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Full text of "La flore pharaonique d'apres les documents hieroglyphiques et les specimens decouverts dans les tombes"

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LA 



FLORE PHARAONIQUE 



D APRES 



LES DOCUMENTS HIÉROGLYPHIQUES 

ET 

LES SPÉCIMENS DÉCOUVERTS DANS LES TOMBES 

PAR 

Victor LORET 

MAÎTRE DE CONFÉHBNCES d'ÉGÎPTOLOGIE A LA FACULTÉ DES LETTRES DE LYON 



Deuxième édition, reoue et augmentée, suiuie de six index 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 



28, RUE BONAPARTE 

1892 



LA FLORE PHARAONIQUE 

D'APRÈS LES DOCUMENTS HIÉROGLYPHIQUES 

ET LES SPÉCIMENS DECOUVERTS DANS LES TOMBES 



Lyon. — Imp. Pitrat Amé, A. Rey Successeur, 4, rue Gentil. — 4573 



LA 

OHuJr 



FLORE PHARAONIQUE 



LES DOCUMENTS HIÉROGLYPHIQUES 



LES SPECIMENS DECOUVERTS DANS LES TOMBES 



Victor LOREJ 

MAÎTRE DE C0NPÉ1'.BNCES d'bGTPTOLOGIE A LA FACULTÉ DES LETTRES LiE LYON 



Deuxième édition, revue et augmentée, suiuie de six index 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28. RUE BONAPARTE 
1892 



Digitized by the Internet Archive 

in 2009 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/florepharaoniqueOOIore 



AVI^IITISSKMENT 

DE LA PREMIÈRE EDITION 



Depuis plusieurs années, je me suis occupé à relever dans les 
textes hiéroglyphiques tous les noms de plantes, en vue de re- 
constituer la flore de l'ancienne Egypte et de combler une lacune 
qui subsiste encore dans les dictionnaires égyptiens où, en 
regard de chaque mot désignant un végétal, on ne trouve la 
plupart du temps que l'indication vague « nom de plante ». 

Mais un tel travail n'avance que bien lentement. En cinq ou 
six ans, je n'ai encore réussi qu'à identifier une cinquantaine 
de noms de plantes. 

La méthode à employer ne permet pas, en effet, d'aller bien 
vite. Etant donné un nom hiéroglyphique dont le déterminatif 
nous assure qu'il désigne une plante, quelle est la marche à 
suivre pour arriver à déterminer l'espèce de cette plante ? 

D'abord, il faut voir ce que peuvent donner les recherches 
philologiques. 

On sait que, si l'écriture des anciens Egyi-tiens a cessé d'être 
employée dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, leur lan- 
gue du moins s'est conservée à peu près intacte jusqu'au siècle 
dernier. La langue copte n'est autre chose que l'égyptien écrit 
avec des lettres grecques. Or, la Bible a été traduite en copte. 
Donc, tous les noms de plantes cités dans la Bible ont leur équi- 
valent en copte, c'est-à-dire en égyptien. 

D'autre part, les Coptes, à l'époque où l'arabe s'est répandu 
en Egypte, ont produit un certain nombre de Sca.lx, ou 
lexiques coptico-arabes, dans lesquels les noms de plantes sont 



r, AVERTISSEMKNT DE LA PREMIÈRE EIHTK^X 

traduits en arabe. Nous avons ainsi une assez longue liste de 
noms coptes de plantes que l'on peut traduire sûrement, soit à 
l'aide de la Bible, soit à l'aide des lexiques coptico arabes. La 
première recherche à faire est donc de voir si le mot égyptien 
désignant une plante se retrouve en copte. 

Si on ne le retrouve pas en copte, il reste la ressource de le 
trouver en hébreu ou en arabe. Beaucoup de radicaux sont com- 
muns aux trois langues. Les Hébreux, ayant connu certaines 
plantes en Egypte, ont pu leur conserver leur nom égyptien ; 
les Arabes d'Egypte ont pu également arabiser à leur usage les 
désignations anciennes des végétaux qui ne croissaient qu'aux 
bords du Nil. 

Enfin, un dernier recours nous reste. Dioscoride et Apulée 
ont donné dans leur écrits les noms égyptiens d'un grand nom- 
bre de plantes. Ces noms, il est vrai, ont été une première fois 
déformés par leur transcription en lettres grecques, puis déna- 
turés encore par les copistes et les éditeurs successifs qui nous 
ont transmis les ouvrages de ces auteurs. Mais on peut espérer 
que certains noms ont échappé à trop de mutilations, et, en 
fait, il se trouve que quelques termes égyptiens, de Dioscoride 
surtout, sont la transcription presque exacte de mots hiérogly- 
phiques. 

Cinq ou six fois sur dix, le nom d'une plante hiéroglyphique 
se retrouve en copte, en hébreu ou en ai-abe. 11 reste alors à con- 
solider ces données, fournies par la pliilologie, au moyen de 
recîierches d'autre nature. C'est là surtout que la tâche devient 
délicate et périlleuse. Pour chaque plante, la méthode diffère. 

S'il s'agit d'une plante médicinale, dont le nom se retrouve 
plusieurs fois dans les traités de médecine égyptiens que nous 
possédons, on peut comparer les propriétés indiquées dans ces 
traités avec celles qu'indiquent pour les mêmes plantes les 
médecins grecs et latins. 

J'ai pu remarquer que, pour les quelques plantes médicinales 
égyptiennes dont les noms nous sont bien certainement connus, 
les propriétés que leur attribuent les Égyptiens correspondent 



AVERTISSEMENT DE LA PREMIÈRE ÉDITION 7 

exactement à celles qui, par exemple, leur sont attribuées par 
Dioscoride. Il y aura là, un jour, matière à d'intéressants tra- 
vaux sur l'histoire de la médecine. Si notre plante médicinale, 
dont l'espèce nous est déjà indiquée par un dérivé copte, hébreu 
ou arabe, se trouve avoir les mêmes propriétés médicales dans 
les textes hiéroglyphiques que dans les traités gréco -latins, nous 
avons quelque chance d'être près de la vérité. 

S'il s'agit d'autres plantes, d'autres procédés sont à employer. 
Parfois, les textes mêmes nous aident singulièrement. Des 
plantes y sont clairement décrites. D'autres fois, les usages 
pour lesquels on utilise les végétaux nous permettent de ne pas 
nous égarer. 

Telle plante sert à teindre en rouge. A priori, ce peut être le 
Carthame. Un texte nous indique qu'on en faisait des couron- 
nes ; or, certaines guirlandes de momies renferment des fleurs 
de Carthame. C'est là un argument presque décisif. 

Le mot Habni désigne un bois. Ce nom se rapproche des 
noms sémitiques et gréco-latins de l'ébène. Le même mot se re- 
trouve auprès d'une statue noire. Enfin, les propriétés médici- 
nales de l'ébène et celles du Habni sont identiques. 

Qu'en conclure, sinon que Habni est le plus ancien nom 
connu de l'Ebénier, et qu'il a donné naissance à celui dont nous 
nous servons encore ? 

Un dernier exemple : Soushin est le nom égyptien d'une fleur. 
Sousan en arabe, Shoushan en hébreu, Shoshen en copte sont 
les noms du Lis. Mais certains textes nous apprennent que le 
Soushin était aquatique et poussait dans les canaux d'inon- 
dation. Ce peut être alors un lis d'eau ou Nénuphar, d'autant 
plus qu'Hérodote nomme le Lotus « lis du Nil ». D'autres docu- 
ments nous enseignent que les pétales de cette fleur sont blancs, 
que ses feuilles sont arrondies et fendues. Il n'y a plus de doutes 
à avoir, le Soîishin est bien le Nénuphar ou Lotus blanc 
d'Egypte, soit le Nymphsea Lotus L., de sorte que notre pré- 
nom Suzanne, qui, on le sait, dérive du nom hébreu du Lis, a, 
en réalité, sa source primitive dans le nom égyptien du Lotus 



s AVKRTISSKMENT DE LA PREMIER?: EDITION 

blanc. Et même, chose assez curieuse, il se trouve que ce nom 
était porté, dans l'Egypte antique, par certains personnages. Je 
pourrais citer une chanteuse de temple et un chef militaire qui 
portent le nom de Soushin et qui, par conséquent, s'ils vivaient 
aujourd'hui et s'ils voulaient conserver la même signification h 
leur nom, se feraient nommer Suzanne. 

Comme on le voit, si l'identification des plantes pharaoniques 
n'est pas une chose facile, elle est du moins possible. Je n'ai 
jusqu'ici identifié que cinquante noms de plantes environ. Ls 
raison en est que, d'une part, je n'ai pu consacrer tout mon 
temps à ce seul travail et que, d'autre part, il me manque, sur 
bien des plantes, des données suffisantes, que je ne pourrai 
réunir qu'à force de dépouiller des textes hiéroglyphiques. A 
mesure que les déterminations certaines se multiplieront, le 
nombre des plantes à trouver diminuera nécessairement par 
élimination, et la besogne ira alors de plus en plus vite. 

En attendant, un travail me semble utile à entreprendre. 
C'est de réunir sur la flore ancienne de l'Egypte tous les docu- 
ments étrangers à la philologie. Ces documents sont do trois 
sortes : 

1° Les plantes trouvées dans les tombes, les fruits offerts en 
dons funéraires et desséchés dans les hypogées, les fragments 
de graminées découverts dans les briques antiques, les végétaux 
textiles reconnus au microscope dans les tissus, les bois dont 
on fabriquait les meubles et les cercueils, les chaumes dont 
jn formait des corbeilles, les feuilles dont on tressait des nattes, 
etc., etc. ; 

2° Les renseignements fournis par les auteurs classiques, 
dont quelques-uns sont restés longtemps en Egypte. 

3° Les plantes, fleurs et fruits représentés sur les bas-reliefs 
et parfois accompagnés de leurs noms hiéroglyphiques. 

C'est au premier ordre de documents que je m'attache aujour- 
d'hui. Traiter la question à fond me serait impossible pour le 
moment. D'abord un certain nombre d'ouvrages spéciaux me 
font défaut, soit par suite de leur rareté en librairie, soit par 



AVERTISSEMENT DK LA PREMIÈRE EDITION 9 

suite de leur absence dans les bibliothèques où j'ai accès ; 
ensuite, bien des recherches restent encore à faire pour déter- 
miner tous les végétaux, contemporains des Pharaons, qui 
existent dans nos musées. 

Je me contenterai donc, en attendant mieux, de dépouiller 
minutieusement quelques travaux, dont je donne plus loin la 
liste, sur les plantes trouvées dans les tombes. 

Ces travaux, je me hâte de le dire, sont du reste les plus 
importants qui aient été écrits sur la question, et les autres, à 
peu de choses près, n'en sont que les bases ou les résumés. 

J'y ajouterai les résultats que j'ai obtenus jusqu'ici par la 
philologie, résultats consignés dans divers mémoires dont je 
donne également la liste. Plus tard, je pourrai donner une suite 
à la publication de ce premier ordre de documents, en compul- 
sant de nouveaux ouvrages et en y ajoutant de nouvelles plantes 
trouvées dans les textes égyptiens. Le dépouillement des écrivains 
classiques et l'examen des représentations de végétaux pourront 
également faire l'objet de mémoires spéciaux. 

En résumé, l'étude que je publie ici est bien fixe et bien 
délimitée. Elle a l'avantage, à défaut d'autres, d'épargner aux 
botanistes la lecture d'une vingtaine de mémoires dont la plupart 
sont écrits en langues étrangères ou imprimés, ce qui est pire, 
avec des caractères hiéroglyphiques. Puisse-t-elle, à ce titre, 
être jugée avec quelque indulgence. 

Y. L. 

Lyon, 20 mai 1887. . 



AVERTISSEMENT 

DE LA SECONDE ÉDITION 



Depuis la première édition de cet ouvrage, — qui s'est trouvé 
rapidement épuisé, — de nouveaux documents sont venus à 
ma connaissance. J'en donne plus loin la liste complète. Deux 
d'entre eux, surtout, m'ont rendu d'inestimables services. 

C'est, en premier lieu, la belle Illustration de la Flore 
fV Egypte, de P. Ascherson et G. Schweinfurth, qui est le cata- 
logue le plus complet et le mieux ordonné que l'on jiossèiie 
maintenant sur les végétaux propres au pays des Pbaraons. 
L'index des noms arabes populaires des plantes, qui termine ce 
volume, sera le bienvenu auprès des philologues et les aidera à 
pénétrer plus avant dans l'étude des termes hiéroglyphiques 
relatifs à la botanique. 

En second lieu, les découvertes de M. Flinders Pétrie au 
Fayoum nous ont suscité un nouvel explorateur des restes 
antiques de la flore égyptienne. M. Percy E. Newberry, direc- 
teur des Jardins botaniques de Kew, s'est chargé d'examiner 
minutieusement et d'identifier les plantes, les fruits et les 
légumes retrouvés dans les tombes par son infatigable compa- 
triote. Cette étude a même séduit le botaniste anglais au point 
que, quittant pour quelques mois les bords de la Tamise, il s'est 
rendu sur les rives du Nil afin d'y continuer de plus près ses 
recherches sur la fiore de l'Egypte ancienne. Il est là-bas au 
moment où j'écris et, si ses trouvailles répondent h son attente, 
son retour ne manquera pas de nous valoir la publication 
d'intéressants mémoires. 



1? AVKRTISSKMKNT DK I. \ SKCOM»!-: KDITIOX 

D'autre part, mes premiers travaux, sur la Uor.^ pharaonique 
ont dirigé l'attention de deux jeunes docteurs allemands, 
MM. Moldenke et Liiring, vers l'examen de la même question, 
et les thèses qui sont le résumé de leurs études renferment 
certains résultats heureux, qui ne pourront que les encourager 
à persévérer dans leurs recherches. 

Enfin, continuant moi-même la restitution patiente du lexique 
botanique des Egyptiens, j'ai eu l'occasion de publier quelques 
monographies nouvelles et, surtout, d'amasser assez de docu- 
ments pour pouvoir, dans cette seconde édition, proposer 
plusieurs identifications de noms, dont l'exactitude ne me paraît 
pas pour le moment suffisamment démontrée, mais que j'ai tenu 
pourtant adonner telles quelles, afin que des confrères puissent 
les rectifier, ou les confirmer, j)ar leurs recherches personnelles. 

Cinice aux publications dont je viens de donner un a]ierçu, la 
Flore pharaonique est devenue de moitié plus volumineuse 
qu'elle l'était en 1887, Au lieu de 134 espèces, — car dans cette 
nouvelle édition j'ai cru devoir sup})rimer les plantes fossiles, 
— elle en énumère 202. Au lieu de 15G noms scientifiques, elle en 
mentionne 26 i. Enfin, l'index hiéroglyphique, qui se composait 
de 95 mots, s'est augmenté de 01 termes récemment identifiés. 

De plus, j'jii ajouté au volume quatre nouveaux index. L'un, 
comprenant les noms fiançais et vulgaires des plantes, sera utile 
à ceux d'entre les lecteurs qui ne sont pas familiers avec la 
nomenclature botanique. Les index hébreu, arabe et copte per- 
mettrontde retrouver facilement, sous leur orthographe originale, 
les noms que je n'ai cités, au cours de l'ouvrage, qu'en transcrip- 
tion française. D'ailleurs, les index arabe et copte renferment 
beaucoup de mots que l'on ne rencontre pas dans les dictionnaires 
usuels, ou que l'on \\y rencontre qu'imparfaitement traduits. 

Je souhaite que ces additions et ces perfectionnements 
puissent mériter à cette seconde édition l'accueil favorable que 
l'on a bien voulu témoigner à la première. 

V. L. 
Lyon, 29 janvier 1892. 



LISTE DES OUVRAGES CONSULTES 



PREMIÈRE ÉDITION 

P. FORSKA.L. Flora osgyptiaco-arabica, sive descriptiones plantarum 

quas per .Egyptum inferiorem et Arahiam felicem delexit 

(Haiinife, 1775). 
A. Raffeneau Dei.ile. Florx legyptiacce illustratio (Description «le 

l'Egypte. Paris, G. L. F. Panckoucke, 1824. lome XIX, 

pp. 69-115). 
G. S. KuNTH. Examen botanique des fruits et des plantes de la collection 

égyptienne (J. Passal.vgqua, Gatalogue raisouné et historique 

des antiquités découvertes en Kgypte. Paris, 1S26, pp. 227 

et sqq). 
F. Unger. T)er versteinerte Wald bei Kairo und einige andere Arten 

verkieselten Eolzes in ^Egypten (Sitzungsbericlite der niathe- 

raatisch-naturwissenschaftlichen Classe der Kaiserlichen Aka- 

demie der \Vissenschaften. \\'ien, 1858). 

— Die Pflanzen des alten .Egyptens (Ib., 1859). 

— Inhalt eines alten âgyptischen Ziegels an organischen Kôr- 

pern (Ib., 1862). 

— Ein Ziegel der Dashurpyramide in jEgypten nach seinem 

Inhalte an organischen Einschliissen (Ib., 1866). 

— Die organischen Einschliisse eines Ziegels der alten Juden- 

stadt Ramses in .Egypten (Ib., 1867). 
G*. ScHWEiNKURïH. Neue Beitrage zur Flora des alten .Egypten {Enrichie 
der deutschen botanischen Gesellschatt. Berlin, 1883). 

— Ueber Pflanzenreste ans alldgyptischen Grilbern (Ib., 1884). 

— Notice sur les restes de végétaux de Vancienne Egypte contenus 

dans une armoire du Musée de Boulaq (Bulletin de l'Instilut 
égyptien. Le Caire, 1884). 

Les dernières découvertes botaniques dans les anciens tombeaux 

de V Egypte (Ib., 1886). 

— Die letzten botanischen Entdeckungen in den Gr'dbern -Egyp- 

tens, mit Verbesserungen und Zus'àtzen (Engler's botaaisclie 
Jahrbiicher. Leipzig, 1886). 



14 listp: des ouvrages consultés 

G. ScHWEiNFunxH. Sur les dernières trouvailles botaniques dans les tom- 
beaux de l'ancienne Egypte (Bulletin de l'Institut égyptien. 
Le Caire, 188(3). 

V. LoRET. Le Habin du Papyrus Ebers et VEbenus de Pline (Recueil de 
travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes 
et assyriennes. Paris, \'ie\veg, I, p. 132). 

— Sur le Kanna (11)., I, p. 190). 

— Sur les noms égyptiens des Lotus (Ih., 1, p. 191). 

— Sur le Nabi (Ib., I, p. 194). 

— Les palmiers d'Egypte (Ib., II, p. 21). 

— Les arbres Ash, Sib et Slient (Ib., II, p. 60). 

— Note complémentaire sur le Kanna (Ib., IV, p. 156). 

— L'Ebène chez les anciens Egyptiens (Ib., VI, p. 125). 

— Recherches sur plusieurs plantes connues des anciens Egyp- 

tiens : 1. UOlivier et le Moringa. 11. U Aneth. III. Le Gre- 
nadier. IV. La Coriandre. V. Le Pommier (\h., VII, p. 101). 

— Le Kyphi, parfum sacré des anciens Egyptiens (Journal 

asiati(iue. Paris, 1887). 



DEI'XIEME EDITION 

Prosperi Alpini. De plantis exoticis libri duo. Venetiis, 1656. 

— Medicina .Egyptiorum. Lugduni Batavorum, 1718. 

— Historia naturalis ^gypti. Lugduni Batavorum, 1735. 

A. Braun. hie Pflanzenreste des àgyptischen Muséums in Berlin. Berlin, 
1877 (Extr. der Berliner anthropol. Gesellschaft. — Aus dem 
Nachlasse des Vei'fassers herausgegeljen von P. Ascherson und 
P. Maonus). 

W. Pi,EYTE. Bloemen en planten uit Oud-Egypte in Iiet Muséum te 
Leiden (.Jaarvergadering der Nederl. botan. Vereeniging. 
Leide, 1882). 

— La Couronne de la justification. Leide, 1884 (Extr. des Tra.v. 

du VI^ Gongr. internat, des Orientalistes à Leide). 

F. WoNiG. Die Pflanzen im alten /Egypten, ihre Heimat, Geschichte, 

Kultur, und ihre mannigfache Yerwendung im sozialen 
Leben, in Kultus, Sitlen, Gebràuchen, Medizin, Kunst. 
2'« Auflage, Leipzig, 1886. 

G. E. MoLDENKE. Ueber die in altàgyptischen Texten erwàhnten Baume 

und deren Yerwerthung. Leipzig, 1886. 
P. .\SCHERS0N ET G. ScHWEiNFURTH. Illustration de la Flore d'Egypte. Le 
Caire, l8'S7 (Extr. des Méraoii-es fie l'Institut égyptien, t. II). 

— Supplément l'.i l'Illustration de la Flore d'Egypte, Le Caire, 

1889 (Ib., t. II). 



LISTE DES OUVRAGES CONSULTES 



15 



E, LuRiNO. Die ûher die medicinischen Kenntnisse der alten ^gypter 
berichtenden Papyri, verglichen mit den medicinischen 
Schriften griechischer und rômischer Autoren. Leipzig, 1888. 

Fl. Pétrie. Hawara, Biahmu and Arsinoe. London, l889(Ghapter Botany 
by Percy E. Newberry). 

— Kahun, Gurob, and Hawara. London, 1890 (Ghapter Botany 

by Percy E. Newberry). 
G, Ebers. Papyrus Ebers. Die Maasse und das Kapitel ûber die Augen- 

krankheiten. Leipzig, 1889. (Extr. des XL Bandes der Abhand- 

lungen der philologisch-historischen Glasse der KonigL Sâch- 

sischen Gesellschaft der Wissenschaften). 
G. Maspero. Notes au jour le jour, § 12 [Les arbres noubsou et ashdou]. 

London, 1891 (Extr. des Proceedings of the Society ofBiblical 

Archseology, vol. XIII). 
V. LoRET. L'Egypte au temps des Pharaons. Paris, 1889 (Ghap. ii, Faune 

et Flore). 

— Le Champ des Souchels (Rec. de trav. relat. à la philol. et à 

l'archéol. égypt. et assyr., t. XIII, p. 197. Paris, 1890). 

— Recherches sur plusieurs plantes connues des anciens Égyp- 

tiens : VI, La Coriandre. VII. Le Caroubier. VIII. Le bois 
de Caroubier. IX. La Caroube (Ib., t. XV). 

— Le Cédratier dans Vantiquité. Paris, 1891 (Extr. des Annales 

de la Soc. botan. de Lyon, t. XVII). 



LA FLOUE PHARAONIQUE 

D'APRÈS LES DOCUMENTS HIÉROGLYPHIQUES 

ET LES SPÉCIMENS DÈCOUVEUTS DANS LES TOMBES 



GRAMINEES 

1. lieei'fsla oryxoide« Swartz 

Des fragments de cette plante ont été trouvés en grand nombre 
dans une brique de la pyramide de Dashour, laquelle date de 
l'Ancien Empire : caryopses unis et comprimés, dont quelques- 
uns encore entourés de leurs glumes; plusieurs. parties de l'in- 
florescence. La forme de ces fragments et leur structure anato- 
mique montrent avec certitude qu'ils appartiennent, non au Riz 
cultivé, mais bien au Leersia oryzoides, plante disparue 
aujourd'hui de l'Egypte, d'après Unger, mais encore mentionnée 
pourtant dans la Flore égyptienne de Delile, publiée au commen- 
cement du siècle. Schweinfurth, qui n'indique pas cette plante 
dans son ouvrage, m'a appris par lettre qu'elle est très fréquente 
dans les rizières du Delta. 

2. Plialaris paradoiLa Lin. Fil. 

I 

Des fragments nombreux de cette plante ont été trouvés dans 
la même brique, ainsi que dans une autre brique provenant des 
ruines de Tell-el-Maskhouta, près du canal de Suez. Le Phalaris 
pavadoxa se rencontre encore de nos jours dans tous les 



18 LA FLORE PHARAONIQLK , 

champs de la Haute et delà Basse Egypte. En examinant de près 
les restes de la jdante antique, on est porté à les considérer 
comme appartenant à une Graminée intermédiaire entre le P. 
paradoœa et le P. appendiculata Schultz, qui, on le sait, est 
regardé par la plupart des botanistes comme une simple variété 
du P.parado.ra, et qui se rencontre encore en Egypte, au dire 
de Kuntli (Enum .plant., I, 33), bien que ni Forslval, ni Delile. 
ni Schweinfurth ne le mentionnent dans leurs Flores. 



3. l'aiiiciiiii ciiillaceMiii L. 

Plante cultivée de nos jours en Egypte et l'angée par Unger 
au nombre des anciennes Graminées égyptiennes. Le botaniste 
autrichien s'appuie sur un passage d'Hérodote on il est ques- 
tion d'une Babylone auprès de laquelle croissait cette plante; 
mais cette ville peut ne pas être la Babylone du nome memphite. 
Il est bon de faire remarquer que le nom arabe du Millet, Dokhn, 
est employé dans la Bible (Ezéch., iv, 9), sous la îovme Dokhan . 



4. Panlcuin italiciiin L. 

Unger mentionne cette plante d'après Ch. Pickering, qui dit 
l'avoii- vue repi'ésentée dans plusieurs tombes de Thèbes et 
d'Eileithj'ia. Le P. ilalicum n'est pas nommé dans les Flores 
égyptiennes. Une bi-ique d'Eileithyia renferme des caryopses 
d'une espèce indétei'minée de Panicuni, qui peut être l'une des 
deux ici nommées. 

5. l'euiiisctiint ty|i1tuidcuin Pers. 

Plante mentionnée dans la Flore antique d'Unger, avec cette 
restriction : « iiber den einstmaligen Anbau in ^gypten nichts 
Sicheres ». Cette espèce est citée dans la Flore égyptienne de 
Delile (n° 57). 



GRAMINÉES 19 



6. Arunilo Doiiax L. 

Une scène de chasse gi-avée à Tlièbes, dans le temple funé- 
raire de Médinet-Habou. représente le pharaon Ramsès III pour- 
suivant un lion à travers des touffes de cette plante. Le panicule 
du Roseau est l'un des signes hiéroglyphiques le plus employés 
et sert à rendre la voyelle a. Enfin, le nom même du Roseau se 
retrouve dans les textes égyptiens ; la prononciation en est Nabi, 
mot conservé en copte avec le sens de bois de lance. Les 
Egyptiens se servaient du Roseau poui' faire des flûtes, des flè- 
ches, des treillages, des tubes à l'usage des soufflets de forge ; avec 
les feuilles, ils tressaient des nattes ; en médecine, ils employaient 
cette plante pour provoquer l'urine, emploi indiqué de nouveau 
par Pline, bien des siècles après. Sous le nom de Nabi de PJié- 
>î/cie, ils désignaient l'/lcorifs Cahuuus L. La partie interne 
de la tige du Roseau est nommée Afjagiàd.n^ le Papyrus Ebers. 

7. Aruntlo isiaca Del. 

Lînger a découvert des chaumes de cette plante dans un 
sarcophage provenant de la nécropole de Memphis. Il suppose 
qu'il ont dû servir de calâmes à écrire. VArundo isiaca est 
encore très répandu de nos jours en Egypte. 

8. Dantlionia Forskalii Trin. 

Différents fragments trouvés dans des briques de Dashour et 
de Tell~el-Maskhouta ont été rapportés avec doute, par Unger, 
au Danthonia Forskalii, Avénacée très fréquente dans l'Egypte 
moderne. 

9. Avena strigosa Schreb. 

Des fragments de cette plante ont été trouvés par F. Pétrie 
dans la nécropole gréco -romaine de Hawara, au Fayoum. Parmi 



20 LA FLORE PHARAONIQUK 

des offrandes d'Orge de la nécropole de Kahoun (XII" dynastie), 
le même savant a retrouvé, entre autres grains qui s'y étaient 
glissés, quatre graines de la même espèce d'Avoine. Comme 
l'A. strif/osfi n'est spontané qu'en Europe et ne se trouve dans 
aucune Flore de l'Egypte moderne, il se peut que l'espèce 
reconnue par Newberry, — le botaniste anglais qui a identifié 
les plantes recueillies par FI. Pétrie, — doive être rapportée au 
Danthonia Forskalii, espèce purement égyptienne. 

10. EragrroiiCiN cyiiosuroiiles Rœm. et Schult. 

Une brique de Dasliour contient divers fragments de cette 
plante, entre autres des graines qui, mêlées par hasard à la terre 
à potier, avaient commencé à y germer. Cette plante se rencontre 
encore en Egypte. Une botte de chaumes feuillus de cette espèce 
<ï Eragrostis a été reconnue par Schweinfurth aux cotés d'une 
momie royale découverte à Deir-el-Baiiari. Enfin, des corbeilles 
et des paniers trouvés dans une tombe de Gébéleïn étaient 
formés avec les chaumes et les feuilles de cette Graminée. Cette 
plante porte en arabe le nom de Gaslish (Sciiw., Flore, n" 1216). 
Or, une espèce de roseau porte en ancien égyptien le nom de 
GasJt ou Qash, conservé en copte sous la ïovme Kaslt. Il est bien 
probable que c'est cette espèce à! Eragrustis que désignent les 
textes hiéroglyphiques. 

il. Era^çroHtis ahysisiiiiea Link. 

Céréale cultivée abondamment de nos jours en Abyssinie, où 
elle est connue sous le nom de Te[f; elle donne un pain d'excel- 
lente qualité. De nombreux restes de cette plante, trouvés dans 
des briques de Dashour et de Tell-el-Maskhouta, nous prouvent 
que YErugroslis abyssinica était autrefois cultivé en Egypte, 
d'où il a disparu de nos jours. Comparant le nom abyssinien à 
la dénomination latine, Unger se demande si ce n'est pas à cette 
plante que Pline fait allusion dans le passage suivant : « yp^gypto 



GRAMINÉES 21 

aiitem ac Syriœ Ciliciseque et Asiœ et Grgeciae peculiares zea, 
olyra, tiphe (XVIII, 81) ». Scliweinfurth m'a suggéré l'idée que 
peut-être la plante étudiée par Unger doit être identifiée avec 
l Eragroslis xgypiiaca Link., plutôt qu'avec l'espèce éthio- 
pienne. 

12. liœleriH plilcoitle<)« Peks, 

Quelques épis de cette petite Graminée ont été trouvés dans 
une tombe de Dra-abou'I-neggah, mais Schweinfurth suppose 
qu'ils sont relativement modernes. En tout cas, le K. phleoides 
ne se rencontre ni dans Forskal, ni dans Delile ; le seul Kœleria 
égyptien est, au à.\veàeKur\{\i(Enum. plant., I, 383) , le iT. /«^a 
Lk. Boissier, pourtant, dans sa Flora oyHcntalis (V, 572) 
déclare avoir vu le K. phlooides en Egypte, et Schweinfurth 
cite les deux espèces, en faisant de la seconde une simple variété 
de la première. 

13. Tritieiiiii vul^are Vill. 

Des grains de Froment ont été très souvent rencontrés dans 
les tombes égyptiennes, et il s'en trouve exposés dans presque 
tous les musées d'Europe. Le Blé antique de l'Egypte a donné 
lieu à plusieurs expériences intéressantes, celle, entre autres, 
peut-être un peu naïve, de le semer à nouveau après plus de 
trois mille ans de dessèchement. Cette expérience, il est à peine 
besoin de le dire, n'a nullement été couronnée de succès. 
Des chimistes ont remarqué que le Blé égyptien, placé dans de 
l'alcool bouillant, lui cède une substance résineuse que l'eau en 
précipite; d'où la conclusion curieuse que les Egyptiens, pour 
mieux conserver les grains destinés à la nourriture du défunt, 
les vernissaient avant de les renfermer dans les tombes. Et, en 
fait, cet enduit résineux a si bien préservé le Blé, que la fécule 
en a gardé toutes ses propriétés chimiques. Schweinfurth a 
trouvé du Blé bien plus petit que l'espèce ordinaire, et qu'il 
compare 3LuBlé de Bélié)'a de l'Egypte moderne; d'autres bota- 



22 I,A FI.oRK l'flAR AOXIOIJK 

nistes, par contre, ont remarqué des grains beaucoup plus gros 
que ceux de nos jours. 

Le Froment, nommé Souo en copte, porte en hiéroglyphes le 
nom de Sou ; on le divisait en So7i blanc et Sou rouge. On le 
trouve souvent représenté dans les tombes, au milieu de scènes 
de récoltes. Il est toujours nommé dans le texte officiel des listes 
d'offrandes h faire aux défunts, et on l'employait fréquemment 
en médecine. 

14. Triticuni diiriiin Desf. 

A côté du mot Souo, on rencontre toujours, dans les Scolie 
coptes (K., 192-193), le mot Emra)'. Souo est rendu par l'arabe 
el qamJi ol-honiah, qui est le nom spécifique du T. vulgare. 
Le mot Emrai est rendu par l'arabe el-qamh el-iousft. Or, 
d'après Sclnveinfurth (^i^'/o/'e, Sujjpl. pp. 781-78.')), cette épi- 
thète iousfî s'applique aux diverses variétés égyptiennes du 
T. duruin. Les anciens Egyptiens divisaient leur Froment en 
Froment rouge et Froment blanc; les Coptes le divisaient on 
Souo et Emraï, c'est -à -dire en T. vulgare et T. durum. Il 
serait curieux de rechercher si, au point de vue botanique, la 
division copte répond à la division égyptienne. 

15. Triticuni tiir^idiiin L. 

Unger a découvert, dans une brique d'El-Kab, des fragments 
de cette céréale, très cultivée de nos jours en Egypte. De Can- 
doUe en a reconnu les grains dans un certain nombre de cercueils 
de momies. 

10. Triticuni clicoccuni Scurank. 

Des épis et des graines isolées de cette espèce de Froment ont 
été reconnus par Schweinfurth au milieu d'offrandes provenant 
d'une tombe de Gébéleïn ; ces fragments appartiennent à la 
variété tricoccwn Sghubl. 



GRAMINÉES 23 



17. Tpàticuiii Spclta L. 

On sait, grâce aux écrivains classiques, que l'Epeautre crois- 
sait en Egypte; on en a, du reste, au dire d'Unger, retrouvé 
des graines dans les tombes. Le nom hiérogl ypliique de l'Epeautre 
était Botl, mot conservé intact par les Coptes. Comme pour le 
Froment, les Égyptiens divisaient l'Epeautre en Brjii blanc et 
Bôti rouge. 

Si l'on considère l'égyptien BfM comme nom de l'Epeautre, 
c'est que, en copte, Botl est employé dans les trois passages de 
la Bible où l'hébreu porte Kussemet, et le grec, okjox. La Scala 
publiée par Kircher ne renferme pas le mot Boti. Un exemplaire 
de la même Scala, dont la copie m'a été communiquée par 
M. Amélineau, porte Boti — a^-^om»^05, nl-dourà. Hommos 
est le nom arabe du Pois chiche et Dourà celui du Doura ou 
Sorgho. On peut donc hésiter, pour traduire l'égyptien Boti, 
entre l'Epeautre et le Doura. 

18. Hordeum viilgare L. 

Des grains d'Orge se trouvent dans les tombes en aussi grande 
abondance que les grains de Froment. Des fragments de la 
plante se rencontrent dans des briques d'El-Kab. Le nom égyp- 
tien de l'Orge était Ati, mot déformé en copte sous l'orthographe 
lot. Les Égyptiens connaissaient Y Ati blanc et Y Ati rouge. 
Des pains d'Orge, reconnus par Schweinfurlh, et exposés au 
Musée de Boulaq, proviennent d'une tombe comtemporaine des 
pyramides, ce qui montre l'antiquité de la culture de cette 
céréale en Egypte. FI. Pétrie a découvert dans la nécropole de 
Kahoun, qui date de la XIP dynastie, des grains d'Orge appar- 
tenant à une espèce plus petite que celle que l'on cultive de nos 
jours. Les Égyptiens préparaient de la bière d'Orge, à laquelle 
ils donnaient le nom de Haqi. Tandis que la plupart des rive- 
rains du Nil préparent aujourd'hui la bière avec des grains 



24 LA FI.oRK PHARAONIQUE 

feriiKMitès, les Egyptiens laissaient à cet usage germer l'Orge, 
comme nous le faisons aujourd'hui. La preuve en a été donnée 
par Schweinfurtli, qui a trouvé, dans un tombeau de Thèbes, un 
paquet de grains d'Orge ayant des radicules de plusieurs centi- 
mètres de longueur, le tout noué soigneusement et placé sur 
la poitrine de la momie. 

Je me demande pourtant si la conclusion de Schweinfurth 
est juste et si ces grains d'Orge germes n'avaient pas uu carac- 
tère funéraire plutôt qu'un but utilitaire. Il existe au Musée de 
Florence (n" 2194) une pyramide creuse dans laquelle se trouve 
un moule d'Osiris accompagné de grains d'Orge en germe. Or, 
on sait que la germination de l'Orge jouait un grand rôle dans 
les fêtes funèbres du mois de Khoïak, célébrées en souvenir de 
la Passion d"Osiris. 

Au dire de Pollux (Onomust., IV, 77), les Egyptiens fabri- 
quaient de petites flûtes en chaume d'Orge. 

10. Ilordeiiiii lie^i^asticliiiiii L. 

Des parties de cette espèce d'Orge ont été reconnues parmi les 
débris de végétaux mêlés à la terre de briques de Dashour et de 
Tell el-Maskhou(a. D'autre part, des grains rôtis d'//. hexasti- 
cinœi et des fragments de ciiaumes de la même plante ont été 
découverts dans une tombe de Gébéleïn. Schweinfurth estime 
que c'est cette espèce que les Egyptiens cultivaient de préfé- 
rence à la première, bien qu'elle ne soit plus cultivée de nos 
jours sur les bords du Nil. 

20. ^acclisiruiii icsM*tinciiiii Willd. 

Cette plante, d'après une communication de Schweinfurth, 
fournit la matière de tous les calâmes que l'on a rencontrés 
dans les cercueils pharaoniques. Elle existe encore en Egypte et 
y est employée au même usage. FI. Pétrie en a trouvé des 
fragments dans la nécropole gréco-romaine de Hawara, au 
Fayoura. 



GRAMINEES 25 

21. Iitiperata rylindricn L. 

Cette plante, qui se rencontre encore communément par toute 
l'Egypte, a été retrouvée par FI. Pétrie parmi les végétaux 
qui accompagnaient les momies gréco-égyptiennes de la nécro- 
pole de Hawara, au Fayoum. 

22. Androposoii MolKrnaiitliiis L. 

Espèce inconnue aujourd'hui en Egypte. Cette plante est 
souvent mentionnée dans les recettes hiéroglyphiques de parfu- 
merie, sous les dénominations suivantes : Roseau d' Ethiopie, 
Jonc du Soudan, Soucliet occidental. Ces noms semblent 
montrer que Y A . Schœnanthus ne croissait pas plus dans 
l'Egypte ancienne que dans l'Egypte moderne, et que les par- 
fumeurs le tiraient de l'Afrique centrale, où on le rencontre 
encore de nos jours. Pourtant, il reste à savoir si le lyzazt des 
Grecs, qui est bien certainement l'équivalent de ces dénomi- 
nations pharaoniques, doit être identifié avec l'A. Schœnan- 
thus, comme l'ont fait tous les commentateurs botanistes. 
Schweinfurth oppose à cette identitîcation l'origine indienne de 
la plante, mais Kunth (Enumer. plant., 1, 493) la déclare spon- 
tanée en Arabie et au Cap. 

23. liiilropogon laniser Desf. 

Sj'^nonyme Gymnanthelia lanigera Anders. Schweinfurth 
a trouvé, dans un cercueil de Deir-el-Bahari remontant à la 
XXIP dynastie, des épis complets ainsi que des fragments de 
chaumes de cette plante, laquelle croit encore de nos jours dans 
les déserts égyptiens qui longent l'Arabie. 

24. ^orgliiiiii viilgarc Fers. 

Le Sorgho est représenté sur quelques monuments égyptiens. 



26 LA FLOUK PHARAONIQUE 

Des grains, trouvés dans les tombes, s'en trouvent exposés dans 
divers musées, entre autres dans celui de Florence. Enfin, 
Pickering a trouvé, dans un cercueil ouvert à Saqqarah, des tiges 
de Sorgho entrelacées à des chaumes de Papyrus. Malgré cela, 
Schweinfurlh refuse de croire à l'existence du Sorgho dans 
l'Egypte ancienne. A. de GandoUe serait tenté de voir, dans les 
documents pliaraoniques, des restes et des figures du S. saccha- 
ratum Pers., mentionné dans la Bible sous le nom de Dokhan 
(Ezéch., IV, 9), mot correspondant h l'arabe Dokhn, qui 
désigne à la fois le Millet et le Sorgho sucré. On a vu plus haut 
(n» 17) que le copte Boti est, dans une Scala, traduit par l'arabe 
Dourà, qui désigne le Sorgho. Or le mot Boli existe dans 
l'ancien égyptien. On en pourrait conclure que les Egyptiens 
connaissaient le Sorgho, si Boti, dans les textes bibliques, ne 
servait également à rendre le grec o)cjpx, nom de l'Epeautre. 
D'autre part, on serait tenté de considérer comme origine de 
l'arabe Dourà deux mots hiéroglyphiques dont l'un. Tour à, 
désigne une plante à chaume lisse et dont l'autre, Touroutà, est 
le nom bien certain d'une céréale. 



GYPERAGEES 

2-5. Cyperiis rotundiis L 

Les rhizomes très odorants de ce Cyperus sont mentionnés 
dans les recettes de parfumerie égyptienne, entre autres dans les 
recettesdu Kyphi. Le mut Ga'iou sert en hiéroglyphes à désigner 
à la fois le C. esculentus et le C. rotundus. Le mot Shabin 
servait à en désigner les rhizomes. On n'a pas retrouvé cette 
plante dans les tombes, mais tous les auteurs anciens s'accor- 
dent pour déclarer qu'elle croissait en Eg)'pte, où on la rencontre 
encore en grande abondance. 



GRAMINKES. CVPKRACKES 27 



20. Cyperua esciilentiis L. 

Les Egyptiens mangeaient les rhizomes de cette plante comme 
plats de dessert ; le fait est constaté par Pline et Théo])hraste. 
Aussi est-il bien naturel qu'on en ait retrouvé de pleines coupes 
dans les tombes égyptiennes. Ces rhizomes, provenant de Thèbes, 
sont exposés au Musée de Boulaq. Les Arabes, qui en font au 
Caire un très grand commerce, les nomment Habb~el-aziz, 
c'est-à-dire « grains exquis ». Comme on vient de le voir, le 
nom hiéroglyphique de cette plante est le même que celui du 
C. rotundus. Dans les Scrtliv, le nom du rizhome du C. escu- 
lentus est Bijkki, mot qui paraît répondre à l'égyptien Baka, 
Bakaàa. 

27. Cypcrus niclaiiorliizns Del. 

Au sujet des tubercules de Soucliet comestible exposés au 
Musée égyptien de Berlin et provenant de la collection Passa- 
lacqua, A, Braun écrit : « Die im Muséum befindlichen Knollen 
wie auch die heutzutage in ^Egypten gezogenen, sind vor 
wiegend rundlich und kleiner, als bei der in den botanischen 
Gârten Deutschlands cultivirten Pflanze, welche vorwiegend 
langliche Knollen hat, und gehoren moglicher Weise einer 
abweichenden Form an. Sie gleichen weit mehr den Knollen der 
in Mittelineergebiete, sowie auch in /Egypten, vielfach wild- 
wachsenden Form des Cyperus esculentus , welche wiederholt 
als eigene Art unter den Namen Cyperus aureus Ten.undC. 
melanorrhyzus Del. beschrieben worden ist. » D'après Delile, en 
effet, tandis que les tubercules du C. esculentus sont nommés en 
arabe Habb-el-aziz, ceux du C. melanorhizus (et non mela- 
norrhizus comme l'imprime Braun), sont appelés Habb-el-aziz 
ez-zogha'ier aou el-asoua l, c'est-à-dire « Habb-el-aziz 
petits ou noirs ». C'est donc bien là une seconde espèce, ou du 
moins une seconde variété botanique, mais à laquelle les anciens 



28 LA FLORE PHARAONIQrK 

Egyptiens donnaient fort vraisemblablement le même nom qu'à 
l'espèce ordinaire. 

28. C'^peruK Papyrus L. 

Est- il besoin de démontrer ici que le Papyrus est une plante 
de l'ancienne Egypte? La chose est connue depuis longtemps par 
une quantité de documents classiques. Du reste, comme pour 
les plantes précédentes, on a trouvé dans les tombes des spéci- 
mens antiques du Papyrus. Un certain nombre de momies, 
entre autres celles de quelques rois de la XVIIP dynastie, 
tenaient dans leurs mains des tiges entières de Papyrus, sur- 
montées de leur ombelle multiradiée. 

Le Papyrus servait chez les Egyptiens à bien des usages. La 
partie inférieure de la tige, coupée près de la racine, était assez 
charnue pour fournir un aliment à la classe pauvre. On la mâ- 
chait crue, comme on fait aujourd'hui de la Canne à sucre, ou 
bien on la faisait bouillir. Le Papyrus donnait aussi un charbon 
très estimé. Les tiges, longues, lisses et flexibles, servaient k 
faire des paniers, des cages, et même, en les réunissant à l'aide 
de bitume, des bateaux légers qui voguaient sur les eaux calmes 
des canaux. La nacelle où fut déposé Moïse était en Papyrus, 
d'après le mot spécial employé dans le texte hébreu de la Bible. 

Mais le principal emploi du Papyrus était la fabrication d'une 
espèce de papier. La partie externe de la tige triangulaire de 
cette plante est formée de plusieurs pellicules concentriques, 
très légères, comparables k des pelures d'Oignon. On détachait 
cespellicules en battant doucement la tige, et on les taillait en 
pièces d'environ 20 k 30 centimètres de long sur 5 k 6 de large. 
A l'aide de colle de pâte, on réunissait par le bord, dans le sens 
de la longueur, un certain nombre de ces pièces. 

Lorqu'on avait obtenu ainsi plusieurs feuilles, on les collait 
à plat l'une sur l'autre, en plus ou moins grand nombre, selon 
la force que l'on voulait donner au papier. On avait soin, pour 
obtenir plus de solidité, de placer alternativement les feuilles 



CYPKRACKES 89 

en travers l'une de l'autre, en faisant se croiser les fibres des 
pellicules. Lorsqu'on avait atteint l'épaisseur voulue, on polis- 
sait le papier avec des polissoirs d'ivoire et il était prêt alors 
à recevoir l'écriture. On fabriquait du papyrus un peu par toute 
l'Egypte, mais l'un des principaux centres de fabrication était la 
ville de Sais. A l'époque gréco-romaine, le Papyrus fut l'objet 
d'une importante exportation. Hiéron de Syracuse fit transplan- 
ter le Papyrus en Sicile, où il réussit admirablement, à tel point 
qu'aujourd'hui on ne le rencontre plus nulle part en Egypte, par 
suite du manque de culture, tandis qu'il forme spontanément 
de grands bosquets impénétrables dans beaucoup de rivières des 
environs de Syracuse. 

Le Papyrus, demandera-t-on, plante égyptienne par excel- 
lence, ne croissait- il donc pas naturellement en Egj^pte ? — Rien 
ne le prouve. Boissier le déclare spontané en Afrique tropique 
australe, en Abyssinie, en Nubie et en Syrie, — où probablement 
il fut importé d'Egypte. Les Egyptiens auraient donc tiré le 
Papyrus du Haut-Nil, ce qui serait un document intéressant 
pour l'histoire de leur origine, car, dès les temps les plus 
reculés, le Papyrus est employé dans les hiéroglyphes comme 
symbole du Delta. On pourrait pourtant admettre que le Papy- 
rus, autrefois spontané en Egypte, s'est retiré vers le Sud par 
suite d'un refroidissement du climat égyptien. 

Chose curieuse, on n'a pas encore trouvé en hiéroglyphes le 
nom du Papyrus. Cela tient à ce que, la plante étant très connue, 
on se contentait d'en donner la figure dans les inscriptions, sans 
l'accompagner de signes phonétiques pouvant permettre d'en 
déterminer la prononciation. 

Pourtant, le signe du Papyrus, qui est très employé pour 
symboliser le Delta, avait par lui-même la valeur de la syllabe 
Ha, d'où l'on peut conclure que Ha fut le nom, ou l'un des 
noms, du Papyrus. 

Le papier de Papyrus se nommait, en ancien égyptien, 
Dja,nà.. La partie delà tige qui servait à faire ce papier, ou, 
entortillée, à fabriquer des liens solides, se nommait ^^e/\ 



30 LA FLORE PHARAONIQUE 



2*J. Cyperus loueuM L. 

Le SoucliPt que l'on rencontre le plus fréquemment en Egypte 
est le C. lonyus. Or, les anciens Egyptiens désignaient, dès le 
début de leur histoire, certaines régions marécageuses du Delta 
sous le nom de Chatup des Arou. Ce mot répond exactement 
au copte Aro qui, dans les Scalx coptico-arabes, est rendu par 
Saad, nom arabe du C. longiis. Aroii est donc bien le nom 
antique de cette espèce, dont Théophraste nous apprend qu'elle 
croissait sur les rives du Nil. 



30. Cyperiis Ta.^tigiiatiis Forsk. 

Théophraste et, d'après lui, Pline décrivent une Cypéracée 
égyptienne du nom de Sari. Tous les commentateurs s'accordent 
pour voir dans le Sari le C. fastigiatus. Seul, C. Fraas 
(Syiiops., p. 297) est d'un avis différent et identifie le Sari 
avec le C. comosus Sibth. L'argument dont il appuie son iden- 
tification est assez probant puisque, selon lui, le mot grec akpi 
sert encore de nos jours à désigner en Grèce le C. comosus. 

D'autre part, on rencontre dans les textes hiéroglyphiques 
une plante nommée Sûr, Sari, Sar-it, dont les caractères 
concordent exactement avec ce que Théophraste dit du <7zpi. C'est 
une plante aquatique, rangée ordinairement dans les inscriptions 
à côté du Lotus, du Papyrus et de diverses espèces de Roseau ; 
elle servait à l'alimentation, était employée en médecine, et sa 
tige, — haute d'environ deux coudées, d'après l'écrivain grec, 
— fournissait des cannes. 

Comme le C. comosus ne pousse qu'en Grèce, tandis que le 
C. fastigiatus est très répandu en Egypte, c'est probablement à 
cette dernière espèce qu'il faut rapporter le ay.pi. égyptien do 
Théophraste et le Sari hiéroglyphique. 



CYPERACEES, AROIDEES 31 

31. Cyperus» alopecuroldes Rottb. 

Dans un tombeau découvert à Gébéleïn par M. Maspero, se 
trouvait une natte formée de tiges coupées en deux d'une Cjpé- 
racée que l'on a reconnue, après examen au microscope, être le 
C. aloper-uroides . Pourtant, Schweinfurth, qui rapporte ce fait, 
donne comme synonyme de cette plante le C. dites Del., qui 
est ordinairement considéré, par Delile lui-même tout le premier, 
comme une espèce différente. Ces deux plantes, d'ailleurs, se 
rencontrent encore aujourd'hui par toute l'Egypte. 

Le nom arabe du C. alopecuroides est. Koûsh (Schw., Flore, 
n" 1082), dérivé probablement de l'égyptien ancien Qash ou 
Gas/i, que nous avons déjà rapporté à VEragrostis cynosu- 
roides. 

32. Scirpus niarltliiiiis L. 

Cette Cypéracée, encore très fréquente de nos jours en 
Egypte, a été retrouvée, par FI. Pétrie, parmi les restes de 
végétaux pharaoniques conservés dans la nécropole de Hawara, 
au Fayoura. 



AROIDEES 

33. Acorus Calaniiia L. 

Cette plante, connue des anciens sous le nom de Calamus 
aromaticiis , était certainement connue des Egyptiens. Son nom 
hiéroglyphique, Kanna, se trouve dans presque toutes les 
recettes de parfums. 11 est à peine besoin de faire remarquer 
l'analogie frappante qui existe entre ce nom ancien de la plante 
et les noms gréco-latins d'où est dérivé notre mot canne. L'A. 
Calamus ne croît pas aujourd'hui en Egypte. Je ne crois pas 



32 LA FLORE PHARAONIQUE 

qu'il y ait poussé non plus dans l'antiquité. D'après la périphrase 
Roseau do 7-*/<t;wù*îe sous laquelle est désigné l'Acore dans plu- 
sieurs textes égyptiens, il est h supposer qu'on le faisait venir 
d'Asie par l'intermédiaire des marchands phéniciens, qui le 
tiraient soit de l'Europe, soit de l'Asie orientale, seules con- 
trées où la plante se rencontre à l'état spontané. Les Egyptiens 
le nommaient aussi Roseau odorant, expression équivalant à 
Calamus aromaticus. L'arabe et riiébreu ont pour l'Acore le 
mot Qanuah, analogue au Kanna hiéroglyphique. 



TYPHAGEES 



34. Typlia ansuMtifolia L. 

Cette plante se rencontre aujourd'hui dans le Delta. D'après 
Unger, une monnaie égyptienne du temps d'IIadrien représente- 
rait le dieu Nil tenant en main une tige de T. angvstifolia. 



ALISMAGEES 

35. Alisnia Plaiitag^o L. 

Une boîte à jeu du Louvre (salle civile, K) fait mention d'une 
plante Rimi, qui croît dans l'eau et dont les fleurs sont d'un 
aspect agréable. En rapprochant ce mot du copte Arim, traduit 
par yXi'j.x (pour xhoij-a.), je crois qu'il est k peu près certain que 
le mot hiéroglyphique désigne VA. Plantago, plante qui, du 
reste, croit de nos jours en Egypte et y poussait autrefois, au 
dire des auteurs classiques. Il n'existe, à ma connaissance, que 
deux autres exemples de ce nom égyptien, assez rare dans les 
textes. L'un d'eux, orthographié Rriiii~it (une faute d'impres- 
sion, ou de copie, a fait mettre le fragment de chair derrière ce 
mot, au lieu du bouton de Lotus), se trouve dans une phrase 



AROÏDEES, TVIMIACEES. ALISiMACEES, PALMIERS 33 

OÙ il est question d'une guirlande de Lotus et de Plantain que 
l'on doit attacher au cou d'une femme (G. Masp., Eiud. égypt., 
I, 174). Le deuxième, écrit Rimi, est mutilé, de sorte que la 
seconde consonne peut se lire m ou sh ; il est déterminé par la 
touffe de Papyrus et fait partie d'une liste de plantes aquatiques 
(De Rodgé, Edfou, CVI). Le Rimî, étant une plante d'eau à 
fleurs décoratives, peut donc parfaitement être le Plantain. 



PALMIERS 



36. Hypliaene titeliaica Màrt. 

Palmier dichotome à feuilles flabelliformes que l'on rencontre 
dans la Haute-Egvpte et que les auteurs classiques, qui l'indi- 
quent comme plante égyptienne, nomment Cucifère. Les Arabes 
le nomment Doum. De là les synonymes Cucifera tliehaica 
Del., et Douma tliehaica Poir. Ce palmier est fréquemment 
représenté sur les monuments égyptiens en compagnie du Dattier. 
Son nom hiéroglyphique était Marna. Les fruits de cet arbre se 
rencontrent en abondance dans les tombes égyptiennes, dès 
l'époque de la XIP dynastie, par exemple dans la nécropole de 
Kahoun. 

Ce fruit, dans les inscriptions hiéroglyphiques, est nommé 
Qouqoii, et il est certain que c'est de ce mot que dérive le nom 
gréco-romain Cucifère, littéralement « l'arbre qui porte des 
Qouqou ». Quelques égyptologues, trompés par l'analogie, ont 
voulu voir dans ce fruit la Noix de coco, mais on sait que le 
Cocotier était inconnu des anciens Egyptiens. M. H. Brugscli 
s'est excusé récemment (Zeitsch., xxix, p. 29) d'avoir donné 
dans son Dictiomiaire hiéroglyphique la forme Qouqou. 
comme nom du fruit du Cucifère, au lieu de l'orthographe Hou- 
qouqou qui, selon lui, est la seule correcte. Il renvoie les incré- 
dules au Pap. Sali. I, 8/4. J'y ai été voir, par acquit de 

3 



31 I.A KLORK PHARAONIQUE 

conscience : le mot y est bien lisiblement écrit Qoiif/oii, k 
deux reprises différentes, et non Uouqouqou comme l'indique 
M. Brugsch. 

Strabon rapporte qu'on faisait des nattes avec les feuilles du 
Cucifère ; il existe au Musée de Florence (n° 2703) une paire de 
sandales fabriquées avec ces mêmes feuilles. 

37. Ily|ilireii« Ar^fiiii Makt. 

Synonymes Medemia Aryun Hook., Areca Passalacquvc 
KuNTH. Le fruit de ce Palmier se rencontre également dans les 
tombes ; quelques spécimens en existent au Musée de Berlin. 
Cette espèce ne croît plus aujourd'lmi en Egypte ; on ne la ren - 
contre qu'en Nubie, entre Korosko et Abou-Hamed. Il est 
certain, pourtant, que le //. ^r^im poussait en Egypte, puisqu'un 
texte égyptien, qui le nomme Mahia à noyau, l'indique comme 
ayant été planté dans le jardin funéraire du scribe Anna, à 
Thèbes, sous la XYIIP dynastie. Le Musée de Florence (n" 360Ô) 
contient un fruit de//. A ivj un iàewii^è à tort, dans le catalogue, 
avec V Areca Fauf'el G^ertn. (= A. Catccliu L.). Parmi les 
fruits rapportés par FI. Pétrie de la nécropole égyptienne de 
Kalioun (XIL' dynastie), NeAvberry a reconnu trente noyaux de 
//. Argun, au sujet desquels il écrit : « Tliat thej^ belong to 
tbis species, and not to the allied form H. Ihebaica, is clearly 
shown by tbeir oval shape and by their possessing a rumina- 
ted albumen. » 

Schweinfurtli a retrouvé des fruits du même Palmier dans 
une tombe de Drali-abou'l-neggab, qui date également de la 
XIL' dynastie. 

38. Pliœiil^ «lactylifera L 

Le nom égyptien du Dattier est Bounnou ou Phounnou. Il 
est d'autant plus probable que ce mot est l'origine du grec '^om; 
que le même mot Bounnou ou Phounnou, avec le déterminatif 
de l'oiseau, sert k désigner le phénix, animal sacré adoré à 



PALMIERS 35 

Héliopolis. Le nom <lu Dattier revient dans un grand nombre de 
textes, l'arbre est souvent représenté sur les monuments, enfin, 
des Dattes ont été trouvées en grand nombre dansles tombes. Au 
sujet du Dattier, il est intéressant de rappeler que les Egyptiens 
connaissaient déjà les sexes des plantes dioïques. Nous le savons 
par Hérodote et par les textes hiéroglyphiques ; seulement, 
considérant les choses h l'inverse de nous, ils nommaient Dattier 
mâle celui qui produit les fruits. Les nervures médianes des 
frondes de Dattier servaient, comme elles servent encore de nos 
jours, à fabriquer des cannes, des cages et des sièges légers ; on 
les nommait Bà, Bai ou Bàa-it en ancien égyptien (Bai en 
copte). Les filaments qui naissent à la base des feuilles, et que 
l'on appelait Sliou non hounnou, « cheveux de Dattier », 
étaient employés, comme nos brosses de chiendent, pour nettoyer 
les objets peu fragiles, par exemple les cornes et les sabots des 
taureaux destinés aux sacrifices. Les feuilles, nommées OiUou 
(Woutou), — en copte i>/^ (^Vlt), — servaient à tresser des 
nattes, des corbeilles, des sandales, etc. En médecine, on recom- 
mandait souvent les Dattes pour leur propriétés laxatives. 

Migliarini, qui distingue bien dans son catalogue du Musée 
de Florence les fruits du H. thebaica, du H. Argun et du 
P. dacti/Iifera, attribue à une quatrième espèce, le P. reclinata 
Jacq., certaines Dattes trouvées dans des tombes égyptiennes 
(Flor., n°3614). Cette espèce ne se rencontre de nos jours qu'au 
Cap de Bonne-Espérance. 

39. Calaniiis fasciculatu» Roxb. 

Une canne formée d'une espèce de Rotang, que Schweinfurth 
attribue avec doute au C. fasciciilatus, a été découverte j>ar 
Maspero dans une tombe égyptienne de Gébéleïn. 



30 LA FLORE PHARAONIQUE 

JONCACÉES 

40. «lunciis inaritlnius Lmk. 

Des fragments de cette plante ont été trouvés par Unger, dans 
une brique de la pyramide de Dashour. Le J . mariiimus croît 
encore en Egypte; Delile le cite dans sa Flore, sous le n'* 383, 
ainsi que Schweinfurth, sous le n" 1075. 

IRIDACÉES 

41 Iris sihirica L 

FI. Pétrie a rapporté de ses fouilles à Hawara des restes d'une 
espèce d'Iris que Newberry identifie avec 1'/. sibirica. Cette 
espèce n'existe pas aujourd'hui en Egypte, où les seules espèces 
spontanées sont, d'après Schweinfurth, 1'/. Sisyrinchium L. et 
Y I. Helense Barbey Boiss. Au dire de Dioscoride, les Egyptiens 
connaissaient l'Iris et lui donnaient le nom de vxp, mot non 
encore retrouvé dans les inscriptions hiéroglyphiques, mais 
dont la sonorité est d'autant plus égyptienne qu'un arbre Nâ7\ 
de genre inconnu, est parfois mentionné dans les textes (Champ., 
Not., I, 747; Todl., cxxv, 16; Gr. Pap. Harris, xxx, 5). 

LILIACÉES 

42. Allium Cepa L. 

L'Oignon des Egyptiens est souvent mentionnéchez les auteurs 
classiques, à partir d'Hérodote, qui nous apprend quelle quan- 
tité énorme en consommèrent les constructeurs des pyramides. 
Un le trouve de même très fréquemment représenté dans les tom- 



JONCACÉES. IRIDACP:KS, LILIACÉES 37 

beaux, attaché en botte. L'Oignon était en effet l'un des aliments 
les plus estimés des Égyptiens et, à ce titre, l'un de ceux que 
l'on offrait le plus habituellement aux défunts. On en a même 
trouvé dans la main d'une momie, et FI. Pétrie en a découvert en 
quantité dans la nécropole de Hawara. 

Le nom hiéroglyphique de l'Oignon n'a pas encore été reconnu 
d'une manière certaine dans les textes, mais, comme le signe 
égyptien qui représente un Oignon a la prononciation Houdj, il 
est probable que cette syllabe nous donne le nom de la plante. 
M. Maspero a trouvé, dans un tombeau de Thèbes, le mot Badjar 
écrit à côté d'un personnage qui porte une botte d'Oignons. Si ce 
mot se rapporte à la plante représentée, il nous donnerait l'ori- 
gine de l'hébreu Bezel et de l'arabe Basai, qui tous deux dési- 
gnent l'A. Cepa. Le nom copte Emdjôl présente aussi, par 
changement du b en m, beaucoup de rapport avec ces trois noms. 

Le copte Htit paraît être l'ancien Houdj. Dans une Scala 
copte-arabe, Htit est rendu par Silq (Beta vulgaris L.). Dans 
une 5crt/<2Copto-gréco- arabe, le même mot est rendu par y.pxu.ôr„ 
■Kpôu-ii-jov, yhxziov, qui désignent le Chou (Brassica oleracea L.). 
l'Oignon eil'Allium fistulosum L., et par Enid.jol, Basai 
(Alliiim Cepa L.). 

43. Alliiini sativum L. 

L'Ail n'est pas représenté sur les monuments. Le nom copte 
de cette plante est Shgên ou Shdjên, qui dériverait d'un nom 
égyptien Sagin ou Shagin, mais un tel mot n'a jamais, que je 
sache, été trouvé dans les textes hiéroglyphiques. Les docu- 
ments égyptiens, soit figurés, soit écrits, ne font donc pas mention 
de l'Ail. Hérodote (II, 125) est la seule autorité sur laquelle on 
puisse s'appuyer pour établir la connaissance de l'Ail chez les 
anciens Egyptiens. 

44. Alliuin Porruni L. 

Le Porreau est nommé dans les textes bibliques. Pline l'in- 



38 LA FLORE PHARAONIQUE 

diqiie comme plante égyptienne. On ne le trouve d'ailleurs ni 
représenté sur les monuments, ni mentionné dans les inscriptions 
sous un nom analogue au copte Egè, Edji. Pourtant, Schwein- 
furth a reconnu des Porreaux provenant de deux tombes égyp- 
tiennes. L'espèce antique parait intermédiaire entre l'A. 
Pon'wn et VA. Ami^eloprasum L., espèce dont, selon A. de 
CandoUe, le Porreau cultivé ne serait qu'une variété. Il y aurait 
à faire, sur ces anciens spécimens, des études intéressantes au 
sujet de l'histoire des plantes cultivées. Mallieureusement, les 
recherclies au microscope faites jusqu'ici par le D"" Volkens n'ont 
donné qu'un résultat décevant, à savoir que le Porreau des 
tombes égyptiennes ne se rapporte à aucun AUium connu do 
nos jours, mais présente des caractères communs à plusieurs 
espèces distinctes. 

45. Allliiiu Hsealoiiicuiii L. 

Unger reconnaît l'Echalotte dans les représentations d'un 
monument égyptien situé à Sarbout-el-Khadem, au Sinaï. La 
plante figurée me paraît, pour ma part, plutôt être l'Oignon, dont 
l'A. ascalonicum ne serait du reste qu'une variété, d'après l'opi- 
nion de la plupart de botanistes. Schweinfurth considère égale- 
ment comme douteuse l'identification d' Unger. 

46. Scilla piisilla Migl. 

Le catalogue du musée égyptien de Florence renferme, pour 
le ii° 3615, la mention suivante : « Bulbes de la Sci/Ua piisilla, 
trouvées sur la poitrine d'une momie de femme. » Les seuls 
Scilla que l'on rencontre aujourd'hui en Egypte sont le S. wari- 
iima L. et le 5. peruviana L., dont le premier porte en arabe 
les noms d'AskU, Basal-el- fàr et Basai el-onseyl. C'est le 
seul que mentionnent les lexiques copto-arabes, qui portent : 
« Pi-SKYLLA = Basal-el-fàv ; Ou-askili == Basal-el-onseyl », 
et « Emojol-heut = Basal-el-onseyl. » Il est certain que les 



L1LIAG1::ES, ASI'AKAGINEES 3J 

bulbes de Florence n'appartiennent pas au S. maritima, car 
cette plante est très particulière et l'auteur rlu catalogue de ce 
musée, A. M. Migliarini, qui est botaniste, l'aurait certaine- 
ment reconnue. 11 n'y aurait donc à hésiter qu'entre le S. pusilia 
et le S. peruiùana, à moins que ces bulbes n'appartiennent au 
genr^ Crinum, reconnu par Schweinfurtli et Volkens sur une 
momie de Thèbes. Apulée, dans son chapitre Scilla riibra, 
donne comme nom égyptien de cette plante le mot Sylitho ; Dios- 
coride, parlant de la n/Xù.y., n'en donne pas le nom égyptien. 

47. As|»lto«lelii!k» listulosuM L. 

On vient de voir que le copte Emdjôl-heul est rendu par l'arabe 
Basal-el-onseyl, qui est un des noms du Scilla maritima. 
Mais ce nom arabe s'applique aussi à Y Asphodelns fistulosiis 
(ScHW., n° 1007). Or, au Papyrus gnostique de Leide (verso, v, 
14) on trouve le grec ào-çiooc/îç, rendu par le démotique Mdjoul- 
hout, a Oignon sauvage » (H. Brugsch, dieJEgyplologie, p. 303), 
qui répond exactement au copte Emdjél-heut. Cette espèce 
d'Asphodèle se rencontre encore très fréquemment par toute 
l'Egypte. 



ASPARAGINEES 

48. .asparagus officliialis L. 

Unger a cru reconnaître l'Asperge dans plusieurs représenta- 
tions égyptiennes. Tous les bas-reliefs dont il parle ne représentent 
pas l'Asperge d'une façon certaine. Il en est pourtant plusieurs 
dans lesquels il est fort possible de reconnaître cette plante. 
Fr.Wœnig a cité des représentations analogues, et j'en ai de mon 
côté réuni quelques-unes. Les Asperges y sont figurées sous la 
forme de corps droits, assez minces et allongés, coupés carrément 
à une extrémité et arrondis à l'autre, peints en vert clair, etordi- 



40 I.A FI.oRK l'HARAONlOUE 

nairement attachés en botte, au moyen de deux ou ti'ois liens éga- 
lement espacés. Il est bien probable, comme on Ta pensé, que ce 
sont là des Asperges. On les trouve représentées j)arini les 
offrandes, dès l'époque des dynasties memphites. Dans les lexi- 
ques copto-arabes, le nom de l'Asperge est Krilwnalia ou plus 
simplement AHa. Je n'ai jamais rencontré, dans les textes hié- 
roglyphiques, de mot dans lequel on pût voir le nom égyptien 
de r.-l. officinalis. 



AMARYLLIDEES 

40. Criiiuiii aliysslnicuin Hochst. 

La momie de la princesse Nesi-Khonsou avait les yeux et 
la bouche recouverts d'une pellicule provenant, d'après les 
recherclies du docteur Volkens, d'une espèce de Crinum au 
sujet de laquelle Schweinfui'th hésite entre le C. abyssinicum 
et le C. Tinneaninn Ky. P. Je ne trouve aucun Crinum dans 
les Flores égyptiennes de Delile, de Forskalon de Schweinfurth. 

50. llTarcisi^us Tazzetfa L. 

Cette espèce de Narcisse s'est naturalisée en Egypte au point 
de pouvoir y être presque considérée comme spontanée. La natu- 
ralisation doit en être fort ancienne, car les fouilles de FI. Pétrie 
à Ilawara ont amené la découverte de restes de cette plante. Le 
nom copte que donnent les Scalie pour le Narcisse est Narkioson, 
mot que l'on pourrait croire tiré du grec si le nom arabe de la 
plante n'était Nargis. Il est vrai que les Arabes eux-mêmes ont 
emprunté aux botanistes grecs bien des dénominations végétales. 



ASPARAOINKKS, A M A R.V I.I.I DEKS, CuNI FERES 41 



CONIFERES 

51. JiiiiiperuK pliœuicea L. 

Des fruits de Genévrier ont été découverts, comme offrandes 
funèbres, dans deux tombes de Thèbes, k Deir-el-Bahari et h 
Drah-abou'1-neggah ; il s'en trouve au Musée de Berlin, rappor- 
tés d'Egypte par Passalacqua, ainsi qu'au Musée de Florence. 
Des fragments de résine de Genévrier se trouvent au même 
musée, de même qu'un appareil à gaufrer le linge, fait en bois de 
Genévrier. FI. Pétrie a rapporté de Hawara un certain nombre 
de spécimens du même fruit. Le nom égyptien du Genévrier, 
que l'on trouve écrit Ouân, Aoun, Annou, Ouàr, Arou, • 
paraît, à cause même de ces différentes orthographes, être d'ori- 
gine étrangère, ce qui semblerait prouver que le J . phœnicea 
ne croissait pas naturellement en Egypte. Les baies de Genièvre 
portaient un nom spécial, Pcrshou, qui semble, lui aussi, dériver 
d'un radical sémitique. Les baies de Genièvre étaient employées 
en médecine et en parfumerie. Le bois de Genévrier, presque 
toujours indiqué dans les textes comme bois syrien, servait à 
faire des cannes. On trouve enfin, à l'ouest d'Alep, une localité 
mentionnée sous le nom de Ta tes-it ouân, « la colline des 
Genévriers », dès la XYIIF dynastie. 

52. Piiius Oïlrus L. 

Le Cèdre n'a pas été retrouvé dans les tombes, mais son nom 
égyptien, Sib, répondant au copte Sibe, Sébe, est souvent 
mentionné dans les textes. 

On a dit souvent que l'Egypte ne produit pas de Conifères. 
Delile cite pourtant, comme arbres cultivés en Basse -Egypte, le 
Cyprès et le Pin d'Alep. De plus, il est certain que le Cèdre 
croissait en Egypte, au moins à l'époque des pyramides. Dans 



42 LA FLORE PII A R A U MQ U E 

la tombe de Ti, à Saqqarah, deux ouvrier.s sont représentés en 
train de travailler du bois de Cèdre. Le même arbre est nommé 
dans un texte religieux de la pyramide du roi Pépi, de la 
VP dynastie. Au temps de l'Ancien Empire, les Egyptiens 
n'avaient certainement pas encore de relations commerciales avec 
la Syrie ; les charpentiers de la tombe de Ti ne travaillaient 
donc que des bois de leur pays. De plus, la présence du mot Sib 
dans un texte religieux archaïque semble bien indiquer que le 
Cèdre était un arbre égyptien. 

M. E. Liiring affirme que le mot Sib n'est pas nommé au 
Papyrus Ebers et que, par conséquent, on doit raj^er ce nom des 
dictionnaires. En admettant que M. Liiring ait raison en ce qui 
concerne le Papyrus Ebers, l'arbre Sib n'en est pas moins 
nommé au tombeau de Ti (n° 124), ainsi que dans les pyramides 
d'Ounas (11. 565, 589), de Mirinri (1. 779) et de Pépi I (L 669). 
Il faut donc le laisser dans les dictionnaires et lui conserver sa 
traduction. 

11 existe au Musée de Berlin (n" 7014) delà sciure de Cèdre 
trouvée dans l'intérieur d'une momie (F. Wonig, Die Pfianzen 
im alten JEgypten, p. 387). Le Musée du Louvre (L. 180) et 
celui de Florence (n" 3117) possèdent des restes de ce vernis 
jaunâtre qui était composé de naphte et de résine de Cèdre, et 
dont les Egyptiens se servaient pour conserver les peintures de 
leurs sarcophages. Certains scarabées, même, sont modelés en 
cette matière (Flor., n°' 1183 et 1188). 

53. Piiiiis Pliiea L. 

Deux cônes de cette espèce de Pin ont été trouvés, par Mariette, 
dans une tombe qui semble appartenir à la XIl" dynastie et faire 
partie de la nécropole de Drah-abou'1-neggah. FI. Pétrie en a 
également découvert dans la nécropole gréco-romaiiie de 
Hawara, au Fayoum. Le P. Pinea ne semble pourtant pas 
avoir poussé spontanément en Egypte. Si, comme tout le lait 
supposer, le mot hiéroglyphique Ab désigne le cône du Pin, les 



COMFERKS, SALICINEES 43 

cônes auraient joué dans la mythologie égyptienne un rôle assez 
important au sujet du mythe solaire. Leur forme allongée les 
aurait fait comparer à l'obélisque, dont les rapports avec le 
soleil ne sont plus discutés. 

54. Piiiiis liwlepeiisis Ait. 

D'après les recherches de John (F. Wonig, die PfJanzen im 
alten jEgypten, p. 387), c'est la résine du Pin dAlep qui 
domine dans la composition antiseptique dont les Egyptiens se 
servaient pour momifier leurs morts. Au sujet de la résine du 
Pind'Alep, voir plus loin, au n" 164. 



SALIGINÉES 

55. ISalIx Safsaf Forsk. 

Le nom antique de cet arbre, très fréquent sur les bords du 
Nil, est Tari, en copte Tore, Tliôri. Les feuilles du Saule, pliées 
en deux, cousues ensemble et ornées de pétales de fleurs, ser- 
vaient à faire les guirlandes dont on décorait les momies. Les 
cadavres d'Ahmès I, d'Aménophis I, à la XVIIl' dynastie, celui 
delà princesse Nesi-Khonsou, à la XXIP, portaient de ces guir- 
landes. On en a trouvé également dans une tombe de Sheikh- 
abd-el-gournah. Le Saule était l'arbre sacré de ïentyris; l'une 
des cérémonies religieuses qu'accomplissait le roi dans cette 
localité consistait à dresser un Saule devant l'image d'Hathôr. 

56. PopuliiB alba L. 

Théophraste nous apprend (Ilisl. 2olant., lY, 8) que le Peu- 
plier blanc se rencontrait sur les bords du Nil, mais non en très 
grande abondance. 

Delile, Forskal et Schweinfurtli le mentionnent dans leurs 
Flores égyptieîines comme arbre cultivé,- en l'accompagnant de 



44 I,A FLO[\K l'IIAF^VoN 1 o Ij K 

son nom arabe Houi'. l'nger a trouvé, dans une brique deTell- 
el-Yahoudi, deux fragments de bois qu'il attribue, avec doute, 
diM ^enre Poptdus . Si cette attribution est juste, les fragments 
nepeuvent guère provenir que de l'espèce P. alba. 

11 existe dans les textes égyptiens un arbre nommé Haron 
ou IIa)'Oin/- (Pa\). de Turin, 62, 1). Ce peut être la transcrip- 
tion du nom arabe, Jloiir, du Peuplier blanc, à moins qu'on ne 
préfère y voir l'équivalent de l'iiébreu //"aro/t/, spina, paliu- 
rus, vêpres, iirtica, sens qui s'accorde beaucoup mieux avec 
l'ensemble de la phrase : « Un grand fourré se présente devant 
toi; tu pénètres au milieu de Harouir qui font obstacle et tu ne 
sais comment t'y diriger ». 



GUPULIFERES 

57. 4||uerciis Siilicr L. 

Les fouilles de FI. Pétrie k Ilawara lui ont fourni des échan- 
tillons de liège, c'est-à-dire d'écorce de Quercus Sube)' ou 
Chène-liège. Cet arbre prospère dans les régions méditerra- 
néennes et on le cultive de nos jours en Egypte, au dire de 
Schweinfurth, avec deux autres espèces de Chêne, le Q. pedun- 
culata EiiRB. et le Q. lusilanicaLuK. Peut-être y était-il éga- 
lement cultivé dans l'antiquité pharaonique. Les traductions 
coptes de la Bible ont en effet pour le Chêne deux noms qui 
semblent bien être d'origine antique, Si ou Sei, Shcji ou Shs/iên. 
Le gland du Chêne est nommé T-petpe dans la traduction copte 
d'isaïe VI, 13 [Cod. par. \\, fol. IP-^). Knfin, les Scalx 
portent Pi~ba1 ruios avec la traduction arabe Baloul, mot qui 
désigne le Chêne. D'autre part Théophraste (Hisl. plant., IV, 
2, 8), répété par Pline (Hisl. nat., XIII, 19), nous apprend 
qu'il se trouvait, dans le nome de Thèbes, « une vaste forêt 
abondamment fournie d'Acacia, de Chêne, de Perséa et d'Olivier ». 
L'ensemble de ces documents nous reporte, au plus tôt, au 



SALICINÉES, CUPrLIFÈRES, JUGLANDACKES 45 

IIP siècle avant notre ère. Mais il est possible que les Egyptiens, 
à une époque antérieure, aient cultivé, ou du moins connu, 
quelque espèce de Chêne et que nous ayons chance d'en trouver 
le nom en hiéroglyphes. Migliarini attribue au Q. Esculus L. 
certaines feuilles composant une guirlande funéraire égyptienne 
du Musée de Florence (CataL, p. 72). 

5S. Corylus Avellana L. 

Les mêmes fouilles de FI. Pétrie à Hawara ont amené la 
découverte de Noisettes. Les auteurs classiques ne parlent pas 
du Noisetier à propos de l'Egypte, mais les Scalx coptes portent 
le nom de Pantoki, traduit par Boundouq, nom arabe de la 
Noisette. Il reste à savoir si le mot Pantoki est dérivé d'un 
mot hiéroglyphique, ancêtre de l'arabe Boundouq, ou s'il n'est 
que la transcription copte du nom arabe. Quatre Noisettes sont 
exposées, au Musée Guimet, dans la même boîte que les deux 
Noix dont nous parlons ci-dessous. 



JUGLANDAGÉES 

59. Jujflaujs regia L. 

Des Noix ont été également trouvées dans la nécropole de 
Hawara. Le Noyer, pas plus que le Noisetier, n'est rangé parles 
botanistes classiques au nombre des arbres égyptiens. Pourtant, 
le nom du Noyer se rencontre dans les Scalx coptes, sous la 
forme Pi-orkonon ou Pi-orhanon, mot d'apparence grecque, 
mais qu'on ne rencontre, à ma connaissance, chez aucun écrivain 
grec. Le noai delà Noix, dans les mêmes Scalse, est Ko'tri ou 
Kaïre. Ce nom peut être d'origine égyptienne, mais il peut être 
aussi une déformation du mot grec /.xyjrj au pluriel. On doit 
rapprocher de la découverte de FI. Pétrie la présence, au Musée 
Guimet (Vitr. 3, case C), d'une boite contenant deux Noix et 
quatre Noisettes découvertes, s'il faut en croire une étiquette 



46 LA ^■'LORE PIIARAONIOTE 

collée sur la boîte, dans une sépulture égyptienne. Cette boîte 
fut achetée telle quelle, il y a une quarantaine d'années, chez 
un marchand d'antiquités de Dijon, et l'on en ignore la prove- 
nance. Elle a été offerte au Musée Guimet par M. Morel-Retz. 
J'aurais mis en doute son authenticité, et je me serais abstenu 
d'en parler, si des Noix n'avaient été découvertes à Hawara. 



URTIGAGEES 

60. Moriis ulg;ra L. 

Des resles de cette plante ont été découverts à Hawara par 
M. Flinders Pétrie. Le Mûrier blanc s'est naturalisé en Egypte ; 
le Mûrier noir n'y est que cultivé, et encore assez rarement 
(ScHW., Flore, n°' 983-984). Le M. nigra porte dans les Scalœ 
coptes le nom Oiinialion ou Umation, qui peut être un nom 
populaire grec. Le M. alba L. se nomme en copte Ou-katmis, 
mot qui paraît bien être d'origine égyptienne, et qui est du reste 
traduit par l'arabe Tout masri, « Mûrier égyptien », tandis 
que le Mûrier noir se nomme en arabe Tout shàmi. « Mûrier 
syrien ». • 

61. Fieujs Syeoiiiorus L. 

Le Sycomore est l'un des arbres égyptiens dont il nous est 
parvenu le j)lus de fragments desséchés dans les tombes : fruits 
emplissant des corbeilles entières, branches et feuilles placées 
dans les sarcophages auprès des momies, bois entrant dans la 
confection des cercueils, des meubles, des statues, dès l'époque 
de l'Ancien Empire. Des figues de Sycomore sont souvent re- 
présentées sur les parois des hypogées, et une peinture de Saq- 
qarah nous montre deux personnages grimpant dans les bran- 
ches d'un Sycomore, en détachant les fruits et les jetant dans 
des corbeilles disposées sur le sol. 

Le nom égyptien de cet arbre est Nouhi, mot qui revient très 



JUGLANDACEES, URTICACEES 47 

souvent dans les textes. Nous savons aussi que le Sycomore 
était considéré comme un arbre sacré dans un certain nombre 
de villes et qu'il était placé sous la protection d'Isis et d'Hathôr. 
En thérapeutique, ses fruits jouaient un rôle très important et 
sont mille fois mentionnés dans les papyrus médicaux. Le Sy- 
comore était si commun en Egypte que son nom, Nouhi, servait 
à désigner la plupart des arbres nouvellement implantés sur les 
rives du Nil. Le Baumier s'appelait « Sycomore à encens » ; le 
Figuier, « Sycomore à figues » ; le Térébinthe, « Sycomore à 
résine », etc. 

62. Ficus caricR L. 

La Figue ordinaire a été trouvée par Kunth et Schweinfurth 
dans des tombes égyptiennes. Son nom hiéroglyphique est Dab, 
et le nom de l'arbre est Nouhi net dab, « Sycomore à figues )>. 
Une sépulture de Béni-Hassan nous offre un tableau sur lequel est 
figurée la cueillette des Figues. Un Figuier bas étale au loin ses 
branches couvertes de feuilles palmées- quinquélobées, dont la 
forme est bien franchement caractérisée par le peintre égyptien. 
Trois singes sont dans les branches, jetant d'une main des 
figues à des personnages qui en emplissent des paniers, et de 
l'autre dévorant des fruits et se payant ainsi eux-mêmes leurs 
services en nature. Les fruits et le latex du Figuier étaient sou- 
vent employés en médecine ; on fabriquait, au temps des Rames- 
sides, une liqueur de figue, nommée dans les textes avec le vin, 
la grenadine et le sirop de Caroube. 

La racine égyptienne qui a donné naissance au mot Dab 
signifie « envelopper, enfermer »; il y a là une allusion à la 
forme de la Figue qui, on le sait, n'est pas un fruit proprement 
dit, mais un réceptacle développé dans l'intérieur duquel sont 
renfermées les fleurs d'abord, puis les graines ensuite. Dab 
ne désigne que la Figue, et ce mot ne s'est pas conservé en copte. 
Le Figuier, nommé le plus souvent « Sycomore à figues », porte, 
vers le déclin de la littérature égyptienne, un nom spécial, 



48 LA FLORE PIlARAONlur F. 

Kouantà, qui s'est conservé dans le copte Ke)iti, seul nom du 
Figuier dans cette langue. 

63. CaitnabîK sativa L. 

Unger cite le Chanvre parmi les plantes égyptiennes, mais en 
s'appuyant uniquement sur ces deux arguments : 1° La déesse 
syénite Anouki a la tête ordinairement couv3rte d'une coiffure 
dans laquelle Birch voit une botte de tiges de Chanvre, et cette 
coiffure sert à déterminer le mot égyptien Hemâ, « lin » ; 2" Po - 
lydamna, épouse de Thonos, offrit en Egypte, à Hélène, un 
breuvage qui faisait oublier les maux passés (Odyssée, IV, 229) 
et qui ne peut être autre chose que le Hashish, boisson faite 
avec les graines du Chanvre. 

Que la boisson de Polydamiia ait été le Ilashish, c'est là une 
pure hypothèse impossible à discuter scientifiquement. Quant à 
la coiffure d'Anouki, elle représente non une botte de tiges, 
mais un faisceau de plumes liées par la base et s'évasant au 
sommet. D'ailleurs, cette coiffure fût-elle composée de tiges, je 
ne vois pas comment on pourrait y voir les tiges du Chanvre 
plutôt que celles de toute autre plante. Le déterminatif du mot 
Hemâ est effectivement une botte de tiges, mais Hernà, — si ce 
mot est le nom d'une plante, ce que je ne crois pas, — ne pour- 
rait désigner qu'une Graminée, d'après les peintures de Zaouïat- 
el-maïetin (L.D., II, 106-107), au-dessus desquelles il se trouve 
inscrit. 11 me paraît d'ailleurs certain que He^nâ, dans ces scènes, 
désigne la partie du Froment qui reste en terre après qu'on 
l'a fauché à mi-hauteur, c'est-à-dire la moitié inférieure du 
chaume. 

Enfin, Passalacqua, dans le catalogue des antiquités qu'il a 
découvertes en Egypte, cite, sous le n" 465, un peigne de bois, 
à manche, encore garni de filasse de Chanvre. Ce fait serait suf- 
fisant pour nous prouver que les anciens Egyptiens connaissaient 
le Chanvre; mais, malheureusement, Passalacqua n'est pas bo- 
taniste, et son témoignage en perd toute son importance. Du 



URTICACKKS, K Ul' 11 OR I5l ACKES 49 

reste, cette filasse a été, dans la suite, soigneusement étudiée au 
microscope par Braun, Ascherson et Magnus, et il est résulté de 
ces recherches qu'elle appartient au Lin et non au Chanvre. La 
plus ancienne mention du Chanvre en Egypte est relativement 
récente: le moi Pi- erbisi, dansles Scalx (Kir., 122), est rendu 
par le nom arabe du Chanvre. Mais il n'existe, que je sache, 
aucune matière textile pharaonique dont le nom présente quelque 
rapport avec Erhisi. 



ErPHORBIAGEES 

64. RicinuN cuiiiiiiunis L. 

Des graines du R. communis ont été reconnues au Musée 
égyptien de Berlin, par Kunth, à celui de Vienne, par Unger, 
et à celui du Louvre par M. Bonastre. Schweinfurth en a éga- 
lement trouvé dans une tombe de Thèbes, mais leur antiquité 
lui paraît douteuse. On sait par les auteurs classiques que le 
Ricin croissait en Egypte, où on le cultive encore de nos jours. 
On en tirait une huile qui servait à l'éclairage dans les basses 
classes. Hérodote nous a transmis le nom égyptien de cette 
plante, Kiki. Je ne l'ai jamais, pour ma part, retrouvé dans les 
textes hiéroglyphiques. Unger donne la figure de quelques 
plantes, tirées de diverses tombes, qu'il croit être des Ricins. 
D'après la dispositions la forme des fruits, je crois plutôt que ce 
sont des Figuiers, dont les feuilles, dans un dessin un peu 
superficiel, peuvent facilement se confondre avec celles du 
Ricin. 

Le nom égyptien du Ricin, découvert par M. E. Révillout 
grâce à l'étude de documents démotiques, est Deqfon. Si le mot 
Kiki est égyptien, il ne peut donc désigner que les graines de la 
plante. L'huile de Deqam servait à l'éclairage et était employée 
comme purgatif. En copte, Kiki est le nom de la graine 
(Flabb-el-kharoua), et DJismisle nom de la lAaniefKharouaJ. 

4 



50 I-A FLORK PII ARA (INIQUE 

05. Eiipliorliia liello»icopia L. 

Des fruits de cette plante ont été reconnus par Ungcr dans 
une brique de la pj-ramide de Dashour, nécropole de l'ancienne 
Memphis. V E . heliosco'pia est mentionné par Delile (n** 478) et 
par Schweinfurth (n" 962} dans la flore de l'Egypte moderne. 

66. Eiipliorliia ses^yptiaea Boiss. 

De cette espèce d'Euphorbe, également commune aujourd'hui 
en Egypte, FI. Pétrie a trouvé des restes dans la nécropole 
gréco- romaine de Hawara, au Fayoum. 

67. Pliyllaittlius MIruri L. 

Une brique provenant d'Eileithyia (El-Kab) renfermait, au 
dire d'Unger, des fleurs mâles de cette plante, laquelle ne se 
rencontre de nos jours que dans les Indes Orientales. 

SANTALAGÉES 

68. Sanialiiiii album L. 

M. de Verneuil a reconnu, dans la cavité abdominale d'une 
momie, des fragments de bois de Santal mélangés à du nalron 
pulvérisé fCa^ Passalacqua, p. 286). C'est probablement par 
l'intermédiaire des marchands arabes que les anciens Egyptiens 
se procuraient ce bois, qu'on ne trouve que dans l'Asie 
orientale, et qui porte en copte le nom de Pi-sarakhos. 

LAURAGÉES 

69. Laurus nubilisi L. 

D'après W. Pleyte, les momies n°^ M. 46, 67 et 82 du Musée 
de Leide portent des couronnes tressées en feuilles de Laurier; 



EUPHORIUACKES, SANTALACKKS, LAURACKES. AMARANTACKES 51 

ces momies datent de la basse époque. La nécropole gréco- 
romaine de Hawara a également fourni à FI. Pétrie des restes de 
couronnes que M. Newberry a reconnues être tressées avec les 
feuilles du L. nobilis. Le Laurier n'est pas un arbre égyptien, 
mais on le cultive abondamment en Egypte, et les Scalœ coptes 
portent toutes le mot Ourita, traduit par l'arabe Zahr gJtàr, 
« fleur de Laurier », 

70. l.aiirii« f^assia L. 

Le bois du L. Cassia était très employé par les parfumeurs 
égyptiens. 11 entrait dans la composition du parfum sacré appelé 
Kyphi. ( )n le nommait Bois ou Ecorce de Qat. 

71. liaiiriis Cinnanioinuin Andr. 

Bois également employé en parfumerie. On le nommait Tas 
ou Bois odorant. Ces deux bois de Cannelle venaient probable- 
ment des Indes en passant par l'Arabie, comme la plupart des 
produits pharmaceutiques ou aromatiques en usage dans l'Egypte 
antique. 



AMARANTACKES 

72. Celosia nrgentea L. 

Cette plante est indiquée par Delile (n''2r38) comme spontanée 
dans les environs du Caire. M. Flinders Pétrie a découvert, dans 
la nécropole de Hawara, au Fayoum, des restes antiques du 
C. argentea. Pline vante l'Amarante d'Alexandrie (XXI, 23), 
mais il parle d'une espèce à fleurs pourprées, probablement le 
C. cristata L., encore cultivé dans les jardins d'Egypte. 



LA FLORE PHARAONIQUE 



POLYGONEES 

73. Polysonuin avicularc L. 

Des fragments de cette herbe, encore très commune en 
Egypte, ont été reconnus par Ungerdans une brique de Tell-el- 
Yahoudi. 

74. Riiiiiex dcntatus L. 

Plante encore fréquente en Egypte. Des branches de R. den- 
iatiis, couvertes de fruits bien conservés, ont été reconnues par 
Schweinfurth dans une tombe thébaine d'époque gréco-romaine. 
FI. Pétrie a également trouvé des débris de cette plante dans la 
nécropole de Hawara, qui date aussi de l'époque gréco-romaine. 
Dans une tombe de Kahoun, — de beaucoup antérieure, puis- 
qu'elle date de la XII^ dynastie, — le même explorateur anglais 
a trouvé, mêlé avec d'autres graines ù des grains d'Orge, un 
fruit bien conservé du R. dentatus. 



GHENOPODIAGEES 

75. Clicnopoflinni liybridiini L. 

Quelques graines de cette plante ont été trouvées par Unger 
dans une brique de Tell-el-Yahoudi. 

76. Clienopodiuiii murale L. 

Une brique de la pyramide de Dashour renfermait un certain 
nombre de graines de cette planto, encore très commune en 
Egypte (Delile, n° 287). 



POLYGONEES, GHENOPODI AGEES, LABIEES 53 



77. Blituni vii'satum L. 

Cette plante n'est pas indiquée dans les Flores modernes de 
l'Egypte. Aussi, est-ce avec un certain doute qu'Unger rapporte 
au B. virgalum une graine trouvée dans une brique deTell-el- 
Yahoudi. 

78. Atriplex liorteiisis L. 

On trouve dans quelques textes (Sallier IV, 5/3; Pap. méd. 
de Berlin, 7/i ; De Rougé, Edfou, 52/11), le nom Ganoush, qui 
s'applique à une plante comestible et médicinale. Ce nom me 
semble s'être conservé dans le mot copte Pi~ghleh (Kir. , 256) 
qui, traduit par l'arabe al-qataf, désigne l'Arroche des jardins, 
plante encore cultivée de nos jours en Egypte. A moins que 
l'égyptien Ganoush ne soit l'origine de l'arabe Ganîsh, nom du 
Saccharum mgypiiacum Willd. 



LABIEES 

79. iflentita piperita L. 

Dans une tombe ouverte en 1884 par Maspero, à Sheikh-abd- 
el-gournah, se trouvait une guirlande composée en partie de 
sommités de M. piperita, au sujet desquelles Schweinfurth 
(UebevPfianzenreste, p. 3G7) donne des renseignements d'ana- 
tomie botanique très détaillés. La Flore égyptienne de Delile 
énumère quatre espèces de Menthe, mais le M. piperita ne s'y 
trouve pas. La Menthe était fort employée en médecine et sur- 
tout dans la parfumerie. Son nom ancien était Agaïei quelque- 
fois Nakpata, mais d'une manière abusive, car je crois que ce 
dernier nom doit plutôt s'appliquer au Romarin. Les Scalse 
rendent ordinairement par Aneth le nom copte Amisi, qui 
répond à l'ancien égyptien Ammisi. Mais il est d'autres Scalai 



5i LA FLORE niARAONlUUE 

(v. infrà ii° 120) qui traduisent Amisi par Menthe. De sorte que 
l'égyptien Atmaisi i)eui être un des noms de la Menthe. 



80. Salvla eegyptiaca L. 

Quelques fragments de graines de cette plante ont été recon- 
nus par Unger dans une brique d'El-Kab. 11 attribue ces restes 
au iS. spinosa L., mais S. spinosa et «S. vegyptiaca semblent 
bien deux noms donnés à tort par Linné à une seule et même 
plante. Plusieurs espèces de Sauge croissent encore en abondance 
dans le Delta (Schw., u°^ 823-826). La Sauge était également 
connue des anciens Egyptiens. Apulée lui donne le nom égj^ptien 
de Anusi; Dioscoride, d'après l'édition Sprengel, orthographie 
ce nom à-oj^t. Cette dernière orthographe est fautive, car les 
traducteurs arabes de Dioscoride donnent Anousi (Kir., Ling. 
œgypt. reslit., p. 603). Les traités de médecine égyptiens men- 
tionnent souvent une plante Anousi, qui ne peut être que la 
Sauge. 

81. Rosinariiius ofUcinalis L. 

Le Romarin croît encore aux bords du Nil. Le seul spécimen 
antique que j'en connaisse a été découvert par Prosper Alpin et 
est ainsi décrit par lui : « Nosintra quoddam medicatum cadaver 
invenimus scarabseum magnum ex lapide marmoreo efforma- 
tum, quod intra pectus cum libanotidis coronarii ramis colli- 
gatum, fuerat repositum. Incredibile dictu, rami rosmarini, qui 
una cum idolo inventi fuerunt, folia nsque aileo viridia, et recen- 
tia visa fuerunt, ut ea die a planta decerpli, et positi apparue- 
rint. » (Hist. nat. J^gypt., I, 36.) Prosper Alpin, qui vivait au 
xvi" siècle, était un médecin et un botaniste distingué. On peut 
donc se fier à sa détermination. Tout au plus pourrait -on se 
demander, à cause de son expression folia viridia, s'il n'a pas 
été trompé par des Arabes en bonne humeur. 



LABIEES. CONVOLVULACEES 55 



82. Tciicriiiiii Poliuni L. 

On rencontre, dans un texte éj?yptien, un nom de plante, 
Our-it, qui a été assimilé au copte Ourt et à l'arabe Ouarrl, 
mots qui tous deux désignent la Rose. Cette identification est 
philologiquement impossible, la désinence it du féminin avant 
disparu de bonne heure en égyptien et n'étant jamais reproduite 
en copte. Le mot Our-it ne peut répondre qu'au copte Oulaï, moi 
qui se trouve dans toute les Scalse et est traduit par le nom 
arabe de la Germandrée, T. Polium, plante encore réquente 
de nos jours dans le Delta. 

83. Orisanuni Iflajoraua L. 

Dioscoride nous apprend que la Marjolaine croissait en Egypte 
et qu'elle y portait le nom de o-:ç>ô; dans les Scalse, cette plante 
est nommée K^nmbon ou TJirimboa. M. Maspero a pensé en 
retrouver le nom arabe Zaatar dans l'égyptien Djaàtà, mot 
dont on ne connait qu'un seul exemple. FI. Pétrie a découvert 
des restes antiques de cette plante, encore cultivée aujourd'hui 
en Egypte, dans la nécropole gréco-romaine de Hawara. 



CONVOLVULACÉES 

84. Coiivolvulus scoparius L. 

Cette plante, répondant à V krsT.yXaBo^ des Grecs, portait en 
ancien égj-ptien les noms de DJàbiei de DJalmâ. On la trouve 
mentionnée dans la plupart des recettes de parfumerie égyptien- 
nes que nous connaissons, entre autres dans celle du Kyphi. 
L'Egypte moderne possède dix espèces de Convolvulus, mais le 
C. scoparius en a disparu, — s'il y a jamais poussé. 



56 LA Fl.OKK l'HARAONUJIJE 

85. Coitvol%'ulus Hystrix Vahl. 

Cette plante, mentionnée dans les Flores de l'Egypte moderne, 
a été trouvée par FI. Pétrie dans ses fouilles de Hawara. 

86. Coiivolvulii^i spiuosus BURM. 

Les mêmes fouilles ont amené la découverte de Tespèce C. spi- 
nosus, que je ne trouve, — du moins sous cette dénomina - 
tion, — dans aucune Flore égyptienne. 

87. Crcssa cretica L. 

Cette plante, très commune de nos jours en Egypte, a été re- 
trouvée dans la nécropole gréco -romaine de Hawara. 

88. discuta arabica L 

Cette petite plante parasite, que l'on rencontre encore par 
toute l'Egypte, a été reconnue par Newberry dans les végétaux 
apportés par FI. Pétrie de la nécropole de Hawara. 

SOLANACÉES 

80. Snlaiiiiiii Dulcamara L. 

La Vigne de Judée a été retrouvée par FI. Pétrie dans ses 
fouilles de Hawara. On ne la trouve pas mentionnée dans les 
Flores de l'Egvpte moderne. 

BORRAGINÉES 

90. lleliotropiiiiii nubicuin L. 

Cette espèce n'appartient pas à la Flore moderne de l'Egypte. 
Elle a été rencontrée dans la nécropole de Hawara. 



CONVOLVULACÊliS, SOLANAGÉKS, BORRAGINÊES, SÉSAMÉES 51 



SÉSAMEES 



01. I^csaïuum indicum DG. 

On n'a jamais trouvé dans les tombes de restes antiques du 
Sésame. Des capsules de cette plante, trouvées dans une tombe de 
Tlièbes par Schiaparelli, ont été soigneusement étudiées par 
Schweinfurth, qui n'ose pas trop leur attribuer une origine 
pharaonique. A. de Candolle, en effet, dans son Origine des 
plantes cultivées, croit que le Sésame n'a été introduit en 
Egypte qu'à l'époque de la conquête grecque. Unger a rangé le 
Sésame au nombre des plantes antiques de l'Egypte, d'après 
une peinture de la tombe de Ramsès III, qui nous montre des 
boulangers mêlant à la pâte des grains aromatiques. Mais, 
comme le fait judicieusement observer A. de Candolle, ces 
grains ne sont pas nécessairement du Sésame, ils peuvent être 
du Garvi, de l'Anis, du Cumin, etc. Pourtant un fait philolo- 
gique assez frappant semblerait prouver que le Sésame était 
connu des Égyptiens de l'époque pharaonique. Le nom arabe du 
Sésame est Semsem : or, une plante dont les grains se man- 
geaient se nomme en hiéroglyphes Shemsheni. D'autre part, le 
Sésame a un nom copte Oke, qui présente l'aspect d'une origine 
égyptienne, aspect d'autant plus évident qu'il existe dans les 
textes hiéroglyphiques une plante Ahe, non encore identifiée, 
dont on tirait de l'huile, et dont les graines étaient utilisées en 
médecine. Ake pourrait être le nom égyptien du 5. indicum, et 
Shemshem, son nom sémitique égyptianisé. Le problème est 
assez intéressant pour que je puisse consacrer prochainement 
une étude spéciale h la détermination de ces deux noms égyp- 
tiens de plantes. 



58 LA FLURE riiARAONIQUE 



ASGLEPIADAGEES 



92. Asclepias procera Willd. 

P. Ascherson a retrouvé, dans une tombe égyptienne de 
l'Oasis de Dakhléh, des branches de cet arbrisseau (A. Braun, 
Die PfJanzenreste, p. 24 [310]). Le Musée de Florence ren- 
ferme, sous le n" 3626, du duvet et des graines du même 
végétal. On le rencontre encore fréquemment en Egypte et le 
duvet qui enveloppe ses graines sert à rembourrer les coussins. 
Cette plante devait être utilisée par les anciens Egyptiens, car 
son nom copte Pi-lam, que l'on rencontre dans toutes les iSca^cC, 
dérive bien certainement d'un mot hiéroglyphique. 

JASMINÉES 

93. Jasiiiiniiiii ^aiiiliac L. 

Une guirlande trouvée dans la cachette de momies royales de 
Deir-el-Bahari, découverte en 1891 par Maspero, est formée de 
fleurs de Jasmin. Pourtant Schweinfurth, n'ayant pu observer 
la guirlande de près, ne donne cette détermination spécifique 
que sous toute réserve. Le /. Sarabac est très cultivé de nos 
jours en Egypte pour ses fleurs odorantes. Newberry a reconnu 
la même plante parmi les restes végétaux rapportés de Hawara 
par FI. Pétrie. Le nom copte de la fleur du Jasmin est A.s»27', 
mot dont l'apparence égyptienne semble bien indiquer que la 
plante était connue des Egyptiens de l'épo |ue pharaonique. 

OLÉAGÉES 

94. Olea europtca L. 

Des couronnes d'Olivier ont été très souvent trouvées sur la 



ASCLKr'IADACKKS, JASMINKKS. OLKACEES 59 

tête de momies, (^n a remarqué toutefois que ces momies ne 
sont jamais antérieures à la XX* dynastie. D'autre part, Pleyte 
croit que l'Olivier n'a été introduit en Egypte qu'à partir des 
grandes conquêtes égyptiennes en Asie, sous la XVIIl^ dynastie. 
En fait, le nom égyptien de l'Olivier, Djadi, fort rare dans les 
textes, ne se trouve, à ma connaissance, pour la première fois 
qu'à l'époque des Ramessides. Mais l'Olivier a dû s'acclimater 
facilement en Egypte, car Theopliraste (Hist. plant., 10, 2, 8) 
nous apprend qu'il en existait une forêt entière dans les envi- 
rons de Thèbes. On doit remarquer, en outre, que jamais les 
tombes de la XIP dynastie n'ont fourni de branches ni de fruits 
d'Olivier. 

Le mot Baq, que l'on considère comme le nom de l'Olivier, 
est fréquent dès les temps contemporains des pyramides, mais 
j'ai démontré dans un mémoire spécial que Baq est le nom du 
Morincja et non celui de l'Olivier. Les textes dans lesquels se 
trouve le mot Djadi nous montrent qu'on faisait en Egypte une 
grande consommation d'olives, comme fruits comestibles, et 
surtout pour en extraire de l'huile à l'usage des lampes allumées 
dans les temples. Nous savons que les simples particuliers 
n'alimentaient leurs lampes qu'avec l'huile du Sésame ou du 
Ricin. 

95. Ole» iiiibica Sghw. 

L'Olivier ne s'est ordinairement rencontré dans les tombes 
égyptiennes que sous forme de couronnes. Pourtant, la décou- 
verte d'une tombe intacte de Drah-abou'1-neggah a permis à 
M. E. Schiaparelli de communiquer à Sclnveinfurth un grand 
nombre de noyaux d'olives provenant d'offrandes desséchées. 
« Les noyaux d'olives » — écrit Schweinfurth (Les dernières 
découvertes, p. 43) — « apparaissent ici sous deux formes qui 
ft nous laissent apercevoir deux variétés distinctes, les uns étant 
« aigus de deux côtés ou un peu rétrécis à l'instar d'un fuseau, 
« les autre- de forme oblongue et tronquée. » Or, parmi les végé- 



60 L A F L l) R !•: P H A R A ( » .\ I Q b K 

taux rapportés de Hawarapar FI. Pétrie, Newberry a reconnu 
deux variétés d'Olivier, VOlea europsea L. et VOlea europxa 
L. Aar. nuhica Schw. Il est fort vraisemblable que les deux for- 
mes de noyaux observées par Schweinfurth correspondent aux 
deux variétés d'Olivier distinguées par le botaniste anglais. 
Enfin, une troisième variété a été distinguée par Migliarini, 
qui, dans son catalogue du Musée égyptien de Florence (p. 72, 
n°'2465-2466), attribue certaines feuilles de guirlandes funéraires 
à VO. europsea, et d'autres à VO. Oleuster L. Ce peut être à cet 
Olivier sauvage que Théophraste fait allusion à propos de la 
forêt du nome thébain dont nous avons parlé plus haut. 



EBENAGEES 

96. Ilalberj^ia iiielaiioxylon G. P. R. 

Dès l'époque des pyramides, nous voyons le bois d'ébène em- 
ployé par les sculpteurs et les ébénistes égyptiens. On en faisait 
des statues funèbres, des lits ; plus tard on en fit des palettes 
pour les scribes. Sous la XII- dynastie, l'ébène était d'un usage 
très répandu en Egypte. Il est probable que, sous l'Ancien 
Empire, l'Ebénier croissait naturellement en Egypte. Mais, sous 
la XVIIP dynastie, on fut forcé de le faire venir du dehors. La 
reine Hatasou s'en procure au pays des Sômalis, les princes 
éthiopiens contemporains des Aménophisen expédient régulière- 
ment de leur pays. 

Tous nos musées égyptiens d'Europe renferment des objets 
d'ébène, chaises, coffres, statues, cannes, palettes, cuillers, 
manches de miroirs, etc. En médecine, la sciure d'ébène était 
recommandée pour les maux d'yeux, et cet emploi se retrouve 
dans Théophraste, Dioscoride et Pline. 

Le nom hiéroglyphique du Z>. melanoxylon est Hahni, mut 
qui s'est conservé intact eu hébreu, et, passant par Ize-joz et 
ebemis, a donné naissance à notre mot ébène, qui peut ainsi 
faire remonter son origine au temps des pyramides. La forme 



OLEACEES, ÉBENAGKES, MYRSINÉES, SAPOTÉES 61 

primitive du mot Ilabni est llab, dont je connais trois exem- 
ples (Ti, n» 134 ; Anast. 1, 12,6 ; Zeitschr., XXIX, 28) ; cette 
racine signifie « être aigu, pointu », et fait allusion aux épines de 
l'Ebénier. 



MYRSINEES 

97. Iflyrsiiic africana L. 

M. Bonastre, qui a fourni à Champollion, pour la rédaction 
de son catalogue du Musée égyptien du Louvre, les identifica- 
tions des végétaux exposés dans une vitrine de la Salle civile, a 
reconnu dans un de ces végétaux des restes du M. africana 
(Champ., Not. descr. des 7non. égypt. du Musée Charles X, 
p. 97). Comme cette plante ne se rencontre guère qu'au Cap et 
qu'aucun autre botaniste ne l'a jamais retrouvée dans des tom- 
bes égyptiennes, il est probable que l'identification de M. Bonastre 
demande à être soigneusement vérifiée avant de pouvoir être 
considérée comme acquise à la science. 



SAPOTEES 

98. Ifliinusops Sltiinperl Hochst. 

Ceux qui se sont occupés les premiers de l'identification des 
plantes pharaoniques, — Kunth en 1826 pour la collection 
Passalacqua, Bonastre en 1827 pour le Musée du Louvre, et 
Migliarini en 1859 pour le Musée de Florence, — avaient rap- 
porté au Mimusoi^s Elengi L. certains fruits trouvés dans des 
tombes égyptiennes. Plus tard, Braun, en 1877, étudiant les 
plantes du Musée de Berlin, objecta que le M. Elengi est une 
plante de l'Inde et, observant de plus près les spécimens anti- 
ques, les rapporta au M. Kummel Hochst., plante abyssinienne 
dont le fruit, de la forme et de la couleur d'un fruit d'Eglantier, 
est assez agréable à manger à cause de son goiit de miel, et dont 



(5? LA FLORP] PHARAONIQUE 

le noyau, relativement volumineux, contient une amande à saveur 
amère. Ascherson, reconnaissant pourtant que le M. Elengi. tout 
en étant originaire de l'Inde, pouvait s'acclimater en Egypte, 
puisqu'on le cultive aujourd'hui par curiosité dans les jardins 
de l'île de Rodah, voisine du Caire, attribua néanmoins au M. 
Kummel quelques branches feuillues du Musée de Leide, qui 
avaient servi de couronnes à des momies d'époque gréco- 
romaine. Enfin, Schweinfurth, d'après plusieurs spécimens pro- 
venant des tombes découvertes par Maspero et Schiaparelli, 
affirma que, à cause de leur forme et de leur grosseur, les fruits 
du Mimusops pharaonique devaient être rapportés, non au 
M. Kummel, mais au M. Sl/hiiperi Hochst,, plante qui croît 
naturellement en Abyssinie et dans les régions voisines. 
M, Pleyte, dans son étude sur la Couronne de la justification, 
maintient l'existence de ces deux dernières espèces, en décla- 
rant que les feuilles attribuées par Ascherson au M. Kummel 
sont plus épaisses que celles que Schweinfurth considère comme 
des feuilles de M. S/mnperi. 

Quoi qu'il en soit, il est certain qu'une espèce de ' Mimusops, 
— deux même peut-être, — a été cultivée par les anciens 
Egyptiens. Des branches de cet arbre, on tressait des couronnes 
à l'époque saïte et sous la domination gréco-romaine. Des fruits 
de Mimusops ont souvent été découverts dans les tombes, parmi 
les offrandes funéraires. Schweinfurth en a reconnu parmi des 
fruits découverts par Mariette dans une tombe de Drah-abou'l- 
neggah, que l'on croit être de la XII'' dynastie. Cette date est 
douteuse, mais ce qui vient confirmer l'existence du Mimusops 
en Egypte sous les Ousourtesen est que FI. Pétrie en a découvert 
en abondance des fruits dans la nécropole de Kahoun, qui est 
bien certainement de la XIP dynastie. 

Schweinfurth suppose que le M. Shimperi est le Persea des 
anciens, sur lequel on a tant écrit et que Delile, en dernier lieu, 
avait rapporté au Balanites œgyptiaca Del. On pourrait objec- 
ter à cette identification ce fait que, si le Persea a été introduit 
de Perse en Egypte par Cambyse, comme l'affirme Diodore, et 



SAPOTEES, STYRACKES. CORDIACEES 63 

si le Persea est réellement un Mirauso'ps, comme le pense 
Scluveinfurth, l'espèce pharaonique serait le M. Elengi qui, 
originaire de l'Inde, a pu passer parla Perse, et non le M. Kicmmel 
ou le AI. Shimperi, qui appartiennent à la flore de l'Afrique 
australe. D'ailleurs, le Mimusops était connu en Egypte vers la 
XII" dynastie, bien avant Cambyse. Il faudrait, pour l'identifier 
avec le Persea, démontrer d'abord que l'affirmation de Diodore 
est erronée. 



STYRAGEES 

99. Styrax officinale L. 

Cette plante, d'origine syrienne, a dû être connue de bonne 
heure des Egyptiens. Les Scalx coptes portent le mot Aminakou, 
traduit par « Styrax ». Or, un arbre Minaqou existe en ancien 
égyptien, ainsi qu'un aromate Minaqi, qui ne peut guère être 
que la résine odorante du L. officinale. 

100. Styrax Beiizoin Dry. 

FI. Pétrie a trouvé de la résine de Benjoin dans la nécropole 
gréco-romaine de Hawara, au Fayoum (cf. Pharmaceiitical 
Journal, vol. XIX, pp. 387, 399). L'arbre qui produit le Benjoin 
est originaire de l'Asie orientale, mais il est possible que les 
Egyptiens en aient connu la résine dès l'époque pharaonique, par 
l'intermédiaire des marchands chaldéens, arabes et phéniciens 
qui leur fournissaient un certain nombre d'aromates de l'extrême 
Orient. 

GORDIAGÉES 

101. Cordta Myxa L. 

Des fruits de cet arbre, très commun de nos jours en Egypte, 
ont été reconnus au milieu de végétaux de provenance égyptienne 



04 LA FLORE PHARAONIQUE 

exposés aux Musées égyptiens de Florence, de Vienne et de 
Berlin. FI. Pétrie en a découvert dans la nécropole gréco- 
romaine de Hawara, au Fayoum. J'ai pensé un moment que cet 
arbre était VAshed hiéroglyphique, que M. Maspero vient récem- 
ment de rapporter au Balanites segyptiaca Del. 



COMPOSEES 

102. SpliœrAuilius sua^eolens DG. 

Quelques capitules de cette plante ont été trouvés dans une 
tombe de Drah-abou'1-neggah, et déterminés par Schweinfurth. 
Cette plante existe encore en Basse-Egypte. 

103. CltryKautlienium coruuariiini L. 

Celte plante est spontanée dans les environs d'Alexandrie, et 
était cultivée autrefois dans les jardins de la Thébaïde. A partir 
de la XX'' dynastie, on en formait des guirlandes dont on ornait 
les momies. Schweinfurth et FI. Pétrie en ont découvert plu- 
sieurs spécimens dans les tombes égyptiennes ; il en existe éga- 
lement au Musée de Leide. Le nom égyptien du Chi-ysanthème, 
d'après un papyrus démotique à transcriptions grecques, était 
Nouflr-Jtan, autrement dit Ta-hourr -it noub, « la fleur d'or » 
(H. Brugsch, Die jBgyptologie, p. 393). 

104. dirysaiitSiciiiuiii «tegetuni L. 

De fragments de cette plante ont été reconnus par Unger dans 
une brique de la pyramide de Dashour, située sur les ruines de 
l'ancienne Memphis et datant des premières dynasties. Cette 
plante n'est pas citée dans la Flore égyptienne de Delile ni dans 
celle de Schweinfurth. Il est donc possible qu'il y ait erreur 
d'identification de la part d'Unger et que l'espèce étudiée par lui 
soit le C. coronariuin. 



GORDIACEES, COMPOSEES 65 



105. llairicaria diaiiioiiillla L. 

Le Papyrus gnostiqiie de Leide, qui date des premiers temps de 
notre ère, porte comme traduction démotique du grec /xu-vj-ihiv 
(pour /ay.^.ja/;/.c!v), le mot égyptien Tehau-ab (verso, 2). La Camo- 
mille croît encore de nos jours en Egypte. Elle est mentionnée 
dans les Scalie, sous le nom copte AnUiéiitis, traduit par l'ai'abe 
Bàhoùncuj. Schweinfurlh, qui ne donne pas le nom arabe de la 
Camomille, attribue le mot Bàhoùnagk VAchillea fragraulis - 
sima FoRSK., mais c'est là une acception populaire, car les 
écrivains arabes emploient toujours Bâboûnag dans le sens de 
Camomille. 



106. Ceiitaiirea «lepresïta Birb. 

La momie de la princesse Nesi-Khonsou portait, entre autres 
guirlandes, une guirlande composée de feuilles de Mimusops et 
de fleurs de C. depressa dont l'identité spécifique, d'après 
Schweinfurth, est absolument hors de doute par suite de certai- 
nes dispositions de l'androcée, qui distinguent cette espèce de 
tous les autres Centaurea connus. Le C. depressa est une plante 
asiatique que Delile n'a pas trouvée en Egypte, où croissent 
pourtant quatorze espèces de Centaurée. Newberry a également 
reconnu, parmi les plantes apportées de Hawara par FI. Pétrie, 
des restes du C. depressa. 



107. Centaurea ■lisi*» L. 

Cette espèce n'existe pas en Egypte. Aussi est-ce avec doute 
que M. W. Pleyte rapporte au C. nigra certaines fleurs du 
Musée de Leide (Bloemen en planten, p. 11). Il est probable 
qu'il s'agit du C. depressa, déjà reconnu dans les tombes par 
Schweinfurth et Newberry. 



66 LA FLORK PHARAONIQUE 

108. Cartliaaiius tinctoriiis L. 

La momie d'Aménophis I, pharaon de la XVIIP dynastie, por- 
tait sur la poitrine une guirlande formée de feuilles de Saule 
entre chacune desquelles était disposée une fleur de Cartharae. 
Une autre momie, découverte par Schiaparelli à Drah-ahou'l- 
neggah, était décorée d'une guirlande semhlahle. Une guirlande 
du Musée de Leide porte également des fleurs de C. lincLorius. 

D'autre part, on a reconnu par des analyses chimiques que 
toutes les étoff'es rouges trouvées dans les tombes égyptiennes 
étaient tientes au Carthame. 

Il est donc bien établi que les anciens Egyptiens connaissaient 
le C. tinctorius. Or, il existe dans les textes hiéroglyphiques 
une plante, nommée Nasi ou Nasti (Br. et D., Rec, IV, 90), 
dont une partie de la fleur servait à teindre en rouge. Cette 
plante ne me paraît pouvoir être que le Carthame. La culture de 
cette matière tinctoriale serait très ancienne en Egypte, car le 
même nom, orthographié Nas, se retrouve dans une inscription 
de la pyramide du roiTéti (col 336), qui vivait àla VI" dynastie. 
Les textes ne font pas mention de l'huile de Carthame, dont 
Pline nous apprend que les Egyptiens faisaient un très grand 
usage. 

109. Ouaplialiuiki lutco-alliuni L. 

Des restes de celte plante ont été reconnus par M. Newberry 
au nombre des végétaux apportés par FI. Pétrie de ses fouilles 
dans la nécropole gréco-romaine de Ilawara, au Fayoum. Celte 
espèce appartient encore à la flore spontanée de l'E^gypte. 

110. Ploris coroiio|iif'olia D. G. 

Syn. P. radicata Less. Quelques-unes des guirlandes qui 
recouvraient le corps de la princesse Nesi-Khonsou (XXIP dy- 
nastie) étaient formées de fleurs de cette plante. Delile, qui, il 



COMPOSEES 67 

est vrai, n'a guère exploré que le Delta, ne la mentionne pas dans 
sa Flore égyptienne; mais Scliweinfurth assure qu'elle croit en 
Haute-Egypte et qu'elle fleurit en mars et avril. C'est ici le cas 
défaire remarquer coml)ien ces recherches sur la Flore égyp- 
tienne peuvent rendre de services, même — ce à quoi on s'atten- 
drait peu — aux études historiques. Si, en eff"et, on connaissait 
exactement l'époque tle floraison de toutes les plantes renfermées 
dans un même cercueil, il serait facile de déterminer le mois de 
l'année pendant lequel eut lieu l'enterrement. Quelquefois, les 
cercueils portent la mention du mois égyptien qui vit s'accom- 
plir l'inhumation. On pourrait ainsi établir une concordance 
exacte entre les saisons anciennes et les nôtres à une époque bien 
précise. C'est en se plaçant sur un terrain à peu près semblable, 
l'époque des récoltes, que Lieblein a pu fixer, à quelques années 
près, certaines dates delà XA'IIF dynastie. 

111. Coiiyza Uiosicoi'iilii» L. 

Cette espèce, encore commune de nos jours en Egypte, a été 
trouvée par FI. Pétrie dans la nécropole de Hawara, au 
Fayoum. 

112. Ea-lgeroii tegyptlaciiït L. 

La plante décrite par les Grecs sous le nom de -/ovu^a a été 
unanimement identifiée par les botanistes avec le genre Erigeron. 
Or, la plante vArjix croissait en Egypte. Ilorapollon (Ilierogl., 
II, 79) écrit : « Lorsqu'ils veulent exprimer un liomiuç qui 
détruit les moutons et les rhcvres, les Égyptiens tracent 
l'image de ces animaux représentés en train de manger du 
xwj^a: la raison en est que, lorsque ces animaux mangent du 
y.orjix, ils ne tardent pas à mourir de soif. » Le y.ôyj^x étant 
V Erigeron, le Conyza égyptien ne peut guère être que V Eri- 
geron segyptiacus, la seule espèce qui soit abondante en 
Egypte. Dioscoride nous apprend que les Égyptiens donnaient 



68 LA FLORK PHARAONIQUE 

au vArj^y. le nom de v-À-i. D'autre part, le Conyza, connu en 
hébreu sous le nom de Sarpad, est mentionné dans Isaïe (LV, 
13), dont la version copte rend tantôt ce mot par Koniza, 
tantôt par iVo^m^ze, Eng, Enouk (Rec, VII, 25). Or, une 
plante égyptienne fréquemment mentionnée dans les papyrus 
médicaux porte le nomd'Auk ou Annouk. Je crois hors de doute 
que ce mot réponde à Eng, Enouk et désigne par conséquent 
r^". œgyptiacus. La chose me semble d'autant plus prol)able 
qu'un texte de Philé mentionne, en même temps que Y Ank, une 
plante Kéti qui rappelle singulièrement le nom /itt que, 
d'après Dioscoride, les Egyptiens donnaient au Conyza. Le mot 
An^^ étant le nom égyptien de YE. xgyptiacus, Kéti désignerait 
l'espèce voisine, Conyza Dios :oridis , retrouvée au Fayoum par 
FI. Pétrie. On doit pourtant tenir compte de ce fait, que Ank et 
Kéti sont mentionnés dans une liste de plantes comestibles et 
qu'il existe en copte un autre mot Nounk (Msc. par. XLIY, 
338), traduit en arabe par Sa'abar (nom inconnu à corriger en 
Saatar, désignation du l\ym), qui pourrait également dériver 
de Ank OM Annouk. On doit remarquer en outre que, dans les 
Scahe, le grec coptisé Pi-koniza est traduit par le nom arabe, 
Soukrân, d'une espèce de Jusquiame. 

113. Liacdica Nati%'a L. 

Unger a pris pour îles représentations de l'Artichaut certaines 
plantes figurées dans la plupart des tombes, au milieu des 
offrandes funèbres. D'autres les ont prises pour des pommes de 
Pin. J'ai relevé soigneusement sur place un certain nombre de 
ces dessins et, à coup sûr, ils ne peuvent représenter ni l'Arti- 
chaut, ni la pomme du Pin. La plante, en effet, a à peu près la 
forme d'une laitue allongée en pointe, aux feuilles sinuées et 
longuement lancéolées surmontant une tige coupée courte, qui 
porte les cicatrices annulaires et parallèles des feuilles tombées 
delà base. Ces feuilles sont toujours peintes en un vert tirant sur 
le bleu. Je crois que ce devait être une plante à manger en salade. 



COMPOSEES, HE1)1':RACEES 69 

M. Schweinfurfch, à qui j'avais communiqué ces détails, a 
partagé mon avis et estime qu'en effet ces représentations ne 
peuvent se rapporter qu'à la Laitue. La ciiose est d'autant plus 
probable que la Laitue est très généralement cultivée en Egypte, 
que Braun en a trouvé des graines antiques en étudiant les 
végétaux pharaoniques du Musée de Berlin (Die Pflanzenreste, 
p. 290), et qu'enfin elle porte en copte un nom, Pi-6h, pour la 
forme hiéroglyphique duquel on a le choix entre la plante Abou 
et la plante Afa, toutes deux nommées dans les papjrus médi- 
caux, et la dernière rangée, avec Ank et Kéti mentionnés plus 
haut (n" 112), au nombre des plantes comestibles. 

114. Ceruaiia pratcnsis Forsk. 

Il existe, au Bristish Muséum et au Musée de Boulaq, deux 
balais formés de tiges de cette plante. Encore de nos jours le 
C. pratensis sert en Egypte au même usage. Des capitules de 
la même espèce se trouvaient dans une tombe égyptienne de 
Gébéleïn . 



HEDERAGEES 

115. Hedera llclyx L. 

Le Lierre est cultivé, et non spontané, dans l'Egypte moderne. 
FI. Pétrie l'a retrouvé parmi les plantes provenant de la nécro- 
pole gréco-romaine de Hawara, au Fayoum. Dioscoride n'en 
donne pas le nom égyptien, mais Plutarque écrit : « Cette plante 
(le Lierre) se nomme en égyptien yvjô^iotç, mot dont le sens est 
Plante d'Osiris (De Isid. et Osir., 37) ». Khi-u-ousiri signifie 
en effet, en ancien égyptien, « arbre dOsiris ». Je n'ai pas 
rencontré le nom copte du Lierre dans les ScaUv, mais les bas- 
reliefs pharaoniques nous montrent souvent des musiciennes ou 
des danseuses ornées de longues tiges h feuilles anguleuses qui 



70 LA FI.iiRK I'IIAA AoNIOUE 

ne peuvent ètiv que des tiges de Lierre ou de quelque espèce de 
Convoh'uhis. 

RUBIAGÉES 

116. Galiiini tricorne With. 

Cette plante, très fréquente aujourd'hui en Egypte, a été 
reconnue par Ne^vberry parmi les végétaux rapportés par 
FI. Pétrie de ses fouilles dans la nécropole gréco-romaine de 
Hawara. 

OMBELLIFÈRES 

117. A|iiiiiN gra^eoleiis L. 

La momie de Kent, trouvée à Sheikh-abd-el~gournali, sur les 
ruines de l'ancienne Tlièbes, portait au cou une guirlande com- 
posée de rameaux de Céleri et de pétales de Lotus bleu. Schwein- 
furth compare la coutume égyptienne de ranger le Céleri au 
nombres des plantes funéraires à une coutume gréco- romaine 
analogue, qui a donné naissance à l'expression asklvo-j àelxxi. 
signifiant « il est k la mort ». Des graines de cette plante, décou- 
vertes dans une tombe égyptienne, se trouvent exposées au Musée 
de Florence (n"3G28). 

118. Torilis iitfeeitH L. 

Cette plante, que Schweinfurth a remarquée dans les environs 
d'Alexandrie, fait partie des végétaux rapportés par FI. Pétrie 
de ses fouilles à Hawara. 

110. Bupleuriiiii arij«tatiiin Bartl. 

Des fruits de cette plante, qui n'est pas mentionnée dans la 
Flore égyptienne de Uelile, ont été reconnus par Unger dans une 
brique de la pyramide funéraire de Dasliour. 11 est donc certain 



HEDERACEES, KIJP.IACEES, UMBELLIFERES 71 

qu'elle croissait en Egypte dès la plus haute antiquité, à moins, ce 
qui est plus probable, que les restes antiques n'appartiennent à 
l'une des trois espèces de Biipleurmn indiquées dans la Flore 
égyptienne de Schweinfurth (n"* 459-461). 

120. Aiietliiiiti ;^raveoleuA> L. 

L'Anetli croît aujourd'hui en Egypte. Il y croissait également 
autrefois, car son nom, Ammisi, s'est retrouvé dans les textes 
hiéroglyphiques. On le trouve, en effet, dans le Papyrus médical 
Ebers, recommandé pour « guérir les maux de tête » et « amol- 
lir les vaisseaux du bras ». Au Papjrus médical de Berlin (xv, 
10), les graines de la même plante sont employées pour certaines 
maladies des vaisseaux de la jambe. On doit pourtant remarquer 
que si, dans quelques 5'(?a^a3 coptes, les moisAmisi, Emisé, Misé, 
qui répondent à l'égyptien A »iwiZ5z, sont rendus par hr,9ov, arabe 
Shebet, de même que dans la Bible, il est d'autres Scalse (Kir., 
334) qui rendent les mots coptes par Nnna, nom arabe de la 
Menthe. 

121. Anetliuin Ffleniculuin L. 

Le copte Shamar hoout, dans la Scala n" xuv de la Biblio- 
thèque nationale, est rendu par l'arabe Shamâr berri, qui veut 
dire « Fenouil sauvage ». Or, une plante Shamari hoout est 
mentionnée dans le Papyrus gnostique de Leide (verso, 4), ce qui 
nous prouve que le Fenouil était connu des anciens Égyp- 
tiens, qui lui donnaient le nom qu'il a conservé en arabe. Dans 
d'autres Scalse, on trouve pour le Fenouil les noms coptes Pi~ 
anéoumor et Pi-ousabin. Le nom Malatron, emprunté au grec 
[xy.oy.OoTj, y désigne le Fenouil sauvage. Un mot Shamârn, que 
l'on rencontre une seule fois en égyptien (Gr. Pap. Harris, XIX, 
12), est peut-être synonyme de Shamari. Enfin, le Papyrus 
Ebers, le Papyrus médical do Berlin et qutdques autres textes 
mentionnent une plante Besbes, dont le nom parait s'être conservé 
dans l'arabe Bisbàs, qui est une des désignations du Fenouil. 



72 LA FLORK PHARAONIQUE 

122. CoriaiKlriiiii «tativuni L. 

Delile, Forskal et Scliweinfiirth placent la Coriandre au nombre 
des plantes do l'Egypte moderne. Dioscoride et Pline la rangent 
parmi les plantes anciennes. Enfin, on peut voir, au Musée égyp- 
tien de Leidê, deux paquets do graines de Coriandre provenant 
de tombes égyptiennes. Plus récemment encore, Scliweinfurth 
en a trouvé des fragments dans un hypogée de Thèbes remonlant 
à la XXII" dynastie, situé k Deir-el-Bahari. De plus, FI. Pétrie 
en a également rapporté de ces feuilles dans la nécropole gréco- 
romaine de llawara, au Fayoum. 

Le nom hiéroglyphique du C. salivmn est Oiinshi ou Oim- 
shâou, mots conservés dans le GO])te Bershioii, B^reshou. Cette 
plante est très fréquemment nommée dans les Papjnnis médicaux. 
Certains textes nous apprennent qu'on se servait de graines de 
Coriandre pour rendre le vin plus enivrant. Enfin, il est fait plu- 
sieurs fois mention de Coriandre asiatique. 

123. Ciimiiiiim Cymiiium L. 

11 existe au Musée de Florence (n" 3628), un certain nombre 
de graines de Cumin trouvées dans une tombe égyptienne. La 
plante se trouve encore aujourd'hui en Egypte. Son nom copte, 
Tapen ou Thapen, dérive de l'ancien égyptien Tapnen, mot 
qui se rencontre très souvent dans les Papyrus médicaux. Les 
Egyptiens ont également donné au Cumin le nom de Qamnim, 
emprunté aux langues sémitiques, hébreu Kamnion, arabe 
Kammoûn. 

PORTULAGÉES 

124. Portulac» oleracea L. 

Le P. oleracea est mentionne par Forskal (n" 249), par 
D.'lile (n" i58) et par Schweinfurlh (n°183), au nombre des plantes 



OMBELLIFERES. PORT !'LACKES, G UC U R BITACEES 73 

de l'Egypte moderne. Son nom arabe est Riglnh. Or, les lexi- 
ques coptico- arabes renferment un mot Mehmouhi traduit en 
arabe par Iîi(//a//, et en grec par xyvjx/yr, : c'est donc bien le 
nom du Pourpier. L'équivalent du mot copte a été retrouvé, par 
M. Maspero, dans un texte de l'ancienne Egypte, sous la forme 
Makhrnakhaï ; d'où nous pouvons conclure que le P. oleracea 
croissait déjà sous les pbaraons aux bords du Nil. Apulée, dans 
son traité De Itcrbarum l'irtutibus, cap. 104, donne comme nom 
égyptien du Pourpier le mot Mothmutim, dans lequel on peut 
reconnaître des traces de l'original hiéroglyphique 



CUGURBITAGEES 

125. Citrulliis vulgaris Schbad. 

Dans le cercueil du prêtre Nebseni, découvert en 1881 à Deir- 
el-Bahari, se trouvaient des feuilles du C. vulgaris Schrad., 
var. colocyjithoides Schwf. Dans une tombe ouverte posté- 
rieurement se trouvaient des graines de la même plante. Le 
Musée égyptien de Berlin possède également quelques graines 
du C. vulgaris. Le nom arabe de la Pastèque est Batlikh, mot 
que l'on retrouve en hébreu sous la forme plurielle Abattikhim . 
Le coT^ie Pi-betiike, Pi-betikJie, est bien évidemment de la même 
famille. Enfin, le nom de plante pharaonique Bettou-ka paraît 
bien être la forme antique du copte Betuke. Bien que les 
Septante traduisent le mot hébreu par -i-wv, il est certain qu'il 
s'agit non du Melon, mais du Melon d'eau ou Pastèque. La 
version copte rend du reste ce mot par Pi-pelepepon, mot que 
l'on retrouve dans les Scalx sous les deux formes Pi-pelpejyen- 
n- houf, « Pastèque jaune)), ei Pi-pelpepen-m -milon, « Pas- 
tèque verte». Mais, d'autre part, le copte Beluke o\\ Betikhe, 
connu seulement par les Scalx, y porte la traduction arabe 
Bàdingàn berri, « Aubergine sauvage )). On peut donc hésiter, 
pour traduire le mot hiéroglyphique Beftou~ka, enti-e la 



74 LA FLORE l'IIAKAOMQUK 

Pastèque et l'Aubergine, Solanum Melongena L. La Pastèque 
est très fréquemment réprésentée dans les tombes. 

126. Iiag;ennria viilgaris Ser. 

Des Calebasses ont été souvent trouvées dans les tombes, h 
partir de la XIP dynastie, et il s'en trouve dans quelques musées 
d'Europe. FI. Pétrie en a découvert dans ses fouilles de 
Hawara. Ce fruit est également représenté sur les monuments. 
La Calebasse, ou quelque autre espèce de Courge, porte dans les 
Scalse deux noms bien différents : T-glilo, traduit par l'arabe 
Qara' et par le grec yShôy.-jvOx] Pi-shlôdJ, nommé parfois Pi- 
bent-n-eghladj , traduit par l'arabe laqlin. Or, laqtin sert à 
rendre, dans un autre passage des Scahe, le copte Pi-kologinthe, 
dont la parenté avec le grec y.o)/y/:jvOx est hors de doute. En 
arabe, laqtin et Qara s'appliquent à diverses espèces du genre 
Cucurbita. Les antécédents égyptiens des deux noms coptes 
n'ont pas encore été, à ma connaissance, retrouvés dans les 
textes pharaoniques. 

127. TlonioiMlica Bal^aiiiiina L. 

D'après Pickering, cette plante est figurée sur les monuments 
égyptiens avec ses feuilles profondément lobées et sa tige s'en - 
roulant autour des lattes d'un treillage. Scliweinfurth, — d'après 
une communication épistolaire, — préférerait voir dans cette 
figure la représentation de V Ipomœa cahirica L. Pourtant, il 
indique bien dans sa flore la Balsamine comme étant cultivée, et 
même naturalisée, dans les jardins de l'Egypte moderne. 

128. €ueumi»i eiiate L. 

Le fruit de cette plante se trouve souvent parmi les rcpréseu - 
talions égyptiennes, au dire d'Unger. II se pourrait que ces 
représentations se rapportent plus siinpjcmcnl au C. salii'us L. 
Mais le nom spécifique Chate est une transcription un })eu 



CCCUUHITACEKS 75 

maladroite de l'arabe Qatta ou Qassa. Or, ce nom Qntta se 
retrouve en hiéroglyphe dans un mot Qadi qui désigne une 
plante rampante, « poussant sur son ventre » d'après le texte 
égyptien, et qui ne peut guère être que le C. Chate. On doit 
pourtant remarquer que l'arabe Qassa, en hébreu Qissouaïm 
(Vulg. (ji-Kvoq, copte Sho'pi), s'applique aussi bien au C. Chate 
([u'au C. sativus. 

129. Ciiciiitils sativus L. 

FI. Pétrie a retrouvé des Concombres et des parties de la 
plante dans ses fouilles au Fayoum, à partir de la XII® dynastie 
(nécropole de Kahoun) jusqu'à l'époque gréco-romaine (tombes 
de Hawara). Les noms coptes du Concombre sont au nombre de 
trois: 1" Banii, Bonti, Bonté, du genre féminin; 2" Shop, 
Eshoop, Shope, S/iopi, S/tobe, Shoobe, Ghôpi, Ghobghobe^ 
du genre masculin; 3" Tighe, du genre féminin. Le premier mot 
répond a ai/.jo; dans la Bible et est traduit par Qatta dans les 
Scalse. Le second répond également à nU-jz; dans la Bible, mais 
est partout dans les iSca^a? traduit par Faqqous, « Concombre », 
sauf dans un seul document (Cod. par. XLIV, 337), qui porte 
Battikh, «Pastèque». Enfin, Tigite est rendu par Qatta àdiï\?> 
une Scala. Le Concombre est fort souvent représenté sur les 
parois des tombes, parmi les offrandes funéraires. On n'a re- 
trouvé, comme nom égyptien ancien du Concombre, que le mot 
Shoupi, et encore le sens n'en est-il pas absolument certain. 

130. Cucuiiiis ;?ielo L. 

Unger croit avoir trouvé la représentation du Melon dans une 
tombe de Saqqarah, nécropole de l'ancienne Memphis. D'après 
le dessin qu'il publie, cette identification ne me semble pas abso- 
lument certaine. Elle est possible pourtant, au moins en théorie, 
car FI, Pétrie a découvert dans la nécropole gréco-romaine de 
Hawara, au Fayoum, un certain nombre de spécimens du 
C. Melo. 



76 LA FLORE P 11 A R A OM QU L 



GRANATEES 

131. Piiiiica Ciraiiatiiin L. 

Un égyptologue américain, C. Moldenke, est arrivé presque 
en même temps que moi, et par des moyens différents, ce qui 
donne une entière certitude à notre découverte commune, à la 
détermination du nom ég3'ptien de la Grenade. Ce nom se pré- 
sente sous un certain nombre d'orthographes diverses, ce qui, 
étant donné la fixité ordinaire des radicaux égyptiens, nous 
prouve d'une façon absolue que le Grenadier n'était pas d'origine 
égyptienne, mais fut importé de l'étranger en Egypte et y con- 
serva son nom vernaculaire. Ce nom, en ramenant à une seule 
forme les différentes orthographes que nous en connaissons, est 
Arhmani. Le nom copte de la Grenade, dérivé de l'égyptien, 
est Erman ou Herman. Nous avons ainsi le thème primitif de 
l'hébreu Rimmoun, de l'arabe Roumman, et du berbère 
Armoun. 

On sait que l'origine du Grenadier a souvent été discutée. 
Les uns, d'après son nom latin Maluni punicum, le considèrent 
comme originaire du nord-ouest de l'Afrique. A. de Gandolle, 
dans son Origine des plantes cultivées^ arrive à la conclusion 
que le Grenadier vient de Perse. Voici quelques données nou- 
velles, fournies par l'archéologie égyptienne, qui pourront jeter 
de la lumière dans la question. Je les livre, sans les discuter, h 
la sagacité des botanistes. 

Jusqu'ici, le texte le plus ancien qui nous donne le nom égj'p- 
tien du Grenadier remonte à la XYlll" dynastie, époque des 
grandes guerres des Ahmessides en A^^ie. Ce texte se trouve à 
Thèbes, dans la tombe du scribe Anna, qui mourut sous 
Touthmès L Toutlimès lest le premier pharaon qui ait parcouru 
la Syrie. Jusque-là les Egyptiens n'avaient jamais combattu, 
en fait d'Asiatiques, que quelques nomades arabes et sinaïtiques 



GRANATEES 77 

qui attaquaient leurs frontières de l'est. Il serait peut-être témé- 
raire de conclure du document fourni par la tombe d'Anna que 
le Grenadier fut importé d'Asie par Touthmès I. Anna range le 
Grenadier au nombre des arbres plantés dans son parc funé- 
raire; ce fait semble indiquer que le Grenadier n'était pas un 
arbre tout à fait nouveau pour les Egyptiens. Ensuite, de ce 
que la première mention connue de cet arbre ne remonte qu'à 
la XVIII" dynastie, il ne résulte pas nécessairement qu'il n'était 
pas connu auparavant. Qui sait si de nouveaux textes, contem- 
porains des pyramides, ne nous donneront pas un jour le nom 
du Grenadier? En attendant, il me paraît certain que ce ne 
furent pas les armées égyptiennes qui l'emportèrent d'Asie. Si 
l'on veut lui donner une origine asiatique, il ne reste qu'à sup- 
poser qu'il fut introduit par les Pasteurs qui, on le sait, furent 
les introducteurs du cheval en Egypte, et de bien d'autres choses 
encore, à la XVII" dynastie. 

La plus ancienne représentation murale du Grenadier date 
du règne d'Aménophis IV, à la fin delà XVIir dynastie, et se 
trouve dans une tombe de Tell-el-Amarna. Les plus anciennes 
Grenades trouvées dans les tombes faisaient partie des offrandes 
funéraires d'un hypogée de la XX*" dynastie. Des tombes delà 
y et delà XIP dynastie, contenant quelques corbeilles de fruits, 
n'ont pas fourni de Grenades. En résumé, la Grenade n'est 
connue jusqu'ici, d'après les documents égyptiens, qu'à partir 
de l'invasion des Pasteurs ; mais, encore une fois, on ne peut 
en conclure formellement qu'elle était inconnue auparavant en 
Egypte. 

L'espèce trouvée dans les tombes est plus petite que la 
Grenade ordinaire ; Schweinfurth la compare aux Grenades du 
Sinaï. En médecine, les Egyptiens employaient l'écorce de 
Grenade comme vermifuge. Aujourd'hui encore, dans le monde 
entier, on lui attribue les mêmes propriétés. Les Coptes l'em- 
ployèrent plus tard contre la gale. 

Les textes égyptiens mentionnent fort souvent, à partir de 
l'époque des Ramessides, une liqueur Shedeh-it. Or, un texte 



78 LA FLORE PHARAONIQUE 

relatif aux productions d'un jardin fruitier de Ramsès II, 
(Anast. IV, 6-7) nous apprend que ce jardin produisait deux 
espèces de fruits et trois espèces de liqueurs. Les deux fruits 
sont le Raisin et la Grenade. Les trois liqueurs sont le Vin, le 
Moût de vin, et la Shedeh~it. Il me paraît certain que cette 
liqueur ne peut être qu'une liqueur tirée de la Grenade, soit 
de la Grenadine ou sirop de Grenade, soit quelque fermentation 
alcoolique. Si cette supposition est juste, il en faudrait conclure 
que les Egyptiens transportèrent le Grenadier dans l'oasis de 
Dakhléh, car, dans les textes ptolèmaïques, la liqueur Shedeh-it 
est toujours nommée en premier parmi les produits de. cette 
petite colonie égyptienne. 



MYRTACEES 

132. Iflyrtiis comniunis L. 

Théophraste et Pline citent le Myrte parmi les plantes égyp- 
tiennes. D'autre part, Pickering et Unger voient des rameaux de 
Myrte dans les branches que tiennent souvent dans leurs mains 
les danseuses représentées dans les tombes. Enfin Figari à 
Bubastis, et FI. Pétrie à Arsinoé et à Hawara ont découvert des 
branches de Myrte dans des tombes égyptiennes de basse 
époque ; il s'en trouve également, d'époque analogue, au Musée 
de Leido. Myrte se dit As en arabe ; des égyptologues en ont con- 
clu que la plante As, ou Asi, souvent mentionnée dans les textes 
hiéroglyphiques, est le Myrte. La chose est impossible, VAsi 
étant une plante aquatique. Le nom copte du Myrte est Molra, 
mot dont on n'a pas encore retrouvé l'équivalent hiéroglyphique. 
Le Myrte est, de nos jours, assez communément cultivé dans 
les jardins d'Egypte, mais il n'est pas originaire du pays. 



GRANATEES, MYRTACKES, T AMARl SCINÉES 79 



TAMARISGINÉES 

133. Taniarlx uilotica Ehrb. 

Hérodote et Pline nous apprennent que le Tamaris poussait 
en Egypte. Unger en a retrouvé des fragments nombreux dans 
une brique d'El -Kab, et Schweinfurth en a reconnu des branches 
entières dans un cercueil de la XX" dynastie, dans lequel repo- 
sait la momie d'un personnage nommé Kent. De même, FI. Pétrie 
a découvert des restes du T. nilotica dans la nécropole gréco- 
romaine de Hawara, au Fayoum. Le Tamaris se nomme Asliel 
en hébreu, Açl en arabe, Osi en copte. En hiéroglyphes, son 
nom est Aser, mot qui nous donne l'origine des termes sémi - 
tiques. Plutarque, dans son traité -S'wr Isis et Osiris, nous dit 
que le Tamaris était consacré à Osiris. Le Tamaris devait, en 
effet, être un arbre sacré, car son nom se rencontre souvent dans 
les textes religieux, et on le trouve indiqué, avec le Jujubier, 
comme l'un des deux arbres sacrés du XVIP nome de la Haute- 
Egypte. On l'employait également eu médecine. Le T. nilolica 
pousse encore aujourd'ilui en Egypte, en compagnie de plusieurs 
autres espèces de TammHx. 

Bien que le copte Osi, l'arabe Açl et l'égyptien Aser soient 
très certainement un même mot, il faut remarquer que les Scalce 
coptes rendent She-n--osi par l'arabe Tarfah, tandis que Y Açl 
arabe y répond au nom copte Pi-nam ou Pi-nom. Or, d'après 
Schweinfurth, Tarfah désigne le T. nilolica, tandis que Açl 
désigne le T. articulata Vahl. En attendant qu'on trouve un 
arbre Nam dans les textes hiéroglyphiques, on peut admettre 
que le nom Aser s'applique indistinctement à toutes les espèces 
de Tamaris. 



80 LA FLORE PHARAONIQUE 



LYTHRARIAGEES 

134. IjaivHonia iiieriiiti« L. 

Le L. merm/5 donne la poudre rouge-orange connue en arabe 
sous le nom de Henné; cette poudre s'obtient en broyant les 
feuilles desséchées de l'arbre et sert aux Arabes à se teindre 
les ongles et l'intérieur des mains. On a découvert un grand 
nombre de momies dont les mains étaient teintes à l'aide du 
même procédé; de plus, Schweinfurth a reconnu dans quelques 
tombes égyptiennes des fragments de L. inermis. FI. Pétrie en 
a également rapporté de ses fouilles dans la nécropole gréco- 
romaine de Hawara, au Fayoum, Prosper Alpin, le premier qui 
nous parle de la poudre de Henné, la nomme Archenda (De 
plant. J^^gijpt., XIII). 

Le L. inermis porte en grec le nom de y.-jTxpoç. Ce mot x-jTipo; 
dérive de l'ancien égyptien par l'intermédiaire des langues sémi- 
tiques. Le nom hébreu de la plante est Kop/ier, son nom copte 
est Khouper ou Kouper, et les habitants d'Assouan, au dire de 
Delile, la nomment Kafra. Les arabes appellent le Lawsonia 
Fagliou, Fàghîah ou Shagarat-el-Henné , « l'arbre au 
Henné ». Le mot hiéroglyphique d'où dérive cette série de noms 
est Pouqer, qui est devenu en hébreu Kopher par transposition 
de lettres. L'arabe Faghou ou Fàghîah semble dériver plus 
directement de l'égyptien, sans transposition, mais avec chute 
de la lettre finale R, fait extrêmement commun dans toutes les 
langues sémitiques, et dont nous venons justement de voir un 
exemple dans le nom copte du Tamaris, Osi, qui vient de l'égyp- 
tien Aser. Un fait qui semble démontrer la possibilité de la 
chute du R en Arabe est qu'Aboulqasim-el-\vizir considère les 
mots Fàghîah et Fâghirah^ — qui dans son ouvrage s'appli- 
quent à une autre espèce, — comme synonymes l'un de l'autre. 
D'ailleurs, un détail qui indique bien que le copte A'oMjoer dérive 



LYTHRARIACKKS, (JNAGRARIÊES 81 

de l'égyptien Powier par transposition, c'est que cette trans- 
position se rencontre déjà dans les textes démotiques, qui 
donnent au Henné le nom de Kapra. 

Le L. inermis n'est cité, à ma connaissance, que quatre ou 
cinq fois dans les textes égyptiens, et toujours dans des recettes 
de parfumerie, entre autres dans la recette du Kyphi. Nous 
avons vu que, d'après l'examen de quelques momies, les 
Egyptiens se rougissaient les mains au Henné, ainsi que les 
Arabes. Dioscoride (^Z)e mat. rnecL, 1, 124} nous apprend qu'à 
l'aide de la même poudre, diluée dans du suc de Saponaire, les 
Egyptiennes d'autrefois se teignaient les cheveux en blond, et 
Pline (Hist. nat., XXIII, 46) reproduit la même assertion. 
Comme on le voit, l'idée de se teindre les cheveux date de bien 
loin. Depuis quelques années, on vend à Paris du Henné pour 
rendre les cheveux blonds ; c'est là une découverte pharao- 
nique remise au jour. Le L. inermis est originaire de l'Asie 
orientale. Les Egyptiens paraissent l'avoir introduit assez tard 
dans leur pays, au plus tôt à l'époque des Ramessides. Le nom 
de la plante ne se rencontre que dans des inscriptions ptolé- 
maïques; Schweinfurth et FI. Pétrie n'en ont retrouvé des frag 
ments que dans des tombes postérieures à la XX" dynastie. 



ONAGRARIÉES 

135. Epilobiuni liirsiituin L. 

L'Epilobe croît encore de nos jours en Egypte, surtout dans 
le Delta. Schweinfurth en a retrouvé des bouquets dans une 
tombe postérieure à l'époque des Ramessides, sise àSheikh-abd - 
el-gournali,surles ruines de l'ancienne Thèbes. L'espèce antique 
a, paraît-il, les fleurs un peu plus petites que celles de l'espèce 
que l'on rencontre dans nos climats. FI. Pétrie a également ren- 
contré des restes de cette espèce dans les tombes gréco-romaines 
de la nécropole de Hawara, au Fayoum. 



LA FLORE PHARAONIQUE 



ROSACEES 



136. Rosa Nanota Rich. 



Cette plante a été retrouvée, par FI. Pétrie, dans la nécropole 
gréco- romaine de Hawara, au Faj'oum. Le R. saucta étant 
d'origine abyssinienne, il se peut que les anciens Egvjttiens 
l'aient connu d'assez bonne heui-e. Néanmoins, le nom égyplif^i 
ne s'en trouve que dans les textes démotiques, sous la forme 
OumHou, qui, par l'intermédiaire du copte Ourl, Oiiert, Bert, 
est devenu en arabe Ouard, 

137. Pyriis JVIalus L. 

Voici encore une plante intéressante au sujet de l'histoire de 
la culture. Le nom arabe du Pommier est Taffali. Djepeli, dans 
les lexiques coptico-arabes, est traduit par Taffah, [mkov, 
rnalum. Enfin, le mot hébreu que les traductions de la Bible ren- 
dent par Pomme est Tap^jou/^//. Tal]'ah,Djepe]t ei Tajjpoiik/t 
sont donc trois mots bien identiques. Hœfer, dans son Histoire 
de la botanique, propose de traduire l'hébreu Tappoukh par 
« orange » au lieu de « pomme », parce que le Pommier pro- 
spère peu hors de la zone tempérée froide et que ses fruits, en 
Orient, n'attirent ni par leur odeur ni par leur saveur. Ces 
motifs ne sont pas suffisants, ce me semble, pour nous per- 
mettre de méconnaître l'exactitude des traductions bibliques, 
d'autant plus que l'Oranger ne fut connu dans la région médi- 
terranéenne que postérieurement à l'ère chrétienne, et que le 
Pommier est fréquemment cultivé de nos jours dans les envi- 
rons de Miniéh, en Haute-Egypte, où il vient très bien. L'hé- 
breu Tappoukh est évidemment le même mot que l'arabe 
Taffah, lequel désigne bien le Pommier, sans contradiction 
possiljle. 



ROSACÉES 83 

L'original égyptien de ces trois formes est Dapili, — en 
démotique Daphhi, — mot dont les plus anciens exemples da- 
tent du temps de Ramsès II et de Ramsès III. Ramsès II fit 
planter des Pommiers dans ses jardins du Delta. Ramsès III 
donna aux prêtres de Thèbes, pour leurs offrandes journalières, 
848 paniers de l^ommes. Sous la XIX" dynastie, le Pommier 
était donc un arbre fruitier communément cultivé en Egypte. 

188. Pyrue commuiii** L. 

La Poire a été retrouvée, par FI. Pétrie, dans la nécropole 
gréco-romaine de Hawara, au Fayoum. Son introduction en 
Egypte doit être postérieure aux dynasties pharaoniques ; les 
noms coptes de la Poire, dans les Scalee, sont de sonorité 
grecque : Korthollos, Apidia, Apios. 

139. Amygtlalus Pcrsica L. 

La Pèche, ainsi que l'Amande et la Cerise, mentionnées aux 
numéros suivants, a été retrouvée dans la nécropole greco- 
romaine de Hawara. L'un des deux noms que les Svalx don- 
nent à la Pèche, Ou-persi, est certainement d'origine grecque. 
L'autre, Hupori, est de sonorité égyptienne.^ iMais, Theo- 
phraste, qui connaît tous les arbres fruitiers de l'Egypte, n'ayant 
parlé du Pécher, même pour la Grèce ou l'Asie, en aucun 
endroit de son Histoire des plantes, il est certain que la Pêche 
n'était pas encore connue des Égyptiens au iv" siècle avant 
notre ère. 

140. Amys«lalHS coininuBiis L. 

Mêmes remarques k faire au sujet de l'Amande. Son nom 
copte, Leuke, est bien certainement d'importation grecque. Un 
autre nom copte de l'Amande, Peukinon (Kir., 382), semble 
résulter d'une faute de copie qui aurait fait Wve Peukinon RM 
lieu de Leukinon. 



84 LA FLORE PHARAONIQUE 

141. Priiuus Cerasus L. 

Il en est de même pour la Cerise, dont le nom arabe, Qerasia, 
sert à traduire, dans les ScaUe, les mots coptes Tamaskioii, 
Pi-tamaskenos , dont l'origine est certainement grecque, mais 
dont le sens tendrait à nous laisser supposer que le Cerisier 
était cultivé en grand à Damas quand les Egyptiens l'impor- 
tèrent sur les rives du Nil. 

MIMOSÉES 

142. Acacia nilotica Del. 

Quelques-unes des guirlandes qui ornaient les momies 
d'Ahmès I et d'Aménophis I, rois de la XVIIP dynastie, étaient 
composées de fleurs d'A. nilotica. Cet arbre, dont le bois servait 
à faire des cercueils, des meubles, des statues, se nommait 
Sliant en ancien égyptien. L'hébreu Shett, par assimilation du 
N au T, l'arabe Sant et le copte Shonte, iShanti, désignent 
également l'Acacia et dérivent du nom hiéroglyphique de cet 
arbre. L'A. nilotica est un arbre très ancien sur les bords du 
Nil ; son nom se trouve dans les textes contemporains des pyra- 
mides. Une brique d'El-Kab renfermait, au dire d'Unger, quel- 
ques fragments d'A. nilotica. La gomme provenant de cet arbre 
se nommait, en ancien égyptien, Qami, en copte Komê, — 
mot dans lequel on retrouvera l'origine du grec ■Mfj.y.i et de 
notre mot gomme, — mais qui était employé également en 
égyptien pour désigner la résine, car on disait aussi bien Qami 
(gomme) d'Ebénier, que Qami (résine) d'Arbre à encens. On 
sait que la gomme de l'Acacia est la gomme arabique du com- 
merce. 

Le Musée de Florence possède (n' 3630) plusieurs épines 
(Y Acacia trouvées avec des objets de toilette, et qui semblent 
avoir servi d'aiguilles ; elles ont été attribuées par Migliarini à 



ROSACÉES, MIMÔSEES 85 

y Acacia vera Willd. Les fouilles de FI. Pétrie, dans les nécro- 
poles de Hawara et de Kahoun, — cette dernière, de la XIP 
dynastie, — ont amené la découverte d'objets fabriqués en bois 
d'Acacia, et de gousses du même arbre, qui paraissent avoir 
servi au tannage; M. Newberry attribue ces restes à IM. ara- 
/yîc<2 Willd. Enfin, M. Bonastre rapporte à IM. heterocarpa 
Del. certains fruits du Louvre (L. 171). 

143. Acacia Seyal Del. 

Cet Acacia est mentionné fort souvent dans les anciens textes 
égyptiens sous le nom Ash. Son bois servait à faire des cer- 
cueils, des statues, des portes, des barques. Il fournissait une 
essence souvent citée dans les inscriptions et qui n'était autre, 
probablement, qu'une dilution de sa gomme dans l'eau. L'A. 
Seyal se rencontre beaucoup de nos jours en Thébaïde. Dès les 
premières dynasties, son nom se trouve sur les monuments. Le 
nom de l'A. Seyal, qui est TaVi en arabe, est Pi-tarinon dans 
les Scalcs (Kir., 175). 

On a voulu, dans ces derniers temps, voir dans l'arbre Ash 
une espèce de Conifère. Les arguments réunis pour motiver 
cette traduction sont des plus justes et des plus frappants. On a 
pourtant négligé un point très important, c'est que le nom Ash 
est déterminé par une gousse. Or, une gousse est admissible 
derrière un nom de Légumineuse, mais non derrière un nom de 
Conifère. On a oublié également que Y Ash est mentionné dans 
les textes les plus anciens que l'on connaisse, et qui datent d'une 
époque où les Egyptiens ignoraient même l'existence de la 
Syrie. 

144. Acacia Farnesiana Willd. 

Les fleurs de cette espèce se vendent depuis quelques années 
chez les fleuristes, sous le nom de Mimosa. On connait leur 
forme globuleuse et leur aspect soyeux. Les anciens Egyptiens 
leur donnaient le nom pittoresque de Per-shen, qui signifie 



86 LA FLORE PHARAONIQUE 

« grains chevelus ». Ces fleurs sont souvent employées en méde- 
cine, et on les rencontre dans presque toutes les recettes de 
parfumerie, désignées par un synonyme Sannâr. 

Depuis la rédaction de ces lignes, qui datent de la première 
édition, M. Scliweinfurtli m'a tait observer que Y A. Farnesiana, 
étant d'origine américaine et n'étant connu dans l'ancien conti- 
nent qu'à partir du xvii" siècle, n'a pu être cultivé par les 
anciens Egyptiens. C'est donc à une autre espèce à' Acacia qu'il 
faut rapporter les fleurs odorantes Per-shen ou Sannàr des 
textes hiéroglyphiques. Peut-être pourrait-on rapprocher ce 
dernier nom de l'arabe Saminor qui, d'après Schweinfurth, 
désigne l'A. spirocarpa Hoghst. 

145. Ifloriuga aptera G^rtn. 

Une graine de cette espèce, qu'il est facile de distinguer de 
l'espèce voisine M. oleifera Lmk., a été trouvée par Schwein- 
furth dans une tombe de Drah-abou'1-neggah. Des gousses et 
des graines s'en trouvent exposées au Musée de Florence 
(n" 3618), et FI. Pétrie a découvert des restes de la plante dans 
ses fouilles de Hawara. Le M. apiera, nommé Yesar par les 
Arabes, est commun, au dire de Schweinfurth, dans le désert 
oriental de la Thébaïde. Le fruit du Moringa, connu sous le nom 
de Noix de Ben, fournit une huile précieuse pour la parfumerie ; 
les anciens lui donnaient les noms suivants : Bi:lyyo; y.lyj-rîo: 
Théofhr., BiilTJog [j:jps-^iy.-/] Diosc, Mfjrobalanum, Glans xgy}}- 
tia Pline. J'ai retrouvé le nom égvptien du Moringa, Baq, et, 
ne connaissant pas la découverte de Schweinfurth, j'y avais vu 
le M. oleifera, que l'on indique généralement comme produi- 
sant l'huile de Ben et comme correspondant aux termes classi- 
ques cités plus haut. Mais, puisque le fruit trouvé dans une 
tombe appartient au M. aptera et que c'est cette espèce que l'on 
rencontre de nos jours en Egypte, il est évident que le Baq 
antique est le M. aptera plutôt que le M. oleifera. he Baq 
croissait dans la Thébaïde et dans le Delta, ainsi que dans l'oasis 



M 1 M .-il-: !■: > . c i; > .v l r i m !•. k > on 

de Dakhléli. (.)n le trouve mentionné dans les textes des plus 
anciennes dynasties. L'huile que l'on en extrayait, nommée 
Baqi, était très réputée. On s'en servait en parfumerie, on en 
oignait les momies, on la recommandait en médecine. On la divi- 
sait en deux espèces, Baqi rouge et Baqi vert, ce qui s'accorde 
ivec un passage de Pline qui nous dit que l'huile du Myro- 
Oalanum était rouge eu Egypte et verte en Arabie. 



GESALl'LMEES 

146. Cei'Btoiiia Mlli(|aa L. 

Le mot hiéroglyphique Djaroudj ou Garouta signifie 
« gousse » en général. La forme Ddrrowju du même mot, 
plus rarement Adarrouya, répondant au copte Gnratè (Luc, 
XA^, d6), s'applique à un fruit spécial, au goiit de miel, que 
l'on mangeait sec ou confit, et dont on faisait une boisson 
nommée Tarroukou. C'est la « Gousse » par excellence, la 
Caroube, à laquelle les Grecs et les Latins donnaient également 
le nom de Gousse, y.îpy-ov, SiliqKa, désignations conservées par 
Linné dans le nom botanique de la plante, Cerntonia Siliqua. 
Dans le midi de la France, la Caroube se nomme Carouge, et 
l'on reconnaît facilement dans ce mot une dérivation de l'ancien 
égyptien. Caroube se dit Kharoub en arabe, mais aussi Qirat, 
et ce dernier mot se rapproche des formes hiéroglyphiques. Un 
mot arabe presque analogue, Qarad, désigne également 
une gousse, celle de l'Acacia arabica Willd. Tous ces mots, 
coptes, arabes, français même, dérivant de l'ancien égyptien, on 
peut supposer, non sans quelque vraisemblance, que les noms 
■/.zoz-io)/ et Ceratonia, dont les trois consonnes radicales répon- 
dent exactement aux trois consonnes radicales des termes sémi- 
tiques, viennent également de l'égyptien et ne présentent avec 
/Àyx; qu'un rapport tout fortuit. 

Théophraste nous apprend que le Caroubier se nommait vul- 
gairement Figuier d'Egypte ; mais il assure qu'on ne le ren- 



88 LA F[-ORE THARAONIQUE 

conti'ait qu'en Syrie. Unger a trouvé une gousse de Caroubie 
représentée sur un tableau au milieu des offrandes funèbres, et 
Kotschy a rapporté d'Egypte une canne découverte dans un 
cercueil de momie, qu'il a reconnue, après examen au micro- 
scope, être en bois de C. Siliqua. Enfin, des gousses et des 
graines de Caroubier ont été découvertes par FI. Pétrie à Hawara 
et même à Kahoun, nécropole qui date de la XIP djmastie. Cet 
arbre est encore assez cultivé de nos jours en Egypte. La 
forme de son nom égyptien pourrait nous permetre de lui attri- 
buer une origine étrangère, peut-être sémitique ; mais ce nom, 
comme on peut le remarquer, ne s'applique qu'au fruit. 11 date 
de la XIX*' dynastie, époque où l'on aimait agrémenter la langue 
égyptienne de mots empruntés à la Syrie. 

Le nom de l'arbre, lui, est bien plus ancien. Il s'écrit au 
moyen d'une gousse et se prononce Nouiem ; or, la gousse est 
employée comme signe hiéroglyphique dans les inscriptions des 
plus antiques pyramides de Memphis. Nouiem est donc un très 
vieux mot égyptien. Comme ce mot, en somme, ne désigne origi- 
nellement qu'un arbre à f/ousses et qu'il ne s'est pas conservé 
en copte comme désignation d'un arbre, on peut se demander 
s'il doit réellement s'appliquer au Caroubier. Un fait semble le 
prouver : c'est que Noutem, en plus de ce sens « arbre à 
gousses », signifie aussi « doux, suave, agréable ». Je ne vois 
que la gousse du Caroubier qui ait pu inspirer ces sens symbo- 
liques, aucun autre arbre légumineux d'Egypte ne produisant 
des gousses mangeables, sinon le Tamarin, qui ne fut introduit 
sur les rives du Nil qu'après la conquête arabe. D'autre part, le 
fruit du Noutem n'est employé au Papyrus médical Ebers que 
pour relâcher le ventre, seul emploi que Dioscoride et, après lui, 
Galien, Pline et Gargilius Martialis attribuent à la Caroube 
fraîche. Le même emploi est indiqué dans Prosper Alpin (De 
2)1 ont i s ^Egypti, § 3), en 1592. 

Que l'on songe que le Cédrat, introduit en Grèce au jv" siècle 
avant notre ère, ne commença à s'y manger que six cents ans 
plus tard, et l'on admettra que les Egyptiens ont pu ne manger 



CESALPINIEES, P A T I TJON ACÉES 89 

la Caroube qu'après l'avoir vu manger par les Syriens, et lui ont 
donné, pour cette raison, le nom qu'elle portait en Syrie, tout en 
conservant à l'arbre son nom égvptien. De même que le firent 
les Grecs pour le Cédrat, les Égyptiens employèrent la Caroube 
en médecine avant de songer à l'utiliser pour l'alimentation. Ils 
remarquèrent ainsi de bonne heure son goût sucré ; d'où l'em- 
ploi de la Caroube, dans les plus anciens textes, comme signe 
symbolique de l'idée de douceur et de suavité. 

A propos de cette valeur hiéroglyphique de la gousse, on peut 
ajouter un nouvel argument prouvant que le Noutem est bien 
un arbre à gousses comestibles. Dans le Papyrus des signes, 
découvert par FI. Pétrie en Egypte, papyrus qui nous donne la 
liste de tous les signes hiéroglyphiques suivis de leur description, 
on lit, après la figure de la Datte : « fruit du Dattier ». Après la 
figure de la gousse, qui vient immédiatement avant, on lit : 
« fruit du Noutem ». Cela achève de démontrer, — je suppose, — 
que le Noutem est bien le C. Siliqua et que le bois de Noutem, 
nommé Sis-noutem dans de nombreux textes relatifs à l'ébé- 
nisterie, est bien le beau et solide bois rougeâtre que fournit le 
Caroubier. 

Enfin, en plus du nom Darrouga, tiré des langues sémi- 
tiques, les Egyptiens désignaient encore la Caroube sous les 
noms purement égyptiens de Djaïri et de Oulià ou Houâ. Le 
premier de ces noms, signifiant « acide, aigrelet », s'est d'abord 
appliqué à la pulpe seule du fruit, puis ensuite, par extension, 
au fruit tout entier. Quant au mot Ouhà ou Houâ, qui signifie 
« fruit en forme de croissant », il sert à dénommer la gousse du 
Caroubier, principalement la gousse fraîche, par opposition h 
Darrouga, qui est ordinairement le nom de la gousse sèche. 

PAPILIOiNAGÉES 

147. liapiuus Tennis Forsk. 

Des gousses vides et brisées de cette plante ont été trouvées 
dans une tombe égyptienne. Schweinfurth suppose qu'elles sont 



90 LA FLORE PHAHAOMOrE 

modernes;, mais, à cause de l'existence d'un nom copte pour le 
Lupin, il n'en considère pas moins le L. Tennis comme ayant 
été connu des anciens Egyptiens. D'ailleurs, cette plante était 
connue des Égyptiens au moins à l'époque gréco-romaine, 
puisque FI. Pétrie en a découvert des fragments dans la nécro- 
pole de Hawara. 

148. iHedicaso deutlciilafa Willd. 

Dans une brique de la pyramide de Dasliour, Schweinfurth a 
reconnu des fragments du M. denticulata . FI. Pétrie a trouvé 
également des restes de cette plante à Hawara. A Kahoun, 
nécropole de la XIP dynastie, on en a trouvé une graine mêlée 
accidentellement à des grains d'Orge déposés en offrande funé- 
raire. On peut rapprocher de ces trouvailles des fruits exposés 
au Musée de Leide sous les n°'H, 52-54 et indiqués dans le cata- 
logue comme provenant du M. rugosa Lmk. 

149. Helilotiis parviflora Dkl. 

Une brique de la même pyramide de Dashour a foui'ni k 
Unger quelques restes du M. parviflora, plante très com 
mune en Egypte, et que l'on rencontre dans tout le reste de 
l'Afrique. 

150. luilisofera arg;eutea L. 

C'est cette espèce que l'on cultive aujourd'hui en Egypte, où 
elle se rencontre même, à l'état spontané, dans le désert à 
l'ouest de la Thébaïde. Il est donc probable que c'est la même 
que l'on cultivait autrefois pour ses propriétés tinctoriales. 
L'Indigo a un nom sanscrit, ÎSili, et A. de Candolle, dans son 
Originp des plantes cultit^èrs, en conclut que l'Indigo vient de 
l'Inde, comme du reste le prouvent, dit-il, ses noms classiques 
'Tvotxo'v, Indicum. En fait, le nom arabe et égyptien moderne de 
l'Indigo est Nil. Il reste donc à savoir si le nom sanscrit dérive 



papii,iuna(;kp:s 91 

du nom arabe, ou si ces deux noms n'ont entre eux qu'un rap 
port fortuit. Un fait d'ordre philologique vient éclairer d'un 
nouveau jour la question d'origine de l'Indigo. 

On sait que toutes les étoffes égyptiennes teintes en bleu ont 
donné, par analyse chimique, des traces certaines d'Indigo. 
L'Indigo était donc connu des anciens Egyptiens. Le tiraient- 
ils de l'Inde, ou le cultivaient- ils déjà dans leur pays? Un texte 
relatif à la teinture nous donne le nom de la plante qui servait 
à teindre en bleu, et ce nom, qui n'a rien à voir avec l'Inde, est 
celui qui a donné naissance au grec lv^iy.ôv. Le nom égyptien de 
l'Indigo est Dinkou. Les Grecs, en présence d'une plante tincto- 
riale d'origine étrangère, nommée Dinkon, y ont vu une plante 
indienne et, par une raétathèse qui en facilitait la prononciation, 
ont changé son nom en hdirJ/j. Le nom Dinkon signifie litté - 
ralement « plante qui chasse les tranchées ». Cette propriété 
se trouve mentionnée dans Dioscoride (V, 107). Le Dinkon 
est, d'autre part, plusieurs fois nommé dans les papyrus 
médicaux. 

Que l'Indigo soit d'origine indienne, c'est possible. Mais cela 
ne résulte ni de son nom sanscrit, qui se retrouve en arabe 
d'Egypte, ni de ses noms classiques, qui dérivent directement 
de l'ancien égyptien. Ce qui est certain, c'est que cette plante 
était cultivée en Egypte dès les temps les plus reculés, et qu'on 
la trouve aujourd'hui spontanée au sud de l'Egypte, en Nubie 
^t en Abyssinie. 

151. Seshauia segyptlaca Pers. 

Des fleurs de cette plante, ayant encore conservé leur couleur 
jaune, ont été reconnues par Schweinfurth au milieu des guir- 
landes qui ornaient la momie d'Ahmès (XYIIP dynastie). 

152. CJIecr arietinum \j- 

Cette plante est cultivée de nos jours en Egypte, et ses grains 
se mangent grillés. Pickering supposait qu'elle était connue des 



92 LA FLORE PHARAUNIOUE 

anciens Egyptiens et que c'est à cause de la forme de ses graines, 
qui ressemblent à des têtes de bélier, qu'elle était considérée, 
au temps d'Hérodote, comme un aliment que la religion défen- 
dait de manger. FI. Pétrie a^'aut découvert le Pois chiche dans 
la nécropole gréco-romaine de Hawara, l'assertion de Pickering 
se trouve justifiée, du moins en ce qui concerne l'existence du 
Pois chiche dans l'ancienne Egypte. Les Scalse sont contra- 
dictoires au sujet du nom copte du Pois chiche. Certaines 
portent : Arshin = « Pois chiche », Ershish = « Lentille ». 
D'autres, par contre, portent : ArsJiin = « Lentille », Ershish 
= « Pois chiche ». Or, il existe en égyptien deux noms de 
légumes, Arshâ et Arshana, dont le premier semble répondre 
à Ershish tandis que le second paraît être la forme antique de 
Arshin. Comme il existe en copte une expression narshan 
qui désigne quelque chose de tacheté, par exemple la peau 
piquée de taches de rousseur, je crois que ce sont les dernières 
Scalx qui ont raison et que Arshin désigne la Lentille, à 
laquelle on peut, bien mieux qu'au Pois chiche, comparer les 
taches de rousseur. Ce serait donc Arshà qui serait le nom 
antique du C. arietinum. 

153. Pi<«iiiii ar%cnse L. 

Unger a trouvé, dans une brique de la pyramide de Dashour, 
quelques fragments de graines d'une Légumineuse qu'il attribue 
au P. arvense, plante abondante aujourd'hui en Egypte. 
FI. Pétrie a retrouvé des restes de cette espèce dans la nécro- 
pole gréco-romaine de Hawara, et dans celle de Kahoun, de la 
XIP dynastie. 

154. PIsuiiB sativtiin L. 

Des Pois ont été trouvés en abondance dans les deux nécro- 
poles dont nous venons déparier. Les Egyptiens cultivaient donc 
cette espèce dès la XIP dynastie. Le nom copte du Pois, — en 



PAPILIONACÉES 93 

arabe Bessila, — est Ti-lahonthe, mot qui ne paraît pas être 
d'origine égyptienne. 

155. IMsum elatius M. B. 

Newberry a reconnu, parmi les grains mêlés accidentellement 
à de l'Orge d'une tombe de la XIP dynastie, de la nécropole de 
Kahoun, six grains d'un Pisum qui n'est ni le P. arveuse, ni 
le P. satimim. 11 ne reste qu'une troisième espèce de Pisum 
qui soit mentionnée dans la Flore de Schweinfurth, c'est le 
P. elatius, spontané dans le Delta. La conclusion me semble 
tout indiquée, si la détermination du genre est exacte chez 
Newberry. 

156. ErvatM Lens L. 

On sait par les auteurs classiques que la Lentille croissait en 
Egypte; elle servait même déjà d'aliment, d'après Hérodote, 
aux constructeurs des pyramides de Gizéh. On en a retrouvé, 
cuites et réduites en pâte, dans une tombe de Thèbes datant de 
la XIP dynastie. Le nom égyptien de VE. Lens est Arshana, 
comme on l'a vu au n"* 152. Ce mot ne présente pas une appa- 
rence égyptienne. Peut-être la Lentille venait-elle d'Asie. La 
première mention monumentale de la Lentille date de la XIX" dy- 
nastie, du moins sous le nom Arshana. Peut-être les Égyptiens 
avaient-ils, pour désigner ce légume, un autre nom que les 
textes ne nous ont pas encore fait connaître. 

Les noms hébreu et arabe de la Lentille n'ont aucun rapport 
avec son nom égyptien, à moins que l'on admette , ce qui est 
possible, qu'en transcrivant le pluriel hébreu A dshin les 
Égyptiens aient confondues deux lettres R et D qui, en hébreu, 
se ressemblent beaucoup, et même peuvent se confondre en 
écriture hiératique égyptienne. 

157 Vicia Faba L. 

Des Fèves ont été trouvées par Schweinfurth dans une tombe 



n LA FLORE PHARAONIQUE 

de la XII* dynastie: FI. Pétrie en a découvert des quantités dans 
les nécropoles de Hawara et de Kahoun, dont la dernière date 
également de la XII* dynastie ; d'autres, sans indication de 
date ni de lieu de provenance, mais certainement d'origine égyp- 
tienne antique, se trouvent, au dire d'Unger, exposées au Musée 
de Vienne. D'après les listes d'offrandes gravées dans les sépul- 
tures égyptiennes, les Fèves faisaient partie des aliments offerts 
aux défunts, et cela dès les premières dynasties. Ramsès III en fit 
distribuer des quantités dans les magasins des temples de Thèbes. 
Ces faits semblent controuver l'assertion d'Hérodote, qui affirme 
qu'en Egypte on considérait la Fève comme un aliment maudit 
et que personne n'en faisait usage, mais nous verrons plus loin 
que la Fève prohibée était le fruit du Lotus rose. Le nom 
égyptien de la Fève est Aow ou Wonr, qui répond à l'hébreu 
Poul et à l'arabe Foui. Les noms coptes de la Fève, dans les 
Scalse, sont Pi-pliaba, Pi-ali, Pi-phel, Pi-pheli, Pi-ouro, 
dont le premier est grec et dont les autres dérivent directement 
de l'ancien égyptien. 

158. Vicia Mativa L. 

Des graines et des gousses de Vesce ont été retrouvées par 
Schweinfurth dans plusieurs tombes égyptiennes. Unger en a 
reconnu également quelques fragments dans une brique de la 
pyramide de Dashour. La culture du V. satioa dans l'Egypte 
antique est donc bien démontrée. Cette plante n'est plus cultivée 
de nos jours sur les bords du Nil. On la rencontre seulement 
dans les champs, et les Arabes lui donnent le nom de Foui 
roumi, « Fève grecque » . 

159. Latliyrus sativus L. 

Des graines de Gesse ont été reconnues par Schweinfurth dans 
une tombe 'ouverte à Gébéleïn par Maspero. Des gousses de la 
même plante, trouvées dans un tombeau de Drah-abou'1-neggah, 
ne lui paraissent pas être d'origine antique. PI. Pétrie a retrouvé 



PAPILIONACKES, BURSÉRACKES 95 

la même espèce dans la nécropole gréco -romaine de Hawara. 
Le nom copte du L. satwus est Pi-houf, traduit dans les Scalse 
par l'arabe Gilbàn. Houf est certainement d'origine hiérogly- 
phique, mais je n'ai encore rencontré un nom semblable dans 
aucun document pharaonique. 

160. liatliyrus lilrsutus L. 

Des gousses de cette plante ont été reconnues par Schwein- 
furth dans une tombe de la XX* dynastie découverte à Thèbes par 
Schiaparelli. Leur âge antique ne lui semble pourtant pas bien 
démontré ; il suppose qu'elles ont pu être déposées là par des 
Arabes qui s'étaient logés dans le tombeau. 

161. Trlfolinin ale^andrinum L. 

Cette plante, très commune de nos jours en Egypte, où elle 
porte le nom de Bersim, a été retrouvée par FI. Pétrie à 
Hawara, nécropole gréco-romaine, et à Kahoun, nécropole de 
la XIP dynastie. Le nom du T. alexandrinum, dans les Scalx, 
est Pi-trim ou Pi-trimi. 

162. Cajanas indicus L. 

Une graine de cette plante a été déterminée par Schweinlurth. 
Elle provenait d'une tombe de la XIP dynastie ouverte par 
Mariette. Le C. indiens se trouve en Haute-Egypte, à l'état 
sauvage; on le cultive en Nubie. 

BURSÉRAGÉES 

168. Balsamodendron Myrrlia Nées 

Des fragments de Myrrhe ont été découverts, par FI. Pétrie, 
dans la nécropole gréco-romaine de Hawara, au Fayoum. La 
Myrrhe porte, dans les ,Scalx, les "noms de Pi-sunar, Pi- 



96 LA FLORE PHARAOXIQUK 

Siiurna ou Pi-smyrna. Ces deux derniers noms dérivent du 
grec. Le premier, qui peut être égyptien, n'a pas encore été 
retrouvé dans les textes anciens. Mais un troisième nom copte 
de la Myrrhe est donné dans les traductions bibliques, Pi-shal, 
mot dont l'antécédent hiéroglyphique se rencontre fort souvent 
dans les documents pharaoniques, sous la forme Khari. D'après 
Plutarque (Delsid. et Osir., 79), le nom égyptien delà Myrrhe 
était /3a/, Jablonski, d'après le copte Shal, a cru pouvoir 
changer (îxl en o-aX. Une faute de copiste est admissible, en 
effet, dans le texte de Plutarque. Mais, dans tous les cas, 
l'égyptien Khari et le copte Shal donneraient une transcription 
grecque yxl, et non Ta/.. C'est ainsi que le nom du Lierre, — 
\oir suprà, n° 115, — Khi-n-ousiri, en co]^ie *She-n-osiri, a 
fourni à Plutarque la transcription ypôai^iz. 

Les Egyptiens, qui tiraient la Myrrhe des bords de la mer 
Rouge, connaissaient certainement plusieurs autres espèces de 
Burséracées de ces régions. Un frait d'une espèce indéterminée 
de Balsamodendron a été rapporté d'une tombe égyptienne par 
Passalacqua (A. Braun, Die Pflanzenreste, p. 299), ce qui 
semblerait prouver que l'arbre en avait été importé en Egypte. 
Or, nous savons en effet que la reine Hatasou, à l'époque de la 
X VHP dynastie (xv* siècle avant notre ère), envoya une expé- 
dition au pays des Somalis afin d'en rapporter des « Sycomores 
à encens » que l'on devait transplanter à Thèbes. L'arbre à 
encens du pays des Somalis ne peut être que le Bosioellia 
thurifera Gart., qui précisément ne pousse que dans ces 
régions et est seul à y représenter les Burséracées. L'encens, 
dès les temps les plus reculés, porte dans les textes hiérogly- 
phiques le nom de Anti. 

Le Bdelliiim, — en hébreu Bdolah, — gomme-résine fournie 
par le Balsamodendron africanum Arn., arbre de Nubie et 
d'Abyssinie, devait être également connu des Egyptiens, puisque 
les Hébreux le connaissaient. De même le Baume proprement dit, 
liildzuov de Dioscoride, produit par le B. gileadense D. C. , devait 
être connu dans l'ancienne Egypte. Toutes ces espèces de 



BURSERACKES. AN AC AR DI A CÉES 07 

gommes- résines ont été retrouvées dans les tombes et se trouvent 
exposées dans nos musées égyptiens, mais elles n'ont pas encore 
été étudiées par des chimistes. Je pense que c'est au Bdellium 
ou au Ba/sa/iium que l'on doit rapporter la gomme-résine .4//a//<, 
très souvent mentionnée dans les textes hiéroglyphiques parmi 
les produits des bords de la mer Rouge, et décrite en ces termes: 
« Encens exsudant d'un arbre et séchant sur place; la couleur 
« en est rouge et l'on distingue à l'intérieur des masses de teinte 
« blancjjàtre. » Une étude d'ensemble de tous les noms de 
gommes -résines mentionnées dans les textes égyptiens amène- 
rait, je crois, de très importants résultats. 



ANAGARDIAGEES 

164. Pistacia Terebintlius L. 

Le Térébinthe n'est pas nommé dans les textes égyptiens ; mais 
la résine que l'on en tirait, connue aujourd'hui sous le nom de 
térébenthine, se trouve citée dès les plus anciens temps de la 
royauté égyptienne. Son nom antique, Sounter, s'est conservé 
en copte sous la forme Soute, Sonii. Pourtant, le mot Souli, 
oi-dinairement rendu dans les Scalsc. par « Résine », y sert aussi 
à désigner l'arbre arabe Sowiihav ou Piniis' halepensis L. De 
sorte qu'on peut hésiter, pour la gomme- résine 5ouH/er, entre 
le Térébinthe et le Pin d'Alep. 11 faut pourtant remarquer que, 
d'après les inscriptions de Deir-el-bahari, les Egyptiens tiraient 
parfois le Sounter des bords de la mer Rouge (pays de Pount 
et deTanouter). Or, le Pin d'Alep, que je sache, ne se rencontre 
pas dans ces régions. 

165. Pistacia Leutiscus L. 

L'arbre se nommait 5/^0?^^ chez les anciens Égyptiens; la 
résine que l'on en extrayait, et que l'on employait beaucoup en 
parfumerie, portait le nom de Fatti. Ces deux arbres croissaient 



98 LA FI.ORK PHARAONIQUE 

dans l'antiquité, au dire des auteurs classiques, sur le littoral de 
toute la partie sud-est de la Méditerranée. Galien affirme même 
(De facidt. aliment., VII, p. 69) que le Lentisque croît en 
Egypte. La chose est possible, caria résine Fatti est mentionnée 
dans des textes de l'Ancien Empire (Pépi I, 491) et le P. atlan- 
tica Desf., dont le nom copte, d'après les Scalx, est Pi-tere- 
binthos, croît encore spontanément en Egypte. 



RHAMNEES 

16G. Zlzyphus Spina-Cliristi Willd. 

Ce Jujubier égyptien est souvent mentionné dans les auteurs 
classiques. Presque tous nos musées d'Europe en possèdent des 
fruits trouvés dans les tombes égyptiennes. Les découvertes de 
Masperoà Gébéleïn ont fourni à Schweinfurth l'occasion d'étudier 
un grand nombre de fruits antiques de cet arbre. Une tombe de 
la XIP dynastie, de la nécropole de Kahoun, a fourni à FI. Pétrie 
des fruits de Jujubier déposés comme offrande funéraire. 

Le nom du Jujubier doit se trouver très fréquemment dans les 
textes égyptiens, mais je ne l'y ai pas encore reconnu. Cet 
arbre porte, dans les lexiques coptico-arabes, les noms y.r,vxpi, 
yXn et yrjfMjvi, que je transcris en lettres grecques afin d'en mieux 
conserver l'aspect. Je n'ai pu retrouver la forme antique de 
ces mots coptes : il est donc très probable que les noms coptes 
du Jujubier ne dérivent pas de l'ancien égyptien. Il se pourrait 
que le nom hiéroglyphique du Jujubier fiît Nabas. 

Le Nabas est un arbre dont les fruits reviennent dans toutes 
les listes d'ofïrandes. On en faisait des pains, de même qu'on 
fait en Orient une sorte de pâte avec les Jujubes. Le nom du 
Z. Spina-Christi est Sidr en arabe; le nom du fruit est Na- 
baq, mot qui rappelle singulièrement l'égyptien Nabas. 



ANACARDIAnÈES. RIIAMNERS, AMPKLIDEES 99 



AMPELIDEES 

167. Vltls vlnlfcra L. 

On sait depuis longtemps déjà que la Vigne était connue des 
anciens Égyptiens. Dès l'époque des pyramides, c'est-à dire trois 
ou quatre mille ans avant notre ère, les peintures des tombeaux 
égyptiens nous retracent le tableau de la culture de la Vigne et 
de la fabrication du vin. Les tombes les plus anciennes conte- 
naient, parmi les offrandes funéraires, des grains de raisin dé- 
tachés de leur grappe. 

Tous nos musées en possèdent, et les sépultures qu'on ouvre 
journellement ne cessent d'enrichir nos collections de spécimens 
antiques de ce fruit. Schweinfurth a trouvé récemment, dans un 
tombeau de Thèbes, des paquets de feuilles de Vigne en parfait 
état de conservation. Ces feuilles ont pu être amollies par l'eau 
tiède et étalées dans l'herbier pharaonique du Musée de Boulaq. 
Une remarque est à faire au sujet des raisins déposés auprès 
des morts comme offrandes funéraires : tous ces raisins sont 
noirs et ont été détachés de leurs grappes avant d'être offerts. 
Peut-être peut-on en conclure qu'on les laissait sécher au soleil 
avant de les offrir aux défunts. On en a trouvé plusieurs espè- 
ces. Kunth décrit ainsi les raisins de la collection Passalacqua : 
« Vifis vinifera L , var. monopyrena, Chasselas ». Pourtant, 
Braun et Ascherson, qui ont examiné de très près ces raisins, 
et ont obtenu l'autorisation de les couper, déclarent qu'ils ren- 
ferment ^roz5 graines, et non une seule. D'autres, au Louvre et 
au Musée de Leide, sont classés comme « Raisins de Damas » et 
« Raisins de Corinthe «. Newberry, dans les raisins rapportés 
par FI. Pétrie de la nécropole de Hawara, qui date de l'époque 
gréco-romaine, a reconnu le V. vinifera L., var. corinthiaca. 
Une tombe delà XIP dynastie renfermait, d'après Schweinfurth, 
des raisins « appartenant à la variété noire à grosses baies 



100 LA FLORE PHARAONIQUE 

recouvertes d'un duvet bleuâtre ■». D'autres, provenant d'une 
tombe plus récente, découverte à Gébéleïn, sont ainsi décrits par 
le même auteur : « Raisins appartenant à une variété noire à peau 
épaisse et avec trois à quatre graines. Malgré leur état rétréci et 
le froncement profond de l'écorce, ils ont toujours 10 à 17 mil- 
limètres de longueur sur 10 à 11 de lai'geur. Les graines sont 
abruptement atténuées en pointe tronquée et mesurent en lon- 
gueur, largeur et épaisseur, 7, 4 et 3 millimètres. Le sucre s'est 
parfaitement conservé dans la pulpe de ces raisins. » Quant aux 
feuilles de Vigne trouvées à Thèbes, «elles ne didèrent pasr, 
— écrit Schwciniurtli, — « de l'espèce cultivée aujourd'liui en 
Egypte, mais k la surface intérieure elles sont couvertes d'un 
feutre de poils blancs, ce qui n'est pas le cas chez les variétés 
indigènes de la vigne que j'ai pu comparer jusqu'ici. » En 
somme, on voit que les Egyptiens connaissaient plusieurs varié- 
tés de raisins, qu'il serait intéressant de chercher à retrouver 
parmi nos variétés modernes. 

D'après les représentations égyptiennes, la Vigne était tou- 
jours cultivée sur tonnelles ou sur treillages disposés dans les 
jardins en rangs parallèles assez espacés. Le jardin funéraire 
d'Anna, personnage de la XA^IIP dynastie qui fut enterré à 
Thèbes, renfermait, d'après le catalogue qui nous en est par- 
venu, quatre-vingt-dix Sycomores, cent-soixante-dix Dattiers, 
trois Mimosas, cinq Grenadiers, deux Moringas, etc., et douze 
Vignes. 

Plusieui-s vins égyptiens étaient célèbres k l'époque gréco- 
romaine. D'abord, le vin des côtes voisines d'. Alexandrie, qu'on 
appelait vin maréotique; puis le vin de Sebennytus, dans le Delta. 
11 était fourni par trois espèces de Kaisins : le thasien, l'sethale 
et le peucé. La Vigne thasienne produisait un raisin très doux, 
relâchant le ventre. Un autre raisin égyptien, l'écbolas, passait 
pour provoquer les avortements. Athénée mentionne en outre 
les vins de Tanis, les vins de Thébaïde, particulièrement ceux 
de Goptos, et surtout le vin d'.\nthylla, petite ville du Delta, voi- 
sine d'Alexandrie, vin qu'il place avant tous les autres. 



AMPELIDEKS, A L K AN T 1 AGEES 101 

Le nom de la Vigne et du Raisin, en égyptien, est Arouri, 
mot conservé en copte sous la forme Aloli. Le Raisin séché au 
soleil se nommait A5/^e/3 ou Shep. Le Raisin vert, ou verjus, se 
nommait Gangani, en copte Slielslunli. Le vin portait le nom 
de Arp. Voici les dix espèces de vin qu'il m'a été donné de 
relever en dépouillant les textes hiéroglyphiques : Vin blanc. 
Vin rouge, Vin supérieur, Vin second, Vin sj^énite, Vin du 
nord, Vin du centre. Vin Tekhes, Vin Neha et Vin Seklii. La 
plupart de ces vins étaient déjà disliiiguês à l'époque des pyra 
mides. 



AURANTIAGEES 

168. CItrus Ceci r a Ferr. 

Kunth, étudiant les fruits de la collection Passalacqua, avait 
cru pouvoir en attribuer un à l'Orange amère. La chose était 
curieuse, car c'est seulement au rx" siècle de notre ère, que l'on 
rapporte ordinairement l'apparition de l'Oranger dans la région 
méditerranéenne, et son nom grec, -j-ohitoy, dont on ne connaît 
qu'un seul exemple, se trouve dans un texte dont la date est impos- 
sible à déterminer (Scolies de Nicandre, Alexiph., 533). Mal- 
heureusement , un examen plus approfondi du fruit égyptien, 
fait plus tard par Braun, lequel avait obtenu la permission de le 
couper, a prouvé que ce fruit est tout simplement une vulgaire 
figue deSycomore (A. Bradn, Die Pflanzenresle, pp. 299-300). 

Un second fruit, exposé au Musée du Louvre, est ainsi décrit 
dans le catalogue de Champollion (L., 165) : « Fruit AviCitrus 
medica, L. ». Cette détermination a été faite par le chimiste 
M . Bonastre, et confirmée plus tard par le botaniste Decaisne. Mais 
la provenance de ce fruit est inconnue, de sorte qu'on ne sait s'il 
appartient aux dynasties pliaraoniques ou à l'époque gréco- 
romaine. Dans tous les cas, ce n'est pas du Citron qu'il s'agit ici, 
mais du Cédrat, car c'est le Cédrat et non le Citron que connais- 



102 LA FLORK PHARAONIQUE 

saient les Grecs et les Romains et qu'ils nommaient -/.hpov et 

J'ai étudié très longuement la question dans une étude sur le 
Cédratier dans ranliquité. Il résulte de cette étude, à laquelle 
je renvoie le lecteur, que le Cédrat parait avoir été connu des 
Hébreux, dès le temps de Moïse, sous le nom de Hadar ; que 
l'arbre semble avoir été importé d'Asie en Egypte à l'époque de 
la XVlir dynastie ; que rien encore ne nous permet d'en déter ■ 
miner le nom hiéroglyphique ; enfin, que ses noms coptes, Ghitré, 
'Djedjré, Kétri et Kithri, dérivent bien certainement d'un 
ancien nom égyptien et que, par conséquent, mpov et citrum, et, 
par suite, nos mots Cédrat et Citron, dérivent du nom que por- 
tait le Cédrat chez les anciens Egyptiens. 

Il reste à souhaiter ardemment qu'un botaniste expert vienne 
éhicider cette intéressante question en étudiant de très près le 
fruit exposé au Louvre et en établissant nettement l'espèce à' 
laquelle il appartient. 



OLAGINEES 

169. Balaiiites ïeg^yptlnca Del. 

Syn. Ximenia cegyptiaca L. Des fruits de cet arbre ont été 
reconnus par Schweinfurth dans les tombes de la XII'' et de la 
XX* dynastie. FI. Pétrie en a également découvert par centaines 
dans la nécropole de Kahoun, qui date de la XIP dynastie. Il 
paraît même que ce fruit est, de beaucoup, en majorité parmi les 
fruits déposés à Kahoun en offrandes funéraires. 

11 s'en trouve, provenant d'autres tombes, exposés dans tous 
nos musées égyptiens d'Europe, et une canne, exposée au Musée 
de Florence (n" 2692), est faite en bois de B. iegijptiaca. C'est 
dans cet arbre que Uelile, qui a écrit un long mémoire à ce sujet, 
a voulu retrouver le Perséades anciens. Schweinfurth voit dans 
le Perséa le Mimiisops ScJiùyiperi ; Meyer, dans ses étude 



AURANTIAGEES, OLACINEES, SAl'lNDAGEES 103 

botaniques sur Strabon, y voit le Dijospyros mespiliformis. 
D'autres botanistes y voient d'autres arbres. C'est là une question 
pleine d'intérêt à coup sûr, mais qui me paraît bien difficile 
à éclaircir tant que des documents égyptiens ne nous auront 
pas tracé une voie nouvelle. Or, le nom hiéroglyphique du 
Perséa n'a jamais été reconnu avec certitude. Le mot Shaouab, 
que l'on traduit ordinairement par Perséa, me semble être une 
variante de Shouh et désigner par conséquent le Lentisque. 

M. Maspero vient de consacrer une intéressante étude à l'arbre 
nommé Ashecl dans les textes hiéroglyphiques et il l'identifie 
avec le B. segyptiaca (Proceed. ofthe Soc. of Bibl. ArchxoL, 
vol. XIII, pp. 498-501). J'avais vu dans YAshed le Cordia 
Myxa L., partageant ainsi, sans m'en douter, l'avis de M. Dii- 
michen, avis qu'ont fait connaître ses élèves C. Moldenke et 
E. Lùring. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'A^Aer/ était un 
fruit que l'on mangeait sec plutôt que frais, d'après son déter- 
minatif, qui est le même qui s'applique aux noms du Raisin et 
de la Figue, et qui représente des fruits séchant sur une corde. 



. SAPINDAGEES 

170. Sapindusi cniarglnatns Yahl. 

M. Radlkofer, étudiant un fruit de la collection Passalacqua 
queKunth n'avait pas réussi à identifier, y a reconnu le S. emar- 
gvialiis. L'arbre pousse dans les Indes orientales et le fruit }' 
sert à transformer l'eau en une émulsion savonneuse dont on 
fait usage soit pour la toilette, soit pour le nettoyage des étoffes 
précieuses. Peut-être ce fruit était- il, pour le même usage, 
importé d'Asie en Egypte par l'intermédiaire des commerçants 
arabes (A. Bradn, Die Pflanzenreste, p. 307). 



104 LA FLORE PllARAOMOl'E 



TILIAGEES 



171. Oucoba spinosa Forsk. 

Un noyau ligneux et rond, montrant à l'intérieur les restes 
de huit h dix loges placentaires, a été déterminé avec réserve, 
par Scliweinfurth, comme provenant de \'0. spinosa, arbre de 
l'Arabie -Heureuse et de l'Afrique intertropicale. Ce fruit a été 
trouvé à Thèbes dans une tombe de Drah-abou'1-neffffah, 



--oo' 



172. Tilia cnropiea L. 

Théophraste nous apprend que le Tilleul croissait autrefois 
en Egypte (Hist. jjlaut., lY, 8, 1-2). FI. Petrieen a, en effet, 
retrouvé des reste dans la nécropole gréco -romaine de Hawara, 
au Fayoum. Le nom du Tilleul n'a pas encore été, à ma con- 
naissance, rencontré en copte. 

173. Elseocarpus serratus L. 

Cet arbre est originaire des Indes orientales. Il a été retrouvé, 
dans la même nécropole de Hawara, par FI. Pétrie, et identifié 
par M. Newberry. 

MALVAGÉES 

174. Alcea flcifolia L. 

Des fleurs de cette plante entraient dans la composition des 
guirlandes mortuaires d'Ahmès I et d'Ainénophis I. On ren 
contre encore l'A. ficifolia dans quelques anciens jardins 
arabes d'Egypte. 

Il semble y redevenir sauvage, et Scliweinfurth en conclut 
qi'6 la plante fut introduite d'Asie en Egypte, longtemps cul- 



TIl.IACKKS. M ALVACKKS 105 

livée par les sujets des pharaons, et qu'elle disparaît peu à peu 
aujourd'hui. 

175. Gossypluni lierbaceiini L. 

Nous savons par Pline (Hist. nat., XIX, 2) que les Egyptiens 
connaissaient le Cotonnier, VoWw^ (Onomast.,\\l. 75-76), qui 
nomme le Cotonnier « Arbre à laine )>, nous apprend également 
qu'on le cultivait en Egj'pte, et Virgile (Geory., II, 118-120) 
fait allusion à l'espèce nilotique dans les vers suivants : 

Quid tibi odorato referam sudantia ligno 
Balsamaque et baccas semper frondentis acanthi ? 
Quid neraora ^tlnopum molli canentia lana ? 

Pline et Pollux affirment que les Egyptiens en tissaient des 
vêtements, et Hérodote nous dit que les bandelettes des momies 
étaient faites en Coton. En étudiant au microscope les bande - 
lettes qui nous sont parvenues, on a constaté que la plupart 
étaient en Lin, mais on en a reconnu quelques-unes qui étaient 
en Coton. Enfin, des graines trouvées dans une tombe égyptienne 
et exposées au musée de Florence sont cataloguées sous ce titre : 
« l'n vasetto ripieno dei serai del cotone », et le D"" P. Hannard 
les a identifiées au G. religiosum L. Le Coton était donc connu 
des anciens Egyptiens. Le nom hiéroglyphique n'en a pas 
encore été déterminé. 

L'espèce cultivée aujourd'hui en Haute-Egypte est le G. her- 
bacèum, et je suppose d'après cela que c'est la même espèce qui' 
a été cultivée dans l'antiquité. Pourtant, une espèce plus com- 
mune encore par toute l'Egypte, le G. barbadp)ise L., porte 
en arabe le nom de Qotii cl-ashmouni ou « Coton de Pano- 
polis ». Or, on sait que Panopolis était, par excellence, la ville 
d( s tisserands. Peut-être cette espèce était elle celle, ou une de 
celles, que cultivaient les anciens Egyptiens. On a supposé que 
le Byssus dos anciens était le Coton, mais cette identification 
demande à être confii-mée par des preuves scientifiques. 



106 LA FLORE rHARAuNIQUE 



176. Hibiscus Trioniim L. 



Parmi les plantes rapportées de la nécropole gréco- romaine 
de Hawara, il en est que M. Newberry attribue avec doute au 
genre Hibiscus. Ce genre est représenté aujourd'liui en Egypte, 
d'après la Flore de Schweinfurth, par le H. Trionum L., qui 
est le plus fréquent; par le //. cannabinus L., qui est cultivé 
comme plante textile et subspontané en quelques endroits ; enfin, 
par le //. rerrucosus G. P. R., que l'on n'a rencontré que 
dans l'île de PhilaB. 



LINEES 

177. Ijinuni lin m Ile Mill. 

Nous venons de voir que presque toutes les bandelettes de 
momies que l'on a étudiées au microscope se trouvaient être en 
Lin. Des capsules de Lin ont été trouvées par Schweinfurth 
dans des tombes de la XIP et de la XX" dynastie. Unger en a 
également reconnu des fragments parmi les débris végétaux qui 
se trouvaient dans une brique de la pyramide de Dashour. Unger 
a identifié ces fragments au L. usitatissimum L. ; mais Schwein- 
furth, qui, au lieu de menus fragments, a pu observer près de 
15 hectolitres de capsules fort bien conservées, a reconnu 
que le Lin des anciens Egyptiens était le L. humile, espèce qui 
est encore, du reste, la seule que l'on cultive en Egypte. 11 n'y 
a donc pas de doute à avoir sur l'espèce que connaissaient les 
sujets des pharaons. On doit cependant faire k ceprpoos certaines 
réserves. Des graines de Lin ont été découvertes par FI. Pétrie 
à Hawara (époque gréco romaine) et àKahoun (XIP dynastie)- 
Or, M. Newberry rapporte toutes les graines de Hawara au 
L. humile, mais, sur les 163 graines qui se sont rencontrées à 
Kahoun, mêlées accidentellement à de l'Orge, il en a déterminé 
30 comme appartenant au L. humile , et 133 comme appartenant 
à une espèce plus petite de Zm?(;/^. D'autre i)art, Draun, étudiant 



LINKES. CARYOPHYLI.KKS, CAPPARIDÉES, RÊSÉDACÊES 107 

trois graines de Lin du Musée de Berlin (Die Pflanzenreste, 
p. 290) considère deux d'entre elles comme provenant du 
L. hwuile, et la troisième comme provenant du L. angnsli- 
folimyi HuDs. 

Le Lin est souvent mentionné dans les traités de médecine, 
mais on l'employait principalement pour le filage et le tissage. 
Son nom égyptien, que l'on retrouve dans un grand nombre de 
textes, est Màhi, et ce nom s'est conservé intact en copfe. 

GARYOPHYLLÉES 

178. L.yclinis Cœlt-Rosa L. 

Cette plante a été reconnue par M Newberry, parmi les végé- 
taux rapportés par FI. Pétrie de ses fouilles dans la nécropole 
gréco-romaine de Hawara, au Fayoun. Le L. Cœli-Rosa ne se 
rencontre plus de nos jours en Egypte, où, du reste, on ne connai'; 
aucune espèce de Caryophyllée. 

GAPPARIDÉES 

179. Mierna aulflora Vahl. 

Dans une tombe de Gébéleïn, Schweinfurth a reconnu des 
baies et des graines de cet arbre. Le M . iaii/fo)'a, qui atteint 
parfois de 15 à 20 mètres de haut, se trouve encore dans le désert 
oriental de la Haute-Thébaïde, ainsi que dans les oasis liby- 
ques. Son nom est Morgani en Egypte, Mérou chez les Arabes 
du Hedjaz, et Kamob chez les Bisharis. 

RÉSÉDAGÉES 

180. Keseda oilurata L. 

Le R. odo'uta n'est que cultivé, aujourd'hui, dans les jardins 



108 l.A FI,(»R K l'IIARAoNKiri-: 

égyptiens. La culture antique en est démontrée par la découverte 
de fragments de la plante dans la nécropole gréco-romaine de 
Hawara. 



CRUCIFERES 

181. Kapliaiius» wativus L. 

Unger place le Radis parmi les plantes de l'Egypte ancienne, 
d'abord d'après un passage d'Hérodote qui nous indique la quan- 
tité de Radis que consommèrent les constructeurs des pyramides, 
ensuite, d'après des représentations égyptiennes dans lesquelles 
il a reconnu la figure de la plante. L'existence du Radis est 
confirmée, pour l'Egypte ancienne, par ce fait que deux Radis 
ont été découverts dans l'antique nécropole de Kahoun (XIP dy- 
nastie). Le Radis porte, dans les Scalœ, le nom de Pi noimi, 
qui répond très probablement à une plante hiéroglyphique 
nommée Noim et assez souvent mentionnée dans les textes. Un 
autre nom copte, que donnent également les Scalœ, est Raj)a- 
non, mot d'origine grecque. 

182. Ifa|>linnii»» KHpIiniiiNtriiiit L. 

Des fragments de cette es j)èce de /<!«/> /i«>?MV ont été reconnus 
par Unger dans une brique de la pyramide de Dashour. 

183. Brassica olcracea L. 

Le Chou a été retrouvé par M. FI. Pétrie dans la nécropolo 
gréco-romaine de Hawara, au Fayoum. Le nom du Chou, dans 
les Scalse, est Krambe, qui est le grec xozao//, ou Shlôrlj, 
quelquefois éci'it Ghlogh, qui est bien d'origine antique. Mais on 
peut croire que le sens de S/ilo'dJ est un peu vague, car les 
mêmes Scalse traduisent ce nom par laqlin, nom arabe d'une 
espèce du genre Courge (voir plus haut, n" TiO). Une Scaln 
coptico-gréco-arabo donne au mot Pi-//(i(, entre autres nom- 



RESEDACKES, CRUClFKRKs 109 

breux sens, celui de y.oxu.or,. ['ne autre Scala, d'Oxford, donne 
au Cliou le nom copte de Pi-shshîon. 

184. EiiarlIirocarpuN lyratuM D. C. 

Une tombe de Drah-abou'l-negf^ali contenait, au dire de 
Schweinfurth, quelque siliques de ÏE\ li/ratiis. D'autres débris 
de cette plante, trouvés par le même auteur dans une tombe de 
Thèbes, lui paraissent ne pas être antiques. 

185. iSinapis aricnsis L. 

Des silicules de cette plante se trouvaient en assez grande 
quantité au milieu de capsules de Lin provenant d'une tombe de 
la XIP dynastie. Schweinfurth les attribue à la variété Allionii 
Jacq. Le .V. arvensis est encore très abondant dans les champs 
égyptiens. 

186. ZlUa inyagroldcs Forsk. 

Cette espèce de Crucifère a été rapportée par FI. Pétrie de ses 
fouilles dan.s la nécropole de Hawara, et déterminée par 
M. Newberry. Le Z. myagroides est encore très abondant de 
nos jours par toute l'Egypte. 

187. ilattliiola litbrafor Nbwb. 

Des fleurs de cette espèce ont été découvertes dans la même 
nécropole. Le M. Librator ne se rencontre pas de nos jours en 
Egypte, où les seules espèces de Matthiola recueillies par 
Schweinfurth sont le M. incana^. Br,, qui est cultivé, et les 
M. acaulis D.C. et M. livida D.C., que l'on trouve à l'état 
spontané. 

188. Uidesniii»» tcnuifolius Del. 
Une brique d'El-Kab, étudiée minutieusement par Unger, 



ilO LA FLORE KGYPTIEXNF. 

renfermait un grand nombre de fragments de cette plante. La 
seule espèce du même genre que l'on rencontre de nos jours en 
Egypte est, d'après Schweinfurth, le D. cegyptius L. 

189. lieiiidiiim sativuiii L. 

Le Cresson alênois est de nos jours naturalisé en Egypte, où 
il porte le nom arabe de Reshùd. Or, à ce mot Reshâd corres - 
pond, dans les Scalx, le copte Pi-gJilêimi, qui est bien certai- 
nement d'origine égyptienne, ce qui nous prouve que le L. 
sativuiii était connu des anciens Egyptiens. En fait, Migliarini 
a rapporté à cette espèce un certain nombre de graines exposées 
au Musée égyptien de Florence (n" 3624). 



PAPAVERAGEES 

190. l*a|iHver soin ni féru ni L. 

Unger range le Pavot au nombre des plantes antiques de l'E- 
gypte en s'appuyant sur un passage de Pline qui indique que 
l'Opium était connu des anciens Égyptiens. M. Liiring attribue 
au Pavot le nom égyptien de Shepen, mais, ce me semble, sans 
en donner des raisons bien convaincantes. 

191. Papaver niiwas L. 

« Lange bekannt in yEgypten », écrit simplement Unger 
au sujet du Coquelicot. Cette assertion se trouve confirmée par 
la découverte de nombreuses fleurs de Coquelicot qui formaient 
l'une des guirlandes mortuaires de la princesse Nesi-Klionsou 
(XXII" dynastie). FI. Pétrie a également retrouvé le Coquelicot à 
Hawara et, ce qui est plus intéressant, à Kahoun, nécropole de 
la XIP dynastie. 

L'espèce égyptienne répond à la variété x genuinum Rois- 
siER, que l'on retrouve encore en Egypte, surtout dans les envi- 
rons d'Alexandrie, et qui fleurit en mars et en avril. 



CRUCIFÈRES, PAPAVÉRACÉES, NYMPHEACEES Ul 

NYMPHÉAGÉES 

192. UTelumbium spcciosunt Willd. 

Cette Nymphéacée nous est soigneusement décrite par tous 
les auteurs classiques qui se sont occupés de l'Egypte. Ses fruits, 
comparés par Tliéophraste à des pommes d'arrosoir percées de 
trous nombreux, ses fleurs aux pétales rosés, qu'Hérodote nomme 
Lis roses du Nil, ses feuilles peltées, arrondies et creuses, en 
forme de pétase ou chapeau rond, d'après la description de Stra- 
bon, sont autant de caractères bien tranchés qui ne peuvent se 
rapporter qu'au N. speciosum. 11 est donc bien certain que cette 
plante était connue des anciens Égyptiens. 

Cela dit, je dois avouer que jamais la plante n'a été retrouvée 
que dans les tombes gréco-romaines de la nécropole de Hawara 
et que jamais, pour ma part, je ne l'ai vue figurée sur les mo- 
numents. Il y a à cela une double raison. Le Lotus rose était 
considéré comme une plante sacrée, de même qu'il l'est encore 
en Extrême-Orient, où les piédestaux de presque toutes les sta- 
tues divines ont la forme d'un NelumUum. Les Fèves qu'il 
était interdit de manger, de l'avis unanime de tous les auteurs 
classiques, ne pouvaient être nos Fèves ; la preuve en est que 
l'on a retrouvé des Fèves dans les tombes égyptiennes, que les 
Fèves sont citées fort souventdans les textes médicaux, et qu'en - 
fin Ramsès III en offrait des quantités considérables aux prêtres 
de ïhèbes. Les Fèves interdites ne pouvaient guère être que les 
fruits sacrés du N. speciosum, plante que la plupart des auteurs 
grecs, du reste, nomment précisément /.v'aao,- xly^r.-io;. On com- 
prend que c'est là l'unique motif qui a empêché de retrouver des 
restes desséchés du Lotus rose dans les tombes d'époque pharao- 
nique. Hérodote, pourtant (Hist., II, 92), nous dit qu'il a vu 
manger en Egypte les graines, sèches ou fraîches, du Lis rose 
du Nil. Peut-être étaient-ce des gens peu dévots qui lui don- 
naient ce spectacle. 



i\2 l.A KLORK l'HARAONKJTK 

Quant à l'absence de la tigure du Lotus rose sur les monuments 
égyptiens, elle tient à une cause toute spéciale. Le seul Lotus 
sacré était le rose ; le blanc (Nj/m^jhœa Lotus L.) et le bleu 
(N. cœrulea Sav.) pouvaient servir aux usages ordinaires de la 
vie. Le Lotus sacré est souvent figuré sur les monuments et, en 
réalité, ce ne peut être que le rose, mais un botaniste sceptique 
ne l'v reconnaîtrait pas. Les pétales y sont peints de toutes les 
couleurs, unis ou ornés de bandes multicolores ; les feuilles n'y 
ont aucun caractère précis. 11 est évident que les artistes égyp- 
tiens, ayant à représenter une fleur sacrée, se sont cru permis 
(le l'enjoliver à leur fantaisie, aussi bien pour la forme que pour 
la couleur. De là vient que nous ne possédons pas une seule 
représentation dans laquelle on puisse voir, au point de vue 
botanique, un Lotus rose réel. Quant aux Lotus roses de conven- 
tion, ils abondent en peinture et en sculpture; les chapiteaux de 
presque toutes les colonnes égyptiennes en ont la forme. Pour- 
tant, Unger affirme, d'après le témoignage d'un de ses amis, 
qu'il existe au Bristish Muséum un monument sur lequel est 
figuré le N. speciosuni avec des caractères bien définis, fruits 
en forme de cône renversé et feuilles peltées. Mais ce monu- 
ment, ajoute -t-il, est d'époque gréco-romaine. 

Si le Lotus rose, réel ou figuré, n'a presque jamais été re- 
trouvé en Egypte, son nom hiéroglyphique, au contraire, se ren- 
contre dans la plupart des textes religieux. Ce nom est Nelœb à 
l'origine, et s'adoucit plus tard en Nekheb éiNesheb. L'exemple 
le plus ancien que j'en connaisse date de l'Ancien Empire. Il se 
trouve dans les textes funéraires de la pyramide de Pépi I 
^col. 440). 

Le Nelwnbium surmontait la coifî'ure du dieu Nefer-Toum. 
Mais son emploi religieux le plus répandu était de servir de ber- 
ceau au jeune Horus, dieu symbolisant le soleil levant. On sait 
que la plupart des fleurs de Nymphéacée se ferment le soir et 
rentrent parfois sous l'eau pendant toute la nuit. C'est cette 
propriété qui a valu au N. speciosum le rôle important qu'il 
joua dans la religion égyptienne, surtout dans le mythe solaire. 



NYMPIIEACEES 113 

Cette fleur était considérée comme le symbole du soleil levant et, 
pour cette raison, était consacrée à Horus. 

Le N. speciosuiK a, de nos jours, complètement disparu de 
l'Egypte ; on ne le trouve plus que dans l'Asie orientale. Mais 
Schweinfurth nous met en garde contre la conclusion qu'on 
pourrait tirer de cette disparition, au sujet d'une modification du 
climat égyptien depuis les temps piiaraoniques : si le Neluïnhiuhi. 
ne se rencontre plus en Egypte, c'est qu'on ne l'y cultive plus ; 
dans quelques jardins du Caire, d'Alexandrie et d'ismaïliah, où 
on a eu l'idée de le planter, il vient parfaitement, de même que 
le Papyrus, sans qu'on ail besoin d'en prendre le moindre 
soin. 

D'après Ibn-Baithar, le N. speciosum porte en arabe le nom 
de Ghâlàloûthâ et de Fàlis qohUn ou Bâqilâ qohtfû, « Fève 
copte ». Les Egyptiens, d'après le même auteur, lui donnent le 
nom arabe de Gàmisah. 

193. ]l'yiiipliH?a Lotus L. 

Dès les premières dvnasties, on trouve le Lotus blanc repré- 
senté sur les monuments. Dans l'un des tableaux copiés dans la 
nécropole de Memphis et exposés au Musée Guimet sont figurés 
des bateliers se livrant à une lutte sur les eaux d'un canal. Sous 
les bateaux sont peints des poissons, des anguilles, des limaces, 
des grenouilles, et des .Y. Lotus ; tous les détails de la plante 
sont très fidèlement rendus : pétales blancs, sépales au nombre 
de quatre, feuilles arrondies, fendues, fruits en forme de capsule 
de Pavot. Le N. Lotus était donc connu, en Egypte, dès le temps 
des pj^ramides. 

D'autre part, des fleurs entières et bien conservées du Lotus 
blanc ont été trouvées dans les tombes. Ces fleurs formaient l'une 
des guirlandes dont était couverte la momie de Ramsès II. On 
en a même recueilli dans une nécropole de la XII' dynastie, à 
Kaboun. 

Cette plante est souvent nommée dans les textes. On l'employait 



114 LA FLORE PHARAONIQUE 

en médecine comme réfrigérante. On en faisait d'immenses bou- 
quets dont on décorait les salles de festin. Les femmes, en visite, 
en tenaient toujours des fleurs à la main et souvent en ornaien^ 
leur coiffure. 

Il n'est pas rare de voir, surtout à l'époque des Ramessides, 
des femmes coiffées d'un diadème d'or autour duquel s'enroulent 
en spirale des pédoncules de A^. Lotus dont les fîeurs viennent 
gracieusement retomber sur le front, presque jusqu'aux yeux. 
La souche tubéreuse delà plante se mangeait grillée ou bouillie. 
Les graines se mangeaient également et, en les pilant, on en 
faisait une sorte de pâtisserie dont nous parle Hérodote, et que 
nous trouvons mentionnée dans les inscriptions égyptiennes. 

Le nom égyptien du Lotus blanc est intéressant par ce fait 
qu'il s'est conservé jusqu'à nos jours. Ce nom est Sons/iiii. L'hé- 
breu Shoshan, le copte Shoshen, l'arabe Sousan dérivent direc- 
tement du mot. égyptien; mais, par un liasard singulier, ils n'en 
ont pas conservé la signification. Ces mots, en effet, désignent 
le Lis blanc; l'arabe Sousan s'applique en plus, d'après Delileet 
Schweinfurth, au Pancratium maritimum L. 

La chose est aisée à expliquer. Les Hébreux, n'ayant pas de 
Lotus dans leur pays, et ne pouvant par conséquent faire de 
confusion, employèrent pour désigner le Lis le mot égyptien 
qui, sur les bords du Nil, s'appliquait au Lotus blanc. Les 
Arabes, désignant le Lotus par l'expression poétique Arousat 
el-Nilf « Fiancée du Nil, » pouvaient attribuer le mot Sousan à 
d'autres plantes. Enfin, le copte Shôslien ne se trouve que dans 
la Bible, où il rend l'hébi-eu Shoslian; dans d'autres textes, il 
pourrait s'appliquer au Lotus. De nos jours, le nom de Lis 
s'applique aux mêmes plantes : le Nénuphar blanc se numme 
communément Lis des étangs, et la dénomination vulgaire du 
P. maritimum est Lis Mathiole. 

Mais là ne s'arrêtent pas les dérivés de l'égj'jilien Soushin. 
On sait que notre nom propre Suzanne est un nom biblique. La 
fameuse Suzanne aux deux vieillards porte en hébreu le nom 
de Soushannah, mot formé du nom du Lis. De même, chez les 



NYMPHEACEES 115 

Egyptiens, Soushin était employé comme nom propre. Le cata- 
logue des monuments découverts par Mariette à Abydos nous 
en fournit deux ou trois exemples. Les Egyptiennes de la 
XIP dynastie se sont donc, comme nos contemporaines, appe- 
lées Suzanne; des hommes même, sous les pharaons, portaient 
ce nom. Le mot se retrouve en grec et en latin. So-jo-ov, Susi- 
num désignent le Lis. Les adjectifs noinvjyj, susinatuni s'ap- 
pliquent à des préparations dans lesquelles entre le Lis. Le 
mot existe même en français. Je me rappelle avoir vu men- 
tionné, dans un passage d'Ambroise Paré dont je n'ai malheu- 
reusement pas pris note, le Vinaigre susinal. Enfin, de nos 
jours, le Lis se nomme Azacena en espagnol, et il est facile de 
voir l'étymologie de ce mot. 

Le N. Lotus, si connu des anciens Egyptiens, n'a pas disparu 
de l'Egypte. On l'y retrouve encore dans les eaux peu mouve- 
mentées des canaux et au milieu de mares laissées par l'inonda- 
tion du Nil. Mais les Egyptiennes n'en ornent plus leur coiffure, 
et je suppose qu'il ne sert plus à l'alimentation. 

Un fait curieux, qu'il importe de faire remarquer, est l'emploi 
du mot copte Shôshen dans les Scahe. Ce nom répond bien, 
philologiquement, à l'hébreu Shôshan et à l'arabe Sousan. Il 
est d'ailleurs partout employé, dans les traductions bibliques, 
comme équivalent de l'hébreu Shoshan et du grec x.o/vov. Mais 
il en est autrement dans les Scalx. Toutes portent (Kir., 179) : 

Ou-KHRiNON = Sousan, 
Shoshen = Khazâm, 

Ou-TROKONTÊs = Noûfar. 

D'où il résulterait que le Shoshen n'est ni le Lis, qui porte en 
copte le nom grec de Khrinon (/.ct'vsv), ni le Nénuphar, qui porte 
dans la même langue le nom de Trokontês, d'apparence grecque. 
Le Shoshen serait le Khazàm des Arabes. Or, c'est là, comme 
on va le voir, une plante assez difficile à déterminer. 

Tous les dictionnaires arabes traduisent Khazàm par « La- 



116 LA FLORK PHARAONIQUE 

vande ». Forskal, également, attribue au Lavandula Spica L. 
le nom arabe de Khazàmah (Descr. animal., \^. 147). Mais 
Schweinfurth (^F/or^, n- 119) donne Khouzùmeh comme nom 
populaire, en Egjpte, du Reseda pruinosa Del., et Forskal 
(Flora œgi/pt. -arable, p. CXVl) cite Khazàin comme nom 
du Cleonie ornithopodioides L. Ibn-el-Awam (XXVII, 15), 
d'après Ibn-el-Fasel, considère la plante Khazâm, Khazâmi, 
Khazàmah comme un Sousân bleu, autrement dit comme un 
Lis bleu; le Sousân bleu, dans Aboulqasim-el-wizir, est un 
Iris à fleurs bleues. El-Temîmy, cité par Ibn-Baitbar, fait un 
rapprochement analogue, entre le Sousân et le Khazâmi, au 
sujet de la plante Rihân-el-kâfoûr qui, dit-il, se nomme 
Sousân en Perse et porte des fleurs absolument semblables à 
celles du Khazâri/i. Enfin, Ibn-Baithar voit dans le Khazâmi 
(t. I, p. 365), d'après Abou-Hanifah, « une Giroflée (Kheiri) 
sauvage, à longues tiges, à petites feuilles, à fleurs rouges, d'une 
odeur incomparable, disposées comme celles du Henné (Làw~ 
sonia inermis L.), et croissant dans les endroits sablonneux 
ainsi que dans les jardins ». On se demande, après cela, ce que 
peut bien être le Shoshen-Khazâm . En y voyant le Lis bleu ou 
Iris, on se rapprocherait du sens ordinaire du mot Sousân, qui 
s'applique à des Lis de plusieurs couleurs. 

Ce qui nous rapproche davantage dUiSo?(5i^/;ihiéroglypliique, 
c'est que Forskal (Descr. animal., p. 148) donne Shnîn comme 
nom égyptien moderne du Noùfar ou Nymphsea. Seulement, je 
me demande s'il n'y a pas en cet endroit une faute d'impression 
et si l'on ne doit pas lire Bashnîn, nom qui, d'après tous les 
auteurs arabes, s'applique au rhizome du N. cserulea. 

194. Wyinpltwa cserulea Sav. 

Athénée (XV, 21) est le seul auteur ancien qui nous parle du 
Lotus bleu. Il le nomme h^xoç, xjhsoi, et le décrit en ces termes : 
« Les Lotus égyptiens sont de deux sortes et se distinguent par 
leur couleur. L'un est semblable à la rose et sert à faire les 



NYMl'HEACÉES 117 

couronnes nommées Couronnes Antinoiennes; l'autre, que 
l'on appelle "/Ar.vjoz, est de couleur bleue. » Le Lotus bleu se 
retrouve encore en Egypte et a été décrit soigneusement par 
Savign}- (Descr. d'Egypte, III, 74), qui lui a donné son nom de 
N. Cceridea; il n'y a donc pas de doute à avoir sur l'espèce à 
laquelle Athénée fait allusion. 

Cette plante a été retrouvée dans les tombes par Schweinfurth 
et par FI. Pétrie. Certaines momies portent, passant sous les 
bandelettes extérieures, des pédoncules entiers de iV. cxrulea 
surmontés de leurs fleurs. Les pétales détachés entraient dans 
les guirlandes. Schweinfurth a même remarqué une guirlande 
formée de branches de Céleri et de pétales de Lotus bleu appar- 
tenant à une variété naine, non retrouvée de nos jours. Unger 
cite plusieurs représentations du N. ceerulea sur les monuments 
égyptiens. Des personnages, peints dans des tombeaux de l'Ancien 
Empire, portent au cou des Lotus bleus. Quelques-uns des Lotus 
multicolores, dus à la fantaisie des peintres pharaoniques, sem- 
blent, par leurs fleurs en forme de pyramide renversée, se rap - 
procher du Lotus bleu; mais là s'arrête la ressemblance, la teinte 
n'a aucun rapport avec celle du iV. ceerulea. 

Le nom de cette plante, en hiéroglyphes, est Sarpat. Le mot 
n'est pas fréquent ; j'en ai pourtant recueilli cinq ou six exemples. 
On n'en trouve pas trace en copte. En hébreu, il existe un nom 
de plante Sirpad qu'on pourrait, d'après sa forme, rapprocher 
de Sarpat; mais il n'a nullement le sens du mot égyptien et il 
y a peut-être là un cas analogue à celui dont nous avons parlé 
au sujet du Lotus blanc. D'ailleurs Sirpad ne revient qu'une 
seule fois dans la Bible (Isaïe, LV, 13); les Septante le tradui- 
sent par vArjU, et la Vulgate par Urtica. 

195. Hyiiiplioc» stcllaf» Willd. 

Delile, dans l'explication des planches de la Descriplion 
d'Egypte (t. XIX, p. 422), divise le N. cœridea en deux 
variétés. L'une, à grandes fleurs d'un diamètre moyen deO"M2, 



118 LA FLORE PHARAONIQUE 

est le N. cœrulea Sav., synon. Castalia scutifolia Salisb. 
I/autre, qu'il qualifie « Variet. minor », est le N. stellata 
WrLLD., synon. Castalia stellaris Salisb. Tous les nomencla- 
teurs distinguent également le N. cx^-'ulea du A', stellata. Tout 
récemment, H. Bâillon (Hist. des plant., t, III, p. 99), établit 
la même distinction. Les deux espèces sont cultivées dans la 
ïorre des Nymphéacées du Jardin botanique de Lyon. Je les ai 
soigneusement mesurées. La première a les quatre sépales exté- 
rieurs de 0^,10, les pétales de 0'",085, les feuilles de 0'",32. La 
seconde à les sépales de O^.OS, les pétales de O^jOi, les feuilles 
de 0'",22. Enfin, le nombre des rayons du stigmate diffère entre 
les deux espèces. Je crois donc que c'est à tort que, dans leur 
Illustration de la Flore d'Egijple (p. 36, n° 18), MM. Ascher- 
son et Schweinfurth ont fait de N. stellata un synonyme de 
N. cserulea. 

Ce n'est pas qu'au point de vue botanique la chose ait bien 
grande importance, mais il peut en être autrement au point de 
vue égyptologique. Les noms de Nymphsea sont tellement nom- 
breux dans les textes que nous nous ne trouverons jamais assez 
d'espèces pour satisfaire nos exigences lexicographiques. Or, 
M. Schweinfurth lui-même a remarqué, dans le cercueil d'un 
nommé Kent, enseveli à Sheikh-abd-el-gournah sous la XX* dy- 
nastie, une guirlande formée, en partie, « de pétales et de fleurs 
naines et choisies exprès de lotus bleu, Nymphxa cxrulea Sav. 
(Les dernières découvertes, p. 57) ». Je ne doute pas que 
nous n'ayons ici un spécimen antique du N. stellata qui, 
en effet, atteint à peine, comme taille, la moitié de celle du 
N. cserulea. Cette division du Lotus bleu en deux espèces nous 
permettra de caser un des nombreux noms de Lotus dont nous 
ne savons que faire. 

Peut-être même une cinquième espèce de Nymphvea pourra- 
t-elle être attribuée à l'antiquité pharaonique, car : « Bei Da - 
miette bat Rohrbach 1856 Exemplare der letztgeiiannten Spezies 
(N. rœndeaj und eine Varietat derselben mit ungefleckten 
Kelchblattern (N. stellataW.?), ebenso Sieber und Ehrenberg 



NYMPHÉACÊES, MEN ISl'KKMlkKS, UKN UNCU LACEES U'J 

oiue weissblùtige Abart, N. cxrulea Sieber. » (F. Wœnig, 
Die Pflanz. im ait. /Egt/pt., pp. 33-34). 

MÉNISPERMÉES 

190. Coccnlas Leœba G. P. R. 

Cette plante a été retrouvée par Sclnveinfurtlidaiis une tombe 
de Gébéleïn où reposait Ani, personnage de la XX'' dynastie. 
Voici en quels termes il décrit cette trouvaille : « Beeren von 
Cocculus Leseba D., einem in den ilgyptischen Wùsten ausge- 
breiteten, noch heute liaufigen, namentlich aber in Nubien 
sehr stark entwickelten schlingenden Strauche. Dièse Art war 
bisher noch nirgends unter den pflanzlischen Gràberfunden ver 
treten gewesen. » 

RENONGULAGÉES 

197. Deli»!»liiiuni orientale Gay. 

Cette plante n'existe plus aujourd'hui en Egypte. On l'a trou- 
vée dans le cercueil d'Ahmès I (XVIIP dynastie), où ses fleurs 
étaient disposées en guirlande et avaient encore, après trois 
miUe ans, conservé dans toute sa vivacité leur couleur violet 
pourpré. 

198. UelpIiIiiiMiM Ajacls L. 

D'après W. Pleyte (Bloemen en planten uit Oud-Egypte, 
p. 12), le D. AJacis aurait été découvert, en 1881, parmi des 
restes végétaux trouvés dans des tombes de Thèbes. Le B. Ajacis 
est indiqué dans la Flore de Schweinfurth comme cultivé et par- 
fois subspontané dans l'Egypte actuelle. 

199. Aiiemoiie eoroiiaria L. 

Cette plante existe de nos jours en Egypte. Les Scalx lui 



120 I,A FLORE PHARAONIQUE 

donnent 1p nom grec coptisêdeA»<?»iO??e.Horap()llon nous affirme 
que la fleur de l'Anémone est employée dans l'écriture liiéro- 
glypliique : AvOr, SI xvspLwr,;, vonov à.vOp''>)no'j anij.x'vjzt (Hio'Ofjl., 
II, 8), « la fleur de l'Anémone désigne la maladie de l'homme ». 
L'i4. coronaria est la seule espèce du genre que l'on rencontre 
de nos jours en Egypte. 

200. nri^ella sativa L. 

Cette plante est, de nos jours, cultivée, et même subspontanée 
en Egypte. Braun en a reconnu des graines mêlées par hasard 
à des graines de Lin qui se trouvent exposées au Musée de 
Berlin (Die Pflanzenresie, p. 290). 



CRYPTOGAMES 

201 Usnca plicata Hoffm. 

Quelques fragments de cette espèce de Lichen ont été observés 
par J. Millier au milieu d'une certaine quantité de Parmclia 
furfuracea découverts dans la cachette de Deir-el-Bahari. 

202. Parnielia furfuracea Ach. 

Lichen trouvé en grande quantité dans des cercueils de la 
XXIl'' dynastie et identifié par J. Miiller. Ce Lichen, au dire de 
Schweinfurth, se vend beaucoup dans les marchés du Caire, 
sous le nom de S/iibnh ; on le fait venir des îles de l'Archipel. 
Forskal, qui a vu au Caire un Lichen analogue, portant le même 
nom arabe, le Lichen Prunastri L., nous en indique l'usage en 
ces termes (Flor. segypt.-arabic, p. 193) : « Lichen hic 
^]gypti indigenus non est ; singulari tamen attentione dignus, 
propter usum in re pistoria. Nescit ^Egyptus arteni Cerevisiam 
more Europpeo parandi ; hinc et Fermentum ignorât. Chamir 
ejus locos adhibetur, qu?e massa est panis non cocta, et levis- 



RKNONCIJLACÈRS, CRYPTOGAMES 1?1 

sim(3acesceiis. H.tc inixta cum farina subacta, fermentationem 
producit. In hoc secreto primum deceptus fui. Plurimum audivi 
nomen Sliihah, herbie cujusdam, inihi ignotte, sine cujus 
admixtione nullus conficitur panis. Allata mihi fuit Arteniisia 
(absinlh.) quam eodem nomine dénotant Arabes, propter colorem 
cinerascentem ; significat enim Shibah capillos canos. Verum 
tamen exemplar obtinui, et adinirabundus agnovi plantam Hyper- 
boream. Totis navium oneribus Alexandriam advehitur ex Archi- 
pelago, et prtesertim Insula Stanchio. Rosettse, Kâbirte et aliis 
locis distribuitur. Hujus Lichenis manipulo aqua per duas horas 
imbuitur ; quœ pani azymo adjecta gustum conciliât peculiarem 
et Turcis deliciosum. Lichen furfuraceus quoque iu usu est, 
sed parcior affertur. » 

Peut-être les anciens Égyptiens, eux aussi, employaient-ils 
ce Lichen pour faire lever la pâte, et est-ce pour cette raison 
qu'on l'a trouvé en telle quantité dans les sépultures pharaoni- 
ques. Le levain, ^v/^/;, fermenUmi, se nomme en copte Thab, 
Kôb, Kop et Shemêr, mot qui répond exactement à l'arabe 
Clmmîr (Khamîr) cité par Forskal. 11 est probable que l'un de 
ces noms s'appliquait chez les Égyptiens au P. furfuracea, mais 
je n'en ai encore retrouvé aucun dans les textes hiéroglyphi- 
ques. 

Les Scalx donnent comme traduction copte de l'arabe Shi- 
bah: Phrion, qui est le grec fio-jcv, « mousse », et Phillira. 
qui est probablement, mais avec une modification de sens, une 
transcription du grec ^à.'.oa, « pellicule sous la première écorce 
du tilleul ». 



INDl^lX DES NOMS FRANÇAIS 

ET DES NOMS DE FAMILLES 



Nota. — Dans tous ces index, les chiffres qui suivent les noms se rap- 
portent aux numéros d'ordre des espèces. Il n'y a d'exception que pour 
les noms des fnmilles, dont les numéros se rapportent aux pages. Enfin, 
pour les noms français, je n'ai renvoyé qu'au premier des différents 
articles qui sont consacrés à un même genre. Le Souchet, [>ar exemple, 
pour lequel je ne renvoie qu'au n» 25, est traité du n" 25 au n» .U. 



Acacia 142 

Acore 33 

Ail 43 

Alismacées 32 

Amandier 140 

Aniarantacées 51 

Amaryllidées 40 

Ampélidées 99 

.Vnacaidiacées 97 

Anémone' 199 

Aneth 120 

Arbre à soie . .... 92 

Aroïdées 31 

Arroche 78 

Asclépiadacées 58 

Asparaginées 39 

Asperge 48 

Asphodèle 47 

Aubergine 125 

Avoine 7 

Aurantiacées 101 

Balanite 169 

Balsamine 127 

Balsamum 163 

Paumier 163 

Ihldlnim 163 

//e« (liuileet noix de). . . 155 

Henjoin 100 

Berstni 161 

Betterave 42 



Bière 18 

Blé 13 

Borraginées 5(i 

Burséracées 95 

Calebasse. 126 

Camomille 105 

Cannelle 70 

Gapparidées 107 

Caroubier 140 

Carthame 108 

Caiyopbyllées 107 

Cédratier 168 

Cèdre 52 

Céleri 117 

Cerisier 141 

Césalpiniées 87 

Chanvre 63 

Chêne 57 

Chénopodiacées 52 

Chou 183 

Chrysanthème . . . . . 103 

Cinnamome 71 

Citronnier 168 

Composées 64 

Concombre 128 

Cône (de Pin) 53 

Conifères 41 

Convolvulacées 55 

Coquelicot 191 

Cordiacées. ...... 03 



124 



LA FLORE PHARAONIQUE 



Coriandre. . . . 


. . . 122 


Cotonnier. . . . 


... 174 


Cr'esson .... 


... 189 


Ci'ucifères. . . . 


... 108 


Ci-yptoganies. . . 


... 120 


Ciuifèi-e .... 


... 36 


Gucuibitacées . . 


... 73 


Cumin 


... 123 


Cupulifères . . . 


. . . 44 


Cypei-acées . . . 


... •2Q 


Dattier 


... 38 


Dauphinelle . . . 


... 197 


Douoe-amère. . 


... 89 


Dou^n (palmier). . 


... 3(î 


Do lira 


. . 17, 24 


Ebénacées. . • . 


... 60 


Ebéiiier .... 


... 9(î 


Echalotte .... 


... 45 


Encens .... 


... 163 


Epeautre .... 


... 17 


Epilolie .... 


. . . 135 


Euphorbe. . . . 


... 65 


Euphorbiacées . 


... 49 


Fenouil 


... 121 


Fève 


... 157 


Figuier .... 


... 62 


Froment .... 


... 13 


(iaillet 


... 116 


Galbanum . 


... 163 




... 51 


Gei-mandrée . 


... 82 


Gesse 


... 159 


Giroflée .... 


. 187, 193 


Gomme .... 


. . . n2 


(iraminées . . . 


. . . 17 


Granatées. . . . 


... 77 


Grenadier. . . . 


... 131 


Guimauve. 


... 174 


Héliotrope. . . . 


... 90 


Hédéracées . . . 


... 69 


Henné 


... 134 


Indigotier. . . . 


. . . 150 


Iri'iacées • . • 


... 36 


Ii'is 


... 41 


.lasmin 


... 93 


Jasminées. . . . 


... 58 



Jonc 40 

.Joncacées 36 

Juglandacées 45 

Jujubier 166 

Ketmie 176 

Labiée.s 53 

Laitue IL? 

Lau racées 50 

Laurier (.9 

Lavande 193 

Lentille 156 

Lentisque 165 

Lichen 201 

Lierre 115 

Liliacées 36 

Lia 177 

Linées 106 

Lis 193 

Liseron 84 

Lotus blanc . . ... 193 

Lotus bleu 194 

Lotus rose 192 

Lupin 147 

Luzerne 148 

Lychnide 178 

Lythrariacées 80 

Malvacées 104 

Marjolaine 83 

Melon 130 

Ménispermées 119 

Menthe 79 

Millet 3 

Mimosa 144 

Mimosées 84 

Moutarde. ...... 185 

Mûrier 60 

Myrrhe 163 

Myi'sinées 61 

Myrtacées 78 

Myrte 132 

Narci.sse 50 

Nénuphar 193 

Nigelle 200 

Noisetier 58 

Noyer 59 

Nymphéacées lli 



INDEX DES NOMS FRANÇAIS ET DES NOMS DE FAMILLES 125 



Oignon 42 

Olacinées ,102 

Oléacées 5« 

Oliviei- 94 

Ombellifères 70 

Onagrariées 81 

Opium 190 

Oranger 108 

Orge 18 

Palmiers 33 

Palmier-Doum 36 

Papavéracées 110 

Papilionacées 89 

Papyrus 28 

Pastèque 125 

Patience 74 

Pavot 190 

Pêcher 139 

Persea 98 

Peuplier 56 

Pied-d'alouette 197 

Pin 54 

Pin-Pignon 52 

Poirier 138 

Pois 154 

Pois chiche 152 

Polygonées 52 

Pommier 137 

Porreau 44 

Portulacées 72 

Pourpier 124 

Radis 181 

Raisin 167 

Renonculacées 119 

Renouée 73 

Réséda 180 

Résédacées 107 

Résine 142, 104 

Rhamnées 98 



Ricin ........ G4 

Romarin y( 

Rosacées gg 

Rose 130 

Roseau . y 

Rotang 39 

Rubiacées 70 

Salicinées 43 

Santal (jy 

Santalacées 50 

Sapindacées 103 

Sapotées oi 

Sauge 80 

Saule 55 

Sébestier 101 

Sésame 91 

Sésamées 57 

Soie (Arbre à) 92 

Solanacées 50 

Sorgho 24 

Souchet 25 



Styracées 63 

Styrax 99 

Sycomore 61 

Tamaris 133 

Tamariscinées 79 

Térébinthe 164 

Tiliacées. 104 

Tilleul 172 

Trèfle 161 

Typhacées 32 

Urticacées 46 

Vergerelte 112 

Verjus 107 

Vesce 158 

Vigne 167 

Vigne de Judée ..... 89 

Vin 167 

Volubilis 127 



NDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES 



Acacia arabica Willd. . 


142 


A. Farnesiana Willd. 


144 


A. heterocarpa Del. . . 


142 


A. nilotica Del. . . . 


142 


A. Seval Del 


143 


A. spirocaipa Hochst. 


144 


A. vera Willd. . . . 


. 142 


Achilleafragrantissima Forsk 


. 105 


Accrus Calamus L. . . 


. 33 


.\lcea ficifolia L. . . . 


. 174 


Alisma Plantago L. 


35 


AUiuni Ampeloprasum L. 


44 


.\. ascalonicum L. . . . 


. 45 


A. Cepa L 


42 


A. fistulosum L. ... 


. 42 


A. Porrum L 


. 44 


A. sativuni L 


. 43 


.\raygdalus comniunis L. . 


140 


A. F^ersica L 


139 


Andropogon laniger Desk. 


. 23 


A. Schœnanthus L. 


22 


Anémone coronaria L. 


199 


Anethum Fœniculum L. . 


121 


A. graveolens L. . . . 


120 


Apium graveolens L. . . 


117 


Areca Gatechu L. . . . 


. 37 


A. Faufel G^RTN. . . . 


. 37 


A. Passalacquse Kunth. . 


. 37 


Arundo Donax L. . . . 


6 


A. isiaca Del 


7 


Asclepias procera Willd. 


92 


.asparagus officinalis L. . 


48 


Asphodelus fistulosus L. . 


47 


Atriplex hortensis L. . . 


78 


.\vena strigosa Schreb. . 


9 


Balanites œgypliaca Del, 


lf)9 



Balsaniodeudron africanum 

Arn 163 

B. gileadense D. G. . . . 103 

B. MyrrhaNEES 163 

Beta vulgaris L 42 

Blituni virgatuni L. . . . 77 

Boswellia thurifera Gart. . 163 

Brassica oleracea L. . . . 183 

Bupleurum aristatum Bartl. 119 

Gajanus indiens L 162 

Calamus fasciculatus Roxb. . 39 

Gannabis sativa L 63 

Garthamus tinctorius L. . . 108 

Castalia scutifolia Salisb. . 195 

G. stellaris Salisb. . . . 195 

Gelosia argentea L. ... 72 

G. cristata L 72 

Gentaurea depressa Bieb. . 106 

G. nigra L 107 

Geratonia Siliqua L. . . . 146 

Ceruana pratensis Forsk. . 114 

Ghenopodium hybridum L. . 75 

G. murale L 76 

Chrysanthemuni coronarium 

LiNN 103 

G. segetum L 104 

Gicer arietinum L. ... 152 

Gitrullus vulgaris Schrad. . 125 

Gitrus Gedra Ferr. . . . 168 

G. medica L 168 

Gleome ornithopodioides L. . 193 

Gocculus Leiçba G. P. R. . 190 

Gonvolvulus Hystrix Yahl. . 85 

G. sooparius L 84 

G. spinosus Burm S6 

Convza Dioscoridis L. . . lil 



as 



LA FLORE PHARAONIQUE 



Cordia M\ \a L 


101 


Coriandruni sativum L. . 


122 


Corvlus Avellana L. . . . 


56 


Cressa cretica L 


87 


Grinum abvssinicum Hochst. 


49 


G. Tinneanuni Ky. F. 


49 


Cucifera thebaica DeL . . 


30 


Cucumis Ghate L 


128 


G. Melo L 


130 


G. sativus L 


12'J 


Guminum Cvminum L. . . 


123 


Guscuta arabica L 


88 


Gypei-us alopecuroidesRoTTB. 


31 


G. aureus Ten 


27 


G. COmOSUS SlBTH. . . . 


30 


G. dives Del 


31 


G. esculentus L 


26 


G. fastigiatus Fobsk. . . . 


30 


G. longus L 


29 


G. melanorhizus Det.. . . 


27 


G. Papyrus L 


28 


G. rotundus L 


25 


Dalbergia melanoxylon G. P. 




R 


90 


Danthonia Forskalii Trin. . 


8 


Delphiniura Ajacis L. . . 


198 


D. orientale Gay 


197 


Didesraus u?gyptius L. . . 


188 


D. tenuifolius Dei 


188 


Diospyros mespiliformis L. . 


169 


Douma tliebaica Pom. . . . 


36 


Elfeocarpus serratus L. . . 


173 


Enarthrocarpus lyratus [). G. 


184 


Epilobium hirsutum L. . . 


135 


Eragrostis abyssinica Link . 


11 


E. tegyptiaca Link. . . . 


11 


E. cynosuroides R. et S. . . 


10 


Erigeron segypliacus L. . . 


112 


Ervum Lens L 


156 


Euphorbia îegyptiaca Hoiss. . 


66 


E. helioscopia L 


65 


Ficus carica L 


62 


F, Sycomorus L 


61 


Galium tricorne With. . . 


116 


Gnaphalium luteo-albam L. . 


109 



Gossypium barbadense L. 


. 175 


G. herbaceum L. . . . 


. 175 


G. religiosum L. . . . 


. 175 


Gyuinanthelia lanigera An 




ders 


. 23 


Hedera Helix L. . . . 


. 115 


Helioti'opium nubicum L. 


. 90 


Hibiscus cannabinus L. . 


. 176 


H. Triouuni L 


. 176 


H. verrucosus G. P. R. . 


. 176 


Hordeuni hexastichum L. 


. 19 


H . vulgare L 


. 18 


Hypbœne Argua Mart. . 


. 37 


H. tbebaica Mart. . . 


. 36 


Imperata cylindrica L. 


. 21 


Indigofera argentea L. 


. 150 


Ipomœa cabirica L, . . 


. 127 


Ii'is siliirica L 


41 


Jasminum Sambac L. . 


93 


Juglans regia L. . . . 


59 


Juncus inaritinius Lmk. . 


40 


Juniperus phœnicea L. 


51 


Kœleria laxa Lk. . . . 


12 


K. pbleoides Pers. 


12 


Lactuca sativa L. . . . 


113 


Lagenaria vulgaris Seb. . 


126 


Lathvrus birsutus Ij. . . 


160 


L. sativus L 


159 


Laurus Gassia L, , . . 


70 


L. Cinnaïuoiuuni Andr. . 


71 


L. nobilis L 


69 


Lavandula Spica L. . . . 


193 


Lawsonia inerniis L. . . 


134 


Leersia oryzoides Swartz. 


1 


Lepidiuin sativum L. . 


189 


Lichen furfuraceus L. ; . 


202 


L. Prunastri L 


202 


Linum angustifoliuia Huds. . 


177 


L. bumile Miu 


177 


L. usitatissimum L. . • . 


177 


Lupinus Terniis Forsk. . . 


147 


Lychnis Gœli-Rosa L. 


178 


Mserua uniflora Vahl. . . 


179 


Matricaria Gliamomilla L. . 


105 


Matthiola acaulis D. G. . . 


187 



INDEX DES NOMS SCIENTIFIQUES 



129 



M. incana R. Rr. . . 
M. Librator Newb. 
M. livida D. G. . . 
Medemia Argun IIook. 
Medicago dcnticulata Wi 
M. rugosa Lmk. . . 
Melilotus parviflora Del. 
Mentha pipei-ita L. 
Mimusojjs Elengi L. . 
M Kummel Hochet. . 
M. Shimperi Hochst. . 
Momordica Balsamina L. 
Moringa aptera G.î:rtn. 
M. oleifera Lmk. . . 
Morus alba L. . . 

M. nigra L 

Myrsine africana L. . 
Myrtus communis L. . 
Narcissus Tazzetta L. . 
Nelunibium speciosumWii 
rs'igella sativa L. . . 
Nymphaea cserulea S av. 
N. cserulea Sieber. . 

N. Lotus L 

N. stellata Willd. 
Olea europtea L. . 
O.nubica ScHW. . . 
0. Oleaster L. . . . 
Oncoba spinosa Korsk. 
Origanum Majorana L. 
Panicutn italicuni L. . 
P. niiliaceum L. 
Papaver RhœasL. . 
P. somniferum L. . . 
Parmelia furfuracea Ach 
Pennisetum ty phoideuin Pers 
Phalai'isappendiculata Schll 
P. paradoxa L. Fil. 
Phœnix dactylifera L. 
P. reclinata Jacq. . . . 
Phyllaiithus Niruri L. 
Picris coronopifolia D. G. 
P. radicata Less. . . . 
Pi nus Gedrus L. . . . 
P. halepensis L, ... 



187 

187 

187 

■M 

148 

148 

149 

79 

98 

98 

98 

127 

145 

145 

GO 

GO 

97 

132 

50 

192 

200 

194 

195 

193 

195 

94 

95 

95 

171 

83 

4 

3 

191 

190 

202 

5 

2 

2 

38 



67 

110 

110 

52 

54 



P. Pinça L. .... 

Pistacia atlantica Desf. 

P. l.entiscu.s L. 

P. Tcrebinthus L. . . 

Pisuni arvonse L. . . 

P. elatius M. B. . . 

P. sativum L. . . . 

Polygonum avicularc L. 

Populus alba L. . . 

Portulaca oleracea L. 

Prunus Gerasus L. 

Punica Granatum L. . 

Pyrus communis L. 

P. Malus L 

Quercus Esculus L. 

Q. lusitanica Lmk. . 

Q. pedunculata Ehrb. 

Q. Suber L 

Raphanus Raphanistrum L 

R. sativus L. . . . 

Reseda odorata L. . 
R. pruinosa Del. . . 
Ricinus communis L. . 
Rosa sancta Rich. . . 
Rosmarinus officinalis L 
Rumex dentatus L. 
Saccharum segyptiacum 
Salix Safsaf Forsk. 
Salvia tegyptiaca L. 
S. spinosa L. ... 
Santalum album L. . . 
Sapiudus emarginatus Vahl. 
Scilla maritima L. . . . 

S. peruviana L 

S. pusilla MiGL. 
Scirpus maritimus L. . 
Sesamum indicura D. G. . 
Sesbania oegyptiaca Pers 
Sinapis arvensis L 
Solanum Dulcamara L. 
S. Melongena L. . . . 
Sorghum saccharatum Pers 
S. vulgare Pers. ... 
Spbieranthus suaveolens D. G 
Styrax Benzoin Dry. 



\V 



130 



LA FLORE PHARAONIQUE 



S. officinale L 99 

Tamarix articulala Vahl. . i'V.i 

T. nilotica Ehrb 133 

Teucrium Poliuni L. . . . S::? 

Tilia europiva L 172 

Torilis infesta L 118 

Trifolium alexandrinuni L. . IGl 

Triticum diooccum Schrank. 16 

T. durum Desf l'i 

T. Spelta L. ..... 17 



T. turgidum L 


15 


T. vulgare Vii.i 


13 


Typlia angustifolia L. . . 


3'i 


Usiica plieata Hokfm. . . 


201 


Vicia Fal)a L 


157 


\'. sativa L 


158 


^'itis vinifera L. ... 


107 


Ximenia togyptiaca L. 


1()9 


Zilla myagroides Forsk. . 


186 


Zi/.yphus Spina-Ghristi W 


166 



. INDEX 

DES NOMS HÉBREUX, ARABES ET COPTES 



I. INDEX HÉBREU 



nin'iazN 125 

Sun 133 

nSin 163 

Sï2 42 

]m 3. 24 

Di:nn 90 

•m:^ 108 

Sr\n r,o 

'Ç2Z 123 

n'2D3 1~ 






134 

.... 112, 194 

D^'CTJ 15f> 

S"£ 157 

n;p 33 

Dixrp 12S 

]r21 131 

n-ûr 

ycrc 

msn 



142 
193 
137 



II. INDEX ARABE ^ 



JSl 



-I. . 






UUMO 



iCLiIo 






1.33 
131 
132 

40 
105 
125 
101 
121 
154 
193 

42 






c • 









^>^ 






U 



. . 46 

. . 40 

125, 129 

. . 192 

. . 57 



58 
11 

137 
6C) 
00 

159 



1 L'Index arabe a été obligeamment composé par l'Imprimerie nationale. — Les 
astérisques servent à distinguer les noms vulgaires. 



132 LA FLORE 

iw.*L^ 192 

/ji«.Ax2fc. 78 

y,yt}\ Jo^ 26, 27 

ijM « w ** 63 

l yt * -^ 17 

IL^ 134 

;>=- -'^ 

t->^jS^ 1^0 

t^f^ 6^ 

J-^^ 193 

iULàw 193 

e?îj^ 193 

y^ 202 

tSjfrà- 193 

Q^^ 3 

i;i 17, 24 

* p^i 36 

ÀÀ^; 124 

iU; 189 

yl^; ........ 131 

;_5ib3l yl-^; 193 

ycf.) 83 

^*Xw 166 

«X*w 28 

ijy^^ 112 

^ 42 

)y^f*i 145 

xuk^çw 91 

kù^ 142 

lymyui 193 

c:v-ii 120 

t^j^;U^ 121 

/jxÀav 193 

^Aj^i 202 



PHARAONIQUE 



83, 






é^ 



U*" 



<X£ 



^XÀJ) iLlM^yS 



.U, 



«vil» 



ll^. . . . 



128, 






e/- • • • 

^'i. . . . 
lli. . . . 









O' 






112 
112 

164 
133 
143 
156 
193 

09 
192 
134 
134 
134 
129 
192 
157 
158 
129 
i'A 
140 
146 
126 

10 
175 

33 
134 
123 

31 
166 

50 
120 
193 
136 
145 
126 



INDEX COPTE 



133 



III. INDEX COPTE 



3^-Xi, n 157 

2V.'Ai*. 48 

2y.'\o^i 167 

[X.jULind.RO'y 99 

av^iULici 79, 121 

[Xn-eejLiic 105 

rVitCiuonH 199 

^neoyjuLop. n. . , . 121 

CX.iTi'îk.iô. 138 

î\-nioc 138 

3v_piu 28 

^pijLi 35 

C\.piyô.it 152 



2V.pujin. . 
3V.CJUII . 
Bm. . . 

Be<*\5<noc, n 
Reit'r, n . 
BonTe, TT. 
Be^n"^, -r . 
Bon'^, T . 
Bepv . 



. . 152 

. . 93 

. . 38 

. . 26 

. . 57 

. . 126 

. . 129 

. . 129 

. . 129 

. . 136 

BepujHoy 122 

BepeujoT 122 

Bht 38 

Bo-V 17, 24 

Be'v-YKe, n 125 

Be-Ti«xi.«:, n 125 

6aip*.i 14 

exiice 79, 121 

Gxi's.iu'A 42 

Gai^ui'\ ocy-r. . . A6, Al 

Guo 112 



GnoyK . 
Gpfeicï, n 
Gpjuôwn. 

GpUJIUj. 



Gtgoon, n. . . . 
G^Aô.0 (iTi-fieu'i"-n-) 

H^i 

Il^e 

Gô^fe 

Gô^Tien 

Gtupj 

OpiAXÈuin. 

Kui£. 

Ki«^pi 

KlKI 

KAh 

KoAoT^in-ee, n. . 

KOJUIH 



Komrew. 



KHttd^pi. . 
KenTi. 
Ktun . 
Ko-ynep . 
Kôkipe . 
Koipi . 
Kop-&o'A'.\oc . 
KpiKoiiôkAiik . 

Kpô^JuflH . 

Kpijutoit . 

Kô-TULIC. . 

KeTpi. 

Kevig . . . 

N-eyRc. 
Xen-Kon-ee, T. 



112 

63 
131 
152 

129 

126 

44 

44 

202 

123 

55 

83 

202 

168 

64 

166 

126 

142 

112 

166 

62 

202 

134 

59 

59 

138 

48 

183 

83 

60 

168 

10 

140 

154 



134 LA FLORE 

\».jui, n 92 

Uô.Aô.'xpou .... 121 

Uice 79, 121 

Uo-rpù. 132 

II0.01 177 

lleojuctyoi 124 

ll^iii C) 

HcvAX, 11 I80 

Hoju, n 133 

Ho-yni, n 181 

HoyiiK 112 

Ho^nKie 112 

Hi>.pKIOCOIl 50 

Okc 91 

OyA*.! 82 

OyAiô^Tioit .... 60 

Oypiu, n 157 

OpKdwVioit, n , . . . 59 

OpKonou^ 11 ... . 59 

Otp-v 82, 130 

O-yHp'i- 136 

O-yprr*. 69 

:^> Oci.'\^'^*''f'^* . . 133 

, \^ O'VCô.feiu, n 121 

. . ) Ile'Aeneniuii, n . . . 125 

' > Ile'Aneneit-it-ooyq, n. . 125 

IleAneneit-juL jun'Aoïi, n 125 

II*.ii"roKi 58 

Hcpci 139 

IleTne, t 57 

Pd.nîwttoit 181 

Cei 57 

Ci 57 

Co-yo 13 

CuÉie 52 

C.fie 52 

Cky'AAvn, Il ... . 46 

CjUlHpiUs., Il 163 



PHARAONIQUE 

CsA-ypit*., n . . . . 163 

CY«e.p, n 163 

CoilTTC 164'^"*'^ 

Cou^ 164 ->^ 

Cd.pô.XO<^> n. . . . 68 J->-^^ 

T.>.nert 123 

T^vAiNCKioii, H . . . 141 

Tes.AAevCKenoc, n. . . 141 

Ttupe 55 

Tepefiiueoc, n . . . 165 

'rpoKOivriic . . , . 193 

TpjAA^ n 161 

'PpiAii, n 161 

Tô.piiioii, Il . . . . 143 

Tjuô.-rion 60 

■«ï>*.£iev, n 157 

<t»-eA, 11 157 

<i»-e'Ai, n 157 

"^l'AAipev 202 

•'ï>pion 202 

Xo-ynep 134 

Xpiuo^iu 166 

Xpmoit 193 

IM, 11 113 

lljoofie, n 129 

UJiu£ie, n 129 

UJcvA, n 163 

UJeAuiHi'Ai .... 167 "^ 

UJ'Auj'2i, n . . . 126, 138 

lIJô.5UlJyp ^OO^X . . 121 

UJejLiHp 202 

UjHit 57 

UJe-u-oci 133 

Ul^n-V 142 

UJoii-re 142 

UJon, 11 129 

lljiuiie,n 129 

UJium, n. . . 128, 129 



INDEX 

UJujHO'V, n , . . . 183 

UJUJHU 57 

UJoiigen 193 

UJ-xHit 43 

UJ.s'Hn 43 

ô-ynopi 139 

8epjixî>.n 131 

8-ri-r 42, 183 

Scyq, n 159 

"XenHg^. 137 

"Xaneo 137 



COPTE 135 

•XlCJULIC 04 

■Xexpe 168 

6'uiÉi(3'iufee, n. . . . 129 

S-Ao, -r 126 

6'AiiiJULi, n 189 

^Aco, n 78 

^uini, Ti 129 

6'ekpdi.Te 140 

6'i'xpe 108 

(>Ao^, n 183 

^^e, -T 129 



INDEX DES NOMS HIÉROGLYPHIQUES 



ras., ,. . fl ra g. 

I o Aham \ uir 



S^ 



l^-% Agagi. l'aitie interne delà tit^c du Roseau. 6. 



Ab. Laitue? Lcu-tucn salua L. 113. 



lilPvflTP 



-^ Ammisi. Aneth. Anethum grateolens !.. 120. 
-^ — Menthe? Mentlta piperila L. 79, 



AA/W\A 
I I I 



Arhmani. Grenade. 131, 



o 111 ra _^ <2>- _M. _M^ y o 






Arhmani. Grenadier. Punica Grana- 
tum L. 131 



■^ Anousi. Sauge ? Salvia xgypiiaca L. 80. 

'^i^ ^ Anaoushana. Peut- ^^ 



III être synonyme de i \\ i 



^1^ 



n AAAAAA M I 



Anouk. Conyza. Erigeron legi/piiacus L 112. 



1;^. 



(S ooo Aour. Fève. Vicia Faba L. 1.57 

(3 1^ ■ 4 ^ I I I I '^ ffiis L. 29. 



^\Tî- 1 



y_ Aarou. Souchet. Cypevus lon- 



Q =0= Arp. Vin. 167. 



Arouri. Vigne. Yitis vint fera L. 107, 



ooo Arouri. Raisin. 167. 



138 LA FLORE PHARAONIQUE 

1 / Aham. Balsamum? Bdellium ? 163. 

1 <ciz>j Aser. Tamarin. Tamarix nilotica Khrb. 133. 
1 D III 



Ashep. Raisin soc. 16" 

alanitc. Balanites x 

Myxa L. (DiiaiiCHEN et 



Il C3SZ1 A n c»c=^ A Ashed. Balanitc. Balanites xr/yptiaca DEt,. (Masp.) 
S c^> Y ' 1 - r-^ Y l''y. — Sébestier. Cordia ilfi 



Loret). 101 



^III Aaqi. Poireau? AlUnm Porrum L. (h-xi, H(3'e, ecî'e), 44. 
1 ^ y o Ati. Orge. Hordeum vulgare L. 18. 
H «cz> ^ Ater. Pellicule du Papyrus. 28. 

1 A^w.^ I )m'*S Adarrouga. Synonyme de [""T^i | ^ ^^ M. 

° J V o Ab. Pomme de Pin ? 53. 



Afa. \Mi\\e1 Lactuca saliva L 113. 



/wwv\ i Aoun. Genévrier. Juniperus phœnicea L. 51. 


/wwv\ (3 V Annou. Même sens. 



AA/W\A () 



Qo 

^ \\ O Antl. hncens. 163. 



Jl Y ' ^S _Zr r Arou. Peut-être synonyme de ^^ y " 
I ( j III Arshâ. Pois cliiche. Cicer anVa'nwiu L. 152. 
I '===' _^^ ^ III Arshana. Lentille. Ervum Lens L. 156. 



I w I y Ash. Acacia. Acacia Seyal iHh. 143. 
S P^H 11' Scio Agaï. Menthe. Mentha piperila L. 79. 



INDEX DES NOMS HIEROGLYPHIQUES 139 

û O Agi. Huile de Sésame? 91. 



Jr a V jr^ws^V Ouâ 



Ouân. Genévrier, Juniperus phœnicca L. 51 



^^ 



CZSZ) i _Zr ^ Ounshaou. Coriandre. Coriandrum sativum L. 122. 
AAA/^ \\ III Ounshi. Graines de Coriandre. 122. 
\^ ^ Ouâr. Synonyme de ^"^0 " 

T Ouri. Germandrée. Teucriuni Polium L. 82. 
(à ^D (démot.). Ouartou. Rose. Rosasancta Righ. 136. 
o o o ' o III Ouhâ. Caroube. 146. 
jf ^ Outou. Feuille de Palmier. 38. 

A - — û I 1 N Bàï. Nervure médiane des frondes de Palmier. 38. 

n ^ 

JJ (3 i Bounnou. Dattier. Phœnix dacUjlifera L. 38. 

JAAA/W\ ^ 
o / Bounri. Datte. 38. 

Jl I Jl I II! Besbes. Fenouil? Ane/l/ium Fœniculum L. 121. 
Jl ^^ _^ X Baq. Moringa. Moringa aptera G.ertn. 145. 
O Baqi. Huile de Ben. 1 45, 



j. ... 



-^ ^ - ), ^l^fl 



(Miss., I, 205), ^ i^ 4 ^^ (Gr. Pap. Harr., XVI «, 



11). Baka. Rhizome du Souchet comestible. Cyperus esculentus L. 26. 

^=^^C) Bouti. Epeautre. Trilicum Spe 
c^ III Sorghum v ul g are Pers, 24. 

Ji 



ll^l, l)"^^^^^^^ ^°"*^' Epeautre. Trilicum Spelta L. 17.— Doura? 



èHj I Badjar. Oignon? Allium CepaL. 42. 



140 LA FLORE PHARAONIQUE 

tk LJ 's^— 1 ^ BouttOUka. Pastèque. CitrUi 

_21 ("=x[) ^''^111 125. — Aubergine? Solanum Melongenah. 



J'==:^^ -^ 1 j V*-,;-. ^ BouttOUka. Pastèque. Cî<rit//u5rM?r/a)-;s ScHRAD. 

125. 

D o 
1 w I o Pershou. Baies de Genévrier. 51. 

'V^ Vn Per-shen, « Grains chevelus ». Fleur de Mimosa. Acacia Farne- 
o o o vjt-tS- siana Wili.d. 144. 

U A(, ° 

Pouqer. Fleur de Henné. Lawsonia inermis L. 134. 

u u X 

£:iO 1 1 ^i Fatti. Résine de Lentisque. 165. 



»f 



Marna. Palmier-Doum. Eyphxne thehaica Mart. 36. 

fMama-n-khanen, «Doum à noyaux». Hyphxne Argun 
Mart. 37. 

liff^ A 

/www 1 ) „ . , 

^ Y Minaqou. Styrax. .S'<(/ra.r o/7?rmrt/c L. U9. 
^ =0= Minaqi. Resnie ou parfum de Styrax. 90. 

<=''=\ 3 \\ '^ 

ûaXiII Màhi. Lin. Linum laimile Mill. 177. 

^"^ c^ Màkhmàkhaï. Pourpier. Portulaca oleracea L. 
i_m^ (Masp.). 124. 

-^^'^'^ IS o (démot.) Mâdjal-haout, « Oignon sau- 
rn _c^ f^^^ "iR'^Q ». Asphodèle. Asphodelus fistu- 
losiis li. 'i7. 

J\\ \ Nabi. Roseau. Arundo Donax L. 6. 

TT^ (j '■'"''^ I "^ ra 1 Nabi-nt-Djahi, « Roseau de Phénicie ». ,\core. 
Jl iciK O (Us J^^ N\ fVA^ Acorws Calamus L 33. 

J I' Y Nabas. Jujul^ier? Zizi/pJius Spina-Chrisl'i Willd. 166. 

Îfjj =0= (démot.) Noufir-han, « Beau calice ». Ghrysantlièmc. Chri/san 
^vww\ '^ themum coronarium L. 103. 

I T /wwv\ m Nouni. Radis. Raphanus salivus h. 181. 

rû O i Nouhi. Sycomore. Ficus Sycomorns L. 61. 



INDEX DES NOMS II I ÊROGL Y PII I QUES 



141 



A/VW^A A A/VWVN 



0' 



^ ^ M Nouhi-nt-ânti, « Sycomore à encens ». Boswel- 



m o I o Awvv\ .Ovio /m //(îirz/tTrt Cart. 163. 

"''^^'^ ^)1ll ^ fl ('^ Nouhi-sountir, « Sycomore à térébenthine». 

ra 



JNouhi-nt-dab, « Sycomore à figues». Figuier. Ficus 
curica 11. G2. 



,/^\ 



Nouhi-djaïri, « Sycomore à fruit Djairi ». Caroubier? 



TU o^I ^ _^T "i Ceratonia Siliqua L.('2iiipi). 14(5, — Cédratier? Ci- 
trus Cedra FERR.('2ie'spej. 168. 



/vvvvvx 

raw 

AAAA'V\ n 



o Arhmani. Gre- 
o nade. 1.31. 



Neheb. \'oir © J| ^D ' 

mmVm' ra m&^ 

^ Nekheb. Lotus rose. Nelumhhim spcciosum Wu.ld. 192. 
Nas. Garthame. Carthamus lincloriits L 108. 



\\ 



_H__L ^ Nasi. Même sens. 

^ ^ Nasti. Môme sens 

A/VVW\ ri A^^WV\ 

J fe) Nesheb. Voir Q J 



\ n 



IZSZ3, 



■^ Nakpata. Romarin ? lîosmarinus offtci 



D ûMI 



-n_^ 1 A '^ Nakpata. Rom; 



Noutem. Caroubier. Ceratonia Siliqua L. 140. 



\\ I I I 



Rimi. Plantain d'eau? Alisma 
f^ Flantiujo L. 35. 



Ha. Papyrus. Ci/perus Papyrus L. 28, 

ooo ' O III Houà. Caroube. 146. 

Jcv "TL n <x A 'V /> Hab. Nom primitif de l'arbre 

_^^.Jl \>v i Habni. Ebénier. Dalbergia melanoxylon G. P. R. 96. 



142 LA FLORE PHARAONIQUE 



JU Habni. Ébène. 96. 



- fl Hemâ. Chaume resté en terre après qu'on a coupé les céréales 

\^ à mi-hauteur. 

'~'^ 1k :^ 1k 1k A"^' {Pap.méd. de Berlin, I, -i). 



•^ 3' 1k 1k A ^' {Pap.med.de Berlin, l, 'i). 'vwwv ^ 
, ^^ .<2>- HÏ^ _^^ V III Arhmani. Forme renversée de [Xj _^ 



Il Grenade. 131. 

"^^ I V' "^.^ I ^T^V Harou, Harouir. Ronce, Épine. 50. 

^== .^:^ .2:^1^ Rï^ (démot.) Hourouri-iioub, « Fleur d'or ». Ghry- 

, w I I I 'îi o o o s&nthcme. CJiri/santhemum coronarium L. i03. 



III Houdj. Oignon. AîliuDi Ce/iuL. i2. 

^ ^^ ^^ 

^= S/ <;:2i> s_-x- Sannar. bynonyme de q q ^ ^^^ 
Sou. Froment. Triticum vulgare Yill 13. 
Sib. Cèdre. Pinus Cedrus L. 52. 



Seb-noutem, « Roseau odorant » Acore Acorus Calamus L. 
33. 



m 
m 

I <ci^o' I 2^ «crz> 1 A III Sounter. Résine de Térébinthe. IG'i. 

chet. Cyperus fastigiatus Forsk. 30. 

^ ^-^ q?r] \^ ^<^ 1 f] "^ Sarpat. Lotus bleu. Nymplivea cœrulea 
Ci (' I ^ï^(/^ (14 III ^Av. 194. 



mko 

/wvw\ ( Soushin. Lotus Idanc. Nymphxa Lotus L. 193. 



Sis-noutem. Bois de Caroubier. 146. 



^\ 



(3 'jr 
:^o Ml Shaïou. Chou';' Brassica oler<(cea L. (uimnoy). 183. 

Shou. Filaments restés adhérents au tronc du Dattier, à la place 
des frondes tombées. 



INDEX DES NUiMS HIEROGLYPHIQUES 143 



JAA/V\ 
oo 



Shou-ament, « Soucliet occidental ». Sehœnanthe. Anrfro- 
1 por/on SchœnantJius L. 22. 



Shaouabou. Peut-être synonyme du nom 
suivant. 



Shoub. Lentisque. Pistacia Lentiscus L. 165. 



Shabin. Rhizome du Soucliet odorant. 25 



□ o Shep. Raisin sec. 167. 
D oMI Shoupi. Concombre? Cucumis sativus L. 129. 
/wbvNA III Shepen. Pavot? Papaver somniferum L. (Liiring). 190. 
<:!=> I 1 y (démot.). Shamari. Fenouil. Anethum Fœniculum L. 121. 

^ III Shamârn. Peut-être synonyme du mot précèdent. 

~wn Cl Shemshera. Nom sémitique égyptianisé du Sésame. Sesamum 
indicum D. C. 91. 



o o 



/VvWVV 



%^ ^ Sheni. Synonyme de ^ _^ "^ ' 

"'o^ X Shant. Acacia égyptien Acacia niloUca. Del. 142. 

.^cs'k o Ci ^e=^ <$. 

c^iiXO' r-=^)l ^ Shedehi, Shedehou. Liqueur de Grenade. 131. 

J!^!!^ > Kanna. Acore. Acorus Calamus L. .33. 

"Fl D () I Kouanta. Nom ptolémaïque du Figuier. Ficus caricu L. 62. 

-|l n "l Rek-Nahsi, « Jonc de Ni- R%,'^ 
>\^| f\Xn gritie ». Synonyme de Phl|" 



lll^^cJvy) Qam-n-Koush, « Jonc d'Ethiopie ». Même sens. 
"^^110 Qami. 1" Gomme; 2° Résine. 142. 



144 LA FLORE PU .\R AON IQIJE 



/j>^f\ "^^O Quamnini. Nom sémitique égyptianisô du Cumin. Ctimi- 
_/j. J^^'"'"^ III >non Cyminum L. 123. 






"i III Qanna. Non- ..^^w^^ V 



Zl ^ Yv ûash. Erayroslis cynosuroidesB.. elH. 10 — Cyp^rus alope- 

.^^ Clt»*0/(/<'S ROTTB. 31. 



C3I=1 



^^^^;, 



Qouqou. Fruit du Palmier-Doum. 3G. 



'*^^ ^ Qadi. Concombre. Cucumis Chate L. 128. 
'|\^i;i 09ti. Conyza. Conyza Dioscoridis L. 111. 



\ , ^-^ Qad. Cannelle. Lauriis Cassia L. 70. 

■(^ "^ Gaïou. Souclict odorant, et Souclict comestil)le. Cyperus 
m roiundiis L., et C. escidentus L. 25, 20. 



TA IK — N 

_M^/vwwvlll Ganna. \oir ^^wvv v 



Z;\ -fV ^ ^-51 A^A/^AA A i^ ^% Ganoush. Arroche? ^i^nw/c./;//or- 
11' _^^CZEZ]i ' I w 1 1 1 1 (ensis L. 78. — Canne à sucre ? 



Saccharuin ccgyptiacum \\'iu,d. 20. 



A/^WAA AA/VW\ 



Gangani. Raisin vert, verjus. 107. 



!m I Oui Garouta. Gousse. 1 46. 
^^ ^ Cash. Voir C30^^' 
DO III D T I C) III Tapenn. Gumiu. Cuminum Cytnhiwn L. 123. 

1 I I I ^:z:::^ _Z1 Tarroukou. Liqueur de Caroube. l'iO. 

<Z> N ^ Toura. Probablement synonyme de (3 | Oli i i' 

(1 <Ci X Tari. t^au\c. Salix Sa fsafFonsK. 5.5. 



Q. I l) 1 1 I I Tourouta. Doura î? Sorr/hum vuUjare Pers. 24. 



INDEX DES NOMS HI ÉROGL YPHIQUES 14ô 

I ^ I V Tas. Cinnamome. Laurus Cinnamomum Andr. 71. 
^ fv ^^^HOA^/^^ ^ fdémot.). Tehou-ab. Camomille. 3/a<ncarta CAamo- 
^ vOrr'^ '"^-"«L. 105. 

\ jl Dab. Figue. 62. 
D X ï Dapih. Pommier. Pyru* 3/(i?«s L. 137. 



□ X\\\ Dapih. Pomme. 137. 
'^'^'^^^^ I _^^ll! Darrouga. Caroube. 146. -j»' 

^^^^ Jr"lll Dinkon. Indigotier. Jndigofera arrjenteah. 150. 
/l^ 'm^ X Deqam. Ricm. Ricinus communis L. (Révill.) 64. 
<=> ^{' I ' 1^ Djaroudj. Gousse. 146. 

V Jl ^H Djàbi. Bois d'Aspalathe. ConvoUulus scoparius L. 84. 

i 1 ® 4 4 Y (démot.). Djapkhi. Voir q XY' 

l\ ^^ ^s. c^c- Diamâ. Papier de Papvrus. 28. 

i _^ o a Djaïri. Caroube (-^s-npi). 146. 

A _^ '^ n 1 1 1 Djarmà. Synonyme de a\ J\ ^ 



c^ 



2 ^ fi '^ Djaata. Marjolaine? Origanum Majorana L. 
Î) 14 111 OlASP.). 83. 

y Djadi. Olivier. Olea europxa L. 94. 
Djadi. Olive 94. 



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