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Full text of "Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de la Suisse romande"

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î^arbarli Collège iihrars 




GIFT OF 



Archibald Cary Coolidge, Ph.D. 



(CU86 Of X887) 

ASSISTANT PROFESSOR 
OF HISTORY 



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^) 



MÉMOIRES 

ET DOCUMENTS 

PUBLIÉS 

PAR LA^OGIÉTÉ D'HISTOIRE 

DE LA SUISSE ROMANDE 



Seconde série • 

TOME VII 



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Harvard Oollege Library 

Marcb 2e 1907 

Gift of 

Prof^.O.Ooolidge. 



LAUSANNE. — IMPRIMBRIK GEORGES BRIDEL & C'* 



) 



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MÉMOIRES ET DOCUMENTS 
publiés par la Société d'histoire de la Suisse romaude. 



SECONDE SÉRIE 

TOME Vil 



ESSAI DE TOPONYMIE 

Origine des noms de lieox habités et des lieux dits 
de la Suisse romande 



PAR 



HENRI JACCARO 

Professeur au collège d'Aigle. 



-i^-f-«- 



LAUSANNE 

OBORGES BRIDBL & d* ÉDITEURS 
1906 



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TABLE DES ABRÉVIATIONS 



Arch. Fr. 


Arcliivea fribourgeoiscs. 


Hugm. 


fiugmeuUtif. 


G. 


cantou. 


CarL La lis. 


CariuLiire de Lausanne dans Mém. et Doc. VI. 


Cart. MoDth, 


Carlïiîaire de Montheron. 


D, 


district. 


dim. 


dimînutir. 


Donat. Haut, 


LKtê des donations de Hauterive. 


F. B. 


Fontes rerum Bernensium. 


%■ 


fîgurtv 


Fôralm. 


Forstemann, voir Bibliog^phie. 


h, ham. 


hamtr^u. 


loc. 


lacalktti. 


m. 


maisoQ. 


M. R. 


Mémoires de la Soc. d'hist. de la Suisse romande. 


M. G. 


» de la Soc. d'hist. et d'archéol. de Genève. 


n. pr. 


nom propre. 


M. F. 


^fémorial de Fribourg. 


MtL 


Matile. 


Mas. N, 


Musée oeuchâtelois. 


M. N, 


» » 


P- 


pa^. 


R, dipL 


Recueil diplomaticpie de Fribourg. 


s. 


siédc. 


•ubst 


Bubsianttf. 


s, m. 


subst. masc. 


■. L 


Rtibst. ft-m. 


T, fr. 


viGux français. 


Y. h. ■!(, 


yhnx liaut allemand. 


Tr. 


Triiiiillaï, voir Bibliographie. 


Wslbg. 


W îj ta t (^ m berger, » 


Zeerl, 


Zeerlctîer, » 


♦ 


devant un n. propre ou autre nom indique un nom sup- 




posé, probable, mais non constaté dans les textes. 



Le» noms locAiix du Jura bernois saas indication d'origine sont tires de 
TrouINat, cl (xoiir le V^tlais, des volumes de documents publiés par Gremaud, 
M. R. XVUl et XXIX-XXXIU et XXXVU-XXXIX. 



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BIBLIOGRAPHIE 



Abbillk du Jura (abbé Sérasset). Recherches historiques sur l'ancien 
évèché de Bâle. — 2 roi. in-8o. NeuchÂtel 1840-41. 

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Neuchàtel 1903-1906. 

AuBBRT. Trésor de Tabbaye de SaintrMaurice d'Agaune. — Paris 1872. 

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BenoIt V.^ Bibliothèque neuchâteloise. — 4 vol. NeuchAtel 1861-1864. 

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— 2 vol. in-8o. Genève 1831. 

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» Essai statistique sur le canton du Valais. — Zurich 1820. 
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BniiiiB et Favet. Supplément au Dictionnaire historique du canton de 
Vaud. — 2 livr. Lausanne 1886. 

Bulletin de llnstitut genevois, vol. I-XXXIII. — Genève. 

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bourg 1897. 

Ghabloz, Fr. La Béroche, recherches historiques. — Neuchàtel 1867. 

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Ghampoluon-Figeag. Nouvelles recherches sur les patois de France. — 
1 vol. in-8*. Paris 1809. 

Chàteau-d'Œz et le Pays d'Enhaut^ étude historique publiée par le Club 
du Rubli. *- Chàteau-d'Œx 1882. 

GoRTBisT, Eugène. La vallée des Ormonts. — Lausanne 1903. 



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YI BIBLIOGRAPHIE 

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Deluon. Dictionnaire des paroisses du canton de Fribourg, continué par 

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Description des montagnes et des vallées de la principauté de NeuchAtel 

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De Vrr. Onomasticon totius latinitatis. — 4 vol. in-4o. Prato 1859-1892. 
DuGANGB. Glossarium mediœ et infimœ latinitatis. — 7 vol. in-4*. 
Dupraz, E. La cathédrale de Lausanne. — Lausanne 1906. 
DuvAL. Ternier et Saint- Julien. — 1 vol. in-8o. Genève 1879, 
Elrenncs fribourgeoises. — 34 vol. in-8«. Fribourg 1871-1905. 
FeuiJle des Avis officiels du canton de Vaud, années 1900-1906. 

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— î vol. in-4o. Nordhausen 1856. 
Fontes rerum Bernensium, vol. I-IV. — In-4o. Berne 1877 et suiv. 
FoRËLj F. Registre, soit Répertoire chronologique des documents relatifs 
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FuHRift, P. Geschichte von Wallis, vol. I-IIL — Sion 1850. 
GALirFE, J,-A. Matériaux pour l'histoire de Genève. — 2 vol. in-8». Ge- 
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» J.-J., Genève historique. — 1 vol. in-4o. Genève 1868-72. 
Gatscret, Ortsetymologische Forschungen. — 1 vol. £n-8o. Berne 1867. 

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GoDfiFROY. Lexique de l'ancien français. — 1 vol. in-4o. Paris 1901. 
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française. Bulletin de la Société Murithienne du Valais, XXXII et 

XXXIIl — Sion 1903, 1904. 



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BIBLIOGRAPHIE VII 

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châtel 1863. 

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2 vol. in 8o. — Fribourg 1832. 

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Alpes. — 1 vol. in-8». Paris 1820. 

LoNGMON. Géographie de la Gaule au vi« siècle. — 1 vol. in-4». Paris 1878. 

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2 vol. in-8o. — Lausanne 1861. 

Maillefer, p. Histoire du canton de Vaud. — Lausanne 1903. 

Marchot. Notes de toponymie fribourgeoise. Revue saisse cath, 1900. 

Martionier. Vevey et ses environs au moyen âge. — Lausanne 1862. 

Martignier et de Crousaz. Dictiqpnaire historique du canton de Vaud. 
— 1 vol. in-8o. Lausanne 1867. 

Mathby-Dorbt. Description de la mairie de Cortaillod. — Neuchâtel 1818. 

Mahle. Histoire de Valangin. — 1 vol. Neuchâtel 1852. 

» Monuments de l'histoire de Neuchâtel. — 2 vol. in-folio. Neu- 
châtel 1844-48. 
» Musée historique de Neuchâtel. — 2 vol. Neuchâtel 1841-43. 

Mémoires et documents de la Société d'histoire et d'archéologie de 
Genève, vol. I à XXIII. 1841-1902. 

Mémoires de l'Institut genevois. — 17 vol. in-4o. Genève 1864-1889. 

Mémoires de la Société académique (royale, puis impériale) de Savoie. — 
16 vol. in.8o. Chambéry 1845 et suiv. 

Mémoires et documents de la Société d'histoire de la Suisse romande, 
vol. I à XXXIX, et seconde série, vol. I à V. — Lausanne 1838-1904. 

Mémorial de Fribourg, tomes I à VII. — Fribourg 1854-59. 

DE Mburon. Description de la chatellenie du Landeron. — Neuchâtel 1828. 

MoNiN. Monuments des anciens idiomes gaulois. — 1 vol. in-8o. Paris 
1880. 

DE MoNTBT, A. Documents relatifs à l'histoire de Vevey. — 1 vol. in-8o. 
Turin 1884. 

MoREL. Abrégé de l'histoire de l'évéché de Bâle. — 1 vol. în-8. 1813. 

MuoTH. Bnndnerische Ortonamen. — Coire 1892, 

Musée neuchâtelois. — 4rvol. grand in-8o. Neuchâtel 1863-1904. 

OuviER, J. Le canton de Vaud. — 2 vol. in-8». Lausanne 1837. 

Pasche, Ce. La contrée d'Oron. — 1 vol. in-8o. Lausanne 1895. 



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VIII BIBLIOGRAPHIE 

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deurs, et la Noble bourgeoisie d'Aigle, deffenderesse. — Volume avec 
de nombreuses chartes d'Aigle. Berne 1770. 

QuiGHERAT. J. Formation française des anciens noms de lieux. — 1 vol. 
in-12. — Paris 1867. 
» Dictionnaire latin-français (pour les noms propres). 

QuiQusRKz. Monuments de l'ancien évêché de Bâie. — Porrcntruy 1864. 

Recueil diplomatique du canton de Fribourg. — 8 vol. in-8o. Fribourg, 
1829 et suiv. 

Régeste genevois, par MalLet, Lefort et Lullin. — i vol. in-4o. Genève 
1866. 

Revue historique vaudoise, vol. I à XIV, 1893-1806. 

Savoy. Essai de flore romande. — 1 vol. in-8o. Fribourg 1900. 

Sghlàtter. St. Gallische romanische Ortsnamen. — St. Gallen 1903. 

Spon. Histoire de Genève. — 2 vol. in-12. Lyon 1680. 

Stadblmann. Etudes de toponymie romande. — 1 vol. in-8®. Fribourg 1902. 

Stappbrs, h. Dictionnaire synoptique d'étymologie française. — 1 vol. 
in-8o, 2e éd. Paris, sans date (vers 1895). 

Studer. Schweizer Ortsnamen. — 1 vol. in-12. Zurich 1896. 

Trouillat. Monuments de l'histoire de l'évêché de Bâle. — 3 vol. gr. în-8. 
Porrentruy 1852-4858. • 

TscHARNER et DE Haller. Dictiounairc historique, politique et géogra- 
phique de la Suisse. — 3 vol. in-8o. Genève et Paris 1788. 

Vallotton-Aubert. Vallorbe, esquisse géographique et historique. — 
1 vol. in-8o. Lausanne 1875. 

Vautrey. Le Jura bernois. — 4 vol. Porrentruy 1863-1878. 

VuLLiEMiN, L. Chillon, étude historique. — In-8o. Lausanne 1851. 

WûRSTBMBERGER. Pctcr dcr Zweite. Vierter Theil. — 1 vol. in-8o. Bem 
1858. 

2^ERLEDBR. Urkundcu fur die Geschichte der Stadt Bern. — 3 vol. in-4. 
Berne 1853-55. 

Zeuss. Grammatica celtica. — 2 vol. in-8. Berolini 1868-1871. 

ZuofERu. Die deutsch-franzôsische Sprachgrenze in der Schweiz. — 
BAle et Genève 1891-1899. 

Ostr-tea. 

DuFOUR. Carte topographique de la Suisse, Feuilles 7, 11, 12, 16, 17. 

Siegfried. Atlas topographique Vssooo ^^ Vsoooo» '^^ feuilles concernant la 
Suisse romande. 

Carte topographique du canton de Vaud au V50000' 

Carte de France de Tétat-major au ^/goooo» feuilles Thonon, Annecy, 
Saint-Claude. 

RovÉRÉA. Carte des 4 mandements d'Aigle. — Sans date (fin du 18^ s.). 

Von der Weid, Fr. Incliti cantonis Friburgensis tabula, 1668, repro- 
duite par Stadelmann, op. cit. Frib. 1902. 

Plans cadastraux de nombreuses communes du canton de Vaud et du 
Bas-Valais. 



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INTRODUCTION 



Tout nom de lieu, ville ou villag^e, rivière, montag-ne ou simple 
terrain, soit lieu-dit, a eu une signification précise à l'ori^ne. Le 
sens d'un grand nombre de ces noms nous échappe aujourd'hui, 
soit qu'ils appartiennent à des racines inconnues, soit qu'ils aient 
été tellement défig'urés dans la suite des temps qu'il ne nous est 
plus possible d'en reconnaître la racine primitive sous la forme 
que le nom revêt actuellement. Remarquons ici que très souvent 
la forme officielle est une source d'erreurs. Les rédacteurs d'actes, 
clercs et notaires, et, plus près de nous, les g-éomètres qui ont levé 
les plans, les cartographes officiels ou privés ont très souvent 
interprété faussement les noms qu'ils entendaient prononcer, et 
leur ont donné une orthographe qui déroute aujourd'hui le cher- 
cheur. Aussi est-il de la première importance, pour une étude 
toponjmique, de rechercher les plus anciennes formes de chaque 
nom. La lecture attentive des documents publiés dans les recueils 
de chartes ou conservés dans les diverses archives est donc un tra- 
vail préliminaire indispensable. 

I. Origine. — A quel idiome appartiennent, d'après leurs 
racines, les noms de lieux de notre pays ? 

Il j en a de trois sources différentes, formant trois couches 
superposées. Et de même que le géolojipie détermine l'âge relatif 
des divers terrains aux fossiles qu'ils renferment, on reconnaît 
les origines diverses des localités du pays aux racines dont elles 
dérivent. 



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X INTRODUCTION 

Une première série de noms, la plus ancienne, est d'origine cel- 
tique. Nos ancêtres, les Helvètes, appartenaient à la nation gau- 
loise, un des rameaux de la grande race celtique. Leur langue se 
rattachait à la famille indo-germanique ; elle était proche parente 
du latin et des vieux idiomes germains, (Bopp, Grimm, Zeuss). La 
plupart des noms de rivières, tous ceux en one, ar, sar, dive, 
reuse, rhin, morge, etc. ; ceux de plusieurs montagnes, alpe, 
dol, tann, balm; quelques termes topographiques, combe, oche; 
quelques noms d'arbres, verne, sapin, et de beaucoup de loca- 
lités, anciennement en dunum, durum, sont d'origine celtique. 
Ces noms se rencontrent surtout dans la vallée du Rhône, de sa 
source à Genève, et dans les vallées principales, Sarine, Broyé, 
Thièle, Birse. Un assez grand nombre d'entre eux s'expliquent 
avec plus ou moins de certitude; d'autres présentent une explica- 
tion probable ; beaucoup offrent des prablèmes pour toujours inso- 
lubles. 

A cette première série de noms s'en ajoute une seconde beau- 
coup plus nombreuse, celle des noms remontant à l'époque gallo- 
romaine, vocables tirés d'une racine latine, ou gauloise, mais 
adoptée dans le bas latin. Les conquérants romains s'établirent 
essentiellement le long des grandes voies de conmiunication, dans 
les vallées déjà nommées, et sur le parcours des routes construites 
par eux. Ils bâtirent des fermes, des maisons de campagne, ils 
établirent des colonies, élevèrent des châteaux. A cette source éty- 
mologique se rattachent les noms formés des racines villam, 
casam, campum, pratum, planum, castrum ou castellum, monas- 
terium, capellam, montem, vallem, furcam, mansum, coloniam, 
burgum, vicum, condominium, murum, finem, paludem, aquam, 
flumen, etc. La plupart des noms d'arbres, fagum^ pinum, tiliam, 
castaneam, laricem, etc., et quelques noms de végétaux plus 
humbles, jonc, ronce, fougère, puis ceux qui dérivent de plantes 
cultivées, froment, orge, épeautre, lentille, fève, pois, servent à 
dénommer de nombreuses localités. A ces deux groupes dérivés 
de noms communs viennent s'ajouter tous les noms de lieux ha- 
bités terminés en ier, iez, ey, y, ex, ez, ay, primitivement formés 



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INTRODUCTION XI 

d'un nom d*homine, généralement un g'entilîce^ — nom de fa- 
mille, — romain, celui du premier propriétaire, tels que Crissier, 
Agiez, Chabrey, Moiry, Arnex, quelquefois d'un cogtiomen^ ou 
surnom, Lonaj, Saconnex = domaines de Criscius, Abidius, 
Cabrius, Maurius, Arnius, Lonus, Saco, noms auxquels s'ajou- 
tait le suffixe locatif acum; iacum s'est réduit à iac, puis à iaj, 
iei, ie ou ye, enfin à y qui avait d'abord le son de le dans vie. 
Mais d'autres noms se rattachent à ce groupe. Il faut y ajouter 
quelques noms en on^ dérivés de gentilices avec le suffixe io, 
ionis, tels sont Courson, Grandson, Valençon, Marsillon^ etc. 
Enfin le gentilice peut se transformer en adjectif et ne prend pas 
de suffixe : villa^ Juvenia, de Juvenius, domus Licinia, fundus' 
Anicius; ainsi à Rome, pons Aemilius, via Valeria, aqua Claudia, 
via Aemilia (Jubain ville, p. 264, 3^5), et chez nous (villas) Da- 
vias, Granias. A cette dérivation se rattachent des noms dérivés 
du nominatif féminin singulier : Monnaz, jadis Mona, villa Mona, 
Paganaz, terra Pagana, ou du datif-ablatif pluriel : Granges, 
Grangiis, villis Graniis de Granius, villa Magis de Magus, aujour- 
d'hui Mage. 

Une troisième série de noms, la plus récente, est due à l'inva- 
sion burgonde, au commencement du cinquième siècle. 

Les Germains s'établirent surtout sur les plateaux qui séparent 
les vallées, dont la population gallo-romaine était déjà assez com- 
pacte ; ainsi sur le plateau entre la Sarine et la Glâne, entre la 

* Les gentilices se forment des cof^omens, surnoms adjectifs, par Tinterca- 
lation . d'un i : Quintus-ius, Sextus-ius, Maurus-ius, Germanus-ius, ete. Les 
Gaulois faisaient de même : Gabros-Gabrios, Toouta-Tooutia. 

* Le propriétaire avait pris un gentilice quand il avait obtenu le droit de cit^ 
romain, et se contentait d'un co^omen quand il était resté barbare; A. de 
Jubainville, p. 96^ 

' Fandus et villa sont deux termes corrélatifs : Fundus est la portion du sol 
qui forme une exploitation apicole appartenant k un propriétaire déterminé. 
Villa est le ^oupe des bâtiments où le propriétaire se loge et qui serrent k 
l'exploitation. 11 n'y a pas de villa sans fundus, ni de fundus sans villa. Suppri- 
mez la villa, le fundus est réduit k l'état iïager ou de locu^^ Ager est locus qui 
sine villa est. JubainviUe, p. 95. 



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XI î INTRODUCTION 

GlAne et la Broje, daos le Gros de Vaud, enfin sur le plateau qui 
s'étend entre la Venoffe et le pied du Jura. Ajoutons quelques 
rares établissements en Valais : Salins, Suen, Tartig. Chaque chef 
burg-onde reçut son lot dans le partagée des terres ; il s'y établit 
ave<ï sa famille et ses g'ens, et le nouvel établissement reçut un 
nom dérivé de celui du propriétaire : par exemple Renens, primi- 
tivement Hutiînig'is, chez les descendants de Runo. C'est ainsi que 
sont nés^ dans les rég'ions que nous venons d'énumérer, les noms 
de vilJa^s et de hameaux si nombreux (m d'après Zimmerli), 
forméfi du sufiixe g'ermain ingum, traduit en latin par ingis^ de- 
venu dès te neuvième siècle enSy eins^ enges ou anges y ingeSy 
quatre formes qui ont chacune leur région particulière: ens à 
Fribourg et la région d'Echallens : Berlens, Sullens; ins au sud 
de l'Aubonne : Bursins, Prangins, et à Neuchâtel : Marin, Ver- 
moudin ; i tiges à Genève : Presinges, Puplinges et dans la région 
voisine de la Haute-Savoie, où l'on trouve une trentaine de noms 
en înges (dans M. Inst. Gen. VIII, 12, J. Vuy en compte 38); 
enHn la forme enges se trouve dans deux groupes de localités^ 
Tun dans la vallée de la Broyé : Auboranges, Martherenges, 
l'autre prés de Morges : Préverenges, Bassenges (aussi en Cha* 
biais : Modange, Champanges. etc.). Ajoutons encore une graphie 
qui le rend méconnaissable, c'est an, Renan, Aran, Chevran^ 
Valavran. Un autre groupe de noms datant de la période de l'in* 
vasion germaine comprend les nombreux Villars, de villare, réu- 
nion do villes, généralement déterminés par le nom du Germain 
auquel le hameau de colons gallo-romains échut en partage, ou, 
pour les localités nouvellement habitées, le nom de celui qui a 
fondé la villa, qui s'est établi sur le mont ou dans la vallée : 
Villarimboud, Villargiroud, Villariaz = villas de Rambold, de 
Gérold^ de Robart; Vaumarcus, Montbovon, vallée de Marcold» 
mont de Bovo. A ces noms de la partie méridionale de notre pays 
romand s'ajoutent tous les noms composés en court du Jura : 
Courtelarjj Vendelincourt, etc., et la plupart de ceux en velier : 
Uadervelier, Develier, que Zimmerli (III® p.) croit être d'origine 
frânque. 



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INTRODUCTION XIII 

Presque tous les noms de cette classe si nombreuse des dérivés 
de noms propres §^eriiianiques nous sont parvenus sous deux 
formes, l'une allemande, l'autre française, qui s'éclairent récipro- 
quement, la forme allemande ayant gardé généralement la racine 
plus intacte, ainsi Vufflens — Wûlflingen, de Wulfilo, Glovelier — 
Lioltingen, de Lioht, Develier — Dietwiler, de Dieto^ Villarepos — 
Ruppertswiler, de Ruppert, Courroux — ^Lûtolsdorf, de Lûtold. 
Toute étjmologie qui ne satisfait pas aux deux formes, française 
et germaine, est fausse, ainsi celle qui tire Courroux de curtis 
rufus (Dict. géog. Attinger), est d'emblée à rejeter, de même 
que celles qui dérivent le déterminatif d'un nom commun, court 
et velier s'ajoutant toujours à un nom propre, voir Corban, Gof- 
frane, Hiécourt. 

Notons enfin que ce mode de formation de noms locaux dérivés 
de noms d'hommes se continue encore de nos jours, surtout dans 
les montagnes. Citons parmi les noms propres existant encore 
aujourd'hui, dans la Gruyère : la Saudannaz (Saudan), la Bu- 
mandaz (Buman), la YonderweidCy la Fégueline, la Guisolandaz, 
— au Pays d'Enhaut, la Jaquillarde, la Jaquerode, la Minaudaz, 
la Gobalette ; dans le district d'Aigle, la Bercière, la Veillarde, la 
Sordettaz, ia Perrettaz ; dans le Jura, district de Grandson, la 
Porrettas, la Rougemonne, la Rusillonne, la Roguine, la Pidou- 
saz, la Christine, etc. Nous avons laissé de c6ié ces noms qui s'ex- 
pliquent d'eux-mêmes. 

Remarquons en passant que les notaires ont souvent donné le 
suffixe gallo-romain iacum à des noms d'origine germanique et 
quelquefois l'inverse. Citons Bruciniacum pour Brucins ou Bur- 
sins, Givriacum — Givrins, Matiniacum — Mategnins et inverse- 
ment, Burdignins pour Bourdigny de Burdiniacum, Cartignins — 
Cartigny de Quartiniacura, Prignins de Prinniacum, Gresins de 
Gratiacum, Nivillins de Novelliacum. Us ont de même donné ce 
suffixe acum, qui ne s'ajoute qu'à des noms d'hommes, à des noms 
de choses: Asneriacum, Anières; Pantharacum, Penthéréa; Chi- 
seracum, Chéserex ; Corgiacum, Corges ; Gollionacum, Gollion ; 
Holder cite aussi un Tremuliacum, aujourd'hui Trembly, de tre- 



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XIV INTRODUCTION 

mula, le tremble. Aux noms de localités dérivés de noms propres 
germains, s'ajoatent, dans la période burgonde, un certain 
nombre de noms, surtout de lieux-dits, dérivés de substantifs 
communs germaniques : bole, breuil, mosse, léchère, râpe ou 
rippe, rosé, saule, vœte, vuaz, vavre ou voivre, etc. 

2. Modifications des racines. — Naturellement tous ces noms 
ont subi, daos le cours des âges, maintes modifications. Les règles 
qui présidcDi à la transformation des mots du dictionnaire, per- 
mutations, transpositions, additions ou suppressions de lettres, 
dont on trouve les lois dans les dictionnaires étymologiques, s'ap- 
pliquent avec la même rigueur aux modifications des noms 
propres ; seulement leur orthographe est infiniment plus capri- 
cieu.sef plus mobile, car elle n*est réglée par aucun dictionnaire. 

De plus, on y rencontre un certain nombre de permutations 
inconnues au français, mais qui se retrouvent dans nos patois : 
c-h aspiré j Corne— Horne, Combe — Hombe; ch-f, Oche—OflFe; 
s-f, TEssert—leFer, Cingle — Fingle ; ch-ss, Ouche — Ousse; ss-ch, 
Esscrt— Echert, Pissot — Pichoux; j-z, Joux — Zour; ch-ts, Chanoz 
— Zaaoz, Chaux — ^Tsô; 1 mouillé et 1-d ou 8, GoUie — Gode, 
Daillon— -Dadon, Palette — Padette; j-d, Oujon— Audon, Chages 
— Chaude; q-t ou o-t, Paquier — Patier, Curtmannonis — Tourte- 
magne; gl-H, Glaise— Liaise, Glarey — Lîarey; — des additions, 
comme le v entre deux voyelles, des suppressions, comme celle 
du V initial ou médian, Vercome— Ercome, Vernayaz — Ernayaz, 
Novale— Noale. Nous y trouvons des voyelles et syllabes atones, 
az, 02, èf j ^ e, Riondaz — Rionde, Iserabloz — Iserable; on écrit 
iodifPéremment Trogny et Trogne, Reschy — Rèche, Siniése et 
Ziniegy ; cet i atone existe dans les patois de Tlsère où Ton écrit 
tachif clou, tronchi, souche, oulagni, noisette, armailli pour ar- 
maille, troupe, drachi, marc, grailli, corneille, agi, haie. Au qua- 
torzième siècle, plus de cinquante noms de lieux du pays aujour- 
d'hui terminé!? en e, s'écrivent y : Venogy, et jusqu'au seizième 
siècle, Vivejsi i536, et au dix-septième, la Monsy i668, laMonse; 
6z ^ es, Miserez — Mézières ; ier et iez :i= y, Vernier, Agiez, Fiez, 



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INTRODUCTION XV 

se prononcent Verny, Agy, Fy. A ce propos, remarquons qu'il se- 
rait temps de modifier l'orthographe de nos noms de localités 
pour éviter de voir ces noms défigurés par un déplacemertt de 
l'accent. On entend déjà trop souvent prononcer Riondàt, An* 
zeindàt ou Riondàze, Anzeindàze, les mots Rîondaz, Anzeindaï, 
que nos pères prononçaient Rionde, Anzeinde, comme nos mon- 
tagnards le font encore aujourd'hui. Nous devrions imiter les \^a- 
laisans qui ont abandonné les orthographes surannées d'Ëvolenaz, 
Iserabloz, écrits aujourd'hui Ëvolène, Isérable. 

Parmi les influences qui ont contribué à modifier les noms, il 
faut encore ajouter : 

fo La soudure de l'article, entière ou partielle : Lallex, l'Allée 
ou l'Aller pour la Lex, Lormoy— l'Ormoie, Lourtier — l'Ortier, la 
Liserae — l'Yserne, la Laire — l'Aire, Lirette — l'Irette, Loursine— 
rOursine, Lautaret — l'Autaret, Louge — l'Ouge, Loche — KOche, 
rObèche — lo Besso, l'Avare — la Vare, l'Achat— la Chaz. 

2^ Au contraire, la séparation de 1 initial : l'Arrêt pour Larrel, 
l'Horette— Lorette, ou du a de l'article féminin, la London poui- 
l'Allondon. 

i^ L'addition d'un n initial provenant de la liaison de en avec 
la voyelle, Onnaz— Nona, Euloz — Neuloz, Oez — Noës, Ombrieux 
— Nombrieux, y Travers — ^Nitravers, fréquent en Valais où l'on 
dit encore aller en Isérable, en Nendaz. Cette agglutination de l'n 
est fréquente en romanche : Nalps, Nacla, Naul pour in Alps^ m 
Acla (= mayen), in Aul, devenus 'n Alps, 'n Acla, 'n AuL On 
a dit aussi Nenges pour Enges, Description de J^euchâtei, par 
Amiet, i6ga. 

4® La soudure de en : Engollon, Ënney, Envelier, Ënvuardes. 

5® La soudure de es (y en Valais) : Ëtagnère, Ëlay, Elojes, 
Echilles, Epoisats, Eponveys, Eplatures, Evilard, Ecoteaux, ^- 
mettes, Itravers, Izigière, Ypresse. 

6o La séparation de a ou e initial pris pour une préposition : 
à Talens pour Attalens, en patois Talein, R. de Vouant paur 
d'E vouant, Epenaux devenu es Pénaux, puis Penau. 

70 Des confusions de suffixes: an latin avec ens germanique : 



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XVI INTRODUCTION 

Aran pour AreDs, Chevran pour Chevrens, Valavran pour Vala- 
vrens ; ar latin et ard g^ermanique : châtelar, molar, villar, outar, 
de castellare, molare, villare, altare, devenus châtelard, molard, 
villard, outard. 

8° De:^ modifications de suffixes, telles que aulaz, oUaz, eulaz, 
pour ok, aaciennement oula, de ula : Argnaulaz, Foyaulaz, Ter- 
raulaz, Scrraulaz, Revereulaz, jadis Herniola, Teroula, Rive- 
roula* 

cy> L'introduction de lettres parasites, telles que le h après t, 
soit au commencement des mots, Thanna, Theil, Theisa, Thio- 
leire, soh h Tintérieur, Athenaz, Bethusy, Epautheires, Mathod, 
Motbe, Penthaz, ou à la fin, Buth, Ruth, Seythe, etc., h qui a été 
la cause de fausses étymologies : personne n'aurait son^ à dé- 
river Betusie de Bet-hus, si Ton n'y avait introduit un h après le 
treizième siècle. De même à la fin des mots le z est le plus souvent 
parasite et n'apparaît que postérieurement; outre les mots en olaz 
mentionaèï plus haut, citons encore Monnaz, Penthaz, jadis Mona, 
PenU, 

En outre, de fausses étymolo^ies, de faux rapprochements, ba- 
sés sur des ressemblances fortuites, ont souvent influé sur l'ortho- 
graphe, et quantité de noms nous sont parvenus sous un aspect, 
un déguisement qui les rend méconnaissables. Citons parmi les 
fausses orthogpraphes actuelles, outre celles que nous donnons plus 
haut : les Arts pour les Ars, le Cerf pour TEssert, Couvaloup pour 
Couvalou, la rue du Marché à Genève pour Marchet ou Maréchet, 
le Muids pour le Muis, Jolimont pour Julemont, le Vaud, les 
Veaux pour Leveau, Leveaux. Bord-de-Feau pour Bordelloz, etc. 
Les clinrtes nous offrent de curieux exemples de ces calembours : 
Arcum Cœli par Arconciel, Periculo — Péry, Aprili — Avry, Gran- 
dissonus pour Granzon de Grantio, Vallis Volucrum pourFug-lis- 
dal ou Vauffelin, Vallem Leonis — Vaulion, Vallis Mercurii — Vau- 
marciiH, K^choles Blanches pour Escublens (Cart. Haut Crèt). 
Cette tendance à expliquer un nom par une ressemblance purement 
extérieure a, encore de nos jours, conduit à une quantité de fausses 
^^lymologies, dont le Dictionnaire historique du canton de Vaud 



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INTRODUCTION XVH 

et les travaux d'Hiscly dans les premiers volumes des Mémoires et 
documents de la société d'histoire de la Suisse romande fjffrent 
encore quelques exemples, tels sont Bethusy de Bet-haws (l'Ii est 
parasite), Romairon de Romanorum, Eclépens, Sclepeding^ii^ï, tle 
scblepp-din^, étymologie de Ruchat qui tire Ecublena tte Scliu- 
bling" et Senarclens de Scharnachlingen, pays des ronfliMirs (cité 
par J, Olivier, Canton de Vaud, i88). C'est ainsi qu'rij 1869 
encore, Saug-y tire Bellelay de belle laie, femelle de î^îuij>^li**r 
(Histoire de l'Abbaye)^ qu'en 1900 M. Marchot dérive Villarc[)ùs 
de villare repositum, et que nous avons entendu explique]* Sainf- 
Gingolph par Saint-Jean en golfe ! 

Ajoutons les fausses lectures : Mameres pour Mameres H\Qt: ua 
i sans point et la faute inverse, Balinam pour Balmam, Vi;ri-onm 
pour Vercoma; celles de Uaure pour Vavre, Juvego pour Jtji-i^nj, 
Uuurie lu Wurie pour Vuvrie (Haut Crôt), Duluina pour Diiltuva, 
n pour u =: V (M. R. III), in Auros (Matile) pour iauros =: ,1a- 
vros, le Javroz, confusions dues à l'identité des lettres n ri v. 
C'est la même raison qui n'a pas permis à l'éditeur de FfiMUiairc^ 
de la cathédrale de Genève, M, G., XXI, 187, d'identifier le norn 
de Valaurens, qui n'est autre que Valavran, écrit Valavreris, i-j'y-^^ 
M, (?., XIV, 4o^ 

L'esprit de système est une autre cause qui a con tribus^ k aug- 
menter le nombre des fausses étymologies. Au commence intiit liu 
siècle passéy la mode était au celtique. En 1807, l'Académie cel- 
tique se proposait «d'étudier et de publier les étymoloi^ies de 
toutes les langues de l'Europe, à l'aide du celto-breton» (AJf* moires 
I, p. 4)' Le doyen Bridel, tout épris de celtique, traduisail parties 
mots celtes plus ou moins authentiques tirés de BuUet^ les noru^ 
les plus manifestement latins : Ayerne, Baugy, Ghavon, rhisierc, 
Forclaz, Manche, Mazot, Mocausa, Neirivue. De môme (j;ujilv' 
Lefort, dans son Glossaire genevois^ 1820, pour Colognv, Piessy, 
Crêt, Vie, etc. 

' M. le chanoine Mercier, dans sa liste des chanoines de Genève jmjMm r- «iii 
1895, Acad. Salésienne d'Annecy, Mém., XIV, 196, n'a pas non plus uiiïtiiHi^ 
Valaurens avec Valavran (comm. par M. Eujçène Ritter). 

il 

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XVIII INTRODUCTION 

Gatschet, dans ses Ortsetymologische Forschungen et Pro- 
menades ono mas tiques^ tous deux parus en 1867, a heureuse- 
ment recouru aux sources aussi souvent qu'il a pu, et a rencontré 
juste dans un grand nombre de cas. Mais il a aussi un système 
qui lui a fait commettre mainte erreur. Il attribue aux plantes un 
rôle exagéré dans l'onomastique locale, et dès qu'il découvre 
quelque ressemblaace entre un nom de plante et celui d'une loca- 
lité, il dérive celui-ci du premier, sans souci des possibilités. 
Ainsi pour lui Vercorin, Valais, vient de verrucaria, l'héliotrope 
d'Europe, petite plante peu apparente qui n'y croît pas ; Auvernier 
de avornio, l'orme, arbre d'Italie ; Auboranges de aubours, cytise 
du Tessin ; Arzier de arze, mélèze, étranger au Jura ; Avenex de 
avoine. Fiez de fichte, le pin ; Géligny de siligo, froment d'hiver; 
Lentigny de lens, lentille, quand les suffixes en acum des quatre 
indiquent la dérivation d'un nom d'homme; les Ëvouettes, Ivettes, 
de eibe, if; Naie de nardus, le nard «que le bétail préfère à toute 
autre herbe», dit-il : erreur amusante, car aucun bétail ne touche 
à cette graminée dure et piquante. Citons encore Compesièrestra- 
duit par Combe des pesses, quand la localité est située sur un crét 
fort prononcé, la Becca d'Audon, 8228 mètres, d'herba d'audon, 
la bryone, plante des contrées chaudes. Studer {Schweizerorts- 
nameriy 1896), admet de confiance toutes ces étymologies qui ne 
supportent pas l'examen^ et renchérissant encore, dérive Eisten et 
Fée, vallée de Saas, de l'allemand eisten et du latin fagus, hêtre, 
arbre étranger au Valais; Monte Moro, col glacé, 2 100 mètres au 
pied, de morus, mûrier, ou de morum, mûre de haie. Telle est 
encore l'erreur de M. Paul Marchot qui, tout récemment. Revue 
de la Suisse catholique, 1900, tire Charmey de carpinetum, 
taillis de charmes, arbre qui ne croît pas à cette hauteur et, faute 
plus grave, dérive, sans s'inquiéter d'aucune forme historique, 
Morat et le Mouret de moretum, plantation de mûriers. 

Aucune circonstance, aucune considération ne les arrête, ni la 
configuration du sol, ni l'altitude et l'impossibilité pour telle 
plante de croître dans le lieu donné. 

Pour éviter autant que possible de tomber dans les erreurs de 



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INTRODUCTION XIX 

DOS devanciers, nous avons d'abord compulsé toutes les sources 
de renseignements que nous pouvions trouver. Les cartes, les 
plans cadastraux et les Feuilles des avis officiels nous ont fourni 
les noms actuels dont nous avons noté soigneusement les variantes 
d'orthographe. Puis les diverses publications des sociétés d'his- 
toire et d'autres ouvrages, plus de 25o volumes, nous ont donné 
les formes primitives de ces mêmes noms. Nous avons admis dans 
le cadre de notre étude les localités jadis romandes, aujourd'hui 
germanisées, du Valais, depuis Conches jusqu'à Louèche, ou 
l'allemand ne s'établit définitivement qu'au seizième siècle, ainsi 
que les villages des environs des lacs de Bienne et de Morat, où 
l'allemand continue sa marche en avant. C'est ainsi que Naters, 
Brigue, Kerzers, Mett, etc., ont trouvé place dans notre étude. 

Ce travail préparatoire achevé, nous avons étudié les ouvrages 
qui pouvaient nous donner l'explication des difiPérentes racines et 
la formation des noms de lieux, les travaux de Quicherat et sur- 
tout le magistral ouvrage de d'Arbois de Jubainville sur Y Ori- 
gine des noms de lieux habités en France^ le Dictionnaire de 
De Vit pour les noms d'hommes d'origine latine, celui de Fôrste- 
mann pour les noms germaniques, les ouvrages de Zeuss, de 
Holder, Diefenbach, etc., pour les racines celtiques. 

Ces différentes sources nous ont permis de résoudre maint pro- 
blème étymologique resté jusqu'ici insoluble. Ajoutons que la plu- 
part de nos solutions ont été soumises à l'examen de M. le profes- 
seur J. Bonnard qui, avec une complaisance inépuisable, a mis sa 
science à notre service pour vérifier et à l'occasion corriger et 
compléter nos recherches. Nous lui en exprimons ici notre vive 
reconnaissance. Nous devons également des remerciements à M. 
le professeur J. Stadelmann qui nous a donné quelques directions 
précieuses, et à M. Isabel, instituteur à Villars sur Ollon, qui 
nous a renseigné sur de nombreux noms dérivés du patois. 

Aigle, janvier 1906. 



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ESSAI DE TOPONYMIE 

Origine des noms de lieux habités et des lieux dits 
de la Suisse romande. 



Aar, rivière, Arula, en 343 dans S. Ëucher, Ara, t^io, Aroia^ 
5^8 dans Frédégpaire, Arar, en 778, i235, F. B. II, 1266, 1274. 
Hara, i354) Ar, 1271, F. B. II. Sous toutes ces formes, on re* 
troave la racine celtique Ar, fleuve, u/a, o/a, diminutifs. La 
forme Arar au contraire est sans doute formée de ar, fleuve et 
de la particule augmentative ar= très, fréquente dans les noms 
celtiques, indiquant ainsi la puissance du cours d'eau. 

Abbays, Clos — , à Roche; ancienne propriété de Tabbaye du 
Saint-Bernard. 

Abergeau(x), loc. à Puidoux; Aberjoz, à Corbeyrier; Alwr- 
geot, chalet et pâturag^e à Montbovon ; Abergire, à Tour-de- 
Tréme; autres formes de TAbergemeiity D. Orbe, terre donnée 
en abergpement, en ferme perpétuelle et héréditaire. 

L'Abériau, chalets sur les Voéttes, Ormont-dessous ; es Abé- 
riaux, à Prangins et Ormont-dessus ; es Aberriaux à Genolàer; 
port de l'Abérieu, aux Evouettes, Valais ; l'Avériaux, bras de 
la Baie de Clarens = l'abreuvoir. En Dauphiné, TAbéourou^ 
de abeurar, abreuver. 

L'Abréviaux , ruisseau à Pâquier , Frib. , autre forme de 
abreuvoir. 

Les Abues, 4 loc, prairies, à Court, Corban, Glovelier et Delé- 
mont, Jura bernois. Peut-être y a-t-il quelque parenté avec le 
verbe v. fr. abuer, convertir en fumier (Godefroy) bien qu'il soit 

M. D. SBC. SÉRIB, TOME VU 1 

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2 AGHY — AGAREN 

difficile d'établir la filiation. Il y avait des campis AbeSy près 
Sierre, i453 et un lieu dit les Abes^ à Gressier. 

En Achy, loc, à Ëcublens, D. Glâne^ grangia de Axiy 1179, 
1 180, M. R., XII, 4o, 43. D'Arbois de Jubainville dérive un Achy 
de France de Appiacum^ domaine d'un Appius; nous tirons le 
nûtre de (praedium) Acciacum, domaine d'un Accius, autre gen- 
tilice (nom de famille) romain, nous basant pour cela sur la 
forme primitive Axi = Accie. 

Adens, D. Cossonay; AclenSy vers 1106, Hidber N® 1628, 
AsclenSy vers 1200 et i383, M. R., V, 218, 274; Ac/^/w, i453 = 
chez les descendants SAscilo^ n. pr. germain, Fôrstm, p. i3o. 

Aclex, bois près Surpierre» nemus quod dicitur Asclei xiii« s. 
versus supra petramM. R.VI, 325, 387. Le texte, p. 325, a aseleiy 
fausse lecture ou coquille. Origine inconnue. 

Aux Adelins, ham. de Poliez-Pittet == chez les descendants 
d'Adilo, Adelo, n. pr. germain, Fôrstm., p. 187. A Nax ou Gon- 
thej, Valais, un campum dol Adeleyn, i25o. 

Ados, loc, à Auboranges (Fribourg) ; Addoz, à Boudry; 
Adoux, à Granges (Vaud) et Palézicux; es Ados, 1228, 1295. 
Addoux, Villars-les-Moines, Montagny, Essertînes et Gruyère; 
Adouz, à Bavois et Ëpagny : f r. ados = endroits bien exposés 
au soleil, abrités. 

Adrey, 2 ham. D. Gruyère; du patois adrai, flanc d'une vallée 
le mieux exposé au soleil, le flanc droit, l'adroit ^n français 
romand. 

Afflon, ham. près Gruyère et ruisseau ; de ad et flamen, vers 
le ruisseau ; le hameau a ensuite donné son nom au ruisseau. 

Les Afforets, loc. à Aigle ; les Affores à Gorcelles, Neuch. en 
i346 ; de ad, vers, et bas XdXmforestas, forêts. 

Agaren, village près Louèche,Valais. Aert^ i252, 1292. Ayerty 
1267. Aient, 1273. Ayerty 16 fois, i366-i4oo. On y parlait alors 
français. Dans la seconde moitié du quatorzième siècle, l'allemand 
s'établit dans la contrée et le nom change. Agorn, i383. Agoren, 
1394* Agarn y 1897, sans que la forme primitive disparaisse 
complètement: Ayert, 1893, i4oo, it^ii, i554. Zimmerli, 111,72. 



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AGASSONS — AGNY 3 

Ayert est probablement le correspondant des Ayer de la Suisse 
française, lieu où abondent les érables. Quant à Ag'arn, c'est le 
plur. de affar, nom au Tessin de Térable. 

AgassonSy aux — , prés à Conthey (Açaçou), dimin. de aigasse, 
lui-même aug^mentatif de aiguë, eau ; prés avec de petites 
sources, prés humides. 

Agaune, ancien nom de Saint-Maurice, Valais. Acaununiy 
comm' du cinquième siècle (Saint-Eucher). Agaunum, 5i6, 763, 
etc., du celte acaunum, rocher. 

Age, plur. Ages, ham. d'Avry-sur-Matran, et une quinzaine 
de lieux-dits Vaud et Frib.^ es Agges à Chatonnaye, Adgés à 
Sales, Frîb., Adzex à Naz ; les Haches à Torny-le-Grand ; 
Hade à Damphreux et Montig^ez, Jura bernois ; les Hadzes à 
Sassel ; Poête-Adze à Ballaigues ; du v. fr. agie, bas latin agia, 
patois adje, adze, ang-lais hedge, du v. h. ail. haga, haie. 
< Quel qui aura agie ou cloz sus pasquier de villa de Fribor. . . 
que didant la saint Michie retraison lour âges et closon. » i4a2. 
Rec. dipl. Fr. VII. 

Aget, forme patoise de Azet. Voir Aze, 

Agettes, D. Sion. Agietes et Gieti, 1190. Aggettes, 1260 ; les 
Agit(t)es sur Corbeyrier ; de ad, vers, et v. fr. giete, du latin 
jacitum, gîte. 

Agiez, D. Orbe (pron. Agy !). Aziacum, loii et 1049 ^' ^- ^' 
1109, 1160. Hidber, I, II. Agyz, 1179, Agyacum, ia56, Agie, 
1263, Agy, i382. M. R. XIV. — Agy, ham. près Fribourg, 
Azie, 1228, Azje, 1281. M. R. XU. Agye, i3oo, Agiez, i34o, 
ail. Ebsach; it (fundum) Abidiacuniy domaine d'un Abidius, 
gentilice romain. 

Agnens, ham. disparu entre Missy et Portalban (un commu- 
nier encore en 1567), Asenens, io85, Asnens, 1 149> 1 162, Matile ; 
Asneins, i2i5, Asnens, 1228, 1289, M. R. VI. Agnens, 1842, 
Matile. etc. =: chez les descendants d'Asino, n. pr. germain. 

Agny, loc à Avenches, pas de formes anciennes = (fundum) 
Agniacam ou Aganiacum, domaine d'un Agnius ou d'un Agu- 
nias; Holder donne ces deux gentilices, p. 69 et 62. Le u du 



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4 AGOUILLONS — AIGUEROSSE 

second ayant dû tomber de bonne heure, Ag-ny peut venir indif- 
féremment de Tun ou de l'autre. 

A^ouillons, deux collines au nord du Pont, vallée de Joux == 
aiguillon, de aculeonem, piquant. 

Agreblais, torrent temporaire ou dévaloir et forêt voisine à 
Saint-Gingolph ; Agriblieray, forêt sur Blonay ; du patois agreb- 
llai^ houx, dérivé du latin acrifoliam: localités où abonde le 
houx. 

Agrimoine, D. Lac, Frib., ail. Agriswil^ Affersswyle, 1276, 
Agrasivyl, i333, Agristivil, Kuenlin, i83a. 

Aigle, Allium, ii38, Alio, 1179, Aile, i2o4, Aylio, i255, 
AlyOf 1279, etc., en patois Ailloz, peut-être de aqaila, aigle, 
comme le patois aillo, qui désigne à la fois Aig'le, loc, et aig'le, 
oiseau. Aille dérive naturellement de aquila^ comme maille de 
macula, 

II est entendu que nous ne pensons ici nullement à une allusion 
aux aigles romaines, mais simplement à l'aigle oiseau, qui niche 
ici et là dans les rochers au-dessus de la ville. 

Aigremont, château ruiné aux Ormonts; mont à Pàquier, 
Neuchâtel ; de acrem montem = mont aigu, escarpé. 

Aiguë : le latin aqua, et le celte ève, ive, eau ont donné un 
grand nombre de formes aiguë, eigue, igue^ ivoue^ ivue^ invouCy 
ive^ eue y euve, qui entrent dans la composition de nombreux 
noms : 

Aiguerosse à Gryon, eau rouge ; Aigue-Saussaz à Salins sur 
Aigle, du latin salsus^ eau salée ; Autralgue, Ormont-dessous, 
au delà de Teau ; Ballaigue, belle eau ; Fraidaigue, eau froide ; 
Raraigue, champs à Aigle, eau rare ; Longeaigue, Avenches, 
longue eau ; Mortaigue ou Morligue, trois ruisseaux vaudois, 
eau morte ; Noiraîgue, Neuchâtel, Neiraigue, Ballens, Neîpigue 
ou Neirivue, Frib., eau noire ; Aiguette, ruiss. à Saubraz, petite 
eau. Corne à l'Egaz, loc. à Villeneuve, lu Ygouasse à Gri- 
mentz, Valais, aux eaux ; Albeuve et Erbivue, Frib., eau blanche ; 
Clarivue, Valais, eau claire, Marivue à Albeuve, grande eau ; 
Longive, Longivue, plus. loc, longue eau; Rougève, Rogive^ 



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AILLE — ALBEUVE 5 

Rogiaivuiy 1287, Rogivuc, Rozaigue^ Orbe, eau rouge ; Saus- 
sivue, ruiss. Gruyère, salsa aqiia^ 1296, eau salée; Ivette ou 
Ivouette, torrent à Bex, petite eau, Evoueltes, Valais et Evuetles, 
Sépey, es Yvoettes à Ollon, es Invoueltos à Gharmey, petites 
sources ; Entre ves, Elpèves, Etpîves, Ollon, entre les eaux ; 
l'Evî, ruisseau d'Albeuve, Invoua à Marly, Invoué à Sales, 
rinvoê à Thierrens, Tlnvuex à Granges, Lînvuex à Sales, Sa- 
rine, Livoez, Assens, Ivuex à Prahins, Yvoex à Prangins, Evuez 
à Roche ; de ève^ et sufiF. collectif «j?, ez, endroits où Teau abonde. 

Aille En — , à Grandvillard, Gruyère ; Aillepraz à Granges, 
Vaud, Aillipra 1228; de aille y aigle = à TAigle, au Pré de 
l'Aigle ; Treulse à TAille à Trient, Valais : rocher de TAigle. 

Alllerens, ou Allerens, ham. près Moudon, Villar Aller ant, 
1 142, Vilar Alarenc, 1 147» Aleran, 1 154. Gart : Month, p. 7, 11, 
19 = chez les descendants de Allhar, n. pr. germ. de Allô et hari, 
guerrier. Un Allhar, sous la forme latinisée Alerius, est un des 
signataires de la charte de fondation de l'abbaye de Payerne, 962. 

Aîpe, deux villages de Genève, Aira, ham. de Saxon, et trois 
ou quatre pâturages en Valais ; du latin area, aire, cour, champ, 
place à bâtir ; rAirelte, pâturage sur Ardon, Eirettaz à Isérables, 
diminutifs. L'article s'agglutinant au diminutif a donné Lairettaz 
à Conthey, Leyrettaz, loc. à Nax, Lirette, ham. de Saint-Jean 
d'Anniviers, Yreta, 1260 ; Lyi*eltaz, alpe sur Sierre, Lirette sur 
Ardon. 

Aire, deux rivières de Genève, affl. de l'Arve et du Rhône, écrit 
quelquefois Laire ; de la racine celtique ar si fréquente comme 
premier ou second élément des noms de rivières. Arve (Arar), Aar 
(Arola), Isara, Areuse, etc. 

Ajoie, ail. Elsgau, nom du pays de Porrentruy, Aygoya vers 
1180, Aioia, 1286, Ajoya, i3ii = Hall'sgau ou contrée de la 
Halle ou Aile, aujourd'hui Allaine, rivière qui traverse la contrée. 

Albeuve, Fribourg, Alba aqua, 1019, M. R. VI, Erbiwi, 
1171, Alhewiy 1171, Albeivy, 1221, M. R. XXII, Albegae, 1620 
(Dellion), du latin alba aqua^ eau blanche, ou du celtique alb 
et eoe^ ive^ même sens. 



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6 ALBINEN — ALLAINE 

Albinen, D. de Louèche, en franc. Arbîgnon ; voir ce mol. 

Alesses, ham. de Dorenaz, D. Saint-Maurice, Valais, Alleyses, 
i342, Alesses, i35o; peut-être de la racine celtique a//, vieux 
hibernien, rocher (Holder, p. 90), d'où Ton dérive Alesia. Alesses 
est perché sur un rocher comme TAlesia que prit César. 

Alfermée, ham. de Tûscherz. D. Nidau. Chloz de Alpherme, 
1274, Zimmerli, villa Alframe en i325, t. II! = domaine d'A/- 
frarriy n. pr. germ. Fôrstm., p. 58. 

Algaby, ham. du Simplon, Valais, ital. al Gabbio. M. Alb. 
Navillo, M. G. XVI, le rapproche de Gabiet (mine d'or) et de Gaby 
(fer) ; ham. vall. deGressonney, Aoste, et de Grange Gaby (mine 
de fer) au Salève, cl en conclut qu'il y a là une racine indétermi- 
née sig-nifiant mine. Cette racine est la même que celle du fran- 
çais cag-e, ital. gabbia^ et cave, ital. gabbio, du latin caoea, cage, 
et caaa, cave ; les divers Gaby désignent donc des excavations, 
des lieux où l'on a creusé le sol. Peut-être y a-t-il eu à Algaby 
des mines autrefois, comme à Gondo ; peut-être le nom est-il dû 
simplement à la position profondément encaissée du hameau. 

Allaman, D. Rolle ; ordinairement expliqué par ad Lemanum, 
vers le Léman (Bridel). Gatschet le tire de Allmend = Commu- 
naux. Les noms de R. de Alamant, 12 17, Johannes (1227) et 
M. de Alamant, i235, et la parenté de ce nom avec ceux de Alla- 
mands ou Alamans, prés à Chamoson, Valais, /)ra/u/n Allala^ 
manty i323, — il y avait à Chamoson un Ulrich V Allaman, Ul- 
dricum Theotonicum, 1229, — et avec le hameau des Allamands 
à Rougemont, les Allamans, i238, M. R. XXII, 42, tous ces 
noms nous font attribuer à Allaman la même origine : propriété, 
ferme de ÏAllamany de l'Allemane. Ce nom revient fréquem- 
ment, citons aux Cotes de l'Allaman à Belmont-Yverdon ; le Gué 
(Wades) des Allamans près Domdidier, i3i4, la Vy des Alla- 
mans à Ménières, la vy eis Alamans, 1620. 

Allamont, sommet sur Vouvry = à l'Amont. 

Aile, grand village D. Porrentruy. A/fc, ii36, Halla, 1221, 
Allé, 1226. 

A Haine, rivière qui y passe, autrefois Halleine. Probablement 



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ALLÉE — ALLEX 7 

de lall. Halle qui désigpne partout une saline. Cette contrée avait 
encore au moyen âge des sources salées qu'on exploitait alors, 
ainsi à Soulce, Doubs, frontière du Porrentruy : salinas de Sut- 
ceUy 1 179. Voir aussi le mot Soulce. 

L'Allée, alpe d'Anniviers, la Lex en i349, la Zrer, 1806, Mû- 
ri th. ; du V. haut ail. lei, rocher. Voir Lex, Cette alpe est proba- 
blement la même que celle de Lily^ 1876, Lylly et Lilly y iSgS. 
M. R. XXXVII, p. 1 1 et 434- L'Allée est une fausse orthographe 
comme celle de la fameuse Allée blanche au mont Blanc, ortho- 
^aphe vulgarisée par de Saussure, qui devrait s'écrire la Lex 
blanche et tire son nom de la paroi méridionale du mont Blanc 
toute blanche de neig« et de glaciers. 

AUens ou Alens, Lutz, ham. près Cossonaj, villa Ariens 

entre 987 et 998, M. R. XXIX, 35, Aslens entre 1168 et 1180, 

Hidber, II, 192, A riens y i235, Alens j i358, Aslens y 1887, — 

ham. de Blessens D. Glane, Arlengus, 1002, AUens, 1261, 

M. R. XII ; autre, loc. près Saint-Prex = chez les descendants 

A'Arilo (l'Aigle), n. pr. germain. Allinges près Thonon est une 

autre forme du même nom. 

M. Stadelmaon, op. cit., 56, rejette la date 937-993 et considère le 
document, dont faulheaticité lui parait douteuse, comme une copie du 
treizième siècle, ce n'est qu'à cette époque que le suffixe ing parait sous 
la forme ens. M. Stadelmann a raison, mais, authentique ou non, ce docu- 
ment prouve qu'il ne s'a^t pas de TArlens fribourgeois, puisque cet 
Ariens est entre la Venoge et TAubonne. 

Les AUevays, loc. surTrélex et Genollier, D. Nyon ; AUeveys, 
bois à La Sarraz ; un bois Allevey à Mies D. Nyon, i564 ; bois 
des Elévays à Gland ; les AUevaux à Cortébert : du patois aile- 
vai, repousses du hêtre coupé, bou allevaij bois taillis ; du latin 
alleoatuSy participe de allevare, relever, repousser. 

AUèves, ham. de Liddes, Valais, AleveSy 1228, 1286, AUevaz 
à Conthey, sont peut-être de la même famille que le précédent. 

L'Allex, ham. de Bex et TAUex sur Grandvaux^ la Lais y 121 2, 
1217, 1238, Arch. Fr. VI et M. R. VI, ^l\iyLalaySy 12^0, Lalex, 
i3i6 = la Lex, rocher, paroi, pente rocheuse, voir Lex, un autre 
à Albeuve, Frib., même sens. 



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8 ALLIAZ — AMBURNEX 

L*Alliaz, ham. sur Blonay, ou plus correctement La Liaz^ 
TAlllaz, loc. à Saint-Ojens, la Liaz, alpe de Bagnes ; du bas latin 
legia, leia^ laîa, lia, forêt, latiuisation du mot g-ermanique 
laidôy conduite, le premier sens de laie étant route dans une 
forêt, puis forêt ; composés : Ballaly au Bouveret et Bellelay, 
Jura, belle forêt. 

L'AIlîer, Plan de — , sur Lignerolles, Champs de — , à Aubonne,. 
TAlliez à Saint-Oyens, aux Alliés ou es Allys, ham. de Neyruz, 
Frib., en Attires à la Berra, Atlières^ ham. de Montbovon, AU 
lyereSy 1294 ; chalet à Hauteville, Frib., loc. aux Eaux-Vives^ 
Genève ; du v. fr. allier = alizier ou sorbier. 

Allierex, loc. à Ollon, collectif, lieu abondant en ailiers. 

Attoclies, loc. à Gollion, fausse orth. pour à TOche. 

Aitondon, rivière à Genève. Voir London. 

Alloux, ham. près Penthéréaz, terra de Allodiis, 11 42, 1190. 
Cart. Month. M. R. XII, 5, 62 ; Allaux à Denezj et Froideville ; 
Allours à Corcelles-sur-Chavornay et Chardonne ; bois de la Lour 
pour VAllour à Vallamand ; un es Alouz à Nendaz, 1268, 1277 J 
de allodianij alleu, terre libre de toute redevance féodale ; les 
Altues à Laconnex, Genève ; autre orth. de alleu ; jadis le son 
eu s'écrivait ue : nuef, dueil. 

Atognys, ham. de Rou^emont, es Allognyers^ 1^92, lieu où 
abondent les noisetiers, du patois alogne, noisette. 

Atpe, du celte a//>, mont, sommité, parent de Tadjectif alb, 
blanc, latin albus, sabin alpus, à cause de leurs neiges '. 

Amandoteys, loc, du vig-noble dTvorne. Un Amendolum k 
Sion, 1242, M. R. XXIX, 365. Lamendoler, entre Sion et Or- 
mona, i436, terram de la Mandoîer, i3oo, Lamandoler au 
vignoble de Sierre, i44i = les amandiers, Tamandier ; en pro-^ 
vençal amandola, du latin amygdala, amande. Mandoiire à 
Veyras, Mandotaire à Vétroz, le môme mot avec apocope de Ta. 

Amburnex, pâturage du Jura ; Broniacum domum et in chai* 
mibus de Bronaiy douzième siècle, M. R. XII, 72, Bronayy Bru- 

^ Alpes a candore nivium dictœ sunt... Sabini enim alpum dixere quod postea 
Latini album; unde Alpium nomen. Festus cite par Gisi, p. 368. 



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AMIN — ANNIVIERS 9 

nay et Bruney au xiii® s. ; calmas de Ambranex, i38o. Les 
formes primitives le rapprochent de Brunoyy France, et indiquent 
une origine gallo-romaine, peut-être de Bruno latinisé. 

Amîn, Chaux d* — , Jura neuchàtelois. A mens, ii5o. Gafechet 
traduit « apud Amens quod Calcina dicitur, t le four à chaux 
d*Amantius. Ailleurs Chaux est écrit Chauld. Je pense que Cal- 
cina est une fausse traduction latine de Chaux, calma, et chauld 
une autre fausse interprétation. Voir Chaux. Quant à Amens son 
suffixe montre un n. pr. germ. = chez les descendants d'^mo, 
(Fôrstemann a le fém. Ama, p. 71) ou de Hamo, le cuirassé, de 
hama, cuirasse. Fôrstm., 599. 

Es Ancelles, vignes à Bougy, Féchy, champs à Aubonne ; de 
ancelley sf., bardeau, planchette, au sens de parcelle de terre. 

Anehette, ham. sur Sierre, Anset, 12 18, 1221, Ansech, 1260, 
i35o, Anschet, 1367, Anset, 1^55; peut être anset, fém. ansette, 
serait-il une autre forme de ancclle ? 

Ancrenaz, sommet à Bex ; voir Encronaz. 

Es Andens, prés à Colombey, Valais ; las Andins, alpes 
d'Ayent, le même que le patois andan, fr. andains,' « que 
G. Paris, Romania XIX, 449, dérive d^indayinum > (Bonnard). 

Anet, n. fr. d'Ins, Seeland, Anet, 852, Anes, 1179, 1228, 
Anesiy 1 185, du celte inisy bret. enez^ île, à cause de sa situation 
au milieu de marais. 

Les Angles, loc. à Vaulruz, Sorens, Vuarrens ; les Grosses, les 
Petites Angles à Riaz, Fribourg; Angle-à-Lambert à Pampi- 
gny; loc. à Boncourt, Jura, eis Anglos à Ecuvillens treizième 
siècle ; du subst. angle y morceau de terre dans un angle, c Angle 
est souvent féminin dans l'ancienne langue. » (Note de M. Bon- 
nard.) 

Anières ou Asnières, Genève, Asneriacum vers 1170, 
Asneres, 1226 M. R. VI, 524. Aneres, 1288, M. G. XIV, 16, 
VII, 234. Ayneres, i36i. — Loc. à Conthey, Valais; du latin 
asinarias (villas)j fermes où Ton élève des ânes. 

Anniviers, Valais, vallis Anivesiiy onzième siècle, Anivesio, 
1193, M, R. XVIII, AnnivieSy i2i5, Aaives, i243, etc. ; de ad 



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10 ANTAGNES — ARAN 

«t nioeSy vers les neig^es : village très élevés où la neige reste fort 
tard: Luc 1676 m., Chandolin 1970 m. Un Anniviers, loc. à 
Saint-Martin d'Hérens, même sens. 

Antagnes, ham. d'Ollon, An/a^ne^, ii99> Arch. SaintrMau- 
rice, Hidber^ II, 4^0. Origine inconnue. 

Anteines, Anthenes, 1^36, et Anteinettes, trois pâturag^es 
dans la vallée de FHong'rin, Alpes vaudoises. Peut-être pâturages 
où abondent les rhododendrons, les anienets. Voir Gloss. Bridel, 

i4. 

Anzeindaz, pâtur. de Bex ; d'après Gatschet^ du bas latin 
ancyeffium, du v. h. ail. anco, ail. suisse anken^ beurre; en fr. 
du moyen âge onciege est le nom du droit d'herbag'e en Gruyère, 
redevance qui se payait en beurre ou autres produits du laitage. 

Aouille, sommets, vallée de Joux, au nord du Pont, et 
Gruyère ; TAuJHie, loc. à Ollon ; syn. du v. fr. ouille zr aiguille. 

Apples, D. Aubonne, Aplis, 1009, 1126, ii48, M. R. 111,74, 
438, 486, puis Aples, 1167, 1266, i453, etc. La mention villa 
<juae dicitur Erplens, 1009, que Gatschet rapporte à Apples, 
désig'ne le petit hameau d*Iplens, à l'Isle. Quant à Aples, ne vien- 
draitril pas du mot celtique abal, apally pomme, qui a donné le 
V. h. ail. aphal, ail. moderne Ap/el? Ce serait le correspondant 
des Maley et des Pomy. 

Appîly, mayens à Mollens, Valais ; Aprîllîers, lieu-dit à Alta- 
lens, i633 (Dellion). Voir Avry. 

Aproz, ham. de Nendaz, Valais, Aspro, iioo, 1260 ; du latin 
asperuniy rude, montueux. 

Es Aragnes, prés à Leysin ; v. fr. aragne, araignée, à cause 
des nombreuses araignées qui y tendent leurs toiles sur le sol. 

Aran, vill. D. Lavaux, villa Brans, 1142, vineas de Arins, 
II 98, M. Fr. III, 69, Arantf 1210, AranSy 1261, Arins, 1298. 
Avant de connaître les formes en ins nous tenions ce mot, d*après 
Gatschet, de areanus ; mais Arins le rattache sans conteste à une 
racine de n. propre = chez les descendants de Aro, n. pr. g^erm. 
Fôrstm., 116, du v. h. ail. aro^ l'aigle. Un Aro vivait à Lussy 
au xii« s. (Donat. Haut.) 



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ARARE — ARCHE 11 

Arare, ham. de Plan-les-Ouates, Genève, ArareSy 1874; de 
arCy ou airej latin area, surface, étendue, et Tadj. v. fr. are, 
sec, aride, donc terrain aride, sec. 

Arbarey, loc. à Bex ; mayens à Saxon (un Arbarey à Saillon 
«n J232), un Arbarey ou Albarey à Louèche, 1819, i336, Ap- 
balet à Mage, Valais, un Arbeley à Nendaz, 1260, Arbaley à 
Gorbejrier, Arborier à Ollon ; Arbérets, m. à Saubraz, Arbo- 
res, bois à Lavi|i|^nj et Villars-sous-Yens , Erberey, bois près 
Oron ; dérivés divers du latin arboretum, lieu planté, couvert 
d'arbres. 

Arbaz, D. Sion, Valais, ^4 /6a, six fois 1182-1295, Arbay i338, 
«t loc. à Saint-Léonard ; du celte a/6, alp = mont, sommet, et 
blanc. 

Es Arbenes, loc. à Lejsin ; de ar benne, nom patois de la per- 
drix des neiges ou lagopède ; du latin albus, blanc. (Note fournie 
par M. Isabel.) Conviendrait pour cette localité, mais en Arbenaz, 
-vignes à Ajent, Valais, et Arbin, vignes à Riddes ? 

Arbères, ham. à Mejrin, Genève, Arbeire, i23i, M. G. IV, 
86, comme Arbère près Divonne, Arbores, 1179, et villa qui 
dicitur Arbres; M. G. IV, 83, 77 ; Tun d'eux sans doute, le Ar- 
bore (David de) de ii64 m lieu planté d'arbres ; un pratum de 
Arboribus à Salin, Valais, 1260. 

Arberiaz, bois à Saint-Légier ; même racine. 

Arbey, chalets près Evolène, Valais, Albes vere 1280, Arbes, 
1290, en Appey, loc. sur Gingins. Voir Arbaz. 

Arbignon, pâturage sur Collonges, Valais, du nom d'un vil- 
lage ruiné près de Collonges, desertum Alpinonis^ 85o, Albi- 
gnon, 1200, 1239, i38o, Arbignyon, i437 ; un autre à Marti- 
gnj ; Albinen, village sur Louèche, en fr. Arbignon, Albignun, 
1224 : dim. de alb, alp^ sommet = petite alpe. 

Arbogne, ruiss. et ham. Fribourg. Voir Aubonne. 

Arcangiez, clos de vignes à Vevej, Archangiez au treizième 
siècle. 

En Arche, loc. à Ëstavanens et Monthej, en Archoz, chalets 
à Morgins, Valais, ^Archon à Chandolin de Savièse, Arlzenoz, 



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42 ARCHENS — ARENAZ 

territoire à Hérémence, Arzenaz à Riddes, Arzeni, alpe de Cha- 
moson, Vanil des Artzès, sommet aux sources de la Veveyse, 
Côte des Arches à Glovelier, Jura, Archelte, forêt du Jura ; de 
arc, arche, latin arca; patois, artzé, désigne des croupes plus 
ou moins arrondies en arc et en pente rapide séparées par des 
couloirs. 

Archens, domaine dans le Jorat de Lausanne, ArchenSy iiA^r 
II 44, Cart. Montheron ; probablement de ErichOy ArichOyU. pr. 
germ. et suffixe ens, ingis, chez les descendants de Ericho. Un 
Aricus (Aricho) est un des témoins de la donation de Reneas en 

964. 

Arconciel, Fribourg, Arconciacum, 1082, Arconciei, ii48y 
Arcunciacum vers 1 149 et 1 162, M. Fr. III, 66, Arconcier, 1162, 
Arcunciey 1228, ArconciSy 1280, Arconcye, 1292, Arconcier, 
1453, et Arconcier, m. à Russy, Fnh, = {/andum) Archontia- 
cunij domaine d*ArchontiuSj g^ntilice romain. 

Apcossey, loc. à Ollon ; du patois a rcossay^ nom de Targou- 
sier et du nerprun cathartique. L'argousier est commun dans les 
glariers de la Gryonne qui s'étendaient jadis jusque-là. 

Ardennaz, forêt de la commune d'Orbe. Grég^oire (Dic/. géog.) 
traduit Ardennes par forêt profonde. Zeuss et Holder le dérivent 
du celte ard, ardu — enna, pays élevé. 

Ardevaz, sommet aux parois à pic sur Leytron, Valais, égale- 
ment de la famille du celtique arrf, ardu^ élevé, parent du latin 
ardaus, escarpé. 

Ardille, sommet, Gruyère : du celte art, pierre, rocher, airdy 
pointe, et suffixe dim. ille. 

Ardon, Valais, Ardunuifty ii46, Hidber, II, 11 79, Furrer, III, 
Arduriy 1179, ^^^^ î ^" ^®'^ ^^> fleuve et dun, dunon, colline, 
mont, citadelle = mont du fleuve, ou lieu près du mont et du 
fleuve. 

Les Ariettes, forêt Ormont-dessous ; les Mettes , carte Rové- 
réa. 

Arenaz, loc. à Gryon, Saint-Saphorin-sur-Morges, Arainaz à 
Conthey, Areinaz ou Areynaz, trois loc. «Fribourg ; du latin 



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ARENS — AHMARY 13 

arenay sable = lieux sablonneux. Arrenaz à Lussery, à Bous- 
sens, Plan d'Arrenaz à Naye, simple variante orthographique. 
Arenottes à Goumœns, diminutif. Arenay(s) à Bière^ Ligne- 
rolles, à Ependes, Frib. ; Arrenay à Venthône, Val., Arenel, 
i25o, Areneys, Assens, Payeme, Arrenys, le Vaud, les Arenys 
à Gimel et Fonnex ; d'arena, sable, et suffixe collectif et/ de 
etum. En Larenaz à Bercher, Lareney à Belmont, soudure de 
l'article = TArenaz, TAreney. 

Arens, ancien nom de Saint-Biaise, Neuchâtel, Arinis, loii, 
ArinSy ArynSy 1177, Am/w, ii^i ^ Arens, Areins^ Arin^ etc., 
xin* et xiv« s. D'après Benoît et Junod, de arena; impossible, 
arena donne arène. Le suffixe ins indique avec tonte évidence 
la dérivation d'un nom propre. Arens = chez les descendants 
d'Aro. Voir Arans. 

Areuse ou Reuse, rivière, c. de Neuchâtel, Oruse^ 11 79, Tr. I, 
Orousa avant le ix® s., Holder, Arousa, Aurousa^ i3ii, Arouse, 
i32o, Orousa, i335, Areuse, i346, Oarousej 1372, OrousSy 
i38o. Matile ; même origine que les Reuse, Rause, Reuss et les 
nombreux Ruz, d'une racine commune à toutes les langues indo- 
germaniques, V. h. ail. riuzen, couler. Voir Reuse. 

Argentine, sommet sur Bex ; de argent, à cause de ses rochers 
de calcaire urgonien, particulièrement brillants au soleil du soir. 

Argil, ArgîUé, voir Arzillier. 

Argnaulaz, voir Herniaulaz. 

Ariens, D. Glane, Fribourg, Arlengus, 1002, Hidber, I, 286, 
Allensy i25i, M. R., XII, 278, Ariens, xiii^ s., M. R., VI, 3i4 
= chez les descendants d'AriYo, n. pr. germ., dim. d'Aro, l'aigle. 
Arlengus, rapporté par Stadelmann à Ariens (op. cit, 56), doit 
sans doute être rapporté plutôt à Allens près Gossonay ; il s'agit 
dans la charte d'un échange entre des terres à Astlegus (Assens?) 
contre deux manses, l'un à Colombier, l'autre à Arlengus ; or 
AlIens, Ariens en 937, est près de Colombier. Voir Allens. 

L'Armary, ou 1» Mala-Armary, ruisseau, affiL de l'Aubonne, 
A r mari y i43o. Origine inconnue, sans doute celtique ; on y 
retrouve la racine ar, eau courante, rivière. 

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14 ARMILLON — ARHEI 

Armillon, petit plateau semi-circulaire sur un gradin supérieur 
de Talpe des Ravins, au Rawyl, Valais ; diminutif de armillCy 
anneau> du latin armilla, 

L*Armont de Vent, de Bise, deux ham. de la Brévine, Neuchâ- 
tel ; aussi écrit L'Harmont = ars-mont, mont brûlé, défriché par 
le feu. Le Larmont, frontière française, le Armont, 1882, Lan-- 
mont, i383, même sens (agglutination de Tarticle). 

Amex, 2 villages vaudois, i<» près Nyon, A mai, 11 54, Gart. 
Month., Arnay, ii64, ï179> Arnai, 1166, M. G., XIV ; 2* près 
Orbe, Villa Arniaco, 1009? Hidber, I, 299, Arniacam, io49> 
1109, 1200, Arnei, 1228, Arnay, 1268, i4o3 ; Arney, loc. à 
Saint-Livres, Arnîer, loc. à Peseux. De (fundum) Arniacam^ 
domaine d'un Arnius, nom gallo-romain, forme latinisée du nom 
germain Ami, Taîgle. 

Arnioux, ham. d'Ayent, Valais, Arnoch, 1 100, Arniosc, 1282 ; 
de Amius et suffixe ligure oscus, correspondant du gaulois aco^. 

Arnon, rivière, Ysemum, 1177, puis avec soudure de Tarticle 
Lyseme, le Sernon, 1812, Lysemon, i336, Lussemon, i364 
(c*est aussi le nom d'un ruisseau à OUon). Ges anciennes formes 
montrent une étroite parenté avec la Lizeme, Valais, Ysema, 
i3o4, et les différents Isère, Isar, etc., racine is, sans doute cel- 
tique comme le suffixe an, rivière. 

Aroley, alpes de Saxon, TArolez et Arolette, sommet à 
Trient; vallée d'AroUa, Hérens, VArolla, i442, Arolaz, i449 ; 
Aroleit (ou Aroley) à Zermatt ; du pin arole ou arolle, qui y est 
fréquent. 

Arpette, Arpitetta, Arpalle, Arpille, Erpilles, syn. divers 
de Alpette, petite alpe. Dans une même charte de i339 on lit VAr-- 
peia et VAlpeiaz, permutation /-r, et les Arpilles des Ormonts 
s'appelaient Alpillys en i486. 

En Arpey, loc. sur Gingins ; de alp, permutation /-r et suffixe ey^ 

Arrei, revers d'une montagne, Landarey, glacier, val d'Hère- 
mence. Valais, Lindaret, frontière de Savoie^ et Bandarrey au 
col Ferret, Valais, pour l'en derrei. Ban d'arrei ; du latin ad et 
refro. 



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ARRÊT — ARZIER 

L'Arrêt, bois à Vulliens, Voir Larret. 

Arrissoules, D. Yverdon, AressuleSy ii42, ii46, 1198, M. F.^ 
II, III, Aressoles, Aresoles, Arisoles^ xii® s., Arch. Fr. VI, 
AresouleSy i235. Aresloules, 1280 M. R. VI, 286 : coquille? 

Arruifens ou ArufTens, petit village fribourgeois D. Glâue ; 
ArruJenSy i34i ; bois à Pampigny, pâturage à Montricher, 
ancienne propriété des Mestral d*ArufFens = chez les descendants 
d'Adrulf, puis Arrulf, n. pr. germ. Un Arulfus est témoin d'un 
acte en 855 M. R. VI. 

Ars, Arses, Arsaz, patois Apzé, très fréquent Alpes et Jura, 
Larsaz à Hauteville (article soudé), les Ars à Vallorbe, les ApU 
sic ! à Leysin et à Orbe, les Aps, val Ferret, Combe des Arses à 
Tramelan, aux Arsattes à Moutier, les Arsets à Liddes, les Ar- 
settes à Vérossaz et Charmey ; Arsajoux à Charmej, Arsajeur 
à Vouvry. De ars, participe du vieux verbe ardre, latin ardere, 
brûler. Désigne des terrains défrichés par le feu. De là aussi 

Arson Praz, champs à Ecublens = pré (de V) arson, s. f. v. fr. 
= incendie, action de brûler ; ardre. 

Arve, rivière, affl. du Rhône, Aroa, io83, Hidber, I, 38i, 
1264, Aloa, 1269, très souvent appelée aux xiii« et xiv« s. Arar 
(onze fois dans les M. G.), ce qui la rapproche de la Saône, 
autrefois Arar, et de TAar. Pour Tétjmologie, voir Aar. 

Apvel, mont près Villeneuve ; peut^tre (permutation de p en 
d) synonyme d'J r pille ; des formes anciennes pourraient décider. 

AFveia, ham. de Salins, Valais, Aroilar, i243, i263, 1290^ 
Alvilar vers 1270. A la même époque je trouve Valandus, Bor- 
cardus dol Vilar. Alvilar est donc au Vilar ou Villar =. au vil- 
lage. 

Apveyes, ham. d'OUon ; du latin aroa, v. fr. arve, champs, 
pâturages, et suff. collectif et/e, 

Apziep, D. de Nyon, Argie et Argier, i3o6, M. R. XII, 177, 
180, Arsie, i328, M. R. III, 6i3, Argier, i344, M. G. IX, 236, 
Arsier^ i386, M. R. V, 370; d'après Gatschet et A. Godet vien- 
drait de arse^ arze, mélèze, et signifierait forêt de mélèzes. Mais 
le mélèze est inconnu par là, au moins en forêts. Vient sans doute 




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46 ARZILLIER — ASSENGES 

de (fundum) Arsiacum, domaine d'Arsias, gentilice connu dans 
la contrée par les inscriptions : l'un d'eux était édile de Genève. 
M. G. XX, 76. Arsius est peut-être une autre forme de Artius ou 
Arcius, dérivé du nom d'homme gaulois Artos, l'ours. Quant à 
Asserium, 11 74, Hidber, II, 25o, il se concilie difficilement avec 
toutes les autres formes de ce nom et laisse supposer une erreur 
de copie. 

Arzillier, Arzilier, Arsillier (ou iez), une vingtaine de locali- 
tés, Arzelly à Thierrens, Arzilly à Granges, Payerne, Arsilier, 
1226, et à Yvonand, Argil à Grimentz, Argillé à Grimisuat, Ar- 
giles à Auvernier, les Argiiles à Cressier, Argiliat au Locle; 
avec l'article soudé : Largillor à Châtelard, Frib., Larsilleys à 
Vex, 1255, Larzillais à Lavey vers 1200, en Largiliaz à Yens, 
1295, Larsilli à Erschmatt, Valais, 1242, Arsilye à Fribourg, 
i4io ; de argile, arzille en Champagne. 

Assajor, forêt aux sources de la Baye de Montreux, pour Arsa- 
jor ou ArsajouXy forêt brûlée. Voir Ars. 

Assaz, loc. à Lens, entre deux torrents et deux bisses, le même 
que 

Asse, rivière du Jura à Nyon, autrefois Acisse. Lasse pour 
FAsse, torrent, affluent de la Reuse de Saleina, Valais ; l'Assaz à 
Ghampex d'Orsières; les Asses, m. à Vuadens (petits ruisseaux !), 
pâturage à Châtel-Saint-Denis ; Assels, loc. à Lucens, dim. 
D'après M. de Rochas {Année géogr.)^ nom commun en Dauphiné 
pour ruisseau. 

Asse est aussi un mot patois : asse, s. m. = l'if, Taxus bac- 
cata. C'est à ce dernier qu'il faut rapporter le bois de l'Asse à 
Montmagny, Avenches, loc. à Pailly, pas de ruisseau ; les As8et4i 
à Martigny, Asset, Asson à Conthey, et peut-être d'autres encore; 
l'absence du ruisseau sera déterminante. 

Assenges, m. à Sévery et Assens, D. Echallens, Hastens, 
ii54, Asiens, ii54, 1199, M. R. XII, 17, 28, 56, Asteins, 1288, 
Astyens et Astiens, 1291, M. R. XIV, AscenSy i453 ; probable- 
ment identique avec Astlegus, 1002, Hidber, I, 285 (le Dict. 
hist.y Vaud. Suppl. a 1102 par erreur) = chez les descendants 



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ASUBL — ÀUCHE9 17 

^Aitilo, n. pr. germain. Astens, de Asto dont Astilo est le dimi- 
nutif. 

Asuel, D. Porrentniy, ail. Htzsenburg ; Asuel, ii36, Hidber, 
ly 53i, puis Hasuel ; du v. h. ail. hasOy lièvre, château des 
lièvres. 

Athenaz, ham. d'Avusy, Genève, Atinaz, i3o2, 1826, M. G. 
XIV, 3oo, XVIII, 97, probablement dérivé d*un cognomen romain 
employé adjectivement. Le gentilice Atinius donnerait une (villa) 
Atinia, qui serait devenu Atigna ou Atègne. Il faut supposer un 
-cognomen* AtinuSy d*où (villa) Atina. Voir, sur cette formation, 
Monnaz. 

Attalens, Fribourg, AttalengeSy 1068, M. Fr. II, AthalenSy 
1168, 1178, 1376, Attalens, 1874, Actalens, i453, Tallens, 
1680. D'un dérivé du nom germanique Abtad, comme Abtadil, 
d'où Abtadilingum, contracté Attalinges, L'apocope du a dans 
la forme Tallens de 1680 n'est pas un cas isolé ; nous voyons dans 
Stadelmann que Talein est encore aujourd'hui le nom patois et 
nos journaux imprimaient encore Tallens le 20 juin 1904. 

L'Aubepena, m. à Murist, Frib. ; de albaspina, l'aubépine, 
de là aussi les Obépins, m. à Gratavache. 

Auberson, ham. de Sainte-Croix ; n. pr., dim. d'Aubert, 
Aubonne, rivière, Albinna, dixième siècle, Albonna, douzième 
siècle, et Arbogne ou Erbogne, affl. de la Broie , du celtique 
alby blanc, et ona^ source, rivière, fréquent comme suffixe (voir 
Lausanne). Rien de commun avec Eau bonne, comme le traduit 
F. de Mulinèn (dans Arch, Schw. Gesch, XIII, 279). 

Auboranges, Fribourg, Alburengens, 11 55, Arborenges, 
seconde moitié du xii« s., Alborengis, 1190, Hidber, II, 4oo, 
ArboreingeSf 1288, M. R. VI, 660, Arborenges et Albarenges 
vers i25o. Cart. Haut Crét, M. R. XII, i3, 149, i5o, i5i, etc. ; 
non comme le veut Gatschet, de aubourSy cytise, latin albur- 
nom, qui ne croît pas là, mais d'un n. p. germain = chez les 
descendants de Albhar, Albhari, le guerrier de l'alpe (ou le 
guerrier blanc). 

Es Auches, m. à Progens, Fribourg. Voir Oche. 

M. D. SEC. SénU, TOME VU 

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18 AUDÈCHE — AUGE 

. Audèche^ trois pâturages, alpes de Charme j, Grujère, Deschiy 
ii46. 

Audon, Dom fréquent de montagnes, Audon au Pillon, ail. 
Olden, d'où Oldenhorriy romand Becca d' Audon; Audon, Or- 
mont-dessous, Praz Odon à Isenau, Ormont-dessus ; Siernes 
Audon à Roug'emont, FOudon, carte Dufour ; Bonaudon et 
llautaudon, près Naye. Gatschet le dérivait d'abord d'herbe 
à* audon y nom patois de la bryone ; mais cette plante ne croît qu'à 
la plaine. Plus tard, il l'a rattaché à la racine celtique arl, ard, 
pierre, roche (permutation de ard en aud). Mais les formes 
anciennes d'un de ces noms contredisent cette étymologie. Audon 
d'Ormont-dessous, au pied du Mont d'Or, s'appelait Ouzon^ Ou- 
ffion, i332, Ouzon, i4oo, i4i2, les Chaux de Ouzon supra mon- 
tem de Ouzon, it^ig = la Chaux au-dessus d'Audon. Le mot a 
subi la même permutation que le pâturage voisin de la Baiosa^ 
Bajousa, i3i5, i3i8, aujourd'hui la Badausaz. C'est donc le même 
mot que Ouge, Auge, Oujon près Arzier, jadis Algio, et que le 
nom conimun auge, tous dérivés de alveus. En regardant la carte 
on voit que tous ces Audons sont dans de petits bassins fermés (la 
permutation j-d se retrouve dans le n. commun, augine, en patois 
audena, s. f ., canal élevé en bois pour amener l'eau à une scierie ; 
renseignement de M. Isabel). Quant à 1'/ de Oldenhorn, on peut 
admettre que les Allemands ont traduit oud par oldy parce que le 
suffixe oud romand est le correspondant du old germain. 

Auge, Ouge, nombreuses loc. (une trentaine), Vaud et Frib, 
(aussi Neuchâtel : les Auges à Boudry) ; du nom commun auge, 
bassin, au fig. endroit creux, enfoncé, bas latin augia, du latin 
alveus, Ougettaz est un diminutif fréquent. Un autre est Au- 
gine, ham. de Boulens et ruisseau, affl. de la Mentue ; un autre 
affl. de la Mentue entre Bioley-Magnoux et Ogens, ce qui le fait 
dériver d'Ogens par le Dict. hist. vaud. (Suppl. p. 53) qui vou- 
drait écrire Ogine. L'Augine de Boulens, qui n'a rien de commun 
avec Ogens, montre l'erreur. La Louge, m. à Château-d'Œx, ter- 
rain bas près de la Sarine, le même avec soudure de l'article pour 
VOuge, 



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AUMONT — AUVERNIER 19 

Aumont, D. Broje, Frib., AUus morts ^ 1226, M. R. VI, Au- 
mont y 1337. Matile, = haut mont. 

Les Aunes, 2 loc. de la Gruyère, Cerniat et Vuadens ; paraît 
dériver de aune, arbre, latin alnus, exception bien rare^ cet arbre 
étant toujours désigné par son nom romand verne (du celtique 
guern)y qui a donné les noms de plus de i5o loc. de la Suisse 
romande. 

Aosannaz ou Eusannaz, pâturage sur Bex, en patois Œuvan- 
naZy peut-être de ovis^ mouton ; pâturage de moutons, comme 
Bovonnaz, pâturage de bœufs. 

Aussays, ham. à Vérossaz, Valais, ou Hausseys ou Haut 
Serre y au-dessus des rochers de Saint-Maurice ; de altum saxum, 
haut sex, haut rocher. 

Aotafond, D. Sarine, Fribourg, Autafonz vers i23o, M. R. 
VI, 2^2; du latin alta fons^ haute source; en Lotiafon, loc, 
source à Marchissj, pour TAutafont, même sens. 

Autannes, paroi de rochers au col de Balme, au Trient, sur 
Varone ; les Audannes au S. du Wildhorn, les Adannes à Rou- 
gemont ; de l'adjectif v. fr. autain, de altusy haut ; voir aussi 
Otanes. 

Autavaux, D. Broyé, Frib., Alta Valle vers 1160. Donat. 
Hauterive, Arch. Fr. VI, et loc. à Gombremont ; du latin alta 
vallis, haute vallée. 

Autervenaz, ham. sur Ghampéry, Valais, pour Hauta Rêve- 
naZy haute ravine, des rochers profondément ravinés qui le domi- 
nent. 

Aatigny, Fribourg, ail. Otlenach, villa Altignei, 1068. Mém. 
Fr. II, 343. Altinieiy ii63-i2oo, Arch. Fr. VI, Altiniacum^ 
ii83, Altignie, 1217, M. Fr. ÏV, Autinie, 1228, Autignie, 1273, 
i44i> Ottigng, 1717»; de (fundum) Altiniacum, domaine 
d*AltiniuSy gentilice romain dérivé du cognomen Altinus, Hau- 
tigny, ham. de Gorsier, Vaud, même sens. 

Auvemîep, Neuchâtel, Averniacurriy 101 1, Avernie vers io5o 
et 1220, Avernie^ Avemye, 1277, Avernier et Auvernier, même 
charte^ 1280, etc. Gatschet, et Studer d'après lui, le dérivent 



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20 AUX — AVENCHES 

d*avorniOy nom italien du Fraxinus Ornus, fréne à manne et du 
Cytise Aubours, étrangers Tun et Tautre au pays. M. A. Godet, 
dans le Rameau de sapiriy l'explique par Au Ver nier ^ au bois 
de vernes. C'est plus que douteux. Le suffixe iacum le rattache à 
un nom d'hooune : domaine d'un Avernius. C'est probablement 
Auvernier qu'il faut reconnaître dans l'Avriniacum du Cart. de 
Montheron : Uldricus, sacerdos de Avriniaco, n^ky M. R. XII, aa. 

Aux, Lanze des — , alpes de Champéry; de lanze, lanche, 
couloir, ravin, et aux^ plur. de ail : couloir où abonde l'ail 
feuillu, vulgairement branlette. 

Avanchet, nant ou ruisseau près Genève ; probablement parent 
du nom suivant. 

Avançon ou Avençon, rivière à Bex ; 2. torrent à Vionnaz ; 
3. m. et ruisseau à Colombey ; 4- torrent de Morcles, appelé aussi 
Avançonnet ; celui-ci, ^ei/nen Aquansoni, charte de Saint-Mau- 
rice entre 847 et 853. Cette traduction latine montre que le rédac- 
teur de la charte y trouvait la racine ava^ eau. C'est un mot cel- 
tique qui se retrouve dans la vallée d'Aoste : Ëvançon, et le Dau- 
phiné : Avançon, Avance, Vance, Vançon, ces derniers avec apo- 
cope de l'a. 

Les Avantâ, ham. sur Montreux ; le t est peut-être une addi- 
tion postérieure et le mot serait à rapprocher d'un clausum deis 
Avans à Granges, Valais, 1260 ; peut-être du patois aoan, s. m., 
saule osier, dont l'origine est du reste inconnue. Ce mot avans se 
trouve dans un bail de i a85 : exceptis avans et sarmentis (glos- 
saire bas latin des chartes de Savoie. Doc. Acad. royale de Savoie, 

II). 

Aven, village de Conthey, Valais, Avainz^ iioo, AvaiZy 1200, 
Aveyn, i25o. Avens ^ i44o. 

Avenches, de Aventica (Adventica), Civitas Aoeniica, Not. 
Gall. iv® s., nom au moyen âge de l'ancien Aventicum, celui-ci, 
comme le nom de la déesse Aoentiay est dérivé à*AventoSy juste, 
racine aa, protéger (Zeuss). Ce thème gaulois avent se retrouve 
dans plusieurs noms de communes de France : Avanton (Vienne), 
Avansan (Gironde). 



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ÀYENEYRE — AVRY 21 

Aveneyre, pâturage et sommet, alpes de Villeneuve ; un autre 
sur Montbovon^ Fribourg. Le mot a une étrange ressemblance 
avec (wenaire, éirangeT, Le pâturage de Villeneuve est dans les 
limites de Tancienne Gruyère, mais Villeneuve n'en a jamais fait 
partie. Serait-ce donc l'alpe aveneire, des étrangers ? Il faudrait 
d'anciens textes pour'appujer cette conjecture. 

Avenex, ham. près Njon, Avenacum, 926, M. G. XIV, 876, 
Avenaiy 1286, Avenay, 1260, M. R. XII, 1 56 ; du gentilice Ave- 
nos (autre forme d*Avius) = domaine d'Avenus. 

Aveimaz, bois au Jorat de Lutry, AwineSy 1 142, Cart. Monthe- 
TODy Ewinaz, 1228. 

AvoulUons, ham. près Njon ; loc. à Lejsin, à Lavey ; prés à 
Fully ; Avouillaz, prés à Saxon, Avuliion, prés à Saint-Martin 
d'Hérens, loc. à Ollon, à Rennaz ; aux Avouilles, loc. à Ollon 
(aiguilles rocheuses sur la Grande Eau) ; rAvoulIietla de la Za 
= Aiguille de la Za, vallée d'Hérens ; les Avolioiis, chaîne de 
rochers, vallée de Bagnes. 

Ces derniers, de avellhon^ patois = aiguillons, à cause de 
leurs pointes aiguës. Mais quel rapport entre des aiguillons et les 
prés de la plaine du Rhône ? Dans les prés humides où l'on ne 
peut aller avec des chars, on fait un tas de foin, puis on glisse 
dessous deux douilles^ ou aouillonSy deux aiguilles, disent les 
paysans, c'est-à-dire deux perches, et l'on transporte ainsi la 
charge qui est un avouillon. Les prés où l'on est obligé d enlever 
ainsi la récolte sont les Avouillons ou Avullions. Un en Oulion^ 
XIIP s., à Ecuvillens, doit être le même mot, ainsi que les Au- 
glions (gl mouillé) à Fey et à l'Aulion, bois à Bière. 

Avry, Fribourg, Avri vers ii5o, Aprilis vers 1178, Arch. Fr. 
VI, Abril, ïï77> Avriei^ Avril^ xii« s., Avrie, 1202, Matile. 
April^ Avrils 1228, Aprili, 1286, Avrie, i3oi, Avryez, 1426 
= (fundum) Apriacum, domaine d'un A or lus, gentilice romain. 

La fausse orthographe Avril du xii» s. a entraîné la fausse 
interprétation latine Aprili, Aprilis. Il en est sans doute de même 
pour plusieurs autres localités, telles sont une villa de Avrilliet, 
aux environs de Palézieux en 1296. Cart. Haut Grêl, M. R. XII, 



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^ AVULLY — ÂZEDON 

i3o, prot>aî>leinenl le môme que le lieu-dit en AprilierSy i633, à 
AttateDs (Dellion); les mayens d'Aprîly à Mollens, Valais, et 
Avril, loc. et ruisseau à Genève, qui dériveraient ég'alement 
d'Aprius, 

Aviillj-, Genève, Awillie el Avulie, 1220, Avullie, 1227, Awyl- 
iie, i3o2j Avuyllye, 1826, M. G. IV, 3o, XIV, 3oo, XVIIl, 97 ; 
de (fandam) Avilliacum, domaine d'un Avillius, g^entilice 
romain. De Vit, I. 

Avusy» Genève, Avuysie, i3o2, M. G. XIV, 3oo, Aousye, i338, 
Autisier, i364, i5i7, évidemment d'un nom pr. g'allo-romain ; 
probablement un {fundum) Avusiacum, propriété d'un Avusius, 
dérivé d'Avus, aussi employé comme nom propre. De Vit, I, 
590, 

Ayans, loc. à Apples, Colombier, Clarmont, es Ayens^ 1296 
:=. chcK lés descendants A'Ago ou Acho^ n. pr. germain. Fôrstem, 

p. lOi 

Ayonl, près Sion, Agents 1062, M. R. XVIII, Ayenta, ii53, 
Hidber II, puis Aent^ Aient <, Ayent, xrv® s. ; on peut en rappro- 
cher à TAyon ou Layon à Puidoux, Vaud. D'après Gatschet, du 
v, h, ail, êiyanti, part. prés, de eigan, posséder, soit terre for- 
mant un bien propre, un alleu. On trouve encore une vigne 
d'Aenf k Vnrone, 1262, un champ A'Ayent à Bramois, i25o. 

Ayer, nom de villages alpestres : comm. D. Sicrre, Ayer^ ï327, 
ham. d'Hérémence, etc., et Ayerne, de nombreux pâturages; les 
premiers, du patois ayer^ du latin acer, érable, et les seconds de 
Tadjeclif latin acerinus, lieux où il y a des érables. 

Az(^j Col de r — , ou de l'Azel et Pointe de l'Azel au S. de 
Lourtier. Laget, carte Siegfried, article soudé ; Bec d'Aget au 
N. de Lourtier, vallée de Bagnes ; du v. fr. aze (valaisan, âge), 
synonyme de âne, azet = petit âne. 

Azol, chalets derrière le Cubli sur Montreux, peut-être un dimi- 
nutif de ûze. 

Azedon, loc. à Conthey = probablement azelion, petit âne, 
permutation ll-d ; on dit Dadon pour Daillon, ham. de 
Coothey. 



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BAAR — BALEXERT 23 

Raar, ham. de Nendaz, Valais, Barroy iioo, 1162, Bars, 
1221, 1260; du bas latin barrum, terrain fertile, du g'othique 
iairan, produire, rapporter. 

Bâche, Bâches, loc. à Ëcublens, Chardonnaj, D. Mor^ifes, etc. ; 
endroits bas, creux, où restent des flaques ; du celte bach, creux, 
humide, bas breton bac, bassin, aug^e ; bach, foin de marais. 
Nous disons dans ce dernier sens bâche, Genève^ La Côte, Aven- 
ches. Trebâche, forêt à Corbeyrier, est un composé, et Bacliillon 
à Yvome, Bachelet à Luins, diminutifs. 

Bacon ou Baccon, loc. à Aigle, Crans, Ëchallens, Avenches 
et ailleurs ; Proz Bacon à Bag'nes ; de l'ancien fr. bacon, lard, 
du V. h. ail. bacho, dos, employé adjectivement pour désigner des 
terrains fertiles. La Suisse allemande dit de même Speck, Specki, 
8 loc. citées par Frûh et Schrôler, v. Bibliog-r., p. 3i4. 

Badausaz, pâturaK^, Ormont-dessous, Bajoasa, i3i5, i3i8, 
Baiousa, i332, Baiosa, 1420, permutation y-c/, comme Oujon- 
Audon ; peut-être de la racine de baie, ouverture : la Baiosa est le 
passag^e oblig'é pour aller de Leysin au Col du Mouellé et à la val- 
lée de l'Hongrin. 

Bagnes, vallée du Valais, Baines, ii5o, Hidber, II, Bannes, 
1177, Bagnii, 1177, Bagnes, 1177, 1206, Banes, 12^2, Bannes, 
1235, etc. ; du latin balnea, bains. Il y avait là au moyen âg^e, 
d'après Bridel, une source très fréquentée, disparue sous un 
éboulement. Barnia, loc. à Villeneuve, au pied d'Arvel, avec 
des eaux sulfureuses := égpalement de balnea, (M. de Gingins, 
Recherches, p. 44) y voit une fausse lecture 4( in Barma prope 
Villanova 1 247 et non pas Barnia ou Balnea comme le dit Levade, 
p. 241.») 

Balnoz, ruisseau ; voir Bcnnaz. 

Balandes, bois sur Bonmont, D. Nyon, Convallem de Ba» 
lenda, 1202, M. G. XV, 2, mot d'origine celtique, kymri balaon, 
bourgeon d'arbre, balant, le bourgeonnement des arbres, breton 
balaen, v. fr. balain, balai, breton balan, genêt (Dietz). 

Balavaiix à Vétroz, Valais =1 belle vallée. 

Balexert ou Balessert, Tour de — , près Genève ; du n. de fa- 



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24 BALLAIGUE — BAKBERINE 

mille Balexert, ancienne famille bourgeoise de Crenève; autre 
forme de bel-essert, aussi écrit exert. 

Ballaigue, D. Orbe, Aqua bella, 1177, Ballewi, 1228, B(h- 
leigue^ i354 = belle eau. 

Ballaly, forêt sur le Bouveret, Valais ; du bas latin bella legia^ 
belle forêt ; voir Alliaz. 

Ballens, Vaud, Barlens, 1189, ii48, M. R. III, 58i, 48i, Ba-- 
leins, 1 165 ? Hidber, II, 2o5 * ; de Berlingis = chez les descen- 
dants A^BerilOy n. pr. K^rmain. 

Balmaz, Balme, ou, permutation 1-r, Barmaz, Barme, Baul- 
mes, Baume, parfois Bamaz, Château-d'Œx, Bassins, Moutier, 
ou Bame, Ocourt, et les diminutifs en ette (atte, Jura bernois), 
otte : es Barmottes à Bex, ou ine : Baumine, ruisseau ; du celte 
balm^ caverne, paroi de rochers. 

Bambois, pour Ban-hois ou forêt à ban, synonyme dans le 
Jura bernois, des bois Deoens du C. de Vaud. 

La Bammat (fausse orth.), pâturage du Jura deNyon, chalme 
BalmCy XII® s. Cart. d'Oujon, M. R. XII, 72. Voir Balme. 

Banderettaz, nombr. loc., Bannerettes à Grand vaux ; pro- 
priété d*un bander et ou banneret. 

Baragne, prés à Orsiéres, pâturage à Arzier ; de la même 
racine que 4( baragnon, fossé latéral d'un champ, ^ dit Littré, 
Suppl., sans étymologie du reste. 

Barberèche, Fribourg, Barbereschi, 11 58, Barberesche, 
1173, F. B. \, l\bi, Barbaresche, iiSo, Barbareschi, 1182, 1228,. 
Barbarica, i423. Rec. dipl. VII. D'après Gatschet (et Studer), du 
bas latin barbaresca, plantation d'arbres irrégulière. Est plutôt, 
comme le Barbaresca du Maçonnais en 963 cité par Jubainville, 
un nom dérivé avec le suffixe locatif gaulois isca, du gentilice 
Barbarius ou du cognomen Barbarus : Barbarisca (villa), ferme 
de Barbarus ou de Barbarius. 

Barberine, ham. et rivière, affl. du Trient, Barberina^ 1264, 
Barbarina, 1807, ^- ^- XIV, peut-être la même origine que le 
précédent ; du n. pr. Barbarus. 

^ Un peu douteux : on y parle des vignes de Baleins. 



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BARBOLEUSAZ — BAS-MONSIEUR 25 

« 

Barboieusaz, pâtura^ sur Grjon, Berboleuse sur Ollon, 
Bai4>ollie à Chevillj ; de la famille de barbouiller y préfixe péjo- 
ratif bar et racine boull, qu'on retrouve dans le v. fr. boulloriy 
bourbier : pâturages, prés boueux. 

Bardonnex, Genève, Bardonacurriy ii53, Barduniacum, 
i25o, Bardonayy i344, Bardonex, i38i, M. G. XIV, 9, 29, IX, 
229, III, 219 = (praedium) Bardonacum, propriété d'un ^Bar-- 
donus ou * Bardunus. 

Barges, ham. de Vouvry près du Rhône, Barges^ 1269 ; loc. 
à Yvorne près du Rhône ; prés à Veyrier, vers TArve. Gomme 
Bargen, G. Berne, port sur l'Aar, Barges^ 1228, du bas latin 
barca, fr. barge, bateau à fond plat, bateau de bac. C'était sans 
doute à l'origine l'emplacement de bacs sur ces rivières, ou des 
lieux d'embarquement. En i439, à Fribourg, un chemin de Bar- 
ges que le Gonseil fait améliorer. G'est encore le nom d'un affluent 
de la Petite Glane. 

Barme, voir Balme. 

Bameuse, alpe sur Ayer, Valais, et Berneuse, sommet sur 
Leysin ; peut-être adjectif dérivé du celtique herriy monceau, 
amas et aussi fourré. 

Barnia (ou Bamiaz) à Villeneuve, voir Bagnes. 

Bart, Chez le — , ham. Neuchâtel. Parait se rattacher au v. fr. 
6er, provençal bar, forme nominative du mot baron, forme 
régime, bas latin haras, homme fort, guerrier vaillant. Origine 
discutée ; peut-être du celtique, kjmri bar, héros. 

Basenaz, pâturage à l'Etivaz, Pays-d'Enhaut ; du n. pr. Basin^ 
famille de Rossinières (uote manuscrite de M. Isabel). 

Basens, 2 com. Lac. et Singine, Frib., ail. Bôsingen, Basens, 
1228, 1234, M. R. VI, 1262, i4o6, Rec. dipl. I et VI, Basingel, 
Rec. dipl. VI, Besingen, 1 264-1 665 = chez les descendants de 
Beuo, n. pr. germain. 

Bas-Monsieur, ham. près Chaux-de-Fonds. D'après V. Benoît, 
Bsq. neuch. I, no, s'appelait autrefois le Ban-Monsieur, terrain 
à ban, appartenant au comte. 



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26 BASSAYS — BATTIAU 

Bassays (ou Basseys ou Bas-Serré), ham. de Vérossaz sur 
Saint-Maurice ; de bas et sex, rocher. 

Bassecourt, D. Délémont, Baressicort, 1160, Barsecurt, 
1178, Baressecort, 1181, 1289, Boressecort, i256. Ces formes 
anciennes indiquent comme premier élément un n. pr. C'est la 
cour, la ferme d'un Germain, mais lequel? Fôrstemann a Basso, 
mais pas de nom renfermant le r de ces quatre formes primitives. 

Bassenges, D. Morges, Baffinges, 794, Bassenges, 1217, et 
Bassins, D. Nyon, Bassinges, 974, 1000, Bassiniacum, ii48. 
Bassins, ii64, Bacins, 1196, 1244» M. R. XII, etc. = chez les 
descendants de Basso, n. pr. g^ermain. 

Les Bassets, ham. à Clarens D. Vevey ; le Basset, col au val 
Ferret, autre entre Liddes et Bag-nes ; de bas. En Dauphiné les 
cols sont souvent appelés baisses, 

Bassy, ham. à Anières, Genève. Probablement de (fundum) 
Bassiacum, domaine d'un Bassius, g'entilice dérivé du cog'nomen 
Bassus. Il faudrait une forme ancienne pour chang'er cette con- 
jecture en certitude. 

Le Bastillon, arête de rochers au val Ferret, Valais ; dimin. de 
bastille, château fort. 

Bastioulaz, m. à Epesses = petite construction de pierre ; 
diminutif, avec le suffixe oula, de bastia. Voir Bâtiaz. 

Basuges, ancien nom de Saint-Prex, d'après le Cartulaire de 
Lausanne ; de basilica, église. C'est là que fut enterré l'évêque 
saint Prothais, et l'endroit prit dès lors le nom de Saint-Prex. Le 
lieu-dit Sur Bassus conserve le souvenir de l'ancien nom du vil- 
lage. 

Bâtiaz, Valais; la Bâtie, Genève, château construit en i3i8, 
Batista, M. G. IX, 3i3, Bastide, 1821 ; autre près Versoix ; du 
v. fr. bastie, provençal bastide, lieu fortifié, du bas latin bastire. 

Battentin, m. à Bulle, Frib., Battentein, 1286, Batetens, 
1879, Battentin, il\'}h, Arch. Fr. III ; probablement d'un n. pr. 
germain, un composé de la racine Bado. 

Battiau, ham. à Saint-Prex, m. à Granges, Frib. ; Baptiaux 
k Aig'le, Battioux, OUon ; Battiou, Célignj ; Battieux à Colom- 



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BAUGY — BAY 27 

bier, Neuchâtel ; forme patoise du bas latin baptitorium, fr. bat- 
toir. 

Baugy^ ham. de Montreux, Bogie, Bougie, i23o. Malg^ré les 
o des formes anciennes, nous paratt dérivé comme les Baugy de 
France de {fundum) Balbiacum, domaine d'un Balbius, genii- 
lice romain. Les nombreuses antiquités romaines qu'on y a trou- 
vées parlent en faveur de cette origine. 

Bauioz, ham. de Gimel. Voir Bolle. 

Baolmes, D. Orbe, Balmo, 962, Balmes, 1 174, Balma, 1 183, 
Balmis, etc. Voir Balme. 

Un quartier de vigne à Neuveville s'appelle aux Baumes. Or un acte 
de 1185, Trouillat, I, 261, parlant de vignes à Nugerol, in Nuerol, 
nomme les « vineas ad Balinam, » Ce Balinam, qui n'a pas laissé de 
trace, nous paratt être une fausse lecture pour Balmam, baume, nom 
conservé dans l'endroit indiqué. 

Bavelier, ham. de Pleigne, D. Délémont, Bawile, i336, -fiaw- 
lier, 1847, ^''' Baderswil. Parait d'abord formé de bach, ruis^ 
seau, et velier, wiler, village, ce que semble justifier sa position 
au bord d'un ruisseau. Mais le premier élément de tous ces noms 
est toujours un nom d'homme, et puis bach n'explique pas l'ail, 
bader. Bader, nom fréquent, m. h. ail. vient du v. h. ail. Ba- 
thariy de la racine bad, vieux gothique beado, et hari, guerrier. 
Fôrstem. 

Bavois, D. Orbe, Baioes, 1182, M. R. VII, 28, et 1228, 1899, 
BaoieSy 1200, M. R. III, ^^8, Baioies, i2i3, 1228, Bavoes, 1225, 
Bayoies, 1270, 1298, M. R. XIV, Bayoyes, 12^5, Bayoes, i359, 
1453, Bavoy, i536. Mot difficile à expliquer. Autant qu'on peut 
en conjecturer sur la physionomie du mot, en considérant que le 
V est une lettre intercalée, on peut y démêler la racine bay, de 
bach, ruisseau, et un suffixe collectif oyes, oieSy village où il y a 
plusieurs ruisseaux, ou territoire entre plusieurs ruisseaux ; or le 
territoire est limité par le Talent et les eaux du marais, et plusieurs 
ruisselets d'après la carte y descendent des coteaux à la plaine. 

Bay^ Baye, Bey, nom de nombreux ruisseaux ; de l'ail, bach, 
ruisseau. De là encore peut-être Bex, D. Aigle, villa Baccis, 674, 



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28 BAVARDS — BEPFEUX 

BoeZy ii42ï BaXj 1179, Bais, 1227, BeZy i245, et en Bex, loc. 
à Ëclépens, entre la Venog'e et un ruisseau. Quant à Bez, à Cour» 
telarj, il pourrait aussi bien venir de biez. Voir ce mot. 

Les Bayards, Neuchâtel, Bayar, 1282, Bayarty Bayard^ 
Boyhearty i344) Matile; probablement n. propre d'homme. 

Bayse (pron. ba-hi), ham. à Blonaj, aussi Bahise ; loc. à Bex, 
à Faoug, Avenches ; Baysaz à Saint-Trîphon, Bahyse, ham. sur 
Cully, Bayèze, m. à Morgins, Creux de Bahyse sous Chamos- 
saire, alpes d'Ollon ; à la Bahise, m. à Saint^Aubin, Fribourg ; 
en la Bahi, m. à Hauteville ; origine inconnue, peut-être fam. de 
bay. 

Bé, Bi, préfixe patois = beau : Béboux (bois), Bécor (corne)^ 
sommet à Morgins ; Bécuel à Landeron (cul) ; Bez Crettet (petit 
crét) à Outre Rhône, Bémont/Bévilard (village), Bétzatay (châ- 
teau), rochers à Outre Rhône, etc., Bicrets à SaintrGingolph ; 
Bigitoz à Charmey ; Bîmont ; Bipraz à Porsel, etc. 

Beaugourd, voir Gourd. 

Les Bédaires, loc. et ruisseau à Concise ; Bédayre, ham. d'Or- 
mont-dessus et ruisseau, augmentatifs ; les Bedeaux, petits ruis- 
seaux au pied de Marnex, Ormont-dessus, diminutifs; dérivés du 
bas latin bedumy voir bied ; avec la permutation d-z : es Bezières, 
loc. à Etoy, Vaud, Beseiri, loc. à Courlevon, Jura bernois, le 
même que Bezeria, Cart. Haut Crêt, M. R. XII, p. 127, Bezericy 
p. 129, considéré comme nom propre et qui nous paraît être un 
n. commun, synonyme de bedeyre. On le retrouve dans le Cart. 
Laus. M. R. VI où Ton parle de la Bezeri à Vevey, 1286, juxta 
veteres muros, soit la meunière ou canal des moulins. Les mots 
de la charte de Haut Crêt : 4( dicti religiosi aquam de Broya... 
non debebant ducere per Bezeriam ad molendinum suum, ^ rap- 
prochés de la bezière de Vevey, nous paraissent concluants. Une 
charte de Bulle, i438, parle de quadam bezeria molendini dicte 
ville. 

Beffeux, ham. de Vionnaz, Valais, où habitait évidemment 
Perrodus de Bellofago de Viona, i4o2, M. R., 2« série, II, i25 = 
bel faux ou béfaux^ beau hêtre. 



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BEGNINS — BBLLELAY 29 

Begnins, D. Njon, BinginSy 1 145, BinginSy 1 165, Hîdber, II, 
BinninSy i2o4, M. R. V, 222 et vers 1224, M. R. XII, 5o ; -fii- 
gninsy 1226, 1269, i349, DininSy 1289, M- ^- ^^'» ^y^y^^ 
1285, Biffnyns, 1266, M. R. XII, 1828, etc. ; de Benninffi8 = 
chez les descendants de BennOy n. pr. germain (et non de Sanctus 
Benij^l^nas, comme on Ta écrit souvent). 

Les Beillants ou Belliants, écart de Jussj, Genève, les Balanz, 
1274, es BalanZy 1276, M. G. XIV, 189. Voir Balandes. 

Belfaux, Frib., Belfo, Bellofago, 1188, 1142, ii5o, Arch. 
Fr. \l,Bel/oz, 1228, M. R. VI, 1894, i4o6, Rec. dipl. 1471, 
M. G. XII, 60, Bel/oly i4i6, etc. ; de bellumfagum^ beau hêtre. 

Beiin, employé fréquemment comme déterminatif. On connaît 
Sauvabelin. M. Bonhôte indique encore (Musée Neuch. VII, 197), 
Bas Belin, Gerneux Péquignot, Neuchâtel, Crêt Belin^ Aberge- 
ment, D. Orbe ; Praz Belin, Bretonnière, Ballaigue et Vaulion, 
D. Orbe. Ajoutons Auge Belîn à Gouvet, en Bellin, prés à Bex. 
Nous avons peine à rapporter, comme M. Bonhôte, toutes ces 
localités à Belenos et au culte du soleil. (Il y rattache aussi Tré- 
velin.) Nous voyons plutôt dans ce déterminatif le v. fr. beliriy 
adj. = ovin, de mouton, donc, dans ces localités, des créts, des 
prés où paissent les moutons. D'après Godefroy, belin se dit 
encore au sens de mouton dans le Jura. « Toutefois, nous fait re- 
marquer M. le prof. Bonnard, pour que cette explication soit 
exacte, il faut que les noms en question ne soient pas attestés avant 
la fin du 12^ siècle, époque où Belin est employé comme nom 
propre pour dèsig'ner le mouton dans le roman de Renart, comme 
Renart y désigne le goupil, etc. » 

Bellaluex, alpes de Bex et Bellalui ou Ballalui, alpes de Lens, 
Valais ; de belle et tueXy lui, paroi de roches ; voir Lex. 

Bella Tola, sommet. Valais. Voir Tola. 

Bellegarde, Gruyère, Balaimarda, 1228, M. R. VI, 28, Bella- 
gardUy 1426, XXII, 861 ; de belle et patois vouarda, fr. garde, 
du V. h. ail. warteriy garder, veiller. 

Bellelay, D. Moutier, Bellelagia, ii4i» ïi79> Balelaia, 1177, 
PelUUagia, 1192, M. G. IV, i4, et 1800, F. B. FV, 6, Bellelee, 

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30 BELLERIYE — BELPRAHON 

1244) Bellelaie, 1298, Belile, i33i. Trouillat, III; de belle et 
legia, leia, forêt : belle forêt. Voir Alliaz. 

Bellerive, D. Awenches, Pulchra ripa, izt^o, Bellarivay 1299, 
M. R. V, 36o = belle rive. 

Bellevaux, ham. à Lausanne, Bella vallis, 1 190, Cart. Month., 
Balesvalz, 1 2 12, M. R. VI, i45 ; BellevauXy i345, loc. à Neu- 
châtel et Belvaux, ferme à Nods, Berne = belle vallée. 

Belmont près Lausanne, Belmunty 12 14, 20, 26, 28, 36, Bel- 
lum monteniy 1267, Bealmont, i238, M. R. VI, 655 et 1239, 
p. 663. Cette dernière forme ferait penser tout d'abord à Mont de 
Beal ou Baal, le soleil, que les Celtes adoraient sur les hauteurs. 
M. le prof. Bonnard, à qui nous avons soumis la question, ne voit 
dans beal que la forme intermédiaire entre bel et beau. Les autres 
Belmonty près Yverdon, Belmont^ 1174» i235, Cart. Month., 
Belmont ou ^^/mwnrfprèsNidau, Bellam moniem, 1107, Trouil- 
lat, I, 23 1, etc., ont la même origine : beau mont. 

Belon, Crêt — , à l'Abergement, D. Orbe, Tronche-Béion à 
Riaz, Frib. ; patois bélon = barlong", plus long que large. 

Belosse, à Cheseaux sur Lausanne, es Belosses à Soral, Ge- 
nève ; v. fr. beloce^ fruit du prunellier. 

Belossy, loc. à Charrat, Valais ; au Belossi à Port Valais,. 
Bellochay à Iserables, Bolossy, Vuadens et Chavannes-les-Forts, 
une terre en Bolosie à Morlon en i685, Bolossat, Villarimboud ; 
la Beiossière à Hermance, la Bélosseltaz à Lavigny, Belossier 
à Noville, les Belossières, Saint^Blaise ; la Bollossettaz à Riez 
et Vuadens ; en Belosson à Gryon, en Bellesson à Arnex-Orbe. 
Un pratum del Belocier^ i2o5, donné à labbaye de Saint-Mau- 
rice, une < fontem deis Bolossier près Cornaux, 1220. Du patois 
belossi, bolossif prunellier, celte poloSy breton bulos, v. fr. beloce^ 
anglais moderne bullace, prunelle, bas latin bulluca : 4ç Nec aliud 
penitus quam pomorum parvulorum quae bullucas vulgo appel- 
lant, vescabatur. >► Vie de saint Colomban. (Holder, 63 1.) 

Belprahon, D. Moutier, Berne, autrefois ^^/>raAon9 ail. Tiefen- 
bach, en patois Bépravon ; du bas latin bedum, bief, ruisseau, 
de Tall. hed, et pro/undum, ce qui correspond au nom allemand. 



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BENDES — BERGHÈRES 31 

Bendes, ham. de Saint-Légîcr ; Es Bendes à Villeneuve ; loc. 
à Chandolîn, D. Sierre, et Benda à Chippis ; de l'anc. h. alL 
bindaj prov. benda, fr. bande, surface longue et étroite. 

Bendolla, alpe sur Grimentz, Anniviers, alpis de Bendala^ 
i3i2, diminutif du précédent. 

Benenté, forêt du Jorat de Lausanne, corruption de Monsbe- 
nestely 1174; de mont, benesty part, passé v. fr. = béni et suf- 
fixe dim. eL 

Benevis ou Bennev^'s, loc. à Aigle ; € me paraît venir de a 
bénéois ou bénéois, du latin benCj bien et vis, tu veux ; locution 
de droit féodal ; contrat pour jouir tant qu'il plaira, sans limita- 
tion de durée. > {Note de M. Isabel.) Il y avait jadis une famille, 
savoisienne de Benevis ; en i32i un Michel de Benevys prend 
part au siège du château de Corbières au Pays de Gex par Amé V 
de Savoie. Acad. Sav., 2® s. I. Peut-être le Benevis d'Aigle aurait- 
il été une possession de cette famille : la noblesse de Savoie possé- 
dait de nombreux fiefs à Aigle. 

Benex, ham. de Prangins, Beinai, 1262, Benay, i3i5, M. R. 
V, 35o, 247 = (vicam) Benacum; du celte benacos, corne, 
hibern. bennachy de benn, corne, promontoire ; Bernex est juste- 
ment au-dessus du cap très saillant de Promenthoux, depromon- 
torium, promontoire. Benacum est l'ancien nom gaulois du lac 
de Garde, le lac « cornu » aux promontoires multiples, nommé 
deux fois par Virgile. 

Une charle de 1277, M. G. XIV, 155, parle d'un Venay, terre des 
Tenipiiers. Le Rég. gea., 278, hésite dans Fidentificatioo de Veoay entre 
Avenex et Benex, mais se décide au répertoire pour le premier. Ce doit 
être plutôt le second, puisque la Commanderie des Tempfiers de La 
Chaux avait une terre à Benex. La permutation b initial — v se retrouve 
ailleurs à la même époque, voir Evordes. 

Bennaz, bras du Rhône à Illarse près Aigle ; le Bainoz ou la 
Bainaz, affl. de la Petite Glânc ; patois hainna, flaque d'eau sta- 
gnante (Bridel), du celtique boinn, rivière. Sorebennaz, loc., 
alpes de Veytaux, près de la Vereyaz = au-dessus du ruisseau. 

Berchères, m. à Malapalud, Bergère, m. à Lucens, loc. Mar- 



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; 



32 BERGHIER — BERNEX 

chissy, endroit où Ton garde des moutons ; bas latin bercharia ; 
synonyme du moderne Bergerie qu'on trouve à Nyon, Valeyre^ 
Rances, etc. Voir aussi Verchère. 

Berchier, D. Moudon, Bergie, Berchiacum, ii54, Bercie, 
1166, Bergi, Bergy^ Cart. Month.^ Berchie^ 1228, i453, etc. ; 
Bercher ou Berchiez, m. et terrain à Marchissy ; en Berchy, 
loc. à Pampigny ; désig-ne évidemment un fundum, une propriété 
d'un Gallo-romain, comme * Berbicius. 

Berelaz, loc. à Bramois : un lieu Bercles à Venthône, Valais, 
1229, les Bercles, loc. à Neuchâtel, es Bordes, i53i. Bercle, 
patois berquiéy est un nom v. fr. = treille. En 1670, dit le 
P. Dellion, le curé de Montbrelioz doit entretenir les toits de la 
cure, les haies, et 4( maintenir la bercle, ^ (Dans le G. de Vaud, 
berclure, rame de haricots.) 

Bérenges ou moins bien Béranges, ferme à La Tour ; de Be^ 
ringis = chez les descendants de Bero, n. pr. germain ; du v. h. 
ail. bero = ours ; correspondant de Beringen, SchafiFhouse, et 
Beriken, Argovie. 

Berlaz, Berley, voir Bierlaz. 

Berlens, D. Glane, Fribourg, Berlens vers 1 176, Donat. Haut., 
1 198, M. F. III, 69, 1223, 1228, M. R. VI, 4o3, 23, Berlin, 1677, 
i638. Belle ns, i453 = chez les descendants de Berilo, n. pr. ger- 
main, de bero, ours. Praz Berlens à Châtel-Saint^Denis, même 
origine. 

Berlin, Ghamp — , ham. de Sorens, Gruyère = champ de Be^ 
rilo. Quant à Berlin, m. à Morges, c'est un nom tout moderne 
donné au xix® s. par un propriétaire allemand ; le nom local est 
les Huttins. 

Berlincourt ou Brelincourt, ail. Berlinsdorf, ham. de Ba»- 
secourt, D. Porrentruy = cour, ferme de Berilo, n. pr. germain, 
diminutif de bero, ours. 

Bernex, Genève, Brenaicus vers l'an 1000, Brenay, i256, 
1271, M. G. XIV, 38, 118, Birney et Berney, 1278, M. G. XIV, 
i3o, Bernay, 1862 ; Bernay, m. à Port-Valais = (praedium) 
Brennacum, du n. gaulois Brennos, comme les Bernay de France. 



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BBRNONA — BESENGETIS 33 

Bemona ou Bemone, loc. près Venthôoe, D. Sierre^ Ber- 
nonnes à Sierre, Bemona, 5i5, 1267, M. R. XXIX et XXX, de 
(uilla) BernonOy ferme de Berno ou Bernon, n. pr. germain 
coDnu dans le pays. 

Béroehe, la — , partie S. du district de Boudrj, Neuchâtel, 
auasi appelée la Paroisse, la Paroche, i433 ; du latin parochia 
(saint Jérôme), altéré de parœcia^ diocèse. De même dans le Por- 
rentruj, la contrée de Charmoille s appelait jadis la Baroche, nom 
encore employé en bourgpuignon pour paroisse. 

Béroie, vaste pâturant et m. isolée, sur Saicourt, D. Mootier ; 
paraît se rattacher au v. fr. berrie, comme 

Berolle, D. Aubonne, Vaud, Birola et Berola, 1278, ByrolaSj 
i3a2, BirotaZy i453 ; dim. du v. fr. berrie, lande, plaine, pâtu- 
rage vague, donc petite plaine; en Berroulei, près à Aigle, 
dim. 

Berra, sommet de la Gruyère, et Pointe de Béron, alpes du 
Triait, Valais ; du celte ber, pointe. 

Bert, en composition comme déterminatif dans plusieurs noms, 
en Ubert ou Liebert, loc. à Boussens ; Praz-Bert à Payeme ; 
Prabert à Monthej ; Yalbert à Ocourt, Jura bernois = fordts, 
pré, vallée, de Bert, n. pr. germain, contracté de Berahty Técla- 
tant, le brillant. 

La Berthaz, sommet ou saillie de Tarète au col de Couz, Val 
dUliez, et le Berthex ou Berthet, alpes de Bex, dim. du précé- 
dent ; les deux, sommets schisteux de flyseh, se délitant cons- 
tamment ; de l'adj. patois bert ho, bertha, fragile. 

Bertol, alpe et sommet à Bvolène, Valais, Cqmba Bertol 
vers 1280 = combe (de) Berthold, n. pr. germain. 

Bertzo, chalets sur Ayent, Valais ; passage de rochers au Sa- 
netsch ; Berze, (ts) loc. à Leytron, Valais ; métathèse pour brèche^ 
d'où le col des ftpéehets, vallée dHérens. En Dauphiné, berche 
= col. 

Beseneens, D. Veveyse, Frib., Besencens et BesenceSy xii« s. 
Cart. Haut-Crèi, M. R. XII, i5o, 169, Bessensen, 1299, d'après 
Kuenlin ; nom dérivé d'un n. pr. germain. 

M. D. SBC. SÉRIE, TOBCB VII ^<-> j 

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34 BESSINGES — BEURNEVAISIN 

B4^,ssînffes, ham. C. de Genève = chez les descendants de Bezo 
ou de BettOy n. pr. g'ermain. Voir Bettens. 

Be!i»o, lo — , sommet, vallée d'Anniviers, Valais ; du bas latin 
Àmo, fr. hesson, jumeau, à cause de ses deux pointes. De même 
CrôUlH^sse, sommet près Sion = crête jumelle, et Pierrabesse 
à Grimisuat, Valais, Peina Bechy, 1262, Petra Bessy^ 1267; 
loc. k Ollon, aux Ormonts et à Bex ; ici g^ros bloc erratique fendu 
du haut cri bas, ce qui en fait deux pierres jumelles. Pierrabaisse 
à ConLhi?y est sans doute une fausse orth. du même mot. 

Béthiisy ou Bétusî, ham. à Lausanne, Bitusiacum, 906, Betu- 
gie^ 12^0» BitusiSy 1228, Bettusie, 1287 ; ham. de Bretig^ny-sur- 
Morrens =: {/undum) Bitutiacarriy domaine d*un Bitutius, g-en- 
LÎlicc romain, peut-être, d'après De Vit, le même que Betutius^ 
Betucius ou Betutius, nom très connu par les écrivains et surtout 
par les inscriptions. Ces formes primitives, avec le suffixe acum, 
qui s ajoute à des noms d*hommes (uniquement à cette époque 
reculée) el l'absence de Th, montrent à l'évidence que Tétymolog'ie 
germanique Bethaus, maison de prière (Dict. hist., V, p. 85) est 
erronée. 

Bolxatai, rochers découpés sur Outre-Rhône, Valais = beau 
château. 

Bettolln, clos de vignes à Aigle, Bitiilins, 1882 ; peut-être 
comme Billens, Bitlens, voir plus loin = chez Biiilo, n. pr. ger- 
main ; toutefois il faut considérer que Bitlens était contracté au 
xW s. et Bittilins non au xrv«. Il y a une racine onomastique Biti^ 
d'où l'on aurait Bittilo. Ici la contraction se produirait moins faci- 
lement. (Note manuscrite de M. le prof. Stadelmann.) 

Bêtti^nK, D. Gossonay, Betens, 1142, 1269, 1286, BectenSy 
1149. r358^ 1881, Beteins, 1228, BessenSy 1286, Betleyns, 1278, 
Bettens, 1887 ; — ham. de Château-d'Œx, BatenieSy iii5, Hid- 
ber, I, 458, Bestens, i486 = chez les descendants de Beiio, n. 
pr. g-ermain très fréquent. 

Beurnevalsin, D. Porrentruy, ail. Brischwiler^ Brunnevisin^ 
laii, Burneoison, 1290, Barneoesin, 1848 ; racine germanique 
Ar«/i. VoirBournens. , 



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BEUSON — BIENNE 35 

Beuson, ham. de Nendaz, Valais, Bousun, 1200, Bouson, 
1227, 1248, etc. ; 2^ loc. à Chamoson ; de beuse ou bouse : lieu 
boueux. 

Bevaix, NeuchÂtel, yiWsl Bevacensis, 998, Bevat, 1092, Beuais^ 
ii42* Cart. MoQX\i,^Bevex, 1268, i453, BevaZy 1268, 1268, i3ii, 
Bevay, i2So,'Bevays, i3io,Beoeyz, 1821. D'après Gatschet, cor- 
respondant du n. ail. Bifang^ du v. h. ail. bifàhan^ clore ; ce 
serait le sjn. des Clos, Closuit, etc., si fréquents. Mais le n. latin 
cellam Bethaatiam, io49> Hidber, I, 348, semblerait indiquer 
une autre ori^^e inconnue. 

Les Bevières au Landeron, Beviery, i243, Beviere, i343; es 
Bévières, loc. à Vich, dérivés collectifs de bevium^ bief, prés 
coupés de canaux. 

Bévieux, h. de Bex et Givrins, le premier faussement écrit Bex- 
vieux par de Gingins et par la carte Siegfried ; villag'e de chalets 
sur Montreux {Beaeux, i355) ; Béviaux, pâturage, Pays-d'En- 
haut, loc. à Blonaj, probablement dérivés de bief, 

Bévilard, D. deMoutier, Berne, Beoilar, iiSi, Belviler, 1226, 
Bevillery 1248, Beviler, 1829 ; de bé, bel, beau et vilar = beau 
village. 

Bex, D. Aigle, villa Baccis, 674, Will. de Bais, ii38, Bœz^ 
1142, Box, Baz, 1179, J5air, 122^], Bez, 1240, rattaché habituel- 
lement à bachj rivière ; par M. de Gingins au bas latin baccus, 
passage de rivière, bac. 

Bezières, voir Bedayre. 

Biaofond, ham. de Bois, Berne ; patois biau, beau fond. 

Biaugy, loc. à Rueyres ; de bellum gistum, beau gtte. 

Bied, Biez, ruisseaux à Morges et Jura, loc. à Renens, Beium 
en 904, Biez, 1226, et les Bieds aux Ponts (Neuch.), le Biex à 
Salavaux, 1289, Bez à Gourtelary ; autres formes de bief, bas 
latin beviuniy beiam, bedum, de l'anc. h. ail. bed^ lit de rivière, 
puis canal, ruisseau. 

Bienne, Bielna, ii4i, Bielne^ ii84, Byello, 1187, Biello, 
1280, BielUy 1289, Beenna, 1288, Bienna, 1268, Biel^ 1299, 
etc. (26 variantes) ; dérivé ordinairement de byl, beily ail. suisse 



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36 BIÈRE — BIOLEC 

beil, la hache qui fi^re dans ses armoiries ; mais ce sont là des 
armes parlantes et Torigioe nous paraît incertaine. Studer pro- 
pose l'anc. h. ail. bit, pris au sens d'entaille, de g'orge, ce qui 
conTtendrait assez pour cette ville, à Tissue des gorges de la Suze. 
Toutefois, nous préférons nous ranger à l'opinion de Zinunerli 
qui n'y voit rien autre que Tall. bùhly colline ; en i4o5 le rocher 
sur lequel s'élevait jadis le château est appelé der B&el. 

Bière, D. Aubonne, Bieria^ ii32)t, Byerey, ii43, Cart. Month., 
Beri^ ïï77» Biria^ 1179, Bière Yen 1210, M. R. XII, ïb, Bien, 
1212, Beria, 1278, i453 ; du v. fr. berrie, plaine. 

La Bierlaz, alpe d'Ormont-dessus, Berlaz dans les vieux textes ; 
aux Beries, loc. à Denens ; à la Birlaz, loc. à Fully, la Byrla, 
ham. à Trient ; Berletta aux Majens de Sion, dim. ; Berkiire à 
Villariaz, Berley, forêt à Montagny, Beriai, 1228; Berlex à 
Tartegnins, Berlez à Villarepos, collectifs ; du v. fr. berity patois 
berla, cresson de fontaine, du latin berula. 

Billens, D. Glane, Fribourg, Bitlens, xir> s., BillenSy 1180, 
1189, M. R. XXIX, 125, Bilieins, 1228, Byllens, 1232= chez 
les descendants de Bitilo, n. pr. germain; du v. h. ail. bitan, 
désirer ; de même Boîs-Billens, ham. de Villars-sous-Yens. 

Biole ou Biolla ; Biolet (Boudry), BioDet (Bevaix), Bîolat 
(Thierrens), Biolettes ou Biolattes, (Hm. ; Bioley, Biolay, Biol- 
ley, Biollay, BioUex, Biolayre, BioUeyp©, Biolyp© (Valais), 
etc., lieux où abondent les bioles, bouleaux ; du latin hetula o« 
betulla, aussi celtique ; les collectifs en ey, ay, ex, de betuletam; 
en ayre, yre, de betularia, 

Biolee, mayens, vallée d'Anniviers = Bioley, 

Ce suffixe ec, spécial à la vallée d'Aoniriers et à Evolène : Liappec = 
Liappey, Lirec = Lircy, Mottec = Mottey, Pensée = Pcsscy, Rotsec 
== Rochcy, Vcmek = Vcrncy, Veisivic = Veiscvay, rappelle singulière- 
ment la formation des collectifs semblables en celte armoricain. On y 
dit iH>sec (rosetam),/ai;ec (fabetum), kanabec (cannabetum)^ etc. Zeuss, 
p. 850. Cette terminaison identique pourrait faire penser à une origine 
cettiqoe commune, mais ce n'est là qu'une coïncidence : le diadecte anni- 
viard ajoute un c inorganique à presque toutes les terminaisons en é, i, 
ou : deky sek, nek (doigt, soif, neige), amik, pourrik, pahik, nouk, douk 
(nu, dur), venouk. 



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BI0NNBN8 — blessouey 37 

Bioanens, D. Glane, Frib., Byonens^ 1369, Bionens^ 1394» 
M. R. XXII, 238 = chez les descendants de Beono, Beonna^ n. 
pr. germain. 

Biordaz, rÎTière D. Oron, Biorde^ ii349 Barda vers ii46f 
Biorda, ii55, Biurda, 1164, Byorda^ i274t Byarda, is^S, 
Cari. Haut-Crèl M. R. XII ; peut-être autre forme de borda. 

La Biorle, ferme à Belprahon, D. Moutier; peut-être autre 
forme de bîerle. Voir Bierlaz. 

BioutJiz, bois de bouleaux à Arnex sur Orbe ; de bioux. 

Bioux, ham. vallée de Joux ; loc. à Treytorrens, Saint-Cierges, 
Chavannes-le-Chène, et au Biou à Yvonand ; forme masculine de 
iiole, bouleau, v. fr. boal; les bouleaux sont abondants aux Bioux. 

Birse, rivière du Jura, Bersa, Bina dans les chartes ; le v. f . 
a bers, berceau, aussi lit d'un cours d'eau. Y aurait-il là quelque 
rapport ? Studer le tire du celtique, irlandais hir^ pir^ ruisseau. 

Blachère, loc. à Bex, Blachoz, prés à Ollon, Bex ; les Bla- 
ehoieys, rochers gypseux à Ollon (la carte Siegfried écrit fausse- 
ment Bacholeys), la Blécherette, m. à Lausanne, Blacon à Lully 
sur Marges. Parents de blache, blachet, pAle, blanc. Il y a à 01- 
leo, Bex, beaucoup de terrains gypseux, blanchâtres ; mot dérivé 
de l'ail, bleichj même sens, que Dietz rapproche du grec blakos. 
Le patois appelle blachette = hlanchette, l'armoise absinthe et le 
chèvrefeuille des haies, aux rameaux blancs. Dans l'Ain, on appelle 
blache ou blachère les prés marais qui fournissent de la blache, 
b4che à la Côte, flat dans la vallée du Rhône, sans doute parce 
que cette herbe est blanchAtre quand on la fauche pour litière. 

Blaneherie, loc. à Morges, Yverdon. C'est le v. f. blancherie 
= blanchisserie, endroits où l'on étendait les toiles pour les faire 
blanchir, comme les Bleiche de la Suisse allemande. 

Bieflseiui, D. Glane, Frib., Blesens, ii5o, Blescens, 1160, M. 
R. XII, Blessens, 1216, Donat. Haut., Blesseins, i238, M. R. 
VI, fi6o; — Es Bleasens, ham. du Crét, Veveyse, Blessins 
(Kuenlin) = chez les descendants d'un Germain dont le nom com- 
mence par Blidy Bled. 

BieMoney, ham. de Greng près Morat ; Blessonex, m. à Bot- 



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38 BLETTAZ — BLONAY 

terens, Montblesson, ham. de Lausanne ; en Bellesson à Arnex ; 
es Blessonnières à Jussj ; la Blessonnaire à Grandvaux, lieux 
où abondent les blessonniers, poiriers sauvagces; de Tadj. blet, 
Berrj blosse, d*ovui:ine germanique ; ancien Scandinave bleyta, 
amollir, suédois blôt, mou, parce que ces poires ne sont bonnes 
que lorsqu'elles sont blettes, et suffixe dim. on, blesson = petit 
fruit blet, puis les collectifs ej, ex, aire. 

Blettaz, loc. à Nendaz et alpes de Saillon ; en la Blettaz, 1890, 
à Grdne, Valais ; Blettay, cirque rocheux, alpes de Leytron ; Blé- 
taye à Mièg-e, les Bletteys à Ëmosson, alpes de Finhaut, Tête 
du Bletton, sommet au Saillon, Valais ; aux Blettes, alpes de 
Bex, les Bléteaux ou Blettaux à Yvorne ; du v. f. blette, variante 
de blesle, bloste, s. f., motte de terre, employé jusqu'à la fin du 
XVI® s. (Bonnard) à cause du sol inégal de ces localités. 

Es Blevallaires à Ecublens, Vaud = aux champs de blé ; du 
bas latin blavum, v. f. bief; origine incertaine, probablement du 
celtique blawd, farine. 

Blignoux ou Blignoud, ham. d'Ajent, Valais, Bluvignosch, 
Blivignohos, 1191, Bluvignoch, 1229-1260, Bluvignot, 1287, 
Bluvignoc et Blivignos, 1249» Blivignoch vers 1260, Bluvi- 
gnose, 1295, Bluvignout, i338. Blouvignoux carte Dufour et 
Dict. Lutz, 186 1. Blignoux carte Siegfried, Blignoud F. d'Avis 
off. du Valais, contraction exceptionnelle au xix« s. Probablement 
dérivé d'un nom propre gaulois et du suffixe ligure oscus répandu 
dans la Gaule méridionale et dont nous connaissons 5 exemples 
en Valais. 

Bliou, Blioux ou Bluch, ham. de Randogne près Sitrve, Bluys, 
1260, 1267, Bios, 1241, i44i» Plouche, Lutz, 1861; eALBlusch. 

Le nom de Chaaiblloux, ham. à Granges-Paccot, Fribourg, 
paraît formé de champ et de la même racine blioux qui doit être 
un n. pr. germain. 

Blonaire, loc. à Aigle ; peut-être ancienne propriété des Blonay. 

Blonay, D. Vevey, Bloniacum, 1090, 11 38, Blonay, i\l\^ et 
Blenai, ii47» Cart. Month., Blanay et Blanoi, ii63, Blenia- 
cum, 1176, Blonacho, 1177, Blunais, I2i5, Blunai, 12^6, Blu- 



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BLUARD — BŒNA 39 

naium^ 1260, Blonay^ i3ig, Blognay, i33o, Matile, etc. Ne peut 
venir de planities^ plaine, comme le veut Gatschet; le suffixe 
€u:am s'ajoutant à des noms propres, mais de (praedium) Blania^ 
cum^ domaine d'un Blanios, n. pr. gaulois, latinisé Blonius 
(Holder, 497)* I^^ formes Blanaj et Blanoi, 11 63, nous rendent 
le a primitif. 

Au Bluard, quartier à Morges, à Tangle N.-E. de l'ancienne 
enceinte ; le Belluard, pâturage à Château-d'Œx, au Belluard, 
loc. à Soral, Genève ; le môme que le français moderne boulevard, 
de l'ail, bollwerky fortification. 

Bochaircs, 3 loc. à Château-d'Œx, et ailleurs ; Bochera, m. 
à Troinex, Genève ; endroit où l'on coupe le bois, où on le met en 
bûches ; du verbe v. f. boscheer, couper du bois. 

Bochat, ham. à Lutry, Boschai, i223, et Bottens ; Bochet à 
kmtVy Boschetam^ 1202, à Arnex sur Orbe, Boschety 1268, à 
Pizy, Chàtelard, Cheseaux, Crans, et 3 loc. Frib. ; le Bouchet à 
Saconnex, le Bochet , 1279; le Boechet, ham. des Bois, Jura ; 
Botzat, nombr. loc. en Valais ; Botzet, 2 loc. Frib. ; du bas latin 
boscheium, petit bois, fourré, lieu buissonneux ; Botzatey à Sail- 
Ion, collectif; Bochalet à Yillars-Mendraz, Bossalet, Villarbe- 
ney, Botzallet à Ëssert, D. Lac ; dim. de bochat. 

Boconnex, loc. à Aigle, route des Ormonts, collectif du patois 
bocon, petit morceau (de terre). 

Bodemos, ham. de Rougemont ; de l'ail. Boden et moos = 
marais du fond. 

Boécourt, D. Délémont, ail. (Bas')Biestingen, Boescort, 
ii4i/ Bœscorthy ii47> Bœscourt, 1161, Bueschorty Î1180, etc. ; 
peut-être court, village, de Boius ou Boios, n. p. gaulois. 

La Bœna, loc. à Cuarny, ham. à Enney, Gruyère ; la Boine, 
ham. Neuchâtel ; la Beanaz, chalets sur Monthey ; en Hautabon- 
naz, m. à ChAteau-d'Œx sur le Montellier, de haute et bonne ; du 
celtique 6onn, limite, borne, bas latin bodina, bodenoy v. f. bons, 
boinej bonne, devenu borne au xvi« s. ; boine est encore employé 
dans on acte de 16 18, délimitation des bois d'Aigle et d'Ollon : 
« la dite boine plantée au Plan de la Charbonnière. » 



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40 BOET — BÔL£ 

Boêt, Biiit, Bois, Bouis, Buet, Bouei, Boux, Buz, Boz, 

synonymes et dim. de bom = bms. De là PUunbult, Pian du Iniist 
Praz BuiC, Muraz, pré du bois. Vers Biiii à Olion et Corbey- 
rier^ vers le bois ; Soaboz, Berne, sous le bois. De là encore Tan- 
ciea nom de Louèche*ies-Bains, Bueiz, Bois. Voir Louèche. 

Bofflens, D. d'Orbe, Bofflinges^ loi i , M. R. III, t\Q%^ukCurU 
bofflenniSy 1007 ou looi, Hidber, I, villa Bofflens^ 1049-1109, 
Boffient^ i4o3 = ches les descendants de Bovilo, n. pr. ger- 



Bogis, D. Nyon, Bugeium vers ii44> 1166, 1179, M. G. IV, 
83, Bougie^ ia36, Bogie 1260 ; antre forme de Bougy. 

Bogis, bois près Nyon, nemore Bogie^ 1289, 1240, Cart. Ou* 
jon, M. R. XII ; du v. f. bouge, s. m., terrain inculte et couvert 
de petites brandes. 

Boinod, ham. à Chaux-de-Fonds, à la limite du val de Saint* 
Imîer, Boineau, i84i ; sans doute du v. f. boine, borne, et suf* 
fixe dim. eau. 

Le Boir, ruisseau et forêt au Pillon, dans des lieux pleins de 
creux gypseux (Isabel) ; pré à Conthey ; le Boiron, a rivières près 
Morges, Boiram, 1221, 1228, M. R. VI, 266, Beyron, 1295, el 
près Nyon, Boiro vers 1200, M. R., 2« s., V, 2i5, Boiron vew 
1220, 1269 ; de la famille du v. f. boire, s. f., fosse creusée par 
les eaux. Boire est employé par Rabelais au sens de rivière, 
c Quand nous passâmes la grande boyre. » Gargantua, I, 38. 

Boironnet, affl. du Boiron de Nyon, dim. Lès M. R. III, p. 5i3t 
indiquent à Yens une loc. nommée A Bo Yrenat, 1295» aujour- 
d'hui en Boirenat, autre dim. de Boiron. 

Bôle, D. Boudry, Boule, i346, BuloZj Bulo, i356, et Belles, 
Val-de-Travers, Neuchàtel, les Bulles à la Chaux-de-Fonds, les 
Bnlloz à Promasens, Frib., Baoloz, ham. de Gimel, Bauie, loc. 
à Begnins, le Bouioz, pâturage du Jura sur Nyon ; BuUet, D. 
Grandson, villa Bolaco, 960 (rapporté à Bulle par Hidber, I), 
Balet, i35o ; les Bolets, ham. à Colombier, Neuchàtel ; les Bau» 
lais, loc. à Bonfol ; du bas latin bola, boletum, du v. h. ail. bol, 
terrain inculte, lande. Bolaire à Vétroz, collectif, Bollen à Loué- 



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BOLUON — BONFOL 41 

elle, forme germanisée. Une localité sous Ajent, Valais, valle 
BauliSf i loo^ Boalis^ 1200, Boulys, i4o8, même origine. 

Bollioo, D. Broyé, Frib., et loc. à Combremont ; pourrait venir 
de bouillon^ v. f. boullon, bourbier, dont Littré donne a ex. du 
xiv^ s. « Un boullon ou bourbier; un chemin moult destravé, 
plein de boulions. » 

Bonaudon, voir Audon. 

Bonairy, loc. à Saxon, paraît être un Bonatrait ; de bon, et le 
V. f. dirait f Topposé de Malatrex ou Malatrey ; suffixe valaisan 
y = ex, ey. Voir Malatrex. 

Bon, Eu, Au — , loc. à Montherod, Saubraz, Echichens^ Char- 
nex. Es Bons, écart d'Aubonne, Bonez, i235, M. G. XV, 7 ; loc. 
à Bremblens; peut-être bon, adj. sous-entendu terrain. Mais on 
trouve dans la même région une autre série : le Bond à Echan- 
dens, Lonay, Collombier, Denens, les Bonds (ou Bons) à Bière, 
sorte de puits circulaires rejetant par intervalles une eau limo- 
neuse ou de la boue; on pourrait penser à une fausse ortho- 
graphe^ mais le d appartient bien au mot, comme le prouvent le 
fém. es Bondes à Crassier, aux Bondes à Venthdne, les dérivés 
Bondet, forêt à OUon, Bondez, forêt à Croy, en Bondex à 
Denges, Préverenges, Céligny, Bondys, 2 m. à Gillarens, Bon- 
dallel à Romanel, Bondérex à Denens. Mot embarrassant. Bond 
sendt-il une forme masc. de bonde ^ qui a signifié au xii« s. 
borne ? Les Bondes à Crassier, le long de la frontière française, 
peuvent être es Bornes. En Angleterre on nomme pond les petits 
creux pleins d'eau, tantôt plus ou moins sphériques, tantôt allon- 
gés et sinueux (i ou 2 m. au plus) qui coupent la surface des ma- 
rais tourbeux. Ce mot, sans doute d'origine celtique, paraît être 
le même que les Bonds de Bière. 

Boneourt, D. Porrentruy, ail. Bubendor/y Bovonis curia 
ii4o, Trouillat, le texte a n : fausse lecture pour u = v ; Booun- 
corty ii47, Boncurt, 1173, Banchort, 1175, Boncor, 1290 = 
court, fmne de BovOy n. pr. germain, d'où le n. de famille Bovon. 

Bomfoi, D. Porrentruy ; ail. Pampfely Bonfo^ Bunjol et 
Banfoy 1291, Bon/oal, 1821 ; peut-être bonum fagam. 



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42 BONGA.RDAZ — BORCARDERIE 

La Ilongai'flaZf loc. à Curnillens. D'après Zimmerli, viendrait 
de Baamgarten, Douteux ; plutôt propriété d*un Bongard. 

Boniiiont, châloau, anc. abbaye près Chéserex, D. Njon. Beata 
Maria de Bono monte, ii23, abbas Bonimontis, 1224= boa 
montj souvent prononcé au moins jusqu'en 1870, Beaumont, Bo- 
mont dans b contrée voisine, par dissimilation comme Romont, 
Moronj Lomonl. 

BoQ(n)avaux, alpe, val d'Illiez (BonaoeaUy fausse orth. de la 
carte Sieg-fried), alpes à Montreux, Morgins, Rougemont, Grand- 
V illard = bona oallis, bonne vallée ; Bonavalettaz à Grandvil- 
lard, dîm. 

TtonDcroiitatac, D. Sarine, ail. Maffethan. Bonofonte, ii5o, 
Hidber, H, Bonnefontaine, 1287, F. B., II, 170, Bunfontana^ 
1370, Man/oian, i449> Montfetan, ^476, Arch. Fr. V, 43o, 292, 
etc. Voir Stadelmann, p. 124^ qui démontre que le nom allemand 
n'est qu'une corruption du français. 

Bonnenscm, loc. à Bex ; peut-être le v. f. bonne ^ s. f. = borne 
et en son^ au sommet. Voir Boene. 

BoQviUai's, D. Grandson^ Bonus vilar, 1124, Binuillare^ 
ii48j Bienvilar^ ii54, Binvilar, 1174-1228 = bon village. 

Borali, torrent dangereux, affl. de la Torneresse, Pays-d 'En- 
haut, s enflant démesurément aux grandes pluies et charriant 
beaucoup de cailloux ; sans doute parent de borati, babillard. 
Bouratifîr, m. à Hauteville et Bourateyro à Semsales pourraient 
en être parents. 

Borb, racine du français bourbe dont « l'origine, d*après 
Darmsteter, est inconnue ^ (Bonnard) a donné le nom de 

IJorlmz, ruisseau et bois à Berncx, Genève ; champs à Bussi- 
gny, Vi Ha rs-so us-Yens, Pomy ; Borboz à Arnex et Pompaples ; 
Pré Borliet ïV Bassecourt et Boécourt, Pré Borbeux à Lavey, en 
Borbotaz, loc. à Veyras, Valais ; Borbuintze, Châtel-S* Denis. 

BorcAPcleHo. la — , loc. à Valangin, Neuchàtel, Burgi arde- 
ria, i45o := la fournaise du bourg, que le Mus. N. explique : 
endroit où se fabriquaient la tuile et la brique pour les réparations 



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BORDE — BORREX 43 

du château. « J'y vois le nom propre Borcard et le latin est une 
fantaisie étymolog'ique. » (Bonnard in litt.) 

Borde à Lausanne ; les Bordes, ham. de Bavois ; du f. borde, 
ital. borda f du gothique baurty cabane, chaumière ; dim. Bordel, 
loc. à Chardonne et Bordelloz, m. aux Clées. Cette dernière est 
appelée Bord^de-l'eau sur la carte Siegfried, quoiqu'elle soit loin 
du moindre ruisseau. 

Borgeau, ham. de Martigny-Bourg, en Borgeod à Pailly, 
Borjoz à Rossinières, Borjaux, quartier de Blonay. Borjeau, h. 
de Font, Frib., Borgeat, ham. de Cerniat, Frib., Borgeal, ham. 
d'Orsières, Borzeau, ham. de Sorens ; dim. de bourg. 

Bordzay, Proz — , alpes de Bagnes ; en Borjezan^ loc. à Ches- 
sel ; de bordzai, bourgeois : propriété bourgeoisiale. 

Bom, racine germanique, de lali. born, source, donne les 
noms de nombreuses localités : Borneau ou Boumeau, plusieurs 
lieux-dits ; Bornet, Bornettaz, Vétroz ; Bornait à Bex, les Bor- 
nis à l'Etivaz, ChAteau-d'Œx ; Bournet à Trey vaux ; le diminutif 
Bomalet à Aubonne, Treytorrens, etc. ; l'augmentatif Bornache, 
combe à Villeret, Jura ; Praborgne, dans les chartes Prato^ 
bornOj nom français, bien oublié, de Zermatt ; la Borgne, rivière 
du Valais, Borny, 1289, Borniy ia47> Bornie, i448. 

Bomu, Moulin — -, près La Sarraz, Bornai, ii49» Bornas, 
ii58, Borna, 1228 ; de l'adj. vaudois et v. f. borna, creux, vide, 
dérivé de borna, trou en terre, crevasse, à cause de sa position 
dans une étroite gorge ; quant à borna, il vient probablement du 
germanique bom, source. 

Bornué ou Bornuet, ham. entre Vernamiège et Nax, Valais, a 
une tout autre origine : le nom de ce hameau, Bornuesc, i2o3, 
1243, BurnaheCf 1224» Bornaech, 1289, vient du n.pr. germain 
Borno et du suffixe germanique isca (aussi gaulois), ali. moderne 
isch, qui sert à former des adjectifs (jnansus, clausas) Bornais- 
cas, propriété de Borno. D'Arbois de Jubainville, p. 55o-559, cite 
de nombreux exemples de noms ainsi formés. 

Borrex, D. Nyon (Guichard de Bornai, 1164, M. G. IV, 77, 
Hidber, II, 2o3, fausse lecture !), Borrai, 1286, M. R. VI, 398, 



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44 BOSSATTON — BOTIRI 

Borray^ 1*65, M. G. VII, 3i6 ; de Borracum^ propr. d'un Bor* 
rus, nom servile ; une insciiptioa citée par Holder, p. 494t porte 
Barras /ecii. 

En BossaUon, loc. à Lussery ; dim. de bosset, petit bois. 

La Bosse, ham. de Saignelégîer, Berne ; forme fém. du v. f. 
hoSy bois. 

Bossenaz, m. à Féchy, Tartegnios, loc. à Pizy, Bou^y^ bois à 
Ferreyre ; Boufisine, alpe de Ba^es, Valais ; f. d'un adj. bous-- 
sin,ey V. f. boschain,e = boisé, dérivé avec le suffixe m, patois 
f. encLi^ du bas latin boschus ; bois, localité, alpe boisée. 

Bossens, ham. de Romont, Boscens, 1147*1157, Arch. Fr. VI, 
BossenSy i244« M. R« VII, 43 ^=chez les descendants d'un Ger- 
main dont le nom dérivait d'une des racines baudi ou hod. (Sta* 
delmann, op. cit., p. 62.) 

Bossey, Vaud, Bossei, ia34> 1261, Bossie, i245; et Genève^ 
Bosseyy 1201, Bossie, 1268 ; Bossy, Genève, Bossie^ i236, i344» 
M. G. IV et IX ; peut-être de boschetuniy lieu buissonneux ; jdas 
probablement, comme les Bossey, Bossay, Boissy de France, de 
baxetuniy lieu où croit le buis ; le buis est abondant sous Bossey, 
Vaud, et se trouve aux environs de Bossey, Genève. 

Bossières ou Bossire, 2 m. isolées, monts de Lutry; Bes* 
sières, loc. près Promenthoux, correspondant patois de Boissière, 
Genève ; maison dans les bois. 

Bossonnensi Fribourg, Bossonens, 1221, iSoliy Bucenens vesr» 
i2^y BoUonenSy i34i, Bossonin^ i6o6==:ckez les descendants de 
Baudson^ Bottson ou Baulhson, — on trouve les trois formes, — 
n. pr. germain formé de Baudo^ BotlOy Botho et son, fils. 

Bosson, plus, loc., les Bossons, ham. de Chàteau-d'Œx ; dim. 
de bois ; es Bossonets à Charmey, aux Bossenets à Lussery^ 
dim. du premier ; Bossonery, chalets sur OUon ; le même, avec 
suffixe ery = erie ou ière, 

Botiri ou Botyre, ham. d'Ayent, Boterts^ 1200, 1260, Botte- 
reSy i3i I, et loc. à Vissoye, Valais ; Boillre, loc. à Sierre, en BoU 
téré, champs à Villars-le-Terroir, Boiterez à Satigny. Voir Bot- 
tay. 

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BOTTAY — BOUDflY 45 

Bottay, es — , bois à Lusserj, chalets à Charme j ; au Bottey, 
pâturage à Montbovoa, Botté à Vétroz, Praz Bottey, Vuister- 
nensnlevantr-Pont ; probablement de la famille de botter, mettre 
en botte, en fagot ; endroit, bois ou Ton fait des fagots, boîs taillis. 

Bottens, D. Echallens, Botens, 1142, ii83, Cart. Month., Boc- 
tenSy laaS, M. R. VI, BoutainSy i38o, Matile, Boutain, i38i, 
BoutanSy 1897, Boutan^ i4i4> Boutain, 1420-1460, M. R. XIV 
= chez les descendants de Boto, Bott, n. pr. germain = l'en- 
Tojé, ail. moderne Bote. 

Botterens, D. Gruyère, 1227, M. R. XXII, BocterenSy 1490, 
M. P. rV = chez les descendants de Botthari, n. pr. germain ; de 
Boti, l'envoyé, et Aari, guerrier. 

Les Bottières à Chancy, Genève ; h. près Bellelay, Jura ber- 
nois, la ButtièrBy i3o4 ; la Bottière, à Corgémont ; voir Bottay. 

Bottonens, loc. à Saint-Légier, bourg de Bothonens, quartier 
de Vevey, habité par Pernod Botkonens en i34i, d'où son nom. 
Voir Bossonens. 

Bottonet, loc. à Puidoux, Botoneyre è Maracon ; peut-être la 
même racine. 

Botzeresse, alpe de Bagnes, Valais ; de botzet, chevreau, et 
suffixe V. f. eresse (comme Boveresse, Porcheresse, etc.) = alpe 
des chevreaux. 

A la Boadaz, loc. à Gland ; peut-être autre forme de Budaz. 

Boude villiers, Val-de-Ruz, Boldiwilery ii449 Boudeviler, 
1195, Boldaoiler, 1202, Budewilliez, i453 ; de viliare, village, 
et Boldo^ variante du n. pr. germ. Baldo, le hardi : village de 
BoMo. L'étymologie de Matile, de froa, bois^ et villare, bois du 
village, est démentie par les formes anciennes. 

Boodry, Neuchâtel, Baldri et Baadri, 1268, Boudri, i3o6, 

Badrif i336, Boaldry^ i346 ; de Baiderick, n. pr. germain très 

fréquent (= guerrier vaillant). Fôrstm., p. 208. 

Gatschet, après avoir donné Fétymologie ci-dessus, en a adopté posté- 
rieuremeiit urne autre (dans une lettre à M. Boohête) où il dérive Bou- 
dry, comme Bêle, da v. h. ail. 60/0, lande, terrain iocalte. Nous pen- 
chons pour la première étymolog^e de Gatschet ; robjection de Bonhête, 
que « l'histoire ne fait pas mention de ce Baldurich » n'a pas de valeur. 

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46 BOUFFA — BOUIS 

Eile pourrait s'appliquer à des centaines de noms de localités dérivés de 
Qoms d'hommes, gallo-romains ou germaniques^ localités dont nous 
ii^noroQs Le fondateur, bien que nous soyons certains de l'exactitude de 
ta dérivation. L'histoire ne nomme pas davantage, par exemple, le Runo 
qui a doQoé son nom à Renens, ni le Modernus, parrain de Modernacum 
ou Moniex. 

Boulîat Tôle de la — , rocher à Salvan, très exposé au vent; 
subsL verbal de boufiFer, souffler, provençal bufar ; en Dauphiné, 
buffa = eadroit exposé au vent ; Montbiiffat ou Bufet à Pre- 
mier, même racine. 

ItougcHi^s, nom de plus, forêts, AppJes, Ballons, Yens, Ro- 
mainmôticr, la Bougery^ 1499 » ^®^ Bougeries à Vandœuvres, et 
ha ni. de Chêne, Genève ; nom commun au moyen âge de terrains 
vagues, en partie boisés, ainsi en i3o4 « pro 10 posis de bouge- 
riis » et en 1807 les bougeries et vcrnets de TArve. M. G. IX, 
p. 99, 20 j, 248 ; de la famille du v. f. bouge, s. m., terrain in- 
coite et couvert de petites brandes. 

Bougnon, voir Bugnon. 

Bougy, vill. et ham. D. Aubonne (Balgeel, 1062, Baugel, 
1177, Bougez et Bougye, 1287, Bougie, 1276, Baugier^ i349) » 
la Bouge, m. C. de Noirmont, Jura bernois ; du v. f. bouge, de- 
meure ; Berry, bauge, hutte ; bas latin baugium, hutte, bougius, 
cabane. Ducange cite duos domos seu bougios, 1292 : deux 
bouges^ soit maisons. 

L'ancien nom du vill. de Bougy était Bougy-Milon. Joh. Bran- 
dis de Bougye-Millon, 1285. M. R. XXX, 387. Millon, n. pr. 

Au Bouil, loc. à Lens, Valais ; au Bouillet, ham. à Bex ; loc. 
Or mont-dessous, ou Bulliet, i332, Ollon, Yvorne ; Vex et Mon- 
tana, Valais; Bouillets, chalets sur le Pissot, Ghâteau-d*Œx, 
Botiller, chapelle et source sous Vercorins, Valais ; au Bulliet, 
loc* à GtanjLj^es, Fribourg. Le premier synonyme, les autres dim. 
de boaiy bassin de fontaine ; localités riches en sources, en filets 
dWu. 

fîouïs, Creux du — , alpe de Saillon ; l'Itroz du Bouis, alpes 
d*Ardon ; de bouiy bouet, bassin de fontaine, de botellum, boyau, 
tuyau. 



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BOUJEAN — BOURDIGNY 47 

Botyean, ail. Bôzingen, D. Bienne, Berne, Bezsingen, 1008, 
Tr. I, Bezingen, 1181, Busingen^ i234, Boujans, 1264, F. B. 
II, Bogsingen, Bochesingen, 1280 = chez les descendants de 
BezOy n- pr. germain. Fôrslm., p. 219. 

La Boulaz, Miserj et Cournillon, Frib. ; les Boules à Bernex, 
G>nfignon, Genève ; Seleute et Fontenay, Jura ; Boulayres ou 
Bouleyres près Bulle, Bolleri, 1196, Bolery^ 1878, et 4 autres 
loc. ; Boulex à Payerne, Bouley à Romont, Boulais à Boncourt 
et Rocourt, les Boulats, Montignez et Fregiécourt, la Bouloie à 
Ocourt et à Porrentruy, Boulloye, 1828 ; Boulier à Asuel ; col- 
lectifs divers du v. f. boule dont bouleau est le dim. Quant à 
boule, d'après Jubainville, c'est une contraction de bedoulle, dé- 
rivé de betulla, forme g'auloise fournie par Pline. 

Boalens, D. Moudon, BollenSj 1142, M. R. XII, Gart. Month., 
1226, Boslens, 1166, Hidber, II, Boslans^ 1218, Month., 58, Bo- 
lens, 1453 = chez les descendants de Bollo ou de BotUo^ n. pr. 
germains. Bollo, du m. h. ail. buole = époux, frère, ami ; Bo- 
dilo, de bodo, maître, seigneur. Fôrstm., 274, 290. 

Bouioz, D. Glane, Fribourg, BolohCy 1 154, Boloz, 1 155, 1 188, 
Boloohy II 79, 1180, Bolos vers 1160 et 1260. Gart. Haut-Grôt; 
Bolocshy Bolosc et Bolocs sans date, xii® s., Bolo, i64o. Le 
P. Dellion, Dict. IX, i64, y rattache Bedolosci, 1017, que Gats- 
chet (271) rapporterait plutôt à Bulle, Fribourg. N'est pas de la 
famille de bola, lande, voir Bôle, mais plus probablement formé 
d'un nom d'homme et du suffixe locatif ligure oscus. Voir Ai^ 
nioux. 

Es Bourdes, bois à Crans, D. Nyon ; de bourde, bâton, 
perche, dim. bourdon, bâton de pèlerin = bois taillis où ces 
perches abondent. 

Bourdigny, ham. de Satigny, Genève, Burdiniacum, 11 53 et 
i25o, M. G. XIV, 9 et 29 = domaine d'un Burdinius, n. pr. ro- 
main, dérivé de l'agnomen Burdius. De Vit, l, 771. Mais le même 
village est appelé Burdignirij 1297, i3o5, i844, i346, Burdi- 
gnyns, 1807, i848, Burdignins, i358. M. G. XIV, IX, 244, 285, 
XVIII, XXI, 217. Ge suffixe indiquerait une origine germanique 



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48 BOURGEAU — BOUX 

= chez les descendants de Bardin, n. pr. germain. Fôrstm., 393. 
Peut-être Burdinius n'esUil que la forme latinisée de celui-ci. 
Peut-être aussi y a-t-il ici le même fait que dans Tarteg^ins — 
Tritinîacum, Trivilins — Trevelliacum, Brucins — Bntciniacum, 
Gartignins — Quartiniacum. On trouve de même Greysie (Gex), 
1184 et Gresin^ 1220. 

Bourgeau aux Verrières, Bourgeaud à Carrougpe, Bourjod à 
Paillj, Bourzeaux, ham. de Sorens, Frib. = petit bour^. 

Bourgaillon, ham. et porte à Fribourg, Burgullun^ 1255, 
Zeeri. I, Bourgailloriy Burguillioriy xiv et xv« s., Bûrglen en 
ail., 1434 ; comme Bûrglen d'Uri, Burgilla, 857 ; dim. de barg : 
petit château fort. 

Bournens, D. Cossonay, Brunens, 1142, Cart. Month., p. 9, 
BrugnenSy i453, Burgnens^ 1572, — Burnens, m. à Féchy, 
Brunens, ia4o, Bruneins, 1249, Cart. Oujon, M. R. |XII, i38, 
i4o ; en Bouraens ou Boumin, ham. de Treyvaux, Frib., Bur- 
nens, xn« s., Arch. Fr. VI, 45 zz chez les descendants de Bruno, 
n. pr. germain. M. Hiselj, Cart. d'Oujon, p. 212, a confondu le 
Bumens de Féchy avec Bournens ; le texte est précis : p. i4o on 
voit qu*il s'agit de vignes: « arbergamentum vinearum, ...apud 
Bruneins, et p. i38, apud Brunens vel in parrochia de Feschie. » 

BourrignoB, Délémont, Berne, Borognuny 11 36, Borren* 
juns, 1181, Burengiê, 1224, Boroggnons, i3o5, Bouroignon, 
1373 == (peut-être) chez les descendants de Boran, n. pr. ger- 
main ; du V. h. ail. boran, fils, descendant. Fôrstm., 276. 

Bourzœtte ou Borsuat, ham. de Sierre : J. Tavelli dni Bor^ 
zati, i45i, dni Burgeii, i453, M. R. XXXIX = bourget, petit 
bourg (permutation y-z). 

Bousse, En la — , les Vieilles Bousses, loc. à Noville, Vaud ; 
les Bousses à Granges, Préboassaz à Miège, Valais = pré de la 
boussCy s. f., forme féminine du v. f. boux, bois. 

Boussens, Cossonay, Bussens, ii4a> 1182, Buissens, 1199» 
Cart. Month., Busens, 121^, Bossens, 1223, i382 = chez les des- 
cendants de Busso, n. pr. germain ; du v. h. ail. bôsi, méchant. 

Boux, 5 loc. Frib. ; t. f. boux, bois. 



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BOVATAY — BRAILLE 4W 

Bovatey, 2 pâturages à Charmey; les Montbovats à Montfau- 
coD, Jura ; les Bovets, chalets Ormont-dessus ; de bovai, bovet^ 
jeune bœuf, alpes pour le jeune bétail. 

Bovay, loc. à Vétroz, Bovex à Gollion, Vaud ; de bœuf et suf- 
fixe collectif ex^ ay : pâture des bœufs. 

Boven, m. et terr. à Valeyre-sous-Rances, Booens vers 1260 
(village détruit) = chez les descendants de Bovo, n. pr. germain 
connu (d'où Bovon), dont Bovilo est le diminutif. 

Bovemier^ près Martigny : jadis Bourg-Vernier. Ne signifie 
pas bourg-des-vemes, mais, comme l'indiquent les formes an- 
ciennes: Burgi Vualnery^ 1228, Bor Warner^ 1260, Burgum 
Walneriiy 1290, Burgum Varneryy x45i, Bourg du nommé 
Warner ou Vernier. 

Bouveret, Valais, Boverety 11791 F^irrer, III; Boverel à 
Maules, Frib., Boveype(aîre), Bovîpe, 7 ou 8 loc. vallée du 
Rhône ; Bovayron à Vouvry, Bovery, Colombey, Denges, etc. ; 
Boverle, Fey, Payerne, Bouverie, Satigny ; Boveresse, Neuchâ- * 
tel, Boveressitty 1266, Boveresce, 1284; id. à Lausanne, Yex, 
Montbovon ; Boverasse à Cerniat, Gruyère ; de bovem, bœuf, et 
suffixe collectif erie, patois eyre, v. f. eresse =: pâturages des 
bœufs ; Boverattes à Pully, dijnioutif. 

Bovigny, loc. à Avry-devant-Pont = domaine d'un BoviniuSy 
nom dérivé du gentilice Bovius. De Vit, I, 749. 

Bovine et Bovinette, alpes sur Martigny ; Bovonnaz, alpe sur 
Bex ; de boverriy bœuf, pâturage des bœufs, comme, non loin de 
celle-ci, Œuvannaz, aujourd'hui Œusannaz, de ovem, mouton, 
la montagne des moutons. 

Bozon, Villars — , ham. de l'Isle, Vilar Bosun, 1278, Villar 
Bozoriy i386 ; Praz-Boson à Courtion, Praz-Bozon à Sottens = 
village, pré de Boso, n. pr. germain ; du v. h. ail. bôsi^ méchant. 

La Braille, arête de rochers à Château-d'Œx ; la Brayaz, som- 
met sur Yiounaz; la Breyaz, contrefort de Chamossaire; la 
Braye à Rossinières, à Vouvry, etc. ; Brayettes, loc. à Gryon, 
les Brayons, rochers à Brot, Neuch. ; Braillon, loc. et nant à 
Lutry, Bralion, 1210, Hidber, III, Brallon, 1288, M. R. VI, 

M. D. SKC. SéKIE, TOME VU A^ T 

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50 BRAMAFAN — BREGGA 

645, dim. ; les mêmes que le français braiej muraille, rempart ; 
du bas latin braca^ bracca, digue, levée, origine inconnue. Aux 
Bralhires à Mur en VuUj et aux Brayères, champs à YoUèges, 
Valais, paraissent des collectifs de ce mot. 

Braaiafan, pâturages de Vallorbe et de Ballaigues, loc. à Ap- 
ples, prés à Chevilly, m. à Vulliens, loc. à Massonens, ham. de 
Villaraboud ; sans doute terrain maigre où les vaches brament 
de faim ; on appelle de même ces terrains en Dauphiné bramafam, 

Bramois près Sion, Valais, Bramosiurriy 5i6, Bramues^ 1227, 
Bramoues et Bramoys^ 1 260 ; Plan-Bramois, forêt sur Lens ; 
d'après Gatschet, du bas latin bramosuSy boueux, sale, étymolo- 
gie douteuse pour M. Bonnard. 

Bran, m. à La Roche, Fribourg, et Bren, loc. à Bex ; de brariy 
bren^ ordure, excrément ? voir aussi Brent. 

Branche d'Ëssert, ham. d'Orsières. Voir Sembrancher. 

Branlettes, pâturage sur Bex ; de Tail feuille (Allium Schœ^ 
noprasum) qui y abonde, vulgairement branlettes. Voir Por^ 
reyre. 

Branson ou Brançon, ham. deFully, Valais, Brancioriy 1264, 
Biranczoïiy i383 ; Brentien ou Brentschen près Louèche, Bran- 
cionSy 12^*] y Brentiorty 1437; probablement comme le Brançon 
de France (Saône-et-Loire), de Branciodununiy colline ou fort de 
Brancio. 

Brassas, ruisseau, affl. de TOrbe, Vallée de Joux, Braciolum, 
862, Rég. Gen., 29, aquam Bracioliy 1279, lo BrassiouXy 1627, 
M. R. I, 2« liv. 107, 374, BrasseUf i555, Brassieux, 1677 > ^^ 
latin brachiolum, petit bras, le ruisseau étant considéré comme 
un petit bras de TOrbe ; le Brassas à Céligny, bras de la Ver- 
soix, BraxuliuSy 1200, Hidber, II, 464» même sens. 

Bratsch, Louèche, Valais, Praes^ 1228, 1242, Prayes^ i357, 
PraeSy i4oo, P rages ^ i4o8 ; du latin pratOy les prés (loc. de 
langue franc, jusqu'au milieu du xv« s.). 

Brecca, territoire, commune d'Hérémence, Valais ; champs à 
Charmey et loc. à Bellegarde, Fribourg ; de brecca^ vaudois et 
V. f. brique y fragment, morceau, de Tall. hrecheriy briser. Bre- 



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BREGOTS — BRENLAIRE 51 

qoettaz à Charmej, dim. Brecaca^ rochers très découpés à Chà- 
teaa-d*Œxy même famille. 

Les Bregols^ prés marais à Lignières, Neach. et loc. Avrj-* 
devant-Pont; dim. de braî, provençal brcuiy ital. bragOj v. f. 
braij fange, du Scandinave bràk^ j^i^oudron, par assimilation entre 
le goudron et la fange. 

Breilles, ham. de Barberèche, D. Lac, Frib., ail. Brigehy curia 
deBritilffiOy Hidber, II, BritelgiOj ii48, BrigelSy 1678. Les deux 
noms actuels sont identiques avec ceux d'un village de TOberland 
grison : en romanche Breil^ ail. Brigels^ BregelOy 766, Brigelj 
II 84; mais les formes primitives montrent des origines diCFé- 
rentes. Le village grison se rattache sans doute au celtique briga^ 
colline ; quant au premier, c'est à rechercher. 

Bremblens, D. Morges, Berblens, 1177, 1228 = chez les des- 
cendants de Berbilo ? n. pr. germain. 

Bremiidens ou Brumedens, ham. du Crét, D. Veveyse (Frib.), 
Bremoadens, i4o3, Bermudens^ 1882, Kûenlin = chez les des- 
cendants de Brimold (Stadelmann, op. cit., 64). 

Bren, Prés de — , à Monthey ; en Bren, loc. aux Posses de Bex. 
Voir Brent. 

BrenetSy les (Neuch.) ; d'après Gatschet, du bas latin Brena^ 
fourré, d'où l'adj. brenatia (regio), contrée buissonneuse ; mais 
au xrv« s., époque de l'arrivée des premiers habitants, la localité 
s'appelait villa de chez les BrunetSy de chez les BernetSy du n. pr. 
Brunet ou Bernet. (Matile, Musée hist., 3 10.) Un Jean Brenet 
était maire en i4o8. Les Breneteis, ham. près la Chaux-de- 
Fonds, dim. 

Breney, glacier, vallée de Bagnes; peut-être de bren (ou 
bran)y ordure, excrément, et suffixe collectif egy la surface en 
étant souillée de terre et de limon. 

Brenlaire(ey)y sommet de la Ghruyère, les Brenlaires, 2 som- 
mets, alpes de l'Etivaz, Pays-d'Enhaut, le Brenloz, pâturage, Or- 
mont-dessus, Brenles, commune et signal, D. Moudon, B renies y 
1277; en Brenles, ham. élevé d'Estevenens, Fribourg; de la 
famille de breinlay branler, être en équilibre ? 



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52 BRENT — BRETAYE 

Brent, vîllag-e, ham. de Montreux, Brerty ii42, ii47> Cart. 
Month., 3, II, 1175, M. R. VI, 469, Brende vers i25o, Brenty 
1221, 1238, M. R. XII, 274 et VI, 669, et 1260, Breriy i4o2 ; en 
Brent, loc. à Bex, forêt à Monthey ; du celte Breriy forêt, taillis, 
fourré (Holder) ou du bas latin brandOy bruyère, origine incon- 
nue, dit Littré ; peut-être parent du celtique bren. 

Breonna, alpe et sommet près Ëvolène, Valais, BreonOy 1260, 
Breana vers 1280 ; nom d'origine celtique, comme Breonay 
Breoncy aujourd'hui Brienne, France. Holder, 626, sans étymo- 
log-ie. 

Bresanche, Roche — , sommité du Risoux, Vallée de Joux, 
sans nom dans la carte Siegfried (cote 1192), Brissenchey 1208, 
Cart. Oujon, Roche Brésenchey 17 16 ; dérivé de briser. 

Brésil, loc. à Gharrat, à Fully, m. à Monthey, Valais ; m. à 
Ëpendes, D. Sarine, à Gruyère et à Bellegarde (au pied d'une 
paroi exposée au midi) ; m. à Goumœns, loc. à Bonvillars ; au 
Brasel ou Brazé, loc. aux Bayards ; les Braseyres, à Châtel- 
Saint-Denis, coll. ; du v. f. brasil ou brésily brasier = endroits 
chauds exposés à l'ardeur solaire. 

Bressaucourt, D. Porrentruy, Berne, Bersalcurty 1139, Bre^ 
sacorthy 1177, Bersalcorty 1178, Brisaucoarty i3i2, etc. = 
court, ferme, et un n. pr. germain difficile à déterminer; les 
noms les plus voisins dans Fôrstm. sont BrisOy Brisolfy et cer- 
taines formes de la racine Berty du v. h. ail. perahty illustre. 
Peut-être combinaison de bert et de saL Bertsal correspondrait à 
la forme primitive, 1139. (Fôrstm. donne un Salberty p. 1068.) 

Les Bressels, ham. et bois au Locle ; peut-être du v. f. bressel 
(bresset, brisset, breçot), prov. bressolOy berceau. A. Godet, M. 
N. XXII, 48. 

Bret, lac à Lavaux et 1 1 loc. Vaud et Frib. ; au Brez à Grand- 
vaux, Bré à Rossenges et Cheseaux, Bray, marais à Fully et 
Ayent ; du celte bret ou bré, marécag, anc. f. braiy fange et 
goudron, bas latin braiuniy bradium dans Ducange. (D'après 
Kôrting, brai vient du grec brayos.) Voir Bregots. 

Bretaye, pâturage et lac, alpes d'Ollon (un autre, frontière 



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BRETIÈGE — BREVARD 53 

française sur Vouvry) ; même racine bret et suffixe collectif 
aye. 

Bretiège, n. f. deBrûttelen^D. Cerlier, Berne, i5riï///o, 1182, 
BertiègeSy i255, Zeerl. I, Briterillas, i255, F. B. II. 

Bretigny^ 2 loc. D. Echallens, Britineiy 1 142, Britigniey 1224, 
et Bretigny-sur-Moirens, Bructignie^ 1 177, et Bertigny, 3 loc. 
C. Fribourg-, Tune près Fribourg, Britiniacum^ 1162, Britinieij 
1 172, BritignieZy i368, Bretignie et Bertignie vers i45o ; Bri^ 
tagnicy village détruit près Evilard, — la chapelle existait encore 
en 1607, — de (fundam) Britiniacam^ domaine d'un Britinius 
ou BritaniuSy gentilice romain. 

Bretonnières, près Orbe, Bretoneris, 11 54, 11 60, Bretaneres 
vers 1216, BretoneireSy 1228; la Bretonnière, ham. de Payerne ; 
Bpetoneyre, forêts à Ropraz, Essertes, les Briteneres au Buron, 
12 18 ; loc. à La Roche, la Brettonary^ i4o8 ; du n. pr. Breioriy 
du n. germain Britto. Il y avait en 11 54 et 1160 des Breton , 
Breito à Breloneris. M. R. III, 476. 

Breuil, ham. de Métiers, Neuch., et très nombreux écarts et 
lieux-dits ; le Breuille, Boécourt et Aile, Berne, les Breuilles à 
Enges ; Broilliat à Estavayer ; Broillet ou Brolliet, Brouillet 
(Brévine), Breuyin à Courg-enay, dim. ; au Breux à Laconnex, 
Montbreux à Gharmoille; du celte brogilOy dim. de hrogOy 
champ, bas latin brogiluniy broilurriy terrain clos, taillis, prés 
clos de haies, parent du v. h. ail. brogily pré marécageux. En 
V. f. hruily de là les anciennes formes Bruyl à Môrel> Valais, 
1280, es Bruels à Grang-es. 1228, Brail, Ayent, i383, ou Bruely 
Gilly, 1265, Orsières, i236, et Ecublens, Frib., 1278, le bruelz de 
Fontaines, le bruel de CofFrane, i53i. Mus. N. XXXIV; et les 
formes actuelles Bruet, Broêt, Bruit, une io«, Bruï à Signy, 
les Brues à Lamboing, la Braille à Billens, la Bruye à Gour- 
faivre, Bruz à Arnex, BrueuXy i499> les Brus à Bevaix. 

Les Breuleux, Bralluy, i44o> Bruleux, i526, et loc. aux En- 
fers, Jura bernois ; du verbe brûler; le n. ail. Brandisholz a le 
même sens : terrain défriché par le feu. 

Brevard, Crèt — , à Nods, Berne = crêt du brevard, n. c. Les 



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54 BRICHY — BRISON 

brevards étaient une sorte de gardes-champétres chargés plus par- 
ticulièrement de la garde des vignes. 

Brichy, loc. à GoUion, D. Cossonay, colline avec restes d'an- 
ciennes constructions ; probablement un (fundum) Bricciacum^ 
de BricciuSf gentilice dérivé du nom pérégrin Briccus (Jubain- 
ville, p. 599) permutation cC'Chy comme Luchy de Lucciacum, et 
Achyy Axiy 11 79, Aq Acciacum. 

Bpîe ou Brien, 2 ham. de Chippis, Valais, BrienSy 1196, 1220, 
B riez et BryeSy 1809, BrieXy i38o; Briez à Vuadens (Brye) et 
Chavornay ; Brîa ou Briaz, chalets près Ghâtel-Saint-Denis ; Bpy, 
ham. de Pont-en-Ogoz et de Romont, pâturage à la Berra ; Mont- 
brion, alpes de Blonay ; Bryon, alpes de Leysin ; Breyen, ham. 
d'Ëischoll, Valais, BreioUy i444 î Brey, ham. sur Brigue ; du 
celte briffOy briOy colline. 

Brignon, ham. de Nendaz, Valais, BruniacOy iiooy Brignons 
vers 1170, Brignuriy 1284, Brignoriy 1262 ; d'après la forme de 
1 100 (fundam) Bruniacurriy domaine d'un Branius^ nom lati- 
nisé du germain BrunOy le cuirassé ; les autres, nom formé avec 
le suffixe ioy ionis. 

Brigue, Valais, Brigay 1 2 i5-i 875, -ôra^a, i4o8, i4i8. D'après 
Gatschet, du v. h. ail. prûccay ail. mod. brCtcke, pont, ce qui 
s'accorde avec la forme de i4o8. Mais tous les noms de la contrée 
sont d'origine romane ou celtique, Môrel, Fiesch, Glis, Brey, etc. 
Nous penchons donc à y voir plutôt, d'après la forme primitive, 
Brigay i2i5, 12 19, etc., la racine celtique bricay brigay colline, 
château (Jubain ville). La forme Brùga apparaît à l'époque pro- 
bable de la germanisation. 

Brinaz , ruiss. près Yverdon, Brinnaz , Carte top. Vaud, 
Breynna, i343 ; du verbe patois brin-nâ, bruire. Se prononçait 
sans doute autrefois brin-ne, 

Brisecol, loc. à Giez ; ham. Lully, Morges, endroits pénibles à 
labourer, à gravir pour l'attelage ; nom ancien : un Brisicol à 
Soussens, Frib., en 976, Hidber, II, 267. 

Brison, plus. loc. aux Ormonts; en Brison, Châtelard, 
Vevey ; Brezon, alpes d'OUon et Mur en Vully ; Brisets, chalets 



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BRIT — BRUGÈRB 55 

à Château-d'Œx ; probablement de la famille de Brit. Voir ce 
mot. 

Brîl, 3 ham., Granges, Treytorrens et Syens et très nombreux 
lieux-dits (une vingtaine) ; de l'anc. h. ail. brestan^ bristii = 
briser, diviser, rompre, s'applique à des terrains défrichés, rom- 
pus par la charrue. Un Richardus de Brest y 1227. Cart. Laus. 
M. R. VI, 219. Hidber, II, dans les corrections p. LXII et LXVIII, 
rapporte à Brit près Granges les localités nommées Britilgio ou 
Britalffio, ix48, o. c. p. 45, et Briitilioy ii83, p. 33o. Le i»»'est 
Breille (Fribourgp), le 2« Brûttelen, comme lui-même l'avait écrit 
dans le texte. 

Brivaux, espèce de défilé, vallée de la Broyé, en amont du pont 
de Bressonnaz ; probablement de brii^ voir ci-dessus, et vaux : ce 
défilé coupe la vallée en deux sections, Broie supérieure et infé- 
rieure. 

Broc, Gruyère, Broyc^ iii5, M. R. IX, 8, Broch, iii5, 1228, 
M. R. VI, i327, M. R. XXII, i453, Broz^ 1286, F. B. II, Sgi.— 
Brot, Neuchâtel, Broch, 998, Brot, i346, Brochy 1372 (Matile); 
de Tall. hrachy éboulement, rochers suspendus. Brocard, ham. 
de Martigny-Combe, augm. Brochon à Montag'uy-les* Monts, et 
Brochet, chalet avec ravines, vallon de la Veraye, alpes de Mon- 
treux, dim. ; Brozet(ts), brèche rocheuse dans les rochers au g-la- 
cier de Paneyrossaz et à la Frète de Saille ; rochers et glacier près 
du Wildhorn, Valais ; forme valaisanne ch-z (ts). 

Rem. D'après F. Ghabloz, Mus. N. XVIII, 120, le Broch de 998 serait 
Don Brot, mais Broc en Gruyère. 

Broyé, riv., Frib. et Vaud (et deux ruisseaux, affl. de la Senoge 
et de la Mèbre) ; Brodia^ Brovia, BroliuSy 1274, Brayay 1295, 
M. R. XII, en ail. Brusch, 1470, etc. Du v. h. ail. brogily ail. 
mod. brûhly dim. de braochy marécag-e, rivière. Broyette, affl. 
de la Senoge, dim. 

Bruet, voir Breuil. 

Bragère, ham, de Guin, de La Roche, Frib., Brûgera à Ue- 
berstorf et 6 autres loc. fribourgeoises, Bruyeren à Buchillon, 
D. Morat, et les nombreux Bruyère (ou Bruîères, Etoy) ; du bas 



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56 BRUNGHENAL — LA BUDAZ 

latin brugariay dérivé de la racine celtique vroicay bruyère. Bru- 
vîère, ham. de Vucherens, m. à Forel, D. Moudon ; la Bruvire 
ou Brevire, ham. de Ghâtonnaye, les Brevyres, bois à Mézières, 
Frib., le même avec un v intercalé, comme dans cauva pour 
caua^ et Gruvire pour Gruyère. 

Brunchenal, Grand, Petit et du milieu, 3 fermes à Delémont 
dans une combe étroite du Jura ; paraissent un composé de che- 
nal, de canaleniy et un n. pr., probablement Bruno = chenal, 
combe de Bruno. 

Bruson, ham. de Bagnes, Valais ; les Brus, loc. àBevaix ; sans 
doute du celtique briïSy mettre en pièces, défricher, parent du v. 
h. ail. hrestan. Voir Brit. 

La Buchille, loc. Bulle, Riaz, Villarsiviriaux ; les Bucliilles, 
Lausanne, Boudry ; la Beuchille à Delémont ; probablement de 
bûche; Plan des Buchillcs à Naye, Buchileula, ham. de Val 
d'Illiex, dim. ; endroit où Ton met le bois en bûches pour le ser- 
vice du chalet, où l'on en fait le dépôt ; un agri de la Buschiliy 
ii5o, Buschilia vers 1190 à Onnens, Frib. Donat. Haut. 

Buchillon, D. Morges ; peut-être dérivé de buxuSy buis ; le 
buis abonde encore à Buchillon, Vaud, comme à Buix, Jura ber- 
nois, ail. Buchs. Quant à Buchillon, D. Morat, ail. Bùc/isele/iy 
Buoch^ 961, Zeerl. Urk. I, 12, Buschillion, iSSg, Rec. dl|)l. III, 
16, Buchillon^ i453, la forme de 961 le fait dériver du v. h. ail. 
buohha, m. h. ail. buoche, bois de hêtres. 

Buclard, Mont — , forêt à Sainte-Croix ; les Budards, forêt à 
Premier ; Bucley, La Rippe^ l'Abbaye, Denens, Chamblon ; Bu- 
deys, Eclagnens, Oulens ; les Buclei*s ou Bucleirs à Duilier ; 
Bucly à Froideville ; du latin bucculay la saillie ronde du milieu 
du bouclier, de bucculay joue ; comparez l'ail, huckeiy bosse. 
Noms de localités formant une éminence plus ou moins arrondie. 
Le même mot, bucléy se retrouve en Dauphiné. 

La Budaz, ham. de Vuistemens-devant Romont ; du patois 
budtty buddoy étable à vaches, probablement parent de Tall. budey 
logis ; le d s'est maintenu sans doute par une introduction plus 
récente du mot. 



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BUDRI — BUGNON 57 

Budriy Roc de — , vallée d'Anniviers ; d'un n. pr., comme la 
Dent de Bertol, dans la vallée d'Hérens ; pour le nom, voir Bou- 
dry. 

Bufet, Mont — , à Premier, D. Orbe ; de buffer ou bouflFer, 
provençal hufar^ souffler : endroit exposé au vent ; en Dauphiné, 
un buffe = sommet, lieu battu des vents. 

Les Buges, m. à Boudrj ; Vers les Buges, ham. de chalets, 
Ormont-dessus ; la Buge des Posats à Baulmes ; autre forme du 
V. f. bouge y demeure, voir Bougy. U pour ou est fréquent dans 
nos patois : bougnon, bugpnon ; bouhie, buhie (lessive) ; fou, fu ; 
Rouvenaz, Ruvines, etc. 

Bugnaux (aussi Bugnoux), ham. d'Ëssertines, D. RoUe, 
capella de BunniiSy i2o5, M. G. XIV, 19 ; paraît être une autre 
forme de Bugnon. 

Le Régeste geDevois, no 204, y rapporte la villa Bullo in page gene- 
vensi comitatu equestrico ; il nous paraît difficile d'admettre cette iden- 
tité. Ailleurs, p. 186, 459, le Rég. y rapporte le Bognon apud Doiiacum, 
Bugnon apud Dulliacum du Cart. d'OujoD, M. R. XII, 43^ 146. Ce Bu- 
gnon, près Duillier, ne peut se rapporter à Bugnaux qui en est éloigné 
de iO km. à vol d'oiseau ; on eût plutôt dit Bognon apud Montem. Il y 
a à Duilier même, en face du château, un clos de vignes appelé « au 
Bugnon. » C'est évidemment là le Bugnon des chartes d'Oujon. 

Bugnon, nombreux ham. et lieux-dits, une cinquantaine, Bou- 
gnet et Bougnon à Conthey, Rossinières ; Bugnenet, Bugnonet, 
dim. Lieu Beugnat, colline et m. à Courrendlin ; formes an- 
ciennes : lo Buignum k Goumœns-la-Ville, 1275, Bognurt^ Bu- 
gnum à Payerne, 1278, Bognoriy 1286 à Duilier, etc. D'une ra- 
cine indéterminée bugriy bogriy qu'on trouve dans beaucoup de 
dialectes, patois vaudois : bougne, bosse au front, f. bignCy Berry, 
beugnCy provençal bougnoy anc. h. ail. bungOy angl. bung, et 
bunngj tumeur, presque tous les Bugnon sont dans une position 
élevée au-dessus de la localité qui les a nommés, par une compa- 
raison familière avec une bosse, de même qu'on a appelé tel pâtu- 
rage le Goitre uœ (sur Corbeyrier) à cause du crôt arrondi qui 
s'élève au milieu comme un goître ; tel sommet les Nombrieux 
(Bex), de nombril, etc. D'un autre côté bougnoi, bugnon signifient 



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58 BUIX — BURSINEL 

aussi en patois source, fontaine à fleur de terre ; boagnon^ ouver- 
ture d'un réservoir. Ce sens peut dériver également de la racine 
ci-dessus qui a le sens de tumeur, d'où elle a pu passer à celui de 
source, de lieu d'où un liquide s'écoule. 

Buix, Jura bernois, Bus, 1 136, Bosco, 1 167, Boiœ, 1244, Boiz, 
1 363 ; du latin huxus, le buis, qui y croît en abondance. 

Bulle, Frib., Butulum, 855, M. R. VI, 201, Bollo, 1142, 121 1, 
etc., Bullo, 1174, 1177, Cart. Mon th. ; l'ancienne forme empêche 
de le rapprocher de ^o2/^, mais en fait plutôt un diminutif du bas 
latin butum, f. but, bout et butte. Voir But et Bolle. 

Bure, D. Porrentruy, Bures, ii39, ii48, 1178, 1280, Burnen, 
1 34s ; cette forme allemande, avec le n caractéristique, permet de 
le rattacher à Buron, Bûren, du v. h. ail. bùr, maison, plur. 
buren. 

Les Bures, ham. à Oron, même ori^ne. 

Biirier, ham. près Clarens, BuriSy ii45? Buire, xi» s., Cart. 
Haut Crêt, Burie, Cart. Laus., p. 16, 26, Buirie, 1228, Burye, 
i3o9, prioràtus Buriaci, i375, Burijez, 1379; de (fundum) 
Bnriacuniy domaine d'un Burius, g'entilice romain. Jubainville, 
ao3 ; les formes Buria, Burie, de (villa) Buria, 

Burignon, ham. de Chardonne, Burinaux, Cha vannes sur 
Moud on, sans doute dim. de Buron. 

Burlaie, Grande et Petite, chalets à Planfajon ; Buplatey, 
ham. à Monthey, Valais, Brullatiers, i352, Burlatex (z) à Ollon; 
les Bourloz, pâturage à Trient ; Bourlalzon, loc. à Yvorne ; lieux 
défrichés par le feu, du patois bourlâ, brûler. 

Bttfiond, bois à Vufflens-la-ville = bois rond. 

Buron, ham. D. Echallens, Buiro, 11 77, Buyruriy 1184-87, 
Dayron, 1190, 12 18, Buirun, 1199, Cart. Month, ; Buiron, loc. 
à Venthône, Valais ; du v. f. buiron, buron, chaumière, cabane, 
du V, h. ail. bùr, maison. 

Bursinel, D. Rolle, Brucines, 1139, Brusinez, i2o5, M. G. 
XIV, 20, Brusinel, 1211, Brusinai, 1220, Brusineus, 1241, M. 
R, XII, 81, Brusines, i244, Brusinay, i328, Brussinez, 1248, 
|344, Brussenel, 1392, forme diminutive de Bursins, villa Bru^ 

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BURTIGNY — BUT 5» 

cins vers looo et Brncinis après io49, M. G. XIV, 2, 5, Bru* 
linges, ion, BrucinSj io3o, io4o, Hidber, I, \illsi Bruciniaco, 
xi« s., Brucino vers i i3o, M. G. XIV, 4 et XV, 2, Brusins, i2o5, 
I2i4, 1243, Brussins, I25i-i344/ BursinSy i543. Non point, 
comme dit Gatschct, et Studer d'après lui, de bras, trust, buis- 
sons, bronssaille, mais comme l'indique nettement le suffixe 
ingeSy d'un patronymique = chez les descendants de Bruit, 
Brutti, n. pr. gpermain (= le terrible). Le pâturage de la Bursine 
s'appelait la Brutena, 1208, la Bruttinaz, 1280, M. R. I, 209, 
XXVI, 248. 

Burtigny, D. RoUe, Bretlignei, 11 45, M. G. XFV, 7, Briti- 
niacurriy ii64, M. R., Britiniacum, 1172, M. G. XIV, Bracti- 
gnie, 1177, Britinie, i235, M. R. V, 329, Britinier et Brig- 
tinyer, 1276, M. R. III, 692, Brugtignie vers i3oo, Britignie, 
i344> Brutignier, 1392, Brutignyez et Brutigny, 1627, Burti' 
gny, i543 ; de (fundum) Britiniacum, domaine d'un Britinius 
ou BritaniuSy gentilice romain. 

Burtins, Vers les — , ham. d'Albeuve, Fribourg ; probablement 
pour Bruttins = chez les descendants de Brutt. Voir Bursins. 

Bussiaz, loc. à Grandcour : buissaie ? 

Bussigny, D. Morges, Bussignye, i358, et D. Oron ; de (prae- 
dium) Busseniacam, domaine d'un Bussenius, gentilice romain. 
De Vit, I, 771. 

Bussy, D. Broyé, Fribourg, Bussey, iil^2, Cart. Month., 5, 
Busseiy 1201, Bussys, i337, Mtl., Bussy, i453 ; — sur Moudon, 
Buxi, 1 160-1200, Hidber, II ; — sur Morges, Bussi, 1069, M. G. 
XV, Bussie, 1223, — ham. Val de Ruz, Bussiers, 1296, Les 
formes diphtonguées nous paraissent faire rentrer ces localités 
dans les noms gallo*romains en iacum: de Buciacum (fundum), 
domaine d'un Bucius, gentilice romain (variante de Buccins) connu 
par 7 inscriptions. (On trouve aussi Bussius et Buxius.) 

Le But, ou Bath, ham. de Lessoc, Gruyère ; en Buz à Saint- 
Sulpice, Valeyres ; en Biit, loc. ji Ëchallens ; Buttes, Neuchâtel, 
Boutes, 1342, Butes, 1372, Botes, Boutes, i38o, Buctes, i453 ; 
du norois butz, morceau de bois, d'où dérivent les mots français 



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60 BYOLLEN — CAROUGE 

bout, but et butte. Ces localités sont au bout du territoire dont 
elles relèvent. 

Mont ByoUen à Salvan (variante d'orth. pour Biollin, de beta- 
iinus)j adj.y mont où croissent les hioles, les bouleaux. Voir Biole. 

Cabeuson, pâturage sur OUon, assez fang^eux ; de beuse et du 
suffixe péjoratif ca. 

CaboUes, 2 ham., com. de Puidoux et de Lausanne, à la Cabu- 
laz à Arnex ; du préfixe péjoratif ca (voir Littré) et de bollcy bole, 
terre en friche ; v. h. ail. bol y bas latin bola. Cabolettes, m. à 
Epalinges, dim. 

Cabourles, loc. à Yvome ; même préfixe ca et racine bourlâ, 
brûler, terrain médiocre, défriché par le feu ; les Carboles, Savi- 
gny, Forel, les Thioleyres, Tavernes ; les Garboules, Roug^mont ; 
même mot avec métathèse de Vr. Garboles, pour Caborles. 

Ce préfixe ca^ dont Littré donne 2 ex., se retrouve dans cahute, 
dans le v. f. calorgne (louche) et chez nous dans caborffne, hutte, 
petite boutique obscure, et dans ca/^z^^r (lorsque le traîneau g^lisse 
de travers). 

Calève, ham. de Nyon ; peut-être le même que le nom gaulois 
Calleva (de calli, bois, et eva ; localité dans les bois), capitale des 
Atrebates de Bretagne, aujourd'hui Silchester = silva-castrum. 
Un nom gaulois à Noviodunum, également gaulois, n'a rien que 
de naturel. 

La Cambuse, m. à Denens, à Savigny : maison de chétive ap- 
parence, 

La Capite, ham. de Choulex, Genève; patois capita, même 
sens. 

Carignan, ham. de Vallon, Fribourg, autrefois Dompierre-le- 
Grand, encore en 1668, Carignan, 1680. On ignore la cause de 
ce changement. Quant à Carignan, ou Carignano, Italie, il vient 
de Carinianuniy dérivé en anus du gentilice * Carinius, du co- 
gnomen Carinus, porté par un empereur, et dérivé lui-même de 
car us. 

Carouge, Genève, Carrogium, 1268, M. G. XIV, i3io. Car- 



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CART — CAUQUELLA 61 

rojoy 1871, CarroffiOf i443, Qaarroffio, i44o> et commune D. 
Oron, Carrogiumy i255, puis Carrojoz et C arroge ; de quadru' 
viurriy pour quadrivium^ carrefour, en patois carro, Carrog^um 
n'est que la latinisation du mot romand. A la même racine se rat- 
tachent les deux Carra, ham. de Presinge, et le Carre, ham. de 
Meinier, Genève, l'un d'eux nommé Quadruvium en 5i6, sous 
les premiers rois de Bourgogne', Qaatruvium villa (Frédé- 
gaire, vii« s.), CarrhOy CarrOy 1196, Cart. d'Oujon, M. R. XII, 
ainsi que les nombreux Carrez, Valais, Vaud (9) et Fribourg 
(11). Un Quarro, environs de Vinzel, 1265 ; ou Quarros aux 
Mosses, Ormonts, i332, aujourd'hui Quart. Dans le Berrj, car- 
rouge est un n. c. pour carrefour. 

Cartigny, Genève, Cartiniacum^ 1220, Cartignie, 1227, M. 
G. IV, 29, 45, Quariignie, i3oi, 1362, Carligniery i344» Quar- 
tignier^ 1862, CartignynSy xiv« s., M. G. XXI, 240 = (/un- 
dum) Quartiniacam, domaine d'un Quartinius, gentilice ro- 
main. (Remarquer le suffixe germanique de la dernière graphie.) 

Le Casard, m. à Crissier, Savigny et Forel, Lavaux ; de case 
et suffixe augm. ard. 

Catogne, 2 sommets à l'O. et au S. de Martigny, aussi au Tes- 
sin : Catogna, val, et sommet. On y trouve le suffixe dépréciatif 
ogne (charogne, ivrogne) et une racine cat, Cat-ogne. Pourrait 
être de la famille de caput. En français le c devant a devient gé- 
néralement chy mais le patois, qui se rapproche du provençal, 
offre de nombreuses exceptions. 

Cau, Sex de la —, à Salvan ; à la Caux, prés sur une croupe à 
Vionnaz, loc. à Port Valais; aux Caux, loc. à Bex; Mont de 
Caox, autrefois Cau, longue croupe sur Montreux ; probablement 
du patois caua^ du latin cauda, queue = croupe allongée, lieux- 
dits à l'extrémité d'une « fin ». Voir aussi Cuaz. 

Cauquella, en ail. Corbetschgrat (= arête en corbeille), loc. 
à Salgetsch, Valais ; dim. de coque, du latin conchay petit vallon, 

* Voir sur la villa Quadravium la note de M. Jules Vuy» Mém. Inst. G. X, 
3, qui conclut pour le Carre de Meinier, tandis que Galiffe se prononce pour 
Garôuge. 



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62 CAVOUES — CERGNAT 

Goquelle, s. f., s'emploie en France au sens de cocotte, ustensile 
de cuisine. Le nom allemand renferme la racine Korb^ qui, avec 
une autre imagée, exprime la même idée. Coque et Coquettes, 
chalets dans une combe, vallée de THongrin, Pays-d'Ënhaut, 
même origine. 

Cavouês ou Cavouez^ pâturag'es à Monthey et Colombey, Va- 
lais, les Cavues à Château-d'Œx, es Cawuaz, alpes d'Ollon ; du 
patois cavua, cavoaa, latin caudaj queue ; Cavouin à Yvorne et 
les Cavuettes à Lessoc, Gruyère, dim. ; c'est un n. commun : le 
Cavouà, en patois, extrémités d'un territoire, d'une « fin ». A 
Chàteau-d'Œx on trouve aussi une Schuantz (ail. = queue), 
croupe allong'ée au S.-E. des monts Chevreuils. Voir aussi Cau et 
Cuaz. 

Es Cayoudes, vignes à Blonay ; dérivé du latin cadere, tomber, 
en patois cahia, dim. cahieret, lieu raviné, petit ravin. 

Céligny, Genève, Siliniacumy ii63, 1179, Silignie vers 1200, 
i25i, M. G. XIV et 1224, M. R. XII, 69, VI, 890, Cilinie, i3ii, 
Cilignie, i344, Cilignier, 1887, M. R. XXVIII, 208. Non point 
de siligOy fleur de farine comme l'explique Gatschet (et Studer 
d'après lui), mais de {fundam) Siliniacum^ domaine d'un Sili- 
nias y gpentilice romain. 

Cérac, un des sommets du Wildhorn, fausse orth. pour Sérac^ 
à cause de sa ressemblance avec un sérac ou séré, dérivé du latin 
seruniy petit lait. 

Le Cerf, pâturage et chalets sur le Sépey, Ormonts, le Cer, 
i332, le Certy il^iQ, corruption de VEssert. 

Cerfs, Mont des ~, aux Verrières, mont du Sais^ i342, du 
Sairt, 1882, du Sag, i383, Matile; probablement de Sex, rocher. 

Cergnat, Ormonts, SernieSy i3i5, Sernia, i332, Sernyaz, 
1439 ; Cerniaz, D. Payerne, Sernia, i453 ; Cerniat, Gruyère, 
Sirniaz, i453 et 8 autres, Fribourg ; Cerail, nombr. loc. Jura, 
Cernier, Val de Ruz, Cerniey 1824, Semyes^ i346, Cerniez, 
1453 ; Ccrneux, Cernet, Cernit, loc. du Jura ; Cerney, Conthey 
et Vaulion, Cernay au Brassus, Cernayes, le Locle, Ceraîes, 
Jura, Cernieux, Zemy, Zerney, Valais, collectifs ; Cergnettaz, 



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CERISE — CéSILLE 63 

Cemiettes, Gergniaux, Gerniaulaz, Gergnaulaz^ Alpes, Ser- 
nioules^ à Enney; Cergnaud^ h. de Gléresse ; Gemillat, Cernillet, 
Cematte, Cernetat, Jura, Cernion (Villeret), dîm. de Sieme^ 
Scieme, Oeme ou Cergne^ nom de centaiDes de loc. du pays. 
Du mot français cerne^ enceinte, terrain clos, du latin circinuSy 
noms désignant, au moins à l'origine, une ou plusieurs fermes 
entourées de clôtures. Les noms de Gercenais ou Cercenet, D. 
Courtelary, et Chercenay, Franches-Montagnes, Cercenata^ 
II 3g, présentent nettement la filiation du latin circinus. 

Cerise^ ham. d'Hérémence, Valais, la Cyriesi, i238, patois 
8erie8i = ceriae ; es Cerises, champs à Grandson. La désignation 
d'un lieu par le nom d'un fruit au lieu de celui de l'arbre est très 
rare ; on trouve cependant des Belosse, un Estranguelion. 

Cerisier, très fréquent par contre, 21 loc. ; au Sirisier vers 
II 70 à Lussy, Frib. 

Cerjaulaz, ham. de Saint-Cierges et ruisseau ; de Cierge, — du 
latin Sergius, — et suff. dim. o/a. 

Ceriier, forme française de Erlach, Berne, Cerlie^ logS, Cer- 
fei, i2i4, F. B. I, 5i4, Celliey 1280, Ceriier^ i424> Herlach, 
1228 ; du y. h. ail. erilahiy taillis d'aulnes, en lat. Herilacumy 
puis CerlicLCurriy d'où Ceriier. 

CerCoux, ham. c. de Genève. Voir Essert. 

Cervin, Mont — , Valais ; de silvinus^ adj. du nom latin et ita* 
lien de la montagne, mons Silvius, monte Silvio, permutation 
/-r, comme Servan — Salvan, de silvanus, 

Cery, ham. de Prilly, D. Lausanne ; pas de formes anciennes ; 
pourrait être comme Seiry^ Frib., un fundum Seriacum, Le c 
n'est pas une difficulté ; il permute sans cesse avec s : Syens, 
Ciens, Sieme, Cieme, etc. 

Cesaley, Granges sur Lourtier, Bagnes ; du bas latin casaley 
f. cheseau, grange, et collectif ey ; chy habituellement ts^ devient 
aussi s : Cheilion, Seilon à Hérémence, pointe de Sesales sur Or- 
sière, etc. 

La Césille ou Osille, ham. de Bassins, de Sisilley autre nom 
du ruisseau de la Combe, Sisilla, xii« s., Sisilli, 1196, Sisili/r 



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64 CETTY — GHABLIE 

laSg, Sesillyy i3o3, Sysillizy xiv« s., M. R. V, Sizilley 1617, 
Sézille dans Lutz, éditioa de 1861. 

Cetty^ prés sous Ghamoson, Valais, les SetyZy i3a3 = les 
Seytes, (prata) secta^ les fauchage. 

Ce nom et celui de Jetty, Giéty à Evolèoe, sont les deux seuls où le y 
atone du moyen ftge s'est maintenu ; dans trois autres on écrit y et e, 
Réschy et Rèche, Trôgpay et Trogne> Sînièse et Ziniégy. Les chartes 
nous offrent plus de 40 ex. de cet y final aujourd'hui disparu, remplacé 
par un e muet. 

Ghablais, au moyen âge nom du pays qui s'étend du Trient à 
TEau froide et à la Morge de Saint^Gingolph, Caput laci^ 826, 
M. R. XXIX, î4, CaputlacensiSy 921 = tète du lac. Chablaiy 
1145, S. Mauricius de Caplatio^ ^^79* Gatschet (Ortsetymologis- 
che Forscbungen, 1867) conteste cette étymologie. Pour lui Caput 
laci est une traduction latine du mot romand et il rattache Chablais 
à Chable, et à la même époque (Promenade onomatologique, 
1867), il accepte la première dérivation : c Chablais, payas Ca- 
putlacensis, est le Pennelocus des Helvètes, penn, tète, loch, 
lac, et doit se traduire par pays à la tète du lac». C'est aussi notre 
opinion. On a de même au Tessin le village de Capolago. Voici 
une autre preuve à l'appui : Chablais est aussi. Mus. N., XXIV, 
143, le nom d'une partie du marais du Seeland (entre la Broie, les 
collines d'Anet et de Jolimont et la Thièle), propriété de la com- 
mune de Neuchâtel, Chablay^ i468 ; or il n'y a pas là de chables, 
mais la position de ce territoire par rapport au lac est analogue. 

Ghâble, Bagnes, Valais ; Ghâbles, Fribourg ; le Ghabloz, ham. 
de Château-d'Œx ; Chables, ham. de Mont sur Rolle ; Tschabeln 
à Louèche, Tschabel à Saint-Sylvestre, Frib. (formes germani- 
sées), etc. ; Zablo à Conthey, Grône, Vercorin, Valais, Zablotet 
sur Riddes (z = ts), ol Chablo, Erschmatt, 1242 ; du v. f. caable, 
chaable, bois abattu par le vent, du latin cadabula^ engin de 
guerre propre à renverser, de là le bas latin cahulum : cabulum 
dou Gra Jorey à Liddes, 1228, illi de Cabulo à Sierre, 1267, et 
notre mot châble, dévaloir pour les bois abattus. 

Chablie, partie du village de l'Isle, Cabliacum entre ioo5 et 



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CHABLIÈRE — GHAIBEUT 65 

1049, Cheblif ii54, Cart. Month., Chable^ 1202, Chablie, 1200, 
1223, M. R. V, 2i5, 220, Chablie, i344, Maûle = {/undum) 
Cabelliacum^ domaine d'un Cabellius, gentilice romain. Même 
origine pour Ghibi, village ruiné près Aclens, Chibliez et Chivlie, 
1228, Chibliez y 1282. 

La Ghablière, ham. près de Lausanne; de la famille de cAa6/^, 
dévaloir, endroit où Ton chablait, dévalait les bois des forêts voi- 
sines. Zablire (cA-r), loc. à Savièse et Bramois, Valais. 

Chabrey, D. Avenches, Charbrey et Charhey, i342 = (Jun- 
dum) Capriacamy domaine d'un Caprius, gentilice romain, ou 
Cabriacum, de Cabrius^ nom gallo-romain, dérivé du cognomen 
CabruSy traduction du gaulois Gabros, correspondant du nom 
latin. (Holder.) 

Ghachet, rochers à Savièse, correspondant des Sassets des Or^ 
monts (ch-ss), dim. de sex, latin saxum, rocher. 

GhaiTard ou GhaiTa, château ruiné près Riaz, Fribourg*^ Cha- 
faloy i33o, Chaj^alOy i33i, Arch. Fr. III, domus fortis de 
Chajffa alias Chaffalo, i483, ibid., Chaffaz, i524. — Es Ghaf- 
faz à Sommentier, au Ghaffa, moulin à Portalban, au Ghaifard, 
moulin à Ghevillj, m. à Aubonne, Concise, Missy ; en GhafQouz 
à La Roche, ChafJlOy i4o8 ; les mêmes que Tanc. f. chaffal, 
chaffaut, échafaudag'e, bas latin cata/alius, de capta et du 
germ. bal ko. 

Les GhafToamières, loc. à Monnaz, D. Morges ; peut-être le 
même que Saifomières au village voisin de Saint-Saphorin = 
champs de safran. Orth. patoise à côté d'une orth. mi-française ; 
beaucoup de mots patois s'écrivent avec ch ou ss. On pourrait 
penser aussi à Chaufournière, mais Chaufour est rare dans le 
pays où l'on dit généralement Raffort. 

Ghagneriaz à Ecublens, Vaud, synonyme de chênaie ; du v. f . 
chagne, chêne, et suffixe collectif erie. Ghagnoty à Gimel, de 
chaffnotj dim. de chagne^ et suflF, collectif y, taillis de petits 
chênes. 

Ghaibeat, Mont — , près Courrendlin, Delémont ; parait être un 
dérivé,— dim. irrégulier, — de caput, tête, comme chabot, poisson. 

M. D. SBC. séfUS, TOMB VU &-^ 

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66 GHAILLE — GHALIN 

La Chaille, sommet du Jura prèii du Creux-du-Yan, 2** h. fraU" 
çais à la frontière vaudoise près Saint-Cergiies ; forme féminine 
du V. f. chail^ pierre, caillou, sommité pierreuse. Le mot chai lie, 
s. f., s'emploie par les carriers à Villeneuve pour désigner les dé- 
bris de pierre de la carrière. 

Chailiy> ham. de Lausanne, Garliacum, 944» M. R. VI, Hid- 
ber, I, 227, Charliey 122Z ; de (fixndum) Caroliacuniy domaine 
d'un Carolus ou Karl. 

Chailly, ham. de Montreux. D'après les formes Challier^ i342 
et CkalUacanii i364» nous le dérivions de Calliacurriy domaine 
d'un Callius, gpentilice connu ; mais les textes plus anciens, 
Char lie vers ii5o, Charlei, 1161, Cart Haut Crét> Charli, îiia, 
Charliy 1223, Donat. Haut., Charlie, 1260, M. R. XXIX, le rat* 
tachent également à Caroiiixcumy domaine d'un Karl. 

Chaive, la — , longue colline au N. de Delémont, 894 m. ; de 
chaoe^ cavité, caverne, abîme, du latin cavas, nom dû au cirque 
rocheux par lequel elle se termine à l'E., dominant de 237 m. le 
Creux du Vorbourg, 667 m. 

Chalais ouChaley, D. Sierre, Valais, Saler j xi« s. (orth. germa* 
nique), ChaleZy 12 19, Chaler, i236, Chaleir, î25o, Chalex, 
1298, Chalepy 6 fois i3o3*t354) Challir, 1426, Challey^ i553, 
Chalti, 1806 (Murith.). *** Chalex, loc. près Aigle, Challêx^ 
1426, =z/andum Cal(l)iacum, propriété d'un CaliuSy du cogno- 
men Calas (du grec kalos)^ écrit quelquefois avec un seul 1. 

Chalepy, ham. des Breuleux, Jura bernois ; de chale^ s. m, 
(dont chalet est le dim.), et suffixe collectif ery ==1 iére^ réunion 
de chalets. 

Chalevay, chalet au Ôourg^aint-Pierre, Valais » chale ou 
chalet, et v. f . veil, vieux (comme Pontvay ou Pontvey, Gruyère) ; 
synonyme du Chalevieux ou Chalvleux d'Ormont-dessus : vieux 
chalet. (D'après M» Isabel, ce dernier serait le chale es Viùux^ lô 
chalet des Viftux, n. pr. ; voir le mot Viaux. 

La Chalière, rivière, affl. de la Birse, D. Delémont, forme fém» 
du V. f. chaliet, fossé. 

Oialin, alpe de Troistorrents, Valais, forme masc. du V, f* 



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CHALLANT — CHAMBEROT 67 

chaliney s. f., le fort de la chaleur, du latin calere, être chaud. 
C'est une alpe élevée où Ton monte au milieu de Tété. On dit de 
même majen pour alpe de mai et dans le Haut Valais Augstkum- 
men pour alpe d'août. 

Challant ou Tzalan, pâturage de Saillon, Valais, Chalenty 
1286, pente au midi au pied des parois du Petit Muveran. Chai- 
land, pAturage à Bourg-Saint-Pierre, même exposition ; Zallan, 
prés à Arbaz, Zallain, loc. à Conthej, Valais ; participe adjectif 
du verbe v. f . chaloir, être chaud, du latin calere ; même ori- 
gine pour Challant y bourg de la vallée d'Aoste, Chalan, ^^^9j 
sur des pentes très ensoleillées. 

Challoux, champs à Bemex, Genève ; du v. f. chail, caillou = 
champs caillouteux ; voir Chaille. 

Cbalmet, Chalmery, voir Charmet. 

Les Chalottets, chalets à TAbbaje, Vallée de Joux, dim. 

Chamarin, en patois Samarairty forêt et pâturage sur Ayent, 
Valais (le Chatmarin, sic I carte Dufour), campo de valle Chor 
maret/y i25o, M. R. XXIX, 444 ; Chamapey, source sur Con- 
they, i3o2, CSiamaray, vignes à Conthej ; loc. à Fully ; une vi- 
nea apud Chamarey, 1221, probablement à Savièse, M. R. 
XXIX ; un Chamarai, Chamarey à Lutry, 1227, Cart. Laus. M. 
R. VI, 4i4> 5oi ; probablement de (fundum Camaracum), do- 
maine d'un Camaras, En 1299 nous trouvons (M. R. XXX), un 
Rodulphus Cambrey dans un acte passé à Granges, Valais. Ce 
Cambrey nous parait être la forme francisée de Camaracum, 
comme chambre de caméra. 

Ghamb^lon, chalets Ormont-dessus = probablement Champs 
béton y corruption de barlong, en forme de rectangle irrégulier ; 
de long et préfixe péjoratif bar, 

Ghamberomie, 3 ruiss. près Lausanne, l'un à Vidy, Chambe- 
ronia, 114^, Cart. Month., 2 ; les autres, affl. de la Paudèze et 
de la Venoge ; de chamberoty nom patois de l'écrevisse, du latin 
cammarus : donc ruisseaux à écrevisses. 

Chamberot, vignes à Aubonne ; probablement du patois chcun^ 
bercuiy tschamberrot, mot désignant les mauvaises heri>es en gé- 



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68 GHAMBESY — CHAMBOVEY 

néral qui croissent dans les cultures et en particulier le chardon 
des champs (Bridel). 

Ghambésy, ham. de Preg-ny, Genève, Sambesie, 1277, Sam- 
beysisy 1807, M. G. XIV, Sambesier^ iSog, fX, 262, Senbeysier, 
i^'jZ, Sanbeysier, xiv® s., II, 364 et XXI, 89. Sambeisy au 
XVII* s., dit Galiffe, qui en fait un Saint-Bézier. Oriç. inconnue. 

Chaniblaiide (ou Champ-Blandes), loc. près Lausanne, Chan- 
blandeSf Chamblandes, 1280, i233, M. R. VI, 4io, 699, Clam- 
biandéSj p. 245 (faute, fausse lecture ou coquille ?). — Champ- 
blandiï, loc, à Ecublens. Holder, p. 767, cite un 4c Cantumblan^ 
dam villa » ; c'est évidemment le môme que notre Chamblande 
qui vient donc, non de campus, mais de cantus, territoire. Quant 
à blande, c'est probablement un n. pr. : il y a un n. g'ermain 
Blando, fém. Bîanda, la blonde; donc chant, territoire de Blanda, 

Cliambloii, D. Yverdon, Chamblon, i235, Cart. Month. M. R. 
XIIj probablement un CamuliOy — ou Camilio, — nom en io, 
tonh^ dérivé d'un des gentilices Camulias ou Camilius qui ont 
donné Chambiy^ comme Valençon de Valentio dérivé de Valen- 
tius ; voir les nombreux ex. analog'ues dans Jubainville, p. 609- 

520. 

Chambon, ham. de Roche, Vaud, en Chambon, 1276, et de 
Broc et NejTuz, Fribourg*; de campum bonum, champ bon, 
moins probablement, conmie les 5 Chambon de France, de Cam- 
bonum., dérivé du celte cambos, courbe : loc. sur des terrains on- 
duleux. 

Ducan^, à Cambo, nous dit : « Rustici Dumbeases Cambonem appel- 
lai:it quamlibet campum fertilem, sive ager cultus, sive pratum. » Les 
paysans des Dorobes appellent Chambon un terrain fertile quelconque, 
soit prc, soit champ cultivé. 

Chamby, loc. sur Montreux ; pourrait être un (praedium) 
Cambiacum, domaine de Cambius, gentilice deux fois çravé 
dans une inscription de Nîmes, le même probablement que le n. 
d'homme gaulois CamhioSy dérivé de cambos, courbe. Jubain- 
ville, p. 206. 

Cliamboveyi ham. de Massongex, Valais, pour Champ bovey 



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GHAMBRELIEN — GHAMPEL b9 

OU champ-bouvier ; de campum hovarium, pàturag'e à bœufs. 

Chambrelien, ham. de Rochefort, Neuchàtel, Chambrillan, 
1769, M. N. XVI. 

Cbambres, loc. à La Coudre, D* Gossonay, La Rippe ; Cham- 
brettes, plus, lieux-dits ; de chambre, un des noms patois du 
chanvre, normand et provençal cambre, du latin cannabis ou 
cannabuSy avec épenthèse d'un r. Synonyme de chenevière, pour- 
rait peutp-ètre venir aussi du bas latin cambile < a^r, ni fallor, 
ubi cannabis crescit. » Ducange. 

Chamossaire, sommets sur Aigle et Lavey ; Chamossere, 
sommet sur Ayent ; Chamosalle, alpe sur Montreux ; Ghamo- 
sence, alpe sur Chamoson, Bas-Valais, villa Camusia^ io5o, 
Chamosuny I2i4; loc. aux Agettes, Sion ; Ghamossin, m. sur 
Vouvry, ainsi que Gamsen du Haut- Valais Gamosun, i233, dé- 
rivés de chamois, anc. h. ail. gamuz, 

Ghampagne, D. Grandson, Campania, 885-888, Champanes, 
1228 ; la Ghampagne, loc. à Bex ; nom collectif du territoire des 
communes de Cartifi^y, Choully, Chancy, G. de Genève : anc. 
forme de Gampagne. On trouve aussi pour le premier la forme 
Champagney de 1882 à i44i» M. R. XIV, p. 4oo, ce qui en fait 
un Gampaniacum, domaine d'un Gampanius. Mais les formes an- 
ciennes ne justifient pas cette orthographe. Quant à Tétymologie 
de M. de Gingins pour la Ghampagne de Bex, campus pugnae, 
champ de la bataille, on ne peut la considérer que conmie une 
fantaisie de l'historien. 

Ghampagny, G. de Frib., ail. Gempenach, Champagnie, 
1265, Ghampagny e, iSgo; loc. près Gilly, Champagniacum, 
1276; id. à Montreux ; de Gampaniacum = domaine d'un Gam- 
panius, nom de famille romain qui a donné les noms de 38 com- 
munes de France. 

Ghampel, près Genève ; de campeilum, petit champ. 

Et non, comme le dit Studer, d'après Chaponnière et Galiffe, de Gham- 
pel pour Saint^Paul, reproduisant une opinion énoncée dans le vol. IV 
des Mém. et Doc. de Genève ; les textes suivants prouvent Terreur : « a 
ruina de Champeiz inferius, » li67, M. G. VII, 318, depuis la «ruvine 
de Champeiz en bas (coteau ébouleux dominant de 50 m. le cours de 



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70 CHAMPION — GHABCPTAUROZ 

l'Anre) et en 1475, M. G. VII, Testimation faite alors de toutes les pro- 
priétés de Genève, p. 300, 403, distingue Saint-Paul et Ghampel, p. 358, 
« in via tendent versus Sanctum Paulum, ...versus capelle Sancti Pauli,» 
et plus loin : « subtus furchas de Champel, ...a parte villa'gii de Cham- 
pel... su b Lus Champel..., communia de Champel, » enfin « in via tenden- 
tem de S*" Paalo versus villagium de Champel, » Voilà qui est net : il 
y avait Saiat-Paul et Champel, celui-ci de campellam, dim. de champ. 
M. Eu g. Ritter a déjà fait justice de la fausse étymologie ci-dessus dans 
le Bull. iDst. Genevois, XXII, 201. 

Champion, Roc — , sommet, alpes de Bex ; Roche — , vallée 
de Joux% territoire français, à loo m. de la frontière. Probable- 
ment métaphore ; le roc Champion de Bex se dresse fièrement en 
avant do la Dent de Mordes. Ces images sont fréquentes dans les 
noms de montag'nes : le Moine, le Bonhomme, et en all. Jungfrau, 
Frau, Wittwe, Mônch, etc. 

flUaiiipey, Cliampex, plus. ham. et lieux-dits, Vaud et Valais 
(ici généralement Zampex, Zampj). Ghampols à Bure, Jura ber- 
noLs ; de champ et suffixes collectifs ex^ ey, ois. 

Cluun pilles, chalets sur Lens, Valais (Echampilles, Dufour et 
Siegfried); Champillon, plus. loc. Ormonts, ChampilUon, i332; 
à Corbeyrier, Leysin, etc. ; dim. de champ. 

Champion, village. Voir Gampelen. 

Oiamjilan, plus. loc. Vaud et Valais ; de campum planum^ 
champ plan : Champlan sur Sion, Piano campo, 1260. 

Chatiipreveyres, ham. près Neuchâtel ; Champreveroz^ ii79> 
~ prevero, 1209, — pruvaire, 1220, campam presbiteri^ 1289, 
Zi^erl. I ; de campum presbi/teri, champ du prêtre, v. f. pro- 
voire- 

Chaniproz à Vollèges, Valais = champ (du) pré. 

Chaiîij>sabet (Siegfried), Champzabey (Feuille off.), Chanza- 
bel, ham. de Lens, Valais ; champ et n. pr. 

€haii)pLaui*oz, D. Payerne, Chantuoro (Ghantvoro, Dict. hist. 
fausse lûct.), 1228, Chanieurre, i437, Chantouroz, i453, M. F. 
IV, 3û5 ; renferme comme premier élément chant, du latin cantus, 
territoire (champ est fautif!); le second est un problème à résou- 
dre, peut-être tauro, de taurus, le taureau, le territoire du taureau. 



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GHAMPSEC — GHANDOLIN 71 

Ghampsee, ham. de Bagnes, terr. près Sion =:= champ sec. 

Ghampvent, D. Yverdon, Canventum, 1012, Chaventum, 
1049, M. R. I, i54) Chanventy 1224, laaS, i25i, Chanvenz, 
1237, i25o, 1260, i3oo, i364, Chanvens, 1260, Chanventz vers 
1276, Chanvanty i3i5 et 20 autres. Deux fois seulement champ : 
Champventy i3i5 et Champvenz^ 1317. Très probablement de 
chantj latin cantus, territoire et ventuSy vent, territoire du vent, 
exposé au vent. Un coup d'œil sur la carte suffit pour constater 
que le château est à Tangle S. de la colline, exposé au vent du 
midi. 

Ghamufens, ham. de Marsens, Fribourg* (Chamussens, carte 
Dufour) ; Chamuffens^ i332 = chez les descendants de Camulf^ 
n. pr. germain. Nous y rapportons le nom de ChamuÛns, pâtu- 
rage de Rossinières (défiguré en Chats mufins^ carte top. vau- 
doise et Chatmuflns, carte Siegfried !). 

Es Ghandeleys, loc. à Paillj, es Chandelleyres à Ëssertines, 
D. Echallens, Chandelly à Bellegarde, Fribourg ; prés où abon- 
dent les chandeliers^ tsandelei, n. patois de la Primevère offici- 
nale. 

€3ianey, Genève, Chancie, 1277, i3o2, i326, Chancier^ i344, 
1372, M. G, XIV, 3oo, XVIII, 96, II, 370, IX, 228 = (fandam) 
Cantiacum, domaine d'un Cantius, gentilice romain dérivé du 
celtique cantoSj blanc. (Holder.) 

Chandolat, m. à Soubey, Jura bernois; Chaiido(l)laii ou 
Ghampdolan (Kuenlin) à Givisiez, Fribourg ; un Champdolent 
à Guarnens en i46i ; Champdolleriy Chandollen, 1477, M. R. I ; 
de champ et d'un adjectif dérivé du celtique dol, table = champ 
sur un plateau (voir Dole). 

. Nous y rattachions Ghandolin, Chandoline et en patois Zan- 
dalin, Zandolet, villages et lieux-dits en Valais (Sion, Savièse, 
Evolène, Anniviers, Ayent, Leytron, Bovernier, Nax) souvent or- 
thographiés Champdolin, Champdelyn, déjà dans une charte de 
1354. Mais les textes anciens montrent une autre origine, qui n'a 
aucun rapport avec champ. Ghandolin de Savièse s'appelait Scan- 
dulinz villa en iioo. Escandulins en 1260 ; celui d'Anniviers 



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72 CHANDON — CHANIVAZ 

Escandulyns en 1260. Il faut donc adopter l'explication de Gats- 
chet : hameaux dont les maisons sont recouvertes de bardeaux, 
d*échandoles (essandole, Littré), latin scindula^ bas latin scan- 
dulay par opposition aux localités moins élevées dont les maisons 
sont couvertes en ardoises. 

Ghandon, D. Glane, Frib., et ruisseau, eccl. de Candone, ii23, 
Hidber, I, 477, ïï48, M. F. I, 876, Chandun^ 1228, Chandon 
vers 1180, Arch. F. VI. 

CbandosseL, D- Lac, Fribourjf, Chandossely i2i4, Hidber, III 
^ champ du nommé Dossel, comme le pratum Dossely 1 142, 
] t4^f donné à Hauterive par Guillaume de Glane, M. F. II et III, 
p. 64- 

Chanéaz, D. Yverdon, forêt à Montag'nj, Frib., les Ghanées à 
Gressier, Neuch. ; Ghaniaz, loc. Blonay, Puidoux ; Ghagniaz, 
Fore], ChenîaK^ Monthey, Zénaie à Lens, une Chagnea à Ayent, 
1294^ chênaie, de quercineta ; Ghanel, Mor^s, Ghanelles à 
Coirevon, Ghanéla/., ham. de Boudry et loc. Bassins, Ghanolaz 
à Fontaines, Ghancrettes à Veytaux, dim. Ghanay ou Ghaney, 
une douzaine de loc, Ghanez, Corbières; Ghany, Seig^eux, 
Wallenried ; Chanex, Combremont et Treytorrens, Ghanet, 6 loc., 
Chasnet au Landeron, iSôg, le Chagnay à Peseux, i356, Ghe- 
nay, Vouvry, le flheiny à Gruyères, Ghenet, Grandfontaine, 
Glieniit, Bure et Damphreux, Gheynatte à Delémont, Ghenois, 
Charmoille el Porreutruy ; de quercinetum^ bois de chênes. 

Gh»Dc»z, très nombr. loc. = chêne. 

CliaDgJDS, châi. et ham. de Duilier, D. Nyon, ChanginSy 
1224, 1235, M. R. XII, 69 et V, 332, 1299, M. G. XIV, 277 ; d'un 
n. pr. germain à rechercher. 

Chanha/, écart de Buchillon, D. Morges. Le Dict. hist. Vaud. 
j rapporte le Chanliva du Cart. Laus., 122 1, 1228, et M. Alb. 
Saraiïin traduit par Chanivaz la mention « Dog'uneta de Cani- 
oaio, xrv« s., de TObituaire de Genève. M. G. XXI, 126; mais 
Canivatum ne peut donner Chanivaz où az est atone et donnerait 
plutôt Canivet ou Canevet. (Il y a un lieu-dit Canevet à Bassins 
et un Canivet à Mauborg-et.) Origine inconnue. 



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CHANRION — CHARBONNAY 73 

Ghanrioii ou Zanrion, aipe de Bagnes, Valais ; autre à Colom* 
bey = Champriond ou champ rond. 

CSianlemerle, Zantamerlo en Valais, nombreux lieux-dits, i8 
à notre connaissance ; lieux affectionnés par les merles ; de l'im- 
pératif de chanter : chante ^ merle / même formation dans Chan- 
teeoucou, écart de Crans, Ghante-Gorneille à GenoUier, D. 
Nyon, et Chanteraine, lieu marécageux aux Bois, Jura bernois ; 
de rainey latin ranoy grenouille ; de même Chantarauna en En- 
gadine. 

Chantey, voir Teis. 

Chanton, 4 ham. du Bas- Valais : du latin cantus^ territoire, 
dim. cantonem, d'où le français canton. De cantus vient Chant 
des Chênes à Ogens ; Chant est très fréquent dans le romanche : 
chant, chaunt; Schlatter en cite une vingtaine d'exemples. 

Chanlelet, forêt à. Sainte-Croix, et Chantonet au col Ferret, 
Valais, doubles dim. (de chanton et de chanteau). 

Chapalayre, pâturage, vallée de l'Hongrin, propriété d'un 
Chapalay (chapelier), famille de Chàteau-d'Œx ; Chapalleyres 
à Charmey, Frib. même sens. 

Chapalettes, ham. de Porsel et chalet à Pont ; es Chapallettes, 
m. à Chapelles, dim. ; de chapala ou sapala, sapin (s-ch) = aux 
petits sapins. 

Chapelle, nom de plusieurs communes et ham., par exemple 
Chapelle, D. Moudon, Capella Waldana^ 1177, 1228, Chapala, 
1226, M. R. VI, 168 ; de capella, église non paroissiale ; localités 
construites autour d'une chapelle. 

Chaponneyres, loc. à Vevey, ChaponereSy 1228, Capunieres, 
1236 ; Chaponnières à Vinzel, Chaponnaire à Vufflens-la-ville ; 
du bas latin capponem, chapon, d'un radical chap, d'origine in- 
certaine, qui se retrouve dans chapuiser, chapoter et le vaudois 
chapler. Tzaponaire à Liddes, forme valaisanne (ch-ts). 

Chapotannaz à Gully, domaine du notaire Chapotan, qui le 
planta en iSSg ; chapotan, comme chapuis = charpentier. 

Charbonnay, -ey, -ex, -et et Charbonnières ou Charbon- 
neyres, très nombreuses loc, hameaux, pâturages ; de charbon, 



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74 CHARDBVAZ — CHiVIUIBT 

eodroits où l'on a préparé jadis du charboa. Paray Chart)OQii6t, 
pâturage à Château-d'Œx, est pourtant bien haut, au-dessus de 
la région forestière ; peut-être nom propre comme un tenementum 
Carbonis au territoire d'Ependes, Frib., vers ii5o. Donat. Haut. 
Arch. F. VI, qui est le ténement du nommé Carbo, cognomeu 
connu (de la famille Papiria). 

Gbardevaz, 2 pAturages sur Moiry, D. Cossonaj, EscherdevaZy 
1240, es Chardevaz, i244# Chardena, 129a, Dict. hist. Suppl. 
(fausse lecture ou coquille n pour u) et Chardouille, ham. de 
Mézières, paraissant renfermer la racine card^ de carduuSy char- 
don. 

Chardonne, D. Vevey, Cardona entre 996 et 1017, Hidber, I, 
276, Chardona vers ii5o et 1170, Arch. F. VI, CardunOy Car^ 
donuy xu« s., M. R. VI, 876 et 1247 ; champ Cherdon à Concise, 
Chardon, pâturage, et Tserdonnet, xlim., à Conthej ; Chardon- 
net, val Ferret, Zardonnet à Vercorin, Valais ; Chardonney à 
Morges, Chardenai^ 1226, et Moudon, Chardenai^ 1228, Char- 
donney à Ollon ; de cardonem^ chardon, et cardonetum^ lieu où 
les chardons abondent. 

Le Chargeoir à PÂquier, Neuch, ; le Chargeau, Chargiau, 5 
ou 6 loc. Vaud ; Chergeau à M ontricher, Chargeux à FuUj, les 
Chargeux à Muriaux, Jura ; lieu commode pour charger et dé- 
charger les charrettes. 

Le Charme à Cœuve, Porrentruy ; Charmoy à Siviriez, Frib. ; 
de çarpinetarriy f. charmoie, endroits où abondent les charmes, 
ou de calrnUy voir la série suivante. 

Charmet, pâturage à Ollon, loc. Combremont et Moudon, 2 h. 
Fribourg ; Chalmet ou Chalmé, Jura bernois ; Chermet, MoU'^ 
don, Ormonts ; Chermey à Muraz, Valais ; Charmette, au plur. 
Charmettes, une dizaine de pâturages et de localités, Chalmery à 
Grjon, Charmey, D. Gruyère, Charmez, 1 146, Hidber, II, CAa/- 
meisy 1202, 1228, M. R. VI, 28, 424» Ckermeix, 1294, Char- 
mey, i84o. Rec. dipl. III ; Charmey, D. Lac, ail. Galmitz, in 
ChalmitiSy 1242, F. B. II (français jusqu'au xviii« s.) ; las Char- 
mattes à Muriaux et Undervelier, Berne, Zermette au Saint- 



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CHàRMIGNY — CHAROUTZE 75 

Bernard (ts), Tsebalmett à Louèche, jadis romand. Du bas latin 
calma, champs, pâturages, permutation 1-r et suffixes collectifs 
et, ey, du latin etum, ery = erie, ou dim. ette. 

Charmigny, loc. à Chardonne, Vevey ; de {fvtndam) Carmi- 
niacum, domaine d'un CarminiuSy g^ntilice romain. De Vit, II, 
i35. 

Charmilles, pâturages des Alpes, Ëtivaz, Onnonts, et du Jura, 
Mont-Tendre, Sainte-Croix ; Chaïunille au Chenit ; Chermilloa, 
alpes sur Muraz, sur Lens et sur Louèche, ail. Schermilung ou 
Scherminong, la Charmillatte aux Epiquerez, Jura ; de câlina^ 
pâturage, et suffixes dim. 

Charmoille, D. Porrentruy, ail. Kalmis, Calmillis, ii36, 
Calmilisy 1189, Chalmillis, ii45, Charmai/les^ ii']i, Ckalma^ 
leSy 1175, CharmallieSy 1266 ; du bas latin calmis, aux champs. 

CSumnontel, coteau, D. Avenches. Voir Chaumont. 

Charmez, Aiguille du — , frontière française, alpes de Fin* 
haut, sans doute encore un dérivé de calma, conune Charmet. 

Chamex, ou Chernex, village sur Montreux. Le manque de 
formes anciennes ne permet pas de décider si c'est un Carnacum 
(praedium), domaine d'un Camus, cognomen romain (du n. de 
peuple les Cami), ou un carpinetumy de carpinus, bois de 
chames ou charmes. Du second viennent Chernex, champs à 
Grens, D. Nyon, au Chernay, loc. à Val d'IUiez. 

Chamiaz, loc. G. de Genève, autre forme de charnaie ou char* 
moie, du latin carpineta, 

Chamy, m. à Satigny ; peut-être un carpinetum, voir Char- 
nex ; peut-être un (fundum) Carniacum, propriété d'un Carnius, 
gentilice dérivé du cognomen Camus. 

Charpigny près Ollon, Cherpinnie, i2i4, Charpigniacumy 
1235, Charpignie, 1240 ; de (fundum) Carpenniacum, do- 
maine d'un CarpenniuSy gentilice romain. De Vit, II, i38. 

La Charoutze, ou Sarouche, paroi de rochers et forêt au S. de 
Château-d'Œx ; VArsa Rouchi, livre des extentes de Château- 
d'Œx, 1276, iirsa /îocca, xii« s., Gart. Laus. M. R. VI, 208, 
« de arsa Rocca, usque ad alba aqua > (Albeuve), limites des fo* 



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76 CHARRAVEX — CHATAIGNIER 

rets comtales ; p. 207 « de arsa Rocca usque ad salsa aqua > 
(Saussivue) ; de arsa^ brûlé, et roche, la Roche brûlée, à cause 
des teintes rousses du rocher ; TArsa Rouchi, 

la cna routse, 
le a a passé à I article, chute de l'r, permutation de s en ch, fré- 
quente, et de ch en ts, rég'ulière au Pays-d'Enhaut. 

Charravex, alpe de Martigny, sur le versant N. d'Arpille ; 
peut-être de Chaux, pâturage, et revex, revers = la Chaux du 
revers, voir Chaux et Revex. 

Charvaz ou Ëcharvaz, contrefort de la chaîne de Chaussy, 
Ormonts, is Tsarva, 1788, Gharfaz, paroi de rocher aux gorges 
du Trient, le Tsarvo, sommet rocheux au N. de Salvan, Grettaz 
ZarvaZf paroi de rochers à Chamoson, la Sarvaz ou Sarfaz (s 
pour ch), paroi de rochers à Saillon ; comme le mont de la Char- 
vaz, au lac du Bourget, Savoie, de calvum, chauve = terrain dé- 
nudé, rocher ; en Dauphiné charve, s. m., montagne élevée, nue ; 
de (montem) cahmm ; voir aussi Chervettaz. 

Chas^agnOf forêt à Orbe, Cassanea, ii4i> M. R. III, 474> 
Cha&sagny, i344) Matile, et à Grang-es (Payerne), Chassagni, 
j 22S ; loc, à Eclépens et Champagne ; forêt à Rochefort ; fém. du 
V. f. cha^sain, forêt de chênes, du bas latin casnus, chêne. De 
là aussi Cbessonaires, écart d*Essertines, D. Rolle. 

Chasse T pâturages rocheux, val Ferre t et Sanetsch ; pente boi- 
sée, rocheuse, à Vionnaz, Valais ; de saxum^ rocher, permutation 
valaisanne ss-ch. 

Chasse roo, Jura, probablement autre dim. de Chasse ou 
Sass€y de saxam, rocher. Autrefois cette montagne était plus 
connue sous le nom de Sucheron, que Lutz donne comme nom 
principal ; voir Suche. (A été aussi appelé la Roche Blanche, 
acte de di5Hmiiation entre le Pays de Vaud et Neuchâtel, i525.) 

Le Chassîn. Forêt à Diesse et Lamboing ; fausse orth. pour 
chassain, &. m.^ voir Chassagne. 

Chàtaiyntoi- à Fully, Valais, loc. à Bex, Yvorne, Chàtagny à 
Villelte, Lavaux, Chastaffnye, 121 1, et loc. à Montreux ; Châ- 
tajgnerlaz a Founex, Castanetam, 1 166, 1 179, M. G. XIV et IV, 



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CHATELARD — CHATONAYE 77 

CastaneriOy 1177, ^^' ^ Tartegnins, Chastanierea, 1286; à 
£toy, id. à La Rippe, Ghatonnaire à Vétroz, Chatonneyre, vi- 
gnes à Corseaux ; Chàtagnay à Lussy, un es Chatoneres à Vex, 
1255, auj. Zatonnires ; la Chateneyre à Paiiiy, Chatagnère à 
Piigiez ; de châtaigneraie = forêt de chàtaig'niers. Autrefois beau- 
coup plus abondantes ; elles ont disparu pour faire place à la 
vi^e. Les chartes en mentionnent bien d'autres encore : un 
Chastagnereta à Lavaux, i25i, un Chatagnerea à Crans, 1296. 

Ghâlelard, nom de quelques vill. et ham. et de nombreux 
lieux-dits où ont existé des retranchements de terre servant de 
lieux de refuge : F. Chabloz en compte une dizaine sur le terri- 
toire de Vaumarcus à Bevaix ; du bas latin castellare, castella- 
rium = camp retranché, fort. Le d qui termine le mot aujour- 
d'hui vient d'une fausse assimilation avec le suffixe germanique 
ard et n'existe pas dans les vieux textes : Chastellar^ Aigle, i425, 
Chastelar, Vex, i255, etc. 

Ghâtillens près Oron, Castellens en ii4i? ChastelenSy 12 18, 
ChasteleinSy 1220, M. R. XII ; du n. pr. germ. Castilo, Kestilo 
= chez les descendants de Kestilo. 

Châtelet, 4 ham. fribourgeois, Ghâtillon, plus, villages (et 
quelquefois d'anciens retranchements de terre), sommets escar- 
pés : Ormonts, Bex ; ou simples crèts : Montcherand) ; Ghéteil- 
Ion, montagne à Vouvry, Chétillon, sommet sur Vionnaz, Chà- 
toillon à Cornaux, Géteillon, alpes de Leysin ; Chélelat ou 
C3iâtelat, Chestelet, i337, village, et ferme à Mervelier, Jura ber- 
nois ; Chatelot aux Planchettes, Neuch. ; en Valais Zatelet, 
Tzelelet, sommets ; dim. divers de castellum, château. 

Chàtonnaye, Fribourg, peut-être le C hestenoi ^yers ii45 du 
Cart. Haut Crôt, M. R. XII, 162 ; Chastenaie, 1228, M. R. VI, 
334, Chatenay et Chatenex, i33i, Chatonex, 1377, Chasio- 
nage y i4o2, Rec. dipl. VI ; Chattonay, loc. à OUon ; bois de 
Ghatonnay à Commugny, Châtenaye à Colombier, Neuchâtel ; 
de castaneta et cctëtanetum, bois de châtaigniers ; un camp, de 
CtxstaneiOy de Chestone à Bouloz, Fribourg, milieu du xii® s. Le 
Dict. géog. d'Attinger dérive Châtonnaye de castrum et haya. 



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78 CHATROZ — CHAUDERETTE 

dnceinte, dérivation erronée que condamnent les formes anciennes 
du nom. 

Ghâtroz, vallon et ham. derrière Montorge près Sion, CaldrOy 
io53, ChaldrOy 1216, Hidber, ChaudrOj i25o, Chaudra^ i3o4, 
ChadrOy i33i, M. R. ; synonyme de chaudron, à cause de sa po- 
sition enfoncée. 

Ghauchey, Ghauchy, Chauchis, nombreux lieux-dits ; Chau* 
cey, Coppet ; Chautzai, Arzier, Chaussiés, ham. de Sivirîez et 
3 autres loc., Frib. ; Chaussiaz, une douzaine de loc. Vaud et 
Fribourjji^, Ghaussy, sommet aux Ormonts : pâturage, terrain que 
les troupeaux foulent ; du bas latin calciatas (fundus) ; quelque- 
fois aussi c'est l'emplacement de quelque ancienne route romaine, 
ainsi la Chaussia près Pont est sur le chemin d'Oron à Porsel, an- 
cienne route romaine. Une fine calciata de Trescovanie, i343, 
Chouciatay 1378, Chauchiata à Yverdon, i343, etc. 

Chaucpau, Lausanne, ChoucruSy i235, Chelcrus, i238, Chou"- 
croux, 1225, Chalcrus, M. R. VI, 5 16, 655 et VH ; de calidum 
crosum, chaud creux? De même Chaucrau à Villars-Tiercelin 
et en Chacrau à Champmartin. Une charte valaisanne de 12 16 
parle d'un Bernard de Chalcro ; c'est évidemment le même mot. 

Ghaudanne, forte source, affl. de la Sarine près Château-d'Œx, 
Choudanna, i433 ; Cïiaudaimes, loc. à Leytron, Bovernier, 
Gryon, en Ghaudannaz à Bex ; Sudanne, Zudanne(ts) ou 
Tschudane, source et ham. près Salquenen, Valais, Caldantty 
1218, ChoudanaZy 1219, Chaldana, xiiPs., Choldana, i254, 
la Choudana, 1424 ; Zoudana à Conthey, Zudanne, loc. à Gri* 
misuat, Valais ; les Tzeudanes, sources près Bourg-Saint-Pierre ; 
une Choudana près Lavey ou Saint-Maurice, 1281. Zeu d'Annî 
à Trient, carte Siegfried, nous paraît encore une Zeudanne ; de 
calidasy chaud : sources profondes dont les eaux ne gèlent pas en 
hiver. Ce ne sont pas des eaux thermales, mais à température 
constante et par exemple, quand la Sarine est gelée ou encombrée 
de glaçons, la Chaudanne n'en a jamais; elle paraît chaude à côté 
de sa voisine. 

Ghaudereite, vallon à Couvet; Ghauderon, gorges à Mon- 



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CHAUDES — CHAUX 79 

treux^ ravin à Grancj, à l'Abergement : quartier à Lausanne, 
Choderon, i233, Chouderorty 1288, Choudron, 1252, M. R. VI 
= petite chaudière, chaudron, au 6g, pour lieu enfoncé. 

Oiaudes, col et alpe sur Villeneuve, ChageSy ii5o, 1239, 
Chaugi, Calgi vers 1160, Cart. Haut Crôt, M. R. XII, igS, 194, 
permutation rare j-d qu'on retrouve aux Ormonts. Voir Audon 
et Badausa2. 

Ghaudivue, m. à Sorens, Fribourg = chaude eau. 

C3iaufour ; du latin calcifamum, four à chaux. 

Oiaulin, ham. de Montreux, ChouUn, 1317. 

Chaamény, sommet, alpes de Port- Valais, Chaamagniy Bri- 
del, ChaiJUX>Magniy Lutz ; pour ces deux auteurs :^ la Grande 
Chaux ; mais magna, magnus aurait donné magne. Pour Gats- 
chet, c'est la Chaux des maignies, v. f. maîgnie, maison rurale, 
ferme, étymologie inadmissible pour ce sommet rocheux. Origine 
inconnue. 

Chaumes, « flachères )^, à Chessel, forêt à Boudry ; de calma, 
Chaumetle au Vaud, D. Nyon, et Chaumille, Démoret, Chau- 
milles, vallée de Joux, dim. Voir Chaux. 

Chaumont, sommet près Neuchâtel, Chômons ii43. Chai"- 
mont, 1220, Chumonty i35o, ï538, 1667 ; ham. sur une colline 
près Saignelégier ; ham. au Vully ; Chaumontet, loc. à Vevey au 
moyen âge, Chaumontel, 11 75, Chaumontet, Chamonlez, Cha^ 
motez, ChamunteiZy 1220, Cart. Laus., p. 849, 36i, 366, 469, 
plus tard Charmontay (de Montet, Hist. Vevey). Gharmontel, 
coteau et bois du Vully, Chatmontel, i243 ; de chaud et mont, 
montet, sauf peut-être pour le Chaumont, au climat rude, de 
Saignelégier ; celui-ci plutôt de chaa, chau/^=^ chauve, nu. 

Chauvigny, loc. à Bevaix, Neuchâtel = (praedium) Calvinia- 
cum, domaine d'un Caivinius, gentilice romain ; comme les 
Chauvigné, Chauvigny de France, d'après D'Ârbois de Jubain* 
ville. 

Oiaux, nom extrêmement répandu dans les Alpes et le Jura, 
aussi à la plaine : la Chausc à Berolle, en €3iatt Rossât, prés à 
NoviUe, la Chaux Gfvel> la C3iattX Doudln et la Chaux Tavel à 



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80 CHAUX 

Payeroe. Du bas latin calma, qui paraît contracté de calamus, 
c baume, sig'nîBant au moyen êige tantôt maison couverte de 
chaume, tantôt : i** le champ de céréales ; 20 la prairie nue, les 
champs étant géuéralement découverts d'arbres ; S® le pâturage 
élevé, au-dessus de la régcion des arbres. 

Les textes abondent. En voici quelques-uns : 

Une charte de 943 parle de Vecclesia S, Pétri in calme arli' 
cana et une autre, de 1096 (Gart. de Romainmôtier) : in calme 
arlie. {Chaux d'Allier, près Pontarlier.) In chalme rotunda et 
m chalme illeachia^ etc. (Cart. d'Oujon). Calmes de Ambra* 
nex, 1204- Plus tard, nous trouvons les textes super calvo de 
Escublon, i3io == Chaux d'EcuOlon; per la Chaul de Esta- 
lereSj i3o4 = Chaux d'Etalières ; Chaux dou laie,... i373, et 
la ChauU de Font, 1378 (Matile). 

Ducange cite les exemples suivants où calma si^ifie tantôt 
champ, tantôt chaumière : terram invasissent vel vineas deplan- 
tassent aut calmas ru pisse nt^ 790. Et : Calmam destruere nolo, 
tum quia f rater meuseam aedijicaoit, 11 54. 

Quant au mot calvo, de calvum, on ne peut l'attribuer qu'à 
llg^norance du rédacteur de la charte qui ne comprenait plus la 
sîj^nifîcatïOQ primitive du mot français chaul. Nos cartographes, 
ijg^noranl le sens du mot comme le copiste de i3io, ont souvent 
transformé le mot en Chaud : Chaud de Forg'non, de Cham- 
plong, du col Ferret, du val Triqueut, de Montana, etc., toutes 
en Valais ; cartes Dufour et Sieg'fried. 

En patois fribourg-eois Chaux devient Tchaux, Tzau, Tsô ; 
de même au Pays-d'Enhaut : Tso Fauthl {th anglais) Tso y 
bolâj la Chaux des crapauds* 

En Valais, où ch, j devient z (pr. ts, dz), les Chaux deviennent 
Zù et Zâ : Zo en Zon, la Zà de Derbon. la Zâ du Cœur, la ZA 
de ChevilJe, alpes d'Ardon et de Conthey ; la Zâ de Lodzo sur 
Conthey, la ZA lio Faye, Chaux des moutons, au Sanetsch, 
Craucle Zâ d'Hérémence, etc. Quelle que soit la forme du mot. il 
s'agit toujours de pâturages élevés, au-dessus de la région des 
arbres. Calma est devenu en allemand galm par la transforma- 



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CHAUX — CHAVAGNY 81 

tion régulière dans cette langue du c en g. Les Chaux sont des 
galms dans le canton de Berne et la partie allemande du Valais. 
L'alpe sur Louèche que les Romands appellent Chermignon 
(dim.) s'appelle en allemand Galm alp. 

Enfin, dans le Haut-Valais, le m a permuté avec n, et toutes 
les croupes herbeuses, nues, qui séparent les vallons de Couches 
sont des Galen, telles les Aerner-, Munster-^ Ulricher-, Gestler» 
galen. Pour les dim., voir Charmet^ Charmille, 

On a voulu dériver chaux et callem^ pâturage dans les bois, ou de 
caloaSy chauve (Lutz), et même de cavaSy creux (Matile) ou de casa 
(MM. Châtelain et Alf. Godet, M. N. XIV et XXII). La preuve que ces 
dérivations sont impossibles est donnée par les dérivés. La racine de 
calma, calniy se termine par un m qui disparaît naturellement quand il 
est final comme les /i, m des racines corn, verm dans les mots cor, ver, 
mais de même que ces lettres reparaissent dans cornet^ vermine, le m 
reparait dans les dérivés Charmet, Chalmet, Chaamette, etc. Si Chaux 
venait de calvus, les dérivés montreraient ce v comme dans les mots 
Chauvet, calvitie : de même pour callem, racine call ; ses dim. seraient 
chaillet, chaiUon, mais n'offriraient également jamais de m. Au xv^ s. 
on a aussi traduit par erreur chaux par calce, par exemple prato Calcis, 
de Calce = la Chaux de Premier, de Vaulion. 

Chaux de calma s'emploie ailleurs qu'en Suisse. Grégoire de Toura 
(571) parle d'une localité Maslicas Calmes, aujourd'hui les Chaux de 
Moussy près Embrun, Hautes Alpes. 

Ajoutons que Chaume, s. f., s'emploie en basse Bourgogne pour 
désigner les sommets dénudés et pierreux des collines. (Littré, 
Suppl.) 

La Chaux près Cossonay, domus de Calce y xiy« s., Calcis in 
Vuodoy i45o = chaux, calcaire. Mais ce latin n'est que la tra- 
duction de chaux, pâturage, de calma, dont les rédacteurs de ces 
actes ignoraient l'origine. Voir l'article précédent. 

La Chaux de Fonds, Chault de Font^ 1378 ; du Xdtànfontem 
= Chaux de la fontaine. Pour Chaux, voir plus haut. 

Cbavagny, loc. près Neyruz, Fribourg, Chavaniei, iil\^, 

Arch. Fr, VI, 87, Chavanie, 1178 (Stadelmann), Chavanixy 

1198, Chavaniz, 1247, M. F. III, 69, IV, 2i4 = (fundum) Ca- 

vaniacam, domaine d'un * Cavanius ou Capanius, comme les 

M. D.ssc. séaiB, TOUS vn 6 

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82 CHAVAL — CHAZ 

Cavagnac, Chava^ac, Chavagnieu de France ; un Cavaniacum 
(diocèse de Vienne) mentionné en ii53, M. R. XXIX, 8g. 

Chaval, ham. de Vérossaz, Valais ; Chavalet, chalet à Rougce» 
mont, torrent et ham. à Champéry^ diavaley, loc. sous Lejsin ; 
Chavalets, loc. ravinée, anciens lits de la Gryonne ; du v. f . 
chaoey s. f., cavité, caverne, du latin cava, et suffixe a/, et dim. 
et. Le torrent de Chavalet s'est creusé un profond ravin, petit 
toutefois en comparaison de celui de la Viège. Clievalet, 3 pâtu- 
rages de Gruyère, un autre, alpes d*011on et un dans un vallon 
creusé sur les flancs de Corjon, Pays-d'Enhaut, ont sans doute la 
même origine. 

Chavannes, nom de nombreux villages de la Suisse française. 
En Valais Zavannes (z pron. ts = ch), diavenettaz à Ormont^ 
dessus, Rue et Rossens, Frib., dim. ; dérivé comme cabane du 
bas latin capanna^ qu'Isidore de Séville (670-636) tire du celtique 
cahany de cab = hutte. 

diavat, 2 ham. au sommet d'une combe près Saint-Ursanne ; 
de chevety conmie le chevet d'une église, partie arrondie qui 
ferme le chœur ; a = e dans le Jura bernois. 

Le Ghavon de Seron, pâturage au Pays-d'Enhaut ; la Cha- 
vonne, pâturage à Gruyère ; les Chavonnes, alpe d'Ormontpdes- 
sous et de Gryon ; Zavonnaz à Miège ; diavonnetta, m. à Mor- 
lon ; aux Grangettes, Frib. ; granges à Ormont-dessous, dim. ; du 
V. f. chavoTiy bout, extrémité (de chef) ; le pâturage des Cha- 
vonnes est à l'extrémité du territoire, limite d'Ollon. 

La Ghaz, 4 loc. aux Ormonts, la Châ sur Orsières et au Valso- 
rey, Valais; l'Achat, carte Siegfried, vallon des Verraux sur 
Montreux ; Lotachat, croupe au N. de la Valsainte, Fribourg, 
pour YHauta Chaz ; la €3iaz ou la Chat, pente rapide, boisée, 
entre Triquent et Finhaut, Valais, écrit aussi Lâchât : autres formes 
de Sciaz. Voir ce mot. La Chaz, la Chat est le nom de plus. ham. 
en Savoie ; le col de la Chat près Chambéry s'appelait la Sciaz 
en 1682, Mém. Savoie, IV, 262. Chaz est aussi le nom de quelques 
loc. du Jura français, dit M. Châtelain, M. N., qui dérive chaz de 
casa et y rattache chaux. 



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CHAVORNAY — CHENAU 83 

Chavomay, Cavorniacum, 977, iioo, M. R. VI, 1121, Hid- 
bcr, I, 473, Cavornacunif 1178, Hidber, II, N. de Chavornay^ 
1217, M. R. VI, io3, Ckatvornai, 1228, Chavornay^ i235, 
Cart. Month. ; pour Gatschet, du bas latin cavemura, cabemum, 
caverne, hutte, est un (praedium) Cavorniacum^ domaine d'un 
Cavorinus. Zeuss, p. 12g. De même Chavomex à Villette, D. 
Lavaox. Zeuss, p. 129, donne le nom gaulois de Cavarinus, 
qu'il dérive de caiopy gréant. Une terra de Chavornay^ 1260, 
Chavorney^ 1267, à Ayent, Valais. 

Chéfour, loc. à Orvin, Berne; proBablement autre forme de 
chaufour, four à chaux. 

Cheillon, voir Chillon. 

Qieiry, Fribourg, Chereys? 1 187, Hidber, II, 873, Chiriey 
1228, Chérie^ i458, Cheirier, 1668; Moitié dieiry à Corcelles- 
le-Jorat; de (fundum) Cariacam (du cognomen Carus : carus, 
cher) ; domaine d'un CariuSf gentilice romain. 

dieiiii, ham. de Lens, Valais, devrait s'écrire ChelinSy car il 
dérive d'un patronymique germain, comme le montre l'ortho- 
graphe ancienne Scliiiiing (Lutz) usitée encore aujourd'hui 
(Feuille off. du Valais), dieiiing, Ctiiiiing. 

diemenin, m. sur Vevey; Oiemeneau, mayens sur Muraz et 
sur Dorenaz, Valais ; dim. de chemin, patois tsemenin. 

Les Qienaiiions (ou moins bien, Chenalions), nom générique 
de plusieurs ruisseaux temporaires à la Sagne, Jura neuchâtelois ; 
dim. de chenal, de canale, 

Ctiènat, dienet, dienois, voir Chanéaz. 

dienau, forme dialectale de chenal ou canal, du latin cana" 
lem. De là de nombreux noms de hameaux (g loc. Frib.), la 
Chenau, gorges sur Aigle et Cortébert, dienaux sur CuUy, Chi- 
nauz, 1860. Défilé à Pâquier, Neuch. et 6 loc. Frib. ; ruisseaux, 
affluents de la Tinière, Villeneuve ; ruisseau à Cheseaux-Noréaz ; 
la CtienA à Bourg^Saint-Pierre, la dienai à Courfaivre et Cor- 
ban, Jura ; — les collectifs dienaiier, ham. de Monthey, Cliena- 
leypes à Autafond, Frib. ; — les diminutifs dienaiet et diena- 
iette, 6 loc. ; Clienaiiiettaz à Villars-Sainte-Croix ; Clienaiiioii 



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84 CHENAUSSANNAZ — ES CHERCHES 

à la Sagne. En Valais ch devient ts ou z ; de là Tséné à Salvan, 
Zenaz, torrents à Vernamièg^ et Hérémence ; Zenat à Chandolin 
d'Anniviers, Ziné à Sctint-Martin, Zinal, ham. au fond du val 
d'AnnivierSy Zenal^ chalets dans une combe sur Conthej (Canali 
et laz Chinai, i3o4) ; Zenali^ localité au Sanetsch avec nombreux 
couloirs de pierres et d'avalanches. Le z se retrouve aussi à Fri- 
bourg^ : Zenalettes, petit sommet entre La Roche et Trey vaux. 

Chenaussannaz, alpes de Montbovon, chenau et sana, saine, 
couloir non ébouleux. 

dienauvaz ou Ghenouvaz, voir Zenauvaz. 

Chénens, Fribourg^, Chenens, ii38, M. F. II, i4, iSig, Chei' 
nensy ii43, Chinins^ i2i4, Haut-Grét, M. R. XII, Cheineins, 
1244» Cheneins, i2i5, Chennens^ 1248 (Mtl.), ChinnenSy 1717, 
etc. = chez les descendants de Chagan^ n. pr. germain (Stadel- 
mann). 

Chêne veypes, loc. Vevey, Cheneveres, i344i Chenevaîres, 
Saint-Triphon, et nombreux lieux-dits (i5 Frib.), forme patoise, 
Tsehenevieren à Albinen, forme germanisée de chenevière, bas 
latin canaparia. 

CheniremoDty crèt au bord du Veyron à Pizj ; de mont et de 
Ghenires, Chintres, dieintres ; en patois fribourgeois, Tsintre, 
Tzintre, ham. de Charmey, d'Orsonnens, etc. ; valaisan, Zintre, 
Savièze, Gintre, Grimentz ; correspondants du français ceintre^ 
ceinture, terrain en bordure, localités au bord d'une rivière ou 
d'une limite quelconque. On trouve aussi CSiantre par ex. à 01- 
lon. Nom commun fréquent dans les chartes : très chant rias pra- 
torum juxta prata curati, 1281, trois chantres de prés à côté des 
prés du curé (d'Apples). 

Es Cherches et Eeherchettes, loc. à Mordes, frontière du 
Valais ; les Tsertseites à Finhaut, l'Essertze à Chermig'non, 
Es Cherches, taillis à Château-d'Œx, les Echerches, alpes de 
Vouvry ; Esserches, loc. à Aigle, limite de Leysin, Es Cherchy^ 
i3i4, es SercheSy 17 18, Escherchia de Sarduns versus Leissins, 
ii32 (limite E. des franchises du bourg d'Aigle), Lecherchi^ 
i3i5 ; une loc. de Lescherchy^ i3o9, à Grimisuat, Valais, un bois 



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CHERMIGNON — CHERVETTAZ 85 

de LescherchetOf 1822, et une Lecharchie à Louèche, i55i. Une 
charte de i464 parle de Lecherchy de Soressert, limite entre 
Leysin et Ormont-dessous ; toutes les localités dont la position est 
précisée par le texte ou les plans sont, comme on le voit, à la 
limite, à la circonférence des territoires dont elles dépendent ; pro- 
bablement à rattacher au v. f. cerchCy s. f., cercle, du latin cir» 
eus ou plutât d'un bas latin * circa^ f. ; cherche de circa, comme 
chercher, patois tsertsiy de circare, 

Chernugnon, D. de Sierre, ChermignoUy 1241, Chirmignoriy 
1260. Dérivé, avec le suffixe io-ionis, du gentilice CarminiuSj 
comme Avennio (Avignon), de Avennius. 

Cheresaulaz et dieresaulettaz, alpes de Ghâtel-Saint^Denis, 
Chirisoules, i3og ; diereseulaz, alpe de Vouviy, Chersaulaz, 
ham. très élevé d*Ormont-dessus, Chisseroalay i3i5, Chisirolle, 
i464* Ces deux dernières formes montrent que nous avons là une 
métathèse ; ces 3 loc. sont des chisiroules, c'estrà-dire de petites 
chesières ou chisières, chalets d'alpage, avec suffixe dim. oula^ 
olOy c'est le synonyme de la Zigeroula de Chippis, Valais. 

CSierminche, bois à Ghardonne et à Forel sur Lucens ; d'après 
M. Isabel (in litt.), serait en patois Tserminiêe, la charmeuse, f. 
de tsermu. Voir ce mot. 

Qiermoiit, ham. d'Avry-devant-Pont ; peut-être du nom ger- 
main Carmand? 2 chalets de Gruyère portent aussi ce nom. 
Gruyères et Villars-sous-Mont. 

Chermontane, 2 alpes de Bagnes, Valais ; du v. f. sermontan^ 
le Laser Siler, ombellifère très abondante à la Petite Chermon- 
tane. En i233, une vigne ou Sarmonian, M. R. VI, 5g3 (envi- 
rons de Lausanne). 

Chemay, C3iemex, voir CSiamex. 

Cherpine, m. à Lancy, Genève ; de charpenney n. patois du 
charme? 

Cherraire ou Tsaraire, défilé du Saint^Bemard près Bourg- 
Saint-Pierre, forme patoise de carrière y chemin des chars. 

diervettaz, forêt de Chàtillens, Oron, Calvata, 11 54» 1179» 
ChalvetUy 1278, CharvetOy 1273, M. R. XII; C3iervettes, alpe 



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86 MONTCHERVBT — GHESOPELLOZ 

à Graadvillard, Zervettaz à Sierre. De calvetta, dim. de caha , 
chauve = forêt dénudée, alpe déboisée. 

Monichervet, m. à Puidoux, mont dénudé. 

Diaprés un acte cité par M. Pasche (Contrée d'Oron, 587, 589), la 
forme Calvata de 1154 serait une fausse transcription; il faudrait Cal* 
vacata, mais ce mot donnerait Chauvecée et non Chervettaz. 

Chervîllers, ham. d'Ëpauvillers, Jura, Scherviler^ 1829, 
Ckeroiler, i34o = village de * Scharo, ScherOy n. pr. germain, 
de la racine Scar^ du v. h. ail. scara, armée. Fôrstm. n'a pas ce 
nom, mais un dérivé Sçherilo, 

Le Chesal, m. à Rougemont, Chesalles, 3 com. D. Moudon, 
Oron, CaselleSy Ckaselles vers ii5o, et Fribourg Cheseles, ii46, 
1198, in Chesalejoy 1142, M. F. Il, 219, Chesaleis^ 1162, M. F. 
Iff 26, I| 270 ; dieseaux, Lausanne et Yverdon, Chesaus, 1154) 
Chesau£y ChesauXy i235, Gart. Month., et i5 h. ou m., Frib. ; 
Chesard, ham. de Grandcour, Chézard, Neuchàtel, Chesas, 
ia85, 1294, Chesays, i324, Chesair, 1828, Chesar^ i349 ; les 
CtiézaiHls, loc. à Boudry, Chesel à Bourrignon, D. Porrentruy, 
Casaie, 1179, Chesas^ 1187, Chesaus^ 1284. Ghesalet àMonthey, 
(Jiesalfîy, m. à Marsens, Chesallettes à Charmey, dim. ; dérivés 
de cctsaicy ferme, qui vient de casa, chaumière. 

Chéserex, D. Nyon, Chiseras entre 996 et 1017, Hidber, I, 
276, Cisirac, 1098, Rég. gen. 64, 44^, Chysirai vers ii35, CAi- 
serai(y), Chiserai, mi® s., Chesarium, 1164, Chiseracum vers 
1 186, etc., M. G. II, IV et XIV ; Chesières, ham. d'OUon ; Che- 
sîres, chalets, vall. de THongrin, Château-d'Œx ; Ghizéré, cha- 
lets, alpe d'Orsières, Valais; du v. f. chesière, cheysière^ bas latin 
casaria^ dérivé du latin casa^ chaumière, hutte, chalet de pâtu- 
rage (en romanche chàsarà). Une alpe de Chiseria à Louèche 
(ou Braisch), 1228, une Chisereta à Ayent, xiip s., Chissereta, 
i364, aujourd'hui la Chéseretaz, une des remointze de Talpe du 
Rawyl, une Chéseretaz à Arolla, i449 ; Chésery, alpe et som- 
met sur Morgins, Valais, Chéserey, carte française, même ori- 

f]hesopelloz, Sarine, Fribourg, Chesaupenlo, i4o6, Chesauz 



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CHESSA — CHEVAUX 87 

penno, Chesaul PelloZy iilfi (Dellîon). Ces formes expriment 
nettement Torigine : c'est le chesau^ de casaley de Penlo, de Pen^ 
nilOy la métairie de Pennilo, n. pr. (i^rmain. 

Chessa, alpe sur Ayer d'Anniviers; probablement métathèse 
pour sèche f ch — ss. 

Chessel, D, Aigle, Chessez, i3i2, Chessey^ i364, Chassey^ 
i4o3, Ckosely 1428 ; les 3 premières formes indiquent un (/un- 
dum) Cassiacum = domaine d'un CassiuSy gentilice romain. 

Ghessayre, prés à Muraz ; peut-être dérivé du verbe patois 
tschesij tomber ; chesaire^ lieu d'où il tombe de l'eau d'en haut 
par chute ou écoulement, dit Bridel. Ghessaylaz^ prés à Ollon, 
même mot avec permutation r-I. 

Ghet ou Chezy 3 pâturages à Albeuve, Praz du Chet, pâturage 
à Villars-sous-Mont, les Qiets, pâturages à Ennej ; l'Essert du 
Chet à Semsales, Sur le Chez, blocs erratiques dans le marais de 
Lignières, Neuch. ; orthographes vicieuses pour Chex, prononcia- 
tion patoise de Sex^ latin saxarriy rocher, permutation s^chy 
comme Sieme — Chierne, Siaz — Chiaz. 

Cheteval, m. au bord du Doubs, Epauvillers ; corruption de la 
forme ancienne Chetivaty i34o, dim. de chétif avec la permuta- 
tion jurassienne de et en at. 

Chêtpe, plus. loc. D. Porrentruy, Tschetroz, granges à Sierre, 
Chestro, i238, Chestroz, i433, M. R. XXIX, 337 ; peut-être 
autre forme du v. f. chastre, camp, lieu retranché, du latin cas- 
tram^ correspondant des châtelards si fréquents, C. de Yaud et 
Neuchâtel. 

Chevalleyres, 2 ham. de Blonay ; la Chevaleyre sur Ville- 
neuve, Chevaleriy 1276, Haut-Crèt, M. R. XII, ii5 ; propriétés 
d'un Cheualey (= chevalier). C'est à ce dernier que se rapporte 
le texte du Cart. flaut-Crôt et non au ham. de Blonay, comme le 
dit M. Hisely, p. 241 • 

Chevaux, La Dent chez — , sommet vallée de Joux, Montem de 
Chiechevauz, i344> Matile, Dent de Chiecheoaax, 1869 ; ce nom 
étrange s'explique en le rapprochant de Chieoachaaly sommet de 
Gruyère, dont il paraît une corruption par une double métathèse 

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88 CHEVÊCHE — CHETRIL 

ch X V, celui-ci (voir Tzouatzo) est formé de chuva^ freux^ 
choucas et de chaul^ chaux = la chaux des freux, des corneilles. 

dievèche. En la —, lieu«dit à Corbeyrier; de chevêche, 
chouette, v. f. chevece, de capitia. 

dievenez, D. Porrentruy, Chaviniacumy 8i4, Givineiy iiSg, 
Chavenei, 1179, Chivinyey 1290, etc. ; de (fundum) Cavinia- 
cuniy domaine d'un C€U)inius. (Holder a le gentilice Cavinnius et 
De Vit le coguomen féminin Cavina.) 

Qieville, col de — , alpes de Bex et Valais. Ce mot nous parait 
un dérivé, subst. verbal du verbe v. f. chevillierj creuser, cAe- 
villeor^ celui qui creuse, diminutif du v. f. chevepy creuser, autre 
forme de caver, wallon et Berry chavePy creuser, chavey trou. 
Cheville serait donc creux, dépression» échancrure de Taréte. Rien 
de commun avec le mot actuel cheville, qui dérive de clavicula, 

Gbevilly, Cossonay, Ckiuilliery i54o, comme les Chevillé de 
France; de (fundum) CavUliacurUy domaine d'un Camllius, 
gentilice romctin. De Vit, II, i. 

Chevran, ham. d'Anières, Genève, mieux écrit jadis Chevrens 
(orth. conservée dans le n. pr. Dechevrens), nom d'origine ger- 
manique, à rechercher. 

Chevrenaz, ham. de Boussens, Vaud, Eschivoronaz, 1877. 

Chèvres, ham. de Bernex, Genève, CapriSf 1264 = aux chè- 
vres, pâturage de chèvres. 

Chevressy, ham. de Pomy, Yverdon, Chiwrusie^ 974, M. R. 
VI, i3o, Cabrusie et Cabruseiy 1174» Chabrusei^ Chebrusei, 
Chabrusie^ Cheûressei, 1177, Chabrusey, 1182, Cart. Month., 
Siorissiey 12 18, M. R. VI, 457, Chivrissie, 1617; de fundum 
Caprissiacum^ domaine de CaprUsuSy nom d'esclave, puis 
d'homme libre (De Vit) ; ou d'un nom dérivé du cognomen Ca* 
pruêy comme Caprusius, ce qui expliquerait le u des formes pri- 
mitives. 

Chevrier, ham. de Versoix et de Choulex, Genève, Chevrye^ 
i3i6, Chivrier, i34o, M. G. XVIII, 17 et II, 388 ; de (fundum) 
Capriacumy domaine d'un Caprius^ gentilice romain. 

Chevril, 2 ham. à Ormont-dessus, Chevrillet, dim. ; Chavril 



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CHEVRON — CHBYRES 80 

à Corbeyrier et OUon ; dievry à Trélex ; Chevrillee, D. Singine, 
Frib., Chivriles^ ii5o-i2oo, Arch. Fr. VI, Chivrillieêy 1824, 
M. R. XXII, 22, ChevrillieZy i453, Arch. Fr. I, — 2 pâturages 
de la Gruyère ; les premiers, de caprile, étable à chèvres, et Che- 
vrilles du plur. caprilia. Qievrillière à Grandcour, autre dérivé. 
Chevrils vers iioo, Chivriz, i25o, était le nom du hameau ac- 
tuel de Gifrisch, près Môrel, Haut Valais. 

Cbevron, clos à Aigle, propriété au moyen âge des sires de 
Chiurony co-seigneurs d'Aigle (famille aavoisienne, château près 
d'Alb^ville). 

CSievroux, D. Payerne, Chevroth^ 1286, Chevrod et Chevrota 
i3oo, ChevroSy i3io, 87, i453. Probablement même origine que 
le Chevroux de France (Ain) qui s'appelait Caprosiarriy dérivé 
latinisé du nom gaulois Gabros^ chèvre et n. pr. Holder, 762. 
(Chevroux a une chèvre dans ses armoiries.) 

CSiexbres, Vaud. M. Gremaud y rapporte le CarbarissUy 107g, 
M. R. VU, 4; Chibriacum vers iioo, M. R. XVIII, vers 1072, 
Dict. hist. vaud., CabarissOy ii45, ChabrUy ii34» Chabre^ 
1142, Cerbre^ 1*47, "^4, Chebra, ii65, Chabrii^ 1179, Char 
bre$y I23I, M. R. XII, Chaihri, 1248, Chaibry, i368, Chebry^ 
i453, Chexbresj xvi« s. Une autre loc., chalets à Blonay. Ce nom 
a sans doute la même origine que Chabrey, D. Avenches, de 
(fundam) Capriacumy domaine d'un Caprius^ ou Cabriacam^ 
de CahriaSt variante gauloise. Cbebris a le même sens : c'est le 
datif pluriel de Cabrias (domus, villas), du même gentilice pris 
adjectivement. Quant à l'x, on voit que c'est une lettre parasite 
qui apparaît fort tard, au xvi« s. Ces additions se présentent sou- 
vent ; ainsi M. de Jubainville remarque que Gesvres, de Gabria, 
du même gentilice Gabrius, a deux s de trop, un au milieu, 
l'autre à la fin. Pour Carbarissa (villa) et Cabarissa, noms peut^ 
être défigurés par les chancelleries allemandes (chartes de Henri IV 
et de Conrad II), c'est peut-être une altération de l'adjectif dérivé 
de la forme gauloise Cabrius qui serait Cabrisca^ comme Barba- 
risca de Barbarius, Bardînisca de Bardinius. 

Gheyres, D. Broyé, Frib., Chères^ ia3o, ChiereSy i233, M. R, 



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90 CHEZ — CHIÈTRES 

VI, 699, Cheires, 1299, Maille, Cheyeres, i453 ; de (villas) Ca^ 
riaSj les fermes de Carias^ §fentilice romain, dérivé du surnom 
Carus. 

Qiez^ dans le Jura, suivi d'un n. de famille, avec ou sans ar- 
ticle : Chez les Gueissaz, Chez Jaccard, Sainte-Croix ; Chez les Pi- 
guet, Sentier ; Chez Berthoud, Brévine. D après le C^® Joubert 
(Glossaire du centre de la France), dans les noms analog'ues de 
localités de Tlndre, Chez-Serrant, Chez-Rateau, chez aurait gardé 
son sens primitif de substantif, de ccisa^ maison. C'est possible 
pour ces localités françaises. Mais nous croyons que dans les 
hautes vallées du Jura, colonisées fort tard, chez avait déjà pris 
son sens de préposition. Il a toutefois gurdé un reste de son sens 
primitif dans la combinaison Vers chez, fréquente par exemple à 
la Côte-aux-Fées : Vers chez Simon, — le Fèvre, — le Banderet, 
— le Gros, — Juvet, — Maurice. 

Cliîbazi A la — , loc. à Lens, Valais = à la Cible ; de lall. 
scheibe^ v. f. et vaudois cibe^ du v. h. ail. sciba. 

(Ihibi, loc. à Aclens, Vaud ; ancien villag-e ruiné, Chibliey 1 166, 
1182, Hidber, H, Chivlie, 1228, M. R. VI, 22, Chibliez, 1228- 
138a ; de (fundam) Cabelliacum, domaine d'un Cabellius, g-en- 
tilice romain ; permutation a-i, comme pour Chig-ny. 

(^liîbljn, ancien moulin et scierie près Gingins, Chiblins, 1202, 
HidbeFj 111, 4, 127a, 1276 ; peut-être de * Hibilo, dim. de Hibo^ 
n. pr. germain. Fôrstm., 660, comme Hichilo de Hicho, = chez 
les descendants de Hibilo. 

La Ctiie.'SHz, SaJnt-Légîer, la ChiesOy I2i5, Chesas, 1242; 
t^isaz à Renens et Burtig^ny ; Tschiesaz à Troistorrents, Valais, 
Chiesês, i358, toutes localités près de l'église ; « du latin casUy 
maison. Au moyen âçe, chiese Deu, maison de Dieu, l'égalise, la 
maison par excellence. » (Bonnard.) 

Chièlres, Frib.j ail. Kerzers, Chartris villa, 926, eccl. ad 
carcerem, 962, M. F. I, Kercers, ii53, Chiertri, 1228, M. R. 
VI, Chercerz, ia44> Zeerl., ChertreSy 1890, Rec. dipl. V, etc. ; 
du latin carcêres, prisons, — d'où le français chartre, — peut- 
être y eut-il là, à Tépoque romaine, une prison pour les légion- 



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GHIEU — GHILLON 91 

naires. Les chartes de Matile nomment souvent une localité du 
même nom près Neuchâtel : Carceres, ii43, Caceriis, n58, 
Chaceres, 1177, Caceres, 1209, CacireSy 1268; un Ghiètres, h. 
de Bex, même orig'ine ? 

Ghiea, GhicBa, voir Gœar. 

^^01^79 P^ Morges, Chiniez 1221^ M. R. VI, 294» Chinni, 
1228, Chigniey 1282, ib. 592 ; comme les Chi^y et Chigpné de 
France, de (Jundam) Caniacumy puis Chigniacuniy domaine 
d'un CaniuSy gentilice romain dérivé du cognomen Canus (Hol- 
der, 735), permutation a-i comme Cassiacum-Chissiez. Pourrait 
aussi venir de Canniacurriy domaine d'un Cannius, autre genti- 
lice cité par De Vit. 

Es Ghilles, vig'nes à Sailion, champs à Montagny-la- Ville ; en 
Echille (pour es Chille) à S^Saphorin sur Morgpes, Eschillaz à 
Vallorbes, Ghilloux, pâturage à Nods et à la Brévine, les Echies 
à Courg^eûay, en Echilly entre Croy et Moiry, en EschilUe, i344> 
dans Matile, Ghillères à Montcherand. Une terre en la Chilla 
ou Chylla à Naters, Valais, 1276, 1277; chille paraît être la 
racine de chillon, et son dérivé*eA/7/ou, le même que le chillou 
ou chaillou du Berry = caillou, dont Torigine est du reste 
inconnue. 

Chilien, château, Ciloriy 1167, Castrum QailoniSy 1196, et 
Chilloriy I2i4, M. R. XII, 48, Chilloriy 1224, ChyllonSy 1282, 
Chilliun^ i233, Chiliorij 1286, Chillun, 1287, M. R. XXIX, 
Chillarriy 1247, Chillons, i255, ChillunSy 1276, etc. D'après 
Gatschet, du mot patois chillondy chillon y plateforme de rocher. 
Une décision du Conseil de Neuchâtel, de 1668, citée par le Mus. 
N., i865, p. i85, dit : « Octroi de 20 écus par an à Jehan Bompi, 
paveur, pour maintenir les pavements, fournir les chillonds et 
arènes, etc. » Ceci confirme Topinion de Gatschet et le mot de 
chillon, pierre plate, dalle, parent de caillou, voir Chille. Une 
charte valaisanne nous parle d'un lieu dit Chillon près Diog-ny, 
Lens, 1269, aujourd'hui Zillon(ts). Il faut rattacher à cette 
même racine Zilong(ts), loc., alpes d'Arbaz et l'alpe de Cheillon 
(carte Dufour), Cheillong, F. d'Avis, ou Seillon ou Seilon (per- 



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92 CHINDON — GHOIST 

mutations valaisannes chs ou £)y au fond de la vallée d'Hère- 
mence, qui est donc Talpe du rocher. 

M. B. Dumur nous communique à ce sujet les textes suivants 
tirés des manuaux du Conseil de Lausanne : 

« En i556, on mentionne « des ânes chargés de pierres de cAi7- 
» Uod » pour le pavement de la Barra et « le i4 mars 1588, le 
» Conseil autorise n. Loys Seigneulx à prendre au Flon » anff 
chilloriy tel que bon luj semblera pour faire une conche en son 
baptiaux du moulin appelé de la Ryettaz. » 

A la suite de ces notes, continue M. Dumur, j'avais écrit dans 
le temps : Le château de Chillon serait donc le château construit 
sur un chillon y soit sur un rocher. » 

Chindon, ham. de Reconvilliers, D. Moutier, Zer Chindorty 
ia36, Tr. I, Der Kinden^ 124I9 Zchindun^ 1289; ^^ ''^'1* ^^^ 
Kinden. Quant à Tétymologie Kindunum^ hybride de Tall. Kind 
et du celtique dunum^ colline des enfants, Dict. géog. Attinger, 
I, 488 ; elle ne soutient pas l'examen. 

Ghippis, D. Sierre, Valais, Sepih vers iioo, M. R. XVIII, 
ChipiZy 1238, Chipitz^ i348, Chypis^ i4io, Ckippis, i46o; loc. 
à Hérémence, Chypiê^ i448, Chepis à Verossaz ; du latin sepile, 
haie, lieu clos de haies. 

Chissiez, clos à Lausanne, Eschissiacum vers i23o, Eschiaei^ 
ia3o, Eschissief 1290, M. R. VI, 3o5, 4o3, Chissye^ i5io, ChU- 
sey, i5i8, Fr. de Chiêsyy i536, Chissiez^ i557, M. R. ; tire 
«ans doute son nom de la famille de Chissy, Ghissiaco, bourgeois 
de Lausanne au moyen âg« jusqu'en i557 ; de (fundum) Cassia» 
cum^ domaine d'un Cassius^ gentilice romain ; pour permut. 
a-i, voir Chigny. 

Ghoêx (ou Choaex), ham. de Monthey, Valais, Choiz, 1178, 
ChoyZy 1233, ChueySy i3i6, Chuex^ 1428, Choex^ i436. 

Ghivrajon, ham. prés Aubonne, Chiavrajon^ io47, '^499 M. 
G. XIV, 5, Chivraione, xii« s., Dict. hist. V., suppl. 

Ghoisy, près Rolle, comme les nombreux Choisy de France, de 
(Jundum) Cautiacurriy domaine d'un Caatius, gentilice dérivé 
de caatus^ avisé, prudent. 



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GHOINDEZ — CHULES 93 

Ghoindez, ham. de Courrendlin, D. Moutier, Berne ; forme 
francisée de Tall. Schioende, nom très fréquent dérivé du v. h. 
ail. Èwentariy endroit défriché par le feu. 

Gholochy ou Cholochex, lieu-dit à Ayent, Valais = Sous le 
Sex («-cA). 

Ghorebisse, alpes de Nendaz, au-dessus du Grand-Bisse = So- 
rebisse, au-dessus du bisse, permutation ss-ch. 

Chougny, ham. de Vandœuvres, Genève, Chougnier^ 1826, 
i368, M. G. Il, 367, Chougnyer, i33o, M. G. XVIII, 129, Cho- 
ffnier, i343, M. G. II, 388, Chounye, i345, M. G. XVIII, Chou- 
niepy i364, Ckonier, etc. D'après M. Ch. Morel^ M. G. XX, 667, 
de (fundum) Conniacum^ domaine de Connius, gentilice connu 
par les inscriptions de Genève. Mais « ceci est impossible, c ini- 
tial ne donne ch que devant a y^ (Bonnard). Il vient de Caunia" 
cuniy du ^ntilice Caunias, Holder, p. 868, dérivé du nom g^au- 
lois CaunuSy cité par Zeuss, p. 3 et 34* 

diogny, loc. à Chessel, D. Aig'le, un Chogney à Savièse, 1267, 
même orig^ine, domaine d'un Caunius, 

dioalex, Genève, Cholay, 1260, 1298, M. G. XÏV, CholaySy 
i3i8, Guigo de CaulhiacOy 1394» et Caulliaco ; Choully, ham. 
de Satigny, Coaliacum, 934, M. G. XII, 16, 912 d'après Hidber, 
I, 209, Choyellie, 1296 ; comme les Caulhiac du midi, de (prce» 
dium) Caulîacum, domaine d'un Caulius, gentilice romain. 

Ghoatagne, loc, au Grand-Saconnex, Genève ; mot bien voisin 
de Chautagne, nom d'une contrée de Savoie dans le Genevois, 
Chostagnia au xiii« s. 

Es diueires, loc. à Villeneuve, prés sous l'arête de Sonchaux ; 
probablement de chuay chnva^ nom patois du freux, v. f. choue, 
du V. h. ail. koava, corneille, et suff. coll. eirey endroit où 
abondent les corneilles de rocher. Non [loin de là, à Naye, la 
Tanna ai Chuve, la caverne des freux. 

Chuifort, plus. loc. Jura ; forme patoise de chaufour, four à 
chaux. Ou a écrit de même Ghumont pour Chaumont. 

Cbules, n. fr. de Gais, D. Gerlier, Galles, ii85, F. R. 1, 1208, 
1217, 20, 26, ChuleSy 1217, Chouley Chules, i4o3 (Zimmerli), 



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94 CICLET — CLARMONT 

Gais, 1265, origine inconnue; quant au n. ail., il indique, d'a- 
près Zimmerli, une origine pré-germanique et peut être rapproché 
des noms rhétoromans Galspert et Galstramm (Walenstadt et Se- 
velen, C. de St-Gall). 

Oclet, toc. à Aigle, très exposé au vent ; du verbe patois c/- 
klla^ pousser des cris aigus. 

Cberache ou Ziserache, alpe sur Saint-Martin d'Hérens ; dé- 
rivé de chesiére, n. commun au xiv« s., bas latin cheyseriam = 
chalet de pâturage, de casaria, avec suffixe ache = asse. Dans 
la vallée d'Hérens on trouve ss pour ch, ch pour ss. Praz Ochin 
pour Ursin, Rèche pour Raisse et Zan pour champ, Zena, ché- 
neau, etc. 

Clages, Saint^Pierre de — , village, ham. de Chamoson, Va- 
lais : ccclesia de Clagiis, 11 53, de Clagis, 1196, S. Petrum de 
Clages^ 12 18, Gatschet le rattache à Clées, bas latin cleda^ cleta, 
du celtique ciiath, claie, clôture à claire- voie ; voir Clées. Le g 
est difficile à expliquer ; il serait absolument isolé au milieu de 
toutes les formes dérivées de cleta. Serait-il possible de dériver 
Clages de claves ? Les clefs sont un attribut de saint Pierre. 

fUamogne, lieu-dit à Aubonne. Nous pensons que c'est la terre 
dont il 5 agit dans une charte de 1286 où Guill. Merchiant, bour- 
geois d' Aubonne, reconnaît tenir du chapitre de Genève une pièce 
de vigne au lieu dit Clamogiriy M. G. XIV, 180, Rég. gen., 292. 
Il faut probablement lire Clamogni (i-e). 

Clarens, h. de Montreux, un G. de Clareyns, curé d'Orso- 
nens, i326, Clareyns^ i353, et ham. de Vich, Nyon, Clarens^ 
ii64> M, R. V, 1179, ï'97» M- G- ^^ y ^^^ ^^ glareanuSy grave- 
leux, comme le veut Gatschet^ mais dérivé d'un n. pr. germain. 
«I II y a chez les Germains de nombreux noms formés de la racine 
clar^ que Tonomatique germaine a empruntée au latin {clarus, 
clair, illustre). Clarens peut très bien avoir eu pour forme primi- 
tive Claringiim. » (Note fournie par M. Stadelmann.) 

Clarmont, D. Morges, P. de Claromontej i2o4, Claîpmont à 
Renan, et Clermoni, loc. à Saint-Imier; de clarum niontem, 
mont clair, ensoleillé. 



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T-T»y 



CLARUZ — GLEIBE 95 

Oaniz, loc. à Marly, Frib., Clan Ruz^ i483, CUaraZj 1882 
(Kuenliii), ail. Luterbach ; de clair et ruz, ruisseau. 

Clavaux (ou Clavoz), loc. près Sion, Clivo, 1229, Clavot, 
1299, Clahuotf i3o6, Clawot^ i453, Clavod, 1478 et les nom- 
breux (11) Claiyaz, Cleivaz, Clivaz du Bas Valais ; la Glaivaz à 
Ollon (accent sur la pénultième) ; de cliva (terra), clivum (fun- 
dum) = terrain en pente. Cleva. i253, Cleives^ 1267 à Grimi- 
suat. Bridel donne cliver comme n. commun dans la vallée d'An- 
niviers pour désigner un terrain en pente. Kliwen à Varone, 
Louèche, Inden, Cliben à Louèche-les-bains, formes g-ermanisées. 

Oaveleyres, toc. à Aigrie, Pampig'uy, et sans doute Clavelière, 
écart de Begnins ; propriété d'un Clavel, 

Glavons, m., vallée de la Tinière, Villeneuve, habitée en 1276 
par Walterus des clavonsy tenancier de Haut-Crét. Cart., ii5; 
aurait-il la même racine que Clavaux, de clivus, incliné (terrain) 
en pente? Godefroj a un adj. clavonné^ traversé de clous, mais 
nous ne voyons pas ici de rapport. 

Clé, Grand — et Petit — Clez (Lutz), 2 pâturages à TEtivaz. 
Auraient-ils quelque parenté avec le celtique clé^ cleiz, klei, 
gauche ; ils occupent le flanc gauche de la vallée en remontant. 
« Ou plutôt d'un s. m. formé sur le s. f . claie, de cleta ? y^ (Bon- 
nard.) 

Les Clées, D. Orbe, les Clees, 1226, M. G. IV, 4i> les Claies 
vers 1260, M. R. VI, 678, les CloteSy 1260, M. R. XIV, p. 4o, 
Castram Cletarum^ 1271, Cletis dans les chartes, les Clées, loc. 
à Noville ; m. à Boudry ; les Clefs, 2 pâtur. Gruyère ; la Clef aux 
Moines, ham. de Savigny, — mieux écrit la Claie^ Claye dans 
les anciens plans; Ole, loc. à Vevey, Clees^ 1175, CleieSy 1229, 
etc., M. R. VI, 469, 365 ; la Clîe à Girael, la Clîaz à Pailly, aux 
elles à Bourdigny, ClIes et Cliettes à Savièse, Grimisuat, Pen- 
thalaz, Arzier ; les Oéettes à Chamblon ; du bas latin cleta^ 
cliday clia^ provençal cleda, du celtique cliath = claie ; de là 
aussi notre clédar^ clef ou claie de haie. 

Qelbe, ham. de Nendaz, Valais, Cloibi^ 1162, 1193, Cloyer» 
biSy 1267, Wrstb. ; Cleybiy 1289, Furrer, 91, Clebt/y i434, i45i : 



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96 CLENDY — ES COCAGNES 

d après Gatschet, correspondant des Kleben de la Suisse alle- 
mande, nom donné aux lieux où abondent les plantes qui s'accro- 
chent, bardane, g^ratteron ; du v. h. ail. chleb. La bardane y est 
en effet très conunuoe. 

Glendy, ham. dTverdon, Clendiej 885, et Clingeriam, M. R. 
VI, 182, Clendier, 1277, Clendiers, 1174, Clendiez^ i3i8, 
Clendier^ i453 ; probablement d'origine g'allo-romaine. 

La Clergé, loc. à La Chaux, à La Sarraz ; la Clergie ou Cler- 
gère à Moudon ; Clergis à Sottens ; anciennes propriétés du 
clergé (séculier) de ces localités. 

Le Cloître, quartier d'Aigle, Clotriy i332, la Clottre^ plans de 
17 18 ; de cloître, couvent : ancienne propriété de labbaye de Saint- 
Maurice. 
, Clos (145 loc. Frib.) et les variantes, Clods (Cemier), Clou, 
Cloads, Cloux, Cluds ; les collectifs Closy, ham. de Vucherens 
et 6 loc. Frib., Closuit, Clëusy, Cleusîx, Clousix ; les dimi- 
nutifs Closon, Cleuson, 2 alpes en Valais ; Ciouet à Conthej, 
Closel à Aigle et Champag^ne, Closelet, Closalet, une dizaine, 
et Goselat, forme du Jura bernois, Closalon, Noville, Clausil- 
lons, Bex, etc. ; participe passé du verbe clore, v. f. clos^ clous, 
doux, clauXy dus, La forme Clou est fréquente dans le centre 
de la France. 

Closure et le diminutif Oosuratte, loc. du Jura bernois == 
clôture. 

Clouloup à Monnaz, D. Morges = clos (du) loup, 

CloarioD, loc. à Chandolin d'Anniviers = clos rond. 

Cluse, nombreuses loc. ; subst. du part, passé fém. de clore, 
dus, cluse ; de même Cleusaz, pâturage sur Saint-Maurice ; 
Cleusettaz à Saillon et Clusettaz à Saint-Gingolph, Kluâchet- 
ien à Louèche, diminutifs. 

Es Cocagnes, vignes à Mont-Rolle ; en Cocagne à Bussignj- 
Morges ; probablement terres fertiles, allusion au pays de cocagne 
où tout abonde, mot ancien dans la langue. Littré cite un vers du 
XIII® siècle : 

Li pats a à non coquaigne. 



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COCHE — COINSINS 97 

La Coche ou Ck>tse, ham. de Finhaut, Valais^ dans un repli 
très accentué du vallon, — loc. à Blonaj, — pâtura^ à l'Abbaye ; 
Mont Cochet à Sainte-Croix, séparé du Chasseron par une en- 
taille profonde ; Cotzettaz, loc. à Sion, entre deux crèts ; de 
cochey entaille, mot probablement celtique. 

Le Cœur, en Valais ; chalets sur une croupe saillante, alpes de 
Liddes ; Sur Cœur au Muveran ; Sur le Cœur, point culminant du 
sentier de Mordes à THaut d'Arbignon ; Sex du Cœur, sommet 
dominant le pas ou col de Savalenaz, alpes de Vouvrj ; Croix du 
Cœur, sommet du col entre Bagnes et Iserable, etc. A rapprocher 
de la Croix de Chiceu, col sur Ravoire de Martig'nj, des Chieu 
ou Kieu, soit cols d'Ëmaney et de Barberine, alpes *de Salvan, de 
Sur le Queud à Leytron, le Keu de Montabert à la Dent d'Hé- 
rens, côté d'Aoste : formes diverses de coL Cœur est né d'une con- 
fusion entre kieUy col et kieu, tieu, cœur. Ne peut venir de 
cornu, corne, la plupart de ces localités désignant des échancrures, 
des dépressions de 1 arête et non des saillies. 

Cœuve, D. Porrentruy, Cova, ii36. Cuva, 1170, Cœuve, i254, 
Cauvay i4io, ail. Kuff; du latin vulgaire cupa, d'où le f. cuve, 
v. f. cuevey pris au figuré pour endroit creux ; dérivés, la Cœu- 
vatte ou Cauvatte (= ette), ruisseau qui y passe. Covet, moulin 
dans un ravin à Chavannes-le-Chène ; es Covets à Orbe, diminu- 
tifs. 

Coffrane, Neuchàtel, Cus/rano, 1092, Cor/rano, 1220, 1228, 
Corfranon, 1264, Corfragne, 1270, 1296 (Matile), Corfraigno, 
1870, Con/rano, i4oi, M. N. XLI, Cour/rasne, i453 ; paraît 
signifier ferme des frênes; c'est la traduction de Gatschet, de 
M. A. Godet et du chartiste de i453. Mais le second élément des 
composés de Cort, Court est toujours un nom d'homme. C'est 
donc la court, la ferme de Frano ou d'un n. pr. germain appro- 
chant, tels que ceux-ci Framn-us, Frane-rich, Frane-mund où l'on 
retrouve la racine onomatiqueyran. 

Coinat, voir Cuénet. 

Comshis, D. Nyon, Quinsins, 121 2, 1221, 1224, 1262, i258, 
M. R. VI, 262, XII, etc., QuincinSy I2i5, 1286 (souvent écrit 

M. D. SEC. sélUB, TOME Vn 7 

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98 COINTIUN — GOLLONGES 

Qainsim, 6 f., M. R. XII, p. 87-42), Qaintins, 1288, Cuinchins^ 
i3o3, CuinsinSy 1806, CuynsinSy i88a, et Ckiinsin, h. de Lussj, 
D. Morges = chez les descendants de Cunso, Conzo^ ail. mod. 
Kunz, n. pr. germain. Fôrstm., racine Gundy groupe Ganzo. 

Ck>inirin, Genève, Cuintrins^ i2i5, Quintrins et Quintri- 
num, 1224» M. R. XI, 58 et 48, Cuyntrins, 1806 = chez les 
descendants de Ganther, Kundhari (de Kund et hari, guerrier), 
d'où les noms de lieux comme Cuntheringariy qui correspond 
assez bien à Gointrins. Fôrstm., racine Gund, groupe Gunda-* 
char, 

Golan, ruiss. et terr. à Gurtilles, voir Goulaz. 

Ck>llatel, loc. monts de Bex et Lavey ; de collatelam, dim. du 
bas latin collatum, Ducange, c jugum montis, vox nota in Alpi- 
bus et Pjrenaeis, )► bas latin collata^ s. f., espagnol collado, 
colline ; donc petit mont, petite colline. 

Ck>joiinex, ham. de Blonaj, Cojenay vers 1160, Cogionai 
vers i25o, M. R. XXIX, 487, Cajonay, xvi« s. Une inscription 
de Ntmes donne le gentilice Coionius, Holder, p. 1068, et de Vit, 
a CoioSy n. pr. gaulois. Ge pourrait donc être un fundum Coio^ 
nacurriy de CoionuSj n. gallo-romain. 

Collex, ham. de Gollex-Bossj, Genève, Cholay^ 1268, Colay^ 
1 268-1809, M. G. XIV et IX, Colex, i855, le Rég. gen., 1866, 
écrit aussi Collex. Parait être comme Choulex, aussi appelé jadis 
Cholay, un Gauliacum, voir Choulex. 

Les Collièses, bois à Bôle, le même avec préfixe col = eu m, 
que les Liaises. 

Colline, rivière, un des bras de la Promenthouse, près Njon, 
Collana vers ii5o, Collona, xii« s., M. R. XII, 2, 72, Colonoy 
i8o3, M. R. XXVIII, 2o3, le suffixe est la racine celtique onOy 
source, rivière. 

Les Collisscs, section de la commune de Nods, Berne ; forme 
archaïque de coulisse, de couler, v. f. coler, du latin colare, fil- 
trer; la Golisse, ham. du Ghenit; le même, avec permutation c-g. 

Collonges, ou Colonges, com. Valais, Genève ; 4 ham. Vaud 
et nombr. loc. ; bas latin colongiay de colonica, terre cultivée 



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COLLUAIRE — COLOMBIER W 

par un colon, laboureur, métayer, ou sa chaumière. On peut rap- 
procher de ce mot le nom de Ck>llondaz-Jeur = de la Joux (Pays 
d'Enhaut) et les localités des GoUondaires à Villeneuve et des 
Gollondalles à Montreux. Le d est une lettre intercalée comme le 
prouve le nom de Petrus des Colundes^ 1226, 1228, appelé plus 
loin P. des Colunes ou des Colunges, M. R. VI, 332, 338 et 700. 
Il y a là une confusion avec colonde^ colonne, de columna, 

Golluaire, nom fréquent de lieux-dits dans la vallée du Rhône, 
aux nombreuses formes, pour lequel nous n'avons pas de solution, 
tels sont Ck>liuaire, champs à Bex, Goilueyres, prés à Ollon, 
Yvorne, la CoUure à Corbeyrier, Gollures à Leysin, CollaereSy 
1454 ; Couiuire, prés à Savièse, Valais, Colueri, i25o, Colaery, 
i33g, Goiuire, champs à Bagnes, Ck)liulres, prés à Saillon et 
Bagnes, Cuiuiry à Nendaz, Coilière à Ayent et à Vex, Ck>layre 
à Troistorrents, Coleyre à Conthey, au Ck>ilieriix ou Ck>Uiaruz, 
champs à Chessel, une Nigri Coliri à Louèche, i322, Goilry, ou 
Golieri, même nom, germanisé, à Salgesch, en la Coloyry vers 
i45o; le GoUiorei, ruisselet. Gruyère, dim. Peut-être le v. f. 
couloire, s. f. coulouere^ xiv« s,, coulière, passage, lieux où 
s'écoulent les eaux ? « Il y a sans doute 2 mots couloire, oire =: 
atoria, et coulière, ière = aria. )► Note de M. Bonnard. 

Gologny, Genève, Coluniacum^ 1 1^0 y Colog nier ^ 1208, Co- 
loiffney, 1263, Colungnisy 1272, etc., M. G. Il, 46 et XIV ; de 
(fundam) Coloniacum, domaine d'un Colonias, gentilice ro- 
main. 

Colombier, Vaud, Columbarium, 938, 987, Columbirio, 
ii4i ? Hidber, I, 669, Columbier, 1228, M. R. VI, et Neuchàtel, 
Columbier, 1228, 1280, Matile; Collombey, Valais, Columbe- 
riumy xni® et xrv« s., En Collombey à La Sarraz, et les fémi- 
nins Colombeyre, ham. de Praz, Fribourg, la Colombière, ham. 
de Fnlly, Valais et loc. à Begnins ; Colombe, loc. à Conthey ; 
CoUombaire à Aigle, Es Colombeyres, Gully ; de columba- 
riumj tombeau ; dans la plupart de ces localités on a trouvé des 
tombes, des urnes funéraires. Peut-être aussi, dans certains cas, 
de columbarium^ pigeonnier. 



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100 COLOVREX — COMBERBOUX 

Colovpex ou Colovraî, Crans, D. Njon, Colovray, ii84, Hid- 
ber, II, Colovraî, i244> M. R. XII ; un bois de Colovrai près 
Tolochenaz, 1228 ; de colubretuniy lieu où abondent les cou- 
leuvres, du latin colubra. Quant à Colo\Tay, ham. de Bellevue, 
Genève, Colovrex, carte Dufour, Colovracuniy 1186, M. G. IV, 
Colovrai/, 1257, c*est plutôt un {/andum) Colubracum, domaine 
d*un Cùlaber, cog^nomen romain cité par De Vit, II, 380. 

ConEibaby, loc. à Gilly, Convabis, Conbabis, 1265, M. R. III? 

Goiuljanivaz, loc. aux Plans sur Bex ; probablement Combaz- 
niva, combe à neig'e, où la neige reste longtemps. 

Comiiarimboud ou Gombarimbourg à Lessoc et à Grand vil- 
lard. Gruyère = Combe à, de Raimbaud, n. pr. 

Comharin à Rossinières ; de combe et arein, avalanche pou- 
dreuse = combe à arein, aux avalanches. 

Cotnhaz ou Combe, petit vallon ; du celtique comb, bas latin 
comba, Comballaz, Ormonts, Conthey (patois Combadé), Marti- 
^uy, Gnmbalion, Gryon, Combette, une 2o«> et Combatte, les 
CombaJIats, Jura, Combiola, val d*Hérens, Combiola, 1190, 
Furrerj III, 49, Combiola, 1260, Combire et Combirette, alpes 
Valais, dim. ; Combasse, alpes d'Aigle et Combache à Grône et 
Chalaîs, Valais, augm. Combasson, loc. aux Verrières. Le Com- 
Iwt, le Combeîry, ruisseaux D. Yverdon et Cossonay, même 
famille. Combe s'est conservé dans la Suisse allemande où le b 
s'est assimilé à Tm. Gomma, 4 loc. Singine fribourgeoise, Gum- 
men, Oberland bernois et Kummen, Haut Valais, par exemple 
kummen, ham. de Rarogne, s'appelait Chumbon et Combon, 
128a, Cambis, 1299, CumboSy lioH, Kumben y 1407. 

CiOmhaz Gelin, loc. à OUon et à Premier = combe à geline, 
combe des poules. 

Combazeline, alpes de Nendaz, Valais (Combarzeline, carte 
Siegfried), Cumba Acclini, 1260, M. R. XXIX, 4^4 = Combe 
d'il ce /m ou Azeliriy n. pr. connu par de nombreux actes de 
iai4, 1221, un Acelin prieur de Saint-Maire, i2o3, i243, M. R. 
VI, ig, etc. 

Comberboux ou, et mieux, Combe erboux, petite combe à 



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GOMBORCHERIES — GOMMUNAILLES 101 

Yvorne, Vaud ; de comhe-he rbous, combe (des) prés. Où pourrait 
objecter que dans ce genre de composés le second nom est dans la 
règle un nom d'homme : Combe Girard, Villar Giroud. Mais il y 
a des exceptions, ainsi dans le Val d'Anniviers, lalpe de Zalelet 
Praz ou Château pré, où le déterminatif est un nom commun. 

€k>mborcheries, combe boisée et forêt de sapins à Lejsin = 
Combe^Orcherie, pour orserie, s. f., de ursaria^ tanière d'ours, 
comme bouverie, de bovaria, avec permutation s-ch, comme Siaz- 
Chiaz, permutation commune dans l'ancienne Gruyère : Combe 
des tanières d'ours. 

Gomborsin à Rougemont = combe-Orsin, du nommé Ursin et 
non des ours : combe étant f . , cela donnerait Comborsine, comme 
Valorsine. 

Gombre, alpes de Vouvry ; de combula, petite combe, par 
changement de / en r. Gombrettes, dim. de Combres. Un Com- 
bres de France (Eure-et-Loir) s'appelait jadis Combulae. Holder, 
1190. 

Combremont, D. Payeme, Conbramo, 911, M. R. VI, 344» 
Cambremonlj 1142, M. F. II, 221 et 1177, Combremont, 1184, 
Cart. Month. 42, i2i5, M. R. VI, 826, Cumbremunt, 1226, M. 
R. VI, 164, Conbremont, i233, F. B. II, 129, le Combremont, 
loc. à Moudon ; peut-être de Tadj. v. f. combre, voûté, courbé, 
ce qui conviendrait pour la contrée très vallonnée de ces deux vil- 
lages vaudois. 

Gonod>ron, affl. du Talent; de l'adj. combre ci-dessus. 

Goméra, ham. de Grimisuat, Sion, Cornera, 1 100, 1227, i25o, 
1267, Gomeira, loc. à Leytron, et Gommaire (ou Comeires)^ h. 
d'Orsières ; origine inconnue. 

Gommugny près Nyon, Communiacum, 617, 1018, 1026, 
Hidber, I, 3o8, 817, Cuminie, 1216, M. R. VI, 894, Communie, 
1217, 32, Commuante, i235; de (fundum) Communiacum, 
domaine d'un Communias, gentilice dérivé de Communis, sur^ 
nom (cognomen) fréquent. 

Communailles ou Gommoiinailles, nombr. lieux-dits. Com- 
munaux à Vevey, Cumunaly 1229, et à la Corbaz; Quemou- 



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102 COMPESIÈRES — GONDEMINE 

nailles, ham. de Lovens, Fribourg; Communances, fermes 
éparses à Mootfaucon, Jura = pâturages communaux ; une loc. 
les Cumunayles^ Ormont, i332. 

Ck>mpesières, Genève; d'après Gatschet, de cumba picearia, 
combe des pesses, mais !<> tous les dérivés de picea ont le double 
ss ; a<^ la localité est sur la hauteur, non dans une combe ; 3® les 
formes anciennes n'ont aucun rapport avec Tétjmologie propo- 
sée ; on trouve CompeisireSy 1170, CompesereSy 1227, M. G. II, 
37 et IV, 44) CompessereSy i339, ce qui incline à penser que 
c'est simplement une terre des Compeys, comme Claveleyres, 
Bretoneires, terre des Clavel et des Breton. Voir le mot suivant. 

Ck>mpois, ham. de Meinier, Genève, Cornpeis, i2o4, Compe^ 
sium^ 1220, M. G. IV, 27 et 1276, Compeys, i3i8, etc., berceau 
de la famille de ce nom. D'après Ch. Morel, M. G. XX, 667, de 
cum et pa^us, localité à la limite de deux pagpi, ce qui paraît 
bien douteux. 

Ck>mpengiez, anc. nom de Villeneuve, Compendiacum en 
ioo5, Compenyie, 1166, M. R. XVIII, Compenyieu^am, 1207, 
Compendisy 1260, eccl. de Compeyie que nunc appellatur Vil- 
lenove, i256 ; à ce moment le nom tombait en désuétude, voir 
Villeneuve ; de (fundam) Compendiacum ^ domaine d'un Corn- 
pendiuSy g^ntilice romain. 

Gonches, vallée du Rhône au-dessus de Brigpue, ail. Gombs ; 
Gonche, plusieurs hameaux et pàturag'es, y Gonize ou Ck>iize(ls) 
à Savièse ; du latin concava (vallis, terra) = vallon, localité 
dans une dépression du sol ; Conchon, plus. loc. Givrins et ail- 
leurs, et Goncheite, Guntzettaz à Vex, dim. 

Goncise, Concisay 1179, 1194, 1228; du bas latin concisa 
(silva) = forêt coupée. 

Gondemine, Gondamine, Gontamine, Gondemone, nom ex- 
trêmement fréquent. Pas d'endroit qui n'ait une condemine, nom 
désignant toujours des terres fertiles, dans le voisinage des loca- 
lités. Du latin condominiumy bas latin condamine ; Condamina 
à Sion, 983, Furrer, III, 29 = terres faisant partie du domaine 
seigneurial. On trouve aussi Condomina, Ducang^e dit : « Narbo- 



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CONFIGNON — CONTHKY 103 

nensibus coDdamîna quasi condominium, a jure unius domini 
dicta, vel ut alii volunt quasi campus Domini, nam versus Seven- 
nas Camp aut Cou, campum souat, ubi bac condamiDœ ab ornai 
onere agrario immunes cousentur. » Ck>niainine sur Arve, Co/i- 
dominium en 1 119. Ce mot germanisé est devenu Gtiminen, 
Berne, Condamina^ 1274. 

ConÛgnon, bam. de Bernex^ Genève, Cojiniacum, 11 53^ M. 
G. XIV, 9, Cafjiniacum^ laôo; ailleurs Confinium^ 1190» Con- 
Jinum, 1220, Cujinnum, 1224, Cart. Month., Confignon^ 1278, 
Caffignioriy 1426, Acad. Sav. IV., etc. D'après M. Ch. Morel, 
M. G. XX, 557, de con/iniarriy limite, territoire ; mais, d'après 
les deux premières formes ci-dessus, signifie plutôt (fundum) 
Cojiniacum, domaine d'un * Cojinius, dérivé du cognomen Co- 
fias. De Vit. II. p. 374* Il faut de même lire, pensons-nous, Cuf- 
finum, le nom Anselmus de Ciissinum^ 1226, du Cart. Laus. M« 
R. VI, 166. 

Au Gonfln, ham. à Marlj et Confins à Mannens ; de confi- 
nium, limite. 

Gonflens, Tine de — , près La Sarraz, à la jonction de la Ve* 
noge et du Veyron ; du latin conjluentemy confluent ; de la 
même racine : Gour Gonflant, voir Gourd. 

A la Gonfrary, loc. à Cbardonne et ailleurs ; anc. prop. d'une 
confrérie religieuse. 

Consor ou Gonzor, bam. de Mollens, Sierre, Conseur (Lutz), 
Conjory 1200, Conjour^ i354, 1376 ; de zorz=jour = joux, 
forêt, et cum ; hameau près de la forêt. 

Gonthey, Valais, Contiez^ bu du xi« s., Conteiz vers iioo, 
Coniesium, ii47# Hidber, II, Contez, 1179, 1200, Conteiz, 1212, 
Conthey, 12 17, Contesio, 1284, Contiouz, 1294, plus tard 
presque toujours Contegium. Nom embarrassant. Ecartons d'a- 
bord le Contextrix de 5 16 qui fîg-ure dans un document douteux ^ 
Gatscbet tire Contbey de contextum, clôture de clayonnage. Si le 

* Actes du concile d'A^aune, document sijEpialé comme apocrjrphe par plu- 
sieurs critiques et dont le P. Chifflet, jésuite, dit : hujus fundationis tabulœ 
sunl imperiti cujuspiam. Voir M. G. XVI, p. 67. 



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104 CONTIGNY — COPPET 

passage qui parle de Tarrivée du prévôt d'Agauue ad eu rtem Con- 
dacensem vers 990, Cart. Saint-Maurice, dans Hiâber, I, 268, 
Gatschet, 197 se rapporte bien à Conthey, ce serait un dérivé de 
Condatey confluent. Conthey est non loin du confluent du Rhône et 
de la Morge et Condaie donne Condey d'après d'Arbois de Ju- 
bainville ; de son côté, Holder, p. 1094, rattache à Condate Con- 
teium, aujourd'hui Conty^ dép. de la Somme, la situation et les 
rapprochements ci-dessus rendent, nous semble-t-il, cette étjmo- 
logie des plus probables. 

Gontigny, ham. près Lausanne, Quintigniey 1 182, Hidber, II 
(qui le rapporte par erreur à Coinsins) et 121 1, M. R. VI, 419» 
Quintinie, 1202, Contigniez^ lk^^\ de (fandum) Quintinia" 
cum, domaine d'un Quintinius, g^ntilice romain. Le texte de 
l'acte de 1 182 où le pape Lucius III confirme au prieuré de Saint- 
Maire la possession de ses vignes montre que c'est bien de Conti- 
gny qu'il s'agit. 

Au Ck>nvent, loc. à Gilly = couvent, de conuentum. 

Ck>nvers, loc, vallée de Saint-Imier ; du latin conversum^ situé 
à l'endroit où les flancs du vallon convergent pour se terminer en 
cul-de-sac. 

Coor, Grand — , dépression profonde entre la Dent de Mordes 
et la Tête Noire, alpes de Fully ; probablement autre forme de 
Gopy voir ce mot, les deux 00 pour ô et c pour g, comme dans 
camber de gambe. 

Goppet, Vaud, Copelum, 1191, et 5 ham. fribourgeois ; forêt 
à Bîoley-Magnoux ; Ck>ppy, bois et ruiss. à Corcelles-Ghavornay ; 
Coppex, ou Goppey, pâturage sur Conthey, Coppet en i3o4; 
Copettes à Champvent, Copei, 1867 ; les Coppettes, pâturage 
sur Givrins, la Goppettaz à Ollon, Coppoz, ham. du Mont sur 
Lausanne, la Goperie ou Gouperie, trois loc. du Jura bernois. 
Dérivés divers du verbe couper = lieux défrichés, forêt coupée. 
Peut-être certains de ces noms dérivent-ils du v. f. coppe, bas la- 
tin coppa, sommet, ail. kuppe, ou d'un autre vieux mot copety 
coapet^ même sens. M. Brandstetter, Indic. hist. suisse, 1870, 
p. u3, dérive coperie de cupa, au sens de colline arrondie. 



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COQUAZ — CORBAZ 105 

Coquaz, A la — , m. à Billens, Coques, chalets Ormont ; du 
latia concha^ sjn. de Conche, petit vallon ; voir ce mot. Co- 
quettes, chalets vallée de rHongrin, Cauquella à Saljg^etsch, Va- 
lais, diminutifs ; Coquerellaz à Ecublens, Vaud, double dim. 

Cor, racine isolée dans Cour, ham. de Lausanne, Cors, xiW s. y 
M. R. VI ; Court, D. Moutier, Berne, Cort, ii48, Curty 1189 ; 
dérivés du latin cohortem^ proprement, troupeau, contracté en 
cortem, bas latin curteniy v. f. cort, propriété rurale, ferme. Ce 
mot forme le premier ou le second élément (construction germa- 
nique) d'un grand nombre de noms de localités, l'autre terme 
étant généralement un nom propre germain, celui du premier pos- 
sesseur. Quelquefois cor est difficile à reconnattre sous les trans- 
formations subies : Coffrane, Cudrefin, Coussiberlé, etc. La cons- 
truction germanique est spéciale au Jura bernois : déterminatif 
en tète du composé, Bassecourt, Miécourt, etc. Bon nombre de 
ces composés ont un second nom, allemand ; pour que Fétymolo- 
gie soit juste, il faut qu'elle explique également les deux noms. 
Voir à leur ordre alphabétique. 

Les Corailles, loc. à ChAtel-Saint-Denis ; le dim. coraillony 
cœur, désigne au figuré le meilleur morceau de terrain, la partie 
la plus fertile d'un territoire. Cette figure s'applique-t-elle aussi 
à coraille ? les patois^ns pourront décider. 

Corban, D. Porrentruy, ail. Battendorf. Ne peut donc venir de 
Corbannum, comme on l'a dit, Dict. géogr. Attinger ; Corpaon, 
1240, Corbaon, ï3i7, Corbahoriy i435, Courban, iffii^Bathen- 
dorf, 1184 = court, ferme de Bado, Balto, ou Batho, n. pr. 
germain cité par Fôrslm. Battoneourt, château au-dessus de Ché- 
zard, Neuchâtel, au moyen âge, a exactement la même origine. 

La Corbaz, Ormonts, Corba, i332, Corbes, Corbez, plus, 
loc., Corbeyrier, Vaud, Corbîères, Frib., Corbere, iii5. Cor- 
beirCy ii4o, F. B. I, Corberes, 1174» M. R. XXII, Corbeîry, 
Frib., villages et hameaux ; en Corban à Bramois, Corbaraye, 
Corbaray, plus, lieux-dits ; Corbettes, sommet, D. Veveyse ; 
Corbire, alpe de Lens, Valais, Corberes, 1287, Courbillon à 
Lamboing, Corba tière, ham. à la Sagne et loc. à Sion, Corbas- 



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106 CORSELETS — CORGÉMONT 

sîère, Corbassyre, loc. ; Ck>rbéroii, Corbiron, ii34, Corbas- 
sière, Corbéry, Corberaye, Curbit, D. Morges, loc. et ruis- 
seaux ; dérivés de courbe = localités sur des terrains ooduleux, 
ruisseaux au cours sinueux. 

Corbelels, crèt à Leysin ; allusion à sa forme, celle d'une pe- 
tite corbeille renversée. 

Ck>rcelles, lOprèsChavomay, Corsales, 1177, Corzales, 1228, 
Courcelley 1897, Courselles, i433 ; — 2® près Payerne, CorzaleSj 
1228, Corsâtes j i34o ; — 3® Corcelles-le-Jorat, Corcellis, xii® s. ; 
4** près Neuchâtel, Carce//i«, 1092, CarseleSy ii85, CorcaleSy 
i2a8, Corzales, i236, etc., Matilc; — 5® D. Moutier, Berne, 
Corceîîes, 1226 ; 6 ham. d'Attalens, Ck>rsalles, ham. de Rossens, 
Frîb. ; de corticella, dim. de carterriy corlem, ferme. Corc©- 
leiLes près Grandson, Corsalletes, i342 et Ck>rsaleUes, D. Lac, 
Frîb., dim. des précédents. 

Cordex, le — , ruisseau, un des bras de la Promenthouse, D. 
Nyon ; Cordez, loc. à Gonthey ; probablement de la même racine 
que le Cordon ou Gorjon. 

Cortlona, ham. de Mollens, D. Sierre, aussi Cordonnaz (Cor- 
don-na), Cordona^ i2o3, 1267, Corduna, 1240, Cordonna, 
i4oo. Cordonna, alpe de Bourg -Saint -Pierre, en bordure 
entre le torrent et le rocher; Ck)rdon, ruisseau près Nyon ; voir 
Corjon* 

(k>rge;ï, ham. de Payerne, même ori|^ne que la localité nom- 
mée dans le Gart. de Haut-Crêt, Corgia, p. i65, 170, 173, 194, 
Corge, p. 20, 66, 67, 70, 71, 194, et CorgiacOy p. 168, que 
M, Hisely rapporte avec doute à Corsier près Vevey et que Gats- 
chct, se basant sur cette forme Gorge, tirée d'un bas latin corgo^ 
souche, tronc d'arbre, défrichement où les troncs sont laissés en 
terre. Quant à Gorgiacum, c'est une simple graphie de notaire ; 
ils ajoutaient parfois le suffixe acum à des noms dérivés de noms 
comjnuns: Pantharacum, Ghiseracum. «Gorge, mot inconnu, 
nous écrit M. Bonnard, en tout cas il faudrait corgas pour 
Gorges. » 

Corgémoni, D. Gourtelary, Coriamuntj 1178, Corgemunt, 



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CORGNOLKY — GORMEROD 107 

1179, Cortgemuntj 1181, Corteimunty 1228, etc. = court, 
ferme de Gimmund ou Gaimund, n. pr. germains donnés par 
FOrstemann. 

Gorgnoley, loc. à Ëvionnaz, variante de Ck>niioley, bois à 
Monthey et loc. à Roche ; de cornioley, nom patois du cornouiller, 
lieu où abonde cet arbrisseau. (Holder donne un Cornioletum^ 
697, aujourd'hui Corneilles.) 

€k>rin, ham. de Lens, orthographe fautive des cartes pour Co- 
rens ou Coring^, Feuille off. Valais, CorenSj 1 100, Coreins, i233, 
1243, CorenSy i4499 évidemment d'un n. pr. germain. 

Gorjolensy D. Sarine, Coriolensy xii« s., et 1298, Coriolains 
et Coriolans, 1223, Donat. Haut. Arch. Fr. VI, Corjollens^ 
1445, Corjellin, 1668 = court, ferme des descendants de Jodilo 
(voir Joulens), n. pr. germain. Rien de commun avec Coriolan 
dont on a voulu le dériver. (Revue suisse cath., 1900, p. 371.) 

Gorjoii, ruisseaux à Nyon (aussi Cordon)^ Echandens, à Sau- 
braz et à Châtel-Saint-Denis ; loc. au Mont, Ëclagnens, Bour- 
nens, Seigneux, Boussens, Echallens ; pâturage et sommet au 
Pajs-d'Ënhaut, Corgion, i332 ; probablement dérivé de chorda^ 
boyaUy pris au figuré pour vallon étroit (d-j). 

Gorjoa, m. à Sorens = cour, ferme de la joux, de la forêt, à 
moins que ce ne soit une autre forme de Gorjon. 

Gormagens, Sarine, Cormagin^ nlfi, M. F. I, 269, xii® s., 
Donat. Haut., Arch. Fr. VI, Cormargin, 1294, Cormargens^ 
i445> ferme d'un Germain. 

Cormanon, ham. près Fribourg ; court, ferme de Mano ou 
Mann, de Tall. mano, homme. Fôrstm., p. 903, cite justement 
un endroit appelé en latin Mannoniscurtis : c'est l'exacte traduc- 
tion de Cormanon. Du même nom germain dérive celui du village 
français de Prémanon, à la frontière près Saint-Cergues. 

Gonnayeux, loc. à VoUèges, Valais, comme Cormajeur 
d'Aoste ; de carte m majorent, la grande ferme. 

Gormerod, Lac, Fribourg, vers ii43 et 1180, Arch. Fr. VI, 7, 
10'], Cor moral, xiii» s., Cormoraul, 1369, Cormeraul, i483, 
Cormeraudj i56o = court, ferme de Moralah, Morolt, ou tel 



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108 CORMINBŒUF — CORNAUX 

autre nom germain de la racine maury môr^ empruntée au latin 
mauruSy noir. 

CormintMFuf, Fribourgf, Cormenboy ii42, M. R. XII et vers 
1180, Arch. Fr. VI, Corminbou, îi'-jZ,Kormanboiv, i449» Arch. 
Fr. V, 4281 Cormenboa, i445, Cormenbouf, 1470, M. G. XII, 
7, etc. ^ courtj ferme de Mainbody n. pr. germain ; la finale 
devenue bœuf en fr. par confusion avec le patois baUy bœuf. 

Cnrmoley, bois à MoQthej ; de corme, lieu où abondent les 
cormiers ou cornouîHers. 

Cormondos, Fri bourg, Cormunty 1228, M. R. VI, CormoneSy 
i363, î423t R. dipl. y\\, Cormondesy 1 453, etc. = ferme de 
Manda^ o. pr. germain. 

(kji-tuomirèche, Neuchâtel, Cormundresgey 11 78, Cormun- 
dresche, I2i5, Cormnndrehchiy Cormondrechy, 1281, Cormo/i- 
dresche^ 1263 ^ ferme de Munderichy n. pr. germain. 

Ckirinoret, D. Courtelary, Cormorety 1178, 1817, Cormorely 
! aaS 1^ ferme de Morely forme postérieure du n. pr. germain 
Aîor^ MorOy du v. h, alK mdr, noir. 

A la Coron se, aux Coi'Des, lieux-dits situés dans une pointe du 
territoire ou f^ur quelque pramontoire plus ou moins saillant ; 
nombreux dérivés dîminuiifs : Praz Cornet, alpe de ChAteau- 
d'Œx dominée par deux cr^ts boisés, les Cornettes, sommet, Va- 
lais, le Grand Cornîer, sommet du Valais et champs à Rennaz, 
GornnJE^iz à Ëpesses et Corseaux, Cornaux, ham. à Montreux, 
Ks Cornaux h Linns, Coraillon, petit sommet sur Vionnaz, Cor- 
nilly à Bex, (^omuei à Chesières, Es Curnilles à Chardonne, 
(]oriiiic]je, patois Cornatze, plus. loc. Genève, Vaud et Valais, 
augm. 

Comal-la-Lî6vre, loc. à Courtetelle, Berne ; fausse orth. de la 
carte pour Corne à la Lièvre. 

Cornaux, NeuchfUel, ceci. CorneoliensiSy abbat. Corneilîy 
ii43, Cornanlj: vers ii5o^ Curnauly 1212, 1220, Curnaly I2i5, 
1358, i3oo, Cttrnan, ï255» paraît par ces formes primitives être, 
comme les autres Cornaux, un diminutif de corne, en tout cas rien 
de commun avec cerne, comme le veut F. Ghabloz, M. N. XX. 



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CORNIOLESSE — CORRENÇON 109 

Corniolesse, loc. à Vétroz, Valais, et Corniolire, loc. à Sîgny, 
D. Nyon ; endroit où abondent les cornouillers, patois cornioley. 

Ck>rnol, D. Porrentruy, ail. Gundelsdorf, Gandolstorf, i245, 
Coronotunij ii36, Coronolt, iiSg, Coronot, 1286, Correnol, 
i343 = court, ferme de Gundold^ contraction de Gundovald^ 
n. pr. germain. Le n. fr. n*est qu'une corruption du n. ail. 

Gorpaiaux, Fribourg, Corpaslur, 1142, Corpastor vers 1175, 
Arch. Fr. VI et iSig, Corpatour^ i38o; ferme du pasteur, du 
berger. 

Ck>rraterie, rue à Genève, anciennement Courraterie, autrefois 
nom de tout le faubourg entre la ville et la jonction de TArve et 
du Rhône, étjmologie fort discutée. 

D'après Bonivard, rue des corroyeurs, du v. fr. corroier, parce qu'on 
y coarratait les cuirs. Mais il n'y avait là aucun établissement de tan- 
neurs, nous dit Galiffe (Genève historique, I, p. 146 et suiv.), qui, rap- 
pelant son nom du xv« s., la Carrer ia corrateriœ eqaorum, en fait la 
rue du Cours aux chevaux, endroit où les corratiers, les maquignons 
faisaient courir à l'essai les chevaux mis en vente. Enfin M. Jules Vuy, 
en 1867, dans une séance de la Société d'histoire de la Suisse romande, 
dans une note fort intéressante, « Origine du mot Corraterie », Mém. 
Insl. Gcn. XIV, 7 et suiv., le dérive de corrata, autre forme de cor* 
vcUa, collaia, goUaia, corvée, impôt, tribut, en le rapprochant des Col- 
lalengasse de plusieurs villes de la Suisse allemande, Aarau, Bienne, 
BQren, Berthoud, rues situées entre la muraille intérieure et la muraille 
extérieure de la ville, où habitaient des gens qui ne jouissaient pas de 
tous les droits des citoyens, mais qui étaient soumis à des corrata ; ils 
étaient des corraterii, de là le nom de leur quartier, Corraterie. Le nom 
allemand de Grollaten, corrompu, est devenu parfois Goliath. Le profes- 
seur Hidber a publié sur cette question un mémoire : « Der Goliath in 
Regensburg und die Goliath und GoUatengasse ûberhaupt, Bern, 1875. » 
A l'explication de M. Jules Vuy, Galiffe répond : « Quelque valeur que 
cette interprétation puisse avoir pour d'autres villes, nous devons dire 
que nous ne trouvons aucun indice qui puisse l'autoriser pour Genève et 
sa banlieue. » 

Corrençon, ham. de Saint-Cierges, D. Moudon ; ferme de 
RenzOy contracté de ReginzOy n. pr. germain. — Le nom de 
Conestarriy 1147, Cart. Monlh. M. R. XII, Conostnm^ ii54, C'o- 
nestunif ii84, près Aillerens, que le Dict. hist. Vaud et Hidber 
rapportent à Corrençon ne nous paraît pas avoir de parenté éty- 



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110 CORREVON — ES CORTETS 

mologique ; au contraire, une loc. près Aoste loco qui vocatur 
Corenzoniy 1190, M. R. XXIX, 127, nous semble être le même 
nom que notre Corrençon. L'endroit appelé Connenczon près 
Saint-Cierges, charte de 1622 citée en note M. R. V, i5i, est évi- 
demment Corrençon, permutation i^n (ou fausse lecture?). 

Correvon, D. Moudon, Coreuonty 1166, Corevone, 1169, Hid- 
ber, II, Correvott, 1182, M. R. VII, 28, Corevunt^ 1182, 1228, 
Corevontj 1228, Corooont^ 1247» Gorevont^ 1 26'], Wrsth. y Cor- 
revont y i453 ; d'après la forme de 1182, paraît être la ferme de 
Redbolt, n. pr. germain donné par Fôrstm., p. 996, — ou quelque 
autre nom très voisin de celui-ci, — (chute du d et permut. b-v). 

Corsoaux, D. Vevey, Corsial, ii47» (dorsal vers 11 70, Arch. 
Fr. VI et vers i2i5, M. R. VI, 35i, puis Corsaul^ 1272, 1872, 
CorsaUy i458 ; simple dérivé adjectif de cort^ ferme. 

Copserey, D. Sarine, Fribourg, Corserei vers ii5o, Donat. 
Haut, n® 208, 216, Corserer, 1802, R. dipl. II, 20, Corserai/ y 
Kuenlin ; Gorsior, Genève, Corsie^ i344 ; vill. près Vevey, Cor- 
sier, 1079, Corsiey^ ii47» Corsiacam^ ïï79> Cor^ie vers 1180, 
Donat. Haut., Corsie, 1228, Corsiez, i458 ; Copsy, h. de Lutry, 
Corciacum, 907, Corsiacum, 1275; de (fandum) Curliacunij 
domaine d'un CurtiuSy gentilice romain. La forme Corise de 
1079, M. R. VII, 4, est évidemment une faute pour Corsie. Hisely 
y rapporte avec doute le C orge y Corgia du Cart. Haut Crèt, 
voir Corge. 

Gorsinge, ham. de Meinier, Genève, Corsingiarriy 1807, 1878, 
Cursingiuniy 1816, M. G. XIV ; le suffixe inge indique la déri- 
vation d'un patronymique germain =:: chez les descendants de 
Cursoy Corso, Fôrstm., p. 820. 

Gortaillod, Neuchâtel, Cortaillauty 1180, Cortailloty 181 1, 
Cortallyoty 1887 = court, ferme à'Agilaldy n. pr. germain. 

Gortébert, Courtelary, Cortaiberty 1178, Corteber^ 1880 = 
court, ferme à' Albert, contraction d*Agiberty n. pr. germain. 
Fôrstm., article Agabert. 

Es Gortels, nombreux petits chalets sur Monthey ; diminutif de 
corty de cortenty ferme. 



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CORUZ — COTTERD 111 

Le Coruz, affluent de la Mentue, à Dommartio ; paratt formé 
de ruz, ruisseau, et préfixe cum ; mot composé comme ceux de 
Collièses, Conflens, Gonjour, etc. 

Gossonay, Cochoniacum, 1096, Coconiacum^ xii^s., Co/i- 
sonaiy 11 47» Cosonai, 1164, A. de Cosciniaco vers 1200, Coso* 
naj/y 1202, Cossonai/j 1218, M. R. VI, io4. D'après la forme de 
1200, ce serait un (fandam) Cossiniacam, domaine d'un Cossi- 
nius, gentilice romain^ dérivé de CossuSj surnom d'une branche 
de la fameuse famille Gomelia. Correspondant des Kiissnach de la 
Suisse allemande. Toutefois les formes primitives et le suffixe ay 
rendent cette dérivation incertaine, iacum devenant régulièrement 
ier, iez ou j. 

Costalet, loc. à Yvonand, Gotalet à Saint-Jean, Valais ; dim. 
du V. f. costal, de costa, côte. 

Les Cotards, 3 ham. à la Brévine, Neuchâtel ; les Ck>ttardSy 
2 pâtur. à Rossinières ; de cosia, côte, et suff. augm. ard^ « ou 
bien du v. f. costal, avec la même transformation qui a chang-é 
brancal en brancard. ^ (Note de M. Bonnard.) 

Aux Ck>Uaire8, loc. à Chardonnaj ; Cotteire à Rovray ; de 
Costa, côte, et sufif collectif aire ; Côly, val de Ruz, Couty, 1794, 
collectif ; la Ck>teleite, pâturage de Ranimes, double diminutif. 

Goitens, i® D. Cossonaj, Cotens, 1049, ®^ 2® Fribourg, ail. Cot- 
tingen, Cotens, ii4a et vers I2i5, Cottens, 1198, M. F. III, 69, 
Cotains, 1228, Cotens, 1248, Cotteins, 1262, Matile ; 3® ancien 
fief à Begtiins = chez les descendants de Cott, n. pr. germain. 
Tr., I, 365, mentionne dans l'évéché de Bàle un allodium de 
Cotheingis, 11 79. 

Gotlerd, D. Avenches, Costel, i368, 1873; quartier d'Ollon, 
casale del Coster de Oulum, 121 1, Furrer, III, 62 ; loc. à Bex, 
Costerg, i4o2 ; ham. de Saint-Aubin et de Prez, Fribourg, €k>t- 
tert, quartier de Monthey ; Ck>tterg, village de Bagnes ; Ck>8ter, 
moulin à Burtigny ; Bel Coster, crèt, Jura de LigneroUes ; €k>i- 
ler â Aubonne ; alpe d'Evolène ; Ck)Uier, alpe d'Anniviers. Des 
chartes valaisannes du xiii* s. parlent du Coster de Nax, 1228, 
1243 et d'un Coster à Arbignon, d'un autre à Chaler (Chalais), 



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112 COUAZ — COULA 

i325 ; une de Haut-Crôt, d*un U. de Costel vers i i5o, M. R. XII, 
162, une autre d'un Coterel à Lussj, Frib., 1260. Un Cotterel, 
Cotrel, environs de Chardonne, xiP s., Donat. Haut. Toutes les 
formes anciennes ramènent à costel, dim. de costa, côte, d où coster 
par permutation l-r= coteau. Le rf et le ^ final sont parasites. 

Gouaz, voir Cuaz. 

Gouchon, ham. de Sierre, Cosson, 1874 ; probablement un dé- 
rivé en io, ionis, d'un g>entilice romain, de Cautius par exemple, 
qui a donné les Cossé de France ; en Gouchon, loc. à Forel sur 
Lucens et à Gremin, Gouchette, chalet à Château-d*Œx, pcut^ 
être pour Gouchon, Couchette (comme Coufin de Confin ?) et 
Couvalou de Gonvalon. Conchon, Conchelte, seraient des dimi- 
nutifs de couche, fréquent au sens de combe, petit vallon arrondi. 

En Goude, loc. à Envj, D. Orbe, située sans doute au contour 
du chemin, comme les nombreux Grochet. 

Goudraz, Goudre, Gaudraz, nombr. loc., Gœudre, aux Ponts, 
Neuch. ; du v. f. coudre, noisetier, du latin corylum, Goudray 
(-ey-ex-el), Caudray, Caudret, Gueudray, Tieudray à Salvan, 
Gudré, Gudrex, -ey, -et, -y, les fém. Goudrée à Bardonnex, 
Gaudriaz, plus, loc, Goudrière à Meyrin, suff. coll. ière, le dim. 
Gaudraulaz, Lejsin ; de coryletum, coudraie, un nemus de la 
Coldra à Onens, une foresteria de Coldreta à Lentigny vers 
II 90, Arch. Fr. VI. 

La Gouffa, loc. Ormont-dessus près de la Grande-Eau ; du latin 
cophinuSy probablement le même que le v. f. cofife, s. f., baquet, 
bassin, allusion à la situation enfoncée de ce chalet. 

Goufln, territoire, alpcs d'Ollon ; du latin conjinium, limite, 
f. confin, permutation on-oa, comme couvent de conventus. Il est 
â la limite d'Ollon et d'Ormont-dessus. 

Gougnon, 2 loc. Ormont-dessus et dessous ; diminutif de coin, 
le v. f. a cugnet, le romanche cuffn, caogn. 

Goula, Goulaz, Goules, eys Coules à Granges, Valais, i3oi, 
Goulayes, nombreux ham. Vaud et Fribourg ; Goulat à Bex ; 
subst. verbal de couler. Dans le Berry, une coulée de pré, suite 
àe prés formant un fond de vallée. Le ham. de Goullat, Frib., les 



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GOULET — COURDBLUNE 118 

ruisseaux de Golan à Curtilles et Gollens à Ferlens, en €k)lleii à 
OlIoD, paraisseat se rattacher à la même racine. Les Goullayes, 
ham. de Château-d'Œx, ont peut-être une autre ori|ipne ; ce nom 
s*écrivait jadis Culaes: Jean de Culaes, i359, voir Gullayes. 
Coula, Goulaye était au moyen âge un n. commun dont nous ne 
saisissons pas bien le sens : Une charte du Livre des Donations 
d'Hauterive, n^ i44, Arch. Fr. VI, 55, 1 190-1200, dit : Thebol- 
dus... giierpivit pratum... et juxta idem pratum dédit colatam 
unam, et nemus... colata, colline? Voir CoUatel. 

Goulet, loc.> vignes à Saint-Prex, AUaman. Le v. f. a coulet, 
s. m. = lii^oulot, qui peut s'employer pour désigner un lieu res- 
serré, un passage étroit. Il faudrait connaître la situation. 

Goulouvrière, loc. à Chancy, Genève ; lieu où abondent les 
couleuvres, syn. de Colovrex. 

Goumaltaz, pâturage et forêt au Pays-d'Ënhaut, orth. francisée 
de Tall. Kahmatty pâturage des vaches. Le Pays-d'Enhaut a de 
nombreux noms d'origine germanique. 
Goumin^ ham. de Cheiry, Frib., Cumyn, i495. 
Coup, voir Cor. 

GourceloDy ham. de Courroux, Delémont, ail. Sollendorf, 
Carzelan, 1189, Corcelun, 1175, Corselun, 1248, Corsolon, 
1817 = court, ferme de Sollo (n. allemand) ou de CellOy Zello 
(n. f.), n. pr. germains donnés par Fôrstemann. 

Gourchapoix, D. Porrentruy, ail. Gebstorf, CorchapUy xy^ s., 
as ferme de Gebo^ d'après le n. allemand, la forme française in- 
diquant un dérivé ou diminutif du même nom, tel que Chappo. 
Gourchavon, D. Porrentruy, autrefois Châtel Vouhay^ ail. 
Vogdburff, Caslrum Adaocati (= avoué = Vouhay = Vogt, 
comparez Montvouhay, Vogtsburg) ; le français actuel est plus 
difficile : court, ferme de chaoon^ peut-être dérivé d'une forme 
* skapinOy varismte du saxon skepenOy du v. h. ail. sceffeno^ 
sceffen, ail. mod. Scheffen^ d'où vient le français éohevin^ dont 
un des sens correspond à avoué. 

Gourdelune, mayen sur Saxon, Valais, écrit par erreur en 
3 moto, Cour de Lune, par la carte Siegfried ; sans doute la pro- 

M. D. SBC. SélUE, TOME VII 8 



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414 COURCYS — COURROUX 

prîété des Cordelo. Deux frères Martinus et Wullielmus Cordelo 
sont nommés dans une charte de 1228, M. R. XXX, 38o ; défor- 
mation de Cordelone. 

Les Gourcys de Jaman^ arête dentelée dominant le col de Jaman. 
Seraitrce une métathèse du v. fr. croucit, sorte de croc, allusion 
aux pointes qui la couronnent ? On trouve un exemple de la même 
métathèse dans Forchaux pour Frochaux. 

Courfaivre, Berne, Corfavro, ii46, CorfavrCy ii48, etc. = 
ferme du forgeron, latin yiifter, v. (r./avre. 

Gourgenay, Berne, ail. Jennsdorf, Corgennarty 1189, Curt^ 
genari j ii']3^ Corguinart^ 1181, Corgennai/y 1327 = court» 
ferme d'Eginharty n. pr. germain. 

Courge vaud, Fribourç, ail. Gupwol, Corgivuly io55, Cur- 
giool, 1080, M. R. I, 167, Curgevolty ii43, M. F. II, 220, Cor- 
givoU vers 1180, Arch. Fr. VI, Gorgevolty Gorgioolt, CorgivoU, 
I2i5, M. R. VI, 826, 887, Curgivel, i45o = ferme de GiwulJ^ 
n. pr. g'ermain. 

Gourlevon, Fribourç, Carlevon, 1428, Zimmerli, Corlevoriy 
i45o, M. F. II, 802, CourlevoZy i56o = peut-être court, ferme 
de Leivon, n. pr. germain (= lion) ; peu sûr, faute de formes 
plus ancienne^. 

Goumillens, Fribourg, Curnillin, 1262, M. R. XII, 281, Cor- 
nilins, 181 2, Curnellin, i34o, R. dipl. III, 29, Curnillien$y 
1869 ; d'après ces formes franc, peut signifier ferme des descen- 
dants de Nilo^ n. pr. germ. de la famille Nil^ Nihl, Fôrstm., mais 
le nom allemand Curalin^ i449» Arch. Fr. V, 4i8, auj. Carliiiy 
fait difficulté. 

Courrendlin, Berne, cartis Rendelana, 866, Currandelinim^ 
1179, Rendelincorty 1181, Courrendelirij 1289, ail. Rellendorfy 
1184, aujourd'hui Rennendorf {1^20) = ferme de Rendiliriy n. 
pr. (((«rmain. 

Courroux, Berne, ail. Lutolsdorf^ Corolt, ii48, Coruly 1808, 
Lutoltestorfy 11 46 ; non, comme le dit le Dict. géogr. Attinger, 
de curtis rufus (sic !), mais, comme le montrent les formes an- 
ciennes et le nom allemand = ferme de Lutoli, n. pr. germain. 



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COURSET — GOURTÉPIN H5 

Le Gourset (Cours sec, fausse interprétation), torrent â Lavey, 
Cursetarriy 1280; Curset^ 1281, M. R. XXX, dim.de cours. 

Gourson à Begp:iins, voir Curson. 

GourCaman, D. Lac, Fribourg = court, ferme d'Amano, n. 
pr. germ. 

Goortaney, ham. d'Avrj sur Matran, Fribourg, Coriane vers 
1 180, Cortaner, 1 288, Donat. Haut. , Arch. Fr. VI, Cortaneir, i445. 

Gourtedoux, Berne, Cur/i's Udulphi, 8i4, Curiedul, nSg, 
Courtedou, i3io, Cortedoul, 1862 = ferme d'Udulf, n. pr. ger- 
main. 

Gourtelary, Berne, Curtis Alerici^ 962, Carte Aleri, 1178, 
Cortaleri^ 11 78, Coralari, i2i5, Courtalary^ lagS, Cortalariy 
1808, Trouillat; CtfWa/ari, i3oo, F. B. IV, 28, etc. = ferme 
d'Alerich, n. pr. germain ; du v. h. ail. a/, tout, très, et r/cA, 
riche, puissant. 

Gourtemaiche, Berne, Cordemasge, 1189, Cordemasche, 
1145, Cordomache, 1179, Cordemaische^ 1 261, etc. = court, 
ferme d*un Germain, dont le nom est composé de Masco, Masgo, 
devenus plus tard Masch, Masche, voir Fôrstm., p. 916, 917, et 
d'un préfixe représenté par la syllabe de. Vautrey, Hidber et le 
Dict. d'Attinger d'après eux rapportent ici le Curtem mietiam de 
866 et 884 ; c'est une erreur : ce nom se rapporte à Miéconrt. 

Gourtemlon ou Gourtemelon, ham. de Courtetelle, Berne ; pas 
de formes anciennes ; probablement ferme d*Emilo, de la racine 
onomastique amal, dérivée peut-être du v. h. ail. ami, travail. 
Fôrstm. 

Gourtemautruy, ham. de Courgenay, Berne, Coriemaliruiy 
1162, Curthemaltrut, ii46, 1228, etc. = ferme d*Amalirad, n. 
pr. germ. de femme, comme tous les noms en Irud; du v. h. ail. 
trûi, ami. 

Gourtépin, Fribourg, Curtipin, i848, Curtilpin, 1890, 1428, 
1434, Curtelpin, i486, Rec. dipl. V, 67, VIII, 44, VIII, 91 = 
ferme d'un Germain dont le nom reste, pour le moment, indéter- 
miné. Fôrstmann a les noms Ilbo, Ilbunc, Ilpanc de la même 
racine. 



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116 COURTELLE — COUTURAZ 

Gourtetelle, Berne, Cartetele, 1178, Cortetele, ii84, ia57 = 
ferme d*Ideloy Ilelo, n. pr. g'erm. Ne peut venir de Telle, comme 
le dit le Dict. géogr. Atting'er, cela donnerait Courtelle. 

Gouriinaux, ou Curtinaux, ha m. de Lutry, Curlinal, 1227, 
€ourtenaux à Fullj, Cartinal kYex, i25o, et à Grimisuat, 1267, 
€ourtenaud(x) à Céligny, Courtenaz, chalets, alpes de Conthej, 
comme les Curtina, Curtins, Curtegtis du Tessin et des Grisons ; 
du bas latin curtina^ dim. de curterriy petite propriété rurale. 

Courtion, Fribourg", Corliun^ ii38, 1162, M. F. II, i3, 16, et 
III, 66, Cortium, ii48, M. F. I, 269, Coriion, 1286, F. B. III, 
et i3oi, Rec. dipl. Il, 8, Cortyon, i453, Curti/on, i483. M. Paul 
Marchot, Revue suisse cath., 1900, p. 80, traduit par Court, 
ferme d*Yon. Pourrait être aussi cour, ferme de Tyon. Nous 
trouvons ce nom germain porté par deux moines d'Oujon : Tyon y 
moine, 12 10, et Tian^ procureur, première moitié du xiii* s., p. 
i5 et 45, M. R. XII. 

Cousinbert, montagne aux riches alpages près la Berra, Frib. ; 
corruption, suivant les uns, du nom allemand Kàsenberg^ mon- 
tagne des fromages, mais plutôt de Gaissenberg ou Geissberg, 
montagne des chèvres. 

Gousset, ham. de Montagnj, Frib., Cussey^ i343; peut-être, 
comme les Gossé, Cosset, Cusset de France, de (fundam) Cau- 
tiacum, domaine d'un Cautius ou Ccuicias, gentilice romain. 

Nous trouvons dans les chartes an endroit non localisé : Casellam, de- 
canus de Cuselli vers 1240, M. R. XVIII, 17i, Humbert de Casel, 4338, 
M. R. VII, 302, serait-ce Gousset ? 

Gousstberlé, Frib., Corsibellay, 1426, Rec. dipl. VI, 208, C«r- 
siberlex, i558 ; de court, ferme, et un n. pr. germain indéter- 
miné. On pourrait penser à Berilo, mais cela n'expliquerait pas 
ri intermédiaire. 

Conssy, pâturage et forêt Ormont-dessus^ Cuoey, i425 ? 

Coataz, une vingtaine de loc. Vaud et Frib. , forme patoise de 
côte ; Gouiel et Goatelet à Prangins, Goulettes à Bullet, €aaie- 
roB, Penej-le-Jorat, dim. 

En Gouturaz, loc. à Gland; c'est le v. fr. couture^ s. f. syn. de 



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COUVALOUP — COUVET 117 

culture, terre cultivée. Aujourd'hui encore couture, dans le Berry 
s= grand champ cultivé. Ce mot se retrouve dans de vieux noms 
de rues de Paris : Couture Saint-Gervais, Couture Sainte-Cathe- 
rine, qui datent du temps où ces quartiers étaient des terrains cul- 
tivés. 

Goiivaloup, vallon à Lausanne, claasum Couvalou, Covalau, 
1227, Couualou, 1233, Covalou, i238, Cart. Laus. M. R. YI, 
225, 543, 64i, Convalouz, i325, Covaloz^ i3i8 ; territoire près 
Lavej, Couvalone^ 1286, Convalons, 1296; Gouvaloup, aussi 
Cuvaloup, pâturage et forêt à la Dôle, au-dessus de la forêt des 
Balandes. On pourrait traduire Queue du loup, territoire écarté, 
habité par les loups, et c'est probablement cette idée qui a donné 
à ces noms la forme actuelle ; mais ce texte de 1202, où Pierre et 
Hugues de Ging'ins donnent à Bonmont des terres c usque in con- 
vallem de Balenda, >► M. G. XV, 17, montre la vraie origpine, de 
cum et vallem y* vallonem ; localité dans un vallon, conforme d'ail- 
leurs à la situation des trois localités. Le nom de la rue de Couva- 
loup à Morges près des fossés de la ville a évidemment la même 
origine. M. B. Dumur nous communique obligeanmient le texte 
suivant: En 1294, Cono, prieur du couvent de Lutry, mentionne 
«quandam domum nostram... sitam infra villam de Lustriaco, 
inter domum nostram que dicitur domus de Couvalou ex una 
parte, et clausuram murorum ville predicte ex altéra. >► (Arch. 
Cant. Vaud, Reg. cop. II, 3i.) Cette maison de Couvalou était 
donc près des fossés de Lutry, comme le Couvaloup de Morges. 
Le changement du premier on en ou, Convalon-Couvalou, est ré- 
gulier comme couvent de conventus ; quant au second il s'explique 
par le besoin instinctif de donner un sens au mot. 

Couvet, Neuchàtel, Caves, i38o, Covet, i47o, iSôg, Mus. N. 
XLI ; les Govets, pâturages à Cormoret et Villeret ; Sur leCovet, 
m. à Essertines (Echallens), le Govet à Chavannes-le-Chêne ; les 
Covats, ravins de la Veveyse [à Saint-Légier ; du v. fr. cowet, s. 
m. syn. de cuve, au fig. endroit creux. 

M. A. Godet, M. N. XXIX, eo, parlant de la faïence fabriquée au 
XTi« 8. déjà à CouYet dit : « On fabriqua d'abord des espèces de réchauds 



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418 COUVIGNE — CRANS 

appelés coveis qui ont probablement donné leur nom au village de Cou- 
vet. » Il oublie que le nom du village existait plus d'un siècle aupara- 
vant. Ce sont plutôt ces réchauds qui tirèrent leur nom de celui du vil- 
lage. 

Couvigne, pâturage, sejte de Cergniat, Ormont-dessous ; forêt 
k Salvan-Finhaut ; Ou vigne, 6 pâturages de Gruyère, à Montbo- 
voQ, Albeuve et Grand villard, m. à Granges d'Attalens ; Cuvi- 
gnettai, dîm. ; en Kevegne, loc. au Pillon, avec vieux sapins ; 
de couagne^ kevegne^ vieux sapin branchu, creux, à lichens, le 
gogan du Jura = pâturages, forêts avec de tels sapins. 

Coux ou Couz, col au val d'Illiez, montem qui dicitur Col, 
1188, moQtem de Cul, 1209, M. G. XV, 4» Coul, i233, en Col, 
1272, Coal^ 1258, Furrer, 77, et i438, M. Inst. Gen. VIII, i3 ; 
Sur lo Coux, loc. à Champéry ; autre forme de coL 

Covatannaz, gorges de TArnon sous Sainte-Croix, loc. à Va- 
leyre»-sou3-Rances, Epauthejres, ruisseau très encaissé près Cris- 
siepf autre près de Romanel, Lausanne, Covatana, i357 ; de 
catiQ, creux, et tanna, caverne. 

Crai ou Cray, sommet sur Château-d'Œx ; petit sommet près 
de SaÎDt-lmier ; le Crey à Combremont ; au Crey, ham. de Châ- 
tel-Salut-Denis ; du celte crag, pierre, rocher, s'emploie aussi en 
Dauphiné. 

Craiva^ers, loc. à Chaillj, Lausanne et Préverenges ; Crai va- 
vert, ruisseau au Jorat, Crevaveel, 1267 ; de crever et v. fr. veel 
■^^ veau. C*est donc Grève- veau, nom analogue à celui de la 
combe de Oevatsevau, près Saint-Cergues, ainsi nommé parce 
que les chevaux s y abattaient souvent. 

Cratnoux. loc. et bois près Palézieux, Cramot, 1274, 1296, 
Cart, Haul-Grôt, M. R. XII, 109, 128. 

Cran», D. Nyon, Cranos, 1009, M. R. XIX, Crans, 1019, 
io36, 1173, M. R. VI et VII, 1179, 1296, M. G. IV, 83, XIV, 
Crans, 1219, 1246, M. G. XIV, IV, 66, Craanz, 1224, M. R. 
XII, 184, Crant, i236, M. R. VI, 391, 393, Cran, i3oo, M. R. 
V, 2^7, i5io; les Crans, loc. (prairies) à Buix, D. Porrentruy; 
Cran ou les Crans, plateau avec étangs et canaux sur Lens, Va- 



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GRAPOSAIRB — CRASSIER 119 

lais. D'après Gatschet (Promenade onomatologique), d'un bas la- 
tin crana = tranchées, fossés dans les prairies. « En tout cas, il 
faudrait supposer une forme cranus de ce mot pour expliquer 
cranos. >► (Bonnard, in litt.) Ce serait un mot de la famille de 
cran, entaille, wallon cren, latin crena. On pourrait peutpôtre y 
rattacher les lieux-dits aux Grénées à Myes et aux Grenex à Bex. 
On s'étonnera peut-être que ce mot puisse désigner une localité : 
il y a l'exemple de es Rigoles assez fréquent et de Grabe, Grabou, 
encore plus répandu ; voir ces mots. 

Graposaire, marais près Senèdes, Frib. ; probablement cra- 
paudière. 

Gras, nombreuses localités dans le Jura bernois ; synonyme de 
Crêt, C'est une fausse orthographe : on devrait écrire Crd/, di- 
minutif Gratat pour Cretet (permutation jurassienne de e en a, 
Glochatte, Combatte, Rochatte), etc. 

La Grasaz, loc. au bord du lac de Neuchàtel entre la Corbière 
et Autavaux, Frib. Ce mot de crase se retrouve comme n. com- 
mun à Coppet : crasUy ravine profonde (Bridel) et dans le C. de 
Genève où il désigne les falaises qui bordent l'Arve et le Rhône 
près de Genève ; « ces escarpements pittoresques que nous nommons 
aujourd'hui des crasesy ruinae dans les chartes féodales, >► Galiffe, 
Genève hist. II, 17. Probablement de la racine du verbe écraser, 
acraser en dialecte genevois, que Littré dérive du vieux Scandi- 
nave krassaj suédois crasa, broyer, nom dû aux érosions du 
fleuve, qui broie le coteau. i( Non seulement les formes bizarres 
affectées par les crases chcmgent d'année en année, mais nous 
avons vu, dans l'espar^ de quelques lustres à peine, disparaître 
entièrement des sentiers, voire des routes carrossables qui cô- 
toyaient naguère ces falaises dont les éboulements ont lieu souvent 
à la pose, d'un seul coup. )^ Galiffe, ib., p. i8. 

Grassier, D. Nyon, ecclesia de CraciacOy xiP s., M. G. IV, 
39, Craceiey iiaS, II, 27, Cracei, 1164, IV, 78, Gracie 5 fois 
xiii« s., puis Crassy, Gracier, etc. = (fandam) Graciacum, 
domaine d'un Grassius, gentilice romain dérivé du cognomen 
(surnom) Crassus. — Il y a aussi un cognomen romain Gracus, 

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i20 GRAU — GRESSIEK 

d origine barbare, qui aarait pu donaer un |i|^ntilice Cracius. De 
Vit, II, p. 480,481. 

L'église de Saiot-Eusèbe in nlla Craciaco de lilO donoëe à Saint- 
Claude par Guy, évéque de Genève, que le Régeste genevois serait dis» 
posé à trouver dans Crassier doit être cherchée ailleurs : l'église de 
Crassier était sous le vocable de Mane-Madeleine. Sa possession était 
contestée par Tévéque de Genève et Tabbé de Bonmont auquel elle fut 
adjugée par jugement arbitral en 1225 et nous ne trouvons nulle trace 
de Saint-Claude qui a gardé ses possessions ailleurs (Genollier, Sainte 
Cergues) jusqu'à la Réformation. 

Grau, Graou (Frib.). Craux, Groux, Grosex (collectif), Cpo- 
set, Grosat, Grozet, Grozai, diminutifs et les fém. Grausaz, 
Graousaz, correspondants du fr. creux, bas latin crosum, de cor^ 
rosus, rongé, creusé ; les Greuzas, ravins au col Ferret, Greu- 
zier, alpes de Saxon ; nom d'un grand nombre de localités, en- 
droits creux ou ravinés. Grosettes à Bougj-Villars, Grosettaz, 
Vouvry, les Groisettes, Lausanne, Crosetes, i233, diminutifs, 
les Grosayes, alpes d'Ëvolène. Un mot parent par le sens, mais 
d'origine différente, est le Gropt, les Gropts. Voir plus loin. 

Grebelley, ham. de Noville, Cresbelley et Crebelley, i4o2, 
M. R., 25, II, 27. 120 ; Grebellay, loc. à Vionnaz, Valais, Crest- 
belleyy vers 1720, Grebeley, loc. à Mossel, Fribourg; peut-être 
de crôt et v. fr. belle t, dim. de beau. 

Gredepy, loc. à Satigny, Genève = crèt-dery, derrière, par rap* 
port au village. 

Oemin, D. Moudon et Grémine, D. Moutier ; pas de formes 
anciennes. Auraient-ils quelque parenté avec cramena, grand 
froid, localités au climat rigoureux ? 

Gremire ou Gremièpe, vill. près Chardonne, D. Vevey, 
CrimièreSf 11 99 et 1288, M. R. VI, 388 et 667 ; d*après Gat^ 
schet, lieu couvert de broussailles, de cremea^ cremium, bois à 
brûler. 

Grépillaux, ham. de Vuibroye, D. Oron, Crest PyoulliouXy 
i3io; patois piaullhiau, pouilleux, au sens de pauvre, stérile. 
Voir Pouillerel. 

Gressier, Gressy, voir Crissier. 



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GREâSONNIÈRE — CREY 121 

Cressonnière à Moiry et Ferrejres ; ham. près Saint-Cergiies ; 
endroits où abonde le cresson. 

Grésuz, D. Gruyère, Fribourg', Cresu, CriêUj i3oi, Rec. dipl. 
II, 8, Crissa, i442, Crisu, i5ii ; on trouve encore Crisus, Cré- 
sieux, Crusaz (Kuenlin). Serait-il possible de rapprocher ce nom 
du s. m. craisa, l'antique lampe de nos pères ; du v. fr. creuseulf 
espagnol crisueloy mot d'origine incertaine qui, d'après Littré, du 
sens de lampe a passé à celui de vase creux et a donné le mot 
creuset. Ou de la famille du v. fr. cruise, s. f., coquille, Berry, 
creuse, vaudois croise^ diminutif cruisille, conque, vaudois cra- 
sillef Crésuz, 900 m., est-il assez enfoncé pour que sa situation 
puisse se comparer à la concavité d'un craisu ? 

Grêt, autrefois Cresl ; du bas latin cristam, forme masc. du latin 
crista, crête de coq, au fig. arête, de là Crête, Creitaz. Diminutifs : 
CreUlon, Ormonts, Crètel^ Cretelet, Oetillon, Crêtenet à Sul- 
lens, Cretolllet, h. de Servion, Crêtolet, Cretalet, Crettallaz ; 
Crètasse, Crêtasson, augpm., Crettex, val d'Illiez, collectif; 
Crètayoux à Leysin, composé = Crète (de la) joux, de la forêt. 

Cretely, clos de vignes à Vevey, En Elles, 1176, 1288, lo 
Crest de Elles, Crestelles, M. R. VI, 35i-369 ; plus tard les 
Credylles (il y a un Crest d'El à Collex-Bossy, Genève). 

Cretodon, loc. à Céligny ; pourrait être un Crêt-Odony de 
Odon, n. pr. fréquent au moyen âge ; il faudrait des formes an- 
ciennes pour décider. 

Creugenat, ruisseau temporaire à Porrentruy, Creuzenans, 
XIII* s. ; de creux et gênais, gêna, sorcier, parent du latin ge- 
ni us, génie, démon favorable, provençal genh, gien. 

Au Creussenay , Evionnaz = au croisonnier, pommier sauvage. 

Oevey, ham. de Nendaz, Valais, Creveyz, i255, Creviz, 
1272 ; es CreveySy 1241, es Creveiz, 1262, à Varone ; m. à Cbar* 
mey; Crevez, loc. Etoy, Saint-Prex, Vuittebœuf; peutpêtre 
formes du v. f r. crevet, crevasse, fente ; Crevey de Nendaz est près 
de grands ravins où le sol est très accidenté, coupé de précipices. 

Crey, à la — , 4 ham. Fribourg, m. à Chavannes-le-Chêne = 
à la Croix. 



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422 CRINCINIÈRE — CROISETTES 

Grincinière, n. commun de plusieurs sources plus ou moins 
ferrugineuses au Val-de-Travers, à Motîers, Couvet, Buttes, Tra- 
vers ; corruption de crinsonière, fr. cressonnière, de cresson, en 
patois crinson, 

Grissier, Lausanne, Crisseij ii57, M. R. VII, 17, Crissie, 
1174, Crisiacurriy 1190, Crissiez y 1264, CryssiCy 1284, etc., 
Crea^ier, Fribourg', Crissey, 1080, M. R. I, 167, Crissie, 1228, 
et Neuchâtel, Criseiy 1081, F. R. I, 345, Crissie^ 1178, Criscia- 
cam^ 1180, Crissi, 121 3, Cressie, 1180, 1217, i3oo. Crissiez ^ 
i333, etc* ; Cressy, ham. d'Onex, Genève ; de (fundum) Criscia- 
canij domaine d'un * Criscius (nom inconnu à De Vit qui a les 
gpeoti lices Crisius et Critius). Ces noms n'ont rien de commun 
avec le cresson dont Gratschet veut les dériver. 

Le (Irislalm, ruisseau au N. d'Oulens ; tire probablement son 
nom de la limpidité de ses eaux ; adj. v. fr. cristalin (xv« s,). 

L% Croctiel, m. à Bex, h. de Mont, loc. à Belmont, m. à Che- 
seaux-NorL'az ; du n. com. crochet, dim. de croc, au fig*. pour lo- 
calité à uu détour du chemin ; on dit < faire un crochet >►, dans 
ce sens. Schlatter — St. Gallische romanische Ortsnamen — 
cite plusieurs localités des Grisons et de Saint-Gall, Krogs^ 
Crogs^ Grofjs^ du romanche croch, crochet, où Ton arrive par 
des chemins en zig-zag*. 

Le Crocolet, petit ham. d'Ormont-dessus, « abréviation de 
Crocolébailii = le Creux à Colel-Baillif, le Cropt-Bailli/j 
178a. (Note de M. Isabel.) 

Croes, Roche des — , près la Sag^e, Neuch., ainsi écrit par la 
carte Sie^^fried et le Dict. g^og*. suisse d'Attinger ; la carte de 
Mandroi, M. N. XIV, écrit des Crots, F. Chabloz écrit roche des 
CroSj des corbeaux, cro ou crot = corvus corax, oiseau fréquent 
dans ces rochers. L'orth. de Siegfried est évidemment fautive, 
et pour cette fois nous nous rang'eons à Tavis de M. Chabloz. 
Uûe preuve à ) appui de notre opinion est fournie par la Pointe 
du Nîd-du-Crô, saillie de rocher près du lac, à l'E. de Neu- 
châlel. 

€roîsett«s près Lausanne, les Croseies, i233, Cart. Laus., M. 



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CRONAY — GUARD 123 

R. VI ; non de croix, comme le prouve la forme ancienne, mais 
dim. de crosa, creux ; voir Crau. 

Gronay, Yverdon, Crosnaiy ii42, M. F. II, 221, et 1174» Cart. 
Month., M. R. XII, Cronaiy 1160, 1228, CroneXy xrv« s., et 
1792 ; de (fundum) Cronacam, domaine de CronuSy co^omen 
{surnom) romain. 

Le Gropt, quartier de Bex, chalets à Plambuit, Chesières, alpes 
d'Ollon, les Cropts, pâturage à Bex et Ormont-dessus ; le Crot, 
pâturagpe à Ormont-dessous et au Vaud, Jura ; du v. fr. crot ; et 
la Grottaz, passage dans les rochers près Lavej, loc. à Corseaux ; 
Croies et Crottés, 4 loc. Frib., les Grottes, ancien nom des fa- 
laises du Rhône près Genève, loc. à Cheseaux ; le chemin le 
Ootton du Risoux ; le Croton à La Tour, Grotet, dim., m. à 
VuUiens ; v. fr. crotey dim. croton^ du latin crypta^ grotte. 

Gros, Groset, etc., voir Crau. 

Les Grossettes, Grandes et Petites, deux combes à la Chaux- 
de-Fonds ; fausse orth. de latlas Siegfried pour CrosetteSy — dim. 
de cros, creux, — orthographe régulière qu'emploient le Dict. At- 
tinger et M. G. Huguenin dans sa Description de la Mairie de la 
Chaux-de-Fonds, Etrennes Neuch. II, io3 et passim. 

La Grotèle à Pâquier, Neuch., m. isolée dans un bas-fond ; de 
crotûy s. f. du latin crypta, et suff. dim. elle, 

Groumaclire^ loc. alpes de Lens, Valais ; patois vaudois kre^ 
mallhire, fr. crémaillère, du bas latin cramacala : pâturage sur 
une pente rapide, comme suspendu. 

Groy, D. Orbe, villagium de Cruce, d'après F. de Charrière, 
M. R. III, 24, synonyme des divers Croix : au croisement de plu- 
sieurs chemins. 

En Gry, loc. à Valeyre-Orbe, montagne à Conthey et loc. à Sa- 
vièse. Valais ; Grie, terr. à Bex, Criez y 1 1 98, Hidber, II, 1 243, 1 247, 
1281, M. R. XXX ; GHe ou Gryes, ham. de Vollèges, Valais. Un 
Cry de France, Yonne, s'appelait jadis Criacum, Holder, 11 65. 
Les nôtres ont sans doute la même origine (fandum) Criacum, 
domaine d'un Crias, peut-être forme latinisée du n. grec Crios. 

Au Guard, ham. de Rue, Fribourg ; les Goards ou Gouards à 



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124 CUAKNENS — CUASSIÈRES 

Corcelles, Neuchàtel ; Guarot, m. à Villarimboud et Arconciel, 
dim. ; du patois eu et suffixe ard. C'est un q. commun au moyen 
à^e : en la Prela unum cuarum, una tola juxta supradictum cua- 
rum. ^ Donat. Haut., n^ 809. 

Cuamens, D. Cossonaj, Quarningisy looi, Quarneru après 
1049, M. G. XIV, villa Quarnensis, 1096, M. R. III, io4, Cuar* 
nenSy ii49, 1177» QuarnenSy 1261, M. R. XII, i44> Quarneyns, 
1273 ; d'après le suffixe ingis es chez les descendants d'un Ger» 
main dont le nom reste à déterminer. 

Guamy, Yverdon, Qaarnie, 1174, ii77> CuarnieZy i449> 
Cuarniety i453. D'après Gatschet, de (villa) quercina (ferme) 
des chênes : plus que douteux, quercinus étant devenu chêne en fr. 
et dans tout le pays romand. Vient plutôt d'un n. pr. gallo-ro* 
main, comme toutes nos localités en ie, y, ier. Quant au nom lui- 
même, il est possible que ce soit le même nom, latinisé, que le 
nom ip^ermain dont dérive Cuarnens. 

Cuaz, Gouaz, etc., nombr. loc. dans tout le pays romand, par 
exemple la Guaz à Géronde, Valais ; la Quaz, croupe entre Saini^ 
Sulpice et Buttes, Neuchàtel, un Cuaes à Arconciel, i47i> Couaz^ 
3 pâturag'es de Gruyère, Cué à Chandolin d'Anniviers^ Cues à 
Bercher, Vaulion, Villars-le-Terroir, Guvaz à Châtel-SaintrDenis 
et Gruyères, Longeeuve (Longue Queue), ham. de Pàquier et de 
Pont-la- Ville, Fribourg; Longe CJoue à Vufflens-la-Ville, 1278, 
etc. ; es Couasses, Yvorne, Cuasse à Charmey, augmentatifs ; du 
patois cauUy cuva, queue : localités sur des croupes allongées 
entre deux ruisseaux, ou sur une pointe de territoire, comme à la 
Guaz, à Corcelles, Paycrne, qui s'avance en enclave dans le terri- 
toire fribourgpeois. On dit dans le même sens en français Queue : 
les Queues à Saubraz, au Lieu, à Château-d'Œx ; la Courte 
Queue à Boécourt, Jura bernois, Queue d'Arve à Genève ; les 
Queues de Perche, de la Ville, aux Ormonts ; Sur Queue, chalet 
alpes de Bex. 

Cuassières, loc. Essert-Pittet, Cuessire à Crissier, aux Eeues- 
slres (pour es Cuessires) à Ëcublens, Vaud ; racine eu, et sufif. 
augm. asSy et collectif ière, ire, parent de cuard. 



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CUBLI — CUGNY 125 

Cubli, moDt sur Montreux. Hîsely et Hidber y rapportent avec 
doate le monte Chiblin^ ii54f ii55, Chiblino vers ii85 du Cart. 
de Haut^rét^ M. R. XII, 6, i36 et 269. 

Aux Guches, ham. à la Brévine, d'après Lutz ; Guchon ou 
Oouchon, ham. sur Sierre ; parents de cachet^ tas de foin, cout^ 
xety sommet, cime. 

En romanche, il casch, la cascha désigne la souche haute de 60 à 80 
cm. qu'on laisse en terre en abattant un arbre dans les terrains en 
pente, et de nombreuses localités en tirent leur nom. Schlatter, op. cit., 
en indique 5 dans le canton de Saint-Gall. 

Gudré, Gudret, etc., voir Coudre. 

Gudreûn, D. Avenches, Curlefin, 999, M. R. XXIX, 62, Cor^ 
delfiriy I2i5, Matile, Cordulfiriy 1240, Cadrefirij i243, Matile, 
Codalfriny 1268, Wstbg., Cudrifin, i3oo, F. B. IV, 16, Caa- 
drefin^ i3oo, M. R. V., i35 = Courl-Ulfin, ferme à'Ulfin^ ou 
latinisé Ulfinus, du n. pr. germain Walfin^ de wolf, le loup. 

Cudrevy, nom fr., dans Lutz, de Catterwil, D. Sarine, Curti- 
9ri(y)y i355, i36o, Cultivriy 1428, Curlivril, i436, i445, Ca- 
if^y^^y^ ï555, Courtrioey, xviiP s. (Zimmerli et Stadelmann, op. 
cit.) ; évidemment formé de court, ferme, et d'un n. pr. germain, 
peut-être * Ibilo, dim. de Ibo, racine onomastique Ih. Fôrstem., 
p. 769. 

Gaénet, loc. à Roche, Penthéréaz, Cuénix à Lejsin, Gunay, 
trois pâturages du Jura sur Bière, Golnat, nom d'un ham. des 
Breuleux et des quartiers d'Aile, D. Porrentruy, C]ouenyon, trois 
pâturages des Ormonts, les Gugnets (ou Quignets), combe à la 
Sagne, Neuch. ; les Gugnons, loc. reculée, vallon d'Arpette sur 
Orsières, Cagnenaux à Colombey ; formes diverses du v. fr. coi' 
ffnely petit coin. 

GiifaUes, voir Cuve. 

Gugnerens, ham. de Vuadens, Frib., CanerenSy xii^s., Donat. 
Haut., Arch. Fr. VI = chez les descendants de Cunhariy n. pr. 
germain, de Cuno^ hardi, et hari^ guerrier. 

Gugny, loc. à Granges près Payerne et à Bardonnex, Genève ; 
pourrait se rattacher à coin, comme Gunay, voir Guénet, mais il 



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126 CUGY — CULLY 

nous semble plutôt dérivé d'an n. pr. Jabainville, p. 173, cite en 
Gaule un Cunnacum qui viendrait du nom d'homme i^^ulois Con- 
nos. Un gentilice * Connias formé sur ce nom donnerait Con- 
niacam ou Cunniacum qui deviendrait rég^ulièrement Cugny, 
donc : domaine de * Connius. 

Cugy, Fribourg", villa Cuzziaco, 968, et Cubiz(zsca, 1079, M. 
R, VI, 4 et VII, 4, Cabizaca, 1080, M. R. VII, 4, Cuzeiy |ii42, 
Cart. Month. 5, Cazzie^ 1228, M. R. VI, Cugie, 1280, Cart. 
Month., Cuziey i233, F. R. II, 129, Cubiez y i254, Cugie, i34it 
et Vaud, Ctf*i, 11 47, Cart. Month. 11, Cuzie, 1142, Cugiez, 
1174, Cuzeyy 1182, Cart. Month. ; Cagie, i4i6 ; de Cupidiacum 
{fundum)y domaine d'un Cupidius, gentilice romain (De Vit). 

D'après Hisely, Comtes de Genevois (Mém. Inst. G. II, 40), dans la 
mention villa Cuziaco, au lieu de in comitatu Warasco, il faut lire in 
comîtatu Waldensi. 

Guland, sommet et pâturage à Ormont-dessus, Galant, sommet 
à Rossinièrcs, Calant en Oiz, i238, M. R. VI, 648, Culat, ham. 
et Culet, sommet à Champérj, loc. à Troistorrents, Port- Valais et 
Nyon ; la Gulaye ou Culée à Motiers-Travers ; les Cullayes, D. 
Oron, Culaes, i359; Culayes, ham. de Rougemont, en la Cul- 
leyte à Chessel : endroits reculés, dérivé de cul, souvent em- 
ployé pour désigner le fond d'un vallon fermé : Beaucul sur 01- 
lon et Montreux, Cul du Nozon à Vaulion, — de la Golaz à Yvo- 
nand, — des Roches au Locle, encore en i8o4 dans les Etrennes 
helvétiennes de i8o4 ; aujourd'hui Col, — du Vent, carte Merveil- 
leux, aujourd'hui Creux, etc. 

CuUiairy, ham. de Sainte-Croix, dans une combe au S. du vil- 
lage ; probablement le môme que le s. cuillère, « du latin coch- 
learey de cochlea, par comparaison avec la coquille du limaçon. >► 
Littré. Le CuiUerey, loc. à Courtépin, Lac, Fribourg ; c'est la 
même métaphore que Conche de coucha. 

Cully, D. Lavaux, Culliacum, Culliez, Cusliacum, iibk, Ma- 
tile, Hidber, II (le Dict. hist. Vaud dit Custiacum), Culiacum, 
1179, M. R. VII, Cullie, 1223, Cullye, 1276, Cart. Month., Cu- 
lye, i383, Arch. Schw. XIII. D'après l'inscription Libero Patri 



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CUQUERÊnS — DAILLY 127 

Cocliensi trouvée à Saint-Prex, 1774» — si elle se rapporte à 
Gullj, comme on le croit généralement, — le nom primitif serait 
Cocliacumy propriété d'un CocliuSy g'entilice dérivé du surnom 
Coclias. De Vit, II, 368. 

Cuquerens, ham. de Bulle et loc. à La Roche, Coquerens^ 
1277, M. R. XXVII, 67, Coqueririj i4i2, Arch. Fr. III, 117 = 
chez les descendants de Cotthari, n. pr. (^rmain. 

Gurefalte, ruisseau à Ghancy, Genève ; patois fata, poche, 
vide-poche. 

Curson, écart de Grandvaux, D. La vaux, Corsoriy Cursoriy 
i36o, C ourson y i464; et Courson, loc. à Begnins; probable- 
ment, comme les Gourson de France, de CurtiOy dérivé en io, io- 
nis, du gentilice Curtius. 

Cursille ou Gurzille, clos à Aubonne ; ham. de Remauffens, 
Frîb., loc. à Saint^-Prex ; peut-être synonyme de 

Gurtilles ou Courtilles, D. Moudon, Curtilia, 861, Curtilliy 
ii44» Cartiliy 1162, Curtiliacum, M. R. VI, 426 ; ham. de Dar- 
dagny, Genève ; loc. à Ghexbrcs ; du bas latin curtile, jardin, 
dérivé de curtis^ métairie. Courtillet, Curtillet, Pizy» I^a Praz^ 
etc., dim. 

Cuves, ham. de Rossinières, au fond d'un bassin arrondi, 
CuveSy 1271 ; de cuve, s. f., bas latin cupay au fig. pour endroit 
creux ; les Cufattes, pâturage et ham. à Bémont, Jura bernois ; 
de cuve et suffixe jurassien atte = ette : plusieurs creux en cu- 
vette dans le pâturage. 

Daillens, D. Gossonay, Daliens vers 600, villa Dalletis vers 
iioo, M. R. III, DalenSy 1182, 1282, DalleinSy 1288, Dallyens, 
i344, Matile, Dalliens, i358, M. R. V, 869, — 20 ham. de Bot- 
tens, D. Echallens = chez les descendants de Dallo, n. pr. ger- 
main parent du gothique deall, illustre, superbe. Les formes an- 
ciennes ne permettent pas d'y voir le nom Dahsilo que suppose le 
nom allemand Dachslingen qui date probablement de la conquête 
bernoise ; voir Stadelmann, 10 1. 

Dailly, Leysin, Ayent et Sembrancher ; Daillet, ham. à Grône, 



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128 DALA — DARBON 

Valais, Dalletum, i2i5; Dailly à Morcles, Grattayache ; Daily 
k Vuadens ; Dalley à Lutry ; Daillay, Roche et Ligpnerolies, 
Dalle tis vers i loo ; Dailler à Château-d*Œx et Sion ; es Dail- 
1ères à Tartegnios et Bellerive, collectifs divers = bob de dailles. 
Le simple aux, es Dailles est très fréquent ; autres orthographes: 
Dallaz à Yillars-SaÎQte-Croiz, Dalles à Bagnes ; Dayes à Mon- 
they ; diminutifs : Daillon à Conthey (en patois Dadon), Dallon^ 
1267; Daillettes à Fribourg et Viilarlod, etc.; un Dallie à 
Agarn, un Dalliez à Louèche, i42i, Dalje à Albinen ; daille, 
nom romand du pin sylvestre, dérivé comme Tall. suisse dàhle, 
d'une racine commune sans doute celtique. 

Dala, rivière près Louèche, Dala^ i332. Dans Tantiquité, Dali^ 
terni, habitants des environs de la Dala. Holder, 12 16 ; nom pro- 
bablement celtique. 

Damphreux, D. Porrentruy, eccl. de Domno Friolo, ii4o, 
Damfriolj 1161, Dunfriol, 11 78, Damphriol, i255, etc. = 
Dominas (saint) Ferreoly patron de Téglise. 

Damvant, D. Porrentruy, Danval et Dampna Walle, i346, 
Dampvanty 1288, Dampvalx, 1476 ; de domina (sanctaî) Wala 
ou Wallia, Fôrstm., p. 1281, donne les deux noms de femme 
Wala et Wallia. 

Darbapara, pointe, alpes de Gryon ; de pare^ latin paries^ 
paroi et darbé, Darbélaz, ham. de Salins près Sion, Darballaz, 
vignes à Saint-Maurice, Derbélaz, bois à Ormontrdessus ; dim. 
Darbelenaz, loc. à Hérémence, Darbeline, loc. alpes de Ley- 
tron ; Derbally à Sales ; les Derbalys, écart de Bossonens, Fri- 
bourg* ; Darbagnon, forêt et chalets au Sanetsch ; Derbé Sau- 
dan, pAturaisç^à Ormont-dessus, en Derby, forêt, Saint-Gingolph, 
Derbis^ bois à Maracon, et probablement Derborenee, alpe de 
Conthey ; de darbiy darbé, nom patois du sapin, employé surtout 
en Savoie, derbi aux Ormonts. Dans la Veveyse fribourgeoise, 
derbi, un jeune sapin qui a séché. Holder et Zeuss citent un mot 
celtique darbiy derbi qui désigne différents arbres, entre autres 
une espèce de pin. 

DarboQ ou Derbon, vallon sur Ardon, pAturage Ormont-des- 



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DARD — DAUDES 129 

SUS ; Darboneire, alpe et g-lacier, vallée d'Hérémence, Valais ; 
de derbortj taupe, et derboneire^ taupinière. De la vallée on ne 
voit que la moraine du g^lacier de Derboneire, toute semblable à 
une ^gantesque taupinière. 

Le Dard, ruisseau à Ormont-dessus ; autre sous Chamossaire, 
affluent de la Grande-Eau ; un 3« à Rougemont ; cascade du No- 
zon sous Croj ; es Dards, à Vérossaz ; diminutif : le Dardet à 
Ormont-dessus ; figures, par allusion au cours rapide, aux nom- 
breuses cascades ; le Creux des Dardeys, forêt sur Chamossaire, 
collectif. Pierredar, aux Ormonts, composé ; voir ce mot. 

Dardagny, Genève, villa Dardaniaco vers iioo, M. G. I, i48, 
DardaniCy 1298, Dardagnier^ i3o5, 1821 ={praedium) Dar- 
daniacurriy domaine d*un Dardanius^ dérivé du surnom (co§^o- 
men) Dardanus. De Vit, II, 564- 

Dardens, ham. près Bulle, Dardens^ 1293, i33o, Dardiriy 
carte vaudoise, correspond au n. de lieu Tarodingin cité par 
Fôrstm. ^= chez les descendants d'un Germain Tarod. 

Es Dares, loc. à Ëpesses ; es Darenches, vignes au Mont sur 
Rolle ; peut-être du celtique dar^ kymri dar^ irlandais dair^ 
chêne. Les noms celtiques d'arbres n'ont pas complètement dis- 
paru devant les noms latins ; verne (guern) a prévalu sur aune, 
sapin (sap) sur abies, darb (pin) et tann (chêne) ont laissé aussi 
des traces. 

Damona ou Damonnaz, ham. sur Sierre, Darnona, 1267, 
Dernoney cadastre de Venthone ; paraît dériver d'un n. d'homme^ 
avec le suffixe gaulois ona, 

Darrey ou Darreî, nombr. loc. Alpes valaisannes, désignant 
des parties reculées des vallons ; du latin de reirOy patois cfarr^i, 
provençal dareire, f. derrière. 

Daucher, n. f. de Tûscherz sur le lac de Bienne, Tusschiers 
vers 1280, Tuschersy 1267, Taschiers, 1288, F. B. II, 66, 683, 
III, 453. Nom sans doute d'origine romande, village germanisé 
dès le XIII® s. avec Douanne (voir Zimmerli, p. 42). 

Daudes, m. à Lentigny, Frib. et Château-d'Œx ; la Daudaz 
(pron. Daouda) à Grandvillard, en la Daouda, m. à Charmey, 

M. D. SBC SÉaiE^ TOME VU ^ T 

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130 DAUSAZ — - DELAISES 

en la Dodaz, loc. à Oiion, Doudes^ loc, prés et jardins à Mollens, 
Valais; probablement d'un nom propre germanique comme 
DaldOy Dalda, 

La Dausaz, ferme aux Tavernes^ Z)o«a, ii54^ 1162, Dousa, 
1181, 1278, Cart. Haut-Crôt, M. R. XII. — Une loc. la Dousaz, 
alpe de Lens ? 

Davlaz, ham. de Massongex, Valais, DaviaSy i3i6 ; de (villaSy 
casas) DaviaSy du gentilicc *DaviuSydn cogn. DavuSy comme 
Granias de Granius. 

Le Day, chute de TOrbe et hameau près Vallorbe ; gorges du 
Day, au-dessus de Pissevache, Valais; Jeur^ay, ham. d'Isé- 
rables, Valais. On dit du dai pour brancha^ de sapin, en celtique 
dail, feuillage ; y aurait-il quelque rapport, et Jeur-day signi- 
fierait-il la forêt de sapin ? Voir Daille. 

Dazelet, vigne de Fontaine-André, Neuchâtel, et Dazenet, 
quartier du Locle, autres formes de Dézaley ; Dasalay en 11 54 ; 
voir ce mot, le second avec permutation 1-n. 

]>egottiao, le — , bois à Château-d'Œx ; forêt en pente rapide, 
avec des sources, ou Teau descend de rochers en rochers = dé- 
gouttoir, suffixe patois iau, comme Lanciau, Nanciau. 

Delémont, n. fr. Laimunt, 1181, vico Delemonte, 728, Hid- 
ber, I, 4, Deleymonty 1289, 1267, Delémont^ i3i8 ; n. ail. TelS" 
berffy ii3i, Thalesberc, 1161, Talesperc, 11 84, Telisberc, TelS" 
perffj 1234, i343, aujourd'hui Delsberg ; construction germa- 
nique (comme la plupart des noms voisins du Jura en court et 
velier) = mont de Dello, Tello, n. pr. germain. 

Es Delaises, Ecublens, Cheseaux, Praz, Frib. ; Delèze, Marti- 
gny, Cudrefin, Noville, Ollon, Delleyzy, 1426 ; Delèse, Pâquier, 
et dim. Delezettes, Enney, etc. ; Dellèges, Torny-le-Grand ; / 
permute avec r et n : Derèse à Borrex, es Denèzes, Chesalles 
sur Moudon ; la Tereisi, orth. allemande, à Miège près Sierre ; 
contracté dans aux Draîses à Peseux et Draize, loc. à Neuchâtel. 
Mot fréquent dans les chartes : un rivum deDerasiis^ Ependesou 
Marljy Xll^ s.y Deraysi à Sierre, 1281, Dereysy^ 1299, la De- 
reysi à Bramois, 1260, Deresy, 1876 ; une Deraise près des Fa- 



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DBLLEY — DBNBZY 131 

verges, Lavanx, laôo, en la Derayse, Ependes, Frib., 1278, à 
Auvernier, laSo, Duraise au Landeron, 1378. Nom commun qui 
désigne une clef de haie, barrière. Ce mot se retrouve en patois 
savoyard : daraise^ grille en bois ou en fer entre la nef et le 
chœur, daresia dans les chartes : Episcopus ordinavit quod fiant 
daresiae in introitu chori i458. Doc. Acad. royale de Savoie, II. 
Nous pensions à le rapprocher du celtique : comique dele^ an- 
tenne, breton dele^ Léon delez^ vergue. Le mot employé dans le 
Léon delez est exactement le nôtre, mais M. Bonnard nous fait 
observer que « le r est dans les textes les plus anciens, il est donc 
probable que c'est r-/, non l'inverse. » Toutefois on pourrait en- 
core admettre une permutation plus ancienne i-r: il y a des 
exemples de ces balancements entre les deux liquides. 

Delley, D. Broyé, Frib., Deler^ i342, 43, pas de formes plus 
anciennes ; peut-être un (fundum) Delliacumj domaine d'un 
DelliuSy gentilice romain. Kuenlin y rapporte un DalenSf 1282. 
Ce serait une transformation curieuse : Dalens a une origine ger- 
manique très nette = chez les descendants de Dalo, DelOy n. pr. 
germain, parent du v. gothique deall^ illustre, superbe. Peut-être 
la forme actuelle serait-elle due à une latinisation du n. germain 
Delo, transformé en Dellius. 

Demoret, D. Yverdon, Don/nor0«, ii54, Cart. Month., Db" 
moreSy 1217, Donat. Haut., DummoreSy 1228, M. R. VI, DemO' 
rety 1453. Il y a probablement dans Don, Dum, la contraction de 
domnus, comme dans Dunfriol (Damphreux) = domnus Ferreo- 
lus, et dans mores un n. pr. de la racine Mon ou Maur^ comme 
dans Cormoret. 

Denens, D. Morges, Disnens, ioo5, 1177, M. 6. XIV et II, 
DignenSy 1220, i332, DigneinSy 1228, DynenSy i453 = chez les 
descendants de Deno, Dino, n. pr. germain. Fôrstm., 33 1, 335. 

Deneyriaz, vallon et ruisseau derrière le Chasseron ; sans 
doute du n. pr. de famille qui, sous ses différentes formes, Deney- 
riaz, Dénéréaz, Denoréaz, vient de Noréaz, noerea, noyeraie. 

Denezy, Moudon, villare DonaciacOy 929, M. R. VI, 232, 
Danesie, Donasieiy xii« s., Arch. Fr. VI, Daniseiy 1142, M. F. 

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132 DENGES — DÉRUPAZ 

II, i&y Donesie, ii&^, Danusiacum, 1178, Dan^sie, 1188, Hid- 
ber, II, Deneisie, 1228, DanaisiSy xiii® s., M. R. VI, Denisiez^ 
1453, Dinisiez, i555, etc. =(/undum) Donatiacam, domaine 
d'un DonatiaSf gentilice romain. 

Denges, D. Morges, villa DallingiSj 964, M. R. VI, les 
Denffes, 1 164, M. G. IV, 78, Denges, ii84, Hidber, II, les Denges 
à £cublens et Villangeaux, Fribourç = chez les descendants de 
Dallo, n. pr. g^ermain. 

Les Dentaux, découpure de l'arête de Sonchaux et les Dentaux 
de Naye, rochers de l'arête au N.-E. de Naye, alpes de Montreux ; 
3* pâturage à chèvres, alpes de Dorenaz, Valais, sous les rochers 
des Gorges. Devrait s'écrire denleau, autre forme de dentel, 
provençal dentelh, créneau, ital. dentello, même sens, dont den- 
telle est la forme féminine ; les dentaux sont des dentelles de ro- 
cher. 

Le Déquemanliau, loc. à Ormont-dessus ; le Déquemanlieux 
k Champéry ; l'Ecoumandons à Rougemont ; endroit où l'on en- 
lève les kemanlété ou coumandétéy coins à boucle qui ont servi à 
traîner à plat sur la neige des billes de sapin pour les dévaler en- 
suite jusqu'à un nouveau replat. L'Eneoumaillaux, vallon de 
Culand, Ormont-dessus ; lieu où l'on plante le coin de fer, la ke- 
niaalite, en tête d'une bille pour la traîner sur la neige. (Etj- 
mologie fournie par M. Isabel.) 

Deraise, voir Delaise. 

1>erbonnaz, prairies à Corcelles ; où abondent las derbons, les 
taupes. 

Dérocheox, ruiss. à Gortaillod ; Déroehia, torrent à Géronde, 
Valais ; Bey Dérochai, Ormont-dessus ; Dérolchia^ alpe à Port- 
Valois, Dérochiaz, loc. à Pizy, Dérotcheux, rocher à Bex, Dé- 
rozisses à Conthey ; du préfixe dé et roche = précipice, éboule- 
ment, torrent qui ravine. 

Dersence, Derzence ou Epzenze(ts), rivière, affl. de la Liène 
ou Rière, Valais, descendant du vallon d'Ers ou de Ders (soudure 
de k préposition) ; pour Ers, voir Erse. 

Dérupaz, loc. à Montherod et ailleurs, dérape ^ s. m., en pa- 

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DÉSÀLEir — DÉVODIO 133 

lois ; du V. f. desrap = précipice^ ravin ; « se rattachant à un 
verbe disrupare^ dérivé de rupesy roche. > (Bonnard.) 

Désaley ou Dézaley, ioc. à Lavaux, Dasalay et Daisiloi^ 
itb/^, DasUuy^ ii84, Desaley^ i363, etc., une lo*' d'autres à 
Vouvry (Désalajs), Aigle, Yvorne, Corbejrier, Ghessei, Noville, 
Genthody Bière, Crissier, Posieux, Grang^ette et Villars sur Glane, 
Fribourg ; de taxo^ ail. dachse^ tasson, blaireau, et du bas latin 
leyUy laiUy forêt, fourré ; fourré où abondent les tassons. 

Desotossy, Ioc. à Conthej = dessous le Sex. 

Deute, plus. ham. du Jura bernois, à Delémont, Noirmont, La 
Chaux, à Péry ; deuie est le nom jurassien d'une variété de roche 
calcaire, connue par les géologues sous le nom de dalle nacrée, 
pierre calcaréo-siliceuse, composée de débris d'encrines et de bryo- 
zoaires ; origine inconnue. 

Develîep, D. Porrentruy, ail. Dietwiler, Divilier^ 1 139-1329, 
Tiiewilre, ii84 = village de DietOy n. pr. germain (= Talle- 
mand). 

Devens, Devent, Devin, plus, hameaux, nombreux bois et 
pAturages, que le seigneur avait mis à ban, en dé/enSy où il était 
défendu de couper du bois et de pâturer : (nemora), que sunt de 
usamentis et que sunt endevein ad pascendum porcos et faciendas 
domus, etc., M. R. VI, 326 ; Deveng ou Tevent à Sierre et 
Deweng, à Albineu, formes germanisées. Devinchct à Thier- 
rens, diminutif ; Défenel, petite forêt, près du lac Lioson, Or- 
mont, nous paraît également un diminutif de défens^ du latin de- 
fensus : « Le provençal a la forme féminine devesa^ représentant 
defe(n)sa. » (Bonnard.) 

Es Déviets, champs à Sainte-Croix ; le v. f. a déoié^ s. m. 
(Godefroy), lieu interdit. Déviet est très probablement une autre 
orthographe de ce mot, pour désigner des champs où le parcours 
était interdit. 

Au Dévodio, Ioc. à Lussery, D. Cossonay. M. Isabel en rap- 
proche le patois dévouedyaô, s. m., dévidoir. Y aurait- il eu là sur 
quelque sentier, pour arrêter le bétail, un tourniquet, qu'on au- 
rait comparé à un dévidoir ? 

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134 DIAZ — DIRLARET 

La Diaz, i» ruiss., affl. de rArnon ; 2® ruisseau de la Lance, près 
Concise ; 3^ une dos sources de TOrbe ; 4^ affl. du Nozon ; 5<> cha- 
lets près du torrent d'Ayeme, Ormont-dessus. — La Dlez^ pr. rfi, 
alpe d'Ayent, Valais, nombreuses sources, Diez^ 1428 ; les Dix, 
vallée supérieure d'Hérémence, aux nombreux ruisseaux, enDies^ 
laSg, les Dies, xiv» s., Dyes, i456 ; Solady, chalets sur les 
sources de la Baye de Montreux. C'est le même mot que les 5 Dee 
d*Ang^leterre et d'Irlande, les 6 Diues de France, la Dais, affl. du 
Loir, les Deba et Deva d'Espagne ; de deaj deoa, dia^ diva^ 
deioa, f. de deioos (latin divas) ^ mot celtique désignant propre- 
ment la nymphe déesse de la source ou du fleuve, puis la source 
elle-même. De là encore les 4 Divone ou Divonne, l'une à notre 
frontière, près Coppet. — La racine deivo^ divo se réduit souvent 
à dio. Holder, p. ia85, a 17 mots avec la racine dio. Renan a 
employé divonne comme n. commun ; « La charmante vallée de 
Tremeur, arrosée par une ancienne divonne ou fontaine sacrée 
que le christianisme sanctifia en y rattachant le culte de la Vierg'e. » 
Cité par Littré, Suppl. 

Diesse, D. Neuveville, Berne, ail. Tess, Diesse^ 1178, iai8, 
villa Thesso, 1182, Thesse, Tesson, ii85, \2,i\ , Diesson, ng^» 
Diessit 1200, Diessy, ^^k% etc., Matile et F. B. ; du n. pr. ger- 
main Tiezo. 

Dieite, Dieux, voir Giète, Joux, 

Dlme, Grange du — à Avenches, à Aigle et plus, autres loc. ; 
au Dixme, m. à Trélex ; endroit où Ton serrait la dime, patois le 
dimOy perçue sur les récoltes ; dixme est s. m. dans tout le centre 
de la France. 

Diogne, loc. à Lens, Valais, Diogni, 1228, Dyogni, i243, 
Diogny, 1259, M. R. XXIX et XXX ; Yogne carte Siegfried. 

DioIIy ou Tioly, loc. près Sîon, Dioles^ iioo, i233. 

Dirlaret, n. f. de Rechthalten, D. Singine, Fribourg, Dreit- 
laris, xii» s., Drallaris, 1142, M. F. II, 220, Recto clivoy 1173, 
Arch. Fr. VI, 1189, M. R. XXII, 22, Dretlaris, 1216, 17, M. F. 
IV, io4, io5, Dreclarisy 1228, M. R. VI, 24. De dreit, droit, et 
du V. f. larisy larris, lande, bruyère, terre en friche ; le n. ail. 



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DIZY — DONATYRE 135 

Rechlhaltony 1260, F. B. Il, 3a4> recht^ droit, et halde, pente, et 
le latin rectum clivum ont le même sens ; Tétymologie de Gatschet, 
directo latere^ adoptée par Stader et Zimmerli, est fantaisiste. 

Dizy, D. Cossonay, villa Discidis, 969, g65, Hidber, II, Bisy, 
xi«s., Disiy 1221, Dysie et Dysiy 1228, M. R. III, 549, et VI, 
592, Dysy, 1285, Disis, 1299, M. G. XIV, Dyssiy i3ii, Dyai^ 
i336, Matile, Disiaco, bulle de Clément VI (i342-i352), Arch. 
Schw. Gesch. XIII^ 261. Un autre, loc. à Saint-Prex. Comme les 
Dizy de France, de Disciacam (prsedium), corruption d'après Ju- 
bainville de Deciacum (p. 227), propriété d*un Decius^ g^entilice 
romain. Disciacum perd le c de bonne heure : Disiacus, 672, 907^ 
Dizy (Marne). Quant à Discidis, il a Tair d'un patronymique : 
chez les Discides, les descendants de Discius, soit Decius. 

Doge, voir Douve. 

Dole, sommet du Jura, DolaZy 1628 ; du celtique dol^ table, à 
cause de son sommet aplati ; de même Sur la DôIe ou Dolle à 
Gilly, la Dola, 12 16 ; la Dola (Dollaz), maisons à Pont-la-Ville, 
la Dollaz à Vuadens. C'est sans doute à la même racine que se 
rattachent l'adjectif 

Dolent, Mont — , au fond du val Ferret, Valais, et 

Dolln, Mont — , au fond du val d'Arolla, Valcûs. Voir aussi 
Champdolent. 

Dom, au conmiencement d'un nom de village, vient du latin 
dominas^ seigneur, et précède un nom de saint, celui auquel 
l'église du village était consacrée : Dommartln, DomnomartinOy 
ii5o, Donmartin, i2o3, M. R. VI, i38, Dompnum Mariinum^ 
i3 14> Domdidier, Z>on/io Desiderio^ 1180, Dundedier^ i2i5, 
DongncMliderio^ 1267, WOrstb., voir Saint^Didier ; Domplerre, 
Domno PetrOy iilfiyDonperro^ 1228, s'expliquent d'eux-mêmes. 
D'autres sont moins faciles : Dombresson, Dombrecon^ Dam- 
brizuriy 11 79, Domhrexon^ 1191» Domnus Bricius, 1228, Don' 
bressan^ 1267 = Saini-Brice. 

Donatyre, Donnatieri, 1228, M. R. VI, Domna Thecla^ i343, 
Donatierey i453 = Dame ou sainte Thècle^ martyre du i«'s., 
fête le 23 sept. 



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136 DONNELOYE — DORBEN 

Donneloye, Donelui^ 1142, Donna Lai, xii« s., Arch. Fr. VI, 
Domnolui, 1157, Donneluy et Donneloia^ 1174, DomnelaiUy 
1177, Donnelue, 1177, DoneHua^ 1214, M. R. VI, io3, Donna- 
lui/y 1280, Dogne Eluye, 1280, M. R. VI, puis Domnoloia^ 
Dompneloyey 1428, i458 = Dame ou sainte Luce ou Lucie, 
V. et m. -j- 8o4, fête le 18 déc. ; pas saint Louis comme le sup- 
pose Hiseiy, M. R. XII, 244» et comme Ta dit Gatschet, saint 
Louis étant mort en 1270 et canonisé en 1297, ni saint Lucius 
(Gatschet), les formes Donne, Donna indiquent qu'il s'agit d'une 
sainte. Quant à Studer, il le dérive, sans sourciller, « de Jean- 
Philippe Lojs de Villardin, » qui vivait en 1662 ! Pour Damvant 
et Damphreux, voir ces mots. 

Dôme, nom de quelques montagnes : le Dôme du Goûter, le 
Dom des Mischabel ; du celte douma , sommité. Holder, duma. 

Dominge, Champ — à Ollon, Praz Domengeoz à Lejsin, Bois 
Dominge à Villars-les-Moines ; Pré Dominge à Gonstantine ; 
Praz Domingeoz à Vuadens et Cutrevj ; Praz Dominjoz à Vaul- 
ruz, Champ de Menche (pour Demenche) à Bex ; du latin domi» 
nicuSy du seigneur = champ, pré, bois du seigneur. En 1244 un 
pratum Domenge à Dullit. 

Donchire, m. à Rue, crèt à Dompierre, Frib. ; loc. à Chesalles- 
Moudon, Saint-Saphorin, Morgcs ; Donchires à Ferreyre et Ar- 
nex-Orbe, celle-ci en face de Sur-Ic-Ghâteau dont elle n'est sépa- 
rée que par la route ; Donchîère, h. à Ursy, m. à Chavannes- 
les-Forts, Donlzii*e, ham. à Praz, Sarine ; en Donchère, champs 
à Bagnes. Point de forme ancienne de cette famille assez nom- 
breuse (10 loc.) ; de (terras) dominicariaSy du bas latin domini* 
cariuSy syn. de dominicus, les terres du seig'neur (comme jon- 
chière, jontziro, de juncaria). 

Donne, Clos — , m. à Ecoteaux, D. Oron = clos de la dame. 

Donroiix, Clos — à Monlhey, es prez Domprod, 1696; de 
doniy dominas, seigneur, Rod, Rodolphe. 

Donzel, Champ — à Cronay = champ (du) donzelf de domi- 
cellus, du seigneur. 

Dorben, ham. sur Louèche, alpis de DorbiniSy i25o, Dorbons, 



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DORCHAUX — DOUBS 137 

1267, Dorbonfff 1822 ; identifié par erreur, par M. Gremaud, 
avec le Daubenhorn. DorbonSy 1217, Furrer, III, 55, Dorbens, 
1221, Dorbiy i25o. Dorbeyns^ i25o, est aussi le nom ancien de 
Dorbain, vallon qui se creuse entre Chandolin de Savièse et la 
colline de la Soie ; peut-être faut-il y voir la racine celtique darbiy 
espèce de pin ; voir Darbellaz. On peut en rapprocher le nom de 
Tôpbel près Vièye, Dorbia^ iioo, puis TorbiOy Torbi, xiii« s., 
Torbi/, et enfin Torbil, i4i8, Tôrbil, lASg. 

Dorchaux, sommet à Ormont-dessous ; du celte dor, sommet ? 

Dorenaz, commune, D. Saint-Maurice, Dorone, 848-853 ; d Câ- 
pres ce texte « desertum Alpinonis (Arbig'non) a flumine Aquams- 
soni (Avançon de Mordes) usque ad frontem Dorone, » M. F. IV, 
356, Doronaz, 1 768 ; Dopenaz, pâturage élevé à Château-d'Œx ; 
loc. à Randogne, D. Sierre ; sans doute même racine e/o/*, som- 
mité. 

Dorigny, loc. près Lausanne. Les formes anciennes manquent, 
mais le suffixe indique un nom en iacum : Doriniacum^ domaine 
d'un DoriniuSy dérivé de Tadj. Dorius, comme les Torigny de 
France de Taurinius. 

Dos, nom, fréquent dans le Jura bernois, de larges croupes : 
Dos Val, Dos le Gras (le Crêt), Dos le Dos, Genevez, Domoni, 
ham. de Souice, etc. = dos du val, du crêt, du bois, du mont. 
Dozepce, fermes près Moutier = dos de l'Erse (forêt). C'est l'an- 
cien génitif français, sans préposition. M. le prof. Bonnard (in 
litt.) y voit « plutôt le même mot que le français dès. Littré donne 
dos comme forme bourguignonne de dès. Or tous ces lieux sont 
dans le Jura bernois. » 

Douanne, D. Nidau, ail. Twann, Tuana, ii36, Z)uana, ii85, 
F. B. I, 1228, 1252, Duan, i2i3, Tuanna, 1225, i235. Tu- 
wanno, 1237, F. B. II, 2, Duanne, i255, 1274, etc. D'après 
Studer, de duana, douane, étymologie contredite par les formes 
primitives allemandes ; origine inconnue. 

Doubs, Dubis des auteurs latins, aussi Daba, Dova^ Davius, 
Doois ; d'après Zeuss et Holder, d'une racine celtique, vieux hi- 
bemien duby noir, encre ; gaélique dubh^ cambrien et armoricain 



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138 DOUVE — DOY 

du (dou), noir ; l'étymoiogie de dubius, douteux, à cause de la di- 
rection incertaine de son cours, est une plaisanterie. 

Douve, et dim. Doovette, vallécules rocheuses à Chàteau- 
d'Œx, loc. à Albeuve ; les Douves, bois à Versoix ; la Douvaz, 
Aigle^ Villars-Burquin ; la Deovaz à Orsières ; la Dova Blanche, 
glacier, vall. d'Hérens ; la Doge à Goppet et Tour-de-Peilz ; la 
Doza au Val Ferret (g-z) ; du bas latin dovay latin doga^ fr. 
douoe^ dépression du sol * ; en allemand suisse dauhe, d'où Dau- 
benhorriy Daubensee à la Gemmi. Ce mot doga^ doha (Ducange) 
peut être aussi en partie Torigine du mot suivant Doy. 

Dovalles, pâturage à Neirivue, Fribourg ; diminutif pluriel de 
douve, combe, vallécule^ avec suffixe aile comme Comballaz de 
combe, donc les petites combes ; le v. f. a le masc. dovau (Gode- 
froy). - 

Doy, Doye. Il y avait à Genève une rue et une porte de la 
Doye, 1493, et une ordonnance de 1629 dit « on grillera les 
doyes (égouts) pour la sûreté de la ville. 9 M. G. VII, 298. La 
Doy, Aîgue-Doy à Bassins, la Doye, autre nom du Grenier, bras 
de la Versoix qui passe à Coppet, Doyes, loc. aux sources du To- 
leure à Bière ; la Doiz, ancien nom (i3i2) de la DiaZy ruisseau 
de la Lance près Concise, la Doux, une des sources de TAreuse, 
Neuchàtel ; la Doa, ruisseaux à Courchapoix et à Courtetelle ; — 
peut-être es Doux, pâturage aux Ormonts ; — la Doye ou Doix, 
ham. de Vérossaz, où jaillit la source de la Rogneuse, la Duey, 
xviiF s. ; les Fontaines de Dooay, nombreuses sources jaillissant 
du rocher, alpes de Gollonge, Valais ; Vers la Doy à Corbey- 
rier, en la Dœy à Bex ; la Douay, ham. d 'Orsières ; la Dui, alpe 
au Sanetsch, nombreuses et belles sources sortant d'une paroi de 
rochers ; probablement aussi En la Dey, ham. d'Arconciel, Frib. 
Ces mots dérivent peut-être en partie de doga, voir plus haut ; la 
plupart du v. f. dois^ s. m., doity m. et f., doie, s. f., conduite 
d'eau, ruisseau, du latin ducere. 



1 Une autre forme est les Douyes, couloir rocheux sur Port-Valais (par 
chute du jç remplacé par y). 



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DOZERCE — DRÔNE 439 

Dozerce, fermes à Moutier, Berne ; de Dos-Erse, dos de TErse, 
forôt voisine, voir ces mots. 

Draey ou Drassy, loc. à Saint-Prex, ancien village détruit ; 
villa DracianOy 886, villa DraciacOy 885, Drassie sans date 
vers i2i5, M. R. VI, 275, 289 = villa, ferme d'un Dracias. 

Drahen, torrent, affluent de la Sionne ; de draconem^ dragon 
(permutation c-h)y à cause de son cours impétueux, aux crues su- 
bites. Holder et De Vit mentionnent un DrahonuSt affl. de la 
Moselle, aujourd'hui le Drohn, que Zeuss explique par fleuve épir 
neux, c'est-à-dire entouré d'épines. Il y a un autre Draco, au pied 
du Vésuve. Ce nom est fréquent : il y a 3 Dragone, ruisseaux, 
et une Dragonata, dans le Tessin ; de même le Drac, rivière du 
Dauphiné, jadis Drao. 

Draize, voir Delaise. 

Dranse ou Drance, Dranciy 972, nom de trois rivières du Va- 
lais et d'un ruisseau alpes de Finhaut ; comme la Dranse du Cha- 
blais, Druentia, puis Drancia, même origine que la Durance de 
France, Druentia, de la racine celtique (ligurienne d'après Jubcdn- 
ville, draent, draanty rapide, violent = la rapide, la violente, 
d'où le subst. drun, torrent, rivière. 

Drapel, ham. sur Aigle ; du v. f. drapel, petit drap, encore en 
usage au sens de lange, pris au fig. pour petite prairie au milieu 
des bois et des rochers. 

Drize, ruisseau C. de Genève; même racine celtique que 
Dranse. 

Drognens, ham. de Siviriez et de Sorens, Frib., Droynens^ 
1755 = chez les descendants de Drogo^ n. pr. germ. connu chez 
nous : un Drogo de Gossonay était un des témoins d'un acte de 
1142, M. R. XVIII, 6 ; un Drogo paraît en 906, M. R. VI, 97, 
etc. 

Drône, de la racine celtique rfran, torrent, rivière. Ce nom, dit 
A. de Rochas dans Y Année géographique^ est si fréquent dans 
le centre et l'ouest de la France qu'il devient nom commun. Un 
enfant accompagnant un jour Onésime Reclus s'écriait à la vue 
d'une rivière : 4( Ah I la belle dronne !» De là chez nous les noms de 



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140 DRÔNE — DUDES 

Drône, village de Savièse, Valais, Draona^ ii« s., Drona^ 
1 189, près des gorges de la Sionne ; 

Dronaire, alpe du val d'Illiez, très ravinée, parcourue par cinq 
ruisseaux, et aux Dronnaires, loc. à Ollon ; 

Dronaz^ Pointe de — , au Saint-Bernard ; cinq ou six ruisseaux 
en descendent ; enfin Durnant, affl. de la Dranse, Dronnantf 
i346. 

Drousinaz ou Dreusenaz et Drausinaz. deux forêts sur Bex, 
et llratiztnes, Drosina^ i3i5, Drusine, i46/i, pâturages à Or- 
mont-dcssous ; les Droges, pâturage à Lessoc, Gruyère ; de Tall. 
dros, dim* drossli, romanche drossa, aune vert, aune nain, fré- 
quent dans ces localités où il forme de véritables taillis. Le Livre 
des DoFiations d'Hauterive parle d autres localités de ce nom dans 
la Gruyère : on y trouve une alpe Drussina, ii34, Drusina ou 
IJrosina, ii46, îï^S, Drosyne an xiii ® s., aujourd'hui es Bos- 
seyres. (De là, dans les Grisons, les nombreux noms en Dros, 
Drus, comme le Drusen thor, qu'on a voulu dériver de Drusus. 

l>rout/ai, ham. Ormont-dessus ; Drotzu, pâturage à Char- 
mey ; Drolzi àNeirivue, Fribourg; Druchet, mayens disérables. 
Valais ; du patois droatze, droutsche, la patience des Alpes, Ru- 
mex alpin us, si fréquente près des chalets. Au Drotzé ou Dro- 
eliel, m. à Noréaz, Frib. ; en Drochex à Payerne, Drachez à 
Fétigny ; peut-être d'une autre espèce de Rumex. 

Druyos, chalets à Lessoc ; du patois drudje^ drudze, druge 
eu Dayphiné = fumier ; aussi fertilité, abondance. Littré se de- 
mande si on pourrait le rattacher au celtique : kymri drwg, bas 
breton droug, en général ce qui sent mauvais, à cause de Todeur. 

Comme Toseille des Alpes croît dans les endroits ou abonde le 
fumier, il est probable que droutsche vient de drudje. 

Dmgox, ham. de Puidoux, Lavaux, Drugey, I2i5. Peut-être 
de druge. Peut-être aussi du n. germain Drogo, latinisé en Dro^ 
gas, Drtigus, d'où fundum Drugiacum^ domaine de Drugus. 
Drogo csl connu chez nous : par ex. Drogo de Cossonay, M. R. 
V, 2i3, 

Les Dudes, ferme et ancien château ruiné à Mont sur Rolle. 



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DUET — DULIVE 141 

Castrum de Dudo, démantelé probablement en 1 29a ; Es Dudes , 
loc. à Grang-es, Paycrne. Du nom propre germain DudOy Dodo. 
De là aussi le nom de Dûdingen, en fr. Duens, 1228, i453, auj. 
Guin, près Fribourg. Il y avait un Dodon de Vuibroye dans la 
seconde moitié du xii® s.; un autre à Saint-Cierges, ii54- 

Ehiet, alpe d'Ayent, Valais, Duex, i4o8 ; probablement autre 
forme de Douay, Dui, voir Doy. 

Dugny (Dogny dans Lutz, aussi Dunier), ham. de Leytron, Va- 
lais, Dugnyer^ 1824; comme les Dugny de France, de Dunia- 
cam (fundum) = domaine de Dunius (latin), du nom gaulois 
DunioSy homme ; irlandais duin. Un Dunias est nommé dans une 
inscription trowée à Pierre-Pertuis. 

Duilier, D. Rolle ou Duiltier, Cono de Duelliei et de DuelliePy 
1145, Duelliy 1166, M. G. XIV, 6, 10, Dulli, Dullye ii^k, Cart. 
Month.y Daelli, 1224, Doliacunii 1286, Daalliey 1286, Duiliey 
1244, M. R. VI et XII, Dulliacumy i244> Duelie, 1269, Duyllier 
vers 1800, DueliCy i255, M. G. XIV, 84 = (praedium) Dullia- 
cam, domaine d'un Dallius ou d*un Duilius, ce dernier gentilice 
célèbre, le premier connu seulement par une inscription. 

Duin, ruine de château près Bex, Duig^ 1208, Duigno, 1276, 
Daynghy 1280, Duingy xrv® s. D'après Gatschet, du v. h. ail. 
dwingeriy dompter ; correspondant des noms allemands Twingy 
Zwingen ; pour Duig, voir Suen. 

DulUtou Dully, D. Rolle, Délai, 1288, Delaz, 1288, Diluth, 
Deluty 1248 et 1244, M. R. XII, Duluiy 1284, G. de Dulucioy 
1 827, de Z)tt/icio, iS35, Dulut {ou Dalict?), i4o2,Z>a/iC£ttm, i484, 
i499) 6tc. ; le terr. de Délais, dans un acte de vente de vigne 
dressé à Bursins, BrussinSf 1271, pourrait encore être DuUit. Mot 
difficile à résoudre, il faudrait des formes antérieures au xiii^ s. 
Dulicium paraît être une simple latinisation du nom romand. 
Peut^tre est-ce comme Duilier, un dérivé de Dulliacum. 

Dutive, rivière près Rolle, Deluiva, 1272, Duluiva, 1280, Do- 
liva, i385 ; de Délai, Datai, anciens noms de Dullit. (La nota- 
tion Duluyna, Deluina, Dolina, M. R. III, 118 et 45o, et Rég*. 
gen., 476, est une fausse lecture : n pour a-o). 



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142 DURINES -— EGHANOZ 

És Durines, lieu-dit dans le marais de Martigny ; dim. de dur, 
terres uo peu dures soit moins molles que d'autres parties du marais. 

Duroant, voir Drône. 

Duzillet^ ferme de la plaine du Rhône à Ollon, ancienn. Dui* 
sillet, carte Rovéréa, Douzillet à Sierre et Lens, Valais ; Douze- 
liex, loc. aux Thioleyres, D. Oron ; de duzil, douzily diminutif 
de duity à cause des canaux d'écoulement dont le domaine est 
coupé. Le Berrj a aussi dou$ily s. m., petit canal. 

Dzennepi, voir Génépi. 

Au Ilzetiau, ou D'Zetiau, carte topop. vaudoise et atlas Sieg- 
fried, loc. à Blonaj près du Palud ; au ZeUieux, marais à FuUy ; 
au Gittioux, prés à Massongpex et Saint-Maurice ; formes patoises 
correspondant au dzetaiy s. m. du patois du Pajs-d'Enhaut = 
marg^ouillis, bourbier (Bridel), endroits marécageux ; dérive peut- 
être avec le suffixe patois iaux, ieux = oir, du verbe patois dzeti, 
bondir, cabrioler. 

Les Ecasseys» commune D. Glane, Frib., es EscacCy 14^7, 
Dict. Dellion, X, 5o3. On peut en rapprocher les Ecasseyres, loc. 
à Démoret. Y aurait-il quelque parenté avec le verbe escasser, 
rompre» briser ? Ce nom rappelle celui d'une « terra que dicitur 
es cassins, probablement à Crissier, 1227, M. R. VI, 226. 

Echallens, Vaud, Charlens, 114I9 Escharlens, 1177» iiS^, 
EschalleinSy 1279, Echallens, i3i5, M. R. XIV, Echalans^ 
i38i, Echallariy i4i4 ; voir Echarlens. 

Echandens, Vaud, Escannens, 855, M. R. VI, EschagnenSj 
xi« s., SchandenSy 1164, M. G. IV, 78, ScanneinSy ii65, Hid- 
ber, II, 2o5, Schannens, 1177, M. G. II, 89, ScandenSy 1182, 
EschandenSf ii84, Cart. Monih, y l\^i y Escanneins, 121^ y Eschan- 
deinsy i238, Eschangneins, i238, M. R. VI, 659, Eschannens, 
1291, M. R. V, Eschanens, i453 = chez les descendants de 
Scôni (le beau), n. pr. germain. 

Echanoz, maisons à Château-d'Œx ; probablement pour es 
ChanoZy aux Chênes. Il y a encore une localité, le Chêne, à Châ- 
teau-d'Œx. 



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éCHARLENS — ^GHONO 143 

Echarlens, Fribourg (patois Tserlin), Escarliriffus villa. 855, 
M. R, VI, 201, ScarlenSy ii45, M. F. II, 240, Escharleins, 
1225, M. R. VI, 211, EschallenSy 1228, comme Echallens, Vaud 
= chez les descendants de Scarilo, n. pr. germain. 

Aux Echaux è Plan-Ies-Ouates et à Gingîns, en Echaux à 
Bressaucourt, en Proz d*Echaux à Vionnaz, en la Chaudy 1728 ; 
soudure de l'article pour es Chaux ; de calmas, aux champs. 

L'Echerche, le Châble de — à Vionnaz, les Echerches à Vou- 
vry, I*Echerchetaz à Vérossaz, rEeherchettaz, Etzertzetes, pâ- 
turage à Dorenaz, TEtzertze de la Maraltze (du marais) passage 
de Van à Salanfe, alpes de Salvan. M. Gross, de Salvan, définit 
ce dernier mot « escaliers naturels dans le roc. » Si cette définition 
est juste, il faut rattacher à ces mots toute la famille de Cherche, 
p. 84, et chercher Tétymologie dans le patois etzerissi, déchirer, 
etzerissa^ s. f., déchirure, etzér'ssa avec chute du i est bien près 
d'etzertze, qui désignerait ainsi des endroits où le rocher est en- 
taillé, découpé ; TEsserche d'Aigle, limite de Lejsin, présente une 
double série de degrés dans le roc. 

Echerin ou Escherin, ham. sur Lutrj = chez les descendants 
de Eschari^ n. pr. germain ; de Scich et hariy guerrier. 

Les Echessettes, chaîne de rochers découpés à TE. du val Fer- 
ret, Valais ; permutation ch-ss et soudure de es, es Essettes ; voir 
ce mot. 

Echichens, Vaud, CAicAen^, ii3i,M. G. II, 27, Echichen^ 
1177, Eschicheins et Eschichins, 1288, M. R. I, 186 et VI, 3i8 ; 
le même que 

Eehiens ou Eschlens, Fribourg, EschienSy i245, EchichenSy 
1274, M. R. XII, 71 et 290 = chez les descendants de Scich ou 
Scihy n. pr. germain. 

Eehille, EchUly, voir Ghille. 

Eehine, chalet, alpes de Rossiniëre, sur une arête de la mon- 
tagne ; du fr. échine, arête du dos, v. h. ail. skina^ piquant, pa- 
rent du celte cheiriy dos. 

EehoDo, partie du village de Montricher, Chosno, 1202, M. R. 



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144 éCLAGNENS — ÉGORGHERESSES 

VI, i38, EschonoZy 1^28, Eschenoz, xin« s. ; probablement pour 
es ChesnoZy aux Chênes. 

Eclagnens, D. Echallens, Claiffnens, 1219, M. R. III, Kgo, 
Clanenst 1266, Claniens et Clagnens^ 1286, M. R. XIV, et 
Giagnens, loc. à Bretig'njnsur-Morrens := chez les descendants de 
ClanOy n. pr. germain, dont Fôrstmann, SiS, donne le composé 
Clanaheri (hari, heri, guerrier). 

L'Eclataz, nom des champs au-dessous de Mayen de Vionnaz, 
exempts de la dime, nom attribué à une prouesse à la fronde d'un 
J. Muriaux ; « campis in fine de Mayin de leclaitaux,., ab omni 
décima liberis, )► i558, Eclattaiix^ i638, EclatoZj 1728. 

Edépens^ SclepedinguSy 81 5, M. R. VI, 240, Isclapadenes, 
loii, Sclepens, ii47, Cart. Month., Esclepens, 1174, 1278, 
1453, EsclepanSy 1286, M. R. XIV, EsclapeinSy 1825, Matile ; 
d'après Gatschet : chez les descendants de Scaptwalt (le faucon- 
nier), n. pr. germain. 

L'Ecofferie, écart du Chenit^ vient d'une ancienne tannerie ; 
bas latin escofferia^ magasin de cuir. 

Ecogia, ham. près Versoîx, Eccogia au cadastre, villa que di- 
citur Adesgogia (ad Esgogia)^ 1022, Rég, gen., n® 166. 

Les Econduits, lo pâturage, alpes de VoUège; 20 loc. aux 
Bayards, Neuchâtel ; du subst. v. f. éconduiiy du v. éconduire, 
conduire hors = pâturage avec des canaux d'écoulement, comme 
ailleurs le Duzillet, les Bévières ; — S® arête au fond du val Per- 
ret, offrant plusieurs échancrures où l'on peut passer sur le ver- 
sant italien. 

Ecône, grande ferme près Riddes, dite aussi Icône, Econna, 
Eeonaz, Escona, 1820, Esquinia en 1802, quand P. de la Tour 
la vendit au Saint-Bernard = (villa) Esquinia, ferme d*Esqui' 
nias^ n. pr. romain. Icogne (ou Econe) près Lens, Ucogniez et 
Ucogni, 1284, Ucogny, 1260, i865, 1877, Hucogny, 1889, Ha- 
congni/j 1894, a probablement la même origine. On pourrait 
peut-être y rattacher aussi Equonnaz, loc. à Grimisuat. 

Les Ecorcheresses, ham. de Souboz, D. Moutier, Berne ; sans 
doute la même étymologie que l'Ecortchau, loc. au pied du Mo- 



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ÉCORNE — ÉCUVILLENS 145 

léson, Gruyère = Técorchoir, lieu où l'on a jadis abattu ou écop- 
ché du bétail ; voir la légende de Djan dé la BoUiéta, ou « In 
Tsuatzo vé Tremetta, » Etr. frib., 1886. 

Ecorne, ham. d'Evionnaz, Valais, ainsi écrit par la carte Du- 
four, pour es Cornes. 

Les Ecots, bois à Corbeyrier sur des rochers ébouleux, et prés 
au-dessous ; Praz l'Escot à Roche, môme situation sous les ro- 
chers de la Sarse ; participe subst. du v. fr. escorre ou escoarrey 
faire tomber, renverser. 

Ecotleaux ou Ecoteaux^ D. Oron, EscotalSf 11 35, S cotais, 
1187, Costely XII* s., Escotaus, i233, M. R. XII, Escotaz, ia5i, 
Wûrstbg. ; ham. de Martignj-Bourg ; loc. à Saxon et à Rueyres, 
Vaud ; les Ecottis à Vouvry ; Escottaly à Fey ; de èSy dans, sur, 
«t coteaux, v. f. costely dim. de costal côte. 

Ecoulayes, glacier, vallée d*Hérémence, Valais ; Ecoulis, tor- 
rent des —y Entremont, les Ecoulaz, ham. de Ghavannes-les- 
Forts ; loc. à Promasens, Saint-Saphorin, Vufflens-Ie-ChAteau ; du 
verbe écouler. 

Les Ecovets, plateau boisé sur OUon ; les Ecovettes, ham. de 
Porthaux, Frib. ; Ecovayés, pâturage à PAquier ; formés des suf- 
fixes collectifs et y aye et du v. f. escoiveyS. fr., buisson, touffe de 
ronces, dérivé du latin scopa^ balai = lieux buissonneux ou cou- 
verts de ronces. 

L'Ecoalaz, pâturage, Ormont^lessous ; de écuelle, à cause de sa 
position enfoncée en hémicycle entre le Mont d'Or et le Gros Van ; 
TEcuellaz à Anzeindaz ; Ecuellettes à Gland, les EcoaelloUes à 
Renan, D. Gourtelary, TEcualettaz à TEtivaz, dim. 

Ecublens, 1^ Vaud, ScubilingiSy 964, M. R. VI, EscablenSy 
i\l\^y ScublenSy 11479 1162, Cart. Month., et iiSo, M. R. I, 
202, Scubleinsy 1220, EscublenSy 1228, M. R. XXIX et VI; 
2® commune G. Fribourg, Escublans, 1220, F. R. II, 22, 74, 
Escubleins, 1226, Escublens, 1180, i4o3 = chez les descendants 
de Scubilo^ n. pr. germain. 

Ecuvillens, Fribourg, Scavillens, ii43, 1162, EscuvilienSf 
1182, M. F. III, 66, IV, 99, Escubilliensy i4oi, Arch. Schw. G. 

M. D. 8KG. SilUI, TOBCS Vll 10 

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146 ÉGASSE — BISCHOLL 

XIII^ EscavillenSf i453, etc. = chez les descendants de Scubikily 
n. pr. germain (d'après M. Stadelmann). 

L'Egasse, Plan —, pâturage à Saint-Iniier ; peut-être aigtie, 
eau, et suffixe augm. asse. 

A TEgaz, loc. à Ghardonne ; probablement à FAig^ue, eau. 

L*Eglaise, Plan de — (gl mouillé), m. dans les bois à Saint- 
Livres, D. Aubonne ; voir Glaise. 

Eglery, loc. à Saint-Biaise, Neuchàtel = es Gléry, aux gla- 
riers ; voir Glarey. 

Les EgraSy ham. d'Ursj, D. Glane, au pied d'une forte mon- 
tée ; le Pont d'Egras sur Roche ; les Egras, alpe de Charmej ; 
Combe des Egraz à Vallorbe ; du patois égras = es gras, aux 
degrés, à l'escalier, latin grevas, romanche gra. 

Ehalaz, loc. à Ayent, Valais, permutation c-h, voir Hombes 
= écala, du latin scala^ vignes disposées en gradins. 

A l'Efaochour, loc. à Lens, Valais = à l'écorchoir, à l'abats 
toir; autre forme du v. f. escorckioux (c^h); l'Ecortcia ou 
Ecorsia, Ecossia, petit hameau de Granges, Valais, même sens. 

Ebomettes, rochers près du Rawjl, alpes de Lens ; soudure 
de l'article = es CometttSj permutation c-A spéciale à cette ré^ 
gion ; voir Hombes. 

EisehoU, D. Rarogne, Valais, Oselg, 1200, Oiselz, 1260, Oy- 
sez, 1267, Oysely 1286, 1807, Oysol, i336. Dans le Necr. Sion, 
une Laureta de Castellun dédit ij ceo& apud Ansely sans date, 
probablement antérieur au xm^s.y Eysoll, i4i8, Œyset, i4449 
EyseU i534) encore en patois Eisel. Du celtique : gallois uxello, 
cambrien uchel^ hibernien uasal, haut, escarpé. Zeuss traduit 
Ouxeliodunum, oppidum (dunum) in praerupto monte (uxello). 
Notre Oysel, Osel est donc un lieu « escarpé », ce qui convient oti 
ne peut mieux à la position d'Eischoll au bord d'un plateau domi*- 
iiant de 600 m. la vallée. Un Mont Oysel, Oisely Oisels ou Olsez 
«st aussi limite des possessions d'Oujon au xii<» s., M. R. XII, 2, 
5, 72. C'est sans doute aujourd'hui le Montoisey, 1671 m., au- 
dessous de Gex. La localité Motitoiseau à Crans, au bord d'un 
ravin en pente rapide, pourrait être aussi un Mont Oisely enfin 



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EISON — èS EMPTOZ 147 

Oschell, pâturage près Beilegarde, Fribourg, en i5o4 (pratum 
Dossely d'Ossel, ii38, ii43, 11469 Hidber, I, II ?) a la même ori- 
gine. 

Eïson, ham. de Saint-Martin, Hérens, Valais, Esony 1224^ Ey^ 
son, i3o7. 

Eissy, voir Ejssy. 

Elay, D. Moutier, ail. Seehof, d'après l'allemand de ès^ dans, 
et lay, lac. 

Ely, Bois d' — , faussement aussi Bois des Lys, grand domaine, 
jadis seigneurial, à Crassier ; probablement pour es Lyes : aux 
Ibréts, le mot Bois ayant été ajouté quand on eut perdu la signifi- 
cation du mot principal ; voir Lajaz. 

EmbossUy ham. et gorge où s'écoulent les eaux à Renan, Jura 
bernois, autre tarme d'Emposieux ; l'Embouehoz en i5i7 était le 
nom des entonnoirs de TOrbe à Bonport, en patois les imbou- 
chaux ; de en et bouche. 

Les Embreux, pâturages à Lajoux et aux Grenevez, Jura ber- 
nois ; de en et breux, autre forme de breuily voir ce mot. 

Les EmbfOHoheSy loc. à Jussj, Genève; lieu où abondent 
(abondaient) les myrtilles ou embroches^ patois embrotzej eim* 
hrotze^ ambresailleSy etc., cnrigine inconnue. 

Aux Eonenaux, loc. Ormont-dessus, EminauXy 1824» aussi 
Eminods ; 4(.df^ l'ancien prénom Aymonod, petit Aymon, » d'a- 
près M. Isabel. 

L'Emeri, Forêt de — à Gourfaivre, D. Delémont. Sans doute 
fausse orth. ; non loin de là on trouve, à Undervelier, la Côte de 
l'Aimerie. 

Emoeson, pâturage, en partie marécageux, de Finhaut, Valais^ 
alpem de Musson^ i3o7, M. G. XIV ; de moue, ail. mooSy ma- 
rais. 

Einposienx, ham. de Travers, loe. aux Ponts, à Lignières, etc: 
nom générique des entonnoirs où s'^iigouffrent les eaux dans le 
Jura bernois et neuchâtelois. D'après Littré, de en et le provençal 
potz, puits, pe in et puteolis^ dim. deputeuSy puits. 

ta EnpCoE, loc. à Blonay ; voir Entes. 



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148 



BNGISE — ENNEY 



I 



Encise, plaine — , loc. à Avenches ; du latin incisa, entaillée, 
comme Pierre-Encise, à Lyon. 

Encoumailloux, voir Déquemanliau. 

Encrenaz, sommet à Ormont-dessous, Ancrenaz, alpes de Bex, 
Increna, Val d'IUiez ; de in et crena, entaille = arête dentelée ; 
TEncrenettaz, m. à Riez, Lavaux, dim. 

Les Enfers, D. Franches-Montagpnes, Berne, dans une plaine 
profondément enfoncée ; de injeros, lieu bas ; la €k>nibe d'En- 
fer, vignes de Fully, doit par contre son nom à la chaleur intense 
qui y réfipne en été. 

Enges, Neuchâtel, Einge vers 1220, Enge^ 12 13, EnjOy i235, 
EngSj 1373, Matile. C'est sans doute l'alleu nommé j&in^u qu'Ul- 
rich de Neuchâtel obtint par jugement arbitral du couvent de 
Frienisberg en 1 182, Matile, I, p. 26. Le suffixe ingu indique net- 
tement la dérivation d'un nom germanique. 

Engollon, Neuchâtel, Engolon^ ii43> Engolun^ 1228, Ange- 
loiiy 1374» TEngollieu, loc. à Montmollin, l'Angolliau, loc. à 
Bettens, Vaud ; l'Angolat à Lajoux, Jura bernois ; l'Engouloir, 
source à Gimel, Engoliau à Gilly, Engoliour, 1265. Engollieu 
est un n. commun dans lesvallées neuchâteloises pour désigner 
les entonnoirs naturels où se perdent les eaux. Engollon a sans 
doute le même sens. Au xvii* s., un mot engoulloir désignait à 
Neuchâtel une bouche d'égout ; de en et gola, guta^ gueule. 

Enjalin, loc. à Ecublens, Vaud ; probablement : en Jalin, pa- 
tois djalein, dzalin = le givre, le gel ; lieu exposé aux gelées 
blanches du printemps et de l'automne. 

Ennaz, Grande et Petite — , pâturages d'Arzier, D. Nyon, écrit 
aussi Aîné ; le même que atne, s. f., de inguem; ce mot peut dé- 
signer au figuré ces deux pâturages situés chacun dans d'étroites 
combes, fort resserrées. 

Enney ou Henney, D. Gruyère, EiZy 1224, Cart. Month., 
HeyZy 1254, 1494, Eys^ i388, i5i4, HayeSy i535, En HeyZj 
i548, enfin Heney, i555. h% Hesi à^ 1257, Cart. Haut-Crét, M. 
R. XII, 385, est probablement la même localité. D'^rès Hisely, 
de En Eys, dans l'Ile, nom qui serait peu justifié. Heyz viendrait- 



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ENNIEZ — ENVY 149 

il du y. h. ail. hei^ enclos, de heien, enclore? Il correspondrait 

aux Clos, si nombreux dans nos Alpes ; à examiner. 

D'après Zimmerli, Enney s'appellerait en ail. Zum Schnee, qui serait 
une traduction de en nei, dans la neige ; ce nom allemand a été fait évi- 
demment sur les formes modernes, postérieures au xvio s. 

Enniez, loc. à Bussigpny, D. Morges ; voir Henniez. 

Ensex ou Encex, pâturage d'Ollon = en Sex, in Saxo, dans le 
rocher ; en 1291, Escez = es Sex, dans les rochers. 

Ensier, loc. à Monthey, dans les rochers des gorges de la 
Vièze (Eusier par faute de gravure atlas Siegfried g^gj)» vers En 
Siez, 1696 = dans les rochers ; cette diphtongaison Siez pour 
Sex, du latin saxuniy se retrouve ailleurs : dessus le Siaix à Vey- 
taux. 

Enson, alpe sur Vernamiège^ Valais, Pya Enson, i339 ; Ppoz 
d'Enson à Fully ; Enson le Bémont à Saignelégier, Enson la 
Fin à Saint-Braix, Enson la Joux, à Roche d'Or, les trois Jura 
bernois ; du v. fr. en som^ au sommet. Pour Pya, voir ce mot. 
Bonnenson à Bex : les bonnes (terres) du sommet. 

Les Entes à Bursins, Grét des Entes, Bretonnières, es Entos, 

Entoz, Pont-la-Ville, Lignerolles, Pampîgny, Etagnières ; à TEn- 

toz à Yens, Mont-la- Ville, es Entoz à Suchy, i5i2, es Antoz à 

MassonnenSy Fribourg, et Conlhey, aux Entes, es Entoz à Choëx, 

Monthey, Antes, 1696. La localité es Emptoz à Blonay nous 

donne l'origine probable, du latin emptus, acheté = (fundos) 

emptos, fonds, terres achetées. 

Notons toutefois que M. le prof. Bonnard (in litt.) n'admet pas que ce 
soit une preuve : « On écrit parfois p devant t sans raison ; ainsi domp- 
ter, de domitare, qui n'a pas de p. » 

Envelier, D. Delémont = in villare, dans le village. 

Enroardesou Invuardes, ham. de Payerne, en WardeSy 1278, 
M. R. VI, 809 ; de en et VuardeSj du patois vuardâ^ garder, v. 
h. ail. wartan. 

Envy, D. Orbe, Envi, 1216, Envy, 1859 ; du latin in via, sur 
la route. — M. de Charrière traduit in viiSy au carrefour de deux 
chemins, ce qui nous paraît moins conforme à Torthographe. 



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150 EPAGNIER — EPENDES 

Epagnier, Neuchâtel, Espagniey ii63, iao8, Ispaniei, Espa-- 
niei vers 1180, Donat. Haut., Arch. Fr. VI, Espagniez, Hispa^ 
nie^ 1192, Espagniacam, 1201. — Epagny, D. Gruyère, Espa- 
gniePy iii5, Espagnie^ 1196, Epanyej 1278, etc. ; de (fundum) 
Hispaniacum, domaine d'un Hispanius, gentilice romain. 

Les Epagnier du Livre des Douât. Hauterive se rapportent à Epagnier, 
Neuchâtel^ et non à Epagny, comme le fait par inadvertance M. Stadel- 
mann, p. Î7. Il est question à plusieurs reprises de vignes dans la loca- 
lité ; or nous ne pensons pas qu'il y ait jamais eu de vignes dans la 
Gruyère. 

Epalinges, D. Lausanne, Spanengis, 11 8a, Espaningiuniy 
1224, Espalin/o, Espalingioy i233, M. R. VI et VII, Espallin" 
gieZy xrv« s. = chez les descendants de Spalo, n. pr. germain. 

Epantaires, loc. à Boussens, D. Gossonay, pour es Paritaires 
ou PanthaireSj barrières, portes à claire-voie d'un terrain clos ; 
voir Penthéréaz. 

Epautheires ou Epautaires, ham. d'Essertines, D. Echallens, 
Spelterias en 885, 888 ; loc. à Bercher = champs d'épeautre, la- 
tin speltay céréale cultivée par les populations germaines. 

Epauvillers, Jura bernois, Villare^ nSg, EpavillerSy 1179, 
Hidber, II ; pourrait être le village de Spalo^ n. pr. germain. 

Epeisses, ham. Genève, Espessi, 1220, M. G. IV, 2.%yEspeys- 
sicy Rég. gen., Espeissy, xiv« s. ; — loc. à Ollon ; — Epesses à 
Lavaux, Espesses, 1166, Spesses, 1228, EspesseSy i453 ; — m. à 
Puidoux ; Episses, loc. à Leytron, ^ Valais ; es Epessoux ou 
Epessons, m. à Echarlens et à Vuippens, diminutif ; du v. fr. e«- 
poisse, espessCy fourré, du latin spissa. 

Epelouies, Epeluves, voir Pelouyes. 

Ependes, Vaud, Spinles, ii54, Espinnes, 11 60, ii74> Espin- 
des, 1216, EspigneSy 1227, SpinneSy 1261 ; — 2® Fribourg, 
SpindiSy 1142, ii47, M. F. II, 220, 2&Sy Espindes, ii63, Matile, 
Ispindes, Espinnes, 1174, Espindis, 1180, PindeSy 1198, M. F. 
III, 69, EspindeSy 1228, M. R. VI, SpindeSy 1261, F. B. 11,343, 
EspineSy Espignes, i354, Matile, Spins, i356, Jahrb. Schw. 
Gesch. n, 237 et i449 ; du latin spinas, épines. 



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EPENEY — ERDES 151 

Epeney, Villars — , Yverdon, et les divers hameaux Epenex à 
Crissier, Ecublens, et 3 ham. Friboui^, Epeiiay, Ecublens, Es- 
penaiy laSi ; Espigny à Ollon, Epepis, Monthey, Espeniz^ 
|a8i ; Epe^ets, Aile, D. Porrentniy ; du latin spinetum^ fourré 
d*épines. EpÎBassey à Saint-Maurice, Valais, Silvam Spinaceti 
vers 85o, Splnacetum, 12149 Espinassex, ia63, Espinassetum^ 
laSi, augmentatif. A la m^me racine, mais dérivés directement 
du français, se rattachent les nombreux TEpenaz, les Epinettes, 
Montpreveyres, Epenattes, Fal^j, D. Porrentruj, Epeiiaux à Lo- 
naj, Epenoud à Commugny, Epignat à Evionnaz, Epignaz, 
1760, Penau, ham. du Mont sur Lausanne, EspinouXy i34o, Es- 
pinauZy ikl^y qui s'est décomposé en es Pénaux^ puis Penau. 

Epetex, Es — , prés à Saint-Maurice et à Colombey, ceux-ci 
aussi es Paquais. Cette dernière forme montre l'origine : corrup- 
tion de es Patais pour Paquais, permutation valaisanne q-t. 

Les Epiquerez,. comm. D. Franches-Montagnes, est formé de 
es Piquerez ; on dit aussi et mieux Les Piquerez ; peut-être n. pr. 

Eplatnres, ham. Chaux-de-Fonds, et TEplature, loc. aux Pom- 
merats ; de es et platures^ terrains plats. 

Epoaisats ou Epoisat, voir Posât. 

Erbio ou Erbioz, ham. de Nax, Valais, très probablement le 
Elbio de Petrus de Elbio^ 1224, M. R. XXIX, 244 ; sans doute 
autre forme de la racine a/6, blanc, devenu erb^ comme dans Er- 
bivue, Erbogne, synonymes de Albeiive, Albone, à cause de la 
teinte blanche du terrain gypseux où il est situé. 

Erbivue, ruisseau près Montbarry, Gruyère, et autre forme du 
ruisseau d'Albeuve, Gruyère = alba aquay eau blanche. 

Erbogne ou Arbogne, rivière et ham. D. Broyé, Fribourg, 
forme parallèle de Albona, Aubonne ; du celte alby blanc, et ona, 
cours d'eau. 

Erdes, village de Conthey, Valais, ErdeSy 1208, i255, HerdeSy 
\2ît^y 1239, 1275, i446- C'est aussi un lieu-dit à Granges, Valais. 
Peut-être l'adjectif v. f . verdy verde ; le patois de plusieurs vil- 
lages de la contrée supprime souvent le v initial atsey ein (Ayent), 
entro (Savièse), etc. Le village est au milieu de vertes prairies. 



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152 ERGISCH — ERSE 

Ergiscli, D. Louèche, Valais, Argessa ii fois iioo-i4oo, Or- 
gissa, 1279 ; peut-être de la racine celtique argOy brillant, clair, 
à cause de sa situation sur un plateau bien ensoleillé. 

Erguel, ancien château ruiné, vall. de Saint-Imier, fondé au 
ix« s. par la famille d'Arg^uel, près Besançon ; probablement 
même racine argo. 

Aux Ërines, pâturage et fauchages à Gryon, en patois aux 
jtirnets (Isabel) = probablement ArenetSy soit dim. d'arein^ 
avalanche poudreuse, endroit où descendent de petites avalanches 



Emayaz, loc. à Hérémence = Vernayaz, apocope du v ; dans 
certains patois du centre du canton on supprime le v initial (v)ein,^ 
(v)atse, etc. 

Erpilles, pâturage de Rougemont ; autre forme d'Arpille, du 
latin alpicula^ petite alpe. 

Les Erres, écart de Cottens, Frib., entre les chemins de Lenti- 
gny, de Lovens et d'Onnens ; du v. fr. erre^ du latin iter, au sens 
de chemin = les chemins. 

Errouvenaz, Errouvenoux, 3 loc. C. Frib., pour es Rouve* 
naz, etc., voir Ruvînes. 

Erschmatt, D. de Louèche, Valais, Huers^ 1209, 1242, 1267, 
1828, Uyers et Uiers^ 1260, Hoers^ i357, i38o, HuyrSy i4oo, 
HoerSy i453. A cette époque Tallemand s'est établi dans la con- 
trée et le nom s'est modifié par l'addition du mot germanique 
matU prairie. Quant à Huers, c'est sans doute une forme plurielle 
de huerty jardin, en patois du Dauphiné, aert en romanche, du 
latin hortus. 

L'Erse (ou Ersse), forêt à Monthej ; les Erses, pâturage à Con- 
cise, Jura ; l'Herse ou Lerse, montagne à Evionnaz ; les Heiv 
sattes, forêt à Pierrefitte, Jura, suffixe dim. jurassien atte^ ette ; 
paraît être un participe pris substantivement du verbe v. fr. herdrCj 
erdre, aerdre, s'accrocher ; il désigne des forêts rapides, comme 
accrochées au rocher, — ce qui est le cas pour les localités valai- 
sannes ! — par une figure comme celle de la Grappe, Greppon. 
De la même racine, les moulins de l'Ers, faussement écrit Lers,. 



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ERTBTS — ESSEIN6ES 153 

suspendus aux parois des gorges de la Liène près Lens, Valais, 
et les chalets de Ders pour d'Ers, pâturage dans le vallon préci pi- 
teux de la Derzence, affl. de la Liène. 

Ertetfi, pâturage à Ormont-dessus, frontière bernoise, Yretes 
dans les délimitations de froolière avec le Ghâtelet en i44i et 
i474- Cette forme primitive rappelle singulièrement Tirette, val- 
lée de la Lizeme = petite aire, petit plateau dans la montagne. 

Esbons, écart d'Aubonne, Bonez, i235, M. G. XV, 7 ; d'après 
cette ancienne forme = es Bonnes (terres) ; voir cependant Bon. 

Escalaz, vignes à Granges, Valais ; du latin scala, provençal 
escala, vignes en pente rapide s'élevant par degrés. Ehalaz à 
Ajent, le même mot h = c. 

Eschert, ail. EscherZy D. Moutier, Berne, Escert, 1179 = Es- 
sert, permutation jurassienne ss-ch conmie sire-chire ; une vigne à 
VEschertely 1179, à Nugerol (Landeron). 

Eschiens, voir Echichens. 

Eslex ou Es Loex ou Eley, ham. de Lavey, entre les parois de 
rochers qui descendent au Rhône, la LeXy ibol^y Furrer, III ; Est- 
iez, loc. à Evionnaz ; de es, dans, et leiy rocher ; voir Lex. 

L'Esparse, ruisseau à Payerne ; participe adjectif espars^ du 
V. fr. espardrBy répandre, disperser : ruisseau qui verse ses eaux, 
qui déborde. 

Esseinges ou Essinges, ham. de Surpierre, Frib., Essenges, 
1278 ; ham. de Léchelles et de Gumefens, m. à Seigneux ; Mon- 
tessingeoz à Attalens ; probablement = chez les descendants de 
EssOy variante de Azzo^ Ezzo^ n. pr. germain. Fôrstm., p. 191 ; 
mais à côté de ces hameaux, on trouve un grand nombre de lieux- 
dits, non habités, qui paraissent avoir une autre origine : en Es- 
singe à Mézières, Frib., loc. à Chénens, Praratoud, Frib. ; à 
Payerne, les deux Combremont, Thierrens, Baulmes, Arnex, 
Vaud ; Essanges à Moiry, Esseilges à Penthéréaz ; au xii^ s. , 
Donat. Haut, passim, une loc. territoire de Lussy, in LoBsingi, 
Essengia, Essingia, et à VEssangia à Praroman. Une charte de 
1217, M. F. II, io5, parle de la décima de Lessengi de Lusera- 
bloz, sive de Naiz. Celles-ci nous paraissent être le subst. verbal 



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154 ESPERSIERS — ESSETTES 

du verbe v. fr. etsengierj rouir : endroits où Ton fait rouir le chan- 
vre. Peut-être faut-il y rattacher une partie des^noms précédents. 

Les Espersiers, écart de Gorsier, Vevey ; peut-ôtre du verbe v. 
fr. espei:dre, anc. part, espers dont nous avons gardé le part, mo- 
derne éperdu = maisons écartées, comme perdues. 

EsparsUlier, loc. à Etojr ; paraît être de la famille du verbe v. 
fr. espardre, part. esparSy éparpillé. 

Les Essapeux, loc. D. Porrentruy ; article aggcluliné pour es 
Sapeux, celui-ci formé de la racine sap, sapin, et du suffixe dimi- 
nutif eux = eolum, iolum = aux petits sapins. 

Esserdilles, ham. des Bois, Jura bernois ; dim. de 

Essert, en France essart, eyssarty issarty du bas latin eocsar^ 
tam, terre défrichée. Nom de 3 com. Vaud, 2 Frib. et de centaines 
de hameaux et lieux-dits« Anciennes formes : Essert-sous-Champ- 
yeniy Exertas vers iog5, Essert*Pittet, &per/a^, iioo, Issert, 
val Ferret, Valais, Exert, 1228. De là aussi Essertes, Sartis, 
ii54 et 1162, M. G. IV, 77, Exertis, iiSoy Essertes, 1271 ; Es- 
sertines, D. Rolle, 1228, M. R. VI, ExertineSy i344> Essertio à 
Aile, D. Porrentruy, fausse orth. pour Easertiau, Essertons, di- 
min., nombreuses loc. ; Essertoux à Chardonne (permutation 
ons-oux), Essertze, alpe de Rougemont, Esserze, alpe d'Héré- 
mencCy Valais, Echerté ou Echertes, loc. à Luc, Esserlex à Vé- 
rossaz. Valais. Composés : Exergiilod, ham. d*011on, pour Es- 
sert-Gillod, n. pr. ; Exertimont aux Ormonts, en Exermon, 
i332 ; Essert-Fallon, ham. d'Epiquerez, Jura bernois, de Falloriy 
n. pr. : en i347 vivait un Jean Falum à Ocourt. Aux Nesserts à 
Fleurier et les IVesserts à Courroux : n agglutiné de la liaison 
En-Essert. Gertoux, ham. de Perly, Genève, Sartoux vers i537 
(Du val, Ternier et Saint-Julien, p. 90) ; dérivé de sorte r y défri- 
cher, syn. d'Essertons, avec permutation ons-oux comme dans 
Essertoux. 

Les Essettes, chaîne de rochers dentelés près du glacier de Sa- 
leina ; les Essets, alpes de Bex ; les Echessettes (ch-ss) au val 
Ferret, dim. correspondant à aisselle ; du latin axillay avec le 
sens d'échancrure, d'angle ; allusion aux dentelures en scie des 



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ESTAVANNENS — ESTEYEN^NS 155 

rocherSy par la même figure qui fait dire Taisselle des feuilles 
pour Taugle aigu entre la feuille et la tige. 

Estavaniiens, D. Grujère, Frib., EstavanenSy 1281, Extave^ 
nenSy i453 = chez les descendants d'un Germain au nom indé* 
terminé Stabatin, Stabadin? (Stadelmann.) 

Estavayer-le-Lac, âS'/ai^aiW, ii58, 1162, M. F. III, Stavail^ 
Stavaia, 1177, ^- ^- '» Estavay, ii84, Estaoail, 1224, Sta- 
violai, 1225, M. R. I, 208, Stavayay 1244» Esfavayacum, 1266, 
Stavay^ i3oo, F. B. II, Staoiacum dans les chartes du xv« s. — 
Estavajer-le-Gibloux, Stavael, 11 42» Cart. Month., Staviolum 
sab Jublopy 1227, Estavaiel-li vUa^ 1228, etc. Le suffixe acum 
n'est qu'une graphie de chartiste et ces deux localités doivent être 
exclues des noms en acum. Gatschet dérive Ëstavayer, ail. Stâffis, 
patois Tavaï, du bas latin stadivum, ail. sfady staad^ lieu de dé- 
barquement ; mais si cela est bon pour la ville, cela ne convient 
guère pour le village du Gibloux. Ensuite cela ne tient pas compte 
des anciennes formes ci-dessus. Nous pensons nous approcher da- 
vantage de la vérité en rattachant ce nom au v. h. ail. ataffal^ 
aujourd'hui staffely station, étape, surtout des troupeaux s'élevant 
à la montagne. M. le prof. Bonnard nous objecte (in litt.) que le 
f de staff ne s'est pas changé en v dans les mots romands. C'est 
vrai pour les mots introduits récemment, qui ne remontent pas au 
delà du XYi* s., tandis que ceux-ci ont passé dans le romand au 
XIP et sans doute avant. 

Dans le Gart. HautrCrét, M. R. XII, p. 198, on trouve la mention d'un 
Gererdus apud villam cujus nomen est Thasoael. Au Répertoire, p. 256, 
M. Hisely le rapporte à Estavayer-le-Lac. Nous sommes d*accord pour 
identifier avec Ëstavayer ce nom qui ressemble beaucoup au patois Ta- 
vaî. La métathèse de Vs est curieuse. C'est peut-être une simple faute du 
copiste qui deux lignes plus bas écrit Wiuricus pour Ulricus. Toutefois 
nous rapporterions plutôt ce Thasvael à Estavayer-le-Gibloux : il y est 
question de la dime de Bouioz donnée à Haut-Crét et les personnages 
nommés sont presque tous des villages voisins du Gibloux. 

Estevenens, D. Glane, Fribourg, Estevenens, i4o3 = chez les 
descendants d^Esteoeriy n. pr. germain dérivé du latin Sfephanus 
(Stadelmann). 



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456 ESTRANGUELION — ETER 

En Estranguelion, loc. à Etoj, Vaud ; endroit où abondent les 
poiriers aux poires âpres, appelées poires étrangle^ poires d*e8^ 
tranguillorty ailleurs poires channes. Un des rares cas où la lo- 
calité est désignée par le fruit (es Cerises près Grandson). 

Etablons, chalets sur Iserabloz, Valais, montana de Establoriy 
1262, Wûrstbg. ; de stabulanty étable, et suffixe dim. on. 

Etagnières, D. Echallens, Estanneres^ 1202, M. R. VI, 187 ^^ 
et 1238, ib., p. 682, Estaneres, 1290, M. R. XIV, Etaniêres, 
1877, Ethagnires, i4o3, Estagnyeresy i424> Etagnire, loc. à 
Villars-le-Terroir ; de es, dans, aux, et tanières, de taxonariay 
terrier de blaireau. 

Aux Etalles, prés à Ormont^iessus et pâturage à Ennej, 
Gruyère ; à TEtélay, pré dans la forêt sur Roche et taillis à Port- 
Valais ; à TEtellay à Leytron ; Plan de l'Etallaz, alpes de Châ- 
teau-d'Œx ; Combe des Etelles à Saint-Ursanne, Berne ; proba- 
blement du patois étale^ s. f. pi. copeaux, itella, etella, s. f. 
bûche ; endroits où Ton met en bûches le bois de chauffage ou lieu 
où on le dépose pour le service du chalet. 

Etaloges, ham. de Buchillon et ruisselet, D. Morges. C'est 
probablement la localité désignée dans une charte de Saint-Prex, 
M, R. VI, 265 « li boscez entre les doves eschaloges ; >► de là éca-- 
loges, étalages, permutation populaire de c en t. 

Etambeau, maison à Château-d*Œx ; Etambot, loc. vignoble 
de Lausanne, Estamborc, EtamboCy ExtamboCy 1228, 1286, 
M. R. VI, 248, inter Warcheriam, la Vuachère, et lo Ruai de Pa- 
laieres, le ruisseau de Paleyres. 

Etavez, ham. du Mont sur Lausanne = é^ Tavez ou es Tavels, 
syn. de tabernae, cabanes, comme on le voit par Tavel, Fribourg^ 
Tavelsy 1228, et Tabernae, ii5o et I255 ; voir Tavel. 

A l'Eteindiaz, champs à Henniez ; patois eteindia, étendue. 

Elep, forêt D. Neuchâtel, traversée par une ancienne route que 
Ton croit romaine ; le patois a étier, route, chemin (Bridel). — 
D'après le Dict. géog. d'Attinger, du latin «ïcr, au sens de che- 

^ Le texte porte Esianueres : fausse lecture ou coquille. 

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ETERPAS — ETRAY 157 

min, de passage. Cela ne nous paraît pas possible, iter ayant 
donné erre^ s. m. et f. ; origine à rechercher. 

Eterpas, loc. à Vallorbe, Ollon, Chàteau-d'Œx, Rossinières, et 
3 Frib. ; Eterpeis, Monnaz et Grangettes, Fribourg, Eterpeys à 
Lausanne, EsterpaieSj 1224 et 1242, M. R. VI, 243 ; Eterpys à 
Suscévaz, Essertines-Jorat, Eterpis, une i2« de loc. ; Esterpis à 
Vionnaz, Etierpes à Dorenaz, Esterpoz à Morcles, etc. ; du latin 
extirpata^ endroits défrichés. Eterpon à Conthej doit être de la 
même famille ; es Esserpes, champs à Sainte-Croix, paratt être 
une autre forme de Esterpes, la permutation exceptionnelle st-ss 
due à rinfluence de essert qui a le même sens. 

Etiez ou Etier, ham. de Vollèges, Bagnes, Octier^ i i5o, Hid- 
ber, II, Octiez, 1177, Furrer, III, 4i, OitieZj 1179, OttieZy 1198, 
Oihiez, i245, Oytier, 1249, OcthieZy 1280, Octyez, i3i5. 

EUvaz, vallée et ham. de Château-d*Œx, Leytivay 1478» i528, 
M. R. XXIII, 99, 237 ; du latin aestivay lieu où Ton passe l'été. 

Etoules, loc. à Pampigny, D. Cossonay ; autre forme (bourgui- 
gnonne) du fr. étealcy chaumes qui restent après la moisson, en 
patois et rouble y du latin stipula, 

Etoy, D. Morges, Stuie, ii45, Estui^ 1167, i2o4, Stoyy 1177, 
Estucy i2i5, 1234, Estuyy 1269, EstueZy i349, ^- ^^ Stuez, 
1379, Arch. Schw. Gesch. XIII, Estuey^ i43o, etc. D'après Gats- 
chet, du V. h. ail. stuba, étable à moutons. 

Etrabioz, ham. de Payerne, villam de StabuliSy 1 148, M. F. 
I, 375, ExtablOy 1299 ; de stabulum, étable, avec épenthèse d'un 
r. Cette addition est ancienne : « Yestrablo sito in finagio de Vi- 
rier, » dit une charte de 1278, M. G. VII, i38. 

Les Etramaz, hameau écarté de Bottens, près du Talent = ex- 
trême de extra, en patois estra. 

Etraz, faubourg de Lausanne, StratOy 12 16 et vers i23o. Es» 
truy 1239, M. R. VI, 446, 664; de (via) strata, situé sur la 
route; route d'Etraz, Myes-Crassier, Nyon-Aubonne-Cossonay. 
En Etraz, au petit Etraz, loc. à Russin, Grenève, sur un ancien 
chemin de Genève à Farges, n^ème origine. 

En l'Etray, m. Ormont^dessus, vers la Grande-Eau, l'Etrait, 



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158 ETRËMBIÈRES — EVERDES 

alpes de Liddes, en Etrey à Echandens et plus. loc. Frib. ; le 
même mot que les Etroits à Sainte-Croix, loc. resserrée et à 
Vionnaz Esirey^ Etrey ^ 1728 ; v. fr. étreit, Pierre Etroite, loc. 
alpes d'OUon, comme les Etroits à Sainte-Croix : loc. dans des 
vallons, des combes étroites. 

Etrembières, loc. et pont près Genève, jadis es TrembièreSy 
les Tremblières dans Spon, 1680, aux TrembièreSy 1682, M. G. 
XXIII, 276 = aux taillis de trembles ; du latin tremula. 

Etrèves ou Etrives, ham. d'Ollon, entre Charpîg^j et le 
Rhône; la Grande Estrivaz, prés à Barges, plaine de Vouvry, Va- 
lais, 1722. A Létrivaz à Maracon, probablement même origine^ 
mais laquelle? Le v. fr. a estrify s. m. et estrive^ s. f., dont le 
sens principal est querelle, combat, bataille, et d'autres sens abs- 
traits difficilement applicables. 

L'Etroz ou ritroz, petit village écarté de Trient, Bas Valais, 
Etroz, loc. au Sanetsch, Valais ; Aitroz, loc. à Vionnaz, EstrwZy 
1723 ; litroz de Seilon, chalet le plus élevé, vallée d'Hérémence ; 
ritroz du Bouis, chalets, alpes d'Ardon ; aussi C. de Vaud : Bois 
d*Etroz à La Sarraz. Bridel le définit chalet des Alpes les plus 
élevées, diminutif à'etrabllo. Mais ce diminutif par retranche- 
ment nous étonne. Ces mots viennent du v. fr. estre, s. m., em- 
placement dans un lieu ouvert, parent du latin exteruSy ital. estera 
= étranger, lointain. 

Les Eudriuis, loc. , prés humides à Massongex, vers les sources 
de la Lœnaz, es Haadrans vers 1720, Audran^ 1761. 

Euseigoe ou Useigoe, ham. vall. d'Hérens, Valais, Usegni^ 
Usogniy 1200, W?^n/i/, xiii« s., Ysoyny, 1879, M* ^* î d'après 
Gatschet, avec quelque réserve, de sogniey soignie, redevance qui 
consistait pour le vassal à cultiver de Tavoine pour son seigneur. 
Ce serait donc l'endroit où l'on cultivait ou bien où Ton livrait 
l'avoine au seigneur. 

Evaux, ham. de Onex, Genève = es Vaux, aux Combes ; sou- 
dure de l'article comme Everdes, Ëtagnières, etc. 

Everdes, ham. d'Echariens, Gruyère, J. de Eoerde, 11 87, 
Hidber, !, 534, Verdes, i343, M. F. IV, 93, Verdes, i35o. 



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EVI — EVORDES 159 

Everdes, 1894, M. R. VII, 276, ail. GrûDing^cn ; es Verdes = 
dans la verdure. 

Evi, ruisseau à Albeuve ; du celte ève^ ive, eau, correspondant 
du latin aqua ; voir Aiguë. 

Evilard, D. Bienne, Berne, ail. Leubringen ; de es et du bas 
latin villarBy réunion de fermes (villa), soit village. ♦ 

EykmnaZy D. Saint-Maurice, Valais, Eounna vers loao, Hid-> 
ber, I, 3io, Eviona^ 1268, M. R. XXX, 86 et 1760, Archives 
communales ; comme Evian, Açuianum dans les chartes, formé 
des racines celtiques eue = eau, et ona = rivière. 

Evolène, D. Uérens, Valais, EwelinUy 1260, Eweleina^ i255^ 
Ewolenaz, i44d» P^î^ Evolénax ; de ewe^ eau, et latin hniSy 
doux, eau trïmquiile (d*après Gatscfaet). La Borgne y est relative- 
ment paisible. J. Monody Guide du Valais^ tire ce nom d'éoote^ 
éboulement ; nous ignorons ce mot, en tout cas les formes primi- 
tives ne permettraient pas cette explication. 

Evoettes» loc. au Sépey ; Evouettes, loc. à Berolle, Corsier 
(Genève), à Saint-Martin d'Hérens, et vill. D. Monthey, Evuytes^ 
i436, HedyeZy 1293, Eyâiez^ AydieZy M. R. XXX et 2« s. II, 
i4. Les deux noms se confirment Tun l'autre : Evouettes, dim. de 
evey eau = petites sources, et Eydiez, collectif de eydie^ eau. Il y 
a 2 ham. Evouettes d'en bas et d'en haut ; celui d'en bas, le plus 
important, s'appelait Eydier en i436 : « undecim fbci (foyers) à 
Eydier, quinque à Evuytes. » Yvœttes, en latin Aquetas, charte 
de i556, loc. à Ollon, même sens ; une loc. Aiwetes (ou Aivuetes) 
à Verconn, Valais, laôo. Evuex Roche ; de ève et coll. ex. Un 
Evezy Eivex en 1228, Cart. Laus. M. R. VI, 178, 2i3 est peut- 
être l'Invuex à Granges. 

Evordes, ham. de Troinex, Genève, Esvorde&y 1201, M. G. II» 
54, 1222, i3i8, M. G. IV, 33, et XVIII, 24. La forme primitive 
aurait été es Bordes (permutation b-v) d'après M. Jules Vuy, 
Mém. laat. G. IX, 2, qui y rapporte un Umbert de Bondis, xiii^ 
s. La permutation b initial v, quoique rare, se présente parfois, 
par exemple Bibiscum, Viviscum, Berseya, Versoie. Dans ce cas 
ce nom signffierait aux chaumières, voir Borde. D'autre part, d'a- 



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160 EYSINS — FAGUS 

près une communicatioD verbale de M. W. Mejlan, prof, à Ge- 
nève, on trouve les formes es VorsaZj es Vorges^ ce qui signifie- 
rait lieu où abondent les vorzes, saule marceau. 

Eysins, D. Nyon, Osinco^ in pago equestrico 1002, Hidber, I, 
Osins, ii4o, ii45 et ii64, M. G. XIV, 7, IV, 78, 1202, XV, 7, 
Oisins^ 1211, 1219, M. G. XIV, Oysins, i235, M. R. V, 33i, 
OsinSy Oyssins, 1286, Cart. Oujon, OisinSy 1260, M. R. VI, 898, 
correspondant de Ossingen^ C. Zurich = chez les descendants de 
OsOy OssOy n. pr. g^rm. que Fôrstemann rattache avec doute au 
vieux gothique ÔSy dieu. 

Eyssy ou Eissy, ham. de Domdidier, Fribourg, Essie entre 
1 168-1220, Donat. Haut., Eyssy y i4oi. Essy, auj. Essis, loc. à 
Châtillens, D. Oron, Essy y 1278, M. R. XII, 201 ; comme Achy, 
de (fundum) Acciacunty du gentilice Accius = domaine d'Ac- 
ciuSy comme les Essej, Âisy de France. 

Fada, Forêt de la — , Ardon, Valais ; = forêt de la fée, du la- 
tin /a^a, faXoisJatay fadoy romanche /ae/a. De la môme racine, 
la Grotte aux Fées à Saint-Maurice, le Temple des Fées à Val- 
lorbe, la Cave aux Fées à Croj. Mais on confond souvent avec ce 
mot celui de faye = brebis, aussi écrit fée, voir Faye. 

Fagoe, Bière, et plus. loc. du Jura bernois, es Praz de 
Faigncy loc. à Ghoéx près Monthey, plan de 1715 ; du tr./agney 
provençal fanhay faigna, mot employé aussi dans les Ardennes 
et dans TAunis, du bas latin /ania, lieu marécag'eux, autre forme 
de fang«, et correspondant de Tall. Fenriy voir Fennes. 

Fagus, du latin /agus, hêtre, patois fau, fou, feu, dérive une 
très nombreuse famille. 

i« De fagus: Faug, loc. à Bex, Burtigny, Jong^y, Vuliiens ; 
Gombe du Faoug ou Faug, pâturage à La Rippe, faussement 
écrit aussi Combe du Four, Belfaux près Friboui^, Bellofagiy 
1142, les Faougs à Founex, Faoug ^ près Avenches, Foly 1228, 

* Faou^, en ail. Pfaueo, a ud paon dans ses armoiries. Ce sont des armes 
pariantes. L'allemand tradait habituellement f initial par pf. : Fines, Ptyn, Fa- 



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FAGUS 161 

M. R. VI, Fo, 1290, 1828, Fozy i338; Champ du Faux à Pra- 
hins, Côte es Faux à Yvonand, les Faux à Peney-le-Jorat, — le 
Gros Foux à Neirivue, es Foux à Fiau|^ère et OrsoDDens, la 
Foux à Cronay et Charmey, Son4es Foux à Rossinières (== som- 
met des hêtres), Entre-Foux à Su^ens, Foux-Praz, Bussy- 
Moudon, Fin du, des Fous à Thierrens et Fenin, Plan des 
Faouls à Peseux, — Crète du Feu à Massouficex, Beffeux, Bello 
fagOj i4o2, et Ppoz du Feux à Vionnaz, Pré de Feu à Colombey, 
jadis Pré du Faug. 

2® Du collectif masculin /a^re/ttm ; Fay, le — , les Fays (pr. 
Fey-i) à Martigny, Monthey et 10 autres ; Plan Fay, Champ Fay, 
très répandus dans tout le pays romand ; Plan Fet, ham. à la 
Côte aux Fées, Neuch. ; Fey, D. Echallens, Faiy 1 154, Faio vers 
ii5o ; ham. de La Sarraz et 3 loc. Frib. ; le Faz, bois à Peney- 
le-Jorat ; Fayet à Dizy, Fayat à Trient, Fayot à Val d'IUiez, 
Fayel à Cossonay, Fayey, Saint-Gingolph, Faël à Vanlion, 
Fayez à Bière, Fayay à Vionnaz et les nombreux Fahy du Jura 
et à Aigle, Fayez^ 1718, Fahy, D. Porrentruy, Fayl, 1177, 
Fahy, 1377. 

3« Des collectifs féminins /agr^aj/a^raria; Faye à Prahins, 
Trey et 8 autres, Rouge Faya à Aigle ; les dim. Fayettaz, 
Fayetaz ; la Fayîre à Vionnaz, Feyère à Ollon, Fayère à Esta- 
vanens, la Fouéraie à Bondry, Foyers^ bois à Beurnevésin, 
D. Porrentruy, forme masc. correspondant à Foyère. 

4* Les diminutifs Fayaulaz, 8 loc. Vaud et Fribourg ; Foyau- 
laz à Villarimboud, Fayules à Bottens, Faiola à Berlens, xii« s., 
FayolaZy Fayoalay Faolaz, i3o9, àChâtel-Saint-Denis,Faioa/a, 
1298, à La Roche; dim. masc. : Fayaux à Blonay, Fayeux à 
Monthey. 

50 Enfin de l'adjectif ya^<n£i5 = de hêtre, dérivent Plain Fa- 
hyn, ham. de Pierrefitte, D. Moutier, et Plain Phayen à Vermes 
et Corban, Jura bernois = plaine (boisée) de hêtres. 

vera, Pfâfcrs, Fcircttc, Pfirt, Faido, Pfaid, etc. C'est ainsi que Eau est devenu 
dans la boache des Allemands voisins Pfau, et ce nom ne leur offrait pas d'autre 
sens que celui de l'oiseau. 

M. D. 8BG. SélUB, TOME VII 1^ 

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162 FAILLA2 — PARTIES 

A la Faillaz, vig^aes à La Rippe, subst. verbal de faillir, v. fr. 
faille^ s. f.) manque, soluCton, rupture de contiauité dans une 
roche, un filon, une nature de terrain. 

Faleon, Prafalooû, ham. près de Sierre, Valais^ Prato Far^ 
corty 1339, encore Parcon dans la popul. allemande, Benfareoii, 
prés à Griments ; Plan Falcon, loc. à Corbeyrier ; du n. pr. FaU 
con ou Farcoriy fréquent en Valais au moyen âgpe. Nous en rap- 
prochons Farcounet, pâturage et chalet à Ormont-dessous ; du 
n. pr. Farconety dim. de Farcon, de Marquil Farconetus du Sé- 
pey, qui acheta ce pré 4( ou pede dou Léser », au pied du Leyzay, 
en i355. Un Farco vivait à Gergnat sur le Sépey en i33s. 

Famenaz, loc. à Orges, D. Grandson ; patois = famine, pour 
désig-ner un terrain improductif. 

Fanel, ham. près Champion, Berne, avec un bac sur la lliîèle ; 
probabl^nent le même que vanel^ passage, défilé, du bas latin 
oenella, permutation p-^sous l'influence allemande (comme Fiesch 
de viens). 

Fang, village d'Anniviers, Valais, et ham. de Bellegarde, Fri- 
bourgi de l'anc. h. all./âhan, clore; correspondant des Clos, 
Clouds du pays romand. 

La Faraz ou les Fares, loc. vallée de la Gryonne, avec paroi à 
pic sur la rivière ; la Faraz, torrent impétueux, vallée d'Isérables, 
Valais ; campagne à SaintrLégier ; ham. de Vufflens-la-Ville, 
Fara, 1260, 1377 ; et 3 autres loc. ; en Phare à Monthey, Farre^ 
1696, FarCy 1819 ; les Farettes, défilé et paroi à pic sur la 
Grande Ëau près Aigle, es Farestes^ plans de 17 18 ; la Farao- 
saz, pâturage sur le rocher du Lécherex, Ormont^dessus ; Faralte 
à Preùng^, Don Faratle à Courroux, Jura bernois ; Mont^Fa^ 
ron à Apples. Peut-être dérivés du verbe v. h. a\\. /arârij aller, 
ou de la même racine Jar, origine inconnue qu'on trouve dans 
faraud, prîmiti vouent fier, orgueilleux. 

Les Farenes, lieu-dit à Villette, La vaux, les Fama, champs à 
Chabrey ; du patois farena (far'na) = farine, employé pour dési- 
gner une terre sèche, très meuble, poudreuse. 

Parties (e final légèrement ouvert), forêt des *- à Finhaut ; 



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FARVAGNY — FAYE 163 

part, passé fém. du verbe v. fr. sarlir^ briser, défricher, avec 
permutation valaisanne s-f ; équivaut eaviron à forêt des Ësserts. 

Farvagny, 2 com. Fnhom^j Favarniacuniy 1082, Ftwerniei^ 
^oiiarnie/, II 38, DoDat. Haut., Arch. Fr. V!, Faverniacunty 
1286, M. G. XV, iit^j FavergnyCy i453, etc. ; de (fandam) For 
briniacurriy domaine d'un FabriniuSj g^ntilice romain. 

A la Fattaz, vignes à Conthej, Valais ; du patois fatta^ poche, 
au fig*. pour un lieu enfoncé ; la même métaphore à Champvent : 
es Poches, vignes. 

Fauconnière» Revers de — , paroi rocheuse dominant à TO. le 
lac de Joux : endroit où nichent les yaucon^. 

La Fa va, sommet 2614 m. au S. du Sanetsch, Valais, Sex de 
la Faba dans Lutz ; de faoa^ latin faba^ fève, à cause de sa 
forme ; à la Favaz, loc. à Mont, D. RoUe, lieu où Ton cultivait la 
fève, de même les diminutifs en Favel, Favaulaz à Villargiroud 
et Broc, et les collectifs es Faveires, prés à Ormont-dessus, 
champs à Sévery ; la Faveire à Vaulion et Vucherens ; le Favîer 
à Tramelan ; en Favez à Esmonts, à Rue ; les Favîères à Esser- 
tinesy D. RoUe, et Favery, ham. à Blessens ; en Favarix, m. à 
Champtauroz ; Faverettaz à Eclagnens et Faveruies à Bussigny, 
Morges, diminutifs. 

Favarge, 2 ham. près NeuchAtel et 2 loc. Vaud ; Fa verge, 5 
loc. Vaud ; ham. de Saint-Saphorin, Fabricas vers 11 38 et iitfi^ 
Apch. Fr. VI et M. R. III, Favargiis, 1216, 1228. M. F. IV, Fo- 
vargesy 1232, Faverges, 1262 ; — Farvages, ham. d'HauteviUe, 
m. à La Roche, Frib., les Favargettes à Coffrane, Farvagettaz 
à Vuadens, diminutifs; du latin ya6rica5, forge, avec métathèse 
de î>. — Montfavergier, Franches-Montagnes ; de mont et fa- 
oergiety forgeron, de/abricarias. 

Aux Favrins, prés à Ormont-dessous ; du n. pr. Favrc, &mille 
nombreuse aux Ormonts. 

Vny^ la Zâ (Chaux) de Faye au Sanetsch, la Part — pour 
Pare, — es Fayes à Villeneuve ; le Parc es Fayes à la Berra, 
Fribourg; le Graux des Fayes sur Mollens; la TMinaz es 
Fayes à (3iampéry, la Luis Feya à Bcx. Souvent ^rit fée par 



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164 FÉCIIY — FÉLÉSIMAZ 

confusion avec ce dernier mot, ainsi la Côte aux Fées^ Neuch., 
Coste es faeSy i354, Costa des fayes^ i337, Coste es Fayes, 
i658, sur la cloche du temple ; le Six des Fées, Hérémence, le 
Sex de Pares es Fées, alpes d'Aigle = le Rocher des parois aux 
moulons qui vont s y mettre à Tabri ; les Champs de Fées à Fre- 
sens. Ce mot vient du latin y!?^a, brebis pleine, puis brebis en gé- 
DLTal, vallées vaudoïses y!?a, Dauphiné feia, patois fahiey v. fr. 
feya(s) comme le montre ce passage du Plaict de Lausanne 
(i368), art- 1 17 : <( Personne ne peut vendre une brebis ou feyaz 
pour un mouton. > *t NuUus potest vendere ovem femellam seu 
feyaz loco castronis, > 

Féi?hî% D. Aubonne, Fescheio, 1180, M. G. XIV, i5, Feschi, 
iao4, Feschie, 1221, 12^0, FechiCy i344> Feschier, 1467; Fes- 
chy, m, A Gollion ; de Fescîacum (praediam), domaine d'un 
Fescias, gentil i ce romain. 

Feïdey ou Feydey, loc. à Lejsin et au Sépey, D. Aigle ; de 
ftlicetam, fougeraie ; à ce mot se rattachent Flaugy, m. à Fiau- 
g'ères et le Fiau/î^ ham. près Rue. 

Feîgii'o ou Feygîre près Châtel-Saint^Denis, Feyyueres, i5ii, 
Fégières daniî Luiz ; de filicariaSy fougères, patois Jllaudze, 
Jiaadja. De même Flougère à Port^Valais, Fiaugères à Yens, à 
Saint-Martin, Frib., Felgeria vers ii5o, Fiougière, i25o; dim. 
Fiaugercttaz à Chardonnay-Morges, Fiaugire à Oron, Fiau- 
dière à Monlrcux ; Fieudère à Hérémence et Leytron ; Fiongèi^e 
à Ependes ; Fougères à Gonthey, FeugèreSy i243, et Lausanne ; 
Fougière à Masson^ex ; Faugère à Lens, Faugeroz à Monthe- 
rod, Foigîère, Moniigaez, Porrentruy ; Fegière, Goffrane, Fe- 
gufi'ft, Feyguiro, Faîguières, Feydière, Gruyère, au Fîdero, 
Federox à Vouvry, Flongière à Vaulruz, Fiaugire à Croy, 
Flougère à Baulmes, et les collectifs Foigeret, Foigiret, D. Por- 
rentruy, 

Es Felards ou Fellards, prés à Yvorne ; de Jelard, filard^ 
filet dans lequel on charge le foin, prés où Ton est obligé d'enle- 
ver la récolle dans des filets. 

Féléslmax, pâturage près Charmey, Filisiema, i458, Fili" 



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FBNASSE — FERNASSE 165 

siesme^ i5o4 ; viendrait dejUiceSy fougères, d'après Gatschet, qui 
y rattache le nom d'une alpe de Phillix ou Félix à Gsteig (Ges- 
senaj) ; à étudier. 

Fenasse, prairies à Jussy, Corsier, Cologny. 

Fenêtre, 5 ou 6 cols du Valais, et Fenestral, Fenêtrall, alpes 
de Finhaut et de Fully, Valais ; de fenêtre, ouverture et suffixe 
augm. aly ail. 

Fenetle, voir Fin. 

Fenil ou Fenis, D. Cerlier, ail. Vinels, Fenis, 1072, F. B. I, 
Feniy 1098, Finis, ngS, FinilSy i2i5, FeniSy 1228, M. R. VI, 
i5, Finins ante CelliCy 1286, VinilSj i3oo, Finilis, iSog, Tr., 
etc. ; Fenis, bois près Gorserey, Frib. (et vestiges d'un anc. châ- 
teau) ; les Fenils à Rougemont, et plus. loc. ; en Fenîx ou Feny 
à Vérossaz ; Fenîn, Neuchâtel, Fenis, 1228, M. R. VI, 20; de 
fenil, latin fenile, romanche fanigly fenil ^ ail. suisse FineL 
Fenalet à Bex, Finalet, i4o2, et Saint-Gingolph ; Fenelct à Ley- 
sin, Feneliet et Fenillets, Ormonts, Albeuve, etc., diminutifs, 
voir aussi Findelen. 

Fennes, Sieme es — , chalets, vallée de la Manche à Rouge- 
mont, Prafenne à Monthey, en Praz fennez, 1696 ; du v. h. ail. 
fenn,fenni, lieu marécageux. 

Le Fer, pâturage à Leysin, prononciation patoise pour TEssert, 
permutation ç~f comme fingle pour cingle ; de même les vignes 
du Fert à Ëvionnaz, es Preyses du Fer à Saint-Maurice. 

Ferlens, com. D. Oron (et hameau de Massonnens, Frib.) ; 
Ferlens, ii46 et vers 1160, Fellens. i3ii, i33o; Ferlyn, Fef^ 
lin, Ferlens, i33o, Arch. Fr. III = chez les descendants de Fer- 
hil, n. pr. germ. Fôrstm., 899, a le nom voisin Ferhilt, de la ra- 
cine yhr, du verbe yard/i, aller. 

Fermens ou moins bien Ferman(d), bois et ferme près Apples. 
G'était le nom d'une famille de donzels d'Apples au moyen âge. 
Probablement de la même racine /*ardn. 

Femasse, bois à Versoix, renferme, avec le suffixe augmenta- 
tif asse, la même métathèse que le nom de la localité voisine, 
Fernex, pour Frenex, du latin fraxinetum, bois de frênes, ou 



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166 FBRPÈGLE — FERREX 

d'une forme bas latioe farnetam que signale Muotb. (Bûnd- 
nerische Ortsnamen, 29.) 

Ferpècle, grand pâturage, val d'Hérens, Freytpiclo vers 1280, 
M. R. XXXIII, 432. Murith écrit Frepey en 1806 ; d'après Stu- 
der, du ramanche ver = val, et de l'italien piccolo, petit, ou de 
pecugliOj troupeau, donc petite vallée ou vallée des troupeaux. 
Mais ce romanche et cet italien nous paraissent étranges en Va- 
lais. L'ancien nom de Ferpicloz, com. D. Sarine, et maison à 
Grujère, nous met sur la voie. Ce village s'appelait Frigidum 
pesclum, 1187, M. F. II, 16 (le Frigidum Pesdum^ Donat. 
Haut., 245, Arch. Fr. VI, 97, est sans doute une coquille et il 
faut lire Pesclam), Ce nom devient Ferpehclou, 1269, Ferpe- 
cloz, i3oo, etc., Zimmerli, II ; pesclum est évidemment />a5cu /«m, 
petit pâturage. Frejtpècle est donc froid petit pâturage ; Frépècle 
est devenu Ferpècle par métathèse de l'r ; remarquez l'orth. de 
Murith. 

Ferrage, Ferrajoz, Ferrageoz, une i5«de localités, m., h. 
aux abords des villages, le Feradze ou Foradze à Dorenaz, Va- 
lais, forme patoise. Nom ancien : une vinea de Ferraio à Beuson, 
Valais, 1246, campo de Ferragio à Vufflens-la-ville vers 1260 : 
ou Ferraige à Yens, 1296, Ferraio à Âpples, i337, loco qui di- 
citur Ferrajoz à Olmona de Savièse, xiii« s. ; des prés au Fer- 
rajon à Corserej, Frib., i5i3. On pourrait penser à ferrage, lieu 
où l'on ferre les chevaux, bien que celui-ci s'appelle ordinairement 
faverge. Mais ferrage peut avoir une autre origine. Dans le Cart. 
Laus., M. R. VI, p. 255, une terre paie « VIII denarios de ferra- 
gio » et ailleurs : « Avena et ferragium est vice domini. » Ce 
mot paraît parent du latin farrago qui signifie un mélange de 
diverses céréales, provençal ferraige^ et pourrait désigner l'en- 
droit où l'on percevait la dîme des grains. 

Ferrex, vallée du Valais, Nemus de Ferrea^ "89, M. R. 
XXIX, 12, Ferrayy 1190, Ferrex^ 1228, Ferrey^ 1395. D'après 
Gatschet, du v. h. ail. varrich, pfarrichy ail. pferchy parc à 
bestiaux. Vient plutôt de feurre^ paille, fourrage, comme le di- 
minutif Ferreule à Sorvilier, Jura bernois, feurre et suffixe ola. 



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FERBEYRB — FEUR 167 

Ferreyre, D, Coasonay, Forrarim, 8ï5, Cart. Laus., Ferrie^ 
ris, 978, loi I, villa Ferrerias^ 981, Hidber, II, Ferrarias^ 1049, 
Ferrerias, lo^y Ferreria, ii^i y Ferreres, 1174, ia36, 1269, 
i344i M. R. D'après GaUchet, du v. h. ail. voraha, sapin, lieu 
couvert de pins ; d'après Studer, de Jbrarius, ali. Forrer, fr. 
fourrier. Les deux noms paraissent faux et nous dérivons ce nom 
comme Fen^ire à Belmont, Ferreire, pâturage à Tlsle, en Fei^ 
reype à Blonay et Saint-Légier, Fepeyre, chalets sur Leytron, du 
V. fr./eurrey fourrage, du gtrm. fuotar^ all./utterj bas latin 
fodrum, d'où fodraria, forraria, fourrière, bâtiment où l'on 
serre le fourrage. Même origine pour la Ferrièpe, commune de 
maisons éparses, D. Gourtelary, Berne ; par contre la Feprière, 
anc. nom des forges de Là-Dernier à Vallorbe, 1286, vient comme 
les Ferrera des Grisons du latin yferrar/a, endroit où l'on fond 
le fer. Quant au chalet de Ferraire, alpes de Chamoson, sur le 
chemin de la mine de fer, il est difficile de décider. 

Feschel, D. Louèche, Valais, Veselli, 1267, VeseHyy 7 fois 
xrve s., Vesselli, i357, Vexelly, i363, i4io, Veschil, 1619. 

Féiigny, D. Broyé, Frib., Festignei, 1142, M. R. XII, FUti- 
ney, 1184, Hidber, Fistignier, i38o, etc. ; de (fundum) Festi- 
niacurriy domaine d'un Festinius, gentilice dérivé du cognomen 
Festinus. 

Feaiilasse, ham. de Meyrin, Genève, Follacia, 1286, Folia^ 
eiz, 1*97, M. G. XIV, 189, 267, et bois près Satigny, i3o5, Fo- 
liacam, Rég. gen., 389, 483. De feuille et suffixe augm. asse, à 
cause des bois qui l'entourent. 

Feuillerai, m. à Rougemont, FeuUleresse, bois à Delémont, 
FeuÂUereUe ou Feuilleret, alpe de Louèche-Bains ; de feuille et 
suffixe adj. eresse et dim. ette, forêts d'arbres à feuilles, en op- 
position aux conifères. Voir aussi plus loin Folly. 

FeoT, Fop, du latin forU, dehors ; Feurporte, quartier à 
Nyon, Feurtille, bois à Baulmes ; en Forbuey à Etoy = en de- 
hors de la porte, des tilleuls, du bois. A foris se rattache aussi le 
Bonrg de F<hu*> quarti^ à Genève, Burgum Foris au xiv« s., 
Borg de Feur dans Spon, 1670, le bourg du dehors, le château 



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168 FEY — FILLING 

hors de l'enceinte (au comte de Savoie) par opposition au château 
intérieur, celui de TIlc (à Tévêquc). D'après Galiffe, ce Burgum 
foris ne serait qu'une traduction bas latine du français de l'époque, 
mais cet auteur- ne propose pas une autre étjmolog^e. 

Fey, Feydey, voir Faffus, Feigire. 

Fiesch ou Viesch, Haut Valais, Viu^ 1196, Vius, laSg, Viox^ 
1233, Vioscay 1268, VioSj 1277, Vyes, Vies, i323, i325; du la- 
tin vicuSy villag'e, comme le bour^ savoisien de Viuz. La forme 
Viosca s'explique par l'italianisation du nom vulg*. ail. Viesch 
déjà en usag^ parmi la population allemande. Les familles nobles 
souveraines, les Blandrate et d'autres, comme les Omavasso, ve- 
naient du Novarais. 

Fiez, D, Grandson, Figiacum, 885, Fiacum^ 888, de FeiacOy 
iû49, Hidber, I, 348, Fyx, 1179, Fie, 1228, Fyes, 1299, FyeZy 
i342 ; Fiez-Pittet, ham. de Grandson, parvum Fiacum; conmie 
les Fi(Ç(eac de France, autrefois Figiacum, de (praedium) Fibia- 
cum, domaine d'un Fabius (Fibias), gentilice romain célèbre. 
D'après Gatschet et Studer, de l'ail. Jichtey pin, mais acum ne 
s'ajoute qu'à des n. d'hommes. Cette étymologie par contre est 
exacte pour d'autres Fiez, lieux non habités ; voir Five. 

Figneroles, m. et territ. à Cuarny, D. Yverdon, Firiroles vers 
!ioo,M. R. lll,bSi y Filleroles^Filliroles, 1174» ii77,M. R. XII; 
dérivé avec le suffixe dim. olas, plur. de ola, d'un n. commun 
indéterminé. Peut-être y a-t-il aussi un double diminutif erola. La 
double permutation r^l-gn rend la recherche encore plus difficile. 

Les Filasses, pâturage d'Anzoindaz. M. Isabel nous commu- 
nique ceci : << na fila en patois est la cascade d'un long chenal 
horizontal déversant en aval les eaux fluviales. Il y a aux Filasses 
quelques sources qu'on a amenées à Anzeinde. >► 

Fi1iin(j, Grange — ou Phillings, ham. fribourgeois près 
Payerne. C'est évidemment le même nom que Fillinyes, village 
près Bonne, Savoie — chez les descendants d'un Germain. Hid- 
ber, II, p. 322, appelle ce hameau Granyes-Ferlein, orthographe 
que nous n'avons pas rencontrée et qui ferait de ce nom un dérivé 
de Ferhil, voir Ferlens. 

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FIN — FIVE 169 

Fin, du leiûn JiniSy territoire. Chaque village a sa Fin. Donne 
son nom à de nombreux hameaux et forme des composés : les Fins- 
hauts ou Finhaut, Valais, les FinyaaXj 1294, les Feniaz, i3o7, 
les Plansflns au col Ferret, Valais, etc. Le diminutif est fré- 
quent: le Finet à Saulcj, Jura bernois, Finettes à Martig-ny ; 
Fenette à Payerne, Fenettaz à Grandcour, Gorsier, et une i2«de 
ioc. Frib. Fenatte à Châtillon, Court, etc., Jura bernois. Fin est 
devenu Fan dans quelques composés. Longefan, prés à Valeyre- 
sous-Rances, Langefan^ Ioc. à Roche, perm. o-a comme dans Pra- 
fandaz ; Belle Fan à Penthaz, Rouge Fan à Essertines, D. Ëchal- 
lens. 

Findelen, ham. de Zermatt, autrefois Finelen, en fr. Fenalety 
forme germanisée de Fenils, Il y a une alpe FindelSy C. de Saint- 
Gall. Finneln, ham. de chalets à Staldenried ; vient également de 
feniley ail. suisse Finnel, et désinence plur. en = les fenils. 

Finges, ham. et forêt à la limite du Valais romand et alle- 
mand, FingiOj 1821, iSSg, Fynio, 1876, FingeSy i4i7 ; en alL 
Pfyn^ comme Pfyn^ Thurgovie, dans les chartes ad fines (Rhe- 
tiae). Le g fait difficulté, c'est sans doute la consonification d'un 
I comme dans singe de simia. En considérant les anciennes formes 
on voit que le g n'apparaît définitivement qu'au xv^ s. 

Fînive, la — ou Fenive, sommet, alpes de Finhaut, frontière 
française ; Fenîves, Ioc. à Leysin, les Inflnives, prés à Vionnaz, 
seraient-ils aussi dérivés de fin ? M. Bonnard, consulté, nous écri- 
vait : « Je doute qu'on trouve beaucoup de dérivés en ive servant 
à former des substantifs. Cependant Godefroy a finitive, s. f. = 
fin.» 

Five, Fîvaz, nom de nombreux bois, une 10" C. de Vaud; aux 
Fivettes, bois à Apples, diminutif ; la Fia, Chaux-de-Fonds ; 
Fin des Fies à Savagnier, Combe des Fias à Rochefort, Fya à 
Fleurier, 1282 ; dejiue (Vaud) ou Jie (Neuchâtel), sapin, spécia- 
lement sapin rouge, rameau de sapin, le dim. fiola à Moutier = 
épicéa. Le 4 niai 1 53 3, « les compagnons d'Orbe arborèrent la 
five » (signe de ralliement des catholiques, écrit Pierrefleur 
§ LXII. D'après Gatschet, de l'ail, fichte, nom du sapin rouge» 



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170 FLACHE — FLON 

« Les bois de fies et de sapins seroot conservés... » acte de i537 
dans Bojve, II, 376. Il faut probablement y rattacher les bois de 
Fy à Gryon, de Fyay ou Fiaj à Arzier, Bassins, et au Fiez, au- 
jourd'hui vignes, à Fully, à Goinsins, et loc. à Borrex. 

Flacbe, prés à Ajent, et Fiache, prés à Chalais, Valais, la 
Flâche à Cugy, D. Broyé ; même racine que nos Jlachères^ prés- 
marais où l'on récolte de la/lachey vaudois dujlaly de la litière ; 
du fr. flachcy s. f . , creux léger : flàche d'une route, mare d'eau 
dans un bois arg-ileux, lieu inondé, que Littré rattache à l'ail. 
Jlach, plat, et Dietz au néerl. vlacke^ terrain bas. 

Flambois à Vionnaz, flanc, côte du bois. 

Flammayen, ham. de mayens à Ëvoléne = flanc, côte du 
mayeù ; Grettaz es Flancs ou Crettaz des Flancs à Saint-Martin 
d'Hérens ; Flanthey, ham. de Lens=flanc, coteau, largue, étendu, 
de flanc et they^ de tensus, voir tels, teisa. 

Flanche (Flantze), prés à Evolène, Valais = v. fr. flanche, 
s. f. = flanc, prés sur le flanc du coteau. 

Flendraz, nom de deux ruisseaux du Pays-d'Enhaut, Flandru, 
iii5, F. B. I, 366. 

Fleurie, nom de parties élevées de pÂturag-es, sous les arêtes ; 
du patois flloria, récolte de foin d'un pré, parce que ce sont des 
pentes rapides, non pâturées, mais réservées à la faux, telles sont 
les Fleuries sous le Tarent, Ormont-dessus, Floriettaz, partie 
fazonnée du sommet de l'Arnenhorn, Ormont, et Florettaz, 
même sommet, versant de l'Etivaz. Flore, sonunet, alpes de Con- 
they, les Ënfleuries, Infleuries à Vionnaz, l'Eu Fleurie au N. et 
au S. du Sanetsch, Luys Fleurîaz, alpes de Leytron et de Sail- 
lon. 

Fleurier, Neuchâtel, Flurye, laSa, Flurié, 1372, M. N. XLI, 
Florye, i38o = (fundum) Floriacum, domaine d'un Florius, 
gentilice dérivé du cognomen Florus et connu par les inscrip* 
tions ; Floriacum a donné les noms de 29 communes de France 
(dont 17 en y, 5 ey, 2 ieu, 3 ac). 

Flon, du latin flameriy rivière, nom d'une vinglaine de ruis- 
seaux. Une forme plus voisine du latin est Flumi à Château- 



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FLOT — FOLLATERRES 171 

d'CEx, Flamier, i6o3, et le dim. Plumeau à Lavigny et Lau- 
sanne. Le diminutif latin Jlumicellum (flumicellum Osnona, 
rOyonnaz à Vevey, 1286) a donné Flonzel, Allaman, Vich, Bel- 
mont, Flunsel, 1227 ; Flonzet à Molondin, Flonzalet à Puidoux, 
Flonzalet à Duillier. Désig-ne aussi des localités : le Flonj ham. 
sur Vouvry, lo Flon de MieZy 1281 ; de la même racine, Flums, 
Saini-Gall, curtis Fluminis, 766, et Flims, Grisons, Flemes, 766, 
«n romanche flem, flim, flliém, flum, eau courante. 

Le Flot, monticule boisé à Leysin, et l'Efflot à Vey|i|['e, Leysin ; 
non point par métaphore de flot, vag'ue, mais par corruption de 
JloCy s. m., touffe de laine, de soie, de poils, du latin Jloccus, 
pris ici au fig. pour un crèt boisé. On a dit Jloton, et en Lorraine 
on dit un Jlotf un nœud de rubans (Littré), Floquet, m. isolée 
sur Ghéserez, D. Nyon, les Flochets au Landeron, diminutifs. 

La Foge, ham. de Marchissy ; loc. à Colombey et à Monthey, 
2 loc. à Montreux, Tune est peut-être le Fox près Vevey, 12 15, 
M. R. VI, mot soumis aux recherches. 

Foiraasaz, pâturage sur Bière ; les Foireuses, rochers près du 
Velan, Valais ; la Foirausaz, affl. du Sauteruz ; es Fueyrauses, 
m. à Vuadens ; Foîroux, loc. à Ghancy ; Foireux, taillis à Port- 
Valais ; du patois /ouairau,sa, fr. foireux, qui a la diarrhée ; 
par métaphore pour des localités humides, fangeuses, des torrents 
aux eaux boueuses. 

Follaterres, loc. à Fully : fausse orth., Bridel écrivait mieux 
FollataireSy Fullateriis, 1282 ; autre à Mage, campo de la Folla- 
teri sub Magi, 1260; 3® à Saint-Léonard, Follateri^ 1260, une 
4^ à Grimisuat ou Sion, la Foulateri, 1289; la Follatery à 
Granges, i3oi, des Folaieres à Drône de Savièse, xi« s. Aujour- 
d'hui une Follatire à Ayent, Foillatire à Grimentz, la Follataîre, 
châtaigneraie à Collonges, la Feulataire à Mordes et Vionnaz, 
Foallateriis, 1728, es Folalaires à Bex, les Follataires à OUon, 
Etoy ; Fulateyre à Gharmey, Follatière, bois à Ballaigue, la 
Follatery à Bavois, la Feuîllaleyre(aipe) à Villarepos et Essert, 
Frib. ; les Feaillatières, lieu buissonneux, ravin de TAllondon à 
Russin. Dérivé adjectif de Folliat, Feuillat, lieu boisé, feuillu, et 



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172 Es FOLLES — FONTAINE 

suffixe adj. aire, eyre, ire = ière, donc terre couverte de buis- 
sons, de petits bois feuillus. Les localités que nous connaissons 
sont en effet couvertes de buissons partout ou elles n'ont pas été 
défrichées. 

Es Folles, loc. Aigle, les FoUies, bois à Vouvry et Vionnaz, 
en lafulliy 1728, FoUiaz, ham. de Villarimboud et plus, loc., la 
Folieulaz à Vouvry, dim. ; du v. fr./o/ia, feuillée, patois yb//Ag, 
bois feuillu, par opposition aux bois de conifères. Nombreux col- 
lectifs, Folly, pâturages, val Ferret, Ormonts, Ghàteau-d'Œx, 
Montreux ; Château Folly à Château-d'Œx, Chastel Folliet, 
II 34, Hidber, I, 534, les Folliets, alpe d'Orsières, Foillet, alpe 
de Mex, Valais, Folliez à Etoy, Follier à Conthey, au Foliard à 
Vouvry, Foillerat, alpe à TEtivaz, Foljeret à Louèche, en Follîe- 
raye à Mont-Rolle ; Follleux à Renens et Fontaines, Folliux à 
Charmey, FoUiaux, alpe de Villeneuve, Folliausaz à Prangins, 
Foilleusaz, sommet à Troistorrents. De la même racine les 
Foyers à Vouvry, jadis Foilly ; la FuUy à Cottens, Vaud, Fullij 
1377, ^^^* ^ Coinsins, Borrex, etc. ; la Foulie à Sion, ly Fuly^ 
i4i4 ; la Fouly, ham. de Montherod, la Fully, 1376, en la Fouly 
à Gryon. Quant à Fully, village du Valais, voir ce mot. 

Fond, Sur la — , a m. au-dessus de la source de la Raisse à 
Fleurier ; fausse orth. pour /ont, source. Frey-de-Fond, loc. à 
Chavannes sous Orsonnens, fausse orth. de Tatlas Siegfried pour 
Freide-Fontf source froide. Une autre au xiii* s., Frede/ondSy 
Freidifons à Ëcuvillens, Donat. Haut. Arch. Fr. VI. 

Fondras, Saigne es — à Saignelégier ; les Effondras à Rebé- 
velier. Creux de l'Effondro, alpes de Portp-Valais, à TEnfondras, 
loc. à Croy et à Mathod ; subst. dérivés du verbe v. fr. fondrery 
d*où le mot fondrière : localités coupées de creux, de fondrières. 

Font, D. Broyé, Frib., Font, loii, FonZy 1142, Fons, ii54, 
M. R. XII ; de fonte m, source, comme Funs, Grisons. 

Fontaine, et forme patoise Fontannaz ; de Tadj. latin /on-- 
tanUy de source, a de nombreux dérivés ; des collectifs, de/onta- 
net uni y lieu riche en sources, Fontaney, Aigle, Isérables ; Fon- 
tany, Fully, Massongex, Charmey ; Fontenais, D. Porrentruy, 



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FORCHAUD — FORMANGUEIRE 173 

Fonianoux à Ëcharlens, Pfontanie à Louèche ; Fontanezier, 
D. Grandson, Fontanisy, i4o3 ; des diminutifs, Fontanettes et 
Fontanelles, plus, loc.^ Fonienailles à Monthey, Saint-Triphon, 
Fontenelles à Bagnes, Fonianilles à Peissy-Genève, Fontanal à 
Conthey, Fontanalles à Arconciel et Molondin, Fontanil à Sal- 
van, etc. ; Fontanasses à Saint-Maurice, dépréciatif ; — des com- 
posés : Foniainemelon à Neuchâtel, Fontaine^Millon au xiii« s., 
de Millon, n. pr. 

Forehaud, voir Frochaux. 

Fopchex, ham. d'OUon et loc. à Arnex, Forehy à Bourg- 
Saintp-Pierre, Chardonne, Mollens, Rueyres ; de farcetam : Fop- 
chîre (ou Fourchy), ham. de Riddes, Valais ; v. fr. forchière^ 
petite fourche, au fig*. dans la plaine pour bifurcation de chemin. 
Ces mots sont de la même origine que les nombreuses Forclaz, 
diminutif Forclettaz, des Alpes de la Suisse romande ; du latin 
furcala, petite fourche, petit col ou localité dans le voisinage (et 
non de forum clausum, comme le veut Bridel, ce qui donnerait 
forclos) ; les Forcola du Tessin, les Fuorcla des Grisons ont le 
même sens. 

Forel, plusieurs communes et bois : Baulmes, Romainmôtier, 
ou même prairies : Lignières ; mot du vieux français, du bas latin 
foresta, du yerhe/orestare, prohiber = bois, terrain à ban ; di- 
minutif /ore^/e/Za, d'où par contraction forel ^ racine foris^ de- 
hors. La forme primitive se retrouve dans es Forestelles à Mon- 
they, Forestallaz à Blonay, Foretal à Athenaz, Genève ; en Fo- 
retallaz, loc. à Cossonay ; Foretellaz à Boussens ; une Foretalla 
à Avully, Genève, Foretaîlle à Bussy, Pregny, contractée dans 
la Forellaz, m. à Forel. Un nemus de Foresta vers 1170, Arch. 
Fr. VI, près Chebri et Posdors (Puidoux) est sans doute Forel de 
Lavaux, For^s, 1274, Forel, i3oo ; Forel, D. Broyé, Forest, 
1289, M- ^' VI, 347, Fores, i342, Forex, i354. 

Forestay, ruisseau à Lavaux ; Foretex, loc. à Blonay, le Fo- 
petay, bois à Vionnaz ; autres formes de VsLdj./orestai, forestier, 
entouré de bois. 

Formangueire, près Belfaux, Frib., Fromendeire^ 1294, Fro^ 



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174 FORNET — FORTUNE 

menderie^ iZ&iy Fromendeyri^ i43i, Fromenderyy i445, au- 
jourd'hui en patois Fromendiaire = (terre) fromentière^ adj, 
V. fr., qui produit du froment. 

Fomet, loc. à Aig>le ; ham. de Lajoux, D. Moutier, Fornals et 
FornaZy xi6i ; les Fomets à Marchissy et val d'Illiez, au Four- 
not à Vionnaz ; de/omet^ petit four ; Fomex à OUon^ Monthey, 
FornelSy 1696, au Foraey à Villeneuve, es Formels à Chardonne, 
Fomy à Liddes, Fornez, 1228, à Charmey, et 5 autres loc. Frib. 
= /ornil, du latin furniley four. Foumoutz à Boui^-Saint- 
Picrre, et peut-être au Founoax à Hérémence, la Fomeyre à 
Lovatens, Fomache, Ormonts, Port-Valais, OUon, Vionnaz, etc., 
Fom&Bse à Âttalens, aug-mentatifs, correspondants du fr. Four- 
naise, loc. à Saint-Léonard, Sion. Noms désignant des endroits 
chauds, bien ensoleillés, des pâturages bien exposés. 

Foron, nom de nombreux ruisseaux de la Haute-Savoie, Ta- 
ninges, Scionzier, Bogève, Sciez, Reignier, deux à La Roche, en- 
fin celui qui forme la frontière genevoise, Ferons^ 1269, M. G. 
XIV, nom sans doute celtique comme tous ceux de rivière. Si l'on 
considère qu'on a prob€d)lement ici la permutation savoisienne «- 
y*, Foron pour Soron, on y retrouvera le nom de la Sarine, jadis 
Sarona, de la ^Serine et de la Valserine, les deux autrefois So- 
rona, et la racine sanscrite sar^ couler, voir ces mots. Cette per- 
mutation s-f se retrouve dans le nom du torrent du Fier qui s'ap- 
pelait Cier, Ciers au xiii« s., Reg. gen., 283, 34 1 ; elle est fré- 
quente en Savoie, aussi chez nous soit que le 5 vienne d'un c latin, 
sangi^fingle (de cingula), segogne-fegogne (de ciconia), soit d'un 
s, l'Essert-le Fer (de sartus), a satti-a fatti (de satis). 

Fopré, au — , champ à Marchissj; du bas latin fodrum^ 
paille, V. h, fearre et foirre^ du v. h. ail. ^ho^ar, dlhfuttery 
fourrage. £n Forez, champs à Cfaavomay, a peut-être la mente 
origine, mais le r simple paraît le rattacher plutôt à Forel. 

Forts, Chavannes-les-, D. Glâne, Frib., Chaoannes les fors y 
i346, Matile, Praz de Fort, hameau le plus éloigné de la com- 
mune d'Orsières ; de/orisj dehors, en romanche /bur, /or. 

fy>rCaiie, ham. de Villariaz et de Gfaavannes sur Orsonn^s ; 



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FORVEY — FOULE 1"^ 

loc. à Saxon et à Orsonnens ; Fortuno ou ForluBaux, ham. 
d'Ajent et mayens à Vernamiëg'e ; de fortune, sort, chance favo- 
rable. Ce nom abstrait étonne ; cependant on le trouve déjà au 
xni« s. : Un Ulric de Granges donne en gage sa vigne de La for- 
tuna, charte de Conthey, ia56, M. R. XXX, 19. On connaît 
aussi des Solitude, Abondance (Savoie), Famine (Orges), Gaieté 
(Vugelles), Repentance (Genève), Plaisance (Riez), Charité, Ferté 
(France) ; le Berry a plusieurs Malaise, 4 Nuisance, etc. 

Au Fopvey à Romanel-Morges ; subst. verbal de /orvoier, s'é- 
carter : localité éloignée de tout chemin. 

La Fopy, deux bois de pins à Bovernier et Sembrancher ; hara. 
de Fully, — pins partout où la vigne ne les a pas chassés ; — 
pourrait venir de Tall. fàhre^ pin : quelques noms d'arbres nous 
viennent de l'ail., daille, fie, saule. 

£n Fossabert, loc. à Gland ; paraît formé de fosse et d'un n. 
pr. comme Prabert. 

Fossard, ham. à Thonex, Genève, et 3 ham. Frib. ; une charte 
de Gruyère, i43i, parle d'un rivum dou Fossard; Fossau. Fos- 
fliaux, FossiouXy Fochaux, plus. ham. et nombreux lieux-dits, 
Fochau à Lignerolles, Fossey à Daillens, Fossy, écart de Farva- 
gny et ruisseau, affl. de la Dullive, Fosseau, ruisseau, bras de la 
Dullive ; le Fossaux, torrent de Vouvry ; au Fossorey, loc. à 
Vionnaz ; lieux enfoncés, torrents creusant leurs rives. Nom an- 
cien : un Fossauly 1204, Fossau, 1227, à Lutry, in Fossato à 
Yens, 1295, M. R. III, 5i3. 

Les Fotelats, bois à Buix, D. Porrentruy ; de/outeau on /ou- 
telf dim. de fou, hêtre, et suffixe dim. jurassien at = et : les pe- 
tits hêtres. 

Le Fouetteley, petit bois près Bullet, D. Grandson ; probable- 
ment de/outel, petit hêtre, et suflF. coll. ey. 

Foule (La), maisons à Payerne, Vallorbe, Croy, La Sarraz, 
Marly, Gorgier, le Locle, Boujean, etc. ; de/ouïe^ ancien moulin 
à foulon, généralement propriété du seigneur, où chacun était 
tenu de fouler ses draps, /bllare pagna sua in folla subtus 
Croy y Cartul. Romainmôtier. La Folla à Monthey, La Follaz à 



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176 FOUNEX — FOYERS 

Romont, Lussy, Cheirj, même sens. Foulavemey à Bussj sur 
Moudon, la Foule de Verney. 

Founex, D. Nyon, Fosnai, 1224, M. R. XII, 69, Founai, 
i25i, M. G. XIV, Fonay, 1296, M. R. V, 893. Peut-être d'un 
cognomen romain tel que * Fonus : il y a un gcentilice Fonius ; 
(prsedium) Fonacum donnerait Founai, Fonay. Le s de 122^ est 
peut-être parasite, cela arrive assez souvent. Le Reg*. g'en. Réper^ 
toîre, p. 484, donne Fornay : faute d'impression ? 

Four<?lie, nom de plusieurs cols ; de farca^ fourche, col pro- 
fondément échancré entre deux pointes ; le Fourchon, ham. de 
Treyvaux^ diminutif ; les Fourchons, patois Fortzons, chaîne de 
rochers au Saint-Bernard ; de fourchon^ dent de fourche ; la 
FouiH.'belte à Trient, diminutif. 

Fourclies (les), nombreux lieux-dits : Pré des Fourches à 
Villeneuve, Vers les Fourches, Pompaples ; aux Fourches, etc., 
souvent sur des éminences, des crêts^ à Rue, Delémont, Lully, 
Maracon, Lucens, Sembrancher, etc. ; les Forches à Saint- 
Blaise ; de ad /urcas, les fourches patibulaires, le gibet, cons- 
truit sur quelque endroit élevé aux abords des localités où le sei- 
gneur avait droit de haute justice. Vers le Gibet à Gudrefîn, et 
Sur lu llart à Delémont, même sens ; de harf, proprement la 
corde avec laquelle on pendait les criminels au gibet. 

Les Fours, mazots sur Vionnaz, et Sur les Fours, prés au- 
dessus, pente exposée au N. Sans doute une fausse orth. four 
pour fou, comme dans la Combe du Four, voir Faoug et Fagus ; 
donc = les Hêtres, Sur les Hêtres, qui sont assez abondants dans 
la localité. Quant à Sur le Four, 2 loc. au N., 1960 et 1880 m., 
alpcs de Liddes et de Bourg-Saint-Pierre, à plusieurs centaines de 
mètres au-dessus de la limite des hêtres, qui manquent d'ailleurs 
dans TEntremont, peut-être de furnum, d*un four à chaux qui 
aurait Ole établi là. 

Les F05 ers, bois à Beurnevésin, Jura bernois ; forme mascu- 
line corrrespondant au fém. Foyère (patois yb Ai ra, de /agaria)^ 
âejaffus et coll. arium = bois de hêtres. 



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FRAIDAIGUE — FRASSE 177 

Fraidaigue, ham. de SainUPrex ; de frigida aqua, eau 
froide : une source très fraîche en cet endroit. 

Fraidera, loc., — pente au N. — à Develier, Jura bernois ; 
dérivé de freid,e, froid, bien que le suffixe soit difficile à expli- 
quer. 

Fraises, les — , m. foraine de Tramelan ; de fraise, s. f. 

Frane^ Frêne, Franoz, Frenoz, nombreuses loc. ; de fraxi" 
nuSy frêne, le collectif Isiiin/raxinetumy bois de frênes, a donné 
les divers Frenoy, Freney, Saint-Gingolph, Franey, Franex, 
ham. d'Ecoteaux, de Remauffens et commune, D. Broje, Fras^ 
nei, ii42, 1242, Franeys, i337 ; le \aiin fraxinaria, frênaie, a 
donné Frenières, Bex ; Franières à Rossinières, Fregnire, Or^ 
monts ; Fragnire à Neirivue, Frasnieres, i235, etc. Diminutifs, 
Fragnolet, Château-d'Œx et Gruyère ; Fregnoley à Ba|i|^nes, 
Frenelley à Corbejrier et La Rippe. 

Frasse. Un ancien mot français, dérivé ég^alement de fraxi- 
nus^ a donné des noms de lieux plus communs encore; c'est 
/paisse, fraîche, frèche, dim. fraisseau, un des noms vulgaires 
du frêne dans les provipces du midi de la France ; il faut j ratta- 
cher notre moi frasse (correspondant au mot casse, de querci- 
nus, employé dans TArma^nac). Le ladin difrasen, le romanche 
fraissen. De ce mot viennent les nombreuses Frasses, une quin- 
zaine Vaud et Fribourg*, et plusieurs dans le diocèse de Genève, 
Fracy, Fracia, Fraxia, Reg. gen. m, 485. Citons en particu- 
lier Frasses, D. Broyé, Fribourg, Frasces, Fraces, 1142, Cart. 
Month., 5, hosp. S. Marie in Frescin, 1225, F. R. II, 62, hosp. 
de Frescein, 1228, M. R. VI, Frasses, i337, et Frasses, D. Lac, 
ail. FraschelSy Freschens, 1276, Freschols, i3o2. Ces formes 
de 1225, 1228 montrent bien Torigine. De là également les Fras- 
sis, Château-d'Œx, Gruyère ; Frassys, Villeneuve ; les diminutifs 
Frassettes, Ormonts, Fracettes à Vionnaz, Frassillet à Char- 
mey, Frassonayaz au val d'Illiez, ainsi que les formes patoises 
où ch, ts remplacent ss : Fratzes, M artigny ; Fratzi sous le Gram- 
mont ; Fratzay à Leytron, Frachy et Frachiaz à Bex ; Frachey 
aux Ormonts, Frachay à Liddes, FrachierSy plan, vers 1720, le 

M. D. SBC. SÉRIE, TOMB Vn IS 

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178 FRÈRES — FRÉTEREULES 

Frache à Lavey et val d'Illiez, bois de Fréchaux à Gimel, et le 
dim. Fracheret à Gryon ; un pratum de la Fraschi à Vex, 
iai3. Peut-être quelques-unes de ces dernières localités tirent-elles 
leur nom Aefratzi^frachiy mettre en pièces, briser, latin freS" 
suSy brisé. 

Frères, Bois des — , près Genève, ancienne propriété des 
Frères prêcheurs ou Dominicains de Plainpalais. 

En la Frémi, m. à Saint^ingolph, les Frenoiiés, propr. sur les 
Mosses d'Ormont où abondent les fourmilières (Isabel) ; le Prou^ 
millet, pAturage Jura d'Arzier; Froumy, loc. à Saint-Martin, 
Fribourg; du patois yremi, yroumi = fourmi. 

Frégiécourt, ail. Fridlinsdorf^ D. Porrentruy, villa qui ro- 
mano dicitur Frigiecortj theutonice Fridestorfy 1237. 
nom français. Nom tUemand. 

Frigiscurthf ii36, 1218. FridestorJ^ 1237. 

Friffiscoriy 1180. Friderslorff^ 1296. 

Frigiecourty i aa i . Friedrichsdor/, 1 3o8. 

Frigiecurl^ i3o5, aujourd'hui Friedlinsdorf. 

Nom français : court, ferme de Frigis, du ^thique freiê^ v. 
h. ail. /rf, libre, n. ail., village de Frid^ le paisible, puis de Fré- 
déric, enfin de Fridolin, tous trois du reste de la même racine 
frîd^ paix. Rien de plus curieux que le changement de nom que 
Fendroit a, sous la plume des notaires, subi à quatre reprises, ou, 
si Ton s'en tient aux deux groupes, de la forme allemande à la 
française. 

Presens, G. NeuchAtel, FresenSy 1268, Fresain, 1290; de 
Frisingis = chez les descendants de Friso^ n. pr. germain. Un 
FrtdingiSf 930, in pago Wald. pourrait-il être Fresens? 

Prête, du germ. firsty fatte de toit, v. fr. frète, nom commun 
de localités, pâturages près des arêtes. Frétaz, ham. de BuUet, de 
Vaulioa, de Pomj ; les Frètes, près du Locle ; Fritaz, ham. sur 
Saint-Gingolph; dim. Frélerettaz, pâturage d'Arzier ; Préteux, 
loc« à Pontenay et Courchavon, adjectif. 

Prétereules, ham. près Noiraigue, Neuchâtel, apad Fraciu- 
rales^ 1247, Fructereules et Fretereules, i346, FruterouleSy 

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FRÉZILLON — FROIDEVILLB 179 

i38o; de fructarolas (cartes), lieu fertile en fruits. Un autre 
Fréterolle, au col de Coux, versant français, FruyterolaZy i438, 
Mém. Inst. 6en. VIII, dim. de fruitière, au sens de laiterie. 

Le Frézillon, loc. à Vallorbe ; de fresillon, nom vulgaire du 
troène, Ligustrum, et du fusain. 

Frinvilllers, ail. Fridelischwart {Fridlinschwanden d'après 
Zimmerli, de schwanden, assert,) ham. d'Orvin, D. Courtelarj, 
Friderichswart y i3ii y Frunwelier^ iBgS, FreyvillierSy i4o3, 
M. N, XXXIV, 267 = village (n. fr.) ou poste de garde (n. ail.) 
dé Friderich (puissant pour la paix), 

La Frinze, torrent, affl. de la Navizence, Valais ; subst verbal 
de fringuer^ sauter, gambader, probablement du bas breton 
fringoy sauter, avec permutation g-z (comme longue-lonze). En 
patois le subet. verbal désigne parfois l'auteur de l'action, une 
batollhey de batolhi, etc. Pourrait peut-être venir aussi de 
freinzBy crevasse, de freindre, du Isiûiifrangere, briser. 

Les Friques, Villars —, Fribourg ; du v. fT.frique, provençal 
fric y du gothique /ri/r«, v. goth./rec (d'où l'ail. /rccA), joyeux, 
hardi, gaillard ; donc village des (hommes) hardis, joyeux. Ancien 
génitif les pour des, comme Villars-le (du) Comte, Villars-les 
Moines. 

Frochaax, ham. d'Enges, Neuchàtel, Froischaad, 1897, 
Ghambrier, 587, Forchau, 1670, carte du P. Bonjour, Mus. N. 
XXXI, 288 ; Frochet, loc. à Roche ; Frochex ou Frosehex à 
Syens ; Frossaux à Ecublens, Fribourg ; Frotzé, loc. à Vui- 
brojef Frochaiêy iib^, Froschaisy 11 55, Froscaisj 11 79, Fr(H 
chagSj 1278, M. R. XÏI, Froschex, 1589. Avec métathèse de IV: 
Forchaut à Boveresse, i345^ au Forchaux à Cernier, Neuchàtel, 
Forcliaiix ou Forchaud (Forcho dans Kuenlin) à Hauteville et 
Treyvaux, Fribourg, en Forchaulx à Praroman, xv« s. Du v. fr. 
JroCy terre inculte, mot très employé jusqu'au xvi« s. 

Froidevaux, 2 ham. de Sonbey et Montfaucon, Jura bernois ; 
àtfrigidam oallem^ froide vallée. 

Froideville, une commune et 3 ham., 2 Vaud, i Fribourg; de 
frigidam oillamy hnaib froide. Froideville pétait aussi autrefois 



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180 FROMENTAUX — FUYENS 

le nom des Tavernes, D. Oron, Froydevillaz encore en 1692, 
1679, bien que Tavernes fût déjà employé. 

Fromentaux à Crans, pi. de l'adj. fromental, et Fromentey, 
m. à Sales, Fribourg; de froment et coll. ey; champs de froment. 

Fromentin, Plan — , ham. d'Ormont-dessus ; d'un n. pr. connu 
déjà en i4o2. Johannes Fromentin et un Petrus Rubuy étaient 
les deux premiers syndics d'Ormont-dessus en i494- 

Frontenex, ham. de Colog-ny, Genève, Frontunay, 1809 et 
i368, Frontenay, i438, M. G. IX, 288, XVIII, et III, 210 (Hum- 
bert écrit Frontenay, 1862) ; de (praedium) Frontenacam^ do- 
maine d'un Frontenus = Frontius, gentilice qui a donné le nom 
de 7 communes de France. 

Fruence, vill. près Ghâtel-Saint-Denis, autrefois chef-lieu de 
toute la contrée, Fruenci, Friwenci vers 1180, Donat. Haut., 
Arch. Fr. VI, Frewencia, 1096, Fruenci, I2i5, 1220, 1228, 
Fraenciay 1228, Fruentia, i255, M. R. XXX, 9. D'après Gat- 
schet, du bas latin fraa, de fraor, désignant spécialement les 
produits du laitage; étymolog-ie douteuse. Plutôt dérivé d'un n. 
pr. germain. On trouve un Fruonzo en 1180 dans Tr. I, 383. 

Fullf, D. Martigny, Valais, Fuliacum vers iioo, Fullye, 
laSo, Fulliey 1260, i324, Fulli, xiv® s. ; de (prœdium) F allia- 
cum ou Folliacuniy domaine d'un FolliuSy gentilice romain. 
Holdor, p. 1499» cite un prœdium Folliacum. 

Le Fupcil, loc. Val de Travers ; paraît être uu dérivé de/urca 
au sens de bifurcation de chemin. Ducange a fourq, via in furca 
divisa. Il faudrait supposer un moi /urcile, d'où le suffixe il. Mais 
les dérivés de furca ont o et ou, et non u, nous fait observer 
M, Bonnard ; donc origine indécise. 

Fussy, loc, 2 m. Combremont. Pourrait être un (fundum) 
Fuxciacum, domaine d'un FusciuSy gentilice romain dérivé du 
cogDoraen ycwctts, brun. 

Fuyens, D. Glane, Fribourg, Fuenê U fois ii5o-ii8o, Donat. 
Haut,, 1198, M. F. III, 69, Fuiens, xii« s. (1167 ?), Fuens, i36o, 
t66S ^= chez les descendants d'un Germain dont le nom vient de 
la racine Fug, qui a donné le n. pr. Fagilo, 



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GABIARE — GAMPEL 181 

La Gabiare ou Gabière, ruisseau, affl. de la Birse par la 
Scheulte, forme féminine correspondante au v. fr. gabeur, mo- 
queur, de gabepy railler, se moquer; les noms de ruisseaux 
abondent en figures : la Gaie, la Gaillarde, la Rogneuse, la Mion- 
naz, etc. 

Gachet, ham. de Founex, loc. à Courtilles ; du v. fr. gaschié, 
s. m., marécafii^e, terrain humide, de la famille de Tall. waschen 
(note de M. Bonnard) ; les Gâchettes, m. Haut-Vully, et es Ga- 
ehettes à Trélex, même origine? (ou du n. pr. Gachet). 

Gademoz, chalet à TEtivaz (frontière allemande 1) ; du v. h. 
ail. gadanij grange, fenil, comme les nombreux Gadmen des 
Alpes. Le Pajs-d'Ënhaut a de nombreux noms allemands : Rubli, 
Gumfluh, Coumattaz, Schuantz, Bodemos, etc. 

Gagnerie, sonunet sur Evionnaz, Valais ; de gagner, au sens 
archaïque de faire pattre, à cause des pentes herbeuses qui en 
couvrent le flanc S. et que Ton peut pattre. Littré (Addition) donne 
gagnerie y nom de métairies dans certaines parties de la Bretagne, 
et dans le centre, d après Joubert, ce mot désigne les terres culti- 
vées sur la lisière des bois. 

La Gaillarde, ruisseau à Bougy, D. Rolle; adj. gaillard, gai, 
joyeux. 

La Gainaz, m. à Noville, entre le Rhône et un ancien bras ; la 
Gaine, pâturage dans un étroit vallon, Ormont-dessus ; du n. c. 
gaînej de vagina^ à cause de Tétroitesse de la localité ; la Gai- 
nèehe, loc. à Saint^Braix, en est peut-être un dérivé. 

Au Galataz ou Galetas, loc. à Etoj, Bursins, Lully, Villars- 
sous-Yens ; du v. fr. galatas, allusion à la position élevée. 

La Galeisaz, ham. d'Ormontrdessus = la jolie en patois vau- 
dois, d'une racine germanique gâly gai, joyeux. De là encore es 
Galaises à Vouvry ; les Galeides à Troinex, Genève ; Galeyaz, 
champs à Chalais, Valais ; la Galaz, ham. de Vaulion ; le Lieu- 
Galet, m. à Develier, Berne ; es Galites, ham. dUermenches, 
Vaud ; Pré Galle ? à Chavannes-de-Bogis (peut-être pré de Galle, 
B. dTi.). 

Gampel, D. Louèche, Valais, ChampilZy 1288, i366, Campiz, 



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182 GAMPBLBN — 6ARITALAZ 

i3o5, Campael, i3og, ChampiZy iSSq, ChcunpeZy i344> i357, 
M. R. XXIX, XXXy Gampily i454» etc. ; de campellum, petit 
champ. 

Gampelen, D. Cerlier» Berne, Gamplanchy I2a5, F. B. II, 5a, 
KamplunCy 1229, Zeerl. I, fr. Champion, Champion^ 1179, Ma- 
tile, I, CAa/n/>/an, 1228^ JamplunSy i235, M. R. VI, i5, 623, 
Champion^ 1289 ; les deux de campilionem, dim. de campum^ 
champ. 

Gampenen, ham. de Louèche, Valais, fr. Gampière^ Cham- 
pagneêy 1267 ; de campaniaSj campagnes. 

Gamsen, D. Brigue, Valais, Cramosuriy i233, GamoBorij i3i2, 
ChamosonOy 1392, GamsSy i4oo. D après Studer, de campus; 
mais toutes les formes anciennes le dérivent du v. h. ail. gamuZy 
chamois. C'est le correspondant de Chamoson. 

Gandole, loc. à Genthod, Grenève, es Gandoules, prés sous 
Aigle. Nous pensions à en faire une autre forme de gondole, ri- 
gole pavée, qui pourrait désigner ici rigole en général ; dans le 
Berrj : une gondole de pré. M. le professeur Bonnard l'estime peu 
probable, gondole n'ayant été emprunté à l'italien qu'au xvi« s. 
Ce n'est pas une raison absolue, le mot est anciennement connu 
chez nous. Pour la permutation o-a, nous avons à Aigle Prafan- 
daz ou Prafondaz = profonde. 

La Gara, ham. de Jussy, Genève ; subst. verbal de garer ? 

La Garde, ham. de Sembrancher, Warda^ i322, et chapelle à 
Evolène, Wuarday 1280, etc. ; du v. h. ail. warta^ signal, tour 
de garde. 

La Garennaz, loc. à Montagny, Yverdon ; la Garenne, ham. 
de Satigny, Genève = v. fr. garenne^ terrain de chasse réservé 
au seigneur, du v. h. ail. waron, garder. 

Garonne, ruisseau à Bougy ; voir Géronde. 

Gaulé, Gaulez, voir Gueule. 

La Gayaz, m. à Combremont ; probablement de Gay, n. pr. 

La Gay, ruiss. à Vaulion ; prob. la gaie, adj. 

A la Garitalaz, vignes à Essert^Pittet, D. Yverdon ; es Garî- 
talies à Mur, Û. Avenches ; dim. de garitay fr. guérite, maison- 



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GÉLINB — GENÉTBâ 183 

nette poar la garde des vignes, ou l'on se gare, s'abrite en cas de 
pluie. A Savièse, 'na garetta est une maisonnette de vigne (étj- 
mdogie fournie par M. Isabel). 

Géline, Creux —, combe à Soulce, Jura ; creux (des) gélines, 
des poules de bruyère. Voir aussi Gombaz Oelin. 

Gemmi. Nous mettons ce mot, bien qu'étranger à la Suisse 
française, parce qu'il est connu de chacun et qu'on en a proposé 
5 ou 6 étjmologies *. Voici, croyons-nous, la vraie, inédite. La 
<jemmi s'appelait Curmilz en 1262, F. B. II, 35o, Curmyz^ i3i8, 
M. R. XXIX et XXXI ; Gemmius monSy 1677, Gàmmiy 1608, 
Arch. Louèche-bains d'après Zimmerli. Les deux formes primi- 
tives indiquent l'origine : du latin calmen, sommet (ail. kulm), 
avec permutation de 1 en r ; en Dauphiné, courme = sommet. 
Quant à la terminaison ilz =z ils, forme plurielle, elle était répan- 
due dans la contrée, ainsi à la même époque Gampel s'appelait 
Campilz = les champs. Donc Gurmila = les sommets ; un Vau- 
dois dirait : les frètes ; ce qui est tout à fait juste pour un habi- 
tant de Louèche. On y parlait français alors, et le mot s'est dé- 
formé sous l'influence de l'allemand introduit au xvi^ s. Die 
Gemmi, aujourd'hui fém. sing., serait donc dérivé d'un masc. 
plur. romand. 

Génépi, Aiguille du *— , sommet des Alpes de Trient, au S.-O. 
du glacier, et le Dzennepi, presque en face, à l'E. du glacier ; de 
génépiy génipi, nom patois de l'Armoise Mutelline, qui abonde 
dans leurs rochers. 

Le Genêt, villa près RoUe, déformation de VOujenety 1269, 
Oagenety 1697, diminutif d'Oujon, chartreuse près Arzier, à qui 
ce domaine appartenait. Il s'appelait antérieurement Marmotéa. 

Les Genètes, pâturage de Premier ; probablement du vaudois 
genettey s. f., patois djenettay jeannette dans le Berry, un des 

i De fçemitus, mont des soupirs (Séb. Munster) ; de gemini, rochers jumeaux ; 
de gemma, gemme, pierre fine, cristal ; de galm, de calma, au sens de hutte 
couverte de chaume (Gatschet et Studer), toutes controuvées par les formes 
primitives. 



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184 GENÈVE — GENOLLIER 

noms populaires du Narcisse des poètes si abondant dans certains 
pftturaf^ de la région. 

Genève, Geneva dans César, Genava, ni-vi«s., Gebenna dans 
toutes les chartes du moyen âge, employé pour la première fois 
par le pape Pascal II en i loo, peut-être, suivant GaliSe, pour évi- 
ter la confusion avec Gênes. On trouve les formes Geneuay Ge» 
nova, Genuavay Gennava (Tab. Peutinger), Genova, Genabe^ 
563j Genutty 44i, ^17, 585, 859, Canava, 38ï, Jenava, 523, Ja- 
noba^ Januba, Jenuba, Jenuvay Januva (Grég. de Tours), Janua 
(Fr^dégaire), Januis. Du celte genava, bouche de rivière, embou- 
chure, gen, bouche, et ava, eau ; hibern. genou, cor];^ique ge- ^i 
nau. Le nom ligure de Genua, Gênes, a le même sens d'après 
Holder, 

Les Geneveys, 2 vill. Neuchâtel, Genevais, 1788, et les Gène- 
vez, D, Moutier, Berne, les GeneveySy i38i : trois communes 
dont la fondation est attribuée à des colons genevois venus pour 
s'y établir en 1291, voir Boyve, I, 25o, et i3o7, mais aucun docu- 
ment d'aucune espèce, ni à Genève, ni dans le Jura, n'est venu 
confirmer cette tradition. 

Genièvre, Genèvres, Geneyvpoz, Genevroz, une io« de loc. 
Vaud et Fribourg ; de janiperus, genièvre. Genevrets, Mon- 
treur, Avry, Genevpex, Chexhres et 7 loc. Frib. ; Genevpay, 
Conthey, Ardon ; Genevpis, Châtelard, Frib. ; Geneveret, Sou- 
bey et Vicques, Jura ; de Juniperetum, lieu où abondent les ge- 
névriers ; Genevrausaz au Châtelard, Vaud, et Geneyvpoux, h. 
Rueyres-Tréfayes, Frib., adjectifs ; Geniévpies, Chéserex ; Gène- 
vri(^§, Oursins ; Genevepies, Goumois ; Genevpièpes à Meinier ; 
les Genavpièpes, Lugnez, Jura, collectifs. Il faut sans doute y 
ajouter es Genevièpes, champs à Liddes, Valais, et la Genevîèpe, 
loc. Barberêche, Frib. 

Genolliep, D. Nyon, Genolliacuniy 11 10, Genolleiy ii64, G^e- 
nollie, 1180, M. G. IV, 78, V, 38i, Genoliacuniy 1195, M. R. 
Xll, Genolli, i2o4, Genolie, 121 1, Jonolie, 1221, Jonolliei/yJo- 
noliiez, i235, M. R. V, 221, XII, 20, et XXVIII, 72 ; Genoglier, 
1256, etc. D'après Gatschet^ copié par Studer, de gallinay poule. 



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GENTHOD — ES GERIT 185 

d*où le patois djenelliery poulailler, << parce que, dit-on, le cou- 
vent de Saint-Claude avait là son poulailler. » Mais cette explica- 
tion nous paraît douteuse, le suffixe acum ne s*ajoutant qu'à des 
noms d'homme. 

Genthod, C. Genève, Gentoax^ 1290, GenthouSy i3o6, Ge/i- 
thouz et Gentou, 1828, GentouZy xiv« s., M. G. I, 122, IX, 242, 
XVIII, 106, XXI, 178. On trouve encore Gentour d'après M. F. 
de Saussure qui le tire de janitorium, cabane de garde. 

Georgetle, quartier de Lausanne, Jargeta^ Jargetaz^ 1270, 
Gargata, 1289, Jariata, 1288, M. R. VI, p. 682, 656, c vineam 
inter palaieres et Jariata, » ce qui montre que le Jarlata, 1288, 
page 599, est une fausse lecture 1 pour i, Gonjectaz, i548. 

Gerdil, à La Rippe ; Gerdy à Nendaz, Zerdy à Leytron, — 
permutation valaisanne gr-r, — autre forme, plus ancienne, de 
jordily jardin, gerdil au xiv« s. Du v. h. ail. garto^ parallèle du 
latin hortusy jardin. 

Y Gères, alpe sur Grimentz, Valais, est probablement alpes 
GeriaSj 1100, des monts de Vercorin, M. R. XVIII ; origine in- 
connue. 

Gérignoz, ham. et ruisseau, aussi appelé Gérine, à Chàteau- 
d'Œx, Jurienus, xi^ s.y GirigtnoZf 1187, Hidber, I, 534, aqua 
seu fluvio vocato JurignioZy villa de JurignioZy i84i, Brenno de 
Jurignyo, 1889 (il y a encore des Brénon à Gérignoz), M. R. 
XXII. D'après ces textes, Gérignoz serait un dérivé d'un adjectif 
jurinuSy de juria, forêt, ou une contraction de juricinus, nom 
fréquent dans les chartes, et signifierait l'eau de la forêt. D'autres 
textes le confirment : deux ruisseaux de Gérignoz coulant au S.- 
£. du Gibloux sont désignés 4( inter duos Juricinos, juricinuSy » 
855, M, R. VI, 202, 208, et #( duos rivos nominatos Jurenses, 
1 145, M. F. II ; la Gérine, ruisseau à CuUy, même sens, ainsi que 
la Gérine, affl. de la Sarine, descendant de la Berra, couverte de 
forêts, Argerona, i8i4, 1824, même nom avec préfixe ar = ri- 
vière ; voir cependant Géronde. 

Es Gerit ou es Jerys, forêt à Golombey, Valais, au xviiP s. en 
Jury ; en la Gery, prés à Colombey ; évidemment de la racine jur. 



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186 6ERMAGNY — GESSBNAY 

jouxy forêt, et suff. collectif y. Cette forme Gerit pourrait ezpli-- 
quer les mots Zériet, alpe d*AyeDt, loc. à Iserabloz, à Vétroz, et 
le bois de Géricton à OUod. Le changement de u, ou en e se re- 
trouve dans d'autres noms, ainsi le Routet-Retet. Quant au c de 
Géricton, il est parasite, comme dans nombre de mots Jouctens, 
Boctens, Georgectaz. 

Germagny, ham. de Mont sur Rolle, Germaniacunij 1018, 
1049, Hidbetj I, 809, Germanie^ 1228, M. G. XTV, a3, villa 
Germaniaci^ GermagniCy 1284, GermanyCy 1298, (rermagnie 
sur Homanel, i3o5, M. G. IX, 2o3, Germc^niery i3i4 ; =(pr€ie^ 
dium) Germaniacum, domaine d'un GermaniuSy gentilice ro- 
main. 

Les auteurs du Régate genevois, ignoraDt l'existence d'un Romanel 
à Montj oui Fait du Gennagny de ^305 une localité à Romanel sur 
Morges \ voir Romanel. 

Géronde, ancienne chartreuse au bord du Rhône près Sierre, 
Valais, Gyranda, i233, Gironda^ 1267, Gyronda^ 1286, Gi- 
runda^ 1298, GerundOy i33i, etc. Ce nom présente une étroite 
parenté avec Gironde^ fleuve de France, ou Garonne^ Garumna 
et Garonne, ruiss* à Bougy, D. Aubonne. Il y a là peut-être un 
autre exemple de la permutation mn-ndy comme columna'<o^ 
îonde, vidomnas-uidonde, et la forme primitive serait Gar, Gar- 
umna, où 1 on peut démêler une racine indéterminée et amn, 
fleuve, La racine ger se retrouve dans un grand nombre de ri- 
vières : Giers, Gers, Gière, Gère, en France, et nos Gérines pour- 
raient s'y rattacher aussi, malgré les textes latins qui les rap- 
prochent de juria. 

Au Géniaux ^ bois à Rueyres, D. Echallens ; subst. de la racine 
de gésir, « patois se dzezty se coucher sur le flanc pour se repo- 
ser )* (Isabel), avec suffixe patois iau = oir, comme Lanciau, 
Chargiau, Battiau, endroit où Ton se repose, où Ton se couche. 

Gcssenay, n, fr. de Saanen, Gissinai^ 1228, Gissiney^ 1270, 
Gisinayi i3a8. D'après Hisely, M. R. X, du v. h. ail. Giessinin, 
de giessen^ verser, à cause des nombreuses chutes d'eau. Sous 
toutes rtorves. Une autre explication parait plus plausible : un 



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GETS — GIFRISGH 187 

traité de paix coaclu entre les gens de Gessenay et ceux de Fruti- 
gen en i34o, M. R. XXII, p. ia6, dit: «Die IandlQthe...yoader 
march uff Ton Wisenœya untz (bis) an dasgebirge von Wallis. » 
D'après ce texte Gessenaj serait une dérivation régulière de wisen^ 
les prés, et Œy^ nom de la contrée, par la permutation de w en 
g. Il est vrai que w donne dans la règle g dur ; mais il y a des 
exceptions, ainsi vipera donne guivre et givre et g dur devient 
aussi g doux. 

Les Gets, ou les Gez, chalets, maisons éparses, vallée de la 
Brévine, comme les Gets, village du Chablais ; synonjme de gitej 
bas latin gistamy Aejacitum. Mais les Gex, vergers à Vérossaz, 
et aux Gex, Saint-Gingolph, vient de Gex, n. de famille. 

Gibloux, sommet G. de Fribourg, Jublios^ ii38, Donat. Haut., 
Monte Jubleur^ ii4i> /ii6/or, 1227, Jublors^ laAo, F. B. II; 
du V. h. ail. gibilf pointe, ail. moderne Giebel, pignon, faite 
(d'après Gatschet). 

Glète, nom de nombreux pâturages en Valais, aussi Giette, en 
patois Diette: Massongex, Djète, Dorenaz; Gittoz, Gittes ou 
Gîte, une 3o« Vaud, Fribourg et Jura, Gissaz, Frib. ; Gittettaz 
(et Gisnettaz, 8 pâturages Fribourg), diminutifs ; du bas latin 
gistum, gîte. Gitroz, Giétroz, Gétroz, ham. et pâturages en Va- 
lais, le même mot avec épenthèse d'un r ; les Agittes ou Agites 
sur Aigle, les Agettes près Sion ; le même avec le préfixe a (ad). 

Giez, D. Grandson, GieSy 101 1, 1221, 1228, M. R. VI, 19, 128, 
Gisium vers iioo, M. R. I, i65, Gis, Gieiy ii54, M. R. III, 44i) 
475, GyZy ii79> GieZf 1199, M. R. XII, Giacuniy 1297, M. R. 
XIV, Gycy i364. — Gy, G. de Genève, Gyez, 1208, 1272, M. G. 
XIV, 17, 42, GieZf i3o4, i3i8, GyeZy 1824, Matile, Gye, Gicy 
Rég. gen. Un Gy de France (Loiret) s'appelait jadis Giacum. 
Holder, i5i3, ce qui paraît être une contraction de Gaiocum^ 
ainsi Giez et Gy seraient des (fundum) Gaiacum, domaine d'un 
Gaius. Quant à Gisium, c'est la latinisation du mot romand. 

Gifriseh, ham. près Môrel, D. Rarogne, Valais, Chevrils vers 
1200, ChiuriZy 1260, M. R. XVIII et XXIX ; de capriUuy étable 
à chèvres ; voir Chevrilles. 

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188 GILLAMONT — GIVRINS 

Gillamont, ham. sur Vevey, vico de Gillamonty 121 3, M. R. 
VI, 362. 

Gillarens, D. Glane, Fribourg", Gislerens^ xii« s., M. R. XII, 
i4o, Gislarens, 1226, M. R. VI, 160, GillarenSy 1273, M. R. 
XII, 200, et Giilarens, loc. à Vucherens, Vaud = chez les des- 
cendants de Gisilhari, n. pr. g'ermaîn. 

Gîîly, D. Rolle, Juliacum, 1179, M. G. IV, 83, Gilie, Gillie, 
Julie et Giliacum dans une même charte de 1266, Gillye, 1276, 
Gilier, i332, Gillier, i352-i446, etc. ; de (/undum) Juliacum^ 
domaÎDc d'un Juiius, gentUice romain. Il y avait des Julius à Nyon. 

Gimpl, D. Aubonne, Gemella entre 983 et 993, Hidber, I, 263, 
GimeiliSy io5i, Rég. gen., GemeSj 1139 (bulle de Rome, les or- 
thographes y sont parfois défigurées), GimelZy 1172, Gimez^ 
1265 et i344, M. G. XIV, 38o, 80, et IX, 234, GemelSy 1286, Gi- 
meliOy 1299, M. G. XIV, 276, Gymelz, i494- Gemellae est un 
nom fréquent de localités antiques : De Vit, Onomasticon, II, 223, 
en cite 10. De l'adjectif gemellus/inmeeux^ double : (villœ) g^mel- 
Ise (fermes) jumelles, voisines. 

Ginglns, D. Nyon ; par une exception bien rare, l'orthographe 
n^a jamais varié: Gingins de ii3i à 1 344 ^t jusqu'à aujourd'hui, 
M. G, II, 27, XIV, 23, 445, XV, 7 = chez les descendants de 
Gint/o^ n. pr. g'ermain ; de la racine gangân, aller. Fôrstm., 
p. 469. 

GîviMtez, D. Sarine, Fribourg, Juvinsie^ ii42, 1228, M. R. VI, 
Jtivensieîy 1162, Arch. Fr. VI, Juvisei, 1142, M. F. II, 222, Ju' 
visie^ ii^2o, 1453, JuvisiePf i357, Jyvisiéy i456. D'après M. Sta- 
dclmann, de (f undum) Jubindiacum, domaine de Jubindius, 
nom peut-être helvète. 

Givrins, D. Nyon, Gevrins, 1 145, M. G. XIV, 7, GivrinSy 
1224 et vers 1260, M. R. XII, 45, 5o, Gevrin, xiii« s., Gyvrins^ 
1887, (On trouve aussi une fois, dans M. R. XII, 72, Givriacum^ 
xii" s., orthog-r. de notaire) = chez les descendants de GivarOy 
n* pr. germain. Fôrstm., p. 45i. A la même racine, Fôrstm. 
donne encore avec doute les noms Giber et Gipro, qui convien- 
draient aussi (permutation p-v, b-v). 



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GLAIS — GLAPEYS^ 189 

Les Glais, loc. à Lancy ; Glaisy ou Gleysi, bois à Apples ; 
Oleise, bois à Pampig'ny ; Plan des Glaises à Saint-Livres, de 
TEglaise, carte top. vaud. ; Liaises et Liaisettes, bois à Lau- 
sanne ; m. à Lutry ; les Gollièses, bois à Bôle (préfixe cum) ; de 
glaise^ mot gaulois, gliso dans Pline, ou de la forme glitea^ 
glaise, patois gllèse ; le nom lausannois rend mieux la bonne pro- 
nonciation. En 1226, un fond de GleiSy 1273, pêcherie de Gleys^ 
Rég. gen. 167, 266, près de Cologny (sous Trainant), même sens. 

La Glaivaz, loc. à Ollon, la Glaive ou la Plâtrièrey plans 
d'Aigle, 1 7 18 ; pente de terrain argilo-gypseux ; peut-être d'une 
racine germanique : angl. clay, argile, avec un v. épenthétique. 

Gland, D. Nyon, W. de GlanSy villa Glanais entre 994 et 
1049, ^' ^' ^^» ^9 Glant, 1179, Glans, 1202, 1206, M. G. IV, 
83, XIV, 19 et XV, 7, Glanez, i344, Joh. bast. de Gland^ i386, 
M. R. I, 2dep., p. 237. — Gland, ham. de Vullîerens, D. Morges, 
Glans vers 1260, M. R. III, 538. Comme les Gland de France, de 
Glanna, Glannis, dérivé du celtique glann, rive d'un fleuve, 
bord, frontière. Gland est non loin de la Promenthouse, et le h. 
de Gland- Vullierens est près de la Broyé, sous-affluent de la Ve- 
noge. 

La Gland, sommet, alpes de Liddes, Valais ; fausse orth. de 
l'atlas Siegfried pour VAglan, patois et prov. aglan, s. m., fr. 
gland, à cause de la forme du sommet. 

Glane et Glaney, 2 rivières et 2 ruisseaux, Fribourg, aquam 
de Glane, 11 43 ; les Glanes, vill. près Romont ; nom de nom- 
breuses rivières ; du celte glânos, pur, brillant, limpide ; hiber- 
nien et kymrîque glan, gallois glân. Se retrouve en Carinthie, 
Bavière, Salzbourg, comme en France et en Espagne, et, sous la 
forme Glen, en Ecosse et en Irlande. 

Les Glapef s, paroi de rochers calcaires sur les bains de Lavey, 
Glappey, rochers ébouleux à Mordes ; Glappin, vignes à Saint- 
Prex ; le même que Liapey et Lapié, voir ce mot, les clapeys de 
la vallée d'Aoste et les clapiers du Dauphiné ; en bas latin clape- 
rium, tas de pierres ; d'une racine germanique klap d'après Kôr- 
ting, du kymri clap d'après Littré. 

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i90 GLAREY — 6LETTERENS 

Glarey, ham. de Sieire, Glaretum, 1 271, et avec les formes 
Glary, Glariers, Gleyriers, Glerriers, nombreuses localités dé 
Sierre au Léman et dans les Alpes, souvent prononcé 11 mouillé 
comme le montrait Liarey à Saxon, Liarys à Lens et la curieuse 
forme lllarisse à Ghamoson, pour 7=ès Liaris ; de çlaretum, lieu 
graveleux, collectif de glarea^ gravier. 

Glaiigny, faubourg de Pajerne, Glati ff nie ^ 124a ; un autre 
près Montheron, Glati nie , i349> i46iy M. R. XII ; évidemment 
dérivé en îacum d'un n. pr. gallo-romain. (Les anciens plans de 
Pajeme nomment ce fauboui^ la Tignj). 

Glères à Trey, Gieyre, faubourg dTverdon, Gleritz^ i4a4r 
Glery^t itfiky Glières à Ghavannes-sous-Orsonnens, la Lière à 
Pont-la-Ville (graviers de la Sarine), les Lières à Boudry, Lierry, 
2 pâturages à Grandvillard ; du latin glarea, romanche glera^ 
gravier ; glaire^ vallée d'Aoste, gl souvent mouillé, à l'italienne, 
comme le montrent les formes en Lié ; Glérettea ou Gleyrettes 
à Trey, l'Etivaz, diminutifs. 

Gléresse, ail. LigerZy D. Nidau, Berne, aussi bois à Gourcha- 
von, Jura bernois. Le nom primitif du village est évidemment 
d'origine romane. Lieresse, 1178, Liersi, 1229, Lieresce, 1284, 
Lierece, i256, Lyerece et Lierescg, i3i i y Lyeresce^ i357, Glie^ 
ressg, i3549 Gleresce, i38i. Le nom allemand présente les 
formes Liegerche^ 12 18, Ligertze^ 1280, Ligretz^ 18 19, Lie-- 
grescCy 1870, Legeritz, 1871, Trouillat, Matile. Gl a d'abord été 
mouillé, comme Gletterens-Liett^^ns, Glion-Llion, et le n. vaud. 
d'h. Glardon, jadis Liardon. Le patois dit glleriy lieri, glarier, 
de glarea. Gléresse est donc gllère, avec le suffixe adjectif esse 
s= localité graveleuse. Quant au nom allemand, c'est une meta- 
thèse du français. G-liresse — Lig^rss. 

Glérolles, château à Lavaux, GlérolaZy GléroulaZy GléraulaZy 
dans les chartes Gleraloy Gleyrolay Glerouloy i8i6. Identifié à 
tort par Bridel et Vulliemin avec le Galarona de la Notitia digni^ 
tatum (iv« s.) ; vient, comme les précédents, de glareay gravier, 
avec le suffixe diminutif olay ula, fr. oie. 

GlettM^ns, D. Broyé, Fribourg, LieterinSy 1289, M. R. VI, 



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GLION — GOBET 491 

347, Liegterens et LietorenSy i343, Matile, 587, 889 = chez les 
descendants de Liothariy n. pr. germain ; de lioht ou leuht^ 
peuple et hari, guerrier, 

Glioiiy ham. de Montreux (prononcé monosyllabe et son mouillé 
lion I), Gatschet dérivant Ilanz, en romanche Glion^ d'alnus, 
aune, Studer en dérive aussi le Glion vandois et ajoute « du patois 
vaudois igl ognSy » ces mots romanches sont inconnus chez nous. Il 
Aiut plutôt chercher une racine celtique, peut-être //on, /lo/i, eau 
courante ; voir Lionne et Vaulion. 

6li68, D. Brigue, Valais, Glisa, i23i-i3o4| Glise^ 1809. D'a- 
près Studer, de sa situation à l'entrée de la cluse de la Saltine, 
explication bonne pour un Germain chez lequel û et i permutent 
facilement. Vient plutôt d'ecclesia ; de bonne heure Glisa fut sé- 
paré de Naters, et, aujourd'hui encore, Gliss a l'église paroissiale 
de Brigue. 

Glottens, 2 loc. à Bière ; de Liotingis = chez les descendants 
de Lioht^ n. pr. germain ; même permutation li-gl que pour Glet- 
terens. 

Gloveller, D. Délémont, ail. Lietingen^ Lolenvilery 1189, 
Lovilier^ ii48, 1180, 1289, LoviliPy 1161, 1178, Loyvilir, 1178, 
Looilery 1179, Loveiller^ 1189, Lovillery 1248. La transcription 
01 pour représenter le son mouillé n'est apparue que beaucoup 
plus tard. Le nom allemand présente les formes Lioltingueny 
II 84, Lioltingen, 1241, Leoltingeriy 1264. De Lioht et velier ou 
villar, bas latin villare, village, village de Lioht, n. (»>. germain, 
ou chez les descendants de Lioht (nom allemand). 

GioUères, ham. d'Ollon. C'est évidemment le Lieterg d'une 
charte de 1820 qui énumère divers hommes et biens vendus par 
Jean de la Tour à Guill. de Pontverre, M. R. 2«s., IV, 84 : Jaque- 
met de Lietery, Perrussod de Lieteiy. Ces anciennes formes le 
rapprochent de Lieterens, 1848 = Gletterens. Y aurai^il quelque 
parenté? 

Goay, ham. de Puidoux, D. Lavaux, ChiZy 1218, 1288, M. R, 
VI, 644, et XII, 55, GueZj xiii« et xnr« s., Guex, xv« s. 

Gobet, Chalet à — , auberge sur Lausanne ; tire son nom d'à- 



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192 GODE — GOUSSE 

près M. £. Chavannes, M. R. XXVIII, 252, du syndic Jean Gu- 
bet, sjndic en i448. La Gobettaz, pâturagce à Charmey, m. à 
Corpataux, du même n. pr. Gobet. 

Gode, forme valaisanne de golliey permutation //-</ qui se pré- 
sente dans certains patois, Ardon, Conthey et Liddes, aussi à 
Château-d'Œx ; de là. Gode du Laei, au pied du Velan, Gouille 
du Lait, Gode Seye, au pied du Petit Gombin^ Gouille de l'Arête 
(Seye, scie, fig. arête), Gode Gotta près du Saint-Bernard, Gode, 
petit lac dans les éboulis des Diablerets; Gode Zarlan près 
Liddes. La même permutation 1-d se présente près de là dans le 
nom du Mont Brùléy appelé aussi Mont Brudon ; à Conthey, 
Daillon se prononce Dadon. 

Goille, GoIIie. Chacun connaît ces mots patois et le vaudois 
gouille y dérivés de lall. suisse galle ^ purin. Ils ont donné les 
noms de nombreuses localités ; citons la GolIie, ham. de Cor- 
cclles-le-Jorat, la Goille près MoUens, finem de Golles, 1017, 
Umb de Goiles vers 1240, M. R. V, capellanus de Golli, i2o5, 
M* G. XIV, 20, GoylieSy 1267 ; es Gollies à Cournillens, GoUes 
à Villaraboud, Gollion, D. Cossonay, Gollun^ 1228, Golloriy 
12^5, Goillon, 1453, la Gollaz, ruisseau près Yvonand, le Gol- 
liez, loc. à Aig'le (mares !), le Golîet, petit lac, alpes de Monthey, 
Gollié à Savièse, ou Golliet, loc. à Louèche, i553 ; es Gooillons 
à Port-Valais, les Golliassons, alpes d'Ollon, diminutifs. 

Golet, ham. de Grenilles, et 4 autres loc. C. de Fribourg", le 
Golet, col entre Vallorbe et Vaulion, le Golat, gorge à Soulce et 
autres loc. du Jura bernois, Golette, col sur Salvan, Golettaz, 
gorg'e à Muraz, Valais, Golatte, plus. loc. Jura bernois, diminu- 
tifs m. et f. de goule, gueule, du latin gala, à cause de Tétroi- 
tesse du passage. 

Golèze, col entre les vallées de Champéry et de Sixt, la Gol- 
leyse^ 1662, M. G. XVII, 100. — La Golèze, forêt à Monthey, 
loc. à Morcles (rochers), D. Aigle, forêt et précipices à Collonge^ 
Valais, es Goilaises, Goulèze, Goilèses» paroi de rochers à Mas- 
soDgex ; probablement de la même racine gueule, latin gala. 
* La Goiisse, ham. du Chenit, variante de coulisse, dû à sa posi- 



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GOMBS — GOR 193 

tion ; passage étroit eatre le mont et le lac de Joux ; en patois c 

permute assez souvent avec g. 
GombSy district du Valais, fr. Conches^ desenum Gomesia" 

nuniy de cumbas^ les combes, dont Couches est le correspondant. 

On y voit reparaître le b de combe disparu dans Kummen. Gome 

de Monasterio, iSSi, combe de MOnster. 

Gond, Mont — , 2 sommets en Valais, alpes de Conthej et alpes 

de Nendaz ; probablement de leur ressemblance avec un gond de 

porte, du grec gomphos^ cheville. 

Gondo, Valais, village au fond de gorges étroites. Le même 

que l'italien gondoy vase à boire, et que la racine de gondoley la 

douve ménagée au bord d'une route pour l'écoulement des eaux. 
Le romanche a gonda, éboulement de rochers, cône de déjection, 

employé dans l'Oberland et la Basse Ëngadine, devenu ailleurs 
Ganda, Gand^ Gant. Il aura signifié d'abord par métaphore le 
pays, le lieu enfoncé dans les rochers, puis du sens de précipice, 
passé à celui d'éboulement. 

Les Gonelles, ham. de Corseaux, D. Vevey. Dans l'Aunis, go- 
nelle, s. f., désigne un fossé longeant une digue de marais. Ce 
sens est ici difficilement applicable. 

Gop, Gour, etc. ; du v. fr. gord, bas latin gordum^ Berry 
gouPy do gurgeSy gouffre, nom de très petits lacs ou de creux pro- 
fonds, le Go de Grotta (aussi écrit en a mots Grode Gotta) au Saint- 
Bernard, au Go à Cudrefin ; le Goz, petit lac, alpes de l'Etivaz ; 
le Goz ou G0P8 de la Torche, Gor à la Torchiy iSgS, ravin à 
Fribourg ; le Gop Godon, loc. à Liddes ; au Gop à la Vraconnaz, 
Sainte-Croix ; Goppe, Gop, ou Goup à Neuchâtel, le Gop de Bpay 
(voir Bret) et le Gop du Communal dans les gorges de l'Areuse, 
au G0P8 à Chavomay, au Gopt à Chardonne, les Gopphes, marais 
à Vionnaz et Vouvry, Gorres, 1728 ; le Goup, lac, alpes de l'Eti- 
vaz et à Rougemont, Champ du Goup à Moudon, les Goupds à 
Morlens, les Gopds à Montagny-Fribourg, le Goup es Oies à 
Courroux, Gpandgoupt (sic, 1182), ham. de Courtemaiche et 
combe profonde près Porrentruy, Grandigurgite^ 1188, 1208, 
le Goop Gonflant (= Confions), creux au confluent de la Sorne 

M. D. SBG. siRIB, TOME VU 13 

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494 GORDANNE — GOTTAZ 

et de la Birs^, le Rond Gourd, gorges du Doubs, Beaugourd,. 

ham. de Goumois, Jura, sur un plateau se termioant par un pré- 
cipice béant sur le Doubs, à 200 m. au^essous. Il faut y rattacher 

La Gordanne, ruisseau près Allaman, la Gorsire, prés maré- 
cageux à Port-Valais, parsemés de gords ; en Goorsaz ou 
Gourses, Gueurse, Gueurge à Colombej ; le Gorzoo, affluent 
de la Veveyse de Chàtel, et Gourze ; voir ce mot. 

(lorgier, C. de Neuchâtel, Corgie^ 1262, Gorgier^ 1260, i337, 
Gorgie, 1840, Matile, Gourgier^ iSgS, M. N. XVI. Jeanne-Marie 
de Neuchâtel en i634 écrit « le baron de Gourgi mon bon père. » 
Gatschet, considérant que Téglise était sous le vocable de saint 
Georges, ecclesia sancti Georgii super terrant de Gorgier^ en 
tire le nom du village. D*abord g devant e perd le son dur. Mais 
une autre raison nous fait rejeter son opinion : c'est la fidélité 
avec laquelle toutes les localités qui tirent leur nom du saint de 
leur église ont conservé cet adjectif, soit pur, soit modifié (Dom- 
martin, Sembrancher, Donneloie, etc.). Il serait étrange que ce 
Saint-Georges fît exception à une règle aussi absolue. Gorgier a 
plutôt, comme tous nos noms en ier, une origine gallo-romaine 
et vient probablement de (fandum) Gordiacum, domaine d*un 
GordiuSy gentilice cité par De Vit. 

Eu Gopgon, ham. d'Arconciel, D. Sarine, pratum Gorguriy 
1 142 ; ne peut venir de saint Gorgon, par la raison donnée à Far- 
ticle Gorgier. Dérive peut-être de Tadjoctif celtique gorgo, rude, 
sauvage (Holder, p. 2o34)> qui a probablement donné le v. fr. 
gorgon i bouillonnement ; ou, plus simplement, un ancien géni- 
tif : pratum Gorgun, pré de Gorgon, n. pr. commun au moyen 



Gossens, D. Yverdon = chez les descendants de GozzOy n. pr. 
germain (le Goth). Fôrstm., p. 4i6. 

tiottaz ou Gottes, une 3o^ de localités, Gottallaz, 12 loc., et 
Gottetle, diminutifs ; Gotteyre, Gotlaux, etc. ; du bas latin 
gotUy gotale, petite source, de gutta^ goutte. Un lieu-dit bona 
Goteta à Lausanne, i238. Un pratum ad Guttas, de Guttis à 
Lentigny, xii« s. Mais le quartier de vigne appelé Goia-dOr en 



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GOTTERON — GOULE 195 

1874 à Champrevejres près Neuchàtel tirait évidemment ce nom 
de la qualité du vin qu'on y récolte et qui était déjà fort apprécié ; 
de même En Gotta d'Or à Lutry. 

Gotteron, ravin et ruisseau à Fribourg ; paratt un double di- 
minutif de gotta : gottejre^ g'otteron ; les noms allemands Galte- 
rum^ 1233, F. B. II, 129, Galterrorty 1397, Galteron, i4o6, 
i449> Rec. dipl. VI, Arch. Fr. V, 432, aujourd'hui Galtern^ soui 
des corruptions du français. 

Gottfrey, ham. de Saxon, Valais, Gote/rez^ 1 190, Gotefredm^ 
1279, ^- R- XVIII ; du n. pr. germain Gottfried, 

Goitreux ou Gœtreux, Gottraux, fém. Gottrausa, goitreux ; 
noms donnés par une métaphore triviale, mais expressive, à des 
pâturages, des localités formant une éminence plus ou moins ar- 
rondie : le Goitreux, pâturage aux Agîtes sur Aigle, loc. à Ëvion- 
naz et mayens sur Ravoire de Martigny (monticules arrondis) ; le 
Gottraux à la Forclaz, et Rocher Gottraux aux Ormoots, Got- 
trausaz, ham, et pâturage aux Ormonts, ham. à Crissier, champs 
à Payerne, es Goiirauses à Chardon ne, Champ Gottraux à 
RoUe et Praz ; Gottraux à Chavannes-des-Bois, en Gotirozan à 
Ecublens, etc. 

Goubing, ancienne tour près Sierre, Gubyn, 1299, Goubing^ 
i38i. 

Goudebas, loc. aux Brenets, Neuchàtel, le Gudeoaz, i3o4, 
Gudebat, i359, 1878, Matile, Gondebach, i454, M. N. XXXIII, 
260 (fausse lecture : on pour ou?). L'orth. Goux de Bas, xv« s., 
d'après Benott, est fautive). Paraît formé de deux racines Goude 
et vaz^ vaz, waz, vuaz ; désigne un terrain bas, inondé, voir 
Vuaz. Quant à Goude, nous le retrouverions dans les Saves de 
Goudety terrain bas, souvent inondé, près du Rhône à Chessel. 
Seraient^ils parents de godet, v. fr. gode y xiii® s., vase à boire, 
pris au figuré, comme auge, noche, bac ? 

Goueypaz ou Gueyres, pâturage près Charmey, le Gaeyraz, 
m. à Gruyère ; probablement de guera, gaira, nom patois de la 
Peucédane impératoire, plante médicinale des bergers. 

Goule, voir Gueule, 

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196 GOUMŒNGHE — GRANDGOUR 

La Goumœiiche, loc. à Lonay ; propriété d'un Goumœns. 

GoumœDs ou Gumœns, D. Echallens, Gomuens, ii4i» M. R. 
XIV, GumuenSf ii42, Cart. Month. 7, Gummens et Gommens, 
ib. i3, Il 54* GomoënSy 1177, Gommuans, 1218^ Gomoans^ 1220^ 
M. R. XII, etc. ; et Goumois, Franches-Montag'nes, Berne, Go- 
moensem ecclesiam^ 1177, Gamoëns et Goumoêns, 1267, i3o4, 
Tr. = chez les descendants de Gama^ n. pr. germain. 

Gourze, Tour de — , Mons Gurgiiy ii4o, M. R. I, 174, 
Goursi, i3i6, GoursiZy 1897 ; de gurga, gorge, par sa position 
sur un col du Jorat. De la même racine : la Goarzine, torrent 
profondément encaissé sous la Dent de Mordes, la Goursenaz ou 
Gurzenaz, loc, marais de Muraz, Valais. 

La Grabe, combe et ruisseau à Bourignon, D. Delémont, 
Berne, es Graboz, le Graboz, 5 loc. Vaud et Frib., Grabo ou 
Grabon, 3 ham. Frib. ; Grabonat, petit ham. près Tavannes ; 
Grabou et Graboux, loc. Avenches et 6 Frib. ; de lall. Graben^ 



Grammont, sommet sur Vouvry, Valais, Grandis monsy i3o6 
= le grand mont. 

Gramoneyre, champs à Fully, Valais ; Gramonire à Ven- 
thône, Valais ; en Champ Grammont (fausse orth. I) à Marsens, 
Frib. ; lieu où abonde le gramon^ le chiendent, du latin gramen. 

Grancy, D. Cossonay, Grande, 1202, M. R. V, 220, Grande y 
1219, Grancier, 1672 ; de (praedium) Granciacum, contraction 
de Graniciacum, domaine d'un GraniciuSj gentilice romain. 
Grancia au Tessin en vient également = (villa) Granicia, Voir 
des contractions semblables, Agy, Cugy, Marly, Sugiez, Tôrny. 

Grandcévaz, forêt à Bussigny, D. Morges, et Grandsivaz, h. 
de Mannens, Frib. ; de grandem silvam, grande forêt. 

Grandchamp près Villeneuve, Grandis campus, 1196, Ma» 
gnum campam, 1276, s'explique de lui-même. 

Grandcour, D. Payeme, Grancorty 1212, Grandcort, 1299, 
M. R. VI, 436, V, 36o, Grancor, 1842, Matile ; de grandem 
curtem, grande ferme. 



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GRANDFEY — GRANGES 197 

Grandfey, près Fribourg ; de grande fagetum^ grand bois de 
hêtres. 

Grandson, Granzio, 1049» Grancione vers 1090, M. R. I, 
162, Granzoriy Grantionem^ 1126, 1142, M. R. III, 44o, 44i> 
474» XII, 7, Grazoriy 1177, ^' ^' ^^» ^g» Grantsum, 1191, Gran- 
soniurn, Granciano^ 1225, M. R. I, 208, Gracon^ 1228, Huo de 
Grancon, 1216, W. de Grancon^ 1228, M. R. VI, 18, 100, 118. 
Les formes Grandissonum^ ii49» Grand son et Grantsarriy 1191, 
g^rand sommet, sont des interprétations, de même que le d actuel 
du mot. L'étjmologie de Gatschet, grangia Isonis, grange dlso, 
est à rejeter. Pour nous, les formes Grancio, Grantio nous pa- 
raissent indiquer un nom en io^ ionis dérivé d'un gentilice en ius, 
comme ceux que d'Arbois de Jubainville étudie p. 5o8-5i8 de son 
précieux ouvrage. Allio de Allias, d'où Aillon, Curtio de Car- 
tiaSj d'où Gourson, Gentio de Gentius, d'où Gensson, Mucio de 
MuciuSy d'où Mousson, etc. Grancio serait donc dérivé d'un 
Grancius qui a donné Grancy = propriété d'un Grancius. 

Grandval, Jura bernois, Grandis valliSy 866, grande val- 
lée. 

Grand vaax, D. La vaux. Sous sa forme actuelle = grandem 
vallem, grande vallée, mais les formes anciennes montrent que 
ceci est une corruption du nom primitif. £n effet cette localité 
s'appelait Gravât y 1260, Wûrstbg., 182. Un Rod. de Gravas^ 
1172, Donat. Haut., 176.) Gravai^ 1260, M. G. VII, 3o4, 3i4, 
GravauZy 1270, Gravaal, 1280, M. R. XII, enfin Gravaux, xrv« 
s. et Grantvaly i453, et Hidber, I, p. 284, y rapporte un Gra^ 
vado de looi d'une charte de Saint-Maurice. C'est donc le même 
que les Grave, Gravas étudiés plus loin. 

Granges, D. Payerne, in fine Graniacensi, 881, 929, M. R. 
VI, 343, 232, est rattaché par d'Arbois de Jubainville (p. 247) au 
gentilice Granias, Granges est dérivé directement, sans suffixe, 
du gentilice pris adjectivement : (villas) Granias, comme Aure- 
lias, Fabias, Caprias, Turrias, sous*entendu villas, domus, au pi. 
fém. des gentilices Aurelius, Fabius, Caprins, Turrius. L'ancien- 
neté de la forme fine Graniacensi et les antiquités romaines par- 



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198 GRANGES — GRASSIAZ 

lent en faveur de cette dérivation d'un n. d'homme, qui ne s'offre 
du reste que pour cette localité. 

Granges, Valais, in monte Grangensi, xi« s., Granges y 1182, 
Granies, 1219» Grangia, xni«s., ail. Gradetscky Gradensche, 
1269 ; — près Soleure, ail. Grenchen^ GrangiSy ii85, Grenchorij 
iï3i ; Grachen, D. Viège, Valais, Grachariy 1210, Granchon, 
i25o, Grangiisy 1296, 1297, Grenkan^ i3o7, etc., et les nombr. 
villages de Granges, dim. Grangettes ; du n. commun granges, 
latin graneas. 

Les traités de 1271 et 1291 pour le transit des marchandises en Valais 
parlent à deux reprises du « pontem de Grangiis de Marttgniaco », M. 
R. XXX, 205, 207, 419, 422. Ces Granges de Martigny doivent être le 
village actuel de la Bâtie où la route du Valais franchit la Dranse. 

Granjeur, à Trient = la grand Jeur (juria), la Ki^rande forêt. 

Granois, près Sion, en patois Granouet, Graionosc, iioo, 
Granuechy 1221, 1261, Gragnuech vers 1260, GrannuehCy 1267, 
GragnuesCy 1274, GranueZy i343, etc. Ces désinences, dérivées 
du suffixe locatif gaulois ou ligure osc-us, correspondent en Va- 
lais aux suffixes ey, iez^ ey, du reste de la Suisse romande, qui 
viennent des suffixes gallo-romains iacum, acum. C'est donc un 
(fundum) Graniacum, domaine d'un Granius, gentilice illustre. 

Grappillon ou Greppillon, mont et col au fond du val Ferret, 
Valais^ Grepillon de i'Ors, alpes d'Orsières, tous deux aux 
pentes très raides, les Grepillons, pâturage à Evolène ; le Grep- 
pon blanc, sommets, val d'Hérémence et alpes de Saillon ; les 
Grippons (italien Greppo, rocher), pente rocheuse à Saint-Ur- 
sanne, Jura bernois ; du thème crap, qui se retrouve en celtique ; 
irlandais krape, accrocher, comme dans les dialectes germa- 
niques, V. h. ail. chrapfan, s'accrocher. Magrappe, pente ra- 
pide sur Veisonnaz, môme racine avec préfixe ma ou mau, mau- 
vais. Cette racine se retrouve en romanche, crap, grap^ rocher, 
Crap alv, grond, long, ner. Grappe, Graeplang, etc. 

Grasset, Grassette, plus. loc. ; de l'adj. grasset, un peu gras, 
petit domaine sur un terrain fertile. 

Grassiaz à Morges et 3 loc, Grasséaz, Orny, Chevilly ; Gras- 



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6KASSU — GRAUBBS 198 

sey, 6 loc., Grassy, 7 loc., Grassis, ham. d'Ogens et 6 ioc., 
Grassiaux à Chavornay ; dérivés divers de ffrassiy genévrier» en* 
droits où cet arbuste abonde ; es Grassillières à Baulmes et cinq 
autres loc. ; la GracelUre à Boudry ; la Grasselière à Gheiry, 
Frib., autres collectifs ; le patois grassi, de gras, à cause de son 
bois imprégné de résine. 

Le GrassU) ham. de Grenilles, Frib., au Grassuz^ h. de Cot- 
tens ; paraissent être également des dérivés de grassi, avec suffixe 
u, uz de utus, ellipse du i : Grass-u, comme Grass-ey. 

Grassy, loc. à Puidoux, Gras^yy i a 1 5 ; cet endroit, où le ge« 
névrier est rare, nous paratt plutôt un (fundum) Gratiacam ou 
Graciacunij domaine d'un GraiiuSy gentilice romain. U est quel- 
quefois difficile ds décider si un nom de lieu dérive d'un nom 
d'homme ou d'arbre, voir des cas semblables à Fiez, Onex, Vigny. 

En Grattacui loc. sur La Fontaine à Aigle, endroit où abon* 
daient jadis les églantiers et, avec eux, leurs fruits en automne. 

Les Grattes, 2 ham. à Rochefort, Neuchâtel, autrefois Gratta ; 
loc. à Crans ; dérivés, Sur Gpaty(î) à Vaulion ; dim. ; Grattet à 
Bretigny-sur-Morrens, les Grattorets à Lignières, Neuch. ; les 
Grateris, pâturage à Villiers ; le Graîtery, sommet sur Court et 
pâturage à Saint-Brais, le Grétery, pâturage à Soulce, tous dans 
le Jura ; composés : Grattaz Vache, m. à Forel, Lavaux, Grat^ 
tavache, commune D. Veveyse et pâturage, Gruyère ; un Grate» 
vachey i3ao, limite entre Grandson et le Val-de-Travers ; Gratta- 
vaa (ou Grattalau), ham. de Berolle, D. Aubonne, Grattalau à 
Saint-LivreSy Grattalaux à Grandsivaz, Gratteloup à Cossonay 
et Founex, Grattaz Leyvpaz à Préverenges ; une vigne en Gra- 
techa à Neuchâtel, i479, M. N. XLI. De ^ra//e, subst. verbal de 
gratter, ail. kratzen, allusion à une végétation pauvre et clairse- 
mée, où le terrain est comme gratté. « Gratta, dit le professeur 
L. Favre, indique un sol mince, qu'il suffit de gratter pour trou- 
ver la roche. Les composés sont d'anciens génitifs : gratte (des) 
vaches, gratte (du) vau, veau, etc. On trouve des composés sem- 
blables au Berry : Grattebec, Grattechîen, etc. 

Graubes, loc. à Port^Alban, Frib., et 



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200 GRAOBON — GRENBT 

. Graubon, Rio — , ruisseau et ham. de Corcelles-le-Jorat. Pro- 
bablement de graubay ffreuba, sorte de tuf pulvérisé, soit ruis- 
seau aux eaux tufiFeuses. 

Gravany, loc. à Boudry ; de Tadj. gravan^ de grave, gravier, 
terrain, sol gravan, graveleux, et suffixe collectif y ; territoire au 
sol graveleux. 

Grave, ham, de Cartigny, m. à Avusy, Genève ; Graves à Se- 
segnin et Vétroz ; Gravaz, plaine du Boiron à Yverdon, Grava^ 
885 ; un pratum de Graves à Corsier ou Blonay au xi« s., Cart. 
Haut-Crèt, M. R. XII. Avec le suffixe collectif ay, ey, Gravey à 
Dizy, La Chaux, Vallorbe, La Sarraz, Gravaz à Daillens, celui- 
ci sans doute le Gravatum, 888, Gravatis, 899, et le Gravais de 
r233, M. R. VI, 182, i33, 286, 2i3, en Gravesse, vignes à Lu- 
try, es Grevîpes à Bofflens ; dérivés adjectifs, Gravenaz à Pizy, 
les Gravines, gravières à Versoix, Gravannes à Corsier, Grave- 
nes à Vufflens-la- Ville, 1278, Graveiine, m. près Yverdon. De la 
racine grav^ d'où gravier et grève, du sanscrit gravan^ pierre ; 
noms désignant des endroits graveleux comme les Graus du Lan* 
guedoc et les Graves du Bordelais, et le provençal crau^ autrefois 
cravo € in cravo sive in agro lapideo )>, dit un texte de 1226 cité 
par Diefenbach. Cette racine se retrouve en romanche ; citons 
Gravasalvas, ham. et alpe de la Haute-Engadine, pour relever 
une erreur singulière de Studer ; celui-ci décompose Grava-^al-- 
vaSy sous-entendu terres : terres sauves, libres de gravier. Il faut 
lire gravas^alvas = grèves, pierres blanches ; la localité se si- 
gnale de loin par les pierres blanches qui attirent le regard. 

Gravelone, vignes à Sion ; de grave ^ gravier, et double suffixe 
dim. el-on, comme Motelon de mote. 

Graverney, bois à Cossonay, cité en i404, M. R. V, i3o ; loc. 
à La Chaux ; m. à Courgevaud ; Gravemy à Bussigny, D. Mor- 
ges = grand verney, grand taillis de vernes. Gras Verney à Fui- 
doux est sans doute une fausse orthographe. 

Grenet, nom de plusieurs rivières : le Grenet, affl. de la Broyé 
et ham., Granetum^ ii4o, Grinet, ii55 ; le Grenier ou Greny, 



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GRENG — GRESALLAZ 201 

à Coppet ; le Grenay(ney), ruisseau à Mathod, D. Yverdon ; ori- 
j^ne inconnue. 

Greng ou Greing, ham. près Morat^ autre forme de Granges, 
comme il s'appelait encore en 1 349, Grangiisj Gruent et Groyn, 
i349, M. R. VII, 1 45 ; du bas latin grangias, de granea^ gre- 
nier à blé ; les Groins, 3 chalets, alpes de Gruyères, rapprochés 
de la forme ci-dessus de i349, paraissent avoir la même origine. 

Grengiols, D. Rarogne, Valais, GranioU, 1290, Greniolsy 
i3a5 ; vient sous sa forme actuelle du diminutif (^^ran/o/o^, petites 
granges. Mais il s'est appelé d'abord GraneiroliSy io5a, Grini^ 
ruelSf 1222^ GrinirœZj 12^3, Gragnerueyz, 1287, Granyreglz, 
1334. Ces formes le dérivent de granariolas, petits greniers. 

Grenier, plusieurs pâturages : Bagnes, aussi Grenei/y Vey- 
taux ; diminutif Greneret, Bagnes, Grenairon, Finhaut, Gre- 
neyret, Ollon et Ormont-dessus, Graneret, Granerette, Gruyère ; 
de granariam, grenier, nom passé du bâtiment au pâturage. 

Grenilles, D. Sarine, Frib., GrenegleSj 1180, M. R. VI, Gre- 
nellesy i244> F- B. Il, i256, Rec. dipl. I, Grenelés, 1264, Gre^ 
nillieSy i3i8, Arch. Fr. III, 77, Grinillies, i4ii» Rec. dipl. VII. 
Origine incertaine. La forme Grenelle rappelle Grenelle, quartier 
de Paris (ancien village), probablement un synonyme de ^re/i^//e, 
diminutif de grenier, donc, au plur., les petits greniers. Hisely, 
M. R. XII, p. 247, y rapporte avec doute une localité inconnue 
Gumilnges de la page 195, erreur évidente. Nous soupçonnons 
une fausse lecture ou une faute de copiste et nous croyons que 
c'est Rumilenges, aujourd'hui Rûmlingen, Berne. Toutes les 
autres localités nommées sont de la Singine ou du Lac, localités 
allemandes dont les noms sont plus ou moins défigurés. 

Grens, D. Nyon, Graiens^ ii64, M. G. IV, 78, GrenSy 1202, 
i2o4, Granz, 1212, GreinSy 1298, etc. M. G. XIV, 18, 276 = 
chez les descendants de GraOy n. pr. germain, Fôrstm., p. 545. 
Grao donne régulièrement Gra-ingis, d'où la forme primitive 
Graiens. 

La Gresallaz à Tour de Tréme ; Gresaleys, Greselley, Gre- 



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202 ORESSY — GRILLY 

selly, Gresallaire^ une io«de localités, Vaud et Friboury ; de 
ff resala, nom patois des myrtilles, de Tall. kraûsei, groseille. Se 
rencontre déjÀ dans des textes du xni« s. : un Champ dou Gte- 
sale ou Gresaley à lUens, donné à Hauterive en ia5a. Mém. Fr. 
I, 263. Un Grisalley à Corserey, i5i3. 

Gressy, D. Yverdon, Gressey, 1187, Hidber, II, Grissie^ 1228, 
M. R. VI, Grizie, ia45, Gart. Month., Grissye, i3i7, Grissiety 
1453 ; de {fundum) Graciacum^ domaine d'un Gratius. Grésy, 
m. à Lausanne ; Greysier, loc. à Bex, a la même origine, comnie 
les Grésy et Greysier de Savoie (Jubainville, p. 246) qui possé- 
daient des fiefs à Bex au moyen âge. 

La Gretsch, arête de rochers aux Epiquerez^ et le Gretsehet à 
Gourtetelle, Jura bernois ; autres formes de gretzon, petite col- 
line, petit crèt (Bridel), avec la permutation jurassienne s-ch. 
Quant à gretzon, c*est crèt avec le suffixe dim. patois tzoo, cor- 
respondant du français chon (anichon, follichon). 

Les Grevalets (llets, Ueys) ou Grevalla dessous et dessus, deux 
pâturages à Châtel-Saint^Denis, la Grevallaz à Saint-Gingolph ; 
autre forme de Gresaleys, — voir ce mot, — permutation s-v 
comme Ausannaz — Œuvannaz et Varsalannaz — Varvalannaz,- 
doubles formes des mêmes noms de ces pâturages (Bex et 
Gruyère). 

Greyîs ou Greïs, rochers de gypse au col de la Croix, alpes 
d'Ollon ; du patois grehi^ gjpse, craie. 

La Greylaz, ruiss. à Oppens ; du v. fr. graile, prov. grailcy 
du latin gracilis^ mince, fluet. Le n. de famille Greyloz a la 
même origine. 

Grillet à Trélex, Forel et Ogens, Pré Grillet à Chardonnc, 
GrillettaZy 6 loc., les Grillettes à Gressier, Neuch., GrilUère à 
Montcherand et à Middes, Frib., Grillerettes, Romanel sur 
Morges ; terrains secs, ensoleillés, où abondent et chantent les 
grillels ou grillons ; de même 

Les Grillons, ham. à Elay, Jura bernois. Grillon, côte au midi 
à Undervelier ; en Grillon à Noréaz, à La Chaux. 

Grilly, loc. à Villars-sous-Yens et grand village du Pays de 

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GRIMENTZ — ORIN 203 

<jex, Grellier, Greillye, Greilly ; de (praediam) Grelliaçumy 
domaine d*UQ Grellius ou Grelius^ geotilice romain cité par De 
Vit. 

Grimentz ou Grimence, D. Sierre, Valais, GrimienSy xi« s., 
M. R. XVIII, Grimesiy i243, Grimenchi, i25o, Grimeynchi, 
1827, Gremenchy^ liaS, Grimenchej 1820 (Bridel). La forme 
primitive indique nettement l'origine = chez les descendants de 
Grimo, n. pr. germain, racine onomatique grim. Fôrstm., p. 547. 

Grimisuat, D. Sion, Grimisochy iioo, Grimisuely iig3, 1226, 
1228, Grimisob, I2i5, Grimesoly 1224, Grimisaech, 1260, Gri^ 
misolioy 1255, Gremeisael, 1260, Grumisyy i34a, Grimisuay 
6 fois 1809-1348, Grumesia, i35i, Grumesuyy i388, Gremiiuay 
i449* I^*&pi^ Gatschet, qui le rapproche de Grimsel, du v. h. ail. 
Jcrimi, grimiy défilé, passage, et soly mare, étang. Ce serait alors 
le passage aux étangs ; en effet en suivant le chemin de Sion au 
Rawjl on longe deux ou trois étangs sur le territoire de Grimi- 
âuat. Toutefois nous rejetons cette explication : i<^ les racines alle- 
mandes sont extrêmement rares, en dehors des noms d'homme ; 
2<> les suffixes och et uech de 1 100 et i25o paraissent se rapporter 
au suffixe ligure déjà signalé dans les environs immédiats à Ar- 
movLXy Arnoch en 1100 etGranois, GraionosCf iioo, Graynuech, 
i25o. Nous voyons donc ici un dérivé en oscus du nom germain 
Grimo trouvé dans Grimentz, Grimisoch, domaine de Grimo, la- 
tinisé. 

Grimoine, ham. de Barberôche, Frib., ail. Gurmœn, Gur^ 
mendy 1434* D après cette forme ancienne, nous avons là un com- 
posé de court, curtem, avec un nom germanique. Cur est devenu 
Gur sous l'influence germanique comme dans Gurmels de Gort- 
Munda, Gurwolf de Curt-Giwulf, etc., donc court, ferme de 
Mendy m. h. ail. Mende, autre forme de la racine mand, v. h. 
ail. mandjariy se réjouir, mendi, la joie. Fôrstm., 906. 

Le Grin, les Grins, maisons éparses sur la Braille à Château- 
d'GSx ; les Groins, même loc. sur un plateau C. de Gruyère ; le 
Groin du Vé, loc. sur Mauborget = probablement autre forme 
de grange, comparez Greng. 



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204 GROISIÈRB — GRUYÈRE 

La Croisière à Boudrj ; du v. fr. groise, grsivieT = la yra- 
vière. 

Groiley, ou Grolay, Fribourg, GrosleriOy ii37, nia, Mém. 
Fr. II, i6, 219, Groslero vers 1175, Arch. Fr. VI, Grolleir^ 
i35o, Groller, 1267, Wûrstbg., i449, Arch. Fr. V, 4i8. De 
groUe ou grosle^ nom vulgaire de plusieurs espèces de corbeaux 
(freux, choucas), du latin graculus, et suffixe coll. ey = endroit 
où se rassemblent les grolles ; analogue des noms allemands 
Kràhenbûhl, Kraien, de Krâhe, corneille. C'est peut-être à cette 
localité qu'il faut rapporter le Monte Cornelii nommé dans la 
mêmecbarte de 11 42 (p. 220), ce qui fortifierait notre étymologie. 

GrQuIles, m. à Russy ; même origine. 

Grène, D. Sierre, Valais, Gruona, iioo, Grona^ 121 1, 12 fois 
1244-1446, en outre Grouna, i255, Grana, 1267, Grone, i432 ; 
du germanique gruoniy vert, ou du celtique groun, gronna^ 
lieux marécageux herbeux (Zeuss, 778, Holder, 2042). 

Le Grosel, Grossel ou Groseil, ham. de Château-d'Œx, Gro- 
set, 12 76 ; peut-être de Tall. grossel, groseille, employé aussi en 
patois pour désigner les myrtilles qui devaient abonder dans ces 
lieux quand ils étaient boisés. 

Grugnay, ham. de Ghamoson ; peut-être de grougna, grugnOy 
souche, tronc bon à brûler, grosse racine de hêtre, et suffixe coll. 
ay ; endroit bâti dans une loc. où abondaient les souches après 
Tabatâ^e de la forêt. 

GruSkH, petit hameau au fond d'un ravin à Vercorin, Valais ; 
peut-êtto autre forme de crousa^ crosa, creux ; voir Crau. 

Gruyère, m. à Prangins ; loc. à Ollon ; moulin aux Franches- 
iMontajEfues ; en la Gruire, champs à Yvonand ; ancienne demeure^ 
propriété d'un gruyer, au moyen Âge officier juge des eaux et 
forêts, « Li gruier gouverneront les eaues et les viviers, » dit un 
décret de Philippe le Long, i3i8. M. Hisely en dérive également 
le nom de la Gruyère, vallée, Grueria, 1286, F. B. III, 391 (pa- 
tois Gruvire) ; gruier y bas latin gruarius, vient du v. h. ail. 
grno, vert ; il avait un synonyme, verdier, qui justifie l'étymolo- 
g^ifî ; en 1269, un clausum a la Gruy près Nanz, vallée de la 



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GRYON — GUIN 205 

Sioûûe. Quant à la grue que portait l'écu des comtes de Gruyère 
et qui figure dans les 'armoiries de Grujère, de Château-d*Œx, 
«te., ce sont des armes parlantes comme la coupe de Coppet, la 
roue, de Rue, etc. 

Gryon, D. Aigle^ Grians, 1189, Furrer, III, 47i ii94> Hidber, 
Grione, 1206, GrionSy 1268, Grion, GrionSy i345. D'après Gats- 
chet, du V. h. ail. grioz^ gravier, ail. gries = lieu bâti sur un 
terrain caillouteux, et la Gryonne, la rivière qui charrie du gra- 
vier, comme les Griesbach de la Suisse allemande. Grions, loc. 
du vignoble de Fullj, Valais, même sens. 

Gaerce, chalets sur le Sépey, Ormonts, marais dans le voisi- 
nage ; Guercet, ham. près Martigny, entouré de marais. Cette 
coïncidence indique une racine commune à rechercher. Ne peut 
venir en tout cas de quercetum, chênaie, comme le dit le Dict. 
géog. d'Attinger, ce mot n'ayant pas laissé de trace en romand où 
il est remplacé par roboretum et casnetum ; d'ailleurs q devient c 
et non g. 

Gaealaz, col sur Finhaut, et loc. à Vétroz, Valais, m. sur 
i'Areuse près Boudry, la Goale, gorge du Doubs près Noirmont, 
loc. à Gourgenay ; la Goula es Yey, couloir, alpe de Barberine, 
Salvan = vey pour vés, la gueule, le passage des veaux ; de 
gueule, goule, latin gula^ à cause de l'étroitesse du passage. Le 
•col de la pierre du Moelle s'est appelé goule : en Ougion en la 
Goula^ i382. La gorge de la Lizerne, de même : Gala Licernae, 
12 17, Furrer, III, 56. La Potze di Gaulés, gorge où aboutissent 
plusieurs couloirs étroits, près de la Gummfluh, alpes de Château- 
•d'Œx = la Poche des Gueules. 

Gaearoz, ham. de Salvan, Valais, les Jeurs, carte Dufour ; de 
jear ou joux, forêt ; le hameau est entouré de bois. L'atlas Sieg- 
fried écrit GuerraZy nom que nous n'avons jamais entendu dans 
la contrée. 

Gaevaux, ham. de Mur, D. Avenches, Gouel vers 1240 ; paratt 
renfermer la même racine indéterminée que Goay à Puidoux et 
vauXy vallée. 

Gain, D. Singîne, Fribourg, Z>ue/i«, 1180, F. R. I, 467, de 



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206 GUINTZBT — HART 

ii8a à i47i> Rec. dipl. I, 5, M. R. XII, en ail. Dûdingen, 7ïa- 
dingerty 1268, F. B. Il, 468, Thadingeny 1275, III, 120 = ch» 
les descendants de Dadoy n. pr. germain. Le patois a conservé la 
prononciation Dyen8(m), ^ Le français, dit M. Stadelmann, 
n'ayant pas de signe graphique correspondant au son e/y, on a 
remplacé ce dernier par la consonne qui s'en rapprochait le plus,. 
g, écrit gu^ à cause de l'i suivant. 

GuintzeC, 2 ham. Fribourg et Corpataux ; Guinchets, m. à 
Domdidier ; Guinehety prés à Colombey ; de guinizet, guinchet 
= guichet, petite porte, comme ailleurs des Clies et des Pao- 
thaires. 

Guivpe, voir Vuivre. 

Gumefens, D. Gruyère, GymonJinSy 12^, M. F. I, GumofenSy 
i3oi, Rec. dipl. II, Gumufens, 1807, Gomo/egns, i453, M. F. 
IV = chez les descendants de Gumulf, n. pr. germain, composé 
de Giima et ivulf, loup. 

Gumine, n. fr. de Gaminerij D. Laupen ; voir Gondamine. 

Gummfluh, sommet à Château-d'Œx, nom ail. et traduction de 
la Pointe de la Combe. Gumme en ail. bernois = combe. 

GiuHbru, D. Laupen. Sous sa forme germanique cache un n. 
romand. Curbrû, I2i5, Corbrail, i256, Gurbrui, 1262, Cor- 
borUf 1267, F. B. I et II. Le premier élément est évidemment 
corty court y ferme, le second d'après la forme Cor-bruil pourrait 
être breuil. Mais Le second élément des composés de court est un 
n. d'homme, généralement un n. pr. germain. 

Guttet, D. Louèche, Valais, Gottety 1857, i432, Guttety i5oi ; 
conmie les Gottettaz du pays romand, de gota^ petite source. On 
parlait encore français à Grottet au xv« s. 

Hactes, Hâges (Ëchallens), voir Age. 

L'Harmont, voir l'Armont. 

Harpoz, voir Garroz. 

Uart, Sur la — , loc. à Delémont, ancien emplacement du gi- 
bet, correspondant des Fourches du reste du pays romand ; de 
harty proprement la corde destinée à pendre le criminel. 

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HAUDÈRES — HAUTE COUR 207 

Haudères, es ou les —, ham. d'Evolène, Valais, OudeireSy 
i25o, OuderreSy xiii« s., Hoadeyres vers 1280. Paraît renfermer 
la même racine que les Odes, territoire aux maisons éparses, 
majens de Riddes, Valais, Odei, chalets dans un lieu ravagé par 
l'avalanche à Trient, et que Guides, partie du pâturage de Bar- 
berine, alpes de Salvan, parcourue et ravagée par le torrent. 

Les Harnays, prés et champs à Massongex, fausse orth. ; c'é- 
tait les AreneySy i743, terrains sablonneux ; voir Arenaz. 

Haasseresse, vallon au Pays-d'Ënhaut, plus anciennement la 
Vausseresse, Valorseressy^ 1276 ; de oal, vallée, et de l'adjectif 
fém. orseresse ou orsière, des ours = vallée des ours. 

llausseys, ham. de Vérossaz, Valais, écrit encore Ausseys, 
plans, vers 1720, Aussays et Haut^Serre ; du latin altum saxu/Hy 
haut sex, haut rocher. 

L'Haut, nom de pâturages supérieurs, vallée du Rhône, 
Gruyère et Jura, parfois mal orthographié : l'Haut de Morcles, de 
Collonge, de Val d'Illiez, de Morge à Saint-Gingolph (l'^'aii, 
carte Dufour, Laudemorge, Siegfried), de Tanej à Vouvry 
{Looz, atlas Siegfried ; l'Haut Patéri à Ghâteau-d'CEx, l'Haut de 
la Joux, Gruyère, l'Haut des Roches à Romanens ; — Pré de 
l'Hautrdessous et dessus, Y Haut y i444> à Montricher et l'Isle, 
l'Haut Mont à Arzier, Jura. Ici l'influence du latin altos l'a em- 
porté sur celle du hoch germanique qui (a produit l'aspiration 
française de haut. Au temps de François \^^ haut n'était pas aspiré, 
d'après Génin ; en i533, d'après Bouille, le peuple aspirait l'h. 

Hautafln, forêt au Buron, D. Echallens, nemore de Altqfiney 
1177, ^^^^ ®^ fi'^» limite, territoire. 

Haut Crêt, ancienne abbaye, D. Oron, Altcrest, ii5o. Alto- 
crest, iib'] y A 1er est y 1166, Aacrest, 1242; de altum cristumy 
forme masc. de erista, crête. 

Haute Cour, ham. de Mont, D. Rolle, Altacort, i235, M. G. 
XV, 12, Autecortj i245, Autacorty 1248, Autracort, i25o, 5i, 
Aut{r)acorty 1261, Ault{r)acorty 1266, 1293, M. R. XIL On 
peut hésiter : quelques formes signifient haute cour ; d'autres avec 
le r paraissent signifier ultra corterriy ce qui s'accorderait avec la 

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208 HAUTBRIVE — HERMONT 

situation du hameau, au delà du village principal par rapport au 
château. 

Hauterive, Fribourg, Alla ripa, ii57, Alteripe, 1162, et 
Neuchâtel, Aria ripa, ii43, s'expliquent d'eux-mêmes, ainsi que 

Hauteville, ham. de Saint-Légier, Vaud, Autavila, Altavilla, 
xiii« s., M. R. VI, 349-38g, et commune, Fribourg, Alta villa, 
1237» M. R. XXII, 32 = haute ferme. 

Ilennens, D. Glane, Frib., Henens, i4o3, Ennens, i432 = 
chez les descendants de Hino ou de Henno, n. pr. germain. 

Ilenniez, Vaud (pron. Ingny), Enny, i38o, Ignie, 1668 ; do- 
maine de Hinius ou Inias, n. pr. germain Hino latinisé. Enniez^ 
loc. à Bussigny sur Morges, à rapprocher du ruisseau voisin, r/- 
vnlu^ dictas Anye, 1278, Dict. hist. Vaud. Suppl., p. 27. Sans 
doute même origine. 

llérens, vallée du Valais, ail. Eringerthal, Erœns, iioo, 
EruenSy 1196, Heruens, 121 1, Herens, 1224, Eroins, 1266, gé- 
néralement Herens depuis 1260, cependant Heruens, 1274, i33o. 
D'après Gatschet, chez les descendants de Hero, contraction du 
n» pr. germain Hericho ou Eric ho. 

ilorémence, D. Hérens, Valais, AremenSy iigS, Eremeinci, 
xii"^ s., Heremeins, 1200, Herementia, 121 1, Heremencia, 1248, 
Ermencia et Heremence, 1329 ; Hermance, Genève, Ermencia, 
1271, M. G. XrV, Hermencia, i326, i344i M. G. IX; Her- 
meDche, D. Moudon, Ermenges, 1264, M. F. IV, 216, Her- 
mainge, i453, Hermenges, xvii« s. Les trois, d après Gatschet, 
du n. pr. germain Heremunt, Harimunt, Plutôt d'un autre nom 
de la même racine, si l'on décompose Herem-eins, Herm-enges, le 
nom doit avoir été Heremo^ Harimo. En tout cas, rien de com« 
mua avec Hermès^ ni avec eremos, comme le voulaient d'anciens 
étjrmologistes qui se basaient trop souvent sur une ressemblance 
fortuite. 

f ferment, maison et colline bolée, Gras d'Hermont près Por- 
rentruy = crêt à'Harimant, n. pr. germain. Trouillat I, XXVIII, 
y place le camp d'Arioviste dans la bataille entre César et ce chef 
germain et traduit Gras d'Hermont par Crêt des Germains. 



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HÈRES — HUTINS 209 

Aux Hères, loc. à Monthey, es Hères^ 1819, fausse orth. pour 
es Aires, i6g6, voir Aire ; de même les Hères à Massongex, es 
Eyresy 1761. 

Hemiaulaz, pâturage de Villeneuve, le même qu'Argniolaz, 
alpes d'OUoD et Argnaalaz, vallée de TEau froide, Herniola, 
ia42j Hernyola, 1247, Cart. Haut-Grèt, M. R. XII, 69, 78 ; ra- 
cine hem et suffixe dim. ola. Grodefroy a un s. m. hernu = juil- 
let. Ce serait alors un petit pâturage où l'on monte en juillet, 
comme les Majens, où l'on monte en mai, en ail. les Augstkum- 
men ou Combe d'août. Seulement « les textes où figure hernu 
sont tous du nord-est de la France et il n'y a pas de preuve que ce 
mot ait été usité chez nous, » nous écrit M. Bonnard ; ceci reste 
donc une simple conjecture jusqu'à plus ample informé. 

Y Hombes à Lens, Hombe et Honibettes à Chalais, autre 
forme de Combes, Combettes. Cette permutation curieuse c-A est 
assez fréquente d'Arbaz à Chalais, soit entre Sion et Sierre : Har- 
roz pour Carroz à Chalais et Arbaz, et même à Gryon (Vaud). 
Voir les mots suivants 

Hondemène à Ayent := Condémine. 

Hongrin, rivière, affl. de la Sarine, Ongriniy 1294» M. R. 
XXII, 44» » Onffrin, 1892, i4oo, le Longrin, l'Eau du Longrin^ 
plans d'Aigle, 1720. 

Herbe, loc. à Ayent, Valais = corbe, courbe, pour c-A voir 
Hombes. 

L'Horniont, mont boisé à Praz, D. Glane ; voir Ormont. 

Aux Homes, loc. à Gryon, D. Aigle = aux Cornes, pour c-A 
voir Hombes. 

Es Hornettes, Ehomettes, carte Siegfried, sommet sur Ayent 
= es Cornettes ; permutation c-h, voir Hombes. 

Les Hors, crôts au Rawyl, alpes d' Ayent = les Cors ou cornes, 
pour c-A voir Hombes. 

La Hoamaz, loc. à Ayent = la Combe, avec apocope du b, 
sous l'influence de la forme allemande Kummen ; pour c-A, voir 
Hombes. 

Hutins ou Huttins, Utins, Uttins, une 3o« de lieux-dits dan» 

M. D. SBC SÉRIB, TOME VU 14 

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210 HOTEAU — IGNES 

la ré^on du Léman et d'Orbe à Neuveville ; autre forme de AaM- 
tains^ en Vivarais, autain, v. fr. utin, nom des vî^es grimpant 
sur des arbres morts dont on a laissé les grosses branches, mode 
de culture disparu chez nous, mais qu'on retrouve encore aux en- 
virons d'Ëvian. Hutinets, champs à Founex> diminutif. 

L'Hotau à Murist et Montagny-les-Monts, les Hotaux à Broc, 
Fribourg, dessus Tllottaux à Clavaleyres près Morat ; du latin 
hospitale^ patois otau^ la maison, v. fr. hostaul, 1892, Rec. dipl. 
V, 85, les hotoz de Torgon à Vionnaz, 1728. De là aussi en 
THeptau, loc. à Saint-Gingolph, vers TEtôt, m. à Dorenaz, Va- 
lais ; les nouf Hospitauly i4o6, les Hôpitaux, une des 4 ban- 
nières de Fribourç, et les Hôpitaux neufs et Hôpitaux vieux à 
la frontière française près Vallorbe. 

L'Hôpital, ham. détruit près Ménières, Frib. Le P. Dellion, 
prenant ce mot au sens moderne, et le trouvant t dans les docu- 
ments les plus anciens, » en conclut que « cet établissement de 
charité remonte aux premiers temps du christianisme. Dict. hist. 
VIII, 891. Les mots ci-dessus montrent qu'il s'agit simplement 
d'une maison, 

lluémoz, grand village d'Ollon, OësmoZy 1629, Recueil de 
chartes d'Aigle, p. 166. 

La Hutte (ou Heutte), D. Gourtelary ; fr. hutte, du v. h. ail. 
hUttUy cabane. 

Ibeau, nom sur l'atlas Siegfried d'une forêt du val Ferret, forêt 
Ibeau. Evidemment fausse orth. Ce doit être la forêt, la Jeur y 
Bôs, la forêt aux crapauds, comme la Tsau y Bots à Château- 
d'Œx, de Bô, Bot, Bau = crapaud, ou le Crêt d'y Baux sur 
Montreux, de bau, bœuf. 

Icogne près Lens ; voir Econe. 

Ignés, Glacier et Col des — , vallée d'AroUa, Valais ; pourrait 
venir du provençal igne^ de feu, du latin ignisy feu, allusion aux 
teintes de feu de ce col glaciaire au soleil levant pour les habi- 
tants des Haudères et de la Forclaz d'Evolène. 



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IGUES — ICIZENEN 211 

IgueSy m. à Orzens, entre le Sauteruz, le ruisseau de Grajlaz 
et le Ruz de Jaudray = les eaux, de aquas. 

Haltes, Côtes des — sur le Doubs, à Soubey = ilettes, petites 
îles ; suffixe jurassien at = et. 

Illarse ou Ularsaz, ham. de Colombey, Valais, Ylarsa, i35i, 
Petrum de Illarza, un des quatre premiers syndics octroyés à la 
ville d'Aigle en 1288 ; de y == in et v. fr. larsBy larze^ mélèze, 
de laricem, aux mélèzes. Il y a encore des groupes de mélèzes çà 
et là dans la plaine. 

lUens, ruines et ham. près Arconciel, D. Sarine, ail. lUingen, 
et lUens, château ruiné près Pont, D. Veveyse, UllenSj 11 55, 
1188^ Illens, 1157, M. R. XII, 12, 47» i5, HellenSy Heslensy 
ii54, Gart. Month., /tiens, 1179, Retiens, 1182, Donat. Haut., 
Ylleins, 1284, M. R. XXIX, 809, Illeins, 1288, M. R. VI, 659, 
By liens y i25i, F. B. II, Illens, 181 9, Matile, Yllans, i85o, Ir- 
lens, 1888, Y riens y i4i9» Erling dans la chronique de Schilling", 
Mains, 1470, Arch. Fr. V, etc. = chez les descendants de Itil{o)y 
n. pr. germain. 

1 liiez ou Iliiers, vallée du Valais, Yliacum, 1180, Hidber, II, 
vallis Iliaca, xii« et xiii« s., Ylliez, 1200, Ylies, i285, Yllies, 
1268, 1287, Ylles, 1281, Y Hier, i486. Gremaud, dans M. R., 
très probablement d'un n. d'homme ; pourrait dériver de Illus, 
nom cité par De Vit. Ce nom porté par des hommes d'origine ger- 
manique parait être la latinisation du n. germain ///o, ////, le ter- 
rible. 

En tous cas pas vallée des houx, de ilex, comme le veut Studer ; cet 
arbrisseau y est presque iaconnu et le mot latin n'a pas passé en ro- 
mand ; quant à l'interprétation de M. Léon Franc, Vau de lié, vallée des 
eaux, reproduite par J. Monod (Guide du Valais), elle ne s'accorde pas 
non plus avec les formes primitives. 

Increna, arête rocheuse près Champéry ; voir Ëncrenaz. 

Inden, D. Louèche, Valais, village autrefois romand, Indes, 
1242, 1880, Yndes, i25o, 1299, i45o; le n allemand représente 
le s plur. français. 

leizenen, ham. de Gampel, aujcuid'hui sin pie msyen, es 



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212 INVERSINS — ISERABLBS 

probablement le Jonczana, isiT^, Joutzana^ ia85, de deux 
chartes, M. R. XXX, que M. Gremaud n'a pas identifié. 

Inversins, loc. à Saint-Georges, Burtigny, Gimel ; endroits si- 
tués à Tenversy sur la pente opposée au lieu principal. 

Invoaa, ham. à Marly, à rinvoué (Invuez) à Sales, Sarine, 
rinvoê à Thierrens, Tlnvuex à Granges, es Invoaettes à Char- 
mej ; autres formes de ivoué^ du celtique ive^ ève^ eau, parallèle 
du latin aqua, d'où le v. fr. aiguë. 

Invnardes, ham. de Pajerne, voir Envuardes. 

Iplens, loc. à l'Isle, D. Gossonay, Iplens, xiii« s. et 1878, M. 
R. I, 2® livr., 64. C'est sans doute la 4( villa quœ dicitur Erplens^^ 
1009, et le ErplenXj looa, Hidber, I, 286, que Gatschet, p. 266, 
rapporte à Apples, tandis que ce village s'appelait Aplis en 1009, 
M. R. III, 4^7 et II25, ib. i438, et dès lors toujours Aples ou 
Apples = chez les descendants A*Erp{lo^ dérivé de Erpo, n. pr. 
germain. (Fôrstm. a Erfilo et Erpel, racine Arb.) 

Les Irettes, loc. sur Lens, Valais = airettes, voir Aire. 

Irlens, ham. de Chapelle sur Gillarens, D. Glane, Frib. ; autre 
forme A' Riens ^ voir ce mot. 

Isenau, alpe d'Ormont-dessus, Isenoz au plan cadastral, Ise-- 
nod dans Bridel, 1801 ; autrefois EisenauXy OisenauXy carte 
Rovéréa, Ezen cTEaux dans Lutz, forme primitive Usinauz, 
1279 (Corthésj, p. i48). La localité est à la frontière allemande. 
Origine inconnue. Ce mot serait^il d'origine germanique ? Il 7 a 
plusieurs noms ail. dans le voisinage. Ce serait alors la racine 
isen, eisen, assez fréquente, Isenberg,-thal,-egg,-fluh,-ried ; du v. 
ail. isen, fer, et au, prairie. 

Isérables ou Iserabioz, D. Martigny, Valais, Aserablos, 1227, 
Heyserabloy 1260, Yserablo{z)y 1266, Heserahlo^ 1267, -^^^''û- 
blo, i322, etc. ; de iserable^ nom patois de l'érable, aussi en 
Dauphiné, même origine pour 

Isérables à Gy, Grenève, à Outre-Rhône (Lisérabloz), 2 loc. à 
Ollon et à Ferreyres, Daillens, Yvonand, Vaud, à Hauteville 
(Gruyère), ainsi que Oserabloz, loc. à Vollèges, Valais, un essaie 



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ISERAZ — IVETTB 213 

de Asserabloz à Ependes, Fribourg, 1278, M. F. I, 274, Lose* 
rable, loc. à Neuchâtcl, 1874. 

Iseraz, ruisseau à Moirj, D. Cossonay, appelé la Liseraz par 
soudure de l'article dans le Dict. hist. Yaud, parent des nom- 
breuses IsarUy aujourd'hui : Isère du Dauphiné ; Isar, affl. du Da- 
nube^ Iser, affl. de l'Elbe, Yser en Belgique ; c'est le fém. de l'ad- 
jectif ligure isaroSf qui va vite = la (rivière) rapide. 

Iserin, pâturage d'Orroont-dessus, Yserins, i44i» M. R., Yse- 
rin, 1474 (Corthésy, Vallée des Onnonts, écrit Yserim ?). 

Llslan à Bavoîs, D. Orbe, maison et domaine sur une émi- 
nence dans le marais, faussement écrit VIsland sur l'atlas Sieg- 
fried ; de {/undum) insulanum, fonds formant une île ; l'Islon, 
loc. à Bex près la Gryonne, dim. de île, comme es Isellions, dans 
les bras du Rhône à Noville, et les liions à lUarse, IllionSy i6g6. 
On appelle llsle, D. Gossonaj, Insula, i324, Lile^ i343, Lilay 
i362, M. R. V, de insula, tle, à cause de sa situation entre les 
sources de la Venoge. Les Isles dans les vallées du Rhône et de 
l'Orbe et aux Ormonts les terres entourées jadis par les bras du 
Rhône, de l'Orbe et de la Grande Eau. 

Issert à Orsières, Valais, et ailleurs ; autre forme à'Essert. 

Itrivoaes, forêt à Chamoson, Valais; de altrUy outre^ et 
ivoués ; outre les eaux, au delà de la Lozence et du torrent de 
Gry. 

liroz, voir Ëtroz. 

Ittens ou liens, ham. de La Chaux, D, Cossonay ; villa Z^- 
tingeSf 964, M. R. VI, 3, Idens en ioo5, Itteins, i238, M. R. VI, 
646, Ittens^ 1387, M. R. V, 3o4 = chez les descendants de IttOy 
Ido ou HittOy variantes du même nom germain ; un Hitto est un 
des signataires de la charte de fondation de l'abbaye de Pajerne 
en 962. 

Ivette ou Ivooette, affl. de l'Avançon à Bex, les Ivettes ou 
Evouettes, vill. D. Monthej, Valais, avec de nombreuses sources ; 
celui-ci, d'après Gatschet, copié par Studer, de l'ail, eibe ou ibe^ 
if. C'est certainement une erreur et son nom vient, conmie celui 



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214 IVUEX — JAVROZ 

du torrent, de iuue, eau, et suffixe dimiautif ette^ petite eau, pe- 
tites sources. 

Ivuex, loc. à Prahins, même racine, ainsi que Livœz à Assens, 
article soudé pour Tlvœx ; de ivue, eau, et su£F. coll. ex. 

Izigière, ham. d'Ardon, D. Conthey, Valais. C'est une faute 
de la carte qui a soudé Tarticle is = es. La Feuille off. du Valais 
dit les mayens d'Isières, Ysieri apud Ardum i3o6 campo D y- 
syery (d'Ysyery) apud Arduns 1260 ; peut-être de la racine celtique 
iSy frais (Holder, p. 79). On trouve aussi Nizière de en Isière. 

Jabloz ou Jable, deux pâturages à TEtivaz, au pied sud de la 
Gummfluh, qui s'appelle aussi quelquefois Jabloz. Peut-être le 
même que le n. commun jablCy qui présente aussi le sens de fa- 
çade, fronton (Godefroy) ; le Jabloz ou Gummfluh présente de ce 
côté de hautes parois qu'on peut comparer à un fronton. 

La Jaluze, vall. et ham. au Locle, Neuch., Jaluse, 14^9, M. 
N. XLI, Jaleuze, i53i ; dej'aluza, partie tendre du roc ou cal- 
caire jurassique supérieur. Desor, M. N., 62, origine inconnue. 

Jaman, montag'ue D. Vevey, Gément, Gémanty i34o, Géman, 
i4o2, M. R., 2® s., Il, 71, Zamanty i453, Creux de Jéman, pa- 
tois Dzéman, pÂturag'e et rochers à Collong^, D. Saint-Maurice, 
Valais. 

Jamblex, m. à Bursinel, prato de Jamblay 1249, M. R. VIL 

Jargonant, ham. et ruiss. près Genève, Gergunant, i368, 
nantum de Gergunant^ i475, M. G. XVIII, Gergonanf, i48o, 
1670 ; de nanty mot celtique = vallée, ruisseau, et d'une racine 
égpalement celtique qu'on retrouve dans Ger^ovie, capitale des Ar- 
vernes. 

Es Jaux à Corbeyrier, D. Aigle, les Petites Jaux à Echallens ; 
autre forme dejoux, forêt, de même le Dzaou, Ormont-dessus. 

JauUn, ham. de Riaz, Fribourg' ; voir Joulens, 

Javpex, ham. de Cemiat, tire son nom du 

Javroz, torrent, affl. de la Jog-ne, Gruyère ; aqua que dicitur 
JuauroSy ii34, Jauro^ 1294, JixaarOy 1295, Jaure^ 1677. Gats- 



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JENTES — JOINTES 215 

chet le tire d'aquarium, cooduite d'eau, ruisseau. « Impossible, 
à cause de la place de l'accent, y^ (Boonard.) 

Jentes, D. Lac, Frib., nom fr. de Jeuss^ JuuSy 1428, JenteSy 
JuenteSj i34o, JœnteSy 1428, Rec. dipK III, VII. D'après Gats- 
>chety contraction du n. pr. Johannetus ; le fém. Johanneta don- 
nait un nom Jenia, 

Jetty, ham. d'Evolène, D. Hérens, Valais, Lagyetiy i25o, M. 
R. XXIX, 456, alpem de Lageti, 6n du xiiie s., M. R. XXXIII, 
452 = la Giète, voir ce mot. 

Jeu^ Jeur, Jeux, voir Joux. 

La Jeurnaz, forêt de châtaigniers à Monthej, la Dieurnay 
181 9, Jeurnaz j 1696 ; d'un adj. du bas latin * Jurina, de forêt. 

Jogne, riv. de la Gruyère, Jonia^ Jon, Joune, Youn, 1897, 
M. R. XXII, 261, Joua, 1577, ail. Jaun; la Jogne ou Jougne- 
naz, affl. de l'Orbe *, Jonniay 1049 et vers 11 10, M. R. III, 456, 
464, Jonia^ ii58, ib. 476, Jonium, 1181, Hidber, II. Comme les 
Jone de la Suisse allemande, l'une affl. de la Reuss, l'autre du 
lac de Zurich, Johanna Flavius^ 884, auxquelles on peut ajouter 
le Jungenbach de Saint-Nicolas, Valais, Jony^ 1880, Jonggnon, 
1827. Toutes portent le même nom d'origine celtique, parent de 
ceux de l'Yonne, Joina^ 670, de la Jouane, JonUy affl. de la 
Mayenne, que Holder, Keltischer Sprachschatz, rapporte sans les 
expliquer. Gatschet dérive Jogne de eauve, iauve par l'intermé- 
diaire d'un adjectif hypothétique juvina, juina. Studer, toujours 
fantaisiste, ajoute : Die Freiburger patois lassen vor Abstanden 
zwischen aqua und eauve, iauve ^ iaune (sic I) nicht so sehr er- 
schrecken. 

La Joie, ruisseau de — , à Bonmont, gracieuse métaphore qui 
convient on ne peut mieux à ce gentil ruisseau, descendant en pe- 
tites cascatellcs près du château. 

La Jointe, m. et pâturage au confluent des deux Hongrins, la 
Joynti d'Ongrin, 1882, une autre à Vionnaz ; subst. verbal de 
joindre. 

^ Jougne, Joni, 1228, M. R. VI, 19, vient de Jonnia, crJougncnaz à son lour 
de Jougne. 



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216 JOLIMONT — JONGNY 

JoUmoBt, colline près ÀDet, Berne, autrefois Julemont, encore 
en 1800 (Bridel), Tschulimong dans le dialecte ail. de la contrée ; 
corruption de CAii/e-Mont, Chulimonty xviii« s., mont de ChuleSy 
nom fr. de Gais, villagpe situé au pied. M. Alf. Godet, citant 
Torth. Sus le Mont, cadastre de Cerlier, 17 18, en dérive Chule-^ 
mont, Chulimont, permut. s-ch, puis Julimont, Jolimont, permut. 
ch-j. Quant à Ghules, il viendrait de Ghulemont, et non l'in- 
verse. C'est bien compliqué. D'après cette explication, Chutes se> 
rait tout à fait moderne, or on voit à Chules que ce nom se ren* 
contre déjà en 121 7, i4o3. 

Le Jonc, écart du Grand-Saconnex, Genève, est une corruption 
de VOujoriy cette terre appartenant jadis à la chartreuse d'Oujon^ 
à laquelle les nobles de Saconnex ll'avaient donnée en 121 5. M» 
R. XII, I, p. 52, confusion entre l'Oujon et le patois lou Jonc. 

Jonchères, ham. de Boudevilliers, Neuch., Junchieres^ 1291 ; 
loc. à Etoj et à Miécourt, Jura, Juncheres, 1290 ; Jonchires à 
Mézières, à Bursins, la JonchieriZy 1429, Jonchière à Cossonay,. 
Jonzières à Gland, au, aux Jonchet,s à Presinges, Granges, 
Pajeme, etc. ; du latin juncaria et janceturriy lieux couverts de 
joncs, comme les Jones à Avenches, Lussj-Fribourg, etc. Le c 
disparatt parfois : en Jon, écart de Donneloje, les Zons, prés à 
Conthej. De ces deux dernières formes dérivent en Jonnaire à 
Rennaz et Villeneuve et les Zonnaires à Colombey, Jonneyres^ 
1696, et Monthey, JonnaireSy 1819, prés marécageux de la val- 
lée du Rhône. Au Jochet à Monthej, aux HocheiSy 181 9, était 
es Jonchets en 1727. 

Jongny, D. Vevey, Jaunie y Jalnie, Jalniei^ xii* s., Donat. 
Haut., Arch, Fr. VI, 89, 71, 79, Jongnye^ i373, JongnyeZy 
1622. La forme primitive a dû être Jalu ou Jaliniacum, domaine 
d'un Gallo-romain, au nom indéterminé. Hidber, II, p. 197, rap- 
porte le Jalnie d'Hauterive à Jougne ; c'est probablement une er- 
reur. Si la localité d'Hauterive ne se rapportait pas à Jongny et 
que Jongnye fût la forme primitive du nom, ce serait un {/un- 
dam) Junniacuniy geotilice dérivé du cognomen JunnuSy Holder, 

p. 89. 

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JORAT — JOTTE 217 

Jorat, montagne au N. da Léman, Jorat^ ii42, ii84, Joret, 
1177, Jorathy 1182, Jorethy 1190, Cari. Month., M. R. XII, et 
nom de nombreax pâturages des Alpes et du Jura ; dérivé de jor^ 
mot sans doute cdtîque, aujourd'hui joux, forêt. Jouret, Jorette, 
JoreUaz, Jorattaz, diminutifs de Jor ; Jora8se(az), Ormonts, 
dépréciatif ; Joratel, ham. des Ponts, Neuch., dim. de Jorat ; Jo- 
rogne, pâturages semés de bois à Gryon, D. Aigle, péjoratif ; de 
jor et suffixe ogne (comme char-ogne, ivp-ogne). 

Jordil, Jardil, une 3o« de loc. Vaud et Fribourg, Zerdil en 
Valais; plus anciennement fferdilyXni et xiv^s., es Jardlits, 
Yvome ; dérivé du v. h. ail. garto, parallèle du latin hortus, jar- 
din. Jordillet, loc. à Belmont, Jordillon à Grandvaux, diminu- 
tifs ; la forme jardin se rencontre très anciennement dans les 
chartes: Willelma deu iardiy illi de Jardin^ 1289, 1244, M. R. 
XII, 123, i53. 

Joressant (ou Jorissant), ham. du Haut Vully, Fribourg, aussi 
et mieux Jorissens (on prononce ein), Je ressens, i35o, JuriS'^ 
cenSj 1373, Juriscein, 1378, Matile, Jerussens et JorassenSy 
1409, Kuenlin, Port de Jersin, i456, dans Boyve, II, 87, 38. Dé- 
rivé d'un n. pr. germain ; l'étymologie de Gatschet (p. 106), qui 
la tire de l'adjectif bas latin juricina, de juria, est fort douteuse. 

Jomaire, loc. Vétroz = Joux noire. 

Jorogne, voir Jorat. 

Jortèse, autre nom du plateau d'Ayerne sur Corbeyrier = 
Jor-teisUy autre forme de Joux-Teisaz, Villeneuve, Ollon ; de 
joux et teise, de tensuSy part, de tendere, joux étendue. 

Jougne, Jougnenaz, voir Jogne. 

Joulens, près Morges, jadis village paroissial (aujourd'hui 2 
maisons), Jolens, ii4o, ii47, Cart. Month., I2i3, 1228, M. R. 
VI, 22,29i,/«ten5, ii82,M. R. I, ïqSyeiWl, 2S, Joleins,JolinSy 
1238, M. R. VI, 3i8, 643, etc. ; Bois Jolens a Montcherand; 
Jaolin, ham. de Riaz, Frib., en Joalens, i33o s= chez les des- 
cendants de JodilOy dérivé de JotOy n. pr. germain. Fôrstm., 
p. 812. 

La Jotte, 3 m. à Travers, Neuchâtel, sur le flanc N. de la val- 



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248 ÉOUX — JURIGOZ 

lée. Il y a une forme dialectale de joue, Berry, jotte^ provençal 
gauta, on dit aussi les jottes d'un vaisseau, les deux côtés de Ta- 
vaut. Cette forme est-elle connue dans le patois local ? 

Joux, Jour, Jœur, Jeux, Djeux (Vérossaz), Dieux (Masson- 
gex), la Jieu (Evionnaz), Jaux, Dzaou et en Valais Zour, Zeur, 
formes diverses dejoux^ bas l&ûn juria y forêt ; ce dernier, lati- 
nisation deyor, mot sans doute d'origine celtique, doù dérivent 
JurUf Joraty voir ces mots. Château de Joux, Jour^ 1276, Joa^ 
1277, Matile ; La Joux, Fribourg, la Jour, i38o, le Mas de Joux 
à Villars-le-Terroir, les Petites Jaux à Echallens, jadis Mas de 
Jor ; le Six Jeur sur Finhaut = le rocher de la forêt ; Jeup en 
Saas, vallée de Bagnes, la forêt dans les rochers, Graiijeur à 
Trient = Grand Jeur^ la grande forêt, etc. 

Jouxtens, D. Lausanne, Jotens, 1228, JoutenSy 1228, M. R. 
VI, 234, Jothens, 1227, Joctens et Jouctens, xiv® s. = chez les 
descendants de JotOy n. pr. germain. Fôrstm., p. 812. 

Les Joyeuses, clos de vignes à Cortaillod (« le meilleur vin 
blanc du lieu >►, dit Matthey-Doret) ; ce nom n'a pas besoin de 
commentaire. 

Jura, Jara dans César, Joras dans Strabon, Jourassos oros 
dans Ptolémée, au pi. Jures et Jura au sing. dans Pline et César, 
plus tard mons JurassuSy Jarum, 869, M. R. XXIX, montem 
Juriy montem Jure^ 1079, Cart. Laus., Jurim, ii5o, Cart. Ou- 
jon, montem de Jour^ 1282, M. G. VII, 342, racine celtique et 
peut-être ligure d'où dérive le moi Jor, bas latin yttria, joux, fo- 
rêt, nom commun dans les chartes du moyen âge pour désigner 
surtout les forêts montagneuses. 

Juriens, D. Orbe, JurianSy i263, M. R. III, 559, Juriens, 
1359. Gatschet le tire de jouXy forêt, par l'intermédiaire d'un adj. 
Jurianus. C'est plutôt un dérivé d'un n. pr. germain ; le ans de 
1 263 paraît d'abord s'y opposer, mais il y a de nombreux exem- 
ples de ans au xiii^ s. dans des noms dérivés de ingis, voir à No- 
nens. 

Jurigoz, loc. à Lausanne ; cette localité entre Burgo et Oschie 
où le Chapitre possédait de nombreuses vignes, est toujours dési- 



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JUSSY — LAH1^.NIRE 219 

^ée (20 fois) dans le Cartulaîre de Lausanne (M. R. VI) sous le 
nom de Joveffo, Juvego. Faut-il supposer que le nom aurait ainsi 
changé ? Il est plus probable que le i) est un r et qu'il faut lire 
Jorego^ Jurego. Quant à l'origine de ce mot, impossible de rien 
préciser. Jubainville, p. 5oo-5o8, cite une 2o« de cognomina em- 
ployés tels quels comme noms de lieux, villa Brannus^ fundus 
Catulus, viens Marcellus. Il est possible que Jurego en soit un. 
Holder a un nom d'h. Juricus, ce cognomen ainsi employé don- 
nerait à l'ablatif Jurico. Peut-être les recueils de n. propres en 
donneraient-ils la solution. 

Jussy, Genève, Jussei, 1181, M. G. II, 4»» Jussier, 1278, Jus- 
MBy 1291, Jussy e, etc. ; de {fundum) Justiacum ou Jussiacum^ 
domaine d'un JustiuSy gentilice dérivé du cognomen Justus, 

Jux, Goumœns-le Jux, Gumœns lo JuXy i447» M. R. XIV, 
Gumuens le Juz^ i448 ; de l'ancien adverbe fr. jus^ dessous, du 
bas latin Jusum = Goumœns-dessous, 588 m., tandis que Gou- 
mœns-la-ville est à 620 m. 

Au Laberriau à Evionnaz, Laberiaux, 1740 = Abériau, voir 
p. 1. 

Lâchai, forêt et forte montée entre Salvan et Finhaut, proba- 
blement fausse orth. pour La Chaz ou Sciaz^ arête. De même 
pour Lâchai ou l 'Achat, forêt à Colombey, l'Achat, croupe boi- 
sée, vallon des Verraux, Montreux, Latachat ou Lotachat pour 
l'Hauta Chaz, arête au N. de Charmey, Gruyère. La Chaz est un 
nom commun dans nos Alpes, voir Chaz et Sciaz. 

Lacherelles, ham. de Travers, Neuch., Lescheri, 1266, Matile; 
diminutif de Léchère, voir ce mot. 

Laconnex, C. de Genève, Laconay^ 1225, i3i8, Lacunaj/y 
1281, i3o2, etc., M. G. IV, XIV ; de {fundum) Laconacum, pro- 
priété d'un Lacon, du cognomen Laco. Holder, 117. 

Lagec, territoire à Saint-Martin d'Hérens = Laget pour l'Aget, 
prononç. valaisanne de azet, voir Aze ; pour le c final, voir Biolec. 

Lahénîre, champs à Ayent, Valais = la Chénière, pour ch-k 
voir Hombes ; ire pour ière est fréquent. Léchire, Jonchire, etc. 



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220 LAIFROUT — LAMBOING 

Laifrout, loc. faubourg- d'Avenches ; de laiy léy là et /rou^ de 
JoriSy dehors : là-dehors. 

Laire, plus. loc. ; à Montbey, écrit aussi Lherre^ à l'ère, 1819^ 
Lairette, voir Aire. 

Laissalet, voir Luissel. 

La Laiflsy, pâturage à TËtivaz, frontière du Gessenay ; serait- 
ce le n. ail. du vallon : Lessi ? Plusieurs localités du vallon ont 
des n. ail. : Gademoz, Coumattaz, etc., sans doute jadis propriété» 
d'habitants de l'autre versant. 

Laite, Leyie, Leytaz et Leytets, diminutifs, noms de pâtu* 
rages, Pays-d'Ënhaut et Gruyère. La Laitemaire, sommet à Chà* 
teau-d'Œx, même racine et maire, de major, plus grand ? Layte 
mary ou Leytemarie à Charmey, Lety mael, i4ii- Probablement 
parents du mot lède, lette, leyte^ donné par Littré, Suppl., dési-^ 
gnant les petits vallons renfermés entre les dunes des landes. Le 
Valais a d'autres formes qui s*y rattachent sans doute : Bonne» 
luites, champs à Martigny, la Luitte à Grimisuat, Loite condoi, 
arête de rochers, vallée d'Arolla, une autre sur Talpe de Vouas- 
son, vall. d'Hérens. Ce nom se retrouve dans le Tessin : Loita 
dura à Airolo, Loita délia Camoscia, val Maggia ; paratt signi- 
fier ici passage, chemin des chamois. Signification incertaine et 
origine inconnue. 

Laives, ham. près Moutier, loc. à Epiquerez, et Laves, plu- 
sieurs loc., toutes Jura bernois ; du nom commun lava, lave y 
couches de pierres polies répandues dans le Jura (Bridel) ; du latin 
lapis, pierre. 

Lallex, ham. près Grandvaux, Lalays, 1270, M. R. XII, en 
Lallex à Choêx, Monthey, à V Allée, 1819 ; Lalley, chalets combe 
de Reschy, Valais ; en Laly à Corbeyrier, en Lally, 2 loc. sur les 
pentes de la Pleyau (ou Pleïades), une 3^ à Saint-Georges; fausse 
orthographe pour la Lex, la Ly, autre forme de ley, rocher, pa- 
roi rocheuse ; voir Lex. 

Lamboing, ail. Lam/m^ren, D. Neuveville, Lambœns, 1178, 
1255, LambuenSy i25i, Lambligen, 1290, Lamblingen, i3o4, 
Trouillat = chez les descendants de Lambo (fr.) ou Lambilo 



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LANGE — LANDERON 221 

{ail.), dim. de Lambo, n. pr. germain. Fdrstm. n'a que Lampo, 
mais p-b permatent facilement ; dans la même racine, Fdrstm. 
donne Lamperty Lambert^ Lamprecht^ Lambreckiy etc. 

La Lance, source et ruisseau près Concise, aquam, rivum de 
Lancea, ii^, Matile, la Lanci, iai5, M. R. XII, 54» de la 
Lancy (y atone), i3i7, 1820 dans les actes de fondation de la 
Chartreuse. Ne peut venir, comme on l'a répété, d'une relique de 
la sainte lance qu'on 7 aurait conservée : le ruisseau est déjà 
nommé ainsi plus d'un siècle avant la fondation du couvent dans 
Matile et le Cart. de Haut-Crét. C'est le subst. verbal de lancer, à 
oiuse de la vitesse de l'eau. Remarquons que le ruisseau fait une 
•cascade et que ce nom de Lance se rapporte en particulier à celle-ci* 
Le ruisseau lui-même a un autre nom, la Diaz, jadis Doiz, la 
Doiz de la Lancy ^ i3ia. De même le Nozon fait à Croj une cas- 
<:ade appelée le Dard par une fi^re analogue. La Lance (Lancy) 
était jadis aussi le nom de la forêt de Vemand-dessus, Lausanne. 

Lanche, Lantze, Lanze (pr. tz), nom de nombreuses ravines 
que suivent les éboulis ou les avalanches, Alpes vaudoises et va- 
laisannes ; contraction de lavancke. Lanfes à Leysin, permuta- 
tion ch'f^z Lanches. Lanchettes, Lancettes, diminutifs. Lan- 
chys à SaintrLég^er et Saint-Gingolph, collectif. 

Lanciau, ham. sur Riez et une io« de loc. Vaud et Fribourg* ; 
forme patoise de lançoir, endroit d'où l'on lançait le bois dans 
un torrent ou dans un dévaloir. Lanfleux, loc. à Saint-Gingolph, 
le même avec perm. s-f . 

Lancy, Genève, Lanciacum, 1097, Rég. gen. 65, Lancie, 
1 190, Zroncy^, 1264» i3o5, M. G. II, 46 et XIY, Lanciacum^ 
1295, i3ii, LanciePy i3i4, M. G. XIV, etc. = (fundum) Lan^ 
ciacuniy domaine d'un LanciuSy gentilice romain. De Vit, IV. 

Le Land, chalet à La Roche, domaine à Essert, Frib. ; de l'ail. 
landy campagne ; les 2 loc. sont à la frontière des langues. 

Landecy, Genève, Landissiixcumy M. G. II, i54, LandissiCy 
1290, i3o2, M. G. I, 122 et XIV c= domaine d'un Landicius. 
Holder, II, p. 1 43, a un Lanticiacus. 

Landeroo, Neuchàtel, Landerun, 1209, laia, Landirony 

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222 LANFFREY — LAPIAZ 

i2og, 1343, Landeron, iSaS, etc. ; es Landerons à Hermenches, 
D. Moudon ; diminutifs de lande. L. de Meuron, op. cit. i5, croit 
pouvoir dériver le Landeron neuchâteloisderall. landen, aborder. 
L'existence d'autres Landeron, loin de tout rivage, contredit cette 
étymoloçie, qui n'explique du reste pas le suffixe eron. 

LanlTrey, loc. à Romainmôtier, emplacement d'un ancien vil- 
lage disparu : plus d'habitants en 1571 ; de Land/riedy n, fv. 
germain. 

Langefan, loc. à Roche = longue fin, permutation o-a comme 
dans Nava pour Nova, Prafandaz pour profonde, Longefan à Vil- 
leneuve et Valeyres-sous-Rances, et m-an comme dans tous les 
noms en eins, prononcés aujourd'hui an. 

Lanta Toina, Pré à — , à Golombey, Valais, à Laniaz Thoi- 
naZy 1696, à VAntatoine, cadastre 1881 ; probablement un Pré à 
VAnte à Toine, à la tante de Toine ou Antoine, v. fr. ante, encore 
au XIII* s. et qui s'est conservé dans certains dialectes : picard 
ante, provençal amday anglais aunt. 

Lantaney, loc. à Bex et à Evionnaz ; de lantanetum, endroit 
où abondent les lantanes, latin lantana, soit les viornes obier. 

Lanvouisset, lieu pierreux au pâturage de Salanfe, Valais ; 
l'Envulssel à Cremin ; Lanvuissel, ham. de Middes, près 
Pajerne ; du patois anvoui, anvoué, lanvoui (article agglutiné), 
lieu où abondent les serpents ; du latin angaiSy serpent. Lanvoué 
se dit surtout de l'orvet, mais a dû désigner à lorigine un serpent 
quelconque. 

Lapex ou Lappé, pâturage à Charmey ; de lapé, du latin /a- 
pathum, oseille des Alpes, trop abondante dans bien des pâtu- 
rages. 

La Lapiaz, ham. sur Monthey, Lapié, Lapiez, Lapiays, La- 
piayes, Lappé^ alpes fribourgeoises (Charmey) ou avec la diph- 
tongue Liapey, Liappey, Liappec dans le val d'Hérens, etc. ; 
nom commun des éboulis de rochers dans les Alpes romandes, 
ainsi que des rochers dénudés, rongés par le travail des eaux et 
des glaciers ; les Liappalés à Enney, Gruyère, diminutif. S'em- 
ploie aussi dans le Jura : les Lapes, sur Givrins (Larpes, atlas 



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LAQUE — LARRETS 223 

Siegfried), Longirod et Saint-Georges, les Lepes sur Arzier, 
Liapes au Mormont, la Joux des Lapies à Fiez, duos lapides ap- 
pellatos LapyeSy i5i6, es Lapies près Neuchâtel, 1292, les Lap- 
pies à Rochefort et à Neuchàtel, 1374. Le Liappay de la Gronaz 
près Martigny s'appelait en i346 lou Glappey de la Grunnaz, 
M. R. XXXII. C'est donc le même mot que clapier^ au sens de 
tas de pierres qu'il a encore en provençal^ dans le bas latin clape- 
rium, dans le valdôtain clapey, d'une racine klapy d'origine ger- 
manique d'après Kôrting, qui se retrouve dans le celtique : kjmri 
clap. 

Laque, SainUMaurice de Laque, aussi écrit Lac, village près 
Sierre, autrefois Laques, tout court, lo Laques^ 1228, Anton, de 
Lac et F. Sutor de Laques, 1271 ; Ma yen de Laque à Saint- 
Martin d'Hérens, Laquet, un des ham. du village précédent, en 
patois Laquouet, la Couet, carte du Club, un pratum dou La- 
quais à Nax, 1289 ; ni les uns ni les autres de lac, bassin d'eau : 
il n'y en a point et les petits lacs des environs s'appellent Loussel, 
Loucet, Louchet. Probablement du v. fr. lac^ s. m., fossé, ravin, 
caverne. 

Larcossey, vignes à Vionnaz, Valais, article soudé pour l'Ar- 
cossey ; voir ce mot. 

Larduzan, Lardezan dans Lutz, grande al pe au S. de Grône, 
Valais; Zam, tout court, dans la vallée, Alpe dou Chan, i3io, 
Campo dou Chan, 1839 = Y Alpe du Champ, permutation l-r 
et ch'Z{ts), 

Larenaz, Lareney = Arenaz,ey, avec soudure de l'article, 
voir Arenaz. 

Es Larrats, champs. Vil lars-sous-Champ vent, sans doute le 
même que 

Larrets, ham. Ormonts, Leysin, Bioley-Magnoux, Hauteville ; 
Lappel, loc. à Monthey, Larry, 1696, Grandcour, Avenches, En- 
ney, Larri à Vullierens, Larrit à Mont-la-Ville et Echallens, 
Lappy, Bercher ; Laret à Sullens, au Larrez, 1260, et à Saint- 
Aubin, Frib., Larit et Lares, i444 (ce qui l'a fait dériver de ad 
Lares, Dict. Dellion XI, 19), Lary. Corbeyrier et Villars-le-Ter- 



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224 LARZE — LAUFON 

roir, les Larrus à Neuveville, les Larines à SaintrTriphon, Larin, 
ham. de Chavannes-sur-Moudon ; du v. fr. UirriSj lariz^ s. m., 
bas latin larricium, lande, bruyère, terrain en friche ; d'après 
Dietz, du néerlandais loar^ clairière. L'Arrèl (carte vaudoîse), 
forêt à Vullieiffî, est une fausse orth. du même mot. Laireyom, 
loc. à Ai^le, rochers buissonneux, parait avoir la même racine. 

La Larze, alpe sur Bex, es Larses à Monthey ; de larzBy mé- 
lèze, latin laricem, z permute avec j : les Larges à Vionnaz. Le 
collectif lariceturriy bois de mélèzes, a donné Larzet à Grjon, 
Lapzay(ey), une i2«de loc., Larsey à Saint-Maurice, à Anni- 
viers, i238, et Vernamièg^e, ia5o. Avec apocope du r, Lazay, La- 
zier ou Lagier, alpes de Conthey, le Laisier à Yérossaz, Let/' 
siePy 1720, le Leyzay (Laysey), vallon et chalets, Ormont-des- 
sous, en la Lazaire (mélèzes !) à Vouvry. Un pré aux environs de 
Palézieux, Larsi en 1284 présente les variantes Laisl^ Lay$i^ 
Cart. Haut-Crèt, M. R. XIÏ, 2, i48. Du collectif f. lariceta dérive 
Larzette à Vérossaz, Largette, petit ham. de Fully, permut. 
z-j, une Larseite à Ayent, Valais, i4o8. Larzolet, forêt à Or- 
sières, diminutif. Enfin ce mot présente les formes légèrement 
germanisées de Larschen, loc. à Salquenen, et Larschi, ham. 
près Louèche. 

Lasse, Revinne de — à Vionnaz, Valais, pour l'Asse, s. m. = 
if, voir Asse ; l'if est fréquent à Vionnaz. 

Lassiores (Siegfried) ou Latiores (Dufour), alpe sur Evolène, 
Valais, alpe qui dicitur LaceSy 1260, alpem de Laccesy Accès 
vers 1280. 

Latte, Pont de la — sur l'Hongrin, Gruyère, et la Lattaz, loc. 
sur Champéry (pont sur un torrent) ; de latte, v. h. ail. latta^ 
perche ; aussi celtique, irl. slaty gallois llàth^ ital. latta, etc. 
Date de l'époque où le pont était fait d'une ou deux lattes jetées 
sur le torrent. Bois des Lattes aux Ponts, Neuch., bois de 
grands pins, nus jusqu'au haut, même sens. 

Laudallaz, alpe de l'Etivaz ; voir Vaudallaz. 

LaufoD, Berne, forme francisée de l'ail. Laafen^ de laafen^ 



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LAUSANNE 225 

courir, Dom générique ail. des rapides des rivières : la Birse y fait 
une cascade près du pont. 

Lausanne, Lousonna dans l'inscription de Vidj^ rapportée par 
Ch. Morel à Tan i68 ; Lausoniumy Itin. iii« s. ; Losonne, carte 
Peutinger, iv« s. ; LausannUy v« s., Géog. de Ravenne^ Lau- 
3anna, 1142, Losene, 1298, etc. Ëtymologie très controversée. 
D'après Gatschet (Promenade onomatologique, 1867) et De Crou- 
saz (Dict. historique, 1867), de LauSy ancien nom du Flon. « Laus 
était le nom du Flon, tel qu'il est nommé encore en i3i5 et i558, 
et Lousonna était bâtie sur ses bords > (Gatschet). Flon est un n. 
com. (de flumen) et Laus était le n. propre du Flon de Lausanne : 
«en i5o2, le Flon appelé Laus = Veau soit le Flon appelée Lau^^ 
i552 (Blanchet, p. la) et, en 1761, le ruisseau autrefois appelé le 
LauSy > textes cités par M. B. Dumur (Revue hist. vaud., 1901). 
A Laus s'ajoute le suffixe onna ou ona, qui n'est autre que le 
mot celtique ona, rivière. Lousona, c'est donc la rivière Laus *, 
qui a donné son nom à la ville bâtie sur ses bords, comme VAl- 
bona, la rivière Blanche, à Aubonne. Notre pays ofiPre une dizaine 
de noms semblables, formés d'une racine souvent indéterminée, 
nom spécifique du cours d'eau, et comme suffixe du mot ona : 
Colonay la Colline, Sanona ou Sarona, la Sarine, Sorona, la 
Serine, Massona, la Massa, Divonna, la Divonney Lionay la 
Lionne, etc. ^ Lorsque la langue latine prévalut, ona disparut et 
l'on dit flumen Laus, le flon Laus : à cette époque on savait en- 
core que ona = flumen, et l'on n'a pas fait le pléonasme. 

De son côté M. d'Arbois de Jubainville tire Lausanne du n. pr. 
gaulois LousoSy dont dérivent le cognomen latin Lausus et le 
gentilice Lausius tous deux fréquents dans les auteurs et les ins- 
criptions ; voir Holder, II, p. i64. Mentionnons enfin pour mé- 

^ II semble que Laus ait été aussi le aom d'un ruisseau près de Pranfpns : en 
1246 dans un hommage de Humb. de Cossonay, la charte fixe les limites « ab 
illa aqua Li Laus de Peren§;ins, M. R. V, 227. 

' One s'emploie souvent seul en France : One, affl. du Loir, One. D. Sarthe, 
One, Rhône. Petite One, Dordogne ; One d'Arboust et One d'Oueil, Haute-Ga- 
ronne. 

M. D. SBC. SÉRIE, TOBIB VII 15 



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226 LAUTARET — LAVEY 

moire Tétymologie proposée par Studer (Op. cit., p. 149), qui dé- 
rive Lausanne du mot romanche aloussa, laassa, cerisier à 
grappes (Prunus avium) et cite à l'appui un grand nombre de 
noms de localités romanches ou italiennes qui paraissent en pro- 
venir. Chacun sait que le cerisier à grappes s'appelle chez nous la 
poutta, le putiety que le mot aloussa j est complètement inconnu 
et il n'y a pas lieu d'insister sur l'improbabilité d'un nom de lieu 
vaudois dérivé d'un mot romanche qui n'aurait pas laissé d'autre 
trace dans le pays. 

Lautaret, alpe, Val des Dix, D. Hérens, Valais, H Altaret, 
1238, alpem des Autares ou Autarez, 1289, très probablement 
en souvenir d'anciens autels de l'époque païenne, dit M. Gremaud. 
Lauteret, pâturage sur Montreux. On connaît aussi l'alpe et le 
col de Lautaret en Dauphiné, jadis écrit VAutaret, du latin ai- 
tare, autel. 

Lavanchy, une io« de ham. et de loc. des Alpes et jusque dans 
le Jorat : un Lavanchy à Montpreveyres, collectif = endroit ex- 
posé aux avalanches ou aux lavanches. Le mot simple s'emploie 
souvent : à la î^vanche, Ormont-dessus, et ham. de Châtel- 
Saint-Denis, les Lavenches, ravines sur Yvorne, le Lavancher, 
couloir aux avalanches, alpes de Salvan ; les Levanches, ham. de 
Hauteville e( de Semsales, Frib. ; Lavintsie ou Levantsia, forme 
patoise, chalets sur Lourtier, vallée de Bagnes. Vient d*ava- 
lanche, par métathèse et apocope de l'a : la lavanche, provençal 
lavanca, d'après Littré, ou dérivation irrég. de labina, lavina^ 
même sens ; en Lavancher à Vionnaz, 1728, est devenu aujour- 
d'hui en la Vanchée. 

Lavançon, loc. à Vionnaz, Valais ; article soudé pour l'Avan- 
çon. 

Lavey, D. Aigle, Alaver, io5i, Lavetum, 1180, i245, etc. 
D'après le baron de Gingins, de iavare, dans la pensée que ce 
lieu aurait été une station thermale et que la source trouvée en 
i83i aurait été connue des Romains, puis détruite par la chute 
du Tauretunum. C'est bien douteux : il semble qu'on devrait en 
trouver des traces dans les récits de l'éboulement ; d'ailleurs il y a 



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LAVIAUX — LAYAZ 227 

un autre Lavey à Evionnaz. Gatschet tire Lavetum, Lavey, 
comme Talpe de Lavey, Haut Simmenthal, de lapatham^ oseille 
des Alpes^ d'où vient notre mot lapéy mais lapé est le seul mot 
employé pour désigpaer cette plante qui ne croît d'ailleurs pas à 
Lavey. « On pourrait plutôt, nous écrivait M. Bonnard, le ratta- 
cher à la famille de lave^ pierre plate, dalle. » Lavey, avec le suf- 
fixe collectif eyj serait donc un lieu où il y a beaucoup de telles 
pierres, où on les exploite. Seulement ce mot lave, employé dans 
le Jura (v. Laive) n*a pas laissé de traces dans la vallée du Rhône. 

Laviaux, une lo® de loc., Lauieu à Salvan, 1732, Laviaou à 
Gruyère, Laviaouz, ham. de Misery, Frib. ; au Lavœx à Aven- 
ches, Lavieux à Gryon, es laviours à Grange, Valais, i48a, es 
Laviorets, Laviotets, diminutifs à Bullet et Corcelles, Payerne ; 
formes patoises du v. fr. laoiourj lavoir^ qui est aussi le nom de 
plusieurs ham., par exemple Boécourt, Courroux, Jura bernois. 

Lavigny, Laviniacam, ii45, 1172, etc., Lavinei, 1177, M. 
G. II, IV, XIV, Lavigni^ 12 10, M. R. XII, 58, Lavinie^ 1228, 
M. R. VI, LaoigniacOj 126^^ Laviffaye, 1822, Lavignyer, i335 
= (praedium) Laviniacam, domaine d'un Lavinius, g^entilice 
romain fréquent. 

Lax, D. Couches, Valais, LncXy 1295, Lax, i3o8, LacXy x333 ; 
on a dérivé son nom de lacus, lac, à cause de plusieurs petits lacs 
qui se cachent dans ses alpes (comme Laax ou Lax des Grisons, 
Lages, 1290, Lags, i3io), mais ces lacs sont fort éloi^és et 
n'étaient pas connus avant l'établissement du village qui tire plu- 
tôt son nom de la gorge profonde du Rhône qu'il domine ; du v. 
fr. lac, s. m., fossé, ravin, caverne. Comparez Laque. 

Layaz, pâturage au milieu des bois, Ormonts, loc., prés à 
Choex, Monthey^ forêt à Blonay , à Goumœns-le-Jux ; les Layets, 
chalets Ormont-dessous, Layette, forêt à Sainte-Croix et Champa- 
gne, diminutifs ; es Layeux, m. à Ollon et loc. à Vouvry ; autres 
formes : Leya, alpe à Lessoc, Gruyère ; Lye, mayen dans la forêt 
sur Painsec, Anniviers ; Liez, ham. de Saint-Martin d'Hérens ; 
Prés-Leys à Rossens, Liaz, ham. de Mont sur RoUe ; l'Aliiaz, 
pour la Liaz, alpes de Blonay ; du bas latin legia, forêt, v. fr. 



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228 LAVJU — LÉCHÈRE 

laye^ du germ. laidô^ chemin dans la forèt, puis forêt. Layen, 
m. à Puidoux, adjectif = de la forêt. 

Layiu, territoire à Onnens, Vaud, au-dessus du village = léy 
là, et V. fr. jus y dessous, du latin jusiim : là-dessous. 

Lazier ou Lagier^ la Zer, atlas Siegfried, la Gère, carte Du- 
four, Lazière en patois, 5 formes du même nom d'un ham. d'Ar- 
baz, D. Sion. Ansermoz dou Lasier^ Johannes dou Ley^iery 
1824, M. R. XXXI, 481 ; paraît être un larzier, ou larzey, de /a- 
ricetam, bois de mélèze, avec apocope de Tr, comme dans Lazay, 
Lasier ou Lagier à Gonthey. Voir Larze. 

Léamoni, ham. de Finhaut, Valais ; Liamont, ham. de Peney- 
le-Jorat = lé-amont, là haut, ces hameaux étant situés au-dessus 
de leurs villages. 

Léchaud, quartier de Bex, au pied du Sez, bien exposé au 
midi ; probablement pour VEchaud, subst. verbal de échauder, 
chauifer. 

Léchelles, D. Broyé, Frib., ail. Leitern^ LeschielleSj i3oi, 
LeschieleSf i43o, Rec. dipl. Il, 8, VII, 286, LéchielleSy x484 ; 
d'échelle, lat. scala^ à cause de la montée rapide depuis Chandon, 
autrefois chef-lieu paroissial. 

Léchère, Léchaire, Lécheyre, Leschière, Leichière, Les- 
chire, Lichière, etc., une 5o® de loc. dans tout le pays romand 
{lischiera au Tessin) ; du v. h. ail. lisca, herbe de marais, fr. 
latche et suffixe collectif ère ; le simple se rencontre aussi : aux 
Lèches à Ecublens et à GoUion, le Plan de la Lèche, pâturage à 
TBtivaz (pourrait être aussi l'endroit où l'on donne du sel à lécher 
au bétail), Lécherex ou Léchereiaux Ormonts, Leschery, 1429» 
autre collectif, suffixe ex ou ey de etum, Lécherette, Bernex, 
Gryon, les Mosses, Villars-le-Comte, Lescheretaz à Massonens, 
i54o, diminutif. Des formes plus voisines de l'allemand : Lischier 
à Louèche, Lischera à Courtaman, Frib. A la même racine se 
rattachent les noms allemands Lyssach, Lischeren^ Liesberçy 
jadis Lieschenberg. Quant à Lîss ou Lyss, D. Aarberg, Lissa, 
1009, il nous paraît venir plutôt du gaulois lisso, irl. liss, de- 
^ ^ meure fortifiée par un rempart de terre. 

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LÉDERREY — LBNTIGNY 229 

Léderrey, Grjon, Ollon, Ormont-dessous, Leyderriz^ i5ii, 
Léderay au Châtelard, Lédeppy à Champtauroz, Liderrey à 
Conthey, à Charmey, Villa le derreîj 1819. (Lidderey, atlas 
Si^fried, fausse orth.) Patois lé-derrei = là-derrière, comme 
Lidedain à Conthey = là-dedans ; en français populaire on dit 
là-dernier, de là les forges de Lademier à Vallorbe. 

Leiggem, ham. sur Rarogne, Valais, communitas de Leucruriy 
1878, M. R. XXXIV, probablement du n. pr. gaulois Leucuron, 
cité par Holder, II, 196. 

Les Leisettes, ham. de Salvan, Valais, sur une pente rocheuse 
très raide au-dessus du Trient, LeseteSy 1294» en la LegettaZy 
loc. à Choéx près Monthey, 1715 (z-j) ; probablement diminutif 
de leXj rocher, voir Lex. 

Leytel, Leytet, voir Luissel. 

Léman, lacus Lemanus ou Lemannus des anciens, Lemanos 
limnê (Dion, 89, 5), Lemanê (Ptolémée), Lémannâ limnê (Stra- 
bon) ; Lemanus (Lucain), Lemannus (Ausone). D'après Gatschet 
(Promenade, p. 28), mot celtique parallèle du grec limnê, lac, 
étang. 

Lenage, m. Monts de Lutry, patois pour lunage, v. fr. du bas 
latin lunaticumy lunadium à Porrentruy, 181 7, «étendue de 
terrain qu'on peut cultiver en un mois lunaire (Ducange) ; une 
loc. Lunagio à Bursinel, 12^8. 

La Lendaz, loc. à La Roche, Gruyère, Lenda, rue à Fribourg ; 
de Tall. linde^ tilleul : un Jacob de la Linda à Frib., i856, Jahr. 
f. Schw. Gesch. II, 244. 

Lens, D. Sierre, Valais, Lens et Lenz, "99» Lenz, 1260, 
1286, Lent, 1891. Non point de lens, lentille (Gatschet), mais 
probablement comme Lens en Artois et Linz, Rhin, de Lentium 
(oicum) ou comme Linz, Autriche, de Lentia (villa), tous trois 
dérivés du gentilice Lentius, 

Lentigny, D. Sarine, Fribourg, ail. Lenienach, Lintiniei vers 
iiii2, Lindnie, ii58, 1264, F. B. II, Lintignyey 1286, Lenti- 
gnge, 1480, Rec. dipl. VII, 286 ; de (fundum) Lentiniacum, 
domaine d'un Leniinius, gentilice romain dérivé de Lentius et 



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230 LENTILLÈRE — LEVAUX 

non point comme le veut Gatschet, copié par Studer, de lens^ 
lentille. 

Lentillère, loc. à Collonge, Conthey et à Martigny-Combe, 
l^ntillières à Grissier, Lintiller à Troistorrents ; un Huldricus 
de Lentilier témoin d'un acte entre le couvent de Haut-Grèt et Pa- 
lézieux, 1284. Cart. Haut-Crêt, M. R. XII, i3 ; endroits où Ion 
cultivait des lentilles, voir aussi Nantilières. 

Lentina, loc. vignoble de Sion (Lensinaz au cadastre d'après 
Zimmerli), LentinUy 6 fois 1280-1 266; de (villa) Lentina^ pro- 
priété, ferme de LentinuSy cognomen romain. 

Lessoc, D. Gruyère, Lessoz, 12^1, à les SoZy 1287, M. R. VI, 
2^2, Lessot, i352, iSgô, 1420, M. R. XXII, i453. D'après Gats- 
chet, du bas latin socca, souche, tronc. Mais le c est moderne. 
Peut-être de soth^ bas latin sotus ; de saltus, qui, dans Ducange^ 
désig^ne un parc à faire pattre les moutons, un bois. A les Soz 
signifierait donc aux bois, aux parcs. De même, d'après M. de 
Chambrier, le vallon appelé aujourd'hui Perluîs du Soc ou plu- 
tôt du Sault, près Neuchâtel, se nommerait dans les actes anté- 
rieurs à 1877 Perlais du Soth, 

f^essus, nom du plateau du rocher de Saint-Triphon et les Prés 
l^aissus à Vaumarcus = lésas, là-dessus. 

Les Letzettos, prés à Vionnaz ; dim. de latche, herbe de ma- 
rais ; voir Léchère. 

Leuchelette, loc. à Sierre, soudure de l'article pour l'Euche- 
lelte, rOchelette, la petite oche ; Luohelet à Granges est peut- 
être un diminutif masculin. 

Leuehu, plus. loc. Jura bernois, la Fin Leuchu à Boécourt, 
20-3o m. au-dessus du village ; les Prés Leuchus à Develier, 20- 
4o m. au-dessus ; les Fins Leuchus à Courfaivre, Clos Leuchu 
à Rossemaison, les Champs Leuchus à Movelier, 5o m. au-dessus 
= les fins, les prés, les clos, les champs là-sus, permutation ju- 
rassienne ch'S (chire pour sire). M. Bonnard (in litt.) serait dis- 
posé à y voir plutôt le mot lieu. 

Levaux, 2 m. et grand domaine à Vouvry, les GvdJiA^ Leoaax, 
1776, prés à Vouvry et Colombey, près du Rhône, ham. sur Mori- 



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f 



LEVIN — LEX 231 

they, aussi écrit Levoz (ou les Yauds, carte Dufour), vallée de la 
Vièg«, ham. de Plan-les-Ouates, Genève, Champ Lévaux sous 
Bottereos, Frib. N'ont rien de commun avec vaux, vallée, qui 
n'expliquerait pas les Levaux. Au reste si les trois premiers sont 
dans la vallée, le 4^ est sur la hauteur. C'est le même mot que 
l'ang'lais et v. fr. level, liveau, xv®s., provençal livelj wallon le- 
vai, italien liuello = niveau, du latin * iibellumy latin classique 
livella, niveau : localités sur un terrain plat, de niveau. Il fau- 
drait donc écrire leveau. Le village de Le Vaud, D. Njon, tire 
probablement son nom du même mot. 

Levin, Château — , à Monthej, en Chastellevey, 1696 ; de Le- 
vet, n. de famille de Monthej. 

LevroD, grand ham. de Vollège, Valais, le LevroUy i25o, Li- 
wrone, in Levrona, i45i ; probablement un (vicum, pratum) le- 
porinum, des lièvres, comme en Levron, prés à Ollon ; voir 
Leyvres 

Lex, Ley, (Lay) ou Lée, Vérossaz, Lez, Evionnaz, Lix, Lys, 
ou avec la diphtongue, mais toujours monosyllabe, Lœx, Loê, 
Luex, Lue, Massongex, Luy, Luis, Luix, Luys, aussi Louex, 
la Louex à Vionnaz, les Loués de Don à Vionnaz, Loué, 1776, 
Loués à Isérables, nom très fréquent dans les Alpes, où il dé- 
signe, tantôt des parois de rochers nus, tantôt des pentes ro- 
cheuses, plus ou moins couvertes d'un maigre gazon ; du subst. 
vieux et moyen h. ail. lei^, leie, m. et f., rocher, hollandais leie, 
rocher schisteux, anglo-saxon leia, f., rocher; aussi celtique, 
vieux irl. lie, plur. lieie, pierre. Lésette, Leîsolte, Luisette, 
Luisin, loc. Valais, diminutifs des formes Lex, Luis. Forme sou- 
vent des composés : Solalex, alpes de Bex = sous la paroi ; Bal- 
lalui, alpes de Lens, belle paroi ; se soude aussi avec l'article : 
Eley, ham. de Lavey (ou Eslex ou es Lœx) pour es Lex, dans 
les rochers ; l'Allée au Mont-Blanc, au Sanetsch et val d'Anni- 
viers, l'Allex à Bex, Grandvaux, Albeuve = la Lex (voir Allée, 

' Chacun connaît le Lordei des bords du Rhin = le rocher de Lore ou Lur, 
fée qui entraînait les bateliers dans l'abfme. 



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232 LEYDEFEUR — LIA VAS 

AUex), Croix d*Aller sur une paroi de rocher, alpes de Saint-Gin- 
golph = Croix de la Lex. 

Leydefeur (ou Laitefeux), ham. à Bossey, près Grenève, loc. à 
Genollier et Givrins ; Ley de Foupt (ou Furt) à Bonvillars, Leî- 
defrou à Rueyre-les-Prés, Frib., peut-être le Laideffurs^ ik^^y 
Arch. Fr. V, 3o4, 807 ; de /é, là, et feur^ four^ frou, de foriSy 
dehors. CSialet deffrou à TËtivaz, même sens. 

Leysin, D. Aigrie, Leissins, 1282, Lisirij i855, Lesin, i855, 
i4o2, puis Leysins, xv^ s. (Lat/zeirij i588, Leysin et Ley sein y 
xyii« s., chartes d'Aig-le). La forme primitive montre que nous 
avons affaire à un nom patronymique d'origine |;|^rmanique. C'est 
le correspondant français du Leissigen bernois, D. Thoune, Leu- 
zingeny 1886 .=: chez les descendants de Leudo, Leutho^ n. pr. 
germain. Fôrstm., p. 858. 

Leytron, D. Martigny, Valais, Leitrun^ 1219, Leytrun, 1281^ 
1284, Letron, 1291, M. R., Leitron, 1262, Wûrstbg. D'après 
Studer, « du celte ladr^ leydyr, latin latro, voleur, brigand, ^ 
donc « nid de brigands. » Mais c*est impossible, latron, lafronem 
a donné en français les mots larrey lairre, larron, tr devenant 
régulièrement rr. Vient plutôt du n. pr. gaulois Leiturron^ 
donné par Holder, II, 171. 

La Leyvraz, vallon et sommet à Château-d*Œx, Roche A la 
Leyvraz, Epesses ; Ley vres, loc. à Cossonay et chalets à Masson» 
gex, en la Leyvpoz à Vérossaz, Valais ; la Levra ou Laîvpa, pâ- 
turage au Saint-Bernard, Levratayre, loc. à Fully ; Mauleivra 
à Ollon ; pré Levray à Ollon, Praz Levpey à Servion, pratam 
Leporinum, xii« s., Cart. Haut-Crét, M. R. XII, Lèvremont à 
Apples ; de Uivra, s. f., lièvre, latin leporem, 

Liaises, forêt sur Lausanne ; voir Glaisy. 

Liapey, voir Lapié. 

Liarrey, loc. à Saxon, Liarray à Collonge, Valais ; le même, 
avec le son mouillé, que Glarey. 

Le Liaugex, m. et tcrr. près du Rhône à Aigle, LiaugéSy i646, 
1669, '® Liauges, 1674. 



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LIARREY — UGNEROLLE 233 

Liavas, Prés — à Bassecourt, D. Delémont ; Liavoz, chalets 
k Gharmey, Clos Liavoz à Semsales, Liavaux à Ghâtel-Saint- 
Denis, Liavau, écart de Neirivue = Li, lé, là et avaux, aval, là 
en aval. 

Liddes, D. Entremont, Valais, Leides, 1177, LedeSy 1199, 
1286, Litdesy 1200, Leddes, 1228, Let/des, 1266, Liffdes, 1259, 
LyddeSy 1267, Lydes, 1296, Liddes, i345, LideSy i38i, enfin 
définitivement LiddeSy 1470. D'après Gatschet, du bas latin lida, 
liddoy péage ; possible, bien que les formes primitives en e, ei, ey 
le rendent un peu douteux. Un autre Liddes à Sierre n'a pas de 
formes anciennes pouvant éclaircir Torigîne. 

Lidedain, Liderray, voir Léderrey. 

Lieffrens, D. Glane, Fribourg, Leu/rens et Lei/reSy xii« s., 
LifreinSy Lief reins, 1247, Cart. Haut-Grét, M. R. XII, LyefrenSy 
1359 = chez les descendants de Leutjried ou Liejredy n. pr. 
germain. Les orth. Riefrens et Lacfrens, 1262, Wûrstbg., 297, 
sont des fautes de copistes ou d'impression. 

Liène ou Lienne, autre nom de la Rière, rivière descendant du 
Rawyl, Valais ; Lienna, ruisseau descendant de la Berra sur La 
Roche, Fribourg ; du celte gleiiy vallée, encore employé en Ecosse 
(Glenmore, GlencoGy etc.) pris au sens de ruisseau, comme nant, 
ruisseau de nantu, vallée. Rière est le même mot avec permuta- 
tion de l ei n en r. 

Lienson, chalets épars sur un plateau en face de Gharmey = 
Li-en-Son, là sur le sommet ; un peu plus loin sont les chalets de 
Liavoz, dit la carte pour Li^avauy là en bas. 

Le Lieu, D. Vallée de Joux, jadis le Lieu-Poncet, Locus^Pon- 
tiiy 1 1 55 ; du nom d'un ermite Pontius ou Ponce qui le premier 
y habita. Le Lieu, ]483. 

Liez ou Lies, Valais, voir Laye. 

Lignerolle, D. Orbe, LineroleSy 1168-1171, Arch. Fr. VI, Li- 
nerouleSy XII, Linnirules et Linnierules, i235, M. R. VI, 624, 
Lignierules et Llyniruoles, 1282, M. R. III, 553, Lignerules, 
1285, LignirouleSy i446, i458, GlignyrouleSy i485, Lignyro^ 
laZy i52i, Ligneroules, i525. D'après Gatschet, de lignarolis 



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^34 LIGNIÉRES — LIOSON 

(barbarisme) regio^ rég'ion boisée. Très peu probable. D'après 
les formes primitives, sans g^, de linariolaSy dim. de linariaSy f. 
pi. de linariuSy de lin, donc petits champs de lin. Plus tard s'est 
établie une confusion avec lignarias, de lignum^ bois. Un Li- 
gneroUes de France s'appelait Linariolas au milieu du viiifl s. 
(Jubainville, p. 523). 

Lignières, C. Neuchâtel, Linieres^ 1179, 12 12, i3ii, Lineres, 
1297, Lignyeres, i349 ; m. à Saint-Sulpice (Linière), Neuch. ; 
ham. de SaintrSaphorin, Lavaux ; loc. à Essertines sur RoUe et 
Lignière, ham. de Gland, D. Nyon ; de linariaSy champs de lin. 
Ceci d'après les formes primitives xii« et xin« s. Toutefois la dé- 
rivation de lignaria (vallis), vallée, région boisée, du Mus. N. 
XXXIV, 263, n'est pas absolument exclue. Voir le mot précé- 
dent. 

Lilat à Dorenaz, LUlaz, loc. à Martigny, à l'angle entre la 
Dranse et le torrent Bajard = VIslaz ou Vile, 

Limasse ou Limace, grande forêt et pâturage à Baulmes, 
Jura, prel de la Limace, i4ï5, prato de la Lymacyz^ i5 16 ; les 
Limaces, métairie à Courtetelle et les Limes, loc. à Agiez, pâtu- 
rage à Cormoret, Jura bernois ; en Limassier, bois à Yvonand ; 
dérivés du latin limuSy ital. limo, lieu humide, racine qui a donné 
le fr. limon. 

La Limbaz, rivière, Vaud et Frib., affl. de la Broyé ; paroi de 
rocher près Saillon, Valais ; Ppoz Limbi, au pied des rochers du 
Combîn au Valsorey ; du latin limbuSy bordure, ruban, circuit, 
fr. limbe. 

Lindéret, pâturage derrière Corjon, Pays-d'Enhaut = l'En 
derrey, derrière. 

Lionne ou Lionnaz, rivière à l'Abbaje, affl. du lac de Joux, 
Liona, Leona avant iioo, Leena, ii4o, M. R. I, 172 ; fausse 
interprétation d'un nom celtique. Lionelte, ruisseau à Frenières 
sur Bex, diminutif. Lion, ancien nom du Nozon, d'où Vaulion 
= VauX'Lion, vallée du Lion ; du celtique /lo/i, gllon, eau cou- 
rante, parent de glen^ vallée ; voir Lienne. 

Lioson, deux pâturages, D. Aigle, l'un à Ormont-dessous, 

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LIREC — LIZERNE 235 

LyusoTiy i2k']y Lyosoriy 1262, Lusun, 1287, Lioffson, Lyogson, 
1249; l'autre sur Ar^naulaz, vallée de l'Eau froide, — que 
M. Hisely a confondu avec le premier, — Liuson supra Herniola 
•et Lioson, 1242, Lyusun, 1248, Lyosoriy Lyosum, 1262, Lyou- 
son, Lyeson, i255, Cart. Haul-Crêt, M. R. XII, pascua de Glo- 
■son, 1329. Probablement de locum, lieu, patois liuy et son, som 
= du sommet ; de Tadj. latin summuniy donc le lieu, la station, 
le pâturage du sommet, chacun d'eux étant le pâturag^e le plus 
^levé de la région, celui où le bétail fait sa dernière station dans 
la montée. L'étymoiogie de Gatschet, qui le tire de lacticinia^ est 
absolument impossible. 

Lirec, alpe, Val d*Anniviers = Lirette, pour le suffixe ec, voir 
Biolec. 

Lirette, ham. de Saint-Jean d'Anniviers, le Yreta, i25o, Li- 
rette sur Ardon, Lyrettaz sur Sierre, autres formes, avec sou- 
dure de Tarticle, de YAirette^ dim. de Aire ; voir ce mot. 

Lite, la Lita ou Leta de Pont, au Plan des Isles, les Lites ou 
LeteSy lé léti du Rachy, subtus les Lites, i332, Ormonts, ceux-ci 
fauchages longs et étroits ; la Lette, alpe de Bourg-Saint-Pierre, 
es Lettes à Collonge, à Vionnaz, Littesy 1775, aux, es Littcs à 
Yvorne, à Troistorrents, Vérossaz, à Fang de Chandolin et à Mol- 
lens. Valais ; es Littes à Erschmatt, i43o ; du v. h. ail. lista, 
bordure, bande longue et étroite (en Berry Itte^ bande étroite de 
mousseline. Les Ilettes à Monthey, près de la Vièze, ont la même 
origine ; c'était autrefois es Lites, Littes, 1696 ; de même à Mas- 
songex les Ilettes, es Lettes, 1743, avec le patois y Lettes ; il y a 
eu soudure de ly, de là ès-y-Lettes, les Ilettes. 

En Liresson, loc. à Conlhey, Valais ; probablement en Tlres- 
son, hérisson. 

Litroz, fausse orth. pour L'Itroz, voir Etroz. 

Liseraz, ruisseau, fausse orth. ; voir Tlseraz. 

Lizeme^ riv. D. Conthey, Valais, aquam de Lyserna^ 1268; 
mais ce 1 n'est que l'article agglutiné comme le prouvent d'autres 
mentions: aquam que vocatur Yserna, i3o4, Yserna, i3i5, 
i4i2, Iserna, i339, Isernia, 1457 ; elle porte ainsi le même nom 



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236 LOB8CHEZ — LODZO 

que rArnon, Ysernuniy 1 177, et que le torrent Tlsamo du Tessin^ 
mot d*orig^ne celtique, parent sans doute de Isara, voir Iseraz. 

Lobschez, ham. de Soubej, Jura bernois, Lobchey^ 1179^ 
i342, Tr. I, 365 et III. Le Jura présentant régulièrement la cons- 
truction germanique dans les noms, on pourrait traduire la mai- 
son de Lobo. Hidber interprète par Lo Bissel. II, 288. 

Loc, ham. de Randogne, Valais ; voir Luc. 

Loche, 2 m. à Puidoux, D. Lavaux, Loche et la Loche-dessus ; 
Loche et Lotze à Oleyres, Luchelet, forme masc. , à Granges, 
Valais, Lochettaz à Bouloz et Lotsetaz à Torny, Frib. ; Louche 
et Louchettaz à Monthey, LoschettaZy 1696 ; Lochelettaz à 
Miège, Valais, Leuchelette à Sierre ; agglutination de l'article 
pour rOche, TOchette, TOchelette, voir Oche. 

I^iocle, C. Neuchàtel, en patois Louche^ Loulché, Loch, Los^ 
culOf Losclu, LocloZy i35i, i359, Louclsy 1895, 1 53 1 ; de la ra- 
cine celtique lochy lac, correspondante du latin lacus et suffixe 
dim. ulus. Ce celte loch, encore employé en Ecosse et en Irlande, 
se retrouve dans le nom celtique Penn-lochy tête du lac, Penne- 
locus ou Pennilucus des Romains, localité qui existait alors sur 
remplacement de Villeneuve. La vallée du Locle était souvent 
inondée et a dû former primitivement un lac. Loclat, petit lac 
près Saint-Biaise, un autre près Couvet, Neuch., le même mot 
avec suffixe dim. at = et. Le Grand Locle, loc. à Corcelles, Lo- 
cloz vers ii5o, ou Locle, 1280; les Loclats, loc. à Auvernier, 
avaient sans doute jadis de petits lacs aujourd'hui disparus. £n 
i844> les champs du Grand Locle devinrent un lac de 7 à 8 pieds 
de profondeur. M. N. XIX, 278 ; voir aussi Luissel. 

Locras, n. fr. de LascherZy D. Cerlier, Berne, Luscerat^ 1277. 

Lodzo, vaste terrasse qui se creuse sur le flanc 0. du Mont- 
Gond, au-dessus des parois de rochers du Chemin-Neuf ; la 
Loudze, pâturage entre Brelaye et la Forclaz^ Louze(dz), alpes 
de Ghamoson, permutation j-dz : Lodzo = longe, comme rodzo, 
rouge. Louge, article agglutiné pour l'Ouge, autre forme de 
auge ; du latin alveuSj bassin, voir Ouge, 



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LŒNAZ — LONAY 237 

La Lœnaz^ ruisseau à Masson^x, Valais, aqua dicta Aloyffno, 
1247, M. R. XXIX, 4o3. 

Lœtsehen, vallée du Valais, Lyehc, i233, Liesch^ 1290, 
Liechy i477> encore en 1 53 1, ordinairement Liée aux xiii«et xiv« 
s., vallis Illiaca superlor dans les chartes, pour la distinguer du 
val d*llliez ; probablement du celtique lieiCy pierres, britann. 
liechy breton liac'h, pierre. Zeuss, p. 32. 

Lœx, ham. de Bernex, Grenève, au-dessous des falaises du 
Rhône, Lœs, xiv* s. ; de leiy rocher, voir Lex. 

Les Loges, nombreuses localités, chalets, hameaux, Jura vau- 
dois, neuchâtelois et Val. Saint-Imier ; encore plus fréquent en 
France (71 fois dans Tlndre) ; dim. Logette ; le même que le n. 
commun loge y au sens primitif du germ. laubjCj primitivement 
hutte, cabane de feuillage, ail. lauby romanche lobffia, tonnelle. 
Dans la Louge, m. à Château-d'Œx, qu'on prendrait pour une 
variante, il faut plutôt voir l'article agglutiné : Louge pour 
rOuge, les maisons de la Louge sont dans un terrain bas, au bord 
de la Sarine, même position que de nombreuses Ouges. 

Es Lognies (pour Lognes), vignes à Luins, D. Roi le ; endroit 
où abondaient les lognesy nom patois de la bardane. 

Lombriaou ou Lombriaux, sommet qui termine le chaînon 
de la Dent de Lys, Fribourg = v. fr. Yombril ou nombril, du 
latin umbilicaSj avec agglutination de l'article, syn. des Nom- 
brieux. 

Lomont, longue chaîne du Jura qui s'étend des environs de 
Delémont à Pont de Roide en France = long mont par dissimi- 
lation comme Moron de Montrond et Romont de rond mont, bois 
de Loomonty i3o8, dans la charte des Franchises de Blainont 
(Blantmont). 

Lona, alpe et col, avec 3 lacs, entre les vallées d'Hérens et 
d'Anniviers, Valais ; de lona^ en provençal launa^ étang, marais, 
petit lac, dérivé du latin lacuna, d'où par syncope launa^ d'après 
Dietz. Dans le Lyonnais et en Dauphiné, lône = ancien bras de 
rivière à l'eau dormante. 

Lonay, D. Morges, Lonay^ 1 177-1208, Losnaiy i2i3, 1228, 



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238 LONDON — LONGE 

1242, S parasite. La forme de 11 77 nous montre un dérivé d'un 
n. d'homme, sans doute (Jundum) Lonacum, domaine d'un Lo^ 
nus : le cognomen Lonus est dans Holder, II, p. 286. 

London, rivière C. de Genève, carte Dufour et carte état-major 
français ; fausse orth. pour VAlondon, par apocope du a passé à 
l'article comme le montrent les formes anciennes Alonda, 1292, 
1295 et i3i2, M. G. I, 108, XIV, 244 et XVIII, 4, Aronda, i3o5, 
AllondonZy 1821, Alondon, i358, M. G. I, 126, XVIII, 63. Plu- 
sieurs autres rivières du diocèse portent le même nom, remarque 
le Rég. gen. On y trouve une racine indéterminée al ou ar et 
onday qui vient peut-être, comme dans Gironde, d'un plus ancien 
umna^ parent de amnisy fleuve, voir Géronde. Al est le même 
que Ar : Alonda, Aronda, et doit être le celtique ar,- fleuve. Il y 
aurait donc là une combinaison de deux racines sigpnifiant cours 
d'eau, à moins que ar ne soit ici la particule aug'mentative ar = 
très ; voir Aar. 

Longe, fréquent en composition, présente deux sens, c'est quel- 
quefois le verbe longer, ainsi Longeaigue, ham. de Buttes, Neu- 
châtel, qui longue l'eau, Longive, m. à Puidoux, même sens. 
Longe Reuse ou Longereuse à Fleurier, Longeborgne, ermi- 
tage près de la Borgne, Longe Borny^ i448,qui longe la Borgne, 
Longevit, champs à Montmagnj, pour Longevy, loc. à Arnex, 
Champmartin, Sala vaux, champs longeant la route. Lonligue^ 
prés à Sottens : le long de l'eau. 

D'autres fois c'est longe , adj. v. fr. = longue ; c'est le cas le 
plus fréquent. De là les nombreux Longeraye, une 20®, on 
trouve aussi Longue Raye et en Valais Lonzeraies (Randogne)> 
Longeaigue, ruisseau à Avenches, Longeau près Bienne, ail. 
Lengnau, Lengenach, ggoy LengoioCy 1181, Longiewa, 1228^ 
LongeaUy 1262 ; Longive, ruisseau près Oron, la Longue eaue, 
i553, Longivue, ruisseau près Autigny, Longeomes à Ënney, 
de orne, sillon ; Longefange à Froideville, D. Ëchallens, Longe- 
fange^ ii42, Longifangiy ii84, 1190, M. R. XII, Longefan à 
Villeneuve, longue fin ; Longeperclie à Ollon, de pertica, voir 
Perche. Longessiaz, chalet à Gharmey, longue arête, voir Sciaz ; 



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LONGEMALE — LOSSY 239 

Longevaux à Villeneuve, longue vallée ; Longe Yemaz à Pam- 
pignj» Longeville, ham. d'Orges, D. Yverdon, Longavilla, 1126, 
M. R. III, 44 1 et ia6o, longpue ferme ; Crétalonge à Sierre et 
Grêla Lonza à Sion, permutation j-z. Enfin longe est s. f . dans 
Longemale, ham. d'Ejsins, D. Njon, m. à Fétigny et Cor- 
celles-le-Jorat ; Longemalaz, 5 ou 6 loc., Longemalle, place à 
Genève, Longimalay 1278, Longamala, 1298, Longimala et 
Mala Longaj i3o3 et 1310, M. G. IV, XIV, Longamalla^ xiv» 
s. Le Cart. Laus., M. R. VI, 647, parle d'une vigne près du ma- 
rais, paludem que vocatur Longimala : de longe^ pris substanti- 
vement, comme dans longe de cuir, et mala^ mauvaise = mau- 
vaise longe (de terre). Le quartier de Longemalle à Genève for- 
mait alors un long promontoire dû aux atterrissements du lac, à 
TE. de la baie du Molard qui s'enfonçait jusqu'aux rues Basses 
actuelles, et le terrain y était assez marécageux, comme le montre 
le nom de Paluays, Palays (paludetum), donné à des terres voi- 
sines. Longemalle, loc. à Fiez, même sens. 

Les Longennes, prés à Beurnevésin et les Longines à Villeret, 
les deux Jura bernois ; de longCy s. f. et suff. dim. i/if , patois 
ena, d'où enne ; petits morceaux de terre de forme allongée. 

Longirod, D. Aubonne, Longiroty 1267, M. R. XXVIII, 
209, LongirOy iSqi, i44î« 

Lonza, rivière du Lœtscbenthal, Valais, Lodeniza, i3o4, Lo^ 
denza, 1807. 
Lonzel, Ghamplonzet, à Liddes, forme valaisanne de longef, 
Lorette, chapelle à Bourg-Saint-Pierre, Valais, à Fribourg, à 
Saint-Ursanne, à Porrentruy, qu'un cartographe ignorant écrit 
YHorette (atlas Siegfried) ; chapelles consacrées à N.-D. de Lo- 
rette, de LoretOy Italie. 

Lormaz, Lormoy, Lormy = OrmCy Ormoy, avec agglutina- 
tion de l'article ; voir Ormey. 

Lossy, ham. de Belfaux, Frib., Lozchie, 1228, M. R. VI, 338, 
Loziey 1229, Lochicy 1267, Lotziey 1294, Locye, ikkh = (fan-- 
dum) Losciacum ou Lossiacum, domaine d'un Loscius ou d'un 

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240 LOUGHET — LOUR 

Lossius, deux gentilices connus chacun par 3 inscriptions. Hol- 
der, II, 289. 

Louchet, Pompaples, SaintSaphorin, Louchez, Valais ; voir 
Luissei. 

Louchet, mayen, alpes d'Hérémence, près Orsera ; probable- 
ment de Prato Longet in montibus Heremencia in Ossella, i456 ; 
de Longet par une double permutation on^ou^ j-ch. Ce n'est pas 
Praz long ou Prato longo, comme l'explique le Répertoire M. R. 
XXX, puisqu'on échange la terre de Prato Longet contre une 
autre à Prato longo, p. 587. 

Loudze, voir Lodzo. 

Louèche, Valais, ail. Leuky Leuca, 5i5, ii3i, il 38, Lu- 
chiam, 1017, Luechia, xii« s., puis encore Leucha et Leuca, 
xiii« et xiv« s. (Gremaud), Luech, i474, Arch. Schv^r. Gesch. III. 
21 5. D'après Gatschet et Studer, du v. h. ail. luoffy luoc, ca- 
verne, gorge. Mais comme tous les anciens noms de la contrée 
sont romands, celtiques et non allemands, vient plutôt de la ra- 
cine celtique lieiCy leugh^ pierre, ou mieux encore de l'adj. cel- 
tique leucos, loucoSy blanc, brillant (Holder, II, 196, 291), qui 
convient bien à la position ensoleillée de la localité. 

Louèche-les-Bains, balneis Leuca^ 1446» s'appelait BueZy Bœz, 
1229, communitas de Buez, i3i5, balnea de Bœz^ i339, valli.s 
de Bois^ i4o2, balnea magna in valle de j9oé^5, 1405, BaeXy i43i» 
de boisy la vallée étant alors couverte de forêts. 

Loup, Plaines du Loup, sur Lausanne ; de En L'Ostj v. fr. os^ 
armée, prononcé en Lo, écrit en Lod, puis plaine du Lody enfin 
plaine du Loup, Sur l'origine de ce mot en Lo, un contemporain 
des guerres de Bourgôjiicne, le syndic Johannes Grant raconte que 
le duc Charles le Téméraire m plaça son armée (i4 mars — 27 mai 
1476) dans les champs soit dans le lieu dit Grattapaille dès lors 
appelé en Lo : ^ obsidionem suum in campis sive loco dicto Gra- 
tapalliz... posait, ibi ex tune en Lo dicitur, M. R. XXVIII, 248. 

Leur, Bois de la — à Vallamand ; fausse orth. pour ÏAlloury 
voir Alloax. 



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LOURTENS — LOVENEX 241 

LouTlens, D. Lac, Frib., ail. Lurtigen^ Lurtingeriy i558, 
LartenSf 1620 ; d'un n. pr. germain indétermiaé. 

Lourtier, voir Ortîer. 

Lousine ou Loursine^ pâtura^ sur FuUj = l'Oursine ; du 
latin (comba) arsina (combe) des ours. 

La Louve ou Loue, ruisseau à Lausanne» comme la Louve, 
affl. du Doubs. On pourrait penser à un substantif verbal de luerCy 
arroser, laver, baijCQer, mais il y a une forte objection que nous 
fait M. le prof. Bonnard, c'est que « luere ne semble avoir sur- 
vécu nulle part dans le domaine des langues romanes. » Donc ori- 
gine inconnue. 

Louvin, loc. à Gléresse = adj. v. fr. louvin^ lovitiy du loup, 
sous-entendu pré. 

Louye, loc. à Goumœns-la-Ville, Etagnières, et Fully, Valais ; 
en Louyaz ou es Louyes, ham. de Prez, Frib. ; probablement 
pour VOuyey patois Vouhiey Toie, prés^ où pâturaient les oies. 
Quant à la Louye d'illarse, Valais, elle s'appelait la Loge, Loyet- 
iaZy 1696. Un singulier exemple de défiguration de nom nous est 
fourni par la Louye de Fully, écrit la Croix de la V Houille dans 
la Feuille d'Avis off. du Valais. 

Lovatens, D. Moudon, Lovatingis entre 996 et 10 17, Lovar- 
téns entre 1200 et 1229, Donat. Haut. = chez les descendants de 
Lobeto^ n. pr. germain; racine /06, louange. Fôrstem., 879. 

Lovaty, chalet à Charmey, Lovatière à La Rippe, Lovataire, 
Provence, Lovateyre, ham. de Lussy, Frib., forêt à Vufflens-la- 
Ville, es Lovateires, Auvemier, i356, Crou des Lovatieres au 
Locle, 1872 = louvatièrcj endroit où il y a des louvets, jeunes 
loups ; de là encore Lovai à Sottens, Mont Lovet à Tour-de- 
Trème, Champ Lovet à Coffrane, Praz Lovât, Forel de Lavaux, 
pré Louwet à Cornol, i3i4, Combe Loviat à Courgenay, i347 î 
Lovettes aux Tavernes. 

LovegnoZy pâturage sur Mage, D. Hérens, Valais, Loveno, 
iSSg ; peut-être de la famille de lovin, comme 
Lovenex ou Lovenet (Lutz), Loweney^ xviii« s., pâturage sur 

M. D. SBC. Séms, TOME VU 16 

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242 LOVENS — LOYE 

Saint-Gingolph, qui paratt un adj. diminutif de Lovin, adj. =de 
loup. (Praz) Lovenet, petit pré des loups. 

Lovens, D. Sarine, Frib., ail. Lowing, Lovens, xii« s., Lo^ 
vainSy i2i5, 1228, Arch. Fr. VI, Loveins, 1264, F. B. II, Lo^ 
vensy 1820 = chez les descendants de LobOy n. pr. g'ermain ; du 
V. h. ail. lôpy lob y louang^. 

Lovay, forêt à Saint-Maurice, Lovère à Bassecourt, es Lovey- 
res à No ville, Lovières à Tramelan, Louvière, ham. de Presin- 
ges, ferme à Mervelier^ forêt à Chévenez, Luvery à Dompierre, 
D. Moudon = louvière , bas latin luperia, endroits où il y a des 
loups ; diminutifs Lovaret à Gryon, Loveret à Vufflens-la- Ville, 
Louverain à Coffrane, Loverens à Fey ; toutefois ce dernier nom^ 
avec sa finale ens, pourrait avoir pour orig^ine un n. d*homme et 
signifier: chez les descendants de Lobhariy de Lobo et hari^ 
guerrier ; voir plus haut Lovens. 

Loveresse^ D. Moutier, Loveresce, 11 48, 1181, LoverezOy 
1179, Loverasse^ 1226, 1267, etc., loc. à Mièg«, Valais, à Aigle, 
Loveressi/y 1426, Louoeresse, 17 18, et 6 autres Vaud et Frib. ; 
Loveresche à Zinal et Loveréché à Grône, D. Sierre, Valais ; 
le même^ avec suffixe v. fr. eresse^ que louvière. 

La fréquence des noms dérivés de loup montre combien cet animal 
était abondant dans le pays jusqu'au xviiie s. Les comptes du syndic 
d'Aigle, Pierre Sylvestre, pour Tannée 1642, mentionnent des primes 
payées pour 30 loups et un ours. 

Loye, village de Grône, Valais, Loy, 1260, Lchy, 1279, Lof/y 
1892, 1417 ; la Loye, forêt à Garrouge-Oron ; Loyes, loc. à Etoy, 
et Ecublens-Morges ; la Loyeltaz, loc. à Bettens et Bavois, m. à 
Rossens, Frib. ; les Loyettes, nombreuses forêts et lieux-dits. 
Eloyes, loc. à Saint-Imier, même mot avec soudure de es. Du v. 
h. ail. loh, fr. forêt, employé jadis comme n. commun. On trouve 
dans M. R. XVIII un acte de iioo où Ton parle d*unam loianiy 
une forêt. Loyes est aussi le nom français, oublié aujourd'hui, 
de Laupen. Un récit contemporain (i84o) de la bataille de Laupen, 
Rec. dipl. Frib. III, p. 27, dit : Illi de Mureto, videntes Bernenses 
triumphari, currebant ad aquam Saronae prope Loyes : Ceux de 



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LOYE — LUGELLE 243 

Morat, voyant les Bernois remporter, couraient à la Sarine vers 
Loyes. 

Loye, quartier de Louèche, en ait. Lôgey paraît ainsi se ratta- 
cher à Tall. leug^, loge, galerie, passage ; c'est à Louèche la rue 
qui conduit à Varone. Mais ce n'est qu'une fausse traduction alle- 
mande fondée sur un rapport extérieur ; les trois quartiers de 
Louèche, Loieou Loye, Galdenen et Tschablo s'appelaient en i4ii 
tertia Lobii, Galdane et Cabuli, /. de Lobiis, i3g2. Loye est donc 
ici un synonyme de loge et vient comme lui du v. h. ail. laubja^ 
hutte, voir Loge. 

Lozenche ou Losenze, rivière près Chamoson, Valais, Agensi^ 
1177 et 1218, YAzenchyy i325, aquam de Ausenchés, iSSg, en- 
core un exemple d'agglutination de l'article. 

Luc, ham. d'Ayent, Valais, en patois Lui, Las, 1267, 1279, 
i2gô, LaiSy 1290, Leio;, i336, i34o, i343 ; 2<^ conunune, val d'An- 
niviers, Luc, tout court, i3o4, 12, 27, Lucx, i4o8. Aujourd'hui 
encore Luc, tout court, 1903, 1904, dans les publications officielles 
de la commune, souvent Saint-Luc depuis une 5o* d'années. 
F. off., 1905. Généralement dérivé de Saint-Luc. A cela s'oppo- 
sent : lo les anciennes graphies Lus^ Lux, Lucx ; 2^ Luc n'avait 
pas d'église ; 3<> toutes les localités qui tirent leur nom de saints 
sont constamment désignées par leur double nom. Jamais il ne se- 
rait venu à l'idée d'un clerc de dire tout court Luc pour Saint- 
Luc ; 4*^ Luc d'Ayent n'a pas même de chapelle et il y en a un 3« 
à Randogne, Loc ou Lock, Luch, 1267, M. R. ; Loc, i342, 
1429, Zimmerli, Luz, i454. Bridel le dérive de son côté de lucus, 
bois. Lux, Luc pourrait aussi venir de la racine celtique lue, 
briller, parent du latin. Luc d'Anniviers est particulièrement en- 
soleillé et quand la vallée d'Anniviers est encore ou déjà dans 
l'ombre^ les maisons de Luc brillent au soleil. Luc ou le Luc est 
aussi le nom de 5 ou 6 loc. de France : Drôme, Isère, Var, Cal- 
vados. 

Lucel, Luchel, voir Luissel. 

Lucelle, ail. Lùtzel, loc. et rivière, D. Porrentruy, Berne, L«- 
cicella, 1126, Lucella, ii36, Lucela, 1139, ii46, Lucila, 1175, 



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'''^-^V^ 



244 LUCENS — LUGNORRE 

Moaasterio de Luciscellaj 1189, Trouillat; Lucella, i3oo, F. B. 
IV. Du V. h. ail. liizily petit, et de cella^ demeure, maison, 
chanfjipé par les moines en lucis-cella, demeure, maison de lumière, 
nom donné sans doute par le fondateur du couvent. Les moine^ 
aimaient ces changements pieux ; c'est ainsi qu'ils changèrent 
aussi le nom de Stadowe : owe, la prairie, et Stad, le bord, en 
Gottstatt, Locum Dei « Locum Dei antiquitus dictum Stadowe, )► 
1255, F. B. II, et Frienisberg en Aurora. 

Lucens, vitla Losingus, 968, M. R. VI, 4, Locens, 1157 
(Lettre de S. Amédée ad Lausannenses citée par Hiselj, Comtes 
de Genevois), Lucens^ 12 17, Locens, i244> F. B. II ; ail. Lobsi^ 
gen, Lossingen = chez les descendants de Lobizo, n. pr. ger- 
main. Racine lob y lôp, louange. Lucinge en Faucigny a la même 
origine. 

Luette, ham. de Saint-Martin d'Hérens, Valais, Luethy 
1822. 

Lugnez, D. Porrentruy, Berne, Lanigie, 1181, Lugney^ 6 f. 
i3i6-i332, Leugneg, xv® s., oico Lugdanico dans la Vie de 
Saint-Imier, xv« s., Vico LugdufiiacOy Musée historique, p. 295, 
nous paraît identique, comme origine, avec un Luguniacum pa- 
gus Alsinsis, viii® s., cité par Holder, II, 344 : le pagus Alsinsis 
ou Alsgau est justement le pays de Porrentruy. Holder dérive Lu- 
guniacum du nom du dieu gaulois Lugus, dieu de la lumière, 
d'où dérive également Lyon. Lugdunum = le fort de Lugus. 

Lugnorre, ham. du Haut-Vully, Fribourg ; Lug inares et Leu- 
conaries, 1079, ^caconares, ii45, Luchnorro, ii83, F. B. I, 
473, Loisnuerre, 12 16, Losnoros, 1228, Lonurro, 1280, Loi- 
nouros, i235, Lugnourro, i352 ; on trouve encore Losnorro, 
Lausnoro, Lausnotro, Lunuerre, Lenoro, 1817, Lognerro et 
Lonerro, i386, LunouroSy 1878, Lenauré dans Boyve, xvii« s., 
etc. D'après Gatschet, de lucus nucariuSy bois de noyers.. Etymo- 
logie douteuse. Plutôt d'origine celtique. La première partie du 
nom lug, lugi est une racine celtique, — voir le mot précédent, — 
qui se retrouve dans de très nombreux noms. Lugi^ peuple de 
Bretagne, Lugidamus, Lugidunen, Lugdunumy etc. Leuco est 



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LUGRINES — LOUCHEZ 245 

aussi une racine celtique. Quant au second terme nares, norro, il 
est énigmatique. 

Es Lugrines, vignes à Monnaz et Vaux, D. Morges, et loc. à 
Vandœuvres, Genève ; probablement de Lugrin, n. pr. de fam. 
répandu à la Vallée et Savoie. 

Loins, D. Rolle, Luins^ iii5, Hidber, I» 45g, 1177, M. R. I» 
187, Lains, 1299, M. G. XIV, Luyns^ i335, 1887, M. R. V, évi- 
demment un patronymique d'origine germanique. Mais quelle 
consonne disparue 7 avait-il dans le suffixe ins. Serait-ce un équi- 
valent de Luvens = chez les descendants de Lubo ? Nous ne sa- 
vons où le Régeste genevois a trouvé Lunnum, p. 5o4. La charte 
de 1299 à laquelle il renvoie a Luins dans M. G. 

Les Lulsettes, parois rocheuses au Valsorey, près du Saint-Ber- 
nard ; le Luisin, sommet sur Salvan, offrant de grandes parois 
rocheuses ; diminutifs de luis y forme locale, 6 loc. en Valais : la 
Grand Luis au Saint-Bernard, la Luis Balayer à Salvan, etc. ; du 
mot lex si répandu dans nos Alpes = paroi de rochers, voir Lex. 

Luissely nom de nombreux petits lacs, à Bex, Panex sur Ollon, 
les Plans de Bex, Crebelley, Châtel-Saint-Denis (aussi Lusse l ou 
Lussy)y loc. à Aigle ; le Lulssalet sur Gryon ; loc. à Bex ; autre 
près de la Veveyse à Saint-Légier : Vlssalet^ carte vaudoise ; eys 
Lissalets sur Saint-Saphorin, diminutifs. Ajoutons 

Les Gouilles de Lussez à Vuitebœuf, Vaud ; 

Le Lucel ou Loussel, vall. d'Arolla, Valais ; 

Le Luchet, lac sur Ayent, Valais ; 

Le Louchet, marais à Pompaples ; loc. à Saint-Saphorin ; 

Louchez, petits lacs à Savièse et à Lens, Valais. 

Les chartes valaisannes en nomment encore beaucoup d'autres : 

Le luxellum Montis Ordei (Montorge) ; lucellum Castri Novi 
luissel de Châteauneuf près Sion ; luxellum de la Planczeta à 
Sierre, 1467, au Luyssel à Savièse, 1260 ; io Lussel à Vex, 1267, 
\o Lousselet de Géronde à Sierre, 1299, oui Loussel à Chermi- 
gnon, et les comptes de Chillon, M. R., 2« s. II, 71, 96, une alpe 
de Lussel y Luysel près Jaman. Tous ces mots viennent d'une ra- 
cine celtique : vieux hibernien loch^ cymrique /acA, gallois Iwch^ 



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246 LEYTHEL — LUSSBRY 

lac ; armoricain louchy mare ; irlandais lough ; breton lochy 
marais, cornouaille loch, étang, écossais loch, lac, mots parents 
du latin lacus. Un autre mot celtique de la même famille, le 
cambrien laithy lac, paraît être la source d'une autre série carac- 
térisée par le t ; au xiii« s. lac se dit parfois layt^ d'où les dimi- 
nutifs laytely laytelety tels sont : 

Leythel, marais à Attalens, Vevejse ; 

Au Leyty, pâturage avec petit lac à Grandvillard, Gruyère ; 

Les Leytets, chalets à Rossînières, avec 2 mares ; 

Laithalet ou Laissalet, pâturage (mare) à Château-d'Œx. 
Ajoutons le lac Ter, vallée de Joux, qui s'appelait au xiv» s. 
Laytely petit lac, d'où par corruption Layter^ puis lac Ter. 

Peut-être cette seconde série peut-elle être dérivée du latin Itzcus, 
en patois /ai, romanche lai, lei par un diminutif Ictiet, d'où laie- 
tel, puis laitel, 

A lai se rattache directement 

Eloy, ail. Seehof, D. Moutier, Berne = es Loys. 

LuUy^ D. Morges, Lulliacum, loii, Lulie, 1217, M. R. VI, 
291, LullieZj 1453 ; LuUy, Fribourg, villa LulliacOj loii. Lu- 
lie, 1228, Lulye, 1337 (Matile), Ltt/icr, i437 ; Lully ou Lulliez, 
ham. de Jussy, Genève, Luliacum^ xii« s., M. G. II, Lullier, 
i364 ; et Lully, ham. de Bernex, Genève, Lullie, i3o4, Lullier, 
Rég. gen. =: (praedium) Lulliacum, domaine d'un Lullius ou 
Lollius, de la famille consulaire Lollia, dont on a trouvé des mé- 
dailles à Genève. 

Lurqul, Lurquier, Gruyère, voir Ortier. 

Lusigny, loc. à Burtigny, Lusinie, 1269, Lusignie, Lusi- 
g niez, xiv« s., M. R. V, nom d'un moulin sur la Serine; doit 
être un (fundum) Luciniacum, du gentilice Lucinius ou Luce- 
nias, connu par 2 inscriptions, à moins qu'il n'y ait eu ici la per- 
mutation i-u qui a donné Lusignan, primitivement villa Lici- 
niana ; dans ce cas ce serait le domaine d'un Licinius, gentilice 
très fréquent. 



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LUSSY — LYS 247 

Lussery, D. Cossonay, Luseriy ii47* Gart. Month., Luxirie, 
xiii« s., M. R. VI, 322, Lussirie, 1280, Luxirie^ Luxurie et 
Luxirier dans la même page d*uoe charte de 1387, M. R. V, 3o4» 
Luxuriery i46i, iï>^2yLuxiryy i6gQ = (/andum) Luxuriacurriy 
domaine d'un Luxurius. De Vit, IV. 

Lussy, D. Morges, villa LuciacOy 1026, Lusci, 1177, Luxie, 
1228, LussiCy 1280, Luxyey 1279, M. R. VI, M. G. XIV, Lus-- 
sieZy 1453 ; Lussy, D. Glâoe, Frib., Lussieiy xw s., Arch. Fr. 
VI, Lussie, 1226, Luxie, 1268, Lussyey 1260; 3o ham. près Châ- 
tel-SaiDt-Denis (voir aussi Luissel) ; de (fundum) Lucciacuniy 
domaine d'un Luccius ou Luscias, gentilice assez fréquent. 
Quant à es Lussy, vignes à Riez, l'article paraît en faire un n. 
commun ; peut-être forme de luissel, voir ce mot. 

Lutpy, D. Lavaux, Lustriacum^ 5i6, 997, 1079, in LustracOy 
907, Lustrieiy ii47, ^^^treyy 1160, Lustriey 1218, 1228, Lus- 
triez y i586, Blanchet, i54. Gatschet le tire de lustruniy forêt, 
lieu solitaire. Mais d'après le suffixe acum, la première partie du 
mot est un n. d'homme. Cette racine onomastique lustr est con- 
nue : une inscription de Nyon a le composé Lustrostaius et De 
Vit a Lustricius, Lustracum, 907, viendrait de Lusirus. Lus- 
iriacuniy Lustr iei signifieraient domaine de LustriuSy mais nous 
n'avons pas de preuves que ce nom ait existé. 

Lyre, Grande et Petite Ljre, 2 glaciers latéraux du glacier 
d'Otemma. Lyre Rose (ou Lire), glacier, les trois, vallée de Ba- 
gnes ; en Lyre, loc. à Choéx, Monthey. N'ont évidemment aucun 
rapport avec lyre, instrument. Gomme le Valais a quatre Lirette 
= Tirette ou l'Airette, petite aire, de area, — voir Lirette, — ces 
Lyres ne seraient-elles pas des Lires pour Vire ou l'Aire, article 
agglutiné? Ce serait alors la Grande Aire y la Petite Aire y Y Aire 
Rose y l'Aire (de) Rose, de glacier. Voir Rosa. 

Lys, pâturage et sommet D. Gruyère, Ly en i537, Arch. Fr. 
III, 182, et plusieurs Lys en Valais; de lex, rocher, voir Lex. 
D'après le Dict. d'Attinger, le Lys fribourgeois viendrait d'un pe- 
tit lac (li en patois) qui existe près des chalets d'En Lys. 



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'rrpr^' 



248 MAGGONNENS — MAGE 

Macconnens, D. Glâne, Frib., Masconens, liso, MacconenSy 
i335, i4o6, Rec. dipl. VI, Mascogniïiy xvi« s. = chez les des- 
cendants de Mascon, n. pr. germain. 

Mâche ou Maiche, D. Nidau, Berne, Mâches vers ii5o et 
1228 ; en ail. Mett, Metten, i3o5 ; les deux mots v. fr. mâche et 
meîe^ du latin meta c= meule de foin. La concordance de ces 
deux noms prouve Tétymologie : lieu où l'on fait les meules de 
foin ; même ori|;^îne pour la Mâche, forêt et pâturage près Val- 
lorbe. Le plus souvent on rencontre d'autres formes dérivées du 
latin meta, voir à Maya. Maiche a de nombreux dérivés : 

Les Maîchfèresj loc. k Develier et à Courroux, D, Delémont ; 

La Mcpbîere k Lugnez ; 

I-FÊs Mechîèi'es, loc, à Damphreux, Meschere, i3o6, et peut- 
être Mébyre, loc. à Pierrefitte ; de maiche et suflF. collectif ière ; 
Malcheratte, maison à Corban, et les Machei*elle8 à Bôle, dimi- 
nutifs ; enBn c^est probablement à la même racine et suffixe col- 
lectif que se rattachent 

Màcherey, ham, de Troistorrents, Valais, Mascherel, 1281- 
î32g; 

Macbérî, loc. à Villars-le-Gomte ; Macheiry, loc. à Pregny ; 

Machereiix, alpe de Gruyère, Macherieux, MechirioaXy 
t458; 

Matîîîerey (ch-ss) à Saint-Martin d'Hérens et sur Painsec d'An- 
niviers, Valais ; en 1375, le Cart. de Haut-Crét mentionne un ri- 
vum de Machereî près de Villars-le-Terroir et, en 1276, on 
trouve un pru « au Mascherel > et une terre « sita en Matharel » 
à Jussy, M. G. XiV, j3g, 

Macolin, alh Mafjglingeriy D. Bienne, Macoleyn, i34i = 
chez les descendants de Magilo, Macculo, dim. de MagOy 
Macco, û. pp. germain. Macco est fréquent dans la vallée du 
Khin, Hûlder en a i4 exemples. 

Mage, ou eu patois Mase, D. Hérens, Valais, villa M agis y 
lïoo, Maigi^ 1200, puis Magi ou Magy , xiii-^xv^ s. Gatschet, 
reproduit par Sluder, le dérive « du bas latin magiscay ital. 
maggese, labour fait en mai » et ajoute ce texte : « si quis fecit 



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MAGNE — MAIGNON 249 

magisiam in qua debetur seminari g^ranum. » Mais l'italien magp- 
gese n'a rien à faire avec magisca et représente majensis ; mag^isia 
est la latinisation de maggese. Mage n'a pas de rapport avec mai. 
Magis est pour nous un cognomen employé à l'ablatif pluriel. Ju- 
'bainville cite plusieurs gentilices employés ainsi : Mettis, Metz, 
Auriis, Bassis, sous-entendu fiyidis, de Mettius, Aurius, Bassius. 
Quand on eut oublié la nature adjective de ces mots, on les em- 
ploya avec villa au nominatif, ainsi villa Valeriis, 877, villa Bas- 
siis, 960 ; villa Magis^ villa, ferme de Magus^ n. pr. du latin 
magus ou du n. germain Mago latinisé. 

La Magne, D. Glane, Frib. ; de {villa) magna^ grande ferme. 
Pré Magne à Gorban, Jura = grand pré. 

3fagnedens, D. Sarine, et ham. de Villarimboud, D. Glane ; 
le premier Manoldens vers 1162, Arch. Fr. VI, MannudenSj 
xiii« s., MagnudenSy Magnoudeins, 1229 = chez les descendants 
de Maginold, n. pr. germain. 

La Magnenaz, loc. à Aigle, Gimel, Mauborget ; propriété d'un 
Magniriy n. pr. dérivé du v. fr. magnin^ maignan = chaudron- 
nier ambulant, du bas latin machinanus, 

.>lagnoux, Bioley-Magnoux, D. Yverdon, mieux orthographié 
jadis Bioley-Magnoud, xiii* s. = Bioley (de betuletum, bois de 
bouleaux) de Magnoud, forme contractée de Maginold, n. pr. 
germain. 

Magny, village près Genève, Mainiacunty Magniacum, xiii» 
s., Rég. gen., 5o5, et loc. à Bex = (fundum) Magniacum^ do- 
maine d'un MagniaSy gentilice romain qui a donné les noms de 
soixante-cinq localités de France. 

Maioniacum, 1153, que Hidber, II, 506, rapporte à Magny est Mai- 
nier : la charte 2867 n'est que la reproduction du N» 1997. Le pape In- 
nocent IV y confirme au prieuré de Saint-Jean, et à Tabbaye d'Ainay 
dont il relève, les possessions mentionnées dans la bulle d'Eugène III. Il 
est évident dès lors qu'il s'agit dans les deux de la même localité. Les 
auteurs du Rég. gen. ont de même rapporté à Magny la mention de la 
charte 827 (1250) et à Meinier celle du No 331 (1153). 

Maignôn, ou Magnon, ou Magnot, ham. de Vétroz, Valais, 
AmanoiscOy i loo, AmagnoCy 1200, Magniot, 1217, Furrer, III, 

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^0 MAIGRAUGE 

56, Magniochy 1224, Magnochj 1227, 1240, Amagnyochy i25o, 
MagnohCy 1267, AmagniosCy 1^2^, Magnyoch, il^iT,Magnyot, 
1453. Remarquons d'abord qu'il ressort avec évidence de ces dif- 
férentes formes que le a initial de quelques-unes n'est autre que 
la préposition a soudée au nom, comme les chartes en offrent de 
nombreux exemples. Gatschet tire Amanoisco du n. pr. g^ermain 
Amano, mais celui-ci aurait donné un nom en ens ou insy comme 
les rares noms g^ermaniques du Valais : Suen, Salins, Vercorins. 
Si nous retranchons le a, qui n'est que la préposition agg^lutinée, 
il nous reste le nom Magniosc identique avec un nom Magnios- 
eus ou Manioscus, étudié par d'Arbois de Jubainville (p. ôçS), 
formé du g^entilice Magnius et du suffixe locatif ligure oscus = 
gaulois acus. C'est donc un correspondant des Magny, de Ma- 
g'niacum, domaine d'un Magnius. 

D'autres chartes nous parlent d'un endroit nommé Maigniez, 
introuvable sur la carte, mais dans la môme contrée. En 1202, 
Boso de Ardun et Giroldus de Magniez sont témoins d'un acte 
M. R. XXIX, i47) et le même Gérold reparaît avec les noms de 
MennieZy 121^, Maigniez, 12 18 (p. 160, 186, 196); ailleurs on 
parle encore du feodo de Mennie, p. 43 1. Maigniez est évidem- 
ment Magniacum. 

D'autre part, une charte allemande de i446, M. R. XXXI, 
mentionne « das Lehen einer Manschaft » nommé dans la même 
charte MeginSy Mengnes, MegneSy Mangesy situé en aval de 
Conthey. C'est évidemment Magnioch. Si l'on retranche à Mai- 
gniez le suffixe iez, à Magnioch ou Magniosc le suffixe ose, och 
commun en Valais à cette époque (Arnioch-osc, Blivignosc-och, 
Graionosc, Grimisoch), il nous reste la racine Magn^ commune 
aux deux noms et à peine modifiée dans la charte allemande 
Mengn. Ces trois séries de noms ligure, gallo-romain, allemand 
désignent donc toutes Magnot. 

Maigrauge, abbaye cistercienne à Fribourg, claustrum in der 
durren Owa, 1266, Macra Augia, 1260, 68, 89, Macre Ochie^ 
1376, M. R. IX, 207, et la Maigroge à Hauterive, Neuch., Macre 
Oschiey 1285, Macre ogicy i334, Matîle ; de macra, maigre, et 

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MAIJONÈGHES — MALADAIRE 251 

-auge, terrain bas, enfoncé, voir Auge. Le nom allemand Mage- 
rau renferme la même racine mager^ maigre, et aUy du v. h. ail. 
auioUj owa^ désignant également des terrains bas au bord de 
l'eau. Les formes de ii85 et 1870 montrent une confusion de 
auge avec ocAe, ce qui serait possible aussi. Un pâturage du 
même nom à Cerniat, même origine. 

Ma^onèches ou Mayonèche (ou Maizonaches), ham. à Saint- 
Martin d'Hérens ; de maijon, maison, et su£F. dépréc. èche, ache. 
Misonette, majen, val d'Anniviers, dim. 

Le Maira, ham. de Buix, D. Porrentruy, près d'un étang, le 
Mairaaly i36o, Maras, i363, Marel, i386, le Mairat, loc. à 
Vendelincourt. Si l'on considère que dans le dialecte jurassien ai 
= a (Maiche-Mache) et le suffixe at = et (Prailat-Pralet), on 
conclura que Mairat = Marety diminutif du v. fr. mare, marais, 
voir Mare. 

Maisoiinex, ham. de Mejrin, Genève, Maisoniacum ou Maisi- 
niacurriy ii53, ia5o, Mesonacum, M. G. XIV, 2, 29, Rég. gen., 
5o5 ; probablement, avec le suffixe iacum, acum, un dérivé d'un 
n. propre gallo-romain. 

La Maiteneux à Bassecourt, la Metteneux à Ghâtillon, la 
MeUneux à Undervelier, les Emetteneux à Vicques, 4 loc. du 
Jura bernois, désignant des prairies ; dérivés du patois malt en, 
maiieirty milieu, et suffixe eux = les prairies du milieu. 

Maix, nom de trois fermes du Cemeux-Péquignot, Neuch., les 
Maix (écrit aussi Meis) Baillod (ou Balliod), Rochat et Lidor ; 
maix Baillod et maix Lidaure, 1720, M. N. XXXVII, i53 ; du 
latin mansum, voir Mex. 

Maladaire, Maladeire, Maladière, nombreuses localités aux 
abords des villes et des villages, où au moyen âge on reléguait 
les lépreux ; dérivé de malade. La MalUère, à Delémont, autre 
forme du même mot. 

Une étude sur les Maladières, Arch. Schw. Gesch. XIII, en mentionne 
«7 : Vaud 23, Valais 10, Genève 3, Neuchàtel 15, Fribourg 16, et le 
D' Dind en compte 55 dans le C. de Vaud seulement (Discours d'ouver- 
ture i l'Université, 26 oct. 1904). La Maladeire d'Aigle, autrefois au lieu 



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252 MALAGNOU — MALATRAIT 

dit au Songeon des Trez, jouxtant le Sex de Ghalex de la part de Saint- 
Maurice, a été transportée en IK44 au lieu-dit de sous Greytaz, chartes 
d'Aigle. Le nom de Maladeire s'est conservé au premier emplacement. 

Malagnou, ham. des Eaux-Vives, Genève ; du n. de la famille 
Afatagnîoad, Malagniod ou Malagniou qui j possédait des im- 
meubles aux xv» et xvi« s., Rég*. gen. et Galiffe ; 2» colline à Bu- 
l^naox sur Rolle ; celui-ci peut-être de malagnou, nom romand 
du muscardin, Mus avellanarius. 

Malagnsr, ham. de Genthod, Genève, Malagniery 1296, 1828, 
OQi M. G* XJV, et XVIII ; un autre en Savoie, frontière suisse, 
Malagnie^ 1284, i3o2, M. G. XIV, Maleignie, xiii» s., Rég^. 
geu. De Vit a un gentilice Melanius qui donnerait facilement un 
(fandiim) Malagniacum (permutation ^-û), propriété d'un Me- 
lanius. 

M»ia, Maie, Mau, adjectif, mauvais, très fréquemment em- 
ployé en composition. 

Mala Chenau à Cuve, Pays-d'Enhaut, Mala Chenaulx, 1492, 
endroit mal famé, attentats, sabbats de sorciers, etc. 

Malaz Ciii^naux, combe étroite d'un affl. de la Baye de Mon- 
treux. 

3talacorl à Venthône, mauvaise court, ferme. 

Malaiin, loc. à Pizy, Trey, Menières ; mauvaise « fin ». 

Hlalagoltax à La Roche, Frib., Malagota, 1284; mauvaise 
gt)utt**, petite source. 

Malajoux à Veytaux ; mauvaise joux, forêt. 

Mala laya, ham. de Lentigny ; mauvaise laye, forêt. 

Mala MollJe (ou Malla mollière), ham. de Pont-la-ville et ham. 
de Gumefcns * = mauvais terrain humide, et 

Malnpalud^ D. Echallens ; mauvais terrain marécagceux. 

Malaierraz, m. à Lentig^y. 

Malatrait, sommet sur Villeneuve, Malatrex, 7 ou 8 loc. (Mal- 
la irex k Colombey), les Mallatreys à Enney, Gruyère, et Maula- 
treys, pâturag'es, TEtivaz et Gruyères ; du v. fr. atrait qui a de 
nombreux sens : amas, tas de matériaux, déblais. 

* Le P« Deltion dérive ce mot si clair de mala mulier, mauvaise femme. 

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MALAVERNAZ — MAUPAS 253 

Malavernaz ou Malivernaz à Saint-Légier ; de vernaz, ver- 
naie. 

Malécart, loc. à Montricher ; mauvais écart, domaine écarté. 

Maie Côte, près Asuel ; route en pente très raide. 

Malègues, prés à Orsières, Valais ; mauvaises eaux. 

Malessert, 5 ou 6 ham. ; essert improductif ^ stérile. 

Malevaux (mal écrit Malveaux)^ forêt sur Ëvilard, D. Bienne, 
et Maies Vaux à Rossinières ; de vaux, vallée. 

Maie Yie à Saiot-Ursanne ; mauvaise route. 

Malévoz à Monthej, près d'un ruisselet, MalevoZy 1696 ; mau- 
vaise eau ; Malève, chalet et ruiss. à Dorenaz, torrent près Abon- 
dance, Haute-Savoie. 

La Malmaison, m. à Saint-Brais, Jura bernois. 

Malmont, ham. de Gouvet, Maraont et Maumont, deux défilés 
au Pays-d'Enhaut, le premier en aval de Rossinières, le second à 
la Chaudanne, ainsi appelés soit à cause de la difficulté du che- 
min, soit que ce fussent jadis des lieux peu sûrs où Ton attaquait 
les passants ; peut-être encore, pour le Maumont, parce que là 
s'élevait le gibet ; tels sont encore Marnent, aux Plans sur Bex, 
Maumont à Torny-le-Grand, à Valeyres-sous-Rances, Moment, 
pâturage d'Albeuve et ham. de Pont-Ia-Yille. 

Malpas, localité près du Locle, le même que Maupas. 

Malval, ham. de Dardagny, Genève, Malval et Marvaly même 
charte, 1286, et MalvauZy Maroauz, même charte, i3o4 ; mau- 
vais val. 

Mauborget, D. Grandson, Malborget^ i4o3 ; ham. du Grêt, 
Fribourg, in malo BorgetOy i5o2 ; quartier à Moudon ; de bor- 
get, borgel, petit bourg. Maborzet, loc. Bramois, [Malborget^ 
i38o, même sens ; mauvais petit bourg. 

Mauboux, forêt à Villars-Sainte-Croix ; mauvais bois. 

Maucarroz ou Maucare, forêt sur Nyon ; de carroZy carre- 
four. 

Maufay à Syens ; fay == iefagetum^ mauvais bois de hêtres. 

Maupaccot à Ëssertes, Forel et le Mont ; mauv. terrain boueux. 
Maapas, nombr. loc. ; mauvais pas, route à forte pente. 



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254 MAUPEREY — MANCHE 

Mauperey, Ghavannes sur Moudon et Bercher ; maav. terram 
pierreux. 

Maupraz, Maupré, Mopraz, Mapraz, Malpral, Maupra soz 
GeurinSy 1261, M. R. XII, i35, 187 ; mauvais prés. 

.Mausaan, Praz-Maussan, Villeneuve, Ëtoj ; pré mal sain. 

Mauvernay, Lausanne, Malvernay^ 1218, M. R. VI, 244r 
Gland, Dizj ; mauvaise vernaie. 

>lau voisin, vallée de Bagnes, passagpe périlleux ; autre, torrent 
dangereux près Saint-Maurice, jadis Bonvoisin, par antiphrase,. 
ainsi aux plans de 1722. 

Malteray, ham. D. Moutier, Berne (aussi Mailleraj), MalereiCy 
n48, Maiiereiay 11 79, Maire y 1268, i3i7, Malrey^ i3oo (Tr.); 
d'après Gatschet, du bas latin malgeria^ pâturage, dérivé dç ma- 
le.a, troupeau. Cette étymologie nous paratt discutable ; nous Tad- 
mettons pour Meillerie, Meilleret (voir ce mot), et autres localités 
où 1c 00m renferme le 11 mouillé. Nous dérivons plutôt Malereie 
de mala^ mauvaise, et raie^ sillon, terre labourée, localité aux 
champs de peu de valeur. 

Malley, ham. à Lausanne, en Mallet à Dizy, 1877, Maley^ 
ham. de Saint-Biaise, Neuchâtel, le Malin, 1692, Etrennes neuch., 
iJ, 5G ; peut-être de maletum, pommeraie ; « malum est devenu 
meliim dan.s le latin vulgaire sous Tinfluence du grec melon y )► 
nous écrit M. Bonnard. Mais n*est-il pas possible que quelques 
localités aient conservé la forme primitive ? 

MalUeUf loc. à PuUy, loco dicto de Pallin alias Mallioaz, Mel- 
îioux^ 1^77* ^ï- R' VI ; peut-être malum locum, mauvais lieu. 

Les .Mal vendes, vignoble près de Genève ; d'après Spon, du 
il. pr. Malveada, noble famille genevoise d'origine espagnole^ 
dont il cite deux épitaphes à Saint-Pierre, de i499 et i5o5. 

!^ Manches, vallon latéral de la Sarine à Rougemont ; d'après 
Gatschet, de mansus; étymologie inadmissible, d'abord mansus 
est masc. , puis il s'est réduit à massas déjà au xiii^ s. et dans les 
mots modernes le n a partout disparu. C'est tout simplement le 
n, commun manche , s. f., du latin manica, pris au figuré pour 



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MANDOLAIRE — MANLOUD 255 

désig'ner des vallons étroits, comme en g^g^raphie des bras de mer ; 
la Manche, partie supérieure de la vallée de Morzine, Haute- 
Savoie, et la Pouete (laide) Manche, gorge étroite au Val-de-Ruz, 
Neuchàtel, ont la même ori|i|^ne et ne sauraient dériver de mansus. 

Mandolaire-ire, voir Amandoleys. 

Mandoux, ham. de Bottens, D. Ëchallens, MondOy i236, Gart. 
Month., M. R. XIL 

Mandalon, alpe d'Hérémence^ chalets dans une dépression dou- 
cernent arrondie; peut-être par figure un diminutif de mandey bas 
latin mandoy anglo-saxon mand^ fr. mannes corbeille, berceau. 
On trouve la même figure dans le Berceau, m. à Château-d'CEx. 

Les Mandreys, pâturage à chèvres sur Corbeyrier, D. Aigle ; 
de mandrOy v. fr. mandre^ s. f., étable, enceinte de mur sec, 
Bridel ; mandra en romanche = étable, troupeau : alp Mandra, 
Mandra d'Aguost (d'août), l'un et l'autre dérivés sans doute du 
celtique mendo, chevreau. Mandrolaire à Arnex-Orbe, dim. 

Manens, Mannens ou Magnens, mas, ci-devant fief à Villars- 
le-Terroir, D. Ëchallens, Mauinens (ou Mannens P), 1199, Cart. 
Month. ; Mannens, D. Broie, Fribourg, Mannens^ 1228, Cart. 
Laus., M. R. VI, ManenSy MagnenSy i5o4 = chez les descen- 
dants de MannOy n. pr. germain, de Mann y l'homme. Il y a trois 
Manno ou Magno latinisés Magnus, abbés de Haut-Crêt de i i4o- 
1 180. L'étymologie de mansus, ferme, du P. Dellion, Dict. hist. 
des paroisses Frib. n'est pas soutenable. Dans M. R. V, i65, il 
est parlé d'une vigne de Manens près d'Eysins ou de Nyon, 1268. 

Manfounettes, voir Mansonnes. 

Mangepan, ruine de château près Môrel, D. Rarogne, Valais : 
platea directi castri cui vulgariler dicitur Mancapan, i355, M. 
R. XXXIII, i4i. Cette forme parait indiquer une parenté avec 
manquer et pain, une allusion difficile à expliquer en l'absence de 
documents. 

Manloud, ham. sur Lausanne, Monlo, Monlost et MonloZy 
1475, Comptes de la ville de Lausanne, M. R. XXVIII, p. 268, 
826, 827. Serait-ce Mont (de) tOsty de l'armée? voir Loup. 
Aux Mannes, champs à Sainte-Croix ; peut-être manney s. f.^ 



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256 BIANNES — MARGHAIRU 

corbeille, par fig. pour loc. dans une dépression, comme le Ber- 
ceau à Château-d'Œx. 

Mannesivaz, ham. de Servion, D. Oron ; de mannesiuay nom 
patois des Viornes, viorne mancienne et viorne obier, dans le dis- 
trict fribourgeois de la Veveyse, et sans doute dans la contrée voi- 
f^ine d'Oron. 

Itlan^chetgraben, vallon à Louèche-Bains ; forme iég-èrement 
germanisée de manchette, dim. de manche, au sens de vallon ; 
voir Manche. 

Les ^lansonnes, loc. à Ollon ; la Mansonnette, alpage près 
d'Ensex, alpes d'Ollon ; du nom de famille Manson : un « Hu- 
gues Manssoriy ancien Sindique ^ d'Aigle» acte de i5g8 ; les 
ManfoDiies, forêt à Yionnaz, Valais, et es Manfounettes, loc. à 
Leysin, même nom avec permutation 5-^, fréquente dans ces loca- 
litt'is ; Pi^omançon, prés à FuUy, pour Proz-Manson, et Manson- 
naz à Vétroz, ont la même origine : un Aymon Manczon ou Mac- 
zon d'Ayent est nommé dans plusieurs actes de 1269-1288. 

Muracon, D. Oron, Mont warascon, 1286, il/on/ Warascunif 
1255, Wûrstbg., 198, M. R. VI, 2^2, Morascon^ 1287, i425, 
Monracoty 1290, Montracot, 1292, Cart. Haut-Crôt, M. R. XII, 
p. 124, 396, Marascon, i4o2, i453, de Mont et d'un n. pr. ger- 
main, le même que celui qui a donné en 1026 le nom d un comté, 
Comitatu WarascOy comté des Varasques, M. R. XXIX, 58. 

Maragnin ou Maragnenaz, ham. près Sion, Maraninay 122 1, 
M. R. XXIX, Maragninay 1227, Malagnina vers 1260; Mere- 
niauTE, loc. à Rossenges, D. Moudon ; « peut-être de la famille de 
Tancien fr. mairien, bois de construction, du latin mater iamen.» 
(Ekinoard.) 

Maratche, Marachat, voir plus loin à Mare, 

Maraas, champs à Nyon ; voir Marin. 

Marrhairu, croupe et passage du Jura vaudois, D. Aubonne, 
que le Dictionnaire de Lutz, — est-ce par plaisanterie ? — ex- 
plique par « marché rude », Marchirioux en i346. Vient sans 
doute de marche, frontière. Une donation de 1208 de Berthold de 
Zfthrîngen aux seigneurs d' Aubonne dans le Jura comprend toutes 



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MARCHE — MAKCY 257 

Jes montagnes « depuis le Mont Marchia au Mont Salla, >► etc. 
M. R. XXVI, iSg. Ce mont Marchia paraît bien être le mont 
Marchairu ; « il faudrait pour cela supposer un adjectif marchier 
signifiant qui forme la frontière >^ (Bonnard). Une localité Mar- 
chéré à Jussy, frontière française, pourrait avoir la même 
racine. 

Marche, nom assez fréquent; dérivé de Fane. h. ail. marcha^ 
frontière. De là viennent 

La Marche, 2 pâturages, Ormont-dessus, frontière de Berne. 

Chapelle des Marches près Broc, limite de la Gruyère. 

Creux des Marches à Chavannes-de-Bogis, frontière française. 

Ruisseau des Marches, limite d'Ormont-dessôus et dessus. 

Luys de Marche au Sanetsch, frontière de Valais et Berne. 

Bois des Marches, Ormont-dessous, limite d'Ollon, etc. 

Marche a aussi signifié forêt, terre commune, « tout terrain où 
ne passent pas la charrue et la faux. » (Secrétan, Essai sur la 
féodalité.) Il désignait également au moyen âge un terrain neutre 
<;hoisi par deux juridictions voisines pour y juger leurs différends ; 
Tévèque de Lausanne et les sires de Cossonay avaient leur marche 
k Villars-Sainte-Croix, M. R. VII, 892. 

Enfin Marche est encore une contraction de marèche, pré maré- 
cageux, humide, en romanche marsch, pourri, fangeux ; dim. 
Marchet ; de là viennent bon nombre de noms de localités non 
situées sur une limite, tels sont des hameaux de Matran, Neyruz, 
Avry-devant-Pont, Fribourg et plus. loc. vaud. ; voir Maraiche. 

Marcliissy, D. Aubonne, Marchisie^ i235, M. R. V, 829, 
Marchissicy 1261, Marchissier^ 1 801, M. G. XIV, 81, 298, etc. ; 
de (praedium) Marchisiacum^ dérivé d'un nom gallo-romain 
inconnu. Ch venant dans la règle d'un c latin suivi de a, Marchi- 
siacum viendrait d'un nom comme * Marcasius qui pourrait dé- 
river du celte marca, cheval de bataille. 

Marcy ou Marsy, loc. à Saint-Prex, ancien village ruiné ; villa 
que nominatur Marciacus... in villa MarciacOy 968, M. R. VI, 
279, Marsyey xiii* s. Le Cart. Laus., M. R. VI, 838, mentionne 
«n autre Marci, environs de Granges, 1228, = (fundam) Mar^ 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VU 17 

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258 MARE 

ciacum^ domaine d'un MarciuSj g'entîlice très fréquent dérivé du 
prénom Marcus, 

Mare, s. m.^ au Mare, loc. à Essertines-Echallens et LuIIj- 
Morges, les Mares, loc. à Corcelles, Neuch. ; Maroz, ham. sur 
Gorbières ; au Maret à Ayent, les Marets, ham. à Montbovon, 
loc. à Port-Valais, diminutifs ; Marex à Li/^^-nerolles, Marez à 
Penthéréaz, collectifs ; synonyme du v. fr. marc y s. m., marais, 
dérivé, comme toute la famille marèche, marchois, etc., du latin 
maret mer, Mares dans les formes anciennes : en Mares à Bulle, 
1826, Arch. Fr. III, Mares à Mossel, 1268, M. R. XII, ol Mares 
à Avenches, 1269, ol Mares à Vercorens, 1299, M. R. V et XXX. 
C'est à cette racine marc, mare qu'il faut rattacher les localités, 
— terrains marécageux, — le Map à Roche, au Grand, au Petit 
Mars ou Mas à Noville, Rennaz ; Proz de Mars à Saillon, Mars 
à Ghamoson, et ham. d'Hérémence, sans doute le Mar^ Marc y 
March, Marhc souvent nommé au xiii«s., M. R. XXIX et XXX. 
Mais il est essentiel de remarquer ici qu'il y a eu parfois une con- 
fusion avec Mas, de mansus. C'est ainsi qu'en i33o le comte L. de 
Neuchâtel, dans son testament dit: « mes mars de terre sissant 
ou territoire do Vau de Rugt, ...demorant sur mes mars, )► etc., 
6 fois mars pour mas (voir Matile). Il faut donc connaître le ter- 
rain pour préciser dans certains cas auquel des deux il faut ratta- 
cher le mot, l'orthographe ayant varié, ainsi les Prés de Mars à 
Aigle (prés humides), campis de Mas et ou Mas^ 1^25, au Mars 
à Tartegnins (vignes), Pré dou Mas à Penthalaz, i494, du M arc y 
i546 ; au Grand Mas ou Mars à Noville (marais). 

La, les Maralche,s, nombreuses localités et hameaux : Matran, 
Neyruz, Avry. Châtel-Saint-Denis, Marèche, s, Albeuve, Verna- 
miège ; Marique à Savièse ; diminutifs Maréchet, Saint-Cierges, 
Promasens, etc. , Maréchal, Yverdon, Maraichat, Arnex-Orbe, Ma- 
récot à Monthey, Marescot, 1696, Maréoottes à Salvan, Maret- 
zon à Fully, Maraitzon à CoUonges, Maressettes à Grône. Puis 
avec chute de la voyelle, Marchet à Forel-Moudon, Marchez à 
Granges-Payerne, Marcfaettes à Semsales> Marchai à Thierrens, 
en Marcel, flachères à Vouvry, Marcot à Salvan^ et les doubles 

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MARÉCHAUGHÉE — MAKENS 259 

diminutifs Marcolet à Ëcublens et Marcheulin, vallécule mare- 
cag^use entre les deux sommets d'Ayeme à Champéry ; du v. fr. 
marchais et mareschey dans les chartes mareschia, pré maréca- 
geux, du bas latin mariscus, dérivé comme le v. h. ail. marachy 
marais, du latin marCy mer. Ajoutons aux formes ci-dessus : 
lo les formes g-ermanisées Maressen, Martschen, Meretschen, 
Meretschy du district de Louèche ; 2® la rue du Marché à G^ 
nèvey vico de Marchez, 1260, i2&'jy porta de Marchez, 1270, 
M. G. XIV, 5o, 96, ii5 ; rue de Marche, i45o, orthographes qui 
montrent qu'il s'agit là, non d'un marché, mais d'un ancien 
marchais ou terrain marécag'eux, alors à peu près au niveau du 
lac. 

Maréchauchée, loc à Bottens, D. Echallens. On penserait 
d'abord que c'était une terre appartenant à l'office de la maré- 
chaussée, — mareschauci, i3i4, à Romainmôtier, — qui avait 
des droits étendus, percevait des redevances de blé et autres. Tou- 
tefois ce nom ressemble bien au v. fr. mareschauchaille et ma- 
rescauchicy marais et au nom de Ghauchet-marais au Cerneux- 
Péquignot, Neuch. Ce serait alors un Maret-Ghauchey, terrain 
marécageux, foulé, parcouru par les troupeaux ; voir Chauchey. 

A la Maregliere, champs à Muraz de Colombey, Valais ; pro- 
priété du marreglier, v. fr. = marg^uiller, ou terre attachée à 
cet office ; de même sans doute en MareUlay, prés à Aigple. Il y 
avait des Mariglier bourgeois d'Aigle en i4i3. 

Marenda, Sex de — , sommet, vallée d'Anniviers ; de maren» 
dafiy repas du milieu de l'après-midi = rocher du Goûter, d'après 
la position du soleil à cette heure pour ceux qui l'ont nommé, 
comme le Dôme du Goûter pour les g^ens de Ghamounix. Es Ma- 
rendines à Valeyres-sous-Rances pourrait être par contre la pro- 
priété d'un Marendin. 

Y Marennes, prés et vi^es à Ayent, Valais ; en Marenaz à 
Bex, es Mérenaz à Gryon, autre sur Alesses, Valais, MeranaZy 
atlas Siegfried ; peutrétre du v. fr. marene, s. f., sorte de cerise 
aiipre. 

Bfarens, loc. à Nyon ; voir Marin. 



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260 MARERION — MARIOTTY 

MarerioD, loc. à Coothey ; de mare, s. m., marais, et riond, 
rond. 

Maressen, quatre loc. à Varone, Louèche- Ville et Bains ; le 
même que Marèche. 

Ces mots rappellent le temps où tout ce district parlait français, jus- 
qu'à la Rq du XV [^ â, La plupart des lieux-dits y sont encore français 
sous une forme i durement germanisée : Gontor, Kreta, Glotscheten, Pa- 
lelen, Plaalscheten, Tschenifieri, Preisen, Schampltro, etc. 

31ar||ociD, m, à Chavannes-de-Bogis^ D. Nyon ; du celte 
marga^ v- fr, marie, latin margila, avec le double suffixe osse- 
in: le lerraio y est très marneux, comme au ham. voisin de Pa- 
coty. 

Hapyuei, chalets aux Voëttes, Ormont-dessous, entre deux 
ruisseaux ; du paioia margaet, pré marécageux au bord de Teau ; 
les Margiiiers, loc. au pâturage de Seron, Pay&-d'Enhaut ; pro- 
bablement les deux du celte marga, marne, terrain bumide. 

>Iarijy, ham, de Vuadens, Fribourg ; pourrait peut-être se rat- 
tacher également k la même racine. 

Les Marja(fe^, prés marais à Vionnaz ; de mare, s. m., et sufiF. 
coll. âge, équivalent du fr. marécage. 

Marin, C. de Neucbâtel, Marens, ii63, 1191, Marens, 1208, 
M, F. IV, 102, Marins, 1220, 1249, Mareins, 1220, Marens, 
II 95, 1220, 1247, 1280 (Matile). D'après de Meuron et Junod, re- 
produits par Sluder, de mala arena, mauvais sable. Mais le suf- 
fixe fins indique la dérivation d*un n. d'homme d'origine germa- 
nique ^ chez les descendants de MarOy n. pr. germain. En Ma- 
rons (ou Marans), loc. à Nyon, même sens, ainsi que Marin près 
Thonon, Marins^ ^191, que Forel, Répertoire M. R. XIX, rap- 
porte à Mariniacnm, C'est une erreur de Forel : Mariniacum^ 
5i(), du genlilice Marinius ou du cognomen Marinas ■= Mari- 
gny ou Marignier près Bonneville ou quelque autre loc. du même 
nom. 

Mario tt y, ham, aux m. éparses, val Ghampey, Valais ; un ter- 
rain un peu mart'cageux ; de "' mariot, dim. de mare, suff. patois 
iot, petit marais, et collectif valaisan y = ey ; ensemble de petits 



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MARI VUE — MARNEX 261 

marais. Le patois intercale souvent un i : bretschio^ de bretsche, 
bétion, gâtion, etc. 

Marivue, ruisseau d'Albeuve, Gruyère ; du celte mar^ maro, 
grand, et ivue^ eau = grande eau. 

Marly, ail. Mertenlachy D. Sarine, Frib. ; in Marlensi, io55, 
Marlieiy ii^ky ii48, 1181, M. Fr. I, 271, MarlliCy 1228, M. R. 
VI, 24, Mallie, i25i, Wûrstbg., i5o, MarliCy 1240, i45o, Mar- 
lieZy 1453, Marlye^ 1476, Mailliez ^479, Dellion ; Mertelach^ 
i449) Arch. Fr. V. D'après Gatschet, c d'un bas latin maretil- 
lum, dérivé de moor, modifié en mar dans les langues romanes. » 
Mais les suffixes de toutes les formes anciennes montrent un nom 
d origine gallo-romaine ; c'est un (fundum) Martiliacum^ pro- 
priété d'un MartiliuSy gentilice romain. De Vit, IV, 879. 

Les Marmontains, petite chaîne rocheuse au fond du val Fer- 
ret ; de marmontain, un des anciens noms fr. de la marmotte, 
du latin murent montanuniy rat de montagne. 

(La) Mannotea(z) ou Marmotera, Cart. Oujon, M. R. XII, 
ancien nom du domaine du Genêt, près Bursinel ; de marmotaie 
ou marmotièrBy lieu habité par des marmotes (un t en v. fr.) ou 
des taissons; es Marmottes à Montagny-Yverdon, Marmottez 
(et), forêt à Ghâteau-d'Œx, au Mormotey, alpes de Semsales, es 
Marmotays(ottey), alpes de Vouvry ; même origine. 

Mamand, D. de Payerne, aussi Mamens d'après Lutz et Hi- 
sely ; Marnant , 1142 et 1226, M. R. XII et VI, 332. Si l'ortho- 
graphe ens était prouvée par les documents, ce serait un nom 
d'origine germanique, chez les descendants de Marino, Fôrstm., 
p. 909, a la forme latinisée Marinus, dérivée de Maro^ racine ono- 
mastique mar, 

Mamèche, deux alpes d'Ormont-dessus, sous Isenau et sous 
Culan ; de marne, v. fr. marie, dérivé de margila, d'un mot gau- 
lois marga, admis en latin dès Pline. 

Mamex, ham. près Commugny, D. Nyon ; peut-être un (fun- 
dum) Maternacumy du cognomen Maternas^ comme Mornex de 
Modernacum ; propriété d'un Maternus. Quant à Marnex, pâtu- 



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262 MARQUES — MARTBRAY 

rag-e d'Ormont-dessus, il serait plutôt à rattacher à maroe comme 
Marnèche. 

Marques, vignoble à Martigny, au bord des rochers qui domi- 
nent la Dranse, et Marquet, loc. à Vétroz ; peut-être autre forme 
de Marche. 

Marsens, ail. Marsing, D. Gruyère, Frib., Marsingus^ 855, 
M. R. VI, 202, Marsans, 1187, Hidber, I, 534i Marsens, 1180, 
Marsîns, raa3, Marcens, 1162, 1177, i4^3 ; 20 tour près Cully, 
Maraens, 1 166, i366, Marceins^ i435 ; 3<> village disparu près de 
Gland, "D. Nyon, MarcinSy ii45, ii64, 1197, M. G. IV, 78, 85, 
écrit aussi Marsins, Marsin ou Massin ; Marsin, loc. à Perly, Ge- 
nève = chez les descendants de MarsOj n. pr. germain. 

Mat^îtlon, ham. de Troinex, Genève ; de MarciliOy dérivé en 
10 y ionis du gentilice Marcilius, donné par Jubain ville, p. 128, 
comme Gaïlïo, aujourd'hui Gaillon, de Gallius ; Allio, Aillon, de 
Allius î TuUio, Touillon, de Tullius ; Pontio, Poinson et Ponson, 
de Pont LUS ; Marcio, Marson, de Marcius ou Martius, etc. 

>lv*Ha!ley, champs à Rennaz, D. Aigle ; probablement collec- 
tif dérivé de maretely diminutif du v. fr. marety marais, petit 
terrain marécageux, comme le Marteau, pré à Vionnaz, contrac- 
tion de maretel. 

Martel, Ponts de —, aussi Martil aux xvi^ et xvii» s., M. N. 
XX 111, 2û4 ; de martel, nom générique des marais tourbeux du 
Jura neuchâtelois. Rien de commun avec Charles Martel ; dérivé 
de mare, s. m., marais, et double suffixe diminutif maret, mare- 
tel ; de même au Martel, marais à Vionnaz, es Martelets, prés 
à Vouviy ; quant à Pré Martel, plaine à Bex, peut-être même 
sensj ou n, pr. Pré de Martel. 

Martenclf m. à La Roche, Frib., le même que Martinet, 
nombr. loc. ; du patois martenet, forge, clouterie. 

Marlenoil, ham. du Val d'Illiez, Valais, Marti nuel, 1267, 
Mari î nue in parrochie de Yllies, 1281, Murtinely 1288 (lire Mar- 
tine!), M. R. XXX ; peut-être syn. du précédent. 

Marteray, nom fréquent de localités : Martheray, château à 
Begnins, faubourg à Lausanne, Martereiy 12 17, en Marierai, 



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MARTHERENGES — MARTIGNY 263 

1287, Marterey, X278, M. R. VI, ham. de Féchy, loc. à Che- 
seaux, à Vevey, Marierai, 1220, Mariherely i525 ; maison à 
Bouloz, Frib. ; Martherey à Vuarmarens et Romanel-Morg^es ; 
Mapterey à Duilier, à Pampigny, 1628, à Allaman, i43o ; Mar- 
teret, ham. de Prez, Frib., les Marterets, ham. de Belfaux ; 
Maptei»é(ez), loc. à Nierlet, Frib., Martray à Jussy, Genève, 
nombreux tombeaux ; Martorey à Ollon, Sépey, Fully, Dorenaz ; 
Marloret, loc. à l'entrée de Monthey, Martorey^ 1696. Marto- 
let, cour avec tombeaux à Tabbaye de Saint-Maurice, le Marté- 
lay, m. à Saint-Gingolph, Marteley, loc. à Vufflens-la- Ville, 
Marlelley à Fey, Martelet, colline à l'entrée de Leysin ; la Mar- 
iera Pirra à Grimentz, un ancien autel druidique entouré de 
nombreuses pierres à écuelles ; noms dérivés du v. fr. martroi, 
bas latin martoretam, martreium, place où l'on torture, lieu de 
supplice. Quelques-unes de ces nombreuses localités dési(|pnent in- 
contestablement le lieu de supplice, du gibet ; d'autres des endroits 
où il y a eu des corps de suppliciés ou de martyrs, par exemple le 
Martolet de l'abbaye de Saint-Maurice. Pour d'autres, comme le 
Martelety la Croix du Martelet à Leysin, ils désignent simple- 
ment l'emplacement d'anciens calvaires, rappelant le martyre de 
Jésus-Christ. Nous croyons en trouver la preuve dans un texte 
rapporté par M. de Montet (Histoire de Vevey), le Marierai de 
Vevey, Marterei, 1229, M. R. VI, 869, est désigné dans un acte : 
« Martherel alias en Crousa )►. Or Crousa ou Crusa est appelé 
ailleurs in Crace, à la CroioOy soit au Calvaire. 

Mariherenges, D. Moudon = villa, curtis Martherenga, 
ferme des descendants de Marthari, n. pr. germain. 

Martîgny, Valais, ail. Martinach. Martiniacum, 5i6, Marti» 
gniacum, ii63, 1200, I2i5, 1260, etc. Non point, comme le veut 
Studer, qui malheureusement pour lui ne copie pas ici Gatschet, 
de martinet, marteau de forge ^ mais de Martiniacum {fan- 

< Hilaire Gay le dérive ëg^alement de martinet et en donne pour preuve que 
les sires de Marti^y avaient pour armes « de gueules au lion d*or, tenant un 
marteau d'ar^nt. » Ce sont des armes parlantes qui ne prouvent rien pour 
Torifpne du nom, pas plus que la roue de Riaz et le paon de Faoufç. 



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264 



MARTINES — MAaSONGEX 



dum), domaine d'uQ Martinius, g-entilice romaÎD, rare, mais dont 
Jubainville cite 4 exemples dans les inscriptions ; g-énéralement 
Octodurum jusqu'à la fin du xii® s. Le Martiniacum isolé de 5i6 
se trouve dans un document douteux ; voir Conthey. 

Les Martines, ham. du Mont sur Lausanne et de Château- 
d'Œx ; du n. pr. Martin, 

En Martinat (ou Martenat), marais à Colombej ; probablement 
dîm. de maret : maretin, martin-et. 

MartintM, alpe et gplacier sur Bex, Martinae^ io43, M. R. 
XVIIL 

Marze, viynes à Gonthey ; probablement forme valaisanne {j-z) 
pour marrje, bord. 

Ma se, voir Ma^e. 

En Masii-e, loc. à Essertines, D. Echallens ; voir Mézières. 

M a sot, voir Mazel. 

Alas.sa, rivière, affluent du glacier d'Aletsch, Haut Valais, 
Massona, i235, i255, 1297 ; du celtique mass^ beau (Holder, II, 
454) et onay source, rivière = belle rivière, nom fort bien trouvé 
pour ce puissant torrent du plus grand glacier des Alpes. 

Massîilon, ham. sur Monthej, Maxilliorij cadastre de 1696, 
Majcîlion, 1819 ; dim. de mas. 

Massonfj<)x, D. Saint-Maurice, Valais, Massungiacum, 1178, 
i235j Massnnge, 1226, Massongie, 1260, Massungiez, i3i6, 
MaMungie^ 1290, i342, Massugiery i349, Massongiez, plan vers 
1720 ^i (praedium) Massoniacum, domaine de MassoniuSy gen- 
tilîcc romain. De Vit, IV, 391. Justement une inscription de Saint- 
Maurice, tout à côté (Orelli, 21 3), nous fait connaître une Masso- 
nia. Quant à Tétymologie de Gatschet qui rapporte à Massongex 
le Mojciniacum d'une charte de io52, Cart. de Sion, en le tirant 
de macifiata, moulin, elle n'est pas défendable ; i^iacum s'ajoute 
à des noms d'homme ; 2® Maxiniacum donnerait Machigny. Hid- 
ber de son côté, I, 270, 276, y rapporte un Maximiacurriy 993- 
996, villa MaximiacOf 996-1017, Arch. de Saint-Maurice, dans 
le comté de Genève. Nous j verrions plutôt Meximieux, dép. de 



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MASSONNENS — MATZE 265 

TAin. £n tout cas Maximiacum ne saurait donner Massongex ; 
d'ailleurs Massoug^x n'a jamais fait partie du Genevois. 

Massonnens, D. Glane, Fribourg-, in Mansoningis d'après 
Cb. lHovAy MassenenSy ii77,M. R. XII, 3i, et 1226, MassunenSy 
i344* Massonens, 1471 ; « provient certainement de mansum, >► 
ferme, dit le P. DcUion. Mais les suffixes ens, ingis indiquent 
encore plus certainement une autre orig^ine = chez les descen- 
dants d'un Germain au nom de la famille de Manso, racine 
Mand, dans FOrstmann. 

Mategnin, ham. de Meyrin, Genève, Matigniaco (i fois) et 
Matignins (7 fois) dans la même charte, 1269, M. G. XIV, 107, 
MatigninSy i344> M. G. IX, 235 = chez les descendants de Mat- 
ten^ dérivé de Matto, n. pr. germain. Fôrslm., 917. Ce nom oflFre 
un intérêt particulier parce qu'on y surprend la tendance des no- 
taires à traduire par le suffixe gallo-romain iacum les noms d'o- 
rigine germanique. 

Matélon ou Mattelon^ carte Rovéréa et atlas Siegfried, chalets 
sur le Sépey, Mastalon, i23i, M. R. XXIX, 294 ; autre: colline, 
alpes de Bex. L'orthographe avec un t reproduit mieux l'ancienne 
que celle que Siegfried a adoptée et qui est absolument fautive. 
N'a certainement rien de commun avec l'ail, matt, prairie, qui 
n'a pas passé dans notre langue. 

Mathod, D. Yverdon, Mastod, 1 it^iyMastout, i235, M. R. VI, 
MathoZy i382, M. R. XIV, Mathod ei Mastou, il^oiyMathouœ, 
1621, etc. ; les Mascoty i344i et Mascout, i345, loc. près Saint- 
Christophe (Champvent) dans Matile sont sans doute une fausse 
lecture. Origine inconnue. 

Matran, D. Sarine, Frib., MartrenSy ii32, ii48, M. F. II, 16, 
220, Matrans, ii48, M. F. I, 376, MartranSy 1178, 1182, 1228, 
Matrans avant 1246, Marinant, i339, R. dipl. III, 16, Matranty 
1453, Martrandy i47i* Nom exclu par M. Stadelmann des noms 
en ens. En tout cas la prononciation eins, — si elle a existé, — a 
disparu de bonne heure, nous trouvons la finale ans dès 1 148. 
Origine douteuse. 

La Maize, forêt à Vex et à Salvan ; les Maizes, forêt à Colom- 



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266 MAU — MAUKAZ 

bey ; la Maze(ts) à Savièse ; la Jeux-Matze à Vionnaz ; syn. de 
mazze, ital. et romanche mazza^ massue, mot désig^nant des fo- 
rêts de hêtres exploitées en têtards ; ces vieux troncs sont sem- 
blables à des massues. Ce mot a été employé dans le Jura : un 
acte de 1194» Hidber, II, 426, Matile, ï, 34, parle d'une forêt près 
Vauxmarcus, nommée Malza Siba, forêt des matzes. On sait le 
rôle historique joué au xv® s. en Valais par une mazze ou massue. 
Une massue de bouleau, taillée eu forme de tête humaine, symbo- 
lisait le peuple opprimé ; on la portait de lieu en lieu et sur la 
place publique on l'interrogeait: «Mazze, pourquoi souffres-tu? 
Parle, nomme-nous l'homme que tu crains ? Est-ce Silinen ? est-ce 
Asperling"? est-ce Henngarten ? Sont-ce les Rarogne? >► A ce nom 
la mazse s'inclinait. Alors chacun des partisans des opprimés 
piaulait un clou dans la massue en signe d'adhésion. Telle fut 
Tongine de la guerre contre la puissante famille des Rarogne, 
i4i4-i42o. 

MhUj préfixe, voir Mal. 

Maiulens, ham. de Ghâtel-Saint-Denis, J^Ioudens, 1809, 1867, 
Maudens, 1668 = chez les descendants de Afaldo, n. pr. germain. 

Miiudran, Praz — , loc. à Ollon et à Bex. D'après M. Isabel (in 
litt.), de maudrèy moudre, à cause du voisinage des moulins qui 
s'y trouvaient dans les siècles antérieurs, donc = pré du moulin. 

La Mnuguettaz, grand hameau d'Yvonand, D. Yverdon, la 
Munrgetta, i4o8, M. R. XIV, la Mougette, i583, la Mongue- 
tas, t538 ; autre, chalet à Blonay ; es Mauguettes, loc. à Rovray. 
La forme de i4o8 rattache ce mot à mourget, tas de pierres, lieu 
pierreux ; voir Murgier. 

Mnu]es, D. Gruyère^ Maulés dans Kuenlin ; Maulaz, ham. de 
Romont ; La Maulaz ou Maoulaz, m. k La Roche et à Neyrigue. 
Le premier, Molas superioreSy 965, Molis, 1 145, M. F. II, Moles^ 
1179, Hidber, II, et 1274 ; du latin molaSy meules, moulins. 

Mauraz, D. Cossonay, Moraz, 1824, M. R. I, 2« s., p. 2o5. 
Peut-être une (villa) Maiira, du cognomen Maurus, la seule 
forme ancienne que nous possédons, relativement moderne, n'est 
pas suffisante pour décider. 

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MAUREMONT — MAYA 267 

Mauremont, Maurmont ou Mormont, colline calcaire près 
Eclépens, Mauromonte en i8i4, M. R. Vï, 240 (Mormunt, titre 
de la charte, postérieure), soit longtemps avant les premières in- 
vasions des Maures, nom dont on a voulu le dériver, Mormont, 
i344- D*après Gatschet, du v. h. ail. muor^ moor, marais, ce qui 
conviendrait à la position de la colline isolée dans les marais de 
rOrbe. Mais ce mot allemand ne saurait s'appliquer à trois autres 
loc, Mauremont ou Mormont, tertre à Pizy, Mormont à Cour- 
chavon, Morimont, crêt boisé à Charmoille, les deux D. Porren- 
truy. Le texte même du Cartulaire indique la véritable étymologie 
que Gatschet n'a pas aperçue. Dans la charte de 81 4, Louis le 
Débonnaire donne à TEg-lise de Lausanne la « villa que dicitur 
Sclepeding^us cum ruboria que vocatur Mauromonte ; » le village 
dit Eclépens, avec la roncière dite le Mauremont. C'est donc le 
mont des mûres de ronces, latin rubus, dont le fruit est appelé 
morum, mûron. Les noms des trois autres localités, ainsi que en 
Mauron, loc. à Vaulion, ont la même origine. 

Maya, Maye, etc. Le bas latin mea, maia^ dérivé du latin 
meta, v. fr. moie^ meule de foin, patois mata y mota, est souvent 
employé. D'abord pour désigner d'assez nombreux sommets des 
Alpes et du Jura : la Maya, val Ferret et val d'Hérens, sur Saint- 
Martin ; la Maye de Bricolla, val d'Hérens ; les deux Maja, 3o4i 
et 3o47 m., val d'Arolla ; la Maye d'Arbignon, rochers près 
Mordes; la Mayaz, sommet au N. de Sainte-Croix, Jura; la 
May, sommet sur Saint-Ursanne (qu'il faut sans doute écrire 
Maye), ainsi appelés à cause de leur ressemblance plus ou moins 
grande avec une meule. Puis des localités où s'élèvent habituelle- 
ment les meules, en Valais : les Mayes à Vionnaz, Maye ou 
Mayez, ham. de Savièsc, Mayaz, ham. de Saint-Léonard, à la 
Maya à Chalais ; Meya, chalets à Zinal, Meyaz, prés à Marti- 
gny ; les Moîes sur Ayer, Anniviers, pratum de la Meyta, i3io, 
Moaye, alpe d'Orsières, Moayes, mayens sur Bruson de Bagnes ; 
en la Meyaz à Ley.<tin ; la Meyettaz, pâturage à Cbâtel-Saint-De- 
nis, diminutif. Emayes, loc. à Monthey = es Mayes. Es Moyes- 
ses à Mur en Vully, de moîe et sufF. adjectif esses. Le mot latin 



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268 MAYEN — MAZEL 

meta a passé aussi dans rallemand, comme le prouvent Meti et 
Z'meiden, vallée de Tourteraag^e = zu den Meiden, Vers les 
Meules ; et en romanche où Ton appelle maida les g'randes 
meules qu'on fait dans les hauts pâturag'es ; de là aussi les Meidje 
du Dauphiné et, au Tessin, les nombreux noms de sommets Me^ 
done^ Madone^ suff. augm. one pour désig-ner des montagnes de 
forme conique. 

Mayen, Uam. de Vionnaz, D. Monthey, Valais, Maen, i4oa, 
M, R-, 2* s., Il, 124, Mahe/if 1728 ; sommet, alpes d'Aigle ; les 
Mrtycns, pâturage à Châtel-Saint-Denis ; nom commun de tous 
les alpages inférieurs en Valais, Maeynff (de Sion) i3o6 : « do- 
munculas que vulgariter maeyns nuncupantur, i3o4, M. R. 
XXXI ; Afajinff-alp et -horn à Louèche, le même mot mayen ger- 
mani^ ; Je mai parce qu'on y monte au mois de mai. «Olivier de 
Serrcsj ^n du xvio s., donne un exemple où maïen signifie foin 
qu'on fauche en mai. » Note de M. Bonnard. 

Es Miiyenches, loc. à Ollon ; forme féminine du précédent. 

Mayenzel ou Mayentzet, village de mayens sur Montagnierde 
Bagnes; a pâturages sur Hérémence, Mayench^ 1260, et sur 
Useigne, Hérens ; autres sur Chable de Bagnes, la Douay d'Or- 
sières et à Conthey, Manschet à Louèche et Louèche-Bains, nom 
ficermaniaé de Mayenchety 1862, 1627, Mainchet^ 1880, Man- 
chet^ i/io3-i425, les Maenchez à Vez, i255 ; dim. de mayen. 

Mayeux ou Mayoux, ham. val d'Anniviers et loc. à Colombey, 
Valais ; probablement dérivé de maya = moie, meule de foin ; 
voir plus Imut Maya. 

Mayorosse, vignes à Grandvaux ; propr. d'un mayor. 

Mazel, quartier du Vieux Mazel à Vevey, Macello veteriy 
i348, M. R. VII ; loc. à Vallorbe ; de macellum, boucherie, v. fr. 
maself maisel. 

l^ Mar.ol ou Mazet, pâturage de l'Abbaye, D. Joux, Mazé^ 
chalets sur Troistorrents, Valais ; v. fr. masely dim. de maSy mes 
ou matx, du latin mansum; les Mazots, ham. au Col de la 
Croix j Ormonts ; même origine, mazot est le nom commun des 



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MAZÉRIAZ — MËITREILAZ 269 

petits chalets ou fenils des Alpes vaudoises ; mas et suffixe dim. 
ot (mazet en Provence). 

Mazériaz, vall. de Bagpnes, Mazerettaz, voir Mézières. 

Mèbro, ruisseau près Lausanne, Meybry^ ï3^7, M. R. VII, 
167. 

Medetta, ham. de Salvan, en la Meidetaz apud Sarvan, 1732. 

Medière, grand village de Ba/ï^nes, sur la hauteur entre Chable 
et Verbier ; peut-être du bas latin medietaria. qui est au milieu. 

Meilleret, sommet à Ormont-dessus, et loc. sur Muraz, Valais ; 
Meliéret, ham. de Bercher ; Melleret, loc. à Ghône-Paquier ; 
Méléret au Sépey, Ormonts et à Treyvaux ; Millerit à Bremblens ; 
es Millerets ou Mîllièrey à Golombej ; Millery à Ocourt, Jura 
bernois ; es Mellières à Vouvry, la Mellère, m. à Pont, Veveyse ; 
les Meillerettes, prés à Martigny-Bourg- ; la Millière à Ecublens, 
Meleraiy 1278, et Rueyres-Tréfayes, G. Fribourg ; Mélériaz à 
Puidoux et à Montreux ; Melleries, ham. d*Hermenches, D. Mou- 
don ; Mellierin, ham. sur Lutry, Meillerine ou Méliérine, 
mayens escarpés sur Fully. On peut ajouter Meillerie, Savoie, 
Melereie, ii54, Melereia^ 1^77» Mellerea, 1286, à Satigny un 
MelereOy 1272, 1295. D'après Gatschet, du bas latin malgeria, 
pâturage à moutons. 

Meina, alpe et col vall. d'Hérens, Valais ; on écrit aussi la 
Maigne (Lutz), ce qui montre Torigine, adj. v. fr. maine, de ma-- 
gna (alpa), la grande alpe. Un autre pâturage de la Moina, 
Meîna, Meynaz, dans le vallon de Nendaz, Meynay 1280, et la 
Ménaz, alpe de Dorénaz, tirent peut-être leur nom d'une mine 
qui jadis y aurait été exploitée. 

Meinier ou Meynîer, G. Genève (prononcé Meini), Mainiacum 
et Mainniacurriy ii53, M. G. XIV, 9, Meygnier^ i343, Mei- 
gnier, i344, M. G. XVIII, et IX, Meini y 181 7 ; de (fundum) 
Maniacunty domaine d'un ManiaSj gentilice romain (Holder, II, 
407). 

Meitreilaz ou Maytraylla, alpe d'Ormont-dessus, Metegla^ 
1287, Gorthésy, op. cit., 149. Gette forme montre que l'r est 
épenthétique et permet de ratttacher ce nom à l'idée de milieu, 



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270 MÉLEY — MENTUE 

méteil de medietas par une forme medietalis ; cette alpe est au 
milieu de la série de la Première à Isenau. 

Méley, loc. à Gonthey, Goumœns, Forel-Moudon, Pâquier- 
Frib. ; les. Méleys à Aigle, Mesleys, 17 18, Auboraoges, Haute- 
ville ; Mélay à Saint-Léçier ; Melley à Dorenaz, Suchj, Pomy, 
Bussigny-Morges, Brenles, Chabrej, Mêler , 1842 ; es Melleys 
au Bouveret ; Merlel, anc. Mellet à La Tour, Mély ou Melly à 
Bursins, agri del Mêler, xii« s. , Melyp ou Mellyre à Lens, Va- 
lais, Melleis, Mellier, Mellers, ancien nom de la colline de la 
Bâtie à Genève ; du bas latin meletum, pommeraie ; en patois 
mêlei = pommier sauvag'e, néflier, du latin mespilurriy mais le 
néflier est très rare dans le pays et le pommier sauvage très com- 
mun. En 1827, Pierre de Gruyère autorise Tusag-e dans sa forêt 
de Bouleyres « exceptis quercibus^ fagis et meleis. » 

Mell de la Nîva (de la neige), sommet près Evolène ; proba- 
blement de mellf provençal meilhy patois vaudois mé, du latin 
milium, grain de millet, au fig. pour sommet en tête arrondie. 

Ménières, D. Broyé, Frib., Minières dans Lutz, Maineres, 
1142 (Manières dans M. R. VI, faute de copiste ou de lecture), 
Mennieres et MeinireSy 1228, M. R. VI, 17, 338, Meneriers^ 
même charte, p. 334, Mennieres^ i34i, Matile. L'orthographe 
Meneriers est à noter, car elle prouve que certaines formes où 
l'accent paraît déplacé sont de simples fautes de copiste. D'après 
la forme primitive de ii42, du v. fr. maine^ s. m., demeure, et 
suffixe coll. ièré = réunion de demeures, village. 

Menoge, affluent de la Venoge, Menobia, 5i6, Menopia, Me^ 
navitty xiP et xiii® s. ; origine incertaine. Sans doute celtique 
comme tous les noms de nos rivières. 

Menthon, château à Begnins, ancien château à Lausanne ; de 
la famille savoisienne de Menthon, dont plusieurs membres ont 
été baillis de Vaud. 

Mentue, rivière du Jorat, Mentuye^ 1280, Cart. Month., M. R. 
XII, wadum ementaje, 1280, M. R. VI, 187, Menthoez, i536, 
M. R. VII, aussi Menthuaz, Mantue ; origine inconnue. 



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MENZE — MERLINGES 271 

Menze ou Mintze^ ham. de Martigiiy*Gombe ; contraction de 
mayentze^ forme fém. de mayen. 

Merdasson, Merdesson, Merdenson, dim. Merdassonet, 
Merdeschon, alpe de Mollens, Valais. Noms de nombreux tor- 
rents aux eaux boueuses, de localités, de pâturages au sol fan- 
geux. Le nom est ancien : un Merdasson, ruisseau à Vevey, 1229, 
un Merdasum à Pully, 1226, Mardascon à Boudry, i346. De la 
même famille, glacier et torrent de Merdéré, vallée d'Héré- 
mence, Valais, et Merdisel, ham. et bois à Satigny. Cette déno- 
mination était déjà employée, comme la racine, à l'époque ro- 
maine. Holder cite un rivas Merdero. 

Méribé, pâturage, vallée d'Hérémence, Valais, Miriber, 1278, 
Miribel, 1277, i448, M. R., 1677, Furrer. Un autre Miribel 
alpes de Lens, i449 ; Méribé, loc. à Chalais ; de mirer, regar- 
der, et bely ou en patois meri et bé ; pâturage d où Ton a une 
belle vue ; miribel et mirebeau s'emploient comme n. communs 
dans le Jura pour désigner de beaux points de vue. 

Mérieux, voir Miriau, 

Les Mérils, ou Méris, pentes rapides an-dessus et au N. de 
Château-d'Œx ; probablement aussi du même verbe meri, regar- 
der ; on y jouit d'une belle vue sur la vallée. 

Les Merlas ou Merlaz, pâturages de Gruyère, la Merlaz, pâ- 
turage au Chasseron. Ce nom de Merla se retrouve 4 fois dans 
diverses vallées des Grisons et 2 fois à Saint-Gall. Palliopi (Dict. 
romanche) dérive las merlas d'un mot celtique, meryl, marais. 
Nos Merlas de Gruyère pourraient dériver de ce même mot. 
D'autre part, M. Isabel nous écrit que lé merlà, s. f. pi., désigne 
les fleurs de la renoncule des ruisseaux qui couvre souvent de 
grands espaces dans les leux humides des Alpes. Ce nom patois, 
qui se retrouve en Savoie, d'après le botaniste D>* Chabert, vient 
sans doute du même mot celtique. 

JMerlinges, ham. de Meinier^ Genève, Merlingium, i3o4, 
Marlingie, i3i8, M. G. XIV et XVIII, 26, correspondant de 
l'ail. Merliffen {Berné) = chez les descendants de Mario ^ n. pr. 
germain. 



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272 MERMETS — MEYRIEZ 

Les Mermets, ham. de Bourriguon, D. Porrentruy ; du n. pr. 
Mer met ^ petit, prénom fréquent autrefois. 

Le Méruet, alpe de Bex ; probablement autre dérivé de meri, 
regarder ; voir plus haut Méribé et Mérils. 

Mepvelîer, D. Delémont, Berne, ail. Morswiler, Morsivilre, 
lïSl^t MorsioilPy i325 = villare, villag-e de MorsOy n. pr. ger- 
main. Fôrstm., 986. 

Messayre, la Vy — à Ormont-dcssus ; chemin conduisant à 
Vers TEglise ; de messe, chemin suivi pour aller à la messe, mot 
fourni par M. Isabel. 

Métail, carte Dufour, Métaly Siegfried, ou Métallj alpe d'Hé- 
rémence, Mectal, i456 ; le c peut être parasite comme dans Joc- 
tens, voir Jouxtens; peut-être alpe du milieu, de medietalis, 
comme Meitrcilaz aux Ormonts. 

Meudon, ham. des Verrières, Neuch., entre celles-ci et les Ver- 
rières de Joux. Probablement, comme le Meudon près Paris qui 
vient, d'après le Dict. de Grégoire, de Metiosedum, nom d'origine 
gauloise, comme Mediolanum (Milan), Mediomatricum, etc., du 
gaulois mediOy milieu, et d'une autre racine indéterminée sedum, 
donc localité au milieu entre deux autres. 

Meure, En la — , loc. à Cartigny, Genève ; prob. de meure, 
patois, mûre de ronces. 

Meuringue, métairie, montagne de Cormoret, Jura bernois, 
propriété de Môrigen, près le lac de Bienne ; pour Torigine, voir 
Morens, 

Mex, lO D, Cossonaj, Mais, ii47i 54, Cart. Month., Maiz, 
1 177, May, 1871, 1887 ; a» village près Saint-Maurice, Mez, i338, 
MeySy 1842 ; 8® les Mex sur le Sépey, D. Aigle, Mes, Mez, Metz, 
1882 ; V. fr. mes, s. m., du bas latin mansum (mesure de terre 
jugée nécessaire pour faire vivre un homme et sa famille), devenu 
massum déjà au xiii« s., en 1282 : medietate albergi seu massi 
sui, M. G. XIV, 4i6. De là un mcis de terre, les Maix ou Meis 
du Jura, les diminutifs Mazot, Mazel, voir ce mot. 

Meypiez ou Meyrler, D. Lac, Frib. (prononcé Meyri), Meria- 
cum, 1162, Mirie, 1226, Merrie, 1228, M. R. VI, 882, i4» Me^ 



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MBYRIN — MÉZIÈRES 273 

rye^ 1239, 1289, Meiriacurriy i255, Wûrstbg"., 200, Meyrie, 
XV s. y al]. Merlachy « de Miliriacum, connu comme nom de lieu 
par les chartes des viii* et x* s. » (Stadelmann). 

Meyrin, C. Genève, Mairin^ 1162, MairinSy ii53, Mayrins^ 
1260, MeyrinSy i3o5, i344, M. G. XIV et IX, Moyrens^ 1462, 
Galîflfe, J. A. I^ 483 = chez les descendants d'un Meyer ou Ma* 
jor comme Meiringen^ Berne. Les MeyrinSy les granges deMey- 
rinsy étaient au xy« s. le nom des rives du Rhône à Genève entre 
la Fusterie et Bel-Air ; rien que des granges dans le recensement 
de 1475. 

Mézel, Pont du Mézel ou Mézé à Aigle ; rue du Grand Mézel à 
Genève ; quartier du Vieux Mazel à Vevey ; du latin macellum, 
V. fr. maiself patois mazé, mésel, boucherie. 

Mézeriez, ham. près Salins, D. Sion, Valais, Miserie^ 121 1 et 
i3o7, Misyrie, 1260, Meiserie^ 1261, Miseris, 1260, Miserier, 
i33o, etc. ; de {fundum) Miseriacunij domaine d'un Miserius, 
gentilice romain ; voir aussi Misery. 

Mézepy, D. Lausanne, villa Masiriaco^ 928, M. R. VI, Ma- 
êiriacunif loio, Wam. de Masiriei, 1180, M. R. V, Masiriey 
1188, 1220, MaisiriSy 1227, M. R. VI, 23o, Maixiriex^ xiii* s., 
MeysirieZy i357, etc., et un autre D. Yverdon, Maiserie^ 1224, 
Maysiriez et Maisery^ xiii» et xrv« s. ; de {fundum) Masiria- 
euniy domaine d'un MtxsiriuSy autre forme du gentilice Macirius^ 
Holder, II, 367. 

Mézières, D. Oron, Vaud, MaiseriiSy ii5o, Maseres, 1161, 
Maseriisy 1170, Masieres, 1177, Maisieres^ 1180, M. R. VI, ii6, 
MasiriCy ii84, M. R. XII; Maceriis, 1186, Hidber, II (qui le 
rapporte par erreur à Mézery), Messeretes^ 1228, M. R. VI, May^ 
seres, 1290, MayseriiSy 1292 ; un autre D. Glane, Frib., Masie- 
reSy xii« s., MaiêereSy 1228, MassereSj Maissiere^ 1261, 
V^Orstbg., MexiereSy i453 ; du latin maceria (un Petrus de 
Maceriay 1167, Furrer, III, 39); v. fr. maisière, muraille, puis 
maison. De la même racine dérivent encore en Masire, loc. à 
Epauteires, D. Echallens, nombreuses ruines romaines, et Mazé- 
riaz, majens, vallée de Bagnes, Mazerettaz, loc. à Sion, diminutif. 

M. D. SBC. S^RIE, TOME VII iS-> j 

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274 MIDDES — MIES 

Middes, D. Glane, Frib., Mildes^ gSo, Hidber, I, aao, qui le 
rapporte avec doute à Moudon, Middes, xii* s., Donat. Haut., et 
1228, F. B. H, MideSy 1211, i3oi, etc., Mildes, i244> 45^ F. R. 
II, Mydes vers 1260 (M. R. VI, p. 260, Migdes) et i33i, M. R. 
VII, io3, etc. Eu 766 Ayrvenus donne à Matulphus, chef du 
chœur de Melve, Meldensis (un des cinq chœurs de la psalmodie 
perpétuelle établie à Saint^-Maurice) et à ses successeurs, soit aux 
religieux de Saint-Maurice, une terre allodiale située à Tomy su- 
périeur, aujourd'hui Torny-Pittet « in agro quorum vocabulum 
est Taurniaco superiore » Hist. Mon. patr. chart. II, 2. En 960, 
les religieux de Saint-Maurice concèdent des terres à MildeSy ib., 
p. 43. Déjà en 930 nous voyons apparaître ce nom de Mildes. 
C'est évidemment le nom que reçut l'alleu mentionné ci-dessus, 
après qu'il fut devenu la propriété de Matulphus Meldensis. 

Miécourt, D. Porrentruy, ail. Mieschdor/y Miesdorf^ Tr. III ; 
Cartem mietiam, 866, que le Dict. géog. suisse d'Attinger rap- 
porte par erreur à Courtematche ; Miecurt^ 11 36, Myecorthy 
1175, Miecorthy 12 18, etc. ; de Mietiam corteniy ferme de 
MietOy n. pr. germain, que Fôrstm. donne pour l'année 792. En 
II 29, un notaire, ne comprenant plus ce nom, a essayé de le 
rendre en latin par Meticuria, L'étymologie d'Attinger, qui le 
dérive de mies y forme dialectale de moos, marais, village maré- 
cageux, est contredite par la forme primitive ; d'ailleurs court ne 
s'ajoute qu'à des noms d'homme. 

Miège, D. Sierre, Valais, ail. Miesen, Myeyoty 1200*, MieiOy 
1226, MiejOy Miegioy 1228, MyeiOy i238,MyeJ0y 1280^ Myaiat, 
i38o*, MyegOy i4oo, MyejoZy i444> MiezoZy i554, i558, la 
Miège, pâturage à Courtelary ; probablement formes diphtonguées 
de l'adj. v. fr. mègey voir l'article suivant. 

Mîes ou Myes, D. Nyon ; Miex (pron. Mt), ham. de Vouvry, 
Valais, MieZy xiii« s. ; My ou Mye, Son My (sommet de My) et 

* Comment concilier les règles de Taccent avec ces orthog^raphes ? Il faut ad- 
mette, ou que l'accent s'est déplace, chose peu probable, ou que les finales ot, 
at étaient atones, comme ozy ae, et, et souvent y, ou encore que ce sont là de 
simples fantaisies de copistes. Voir aussi Musot. 



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MIETTES — MILLON 275 

Mie ou Miet, diminatif, alpes de Conthej ; es Myes, loc. à Lej- 
tron ; Mayen dou Mié à Evolène ; les Myeyes ou Meyea, loc. à 
Bramois ; de l'adj. v. fr. mi^ mège, en romanche miez, milieu» 
Piz Miez, qui est à la moitié, au milieu de. Mj est à mi-hauteur 
entre Conthey et Talpe ; Miet entre a parois de rochers ; Myei 
entre Coppet et Versoix ; Miex entre Vouvry et l'alpe ; Mièg« entre 
Salgetsch et Sierre, localités plus anciennes et plus importantes. 
Studer dérive le Mies vaudois de mansus, ce qui est impossible, 
mansus donnant mas, mais ou mex. 

Es Miettes, loc. à Novalles, D. Grandson, dim. ; voir l'article 
précédent. 

Miéville, voir Miville. 

Myoux, chalets sur Montreux, Combe de — , Neuchàtel, Com- 
bate de Myezour^ liii, Miez Jours, i354, 1872, Miejour, 1873, 
MyejouXy iSSo^ au milieu de la joux, de la forêt. 

Milandre, 2 fermes et anc. château, D. Porrentruy, Milande, 
My lande, Mylant, Melan dans les chartes du moyen âge ; ori- 
gine inconnue. 

Milavy, m. à Saint^Légier, route de La Tour, et à Avenches, 
chemin de Domdidier ; Mivis pour Mivy, nu à Avry sur Matran ; 
Mivy, m. à Chardonne, route de Chexbres ; de vy, voie, route, 
et mi, milieu = à mi-chemin. 

Minière, loc., champs à Colombey, CoUonge, Vionnaz, à Vé- 
troz et à Granges, Valais, eys Millieres à Tourtemagne, i333, v. 
fr. miliere, champs où Ton cultivait jadis le millet, de milium, 
nom correspondant des Panissière du C. de Vaud. 

Millon, Crète et Tète de — , arête et sommet sur Zinal, vall. 
d'Anniviers ; paratt être le v. fr. million, débris, patois mellhon, 
millon, que Bridel définit moellon, débris de mur, fragments de 
pierre brisée : à cause de Tarète et du sommet faits de blocs entas- 
sés. Pour M. Bonnard (in litt.), le mot patois n'est pas le même 
que moellon dont l'origine est inconnue. Pour nous, mellhon est 
dérivé de mell, meilhy grain de mil, latin milium, auquel appar- 
tient le verbe patois emellua, réduire en menus fragments (que 

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276 HILLY — MISEREZ 

Bridel dérive par erreur de mille), mellhon = menus débris, plâ- 
tras. 

Milly, écart de Gentfaod, Genève ; sans doute un (fundum) 
Miliacum, domaine d'un Maelius, gentilice romain, comme les 
Meilhac^ Meillac, Meilly, Milbac et Milly de France (d'Arbois de 
Jubain ville). 

Mimorey, ham. près Coinsins, D. Nyon, Memoreiy 121a, Mi- 
moreif i2i3, Mimoreis, 1219, Memorey, 1221^^ Mie more f i235, 
Miemoreij 1288, M. R. XII ; en Memorey(ay), prés et bois à Co- 
lombey ; de mi, au milieu, et moretum, roncier, de morum, mû- 
ron, fruit des ronces^ et la ronce elle-même^ soit localité au milieu 
des ronces. 

Miolan, ham. de Vandœuvres, Genève, Miolans, xiii« s., Cart. 
Laus., M. R. VI, 624, Myolens, i3oi, M. G. XIV, 458. C'^t 
aussi le nom d'une localité de la Savoie : G. de Miolano, 11 8g, 
Nant. de Myolanis, 12 14, ('art. Haut-Crét, M. R. XII, 62, N. de 
Miolan, 1218, F. B. II, Moylans, 1224, M. R. XXIX ; celui-ci est 
dérivé dans les M. Savoie de Medullanum, Castrum MeduUorum, 
de Medulles, ancien peuple de la Maurienne. Peut-être l'un et 
l'autre viennent-ils, comme Milan, Meilen, (Zurich), Moylans, en 
Belgique, de Mediolanum, du gtiulois medio, milieu, et lanon, 
plaine, nom d'une 12® au moins de villes en Gaule, Bretagne et 
Germanie. 

La Mionnaz, ruisseau, D. Oron = la grondeuse ; du verbe pa- 
tois mionnà, gronder, ennuyer de ses plaintes, v. fr. mionnePy 
chanter, fredonner. 

Miriau, bois à Giez, D. Grandson, Mériez, loc. sur Aven, Va- 
lais ; Mérieux à Noville, es Mouriaux, crêt et chalet à Chàteau- 
d'Œx, le composé Montmirail, Neuchàtel ; de miriau, forme pa- 
toise du V. fr. mirial ou mirait, miroir, endroit d'où l'on a une 
belle vue ; la forme moderne dans le Six du Miroir à Mage, au 
Miroir, ham. des Monts de Lutry, loc. à Vallorbe ; voir aussi 
Muriaux, Mérils, etc. 

Miserez, ham. de Charmoille, D. Porrentruy, Miserey, 1177, 
Misère, 12 18, Miserach, 1287, et Misery, D. Lac, Frib., Mise- 



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MISSION — MODZENAIRE 277 

rie, xu« s., ia43, F. B. II, 243, et iSoi, Rec. dipl. II, 8, Misi- 
riez, i4o6, Rec. dipl. VI, en ail. Misrach, i449» Arch. Fr. V, 
4i8 = (/undum) Miseriacum, domaine d'un Miser ius, gentilice 
romain, comme les quatre Miserj de France, Holder, II, 58a. 

Mission, ham. d'Ajer, vall. d'Anniviers. Une tradition locale 
rapportée par Bridel veut que ce nom lui vienne des missionnaires 
qui convertirent les Anniviards au christianisme, Nous paratt plu- 
tôt venir de Messio, dérivé en io du gentilice Messius, ou de 
Missio, de Missius pour Mussius, qui a donné Missy ; voir ci- 
dessous. D*Arbois de Jubainville cite un grand nombre de dérivés 
en io de gentilices en ius ; voir dans ce volume Courson, Grand- 
son, Marsillon, Valeoçon, etc. 

Missy, D. Pajerne^ ail. Missach, Missiacum, ii48, ii83, 
Missy e, 1260, Missie, 134», 1399, Arch. Fr. V, Missi in Viilie, 
1263, Wûrstbg., = (/undum) Missiacum pour Mussiacum, do- 
maine d'un Mussius, g^entilice romain. De Vil, iV. Les Archives 
frib., I, 376, donnent Mussiacum, mais l'original a Missiacum 
d'après Hidber, II, LXIII. 

Miville ou Miéville, ham. d'Ëvionnaz^ Valais, et de la Sagne, 
Neuch. ; Mievilla, loc. à Lens, Valais ; Mivellaz à Gryon, Mor- 
ges, Ecublens, Mivelaz à Puidoux, Rennaz ; un Mievila à Ëjsins, 
1236 ; du latin média villa, à moitié chemin entre deux villas, 
deux localités voisines. 

Mocausaz, grand pâturage de Rougemont, aujourd'hui la 
Verda ; Moscausa dans l'acte de fondation du prieuré de Rouge- 
mont, Il 55, M. R. IX, 10. D'après Gatschet, Hiselj, de mucosus, 
muqueux, sale ; et le Dict. géog. Attinger, de moca, morve. Mais 
la présence de 1'^ dans la forme originale montre que ce nom vient 
de muscosa (prata), prairie moussue. Ce pâturage, très humide^ 
renferme au milieu un vaste marais^ lac temporaire, ou abonde en 
effet la mousse. 

Modzenaire, pâturage sur Chaude, alpes de Villeneuve (et ail- 
leurs) : pâturage des veaux, des modzons, dim. de modja, génisse, 
V. fr. moge. Ce mot se trouve dans le latin des chartes : « sex 
mojonos, unam mogiam, i446» Archives de Vantérj à Monthey. 

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278 MOFLON — MOIRY 

Le Moflon, ruisseau à Oron = le mau, mauvais ^on, du latm 
malumjlumen. 

Moelle, Moîes, voir Mouellé, Maya. 

Moille ou Mollie, nom très fréquent surtout Jura et Gruyère 
(une 6o«), Mouille (26), les collectifs Molliaires, MoUeyres, es 
Mollueyres à Liddes vers 1720, Molllex, Mon tricher, la Moillure 
à Saxon, et les diminutifs au Moillon (Mojon) à Semsales, au 
MolUon, Oron-le-Cbâtel, Mollettes et MoUiets à Vaulruz, Moil- 
lettes ou Molliettes{az), une i2«, MoUiau à Tolochenaz, Mollien- 
ebes à Châtillens et Démoret, MoUlasson à Carouge, Mouillet à 
Goumois, Mouillesse, Mouillesson à Sainte-Croix, Praz Molley 
à Pâquier-Frib., es Mouilleuses, adj., à Laconnex-Genève. Noms 
désignant des terrains humides ; le primitif, substantif verbal du 
verbe mouiller, dérivé du latin mollis, mou. On dit de même 
molle en Dauphiné. 

Moillesulaz, ham. de Chêne, Genève, Molliez solaz, xiii* s., 
M, G. XIV, 3o4, Molhisola, xiv« s., Moillesole, i4o9> M. G. 
XXt ; Moille Sulaz à Sullens, D. Cossopaj ; Mollle-Saulaz, loc. 
k Corsier et Saint-Légier, D. Vevej, Villeneuve et Payerne = 
mouility terrain humide, parsemé de saules. (Blavignac dans M. 
G. faisait du premier une meule seule, solitaire.) 

Moinsel, loc., ancien fief noble, près Arzier, D. Nyon. On 
trouve au xiii« s. Willelm, de Moncel, vers 1200, qui cède à Bon- 
mont ses droits sur les Amburnex (Bronay), Hidber, II, 4^1, 
/. de Monsez, témoin d*une enquête au sujet de Téglise de Vich, 
i2o5, M. G. XIV ; /. de Monseiz dans une charte de 121 1, M. 
B. XU, 60 ; Joh, de Monsel, donzel, témoin d'une contestation 
entre Gimei et Bonraont, 1299. Ces différents noms de chartes 
vieil Dent évidemment de monticellum. Cela n'explique pas le i de 
MoÎDsel, mais il n'y a pas dans la contrée d'autre localité qui 
pourrait correspondre à ces noms. 

Moîry, D. Cossonay, villa MauriacOy xi« s., M. G. XIV, Mo- 
riacot xi® s., M. R. III, 474» Moriei, loii, Moiriacum, 1049» 
Moirie, 1219, 1228, Moérier, 1264, Moyriey 1269, Moirey^ 
iSaS, Matile, Muerye, i345, et Muerier, i368, M. R. XXVIII, 



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MOIRY — MOLENDRUZ 279 

etc. = (fundum) Maariacum, domaine d'un Maurias^ gentilice 
romain, dérivé du surnom Maurus, C'est à Moirj qu'il faut pla- 
cer la villa Mauriaco, charte du xi® s., citée p. 14I9 820, vol. 
XXVII des M. R. que M. de Charrière place à Mauraz. Mauria- 
cum ne saurait donner Mauraz dont la seconde syllabe est atone. 

Moiry ou Moiré, alpe et glacier, vallée d'Anniviers. 

La Molanchière, loc. à Noville ; la Molenchère à Penthéréaz, 
la Maloncheire à Lessoc, les Maianchières à Château-d'Œx, la 
Molonchire, m. à Broc, Gruyère, es Mulenckieres, i493. En pa- 
tois molan = tas de pierres amoncelées dont on a débarrassé un 
terrain. On pourrait supposer une forme féminine * molanche^ 
comme palanche de palan ; ce serait alors, avec le suffixe adj. ière 
le terrain parsemé de molans, de tas de pierres. 

Molanson oa Montlaçon, près Béguins, Vaud, MonslatianuSy 
1164» Monslacianas, 1302, M. R. V, 2i4, 220, gr. de Montela' 
cinnoy 1802, Moleyczans^ 1498, M. R. XXXIV, 4if ^k^Mollan" 
son ou Molanson, iSgG ; de mons Latio, dérivé en io de Latius 
ou LattiuSy gentilice assez rare connu par deux inscriptions. 
Quant à la forme Latianus, forme adjective dérivée du même gen- 
tilice, c'est la traduction latine de Montlaçon : Monslatianus don- 
nerait Montlaçan. 

Molard ou Mollard, nombreuses localités sur des collines, à la 
Côte et ailleurs ; du bas latin molare, dérivé de moles^ grande 
masse, levée de terre, éminence. Désigne parfois le château bâti 
sur la colline, ainsi « le molar de Jonolier, le molar d'Aubonne ¥ 
(château du coseigneur). Le d actuel de molard est parasite, 
comme celui de châtelard, de castellare, suite d'une confusion 
avec le suffixe germanique ard ; les anciens textes jusqu'au xv« s. 
écrivent toujours molar ou mola : le Mollard à Vionnaz, au 
Mola, 1775, Mealay 1728 ; aussi n. commun pour tas de pierres. 
On trouve la forme diphtonguée miolard : à Vionnaz, es Miollaz, 
dans les pierriers du torrent de la Gre£Faz, les Miola^ ^ll^y ^^ 
miolard, au murgier alias au miollard, 1728. 

Molendruz, col et pâturage du Jura, D. Cossonaj, Mont-Len^ 
drus, i6i4- 



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280 MOLÉSON ~ MOLLENS 

Moléson, pâturage et sommet de Gruyère, Moleisarij 1228, 
Moleson, 1287, M. R. VI, 216, Moleyson, 1287, 1247, Moleson^ 
1807, MollesoTiy i8ig, « la véritable étymologie, dit Studer, co- 
piant Gatschet, est morts lacticiniae^ mont où l'on prépare les 
produits du lait. » Nous ignorons par quel tour de force on pour- 
rait ramener ces deux mots à Moléson. Pour Bridel, c'est moles 
summa^ mont le plus haut : satisfaisant pour le sens, seulement 
moles est fém. et le mot est masc. M. Bonnard nous fournit Téty- 
moiogie probable : c du v. fr. moloise^ s. f., xv« s., prairie hu- 
mide ; on dit encore moloise dans ce sens dans le Morvan, le Ni- 
vernais et la Bourgogne. ¥ Or les pâturages du Moléson sont 
riches en ruisseaux, en sources, en places très humides ; il y a 
même une alpe qui s'appelle les Marais ; ce serait donc un dimi- 
nutif masc. moleise-on. 

Molière, Tour de la — , prèsMurist, D. Broyé, Mollerie^ 1476 ; 
Molleyros à Vucherens et Corcelles-le-Jorat ; MoUeyre, ham. 
d*Avry et m. à Middes ; la Molaire, ham. du Châtelard, Fribourg, 
les Moleres, ham. de Saint-Martin, D. Veveyse ; de molière, adj. 
= meulière, carrière de meules de moulin. 

Molignon (Moulignon), ham. près Sion, Mulignun, 1208, 
1367, Molignun^ Murignurij 1266, Milignun^ 1269 ; dérivé pro- 
bable de moUnum, moulin. 

Mollenchires, loc, plaine de Chavornay ; Mollienchires à 
Yuadfîns, Mollonchire à Broc ; sans doute dérivés collectifs de 
mollienches, voir Moille. 

Molleas, D. Aubonne, Morlens, 1189, M. R. III, 58i, 1167, 
H77, 125-], MollenSf Mollingesj 1228, M. R. VI, et Morlens, 
D, Giâne, Frib., MortingiSj 996, Morlens, un, M. R. lll, Mol- 
lenSf 1179, Hidber, II, 1278, M. R. XII et i458 = chez les des- 
cendanU de MorilOy n. pr. germain, racine onomastique Maur, 
Quant à Mollens, D. Sierre, Valais, Moulin^ carte Dufour et 
Diet. Ltitz, Molaerty 1260, Aymon de Moleing, 1286, M. R. 
XXIX et XXX, Moleyrif 1800, Zimmerli, Moloeyng, i3i6, Mo^ 
loyn, iZl\2, Molen, i437, i448, Mollens, 1671, il nous paraît 
avoir uoe autre origine. Dans un acte de 1221, un chevalier Wil- 



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MOLONDIN — MONÉAZ 281 

lerme de Sierre donne un cens dû par Uldric d'Anset et Michel de 
MolendinOy le premier lieu est Anchette sur Sierre et le second 
doit être Moulin ou Mollen» qui en est voisin ; dans un autre acte 
où interviennent des gens de la même région, de Sierre, de Yen* 
ihone, apparatt un Willelmus de il/o/^nc/i no, 1226, encore en 1439 
Joh. de MolendinOy acte cité par Zimmerli ; donc ce MoUens 
vient de molendinam^ moulin, et Moulin est la véritable ortho- 
graphe. 

Molondin, D. Yverdon, Mollendens^ i38o, Molandens^ i437. 
Gatschet, rapprochant ce nom de celui de Borcardus de Molendi- 
nis, ia84« Tr. II, 894» dérive Molondin de mo/^ncfmum, moulin. 
Cependant la terminaison ens des deux formes authentiques laisse 
quelque doute. 

Momaing ou Moming, sommet au S. de Zinal, vallée d*Anni- 
viers. Valais, probablement pour Mont-Maing ; de montem ma- 
gnuniy grand mont, même origine pour les Rochers de Momin, 
sur Talpe de Louvîe de Bagnes. 

La Monderèche, ruisseau à Sierre, Monderesse à Miège, 
aquam de la Mugneressy, 1887, torrentem de la Munderessy^ 
i44i> M. R. XXXIY, XXXV, le même que la Mugneresse à 
Saint-Maurice de Laques = monneresse, meunière, bief de mou- 
lin, permutation n-d, comme colonne-colonde. 

Mondillon, crét à Mollens, D. Aubonne, et Mondion, pâturage 
sur Bassins, avec chalet sur un petit crét arrondi = petit mont. 
Un Montiun dans les terres d'Ebal de Mont en 1287, Montion, 
1287, '^46, Cart. Oujon, M. R. XII. 

Mondralesse, alpe de Lens, Valais, Mundralessy , 1260, Mon- 
drelessij i4i8. 

Monéaz, ham. de Palézieux, et Mouniaz, bois voisin, Moneta^ 
II 55, Monea, 1274; Monnaye, loc. Bas Vullj, au bord de la 
Broyé, Frib. ; Moniaz, ham. de Jussy, Genève, Mania, 1261, M. 
G. XIV ; Mounéaz (ou Monayaz), m. à Vétroz, Valais ; en la 
Mouniaz à Noville, vers l'Eau froide ; la Monnaye, ruiss. à Saint- 
Martin d*Hérens ; Monnaya(z) ou Monnaie, patois Monnya, loc. 
vallée de la Dranse, près Sembrancher, Valais ; une Monea, affi. 



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282 MONGOBERT — MONNAZ 

de la Thièle près Champion, i3o3, et an vicuro, casale de Mo» 
neta près Payerne^ Cart Laus., M. R. VI, 3io. De Tanc. fr. /no- 
nee, s. f., du latin molinatay moulin. Qaant aux Moneta des 
chartes à Palézienx et Pajerne, ce sont de fausses traductions du 
V. fr. moneCy de même que Tall. Mûnzgraben^ cancJ de Monnaje 
qui aboutit en face des m. de Monnaye, Bas Vully. 

Mongobert, le Sez de — à Massongex et Mongebert, Mongi- 
berty 1696, loc. à Monthey := mont de Gobert, Gusbert, Gaus- 
bert, n. pr. germain ; un Gausbert était évèque de Sion en 1093. 

Monlési (ou lézi), m. sur Boveresse, Neuch. ; nom formé de 
deux mots patois, mon lési = mon loisir, donné au xyiii® s. par 
un propriétaire à ce domaine appelé antérieurement La Louya. 
Matile, Musée hist., II, 69. 

Monnat, ham. de Seleute sur un ruisseau, ferme à Verme, 
combe de Monnat à Saint-Ursanne, Combe Monnay à Roche 
d'Or ; Bois de Monin à Chévenez ; Combe es Monin à Saulcy, 
ruiss. et moulin ; en Monnin, vers le ruisseau à Corban ; C6te 
es Monnins, au-dessus du ruisseau à Roche d*Or ; Bois es Mon- 
nin à Tramelan. Monnat (at = et) et Monnay = meunier. Quant 
à Monin, Monnin, c'est sans doute moulin déformé sous l'in- 
fluence de monnay ; peut-être aussi le nom de famille Monnin, 
une famille Monnin au Landeron éteinte en 1760. 

Monnaux ou Monod, 2 ham. à Mollens et Montricher, sur le 
Yeyron ; le Monaud-d'Enhaut, sur le ruisseau à Puidoux ; pour 
monneau, du v. fr. molinel^ petit moulin. 

Les Monnayres, loc. à Château-d'Œx, Mugneries, i436, jadis 
moulins dés longtemps disparus ; es Monneyres à Blonay, la 
Mouneyre, Conthey, ruiss. des Monéires à Salvan, es Monne- 
resses, ham. de Prez, Mounerèche à Mage, Valais, comme les 
monneresses d'Aigle, meunières, pian de 17 18, de Vevey, de Sal- 
van, synonymes de meunière ou bief de moulin. 

Monnaz, D. Morges, Mona^ Monna^ i2i3, Muna, 1221-1237, 
M. R. VI, Monnaz, i453 ; le Gart. de Haut-Crèt, M. R. XII, 71, 
parle d'une terre de Muna à Mossel ou environs, i245. Probable- 



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MONNENS — MONTAGNY 283 

ment des (uilla) Mona ou Monna, ferme d*un Monus ou Mon" 
nus. Holder, II, 625» 27. 

Jubainville (505-508), cite un certain nombre de cognomina employés 
ainsi au f. sing. : Cupita, Romula^ Urbana, sous-entendu villa, domus, 
ferme, maison de Gupitus, Romulus^ Urbanus. 

Monnens, voir Mugnens. 

Au Monnet, m. à Puidouz sur la Sallanche ; probablement le 
même mot que Momet entre Landeron et Neuvoville, Mulnet et 
Mornet, ii85y 1321, Mornet^ 1265, Matile, Morney, 1692, 
Amiet ; de moUnetunty moulin. 

MonniZy ham. près NeuchÂtel, MonruZy 1220, MorruXy 1874 
(de Chambrier, 22), Montrât, MonruXy itfiij Molrupz, Molrup, 
i485, M. N. XLIy Monrupt 1626 (Jeunet). D'après l'orthographe 
primitive s mont du ruz, du ruisseau ; par contre Monrup signi- 
fierait montent ruptum, mont brisé, rompu, à cause de la cou- 
pure que présente la montagne. La première étjmologie nous pa- 
raît la plus probable. 

Monsieur, Maison — , au bord du Doubs, NeuchÂtel ; jadis 
péage construit par Monsieur de Valengin, comte René de Chal- 
lant, en i545. 

Monta, La — , ham. val d*Hérens, la Munta^ 1267 ; la Mon- 
teau, atlas Siegfried, ou le Montoz^ Lutz, ham. de Bagnes ; la 
Monteau, râpes à Vionnaz ; en la Montau à Troistorrents ; subst. 
verbal de monter, provençal monta ; le chemin offre une forte 
rampe dans les deux localités. 

Montagibert) faubourg à Lausanne, Monte Girbert, i238, M. 
R. VI, 663, Montegiber, i475. Serait-ce le Mons Gusberti de 
ii4o que le Dict. hist. Yaud identifie avec le Chalet-à-Gobet ; voir 
ce mot. Le texte de 1288 = mont de Gerbert, n. pr. connu. 

Montagnon, ham. de Leytron, Valais^ Montagnun, 1284» M. 
^, XXKy Montagnon, 1262 et 1291, Wûrstbg. ; diminutif de 
montagne. 

Montagny^ D. Yverdon, Montaniacum, 11 58, Montagniei^ 
1174, Cart. Month. ; ham. de Lutry et de Corsier, m. à Villette ; 
2 comm. D. Broyé, Fribourg, Montaniacum, 1180, Matile, et 



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284 MONTAIGRE — MONTAUBION 

1260, Montagnye, i3ii ^ Montaigniez, i368y Matile ; ham. de 
Mont-Rolle, Montagniacus curtis, 1009, Rég. gen. , Montagnie^ 
ia84 ; Montagnier, ham. de Bag^nes, Valais, Montagnye, 1290 ; 
Montagniey territoire près Apples, 1381 = (fundam) Montania" 
cunif domaine d'un MonianiuSy gentilice romain qui, d'après Ju- 
bain vil léf a donné le nom de plus d'une ioo« de communes de 
Fraoce, dont 27 Montagny et 87 Montigny. 

Montaigre, sommet du Jura de Porrentruy ; de montem acrem^ 
moût aij^u, escarpé, synonyme d'Aig'remont. 

Montaigu, sommets du Jura à Soulce et Souboz ; de montem 
actitam, n'a pas besoin d'interprétation. 

Montalban, ham. de Semsales, Montauban à Grandson et 
Constantine = Montem Albanum^ mont d'Albain, n. pr. 

Montalchez, D. Boudry, Neuch., MontallichieZy i34o, Mon^ 
talechiez, 1398, Montalleschiez^ i432, Montaleschiez, 1487. 
Origine douteuse : de mont et alSy aux, chieZj cases, maison ? 

Afonlalègre, ham. de Colog^ny, Genève = mont et allègre, gai. 

Montalin, crét isolé à Courfaivre, D. Delémont ; de montai = 
moDtel, et suff. dim. in = très petit mont. 

Montana, D. Sierre, même forme dès 1249 =^ (villa) mon-- 
tanUf ferme de montagne. 

Montaneyres, loc. à Uennens, adj. patois = (terres) monta- 
gTieusefi. 

MonUiadrey, ham. de Villars-le-Terroir, Montandre, 12 18, 
M. R. XII, au xii« s., terra Sancti Andreae = Mont (de saint) 
Andrt^. 

Moulant, écart d'Arzier, D. Nyon ; fausse orth. des cartes 
comme le montrent Montens, i244> 1261, 1444» MonteinSj i244i 
ia46, Cart. Oujon, M. R. XII = chez les descendants de Munt, 
MnndOf n. pr. germ. Fôrstm., 940. 

Montaubion, D. Moudon, Montalbium^ 1223, Montoubyon, 
XIII* s., et Monte Albeonisy Albionis vers i23o, Cart. Laus. M. 
R. VI, i55, 187, et VU, 37. D'après cette dernière forme, où le 
déterminatif est au génitif = Mont d'Albion^ n. pr. latin, « no- 
men virile. >► De Vit, I, p. 197. 



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MONTAVAUX — MONTBOVON 285 

MontavauXy ham. d'Orges, D. Grandson, loc. k Dombresson et 
ailleurs ; de mont et avaux, en aval. 

Montavon, ham. de Boécourt et m. à Reclère» D. Porrentruy, 
Berne, Montaariy i33o. 

Montbautiery ham. à Saicoart, D. Moutier, Berne ; probable- 
ment mont et n. pr. germain Balder ou Balter^ mont de Balter. 
Montbelley, 2 ham. à Tornj-le-Grand, D. GlAne, Fribourg. 
Montbeney, villa et domaine. Mont sur Rolle, Monte bene* 
dictOf ia84; tire son nom de l'abbaye de Montbenoît en Bour- 
gogne qui y possédait des dtmes en i i4i* 

Montbenon à Lausanne, MonbennoUy i^ii^ Montbenun^ ia38, 
M. R. VI, 597, 661, Mombennon, 1269, Montbenon^ i533, M. 
R, VII ; un autre, petite colline de prairies, à Vailorbe ; = Mont 
de BennOy n. pr. germain connu. On trouve aussi des champs 
Bennon: campum Bennonis vers 11 70, à Lussj, Frib., Donat. 
Haut., u9 129. 

Montblesson, ham. de Lausanne ; mont et blesson, fruit du 
poirier sauvage et le poirier lui-même, abondant dans ces contrées. 
Montborget, D. Broje, Fribourg, — ham. de Blessens et de 
La Joux, D. GlAne, Fribourg ; ham. de Giez, D. Grandson ; mont 
et borgelf borgely dim. de bourg = petit bourg sur un mont. Le 
P. Dellion, Dict. VII, 542, traduit le premier par « malum bur- 
gum » (burgellum), comme Mauborget, Vaud, mais il ne donne 
pas de forme ancienne justifiant cette interprétation. 

Montbovet (ou Montbovat), ham. de Montfaucon, D. Franches- 
Montagnes, Berne, Montem boveti^ 1210, Monibova^ i436 ; de 
bovet, jeune bœuf. 

Montbovon, D. Gruyère, Fribourg, décima de MontebouoniSy 
1255, Montis bovoniSy 1294, M. R. XXII, 43o, 44 ii Monbovom^ 
i365, d'après Studer, Mons bovum^ Mons bovariorum^ sans 
indication d'origine ; ail. Bœmberg, 1492 = mont des bœufs ou 
des bouviers. Mais i<> ces formes ne se trouvent nulle part et 
2^ Mons bovum ne saurait donner Mont bovon. M. Paul Marchot, 
Revue suisse cath., 1900, indique la vraie origine : Mont de Bovon, 
n. pr. Ce nom est connu dans la Gruyère. Nous trouvons au milieu 



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286 MONTBRELLOZ — MONTE MORO 

du xii«s. un Humbertus Bovon; en ii43, ii54, un Bovon de 
Mossez (Mossel), en ia58, un Bovon, curé de Gruyère, ia6o, M. 
R. XII et VI, et la famille Bovon existe encore à Chàteau-d'Œx. 

Montbrelloz, D. Broje, Frlbourg^, Mons brenloSy 1228, M. R. 
VI, Montbrelo et MonibrenlOy-i^2b^ Matile, i343, Montbreloz, 
1453 ; le même d'après les anciennes formes que Montbrenlaz^ 
ham. de Villarimboud ; le P. Dellion, VIII, 468, hasarde Mons 
Berulfi. Les formes anciennes ne permettent guère cette explica- 
tion. 

Montbreux, voir Breuil. 

Montbrioiif voir Brie. 

kHontbut à Font-la- Ville, Fribourg = Mont du bout (voir But). 

MontchalloEi, m. à Château-d'Œx ; le Dict. de Godefroj a le 
V. fr. chaiîon^ 3. m., espèce de bois. 

nfonlcherand, D< Orbe, Moncherùnty i453, Montcherant, 

1475^ 

Moiitchervel, voir Chervettaz. 

Montécu, D. Sarine, Fribourg-, Monticoriy i323, i366, Mon- 
iekou et Monttkon (texte ail.), 1476, Arch. Fr. V, 291, Monti- 
curit i487> M. G. XII, i4a* Montecu, 1690, etc. 

MontelUer, MonteJUer, etc., voir Montillier. 

Montélaz, crét à Yverdon, autrefois Montéla, ancienne pro- 
priété de l'abbaje de Te la ou de Montherond (Crottet, Histoire 
dTverdon, p. i3S) ; donc Mont-de-Tela. 

MonteinbEoiiXf ham. de Montévraz, D. Sarine, Montemblioux, 
LulZp MaiinbloaSy iiSg, Montambloch, 1298, Montabloty i3oi, 
îlec. dipl. II, 8, Arch. Fr. V, 296, Montamblod, i644 = Mont 
de Ambloch, n, pr, germain, racine Amaly — Fôrstemann a le 
fém. Amblat — et suffixe oc A, comme les noms dérivés Antoch, 
Gundioch, Waloch, clc., de And, Gund, Wala. Chose curieuse, le 
nom paraît en voie de transformation et le Dict. géog, suisse At- 
tinger, III, 35], donne en premier ran^ la forme Montemblon. 

Monte Moro, mont et col (2862 m.), au fond de la vallée de 
Saas, Valais. Studer donne au choix les étjmologies suivantes : 
Monte MorOj de morOt mare de haie, ou de moruSy ital. morOy 



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MONTENOL — MONTET 287 

mûrier ; des ronces et des mûriers à 2800 m. I ou de maiirus^ 
noir : la montagne est toute blanche de neige ^ ; enfin Moro^ de 
Moro, du More y du Sarrasin, mais les Sarrasins ne paraissent pas 
avoir occupé cette vallée. Au reste la montagne s'appelait alpem 
Monti Molli y curtem Monti Molli en i3oo ; de l'adjectif italien 
molle, au sens de facile, doux, ce passage étant le plus facile et 
le seul fréquenté jadis dans cette partie des Alpes Pennines. 

Montenol, D. Porrentruj, Berne, Montenot, ii'jS, Mo ntinolt y 
1180, 1300, MontenoU, laio = mont de Enold, Eonold, n. pr. 
germain. FOrstm., 374. 

Les Montenailles, ham. du Mont-Lausanne; formé (comme 
Fontenailles, fontaine -}• aille), de l'adj. montûin + aille, coll. 
ou dépréciatif = prairies, terres un peu montagneuses. 

Montérel, pâturage, vallée du Petit Hongrin, Monterai^ i4oo. 
A première vue, diminutif de mont, la forme de i4oo en fait dou- 
ter. A Château-d'Œx on nomme le sommet au-dessus, visible des 
Granges, Mont-Tbrre/ ou Mont-Tbari, sans doute Mont- roariV, 
petite tour (touri, s. m., paquet rond de tavillons ou bardeaux). 
Les autres formes seraient-elles une corruption de celle-ci ? 
Montéret, pâturage près Saint-Cergues = petit mont. 
Monterschu, D. Lac, Frib., Moncorsum, laSi, F. B. Il, 117, 
Montcorsuy xiii«s., M. R. VI, 608, MonterschUriy i363. Mon- 
terson, i4a3, Monterschon, i436. Rec. dipl. III, VII, VIII ; le 
déterminatif est sans doute un nom pr. germain. 

Montet, D. Broje, Montely ii84, Arch. Fr. W, Montez, 122Z, 
Monfeils, 1266, Montils, 1276, MonteU i337 ; — Monlet à Bex, 
Monthey, 1792 ; D. Glane ; en VuUj, Montelz, i354 ; au Lande- 
ron, MuntelSy 1299, 4^^ ^* ^^ Meuron écrit Monthey en 1828, etc. ; 
noms contractés de monticulum, petit mont. La forme Monteils 
nous paraît être la contraction régulière de Monticulisy 11 54* 
1179 (Mossel), que nous trouvons p. 10 et 39, Cart. Haut-Crét. 
Un Montez près de Genollier, 1195, a été identifié à tort par 
M. Hiselj avec Mont sur Rolle, Cart. Oujon, M. R. XII, 5 et 217. 

* D'ailleurs moro, Doir, n'est pas employé ; les moro, mora des Grisons ne 
viennent pas dé morus, noir, mais du celtique môr, ^rand. 



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288 MONTÉTAN — MONTHERON 

Montétan, loc. à Lausanne. Serait-ce le lieu nommé à plu- 
sieurs reprises dans le Gart. Laus. Montauter, xiii«s., et Monto^ 
tien, 1238, M. R. VI, 247, 4o4, 654 ? 

Montevie, coteau traversé par le chemin de Charmoille au ha- 
meau de Fontaine, Jura bernois ; de monte, impératif de monter, 
et vie, voie, chemin. 

Montévraz, D. Sarine, Montivrar, i445f Montefran, i644» 
forme germanisée. On reconnaît facilement ici, dans le 2* élément 
du mot, le nom pr. Evrard, forme francisée du n. pr. {germain 
Eberhard, donc mont d'Ëberhard. 

Monteynan, ham. d'Arconciel, Frib., Montenan. Montennan, 
fin du XII* s. Donat. Haut, Arch. Fr. VI, mont et n. pr. 

Montezillon, ham. de Rochefort, Neuch., Monteisillum, 1247, 
Montisilon^ i3ii, Montissilion, i346. 

Montfaucon, D. Franches-Montagnes, Berne, ail. Falkenberg, 
Montent Malconis, ii3g = Mont de Falcon, n. pr. ou Mont du 
faucon, n. commun ; plutôt le premier, comparez avec PrafaU 
con, Farcounet. 

Montfavergier, D. Franches-Montages, mons Fabrorum, 
i338 = montagne des forgerons, de mont ei/abricarius, forge- 
ron. 

Montgéroux, m. à Charmej, fausse orth. pour Géroud = 
mont (de) Géroud = Gerold, n. pr. germain. Montgirod, mon- 
tagne et ferme, D. Moutier, Berne, même origine. 

Montgremay, loc. près Saint^Ursanne, Mons Grimarch, 12 10, 
Mongremart, i436 = Mont de Grimarch, n. pr. germain, ra- 
cine krim, 

Montherod, D. Aubonne, Montero, xiii« s., Monterot, i344» 
M. G. IX, Montherot, i349 = Mont d'un Germain, probable- 
ment ErOy Hero, dont dérive le nom d'Hérens. 

Montheron, près Lausanne, Montenum, ii43, Montenan^ 
Montenon, xii^ 8,, Montanam, Montunamy 1142, Montheron, 
1177, Montunum, ii84, Montiron, i3i4. Abbatia Sancte Marise 
de Monte Rotundo, 1177* Cart. Month., M. R. XII. Ce latin est 
une interprétation par le notaire du nom Montheron, dont Torî- 



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MONTHEY — MONTJORET 289 

fine est incertaine. Remarquons le curieux flottement entre les 
liquides r et n au xn* s. Ce n'est qu'au xiv« s. que le r l'emporte. 
Quant au 2® élément du nom, c'est sans doute un n. pr. germain 
tel que Tenno. 

Monthey, Valais, Montez y iai5, Monteyx^ ia33, MonteySy 
1289, Montez y 1241, 1268, Montelzy 1267, Montetz^ 1290. Vers 
Monthey, ham. d'Yvorne, Monthey^ 1827, Montheolum dans 
les chartes xiii«-xv« s. Monthoux, loc. à Meyrin (petit crèt), 
comme le Monthoux, Savoie, Montheolum j 128'] y Montou, i855 ; 
en Monthion à Longirod = diminutifs de mont ; monticulum 
donne monteil. 

Monthorens à Ecuvillens, Frib., es Montorens^ xii® s. ; de 
Mont et Thorens, Torens, voir Torins. 

Montiau, montée rapide à l'entrée du vallon des Mérils, et 
Montiaux, vallon de la Gérine, les deux à Ghâteau-d'Œx : mont et 
suffixe patois iau = oir : montoir. 

Montignez, D. Porrentruy, Berne, Montigneiy 1170, Montai- 
gniey 1 181 , Muntiniacuniy 1 187, Montegnez^ 1 189, Montaigny^ 
i346, etc. =z(fundum) Montaniacum, domaine d'un Monta- 
nias (voir Montagny). 

Montillier, D. Lac, Frîbourg", es Montelliery 1270, M. Fr. I, 
264, Muntels, i3oo, F. B. IV, 2, ham. à ChÂteau-d'Œx, etc., 
Montilliez, ham. d'Oleyres, Montilier, Montiller, Monteilly, 
Montilly, Montillet, Montillat, nombreux ham. et lieux-dits, — 
plus de 5o, — dérivés de monteil, petit mont, du latin monticu- 
lum. Quelques-uns peut-être aussi de Mon t-Ti Hier ou Tilley, de 
tilietum = lieu montueux couvert de tillealSy mais non de Tel- 
lier, n. pr., car les formes latines seraient mons, montem Tilleri 
qui ne se rencontre jamais. 

MonUllon à Pâquier, Gruyère, très petit mont. 

Montimbert, écart de Châtel-Saint-Denis, vignes à Chardonne 
= mont d'Imbert, n. pr. 

Monljoret, 2 ham. Mézières et les GlÂnes, Frib. ; de mont et 
joret, s. m., forme masc. de jorette, s. f., petite joux = mont de 

M. D. SKC. SéniE, TOMK VII 19 

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290 MONTJOVIN — MONTMBILLAN 

la petite joux. Pour M. Bonnard (in litt.), plutôt n. pr., mont 
d'un nommé Joret. 

Montjovin, terr. à Massonens, Frib., signalé par le P. Dellion, 
Dict. VIII, 345, en Montjovin^ loc. à Autiguj, Frib., i44i' 
Il faut en rapprocher l'ancien nom du Saint-Bernard, Mont-Joux, 
Mons Jouis f ainsi nommé jusqu'au xiii® s., à cause du temple de 
Jupiter élevé par les Romains sur le col ; on trouve aussi Mons 
JovensiSy x» s., Montent Jooinam, Vie de saint Mayeul, x® s., 
M. R. XXIX, 35, 3g. M. Du Plessis nous a obligeamment fourni 
la note suivante : 4( Montjuvis (pron. isse), ruisseau, afHuent du 
Mujon, r.g. La source de ce petit cours d'eau sort du Montjuvis, 
sorte d'épaulement du pied du Suchet situé au-dessus de la route 
de l'Abergement à Baulmes, nommé Montjovet au Cad. de Rani- 
mes. Dans le voisinage se trouve le bloc mégalithique du Bon 
Château. Cad. de Rances, 1809-1813, levé par Wagnon, fol. 69^ 
70. Dans un autre des premières années du xviiP s., fol. 479 48» 
en Mont Juyer^ et à la table en Mont Juet. » Peut-être les uns 
et les autres emplacements consacrés jadis à Jupiter. 

Montmagnoud, crét à Pampignj = mont de Maginold^ n. 
pr. germain ; voir Magnoud. 

Mont-la-YilIe, Montevitla, ii4i> oilla Mons^ ii49> 1177» M. 
R. I. = ferme du mont. 

Montmagny, D. Avenches, Manniacum, i%i^o^ Montmagnisl y 
1760 ; ne peut venir, comme le dit Studer, de mons magnuSy qui 
donnerait magne ; vient de Mons magniacus, du gentilice MQ' 
gniuSy voir Magny, 

Montmeillan (ou Montmélian, Lutz), m. à Lausanne, écart 
de Penej-le-Jorat ; probablement un Montem Mediolanensem, 
comme Mediolanense castrum, aujourd'hui Château-Meillan, 
Berry. Voir Miolan. 

Le Montmélian ou Montraeillao de Savoie^ bourg près Chambëry, 
s'appelait jadis mons Emelianus, d'après le Dict. gëog. de Grégoire, 
éd. de 187Î. On trouve BertradaSy Jacobas de Monte Meliano, IMI, 
Humbertus de Montemetiano, 4264, M. R. XXIX et XXX, mais toutes 
ces formes nous paraissent simplement la latinisation du n. français. 



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MONTMELON — MONTOISEAU 291 

Montmelon, D. Porrentruy, Berne. Pas de formes anciennes 
pouvant mettre sur la voie. 

Montménil, D. Bûren, Berne, ail. Meinisberg ; parait signi- 
fier mont et ménilj y. fr. mesnil, du latin mansionile^ maison : 
la maison, la demeure du mont. Mais le nom allemand nous in- 
dique une autre origine: Meinhartsperg^ 1268, F. B. II, 587, 
Meynesberçy 1882, Tr. = mont de Meinhart, n. pr. germain. Le 
français n'est qu'une interprétation du nom actuel allemand. 

MontDoJrail, m. près Saint-Biaise, Neuchâtel ; mont et v. fr. 
mirait = miroir, lieu d'où l'on a une belle vue ; nom récent, 
donné à cette campagne en 17 16 d'après le Mus. N. XXIX, 80 ; 
voir Miriau. 

Montmoirin, ham. de Semsales, Fribourg ; sans doute un n. 
propre. 

MontmoUin, D. Boudry, Neuchâtel, Montmolens, 187a, Ma- 
tile, MonmollenSy i4oi, M. N. XLI ; si les loc. Maliens et Mul- 
linSy i84o, de Matile s'y rapportent, ce serait un nom d'origine 
germanique, comme Mollens, Vaud et Frib. = chez les descen- 
dants de MoUoy Motilo. 

Mont-Noble ou mieux Mont NaoblSy au S.-E. de Sion ; de 
montem nubilum^ mont nuageux où s'amassent les brouillards, 
ce noble^ nuageux, se retrouve dans le verbe einnoblli^ se cou- 
vrir de nuages. 

Le Monte ou Montoz, sommet du Jura bernois = montel, pe- 
tit mont. 

Montoie, loc. à Lausanne où commence la montée pour arriver 
en ville ; la Montoie, bois, avec montée de 80 m. à Cornol, Jura 
bernois, dérivés sans doute de monter, bien que le suffixe soit dif- 
ficile à expliquer. Rien de commun avec le oie du latin eta qui 
s'ajoute à des noms de plantes pour désigner l'endroit où elles 
abondent : ormoie, charmoie. 

Montoiseau, loc. à Crans, D. Nyon ; Montougy (ogi-oiseau), 
pâturage à LigneroUe, maison à Vallorbes ; Montaugy, loc. à 
Montagny, Frib.; un Montosel à Vufflens-la-Ville en 1877 = 
mont de l'oiseau. 



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292 MONTOLUET — MONTRBUX 

Le Gart. d'Oujon, M. R. XII, parle d'un mont Oisel qui formait la 
limite occidentale et méridionale des possessions de l'abbaye : ab occi" 
dente terminas est mons Oisels, p. 2, — a meridie terminas est mons 
Oisels, p. 5, mont Oysel, p. XXXII, montem Oisel, p. 72. M. Hisely, au 
Répert., p. 218, le rapporte à la Dôle avec un point d'interrogation. Ne 
serait-ce pas le Mont-Oysel, auj. Montoisey (1671, carte Etat-major Fr.), 
situé au S.-O. de Gez. Quant à l'étymologie, nous rattachons ce mot à 
une autre racine, au celtique axello, escarpé ; voir EischoU. 

Montolliet, ham. de Corpataux, Frib. ; Monton, petit sommet 
alpes de Sien ; Monizet, alpes d'Hérémence ; diminutifs de mont, 
le dernier, suffixe patois tzet = chet, comme gretzet de crèt, 
mayentzet de mayen. 

Montorge, loc. à Fribourg ; colline avec château à Sion, 
Monte Orffio, 1 196, Montorjo, 1235-1295, Montem ordeum dans 
les chartes xii«-xive s. ; parait être le Mont de l'orge^ où l'on cul- 
tive l'orge. Mais il y a peut-être une étymologîe plus juste. Littré 
a un mot salorge qui signifie amas de sel, jadis au xvi« s. ma- 
gasin de sel, de sal et du latin horreum, magasin, grenier, de- 
venu en fr. orge^ comme cercum, cierge. Montorge pourrait donc 
être le grenier, le magasin du mont. 

Montpereux (on mieux Montperrenx), colline et fermes à la 
Ghaux-de-Fonds ; de montem petrosum, mont pierreux. 

Montpreveyres, D. Oron, Monteproverio, i554, Monspres- 
byteri, nS?» MontpreverCy 1 177, M. R. XII, et Mont Provaire, 
loc. aux Clées ; de mont et v. fr. provoire^ prêtre, du latin près- 
byterus = mont du prêtre. 

Montreux, D. Vevey, Monasteriolum^ xi® s.yMustruel, i2i5, 
Donat. Haut., et i25o, M. R. XXIX, Muistruumy 1228, Mustrus, 
1260, M. R. XXX, MustruZy i334, et MustreuXt i355, M. R. 
XXVIII, 389, 385 ; M. Aymon de Grousaz (Origine du nom de 
Montreux, p. 8, 9), indique encore les formes Monstreux^ Mous- 
treuZy i558, MoastrieuXy ibU^y MastraeuXy 1594 ; de monas^ 
teriolum, dim. de monasterium, d'où le français moûtier, donc 
petit moûtier, petite église. Mutrux, D. Grandson, Mustrueu^ 
i359 (Matile), MustruZy Monstraz, i38i, Mutrou, i4o3, dont les 
anciennes formes sont presque identiques, a sans doute la même 



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MONTRIGHER — MORAGHE 293 

origÎDe, bien que ce village n'ait pas d'église. Peut^tre dépeDdait- 
il d'un moûtîer quelconque ? 

Montricher, D. Gossonaj, Mons Richarius, 1049, Monte Ri- 
cheriiy 1177, M. R. I, ibt^yMonrichie^ i4i2 = mont de Richery 
n. pr. germain, autre forme de Richard. 

Montriond, crèt à Lausanne, Montreonty laSS, Cart. Laus., 
M. R. VI, 644 ; mont et v. fr. riond, reond, du latin rotundus 
= mont rond. 

Montsalvens, D. Grujère, Fribourg, Monisalvan, 1169, 
— salvain, — saluant^ 1*77» — sarwayn^ 1281, — sarven^ i337, 
— salveynsy i34o, — sarvens, i35o ; de montem siluanum, mont 
de la forêt. 

Montsevelier, D. Delémont, Berne, Muziuilir, 11 36, Mutz- 
willare, 1139, Muzivilarey iilfi^ Motzewilre^ i2t^2yMacewilre, 
1269, Masseveliery i3i7 = villare, village de MuzzOy MussOy n. 
pr. germain. Le nom français est une corruption <le la forme de 
i3i7 et l'orthographe actuelle, avec la racine mont, est tout à fait 
fautive. 

Montsoflo, écart de La Roche, Frib. = mont (du) souffle, du 
vent, patois sô/là^ souffler. 

Les MoDtuires, rochers, alpes de Salvan, comme coul-uire, de 
monter, et suffixe uire = oire ; rochers où l'on monte, où le bé- 
tail passe pour gagner un gradin plus élevé. 

Monturban, ham. d'Ocourt, D. Porrentruj, Mont^Urhan^ i3i6 
=: mont d'Urbain, n. pr. 

Montvoie, ham. d'Ocourt, D. Porrentruy = voie sur le mont ; 
il est sur une colline, traversée par une route. 

Morache, loc. à Bramois, Mo rase hi, i3o6 ; à Nyon ; Mora- 
chon à Ballaigues, Pompaples, etc., diminutif; les Morasses, 
ham. d'Ayer, Valais, Moraschy, 1267, et 5 autres loc. ; Murasse 
et Marace, nombr. loc. ; Murache à Chalais, Mourache à Mol- 
lens. Valais, Morisson, dim., à Savièse ; du frison mur, limon, 
lieu boueux, et suffixe augm. ache^ asse. C'est un n. commun au 
moyen âge dans les chartes valaisannes ; un rôle de cens parle 



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294 MORAND — MORBNNES 

d'un fichelin d'orgue sur « une murasse située » ; une autre 
nomme « certaines murasses » à Ajent, i3ag-i377. 

Morand, Flon — , affl. de la Paudèze près ^Lausanne, ^umen 
Maurone^ 908, Cart. Laus., M. R. VI, 169; sans doute dérivé 
du n. pr. Maur, voir Morens. 

Morat, Fribourg, curtis Muratum^ 5i6, M. F. II, Castra 
Murtena^ ioi2, Murât, io33, 1228, Murten, i238, F. B. II, ilf 11- 
retum, i255, 1870, etc. ; du bas latin muratum (locum), endroit 
entouré de murs. Des localités du même nom à Lutry, Poliez-Pit- 
tet, etc., ont la même origine ; voir Mar. 

Moratel, loc. près Granges, D. Payerne, Murately 1182, 1228, 
Murattel, 1228 ; m. près Cully ; au Mopatez(tex), champs à Vil- 
lars-Tiercelin ; dim. du précédent ; racine mur, pierre, voir Mur. 

Mopay ou Morey, loc. à Vouvry, la Moraye, ham. de Glette- 
rens ; loc. à Grandcour, dérivés collectifs de la racine germ. 
mur y comme mor^aine> mor-ache, etc. 

Morclan, Rochers de — , sommet, alpes de Vionnaz, Valais, 
frontière française, même racine que Mordes, ham. de Lavey, 
D. Aigle, terrulam Mordes, io43-i28i, Morchy i5o4, Mor- 
claz, 1801. D'après Gatschet, du v. h. ail. muor, marais, mais il 
n'y en a point, et cela n'explique pas la finale cL Vient de la rB- 
cine celtique mure, terrain rompu, brisé, anfractueux, avec un 
suffixe diminutif : * murcula, morcula, au plur. morculas, d'où 
Mordes. En effet, Morcles est un pluriel comme l'indiquent les 
mots homines des Morcles, les hommes des Morcles, 1272, M. R. 
XXX, 2o3 ; les Champs Morcleyres, aux Devens de Bex, même 
racine. 

Mordagne, ham. de Molondin, Mordagne, i4o3 ; Morda- 
gnon, m. à Villars-le-Terroir, dim. 

Môrel, voir Murgier. 

Morenches, loc. à Sottens, Morenzes à Collonge- Valais ; ra- 
cine mur, comme 

Morennes, loc. Grand-Saconnex, à Tannay, D. Nyon, à Gilly, 
Montherod, et Moreyna(z), vignes à Conthey, Valais; autres 



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MORENS — MORILU)N 295 

formes du mot romand moraine, falaise, pente escarpée, que Kôr- 
ting tire du bavarois mur^ pierre brisée, cailloutis. 

Morens, D. Broyé, Frib., Morens, 1142, Cart. Month. 5, Mo- 
reins, 1228^ Morens^ iSig, i325, Matile, Mourin, i497» MoP' 
rensy 1692, MoranSy 1712, Morin, 1882, Dict. Kuenlin ; Mor- 
rens, D. Echallens, MorrenSy ii47> "99> Cart. Month., 11, 55, 
MorranSy 1272, M. R. XIV, 3o6 ; Morenges au lac de Bienne, 
n. fr. de Môrigen, Morinffen, 1196, M. F. IV, Muringen, 1284, 
MoranSy i256, Moringe^ 1264, F. B. II, Moirenges, 1278 = 
chez les descendants de Moro ou Maur^ n. pr. gpermain, le même 
que le nom romain Maurus, noir. Fôrstm., p. 924 ; rien de com- 
mun avec moor, marais, comme le veut le Mus. N., i885. Les dif- 
férentes orth. an, in du premier montrent les curieuses fluctuations 
de la prononciation. 

Morge, nom de nombreuses rivières de Suisse et de France ; 
l'une, C. de Vaud, Morgia, 1297, Morgyz^ 1828, a donné son 
nom à la ville de Morges fondée vers 1286 ; autre à Saint-Gin- 
golph, Valais, Morgia^ xii^' et xiii^ s. ; 8« entre Conthey et Sion, 
Morgia, x«-xin«s., Morze en patois, noms correspondants des 
nombreuses Marg de la Suisse allemande. Ne vient pas du patois 
mordji, vaudois mourguet, morgier, tas de pierre, comme on Ta 
dit. Anzeiger fur Schw. Geschichte, vol. 88, et Dict. Attinger, ni, 
comme le veut Studer, de la racine celtique murc^ terrain brisé, 
limon ; ou Gatschet, du v. h. ail. muoragy marécageux^ de muoPy 
marais. Mais aucune de ces rivières n'est marécageuse. D'après 
Holder, nom d'origine celtique ou d'après Jubainville> ligurienne, 
de la racine indo-germanique morg^ vieil hibernien marj'y puri- 
fier, au participe pur, agréable, morga, agréable, aimable. 

Morgex, voir Murger. 

Morgins, vallée et ham. val d'Illiez, Valais, Morgens^ 11 56, 
Hidber, II, et 1476, Arch. Schw. Gesch. III, Morgen vers 1720 ; 
peut^tre parent du n. gaulois Morginnuniy dérivé, d'après d'Ar- 
bois de Jubainville, du celtique morga^ agréable, aimable. 

Morillon, ham. du Petit-Saconnex, Genève, Murillion^ 1802, 



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296 MORION — MORON 

M. G. III, i8i, MoarUlon, loc. à Ballaigues ; peut-être du bava- 
rois mur, pierre brisée, terrain caillouteux. 

Morion, chalets sur un crôt arrondi près Liddes = mont-riond^ 
mont rond. Crèt Maurion à Vallorbe. 

Morlens, D. Glane, Fribourg, Morlingis^ villa MorlensiSy 
gg6, Morlens^ 1 1 1 1, M. R. III = chez les descendants de Morilo, 
n. pr. germain. 

MorloD, D. Gruyère, Fribourg, Molas subteriores, 966, Mol- 
Ion^ io38, Hidber, I, 1882, 1464* Mollariy ia64, Rec. dipl., 
I, p. 100, Mollomy 1286, Morion^ i5oo, Arch. Fr. III, 78^ 162. 
D'après le nom de 966, dériverait de meule et serait de la famille 
de moulin, mais le suffixe o/i, d'après M. Bonnard, ne peut re- 
présenter le latin inum, 

Mormont, tertre près Pizy, D. Aubonne ; ham. de Courcha- 
von, D. Porrentruy ; Morimont, crèt boisé près Gharmoille, 
D. Porrentruy ; de morumy mûre de haie, la ronce = crèts cou- 
verts de ronces. Quant au M(ymont près Eclépens, du reste de 
même origine, voir Mauremont. 

Mormontant, loc. à Yens, D. Morges, Montmettany 1263, 
Mont montant, 1268. La première forme fait supposer dans le 
déterminatif un nom de personne. 

MomeDs, maison près d'Orges, enclave de Champvent, où en 
loii le roi Rodolphe donna des terres à Romainm^tier, M. R. 
III, 428 = chez les descendants de Morino, n. pr. germain ; de 
la racine Maur^ noir. Fôrstm., p. 91 5. 

Momex ou Momay, loc. près Lausanne, Modernacumy 920, 
Mornat/y 1198, Mornai, 1288, et un autre à Satigny, Genève; 
de (fundum) Modernacum, domaine d'un Modernus, cognomen 
romain. 

Moroiiy sommet du Jura bernois ; 3 ham. de Chatelat, Saint- 
Braix et de Courchavon, mont à Courgenay, mont à Lugnez, 
cirque rocheux près la Ghaux-de-Fonds = Mont Rond^ comme le 
montrent ces textes dans Trouillat : viam de Monte rotundOy 
12 10, pratum situm in Monte rotundo, 1254. Sas Mouron, pâ- 
tur. à Provence, au pied d'un crèt arrondi, probablement le 



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MORRENS — MORTRUZ 297 

même mot. C'e^ sans doute le Morront près des Faucomiières in- 
diqué dans une délimitation de 1820 (Matile). 

MorreDs, D. Echallens, voir Morens. 

Mortaigue ou Mortigue, affl. du Talent, ruisselet à Ai^le 
(Fontanej), la Mortigue, affl. de la Bressonnaz, D. Moudon, et 
une autre, affl. du Grenet, D. La vaux ; de morte et aiguë, igue, 
de aqua, eau : morte-eau, à cause de leur cours paisible. 

Mortais ou Morteys, vallon rocheux de la Gruyère, alpes de 
Charmey ; Mourtey, ham. de Leytron et pâturage de Bag-nes, 
Valais ; Mourti, trois localités, — rochers, — val des Dix, val de 
Ferpècle et alpes d'Ayent, Valais ; en Muriy, champs à OUon, les 
Mortennes, arête de rochers, alpes de Vouvry, forme adjective. 
Au moyen âge le mandement de Satigny, Genève, s'appelait la 
terre del Morter, dou Morter, 1261, 1274» Rég*. gen. 229, 269, 
et le signal de Ghoully Mont Mortier d*après Blavignac. Ges di- 
vers mots, et particulièrement le Mortcr de Satigny, ont une frap- 
pante parenté avec les Morte r, Mortel, Martel, murtera, augm. 
Murteratsch, dim. Murterett des Grisons que Pallioppi dérive 
d'un mot celtique mortari et auquel il donne le sens de sol aride 
caractérisant les hauts pâturages où Therbe pousse difficilement. 
C'est effectivement le cas pour les pâturages valaisans et fribour- 
geoîs nommés ci-dessus ; mortari doit être parent du germ. mur, 
pierre brisée, rocaille. 

Mortaveau, loc. à Nyon ; aussi écrit et plus correctement 
MortaoauXy vallée morte. 

Mortive ou Mortivue, D. Veveyse, Fribourg, affl. de la Broyé ; 
de morte et ive, eau, syn. de Mortigue. 

Moriruz, ruisseau à Cressier, Neuch. Au premier aspect paraît 
signifier ruisseau mort, paisible. Mais son cours est rapide : il 
fait une chute de 5o à 60 p. dé hauteur totale au pied du tertre 
où s'élève l'antique église de Saint-Martin. En outre la prononcia- 
tion — t sonore — semble indiquer une autre origine. M. Alf. Go- 
det, M. N. XX, 283-286, dont nous rapportons la démonstration en 
abrégé, le tire de Martis rivellus. Il coule non loin d'un lieu où 
devait s'élever un temple de Mars dont on a retrouvé les autels 



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298 MORVAUX — MOTIER 

et du mas de vignes appelées les Saint-Martin, nom chrétien subs- 
titué au culte de Mars, cas fréquent. Quant à Martis devenant 
mort, outre que la permutation a*o se rencontre ailleurs, Ducang^ 
a un exemple topique (au mot mortua aqua) qui parle d'un cam- 
pum Martis situm in loco qui antiquitus Mortis aqua^ novitatis 
depravatione mortua aqua appellatur. Un autre argument à l'ap- 
pui de l'étjmologie de M. Godet est le nom de Montmarte que 
porte la rue du haut de Cressier, tendant à l'ancienne église de 
Saint-Martin, M. N. XXIV, 282. 

Morvaux, ou moins bien Morveaux, rochers, — lugubres, dit 
Lutz, — entre la Valsainte et Bellegarde, Fribourg, Morvaly 
ii34, ii46> MorvaSy ii46, Morvauœ, 1198, M. F. III, 64, 69, 
Morvauz, 1247 = mort val, vallée morte. 

La Morvaz, ruiss., affl. de la Venoge, la MoroUy i344 ; Mop- 
vetle, affl. du Vejron ; de morve, flux nasal. 

Morvin, ham. de Marly et de Montécu, Fribourg ; sans doute 
pour Morvens = chez les descendants d'un Germain dont le nom 
dérive de la racine mory comme Morwo. 

Mosse,s, très nombreuses localités des Alpes (aussi du Jura : 
Mosses^ Val-de-Travers, Mousses, ham. de Guajnens), avec les 
variantes Mossaz, Burtignj, Mousse, Blonay, Port- Valais, les di- 
minutifs Moussel, Finhaut, Mosselle,s, Moussetaz ; Mosson, 
Gonthey ; les formes collectives les Mossières, prés à Aubonne, 
Mosseires à Riaz, Praz Mossiaux à Forel-Lavaux, Pàquier- 
Mossy à Chàteau-d'Œx ; de l'ail, moos^ marais. 

Mossel, D. Glâne, Fribourg, Moncels vers ii5o, MuncelSy 
xii^ s., MonseZy i245, Mossez, 1268, Monsesy 1260, M. R. XII, 
le P. Dellion donne encore Monsey^ Mossey. Un Durannus de 
Moncels y est appelé ailleurs Durannus de MonticuliSy p. 10, 89, 
i58 ; du v. fr. moncel, du latin monticellum" petit mont. Mossel 
était aussi au moyen âge le nom à Vevey de la localité appelée 
aujourd'hui les Gheneveyres, M. R. VI, 856. 

Motier, Ncuchâtel, Mostier^ 1880 ; Motier en Vully, Mostier, 
1267, 1827, MouUer, Berne, Monstiery 1189, '3i7 ; du latin mO' 



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MOTONEY — MOULIN 299 

nasterium^ provençal monesiier^ v. fr. monstier^ qui signifiait 
couvent et église ; en patois mothiy mouthi^ de là : Sous le Mou- 
thi à Bretonnières, Sur le Mothy à Vugelles, au Mothy à Gha- 
vornaj et le Mouti ou Mouthi, loc. à Vallorbe, emplacement de 
l'ancien prieuré. 

Motoney, prés marécageux à Fullj ; Motona à Nendaz, Moto- 
naz au Sanetsch ; de moton^ mouton, et suffixes patois a, ej, ier 
(pré) moutonier, où Ton fait paître les moutons. 

Mottaz, Motte, Mothe, les collectifs MoUy, Mottey, MoUex^ 
Mottis à Valejres-sous-Rances, Mottee, vallée d'Anniviers (pour 
le c voir Biolec) ; les diminutifs Mottette,s, Motélon ou Motle- 
lon, Mottalet à Gourtepin ; nombreuses localités, villages et ha- 
meaux, situés sur des éminences dans tout le pajs romand ; par- 
fois sommets, par exemple la Motte, 2882 m., au N. de Sion. Du 
mot germanique moit, v. fr. mots, petite élévation, dim. moi il" 
/on, tertre, gaélique motaj mont, patois motha, italien motta, 
romanche moty muot. 

Moudon, Minnodunum ou Minnidunum à Tépoque romaine, 
vicus MinnodunensiSy 11* s. ; le n permute avec 1 au xii® s. ; 
Meldon, 1160, Meldun, 1177, Moudon^ 1161, Cart. Haut-Grét, 
Moldarij Modun, xii® s., Meldunum dans les chartes du moyen 
Age, Moudoriy ia38, M. R. VI, Meudoriy 12^9» F. B. II, etc. ; en 
ail. Milden. De dunum, château fort, et d'après d'Arbois de Ju- 
bainville du n. pr. gaulois MinnoSy connu par les inscriptions s 
château de Minnos. On l'a dérivé aussi du celtique minus, minuos, 
petit, mais ceci n'explique pas le double nn. 

Mouellé ou Moelle, Pierre du — , gros rocher isolé sur le col 
de ce nom. Bridel le tire du celte moelly ou mouelly chauve = le 
roc nu. 

Aux Mouettes, champs à Isérables, Valais ; il ne peut s'agir 
de l'oiseau ; probablement dim. du v. fr. mouéey s. f., mesure de 
terre qui pour l'ensemencement exigeait un boisseau de grain ; du 
latin modiata. 

Mouille, etc., voir Moille. 

Moulin, près Sierre, voir Mollens. 



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300 MOUNAZ — MUJON 

Mounaz, ham. de Vuisternens et Rueyres, Frib., avec moulin 
sur la Neyrigue ; de mo/z/ia, moulin. 

Mountet, au fond du vallon de Zinal, autre forme de montet. 

Maures, Moaret, voir Mur. 

Moitrgues, Mourgaz, Mourget, voir Murger. 

Mouri, Sex — , Ormont-dessus, aussi Sex ou Rocher Murgaz 
ou Motirgaz ; le Moarin, sommet sur Bourg-Saint-Pierre ; mot» 
dérivés du germanique mur y pierre brisée (parent du latin murus, 
muraille). 

Moussillon, combe à la vallée de Joux, patois Gomba au Mus-- 
lilhon ; au MoussilloD, loc. à Saint-Prex. Ce mot patois signifie 
à la fois moucheron j insecte, et mousseron ^ champignon. Ceux 
qui conaaissent les localités peuvent décider. 

Mniiterin, Praz — , à Roche; probabl. pré des gens de Montreux. 

Movolîep, D. Delémont, ail. Moderswiler, Moderswilre = vil^ 
iare^ village, de Moier, Moder, n. pr. germain. Fôrstm., p. gSS. 

Les Mueges ou Muescs, prés à Posieux, Frib. ; le P. £>ellion, 
Dîct. Vni, 35i, en fait un dérivé de mooSy marais, ce qui nous 
paraît fort improbable. 

Mugoens ou Munnens, loc. à Cuarnj, Munnens, loii, et 
MagnenSy ii']4, Munens^ ii'j'jy Mouinens, 1199, M. R. VI et 
XH (rapporté par erreur à Monnaz par Hidber et le Dict. de Lutz) 
et probabl. Monnens, loc. à Gimel et à Pomy = chez les descen- 
dants de Munno, MunOj n. pr. germain. Fôrstm., 987. C'est le 
correspondant des loc. allemandes Muningen, Munnenheim, etc. 

Au Muguet, forêt à Monthey, Valais, Murguety 1696 ; peut- 
être endroit où abonde le muguet, patois murguety mais peut-être 
raut-il le rattacher à mourguet = murgier. 

Le Muids (fausse orth.), ham. d'Arzicr, D. Nyon, villa Mucia-- 
(ts entre 962 et 998, grangia que dicitur au MuiSy 1260, grangie 
dou MoiSy 1266, M. R. XII, 100, 176; du gentilice romain Ma- 
cias, d où Muciatisy comme le gentilice Sullius a donné Sulliatis 
d après Holder. Ainsi qu'on le voit, le d est parasite et devrait dis- 
paraître. 

Mujon ou Mugeon, ruiss., affl. de la Thièle, D. Orbe. A dé- 



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MULETS — MURGUET 301 

faut de formes ancienoes on ne peut que conjecturer. Peut-être du 
V. fr. muir ou maire, mugir, le mujon, le ruisseau qui mug^t ; 
comparez la Brinaz, la Mionnaz, etc. 

Les Mulets de la Liaz, — de Zessetta, arôte de rochers, vallée 
de Bagnes ; comme les Grands et les Petits Mulets de Ghamonix, 
par métaphore, ces rochers ayant de loin l'air de mulets traversant 
les champs de neige. Ges figures sont fréquentes : on connaît le 
Lion, rAne, le Gheval blanc, le Gorbeau, le Mouton. 

Mund, D. Brigue, forme germanisée de mont : Mont, 1299, et 
au xiT<^ s., M. R., Mondj i348, Berchem dans Jahrbuch Schw. 
Gesch. XIV, 333. 

Mur, D. Avenches, MuriSy i337, i453, et 6 loc. Vaud et Frib. ; 
la Fin de Mur près Ghéserex, D. Njon, probablement \eMauras 
d'entre 995-1017, Rég. gen. 47 ; Mupa(z), ham. Sierre et Sion, 
ly Mura, i4i4 ; Muraz, Monthey, Noville, Villeneuve, et 3 autres ; 
MourazàGonthej; Murât, Géligny, Evionnaz, Goumœns, Matran ; 
la Mure, à Lancy ; Mures, à Mazembroz de Fully ; aux Mures à 
Ghardonnay-Morges ; Muret à Finhaut et 4 autres ; la Murée, 
Ormont^lessus ; es Murailles, 6 loc. Frib. ; Muresses à Savièse ; 
Murettes à Duilier, Mureta près Yens, ia49 ; les Meures, ham. 
des Gullayes ; Mouraz à Gonthey ; le Mouret, 3 ham. Frib. et 
loc. à Gonthey, à Lussery ; les Mourets à Rougemont, Murist, 
D. Broyé, Frib. ; Maris, 1228, 1377, i453 ; dérivés du latin ma- 
rum, muroSj désignant, dans les endroits habités, des localités 
où se trouvaient des restes de murs et constructions romaines ; de 
là également Moral et les nombreux Maar, Mari de la Suisse 
allemande. Dans les Alpes, de la racine germanique mar, pierre, 
rocaille, par exemple les Murs, rochers, éboulis, alpes de Liddes. 
La Muratte, 2 pâturages. Vallée de Joux ; dérivé de mur, au 
sens de pierre, et suffixe dim. atte = elle: pâturage rocail- 
leux. 

Le Murguet, loc. à Saint-Gingolph, Murgier, m. à Gorre- 
von, Meurgier à Lens, Mergier à Gourtetelle, les Morgiers à 
Ghézard, Murgy, Burtigny, Prahins, etc. ; Murgis, Ormont-des- 
sous ; Murgaz ou Mourgaz, Ormonts et Ghâteau-d'Œx ; la Mur- 



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902 MURIAUX — NANGIAU 

gataire, pâtura^ à l'Abbaye, les Mourguets à Vuippens, Mour- 
zet, Ormont-dessoas, Morgex, Moothej, Ollon et Liejsin ; da n. 
commua v. fr. encore usité murgaet^ Vaud, murger, murgère^ 
Valais, merger^ Bourgt>gne, murgée, Berry, le bas latin murga- 
nu m de Ducange n'est que la traduction du mot vulgaire ; de 
muricariuniy dérivé de murus^ mur, parent du germanique mar, 
pierre brisée; Merien, ham. près Stalden, Morgiy i256, et Mô- 
rel, village près Brigue, Morgiy i2i3, Morgie^ i245, Morgy, 
i35o, Morgia^ i474f tirent aussi leur nom de morgîer, tas de 
pierres ; ce dernier village est bâti à côté d'un immense éboule- 
ment préhistorique. 

Murîaux, D. Franches-Montagnes, Berne, Mirevaly i3i5, puis 
Mi rival f enfin Murival ; de mire y impératif de mirer, regarder, 
et vaL Le nom allemand Spiegelberg signifie Montmirail, à peu 
prés le même sens. 

Murlst, voir Mur. 

Musot ou Musotte : t sonore ; ham. de Veyras, D. Sierre, Va- 
lais, Mezioth et Meioty 1226, Mujot, 1288, i438, Myojot, 1260, 
Motijùty 1293, Mojoty 14^4» permutation valaisanne j-s, z. On- 
jK^ne inconnue. La forme la plus fréquente présente la racine 
mouj\ muj qui se retrouve dans le nom du ruisseau le Mujon, 
voir plus haut. Quant aux graphies Myoço^ 1267, MyojOy i3o4, 
il est difficile de dire s'il faut les rapporter à Miège ou au ham. 
voisin de Musot. 

Mutrux, D. Grandson ; voir Montreux. 

Hf uveran, sommet sur Bex, ou Mœveran, carte Rovéréa et atlas 
Siegfried. Bridel le dérivait du celtique « muva, lieu où l'on tient 
tes vaches, » étymologie à mettre en quarantaine jusqu'à plus 
ample informé. 

TVaîres ou Nairy, voir Neyre. 

Naneiau(x), 2 ham. de Puidoux près du lac de Bret, Nan- 
chaux à Lessoc ; formes pa toises de nansoir ou nançoir, écha- 
faudage pour placer la nasse, v. fr. nansCy bas latin nansa. De 
là ri le du Nançoir ou Nansoir à Noville, et le diminutif au Nan- 



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NANDS — NAUD 303 

siorety loc. à Yvorne ; une charte de SioD parle de ces nansoirs : 
« quandam barram factam pro piscatara, g^allice nanzijour^ )► 
i43o. 

Es Nands, mieux es Nants, majeos sur un terrain ondulé, 
alpes de Vionnaz, Valais ; de nant au sens primitif de vallée : il 
n y a pas là de ruisseau. 

Nanse, loc. vignoble de Savièse, dans le ravin de la Sionne^ 
Nans et Nanz, 1200-1283, NancZy NantZy i3o6, etc. ; Nantze, 
champs à Grimisuat et Saviése dans la vallée de la Sionne ; du 
celte nansy nant y vallée, voir Nant. 

NaDt, nom commun de nombreux ruisseaux, canton de Genève, 
rives du Léman et Bas Valais ; 2 ham. VuUj fribourgeois ; de la 
racine celtique nantUy cambrien nant y comique nanSy nantZy 
vallée, d'où il a passé en français au sens de vallée d'abord, puis 
de ruisseau. C'est à la même racine qu'il faut rattacher le .Nanz- 
thal près Viège, Nancz^ i256, et le composé Ginanz (de ge^ pré- 
fixe allemand marquant la collectivité). De là aussi le nom des 
anciens Nantu^ate^ =: habitants de la vallée, environs de Saint- 
Maurice. 

NantillièreSy loc. à Rochefort, Neuch. ; au Nandillier à Co- 
lombej, Nandillières, 1696, es NandilleSy 1776 ; du patois /la/i- 
tillay neintillay nentille^ Berry, lentille, et coll. ière, endroit ou 
Ton cultivait des lentilles ; au xvn® s. on disait à Paris nan tilles : 
« il faut dire des nentilles avec les Parisiens, et non des lentilles 
avec les Angevins » (Ménage). 

Naters, D. Brigue, Valais, Nares, 1017, Natrensi villa, iioo, 
Natria, 11 38, Narres ^ 12 10-1476 ; Proz de Narres à Saxon ; du 
celte nader, natri, serpent, couleuvre, natru, serpent d'eau, pa- 
rent du V. h. ail. nataray ail. moderne natter: endroit où abon- 
dent les couleuvres, les serpents. 

La Naud (ou Naux, Lutz), ham. de CoUonges, D. Saint-Mau- 
rice, Valab, fausses orthographes pour la Nau ; celtique nau, 
latin naveniy bateau : l'endroit au-dessus des rapides du Bois 
Noir étant favorable à un bac, appelé nau dans la vallée. 

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304 NAUPRAZ — NAYE 

Naapraz, loc. Sédeilles, D. Payerne ; de nau^ nauva, neuf, et 
praz = pré neuf, nouvellement défriché. 

Nautze, territoire à Grimisuat ; peut-être autre forme de Noche 
(ch-tz) ; voir ce mot. 

Nava, alpe d'Anniviers, Valais, alpe Noua in Annivisio entre 
1206 et 1237, M. R. XXIX, 326 = alpe nouvelle, la Neuve^ 
comme la IVauva(z), alpes de Blonay, et une autre Neuve, dans 
le val Ferret. Permutation o-Oy comme mala de mola, moïa, maïa, 
longe-lange, zô-zà, le patois prononce naova ; la Navettaz, à côté 
de la Nava, diminutif. 

Au Navay, prés au bord du Rhône à Vouvry ; endroit où se 
trouvait jadis le bac, remplacé, un peu plus bas, par le pont de la 
Porte du Sex ; variante du v. fr. navoiy navire, bateau ; voyez 
aufïsi Nau. 

Nnvîzence ou Navigenze, rivière du val d'Anniviers, Valais ; 
aquam delA Navisenchy^ 1267, i334. 

>axj D. Hérens, Valais, Narres vers iioo, Furrer, III, Nas, 
12 fois [i3i-i353, Naœ^ i364. Naz, D. Echallens, Nars^ i2i3, 
Gart. Laas., M. R. VI, i4i, NaSy 1216; ham. du Mont, D. Lau- 
sanne ; loc. à Préverenges, à Carouge, pâturage sur Baulmes. 
Galschet dérive les deux premiers de narduSy nard, graminée 
dure et piquante des pâturages de montagne (poil de chien). Cela 
nous parait douteux et conviendrait tout au plus pour le pâturage 
de Baulmes, mais le nom latin n'a pas passé dans la langue po- 
pulaire, en outre comment expliquer la chute du d dans Narres, 
Nara? 

Naye, pâturage sur Montreux et sommet : la Chaux de Naye ; 
les IVaycs, prés humides à Mollens, Valais, et à Monthey (aussi 
Nez), prés de Nayes, prés marais à Noville ; les Naies, plage à 
Versoix, les Neys au cadastre ; Néa, loc. à Vétroz ; en Nayes, 
les Grandes Nayes, chalets sur Vouvry ; les Nez, alpe et ravin 
sur SaiQt-Gin^'olph, loc. à Conthey, NeZy 1820 ; prés humides à 
VJotinaz, Nayaty 1728, Naya, 1776 ; m. à Arconciel et à Lussy, 
Frib. ; les Neyex, prés humides à Bex, es Nex, pré marécageux 
à Chesières, à Massongex et loc. aux Fontaines, Ollon, loc. à Bex 



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NEiaiGUE — NÉRÉAZ 305 

et Troistorrents ; composé Versney à Noville = vers les prés 
inondés. Les chartes en indiquent beaucoup d'autres : eys Ney à 
Bulle, 1826, es Nex à Epag'ny, Gruyère, i548, en Aer, i643, es 
Née^ 1646, à Autigny ; un Nay près de Géronde, Valais, iSag, 
un Nais près Erschmatt, 1242, eis Ntix à Neyruz, i433, et Nez 
près Mont, 1097. De naye, subst. verbal de nayer^ noyer, au 
sens d'inonder ; désig^ne des terrains, pour les localités de la val- 
lée du Rh^ne, que le fleuve ou le lac inondait annuellement dans 
ses crues, et plus généralement des terrains humides, marécageux. 
En Dauphiné Nat^=z anciens bras de rivières et terrains bas qu'ils 
inondent, et le v. fr. a nais^ creux où l'on fait rouir le chanvre. 
Pour le sommet de Montreux Studer reprend l'étymologie de Bri- 
del qui tirait ce nom du celtique neachy sommet. Cela convient 
pour celui-ci, impossible pour tous les autres. Du reste le sommet 
ne s'appelle pas Naye, mais la Chaux de Naye et ce dernier nom 
est celui du pâturage. 

Neirigue (ou Neyrigue), commune et affl. de la Glane, Naî- 
rigue, affl. du Grenet, Neireigue près Ballens, D. Aubonne, 
Noiraigue, village et ruisseau, Neuchàtel, Neirivue, village et 
ruisseau, Gruyère, Nigra aquay gôô, M. R. XIX, 48, 980, d'a- 
près Hidber, I, Neire ewe^ i4oo, M. R. XXIIl, Noyrewe, 1514» 
Neyrevuyty etc. ; la Neyrivue, pâturage à Rougemont = noire 
eau. 

Neire vaux, ham. à Marsens, D. Gruyère, Neyrevaux, pâtu- 
rages à Lessoc, Ormontrdessus et Peney-le-Jorat, Neirvaux à 
Payerne, Naîpvaux ou Neyrevaux, alpe à Corbeyrier, Neyrvaux 
à Morcles, Neirvaux à Sainte-Croix, Oron-le-Châtel et Noiraigue, 
Nervaux à Baulmes, Nervaud, ham. de Praz, Glane, Nerveau, 
ham. du Bouveret, Valais, fausses orthographes pour Neirevaux ; 
de neir^Cy noir, et vaux, vallée. 

Nendaz, D. de Conthey, Valais, TVe/irfa, 988, Neinda^ iioo, 
\2l\\y Neigda^ 1200 (remarquez le groupe eig = en), iV<?ynrfa, 
1260, Neindey 1266, Ninda, 1892. 

La Néréaz, ham. de Chardonne, autre forme de Noréaz, 

M. D. SBC. SÉRIE, TOME VII 20 



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306 NERMONT — NIERLET 

Nermont, chalets sur Montréux, et Niremont, sommet sur 
Semsales = noir-mont. 

Nesserts. loc. à Fleurîer et à Courroux = en Esserts, voir Rs- 
serts. 

La Ncu%'a, alpe» val Ferret, Valais = la nouvelle. 
IN'ej^praz, loc.j marais de Payerne = prés noirs y les prairies 
ou les joncs abondent ont une teinte noirâtre. 

En *Neyrej !oc, à Agiez près Orbe, les IVeyres ou Naires 
(Nair^j Lutz), ham. de Monthey, li Neyres^ 1829 ; en Neypon à 
Pully» Neyrin à Echallens, Neyreltaz à Vétroz, Neyreties à 
Orges, dîm. ; Anncyres, ham. à La Sarraz, pour En Neyres ; de 
neires^ noires, endroits sombres, boisés à l'époque. 

NeyruleîS, maisons sous la Tour de Gourze, Lavaux ; de nuca- 
riùlas =: noyeraies. 

Neyruz, D, Sarine, Fribourg-, Nuruos, xii« s., Donat. Haut., 
Arcb. Fr. VI, Nuniols, 1187, Nuiras, Nuerus^ 1187, 1142, M. 
F. IL 161 220, NaruoSy 1171, I2i5, iVwrwr, 1198, 1247, M. F. 
III, 69, IV, 2t4f Narriery i25i, Zeerl., Nerioux, i525 ; de na- 
careia, mitaretuniy noyeraie. Le P. Dellion, s'arrètant à la 
forme moderne, traduit par ruisseau noir, explication contredite 
par tontes les formes anciennes ; 2» Neypuz, D. Moudon, Nuiruly 
ii68, iVi/ronlj ia6i, M. F. IV, 218, NeyrioaZy 1869; du bas 
latin nucariolum, uoyeraie. 
Nex, Noz, voir Naye. 

Nialin ou îNlolin» ham. de Savigpny, D. Lavaux ; de ladj. pa- 
tois nialein^ gnialein, endroit où s'amassent et séjournent les 
nioles ou brouillards ; niola, du latin nubila, dérivé de nubes. 
IViedensi, grand ham. d'Yvonand = chez les descendants de 
Nid, Nied, n. pr. g'ermain, de la racine gothique n^i M (d), envie. 
Forstm., 957. 
Nier, Six, alpes de Saillon ; syn. de neir, noir = rocher noir. 
Nierlet, — le« Uois, commune, D. Sarine, Nyalet, Niarlety 
i4o4* Nyarlei io Bos, i475; 2» ham. de Neyruz, D. Sarine, 
Fribourg, Nuarler vers 11 70, Nuarlez, 1178, Noarlez et Nuar^ 



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NIFLEMENT — NirRAVERD 307 

let vers 1280, Donat. Haut. On peut en rapprocher Nerly, ferme 
à Vermes, Jura bernois, en patois Nierli. 

Niflement ou Nidement (f-c), ham. de Lessoc, D. Gruyère, 
Fribourg, Neyjlement, 1896, Neirjlumen, i456 ; ce second mot, 
moitié patois, moitié latin (le P. Dellion le rapporte à Neirivue), 
est sans doute un essai de latinisation du mot romand, comme 
Arcum cœli pour Arconciel, et ne peut être pris en considération. 
Origine inconnue. 

En Nilliettaz, loc. à Puidoux ; nillette, d'après M. Isabel (in 
litt.) = dépôt de bois près d'une scierie. 

Niouc (on dit aussi Nieuc), ham. sur Chippis, D. Sierre, Va- 
lais, Nyu, 1218, c final, caractéristique des noms de la vallée 
d'Anniviers (voir Biolec). Pourrait signifier nid, patois niau, ni- 
chet, nid, provençal niu^ nieu, nid. Nj se retrouve dans Prassony 
ou Praz sur Ny, ham. d'Orsières. Une loc. es Niouz à Lausanne 
ou environs, 1288, M. R. VI, 649. 

La Nioccaz, affluent du Buron, près Gressy. Ce mot aurait^il 
quelque parenté avec l'adj. patois nioca^ niauca, la nigaude, la 
sotte ? Les noms de ruisseaux sont pleins de telles figures : la 
Mionnaz, la Gabiare, la Gayaz, la Frinze, la Brinnaz. 

Au Nîplay, petit bois près Groy, au Mplier, bois à Aire-la- 
Ville, Genève, au Neplay à Illarse, Valais, Nippley, 1696; au 
Niplay à Saint-Gingolph ; de niple, nippliCy nom patois de la 
nèfle ; < le néflier est assez abondant au Niplay (Croy), où, nous 
écrit M. Burdet, je me souviens d'avoir cueilli et mangé des 
nèfles. » 

Nîremont, sommité alpes fribourgeoises ; de neir^ noir, et 
mont, à cause de ses flancs couverts de sapins. 

Niton, Pierre à — , bloc erratique dans le port de Genève, Nei- 
ton dans Spon, 1670, qui le tire de Neptune, ital. Nettuno, dieu 
des eaux, dérivé aussi de Neith, dieu des eaux chez les Gaulois ; 
aurait été un autel consacré à ce dieu. Au pied de la pierre on a 
trouvé, d'après Spon, un couteau et deux haches de bronze. 

Nitraverd, carte Dufour, Nitravers, Siegfried, aussi Zim- 
merli, III, 87, ham. de Grône, Valais, fausses orth. ; liaison de 



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308 NIVA — NŒS 

en avec Itrauers, de y = es et travers, dans les terres en travers 
du plateau. 

La Nîva, alpe d'Ëvolène, et Mell de la Niva, sommet vallée 
d'Hérens ; loc. à Bourg-Saint-Pierre, Entremont ; du latin nivem, 
neige, v. fr. nive, patois neva^ niva, neha. Ce nom se retrouve 
dans la partie germanisée de la vallée du Rhône : Niven et Niven- 
pass^ sommet et col, alpes de Louèche ; Niv^a, bisses, et Niwen, 
mayensi D. Viège et de Brigue. 

JVoalCj vignes à Ayent et loc. à Savièse = novalia, navales, 
nouveaux UéfricHements, avec apocope du v. 

Noble, voir Mont-Noble. 

En >'oche, petit vallon fermé à Aigle, en Nosche à Ollon. On 
pourrait penser i^ en Oche, avec soudure de Tn, mais d'anciens 
textes montrent qu'il n'en est rien : les M. R. XXIX mentionnent 
un elausum de AocAi, 1288, Nochy^ i329, près Sierre, un pratum 
de la Nochi près Lens, i25o. Les trois du v. fr. noche^ forme 
fém. de noc^ s. m., baquet, auge, réservoir en pierre pour rece- 
voir les eaux de pluie (Go<lefroy). 

ÎN'ods, ail. iVoSj Neuveville, TVbs, i255, Noos, 1 268-1 3o6; le 
v» fr. a /lOj s. m., auge. Dans le Berrj, noud^ s. m., a le sens de 
Doche, voir ci -dessus. Nods est probablement les nos, nods, les 
noud.s, les auge^, au figuré, à cause de sa position dans une combe. 

IV06, Praz — , à Bramois = pras nové, pré neuf, apocope du 
V comme Noale pour novale, et Balaaux, Balaoz, carte Club, 
alpes de Ncndaz, pour Ballavaux. 

yom ou Xœs, ham. de Granges, Valais. On pense d'abord à 
naces^ noise, le hameau est entouré de beaux noyers. Mais on ne 
trouve aucune trace de ce hameau dans les anciens textes ; par 
contre on trouve une dizaine de mentions d'une localité au terri- 
toire de Granges, nommée Œz, qui a disparu sans laisser de 
traces: Crista de Œz, 1080, vineam Doiz (d'Oiz), i233, plantata 
de Œz, i25o, Œz, 1279, 1299, vinea de Œz, 1297, frustum apud 
Œz, Î293 et 1297, vinea àHŒyZj 1304» M. R. XXIX, XXX. Il 
faut en conclure que le Œz du xi« au xiii« s. et le Noés d'aujour- 
d'hui sont une setde localité et que Noés s'est formé par aggluti- 



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NOIRAIGUE — NORÉAZ 309 

nation de la préposition En-Œz, Noës, comme Ennej de en Hejz, 
Neuloz, de En Ëuloz, etc. 

Noiraigue, village et ruisseau, Neuch., Nigra aqua, 998, Ma- 
tile, I = eau noire. 

IVombrieux, sommets sur Bex et sur Corbejrier ; Pointe des 
Ombrieux su( Vionnaz, Valais, FOmbriaou, ou Lombriau, som- 
met et pâturage à Albeuve, Frib. ; du latin umbilicuSy provençal 
umbrilh, fr. nombril. 

Nonens ou Nonan, ham. de Gorminbœuf, Frib., Nonans, 
1178, Donat. Haut., Arch. Fr. VI, 1260; pourrait être chez les 
descendants de Nonno, NannOy n. pr. germain ; toutefois la dé- 
couverte dans la localité de nombreuses ruines et antiquités ro- 
maines montre que l'endroit a été habité dès l'époque gallo-ro- 
maine. 

La prononciation ans au xii^ s. Ta fait exclure par M. Stadelmann, 
de la liste des noms en ans d'origine germanique. Cela ne nous paraît 
pas une raison absolue, puisqu'on trouve à la même époque et même 
antérieurement la terminaison ans pour des noms germaniques indiscu- 
tés : Marsans, 1137, Sorans, 1150, Hidber, Aleran, AUerant. 1147, 1154, 
M. R. XII, Granz, 1212, Illan, 1214, Boslans, 1218, Escublans, 1220, 
Gommuans, 1218, Gomoans, Vuyllans, Promasans, 1220, dans la même 
charte et à côté VuIIeins, Promaseins ; Coriolans, Escuviians, Vister- 
nans, 1223, même charte, à côté de Coriolains, Cotains, Lovains ; nous 
pensons donc que Nonens peut être aussi dérivé d'un n. pr. germain. 

Chose curieuse, ces formes en ans, parallèles à celles en eins, parais- 
sent avoir été des traductions germaniques, si nous en jugeons par un 
acte de 1212-1220 des Fontes rerum Bem. II, 24, qui porte an-dessus 
des noms romands leur traduction allemande, ainsi : 

theotonice Arans th. Merans th. Gurnols 
...ex adjacentibus vicis... de Arins, de Mareios, de CnmAl, 
t. Eingo t. Wilere. 

de Einjo... ac de Vilare. 

Nonans est aussi un n. de famille sans doute dérivé de celui du vil- 
lage, cas très fréquent: dans Jeunet, Abbaye de Fontaine-André, on 
trouve un Pierre Nonans abbé, 1489-1502, un autre Pierre Nonans no- 
taire, 4349, Jean Nonans, 1431. Le sceau de l'abbé porte deux tètes de 
nonnes, armes parlantes. Op. cit., 97, 204. 

IVoréaz, D. Yverdon, Nœruls et Aurais, ii47» Cart. Month., 
M. R. XII, NœraÎQj Nueraia, 1218, M. R. VI, 117, Nœrei, 



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310 NOUTRE — NOYERAYE 

1245, Cart. Month. ; les deux premières formes de nucariolum^ 
les autres de nucareta, forme féminine de nucaretum^ noyeraie ; 
même orig'ine pour le Noréaz, D. Sarine, Frib., Noarea, 11 34, 
NuareOy 1180, Donai. Haut. f Noret/af i4o5, Norea, i635. On 
dit une noraie dans le Berrj pour une plantation de noyers. 

En IVoutre, champs à Fully, soudure de en.= en Outre, 
champs au delà, outre, prép. très employée en Valais. 

Noval à Buix et Courtedoux, IVovalles, D. Grandson, JSovellis, 
1179, Nouelies, i4o3, M. R. XII et XIV ; ham. et loc. à Pully, 
NouaieSj 122O; Etoy, Renens» Blonay, Poliez-le-Grand, etc.; 
rSeu villes à Martigny ; Novallettaz à Noville ; le Novelet, ham. 
de Provence ; aux Novelets, loc. à Pompaples^ diminutifs ; du 
latin nouaîia, terres nouvellement défrichées ; syn. de essert, es- 
serium sioe nooaley M. R. XII, 176 ; se retrouve dans Tall. No- 
Jlerij villag-es Berne et Fribourg". 

Navassatles ou Novaselle, loc. à Aigle ; du nom d'une an- 
cienne famille Doble, originaire du Chablais, Pierre Denovasselle, 
bourgeois d'Aig-le, i442 ; comme Neuvecelle près Ëvian, berceau 
de cette famille, noue sala, 1288, Novassella, i44i, de nova^ 
nouvelle, et sala^ du germanique sal^ maison, et non de neue 
zelle comme on Ta expliqué. 

iNovoleUj lieu-dit à Aile, Jura bernois ; de novale, terrain nou- 
vellement défriché, et sufF. dim. eu de eolum, comme Prayeux 
de prateolum. 

IVovellî ou IVovali, alpe de Nendaz, IVovellî ou IVovelle, alpe 
d'Hérémence, Valais, Novelles, i448 ; voir Novalles. 

Novî ou iVovy, Praz — , une 12* de loc. Vaud et Frib. = pré 
neuf. xNovia^ vignes à Blonay, peut-être même origine. 

Noville^ D. Aigle, Vaud, Noua uilla, 1177, 1286, Nouellis^ 
1179 d'aprè^s de Gingins, Recherches. Nouillaf 1263, Nouellay 
i343î = nouvelle villa, ferme. 

Noyôraj^e, Monthey, Noyeray, Bagnes, Noyerel, Dorenaz, 
Grandes- Vaud etRances, Noyereltes, Ecublens, IVoyerat, Cham- 
pagne, Noyeraux, Aigle, 17 18, Féchy, etc. ; Noïrel à Colombey, 
Noyerei, 1696 ; de nucaretum et nacareta, noyeraie, de nucem 



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NOYEES — NUVILLY 311 

et suffixe aretum, — combinaison des suffixes arius et etum, — 
formé dans la basse latinité lorsque les adjectifs en arius eurent 
pris le sens de substantifs. 

Es Noypes (noïre) à Port-Valais, patois nohira = aux noyè- 
res, aux noyers. 

La IVoz, m. près la Sorne et Tétang* de Bellelay, et Combe des 
Noz à Fontenay, Jura bernois ; probablement le même que le v. 
fr. noe^ noue, bas latin noa, normand noe, prairie marécageuse ; 
proprement auge, bassin, encore dans ce sens dans le Berry, puis 
terrain bas, inondé. 

Nozon, rivière, D. Orbe, Novisonum ou Novisonam fluviolum 
vers 642, Noisonem fluviolum, 1049. Novisona est évidemment 
formé de l'adjectif celtique nouios, nouveau, frais, et o/ia, source, 
rivière, donc source fraîche. S'appelait aussi simplement Lion, du 
celte fflion (pr. lion), eau courante ; de là Vau-lion. 

Nugerol ou IVeureux, anc. loc. au lac de Bienne entre Neuve- 
ville et le Landeron, détruite avant iSoq. Orthographe très va« 
riable : le Mus. N. XXXV, p. 33, en compte 44 formes ; les prin- 
cipales: Nugerolisy 866, 884, 962, Tr., Nugerol, ii47> Nuerol, 
ri85, Nuruz, 1264, Neureux, xv® s., Nyroul, etc. ; de nucario^ 
lum, noyeraie. Nugerol a aussi été le nom au moyen âge (1292) 
du village soleurois de Nuglar. Tr. II, 629. L. de Meuron (Mairie 
du Landeron) tire Nugerol de nigra vallis, p. 10, et Neureux de 
neuf ruz, ruisseau, p. i4, sans se douter que ce sont deux formes 
du même nom. 

Nuvîlly, D. Broyé, Frib., Nivillins, 1182, M. R. VII, 28, Nu- 
vilie, 1228, Nuovillie^ 1242, M. R. VI, 667, Nuvilliez, i5oo = 
(praedium) Noviliacum, domaine d'un Nouellius, gentilice connu 
chez nous par des inscriptions de Genève. L'interprétation du 
P. Dellion, novus locus, ne soutient pas l'examen. La forme de 
1 182 avec son suffixe germanique est curieuse. C'est une forma- 
tion analogue à celles de Tartegnins et Trevelin, voir ce dernier 
mot. 

M. le curé Duproz, dans son bel ouvrage sur la Cathédrale de Lau- 
sanne, p. 274, dit « Nivillins n*est certainement pas Nuvilly, comme 



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312 NYON — OCHE 

l'apparence le donnerait â penser. » Noas persistons à rapprocher ces 
deux noms qui n'ont pas plus de différence que Tarti^ie et Tartegnins, 
Triviliacum et Trévelin et s'expliquent de même. 

Nyoo, Noviodunum à l'époque romaine, puis Neoidunum, A7- 
dununi et Nudunum dans les chartes au xrv« s., M. G. XXI, 
Niuns, i2o4, 121 1, Nions, 1244? M. R. XII, Nyons^ 1246, M. R. 
V, 1278, i344; du celte nevio, nouveau, et dunum, fort, nou- 
velle forteresse. 

Obeeea, Grande et Petite, et TObequettaz, pâturages à la 
Tour de Trème, Obecaz, i368; robeccaz, ham. de Sorens, 
D. Gruyère; Obèques, m. à Curtilles, D. Moudon. Pourrait-on 
supposer l'ail. Obegg ou Obeck, localité sur un angle saillant? 
C'est déjà an peu loin de la frontière des langues, bien qu'il y ait 
plusieurs noms allemands à Château-d'Œx, à La Roche et même 
à Prez, non loin de Payerne, où il y a un lac de Seedorf ! 

L'Obèche, fausse orth. de quelques guides et cartes pour lo 
BesHQ, sommet d'Anniviers ; voir ce mot. 

Es Ohepins, m. à Grattavache, Frib. ; autre graphie du v. fr. 
aubépin, aubépine. 

Oehe, Dent d* — , alpes près Saint-Gingolph, Valais ; de ochey 
s. f. = coche, entaille : la montagne a deux sommets, la Dent et 
le Bec, st^parés par une profonde entaille. 

Ochc, Ouche, Œuche, diminutifs Ochetie, Ouchetle, Ou- 
ebelclles (Nax, Valais), nom de quelques hameaux et de très 
nombreux lieux-dits^ autrefois n. commun. Littré donne ouche : 
bonne terre capable de porter toute espèce de fruits, terrain voisin 
de ta maison, planté d'arbres fruitiers ; du bas latin olcay mot 
celtique employé par Grég. de Tours, vi« s., 4ç campus tellure fe- 
cundus^ taies enim incolae (les Rémois) olcas vocant » : champs 
de terre fertile, de tels que les habitants appellent olcas, oches. 
Olca a donné oche, retraduit dans les chcurtes en Ocha (ad Ochas 
à Gor^icr, 998), ochia^ parfois latinisé en olica *."Oche se dit gé- 

t Uuc charte de la 14< année du roi Rodolphe III, soit en 1008, M. R. XXVI, 
p, lis, diti In villa Severiaco olica I qui terminât de ires partes terras Mauri- 



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OCOURT — ŒX 313 

néfalement dans le G. de Vaud ; Ouche, pied du Jura vaudois et 
Neuchâtel, Œuche dans le Jura bernois. En Valab souvent Ousse, 
Oussettes et avec l'article soudé Lousse, Ayent, Vétroz, Loucette 
(Vercorin), permutation ch-s ; enfin Offe, Ouffé dans certaines 
localités de la vallée du Rhône ; voir ces mots. 

Ocourl, D. Porrentruy, Berne, Oscurfy iiSg, 1178, Hoscort^ 
I2I0 = cour, ferme de Hozo^ n. pr. germain. Fôrstm., p. 700. 

GSXy Chàtean cl' — , Pays-d'Enhaut, Castrum in Oço, io4o, 
Offoz, iii5, vallis de Oir, iii5, F. B. I, Oiz, Oity 1177, Oz, 
xii« s., Cart. Month. ; Oix^ Œz^ 1228, Oyz^ 1288, puis OyeSy 
1841, OyeXy Oyez, i436, etc., en ail. Œsch. 

Oo a proposé de oombreuses explications de ce nom. Dans les Etreones 
helvétiennes de 180i, voir aussi Conserv. suisse^ V, 164. Bridel le dérive 
de oie, pré, par un faux rapprochement avec oison, mieux vouazon, 
gazon^ qui vient du v. h. ail. waso, F. de Gingins en 1837 et Hisely 
après lui, M. R. IX, 51, tirent Ogo de Hoch-Gaa, Haut-go, contrée éle- 
vée, étymologie que Zimmerli considère comme possible ; mais, comme 
Gatschet le fait remarquer justement, on ne trouve nulle part dans les 
chartes des expressions bas latines correspondantes telles que Altigau- 
dia, Altgauvia, etc., qui en seraient la traduction. Pour Gatschet Ogo, 
Ogoz est la forme romanisée du gothique atisk, v. h. ail. ezzisc^ m. h. 
ail. esch, œsch, pâturage clos, entouré de haies. D'autres le dérivent de 
Esche, le frêne, plur. Eschen, du v. h. ail. asca, soit Féquivalent de 
Frasses et de Frenay. Ces deux étymologies, surtout la première, sont 
satisfaisantes pour le nom allemand Œsch, mais il est difficile d'en tirer 
Ogo. 

Ch. Morel, Revue hist. vaud., 1901, dérive à son tour Ogoz du 
mot auge, ouge, bas latin aagia, nom très fréquent dans la vallée de la 
Sarine, patois oudze. Malgré toute Tautorité d'une opinion émise par un 
homme aussi versé dans ces questions que Ch. Morel, il nous est impos- 
sible de Tadopter. Sans parler du déplacement de l'accent qu'elle sup- 
pose : Aû«re, Oùge, Og6, il est difficile d'admettre que cette même racine 
ait, dans les mêmes lieux, donné des formes aussi différentes que (Ex et 
Ouge ; il y a 7 Ouges au Pays-d'Enhaut ; comment leurs noms auraient- 
ils persisté à côté des transformations successives du mot qui est devenu 
Œx? En 1040 Ogo, 1115 Ogoz ; le nom se modifie rapidement, déjà en 

cii, etc., sans doute par un rapprochement avec I*adj. aulicOf qui dépend de 
Taula, et dans Hidber, II, ji. 499, un acte de 979 (41* année de Conrad) où Bal- 
duf échange Ollica 1 contre un champ à Siviriacum. Hidber traduit avec doute : 
HofsttaU ? 



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314 OFFE — OGNONNAZ 

1115 Oiz et 1228 Oix et Œz, c'est presque le nom actuel, tandis que les 
Auge et les Ouge s'appellent encore de même sept ou huit siècles plus 
tard. En outre Aup:ia désigne toujours des terrains bas, au bord des 
rivières. Cette étymologie est, croyons-nous, juste par exemple pour le 
village de Œy^ Bas Simmenthal, Ogie en 1270^ Oia, 1302, où l'on voit 
la transformation d'augia, et qui est au bord de la Simme^ mais Château- 
d'Œx est sur la hauteur, à 60 m. au-dessus. L'étymologie reste donc 
encore indéterminée. Notons en passant que les prés au-dessus de Mon- 
treuX| dans la direction du Pays-d'Enhaut, s'appelaient Prata de Oiir, 
1317, M, H. 

OfiTe^ Aiiffe, Ouffe, dim. Oufféties, loc. de la vallée du Rhône, 
à Yionnaz, Salvan, Colombey, Dorenaz (aussi aux Zouffettes), 
etc, , Valais, et à Bex, Ollon, Corbeyrier, Veyges, Leysin, 
D. Aigle ; en Louffé à Boveraier, Massougex et Vionnaz, VOche^ 
1761 ; Loaf à Eviounaz, Louffe, 1760, Loufe à Collonge [pour 
rOuffe ; le même que Oche, Ouche avec la permutation ch-f , 
comme dans Salanfe, Lanfe, pour Salanche, Laujche. 

0g6DS| D. Moudon, Ogens^ 1166, Ogeins et Oiens, 1227, M. 
R, VI, 175, 177, î85, OgienSf i4ï2, Ogens, i453 zn chez les des- 
cendants de Ogo^ autre forme de Hugo, n. pr. germain ; de la 
racine v, h. ail. hugu, esprit. Fôrstm., p. 760. 

*>gîs, Pré des — , à Essert-Pittet, pour Ozis^ pré des oiseaux ; 
du patois oziy de avicellurriy petit oiseau, permutation z-j, fré- 
quente en patois. Rappelle un lieu-dit Osoget, 1268, entre Peney- 
le-Jorat et Corcelles, M. R. XII, 92. 

0(}nonaaz, ou par corruption Oyonnaz, ruisseau près Vevey, 
Ouniona vers i2i5, Cart. Laus., M. R. VI, 35i, Onuina^ On- 
nuna^ miç^, flumicellam de Osnona, M. R. VI, 876, Egnonaz, 
i356, Ognyonay 1876, 1898 ; Bridel, Essai sur le lac Léman, 
Conservateur suisse, V, 68, écrit Utne, 

D'après M. A. de Montet (Hist. Vevey, i85), Ognonaz serait le 
nom du territoire que le ruisseau traverse, nom dû aux planta- 
tions d'ûigaons qui l'occupaient sans doute autrefois ; le nom 
aurait passé à la rivière. Cette étymologie est bien peu vraisem- 
blable ; tous les noms locaux semblables dérivés de noms de 
plantes cultivées sont en eyre, ère, ière : un territoire planté d'oi- 



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OGOZ — OLEYRES 315 

gnons se serait appelé Ounionere, Ou^noneyre, comme on a Por- 
reyre, de porrum, Panesejre, de panis, etc. Ognonaz vient sans 
doute d'une racine celtique onioy ounio^ qu'on retrouve dans les 
noms celtiques Ouniorix, Onnio cités par Holder, et ona, rivière. 

Ogoz ou Ogo, domaine sur Saint-Saphorin-Lavaux, Ogga^ 
xn« s., M. R. XII, 19, 162 ; ham. à Puidoux ; propriétés des reli- 
gieux de Marsens au pays d*Ogo, ancien nom du pays de Gruyère, 
soit du comté qui s'étendait sur la haute Sarine : Butulam in 
OgOy 900 (Pago ausicense^ 980, Hidber, I, 220), Rua in OgOy 
1019-1036, Rodulfus cornes in Ogo, 1172, Radulfus cornes de 
Ogga^ xii« s., Rota in Ogo^ 1182, decanatus de Ogo, 1228, 
Ponte in Hogo, i25o, aujourd'hui Pont en Ogoz, etc., M. R. 
XII, Zimmerli, II, i38 ; origine incertaine, voir QSx. 

Oie, Oye : Tattes d'Oie à Nyon, Champ de l'Oie à Bière, à Pa- 
lézieux, Moulin de l'Oie à Bogis, bois à Aigle et Daillens, Grét 
d'Oye à Apples, Prés à Châtel-Saint-Denis, Coffrane, Pàquier, 
SaintrAubin, loc. à Noville, Saxon, MoUens ; Ruz des Oies à 
Bulle ; Fin des Oies à Courtetelle ; Pré de l'Ouye à Yvome, des 
Ouyes à Oulens ; Pré d'Oyon à Aigle, noms datant de l'époque 
déjà reculée où l'on avait des troupeaux d'oies, patois ohia, oukie^ 
dim. ohion^ ouhion^ Berry oyon, du latin auca^ oie. 

Le DicU géogr. d'Attinger dérive ces mots de Tall. oei, v. h. ail. 
ouwa, m. h. ail. oia^ prairie humide. Mais un grand nombre de ces 
localités ne sont pas du tout des prés humides, au bord de l'eau (Crét, 
Tattes, Champ). En outre le mot allemand ne saurait donner le son 
mouillé de ouye. En 1675, sur la plainte du conseil de Fleurier, se plai- 
gnant des dégâts faits par les troupeaux d'oies, le Conseil d'Etat de 
Neuchâtel ordonne à tous les propriétaires d'oies de s'en défaire dans les 
huit jours. M. N., VI, 313. 

Oisonfontaine, ham. de Saint-Ursanne, Berne, au bord d'un 
ruisseau. Est-ce le dim. français d'oie, oison, ou une fausse ortho- 
graphe pour Vouason, terrain bas et humide. Il faudrait des 
formes anciennes pour décider. 

Oleyres, D. Avenches, Oleres, 1228, M. R. VI, 334, OiyereSy 
1239, Matile ; OliereSy 1272, Oléines, i34o, Rec. dipl. III, 16 ; ces 
4 orth. dans une même charte de 1289, Mtl., Olleres, i255. 



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316 OLEIRC — ONEX 

Wûrslbg"., 200. D après Gatschet, de aulearia, de aula, terre 
dépendant d une ancienne demeure seig'neuriale : très douteux, 
d'après les anciennes orth. Signifie peut-être poterie ; il y a un 
mot V. fr. olier = potier (note de M. Bonnard). 

L'Oleîpe ou Oleyre, ruiss., affl. de la Mentue, près Bercher. 

Olives, Creux des — , à la Ghaux-de-Fonds ; de olivCj nom 
vulj^aire dans le Jura ncuchâtelois du Narcisse faux-narcisse, fré- 
quent dans quelques vallées du Jura. A la Côte, olive est le nom 
de la Primevère acaule. 

tUlon, D. Aig-le, Aulonum, 5i6, 1018, Olonum, 1107, Oluns, 
1178, Oulon^ Ï2II, Olun^ ^217, Oloriy 1282, Oulon, i25o, 1288, 
OlonSr i35o, Oullon, 1095, i6i4, etc. ; Olon, ham. de Lens près 
Sierre, Valais, Auluns^ iioo, Ulricus de Aula^ ^219, OulonSy 
13^6, Oiilnrif t3o8, O/o/i, i453 ; les deux du latin aa/a, au sens 
de ferme, «lépeadance de quelque grande maison seigneuriale. 

fhtibHaux, Ombrieux, voir IVombrieiix. 

Omène ou Omeînaz, alpe près du lac Noir, Fri bourg, souvent 
écrit , avec soudure de la préposition, lac Domène, Bridel, Gon- 
serv, suisse^ IV, 281, et Domeinaz, Lutz, bu encore lac Domaine, 
Gonserv, suisse, V, 178 et X, 278, alpibus de Almina, ii84, 
1200, Haulmenay Aumina^ 1289, Almina^ ii46, Hidber, i4a- 
mina, 1 146 (Mtl.), Halmeyna^ xiii* s. (Lib. Donat. Hauterive, 
Arch, Fr, VI, 54, 78, i25) ; de Tall. Almeinde^ Allmend = pâ- 
turage commun, d'après Gatschet. 

Le DkL CT^^i** d'Attinger donoe asile à une étyraologie d'après 
laquelle ce nom lui viendrait d'un moine d 'Hauterive qui aurait exorcisé 
lea ser^ïents de hi contrée, de là le nom de montagne du Moine, dou 
Meino, d'Omclaa, puis d'Oméne. La simple lecture des anciennes formes 
du nom et le fait qu'Almina se rencontre déjà en 1134, tandis qu 'Haute- 
rive n*i* étff fondé qu'en 1137, en prouve l'invraisemblance. (Dans un 
errata, le DicL h corrigée cet article qui avait échappé à l'attention de 
ses dïrerteurs*) 

Les < ftnehoUâ à Gronay, Onchères à Oulens, les Oncherattes 

à Courg-enay^ D. Porrentruy = jonchets, jonchères, apocope du j 

comme dans le jeu des jonchets dit aussi onchets ; voir Jonchire. 

Ooex, C. Genève, Ounay, Honay, xiii» s., Réç. gen., 5i4» 



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ONNAZ — ORDON 317 

Onay, 1291, i3ii, i34A, M. G. I, IX et XIV; de (fundum) 
Onacum, domaine de Onus, comme Aanaj, Dép. Nièvre, jadis 
Onacum. La racine onus est employée dans Tonomastique romaine. 
De Vit a le gentilice Onusanius, Peut-être Onus est^il simplement 
le nom germain Ono latinisé. Onex dewieni A unex, i7i7,ilunay, 
Ounay, Aulnay, Alnetum an xviii« s. par fausse traduction, 
confusion avec aunaie. 

• Onnaz, pâturage de Vionnaz, Valais, Hona^ i4o2, M. R. 2*s ., 
II, 39 ; la carte Dufour écrit Nona, soudure de n : en Onaz ; ori- 
gine inconnue. 

Onnens, D. Sarine, Fribourg, ail. Onnlng, UnenSy ii37, 
ii46, 1197, M. F. II, m, Unains, 1223, Donat. Haut., UneinSy 
1228, M. R. VI, OnyUy 1622 (Dellion); — autre D. Grandson, 
Unens, 1228, villam des Unens, i34o = chez les descendants du 
Germain Oni, Ono, 

Oppens, D. Yverdon, Opens entre 11 63 et 1171, Arch. Fr. VI, 
OupeinSf 1244, Wurstbg., 92 = chez les descendants d*OppOy n. 
pr. germain, Fôrstm., p. 971, correspondant des Oppikon de 
Thurgovie (le Orpens de 1222, M. R. III, 552, est sans doute la 
même localité). 

Orbe, Urba, iv« s., Orba dans Frédégaire, 6i3, Urba, 866, 
879, 937, viens Urbensis, 1049, Orbe vers 1220, OrbOy ii4i> 
1228, OrbaZy i383, M. R. XIV, VI, V; tire probablement son 
nom de la rivière voisine, VOrbe, Ce nom se retrouve en France : 
VOrby rivière des Cévennes. Orba était aussi le nom d'un fleuve 
de Phrjgie, affluent du Méandre, et leur nom vient peut-être à 
tous des sinuosités de leur cours, racine orb, cercle : l'Orbe est 
très sinueuse dans son cours supérieur ^. 

L'Ordon, forêts à Boécourt, Asuel, Mettemberg, Jura bernois ; 

^ Nous ne savons où M. Maxime Reymond (Revue hist. Y, déc. 1905), a 
trouvé que « l'Orbe supérieure s'appelait autrefois la Lionne et qu'au xvm* s. 
encore la Grande Eau se nommait l'Eau noire. » La Lionne, Leona, 1140, est 
un simple affluent du lac de Joux à l'Abbaye et la Grande Eau, jadis Ruisy ou 
Rionze n'a jamais porté que ces deux noms. Celui d'Aide noire appartient à 
un ruisselet, affluent de la Grande Eau à Ormont-dessus et au hameau voisin. 



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348 ORGES — ORGIÈRES 

les Ordons, forêts à Séprais, Ghampoz, Moutier, Soyhières, Jura 
bernois, au Lieu et le Chenit, vallée de Joux ; pàtura^;^ à Montri- 
cher, loc. à Bullet, à Sainte-Croix ; les Pœts Ordons à Ballai- 
gues ; les Grands Ordons à Corcelles ; Queue de TOrdon, 
quartier de la Sag-ne, Neuchâtel = forêt dont le bois, de petite 
taille, est exploité par parcelles par les charbonniers. Un arrêt de 
1744 de LL. EE. «< donne droit aux communes de marquer les 
ordons aux charbonniers qui doivent laisser sur place les plantes 
de dcmî-pied de diamètre. » M. R. I, 436. 

Opges, D. Yverdon, OrseSy 1260, M. R. I, 2« livr. 178 ; 
champs à Lens ; probablement de kordeum, org-e. 

OrgemoDt, loc, à Combremont-le-Grand, à Yens, coteaux ou 
Von cultivait Torge ; de horde um et monte m. 

Orge-Pré à D'izy et Praz-Orge à Moiry ; peut^tre de hor- 
reum^ fenil, voir plus bas Orgeval. 

Orgery, loc. à Saules, D. Moutier, Berne = Orgière. 

OrgevHl (ou Orzeval), loc. à Saint-Léonard, Valais, Orgeval^ 
i38o ; Orziv«l, loc. à Lens, Valais ; Orge vaux et Orgevalleties^ 
3 pâturages k Montbovon, faussement écrit Org-evaud, atlas Sieg- 
fried ; Orgevalottaz à Grimisuat ; Orge vaux, alpe sous Gulant, 
Ollon» pâturage au pied du Folly, Montreux, loc. à Pompaples, 
Servion et Morreus ; Orsivaz, alpe sur Vercorin, D. Sierre, Va- 
lais, corruption do Orgival^ i3o3, Orgioaiix, i3o4 (le sommet 
au-do&sus s appelle encore Bec d*Orzival). Ces noms ne sont pas 
tous de la m^me orig-ine. Ceux de pâturag-es viennent de horream, 
fenil, et valîem, val. Par contre, ceux qui désignent des localités 
de la plaine, ou il n y a pas de fenils pour serrer des récoltes, 
viennent de hordeum, orge, vallem : vallons où Ton cultive 
l'orge* 

Orgîèi-es, chalets sur Saint-Maurice (écrit aussi Ordières); 
forêt à Ocourt, D. Porrentruy, à Courgevaux, Fribourg ; Or- 
guiiSreij, chalet derrière les Pléiades à Blonay ; les Orgères, pâ- 
tura^o k Arziert io49 ™- '» Orgîres, loc. à Froideville, D. Echal- 
lens, m. k Châlounaye, D. Glane. Un Orgiery à Morlon, i394; 
de orgière, champ d'orge, bien que quelques-unes de ces localités 



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ORIETTE — ORMONT 319 

paraissent peu répondre à cette étymologie par leur élévation ou 
leur aspect actuel. 

L'Oriette, passage descendant du Château au lac, àNeuchâtel. 
D'après Chambrier (Mairie de Neuchâtel), il y avait une rue 
Gloriette dans le quartier le plus élevé de la rue du Château. Il 
paraît que c'est la même par où l'on descendait à la petite tour de 
rOriette nommée Gloriette en i44o. Un compte de la comtesse 
énumère les provisions que « Madame a fait emporter en Glo- 
riette, » soit dans cette tourelle ; TOriette est donc une corruption 
de Gloriette. 

Orjulaz^ Bioley — , surnom venant d'une forêt du voisinage 
qui occupait jadis la plus grande partie des territoires d'Oulens, 
Bretignjy Bioley et Ëtagnières, nemus de Oriola, 1192, 1228, 
Oriola, 1200, 1280, 1272, Bio\ey-OrjioulaZy 1527. Peut-être 
aussi de la racine orge, latin hordeum, et suffixe diminutif ola, 
Nemus de oriola serait alors la forêt avec de petits champs d'orge. 

Orjux, Crêt d' — à l'Isle, Orjux à Goumœns-la-Ville, Champ- 
Porjux à Assens = Champ-Orjux ; l'Opjus à Fiez ; origine in- 
connue. 

Es Ormes à Ollon ; Ormet à Ecu biens, Vaud ; les Ormets à 
Soubey, Jura bernois ; Ormey, village près Morat, Ormeis^ 1890, 
Rec. dipl. V, ail. Ulmitz, Ulmiz, 1260, ou, avec soudure de l'ar- 
ticle, Lormaz et Lormoy à Savièse, Lormy à Lens, un Lormey 
à Ayent, 1270, 1288 ; de orme et ormaie, latin ulmetum. 

Ormona, ham. de Savièse, Valais, Olmona, iioo, Ormonay 
1200, Hormona, 1229, Ulmum^ 1224, etc. ; également dérivé de 
ulmus^ orme, très répandu dans la localité. 

Ormont, vallée des Alpes vaudoises, terra de Chablais super 
Ormontf 1200, Zimmerli, II, i46, Ormont, 1281, M. R. XXIX, 
294 ; in Ormont y 1 282-1845, curatus de Ormont, 1287, commu- 
nitas Orimontis, i865, vallis Oreimontis, 147^, Aareomonte^ 
i485, vallis Aureimonlis, 1496. Gatschet le tire de horreum et 
montes, monts des fenils, des granges. Ne peut venir de là : hor- 
reum -+• montes donnerait Orgemonts ; comparez Orgeval, Orge- 
mont. Quant au latin aureum montem, ce n'est qu'une fausse 



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320 ORNY — ORON 

traduction latine de Ormont et il ne paraît que tardivement dans 
les chartes ; ce n*est qu'à la fin du xv« s. (i485) qu'on a eu l'idée 
que ce nom d'Ormont pourrait signifier le mont de Tor. Il n'y a 
jamais eu d'or, métal, dans la vallée, malgré certaines traditions 
populaires nées sans doute de ces fausses traductions. Par contre 
elle a été habitée longtemps par l'or, l'ours, dont le nom a laissé 
de nombreuses traces dans le pays : entre 20 loc., citons la Joux 
do VOurs à Ar pille d'OUon, la Tannaz à l'Or près Roche, le Roc 
à VOurs et Orsay sous Chamossaire, Comborsin à Rougemont. 
Ormont, pour nous, est le mont de l'ours. Bridel (Coup d'œil sur 
les Alpes), dit : « Un très ancien document connu du géographe 
Fœsi l'appelle Ursi Mons, d'où l'on a pu faire également Ormont, 
parce qu'en patois Or est un ours. « Cette étymologie pourrait 
être admise, ajoule-t-il, s'il est vrai que le plus ancien sceau de la 
vallée portait un ours pour les armoiries de la commune, comme 
on me l'a assuré. » (Conservateur suisse, VI, 278.) 

Omy, D. Cossonay, Or/i/e, 598, 600, 1228, Orneiy 1012, Or- 
niacum, iio5, Hidber, I, Hornie^ i325, Ornyey i344, Ornyei, 
i345 ; de (fandam) Orniacam, domaine d'un * OrniuSy genti- 
lice dérivé du cognomen Ornas donné par De Vit. Quant à Oroy, 
vallon, chapelle et glacier sur Orsières, Valais, Ornier, 1820 
(Bridel), la localité est bien retirée, toutefois il n'est pas impos- 
sible qu'elle ne vienne également d'un nom romain. 

Oron, Aaronum, 5i6, 1017, Orum, 1161, Horuns, 1221, 
OronSf 1228. « Une inscription trouvée à Bordeaux porte le nom 
celtique à'Uromagus^ champ d'Uros, nom probable d'une stati«m 
romaine de Suisse, » dit M. d'Arbois de Jubainville, p. 899, op. 
cit. Ce nom doit être celui du fameux Bromagus (Itinéraire d'An- 
tonin) ou Viromagus (table Théodosienne), qu'on a cherché par- 
tout, mais dont l'identité avec Uromagus a été démontrée par 
MM. Pasche d'Oron et F. de Saussure, Revue hist. Vaud,, 1901. 
Uro-magus, de maguSy champ = champ (TUros, n. pr. (ou de 
l'unis, urochs, bœuf). 

La terminaison magus tombe de bonne heure dans les noms 
semblables ; à la fin du vi^ s. le g disparaît. Rotomagus devient 



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ORSAZ — ORTIER 321 

Rotomous puis Rotomo, Rotom, Rouen ; Riomagxis, Riomao, 
Riomo, Riom ; de même Argeatomag'us-ArgeDtoii, Turnomagus- 
Tournon, Noviomaçus-Noyon, Cadomag'us-Caen ; voir Jubainville 
et Holder. 

Orsaz, Joux — , = joux, forêt de l'ourse ; es Opsey8(ajs) à 
Vérossaz ; Orsay, loc. sous Chamossaire, Ollon, à côté du Roc à 
VOurs = endroit où abondent les ours ; Orsera, pâturage, D. 
Hérens, Valais =: v. fr. orsiére, tanière d'ours. 

Orsiëres, jj^rand village de TEntremont, Valais, Ursaria, 972, 
io52, Urseri, 1177, OrsereSy 1 199, Orsiére, 1224, etc. Orzeires, 
pâturage près Vallorbe, Orseyre ou Orseire du xii« s. à 1579. 
Gatschet tire ces noms de l'italien orzariay endroits où Ton cul- 
tive l'orge ; mais cette culture ne s'est jamais élevée jusqu'à la 
hauteur de l'alpe d'Orsera. Studer, plus près de la vérité, les dé- 
rive de UrsariiSy stations de chasseurs d'ours. Tous ces mots 
viennent de ursaria, v. fr. oursière^ orsiêre, tanière d'ours. 
Dans les environs du village valaisan, on trouve la Porte à VOrs, 
le Greppillon de Y Ors. L'ours habitait toutes les régions monta- 
gneuses, — une Orseres à Grimisnat, 1267, — même du Jorat : 
il y avait au xiii« s., près de Lausanne, une forêt d' Orsiëres, 
« nemus quod dicitur Orseres, » Cart. Laus., M. R. VI, 824, et 
M Orseres apud Lansannem » vers i235. De là encore 

Orsin, pâturage sur Vionnaz, Valais = montem ursinum, 
alpe, mont de l'ours ; voir encore les articles Lousine, Hausse^ 
resse, Praz du Sex, etc. 

Orsonnens, D. Glane, Frib., OrsenenSy ii43, 1166, ii84, Or- 
sennenSy 1162, OrseneinSy 1180, ii84, Orseineins, 1288, M. R. 
VI, ii5, 64o, Orcenens, 1260, Wûrstbg., i83, Orsonneyns^ 
1826 = chez les descendants d*UrsinOy n. pr. germain, dérivé du 
latin UrsinuSy de ursus^ ours. 

L'Optiep, vallée de l'Eau froide sur Roche ; chalets aux Mosscs, 
Ormont-dessous ; autre sur Mîex, aussi Lortier, alpes de Vouvry, 
Valais ; les Orties, ferme à Courroux, Jura bernois ; L'Ourtié, 
alpes de Trient ; L'Urqui, pâturage sur Montbovon, Gruyère ; et 
avec l'article soudé Lourtier, village de Bagnes, Plan Lurqui ou 

M. D. SBC. SÉRIB, TOME VU 21 

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322 ORVALES — OTANES 

Lurquier à Albeuve, Gruyère, permutation t-q ; chalets, hameaux 
où abondent les orties. On dit de même en romanche urtier^ ur» 
liera et l'allemand a Nesseln^ Nessleren, Nesslau, etc. ; dans 6re- 
maud nous trouvons un Antoine zur Nesselen, i346, appelé Ant. 
de Urtica, i354. 

Les Orvales, loc. à Malleray, D. Moutier, Berne ; terres où 
abonde Vorvale, un des noms vulgaires de la Sauge des prés. 

Orvaux ou Orval^ ancien nom du val de Tavannes ; nous pa- 
rait être un Ors-vaux, une vallée de Tours, et le latin Aurea val- 
Usj XIV® s., n*est qu'une fausse traduction. 

Opvîn, D. Courtelary, Berne, ail. Ilfingen; UlvinCy 866, Uli- 
vitij 975, Ulvinchy 1178, Ulvinges, 1196, Ulveins, 1228, UlvenSy 
1234, Ulvinge, 1261, Ulvin, i356. — Ulvingenj 957, 962, 
1226, Ulfingen^ i233, etc. Matile et Cart. Hauterive = chez les 
descendants de 6Y/*, autre forme de Walfy le loup. Fôrstm. ne 
donne pas Ulf, mais il a le féminin Ulfa et les dérivés Ul/îloy 
Ulfing, 

Orzens, D. Yverdon, OrsenSy 1177, Cart. Month., 1226, M. R. 
VI, 162, 1228, i3i7, etc., Orseinsj 1226, F. B. II, 74, 1288, M. 
R., 20 loc. à Lutry ; et Orsens, loc. à Port-Alban, D. Broyé, 
Frib. = chez les descendants d'Orso, n. pr. germain, emprunté 
au latin ursus. FOtstm., 1218. 
Orzeires, Orzeval, voir Orsière, Orgeoal. 
Oserabloz, voir Isérables, 

Glanes, arête de rochers près du Bec de Corbassière, Bagnes ; 
les Outans, rochers sur Bex ; les Autans ou Gitans, rochers sur 
Salanfe, Valais ; autres, vallon de Barberine, alpes de Salvan ; 
Gutannaz, paroi au S. du Grand Muveran ; les Gutannes, ro- 
chers à Trient ; Gutannaz, rochers et petit vallon, alpes de Vion- 
naz, Hoczona, i4o2, M. R., 2® s., II, 39 ; Guthannaz ou Gus- 
sannaz, vallon et parois de rochers à la Deot de Brenleire (Bren- 
laire), alpes de Gruyère ; probablement de Tanc. adjectif autan 
.= hautain, (rochers) autans y (roches) autanes. Ce mot se retrouve 
en Dauphiné : oussane pour désig'ner certaines régions rocheuses ; 
voir aussi l'article Autanes. 



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OTHNETTE — OUDE 323 

Othnette, la Dame —, forêt sur Corcelle, Neuchâtel ; tire son 
nom de Othenette de Cormondrèche, femme de Vauthier de Neu- 
châtel, seigneur de Colombier vers i4oOy M. N. XIX. 

OttanSy que Tatlas Sieg'fried écrit Autans par une fausse assi- 
milation, crojons-nous, avec les noms précédents ; ancienne loca- 
lité dès longtemps détruite près Martigny, Actanis dans la charte 
de fondation de Tabbaje de Saint-Maurice, ecclesia de Oitanney 
1178, Othans et Otans, 1200, OitanSy 1192, 1267, OctanSy 1291, 
OianSy 1228, 1827 ^. Le groupe et ou tt rattache ces mots à une 
autre racine que la série précédente : ils renferment le premier élé- 
ment du nom de Tancien Octodurum = château resserré, le mot 
optique octCy ochte, défilé, goi^. Une localité à Etoy, Vaud, es 
Octannes, semble renfermer la même racine ; cela dépend de sa 
situation. 

Ouates, Plan les — , voir Vuattes. 

Ouchin, Pré — , à Moutier, Berne = pré oursin, de Tours, 
permutation jurassienne s-ch, comme Ëssert-Ëschert. 

Ouchy, ham. de Lausanoe, Osciacum, xi« s., Oschye, 1170, 
1184, 1228, Oschie, 1184, 1211, 1872, Ochiey 1188, Ochiacum, 
xin« s., Ochyey i3oo, M. R. V, VI, VII, etc. Gatschet le rattache à 
QSsch, Œx, voir ce mot ; mais le suffixe iacum indique une autre 
origine : c'est un (praedium) Osciacum, propriété d'un Oscius, 
gentilice gallo-romain. De Vit, IV, 838, dérivé sans doute du nom 
de peuple Oscus, 

Oucllou, pâturage sur Allières, Gruyère, — aussi en Noucliou, 
avec n soudé, — patois ou Cliou = au Clou ou au Clos, du verbe 
patois cllourCy hlloure, clore. 

Oude, voir Ouille. 

^ Près de là se trouvait aussi Octanellam, que M. de Gi agios croit, — avec 
beaucoup de raison, — être le Vernayaz d'aujourd'hui. Ce n'était en tout cas 
pas Salyan, comme le veut J. Monod (Guide du Valais), puisque la charte le^ 
indique comme % loc. diff., Actanellum cum Silvano. Le Rentier de Salvan, 
Renterium limitativum apud Salvan, 1732, Ârch. de Saint-Maurice, prouve en 
faveur de l'opinion de M. de Gingins : Verneya seu Octanes y p. 104, et Ver' 
neyat êive Octanet, p. 105 ; il n'y a pas de doute que cet Octanez ne soit TAc- 
tanellum de K16. 



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324 OUDON — OURA 

Oudon, voir Audon. 

Ouge, Ougettaz, nombreuses localités : 7 au Pays-d'Ënhaut ; 
rOugoz, prairie à Corbejrier, dans une petite combe. Le g dur de 
Ougt)z ne fait pas difficulté : on rencontre Oug^on, Oujon, autres 
formes de auge, du bas latin augia, de alveuSy bassin. 

Guides, partie du village de Barberine, alpes de Salvan, inon- 
dée et couverte de graviers par le torrent ; patois ouedo, vide, 
€ ouedadjo^ inondation, débâcle, » Bridel. On» peut sans doute y 
rattacher les autres localités valaisannes Odei, Odes et peut-être 
Haudéres ; voir ce dernier mot. 

L'Ouille, rocher escarpé, isolé, dominant de 100 m. la route 
Pont-Vallorbe ; rOulle Secca (Oulie Cecca), rocher près du gla- 
cier d'Otemma, Bagnes ; les Œillons, loc. à Noiraigue, Neuchâ- 
tel ; es Oulliets, Oulies, prés à Monthey, Oude, loc. à Gonthey, 
d = 11 mouillé, donc = ouille ; de ouille^ aiguille, et diminutif 
= aiguillon ; voir aussi Avouille et Avouillon. 

Oujon, ancienne chartreuse prés Arzier et ruisseau voisin. Al' 
giOy Augio^ xii« s., domus Alionis, I2i4> ^219, domus Augio- 
nisj xiii^ s., Oujoriy i235, Augion, 1261, etc. ; le même que 
auge, de alveus, bassin, au sens de petit vallon fermé. Ougion, 
Ouzon est aussi l'ancien nom du pâturage d' Audon, alpes du Sé- 
pey ; voir Audon. 

Oulens, D. Ëchallens, Ollens, 696, 600, HollenSy ii4i> M. R. 
XIV, Oulens, 1177, Olleyns vers 1200, Ouleins, 1228, M. R. VI, 
OlleinSy 1288, Oulens, i424» OulanSy 1489, M. R. XIV; — 
autre, D. Moudon, Ollens, 695, aussi Oulyny Girard Dou Lyn^ 
Dou Lin, Dellion, IX, 218 == chez les descendants de Ollo^ n. 
pr. germain, Ollo dans Grég. de Tours, Olo dans Paul Diacre. 
Fôrstm., p. 182. 

L*Oupa, Crêt de — , près Travers, Neuch., Bois à TOuraz à 
Pizy, la Tanna à TOura, caverne à Naye sur Montreux ; Pertuis 
à rOura sur Vouvry ; du patois oura, latin aura^ vent. Crêt, 
bois, caverne, trou du vent. Totouraz, loc. à Bofflens, le même 
que le français Toutvenl à Vallorbe et à Tous Vents à Rances. 
De même en Provence des endroits exposés au vent s'appellent 



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OURÉ — OV AILLE 325 

Milloure, Millaura (ce que la carte de Cassini tradaîsait par Mylord 
d'après A. de Rochas, Année géogr,), 

Ouré, champs et vi^es à Savièse, Prés de TOuraz au bord 
de la Venoge à Lussery ; d*Ouraz en Ouraz, loc. à Suscévaz, 
DorenoraZy 1281, 1287, M. R. III, 523, 628 ; du latin ora^ bord, 
d'où le français orée. Oupîette, loc. à Aubonne ; peut-être un di- 
minutif irrég^lier (la forme rég'ulière serait ourette), le i intercalé 
étant dû à l'influence du patois local. 

Les Ousses à Gonthey, Nendaz, Ëvionnaz ; l'Oussettaz à Vei- 
sonne, et avec soudure de l'article, Loucetle à Vercorin = Ouche, 
Ouchette, avec la permutation valaisanne ch-ss ; pour l'origine, 
voir Oche. 

Outard, h. à Longirod, D. Aubonne, grangia de AliaribuSj 
1 165, Rég. gen., io5, de Altari, 12^1 y grangia de Altar, Autar 
au xiv« s., Dict. hist. Vaud,, propriété alors de l'abbaye de Bon- 
mont. Mais ce nom est plus ancien sans doute et vient probable- 
ment d'un ancien autel druidique ou pierre à écuelles qui se 
trouve dans le bois voisin. Il y a à Passy en Faucigny un endroit 
appelé les Outards, où se trouve un temple de Mars, attesté par 
deux inscriptions conservées dans le mur de l'église, M. G. I, 
276 ; de même, près de Saint-Ursanne, Berne, la Pierre de 
l'Autel, de YOulter^ i436, rupem Altare^ 1210. 

Outhannaz ou Oussannaz, petit vallon entre les Dents de Bren- 
leire (ou Brenlaire) et de Follieran, Gruyère, Ostannat, 14^9, 
Hautannaz, 1471 ; voir Otannat, 

Ouye, voir Oie. 

L'Ovaille, loc. à Yvorne et Corbeyrier, sur l'emplacement de 
l'éboulement de i584. Ne vient pas d'aval, en bas, comme on l'a 
dit, mais du v. fr. orvale^ orvaille = tempête, ouragan, désastre 
qui présente chez nous la forme ovaille, mot qui revient fréquem- 
ment dans les chartes d'Aigle relatives à la Grande Eau ; aussi 
ailleurs : une charte de i5i8 parlant de la maison forte de Gou- 
mœns-le-Jux, alors en ruine, dit domum fortem, ad ruinam per 
ovalia bellorum et incendia reductam, et dans les Mém. Inst. G. 



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326 OVBRBSSE — PAIGHEUX 

IXy aiy une autre porte, à propos d*UQ bail, que le propriétaire ne 
veut portare g^arentiam aliquam de tempestate seu ouallo. 

Overesse, loc. à Assens, Avenches, Torny-le-Grand ; du latin 
oois, mouton, et suffixe eresse = ière : prairie des moutons, 
comme Boveresse, des bœufs, Porcheresse, des porcs, etc. 

OvroQQaz, ham. sur Leytron, Valais, NevronUy carte Dufour, 
et Neoronas, Dict. de Lutz, par soudure de la préposition : en 
Ouronnaz, Uurona, iioo, M. R. XVIII. Un autre jadis sur Gri- 
misuat, Oorona, 12^0, Uvronna, 1267, M. R. XXIX et XXX. 

Ozflipe, ^ut5^ieau de Pierre — , près Lausanne, petra Agusoria^ 
ii42j Cart, Month., M. R. XII, pierra Uziéry^ 1288, il\^by pierre 
Ugieyre^ i536, M. R. VII, Pierra Aizaire, 1780. Ce nom, dont 
le sens nous échappe, se retrouve ailleurs : deux chartes valai- 
carmes de i2â/| parlent de fonds de terre « apud petram Awa- 
sori )^ et « lapide A wusori. » D'après les noms des témoins, de 
VernamJège et de Bornué, ce doit être à l'entrée du val d'Hérens ; 
enfin, une petram Huysieri aux Ormonts, i3i5, rappelle singu- 
lièrement la Pierra Uziery de 1288. 

Ouvrés, Fin des — , à Siviriez = des terres ouvrées, labourées. 
Oa%'ry, loc, k Conthey ; probablement même sens. 

Paccay, Pacoret, Paccoresse, autres formes de pâquier ; Pa- 
t*ot ou Paee4)t,s, fém. Pacôte, Paccolte,s, nombreuses locali- 
té.^ ; Paeoty, écart de Founex et 2 loc. Frib. ; Paccotires à Lus- 
sery, Pacoteires, alpe de Dorenaz, Valais ; du mot romand paeoty 
boue : lieux, pâturages boueux. Peut-être le dernier de pacoteire, 
nom patoii» du populage, ou bouton d'or, Caltha palustris, si 
abondant près des sources des sous Alpes et le long des petits ruis- 
seaux, 

Padeltaz, loc. à Vétroz ; permutation /-rf = palette, voir plus 
bas. 

Paeheux, Pachîre, voir Passiau. 

Sur Paîcheux, prairies à Bassecourt, Jura bernois ; de pas- 
cuaie (pratum), pré que l'on pâture, et suffixe dim. euXy de eo- 



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PAILLY — PALETTE 327 

Paîlly, D. Echallens, Partie et Parliei entre ii5o et 1177, 
Arch. Fr. VI, Parti, ii54, Pariey, 1182, Parlye^ 1177, ii84, 
Cart. Month., Par/f>, 1174-1242, /^aWiez, 1261, 1877, Pallye^ 
1296, Paitliez, i453, Patlie, i537 ; d'après les formes post^ 
rieures à 1260, M. R. VI, 420, etc., comme Pailly, dép. Yonne, 
de (praedium) Patliacum, domaine d'un PattiuSy gentilice ro- 
main, mais la présence régulière de IV dans les 6 formes anté- 
rieures indique un autre ^ntilice à rechercher. 

Painsec, ou mieux Pensée, 1806, Pensay et Pensey, i8ao 
(Bridel), ham. vallée d'Anniviers, Valais, Pêêsey, 1260, Pessei, 
1284. D après cette ancienne forme, Pensée est un picetum, bois 
de pins, du latin picea. Pour le suffixe ec, voir Biotec. 

Palais, m. à Corsier (Genève), champs au Lieu, à Baulmes ; 
au Paie (terrain humide), à Lully, Vaud ; les Paies, Montagnj- 
les-Monts, Frib. ; et les composés Champ Palley à Valeyres-sous- 
Ursins, Montpalais à Ocourt, Jura ; Champ Palais à Amex, 
Champalet à Bofflens, Champs Pallets à Coppet ; Champalin à 
Val d'IUiez, Païen à Salva^^y, les Pâtés, 1784 ; les Palins ou 
Zonnaire à Monthey ; de palais, palet, contraction de paluais, pa- 
luet, de paludetum, lieux marécageux, humides. Voir aussi Plain- 
palais. 

La Palaz, une 20* de localités, la Pâle, 5 du Jura bernois, es 
Pâlies à Crans, la Pallaz, 4 Vaud, les Pâles, 6 Vaud et Frib. ; 
diminutif Palette ou Palleta(z), une i2« de loc., etc. ; du latin 
pala, pelle, pris au sens de surface plate ; une Pata à Cottens et 
un campo Pateta à Lussy, Frib., xii«s. C'est la même métaphore 
que planche, planchette, ancelle. On pourrait penser aussi au latin 
patla, manteau, tapis, ce qui expliquerait les deux 11 de quelques 
mots, mais c'est peu probable ; au reste les 2 orth. se rencontrent 
pour la même localité: la Palaz à Vionnaz, la Patte, 1776, la 
Pataz à Colombey, 1696, Pattaz, i856. 

La Palette, sommet Ormont-dessus ; de paretie, petite pare, 
paroi, avec permutation 1-r. Cette modification est récente. Bridel 
en 1799 écrivait le Pare (masc.) d'Isenod, Conservateur suisse, V, 



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328 PALEYRE — PALOUSE 

p. 126, édition de i8i4. (Dans l'édition Gaullieur on lit la Pare 
d'Jsenau. 

Paleype, ham. de Chexbres, Paleyres, xii^ s., et Lausanne, 
Paleyres, 1227, M. R. VI, 549, Palaieres, 1280, Palayeres, 
1475, collectifs de Palaz. 

Palézieux, D. Oron, ce nom dont nous avons recueilli 5o 
orthographes différentes, de Palatiolurriy ii4i> à Palézieux ^ 
1675 S vient de Palatiolum, dim. de palatium, palais. Pallazuit^ 
ham. de Liddes, D. Ëntremont, Palajoie et Palasuis dans Lutz, 
et Palatieux ou Palaqueux, groupe de chalets, alpes de Vouvry, 
ont la même origine. 

Pallens, autrefois Païens, ham. de Montreux, Paleyn, i3i7 ; 
PalÎD, loc. à Pullj, Païens et Paleins, 1226, M. R. VI, 25», 
Pallens, i368, Pallirty 1877, M. R. XXII ; Pallens ou Pallins et 
Patins, loc. à Orbe et au Landeron ; peut-être du n. pr. germain 
PallOf du V. h. ail. palo, mal, dommage. Fôrstm., p. 211. 

Quelques-unes de ces loc. sont dans des endroits humides et 
pourraient être des palais^ lieux marécageux, le suffixe ais per- 
mutant parfois avec in : Fionnay et Fionnin, Palés-Palen ; c*est le 
cas de au Patin à Massongex et à Monthey : en Palin ou Zon- 
naire (= Jonchère). 

Pallueyres, ham. d'Ollon, Paltuyères dans Lutz ; de (terras) 
paludarias^ du latin paludem^ marais. Padouaire, loc. à Con- 
they, le même avec permutation 1-d. 

Palouse, Roche — , voir Péteuse. 

* Voici, à titre de coriositë, les 48 autres formes : Pallexieu et Palleysieu, 
ii34, Palaisol, 1134, Paloisol, Palaisul, Palaysol, xn« s.> Palaysol, Palazuz, Pa- 
laziolum, Pallasiolam, 1155, Palezuz, Palexuz, 1155, Paleisul, 1162, Palosol et 
Palasal, 1166, Palesol, 1180, Paleisuel, 1210, Palesoel, 1211, 1263, Palasuel, 
1221, 1228, Palesuez, 1218, 1278, Palasuoz, 1224, Palasuz, 1234, Paleysool, 
1237, Palisues, 1251, Palessuo, 1263, Paleysiux, 1268, Pallesue, 1269, Paleysuez, 
1270, Palasuuz, 1271, Palexioz, 1300, Palleysious, 1323, Palaysiouz et Palay- 
siouz, 1333, Palesiea, 1350, PaUexiouz, 1357, 1383, Paleysuouz, 1359, Palle- 
xious, 1363, Palleysuez, Pallexuez, 1377, Pallexue, 1378, PaUesiou et Palaisuel, 
1396, Palexuelz, 1397, Palexieul, 1453, Palaisioux, xvi* s., Palexiu, 1524, Pal- 
lexieax, 1592, Palaizieux, Lutz. 



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PALUD — PANOSSIÈRE 329 

La Palud, quartier de Lausanne ; ham. de Nuvillj, Fribourg, 
et une i5<^ de loc. Vaud et Fribourg* ; en Palaz, ham. près Bulle ; 
la Palude, pâturage de Saint-Georg-es ; les Paluds (Palluds), h. 
de Massong'eXf Valais ; Pallud, loc. à Vevej, Ollon, et 5 Frib. ; 
Malapalud, D. Ëchallens (mala, mauvais) ; de paludem, palu- 
des, marais, fréquent en romanche, palû, palûd, etc. Paîluex^ loc. 
à la Forclaz d'Ormont ; de paludosuSy marécageux. Lapalud à 
Bossy, Genève, article soudé. 

Pampigny, D. Cossonay, Pimpinengis^ 1016, d'après Lutz, 
ecclesia de PampiniacOy ii4ï> Panpiniey 1228, PampigniSy 
1282, 1284, Pagpignie et Pampigniacum^ i235, M. R. VI, 3i4, 
PampignieZy iZ2[^^ Pampigny er^ i335 = domaine d'un Pem" 
peniuSy nom gallo-romain dérivé du celtique pempe, cinq, à 
peu près l'équivalent d'un Quintinius latin. Holder mentionne 
une villa nomine Pempinas, Pour la graphie Pagpignie, voir 
Suen. 

Panex, village des montagnes d'Ollon : Michaelem de Panaes^ 
1820, M. R., 2» s., IV, 83, Panex, i4o2, « la Saline de Pagnex, 
1629, charte d'Aigle. 

Pangires, fermes à Saint-Légier, Pangieres, 1286, i434, M. 
R. VII, 877, Pangyre dans Levade (qui voit dans ce nom une al- 
lusion au culte de Pan). 

Panissière à Prangins, Tartegnins, champs à Duilier, loc. à 
Monthey, à Colombey, à Salvan, et mayens sur Saxon, Valais ; 
Pannissière, champs à Pampigny ; Paneseyre, ham. sur Char^ 
donne; Panetire, loc. à Vex ; du v. fr, panise y s. f., le panic 
millet, patois panei ou panis, et suffixe ière, localités qui con- 
servent le nom d'une ancienne culture abandonnée chez nous, 
comme les noms allemands de Hirslanden, Hirslen, de l'ail, hirse. 
(La localité de Vex pourrait peut-être tirer son nom du panet ou 
panais, Pastinaca sativa.) ' 

Panossière ou Panosseyre, grand glacier descendant du Com- 
bin, vallée de Bagnes. Pourrait être un dérivé du patois panossi^ 
torchon, vieux linge, en prov. panoucho, du latin pannus, fr. 
panne, drap, et suffixe dépréciatif osse, le glacier, — comparé à 

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330 PANY — PARE 

un drap, — étant fort sale des détritus de toute sorte qui en cou- 
vrent la surface. 

Pany, ham. de Chancy, Genève, et Paney, loc. à Chesalles- 
Oron. Peut-être faut-il y voir d'autres formes de Peny, Peney, de 
pinetum, bois de pins ; c'est ainsi que les noms des villages ro- 
manches de Pany, Pinius en 1290, et de Panix viennent de pin. 
On ne peut guère les tirer de Paniacum, du g^ntilice Panius : ni- 
acum se réduisant à gny, Paniacum donnerait Pag^y, comme les 
Pagnac-ey-y de France. 

Paplemont, ham. de Courg-enay, D. Porrentruy ; de paple, 
autre forme, sous l'influence de l'ail, pappely de peuple ou peu- 
plier : mont des peupliers. 

Paquier, 3 com. Vaud, Fribourgip, Pascua, i479, et Neuchâtel, 
et nombreux ham. (iio loc.) ; Pascfuier^ ham. de Sommentier, 
Frib. ; Pâquis, 16 loc. dont 5 ham. Genève et Vaud, Péquis, Pé- 
quie, 4 loc. Jura bernois ; Paquais à Colombey, Paccais à 
Chessel ; Pathiers à Ghamoson, Patier, Pattiez-er, 6 loc. Va- 
lais, permutation valaisanne q-t ; du latin pose uarium^ pâturage, 
les Paquières à Champagne, la Paquaire à Colombey ; de pas^ 
cuaria ; Paquialet, 4 loc. Frib. ; Pacoret, alpes de Bex ; Pa- 
couret à Conthey ; Pâqueret à Penthalaz, le Patoret à Croy, 
Paterin à Vétroz et Patéré è Château-d'Œx ; un Pasqueret à 
Venthône, 1267 ; èa Paquottes à Valeyres-sous-Rances ; diminu- 
tifs ; Paccoresse au Châtelard, Vaud, forme adjective. 

Parchet, Parchy, 7 loc. Vaud et Frib., le Parchis à Porsel, 
1271, les Parchis, pâturage à Charmey ; du v. ïv, parchety petite 
étendue de terre, dim. de parc^ dont l'origine est incertaine. Es 
Parcheiri à Bullet paraît être un collectif. 

Pare ou Paraz, du v. fr. parey^ parais parait en romanche, 
paré en Dauphiné, fr. paroi, du latin parietem ; la forme Pare, 
Paraz du nominatif paries. Nom de nombreuses parois rocheuses, 
de sommets escarpés, souvent mal écrit dans les cartes : la Pare 
ou Paraz de Marnex, Ormont-dessus ; la Parraz, paroi à Vion- 
naz, Sex de Pare es Fées (pour fayes, brebis, à Corbeyrier ; la 
Part, pour Pare, es Fayes à Villeneuve, Parc, pour Pare, es 



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PARIMBOT — PAS DES ANES 331 

Fayes à la Berra, Fribourg* =s parois de rochers où s'abritent les 
moutons. La Pare de Vouarin, paroi dominant le Trient à Sal- 
yan. Pare-Blanche, paroi calcaire sur Roche, sur Yvorne et sur 
Saint-Gingolph. Pares, chalets aux Voôttes, aux Mosses, à la 
Forclaz, Ormont-dessous. Les Parais, pâturage à Collong^e, Va- 
lais. Parey, sommet à Ghâteau-d'Œx ; de parietem, paroi. De 
même, dans la vallée d'Aoste, la Granta Parey ^ souvent mal 
écrit Grand-Apparey, et en romanche : Paré neircy rochers sur 
Marmels, D. Albula, Grisons ; diminutif />are//^, italien (Tessin), 
parete, 

Parimbot ou Parimbol, ruisseau, D. Oiûn^ PerembaCy xii« s., 
Cart. Haut-Crêt, Parimbart, 1664. 

Parrain, sommet, vallée de Bag^nes, autre forme irrégulière de 
pareiy paroi. Parrain est tine confusion avec Parein, prononcia- 
tion bagnarde du suffixe ey qu'on retrouve dans Fionnin, plus 
employé à Bagnes que Fionney ; on a dit aussi Goquempin, au- 
jourd'hui Coquimpey à Martigny ; de même Parrin, loc. entre 
Panex et Salin, paroi de rocher formant limite entre Aigle et 01- 
lon. Crête de Parin, 1784, Chartes d'Aigle, op. cit., p. i35. 

Les Pars, chalets au-dessus de Gryon ; de l'adj. v. fr. pars = 
les (chalets) pars, disséminés, dispersés. 

Partiaz, Parties, lieux-dits à Bex, Chevilly, Montrla-Ville, 
L'Isle, Orny, Penthalaz, etc. : participe de partir, partager = 
(terres) parties, anciens terrains communaux répartis, partagés ; 
nom ancien : les Grandes Parties à Grandfontaine, D. Porren- 
truy, i343. 

Es Parts, loc. à Vérossaz ; pourrait être aux Parcs ; au Part^ 
zon^ dim., à Dorenaz. 

Les Parzes (partse), ham. sur Champéry, Valais, forme fémi- 
nine dérivée de parc, enclos, comme parchet, partzet, aussi petit 
parc à bétail. 

Pascoules, marais à Orny ; de pasquis et suffixe dim. oie, 
ouïe; en Engadine /}a5cu/ = pâturage. 

Pas des Anes à Lausanne, chemin qui jadis descendait le long 
du Flon, de Pépinet jusqu'au pont actuel de Chauderon; c'était le 



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332 PA88EIRY — PATIEZ 

pas, le passade des ânes qui se rendaient aux usines longeant la 
rivière, raisses, foules et moulins. On dit de même le Pas du 
Bœuf, col entre les vallées d'Anniviers et de Tourtemagne, le Pas 
de ou des Chèvres, entre celles d'AroUa et d'Hérémence, Valais. 

Passeîry, ham. de Chancj, Genève ; de (fundum) Passer ia-- 
cuïriy domaine de Passe riuSy g-entilice romain cité par Ch. Morel, 
M, G. XX, 63. (Inscription de Vienne.) 

Fassenches ou Passenges, maisons à Aig'le, Passenchy^ 
iA^5, suffixe patois enche comme dans Molli-enche, maï-enche, 
Naviz-enche, Loz-enche, et peut-être la racine de passer. 

Passiau, loc. à Ëtagnières, à Bottens ; Passiaux, hameau de 
Jûuxtens ; au Passieux à Vionnaz ; Passière, col entre les vallées 
de la Lizerne et de la Morgue ; formes patoises avec s-cA, à la Pa- 
chipe à Mathod, le Pacheu, col entre les vallées de l'Avançon et 
de Derbon ; formes diverses du v. fr. passieux, passiour^ fr. pas- 
soir, passag'e ménag'é dans une clôture ; la forme fr. est aussi em- 
ployée, par exemple au Passoir à Montcherand. 

Passonery, prés boisés à TAbergement, D. Orbe ; de passon^ 
échalas, et suff. ière : endroit où Ton peut couper des passons. La 
même idée est exprimée dans Es Paissailles, bois à Villars-Tier- 
celin ; du v. fr. paissel, échalas, prov. paisselh^ fr. paisseau : 
bois où Ton peut couper des paisseaux. 

Les Pats, prairies à Evionnaz, Valais ; du v. fr. past^ s. m., 
du latin pastus, pâture. 

Patalour (Pataloups dans Lutz), ferme et pâturage, les Enfers, 
D, Franches-Montagnes, Berne, pour Pât-à-l'ours, v. fr. past, 
s, m., repas, pâture = pâture à (de) l'ours. 

Faterin à Vétroz, Patéri à Château-d'Œx, Pateroux, pâtu- 
rage sous Bretonnières, D. Orbe ; de la famille de pâquier, avec 
permutation q-t, voir d'autres exemples à pâquier. 

Aux Patets, prés à ]Bure, Jura bernois ; pour Paquais (q-t), 
voir pâquier. 

Patîez à Vex, Pallier à Leytron et 5 autres loc. Valais = pâ- 
quier. 



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PATILLES — PAYANAZ 333 

Aux Patilles, champs à Bercher, permutation q-t = pàquille, 
petit pâquis ; au Patelliaud, pâturag'e boisé à Montreux, dim. 

La Pâtissière) petit faam. de Bex, à l'écart au milieu des prés 
sur le chemin de Lavey ; ne serait-il pas encore un dérivé de /}d- 
iis, du bas latin />a^/iciam, depascere, paître? 

Patnali, sommet alpes de Morgpins, Valais. Nous n'avons pas 
d'étymologie à proposer. Mais nous l'inscrivons pour sig^naler sa 
parenté avec Patnal^ loc. près Savognin, Patnal, ham. d'Unter- 
vatz et Patnauly alpe de Vrin, trois localités romanches des Gri- 
sons. 

Au Paturiau, loc. à Grang^es ; de pâture et suffixe patois iau 
= oir. 

Paudex, D. Lausanne, PaudaiSy 1218, i2a3, PoudeXj 1229» 
i368, ou Poudaisy 1288, PoudaySy 1260, M. R. VI, 807, 467, 
VII, 244» PoudeXy i368 ; probablement le même que 

Le Paudex, ham. Ghâtel-SaintrDenis, m. à Cronay, loc. Pam- 
pi^ny, LuUy, etc., le Paudez à Burtignj ; au Peudex à Founex ; 
du latin paludetum^ marécage. 

Pauilly ou Paully, 2 ham. voisins de Chexbres et Ghardonne 
= (fundum) Pauliacumy domaine d'un PauliuSy gentilice dé- 
rivé de PauluSy Holder, II. 

La Paumière, ham. de Ghéne, Genève, fausse orth. pour Pom- 
mière. 

Les Pauses, plus, loc., les Courtes Pauses à Croy, autre 
forme de pose, mesure agraire, ou bien forme française du patois 
pousa, bien plus employé comme locatif ; voir Pousaz. 

Pautex, ou Peutex, loc. à Aigle, Pautez^ i425 ; loc. à Blonay, . 
au Peutet à Illarse, Pautex ^ 1696 ; Pautey à Gudrefin ; en Pou- 
tex à Villarimboud, Frib. ; en Pauthey à Choex (Monthey) ; du 
V. fr. pautCf s. f., fange, et suffixes collectifs ex, ey : lieux fan- 
geux, humides. La Pauteile, m. à Noirmont, Jura bernois, dimi- 
nutif ; l'Ëssert de l'Epaute, Oron-le-Châtel. 

Payanaz, pâturage de Bagnes ; la Payenaz, pâturage de Ger- 
niat, Frib. ; Paganaz ou Pagane, clos de vignes à Sion ; Pagan- 
oaz, loc. à Morat ; terre d'un Paganus, n. pr. fréquent au moyen 



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334 PAYBRNE — PÉCOSIRE 

%e : le Gart. de Haut-Crét nomme un Paganus, miles de Sar- 
vion, P. de Gran^j^, de Maseres, de Sevirei, xn« s., etc. 

Payerne, Pa/^rniacam, 962, 1142» Cart. Month., Paiernoj 
1288, Paerno, 1242, M. R. VII, 644» 667, etc. Du coguomen 
PaternuSy connu par plusieurs médailles et trois inscriptions en 
Suisse, — un Paternus était duumvir d'Avenches, — ou du genti- 
lice Paternius. La forme Patemiacum des chartes est un calque 
fait par leurs rédacteurs sur les nombreux noms en acum. Pater- 
niacum, avec l'accent sur nia, aurait donné Payerny, Pargny, ou 
même Pagny comme en France. Payerne vient d'une forme popu- 
laire Pater nia y formée directement sur le gentilice pris adjective- 
ment : (villa) Paternia ; voir Jubainville, p. 483. 

Le Péage, m. à Blonay ; à Rue et à Lieffrens, Frib. ; du latin 
pedaticum, bas latin pedagium, octroi perçu sur les routes au 
moyen âge. 

Le Péca, ham. d'ËpauvIlIers, loc. à Vendelincourt ; le Pécal à 
Develier, les Pécals à Miécourt, les Pécas, ham. à Champoz, 
tous Jura bernois ; de l'adj. pascuale (pratum), prairie qu'on pâ- 
ture : un pesqual à Aile, i344- A la même racine se rattachent 

Peccau (ou Peccaud), bois sur Lausanne, les Peccaux, chalets 
aux Avants, Montreux ; 

Les Peecaudes à Dullit, le d s'est introduit par confusion avec 
le suffixe aud ; 

Le Péché (ou Péchai), fausse orth. pour Pécher, ham. de 
Montfaucon, D. Franches-Montagnes, et les Péchés près du Lan- 
deron pourraient être des pascuarium, pâturages ; mais la forme 
Pêche que donne Lutz pour le premier semble indiquer une autre 
origine. 

Pécolet, prés à Ollon, en Pécoly à Etoy, Picolet, pâturage à 
Bagnes, Pec(c)olet à Gonthey, autres formes de pâquis, avec un 
double suffixe diminutif ol-et. 

La Pécosire, m. à Sorens, Fribourg ; probablement de pécojiy 
pécozi = bec-ozi, bec d'oiseau, nom en patois fribourgeois de 
plusieurs espèces de primevères, localité où ces fleurs sont abon- 
dantes dans les prés. 



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PBILZ — PELEUVE 335 

Ley iré pécoji dé vanni 
Dei freye, dei tserdoo beoi... 
Dei dzintillè et dei brenlettës 
A MoIésoD, à Moléson. 

PeUz, Tour de — , près Vevey, Turris de Peily 1228. D'après 
Gatschet, — qui ajoute entre parenthèses urk. tums Peliana, 
mais sans date ni origine, — Peilz représenterait le latin pemiie^ 
patois peilo^ pailo, fr. poêle, chambre, puis maison ; tour au mi- 
lieu des maisons. L'explication est plus que douteuse: jamais 
peilo n'a eu le sens de maison ; la vraie étymologpie est encore à 
trouver. 

Peissy, ham. de Satigpny, Genève, PelciacOy 984, M. G. II, 16, 
912, Rég. gen. et Hidber, I, 209, puis Peicie = (praedium) Pel- 
ciacnm, domaine d'un * Pelcius ou * Peltius. 

Pelens ou Pellens, loc. à La Rippe, D. Nyon, Pellengs, 996- 
1017, Hidber, I, 276, PeslenSy 1128 et ii3i, M. G. II, 27, em- 
placement d'un village détruit dès le xiii® s. = chez les descen- 
dants de quelque colon germain. 

Péleret, loc. à Bercher, Pelleret à Boussens et 4 ham. Frib., 
diminutifs de Pélîer à Sion, Pellier^ 1809 ; Pelleys, ham. à Cei^ 
niât : formes masculines, semble-t-il, de Pélérîaz, bois à Brem- 
blens, D. Morges ;• de peilera, peleiria, s. f . Ducange, pâturage, 
pré humide, lieu marécageux, pélière, mot de la Provence. 

Les Péteuses, loc. à Vaumarcus, Neuch. ; es Pelauses à 
Etoy ; Roche Palouse à Ocourt, D. Porrentruy ; diminutifs : le 
Pelozet, Bas VuUy ; Pelloset à Malapalud ; du v. fr. pelous^By 
velu, du latin pilosus = prairies, roches au gazon court. La forme 
palouse se retrouve en romanche : la Motta Palousa, sommet de 
rOberhalbstein. 

Au Peleuve, pâturage à Enney, Gruyère ; au Pélévoz, marais 
à Vullierens, déjà en i3o4, M. R. V, 77, note; autres formes de 
pelou, pelu, avec un v intercalé à cause du hiatus, comme dans 
blleuva, cauva^ le premier mot doit être un fém. plur. et la carte 
devrait écrire aux Peleuves ; c'est un correspondant de es Pe- 
louyes, lieux buissonneux près du Rhône, Port- Valais, et en face 



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336 PBLLEVUET — PENSIER 

aux Epeloiues à Chessel, Vaud, même mot avec soudure de es : 
Epeluves, loc. à Coussiberlé, Fribourg, le môme mot avec épen- 
thèse d'un v ; de peloa ou pelu, poilu, Berry poilou, du latin pi' 
lut us ; allusion aux buissons qui recouvrent le terrain. 

Pellevuet, voir Perrevuet. 

Penau, ham. du Mont, D. Lausanne, EspinouXy i34o, Espi- 
nouz, i4oi» Espinauz^ i475, d'où est venu es Pinaux puis Pe- 
nau ; de (locus) spinosus, endroit épineux. 

Peney, C. de Genève, Pineyum^ i258. M. G. XIV, 44» 
Castrum Pinetiy 1261, Piney, 1291, Pinay^ i3o7 ; Peney-I©- 
Jorat, Pinelum, Pinoy, 11 54, Piney^ 1228, puis Pigney ; ham. 
de Vuittebœuf, D. Orbe, Pynoiy 1179, Pineiy 1248, Peniy 1862, 
Pinaiy i4o3 ; bois à Bassins, Pinetum^ ii64, M. R. V; loc. à 
Port-Valais ; en Peney, m. à Gillarens et Arconciel ; Penay, pâ- 
turage à Vouvry, m. à Estavayer-le-Gibloux ; Piney, loc. à 
Sierre; Peny, ham. de La Roche, loc. à Riaz, Frib., à Trélex, 
Chauips-Pény à Myes, D. Nyon, avec un beau bloc erratique *, 
Pierre Pegniez, i564 ; aux Pignets à Préverenges, D. Morges; 
formes diverses dérivées du latin pinetum, bois de pins, comme 
les Pigniy Pignieuy Panyy Panix des Grisons. 

Penna, Grande et Petite — , sommités d'une arête détachée de la 
chaîne des Maisons Blanches, vallée de Bagnes ; s'emploie aussi 
en Dauphiné pour désigner des arêtes de montagne; patois 
penna, latin pinna^ grosse plume d'oiseau, créneau de muraille. 

PennÎDes, Alpes — , du celtique /:>enn, tête, sommet, alpes qui 
présentent les plus hauts sommets, et « non de Pœni, qui n'est 
pas plus, dit justement Bridel, la racine étymologique des Alpes 
Pennines que celle des monts Apennins. » 

Pensîep, ham. de Barberêche, Frib., ail. Penzers, Pancier^ 
1229, 1256, Benciersy 1261, Pancie^ 1298, M. R. XII, 282, Pan- 
cieZy Rec. dipl. VII, 34. D'après M. Stadelmann, « le r du nom 
romand paraissant de bonne heure, et surtout le nom allemand, 

* Vendu en 1875 par M. Ban^i^ener, propriétaire da champ, à la Société rau- 
doise des sciences naturelles. 



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PENTHALAZ — PENTHES 337 

prouvent que nous sommes ici en présence d'un autre suffixe que 
acum. » 

Penthalaz, D. Cossonay, Pentala, 1182, 1228, M. R. VI, 
Pentala^ 1226, F. B. II, 74, Pentalla^ 1387, Penthala^ 1674 ; 
de pentUy subst. verbal de pendre, être en pente, et suffixe dim. 
ala. 

Penthaz, D. Cossonay, Penta, loii, ii45, 1228, Pentha et 
Penthaz, 1887, M. R. V, Penthaz, 1674 = le subst. pente, latin 
pendita, subst. verbal de pendre. 

Penlhéréaz, D. Cossonay, Pancerea, ii4i» M. R. XIV {Pan- 
ierea d'après Hidber), Pantheroia, 11 54, Cart. Month., Pante- 
reya, 1177, ii84, Cart. Month., Panteraja, 1226, F. B. II, 74, 
Panterea, 1228, 1271, Panthereya, 1291, Panthereya, 1371, 
PenthereOy i4o3, M. R. XIV, Panthereaz, i453, Arch. Fr., en- 
core en 1702, Rev. hist. Vaud, XIV, 55 ; de panthaira, barrière, 
et suffixe collectif aie. Epantaires, loc. à Boussens, pour es pan- 
taires. A la Panteire ou à la Barrière, maison près Givisiez 
(Kuenlin) : localités, terrains enclos de plusieurs barrières ; le 
Paniharacum, xii« s. (Penthéréaz) du Cart. Haut-Crôt est une 
graphie de notaire. Quant à notre pantaire, porte à claire-voie 
d un terrain clos, c'est sans doute le même que pantière, filet, du 
laûn pantherum, grec pantherion, une porte à claire-voie pou- 
vant se comparer à un filet tendu. Dans le dép. de TAin, on dit 
pentière pour la pente d'une montagne, et la forme correspon- 
dante vaudoise serait penteire. Mais les orthographes anciennes : 
Pancerea, Pantherea, et le double nom fribourgeois : Pantaire- 
Barrière, excluent cette étymologie et rattachent ce nom à celle 
que nous adoptons. 

Pentherens, territoire à Collombier = chez les descendants de 
Penthari, de * Pento (Fôrstm. a le fém. Penta) et hari^ guer- 
rier. Fôrstm., 984. 

Penthes, loc. avec château à Pregny, Genève ; probablement le 
même, au pluriel, que Penthaz, voir ci-dessus. Notons toutefois 
que d'Arbois de Jubainville tire un Pentes en France, de € do- 
maine de Pentos, n. pr. gaulois, syn. du latin Quintus. » 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VH 12 

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338 PEPIN — PERCHE 

En Pépin, ham. de Sorens, Fribourg ; Pépinet, pàtnraipe de 
Randogpne, Valais ; loc. à La Chaux, Cossonay. Viendraient-ils de 
Pipiriy Pépin, n. pr. germain ? 

Pépinet, rue et place à Lausanne, molendinum de Pipinety 
1286, molendina sita versus Pipinet, 1837, duos posiellas de 
Pipinet, postella de Pigpignet et Pypinetj Ck>mptes de la ville 
inférieure de Lausanne, 1475-1476, M, R XXVIII 258 et suiv., 
276, 826-27, plus tard Pepinet et au xvn« s. Pépinet d'après 
une note de M. B. Dumur. 

L'orthographe Pigpignet est très intëressante. Beaucoup de Lausan- 
nois prononcent aujourd'hui encore Pimpinet, or le g a été souvent em- 
ployé au moyen âge pour rendre le son nasal ; on a écrit Pagpignie pour 
Pampigny. Voir d'autres exemples à Suen. Ce nom se prononçait donc 
déjà Pîmpinet au xv« s. En 4656, nous écrit M. B. Dumur, maître Guil- 
laume Pimpinet de Gex, tanneur, fut reçu habitant de Lausanne. On au- 
rait pu songer à un rapprochement entre ce nom de famille et la pro- 
nonciation nasale du nom du quartier. L'orthographe Pigpignet de 1475, 
antérieure de deux siècles à l'arrivée de cette famille, tranche la ques- 
tion. 

Cette orth. Pigpignet nous fournit l'étymologie probable. La 3® syllabe 
nous donne le témoignage d'un ancien son mouillé dès longtemps dis- 
paru comme dans signet, prononcé sinet dès le xnxo s. comme le montre 
l'orth. sinet dans des textes de cette époque. C'est donc l'équivalent de 
* Pimpigney, soit propriété d'un Pempenias, — voir Pampigny, — 
Gallo-Romain qui habitait jadis ce quartier du vicus de Lousonna. Pour 
faire de cette hypothèse une certitude, il faudrait trouver des formes 
comme Pigpigniei, Pigpignei^ qui prouveraient la dérivation du suffixe 
iacum. 

Peraboty loc. à Lausanne, Perabot, 1284, Perrabotj 1288,, 
Cart. Laus., M. R. VI, 611, 687 ; Perrabot ou Payraboz, m. à 
La Roche, Frib., Pierabot, i8i4, synonymes de Pierre à Bot 
sur Neuchâtel, Perrabot^ 1191 ; localité qui tire son nom d'un 
beau bloc erratique, ainsi appelé, dit-on, à cause de sa ressem- 
blance avec un gigantesque crapaud, bot, accroupi. Nous y voyons 
plutôt un génitif : pierre à bot, du crapaud, qui cherche volon- 
tiers un gîte sous les pierres. Pierrabeaa, loc. à Gourtepin, est 
sans doute un Pierre à bot. 

Perche, pâturage, Ormonts ; m. à Morens et Corminbœuf, loc. 



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PERGIA -- PERRAUSAZ 339 

à Courtemautniy et Porrentruy ; diminutifs, Pepchel à Damvant, 
Poirahet à Reclère, P^rchatte à Undervelier, les 3 Jura bernois ; 
du latin pertica qui s'appliquait au terrain entier affecté à une 
culture par une ou plusieurs familles. 

Pepcîa, Sex — , alpes de Bex ; Pierre Percia, alpes de Mon- 
treux ; Têta Perfla, alpes de Finhaut, permutation s-f = rocher, 
pierre, tète percée. 

Perles, nom fr. de Pieterlen, D. Bûren, Per/a, 1228, M. R. 
VI, 1255, F. B. II, Pella, 1276, Berilo, 1280, Peter lo y i255, F. 
B. II, Bieterlo, 1282, i3oi, F. B. IV, 52, Beyierlony i332, Bie~ 
terloriy i342, etc. ; le fr. est une corruption du nom allemand 
Peterlo = petit Pierre ; rien de commun avec le culte de Bel, 
comme le veut le DIct. géogr. suisse Attinger. 

Peply, C. Genève, Perliacum, xii« s. et 1170, M. G. II, 24, 
37, Perliey i23i, 1298, Perlier^ i332, 1374, M. G. IV, XIV et 
XVIII ; de (fundum) Perilliacum, domaine d'un Perillius, gen- 
tilice romain. 

Pepoux, m. à l'Etivaz ; probablement pour Perron, Perru. 

Pepp, racine, de petra^ pierre, fournit une très nombreuse fa- 
mille de noms et de localités que nous essayons de grouper avec 
un exemple de chaque forme. On rencontre assez souvent des 
formes avec un seul r, formes plus anciennes du v. fr. père, pa- 
tois pirOf par exemple eis Grosses Pères à Vercorin, 1264. 

Y Peppaches à Lens et Venthône ; suffixe augm. ache. 

Peppallaz, 7 loc. Vaud et Frib., Peppailles, Mont, Pépaille, 
Rougemont, Peppela, Saintr Aubin, Neuch. ; de perr, peyr = 
pierre, et su£P. dim. ou dépréciatif aille, Epépalles à Montche- 
rand, le même avec soudure de l'article es. 

La Peppaudette(ettaz), ham. de PuUy ; la Pépaudette à Giez, 
les Peppoudes, m. à Montpreveyres ; paraissent dériver non de 
pierre, mais du n. pr. Perraud et Perroud, familles connues 
dans le pays. 

Peppausaz, 18 loc. Vaud et Frib. ; Pepaousa, ham. de Trey- 
vaux, Peppau à Villeneuve, Peppeux à Vouvry, à Yverdon, Pé- 
ponse à Peney-Satigny et à Moutier, Peppouse, Yens, etc. Pep- 



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340 PERREFITTE — PBRRIS BLANCS 

reuses, Colombier-Neuch. ; Perrouges à La Tour ; Pirrogière 
à Nax, Valais, collectif ; du m. et f. de 1 adj. latin petrosuSj pier- 
reux. Perposalle à Ollon ; Pepposet, ham. de Grandson et 3 loc.; 
Pepposy, Bonvillars, dim. du précédent. 

PeppeÛtte ou PîeppeÛtle, D. Moutier, Berne, Pierrefite, 1296 
= petrafictay pierre fichée, plantée ; 

Peppet, Peppex et Peppey, une 20® de loc. ; Peppez à Roug^ 
mont, Pepey, Echichens, Martig-ny, Porsel ; Peppay, Troistor- 
rents, Pereys, 1867 ; Pepay à Chesières, Peppy, Château-d'Œx 
et Ghâtel-sur-Montsalvens, les Peppîx ou Peppis à Saint-Maurice, 
Perry en 1722 ; Peppéaz à Rances, Peppeye à Giez ; de perr, 
et suffixes collectifs ey^ ex^ ixy fém. eye, du latin etuniy eta : 
lieux où abondent les pierres. Peppec à Chalais, Valais ; le même 
avec suff. valaisan ec = ey. Pepeyposset à Oulens =: pierrier 
rouge, terre pierreuse rougeâtiHî. 

Peppevuît, une i2« de loc. Vaud et Frib., Peppevuet, 3 loc, 
Pepvuit à Villeneuve, Frib., Pîeppavuet à Porsel, Peîpeîvual à 
Bossonens, et avec la permutation r-l : Pellevuet à Besencens, 
Pelevuel, Plllevuit, 5 loc., Pilivul, plutôt Pilivui à Illens, 
1252, Piliwit à Autigny, i44i- Cette série présente les mots pa- 
tois recueillis par Bridel : perreuoné, monceau de pierres, et />er- 
reooué, pellevouet, origan, thym serpolet. Le premier = per- 
ruetj perrouety avec un v intercalé. D'un autre côté, pour les 
formes en 1, le v. fr, a pelluette ou peluette, s. f., piloselle, com- 
posée à feuilles velues, de pela et sufiF. et, Pellevuet pourrait aussi 
être le même mot, avec un v intercalé, chose fréquente en patois. 

Peppeype, i5 loc. Vaud et Frib., Peppeîpe, Bagnes, etc., Pep- 
pièpe, 5 ; de Tadj. bas latin petraria^ carrière de pierres. Peppe- 
pet, Conthey, Vufflens, Saint-Prex, Gland, dim. 

Es Peppinnes, loc. à Monthey, dans les glariers de la Vièze ; 
adj. du \di\AXi pétri nos (terras), (terres) pierreuses. 

Peppis blancs, les — , 2 loc. alpes de Bex à Javernaz et Arg-en- 
tine = pierriers blancs, à cause de la blancheur des blocs de cal« 
caire urgonien. 



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PERROC — PERTE 341 

Peppoc, pâturage et grlacier, vall. d'Hérens, Valais, lo Biognio 
de PerretZy 1290 ; syn. de Perey (ec, oc = ey, voir Biolec). 

Perrolaz, Aigle et Fully, Pérolles, Frib., Perules, 1269, ^^^' 
lion, XII, 95, Perrolay 1409, Pyroules, i4i3 ; Peppollcs à TEti- 
vaz, Peyrollaz à Morges, Peypoules, Bulle, Py roule, i35o, es 
Pirules à Granges, 1226, Péraulaz à Belmont, Péralaz, Mau- 
borget ; de perr, p^yt*^ pierre et suflF. dim. oie. 

Perron, Praz — , 2 loc. Château-d'Œx ; Grand et Petit — , 
sommets, vall. du Trient ; Zan (champ) Perron sur Conthey ; 
Perront (fausse orth.), sommet vall. de Nendaz ; du bas latin 
petronem, de pierre ; en Dauphiné, peiroriy sommet rocheux et 
nu. 

Perroy, D. Rolle, Pirrhois, 910, Rég. gen., 35, villa Petreio, 
955, villa PetroiOy ioi3, M. G. XIV, villa Perroy, xi« s., Cart. 
de Cluny et de Saintr Vincent de Mâcon ; ager Petriacensis, 966, 
Perruys, 1172, Perrueys, 1172, etc. = (fandum) Petreium, 
du gentilice Petreius pris adjectivement. D'après Jubainville, 
p. 44o, il s'agissait d'une localité du Maçonnais. Nous supposons 
qu'il la situe ainsi parce que c'est une terre de Cluny ; mais notre 
Perroy appartenait à Cluny et nous pensons qu'il ne s'agit que 
d'une seule localité. Au reste cela ne change rien à l'étymologie. 

Perpu, forêt à Estavanens, Gruyère; Perrues, m. à Matran, 
le Peroax, m. à l'Etivaz, le Perruz, 2 pâturages, alpes de Châ- 
teau-d'Œx ; de perr et suffixe augm. u, latin utum, 

Peppuel, 5 loc., Péruel à Gilly, Peppouet à Cuarnens et Tré- 
lex, diminutif du précédent, perru-et = localité un peu pierreuse 
ou petite localité pierreuse, le diminutif pouvant concerner le lieu 
ou la qualité. 

La Pepputannaz, gorge du torrent de la Frasse à Château- 
d'Œx ; de l'adj. perru, pierreux, et tannaz, caverne, gorge : la 
gorge pierreuse. 

Le Peple d'Aveneire, passage de rochers, alpes de Villeneuve, 
Lanche di Peple, alpes de l'Etivaz, Perte à Bovey, alpes de 
Charmey ; Pepte à I'Oups à La Chaux ; le Pepte de rAiguilIon 
près Baulmes ; Peptuis à Morgins et Ormont^essous^ Peptuis 



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342 PERTIT — PESEUX 

de Bonaudon, alpes de Montreux, Pierre-Perluis, Jura bernois, 
Pierra pertusch^ i342 ; Perte de la Tinna, ancien nom du défilé 
de la Tine près Rossînières, Pertet, 5 loc. Frib. ; Pertis à Bon- 
nefontaine, la Pertusaz, alpe, vallée de THongrin ; dérivés divers 
de pertuiSf subst. verbal du v. fr. pertuisier^ percer. Quant à 
perte, patois perte, trou, il suppose un déplacement de Taccent 
diflicile à expliquer, mais il est évidemment de la môme origine, 
racine indo^erm. berdhy grec perihôy percer, briser. 

I^ertit, ham. de Montreux ; peut-être participe passé pertit, de 
partir, séparer, partager, pris adjectivement ; le manque de formes 
anclenûes ne permet pas de conclure. 

Péry, D. Courtelary, Berne, ail. Baderichj villa Bederica, 
884, BidericuSy 962, Perily ii48, 1179, Perrily 1228, Periy 
1285, etc. — Biderich, i2tA, Piderich, 1287, Bidrich^ 1826; 
du n, pr. gpermain Badurih, Paturih, riche en combats. Les 
formes anciennes montrent que les p, b ont permuté déjà en alle- 
mand. 

Fesay ou Pezay, ham. de Presinges, Genève ; Bachet de Pe- 
aey ou Pesay, ham. de Lancy, Genève ; pour Bachet, voir Bâche ; 
celui-ci, Pesay j 1268, Pesei/y 1821, Pesais 181 1, M. G. XIV et 
XVIlh D'autres indications se rapportent à l'un des deux : St. 
de Pisis, 1188, Pisis, 1288, Amodric de Peseiz, 1268, M. G. 
XIV et VII. Gatschet en fait des Picetum, bois de pins. Mais ce- 
lui-ci a gardé en français le double ss dans Pessey et pesse. Ce 
sont des pisetum, de pisum, pois .= champs de pois ; de même 
Pez<S près Arconciel, Frib. 

Le Kég. gen., K18, donne pour le Pesay de Lancy la forme Piciacas, 
que nous n'avons pas rencontrée. C'est, pensons-nous, une interpréta- 
iiûa. Mais le gentilice Pitius, d'où dérive Piciacus, aurait donné Pécy, 
Pissy comme en France (voir Jubainville, 193) ou encore Pizy et non 



Pesières, champs à Vevey, 1286, Pezeyres à Chavannes-le- 
Chéne et Blonay ; de pisariaSy champ de pois. 

Peseux, C. Neuchâtel, PusuSy 1191, PusoZy 1196, Posoys, 
la-j^, PoysouSy iî8i, Pusuey 1289, Pisuely i856, Pisouly 1878, 



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PESSE — PEU 343 

Puseuz et Peseulxy 1487, Matile, Pissaez, i4o3, Pissouz, i4i9» 
PasieaXy i465, PeseuXy i466, M. N. XXVIII et XLI, 170, 172 ; 
de puteolunij dim. de puteum, puits, et non de Pes saltns, pied de 
la forêt, comme l'explique Guilbert, Glossaire neuch., a«éd., 160. 
Quant à Pasiacum^ i4i6^ 1428, M. N. XLI, c'est une graphie de 
ootaire, calquée sur les nombreux noms en iacum. 

Pesse, Noville, La Tour ; de pesse^ latin picea, sapin rouge. 
Pesset à Grésu, Pessette, Pessettaz, Bassins, Attalens, diminu- 
tifs ; Pesso à Conthej, de pesse ; de picetum, bois de pesses. Pes- 
sevaux, loc. à Aigle, plans de 1718 = vallée des pesses. Le Pes- 
sey, ham. de Longirod, aurait une autre origine d'après la forme 
Poiseorde 1264, Dict. hist. Vaud, p. 749. 

Pessenaz, loc. à Gonthej, et Pessonay ou Pesscmnayre, loc. 
à Chessel, D. Aigle = poissine, poissonnière ; vivier. 

Pesseux, Pessoz, etc., voir Pissot. 

Petou, etc., voir Pou. 

Pétpa Félix, forêt et col sur Vaulion, Pierra-Fulliz et Pier- 
rajuly, ijS6 y Pierra fuliZy 1807, i344> Peira fellix, i34o, 
Pierra Fully^ i343, Matile ; Pierraz Fulix, i488, Pierra 
Fallifj 1499, Pierre Foëlix^ i6i4 = pierre de Folly, du bois 
feuillu. Les légendes sur le nom de Petra felix, pierre heureuse, 
sont naturellement dues à une fausse interprétation du nom, pos- 
térieure au xve s. 

La Petroulaz, pâturage, Jura de la Rippe ; au premier abord 
de petra, pierre, et suffixe diminutif bas latin ola, patois oula, la 
petite Pierre, soit petit pâturage pierreux ; seulement, à part le 
nom de Petrafelix, qui est moderne, le t de Petra s'est constam- 
ment assimilé avec r, perr ou pierr, on devrait avoir Perroulaz, 
Perrolaz. Il faut chercher ailleurs. Bridel donne « Pefré, s. m., 
pré marécageux où le pied enfonce, où l'on pétrit (Nyon). » Nous 
dirions plutôt où l'on s'empêtre^ v. fr. empestrer, de pastoria, 
entraves. Si Ton rapproche Petroulaz de Pétré, ce serait un petit 
pâturage plus ou moins marécageux. 

Pea^ très fréquent dans le Jura bernois, Peu-Chapatte, — Pé- 
quignot, — Claude, — Girard, etc. ; Combe des Peux à Roche- 



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ÎU4 PEUFFEYRE — PEVRAY 

fort, le bois du. peux de Neuchâtel, 1626 (Jeunet, p. ii4) ; Pau 
aux Bois, Jura bernois ; le Pei, sommet à Bourç-Saint- Pierre, le 
Pey Rond, sommet sur Ardon, le, les Paz ronds, 3 sommets 
Entremont ; Poays à Ursins, Lavanchy-Poy, Ormoots ; es 
Pueys, 5 loc. Frib. ; Puey à Vevey et 4 Frîb. ; au Puil, ham. sur 
Riez, loc. à Neyruz, Autigny ; le Puy, soit crét, des Fourches à 
Orbe, et loc. à Conthej, Charrat et Nendaz, Valais, au Puis à 
Aigle sur Vers Pousaz ; Sur le Puits, crêt à Bioley-Mag-noud, Coi> 
revon, La Sarraz, autrefois Poy : un acte de Matile, i344> fixant 
les Itniites de La Sarraz, nomme le poix de Wichimont ou mo- 
laruim de Wichimonz, le poix ou mont de Ruery (Rueyres), et le 
poix de Montaust. Poy se trouve aussi dans les chartes valai- 
saunes de Sion, 1266 : Un Benedictus dol Poy, Du latin podiu/riy 
efitrade de théâtre, qui a passé en français avec le sens de colline, 
mont : en 1249, Ans. de Billens donne à Pierre de Savoie ce qu'il 
possède in Podio de Romont, Zeerleder, I ; on connaît les Puy 
d'Auvergne, les Peu ou Pué du Berry et les Poët du Dauphiné. 
Far contre les Puits de la plaine de TOrbe : marais du Puits à 
Bavob et ailleurs à Pompaples, à Orny, sont des sources, nom- 
breuses dans cette partie du marais. 

La Peuffeype, ham. et Champ Peufler à Bex ; au Peuffet, 
prés à Noville, es Puffet ou Peffés à Vouvry, à la Poffeyre, 
vigne k Lutry ; sans doute parents du patois peuffet^ puffet^ di- 
minutifs de pousse^ poussière, avec permutation s-f, allusion pro- 
bable à un terrain léger, s'enlevant facilement en poussière. 

Petitex à Salvan, Valais, les Peutels, ham. à Jussy, Genève 
(mare) ; Peutet, Peut!, Peutîx, Peuty, 6 loc. Valais ; d'après 
M, Bonnard (in litt.), de putidus, laid, voir pouet. Peut-être 
quelquefois autre forme de Pautex : le Peutit de Monthey, Peut i y 
1819, était un Pautey^ 1696, et le Pautex d'Aigle s'appelle aussi 
Peutex, voir Pautex, 

Pevray, maison et loc. à Ëclépens = (fundum) Piperacum^ 
domaÎDe d'un Piper, cognomen romain. Piperacum a donné les 
Pibrac et Pebrac de France, et Piper le village de Poivre (Aube), 
Piper, 1202 (Jubainville) ; voir cependant Pevret. 



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PÉVRET — PIGNE 345 

Pévpet, loc. à Pully, en Pevrey, champ à Villars-Tiercelin, 
Champ Pévraz à Saint-Cierges ; de piperetum^ endroit où 
abondent les menthes, patois peoria. 

Au Pex, Pez, 2 loc. Berolle et Ballens, ruisseau, marais et pe- 
tit lac ou puits naturel ; de puteum^ puits. 

Peypes, hara. de Peyres-et-Possens, D. Moudon, Pairi, 1228, 
1280, Payri, 1264, M. R. VI, i4i ; probablement autre forme de 
pierre, provençal peine j peyre. 

Pezé, Pezeype, voir Pesay. 

Philling, Granges — , voir Filling. 

Piamont, loc. à Domdidier, Mex, etc. ; probabl. Plat mont. 

Pichoax^ voir Pissou. 

Piémont, m. à Courtelary = pied (du) mont. 

Pieppabesse,- baisse, voir Besse. 

Pieppe à Bot, voir Perabot. 

Pieppafoptsclia, ham. près Fribourg ; du patois fortscha, 
fourchu : pierre fourchue ou fendue, à cause d'un bloc erratique 
— peut-être un dolmen — remarquable, fendu en deux ; une 
autre Pierra fortscha se trouve près de Berlens, Fribourg. 

La Pieppaz, alpe de Bourg-Saint-Pierre, Entremont; sans 
doute le pratum de Lapide (Pierre), i235, M. R. XXIX, 820. 

Les Piepponnes, lieux rocheux, pierriers au fond du vallon de 
Javernaz, alpes de Bex ; correspondant fém. de Perron, du bas 
latin petronem^ de pierre ; voir Perron. 

Pieulieuse, voir Pouillerel. 

Pieppafùz, m. à Vaux = pierre à feu, terrain siliceux où des 
étincelles jaillissent sous la pioche du laboureur. 

Pieppedap, plateau rocheux dominant le cirque de Creux de 
Champ; fausse orth. pour Pierre-Dard (ou Perredard), la 
pierre, le rocher du Dard, de la cascade qui tombe au-dessous et 
forme la principale source de la Grande Eau naissante. 

Le Pigne de T Allée (pour la Lei), sommet près Zinal, Valais ; 
le Pigne d'Arolla, vallée d'Hérens ; dérivé Têta Pegnat ou mieux 
Pegnaz, alpes de Bex ; de * pinninm, dérivé de pinna^ créneau 



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346 PILAZ — PISSOT 

de maraille^ qui a donné pignon ; pinna est un parent du celtique 
penn, sommet, tète, auquel on pourrait aussi rattacher pigne. 

Pilaz ou Pile (Pille, carte Siegfried, prononcé comme ville), 
pâturage du Jura à Saint^Gergues ; peut-être du v. fr. pilley vase 
et pile (pila), mortier à pilon, qui a aussi le sens de citerne, vais- 
seau ; c*est une métaphore semblable à celle de Auge. La Pilaz est 
enfoncée, surtout la Pile-Dessous, entre des coteaux qui la domi- 
nent de 2 à 3oo m. 

Pîllevuil, voir Perrevouet. 

Piraz, loc. à Vex ; du patois pira^ pierre ; de même un champ 
de Piraz-grand à Troinex, Genève, Petra magna en 1276, jadis 
un menhir de aS p. de hauteur, M. G. XIV, 87, et V, 5o5 ; en 
Pipy, loc. à Ayent, collectif; du leiim petretunif lieu pierreux. 

Pipollière à Plan-les-Ouates, Genève ; pirole, petite pierre, et 
coll. ière ; lieu graveleux. 

Pissevache, cascade près Vemajaz, Valais. Gatschet, trouvant 
rétjmologie qui se présente tout naturellement, inesthétique, — 
« unâsthetisch, » — le tire « du v. h. ail. puzzin-wag, source 
jaillissante : vue d'en bas, la cascade a Tair d'une source jaillissant 
du rocher. Mais, outre que les transformations du mot seraient 
bien difficiles et que les intermédiaires manquent, il 7 a d'autres 
raisons : i<^ Nous avons plusieurs autres Pissevache, ruisseau 
à Hermenches, D. Moudon, un autre à Bossy, Genève, ce nom est 
porté aussi par le nant des Grattes à Genève ; d'après Gali£Pe, 
d'autres encore en Savoie, et il y a Pîssechèvpe, cascade du tor- 
rent de Morcles ; 2<^ les paysans qui ont nommé ces cours d'eau ne 
se piquent pas d'esthétique, comme le montrent les mots suivants ; 
3^ le romanche emploie la même figure : val Pischa^ Pischa da 
daint, vall. de Munster, Pisciadello à la Bernina, etc. ; du ro- 
manche pischy urine. 

Pissot, torrent à Lourtier de Bagnes, loc. à OUon, torrent à 
Villeneuve, gorges à l'Etivaz, pâturage à Albeuve ; Pessot à Nei- 
rivue. Broc, Corbeyrier, Vouvry ; cascade sur Muraz, D. Mon- 
they ; Pissez à Vionnaz, les Pessottes à CoUonge, Pessoz, tor- 
rent, affluent de la Lizerne, cascade de la Salenze sur Saillon ; 



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PIZY — PLAINPALAIS 347 

Pezot(ts) à Conthej ; Pesseux, ruisseau à Trient et torrent à 
Saint-Martin d'Hérens ; le Pissoir, sommet glacé à Trient et ruis- 
seau à O^ns, le Pissioux à Gheyres ; Pecheux, alpes de Saint- 
Gingolph et de Trient ; le Pissoux, gorges du Doubs près Ghaux- 
de-Fonds, Pichoux (ou Pissou), gorge et cascade de la Some et 
gorges près Courgenay et Boécourt, la Pissausaz à Reverolles, 
le Pischiauc à Grône, Valais (pour le c, voir Biolec) ; diminutifs, 
Pesseule, loc. à FuUy, Pessaulaz, m. à Ghâteau-d'Œx. Pis- 
ehourgraben à Louèche-Bains, comba dou Pissyory i55i, forme 
germanisée; un Pissot à Mage, Valais, i255. 

Pîzy ou Pisy, D. Aubonne, PisiSy iiSSj Pesis, 1197, M. G. 
XIV, i5 et IV, 86, Pisy, i235, Pisis, 1244, M. R. XII, Guill. de 
PysiZy i3o6, M. R. XXXFV, 4i ; de pisis, dat. plur. de pisum, 
pois, et de pisetuniy culture de pois. Ges formes primitives empê- 
chent de le dériver de Piciacum, domaine d'un Pitius, comme 
Pizy, Yonne, Piciacum au vu® s. 

La Place, les Places, ham. de Conthey, Platea, 1290; 
d'Ayent, Platea, 1282, et de nombreux autres villages valaisans ; 
les Places à Fribourg, les Plates j i33o, et 12 autres loc. du can- 
ton ; aussi dans le Jura neuchâtelois et bernois ; de platea, place 
de ville, désigne l'agglomération principale, au moins à l'origine. 

Plagne, D. Gourtelary, ail. Plentsch, Bleeriy forme ail., i3ii, 
la Plagne ou Plaigne, loc. à Gimel et pâturage sur Montreux 
(aussi Pleniaz) ; les Plagnes, forêt sur Bière, Plagnoz, pâtur. à 
Lessoc ; autres formes de plaine, provençal planhay plaigna ; 
Plagnuit, ham. sur Fully et sur Salvan, en Planult à Vérossaz, 
Plagnuz à Ghâteau-d'Œx, le Planlu à Cerniat, Gruyère, diminu- 
tifs ; de planeolam, 

La Pla(g)nlère, ham. de Châtel-Saint-Denis, forme adjective. 
Littré a le masc. plagnier, plateau sur une montagne. 

Le Plain, les Plains, le Plaignat, loc. à SaintrBrais, diminu- 
tif, et les composés Plainbois, Plainfayen {faginurrij de hêtre), 
Plainmont, loc. du Jura bernois ; de plain, s. m., anc. forme de 
plan ; plan du bois, des hêtres, du mont. 

Plainpalais, Genève, Palais, Palacium, 1263, 1269, Pala- 



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348 PLAIT — PLANA PAYE 

tium, i34o, M. G. XIV, 60, Vil, 817, III, 186, Planum pala 
cium^ 1475, PlainpaleXy xyi© s. ; de plain = plan et palais^ 
Une chronique de Genève, anonyme et sans date — fin du xvi« s. 
— dit : « Le second monastère forain estoit des Jacopins, assis en 
la Courraterie et estoit nommé Palaix pour sa magnificence et 
grandeur. > Mais ceci n'est qu'une fausse étymoiogie. Le couvent 
des Jacobins ou dominicains paraît avoir été fondé justement en 
1263 où nous trouvons le mot Palais déjà employé. Palacium ne 
serait qu'une traduction latine du v. fr. palais. Or si Ton consi- 
dère que le terrain était alors une plaine marécageuse, exposée 
aux inondations de TArve et du Rhône, que la grève du lac à Rive 
se nommait également /^a/ue^^^ i3o5, paloys, i3o3, i3o6 ou jpa- 
ia/js, i3o6, Rég. gen., p. 385, 5i5, 4oOj on verra plutôt dans 
Plainpalais la plaine du marais, de paludetum. Voyez aussi Pa- 
lais. 

Le Fiait, ham. de Renens, D. Lausanne. Serait-ce l'emplace- 
ment du plaît des Runinges? v. fr. plaît, du latin placîtum, 
cour, assises, assemblée des citoyens d'une commune ; une charte 
de ta 38 parle d'un W. de Plaîs de Runens. Il y avait un Play t y 
villis de Playt aux environs de Lutry, i36o, M. R. VII, un alleu 
de Plaîty et aujourd'hui une rue de Sous Plaît à Chexbres, même 
origine. 

Plamboz, ham. du Locle, Plambuis à Bovernier, Plambué, 
ham. de Collonges, Valais, Plambouet à FuUy, Plambuit, ham. 
de Lavey et d'Ollon = plan, adj., et bois. 

Plf'ime, loc. à Gonthey = plane, permutation n-m, comme 
prunier, prumi. 

Plamproz, loc. à Lourtier de Bagnes, à Vouvry =: plan-pré. 

Plunachaux, sommet à Chàteau-d'Œx = chaux, pâturage^ 
plan* Plamachaux, pâturage à Ghampéry, Valais, même mot, 
permutation /i-m. 

PtïiDa Paye, ham. du Ghâtelard et de Villars, Frib., Planna 

Faye, i483 = forêt plane de hêtres (et non plaine aux moutons). 

Plan-a-Jeup à Salvan et Martigny = plan de la forêt. On 



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PLANARD — PLANFAYON 349 

trouve aussi Planigeur, c'est alors la forêt, la joux plane. Plan- 
la-Jeux de Vionnaz était une planna Jear^ 1728, 1770. 

Planard, nombreuses loc. Vaud et Valais, sufiF. augm. ard = 
l^rand plan. 

Plana vy, loc. à Yvorne ; de via = route plane. 

Planaz, nombr. loc. et Plannaz, Salvan, Pliannes, patois fri- 
bourgeois; fém. de plan, adj. = lieux plans, plats. 

Planchamp, ham. de Montreux et ailleurs ; de planum cam- 
punij champ plan. 

Planches, D. de Vevey et nombreux ham. et très nombreux 
lieux-dits ; dim. Planchettes, du fr. planche, latin planca, au 
«ens d'espace de terrain. 

Planchemont à Moudon =: planche du mont. 

Planchy à Bulle, Planchi, 1277, Planchixy 1379, ®* Plai*- 
<^his, champs à Porrentruy, collectifs de Planche. 

Plancudrey, ham. de Villeneuve = plan de la coudraie, des 
•coudriers. 

Plandarei à Conthey = Plandarrey, plan d'arrière. 

Planereuse, alpe sur un plan au-dessus de la Reuse de Sa- 
leina, val Ferret = Plane de la Reuse. 

Planée, loc. aux Verrières; de planata; Plané, Planet, 
Planneau (ou Planeau) à Vionnaz, es Planettes à Ghardonne, 
Planette (Venthône), dim. de plan. 

Planellet, sommet sur Vouvrj, petit plateau au sommet, et 
Planélet à Vionnaz, doubles diminutifs, el-et. 

Planex, Planey, Plany, Plenay ; collectifs de plan, avec suf- 
fixes coll. ex, ey, y. 

Planeyse, plaine à Colombier, Neuch., Planeise à Payeme, 
Planaize à Boussens, Planaise, Saint-Saphorin-Morges, Planisse 
k Chesières, à Saint-Léonard, Planessy, i448, Planige à Ven- 
thône, Planey si, i36i, Planigy à Salquenen, Planazi à Bagnes ; 
deplanitia, 

Planfayon, D. Singine, Frib., ail. Plaffeyen, Planfeiun, 
ii48, Donat. Haut., Plan/eun^ 1228, M. R. VI, 24, Planfaion, 
1287, F. B. II, i423, R. dipl. VII, i56, Plainfaon, i453; autre 



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350 PLAN PAYE — PLATTA 

loc. à Ropraz ; de plariy adj., et/ayon, dim. de faye, de fageia 
= petit bois plat de hêtres ; peut-être aussi de faye, brebis ; ce 
serait alors la plaine aux brebis. 

Plan Paye, ham. de Massonnens et loc. Matran ; de plan, s. 
m., plateau et faye, àe fageia = plan de la hêtraie. 

Plan-Fey ou Planfey, 5 loc. ; de plan eifagetam^ Vune Piano 
Facto, i4o2, M. R. a, II, a5, même sens. 

Plan-Folliaz, plus. loc. = plan de la feuille, du bois feuillu. 

Plan-Fromentin, ham. Ormont-dessus ; plan et n. propre (fa- 
mille des Ormonts). 

Plan-Ievpaz, loc. à Montreux = plan de la leyvraZy du lièvre. 

Es Plannes, loc. Albeuve, Villeneuve ; Muraz et Leytron, Va- 
lais ; peut-être aux plaines, peut-être aussi aux Planes, aux érables 
Planes. 

Plan-Névé, glaciers, Bex et Salvan s= plan du névé, de la 
neige. 

Plans sadoz, atlas Siegfried, ou Plançades, carte Dufour,. 
large plateau de pâturages doucement inclinés au Saint-Bernard 
= plans sades, v. fr. sade, doux, agréable. 

Plan Sayaz, alpe d'Ollon ; plan de l'arête, voir Sega. 

Plan-Seujet, haro, sur Bex = plan des saules ; voir Seujet. 

La Plantaz, une 3o^ de lieux-dits, aussi la Planta, Sion, la 
Planteau à Evionnaz (Plantez) et Vionnaz, ou la Plantau (d, x)^ 
Monthey, Colombey), désignant des terrains cultivés, des plan- 
tages ; celui-ci du bas latin plantât icum, de plantare, planter ; 
es, les Plantaux, plus, lieux-dits, diminutif. 

Plantey à Etoy, Plantay à Lavigny, es Plantayes à Vouvry^ 
es Plantâtes, Yens, 1296, Gilly, 1265, la Plantée, de planta^' 
tam^ plantatas. Un Will. de Plantata à Liddes, 1228. 

Plasselb, D. Singine, Fribourg, Blanselp, i364, Matile, -P/an- 
naseyva, 1824, Plannasewa, 1472, M. G. XII, en patois Plana- 
siva ; forme allemande de Plana silva : forêt plane. 

Platta, vignoble près Sion, Plata, i243, Platta, i3o6, PlattaZy 
i4i4) es Plattes à Fiez ; de plat ; Plattel à Concise, Platet à 
Champvent, diminutifs ; Platey à Vionnaz, Platez à Montche- 



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PLATURE — POIL DE CHIEN 351 

rand, Plattaire à Cremin^ Plateyres à rAbergement, collec- 
tifs. 

La Platare (ou l*Eplatiire), loc., plaine aux Pommerats, Jura 
bernois, et ham. aux Ponts, Neuchàtel ; les Eplatures, ham. de 
la Chaux-de-Fondsy pour es Platures ; de plat et suffixe collectif 
ure. 

Pleigne, D. Delémont, Berne, ail. Pleen, Plenna^ '^79» 
Plaigne, 1187, Plenne, 1188, Blennes, 1213 ; Pleigne-Seigne, 
ham. de Montfaucon, Franches-Montagnes ; autre orth. de plai' 
gne (voir plus haut), syn. de plaine, adjectif dans le second = la 
Saiipie plaine, ou plane, unie. 

Plenafey, ham. de Saint-Sylvestre = forêt plane de hêtres. 

Plenazea (Pléna-jeur) à Bagnes, pâturage entouré de forêts, 
dzeu = joux, donc en pleine joux. 

Pleujouse, D. Porrentruy, ail. Blitzhausen^ Blutzhaseriy 
iZl^Oy Pluiusa, iio5, 1180, de Pluvioso, ii36-ii52, Pluviosa, 
1161, 1186, i2Q5y Pluiose, i3o2, i3o5; le latin signifie (villa) 
pluviosay (vicus) pluuiosus, village pluvieux ; rallemand Blitz- 
hausen, village des éclairs^ des orages. Le rapprochement des 
deux noms justifie Tétymologie de pluvieux. 

Plex> écrit aussi Pley (ou Plag, Plaix), pâturages à Muraz, 
Collonges, Val d'IUiez, Valais, à Ollon ; dérivés : Pleyeu à Saxon 
et à Bagnes ; Pléauc, prés à Grône, Valais ; Pleyau sur Saint- 
Légier, pâturage et sommet (auquel le doyen Bridel, épris d'anti- 
quité, a donné le nom grec de PleTades) ; du latin plexus^ v. fr. 
plaisy clôture = pâturages entourés de clôtures ou de forêts. Plaix 
est un n. local très fréquent dans le Berry ; Tall. : pletscheriy une 
io« de loc, a la même origine. 

Pliains, plusieurs pâtur. Gruyère, les Pliannes, plaine, m. à 
Semsales, Pliano, Tour de Trême ; formes patoises de plairij 
plane. 

Poay, Poy, voir Peu. 

Poët, f. Poôtte, voir Pou. 

Le Poil de Chien, pâturage de Vaulruz, Gruyère, et localité à 



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352 POIPE — PONT 

Montcherand ; du nom populaire du Nardus stricta, ^aminée très 
dure, patois Pei de tsin^ trop commun dans les sols tourbeux. 

Poipe ou Poype, mamelon arrondi, poipe en Dauphiné, em- 
ployé chez nous au moyen âge, et peut-être encore aujourd'hui, la 
poipe, popia, popie, du château à Dommartin, 1200, 1226, W. et 
Gir. de la Poipiy 1217, M. R. VI, 117, i64, 167, etc. ; parent 
de poupe, montagne en forme de mamelle, anc. fr. poupe, bout 
de sein, provençal popa. 

Poirerat, loc. à Courchavon, Jura bernois, lieu où abondent les 
poiriers. 

Poisat, Poisattes, Poisieux, voir Posât. 

Peliez, 2 com. D. Echallens, PoUacum, Pauliacay M. R. VI, 
i4i, 642, PoUiacurriy ii4i> Polye, ii42, Cart. Month. 'jyPolli, 
ii54, Pollie lo ffrant, 1228, 1226, Pollie^ 1228, Pollie lopitetj 
1280, M. R. VI, 187, Pallie lo Grand, 1288, Poulye loz Grandy 
1275, Palliez (Pittet), i4o8, Paliez-le-Grand, i458, Pally-le- 
Grand et Pally-Pittet, 1702, Rev. hist. Vaud., XIV, 55, Pally- 
le-Petit, 1784, Arch. Fr. VII = (fandam) Poïliacam, domaine 
d'un PolliuSy gentilice romain. 

Pomay à Arveyes d'Ollon ; Pommey, 5 loc. ; Pommier, ham. 
Grand-Saconnex ; la Pommière (Paumière), ham. de Chêne ; 
Pommy à Bremblens, Châtel-sur-Montsalvens ; Pomy, D. Yver- 
don, PomierSy 1174» Pomer, i235, Cart. Month., Pomy y 1487, 
Pomier, i458 ; en Pomy à Trélex ; de pometam, pommeraie. 

Pomeipy, Pommeriaz, Lavigny ; Ponmieret, 8 loc. ; Pom- 
merat, Jura; les Pommerettes à Dombresson ; de pomaretaniy 
pomareta, pommeraie. 

Pomirond, fausse orth. de l'atlas Siegfried, Pomeran, Dict. 
de Lutz, ou mieux Pomeyron, ham. de Conthey, diminutif. 

Pompaples, D. Cossonay, Pons papali, 1049, ^ompaplo, 
1825, Ponpaplo, 1844 (Matile), Pampaplos, i458 = pont du 
peuplier ; la forme paple sous l'influence du germanique papjfel 
comme dans Paplemont. 

Le Pont, Vallée de Joux, autrefois h Port, le Champ du Port, 
1888, ad Portum ; le nom changea quand on eut jeté un pont. 



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PONTAISE — PONT NEUF 353 

Pontaise, loc. à Lausanne, Pontosa^ i5io? 

Pontareuse, ham. C. Neuchâtel, anc. paroisse disparue, 
temple démoli en 1647, Ponterousa, 121 1, Pontrousa, 1228, M. 
R. VI, 19, 649, Ponterosa, 1288, Ponte Aurosa, i349 = P^°* 
de TAreuse. 

Pontet, nombr. loc, une lo^, dim. de pont; l'un d'eux, au 
Pontet à Massongpex, 1761, est aujourd'hui un Poutet, 

Ponthaux, D. Sarine, Frib., Pontet, ii42, Cart. Month., p. 6, 
M. R. XII, Ponteur, 1166, Hidber, II, Pontelz et Pontouz vers 
1180, Donat. Haut., PontelSy i363, Rec. dipl. III, PonthouZj 
i384, PontauXy i453 ; un autre Pontets y ham. de Guin, sans 
doute dim. de pont. Le premier est très probablement le BontelSy 
1423 et i434> Rec. dipl. VII, p. 169, i63 et V, que M. Gremaud 
n'a pas identifié. 

Pontis, vallée d'Anniviers, gorges avec plusieurs ponts ; Ponty, 
ham. de Leysin, Pontizy i332 ; — ou Pontey, ham. de Lucens, 
Pontet, 1142, Pontity ii55, M. R. XII; les Pontex près Ro- 
mont, autres dérivés de pont ; les suffixes ej, ex désignant des 
collectifs. Pont et Pontet dénomment souvent des localités au sol 
tourbeux, où les chemins ont dû être établis sur des ponts, soit 
sur des troncs juxtaposés. C'est ainsi que l'ancienne route romaine 
traversait le Grand Marais. C'est le cas pour les Ponts-de-Martel, 
les Joux des Ponts à Semsales, les Ponts d'Avaux à Vaulruz, le 
Pontet, Vallée de Joux, la Chaussée des Pontins à Coffrane, 
les Pontins à Saint-Imier, Pontenet, com. D. Moutier, Pontenal, 
1359, Pontenet, li^^, Pontelet, i4oi ; les Pontenets, pâturage 
â Saint-Braix, Jura bernois, Pontinet aux Ponts-de-Martel. Ce 
dernier nom désigne une localité où se trouvait jadis un tel che- 
min fait de madriers juxtaposés utilisé encore, d'après Lesque- 
reux, en 1617, abandonné en i54o, enseveli sous trois pieds de 
tourbe en 1842 ; in, diminutif, enet, inet, double dimin. 

Au Pontonney à Siviriez, Frib. , probablement Pontonnet, petit 
pont. 

Pont Neuf sur la Morge, alpes de Conthey, Valais ; pons no^ 
vus, i3o4. 

M. D. SEC. SÉRIE, TOME VU 23 

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354 PONT-ORGE — PORRENTRUY 

PontrOpge, m. et pont près des Thioleyres, D. Oron, Pontem 
Ordeorum^ ii34)pratum de Pontoris, i2i5, M. R. I, 2« S., 
i48, PontorjoZj 1689 = pont de Torg^. 

Pontrsec, Ponsec ou Ponsez, torrent, limite d'Orsières et de 
Liddes, Y&laîs, pons siccuSy 1228 ; le torrent est souvent à sec, de 
là le nom. 

Pontrausaz, m. àMont^ D. Rolle ; c*est probablement le Pont" 
reusUy 1228, et Ponterosa^ 1288, Cart. Laus., M. R. VI, 649, et 
le Orausa ultra Albonam de i344 dansMatile. 

Ponveys (s fautif), loc. à Grandvillard, Gruyère, près du pont. 
Eponvefs, loc. vers les 2 ponts de la Sarine et du torrent à 
Montbovon = pont-veil, es ponts-oeils, le pont vieux, es ponts 
vieux, 4( du v. fr. veil, vieux >► (Bonnard). 

Ponveppoz, loc. à Villeneuve, ancienne propriété des nobles de 
PoniverrCy famille savoisienne, — châteaux près d'Annecy, — 
qui possédait de nombreux fiefs dans la contrée. C'était aussi à 
Aig'le le nom du Clos de Vahyse avant que ceux-ci eussent suc- 
cédé aux Pontverre, écrit Pontverrier, Jeannet de — , 1872, 1873, 
François de — , i4i8, i442, etc., chartes d'Aig'le. 

Porcheresse, loc. sous Chamossaire, alpes d'OlIon, 2 autres à 
Premier et Bretonnières ; pâturage à Charmey (Portzereche, Por- 
tzeresse) ; de porc et suffixe v. fr. eresse, pâturage des porcs. L'a- 
tlas Siegfried indique à Morgins une loc. Pécheresse, sans doute 
un r oublié. 

Poppentpuy, ail. Pruntrut; Purrentru et Punrentruty 11 86, 
Trouillat, Pontereyntru^ i i4o, Attinger, PourendrUy 1 186, Por^ 
rentrai i 1284, etc. ; n. ail. Brunnendrut, 1276, Burnentrat, 
1288. D'après Perreciot (Etude sur le comté d'Ajoie), reproduit par 
Lutz, de Pons RaintrudiSy Ragnetrudis^ c'est-à-dire pont bâti 
par la femme de Dagobert I*' (622-688). Aucun document histo- 
rique, répond Vauthey, ne peut appuyer cette supposition, puis il 
tire ce nom de mots celtiques. Le Dict. géog. d'Attinger le tire de 
l'ail, brunn, fontaine, et trut, trud, druide, étymologie mixte fort 
douteuse. Nous préférons la première, en remarquant que si rien 
ne prouve que le pont ait été fondé par la femme de Dagobert, 



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PORREYRE — POSAT 355 

rien De s'oppose à ce qu'il ait été construit par quelque autre Ra- 
§^etrud ou Raintrud (Fôrstemann donne i5 variantes de ce nom). 

Porreyre, pâturage sur Gryon ; ferme à La Tour ; Poppey- 
petlaz, pâturage sur Bex, diminutif, la Poppasse sous la Pointe 
des Savolaires à Bex, suff. augm. asse ; es Poppades, vignes à 
Luins, dérivés de porrum^ patois /)orra, porré, poireau, ail, en- 
droit où abondent, dans les Alpes, Tail des montagnes, et dans le 
vignoble l'ail des vignes. 
tPopsel, C. Frib., Porcelsy xii« s., Porsez, iz']!, Forcez, 
1284, M. R. XII, PorceU i453, Arch. Fr. et 1668, carte v. der 
Weid. 

Popsogne, alpe à Rougemont, Pays-d'Enhaut ; peutrétre de 
porc et sogncy v. fr. songnCy italien soffna, soin : « pâturage où 
l'on soigne, où l'on élève des porcs, synonyme des Porcheresses, 
assez fréquentes dans les Alpes. 

Portalban^ Fribourg, Porabariy Porabanty 1166, capella de 
Portubanniy 1182, Hidber, W^ Porta Arbano, i33o, Matile, Po- 
rabariy 1668, carte v. der Weid ; de port et Albanus, Albain, n. 
pr. romain. 

Poptaux, loc. à Aigle, Popteau à Gorseaux^ en Poptel à Con- 
cise, Poptelle, loc. à Granges et Savièse, Poptalet, sommité et 
glacier, alpes d'Orsiéres ; syn. et dim. de portai ou portail. Il y a 
aussi des lieux-dits aux Portes et aux Portettes, par ex. Venthône. 

Popt-Valaîs, D. Monthey, Poroaleis vers i2i5, M. R. VI, 
349, Portas Vallesiiy 1272, PorvaleSy 1298 = port du Valais. Il 
n'est pas nécessaire que le lac s'étendit autrefois jusqu'à l'église, 
comme le veut Lutz : le Bouveret fait partie de Port- Valais. 

Posât, D. Sarine, Frib., patois Pojat; ham. de Chézard, Neu- 
châtel, et une 12® de loc. Vaud et Frib. ; Poisat, 5 loc. Vaud, un 
entre Lausanne et Renens, 1227, Cart. Laus., M. R. Vl, p. 221, 
245, lu par erreur Poifaty vînea de Poifat, p. 698. — Poisiat à 
Corbeyrier, Epoisats ou Epoaisats pour es Poisats, vallon entre 
Vallorbe et l'Abbaye de Joux ; loc. à Dizy ; es Poisattes à Aniè- 
res, Genève ; avec la permutation s-j, le Pcegeaz à Vionnaz, Poi- 
gea, Poisiaz, 1776, Poysat, 1723 ; depateam^ puits, source. 



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356 posiEux — POU 

Posieux, D. Sarine, Frib., PuteuSy Putei, Posuos, xii« s. 
Arch. Fr. VI passim, Posas, i235, Posuz, i348, ecclesia de Pu- 
ieo, 1376; Poisieux à Monthej, au Poisiau à Colombey, P^H' 
sieuXy 1743 ; de puteolum, petit puits. 

Posogne, 2 pâturages de Mont-la-Ville, pratis de Posonys, 
1467, M. R. I, 2« liv., 294; — loc. à La Chaux; peut-être de 
pose et suff. aug^m. (dépréciatif ) o^n^ (Jor-ogne, ivr-ogne), gprands 
pâturages où le bétail fait une longue pose, un long séjour. 

La Posse, 2 ham. sur Bex, la Possiy i23i, M. R. XXIX, et 
1262 ; loc. à Chamoson ; la Poche à Massongex, la Posse, rôle de 
dîmes, avant 1 743 ; es Posses à Nax, Valais ; Possen à Louèche, 
forme germanisée du plur. Posses. Une localité eis Poczos à Ayer, 
Valais, 1396, paraît être le même nom. Origine inconnue. Serait- 
ce une autre forme du bas latin posta, station ? le wallon dit 
possej mais notre patois dit pousta. Zimmerli tire le Possen de 
Louèche du nom de famille Poss. 

PossenSy D. Moudon, PossenSy 1220, Pairi et Pussens, Pairi 
et Pousensy i23o, Posseins, i238, M. R. VI, 187, 646 et VII, 37 
= chez les descendants de Posso, Bosso, n. pr. germain, racine 
bosy V. h. ail. bôsiy méchant. Fôrstm., 277. 

La Poterla, loc. à Bulle ; Potîerlaz à Ollon ; Pottailaz à Tlsle, 
Pouterlaz à Coppet, Poteyiaz à Orbe, Grandson et la Tour-d^ 
Peilz ; la Potile, ruelle à Payerne ; du bas latin posterla, latin 
posterula, fr. poterne, patois poteila, syn. patois et v. fr. de la 
rue de la Poterne à Nyon ; emplacement d'anciennes poternes ou 
de passages pratiqués dans une enceinte. En Dauphiné, posterle 
s'emploie pour désigner certains cols. 

Les Potraux, pâturage à La Rippe. AuxOrmonts, la potra, pi. 
le potre = boue épaisse, margouillis (Isabel). Si ce mot est connu 
au Jura de Nyon, ce serait un pâturage boueux. 

Pou, pu, fém. pouta, Jura bernois, peu, peuie et pouet, fém. 
pouetta, aussi pouai ; du latin putidum, laid, vilain ; de là Pou 
Oêt à Neirivue, Pouproz, Bovernier, Poule Palud à Charmey, 
la Poutilaz à Colombey (fie), les Poaetes à Cornaux, Pouetta 
Baisse à Fleurier, Pouete Manche au Val-de-Ruz, Poettes 



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M^. 



POUGNY — POUSAZ 357 

Lanches (couloirs) à Villeneuve ; Pouta Fontana à Grône, Puta 
Fontanoy 1286, i3i5, en Puta Pacot à Choéx, Monlhey, Poueta 
Rouennaz (ravine), Orsières ; Zapoude (Chaux) à Sion, le Pu- 
torrent à Bex, Putessert à Chevroux, la Pouete-Combe au Val- 
de-Travers, Pute-Combey 1872 ; Peus Prés à Develier, Peute 
Côte à Boécourt ; Poutelettaz à Conthey, diminutif ; les Pouay, 
petit alpaga à g>énisses à Chamoson = les pouais (près). Les 
Pouettes (prairies), prés à Massongex. Une autre forme de ce 
mot est Petou: Proz Pethoux à Vionnaz, Petoux, 1775, Praz 
Petou^ Bussignj ; Autannes Petoudes à Trient. 

Pougny, loc. à Genthod^ Genève ; le même que Pougny, vil- 
lage du Pays de Gex, Pagaye, 1260, Ponnie, 1277, Pougniery 
1289, Rég. gen., de Pugniacum (praedium)^ domaine d'un Gallo- 
romain, d'un * Puni us, de Tadj. Punus, carthaginois. 

Pouillerel, mont à la Ghaux-de-Fonds, Poillery au xv« s., puis 
Poillerel d'après Benoît ; les Pouîllets, loc. à Lamboing, Pouil- 
lerie, loc. au Saint-Bernard ; la Pouilleuse, pâturage à Mar- 
chissy ; aux Epoullleux, champs à Aigle ; Essert Pouilloux à 
Asuel, D. Porrentruy ; Grépillaux à Vuibroye, Crest Pyoulliouœ, 
i3io; Piaullauses (Piauliauses), loc. à Ferreyres et Vuitebœuf, 
la Piaulhlausaz^ une des sources de la Louve à Lausanne ; les 
Pieulieuses à Montmollin ; en Piaulliet à Bex ; de pouilleuXy 
patois piaullhiau, au sens de terrain pauvre, nu, stérile, comme 
en France la («hampagne pouilleuse ; une Poliosa en i4o3 dans 
le D. de Grandson, M. R. XIV, 874. 

Pourriez, prés marais à Saint-Prex et ailleurs, les Pourries à 
Vouvry ; part, pourrie, employé pour désigner des terrains hu- 
mides, des rocs qui se décomposent, ainsi Puries, Purier, rochers 
des Gorges de l'Areuse, Neuchàtel, du part. v. fr. puri, purri. 

Pourtauvuivpe, loc. à Vandœuvres, Genève ; paratt renfermer 
au plur. — aux vuivres — le mot v. fr. vuivre, patois vuivra, du 
latin vipera, vipère, serpent en général, et peut désigner un en- 
droit où abondaient les serpents. 

Pousaz ou Pousa, nombreux hameaux, alpes vaudoises et Va- 
lais : la Pousaz à Ollon, Pausaz, carte Rovéréa, et à Aigle, Posa, 



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358 POUTAZ — PRADA 

i3i4> PosaZy 1872, Pose, i442, Pouja à Nax, Paugeat à Chip- 
pis, Valais (z-j), Pousettaz à Lejsin et Posetta à Fullj, diminu- 
tifs ; Repousaz à Conthej ; du patois pousa, pause, du latin 
pausGy halte de repos ; ces localités sont toutes sur de petits pla- 
teaux interrompant la montée. On trouve aussi la forme française 
Pauses. De même en romanche poSj paus, s. m., lieu où Ton fait 
halte : Sass del pos à la Bernina. 

Poataz, A, En la — , 4 loc. Frib., en Poutex, Villaz-Saint- 
Pierre, es Poutiets à Ormont-^lessus, Praz Pouttet à Corbeyrier, 
au Puttet à Morcles, au Puttier à Massonnens ; au Peutet à 
Monthey, Pouttet , 1696, Putet, 181 9 ; de poutta^ cerisier à grap- 
pes, et suffixe collectif et : lieu où abonde ce cerisier, en patois 
pouttOf fr. putiet, du latin putere, puer, à cause de la mauvaise 
odeur des fleurs ; sanscrit />0{2/a, puant. 

Poy, voir Peu. 

Poya, Poye, Poyaz (raccent sur o), Poyat, Poyet, Poyetle, 
Poyettaz, Poyeux, nom de nombreuses localités dans toute la 
Suisse romande, du patois /)o A /a, montée ; les formes i-3 de/>o- 
diay 4} de podiata, 6-7 diminutifs, la 8^ du dim. latin podiolum, 
dérivés du latin podium, voir Peu. 

Prabé, sommets sur Sion et Randogne, Praby, ham. Val d'Il- 
liez ; de pratum bellum, beau pré. 

Prabert, ham. de Monthey, Praz bert à Vérossaz, Valais, et à 
Payerne ; de praz ^ pré, et le n. pr. Bert comme Fin-de-Bert à Trey. 

Praborgne, ancien nom fr. de Zermatt, Pra Borny, laSo, 
Pra Borno, 1286, Pratum Bornum, 129 1, encore appelé Pra 
Borno par les Valdôtains ; de prata, prés, et born, source = 
prés de la source. 

Prabou, écart de Trey vaux, Frib. ; pré du bois. 

Prada à Vétroz, Pradaz, pâturage au Saint-Bernard, Preides, 
champs à Ayent, Prad à Collonges, Pradex, loc. à Préverenges, 
Allaman, Féchy, Pradières, fermes au Val-de-Ruz ; du v. fr. 
pradCy s. f., prairie, du plur. neut. IdXm prata pris pour un f. s. 
(t-d), et les derniers avec suffixes collectifs ex^ ière. Le même 
mot prada est très fréquent aux Grisons. Ppaz-dîx, loc. à Bottens, 



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PRAÉL — PRAISSALET 

est évidemment une fausse orth. pour Prady, de prade, et collectif 
y = ex. 

Praël, loc. à Romainmôtier ; Prayel, pâturage à Baulmes, 
Préel, loc. à Concise, et à Corcelles, Neuch., Prael^ 1280 ; du v. 
fr. praelj latin pratellum, petit pré, provençal praeL 

Prafandaz, pâturag^e et forêt à Leysîn, D. Aigple, probablement 
autre forme de profonde, (silva) profunda^ permutation o-a, 
comme Nava de nova, Rionda pour rionde, Beprahon de Bedum 
profundum. 

Prahins, D. Payerne, Prahens, loc. à Grandcour. Sans doute 
dérivés d'un n. pr. germain, difficile à déterminer en l'absence de 
formes anciennes. 

Es PrahiSy m. à Grandvaux ; de praz et suflP. collectif 1*5, en- 
semble de prés. 

Les Prailats, ham. des Bois, Jura bernois, forme jurassienne 
ai pour et = Prailet, voir plus bas. 

Praille, prairies de la vallée du Rhône et de tout le bassin du 
Léman, souvent écrit Pralie(s) (pr. praille)^ 12 loc. Genève et 
D. de Nyon. ham. à La Joux, Frib. ; Praliaz, Duilier, Gilly, Tar- 
tegnins ; Praliez, Gimel, à Corsier, Genève et à Miège, Pralye à 
Granges, Valais, 1895 ; Prallye, Ayer, Valais ; Praliaz à Neiri- 
vue, Praye, Jura, 5 loc., Prays à Miège, Praïe à Chippis, Va- 
lais, Pralaz à Peseux ; Pralieties, plus. loc. la Côte ; Prayeux 
à Pomy, Pralleux, Saint-Jean d'Anniviers, Praillon^ 5 loc. vallée 
du Rhône, Prallon, Trient, Avry-Gruyère, Prayon à Treyvaux, 
Pralioux, Vallorbe (aussi faussement : Prailloud), Eysins, dimi- 
nutifs ; du V. fr. praailley ensemble de prés, du latin pratalia. 
Un Praella à Chamoson, I2i4, ou Prail à Chermignon, 1289, 
Praela à Vevey, 1286. Pralie représente une ancienne graphie de 
1 mouillé, ainsi Goylie = goille, on écrivait jadis une bolie de 
moût. Boyve, II, 24. 

Praisaz, voir Preise. 

Praissalet, 2 ham. de Bémont et des Pommerats, Jura bernois, 
Presselertvalt, 1887 ; très probablement de Preissel, nom alle- 
mand des baies de l'Airelle ponctuée, très employées dans les 



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360 PRAJEAN — PRANUAZ 

pays allemands pour les confitures = localité, forêt où ces baies 
abondent ; peut-être aussi Pressaley, écart de Vaulruz, Gruyère. 

Prajean, ham. de Saint-Martin, vallée d'Hérens, Prato Jo^ 
hanniSf 1260 = pré de Jean. 

Pralet, Pralex, Pralettes, Preilet, Preylet, Pralot (près 
du Locle), Praîlat, nombreuses localités ; contraction du v. fr. 
praelety de praely latin pratellum, petit pré, et suffixe diminutif 
ety aty ot, Jura, donc tout petit pré. 

Pralovîn, chalets près Haudères, val d'Hérens ; id. (ou Pra- 
loîn) sur Vemamiè^e, l'un d'eux Prato Luvyn^ iSaS; Ppolîn, 
ham. d'Hérémence ; Ppoulîn, majens à Salins, Valais, Prato 
Luvyn, 1296, M. R. XXX, 484; Proulin, loc. à Bofflens, D. 
Orbe ; de pré et de l'adj. lovin^ du loup = pré du loup. 

Pramagnon {PramagnoSy atlas Siegfried), ham. de Grône, 
Valais ; non de pratum magnum qui donnerait Pramagne, mais 
de Praz-Magnon, n. pr. = pré de Magnon^ n. pr. fréquent au 
moyen âge. 

La Pran, 7 loc. D. Delémont et Porrentruy, généralement prai- 
ries humides ou marécageuses, excepté Gentie Pran à Delémont ; 
se retrouve en Valais : Pran, loc. à Saint-Jean d'Anniviers. Ce 
mot se rattache-t-il à pré ? Godefroy donne une loc. adverbiale de 
pran en pran = à la piste, et une série de mots dont pran est la 
racine ; problème à résoudre. 

Prangins, D. de Nyon, Prengiaco vers i i4o, Preingins^ 1 142, 
M. R. V, 211, 212, Pren^r/e/is, |ii54, XII, 17, 18, PrenginSy 
1164, 1179, i2iiy Pringensy ii']^ y Perengins, Pringins, 1172, 
Donat. Haut., 1182, Cart. Month., 1246, M. R.V, 221, 227, etc. = 
chez les descendants de Perenger^ Peringer, n. pr. germain. 
Fôrstm., p. 280. Hisely y rapporte les Pringiei, 1 142, et Prengie, 
1177, 1224, du Cart. de Montheron, M. R. XII, p. 6, 29, 60, mais 
Pringiei a un suffixe tout différent, c'est Pringy, h. de Gruyères. 

Pranuaz, ham. à Céligny ; Pranud à Veisonne, Valais, Pra- 
noud à Grône, Pranoux à Savièse, Pranou à Saint-Martin et 
Grimisuat ; Prénoud à Bex ; i de prata nuda, 2-6, pratum nu'- 
dum, pré nu. 



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PRAPION — PRAVIDONDA 361 

Prapion, loc. à Neuveville, Prapioz, pâturage à Ormont-des- 
sus ; le Cart. Laus. M. R. VI, 346, renferme le nom d'un Ugo 
de Prapiumy qui est évidemment de la même racine. 

Praratoud, D. Broyé, autrefois Praratos, 1668, carte v. der 
Weid, Prarastod^ Kuenlin, 1828 = pré de Rasthold, n. pr. germ. 

Pparayep, ham. de Ba^es, Valais, Will. de Praio Reyhe de 
Bagnes, 1286, Pratorei/y 1296; de pratum, pré. Quant à la se- 
conde partie, on pourrait penser à Rayer, Reyer, n. pr. ger- 
main ; mais la forme de 1286 le rapproche plutôt du m. h. ail. 
rihCy gorge, celtique rhig, raie ; ce serait alors le pré de la gorge, 
du ravin ; voir Rija et Raye. 

Praroman, D. Sarine, Frib., Praroman, ii48, M. F. VI, vers 
1180, Arch. Fr. VI, Perroman, i3oi, Rec. dipl. 11,4 (forme ger- 
manique), H, de Praromant, l^^6^ M. R. XXVIII, de Praz Ro- 
marif 1728 ; en latin praium romanum = pré de Romain. 

Praseyep, ham. de Sembrancher, Valais : praz, pré ; quant au 
déterminatif, n. pr. germain, ou mot de la famille de seihiy fau- 
cher. 

Prassan à Saint-Martin d'Hérens ; peut-être un pré sain, don- 
nant de bon fourrage. 

Prassus, aux — , prés à Lens, Valais = les prés-dessus. 

Prassy, ham, de Lovatens, D. Moudon ; dérivé d'un n. pr. ro- 
main en iacum ; pas de formes anciennes. Peut-être un (fundum) 
Prisciacuniy domaine d'un Priscius, gentilice qui a donné de 
nombreux Pressy. On aurait ici la permutation i-a, comme dans 
balance, aronde, de bilanx, hirundo. 

Prau, autre forme de praz, ou pré, Jura bernois : Miécourt, 
Delémont, Saint-Ursanne ; composés ; Prauboz, loc. à Daillens 
= pré (du) bois ; Praudian, ham. à Treyvaux, Frib. = pré (de) 
Dian, Jean ; au Prauloup à Colombey = pré du loup. Prau, pro 
est très fréquent aussi dans les Grisons. 

Ppavidonda, ham. de Salins près Sion, pratum dictum VY- 
donda, 1875, M. R. XXXVII, 2 ; de praz, pré, de pratum, et vi- 
donde, syn. v. fr. de vidomne, vidame = pré du vidame. Ce mot 
vidonde, qui manque dans les dictionnaires v. fr. et qu'on retrouve 



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"{yl PRAYOUD — PRAZ DU SEX 

dans les noms de lieux, le Yedondoz, pâturage d'Hérémence, et 
le Vîdondoz, loc. à Novillc, Vaud, se rencontre çà et là comme 
n. commun, avec le sens de vidame, ainsi : Giroldus, H Vidondos 
de Vercorens, i3o3. — « Vouvry, dont les ahbés de Saint-Maurice 
et les La Tour avaient été, les premiers, seigpneurs, et les seconds, 
vidondes. » M. R. VIII, Appendice, p. i8, et « noble... André 
Jûffrey, vidonde de Chastel-Saint-Denis, * 1696. Martignier, Ve- 
vey et ses environs, p. 84- De vieux plans de Saint-Maurice, vers 
1730, nomment à plusieurs reprises le vuidondey vidomde de 
Quarteri. La permutation mn-nd, rare, se retrouve dans 
Garumna, Gironde, columna, colonde. Quant au a final de Pravi- 
donda, peut-être vient-il de vidomna, ce serait le pré de la vidame. 

Prayoud ou Prajoux, ham. de Châtel-Saint-Denis ; Praiod^ 
i668j carte v. der Weid. Le premier nom, de prateolum, petit 
pré ; le 2« = pré (de la) joux^ forêt. On a probablement oublié 
le sens du premier nom, de là la formation du second. 

La Praz, D. Orbe, li Pra, 1276, la Praa^ 128a, M. R. III, 
5a0, 553 ; Praz en Vully, Frib., Prato in Williey 1890, et plus 
à.Q trente hameaux, tantôt m., de pratum^ tantôt f. ; dans ce cas, 
de prata, pi. de pratum, pris pour un n. fém. s. Prazon, som- 
met, alpes de Finhaut, dim. Praz, m., est souvent joint à un dé- 
termina tif : — bovet à Servion, pré des bœufs, — Perpoz à Hé- 
rémence = pierreux ; — Preveyroz à Tolochenaz, — Ppoveypoz 
â Mootbovon, à Cormerod, — Pre voire à Monthey, à Miécourt 
= du prêtre ; v. fr. provoire ; — riond à Iserable, Orsière, 
Prauz ryont et Prato rotundo, 1228, pré rond ; Praz-de-Fopt 
à Orsières et Pradefort à Grimisuat ; pour de /or, de foris, de- 
hors. D'autres composés s'expliquent d'eux-mêmes. 

Praz da Sex, atlas Sieg^fried, mayens sur Yernamiè|i^. Ce 
mol offre un curieux exemple de transformation. 

L "allas Sieg-fried a corrigé en : Praz du Sex, l'anc. notation de 
la carte du Club alpin : Praz au Sex. Celle-ci était une 

fausse transcription du nom patois Praz Ochin ; or ce pré s'appe- 
lait en 1339 : Prato Ursin et, forme équiva- 
lente, en i4i6 : Pratum Ursi, soit Pré de l'Ours. 



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PRÉDAME — PRÉLATS 363 

Prédame, ham. des Genevez, Jura bernois ; ancien génitif : pré 
(du) de la dame ou du seigneur ; dame de dominus est s. m. et f. 
dans le v. fr. 

Preey, prés à Nendaz, Valais ; de pré et coll. ej. 

Préfargier, m. à Saint-Biaise, Neuch., Prafargier^ 1782 ; de 
praz, pré et fargier, contraction àefavergier (comme Farge près 
Gex, de faverge) = pré du maréchal. 

Pregny, G. Genève, Prinniacuniy iii3, Prigniey 1271, M. 
O. IV, 12, VII, Pregnie, 1277, M. G. XIV, 167, Prignie, i3oo, 
Prignyey 1807, iSog, Prignier, i344, 1 388, M. G. IX et III, 
PrigninSj i48o, M. R. VIII, 476. Cette dernière forme évidem- 
ment une faute de chartiste. D'après la forme de 1 1 13 = (/un- 
dam) Prinniacuniy domaine d'un * Prinnius. Holder a un co- 
gnomen Prineus. 

Prehl, ham. de Morat, orth. ail. pour Prael ou Preel ; du latin 
pratellum, petit pré. 

Au Préîpe, loc. à Noville, D. Aigle ; Champ, Fond au Praire 
à Vouvry, Champ au Preîre à Cheiry, Frib. ; préire de presby- 
terum, prêtre, forme parallèle du v. fr. provoire = champ au, du 
Prêtre. 

Preisaz, Prey8e,8, Preysaz, dim. Preisetie,s, nombr. loc. 
Alpes ; les Praises, ham. à Sainte-Croix, formes féminines du 
participe passé v. fr. preys = pris, fém. prise. Prise est très 
commun dans le Jura, D. de Grandson et Neuchàtel ; une 20* au 
*N. de Montalchez et de Provence ; désigne un enclos privé, pris 
jadis sur les terrains communaux, sur les marches jusqu'alors en 
friche. Ce terrain gagné ainsi est appelé aprisio dans les textes 
les plus anciens. Prise est suivi habituellement du nom du pre- 
mier propriétaire : Prise Perrier, — Bornand ; Preysaz au 
Maidzo, alpes de Veytaux ^ du médecin, etc. Praiâén à Louè- 
che, le même nom romand à peine germanisé. 

Préjeux à Bramois, Valais = pré (de la) jeux ou joux, forêt. 

Prélats ou Prailats^ ham. des Bois, Jura bernois ; de prael, 
àe pratellum, et suffixe dim. jurassien at pour et = petits prés. 



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364 PRÉLAT — PREMIER 

Prélay, pâturage à Saicoart, Jura bernois, et Prélayes, pâtu- 
rage sur la Forclaz de Trient, Valais, entourés de forêts = pré 
(de la) lai/y (des) layes^ forêts (v. Laye), anc. génitif comme Chà- 
leaupré, Six Jeur. 

PpélaK, une i5« de ham. et loc. Vaud, Frib. et Neuchâtel ; 
Prèle, loc. à Bernex, Genève ; en Prély à Chandolin (y atone) et 
avec la permutation e-i : Prilaz, 4 loc. Frib., en Prillaz à Gha- 
mosoaj Prîlle à Lens, la Prîly ou Ppîlly à Savièse (y atone) ; di- 
minutifs Prîlet et Ppilettaz, contraction du v. fr. praele^ prairie, 
de pratella, pi. n. pris pour f. sing., petite prairie. 

Prèles, D. Neuveville, Berne, Prales, 1178, PreleSy iigS, 
Praela, 12 15, Praele, 1284, Prela^ 1289, Preele, 1298, Bre^ 
del^i forme allemande, 1296 ; du \dX\n pratellay petits prés. 

Nous avons vu dériver Prêles, Priiez, etc., de prêle, plante maréca- 
geuse . Outre que les Prélaz sont ordinairement de bons prés, nullement 
habiïëa par les prêles, la preuve de Terreur est donnée par les formes 
anciennes Praela, Praeles, identiques au v. fr. prade^ prairie, tandis 
que ta prêle vient du latin asper, rude^ par Tintermédiaire de l'italien 
asperetla, d'où Fasprêle, Taprêle, puis la prêle, par apocope de Ta qui a 
passé A l'article. 

Preloupî, pâturage, alpes de Corbeyrier, même ortb., carte 
Rovéréa, xviii^s. Pourrait-il avoir quelque rapport awecprelourif 
nom patois du pilori, bas latin pilori um y de pilier d'après Du- 
cange ? D après Jaubert, à pilori, ce nom de localité pourrait dé- 
signer aussi le poteau marquant la limite de la justice seigneu- 
riale \ or le Prélouri est à la limite d'Aigle (ancienne) et de Ville- 
neuve qui n'appartenait pas au gouvernement d'Aigle. Ce fut dans 
un temps, i475-i536, la limite entre les terres de Berne et de Sa- 
voie. Frelouri signifie aussi toupie : — le pilori tournait sur son 
axe, — on dit vif comme un prélouri, danser, tourner comme un 
prélouri. 

Premier, D. Orbe, Pramyer^ i4o3, Prumier, i48o, Premiy 
1779 ; Premi à Colombier, D. Morges; Premey à Romanel, D. 
Lausanne ; du patois premiy prunier, et suffixe collectif ier, ey, 
lieu riche en pruniers. 



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PREMPLOZ — PREVEYROZ 

Premploz, ham. de Conthey, Valais, Aprenplo, io5o, — lire 
a Premplo, — Prenplo, 1260, Primplo^ i4o8, Bremploz d'après 
Lutz, et Brembloz d'après Gatschet qui le tire par un tour de 
force de érable ; mais le b n'est pas justifié par les vieux textes. 
On pourrait penser à un composé de prim, premier, voir plus 
loin, mais que si^ifierait plo 9 Origpine inconnue. 

Préombar, prés à Nendaz, Valais = Pré-Lombard, pré de 
Lombard, ellipse de 1, que signale Bridel dans l'Ëntremont : un 
mu-et poiur mulet. 

PrésermaD, pâturage, Ormont-dessus, contraction de Pré es 
Armant, famille existant en i4o2 ; de même Planlerman près 
Chaussy = Plan (de) l'Armant (note de M. Isabel). 

Presinges, G. Genève, Presenio entre 1012 et loig, Rég*. gen., 
Persingum, 1012, Prisingium, 1180, 1261, i344, Presingium, 
xiv« s., M. G. XIV, 52, XXI, i54 = chez les descendants d'un 
Germain dont le nom indéterminé doit être de la racine Beraht. 

Presse, atlas Siegfried, et Ypresse, carte Dufour, fausses 
orth. pour aux Presses, ham. des Agettes, Valais, en patois y 
Presses. Du reste, origine inconnue. 

Pressy, ham. de Vandœuvres, Genève, Pressie, xrv« s., et 
Pressier, i33o, M. G. XXI et XVIII, 29 = (praedium) Pris- 
ciacum, domaine d'un PrisciuSy gentilice romain dérivé du sur- 
nom Priscus. 

La Pretaire, les Pretayres, es Preteyres, 1720, 2 mayens sur 
Verbier de Bagnes ; la Pretyre à Grimisuat, Valais ; probable- 
ment du bas latin prestaria, fr. précaire ; remise de terres appar- 
tenant à l'église en prêt, en usufruit, à charge de redevance an- 
nuelle. 

Préverenges, D. Marges, Preverengia, ii']'], PréverengeSy 
1226, 1228, 1233 et i358, M. R. VI, 523, VII, 33, et V, 277 ; 
chez les descendants de * Perwer, Berwer, n. pr. germain. 
Fôrstm. a, racine Bera, les noms voisins Berwart, Berwin. 

Preveypoz, Praz — à Tolochenaz, Praz Prévîpe, Chavannes- 
J&-Ghène, Praz Ppoveypoz, Montbovon, Planche Preveyroz à 



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366 PRÉVOUD — PRILLY 

Orzens, un prel Prevoire à Miécourt, i343 == pré, planche da 
prêtre, v. fr. prouoire, de presbyterus. 

Prévond, Praz — à la Roche, Frib. ; Nanl Preavond à Mor- 
^ns, les PréTondeS) chalets sur Montreux = profond, pré, mis* 
seau profond. 

PrévondaTaox, D. Broje, Frib. ; ham. de La Chaux etdeLon» 
girod, in prqfunda valle^ ^^11 > M. G. II, 89, et i254f Rég. gen. 
437, Combe deprofunde valle^ M. R. V, 160, 169 ; autre près 
Moudon et à Corbière, mal écrit Prévon d'avaux ; — Préonda- 
vaux, loc. à Galmitz ; de prévond^ profond, et vaux, vallée : val- 
lée profonde. 

Prévondens, ham. de Curtilles, ou Prévondin (Lutz), plus 
conforme à la prononciation ; peut-être encore Tadj. prévond, pro- 
fond ; peut-être un composé Pré-Vondens, Vaudens, dérivé d*un 
n. pr. germain. Il faudrait des formes anciennes. 

Prévonloup, D. Moudon ; de prévond , profond ; quant à loup, 
d'après Gatschet, c'est lacus, bois ; mais ce mot est inconnu dans 
la langue romande ; c'est plutôt une déformation de /ocfim, lieu, 
donc lieu profond ; nous ne parlons pas de loup, s. m. : loup pro- 
fond n'a pas de .sens. Des formes anciennes seraient désirables. 

Preydon, loc. à Conthey où 1 mouillé devient d, donc Praillon, 
petit pré. 

Preylet, Preyse, voir Pralet, Preisaz. 

Prez, D. Glane, Frib., PreeZy 1227, Preeauœ ou Preeauz, 
1228, F. B. II, M. R. VI, PrelZy 1469 ; c'est probablement celui- 
ci qui est la villa de Praelsy milieu du xii^ s., M. R. XII, i55, 
1 58, 161 ; — autre D. Sarine, fréquemment nommé PratelliSy 
xn« s., Donat. Haut., Arch. Fr. VI, puis PreeSy Prez^ Pree ; 
nom encore d'une ancienne seigneurie près Charmej. Les formes 
primitives ramènent à praelSy du datif ablatif pratellU^ petits 
prés. 

Prilaz, Prillaz, Prily, voir Prélaz. 

Ppîlly, D. Lausanne, PresUacum, 976, Prelie^ Priliez, Pri^ 
liacunriy xn« et xin« s., Prilie, 12 18, Prilliey 1228, PrillieZy 



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PRIM — PRODUIT 367 

i453 =5 (praediam) Presliacuniy domaine d'un Preslius, genti- 
lice romain. 

Prim, m. à Combremont ; le Prin, ham. de Murist, m. à Bou- 
loz, Neirivue et Saint-Martin, Fribourg* ; m. à Oron ; es Prins à 
CuUy ; les Prims à Henniez ; les Prima bois à Henniez et Ro- 
mainmôtier, le Primlioux à Fiaugères, Fribourg ; Primmapraz 
à Puidoux et Prâprins à Martigny ; anc. fr. prim^ f . prime, aussi 
écrit prin, déprimas^ premier = la première maison, le premier 
bois, les premiers prés sur la route. De même en romanche />ri m, 
prem, prûm : Alp prûma, val Hoseg, première alpe en montant 
le vallon. 

Ppingy, ham. de Gruyères, Fribourg, Pringiei^ iii5, ii42, 
Prengie^ 1224, M. R. XII, Pringieyy i33i, Pringie, 1242, 
i388, Prengiej 1248, etc. ; à%(fundum) Primiacum^ domaine 
d'un PrimiiiSy gentilice romain tiré du surnom Primas, Holder, 
II, io43. Hisely rapportait à tort les 2 premiers à Prangins ; voir 
Prangins. 

Princliy, ham. de Praroman, Fribourg, et ferme à Oberried, 
Fribourg = (fundum) Principiacum, domaine de PrincipiaSy 
gentilice attesté par 4 inscriptions. 

Ppiiize(ts), Printze ou Prenze, rivière, vallée de Nendaz, Va- 
lais ; les Prinzes, deux torrents jumeaux, affluents du lac de Der- 
borence. Valais ; dérivés de prins f 

Prinzière (ou Pringière, Prengière, Lutz), ham. de Savièse, 
Valais, Prenseriisy 999, Prensieres, 1260, 1277, i3o4, Preyri" 
siereSy 1294, Prinseres, i4i4 ; dérivé du v. fr. priasse = pris, 
bas latin prensaSy probablement parent des prises du Jura ; voir 
ce mot. 

Prioresses au vignoble d'Echichens, D. Morges, anc. propriété 
du prieuré de Cossonay ^ (vignes) prioresseSy du prieur. 

Prise, voir Preisaz. 

Ppodefort, loc. à Vétroz = Proz de for, pré de foriSy dehors, 
pré de dehors, écarté. 

Produit, village de Leytron, Valais, endroit très fertile, et 
Produet à Vétroz. Serait-ce le participe produit f 



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368 PRODY — PROTIEUX 

Ppody, village de chalets près Gryon, d'après Lutz ; c'est une 
contraction de Praz Hudry^ carte Siegfried, Hudry, du n. pr. 
germain Udalrich. 

Ppogens, D. Veveyse, Frib., Progin, 1824, 1668, carte v. der 
Weid ; Progins, loc. à Boulens. « La terminaison correspond à in- 
gum^ mais le nom lui-même n'a pas une apparence germanique, » 
dit M. Stadelmann, op. cit. Dellion donne encore Progyn, Progen. 

Prolin, voir Pralovin. 

Promançon, prés à Fully = Proz-Mançon ou Manson, n. pr., 
forme archaïque de Masson ; un Aymon Manczon ou Maczon 
d'Ayent est nommé dans plusieurs actes de 1 269-1 288. 

Promefan, bois à Miex sur Vouvry. M. Isabel nous traduit 
mefan = moussu, humide, spongieux ; donc pré moussu, hu- 
mide. 

Promasens, D. Glane, Fribourg, PromesenSy xii® s,,Proma' 
seins, Promasans, 1220, M. R. XII, 67, 58, Promaisens, 1228, 
Parmesans, 1261, Wûrstbg., i5i = chez les descendants de 
Promets. Un Johannes Promaz de la Vonnaise signe un acte en 
i438. 

On a longtemps identifié Promasens avec le Bromagus de la carte de 
Peutinger. Dellion le fait encore en 1898, Dict. IX, 250, 51. M. Pasche 
a démontré qu'il s'agit d'Oron. 

Promenthoux, ham. de Prangins, D. Nyon, Promotor, îi54, 
Pormentory ii']^, Promuntor y w^i y Promentor, 1286, Pro-- 
mantor, 1246, Promeniou, i233 et i258, M. R. VI, 209, V, 
345, Promentour, 1492, etc. ; du latin promontorium^ à cause 
de sa position sur un promontoire très marqué du Léman. 

Promeypîaz à Genollier =: pruneraie, du patois promeiy pru- 
nier. 

ProDumetscIi, loc. à Gampel ; n'est autre qu'un prunetum, pa- 
tois promma, prune, avec le suflf. collectif allemand etsch. 

Es Pronneys à Vuadens et à Vaulruz, Fribourg = aux Pru- 
niers. 

Ppotieux à Vérossaz, Valais = Proz (du) Tieu, du col, voir 
Cœur. 



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PROULIN — PULLY 

Proulin =: pré lovio, du loup ; voir Pralovin. 

Provence, D. Grandson, Provency^ i34o, 42» 43» 58, 67, 78, 
Provincitty iSSg, Provencey, Provence y 1878 (Matile), Prove- 
nica, i4o3. 

Proveyroz, Praz — à Montbovon, à Gormerod, à Essert, Lac, 
Frib., Montprovayre aux Clées = pré, mont du prêtre, v. fr. 
provoire^ du latin presbyierus. 

Proz, forme valaisanne, archaïque de Praz, latin pratum, 
pré ; nombreuses localités : — Riond, rond ; Prauz Ryont à Lid- 
des, 1228 ; — du Sex, du rocher ; — Peray et Perey = du pier- 
rier ; Som-la-Proz, ham. d'Orsières = Sommet des prés. (On dit 
de môme Pro ou Prau, en romanche : Pro digl God =r pré du 
bois, — Prosutt, d'en bas, — Surava, sur Teau ; — de pedra, pré 
de pierre.) Le Prolet, m. à SainUGing^lph, dim. 

Les Pruats, a ham. D. Courtelary, Berne, n. pr. 

Pmmey à Echandens, D. Mortes ; de pranetum (n-^m), en- 
droit où abondent les pruniers. Prumeret à Monnaz, casale de 
PramierSy Ependes, Frib., 1278, M. F. I, 274; de prumier pour 
prunier ; un es Pruniers^ Ormonts, i382. 

Publoz, ham. de Puidoux, D. Lavaux, PabloZy 1193, Hidber, 
II ; ham. d'Essertines-Echallens et 7 loc. Vaud et Frib. ; Pobloz 
(ou Poubloz) à Fully, Valais ; du v. fr. puble, patois pablloy 
peuplier. Un Publo à Jussy, 1276, M. G. XIV, 139; Bure, de P«i- 
bloSy 1287 (Matile), et Publa, 1284, Paplu, 1298, près Neuve- 
ville (Trouillat) ; ouz Publoz de Cresetes, les Groisettes sur Lau- 
sanne, 1476, M. H. XXVIII ; au Pablet, Publiet (ou Publieil), 
m. à Vuisternens-en Og*oz et h. à Marly, diminutifs. 

Puey, Paît, Puy, voir Peu. 

PuUy, D. Lausanne, Palliacam, 962, 998, 1017, Puliei^ Pu* 
lie, 1142, Cart. Month., Pulei, ii46, Puliacum, ii55, Pauliei 
vers 1178, Donat. Haut., 212, Pulli^ 11^8, Pullie, 1228, villa 
Puliaco, 1238, Pallie ^ 1260, Pullyez^ Pullie et Pullye, i368, 
M. R. Vn, 244, Palliez y 1877, i453 ; d'après Gatschet, du kymri 
pully marais, breton pwly poull^ lieu marécag^eux ; mais il n'y a 
pas de marais à Pully et le suffixe iacum indique la dérivation 
M. D. SIC. siiuB, Tom vn S4 

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370 PUIDOUX — QUART 

d'un nom d'homme ; nous le rattachons à (praedium) PoHia' 
cunij domaine d'un Pollius, ^entilice romain, d'où viennent éga- 
lement nos Poliez et les nombreux Pouilly de France. (En compa- 
rant avec les anciennes formes de Poliez on voit que les deux 
noms ont varié et ont présenté tour à tour o et u. Holder indique 
aussi uû Puliacum, variante de Polliacum.) 

Il CÊl évident que le Pulliacum de 962, testament de la reine Berthe, 
se rapporte à Pully, et non à Pouilly , Pays de Gex, comme l'ont admis 
les a aie UPS du Rëgestc genevois, puisque l'abbaye de Payerne y a pos- 
sède un prieuré jusqu'à la Réformation, tandis que Pouilly appartenait à 
SmDt-Claude dès UIO. 

Puîdoux, D. Lavaux, Poistdor, io36-io54, Donat. Haut., Poi- 
doaj:, ii34, Poysdopy ii4o, Poidor, PoydouXy iil\i^PoydorSy 
Ti43î PodoiPy iibt^y Posdor, 1171, entre ii63-ii8o, Arch. Fr. 
VIj Postdor, 1200, 1209, i5, Poyduy Poedour^ 1274, Cart. 
Haul-Crèt. D'après Gatschet, de puteus de horreo, le puits de la 
grang-e. Pour nous de post, derrière, et dorsum^ dos, provençal 
dorSj post dors = derrière le dos, derrière la croupe de la mon- 
tagne, le village étant en arrière du mont pour les habitants de la 
rïve du lac, la première habitée. 

Puplinge, G. Genève = chez les descendants de PupilOy n. pr. 
germain, dérivé de PapOy de la racine bob, garçon. Fôrstm., 
p, 37a, n'a pas Popilo, mais le fém. Popila. 

Pu ries, voir Pourriaz. 

Puliet, voir Pouttet. 

Puy, voir Peu. 

Pya Eoson, pâturage à Vernamiège, Valais ; de pie, s. f., sole, 
une des parties de l'assolement triennal, et de en son^ au som- 
met : la pie du sommet. Ce nom semble indiquer que les cultures 
se seraient élevées jadis jusque-là. 

Quart, château ruiné à Bourg-Saint-Pierre^ Pont de Quart» 
vieux pont de pierre à l'alpe de Vingt-Huit, sur la Dranse de Ba* 
gaes, Valais. De la famille de Quart près d'Aoste, qui avait des 
possessions dans ces vallées dès le xiP siècle. 



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QUART — QUAY 371 

Le Quart, loc. sur les Mosses d'Ormont, au Qaarroz, i332, 
quart : fausse orth. ; Quarroz, loc. à Savièse, Vejsonne, Vionnaz 
(le Quart, 1775), les Quarres, loc. à Travers ; de quadruvium^ 
carrefour, comme les nombreux Carroz ou Carre du pays. 

Aux^ es Quartes, loc. Ormont-dessus et à Vérossaz^ Valais, es 
Cartes à Evionnaz, QaarteSy 1760 ; les Quarteys, m. et g^rauge 
Ormont-dessus ; le Quarty, le Carty^ ham. du vallon des Mosses, 
comme les Quartiers à Château-d'Œx, collectifs, Ormont-des- 
sous. M. Isabel nous écrit sur ce mot : « Une carie est en patois 
un beau pré uni, rectang'ulaire, assez allongé ; mes parents 
possédaient à Vers-chez-Mossy la carta d'amont et la caria d'a- 
vau, anciens champs devenus prés. » Mot ancien : des vignes 
4( sitas es Quartes à Louèche, 1285 ;» la localité es Tierces , 
jouxtant les Quartes de Vérossaz, pourrait faire supposer que ces 
mots désignent une numérotation, troisième, quatrième partie 
d'un mas. Nous croyons qu'il y a là une simple rencontre for- 
tuite ; partout ailleurs les tierces et les quartes sont isolées, voir 
tierces. 

Quartériés, loc. à Sion, vineis deys QuarterieSy 1278, la 
Quartéry, loc. à Vex ; Quatéry, loc. à Conthey, probablement 
le même mot ; peutrôtre d'un n. pr., nous trouvons à Sion en 
1267 un Çeiar^er, leprosus, un Perrodus Quarteir k Granges, 
1819, M. R. XXX, 169, XXXI, 297, mais dérive plutôt du bas 
latin quarterianif quatrième partie d'un arpent, mot assez souvent 
employé, synonyme de quarteron, 4(, dimitto unam quarteriam 
quae débet unum modium de segle. » Ducange. 

Quay ou Quez (pron. Couai ou Coui), champs et mayens à 
Mage, Valais ; le Quaye, chalets à Champéry, Chable du Quay à 
Vionnaz, Kai, 1728 ; Quayes, m. à Muraz et forêt à Vouvry 
(aussi Quoyes) ; les Equayes à Monthey, es Cnayes, 1696. Parent 
de quai, bas latin caium qui, d'après Littré, vient du celtique ; 
kymri kae^ haie, barrière, bas breton kaé, haie, et qui a passé 
dans le français chai ou chais. Ce serait donc propriété close de 
haies, de barrières. La difficulté est la prononciation kouai, non 
kai, qui paratt toutefois récente, à en juger par l'orth. de 1728. 



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372 QUEMOUNAILLES — RABES 

Ès Quemounailles, ham. de Lovens, Frib. ; patois pour com- 
munailleSy terres communales, latin commanalia, 

Quenet, bois à Courroux, Essert ès Quenets à Courrendlin ; 
voir ci-après 

QuerqueTi, maison à Mutrux, D. Grandson. D'après le profes- 
seur A. Godety de quercuam via^ chemin des chônes ; très dou- 
teux, la racine quercus n*a rien donné en français et le dérivé 
quercinus est devenu chêne, q donne constamment ch dans tout le 
pays romand, quesne, quène est une forme picarde. Vient plutôt 
d'une racine celtique comme les noms fort ressemblants de Quer- 
quenij Querquerni cités par Holder, sans étymologie. Les noms 
de Quequenerie, m. entourée de bois à Ghônens, Frib., et Que- 
net sont encore plus rapprochés de ces mots celtiques. 

Quéoot est en France un des noms vulgaires du Prunus Mahaleb si 
répandu dans les terrains calcaires du Jura. Quenet serait-il une forme 
jurassienne de ce mot ? 

Queudre, Queudray, plus, loc., par exemple ès Queadrays 

à Vionnaz, Coudreyy Cudrey^ i723, autres formes de Coudre, 
Coudrée, lieux où abondent les noisetiers. 

Queue, voir Cuaz. 

Quisselîn, atlas Siegfried, torrent, affluent de la Dranse près 
Martigpny, dit aussi Quiercelin et Tiercelin. Cette dernière forme 
nous paratt la véritable : c'est un petit torrent, et le troisième en 
montant depuis Martigny ; de tierSy troisième, avec un double 
suffixe diminutif. 

La Quoquaire, pâturage à Rougemont, <c le cokoué^ s. f. pi. 
est, nous écrit M. Isabel, le nom patois aux Ormonts du Cirse olé- 
racé et de la Berce brancursine (kouka au Jura). » Les inflores- 
cences de ces deux espèces sont renfermées dans leur jeunesse 
dans des bractées arrondies en coqae^ de là leur nom patois. La 
Quoquaire est sans doute un pâturage au sol humide ou doux où 
abonde le Cirse oléracé. 

Es Rabes, loc. à Leysin :=: aux foins maigres, rabe en patois, 
rabbéy s. m., au Pays-d'Ënhaut, foin recueilli dans les lieux dan- 



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RABOU — RACHI 373 

gereux des montages. Bridel. <c Dans les Alpes d'Ollon, faire les 
rctbes c'est faire les foins maigres des fauchages écartés ; » quant 
à rabe^ origine inconnue. (Note de M. Isabel.) 

Rabou, ham. de Oryon, D. Aigle, un Walner de Raboz^ 1262, 
M. R, XXX ; Raboux à Corcelles-le-Jorat, es Rabouds à Bex, en 
Raboud à Vuadens, ces deux, fausse orth. du patois rabou, rabo- 
teux, inégal, yaudois rabotu ; par contre Raboud, Praz ^ à 
Echarlens, €hamp Raboud à Vuarmarens et Corbières, sont des 
prés, des champs de Baboud, de Ratbold^ n. pr. germain, voir 
Villaraboud. 

Le Raca, loc. à Ormont-dessus, au Raccard à Colombey, Re- 
cardf 1696 ; en Raeeard, m. à l'Etivaz, Pays-d'Ënhaut, Raccaz 
(Raca) au Chàtelard, Fribourg ; au Raccot à Monthej, Racort^ 
1696, Racor, 181 9 ; peut-être parents du nom gaulois Rasc(xSy 
4 loc. du midi de la France dans Holder, et du ^. conmiun rctc- 
card en Valais, nom des petits greniers où Ton serre diverses ré- 
coltes ; on l'écrit aussi rascart^ ce qui est Tancienne orthographe : 
un champ au Racart, au Rascart à Nax ou Vex, 1224, 1228, 
M. R. XXIX, et rcucardum dans les Articles de Naters, i446 ^ 

Raoettes, localité, vignes à Founex, D. Nyon ; probablement 
faut-il écrire RcissetteSy dim. de raisse, bourguignon raice, qui 
signifie ici terrasse de vigne soutenue par un mur, n. commun 
dans le vignoble et n. pr.; les Races à Vionnaz, Rosses^ 177^1 
1723. Littré le tire du v. h. ail. reiza, ligne. On disait au moyen 
âge, dans le môme sens, raie: en 1269 Waland de Grimisuat 
vend 4(, quinque sextarios reddendos in meis raes sitis apud Muli- 
gnon.» 

Rachi ou Rachy, Sur le — , ham. d'Ormont-dessus, Rachier^ 
i53i. Dessus le Rachy^ 1688, Ratchies, carte Rovéréa ; Rachy, 
loc. i Saint-Aubin, Frib. ; les Rachés, crèt à Leysin ; Soratchi, 
alpes de Gryon ; forêt du Racheux à Bex et du Raji à Hérémence, 
Valais, une Combe Rachis près du Dézaley, Lavaux, ii84; 
Ratzé, pâturage à l'Etivaz ; en Radzy, forêt et pâturage à Châ- 

* GonttiUtUon imposée à rë?éqiie par les Haat^ValsisaDs. 

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374 RACHIGNY — RAINSON 

tel-Sain t-Denis. Origine incertaine : le v. fr. a rachy dim. ra* 
cheaUf souche ; Littré donne encore rachée, souche de bois qui a 
été coupée et sur laquelle il repousse des branches. D'après ceci, 
les noms ci-dessus désirent sans doute des bois taillis, de rach, 
souche, et collectifs y, é, eux. D'un autre côté le v. fr. a rachiery 
dérticiner, arracher, et ces mots pourraient en être des dérivés : un 
rachis , endroit où les arbres ont été arrachés, comme semis de semer. 

Itacliigny, ham. de Corcelles-le-Jorat, nous paraît être le Ras- 
chitjnier, i34o, et Rasihignye du Rec. dipl. Frib. III, et V, 66 ; 
origine du reste inconnue. 

La Ilacine, ham. de Saulcj, Jura bernois, Racijna, ii82,Tr. 
I, 385. Une autre Racine au Ghenit et Racenaz, loc. à Chapelles, 
D. Mou don ; la Rassenaz, champs à Mont-la-Ville ; paraissent 
être simplement le n. commun racine. 

Racl(z)sy à Châtel-Saint-Denis ; voir Rachy. 

Raifort, Raffour, Rafour, Raffomet, dim. à Golombey, nom- 
breux hameaux et lieux-dits, une 4o® ; du v. fr. rafour ^ four à 
chaux, mot encore usité dans tout le sud-est, Alsace-Dauphiné, du 
bas latin rafurnus^ raffurnam (Ducang^), du celtique ray 
chaux, et du latin yïir/itts, four. 

Les Raichènes, bois à Martig^nez, à Gourchavon, D. Delémont, 
Berne ^ Rei ou Rey-chênes, bois de chênes soumis au droit de 
rey ou réage, — bas latin reaglum, affouage, — comme le 
montrent ces textes de Trouillat, III, p. 199 : « li dit proudommes 
d'Aile doivent bavoir lour ray en lai dite monteigne... par ainsie 
comme les boines furent mises >►, i3i4 et p. 4i5 : <c Li bourieys 
de Pourraintruy ont rahe en la montaig'ne, fust boix pour mais- 
soner^ pour fuag-e ou pour altre eaux. ^ Les mêmes termes se re- 
trouvent dans les franchises de Blamont, de Clémont. 

RaÏDieux, montag'ne D. Moutier, Ramulj i3i7 ; le Rameolau 
S. de Souboz, Jura, fermes à Rebeuvelier ; du latin * rameolus, 
dimînuhf de ramus, rameau, qui a donné ran, au sens de chaîne 
de montag-nes ; voir Ran. 

Le Raînson. sommet sur Gortébert, Jura ; de Rain et son, de 
summum = sommet du Rain ou Ran ; voir Ran. 



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RAISSE — RAN 375 

Raisse, Resse, Rasse, nombreux ham. Vaud et Neucbâtel ; en 
Valais ss devient ch : la Rache à Ayent, aux Raches, loc. aux 
Ag^ttes, Sion ; Rèche (ou Raiche), ham. de Chandolin d'Anni- 
viers ; Reschy ou Rèche, ham. de Chalais, D. Sierre, Ressi^ 
1200, laôo, Bessyy i3oi ; dérivés de raisse ou rasse^ scie, puis 
scierie. Quant à raisse, il vient sans doute de la racine celtique 
ratisy fougcère, dérivés, racia, iriandais raith^ ce qui est denté, 
pectine ; la raisse ou scie serait donc appelée ainsi par comparai- 
son avec les dentelures d'une fronde de fougère. M. le prof. Bon- 
nard préfère y voir l'ancien norois ràs, gouttière, qui aurait passé 
au sens de conduite d'eau, de là à scierie et enfin scie. Raisse était 
un n. commun. Un règlement forestier de LL. EE. de 1700 dit : 
Nous entendons que toutes personnes qui possèdent. . . des raisses 
se contentent de vaquer à leur raissure sans faire trafficz d'aix, 
de feuilles et de littaux... ils pourront raisser premièrement ce 
qui leur sera nécessaire pour leur propre usage, etc. » 

Es Rammesou Rhammes, loc. à Fribourg, eis Ranmes, 1406, 
RammeSy i4i2 ; endroit où se trouvaient jadis les ram^^i châssis 
sur lesquels les drapiers étendent leurs draps pour les unir. Par 
contre les localités suivantes doivent avoir une autre origine : eis 
Courtes Rammes, champs à Etoy, les Rames, prés à Veyge de 
Leysin, forêt des Rames au Saint-Bernard, la Rammaz, m. à 
Froideville, au bord du Talent, RamaZy 1627, loc. à Payeme près 
de la Broyé ; peut-être forme dérivée du latin ramus^ rameau, f. 
rame. 

Ran ou Rang, Tète de — , sommet du Jura neuchâtelois, Sous 
le Rang, ham. des Bois, Sur le Rang à Saint-Braix et Damvant, 
Sur les Rangs à Cœuve, Soulce, Lajoux et Epiquerez, le Mal- 
rang à Saint-Ursanne ; — en Ran à Bioley-Orjulaz, Pré du 
Ran, Lignerolles, Sur le Ren, Ecublens ; en Ren, Bretigny ; 
Loz Ren, Préverenges ; le Rln à Font, au Rin à Orny, Crêt du 
Rin à Dombresson, Bois du Rin à Montmagny, le Grand Rin, 
partie du village de Prez, Frib., le Rin ou Rein (Rhin, carte top. 
Vaud) à Baulmes. On a voulu dériver Tète de Ran, de ran, bélier 
(par exemple Gazette de Lausanne, 19 juin 1906), mais cette éty- 



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376 RANGES — RANDA 

mologie ne saurait s'appliquer à la plupart des loc. cinlessQS : Sur, 
sous le bélier, le mauvais bélier, en bélier, etc., n'a pas de sens. 
Toute la série vient du latin ramam, rameau, employé déjà par 
Pline au sens de ramification de montagne ; ramum donne régpu- 
lièrement raim^ comme vanum = vain^famem z=,faim^ et dans 
les patois ran^fan. De là les formes vaudoises ran^ aussi n. com- 
mun : un ran, rondin de fagot, ren^ rin (= rai m), le bourgui- 
gnon et le vosgien rai/i, le provençal ram. Une autre preuve à 
l'appui est donnée par les diminutifs Raimeox, montagne du D. 
de Moutier, Ramuî en 1 317 (de ramulam) et fermes à Rebeuve- 
lier, et le Rameul, près de Souboz, Jura bernois, de rameolamy 
trois localités où l'on retrouve le m du radical ramum. 

Quant à l'étonnante étjmologie que donnait jadis M. F. Cha- 
bloz dans le Musée neuchâtelois (XIV, 288), où il traduit <c Tête 
de Ran » par c Tète de Rien », elle montre à quelles fantaisies on 
peut s'égarer. 

Rances, Rancias vers 973» Rances vers 1180, Donat. Haut., 
et iaa8, M. R. VI. Le Dict. hist. Vaud y rapporte le Radinicu^um 
du yi« s., M. R. VI, 3o (il dit Radicuacum : faute d'impression ?), 
tandis que le Gart. Laus. en note attribue cette localité à Renges, 
sans doute parce que ce nom est placé en^ ceux de Romanel et 
de Tolochenaz, ce qui ne nous paraît pas une raison suffisante. 
Renges a une autre origine, voir ce mot, et Radiniacum donne- 
rait Radigny ou Radignier. Quant à Rances, il doit venir d'un n. 
pr. gallo-romain à rechercher. 

M. Maxime Reymond, dans son étude sur les Origines du Prieuré de 
Baulmes (Revue hist. V.^ décembre 1905), après avoir constaté oouime 
nous que Radiniacum ne peut donner Ranges^ se demande si Radiniacum 
ne serait pas le nom ancien de Saint-Saphorin sur Morges. 

Randa, village D. Viège, Valais ; Randonne, ham. de FuUy, 
RandonOy 1262, Wstbg., Randogne, D. Sierre, Randoniaf 
I3a4, 122^, Randogny, laSo, ii\38,Raffdognyy ia5o, etc. Ran- 
donnaire, pâturage sur Bex et alpe de Rougemont, dominant une 
paroi de rochers, Randonneires, forêt, Pays-d'Enhaut ; dérivés 
comme le subst. randon du celtique randa, randos, bordL Dietz 



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RANGIERS — RAPE 377 

le tire de Tall. randj m6me sens. Les villages de Randonne et de 
Randogne sont tous deux au bord d'un plateau élevé. 

Les Rangiers, ham. et chaîne de montagnes, D. Porrentruy ; 
infinitif v. fr. rangier^ puis subst. au sens de rangée. On pour- 
rait objecter que l'infinitif ne peut guère avoir le sens d'un parti- 
cipe passif, mais on écrit souvent l'un pour l'autre et l'on trouve 
le dîner, le goûter, le souper, comme le dtné, goûté, soupe. 

Râpe, Rapaz, Rappes, Rappaz, nombreux hameaux et lieux- 
dits Genève, Vaud, Valais et Fribourg, plus d'une loo®; Râ* 
pettes, Rapille, Raspille, Rapillette, diminutifs Rapaces à Co- 
lombey (en Valais un dépréciatif n. c, râpasse) ; du v. fr. rcispe, 
futaie ; râpa dans Bridel, friche en pente avec des buissons. Raspe 
parait être une forme plus moderne de rispe, qui a donné nos 
nombreuses Rippea, par exemple la Rippe, D. Nyon, Rispa^ 
lago, les Rippea à Perly, ham. de Mon tricher, loc. à Lussery, 
rispes, xrv^s., et ao autres, la Rippaz aux Plans sur Bex, à 
Vandœuvres, Charmey ; Ripaz à Lully-Morges, Ripaille à Ôham- 
péry, aug. Ripettaz, une la*, Repettes, 6 loc., diminutifs. La 
forme r€upa paraît dans les textes concurremment avec rispe, les 
liaspes deMartignie^ 1264» Gothefredo des fiaspes, 1287, mais 
surtout depuis le xrv« s. : un Raspis^ i4o8, Râpes de Martigny, 
une Raspaz â Sierre au xv* s. Presque tous les textes antérieurs 
ont rispe f ripe ou rippe : cum aquis, rippisj 1819, dans Trouil- 
lat ; es RispeSf 1242, Râpes de Lausanne, M. R. VI, 666, nemus 
Risparum encore i4oo ; ii- poses de rispes à Bussens, 1877 ; Y 
ripe à Vernamiège, 1260, la rispe de Greyiiez, 1877, la Rippaz 
de Grelliez, i5oo, la Râpa à Vionnaz, les Reppes, 1728. On peut 
conclure de ces rapprochements : i^ que rippe et râpe sont deux 
formes d'une même racine, la 2* postérieure ; 2^ qu'il faut écarter 
le latin ripa et l'allemand rippe, côte, auquel on aurait pu rap- 
porter le premier, et que l'origine est encore incertaine. L'explica- 
tion la plus vraisemblable est celle qui rattache ces mots au v. h. 
ail. hraspôn, gratter, râper, les râpes étant des terrains rocail- 
leux, peu fertiles, â végétation clairsemée, la forme Rippe due à 
l'influence de l'ail, rippen, reiben, qui signifie également gratter. 



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378 RARÀIGNE — RAVANAY 

Raraigue, loc. à Aigle ; de rare et aîg^ue, champs graveleux où 
Teau est rare. 

Le Rard, mieux le Ràr, le RareDescha, pâturages d'Ormont- 
dessus avec sapins clairsemés ; les Rares, loc. à Corbeyrier, d'a- 
près M. Isabel, pour qui, très justement, ce mot est une forme 
masculine du patois ràra^ s. f., clairière, éclaircie. Il y a un es 
Rards, forêt à Bagnes, une Rara, forêt à Bourg-Saint-Pierre> et 
Ton dit une rare ta. Le masc. est un n. commun en Valais : à 
vendre un rard^ etc. Rarozet(ts) à Conthej, diminutif. 

Rarogne, bourg en Valais, Rarun^ ii46, Hidber, II, 1220, 
Raroniaj 12 10, Rarognia, 1221, Raroignia^ 1260, Rarognij 
1267, Raroygnya, 1287, M. R., Rarogny, 1872 ; d'après Gats- 
chet, du bas latin rara, raris, sentier, aussi canal, d*où il tire un 
adj. raranuSf à cause des canaux, des bisses qui sillonnent le ter- 
ritoire, mais raranus donnerait rarain, il faudrait plutôt supposer 
rara et suffixe augmentatif ogne, ce qui serait possible. A rap- 
procher une loc. (Ts)Zararogne à Chippis. Ce nom vient proba- 
blement d'une racine celtique comme tous les noms d'anciennes 
localités de la vallée du Rhône. Il 7 a un Rarauna (Deux-Sèvres), 
dont le nom est indiqué aussi comme celtique. 

Raspille, ruisseau près Sierre, Valais, Raspilly^ Ï267, Raspil- 
lia, i33i ; de la contrée qu'il traverse, une raspille, dim. de 
raspe, râpe. 

Rasse, Ratzé, voir Raisse, Rachy, 

En Ratevel ou Ratevet, 2 pâturages à Rossinières, Château- 
d'Œx, Rathvel et Rathevel, 2 pâturages et ruisseau à Châtel- 
Saint-Denis (ou Rathevy ou Raschevys) ; Ratevy à Lessoc, Ra- 
chevy à Charmey au pied de laWandfluh; Rativelberg, 1668 
V. der Weid. On dit à Vionnaz rate pour gratter, >► nous écrit 
M. Boonard. Si cette forme est connue dans la Gruyère : rate-vé 
ou vi .= veau, Ratevel serait un équivalent de Gratteveau, voir 
Gratte. 

Rause, affl. de la Birse, D. de Moutier ; voir Reuse. 

Ravanay, loc. à Chamoson, Valais ; lieux où abondent la ro- 
quette et la ravenelle, latin raphanus, avec suffixe collectif ay* 



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RAVERETTAZ — REBEUFONAZ 379 

Raverettaz, nom employé conjointement avec celai de Rion-* 
zette, pour le torrent qui vient des Mosses et se jette dans la 
Grande-Eau sous Ai^remont ; paraît se rattacher au v. fr. rabière 
et au romanche rouera éboulis, voir Ravoire. 

Les Ravières, 2 loc. Ormonts ; loc. à Neuchàtel, Locle, aux 
Breuleux, m. à Boécourt, loc. à Courgenaj, Jura bernois ; Ra- 
vyeren à Gampel, Valais, forme germanisée ; endroits où l'on 
cultive des raves, bas latin raverias, latin raparias. Peut-être 
quelques-unes des Raveire de Tarticle suivant sont-elles aussi des 
ravièreë. 

Ravoire, 7 ham. et loc. Bas Valais, Raveyre, 6 loc. Valais et 
Alpes vaudoises et 4 Frib., Raveire, ham. de Rossens, Frib., 
Ravayre à La Chaux, Ravuire à Lens, Rowoeri^ iîSo ; es Ra- 
vuyres, Vionnaz, 4 Ravyre Corbejrier, Veyres, Vcupone, Grimi- 
suat (Raveyry, laSo), Ravary à Bercher et Pompaples, Revœrre 
à Bex^ Raverasse à Salvan ; tous ceux des Alpes, coteaux ra- 
pides, très secs, exposés au soleil ; le vaudois a raveur et rovaire 
= ardeur solaire, voir Bridel, p. 817 ; peut-être de la famille de 
rabieSj qu'Horace a employé au sens d'ardeur solaire, chaleur 
caniculaire. D'autre part Littré signale dans Ducange un mot ra- 
biére qui serait parent de rabina et le romanche a raveras, rue^ 
raSy éboulis, ce qui rapprocherait ces mots de ravine. 

Les Ravins, passage des Alpes bernoises au N. d'Ayent, Va- 
lais, en ail. Rawyly Rawins, 1257, ^' ^- XXX, 22, Rawyny 
i4i8 = ravins, lieu creusé par les ravines. 

Ravoinet, 2 loc. dans des combes des Alpes d'Ayent et de 
Lens ; paraissent dériver de la même racine que le précédent. 

Raye, Rayes, Reille, nombreuses localités des Alpes ; patois 
raye et rellhe : couloir dans des rochers escarpés ; dans la plaine, 
champs labourés. Raye, Roye dans le Jura bernois^ Reyen à 
Louèche, forme germanisée, es Reillons à Corbeyrier, diminutif ; 
du celte rica^ sillon, bas latin riga^ provençal regay Berry rège^ 
V. fr. reille et roye^ roie = raie, sillon, champ labouré. 

Rebeufonaz, loc. à Aigle, Rebuffyna, i342, RobqffbnaZy 
1695 ; du verbe v. fr. rebuffer, re augmentatif et buffer^ syno- 



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380 REBÉVELIER — REGON 

Qjme de bouffer^ souffler, provençal bufar^ l'endroit étant à 
Aigle le plus exposé à la brise froide des Ormonts, connue sous le 
nom de 4n vent de la Chenau. » 

Rebévelier, D. Delémont» /}o6em/{>r, 1181; Rebeuvelier, 
D. Delémonty ail. Rippertswiler^ Rebuvouilier^ ii48> RipolU- 
wilre, II 84) Rubuvilier^ i3o8, etc. = lo village de Robert^ 
%^ village de Rippert ou Rippolt^ formes diverses de la même 
racine germanique. 

Rebreeca, bois à Villars-Burquin, D. Grandson ; du v. fr. 
brecca^ brique, fragment, morceau, et préfixe réduplicatif re, 
tMrain très accidenté, parsemé de rocs. 

Rèche, Za (Chaux), au Sanetsch ; peut-être la Chaux réche» 
rocailleuse, raboteuse. Nous rapprochons de ce mot, comme parais- 
sant avoir la même racine, la Rèche, torrent à Conthey, à côté de 
la Rogne, les champs Rechoox à Ocourt, D. Porrentruy, au Ré- 
ebet, vignes à Ollon. 

Es Rechennes à Vionnazy Ruchenaz^ 1728, Vouvry, en la Ru* 
chenaZf 1720, Leysin, Vers la Ruchina^ liia, loc. Ormonts; 
Retzenaz à Ëvionnaz, Sous les Relsenes à Villars sur Ollon ; du 
verbe patois inretsenà^ arranger des récoltes sur des lattes sous 
un avant-toit (Isabel), rossena^ échafaudage ad hoc, voir Rossi- 
nières ; sans doute il y avait autrefois de tels échafaudages dans 
ces localités. 

Reclère, D. Porrentruy, ResMres^ ii5o. 

Recolaine, ham. de Vicques, D. Delémont, ail. Ricklingen; 
cette forme = chez les descendants de Richilo, n. pr. germain, 
dim. de Richo. La forme française a Taspect d*un adjectif : villa 
Richolanay villa de Richilo. Il faut y rapporter sans doute la 
Cumba Reculiniy ii36, ii54» Tr. I, a6a, 3ao. 

Recon, grand pâturage, alpes de Vionnaz, D. Monthey, alpe 
de Ruscon, i345, copie d'un acte de 1293, Ruccon^ 1723 ; peut* 
être du moyen h. ail. ruschey jonc. Bridel le dérivait de (laças) 
recunditus, lac caché, écarté, voulant tirer le nom du pâturage du 
lac minuscule perdu dans un repli du terrain, près du col. Les 
anciennes formes repoussent cette explication. 



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REGONVILLIERS — REMAUFENS 381 

ReconTilliers, D. Moutier, Berne, Reconisvillare^ 884> -Ao* 
comviUare, ^62, Recconvillare, 1161, Riconviliery 1180, /?e- 
convilier, 1226, Reconvilier^ i4o3 = villar, village de Recho 
ou Reccho, n. pr. germain, comme Reckingen dans le Haut Va- 
lais. Un Reccho signe un acte de looB. Tr. I, i5o. 

RecorbeSy presqu'tle de la Venoge, la Recorba, loc. à Neu- 
châtely Recorbet, écart de Vaulion, Recourbes, loc. à Bex et 
Ormont-dessus et sentier aux nombreuses sinuosités qui monte à 
Naye ; de courbe et re, réduplicatif . 

Record, Grands-Records, très nombreux lieux-dits (ai), dim. 
Recordon, v. fr. r= second regain ; du latin chordam. < Il y a 
dans le Dict. latin de Georges un adjectif latin chordus, avec une 
citation de Caton : chordam fenum = regain. » (Note de 
M. Bonnard.) En bas latin recordum : c supplicant... ut ipsi... 
possînt facere recorda^ gallice les recours, ll^^o, M. R. XXII. 

Recrettes, fermes aux Brenets, NeuchÂtel ; de crête et préfixe 
augm. re. 

Es Recrues, loc. à Noville et Port-Valais dans les alluvions du 
Rhône ; participe de recroître, terrain conquis sur les eaux. 

Recales, loc. à Mont et Perroy, D. Rolle ; subst. verbal de re- 
culer ; Reculel, deux pâturages de Gingins et sommet du Jura 
français = v. fr. reculel, lieu isolé, écarté; en iag3 une terre dol 
Reculel, vallée d'Hérens, M. R. XXX ; en Recolan, loc. Ecu- 
blens, Bussigny, Reculanaz à Romainmôtier et Montherod, et 
sans doute Recollan à Burtigny (fausse orth.), formes adjectives 
= (terrain) reculé. 

Es Redennes, bois à Gbevilly et Moiry ; peutrôtre du bas latin 
redellus, bâton, brin de chône, avec permutation 1-n comme de- 
lèse-denèse, lentille-nantille ; désignerait un bois taillis donnant 
des brins de cette dimension. Ducange a aussi un mot redon, 
bâton de fagot. 

La Reffa, arête dentelée se détachant du Bel Oiseau, alpes de 
Finhaut^ Valais; probablement pour raissa, scie, permutation 
s,ch-f comme dans oche-offe, Salanche-Salanfe, Singlioz-Fingles. 

Remanfens^ D. Veveyse, Frib., Remul/ens vers 1286, M. R. 



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383 REMBLOZ — RENENS 

VI, 377, RemoufenSj 14^9, Remonfenst i453, Remuffens, 1668, 
carte v. der Weid = chez les descendants de Romulf, n. pr. ger- 
main. Fôrstm., 748. 

Rembloz, pâturage sur Vernamiège, Valais ; au Remblais k 
Golombey^ Rembley 1696, Remblety 1776 ; loc. à Bournens, 
Paillj; Reimbloz, alpes d*OIIon, Rimbloz, loc. à Cemiat et 
Mossel^ Frib. ; du patois reimbllo^ lieu bourbeux, fondrière. 

« No ne sein pas mô einreimblla. » 

Nous ne sommes pas mal embourbés. (Ranz des vaches.) 

Remointze(ze), alpe de Trient, d'Ayer, Anniviers, etc. ; c'est 
est un n. c. pour désigner une alpe de rechange, subst. verbal du 
patois remouay changer de place. 

La Remosse, ham. de la Brévine, Neuchàtel, Ramasses^ i34ay 
Matile, Ramasse y i588, M. N. VIII, Remossay i6a4) Etrennes 
Neuch. II, i5i. 

Renalettes, forêt à Hermenches, D. Moudon, Renoillire à 
Evolène, Renallière à Bernex, à Grens, Renaillire à Crans, Re- 
noUier à Poliez-le-Grand, Kenolliez à Villarepos, RenoUy à 
Ogens, Renoillat à Missy, Renailly, ham. à Villaz-Saint-Pierre ; 
le premier diminutif, les autres collectifs du patois renallhSy de 
ranaculay dim. de rana^ grenouille : grenouillères. 

Renan, D. Gourtelary, Berne, Runens, 11 78. L'orthographe 
actuelle est toute moderne, on écrivait encore Renens en 1766 et 
1794, M. N. XXXI, 39 ; voir Renens. 

Renaroche, chalets sur Bruson da Bagnes, Valais ; contraction 
de reoena rossa, ravine rousse. 

Les Renauds, ham. d'Yvorne ; cette orth. de l'atlas topogr. 
Siegfried est fausse. C'est un nom de famille d'Yvorne, autrefois 
comme aujourd'hui avec deux n: Ame Rennaux, i3a7, Claude 
Rennaud, 1598, les Rennaux, 1747» Jacques Rennaud, 176} 
(chartes d'Aigle). 

Renens, D. Lausanne, RuningiSy 896, 963, in finibus Runin- 
fforum, g20, RunenSy iil^Tf ii99> i^^o, Runeinsy iai8, i238^ 
M. R. VI, 82-92, Rugnens, i476, M. R. XXVIII, 269, i525, et 
encore 172 1 = chez les descendants de Runo, n. pr. germain. 



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m^ 



RENFILE — REUROZ 383 

La Renfile, ham. de Presinges et de Vernier, sur la frontière 
ancienne ou actuelle ; probablement passage fréquenté par les 
contrebandiers ; subst. verbal de renfiler. 

Renges ou Ranges, ham. d*Ecublens, D. Mor^s^es, villa Ran* 
geringisy io3i, Hidber, H, 5oo, villa RangerensiSy loSi ^fienge" 
rengeSy laaS, i5io, Rengesrenges, ï557; de Renger^ingis, soit 
chez les descendants de Renger^ n. pr. germain, Fôrstm., 1017, 
ou Ranger, qu'on trouve dans Hidber, année 1161, nom dérivé 
de la racine onomastique Ragan, du gothique ragin, conseil. 

Rennaz, D. Aigle, Raina, i255, Reyna, 1272, Renna, 1276, 
Régna, i4o2, M. R., 2* S., II, 28, Reyne, i542, charte d*Aigle ; 
du fr. raine, latin rana, grenouille : le village est entouré de 
marais. Renny, ham. de Pully, Reynid, Rennier et Renny de- 
puis 1740, d'après le Dict. géogr. suisse d'Attinger, paratt s'y rat- 
tacher également. Quant à Rennex, écart de Genthod, il faudrait 
des formes anciennes pour décider. 

Repais, loc. à Asuel, D. Porrentruy, Repast, i3o2, Ripast, 
i3o5, i35o ; de re, réduplicatif, et v. fr. past, s. m., pâture : lo- 
calité aux gras pâturages. Le français vaudois repât, écrit sou- 
vent repas = dernière herbe pâturée en automne. 

La Repaz, loc. à Lonay, Sullens, Arnex ; Repettaz à Bex et 
Gimel, diminutif ; le même que Rippe et Râpe, voir ce mot, 

Reppaz, ham. d'Orsîères, carte Dufour et atlas Siegfried, Re» 
pas et Repais dans Lutz. La ir« orth. le rattache à Râpe ; les a 
autres à Repais, voir ci-dessus. 

Ressudens, D. Payerne, villa RansoldingiSy gia, Resoldin- 

gis, 922, Ramsoldingis, 923, Rasoldingis, 927, Resuldens vers 

•1080, RasoldenSf I2i5, 1226, Ressndeins, 1228, M, R. VI, 325, 

i4> 346, Resoldens, 1239 = chez les descendants de Ramsold, 

n. pr. germain. 

Retets, aux — , loc. à Golombey, Valais, es RoutetSy 1696, 
forme corrompue, syn. des nombreux Route, Routet, voir Rotte. 

La Reuchenette, ham. de Péry^ Jura bernois, patois Routse* 
netta, probablement diminutif de rossena, voir Rossinières. 

Au Reuroz à Golombey, Valais, es Rouroz^ 1696, es Rovroz^ 



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384 REUSE — REYEX 

1776 ; c'est le v. fr. et provençal roure^ chêne = au Ghène, aux 
Chênes. 

Reuse, nom de 4 affluents de la Dranse de Feiret, Valais, -^ 
les Reuses de TAImona, de Tsamodet» de Saleina et d'Omy» — 
Reuse ou mieux Areuse, rivière C. de NeuchAtel, Orousa avaet 
le ix««.) Holder, allodiam Oruse, 1178, Tr. I, Arousa^ i3ii, 
Aurosa^ i3i8, Orousa, i335^ etc. ; les Reuses, ham. d'Orsières, 
Valais, entre plusieurs ruisseaux ; la Rause, affl. de la Birse, 
Orosa^ ii5o, M. R. III, 444 ; les Areuses au Saint-Bernard ; les 
Reusilles, loc. à Tramelan> diminutif. C'est aussi le nom ancien 
de la Grande Eau, D. d*Aif|^le, Ruysi^ 1287, — i atone, — la 
Rionzetta s'appelait alors Ruse ta. Noms à rapprocher de la Reuss 
d*Uri, Rusa, 691, puis Riusa, de la Reasch, affl. de la Sarine 
dans le Gessenaj, Rucei, 1270, Ruessy, i44i9 et des Ru, Roz de 
Suisse et de France. D'une racine commune aux langues indoger- 
maniques, latin rivus, grec rheiriy couler et v. h. ail. riuzen^ 
couler. De la même racine, du sanscrit rê, ri, aller, couler, mu- 
gir, dérivent le celte ren, renos, rivière, et les noms du Rhin, 
fleuve, des divers Rhein d'Allemagne, le Reno, affl. du Pô, etc. 

Revereulaz, village près de l'Avançon de Vionnaz, Valais, Ra- 
veraulazy 1723, Reveleulaz, 1776; Reverolles, D. de Morges, 
près du Curbit, Ruvilora, 1177, M. R. XXIX, io3, — faute de 
copiste? — RevirolOy 1223, Riveroula, 1228, Riverulaz, 1281 ; 
— maison à Chavannes-le-Veyron ; Reverulaz, loc. à Vufflens- 
la- Ville et Penthaz ; Reveyrulaz au bord de la Colline à Trélex ; 
la ReveroUe à L'Isle, Reverulaz, affl. de la Venoge. Ce dernier 
= petite rivière ; les autres du v. fr. rivière y s. f., rive, rivage, 
contrée dans le voisinage d'une rivière, comme la Rivière, côte de 
la Méditerranée entre Nice et Savone, et suffixe dim. patois oalaZj 
latin ula. Remarquer au premier nom le balancement des liquides 
l,r. Peut-être en est^-il de même pour le second. 

Revex (ou Revix), majens, versant N. d'Arpille de Martignj, 
un autre à Ormont-dessus = Revers, nom fréquemment em- 
ployé, côté tourné au N. ; rien de commun avec ravine, conmie 
l'explique un article du Dict. Attinger. 



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REVOUTAZ — ' RIÈRE 385 

Revoutaz, loc. à Aigle, avec escarpements à pic dominaot la 
Grande Ëau, Ryvauta^ i342, chartes d'Aigle = rive haute. 

Rhône, Rotten dans le Haut Valais, latin Rhodanus = le vio- 
lent d'après Zeuss (Gram. celtique)^ qui le rattache au cambrien 
rheduy vieux celtique roty courir. De la même racine dérivent les 
noms de nombreux ruisseaux de la Suisse allemande, qui n*ont 
rien de commun avec Tall. rot, rouge, voir Holder. Quant aux 
étymologies de Lenthéric qui hésite entre Rhodanusia, colonie de 
Rhodiens fondée à Tembouchure du fleuve^ et le verbe latin ro^ 
dere, ronger, elles sont toutes deux à rejeter, le nom du fleuve 
étant bien antérieur à cette colonie et à la conquête romaine. 

La Rlanda, loc. à Veyras, Valais ; Planche Rlande à Bottens 
= Rionde, ronde, permutation o-a^ comme dans Nava, Pra- 
fanda. 

Riaz, D. Gruyère, villa Roda^ 900, 928, M. R. VI, 2o4, eccle- 
sia Rode, io55, Rota in OffOy ii36, Rua in Ogo, 1228, RyOy 
1476, Riat, 1668, carte v. der Weid, RuaZy en patois, dit Kuen- 
lin, 1828. Plusieurs des formes sont les mêmes que les anciens 
noms de Rue, voir ce mot. Comme Rue n'avait pas encore d'église 
en 1228, première chapelle fondée en i3o6, les mentions de io55, 
1228 du Gart. Laus. se rapportent nécessairement à Riaz. D'après 
Gatschet, du v. h. ail. rôd, ail. moderne reutSy défrichement, 
correspondant des noms français Essert, Essart. 

Riddes, D. Conthej, Valais, Ride vers io5o, Ridda, 11 53, 
1287, etc., Ritda vers 1200, Rida, 1262, Ryda, 1263. D'après 
Gatschet, de ried, v. h. ail. riody herbe de marais, marais. Vient 
plutôt du celtique nW, rit, red, gué. Comme Riddes est sur un 
coteau et que, aussi loin qu'on peut remonter, la route de la val- 
lée a franchi le Rhône à cet endroit, comme d'autre part tous les 
noms anciens de la vallée sont celtiques, l'étymologie celtique, 
aussi adoptée par Studer, nous paraît préférable. 

Riedes-dessus et dessous, 2 ham. Sojhières, D. Delémont ; de 
l'ail, riedy v. h. ail. riod, herbe de marais, marais. 

Rîère, rivière, affluent du Rhône, Valais, la Riez, 1267, Riey, 
1267, /?^yé?i, 1269, Ai^Ay, 1327, /îya, i4i8 ; les formes primi- 

M. D. SEC. SéniB, TOME VII 25 

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TJT^ 



386 RIERIN — RIOND 

tives se raltachent à la famille de rio^ ruisseau, ou de rihe^ 
goT^^ voir Rija. La forme moderne Rière paraît avoir pris le se- 
cond r sons l'influence de l'autre nom de la rivière, Liena ou 
Lienne» du celtique g^en, vallée ; voir Liène. 

Rierin, écart de Lussy, Fribourg, RierenSj ii47-ii57, Arch. 
Fr. VI, et I2i5 = chez les descendants de Riher, n. pr. gpermain. 
Fôrstm., io46. 

A la Rlette, loc. à Croy, un Petrus de la Rieta^ Anniviers 
vers 1220, Riétaz à Montcherand ; diminutifs de rie^ ria, tran- 
chée, rigole ; voir Rija. 

Riez ou Riex, D. Lavaux, ii53> Hidber, II, RuaiSy 1226, 
Ruas, 1238, M. R. VI, 622, 648, Roex, 1246, 1879, ^4^3; peut- 
être de ra, ruisseau, et suffixe plur. ou collectif aSy eXy par sa 
position entre deux rios, le Champaflon et le Rio d*Enfer. 

Les Rlgognes, fermes à la Côte-aux-Fées ; dérivé, avec le suf- 
fixe péjoratif ogne (voir Jorogne), de la racine riga^ raie, tran- 
chée, fossé. 

É8 Rigoles, terrains humides, coupés de nombreux fossés ; à 
Muraz, Vionnaz ; Regolles à Vouvrj, en Regola à SaintrGin- 
golph, Bas Valais, aussi à Gland, Orbe, etc., diminutifs du bas 
latin riga^ raie, fossé. 

Rga, gporge étroite où coule la Barberine, alpes de Finhaut, 
Valais ; du bas latin riga^ raie, fossé, tranchée, patois ria^ m. h. 
ail. rihe^ g'orge ; cette racine se retrouve dans le celtique : kymri 
rAigr, raie. 

Rio (6), Rioz (7), Riau, une 5o% Ruau, Colombier ; du v. fr. 
ruiely ruely ruaul^ dim. de Ru ou Ruz ; Ria(l)let, Riolet, dim. 
de riau, n. commun d'une foule de ruisseaux et de ham. de la 
Suisse française, parent du provençal n'a, dérivés tous deux du 
latin rivus. 

Ruz a parfois une autre origine : c'est le cas pour Val-de-Ruz et Vau- 
ruz = vallée de Rodolphe ; voir ces mots. 

Riond, fém. rionda, forme patoise du v. fr. réond^ latin ro- 
tandus, rond. Substantif dans la Riondaz, dim. le Riondet, 



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RIONZA 387 

sommets et pâturages, par exemple la Riondaz, sommet sur Ley- 
sin et pâturage Jura de Njon, calmes Rotunda^ chalma Ro^ 
tunday xii« s., Cart. Oujon. Comme adj. en composition : Mont- 
riond, Riond Doux (Riomboux, carte Vaud), Riond-Bosson ou 
Botzet, 8 loc., Praz Riond ; mal orthographié dans Ghanrion, 
alpe de Bagnes, Riombois à Ghavannes sur Moudon, Riombo- 
chon, — bochat, — hochet, 5 loc. Frib. ; la Riandettaz, dim. à 
Golombej, Valais, permutation o-a. 

Rionza, Rionze, une io*> de loc., et les collectifs Rionzi(j) au 
Mont, Rionsiey 1298, et Valejre-sous-Rances, Rionsy à Senar- 
clens, Rionsier à Vouvry, Rionzier à Féchy, Rionzey aux Or- 
monts, au Ronselj i332 ; Ronzlep(siOT), Avully, Nyon, Ronzy à 
Montet, Ronsy, Ëstavanens ; diminutifs Rionzon à Bière, Bavois, 
Rionzonnes à Orbe ; syn. de roncier, lieu où abondent les ronces, 
patois rionze, rionse. Par contre dans Rionziaz^ ancien nom de 
la Grande Eau, Aigle, Ruysi, 1287, la Rionsiaz^ i3i5, la 
Rionzo, 1817, le Ruisy^ i323, la Rionsy, 1826, Rionsettaz, 
1827, la Rionse, 1878, Rionze, i488, et Rionzette (Raverettaz 
dans l'atlas Siegfried), affl. de la Grande Eau qu'elle rejoint sous 
Aigremont, Ruseta, 1279, Rionseta, 1426, les formes primitives 
montrent qu'il faut y voir des dérivés de ruz, reuse, voir ce der- 
nier mot. Peut-être la présence de ronces sur leurs bords a-t-elle 
facilité la transformation du nom. 

Les textes suivants montrent que la Grande Eau s'est appelée aussi 
Rionzettaz au moins jusqu'à la Bn du xvu« siècle. Un acte d'Aigle de 
1595 dit que « A esté arresté que dors en avant la dîtte Eau appellée 
Rionzette doibge avoir son cours d'empuis le grand pont en bas auprès 
le mont de vers Soccrestaz jusques au grand chemin de l'Etraux dessoubs 
Yvonne, et dempuis le dit Estraulx en bas par son cours ancien jusques 
au Rhosne » (antérieurement elle divaguait çà et là et menaçait l'église 
paroissiale et le cimetière du Clottre). Un autre acte de 1597 parle des 
« Barres qui se doivent construire entre la Grand'eau appelée la Rion- 
zettaz, de même en 1626 et 1658, enfin en 1669^ le torrent appelé la 
Grand'Eau soit Rionzeta. Grand Eau apparaît pour la première fois en 
1590 où LL. EB. commandent « en cas d'ovaille » à tous ceux des 
& mandements « à leur (ceux d'Aigle) venir aider aux bastiments de la 
grandeau. » 



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388 RIPAILLE — ROCHE 

ËQ Ripaille, loc à Vouvry, pâturage à Champérj ; comme le 
célèbre Ripaille de Savoie, de ripa^ rive, côte, et suffixe augm. 
aille : grande rive, étendue. 

Risoux ou Risoud, mont et forêt du Jura vaudois, montent 
Risurriy 1177, Risso^ 1186, RisOy 1219, M. R. I,et i344> Risoud^ 
XVIII* s. Origine inconnue. On ne peut guère supposer une pa- 
renté avec me, glissoire pour faire descendre des bols, de l'ail. 
riese, ni avec risi^ riset, collectif risenen désignant des pentes 
escarpées, sur lesquelles les eaux entraînent des pierres et du 
limon. 

La Ritte, loc. à Lully-Morges, les Riltes à Ballaigues, pâtu- 
rage è FEtivaz, Pajs-d'Ënhaut> es Riltes à Marly (ancienne 
route), à Murist, Trejvaux, C. de Fribourg; du patois rittUy 
ruelle, venelle. Pourraitron le rapprocher du gaulois rheda^ cha- 
riot? 

Rivarottaz, loc. sur Bex, non loin de TAvançon ; de ripa 
rupta^ rive rompue, endroit exposé aux incursions de la rivière. 

Rivaz, D. Lavaux, Ripa^ ii4iy iiSa, 1199» Rippa, 1824 ; de 
ripa, rive. 

Rive haute, ham. de Liddes, Valais, en patois Roate^ Ripa 
alta^ 1269, Rivale et Rivataz, plan vers 1720 : le hameau est 
sur le bord, la rive d'une haute terrasse. 

La Robellaz, ham. d'Essertines, D. Echallens, Vilar Luczon, 
xrv^ s. ; ham. de Valeyre-sous-Rances ; Robêlaz, ham. d'Ëchal- 
lens ; 2 pâturages et fermes à Buttes, Neuchâtel ; ceux-ci tirent 
leur nom des frères Robeilaz des Bullets qui acquirent cette terre 
en 1627, M. N. XXXVIII, 217. Peut-être les autres viennent-ils 
aussi d'un n. pr. ? 

Roche, D. Aigle, Rocha, ii5o, Rochi, 1177, la Rochi/y i4o2, 
RochiZy i54o. — La Roche, D. Gruyère, Rupe^ 11 70, la Rochiy 
1199, M. R., Rochia in HogOy 1268, Wstbg. —Roches, D. 
Moutier, Berne, Rochette et Rochatte (Jura bernois), une i5« de 
loc, Rocherelle à Dombresson, dim. Rochasson à Saint-Gin- 
golph et Salvan, Rochasset, Ormont-dessus ; du dépréciatif asse 
et dim. on, et : mauvais petits rochers ; dérivé habituellement du 



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ROGHEBORD — ROGNE 389 

celtique rocca, gaélique roc. Mais, d'après Kôriing^ rori/^ne «cel- 
tique doit être abandonnée et Tétymologie inconnue. 

Roehebord, m. à Aigle, interprétation de Fancien nom Rychi- 
bopy RichiboPy 1882. 

Rocheray, ham. du Chenit, vallée de Joux^ nom formé par 
analogie avec les collectifs de végétaux, de rocher et du suffixe 
collectif ay ou ey^ de etum : endroit où abondent les roches. 

Rocourty D. Porrentruj, Rocort^ ii48, 1179, 1280, Rocurty 
i3o8 = ferme de Rohy Roo, n. pr. germain, de la racine onomas- 
tique hroc que Fôrstmann rapproche du v. h. ail. rohôn, rougir. 

Rodet, Praz — , pâturage, vallée de Joux ; peut-être adjectif 
dérivé du v. h. ail. rôdy défrichement, pré défriché, mais le d de 
ce mot a disparu de bonne heure ; vient probablement d'un n. pr. : 
pré de Rodet. 

Rodomonty sommet au Pays-d'Enhaut = Rougemont, voir ce 
mot, et non mont rond comme l'expliquent Lutz et Studer. 

Rodosex, rocher à Chàteau-d'Œx = rocher rouge, voir Sex, 
ainsi nommé à cause des couches crétaciques rouges dont il est 
formé. 

Rodovanel, chalets à Château-d'Œx = défilé rouge, — voir 
Vanel, — ces trois noms du patois rodo, rodzo, rouge, gaulois 
roudOy cambrien rud^ hibemien ruadh, gothique rauds^ ail. 
rothy grec rhodoriy mots qui remontent à la source commune, le 
sanscrit : rud hira, sang rouge. 

La Rogivue, D. Oron, et la Rougève, patois Rogevue^ Rogi^ 
ouBj D. Veveyse, Fribourg, Rogiaivui^ 1287, Rubea aqua dans 
les chartes ; Rogègue à Montcherand ; la Rozaigue, loc. marais 
d'Orbe ; de rouge et du patois rodzo^ rouge, et ivue^ aiguë, eau, 
les eaux des marais tourbeux sont rougies par l'alcide ulmique. 

La Rogne, torrent à Conthey, Rongni, 12 17, Furrer, III, 55, 
Rognyy i243, i3o4, Rongy, 1268, Rongny, 1862 ; subst. verbal 
de rogner, ronger, v. fr. rongner, rivière qui rogne, qui ronge 
ses rives. Nombreux dérivés adjectifs : Mont Rogneux et la Ro- 
gneuse, Roignosa, i448, sommets à Bagnes, la Rognausaz, 



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390 ROILLEBOT — ROMAIRON 

sommet à Chàteau-d'Œx, la Rogneuse ou Rognausaz, torrent ]à 
Massongex : torrents qui rongent, sommets qui s'éboulent. 

Roillebot, Roillebau ou Rouelbeau à Meinier, Genève : an- 
cien château ruiné entouré de marais ; de roillery frapper, et bot^ 
bauy crapaud, dit-on, parce que les serfs du voisinage devaient 
frapper à coups de gaules dans les marais pour faire taire les gre- 
nouilles qui troublaient le repos du seigneur. Mais ce nom ne pa- 
raît pas avant le xvi* s., dit Galiffe, Gen. hist. II, io8. Ce château 
s'appelait jadis la Bâtie-Gholaj ou Compeys, du nom de ses pos- 
sesseurs, les sires de Compejs. 

Rolette, la — , sommet boisé à Trient, fausse orth. pour l'Aro^ 
lette^ petit bois d'aroles ; voir Aroley. 

RoUe, C. Vaud, Castrum Rotuli et de Raelloy même charte, 
i2gt^y RuellOy lagS, Ruelloz^ Rotulurriy M. R. XXVIII, i85 ; 
Roolle, 1700, Procès (manuscrit) de Du Quesne contre les bour- 
geois d'Aubonne = castrum de RuodilOy n. pr. germain, autre 
forme de Rudolf ^ voir Ruz, Val. 

Rollens, loc. à Villars-le-Terroir ; voir Roulens. 

Romainmôtier, D. Orbe, Romanum monasteriurriy 763. Ori- 
gine très controversée. M. Tabbé Besson dans ses Recherches sur 
les Origines des Evèchés de Genève, Lausanne et Sion (1906), 
étudie les Origines de Romainmôtier (Appendice, p. 210-227), et 
rappelle les diverses opinions à ce sujet. Pour Mabillon, c'est le 
môtier de Romain, saint Romain \ tfio, Dunod suivi par Char- 
rière et de Gingins en font un romanum Monasterium^ monastère 
romain, nom donné en récompense (762) par le pape Etienne II 
pour l'hospitalité reçue. Mais les auteurs les plus récents rattachent 
de nouveau ce monastère à saint Romain et M. Besson cite Lûtolf , 
Jahn, Dom Benoît, Krusch, Egli, Longnon, pour lesquels Romain- 
môtier est un Romani Monasierium, monastère de Romain. Voir 
M. R. III et l'ouvrage cité plus haut. 

Romairon, D. Grandson. c Les étjmologistes font venir ce nom 
de Romanorum, » dit le Dict. hist. Vaud. Etjmologistes d'autre- 
fois, car aujourd'hui personne ne dériverait ce nom de ce génitif 
qui n'explique pas d'ailleurs le second r. Romanorum donnerait 



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ROMANAZ — ROMONT 391 

Romanear, non Romairon. Origine inconnue en l'absence de 
formes anciennes. 

Romanaz, aussi Romanel, loc. entre Croj, Arnex et Bofflens, 
ou l'on a trouvé de nombreuses antiquités = (villa) Romana^ 
maison, ferme d'un Romanus, cognomen romain. 

Roman (mal écrit), a villas à Lonaj, D. Morges, Romans^ 
I2i3, 122^, M. R. VI, 320, ôo4, i3i5, i453 ; autre forme de 
Romains, de (apud) RomanoSy chez les Romains. 

Romanèche, ham. d'Etoy, D. Morges ; comme Romanèche, 
France, Romanisca, 1 120, de Romanisca (villa), adj. dérivé, avec 
le suffixe locatif gaulois isca, du gentilice Romanius ou du co- 
gnomen Romanus =5 villa de Romain. 

Romanel, i^ sur Lausanne, Romanel, 1182, Romanes^ 1184, 
Cart. Month., Romenes, iigo, Romanel^ 1217^ Romaneaus wers 
i23o, M. R. VI, 4og, 4S4> a^ sur Morges, i^ 3 loc. à Rances, 
4^ un Romanel sous Mont, 1240, M. R. I, i65, € clausum... 
domum de Romanel in territorio de Germanye, » I2g3, M. R. 
XXVIII, 175 ; évidemment dérivés aussi de Romanus ; b^ loc. ap- 
pelée aussi Romanaz entre Arnex et Bofflens, {villas, domus) 
RomanaSy fermes, maisons de Romain ou romaines ? 

Les auteurs du Rëgeste genevois, p. 385 et 493, ignorant rezistence 
d'uQ Romanel à Mont, ont fait du Germagny sur Romanel d'une charte 
de 1305, M. G. IX, 203, une localité a Romanel sur Morges. 

Romanens, D. Gruyère, ail. Romaning, RomanenSy i38o* 
i4o3 ; paraît au premier abord dérivé de Romanus, mais les suff. 
ing et ens indiquent une origine germaine = chez les descendants 
de Rodman ou Roman, n. pr. germain. Fôrstm., p. 737. 

Rombochat à Constantine, Rombosson à Corcelles, Rombuz, 
bois à Grandcour, Romboux à Belmont-Yverdon, Rombuet, h. 
d'Attalens, fausses orth. pour Rond-bochat, — bosson, — bou = 
rond bois. 

Romont, Fribourg, Rommon, 1268, Rolundum montem d&ns 
les chartes dès le x« s. = riond mont, mont rond, ville bâtie sur 
un mont arrondi ; Romont, colline arrondie sur Epesses, même 
origine. 



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392 ROMONT — ROSÉ 

Romont, D. Gourtelary, Berne, ail. Rotmand^ Redemont^ 
i3i i y Rode munty i358, /lorf/nan/, i35g, cequile rapproche de 
Rodomont =2 Rougemont. 

Rompeux, collines arrondies sur Court et sur Champoz, Jura 
bernois ; fausse orth. pour Rond-Peu, de rotundum podium^ 
voir Peu. 

La Grande et la Petite Ronde, fermes aux Verrières, en 
Rond, loc. à Bex ; les Rondes, prés à Loveresse, les Rondez à 
Frégiécourt, à Delémont, aux Enfers, Jura bernois ; terrains plus 
ou moins circulaires, lieux limités à la ronde par des forêts. La 
Rondelaire, pâturage D. Grandson, les Rondins, plus, loc., di- 
minutifs. 

Les Ronques, — ou Ronquoz, — nombreuses loc, de Sierre à 
Saint-Maurice, au Ronco à Collonges, Valais ; de runcas (terras) 
terres défrichées, du latin runcare, défricher, en romanche ronc, 
runCf Ronco au Tessin ; les Roncettes, champs à Founex, dimi- 
nutif. 

La Ronte à Saillon, Valais ; au Rente, m. à Ponthaux, les 
Rentes, 4 loc. Fribourg; le Ronty à Lejtron et Dorenaz, le 
Ronti à Lucens, collectif, le Rontet à Goumœns, Rontin,s à 
Penthéréaz et Villars-sous-Mont, diminutifs ; substantif verbal 
du patois rontrCy rompre, ouvrir un terrain en friche. 

Ropraz, D. Oron ; de roboretum, bois de chênes. 

Ros. Les nombreux noms de localités qui commencent ainsi 
appartiennent à deux racines : Ros, du gothique raus, roseau, et 
Ros, du latin rosa, la rose ; ces deux racines présentent des déri- 
vés parfois identiques impossibles à séparer si Ton ne connaît pas 
les localités. 

Ros, roseau, donne un collectif roseium ; de là 

Rosé ou Rosex, ham. G. Fribourg, Ormont-dessus et Fran- 
ches-Montagnes, le Rosey à Savagnier, les Roseys, les Bois, 
Morges ; Rosay, Sembrancher, en Rosier, Bex, Géronde près 
Sierre, et Souboz-Jura, marais dans chaque localité ; Rosoz k 
Vuadens, Vauruz, Ecublens, Frib. ; Rosy, 4 loc. Frib. ; Rose! ou 
Rosé à Dorenaz, Valais, nemus Roselliy 12 18, et CoflFrane, Neu- 



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ROSÉ — ROSSBNGES 393 

châtel ; Roselet, dim., 6 loc. ; Roselat, Jura bernois ; Roselettes 
à Colombcj ; Rosaly à Corcelles-le-Jorat et les Ecasseys, Frib. ; 
enfin Rosière, nom fr. de Welschenrohr, Jura, loc. à Noîraigue, 
et 7 ou 8 loc., marais, avec les variantes Roseire, Vérossaz, et 5 
loc. Frib. ; Rosaire, marais à Denezj, Illarse, Monthej, Saint- 
Maurice ; Rosayre, Sales et Lussy, Frib. ; Rozeyre, Roche, Or- 
mont, Roseirettes à Gharmey, bois Rosireux à Boécourt. 

Paraissent au contraire dérivés de rose 

Rosé, mayen à Saxon, la Rosière à Orsières, nombreux ro- 
siers ; la Rosiaz à Ghailly près Lausanne, loc. à Villars-le-Ter- 
roir, la Rosaz à Broc, la Rousaz à Vaulion. 

Sont probablement des roseraies le Rosey, alpe disérable, h. 
de Bursins, Rosay, château près RoHe, la Rosière, ham. de Col- 
lex-Bossy (sur un crêt), Roserettes à Syens, la Rosette à Chà- 
tean-d'Œx, la Rosattaz à Savig'ny, etc. 

Rosaly, pàturag^e à Chàtel-Saint-Denis ; du patois rosalei, rho- 
dodendron. 

Il peut arriver enBn que Rosière soit une corruption de roncière 
comme le prouvent les textes suivants : « locis... de Alamanis, de Ron- 
séria... et habitatores locorum de Alamandis de Ronseria, » xui« s., 
M. Inst. G. VIII, 12, IX, 31, 40, aujourd'hui les hameaux des Allemands 
et de la Rosière près Samœns. 

Rosa Blanche, sommet glacé, val de Bagnes ; probablement 
autre forme de ruisa, rœsa, reusCj mot valdôtain et savoyard qui 
signifie glacier, donc : le glacier blanc. Monte Rosa, Mont Rose, 
même origine. « Chez les Sédunois, dit Silius Italicus, traduit 
par Coolidge, il y a une montagne à laquelle les Salasses ont 
donné le nom de Rosa ; c'est un gigantesque amas de glace éter- 
nelle. » 

Rossenaz, ham. de Pâquier, Gruyère ; voir Rossinières. 

Rossenges, D. Moudon, même origine que Rossens, D. 
Payerne, Rossans, 1286, i336, Dict. hist., et D. Sarine, Frib., 
Rossens, xii« s., Rossin, 1668, carte v. der Weid, et 1696, dans 
Kuenlin, 1828, ail. Rossing = chez les descendants de Roxzo ou 
RodzOy n. pr. germain. 



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394 ROSSES — ROSSINIÈRES 

Ès Rosses, loc. à Bussy sur Morgues ; Rosset, plus de 20 loc., 
vignes, champs, pâturages ; Rossetan, vignes à Martignj, alpe à 
Champéry, champs à Lavey ; une vigne de Rossetan à Lausanne, 
1238, M. R. VI, 660. Plan Rossay à Orsières, Russet à Louèche 
(= Rousset) ; les Monts Rossets aux Epiquerez, Berne, Gomba 
Rossa à Salvan, Ravines Rosses, alpes d'Orsières ; diminutifs : 
en Rosson à Vétroz, Rosselet à Sullens, Roussillon à Meyrin^ 
Essertines, D. Rolle, en Roucelin, mayens à Riddes, Rossillon- 
nés à Vinzel, Rosseline, alpe à Lavey, Praz Rochet à Grandvil- 
lard = rosset, de rossei, rossely dim. de roux, du latin russuSy 
allusion à la teinte du terrain. De même en Champagne on 
nomme Rouget et Rougeron, diminutif de rouge, les localités 
dont la terre est colorée par Toxyde de fer ; voir Littré, Suppl. 

Rossinières, D. Pays-d'Enhaut, Ransonery^ 780, d'après « Le 
Pays-d*Enhaut, p. 172, sans indication d'origine, 1080 (d'après 
Lutz), et ioi5, iii5, M. R. XXII, 10, et 1291, XXII, 74» Rasso- 
neriy i255, F. B. II, Rassonery, 1288, i442, la Ranxonière^ 
1453, Ronsonyère, i5i8, etc. ; en la Rosseneyre à Cemiat, A 
la Rossînière, m. à Echarlens, Frib. Il y avait une Rassoneri^ 
pâturage dans les environs de Palézieux, 1296, Cart. Haut-Crèt, 
M. R. XII, 128 (qu'Hisely traduit par Roche noire); signalons 
encore la Ransonlère ou Rançonnière aux Brenets, Neuchâtel 
(que Dubois-Dubois dérive de rançonner) et la Rancenaire à 
Vallorbe et Vaulion. Bridel dérive Rossinière, patois Rochenaire, 
de roM^na, «échafaudage pour faire sécher fèves, pois, céréales ; 
de là Rossenaz, ham. D. Gruyère, et peut-être encore Rachenne, 
loc. à Gléresse, Berne, en patois Rotsenni. On voit encore de 
telles constructions, appelées rescane, dans les montagnes du 
Tessin (Chischné, tschetschna dans les Grisons). Il faudrait pour 
être absolument sûr trouver des textes du xi« au xiii® s., avec 
rassona, ransonOy n. commun. Quant aux étymologies de Mora- 
tel, roche noire, Hisely, M. R. IX, 142 et Gatschet, qui tire ce 
nom de radicinaria, racinaria, endroit où Ton trouve des racines 
comestibles (il cite trois plantes qui manquent à Rossinières), 
elles sont à rejeter. 

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ROSSY — ROUDAZ 395 

Rossy, partie du village de Froideville, D. Echallens ; pourrait 
être UD (fundurn) fiosciacum^ domaine d'un HosciuSi gentilice 
romain ; il faudrait des formes anciennes. 

Es Rot8 à Charmey, RoUe,s, Rottaz, une 20® de loc., les 
Rodes à Troîstorrents, xvin« s., la Joux Rottaz à Mordes ; Praz 
Routoz à Chexbres ; es Routes, 6 loc. Fribourg ; au Route à 
Yens, Routy, Bussignj*sur-Oron^ le Routtet à Colombier, au 
Ruttet, vignes, Yvorne ; le Rutit, vignes à Etoj, au Ruptit à Co- 
lombey, Ruptet à Monthey, le Routtet , i6g6 ; les Ruttes à Palé- 
zieux, le Rutty, m. à Bière, le premier, forme masculine, les sui- 
vants formes féminines et collectifs du part, passé v. fr. de rompre : 
roii/, rot y rut y roupie dérivés du latin ruptunty de rumpere^ ter- 
ras ruptaSf terres défrichées ; on dit encore rompre une vigne. 

Les Rottières, nom du ruisseau de Saint-Oyens, D. Aubonne, 
Saint-Oyen de RottereSy de Roctires, i5oi, M. R. XXXIV, 76 ; 
probablement de la famille de rotte, de ruptas (terras), avec suff. 
collectif ière = terres labourées. Le c de i5oi est une simple gra- 
phie sans valeur étymologique comme dans Boctens, Jocteus. 

Rotzec, champs à Vissoye ; de rotte^ roche, et collectif anni* 
viard ec = ey, voir Biolec. 

Rotzue, loc. à Vissoye, la Rotsuaz (Rochuaty Dufour), pâtu- 
rage à Charmey = la rocheuse. 

La Roua, alpe de Saint-Luc, aussi RouvaZy la Rouaz, mayens 
à Savièse, Rona^ 1417» M. R. XVIII, — fausse lecture pour 
RouUy — loc. à Sion ; Pouta Rouat à Vétroz (t fautif), à la Roa 
à Cottens, Frib., xii® s. ; — collectifs, Rouaires à Vétroz et avec 
V intercalé Rouvaires à Conthey ; Rouage à Courgenay, Jura 
bernois ; — diminutifs Roualaz, champs à Lens, Valais, Roellaz 
à Mordes, es Roualles à Chessel, au Roux (fausse orth.), grand 
couloir rocheux, alpes de Vouvry, rapprocher le patois roué^ s. 
m., bord d'un précipice ; Rouet, Rouis(y), Rouettes, Roettes, 
nombr. loc. Genève, Vaud, Valais et Fribourg; du bas latin 
rugtty ruQy ride, sillon, presque toutes ces localités sont des 
champs ; voir Ruaz. 

En Roudaz, prés à Vétroz^ autre forme de Rotte. 



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396 ROUELBEAU — ItOULAVAZ 

Rouelbeau à Meinier ; voir Roillebot. 

Les Rouges, nombr. loc. Gingins, Orbe, etc., de la teinte rou- 
geâtre du sol. Nombreuses formes: les Roges, loc. à Plau-Ies- 
Ouates, Genève; Ruge, loc. à Gillj, Rougeux, champs à Re- 
clère, D. Porrentruy, Rogeau^ m. à Mollens, dim. les Rojaletoy 
champs à Coppet, Rogin, champs à Montricher, Rogin à Lau* 
sanne^ i(\l^y Rougins, champs à Chamoson> Côte Rougîn aux 
Epiquerez et à Glovelier, Jura bernois, es Rugets, champs à 
Fontanezier, Champ Roget à Aig^le^ en Rodzet à Vouvry ; de 
roug« et suffixes eux, eau, in, et. Rougin donne à son tour les di- 
minutifs Rogenet, loc. à Orzens, Chevillj, Rogenez à Ferreyre, 
Rogeny à Assens, Roginet à Dizy, Roginel à Vullierens, Ru- 
genet à Rances, un Rugenet près Boudry, i3oo. C'est sans 
doute à l'un de ceux-ci que se rapporte le Runginel^ Ronginel 
souvent nommé dans le Cart. Laus. M. R. VI, p. 178, 3o5, 3o8, 
642, 644, un Jacobus Ruginely 1226, F. B. II, 74; l'in Rou- 
jolaine à Soulce, D. Delémont, adj. diminutif. 

Rougemont, D. Pays-d'Enhaut, /tii6eu5 mons^ iio4, RojO' 
monty 1270, M. R. XII, io5 = rougpe mont: bâti sur les cou- 
ches rou^^ du lias qui affleurent en plusieurs endroits. 

Ce nom de Rubeus mons ne s'appliquait point au Rûbli coloré 
de rose le soir, comme l'a expliqué le prof. Hisely ; c'est la tra- 
duction latine du nom du Rodomont, montagne au N. du village 
où abondent ces couches rouges ; la même circonstance a donné 
le nom de Rougepierre, écart de Château-d'Œx, et celui de 
Rougeterre à Saignelégier. 

Rouilly, écart de Froideville, D. Echallens. Si ce n'était dans 
le haut Jorat qui n'a, guère été habité à l'époque romaine, on 
pourrait en faire un {fundurn) Rulliacum^ domaine d'un /fa/- 
liuSy gentilice romain qui a donné les noms des Rouilly, Rouillé 
(i4 com.) de France. 

Roulavaz, ruiss. et m. à Dardagny, Genève, Rolaavaz, 1821, 
M. G. XVIII, 63, Roulave, Humbert, i852 ; dérivé de rouler^ v. 
fr. roler, c'est un torrent assez impétueux parfois, formé de nom- 
breux bras enflés en temps de pluie. 



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ROULENS — RUAZ 997 

Roulens (ou Raulens), loc. à Saint-Saphorin et Colombier, D. 
Morges ; en i233 un Rolens, environs de Granges, Cart. Laus., 
M. R. VI, 5g9, et en ii4a un Rollens (aussi Rorens), RoulenSj 
1275, près Villars-le-Terroip, M, R. III et XII, 7, 102 = chez les 
descendants de Ruodilo^ Rodilo^ n. pr. germain. Fôrstm., 716. 

Roulin, le bey — , ruisseau près de Chaussy, limite d'Ormont- 
dessous et dessus, au cours précipiteuz, roulant des cailloux. 
(Note de M. Isabel.) On peut sans doute rattacher à la même ra- 
cine rouler : en Roulin, loc. à Conthey, en Roulon, m. àRouge- 
mofit, la Ronlaz, m. sur une côte rapide à Leysin. Par contre 
A la Roulette à Baulmes, les Roulettes, près à Bex, à Sainte- 
Croix, pourraient être des propriétés d'un Roulet. 

Rouma, grand hameau de Savièse, Valais, Roma^ 12 17, Fur- 
rer, III, 54, Ruma, 1289, Roma, i25o, apud Rhomann^ 1260, 
M. R. XXIX, XXX ; peut-être d'un n. pr. tel que les noms gau- 
lois Rama, Rumo cités par Holder, ou du n. germain, Roman, 
Rodman. 

Rousa, Rouvenaz, voir Ros, Ruvine. 

Au Routez (pr. route), chalets autour d'un rocher surplom- 
bant, près du Sépey ; de (saxam) ruptum, rocher rompu. Pour 
d'autres Routes, voir Rotte. 

Le Routenin^ ruisselet à Noiraigue ; pourrait être un dim. de 
routoir, ruisseau où l'on rouit le chanvre. 

Routze, m. sur la Braye à Château-d'Œx ; forme patoise de 
roche. 

Rovéraz, loc. à Fontaines, D. Grandson ; Rovéréaz à Lau- 
sanne, RovereiUy 1226, Roverea, i233 ; Roverlaz à Vullierens, 
Rovéréa, fam. noble de Bex éteinte au xix« s., un Rovoreia, 
ii3i, RooereOy i3o8, près Versoix, M. G. IX, 25i ; de roboreta, 
rouveraie, bois de chênes ; de roboreium, même sens, viennent 
Roverex(ey, ay), ham. d'Aubonne et lieux-dits ; Rêverez, bois à 
Payerne et Montagny, Frib. ; Rovray, D. Yverdon, Rouvpet à 
Bex, en Reuvroz à Ollon ; les Roueredo du Tessin et des Gri- 
sons ont la même origine. 

Rua, Ruaz, A la —, champs à Villars-sous-Yens, loc. à Etoy 

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RUAN — RUMIÈRE 

et ailleurs ; en Corfoa Rua à Baulmes ; la Rue, champs à Grand- 
Saconnex ; aux Rues à Jussy, Peseux ; aux Ruettes à B^je, di- 
minutif ; du bas latin ruga^ rua, ride, sillon ; voir aussi Rouaz. 

Ruan, Mont — y sommet aux flancs très escarpés et ravinés, 
alpes de Finhaut, Valais ; forme adjective dérivée de raya, rua 
= mont sillonné, rayé de ravines. 

Rûbli, sommet en face de Rougemont et de Gessenay, ReublOy 
Rublcy iii5, M. R. XXII, lo, RuebloZj i449» monte Rabloz, 
i456, Ruble, 167a ; le chalet au pied s'appelle encore le Rubloz. 
D'après Gatschet et Studer, du latin rivulus, du ruisseau, le Ru- 
bloz, qui en descend. Quant à la forme allemande actuelle RQbli, 
elle provient sans doute de l'étymologie populaire que nous avons 
entendue à Gessenay, qui explique Rûbli par l'allemand suisse 
rable^ mhliy petit navet, à cause de la forme de la montagne vue 
de Saanen. 

Rue, Fribourg^, Rouda, loii, Matile, Rotay ii47> ^^77» ®^m 
Rua la vîla, 1221, M. R. VI, 298, Roa, 1287, Wûrstbg., 56, 
aussi Roda, Rotavilla, puis Ruaz ; du celtique rody roty pas- 
sag'e, chemin, ou du v. h. ail. rôdy défrichement, — les deux 
sont parents, — voir aussi Riaz. 

Rueyres, nombreuses localités : !<> commune D. Echallens ; 
20 — Tréfayes, D. Gruyère, Ruery-Treiffayy 18 16 ; S*» — les Prés, 
D. Broyé, Rueriay 1487, RuerSy i458 ; 4° — Saint-Laurent, D. 
Sarine, Rivoriuniy xii® s., Donat. Haut., Rivoriay Ruerii^ 
xiii^ s. ; les Rueyres à Saint-Saphorin-Lavaux, Aii^oria, ii4i) 
ii54, 1228, Ruvœri, 1228, et 5 autres loc. ham. et bois ; Ruery 
à Bière, es Reveyres à Noville, Ruyre à Luins, Rivœri/y 1266, 
M. R. XII, 176, Ruaire à Préverenges, Rueire, Arnex ; les dimi- 
nutifs Rueret à Puidoux, Ruerettes à Vouvry, Ruerattes, 
Gland, Ruerettaz, Palézieux, Ëssert-Pittet ; bas latin rivoriay 
ruisseau et ravin, romanche ruera, éboulis, dérivés du latin r/- 
vuSy ruisseau. 

Les Ruillères, pâturage à Couvet, Neuch., es RuliarSy i354, 
Matile. 

Rumière. ham. de Ghampéry, Valais, RymieriZy i352. 



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RUMILLIBZ — RUSSIN 399 

M. Isabel nous signale l'ancien nom de famille Ramier^ en patois 
Rémi, à Ormoni-dessus. 

Runiilliez(ier), clos de vignes à Saillon ; paraît être une autre 
forme de Rumilly, nom d'un village de la Haute-Savoie, Romi- 
liacum, 1*77» M* ^- XXIX {fundum) Romiliacum^ domaine 
d'un Romilius, gentilice romain qui a donné les noms de 17 com- 
munes de France. 

La Rumilière, m. à Saint-Gingolph ; propriété d'un Rumilly, 
môme nom devenu n. d'homme. 

Le Rumont, sommet aux sources d'un affluent du Seyon, Neu- 
châtel ; probablement le mont du ruz, du ruisseau. 

Rupalex ou Rupalet, écart de Mont-Rolle, et ruisseau, Rupela 
avant io3o, Rég. gen. 49? Rupelaz, 11779 M. G. II, 38, Rupa- 
lai y 1287, 1261, M. R. XII, 24, 124, Rupellay, 1266, M. R. 
XIV, 92, Rupalex, i3i8, 1387, M. R. XXVIII, Rupellex, 1489, 
Rippalex, i493. Les formes les plus anciennes, qui désignent 
des clos de vignes donnés à Romainmôtier et à Bonmont, font de 
ce nom un diminutif de rupa^ pente rapide, la Râpe, ham. de 
Vandœuvres et loc. à Donneloye, du latin rupes (le patois a 
aussi le composé une dérapa). 

Es Ruptures, champs à Illarse, Valais, Rotteure, 1696 ; subst. 
verbal de rompre, au sens de cultiver, syn. des nombreuses Rotte. 

La Rusille, m. à Crésuz, D. Gruyère ; la Ras(s)ille, ham. des 
Clées, D. Orbe, m. à Mannens, Praroman, Fribourg ; les Reu- 
silles, écart de Tramelan ; les Russilies, ham. d'Avry-devant- 
Pont, les Rusillons, bois à Corcelles-l&-Jorat ; du patois razille^ 
petit ruz, ruisselet. 

Rnssel, m. à Saint-Sulpice, D. Morges ; loc. à Chardonnay- 
Montaubion ; autre forme de raissel ou ruisseau, de rivuscellum ; 
Russalet, ham. de Bulle et 6 loc. Vaud et Frib.^ dim. du précé- 
dent. 

Russin, Genève, villa Rucins^ 1090-1100, M. G. I, i54) villa 
Russino vers iioo, RussinSf 1217, 1289, 1297, M. G. IV, 28, I, 
35, XIV, 267 ; parent des Russwil et Russikon de la Suisse ail. 



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400 RUSSY — RUVINES 

= chez les descendants de Buozzo, Ruzzo^ n. pr. germ. Fôrstm., 
718 ; rac. ^erm. hraod, la g'ioire. 

Russy, D. Broye, Frib., Rusie, 1228, M. R. VI, 338, RassiCy 
i4o3, Russy, 1678; Russie , 1668, carie v. der Weid, de (prae- 
dium) Rosciacuniy domaine d'un RosciuSy fcunille consulaire 
dont on a trouvé des médailles à Genève. 

Rusteriaz, ham. com. de Bottens et de Froideville ; du v. fr. 
ruste, de rusticuSy et suffixe collectif erie : réunion de demeures 
rustiques. 

Ruty, ham. de Cologny, Genève. D'après J. Vuy, M. Inst. G. 
VIII, serait le Rouda d'une charte de loii, publiée par Cibrario 
et Promis, qui le rapportent à Rue. Ce Rouda est nommé au mi- 
lieu de plusieurs terres situées près d'un lac, ce qui milite en fa- 
veur de l'opinion de Vuy. Blavignac donne Rous, 1280, Rouz^ 
i5i6, RuZy 1776, Ruthy XVIII® s. Ce serait donc une autre graphie 
de rut, part, passé v. fr. de rompre, défricher, (fundum) rup- 
turriy terrain défriché, voir Rotte. De même le Ruty, pâturage de 
Rougemont, qui a donné son nom à la Dent de Ruth au-dessus. 
On objectera que le ù de rùptum ne peut donner que o ou ou, 
mais le patois a souvent u pour ou, voir Buge, Bugnon, Burlaie ; 
en V. fr. le participe passé de rompre a les formes rout^ rot, rut, 
roupty etc., Gram. de l'auc. fr. de Bonnard et Salmon, p. 53 ; 
voir aussi d'autres cas à Rotte. 

Ruthelin ou Rôthelin, bois au-dessus du passage de la Chaîne 
près Saint-Sulpice, Neuch. ; du château de Rote In en Brisgau, 
possession des comtes de Hochberg, seigneurs deNeuchâtel, 1457- 
1543. Des archers venus de Reuthelin auraient combattu pour la 
défense de ce passage dans la guerre de Bourgogne, 1476, Mus. 
Neuch. XXXIl, 100. 

Ruvînes, les — à Ollon, Corbeyrier, CuUy, etc. ; la Ruvina, 
ancien nom du Forestay à Chexbres ; Rouvenaz à Ormont-des- 
sous, Ruvina, i332 ; loc. à Leysin, Montreux, Corsier, Vevey, 
Ruvina, 1228 ; Rouvène à Charmey, es Rouvenes à Mont-Rolle, 
au Rouvenoz, La Joux ; Rouveny, Hermenches ; Rouennaz au 
Catogne, Valais, Ruinaz, Ormont-dessous, Revenaz à Evionnaz, 



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RUZ — SAAS 401 

les Revinnoz sur Vallorbe ; Revenex, Re vénaux, Vionnaz, et 
les diminutifs Rayoinet, Leus et Ayent ; Roovenettes, Vuche- 
rens, Revenettes, Bex, Vionnaz, Trient, Ruinette, sommet sil- 
lonné de ravins, Bagnes, Roavenaulaz à Blonaj et Morlon ; de 
ravina^ rouina^ formé, avec un v épenthétique, de ruina, forme 
participiale de ruerCy couler, précipiter ; en Dauphiné roubine, 
ail. Rctjiy Bct/enen, romanche rovina, ruina. 

C'est sans doute à Tuoe de ces localités que se rapporte le Roveno si 
souvent cité dans les Cartulaires : Rovono et Roveno, 1218, Laus., 104, 
Rovano, Haut-Crét, 1220, Month., 1174, Roveno, 1157, Haut-Grét, 1142, 
MoDtber., 1238, 1242, etc., Laus., Rovenoy, Haut-Crét, xii« s., Rogano, 
Month., 1154. 

Ruz, Val de — , Neuchàtel ; ne vient pas de ruz, ruisseau, 
comme l'expliquait Bridel et comme le voulait encore le col. Man- 
drot. S'appelait Vaus, Vaut de RuiU Huyl, Ruhi, Ruelj Rue, 
Ruy, RoUy xiii« et xiv«s., Vallem Rodolii et Vallis Rodul/iy 
i3i7. Vaux de Roui vers i5i2, ail. Rudolfsthaly das tal Rutolsy 
i386 : c'est donc la vallée de Rodolphe,.de Radulf d'où Raoul, 
Roulj Rou, Ru. Il en est de même pour Vauruz ou Vaulruz, Frib., 
Vallis Rodulphi, iii5, pour Vaudreuil, France, vallem Rodolii, 
et sans doute pour Vauroux à Bevaix, qu'il faudrait écrire Vaux- 
RoUy vallée de Rou, Raoul, Radulf. 

Les Saars, loc. à Neuchàtel, if^Sar, Sart dans les actes anciens, » 
dit Ghambrier, op. cit. p. 24, ou Sard, i53i, M. N. XXXIV, 
220 ; pour sarts, de sartus, syn. de Ëssart, Essert ; le Saar, cha- 
let dans la forêt près Bourgp-Saint-Pierre, même sens. 

Saas, vallée et commune. Valais, Sauxo, première moitié du 
xiii« s., Vallis Solxa, Salxe, Soxa^ Seyxa dans la même charte 
de 1291, M. R. XXX, Sausa, 1298, i474, Soxa, i3oo, Saxa, 
1391, etc. ; du bas latin saucia^ latin salicetUy saussaie, dérivé 
du V. fr. sausse, de salix, saule = vallée des saules. M. Camille 
Favre, € Passages italo-suisses», dans le Jahrbuch. f. Schw. Gesch. 
i883, le dérive de l'ital. sasso, rocher. Nous croyons que les an- 
ciennes formes ci-dessus, avec al et l'équivalent au excluent l'éty- 
mologie de M. F. et militent pour notre interprétation. 

M. D. SBC. SÈKLE, TOMB VU 26 

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402 SABET — SAFRANIÈRE 

Sabet, Champ — , ou Chanzabé, ham. sous Lens, devrait 
s'écrire Ghamps-Abel d'après l'origine : campis Abel, 1289, M. R. 
XXX^ 387 ; de Abel, n. pr., à la même époque un Abel à Sion, 
laga, un Guillaume Abelz à Granges, i379* 

La Sache, Schasche d'après Hisely, m. à Poliez-le-Grand, 
SacheSy iikl» SaceSy 1177, Cart. Month., une autre à Perroy. 
Holder a un Sacheiuniy aujourd'hui Sache, qu'il rattache au gen- 
tilice SapiaSy villa Sapiaca. 

Saconnex, 3 loc. Genève, Sacunai/y 1128, M. G. II, Saconai, 
I2i5, 20, 24, M. R. XII, Saconay lu Grant, 1263, Saconay lo 
Petit, 1265, M. G. XIV, 63-76. — Saconaij 1181, 1196, Sacho- 
nay ultra Alvam, ib. 262, Sacconay, i3o2. (On trouve aussi 
Saconetum, xiv* et xv« s., latinisation du mot français) ; de Sac- 
conacum (fundum), du cognomen Sacco, d'où dérive le genti- 
lice Sacconius = domaine d'un Sacco. Holder^ II, 1276, dérive un 
Sacconago et un Sacquenay de Sacconiacum, du gentilice Sacco- 
nius, mais Sacconiacum donnerait Saccognac, — gûey, — gny et 
non Sacconay. Lutz écrit Sacconnex, avec deux c, ce qui est plus 
conforme à l'étymologie. 

Sacpet, crêt et m. à Rossenges, D. Moudon. Peutrétre le crêt 
sec, Bridel donne un adj. sa = sec, comme employé dans le Jura 
bernois ; cette forme a peut-être existé jusque dans la Broyé. 

Sacy, ham. de Courroux, D. Delémont, et forêt à Courgenay, 
D. Porrentruy = (fundum) Sacciacuniy domaine d'un SacciuSy 
gentilice romain qui a donné les noms de 4 Sacy de France. Ju- 
bain ville, 3ii. 

Sadex, vignoble et maison sous Prangins, Sadai, 11 54, Cart. 
Month.; Sador, pâturage de Gruyère, Sadour^ 1178, SadOy 
i4oo, Sador, 1420 ; peut-être de l'adjeetif sade, agréable. 

La Safranière, Rolle et Gilly ; Safraneyre, Morrens Saffra- 
naire, Conthey, Montricher, l'Isle ; Safrenière, Oron-le-Châtel ; 
Sairronah*e, Assens, Hermenches ; Saffronnière à Ferlens, la 
Safornaire- ou Saffomières à Saint-Saphorin sur Morges, en 
1775 la Safk*antiore à Vionnaz, aujourd'hui la Vignette ; lieux où 
l'on cultivait jadis le safran. Revue hist. Vaud, 1901, p. i85. 



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LA SAGE — SAILLE 403 

Peut-OD j rapporter les Chaffoumières à Monnaz ? Ce mot paratt 
plutôt dérivé de chaufour. 

La Sage, ham. d'Evolène, la S agi, 12 ii et vers 1280, une 
autre, loc. à Miège près Sierre = la Sauge, permutation au-a 
comme la Nava, pour la Nauva ou Nova, voir Sauge. C'est à la 
première de ces deux localités que se rapporte sans doute le nom 
de Wetan de la Saugi/y 1260, M. R. XXIX, nommé entre deux 
hommes d'Ewelina ou Ëvolène. Quant à la Sage, ham. et scierie 
à Planfajon, Fribourg, il vient de sage, scierie, en Valais resse 
ou rèche. 

Sagne, Saigne, Seigne et les diminutifs Sagnette, Sei- 
gnette, Seîgnatte, Jura bernois, Saignotte, Sagneule, Sai- 
gneule, Seigneule, Seignole, Seignolet, Sagnula k Cormon- 
drèche, 1280, S ey gniole à Rochefort, 1872, etc. ; très nom- 
breuses localités, surtout du Jura, — plus de 100 Sagnes, — mot 
V. fr., bas latin sagna, aussi en provençal, herbe de marais, ma- 
rais, qui paraît dérivé, ou parent de Tall. seggen^ laîche. 

Saicourt, D. Moutier, Berne, Zacort, 1261, i3o2, Sacort, 
i3io, Sacourtf i3i7 ; court, ferme d'un Germain dont le nom se 
rattache à la racine said, seid, qui a donné les composés Seifrid, 
Seimund, Seiwalt. 

Saignelégier, Berne ; origine douteuse. Pourrait être une cor- 
ruption de Saint^Légier, ce que suppose le nom allemand de 
Sankt Leodegar ; le fait que l'église est sous le vocable de l'As- 
somption ne serait pas une preuve négative suffisante. Vient plus 
probablement de saigne^ s. f., lieu marécageux. En 1744» A.-L. 
Sandol écrit Sagneléger, M. N. IX, 187. Quant k légier, ce ne 
peut-être l'adjectif, car saigne est s. f. C'est plutôt un n. pr., 
saigne-Légier, la sagne du nommé Légier ou Léger. 

Saille, pâturage, Sally, 1262, Wûrstbg., et Saillet, sommet 
sur Saillon, Valais, village sur un rocher formant promontoire 
dans la vallée du Rhône, vico Saliene, ii3i, Sallun^ 1200, 
SalloTïy 1223, etc. ; le Saillant, croupe à OUon, le Sallien, loc. 
à Monthey et à Vionnaz, Saillen à Vouvry, Tour Saillère ou 



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404 SAINT-AGNAN — SAINT-BRANCHER 

Saillères, sommet Alpes valaisannes, rochers en promontoire ; 
dérivés du verbe saillir, faire une saillie. 

Saint-Agnan, loc. à Concise, Vaud ; de S. Agnan de Vienne, 
évéque d'Orléans, arrête Attila en 45i, -j- 453, fête le 17 nov., ou 
peut-être d'un autre, évêque de Besançon, mort vers 874, fête le 
5 septembre. 

Saint- André, chapelle à Troistorrents, Valais ; de S. André, 
apôtre, martyr à Patras vers 76, fête le 3o novembre. 

Sainte-Anne, chapelles à Romont et à Vex ; en Sainte-Anne, 
loc. à Croy, d'une ancienne chapelle « brûlée en i536 par les Lu- 
thériens, » dit Pierrefleur ; de Anne, mère de la sainte Viergpe, 
fête le 26 juillet. 

Sainte-Apolline, ham. à Villars sur Glane ; d'Apolline, vierfi|;'e 
d'Alexandrie, martyre en 248, fête le 9 février. 

Saint-Aubin, Frib., S. Albinas, 1166, et Neuchàtel ; de S. Al- 
binus, évêque d'Angers -j- 549- 

Saint-Bartliélemy, commune D. Echallens ; chapelle et torrent 
près Saint-Maurice ; nom de plusieurs chapelles des Alpes, Nen- 
daz, Evolène, Hérémence ; de Barthélémy, apôtre, choisi pour pa- 
tron de ces chapelles alpestres, parce que c'est le seul apôtre dont 
la fête tombe dans la saison d'alpage, 24 août. Le torrent près 
Saint^Maurîce s'appelait jadis Matre^ Marre : torrens de Ma- 
tre, 1281, M. R. XXX, la Mare y 1736. 

Saint-Bernard, col et hospice ; chapelle sur Conthey ; de S. 
Bernard de Menthon, archidiacre d'Aoste, fondateur de l'hospice, 
mort à Novare en 1081 ou 1086, fête le i5 juin. 

Saint-Biaise, G. de Neuchàtel, jadis Arins ; de S. Biaise, 
évêque de Sébaste, martyr vers 3 16, fête le 3 février. 

Saint-Bonnet, ham. de Dully, D. Rolle, Sancto Boneto, i335, 
de S. Bonetus, évêque de Clermont -1-710, fête le i5 janvier. 

Saint-Brais, Jura bernois, Sem Bris, 1276, Sanctns Bric- 
ciuSy i3o2, Saint'Brey, i3i6, S. BrictiuSy 1329; de S. Brice, 
disciple de saint Imler au vii<> s., qui aurait apporté le christia- 
nisme au Val-de-Ruz, d'où Dombresson, fête le i3 novembre. 

Saint-Brancher, Valais ; voir Sembrancher. 



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SAINTE-CATHERINE — SAINT-ÉTIENNE 405 

Sainte-Catherine, loc. du Jorat de Lausanne, ancien couvent ; 
de sainte Catherine d'Alexandrie, vierge et martyre en 807 ou 
3i2, fôte le a5 novembre. 

Saint-Cergues, C. Vaud, S. Ciricus, 11 00, Rég. gen., S, Cy- 
ricuSf 1228, 1273, S. Cericus, i344 ; de S. Cjricus, enfant mar- 
tyr à Tarse en Cilicie sous Dioclétien, fôte le 16 juin. 

D'après le Rëgeste genevois, not 248, 253, S. Cirions est une localité 
inconnue, et « Saint-Cergues, Vaud, ne s'appelait pas au moyen âge S. 
Ciricus, mais S. Surgius soit Serg^us. » Mais comme il s'agit d'une 
église donnée à SaintrClaude, il n'y a pas de doute qu'il s'agit bien de 
Saint-Cergues qui a toujours appartenu à cette abbaye. 

Saint-ClirLstopIie, ham. de Champvent, D. Yverdon, S. Chris-' 
lo/orus{fh), 1177, 1228, M. R. VI, i453, S. Christophle, 1619, 
loc., chapelle détruite près Aclens, S. Cristoforus^ 1228, i383, 
M. R. VI et V ; chapelle à Bagnes, Valais ; de S. Christophorus, 
évéque d'Antioche -j- vers 260, fôte le 26 juillet. 

Saint-Cierges, D. Moudon, S, Cereus et S, Sergias^ ii54, 
Cart. Month., M. R. XII, S. Ciriaco, 1166, Hidber, II, S. Cy- 
riacasy 1227, 1228, et Seint Cierie, 1227, M. R. VI, 176, 177, 
180, Senz CiriOf 1 261, M. F. IV, 217 ; probablement de S. Ser- 
gius, pape, 687-701, fôte le 9 sept., ou entre tous les Cyriacus 
(une 2o<'), de S. Cyriacus et ses compagnons martyrs à Rome 
sous Dioclétien, fôte le 8 août. 

Saint-Clément, ham. de Lens, Valais ; de saint Clément, pape, 
91-100, fôte le i3 nov. 

Saint-I>enys, ham. de Cronay ; de S. Dionysius, premier 
évoque de Paris, martyr vers 270, fôte le 9 octobre. 

Saint-Didier, ancien nom de Saint-Loup, D. Cossonay ; proba- 
blement de S, DesideriuSy évoque de Langres, mort vers 407, 
fôte le 23 mai, voir Revue hist. vaud, avril 1903. 

Saint-EIoi, chapelle à Estavayer-le-Lac ; de S. Eligius^ Eloi, 
ministre de Dagobert I®**, puis évoque de Noyon, 640-659, fôte le 
i«' décembre. 

Saint-Etienne, chapelles à Bagnes et Liddes, Valais ; rue et 



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406 SAINT-FRANÇOIS — SAINT-GINIER 

jadis église à Lausanne ; de Etienne, diacre et protomartyr Tan 
33, fête le 26 décembre. 

Saint-François, quartier à Lausanne, du couvent de francis- 
cains qui s j trouvait, de saint François d'Assises, fondateur de 
Tordre 1182-1226, fête le 4 octobre. 

Saint-Oelin, ham. et chapelle près Cornol, D. Porrentruy, ec- 
clesiam S. Jaliani^ 1 147 ; probablement de saint Julien, évèque 
du Mans -J- vers 286, fête le 27 janvier. 

Saint-Georges, plus, villages et chapelles ; de saint Georges, 
martyr, sous Dioclétien ? fête le 23 avril. 

La table alphabétique du Cartulaire de Lausanne, M. R. VI, rapporte 
à tort à Saint^Georges, Vaud, le Rodolphus, miles de S. Georio de la 
page 524. Gomme la charte renferme les noms d'une série de seigneurs 
du Genevois et du Faucigny, il s'agit donc d'une loc. de Savoie. Le Ré- 
geste genevois, dans l'analyse de cette charte, no 628, p. 167, le rap- 
porte justement à Saint-Jeoire en Faucigny. 

Saint-Germain, ham. de Savièse, Valab, S. Germanum^ 
II 00, i2o4; ham. de Bussigny-Morges ; de Germain, évèque 
d'Auxerre, mort à Ravenne 448, fête le 3i juillet. 

Saint-Gervais, quartier de Genève, jadis localité indépendante ; 
de S, GervasiuSy martyr à Milan sous Néron, fête le 19 juin. 

Saint-Gingolpli, Valais, S, Gengulfus^ ii53, M. G. XIV, vil-- 
lula Sancti Gingulphiy 1200, S. Gingulfus vers i23o, S. Gin- 
ffulphus, i436. On connaît plusieurs ssdnts de ce nom : Gingulf, 
évèque de Cambrai -j- 470, un autre évèque de Toul -j- 64i, enfin 
Gingulf ou Gingulphus, compagnon d'armes de Pépin le Bref, 
zélé propagateur du christianisme, assassiné sur l'instigation de 
sa femme à Varennes, Haute-Marne, en 760 ; celui-ci est le patron 
de nombreuses églises en Lorraine et en Bourgogne et de Saint- 
Gingolph, Valais, dont l'église lui a été dédiée vers 870, fête le 
1 1 mai. En patois on dit Saint-Gingout, Saint-Gengoux, Saône- 
et-Loire^ a la même origine. 

Saint-Ginier, territoire à Randogne près Sierre, Valais. C'est 
à cet endroit que se rapporte sans doute le Jaquetus de Sancto 
Ginesio, 1299, M. R. XXX, 523. Il y avait aussi jadis une cha- 



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SAINT-GOTARD — SAINT-LOUP 407 

pelle de Saint-Genis à Sion, d*après une charte où il est question 
d'une vig^ne 4(, vinea sita in civitate Sedun., inter viam qua itur 
apud Valeriam et Sanctum Genesium et saxum Valeriae, ^ — de 
saint Genès, nom de nombreux saints (6) dont le plus connu est 
S. GenesiuSf martyr à Rome sous Dioclétien, fête le 26 août. 

Saint-Gotard, chapelle sur Ayent, chemin du Rawyl ; de saint 
Gothard ou Godard, abbé bénédictin, évèque d'Hildersheim, 1022- 
io38, fête le 4 niai. 

Saint-FIubert, chapelle à Bassecourt, D. Porrentruy ; de Hu- 
bert, né vers 656, comte, évoque de Msestricht près de Liège, 720- 
727, fête le 3 novembre et le 3o mai. 

Sain M mie r, Berne, S. Y me ri us, 884-963 ^ S. Ht me ri us, 1146 ; 
de Himcrius ou (mer, ermite du viF s,, né à Lugnez^ D. Porren- 
truy, qui s*étabtit dans la vallée do la Suse, fête le 12 nov. 

Saint-Jean, communCj vallée d'Anaiviers» chapelle à Sembran- 
cher, quartier à Lausanne, etc. ; de saint Jeaa, apôtre, mort sous 
Trajaïij fête le 27 décembre, 

Saînt^Laurent, chapelles près Saillon et près Ayer, Valais, au- 
trefotsi aussi à Saint-Maurice ; quartier à Lausanne; de saint Lau- 
rent^ diacre de l'église de Rome, martyr en a58, fête le lo août. 
Lauréat fut eo terré hors des murs de Rome j sur sa tombe s'élève 
aujourd'hui la basilique de Saint-Laurent- hors d&s murs ; c'est 
pourquoi ses chapelles sont généralement construites en pleine 
campagne, 

8aînt-Légler^ D. Vevej, S. Lêodegavius^ 1228, M. R. VI ; de 
saint Léger, nom francisé du Germain Leodegar, Liafgar, 
évêque d'Aulun^ mart>T en 678, f^le le 2 octobre, 

Saint-Léonard, D. Sierre, Sanctum Leonardum, 1218; de 
S. Léonard, ermite, mort vers 55g, fête le 6 novembre. 

Sainl-Lïvres, D. Aubonne, S. Liberius, 1228, M- R, VI; de 
S. Liberius, pape -j- 36G, fête le 2^ septembre. 

Saînl-Lotip, ham. près Versoix, ecci. de Sancto-Lapo^ ngs 
M. G* II ; de S, Lapas, évoque do Troyes ~[- 479, fête le a a mai, 

8aial-Loup, près Pompa pi es, nom moderne, postérieur au xr« 
s., la «, cure de S, Didier, autrement appelée S. Loup^j i552, 



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408 SAINT-LUC — SAINT-MAURIGE 

Revue hist. vaud, déc. igoô. Le Dict. hist. Vaud serait tenté de le 
dériver avec Bridel, Gons. suisse, X» 3a, de S. Lupicin, frère de 
S. Romain. De même, M. Tabbé Besson. Bien douteux ; le nom 
de S. Lupicin s'est maintenu tel quel dans le nom d'un village 
près de Saint-Claude (ancien monastère de Lauconne). Nous pen- 
sons plutôt avec M. Reymond, Revue hist. vaud., déc. igoS, que 
ce nom vient de quelque autel consacré au xvi« s. à un saint 
Loup, soit S. Loup, l'évoque de Troyes, ou un autre comme 
S. Loup, évéque de Reg-ensburg, -j- 999. 

Saint-Luc, vallée d'Anniviers, appellation toute moderne, au- 
trefois et encore aujourd'hui Luc tout court, rien de commun avec 
l'apôtre; voir Luc. 

Sainte-Madeleine, chapelle à Ayent, Valais ; ermitage à.Fri- 
bourg ; de Marie-Madeleine ou de Magdala, morte suivant quel- 
ques auteurs grecs en go à Ephèse, fête le 2a juillet. 

Saint-Maire, ancienne porte à Lausanne, d'une église dès long- 
temps disparue, consacrée à S. Marias ^ évoque de Lausanne 574* 
594, fête le 9 février (jadis le 3i décembre). 

Saint-Marc^ chapelle à Bagnes ; de saint Marc évangéliste, 
martyr à Alexandrie en 68, fête le aS avril. 

Sainte-Marguerite, chapelle à Savièse ; dédiée à sainte Mar- 
guerite, vierge martyre à Antioche de Pisidie, fête le ao juillet. 

Saint-Martin, plusieurs communes et hameaux, ancienne porte 
et rue à Lausanne ; de S. Martinus, le célèbre évêque de Tours, 
un des patrons de la Gaule, mort en 896 ou 4oo, fête le 1 1 no- 
vembre. 

Saint-Maur, place à Lausanne, de saint Maur, Maurus, disci- 
ple de saint Benoît, fondateur en Gaule de monastères de béné- 
dictins au vi« s. ; fête le i5 janvier. 

Saint-Maurice, plus. loc. ; de Mauritius, chef de la légion thé- 
béenne, martyr à Saint-Maurice, Valais, en 3oa(?), fête le a a sep- 
tembre. La petite cité valaisanne s'appelait autrefois Agaunum, 
Acaunum, Monasterium acaunense^ Chron. de Marins. 4(. Agau^ 
num accolae interpretatione gallici sermonis saxum dicunt, > Vie 
de S. Sigismond ; du celte acauno, pierre, rocher. 



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SAINT-NICOLAS — SAINT-SAPHORIN 409 

Saint-Nicolas, D. Viège, Valais ; de S. Nicolas, évéque de 
Myre, "l* vers 325, fête le 6 décembre. 

Saint-Oliyier, ham. de la Gôte-aux-Fées, Neachàtel ; saint Oli- 
vier, corruption de sanctus Liberius d'Ancône, pèlerin, mort vers 
127Ô (de Sancto Liberio on a fait Sanct' Oliberio et déduit un 
nom Oliberius, d'où Olivier)* 

Saint-Oyens, D, ÂuboDoCj eccl^ de Sancto Eugendo, ii3f), 
Vicum de S\ Eurjêndo, 121 1» S, Eagenio, ia85. M, R. 111,554, 
Seint^Oyentj i3o6j M. R* XII » iSoj eccL S, Eugendi^ i5()4 ; 
de saint Oyend ou Oyant^ Eug^endus ou O^eDdus^ abbé de Condat, 
aujourd'hui Sainl*Claudc, ^ 5io. Le S, Eugenio, laSS» paraît 
une confusion avec un des saint Eugène, Tun évèqae de Cartbag^ 
•j- 5o5j Fautre, pape \ 658, 

Saint-Pierre, m. à Aig-le^ ancienne chapelle; rue à Lausanne 
(église détruite après la Réforme) ; Saint-Pierre de Cl âges, vil- 
lage valaisan, Saint-Pierre de Joux ou Bourg-Saint-Pierre, Va- 
lais, etc. \ de Pierrej apôtre, fête le 39 juin. 

Sainl-Prex, D, Mortes, S. Prothasias, 887, eccl. S, Protha- 
sii, 1173, 1183, M. R, VUy 21, a8; de Sanctus Prùtha&itts^ S« 
Protbais, évêque de Lausanne, mort vers 64 g, fête le 6 nov. 

Saint -Quintin, chapelle à Héréraence, Valais ; de S. Quinti- 
nus, fils d'un sénateur romain, apôtre du christianisme dans le 
Vermandois, martyr sous Dioclétien, fête le 3ï octobre^ en Valais 
le 3o. 

Saim-Roch, quaitier à Lausanne où s'élevait un ancien hôpi- 
tal construit de i494^i49^i voir Manuaux du G, de Lausanne par 
Ernest Cha vannes, I, 22S ; de saint Roch, gentilhomme de Mont- 
pellier, 1 295-1 327, qui consacra sa vie au soin des pestiférés, fêle 
le 16 août. 

SaiBl-RomalD, ham, d*Ayent, Valais^ ecclesîa S, Romani de 
Agenta, ii53, Sanct. Bomannm, i254, 126g; de S* Eomain, 
diacre de Césaréo ^ à Antioche en 3o3j fêle le 18 nov, (fêle à 
Ayent le 20 mai). 

Saint-SâphoriD, D. Morges et Lavaux, S. Sttjfùrianum^ 
1187, S. Symphopianam^ ii46, M, F. II et lïl et 11 63, M. R» 

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410 SAINT-SÉBASTIEN — SAINT-URSANNE 

XII, S. Sa/urin, i256, Saymsa/arin, 1284, M. G. XIV, 87, 
128; une loc. à Perroy, S. Sefurin^ 1012 ; de S, Symphoria- 
nuSy martyr à Autun vers 1 79, fête le 22 août. 

Saint-Sébastien, chapelle à Nendaz ; de Sébastien, officier de 
la ^arde impériale, martyr à Rome, suivant les uns en 287, sui- 
vant d'autres en 3o4i fête le 20 janvier, 4( avec procession partout 
où on peut la faire dans la plupart des paroisses du Valais, dévo- 
tion établie dans la première moitié à\L xviP s. pour demander à 
Dieu, par l'intercession de son martyr Sébastien, la cessation du 
fléau de la peste, y^ Note de M. le chan. Bourban. 

Saînt-Séverin, ham. de Conthey ; de S. Severinus, abbé 
d'Agaune ou Saint-Maurice, "l* 607, fête le 1 1 février. 

Saint-Salpice, Vaud, S. Surpicius, 1228, et Neuchâtel, S. 
SarpisciuSf 1228, M. R. VI, les deux popul. Saini-Sulpi, ainsi 
dans Struve, Itin., 1794; de l'un ou l'autre des iS'. SulpiciuSy tous 
deux évêques de Bourgces, l'un -j- 691, fête le 29 janvier, l'autre 
•)• 644» fête le 17 janvier ; il s'agit probablement du premier. 

Quant à Solpiacum, 885^ M. R. VI, 132, que la table alphabétique du 
Cartulaire, p. 686, rapporte à Saint-Sulpice, c'est Suchy ; voir ce mot. 
Sulpicius aurait donné Sulpiciacum. 

Saint-Sylve, ancienne église de Vex, Valais, isolée sur une 
colline ; de saint Sylve, évêque de Toulouse, mort vers 4oo, fête 
le 3i mai. 

Saint-Théodule, col de glacier à Zermatt ; de saint Théodule 
ou plus justement Théodore, premier évêque (connu) d'Octodure 
(Martigny) mentionné en 38 1 et 890, fête le 16 août. 

Saint-Triphon, D. Aigle, HambertuSy miles de S, Triphon^ 
et ecclesia S, Triphoniy 1 190, de Gingins, Recherches, p. 48, 
S. TryphoFif 1282, i3ii, S. Triffbn, i332 ; de S. TryphonuSy 
martyr à Alexandrie, iii^s., fête le 3 juillet, ou d'un second mort 
à Nicée vers 260, fête le 10 nov. 

Saint-Urbain, chapelle à Cressier, Frib. ; de saint Urbain I«r, 
pape, 222-280, fête le 26 mai. 

Saint-Ursanne, D. Porrentruy, Monasterium sancti Ursicini 
vers 666, cella S. Ursiciniy 849-1040 ; de saint Ursicinus^ sui- 



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SAINT-VENDELIN — 8ALAVAUX 411 

vant la légende, disciple de Colomban, mort vers 620, fête le 
9 déc. 

Saint- Yendelin ou Wendelin, chapelles à Barberêche, Frib., 
et alpes de Naters, Valais, consacrées à saint Wendelin, — patron 
des bergers, — abbé de Tholey, Bourgogne, -j- vers 65o, fête le 
21 oct. 

Saîûl-Yîelor, loc. h Garlig^ny» aoc. propriêt*? du prieuré de 
Saint- Victor à Genève; de saint Victor de Marseille, soldai, un 
des compagnons de Maurice, martjFj 3o2, fête le 21 juillet. 

SaÎDt-Vîtieeiit, m, k Gilly ; de S. Vincent, diacre de Sarragossô 
martyr eu So4, fête le ai janvier, ou S. Vincent de Lerins, mort 
vers 45o, fôte le 24 mai. 

Les Sairins ou Naîraîns, ha m* de Saiot-BraiSf Jura bernois, 
Sonores riipes ou Roches sœurs en 12 ro, Dict. Attingcr; corrup- 
tion de sœurs, comparez Séreux sur Vouvr}'. 

Salaire ou Sallaîre, sommet et combe à TEtivaz, Pays-d'Eo- 
haut ; Combe de Salaire ou Seleyre à Champérj, Seleyres à 
Vionnaz, Tressalaire à Leysiû, ires = trans ; la Hallayre à Vil- 
leneuve, Seleyre à Saint-Cierges, Selyre, ham. de Praz, Fri- 
bourg ; Céloyres, sommet et pâturage près Culant, Orm ont-des- 
sus, Oiolaire, plateau dénudé au Saint- Bernard, Valais; pareuts 
du latin solarium^ lieu élevé, exposé au soleil, de là le solier, 
plancher supérieur d'une grange, La permutation sal-sei-chol est 
connue, ainfii Bridel a &â!a, &êîla^ chola^ chaise, 

Salanfe, ch-f^ Salancia^ 17 16» registre de Vérossaz, pâturage 
parcouru par la 8^l(l)niiche, Saleoce ou SalaoTc près Vernayaz ; 
Salenee, torrent de Saillon, Valais ; Salenc^e ou Salanclie, ruis- 
seau de Saint-Saphorin, amnem Saîanchiaf Xl^ s,, Hidber, I, 
Salentia, îigS, M. R* 1^ Salianchi/, i368 ; Salentia, mont do- 
minant Talpe de SalanTe, Sailantin, 17^0 ; dérivés du verbe sa^V- 
/i>, faire saillie et sauter, bondir: rochers qui saillent, torrents 
qui tombent eu cascades. 

Salavaux, ham. de Efellerivej D, Avenches, alL Salvenach. Le 
nom allemand correspond k Sauvigny ::^ (fandum) Saivinia- 



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412 SALAZ — SALLETTAZ 

cam, domaine d'un Saluinius, g^ntilice romain ; le nom français 
parait renfermer la racine sal, maison. 

Salaz ou Sales, ancienne abbaye près Ollon, Sales, 1276, — 
partie de Vouvry, loc. à Prez, Fribourç ; La Sallaz, h. de Lau- 
sanne, Sallaz, partie de Riez, loc. à Fleurier ; la Sala, ham. de 
Pont-la- Ville, loc. à Arnex ; la Salla à Fresens ; Sales, D. Sa- 
rine, Frib., villa Sala, 1082, Sales, 1069 ; autre D. Gruyère, 
puis une lo^^ de villag'es et bsmeaux, quelquefois Salles : Lutry, 
Marchissy ; du v. h. ail. sal, maison, demeure (et non du latin 
cella qui n a pas laissé de traces chez nous). Quant à Sales, do- 
maine près Palézieux, Sales, 11 66, SaulaSy 1167, M. R. XII, la 
forme Saulas pourrait le rattacher à Salaha, saule ; voir ce mot. 

Salenove, loc. à Gilly, D. Rolle, feudum de Salanove, 1266, 
M. R. III ; sans doute un fief de la maison savoisienne de ce nom, 
de sala, demeure, et nova y neuve. 

Salettes ou Salettaz, nom fréquent de champs, une lo^de loc. 
Vaud, Frib. et Neuch. ; du patois saletta, oseille sauvage, ter- 
rains où elle abonde ; salette, dim. de sel à cause de l'acidité des 
feuilles, un casale de Salecta apud Crissier, 1208, M. R. VI, 
65g. Ne pas confondre avec Sallettaz, voir plus bas. 

Saleucex, tour en ruines sur le Gubli, Montreux ; Saleuscé, 
Bridel, qui le dérive de sala au Sex, demeure sur le Sex, le ro- 
cher. 

Salins, m. sur Aigrie, ancienne saline exploitée dès i554 jus- 
qu'à la fin du xviii® siècle. 

Salins près Sion, Salai ff, 1200, Salen, 1227, 1267, Salein, 
1282, 1266 (le Salem, 1267, M. R. XXX, p. 169, doit être lu Sa- 
lein), Saleyn, Salenz, 1260, SalenSy i333, i34o, 1875, etc. = 
chez les descendants de Salo ou Sallo, n. pr. germain. 

Sallaz, Mont — , i5i4 m., sommet du Jura sur Arzier, Salla, 
1208 ; 2 pâturages de Gruyère, la Salle, loc. à Vétroz et sommet, 
vallée de Bagnes ; de salla, siège, latin sella. Salettes, sommet, 
alpes de Châtel-Saint-Denis, diminutif ; mais pourrait avoir été 
d'abord le nom du chalet ; ce serait alors le mot suivant : 

Sallettaz, 4 loc, maisons et chalets, C. Fribourg, D. Gruyère 



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SALQUENEN — SÀNETSCH 413 

et Vevejse, dim. de salla, du v. h. ail. sal, maison ; un territoire 
de Salletaz près Everdes, Frib., en i33o. 

Salquenen, D. Sierre, en patois romand SarquenOy ail. Sal- 
getsch, Salconio au xi« s., Salqueno, 1219-134&, Sarqueno^ 
122g, 8 fois 1822-1 892, Salquenon, i84o, 1861, Sarquenoz^ 
1799. Salf^tsch, du latin salicetum, taillis de saules, et Salco- 
nium, de Tall. Salchen^ prairie parsemée de saules, v. h. ail. sa- 
lah. Localité jadis française où tous les noms de lieux-dits sont 
encore français, avec une orthographe allemande, par exemple : 
Schilius (Chilloux), Muling, Fontanetten, Lusche (Louchet), Fos- 
cha, Glu (Clou), Schanpitro, Trong (Tronc), Flantey, Karo, Schau- 
derâng (Ghauderan), Goliry (Coluire), Schuterig (las sutery, xiv« 
s.), etc. 

Saltine, rivière à Brigue, Saltana, i4oi, Saltancy 14^7. Rien 
de commun avec salixy saule, comme le veut Studer ; dérivé de 
saltarcy sauter, à cause de son cours rapide. 

SalTagny, D. Lac, Fribourg, ail. Salvenach: Suaniez^ i84o, 
Salvagnye, i84o, Rec. dipl. V, Salvagnie^ i45o, Savagnie^ 
1642 ; de (fundum) Silvaniacum, domaine d'un Silvanius^ 
gentilice romain (village romand germanisé depuis trois siècles), 
permutation i-a comme dans Salvan. 

SalTan, Valais, Silvanuniy 5i6, ii47> Hidber, II, et 1188, 
Gibrario 48, Salvans^ 1262, M. R. XII, Salvanam^ 1272, Ser- 
vanSj 1807, M. G. XIV, Sarvans, i8i5, 1864, ServenSy i4a8, 
Verneya, in pede de la poya de Sarvan, Emanei apud Sar^ 
van, 1782 ; du latin (vicum) silvanum, (village) de la forêt. 

Samarain à Ayent, Valais, patois pour Chamarain, voir Gha- 
marin. 

Sampil à Ayer, Valais, patois pour Ghampil, de campellum, 
petit champ. 

Saneisch, col et plateau entre Sion et Gessenay ; de la racine 
San de Sarine, Sanona, Senona, et suffixe collectif germain 
etsch, comme Gradetsch, Salgetsch : prairies, pâturages de la 
San. En français Senin, Senenz, 1248, 1262, SenenSy 1879, ^• 
R. XXII, 2i5, même racine San, Sen. 

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414 SANFLEURON — 6ANGSUY 

Saafleuron ou Zanfleuron, pâturag'e et g-lacier au Sanetsch, 
Valais, Chau/leuroUy 1879, M. R. XXII, 2i5, Chamflorony i44o ; 
de zan^ san = champ ou de chaux, de calma, pâturage, et fleu- 
ron, employé adjectivement, champ ou pâturage fleuri. 

Sangla {gl mouillé), arête rocheuse sur le glacier d'Otemma, 
Valais ; la Sengla, chaîne de rochers entre les glaciers d'Otemma 
et d*01on ; Senglioz, pâturage, alpes de Bex ; la Roche du 
Sangle ou du Singlliou à Vallorbe (que Vallotton-Aubert dérive 
de sanglier) ; Pas du Single, sentier en écharpe au Creux du 
Van, Neuchâtel ; Senlioz ou Sinlioz, loc. à Vex, Valais ; Scin- 
glioz, petit pâturage dans les gorges du Trient, sous Salvan et en 
face à Gueuroz ; en Sengioz, loc. à Massongex, Gengloz à 
Evionnaz ; Singline, alpe vallée d*Anniviers. S permute avec / 
dans la vallée du Rhône ; de là les Feinlles, rochers bordant le 
Torrent Sec à Mordes, et Feinlleney, corniches herbeuses sous 
le rocher de Dailly à Mordes ; les Fingles, les Cengles, vieux 
plan de Vérossaz, xviii« s., lisières herbeuses ou boisées sur les 
corniches de rochers de Saint-Maurice, le Fenlioz à Vionnaz, 
Fenllioz, 1776, CengloZy 1728. Du latin cingula, sangle, cein- 
ture. En Dauphiné, sangle = corniche herbeuse entre deux pa- 
rois ; les Schaingel des Grisons, les Tschingel de la Suisse alle- 
mande ont la môme origine. Un ancien château près d'Annecy, 
Sclngle ou Single, est appelé Cingulum dans une charte de 1291, 
R%. gen. 333. 

Hnngsuy, loc. à Combremont ; ruisseau, affl. de la Sonnaz, 
Frib. ; Sensuis à Rossens, id. ou Sensuy, ham. de Praratoud ; 
loc. à Barberèche, en patois Sansuvâ ; Sansul, prés à Payerne, 
ies 8ensuys, Chavannes-le-Chéne, Sansuy à Eysins, à Pully ; au 
Censui à Renens ; Sansuet à Marchissy ; Sansuvy, m. à Grolley ; 
et dans les chartes : lo Sansuiler à Vu fflens-la- Ville vers 1260, 
M. R. [II, 538, campus du Sansuy er à Sullens, 1287, chan dou 
Sansnier à Ecuvillens vers 1280 ; de sangsue, patois sangsuie, 
Gi âuff. ier : sangsuyer, marais à sangsues, comme les Prés des 
Sangsues à Bogis-Bossey, correspondants des nombreux Egelsee 
de la Suisse allemande. 



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SAPAY — SAURA 415 

Sapay à Plan-les-Ouates, Sapey, ham. de Bagnes, Valais, 
Sappatfi 1720; m. à Marsens, Frib. : Sapis, Romanens, Sapy 
à Provence, Sap(p)i à Charmey, Sapex, Montreux, Sappex, 
Charmej, Sapet, Val-de-Ruz, Sapaye, Vuisternens, etc. ; du v. 
fr. sapy celtique sap^ sapin, et collectifs ey, ex, y, aye, latin 
etam ; un Sapey au pied du Salève est appelé Sapetum au xin« 
s. Nombreux diminutifs : Sapel, crôt, Jura neucb., Sapallaz, 
Sapellaz, Sappelet, Sapelet, Sapalé, Sapalez, Sapaley, Se- 
pley pour Sépeley ; en Valais Zappalaz, Chapelet etZapelletta, 
voir aussi Sépey. 

Plusieurs auteurs rattachent au celte sap, sapin, le nom de Sapaudia^ 
mentionné pour la première fois par Am. Marcellin vers 360^ puis Sa- 
baudia, aujourd'hui Savoie. 

Sapino, atlas Siegfried, ham. de Saxon, Valais, fausse orth. 
pour Sapinhautj Feuille ofF. du Valais : l'h de haut est muet 
dans beaucoup de noms locaux. 

Sarine, rivière, ail. Sane, AS'anona, io3g, ii5o, 1160, 1228, 
Sanuna, 1079, Senona, 1270, Sarona, i333, 1392, i4o6. Sa- 
rina, 1426, M. R. et Rec. dipl. V, VI, VII; Sana, 1668, carte 
V. der Weid ; formé de la racine san, sar, et ona, rivière. La ra- 
cine sanscrite sar, aller vite, couler, adj. sarnoSy qui se hâte, se 
retrouve dans de nombreux noms de rivières : le Saren, Sam 
ou Saar, rivière près Sargans, la Saary affl. de la Moselle, le 
SarnOy fleuve près Naples, Sarnen, pluriel, à la jonction de 
deux torrents, etc., en romanche sur, tschar := torrent. 

La forme Seroye de ce passage d'une charte de 1259 citée par Wûrs- 
temberg, 167, « locum situm inter villas nostras de Berna et de Murato 
super aquam Seroye qui Contamina (Guminen) nuncupatur » est tout à 
fait isolée et nous parait étrange. 

Le Sarjeu, loc. à Saint-Maurice, le même queChargeux, Fully 
et Chargiau, Alpes vaudoises ; voir Chargeoir. 

La Sarouehe, forêt et rochers, Château-d'Œx ; voir Charoutze. 

Sarra, La — , prés à Etoy, Sarraux ou Serraux, écart de Bé- 
guins, Sarraul, i493, et Sarraulx, 1697, 1627 ; peut-être du 
bas latin sarroy serrUy clôture, enceinte ; un bois de Sarroul 



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416 SARRAYER — SASSENEIRE 

près du Landeron, i356, 1873, serait-il le Serroues d'aujourd'hui 
sur Lignières ? 

Sarrayer ou Serrayer, village de Bagnes ; du bas latin sarrUy 
serra y et ayery du latin acer^ érable : clos des érables. 

La Sappaz, D. Cossonaj, Sarata, ii58, Sarrata, 1186, la 
Saray i235, M. R. VI, 624, la Sarrée, 1227, 1260, VII, 49, cel- 
lam de Serra^ 1286, M. G. XV, 24, villa Serrata, 1879, ^^• 
D'après Gatschet, du bas latin sarra^ scierie, ce qui n'explique 
pas Sarrata. Nous le dérivons plutôt, vu la position du bourg, 
d'un adj. serralus: villa serrata, du latin serras^ défilé^ passage, 
en romanche serra^ défilé, ville resserrée dans un défilé. Rien de 
commun non plus avec les Sarrasins, comme Studer le pense, sur 
le simple fait que les habitants de la Sarraz s'appellent Sarrasins 
et qu'on y fabrique du fromage appelé sarrasin (sic), p. 87. 

Sapzens, D. Moudon, SarsenSy 1261, M. F. IV, 2iSy SarsenSy 
1277, M. R. VII, 69 = chez les descendants de * Sarizoy n. pr. 
germain, dérivé de SarOy du v. h. ail. sarOy armure, comme Chu- 
mizo de Chumo, Godizo de Godo, Oppizo de Oppo, Hugizo de 
Hugo, etc. ; rien de commun non plus avec les Sarrasins, comme 
Studer le suppose. 

Sassel, D. Payerne, Saselzy 1 168-1 171, Arch. Fr. VI, Sasely 
ii66, SasseZy i2i5, i84i, Sassesy 1226, 1228, F. B. II, 88, G. 
de Saisely 1228, M. R. VI, 100, SaisseSy 1242, etc., Sassely 1868 ; 
autre, ham. de Fleurier ; loc. à Lignières et à Baulmes ; forêt à 
Concise ; un Sassel à Puidoux, i2i5 ; de saxelluniy petit rocher. 

Sassalaz à Albeuve, Sassaias à Rossinières, Sassélaz à Con- 
thej, aux Saxelles, aussi le Saitellaz, m. sur Vouvrj ; on dit 
aussi les Sasilles du Flon, du Vézenant à Vouvry ; de saxellay 
pluriel de saxellum pris pour un s. f., en romanche sassella, 
amas de pierres. 

Au Sacellapd, Sassellardy i556, Port- Valais, le Sasselet, pi. 
loc, le Saisseli à la Hutte, Berne, doubles diminutifs. 

La Sasse, sonmiet Entremont, et Grône, loc. à Dorenaz, Va- 
lais ; de saxa, plur. de saxuniy pris pour un f. s. 

Sasseneire, de saxay roche, et noire, sommet, val d'Hérens. 



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SARSG — SAUCBNS 417 

La Sarse à Corbejrier, et loc. à Mordes ; le même que Sasse 
avec épenthèse d'un r. 

Saxe à Fully, Sassey à Morgins, Montreux, Ocourt, Jura ber- 
nois, racine sax^ rocher et suffixes é, ey, collectifs. 

Sasset, 4 loc. Ormont et ailleurs, diminutif de Sasse. 

La Chasse, pâtura^, val Ferret ; pente rocheuse sur Vionnaz, 
les Châsses, pâtura^ au Sanetsch, de saxa, voir Sasse, et per- 
mutation s-cA, les Sachets à Vionnaz, Chachet à Savièse, dimi- 
nutifs. Il j a un chemin du Sachet à Cortaillod, mais nous igno- 
rons si ce nom peut se rattacher à ce groupe. 

Sassore, voir Saxore. 

Sasvouet, chalets sur un point saillant des alpes d'Ayent, Va- 
lais ; de sas, rocher, et vouety point de vue, de oouaiti, du v. h. 
ail. wahtân, veiller, regarder : le rocher d'où l'on a une belle vue. 

Satlgny, Genève, villa Satiniatis, 901, 984, M. G. II, 16^ pour 
Satiniacis; Satiniacum, xii« s., et ii63, M. G. I, 20, XIV, 10, 
ecclesîa satiniensis, ii34» Satinnie, i235, Satiffnie, 1287, Sa- 
tignier, i3o5, M. G. I, XIV, etc. ; de Satiniacum (fundum), 
domaine d'un SatiniuSy gentilice dérivé du cognomen Satinas, 
Holder, II, 1376. 

Le Sau, au Sau, en Saux, m. et loc., une lo*', G. Vaud ; en 
Sahu, loc. à Auvernier, syn. des Sau vaudois ; de sau, sahuy 
noms patois du sureau, du latin sabucus, endroits où les sureaux 
abondent. De là les composés en Saumon t, 7 loc. Alpes et Jura, 
en Saumon à Combremont = mont des sureaux. Une loc. à la 
Croix du Sceaa à Villarlod doit être encore un Sau, 

Saubraz, D. Aubonne, Saubra, i25i, M. R. XII, 144^ ^^1^9 
i344> Saluhray xin« s., M. R. III, 563, Salbrum, 1237. Ces deux 
derniers sont des essais de latinisation du mot romand : au venant 
généralement de a/, le chartiste de 1237 a traduit Salbrum ; 
l'autre a cherché un sens et a pensé que Saubra devait signifier 
Sal'bra, Salubra. Mais si l'on considère que le patois dit sobra, 
saubra, au-dessus, du latin supra, on y reconnaîtra l'origine du 
nom de Saubraz, qui ast sur un gradin supérieur. 

Saucens, ham. de Vuadens, Frib., villa Socxingus, id est Sou- 

M. D. SKG. SÉRfE, TOMK VII 11 

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448 SAUCY — SAULE 

cens, M. R. VI, 5, Oalcens, ii45, M. F. II, 829, SouceinSy 1248, 
F. B. II, SoucenSy 1262, 1277, Sucens, 1266, M. R. XÏI, 288, 
Souceng, 1268, Succens^ ^278, Arch. Fr. III, 71, SouceynSy 
i84o, SaucenSf 1426 = chez les descendants de Salacho, Sale- 
choy SalichOy SalochOy Salacho^ SalchOy n. pr. germain, dé- 
rivé de saloy noir. 

Saucy, Saulcy, voir Sausse. 

Saudannaz, pâturage à Blonay ; d'après M. Isabel (in litt.), 
serait le fém. de l'adj. patois saudan, seul, Talpe isolée, retirée; il 
faudrait peut-être rattacher à ce mot saudan quelques noms locaux 
de la vallée du Rhône : en Saudan, prés à lUarse, Chaudan^ 
1696, Soudan à Dorenaz, Sudan ou Seudan à Yérossaz, Derbé 
Saudan à Ormont-dessus, Praz Saudan à GhAtel-Saint-Denis. 

Sauderan, chalets, vallée de la Baie de Montreux, au-dessus 
de profonds ravins ; de chaudière, patois tsaudeiray équivalent de 
Chauderon, nom du vallon plus bas. 

Saudettaz, en la — , à Vérossaz, Valais ; probablement autre 
forme de Saudzettaz ou Saugettaz, nom fréquent =: lieu couvert 
de saules ; v. fr. sauge, permutation J-d, comme dans Oujon, Ou- 
zon, aujourd'hui Oudon, Audon (alpes du Sépey), Ougine-Au- 
dena ; Gha|ii^-Ghaude. 

Sauge ou Sauges, plus, villages et hameaux, du v. fr. sauge : 
les Sauges entre Landeron et Neuveville, SaliceSy 11 85, 1121, 
Sales, 1246, Trouillat, un pratum des Sauges à Vétroz, i25o, 
patois saudze = saule ; forme une nombreuse famille, i^ des di- 
minutifs : Saugealles, loc. Lausanne, Sageleys, 1 142, Sogelez, 
1182, Sajales et SageleSy 1184, Sougeles, 1199, et Souzetes, 
xii*» s., Cart. Month., et ailleurs, Saugettes, Sauzettaz, Sau- 
geon^ Saugeau ; 2^ des collectifs Saugiaz, Salgia vers ii5o 
dans une charte de Haut-Crèt, Saudziaz, Saugey (Saudzay), 
Saugy(is), Saulgy, Seuzey = lieux couverts de saules, et suf- 
fixes ia, ey, y, voir aussi Seujet ; peut-être faut-il y rattacher les 
Songy, Sondgy, Siong'e : le Saulgy, bois au Gibloux, se dit en 
patois Chondzi. 

Saule, ham. de Bernex, Saules, com. D. de Moutier, Sales, 



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SAULGBT — SAUTEROT 419 

ii48, 1294, i4oi, Saules, Val-de-Ruz, Sales, 1269, F. B. II; 
loc. à Vétroz et Luins ; Saulesses, majens d'Evoléne, Salice 
vers 1280 ; probablement aussi Sales, domaine à Granges d'Atta- 
lens, SaleSy 1166, Saulas, 1167, ^^* ' ^^ germanique salaha^ 
contracté en sala = saule ; se compose avec moille, voir Mollie. 

Au Sauley, à Monthey, de saule et suffixe coll. ej, était un 
Saujay en 1696, même sens. 

Sauquenil, promontoire rocheux entre Roche et Villeneuve, 
Tracce de Socqueniny I2i4 (limite des franchises de Villeneuve), 
Socceny et Soquenily 1792, Rôle des signaux ; nous paraît i*en- 
fermer la racine gauloise socCy provençal soCy fr. souche ; voir 
Suche. 

Saussaz, Sansses, Sauces, nombr. loc. = salices, les saules, 
pi. du latin salicem. Sauley, com. D. Delémont, Saucy à Tra- 
melan, Gourtetelle et Develier, Saussey, ham. de Féchy, collec- 
tifs ; de salicetum, taillis de saules. 

Cependant sauss- peut avoir une autre origine, ainsi : 

Saussivue, 3 loc. Gruyère, l'une Salsa aqua^ i235, 1296 =: 
eau salée. 

Algue Saussaz, loc. à Salins sur Aigle, où se trouvait jadis 
une source salée exploitée jusqu'à la fin du xviip s. ; la Saussaz, 
ham. deRougemont, Solsa dans Lutz, ail. in der Suit; Commun 
de la Saussaz et Algue Saussaz près Salins, alpes d'Ollon ; un 
Michael de Salsa à Ollon, 1820, M. R., 2® s., IV, 83 ; ruisseau de 
Saussouye à Bex. L'ail. Suit et Salsa indiquent la dérivation 
du latin salsas, salé, — en celte salusa = source salée, Zeuss, 
122, — et les montagnes d'Ollon avaient plusieurs sources salées, 
aujourd'hui douces comme celle de Salins. 

Le Saut, loc. à Valangin et à Saxon ; les Sauts, bois à Liddes et 
2 pâturages Charmey; Sur les Sauts à Botterens, Frib., le Saut 
de Serroue à Peseux, le Sault à NeuchAtel, Pertuis du Soth, 
1877, du Soc vers 1800. Probablement aussi Crétaz du So sur 
Saxon ; du latin saltas, bois. Quant à Serroue, voir ce mot. 

Sauterot, ham. au torrent d'Useigne, près Hérémence, Valais ; 
Sauteruz, ruisseau, affl. de la Mentue, Vaud ; de rur, ruisseau, 



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420 SAUTERY — SAUVBRNY 

et rimpératif de sauter : saute, bondis, ruisseau ! même formation 
que Ghantemerle. 

Sautery, prés à Panex et aux Ëcovets sur Ollon, à Chàtel- 
Saintr-Denis, Saltery, loc. à Fully, un loco de loz Souteryt entre 
Sion et Savièse, 1224 ; une terra Sauterii à Jussj, 1226, M. G. 
XIV ; probablement ancienne propriété d'un sautiery latin salle' 
riaSy saltariuSy ma|p;îstrat municipal aux fonctions variables^ 
primitivement char^ des forêts, saltas. D'après Littré, saltarius 
= messier, celui qui g^arde les moissons, du bas latin, salluSy 
fonds de terre, extension de sens de sallus^ forêt. On trouve aussi 
psalterius, « mistrales et psalterii, 1228, Rég. gen., de là la sin- 
gulière étjmologie de Matile qui dérive sautier de psautier, celui 
qui lit les psaumes ! 

Sauvabelhi, forêt sur Lausanne, Savaberlin vers 1280, Silva 
helinij 1227, M. R. VI, 4i6, 546 ; généralement expliqué par fo- 
rêt — silva — consacrée à Belenos ou Belinus, l'Apollon des Gau- 
lois. Gatschet, se basant sur la forme de 1280, l'explique par forêt 
de Berilo, n. pr. germain. Nous préférons la première étjmolo- 
gie : i» La forme de 1280 est isolée, probabl. faute d'orth. ; 
2^ Les localités dont le nom dérive de Berilo ont gardé le r jusqu'à 
aujourd'hui ; voir Berlens, Berlin, Berlincourt ; i^ La forme de 
1227, presque contemporaine de l'autre, rattache nettement ce 
nom à Belinus. Nous savons que des montagnes, des sources et 
nombre de localités lui étaient consacrées. 

Sauvage, Grand — , Petit — , Gros — , à Semsales et Vaulruz, 
Fribourg = terrain, fond sauvage, c'est-à-dire boisé (fundum) 
Silvaticuniy nom datant de l'époque où le pays était encore cou- 
vert de vastes forêts. 

Sauveillame ou Soveillame, ham. de Gollion et de Senarclens, 
D. Cossonay, Savaglames^ i844» Sauvaglames^ ^^11* 

Sanverny, ham. de Versoix, voisin de la commune française 
de ce nom, Souerney, 1164, M. G. IV, 78, Sovernay, 1226, Rég. 
gen., 164, Sauverniery 1817, Sooernier, 1871, M. G. IX et 
XVIÏI ; probablement de sub vernelOy sous le Vemey, sous le tail- 
lis de vernes. 



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SAVAGNIBR — SAVIGNY 421 

SavagDier, 2 vill, Neuchâtel, Savaignier^ ii43, Saavegnez^ 
Savagnyy 1179, Sauvagnie^ 1276, Savagniery 1809, Savai- 
gniCy Savagniei, 1349» ^^^^ff^l/f <^^3 ; de silvaniacam (locum)^ 
Heu boisé, ou, comme les Savigny, de Sabiniacum (fundum)^ 
domaine d'un Sabinius; les formes en au, de al font prévaloir 
la première explication. Savagnière, 2 pâturages près Saint- 
Imier, et Suvagnier, 2 pâturages sur Buttes ; de silvanariam 
(regionem) silvanarium (locum), contrée boisée. 

Savagnier, ail. Safneren, près Nidau, Berne, SavenièreSy 
i25i ; même origine, ou de sabinaria, de sabina, voir le mot 
suivant. 

Savenay, ham. de Salvan, Valais ; du latin sabinetaniy endroit 
où abonde le Genévrier Sabine, Juniperus Sabina^ patois savena, 
abondant dans tous les environs. 

Savalena, pâturage sur Vouvry, Valais, Chavorina^ i4o2, M. 
R., 2<' s., II, 4o. 

Saves, es, aux Saves, nom fréquent dans la vallée du Rhône : 
prés marécageux à Yvome, Roche, Saint-Triphon, OUon, Colom- 
bey, Muraz, Vouvry ; loc. à Troistorrents, Gryon, Ormont-dessus 
et dessous ; Saviez, collectif, prés marais à Villeneuve ; Savioz, 
loc. à Chesières, D. Aigle, et Vex, Valais ; Conunun des Saviaux 
à Morlon, Frib. (fausse orth. probable) ; Savettes à Ollon et les 
Savolaz à Illarse, dim. ; les Savietes à Lens, Valais, vers 1 260 ; 
les Sévis à Nods et Douanne, Jura bernois. Probablement nom 
dérivé du latin saevus, sauvage, mauvais ; le provençal a savoi, 
mauvais, de saevacus, ces terrains sont des marais peu produc- 
tifs, entrecoupés de buissons qui gênent la faulx et ne donnent 
qu'une litière rare. En Champagne on appelle sauartSy même ra- 
cine et suffixe augm. ard, de mauvais terrains incultes. 

Savîèse, Valais, Savisia^ looi, Saviesi{y)y 12 17, 1260, etc., 
Saoesiat i3o6, Saveysie^ 1426, Saviesia, 1476, en 1801 Bridel 
écrit Saviège ; peut-être de la racine précédente. 

Savigny, D. Lavaux, Saviniey 1228, Savigniey 1267, Sagui- 
gnie (v-g), 1274 = (prciedium) Sabiniacum, domaine d*un Sa- 
biniusy gentilice romain dérivé du cognomen Sabinus. Par contre 



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422 SAVOISES — SAVOUGNY 

Savigny, mont et pâtura^ de Roug^mont, nous parait plutôt dé- 
river de (montem) Silvaniacumy mont boisé. On trouve pour le 
villa^ de Lavaux la forme exceptionnelle Savignietum, M. R. 
VII, 78 ; le suffixe etum ne s'ajoute dans la règle qu'à des noms 
d'arbres ou de plantes. 

Les Savoises, quartier de Plainpalais, Genève, anciennement 
les ServoiseSy soit les (prairies, les fermes) des bois ; du latin 
silvensis, voir Servais. 

Savolayre, pâturage de Rossinières; 2 ham. et ruisseau à 
Cerniat, Gruyère, Savoleri^ 1296, M. F. II, 87, Savolayre ou 
Gervolaire, pâturage au S. de Morgins, Valais, es Savoleyres à 
Troistorrents, xvni* s. ; Saolyre, pâturage, alpe de Cleuson, val- 
lée de Nendaz, Valais ; diminutifs de silva^ selva, sauve, forêt ; 
la forme Cervolaire : permutation /-r comme dans Servan : Sao- 
lyre, apocope du v fréquente entre voyelles : tsavo, tsao, tschavon, 
tsaon, etc. ; quant à olaire, olyre, c'est un composé de deux suf- 
fixes: le dim. ula^ ola^ et le collectif aria^ silu-uloraria ; ces 
noms désignent de petits taillis d'aunes et de saules des Alpes, qui 
forment, pour ainsi dire, des forêts minuscules. 

SaTonnaz, sommet, alpes de Champéry, et Savonnettes, 
mayens à Vionnaz, Valais, Chctvonnettaz, 1776, dim. ; permuta- 
tion ch-s ; forme féminine de chavon, tschavoriy extrémité, bout, 
dim. de chef; localité située à l'extrémité d'un territoire, voir 
Chavonnes. 

Savorex, loc. à Aubonne, Savoret à Saint-Livres, à Pampi- 
gny; m. à Saint-Gingolph, Savoireux, chalets sur Monthey, 
Plan Savouypenx sur Chesières, alpes d'Ollon, la Saveure ou 
Savoret ou Seveyreux à Port- Valais, en Savoroux à Préve- 
renges ; probablement champs, terrains secs ou chauds, où crois- 
sent des Labiées, des plantes répandant une odeur épîcée agréable ; 
du verbe v. fr. saoorer, exhaler une odeur a^^réable ; de là le nom 
patois de la savorettSy la sarriette des jardins. 

Savougny, loc. à Bex, au pied du Montet ; lieu où abonde le 
cornouiller sanguin, en patois savougnon^ de la racine saoougn 
et suff. collectif y. 

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SAVOUYES — SCHEULTE 423 

Les Savouyes, ou les Sauges, prés marais, à Vionnaz, en la 
Saoouye, 1728. Paraît uq dîmin. de Saues. 

Au ou Es Savuaz, ham. de Cugy et 3 autres loc. Frib. ; peut- 
être le même que Saves. 

Savuit, ham. de Lutry, Savuist, xiv« s., Savit ou Sawit^ 
iSqo, Sawif, i5og, Savuy^ Dict. de Lutz. Paraft encore renfer- 
mer la racine sav, et peut-être le suffixe y, collectif. 

Saxey ou Saxe, ham. de Fully, Valais ; de saxetum, collectif, 
endroit où les rochers abondent, de saxam^ rocher. 

Saxiéma ou Saziémaz, Saximaz (pron. Saz), pAturage au 
fond de TEtivaz, à la limite des Ormonts, Sasemay 1276, Châ- 
teau d'Œx, etc., p. i3, Sesema, 1287, Corthésy, op. cit., 149; 
dérivé par Bridel et Hisely de saxa ima, les rochers supérieurs, 
étymologie rejetée par M. Bonnard (in litt). Toutefois il nous pa- 
raît que ce nom se rattache également à saxunty rocher. 

Saxon, D. Martigny, Sessun^ 1196, Sassun^ 1200, 1280, 
Saxuns. i235; autre dérivé, diminutif sax-on, de saxam, ro- 
cher, ainsi que Saxonna, ham. d'Ayent, Valais, Seson-na en pa- 
tois, Saxona, 1260, Sessona, 1260, i3t^2y Sei$sonne,Dici.Luiz, 
Seisonnej carte Club alpin, forme fém. du précédent. 

Saxore, ou Sachière, atlas Siegfried, alpe de Riddes, Valais ; 
on trouve aussi Sassore, Sacheur, Sachère, Chassoure; ààsaxam, 
rocher, et un suffixe collectif, alpe où abondent les rochers. 

Sceut (ou Seut), 2 ham. de Glovelier, D. Delémont, rupem de 
ZaCy 1210, Sut, 1289, villula de Sceut, 1887, ^^ roiche de 
Seuth, i436 ; Sur le Sceut à Cœuve, Prés du Seeut à Fontenay, 
Montagne du Sceut à Montmelon, tous Jura bernois. La forme 
primitive du premier, Zuc de 1210 paraît rapprocher ces noms de 
suCy montagne élevée en Dauphiné, du patois soutze, souche, ro- 
cher, et en fait un parent de Suche, voir ce mot. 

Schachtalar, loc. à Salgetsch, Valais, est un Châtelar déguisé 
à l'allemande, comme presque tous les lieux-dits de cette com- 
mune jadis romande, voyez Salquenen. 

La Seheulte, ail. Sehelte, rivière, affl. de la Birse, D. Delé- 



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424 SGHINJEREN — SGIAZ 

mont ; probablement subst. verbal de l'ail, schelten^ gronder, 
injurier = la grondeuse, correspondant de la Mionnaz, D. Oron. 

SchiDJeren,^ham. entre Louèche et Albinen, Valais ; c'est le 
nom germanique de Sinieres, 1224, Signeres^ iZf^^ySignyeres^ 
1875, Signières, i46o, des Documents sur le Valais, M. R. XXIX 
et suiv. que M. Gremaud n'a pas identifié. Ce texte ne laisse pas 
de doute : « apud Sinieres... supra Albignun. » 

Schuenda, loc. à La Roche, Gruyère, Swendy^ i4o8, ail. 
Schwende et la Bischuende, pâturage, même loc. ; du v. h. ail. 
swentan, brûler = lieu défriché par le feu. Beaucoup de noms 
germains à La Roche, limite des langues. 

Sciaz ou Siaz, nom très fréquent dans les Alpes, Alpes vau- 
doises : la Siaz ou la €3iaz d'Encex, Sur la Siaz, col de la Croix, 
Hauta-Siaz sous Chamossaire, les 3 alpes d'Ollon ; la Sciaz aux 
Voëttesi d'Ormont-dessous, la Sciaz de Marnex, Ormont-dessus, 
Sga de MarneiXy 1287, Sur la Sciaz au Rocher du Midi, 
Château-d'Œx ; la Schiaz, haute croupe et chalets au Monteiller 
de Château-d'Œx, — dim. Schiettaz, et 3 pàtur. de Gruyère, 
Longchiat à Charmey; la Sciaz près Chambéry, 1682, aujour- 
d'hui La Chat, voir Chaz ; Entre denx-Sciets à l'Etivaz, dim. 
masculin. S'employait comme nom commun comme le montrent 
de nombreux textes : « Ad Arberium par la Sya usque a la Sya 
de Nancrues... per la Sya de Bellagarda et per la Sya des Gets,» 
délimitation, vallée d'Abondance, M. G. XIV ; un cabula (chable) 
de la Sya et une Sia Udry à Louèche-Bains, i5io, 1627. Il est à 
la fois n. propre et n. commun dans ce texte : a Monte Ordeo 
(Montorge) usque a la Sya de la Seya et a la Sya de la Seya 
ulterius, etc., 1269, M. R. XXX. Cette variante Seya se rencontre 
encore : la Seya, pâturage avec chalet sur l'arête, entre le vallon 
de Lousine et celui de la Salenze^ alpes de Saillon, et Plan-Sayaz 
ou Seyaz, petit plateau sur une arête, alpes d'Ollon. En i355 une 
Seya de Beaeux (Bévieux) sur Montreux = scie^ v. fr. soi>, ital. 
sega^ au sens d'arête dentelée, puis d'arête quelconque. De la 
forme soie vient le Château de la Soie près Sion, Casirum de 
Seta dans les chartes^ fausse traduction latine due à une confu- 



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SGHIBTTAZ — SÉGUELAIRE 425 

sion facile entre soie^ scie et soie de porc. Remarquons toutefois 
que scie se dit seita en Dauphiné. 

La SchieUaz, prés à Chàteau-d'Œx ; dim. de Schiaz, voir 
Sciaz. 

La Schuantz, croupe à l'extrémité des Monts Chevreuils, Châ- 
teau-d'Œx ; de Tall. SchwantZy queue ; c'est le correspondant 
des Cuaz, etc., nombreux ailleurs. 

La Sèche, pâturage du Jura, D. Aubonne, chalme SiccaZy 
XII* s., M. R. XII, 72, la Seiche^ 1208, calma de Sicca, i38o ; 
de (alpem) siccam, Talpe, la prairie sèche. Il y a aussi la €3iaiix 
sèche, frontière franc, au Risoux. 

Séchard, ham. à Vuadens, Séchaud, forêt à Aigle, Sous- 
chaud en 16 18, loc. à Ghardonne ; le Séchon à Orbe ; aux Sé- 
chons, Belmont-Yverdon ; Sécheron, ham. à Genève, Sécherouy 
i3io, et une 12" de loc. ; dans les chartes un Setchiron à Haute- 
rive, 1275, Séchiron à Neyruz, Frib., xii« s., etc. Sécherannaz, 
loc. à Montcherand, Séchey, ham. du Lieu, Vallée de Joux, ou 
Sécheiy i525 = lieux exposés à la sécheresse. Sécheron est n. c. 
dans le Berry pour pré dans un lieu sec. 

Secroux ou Secrouz, Combe de — , à Courgenay, Jura ber- 
nois, gorge étroite et profonde = Sex-CrouXf le rocher creux. 

Sedeilles, D. de Payeme, Sideles^ xii« s., Sedilles, i336, M. 
R. XII et VII, ii5 ; du v. h. ail. sedal, siège, parent du celtique 
sedo, sido, siège, demeure, résidence, Holder, II, et du latin 
sedes, siège. La Suisse allemande a de nombreux Sedel. 

Seedorf, ham. de Prez, D. Sarine = village du lac (du petit 
lac voisin). Nom germanique curieux par sa position en plein 
pays romand. Les formes Sedors, Seidor, Seidos, Saidors, 
i i4a-i 162, des Cartulaires de Montheron, Haut-Crèt et Hauterive, 
Seidor, 1668, carte v. der Weid, sont des corruptions du nom 
allemand. 

Segray, lac — , dans un endroit reculé derrière la Tour de 
Mayen, alpes d'Aigle ; autre forme de ségrais ou secret , pr. jadis 
segrès (Bridel écrit Secret). 

En Séguelaire, champs à Agiez, BofHens ; du v. fr. et proven- 



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426 SEIGNEUX — SEMBRANGHER 

çal seffuel, du latin secale, seigle, et sufiP. collectif airey comme 
Blevalaire de bief. Segalas en Languedoc = champs de seigle. 

Seigneux, D. Payerne, Sinius, 1221, 1228, M. R. VI, villa 
de Siniez versas S uprapetraniy i3i6, aussi Sinuez et Signuouz 
(notes dues à l'obligeance de M. A. de Seigneux), di Signiodoy 
i453, M. F., SeigneuSy 1668, v. der Weid, SeignouXy Dict. 
Lutz. Dans l'édition de 1 861, on j rapporte un Siginiacum de 
ioi4* C'est une erreur reproduite de Guichenon, corrigée par Ci- 
brario e Promis, p. 23, 24 ; la charte dont il s'agit avec le nom 
de Sigiciacum est de 1 01 7 et ce nom doit se rapporter à Signy ; 
d'après les formes de 1221, 1228, ce serait un {fundus) Si nias, 
variante de Sunius, n. pr. romain, gentilice pris adjectivement^ 
voir d'autres cas à Granges, et Servion. 

Seillon ou Seilon, voir Chillon. 

Seîmaz, Seime ou Saime, affl. de l'Arve, Genève, Sayma 
aqua, 1227, i3oi, M. F. IV et XIV. 

Seipy, D. Broyé, Frib., Seiriey xii^s., Donat. Haut., Série y 
1276, Serge y i3i7, Seiriey i4oo, S ey riez y i532, et Dict. Lutz, 
Seiriey 1668, v. der Weid, Seirg, 1734; de (fundum) Séria* 
cuniy domaine d'un Sérias, gentilice romain. 

Seleute, D. Porrentruy, Celate, 1180, Celeattey 1200. 

Sembrancher, bourg Entremont, Valais, corruption de Sainte 
Branchier, Sanctus BrancheriaSy 1177, 1228, 1296, Sancto 
BrancaciOy 121 7, métathèse pour Sancto Pancratioy i25i, 
Ponte Sancti Pancratii, 12 19, ecclesia Sancti Pancratii de 
Branchiy 1177. Ce dernier texte montre que l'endroit s'appelait 
primitivement Branchiy soit Branche. Il y a encore plus haut 
dans la vallée un Branche d'Issert que ce second nom semble 
devoir distinguer d'un premier Branchi. Puis il y a eu plus tard, 
grâce à la métathèse Brancace pour Pancrace, confusion entre le 
nom de l'endroit et celui du saint sous le vocable duquel l'église 
était construite. Quant à Branche, Branchi au xii«s., il vient du 
bas latin brancay branche, dérivé du celtique : anc. gaélique braCy 
comique breçh, bras. Branchi ou Sembrancher, et Branche d'Is- 



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SEMELEYS — SENDEY 427 

sert se trouvent tous deux au confluent de deux torrents où la ri- 
vière semble se partager en bras ou en branches. 

Semeleys, Pointe des — , dans la chaîne de Chaussy et pâtu- 
rage au-dessous ; pourrait être une autre forme de Sex Melly, 
nom d'une autre pointe voisine ; ce qui fait hésiter, c'est que nous 
trouvons un autre pâturage de Se melly alpes d*Evolène, Valais, 
en 1280, M. R. XXX, et le nom de famille Melly n'y est pas 
connu. 

Semorailles, champs à Mathod, n. com. = défrichements 
nouvellement ensemencés, dit Bridel, dérivé collectif du verbe pa- 
tois semorrâ, v. fr. somarer^ labourer ; en Samoret à Char- 
donne, es Semores, prés â Bullet, même origine. « En Savoie, 
sommarâ signifie labourer sans ensemencer, sommâr^ champ la- 
bouré non ensemencé, v. fr. somartj jachère, terre labourable en 
friche. Origine inconnue. » Note de M. Bonnard. 

Semsales, Fribourg, Setsales, 1160 et 1247, Cart. Haut-Crèt, 
SessaleSy 1170, Septem salisy 1177, SatsaleSy 1220, 1228, 1266, 
Septsales, i56o (Dellion), SempsaleSy 1867 ; de septem, sept, et 
sala, du v. h. ail. sa/, maison, demeure = sept maisons (et non 
du latin cella). 

Senarclens, D. Cossonay, Senerclens, 101 1, 1049» Sunar- 
clensy 1180, SonarclenSy 1190, 1228, Sonarcleins, 1288, M. R. 
VI, 659, SinarclenSy 1279, i3i5, i453. La première voyelle est 
indécise e, o, i, u, la seconde a, e, nous avons S^-n^-rcl. FOrste- 
mann nous donne, racine Suni, les noms Sanher ou Sunhar qui 
répondent â la première partie. Il donne aussi le composé Suni- 
chilo en ajoutant cette seconde partie au premier nom, nous avons 
le composé Suner-chilo qui donne Sanerchilingis d'où Suner- 
clens ou Senarclens = chez les descendants de Sunerchilo^ n. pr. 
germain. 

En Sendaax â Vérossaz, Valais, autre forme du suivant 

Sendey, 8 loc. Valais, Vaud et Fribourg, Sandey à Pully, 
fausse orth., Sendier à Conthey, Sendy sur Montreux et à Ar- 
zier, Seindi, chalets entre Bramois et Vex, Cindey ou Seinday, 
loc. â Saint-Maurice, sentier de Vérossaz; du patois seindai, 



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428 SENÈDES — SENTIES 

bourguignon senieiy Engadine senduy sentier, dérivé de seniCy 
du latin semita^ parent du celtique sent (Zeuss) et send (Holder), 
même sens. 

Senèdes, D. Sarine, Frib. D'après J. Dey (Mémorial de Frib.), 
le nom ail. de cette localité, jadis germanique suivant lui, serait 
Schônheidcy belle lande, et le nom fr. ne serait que ce nom mo- 
difié par le patois. Mais ceci n'est qu'une hypothèse fantaisiste et 
sans fondement. Toutes les anciennes formes et tous les noms de 
lieux-dits montrent une origine romande: Senaide, i233. Se- 
naidiy 1261, F. B. II, 129, 344» Synaidey i443, Synaidj/y i449> 
Arch. Fr. V, 43i, Sinayde^ i5o8, Sinèdiy 1644» le nom était 
donc le même au xiii® s. qu'aujourd'hui. Quant à l'origine vraie, 
il est difficile de se prononcer. Peut-être un dérivé de senây s&- 
mer. 

Seneires, plateau au-dessus d'Orsières, goo-gSo m., couvert de 
champs de seigle ; de senây semer, et suif. coll. eires : les terres 
qu'on sème. 

Sénevé! , Sénevet, maison à Vuisternens-devant Pont ; du pa- 
tois senève, moutarde des champs, dérivé du latin sinapis. 

Senserens, loc. à Valeyres-sous-Ursins ; chez les descendants 
dé Sinthapy Sinthariy n. pr. germain. Fôrstm., p. 1106. 

Sensine, ham. de Conthey, Valais, villa Sisinna, io5o, M. R. 
XVIIÏ, Sisinna, iioo, Sinsina, 1227, i3o8, Synsyna, ï238, 
Sinsinnaz, ilA^> M. R. XXIX et suiv., Senziney Lutz. Paraît 
être, d'après les formes primitives, un cognomen gallo-romain 
employé comme adjectif. 

Sensuis-uil-uy, voir Sangsuy. 

Les Senties, pâturage à la Chaux-de-Fonds ; les Sentiers, pai^ 
tie du pâturage du sommet du Chasserai, Jura. Dans les pâtu- 
rages en pente rapide, les vaches paissent en travers en y établis- 
sant de nombreux sentiers parallèles étages les uns au-dessus des 
autres, de là ces noms. Le premier, de sente, sentier, et suff. coll. 
ie. C'était un n. commun. Un vieux plan de l'Ârpille d'OUonvers 
1720 (Archives de l'Abbaye de Saint-Maurice) nomme les « sen- 
ties tendant en Chatillon. » Peut-être peut-on rattacher à sente la 



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séON — SERDIN 429 

forêt de SentuiSy lieu de passa^ entre Panex et Plambuit, mon- 
tagnes d'OUon. 

Séon à Savièse, Valais, autre nom donné aux ruines du châ- 
teau de la Soie et maisons voisines ; voir Sciaz. 

Sépéaz, loc. à Concise, et Seipée à Corcelles-Grandson. On 
pourrait à première vue y voir une fausse orth. pour cépée. Plus 
probablement forme féminine de sépey^ de sap^ sapin, et collectif 
fém. ée, bois de sapins ; ce serait une forme féïninine, correspon- 
dante des nombreux Sépey. 

^P^y> chef- lieu d'Ormont-dessous, Sapey^ laSi, Sappey^ 
i3i5, puis Seppetum au xv® s. ; ham. de Vulliens ; loc. sur Vil- 
lars d'Ollon, à Morgins ; loc. à Gryon^ m. à Porsel, Fribourg, 
bois à Cossonay, Baulmes, Ballens ; Seppey, alpe d'Hérémence, 
ham. d'Evolène, Valais. Dérivé par Gatschet de sepetam^ clos, de 
sepeSy haie, clôture. C'est bien là le sens qu'attachaient à ce mot 
les notaires des Ormonts au xv^ s., mais les formes anciennes 
montrent qu'il vient plutôt du v. fr. sap^ celtique sapy sapin, et 
collectif ey^ donc bois de sapins. D'ailleurs les nombreuses forêts 
de Sépey n'ont jamais été entourées de clôtures, voir Sapey. Un 
pratum del Sepez à Praroman, xii« s., Arch. Fr. VI. 

Seprais, villa|i|^ près Boécourt, D. Delémont, Cespraizy 1260, 
villa que Pratum nuncupatur, 1264, Pratisy 1289, Cespreys, 
1829 = ces prés. 

Seraulaz, forêt à Mathod, D. Yverdon, dans le vallon du Mu- 
jon, assez resserré dans cet endroit ; devrait s'écrire Serraulaz, du 
bas latin serra, défilé, et suffixe dim. ola dont aula n'est qu'une 
variante, fréquente en patois, voir Argnaulaz, Fayaulaz, Perau- 
laz. Le Seroliet, Grand et Petit — , pâturages dans une combe du 
Jura de Bonvillars, D. Grandson, ont probablement la même ra- 
cine serra avec un double diminutif oill-et. 

Serbach, ruisseau à La Roche, Gruyère, nom allemand formé 
par pléonasme de la racine sar fréquente dans les noms de ri- 
vière, voir Sarine, et bach, ruisseau. 

Serdin, loc. à Lessoc, Gruyère, fausse orth. pour Serdens, Ses- 



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430 siRÉ — séRî 

tardens, Sertardens, SeraDdens, 1420 = chez les descendants d'un 
Germain, dont le nom est à déterminer. 

Séré, Sex du — à Salvan ; Serey ou Séry, pâturage de Ba- 
gnes, nom dû au sommet arrondi (2419 m.) qui s'élève au-dessus, 
les deux par comparaison avec la forme d'un séré ou sérac; de 
même la Tète à Séry, mamelon, contrefort de la Tète Noire, 
alpes de Saillon. Dans le val Grisanche, vallon latéral de la vallée 
d'Aoste, il y a aussi une Becca du Géré, ou Séry ou Sérac 
(Guide de la vallée d'Aoste de Gorret, p. 3g5). 

Les Séreux, deux sommets jumeaux sur Vouvry, aussi nom- 
més les Jumelles ; du patois séreux^ les sœurs. 

Les Sergères, maison à Saint-Livres ; de Sergey, n. d'homme. 

Sergey, D. Orbe, Sergy^ 1276, comme Sergy, pays de Gex, 
Sergiacum^ iioo, Hidber, I, 439; de (praedium) Sergiacum, 
domaine d'un SergiuSy gentilice romain. Un L. Sergius Domiti- 
nus est connu par une inscription de Nyon. 

Le Sergillou, m. à Bossonens, Fribourg ; probablement aphé- 
rèse pour l'Essert-Gilloud, voir une semblable à Sex Tardent. Il 
y en a encore une dans SertenoZy nom au xrv<^ s. des Esserts, h. 
de Leysin, « les villages et territoires de Leysin, de Veyges, de 
Serlenoz (aussi Sertenody 1827) et de Ponty » et ailleurs Jaque- 
met de Sertarty i438, chartes d'Aigle. La forme Sertenoz rappelle 
le nom français Sartines, dim. de sart^ de sartus^ et correspon- 
dant d'Essertines. La graphie Sertan montre que la dernière syl- 
labe de Sertenoz, Sertenod était atone et que l'accent tombait sur 
le second e. Cette forme française sart, Sartines est inconnue chez 
nous où l'on ne rencontre que le composé essert et ses dérivés. 

Sergna à Ollon, Sergnaz à Champéry et les dim. masc. Ser- 
gnieux à Martigny, Sergooux à Ollon, Sergnion à Courtelary, 
ou fém. Sergnetta à Ollon, Sergniaulaz à Albeuve, Sergnau- 
laz à Rougemont, Sernioules à Enney, voir Gergnat. 

Sergnemeint ou Semiemin, chalets sur Gryon, forme patoise 
du subst. verbal cernementy de cerner, clore. 

Sérî, territoire à Gonlhej ; un Séry du Luxembourg dérive de 
Suriacum, du gentilice Surias^ Holder, 1670. Celui du Valais 



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SERIN — SERRA NEIRE 4*^1 

pourrait avoir la même origine, il faudrait des formes anciennes. 
On ne peut le rattacher à séré, voir plus haut, rien dans l'aspect 
de ce coteau doucement incliné ne pouvant justifier ce nom. 

Serin, pâturage d'Ayent, Sereyrij iSog, Sereiiy i4i8; peut- 
être même racine que Serine, rivière, un des bras de la Promen- 
thouse, D. de Nyon, Sorona, ii64, M. R. V, 2i4i 338, et 1269, 
Dict. hist. Vaud, parent de Sarona, Sarine, de la Sar, etc., racine 
sanscrite sar y couler, et ona, rivière, eau courante. 

Sermuz, ham. de Gressy, Yverdon, SemmurSy 11779 M. R. 
XXlX^Jluvius Sinmurius, 11 77, Cart. Month., M. R. XII, Sem* 
muruê^ ii84, Hidber, SemurSy 1228, M. R. VI, Sentmury i3i7, 
Sermutum^ i343, SermuPy i385, CermuZj i453, M. F. IV. 
D'après Gatschet, de semd, contraction du v. h. ail. semida, pnc 
et muoPy marais ; marais de joncs, jonchère. La forme sent mur 
de i3 17 justifie l'étymologie de Gatschet; celles de 1177, ii84> 
i343 sont des latinisations du nom romand. Hidber rapporte par 
erreur la cella Semmurs, 1177, ''» 262 à Sémur, Côte-d'Or. 

Semanty, ham. d'Ormont-dessus, Serneniy^ i53i, Cernenli, 
1669, Cierne antiy Bridel ; probablement dérivé de Sierne et d'un 
n. propre. 

Semet, loc. à Conthey, diminutif de cerne ; Semle,s, plus, 
loc. ; les Semiers à Monthey, SernieSj 1696, autres formes de 
sergne, voir Cergnat. 

Semon, clos de vignes à Aigle, Serno^ i332, Corthésy, 169 ; 
peut-être autre forme diminutive de la racine cern^ clôture, voir 
Cergnat. 

Seron, grand pâturage à l'Etivaz, Syron, 1276, Château-d'Œx, 
etc., p. i3, et Sex rond, croupe arrondie près des Granges, Or- 
mont-dessous ; de saxum rotundum, rocher rond. 

Serrai, lac — , ou, moins bien Serai, ancien nom du lac des 
Chavonnes, alpes d'Ollon ; pourrait se rattacher à l'adjectif serra- 
tus, racine serra, défilé ; il est situé dans un étroit vallon resserré 
entre une haute paroi de rocher et une forêt en pente rapide. 

La Serra Neire, arête de rochers, vallon de Ferpècle, Hérens, 

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432 SBRRAUX — SERVION 

et Serra Plannaz à Vétroz ; de serra, scie, au sens d arête de 
montagne comme les Sierras d'Espagne. 

Serraux, Serrayer, voir Sarraux, Sarrajer. 

Les Serres, forêt à Vionnaz ; du latin serras, défilé, lieu 
étroit. 

Serrîères, ham. de NeuchÂtel, Sarreres, 1178, 1228, Sarrie^ 
res, 1198, SerrereSy 1268; de sarra ou serra, scie, scierie, et 
collectif ière. 

Es Serroues, 2 loc. C. de NeuchÂtel sur Corcelles et sur Li- 
gnières, iSarreie, i53i,M. N. XXXIV, 216, SarrueuXy i537, 
Boyve, II, 368. Es Serroues doit probablement être rapproché de 
Sarraux, voir Sarra. 

Servais, alpes, vallées de Nendaz et de Bagnes, entourées de 
forêts ; du latin silvensis, alpe des bois. 

Servaison, loc. Ormont-dessus ; diminutif du précédent. 

Servan, campagne à Lausanne ; pâturage à Albeuve, Gruyère ; 
du latin silvanum (locum), lieu boisé, comme Salvan, jadis Ser- 
van. Dans le Berrj on a un adjectif se roi n, cervin qui a le même 
sens. 

La Servaz, loc. à Massongex, Vionnaz, Bex, Grjon, Montreux, 
Serve à Saint-Gingolph, Russin et Meyrin, Genève ; de sUva, 
forêt ; Servaplana^ alpes d'Ardon == silva plana, forêt plane ; 
Servette, faubourg de Genève, diminutif = petite forêt, permu- 
tation 1-r ; le Gerveusel, pâturage à demi boisé à Saint-Imier, de 
cerveux ou serveux, autre forme de silveux, et suffixe dim. el : 
lieu un peu boisé. 

Servion, D. Oron, Salviacum, xii«s., Sarviacuniy ii55 (1-r), 
Saloion,8 fois de 1141-1293, Saloium, 1147-1174» Sarvion, 
1236; les formes 1-2 de (praedium) Salviacum^ domaine d'un 
Salvius, gentilice romain, Holder, II, i332 ; les formes 3, 5 et la 
forme actuelle d'une forme en io, SalviOy dérivée du gentilice 
Salvius et employée conjointement, puisque Salviacum et Salvion 
sont contemporains. D'Arbois de Jubainville, p. 5ii-5i8, op. cit., 
cite un grand nombre d'exemples du même cas ; enfin la forme 4 
n'est autre que le gentilice lui-même employé adjectivement 



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SÉSEGNIN — SEUJET 433 

(fundam) Salviurriy comme Jubainville en cite une 3o« p. 344- 
417. Nous trouvons à la même époque, chez nous, un exemple de 
ces doubles terminaisons dans le nom d'un abbé de Haut-Grèt 
nommé Manno, Magno et Mannus, 1177, Gart. de Haut-Crét et 
de Montheron. Ajoutons que Tétymologie de Gatschet, de silvia- 
num, est impossible. 

Sésegnin (Sézegnin), ham. d'Avusy, Genève, Sizignins, 1802, 
SisignynSy 1826, M. G. XIV et XVIII = chez les descendants de 
Sisingo, n. pr. germain ; de Siso et sufiF. ingo dont Fôrstemann 
donne 207 ex. en ajoutant que le nombre de ces composés est 
beaucoup plus considérable. Dans une charte de 141I9 M. R. 
XXII, 3o8, figure un Joh. de Seysigniaco, châtelain d*Aubonne. 
Serait-ce aussi Sésegnin, affublé du suffixe iacum ? 

Sésenove, ham. de Bernex, Genève, Chisinova^ 1266, M. G. 
XIV, Chissinove, i542, Bull. Inst. Genev. XXIV, 869=: chisa 
noua ou casa nova, maison neuve. 
Sésille (Sézille), voir Césille. 

En Sétaz, chalets ruinés prés du col de Chaude, sur Villeneuve, 
prata de Sexta, 1276, Cart. Haut-Crét, M. R. XII, ii4. 

Les Seudières, bois à Vionnaz ; serait difficile à interpréter 
sans la forme de 1776 : la FiaugèrCy soit la fougeraie. 

Au Seuillet, territoire à Fahy, Jura bernois, élevé de quelques 
mètres au-dessus de la plaine voisine ; dim. de seuil. 

Seujet, quai et rue à Genève, carriera dou Sougey, i468, 
1475, M. G. III, 256 et VII, 875. Saugey^ de salicetum = terrain 
couvert de saules, patois sauge. Le Rhône était alors bordé de 
«aules dans ce faubourg. On dit encore Soiyet, rives de TArve à 
Veyrier, Plan seujet, ham. sur Bex, Mont-sujet sur Diesse, D. 
Neuveville = Plan, Mont des saules. 

Hurabert (Gioss. genev., IF, 182), remarquant qu'il y avait au Seujet 
des teinturiers et dégraisseurs, tire ce nom du languedocien Sugé ou 
sujier, teinturier. D'un autre côté Galiffe, op. cit. I, 171), dérive ce nom 
de celui d'un ancien syndic, Jean du Sougey. A notre avis, c'est celui du 
syndic qui vient de celui de la rue. La présence du même nom dans plu- 
sieurs autres localités plaide en faveur de notre opinion. 

M. D. SBC. sAniB, TOME VU ^ 

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434 SEUZEY — SEX 

Seuzey ou Seuzay , prés à Bagnes, permutation j-z = Saug^y^ 
endroits où abondent les saules. 

Sévai, 2 m. isolées au milieu des bois à Montmelon» Jura ber- 
nois, et Sevey, pâturage boisé sur Morgins ; comme Servais, de 
(domuSj fundus) siloensis^ maison, propriété des bois. La dispa- 
rition totale de la consonne 1, qui peut étonner, se constate dans 
Sévaz et dans Suscévaz déjà au xrv« s. 

Sévaz, D. Broyé, Silva^ io56, Arch. Fr. IV, 192 ; ii42> 1167, 
1177, Selvuy 1280, M. R. XII ; 1286, M. G. XV ; Seyva^ ii^lt 
Matile, Syvay 1668, y. der Weid, etc. ; à la Sévaz ou Sivaz, h. 
de Remaufens ; Seyvaz, ruisseau à Dompierre ; Grand-Ceyvaz à 
Colombier, Morg-es ; de siloay forêt. 

Sévelin, loc. à Lausanne, Seveliy ikl^y Sevelyn, i533, M. R. 
XXVIII, 269, VII, 754; du v. fr. seveleCy s. f., ou sevil, s. m., 
haie, du latin sepile. Un sentier de ce nom, semita Sevelim dans 
l'acte de fondation de Fontaine- André, ii43, Jeunet, 229, ruelle 
Sévellin, 1626, ib., p. ii5. 

Séveresse, pàturag^e à Albeuve, Gruyère ; de sUva^ forêt, et 
suffixe adj. eresse = Talpe des bois. 

Sévepy, D. Cossonay, Syvirie et Severiacamy 1007, villa Se^ 
veriaco, 1008, Siviriey 1228, Syvirier^ 1228, Sivrie^ i235, 
1242, Siviriery 1877. — Si viriez, Fribourg, Seueriacum et Si- 
vriei, xii« s., M. R. XII, Arch. Fr. VI, Siorie, 1228, 1842, iS/w- 
rie, 1247, M. R. XII, Syvrie^ 1262, Wûrstbg. et 1286, etc. ; de 
(praedium) Severiacurriy domaine d*un SeveriuSy gentilice ro- 
main dérivé du cog'nomen Severus. 

Sex (ou quelquefois Scex), du latin saxum^ rocher : le Sex à 
l'Aigle sur Bex, Porte du Sex (ou Scex) près Vouvry, Saxum 
de Wurie, 1266, le Scé, m. à Orvin, D. Courtelary ; aa Saix à 
Grêne et Sous le Saix, Port-Valais ; es Aassays et es Bassays, 
ham. de Vérossaz, Valais ; le Siaix à Veytaux et Scier, loc. vi- 
gnoble de Sion, en Sciez ou Vers Ensier à Monthey, formes 
diphtonguées ; avec la permutation e-i. Six, une 12* de sommets 
dans le Bas-Valais, par exemple Six-Jeur à Finhaut = le sex de 
la forêt ; deux Six-Neir à Chamoson et val Ferret, deux Six- 



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SEX TARDENT — SEYTE 435 

Carro, etc. Six-long, atlas Siegfried, alpes de Conthey, écrit Si- 
)on par Renevier, etc. ; avec la permutation s-ch, fréquente Valais 
et Fribourg : Praz da €3iet à Villars- sous-Mont, Petit €3iex, 
alpes d*Albeuve, les €3iets à Enney, les 3 en Gruyère ; le €3ié à 
Grimisuat, €3iolochy ou Gholochex à Ayent, vineam de Se- 
loussy^ iag4 = Sous-le-Sex. Voir aussi Chet. 

Sex Tardent, m. près le Sépey, Ormonts, aphérèse pour Es- 
sert Tardent^ n. pr., Sertardenty i436, d'après Corthésy, Vallée 
des Ormonts, p. i lo. 

Seya, Sayaz^ sommets ; voir Sciaz. 

Les Seyes, prés à Liddes, loc. à Fully ; Seyaz à Orsières, y 
(= es) Seyes à Grimisuat et à Savièse, Seyère, partie du pâtu- 
rage de Salanfe près Salvan ; du v. fr. seyer^ patois seihiy latin 
secare, faucher, cette partie, en pente trop rapide pour être pâtu- 
rée, est fauchée. 

Au Seylaz, écart d'Attalens et m. à Montbovon, Frib. ; proba- 
blement du patois seyloy seigle, lieu où l'on cultive cette céréale. 

Seyon, rivière de Neuchâtel, Seion^ 1268, Seon^ i4o2 ; peut 
aussi être dérivé de seyer^ seihi, à cause de ses gorges étroites, 
comme un trait de scie dans la montagne. 

Seyie, nom des divisions des communes d'Ormont, 4 à Ormont- 
dessous et 3 à Ormont-dessus. Non point de septem, sept, mais de 
secta, participe de secOy je coupe, en patois seyiy faucher, d'où 
seytor, faucheur, seytorée, fauchée. De là encore Seyte ou 
Seythe, bois à Concise, SeytiSy i3o8. (Matile donne nemus Ser- 
tiSy 1194» sftns doute fausse lecture pour Sectis), Seyti ou Setis 
et Seyte^ i3i7, Seyty, prés à Conthey; Seyton à Corseaux, 
les Seytours, prés sur Allières, Fribourg, Seytoraz à Rossens, 
Seytorées à Ependes et Montagny, D. Yverdon. 

Corthésy, p. 96, tire les Seytes des Ormonts de sexta : € pour 
la perception de la dtme, le versant N. de la vallée était divisé en 
régions qui embrassaient toutes les terres cultivables. Il y en 
avait six dans la partie basse et six dans la partie supérieure. 
Chaque région représentant la sixième partie du territoire sou- 
mise à la dtme se nommait pour cette raison sexte ou seyte y sexta 



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436 SÉZEAUX — SIGNY 

pars décime. )► H n j a là, à notre avis, qu'une simple coïnci- 
dence ; la présence du mot sejte dans toutes les parties du pays, 
où le système d'imposition de Tabbaye de Saint-Maurice était in- 
connue, plaide pour notre étymolog^e. 

Sézeaux, champs à Lussery, prés à Oron, Seseaux à Arzier, 
Sezau, m. à Oulens, Ciseaux (orth. d'arpenteur), loc. à Gillarens, 
Frib., les Geseaux à Vionnaz, les Sisaux, 1723 ; Sezin à Mon- 
tricher, Sézines à Ependes et à Corcelles-Payerne, en Sézelion à 
Chessel ; diminutifs divers de sisa, haie, voir Sisa. 

Siaix, Dessus le — , loc. à Veytaux ; autre forme diphtonguée 
de sex, rocher. 

Sierne, ou Sclerne, voir Cer^nat. 

Sierre, Valais, ail. SiderSy Sidrium, 5i6, Sidrum, 1062, Si- 
drio, 1100, Sidro, ii3i, M. R., Sierres^ 1260, F. B. II; on 
trouve aussi Siero, Sieroz, Siroz, les 3 même charte de i358, 
Jahrbuch Schw. Gesch. XXIV, 36o, puis Sirro. D'après Studer, 
de serra, scie ; mais toutes les formes anciennes sont contre cette 
étymologie ; le même auteur en donne une autre au choix : du 
celte sedy seity paix, lieu de paix, ce qui nous parait ég^ement 
peu vraisemblable. Paraît plutôt dérivé d'un nom propre. 

Signeronde, forêt tourbeuse à la Vraconnaz, Sainte-Croix ; 
autre forme de sai|^ne et l'adj. ronde, la sagne ronde. 

Siette, loc. à Venthône, Valais ; la Siétaz, chalet à Cuves, 
Pays-d'Enhaut, sur une croupe de la montag^ne ; probablement 
dim. de Siaz ou Sciaz, arête. 

Signèse ou, patois Seg-nèse (Lutz), ham. d'Ayent, Valais, Si^ 
nies, 1200, Synneysi, i25o, Siyniesi, 1276, Sygnyesyy i454> 
etc. Origine inconnue. 

Le Symesi, 1381, de M. R. XXXVII, p. ÎI6, doit être lu Syniesi. 

Signy, D. Nyon, Signei, 1166, M. G. XIV, Suniacum vers 

1200, Siffniacum, Signie, i235, i253, M. R. V. et M. 6. XIV, 

Signier, 1489 = {fandum) Signiacum, domaine d'un Signius^ 

gentilice romain, Holder, i544- 

Faut-il y rapporter le Sigiciacam, 1017, localité inconnue, M. F. IV, 
358, et M. R. XXII, 215, probablement fausse lecture ou erreur de co- 

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SIMPLON — SIONGE 437 

piste : c pour nf Le Dict. hist. Vaud et le Rég. gen. penchent vers cette 
opinion. Dans ce cas ce serait un Siginiacam, domaine de Siginius. 
On trouve aussi Signeum, Cette forme vient directement du gentilice 
pris comme adjectif: (fandam) Signeum, 

Simplon, village et col, Valais, ital. Sempione, Semplon^ 
Semplurty i235, 1246, Xemploriy 1286, curatus Simploni^ i474; 
probablement de (montem, vicum) Sempronium, du n. pr. Sem- 
pronius employé adjectivement, permutation pr^pL Quant au 
nom italien, Sempione, il s'est formé postérieurement par le chan- 
gement régulier en cette langue de plo en pio : piombo, pluma, 
pioggia. 

Singe, le — , loc. à Lausanne, LucinjoZy i5o2, Lous Singio, 
i5i8, clos de vignes qui appartenait autrefois à la famille de Lu' 
cinge du Faucigny. Note de M. E. Chavannes, M. R. XXVIII, 
248. Voir aussi B. Dumur, Les Sénéchaux de Lausanne, p. i4- 
Quant à Lucinge, c'est une autre forme de Lucens. 

SiDgine, rivière, affl. de la Sarine, ail. SensCy Sensuna, 1076, 
Sensurij 1268, F. R. II. Studer le tire du bas latin saliciana, de 
salixj saule, mais salie ne peut donner sens, sing. Il y a là, 
comme dans toutes nos rivières, une racine celtique, avec una = 
ona^ rivière, eau courante. 

Sinièse, ou Ziniège, torrent près Sierre, la Segnèse, Ziniège 
ou Ziniegy, Feuille ofiF. du Valais, — nouvel exemple d'y atone, 
— Gyniesy, Gyniesyy 1267, i436, etc., curieux par le balance- 
ment des g^z. Origine inconnue. Giniesse, marais sur Ayent, pa- 
raît être le même mot. 

Slon, Valais, Sedanum au iv« s., territ. Sidonensej Grég. de 
Tours, vi« s., renferme, outre la racine celtique rfwn, dunum, 
colline, forteresse, une racine sed, difficile à interpréter. Studer 
le traduit par le celte serf, seidy paix, fort de la paix? 

Le Mont de Sion, près Saint-Julien, front, de Genève, mont de Syons, 
1418, Duval^ Temîer et Saint-Julien, XVIII, parait plutôt se rattacher à 
sya, arête ; voir Sciaz. 

La Siooge, ruiss., affl. de la Sarine et ham. sur ses bords, 
Syonsiy Sionsyy i3i5, i3i6, etc., Sionse^ i38i, 1624, Arch. Fr. 



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438 SISAZ — SOLALBX 

III, le hameau Sionzys en i5o8 ; peut-être autre forme diphtou- 
gnée de sau^, saule ; au permute avec ou, on, voir Sauge. 

En Sisaz, es Sizes, les Sises, 7 loc. Vaud ; non point de sepes, 
comme le dérive Bridel, mais du patois sisa, haie, « de scisa pour 
scissa; l'espagnol a un verbe sisar = scisare^ couper. » (Bon- 
nard, in litt.) 

Sisetsch, ham. près Viège, se rattache à la même racine Si* 
siez, i25o, de sisa, haie, et suffixes collectifs iez, etsch: aux 
haies. Justement Sisetsch est un hameau de Zeneggen^ qui signifie 
en ail. aux Haies. 

M. Gremaud écrit Sizych, Sitics, 1282^ SyùcSy iS97, M. R. XXX, 
p. 309, 506^ 507, SUilz, 1330, Sizicz, 1332. Nous supposons qu'il faut 
remplacer le c par e. La terminaison l'cf , ych, n'a pas de sens, tandis 
que iez, autre forme de ier, est le correspondant de l'ail, etsch. Voyez 
Promey, devenu Prommetsch. 

Sivaz, ham. de Remaufens, m. à Châtel-Saint-Denis, loc. à Lo- 
vatens ; en Sivaz à Cudrefin et €!hamps-Givaz a Villarzel, pour 
Sivaz ; de silva = la forêt, Champs-(de la)forèt. 

Si viriez, Frib., voir Sévery. 

Six, montagnes ; voir Sex. 

Socpel ou Socray, Socreltaz, plus, loc, Socrestaz à Aigle, 
17 18, sous Cretaz, xviii* s. ; du latin sub cristo, sub crlsta, sous 
le crét, la crête. 

Sodoleuvroz, alpe à Gryon, ou Sous les Leuvres, Lutz ; pro- 
bablement autre forme de LeyvraZy nom fréquent de pâturages. 

La Soie, arête rocheuse avec ruines d'un château près Sion, 
castrum de Seta chartes xiii* et xiv« s., et Seya^ i233, i3i2, etc. 
Soix, chalets sur une arête en face du Val d'Illiez ; de scie^ v. fr. 
soie^ picard soye^ wallon soie, etc. ; voir Seiaz. Le latin Seta 
n'est qu'une fausse traduction du v. fr. soie. 

Solady, aussi Soladier et Scindiez (pron. /), chalets au-des- 
sus des sources de la Baye de Montreux = sor la dy, de «o/, sor, 
sur et diezy dy, source ; voir Diaz. 

Solalex, alpes de Bex = sous la LeXy sous la paroi de rochers ; 
voir Lex. 



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SOLAVY — SOMBBVAL 439 

Solavy, chalets sous Panex, loc. à Bex, D. Aigle = sous la 
route. 

Solepraz, g^upe de chalets au N. du Sépey, claus. soubs le 
Pra et SolipraZy i464. Corthésy, op. cit. = sous le pré. 

SoUaissex, petit sommet à Chàteau-d*Œx, en Sollaussex à 
Massongex = Sur le SeXy le rocher. 

Solliat, ham. Vallée de Joux, anciennement Solliar(d) ; Sol- 
liet, SolUer à Saint-Cerg^ues et Sainte-Croix ; Soliat, pâturage 
au sommet du Creux du Vent, Jura vaudois ; au Soliaa, aux 
Thioleyres ; du latin solarium, lieu élevé, exposé au soleil. 

Solomon, pâturage à Lessoc, — écriture phonétique, = sous 
le mont. 

Solosex, loc. à Rossiniéres = sous le Sex, comme Solchex à 
Freniéres de Bex et Cholochy à Ajent, Valais ; patois ch pour s. 

Som, Son, v. fr. som, s. m., en romanche sont, sunijàu latin 
summum^ le sommet, le haut ; de là 

Somaitres (ou Samaîtres, Siegfried)» arête de rochers à Sou- 
bey, et les Somètres, arête prés Muriaux où se trouvait le châ- 
teau de Spiegelberg ; on trouve aussi Sommêtres. Trouillat, II, 
223, écrit : « le château des Sots-Maîtres; » pur calembour. Ce 
mot nous paraît renfermer la racine som sans que nous puissions 
expliquer le second élément. 

Sombacour(t), ham. à Colombier, Neuch., Sumbacordy 1268, 
Sumbecory Sonbecort^ 1280; de summam curterriy la ferme du 
sommet. 

La Sombaille, ham. à la Chaux-de-Fonds ; probablement de 
summa et suffixe collectif aille, les propriétés, les fermes du som- 
met, le b représentant le second m comme dans Sombacour et 
Sombeval ; voir ces mots. 

Sombayna, alpe, vallée de Moiry, Valais ; de bayna^ autre 
forme de biegno^ glacier = au-dessus du glacier, — de Moiry, — 
qu'elle domine de 200 m. 

Sombeval, D. Courtelary, Summa valliSy 866, 884, 962, Sun- 
bavalle, ii48, Summeoalle, 1179, TiomWeiiy Sombevaulxy i46i, 
Arch. Schw. Gesch. VI = sommet de la vallée. 



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440 SOM LA PROZ — SONGEBOZ 

Som la Proz, ham. d'Orsières, et Som de Proz à Riddes, 
Valais ; sommet des prés. 

Sommavilla à Aibinen, Valais ; il j avait une Sumbavilla à 
Crans, D. Nyon, au xin« s., M. R. VII, 3g4 ; ferme du sommet, 
du haut. 

Sommentier, D. Glane, Frib., SomentiePj ia47, Cart. Haut- 
Crêt, Somentier (et Somensier), 1262, Wûrstbg"., évidemment de 
la même racine, 2« élément incertain. D'après Gatschet, de sum 
pour sub montorium, au pied du mont, mais « ier ne peut repré- 
senter orium » (Bonnard). 

Les Sommes, prés à Conthey et à Nendaz, Valais ; du latin 
(pratas) summas, les prées (s. f. = prés) d*en haut, du sommet. 

Som Poirier à Corcelles = le haut de la poireraie. 

Som Rozé(ts), derniers gazons au pied de TArpille au Sa- 
netsch : sommet des rochers. 

Les Sons, nom collectif des sommets du Mont Damin ou d'A- 
min, Neuch. 

Sonchaux, mont près Montreux : le sommet de I4 Chaux *. 

Son Crettaz à Saint-Martin, Valais : le sommet de la Crète. 

Son-les Foux à Cuves près Rossinière : sommet des hêtres ; 
Çon les Foux! Siegfried qui fait la même faute dans Çon-rHaut, 
Rossinière, pour Son-rHaut, sonmiet de la colline. 

Son le mont, col à Château-d'Œx et pâturage à Rossinière : 
sommet du mont ; Tatlas Siegfried écrit celui-ci (7o/i-le-Mont. 

Son la Ville à Montbovon, Sonville à Orvin, Son, Som Villa 
ou Vellaz à Suen, Grône, Nendaz, Riddes, Isérables, Saxon, Va- 
lais = sommet de la ville, village. 

Son Nax à Nax, Valais : le haut de Nax. 

Son Tor ou Theur, à Isérables, Valais : au haut du Tor ou 
Theur, soit de la colline. Voyez Teurre. 

Sonvilliers, D. Courtelary, Sonveliery i3i4, Sumvelliery 
1 337 : le village du sommet. 

Sonceboz, D. Courtelary, Suntselbo, i326, Tr., Sunsebolsy 

^ M. de Gin^ns, Recherches, etc., écrit Soachaud (Subtos Cha^), soit sous 
le mont de Chaude. 



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SONGEON — SONNAZ 441 

i46i, Arch. Schw. Gesch. VI ; d'après Gatschet, de Sundalbolt, 
n. pr. germain. 

Songeon du Bourg, patois Sondzon, quartier d'Aigle, Son- 
geon du Liaugex, loc. à Aigle, Songeon d'Etrées en Chalex, 
Aigle, en i443 ; Champs du Songeon à Morcles ; Grand et Petit 
Songeon, sommets de Tarôte qui domine Roche, au Songeon de 
Pré à Saint-Maurice, Songeon de la Praille au Bouveret, tous 
vallée du Rhône ; du v. fr. sonjon^ sommet, patois sonàzon^ 
mot que nous trouvons dans une charte valaisanne qui parle d'une 
vigne située a/>u(f Comba Somjon, enwÎTons d'Ayent, 1292, M. 
R. XXX, et dans ce texte latin « usque ad summitatem seu son^ 
jonum molarii prédictif et ab ipso sonjono descendendo usque ad 
aquam de Thez, i358, M. G. XVIII : jusqu'au sommet, soit 
son j on du prédit molar, et de ce sonjon en descendant jusqu'à 
l'eau de Thez. > Et dans Matile, 1 359, «ainsi que les aiguës 
chusent dès le songeon * de la dite montaigne )► (de Chaumont) ; 
enfin une charte d'Aigle parle de « certain édifice existant au Su- 
met ou Songeon du Bourg d'Aigle, 1589. ^ Le sens est bien net. 
Evidemment dérivé du latin summum, sommet, mais par quel 
intermédiaire? * Sumnionem donnerait bien sonjon, mais le suf- 
fixe ionem est aussi rare que le suffixe onem est fréquent. ^ (Bon- 
nard.) 

Sonnailley(ay), 3 pâturages du Jura sur Njon ; Sonallon, pâ- 
turage de Bagnes ; semblent dérivés de sonnaille, sans qu'on 
s'explique pourquoi ce nom à ces pâturages plutôt qu'à d'autres. 
Est-ce que des circonstances particulières, des échos peutrétre, j 
rendent les sonnailles plus bruyantes qu'ailleurs ? Sonadon, col 
et glacier au fond de l'Entre mont, paraît être le môme mot avec 
la permutation ll-d, commune dans la vallée, gollie y devient 
gode. 

Sonnaz, ruisseau, affl. de la Sarine et 3 ham. sur son cours, la 
Sonne^y, derWeid, 1668, Bridel, Cons. suisse, V, 1801, ail. 
Suhn, Sun. 

^ Matile a souçeon : faute d'impression oa de lecture. 

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442 SONNAZ — SORBIERS 

Soimaz, loc. à Essertines, D. Rolle ; vîgpnes à BursiDs ; 3 pâtu- 
rages aux Mosses d'Ormont, moDs de Suna^ i329, Sonna, i3i5, 
Sonne y i464* Ceux-ci peut-être du celtique sonno^ gothique 
sunno, y. h. ail. sunna^ soleil ; ils sont exposés au midi, en plein 
soleil. 

Sonzier, ham. de Montreux, Sunsie, iai5, laSo, Syonsie, 
i3i7, SionzieXy 14^7, Songy, Dict. Lutz ; les formes diphton- 
guées par uue permutation fréquente en patois, siau-seau. Soogy 
près Saint-Julien s'appelait de même SanziOy i263, Sonzier, 
i335, Syonzier^ i54a ; peut-être un (fandum) Suniciacum, 
domaine d'un SuniciuSy gentilice cité par Holder, p. 1669. 

Soral, C. Genève, ou Sorral, Sorraz, laSô, M. R. XII, 170. 
Lutz donne aussi Saurai. Il y a un adj. fr. et provençal saur y sor, 
jaune tirant sur le brun, qui pourrait peut-être s'appliquer à la 
nuance de la terre comme Blachoz, Rosset. 

Sor, Sore, préfixe du latin supra, sur, au-dessus de, en com- 
position dans 

Sorebennaz, alpes de Veytaux, au-dessus du ruisseau, celte 
boinn, voir Bennaz. 

Sorebois ou Sorbois, alpe d'Anniviers, au-dessus des bois du 
Ziroug. 

Sopecort à Vufflens, Sopecoz{cort) à Conthey, Soremont, 
Ëcoteaux, Sormoni, Soulce, Sormoulin, Chàtel-Saint-Denis, 
Sorneirivue à Neirivue, Soresévaz (forêt), et Soreplan, Atta- 
lens, Sorepont, OUon, Sorevy et Sopvy, via, route, à Ollon et 
Gryon, Sorvillard et Sorvilly à Ollon, au-dessus des ham. de 
Villard et de Villy, Soreussex à Frenières, Serossex, carte Ro- 
véréa, et Sorressex à Bex, Sores Saixj i3o7 î ^® saxuniy Sex, 
s'expliquent d'eux-mêmes. Se trouve aussi en romanche : Sore- 
mont, Sorevie. 

Sorbier, loc. à Veyrier, à Myes, au Sorby à Crans ; du sor- 
bier domestique^ arbre rare, cultivé jadis, et dont nous avons vu 
encore quelques exemplaires aux environs de Myes, 1862-65 

Sorbiers à Ghardonne ; peut-être d'une autre espèce, thymier 
ou alisier. 



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SORENS — SOT-PLAT 443 

Sorens, Gruyère, constamment Sorens du xii^ au xix« s. , sauf 
un Sorans vers ii5o, Hîdber, II, ail. Soring ; Sorrens, loc. à 
Villars-Sainte-Croix, Vaud = chez les descendants d'un Germain 
au nom parent de Sorulf. Le nom du village tessinois de So^ 
rengo en est l'équivalent italien. 

En Sorent, loc. à Aigle ; probabl. le même nom que sorans, 
s. m. pi. (Bridel) = terrain inculte^ 'ngrat, 

Sorge, affl. de la Chamberonne près Lausanne, et ruiss^au^ 
affl. du Seyon, à Valangin, — aussi appelé Saage^ — comme la 
Sorge de la célèbre Vaucluse, subst. verbal du provençal mrger^ 
latin «ary^r^, jaillir, source jaillissante. Sorgereux» plaine du — , 
loc. à Valangin ; dérivé du nom du ruisseau, en Seurgereax, 
1618. 

Somard, ham. de Nendaz, Valais, Sarnach, ia5o = (/a/i- 
dum) Surinacum, domaine de Surinas , cog'nomen gai lo-ro main 
donné par Holder. 

Sopne, rivière du Jura, affl. de la Birac, une autre en Alsace, 
Sorna, 690 ; probablement forme contractée de Saronay et Téqui- 
valent de la Sarn saint-galloise ; de sar et ona, voir Sarine. 

Sornetan, D. Moutier, Sornefan 1161, Dict, Attinfs^er, Sorne- 
tain, 1179, Sornetan, n8x, Tr.; le nom allemand i.9or/ie/Aa/, 
i46i, Arch. Schw. Gesch, VI, 87, en donne le sens; vall^ de 
la Sorne. 

Les Sors, loc. à Marin, Neuchâtel ; les Sorts, prés h Orbe ; de 
sors. s. m., ancien participe pris substantivement de sourd re, syn. 
du V. fr. sourse, sorse^ s. f. ^:^ source, 

Sorvilier ou Sopvîllieps, D. Moutier, Soniroilier^ ii48, So- 
rorviler, 1179, Sororuiîier ou Sorooilier, i3o8, môme charte, 
Soriinviiier, 1817, Sorvetiert i46i = village de Sorulf d'après 
la forme de ii48 (permutation l-r et chute de/), n. pr. germain. 
Quant au nom ail. Surbelen, c'est une corruption du nom fr, 
moderne. 

Sorzettaz, prés au Ghâtelard, D. Vevey ; dim, du v. fr, sorse, 
source ; voir Sors. 

Sol-Plat, loc. aux Clées, pour Sor-Plat, sur le Plal^ sur le pla- 



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444 Es SOTS — SOUPLIAZ 

teau, fausse orth. de Tatlas Siegfried, due à l'habitude vaudoise 
de ne pas articuler Tr final. 

es Sots, ham. de Châbles, D. Broyé, Frib. probablement autre 
forme de Sauts, voir ce mot. 

Soitens, D. Moudon, Soiens, 1147, Cart. Month., ii54, 1160^ 
SothenSy 1161, SetenSy xiP s., SoutenSy i453 = chez les descen- 
dants de Soto, n. pr. g-erm. Fôrstm., p. 11 17. 

Souaillon, loc. près Cornaux, Neuchâtel, dans un vallon 
marécageux, SualloUy 1626 (Jeunet) ; Soueillon à Chandolin. 
M. Alfr. Godet définit le premier abreuvoir aux porcs, aux bes- 
tiaux, du latin suilia, M. N. XXX, 288. 

Soubey, aussi Soubez, village sur le Doubs, Berne, SubeiSy 
i34o = *S'o«5 bey ou Sous-bief y ^M-^essoMS du bief, latin sub be^ 
viOy comme Glarbej aujourd'hui Clairbief. 

Souboz, D. Moutier, Berne = sous (le) bois, sub bosco. 

Souchon, crêt près Montricher ; dim. de souche, voir Suche. 

Soud, loc. alpes d'OUon ; En Sout à Préverenges, D. Morges ; 
forme masculine du v. fr. soute y s. f., partie inférieure, et de la 
locution en soute, au-dessous. 

Soulce, D. Delémont, ail. Sulz ; Suiza, iilfiy Sulce^ 1288» 
M. R. VI, 655, SouZy 1262, Sultze, 1889, etc. Tire sans doute 
son nom d'anciennes sources salées ou minérales, aujourd'hui dis- 
parues, conmie Sulzbrunnen, Appenzell, anciennement salée, et 
Sulzthal, Argovie, source salée, contrairement à l'opinion de Gat- 
schet qui en fait des salicetum). Un autre Soulce, en France, fron- 
tière de Porrentruy, avait des salines: Salinas de Sulcea, 1179. 
De la racine germanique sulty forme parallèle du v. goth. salty 
parent du latin salsus, salé. 

Les Soutes, ham. et bois à Montherod, D. Aubonne ; pourrait 
être une autre forme de sole, portion de terre dans l'assolement. 

Souplas, loc. alpes de Ghâteau-d'Œx = sous le plat. 

Soupliaz, en Mont — , loc. à Ecublens, Supliaz^ Ormont-des- 
sus, Suplia à Ghâtel-Saint-Denis ; de soupplla^ brillé, grillé, en- 
droit très exposé au soleil ; du verbe patois supplia, roussir. 



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SOURDE — SUGHE 445 

La Sourde, source vauclusieime près Fleurier ; subst. verbal 
de sourdre^ jaillir. 

La Souste, ham. sous Louèche, Valais, ail. Susten ; de Tall. 
sastf ital. susitty entrepôt, douane ; c'était jadis le principal entre- 
pôt de la vallée sur la route du Lac à Milan. 

Souvy à Remaufens, Frib., SoZ'Via = subius viam^ sous la 
route. On trouve un Amodric de Souiz^ Sozui, Sozoi, 1220, 
1287, ^^43, à Genollier, Cart. Oujon, M. R. XII, 26, 3o, 33, 182. 

Soyères ou Soyhières près Delémont, ail. Sauge m. Nom fr. 
SouçerCy 1102, SohireSy 1186, SoereSy 1189, SoireSy ii48, Su^ 
JereSy 1170, SoyriSy 1188, Soieres, i388, — nom ail. Sugron, 
1170, SogeroUy 1207, Sogren, 1212, Sogroriy 1288, Sougerriy 
i885, Trouillat et F. B. D'après Gatschet, de socaria^ soqueriay 
collectif du bas latin socOy souche, tronc, lieu défriché par aba- 
taçe, où les troncs restent en terre. M. le prof. Bonnard y voit 
plutôt secarias, dérivé de secarcy scier, v. fr. soyer. Paraît être 
le même mot que sequièrsy route dans une forôt, de secare. 

Aug. Quiquerez^ M. N. VIII, 69, veut que le n. ail. Sogren soit une 
contraction du nom de Somegau, dont Tavouerie appartenait au château 
de Soyhière jusqu'en 1278. Cette contraction nous parait impossible, éty- 
mologiquement. Sogren est simplement la traduction allemande de seca- 
rias : C devient g, ière-en, comme Gampière, Gampenen, Savenière, Saf- 
neren. 

Sablage, sommet au Sanetsch ; peut-être de subllây siffler, du 
latin sibilarey mont où le vent souffle, v. fr. sabler y encore em- 
ployé par Rabelais et Marot. 

Sabriez, clos de vignes à Vevey, Souoruey 1228, M. R. VI, 
35i, Sabras, i525; de «u/>ra, au-dessus : partie supérieure du 
vignoble. 

Succor, ham, de Bossonens, D. Veveyse, 716 m. ^=:sub cor^ 
teniy sous la court, sous le village, 768 m. 

La Sache, sommet, paroi taillée à pic au N. de Vouvry, Va- 
lais ; Sachet, sommet du Jura, sommet à Leysin, loc. à Champ- 
vent, GhAtel-SainU-Denis ; Sucheron, ancien nom du Chasseron, 
d'après Lutz ; sommet principal de la Roche Blanche, au N. O. du 



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446 SUGHY 

ChasseroD ; Suchel, dim., lieu-dit à PuUj, 1226, M. R. VII, a5i, 
Suchaud, loc. à Vaulion ; la Souche, presqu'île rocheuse dans 
une boucle de la Sarine, Frib.^ au Soutzet à Rossinière ; un 
perier a la Suque, environs de Vinzel, 12849 M. R. III, 54o ; une 
Suche ou Sotzé, vallée d'Aoste vers 1770, la carte des 4 Mande» 
ments d'Aigle, de Rovéréa, donne le nom de la Susse au grand 
rocher de Daillj qui domine à pic les bains de Lavej ; de souchey 
soutze^ souche, bûche, pointe de rocher ; suc en Dauphiné = som- 
met, montagne élevée. Motdis cuté : du latin soccuSy d'après Dietz 
et Littré. D'après Kôrtingp, d'origine germanique, dérivé du m. h. 
ail. schoky monceau, ou de stock, Holder rattache de nouveau ces 
mots avec le gaulois soccoSy v. h. ail. sechy et avec Diefenbach il 
rapproche le m. latin socca, soccuSy zoccus^ l'italien zocco^ le 
provençal soc^ soca, souc, soucUy le fr. souche^ fr. et gaélique, 
soCy anglais sock, kjmrique et breton swch^ comique sochy breton 
souchy romanche ischacha^ tschocca^ souche ; à Suche se ratta- 
chent les nombreux Tschuggen des Grisons (11) SaintrGall (4) 
Berne (8), Valais, vallée de la Viège (6), les Zocco, Zocca du 
Tessin et partie italienne des Grisons (9) ; voir Brandstetter, Der 
Ortsname Tschuggen. 

Suchy, D. Yverdon, présente dans ses formes primitives deux 
groupes distincts : Suzchicy 885, M. R. VI, 182, Suichie^ 12 18, 
Souchicy 1219, Sochy, 1226, F. B. ; Suchie^ 1227, Suschie^ 
1233, SuchieZy 1270, M. R. VI et XIV, SuchyCy i3i7, et Solpia- 
cum, 885, M. R. VI, i32, et 888, Hidber, I, 170. Ce Solpiacum 
voisin d'Ëpautheires, de Gravaz, de Gorcelles, etc., ne peut être 
que Suchy. La premier^ série de formes en ferait un {fundum) 
Succiacum, domaine d'un Succius (comme Achj de Accius), 
mais la seconde interdit cette traduction. Il ne reste qu'une res- 
source, c'est de considérer la première comme étant simplement le 
nom romand qui présentait la forme actuelle dès le ix® s. En effet, 
le texte de la charte paraît donner les deux noms latins et vul- 
gaires Solpiaco et Suzchie,.., Clingerio et Clendiey Gravato et 
Grava y M. R. VI, i32 ; c'est donc un {fundum) Solpiacum^ do- 
maine d'un SulpiuSy gentilice romain. Un autre Suchy, loc. à 



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SUCRE — SUGIBZ 447 

Concise, et Suchiez, ham. de NeuchAtel, ont probablement la 
même origine. 

^mmerliy II, 37, rapporte les formes Suzchie^ Sachie à Sugiez, D. 
Lac, Frib. ; c'est uoe erreur : sans parler des difficultés linguistiques 
d'un tel rapprochement, au xu« s. Sugiez s'appelait Solzie ; voir Sugiez. 

Le Sucre, ruisseau à Couvet, jadis le Secreux d'après F. Ber- 
tboud, xM. N. IX, 167. 

Suen, ham. de Saint-Martin d'Hérens, SuaniSy io5a, Suen^ 
ii3i, Suaiffy 1200, Sueffy 1367, Suens, ia3i, i3a7, Suegn, 
1260, Sueng, 1262, 1276, Sueiriy 1268, Soeriy 1820, Suench, 
i33i, Saeyn et Suyn^ i4i7« On peut sans doute j rapporter le 
Giroldus de XyenSy 1287, ®^ '® Perrassodus de Syens, civis Se- 
duriy i333y M. R. XXX et XXXII. Gatschet, s'attachant à la 
forme isolée Suaig, le dérive du mot Sweig encore employé dans 
le Tyrol pour chalet, métairie, et cite 3 Schweik à Zurich et 2 à 
Berne ; mais les formes en ens, Suens, Syens rattachent avec évi- 
dence Suens aux noms en ingis, ens, patronymiques germains, et 
en font un homonyme de Syens, Vaud, dit aussi Suens, voir 
Syens, ou un dérivé du n. germain Sucho qu'on peut déduire du 
nom de lieu Sachesdorfy Fôrstm., II, 186. Quant au suffixe aig, 
il n'a aucun rapport avec le mot cité par Gatschet, c'est une simple 
graphie, employée surtout en Valais à cette époque pour rendre le 
son nasal, Ragdogny (i25o) pour Randogne, Neigda (1200), Nen- 
daz; Salaig, 1200, Salins; Meiteg, 1272, Meitein ; Duig, 1208, 
Duin ; Buyg, i25o, Buin ou Binn. Cette graphie se retrouve ex- 
ceptionnellement dans le Cart. laus., Pagpignie, i235, M. R. VI, 
3i4. Ajoutons enfin Pigpignet, 14769 soit Pépinet à Lausanne, 
qui se prononçait (et aujourd'hui encore) Pimpinet. 

Sugnens, D. Ëchallens, SugnenSy 1177, 1182 et 1228, M. R. 
XII et VI, SunenSy i2o3, SuneinSy 1226, Sugneins, i238, M. 
R. VI, i38, 656, SugnyenSy i453, Arch. Fr., Sugnens, 1668, v. 
der Weid = chez les descendants de SunnOy n. pr. germain, de 
la racine sunna, soleil. Fôrstm., 1129. 

Sugiez ou Sugy, village D. Lac, Fribourg, Solzie ^ 1162, 
Arch. Fr. VI, Sougy^ Sougiez, i445, Sugi, 1668, v. der Weid, 



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448 SULLENS — SYLVEUX 

Saugyy 1788 ; ud autre à Bevaix, Neuch. ; très probablement de 
(fundum) SoldiacatUy propriété d'un SolidiuSj gentilice romain 
dérivé du cogpnomen Solidus, voir Stadelmann, p. 4i- Ajoutons 
que Holder^ p. i6o4> donne le fém. Solidia, Zimmerli rapporte 
par erreur à ce village les Suzchie, Suchie du Cart. Laus. qui 
concernent Suchy ; voir ce mot. 

Sullens, D. Cossonay, Sollens^ 1180, 1278, M. R. V, 216, 
Soulensy 1228, 1261, ia6o, SullenSj 1287, SulenSy 1887, i453, 
1674, M. R., 1668, V. der Weid = chez les descendants de Solo 
ou de SullOy n. pr. germain. Fôrstm., iii5 et 1126. 

Sully, m. et vignes à La Tour ; probablement, comme les Sullj 
de France, un (fundum) Sulliacurriy domaine d'un Sollius ou 
Solius, gentiiice romain. Holder, 1602. 

Surpierre, D. Broje, Fribourg, Suprapetra, 1142, Superpe- 
traj ii47> Sereperra, 11 84, Cart. Month. = sur la pierre: au 
sommet d'un rocher dominant la Broje. 

Suscévaz, D. Yverdon, Sub Silva^ ii4i> ii47» Suceve^ i3i5, 
Souceva, i368 = sous la forêt. 

Suse, rivière du vallon de Saint-Imier appelée val le m Susin- 
gum, 610, Susinchf 1161 ; d'après Gatschet, du n. pr. germain 
Suso qui avait donné le nom primitif de la vallée, avant l'établis- 
sement de saint Imier ; le nom aurait paisse à la rivière. 

Sussagnes, loc. à Bevaix, Neuch. = au-dessus des sagnes ; 
voir ce mot. 

SyenSy D. Moudon, CienSy x«s., Ciens in comitatu Wald, 
looi, Siensy 1228, SuenSy i453 = chez les descendants de Sico^ 
Sigo ou Sichoy variantes du même n. pr. germain ; de la racine 
sigUy victoire. Fôrstm., p. 1086. 

Sylveux, bois à Courtedoux, Jura bernois ; adjectif du latin 
Sylva, forêt, et suffixe eux = lieu boisé ; au Cerveusel, pâturage 
plus ou moins boisé à Saint-Imier ; de cerveux pour serveux^ 
autre forme de sylveux, — comme servan de silvanus, — et sufF. 
dim. el: lieu un peu boisé. 



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TABLE — TAILLAT 449 

La Table, loc. à Bure, D. Porrentruy = terrain plat, nommé 
ailleurs Trablaz, Taulaz ou Tollaz ; voir ces mots. 

Tat>or ou Thabor, Mont — ^ autre nom de la Dent d'Hérens ; 
corruption dn nom valddtain Montabert ou Montabely de mont 
et n. pr. 

Tabomaires, loc. à Orbe ; propriété du taborneiy du tam- 
bour ; les noms Taborin, Taboraaz et la Taborenaz, maisons à 
Savigny et Forel, paraissent avoir la même origine. 

Tabousset, ferme, vallée de THongprin ; pâturage près Géri- 
gnoz, ChAteau-d'Œx ; loc. à Ëchallens ; chemin du Tabussety 
ruelle à Saint-Maurice, plan de 1732 ; d'après Bridel, tabousset = 
lieu où l'on se réunit pour causer^ de taboussày babiller, faire du 
bruit ; le provençal a tabustar, iabussar, frapper à la porte, 
troubler. Le Tabousset de l'Hongprin est à un carrefour où se 
croisent les chemins de Villeneuve à Château-d'Œx et des Or- 
monts dans la Gruyère ; ce pourrait être l'endroit où les pâtres se 
réunissaient pour causer et les passants y frappent souvent à la 
porte. 

Le Tâche, rocher escarpé sur Vouvry, Valais ; le Tache, pâtu- 
TSige de Gruyère, le Tatzo, pâturage de Rossinières ; le Taqae ou 
Tatchiet (dim.), ham. de Trient, sur un crèt très escarpé, Tazet 
(ts) à Conthey. De la famille de tache^ clou de soulier, patois 
tatchey s. m., clou, gaélique tac^ clou, irlandais tag^ pointe, etc. 
d'un radical tac dont l'origine est discutée. Le sens ici est d'abord 
celui de rocher escarpé^ pointu, comparé à un clou, tatche, et le 
pâturage a pris le nom du rocher qui le domine. La Tache, pâ- 
turagCy et les Taches, m. Vallée de Joux, même origine. 

Taconnet, Crèt — , à Neuchâtel, aujourd'hui à peu près rasé. 
Pourrait bien être le crèt (du) Taconnet^ nom vulgaire du Tussi- 
lage, Tussilago Farfara, Les Neuchâtelois pourraient dire si 
cette plante, fréquente dans les terrains argilo-calcaires, y était 
particulièrement abondante. 

La Taillât, m. et source dans les bois à Salvan, bois à Servion, 
source et m. près Bière ; la Taillaz, m. à Cerniaz près Moudon, 

M. D. SBC. 81&IUB, TOME VU 29 



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450 TAILUÈRES — TALENT 

ham. de Corpataux et 4 autres loc. ; les Tailles, ham. de Cartilles 
et nombreuses forêts, Ollon, Etoj, Berolle, Yens, Mauraz, Doune- 
loje^ etc. ; à la Talia à Monthej, Talliax^ 1696 ; Tallo, bois sur 
Montreux ; Tayaz, loc. à Vétroz, es Tayes, prés et bois à Boufol 
et les Toyes, prés et bois à Courtedoux^ D. Porrentruy ; subst. 
verbal de tailler. L'orth. Taillât est une transcription du carto- 
g^phe et il faut lire Taillaz = Tailles, v. fr. tail s. m. bois 
taillis ; les Tojes donnent les dérivés Toyers, prés à Vicques, 
et le diminutif les Toyerats, bois à Soulce^ Jura bernois. 

TaillièreSy lac des — , aussi, faussement, Etalières, Jura neu- 
châteloisy la chaul de EstalereSy i3o6 ; même racine avec suffixe 
collectif ière. 

Tailli8se,s, 5 loc. C. de Fribourg ; forme fém. de taillis. 

Tairèche, côte boisée à Delémont ; pourrait être, nous suggère 
M. Isabel, tay = toit, pente, rêche, patois rêtse^ rude, raboteux, 
pente rude et raboteuse. 

Talent, rivière du Jorat, le même nom que celui de Toile ou 
Thièle (Thielle), de Thela ou Tela, xiie s., M. R. XII, Teyla, 
1265, Wiirstbg., Toi/le^ i3oo ; ces derniers dérivent du cas sujet 
et Talent du cas régime, comme le démontre M. le prof. Bonnard 
dans la Revue hist. vaud., i8g4) p. 92, 98. Ce nom de Toile est 
aussi donné au Nozon dans la partie inférieure de son cours, en 
amont du confluent avec le Talent. Citons encore la Tièle 
sous-affl. de la Birse à Delémont, la Theilaz, ancien bras du 
Rhône à Chessel, la Toile, près Roche, carte Rovéréa, ruis- 
seau naissant à la George, aujourd'hui Grand Fossé ; la Teylaz à 
Vouvry, plan de 1720 environ, la Teylaz, source à Colombey; 
non loin de là, au territoire de Vionnaz, il y avait une Tela en 
i345 ; les trois désignent le même cours d'eau qui naît sur le ter- 
ritoire de Colombey et allait jadis se jeter dans le Rhône sous 
Youvry ; la Thièle est en ail. Zihl: flumen quod dicitur Cilae^ 
12 12, F. B. II, 22. Mot d'origine celtique, comme tous nos noms 
de rivières. Cette racine /e/, teil est fréquente ; Holder y rat- 
tache le Tel-avius, fl. de Dalmatie, Telia, Seine-Inférieure, le 



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TANNAZ — TARENT 451 

Toulon, jadis Tel-os, Dordogne, le Teil-is, aujourd'hui le Théols, 
Indre, et un autre Tel-is dans les Pyrénées orientales. 

La Tannaz, loc. à Yvorne, ham. de Flendruz, ruisseau à Pro- 
vence, ham. aux Pommerats ; la Tanna à TOr (l'ours) à Yvorne, 
la Tanna à TOura (vent), et la Tanna aux Chues (choucas), 
cavernes à Naje sur Montreux (voir description Cons. suisse VI, 
YI, 169, 168) ; la Tanne, ham. de Tavannes, à la Thanna à 
Zénauva, Frib. ; les Tannes, Ormont-dessus et Lessoc, etc. ; de 
iannoy caverne, italien tanuy origine inconnue. Dérivés Tanay 
(Tannej), ham. et lac sur Vouvry, entouré de parois de rochers ; 
Tanney, pâturage de Corbeyrier, dominé par de grandes parois 
de rochers, Tannet, alpes de Conthej et de Saviése, les Tannets, 
rochers à l'Haut de Vouvry ; Tanny, combe sous Dullit, Tany, 
pâturage d'Ormontrdessous, Taney^ i355, TaneySy 1489 ; Ta- 
naire, pâturage sur Mex, Valais ; de tanna et suffixes collectifs 
^l/f y y <^i^^ «t dim. et. 

Tannay, D. Nyon. Ni paroi de rochers, ni caverne dans cette 
localité de la plaine ; on ne peut donc rapporter ce nom à tanna. 
Il faut sans doute le rapprocher d'une autre racine celtique : tannj 
chêne, bas breton tanu (d'où vient le fr. tan, écorce de chêne). Ce 
serait alors un tannetum^ soit, avec le suffixe collectif ay, endroit 
où abondent les chênes, l'équivalent des Chaney et des Rovray. 
Holder cite deux Tannetum. Pourrait .aussi être, comme dans 
Tannay de France, un Taniacuniy domaine d'un TaniuSy nom 
dérivé du cognomen TaniOy Holder, 17 19. Le manque de formes 
anciennes ne permet pas de décider. 

La Taouna ou Tauna, ou Thaouna, rivière de la Gruyère, 
affl. de la Sarine, la TonnaZy i4i9» 1a Thonne et Tcuina^ Dict. 
Lutz. 

Les Tardis, m. et prés à Monthey, loc. à Massongex, la Tar- 
dive, alpe à Monthey ; de fardwuSy tardif, Berry tardi, provençal 
tardiu = (terrains) tardis, tardifs, où la végétation est tardive; f 
disparu comme dans bailli, jadis baillif . 

Le Tarent, 255i m., et le Taron, a48i m., deux sommets voi- 
sins dans la chaîne de Chaussy, aux Ormonts ; paraissent appar- 



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452 TARTEGNINS — TASSONNIÊRES 

tenir à la racine eeltiqae taro^ taureau, pour iaroos. On connaît 
déjà le nom celtique du Taurodunum, latinisé Tauretunum, vallée 
du Rhône, environs de Saint^Maurice, le château du taureau. Ce 
nom est encore employé aujourd*hui, par exemple le Grand ou 
Gros Taureau, 1824 m., à la frontière neuchâteloise à TO. des 
Verrières. 

Tartegnins, D. RoUe, villa Tritiniaco^ xi® s., TritigniacOy 
1018, Teriinnie, Tertignie^ xii« s., Tertinins, 1214, 1287, Ter- 
tinninSy 1220, M. R. V, 228, et XII, 24, 26, Tertignins, i252, 
1809, M. R. XII, M. G. IX, TertygnenSy 1266. D après les formes 
primitives, de (praedium) Tritiniacum^ domaine d'un 7>i7«- 
nius^ ^ntilice gallo-romain, dim. familier du cognomen Tritos, 
latinisé Tritus. Holder, 1969 ; les formes Tertinnia-gnie, peut-être 
par confusion avec le gentilice Tertinius, assez fréquent. Curieux 
par le changement de suffixe, qui à en juger par les 3 dernières 
formes en ferait un nom d'origine burgonde. On pourrait voir 
dans les formes en acum une transcription de notaire et considé- 
rer le nom comme d'origine germanique. Mais il n'y a là qu'une 
apparence. Nous avons ici quelque chose de semblable à ce que 
nous verrons à Trévelin. De Tritinius dérive, avec la métathèse de 
r, l'adjectif Tertininus^ d'où 7(sr//mn, faussement écrit Tertinins 
par une assimilation facile avec les suffixes des localités voisines 
Bursins, Luins. On a de même Bourdigny, de Burdiniacum, et 
Burdignin de Burdininum (fundum). 

Le Tartepoux, pâturage à Vionnaz ; — en Bas Valais, tar» 
touri, s. m. tartoule^ s. f., désigne un terrain de peu de valeur, — 
probablement pâturage ou pré où abonde le tarteri^ en français 
Cocriste. Rhinanthus Cristagalli, tartaue en Dauphiné, plante 
parasite qui vit aux dépens du fourrage : tartari est à Villeneuve 
le nom du Cirse des champs, autre mauvaise herbe trop fré- 
quente. 

Tassonnières, ham. de Fully, de Chardonne ; loc. à Saint- 
Livres, à Vallamand ; Tassonnaire(eyre), nombreuses loc. Vaud 
et Fribourg ; Tachonire à Vernamiège, Tassony à Fully, Taxo- 
neyre à Troistorrents, Tachenoire à Choëx, Monthey, es Taxon-- 



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TATROZ — TAVEL 453 

neyreSj 1696; de taxonaria et ^aaro/ie/a/n, terrier, de tasson, 
du latin taxonem^ fr. taisson, blaireau. 

Nous pensons qu'il faut lire es Tassoneres la localité es Cassoneres 
circa torrentem (à Varone, Valais), 1249, M. R. XXIX, 415 ; de même 
Tassonaine à Ollon, atlas Siegfried, doit être lu Tassonaire. 

Tatpoz, ham. de RemaufPens, Fribourg-, Tariro, 1228, i233, 
Tartrout vers 1280, M. R. VI, 207, 691, Tartraady i456, puis 
TartrauXy TatroXy 1678, Tatrau^ 1668, v. der Weid, et enfin 
TatrauXy 1716, Tatiraux pour arriver à Tatroz, orth. actuelle. 
Peut-être parent de tertre et du mot tuante, employé en Brie = 
chemin escarpé dans une côte. Il y a une rude montée de la Broie 
au hameau, 706-760 m., et du hameau au village, 750-799 m! 

Tatte ou Tataz, Tattaz, dim. Taitettes, Taitets à la Côte- 
aux-Fé^s, une 8o« de lieux-dits de Genève à Cossonaj : les Tattes 
de Saint-Paul à Genève, Tactas S. Pauli, xrv« s. Le mot romand 
tatte y patois tatta, tacta, tacte dans les vieux textes, lieu en 
friche, lande, terrain maigre, improductif, parent par le sens de 
teppe, employé dans le Jura et les Alpes, est d'une origine encore 
inconnue. Serait-il possible de le rattacher à tactas {terras), du 
p. p. tactas y de tangere, qui signifie parfois tromper, duper, dé- 
pouiller? des (terras) tactas seraient ainsi des terres dépouillées de 
valeur, stériles, tactas devient tattes par la permutation italienne 
ct'tt comme factum-fatto, tract um-tratto, lactem-latte. 

Taule, voir Tola. 

Tavannes, D. Moutier, ail. DachsfeldeUy champs des blai- 
reaux ; le nom français actuel ne parait pas avoir de rapport, mais 
bien les formes anciennes ; citons Theisvenna, 866, Tr. I, Tehis- 
venna, 885, F. B. I, Thesvennay 967, TasvenOy 1147, Tase- 
oenna, 1241, TasvannCy i258, TavanneSy 1296, Tavannes, 1801, 
F. B. IV, TavagneSy 1864. Theis, Thés, Tas paraissent se rap- 
porter à TaxOy DacfiSy venna est le mot venna, haie, clôture, 
donc clos des blaireaux. Aux Tavannes, loc. à Bofflens, Ta- 
vanny, m. à Bossonens, pourraient avoir la même origine. 

Tavé, voir Tavb. 

Tavel, près Fribourg, ail. Tafers, Tabernae vers ii5o, Ta- 



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454 TAVÉ — TECK 

berniSy i255, TavelSy 1228, M. R. VI, Tavely i453, etc. ; 7!^ ham. 
de Montreux, Tauelz, 1260, S* anc. nom d'un faubourg d'Orbe, 
vicus qui dicitur Taoel ou labernae, 1 190, et de la ville même, 
villa Tavellis alio nomine Urbam, d'un bas latin * tabellum, 
dim. de taberna^ taverne. 

Tavé, le Grand — , sommet, alpes de Bagnes, Valais ; de tavé^ 
planchette, du bas latin taoellum. Ta vis, chalets sur un petit pla- 
teau sous Ghampérj, Valais ; du patois tavif planchette, autre 
forme de tavé. 

Les Tavernes, D. Oron, autrefois Froideville, prit son nom 
actuel à la suite d'une concession de taverne accordée par LL. 
EE. de Berne en 1642 (voir Pasche, Contrée d'Oron, p. 463, 699, 
492. 

Les deux noms continuèreot assez longtemps à être employés ; si 
nous trouvons « les granges devant Tabbaye d*Aucrèt, à présent appe- 
lées les Tavernes, » 1633, d'autre part on voit que les habitants dési- 
gnent encore leur commune sous le nom de Froydevillaz en 1679. 

Taveyannaz, village de chalets sur Gryon, Taviglianaz^ carte 
Rovéréa, xviii® s., encore en 1861 (Lutz) ; de la famille de tavéy 
tavi, planchette, du bas latin tavellay diminutif probable de ta- 
bultty et de iavillon, bardeau. Le pâturage présente un petit pla- 
teau, plat comme une planche ; de même Taoallion, loc. à Sion 
en 1224, et Tavidon, loc. à Gonthey, d pour 11. 

Taxerex (pr. tasseré), loc. vignoble d'OUon ; au Taxerez à 
Blonay ; de taxeretum et taœaria, fr. taissière, terrier de blai- 
reau, du latin taxas, du v. h. ail. dahs ; synonymes de tasson- 
nière. 

Les Tèches (ou Tesches), loc. à Lavey, partie haute du village 
où les maisons, les toits sont comme entassés les uns sur les 
autres ; du vaudois tèche, patois tètsé, s. f., tas, piles de bois, de 
foin, etc., mot d'origine celtique, celte teffos, v. irl. et breton teg, 
plus tard tech^ toit, maison, parent du latin tectum. 

Teck ou Thec, Fin du — , ham. d'Epauvillers, Jura bernois, 
ancien fief qui appartenait au xiv« s. à la famille allem€mde des 
ducs de Teck, 



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TEIS — TEMPOREYRE 455 

Teis,e, racine fréquente dans le pays, surtout dans nos Alpes 
romandes, tantôt s. m. ou f. : Teisaz, forêt et chalets sur Isérable; 
les Tays, bois sur Vionnaz et Massongex ; en Teys, Vérossaz et 
Ormonts, They (Tay) à Monthey, les Teys, pâturag-e à Ësta- 
vanens, Tésets à Vionnaz, Tézel, bois à Muraz, D. Monthey, 
diminutifs; Thésex(é, ez), une i2« de loc. des Alpes, Valais et 
Vaud, Tésex à Dorenaz, Thésailles, plateau près des Mosses, 
Ghàteau-d'Œx, collectifs ; — tantôt adjectif : Luy Taysa à Ley- 
tron, Luex Teise à Corbeyrier, Jeux Teisaz à Ollon et Ville- 
neuve, Teisesjeurs, forêt à Rougemont, ham. à Ghàteau-d'Œx ; 
Jortèse ou Jorteise, autre nom du plateau d'Ayerne, alpes de 
Corbeyrier; Places Teysaz à Ollon, Teysachaux, alpes de 
ChAtel-Saint-Denis, au Tey Vemay à Ollon, Flanthey, ham. 
de Lens et Plantey à Venthône, Valais ; les Champteys à Leysin, 
Prauihey à Châtel-Saint-Denis, Pratey à Monthey, Prautey^ 
1696, Preuthey à Vionnaz, Prauley^ 1728. Rare en dehors des 
Alpes, cependant nous trouvons des Chantey à Moiry, Char- 
donne, des Champs Teys à Ferreyre, D. Cossonay, le Theycrèt 
à Boudry. Paraît représenter le latin tensus, tensa, participe passé 
de tendere, au sens de étendu, vaste, donc la pente rocheuse, la 
forêt, la place, la chaux, la vernaie, le flanc, le plan, le pré, les 
champs, le crêt étendus, vastes. Voir aussi Thé. 

Ce mot est aussi employé aux Grisons. Tens, Tais, s. m. sous-entendu 
godf aaal (forêt). M. Parmentier, dans son Vocabulaire des noms géo- 
graphiques des Grisons, traduit par « forêt dont l'exploitation est inter- 
dite, » soit forêt à ban. Cela ne contredit pas notre étymologie : il est 
naturel qu'une forêt en dëfe