répartition, sou- 
vent arbitraire, qu'on a cru pouvoir faire des 
monnaies entre presque tous les peuples de la 
Gaule, il convient, je crois, d'examiner s'il est 
réellement possible d'admettre certaines classifica- 
tions proposées par des numismatistes dont les 
noms font autorité, et par exemple d'accepter que 



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chaque cité ait eu un monnayage caractérisé par 
un faire spécial, permettant d'attribuer avec cer- 
titude ses produits aux différents peuples sur le 
territoire desquels on les rencontre plus particu- 
lièrement. 

Que les découvertes habituelles, dans une même 
région, de monnaies à un type bien déterminé 
aient entraîné leur attribution au peuple qui y 
dominait, rien assurément au premier abord ne 
parait plus logique, en l'absence de toute légende 
mentionnant une nationalité; mais comme ces 
monnaies se retrouvent toujours dans une étendue 
de territoire qui ne saurait être circonscrite à une 
seule cité, il devient souvent difficile de déterminer 
à quel peuple il convient de les attribuer. L'in- 
certitude grandit encore quand les découvertes 
faites sur le sol de deux cités voisines procurent 
des espèces présentant entre elles une grande con- 
formité de type. 

A cette époque en Gaule, comme dans tous les 
temps et chez tous les peuples, l'apparition d'un 
type nouveau a fait surgir dans les pays limi- 
trophes des imitations directes qui peuvent être 
confondues avec les prototypes. De cité à cité voi- 
sine, en raison de la loi d'imitation à laquelle 
aucun art ne peut se soustraire, les espèces sou- 
mises à ce courant prennent un air de famille, 
un caractère nettement déterminé qui, s'il en 
impose l'attribution aux différentes régions de la 
Gaule, augmente en même temps l'incertitude 
où l'on se trouve, quand il s'agit de les sous- 
répartir entre les nations qui peuvent y prétendre. 



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En présence des difficultés sans nombre qu'offre 
l'étude des monnaies gauloises, il serait plus pru- 
dent, croyons-nous, de ne point tenter de les 
attribuer à tel ou tel peuple, mais de les grouper 
par grandes régions, en s'appuyant sur le fait de 
provenances multiples et bien constatées, et sur 
la conformité des types. C'est seulement après 
avoir établi les grandes divisions, que comporte 
l'ensemble du monnayage gaulois, qu'il deviendra 
possible d'entreprendre sérieusement l'étude de 
chaque groupe, et d'aborder leur répartition entre 
les diverses cités de la région, en tenant compte 
des relations politiques, géographiques ou com- 
merciales qui existaient entre ces cités. 

Déjà une première tentative dans ce sens a été 
faite lors de l'exposition de i878. En soumettant 
au public sa riche collection de monnaies gau- 
loises, M. Ch. Robert avait adopté, pour le clas- 
sement des séries, la division en six grandes 
régions : la Massaliétide, petite province que 
sdn système monétaire et ses types grecs classent 
forcément en dehors du monnayage gaulois pro- 
prement dit ; la Région méridionale, comprenant 
l'ancienne Aquitaine et la Province romaine jus- 
qu'à Lyon inclusivement; le Centre, c'est-à-dire 
la Celtique de César moins les provinces mari- 
times situées entre la Loire et la Seine; VOue»t 
de la Celtique, renfermant l'Armorique et les 
cités maritimes voisines; le Nord de la Gaule 
occupé par les Belges; enfin les Régions trans- 
rhénanes et danubiennes situées en dehors de 
la Gaule antique. 



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Si ces grandes divisions, tracées à un point de 
vue purement géographique, sont conformes à 
l'état de la Gaule au monaent de la conquête, 
facilitent-elles le classement des monnaies? les 
espèces de la Région méridionale présentent- 
elles des caractères généraux qui permettent d'y 
retrouver une origine commune? Celles du Centre 
appartiennent-elles à une même famille? et ne 
serait-il pas possible, tout en tenant compte da 
grand partage territorial indiqué par César, d'adop- 
ter, pour l'étude des monnaies, un certain nom- 
bre de subdivisions correspondant aux bassins des 
grands fleuves, routes naturelles par lesquelles, 
comme une marchandise, le numéraire des peu- 
ples les plus avancés en civilisation s'introduisit 
peu k peu chez leurs voisins? 

Sur divers points du littoral de la Méditerranée, 
et longtemps avant l'époque de la conquête, exis- 
taient plusieurs centres commerciaux très impor- 
tants dont les types monétaires, empruntés à la 
Grèce, devaient eux-mêmes devenir plus tard les 
prototypes du monnayage gaulois dans la région 
du Sud. C'est en effet par les gi'ands marchés 
d'Emporium, de Rhoda, de Narbonne, de Béziers 
et de Marseille que le signe d'échange, destiné 
à faciliter les transactions, se répandit dans toute 
la région avoisinant la Mer Intérieure, et pénétra 
chez les peuples avec lesquels, établies d'abord par 
voie d'échange, les relations devenues plus consi- 
dérables avaient imposé l'usage du numéraire. 

Les grands fleuves étaient alors les seules voies 



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— 483 — 

par lesquelles le commerce pouvait se répandre 
dans l'intérieur des terres, et ce fut par leurs 
affluents qu'il devint possible de remonter jus- 
qu'aux contre-forts des grands bassins de la Ga- 
ronne, du Rhône, de la Loire, de la Seine et 
du Rhin, de les francbir sur les points les plus 
accessibles aux animaux de charge, et de passer 
d'un bassin dans un autre. C'est ainsi qu'en uti- 
lisant le cours des fleuves, le commerce faisait 
parvenir ses produits et ses marchandises sur les 
marchés des cités de la Gaule. 

Permettez-moi, Messieurs, de développer ma 
pensée sans entrer dans trop de détails. 

Prenons d'abord le Rhône, cette grande artère 
qui ouvrait au monde antique les terres si long- 
temps inconnues du centre et du nord de la 
. Gaule. Après avoir remonté le cours de ce fleuve, 
dont la navigation était pénible et parfois péril- 
leuse, les marchandises, engagées dans les affluents 
de la rive droite, atteignaient les Cévennes, les 
franchissaient à l'aide de botes de somme, et 
gagnaient par le pays des Helvlens le bassin de 
l'Allier, ou la Haute-Loire en traversant le terri- 
toire des Ségusiaves. 

En remontant le cours paisible de la Saône 
les produits destinés au commerce pouvaient être 
dirigés, par un portage de terre, soit sur les 
affluents de la Seine, et arriver dans les ports 
de la Manche, soit par le Doubs sur le Haut- 
Rhin,' qu'il était facile de gagner par la trouée 
de Belfort. Ainsi, du port de Marseille, tous les 
produits apportés par le commerce étranger pou- 



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yaient être transportés dans tout le nord de la 
Gaule, et c'est assurément par la Seine et la Loire 
que l'étain dé la Grande-Bretagne, si recherché 
par les Phéniciens, devait arriver à Marseille- 

Quant an bassin de la Garonrie, il était ouvert 
au commerce de !a Mer Intérieure par l'Hérault 
et l'Aude; puis par les affluents du grand fleuve 
aquitanique on pénétrait facilement, d'un côté, 
dans les régions voisines des Pyrénées, de l'autre, 
dans les cités du sud-ouest de la Geltâque. C'est 
dans cette partie de la Gaule, l'antique Aquitaine, 
que nous chercherons une démonstration du sys- 
tème des subdivisions que nous proposons, pour 
faciliter l'étude et le classement des monnaies 
gauloises. 

Convaincu que, dans l'état actuel de la science, 
l'étude des monnaies gauloises d'une région ne 
saurait être entreprise sérieusement, si l'on ne 
s'appuie sur la constatation bien établie des pro- 
venances, je me suis tout d'abord attaché à rele- 
ver, sur une carte du sud-ouest de la Gaule, les 
indications signalées par les numismatistes sé- 
rieux, et n'ai accordé aucune valeur aux prétendus 
renseignements communiqués par certains mar- 
chands, trop souvent disposés à n'apprendre à 
leurs clients, ni les circonstances, ni le lieu exact 
des découvertes. Puisant aux sources officielles, 
m'adressant aux archéologues qui ont eu la bonne 
fortune d'assister à des trouvailles, mettant 5 pro- 
fit les notes consignées dans les travaux, publiés 
ou manuacrits, de MM. de Saulcy, Gh. Robert, 



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A. de Barthélémy, je crois avoir fait une en- 
quête sérieuse sur les découvertes qui ont eu lieu 
dans le sud-ouest de la Qaule. Si donc, malgré 
mes efforts, quelques trouTailles ne m'ont pas été 
signalées, il y a tout lieu d'espérer que leur 
composition ne saurait modifier sensiblement les 
résultats que je crois avoir obtenus. 

En dressant ma carte, j'avais d'abord en vue 
de déterminer l'étendue du territoire sur lequel 
avaient eu cours les monnaies dites à la croix, 
si bien étudiées par M. Gh. Robert; je voulais 
aussi recbepeher, par l'examen des différents types 
qu'offre ce vaste monnayage, quelles étaient les 
régions où quelques-uns d'entre eux se canton- 
naient plus habituellement; je pressentais en effet 
la possibilité d'attribuer, aux divers peuples de 
cette grande région, certains groupes de monnaies 
caractérisées soit par leur modo de fabrication, 
soit par la présence de symboles, particuliers. Ce 
but est-il complètement atteint? Je n'ose le pré- 
tendre, mais déjà je puis affirmer en toute con- 
fiance que, s'ils adoptent ma méthode et pour- 
suivent mon enquête, les numismatistes du Sud- 
Ouest arriveront dans peu de temps, je l'espère, 
à formuler sur cette question, encore si obscure 
des monnaies dites à la croix, des propositions 
de classement appuyées de preuves indiscutables. 

Déjà, par l'inspection des indications de trou- 
vailles portées sur ma carte, on peut, dés à pré- 
sent, se rendre compte de l'influence exercée par 
le système et le type des Tectosages sur les espèces 
des provinces limitrophes. Concentré à son appa- 



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rition dans le bassin de la Garonne, ce monnayage 
ne tarda pas à se répandre sur tout le territoire 
occupé par des races d'origine volke; la croix du 
revers, type qui le caractérise, fut, il est vrai, 
adoptée par les cités voisines sans avoir subi de 
modification dans sa représentation, mais les sym- 
boles ou accessoires qui la cantonnent ont varié 
d'un pays à un autre, de peuple à peuple, four- 
nissant ainsi, pour la classification par l'indication 
de provenances, un renseignement précieux qui 
seul, à défaut d'autre guide, peut permettre de 
■ répartir ces monnaies sans légendes entre les dif- 
férentes nations qui les ont émises. 

De l'ensemble des observations qui m'ont été 
suggérées par l'étude des monnaies dites à la 
croix, il se dégage plusieurs remarques qui peu- 
vent être ainsi formulées : 

Le rayonnement d'un type monétaire est pres- 
que toujours proportionnel à l'importance du cen- 
tre commercial où il a pris naissance. 

Les imitations faites à ce type sont, au point 
de vue de leur transformation, en raison directe 
de leur éloignement du lieu d'origine, c'est-à-dire 
que plus on s'écartera du centre du monnayage 
tectosage, plus la transformation du type sera 
grande sur les espèces copiées des deniers dits 
à la croix. 

Le groupement indiqué par la carte des décou- 
vertes de monnaies, présentant un type nettement 
caractérisé, doit concorder avec la circonscription 
des cités soumises à l'influence, commerciale ou 



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politique, d'un peuple ayant exercé pendant une 
certaine période la suprématie sur ses voisins. 

Enfin, dans quelques cas, la ligne extrême in- 
diquée par les trouvailles coïncide avec la limite 
frontière entre deux races d'origine différente. 

Le peuple commerçant qui, le premier, aborda 
sur le littoral extrême de la Mer Intérieure, ne 
put qu'échanger ses produits avec ceux des nations 
sur le ten'itoire desquels il élevait ses comptoirs; 
tout numéraire lui était inconnu. Mais quand la' 
marine des Hellènes commença à sillonner les 
mers, lorsque l'influence grecque eut ruiné sur 
les côtes ibériques et ligures l'importance des éta- 
blissements phéniciens, l'usage de la monnaie, qui 
venait d'être inventée, rayonna dans toutes les 
parties du monde hellénique, et, dés le milieu 
du vi' siècle, chaque colonie grecque eut des es- 
pèces particulières frappées au type de celles de 
la mère-patrie. Les monnaies de Khoda, puis les 
imitations qui en furent faites, avaient cours sur 
le littoral du golfe de Narbonne; sur la côte ligure, 
c'était le numéraire de Marseille qui y était le plus 
accrédité. Aussi, dès que les Volkes Tectosages, 
entrés en relations avec leurs voisins, eurent re- 
connu le besoin d'avoir un monnayage qui leur 
appartint en propre, ce fut le type le plus répandu 
dans la région, celui des imitations de Khoda qui 
leur parut le plus convenable à imiter. 

Sans doute il y a loin des belles espèces grecques 
au revers de la rose, à celles dites à la croix qui 
caractérisent la monnaie tectosage; mais il ne faut 



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pas oublier qu'après la ruine de cette colonie si 
importante, xta. plutôt après son absorption par 
celle d'Eraporium, la drachme de Rhoda, acceptée 
avec faveur sur les côtes de la Mer Intérieure, de- 
vint l'objet d'imitations prolongées. Les nombreuses 
altérations qui nous sont parvenues établissent 
d'une façon irréfutable qu'inunobïlisé au nord des 
Pyrénées, le type de la rose renversée s'était insen- 
siblement transformé, au point d'offrir l'image 
d'une croix cantonnée de signes sans noms, ves- 
tiges des pétales; cette modification du beau type 
grec ne saurait surprendre quand on est familiarisé 
avec la numismatique ancienne. 

Ce fut donc au type altéré du numéraire de 
deui grands centres commerciaus, Rhoda et Em- 
porium, dont les monnaies étaient le plus répan- 
dues sur la côte voisine de leur territoire, que les 
Tectosages empruntèrent le type de leurs espèces. 

A l'époque de son apparition, le monnayage des 
Volkes parait avoir été concentré vers le confluent 
de l'Ariège et de la Garonne, dans la région ha- 
bitée par les Tolosates, aux environs de Vieille- 
Toulouse, leur capitale, mais cette localisation du 
type dit à la croix n'a pu être de longue durée. 
A mesure que ce monnayage gagne la partie infé- 
rieure du bassin du grand fleuve aquitanique, ses 
produits subissent de sensibles modifications; en 
pénétrant dans les cités voisines le type originel 
va sans cesse en se déformant, et il atteint les 
limites extrêmes du territoire des Pétrocores, des 
Cadurquea et des Ruthènes , en maintenant tou- 
jours au revers la croix cantonnée, caractère indé- 



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niable de son lieu d'origine. Débarrassés de tout 
ce qui pouvait rappeler le souvenir des pétales 
de la rose, les cantons reçoivent des accessoires 
nouveaux, aux formes les plus bizarres, dont le 
plus grand nombre paraît devoir son origine à 
la fantaisie des graveurs. Ceux-ci, entraînés par 
lem* imagination créatrice, auraient reproduit, en 
les agençant sous une forme capricieuse, soit les 
symboles qu'ils avaient sous les yeux et que leur 
montraient les espèces en circulation, soit le sou- 
venir de marques monétaires empreintes sur les 
monnaies étrangères. 

Essentiellement régional, le type des monnaies 
dites à la croix se retrouve dans toute la par- 
tie de l'ancienne Aquitaine arrosée par la Garonne 
et ses affluents; les transformations qu'il a subies, 
en raison de son rayonnement et de la durée des 
émissions qui en ont été faites , permettent de 
diviser les produits de ce monnayage en plusieurs 
groupes, présentantentre eux des diETérences bien 
marquées dans les accessoires des cantons, dans 
leur mode de fabrication, et enfin dans leur sys- 
tème pondéral. Aussi, ne pouvant donner à un 
seul peuple, quelle qu'ait été sa prépondérance sur 
tous les autres, toutes les monnaies au type de 
la croix, s'il faut accorder aux Tolosates plusieurs 
de ces groupes, il convient de rechercher non- 
seulement la part à. faire aux Lactorates, aux Ni- 
tiobriges, aux Vasates, mais encore de déterminer 
à quel peuple on doit attribuer les monnaies au 
flabellum, aux symboles ornés, qui paraissent ap- 
partenir à une période particulière du monnayage 



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— 490 — 

des Tectosages. Quant aux espèces rencontrées dans 
les vallées arrosées par l'Isle, la Dordogne, la Ve- 
zère, le Lot, l'Aveyron et le Tarn, elles se divisent 
en trois groupes nettement caractérisés qui peuvent 
être répartis entre les Petrocores, les Cadurques et 
les Rhuténes, sur les territoires desquels les es- 
pèces appartenant à chacun de ces groupes se re- 
trouvent plus habituellement. 

L'examen de la carte dii sud-ouest de la Gaule, 
dressée à un point de vue purement numisma- 
tique, nous montre l'étendue du rayonnement 
qu'avait atteint le type des monnaies dites à la 
croix; le groupement des trouvailles nous ren- 
seigne sur la partie du bassin où les découvertes 
ont été le plus fréquentes, et nous fait voir qu'au 
Sud, en dehors de l'arc de cercle qui de l'em- 
bouchure de la Gironde atteint le rivage de la 
Méditerranée, au-dessus de Narbonne, il n'a pas 
été rencontré de produits du monnayage volke. 
Si donc, au-delà des contre-foris qui séparent le 
bassin de la Garonne de celui de l'Adour, depuis 
Ârcachon jusqu'aux environs de Saint-Bertrand de 
Comminges, il n'a été fait aucune trouvaille de 
monnaies dites à la croix, si dans la région 
avoisinant le versant nord des Pyrénées, chez les 
Gonvenae, les Gensorani et les Sardonea il n'a pas 
été rencontré d'espèces qui, par leur type, puissent 
être rattachées à ce monnayage, on est amené à 
en conclure que l'influence des Tectosages était 
nulle dans l'Aquitaine proprement dite, et qu'elle 
n'avait pu se maintenir sur la région pyrénéenne 



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- 491 - 

comprise entre les sources de la Garonne et la 
Mer Intérieure. Que croire alors de la déclaration 
de Ptolémée, attribuant aux Volkes la possession 
de Ruscino et d'illibéris, ainsi que du témoignage 
de Strabon, déclarant que le territoire occupé par 
les Volkes tectosages atteignait les promontoires 
des Pyrénées « où, dit-il, on les rencontre mêlés 
à des populations de nationalité différente? » 

11 se peut, en effet, qu'au moment de leur 
arrivée dans le bassin de la Garonne, les Volkes 
aient cherché à étendre leur domination sur les 
pays situés plus au Sud, et tenté de repousser 
au-delà des Pyrénées les nations qu'ils avaient 
dépossédées de leurs territoires; mais lorsque, de- 
venus libres possesseurs du riche pays qu'ils ve- 
naient de conquérir par la force des armes, les 
envahisseurs se livrèrent aux travaux agricoles, il 
est assez probable qu'alors les tribus ibères, réfu- 
giées momentanément sur le versant des Pyrénées, 
rentrèrent peu à peu en possession des régions 
arrosées par les sources de la Garonne, de l'Ariège, 
de l'Aude et du Tet, et qu'elles surent y acquérir 
sinon une indépendance complète, du moins la 
garantie de leur nationalité et de leurs usages. 

Ce qui avait pu avoir lieu à l'époque de l'in- 
vasion des Volkes, nation essentiellement guer- 
rière, avait dû se modifier après leur établissement 
dans les plaines fertiles de la Garonne; la force 
militaire et l'esprit de conquête s'étaient insensi- 
blement affaiblis chez les envahisseurs, qui ne 
purent sérieusement s'emparer de toute la région 
du littoral, habitée par des peuples d'origines di- 



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— 492 — 

verses devenus, il est vrai, leurs clients, et dont 
l'autonomie parait s'être naaintenue jusqu'à l'épo- 
que de la conquête romaine. Il est donc permis 
de croire que, en dehors de la ligne indiquée par 
les trouvailles, la domination des Volkes sur les 
nations du versant nord des Pyrénées n'avait pas 
été durable, et que l'influence qu'ils avaient pu 
y exercer dans les premiers temps avait fini par 
disparaître. 

11 nous reste enfin à démontrer que la limite 
extrême des découvertes de monnaies dites à la 
croix coïncide avec la ligne, frontière des pays 
habités par une race d'origine différente. 

Selon le rapport de Strabon, « les populations 
de l'Aquitaine formaient non-seulement par leur 
idiome, mais encore par leurs traits physiques, 
beaucoup plus rapprochés du type ibère que du 
type galate, un groupe complètement à part des 
autres peuples de la Gaule ; » leur descendance est 
encore parfaitement reconnaissable dans la région 
transgaronnienne. Cantonnées sur le versant nord 
des Pyrénées, ces tribus, d'origine ibère — la plus 
ancienne race de toutes celles qui se succédèrent 
sur le sol de la Gaule, — parlaient non-seulement 
une langue étrangère à celles des Volkes, mais 
elles avaient des dieux que n'adoraient point leurs 
voisins, et dont le culte persista même après la 
conquête romaine. Les autels élevés à ces divinités 
se rencontrent dans toute la région habitée par la 
race ibère; on les retrouve jusqu'à la limite que 
nous avons assignée au rayonnement du mon- 
nayage des espèces dites à la croix, limite indt- 



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quée par le groupement des trouvailles, et qui se 
confond avec celle de la région où la langue 
gasconne est encore en usage. 

Si donc, aujourd'hui, grâce aux progrès de la 
philologie, il est permis, par l'étude approfondie 
de la formation des noms de lieux, de circons- 
crire l'étendue du territoire hahité aux temps 
anciens par les peuples de race ibère, la numis- 
matique, par l'examen raisonné des trouvailles, 
permet à son tour de délimiter l'étendue des pays 
soumis à la race volke, et de reconnaître que, 
jusqu'au temps de la conquête par César, l'Aqui- 
taine, demeurée indépendante, échappa à la do- 
mination des Gaulois pour former un peuple 
distinct que nous retrouverons plus tard sous les 
noms de Vasconi, de Gascons et de Basques. 
Soumises un instant par Charles-Martel, nous ren- 
controns ces mêmes populations à Roncevaux, 
unies aux Sarrasins d'Espagne, et lors des grandes 
luttes entre les Francs du Nord et les peuples de 
la Septimanie, dont les chansons de gestes nous 
ont transmis le souvenir, les trouvères du moyen 
âge ne cesseront de célébrer l'énergie indomptable 
avec laquelle cette race antique défendit, pendant 
des siècles, son territoire et son indépendance. 

L. Maxe-Werly, 

Correspondant du Ministère. 



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PROVERBES BAS-LIMOUSINS' 

Par Jean-Baptiste CHA.MPEVAL 

Avocat à Figeac (Lot) 

FÉUBRE DE LA. MAINTENANCE D'AQUITAINE 



^^'ous garderons toujours beau- 
■ coup de reconnaissance pour les 
I personnes qui nous aident (2) si 
I efficacement à mieux connaître 
1 nous-mêmes et à faire apprécier 
davantage au dehors cette chère 
) patrie, si fidèle à sa noble langue, 
uelle brillante portion de l'histoire 
lys le limousin n'a-t-il pas comme 
Lssée dans son patois? Pourquoi faut- 
e ce soit au loin qu'on l'étudié le 
savamment, le scalpel à la n^airf, à 

la pleine lumière des travaux allemands, dernier 

mot de la science philologique? 

(1) Ces proverbes ont été recueillis dans tout le département de 
la Corrèze; ceux qui sont en patois sont reproduits dans l'idiome 
de GorrËze (Corrèze). 

(3) Ces lignes ont été écrites en vue de l'bospitalité gracieu< 
aement offerte au présent travail par la Revue allemande de phi- 
lologie romane, que publient, à l'Université de Hall, des savants 
tels que HH. Grober, Hcnnanii Suchier, etc.. Si nous n'avons pas 
accepté l'offre qui noua a été faite, c'est (ju'il nous a paru plus 
naturel de confier notre manuscrit à la Société historique et ar- 
chéologique de U Corrète, qui s'occupe si activement, à Brive, 
de l'étude de notre pays. 



DigmzcdbyGoOgle 



Quoi qu'il en soit des hostilités officielles de 
l'école primaire, ou de la guerre sourde de cer- 
tains bourgeois fort jaloux de dissimuler par là 
leur qualité de parvenus, il se maintient toujours 
vivace et tenace... notre patois. Du même culte 
qu'ils ont voué à leur châtaignier au doux fruit, 
bienfaiteur éternel du Limousin, nos paysans ché- 
rissent, en le conservant aussi précieusement que 
le feu de foyer en foyer, leur parler antique et 
sonore. Espérons qu'il vivra ainsi longtemps, mêlé 
aux âpres senteurs de la bruyère violette, faisant 
écho au bruissement des plus fraîches eaux, oppo- 
sant fièrement, enfin, au torrent de vulgarité et 
d'asservissement parisien qui déborde partout, cette 
barrière du langage, autrement puissante que la 
coquette ceinture de montagnes dont l'horizon se 
festonne ici, matin et soir, avec tant de grâce. 

En attendant que soient racontées en détail ses 
légendes avec son histoire intime, nous avons ci-u 
faire œuvre filiale en recueillant quelques proverbes 
ou djctons pittoresques' du bas-pays, ceux-là seu- 
lement où il s'est peint de plus prés, plus au vif. 

Après les travaux de M. l'abbé Joseph Roux, 
notre éminent, mais hélas ! unique confrère de 
félibrige, nous ne présenterons notre modeste 
glane qu'en appendice, évitant de le répéter, sauf 
à l'occasion de commentaires tout autres parfois 
que les siens, et en nous autorisant de l'intimité 
dans laquelle nous avons vécu déjà l'âge d'homme 
avec l'idiome limousin. 

Pour l'orthographe des mots patois, instrument 
savant quoi qu'on fasse de la pensée, plus que 



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— 497 — 

jamais tenu de retarder sur la pronoDciation, 
noua avons suivi celle des troubadours, tout en 
cédant presque autant qu'il convenait à la marche 
de ce temps de progrès assez débridé. 

Nous maintenons, comme dans notre almanach 
de propagande catholique : VAnnuari lemouzi, 
de 1884, malgré le reproche d« quelques per- 
sonnes, l'a final féminin, faute d'une lettre inter- 
médiaire entre l'a et l'o, pouvant figiu^r ici notre 
son ea. Ex.: chabr-ea, vach-ea, mieux que cha- 
bro, vaeho, chèvre, vache. L'a plein et l'o fran- 
chement émis ne satisfont pas l'oreille, mais nous 
préférons encore noter par a, qui sonne d'ailleurs 
nettement dans divers cantons « arriérés » ; Ar- 
gentat, Gorréze. 

Nous avertissons aussi que au sonne à-où par 
une seule émission de voix. 

Eu sonne è-où. 

G. j. sonne dg, dj, dz. 

Ch sonne tch, t», parfois s. 

Es (pluriel) sonne eis. 

Ti sonne (souvent) thiy. 

Nous n'avons ni l'A aspirée, ni l'e muet. 

B final infinitif ne sonne pas et s'euphonise 
en 8, quand il y a liaison. 

Nous recommandons à ce sujet de lire les prin- 
cipes émis par M. Ghabaneau dans sa Grammaire 
limousine. 

Notre mémoire sur les Proverbes limousiTis est 
divisé en dii séries. Chaque série se rapporte à un 
ordre de faits différents et contient les proverbes 



lyGoogle 



qui s'y rattachent. Voici dans quel ordre ils sont 



I. — Dictons béoionaux. Ils embrassent tout le 
Limousin et sont exprimés en français, latin, ou 
romano-Umousin; ils ont eu cours à notre sujet, 
en tel ou tel pays. 

II. — Dictons cantonaux, en français. Us indi- 
quent par un seul mot l'industrie ou la produc- 
tion dominante de différents cantons de la Gorrëze. 

III. — - Dictons couiqubs et pittoresques, en 
patois, sur nos principales localités du bas-pays, 
a bassa patria, » ou ses personnages typiques. 

IV. — Proverbes moraux. 

V. — Proverbes relatifs aux saisons, plantes. 

VI. — Proverbes se référant aux usaobs, 

HÛBURS. 

VII. — Proverbes divers. 

VIII. — Proverbes touchant la religion. 

IX. — Proverbes s'appuouant aux animaux, 
oiseaux. 

X. — Proverbes concernant l'hygiène. 

SÉRIE I" 
dictons régionaux 

1. Le Limoutin seconde Biotie. 

VOLT*IIIB. 

Par allusion aux Béotiens, qui passaient pour illettrés parmi les 

2. Il faut savoir, MM. de la Cour, qu'en Limousin toute 

bicoque est maison, chaque maison est un ekdleau, tout 
ce qui est bourg est ville et les efu^ons sont des giUnes. 



DigilizcdbyGoOgle 



Cet &vis matin aurait été affiché dana la salle des Paa-t'erdus, 
au Parlement de Bordeaui, dont nous ressorlissions avaikt 1TS9. 
On s'égalait ainsi à nos dépens pour nous punir du dieton or- 
gueilleux suivant : 

3. Qui a maiton à Vserehe 
A chatUl en Limosin. 

■ La seconde ville du Bas-Limousiu est Uzerche, belle, gra- 
cieuse et tempérée, assise sur le torrent de Vé/ère et presque 
imprenable, selon le jugement des hommes. Les eaux la déTendenl 
de tous eûtes, et il n'y a que deux avenues, mais si fortes qu'on 

dit communément : Qui a maiton > 

DuGHEBNE, Anliquitis des villes de France. 

4. Limoges la saincte. 

On l'appelait ainsi, au loin, au xiv* siècle, parce que ses osten- 
tions des reliques de saint Martial, sainte Valérie, saint Aurélien, 
saint Loup, etc., y attiruent de nombreux pèlerins. 

5. Salle eoum' un Lemouzi. 
Sale comme un Limousin. 

GuDoz, Recueil de proverbet français. 

Nos ëmigrants, fort nombreux et dépenaillés, ont pu justifier 
cette épithète. L'on allait beaucoup en Espagne, de Corrèze, et 
surtout de Beynat, pour devenir ma^on, portefaix, sans parler de 
nos nombreux paysans pèlerins de Saint-Jacques de Compoatelle. 

6. La France bosme. 

Se dit encore dans le peuple, en Auvergne, pour désigner cette 
partie mon(a{fneuse du Haut-Limousin qui est en amont de 
Limogea. 

7. Lemovix, urbs anliqttx pareimonUe. 
Limoges, ville d'uae antique parcimonie. 

On voulait désigner par ces mots sa population économe et ran- 
gée de longue date. 

8. Bon Marchois, maçon ou curé. 

La Marche fournit abondamment à ces deux emplois du vie. 
Paris en sait quelque chose pour les matons. La Marche venait 
prendre chez nous, avant 1789, une bande de terrain partant du 
bourg de Bugeat exclus, jusqu'il Eygurande, inclus en partie. 

9. Lmirdaud, obtus comme un Limomin.' 

A voir nos gens nourris sobrement de cKataignes, de seigle 



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— 500 — 

émollient, de farineux et d'eau, alourdis non pluB seulemeut par 
l'effet d'un tempërament ainsi obtenu, mais encore par l'babitude- 
de se sentir les pieds emprisonnés dans d'informes sabots, le corps 
entier comme empesa sous une bure avare, mais, en outre, par 
l'allure momifiée, endormie, que leur impriment leurs bestiaux 
anémiques, à les voir ainsi, disons-nous, un méridional les pren- 
drait pour atupidea. 

De l'habitant de Corrèze (Corrèze), on a dit, un peu aussi pour 
la rime : 

EUl d'à Courreza, 

Lou lioul y pezatf 

11 est de Corrèze, 

Le derrière lui pèse. 
S'il est lourd, il ne l'est guère que de cela. En affaires, ce sont 
« gens dé Châleaudun * (entendant à demi-mot). 

10. Le Limousin vous offre un fruit et vous en donne deux. 
D'abord il se retiendrait facilement de donner, mais aussi, s'il se 

livre, il vous forcera de manger même avec cet argument prover- 
bial des paroissiens d'Orliac-la-PauNE : « Monsieur, mangez-en, 
de gr&ce, nos animaux (nos pourceaux) n'en ueuIenJ plua! ■ 

11. Limousinage. 

On désigne ainsi toute maçonnerie grossière de moellon brut et 
de mortier, opus tumultuarium. 

12. Œuvre de Limoges. — Crucifix de Limoges. 

Le Rodx de LiNCY, Le Livre de» Prov. franc. 

On désignait par là même à l'étranger, au moyen ftge, les 

belles pièces sorties de nos ateliers d'orfèvrerie ou bien dues & 

nos émailleurs : les Alpays, etc. (nom fort commun à Heymac au 

XVI* siècle). 

13. Limousin mangeur de raves. 

(Dicton poitevin) ■ matche-rabee. • (Rabelais.) 
Avant la pomme de terre tes raves étaient la grande ressource 
du pays. Le blé noir ne se répandit qu'après le xvi* siècle, surtout 
parce qu'il n'était pas sujet à la dlme, en bien des lieux. 

14. ftave limovtine. 

Se dit d'une femme courtaude, qui no croît qu'en rond. Pour 
indiquer pudiquement l'entrée en puberté, d'une jeune fille, ils 
usent ici d'une gracieuse métapliore. Rabounat : elle tourne en 
rave, c'est-à-dire : ses seins se prennent à gonfler & l'instar d'une 
rave. 



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15. Les Auvergnats et Limosins 

Font leurs affaires, puis celles des voisins. 

Papib, M*bbon., Descriplio Francis per ftum. 

16. vaÏTiguit sans eonvii 
Ine vilaine trolie, 

De Limousins affamie; 

Mex tote nouire assomblie 

Lour dissit que les raves en la ^stdie 

îfetiant guère estimie 

N'ayant point de pourceaux. 
Alors vînt sans invitation (à la crèche, il s'agit d^in Noël). 
Une vilaine bande, 
De Limousins afTamée; 
Mais toute notre assemblée 
Leur dit que les raves en la Judée 
N'étaient guère estimées 
N'ayant point de pourceaus (par interdiction légale]. 

NoBL POITEVIN. Bulletin des Antiquaires de l'Ouest. 

17. Convoi de Limoges. 
C'eat-à-dire politesses cérémonieuses, révérences sans Sa. 

Les Limougeauda sont si prévenants, si obséquieux, que lors- 
qu'ils se visitent, celui qui vient de recevoir reconduit son visiteur 
jusque chez lui. Ce dernier, se piquant alors de générosité, ramène 
l'autre, et ainsi de suite, o Deux Limosins, dit le baron de Fceneste, 
passèrent une nuit à se convoyer. ■ La marchandise rend obsé- 

D'AuBioNé, Avent. de Fœneste. 

18. Gueux comme un gmtilhomme de Ligoure. 
Gueux au sens de misérable, mal accoutré. 

■ C'est un pays enclavé dans le Limosin. On dit ce proverbe : 
Queux comme un gentilhomme de Ligoure. Ils n'ont qu'un fusil, 
un chien' galeux; ils vont à la chasse : ce sont des gentill&tres. « 
Lahcblot, Recherches sur les Pagi. 

19. Tromperie de Bellac. 

t Quoique nous eussions choisi la meilleure hôtellerie, nous y 
bûmes du vin à teindre les nappes, et qu'on appelle communément 
la tromperie de Bellac. Ce proverbe a cela de bon que Louis XIII 
en est l'auteur, a 

La Fontaihe, Voyage en Limosin, en 1663. 



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20. Toupinier de Duris. 

On y fabrique beaucoup da pota. Tupi, (oupi, pol (peut-être venu 
de pouti, itain). 

21. Li phis roigno m Limotin. 

Diction, de l'Aposloile, xiii* siècle. 

22. Manger du pain comme un Limosin. 

LBBO0X, Diction, comique. 
Plus anciennement le proverbe existait en latin : Lemooix panië 
helluo. L'on dit encore : Manger la aonpe comme un Limousin (1). 

' 23. Papes du Lùnomin, 

Clumceliers d'Auvergne, 
Maréchaux de Gascogne, 
Ligîttes de Bourges. 

CAniiHor, Prov. franc. 
Le BH-Limousin a donné trois papes à l'Eglise : Clament VI, 
Innocent VI et Grégoire XI. 

24. Àeadimieien d'Ambaxae. 
Pour désigner un ignorant, un sot, un ftne. 

Cette commune est au nord et à peu de distance de Limoges. 

25. RiAiet lemovica. 
Intrigue, brigue limousine. 

Dicton en usage à Avignon au xvi* siècle à propos de nos Domr 
breuz cardinaux. 

26. Jamays lou Lemousi n'hat périt per seeharetta. 
Jamais en Limousin la disette n'est venue par sécheresse. 

Notre paya est, en effet, fort arrosé, soit par les cours d'eau qui 
y abondent, soit par l'effet des vents d'ouest vers lesquels cette 
vaste fikcette très boisée du Plateau central n'est que trop tournée. 

27. La Coutauz. 

Geue des coteaux du Bas- Limousin, ainsi appelés à Saint-Yrieix- 
la-Perche, ou ils portent le vin à dos de mulet, dans des outres, 
en 1587. {Livre de raison de Jarrige, publié par M. de Montégut.) 



(1) Clbheht Simon, auteur d'une abondante collection de pro- 
verbes patois corréziens interprétés avec autant de sagacité que 
d'érudition. 



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28. C'est vn viteomtam. 

Pour dire c'est im pareBseux, ami de la bonne cbère at des 
rëunioDS. 

Dicton encore Ma en usage à Figeac, à propos d» la bourgeoisie 
de Saint-Ceré. 

Or, nous retrouvons dans un rapport d'intendant de notre pro- 
vince daté de 1T6T, à propos de Bilhac, Meyssac et du caractère 
des habitants de la vicomte, en gânéral, * qu'ils ont l'eaprtt 
vtcoimH, ami de l'oUiveti. > (Série C, n^ 203. Archives de Is 
Préfecture de Limoges.) 

29. Gentilshommes lu^niUe de soie. 

Les paysans du Limosin appellent gentilshommes les pourceaux, 
parce qu'ils sont vêtus de soie comme l'était autrefois la seule 
noblesse. 

DticalUina, p. U. 
Aux environs de Montpellier, on appelle souvent le pourceau : 
lou noble. 

CLiuKjn SiMOB, ProD. 
A Tnlle, on s'insulte en disant nobU porc I 



SERIE II"- 



DICTONS ftâoiONAUX 

AnXOUBLB HOtlS raOPOSBIllONS DB DOHHEB CODBS BK GBTTE FOBHS 

COHDKHSriB, QnOIQUB CSUS DB CB1TB BIÎBIE 

NB SOrem PAS TODS EM CIKCULlTIOlf 



30. Moutardiers de Brive. 

firive, chef-lieu d'arrondissement, est renommée, depui 
temps, pour la fabrication de la moutarde violette. 



Li^ourevrt de Larche. 



32. Chaufourniers d'Ayen. 

Ayeo, chef-lieu de canton, est situé sur un plateau calcaire qui 
fournit de bonnes pierres à cbauz. 



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33. Fruitiers de Donzenac. 

Le canton de DonzeDac produisait une certaine quantité de fruits 

qu'on allait hâbituollement vendre à Tulle pendant l'âtâ. 

34. Charbonniers de Juillac. 

C'est un pays de ch&taigniers. Or, on dit du châtaignier : bcitn 
cMrbounier. 

35. Forgerons de Vigeois. 

Il y avait beaucoup de forgea au bois donnant des fers doux, 
estimés surtout pour la ferrure des chevaux. 

36. Maquignons de Lubersac. 

Le haras de Pompadour est situé dans le canton de Lubersac, 
qui élève beaucoup de chevaux. 

37. Huiliers de Meyssac. 

Le canton de Ueyssac produit de beaux noyers, dont les fruits 
sont utilisés pour la fabrication de l'huile. 

38. Vignerons de Beaulieu. 

Beaulieu, chef-lieu de canton, est un pays vignoble, dont le raisin 
produit un liquide foncé très recherché par les marchands de vin. 

39. Chevriert ou Vanniers de Beynat. 

En y gardant les chërres on tresse des cabas et des paniers. 
'40. Mariniers d'Àrgentat. 

Argentat, chef-lieu de canton sur les borda de la Dordogne, fai- 
sait autrefois en grand le commerce des merrain et carassonne, 
transportés sur des bateaux plata, dont on a gardé la forme à 
Bordeaux en les appelant encore des Argentat. 

41. Chaudronniers de Mer cœur. 

42. Marchands de parapluies de Servières. 

De ces deux cantons on émigré beaucoup pour ce double genre 
de commerce. 

43. Armuriers de Tulle. 

L'industrie pour la fabrication des fusils était devenue fort im- 
portante it Tulle, par suite de rétablissement de la Manufacture 
d'armes, vers 1760. 



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44. Porchers de Seillae. 

Les forâts de Lagraulière et de SuDt-JaJ ont toujours favorisé 
la production des truies portières. 

45. Pelletiers de Treignae. 

(La plupart do ces dictons trouveront leur explication et leur 
complément dans la série suivante.) 

46. Vachers d'Oxerche. 

Les vaches qu'on élève k Uzerche se font remarquer par leur 
beauté. Elles sont de la race de Limoges. Le scel des commune* 
d'Uzerche aurait porté deux bouveaux en 1373. S'il faut en croire 
la légende d'une vieille empreinte sur une bande de soie que nous 
a montrée H. Ponlier, d'Uzercbe, Uzerche eut trois paroisses 
Bimultanémeot. 

47. Maçons de Laroche. 

Ils font, en Auvergne et dans le reste de la Gorrèze, presque 
toute la b&tisse. 

48. Savetiers de Lapteau. 

On les trouve dans le Lyonnais surtout. U. Treich-Laptène a 
écrit un roman de mœurs locales : Lou gourlier. 

49. Manœuvres de Corriie. 

Bordeaux et Paris attirent bon nombre de nos servantes ou jour- 
naliers, • brassiers, » comme on disait autrefois, c'est-à-dire Ira- 
vaillant mécaniquement des bras, plus que de U tête. 

50. Cochers d'Eygurande. 

Le canton d'Eygurande revendique près de trois cents cochers de 
flacre ou d'omnibus, k Paris. 

51. Chasseurs de Sornac. 

52. Apiculteurs de Bugeal. 

Le miol de ce canton est renommé par son parfum provenant de 
la nourriture excellente que trouvent les abeilles dans les fleurs 
des montagnes. Ces plateaux ne produisent que de la bruyâre. 

53. Scieurs de long de Meymae. 

Ils vont dans la lande bordelaise pour l'hiver, et travaillent une 
partie de la nuit aux lueurs d'un foyer de pin. 



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— 506 — 

54. Jardinier* tPUisel. 
Renommé pour ses choux pommés. 

55. Moissonneurs de Neuvie. 

Peu de pays fournissent, pendant l'été, des moissonneuses en 
Misai grand nombre que le canton de Neavic. G'eat auasi la patrie 
des Ailes* mères. 

56. Chapeiiert de Bort. 

Sort, chef-lien de canton, possède de nombreuses fabriques de 
diapeaux de feutre. 

SÉRIE IIP 



DICTONS COMIQUES ET PITTORESQUES SUR NOS PRIN- 
CIPALES LOCALITÉS OU SUR NOS PERSONNAGES 
TYPIQUES. 

57. En quu se prend lou rey, quand s'aceottat en moussu 

de Bowiavat? 

Le roi ne sait-il pas qu'il a aifaire à forte partie, quand 
il se prend de querelle avec M. de Bonneval? 

Les de Bonneval, famille noble possédant en Bas-Limousin (1657) 
le fief de Blancbefort, canton de Seilhac, et dont on disait aussi 
en énumérant les principsdes familles nobles du Limousin : 

58. Ventadour vante, 
Pompadour pompe, 
Turenne règne, 

Ghàteauneuf ne les craint pas d'un œuf. 
Des Cars richesse, 
Bonneval noblesse. 
Hbnestribs, Recherches du blaeon, t. II, p. 90. 

59. Loungour de Touretia. 

Se dit à Figeac, pour signifier lent«ur. Ce mot a-t-it pris son 
origine de quelque secours arrivé en retard et promis par un 
prince de Turenne aux consuls de Figeac, ou bien de la diffé- 
rence des mesures de o la vicomte » avec celles de l'abbé de Saint- 
Sauveur de Figeac T 



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— 507 — 

60. Aquo eisi eotima moussu de Braconnât, 
Que mourtt d'avant d'esser nat. 

Cest comme M. de Braconnât, qui fut enterré avant 
de naître. 

On enterra sa mère durant une écUmpsie, (^oi cessa au cime' 
tière pour donner le jour à ce magistrat, dont la famille, venue de 
Beaulieu, s'éteint dans nne fille, à TuUo. 

61. Qu'en dit Braconnac: Quand ealt far festa, eall far fetta. 
Gomme le dit justement Braconnac, quand il faut faire 

fête, il faut faire fête. 

Idée qu'on traduit dans d'autres paya en disant ; Il n'est pas 
tous les jours fôte. 

62. Far eouma Jehan de Nivella, 
Que quand pleut, a^Mirnellat, 

Et qu'en veyre vegnir lou bel temps, 
S'esiend. 
Faire (tout au reboura) comme Jean de Nivelle, qui, 
la pluie venue, allume ses fourneaui d'écobuage, et qui, 
,1e beau temps revenant, s'étend pour dormir. 

63. Coifzinier Lambritla. 

8e dit de quelqu'un qui se mêle de cuisiner sans s'y connaître. 
En Rouergue, comme à Limoges, on le dit au sens de tracassier. 
tracassier de Lambretle. 

64. Vier coutna vieillas rodas, pour Yier coutna Heroda. 
Vieux comme de vieilles roues, pour Vieux comme 

Hérode. 



65. L'as croumpat à Bounobiolo! 

Tu l'as acheté à Bonneviole ! 
C'est ainsi qu'un habitant du Quercy apostrophe un passant 
monté sur une rosse, parce que le marché de Bonneviole est re- 
nommé pour la voûte des mauvais chevaux. 

Le Rols ne I.iscv, Pror>.. t. I. p. 3!1. 
Bonnevioîle, canton de Bretenoux (T^t), est situé près de Beau- 
lieu, sur les limites de la Corrëze. 



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66. Lotis coumtes de Las Guinas se levounl à Miezza-nout per 

partir à Miedzour. 

Les comtea de Lagueone se lèvent à minuit pour partir & midi. 
Laguenne, petite ville de !« banlieue de Tulle. 

67. N'en prenntr d'à Bon et d'à Saignas. 

En prendre de Bort et de Sagnes, 

C'est-à-dire un peu de partout, à tort et à travers. Sagnes, chef- 
lieu de canton du Cantal, n'était pas, en effet, de la juridiction du 
prieur de Borl, chef-lieu de canton de la GorrÈie, et sur la rive 
opposée de la Dordogne. 

68. Moussu D'er Bost 
Vendra tantosl. 

Se vous embrassât, 
Fasis y plaça, 
Se vous dit Te, 
Pausas y un boun soufflet. 

Monsieur Delbos 

(Un vert galant resté célèbre) 
Viendra tantôt (veiller), 
S'il vous embrasse, 
Faites-lui place, 
Mais s'il se tait, 
Appliquez-lui un bon soufflet. 
II faut évidemment le rétablir comme suit ; 
Se vous dit re, 
Fasés y plaça, 
Se vous embrassât, 
Tournas y un soufflet. 
Ce couplet rappelle le dramatique dialogue du MarijAloux pro- 
vençal (et aussi limousin) donné par Daudet : 

Ount'as passât la matinada, corbleu, Marioun. 

69. A quo eit un Hanric-quatre. 

C'est un Henri-quatre, 
Se dit d'une chose quelconque, vieille, usée, et d'un débit dif- 



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— 509 — 

70. Soumblal tous ckes d'Allaneha que s'obturount à la paret 

per abazzar. 
Il imite les chiens d'Allanche qui s'adossent à un mur 
avant d'aboyer. 
Allanche, village de St-Boanet-el-Vert, ou Allanche, du Cantal. 

71. Far eouma lou sourcier d'à Navoi, que prejavat Dieu 
mays panavat. [D'autres disent la femme de Naves.) 

Faire comme le sorcier de Naves, qui priait Dieu tout 
en volant. 
Naves, situé près de Tulle. 

72. Credar eown'un Angli. 
Crier comme un Anglais. 

Crier comme un sourd. Souvenir des invasions. Les gens qui 
baragouinent semblent .toujours crier. A Usscl, on s'injurie en 
disant encore : CM d'Anglei, chien d'Anglais. 

(Communiqua par M. Brunet, wicien mirrtstro, qui parle très 
purement le patois lubersacois à ses heures familières}. 

73. A Bayounna 

Tout leie se dounal. 
Leic sets anat. 
Tout erat dounat. 
A Bayonne 
Tout se donne. 
J'y suis allé, 
Tout était donné. 
[Communiqué par H. le chanoine Talin.) 

74. Magre couma Pilato. 
Maigre come Pi la te. 

Pilate vint, dit la tradition provençale, faire pénitence austère 
sur les bords du Rhône. 

75. Traïte couma Judas. 
Traître comme Judas. 

76. Sadour couma Toni-Ballassa. 
Saoul comme Antoine Ballaase. 

Balasse, nom. de guerre tiré de la paillasse gonflée de balle 

T. VIL B-? 



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— MO — 

77. Nigre couma Tartari, eoum'un M&rou. 
Noir comme un Tartare, comme un Maure. 

78. Sale eoum'un Bouluime. 

Sale comme un Bohémien. 

Boimé, boimo. Celui, celle qui se mêle de dire l'horoscope, vaga- 
bond qui dérobe avec adresse Femme malpropre 

.BÉBOsiE, Diction, patoit. 

79. Loung couma tras-Dieu. 

Loin comme au-delà de Dieu, au diable vert. 

Cl. Siuoh, Prou. 

80. Aquo n'ai pat iras las poulas. 
Cela n'est pas au-delà du vol du chapon. 

81. Parlar hiseayen ou gagassi [liégeois). 

Parler biscayen ou liégeois, pour dire baragouiner. 

Ne se dit qu'à Tulle, où vinrent comme armuriers, vers 18Î0, des 
Liégeois surnommés gagaggi. 

IfiéKOVfB.) 

92. Aquo eisi lou counle {ou lou prouces) de Longonîran. 
C'est le conte (ou le procès} Longouiran. 
Qui n'en finît pas. Probablement personnage légendaire. Racine, 
longtis. 

83. Bedfk couma iferloudan. 

Raide comme (la statue) d'Aymar le dom. 

3 porche de la cathédrale de Tulle, 

84. Vier coum'una Minet. 

Vieux comme une Minet. 

Probablement une vieille chatte. On leur donne souvent ce nom 
par cjyolerie. 

85. Aveir una mina de Mandrin. 
Avoir une mine de Mandrin. 

0[i donne ce nom à un homme dont la Hgure, le costume et la 



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— 511 — 

tenue annoncent un brigand. Mandrin, chef de contrebandiers, 
renvoya, en 1763, une trentaine de ses hommes ft Tulie; ils se 
rendirent chez le receveur des tailles, prirent l'argent qu'ils vou- 
lurent et s'en retournèrent sans opposition. 

BÉBONiE, Diction, paloie, p. tM. 

86. Afflista, Guilhen, 

Que las bragas te vaunt ben! 

Courage, Guilleu, remplis tes braies jusqu'en haut. Remonte-les 
même, elles te vont biea, au lieu de les jeter bas pour ce qui 
s'annonce nécessaire, d'après l'incongruité émise. 

M. l'abbé Roui donne & tort le sens de cacai-e au mot afflislar, 
qui veut simplement dire entasser jusqu'au f&ile, ei fiel. Ici, 
implere siercore. On dit cela & quelqu'un qui a commis une 
incongruité. 

87. Arri, arri, poittoutou, 
Mountarems aus Gleltous. 

En d'una gogua et dous lourlous, 
DavalareTTis à Varet, 
El Uie èeurems d'el vi claret. 
£□ avant, mon petit ànoD, 
Nous moQterons à Égletons. 
Avec uD boudin et deux galettes de sarrasin. 
Nous descendrons à Varetz, 
Et y boirons du vin clairet. 

Le père chante ainsi à son fils à cheval sur son genou et faisant, 
sans bourse délier, la tournée des paroisses. 
Ëgletons, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Tulle. — 
e de Brive. 



Madame 

bonnes no 



Vars, lou jardi d'ei Bas Lemovsi. 

Vars, le jardin de la Corrèze. 

3si d'Us sac, plus légitimement. 

Eyssandou, petita villa, grand renown. 

Juliat, pays de chastanhas, lasjuliacas. 

de Porapadour, la Poisson, bien entendu, trouva s 
chAtaignes blanchies, qu'elle s'indignait de voir se 



paysans repus à volonté d'un mets si délicat. 



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- 512 — 

91. Lota cironeit d'à Lîbersal. 
Les glorieux de Lubersac. 

92. Lous Mountgibaud 
Fanl loua sauts 
Couma (faux kbrauis. 
Les MoDigibaud 

Font les sauts 
Comme des levrauts. 
Grands, dégingandés, démarche mal assurée. 

93. Yigeois, tous gotai-goujeous. 

Avaleurs de goujons. 
Faisant allusion aux nombreux goujons de la Vénère, qui baigne 
le pied de cette bourgade. 

94. Troche, merchands de couadas. 
Godet en bois muni d'une longue queue {caxida) creusée. 

95. Lous loups d'Â estivaux. 

Ils ont pour patron saint Loup, et la paroisse s de grands bois. 

96. Lous poultissiers our mingat-pouts d'Orgnat. 
Mangeurs de bouillie à la fête votive. 

97. Te faraunt eivesque d'à Prunha. 

On te fera évêque de Pnigne. 

Prugae était, en 1771, une paroisse de vingt-six communiants, 
près de Brive. 

98. Lous peds-tarrous d'à Dounsenal. 

Les pieds-poudreux de Donzenac (pays d'argile). 

99. Àtlassat, loui piaUU-mounleyrol. 
Pèle-raenlon, mangeurs de bouillie trop chaude, mieux 

que les raseurs. 

100. Désargentât couma lou calice de Saint-Vianee. 

Se dit de quelqu'un qui a le diable dans sa bourse, ni croix, ni 
pile. 



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— 513 — 

101. Lous casserions d'à Venarsal. 

Les petits seaux de Venarsal. 

Probablement on y fait des seau^ légers de bois de ch&t^gnier, 
qui y abonde. 

102. Lous rasouners d'à Sancta-Ferreola. 

Les raisonneurs de Sainte-Féréole, pour dire des rai- 
sonneurs insurgés. 

On conte qu'il ; a soixante ans, un noble do notre pays, officier 
dans un régiment (M. de Griffolet, dit-on), fut chargé de faire en- 
sevelir les morts après un combat. Il trouva sur le champ de 
bataille beaucoup da blessés qui avaient encore espoir de vivre. Ils 
étaient de son pays et ils lui criaient en patois : EA / Moussur, me 
foteas pas entera, to-ou se-i de Senio Fértolo; Ëhl Monsieur, ne 
me faites pas enterrer, je suis de Sainte-Féréole. Ahl leur répon- 
dit-il, s'es d'oque-us rasouners de Sento Fériolo; »e lan voua 
escoufauo, lan n'entérorio dëgun; oque-i prou mort per entera; 
Ahl vous dtes de ces intolenla de Sainte-Féréole; si l'on vous 
écoutait, on n'enterrerait personne; c'est assez mort pour enterrer, 
BÉRONIE, Diction, patois, p. 249. 

103. Coulounga, la villa rouga. 

Collonges, la ville rouge. 

Gollonges, commune de Heyssac, a ses maisons b&ties en grès 
chargé d'oxyde de fer, qui donne h la pierre une couleur rouge des 
plus foncées. 

104. Far viva Tourena. 
Pousser un vivat, un cri de joie. 

Le vivat était obligatoire lors des réjouissances publiques. 

105. A qu'eisl pas la mon de Tourena. 

Ce n'est pas la mort de Turenne. 

Bipreasion employée pour dire qu'il n'est pas arrivé un grand 
malheur, comme lors do ce triste événement universellement dé- 

106. À Loustanga 

Leic vaït degu que ne s'en plangat. 
Nul ne rapporta louange 
De son séjour à Lostange. 



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— 514 — 

107. Loung couma Um pount d'à Balloee. 
Long comme le pont [suspendu) de Beaulieu. 

Ce pont a 150 mètres de loag. 

108. Lous esclots, tous pescayres d'à Belloee. 

Les sabots, les pécheurs de Beaulieu. 

Beaulieu est un port commerçant sur les bords de I& Dordogne 
3 sabots et beaucoup de pé- 

109. Engola-fegeU d'à Tudetl. 

Mangeurs de foie de Tudeils. 

Les paysans donnent en outre ce sobriquet à tous les citadins 
aussi appelés ; pelaus, pelletiers. 

itO, PouUranqua <£ei Puech d'Arnac. 

Bouillie au fromage du Puy-d'Arnac. 
Chaque paroisse a son plat favori à la ballade. 

111. L'anissou d'à Cluinalier. 
Le petit ânon de Chenalier. 

112. Lous saulses d'à Nounard. 
Les amateurs de sauces? 

113. Lous poudous d'Astalhat. 
Les serpettes, les vignerons. 

114. Lous nuutckea-fcUias. 
Les mflclieurB de fèves. 

115. tous barbelous d'à Brivaxat. 

Les barbillons de Brivezac. 

Brivezac, commune de Beaulieu, est située sur les bords de la 
Dordogne. 

116. Beynat, lous pailhassayres. 
Les vanniers de Beynat. 

117. Aibignac, le grand saladier. 

Un Limousin, du nom d'Aubignac ou d'Albignac, s'acquit i Loa- 



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_ 515 — 

dres une telle réputatioo pour faire la salade, que de tous etttéa on 
l'envoyait chercher, et qu'il parvint ainsi k réaliser en peu de temps 
une fortune de 80,000 francs. 

Brillât- Savarin, Phyaiol. du goût, t. II, ch. iiii. 

118. Tous tous axes d'Obazinas crebaiount que n'hetritaias 

pas d'una sesq-eoua. 
Tous les ânes d'Obazine crèveraient que je n'hériterais 

pas d'une croupière. Le diable pourrait mourir que je 

n'hériterais pas de ses cornes. 

L'abbé avait une nombreuse cavalerie asine pour apporter au 
couvent des Granges ou de Brive le vin dans des cotres, le fro- 
mage d'Auvergne, les carpes du Poat-Haure (Rosiers d'Ëgletons}, 
les seiches, etc., venus par Souillac. 

119. Touréna, 

Réna : 

Costelneou 

Ti eraigna mas d'un eou. 

rurenne, grommelle : Castetnau ne te craint que d'un œuf. 

Une tradition locale atteste que les seigneurs de Castelnau {chft- 

teau situé dans le Lot sur les limites de la Corrèze) étaient tenus, 

& l'égard des puissants seigneurs de Turenne, k l'homniage 

d'un œuf. Ledit œuf était traîné audit Turenne à grands renforts 
d'hommes et d'animaux. Et, en voyant passer cette pompe gro- 
tesque, le paysan qucrcynois décochait son mot au ch&teau limousin. 
Cet hommage d'un œuf avait bien pu être imposé comme humi- 
liation pour punir un refus de vassalité, — comme pour certune 
merdonlade de Gimel (papiers de M. Clément Bimon, au chAteau 
de Bach). 

120. lout' argeruats, bateau plat. 

On désignait ainsi, à Bordeaux, les bateaux plats qui venaient 
d'Argentat en descendant la Dordogne. 

121. Messiers de Saint-Chamans. 

Les beaux Messieurs de Saint-Chamant. 
Saint-Chamant, canton d'Argentat, est un pays riche, et les pro- 
priétaires sont très orgueilleux de leurs terres fertiles. 

122. Miracleis d'à Forzeis. 
Miracles de Forgés. 

On désigne adnsi des fausses nouvelles par allusion à une vision- 



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naire d'une certaine réputation qui se trouvait à Forges vers (854, 
et fnt prddite longtemps d'avance (d'après un livre imprimé de 
H. Clément Simon). 

123. Lou! poudotis d'à Mounciaux. 
Les vignerons de Monceaux. 

124. Lous eouquis d'à Saint-Bonnet. 
Les coquins de Saint-BoDnet-Elvert, 

1^5. Aubussat, sount pas fyableis. 

Ceux d'Albussat ne méritent pas la confiance. 

126. Lourdauds d'à Saint~Marsau. 

Saint- Martial, pays reculé, inaccessible. Mangeurs àc, cliAtaignes. 

127. La Chapelle Saint-Giraud, lous capelaus. 



128. MerecBur, Gamels d'à Peyriisat. 

Nigauds de Peyrissat. 
Vill^e près Herooeur. 

129. Tioul large coum'un veyrrier d'à Saint-Julio. 
Avoir le derrière large comme un verrier de Saint-Julien. 

130. D'àpauc à paue, l'argent d'Btpagnat montât à St-Paul. 
Petit à petit, l'argent d'Espagnac monte à Saint-Paul. 

Bourg voisin plus récent et attirant quelques boni 



131. Sens la peza et lou lignai 
Leic sieunt tous nobles jusgu'ei col. 

Sans la poix et Xe lignetil 

Ils y seraient tous nobles jusqu'au col. 

Ce proverbe s'applique aux habitants de la ville d'Uierche, où 

il y a beaucoup de cordonniers. La finale jusqu'au cou insinue 

qu'ils sentaient la hart. Ils firent beaucoup de fournitures de cuir 

ouvré pour les armées da la République, en 1793. 

132. Menteur comme le Cartutaire d'Uzerehe. 
Uzerche fait remonter & Pépin sa fondation première. D'après le 



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— 517 — 

Gartolaire de cette ville, Turpin. évequo de Limoti:eB, aurait tra- 
vaillé de toutes ses forces k la diiniautioci du prestige d'Uierche; 
mais Labiche de RoigneTort s'indigne de l'imputation lancée contre 
l'évéque et accuse le Cartulaire d'avoir impudemment menti; do 
là le proverbe. Les premières pages en sont d'ailleurs trop van- 
tardes et apocryphes, touchant les origines d'Uzercbc. 

133. A Courreza, 

Loti tioul Uur pezat. 
Liur manquât re, 
Mas ta mostr' ei pouehet, 
La i eur dourraunl 
Quatid lous maridaraunt. 
A Corrèze, 

Le derrière leur pèse. 
Rien ne leur manquerait, 
Si ce n'est la montre au gousset, 
■ On la leur donnera 
Quand on les mariera. 

134. Tom Unis eops que Courreza bourrât, 
Lou retardât d'un' houra. 

Tous les coupa de battant que [la cloche de) Corrèze donne 
Repousse, à une heure de là (le nuage orageux). 

Allusion à k croyance encore répandue dans les campagnes que 
le mouvement de la cloche a le pouvoir d'éloigner les orages. 

135. Miya, donnas me vostra ma que vous menaray bien 

Uning, dins tou pays d'aus auzelous, dich un gros 
chastel sedtal sur una fount, et çapendent, tant n'ault 
que tout ça que veyrés d'ati sîrat pas nostre. At per 
l'ayre : 

Un courredour faet d'areaneus, 
Sur très rengs de pountaneus, 
Çatat de charameus. 
Que quand pleut, tous sounnount. 
Ma mie, laissez-moi prendre votre main, je vous mè- 
nerai bien loin [en Limousin), au pays (touffu) des oiseaux, 
dans un grand château assis sur une fontaine, et cepen- 



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- 518 — 

dant si haut que tout ce <^e tous verrez de là ne sera 
point nôtre. Il promène dans l'air : 
Une galerie d'arceaux, 
Sur trois rangées de ponceaux, 
Couverte de chalumeaux, 
A travers lesquels la pluie elle-même, chante et enchante. 
Ces paroles sont attribuées à H. de Vyers faisant sa cour, vers 
1730, & M"* de Boubal à Perpignan. Le chftteau auquel il fait allu- 
sion est son propre chiiteau qui porte son nom, siluë aujourd'hui 
dans le canton de Corrèze et qu'on voit encore avec ses créneaux 
et ses poivrières. 

(A «uiDre.J 



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COFFRETS ÉMAILLÉS 

DU CANTAL 



NE vive impulsion a été don- 
née, ici môme (1), à un genre 
spécial d études, qui consiste 
dans le dénombrement et la des- 
cription de toutes les pièces 
d'émail champlevé limousin ac- 
tuellement existantes. Il y a à 
jrofit pour l'arcliéologie et l'his- 
:ette industrie. Nous saurons à 

^ j..„„ ce qui aura été produit, car 

combien d'objets ont disparu ! Heureusement, les 
textes aident à combler les lacunes (2). Surtout, 
nous aurons facilitti pour compléter l'iconographie 
du moyen âge. Enfin, par la comparaison, nous 
parviendrons à signaler les similitudes et les dif- 
férences, de façon à pouvoir reconstituer les anciens 
ateliers et les œuvres de certains maîtres. 



(1) nuU. de la Soc. arch. de la Cori-ù:e, t. V, p, 105 et suiv.; 
l. VII, p. 47 et siiiv. 

(2) On Ift vflrra prochain dm mit p.ir li-s invciitairos do la oathé- 
drale do Ronhestcr, que va publier dans l.i Rente de l'Art rhré' 
tien M, Edmond Bishop. , 



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— 522 — 

Continuons donc résolument l'inventaire com- 
mencé. Aujourd'hui, il m'est permis d'y ajouter 
trois pièces nouvelles, grâce à l'obligeance de 
M. Chabau, aumônier de la Visitation, à Aurillac. 
Nous ne soilrirons pas du Cantal. 

En 1884 et 1885, cet ecclésiastique zélé a inséré, 
dans la Hevue eucharistique de Paray-le-Monial, 
quelques notes sommaires sur trois « reliquaires » 
par lui découverts, les accompagnant de fragments 
de dessins (1). Cette publication attira mon atten- 
tion, et j'eus l'idée de revenir en détail sur le 
sujet, simplement ébauché. J'entrai donc en rela- 
tion avec l'auteur, qui me répondit fort gracieu- 
sement et me promit son concours pour arriver 
au but désiré. 

La représentation de deux autels avait motivé 
l'impression dans la Remie des châsses du Vigean 
et de Salins : celle de sainte Eulalie y a pris 
place à la suite, sans que je me rende compte 
de la raison. Quand on a un but avoué et une 
spécialité bien déterminée, il conviendrait de ne 
pas s'en détourner, même accidentellement. Tant 
de choses restent à dire ou à révéler sur les mo- 
numents eucharistiques ! 

Il importait de reconstituer les coffrets, dont 
nous n'avions pour ainsi dire que des lambeaux, 
afin de pouvoir les étudier dans leur ensemble. 
Cette vue générale est absolument nécessaire, car 



(I) Le Musée eucharistique possède des dessins coloriés de ces 
cofFreCs, mais ils ne nous ont pas été communiqués. C'est d'autant 
plus regrettable qu'il eût été utile d'Indiquer les couleurs des 
émaux, où, comme d'habitude, le bleu doit domioar. 



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il y a toujours deux parties dans l'iconographie 
des coffrets à reliques : la mort du saint et son 
triomphe, c'est-à-dire son admission au ciel. Or 
M. Chabau, pour deux coffrets, n'avait figuré que 
le martyre sans son complément, et, pour le 
troisième, s'était contenté du Christ rémunérateur. 
Il nous fallait davantage. 

M. Ernest Rupin, avec son aptitude bien coU' 
nue, a réduit les dessins de l'intelligent aumô' 
nier et présenté les coffrets du Vigean et de Salins 
sous leur aspect vrai : face, revers et côté. Ainsi 
les scènes se suivent et deviennent intelligibles. 

Un autre motif m'engageait à reprendre la ques- 
tion, à savoir la détermination de la date et du 
sujet. M. Chabau disait xu" siècle où j'inscris xni", 
et nommait Martyre de sainte Procule et d'un 
a évèque ou même d'un pape, » deux scènes que 
je qualifie Passion de sainte Valérie et de saint 
Thomas de Cantorbéry. Il y a là en jeu une 
question de principes que je tiens à énoncer. 

La fabrication limousine travaillait à l'avance ou 
sur commande. Les produits s'entassaient dans les 
magasins ou se portaient aux foires, et là l'ache- 
teur faisait son choix. En conséquence, l'icono- 
graphie ne traitait que des sujets tommuns, d'une 
compréhension facile et bons à toute circonstance, 
comme le Christ, la Vierge, les apôtres, les anges, 
et des saints populaires, tels que saint Thomas et 
sainte Valérie. C'était de la pacotille, du commerce 
courant, que le fabricant était toujours sur de 
placer. 

La commande, au contraire, imposait un pro- 



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gramme, et, comme le public n'aurait pas com- 
pris, le sujet s'élucidait par une inscription. Une 
légende n'était pas nécessaire pour sainte Valérie, 
mais elle eût été indispensable pour sainte Pro- 
cule, précisément parce que le même genre de 
supplice pouvait amener une confusion. 

Ce point de vue a son intérêt pour jugM" sai- 
nement les produits limousins, et c'est la pre- 
mière fois peut-être qu'il est mis en circulation. 
J'en recommande l'application aux archéologues, 
persuadé qu'il les aidera dans leurs constatations. 

Quoi qu'il en s'oit de nos divergences d'opinion, 
je n'en remercie pas moins M. Chabau de sa 
complaisance. Si nous étions ainsi aidés partout 
par le clergé, notre besogne serait facile. Du reste, 
je ne saurais trop louer sa modestie, car il m'écri- 
vait, cette année : « Vous avez fait beaucoup d'hon- 
neur à mes dessins en les remarquant; vous leur 
en ferez un plus grand encore en les reprenant 
en sous-œuvre et les expliquant avec votre haute 
compétence. » 



« Salins est une petite paroisse, située au sud- 
est et à "quatre kilomètres de la ville de Mauriac 
(Cantal), chef-lieu de canton. Elle doit son nom 
à une très belle cascade : l'Auge se précipite d'une 
hauteur de trente mètres. L'église, dédiée à saint 
Pantaléon, dépendait de l'abbaye de la Chaise- 
Dieu : elle n'a pas grand caractère, le portail ne 
remonte pas au-delà du xv* siècle. Cependant, sa 
fondation est très ancienne, car elle est men- 



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— 525 — 

tionnée dans la charte de Clovis, dont l'authen- 
ticité est contestée, mais qui date au moins du 
XI' siècle. 

» La châsse ne renferme que dos reliques ré- 
comment données par révôché de Saint-Flour. 

» D'anciens inventaires constatent son existence 
aux deux derniers sioi-Ies et désignent les reliques : 
a Un petit cofret de bois, avei; des bandes de loton, 
B où a esté attesté estre les reliques de saint Pan- 
» taléon, saint Biaise, saint Léobon et aultres. » 
{Inventaire de 1664.) Ce reliquaire était alors con- 
servé dans le tabernacle, ave.: le ciboire. 

« Un petit coffret, couvert de cuivre émaillé, où 
» sont plusieurs petites partielles de reliques de 
» plusieurs saints, ledit coffret sans clef et for- 
B mant avec un ruban ou cordon. » {Inventaire 
de 1743.) Ce reliquaire était alors à la sacristie. 
Aujourd'hui, il se conserve dans une petite ar- 
moire pratiquée dans la muraille du côté de 
l'évangile. » {Lettre de M. Chabau.) 

La forme générale est celle que l'on connaît, 
parce qu'elle est la plus commune : une maison (1), 
à quatre côtés inégaux, exhaussée aux angles par 
quatre pieds carrés, coiffée d'une toiture à double 
versant et terminée par une crête (2). La crête 



(1) ■ In omnibus domunculis, in quibus eleclra ponenda sunt, u 
dit le moine Théophile, au xii* siècle, dans sa Dieersarum artium 
schedula, tib. III, cap. 5î. ' 

(!) Il y aurait lieu de fixer, une fois pour toutes, la terminologie. 
ChAsae devrait se dire exclusivement dus meubles de grande di- 
mension, oii repose un corps aaînt ou notable partie des osse- 
ments. Reliquaire convient aux parcelles. Coffre ou coffret semble 

T. VIL ^-S 



DigmzcdbyGoOgle 



ondule et est ornée, sur trois sommets, de trois 
boules, celle da milieu surmontée d'une croix. Ces 
boules sont nommées pemmes par les anciens 
textes : elles représentent le fruit de l'arbre de 
vie, par lequel s'opéra la rédemption du genre 
humain, et deviennent ainsi le symbole expressif 
de la béatitude céleste, dont jouissent les martyrs 
comme récompense de leur foi et de leur courage (I). 

La hauteur totale est de 180 millimètres, la 
largeur de 185. 

L'âme est en bois. Des plaques de cuivre, doré 
et émaillé, y sont fixées par de petits clous à tête 
ronde. 

Les pieds sont striés en losange, pour rompre 
la monotonie de la surface, mais de façon aussi 
à ne pas arrêter le regard. 

La face seule a de l'importance, car c'était elle 
qui se trouvait en vue lors de l'exposition des 
reliques. 

Le revers est très simple : toutefois sa nudité 
est dissimulée par des motifs géométriques, égayés 
de fleurons. Les montants sont quadrillés. Le pan- 
neau de l'auge, entouré d'une bordure lisse bleu- 
clair, est coupé par une ligne horizontale et deux 
verticales d'émail blanc, avec disques aux points 
de rencontre. Le pourtour du médaillon est rouge 
ejt le fleuron blanc. Ces fleurettes indiquent les 



ici le mot propre ; >> Goffros Lemovicenses, > comme parla le Gallia 
ckristiana, h la date de 121S; « coffre de opère Lemoviccnsi, » 
selon l'inventaire de Saînt-Paul de Londres, ea 1298. 
(I) Bull, de la Soc. arch. de la Corrèze, t. VI, p. 485-187. 



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joies célestes; en sorte que celui qui repose dans 
le coffret voit réalisée la prophétie biblique : « Fui- 
cite me floribus, stipate me malis. » {Cant. Cant., 
II," 5.) Le champ est quadrillé en treillis, de même 
qu'au toit, où des bandes bleu-clair dessinent des 
losanges, remplis de fleurons blancs à longs pétales. 

Lors de la restauration du coffret, la plaque 
du toit a été reportée en avant, et celle de la pai-tie 
antérieure est venue se fixer au revers. M. Rupin 
a, dans sa gravure, remis chaque chose à sa place 
première : la corrélation existe, en effet, entre 
toutes les parties, et on ne peut méconnaître que 
Vhistoire convient à la face, parce que c'est elle 
qu'on regarde et la simple décoration au revers, 
qui n'est pas en évidence sur l'autel. On ne sau- 
rait prendre U'op de précautions dans ces arran- 
gements, où la logique doit guider principalement. 

La plaque antérieure de l'auge a été reproduite, 
dans la Revue eibchaHstique, de grandeur natu- 
relle. Une seule observation renverse la thèse de 
M. Chabau : sainte Procule porte sa tète « aux 
pieds d'un prêtre qui célébrait la messe » (1884, 
p. 283). Or, ici nous avons incontestablement un 
évoque, d'où il conclut que « l'artiste a commis 
une légère erreur. » N'attribuons pas ainsi aux 
autres nos propres distra'jtions. 

A l'angle droit, une main, l'index tendu, sort 
des nuages. C'est la main de Dieu, dextera Dei, 
disent les inscriptions du temps, qui ordonne à . 
l'évêque d'interrompre le saint sacrifice pour aller 
au-devant de la jeune martyre; elle montre, in- 



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dique, mais ne bénit pas. Ce geste, dans la cir- 
constance, est très significatifs 

La main divine surmonte l'autel, chargé d'un 
calice et d'un cierge unique (1), planté sur un 
chandelier conique dont une houle forme la ho- 
bèche. L'autel, de forme cuhique, est muni d'un 
parement à orfrois verticaux, qui n'empochent pas 
les plis à l'entre-deux, et à orfroi horizontal, plus 
connu sous le nom de frontal {2). 

A. la voix de -Dieu, l'évêque s'est détourné; il 
tend les hras pour recevoir l'offrande de la vic- 
time. Sa tête est couverte de la mitre unie, à 
fanons flottants, et son ample chasuble, mise sur 
l'aube, est relevée sur les bras. 

Une motte de terre ondulée est là pour que 
sainte Valérie s'y agenouille. Vêtue d'une longue 
robe, ceinte à la taille et les pieds chaussés, elle 



(I) X. Babbieh t}B MoNTAULT. Le miraclô de Bolaéne el le saint 

corporal d'Orvielo, p. 104-105. 

(!) « Item una casula et una capa, cum duabiis tuniculis, de nîgro 
velvett de auro bcsentato, cum duobus frontinellis ejusdom secte. » 
[Inv. deLichfield. 1317.) 

a Item, due froiitinelle pro magno allari de eadom secla (de albo 
samito). 

■ Item, due frontinelle prccioslasime cum imaginilius pro magno 
altari, quarum una est lata et alia magna (magis?) strii^la. 

u Item, una frontinetla cetcrls stricCior, que adjungitur uno pallo 
pro magno aJtarj et ista frontiiiella est exceltenter preciosa, quia 
est per totuin margaritis nobilibus ornata cum centum duobus 
bâtons de perlei. Et hec omnia de donoWalteri de Langedon epis- 
copi. » {Inv. de Lichfield, 1315, n" 87. 88, 89.) 

B Item duo paiHii, de doiio magistri Thome de Cantilupo (1265- 
1275), videlicet una froiitinella cum yniagiiiilm.'!, ad pnidendum 
coram altari et alius strictus ad peudendum supra altare. » [Ihid,, 
n- 110.) 



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s'incline respectueusement, les bras tendus en 
avant, tenant à deux mains sa tête, quasi sou- 
riante, les cheveux tombants. Du haut du ciel, 
exprimé par des nuages, descend à mi-corps un 
ange, dont la mission est de soutenir, au cou, 
la sainte qui vient d'être décapitée. L'assistance 
divine est donc évidente. Suit un jeune homme, 
le prétendant peut-être, en jaquette comte et 
ceinture, jambes et bras nua, qui par son geste 
semble vouloir apporter une assistance humaine à 
la défunte. Le dernier personnage est une jeune 
fille, reconnaissable à sa figure, sa chevelure et 
sa robe; elle saute gaiement, les bras en l'air. 
Cette attitude s'explique par la joie qu'elle éprouve 
d'être témoin d'un miracle inattendu; ce doit être 
une compagne de la martyre, peut-être même sa 
mère (1). 

Le fond du panneau est semé de roses; la rose, 
par sa couleur, est le symbole du sang répandu. 
Ici il y a encore une raison technique de pi-océ- 
der de la sorte. Les émailleurs limousins n'étaient 
pas assez sûrs d'eux pour couvrir d'un seul jet 
une surface plus ou moins grande; ils épargnaient 
donc dans le métal quelques endroits, qu'ils avi- 
vaient ensuite en couleur, et de la sorte l'émail 
était moins susceptible de se briser. Les roses 
sont inégales en dimension, suivant l'espace à 
remplir. Trois fois, on leur substitue des losanges. 



(1) Siunt CalHope de Gilicie ayant âtd crucifié, sa mëre mourut 
de joie en baisant le cadavre du martyr dont le bonheur éternel 
était ainsi assuré (Cahier, Caractér. deê tainlB, p. 40SJ. 



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Le premier archéologue venu du Limousin con- 
clura, comme moi, que le sujet appartient à la 
vie de sainte Valérie, sujet qui avait en soi un 
attrait particulier pour la ville de Limoges. S'il 
restait encore quelque hésitation, elle serait faci- 
lement dissipée par la comparaison avec la grande 
châsse d'argent de Saint-Vaulry (Creuse), qui est 
du un' siècle et que je compte puhlier bientôt, 
et un bas-relief du tombeau de Bernard Brun, à- 
la cathédrale de Limoges, que l'abbé Texier a fait 
graver en 1842 dans les Mémoires de la Société 
des Antiquaires de l'Ouest, et qui remonte au 
xiv" siècle. Voilà donc deux autres monuments 
afB.rmïnt la même tradition iconographique dans 
un espace de cent ans (1). 

Dans une châsse, l'auge représente, d'ordinaire, 
la vie terrestre, et le tûit la vie céleste où, le saint 
entre par sa mort. Il en est ainsi sur le coffret 
de Salins. Sur un fond constellé de roses, deux 



(1) Le cardinal Hug^ues Roger, TrÈro de Clément VI, mort en 
1363, âtwt représenté sur sa tombe en habits ipontiftcaui. • L'amict 
est chargé, du costé droit, de la figure de saint Uartial disant la 
messe, et sainte Valérie à ses pieds tenant sa teste en sa main, et 

au-dessus un ange soustenant son corps Dans l'autre milieu (du 

tombeau), l'on voit saint Martial à l'autel et sainte Valérie & ses 
pieds dans la posture cy dessus cottée, fors qu'il y est en bosse et 
Fautel dans sa fermette • (Faob. Le Tombeau du cardinal de 
Tulle, p. 11-12). — En 1645 fut exécutée, en argent, la ch&sse de 
swnt Martial, pour la ville de Limoges, par deux orfèvres de Paria. 
Parmi les bas-reliefs, Legros cite ■ le miracle de sainte Valérie 
décapitée, posant sa tête devant le saint apôtre, qui célébroit alors 
les saints mystères ■ {Bull, de la Soc. arch. du Limousin, tome 
XXXII, p. 84). — Sur une toile du ivii* siècle est peint le même 
sujet, au retable de l'autel de sainte Valérie, dans la sacristie de 
Ja basilique de Saint-Pierre, à Rome. 



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anges agenouillés, en tunique collante ceinte à la 
taille, tiennent d'une main une nappe déployée; 
leurs ailes abaissées, et par conséquent au rep03, 
indiquent qu'ils sont arrivés au ciel; de l'autre 
main, ils sonnent de l'oliphant en signe de 
triomphe. 

Sûr la nappe, émergeant des nuages et plon- 
geant la tête dans une autre couche de nuages, 
car c'est ainsi que le xin* siècle a représenté le 
firmament {i), l'âme de sainte Valérie, nue comme 
il convient aux esprits glorieux, se présente de face 
et à mi-corps, les bras étendus, pour témoigner de 
sa joie (2). 

Il est à remarquer que l'artiste a omis les 
nimbes à sainte Valérie, à saint Martial et aux 
anges, pur oubli ou caprice d'artiste dont on 
trouve mais rarement des exemples, car les règles 
siu* la matière étaient généralement observées avec 
scrupule. 

II 

« Saint-Laurent du Vigean, situé à deux kilo- 
mètres de Mauriac, est un ancien prieuré dépen- 
dant du monastère ou dovenné de Saint-Pierre 



(1) Sculpture de la cathédrale de Chartres {Ann&l. archéol., 
t. IX, p. 101.) 

(3) On a nomma orant, dans l'iconographie latine, le person- 
nage figuré sur une tombe, les bras en croix. C'est bien k tort, 
selon moi, car ici on n'a pas voulu représenter un vivant en 
priëre, mais son âme, comme l'a expliqué H. de Roasi. Or, une 
ame au ciel ne prie pas. L'extension des bras doit donc avoir, dans 
la circonstance, un sens différent, et je propose d'y voir l'allé- 
gresse qu'éprouve le défunt en prenant possession du ciel. 



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de Mauriac, fondé au vi* siècle par sainte Théo- 
dechilde, fille de Clovis l", comme je l'ai raconte 
dans la vie de cette sainte. 

j> L'église est romane, sauf la nef, qui a été 
reconstruite au sv' siècle parce qu'elle s'était 
écroulée. Deux chapelles latérales ont éte ajoutees 
à la même époque et une troisième plus tard. 
On y conserve une côte de saint Laurent, à la 
fois titulaire de l'édifice et -patron du lieu; elle 
n'a ni authentique ni sceau. Elle est déposée dans 
le socle d'une statuette de saint Lauj^ent, qui me 
paraît dater du xviii' siècle. 

» La châsse ne renferme qu'un médaillon mo- 
derne, plein de reliques. » {Lettre de M. Cfiabau.) 

.Sa hauteur est de 15 centimètres, sa largeur 
de il ; elle a la forme d'une maison sans crête 
et sort d'une autje main que le coffret précédent. 
Son style est meilleur et' son exécution plus soi- 
gnée. Les supports sont striés en treillis. La face 
antérieure de l'auge, bordée d'une ondulation à 
deux teintes, ^t consacrée au martyre, le teit à 
l'introduction au ciel, le rampant de la partie 
postérieure à l'ensevelissement, et, au-dessous, un 
cheval galope entre deux arbres. 11 est fâcheux 
que le dessin ait négligé ce quatrième panneau, 
qui tient probablement à la légende et sur lequel 
je n'ose me prononcer, car je ne puis, vu l'époque, 
lui attribuer le sens de la course de la vie qui 
nous reporterait trop haut, à l'ère latine (1). Mais, 
à mon sens, il y a eu une interversion : à la pas- 

(1) Bull, darch. chréL. 1S73, pi. XI. 



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sion doit correspondre la sépulture, et l'entrée au 
ciel dominera alors la scène du cheval, qui relate 
peut-être un miracle opéré au tombeau. 

Le champ du premier panneau est coupé de 
roses; un chevalier, tête nue, en jaquette à orfrois, 
le pied gauche posé sur un monticule à trois co- 
teaux (copeaux, comme disent les héraldistes), 
enfonce son épée droite dans le cou de la victime, 
et de la gauche, tendue, fait un geste d'allocution. 
Le saint, debout devant l'autel, les mains ouvertes 
et suppliantes, est habillé d'une riche dalmatique, 
que recouvre une casula à double orfroi perlé. Sa 
tête barbue est coiffée d'une espèce de couronne 
à crête ondulée, formée d'un bandeau gemmé, que 
complète une coiffe d'étoffe avec cornes saillantes, 
Bien qu'avec l'aspect d'une couronne royale, qui 
à cette place n'a pas sa raison d'être, nous voyons 
là certainement une mitre(l), puisqu'il s'agit d'un 
évéque ofBciant. L'autel, exhaussé sur un sol à 
deux rangs de coteaux, est muni d'un parement 
chevronné, à l'instar du point de Hongrie, et 
chargé d'un calice bas et à coupe évasée, derrière 
lequel est mise en perspective une hostie (2), tra- 
versée par une croix cantonnée de quatre points (3). 
Dans l'angle supérieur, la main de Dieu, issant 
des nuages, bénit à trois doigts, le pouce légère- 



(1) Revue de VAH chrét., t. V, planche à la page 281. 

(2) La chasuble, le calice et l'hostie supposent la cela b ration du 
saint Eacrilîce; cependant, il est certain historiquement que l'assas- 
sinat eut lieu • pendant les vgprcs g [Bull, de la Soc. arch. de la 
Corrèze, t. V, p. 255). 

(3) X. Basbibr ne Hontault. Le Marlyrium de Poitiers, p. 33. 



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— 535 — 

ment infléchi, ce qui constitue la bénédiction 
latine. M. Chabau a tort de dire : « Ici la main 
bénit à la manière grecque, un des caractères 
byzantins de cet émail s (p. 384), car l'émail est 
essentiellement français, sans aucune influence 
byzantine, même indirecte. 

Ce panneau est reproduit en simili-gravure dans 
la Revue euchœristique, pi. XXX. 

Je passe au second panneau, que je prends au 
toit du revers. Deux clercs, en aube et nu-tête, 
déposent dans un sarcophage rectangulaire, veiné 
pour imiter le marbre, le corps du défunt, enve- 
loppé entièrement d'un suaire en tissu treillissé et 
pointillé. A l'endroit de la tête est un nimbe cir- 
culaire, car par sa passion le martyr a acquis offi- 
ciellement la sainteté. Dans la scène précédente, 
il en était intentionnellement dépourvu, le mar- 
tyre n'étant pas encore consommé. Le corps est 
étendu sur un linceul, rejeté, aux extrémités, sur 
les épaules des clercs. En arrière, un évêque, 
tête nue, en chasuble orfrayée, la crosse dans la 
main gauche, donne une dernière bénédiction, au 
nom de la Sainte-Trinité, à l'illustre martyr. 

La bordure forme comme une guirlande de 
fleurons crucifères; au-dessous, l'ornement con- 
siste dans une succession de carrés se rejoignant 
et marqués d'une croisette, puis de fleurons cru- 
cifères, avec seconde bordure ondulée à Untérieur. 

L'entrée de la serrure, posée horizontalement, 
dénote le système de fermeture du coffret, au 
dernier panneau. 

Au troisième panneau reparaît la bordure on- 



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dulée^ encadrant la scène de l'enlèvement au ciel. 
Deux anges nimbés, ailes baissées, issant de nuages 
à mi-corps, habillés d'une robe et d'un manteau, 
soulèvent d'une maiu l'auréole elliptique, à con- 
tour zigzagué, dans laquelle est l'âme du martyr (1). 
Elle émerge des nuages, est vêtue d'une robe à 
ceinture et orfrois au cou et aux manches; sa 
tête porte le double signe de l'honneur, la cou- 
ronne et le nimbe; ses bras sont tendus, comme 
fait sainte Valérie, en signe de joie : « Exultent 
justi in conspectu Dei et delectentur in lœtitia » 
[Comm. des martyrs). 

L'àme est plus souvent nue; cependant elle 
est aussi parfois vôtue, surtout en Italie (2), car 
de la sorte on exprime le vêtement de gloire et 
d'allégresse dont Dieu pare ses élus : i Àmavit 
eum Dominus et ornavit eum, stolam glorise 
induit eum, » dit l'office des confesseurs pontifes 
au bréviaire romain; a stola jucunditatis induit 
eum Dominus, n ajoute celui d'un martyr (3). La 



(1) Voir sur ce rûle des anges ma brochure : Le Vilrail de Saint' 
Laurent à la cathédrale de Poitiers, p. U. — <• L'Ame du bien- 
heureux montaal au ciel dans une auréole que soutiennent deux 
anges, s est signalée par l'abbâ Teiier [Argentiers, pi. IV} sur 
un coffret qui était alors sa propriâtâ. 

(2) Voir, à Sainte-Croix de Florence, les funârailles de saint 
François : fresque de Giotto (xiv* siècle) et baS'Telief de Benedetto 
da Haiano (xv siëcle), dans la Vie de saint François (Paris, Pion, 
1885). p. 261 et pi. XXUI. 

(3) La sixième leçon de l'office de saint Benott, au bréviaire 
romain, parle de son âme, qui fait son entrée au ciel, parée d'un 
manteau très précieux, aiusi que l'ont attesté deux de ses moines : 
■ Sublatis in cœlum oculis, orans, iuter manus discipulorum eSlavit 
animam : quam duo monachi euntem iu ctelum vidernnt paiiio 



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robe a remplacé le costume épiscopal, comme la 
couronne la mitre, pai'ce que, d'après le commun 
des martyrs, au même bréviaire, Dieu, en mettant 
la couronne précieuse sur la tète de l'élu, se donne 
lui-même : « Domine, prœvenisti eum in bene- 
dictionibus dulcedinis » (nous avons vu cette béné- 
diction au moment décisif), « posuisti in capite 
ejus coronam de lapide pretioso; corona aurea 
super caput ejus, expressa signo sanctitatis, gloria 
honoris et opus fortitudinis. » 

I Deas, tuoritm militum 
Sors et corona, priemium. ■ 

Le nimbe s'explique par ce texte du bréviaire 
que lui applique aussi Guillaume Durant dans son 
Rationai : a Scuto bonœ voluntatis coronaati eum, 
Domine » {Off". du comm. d'un martyr). 

Les coffrets analogues ne manquent pas pour 
déterminer le sujet, qui n'offre pas de notables 
variantes, mais se réduit babituellement aux s::ènes 
de la mort et de l'ensevelissement. Je citerai ceux 
de la cathédrale d'Anagni (1), du musée de Cler- 
mont-Ferrand, de la collection de M. de Glan- 
ville {Revue de l'Art chrét., 1885, p. TZ), du 
musée de Berlin {Bulletin de la Soc. archéol. 



omatam pretiosissimo, circum eam fulgenlibus lampadibus et 
elarissima et gravissima apecie virum stantem supra caput ipsius 
dicentem audieruDt : Hwc est via qxut dilectus Domini Benediclus 
in cmlum aecendil. » 

(I) X. Barbier de Montault. La Cathédrate d'Anagni, p. E2; 
j'en ai fait faire une photographie par M. Simelli pour ma oollec- 
tioii des Anliquiléa de Rome. Los viiriantcs sont : le calici) posé 
sur l'autel devant une croix à trois pieds, deux meurtriers, saint 
Pierre avec sa croix et saint Paul aux petits côtés. 



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de la Corrèze, t. VII, p. 51), de la coUection 
de M. Doire, à Évreux [ibid., p. 52), du musée 
Thvulzio, à Milan (1) [ibid., t. V, p. 519), les 
trois de l'Angleterre {ibid.j p. 256) (2), et celui de 
la basilique de Latran, que j'ai signalé deux fois 
dans la Hevue de l'Art chrétien. Sur ce der- 
nier, les meurtriers sont au nombre de deux, 
et l'évëque, à la mise au tombeau, est assisté 
d'un acolyte tenant le l'ituel (3). Tout cela ne con- . 
vient qu'à saint Thomas Becket, archevêque de 
Cantorbéry, assassiné pour la foi dans sa cathé- 
drale, le 29 décembre 1170(4). 

Les petits côtés offrent, dans une bordure à 
fleurons, un apôtre abrité par une arcade cintrée, 
dont la retombée se fait sur une double colonne, 



(1) » Au loit, le Cbrist et deux anges; auge, le martyre; flancs, 
deui bienheureux. » 

(2) ' Auge, la martyr debout au pied de l'autel, trois chevaliers; 
toit, la déposition du cadavre dans un riche sarcophage. ' 

'{3} ■ Sur la chftsse d'Uereford, en face de l'évëque préaidant aux 
tunérailles, se tient un diacre chargé d'un diptyque ' [BvU. de ta 
Soc. arch. de la Corré^e, t. V, p. 256). 

(4) 11 fut canonisé par Alexandre III deux ans après sa mort. Ce 
fut le premier pour lequel le pape se réserva la canonisation par 
le 8aint-Siége (Benedict. XIV, De serv. Dei beat, et beat, canoniz., 
lib. I, cap. 0, n. !). 

Le corps ayant été levé de terre en 1Î20, son culte s'accrut 
d'autant. L'exécution des coffrets limousins correspond k cette date. 

Les reliques déposées dans ces coffrets purent être alors des 
ossements ou parcelles d'os; mais, antérieurement, on avait dis- 
tribué de ses vêtements, de sa cervelle et de son sang, ce qui 
répond au doute émis dans le Bull, de la Soc. arch. de la Cor- 
rèze, t. V, p, 355, sur l'impossibilité d'avoir des reliques partielles 
d'un homme dont le corps fut inhumé on entier. Voir ma brochure 
Inventaire de ta basilique de Sainte-Marie Majeure, à Rome, 
p. 23, 27.30; j'y cite une inscription du xiii' siècle. Cet opuscule 
est extrait de la Heoue de l'Art chrétien, t. XVI, 1873. 



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à base et chapiteau feuillages; une tourelle sur- 
monte le cintre. On reconnaît l'apôtre à son 
double vêtement {tunique à orfroi et manteau), 
à ses pieds nus posés sur une montagne à cinq 
coteaux, et à l'emploi de ses mains : de l'une, 
il fait le geste de la prédication, et dans l'autre 
il tient un rouleau qui renferme la doctrine évan- 
gélique. La figure est imberbe et la tète entourée 
d'un nimbe. Des bandeaux pointillés, en taille 
d'épargne, coupent horizontalement le fond, alter- 
nant avec des bandeaux plus larges, émaillés et 
fleuronnés. 



Quels sont ces apôtres? Rien ne le révèle, faute 
d'inscription et d'altribuls. SLirement, ce n'est ni 
saint Pierre ni saint Paul, au caractère typique. 



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Parmi les apôtres, les uns sont barbus, les autres 
imberbes. Saint Jean est imberbe en France, au 
xiu* siècle, saint Thomas aussi; mais, je le répète, 
il est impossible de les nommer. 

Le symbolisme, au contraire, est bien mieux 
fixé. Nous l'apprenons de saint Augustin, dans son 
Exposition sur les Psaumes et du Bréviaire romain, 
qui lui emprunte les leçons du second nocturne 
du commun des apôtres. Les apôtres sont le fon- 
dement de la cité sainte, établie sur les mon- 
tagnes éternelles. Ils portent notre infirmité et 
sont les portes par lesquelles nous entrons dans 
le royaume de Dieu, grâce à leur prédication. 
« Fundamenta ejus in montibus sanctis, diligit 
Dominus portas Sion. Quare sunt fundamenta apos- 
toli et prophetae? Quia eorum auctoritas portât 
infirmitatem nostram. Quare sunt portœ? Quia per 
ipsos intramus ad regnum Dei. Prœdicant enim 
nobis et cum per ipsos intramus, per Christum 
intramus : ipse est enim janua. » 

Les apôtres gardent donc les reliques^u martyr 
et les recommandent à la vénération des fidèles. 
Ils proclament aussi sa foi, son courage, sa vic- 
toire; en sorte qu'on peut cbanter avec l'Église 
dans une de ses hymnes triomphales : 

■ « Invicte martyr, unicum 

Palris seculus Filium, 
Victis triumphas hoslibus, 
Victor p-uens cxlestibus. » 

C'est jouir du ciel que d'habiter avec les apôtres 
dans les tabernacles éternels : « Dabo sanctis meis 



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locum nominatum in regno Patris mei, dicit Do- 
minus » {Comm. des martyrs). 

III 

M. Chabau écrit dan? la Revue eiœharistigtie 
{1885, p. 59) : « Châsse de sainte Eulalie, canton 
de Pleaux (Cantal). Le Christ, assis et bénissant à 
la manière latine, avec trois doigts. Il tient de la 
main gauche le livre des évangiles. La tête est 
en relief (1) et couronnée. Les fleurons de la cou- 
ronne ont disparu. Le nimhe est croisé comme il 
convient, et le personnage entier est entouré d'une 
auréole elliptique. C'est la gloire complète. A sa 
droite et à sa gauche, deu^ autres personnages qui 
ne sont point caractérisés. Cet émail peut être 
du xiu" siècle. La royauté de Jésus-Christ y est 
parfaitement indiquée par la pose, le geste et sur- 
tout la couronne. » 

De ce coffret, dont" la description est très 
incomplète puisqu'un panneau seul est signalé, 
nous n'avons, dans le dessin de la planche XXXVl, 
que le Christ-roi, sans son escorte de saints. Je 
suppose, d'après le principe exposé, que la plaque 
forme toiture. Si nous avions la plaque inférieure, 
nous saurions à qui Jésus décerne la récompense 
céleste, car ceux qui l'entourent composent en 
abi-égé sa cour (2). 



(tj a Les têtes en relief sur des bustes gravés sont ci 
Limousin ; on n'en connaît pour ainsi dire pas d'exemple en Alle- 
magne s {Btill. de la Soc. arch. du Limouain, i. XXXII, p. 53). 

(!) Si je cherche des similaires à cet âmail, j'en rencontre deux 
dans le beau livre de H. dé Roddaz : L'Art ancien & l'Expoeition 

T. Vn. 5-fi 



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La couronne ressemble, par sa coiffe à cornes, 
à celle du coffret de saint Thomas. La figure 
est barbue et la chevelure longue. La robe est 
bordée, au col, d'un orfroi, et le manteau, jeté 
sur l'épaule gauche, se ramène en avant. Le livre 
est fermé, car lui seul peut l'ouvrir (1), et appuyé 
sur son genou gauche. Les pieds nus posent sur 
un escabeau, insigne de dignité suprême. On ne 
voit pas de siège; la barre transversale ne peut 
en tenir lieu, se trouvant à hauteur des reins. 
Quatre disques à couches concentriques égaient le 
fond. Quatre autres disques, rehaussés de margue- 
rites à six pétales arrondis, saillissent aux pointes 
et au milieu de l'auréole. 

La date d'exécution est certainement le xiii* siè- 
cle, plutôt vers le règne de saint Louis. 

X. Barbier de Mon"tault, 

Pré)at de la Haisoa de Sa Sainlelé. 



nationale belge (Bruxelles, 1882), p. 15, 32, Le cofffet de la collec- 
tion Vermeersch présente : à l'auge, le Cbrist-roi, assis entre deui 
apOtres, également assis, par allusion au jugement dernier qui 
attribue aux saints leur récompense éternelle; au toit, trois anges 
à mi-corps, issant des nuages et ailes au repos. Tout ici parle 
donc du ciel. Le revers n'est pas figuré sur la planche. 

Au cofTret de la collection Desmottes, l'auge met en scène la 
Crucifixion avec la Vierge, saint Jean et deui apôtres debout; au 
toit, la Majesté entre deux anges semblables aux précédents. Le 
symbolisme ici est manifeste, et le Christ lui-même l'a expliqué 
aux disciples d'Emmails : < Nonne hsec oportuit pati Christum et ila 
intrare in gloriam suam! » (Saint Luc, XXIV, 26). On voit par là 
combien il est utile à la science de ne pas morcHcr les sujets 
pour n'en donner qu'un détail, qui laisse dans l'embarras sur son 
complément. 

(l) Apoc, V, 5. 



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LIVRES DE RAISON 

LIMOUSINS ET MARCHOIS 

(Suite. — Voir t. vii, 2* livraison.) 



CAHIBR-MBMET4T0 DE PSAUMET PÉCONNET, 
NOTAIRE A LIM0ÛB8 (1487-1002) (1) 

Livre de M. Psaumet Pieonnet, no" royal, dans lequel est la 
datte de son conlrael de mariage et les noms de ses enfans; 
ted. livre en première datte du mardy devant Pasques de 
l'an ikSl (2}. 

Ea sec sen (3) la memoria tochan mas nopsas : 
Et premieyrament, yeu, Psalme Peconet, fermiet [4) la 
Mathîre Beynesche (5) , ftlhe de feu Johan BeyQeys, au 
temps que vivie, bourgeys et marchant de Limoges, et de 
Mathive Salessa, lo dimars davant Pasqueys, en lan mil 
quatre cens quatre vings et sept (6|, et luy donîey ung 
aneu d'aur appellet signet (7), que costave. xxzii ss. ti d. (8). 



(1) Voir la notice consacrée à ce manuscrit dans notre intro- 
duciion, L. G. 

(2) Ce titre paraît Stre d'une mûn du xvii* siècle. Il est écrit sur 
lA feuille formant couverture, 

(3) S'ensuit. 

(4) De fermar ou firm&r, qui équivaut à accorder, mais avec le 
sens actif. On trouve constamment dans le livre d'Etienne Benoist 
et dans d'autres documents des iiv* et xv* siècles, fermalhAS, signi- 
fiant accordaillea. 

(5) Benoist, nom d'une riche famille de bourgeoisie qui a joué un 
rfile considérable k Limoges du xiv au xvm' siècle. On sait que 
nos pères avaient l'habitude de donner, en parlant d'une femme, 
une désinence féminine au nom de famille; de là Beyneache, 
Sftleasa. 

(6) Le 8 avril UST. 

{7} De aignttm. C'est l'anneau des accords. Les accords n'étaient 
pas exactement les (jançailles; ils consistaient surtout dans le rè- 
glement des questions d'intérêt et dans l'adhésion donnée par les 



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— 544 — 

Item, luy doniey may, la velhe de la S' Johan, une 

redorte (i) d'aur que costave un 11. (2). 

Item, furen fâchas las Dopsas et solempiiisadas en S" 
mayr esglieyga a Limoges, a S' Peyr au Queyroy (3), 
lo quarleyme jour de novembre l'an mil iiu' quatre vings 
et sept, et me fust promeys en doayre (4) per Mathieu 
Beyney, moss' Jamme et Johan Beyneys, frayra, la 
somme de sex vingz et dietz 11. mon. coireo [5j, et la 
demorance en leur meygo a la Porte Polalieyra (6), en 
laqualle y deven balhar une chanbre et l'obradour (7) en 



deux fEiniilles à un projet de mariage. Les fiançailles avaient un 
caractère religieux et comportaient l'intervention et le consente- 
ment des deux futurs épou;t, entre lesquels elles créaient, parfois 
cinq ou six années avant le mariage, un véritable lien. On a aussi 
appelé aigtiet l'anneau à scel. 
(8) Soit 10 fr. 46, qui équivaudraient à 52 francs d'aujourd'hui. 

(1) Torsade. Il s'agit ici d'un bracelet ou d'un collier, peut-être 
d'une ceinture ou d'un ornement de tftte. Le mot de redorto — 
réorte, en français corrompu — sert encore de nos jours i, désigner 
un objet rond et tordu, tout particulièrement une couronne de pain 
ou de brioche. 

(ï) 22 fr. ai, environ 115 francs d'aujourd'hui. 

(3) Saint Pierre du Queyroix, une des plus anciennes églises 
paroissiales de Limoges. Cette église était une prévôté dépendant 
de l'abbaye de Saint-Martial avant la transformation des anciens 
chanoines ou clercs en religieux, sous Charles-le-Chauve (848). 

(4) Le mot douaire ne signifie pas autre chose ici que dot, et 
c'est le sens qu'il a le plus souvent dans les contrats dos xcv et 
XV* siècles. On voit ici un exemple de la constitution d'une dot 
i. une fille par ses frères, à défaut du père de famille. C'était tou- 
jours le chef de famille qui avait la charge de payer les dots et 
qui les constituait : la fortune, on ne saurait trop le rappeler, 
appartenait à la famille, au groupe et non k ses membres indi- 
viduellement. Le patrimoine passait directement d'un chef de fa- 
mille à un autre chef de famille, qui en distribuait une partie 
conformément aux coutumes de la famille, et aussi aux intérêts 
actuels du groupe. 

(5) Soit 742 francs, 3.710 environ d'à présent. 

(6) On appelait rue de la Porte Poulaillëre, ou plus brièvement 
rue de la Porte, la rue PoulaiUère d'aujourd'iiui, qui conserve à 
une de ses extrémités, du cûl^ de l'ancienne « barrière de ia 
Porte, t une mi^nifique maison du xiv* siècle. Ce nom lui avait 
été donné à cause d'un très ancien marché aux volailles qui 
s'était tenu à cet endroit. 

(7) Atelier, operalorhim. 



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— 545 — 

e7ci, corne ;^ar per las lectras passadas permestre Micheu 
de Lespine, notari de Limoges, la qualle lettre yeu ay 
devers me toute grossade, signade et expedide. 

Item, pagiey per la despeace de lasd. nopsas, tant ea 
polalhe, po, vy, char, mestriers (]), e autras chausas, la 
some de nou lieuras v d. monede corent (2), , ix 11. v d. 

Item, bailliey plus a lad. Mathive, a las nossas, l'aoeu 
fermaditz (3), en quatre perlas, d'aur, que costet. vi 11, (4). 

Item, plus une senture ferrade deu long d'argen(5), 
que costet vi 11. 

Item, luy doniey plus ung aneu esposaditz que costave 
la some de un 11. x d. [6]. 

ËDseguen sen los preseiia que me fureu donatz a mas 
Qopsaa : 

Et premieramenl, mon mestre (7), mestre Estienne Par- 
rot, notari de Limoges xv ss. (8). 

Item, moncugi(9), PeyrFeydit. . Ungfloriouchat(lO). 
■ Item, mon cugi, frayr Jolian Peconet, . . v 33. (il). 

Item, mon cugi, moss' mestre Pierre Pradelho, licen- 
ciât eu leys xv ss. x d. (12). 

Item, mos dos cugis, frayr Guillem de Mathieu et 
Glrau, son frayr xvii ss. vi d, (13). 

(1) Il faut probablement lire menealriert, bien qu'il n'y ait au- 
cune trace d'abréviation. 

(2) 51 fr. 45, 255 francs au pouvoir de l'argent aujourd'hui. 

(3) Anneau fermaditz, anneau d'accordée, do fiancée; anneau ei- 
posadiU, anneau de mariée. 

(i) 3i fr. 26, 171 francs environ. 

(5) Ferrée ou garnie d'argent tout du long. 

(6) 23 fr. 35, qui en vaudrwent environ 117. 

(7) Son patron, le notaire chez lequel il travaille au moment de 
son mariage. 

(8) 4 fr. 29, 21 fr. 50. 

(9) Cousin. 

(10) Florent ad calum, monnaie souvent mentionnée au iv siècle. 

(11) 1 fr. 43, plus de 7 francs. 

(12) ^ fr. 05 environ, ayant la valeur de 24 francs d'aujourd'hui. 

(13) 4 fr. 98, 25 fr. environ. 



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Item, mon oncle Moss' Jamme Peconet. 1 flori ou chat. 

Item, mon cugi Psalme Peconet, fllh de meslre Lien- 

nard Peconet, de Ahen Mostiers (1). . . . xtiii ss. [2). 

Item, et deu quau maridatge furen procreatz et engen- 
drât! loa enfans que senseguen : 

Et premierament, une Ûlhe appelade per son nom 
Mariota, ma première filhe engendrade, laquale nasquet 
lo dimecreys empres la feste de la Assumplion Nostre 
Dame, que l'on contave per date lo xx* jour d'oust, lan 
mil quatre cens quatre vings et hueutz; et fu son peyry (3) 
mon frayr Mathieu Beyneya, et comayr (4) ma mes- 
tresse (5), Mariote Rogieyra, fenne de mestre Estene 
Parrot, ootari de Limoges; et fu baptisade a S' Peyr au 
Queyroy, et pourtet lo nom de sad. meyrine. 

Item en seguen se los comeyraditz (6) fatz en las jacillas 
de lad. filhe : 

Et premierament, raoss' mestre Marti Balestier, licen- 
ciât en medicioe, venc comeyrar en (7) ung paslitz de 
poleU, une auche (8) et un poletz routiz, une tercieyra (9) 
de vy. 



(1) Eymoutiers, chef-lieu de canton de l'arrond. de Limoges. 

(2) 5 fr. 13 : 25 fr. 60. 

(3) ParraÎQ. Pëconnet donne ici le nom de frère & un de ses 
beaux-frërea. 

{4) Marraine. 

[5} La femme du maître notaire chez qui Psaumel Péconnet a 
travaillé ou môme travaille encore. 

(6) Comeyraditz signifie, à proprement parler, qui meni dei 
commères, ou qui ett donné à ioccaêion de» commérages. Ce 
mot s'appliquait aux dons offerts à l'accouchée par ses visiteuses 
et visiteurs. 

(8) Une oie. 

(9) On appelait ainsi une mesure rcprésontant U troisième partie 
de U pinte. 



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— 547 — 

Item, venc comeyrar lad, Mariote Rogiere, comayr, ea 
uDg pastilz de poletz, ung viage (I), et ung autre viage 
en dos paatitz, ung de poletz et l'autre de lebre(2), une 
auche, ung gorret (3), quatre poleti routiz et doas ter- 
cieyras de vy. Kt son marit no volguet pas venir. 

Item, la dompne[4) Symona deu Peyrat(5), fenne deu 
seigneyr Marsau Disnemandi (6), venguet comeyrar per 
doas vetz f7} : une vetz, en ung pastitz de poletz, et une 
quarte (8) de vy, et l'autre vetz, en ung autre pastitz de 
poletz et une autre quarte de ry. 

Item, massor [sic] la Galiane Beynesche, relicte (9) de feu 
Mathieu Doury, venc en dos pastitz de poletz, une quarte 
de vy. 

' Item, ma d[ompn]e l'Anne Salessa, relicte de feu Fran- 
ceys Lamic (lOj, venc en ung pastitz de poletz et une 
quarte de vy. 

Item, ma d[ompn]e Hadiive Salessa, relicte de feu 
mestre Johan Feydit, venc en doas michas (M), ung fro- 
mage blanc et dietz leoalx (12) et une quarte de vy. 

Item, ma d[ompn]e Mathive Beynesche, femme deu sei- 
gneyr Franceys Saleys (13), todc ung viage en ung pastitz 

(I) A une visite. 
{5) Lièvre. 

(3) Ud cochon de Uit, 

(4) Dame. 

(5) Dès le XIII* siècle, les du Peyr&t figurent au premier rftng 
des familles de la bourgeoisie de Limoges. 

(6) Les Dianemandi, dont le nom a'est francisé et transformé en 
celui de Disnematin, complent au xv siècle parmi les plus riches 
bourgeois de Limoges. Daurat, le poeta regiui, était nn Disne- 

(7) Par deux fois. 

(S) La quatrième partie du setier, parfois de la pinte. 

(9) Veuve, du latin relicU. 

(10) De Amici, forme latine du nom d'une très ancienne famille 
de notre ville. 

(II) Deux miches de pain. Le mot s'est conservé. 

(12) Nous ne pouvons traduire ce mot. 

(13) Les Saleys paraissent être, après lea Meyze, les plus grands 
négociants de Limoges au xv siècle. 



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— 5*8 — 

de poletE et ung autre viage en uDg gorret et lu polelz 
routiï et une quarte et terciere de vy, et venc lo seigueyr 
Franceys, son marit, quant hac sopat (1). 

Item Peyr Feydit et sa feniie vengren en ung pastitz 
de poleu, ung gorret, une auche et dos poletz routiz et 
doaa tertieyraa de vy el treys pas choyney8(2). 

Item, la Johane Pradelhona, relicte de feu Penot Buat, 
venc en ung pastitz de poletz et une quarte de vy el 
treys pas choyneys. 

Item, la Noanete Salesse, fenne de Peyrardit, venc en 
ung pastitz de poletz et une terciere de vy. 

Item, lo iiu""(3) jour deu meys d'octobre, que era lo 
jour de moss' S' Franceya, l'an mil CCCC IIII" el dietz,' 
nasquet Peyr, mon âlh, mon segon engendrât, et fu 
batizat a S' Peyr au Queyroy de Limogea, et fu son 
peyry Moss' mestre Pierre Pradelho, licenciât en leys et 
prebre (41 ; et portet lo nom de son peyry ; et sa meyrine 
fu Noanete (5) Salessa, feane de Peyrardit (6). 

Item, venc veyre la jasen (7) lad. comayr, en ung pas- 
titz de quatre poletz et une terciere de vy. 



(IJ Le mari ne vieat qu'après le souper. Il était en effet défendu 
à tout autre homme qu'au parrain ou aux plus proches parents, 
d'aller commérer chez l'accouchée. Nous avons dit qu'on enfrei- 
gnit souvent cette interdiction. 

(2) Le pain choyneys — la forme exacte était, parait-il, cha- 
noyneys, pain de chanoine — était un pain de luxe qu'on trouve 
souvent mentionné. V. De Canob ; partis canonicus. 

(3) On avait d'abord écrit xiiu'*. 

(4) Prêtre. 

(5) Pour Nanette, de Jeannette, Johanela. 

(6) Suit un nota, ainsi conçu : pt Ip rpfpdpt gplppnp bpy- 
npychp. Ce qui veut dire évidemment .* et lo refudet ûatJane 
Beyneyche. L'auteur du Livre de raison a voulu noter pour lui 
seul ce souvenir : sa belle-sceur avait refusé d'être marraine du 
petit Pierre. 

(7) La malade, l'accouchée, de jacenlem. Le verbe ;a«er pourrait 
bien venir des caquetages des commères qui visitaient la jasen, et 
non de la pie, jasso. 



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- H9 — 

Item, venc ma comayr, la Mariote Rogiere, fenne de 
mestre Ësleoe Pan-ot, en ung pastitz de quatre poletz et 
de une coha de mosto (1), et une quarte de vy. 

Item, venc la Johane Pradelhona, eor deud. compayr, 
Tcyre lad. jasen, en ung pastis de quatre poletz et doas 
tercieyras de vy et Ireys pas. 

Item, veoc ung autre viage lo compayr, en un grant 
preseo ires honestemen. 

Item, lad. Noanete Salessa, comayr, venc en lo grant 
presen, très honestemen. 

Item, ma sor (2), la Guischarde Beynesche, fenne de 
inestre Anthoni Tibort, licentiat en médecine, venc co- 
meyrar en ung pastitz de quatre poletz et de ung lopi 
de buou(3} entrennasi?) (4), treys pas choyneya et une 
tercière de vy noveu et une pinte de vy vielh. 

Item, venc la doropne Symona deu Peyrat, fenne deu 
Sr Marsau Disnemandi, en ung pastitz de quatre poletz 
et une quarte de vy. 

Item, venc frayr Johan Peconet (5), mon cugi, en ung 
pastitz de lebre et une quarte de vy. 

Item lo xxvij* jour d'oust, l'an mil CCGC IIU" et unze, 
morit lod. mon fllz E*eyr, a Tore de prime — a qui Dieu 
absolhe ! (6) — et fu ensebelit au grand tombeau de la 
dompne Paulie Auàiere(7), davan l'esglieyge de S' Peyr 
au Queyroy, davan lo grand pourtau. 



(1) Une queue de mouton. 

(!) Ici, comme plus haut, Psaumet donne k ses belles-SOBurs !& 
qualification de aœurs. 

(3) Une pièce de bosuf, 

(l) S'il n'y avait un jambage de trop au manuscrit, nous serions 
. tenté de lire : entre mas, dans les mains. 

{h) On voit que les religieux èui-mémea prenaient part aux com- 
mérages. (Je n'était peut-être pas Fort décent; mais su i bon vieux 
temps, ■ on n'y regardait pas de si près... 

(6) Que Dieu absolve ! 

(7) Paule Audier, femme de Mathieu Bsnoist, a laissé une mé- 



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- 550 — 

Item, lo noveyme jour deu meys de julhet, l'an mil 
quatre cens quatre vings et douge, nasquet Estene, mon 
fllz, tiers engendrât, et fu batizat a S' Peyr au Queyroy 
de Limogea ; et fu son peyry mon mestre, mestre Estene 
Parrot, notari de Limoges, et sa meyrine ma sor, la 
Galiane Beynesche, relicte de feu Ma^ivot de Julie (1), 
dit Douri; et pourtet lo nom de son peyry. 

Item, lo Ti' jor de mars, l'an mil IIII' IIII" efXIUS), 
Mathieu Beyney reymet (3) la viohe deu Torondeu (4) et 
paget, tant per las garentes per que era engacgade, que, 
per las reparacieus, xlii U. x bs. (5). Et en passet la quis- 
tance mestre Estene de Campis (6), notari de Limoges, en 
la présence deu s' Franceys Saleys et Johan de Lagerîa 
et Peyrardit. 

Item, lo dietzeym,e jour de mars, l'an mil IIIJ* IIIJ" et 
trecge (7), nasquet mon filz Jamme, quart engendrât, et 



moire longtemps vivante. Elle avait, en 14ït, au retour d'un pèle- 
rinage k Jérusalem, fait exécuter dans l'église de Saint'Pierre, par 
un sculpteur vénitien, le sépulcre qu'on y voyait encore & l'époque 
de la RévolutioD. Il semble, par ce passage, que Paule Audier, 
morte en 1433, n'avait pas été inhumée dans la chapeJle des Be- 
noitt, construite en 1326 par un membre de cette famille À l'intë- 
rieur de l'église, mais dans un tombeau spécial, hors de l'édifice. 

(1) La ricbe famille des de Julien était originaire de la Cité de 
Limoges; deux de ses membres furent les premiers trésoriers de 
la Généralité. 

(2) 1493. L'année commençait au 25 mars dans le diocèse. 
(3} Racbeta, ivdetnit. 

(4) Territoire situé près des fossés du Château de Limoges, entre 
les Grands-Carmes et Saint-Gérald. Il y existait une fontaine men- 
tionnée par plusieurs documents du xuj* siëcle, et pour le rachat 
de laquelle un marchand, Gérald firunaud, fait un legs en 1270. , 
(Arch. de la Haute- Vienne, liasse 8,372.) 

(5) 275 fr. 71, qui équivaudraient à 1,379 frwics d'à présent, 

(S) Etienne Descbamps. Peut-être y a-t-il quelque rapport entre 
ce notaire et la famille nommée au Livra de r&ison des Ualliard. 
(7) Vieux style. 11 s'agit du 10 mars 1494. 



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— 551 — 

fu batiza a S' Peyr au Queyroy de Limoges; el nasquet 
entre dietz et onze horas de neutz; et fil son peyri Jamme 
de Julie lo jouae, mon nebout(l), et sa meyrine la Cibille 
SalesBa, filhe de feu Liennard Saleys; et portet lo nom 
de son peyri. 

Item, lo viij' jour de septembre, l'an mil IIIJ' IIIJ" et 
quatorze, anet de vite a trespas mon fils Estene. et fu 
sebelit au grand tombeau de la Dompne Paulie Audieyre, 
davant lo grant portau de S' Peyr au Queyroy, 

Item, ma filhe, l'Anna, nasquet lo (2) jour deu meys 

de (3) l'an mil quatre cens quatrevings et quinze; et fu 

son peyri Johan Beney, espiDlier(?) (4), et Anne Beynesche, 
filhe de Mathieu Beyneyt. 

Item, ma filhe, la Valérie, nasquet lo jour deux Ynno- 
cens, xxTiij* jour de décembre, l'an mil CCCG IIIJ" et 
secge, et furen peyry et meyrine Charles JoUboys, mon 
nebout, et sa meyrine la Marie Lapine, molhier (5) de mon 
nebout Jamme de Julie, dit Douri, lo joune. 

Item, ma filhe, la Narde, nasquet lo (6) jour d'aoust, 

l'an mil IIIJ* IIU" XVIII; et furen son peyry moss' 
Jamme Beyneyc, et meyrine la Lienarde, filhe de Peyr 
Feydit. 

Lo ivj* octobre, jour dlenmenc (7), l'an mil cinq cens 
et deux, nasquet Psalme, et fut baptisât à S. Peyr au 
Queyroy, et fu peyry Marsau Beyney, mon nebot, et fu 
meyrine la Margot Rogiere, ma selorge(8). 



(I) Neveu. 

(3) Un mot laîaaâ en blanc. 

(3) Va blanc. 

|f) Lecture bien doutenae. 

(5) Femme. 

(6) Un blanc. 

(T) Jour de dimanche. 

(S) Belle-sœur. On trouve en général serorge. — Ce dernier para- 
graphe paraît ne pu dtre de la même main que le reste du ma- 
nuscrit. On lit au bas de la page : Donet (!) per comandamen de 
ta Matkive. 



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— 552 — 
Ptwieun feuillets — troit au moiru — arraehit. 

Item, per dos massos i^e agues, lo xiu* et lo xiiu* Jour 
deu meys de julhet, l'ung dos jornaxilx(i), et l'autre ung; 
psemierament, per chasque jornau, po et vi et pistanse, 
et may xxu d, (2), monte, a treya deniers de po per 
jour (3), j d. de pistance et lu pîntas de vi per jour et 
zzij d. per uue, monte vru s. tx à. (4). 

Item plus, per ce que n'avie pas prou (5) peyra per fumir 
losd. dos massos, lod. xiiii' de Julhet, balhiey a Grougo per 
hueutz chargas qiiem'en portet prontameu. i» s. m d. (6). 

...Ung... m'en donet a v d. la charge (7). 

Item plus, per doas chargas de chau, que aguis, l'une 
de Reymon lo masso et l'autre de ung homme de de- 
f6re(8) xm; s. vi d. (9). 

Item per cinq (10) jornaulx de Vachier que serve los 
massouk, lo xi*, xii', xm* et quatorzesme jou" de julhet, 
per chasque jour xviij d., po, vi et pistance, et en ce sa 
fenne ly eydet, et may sa fllhe, a pourtar de la chau de 
meygoî(Il) usques en la vigne et de l'aygue de la fou (12), 

(1) Journées. 

(2) 58 c. 96, 2 fr. 95 d'aujourd'hui. 

(3) Soit 8 c. 04, un peu plus de 40 centimes d'aujourd'hui. On 
peut lire un peu ce qu'on veut ici : jour, livre ou l'un. Si Psalmet 
ne donne qu'une livre de pain à ses maçous, il résulterait de ce 
passage que le pain était cher à cette époque; mais il s'agit ici 
de deux livres, selon toute probabilité. 

(4) 2 fr. 81, au pouvoir de 14 fr. d'à présent. La journée, argent 
et nourriture, ressort à 35 deniers, soit fr. 937 : 4 fr. 69 d'à présont. 

(5) Assez. 

(6) 1 fr. 04, correspondant i. 5 fr. 20. La charge ressort donc à 
65 centimes. 

(7) 13 c. 4, équivalant à 67 centimes d'à présent. 

(8) Du dehors. 

(9) 4 fr. 66, plus de 23 francs : soit plus de 11 fr. 50 la charge. 
(10} Vu les corrections faites plus loin, il faut lire ici quatre ou 

lieu de cinq. 

(11) De la maison, de chez moi. 

(12) L'eau de la fontaine. 



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— 553 — 

moDten losd. quatres jornaulx, lo logier tan solemen, sey 
po, vi oy pistance vi s. (1). 

Item, plus en vi per losd. quatre journaiilx, dotge piiitas 
a treys deniers la piota, monlfi m s. [2). 

En po et pistance per losd. quatre jours ; per chascun 
iKj d., monte xti d. 

Item, doniez a Moss' lo probost que m'es (3). 

Item, plus per ung aultre jomau que Vachier no podie pas 
servir lo dissapte, xnu* de Julhet : vi, treys pintaa. ix d, 

ËD po et pistance nu d. 

Item, plus aguis de chas Jehan Vidau une tenilhade de 
chau en cailho, de que pj^gieys u s. tj d. (4). 

Item, lo ix* jour de feurier, l'an mil IIIJ* IIIJ " XII (5), 
aguis ung homme que demore en las meygos de Colon près 
* Porquet et se appelle Johan, per charier de la peyra, que 
me costet xiu d. per jour, et po et vy; et Vachier feys lo 
merchat ; monte, contet lo vi, a uj d., la pitance (et en ce 
doas} et lo po lu d xij d. (6). 

Item, lo dilus xi de feurier, l'an susd., aguis ung homme 
dessus nommât per menar la peyra et per charro ; costet 
XV d., po et vy : monte xinj d. (7). 

Item, per apourtar lo pic (8) j d. (9). 

Item, lo dimars, xii' de feurier, l'an susdit, aguis ung 
homme, lod. dessus uomat, que me costet xv d., 1 po, 
Il piiitas de vy, monte zzii) d. (10). 



(i) 1 fr. 93, 9 fr. 65 c; la journée ressort donc à 2 fr. 41 c. 

(2) 96 c. 65, équivalant à 4 fr. 83. Ou voit que le prix de la pinte 
représente un peu plus de 40 c; la pinte valant 1 litre 071, le litre 
de vin est ici porté à un peu plus de 37 centimes. 

(3j La fin de ce paragraphe est illisible. 

(4] SO centimes, soit 4 francs. 

(5) Le 3 février 1493, nouveau style. 

(6) 21 deniers valent un peu plus do 67 centimes : 3 fr. 36 ou 37 
d'aujourd'hui. 

(7) Moins de 62 centimes, 3 fr. 06 ou 7. 

(8) S'agit-il du pic pour extraire la pierre? 

(9) 2 c. 63, équivalant à 13 ou 14 centimes d'aujourd'hui. 

(10) Moins de 62 centimes, 3 fr. 06 ou 7. 



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— 554 — 

Item lo dimecreys, xii* deud. meys, achaptiey une pale [1] 
per far lo mortier; costet v d. (2). 

Item, lod. jour, aguîs dos massos, Estene de Mas Bas- 
tent (3) et Peyr, de la paroffla deu Palays (4) ; costeren 
XX d, et loure despens, gostar et disner et marendet, treys 
deniers de po chasque repas et doas pintas de vy, m d. 
per pitance, per chascun, monte. . . . v s. m d. (5). 

Item, lod. jour, aguis doas manobras per far los fonda- 
mens et los chavar (6) deud. mur, et per servir los mas- 
soux et per chavar lad. peyra : coBte[re]n chascun xv d., 
ung po et doas pintas vy, monte. , . . m s. x d. (7). 

Item, lod. jour, aguis ung asuier, que menet la terre, 
loqual deguet aveyr itij d. (8) de la charge, et chasque 
jour pinte de vy, et en menet lod. jour ,x chargas, 

monte ni s. vu d. (9). 

(te reste manque.) , 



(1) Pelle. 

(3) Un peu plus de 13 centimes, 70 centimes d'aujourd'hui environ. 

(3) Lo Masbatin, village de la commune de Limogea. 

(4) Le Palais, aujourd'hui chef-lieu de commune du canton nord 
de Limoges, à 7 kilomètres est de Limof^es. C'est là que doit être 
placé le palais de Jocundiac ou Jogenciac, mentionné par plusieurs 
&ctes et par les chroniques, au temps des rois de la seconde race. 

[i] i fr. 69, 8 fr. 45 d'aujourd'hui. Les deux pintes de vin ne sont 
comptées que 5 deniers, soit 0,134 ; 68 ou 70 centimes d'aujourd'hui. 
La pinte ne vaut donc plus que 34 à 35 centimes, 31 à 32 centimes 
le litre. 

(6) Fouilles. 

(7) l fr. Î3, 6 fr. 15 d'aujourd'hui, soit 3 fr. 07 pour chacun. 

(8) tO c. 7, un peu plus de 50 centimes. 

(9] 1 fr. 15, 5 fr. 75 c. La pinte est ici portée de i 
3 deniers. 



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III 

REGISTRE DE FAMILLE DES KAURAT, DU DORAT [1556-1798) (1) 



Papier cootenant la date [de la Daissance] de mes 
enffans, faict le dix huictiesme jour de novemhre mil 
cinq centî cinquante six. — S. Maurrat. 
JHS MA 

Continué (2) pour les enffana qui sont sortis de Anne 
Gagery, ma femme, et moy, filz de feu M" Simon Maurat, 
mon père, cy dessus signé. Commencé en l'an mil V 
un- VIII. — Maurat app". 

Continué (3) pour les enfans quy sont sortis du mariage 
de Jean, fils de Pierre et de dame Margueritte Aubu- 
geois : ledit Pierre Maurat estant nay le 13 avril 1605, 
ainsy qu'il est cy après refferé; lequel Pierre deceda le 
12 septambre 1631, est enterré au Gué Rossignol. Icelluy 
Jean, raary de Marie Junyen. — J. Maurat, marchand. 

Continué pour les enfans qui sont sortis du mariage 
de Pierre, fllz de Jean et de dame Marie Junyen, icelluy 
Pierre, mary de Marie Michellet. — P. Maurat, mar- 
chand. 



(1) Nous renvoyons encore à l'introduction pour les renseigne- 
ments relatifs k ce manuscrit. L. G. 

(2) Cette mention et les suiva itcs ont été écrites sur la première 
page de notre manuscrit, par plusieurs descendants de Simon 
Maurat, i, la date où ils se sont trouvas successivement charges, 
ea qualité de chefs de famille, de la continuation du registre. 

(3) Nous rétablissons partout l'accent sur l'e Hnal, pour faciliter 
la lecture. 



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_ 556 — 

Le dix huictiesme jour de novembre, l'an mil cloq 
cenlz cinquante six, nasquîct Jehan, mon &h, et fut 
baptizé a S' Mychel de Lauriere{l), le jeudy, dix-ueuf- 
viesme dudit moys; et fut son parrin, mon frère, messire 
Jeban Maurat, et sa marine Berthe de Volundat, sa tante, 
sœur de Narde de Volundat, ma femme. 

Claude nasquit le vingt ungnesme jour de juillet, l'an 
mil cinq centz cinquante huict, et fut baptizé en l'esglize 
Monsieur St Pierre du Dorât (2), et fut son perrin hono- 
rable homme M' Claude..., lieutenant en la Basse Marche, 
et sa marrine damoyzelle Jehanne de Razes, femme de 
honorable M' Jacques de Volundat, greffier de Lauriere ; 
et ledit Claude fut baptizé le sabmedy après, xziii* jour du 
mois de juilhet audit an. 

Le jour Saint Roch, nasquicl Catherine, ma fllhe, de 
M' Simon Maurrat et de Catherine Teytaud, ma femme, 
et fust son perrin Georges Milet [7j et marine Catherine 
de Razes, femme a Francoy (?) Teytaud, et fut baptizee 
ledit jour S' Roch de l'an mil cinq centz soixante et ung. 

Le dernier jour d'octobre, l'an de grâce mil cinq cenlz 
soixante sept, nasquict Berthe Maurrat, fllhe dudit M' Si- 
mon et de ladite Catherine Teytaud, environ six heures 
du matin; auquel jour la ville du Dorât fust prinze par 
les Hugueneaulx, qui estoient eslevés tant par le pays de 
Poictou que Guascongne (3J ; et estoyent pres dix huict 
ou vingt mille; et estoit couronal le sieur de St Sire lequel 
heust de rançon troys mil six centz livres [4), et fut l'es- 
glise de céans pilhee et sacagee, ensemble les orgues 



(1) Aujourd'hui chef-lieu de canton de l'arrond. ii Limoges. 
(2} La grande église du Dorât, dont on peut admirer du chemin 
de fer la pittoresque et majestueuse silhouette. 

(3) Pierre Robert a laissé dans ses Mémoires un récit intéressant 
de ces événements. Voir ['Histoire du Dorai, de H. Âubugeois do 
la Ville du Bost. Poitiers, Oudin, IBSO, p. 77 à 80. 

(4) Neuf à dix mille francs d'aujourd'hui. 



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— 557 — 

rompuz (I) et ymages d'îcelle, et plusieurs habithans de 
la présent ville ruynés (2) ; et fut baptiiée le mardy, qua- 
triesme jour de novembre ecsuyvant ; et fut aou perrin 
Jacques Teytaud, son oncle, et sa merrine Berthe Pas- 
quet, femme de Jacques Goyet, 

Je, Jean Maurat, app", filz de feu M' Simon, qui a 
escript et signé de sa main les précédentes dattes de ses 
eoffans, qui deceda le lundy, 10' aoust 1598. moy estant 
Consul de ceste ville ceste dite année (3), — ay mis la datte 
des enffans qui sont sortis de Anne Gaston, ma femme et 
moy, qui fusmes mariés le 20 janvier 1587 : 

Jean Maurat nasquit le sabmedy, 2* jullet 1588, entre 
une et deux heures de matin, et fut baptizé le luudy 4 
ensuyvant, par M" Pierre de Tourry, vicaire en l'egliie 
de ceste ville i et fut son parrin sire Jean Gaston, mou 
beau père et son grand père, et sa marriue dame Mathive 
Dimet, femme de sire René Chesne. — Je n'estois a ce 
jour en ville, et fut baplizé en mon absence, les troubles 
et guerres estans fort grands en ce pays pour lors (4). 

...Léonard Maurat nasquit le dimenche, 5" jour de may 
1591, environs les deux heures après mydy, et fut baptizé 
promptemeut pour cause de sa maladie, par M" Pierre 
de Tourry, vicaire, et fut porté sur les foQS de baptesme 
par M* Léonard Vacherie, chirurgien, et damoizele Marie 
du Rieu, vefve feu Gulllem de Fonsreaux, s' de Beaumont. 

Il est decedé le 21* jour d'octobre 1593, de la petite 



(1) Ces argues furent remplacées en 1&98 aux frais du chanoine 
Jeso dea Forges. 

(2) Quelques lignes de ce paragraphe ont déjà été imprimées par 
M. Leroui daos ses Recherches sur les tîegislres paroissiaux du 
Dorai. 

(3) Le Dorât n'a une organisation communale qu'à partir de 1566. 
(i) Au commencement de juillet 1588, en effet, toute la province 

était troublée. Les ligueurs avaient failli s'emparer de Limoges au 
mois de juin, et le roi avait dû envoyer l'intendant Turquant pour 
révoquer les pouvoirs du lieutenant-général, M. d'Hautefort. 

T. vn. t-îo 



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— 558 — 

vérole; en ladite aDnée, les petis enfTans en furent fort 
persécutez (1), 

...Guillem Maurat nasguit le mardy, SO* jour d'octobre 
1609, environ les deux heures après minuit, et fut batizé 
sua les huict heures de matin, ce mesme jour, par Mes- 
sire Loys des Affis[2), chanoine et curé de cesLe ville, 
et fut tenu sus les fons ha,ptismales par Jean Rampion, 
ûls de feuz M" Michel Rampion et Jehane Guacon, pour 
et au nom de M' Guillem Guacon, chanoine, qui estoit 
party le dimenche auparavant pour aler a Paris; sa mar- 
rine fut Marie La, Motte, femme en secondes nopces de 
sire Jean Dïmet. 

...Joseph, ...nasquit le vingt neuf septembre 1656.^. 
/i(3) est decedé le 18 awii 1717 au bourg de Moulûmes [i], 
en revenant de Poitiers, et a esté conduit au bourg de Dar- 
nac[b) ou ii estoit curé, et enleré dans l'esglize dudit Darnae. 

Anne Maurat nasquit le seiziesme jour de décembre 
1664... Elle est decedée le mardy, 13 septembre 1707, environ 
les neuf heures du soir : a esté enlerée dans les j"" (?) des 
riligieuses de celte ville. 

Jean Maurat nasquit le second jour d'aoust 1666... Ledit 
Jean Saurai s'est rendu religieux bénédictin et a fait sa pro- 
fession dans le couvent des Bertedietins de Limoges {&), lesixiesme 
aoust 1686^ luy 4''*, avec' Jean Vaeheiie, son coutin, Pierre 
Fayaud et un autre, du Puys en Auvergne... Ledit Jean est 



(1) On trouva ailleurs mention des favages da la variole à cette 
époque. 

(!) Cot ecclésiastique appartenait sans doute à la famille qui a 
fourni plusieurs magistrats au Parlement de Bordeaux et à celui 
de Toulouse. 

(3) Note d'une écriture du siècle suivant. 

(4) Hounismcs, aujourd'hui commune de Saint-Ouen, canton du 
Dorât (Haute -Vienne). 

(5) Darnae, chef- lieu de commune, canton du Dorât. 

(6) A l'abbaye de S ai nt-Aug us tin -las- Limoges, de la réforme de 
Saiat-Haur. 



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deeedi au bentdictent de Bolieu(i) en Bas Lîmouzent, le 20 
feorier f 751, âgé de quatre vingt quatre années et guelle (sic) 
moy. 

Le 4' avril 1692, jour de Vendredy Saint, environ les 
deux heures âpres midy, Marie Michellet, mon espouse, 
est decedée et a estée enterrée le lendemain dans les tum- 
beaux de mes parens, par vénérable M" Joseph Aubu- 
geois, curé de cette ville, dans le simetiere de Lauzane (2). 

Jean Baptiste Maurat nasquit le 7™ octobre 1699... Le 
ik feorier i7i9, il est decedé a Limoges, ou il estudioit en 
/ilozo/ie; il est enterré dans l'esglize des Penilens gris (3). 

...Jeanne Maurat est née le 15* aoust l'année 1731... 
Le 14 may 1742, elle a esté confirmée par Monsenieur de 
Limoges. 

Anthoine Maurat est nait le sixiesme septambre mil 
sept cens trante cinq... Le 27 avril lTi9, Antoine llaurat 
a esté confirmet pare Monsenieur de Limoges, Monsenieur de 
Colosquet (4). 

François Annie Maurat est nait le lundy, dix sept dé- 
cembre mille sept cents trente six.,., a esté con^nnel par 
Monsenieur de Limoges, M. de Colosquet. Ledit François Mau- 
rat el more le (5), estan au service du roy de Hanovre (?). 

Le 9 may 1742 ; Monsenieur l'Evesque de Limoj;e est 
venu au Dorât, ledit jour, 9 may; i a oftciet, le 13 may, 
dant la grande esglige du Dorât, une grande messe el 



(1) Ghef-lieii de canton de l'arrondissement de Drive. On sait 
qu'il existait dans cette petite ville une célèbre abbaye, dont le 
cartulaire a. été publié par notre compatriote, H. Maximin De- 
loche, de l'Institut. 

(2) Lozanna. C'est le nom d'un des anciens cimetiËres du Dorât, 

(3) La chapelle de Saint-Antoine, au cimctièro des Arènes (au- 
jourd'hui le Champ de toire). 

(4) Jean Gilles de Coëtlosquet, qui, en 17^, fut charge de l'édu- 
cation du duc de Bourgogne, entra plus tard à l'Académie fran- 
çaise et mourut le 21 mars 1784. 

(5) Un blanc. 



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vespres. Le 14 may, il a donné la confirmation dan 
l'egUge de St Pierre du Dorât, son not (sic) est Jean 
Giles, senieur du Goetlosquet, Evesque de Limoge. 

...Jean Baptiste Maurat... Dé le 13 mars 1796, avocat, 
député, représentant à l'Assemblée Constituante, ancien 
commissaire de la République, ancien membre du Con- 
seil général'de la Haute- Vienne, est décédé au Repaire, 
commune de Vaulry(l), (Haute- Vienne), le 21 juin 1868, 
âgé de 72 ans (2). 



{I) Cuiton de Nautial, arrondissement de Bcllac. 
(î) Celte noie est d'une écriture conletaporaine. 



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— 561 — 

IV 

LIVRE DE FAUILLB DES LBUAISTBB-BASTrDE nB LIKOr.BS 

(1558-1748) [I}. 

J'ay mis icy les natÎTilés suivantes, que j'ay trouvées 
dans un vieux manuscript de feu mon grand père, escript 
tout de B& main ; et sont très véritables. 

« Les [2) nativitéB de mes enfans et de Françoise Vey- 
» rier, fille Jean Veyrier, marchant orfèvre de Limoges (3) , 

* ma femme : 

» Le premier, appelé Jean Lemaistre, oasguit le jeudi 
« vingt deuiième de septembre 1558, entre six et sept 

■ heures du matin, et a été porté sur les fons baptis- 

■ maies par le sieur Jean Veyrier, mon beau père, et par 

• la femme du sieur Martial Vertamon (4j, marchand et 
» bourgeois de Lymoges, Laudetur Deus! 

Il mourut à Paris, le 14* février 1621, d'une apoptesie 
qui le priot dans le petit S' Anthoine, oyant messe, et fut 
porté chez M' Petit, rue de Cécile (5), où il fut mort dans 
quatre heures, et fut enseveli à S' Paul, audit Paris, 
comme est feu mon oncle Martial Lemaistre, son frère, 



(1) Noua devons à M. l'abbé Lecler la communication du texte 
de ce livre. On trouvera à l'introduction quelques ddtails sur le 
manuscrit. 

H. Lecler a râlabli l'accentuation pour faeili^r la lecture. 

(2) Noua mettons des guillemets aux extraits du papier de famille 
de Robert Lemaistre. 

(3) Nous avona dit que cet orfèvre fut un des propriétaires dont 
!a ville acquit remplacement du collège. 

(4) Lea Vertamon, marchanda de Limoges, connus dès le xtii* 
siècle, sont la souche de l'illustre famille de robe dont un membra 
est ai glorieusement tombé & Patay. 

(5) De Sicile. 



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— 562 — 

gui est une maison proche l'hostel de Lorraine ou des- 
pandant d'icelui ; et faisoit lors les affaires de Monseigneur 
le duc de Veiidosme, frère du duc de Lorraine, qui estoit 
lors h Paris audit hostcl et qui l'allavoir; et son intendant, 
trésorier, médecin et apoticaire esloil aussy logé en ladite 
maison et y Tut porté pour..., a quel prix qui cousta audit 
prince. — Sed numerus mensium g'us apud te est : consli- 
luisli terminas ejus, gui prxteriri non potuerunt. 

» Le deuxième enfant que Dieu m'a envoyé c'est appelle 
B Françoys Lemaistre , qui nasquit le ■ dimanche , qua- 
» triesme aoust 1560, entre six et sept heures du soir; 
> et a esté compère M' Jean Hugon, Lieutenant criminel 
n dudit Lymoges, et commère Françoise Ardent, ma belle- 
B mère. Et à cause que j'avois le susdit premier fllz 
» nommé Jean Lemaistre, ledit aieur Lieutenant lui im- 
posa le nom de la dite commère, appellée Françoise 
« Ardent, femme dudit sire Jean Veyrier, mon beau père, 
D et par ainsi mondit second ftls s'appelle François. — 
» S»li Deo honor. 

» Le 3» enfant que Dieu m'a envoyé en moudit mariage, 
" c'est appelle Pierre Lemaistre, qui nasquit le dimanche, 
B 21 de juing 1562, entre cinq et six heures du matin. 
B M' M' Pierre Ardent, procureur pour le Roi à Limoges, 

e a este compère; La dame Gilberte veufve de feu le 

» sieur Penicaille, en son vivant marchand banquier dudit 
n Lymoges, a esté commère. — Sit nomem Domini bene- 
B diclum! 

» Le samedy, sixième febvrier 1563, à heure de trois 
» heures du matin, mondii flls Pierre Lemaistre est allé 
» à Dieu. 

n Le quatriesme enfant que madite femme a enfanté, le 
B dimanche, jour de Saint Hilaire et 13' jour de janvier 
» 1566, environ huict heures du soir, a esté une fille qui 
" s'est appellée Marguerite Lemaistre, de laquelle M' M* 
B Suduyrault, conseiller au siège présidial de Lymoges (1) 

(1) Le siëge préaidjal de Limoges avait élé ét&bli en 155t. 



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— 563 — 

I et Marguerite Ardent, sœur dudit procureur Ardeot, 

> fureat parrain et marraine. La dite fille [mourut] le 
I lendemain quatorsiesme dudit janvier, entre une et 
1 deux heures après le midy. — Deus dédit, Deus abstuUt, 

> sit nomen Domini bemdictum ! 

» Le cinquiesrae enfant qnie Dieu m'a donné, le sa- 

> medy dixième janvier 1568, environ l'heure de cinq ou 
» six heures du matin, est appelle Anthoyne ou Thoine 
» Maistresse (I). de laquelle mon beaufrère, Jean Veyrier, 
» ÛIs dudit feu Jean Veyrier, mon beaupère, et Thoyne 
» Veyriere, ma belle sœur, femme de feu Mathieu du 
» Johaunaud, ont estes compères. — Deu* prosperet natfut- 

• tMtm et vitam iiliut ! 

1 Le sixième enfant qu'il a plu à Dieu de m'envoyer 

> en mon mariage susdit, et fut un mardy, jour S' An- 
I thoine, dixseptième jour de janvier 1570(2), à heure 
» d'enti* quatre et cinq heures du soir dudit jour; et fut 

> compère M' M* Gaultier Bermondet, président et lieu- 
t tenant général en la sénéchaussée de Lymosin, et com- 
» mère la dame Jeannette Foresta, femme de M' M' Pierre 

Ardent, procureur du roy en la dite sénéchaussée. — 

> Laudetur Deus in omnibus donis suis! 

» Le septième enfant que Dieu m'a envoyé, le xxiiij 

1 décembre, jour de dimanche, veille de Noél 1570, heure 

• de six heures du matin, fut appelle Guillaume Le- 
I maistre, causant que M' Guillaume de Julien (3), recep- 
» veur d'Agen et mary de Marguerite Ardent, le porta 

• sur les fonts avec Jeannette Dubois, sa marrine, femme 

• de Jean Veyrier, mon beaufrère, et mourat le septiesme 



(1) On retrouve ici l'habitude de donner une désinence féminine 
aux noms propres de femmes. 

(2) On voit, par l'acte qui suit, que le millésime de 1570 est bien 
exact. L'édit de Rossillon était donc appliqué k LimogeB. 

(3} Ce Guillaume de Julien, originaire sans doute de Limoges, 
était membre d'une de nos plus vieilles et de nos plus riches 
familles. Les de Julien tiraient leur origine de la Cilé. 



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— 564 — 

» de janvier en suivant M V* LXXJ, qui estoit un jour 
n de dimaDche et le leDâemaia des Roys, et fut à l'article 
B de la mort sept jours : mourut ledit jour, vu janvier 
D 1571, à heure de deux heures après minuit. 

» Le huitième enfant que Bleu m'a donné, le samedy 
» Mvj* d'avril, entre deux et trois heures après midy mil 
» V' soixante douie, a esté appelé et nommé Martial Le- 
» maistre, causant (1) qiie M' Martial Baignol, chanoine - 
D de S* Martial (2) de Lymoges, qui l'a porté de sur les fonts 

» avec Veyrier, veufve de feu M' le Conseiller Gran- 

9 chault. ■ 

Notés qu'il fut docteur en théologie, grammaire, grec et 
hébreu, et mourut (estant à la suite de l'abbé de S' Vic- 
tor (3) à présent archevêque de Rohan] à;Paris, dans 

Thostel de Lorraine, le dernier de octobre 1610, comme 
appert par son testament; et fut enterré dans S' Paul, 
audit Paris, comme feu son frère, feu mon père, que 
Dieu absolve! 

Notés que feu mon grand père, Robert Lemaistre, mou- 
rut le mercredy saint, vingt-septième mars 1584, et fut 
enterré dans la chnpelle de la Sainte Trinité qui est dans 
Saint Michel des Lyons (4) ; et aie tiré cecy d'un mémoire 
escript de la main de Pierre Cercleir (?) (5) qui était gen- 
dre de mon grand père, pour avoir espousé Antboinette 
Lemaistre, ma tante. 



(1) A cause que. 

(2) Très ancien monastère, sécularisé en 1537. 

(3) 8'agil-ii de Saint-Viclor de Paria ou de Saint-Victor de 
Marseille ? 

(1) Une des plus anciennes églises de Limoges, appelée par Ift 
chronique de Vigeois, au su' siècle : Archangeti eccleeia aupemor. 
Elle tire son nom des lions de pierre placés au-devant de sa porie 
à la même époque, et peut-être dès le xi* siècle. 

(5) Peut-Stre Taudrait-il lire ici : Croister. 



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tfativiti de met enfiau. 

1. L'an mil V* quatrevios et sept, et le vendredy, un- 
ziesme jour du mois de septembre, entre trois et quatre 
heure après midy précisément, est né Jan le Maistre, 
mon fils aisné, lequel fut baptisé le dimanche au soir 
ensuyvant, treiziesme dudit moys, en l'église de Saint 
Michel des Lyons, en la presant ville de Lymoges. Mes- 
sire Jehan de Puyzillon, doyen de l'eagliae cathédrale, 
fut parrain, et dame Jannete Boulbon, ma belle sœur, 
marrine. 

Lau$ Deoî 

Mondit fllz est décédé, le sammedy septiesme jur du 
moya de may mil V quatrevlds huict, entre six et sept 
heures du matin. 

Dominus dédit, Dominas abatulit : SU nomen Domini bene* 
dictum! 

2. Lan mil V quatrevins et neuf, et le vendredy sei- 
ziesme jour de juin, Dieu m'a donné une fille, Françoise Le 
Maistre, laquelle ma femme a enfanté entre quatre et cinq 
heures du matin, moy absent en la ville de Bourdeauz (1). 
Messire Jehan de Mauple, conseiller du roy et trésorier 
général de France, fut parrain, et dame Françoise Ardent, 
veufve de feu M' l'Eslu Douhet, ma grand mère, fut 
marrine. 

Loué soit Dieu! 

Obiit ma ditte sœur, le 16* de apvril mix six cents vingt 
neuf, à SouUognac [2). 

3. Le dixiesme jour de febvrier mil V* quatrevins et 
douze, nasquit en la ville de S* Léonard (3|, sur les dnq 



(1) Limoges était du ressort du Parlement de Bordeaux. 

(2) Solignac, bourg à 9 kilomètres de Limoges, possédait une 
célèbre abbaye bénédictine. 

(3) CheMieu de canton de l'arrondissement de Limoges. Nous 
avons dit que beaucoup do ligueurs de Limoges étaient alors ré- 
fugiés dans cette ville, et que l'auteur de notre manuscrit était 
peut-être de ce nombre. 



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— 566 — 

à six heures du matlD, Barbe le Haistre, ma âUe, et fut 
parrain le sieur Jehan Masbaret, marchant bourgeoiz de 
la dite ville, et marrine Dame Barbe De Cordée, femme 
du sieur Marcial Decordes dit le Coullaud, marchant bour- 
geois de Lymoges. 

4. Le mercredy, vint et neufviesme jour de septembre, 
feste de 5' Uichel, mil V* nouante et troys, en la mesme 
ville de S' Léonard, entre huict et neuf heures du matin, 
nasquit François le Maiatre, mon fils et fut son parrain 
noble François de Royère (1), écuyer, seigneur de Bri- 
gnac et de Beaudeaduit, et damoyselle Jane de Douhet, 
femme de Messire Marcial Benoist(2), trésorier général de 
France audit Lymoges. 

Il mourut à Paris trois ou qiutre jours (3) l'année 

162... et fut enterré à S' Paul, dans le cimetière, proche 
son père. 

5. Le xxv* jour de juillet mil V* quatrevints et seize, 
jour de S" Anne, Marguerite Boulbon, ma femme, s'ac- 
coucha d'un Qls qui mourut tout à l'instant, après avoir 
été baptisé des femmes. A Limoges. 

6. Le jeudi, ixvi» mars mil V quatrevins et dix-huict, 
nasguit ma allé Gallianne Le Maistre, entre sept et huict 
heures du soir. Et fut parrain Monsieur M' Simon Ardent, 
procureur du Roy à Lymoges, et marrine honeste QUe 
Galliane Mosnier, Slle au feu Pierre Mosnier el damo 
Françoise Decordes. A Lymoges. 

SU nomem Domini bmedietum! 

J. LEtlAISTRB. 

0) Nous retrouvouB ici la famille de Royère, dont il a été ques* 
tion au Livre des Massiot. 

(2) Martial Bonoist, après avoir été un des chefs les plus ardents 
du parti de la Ligue, obtiat la confiance de Henri IV, k ce point 
que le roi lui adressait souvent des lettres sur les objets les plus 
importants et que plusieurs assemblées publiques se tinrent dans 
la maison de Benoist. Plusieurs couvents durent leur fondation ou 
leur agrandissement aux libéralités du ■ général « Benoist et de 
sa femme. 

(3) Un blanc. 



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— 567 — 

Ma âlle est décédée au mois de may 1600. 

7. Le Tandredy vintecloquiesaie jour de juin mil V* 
quatrevinh et dix et neuf, entre neuf et dix heures du 
matin, nasquit eu la ville de Lymoges mon fils Joseph 
le Maistre. Et fu son parrain le s' Joseph Decordea, 
sieur de la Grange et Mayeras, et marrine dame Mar- 
guerite Ardent, ma taute. Loui soit Dieu! 

J. Lbhaistrb. 

8. Le lendemain des Roys, septiesme jour du mois de 
janvier, en l'an mil six cent et deux, entre quatre et cinq 
heures du matin, est née ma fille Anthoinette le Maistre, 
de laquelle a esté parrain M' Jehan du Pin, procureur 
au siège présidial, mon beaufrère, et marrine ma sœur, 
Anthoinette Le Maistre, veufve de feu M' Pierre Cer- 
clier, vivant huyssier au bureau de Lymoges. 

Loui soit Dieul 

J. Lbvaistrb. 

Ma mère, Antoinette Lemaistre, décéda le 7* jour du 
moix de may, un dimanche matin, — Dieu soit loué eo 
elle ! — et fut anterrée à s' Michel, dans la chapelle de 
la s" Trinité. 

9. Le neufviesme jour du mois d'aoust mil six cent et 
huict, entre six et sept heures du matin, jour de sam- 
medy, vigile de S' Laurent, nacquit ma fille Marciale Le- 
maistre ; de laquelle a esté parrin M* Estienne Ardent, 
advocat au siège de Lymoges, et marrine honeste fille 
Marciale Decordes, fille de feu Marcial Decordes, s' de la 
Grange. Loui soit Dieul 

J. Lbuaibtrr. 



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Extrait du enfans que Dieu nom a donné entre ma femme, 
Anthoinette Lemaistre et François Bastide. 

Le 9 juillet 1643, le dlmaDche matlD, à l'heure de six 
heures, Dieu nous a doDué nostre eufan, lequel je faict 
surplouberfl), en atendan le s' sacremeut de bathéme. 
Le^el a esté batizé le jour de nostre dame de décembre 
l'année 1646. A esté son parin mon beaufrëre a' Joseph 
Lemaistre, et sa marine ma mère, Anne Peyrac, à s' Michel. 
Bastidb, père, 

+ 

Ma tante Marie Proment feust enlerée, le vingtqua- 
triesme juin mil six cent£ septante cinq, dans mes tom- 
beaux {2) à S' Pierre (3). 

+ 
Ma tante Anne Bastide, fille dévoste, dessedat le 25°" 
juillet 1676, et feust enterrée à S* Michel, dans la cha- 
pelle de La Sainte Trinité, dans mes tombeaux. 

Extrait des enfants que Dieu nous a donnés, entre ma femme, 

Yalerie Origet et Joseph Bastide. 

Au nom de Dieu. 

Dieu nous a donné un flls, le mardy, entre six et 7 
heures du matin, le vingtesisiesme jour du raoix de ce- 



(1) Ondoyer. Ce passage montre bien cl&irement le sens de ce 
mot, qu'on trouve sous sa forme romane au Livre de raison 

d'Etienne Benoist (ïiv siècie). 

(!) Nous avons dâjà dit que toutes les familles un peu aisées 
avaient UJie sépu,lture spéciale, aoit dans l'église paroissiale, soit 
dans le cimetière qui l'entourait. Un assez grand nombre faisaient 
enterrer leurs membres dans uuc chapelle spéciale de l'église, cha- 
pelle fondée par leurs ancêtres et entretenue et desservie à leurs 

(3) Saint-Pierre du Qneyroix, une des plus anciennes églises de 
Limoges, et encore aujourd'hui la première paroisse du diocèse. 



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— 570 — 

tembre de l'année mil six cents coixante huit, doDt feus 
paria S' François Bastide, mon père, et marine Madame 
Catherine Origet ma belle mère. Dieu soit béni de tout 
et de toutes choses ! amen. A S' Michel fust baptisé. 
J. Bastide père. 

Il fut baptisé par le prêtre Leschosie, riquaire. 
François Bastide est décédé le 39° jour de janvier. 
SU nomen Domini benedietum ! 

Le 20 février 1670, Dieu m'a donné une fille, le jeudi 
au soir, entre cept et huit heures, et feust parin S' Jehan 
Origet mon beaufrère, et marine Antoinette Lemaitre, ma 
mère : dont elle fust baptisée le lendemain, vendredi, du 
mesme moix, vingtunième février 1670, k S' Michel. 
J. Bastide père. 

Obiit ma fille Antoinette Bastide : feust enterrée le 39 
mai 1674, dans l'église de S' Michel, devant la Sainte 
Trinité, dans nos tombos. 

Loué soit le Saint nom de Dieu et la Sainte Vierge Marie ! 

Dieu nous a donné un fils, le vingtesixième février 
mil six cents septante et un, le jeudi, à trois heures après 
mynuit ; et feust parin André L'Origé, mon beaufrère, et 
marine ma maire, Antoinette Lemaistre : à S' Michel feust 
baptisé par le sieur Garât, prestre de ladite Eglise de 
S' Michel des Lions. 

J. BASTmE père. 

Décéda André Bastide le 15' août 1704, et fut enterré 
dans nos tombos à S' Michel, dans la chapelle de la 
Trinité. 

Le Saint nom de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie 
soit loué à jamais ! 

Le 31"" d'octobre de l'année mil six cents septante et 
deux, Dieu nous a donné une fille, le lundy au soir, 
entre six et sept heures du soir, et feust baptisée le pre- 



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- 571 — 

mier novembre, jour et feete de Tous Saints, et feust 
paris François Bastide, mou frère, et mariDe Marie Origé, 
ma belle sœur : à S' Michel feust baptisée par le viquère 
Gadaud. J. Bastide, père. 

Le 3* décembre 1676, ma fille Marie Bastide desseda, 
et elle fut enterrée dans notre chapelle de la Trinité, à 
S' Michel, dans nos tumbos. 

Le Saint nom de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie 
soit loué à jamais ! 

Le 28* jour du moix décembre mil six cents septante 
et trois, la nuy des lonosans, entre une et deux heures 
d'après mynui, Dieu m'a donné un enfan, et feut baptisé 
le landemain 29™ du mesme moix et an que deceus; et 
feust parin Françoix Bastide, mou perre, et marine Anne 
Duroux, ma belle sœur : à S' Michel feust baptisé par le 
sieur Colusson, vicaire. J. Bastidb père. 

Dieu m'a retiré de ce monde mon fils Françoix, qu'il 
lui avoit pleu9t me donner, à ma charge (I), le 10"* se- 
tembre 1679 — Dieu soit loué en tout et partout! — et 
enterré à S' Michel, dans la chapelle de la S" Trinité. 

Le Saint nom de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie 
soit loué à jamais! 

Le 29' Jehanvier mil six cents septante sinq, un mes- 
credy, entre huit et neuf heures du matin, Dieu m'a donné 
une flgle ; et feust baptisée le mesme jour à S' Michel, par 
le sieur Bardonneaux ; et feust parin Françoix Bastide, et 
marine Marguerite Origé, ma belle-sœur, J, Bastidb père. 

Le Saint nom de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie 
soit loué a jamaix! 

Le IS" setembre mil six cents septante six. Dieu m'a 
donné une iille, le vendredy au soir, entre sept et huit 
heures; et feust parin Fransoix Bastide, mon père, et 

(t) Charge a ici le sens de douleur. 



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— 572 — 

marine Anne Duroux, ma belle sœur; et feust baptisée le 
lendemain, dîxneufvieme du mesme raoix, par le s' Co- 
luBSOE, vicaire de S' Michel. J. Bastide père. 

Obiii, et anterée dans nostre chapelle de la Triolté, à 
S' Michel. 

La oourise de ma fille Anne est entrée dans chez nous 
le 20"' cetembre 1676; et lui donnons par année 24 livres 
pour la nourir. 

Plus elle en est sortie le i7"' de juin 1678. 

Le Saint nom de Dieu et de ia glorieitse Vierge Marie 
soit loué à jamais I 

Le 28"' décembre 1678, Dieu m'a donné une fille, le 
mescredy au soir, à 3 heures; et feust baptisée le len- 
demain à S' Michel, dont a esté parin le s' Segon, mon 
beaufraire, et marine Anne Origet, ma belle sœur; et feust 
baptisée par le s' Colusson, vicaiie. J. Bastidb père. 

Ma fille décéda le 9*°* mars 1685, et fut enterée dans 
nostre chapelle de la Trinité, à S' Michel. 

La femme de mon afermier de S' Martin a prias ma 
fille à nourisse le 37*" décembre 1678, li raison de 24 1. 
pour année, et une aune de toile. 

Le Saint nom de Dieu et de la glorieuse Vierge 
soit loué à jamaix ! 

Le 5™ Février 1682 

Dieu m'a donné un enfan, un jeudy, à troiz heures 
du matin, et feust baptisé le mesme jour, à S' Michel, par 
Rousaud, vicaire, et feust parin Jan Duroux, et mareine 
Catherine Origet. J. Bastme père. 

Mon enfant décéda le 14* février 1684, et fut enterré à 
S' Michel, dans nostre chapelle de la Trinité. 

J'ai donné mon enfan à la nourise à la mestayëre de 
la damoiseUe Sanson, à Trente-Laux(l), paroisse de S' Pol, 
pour 25 1. 10 s. pour année, le 8"" mars 1682, 

(1) Trenlalaud, hameau de la commune de Saint-Paul d'Eyjeaux, 
canton de Pierrebuffibre, arroudissament de Limoges. 



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Payé le premier moix : 2 1., 2 s. 6 d. 
Paye le segon moix : 2 L, 2 s. 6 d. 

Le Saint nom de Dieu soit loué à jamaU. 

Dieu m'a donoé un eofan le 27°" juin 1683, à deux 
heures du soir, un jeudy, jour de la Fesle Dieu; et feu&t 
baptisé a S' Michel le mesme jour, eutre 7 et 8 heures 
de soir; et feust paria Guillaume Duroux, mon neveuf, 
et mareine ma belle sœur, Marguerite Segon, par le s' 
Tessier, vicquaire de S' Michel. J. Bastide père. 



Le 27" juliet 1681. 

Je pasé afferme à Jean Carquarei, de mon jardin de 
S* Martin (1) pour sept années à commenser puis le huic- 
tiéme décembre 1687, à raison de 41 I. 10 s. pour chas- 
cune année, payable de six en six moix par avance, à la 
réserve de deux journal de auziere (2) et tous les arbres 
gui sont autour de la dite auzière à la réserve d'un gran 
arbre siriger (3) qui [est] dans la dite auziere, que je luy 
donne. 

Le jardinier m'a resté 15 s., en ce que (4) je le quite 
jusques au 8* décembre 1687. 

Reçu de Jean Carquarés 10 1., sur les premiei-s six 
moix de l'afferme. 

Le (h) ^ nom de Dieu soil biny a jamais! Dieu m'a donné 
unt fll, le mercredi ce 18*"" mars, à 10 heures le ma- 
teint, de l'anné 1718; fut balisé à S' Michel des Lions : 
fut pareint François Bastide et mareine Françoise La 



(1) Il s'agit probablement du territoire situé aux portes du ch&> 
teau de Limoges, et qui tirait son nom d'une abbaye fondde par 
saint Ëloi et ses parents, et occupée plus tard par les Feuillants. 

(2) Oser aie. 

(3) Cerisier. 

(4) Moyennant quoi. 

(5) On voit qu'ici commence le détwl d'une nouvelle génération. 

T VIL 6-11 



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— 574 — 

Judice, ma belle maire : batisé par les melns du 6' Piqué, 
viquaire. 

GuiLOMB Bastidb peire. 

François deseda le 15 setanbre 1734, et fui auteré dans 
l'église de S' Micbel, dans uostre chapelle de la sainte 
Trinité, à S' Michel. 

Le S* nom de Dieu soy biny a jamais! Dieut m*a doué 
une fille, ce 5"" oct" 1719. Fu paireint Jan La Judice 
et maireine Valérie Bastide : à S* Michel, par le sieur 
Reculet, vicaire. 

GuiLOHs Bastide peire. 

Valérie décéda le 10 setembre 1719, et fut enteré dans 
nostre chapelle de la S** Trinité, à S' Michel. 

Le S* nom de Dieu soy bény à jamais! Dieu m'a doué unt 
m le mardi, ce 8°" octobre l'KO. Fus batisé à S' Michel 
des lions; fut paireins Jan Marandé et maireine Cathe- 
rine Arno, ma belle sœur : batisé par les meins du 
S' Piqué, viquere. 

GuiLLOUB Bastidk peire. 

Le S* nom de Dieu Soy bény a jamis ! Dieu m'a donné unt 
fil, le 14"* décembre de l'aune 172., , à 3 heures après 
midit; et fut batisé à S' Michel des Lions; pareinl, Mar- 
cial Arnaud, et marene, ma belle sœur La Judle : balisé 
par Monsieur Lamote, riqueire de S' Michel. 

GuiLOUB Bastide peire. 

Le petit est mort le 24 février 1725; et fut entéré dans 
nostre chapelle de la 8" Trinité, à S' Michel. 

Le S* nom de Dieu soy bény a jamais! Dieu m'a donné 
un fli, ce 8"» juUé de l'année 1725, entre onze heures 
et 11 h. et demy; et fut balisé a. S' Michel des Lions: 
fut pareint François Bastide et marene Cateriiie Lajoudie, 
famé de Marandé. Batisé par monsieur Petiniaud, vi- 
queire de S' Michel, 

GuiLOMB Bastide peire. 

Le S" Nom de Dieu soy bény à jamés ! Dieu m'a donné 



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— 575 — 

UQ fll, ce 13 mar de l'année 1727, entre [sic] a deux heures 
demy; et fut batisé à S' Michel des Lions; et fui pareint 
Bamit, et marene Viilerie Bastide; el fut balisé par Mon- 
sieur La Gardele, vicaire de S* Michel. 

ûuiLOUB Bastide père. 

Le Saint nom de Dieu soit béni! Dieu m'a doué une file, 

le 27" octobre 1728; fut pareint Jan Arnos et mareiue 

Valérie Bastide; et fut batisé par Monsieur LaGardaille, 
vicaire de S* Michel. 

GuiLOHS Bastide père. 

Le Saint non de Dieu soit béni! Dieu m'a donné deux 
filles, ce 10" janvier 1730 : fut [sic] batisé à S' Michel. 
Fut pareint Marcial Arnaud et marene Valérie Bastide 
l'enné. Et fut pareint de l'autre fille Jan Bastide, et ma- 
rene Caterine, famé de Marandé : par les mains du S' Pe- 
tiniaud, vicaire de S' Michel. 

GiLiOMB Bastide peire. 

Caterine est morte le 15 janvier 1730; et fut enterrée 
à S' Michel, dans nostre chapelle de la S" Trinité. 

Le 5' nom de Dieu soy bény ! Dieu m'a donné unt fil, le 
jeadit, à 4 heures du matin, et 26°" de février de l'année 
1733 : Et fut batisé le mesme jour h 5* Michel par les 
mains du S' ; et fut pareint S' François Bas- 

tide, et marene ma belle sœur, famé du S' S' Pol. 

François Bastide est décédé le 26"" septembre 173... et 
enterré dans nostre chapelle de S" Trinité. 

Est décédée ma mère, Catherine La Judice, épouse de 
Guillaume Bastide. Juin 1750. 

Le 5* nom de Dieu soy biny ! Dieu m'a doné un fils le 
dimanche, à deux heures et demi après midy, le 3™ 
d'octobre de l'ennée 1745. Fut balisé le même jour à 
S' Michel par les mains du sieur Dupuy; et fut parain 
mon père, sieur Guillaume Bastide; la marene, ma belle 
mère Rose Guérin. 

Jean Bastide père. 



DigmzcdbyGoOgle 



— &7« — 

Guillaume est décédé le 25 ceptembre 1747, à deux 
heures et demi du matin, et il a été antéré dans notre 
chapelle de la Trinité, à S' Michel. 

Le Saint nom de Dieu soil béni ! Dieu m'a donné un &a 
le vandredil à 10 heures du soir, ce 3 féviier 1747. Fut 
baptisé le landemain, à S' Michel des lions, par les mens 
du S' Dupuit : fut paren le S' Franais Guerain, curait de 
Couse ou Petit-Limoge(l) et marene Quaterine Lajudie, 
ma merre. 

Jean Bastide père. 

Le S^ nom de DUu soit bénit! Dieu m'a donné une fille 
le mardit, à huit heures du soire, le 13 février 1748. Fut 
parain Fransois Michelon, mou beau frère, et Valérie 
Bastide, ma sœur, marene; fut baptisé le lendemain, à 
S' Michel des lions, par les malus du sieur Dupuit, vi- 
quère. 

Jean Bastide, père. 

Le 12 juillet 1661, je marié mon flls Joseph Bastide 
avec dam"» Origet : l'acte reçu par monsieur Rougier, 
not" royal. 

Je donné à Mandillon pour le desjuner, le jour qu'il 
ont espousé 4 1, 

Plus pour le dîner 4 1. 

Je afferme la maison de mons' Jayat. . , 40 1. 
pour une année. 

Je acheté 6 cheses tapisiers 15 1. 

Plus un tapit 9 1. 

Plus je achetté une table ronde du S' 
Senamaud, du Clocher (2) 131. 



(1) Couzeix, bourg i sept kitoniètres de Limoges, caatoD de 
Limoges -nord. 

(3) La rue du Clocher éliût ainsi nppelëe parce qu'elle «i>outisaait 
eii face du clocher de ta basilique de Saint-Mariial. Bile est encore 
la rue U plus commerçante de Limoges. 



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— 577 — 

Plus je achesté 25 esse (?), à 3 s. 3 d 4 1. 1 s. 6 d. 

Plus je achesté une armoire ]3 1. 

Plus je achesté un chaîy de ûoier 101, 

he 20 julier, je donné ma Lestrade 171. 

pour la fason du dessut et piesses d". 



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LK LITRE DB FAUILLE DBS LAHY DE LA CHAPELLE, DE LIMMES 

(1571 à nos jours) (1). 

(extraits) 

In nomine Domini nostri Jesu 

Ghriati et aanctissim» ejus genitricis, 

anno D. MDLXXI. 

Ego Francàeui Lamieus, Regius Patronus ^] in Senes- 
chatia Lemovieenti, hxc mea manu exaravi. 

un" nonas novembris, aeu die secunda ejus mensis, qua 
defuDctonim ferias de more agimu9{3), poat octavam ho- 
ram, e mane, natus est mihi fliîus, meus primogenitua, ex 
conjuge amantissima ; et quoniam primo obstelricibus in- 
firmas admodum videretur, ac de ejus salute dubitarent, 
eo nondum oculos aperiente, illanim hortatu, confestim 
liquida aqua baptizatuB est a Domino Cantore Rupefo- 
caudi (4), qui superioribus annis, imminentibus bellorum 
civilium contentionibuB, bue recesserat, ac metu bere- 
ticomm ejus patriam occupantium, uunc domî regredi 
et ad suos se reclpere non audebat. Post, nutricum ope 
refocillatus , puer Qrmior appaniit. Idcirco, ad horam 
quartam pomeridianam, lu diyi Uichaelis sede sacra (5) 
nostri Leinovicorum oppidi, a Domino Johanne Vouielle, 
vicario, adhibita sunt solita sacrameuti baptismi solem- 
Dia[6). Àdfuit spiritalis [sic) paler socer meus, Dominus 



(t) Nous avons donné à l'introduction quelques indications sur 
l'état et l'intérêt de ce manuscrit. Nous ne pouvons qu'y renvoyer 
le lecteur. L. G. 

(2) Avocat du Roi. 

(3) Le jour de la Fdte des Horis. 

(4) Le chantre de La Rochefoucauld. 

(5) Saint-Hichel des Lions. Nous avons déjà parlé de cette église. 

(6) François Lomy demeurait sur la paroisse de Saint-Michel, 
dans la maison immédiatement au-dessus du Portail Imbert, où 
il a existé autrefois une statue du patriarche Lamy. 



lyGoogle 



— 579 — 

Petiot, patroDorum disertiBsimus et aculissimus, judex - 
ordJDarius Lemovicis, a qao Ûlio meo Joannis Domen 
jnditum est. Mater spiritalis fuit geaitrîx mea obser- 
vantisaima, DomiDa Haria LapÎDe. Hoc summo beneûcio 
cuolulatus, immortaleg DoroiDO ago gratias. 1571. F. Laut. 
xTi* calendas februarii , die sabbati , aano Domiai 
HisLzxiii, circa tertiam pomeridiaDam, uxor gravi par- 
las dolore subito correpta est, in matris auLa seu cubi- 
culo. Inde cum nostrum triclinium coascendiseet, ope et 
auxilio fere destituta, prsterquain nutricis et anclllœ, 
quarum altéra ad obstetricem convolât, imminente partu, 
sudore toto corpore corripitur (1} ....ut, de matris et pueri 
vita diu dubitaretur. Ego vero, accito statim Domino 
Ouillenno Gervesio, Axiensi presbytero (2), încola hujus 
urbis, adhuc anhelantem puerum et labiola moventem, 
baptizandmn curavi, in eodem Dostro triclinio, adetan- 
tibus viciais quibusdam mulieribus. Deiode socrus con- 
aUio, obstetrices balneum vini aromatites {sic] tepidi, 
additis speciehus et pipere trito, in pelvim conûciunt; 
eo puerum mergunt et abluunt, cum refocîUandarum 
virium, tum explorandi causa an corpuscule vitse aliquid 
superesset. At postea cognitum est vitam cum morte com- 
mutasse. Dominus ejus animam suo paradiso iuferat, et 
sanctis adscribat! Porro nullam rem gravius aut moles- 
tius unquam tuli, nec majori luctus acerbitate eo casu 
et pueri jactura, cui uxorem etiamuum causam dédisse 
susurratum est : nempe diutius, quam par erat, dissi- 
mulato dolore, nec vocato tempestive auxilio. Erat autem 
speciosus valde, porrecta et lata fronte, décora facie, 
latis humerîs, teretibus artubus, pinguibus et muscu- 
losis, proceras velut semestris, tibiis oblongis, totus ni- 
veus et candiduB patrisque mei optimi (ut observatum est) 
p\]lchritudinem referens. Sepulturx mandavimus in aede 



(t) Nous supprimons ici quelques dâtaila par trop prdeis sur 
l'accoucbement. 
(2) Pr«tre d'Aize, petits ville à I! kilomètres de Limoges. 



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Dîvi Michaelis, die subsequenti, post noDam de mane, îb 
fiepulchro familiari. 

un" idu8 junii(f), die jovÎB, anno Domioi «iiauxini', 
quo die featum sacratissimum corporis Domini nostri JcBc 
Christi coIebaUir, ozor mea amaatissima puenim mihi 
in lucem edidit, primis, inquam, pedibus, ut Agrippa vere 
dici possit; hune paululum poet octavatn vespertioam 
peperit. Sequenti die, divo Baniabse dicato, circa deci- 
mam de mane, cœlesti lavacro puriflcatus est a DomiDO 
Gerardo Fogerac(2}, vicario in Divi Uidiaelis »de sacift 
hujus urbis Lemoviceosis : epiritales parentes adfuere op- 
timus frater meus Dominua Joannes Lamicns, Kurilii (3) 
curatus et Sancti Amandi (4), et mea socrus, Domina 
Uaria Mercier. Puero, mei jussu, Fraocisci nomen iadi- 
tum eat, in optitni patris mei memoriam. Quod mihi beiM 
vertat! — F. Lamy. 

XT calendaa januarii (5), die dominica, anno Domiaî 
CIO 13 LXXT, circa septimam serotinam, natus eat mihi 

puer Poatero die, frater meus, DominUB Josephus 

Lamy, subpnefectoa aeu assessor regius hujus prorin- 
cis, et Uaria Petiot, uxorïs aoror oatu major, nupta 
domino de Beaufort Nobiliaco (6), post terliam pomeri- 
dianam, eum e aacra fonte levaverunt, in «de sacra divi 
Michaelis : puero Jo&ephi nomen inditum est. 

XT calendas februarîi (7) , die sabbati , anno Doraini 

(t) 10 juin 1574. 

(2) Cet eccléaiastiqne jona un rôle actif dans la tentative hite 
par les ligueurs, le \b octobre 1589, pour a'etnparer de la ville. 
(Voir notre ouvrage : La Ligue à Limoges. Limoges, veuve Du- 
courtieux, 1384.) 

(3) Nieul, chef-lieu de canton, arrondissement de Limoges. Jean 
Lamy fut plus tard chanoine de la cathédrale. 

(4) Saint-Âmand. Il y avait, i, cette époque, quatre paroissea au 
moins de ce nom dans le diocèse. 

(5) 18 décembre 1^75. 

(6) A Saint -Léonard de Noblat, aujourd'hui chef-lieu de canton 
de la Haute-Vienne, à une vingtaine de kilomètres de Limog«8. 

(7) 18 jaQvier 1578. 



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- 58t — 

cf3 D Lxxrm, Qxor amantissimafl) Bufa non&m ■pat' 

mm parluriit. adhuc pulpitantem (rie); ac breTi post 
exaDimis inventus est. Brat cœteris pulchrior, lato Bto- 
macho, latîs humeris, corpore procenis et picguis srtu- 
bus. Eo casu et pulcbemmi pueri jactura gravi sam 
dotore affectua. Deus banc suis cslestibus adscribat (2) 1 
Uxor, post editum partum, lam maie se babutt, ut parum 
^foerit quin supiemum [sic] cum puero clauserit diem (3). 



IHS HA 

Quod Seo gratum, mihi feliz fortunatumgue famîUx 
sit! — Tertio Qonas martii(4), venerisque die, aano 
Domini millesimo eexcentesimo quarto, circa horam sex- 
tam matutinam, natus est mihi Ûlius primogenitus, ex 
prxdilecta conjuge, Marguerita de Mastribut, quem hoao- 
randus frater meus, Domluug Joannes Lamy, canonicus 
ecclesis Lemovicensis eL Niolii rector, una cum socni, 
domina Gabriella Decubes, de sacro fonte suscepenint 
Joannisque nomen iodiderunt, nonis iiiartii{5}, in œde 
divo Micbaeli sacra, idque ministerio Domini Jacobi de 
Villars, vicarii. — Lamy, advocatus. Laus Dto virgitiique 
matri! 

■ Omne masculinum quod aperit rulvam sanctum Do- 
mino Tocabitur • (Luc, 2). — Decimo tertio kaleodas aprilis, 
et 15 a natali die, circa horam quintam serotinam, di- 
lectus meus primogenitus, ejulatu seu aM cruciatibus, ut 
credo, multum debilitatus, cum ubera outricis mious 
pûBset suggère, puram exalavit animam, quam Deus bea- 



(1) Ici des ddtaila techniques sur l'occoachement. 
(!) L'enfant avait été baptisé. 

(3) Il y a évidemment une lacune entre ce paragraphe et le 
flnivant. 

(4) 5 mars. 
(&) 7 mus. 



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— 582 — 

torum choro adscivit. Id familiaribus sepulcria (I) fuit 
inhumatus. Caodidus erat facie et toto corpore fonuosus. 
Ejufi obitu3 me famîliamque nostram gravi doiore coa- 
fecit. Et fertur Sapientia, cap. 4" : ■ Placita erat Deo 
anima illius; propter hoc properavit educere illum de 
medio iDiquitatum. Raptus est oe malitîa mutaret Intel 
lectum ejus, aut ne deciperet animam illius. » — « Do- 
minus dédit; Dominus abstulit. Sit nomen Domîni beae- 
dictuml • Amen. 

Idibus 8eptembris(2], anno Domini 1605, circa horam 
secundam pomeridianam , dilectissima conjuz peperît 
mihi âlium, quem honorandue socer meus, Dominus 
Joannes de Mastribus, (qui opportune, duabus poBt par- 
tum boris una cum altéra illius filia, Francisca, uiore 
Domini Dusolier, hue advenerat), et colenda matre mea, 
Domina Quiterîa Petiot, ad sacnun baptisma detulerunt, 
et Joannig oomine doaanint. Laus Deo ! 

Kalendis aprilis (3), anno Domini 1606, nata est mihl 
filia ex dilecta conjuge : quam Dominus Dusolier, qui 
sororem luoris meœ duxit in matrimonium, et Quiteria 
de Petiot, mea matertera, domicella, uxor Domini de La 
Malharte (4), ad sacrum ecclesiœ lavacmm detulerunt 
eamque Quiteriam nuncuparunt. Laus Deo I 

NoDo kalendae decembris, id est die 21' (5) menais novem- 
bris, Domino sacra 1610, peperit uxor mihi filium, circa 
boram quintam matutinam, quem Dominus Jacobus de 
Petiot, avunculus meus, prœfectus urbis (6), et Fran- 
cisca de Mastribus, uzoris soror, ad regenerationîs lava- 



(1) La sépulture de famille des Ltmy, on l'a vu, ét&it à Saint- . 
Uichel. 
(!) 13 septembre tGOS. 

(3) 1" avril 1608. 

(4) La Haliartre, commune de Verneuil, canton d'Aiio, arrondis* 
sèment de Limoges. 

(g) C'est le 23 et non le 21 novembre, qui correspond au 9 des 
calendes de décembre. 
(6} Lieutenant -général. 



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cnim detulenint et Franciscum nuncupaverunt, Laui 

^ Manus Domini tetigit me : dimitte ergo me, Domine, 
at plangam paululum dolorem meum! Dilectissimus âlius 
meus, Joannes, secundo geoitus, 13 kalendas febmarii |*2), 
amio Domini 1633, die Sancti Pétri cathedra dedicata, 
tmnTentrisprofluvio, tumvomitu, tum aMdolore, perduo- 
decim dies diacniciatus, viam universœ carnis iDgressua 
est : ejus obitum moleste ferrem, Qisi me sisteret Domini 
Toluntae; quœ, cum eum mihi dedisset, anferre libère 
potuit — Ërat enîm omnibus corporis, animi et morum 
virtutibus oroatus ; agebat in Jesuistarum primo ordlne 
auDum secundiun, setatls vero decimum octavum. Del et 
religiouis fuit cultor âdissimus. Idcirco idem Dominus 
nisi ecclesisB suie sacrameatis confessionis, eucharistlœ et 
eztremie unctionis munitum ad se venire non permisit. 
Matrî suœ, sororibus, omnibus domesticis, mihique fuit 
charîssimus. Feretrum ad eccleaiam scolastici primi ordi- 
Difl (3) detulenint, uua cum congregationis (4) DiTse Marise 
Bodalibus. Eum setema requie fnii existimo : qiîod ita 
fazit Deus, qui pro nobis intercédât, ut cum illo vîtam 
valeamus conseiiui xternam. Sit aomen Domini béni- 
dictum ! 



(1) NouB Jugeons ioutile de doaaer des articles qui, aux noms 
près, reproduisent les préoédenta. 

(2) Le jour de la Pâte de la Chaire de Saint-Pierre & AuUoche, 
te 22 février. 

(3) Les élèves de la première classe du coHëge des Jésuites. Il 
était d'usSige, en effet, que les camarades d'un écolier dâfunt por- 
tassent son corps. A la fin du xvitr siècle, les écoliers de philo- 
sophie du collège des Jacobins portaieat l'épée aux funérailles de 
leurs camarades (Lboros. Cont. des Annale» du Limousin, p. 127. 
Han. du Séminaire). 

(4) La congrégation de la Sainte- Vierge, instituée au collège des 
Jésuites. 



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— 584 — 

# Qaod gTfttam Deo, fselii, faustnm mihi, fortQoa- 
tumqiie familife sitl 

Die vigesima quîota septembris, anno Domiiii 1643, 
hora post mediam Doctem secunda, nata est mihi Ûlia 
primogenila ex dilectissima conjuge, Leonarda Bogier; 
qaam quidem Dominus Aothonius Rogier, uzoris avun» 
culus, AlTemise Lenumcisque carsorum prsefectas (1), una 
cum honorabili Domina matre mea Mai^iuarita de Mas- 
tribut ad sacium baptisma, die undeclma octcdnis, aouo 
sapradicto, detuleruat in ffide divi Michaelis, Hai^uaritœ 
nomen indidenmt, idque roinisterio DcHnini SimeoDis 
Guitard, TÏcarii, 1643. J. Lurr. Lam Deo Virginiqtte 
matri! 

Die décima meosls novembris, anao DomiDi 1653, circa 
boram undecimam serotioam, uzor mea, Leonarda Rogier, 
mihi muXtum dilectissima, per decem dies febrî maligna 
cruciata, viam uoiversEe camis ingressa est, et seguenti 
die, qua iestum divi Martini celebratur, in aede divi Mi- 
chaelis fuit sepulta, Ëam iii sanctonim cœtum coUocatam 
existimo; erat eoim piiesima, FaB sit ea pro me et familia 
perpetuo intercédât ! 

Die Qona mensis februarii, aano Domini 1657, mater 
mea Marguarita de Mastribut, circa boram post mediam 
noctem secundam, viam universse camis iDgressa est, 
fuitque in sedibus divi MichaSlis et ante altare div» 
Magdalenee dicatum sepulta, Bam Deo in Beatorum caetum 
collocare placuerit, ut pro me familiaque perpetuo inter- 
cédât. J. Laut. 

« J. M. J. 

Sit nomai Domini beneUctum! 
Visitavit Dominus uxorem meam dilectissimam, Ha- 



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riam Petiniaud, quae peperil flliam primogeoitam circa 
faoram quintam serotinam, quam Domiaiis Lamy de Luret, 
pater meus, una cum Doniioa Anna Maynard, uxoris 
mes avia, ad sacrum baplisma detulertint in jedeni divi 
Michaelis Leonum, et nomea Annse iodiderunt; qus nata 
est prima die augusti, et baptizata fuît secunda die au- 
gusti, ministerio Dominî de La Chassaigne, ecclesiœ Le- 
movicensis canonici, et baccalaorei SorboDÎci, aaoo Do- 
raini mîllesimo septingeDtesîmo trigesimo tertio. — Lauy 

DB liACHAPBLLE (1). 

L'aD de notre seigneur mil sept cent trente quatre, et 
le quatrième novembre, mon épouse, Marie Petiniaud 
s'est accouchée d'une fille, laquelle a ete baptisée par 
M' Pierre Romanet, théologal de S' Martial (2) ; son parain 
et mareine ont été M' de Lachassagne, chanoine de l'église 
de Limoges, et damoisselle Anne Romanet, veuve de S' 
Joseph Petiniaud, ma belle-mère. Laky db Lachapbllb. 

Le 12* mars 1767 — mon épouse, Anne Magdelaine Des- 
champs, a mis au monde un garçon, baptisé le même jour 
dans l'église paroissiale de 8' Pierre, après l'avoir été par 
preccaution au sortir du sein de sa mère, par M' Cra- 
mouzaud; son parrein a été mon beau père, Jeaa Baptiste 
Deschamps, dont il porte le nom de baptême; sa mareine ; 
Thérèse de Lachassagne, ma grand mère. — Lamt de La 

GHAPBLLB. 

Le 30* avril 1767. Mon fils est mort a La Chapelle (3), 
ou il a été enterré, le 32* du même mois. 

Le 26 juin 1782, mon épouse a acouché d'une fille 
nommée Magdeleine sur les fonds de baptême, ou elt' a 



.(1) C'est la dernière mention en latin de notre manuscrit. 

(t) Du Chapitre qui avait succédé, en 1537, à la communauté 
régulière de Clunistes. 

(3) La Chapelle, petite propriété prèa Saint -Léonard, d'où una 
des branches de la famille Lamy a tiré son nom. 



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été portée par J. B" Lamy, mon fils aîné, et Magdeléne 
Gramagnac, et baptisée par M. Dejaias (?)(1), vicaire de 
S' Pierre. 

Le 10 septembre 1793, Marîe Petiniaud, ma mère, morte 
la veille, a l'âge de 80 aDS, au lieu de Luret(2), a été 
enterrée au lieu et commune de S' Jean Ligoure. - 

Le 8 octobre 1793, Anne Lamy, veuve Belut, notre sœur 
ainée, est morte, maison de S' Gérald (3), et a été inhumée 
le lendemain a S' Thomas d'Aquin (4), âgée de 59 ans. 
Lahy Lachapellb. 

Le 16 juin 1798, s'est fait a l'église, et le 18* juin, — 
30 prairial — an 6, devant la comunne de Limoges, s'est 
fait le mariage de Joseph Yi-ieix Lamy de Luret, mon 
fils, avec !)•"• Valérie Ce'este Baillot, en présence des 
parents communs. — Laht La Chapelle. 

Le S6* du mois d'aoust 1805, mon cher Sis, Jean Bap- 
tiste Lamy, a épousé dans l'église de S* Pierre, à Limoges, 
d""' Catherine Roulhac, âgée de 19 ans, fille de M' Rou- 
Ihac, procureur g"' du tribunal civil et représentant na- 
tional, et [de] dame Roulhac de Faugeras, son épouse. 
Puisse ce mariage continuer le nom et l'honneur de la 
famille ! Laht La Chapelle. 



Notes à la fin du registre. 

Mémoire que le dernier jour de joing 1568, jour de 
Monsieur S' Martial, je fianceis a femme Narde Mandat, 
filhe de sire Jehan Mandat; et me tat promis en mariage 
la somme de deulz mil livres l'; delaqueUe somme re- 
ceumes cinq cens livres t' comptant, que mon frère, Mon- 



(1) Probablement de Jayat, nom d'une ancieDDe famille de Limoges. 

(2) Luret, hameau de la commune de Saint-Jean Ligoure, canton 
de Pierrebuffiëre. 

(ï) Il s'agit probablement d'une hospitalière de Saint-Alexis. 
(4) Ancienne église des Dominicains, aujourd'hui église parois- 
siale de Sainte-Uarie. 



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— 587 — 

sieur de Nieilh(l}, receust, comme appert par sedulles 
sur ce receues eutre nous. 

Et oultre ce qae dessus, me feust promis la somme de 
mil livres, que je receuz deulx jours après la solempoi- 
sation de mes nopcea, comme appert par une quitance 
que j'en ay faict a moodict sieur beau père. 

Et le jour de S' Alpiniea ensuivant, 19" jour d'aust, 
an susdit, espousamea en la ville d'Aixe, en l'esglise S** 
Croix (2) ; et nous espousa messire Pierre Panguet (?) 
vicaire d'Aixe, et mon Trère, monsieur de Nieilh, célébra 
la messe. 

Le vingt uniesme jour de febvrier 1569, je receus de 
mondit sieur beau père cent cinquante escus sol et cent 
pistoletz (fù)(3), en déduction de ce que dessus, comme 
appert par la 'quittance que je luy en ay faict (4). . . 

Obiit frater charissimus, anno pcœt infaustum hoc et 
ominosum conjugium, nempe 6" idus augusti (5), in ipso 
diei crepusculo, anno Domini 1569. Ëjus animam Domi- 
nus faciat perpétua frui régule et lu Beatorum sede col- 
locet! F. Lahy 

m DOnas aprilis (6), anno Domini 1570, hora 5* de 
mane, (quo die Annunciationis festum virginis Marine 
celebrabatur in hac diœcesi ecclesia&ticorum authoritate. 



(1) Il s'agit probaJilemeQt du curé de Nieul, dont il a été parla 
plusieurs fois. 

(2) Église paroissiale d'Aiie* sur- Vienne. On la répare en ce 
moment. 

(3) L'écu sol pesait 2 deniers 15 grains. C'était une aorte de 
monnaie-type dont on faisait usage pour les constitutions de 
rente, ete. On a donné le nom de pistoleta à certaines monnaies 
d'or étrangères. 

(1) Ici finissent les notes de la main de Jean Lamy. C'est Fran- 
çois Lamy, rédacteur des premiers articles du livre de famille, qui 
ajoute ce qui suit. 

(5) 8 août. 

(6) 3 avril. 



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. a vigilia Pasch» in hune diem relegatum], Leonarda 
Mandat, olim &atris Joan&is uxor, et ab eo, cum e vivia 
escederet, gravida reUcta, in hoc Lemovicorum oppido, 
et maternis sedibus, parturiit et in lucem edidit âliam, 
quEe eodem die, sub horam 8" et crepusculum vespâr- 
tinum, in parrochia nostra, sacra (?) Divi Michaelia aede, 
cœlesti lavacro purificata fuit, patris spiritalis vicem et 
muauB obtinente (?) fratre natu majore, Domino Joanne 
Lamico, Nuellii curato; matri6(ij, item socrus defuncti 
fratris, Joanna, vidua Joaaois Mandati. Dominus Joannes 
Vouzelle, TicariuB parrochiae Dostr%, sacro baptismate 
puellam abtuit, eique Mai^aretse nomen inditum est. Id 
nobis bene vertat! 

Observavi puellam banc eodem die, nempe lunœ, et 
eadem hora, scilicet 5* matutina, in lucem editam, qua 
obiit ejug pater. Item eadem hora sacro baptismo reuatam, 
qua ejus pater sepultune mandatas est. 

Tutebe oqus neplie uostrEe Marguarits, fratris Joannîs 
defuncti Ûlise, hodie decretum est parentum omnimn 
suffragiis et commun! consensu, fratri amantissimo, Do- 
mino Joanni Lamico, Nuellii curato, nempe die Jovis, 
pridie nonas julii, anno Domini 1570 (2). 

Ëadem Leonarda Mandat secundo nupsit vu iduB au- 
gusti (3) anno Domini 1575, MichaÇli Rogier, procura- 
toris Bogerii fllio, hujus oppidi, elapeis sex annis post 
fratris obitum, postridieque ejus diei et eodem menée 
quo frater meus, cum quo prius nupserat, ultimum vitœ 

diem clausit 

L. GUIBERT. 
(A suivre.) 



(1) 11 faut entendre ; malria apiritalia oicem, etc. 

(2) 6 juillet 1570. 

(3) 7 août. 



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REGISTRE I)B FAHILLE DE JEANNE BOYOL, COMTESSE 
DE VILLELtalE (1587-1594) (Ij 

Salut par Jésus Chrîst. 

Dieu, par sa grâce et bénédiction, a donné a Jean de 
Villelume de Barmontet {2] et a moy Jeanne Boyol de 
Moatcoqu(3}. sa femme, nosLre premier fils. Et nasquit 
l'an de grâce 1589, le 24" d'avril, ung lundy, heure de 
midy; fuat batizé par M' Jouberl de Rochoar, miuigti-e (4), 
au chasteau de Touront (5). Son parrain fust M' de Moûl- 
coqu, mon père, et marraine Madamoiselle de S' (Jer- 
maint qui pria ma sœur, Marie de Montcogu, le présenter 
au sainct balesme. El s'apelle Pierre de Villelume. Paict 
a Touront, l'année 1590, le jour des roys. 

Anagrame de Pierre de Villelume : 
Dieu i'élu[t] premUi: 

Anagrames de Jean de Villelume et Jeanne Boyol : 
L'élu de Dieu ayme la bonne joie. 
Salut par Jésus Christ. 
Dieu nous a donné nostre seguonde filie après noslre fils. 



(1) Communiqué par H. Alf. Leroux. Voir l'introduction. 

{i) Jean de Villelume, second Ris de Marien Guillaume, seigneur 
de Barraontel en Âuverg[ie, et de Louise de Saint -M arceau, a fundiï 
la branche du Limousin par son mariage avec Jeanne Boyol, la- 
quelle était Aile dû Pierre Boyol, écuycr, seigneur do Moulcocu. 
[Note de M. de Villelume, possM^eur du registre.) — Jean de 
Villelume éiait catholique; Jeanne Boyol protestante. Leur château 
du Bâtiment [aujourd'hui commune de Chamborct. Haute- Vienne) 
avait deux chapelles alTectées à chacun des deux cultes. 

(3) Montcocu, aujourd'hui commune d'Ambazac, arrondissement 
de Limoges. 

(4) J. -Joseph Joubert était encore ministre de Rochechouart en 
1603. Il desservit ensuite l'église du Bouscheron, sise au voisinage 
de Rochechouart. On ignore la date de sa mort. 

(5) Arrondissement de Bellac (Haute- Vienne). 

T. VIL *— i 



lyGoo^e 



- 590 — 

El oaquist le 16° jour de juin 1590, uq mercredy, heure 
de 8 heures de matin; et fusl batiïée a Touront par le 
dit Mr. Jouberl, ministre de la parolle de Dieu. Et fust 
parrain Mons. du Reperre de Perds, et marraine Mada- 
moiselle de Montcoqu, ma mère. Et s'apelle Marie de 
Villelume. Faict a Touront le 17" février 1591. 

Au nom de Dieu. 

Nous flanceames le 19' février 1587 et espousames le 
2° d'avril 1588, nng jeudy. Et Dieu i-etira a soy Mons. 
du Bastimant mon mary, le 5" de may 1591, ung di- 
manche, heure de vespres, alaut secourir la ville du 
Dorât (1) pour le sei-vice du roy Henri III, roy de France 
et de Navarre. Fut tué près la foret de Renquon (2), d'une 
embuscade des ennemis et rebelles au roy, par Tei-zane et 
Gezar, le 5" may 1591. 

Dieu nous a donné nostre dernière âlie qui unsquit 
l'iinnée 1591, le 20" novembre, a 7 heures du jour de 

samedy matin. Et tous trois nés a Touront (3). 

Et fust bastizée au dit Touront par M' Joubert. A esté 
parrain mestre Marcial de Champs', et ma sœur et filieule 
Jeanne de Montcoqu [a esté marraine], le mesci-edy en 
may 1594. 

Loué en soit Dieu par son S' fils Jésus Christ. 

W. H. G. Villelume. 



(Commun ic-a/to?i rie fou M. le comle de Villetume, possesseur 
du registre île Jeanne BoijoL) 



(1) Assiégée par les ligueurs. 

(2) Bancon, arrondissement de Bcllat; {Haute- Vienne). 

(3) Il ï a dans le texte à cei endroil ces mots : mmedij 1591, qui 
no peuvent être autre chose qu'une répétition par inadvertance de 
•:e qui est dit plus haut. 



DigmzcdbyGoOgle 



LIVRE DE FAMILLE DBS SIEURS DE L\ BHUNVE, 
DE fiOCHBCHOUART (1599-1788) 

Ce Livre de famille est aujourd'hui la pro- 
priété de M. Émilien de la Brunye, sous-préfet de 
Rochechouart, qui a bien voulu nous le commu- 
niquer et nous autoriser en môme temps à en 
publier les parties les plus intéressantes. Nous 
témoignons ici de nouveau à M. de la Brunye 
toute notre reconnaissance. 

Ce Licre de famille fut commencé vers 1644 
par Jean de la Brunye, alors âgé de 'ii ans en- 
viron, et continué par lui jusqu'à sa mort surve- 
nue en octobre 1G84. Mais le rédacteur y inséra à 
diverses reprises des mentions antérieures, puisées 
sans doute dans la tradition domestique et dont la 
plus ancienne remonte à 1599. Après lui le Livre 
fut continué par David de la Brunye, son petit- 
iils, qui n'avait alore que 10 ans. Mais jusqu'à 
1697 celui-ci n'enregistra pour ainsi dire rien. 
Celte lacune est d'autant plus regrettable qu'elle 
correspond à la période la plus troublée de l'his- 
toire de Rochechouart. 

Quand David mourut en 1747, son fils Raymond 
continua le Livre de famille par quelques men- 
tions sans grande valeur. Après lui, c'est-à-dire 
de 1788 à 179'2, la plume fut tenue par Pierro 
Paul de la Brunye, mais sans grand profit pour 
l'histoire. 

Jean de la Brunye était protestant, comme la 
plupart de ses concitoyens à cette époque, et il 



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— 592 — 

nous donne sur los événements d'ordre ecclésias- 
tique dont Rochechouart fut alors le théâtre, des 
renseignements d'autant plus précieux que le re- 
gistre du consistoire (dont nous avons donné 
ailleurs des extraits) s'arrête à l'année 1635. Ce 
Livre de famille prend dés lors une grande im- 
portance historique; aussi n'avons-nous point hé- 
sité à le traiter comme un document de premier 
ordre en multipliant les notes et les rappro- 
chements. 

Les mentions de ce Livre, au lieu d'être enre- 
gistrées les unes à la suite des autres, l'ont été 
le plus souvent au hasard, sur la première page 
blanche qui se présentait au rédacteur. 11 en ré- 
sulte une certaine confusion que nous avons cru 
bon de faire disparaître en classant nos extraits 
dans un ordre chronologique rîgoui-eux. L'indica- 
tion marginale des folios du manuscrit permettra 
toujours de se reporter facilement à l'original. 

L'orthographe du nom de la famille n'est point 
fixe puisqu'on trouve de la Brunye, de Labrunye, 
Delabrunye. Nous en avons toujours scmpuleu- 
sement respecté les variations. 

Des mentions de baptêmes et mariages de ce 
Livre de famille résulte, sauf erreur, le tableau 
généalogique suivant : 



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13 i». 

Le 5* jour de febvrier 1599, jour de sâmedy, environ 
5 heures apprès midy, décéda Arnaulhon de Labninye 
mon grand père, et fut eusevely le lendemain en l'esglise 
de St Sauveur de Rochouard, aux tombes de ses prédé- 
cesseurs. M. Lalieste, prieur des Cordeliers de St Juiiien, 
fisl l'oraison funèbi-e, assisté de ses i-eligieux pour faire 
les funérailles. 

!) r". 

Le 27' jour d'octobre 1613, nasquit Suzanne Boulesteys, 
fllle naturelle el légitime de Benjamin Boulesteys et de 
Anne Soury, femme du dict Jean de Labrunye alors 
demeurant au village de la Doradière. Elle a esté baptisée 
à Rochouard par M. Fourgeaud, ministre de la parolle 
de Dieu au dict Iieu[l}, le 17* jour de mars 1614. A esté 
parrin maistre Jean de la Chaumelte avocat; marrine 
Suzanne Soury, sœur de la dicte dame. La présente datte 
a esté extraicte du papier d'Abraham Aymery (2). 

13 v°. 

Le 22* jour de febvrier 1629, jour de jeudy, environ 
9 heures du matin, trespassa Françoise Soury, femme de 
Arnaulthon de Lahrunye (3), en la maison de maistre 
Pierre de la Chaulmette. Et fut le dict jour la première 
ensevelie au cimetière neuf de Bonmousson que Monsieur 
(le vicomte de Rochouartj marqua et borna à ceux de la 
religion réformée le 4' jour de février 1629 (4), Cela se 



(!) De 1605 à 1G1T. Il desservait ikuparavant l'âgliso de Villemur. 

(!) Ce papier d'Abraham Aymery était sans doute quelque livre 
de famille, analogue à celui des La Brunye. En tout cas ce baptême 
ne figure pas sur le registre du consistoire de Rochechouart con- 
servé BUT Archives départementales de la Haute- Vienne. 

(3) Décédé lui-même en février 1599. Voy. ci-dessus. 

(4) Mention importante par sa précision, car il est assez malaisé 
de voir clair dans cette question, petite j> nos yeux, mais fort 
grande sans doute aux yeux des contemporains. L'abbé Duléry 



DigmzcdbyGoOgle 



— 595 — 

troure estre laissé escript de la main de Junien de 
Labrunye [1). 
14 r». 

Le disiesme jour de novembre 1636, jour de lundi, 
M heures du soir, mourut Juuien de la Brunye, mon 
père, d'une apoplexie qui ne lui dura que deux heures. 
Et toutes les paroles qu'il proféra furent disans, Anne 
Fontaneau sa femme le tenant entre ses bras et Abraham 
Soury lui appliquant les ventouses : « Seigneur Jésus, 
reçoys mou esprit entre tes mains miséricordieuses ! > 
Laquelle apoplexie l'emporta. Et fut enseveli le jour sui- 
vant, mardy 11 au dict an, deux heures apprès midy, 
dans l'église de S. Sauveur au dict Rochouard, aux tom- 
beaux de ses ancêtres et prédécesseurs qui l'avoient de- 
vancé par leurs morts, apprès avoir vescu en ceste vallée 
de mort 55 ans. 



prétend bien, dans son Histoire de Rockechouarl (page 201), que les 
' protest&nts du lieu avaient un cimetière à eux avant que celui de 
Beaumousson leur fût attribué par moitié. Hais cette assertion, 
rendue vague par l'absence de toute date, n'est qu'à moitié vraie. 
Pendant tout le xvi- siècle, les protestants de Rocheohouart 
n'eurent pas de cimetière particulier et n'usèrent que par tolé- 
rance, à défaut de tolérance par usurpation, do celui de la paroisse 
catholique. Mais il résulte pour nous d'un document postérieur 
{Paclum pour les habilantg de Rochechouart, Catal. Hist. de 
France, 4 d it* n' 186, art. 3) qu'une moitié du cimetière calholique 
leur fut attribuée par tra^nsaction en 160â. Toutefois, l'usage leur en 
ayant été retiré au bout de quelques années, ils en établirent un 
autre au voisinage de la maison de ville qui leur servait de temple. 
Ce choix leur suscita des tracasseries dont le souvenir se trouve 
consigné dans le Registre du consistoire (délibér. du 19 mai 1630, 
dans nos Documents histor., II, 113). On s'explique dès lors qu'en 
1629, comme il est dit ici, le vicomte de Rochechouart, nous igno- 
rons à quelle suggestion, leur ait accordé de nouveau une por* 
tien du cimetière paroissial pour y enterrer leurs morts. Voy. plus 
loin la mention de l'année I68t et la note. 

(1) Ce Junien de la Brunye {f 1636] était le père de Jean de la 
firunye, le premier rédacteur du présent Livre. Son journal est 
malheureusement perdu pour nous. 



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14 r. 

Le 4' jour de septembre 1641, Juaien de Labmuye, fils 
d'autre Juniea et de Anne Fontatieau et nostre frèi'e, s'en 
voulant aller à l'armée et dans le régiment des gardes, 
fit testament en faveur de la dicte Anne Fontaneau sa 
mère, receu par J. Boulesteys et P. de la Chaulmetle, 
notaires. Le dict Junien de Labrunye, apprès avoir de- 
meuré quelque temps au dict régiment, fut commandé 
pour s'en aller en Allemagne [1); auquel voyage faisant 
il mourut, lors cheminant, sans effort ('/). de guerre ains 
de mort naturelle, le 26' jour de novembre 1643, ainsin 
qu'[ont] affirmé des soldats du dict régiment par leurs 
attestations d'eux signées. . 

12 r-. 

Le jour du Seigneur dimanche, deux heures apprès 
midy, 23 du mois de janvier 1644, Anne Fontaneau (2), 
ma mère, quitta ceste vye pénible et langoureuse par la 
Toye naturelle, attaquée d'une maladie qui luy dura huit 
joui-s. Durant iceux elle i-ediaoil souvent qu'il falloit que, 
à ce coup, qu'elle quittât cesle vallée de misères, estant 
lasse de vivre, désirant tant et plus desloger pour estre 
avec Clirist son Sauveur, endurant patiemment cette Visi- 
tation envoyée pour marque et flétrissure de ses péchés, 
qui Tentrainoit à la mort et luy faisoit passer volon- 
tiers condamnation, comparaissant vestue de ses œuvres 
et justices qui ne coûtent que foin. et paille pour allumer 
l'embrasement de la haute et souveraine justice de Dieu, 

(I) La maréclial de Guëbrianl opérait alors contre lea impériaux 
dans la fameuso guerre do Trente ans. 

{2) Elle était calviniste comme le prouve la suite du récit, et 
mariée ii Junien de la Brunye, catholique, mort en novembre 1636. 
Voy. ci-dessus. 11 est question plus loin (octobre 16^) d'une autre 
Anne Fontaneau, mariée à Daniel de Barthe et sans doute ftile de 
celle-ci, -^ Il est souvent fait mention des Fontaneau dans le Beg. 
consist. de Rochechouart, en particulier de Louis Fontaneau, qui 
était juge de Saint-Laurent en 1617. 



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qui D'excuse en nous les fautes gui s'y Lreuvent et plus 
abondantes en moy que tout bien, disant : <> J'en cherche 
aux mérites de J. G. qu'il m'a acquis par les souffrances 
de lii croix, mon unique espérance. » Ce fut l'entretien 
de celte pieuse femme durant sa maladie, et autres bonnes 
peneées et méditations que elle avoit apprinses dans les 
livres sacrés par fréquent usage, s'estant munie de toutes 
les ainnures de justice pour repousser les dards enflammés 
du malin décochés à cette heure. Car sa confiance et sa 
générosité faisoit dire à tous les assistants qu'elle estoit 
preste à moissonner la bonne semence que Dieu avait 
semée dans le champ de l'église pure et reformée qu'elle 
avait professée, après m'y avoir exhorté à la suivre [1] 
et m'avoir donné sa bénédiction. Ses dernières pai-oles 
furent : a Seigneur, si tu veux, je sais que tu peux me 
tirer d'icy et que à cette heure, si tu veux que je meure, 
je le veux aussy. » Le sieur Barthe (2), ministre de la 



(1) Il semble bien résulter de ce passage que le fils d'Anne Fon- 
taneau, Jesut de la Brunye, le rédacteur du récit, n'était point en- 
core protestant 

(2) D'abord pasteur d'une église de l'Agenais, puis de Limoges, 
à partir de 1619, puis de Rochechouart et Limoges 4 partir de 
1620, comme il ressort d'une délibération du M octobre 1621 du 
Registre coneittûrial ras., non reproduite dans nos extraits de ce 
registre : « A esté conté avec M. François Reynaud des fraiti et 
dépenses par lui Taits es allées et venues de M. Barthe pour son 
ministËre en ceste église dès le 18 janvier 1620.... » L'abbé Legros, 
dans son Abrégé des Annales (1, 561) et de nouveau dans la Feuille 
hebdomadaire de Limoges (M mars 1777), avance que le consistoire 
des huguenots de Rochechouart nomma Daniel de la Barthe {ëic) mi- 
nistre le 19 octobre ICin. Vérification faite, la délibération du 19 
octobre ICIO insérée au Registre contistoriat de Rochechouart (par- 
tie ms.) ne parle que de la célébration de la Cène. C'est seulement 
dans celle du 2t décembre suivant qu'il est question pour la pre- 
mière fois de réclamer le ministère de Daniel de Barthe. Il résulte 
de ce même Registre (partie ms., 1620, 1624 paasim] que Barthe 
commença son ministère à Rochechouart dès le 18 janvier 1620 et 
le continua plus ou moins régulièrement jusqu'à la fin de 1624. date 
à laquelle, pour échapper aux dangers qui le menaçaient à Limoges, 



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— 598 — 

parolle de Dieu, fut appelle pour faire la prière. Sur la 
un elle rendit l'esprit, et fut son corps le lendemain 
enterré au cimetière de Beaumoussoa de Rochouard et 
dans le tombeau de Jacob de la Chaulmette, son oocle. 
34 v\ 

Ëxtraict des registres consistoriaux, baptesmes, mariages 
et mortuaires de MM. de la religion prétendue et réformée 
de l'esglise de Rochechouarl [1). 

Suzanne Soury, fille de Isaac et de Marthe Loumeaud, 
fut baptisée le dimanche 3 juillet 1644 par M. Jérémie 
de Barthe, ministre de la parolle de Dieu (2). 



il quitta cette ville, vint faire sa résidence à Rochechouart et ne 
desservit plus Limoges qu'à intervalles plus ou moina éloignés. II 
mourut en avril 1653, comme il est dit plus loin. Nous reviendrons 
plus BU long sur ce pasteur dans notre Histoire de la Réforme 
dans Ui Marche et le LimoTÀSin. — 11 ne faut pas confondre Daniel 
avec Jârëmie, son frère puîné mentionné ci-dessous, pasteur i Lisle 
en Périgord en 1637 (Âymon, Synodes), et jusqu'en 1642, puis à 
Montignac-le-Comte et Laforce. On a de celui-ci un Ser-mon sur 
ta naissance du Sauveur, prononcé à Lisle le 33 décembre 1640 
(Copie dans les papiers de M. Le Savoureux à la Bibliothèque 
protestante de Paris), et un Papier-Journal sur lequel il av^t 
inscrit les quartiers de traitement reçus des églises de Honti* 
gnac, Guabilhon et Lardymalye entre 1612 et 1651. (Copie ibid. . 
Publication d'un fragment relatif au duc de La Force dans le Bull. 
Soc. hist. du prot., 1859, p. IIS.) Jârémie de Bartbe mourut après 
1654. — Le troisième des frères de Barthe était Ambert, meu- 
tionné plusieurs fois ci-dessous, qui mourut en mars 1653, comme 
il est dit plus loin. Il était, dès 1626 au moins, pasteur de Cha- 
teauneuMa-Forèt, et concurremment de Meillars et Treignac (au- 
jourd'hui département de la Corrèze). Un quatrième frère, dont 
le prénom nous est inconnu, fut aussi pasteur, nous ne savons 
où, et abandonna la communion réformée vers 1647. (Voy. notre 
Hist. de la Réforme... ch. n.) — La Biograp. des hommes illus- 
tres du Lim., par MM. l'abbé Arbeilot et Aug. Duboys, confond 
ces quatre pasteurs en un seul et attribue k Daniel de Barthe les 
faits et les écrits de ses trois frères. 

(1) Ces registres, aujourd'hui pfîdus, faisaient évidemment suite 
à celui que nous avons publié dana nos Documents Historiques, 
tome II, et qui s'arrête à 1635. 

(3) Voir ci-dessus la note 2. 



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2 V". 

Le mardy presmier jour du mois de novembre 1644, 
par coQlracl receu par D. Reyiiâud et Jeau Auniilhon, 
fiança le dict Jean de la Bmnye (1} la dicte Suzanne 
Boulesteys eu la maison de defîunt Benjamin Boulesteys 
et de Anne Soury, ses père et mère de la dicte Suzanne, 
assistés de leurs parents de part et d'autre. Et le mer- 
credy seizième du dict mois et an, ils espousèrent en 
l'église prétendue réformée de Rochouart par les mains 
de M. Barthe, pasteur en icelle, gui a bény leur mariage 
pour demeurer conjoins ensemble. 

Dieu par sa bonté veuille mestre une telle union 
entre eux, que, pendant le temps qu'il lui plaira les 
faire demeurer au monde, qu'ils s'entretiennent en paix 
et amitié ensemble, sans jamais décliner aucunement et 
conformer leurs desseins en s'augmentans de plus [en 
plusj en foy, croisans en biens, demeurans en paix et 
prospérité. Ainsi l'Éternel par sa toute puissance en 
veuille ordonner comme il verra et jugera estre néces- 
sère et expédians pour le salut de leurs âmes et édi- 
fication du prochain, au repos de leurs conscieuces. 
Ainsi au nom du Tout puissant en soit-îl faict! Amen. 
Plaise le Seigneur les vouloir bénir de ses plus rares 
bénédictions, eux et leurs familles, s'il luy plait leur 
donner lignée et les accroisire et eslever en la loy du 
Seigneur, unique législateur, pour cheminer tous les'jours 
de leur vie en ses sentiers et statuts. A nostre Dieu la 



(t) Ce Jean de la Brunye, catholique, était frëre de Junien de 
la Brunye, mort en 1013, et par conséquent lils d'autre Junien de 
la Brunye et de Anne Pontaneau. Quoique rédacteur du registre, 
il parle de lui-même d'une manière impersonnelle. La suite du 
récit indique déjà qu'il était bien prêt de céder au vœu da sa mère, 
exprimé plus haut, puisqu'il épouse une protestante el accepte de 
faire bénir son mariage par le pasteur. Les faits rapportés plus 
loin, S0Q8 la date de 1G49, confirment d'ailleurs directement notre 
assertion. 



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conduite en nous comblans de sapieuce el doctrine pour 
eux et leurs affaires gouverner sagement à sa gloire et 
bien de paix, en les réslgnans et tout ce que nous avonsi 
receu de luy entre ses mains pour en estre le garant 
et le soutien. Bénis nous. Seigneur, et les biens que 
nous avons receus de ta main. Fais que nous ne met- 
tions jamais eu oubly et ne perdions la mémoire de sy 
grandes bcnefflces que tu nous as faictes de nous avoir 
créés et tirés de rien, nous ayans faict créatures raison- 
nables formées à ton image, l'ayant pcrdeue en nous par 
nostre perversité et rebélion, au manger du fniict de 
l'arble [sic] que tu avois défendeu n'en manger soubs 
peine de mort, juste jugement que nous ne pouvions, 
apprès avoir vioUé ta loy divine, esviter la peine deue 
à nostre faute ny expier nostre péché faict contre l'inflny, 
ayans tombé eu la rigueur de sa justice pour endeurer 
les peines esternelles d'enfer. Mais par tes grandes com- 
passions tu nous as faict miséricorde, nous recevans à 
mercy en envoyant Ion fils, ton unique, ton bien aymé, 
au monde pour vestir là nostre chair humaine en pre- 
nant la forme d'homme et en icelle endui-er la mort 
ignominieuse de la croix qui estait deue à nos péchés, 
les ayans effacés et âché l'obligation qui estait contre 
nous à la croix en satisfaisant pour nous à la justice 
du Père, en punissant son fils qui a esté baillé pour 
nostre rançon (1j. profondeur de miséricorde en ce que 
luy qui n'avait point connu de péché a esté faict pécheur 
pour nous ! La cré;iture a commis la faute ; le créateur 
en est puny (2), Seigneur Dieu, créateur du ciel et de 
la terre, rédempteur du genre humain, donnaleur et dis- 
pensateur de toutes choses, conservateur et conducteur 



(1) Réminiscences des Ëpitres de suntpaul. Cf. particuliërement 
Goloss. if, 14. 

(2) Cf. II, Cor. V, 21 : < Car celui qui n'avait point connu le péché, 
il l'a traité k cause de nous comme un pécheur, afiu que nous deve- 
niona justes devant Dieu par lui. « 



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— 60! — 

d'icelles, à toy seul de qui je confeiise tenir toutes choses, 
qui m'as prései-vé jusques à présent, je te supplie du 
plus profond de mon cœur par tes grandes bontés me 
constinuer ces mesmea faveurs jusques à la fin, bien que 
j'en sois iadigae à cause de la multitude de mes péchés 
gui m'accableroit sans le secours de toy, mon Dieu, 
mon Père, en qui j'espère grâce par ta mercy et d'estre 
sauf par ta seule miséricorde, m'ayant esleu à salut dès 
la fondation du monde. Je te supplie ne rejeter ton 
humble serviteur qui te faict reconnaissance avecque 
humilité, honneur et révérance et par icelle confesse 
qu'a toy seul soit reodeu el appartient gloire, honneur, 
empire et magnificence es siècles des siècles à tout 
jamais ! Amen. Appres avoir constamment attendeu de 
l'Éternel la volonté, il se tourne de nosire costé. 



Du mariage contracté entre Jean de Labrunye et Su- 
zanne Boulesteys marriée, est descendeu par voye natu- 
relle et légitime nostre bien aymé fils Amber de La- 
bi-unye, que Dieu fît jouir de la lumière du monde 
en le faisant sortir de la matrice par sou heureuse nais- 
sance qui fut le vcndredy 16" jour du mois d'avril 1649, 
3 heures appres midy. Et fut baptisé en l'église réfor- 
mée de la ville de Rochouart le merci-edy suivant, vingt 
uniesme du mois et an. Fut son parrin maistre Amber 
de Bai-the(i), ministre de la parole de Dieu en l'esglise 
de Meillars en Limousin et alors y demeurant; et fut 
présenté par David Soury eu l'absence du dict sieur de 
Barthe; sa marrine dame Anne Soury, vesve de feu 
Benjamin Boulesteys, oncle et grand mère du dict Amber ' 
de Ijabrunye. 

Seigneur Dieu tout puissant, tout bon et tout sage, 
fais luy miséricorde par les mérites de J. C, ton cher 
lils, et le i-empUs de sapience, doctrine el sagesse pour 



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— 602 - 

vivre en la crainte, demeurer eu ton amour, faire ta 
sainte volonté soubs la persévérance de la profession de 
ses parents à radvancement, grand Dieu! de Ion règne, 
bien el salut de sa pauvre ànie infectée de corruption 
originelle par la désobéissance du premier homme. Sei- 
gneur, ne lui veuille imputer ceste faut« et plusieurs 
autres dont sont coupables ses père et mère, pour en luy 
visiter leurs iniquités en luy faisant porter la peine de 
leurs maux. Veuille, bon Dieu, les regarder en tes bon- 
nes compassions, destoumer ton coun-ouï de dessus eux; 
arreste tes indignations; sois, mon Dieu, appaisé par le 
sang précieux que ton bien aynié t'a offert en la croix 
pour rançon de tes pauvres créatures qui altérées de tes 
grâces, désirent tant et plus d'estre consolées par l'espé- 
rance de la vye éternelle qui leur a esté acquise par J.-C, 
qui en l'unité et trinité de toy, Dieu, Père et Saint- 
Esprit, vit éternellement. Amen. 

J, Bhunye. 
15 v*. 

Le 17* jour d'avril 1650, jour de jeudy', mourut Jeanne 
de la Brunye(l), vesve de feu Louys Boulesteys, en reve- 
nant du mariage de Pierre Pallier. Elle rendit l'esprit 
par les chemins, attaquée d'une apoplexie. Elle fut en- 
terrée le jour suivant, 24 heures apprès sa mort, dans 
le cimetière de Boumousson à Rochouart. 

15 V. 

Le jeudy 22' jour du mois d'aoust 1652, Ësticnne Bou- 
daud âgé de huit ans, fils unique de Pierre Boudaud 



(!) Cette Jeanne' de la Brunye est vraisemblablement une sœur 
de Jean de la Brunye, dont il a été question plus haut, et par 
consëquent une nile d'Anne Fontaneau. 

(2) Il ne faut pas confondre cette Françoise de Labruwye, mariée 
à Etienne Boudaud. el tous deux callioliques, à ce qu'il semble, 
avec une autre Françoise de Labrunye, mariée au pasteur Ambcrt 
de Barthe, et dont il est question plus loin. 



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— 603 — 

sieur de la Boiasière. et de Françoise de Labrunye (2|, 
mourut de morl violente et se aoya dans un petit puits 
cave de six pieds, à la porte de l;i métairie de la belle 
Monie (1) en la paroisse de S, Auvent, là où la dicte 
Labrunye l'avait envoyé avec sa servante pour faire van- 
ter (?) les bleds de la dicte mestairie; dans laquelle noua 
fusmesle mcsmejour les sieurs Dumaisel. Joubert, Simon 
et Pierre Folle, Labruaye, Lagardeste et moy pour trans- 
porter le corps, apprès que la justice de S. Auvent eut 
faict leur (sic) visite et procès-verhal ; et avons aporté le 
corpa dans nostre maison qu'avons trouvé accompagné de 
Mad'" de la Paye, des cousines Sénéchal, de Marsillic, 
de Moiron, et autres du dict S. Auvent. Il a esté enterré 
le vendredy jour suivant, dans l'esglise de Rochouard, 
dans le tombeau de ses prédécesseurs par les mains des 
preslres et autres ses parents et amys l'accompagnans à 
leurs grands regret et desplaiair. Dieu par sa grâce luy 
veuille avoir faict miséricorde en luy pardonnant ses 
péchés et ne lui imputant les. fautes de ses parents! 
Adieu, mon nepveu, à mon grand desplaisir 1 



Le vendredy 31' jour du mois de mai-s 1653, onze 
heures du matin, mourut dans la mort des lidelles 
M. Amber Debarthe, ministre du Sainct Esvaugile{"2), et 
fut eiisevely le jour suivant au cimetière de Bonmousson 
dans une fosse qui joint celle de défunte ma mère, sous 
un tombeau neuf qui fut admené le même jour. 

Le samedy 26* jour du mois d'avril 1653, deux heures 
apprès minuit, mourut M' Daniel Debarthe, ministre du 
Saint Esvangile en rcsgliKC de Limoges et Rochouart(3}. 



(1) On Écrit aujourd'hui Bellemânie, .commune de Saint-Auvent, 
arrondissemcnl de Rocheehouart. 

(2) Auprès des églises de Ch&teauacuMa-ForËt, Hcîllars et Trei- 
gnsc. Voy. plus haut. 

(3) Voy. ci-dessas. 



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— 604 — 

11 mourut d'une colique yliaque au dict Limoges, dans 
la maison de M, David, et fut enterré dans le temple du 
dict Limoges (I), le jour suivant, deux heures apprès 
minuit (2), accompagné de sa femme, gendre, fllle, avec 
Mad'" de Meillac (3} , le sieur Boulesteya , Jean de la 
Ghaulmette, Jean de Labranye, M. David, M. Mourest. 
Adieu, nostre bon pasteur! 

17 V. 

Le lundy, trois heures apprès midy, 28' jour d'avril 
1653, deux jours apprès la mort de M. Barthe, les reli- 
gionnaii-es de la ville de Rochouart envoyèrent quérir 
M. Férant, pasteur au bourg de S. Glaud (4), pour bénir 
le mariage des sieurs Daniel et Pierre de Lachaulmetle, 
frèi-es, et de Claude de la Ghaulmette; pour lesquels 
mariages faire, le peuple s'assembla au temple de la dicte 
ville (5), à l'heure de trois, pour là ouirle presche. Mad. 



(1) Le teraple de Limoges était alors situé à la Croix Matidonaud, 
près Beauséjour. 

(2) Cette inhumation nocturne s'explique par ce fait qu'eu 1648 
et de nouveau quelques années plus tard, le temple de la Croix 
Mandonaud avait été détruit par lea élèves du collège des Jacobins 
de Limoges, La commuiiautâ réTormée était donc environnée du 
périls. (Voy. pour plus de détails notre Histoire de la Réforme 
dans U Marche et le Limousin... ch. vu.) 

(3) Apparentée aux Lescours de Savignac, calvinistes, et par 
suite k la branche des Haleden, qui s'intitulaient seigneurs de 
Heillac et de Savignac. 

(Il St-Claud-sur-le-Son, arrondissement do Confoiens (Cliarente). 

(5) C'est la première fois que nous trouvons mentionné le temple 
de Rochechouart, Jusque vers 1630, les protestants s'assemblaient 
dans la maison de ville. L'abbé Nadaud prétend {Mémoires ma- 
nuscrits, 1, 58) que ce temple fui commencé eu avril 1637. Cette 
date est douteuse si l'on se souvient que les protestants do Roche- 
chouart, condamnés par les Grands-Jours de Poitiers en 1634, n'ob- 
tinrent la reconnaissance de leur droit que par arrêt du Conseil 
du 10 mai 1639. Avril 1631 doit sans doute être corrigé en 
août 1639. 



DigmzcdbyGoOgle 



— 605 — 

la marquise [de Rochechouarl] (1) advertie de cela, à l'ab- 
sence de M. de Pompadour, son mary, lors en cour, en- 
voie quérir les anciens de la dicte religion, leur défendit 
de s'assembler le jour extraordinaire et d'avoir eu un 
pasteur nouveau sans sa permission, qu'elle n'entendait 
que cela fut. De la pari des anciens fut respondu qu'ils 
le pouvoient en vertu de l'esdict du roy. Sur cela ils se 
retirèrent; et venue au dict temple l'assemblée entière, fut 
chanté par maistre Daniel Boulesteys, ancien, le psaume 
35 (2). Dans ce temps la dicte dame fait sonner le tocsin 
el battre un tambour par les rues, à la diligence des 
consuls de la ville, estant lors maistre Jean Simon pi-o- 
cureur fiscal, Pierre Simon, son frère, Jean Desvergues 
el François Reys , tous catholiques romains. Pendant 
l'action, lorsque le dict Boulesteys faisait la lecture du 
segond chapitre de l'Apocalypse ou révélation de S. Jean (3j, 
la dicte dame arrive au temple accompagnée des dicts 
consuls, curé et autres habitans de la dicte ville et ses 
serviteurs armés d'espées et fusils, ayant trois cors de 
chasse qui jouaient dans la porte el fenestre du dict 
temple, avec les cris el voi-\ du peuple, ce qui empescba 
l'office divin, ne pouvant glorifier Dieu parmi ce tinta- 
marre. Il fallut cesser et parler à la dicte dame; et luy 
fut accoi-dé que le prêche ne se faîrait iiy les mariages (4). 



(I) Haric do Rochechouarl était Rlle do Jean II, vicomte de 
Rochechouarl (f 1617), et avait épousé en 16i0 le marquis de Pom- 
padour. Elle-mérae mourut en 16C5. 

{2) t Ëtcrncl, débats coDtrc crux qui débattent contre moi, etc.. * 

(3) > Écris à l'ange de l'Ëglise d'Éphëse etc. " 

(4) Sur ce singulier épisode, roy. aussi Ëtio Dcnoit, Jliat. de 
l'Édit de Nanteê, III, IG6. L'exacte concordance de quelques dé- 
tails est à remarquer. — Voici comment l'abbé Nadaud (Mémoirea 
mss, I, 58) raconte les événements : ■ Vers ICll (sic, d'après notre 
copie), Harie de Rochcchouart, marquise de Pompadour, fut au 
lieu où ils [les huguenots do Rochechouarl) Taisaiont leurs exer- 
cices et empêcha que le ministre Ferran ne prêchât. Ayant exhorté 
les huguenots à so convertir, elle voulut exposer sa vie et soti 
sang pour leur conversion (!). » — L'abbé Logros rapporte les faits 

T. VIL 4~S 



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Ils furent faicts [le presche] le jour suivant par le même 
pasteur au lieu de la Stidrie (1), les dicts mariages le 
mercredy suivant. Il fut délibéré entre le dicl corps dans 
le temple de ce que l'on avait à faire pour ce sujet. Il fut 
résolu que l'on envoyerait homme exprès à Paris pour 
porter la plainte au roy. Il fut choisi maistre Daniel de 
la Cbaulmette, advocat, et pour ce faire il fallut lever 
argent sur le troupeau. Jean bailla 12 11. 

18 I*. 

Le mercredy, 27' jour du mois de may 1653, nous 
avons sceu les nouvelles de Paris de l'affaire de ceux de 
la religion réformée, à la diligence de M. Ghomette à 
ce sujet envoyé au dict Paris, dont il a faict tenir un 



d'une manière un peu moins ioexacte dans ses Anna.leê manus- 
crites (p. 597) : a Mario de Roohechouart, dame de Pompadour, vint 
à Rochcchouart avec des giens armés, en 1654, pour empêcher les 
protestants de faire leur exercice dans leur temple. Elle At battre 
la cloche sur eux tellement que tous se retirèrent. 'Ils disent 
qu'elle porta perte à la ville de cent mille livres, apparemment 
par leur transmigration dans d'autres lieux et par Les mouveraenta 
qu'ils se donnèrent pour être rétablis. Quoi qu'il on soit, cette 
église prétendue réformée s'assembla au château de Champniers 
dont H. Dulau, calviniste, était seigneur, le 12 Juillet de cette 
année, & cauqo des poursuites de cette dame qu'ils qualilient de 
persécutions. > A ne considérer que les faits, ce récit renferme 
une erreur de date (1654 pour 1653) et une confusion de lieui 
(Champniers pour la Sudrie). — Le Champniers dont M. Dulaux, 
déjà seigneur de Gellettes et Cliambon, était baron, est situé dans 
l'arrondissement d'Angoulêmc, ft neuf lieues au moins de Rocbe- 
cliouart, ce qui permet déjà de suspecter l'exactitude du rensei- 
gnement donné. (Voy. Bugeaud, Chron. prot. de iAngoumoïs, 
96 et 352.) Nous n'avons pu retrouver à quelle source Legros avait 
puisé ces renseignements circonstanciés. Nous ferons remarquer 
seulement que ce baron de Champniers est colui-là même à qui 
Daniel de Bartlie avait dédié, en 1631, sa conférence avec le capucin 
Philippe. (Voy. notre Hist. de la Réforme... ch. vi.) 

(I) La Sudrie (aujourd'hui commune du Lindois, arrondissement 
de Confolens, Charente), à quelques lieues au sud-ouest de Roche- 
chouart, possédait alors une église de fief. 



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— 607 — 

paquet par le courrier de Limoges, dans lequel estoit une 
lettre d'icelluy contenant son arrivée, la diligence qu'il 
avoit faite, autre lettre de M. Drelincourt (I) pasteur, don- 
nant assurance de travailler pour cette affaire et toute 
l'esglise de Paris avec, un arrest donné au Conseil ie 
13* jour du mois de may 1653 par lequel est défendu 
à ceux qui font profession de la religion réformée en la 
ville de Rochouard de s'assembler extraordlnairement, ne 
faire fonctions publiques jusque [à ce] qu'il en soit dict 
plus amplement. 

Nous nous assemblâmes le vendredy suivant dans le 
temple. Le samedy suivant, 30' de may, Madame la mar- 
quise [de Rochechouart] flct signitler le dict arrest par 
Perigord, sergent royal, donné à Abraham Soury, un des 
membres de l'esgliiîe. Landemain jour de dimanche, fegte 
de Pentecoste, nous cessâmes de nous assembler |2). Dieu, 
par sa grâce, nous veuille bicntost restablir et nous con- 
soler en une telle afHiction. 
18 V. 

Le dimanche 21* Jour de septembre 1653, environ 10 
heures du soir, est née la ûlle naturelle et légitime de 
maistre Amber Debarthe, pasteur (3), et de Françoise de 
Labrunye, sa femme. Elle a estée baptisée le dimanche 
douzième d'octobre 1G53 en l'esglise de la Sudric, paroisse 
et juridiction du Lindois, par les mains de M. Declave, 
pasteur du sainct Ësvangille en l'esglise de la Rochefou- 
caud et la dicte Sudrie, son anne.<ie. A esté son parrin 
Jean de Ghesadour (4), escuyer, sieur des Champs, cousin 

(1) Il s'agit ëvidemment du célèbrn pasteur de l'église de Paris, 
f 1669, 

(2) Cette interruption du culte réforme à Rochechouart dura jus- 
qu'en décembre 1655. Voy. plus loin b. cette date. 

(3) Voy. ci-dessus à la date du 21 mars 1653. 

(4) Plus ordinairement Esghizaikiuii. Les soigneurs de ce tiom, 
calvinistes déclarés, habitaient au voisinage de Chàteauneuf-la- 
For£t, où leur chAteau de Bëthe (paroisse de Susaac) avait donné 
naissance à une égliae de fief. (Voy. notre Hist. de la Réforme... 



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germain de la fille; sa marrine, Suzanne Boulesteys, 
femme de Jean de Labrunye, sa tante, absente, mais 
Elisabeth de la Chaulmette, vesve de feu Louys Desvaud, 
présentant pour elle. La dicte fille posthume, qui porte le 
nom de Suzanne, est née six mois apprès la mort de feu 
maistre Ambert de Barthei-^on père. 

L'on a laissé l'acte baptistaire entre les mains des an- 
ciens de la dicte esglise à Abraham Chazaud, scribe, 
signé F. DE Labrunye, Jean de Chesadouh, Ysabeau(I) de 
LA Chaulmette. L'on a prins copie de celluy donné à la 
dict« de Labrunye signé Declave, pasteur, Dueoullb, an- 
cien de la dicte esglise. 
19 1-. 

Le jeudy 16* jour du mois d'octobre 1653, mourut Anne 
Fontaneau (2), femme de maistre Daniel Debarthe, mi- 
nistre quand vivoyt du Sainct Ësvangille en Teaglise de 
Limoges et Rochouard(3). Elle fut enterrée au cimetière 
du dicL lieu-, le mesme Jour. 

Le dimanche 19* jour d'octobre 1653, ceux de la relli- 
gion refformée s'assamblérent dans leur temple pour faire 
la prière en vertu de l'arrêt donné au Conseil, le 8* jour 
d'aoust 1653, qui renvoya les parties à la Chambre de 
l'Esdit de Paris pour juger en deffinitive et sans que 
l'arrest donné sur requeste, le 13* jour de may 1653, tire 
à conséquence. Le soir, apprès la sortie do la prière, 
M. de Pompadour revenu de la chasse, accompagné de 
ses serviteurs, fut en la maison de feu Jean de la Chaul- 
mette, là où il i-encontra maistre Théodore de la Chaul- 



ch. IX.) Jean d'Eschizadour avait épousa an 16t^ Marie de Barthe, 
fille du pasteur Daniel de Barthe. 11 était donc en effet cousin par 
alliaiico de la baptisée. (Cf. le Nobit. de la GénératHé, II, 91, et 
lus extraits du Registre bapl. de Rochechovarl que nous comptons 
publier dans l'appendice de notre Hiêl. de la Réforme...] 

(I) Appelée plus haut Élisabelh. 

(3) Cf. plus haut la mention de janvier 1644 el la noie. 

{i) Voy. ci-dessus à la date du H6 avril lGâ3. 



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mette, misistre de la parolle de Dieu (i), auquel il b&illa 
trois coups d'espée, sans autres coups qu'il receut de ses 
serviteurs; et n'eut esté qu'il se sauvait à la fuicte, on 
l'eut laissé mort dessus la place à force de coups. En 
mesme temps, le dict seigneur de Pompadour fut en la 
maison de maistre Jean Fourgeaud, adTocat, lequel fut 
prius sur sa maison se voullaut sauver, où il receut plu- 
sieurs coups et sa femme aussy. L'on l'amena au châ- 
teau dans la prison, là où l'on luy fit endurer divers 
tormens endurés jusques au mardy d'auprès, qu'il fut 
rnia hors la dicte prison. Il se fit diverses menaces. 
mesme d'envoyer gens de guerre dans les maisons de 
ceux qui avoient assisté à la dicte prière. Geste crainte 
et peur fit diviser les membres de ce corps, [ce] qui causa 
la discontinuation de s'assembler (2). 

(9 V". 

Le mercredy, septiesme jour du mois de janvier 1654, 
neuf heures du matiu, mourut Suzanne de Barthe, fille 
légitime de maistre Amber de Barthe et de Françoise de 
■LabruHye (3). Elle fut enterrée le mesme jour dans le 



(I) Ce Théodore de la Chaulmette appartient évidemment à la 
famille du merae nom qui comptait alors tant de représentants à 
Roehecbou»rt, £lie Beoott le déclare d'ailleurs expressément dans 
son Hiat. de VÈdit de Nantes, III, IGS. Le pasteur Etienne de la 
Chaumette, dont la veuve habitait RochechouarL en 1604 (d'après 
le Beg. de» délibérationg du Conêistoire , 16 acrif i60i), eat 
peut-être un de ses ancêtres en ligne directe. Théodore de la 
Chaumette avait d'abord desservi une église du Poitou dont le 
nom ne nous a pas été conservé. En 1G4B il passa ii Maringues, 
en Auvergne, où il resta jusqu'à la Révocation. (Voy. les Actet 
du synode de Bourgogne tenu à Is sur-Tille, et i'IIisloire des 
guerre» de religion en Autsergne par Imberdia, II, 545.) On ne 
peut donc conclure de sa présence à Rochechouart en 1653 qu'il y 
ait rempli les fonctions pastorales autrement que par occasion. 

(2} Cf. sur oe nouvel épisode Ëlie Benoît, Hialoire de t'Èdit de 
Nanle», III, 168. 

(3) Voy. ci-desaus à la date du 21 septembre 1^51 



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— 610 — 

cimetière de la présente ville, auprès le tombeau de feu 
le dict Amber, son père. Elle estoit âgée de trois mois 
et deniy. 

20 V. 

Le lundy de Tannée 1653, au quinziesme jour du mois 
de décembre, environ 10 heures du soir, Dieu de sa grâce 
a envoyé et mis au monde une fille du mariage légitime 
d'entre Jean de la Brunye et Suzanne Boulesteys, ses 
père et mère, lesquels font humble requeste au Créateur 
de tout le monde, sauveur et rédempteur de toutes les 
humaines créatures qui icy sont, il lui plaise faire grâce 
et miséricorde à la présente née en luy remettant ses 
corruptions naturelles comme à l'un de ses chers enfants 
qui deminde la bénédiction de son Dieu, la faveur et 
bonté de son père céleste. Au lieu de la Sudrie, juri- 
diction du Lindois, le dimanche 25' jour de janvier 1654, 
a esté baptisée par les mains de M. Declave(i), ministre 
du Sainct Ësvangille en resglize de la Rochefoucaud et la 
Sudrie, sou annexe, Françoise de la Brunye, flile de Jean 
de la Brunye et Suzanne Boulesteys, habilaus de la ville 
de Rochouard. Son parrin est Jean Boulesteys, sieur de 
la Doradie ; sa marrine Françoise de Labrunye, vesve 
de feu maistre Amber Debarthe, vivant ministre de Cha- 
teauneuf en Limousin (2), aussy habitans du dict Ro- 
chouard oii l'exercice de la religion n'est à présent permis- 
La dicte Françoise est née dès le 15* jour du mois de 
décembre de l'année 1653. Le présent acte a esté dellivré 
en la mesme forme à Abraham Chasaud. ancien et diacre 
en la dicte esglise de la Sudrie, où sont les signés : J. de 
lA Brunye, J. Boulesteys, Françoise de Labrunye. 
20 V. 

Le mercredy unziesme jour du mois de febvrier 1654, 



(1) Déjà mentionné ft la date du 21 septembre 16U. 
(2)' Cf. ci-dessus SI mars 1653 et 16 avril 1649, oi 
Bartbe est dit ministre de Meillars. 



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— 611 — 

UDie heures du Boir, décéda la dicte Françoise de la 
Bruuye (1) et fut enlerrée le jour suivant au cimetière 
de BoDmoussoD auprès de la âUe de feu maistre Amber 
Debarthe. Dieu par sa grâce luy veuille avoir faict misé- 
ricorde, n'imputant point en elle le péché de ses père et 
mère et encore [2) grandement entachée. 

Apprës avoir constamment attendeu de l'Éternel la vol- 
lonté, il se tourne de nostre costé et apprès longtemps 
avoir esté affligés, il nous a consolés et relevés. Le 29* jour 
du mois de may 1654, nostre roy débonnaire a remis en 
l'exercice de la religion ceux qui en font profession dans 
. la ville de Rochouard, dans leur temple accoutumé, leur 
permettant par arrest de son Conseil d'Estait en la fonne . 
qui suit : Apprës [examen] de toutes choses rapportées 
dans la requeste des supplians, le roy estant en son Con- 
seil, conformément à l'arresl de son dict Conseil du 
8 d'aoust 1653, a renvoyé et renvoyé la dicte requeste 
en la Chambre de l'Ëdlct du Parlement de Paris, pour 
estre pourveu aux parties ainsi qi^'îl appartiendra par 
raison ; cependant en interprétant le dict arrest, sa dicte 
Majesté par provision a ordonné et ordonne que les habi- 
tans de la ville de Rochouard faisans profession de la 
religion prétendue réformée fairont l'exercice publique de 
la dicte religion dans la dicte ville de Rochouard au 
mesme lieu et ainsin qu'ilz faisoyent avant l'arresl de son 
dict Conseil du 13 may 1653, jusques à ce qu'autrement 
par ta dicte chambre de l'Esdict (3) en aye esté ordonné 



(1) Fille en bas-ftge de Jeui de la Brunye. Ne point la confondre 
avec Françoise de la Brunye, mariée k Etienne Boudaud vers ]Mt, 
d'après une mention d'août 165!, ni avec une autre Françoise de 
la Brunye, mariée à Â.mbert de Barthe en premiËres noces, à Jean 
d'Eschizadour, aieur des Champs, en secondes noces, et morte le 
1% oelobre 1659. Voy. aux dates. 

12) Ce et encore semble équivaloir & notre encore que. 

(3) L'abbé Nadaud, dans ses Mémoires manugcritë [I, 58), parle 
d'un ■ arrêt de défense contre les huguenots de Rochechouart, » 
rendu le 11 août 1654 par la chambre de l'Ëdit. Ce ne serait en 
tout cas qu'un arrêt provisoire, l'arrêt définitif n'ayant été rendu 
qu'en février 1661, comme il est dit plus loin. 



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et sans que le présent arrcst puisse nuire ny préjudicier 
au droit des parties, au principal. Faict au Conseil d'Estat 
du roy, sa M;ijesté y estant, tenu à Paria le 29' jour de 
inay 1654. Ainsin signé : Letellieh. Avec la commission 
du mesme jour pour faire mettre le présent arrest en exé- 
cution. Signé : Louis. Par le roy : Lktellieb. 

21 v°. 

Autre arrest du Conseil d'État du roy, daté du dixième 
jour d'octobre 1604 (I), par lequel sa Majesté ordonne que 
les habitans de Rochouard faisans profession de la reli- 
gion prétendue réformée, rentreront incontinent sans délay 
en l'exercice public de leur religion dans la ville et au 
mesme lieu qu'ils faisoient le